Le 5ème Régiment d'Infanterie Légère

1803-1815

Avertissement et remerciements : Cet article nous a été adressé par notre collègue du Bivouac, Didier Davin, que nous remercions tout particulièrement pour sa disponibilité et son érudition.

Formée en 1796, par amalgame des 6ème demi-brigade légère, 22ème Légère, 1er et 3e bataillons de la 55e de Ligne, 201ème demi-brigade de Ligne, et 2ème bataillon de la 3ème demi-brigade provisoire.

Le 12 janvier 1798 (23 nivôse an 6), un Arrêté du Directoire Exécutif à Paris, fixe la composition de l'Armée d'Angleterre :
"LE DIRECTOIRE EXECUTIF,
Considérant qu'il est instant de réunir sur les côtes toutes les forces qui doivent être employées à l'armée d'Angleterre,
ARRÊTE ce qui suit :
ARTICLE PREMIER
Les divers corps de troupe ci-après désignés seront mis en mouvement pour se rendre sans délai sur les côtes qui bordent la Manche, ou autres lieux de rassemblement désignés par le ministre de la guerre, savoir :
... INFANTERIE LEGERE.
Les ... 5e ... demi-brigades ...
" (La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 1. P. 97).

Dans le "RAPPORT FAIT AU GÉNÉRAL EN CHEF, PAR L'ADJUDANT GÉNÉRAL RIVAUD, SUR LE DÉPART DES COLONNES POUR L'ARMÉE D'ANGLETERRE", daté de Milan, le 16 janvier 1798 (27 nivôse an VI), il est indiqué :
"Le corps d'armée parti de l'Italie pour passer en France et faire partie de l'armée d'Angleterre, sur les côtes de l'Océan, a été composé de cinq divisions d'infanterie, une division de dragons, une brigade de chasseurs à cheval, les chevaux et attelages nécessaires à six pièces d'artillerie légère et six pièces d'artillerie à pied pour les divisions d'infanterie, et pour six pièces d'artillerie à cheval pour la division de dragons. Les chasseurs à cheval n'ont pas emmené de chevaux et attelages d'artillerie.
… Les colonnes d'infanterie ont toutes été dirigées par le Mont Cenis …
L'adjudant général, RIVAUD
" (La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 1. P. 97.)

Ce rapport est suivi d'un tableau qui indique :
4e Division Général de Division Victor; 5e Demi-brigade d'Infanterie légère : 1623 hommes au moment du départ de Vérone, le 20 nivôse; arrivée prévue à Avranches le 21 ventôse (La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 1. P. 99).

Le 20 janvier 1798 (1er pluviôse an VI), le Ministre de la Guerre Schérer écrit depuis Paris, au Général en chef Bonaparte : "Vous avez pensé, Citoyen Général, dans la conférence que nous avons eue ensemble le 27 du mois dernier, qu'il suffirait de retirer seulement, quant à présent, onze demi-brigades de l'armée d'llalie pour être employées à l'armée d'Angleterre, indépendamment des régiments de troupes à cheval qui sont en ce moment en marche pour se rendre à cette destination, afin de conserver, par ce moyen, vingt-sept demi-brigades en Italie, non compris les deux demi-brigades stationnées à Corlou, ni celles qui se trouvent employées en Corse.
... Tous ces corps sont en ce moment en marche ...
Je vous prie de remarquer, Citoyen Général, qu'indépendamment de la 43e demi-brigade de ligne, que vous n'avez pas désignée, ainsi que de la 2e d'infanterie légère, qui arrive en ce moment à Versoix, les 4e, 5e, 18e, 21e et 22e demi-brigades d'infanterie légère sont également en marche et doivent arriver dans les environs de Lyon vers le 20 de ce mois.
Il ne reste, par ce moyen, à l'armée d'Italie que vingt demi-brigades au lieu de vingt-sept, savoir : quinze d'infanterie de ligne et cinq d'infanterie légère, à moins que vous ne vous soyez entendu avec le général Berthier pour suspendre la marche des demi-brigades en excédent.
Je vous prie de vouloir bien m'informer de ce que vous aurez fait à ce sujet. Comme la 43e demi-brigade de ligne, qui fait partie de la division Brune, doit arriver à Lyon du 7 au 10 de ce mois, peut-être jugerez-vous convenable, Citoyen Général, de conserver ce corps ainsi que la 2e d'infanterie légère, qui arrive en ce moment à Versoix et de faire rester en Italie les 4e, 5e, 18e, 21e et 22e brigades d'infanterie légère ; alors il resterait encore vingt-six demi-brigades à l'armée d'Italie.
Veuillez, je vous prie, Citoyen Général, me faire connaitre vos vues, afin que je puisse donner de suite les ordres nécessaires pour faire rétrograder ces corps, dans le cas où vous n'auriez pas chargé le général Berthier de les retenir en Italie.
Salut et fraternité
" (La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 1. P. 101).

