Le 42ème Régiment d'Infanterie de Ligne

1796-1815

 

Avertissement et remerciements : l'étude de ce Régiment a pour origine l'article que nous avions publié dans Soldats Napoléoniens; article qui lui même avait été établi principalement à partir de l'Historique régimentaire du 42e, que notre ami P. Bourrilly nous avait communiqué. Un grand merci à lui qui toujours a su nous aider et nous fournir des tas de renseignements lorsque nous en avions besoin.

Cet article, le voici aujourd'hui repris et complété.

 

Accès à la liste des Officiers, cadres d'Etat major, Sous officiers et soldats du 42e de Ligne

 

 

I/ Historique

 

a/ les origines du Corps

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Boutons de la 42e Demi-brigade, troupe, modèle 1793-1803, Ø 25mm, laiton (Bertrand Malvaux).
Boutons de la 42e Demi-brigade, communication d'un de nos correspondants

Levé en 1635 par le Marquis de Calvisson, ce Régiment prend le nom de Limousin en 1684. Il devient 42e d'Infanterie en 1791. Le régiment est commandé par le Colonel Joseph de Buonavita à partir du 21 octobre 1791 (passé au 84e de Ligne au bout d'un mois) puis par le Colonel Jean Christophe Louis Frédéric Ignace de Closen à partir du 23 novembre 1791. Le 5 février 1792, le 42e passe sous le commandement de François Charles de Maillard. Le 16 octobre de la même année, il passe sous les ordres du Colonel Guillaume Ayrolles de Laissac. Avec le premier amalgame, le Régiment est démembré : son 1er Bataillon passe dans la 83e Demi-brigade de Bataille (10 novembre 1793) ; son 2e dans la 84e Demi-brigade de Bataille (1er janvier 1794).

Une 42e Demi-brigade est nouvellement formée : c'est la 42e dite de Bataille, grâce à l'amalgame du 2e Bataillon du 21e d'infanterie (ex Guyenne Petit Vieux), du 3e Bataillon des Volontaires de la Corrèze, et du 1er Bataillon des Amis du Bas Rhin. Sa formation est achevée le 5 messidor an II (23 juin 1794). Elle est commandée à partir du 23 juin 1794 par Philibert Gaudet.

 

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bouton 42e de lignebouton 42e de ligne
Boutons du 42e de Ligne, communiqués par un de nos correspondants.
Bouton communiqué par un de nos correspondants
Bouton publié dans Gloire et Empire N°015
Bouton gros module 22mm, attache complète
bouton 42e de Lignebouton 42e de Ligne
Bouton 42e de lignebouton 42e de ligne
Bouton de troupe diamètre 15 mm en laiton (Bertrand Malvaux)
Bouton de troupe, Ø 15 mm, laiton, mauvais état (Bertrand Malvaux).
Bouton de troupe
   
Bouton d'Officier du 42e de Ligne. En laiton doré, monté sur laiton, diamètre 2,5 cm.
- avec l'aimable autorisation de Mr Bertrand MALVAUX ).
   

 

Vignette en-tête de papier du Chef de Brigade Auvray (en fait Aubré).

En 1796, avec le 2e amalgame, la 42e Demi-brigade de Bataille, qui était à l'Armée de Rhin et Moselle, devient 38e Demi-brigade de Ligne. Le n°42 est pris par l'ancienne 31e Demi-brigade de Bataille à l'Armée du Nord. Cette dernière avait elle même été formée à partir du 1er Bataillon du 16e d'infanterie ex Agénois, du 1er Bataillon de volontaires d'Ille-et-Vilaine et du 2e Bataillon de volontaires d'Ille-et-Vilaine (les 1er et 2e Bataillons d'Ille-et-Vilaine ont été formés avec des volontaires de ce département les 10 et 11 septembre 1791). Elle reçoit à cette époque trois nouveaux drapeaux modèle 1794.

- 1er Bataillon d'Ille-et-Vilaine

L'essentiel de ce qui suit est tiré de l'ouvrage "Bataillons de volontaires nationaux, Cadres et historiques", de G. Dumont.

Composé de 566 volontaires des districts de La Guerche, Redon, Rennes et Vitré, rassemblés à Rennes le 10 septembre 1791, formés en Compagnies et organisés en Bataillon le 12, le 1er d'Ille-et-Vilaine est passé en revue le 13 par le Lieutenant général de Toustain, assisté du Commissaire des guerres Petiet et des Commissaires du département, MM. Moreau, Lasaudraye, Le Cocq, Daniel et Gazon.

Etat des cadres à la formation (Revue du 13 septembre 1791). Un astérisque (*) placé à la suite du nom indique que l'officier a servi soit dans les troupes de ligne, soit dans les troupes provinciales.
1er Lieutenant-Colonel Moreau* (Jean-Victor), de Morlaix, 28 ans.
2e Lieutenant-Colonel (Vacant).
Quartier-Maître Trésorier Harel* (Marie-Thomas), de Rennes, 40 ans.
Adjudant-Major Pinot* (Louis Sébastien-Auguste), de Vandières, 36 ans.
Adjudant-Sous-Officier N...
Chirurgien-Major Poullain (Alexandre), de Rennes, 42 ans.
Grenadiers : Capitaine Bouvard (François), de Rennes, 26 ans. Lieutenant Razeau (Célestin), de Rannée, 22 ans. Sous-Lieutenant Duchène* (Prudent), de Bèze (Côte-d'Or), 26 ans.
1ère Compagnie (de La Guerche) : Capitaine Loyer (André), de Vitré, 27 ans. Lieutenant Hévin (Achille), de Moulins, 30 ans. Sous-Lieutenant Lhoir (Claude-Jean-Marie), de La Gouyère, 24 ans.
2e Compagnie (de Rennes) : Capitaine Aubrée de La Porte (René-Fr.-Jean), de Rennes, 28 ans. Lieutenant Frey (François), de Rennes, 36 ans. Sous-Lieutenant Moulins (Laurent), de Rennes, 20 ans.
3e Compagnie (de Redon) : Capitaine Fossé (Léonard), de Fougeray, 21 ans. Lieutenant Molié (Joseph), de Redon, 20 ans. Sous-Lieutenant Boulay (Louis), de Redon, 21 ans.
4e Compagnie (de Rennes) : Capitaine Leguay (François-Joseph), de Châteaugiron, 27 ans. Lieutenant Besnard (Pierre), de Châteaugiron, 23 ans. Sous-Lieutenant Champollaune (Alexandre), de Nantes (Loire-Inférieure), 22 ans.
5e Compagnie (de Rennes) : Capitaine Baudot (Auguste-Nicolas), de Rennes, 26 ans. Lieutenant Laurent (Charles-François), de Metz (Moselle), 29 ans. Sous-Lieutenant Huchet (Jean-Pierre), d'Ercé-près-Liffré, 21 ans.
6e Compagnie (de La Guerche) : Capitaine Renouard (Constant-Fidèle-Amand), de La Guerche, 24 ans. Lieutenant Piel (René), de Rennes, 27 ans. Sous-Lieutenant Verron (François-Jean), de Janzé, 22 ans.
7e Compagnie (de Vitré) : Capitaine Corvaisier (Olivier-Marie), de Vitré, 33 ans. Lieutenant Grimault (Jean), de Vitré, 33 ans. Sous-Lieutenant Leroux (Louis-Marie), de Vitré, 25 ans.
8e Compagnie (de La Guerche) : Capitaine Rubillon (Jean-Baptiste), d'Essé, 19 ans. Lieutenant Jamin (Pierre), de Bais, 32 ans. Sous-Lieutenant Pothier (François), de Vergéal, 21 ans.

Le Bataillon part complètement équipé et armé le 22 septembre pour Fougères, détachant sur Autrain deux Compagnies, qui, du 14 au 18 octobre, sont appelées à rétablir l'ordre à Dol.

En 1792, le 1er d'Ille-et-Vilaine envoie encore quatre Compagnies en détachement à Vitré et, malgré toutes les réclamations des Officiers, reste divisé jusqu'au 1er mai, date de son départ pour l'armée du Nord. Il arrive à Arras le 19 mai, y demeure quelques jours, puis passe à Lens le 5 juin et arrive à Lille le 6 pour y tenir garnison. Le Bataillon fait partie, en juillet, de la Division Jarry, est au camp de Maulde en août; il en part le 9 pour arriver à Sedan le 14, revient sur Maubeuge en septembre et est assiégé dans Lille en octobre. Laissant son Dépôt à Béthune, il fait partie en novembre de l'expédition de Belgique et va camper sous Anvers, tandis que ses Grenadiers sont détachés au 6e Bataillon de Grenadiers de l'armée du Centre.

Le 1er janvier 1793, le 1er d'Ille-et-Vilaine fait partie de la gauche de l'armée du Nord, sous Champmorin; il part de Cassel et participe à l'enlèvement du fort de Stevensveert le 10 février, puis au siège de Venloo. Lors de la retraite, il se trouve à Diest le 10 mars; à la bataille de Neerwinden, le 18, il fait l'avant-garde de la colonne de gauche, passe la petite Geete à La Chapelle-Béthanie, attaque Halle et est mis en déroute. Il défend, le 21, la position de Pellemberg, où il subit des pertes importantes; il est ramené derrière l'Escaut, et, après la défection de Dumouriez, en avril, va camper à Famars. Il prend part aux affaires des 12, 13 et 15 avril, reçoit, le 24, des recrues de Pontoise et se bat au bois d'Aubry le 8 mai. Il fournit, le 16, une Compagnie au 7e Bataillon de la formation d'Orléans (Capitaine Aubrée, Lieutenant Lhoir et Sous-lieutenant Verron). Il combat au bois de Bonne-Espérance le 23 et bat en retraite sur le camp de César. Il se trouve, le 30 juin, à Oisy (429 présents), le 30 juillet, avec l'avant-garde, au camp d'Aubencheul-au-Bac et en avant du camp de Biache en août. Il part, avec la Division de Hédouville, de Gavrelle le 31 août et arrive le 3 septembre à Cassel; il fait partie, le 5, du détachement constitué à Godewaersvelde, aux ordres de Vandamme, et prend part avec lui aux journées d'Hondschoote; il marche sur Proven le 6, est à la prise du convoi des Hanovriens à West-Cappel le 7, et à l'attaque d'Hondschoote le 8. Il demeure ensuite au camp de Cassel et cantonne en décembre à Herzeele (303 présents).

Au 1er janvier 1794, le 1er d'Ille-et-Vilaine compte à la Division Ferrand et cantonne successivement à Houtkerque en janvier, à Steenvorde et Morbecque en février, à Caëstre et Boeschêpe en mars; il reçoit, le 18 janvier, 150 réquisitionnaires du Bataillon de la Réunion de Paris; le 2 mars, une Compagnie de canonniers du 3e d'Arras et une Compagnie du 1er d'Arras; le 5 mars, une Compagnie de Bergues; le 14
avril, près Cassel, 235 hommes de Saint-Denis et 181 de Pont-Audemer. Il prend part à l'affaire de Poperinghe, à celle de Courtrai le 11 mai, au combat de Wervicq, au siège et à la prise de Menin le 19, d'Ypres le 5 juin, de Nieuport le 18 juillet et de l'Ecluse le 25 août. Il est amalgamé, le 22 septembre, avec le 1er Bataillon du 16e Régiment et le 2e d'Ille-et-Vilaine, pour former la 31e Demi-brigade (entrée le 17 mars 1796 dans la composition de la 42e nouvelle).

Etat des cadres au moment de l'amalgame.
Chef : Aubrée (R.-F.-J.). Quartier-maître : Harel* (M.-T.). Adjudant-Major : Besnard (P.). Chirurgien : (Vacant). Adjudant Sous-Officier : Benatre (J.).
Grenadiers : Capitaine Duchêne* (P.). Lieutenant Texier (E.). Sous-lieutenant Eudes (L. F. A.).
1e Compagnie : Capitaine Loyer (A.). Lieutenant Nugues (J. R.). Sous-lieutenant Dumay (F.).
2e Compagnie : Capitaine Molié (J.). Lieutenant Leroux (L. M.). Sous-lieutenant Roger* (P.).
3e Compagnie : Capitaine Laurent (C. F.). Lieutenant Rauzier* (M.). Sous-lieutenant Bazin (J.).
4e Compagnie : Capitaine Leguay (F. J.). Lieutenant Brichon (M.). Sous-lieutenant Martin (R.).
5e Compagnie : Capitaine Baudot (A. N.). Lieutenant Lecohic (J. M. H.). Sous-lieutenant Pontailler (P. R. S.).
6e Compagnie : Capitaine Piel (R.). Lieutenant Courcier (R.). Sous-lieutenant Berthier (F.).
7e Compagnie : Capitaine Corvaisier (O. M.). Lieutenant Ecot (J. B.). Sous-lieutenant (vacant).
8e Compagnie : Capitaine Rubillon (J. B.). Lieutenant Masselin* (J.). Sous-lieutenant Bureau (J. M. G.).

- 2e Bataillon d'Ille-et-Vilaine

L'essentiel de ce qui suit est tiré de l'ouvrage "Bataillons de volontaires nationaux, Cadres et historiques", de G. Dumont.

Composé de 557 volontaires des districts de Bains, Dol, Fougères, Montfort et Saint-Malo, rassemblés à Rennes le 10 septembre 1791, formés en Compagnies et organisés en Bataillon les 11 et 12, le 2e d'Ille-et-Vilaine est passé en revue en même temps que le 1er Bataillon, le 13, par le Lieutenant-général de Toustain, assisté du Commissaire des guerres Petiet et des Commissaires du département.

Etat des cadres à la formation (Revue du 13 septembre 1791). Un astérisque (*) placé à la suite du nom indique que l'officier a servi soit dans les troupes de ligne, soit dans les troupes provinciales.

Le Bataillon part presque aussitôt après pour Dinan, armé seulement de 200 fusils, et y tient garnison tout l'hiver.

Affecté en 1792 à l'armée du Nord, après la déclaration de guerre, le 2e d'Ille-et-Vilaine part, le 21 mai, de Dinan, passe par Dol le 22, Laval, Breteuil le 11 juin, Albert, traverse Bapaume le 15 et, le 16, Cambrai où il laisse son Dépôt avant de rejoindre, le 17, la garnison du Quesnoy. Il prête serment le 14 juillet, puis quitte la place le 20 pour le camp de Maubeuge, transportant son dépôt de Maulde à Douai, le 25. Laisant ses recrues à Rocroi, il prend part à l'expédition de Belgique, et est représenté par ses Grenadiers à la bataille de Jemappes le 6 novembre; il est également employé au siège de Namur. En décembre, il prend ses cantonnements d'hiver près de cette ville, à Lustin, puis à Assesse (414 présents).

En mars 1793, le Bataillon est entraîné dans la retraite de la Belgique; il combat à Neerwinden le 19 et à l'affaire de Bruilt le 15 avril; il fait partie, en mai, de l'avant-garde de l'armée au camp de Famars et fournit, le 12, une Compagnie au 7e Bataillon de la formation d'Orléans (Capitaine Rocheril, Lieutenant Guérin et Sous-lieutenant N...). Le Bataillon se retire sur le camp de César après l'affaire du 23 mai et, à partir de ce moment, fait constamment le service avec le 1er Bataillon du département. Il campe à Oisy le 30 juin (453 présents), à Aubigny-au-Bac le 30 juillet, et en avant du camp de Biache en août. Il part de Gavrelle le 31 août avec la Division Hédouville, et arrive le 3 septembre à Cassel; il fait partie, le 5, du détachement constitué à Godewaersvelde, aux ordres de Vandamme; il prend part avec lui aux journées d'Hondschoote, marche sur Proven le 6, prend le convoi des Hanovriens à West-Cappel le 7 et attaque Hondschoote le 8. Il campe, fin septembre, vers Cassel, et à Houtkerque le 15 décembre (370 présents).

Le ler janvier 1794, le 2e d'Ille-et-Vilaine est à Herzeele avec sa Compagnie de Canonniers (Division Ferrand); il cantonne successivement à Winnezeele le 11, à Hazebrouck en février, à Godewaersvelde, avec son Dépôt à Amiens, en mars ; il reçoit à Steenworde, le 14 avril, 238 réquisitionnaires (quatre Compagnies du Bataillon de Calais) et, le 22 avril, 371 autres (partie du Bataillon de Saint-Denis, deux Compagnies de Lassay et partie du Bataillon de Neufchâtel). Il prend part aux affaires de Poperinghe et de Courtrai, au combat de Wervicq, au siège et à la prise de Menin le 19 mai, d'Ypres le 5 juin, de Nieuport le 18 juillet et de l'Ecluse le 25 août. Il est amalgamé le 22 septembre, avec le 1er Bataillon du 16e Régiment et le 1er d'Ille-et-Vilaine, pour former la 31e Demi-brigade (entrée, le 17 mars 1796, dans la composition de la 42e nouvelle).

Etat des cadres au moment de l'amalgame.
Chef en 1er : Piolaine* (J.-M.); en 2e : Lavit* (J.). Quartier-maître : Faverais* (J.-F.),
Adjudant-Major : Rault* (A.). Chirurgien : (N.). Adjudant Sous-Officier : (N.).
Grenadiers : Capitaine Combes* (P.). Lieutenant Cordier* (P.). Sous-Lieutenant Matricon* (F.).
1e Compagnie : Capitaine Trouessard (O. A.) Lieutenant Robin* (J.). Sous-Lieutenant Juguet (M.).
2e Compagnie : Capitaine de Lentaigne (L.). Lieutenant Heitz* (V.). Sous-Lieutenant Launay* (P.).
3e Compagnie : Capitaine Legros (F.). Lieutenant Daron (J.). Sous-Lieutenant Boursin (A.).
4e Compagnie : Capitaine Mandet (P.). Lieutenant Jollivel (A. H.). Sous-Lieutenant Lenormand* (L.).
5e Compagnie : Capitaine Hargon* (D.). Lieutenant Chasseraux (J. T. A.). Sous-Lieutenant Pouëssel (P. M. J.)
6e Compagnie : Capitaine Hardy* (N. G.). Lieutenant Jumelais* (A.). Sous-Lieutenant Feuillet (J. B.).
7e Compagnie : Capitaine Gaultier (H.H.N.). Lieutenant Rabache (L.). Sous-Lieutenant Joubert (J.).
8e Compagnie : Capitaine Legrand* (G.). Lieutenant Aubrée (F. G.). Sous-Lieutenant Challains (A. F.)
Canonniers : Capitaine Prudhomme (J.L.) Lieutenant N... Sous-Lieutenant Yallin (P.).

Depuis le 20 février 1796, la 42e de Ligne est commandée par le Chef de Brigade René Aubrée.

René Aubrée

Né à Rennes (Ile et Vilaine) le 23 juin 1763. Capitaine au 1er bataillon d'Ile et Vilaine le 10 septembre 1791. Lieutenant colonel en 2e le 13 octobre 1792. Chef de Bataillon le 1er Nivôse an II. Chef de la 31e Demi-brigade le 1er Fructidor an II. Chef de la 42e Demi-brigade le 1er ventôse an IV (20 février 1796). Promu Général de brigade provisoire par le Général Brune sur le champ de bataille le 3e jour complémentaire an VII. Confirmé Général de Brigade le 4 Vendémiaire an VIII.

Campagnes : Campagnes à l'Armée du Nord de 1792 à l'an VI. En Batavie ans VII, VIII et IX. Mis en traitement de non activité le 1er vendémiaire an X. Employé dans la 27e Division militaire le 29 messidor an X. Commandant le département de la Stura le 29 Floréal an XIII. Employé à l'Armée de Dalmatie le 13 juillet 1806. En congé trois mois avec appointements le 17 octobre 1807. Employé à l'Armée des côtes de l'Océan , le 16 mars 1808. En Espagne au 3e Corps. Tué au siège de Saragosse le 1er décembre 1808.

Le 20 septembre 1799, la 42e passe sous le commandement du Chef de Brigade Joseph Marie Piolaine.

Joseph Marie Piolaine

Né le 30 Janvier 1760. Soldat au Régiment d'Anjou le 10 Décembre 1776, jusqu'au 24 Décembre 1784. Lieutenant-colonel en 2e au 2e Bataillon des volontaires d'Ile-et-Vilaine le 12 Septembre 1791. Chef de Bataillon le 1er décembre 1792. Nommé Chef de la 42e Demi-brigade sur le champ de bataille par le Général Brune le 3e jour complémentaire an VII, confirmé le 7 Germinal an VIII. Passé au commandement de Ulm par ordre du Général Moreau le 5 Prairial an VIII. Nommé commandant d'armes à l'Ile-de-France et Bourbon le 14 Germinal an XI. Passé au commandement de Granville le 27 Vendémiaire an XII. Chevalier de la Légion d'honneur le 26 Mars 1805. Commandant d'armes à Saint-Malo le 19 Septembre 1812. Commandant de la place de Rennes le 14 Mai 1815.
Décédé Lieutenant du Roi, commandant la place de Rennes le 9 juin 1816.
Campagnes : Armée du Nord, Général Dumouriez, 1792-1793. Armée du Rhin et Moselle, Général Macdonald, ans II, III, IV et V. Campagnes Armée de Batavie, Général Brune, an VI. Armée du Rhin, Général Moreau, ans VII et VIII. Commandant d'Ulm, Général Moreau, an IX.
Citations : Nommé Chef de Brigade sur le champ de bataille pour avoir, à l'affaire du 3e jour complémentaire an VII contre les Anglais et les Russes, rapporté lui même le drapeau de son Régiment qui était tombé au pouvoir de l'ennemi par suite de la mort du porte-drapeau.


b/ Campagnes du Corps

- A l'Armée du Nord

Grenadier du 42e Ligne 1806 Grenadier du 42e Ligne 1806
Fig. 1 A gauche, dessin extrait de la planche de R. Knötel (Uniformenkunde IX/56); à droite, notre dessin paru dans Soldats Napoléniens N°01. La planche de Knötel a été reproduite dans l'ouvrage "Grandes Batailles" N°11)

Au moment où la 31e de Bataille devient la 42e de Ligne, elle était, avons nous dit, à l'Armée du Nord. Elle y est toujours au commencement de l'année 1796, 3e Division, à Dusseldorff et à Cologne. Jusqu'à la fin de l'anne 1799, elle n'y a rien d'important à entreprendre; les années 1796-1797 sont remplies par la campagne d'Italie et les opérations de Hoche et Moreau sur le Rhin pour arriver à se rallier au Général Bonaparte.

Après le traité de Campo-Formio, on entreprend la conquête de l'Egypte et cette expédition, ainsi que les opérations de Championnet en Italie, remplissent l'année 1798.

La 42e change plusieurs fois de Division pendant l'an V (1796-1797); alors qu'elle fait partie de la 1ère Division, sous le Général Desjardins, elle prend part au combat du pont de Neuwied le 23 Octobre 1796, puis elle va au camp de Mulheim sous Cologne et de là, au bivouac de Kreutznach. La 42e passe alors à l'aile droite de l'Armée du Nord, 1ère Division, Général Coland, et elle est canlonnée à Ornheim, Dewinther et Zutphen.

Le 5 mars 1798 (15 ventôse an 6), Bonaparte adresse depuis Paris au Directoire exécutif une note dans laquelle il écrit : "Pour s'emparer de l'Egypte et de Malte, il faudrait de 20,000 à 25,000 hommes d'infanterie et de 2,000 à 3,000 de cavalerie, sans chevaux.
L'on pourrait prendre et embarquer ces troupes de la manière suivante, en Italie et en France :
... A Toulon, sur les vaisseaux de guerre 18e de ligne ... 2,000 hommes, 25e idem ... 2,000 hommes ... 42e idem ... 2,000 hommes ... 75e idem ... 2,000 hommes } Généraux Brune, Rampn, Pijon } 8,000 hommes ...
... Les demi-brigades avec leurs compagnies de canonniers...
... Tous les corps avec leur dépôt ...
Il faudrait que ces troupes fussent embarquées dans ces différents ports et prêtes à partir au commencement de floréal, pour se rendre dans le golfe d'Ajaccio, et réunies et prêtes à partir de ce golfe avant la fin de floréal ...
" (Correspondance de Napoléon, t.4, lettre 2429; correspondance générale, t.2, lettre 2322).

Au final, en l'an VI, la 42e passe de l'aile droite de l'Armée du Nord à l'aile gauche de l'Armée du Rhin, où elle ne reste que fort peu de temps.

- Armée Batave

L'an VII, la 42e est incorporée dans l'armée batave sous les ordres de Brune; elle y est successivement partie de la 3e Division, puis de la 2e, de la Division du centre et enfin, de l'aile droite, 1ère Division.

Situation du 2e Corps Armée Franco-Batave (Nafziger - 799HBK)
Commandant du 2e Corps : Général Daendels

Renforts du 28 au 30 août 1799 :
Brigade Gouvion :
2e et 3e Bataillons de la 42ème Demi-brigade
Grenadiers (de la 42e ?)

Brigade : X
1er Bataillon de la 42ème Demi-brigade

 

Renforts depuis les départements de la frontière du Rhin
Armée de Batavie, août-septembre 1799 (Nafziger - 799HBN)

Renforts du 30 août 1799 :
2e Bataillon de la 42ème Demi-brigade

Renfort du 6 septembre 1799
1er Bataillon de la 42ème Demi-brigade (632 hommes)

Armée Franco-Batave, 5 septembre 1799 (Nafziger - 799IBO)

Général Commandant : Général de Division Brune

Division française : Général de Division Vandamme
Brigades : Généraux de Division Gouvion, David et Fuzier :
42ème Demi-brigade de Ligne, 3 Bataillons : 2350 hommes

Source : Gachot, E., "Les Campagnes de 1799, Jourdan en Allemagne et Brune en Hollande", 1906, Paris, Perrin et Cie.

La fin de l'armée 1799 est bien remplie; le Nord-Hollande devient le théâtre de nombreux combats livrés aux Anglo-Russes, qui ont débarqué dans le Helder sous les ordres du Duc d'Yorck, et la 42e Demi-brigade de ligne prend une part glorieuse à ces affaires qui ont un succès complet, affranchissent le territoire batave, et nécessitent le rembarquement des alliés à la suite d'une convention.

Le 10 Septembre a lieu l'attaque des retranchements du Zyp ; le Zyp était primitivement un grand marais qui s'étendait d'une mer à l'autre : l'industrie l'a converti en un terrain cultivé, coupé d'une quantité de canaux qui en font une espèce d'échiquier, chaque canal est bordé de digue très élevées, sur lesquelles les maisons sont à l'abri des inondations; celle qui forme le portour du Zyp offre d'excellentes positions, dominant toute la campagne, elle découvre de loin les défilés par lesquels on peut arriver. Les anglais se fortifient en ce point en attendant l'arrivée des Russes, et c'est cette position formidable que Brune entreprend d'enlever. L'affaire est sanglante, mais n'a pas de résultat : Ia 42e, qui est dans la Division Dumonceau, se signale d'une façon toute parliculière dans cette journée.

Plaque de bonnet de Grenadiers 42e de Ligne 1805-1807
Fig. 1bis Plaque de bonnet de Grenadiers en laiton vers 1805-1807 (ancienne Collection Castagné)

Au milieu de l'engagement, le Capitaine Delentaigne se trouve en bataille sur une digue, et sa Compagnie est foudroyée par l'ennemi qui occupe la rive opposée du canal de Krabbendam; malgré la mitraille et le feu de mousqueterie, cet intrépide Officier se jette à la nage pour sonder le canal qui le sépare des Anglais, et reconnaître s'il est guéable, puis, cette opération terminée, il donne l'ordre de marcher en avant et déloge l'ennemi de ses positions. La Demi-brigade subit des pertes sérieuses dans ce combat.; le Capitaine Michel y reçoit deux coups de feu; les Capitaines Deschamps, Harel-Alexandre, Lainé; les Lieutenants Cordier, Raujoux, Heitz, Brégains; les Sous-lieutenants Benatre et Cléret, ainsi que les Sergents-majors Girard et Maïgnan sont blessés.

Forces françaises aux Pays-Bas, 15 septembre 1799 (Nafziger - 799IMF)

Général commandant : Général Brune

42e Demi-brigade : 3 Bataillons

Miliutin, "Geschichte des krieges Russlands mit Frankreich under der Regierung Kaiser Paul's I. im Jahr 1799", Munich, 1856

Les Russes ayant débarqué se joignent aux Anglais et l'armée combinée attaque vigoureusement l'avant-garde française à Groél, et Kampen, mais la résistance opiniâtre de cette dernière donne le temps à Brune de faire accourir sa réserve d'Alkmaer et d'attirer à la gauche quelques troupes de la Division Dumonceau, puis avec ces forces, il assaille le 20 septembre Bergen de front, tandis que Gouvion le tourne par la droite; la 42e donne avec une grande vigueur et contribue au succès de la journée. Le Sergent Pierre Bernard, le Caporal René Chevalier, le Sergent Antoine Pech se distinguent particulièrement (voir plus bas aux récompenses accordées à la Demi-brigade), tout comme les Capitaines Pontallié, Molié; les Sous-lieutenants Perrières, Lebeley, le Sergent Lhoir sont blessés de coups de feu; le Caporal Bonhomme se signale d'une manière toute particulière et fait prisonnier deux Officiers Russes. Après ce combat, la Demi-brigade entre dans la 1ère Division, Général Vandamme.

