Le 3ème Régiment d'Infanterie Légère

1800-1815

 

Avertissement et remerciements : Cet article nous a été adressé par notre collègue du Bivouac, Didier Davin, que nous remercions tout particulièrement pour sa disponibilité et son érudition.

 

Sapeur 3e léger 1807

Officier de la 3e Demi-brigade légère, 1800-1802 (d'après un portrait d'époque)

 

Carabinier 3e léger 1805

Fig. 1 Carabinier d'Infanterie légère, Division Oudinot, 1805
Fig. 1bis Gravure de Voltz

Formé en 1796 par amalgame des 7e et 15e demi-brigades légères de première formation, la 3e demi-brigade légère de seconde formation combat en Italie. De 1799 à 1800, le 3e léger passe à l'armée de l'Ouest, où elle lutte contre les Chouans de Cadoudal, sous les ordres du général Brune.  

Le témoignage d'un officier de la 3e Légère en février 1800 nous précise : «Nous marchons jours et nuit sans relâche et ce n'est que hier au soir que nous les avons rejoints (les chouans) … Toute l'armée se porte dans le Morbihan où se sont rassemblés 20.000 chouans commandés par le fils d'un meunier nommé Georges (Cadoudal) que nous venons de mettre en déroute. Nos soldats viennent de faire 35 lieues avec une livre de pain faute d'avoir le temps de la cuire, mais nous faisons comme nous pouvons, la rage nous nourrit ...».

Puis la demi- brigade revient à l'Armée d'Italie et se distingue le 10 avril au combat de Sassello.

Encadrement de la 3e demi-brigade légère, Armée d'Italie à la date suivante : août 1800 (côte SHDT : us-180008)
Chef de corps : MAS chef de brigade
MOULIN quartier maître trésorier
MOUDRYE-BAUDRY-VAUDREY chirurgiens major
1er bataillon : chef de bataillon Hector; Claude adjudant major du 1er bataillon
2e bataillon : Lelern, adjudant major du 2e bataillon
3e bataillon : chef de bataillon Cabanne; Vule adjudant major du 3e bataillon

 

Positions en Octobre 1800, division de Ligurie Général Muller (côte SHDT : us-180010)
Chef de corps : MAS chef de brigade
2 bataillons sous les armes effectif 584 officiers et hommes
1er bataillon commandant : chef de bataillon Hector à Nervi Recco
2e bataillon commandant : chef de bataillon Cabanne à Nervi Recco

La 3e Légère stationnera en Ligurie (Gênes) jusqu'au Printemps 1802.

Le 29 mars 1802 (8 germinal an 10), Bonaparte écrit depuis Paris à Berthier, Ministre de la Guerre : "... Donnez l'ordre au général Sahuguet de faire embarquer à Gênes un bataillon de la 3e demi-brigade d'infanterie légère qui sera complété à 550 hommes ; il sera mis sur les bâtiments pour deux mois de vivres.
Le ministre de la Marine donnera des ordres pour leur destination. Le gouvernement ligurien pourvoira aux frais de l'embarquement, moyennant quoi ces troupes ne pas remplacées ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.3, lettre 6835).

Et le même jour, au Contre-Amiral Decrès, Ministre de la Marine et des Colonies : "Nous avons, Citoyen Ministre, sur les différents points d'Italie, des troupes que je destine pour Saint-Domingue.
Je donne ordre au ministre de la guerre de les faire embarquer sur des bâtiments de commerce plus forts que de 150 tonneaux, avec deux mois de vivres. Je lui fais connaître que vous donnez des ordres pour leur départ et leur destination, qui doit être extraordinairement secrète.
Ces différents corps de troupes sont :
... Un bataillon de la 3e demi-brigade, fort de 550 hommes, qui s'embarquera à Gênes ; vous le ferez escorter par deux avisos ; ils relâcheront également à Cadix ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.3, lettre 6836).

En juin 1802, un détachement de la 3e Légère est envoyé à Saint Domingue où il se dissoudra.

Le 8 juillet 1802 (19 messidor an 10), Bonaparte écrit depuis Paris au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "Vous recevrez, Citoyen Ministre, un arrêté qui forme un 3e bataillon à la 3e demi-brigade d'infanterie légère. Ce bataillon n'est attaché à cette demi-brigade que pour entrer dans le cadre de l'armée. Son avancement roulera seulement dans le bataillon. Il sera créé une instruction pour former des dépôts à Ajaccio et Bastia, et accordé des fonds pour les engagements. Tous les officiers, sous-officiers et soldats de ce bataillon doivent tous être Corses.
Le principal but de cette formation, c'est d'engager les habitants des montagnes à prendre du service, et, comme les deux départements de l'île fournissent une grande quantité de bons soldats, il est essentiel de leur offrir un débouché en France, afin qu'ils ne prennent pas du service ailleurs, ou ne troublent pas le pays.
Présentez-moi des officiers pour commander ce bataillon, en les prenant parmi ceux qui sont aujourd'hui en activité dans les différents corps de la République
" (Correspondance de Napoléon, t.7, lettre 6176; Correspondance générale, t.3, lettre 7004). Ce bataillon homogène corse, qui passera ensuite à la 8ème demi-brigade légère, formera finalement une unité autonome : le bataillon des Tirailleurs Corses.

Le 22 juillet 1802 (3 thermidor an 10), Bonaparte écrit depuis Paris au Général Leclerc, Capitaine général à Saint-Domingue : "L'adjudant commandant Brugnière vous donnera des notes sur toutes les troupes que nous avons envoyées, et qui sont sans doute en partie arrivées. La légion polonaise, le bataillon de la 3e légère, ceux des et 83e, le 3e bataillon de gardes-côtes et plusieurs détachements de différents corps sont depuis longtemps partis de Toulon, Rochefort, Brest et du Havre ..." (Correspondance de Napoléon, t.7, lettre 6199; Correspondance générale, t.3, lettre 7038).

Le 24 août 1802 (6 fructidor an 10), Bonaparte écrit depuis Paris au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "Dans le tableau qui a été imprimé pour la conscription, citoyen ministre, je vois que la 3e demi-brigade d'infanterie légère doit envoyer deux capitaines, six lieutenants, quatre sous-lieutenants et 80 sergents ou caporaux dans les départements du Golo et du Liamone. Cela est parfaitement inutile ; il suffit que cette demi-brigade envoie dans la Haute-Vienne" (Correspondance générale, t.3, lettre 7101).

Le 31 décembre 1802 (10 nivôse an 11), Bonaparte écrit depuis Saint-Cloud au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "... Vous me présenterez, dans un travail extraordinaire qui aura lieu lundi à 9 heures du soir, les officiers qui doivent composer le 3e bataillon de la 3e légère qui s'organise à Antibes, ainsi qu'un arrêté sur la manière dont on doit pourvoir à leur habillement et équipement" (Correspondance générale, t.3, lettre 7397).

En Septembre 1803, comme pour toute l'infanterie française, la demi-brigade redevient un régiment et le chef de brigade se voit renommé colonel. Un major vient renforcer l'encadrement. Le régiment est passé à 3 bataillons de guerre par versement des bataillons de la 19e demi-brigade légère dissoute.

Le 4 Août 1803 (16 thermidor an 11), Napoléon demande à Berthier de transférer la 3e Légère, qui est à Béziers, à Perpignan (lettre écrit depuis Namur - Correspondance de Napoléon, t.8, lettre 6980) "... d'où le général commandant la division la mettra en garnison dans les places
frontières de l'Espagne, telles que Bellegarde, etc.
Recommandez à ce général de placer ces troupes sans affectation, et de se faire rendre compte de l'état des frontières d'Espagne, de l'état de leurs munitions de guerre et de bouche, et des ressources qu'on pourrait trouver pour y former rapidement une division d'artillerie ...
".

L'Etat militaire de l'an 12 nous donne bien le régiment stationné à Perpignan.

Le colonel : Ignace André François Mas (depuis 1800); les 3 chefs de bataillons : Levieux, Pechery, Claude; les 3 adjudants major : Querillac, Itty, Alleon; les 3 chirurgiens major et aides-major : Boudrie, Mounic, Fabar.

En Novembre 1803, Bonaparte ordonne la formation de 11 puis 10 bataillons d'élite pour constituer, à Arras, une division de grenadiers de la Réserve, mise sous le commandement de Junot. Les bataillons d'élite sont tirés des 2e, 3e, 12e, 15e, 28e et 31e Léger et des 9e, 13e, 58e et 81e de Ligne. Ils rejoindront Arras très progressivement tout au cours de l'année 1804 voire le début 1805.

Le 3e Léger forme son bataillon d'élite de ses 3 compagnies de carabiniers et de 3 compagnies de chasseurs (ayant paye de carabiniers). Le bataillon gagne donc Arras où s'organise la nouvelle division.

Entre temps, le 20 décembre 1803 (28 frimaire an 12), Bonaparte écrit depuis Paris au citoyen Barbé-Marbois, Ministre du Trésor Public : "... je me plains, moi, de ce que ... la 3e légère et la 70e n'avaient rien reçu du 1er vendémiaire au 15 frimaire, jour des réclamations. Voilà pour ce qui est relatif à la solde ... Je vous prie donc de me faire rendre compte ... pourquoi la 3e légère et la 70e (10e division) ont été trois mois sans recevoir leur solde : ceci est évidemment la faute du payeur, puisqu'il est impossible que le trésor public n'ait pas envoyé les fonds; car tous les corps y auraient participé, et on n'aurait élevé aucune plainte (car ces régiments sont restés trois mois faisant la solde avec leurs fonds, sans porter aucune plainte) ..." (Correspondance de Napoléon, t.9, lettre 7410; Correspondance générale, t.4, lettre 8482).

Le 2 mars 1804 (11 ventôse an XII), à Paris, "Le ministre de la guerre rend compte que la compagnie franche du Liamone se rend à Paris ; il prie le Premier Consul de lui désigner une destination". Ce dernier décide : "Ils seront dirigés sur Sens. On leur donnera là six jours de repos ; et, comme ils auront probablement besoin de souliers, on leur en fera trouver là 80 paires. On les fera marcher de manière qu'ils aient, tous les trois jours, séjour. On les dirigera de là sur le camp d'Ambleteuse, où ils feront partie du 3e bataillon du 3e régiment d'infanterie légère, qui se trouve à ce camp. Le ministre donnera également ordre à Antibes, au dépôt de ce bataillon, qu'on le passe en revue, et qu'on fasse partir tout ce qui estdisponible pour la même destination" (Correspondance de Napoléon, t.9, lettre 7581).

Le 28 avril 1804 (8 floréal an 12), Bonaparte écrit depuis Saint-Cloud au Général Berthier "Je vous prie, Citoyen Ministre, de faire faire une revue extraordinaire pour constater la situation, au 1er germinal, des ... 3e, 12e, 21e et 24e légers. On aura soin de mettre le nombre d'hommes de ces corps présents dans chaque ville où ils se trouvent, les malades aux hôpitaux, les absents et depuis quel temps, ceux inhabiles à porter les armes, le nombre de conscrits qu'ils ont reçus et qu'ils ont à recevoir sur l'an XI et l'an XII. Ces régiments sont les plus faibles de l'armée. Je désire savoir positivement dans quelle situation ils sont, afin de les faire recruter" (Correspondance de Napoléon, t.9, lettre 7728; Correspondance générale, t.4, lettre 8848).

En Mai 1804 (selon un ordre du 13 mars) se forment 3 compagnies de voltigeurs : un dans chaque bataillon à partir de chasseurs de petite taille, mais exemplaires.

Le 28 mai 1804 (8 prairial an 12), Bonaparte écrit depuis Saint-Cloud au Maréchal Berthier : "Mon Cousin, 60,000 hommes de la conscription de l'an XII ont été mis à la disposition du Gouvernement. Il n'y a point de temps à perdre pour répartir entre les différents corps ladite conscription.
Les ... 3e, 12e, 21e, 24e, 25e, 26e et 28e d'infanterie légère ... me paraissent les régiments les plus faibles et ceux qui auront le plus besoin de monde ...
" (Correspondance de Napoléon, t.9, lettre 7792; Correspondance générale, t.4, lettre 8915).

L'Empire étant venu en 1804, le régiment doit changer ses drapeaux consulaires contre de nouvelles Aigles et étoffes : une par bataillon qui seront fournies par les ateliers Picot.

Sapeur 3e léger 1807

Livret du chasseur Antoine Tournière du 2ème bataillon en 1806

Le 4 août 1805 (16 thermidor an 13), Napoléon écrit depuis La Tour d'Ordre, au Maréchal Berthier, Ministre de la Guerre, Major général de la Grande Armée : "Mon cousin, donnez ordre au 3e régiment d'infanterie légère qui est à Perpignan de partir le 15 fructidor pour se rendre à Gênes ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.5, lettre 10494).