Le "Rapport au Directoire exécutif fait par le Ministre de la guerre Sur la situation des forces de la République et sur les mouvements et les divers changements qui ont eu lieu dans les armées depuis le 1 thermidor an 5 [19.7.1797] jusqu'au premier vendémiaire an 7 [22.9.1798]" (document manuscrit de 78 pages daté du 9 vendémiaire an 7 - 30 septembre 98, contenant le résumé des opérations de la période énoncée) indique : "... l'armée française en Helvétie se trouvait composée au 1er messidor de 7 demi-brigades et de 3 régiments de troupes à cheval formant ensemble 21'095 effectifs/ 17'881 présents.
Dans les premiers jours de ce mois, la 5e demi-brigade d'infanterie légère et le 12e régiment de chasseurs formant ensemble 2770 effectifs, 2058 présents sont arrivés en Helvétie venant de l'armée de Mayence.
L'armée d'Helvétie se trouvait composée alors de 8 demi-brigades et de 4 régiments, 23'865 effectifs / 19'939 présents ...
" (Force d’occupation : une armée au quotidien à l’époque du Directoire : les forces françaises en Suisse, juillet-août 1798 – ANP, AFIII 149/702/20ter).

Le 17 juillet 1798 (29 messidor an 6), le Ministre de la Guerre écrit, depuis Paris, au Général Schauenburg, commandant l'armée en Helvétie : "J'ai reçu, citoyen général, les deux lettres que vous m'avez adressées les 20 et 22 de ce mois (8-10.7.98, MS 474/691 + 702) par lesquelles vous demandez à faire passer dans la 7e division militaire la 5e demi-brigade d'infanterie légère en échange du 1er bataillon de la 38e de ligne actuellement stationnée à Genève et dont vous désirez la réunion aux deux autres bataillons de ce corps qui se trouvent employés sous vos ordres. Je vous préviens, citoyen général, que d'après les dispositions ultérieures qui viennent d'être ordonnées par le Directoire exécutif, la 5e demi-brigade légère étant destinée à être spécialement employée à l'armée d'Helvétie, je ne puis adopter la proposition que vous me faites à cet égard ..." (Force d’occupation : une armée au quotidien à l’époque du Directoire : les forces françaises en Suisse, juillet-août 1798 – SHAT, B 2 65).

Le 20 juillet 1798 (2 thermidor an 6), le Général Schauenburg écrit au Chef de la 5e Demi-brigade légère : "Au citoyen Chatagnier chef de la 5e 1/2 brigade d'infanterie légère à Villisot [Willisau ?]
L'intention de ma circulaire du 25 messidor [13 juillet 1798] dernier était, Citoyen chef, de diminuer l'abus qui résultait du trop grand nombre de femmes à la suite des corps mais je n'ai pas voulu que cette mesure devienne vexatoire dans son exécution. Vous pouvez donc quant à présent garder votre épouse avec vous. L'état où elle se trouve est motif assez puissant pour mériter une exception
" (Force d’occupation : une armée au quotidien à l’époque du Directoire : les forces françaises en Suisse, juillet-août 1798 – BNUS, MS 475/770).

Le 23 juillet 1798 (5 thermidor an 6), le Général Schauenburg écrit au Citoyen Schérer, Ministre de la guerre : "Citoyen Ministre,
Je vais m'occuper de suite de la 5e ½ brigade d'infanterie légère puisque vous me mandez que ce corps devra faire partie de cette armée. Je passerai moi-même une revue. J 'en passerai moi-même une revue et je la rendrai le plus près de moi qu'il sera possible afin de le remettre sous tous les rapports étant aussi délabré en discipline et en formation, qu'il l'est en vêtements. Vous savez, Citoyen Ministre, que c'est un bonheur pour moi que de pouvoir rétablir l'ordre et la discipline, je me charge encore de son équipement. J'ai maintenant recours pour vous demander des hommes, il en faudra au moins 1200 pour porter son effectif à celui des autres corps de cette armée. Sous quelques jours je vous rendrai un compte détaillé de l'état dans lequel je l'aurai trouvé ...
P.S. Si vous avez quelque bataillon qui ne soit pas encore encadré envoyez m'en un pour compléter la 5e légère
" (Force d’occupation : une armée au quotidien à l’époque du Directoire : les forces françaises en Suisse, juillet-août 1798– BNUS, MS 475/777).