A la suite de l'affaire d'Egmont, où il est assailli de tous côtés et forcé d'abandonner le terrain, Brune se retire et va, non sans peine, s'établir dans la position d'Alkmaer; le 2 octobre, pendant l'engagement, plusieurs Officiers sont mis hors de combat : ce sont les Capitaines Daron et Chassereau, ainsi que le Sous-lieutenant Goupil.

Sapeur 42e de Ligne 1806-1807 Sapeur du 42e de Ligne 1806-1807
Fig. 2 Sapeur d'après Rigo, Le Plumet, planche 239; à droite, nos dessins parus dans Soldats Napoléoniens N°01

 

Forces françaises sous Brune, Hollande, 3 octobre 1799 (Nafziger - 799JAA)

Général commandant : Général Brune

Division française : Général de Division Vandamme
Brigades : Général de Division Gouvion, David et Fuzier
42e Demi-brigade : 3 Bataillons, 1623 hommes

Source : Gachot, E., "Les Campagnes de 1799, Jourdan en Allemagne et Brune en Hollande", 1906, Paris, Perrin et Cie.

Le 6 Octobre, c'est le combat de Castricum (Castrienne). Les alliés attaquent de nouveau les Français; l'engagement devient bientôt général et prend les proportions d'une bataille. Après beaucoup d'efforts des deux côtés et quelques revers momentanés, les Français finissent par être vainqueurs. Dans cette journée, le Capitaine Boismartel est blessé et le Sous-lieutenant Moreau tomba au pouvoir de l'ennemi. Le résultat de cette bataille est une profonde mésintelligence entre les alliés et finalement une convention signée à Alkmaer le 18 octobre avec le Duc d'Yorck, d'après laquelle les alliés doivent se rembarquer, rendre leurs conquêtes; tous les canons pris en Hollande et huit mille prisonniers français et hollandais sans échange; mais les Anglais gardent la flotte hollandaise dont ils se sont emparés au commencement de l'expédition.

Le 4 décembre 1799 (13 frimaire an 8), le Consul Bonaparte fait écrire, depuis Paris, au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "Le ministre de la guerre réunira chez lui les généraux Moreau et Clarke, pour arrêter ensemble un plan d'opérations pour la nouvelle armée du Rhin.
Les Consuls désireraient que, vers la fin de décembre, l'armée du Rhin se portât en Bavière. Elle sera renforcée, 1° des 4e, 15e, 56e, 42e, 51e, 68e, de deux demi-brigades bataves et deux demi-brigades françaises de l'armée qui est en Batavie, du 21e régiment de chasseurs, qui est à Paris, et de trois régiments de cavalerie, qui sont en Batavie; 2° de tous les bataillons de conscrits qu'il sera possible d'y envoyer et qu'on incorporera au moment de leur arrivée.
Le ministre de la guerre retirera de l'intérieur tous les régiments de cavalerie qu'il pourra, afin de les envoyer à l'armée du Rhin. Il y enverra particulièrement le 11e de hussards, qu'on équipera à cet effet le plus promptement possible
" (Correspondance de Napoléon, t.6, lettre 4413).

Armée française du Rhin, fin décembre 1799 (Nafziger - 799LCL)

Commandant : Général Moreau

Centre : Général Gouvion Saint-Cyr (dans Basel)
Division : Général de Division Tarreau
Brigades : Généraux de Brigade Heudelet, Aubree, et Beauregard
42e Demi-brigade de Ligne


- Armée du Rhin

La campagne qui s'ouvre en 1800, n'est pas moins glorieuse pour la 42e Demi-brigade. Détachée de l'Armée batave après le départ des Anglo-Russes, elle est dirigée, sur l'Armée du Rhin sous les ordres de Moreau, et fait avec ce Général la belle campagne d'Allemagne qui doit compléter la campagne que le Premier consul va entreprendre en Italie. La 42e continue à se signaler et prend part à presque tous les combats livrés à l'Armée autrichienne; elle est placée dans le 1er Corps d'armée du centre sous les ordres de Gouvion-Saint-Cyr, et fait partie d'abord de la Division Laroche, puis de la 3e Division (2e selon Nafziger), Général Tharreau.

Le 25 avril 1800, l'Armée du Rhin se met en mouvement, et la 42e passe le Rhin à Vieux-Brisach; son effectif est de 2860 hommes répartis en 3 Bataillons.

Situation de l'Armée du Rhin le 25 avril 1800 (Nafziger - 800DAI)
Commandant en chef : Général Moreau
Centre : Général Gouvion Saint-Cyr
2e Division Général de Division Tharreau
Brigade Heudelet : 42ème Demi-brigade, 2860 hommes

Le 26 avril, en avant de Brisach, occupation de Fribourg, d'où sont chassés les détachements autrichiens. Dans la nuit du 27 et la journée du 28, la Demi-brigade, suivant le mouvement du Corps d'armée qui s'étend sur sa droite, longe le Rhin sur la rive allemande, marchant sur le flanc des montagnes par Saint-Hubert, Neuhorff, Todnau, Saint-Blaise à travers des chemins affreux qui rendent la marche très difficile et très pénible. Les 29 et 30 avril, la 42e prend position sur l'Alb et vers Saint-Blaise.

Situation de l'Armée du Rhin le 1er mai 1800 (Nafziger - 800EAQ)
Commandant en chef : Général Moreau
Centre : Général Gouvion Saint-Cyr
2e Division Général de Division Tharreau
Brigade Heudelet : 42ème Demi-brigade

Le 3 Mai, la 42e se met en marche sur Engen ; le 5 Mai, sur Moeskirch et Neuhausen-Ob-Ek, mais elle n'est pas engagée dans la bataille de Mœskirch; le 6 Mai, elle se trouve sur la rive droite du Danube, vis-à-vis Sigmaringen. Jusque-là, elle n'a pas été aux prises avec l'ennemi.

Le 19 Floréal an VIII (9 Mai), la Division Tharreau, réunie à la Division Baraguay d'Illiers, culbute les Autrichiens postés en avant de Biberach dans le défilé de Mittel-Biberach, puis descendant, dans la plaine marécageuse de la Riess, entre dans la ville et s'assure la possession des immenses magasins qu'y possédaient les Autrichiens; après ce premier succès, la Division passe la Riess sur le pont de Biberach et, se formant en colonne, franchit avec aplomb les pentes du Mittenberg occupé par l'ennemi; les Autrichiens qui sont en force bien supérieures, sont épouvantés de cet élan et battent en retraite, laissant entre nos mains plusieurs milliers de prisonniers; la nuit qui survient empêche de les poursuivre. Dans cette brillante journée, la 42e a soutinu sa réputation de valeur; le Capitaine Pontalié et le Lieutenant Cuignet sont blessés. Se distingue tout particulièrement le Caporal Jean Corba.

Le Bulletin de l'Armée du Rhin, rédigé par le Général de Division Dessoles, Chef de l'Etat-major de cette armée, et successivement adressé sous la forme de rapports partiels au Ministre de la Guerre, déclare :
"IV. Rapport du 16 au 2o floréal an VIII (6-10 mai 1800).
BATAILLE DE BIBERACH.
Tous les officiers, toutes les troupes des divisions Tharreau et Baraguey-d'Hilliers méritent des éloges ...
La 42e, dont le mouvement sur Biberach, qui s'est exécuté en colonne par demi-bataillon, a soutenu la brillante réputation qu'elle s'est acquise dans la Hollande, et partout où elle a combattu
" (de Carrion-Nisas, Marquis, Campagne des Francais en Allemagne, Année 1800, Paris, 1829).

Situation de l'Armée française en Allemagne au 10 mai 1800 (Nafziger)
Commandant en Chef Général Moreau
Aide de camp : Legay, Chef de Bataillon à la 42e
Centre : Lieutenant Général G. St.-Cyr
3ème Division : Général de Division Tharreau
Capitaine Mollié, de la 42e, attaché à l'Etat-major de la Division
42ème Demi-brigade (3) (2432)

Source : de Carrion-Nisas, Marquis, Campagne des Francais en Allemange, Année 1800, Paris, 1829

 

fusilier du 42e de ligne 1806-1807
Fig. 3 ; Fusilier reconstitué, dessin paru dans Soldats Napoléniens N°01

Le 13 Mai, la Division Tharreau, continuant sa marche en avant, est au confluent de 1'Iller et du Danube, à cheval sur l'lller et occupant le pont d'Unterkichberg; elle se relie avec la gauche de l'Armée du Rhin placée sur la rive gauche du Danube sous les ordres de Sainte-Suzanne; le 14 et le 15 Mai se passent dans la même position. Le 16 Mai, la Division marche au secours de l'aile gauche vivement menacée par une sortie des Autrichiens du camp retranché d'Ulm. La 42e perd dans cette affaire le Capitaine Servin qui tombe au pouvoir de l'ennemi. Là encore, se distinguent tout particulièrement le Caporal Jean Réjasse, le Grenadier Seyot, et le soldat Jean Tabarin.

Le 18 Mai, la 42e s'établit sur la rive gauche du Danube qu'elle repasse le 20 pour s'établir sur la rive droite. Le 31 Mai, le Capitaine Rivière est blessé dans une reconnaissance. Dans un autre engagement qui a lieu le 15 Juin et dans lequel la Demi-brigade se bat vigoureusement, les Sous-lieutenants Hardouin et Hautière, sont blessés.

Situation de l'Armée française en Allemagne au 10 juin 1800 (Nafziger)
Commandant en Chef Général Moreau
Aile gauche : Lieutenant général Grenier
3ème Division : Général de Division Legrand
42ème Demi-brigade (2) (1381)
Division de Réserve : Général de Brigade Fauconnet
42e Demi-brigade (1) (708)

Source : de Carrion-Nisas, Marquis, Campagne des Francais en Allemagne, Année 1800, Paris, 1829

A la suite de plusieurs réclamations fondées à propos d'exactions commises par plusieurs Généraux, Moreau fait juger et fusiller le Commissaire Pommier, deux Généraux sont renvoyés; en même temps, Vandamme cède sa Division à Gudin, et Legrand remplace plus tard le Général Tharreau. Presqu'en même temps, le Général Grenier reçoit le commandement du Corps d'armée en remplacement de Saint-Cyr auquel Moreau reproche de n'avoir prit aucune part à la bataille de Mœskirch; Saint-Cyr part pour la France. Dès lors, le centre est dissous et forma l'aile gauche, taudis que le Corps de réserve devient le contre; ce changement a lieu par suite d'un grand mouvement de conversion, la droite en avant, que Moreau exécute pour menacer la dernière communication des Autrichiens et les forcer à abandonner Ulm. La position des troupes est rectifiée et le Corps Grenier prend position à Gunzbourg sur la Gunz, faisant face au Danube.

Moreau ayant résolu de franchir le Danube au-dessous de Ulm, prescrit au Général Grenier de faire une démonstration de son côté pour détourner l'attention de l'ennemi. Cette opération a lieu dans la nuit du 29 au 30 Prairial (18 et 19 Juin), tandis que le reste de l'armée franchit le Danube en aval et remporte la victoire dans une série d'engagements qui ont pris le nom de bataille d'Hochstett. Dans cette affaire du passage du Danube, la Demi-brigade a l'occasion de se faire remarquer. Le Chef de Bataillon Aubrée, le Capitaine Delentaigne et le Sous-lieutenant Troyhard se présentent des premiers pour passer volontairement le Danube à la nage et chasser l'ennemi qui occupe une tête de pont sur l'autre rive vis-à-vis Gunzbourg. Le Sous-lieutenant Troyhard est désigné pour commander l'avant-garde des nageurs; il traverse deux fois le fleuve, la deuxième fois, c'est pour aller rechercher des soldats qui n'ont pas entendu le signal du retour et qui auraient été infailliblement massacrés sans la bravoure et le dévouement de cet Officier.

C'est à ce moment que la nouvelle de la convention d'Alexandrie arrive en Allemagne; Kray demande la suspension des hostilités et Moreau signe avec lui l'armistice de Parsdorf, le 15 Juillet.

Situation de l'Armée du Rhin au 15 juillet 1800 (Nafziger)
Aile gauche : Lieutenant général Grenier
Division : Général Legrand
Brigades : Général de Brigade Salligny, Sabatier, Bontems
16ème, 42ème et 51ème Demi-brigades de Ligne (9)

Le 21 juillet 1800, la 42e passe sous le commandement de Léonard Huard de Saint Aubin (Colonel le 24 septembre 1803). La Division de la 42e est envoyée sur l'Issar et les troupes restent en présence pendant les mois d'Août, Septembre, Octobre et Novembre. Pendant l'armistice, quelques modifcations sont apportées à l'organisation de l'Armée du Rhin, et la 42e fait partie de la Division Legrand, aile gauche, Général Grenier.

Situation de l'Armée du Rhin en novembre 1800 (Nafziger)
Aile Gauche : Général Grenier
Division : Général de Division Legrand
Brigade : Général de Brigade Saligny
42ème Demi-brigade de Ligne

 

Léonard Huard de Saint Aubin

Né à Villediou (Manche). Soldat au 4° bataillon de la Manche le 8 Mars 1792. Capitaine le 24 Août, môme année. Chef de bataillon le 9 Septembre 1792. Chef du 1er Bataillon de la 26e devenue 108e le 8 Germinal an II. Chef de Brigade le 29 Messidor an VIII, à la place du chef Piolaine nommé commandant à Ulm. Nommé Général de Brigade par décret du 1er Mars 1807.
Campagnes : A fait les campagnes de la révolution aux armées de Kellermann, de la Moselle, de Sambre-et-Meuse et du Rhin. A eu le bras gauche cassé à l'affaire de Muthenthal dans les Grisons, le 9 Vendémiairo an VIII. Fait prisonnier de guerre le même jour par les Kalmouks faisant l'avant-garde de l'armée du Général Souvarow.

 

shako de fusilier du 42e de ligne 1806
plaque de shako du 42e de ligne 1807 shako de fusilier du 42e de ligne 1806

Plaque shako 42e de Ligne 1806

Fig. 2bis En haut à gauche : shako (Margerand : Les coiffures de l'Armée Française); à droite, shako de Fusilier (dessins parus dans Soldats Napoléoniens N°01)
Au milieu à gauche : plaque de shako (dessin paru dans la Giberne) ; au centre, shako modèle 1806 (collection privée) ; à droite plaque de shako modèle 1806 de troupe (Musée du Fort de Joux)
Ci-contre : plaque de shako modèle 1806 (communication d'un de nos correspondants - plaque vendue aux en enchêres en Italie)

 

Situation de l'Armée du Rhin 22 novembre 1er décembre 1800 (Nafziger)
Commandant Général : Général Moreau
Aile gauche : Lieutenant Général Grenier
1ère Division : Général de Division Legrand
Brigade : Général de Brigade Sarattier (Saligny selon Picard)
42e Demi-Brigade, 3 Bataillons, 2105 (2043 selon Picard) hommes

Sources : De Carrion-Nisas, Marquis, "Campagne des Francais en Allemagne", Année 1800, Paris, 1829 ; Picard : "Hohenliden"

Les hostilités recommencent le 28 novembre 1800. L'Armée du Rhin se met en mouvement et marche sur l'Inn; la Division Legrand à la gauche de l'armée suit la vallée de l'Isen : elle déposte de Dorfen une avant-garde autrichienne et prend position aux débouchés de l'Isen.

Situation de l'Armée du Rhin le 1er décembre 1800 (SHAT B2 546)
Commandant en chef : Général Moreau
Aile gauche : Général Grenier
1ère Division Général Legrand : 42ème Demi-brigade de ligne, 3 Bataillons (2023 hommes).

 

Le 1er Décembre, du côté d'Ampfingen, le Corps de Grenier doit supporter le choc d'une partie de l'Armée autrichienne et se replie lentement et en bon ordre; la 42e se signale dans cette journée : elle soutient un combat très-vif sur les hauteurs des Taufkirch et de Schwindeck, mais écrasée par des forces considérables, elle est forcée d'évacuer Dorfen; elle s'arrête sur l'Isen.

Le Bulletin de l'Armée du Rhin, rédigé par le Général de Division Dessoles, Chef de l'Etat-major de cette armée, et successivement adressé sous la forme de rapports partiels au Ministre de la Guerre, déclare au sujet de la journée du 10 frimaire (1er décembre) :
"I. Rapport du 7 au 12 frimaire an IX (28 novembre - 3 décembre 1800).
Les divisions Ney et Hardy vinrent prendre position sur les hauteurs de Haag, et la division Legrand sur Dorfen, après avoir soutenu un combat très vif sur les hauteurs de Taufkirchen et Schwindach, point sur lequel l'ennemi s'était reporté aussitôt qu'il vit notre retraite décidée. La 42e se distingua particulièrement dans ce combat, et, sans la ténacité et les sages dispositions du général Legrand, l'ennemi se serait encore emparé de Dorfen le même jour
" (de Carrion-Nisas, Marquis, Campagne des Francais en Allemagne, Année 1800, Paris, 1829).

musicien du 42e de ligne 1806-1807 Musicien en 1809 d'après P. A. Leroux
Fig. 4 Fig. 4b

Après le combat d'Ampfingen, le Général Moreau établit la Division Legrand à la gauche de Hohenlinden, observant la route de l'Isen à Langdorf; en ce moment, l'effectif des trois Bataillons de la 42e est de 2105 hommes. Le 3 Décembre, cette Division est assaillie par des forces considérables composées du Corps autrichien sous les ordres de Kienmayer et d'une Division de cavalerie. Repoussées de la lisière des bois, les 51e et 42e se replient avec calme dans la plaine sur Hartofen; dans cette position, ces Demi-brigades accablées par le nombre, luttent avec un aplomb rare, tantôt faisant un feu nourri contre l'infanterie, tantôt croisant la baïonnette contre la cavalerie, et apposant à toutes les attaques une résistance invincible. Enfin, à la nouvelle des succès du centre, le Général Grenier prend aussitôt l'offensive malgré son infériorité numérique; la Division Legrand est formée en retenues, et appuyée par des charges de cavalerie, elle s'avance résolument contre l'ennemi qui de son côté, se défend avec la plus grande vigueur; plusieurs chocs ont lieu, les positions sont prises et reprises, enfin la Division Legrand réussit à ramener le Corps de Kienmayer jusqu'à la lisière des bois et à le rejeter dans les défilés de Langdorf. Kienmayer culbuté laisse entre nos mains près de 1500 prisonniers et six pièces de canon.

La 42e s'est hautement signalée dans cette journée, les rapports officiels en font foi. Voici un extrait de la lettre de Moreau au Ministre de la guerre :
"Hohenlinden, 12 Frimaire an IX (au soir)
Au Ministre de la guerre,
J'ai le plaisir, mon cher général, de vous rendre compte d'un événement bien glorieux pour l'armée que je commahde et d'un grand avantage pour la république....
Tous ont fait leur devoir, je ne puis donner d'éloges particuliers à aucune des armes; artillerie, infanterie, cavalerie méritent les plus grands éloges. Les états-majors se sont particulièrement distingués. Le corps du général Lecourbe qui s'était emparé de Rosenheim le 10, a été chargé de couvrir l'Inn et de défendre tous les débouchés du Tyrol. Le chef d'état-major vous rendra un compte très détaillé de cette bataille d'Hohenlinden, lieu déjà connu par la convention qui nous cédait les trois places. La république doit connaitre les corps et les militaires qui s'y sont partïculièrements distingués; il vous instruira également des détachements que l'ennemi a faits derrière notre gauche et auxquels nous n'avons pas fait grande attention. L'armée est fière de son succès, surtout par l'espoir qu'il contribuera à accélérer la paix.
Signé : MOREAU
".

Voici maintenant deux extraits du rapport détaillé du chef d'état-major mentionné ci-dessus (Quatrième bulletin historique du 11 au 20 du mois de Frimaire, an IX de la République, par le général de division Dessolles, chef de l'état-major général de l'armée; Pièce n° 84) :

Passage concernant l'attaque dit centre :

"C'est au milieu de cette bataille que la colonne du général Richepanse (48e demi-brigade en colonne par demi-bataillon, l'artillerie derrière, et le 1e régiment de chasseurs couvrant la droite) fut reçue vigoureusement par l'ennemi sur la route de Hohenlinden et décimée par la mitraille; le général Richepanse se jette à la tête des grenadiers de la 48e, fait cesser leur feu et leur dit en leur montrant les bataillons hongrois: grenadiers, que pensez-vous de ces gens-là ? - Ils sont foutus, mon général, répondirent spontanément ces braves - ils sont morts, répliqua le général, formez les pelotons d'attaque. Nos pertes furent grandes, mais l'ennemi fut écrasé, et s'enfuit de toute part".

Passage concernant l'aile gauche :

sapeur du 42e de ligne d'après carl sapeur du 42e de ligne d'après carl
Fig. 5 Sapeur d'après le Fichier Carl, planche 32; à droite, notre dessin paru dans Soldats Napoléoniens N°01

"Aile gauche. - L'ennemi cherchait à s'emparer d'un bois pour tourner la division Legrand à gauche; la 51e demi-brigade reçut l'ordre de s'y porter et de résister vigoureusement à l'ennemi : elle eut cinq bataillons à combattre, ce qui ne l'empêcha pas, non-seulement de se défendre avantageusement, mais encore d'enfoncer l'ennemi; celui-ci, pour appuyer son mouvement, fit une seconde charge sur tous les points de la division; le général Legrand fit aussitôt former les colonnes d'attaque et toutes les troupes reçurent les Autrichiens avec ce sang-froid qui assure la victoire. La 42e, contre laquelle l'ennemi fit les plus grands efforts, se distingua particulièrement dans cette occasion, son calme qui déconcerta l'ennemi, favorisa une charge que le 12e régiment de cavalerie exécuta avec un succès complet; sous le même instant, la 51e repoussait vigoureusement l'infanterie qu'elle avait en tête. L'artillerie de cette division fit des prodiges de valeur; elle fut on ne peut mieux dirigée et fit plusieurs fois taire celle autrichienne. Alors le grand nombre céda au courage de nos troupes, tous les corps de cette division rivalisèrent de valeur et leur bravoure mit l'ennemi en pleine déroute; ces manoeuvres étaient aussitôt exécutées qu'habilement ordonnées; soldats, officiers des corps et officiers généraux combattaient avec dévouement et intrépidité. La retraite de l'ennemi sur Fursten fut coupée et il fut poursuivi par les tirailleurs jusques sur les hauteurs en arrière d'Isen, sa perte sur ce point fut considérable, le champ de bataille qu'il abandonna fut couvert de morts et le bois rempli de blessés et d'hommes vaincus. Cette division lui fit en outre cinq à six cents prisonniers et lui prit quatre pièces de canon, deux caissons et soixante chevaux; de son côté, elle perdit dans toute la journée quatre-vingts tués, cent soixante blessés, dont quatre officiers et le brave Corniau, chef du 5e régiment de chasseurs. Vers les cinq heures du soir, l'ennemi ayant vivement attaqué la division Bastoul contre laquelle il avait dirigé des forces majeures sur Tating, et le général Legrand craignant qu'elle ne fût compromise, ordonna à un bataillon de la 42e de se porter sur la hauteur à gauche de Vorsten. La diversion qu'occasionna ce mouvement, contribua beaucoup à mettre en désordre la réserve de l'ennemi qui avait attaqué et s'était battue en désespérée contre la division Bastoul" (Le bulletin de l'armée du Rhin donné dans le tome V du Mémorial du dépôt général de la guerre, page 531, (pièces justificatives) n'est pas semblable en tout point au bulletin dont on donne ici un extrait pris sur l'original signé du général Dessolles - archives du dépôt de la guerre).

"ARMÉE DU RHIN.
LE GÉNÉRAL DE DIVISION CHEF DE L'ÉTAT-MAJOR-GÉNÉRAL, AU MINISTRE DE LA GUERRE.
Au quartier-général de Steyer, le 5 nivôse an IX de la République française, une et indivisible.
AFFAIRE DE HOHENLINDEN.
Le général Grenier, voyant le succès de l'attaque du centre, se décida à prendre lui-même l'offensive, malgré son infériorité ; l'attaque est ordonnée ; l'ennemi se bat avec une vigueur étonnante ; mais les divisions Legrand et Bastoul font des prodiges de valeur. Plusieurs fois les corps se mêlent, les positions sont prises et reprises, les 51e et 42e demi-brigades sont chargées en flanc plusieurs fois par la cavalerie, sans être un instant ébranlées. Enfin, la droite du général Legrand culbulte l'ennemi dans les défilés de Lendorf, tandis que le général Bonnet avec une brigade de la division Bastoul, le rejette sur Issen, et il se retire en nous abandonnant près de 1,500 prisonniers et six pièces de canon. Le chef du 5e régiment de chasseurs a été dangereusement blessé et le chef de la 42e a eu son cheval tué sous lui dans un combat opiniâtre.
L'ennemi faisait encore de grands efforts sur le centre du général Bastoul et la réserve du général Ney. Le général Grenier donne ordre au général d'Hautpoul d'arriver avec ses trois régiments de cavalerie soutenus par le bataillon de grenadiers du général Ney. Ces nouvelles troupes mettent le général Bastoul en mesure de former ses colonnes d'attaque, et de marcher sur l'ennemi qui avait pris une nouvelle ligne, en avant des bois sur les hauteurs de Tating. Le général Bonnet, qui venait de le forcer sur Issen, soutenu d'un bataillon de la 42e et de la cavalerie commandée par le général Fauconnet, fait un mouvement, se porte sur le flanc droit de l'attaque, tandis que la brigade de réserve commandée par le général Joba, s'ébranle pour le déborder sur son flanc gauche. L'ennemi ne peut résister à ce dernier effort; il se replie en désordre et nous abandonne du canon et beaucoup de prisonniers.
Le général Bastoul, dont la conduite, dans toute cette journée, mérite les plus grands éloges, est grièvement blessé dans cette attaque ...
" (Les Bulletins de la Grande armée : précédés des rapports sur l'armée française, depuis Toulon jusqu'à Waterloo, extraits textuellement du Moniteur et des Annales de l'empire : histoire militaire du général Bonaparte et de l'empereur Napoléon, avec des notes historiques et biographiques sur chaque officier. Tome 2 / par Adrien Pascal; cité par : de Carrion-Nisas, Marquis, Campagne des Francais en Allemagne, Année 1800, Paris, 1829).

Dans cette affaire si honorable, la 42e a eu le Capitaine Colombany, les Lieutenants Fabre et Perrière, les Sous-lieutenants Hautière et Chapé, blessés de coups de feu. Se sont tout particulièrement distingués le Caporal François Cordilière, le Caporal de Grenadiers Jean Najasse, et le Grenadier Sceaux.

Après la bataille de Hohenlinden, la Division passe l'Isen à la poursuite de Kienmayer qui bat en retraite sur le bas Inn et elle franchit l'Inn sur les ponts de Vasserbourg et Muhldorf que l'ennemi a abandonnés sans les détruire. La 42e franchit ensuite la Salza et prend part au combat du 14 décembre. L'armistice de Steyer signé le 25 décembre met fin à cette glorieuse campagne.

tambour de fusiliers d'après Carl
tambour de fusiliers d'après Rousselot
tambour de fusiliers d'après Carl

Fig. 6 Tambour de Fusiliers
En haut à gauche, d'après le Fichier Carl, planche 32; à droite, fac-similé d'un dessin de l'Album Schmidt (Musée de l'Armée)
En bas à gauche, dessin de Rousselot d'après Carl; à droite, notre dessin paru dans Soldats Napoléoniens N°01

- Récompenses accordées à la 42e en 1801

La 42e Demi-brigade s'est signalée d'une manière particulière pendant les années 1799 et 1800; elle a reçu à cette époque diverses récompenses, du Premier Consul en témoignage de sa valeur. Afin que l'on saisisse bien la portée de ces récompenses, nous donnons ici le texte de l'Arrêté des Consuls en date du 4 Nivôse an VIII (25 décembre 1799), instituant des armes d'honneur.

"Les consuls de la République, considérant que l'article 87 de la Constitution porte qu'il sera donné des récompenses aux guerriers qui auront rendu des services éclatants en combattant pour la République, et voulant statuer sur le mode et sur la nature de ces récompenses, après avoir entendu le rapport du ministre de la guerre;
Arrêtent ce qui suit :
ARTICLE 1er. - Il sera donné aux individus des grades ci-dessous désignés qui se distingueront par une action d'éclat, savoir
1° Aux grenadiers et soldats, des fusils d'honneur qui seront garnis en argent.
2° Aux tambours, des baguettes d'honneur qui seront garnies en argent.
3° Aux militaires des troupes à cheval, des mousquetons ou carabines d'honneur garnis en argent.
4° Et aux trompettes, des trompettes d'honneur en argent.
Ces fusils, baguettes, mousquetons, carabines et trompettes porteront nue inscription contenant les noms des militaires auxquels ils seront accordés, et celui de l'action pour laquelle ils l'obtiendront.
ART. 2. - Les canonniers pointeurs les plus adroits, qui dans une bataille rendront le plus de services, recevront des grenades d'or qu'ils porteront sur le parement de leur habit.
ART. 3. - Tout militaire qui aura obtenu une de ces récompenses, jouira de cinq centimes de haute-paie par jour.
ART. 4. - Tout militaire qui prendra un drapeau à l'ennemi, fera prisonnier un officier supérieur, arrivera le premier pour s'emparer d'une pièce de canon, aura droit, par cela seul, chacun suivant son arme, aux récompenses ci-dessus.