Le 8 septembre 1805 (21 fructidor an 13), Napoléon écrit depuis Saint-Cloud, au Maréchal Berthier, Ministre de la Guerre, Major général de la Grande Armée :"Mon cousin, il résulte du grand état de mouvements que vous m'avez envoyé ... que le 3e d'infanterie légère n'a d'ordre que pour Gênes, donnez-lui-en pour Alexandrie" (Correspondance générale de Napoléon, t.5, lettre 10759).

Le 12 septembre 1805 (25 fructidor an 13), Napoléon écrit depuis Saint-Cloud, au Maréchal Berthier, Ministre de la Guerre, Major général de la Grande Armée :"Mon cousin, je viens de parcourir l'état que vous m'avez remis de l'armée d'Italie. Je ne vois point ... le 3e d'infanterie légère ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.5, lettre 10759).

Le 29 septembre 1805 (7 vendémiaire an 14), l'Empereur écrit depuis Strasbourg, au Général Menou, Commandant général des départements au-delà des Alpes : "Je vous recommande les fortifications et les approvisionnements d'Alexandrie et de Turin. Vous allez commander un petit camp volant que je réunis à Alexandrie, composé du 67e et du 3e léger, et des escadrons de la légion hanovrienne. Mon intention est que cette petite colonne soit partout et nulle part. Tenez-la perpétuellement en marche pour faire joindre les conscrits, consolider la tranquillité, faire des exemples et se porter partout où il y aurait un commencement de fermentation. Soyez tantôt avec le tiers sur la Bocchetta, tantôt avec le tiers sur la vallée de Plaisance, tantôt sur la vallée du Simplon, et depuis Novare jusqu'à Pavie. Soyez actif et trouvez-vous partout. Faites arrêter les mauvais sujets. Du moment que le premier coup de canon sera tiré en Italie, vous avez tous les pouvoirs de police pour enfermer les agitateurs à Fenestrelle, envoyer des otages en France, mettre des individus en surveillance à Parme. Tout ce que vous ferez sera bien fait ; que tout marche et soit tranquille.
Faites une proclamation, qui dira qu'à la tête du camp volant d'Alexandrie vous serez partout. Prenez la sévérité et le sérieux que les circonstances exigeront ; et, surtout, soyez vous-même toujours en mouvement, non avec tout ce corps, mais avec une escorte suffisante.
... Adressez copie de cette lettre à l'architrésorier à Gênes, n'ayant plus le temps de lui écrire. Faites faire grand bruit de votre camp volant, soit en Piémont, soit à Alexandrie, soit à Gênes
" (Correspondance de Napoléon, t.11, lettres 9285 ; Correspondance générale de Napoléon, t.5, lettre 10895).

Le même jour (29 septembre 1805 - 7 vendémiaire an 14), l'Empereur écrit depuis Strasbourg, au Vice-Roi d'Italie, le Prince Eugène : "… J'organise un camp volant à Alexandrie. Il sera commandé par le général Menou et sera composé de 3,000 hommes, savoir : de deux bataillons du 67e, de deux bataillons du 3e d'infanterie légère et de 500 hommes de la légion hanovrienne à cheval. Le grand nombre de conscrits que les 67e et 3e régiments doivent recevoir les porteront bientôt, dans le courant de l'hiver, au grand complet de guerre. Mais mon intention est que vous écriviez au général Menou, afin que, si vous aviez besoin qu'un détachement de sa colonne mobile se portât sur Novare, Pavie, il pût le faire avec rapidité ; bien entendu qu'il n'y séjournerait pas et qu'il n'y paraîtrait que pour rétablir l'ordre et faire quelques exemples sévères" (Correspondance de Napoléon, t.11, lettres 9290 ; Correspondance générale de Napoléon, t.5, lettre 10890).

Le 1er octobre 1805 (9 vendémiaire an 14), l'Empereur écrit depuis Strasbourg, à Lebrun, Architrésorier de l'Empire, Gouverneur général des départements de Gênes, de Montenotte et des Apennins : "... Le 3e d'infanterie légère ne doit pas tarder à arriver à Gênes, faites le filer sur-le-champ sur Alexandrie …" (Correspondance générale de Napoléon, t.5, lettre 10914).

Le 8 novembre 1805 (17 brumaire an 14), l'Empereur, depuis Linz, établit le Décret suivant : "... ART. 13. Le 28e régiment d'infanterie légère, le 3e régiment d'infanterie légère se rendront à Boulogne pour y remplacer les troupes qui vont à Anvers …" (Correspondance de Napoléon, t.11, lettres 9466).

Le 19 janvier 1806, l'Empereur écrit depuis Stuttgart, au Prince Eugène, Vice-Roi d'Italie : "Mon Fils, les 27e et 28e divisions militaires sont sans troupes. Renvoyez le 3e d'infanterie légère à Parme ... et enfin toute la force qui serait nécessaire, en mettant toutes ces troupes sous le commandement du général Junot, qui part aujourd'hui pour se rendre à Parme avec des pouvoirs extraordinaires. Expédiez vos ordres par un courrier extraordinaire ..." (Correspondance de Napoléon, t.11, lettres 9684 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 11305).

Le même jour, Napoléon écrit au Maréchal Berthier, Major général de la Grande Armée ! "... Je donne ordre au commandant en chef de mes troupes en Italie d'y envoyer le 3e régiment d'infanterie légère et, dans ce cas qu'il soit inusffisant, d'y faire passer toutes les forces nécessaires ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 11295).

Le 23 janvier 1806, Napoléon écrit depuis Strasbourg, au Maréchal Berthier, Major général de la Grande Armée : "… Le 3e régiment d'infanterie légère doit retourner à Parme, où tout ce corps doit se réunir ... Transmettez ces ordres au prince Eugène pour qu'il les fasse exécuter sur-le-champ, parce que partout il faut un peu de troupes" (Correspondance de Napoléon, t.11, lettres 9697 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 11317).

Le même jour, Napoléon écrit depuis Strasbourg, au Prince Eugène, Vice-Roi d'Italie : "… Mon Fils, mon intention est que vous envoyiez ... le 3e d'infanterie légère à Parme ..." (Correspondance de Napoléon, t.11, lettres 9697 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 11317).

Le 7 février 1806, Napoléon écrit depuis Paris au Général Junot, Commandant militaire de l'Etat de Parme et de Plaisance : "... Je réitère l'ordre au prince Eugène de faire partir le 3e régiment d'infanterie légère ... Dirigez les dépôts de tous les corps sur Mantoue ; j'ai ordonné au prince de les envoyer à leurs corps …" (Correspondance de Napoléon, t.12, lettres 9772; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 11416).

Le même jour, l'Empereur écrit depuis Paris, à Eugène, Vice-Roi d'Italie : "Mon fils, je vous ai déjà donné l'ordre de faire partir le 3e régiment d'infanterie légère pour Parme ... ; les grenadiers qui sont à Parme pourront y rester. Je suis fâché que vous n'ayez pas exécuté ces ordres. J'ai ordonné au général Junot de faire partir les dépôts pour Mantoue. Laissez à Mantoue ceux appartenant à des corps de l’armée de Naples ; dirigez les autres sur leurs corps." (Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 11411).

Le 15 février 1806, Napoléon écrit depuis Paris au Prince Eugène, Vice Roi d'Italie : "Mon Fils, il faut de l'ordre. Le duché de Parme est un gouvernement à part ; mais, comme en ce moment il appartient à la 28e division militaire, c'est à cette division à fournir à ses dépenses. Envoyez à Parme le 3e d'infanterie légère et retirez-en tous les dépôts …" (Correspondance de Napoléon, t.12, lettres 9823 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 11461).

Le 18 février 1806, Napoléon écrit depuis Paris au Général Junot, Commandant militaire de l'Etat de Parme et de Plaisance : "... J'ai ordonné qu'on ne laissât à Parme que le 3e d'infanterie légère; ayez soin de ce régiment : disciplinez-le, et tenez-le en bon état …" (Correspondance de Napoléon, t.12, lettres 9844; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 11500).

Le 18 février 1806, Napoléon écrit depuis Paris au Prince Eugène, Vice Roi d'Italie : "... Ce dont je me plains relativement à l'exécution de mes ordres militaires, c'est que le 3e régiment d'infanterie légère ne soit pas encore arrivé à Parme …" (Correspondance de Napoléon, t.12, lettres 9855; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 11505).

Le 12 mars 1806, l'Empereur écrit depuis Paris au Général Dejean, Ministre directeur de l'Administration de la Guerre : "Monsieur Dejean, le 3e régiment d'infanterie légère a besoin de huit cents gibernes, de mille baudriers et de mille habits : il y a mille hommes au dépôt de ce régiment, qui sont tous nus. En frimaire dernier, vous lui aviez écrit que vous lui envoyiez des étoffes ; le 4 mars, il ne les avait pas encore reçues. Faites-moi connaître ce que je puis espérer que vous ferez pour fournir à ce régiment l'habillement qui lui manque" (Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 11655).

Le lendemain 13 mars, l'Empereur écrit depuis Paris, au Général Junot, Commandant militaire de l'Etat de Parme et de Plaisance : "Je suis affligé de ce que vous me dites du 3e régiment d'infanterie légère. J'ai ordonné qu'on pourvût à ce que ce régiment ne manquât pas des objets nécessaires ; cependant, je vois dans l'état de situation de l'habillement que m'a remis le ministre Dejean que ce régiment devait avoir 1294 habits pour l'an XIII et les cent jours de l'an XIV; qu'il en a reçu 1268, et qu'il n'a plus à en recevoir que 26. Comment est-il possible qu'il y ait un si grand déficit ?
J'ai fait dans le 3e régiment les changements que vous m'avez demandés
" (Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 11675).

Puis le 14 mars, l'Empereur adresse depuis Paris, au Général Junot, Commandant militaire de l'Etat de Parme et de Plaisance, une nouvelle lettre : "Vous trouverez ci-joint la réponse du ministre Dejean relativement au 3e régiment
attendant, n'oubliez rien de ce qui pourrait accélérer la réorganisation de ce corps.
Pourquoi le 3e bataillon du 1er régiment suisse est-il à Parme ? Faites-le partir
Naples." (Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 11685).

Le 2 avril 1806, Napoléon écrit depuis Malmaison au Général Junot, Commandant militaire de l'Etat de Parme et de Plaisance : "... Le 3e léger vous est bien suffisant pour maintenir la police dans l'état de Parme. Où est donc le temps où, avec une colonne mobile de 300 hommes et deux pièces de canon, j'aurais fait trembler neuf millions d'individus ? Mais on est devenu trop grand seigneur, on ne se remue pas, on dort, et il ne faut point dormir. Je sens d'ailleurs qu'il peut être avantageux aux états de Parme d'avoir deux régiments; je vous en enverrai un nouveau …" (Correspondance de Napoléon, t.12, lettres 10048; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 11822).

Le 7 juin 1806, l'Empereur écrit depuis Saint-Cloud, au Général Junot : "Je reçois vos lettres du 31 mai, dans lesquelles vous me rendez compte de la bonne situation du 3e léger. Vous savez que l'air de la citadelle de Parme est quelquefois malsain ; voyez donc à le faire caserner dans la ville, et à prendre des mesures pour que mes troupes ne tombent pas malades. Je n'entends pas raison ; je m'en prendrai à vous si elles sont malades, puisque vous avez Plaisance, et même les montagnes, s'il le faut ..." (Correspondance de Napoléon, t.12, lettres 10332 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12255).

 

I/ LA CAMPAGNE DE 1805-1806 DU BATAILLON D'ELITE DU 3E LEGER

Carabinier et tambour de carabiniers 3e léger 1807

Fig. 2 Tambour de carabiniers et carabinier du 3e Léger en 1807 d'après Knoetel (Source : Lûneburger Bilderhandschrift)

Nous avons donc vu notre bataillon d'élite se former et rejoindre Arras où, durant l'année 1804, il ne cesse de s'entrainer et de s'équiper. Le 16 Février 1804, Napoléon ordonne à Berthier de fournir des sabres, des épaulettes vertes ou rouges, des capotes et des bonnets qui manquent aux compagnies des grenadiers de la Réserve d'Arras.

En Février 1805, Oudinot prend le commandement de la division dite : «des Grenadiers de la Reserve». Le bataillon d'élite du 3e Léger forme régiment (le 3e) avec le bataillon homologue du 2e Léger au sein de la 1ère brigade du général Dupas. Les hommes ont été reconditionnés, entrainés et équipés de shakos pour les chasseurs, de bonnet d'oursin pour les carabiniers. Le régiment est commandé par le colonel Schramm du 2e Léger.