Le 28 juillet 1798 (10 thermidor an 6), le Général Schauenburg écrit au Citoyen Chatagnier, Chef de la 5e Demi-brigade d'infanterie légère à Willisau : "Je vous rappelle, Citoyen chef, la demande que je vous ai faite à Hutweil de me communiquer le procès-verbal de la formation de la ½ brigade que vous commandez avec des notes sur la création des divers bataillons qui ont concouru à cette formation et ceux que, depuis cette époque, vous avez pu recevoir par incorporation. Vous y joindrez les réclamations que font plusieurs officiers sur le rang qu'ils doivent occuper et vous y ajouterez votre opinion particulière sur chacune d'elle. Vous me ferez connaître aussi le nombre exact des sergents majors, sergents caporaux et fourriers caporaux qui vous manquent pour compléter le cadre des sous-officiers. Vous y comprendrez tous ceux qui n'ont pas rejoint à l'expiration d'un congé limité ou qui sont à l'hôpital depuis plus de 6 mois sans avoir donné de leurs nouvelles. Comme il existe dans plusieurs corps de l'armée un grand nombre de sous-officiers surnuméraires, vous ne procéderez à aucun remplacement dans votre corps jusqu'à ce que votre cadre soit complété.
P.S. : Je vous prie de me faire connaître les noms des deux officiers qui m'ont dit à Hutwil [Huttwil] qu'en passant par le département du Rhône, ils ont été forcés de se dire de la compagnie de Jésus ou du soleil pour ne pas être assassinés. Je vous prie même de les engager à en faire une déclaration par écrit que vous m'enverrez.
Je reçois à l'instant les renseignements que vous me communiquez par votre lettre du 9 de ce mois [27 juillet 1798] et la réclamation des chefs de bataillon Daubigny et Margeret. La lettre du Ministre de la guerre qui s'y trouvait jointe décide formellement la question. C'est à dire :
1 ° que si les citoyens Daubigny et Margeret ont été bien et dûment placés chefs de bataillon en pied lors de l'organisation de la 5e ½ brigade faite le 1er ventôse an 4 [20 février 1796], tous autres, fussent-ils plus anciens de grade qu'eux mais qui n'auraient pas été en mesure de concourir à cette organisation, ne sont pas admissibles à leur contester la possession de leurs emplois et doivent les leur rendre pour redescendre à l'état d'auxiliaire.
2° que les officiers provenant de débris des corps nouvellement réunis à la 5e 1/2 brigade, quelle que fut leur ancienneté, durent être placés à la suite et comme auxiliaires seulement.
Ce principe détermine la conduite que vous avez à tenir pour le placement tant des officiers supérieurs, que de tous ceux des compagnies.
Si le contrôle des officiers que vous m'avez remis le jour de la revue n'est pas conforme, vous devez le recommencer d'après la base posée par le ministre lui-même. Il est bien entendu qu'elle ne doit pas déplacer les officiers incorporés qui depuis l'époque de leur réunion seraient parvenus à des emplois en activité lors des différentes vacances. Leur droit sera toujours intact et conformément à l'arrêté du 25 ventôse [15 mars 1798], les officiers, une fois rentrés en activité, doivent reprendre rang sur tous ceux moins anciens qu'eux.
Votre contrôle ainsi rédigé vous opérerez le tierement de cette manière en plaçant les capitaines dans l'ordre suivant, savoir:

1er bataillon 2e bataillon 3e bataillon
Capitaine
1er de carabiniers
1er capitaine de fusiliers
2e cap de carabiniers
2e cap de fusiliers
3e cap de carabiniers
3e cap de fusiliers
13e 14e 15e
4e 5e 6e
16e 17e 18e
7e 8e 9e
19e 20e 21e
10e 11e 12e
22e 23e 24e

Vous formerez ensuite la compagnie auxiliaire des 28e capitaine, lieutenant et sous lieutenant et des sous-officiers que leur âge ou des infirmités, sans être de nature à les mettre dans le cas de la réforme ou de la récompense, rendraient cependant incapables d'un service actif.
Il est à observer que les compagnies doivent rester dans l'ordre actuel et que les capitaines seuls doivent changer, s'ils ne sont pas dans l'ordre ci-dessus indiqué. Quant au placement des officiers à la suite, vous vous conformerez strictement aux dispositions de l'arrêté du 25 ventôse [15 mars 1798) et de la lettre explicative du Ministre de la guerre
" (Force d’occupation : une armée au quotidien à l’époque du Directoire : les forces françaises en Suisse, juillet-août 1798– BNUS, MS 475/806).