Musicien du 42e de Ligne d'après Carl Musicien du 42e de Ligne d'après Carl
Fig. 7 Musicien d'après le Fichier Carl, planche 32; à droite, notre dessin paru dans Soldats Napoléoniens N°01

ART. 5. - Il sera accordé des sabres d'honneur aux officiers et soldats qui se distingueront par des actions d'une valeur extraordinaire, ou qui rendraient des services extrêmement importants.
Tout militaire qui aura obtenu un sabre d'honneur jouira d'une double paie.
ART. 6. - Les généraux en chef sont autorisés à accorder le lendemain d'une bataille, d'après la demande des généraux servant sous leurs ordres, et des chefs de corps, les brevets des fusils, carabines, mousquetons, grenades, baguettes et trompettes d'honneur.
Un procès-verbal constatera d'une manière détaillée, l'action de l'individu ayant des droits à une des marques distinctives. Le procès-verbal sera envoyé sans délai au ministre de la guerre qui fera sur le champ expédier à ce militaire la récompense qui lui est due.
ART. 7, - Le nombre des récompenses ne pourra excéder celui de trente par demi-brigade et par régiment d'artillerie, et il sera moindre de moitié pour les régiments de troupes à cheval.
ART. 8. - Les demandes pour les sabres seront adressées au ministre de la guerre vingt-quatre heures après la bataille, et les individus pour lesquels elles auront été faites, n'en seront prévenus par le général en chef que lorsque le ministre les aura accordées.
Il ne pourra pas y en avoir plus de deux-cents pour toutes les armées.
ART. 9. - Les procès-verbaux dressés par les chefs de corps et par le général en chef d'une armée, lesquels constateront les droits de chaque individu à l'une des récompenses indiquées, seront immédiatement imprimés, publiés, et envoyés aux armées par ordre du ministre do la guerre.

Le premier consul,
BONAPARTE.
Par le premier consul :
Le secrétaire d'Etat,
Hugues B. MARET.
Le ministre de la guerre,
Alex. BERTHIER
".


Un autre arrêté des consuls du 27 Messidor an X (16 Juillet 1802), rend légionnaires de droit tous les militaires ayant eu des armes d'honneur. On trouvera plusieurs fois dans ce qui va suivre les mots : devint électeur. Pour expliquer ces mots, il est essentiel de relater l'article suivant du Sénatus-Consulte organique du 28 Floréal an XII (18 Mai 1804) :

"ART. 99. - Les grands-officiers, les commandants et les officiers de la Légion d'honneur, sont membres du collège électoral du département dans lequel ils ont leur domicile, ou de l'un des départements de la cohorte à laquelle ils appartiennent. Les légionnaires sont membres du collége électoral de leur arrondissement. Les membres de la Légion d'honneur sont admis au collége électoral dont ils doivent faire partie, sur la présentation d'un brevet qui leur est délivré à cet effet par le grand-électeur".

 

Fig. 8 Grenadier d'après le Fichier Carl, planche 32; à droite, notre dessin paru dans Soldats Napoléoniens N°01

Il y a eu quatorze récompenses dans la Demi-brigade :

BERNARD, Pierre, Sergent : (Un fusil d'honneur). Né dans le département de la Vendée, il défendit avec opiniâtreté, et avec seulement seize hommes de sa compagnie, un village dont la garde lui avait été confiée. Cette honorable défense était opposée à une forte colonne ennemie; elle donna le temps de venir à son secours, et le village fut sauvé. Cet acte de bravoure fut récompensé par le brevet d'un fusil d'honneur, le 28 Fructidor an X. Retraité en 1805, il devint électeur dans l'arrondissement de Fontenay (Vendée).

CHEVALIER, René, Caporal : (Un fusil d'honneur). Sa brillante conduite, dans un combat de tirailleurs pendant lequel il tua trois hommes et fit deux prisonniers, lui mérita, le 28 Fructidor an X, le brevet d'un fusil d'honneur. Chevalier était encore sous les drapeaux en 1812.

Plaque en argent de Fusil d'honneur, décernée à Jean Corba le 28 Fructidor an X (15 septembre 1802). Musée Royal de L'Armée; Bruxelles.

CORDA, Jean, Caporal : (Un fusil d'honneur). Déploya la plus grande valeur à l'attaque d'un retranchement ennemi qu'il franchit l'un des premiers, tua à coups de baïonnette un officier autrichien et fit cinq prisonniers. Il reçut à cette occasion, le 28 Fructidor an X, le brevet d'un fusil d'honneur.

CON, Jean, Caporal : (Un fusil d'honneur). Il en reçut le brevet le 28 Fructidor an X pour son courage à la prise d'un village occupé par l'ennemi, et où il fit quatre prisonniers dont un Officier.

CORDILIERE, François, Caporal : (Un fusil d'honneur). Accordé le 17 avril 1801. Ce Caporal, pendant la bataille de Hohenlinden, se précipita à la baïonnette sur les lignes ennemies, tua plusieurs soldats autrichiens et fit trois prisonniers.

MARTIN , Joseph - Marie , Sergent : (Un sabre d'honneur). Né le 6 Novembre 1771 à Rennes (Ille-et-Vilaine), entra comme soldat, le 3 Août 1792, dans un des Bataillons de volontaires qui formèrent la 42e Demi-brigade, fut nommé Caporal le 17 Germinal au II, et servit de 1792 à l'an XI aux Armées du Nord, du Rhin et d'Helvétie. Il se distingua aux affaires qui eurent lieu tant en Hollande qu'en Allemagne, et notamment à celle du troisième jour complémentaire an VII, en Nord-Hollande, oû il fut blessé d'un coup de feu à la jambe gauche et mérita le grade de Sergent qui lui fut conféré sur le champ de bataille (à Bergen). Le 10 Prairial an XI, Martin reçut un sabre d'honneur. De l'an XII à 1807, Il servit à l'Armée de Naples, et fut blessé d'un coup de feu à la tête le 6 Janvier 1807, à Patomale (Calabre). Passé à l'Armée d'Espagne, il fit la guerre en Catalogne et en Aragon de 1808 à 1811, se trouva à la prise de Jaca et aux sièges de Girone, de Tortose et de Tarragone. Lieutenant le 30 Mars 1810, et Capitaine le 4 Septembre 1812, il rentra dans ses foyers au licenciement de l'Armée, le 25 Septembre 1815.

NAJASSE, Jean, Caporal de Grenadiers : (Un fusil d'honneur). Né dans le département de la Haute-Vienne, il se fit remarquer pendant les campagnes de 1799 et 1800, aux Armées Gallo-batave et du Rhin, et particulièrement au combat du 10 Primaire an IX et à la bataille de Hohenlinden le 12 du même mois, Il reçut le 28 Germinal an IX un fusil d'honneur et fut compris dans la cinquième cohorte.

Fig. 9 Fusilier d'après le Fichier Carl, planche 32; à droite, notre dessin paru dans Soldats Napoléoniens N°01

PALLET, Thomas, Sergent-major : (Un sabre d'honneur). Né le 8 Novembre 1771, à Mesnil-Solemprise (Seine-Inférieure), s'engagea comme soldat le 3 Floréal au II dans la 42e Demi-brigade, et fit toutes les guerres de la révolution, depuis l'an II jusqu'à l'an IX, aux Armées du Nord et du Rhin. A l'affaire qui eut lieu au fort Isabelle dans l'île de Cadzand (le 30 Juillet 1794), l'Officier chargé de l'attaque fut entouré par des ennemis nombreux; il allait périr sous leurs coups, lorsque Pallet accourut à son secours, tua un des assaillants, dispersa les autres, et sauva la vie à son Officier. Caporal le 5 Floréal an V, Sergent le 16 Prairial an VII, il obtint les galons de Sergent-major le 6 Prairial an X. Passé en l'an XI à l'Armée d'Helvétie, il reçut un sabre d'honneur le 10 Prairial de cette même année et fut promu au grade de Sous-lieutenant le 23 Frimaire an XII. Il servit avec distinction à l'Armée de Naples de l'an XII à 1806, et fut nommé Lieutenant le 17 Octobre 1807. Employé à l'Armée d'Aragon de 1808 à 1811, il fut nommé Capitaine le 31 Août 1810. Il périt glorieusement le 18 Juin 1811, au siège de Tarragone.

PECH, Antoine, Sergent-major: (Un sabre d'honneur). Né le 1er Novembre 1771 à Arfons (Tarn), entra le 22 Mars 1793 dans le 16e Régiment d'infanterie devenu 42e Demi-brigade, et fut nommé Caporal le 12 Juin suivant. Depuis cette époque jusqu'en 1807, il prit part aux opérations des Armées du Nord, du Rhin, d'Helvétie, d'Italie et de Naples, et obtint le grade de Sergent le 26 Ventôse an II. Il se distingua plusieurs fois pendant le cours de cette guerre, surtout à l'affaire qui eut lieu à Bergen en Hollande, le 3e jour complémentaire an VII, où il déploya beaucoup de valeur et d'intelligence. Sergent-major le 1er Brumaire an VIII, il reçut un sabre d'honneur le 10 Prairial an XI, et fut promu Sous-lieutenant le 11 Ventôse an XIII; Lieutenant le 17 Octobre 1807, il fit la campagne de 1809 en Allemagne où il obtint le grade de Capitaine le 9 Juillet, à la suite de la bataille de Wagram. Retraité le 30 Mars 1812.

RÉJASSE, Jean, Caporal : (Un fusil d'honneur). Né à Oradour (Haute-Vienne), servit aux Armées Gallo-batave et du Rhin en 1799 et 1800. Dans une charge à la baïonnette sur une colonne ennemie, il reprit une pièce de canon qui avait été enlevée un instant auparavant. Il reçut le 18 Brumaire an X, un fusil d'honneur. Retraité en 1801. Electeur de l'arrondissement de Rochechouart.

SCEAUX, Raoul, Grenadier : (Un fusil d'honneur). Né dans le département d'Ille-et-Vilaine, servit aux Armées Gallo-batave et du Rhin en 1799 et 1800. Au combat d'Ampfingen, le 10 Frimaire an IX et à la bataille de Hohenlinden le 12 du même mois, il donna l'exemple du courage à ses camarades, en se précipitant dass les rangs ennemis. Le Premier consul lui décerna le 28 Germinal an IX, un fusil d'honneur. Compris dans la treizième cohorte.

SEYOT, Grenadier : (Un fusil d'honneur). Servit aux Armées Gallo-batave et du Rhin en 1799 et 1800, et reçut le 10 Prairial an XI un fusil d'honneur. Il se fit surtout remarquer pendant la campagne de 1800 dans un engagement de tirailleurs où, aidé de trois de ses camarades, il enleva une pièce de huit à l'ennemi. Retraité en 1809.

SOUHARD, Julien, Caporal : (Un fusil d'honneur). Il se conduisit avec beaucoup de valeur comme simple fusilier, aux Armées Gallo-batave et du Rhin en 1799 et 1800 ; devenu Caporal, il se distingua particulièrement dans un combat d'avant-garde pendant lequel il fit plusieurs prisonniers et tua beaucoup de monde à l'ennemi. Le Premier consul lui décerna le 10 Prairial an X, un fusil d'honneur.

TABARIN, Jean , soldat : (Un fusil d'honneur). Fusilier à la 42e Demi-brigade de ligne, né dans le département d'Ille-et-Vilaine, servit aux Armées Gallo-batave et du Rhin en 1799 et 1800. Dans un engagement de tirailleurs, pendant cette dernière campagne, il fit un grand nombre de prisonniers et s'empara, à l'aide de plusieurs de ses camarades encouragés par son exemple, d'une pièce d'artillerie. Le 28 Fructidor au X, le Premier consul lui décerna un fusil d'honneur. Entré dans un corps de vétérans en 1803, il ne tarda pas à prendre sa retraite et devint électeur de l'arrondissement de Rennes.

Bouton du 76e de Ligne
"Nous membres composant le Conseil d'Administration de la 42eme Demi brigade d'Infanterie , certifions que la Citoyenne Caroline Vandenabel est épouse légitime du Citoyen Sagniel Capitaine à la 42eme Demi brigade, 3eme bataillon et que conformément à la Loi du 30 avril 1790 et l'arrêté du Directoir exécutif du dix sept Pluviose dernier qui excluent des Armées toutes les femmes autres que les blanchiseuses et vivandières, elle a déclaré vouloir se retirer à Hazebrouck Département du Nord.
Invitons en conséquence les autorités civiles et militaires à la laisser librement passer et à lui prêter aide et assistance en cas de besoin.
Fait en Conseil à Utrecht le dix Floréal 7eme année Rép.
Laurent, Capne; Kill Capal; Lis (?)au(?)uz Sergt; Roussillon Capit; Roger D. Lieut; Aubrée Chef de Brigade
Vu par moi Commissaire des guerres Bastille
"

Pour anecdote, nous soumettons au lecteur le document suivant daté du 30 avril 1800 (10 Floréal an VIII), extrait de l'ouvrage de Oleg Sokolov : "L'Armée de Napoléon".


- Grades conférés sur le champ de bataille

Fig. 10 Voltigeur d'après le Fichier Carl, planche 32; au centre, notre dessin paru dans Soldats Napoléoniens N°01; à droite, reconstitution de la tenue de campagne (communication d'un de nos correspondants, extraite de la revue Husar)

A la même époque, de nombreux grades furent conférés à la Demi-brigade sur le champ de bataille à titre de services rendus, par les Officiers généraux commandant les Armées de Hollande et d'Allemagne. En voici la liste. Par le Général en chef Brune dans la république Batave, le troisième jour complémentaire an VII. Le chef de brigade Aubrée fut nommé Général de Brigade. Furent nommés Capitaines titulaires, les Capitaines à la suite : Santières, Mas, Samson. Furent nommés Capitaines, les Lieutenants Rivière, Roger, Boismartel, Pontallié. Furent nommés Lieutenants, les Sous-lieutenants Perrières, Brunelières, Cléret, Martorel, Joubert et l'Adjudant Sous-lieutenant Benastre. Furent nommés Sous-lieutenants, l'Adjudant Garnier, les Sergents-majors Troyhard, Fleury, Chatelain, Simon, Fontanelle, Robillot, et les Sergents Hautière, Goupil et Denain. Le Caporal Joseph Marie Martin fut nommé Sergent. Ces nominations furent confirmés par arrêté du 17 Vendémiaire au VIII.

Les nominations suivantes furent faites par le Général Brune en l'an VIII. Le Chef de Bataillon Piolaine fut nommé Chef de Brigade. Furent nommés Chefs de Bataillon, les Capitaines Gaultier, Aubrée et Rubillon. Furent nommés Capitaines, les Lieutenants Alexandre et Jolivet. furent nommés Lieutenants, les Sous-lieutenants Chevelet, Ennuyé et Lecray. Furent nommés Sous-lieutenants, le Sergent-major Gérard et les Sergents Chappe, Raffy et Colin. Ces nominations furent confirmées par Arrêté du Premier Consul, le 7 Germinal an VIII.
Le 23 Thermidor an VIII, le Général Moreau, Commandant en chef de l'Armée du Rhin, nomma sur la proposition du Général Grenier, les Sergents-majors Pitel et Delafond, et le Sergent Lhoir Sous-lieutenants. Enfin, le 29 Messidor an VIII, le Général Moreau, toujours sur la proposition du Général Grenier, nomma Chef de la 42e, le Chef de Bataillon Huart de la 108e, en récompense de sa conduite distinguée à toutes les affaires.

- Armée d'Helvétie

Nous avons laissé la 42e Demi-brigade aux portes de Vienne à la fin de Décembre 1800. Lorsque la paix est conclue, elle est d'abord renvoyée sur la frontière dans les positions suivantes : Chef de Brigade : Huard.

1er Bataillon, Commandant Aubrée - Landau.
2e Bataillon, Gauthier - Weissembourg.
3e Bataillon, Rubillon - Landau.
Dépôt : Major (sic - à cette époque, le grade de Major n'était pas encore rétabli) Joanis, quartier-maître Menegaud ; détaché à Lauterbourg et à Fort-Vauban.
(Le quartier-maître n'était autre chose que le trésorier, ces fonctions dataient de 1776.)

Mathieu Joannis

Né à Paris le 14 novembre 1754, fils de Laurent Joannis et de Margueritte Galienne; marié à Anne Philippeau le 30 juin 1777.

Soldat au Régiment de Monsieur le 14 décembre 1771, soldat le 4 mai 1775 puis Caporal le 9 janvier 1780 au Régiment provincial de Paris, il obtient son congé le 4 mai 1781. Lieutenant dans les Chasseurs de la Garde Nationale parisienne en juillet 1789, il s'enrôle au 7e Bataillon de Volontaires de Paris, dit Bataillon du Théâtre Français, et est élu Lieutenant le 4 septembre 192. Lieutenant colonel en Chef de ce Bataillon le 20 septembre, il est confirmé dans ce grade le 19 octobre. Il sert à l'armée du Nord puis à l'armée des Ardennes; prenant part au siège du Quesnoy en 1793, il est fait prisonnier de guerre à la capitulation de cette place le 13 septembre. Rentré de captivité le 29 novembre 1795, il est incorporé avec son grade dans la 41e Demi-brigade de Ligne à sa formation le 12 septembre 1796. Destitué le 30 octobre 1797, il est réintégré dans son grade par jugement du conseil de guerre de la 8e Division Militaire le 12 mars 1799 et prend le commandement du 2e Bataillon auxiliaire de l'Aisne le 8 aoùut 1799, celui-ci étant versé dans la 42e de Ligne le 24 février 1800, où il devient chef de bataillon titulaire le 2 janvier 1801.

Major du 81e d'infanterie de Ligne le 22 décembre 1803, il est promu Colonel du 53e de Ligne le 27 mars 1809 à l'âge de 54 ans et après 29 ans de services effectifs. Admis à la retraite ét destiné à être pourvu d'un commandement de place de son grade le 27 juillet 1809, il est nommé Commandant d'armes de 3e classe à Pérouse le 19 juin 1811, puis Commandant du Département du Trasimène le 29 août 1811. Employé après l'évacuation des Etats Romains dans la 29e Division militaire à Florence le 28 janvier 1814, puis dans la 28e Division militaire à Gênes le 11 février 1814, il est, à sa rentrée en France, désigné à titre provisoire comme Commandant de la place d'Aix sur ordre du Général du Muy le 11 mai 1814. Admis à la retraite le 6 octobre 1815.

Décédé à Saint Maur - aujourd'hui Saint Maur des Fossés (Val de Marne) - en sa maison d'habitation située vis à vis le jeu d'arc, le 15 mars 1823 à midi.

Chevalier de la Légion d'Honneur le 25 mars 1804.

Source : D. et B. Quintin : "Dictionnaire des Colonels de Napoléon".

D'après l'Etat militaire de l'an X (1802), la 42e Demi-brigade avait ses 1er et 2e Bataillons à Landau, et le 3e à Wussembourg. Les cadres du Régiment sont constitués de la manière suivante :

- Etat major : Chef de Brigade Huard; Chefs de Bataillon Johannis, Gauthier, Aubrée, Rubillon; Quartier maître trésorier Menegaud; Adjudants majors Nugue, Chevillard, Chalain; Officiers de santé Loiselière, Soubiran, Magnien.
- Capitaines : Legros, Combe-Ferrier, Michel, Lhuillier, Flageul, Sautière, Deschamps, Laurent, Legrand, Delentaigne, Molié, Servin, Harel, Daron, Chassereaux, Nachury, Mas, Texier, Colombani, Juquet, Alexandre, Fontaillié, Rivière, Boismartel, Roger, Lainé, N.
- Lieutenants : Cordier, Aubrée, Raujoux, Lenormand, Bregains, Cuignet, Feuillet, Pouessel, Labide, Benâtre, Joubert, Marthorel, Cleret, Brunelière, Perrière, Bertier, Launay, Ennuyez, Lebelay, Tripet, Dondey-Saligny, Dory, Garnier, Petel, N, N, N.
- Sous lieutenants : Moreau, Hardouin, Hautière, Fleury, Garnier, Goupil, Rebillot, Simon, Troyhiard, Dexain, Chapey, Girard, Couvreux, Duval, Fuchs, Maignan, Farchet, Bernard, Chevillard, Delafond, Lhoir, Corvaisier, Renard, Olivier, Crampon, N, N.

Pour se conformer au traité de Lunéville, le Premier Consul a retiré ses troupes de Suisse, mais c'est le signal de la guerre civile et au mois de septembre 1802, les fédéralistes demandent assistance à l'Angleterre; alors Bonaparte se déclare médiateur entre les divers partis.

Le 23 octobre 1802, le Général Ney expédie des ordres au Général Seras, à Genève, pour qu'il aille prendre d'urgence le commandement de la Division concentrée à Huningue et comprenant les 27e, 42e, 80e Demi-brigades, un Bataillon de la 104e et deux de la 16e, le 13e Chasseurs à cheval, enfin une Compagnie d'artillerie légère. Cette Division doit mettre, le plus tôt possible, une forte avant-garde à Bâle.

Au total, Bonaparte envoie vingt mille hommes dans le pays; la 42e fait partie de cette expédition qui ne donne du reste lieu à aucun fait de guerre important. A noter toutefois l'effet produit par les musiques des 16e, 27e et 42e de Ligne marchant en tête de ces Demi-brigades, quand elles pénétrèrent dans Zurich par trois portes différentes (29 octobre).

Le 19 décembre, la Brigade Eppler formée des 27e, 42e, 104e et 80e de Ligne, plus le 12e Hussards, porte son Quartier général à Soleure.

D'après l'Etat militaire de l'an XI (1802-1803), la 42e Demi-brigade est à Landau et fait partie de la 5e Division militaire. Les cadres du Régiment sont constitués de la manière suivante :

- Etat major : Chef de Brigade Huard; Chefs de Bataillon Johannis, Gauthier, Aubrée, Rubillon; Quartier maître trésorier Menegand; Adjudants majors Nugue, Chevillard, Chalain; Officiers de santé Loiselière, Soubiran, Jourdan.
- Capitaines : Legros, Combeferrier, Michel, L'Huillier, Flageul, Sautierre, Deschamps, Laurent, Legrand, Delentaigne, Molie, Servin, Harel, Daron, Chassereaux, Nachury, Mas, Texier, Colombani, Juguet, Alexandre, Pontallié, Rivière, Boismartel, Roger, Jolivel, Lainé.
- Lieutenants : Cordier, Aubrée, Raujoux, Lenormand, Bregains, Cuignet, Feuillet, Pouessel, Labide, Leymarie, Benatre, Joubert, Martorel, Cleret, Brunelière, Perrière, Bertier, Launay, Ennuyez, Lebeley, Tripet, Vannesson, Dondey-Saligny, Dory, Garnier, Pitel, N.
- Sous lieutenants : Moreau, Hardouin, Hautière, Fleury, Goupile, Rebilliot, Simon, Troyhiard, Dexain, Chappé, Couvreux, Duval, Maignan, Fuchs, Farchet, Bernard, Chevillard, Lhoir, Corvaisier, Renaud, Olivier, Crampon, Raveaud, Mauger, Cogniard, Farinières, N.

Le 25 février 1803 (6 ventôse an 11), Bonaparte écrit depuis Paris au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "... Je vous prie également de donner ordre à la 42e qui est en Suisse de partir de Berne le 10 germinal pour se rendre à Milan et y faire partie des troupes de la République italienne. Le bataillon de cette demi-brigade qui est dans la 5e divison militaire (chef lieu : Strasbourg) se mettra en marche dans les premiers jours de germinal, afin d'être le 10 à Berne ..." (Correspondance générale, t.4, lettre 7494).

Le 25 mars 1803, une insubordination des troupes suisses à Berne dégénère; Ney écrit (le 27 mars) : «Les patrouilles françaises arrivèrent alors près du quartier et voulurent s'opposer au désordre, mais les Suisses battirent la charge et quelques coups de fusil tirés par les mutins blessèrent mortellement un caporal de la 42e. L'officier français (chef de patrouille) sut empêcher sa troupe de riposter, signifia aux insurgés que le meurtre serait puni conformément aux lois militaires et se retira sur la place d'armes.
On me fît le rapport que les mutins se dirigeaient sur l'arsenal pour s'emparer de quelques pièces de canon ...
J'ordonnai de battre la générale.
Les troupes françaises prirent les armes avec la plus grande célérité et un bataillon de la 42e, que j'envoyai à l'arsenal, dissipa les soldats suisses égarés par les insinuations perfides de quelques mauvais sujets ...
L'ordre fut rétabli à 1 heure du matin.
Les troupes françaises restèrent sous les armes jusqu'au grand jour.
Je provoquai la réunion d'un conseil de guerre ... Un grenadier suisse fut condamné à mort et fusillé ; quatre autres ont été punis de dix à quinze ans de fers.
Après l'exécution, les Suisses ont défilé devant le corps de leur camarade ; ils étaient tristes, abattus ...
» (H. Bonnal : "La vie militaire du Maréchal Ney", t.1).

- Division d'occupation à Tarente

Fig. 11 ; Sapeur d'après le Fichier Wurtz; dessin paru dans Soldat Napoléonien N°01

Après le traité de Lunéville, la cour de Naples signe le 18 Mars 1801 avec le Premier Consul, un traité particulier par lequel elle s'engage à recevoir une Division de douze à quinze mille hommes dans le golfe de Tarente. Mais les Français ont évacué le royaume de Naples à la paix, et ce traité n'est mis à exécution qu'à la rupture de la paix d'Amiens (Mars 1803). Bonaparte réunit alors à Faënza. dans les Romagnes, une Division de dix mille hommes et vingt et une bouches à feu, sous les ordres du Général Gouvion Saint-Cyr. La 42e Demi-brigade, rappelée d'Helvétie, fait partie de cette Division destinée au royaume de Naples.

Le 2 avril 1803 (12 germinal an 11), Bonaparte écrit depuis Paris à Marescalchi, Ministre des Relations extérieures de la République italienne, en résidence à Paris : "Vous pouvez écrire, citoyen ministre, au citoyen Melzi (Vice-président de la République italienne) que ... la 42e se rend en Italie, en place d'une demi-brigade que le général en chef (Murat) enverra également à Alexandrie ..." (Correspondance générale, t.4, lettre 7552).

De son côté, Murat, qui se querelle constamment avec Melzi, a fait pénétrer les Régiments français dans la capitale italienne, ce qui indispose les autorités de la République italienne. Aussi, le même jour (2 avril 1803), Bonaparte écrit depuis Paris au Général Murat, commandant en chef les troupes françaises en Italie : "... Mon intention n'a jamais été que la 16e passât à Milan, ni la 42e. Le ministre Berthier a désigné Milan pour dire en Italie. Vous avez dû recevoir des ordres pour former un camp à Bologne. Faites passer la 42e dans cette place ..." (Correspondance de Napoléon, t.8, lettre 6666; Correspondance générale, t.4, lettre 7554).

Le 16 avril 1803 (26 germinal an 11), Bonaparte écrit depuis Saint-Cloud au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "Je vous prie, Citoyen Ministre, de donner l'ordre au général Murat de réunir à Faenza une division, qui devra être toujours prête à se porter, au premier ordre, partout où les circonstances l'exigeront. Ce corps sera commandé par un général de division et sera composé :
Des deux premiers bataillons de la 42e complétés au grand pied de paix; des deux premiers bataillons de la 6e de ligne portés au grand complet de paix; des deux premiers bataillons de la 1re légère également portés au grand complet de paix; de trois escadrons du 7e régiment de dragons et de trois escadrons du 9e régiment de chasseurs portés au grand complet de paix;
Du premier bataillon de la 4e demi-brigade de ligne italienne complété à 700 hommes; du premier de la 2e helvétique complété à 700 hommes; du premier bataillon de la 1re légère italienne complété à 700 hommes, et de deux escadrons du 1er régiment de hussards italiens complétés à 300 hommes; des deux premiers bataillons de la demi-brigade polonaise
(1ère Demi-brigade polonaise) complétés au pied de guerre, et de deux escadrons du régiment de cavalerie polonais complétés à 300 hommes;
De trois divisions d'artillerie française avec un approvisionnement et demi (chacune de six pièces) ;
Et d'une division de six pièces d'artillerie de la République italienne avec un double approvisionnement.
Les troupes italiennes seront sous les ordres du général Lechi, lequel aura sous ses ordres deux généraux de brigade, qui seront désignés par le ministre de la guerre de la République italienne.
Pour les troupes françaises, indépendamment du général commandant, il y aura un général pour commander la cavalerie et deux généraux de brigade; et, comme il est inutile de faire des camps, qui d'ailleurs sont toujours coûteux, toutes ces troupes seront cantonnées à Faenza et dans les environs. Ce qui restera des corps de troupes françaises et italiennes cantonnées à Faenza sera mis en garnison dans les différentes places de la Romagne
" (Correspondance de Napoléon, t.8, lettre 6689; Correspondance générale, t.4, lettre 7577). Faenza est située au sud-est de Bologne.