Au 3 Août 1805, le bataillon d'élite du 3e Léger compte 700 hommes présents à l'Armée des Côtes (72 restent en arrière à Wimereux).

Le 16 Août, l'ordre de rallier Strasbourg arrive. La division Oudinot est placée dans le 5e Corps du maréchal Lannes.

Les grenadiers de la réserve s'illustrent bientôt à Wertingen le 8 Octobre contre les Autrichiens.

Après la capitulation d'Ulm, le 20 octobre, les hommes d'Oudinot poursuivent les forces autrichiennes et celles des Russes arrivées trop tard pour secourir Mack. Le 27 octobre, ils passent l'Inn à Braunau et entrent dans Linz le 2novembre.

Le 4 novembre, la division combat les Russes à Amstetten et les repousse trois fois, puis continue la poursuite. Le13 novembre, les grenadiers s'emparent des ponts qui mènent à Vienne. Le 14, le corps d'Oudinot arrive à Stocherau et se rééquipe avec du matériel autrichien. Le 16, ils arrivent sur les hauteurs d'Hollabrunn et combattent les Russes de Bagration. Le terrain reste aux Français et Oudinot y est blessé.

Les grenadiers d'Oudinot donnent à la fin de la bataille d'Austerlitz, restant en réserve la plus grande partie de la bataille. La division Dupas anéantit une colonne de 5000 Russes. Le bataillon d'élite du 3e Léger aura 144 blesssés.

La division reprend le chemin de la France et arrive à Strasbourg en Février 1806, puis occupe la principauté de Neuchâtel, donnée à Berthier.

Le 2 avril 1806, Napoléon écrit depuis Malmaison au Général Junot, Commandant militaire de l'Etat de Parme et de Plaisance : "... Je donne ordre à Oudinot, qui est à Neufchâtel, de vous envoyer le bataillon d'élite du 3e …" (Correspondance de Napoléon, t.12, lettres 10048; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 11822).

En Juillet 1806, le bataillon d'Elite du 3e Léger rejoint son régiment, la division Oudinot étant dissoute. Mais, en Octobre 1806, une nouvelle formation de grenadiers et voltigeurs réunis, confiée à Oudinot, est formée, prenant les compagnies d'élite des 3e bataillons de 48 régiments de Ligne ou d'infanterie légère. Le 3e Léger détache donc une compagnie de carabiniers et une de voltigeurs dans un 3e régiment provisoire de seulement 4 compagnies (avec celles du 2e Léger)  !

On les voit combattre à Friedland, le 14 Juin 1807.

 

II/ LA CAMPAGNE DE 1807 DU 3E LEGER

Après la fulgurante campagne de 1806 contre la Prusse et la Saxe et le coup d'arrêt marqué à l'offensive russe à Eylau, en attendant les prochaines confrontations, des forteresses ennemies tiennent toujours au Nord de l'Allemagne.

En Janvier 1807, Mortier, après avoir occupé Hambourg, marche sur Stralsund en Poméranie suedoise. La Suède, qui s'est déclarée contre l'Empereur, n'a jusqu'à présent guère fait parler d'elle.

Kolberg en Poméranie, est encerclée dès Février 1807 par des troupes italiennes. Mortier doit bientôt s'occuper du siège de Kolberg plus à l'Est et laisse une seule division française devant la place de Stralsund.

Le 30 mars 1807, l'Empereur écrit depuis Osterode, au Maréchal Berthier : "Donnez ordre par un courrier extraordinaire à la division Boudet qui est à Vérone, et à la division Molitor, qui est à Brescia, de se mettre en marche le 10 avril pour se diriger sur Augsbourg, où il indispensable qu'elles soient arrivées avant le 30 avril. La troupe marchera en divisions. Les régiments de tête feront, les premiers jours, double marche, afin de pouvoir marcher par régiments pour se cantonner. Pour avoir le temps de se procurer des vivres, les divisions prendront, en partant de Vérone, quatre jours de pain. La division de Vérone passera par Ala, et celle de Brescia par la Rocca d'Anfo. S'iI y a quelques marches d'étapes qui soient trop courtes, les généraux des divisions pourront les brûler. Ces divisions mèneront leur artillerie.
On tiendra cet ordre le plus secret possible, afin qu'elles aient déjà fait plusieurs marches avant qu'on se doute de leur destination.
Vous donnerez l'ordre au 3e bataillon du 3e régiment d'infanterie légère, qui est à Parme, de faire sur-le-champ partir 600 hommes pour se rendre en toute diligence à Augsbourg pour renforcer les deux premiers bataillons. Ces 600 hommes sont destinés à porter leurs compagnies des bataillons de guerre à 140 hommes. On les suppose d'après l'état de situation au 1er février, à 1,674. Ces 600 hommes partiront sous les ordres d'un capitaine, de deux lieutenants ou sous-lieutenants et de quelques sous-officiers, lesquels retourneront au dépôt dès que le détachement aura rejoint
".

En Avril, les Suédois lancent une offensive qui libère leur territoire. Mortier contre-attaque avec des renforts et un cessez-le feu est signé avec la Suède. La situation reste stationnaire devant Stralsund.

Le  général Loison prend le commandement des troupes de siège devant Kolberg, en mars, aidé par Mortier en Avril. Mais le siège traine en longueur faute d'artillerie et malgré l'aide de troupes étrangères : polonaises, italiennes, saxonnes ralliées et wurtembergeoises.

Pendant ce temps, les bataillons du 3e Léger sont à Parme en Italie. Mais l'Empereur mande à son vice Roi, le prince Eugène de Beauharnais de les remettre en condition et de former une division aux ordres du général Boudet.

Napoléon le 12 mars 1807 à Eugène :
«Comment le 3e Léger n'est que de 1600 hommes ? Il faut tirer 500 hommes de son 3e bataillon ...».

Le 25 mars : «écrire à Parme pour compléter les deux bataillons du 3e Léger de 600 hommes ; le 3e bataillon doit être fort ...».

Emplacement des troupes de l'Empire français à l'époque du 1er avril 1807
Infanterie légère
Numéros des Régiments, et noms des Colonels
Majors, Chefs de Bataillon et Quartiers-maîtres
Numéro des Bataillons
Emplacement, et conscription de l'an 1807
Division Militaire
3e Mas

Gavotti
Trocmet
Zanoli
Pellecier
Rémont

Major
1er
2e
3e
Quartier-maître


Saint-Bonifacio
A Saint-Michel
A Parme
Conscrits ...


3e Division, Armée d'Italie
3e Division, Armée d'Italie

 

Chasseur 3e léger 1807

Fig. 3 Chasseur du 3e Léger en 1807 d'après Bucquoy (Source : Lûneburger Bilderhandschrift)

La division Boudet, avec les deux premiers bataillons du 3e Léger, est envoyée en Allemagne avec des renforts d'Italie.

Le 20 Avril à Berthier : «en ce moment 25.000 hommes des divisions Boudet et Molitor sont à Inspruck. Ces divisions seront à la mi-mai à Magdebourg».

Le 29 Avril, Napoléon forme un nouveau Corps d'Observation confié au général Brune qui doit recevoir la division Boudet dont les bataillons du 3e Léger et trois du 56e de Ligne.

Et le 20 mai, l'Empereur écrit à Brune : «la division Boudet doit être en ce moment à Stettin ; elle doit faire plus de 6000 hommes ...».

Le 14 Juin a lieu la bataille de Friedland. Le 16, Koenigsberg capitule. Le 21, un armistice franco-russe est signé à Tilsitt.

Le siège de Kolberg se poursuit. A partir du 20 Juin arrivent non seulement de l'Artillerie mais des renforts du 3e Léger et du 93e de Ligne. Le siège se resserre et les bombardement sur la place deviennent réguliers. Le 1er Juillet, un cesser-le-feu est instauré. Le capitaine Gury et le lieutenant Courtois du 3e Léger seront tués lors de cette fin des opérations.

Tandis que Brune discute avec les Suédois, ceux-ci demandent l'aide des Anglais pour débloquer Stralsund qui a déjà reçu des renforts prussiens. Les Britanniques débarquent le 5 Juillet après que l'armistice ait été dénoncé par la Suéde, mais l'annonce d'un traité avec la Prusse (le 9 Juillet) fait retirer les troupes de ce pays.

Brune attaque le 13 Juillet. La division Boudet s'empare de Tribsee. Le blocus se resserre. Les Anglais quittent la ville le 8 Août pour attaquer le Danemark. Le 15 Août, on ouvre des tranchées devant la ville. Les Suédois s'en retirent le 20 Août. Brune subira la disgrâce de l'Empereur pour avoir permis aux Suédois de se retirer, sans les faire prisonniers en livrant simplement l'ile de Rügen.

En Octobre, la division Boudet est versée au corps de Bernadotte, nommé au gouvernement des villes hanséatiques, et tient garnison dans les dites villes. C'est là que des notables peuvent observer le 3e Léger et le dessiner.

En 1808, un nouveau colonel est nommé à la tête du régiment  : Lamarque d'Arrouzat.

Etats de service de Jean-Baptiste-Isidore Baron Lamarque d'Arrouzat

Né à Doazon dans les Basses-Pyrénées en 1762. Capitaine au 1er bataillon des Landes, selon Georges Six dès le 17 octobre 1791. Il sert avec le bataillon à l'Armée des Alpes en 1792, au siège de Toulon à la fin de 1793. Il passe ensuite à l'Armée d'Italie de 1794 à 1797. Il sert à Arcole, passe successivement dans la 70ème de bataille et la 75ème de ligne. Il sert ensuite à l'Armée d'Helvétie puis à celle d'Orient. Il est au combat de Nazareth le 11 avril 1799, et sert durant l'expédition de Syrie. Il devient chef de bataillon en octobre 1799, puis rentre en France et tient garnison à Orléans de 1801 à 1803. Il dvient Major du 45ème régiment d'infanterie de ligne, sert à l'Armée de Hanovre de 1803 à 1805 et fait la campagne de 1805 dans le 1er corps de la Grande Armée, celui de Bernadotte. Il sert ensuite en Prusse et en Pologne entre 1805 et 1807. Passé Colonel du 3ème régiment d'infanterie légère en 1808, division du général Boudet.
A l'Armée d'Allemagne, il se signale à Essling le 22 mai 1809 et devient officier de la Légion d'Honneur en juin 1809. Il sert à Wagram et devient Baron de l'Empire en 1810.
Il passe ensuite à l'Armée de Catalogne sous Suchet dans les rangs de laquelle il combat de 1810 à 1813. Il prend part au siège de Figuières, qui tombe le 11 août 1811, puis à la bataille d'Altafulla le 24 janvier 1812. Il est nommé Général de Brigade le 24 mai 1812; il est gouverneur de Lérida. Il se trouve trompé par une ruse de guerre machinée par le chef d'escadrons déserteur Van Hulen et évacue la place le 14 février 1814. Il doit capituler avec toutes ses troupes dans le défilé de Martorell le 18 février suivant. Retenu prisonnier malgré la capitulation et ses termes il ne rentre en France qu'en mai 1814, pour se retrouver en demi-solde. Employé au 9ème Corps d'observation du Maréchal Brune en avril 1815, il est mis en non-activité en août 1815. Chevalier de Saint-Louis en décembre 1817, mis en disponibilité en 1818, inspecteur d'infanterie en 1819, il est enfin en retraite en 1825. Il meurt à Pau le 30 avril 1834.

 

III/ LA CAMPAGNE DE CATALOGNE 1808-1809 DU 4E BATAILLON DU 3E LEGER

Voltigeur 3e léger 1807

Fig. 4 Voltigeur du 3e Léger en 1807 d'après Bucquoy (Source : Lûneburger Bilderhandschrift)

Après Tilsitt, Napoléon est tranquille sur le front Est Europe. Sa politique se tourne à présent vers la péninsule ibérique. Feignant de secourir les troupes de Junot au Portugal depuis le début 1807, les troupes françaises doivent s'emparer des points stratégique en Espagne. Divers corps d'observation pénètrent donc dans le royaume espagnol dont la division d'Observation des Pyrénées Orientales, mise sous le commandement du général Duhesme. Celui-ci s'empare de Barcelone dès le 29 Février 1808 mais rapidement l'insurrection gagne la province.

Une division française (Chabran) est envoyée en renfort en Avril, puis une autre avec le général Reille. Girone résiste victorieusement.