Le 29 juillet 1798 (11 thermidor an 6), le Général Schauenburg écrit au Général de Brigade Nouvion à Dunstetten [Thunstetten, BE] : "L'insubordination que vous m'annoncez, mon cher général, avoir eu lieu de la part des carabiniers du 2e Bataillon de la 5e ½ brigade d'infanterie légère ayant eu pour cause une retenue arbitraire, je ne puis sévir contre les subordonnés. Mais je trouve très mauvais que les chefs aient pu se permettre de l'exercer puisque non seulement celle qui avait été ordonnée par la loi du 23 floréal (12 mai 1797 ?] n'était que d'un sol par jour au lieu de 3 S. qui ont été retenus dans cette ½ brigade. Mais par un arrêté du Directoire du 19 nivôse dernier (8 janvier 1798], cette retenue a été supprimé à compter du 1er pluviôse (20 janvier 1798], époque où la distribution des vivres en viande n'a plus eu lieu aux troupes. L'.art. 3 de cet arrêté est ainsi conçu :
«En conséquence des dispositions ci-dessus, l'arrêté du 7 nivôse courant (29 décembre 1797] qui prescrit la retenue d'un sol sur la solde des troupes pour leur menu entretien, demeure suspendu. Il continuera d'être pourvu aux objets d'équipement sur les fonds mis à la disposition du Ministre de la guerre.»
Lorsqu'on m'a parlé de la retenue exercée à la 5e ½ brigade à la revue que j'ai faite de ce corps, je l'ai désapprouvée comme étant exercée contre le gré de la loi et du soldat. Ces sortes de retenues ne peuvent avoir lieu que de gré à gré avec ceux qui la supportent. Alors c'est une suite de la confiance que les supérieurs ont pu inspirer à leurs subordonnés. L'.insubordination qui a eu lieu prouve évidement que la retenue n'était pas fondée sur cette confiance. C'est ce qui m'empêche de pouvoir punir d'après la loi la conduite des carabiniers comme provoquée par un acte illégal.
Je pense cependant qu'elle est répréhensible comme n'ayant pas cédé à l'invitation qui leur a été faite par leur chef au nom de la loi de rentrer dans l'ordre. Vous pourrez en conséquence laisser pendant 15 jours en prison les auteurs de ce désordre. Il serait nécessaire de faire connaître à tout le corps que, mécontent de la conduite des insubordonnés et de ce qu'ils ont été soutenus dans leur insubordination, je ne le ferai participer à la distribution des effets d'habillement et d'équipement que lorsque je serai assuré par le chef que l'ordre est rétabli et que les soldats sont pourvus de tous les effets nécessaires à son menu entretien.
Je m'en rapporte à vous mon cher général, sur la manière de tirer parti de ce moyen que je crois efficace
" (Force d’occupation : une armée au quotidien à l’époque du Directoire : les forces françaises en Suisse, juillet-août 1798– BNUS, MS 475/807).

Le 29 juillet 1798 (11 thermidor an 6), le Général Schaenburg écrit au Citoyen Schérer, Ministre de la Guerre : "Citoyen Ministre, j'ai reçu votre lettre du 5 de ce mois [23 juillet 1798], par laquelle vous m'informez que la 44e, 76e et la 106e ½ brigade de ligne, 5e et 20e légère n'ont point encore procédé à la nouvelle vérification des registres de matricule qui leur avait été ordonnée. J'avais cependant donné les ordres les plus précis pour l'exécution des dispositions prescrites par votre circulaire du 25 ventôse dernier [15 mars 1798) mais je vous observe que de ces 5 corps, la 76e seule avait à cette époque deux bataillons à l'armée d'Helvétie ...
Enfin la 5e légère n'est en Suisse que depuis un mois. Je vais néanmoins écrire de nouveau aux chefs de ces différents corps en leur ordonnant de procéder sans délai à une vérification qui intéresse aussi essentiellement la gloire et l'honneur de nos armées. Je leur prescrirai également de vous en adresser de suite le résultat
" (Force d’occupation : une armée au quotidien à l’époque du Directoire : les forces françaises en Suisse, juillet-août 1798 – BNUS, MS 475/813).