Au mois de juin 1803, la Division, portée à quinze mille hommes, reçoit l'ordre de se rendre à Tarente en traversant les Etats romains; à ce moment, les trois Bataillons de la 42e sont à Milan. En traversant les États du pape, il a été prescrit aux soldats, sous les peines les plus sévères, de bien payer exactement toutes leurs dépenses, afin de ne pas indisposer les populations. La Division emmène avec elle un matériel considérable pour armer la rade de Tarente; Saint-Cyr a reçu l'ordre de se jeter sur Naples au premier signe d'insurrection des Calabres ou à la nouvelle d'un débarquement des Anglais; ce corps expéditionnaire est soutenu par une Division réunie à Pescara, sous les ordres du Général Reynier.

Le 27 juin 1803 (8 messidor an 11), Bonaparte écrit depuis Amiens au Général Lacuée, Président de la Section de la Guerre du Conseil d'Etat : "Citoyen Lacuée etc., j'ai lu avec attention votre dernière lettre. J'ai remarqué que ... par l'arrêté du 1er floréal, vous avez donné :
... à la 42e qui est en Italie 392 hommes ...
" (Correspondance générale, t.4, lettre 7771).

Le 6 septembre 1803 (19 fructidor an 11), Bonaparte écrit depuis Saint-Cloud au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "On a envoyé, Citoyen Ministre, les 6e et 42e de ligne et la 1re légère dans le royaume de Naples. Faites-moi connaître les mesures qu'on a prises pour l'habillement et surtout pour l'armement des conscrits. Je suis instruit qu'on n'en a pris aucune pour l'armement.
Il me semble qu'il aurait été convenable de faire arrêter ces conscrits dans la Romagne, et là, de les armer et habiller avant de les envoyer dans le royaume de Naples. S'ils étaient arrivés à Tarente, il serait convenable d'y faire passer des fusils dans le plus court délai ...
" (Correspondance de Napoléon, t.8, lettre 7081; Correspondance générale, t.4, lettre 8009).

La 42e vient d'arriver à Tarente, lorsque par suite de l'Arrêté du 1er Vendémiaire an XII (24 Septembre 1803), elle prend la dénomination de 42e Régiment d'infanterie de Ligne. En même temps que l'ancienne dénomination de Régiment est rétablie, l'ancien titre de Colonel reparait également en remplacement de celui de Chef de Brigade.

Le Régiment demeure environ deux ans à Tarente.

D'après l'Etat militaire de l'an XII (1803-1804), le 42e de Ligne est à Tarente. Les cadres du Régiment sont constitués de la manière suivante :

- Etat major : Colonel Huard; Major N.; Chefs de Bataillon Joannis, Gaultier, Aubrée, Rubillon; Quartier maître trésorier Capitaine Menegand; Adjudants majors Capitaines Nugue, Chevillard, Chalain; Chirurgiens majors Loiseliere, Soubiran, Jourdan.
- Capitaines : Legros, Combeferrier, Michel, LHuillier, Flageul, Sautierre, Deschamps, Laurent, Legrand, Delentaigne, Servin, Harel, Daron, Chassereaux, Nachury, Mas, Texier, Colombani, Juguet, Alexandre, Pontallié, Riviere, Boismartel, Roger, Jolivel, L'Ainé, Cordier.
- Lieutenants : Aubrée, Lenormand, Bregains, Cuignet, Feuillet, Pouessel, Labide, Leymarie, Benatre, Joubert, Marthorel, Cleret, Brunelière, Perriere, Bertier, Launay, Ennuyé, Lebeley, Tripet, Vannesson, Dondey-Saligny, Dory, Garnier, Fitel, Hardouin, N., N.
- Sous lieutenants : Moreau, Hautière, Fleury, Goupil, Rebillot, Simon, Troyhard, Dexam, Chappé, Couvreux, Duval, Maignan, Fuchs, Farchet, Bernard, Chevillard, Lhoir, Corvaisier, Olivier, Crampon, Ravaud, Coignard, Farinieres, Letterrier, N., N., N.

Le 28 décembre 1803 (6 nivôse an 12), Bonaparte écrit depuis Paris au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "Recommandez, citoyen ministre, au général Saint-Cyr de faire exercer le 7e régiment de dragons aux manoeuvres à pied et de lui donner des adjudants tirés du 6e ou du 42e régiment pour l'instruire : les dragons doivent manoeuvrer à pied aussi bien que l'infanterie" (Correspondance générale, t.4, lettre 8478).

Situation en janvier 1804 (côte SHDT : us180401)

Chef de Corps : HUARD Colonel - Infanterie
Conscrits des départements de la Charente Inférieure des ans XI et XII
PENAUD Major - Infanterie
MENEGAUD Quartier maître trésorier
1er Bataillon commandant : Chef de Bataillon Rubillon à Bitouto - Armée d'Italie - états de Naples - Gouvion Saint Cyr - 1ère Division troupes francaises - Montrichard
2ème Bataillon commandant : Chef de Bataillon Aubree à Bitouto - Armée d'Italie - états de Naples - Gouvion Saint Cyr - 1ère Division troupes francaises - Montrichard
Observations : janvier 1804 effectif des 1er et 2ème Bataillons sous les armes : 1472 Officiers et hommes dont hopitaux 61 hommes
3ème Bataillon commandant : Chef de Bataillon Gaultrier à Chieti - Armée d'Italie - troupes francaises dans les Abbruzzes - Senecal
Observations : janvier 1804 effectif sous les armes : 455 Officiers et hommes - hopitaux 28 hommes

 

Etat des conscrits que chaque département doit fournir sur les classes de l'an XI (1803) et de l'an XII (1804)
Charente inférieure
48

 

Situation en juillet 1804 (côte SHDT : us180407)

Chef de corps : HUARD Colonel - infanterie
Conscrits des départements de la Charente Inférieure des ans XI et XII
PENAUD Major - infanterie
MENEGAUD Quartier maître trésorier
1er Bataillon commandant : Chef de Bataillon Rubillon à Bitouto, Terlizi, Bisuglia - Armée d'Italie - états de Naples - Gouvion Saint Cyr - 1ère Division troupes francaises - Montrichard
2ème Bataillon commandant : Chef de Bataillon Aubree à Bitouto, Terlizi, Bisuglia - Armée d'Italie - états de Naples - Gouvion Saint Cyr - 1ère Division troupes francaises - Montrichard
Observations : juillet 1804 effectif des 1er et 2ème Bataillons sous les armes : 1478 Officiers et hommes dont hopitaux 43 hommes
3ème Bataillon commandant : Chef de Bataillon Gaultrier à Pescara - Armée d'Italie - troupes francaises dans les Abbruzzes
Observations : juillet 1804 effectif sous les armes : 486 Officiers et hommes - hopitaux 37 hommes

Le 3 septembre 1804 (16 fructidor an 12), Bonaparte écrit depuis Aix-la-Chapelle au Maréchal Berthier : "Mon Cousin, mon intention est de renforcer le corps du général Saint-Cyr, non que je croie que dans sa force actuelle il ait rien à craindre des Napolitains ni des Russes, qui, selon les renseignements que j'ai, ne sont pas forts de plus de 7,000 hommes à Corfou. Cependant, vous préviendrez le général Saint-Cyr et le général Jourdan que, si jamais les Russes envoyaient garnison à Naples, sans attendre aucun ordre, sans perdre une minute, le premier doit se diriger avec son corps d'armée sur Naples pour les en chasser. A cet effet, le bataillon du 42e régiment qui est à Pescara rejoindra ses deux autres bataillons. Il sera remplacé à Pescara par le 29e de ligne ...
Le corps d'armée qui est à Naples, au lieu d'envoyer au couronnement des hommes qui sont dans le royaume de Naples, sera représenté par deux officiers et quatre sous-officiers des régiments de ce corps d'armée qui sont en recrutement dans l'intérieur de la France. Ceux qui sont en Corse, à l'île d'Elbe et à Livourne, seront représentés de même
" (Correspondance de Napoléon, t.9, lettre 7981; Correspondance générale, t.4, lettre 9161).

Situation en janvier 1805 (côte SHDT : us180501)

Chef de corps : HUARD Colonel - infanterie
Conscrits des départements de la Charente Inférieure des ans XI et XII
Observations : janvier 1805 effectif sous les armes : 1941 Officiers et hommes dont hôpitaux 120 hommes
PENAUD Major - infanterie
MENEGAUD Quartier maître trésorier
1er Bataillon commandant : Chef de Bataillon Rubillon à Andria, Barletta - Armée d'Italie - états de Naples - Gouvion Saint Cyr - 1ère Division troupes francaises - Montrichard
2ème Bataillon commandant : Chef de Bataillon Aubree à Andria, Barletta - Armée d'Italie - états de Naples - Gouvion Saint Cyr - 1ère Division troupes francaises - Montrichard
3ème Bataillon commandant : Chef de Bataillon Gaultrier à Andria, Barletta - Armée d'Italie - états de Naples - Gouvion Saint Cyr - 1ère Division troupes francaises - Montrichard

 

Troupes Françaises en Italie, 1er Thermidor an XIII - 20 juillet 1805 (Nafziger - 805GAB)
Dans les Etats de Naples
1ère Division à Bari
42e de Ligne : 1568 hommes
2e Division à Chieti
42e de Ligne : 263 hommes

Source : Alombert et Colin

Après un cours séjours en Lombardie en 1805, le 42ème se trouve à nouveau dans les états de Naples au mois d'août. Ses 1er, 2ème et 3ème Bataillons, postés entre Andria et Barletta (1699 hommes, dont 35 détachés et 96 aux hôpitaux) sont à la 1ère Division stationnée à Bari ; 4 Compagnies du 1er Bataillon postées à Pescara (292 hommes, dont 7 détachés et 22 aux hôpitaux) sont à la 2ème Division stationnée à Chieti. Un nouveau traité avec la cour de Naples le 21 Septembre 1805, au moment où la guerre contre la troisième coalition va commencer, stipule le retrait des troupes d'occupation de Tarente. De son côté, la Reine de Naples s'engage à fermer ses ports aux Anglais et aux Russes ; le Corps de Saint-Cyr reçoit donc l'ordre de se rendre en Lombardie, mais les événements vont bientôt rappeler le Régiment dans le royaume de Naples ; du reste, pendant les longues guerres de l'Empire, nous trouverons presque toujours le gros du Régiment sur des champs de bataille secondaires, en Italie et en Espagne, mais si la gloire est peut-ètre moins brillante, les difficultés à vaincre et les fatigues de toutes sortes, sont au moins égales à celles que supportent les autres armées.

Signalons qu'au cours de cette période, le Sous lieutenant Delamotte qui est en recrutement à Limbourt en Belgique, est blessé en réprimant une émeute de conscrits.

- Armée de Naples

Fig. 12 En haut à gauche, Tambour de Fusiliers d'après le Fichier Wurtz (notre dessin paru dans Soldats Napoléoniens N°01); à droite, Tambour d'après Job (Tenue des Troupes de France)
En dessous, à gauche, Tambour d'après un dessins de la Collection Knötel à Rastatt; à droite, Tambour d'après H. Knötel.
En troisième ligne, Tambour de Fusiliers d'après Charmy

 

Armée d'Italie, 12 octobre 1805
Corps de troupe sous les ordres du Général Gouvion Saint-Cyr
Général Gouvion Saint-Cyr, Commandant en chef
1ère Division : Général Montrichard
1ère Brigade :
42e Rgt d'infanterie de ligne, 3 Bataillons, 1843 hommes

La reine Caroline viole tous ses engagements pendant qu'elle voit l'Empereur aux prises avec les Autrichiens et les Russes ; elle appelle les Russes et promet à l'armée alliée un contingent de quarante mille Napolitains. Mais le coup de tonnerre d'Austerlitz change la face des choses, et aussitôt après la paix de Presbourg, tandis que la Prusse cherche à s'excuser, l'Empereur forme l'armée de Naples ; le 42e fait partie de la Division Gouvion Saint-Cyr. Le 2 décembre, l'Armée de Naples est commandée par Gouvion saint Cyr ; la 1ère Division est sous les ordres du Général Montrichard. Le 42ème de ligne aligne 2039 hommes (selon Nafziger - 805LCR : 1606 hommes ; source : Liskenne & Sauvan, "Bibliotheque Historique et Militaire dédiée à l'Armée et à la Garde nationale de France", Paris, 1853).

Fig. 13 ; Chef de Musique d'après le Fichier Wurtz; dessin paru dans Soldat Napoléonien N°01
Fig. 21 ; Chef de Musique et Musicien d'après Bucquoy ; dessin de H. Boisselier
Fig. 14 ; Musicien d'après le Fichier Wurtz; dessin paru dans Soldat Napoléonien N°01

Le 37e bulletin de la grande armée daté de Schönbrunn le 26 décembre 1805 annonçe : "Le général Saint-Cyr marche à grandes journées sur Naples pour punir la trahison de la reine et précipiter du trône cette femme criminelle, qui, avec tant d'impudeur, a violé tout ce qu'il y a de sacré parmi les hommes. La dynastie de Naples a cessé de régner". Joseph Bonaparte est destiné à régner sur le royaume de Naples, mais le véritable chef de l'armée, forte de quarante-cinq mille hommes, est Masséna. Les Russes et les Anglais se sont rembarqués précipitamment à la nouvelle de la bataille d'Austerlitz.

Le 14 janvier 1806, l'Armée de Naples doit être théoriquement commandée par Masséna. A cette époque, le 42ème compte 1895 hommes. Le 1er février, l'Armée de Naples est sous commandement du Prince Joseph ; le 42ème, qui se trouve maintenant à l'aile droite (Général Reynier), aligne alors 1606 hommes. Le 6 février, la Division Saint-Cyr franchit le Garrigliano, formant la gauche de l'armée de Naples ; elle se dirige par la Pouille et les Abbruzes vers le golfe de Tarente, pour être employée à la pacification des Calabres soulevées par le prince royal. Ce sera l'affaire de quelques combats pour disperser l'armée napolitaine.

Le 21 février, nouveau changement : l'aile droite de Reynier porte maintenant le nom de 2ème Corps d'armée ou corps des Calabres ; le 42ème, fort de 1627 hommes, se trouve alors au sein de la Division Verdier.

Avant de mettre en route son Corps d'armée, Regnier tient à réprimer sévèrement les cas de pillage qui se produisent trop fréquemment. Le Capitaine Duthilt, du 1er Léger écrit :
"Pendant le séjour que l'avant garde fit à Eboli, le général Regnier fut contraint d'assembler le conseil de guerre pour juger immédiatement quelques militaires de la brigade qui, au mépris des règlemens militaires et des ordres réitérés pour le maintien des propriétés des habitans, s'étaient livrés au pillage dans les campagnes, et surtout dans un pays que nous avions le plus grand intérêt à ménager; ces militaires, pris en flagrant délit, furent facilement convaincus et condamnés à mort ...
Un grenadier du 42e de ligne, arrêté pour le même fait, détenu à Eboli, descendant la rampe en forme de berge qui conduisait à la plaine où la brigade était sous les armes et le conseil de guerre assemblé, s'échappa du milieu de son escorte, et sautant directement de berge en berge, il parvint à éviter les balles lancées contre lui, et à se soustraire à toute poursuite, sans que depuis on ait pu savoir ce qu'il était devenu
" (Lévi C. (Chef de Bataillon) : "Mémoires du Capitaine Duthilt"; Tallandier, 1909).

Le 5 mars, Reynier rassemble ses forces près de Salernes, et marche vers les Calabres, ayant à l'avant garde la Brigade Compère (42e et 1er Léger). Les insurgés ont pris position en avant de Lago-Négro pour nous surprendre au passage du pont Della Noce. L'avant garde les attaque avec un tel élan qu'ils abandonnent le plateau et s'enfuient au delà de la ville.

Les "masses" se retranchent dans la plaine de Campo Tenese (Naples) à la sortie des défilés de San Martin. Le 9 mars, les éclaireurs débouchent de la vallée. Un épais brouillard masque les trois redoutes dans lesquelles les insurgés attendent. Le Bataillon de tête du 42e, secondé par les Voltigeurs du 1er Léger, chasse devant lui deux Régiments ennemis et gagne les crêtes qui dominent le flanc droit du camp calabrais. Pendant que le reste de l'avant garde se déploie dans la plaine, les flanqueurs ouvrent un feu violent sur le camp. Compère fait battre la charge ; les insurgés prennent la fuite. Le Sous lieutenant Maignan est blessé dans cette affaire.

Le 13 mars, l'Empereur écrit depuis Paris au Prince Eugène de passer en revue tous les dépôts de l'Armée de Naples ; il s'étonne notamment que celui du 42ème comprend 600 hommes qui ne sont pas envoyés au Régiment et demande que le dépôt en question soit réorganisé (Correspondance de Napoléon).

Armée d'Italie - 15 mars 1806
Commandant en Chef : Prince Eugène
Dépôts de l'Armée de Naples :
42e de Ligne (à Legnano) : 21 Officiers, 568 hommes

Le 21 mars, nous entrons à Reggio, où la Division Reynier se repose jusqu'en juillet des premières fatigues de la campagne. De la côte, les soldats apperçoivent Messine et brûlent du désir d'y aller; mais les Anglais, en se retirant, n'ont pas laissé une seule barque. "Laissez nous faire, mon général, nous irons à la nage", disent les soldats qui n'ont pas reçu leur solde depuis trois mois.

Le 22 avril, depuis Saint Cloud, l'Empereur donne l'ordre au Roi de Naples de renvoyer le 3ème Bataillon au dépôt (Correspondance de Napoléon). Le 27, l'Empereur accorde 8 aigles de la Légion d'honneur au Régiment (Correspondance de Napoléon). Le 7 juin, Napoléon écrit au roi de Naples que le 42ème est pressenti pour une expédition contre la Sicile (Correspondance de Napoléon). Le 30 juin, nouveaux remaniements : le corps de Reynier est devenu 3ème Corps de l'Armée de Naples et le 42ème ne compte plus que 1479 hommes sous les armes.

Sur ces entrefaites, le 1er juillet, les Anglais débarquent débarquent dans le golfe de Sainte Euphémie 8000 réguliers et 4000 brigands sous le Général Stuart, et la position devient fort difficile pour le Régiment, car toutes les Calabres s'insurgent de nouveau sur ses arrières. Reynier ne dispose que de 5000 hommes.

Forces françaises à la bataille de Maïda - 1er juillet 1806 (Nafziger 806GAD)
3e Corps : Reynier
Brigade Compère
42e de Ligne : 1509 hommes

Source : Archives françaises, Vincennes

Le 3 juillet, au cours de l'affaire de Segliano, le Chirurgien aide major Bonis est fait prisonnier.

Le 4 juillet, Stuart, longeant la côte, va nous couper de Montéléone et rallier les "masses" qui se réunissent sur tous les points, lorsque Reynier décide d'attaquer, malgré son infériorité numérique. Le combat contre les Anglais s'engage le 6, mais au milieu d'un terrain marécageux et dans de fort mauvaises conditions. Reynier se forme en bataille par échelon de bataillon, le 42e au centre, ayant à sa gauche le 1er Léger (échelon de tête) et à sa droite le 23e Léger. Les Anglais ont pris position et nous attendent au port d'armes. Arrivé à 200 mètre de l'ennemi, le 1er Léger bat la charge; le 42e suit le mouvement. Les Anglais ouvrent alors un feu nourri. Rien ne semble devoir arrêter notre élan, quand le Général Compère, qui n'est plus qu'à quelques pas de l'ennemi, tombe de cheval, le bras cassé. Le Bataillon de tête du 1er Léger se trouble. Un cri de détresse parcourt les rangs comme une trainée de poudre. Les échelons du 1er Léger hésitent, font demi-tour, se débandent et entraînent le 42e et toute la Division. Les pertes sont considérables : l'ennemi n'ayant plus rien à craindre nous fusille de ses feux ajustés. Vainement, les gradés se sacrifiant pour sauver l'honneur, tentent d'arrêter la panique. Cet échec coûte cher au Régiment : le Capitaine Jolivel et le Sous-lieutenant Trumeau sont tués ; les Capitaines Boismartel, Servin, Chevillard, Martorel et Juguet (mort), les Lieutenants Goupil (mort), Fleury, Rébillot, le Sous lieutenant Maire, les Sergents-majors Conty, Thomas, les Sergents Oury, Kaeche, et le Caporal Boulan sont blessés.

Le 42e avait ététrès éprouvé à Sainte·Euphémie. Les premières situations précises accusent pour ce Régiment 6 Officiers et 141 hommes aux hôpitaux, 18 Officiers et 411 hommes prisonniers de guerre.

Le Régiment a grand'peine à se rallier dans ce pays accidenté et couvert. Le 11, les Compagnies du 42e, qui tentent de protéger la retraite à Reggio, laissent beaucoup de monde aux mains de l'ennemi, dont un grand nombre d'Officiers, de Sous officiers, de Caporaux ; entre autres, les Capitaines Cuignet, Aubrée, les Lieutenants Feuillet, Berthier, Donoley, Saligny, Pitel, Vannesson, Chevillard, les Sous-lieutenants Fuchs, Rocfort, les Sergents-majors Leclerc, Levacon, Richer, les Sergents Fairin, Lesterlain, Pecqueur et le Caporal Casquil.

Mais en ce moment, Masséna avec le reste de l'Armée française, vient de s'emparer de Gaëte, dernier rempart des Napolitains et il s'avance rapidement au secours de la Division compromise; les Anglais ne l'attendent pas et se rembarquent. Il n'y a plus que les montagnards à combattre, c'est l'affaire de quelques semaines grâce à l'énergie et à la sévérité déployées par Masséna. Le 24 juillet, le Capitaine Cléret est blessé au cours d'un combat en Calabre. Le 42ème ayant beaucoup souffert à Sainte Euphémie et étant réduit de moitié (Correspondance Napoléon ; lettre datée du 9 août 1806, adressée au Roi de Naples), l'Empereur suggère qu'il revienne à Naples, voire en France (Correspondance de Napoléon, lettres datée des 11 et 20 août, adressées au Roi de Naples). Mais le Roi de Naples s'entête à le maintenir en Calabre ; l'Empereur suggère à nouveau le 20 août de le placer dans une Division sous les ordres du Général Espagne, à deux heures de distance de Naples (Correspondance de Napoléon).

Le 21 octobre, le 42ème prend part à l'affaire de Rogliano, où le Sergent-major Lecourt est blessé. Dans le mois de Décembre, le Régiment est appelé à faire le siége d'Armantea, toujours en Calabre; dans la journée du 6, le Sous-lieutenant Joubert et le Sergent Lionce sont blessés en montant à l'assaut. Amantea est assiégée jusqu'en janvier 1807; à cette époque, le Sous lieutenant Jamault est blessé à Amantea. Le 6 janvier 1807, le Sergent Martin (déjà cité en 1799), reçoit un coup de feu à la tête dans l'affaire de Patomale.

Situation en Janvier 1807 (côte SHDT : us180701 4C98)

Chef de corps : HUARD Colonel - infanterie
Conscrits des départements de la Charente Inférieure de 1806
PENAUD Major - infanterie
MENEGAUD Quartier maître trésorier
1er Bataillon commandant : Chef de Bataillon Rubillon - Armée de Naples - Division des dépôts
2ème Bataillon commandant : Chef de Bataillon Aubree - Armée de Naples - Division des dépôts
3ème Bataillon commandant : Chef de Bataillon Gaultrier à Bologne - Armée d'Italie

 

- Armée d'Italie

La pacification du royaume de Naples achevée, l'Empereur donne l'ordre au Prince Eugène de rapatrier le Régiment en Italie (Correspondance de Napoléon, lettre expédiée de Varsovie en date du 6 janvier 1807) ; il passe donc l'Armée d'Italie sous les ordres du Vice-roi prince Eugène. Pendant que la Grande Armée se couvre de gloire dans les sanglantes batailles d'Eylau et de Friedland, et que le traité de Tilsit termine la campagne, le 42e est employé dans les garnisons de Bologne, Venise, Vérone ; dans cette ville, il passe sous les ordres du Général Souham, puis dans la 3ème Division (Clauzel) et il est alors envoyé à Brescia.

Situation en Avril 1807 (côte SHDT : us180704 4C98)

Chef de Corps : HUARD Colonel - infanterie
Conscrits des départements de la Charente Inférieure de 1807
PENAUD Major - infanterie
MENEGAUD Quartier maître trésorier
1er Bataillon commandant : Chef de Bataillon Rubillon en route pour Bologne - Armée d'Italie
2ème Bataillon commandant : Chef de Bataillon Aubree en route pour Bologne - Armée d'Italie
3ème Bataillon commandant : Chef de Bataillon Gaultrier à Bologne - Armée d'Italie

 

Emplacement des troupes de l'Empire français à l'époque du 1er avril 1807
Numéros des Régiments, et noms des Colonels
Majors, Chefs de Bataillon et Quartiers-maîtres
Numéro des Bataillons
Emplacement, et conscription de l'an 1807
Division Militaire
42e Huard

Penaut
Rubillon
Aubrée
Gaultier
Menegaud

Major
1er
2e
3e
Quartier-maître


En route pour Bologne, Armée d'Italie
En route pour Bologne, Armée d'Italie
A Bologne, Italie
Conscrits de la Charente Inférieure

 

Situation en Juin 1807 (côte SHDT : us180707 4C98)

Chef de corps : HUARD colonel - infanterie
Conscrits des départements de la Charente - de la Charente Inférieure - de l'Aveyron de 1808
Observations : juin 1807 effectif du Régiment : sous les armes 69 Officiers, 1788 hommes - hopitaux 3 Officiers, 415 hommes
PENAUD Major - infanterie
MENEGAUD Quartier maître trésorier
1er Bataillon commandant : Chef de Bataillon Rubillon à Véronne - Armée d'Italie - 4ème Division - Souham - 2ème Brigade - Teste
Observations : juin 1807 sous les armes : 33 Officiers, 648 hommes
2ème Bataillon commandant : Chef de Bataillon Aubree à Véronne - Armée d'Italie - 4ème Division - Souham - 2ème Brigade - Teste
Observations : juin 1807 sous les armes : 21 Officiers, 454 hommes
3ème Bataillon commandant : Chef de Bataillon Gaultrier à Véronne - Armée d'Italie - 4ème Division - Souham - 2ème Brigade - Teste
Observations : juin 1807 sous les armes : 15 Officiers, 686 hommes

Situation en Octobre 1807 (côte SHDT : us180710)

Chef de Corps : ESPERT Colonel - infanterie
Conscrits des départements de la Charente - de la Charente Inférieure - de l'Aveyron de 1808
PENAUD Major - infanterie
MENEGAUD Quartier maître trésorier
1er Bataillon commandant : Chef de Bataillon Rubillon à Véronne - Armée d'Italie - 4ème Division
2ème Bataillon commandant : Chef de Bataillon Phillipiez à Véronne - Armée d'Italie - 4ème Division
3ème Bataillon commandant : Chef de Bataillon Gaultrier à Véronne - Armée d'Italie - 4ème Division

 

Fig. 15 ; Grenadier d'après le Fichier Wurtz; dessin paru dans Soldat Napoléonien N°01

Le 10 novembre, le 42ème passe sous les ordres du Colonel Jean Baptiste Espert de la Tour.

Jean-Baptiste Espert de la Tour

Né à Lagarde (Ariège) le 1er Juillet 1764 (30 juillet dans le Carnet de la Sabretache 326 de juillet 1928). Capitaine dans une Compagnie franche de l'Ariège le 1er octobre 1792. Passé en cette qualité dans le 4e Bataillon de l'Ariège le 13 Mai 1793. Chef de Bataillon le 6 Octobre 1793. Incorporé dans la 11e provisoire formation des Pyrénées-Orientales, passé ensuite dans la 27e Légère où la 11e provisoire a été incorporée le 4 Nivôse an V. Employé en Italie comme commandant à Bologne et comme adjoint à l'état-major général depuis le 10 Vendémiaire an V jusqu'au 1er Germinal an X. Placé à cette époque à la suite de la 34e Demi-brigade. Nommé Chef de Bataillon en pied dans la 110e par arrêté du 17 Fructidor an X. Nommé Major au 108e Régiment par arrêté du 30 Frimaire an XII. Nommé Colonel à la suite par décret du 28 Juin 1807. Passé avec le même grade au 42e d'Infanterie par décret du 10 Novembre 1807, en remplacement de M. Huard promu Général de Brigade. Nommé Général de Brigade le 6 Août 1811. Officier de la Légion d'honneur et Chevalier de Saint Louis, le Général Baron Espert mourut le 13 octobre 1815.
Campagnes : A fait les campagnes de 1792-93, ans II, III, IV, V, VI, VII, VIII et IX aux armées des Pyrénées et d'Italie. En 1806-07 à la Grande Armée, adjoint du Général Oudinot. En 1808-09 et 10, à l'Armée d'Espagne.
Blessé à l'affaire de Bassano, le 7 pluviôse an V. Blessé à Gênes le 28 Germinal an VIII. S'est trouvé au blocus de Gênes où il commandait 17 Compagnies de Grenadiers.