Le Général Duhesme est enfermé à Barcelone. Le Général Reille a ravitaillé Figuières sans pouvoir se relier avec Duhesme, lorsque Napoléon décide d'en finir avec l'Espagne qui est totalement hors contrôle depuis que Joseph Bonaparte a été proclamé remplaçant des Bourbons. Une partie de la Grande Armée s'achemine alors vers Bayonne.

Pour secourir Duhesme, deux nouvelles division sont formées à Perpignan : le Corps italien de Pino et la Brigade napolitaine de Chabot qui viennent tout juste d'arriver et une division française sous le général Souham dont trois bataillons du 1er Léger et le 4e bataillon du 3e Léger (on trouve aussi le 42e de Ligne et les 4e Bataillons des 7e, 67e, 112e de ligne).

L'ensemble des forces entrant et présentes en Catalogne forment désormais le 7e Corps de l'Armée d'Espagne, confié au Général Gouvion Saint Cyr, bientôt désigné sous le nom d'Armée de Catalogne. La Division Souham est la 4e du 7e Corps. Le bataillon du 3e Léger est à la brigade Bessieres.

L'armée espagnole chargée de disputer la Catalogne aux Français est commandée par don Juan de Vivès, forte d'environ 40.000 hommes.

L'Armée de Catalogne commence ses opérations en novembre. Son premier but est d'aller délivrer Duhesme, qui était menacé d'être affamé dans Barcelone. Gouvion Saint Cyr décide de s'emparer de la ville de Roses. Les Divisions Pino et Reille assiègent alors cette place, tandis que toute la Division Souham est sur la rive gauche de la Fluvia. Le rôle de Souham est de couvrir les travaux contre les troupes espagnoles qui pourraient tenter de les interrompre.

Le 22, les avant-postes de la Division Souham sont attaqués par les Espagnols qui ne veulent que tâter les Français. L'attaque est renouvelée le 24 par 15 ou 16000 miquelets et environ 3000 hommes de ligne sous la conduite du général Alvarès. Les premiers postes sont tout d'abord obligés de se replier, mais les grand'gardes prennent bientôt l'offensive.

"ONZIÈME BULLETIN
Madrid, le 5 décembre 1808.
Le 24, l'avant-garde ennemie, campée sur la Fluvia, forte de cinq à six mille hommes, et commandée par le général Alvarès, est venue en plusieurs colonnes attaquer les points de Navata, Puntos, Armodas et Garrigas, occupés par la division du général Souham. Le 1er régiment d'infanterie légère et le 4e bataillon de 3e légère, ont soutenu seuls l'effort de l'ennemi, et l'ont ensuite repoussé.
L'ennemi a été rejeté au-delà de la Fluvia avec une perte considérable en tués et blessés. On a fait des prisonniers, parmi lesquels se trouvent le colonel Le Brun, commandant en second de l'expédition et colonel du régiment de Tarragone, le major et un capitaine du même régiment
".

Roses capitule le 5 décembre. L'Armée de Catalogne se dispose aussitôt à marcher sur Barcelone. Chaque hommes reçut 50 cartouches et de vivres pour quatre jours; on chargea quelques provisions et 150000 cartouches sur des mulets; puis, le 9, laissant à la Division Reille le soin de garder Roses et Figuières comme base d'opération, Gouvion Saint Cyr franchit la Fluvia devant les détachements de Vivès, qui se retirent précipitamment derrière le Ter.

Sapeur 3e léger 1807

Bataille de Molins del Rey le 21 décembre 1808

 

Sapeur 3e léger 1807

Fig. 5 Sapeur d'infanterie légère en 1807 d'après Suhr

La Division Pino ouvre la marche, suivie de la Division Souham. Gouvion Saint Cyr se dirige tout d'abord sur Girone. Le 11, il tourne brusquement à gauche, passe le Ter au-dessous de Girone et atteint la Bispal. Le 12, sa colonne arrive à Palamos, après avoir essuyé les feux de nombreux Miquelets dans les défilés de Calonja. Puis Saint Cyr quittant la côte, rejoint par les traverses la route intérieure.

Le 13, Gouvion Saint Cyr arrive en vue de Hostalrich. Les colonnes contournent la place.

Le 15, don Juan de Vivès, qui s'est enfin décidé à venir en force pour barrer le passage à Gouvion Saint Cyr, prend avec ses 15000 hommes une excellente position défensive sur les hauteurs boisées de Cardefeu. Des miquelets en grand nombre couvrent les abords de sa ligne. Le gros des forces espagnoles est resté près de Barcelone derrière le Llobrégat.

En arrivant devant la position espagnole, la Brigade de tête de la Division Pino se déploie à gauche de la route de Barcelone pour diminuer les pertes que lui fait éprouver le feu de la Division Reding. Saint Cyr, qui n'a pas de temps à perdre, et ne veut pas se laisser rejoindre par les détachements ennemis qui suivent son arrière garde, lance immédiatement la Division Souham en colonne serrée sur le prolongement de l'extrême gauche de la Brigade italienne déployée, avec ordre de se jeter sur l'ennemi à la baïonnette sans quitter la formation. En même temps, il porte également en colonne serrée la deuxième Brigade de Pino sur le centre ennemi. C'est le seul moyen de triompher à coups de force et d'audace d'une troupe bien postée et munie d'une redoutable artillerie. Dans ses ordres, Gouvion Saint Cyr déclare : "Il faut passer sur le ventre du corps de troupe qui est en face de nous, quel que soit son nombre. C'est la seule et unique chance de succès, dans la position où nous nous trouvons. Nous sommes sans pain et presque sans munitions; nous n'avons que nos épées et nos baïonnettes. Ce sont les seules armes à notre disposition, les seules dont on doive se servir aujourd'hui".

Ces mouvements sont exécutés avec tant de vigueur qu'en un instant la ligne ennemie est rompue et culbutée. La cavalerie achève la défaite de Vivès. Les Espagnols s'enfuient en désordre, laissant sur le champ de bataille 600 morts et 800 blessés, 1200 prisonniers dont le Général Gamboa, toute leur artillerie et deux drapeaux. Le 17, le Corps de Gouvion entre dans Barcelone, au milieu des transports de joie du corps de Duhesme délivré.

La nécessité d'éloigner les insurgés amène alors Gouvion Saint Cyr à s'avancer jusque sous les murs de Tarragone. Le 20 décembre au soir, il prend position devant le Llobrégat avec environ 20000 hommes. Vivès occupe la rive droite avec plus de 30000 hommes protégés par des hauteurs boisées, par une forte artillerie et par des ouvrages de fortification, mais démoralisés par les échecs des jours précédents. Pendant la nuit du 20 au 21, il tombe beaucoup de neige et les jeunes conscrits, dont la plupart n'avaient pas de capotes, souffrent grandement du froid. Néanmoins, le 21 au matin, Gouvion fait menacer sérieusement le pont de Molins del Rey sur la grande route de Tarragone, et, tandis que les Espagnols prennent leurs dispositions pour résister sur ce point, la Division Pino passe le fleuve au gué de Llors, sous la protection de la Division Souham qui a elle-même franchit le Llobrégat un peu plus bas, au gué de Saint Jean d'Espi. Ces deux Divisions débordent ainsi la droite des positions ennemies. Les troupes ont presque atteint la première ligne ennemie, lorsque la deuxième s'élance en colonne par les intervalles; mais à la vue des baïonnettes françaises, cette seconde ligne rompt ses rangs. Les deux lignes s'enfuient alors en désordre entraînant les réserves plus vite; 15000 fuyards se réfugient à Tarragone, laissant entre les mains des Français 50 pièces de canon, et près de 1500 prisonniers, parmi lesquels le Général Caldagnès, commandant de l'aile droite espagnole.

Après une poursuite de quinze heures, la Division Souham s'établit sur les bords de la Gaïa, à dix kilomètres de Tarragone. Vivès est destitué et mis en prison. Le commandement passe au Général Reding, d'origine suisse, qui déploie alors beaucoup d'activité, de vigueur et de talent dans la défense de la Catalogne.

L'armée de ligne espagnole a été réduite, mais le pays tout entier est livré à l'insurrection. Pendant ce temps, Réding réorganise son armée. Il a reçu par terre et par mer des renforts qui le mettent en état de reprendre l'offensive. Il voudrait en effet couper Saint Cyr de Barcelone et capturer toute l'Armée de Catalogne. Ainsi, il sort de Tarragone avec 40000 hommes et se dirige par Montblanc sur Santa Coloma.

De son côté, Gouvion, après diverses opérations, le 22 février marche avec la division Souham sur Valls , dont il s'empare après une courte résistance. C'était un jour de marché, et il a la bonne fortune de trouver là une assez grande quantité de grains. Reding, le 25, se met en marche sur Valls et attaque la Division Souham. Celle-ci repousse sans peine les premières tentatives de l'ennemi. Alors Réding déploie toutes ses forces et renouvelle l'attaque, pendant que Gouvion appelle à lui la Division Pino. La Division Souham soutient seule tous les efforts des Espagnols jusqu'à trois heures, sans perdre de terrain. A ce moment, Gouvion ayant réuni ses deux divisions, reprend l'offensive.

Aucun obstacle ne peut retenir les Français qui se jettent dans les ravins qui protégent les positions espagnoles. En un instant, tous les ravins sont franchis, et la position enlevée. L'ennemi est poursuivi jusqu'aux portes de Reus. Reding, blessé de deux coups de sabre, ne doit son salut qu'à la vitesse de son cheval; ses Aides de camp, un Général, trois Colonels ou Lieutenants colonels, cent Officiers, deux mille hommes, toutes l'artillerie, les munitions et les bagages tombent entre les mains des Français.

"Les Divisions Souham et Pino ont soutenu leur réputation et rivalisé, comme à l'ordinaire, d'ardeur et d'intrépidité" dit le rapport. Le capitaine Loubeau du 3e Léger est blessé.

Le lendemain, la Division Souham entre sans coup férir dans l'importante ville de Reus. Elle y trouve des vivres, des objets d'équipement, des espadrilles et des souliers, dont les soldats ont le plus grand besoin. Une contribution en argent permet en outre au payeur de l'armée, dont les caisses étaient vides depuis longtemps, de verser un léger accompte aux Officiers, qui étaient dans un dénuement extrème. L'Armée espagnole quant à elle se trouve désormais entassée dans Tarragone où la maladie commence à faire de grands ravages. Gouvion Saint Cyr reste donc dans ses positions autour de Tarragone, 

Le 20 mars, les Espagnols tenant toujours bon et les vivres étant épuisés, Gouvion Saint Cyr décide de s'établir dans la petite plaine de Vich, où il est à peu près sûr de trouver des grains. Il renonce donc à enlever Tarragone, mais en même temps, il se rapproche de Girone, dont le siège s'impose, et de Barcelone, qui déjà ne communique avec lui que difficilement. A 12 kilomètres au nord de Barcelone, Gouvion établit son quartier général.

Le 18 avril, la Division Souham prend position à Vich. On trouva quelques vivres. Néanmoins, l'insuffisance de la nourriture, les grands froids (il neigeait presque tous les jours) et le manque d'effets de couchage et de couvertures (que les habitants avaient toutes emportées) ne tardèrent pas à donner beaucoup de malades.

Autour de Vich, les avants postes sont fréquemment attaqués et doivent lancer des raids de reconnaissance. Girone défendue par Alvarez de Castro tient toujours.

Le 13 octobre 1809, Augereau prend le commandement de l'Armée de Catalogne et le général Du Moulin remplace Bessières à la tête de sa brigade. A bout de force, Girone a fini par se rendre.

Le 29 octobre, un fort parti ennemi s'étant établi à Santa Coloma, le Général Souham donne l'ordre de le déloger. "Je suis parti aujourd'hui (1er novembre 1809), à 4 heures du matin, avec huit bataillons, trois escadrons et trois pièces de canon pour attaquer les insurgés qui occupaient la position de Santa Coloma.
J'ai trouvé l'ennemi dans le village de Santa Coloma, ayant crénelé toutes les maisons pour pouvoir y tenir avec plus de sûreté. Le reste de la troupe, en position sur les hauteurs de ce village, avait devant elle un énorme ravin. Pendant que deux bataillons du 42e franchissent le ravin pour tourner l'ennemi par sa droite et que deux autres bataillons font de même pour tourner sa gauche, le général du Moulin enlève à la baïonnette le village de Santa Coloma avec les trois bataillons du 1er régiment d'infanterie légère et trois escadrons de cavalerie.
Après trois heures de fusillade très vive, l'ennemi a été chassé de toutes ses positions et mis dans la plus grande déroute. Ceux qui ont échappé n'ont dû leur salut qu'aux difficultés insurmontables d'une poursuite dans les montagnes.
L'ennemi a eu 2000 hommes tués ou blessés; nos pertes ont été de 10 officiers tués, 5 blessés, 10 soldats tués et 40 blessés. Le courage et la bravoure de la division a été bien au dessus de tout ce que je pourrais dire" (Compte rendu du Général Souham).

Le 20 décembre, Augereau ordonne au Général Souham de faire une expédition dans la direction d'Olot, tant pour y faire des provisions que pour en chasser les guérillas qui infestent cette contrée.

Le 21 décembre, la Division rassemblée à Girone prend la route Le 26, la Division fait son entrée dans Olot. Elle y trouve 68000 cartouches d'infanterie qui sont distribuées, 26000 cartouches anglaise, dont la poudre est réutilisée, 4500 pierres à fusil et 5600 balles. Le 23 décembre, le chef de bataillon De Réverend du 3e Léger a été blessé.

Le 27, la Division marche sur Campredon où elle arrive le 28.

Le 31, toute la Division revient à Olot. "Les troupes qui composent ma division ont fait preuve de zèle, de constance et de bravoure", écrit Souham au Général en chef le 1er janvier 1810.

 

IV/ LA CAMPAGNE D'AUTRICHE EN 1809 DU 3E LEGER

Carabinier 3e léger 1805

Bouton du 3e Léger

Après avoir stationné dans les villes hanséatiques, les divisions Boudet (dont les 1er et 2e bataillons du 3e Léger) et Molitor sont envoyées, en octobre 1808, par Napoléon à Francfort sur le Main, en réserve. Puis le 17 Novembre 1808, il les envoie sur Lyon.

«Les divisions Boudet et Molitor, qui doivent être en marche pour se porter sur Lyon et les rives de la Saône, me formeront une réserve qui agira selon les circonstances. Ce corps, étant composé de sept régiments, doit m'offrir vingt-huit bataillons, qui me feront plus de 23,000 hommes».

Après avoir hésité à les refaire passer en Italie, il affecte finalement la division Boudet à la 4e division du Corps d'Observation du Rhin sous Masséna en février 1809. C'est que depuis le début de l'année 1809, Napoléon se prépare à une offensive de la part de l'Autriche, qu'il voit se réarmer. Il prend donc méthodiquement ses dispositions.

Le Corps d'Observation de Masséna se renomme 4e Corps de l'Armée d'Allemagne, le 11 Avril. C'est que le 9 Avril, l'Autriche a déclenché les hostilités en entrant en Bavière, alliée des Français, tandis que le Tyrol s'insurge. Le 10 Avril, les Autrichiens lancent une offensive contre l'Armée d'Italie du prince Eugène. Puis contre les Polonais de Poniatowski en Galicie.

Pendant ce temps, le 3e Bataillon du Régiment doit remonter d'Italie vers l'Allemagne en passant par le Tyrol.

Le 12 Avril, le Capitaine Duchange du 3e Léger est blessé par des insurgés tyroliens. La colonne de conscrits du Général Bisson, qui ralliait l'armée d'Allemagne doit capituler devant Innsbrück.

Napoléon écrit à Clarke le 13 Mai 1809  :
«... la première colonne de troupes qui d'Italie devant se rendre en Allemagne parait avoir été prise par l'ennemi. Elle se composait du 3ème bataillon du 3ème Léger formé de 600 hommes, du 3ème bataillon du 2ème de Ligne de 800 hommes …
Il faut ordonner que le 3ème bataillon du 3ème Léger soit reformé ... Donnez en conséquence aux dépôts de ces corps un nombre de conscrits pour réparer cette perte.
Que les dépôts des 3ème Léger, 2ème de Ligne ... envoient à Vérone les hommes qu'ils auraient en état de faire la guerre ...
Cette colonne ainsi reformée se mettra en marche pour Vienne, par la route la plus sure, pour recompléter les cadres
».

Le 17 Avril, Masséna est à Augsbourg et doit tenir la position le temps que l'Armée française rallie. Les Autrichiens se concentrent sur Ratisbonne.

Du 19 au 23 avril par une série de manœuvres brillantes, Napoléon coupe l'armée autrichienne en deux à Abensberg et Landshut et les force à retraiter à Eckmûhl, puis on reprend Ratisbonne.

Les Français marchent sur Vienne. Masséna se dirige sur Passau longeant le Danube à la gauche du dispositif français, d'où il déloge les Autrichiens le 26 avril. Puis se porte sur Linz et Ebesberg qui est emportée par la division Oudinot.

Le 13 mai, les Français entrent dans Vienne. Le 19 mai, ils s'installent dans l'ile Lobau. En premier le 4e Corps de Masséna qui commence à construire des ponts pour traverser le fleuve. Le 4e Corps passe sur la rive gauche le 20 Mai et la division Boudet (3e Léger) se place devant Essling. Elle est détachée au 2e Corps du maréchal Lannes.

Le 21 Mai, les Français sont passés en force à la suite du 4e Corps, les Autrichiens les attaquent, le dos au fleuve. A Essling (où se trouve le 3e Léger et la division Boudet) avec Lannes et Aspern, où est déployé le reste du 4e Corps, on résiste avec ténacité exhortés par Masséna en personne, un fusil à la main.

Le 22 Mai des renforts français ont passé le fleuve et Napoléon tente de percer le centre autrichien mais devant la résistance de ceux-ci il faut se replier sur l'ile Lobau. La division Boudet a encore une fois tenu dans Essling. Mais le maréchal Lannes a été mortellement blessé … Le 3e Léger a eu de nombreuses pertes. Le capitaine Koester a été tué et les capitaines Chavet, Servy, Falaire, Perrier, Langlois sont blessés.

L'Armée française et l'Autrichienne doivent refaire leurs forces. La période est donc propice à recevoir des renforts et l'Empereur attend aussi son armée d'Italie et celle de Dalmatie qui remontent du Sud vers l'Autriche après avoir combattu les forces ennemies qui leur barraient le passage.

La division Boudet a été replacée sous le commandement de Masséna, au 4e Corps.

Napoléon et son adversaire : l'archiduc Charles comptent sur une bataille décisive sur le même terrain que précédement.

Napoléon concentre ses troupes sur l'ile Lobau pour passer en force à la gauche du dispositif autrichien qui l'attendent sur leur centre. Masséna blessé par une chute de cheval commandera son Corps d'armée sur une calèche.

Sapeur 3e léger 1807

Plan de la bataille de Wagram

Le 4 Juillet au soir les premières troupes françaises passent sur la rive gauche du Danube. Le 4e Corps les suit vers 11heures. Le lendemain matin il s'empare de Gross Enzendorf à la gauche du front français qui va faire une conversion à gauche et repousser peu à peu les forces autrichiennes qui se sont repliées avec Deutsch Wagram comme position centrale. Une première attaque française sur Wagram échoue.

Le lendemain, Masséna doit contenir la droite autrichienne à un contre trois tandis que les Français prendront l'offensive. Mais les Autrichiens les devancent et repoussent Bernadotte à Aderklaa, dégageant la droite de Masséna et l'attaquant en force.

Celui-ci reprend, perd et reprend Aderklaa avec la division Carra Saint Cyr puis celle de Molitor. A la gauche de Masséna, les divisions Boudet et Legrand se battent à un contre cinq ! .... Boudet défend Aspern puis ayant la moitié de ses effectifs hors de combat se replie sur Essling. Le reste du 4ème Corps porte secours à Boudet en marchant de flanc devant les Autrichiens.

Pendant ce temps l'Empereur prépare son offensive sur le centre autrichien, préparée par la canonnade de la Grande batterie entre Aderklaa et Sussenbrûnn. Puis Mac Donald s'enfonce dans les lignes ennemies avec son armée d'Italie formée en carré.

Sur le flanc gauche Boudet, a été enfin dégagé. Masséna repart à l'offensive et marche sur Kagran. A l'aile droite, Davout a aussi avancé. Partout l'armée autrichienne recule.

Les deux bataillons du 3e Léger ont vu leurs officiers être blessés en nombre : comme les capitaines Duvilla, Pigeon, Servy et Chavin.

 

V/ LA CAMPAGNE DE CATALOGNE DU 3E LEGER (1er, 2e, 3e, et 4e bataillons), 1810-1811

Chasseur 3e léger 1811

Fig. 6 Chasseur du 3e Léger en Catalogne, 1811, d'après Bucquoy

En fin 1810, le régiment va être appelé à rejoindre son 4ème bataillon en Catalogne. En attendant, le 4e bataillon participe aux opérations complexes, sans cesse à renouveler contre les insurgés qui tiennent le pays. En Janvier 1810, le capitaine Allain est blessé près d'Altafulla.

Au début de 1810, Augereau a établi son QG à Girone. Le 8 Février, la Catalogne est érigée en Gouvernement militaire, ôtant à Joseph tout droit de regard sur la province. La division Souham avec le bataillon du 3e Léger est une nouvelle fois envoyée à Vich. Il est rapidement encerclé par les guérillas. Le général espagnol O' Donnel attaque la ville le 20 Février. Souham avec seulement 3500 hommes soutient le combat et repousse l'ennemi avec pertes. Souham est blessé lors des combats. Le lieutenant Brouard du 3e Léger est tué, le capitaine Baret est blessé. La division occupe Reus. Puis doit retraiter sur Barcelone livrant un combat à Villafranca. Le général Frère a remplacé provisoirement Souham à la tête de la division. Celle-ci fait le blocus de la forteresse d' Hostarlich qui capitule finalement le 12 Mai.

Augereau est remplacé par Mac Donald à la tête de l'Armée de Catalogne dans les derniers jours de Mai. Le 21 Août, le bataillon combat devant Tarragone, toujours aux mains des Espagnols. Le 5 Septembre, Mac Donald bat des insurgés à Cervera. Les trois premiers bataillons du 3e Léger quittent alors l'Allemagne pour se retrouver dans le Sud de la France.

POSITIONS DU 3E LEGER EN SEPTEMBRE 1810

Colonel Lamarque; major Pochet; Quartier Maître Remond
1er bat chef de bat Pigeon au Havre
2e bat Emion au Havre
3e bat Lebrun à Dieppe
4e bat Reverend à l'Armée de Catalogne
5e bat : dépôt à Parme

Le 10 Octobre 1810, l'Empereur ordonne que :
«Le 3e Léger gardera ses 3 bataillons et recevra le détachement qui fait partie du 3e bataillon du régiment de marche de l'Armée de Catalogne, de sorte que la division qui se réunit à Avignon sera formée de 3 bataillons des 16e de Ligne, du 67e, du 3e Léger et de deux bataillons du 100e de Ligne. A leur arrivée en Catalogne, ils seront rejoints par leurs 4e bataillons.
Les bataillons du 3e Léger s'embarqueront sur la Saône à Chalons. Ils peuvent ainsi arriver à Perpignan en même temps que le régiment de marche de l'Armée de Catalogne.»

Le 4e bataillon sert à l'affaire de Banoles (Banyoles) le 20 Novembre. Le sous-lieutenant Lacroix est tué.

Stationnant à Palamos, le 13 décembre, le chef de bataillon Eymion repousse un débarquement anglais. Le capitaine Chauvin est blessé lors des combats.

Le 2 Janvier 1811, Suchet et son armée d'Aragon tiennent bien leur province et contrôlent leurs frontières. Le général est alors chargé d'opérer en Basse Catalogne en collaboration avec les troupes de Mac Donald. Il s'empare de Tortose. Puis Mac Donald se recentre sur Reuss, bat les troupes espagnoles du marquis de Campo Verde à Valls, puis retraite sur Lerida.

Le 10 Avril 1811, les Espagnols réussissent à reconquérir par surprise l'importante place de Figueres (Figuieres ou Figueras) en Haute Catalogne. Les Français mettent alors le siège devant la place. Le siège va durer. Le 3e Léger y aura de très nombreuses pertes dont les chefs de bataillon Pigeon et Itty qui sont tués.

En Mai 1811, les 4 bataillons du 3e Léger sont donc en Haute Catalogne au siège de la place, tandis que le 5e bataillon de dépôt est à Parme dans la 28e Division militaire. Pendant ce temps le 4 Mai, début du siège de Tarragone par Suchet et son armée d'Aragon. La ville est prise le 28 Juin. L'armée espagnole de Campo Verde étant dispersé, il s'agit à présent de s'emparer de Montserrat  : unique dépôt d'armes et de munition d'importance restant aux insurgés catalans.