En 1808, le Régiment est toujours à Brescia, lorsqu'un Décret impérial du 18 février porte à cinq le nombre des Bataillons par Régiment (4 de guerre et 1 de dépôt). En exécution de ce Décret, on forme deux Bataillons nouveaux dans le 42e : le 4e Bataillon (Deschamps) demeure à Brescia (4ème Division Lamarque, de l'Armée d'Italie), et le 5e formant dépôt (Major Penaut) est organisé à Milan (deux Compagnies du 5ème Bataillon sont cependant affectées à la 14ème Demi-brigade provisoire à Milan (réserve de l'Armée d'Italie) ; elles rejoignent le dépôt au mois d'avril 1809). Le 5 juin, le Régiment est passé en revue par le Général Teste. Le Colonel Espert de Latour étant absent, il est provisoirement commandé par le Major Penant ; il aligne 80 Officiers et 2827 hommes.

Situation en Juillet 1808 (côte SHDT : us180807)

Chef de Corps : ESPERT Colonel - infanterie
Garnison - Dépôt à Milan
Conscrits des départements du Gard - du Rhône de 1809
Observations : juillet 1808 effectif du Régiment 2956 Officiers, hommes dont hopitaux 155 - sous les armes 68 Officiers, 2731 hommes
PENAUD Major - infanterie
MENEGAUD Quartier maître trésorier
1er Bataillon commandant : Chef de Bataillon Rubillon à Brescia - Armée d'Italie - 3ème Division - Verges
Observations : juillet 1808 sous les armes : 23 Officiers, 703 hommes
2ème Bataillon commandant : Chef de Bataillon Phillipiez à Brescia - Armée d'Italie - 3ème Division - Verges
Observations : juillet 1808 sous les armes : 15 Officiers, 682 hommes
3ème Bataillon commandant : Chef de Bataillon Gaultrier à Brescia - Armée d'Italie - 3ème Division - Verges
Observations : juillet 1808 sous les armes : 16 Officiers, 674 hommes
4ème Bataillon à Brescia - Armée d'Italie - 3ème Division - Verges
Observations : juillet 1808 sous les armes : 14 Officiers, 672 hommes
5ème Bataillon au dépôt à Milan - Armée d'Italie

Les trois premiers Bataillons (Rubillon, Philipiez, Juges) passent en même temps à l'Armée d'Espagne où il doivent être affectés à la Brigade Verges; le 1er Léger et le 42e forment le fond d'une Division (Général Souham) qui est complétée par plusieurs Bataillons appartenant à des corps mis à contribution pour la formation de l'Armée de Catalogne.

- Armée d'Espagne, 7e Corps - 1er, 2e et 3e Bataillons

Fig. 16 ; Voltigeur d'après le Fichier Wurtz; dessin paru dans Soldat Napoléonien N°01

En août, ils prennent la route de Perpignan avec leur Colonel, pour rejoindre le 7ème Corps de l'Armée d'Espagne, commandé par le Général Gouvion Saint Cyr. Le 7ème Corps a pour mission de réduire la Catalogne insurgée, mission difficile à cause de la nature du terrain hérissé d'obstacle naturels, ne fournissant aucune ressource en denrées alimentaires, et défendu par de nombreuses places fortes; en outre, la population du pays est hardie, remuante et fanatisée. L'armée franchit la frontière les premiers jours de novembre ; la Division Souham, entrée en Espagne le 5, se poste sur la Fluvia pour couvrir le siège de Roses, mené par Gouvion Saint Cyr. Jusqu'au 12 Novembre, on a beaucoup à souffrir de pluies torrentielles. Le 24 novembre, la Division Souham repousse définitivement au combat de Navata les troupes que le Général Alvarez conduit au secours de la place.

Situation du 7e Corps à l'Armée d'Espagne le 5 décembre 1808 (Nafziger - 808LSAA)
Commandant : General Comte Gouvion-Saint-Cyr
Division : Général de Division Souham
Brigade :
42e de Ligne : 3 Bataillons, 2467 hommes

Source : Saint-Cyr, Journal des Opérations de l'armée de Catalogne en 1808
et 1809 sous le commandament du général Gouvion Saint-Cyr, Paris, 1821

Après la prise de Roses, Saint Cyr marche au secours de Barcelone; le 42e franchit la Fluvia le 9 décembre avec les Divisions Souham et Pino et fait route vers Barcelone où le Général Duhesme est encerclé. Le 15 décembre, le 42e prend part au combat de Cardedeu où il exécute une belle charge à la baïonnette contre l'aile gauche de la Division Reding qui a pris position pour arrêter la colonne. Saint Cyr arrive à Barcelone le 17 décembre. Le 20 (ou 21 décembre), par une neige épaisse, la Division Souham franchit le Llobrégat au gué de Saint Jean d'Espi pendant que le gros de nos troupes aborde l'ennemi de front à Molins del Rey; Vivès, tourné à droite par la Division Souham, est complètement battu et poursuivi jusqu'à quelques kilomètres de Tarragone. Cette victoire permet de débloquer complètement Barcelone.

Au commencement de 1809, le 42e passe sous les ordres du Général Chabot (2e Division du 7e Corps de l'Armée d'Espagne), et il doit lutter chaque jour en Catalogne contre un ennemi toujours battu et sans cesse renaissant.

Situation du 7e Corps à l'Armée d'Espagne le 1er février 1809 (Nafziger - 809BSAJ)
Commandant : Gouvion Saint Cyr
1ère Division : Général de Division Souham
42e de Ligne : 3 Bataillons

Sources : Oman, A History of the Peninsular War
French Archives, Carton C8 397

Le 13 février, le Capitaine Berthier est blessé en escortant un convoi de blessés. Le 15, le 42e se bat à Villa-Rodonia; voici ce que l'on trouve dans les actions de guerre du 24e Régiment de Dragons : le Régiment s'est bien montré au combat sous Villa-Rodonia, où il a protégé la retraite des Voltigeurs du 42e Régiment d'infanterie, fortement compromis (Etat des services du Corps attesté par le Général de Division Souham, et contresigné par le Général en chef Gouvion Saint-Cyr - Archives du ministère de la guerre).

Le lendemain, 16 février, à l'affaire qui a lieu auprès de Vendrell, les Sergents-majors Arnut et Mallet sont blessés. Le 42e combat encore le 21 à Villafranca (Lieutenant Marcadet, blessé et mort le 18 mars); le 25 à Vals où le Lieutenant Dexam est blessé (ou tué ?) tout comme le Lieutenant Jolyet et le Sous lieutenant Maillot. Le rapport de l'affaire de Vals dit que dans ce combat, les Divisions Souham et Pino ont soutenu leur réputation et rivalisé d'ardeur et d'entrain. Après un mois d'attente devant Tarragone, Saint Cyr, faute de vivres, se replie sous Barcelone.

Après une marche difficile, Saint Cyr se porte à Vich, d'où il peut surveiller Girone, sans trop s'éloigner de Barcelone; on y arrive le 18 avril, en forçant les défilés de la vallée de Congost que l'ennemi défend pied à pied.

Le 12 mai, dans un engagement près de Vich, le Sergent-major Boucher est blessé. A cette époque, voici quelle était la position du Régiment. Colonel : Espert. Les trois premiers Bataillons à la 2e Division du 7e Corps (Espagne) avec les Chefs de Bataillon Rubillon, Philipiez, Juges. - Le 4e Bataillon, commandant Deschamps, à la 4e Division de l'Armée d'Italie. - 2 Compagnies du 5e Bataillon à la 14e Demi-brigade à Milan. - deux autres Compagnies et le dépôt â Milan, avec le Major Penaut et le Quartier-maître Menegaut.

- Armée d'Italie Centre - 1ère Division - 4e Bataillon

Fig. 17 ; Fusilier d'après le Fichier Wurtz; dessin paru dans Soldat Napoléonien N°01

Tandis que le gros du Régiment combat en Espagne, le 4e Bataillon (Grosbon) prend sur un autre théâtre une part glorieuse aux grands faits d'armes de la campagne de 1809 contre la cinquième coalition. Ce Bataillon entre d'abord dans la formation de la 4e Division de l'Armée d'Italie (Général Lamarque), pendant que deux Compagnies du 5e Bataillon sont placées dans la 14e Demi-brigade provisoire de réserve à Milan.

Le 4e Bataillon change ensuite de destination et passe à la Brigade Roussel, dans la 1ère Division (Général Séras), du centre (Général Grenier) de l'Armée d'Italie sous les ordres du prince Eugène, formant la droite de la Grande Armée. Cette Armée d'Italie s'attaquant à l'Archiduc Jean, avant d'avoir toutes ses forces en ligne, subit d'abord un échec à Sacile. L'Armée d'Italie se replie jusqu'à l'Adige devant l'Archiduc Jean lorsque le 1er mai, l'on voit les Autrichiens se replier précipitamment. C'est un signe certain des succès de Napoléon sur le Danube. "Victoire en Allemagne, s'écria Macdonald en s'élançant au galop vers le prince Eugène, c'est le moment de marcher en avant". L'Armée d'Italie se réunit, et pousse devant elle l'Archiduc que les succès de Napoléon forcent à la retraite. Le Corps Grenier prend la route du Frioul. L'Armée d'Italie s'avançe de Vérone sur Léoben et donne la main à la Grande Armée derrière le Semmering, tandis que l'Archiduc Jean se dirige sur la Raab. Le 4e Bataillon combat le 25 mai à Saint Michel en Styrie (Capitaines Rébillot et Cuignet et Sous lieutenant Daubin blessés).

Le 14 juin, le prince Eugène attaque l'ennemi afin de débarrasser la rive droite du Danube; il franchit la Raab et s'avance en échelon sur la rive droite, la Division Séras à laquelle appartient le 4e Bataillon du 42e formant le premier échelon de droite. Vers midi on s'avance sur Raab pour attaquer les Autrichiens qui s'y sont fortifiés. L'infanterie de Séras, rangée sur deux lignes, aborde le plateau occupé par les Antrichiens, et se dirige sur la ferme de Kismegyer; elle franchit un ruisseau fangeux, mais bientôt, part de derrière les murs un feu meurtrier qui couche à terre sept ou huit cents hommes de la Division. Le Général replie sa première ligne sur sa seconde, ramène sa Division entière et entre baïonnette baissée dans la ferme qui est enlevée. Il marche ensuite contre la gauche de l'armée autrichienne qui fait bonne contenance en se repliant sur le haut du plateau; l'ennemi est encore culbuté et cette fois se retire en désordre. Le 4e Bataillon a donné avec vigueur à la bataille de Raab et contribué au succès de la Division Séras. Il a un Officier tué (le Lieutenant Adjudant major L'Hoir); le Colonel Espert (qui a peut être rejoint le bataillon ultérieurement) est blessé grièvement; le Lieutenant Vaillant (mort le 15) et le Sous lieutenant Leblanc également (décédé le 9 juillet) ; le Lieutenant Farchet, le Sergent-major Valet, les Sergents Dovin et Auvré sont également blessés.

La Division Séras et le Colonel Espert sont cités dans le 19e bulletin daté de Vienne le 16 Juin 1809. Nous donnons ce bulletin dans son entier comme spécimen de ce genre de compte-rendus, et parce qu'il décrit la bataille de Raab.

"Dix-neuvième bulletin

Vienne, 16 Juin 1809

L'anniversaire de la bataille de Marengo a été célébré par la victoire de Raab que la droite de l'armée, commandée par le vice-roi, a remportée sur les corps réunis de l'archiduc Jean et de l'archiduc Palatin.
Depuis la bataille de la Piave, le vice-roi a poursuivi l'archiduc Jean l'épée dans les reins.
L'armée autrichienne espérait se cantonner aux sources de la Raab, entre Saint-Gothard et Cormond.
Le 5 Juin, le vice-roi partit de Neustadt et porta son quartier-général à Œdenbourg, en Hongrie.
Le 7, il continua son mouvement et arriva à Guns. Le général Lauriston avec son corps d'observation, le rejoignit sur sa gauche.
Le 8, le général Montbrun, avec sa division de cavalerie légère, força le passage de la Raabnitz auprès de Sovenyhaga, culbuta trois cents cavaliers de l'insurrection hongroise et les rejeta sur Raab.
Le 9, le vice-roi se posta sur Sarvar. La cavalerie du général Grouchy rencontra l'arrière-garde ennemie à Vasvar et fit quelques prisonniers.
Le 10, le général Macdonald, venant de Gratz, arriva à Cormond.
Le 11, le général de division Grenier rencontra à Karako une colonne de flanqueurs ennemis qui défendaient le pont, et passa la rivière de vive force. Le général Debroc, avec le 9e de hussards, a fait, une belle charge sur un bataillon de quatre cents hommes, dont trois cents ont été faits prisonniers.
Le 12, l'armée déboucha par le pont de Merse sur Papa. Le vice-roi aperçut d'une hauteur toute l'armée ennemie en bataille. Le général de division Montbrun, général de cavalerie et officier d'une grande espérance, déboucha dans la plaine, attaqua et culbuta la cavalerie ennemie, après avoir fait plusieurs manœuvres précises et vigoureuses.
L'ennemi avait déjà commençé sa retraite.
Le vice-roi passa la nuit à Papa.
Le 13, à cinq heures du matin, l'armée se mit en marche pour se porter sur la Raab. Notre cavalerie et la cavalerie autrichienne se montrèrent au village de Szanak. L'ennemi fut culbuté et on lui fit quatre cents prisonniers.
L'archiduc Jean ayant fait sa jonction avec l'archiduc Palatin près de Raab, prit position sur de belles hauteurs, la droite appuyée à Raab, ville fortifiée, et la gauche couvrant le chemin de Comorn, autre place forte de la Hongrie.
Le 14, à onze heures du matin, le vice-roi range son armée en bataille, et avec trente-cinq mille hommes en attaque cinquante mille. L'ardeur de nos troupes est encore augmentée par le souvenir de la victoire mémorable qui a consacré cette journée. Tous les soldats poussent des cris de joie à la vue de l'armée ennemie, qui était sur trois lignes et composée de vingt à vingt-cinq mille hommes, restes de cette superbe armée d'Italie, qui naguères se croyait déjà maîtresse de toute l'Italie; de dix mille hommes commandés par le général Haddick, et formés des réserves des places fortes de Hongrie; de cinq à six mille hommes composés des débris réunis du corps de Jellachich et des autres colonnes du Tyrol, échappées aux mouvements de l'armée par les gorges de la Carinthie; enfin de douze à quinze mille hommes de l'insurrection hongroise, cavalerie et infanterie.
Le vice-roi plaça son armée, la cavalerie du général Montbrun, la brigade du général Colbert et la cavalerie du général Grouchy sur sa droite; le corps du général Grenier, formant deux échelons, dont la division du général Séras formait l'échelon de droite en avant; une division italienne, commandée par le général Baraguay-d'Hilliers, formant le troisième échelon, et la division du général Puthod en réserve. Le général Lauriston avec son corps d'observation, soutenu par le général Sahuc, formait l'extrême gauche, et observait la place de Raab.
A deux heures après-midi, la canonnade s'engagea. A trois heures, le premier, le second et le troisième échelons en vinrent aux mains. La fusillade devint vive; la première ligne de l'ennemi fut culbutée, mais la seconde ligne arrêta un instant l'impétuosité de notre premier échelon qui fut aussitôt renforcé et la culbuta.
Alors la réserve de l'ennemi se présenta. Le vice-roi qui suivait tous les mouvements de l'ennemi, marcha, de son côté avec sa réserve : la belle position des Autrichiens fut enlevée, et à quatre heures, la victoire était décidée. L'ennemi en pleine déroute, se serait difficilement rallié, si un défilé ne s'était opposé aux mouvements de notre cavalerie. Trois mille hommes faits prisonniers, six pièces de canon et quatre drapeaux sont les trophées de cette journée. L'ennemi a laissé sur le champ de bataille trois mille morts, parmi lesquels on a trouvé un général-major. Notre perte s'est élevée à neuf cents tués ou blessés. Au nombre des premiers, se trouve le colonel Thierry du 23e régiment d'infanterie légère, et parmi les derniers, le général de brigade Valentin et le colonel Espert.
Le vice-roi fait une mention particulière des généraux Grenier, Montbrun, Sérac et Danthouars. La division italienne Sevaroli a montré beaucoup de précision et de sang-froid. Plusieurs généraux ont eu leurs chevaux tués; quatre aides-de-camp du vice-roi ont été légèrement atteints. Ce prince a été constamment au milieu de la plus grande mêlée. L'artillerie commandée par le général Sorbier a soutenu sa réputation.
Le champ de bataille de Raab avait été dès longtemps reconnu par l'ennemi, car il annonçait fort à l'avance qu'il tiendrait dans cette belle position.
Le 15, il a été vivement poursuivi sur la route de Comorn et de Pest.
Les habitants du pays sont tranquilles et ne prennent aucune part à la guerre. La proclamation de l'empereur a mis de l'agitation dans les esprits. On sait que la nation hongroise a toujours désiré son indépendance. La partie de l'insurrection qui se trouve à l'armée avait déjà été levée par la dernière diète; elle est sous les armes et elle obéit
".

Fig. 18 Sapeur d'après Bucquoy (dessin de H. Boisselier); à droite, notre dessin paru dans Soldats Napoléoniens N°01

Après la bataille de Raab, le 4e Bataillon passe au Quartier-général et ensuite au grand parc de l'Armée d'Italie; cette dernière armée, après sa victoire, s'est réunie à l'Empereur et fait partie de la Grande Armée. On fait passer notre Bataillon dans l'île Lobau pendant la nuit du 4 au 5 juillet, et le 5 au matin, il s'installe sur la rive du Danube à la droite de l'armée.

Situation en juillet 1809 (côte SHDT : us180907 C8436085)

Chef de Corps : ESPERT Colonel - infanterie
Garnison - Dépôt à Milan
Conscrits des départements des Basses Alpes - de la Lozère de 1810
PENAUD Major - infanterie
MENEGAUD Quartier maître trésorier
1er Bataillon commandant : Chef de Bataillon Rubillon à Santa Colonna - Armée d'Espagne - 7e Corps - 1ère Division Souham - 1ère Brigade
2ème Bataillon commandant : Chef de Bataillon Phillipiez à Santa Colonna - Armée d'Espagne - 7ème Corps - 1ère Division Souham - 1ère Brigade
3ème Bataillon commandant : Chef de Bataillon Juges à Santa Colonna - Armée d'Espagne - 7e Corps - 1ère Division Souham - 1ère Brigade
4ème Bataillon commandant : Chef de Bataillon Deschamps - Armée d'Italie - Corps du centre - 1ère Division
5ème Bataillon - 14ème 1/2 Brigade de réserve
Observations : 2 Compagnies à la 14ème 1/2 Brigade provisoire de réserve à Milan - 2 Compagnies et dépôt à Milan

Les 5 et 6 juillet, le 42e de Ligne a 1 Bataillons au sein de la Brigade Roussel, Division Séras, du 6e Corps Grenier (Nafziger 809GCE - sources : M. Rauschensteiner, "Die Schlacht bei Deutsch-Wagram am 5. und 6. Juli 1809"; Litre, E. F., "Les Régiments d'artillerie à pied de la Garde", Paris, 1895; Buat, E., "Etude Critique d'Histoire Militaire, 1809, de Ratisbonne à Znaïm", Librairie Militaire R. Chapelot et Cie, Paris, 1909).

Le 6 Juillet, ce 4e Bataillon prend une part honorable à la bataille de Wagram, combattant jusqu'au soir sur les bords du Russbach. Il n'y a rien de particulier à citer pour lui, si ce n'est que 4 Officiers sont tout de même blessés : le Lieutenant Borne (mort le 31 juillet), le Chef de Bataillon Juge, le Capitaine Hardouin, le Sous lieutenant Daubin. Et surtout que le Lieutenant Antoine Pech a été nommé Capitaine pour sa belle conduite au cours de cette journée mémorable.

Le 13 juillet, l'Armée d'Italie sous le Prince Eugène est réorganisée; le 4e Bataillon du 42e de Ligne est attaché au Grand Quartier général et au Parc (Nafziger 809GCl - source : Buat, E., "Etude Critique d'Histoire Militaire, 1809, de Ratisbonne à Znaïm", Librairie Militaire R. Chapelot et Cie, Paris, 1909).

De leur côté, les deux Compagnies du 5e Bataillon, qui étaient détachées dans la 14e Demi brigade provisoire (réserve de l'Armée d'Italie), y restent jusqu'au mois d'août, époque à laquelle cette Demi-brigade est dissoute. Le 5e Bataillon continue de former le Dépôt à Milan.

- Armée d'Espagne, 7e Corps - 1er, 2e et 3e Bataillons

Fig. 19 ; Tambour de Fusiliers d'après Bucquoy (dessin de H. Boisselier); à droite, notre dessin paru dans Soldats Napoléoniens N°01

Tandis que le 4e Bataillon combat en Allemagne, les trois premiers Bataillon du 42e continuent à lutter journellement en Catalogne. Le Régiment est dans la 11e Division (Général Souham) du 7e Corps, commandé par Saint-Cyr. Le grand événement de l'année en Espagne est le siége de Girone, opération à laquelle le Régiment prend une part très importante.

Une situation de la Collection Nafziger indique les forces françaises ayant pris part au siège entre le 1er juin et le 15 septembre 1809. Parmi ces forces figurent à la date du 1er juin au sein de l'armée de couverture du siège, commandée par le Général de Division Saint Cyr, le 42e de Ligne (2406 hommes répartis en 3 Bataillons), Brigade Espert, Division Souham (Nafziger 809ISAE - sources : Belmas, J., "Journaux des Sièges Faits ou Soutenus par les Francais Dans la Péninsule de 1807 à 1814", Paris, 1836; Oman, "A History of the Peninsular War").

Le 18 juin, Saint Cyr quitte Vich pour aller s'établir devant Girone, dont il faut absolument activer le siège.

La ville de Girone, située au bord du Ter, au pied de hauteurs fortifiée, entourée d'ouvrages réguliers, remplie d'une population fanatique, dans laquelle les femmes elles-mêmes jouent un rôle actif sous le titre de Compagnie de Sainte Barbe, défendue par une garnison de sept mille hommes et par un commandant héroïque, don Alvarez de Castro, s'est promis de s'immortaliser par sa résistance et elle tient parole, d'autant mieux que la difficulté des transports nous fait attende longtemps notre grosse artillerie, et ce long intervalle de temps perdu permet à la ville de pourvoir complétement à sa défense. Mais les assiégés vont être décimés par le typhus et la famine, et il faut empêcher tout ravitaillement comme première condition du succès.

Le Général Saint-Cyr (déjà remplacé officiellement par le Maréchal Augereau, Duc de Castiglione, mais qui commande jusqu'à la fin du siége et à qui doit revenir l'honneur de la prise de la ville), charge le Général Verdier du siège proprement dit ; il lui laisse toutes les forces dont il peut se priver, et n'emmenant avec lui que douze mille hommes (dont les trois Bataillons du 42e font partie), il surprend adroitement la fertile plaine de Vich, s'y procure pour lui et le Général Verdier des vivres assez considérables, puis s'établit dans une position où il est en mesure d'arrêter les armées qu'on ne peut manquer d'envoyer au secours de Girone. Différents combats occasionnent au 42e des pertes. Ainsi, le Sous lieutenant Sibert est tué le 8 juin (?), au cours d'une affaire près de Girone. Le 12 août, le Capitaine Cordier est tué au cours de l'affaire de Vilar.

Le 31 août 1809, le Général Souham écrit depuis Vilobi au Général Gouvion Saint-Cyr : "... J'envoie l'ordre au quarante-deuxième de réunir deux bataillons de ce régiment à Estanol, afin de les avoir prêts en cas de besoin" ("Journal des opérations de l'armée de Catalogne, par Gouvion St-Cyr").

Le 11 Septembre, dans une affaire qui a lieu à Boscano, le Sergent Dozwari (ou Deswarte ?) est blessé. Le 29 septembre, toujours à Bascano, le Lieutenant Duval est blessé.

Le 1er octobre, le 7e Corps (Augereau) présente la situation suivante : Armée d'Observation (Maréchal Augereau); Division Souham; 1ère Brigade Bessières; 42e de Ligne : 3 Bataillons, 1790 hommes (Nafziger 809JSBQ - Source : Belmas, J., "Journaux des Sièges Faits ou Soutenus par les Francais dans la Péninsule de 1807 à 1814", Paris, 1836).

Enfin, le 24 octobre, une vive attaque est menée contre Girone, au cours de laquelle le Chef de Bataillon Rubillon (qui fut plus tard appelé au commandement du 42e) est blessé.

Fig. 20 ; Grenadier, Fusilier et Voltigeur d'après Bucquoy ; dessins de H. Boisselier. A droite, Grenadier et Voltigeur, dessins parus dans Soldat Napoléonien N°01

Le 1er novembre, le Régiment se distingue dans le combat de Santa-Colonna (de Farnès), livré près de Girone. Le Général Blake s'est avancé sous les murs de la ville avec des troupes nombreuses composées d'Espagnols et d'Anglais, pour tenter de délivrer la place assiégée et d'y faire pénétrer des vivres. Saint-Cyr ayant rapidement pris ses dispositions pour le combattre, Blake se retire, mais une Division ennemie forte de huit mille fantassins et quatre cents chevaux reste en position près de Girone, sur les hauteurs de Santa-Colonna et de Santa-Hazia. Le Général Souham reçoit l'ordre de l'attaquer avec huit Bataillons et trois Escadrons. Il s'avance le 1er Novembre contre cette Division et la trouve fortement retranchée dans le village de Santa-Colonna qui a été mis en état de défense et dont toutes les maisons sont crénelées. "Le reste de la troupe, en position sur les hauteurs, avait devant elle un énorme ravin" (rapport de Souham). Souham fait tourner le ravin et les Espagnols par leur droite et par leur gauche par les trois Bataillons du 42e, commandés par le Colonel Espert qui est venu rejoindre la portion principale du Corps, et par un Bataillon du 3e Léger; en même temps, il les fait attaquer de front par le Général Dumoulin, à la tête de trois Bataillons du 1er Léger et de trois Escadrons de Dragons. Ces manceuvres sont parfaitement exécutées, et, après trois heures d'une vive fusillade, le village de Santa-Colonna est emporté à la baïonnette, l'ennemi tourné est chassé de toutes ses positions et mis en complète déroute. Il perd deux mille hommes tués, blessés ou prisonniers, et ne se sauve d'une entière destruction qu'en se jetant dans les montagnes escarpées du côté de Saint Hilaire, où il est impossible de le poursuivre. "Le courage et la bravoure de la division a été au dessus de ce que je pourrai dire" (rapport de Souham).

Tambour major en 1809 d'après les Collections Alsaciennes
Fig. 21 ; Tambour major d'après des informations de H. Rommel qui cite comme sources Carl et Wurtz

Le 25 novembre, le Régiment prend encore part au combat de Besat, dans lequel le Caporal Noitriez reçoit un coup de feu. Le 5 décembre, le 42ème, à l'effectif de 58 Officiers et 2409 hommes, se trouve au sein de la 2ème Brigade Verges de la 4ème Division Souham.

Le 11 décembre, Girone est enfin forcée de se rendre; mais la chute de cette place importante n'amène pas la pacification de la contrée, et la Division Souham continue à lutter journellement contre les bandes qui infestent le pays. Augereau ordonne à la Division d'aller occuper Olot; le 42e se met en marche le 21 décembre. "Témoignez aux soldats de vos régiments, dit Souham à ses Colonels le 4 janvier 1810, combien je suis satisfait de leur conduite et de l'ardeur qu'ils ont mise à poursuivre les brigands... Par leur attitude et leur discipline, ils ont contribué à la soumission d'un pays égaré par les perfides insinuations des agents de l'Angleterre". L'année en Catalogne s'achève par un combat secondaire le 31 décembre, au cours duquel est blessé le Capitaine Simon.