Le 24 Juillet, Suchet arrive à Bruch soutenu par une partie de la garnison de Barcelone. Montserrat, défendu par le baron d'Eroles est pris après des combats acharnés. Ceci fait, Suchet aide encore à conclure le siège de Figuières.  Ce qui est fait le 19 Août après une tentative de sortie infructueuse de la garnison. Puis l'Armée d'Aragon va se tourner contre Valence, quittant provisoirement la Catalogne ne laissant qu'une division en Basse Catalogne.

Le 30 octobre 1811, le général Decaen succède au maréchal Macdonald dans le commandement de l'armée de Catalogne. En Décembre 1811, combat de Sant Celoni contre les guérillas catalanes.

Le 9 Janvier 1812, Suchet s'empare de Valence.

En Catalogne, le 18 Janvier, la division espagnole du baron d'Eroles réussit à échapper aux Français à sa poursuite. Mais 6 jours plus tard, trompé par le brouillard, il attaque en infériorité numérique les soldats de Maurice Mathieu, gouverneur de Barcelone, et se fait battre à Altafulla. Trois capitaines du 3e Léger sont blessés.

Le 26 Janvier, La Catalogne est rattachée à l'Empire et constituée de 4 départements.

L'Aigle du 3e Léger

Distribués au régiment en 1804, trois Aigles sont accompagnées d'un drapeau modèle Picot. Une seule Aigle est encore portée par le régiment en 1812. Le drapeau modèle 1812 ne flottera jamais sur le champ de bataille et restera au dépôt. Il portait les noms des batailles de Eckmühl / Essling / Wagram

 

VI/ LA CAMPAGNE DE CATALOGNE DE 1812-1813 DU 3E LEGER

Carte de la Catalogne

Carte de la Catalogne

Tandis qu'après le combat d' Altafulla (Janvier), où s'illustrait le 3e Léger, délogeant l'ennemi de ses positions, les troupes espagnoles du général Lascy, nouveau commandant en chef pour la Catalogne devaient se replier et abandonner leurs opérations contre Tarragone, en Haute Catalogne le général Decaen menait des opérations contre des bandes d'insurgés, autour d'Olot, occupant Puycerda. Le 3e Léger faisait partie alors des troupes sous le commandement du général Lamarque.

En Aragon Suchet s'emparait de Peniscola (4 Février).

En Février 1812, les 4 bataillons du 3e Léger sont encore présents devant Hostarlich. Le sous-lieutenant Coculet est tué. Mais bientôt les effectifs du régiment vont être allégés et redistribués en prévision de la campagne dans l'Est Europe.

Le 13 Février 1812, Napoléon écrit à Clarke :
«Mr le Duc de Feltre,
donnez l'ordre que les cadres des 4eme bataillons des 3e Léger, 5e, 11e et 79e de Ligne, bien complétés en sous-officiers partent de la Catalogne pour se rendre à leurs dépôts pour y recevoir des conscrits …».

Le 21 mars, Lascy menaçait de nouveau Tarragone et était encore repoussé.

La crainte d'un débarquement d'une armée anglo-sicilienne sur les côtes allait en grandissant, Suchet était investi du commandement conjoint des armées d'Aragon et de Catalogne ainsi que de la portion de troupes dans le royaume de Valence.

Près d'Alicante, place forte des insurgés, à Castalla, les Espagnols d'O' Donnel attaquaient les avant-garde françaises de Suchet et était repoussées, ce qui retardait l'arrivée des Anglais.

Mai 1812, des éléments du 3e Léger combattent à Moleon.

Tandis que la bataille de Salamanque, en Novembre, oblige les Anglais à se replier une nouvelle fois sur le Portugal, les forces de Lascy et du baron d'Eroles en Catalogne continuent de harceler les Français.

Decaen début novembre, doit rependre Vich aux insurgés, ainsi que Montserrat. Lamarque combat en Haute Catalogne où l'ennemi attaquait Olot et le fort de Banyoles, défendu par des élements du 3e Léger.

En Janvier 1813, c'est au tour du 3e bataillon du régiment d'être rappelé, pour reformer la nouvelle Grande Armée. L'Empereur écrit à Clarke :
«Faites rentrer le cadre du 3e bataillon du 3e léger; celui du 4e bataillon du 20e. Faites aussi rentrer d'Aragon un grand nombre d'hommes d'équipages d'artillerie et d'équipages militaires qui ne sont pas montés.  Enfin faites rentrer de l'armée de Catalogne autant de cadres de bataillons qu'il le faut pour laisser à l'effectif de 840 hommes les cadres des premiers bataillons.».

 

VII/ CATALOGNE, 1813

En Catalogne, le général espagnol Copons succède au général Lascy à la tête des armées insurgées, tandis que l'armée anglo-sicilienne du général Muray a pris Alicante comme base.

Le 3e Léger est désormais détaché aux ordres de Suchet. Les deux bataillons du 3e Léger sont aux ordres du colonel Pochet, au sein de la brigade du général Robert avec le 121e de Ligne.

Le colonel Pochet

Honoré Simon Candide Pochet, né en 1776 dans l'Ain. Capitaine au 11e bataillon de volontaires de l'Ain en Septembre 1793. Prend part au siège de Lyon et fait campagne avec les armées des Alpes et d'Italie. Incorporé avec son grade, dans la 22e Demi-brigade légère de seconde formation en 1796. Campagne d'Italie, blessé à Rivoli en Janvier 1797.
Campagne d'Egypte avec la 22e Légère 1798-1801. Blessé à Jaffa en mars 1799, et nommé chef de bataillon en Octobre 1800.
A l'Armée d'Italie en 1805 et à Naples entre 1806 et 1809. Blessé en repoussant un débarquement anglais en Calabre en Novembre 1806.
Major du 3e Léger en Avril 1809. Promu colonel du régiment en Janvier 1813. S'illustre à Castalla, le 13 Avril 1813, et au blocus de Mortaza. Sera mis à la suite du régiment en Novembre 1814 et le commandera à nouveau aux Cent Jours, alors qu'il devait prendre la tête du 6e Léger.

En Avril, le maréchal décide de se porter au devant des forces espagnoles et de leurs alliés. Le 12 Avril, les Espagnols sont repoussés à Yecla et les forces britanniques à Biar. Le 3e Léger y donne aux ordres du général Robert. 

Le lendemain 13 Avril 1813, à Castalla, Suchet affronte une nouvelle fois l'Armée britannique bien retranchée. Les quatre bataillons conduits par le général Robert épaulent une unité de voltigeurs pour prendre à revers la gauche ennemie. Ils sont repoussés avec de nombreuses pertes pour le 3e Léger. Suchet n'insiste pas et prend une position défensive attendant une attaque anglaise qui échoue elle aussi. Match nul.

Bataille de Castalla 1813

Bataille de Castalla, 1813

Suchet, menacé au Nord du royaume de Valence et d'Aragon par des forces espagnoles resserre ses positions, puis se porte sur Valence pour empêcher un nouveau débarquement anglo-sicilien sur les côtes.

Le 2 Juin, les forces ennemies conjointes, par terre et par mer se portent devant Tarragone et débutent le siège de la ville. Suchet remonte alors du Sud, via Tortose, avec 7000 hommes tandis que Maurice Mathieu part de Barcelone avec 8000.

Après quelques combats d'avant-garde les Anglo-siciliens rembarquent, abandonnant leur artillerie le 12 Juin.

Le 11 Juin, le général Harispe, attaqué sur le Xucar, a repoussé les Espagnols.

Mais tandis que Suchet réussit tant bien que mal à se maintenir au Sud Est de l'Espagne, plus au Nord la situation empire avec la défaite de Vittoria le 21 Juin, qui induit la retraites des armées françaises sur le frontière du pays basque. Les Français doivent donc aussi reculer et commencent à évacuer le royaume de Valence le 5 Juillet. L'Armée marche sur l'Ebre, laissant des garnisons sur ses arrières dont Tortose. La brigade Robert est chargée de garder la place. La garnison compte dans ses rangs le 1er bataillon du 3e Léger avec son colonel, soit 13 officiers et 569 hommes, d'après les états de situation du mois d'Août.

Dans le même temps, l'Aragon voisin est perdu.

Du 14 au 15 Juillet, l'Armée passe l'Ebre, ralliant des petits détachements isolés, se porte sur Valls, Reuss et Tarragone, et met Lerida en état de défense. Puis Suchet s'établit à Villafranca.

Fin Juillet, les forces anglo-espagnoles attaquent Tarragone. Le 14 Août, les forces conjointes de Suchet et Decaen à Villafranca obligent les Anglais à reculer. Puis Suchet évacue la garnison, fait exploser les fortifications de Tarragone et continue son repli progressif. Les Anglo-espagnols sur ses talons. Les Anglais s'établissent eux même à Villafranca, et leur avant-garde se fortifie au col d'Ordal.

Le maréchal décide de contre attaquer le 3 Septembre; il s'empare des retranchements du col d'Ordal, puis marche sur Villafranca, épaulé sur son flanc par les troupes des généraux Decaen et Maurice Mathieu qui doivent bousculer devant eux des forces espagnoles. L'ennemi se replie encore. Si cela ne l'a pas détruit, il est retardé un temps dans ses opérations.

Depuis Août, les Espagnols sont devant Tortose et tandis que Suchet essaie de se maintenir le long des côtes de Catalogne, la garnison tient vigoureusement ses postes.

Suchet écrit au ministre de la Guerre fin Octobre :
«J' ai reçu des nouvelles de Tortose du 20 Octobre. Le général Robert me rend un compte satisfaisant de la place et de ses troupes. Le 9, il remporta un avantage signalé sur l' Empecinado.
Le 15, sept bataillons de troupes du général Elio débouchèrent pour attaquer les postes extérieurs de la rive droite de l'Ebre. Le général Robert avec 1200 hommes, 50 chevaux et 4 canons marcha à eux.
L'ennemi, exposé au feu de la place et attaqué avec impétuosité par cette partie de la brave garnison, perdit plus de 600 hommes et fut mis dans une déroute complète. Le général Robert fait le plus grand éloge de ses troupes et se loue particulièrement du colonel d'artillerie Ricci et du colonel Pochet du 3e Léger
».

Soult rappelé en hâte, a repris en main les armées françaises dans le Pays Basque. Il aimerait bien l'aide de Suchet, mais celui-ci, sans cesse ponctionné de troupes à envoyer en France, ne peut lui en fournir. Le 7 Octobre Wellington avait passé la Bidassoa.

Dans les derniers jours de Décembre, le maréchal apprend qu'un accord a été passé avec Ferdinand VII, emprisonné à Valençay. En attendant de connaitre ses modalités, il concentre ses forces autour de Barcelone, Gerone, Figuieres et Puycerda. Les garnisons isolées en arrière résistent encore.

 

VIII/ LA CAMPAGNE D'ALLEMAGNE DE 1813 DU 3E LEGER (3e et 4e bataillons)

LA MOBILISATION DE L'INFANTERIE LEGERE EN JANVIER/ FEVRIER POUR LA CAMPAGNE DE 1813 EN ALLEMAGNE
(Source : correspondance de Napoléon )

Dès janvier 1813, Napoléon ordonne de réorganiser l'infanterie légère (et de Ligne) en prévision de la campagne qui ne saurait tarder sur le Front Est. Plusieurs mesures sont prises :

  1. Le rappel des cadres des 3e Bataillons des Régiments en Espagne :
de l'Armée du Midi : des 21e, 27e, 12e et 28e Légers
de l'Armée du Centre : du 2e Léger
de l'Armée d'Aragon : du 3e Léger

Suivi, pour arrivée prévue début mars, en Allemagne, des seconds Bataillons des 13e, 15e, 11e, 24e et 26e Légers

2. Formation systématique d'un 6e Bataillon pour les Régiments qui n'en auraient pas.

3. Formations de Régiments provisoires légers pour les Corps d'Observation du Rhin ou d'Italie avec des Bataillons disponibles :
2e provisoire : 3e Bataillon des 2e et 4e Légers
3e provisoire : 3e Bataillon des 3e et 8e Légers
4e provisoire : 4e Bataillon du 12e Léger, 1er du 29e Léger
5e provisoire : 7e Bataillon du 14e Léger, 4e du 18e Léger
6e provisoire : 3e Bataillon des 6e  et 25e Légers
8e provisoire : 4e Bataillon du 5e Léger, 4e Bataillon du 23e Léger
10e provisoire : 3e Bataillon du 16e Léger et 1er Bataillon du 28e Léger

4. Formation de Demi-brigades de réserve de 3 Bataillons sur les frontières de l'Empire :
1ère Demi- brigade : 6e Bataillon des 7e, 13e, 15e Légers pour Mayence
2e Demi-brigade : 6e Bataillon des 33e, 26e, 24e Légers pour Anvers
3e Demi-brigade : 4e Bataillon des 11e, 10e, 21e Légers venants d'Espagne pour Wesel
4e Demi-brigade : 4e Bataillon des 9e, 27e, 28e Légers venants d'Espagne pour Utrecht  
5e Demi-brigade : 6e Bataillon des 12e, 5e et 29e Légers pour Cherbourg
27e Demi-brigade, dont un Bataillon du 32e Léger pour Toulon
33e Demi-brigade, dont un Bataillon du 8e Léger en Italie
34e Demi-brigade : 6e Bataillon des 8e, 18e et 36e Légers en Italie

 

Carabinier 3e léger 1805

Fig. 7 Shako de sergent ou de caporal fourrier, 1813-1814 (collection musée de l'Armée, Salon de Provence, venu de l'ancienne collection Desfontaines, voir la Giberne)

A son retour à Paris, sa Grande Armée anéantie par le froid, les débris en occupant la Prusse Orientale, l'Empereur en organise une nouvelle pour s'opposer aux Russes. Il lève de nouveaux conscrits, réquisitionne les cohortes de Gardes Nationales et rameute progressivement de vieilles troupes d'Espagne.

"Paris, 6 janvier 1813
Au général Clarke, duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris.
Vous verrez par la lettre que je vous ai écrite la formation de quatre corps : un corps d'observation de l'Elbe, un corps d'observation d'Italie et deux corps d'observation du Rhin. Les 34 régiments provisoires seront formés de la manière suivante : 2e régiment provisoire : 3e bataillon du 2e d'infanterie légère, 3e du 4e; 3e régiment provisoire : 3e bataillon du 3e d'infanterie légère, 3e du 8e; 4e régiment provisoire : 4e bataillon du 12e d'infanterie légère, 1e du 29e; 5e régiment provisoire : 7e bataillon du 14e d'infanterie légère, 4e du 18e; 6e régiment provisoire : 2e bataillon du 6e d'infanterie légère, 3e du 25e; 8e régiment provisoire : 4e bataillon du 5e d'infanterie légère, 4e du 23e; 10e régiment provisoire : 3e bataillon du 16e d'infanterie légère, 1e du 28e ...
".

En Février, les troupes françaises évacuent la Pologne et se replient sur l'Oder tandis que les Prussiens à la fin du mois s'alliaient officiellement aux Russes contre la France. Début mars, les Français quittaient Berlin et Dresde, tandis que Davout se maintient autour des villes hanséatiques, mais les Russes étaient entrés dans Hambourg.

Le 15 Avril, Napoléon quittait les Tuileries pour se mettre à la tête de ses forces. Il en composait deux groupes : l'Armée de l'Elbe sous Eugène et l'Armée du Main, officiellement sous Soult, mais en réalité sous sa main, dont le 3e Corps de Ney où nous retrouvons le 4ème bataillon du 3e Léger (Driensayde), 9e division (Brenier), 1ère brigade (Gillot) au 2ème regiment provisoire d’infanterie légère.

Tandis qu’au 4e Corps de Bertrand, toujours à l’Armée du Main, 12e division (Morand), 1ère brigade (Bellair), on retrouvait le 3e bataillon du 3ème Léger (Ducres) dans le 3e régiment provisoire d’infanterie légère.

Les troupes françaises repartaient en avant. L'armée du Main marchait par Iena et Weissenfeld faire sa jonction au Nord Est avec les forces d’Eugène. Le 1er Mai, la marche de l'Armée du Main reprenait vers Leipzig tandis que l'Armée de l'Elbe convergeait aussi vers cette ville. Les coalisés s'étaient regroupés près de Lützen. Le 2 mai 1813, bataille de Lützen. Le 3 mai, les Français entrent dans Leipzig mais Napoléon, quasi dépourvu de cavalerie, a perdu le contact avec ses adversaires. La Grande Armée est divisée en 2 colonnes : Napoléon marche sur Dresde avec la colonne principale (Bertrand, Marmont, Oudinot et Macdonald). Ney marche sur Berlin en recueillant à Torgau les Saxons de Reynier. A Luckau, il fait sa jonction avec Victor venant de Wittenberg. Entre les deux colonnes Lauriston reste en position intermédiaire.

Les Prusso-Russes sont restés groupés et préparent une bataille. Leur choix se porte sur Bautzen, à l'endroit où la Sprée coupe la route de Dresde à Breslau. Ils peuvent y couvrir la Silésie et y être au voisinage de l'Autriche dont on peut espérer l'entrée en guerre. Le 8 mai, Napoléon arrive à Dresde où le pont sur l'Elbe a été détruit. Le 10, la Grande Armée peut franchir le fleuve.

Napoléon retrouve ses adversaires le 20 Mai. Le corps de Ney ayant rejoint à son aile gauche. Le bataillon aura encore quelques pertes mais les Coalisés seront encore battus. Les Prussiens et les Russes reculent rapidement.

Le 27 mai, l'Oder est atteinte et la forteresse de Glogau est débloquée. Oudinot, détaché du gros de l'armée, marche sur Berlin. Pendant ce temps, plus au Nord, Hambourg est reprise. Chez les Alliés, c'est le découragement. Certains jugent la situation si désespérée qu'ils pensent se retirer derrière la Vistule. C'est alors l'Autriche qui va sauver les vaincus et s'interposer pour proposer un armistice (dit de Pleiwitz). Napoléon va le ratifier le 7 Juin pour avoir le temps de se renforcer. Mais ses adversaires vont pouvoir faire de même.

Le 10 juin, Napoléon entre à Dresde; il y restera jusqu'au 15 août. Le 11 août, l'Autriche se joint aux Coalisés et déclare la guerre. La Suède de Bernadotte est aussi à leurs côtés. Et les états allemands faiblissent. Le 18 août, les hostilités reprennent.

Pendant l’armistice, l’Armée française a été réorganisée. Les deux bataillons du 3e Léger sont désormais réunis à la 36e division d’infanterie (Charpentier), brigade Meunier dans le 11e Corps du général Gérard. Les deux bataillons sont sous les ordres direct du major Tisson, le 3e bataillon (19 officiers, 502 hommes) avec le chef de bataillon Duret et le 4ème bataillon (23 off, 559 hommes) avec le chef de bataillon Jalabert.

Le rapport des forces est désormais défavorable à Napoléon. Il répartit ses corps d'armée. Face à l'armée de Silésie, Ney et Sébastiani, Macdonald, Marmont, Lauriston. Face à l'armée de Bohême, Poniatowski avec Victor derrière lui. Face à l'armée du Nord, une masse de 120.000 hommes, associant Davout (à Hambourg), Girard (à Magdebourg) et Oudinot (à Wittenberg) qui a pour premier objectif de prendre Berlin.

Dès le 16 août, soit deux jours avant la fin de la trève, Blücher attaque. Profitant de l'effet de surprise, il bouscule Ney et Macdonald, tandis que l'armée de Bohême, profitant de cette diversion marche sur Dresde tenue par Gouvion Saint Cyr et son XIVe Corps. Napoléon pense pouvoir vaincre Blücher rapidement, tout en envoyant des renforts vers Dresde. Il monte une offensive avec un regroupement de forces, placé sous Mac Donald, nommé «armée de la Bober» dont le 11e Corps. Les 5e et 11e Corps vont livrer aux Prussiens le 23 Août la bataille de Goldberg, prélude à la bataille plus vaste de la Katzbach, le 26. Le 3e Léger souffre à Goldberg de nombreuses pertes : les chefs de bataillons Jalabert et Duret sont blessés, le chef de bataillon à la suite Debilly est mortellement atteint.

La bataille de la Katzbach obligeait les Français à refluer, après un début de panique. L’«armée de la Bober» avait vécue poursuivie par l’Armée de Silésie.

Pendant ce temps, les 26 et 27 août 1813, avait lieu la bataille de Dresde. L'Armée de Bohéme est repoussée mais non anéantie ... et Vandamme tombe dans le piège de Kulm les 29 et 30 Août. L'armée française s'épuise dans des offensives dans le vide tandis que les Coalisés, qui évitent les affrontements majeurs, ne cessent de recevoir des renforts. Leur but est de couper la retraite des forces françaises autour de Leipzig avec toutes leurs forces.

Le 4 octobre, Napoléon apprend que Blücher a rejoint Bernadotte. Il décide de se débarrasser de cette menace de l'Armée du Nord afin d'avoir ensuite les mains libres pour livrer une bataille décisive à l'armée de Bohême. Mais Blücher recule une nouvelle fois. Pendant ce temps, l'armée de Bohême de Schwarzemberg est arrivée devant Wachau à une vingtaine de kilomètres au sud de Leipzig. Murat, qui lui fait face, envoie à Napoléon des appels pressants de soutien.

Napoléon décide alors d'aller livrer bataille à Schwarzenberg sans avoir réussi à refouler l'armée du Nord. Le 12 octobre, il replie toutes ses forces sur Leipzig. La bataille des Nations va avoir lieu dans et autour de la ville entre les forces reunies de tous les Coalisés contre l'armée de l'Empereur entre le 16 et le 19 Octobre. Bataille gigantesque qui scelle la défaite de Napoléon en Allemagne, submergé par le nombre. Les deux bataillons du 3e Léger sont toujours à la 36e division d’infanterie du 11e Corps.

Après Leipzig, Napoléon fait retraiter son armée jusqu'à Erfurt et doit forcer le passage à Kösen le 21 Octobre. Alors qu'il arrive à Erfurt, il apprend la défection de la Bavière qui retourne ses troupes contre les Français. Il faut gagner les places fortes sur le Rhin. Pour cela, il faudra passer sur le corps des Bavarois qui bloquent le passage à Hanau.

 

IX/ LA CAMPAGNE DISPERSEE DE 1814 DU 3ème LEGER

Carabinier 3e léger 1805

Fig. 8 Carabinier du 3e Léger début 1815

A la fin de 1813, les 3ème et 4ème bataillons du 3e Léger et le 11e Corps sont repliés à Bingen. La revue passée le 8 novembre montre qu’il ne reste plus pour les deux bataillons que 16 officiers et 372 hommes. Le cadre du 4e bataillon est parti de Mayence pour son dépôt à Alexandrie pour se refaire. Le 3e bataillon les suit peu après. Au début de 1814, le régiment a donc ses bataillons dispersés.

Les 3ème et 4ème bataillons sont en reformation en Italie au dépôt d’Alexandrie à l’Armée du Prince Eugène. Les deux premiers bataillons sont toujours à l’Armée d’Aragon de Suchet qui a fixé ses positions le long de la frontière, côté espagnol, en Catalogne.

Les seuls mouvements significatifs pour le régiment en 1814 auront lieu en Italie.

Le 28 Octobre 1813, le Prince Eugène décidait de replier son armée franco-italienne derrière la Piave, face aux offensives autrichiennes. Puis l'Armée d'Italie continue son lent recul.

Le 4 Novembre, le Quartier Général est à Vérone et l'Adige constitue désormais le nouveau rempart. Le 6 Novembre, Eugène réorganise son armée affaiblie et prévoit de lancer des contre-offensives le long de l'Adige pour retarder le déploiement de l'ennemi.

Le 11 Novembre, ayant appris que les Autrichiens avaient passé l'Alpone et s'avançaient vers Caldiero, Eugène resserre alors ses forces sur Vérone et décide de chasser les Autrichiens de cette position.

Le 15 Novembre, la prise de Caldiero oblige l'ennemi qui doit se replier derrière l'Alpone. Mais dès le 19, celui-ci réoccupe ses emplacements.

Fin Décembre, les positions n'ont guère évoluées en Haute Italie. L'Armée d'Eugène est toujours derrière l'Adige en deux Lieutenances qui correspondent à deux masses de manœuvre : une adossée à Mantoue et une autour de Vérone. Mais plus au Sud, les troupes napolitaines de Murat remontent la péninsule, en ayant changé d'alliance …

Fin Janvier, Eugène, sur de la trahison de Murat, décide de se replier sur le Mincio. Dès le 5, l'Armée est déployée le long du fleuve avec des têtes de pont à Goïto et Mozembano. Eugène, une fois de plus, se porte aux devant des Autrichiens pour les forcer à reculer. Le 3e Léger a désormais un bataillon en ligne à la brigade Pegot, division Freissinet, 2ème lieutenance du général Verdier avec un bataillon du 7ème de Ligne, trois bataillons du 53e de Ligne, et un bataillon du 6e de Ligne italien.