Tandis que se déroule le siège de Girone, un jeune soldat envoie depuis Céret plusieurs lettres à son père. Ce soldat, c'est Jean-Auguste Fargues du Pigné, le cinquième fils de Me Marc Etienne Fargues du Pigné. Il fut soldat puis Fourrier au 42e de ligne. En 1814, son oncle, le Général Frère, s'efforça inutilement de le faire entrer dans les troupes de la Maison du Roi. Voici la première lettre de ce jeune homme :

"Céret, ce 29 octobre 1809

A son père

Me voici arrivé depuis vendredi passé, et depuis nous sommes logés chez les particuliers. Le premier soir je fus obligé d'aller coucher à l'auberge parce que j'étais harassé de fatigue et que nous n'avions qu'un peu de paille pour reposer. Je vous dirai qu'en général dans ce pays les gens sont très misérables et peu complaisants, aussi tirent-ils bien parti de nous puisqu'ils nous font tout payer extrêmement cher, malheur à ceux qui n'ont pas de l'argent. Le lendemain, un de mes amis qui était secrétaire du commandant de la place vint me voir et par son canal je suis entré comme secrétaire dans ce même bureau et je me trouve assez heureux puisque je une trouve exempt de monter la garde, de faire l'exercice avec les autres et de tout appel que l'on fait deux fois par jour et ceux qui y manquent sont mis en prison. Nous sommes quatre qui apprenons l'exercice en particulier.
Je mange avec les sous-officciers ; le pain de munition est un petit ordinaire assez malproprement préparé est toute notre nourriture; c'est un soldat qui nous prépare la ratatouille : c'est ainsi que nous appellons notre fricot. C'est là qu'on apprend à ne pas être délicat; nous buvons tous dans le même verre, cependant nous avons une assiette chacun; je vais tous les jours faire un repas à l'auberge.
Vous devez sans doute avoir reçu une lettre de non oncle, je vous prie de m'en faire part le plus tôt possible et me dire s'il veut ou non me protéger parce qu'alors je saurai à quoi m'en tenir. Il y a un jeune homme de Toulouse conscrit comme moi parent à un général de brigade, qui de suite a été placé sous-lieutenant dans le 60e régiment ; aussi mon oncle pourrait bien en faire autant pour moi, où bien m'appeler auprès de lui où je pourrais si j'en étais bien aise plus facilement obtenir mon congé; car ici il est très difficile puisqu'il y a des conscrits qui ont des infirmités très apparentes et n'ont pas pour cela été sauvés. S'ils se plaignent on les envoie à l'hôpital où beaucoup finissent par y mourir tant ils y sont mal soignés. Hier j'allais voir l'hôpital et l'on venait de mettre cinq cadavres sur une charette pour aller les mettre dans un trou. Chaque jour il en meurt quelqu'un et presque tous faute de soins.
Ceux qui partirent quinze jours avant moi vont sous peu de jours aller en Espagne compléter des régiments qui ont été dévalisés. Nous irons aussi dès que nous saurons manier le fusil. Dans ce pays-ci le climat est froid quoique nous soyons plus du côté du midi ; nous sommes entre deux montagnes dont l'une sépare l'Espagne de la France et l'autre que l'on appelle le Canigou qui est couverte de neige ; nous en sommes bien plus loin que la première puisque nous en sommes à deux lieues.
Je vous écrivis de Perpignan : je ne sais si la lettre vous est parvenue. Je n'ai pu remettre la lettre que vous me donnâtes pour le colonel de mon régiment puisqu'il se trouve en Espagne, il se nomme Expert : il est d'un village tout près de Mirepoix. On prétend qu'il doit venir passer la revue des conscrits.
Mon adresse est à M. Fargues, secrétaire du commandant de la place de Céret, par Perpignan
".

La deuxième lettre est la suivante :

"Céret, le 12 novembre 1809.

Vous me dites que mon oncle a écrit au colonel de mon régiment pour me faire réformer s'il est possible; je vous dirai que je ne l'ai pas encore vu et ne lui ai pas par conséquent remis votre lettre. Je me serais permis de lui écrire si ce n'était que nous l'attendons tous les jours pour nous passer en revue ; dans ce moment, il est, dit-on, à Bassano près de Girone.
Je crois qu'il ne sera guère possible de me faire réformer, malgré que j'expose toutes les raisons valables. Si cela est ainsi, mon plus court parti sera je crois, de quiter le dépôt pour aller joindre le régiment où avec les protections du colonel je pourrai facilement m'avancer en grade.
Ma première que je vous ai écrit de Céret et dont vous ne m'avez pas accusé la réception vous annoncait que j'étais secrétaire de M. Richer, commandant de la place de Céret, et suis par conséquent exempt de tous les travaux de soldats quoique la paye soit la même, mais c'est toujours une distinction et je me trouve heureux occupé parce que la plupart du temps je m'ennuyerais beaucoup, d'autant plus que cet endroit-ci n'offre aucune curiosité et peu d'amusements.
Dans ce moment-ci, je viens d'apprendre que Girone s'était rendu et par conséquent que notre colonel viendra sous peu de jours
".

Pendant l'année 1810, les principales opérations ont lieu en Andalousie et en Portugal; cependant, le 42e doit livrer plusieurs combats. Le 10 janvier, la Division Souham est envoyée à Vich. Le 12, elle rencontre l'ennemi en position en avant du défilé de Grau (cette affaire n'est pas mentionnée dans le grand historique du 42e). Souham fractionne sa Division en trois colonnes. Le Colonel Espert du 42e a le commandement de la colonne de droite, qui comprend quatre Bataillons, dont deux du 42e. Le 3e est à la colonne de gauche. La colonne Espert prend à revers la gauche des insurgés et exécutre son mouvement avec tant de célérité et de prudence que l'ennemi, troublé par l'apparition subite des Français sur ses derrières s'enfuit précipitamment sans combattre. Il est poursuivi jusqu'à neuf heures du soir. L'enlèvement du défilé de Grau est un bel exemple de ce qu'un chef habile peut obtenir avec des troupes bien entrainées. Le Lieutenant adjudant major Troyhiard est tué; le Sous lieutenant Baudus est blessé (mort), tout comme le Sous lieutenant Lecourt (mort le 14 février).

Le 21 ou 26 janvier, dans un combat qui a lieu dans la plaine de Barcelone (aux environs de Vich où le 42e campe depuis le 13), le Sergent-major Boucher est blessé et fait prisonnier.

La 3e lettre de notre jeune ami Auguste Fargues nous donne quelques indications quant aux conditions de vie des soldats à cette époque :

"Vich ce 6 février 1810

Je profite de l'occasion d'un détachement qui se rend à Girone, pour vous donner de mes nouvelles et en même temps pour vous faire part de ma misère. Je ne suis que simple soldat. Le colonel n'a pas eu pour moi tous les soins qu'il paraissait vouloir me prodiguer. Il m'avait promis de me faire fourrier en entrant au régiment et à présent il me donne pour raison qu'il n'y a pas de grade à donner mais que le premier grade de fourrier qu'il y aura de vacant sera pour moi. Il n'a pas voulu m'occuper chez le commissaire de guerre. Si mon oncle lui avait écrit pour m'y recommander, je ne serais pas dans l'état où je suis; cependant il m'a dit que dès que mon oncle lui écrirait pour m'appeler auprès de lui, il ne le lui refusera pas. Hâtez-vous donc d'écrire à mon oncle en conséquence.
Il n'y a qu'un mois et demi que je suis au régiment mais je vous assure que je sais ce que c'est que d'être simple soldat et en campagne. Nous nous somules battus plusieurs fois contre les brigands. Je vous assure qu'on a bien raison de dire que c'est une guerre sans honneur et sans avancement et cependant on s'expose à de cruelles morts. Jusqu'ici nous avons été presque toujours en route, et nous venons du côté de Barcelone où nous avons séjourné.
Ce qui est le plus souffrant pour nous, c'est de marcher depuis le commencement du jour jusqu'à la nuit avec notre sac, fusil et giberne, cinq paquets de cartouches et demi-livre de pain par jour, et bien souvent nous restons les deux jours sans en recevoir, car plus d'une fois j'aurai désiré avoir du pain que vous faites pour les chiens. Quand nous arrivons le soir nous sommes couchés la plupart du temps, au milieu d'un champ, pour nous délasser.

AUGUSTE FARGUES, SOLDAT DANS LA 3e COMPAGNIE DU 3e BATAILLON DU 42e REGIMENT D'INFANTERIE DE LIGNE. ARMEE DE CATALOGNE EN ESPAGNE
".

Le 20 février a lieu une petite affaire à Tona; le Sergent Becquet est blessé. Le même jour, le Général espagnol O'Donnell (12000 fantassins et 1200 cavaliers) débouche brusquement en trois colonnes dans la plaine au dessous de Vich. Le Général Souham, qui n'a pas plus de 3500 hommes, prend aussitôt ses dispositions. Au centre, le 42e lutte depuis 8 heures du matin contre des forces très supérieures lorsque, vers 4 heures du soir, le 3e Bataillon du 1er Léger est envoyé à son aide. A l'arrivé de ce renfort, le Colonel Espert du 42e fait battre la charge. On prend 2600 hommes, 600 chevaux et un drapeau. Le 42e a plusieurs Officiers, Sous-officiers et soldats blessés : le Chef de Bataillon Philippiez, les Capitaines Feuillet, Berthier, Dexain (ou Dexam), Nugue, Perrière et à nouveau le capitaine Simon, l'Adjudant-major (Sous lieutenant) Frassotte, le Sous-lieutenant Martin et le Sergent Boquet. A noter que le grand Historique du 42e place cette affaire à une date erronée et ne donne aucun détail sur ce combat dont le maréchal a dit : "cette journée est une des plus belles qui aient eu lieu en Catalogne".

La 4e lettre de Auguste Fargues mentionne cette affaire :

"Vich, ce 23 février 1810.

Je suis fourrier des voltigeurs depuis quelques jours, et je me trouve bien moins malheureux que quand j'étais soldat, car je vous assure que j'ai bien souffert tout le temps que je l'ai été. Si mon oncle voulait me prendre auprès de lui, cela n'irait que mieux. Ecrivez-lui pour cela, je ne cesse de vous le recommander dans toutes mes lettres.
Il y a trois jours que la troupe espagnole vint nous attaquer et nous nous battîmes fort et ferme. Nous n'étions que quatre mille hommes, et l'ennemi était composé de douze mille hommes. Malgré que nous ayons perdu beaucoup de monde, nous avons été vainqueurs. J'ai été blessé légèrement à la cuisse par une balle morte, une autre balle a percé mon schako: elles tombaient comme la pluie. Grâce à Dieu, je rn'en suis sorti avec peu de chose. Nous avons fait trois mille prisonniers.
AUGUSTE FARGUES, FOURRIER DE VOLTIGEURS AU 1er BATAILLON DU 42e REGIMENT D'INFANTERIE DE LIGNE. ARMEE DE CATALOGNE EN ESPAGNE
".

 

- Armée de Catalogne, 1ère Division

Officier de Voltigeurs en 1811 en Espagne
Fig. 22 ; Officier de Voltigeurs en Espagne (1811), tenue reconstituée

A cette époque, l'Empereur mécontent de l'administration du roi Joseph, institue par décret du 8 février des gouvernements militaires indépendants et ne relevant que de lui. La Catalogne forme le 1er gouvernement sous les ordres du Maréchal Augereau. Le 7ème Corps de l'armée d'Espagne devient donc Armée de Catalogne ; sa 1ère Division (Souham) comprend les trois 1ers Bataillons du 42ème (Rubillon, Bergier, Verdier). Jusqu'en mai 1811, le 42e va séjourner en Catalogne, se fractionnant en colonnes mobiles pour parcourir le pays toujours prêt à la révolte.

Au mois de mars, le 4e Bataillon (Pavary) qui est à l'Armée d'ltalie et le 5e (Penaut) qui est à Milan, reçoivent l'ordre de se rendre à Alexandrie, et de là, le 4e Bataillon est dirigé sur Asti. Voici quelle est à cette époque la position du Régiment selon l'Historique régimentaire :

Colonel : Baron Espert de la Tour
1er Bataillon, commandant Rubillon à l'armée active de Catalogne.
2e Bataillon, commandant Bergier, idem
3e Bataillon, commandant Verdier, idem

4e Bataillon, cammandant Pavary à Asti.
5e Bataillon et Dépôt à Alexandrie, avec le Major Penaut et le Quartier-maitre Menegaud.
Asti et Alexandrie font partie de la 27e Division.

Selon un Etat du SHAT, au 15 mars, le 42ème, toujours à l'Armée de Catalogne présente la situation suivante :

- 1er Bataillon (Rubillon) : 14 Officiers et 566 hommes.
- 2ème Bataillon (Verdier) : 15 Officiers et 514 hommes.
- 3ème Bataillon (Capitaine Aubrée) : 13 Officiers et 509 hommes.
- 4ème Bataillon (Capitaine Vancelan) : 14 Officiers et 515 hommes (est ce vraiment le 4ème Bataillon du 42ème  ? Car si l'on en croit l'historique régimentaire, celui ci n'aurait rejoint que bien plus tard).

Par ailleurs, à cette époque, le 42e a également 77 hommes dans le 2ème Arrondissement territorial (Girone).

A l'armée de Catalogne, les trois premiers Bataillons secondent les opérations entreprises par l'Armée d'Aragon. Le 17 mars, le Capitaine adjudant major Grobert est blessé à l'affaire de la Jonquière en Catalogne. Les 30 et 31 mars et le 1er avril ont lieu deux combats près de Barcelone (Lieutenant Bauchard, blessé le 30 ; Lieutenant Daubin blessé le 31 ; Sous lieutenant Bocherelle, blessé le 1er avril). Un autre Officier, le Sous lieutenant Salva, est donné blessé et mort près de Mataro. Le 15 avril, le 42ème en Espagne compte dans ses rangs 43 officiers et 1722 hommes ; au 4 mai, il est de 1798 hommes. Le 42ème prend part à la prise de Lérida le 13 mai, à l'affaire de Reuss où le Sergent Massieu est fait prisonnier le 26 août.

Le 1er octobre, l'Armée de Catalogne est dirigée par le Maréchal Mac Donald. Le 42ème aligne 36 Officiers et 1462 hommes, au sein de la 2ème Brigade de la Division Frère.

 

- Armée d'Aragon, 2ème Gouvernement, 2ème Division

A la suite de la prise de Lérida, l'Empereur confie la conduite de la guerre de sièges au Général Suchet, commandant l'Armée d'Aragon (2ème gouvernement); il lui adjoint le 10 mars 1811 une moitié de l'Armée de Catalogne avec la moitié du territoire de cette province longue et étroite, et il lui donne pour mission de conquérir les places de Catalogne restées au pouvoir de l'ennemi, entre autres Tarragone et Tortose. Par suite de ces nouvelles dispositions, le 42e passe à la fin d'avril 1811 à l'Armée d'Aragon et il fait partie de la 2e Division, sous les ordres du Général Frère, Brigade Callier. A cette époque, la surprise du château de Figuières par les Espagnols semble devoir faire renoncer au siège de Tarragone. Mais Suchet veut au contraire répondre à l'échec "par un coup de massue".

Le 42e quitte les environs de Lérida le 28 avril avec la Division Frère (14e, 42e de Ligne et 1er léger). Il s'arrête deux jours à Constanti, belle position dit Suchet dans ses Mémoires, qui offre encore quelques traces des anciens retranchements élevés par le Grand Condé en 1647 lorsqu'il voulait tenir en bride la garnison de Tarragone.

Le 11 mai 1811, l'Armée d'Aragon vient mettre le siége devant Tarragone que le Général Suchet regarde comme le gage le plus certain de la sécurité de la Catalogne et de l'Aragon, et comme la clef de Valence. Nous allons rechercher la part que prit le Régiment aux opérations de ce siège si glorieux pour nos armes. et pendant lequel le 42e donna de nouvelles preuves de sa valeur depuis l'ouverture de la tranchée jusqu'à l'assaut.

Tarragone, bâtie sur un rocher, d'un côté baignée par la Méditerranée, de l'autre, par le ruisseau du Francoli, qui passe sous ses murs pour se rendre à la mer, se divise en ville haute et ville basse. La ville haute est entourée de vieilles murailles romaines et d'ouvrages modernes d'un grand relief. La ville basse, située au pied de la ville haute, sur les terrains plats qu'arrose le Francoli, et au bord de la mer, est défendue par une enceinte bastionnée, régulièrement et puissamment fortifiée. Au-dessus de l'amphithéâtre formé par les deux villes, on voit un fort, dit de l'Olivo, bâti récemment sur un rocher, dominant tous les environs de ses feux, et communiquant avec la ville par un aqueduc. Ce fort sert de poste avancé aux défenseurs.

Quatre cents pièces de gros calibre garnissent ces trois étages de fortifications. Dix-huit mille hommes de troupes excellentes, avec un bon gouverneur, le Général de Contreras, en forment la garnison, qu'une population fanatique et dévouée est résolue à seconder de toutes ses forces. La flotte anglaise peut sans cesse renouveler le matériel de la place, soit en munitions, soit en vivres, et y remplacer les hommes morts ou fatigués, par d'autres amenés de Catalogne et de Valence. Jamais siège ne s'est donc offert sous un aspect plus effrayant. Suchet dispose pour s'emparer de la place, de 100 pièces et de 20000 hommes.

Les opérations commencent le 14 mai par l'enlèvement du mamelon qui couvre le petit fort situé près de l'embouchure du Francoli. Le 18 mai, le 42e contribue à repousser une sortie de 6000 Espagnols, combat acharné dans lequel, dit Suchet, l'élan français a à lutter contre toute l'opiniâtreté espagnole. Le 20, plusieurs sorties partant de l'Olivo et du corps de place sont vigoureusement ramenées jusque sous les murs de l'enceinte. Un feu général de tous les remparts (Rapport du Général Saint-Cyr Nugues, Chef d'Etat major) depuis la basse ville jusqu'à l'Olivo, fait connaître l'épouvante que tant d'intrépidité inspire à la garnison.

Dans la nuit du 21 au 22 mai, on entreprend à la fois les travaux d'approche contre la ville basse, et d'attaque contre le fort Olivo. Dans la nuit du 30 mai, le fort Olivo est attaqué par les 7e et 16e de Ligne, tandis que toute l'armée simule une attaque générale contre la ville pour seconder l'attaque principale; le fort est enlevé, et on s'avance alors coutre la ville basse, les travaux d'approche partant des bords du Francoli et s'avançant de l'ouest à l'est.

Selon un état en date du 1er juin, l'effectif du 42e est le suivant :

- 1 er bataillon (Rubillon) : 16 officiers et 486 hommes.
- 2 ème bataillon (Verdier) : 8 officiers et 455 hommes.
- 3 ème bataillon (capitaine Aubrée) : 12 officiers et 547 hommes.
- 4 ème bataillon : 14 officiers et 520 hommes (est ce vraiment le 4ème Bataillon du 42ème  ? Car si l'on en croit l'historique régimentaire, celui ci n'aurait rejoint que bien plus tard) .

A cette date, Callier est remplacé par Chlopiki.

Dans la nuit du 7 au 8 Juin, le fort du Francoli est enlevé. Le 16 juin, on enlève également la lunette du Prince, qui relie le fort du Francoli à la ville; puis, tandis que les Divisions Harispe et Habert protégent l'armée contre les attaques possibles du dehors, le reste des troupes est employé aux travaux du siège. Le 18, un vétéran du 42e, le Capitaine Pallet, est tué dans la tranchée, trouvant ainsi une mort glorieuse.

Le matin du 21 juin, nos batteries ouvrent leur feu contre les murailles de la ville basse. Trois brêches ayant été pratiquées au bastion des Chanoines, au bastion Saint-Charles et au fort Royal, on dispose trois colonnes pour l'assaut; à sept heures du soir, au signal de quatre bombes, ces colonnes s'élancent sur les brêches. La 2e colonne, 300 hommes sous les ordres du Chef de Bataillon Fondzelski, composée d'hommes d'élite pris dans les 1er et 5e Léger, et le 42e de Ligne (environ 100 hommes), se précipite sur le bastion Saint-Charles où elle rencontre une résistance opiniâtre; Grenadiers et Voltigeurs arrêtés un instant se cramponnent aux décombres. Mais, appuyée par la colonne Bourgeois (300 hommes du 1er Léger), elle se maintient sur la brêche, et finit par en demeurer maîtresse ; la colonne Fondzelski poursuit alors les Espagnols dans la ville basse et enlève les coupures des rues en se battant de maison en maison. Déjà ces braves troupes ont envahi la moitié de la ville basse, lorsque le Général anglais Sarfield, accouru à la tête d'une forte réserve, se précipite sur elles ; la colonne française, obligée de se réfugier dans les maisons pour résister à ce choc, s'y défend avec àcharnement, en attendant l'arrivée de secours. Ceux-ci ne se font heureusement pas attendre, et le Colonel Robert du 117e, étant accouru à la tête d'une réserve composée des 5e Léger, 42e, 115e et 121e, 1es Espaguols de Sarfield sont bientôt tués, jetés dans la mer ou refoulés vers les portes de la ville basse; les Français ne s'arrêtent que devant les murs de la ville haute. Sur les deux autres points, l'assaut a également réussi, et, après une heure de combat seulement, nous sommes maîtres de toute la ville basse, du port et des batteries qui le ferment, mais il reste encore la ville haute. Le lendemain, on brûle 1354 cadavres. Ce jour là, les Sous lieutenant Chont et Bigarré (mort) sont blessés. Deux jours plus tard, c'est au tour du Lieutenant Cornillus.

Le 28 Juin, la brêche est ouverte contre le bastion Saint-Paul. "Dès 4 heures du matin, l'artillerie commença à tirer. A 1 heure, le général en chef va voir où en est la brêche. Les remparts étaient couverts d'Espagols criant des injures et provoquant nos soldats avec fureur... La brêche s'élargissait à vue d'oeil... tous les régiments se disputaient l'honneur d'être choisis" (Mémoires de Suchet).

A 5 heures du soir, les colonnes d'attaque sont formées. La première, sous le commandement du Général Habert, se compose de quinze cents hommes formés en deux détachements, et pris parmi les Compagnies d'élite des 1er et 5e Légers, des 14e, 42e 114e, 115e, 116e, 117e et 121e, et du 1er Régiment polonais de la Vistule; la deuxième colonne, tenue en réserve sous les ordres du Général Ficatier, est à peu près d'égale force et se compose d'hommes pris dans les Régiments français et italiens présents au siège. A 5 heures et demie, le Général en chef ayant donné le signal, le premier détachement s'élançant au pas de course, franchit un certain espace à découvert, marche directement sur la brèche et commence à la gravir sous un feu effroyable; les plus hardis des Espagnols attendent sur le sommet, et voyant leur mort certaine, luttent avec toute l'énergie du désespoir. "De grands aloès, formant comme une ligne à vingt mêtres de la muraille, forcent notre tête de colonne à se détourner. Alors, les Espagnols accourent, bordent la brèche de tout ce qu'ils ont de plus vaillants en officiers et soldats. Armés de fusils, de hallebardes, de grenades et soutenus par un feu de mousqueterie des plus vifs, ils repoussent les assaillants dont les premiers arrivés chancellent sur un terrain mouvant qui croule sous leurs pas. Une grêle de mitraille tombe sur la tête de colonne...".

La colonne est près de céder, lorsque sur ordre du Général en Chef s'élance le deuxième détachement conduit par le Général Habert; "un bataillon d'officiers accourt pour frayer la route. Plusieurs succombent; mais les colonnes se rallient, la masse ce reforme, se pousse, arrive au sommet, et comme un torrent irrésistible, surmonte la brèce et inonde les remparts". Dans ce détachement se trouve en volontaire un Sergent italien nommé Bianchini; ce brave soldat ayant fait des prodiges de valeur à l'attaque du fort Olive, a demandé et obtenu connue récompense, l'honneur de marcher en tête au dernier assaut de Tarragone; dans cet assaut, Bianchini reçoit plusieurs blessures, malgré lesquelles il continue à combattre. mais il finit par tomber. Le renfort conduit par le Général Habert imprime une nouvelle impulsion à la première colonne, la soulève jusqu'au sommet de la brèche et y parvient avec elle; on pénétre alors dans la ville, se jetant à droite et à gauche, pour tourner par le chemin de ronde les rues barricadées, le Général en chef fait marcher aussitôt la réserve du Général Ficatier; "déjà l'enceinte et plusieurs parties de la ville étaient prises par d'autres troupes qui se succèdaient continuellement. Le général Habert excite à haute voix les voltigeurs du 1er léger, du 14e et du 42e qui s'élancent sur les retranchements de la Rambla. Les Espagnols résistent en désespérés. Une foule de nos braves périssent, mais en tombant assurent la victoire à leurs compagnons".

Ainsi, la grande rue de la Rambla qui est couverte de barricades est enlevée, et la ville haute tombe complètement en notre pouvoir. "Après cette dernière convulsion, la défense de Tarragone expira. Une masse d'Espagnols s'étaient retirés dans la cathédrale, vaste et solide édifice. Nos soldats durent encore essuyer un feu meurtrier pour franchir les soixante marches qui précèdent l'entrée. Ils s'en rendirent maîtres et allaient tout tuer... lorsqu'ils s'arrêtèrent à la vue de 900 blessés à l'intérieur". A la voix des officiers, les baïonnettes respectent les blessés; c'est un bel exemple d'humanité que cette fureur du soldat enivré par le bruit, la fumée et le sang, apaisée d'un geste de son chef, pour faire grâce à l'ennemi vaincu et désarmé.

Ainsi se termine le siège de Tarragone qui est le plus pénible de tous ceux que l'on a faits dans la péninsule; le 42e a pris une part glorieuse aux travaux du siège et aux deux assauts du 21 et du 28 Juin. Il y a perdu le Lieutenant Fraizen et le Sergent Kaèche; les Sergents-majors Redier et Casquil et le Sergent Bigarré ont été blessés à l'assaut. Ont été blessé le 28 juin le Sous lieutenant Leblond (mort en juillet), les Capitaines Diécamp, D'Antin, Lebellé.

Pendant le siège, le commandant Verdier s'est distingué par un acte de courage et de dévouement : le Fusilier Lambert, grièvement blessé, allait tomber entre les mains de l'ennemi, lorsque le commandant Verdier s'apercevant du danger que courait ce soldat, se porta rapidement vers lui, le plaça sur ses épaules, et continua ainsi à diriger la retraite de sa colonne menacée par une sortie de la garnison.

Selon un état en date du 30 août, le 42ème a perdu au cours du siège 2 Officiers (dont selon Martinien, le Lieutenant Marcadé, blessé et mort) et 76 hommes tués ; 6 Officiers (8 selon Martinien dont le Lieutenant Claudin, sans précision de date) et 258 hommes blessés.

Vers le mois de juillet, le Régiment se grossit du 4ème Bataillon qui, parti d'Asti, a rejoint le Corps. Voici quelle est la position du Corps à cette époque :

Colonel Rubillon.
1er Bataillon, commandant Chitry, dans la Division du Général Frère, Armée de Catalogne.
2e Bataillon, commandant Bergier, idem
3e Bataillon, commandant Verdier, idem
4e Bataillon, commandant Aubrée, idem~
5e Bataillon et dépôt à Alexandrie, Major Vandenbrœck, Quartier-maître Menegaud.

Le 11 juillet, le Lieutenant Fairin est blessé. A la suite du siège de Tarragone, le 6 août, sont décorés de la Légion d'Honneur sur proposition établie par le Colonel Espert de la Tour, le 6 juillet, à Constanti :

LAVAUX (Edouard), Capitaine de la 2e Compagnie du 3e Bataillon. - Mérite sous tous les rapports la décoration de la Légion d'honneur. Il a montré beaucoup de courage et de fermeté pendant le siège de Tarragone.
RAVAUX (Sébastien), Capitaine de la 1re Compagnie du ler Bataillon. - Officier plein de zèle, s'est bien montré au siège de Tarragone.
BOUVINET (J.-L.), Capitaine de la 2e Compagnie du 2e Bataillon. - Sert bien et inspire, par sa bravoure, de la confiance à ses subordonnés.
GÉRARD (Joseph), Capitaine de la 4e Compagnie du 2e Bataillon. Un des braves du Régiment. Il a toujours bien servi, et notamment au siège de Tarragone.
CORNILUS (Pierre-Antoine), Lieutenant des Grenadiers du 1er Bataillon. - Officier plein d'intelligence et de bravoure. Il monta à l'assaut du faubourg de Tarragone et s'est souvent fait remarquer par l'encouragement qu'il donnait aux travailleurs à la construction de la dernière redoute établie pour battre la ville.
SAUTIERES (Auguste), Lieutenant de la 4e Compagnie du 1er Bataillon. - Très bon officier, brave et distingué, blessé d'un coup de biscaïen au bras droit pendant le siège, le 12 juin.
LEPINIERE (Poitevin), Sous-lieutenant des Voltigeurs du 1er Bataillon. - Ce jeune officier, âgé de vingt ans, promet beaucoup, tant par sa conduite que par sa bravoure; il est monté à l'assaut de la ville où il s'est fait remarquer de ses camarades.
LAPASSET (Jean-Bernard), Sous-lieutenant de la 1re Compagnie du 3e Bataillon. - Officier très brave et très distingué. Il a monté à l'assaut du faubourg et à celui de la ville où il reçut une forte contusion par une pierre; il a monté aux deux assauts d'après sa demande.
DIEUDONNÉ (François), Sergent des Grenadiers du 3e Bataillon. - Plein de zèle et de courage. Il s'est fait remarquer de ses chefs par son intrépidité en montant à l'assaut de Tarragone.
JOUBERT, Sergent, Caporal des Voltigeurs du 1er Bataillon. - Un des bons soldats du Régiment. Il a monté à l'assaut de Tarragone où il s'est fait remarquer de ses chefs.
KACQUE (Jacques-Hubert), Voltigeur. - Très bon soldat. Il a montré beaucoup de courage en montant à l'assaut de Tarragone. Il a deux chevrons et a toujours tenu une conduite exemplaire dans le Régiment.

Le 6 août également, le Colonel Espert est remplacé par le Colonel René Jean Baptiste Rubillon ; les Bataillons sont dirigés par les commandants Chitry, Bergier, Verdier et Aubrée.