Les 4 et 6 Février, ont lieu les premières escarmouches sur le Mincio. Ce que le Vice-Roi ne sait pas, c'est que les Autrichiens ont décidé eux aussi de passer le Mincio dans l'autre sens. Les deux armées vont donc intriquer leurs mouvements. Le 8 Février au cours de cette bataille complexe, si l'issue du combat revient à Eugène, celle-ci n'est pas décisive. Avec ses troupes affaiblies, le Vice Roi se replie et repousse une nouvelle tentative autrichienne le lendemain.

Le 15 Février, la trahison de Murat est officielle.

Par des manœuvres hardies entre le 27 février et le 2 mars, en reprenant Guastalla et Parme, Eugène réussit à stopper la progression des austro-napolitains et oblige les Autrichiens à se replier derrière l'Adige, autour de Vérone. Mais plus au Sud, la Toscane est perdue et Gênes est sous la pression.

Le 7 mars, la division Freissinet tient toujours à Monzambano sur le Mincio.

12 Mars : Combat de Monzambano.

Dans les premiers jours d’Avril, le bataillon du 3e Léger se retrouve à la 2e division Rouyer, brigade d’Arnaud avec deux bataillons du 26e Léger et 3 bataillons du 35e de Ligne. La division stationne à Bozzolo et Casal Maggiore.

Le 11 Avril, Eugène apprend la chute de Paris et l'abdication de l'Empereur.

 

X/ LE 3ème LEGER EN 1814-1815

Au retour du Roi, l’armée est épurée de ses éléments les plus bonapartistes et réduite dans ses effectifs. Le 3e Léger est renommé régiment du Dauphin et reçoit des soldats de régiments d’infanterie légère dissouts. Il est entièrement rééquipé à cette occasion.

Le nouveau colonel nommé en Novembre 1814 est Pierre Dominique Cambriels, ancien chef de corps du 66e de Ligne à la Guadeloupe en 1809. Il tient son poste jusqu’à sa mise en demi-solde en janvier 1815 avec le grade honorifique de maréchal de camp. Le colonel Brue prend la suite en Janvier 1815 mais n’entre en fonction qu’en mars 1815. Au retour de l’Empereur, dans les jours de chaos du début Avril, il reçoit du général Clauzel l’ordre de s’opposer à toute tentative espagnole sur Bayonne. Il prend alors le commandement de la ville et le 4 Avril fait arborer par ses troupes la cocarde tricolore.

En Mai, le colonel Brue, nommé maréchal de camp, a été remplacé par Pochet, ancien chef de corps en 1813.

Pendant les Cent Jours en 1815, de nouveau appelé 3e Léger, l’unité reste stationnée dans le Sud Ouest à Bayonne : seulement deux bataillon à la 26e division d’infanterie (Harispe) du corps d'Observation des Pyrénées Occidentales. Elle ne participera à aucun combat.

Si durant les Cents jours, le régiment reçoit son aigle et drapeau modèle 1815 à Bayonne début juillet 1815, il ne remet pas son aigle à Bourges après Waterloo.

 

XI/ UNIFORMES

Figure 0 : officier de la 3e Demi-brigade légère, 1800-1802 (d'après un portrait d'époque) : La ganse de la cocarde semble en un seul bloc sur le portrait avec une bande de tissu noir au milieu. On remarquera qu'au début du Consulat, les épaulettes et agréments dorés de l'officier signifient que la demi-brigade légère a alors des boutons cuivre ou laiton pour la troupe. Les boutons de métal blanc seront adoptés réglementairement sous l'Empire et les officiers porteront donc des épaulettes et boutons argentés.

Figures 1 et 1bis : un carabinier du bataillon d'élite du 3e Léger : Nous avons déjà vu cette silhouette au cours de l'historique du 31e Léger dont un bataillon fait aussi partie de la Division Oudinot. Le général a permis à ses troupes d'adopter des variantes uniformologiques qui les distinguent des troupes de Ligne : en particulier les retroussis écarlates, et le port du plumet et du cordon sur le bonnet d'oursin du coté inverse de la normale.

Les tenues du 3e Léger en 1807-1808

Figure 2 : Un tambour de carabiniers du 3e Léger en 1807 et un carabinier par Knoetel (d'après le journal de Lünebourg, Lûneburger Bilderhandschrift) : Journal écrit dans la région de Lünebourg entre 1807 et 1808 sans doute par un médecin local, et illustré d'aquarelles de soldats en garnison à l'époque. Les planches 26, 18 et 46 montrent le 3e Léger. Le tambour porte encore un shako sans jugulaires et sans plaque, orné sur le devant d' une cocarde tricolore. Pompon et cordon écarlates. Les épaulettes écarlates, les demi guêtres noires galonnées d'écarlates et le sabre briquet (sans doute à dragonne écarlate) sont réglementaires. Le tambour a sa caisse en cuivre et un cerclage peint en tricolore. Le cuissard qui évite le frottement du tambour sur la culotte est de cuir noirci. L'habit bleu foncé a collet rouge, parements carrés bleu passepoilés de rouge, a ses revers en pointe rouge passepoilés de blanc, passepoil qui borde aussi les retroussis des basques courtes, ornées de grenades écarlates. Le gilet bleu est passepoilé de blanc.
Le carabinier qui l'accompagne a un uniforme assez classique si ce n'est les pattes de parements à 4 boutons et la couleur du bonnet d'oursin qui est plus fauve que noire. On voit donc que les carabiniers du régiment ont deux types de couvre-chef.

Figure 3 : Un chasseur du 3e Léger (même source) : Le chasseur porte un shako sans jugulaires (peut-être à visière agrafée) à plaque losangique de métal blanc, cordon et raquettes blancs, pompon lenticulaire vert à centre écarlate d'où peut émerger un plumet entièrement vert. Les cheveux sont portés en queue sur la nuque. Epaulettes vertes à tournantes écarlates. Uniforme très classique d'infanterie légère entièrement bleu avec passepoils blancs et collet et pattes de parement (à 4 boutons) écarlates. Cor de chasse blancs sur les retroussis. Sabre briquet à dragonne verte.

Figure 4 : un voltigeur du 3e Léger (même source) : Le voltigeur a globalement la même tenue que le chasseur mais collet chamois passepoilé de bleu, épaulettes vertes à tournantes chamois et plumet vert à sommet chamois. Le cordon de schako reste blanc. Les demi-guêtres ne sont pas passepoilées. Sabre briquet à dragonne verte.

Figure 5 : Sapeur infanterie légère vu par Suhr à Hambourg vers 1807 : On notera les pattes de parements rouges à 4 boutons qui, portées par le régiment à la même période et sur le même théâtre d'opération, pourraient  faire attribuer notre sapeur au 3e Léger. Le shako noir, sans jugulaire, est sans ornements, si ce n'est cet immense plumet rouge retombant sans doute "réquisitionné"  dans des dépôts militaires germaniques. Le sapeur porte les éléments classiques de  fonction : barbe, hache, tablier de cuir (non blanchi), et insignes.

Figure 6 : Un chasseur du 3e Léger en Catalogne en 1811 : Arrivé assez tardivement pour ses trois premiers bataillons en Catalogne, le 3e Léger est encore assez bien équipé. Le chasseur a dû rendre cependant son sabre briquet en 1810, réservé aux compagnies d'élite et aux sous-officiers. Le gilet est devenu blanc et le pantalon de route est porté (il pourrait être aussi marron). On notera les pattes de parements à 4 boutons et des épaulettes vertes. La capote marron est attachée sur le sac. Le shako porte encore cordon et raquettes blanc. En opération, les agréments sont enlevés et il est recouvert d'un couvre shako blanc.

Figure 7 : Shako de sergent ou caporal fourrier du 3e Léger (collection musée de l'Armée, Salon de Provence, venu de l'ancienne collection Desfontaines, voir la Giberne). La plaque est du modèle 1812 à l'Aigle et à soubassement de métal blanc. Le cordon tressé et les raquettes sont verts mêlé d'argent; cocarde bleu rouge blanc. Pompon lenticulaire bleu foncé à centre blanc orné d'un 2 noir (2e bataillon). On peut donc penser que l'uniforme serait du modèle 1812  à revers entièrement fermé et que les épaulettes vertes seraient à tournantes et franges vert mêlé d'argent.

Figure 8 : Un carabinier du 3e Léger au début 1815 par Martinet : Notre soldat arbore la tenue mise au point par le règlement Bardin en 1812 mais avec des variantes régimentaires. On remarque la cocarde blanche royaliste, mais la plaque est toujours d’un vieux modèle estampée du numéro 3 (il faut dire qu’elle est neutre politiquement). Le schako est galonné d'écarlate et surmonté du plumet de carabinier réglementaire. La tenue est entièrement bleue avec les revers fermés. Mais les passepoils et le collet sont rose (le collet avec un écusson bleu de part et d’autre comme dans la cavalerie légère). Cela semble donc être la distinctive du régiment «du Dauphin» qui a voulu se détacher de ses homologues.

 

XII Drapeaux

1/ Le Consulat

La 3ème Demi-brigade Légère reçoit à Paris, trois drapeaux consulaires le 14 juillet 1802 (25 messidor an 10). Ce jour là, le 1er Consul adresse une allocution aux détachements représentant l'infanterie légère : "Soldats de l'infanterie légère de l'armée française, voilà vos drapeaux ; ils vous serviront toujours de ralliement. Ils seront partout où le Peuple français aura des ennemis à combattre ; ils imprimeront la terreur aux ennemis du Gouvernement, quels qu'ils soient.
Soldats, vous défendrez vos drapeaux ; non, jamais ils ne tomberont au pouvoir des ennemis. Vous jurez d'être prêts à les défendre aux dépens de votre vie !
" (Correspondance de Napoléon, t.7, lettre 6182).

 

2/ 1804

En 1804, trois Aigles et drapeaux modèle Picot sont délivrés.

 

3/ 1812

En 1812 , il n'y a plus qu' une Aigle en service. Le drapeau modèle 1812 portant ECKMUHL ESSLING WAGRAM reste au dépôt.

 

4/ Les drapeaux de la première Restauration pour l'Infanterie légère (D. Davin).

Le gouvernement provisoire du 1er Avril 1814 abolit les emblèmes impériaux. Le principe d’un drapeau par Régiment est conservé au 1er Bataillon, porté par un Officier, les autres Bataillons ayant des fanions. Les drapeaux sont blancs, 150 sur 150 cms, sur les bords un feston avec fleurs de lys et rosaces alternées en doré. Dans chaque angle, un carré avec le numéro du Régiment. Franges or sur les bords, cravate de taffetas blanc avec broderie de palmettes et fleurs de lys et franges or. Cordon et glands dorés. Hampe de 2,50m surmontée d’une pique dorée, ornée d’une fleur de lys découpée.

A l’avers : au centre, en or bordé de noir, l’inscription :
Pour les neuf premiers Régiments :
LE ROI/
AU REGIMENT/
DE (suit leur titre pour les 9 premiers Régiments de l’arme. Note A)
Xme  D’INFANTERIE/
LEGERE.
(Note A) : les neuf  premiers Régiments d’Infanterie légère portent le titre : 1er du Roi, 2ème de la Reine, 3ème du Dauphin, 4ème de Monsieur, 5ème d’Angoulême, 6ème de Berry, 7ème d’Orléans, 8ème de Condé, 9ème de Bourbon.
En janvier 1815, on rétablit le titre de Colonel Général de l’Infanterie légère, le 7ème Léger en prend la dénomination et a un drapeau spécial (voir historique du 7ème Léger).
Exemple : LE ROI/ AU REGIMENT/ DE CONDE/ 8EME D’INFANTERIE/ LEGERE.

Pour les Régiments n’ayant pas de titre, l’inscription devient LE ROI/ AU Xème/  REGIMENT/ D’ INFANTERIE/ LEGERE.

L’inscription centrale est encadrée à droite par deux branches de chêne, à gauche par deux branches de lauriers, les branches liées par un ruban rouge où pendent les croix de St Louis et de la Légion d’Honneur.

Au revers : les armes de France couronnées entourées par les colliers des ordres du St Esprit et de St Michel, avec sceptre et main de justice, encadré par une branche de chêne et de laurier liées par un ruban rouge.

La première distribution des drapeaux d’Infanterie a lieu à Paris le 19 septembre 1814 pour les Régiments de la 1er Division militaire aux ordres du Général Maison. Auparavant, la Garde Nationale avait reçu les siens. Le 1er Régiment Léger du Roi et le 4ème de Monsieur, les 12ème et 15ème reçurent leurs drapeaux à Paris en septembre 1814. Le 8e Léger reçut le sien à Bordeaux le 23 octobre 1814. Certains drapeaux furent cachés durant les Cent Jours.

 

5/ Les Cent Jours.

En Juillet 1815, un nouveau drapeau modèle 1815 est reçu à Bayonne. Son sort reste inconnu.