René Jean-Baptiste Rubillon

Né à Essé, canton de la Guerche, département d'lle-et-Vilaine, le 7 Février 1772. Capitaine au 1er Bataillon d'lle-et-Vilaine, le 10 septembre 1791, en vertu de la loi du 21 juin 1791 sur la formation des gardes nationales. Chef de Bataillon nommé par le Général en chef Brune le 14 Vendémiaire an VIII, à titre auxiliaire, et placé définitivement le 16 Germinal an VIII. Membre de la Légion d'honneur le 26 Prairial an XII. Colonel le 6 Août 1811 (passé au 39e de ligne le 17 Août 1814).
Campagnes : A fait à l'armée du Nord les campagnes des années 1792-93, ans II, III, IV, V, VI et VII. A l'armée du Rhin, ans VIII et IX. En Helvétie, an XI. A l'armée de Naples, ans XII, XIII, XIV et 1806.
Blessé d'un coup de feu à la tête, le 8 Mai 1793, dans le bois Reus, près Valenciennes. Blessé d'un coup de feu au flanc gauche le 10 Vendémiaire, an VIII, en Nord Hollande. Blessé d'un coup de feu au bras gauche au siége de Gironne, le 24 Octobre 1809. Parti en demi-solde le 1er Novembre 1814, rentré le 1er Avril 1815, et rentré dans ses foyers le 25 Septembre 1815.

 

- Armée de Catalogne

En partant pour aller assiéger Valence, Suchet, qui vient d'être nommé Maréchal, laisse la Division Frère pour garder la basse Catalogne entre Lérida, Tarragone et Tortose; a cette époque, le 42e subit encore quelques pertes au cours de diverses opérations : reconnaissance près de Lérida le 14 septembre (Capitaine Chevillard, blessé) ; escorte de courrier sur la route de Lérida (le Capitaine Lavaux est tué le 9 octobre ). De là, la deuxième Division de l'Armée d'Aragon repasse vers le mois d'octobre 1811, à l'Armée de Catalogne dont elle fait partie dans le principe. Le 6 octobre, le Lieutenant Claudin est blessé au cours d'une affaire près de Lérida; le lendemain, le Sous lieutenant Prévost est tué en escortant le Trésor sur la route de Lérida.

Le 11 octobre, les quatre Bataillons du Régiment se trouvent à l'affaire de Cervera dans laquelle le Sergent Dumez et le Sous-lieutenant Montignot sont faits prisonniers; le chirurgien Jamet est blessé et mort de ses blessures le 3 novembre. Est également blessé ce jour là le Capitaine Bouvinet, blessé sur la route de Lérida par les Guérillas (mort le 14).

Au commencement de 1812, le Général Decaen, revenu en Europe après la perte de l'île de France, est investi du commandement de l'Armée de Catalogne sous l'autorité supérieure du Maréchal Suchet, commandant l'Aragon et la Catalogue. La mission du Général Decaen est de garder les places fortes, Figuières, Hostabrich, Barcelone, et de se montrer de temps en temps sous Tarragone, sans cesse menacée par des bandes insurgées. Pendant tout le premier trimestre, le 42e continue à faire partie de la Division Frère.

A cette époque, l'Empereur, qui va entreprendre sa campagne de 1812, et qui a besoin de troupes, retire d'Espagne sa Garde et les Polonais, ainsi que tous les quatrièmes Bataillons ; il prescrit que l'effectif de ces Bataillons sera versé dans les trois premiers, et que les cadres rentreront à Bayonne où l'on doit former une réserve en les remplissant avec des conscrits. Par suite de ces combinaisons, on versa le 4e Bataillon du 42e dans les trois premiers, et on forme un nouveau 4e Bataillon à Alexandrie; une Compagnie du 5e Bataillon est aussi incorporée dans les trois premiers; une autre Compagnie du 5e est embarquée sur un vaisseau l'Annibal à Toulon; les deux Compagnies restantes de ce Bataillon demeurent à Alexandrie, où l'on forme une nouvelle Compagnie.

Par ailleurs, un drapeau modèle 1812 est attribué au Régiment, avec l'inscription Wagram ; il reste au dépôt à Alexandrie (l'aigle quant à lui suit le 1er Bataillon en Espagne, jusqu'à la capitulation de Lérida en février 1814. Aucune indication sur son sort après cette date).

Les trois premiers Bataillons ainsi reconstitués et restés à l'Armée de Catalogne, prennent part au combat d'Alta Fulla le 24 janvier ("L'ennemi chercha à se reformer, mais le Général Lamarque avec sa seconde brigade, dont faisait partie le fameux 42e Régiment, habillé de capotes brunes espagnoles, les mit en pleine déroute" Carnet de la Sabretache 1897, page 634 - Le Manuscrit d'Angebault et le 20e Chasseurs) et de Mataro le 31 ; au cours de ce dernier combat, le Sergent Kaèche est blessé. Vers le mois d'avril, le 42e passe dans la Division du Général Lamarque. Le 4 mai, le Capitaine Chevillard est à nouveau blessé au cours de la défense du fort de Mataro. En juillet, le Régiment tient garnison à Lérida, où il a à soutenir un siège pendant lequel le Sous-lieutenant Casquil est blessé. Le 16 juillet, le 42ème est impliqué dans une affaire près de Lérida, au cours de laquelle le Sous lieutenant Casquil est blessé. Un autre Officier, le Lieutenant Levacon, est blessé au cours d'un nouveau combat à Mataro le 7 août.

Vers le mois d'octobre, le 3e Bataillon quitte l'Espagne pour rentrer en France; les deux premiers Bataillons restent à Lérida. Voici à cette époque la position du Régiment :

Colonel Rubillon.
1er Bataillon, commandant Verdier à Lérida, Armée de Catalogue.
2e Bataillon, Chitry, idem
3e Bataillon, Aubré, cinq Compagnies doivent rentrer en France, une Compagnie à Alexandrie, 27° Division.
4e Bataillon, Bergier à Alexandrie.
5e Bataillon, Major Vanderbrœck, Quartier-maître Girard des Landes. Une Compagnie au Régiment de marche de Toulon, en route pour la Grande-armée. Trois Compagnies et le Dépôt à Alexandrie.

L'année 1813 arrive, et pour suivre le Régiment il faudra nous transporter successivement en Espagne, en Allemagne et en Italie, où ses Bataillons se trouvent disséminés dans différents Régiments provisoires.

 

- 1er et 2e Bataillons à l'Armée de Catalogne

Pendant l'année 1813, les 1er et 2e Bataillons du 42e continuent à faire partie de l'Armée de Catalogne sous les ordres du Général Decaen, commandant en chef ; pendant toute cette période, ils tiennent garnison à Lerida. Le 20 juillet, le Capitaine d'Antin est blessé devant Lérida et le 27 juillet, au combat de Terragrossa, 4 officiers sont encore blessés : le Capitaine Cornillus, le Chirurgien Adjudant major Jabelot, et les Lieutenants Puydelmas et Dieudonné.

 

- Le 4e Bataillon dans la 12e Demi-brigade provisoire à la Grande-armée. 12e Corps.

Officier de Voltigeurs en 1811 en Espagne
Fig. 23 ; Officiers, Sous officier de Grenadiers (porte fanion ?), Voltigeur et Grenadier attribués au 42e en 1813, d'après le Manuscrit de Freyberg

Le 4e Bataillon reformé à Alexandrie, est resté dans cette ville pendant toute l'année 1812. Au commencement de 1813, ce Bataillon entre dans la composition de la 12e Demi-brigade provisoire qui est envoyée à la grande-armée et placée dans le 12e Corps (Maréchal Oudinot, Duc de Reggio), 13e Division (Général Pactod). Ce Bataillon fait ainsi toute la campagne de Saxe et il soutient dignement la réputation du Régiment.

Le 12e Corps n'est pas engagé pendant la bataille de Lutzen; il ne rejoint en effet la Grande Armée que douze jours après cette bataille. Mais il est fort éprouvé pendant les deux journées de Bautzen. Le 19 mai, le 12e Corps, après avoir franchi l'Elbe, se trouve à la droite de la Grande Armée, en vue de Bautzen et appuyé aux montagnes de Bohème; la bataille du lendemain doit avoir seulement pour but de rejeter l'ennemi sur sa deuxième ligne de bataille, et ce corps a reçu la mission de passer la Sprée vers les montagnes et de rejeter l'ennemi sur sa deuxième position. Dans cette bataille en effet, les Prussiens et les Russes ont deux positions parallèles formant deux lignes de bataille bien distinctes : la première est surtout formée par la Sprée et les terrains marécageux qui l'entourent; la deuxième beaucoup plus forte, en arrière d'un petit ruisseau sans nom (le Blœsser-Wasser, selon M. Thiers) et s'appuyant sur des ouvrages fortifiés et une puissante artillerie.

Le 20 mai, à midi, au signal donné par l'Empereur, Oudinot avec la Division Pactod, s'approche vers une heure de la Sprée vers le village de Sinkwitz. Deux colonnes d'infanterie, descendant presque sans être aperçues dans le lit fort encaissé de la rivière, passent, l'une à gué, l'autre sur un pont de chevalets, et cachées par l'escarpement de la rive droite, débouchent sur cette rive avant que l'ennemi ait pu remarquer leur présence. Mais, arrivées de l'autre côté de la Sprée, elle se trouvent en face des troupes russes formant l'aile gauche des coalisés sous les ordres de Miloradowitch.

Les deux Brigades du Général Pactod sont chargées immédiatement par plusieurs colonnes d'infanterie, mais tiennent ferme, donnent le temps à la Division française Lorencez, la 2e du Maréchal Oudinot, de venir se placer sur leur droite, et finissent par rester maîtresses du terrain qu'elles ont envahi. Le Maréchal Oudinot fait passer à leur suite la Division bavaroise, et avec ces trois Divisions réunies, s'avance jusqu'au pied des montagnes de notre droite, surtout de la principale, dite le Tronberg, et entreprend de la gravir sous le feu de l'ennemi, la gauche au village de Jessnitz, la droite dans la direction de Klein-Kunitz. A six heures du soir, le Tronberg est enlevé à l'ennemi qui est partout rejeté sur sa deuxième ligne, et le 12e Corps a complètement rempli sa mission.

Dans la deuxième journée de Bautzen, journée qui est la plus dure, le 12e Corps a à disputer les hauteurs du Tronberg, dont il s'est emparé la veille, aux Russes de Miloradowitch; assailli par toutes les forces de ce Général, Oudinot est contraint de se replier et de prendre position en arrière, la gauche à Rabitz, la droite à Grubtitz, où il trouve l'appui du Général Gérard. Mais le Maréchal Ney a tourné l'ennemi et les redoutes du centre viennent d'être enlevées par le Corps de Marmont et par la Jeune Garde; au bruit de la victoire remportée sur toute la ligne, Oudinot profite du mouvement de retraite qui a gagné le corps de Miloradowitch, regagne le terrain perdu et pousse les Russes l'épée dans les reins.

Pendant ces deux journées de Bautzen, le 12e Corps est celui qui éprouve la plus grande résistance et qui fait les pertes les plus considérables : le 42e a le 20 le Lieutenant Dugour tué et les Capitaines Detschudy et Pasquier, les Lieutenants Berse, Villaye, et les Sous lieutenants Pasquier et Moitrier blessés; le 4e Bataillon du 42e y perd également son chef, le commandant Bergier, qui se fait tuer glorieusement à Würschen le 21 lors de la prise du plateau de Pilitz; sont également blessés ce jour là le Capitaine J. Boucher, le Lieutenant Adjudant major Sarrazin et le Lieutenant Roussarie (mort le 18 juin) ainsi que le Sergent-major Boucher.

A la suite de notre victoire, et tandis qu'il va poursuivre lui-même les vaincus, l'Empereur détache le 12e Corps dans la direction de Berlin, lui adjoint huit Bataillons de la garnison de Magdebourg et donne à Oudinot la mission de battre le Général Bulow chargé de couvrir la capitale prussienne.

Le 4 Juin, ce corps doit livrer le combat de Luckau dans lequel le 4e Bataillon a le Capitaine J. Boucher blessé, et perd le Lieutenant Zucchi (blessé et mort le 15 juin), le Sous-lieutenant Mazel, blessé d'un coup de feu, le Sous lieutenant Moitrier (blessé et mort le 21 juin) et le Sous lieutenant Ducour, tué. Le même jour, l'armistice de Pleiswitz vient suspendre les hostilités jusqu'au milieu du mois d'Août.

A la reprise des hostilités, le 17 Août, le 4e Bataillon reste dans la même Division, mais on fond dans le 12e Corps le 4e Corps (Géneral Bertrand) et le 7e Corps (Général Reynier), le tout sous les ordres d'Oudinot. Cette réunion fut cause de revers, car le Maréchal, tout en étant fort capable de commander, était d'une modestie, et quelquefois d'une faiblesse outrées (Thiers, Consulat et Empire); il ne sut pas dominer les deux Généraux qu'on mettait sous ses ordres, et les opérations furent décousues.

Le 12e Corps part de Luckau pour s'avancer sur Berlin et combattre l'armé du Nord; il faut cheminer entre une double ligne d'eaux tour-à-tour stagnante, et courantes, la Dahne et la Nuthe, et on est obligé de s'arrêter plusieurs fois devant des inondations causées par des pluies torrentielles. Le 19 Août, on a à Baruth un engagement avec l'ennemi; dans cet engagement, le 4e Bataillon a le Sous-lieutenant Boucher blessé d'un coup de feu alors qu'il est aux avant-postes..

Après un détour forcé à gauche, on reprend la route du Nord et on s'avance entre Zossen et Trebbin. Le 21 Août, le 12e Corps est devant Trebbin et attaque l'ennemi; on bombarde la ville, après quoi une Brigade de la Division Pactod entre baïonnette baissée dans un des faubourgs de Trebbin qui est abandonnée par les Prussiens; le passage du ruisseau de Trebbin est forcé et on arrive à Gross-Beeren.

Le 23 Août, on va se heurter inopinément contre la masse de l'armée prussienne et suédoise; on est surpris et de plus, le manque d'entente dans le commandement et par suite les fausses manoeuvres, amenent une défaite complète. Il faut rétrograder sur Wittemberg où on arrive le 29 et le 30 Août. A la suite de cet échec, l'Empereur confie le commandement du Corps expéditionnaire au Maréchal Ney en lui donnant les instructions les plus précises, et le 5 Septembre, on reprend la marche en avant sur Berlin, dans la direction de Zahn. Deux jours plus tôt, le 3, le Sous lieutenant P. Boucher a été blessé au cours d'un combat sous Vittemberg (Prusse).

Le 6, on s'avança sur Baruth par Dennewitz, mais nous sommes de nouveau battus dans ce dernier endroit et forcés de nous replier sur Torgau où on s'établit le 8 Septembre.

 

- Grande-armée. 7e Corps.

habit cie d'artillerie 42e de Ligne Officier de Voltigeurs en 1811 en Espagne
habit artillerie régimentaire 42e de Ligne
habit artillerie régimentaire 42e de Ligne
Fig. 24 ; A droite, habit d'Officier d'Artillerie régimentaire du 42e de Ligne; à gauche, détail des basques (un bouton a été remplacé par un modèle du 23e Léger).

A cette époque, l'Empereur prononce la dissolution du 12e Corps commandé par Oudinot; les deux Divisions françaises de ce Corps sont réparties entre le 4e et le 7e Corps, et la 12e Demi-brigade provisoire comprenant le 4e Bataillon du 42e, est placée dans le 7e Corps de la Grande Armée (Général Reynier), 13e Division (Général Guilleminot). Le 7 octobre, la Demi-brigade livre dans les environs de Torgau un combat dans lequel le Capitaine Martin est blessé.

Le corps Regnier est détaché de l'armée à ce moment pour aller détruire les ponts de l'Elbe, et empêcher ainsi la réunion des coalisés, ce qui fait qu'il ne peut assister à la bataille de Wachau du 16 octobre. Après cette bataille la retraite ayant été décidée, l'Empereur envoie le Général Bertrand au-delà de Lindenau pour s'ouvrir la route de Mayence à travers la plaine de Lutzen, et il lui donne pour le renforcer, la Division Guilleminot; mais au même moment un ordre prescrit au Grand Quartier général qui ne peut pas suivre, de se replier sur Torgau; quelques troupes le suivent, et c'est ainsi que la 12e Demi-brigade est enfermée dans cette place, et employée à sa défense.

Le Général Durrieu prend position, le 19, entre le fort Zinna et le grand étang, avec 6700 hommes ... dont 2 cadres de Bataillons, l'un du 42e de Ligne. Les troupes composant la place sont réorganisées en 8 Bataillons, le 1er séparé, les autres répartis en trois Régiments provisoires.

Quoique complètement séparée de l'armée, Torgau résiste longtemps, car elle est bien approvisionnée et elle a une garnison de vingt-six mille hommes, mais le typhus y faisait de nombreuses victimes. Son Gouverneur, le Comte de Narbonne qui a quitté la diplomatie pour reprendre l'épée, est atteint de cette maladie à la suite d'une chute de cheval, il meurt et est remplacé par le Général Dutaillis. L'ennemi, comptant sur les maladies, et sachant du reste que nos troupes sont dans l'impossibilité d'être secourues, se bornent à un bombardement qui cause de grands ravages parmi les habitants ; ainsi, le 14 décembre, le Capitaine Aubert est blessé. Nos troupes supportent vaillamment le feu, mais elles ont à souffrir d'un hiver des plus rigoureux, et après que l'on ait épuisé toutes les ressources, la place est forcée de capituler le 10 janvier 1814.

D'après la notice suivante que l'on trouve dans les Fastes de la gloire, il y a tout lieu de supposer qu'une portion quelconque du 4e Bataillon a été se renfermer dans Wittemberg. Voici cette notice concernant Monsieur Littée, Lieutenant au 42e Régiment : "Littée, François-Sébastien, lieutenant au 42e régiment d'infanterie de ligne, s'était déjà particulieremt distingué le 5 Avril 1813, étant sous-lieutenant au 15e de ligne, au combat de Dannicowe, en avant de Magdebourg. Passé lieutenant au 42e - Pendant le Siége de la place de Wittemberg, Littée fut désigné par le général Lapoype pour aller à la tête de 44 hommes défendre un blokaus. La place ayant été emportée d'assaut dans la nuit du 12 au 13 janvier 1814, les Prussiens se précipitèrent sur le poste que commandait cet officier et le sommèrent de se rendre à discrétion ; malgré cette sommation et la situation critique dans laquelle il se trouvait, n'ayant ni vivres ni munitions, Littée résista pendant dix heures et attendit que les sapeurs eussent donné le premier coup de hache à la porte, pour proposer les articles d'une capitulation qui fut acceptée".

D'autre part, le 42ème aurait eu deux autres Officiers blessés les 18 et 19 octobre, à Leipzig : le Sous lieutenant Lefebvre, blessé le 18, et le Lieutenant Bouyé, blessé le 19. Enfin, le Sous lieutenant Moreau aurait été blessé le 30 octobre à Hanau.

 

- 3e et 6e Bataillons du 42e dans la 29e Demi-brigade provisoire.
Corps d'observation d'Italie.

Au commencement de cette même année 1813, le 3e Bataillon qui, ainsi que nous l'avons vu, a quitté la Catalogne à la fin de l'année précédente, est allé rejoindre le dépôt à Alexandrie. Ce Bataillon reconstitué entre avec le 6e Bataillon de nouvelle formation, dans la composition de la 29e Demi-brigade provisoire qui est attachée au Corps d'observation de l'Adige (Général Grenier), 48e Division (Général Marcognet). On sait qu'après la retraite de Russie, Murat a cédé le commandement de l'armée au prince Eugène. Après la bataille de Lutzen, l'Empereur envoya le prince à Milan pour y organiser l'armée d'Italie, et il lui donne des lieutenants du premier mérite : les Généraux Grenier et Miollis.

A la date du 11 juin, les deux Bataillons sont affectés à la 46ème Division (Frère) du Corps d'observation de l'Adige (Armée d'Italie). Le 25 juin, ils alignent 1680 hommes, et se trouvent à la 47ème Division, 1ère brigade Dupeyrouy du 1er Corps d'observation de l'Adige. Ils sont à Vérone du 1er au 3 juillet. Le 10 juillet, la 29e Demi-brigade est à Bassano et la Division doit arriver à Laybach les 27 et 28 juillet. Le 15, les deux Bataillons sont au sein de la 1ère Lieutenance (Grenier), 3ème Division (Gratien) du Corps d'observation d'Italie. Le 6 septembre, le Capitaine Solon est blessé à Foestrich en Illyrie. Au mois d'octobre, la défection de la Bavière ayant ouvert les passages du Tyrol sur la gauche de l'armée d'Italie, le prince Eugène envoie le Général Grenier dans le Tyrol.

Le 7 octobre, un engagement sérieux a lieu à Saffnitz. Le Général Grenier manoeuvrant devant l'armée autrichienne, se voit obligé à un mouvement rétrogade et est attaqué par 9 bataillons et quatre pièces de canon à Saffnitz qui est gardé par trois Bataillons des 42e, 102e et 131e. Quoique bien inférieurs en nombre, les Français résistent à cette attaque avec une grande vigueur, et repoussent les Autrichiens au-delà des montagnes avec une perte de six cents hommes tués et quatre-vings prisonniers; les trois Bataillons français ont cent hommes hors de combat. C'est peut être au cours de cette journée que le 42e a eu trois Officiers blessés (le 7 octobre au combat de Tarvis en Italie selon Martinien) : le Capitaine Martin et les Sous lieutenants Monsnereau et Tallon.

Le 31 octobre, les deux Bataillons du 42e prennent part à un combat livré sur la Piave. Par suite de manoeuvres mal entendues, le prince Eugène est obligé de se replier devant les Autrichiens et il vient se concentrer sur l'Adige. Là il reprend de l'assurance, et dans cette position, se jetant tantôt à gauche sur Roveredo, tantôt devant lui sur Caldiero, il inflige aux Autrichiens des échecs sérieux et leur fait perdre sept ou huit mille hommes.

Le 6 novembre, le 42ème se trouve à la 1ère Lieutenance (Grenier), 1ère Division (Quesnel), 2ème Brigade (Soulier). Les 14 et 15 novembre, à Caldiero, 8 Officiers sont blessés : le Sous lieutenant Bellot (blessé le 15 et mort le 24), les Capitaine Gérard (le 14) et Renouard (le 15), les Lieutenants Jacomet (le 15), Pecqueur (le 15), Hauchecorne (le 15), Deloche et Montereau (le 15 également).

D'après un état de l'Armée d'observation d'Italie en date du 20 novembre, la situation du 42ème (sous les ordres du Major Merdier) est la suivante :

- 3ème Bataillon : 20 Officiers et 771 hommes, dont 16 Officiers et 555 hommes présents ; 176 hommes aux hôpitaux et 44 prisonniers.

- 6ème Bataillon : 21 Officiers et 803 hommes, dont 17 Officiers et 506 hommes présents ; 269 hommes aux hôpitaux et 32 prisonniers.

Le 26 novembre a lieu un beau fait d'armes à Ferrare. Le Général autrichien Nugent ayant débarqué à l'embouchure du Pô avec un corps de trois cents hommes, marche sur Ferrare. Le prince Eugène envoie le Major Merdier du 42e avec un Bataillon du Régiment et un du 1er Régiment étranger pour défendre la ville ou tenter de la reprendre si l'ennemi s'en est emparé ; le Major trouvant les Autrichiens en avant de Ferrare, les attaque et après les avoir défaits, les poursuit jusque sous le feu des remparts de la place. Malgré sa supériorité numérique, le Général Nugent profite de la nuit pour évacuer Ferrare, et le Major Merdier y entre le lendemain. Au cours des combats qui s'achèvent le 27, deux Officiers du 42e sont blessés : le Lieutenant Maurice le 26, et le Lieutenant Baudy le 27. Le 30 décembre, c'est au tour du Capitaine Gérard d'être blessé, au cours d'un nouveau combat à Ferrare.

Collection particulière - S.E.H.R.I.

 

- Le 5e Bataillon du 42e à Alexandrie

Il reste encore à nous occuper du 5e Bataillon composé de quatre Compagnies et formant le dépôt à Alexandrie. Ce bataillon ne quitte pas cette ville pendant toute l'année 1813. Une de ses Compagnies détachée à Toulon, comme nous l'avons déjà dit, est incorporée dans le Régiment de marche de Toulon et mise en route pour la Grande Armée au mois de Janvier 1813. Une lettre du Ministre de la Guerre à Eugène, datée de Paris le 6 février 1813, indique qu'on dirige sur Bamberg un Bataillon de marche du Corps d'Observation d'Italie, composée des Compagnies d'un certain nombre de Régiments dont le 42e (Compagnies tirées du Régiment de marche de Toulon); ce Bataillon doit être arrivé à destination le 2 mars.

La Compagnie du 42e entre donc dans la formation d'un Bataillon du Corps d'observation d'Italie ; il doit partir entre le 15 et le 20 février pour Bamberg, où il doit attendre le passage du Corps d'observation d'Italie dans le courant de mars, pour y être incorporé (Chuquet, inédits napoléoniens, lettre 734, l'Empereur au duc de Feltre, Paris, 30 Janvier 1813).

A la fin de l'année, le 5e Bataillon forme le 2e Bataillon de garnison d'Alexandrie.

 

- Opérations en Espagne en 1814

Les opérations auxquelles prend part 1e 42e en 1814, sont peu nombreuses. Au 1er janvier de cette année, les Bataillons d'Espagne (1er et 2e Bataillons) transférés de Lérida à Barcelone, sont réduits à une complète impuissance; ces deux Bataillons ne comptent plus que treize Officiers et cinq cent quatre-vingt-deux hommes présents sous le commandement du Chef de Bataillon Hembert. Ils occupent Barcelone sous les ordres du Général de Division Habert, et vont bientôt rentrer en France sans pouvoir se mêler aux dernières luttes; en effet, Suchet poursuivi par les Anglais dans son mouvement de retraite de Valence à Barcelone, s'en débarrasse d'abord et peut assurer ses cantonnements entre cette dernière ville et le Llobregat. Mais les dangers que coure la France et les renforts qu'il doit envoyer à l'Empereur, le forcent bientôt à se replier sur Figuières. Martinien signale que le 12 mai (???), le Capitaine Cornillus est blessé au cours de la défense de Jacca en Espagne.

 

- Opérations en Italie

Le 4e Bataillon, enfermé dans Torgau, a suivi les destinées de la garnison ; il est reformé en Italie et placé à la 1ère Division (Général Gratien) de l'Armée de Réserve d'Italie (prince Borghèse). Les 3e et 6e Bataillons seuls continuent la lutte sur le Mincio où s'est retiré le prince Eugène après la défection de Murat : ils font alors partie de la 3e Division (Général Fressinet), 2e Lieutenance (Général Verdier), Brigade Montfalcon. D'après un état du 1er janvier 1814, la situation du 42ème (sous les ordres du Major Merdier) est la suivante :

- 3ème Bataillon : 16 Officiers et 491 hommes.

- 6ème Bataillon : 13 Officiers et 399 hommes.

Un moment, pendant la campagne de France, l'Empereur sentant qu'il n'a pas trop de toutes ses forces réunies, a ordonné au prince Eugène d'évacuer l'Italie et de venir se joindre à Augereau à Lyon; mais il change d'idée après ses succès entre la Seine et la Marne, et en apprenant en même temps ceux du prince sur le Mincio; c'est ainsi que nos troupes luttent en Italie jusqu'à la restauration des Bourbons.

Ces deux Bataillons prennent part le 8 février à la bataille du Mincio. Au 1er mars, leur situation est la suivante :

- 3ème Bataillon : 906 hommes et Officiers, dont 22 Officiers et 562 hommes présents ; 322 hommes aux hôpitaux.

- 6ème Bataillon : 996 hommes et Officiers, dont 14 Officiers et 594 hommes présents ; 388 hommes aux hôpitaux.

Les 10 et 11, plusieurs Officiers du 42e sont touchés au combat de Monzabano (ou Monzambano) : le 10, ce sont les Sous lieutenants Dezettre et Andriot, blessés; le 11, ce sont le Capitaine Lamy, tué, et les Capitaines Boulay, Du Portail, de Bergeret, le Lieutenant Adjudant major Lemaire, et les Sous-lieutenants Dupont, Alibert, Andriot, et Guément, blessés. Le 13 avril a lieu un combat sur le Taro, au cours duquel 3 Officiers sont blessés : les Lieutenants Labrunie (dit Laprade), Lautré et Dussuc.

Le 16 avril, après l'abdication de l'Empereur, le prince Eugène conclut une convention par laquelle les troupes françaises disséminées dans les différentes parties de l'Italie doivent rentrer en France avec les honneurs de la guerre; en conséquence, les débris du 42e s'acheminent vers les Alpes sous les ordres du Général Grenier.

 

- Les Cent Jours. 7e Corps d'armée

Tous les débris du 42e ont, pendant la première restauration, formé le fond du 39e Régiment, qui reçoit également dans ses rangs le dépôt du 112e, celui du 35e d'Infanterie légère, et tout le 6e Régiment de Voltigeurs de la Garde. C'est le 45e de Ligne qui prend le numéro 42. A partir du 12 mai 1814, le 39e Régiment est commandé par le Colonel Joseph Hyacinthe Daries ; les Bataillons sont dirigés par les commandants Chitry, Bergier, Verdier et Aubrée.

Joseph Hyacinthe Daries

Entré au service comme Sous-lieutenant. Nommé par le pouvoir exécutif au 61e Régiment le 15 Septembre 1792. Nommé Lieutenant au même Régiment le 14 Nivôse an VII. Capitaine au choix du corps le 25 Frimaire an VIII. Chef de Bataillon au 59e par décret impérial du 6 septembre 1808. Nommé Major en second pour commander la 14e Demi-brigade provisoire par décret impérial du 11 avril 1812. Nommé Colonel au 20e de Ligne par décret impérial du 4 Mai 1813. Passé au 42e le 12 Mai 1814.
Campagnes : A l'armée des Alpes 1792. A l'armée d'Italie, ans II, III, IV, V, VI, VII, VIII et IX. Sur les côtes de l'Océan, ans XII et XIII. En Allemagne, an XIV. A la Grande Armée, en Prusse et en Pologne, en 1806 et 1807. En Espagne, 1808-09 et 10. En Portugal, 1811. En Pologne, 1812. En Allemagne, 1813. Blessé près de Dresde, le 11 Mai 1813, d'un coup de feu qui a fracassé l'avant bras gauche. Retraité par décret du 19 avril 1815, avait quitté le corps le 1er dudit mois.

A son retour de l'Ile d'Elbe, Napoléon rend aux Régiments leurs anciens numéros; par conséquent, le 39e reprend la dénomination de 42e pendant les cent jours (Décret du 20 mars 1815). Le Colonel Rubillon reprend le commandement du 42ème , qui doit recevoir un aigle et un drapeau modèle 1815 (en fait, non remis à Bourges). Pendant cette période, le Régiment est appelé en Savoie et fait partie de la 23e Division, 7e Corps, sous les ordres du Maréchal Suchet; il ne prend donc pas part à la grande lutte qui décide à Waterloo, le 18 juin, du sort de la France, mais il combat les forces autrichiennes avec avantage, grâce à l'habileté et à l'énergie du duc d'Albuféra.

Le 2 avril, le Lieutenant Desuilly est tué à l'affaire du pont de la Drôme près de Valence. Le 21 juin, dans un combat livré à Evian, sur le lac de Genève, le Capitaine Martin est blessé. Les 27 et 28 juin, nouveaux combats à Bonneville (Haute Savoie actuelle) près de Genève : le 27, le Sous lieutenant Servierres est tué, le Lieutenant Moussoux blessé; le 28, le Colonel Rubillon est blessé. Le 30, à Seyssel (Haute Savoie), le Sous lieutenant Querouil est tué ; le 6 juillet 1815 à Nantua, le Lieutenant Chont est tué, le Capitaine Morant blessé. Enfin le 7 juillet a encore lieu un combat à Dortans. A la suite de cette affaire, le Général autrichien Frimont accepte un armistice offert par le Maréchal Suchet et on prend la frontière de 1814 pour ligne de séparation des armées belligérantes. Le 42e a donc l'honneur d'être un des derniers à combattre l'invasion étrangère en 1815.

Après la chute de l'Empire et le licenciement de l'Armée de la Loire, une ordonnance royale du 3 août 1815 crée une Légion par Département; l'armée est donc divisée en 86 Légions départementales numérotées suivant l'ordre alphabétique des départements. Le fond du Régiment sert donc à constituer la Légion de la Corrèze, numéro 18. Ici se termine l'histoire du 42e Régiment de ligne qui, au cours de la période 1804-1815, a eu 19 Officiers tués, 7 décédés de leurs blessures et 89 blessés.

Collection particulière - S.E.H.R.I.

 

 

- Récapitulatif des contingents reçus par le 42e de 1804 à 1814; répartition des Bataillons sous l'Empire

1804.- Conscrits de la Charente-Inférieure.
1805.- Conscrits de la Charente-Inférieure.
1806.- Conscrits de la Charente-Inférieure.
1807.- Conscrits de la Charente-Inférieure.
1808.- Conscrits de la Charente-Inférieure, de la Charente et de l'Aveyron.
1809.- Conscrits des Basses-Alpes et de la Lozère.
1810.- Conscrits des Basses-Alpes et de la Lozère.
1811.- Conscrits des Basses-Alpes et de la Lozère.
1812.- Conscrits de l'Aude.
1813.- Dans le premier semestre, conscrits de l'Ain, du Doubs et de la Haute-Saône.
Dans le deuxième semestre, conscrits de la Côte-d'Or, de la HauteMarne, de Saône-et-Loire, du Doubs, des Hautes-Alpes, du Mont-Blanc, du Tarn, de l'Aveyron et de l'Ardèche.

Tableau récapitulatif de la répartition des Bataillons

 

1er

2ème

3ème

4ème

5ème

6ème

1805

Armée de Naples

 

 

 

1806

Armée de Naples

 

 

 

1807

Armée d'Italie

 

 

 

1808

Armée d'Italie

Armée d'Italie

Dépôt à Milan

 

1809

Espagne

Idem ; Autriche

Dépôt à Milan

 

1810

Espagne

Italie

Alexandrie

 

1811

Espagne

Espagne

Alexandrie

 

1812

Espagne

Reformé à Alexandrie

Alexandrie

 

1813

Espagne

Italie

Alexandrie ; Saxe

Alexandrie

Italie

1814

Espagne puis France

Italie

Saxe ; reformé à Alexandrie

Alexandrie

Italie

1815

Le 42ème combat en France (Savoie et Ain)

 

II/ Uniformes

 

En ce qui concerne les tenues portées au 42ème , les sources iconographiques sont peu nombreuses, et constituées pour l'essentiel des Collections Alsaciennes, source d'inspiration de nos soldats. Nous pouvons classer ces sources en trois périodes distinctes.

La première période se situe aux environs de l'année 1806. Nous disposons tout d'abord d'une représentation d'un Grenadier donné par R. Knötel (fig. 1). La tenue en elle-même est classique. Cependant, on peut remarquer que la plaque du bonnet à poil est ornée d'une grenade enflammée, sur laquelle est inscrit le numéro du Régiment. Par ailleurs, la patte de parement est donnée blanche, passepoilée de rouge. Enfin, la capote roulée sur le sac est de couleur beige. Pierre Charrié, dans un article paru dans la Sabretache (Carnet 26, 1975, page 8), nous dit que les Grenadiers du 42e de Ligne ont le bonnet vers 1805 à 1807. Il donne également un modèle de plaque qui avait appartenu à l'ancienne Collection Castagné. Cette plaque en laiton était ornée d'une aigle sur fond de rayons (fig. 1bis). Si l'on regarde de près le dessin de Knötel, la grenade semble elle aussi être entourée de rayons. Quid ?

Vient ensuite un Sapeur, tiré de la planche 239 de Rigo (fig. 2), et basé sur des notes manuscrites de Carl, conservées au Musée historique de Strasbourg. Représenté de dos, ce Sapeur, qui porte l'habit classique de l'Infanterie de Ligne, a pour principale caractéristique de porter des épaulettes à tournante jaune. Nous ignorons par contre si son bonnet à poil, dont le plumet est entièrement rouge, est muni d'une plaque. Nous avons également reproduit l'habit, tel qu'il est donné par Rigo : la patte de parement est devenue bleue à passepoil rouge. On peut aussi remarquer les haches croisées rouges, surmontées d'une grenade de même couleur, grenades que l'on retrouve aussi sur les retroussis. Enfin, en ce qui concerne les Fusiliers, nous disposons tout d'abord d'un shako du modèle 1806, donné dans l'ouvrage de Margerand ; celui ci appartenait à la Collection P. Clément. Il ne comporte ni jugulaires, ni cordons, et a sur le devant une plaque en cuivre estampillée à l'aigle, avec en dessous le numéro du Régiment. Sur le dessus du shako, il y a un pompon lentille bleu (avec au centre le chiffre 4 en rouge), surmonté d'une houppette également bleue. La Giberne donne une plaque de shako absolument identique. Ce type de shako (fig. 2bis) a été distribué dès la fin de l'année 1806, et plus généralement au cours de l'année 1807. Si nous partons du principe que le Fusilier porte le même uniforme que le Grenadier, la reconstitution en est alors tout à fait aisée (fig. 3). Subsiste cependant une interrogation : la patte de parement est elle bleue ou blanche ?

Pour en terminer avec cette période, nous avons un Musicien en 1806 (fig. 4), tel que donné par Charmy ("Splendeur des uniformes de Napoléon"). Bien que cette source a de nombreux détracteurs, nous ne la rejetterons pas car nous sommes certains que Charmy a travaillé et établi ses types à partir de sources précises. L'intéret ici de ce Musicien est double : il confirme le port du shako, avec la plaque en losanges ; par ailleurs, il établit les couleurs caractéristiques de la tête de colonne, savoir l'habit bleu céleste à collet, revers, parements et retroussis jaunes, complétée par des trèfles et un galonnage dorés. Dans ses grandes lignes, c'est la tenue de base de la tête de colonne en vigueur jusqu'en 1812. A côté, en figure 4b, nous donnons un Musicien d'après P. A. Leroux (Collection Brown, Etats Unis) reproduit en fac-similé. Les similitudes avec celui de Charmy sont évidentes; les seules différences se trouvent dans la plaque de shako, et l'intérieur des retroussis qui sont blancs. Comme la source n'est pas précisée (c'est très souvent le cas chez Leroux), nous n'en dirons pas plus sur ce type.

La deuxième période, située aux alentours de 1809, est représentée par les figurines de la collection Carl. Celles ci ont toutes pour caractéristique : l'absence de passepoil sous le collet. Carl nous présente tout d'abord un sapeur (fig. 5) ; celui porte le bonnet à poils sans plaque, avec sur le côté un plumet vert à la base, et rouge au sommet. L'habit est celui donné par Rigo (voir figure 3). Ce Sapeur a des épaulettes à corps rouge, tournante jaune, et franges vertes. Sur le baudrier porte sabre se trouve une grenade en laiton. A la taille, on peut constater la présence d'un ceinturon, dont la plaque est ornée d'un N. Vient ensuite le Tambour de Fusiliers (fig. 6), dont la tenue tranche avec celle du Sapeur. L'habit est de couleur bleu ciel (la tenue bleu ciel de la tête de colonne est encore confirmée à Bayonne en 1812) , avec collet, revers et parements jaunes. La patte de parement est bleu ciel passepoilée de jaune. Chose curieuse, le col et les parements sont bordés d'un galon doré, mais pas les revers, ni les retroussis qui par ailleurs, paraissent être blancs. D'autre part, les pattes d'épaules sont entièrement jaunes, et sont posées sur des nids d'hirondelle rouges bordés d'un galon doré. Le shako est surmonté d'un pompon bleu ciel, lui même surmonté d'une houppette rouge en forme de blaireau ; entre les deux, il y a une bague rouge. La plaque de shako est désormais du modèle à l'aigle. Ce Tambour est celui donné par L. Rousselot, dans la planche 89 de sa suite consacrée à l'Armée Française. Cet auteur a cependant ajouté un passepoil blanc aux parements, qui borde le galon doré. Carl a également servi de source au dessin que l'on trouve dans l'Album Schmidt du Musée de l'Armée, mais avec tout de même quelques erreurs telles que les pattes d'épaule bleu ciel, ou l'absence de galons dorés au col, pattes de parements, et nids d'hirondelles. Le Musicien (fig. 7) reprend en partie la tenue du Tambour, dont il se distingue cependant par le port d'un pompon blanc surmonté d'un plumet également blanc ; par des trèfles dorés sur les épaules ; par le galon doré aux revers, aux retroussis et aux pattes de parement ; par les bottes à revers fauve, et l'épée. Le Grenadier (fig. 8), tout comme le Sapeur, porte le bonnet sans plaque. Ses épaulettes sont à tournante blanche. Le Fusilier (fig. 9) a le même shako que le Tambour, et ses pattes d'épaules sont entièrement rouges. Enfin, le Voltigeur (fig. 10) qui se distingue par son collet jaune à liseré rouge, a au shako un plumet vert au sommet et jaune à la base, placé sur un pompon lui aussi vert et rouge ; les cordons sont verts. Les épaulettes ont le corps et la tournante jaunes, et les franges vertes. Enfin, la dragonne est blanche, avec un gland jaune rayé de rouge, et des franges vertes. Nous donnons également une reconstitution d'un Voltigeur en tenue de campagne, extraite de la revue Husar (communication d'un de nos correspondants); c'est le Voltigeur de Carl, mais sans le plumet au shako et avec des pantalons de toile blancs.

La troisième période est celle représentée par les figurines de Wurtz. Celles ci sont datées de l'année 1810. Par rapport aux figurines de Carl, les Wurtz ont tous un passepoil sous le collet, et les shakos sont pourvus d'une ganse de cocarde. D'autres détails, parfois infimes, permettent également de les distinguer des Carl. Ainsi, le Sapeur (fig. 11) a sur les bras des haches croisées rouges, sans grenades, et sur la plaque de ceinturon, le N est remplacé par une grenade. Le Tambour de Fusiliers (fig.12) a une houppette verte sur le pompon ; les nids d'hirondelle (surmontés d'une patte d'épaule bleu ciel à passepoil jaune) et les retroussis sont jaunes ; les revers et les pattes de parements ont un galon doré ; sur le bras gauche, il y a des chevrons d'ancienneté rouges. Job, dans ses Tenues des Troupes de France, le donne, mais sans les chevrons rouges, avec un pompon bleu ciel, et l'intérieur des basques bleu céleste. Nous le retrouvons également sur un dessin conservé à Rastatt (auteur anonyme), dans l'ouvrage de Elting et Knötel, et enfin chez Charmy (pour ces deux dernières sources, la ganse de cocarde est blanche). Wurtz donne également un Chef de musique (fig. 13), dont la tenue est relativement proche de celle du tambour, mais avec les caractéristiques suivantes  : pourtour supérieur du shako doré ; boutonnières sans agréments ; galons de grade dorés sur fond rouge. Le Musicien (fig. 14) porte la même tenue que le Chef de musique, sans la tresse supérieure au shako, et sans les galons de grade. Le Grenadier (fig. 15) se distingue par l'absence de cordon sur le devant du bonnet et des épaulettes à tournante rouge. Le Voltigeur (fig. 16) pour sa part a le pompon entièrement vert ; l'épaulette a le corps rouge, tandis que la dragonne est verte à coulant jaune. Le Fusilier quant à lui (fig.17) a un pompon bleu foncé, et ses pattes d'épaules sont bleues à passepoil rouge.

Le Commandant Bucquoy a donné quelques types tirés des collection Carl et Wurtz (sans autres précisions), avec là encore quelques petites variantes. Ainsi, le Sapeur (fig.18) a sur les bras les haches croisées avec la grenade rouge ; seul le tiers supérieur du plumet est rouge. Le Tambour (fig.19) a le pompon bleu céleste foncé surmonté d'une houppette rouge, et n'a pas de chevrons sur les bras. Le Grenadier (fig.20) a sur le devant du bonnet un cordon blanc. Le Voltigeur (fig.20) enfin porte des chevrons rouges sur le bras gauche ; son plumet a le tiers supérieur vert ; les épaulettes sont à corps et tournantes vertes. Tous les autres types, Musicien (fig.21), Chef de musique (fig.21), Fusilier (fig.20), sont analogues à ceux de Wurtz. A noter que dans le premier tome de l'ouvrage "Les Uniformes des Guerres Napoléoniennes", B. Coppens a représenté un Musicien d'après Bucquoy/ Boisselier, mais avec les retroussis des basques blancs comme chez Carl. Il s'agit là sans aucun doute d'une erreur. Nous avons demandé à Mr Coppens l'autorisation de reproduire sur cette page le Musicien en question, mais notre demande est malheureusement restée sans réponse.

En complément, nous donnons le Tambour major (fig.21) tel qu'il est décrit par H. Rommel, qui cite comme source Wurtz et le Fichier Carl; mais, il nous parait plus tenir de Wurtz que de Carl en raison des retroussis qui sont jaunes. Ce Tambour major porte la même tenue que les Musiciens de Wurtz, dont il ne se distingue que par le chapeau, surmonté d'un simple plumet blanc à sommet rouge et le port des épaulettes parcourues en leur centre par une raie rouge. Le reste correspond aux attributs classiques d'un Tambour major. Précisons que selon H. Rommel, "ce tambour major ne paraît pas avoir été connu de Bucquoy"; il n'a d'ailleurs, à notre connaissance, jamais été donné dans aucune publication (c'est cependant à vérifier).

Précisons aussi que H. Rommel estime que "hormis la planche faite par Job qui l'a extraite de Wurtz, et les cartes bucquoy de la même veine, il n'existe rien au point de vue iconographique d'époque. C'est une unité qui découle de notes, croquis et renseignements oraux". Dans son étude de Wurtz et du fichier Carl, outre le fait que H. Rommel semble avoir synthétisé les deux sources, nous avons relevé quelques différences notables :
- Tambour de Fusiliers : donné avec les pattes d'épaules et de parements bleu ciel passepoilées de rouge (?).
- Sapeur : Description conforme aux types de Wurtz et Carl. H. Rommel fait les remarques suivantes :
"Je me suis souvent demandé, en raison de la différence du plumet et des épaulettes des sapeurs par rapport aux grenadiers du même régiment, si au cours des diverses manipulations, il n'y aurait pas eu une sorte d'inversion dans les figurines.
1° prêts consentis entre les collectionneurs.
2° Disposition des figurines dans les vitrines du Musée de l'Armée avant 1914.
Je les ai vues pour la 1ère fois en août 1919 et surtout bien regardées en juillet 1925. Bucquoy (cartes) via Boisselier n'a pu les avoir que par les vitrines du Musée de l'Armée. Cependant, je pense en avoir vu dans les grands albums
(note : il s'agit d'une allusion aux albums de la Collection Wurtz conservés à la Bibliothèque du Musée de l'Armée, indépendants des figurines sur plots exposées dans les vitrines). C'est loin tout ça. Il est cependant possible, étant donné la fantaisie manifestée dans d'autres corps, que cette différence ait été voulue". et d'ajouter : "avec un plumet différent, les sapeurs du régiment portent les mêmes épaulettes que voltigeurs. Il est possible que cela soit réel au vu de la diversité qui régnait parmi les têtes de colonne".
- Chef de musique : donné avec la patte de parement bleu ciel passepoilée de rouge, comme pour le Tambour. Pour le reste, c'est le Chef de musique de Wurtz. Concernant la musique, H. Rommel fait les commentaires suivants :
"Ce qui est très curieux dans toutes ces collections sur plots, c'est le nombre de musiciens, presque toujours conforme à celui fixé par le régiment de l'époque concernant la composition des musiques d'infanterie. Par contre les autres éléments sont réduits à une échelles diminutive, très compréhensible d'ailleurs...".
H. Rommel donne le Grenadier d'après Carl (pas de différences), le Fusilier et le Voltigeur d'après Wurtz. De toute évidence, c'est cette source qui a servi de base essentielle à son étude, plus que le Fichier Carl qui est pourtant cité en référence.

Trois sources donc et trois ensembles de caractéristiques ; et pourquoi pas, tout simplement, trois bataillons distincts, représentés entre 1809 et 1810 ? Car après tout, ces petites différences ont sans doute leur raison d'être. Et même si nous nous répétons, rappelons que selon H. Rommel, grand spécialiste des Collections alsaciennes, "hormis la planche faite par Job qui l'a extraite de Wurtz, et les cartes Bucquoy de la même veine, il n'existe rien au point de vue iconographique d'époque. C'est une unité qui découle de notes, croquis et renseignements oraux".

En ce sens, H. Rommel a bien raison. Il faut effectivement faire de longues recherches pour avoir une idée de ce qu'a pu être la tenue d'un Régiment au cours de la période. Les Collections Alsaciennes (et d'autres sources) nous donnent bien souvent la grande tenue. Pour ce qui est de la tenue en campagne, il faut faire appel à certains manuscrits anciens, mais aussi fouiller dans les archives. Et là, parfois, le hasard fait bien les choses, comme le prouve le petit texte de Jacques Estrampes, paru dans le bulletin 3 du Bivouac de 2003. Au cours de ces recherches aux Archives de la Haute Garonne, il est tombé sur des compte-rendus de jugements et procédures, dont l'un concerne un vol en août 1811, dans lequel "apparaissent des effets d'officiers de voltigeurs du 42ème régiment d'infanterie de ligne. Voici comment se présente l'affaire. Le lieutenant Richer se plaint que deux portemanteaux ont été dérobés alors qu'ils auraient été confiés à deux soldats du 2ème bataillon des chasseurs des montagnes dont la compagnie est stationnée au fort de Bellegarde sur la frontière des Pyrénées Orientales. Si les deux chasseurs ariégeois démentent, on retrouve les effets volés dans leurs sacs. Ils les auraient soit disant achetés à des soldats de passage. Quoi qu'il en soit, ils sont acquittés. Les propriétaires des effets sont le lieutenant Vlacardé tué quelque temps auparavant en Espagne et le capitaine Dexeur. Les objets volés sont : une culotte blanche en casimir, une lévite bleue en serge, dénommée capote selon les témoins, frac bleu à collet jaune avec boutons jaunes (un des soldats crut qu'ils étaient en or !) portant le N°42 et des cors de chasse aux basques. Pièces en conviction, ces effets sont décrits tous de la même façon par les différents témoins". Notre collègue Didier Davin, pour les besoins de ce texte, a tenté à partir de cette liste d'effets, de reconstituer l'aspect de l'Officier de Voltigeurs en Espagne; nous donnons ce dessin (fig.22). Précisons que le passepoil du collet du surtout de l'Officier de Voltigeurs est bleu; les Collections alsaciennes le donnent rouge pour le collet de l'habit de la troupe. La capote bleu est roulée en sautoir.

Un autre petit détail nous est donné dans le "Manuscrit d'Angebault et le 20e Chasseurs" publié dans le Carnet de la Sabretache 1897, page 634 : "le fameux 42e Régiment, habillé de capotes brunes espagnoles". Cette tenue est portée au combat d'Altafulla le 24 janvier 1812. Là encore, on est loin des magnifiques tenues données par les Collections Alsaciennes.

En figure 23, nous donnons différents types extraits du Manuscrit de Freyberg, datés de 1813. Nous avons reproduit à gauche les dessins de la Collection Brunon avec leurs anotations; à droite, le fac-similé en noir et blanc qui en a été tiré (titre donné : "planche 7 : Franz.linien inf."; avec la description ci-dessous) et en bas les dessins exécutés par Charles Brun. On verra qu'il peut y avoir quelques petites différences entre la description et ces dessins en couleurs. Ces dessins sont extrêmement intéressants; on y voit notamment qu'en 1813, les habits de certains bataillons ou Régiments ne sont pas encore coupés selon le Réglement de Bardin.

Ces différents personnages peuvent être vraisemblablement attribués au 42e de Ligne, et plus précisément au 4e Bataillon puisque c'est ce dernier qui a fait la campagne de 1813 en Saxe. En effet, le Grenadier de dos a sur sa giberne l'indication du Régiment, et par ailleurs, sur le dessin en couleur de Charles Brun, la plaque de shako de l'Officier de Voltigeurs (qui est représenté de profil), l'on voit clairement le chiffre 2 représenté. Cinq personnages donc. De gauche à droite :
- Voltigeur : shako noir, pompon jaune, plumet vert. Cordons, glands, raquettes verts. Plaque et jugulaires jaunes. Habit bleu foncé, revers blancs passepoilés de rouge, collet jaune, retroussis (ou passepoil?) rouge; boutons jaunes. Parements jaunes, patte bleu foncé passepoil rouge. Epaulettes vertes tournantes jaunes (sur l'épaulette de gauche il semble y avoir un passant rouge). Baudrier blanc; pantalons, guêtres blancs, souliers noirs.
- Grenadier de dos : Shako recouvert d'une housse noire, pompon rouge, cheveux naturels, ruban noir, tête d'épingle jaune, cravate noire. Habit bleu foncé. Collet rouge, passepoil blanc, épaulettes rouges; revers blancs passepoil rouge; boutons jaunes; retroussis blancs, étoiles
bleues; passepoil rouge de la poche à peine visible; parements rouges passepoil blanc, patte bleu foncé, passepoil rouge. Baudriers blancs, giberne recouverte de toile blanche, inscriptions noires, étoile bleu foncé. Pantalons, guêtres comme le précédent. Souliers noirs; sac noir, courroies blanches, manteau roulé gris, courroies blanches.
- Porte drapeau (?; sic) : Shako noir, galon supérieur jaune, jugulaires, plaque, ganse de cocarde jaunes; cordons, glands rouges. Habit bleu foncé, collet rouge passepoil rouge, revers blancs, (sans passepoil) boutons jaunes, parements rouges, passepoil blanc, pattes bleu foncé, passepoil rouge. Epaulettes rouges; trois galons (chevrons?) jaunes sur la manche gauche; baudrier blanc, culotte blanche; guêtres et souliers noirs. Hampe bleue, aigle jaune, tablier bleu(à la hampe) et blanc (le rougen'est pas visible); cordons, glands, franges tricolores.
- Officier 1 : Housse de shako noire; pompon bleu clair; surtout bleu, boutons jaunes; hausse col, épaulettes jaunes (or); culotte bleue; bottes noires.
- Officier 2 : Shako noir, pompon, plaque, jugulaires jaunes. Surtout bleu foncé, collet, parements, hausse col, boutons, épaulettes jaunes. Retroussis bleu foncé. Pantalon bleu foncé à bande jaune; fourreau d'épée noir, garnitures jaunes; souliers noirs.

Pour terminer, nous donnons en figure 24, un habit extrait de l'Encyclopédie des Uniformes Napoléonien de V. Bourgeot et A. Pigeard. Cet hbit, présenté comme étant conforme au règlement de 1812, semble prouver l'existence d'une Compagnie d'Artillerie au sein du 42e. A noter qu'un bouton a été remplacé par un modèle du 23e léger. A noter que le port de deux épaulettes nous parait curieux (s'agit il d'un rajout malencontreux ?).

 

III/ Drapeaux

 

Drapeaux modèle 1794

A partir de 1794, chaque Demi-brigade reçoit trois drapeaux tricolores. Pour la 42e, nous ne connaissons que le modèle réglementaire des 1er et 3e Bataillons, et un original.

Drapeau 1 de la 76e Demi-brigade Drapeau 2 de la 76e Demi-brigade Drapeau 3 de la 76e Demi-brigade
Avers du drapeau commun à toutes les Demi-brigades et arboré au second Bataillon ou Bataillon du centre (reproduction d'après Challiot) Modèle réglementaire du drapeau des 1er et 3e Bataillons, 1794-1804 (reproduction d'après Challiot) Drapeaux de la 42e de Bataille conforme au dessin de Challiot; pris à Paris en 1815 et conservés à Berlin à l'époque de Hollander (1913). 1er et 3e Bataillons

Selon Charrié, se trouvaient à Berlin deux drapeaux modèle 1794 : l'un du 2e bataillon, l'autre du 1er ou du 3e bataillon. Selon le même auteur, à la sa formation en 1796, la 42e Demi-brigade de Ligne a reçu 3 nouveaux drapeaux modèle 1794.

 

Drapeaux modèle 1804

Drapeau modèle 1804 (Revue Husar; communication d'un de nos correspondants).

Le 42e reçoit en 1804 3 aigles et drapeaux modèle Challiot (en 1812, il y a toujours un aigle en mauvais état en service).

 

Drapeau modèle 1812

D'après un état datant de l'année 1810, devait figurer sur le drapeau du 42e de ligne, modèle 1812, la bataille suivante : Wagram (O. Hollander). Reste au dépôt d'Alexandrie. L'Aigle suit le 1er Bataillon en Espagne jusqu'à la capitulation de Lérida en février 1814. Aucune indication sur le sort de l'Aigle (Pierre Charrié).

 

Drapeau modèle 1815

En 1815, le 42e reçoit une Aigle et drapeau modèle 1815. Non remis à Bourges.

 

IV/ sources

Bibliographie

- Bucquoy E. L.  : "Les Uniformes du Premier Empire, l'Infanterie".

- Fichier Carl, planche 32.

- Carnets de la Sabretache, 1911 et 1928.

- Charrié P. : "Drapeaux et étendards de la Révolution et de l'Empire".

- Durieux J. : "Les assiégeants de Tarragone" ; Carnet de la Sabretache, 1911.

- Elting et Knötel H. : "Napoleonic Uniforms", tome 1.

- La Giberne, 6ème année, N°3.

- "Histoire du 42e Régiment d'Infanterie" ; Montbéliard, 1875.

- Historique du 42e ; auteur ?

- Job : "Tenue des Troupes de France".

- Martinien A. : "Tableaux par corps et par batailles des officiers tués et blessés pendant les guerres de l'Empire (1805-1815)".

- Martinien A. : "Tableaux par corps et par batailles des officiers tués et blessés pendant les guerres de l'Empire (1805-1815)". (Supplément paru en 1909).

- Notes de l'auteur.

- Petits Soldats d'Alsace, Collection Wurtz, planches 67 et 68.

- Rigo : Le plumet, planche 239.

- Rousselot L. : L'Armée Française, planche 89, "Têtes de colonnes, 1804-1812".

 

Ressources numériques en ligne

- Site de R. Darnault : http://darnault-mil.com/Militaires/regiments/infanterie_ligne.php

- Collection de situations Nafziger : http://usacac.army.mil/cac2/CGSC/CARL/nafziger