Le 30 juillet 1798 (12 thermidor an 6), une Circulaire est adressée par le Général Schauenburg à différents Chefs de Brigades, dont celui de la 5e Légère : "Circulaire aux chefs de la 44e, 76e et 106e ½ brigade et à celui de la 5e légère.
Le Ministre de la guerre vient de m'envoyer l'état des corps sous mes ordres qui n'ont pas encore satisfait à l'ordre qui leur a été donné de procéder à une nouvelle vérification des registres de matricule. J'ai vu avec surprise que la vôtre était de ce nombre. Je vous prie, Citoyen chef, de ne pas perdre de vue un objet aussi important puisqu'il a pour but de rechercher ceux de ces lâches émigrés, qui à l'aide de fausses inscriptions sur des registres de contrôle auraient pu obtenir leur rentrée sur le sol d'une patrie qu'ils ont si indignement trahie. Vous voudrez bien, en m'accusant la réception de cette lettre, m'informer des dispositions que vous avez dû prendre pour remplir à cet égard les instructions du Gouvernement et me faire passer un double du compte que vous rendrez dans le plus court délai au Ministre de la guerre
" (Force d’occupation : une armée au quotidien à l’époque du Directoire : les forces françaises en Suisse, juillet-août 1798 – BNUS, MS 475/817).

L'ordre du jour du 1er août 1798 (14 thermidor an 6), rédigé au Quartier-général à Berne, stipule : "Toute l'infanterie devra se tenir prête à marcher au premier ordre ; savoir :
Tous les chefs en pied, les adjudants et quartiers-maîtres.
Par compagnie de grenadiers : 3 officiers, 1 sergent-major, 4 sergents, 1 caporal-fourrier, 8 caporaux, 2 tambours, 54 grenadiers ; total 70.
Par compagnie de fusiliers : 2 officiers, 1 sergent-major, 2 sergents, 1 caporal-fourrier, 4 caporaux, 1 tambour, 61 fusiliers ; total 70.
La demi-brigade sera composée de :
1 chef de brigade, 3 chefs de bataillon, 1 quartier-maître, 3 adjudants-majors, 57 officiers ; total 65.
27 sergents-majors, 60 sergents, 27 caporaux-fourriers, 120 caporaux, 30 tambours, 162 grenadiers, 1464 fusiliers ; total 1890.
Les corps devront conserver leurs cantonnements actuels. Ils répartiront dans chacun d'eux les hommes restants de manière à assurer leurs effets et la tranquillité des habitants et leur propre sûreté. Les chefs de corps désigneront un officier pour commander et surveiller les hommes restant dans les cantonnements et y laisseront un sous-officier intelligent pour remplir les fonctions de fourrier pour les distributions.
L’adjudant-général, chef de l'état-major général. Signé : Rheinwald
" (Force d’occupation : une armée au quotidien à l’époque du Directoire : les forces françaises en Suisse, juillet-août 1798 – BNUS, MS 482 p. 116-117).

Le 2 août 1798 (15 Thermidor an 6), le Général Schauenburg écrit au Citoyen Châtagnier, Chef de la 5e Demi-brigade d'infanterie légère : "Je vous adresse, citoyen chef, copie de la réponse que je viens de faire aux citoyens Rey et Coste, chefs de bataillons, qui m'ont présenté une réclamation très volumineuse contre leur placement en second dans la 5e légère. Vous y verrez qu'elle ne change rien à la décision du ministre et que je pouvais d'autant moins le faire que cette marche a toujours été suivie dans la ci-devant armée de Rhin et Mozelle de l'inspection de laquelle j'étais chargé.
J'ai reçu également des réclamations, dans le même sens, du citoyen Duclos et Barain, capitaines, Barain fils, lieutenant, Guessard sous-lieutenant Lecreux, sous-lieutenant, Frison, capitaine et Masson, capitaine. Vous leur répondrez collectivement que je m'en réfère aux dispositions de ma lettre du 10 de ce mois [28 juillet 1798, BNUS, MS 475/806) dont je vous prie de m'accuser la réception.
Je vous en rappelle les dispositions principales qui tend à conserver le commandement en pied à tous les officiers de la 5e légère organisée, 1er ventôse an 4 (20 février 1796), lesquels exerçaient à cette époque leurs emplois titulairement, sans cependant porter aucun préjudice aux officiers incorporés qui ont pu rentrer en activité lors des différentes vacances. Tous ceux hors du cadre, sans aucune distinction, devront être classés suivant leur ancienneté de grade pour parvenir successivement à des places vacantes conformément à l'arrêté du 25 ventôse (15 mars 1798).
J'ai seulement remarqué dans la lettre des citoyens Duclos et Barain un fait qui mérite vérification. Ils prétendent que le capitaine Moulin, après avoir donné sa démission et être rentré dans ses foyers a reparu au corps lors de sa rentrée en France et que sans être réintégré légalement, il a été replacé en pied.
Je vous prie de me donner sur cet objet tous les renseignements nécessaires vous observant qu'on officier, même réintégré après une démission acceptée, soit dans tous les cas assimilé aux surnuméraires
" (Force d’occupation : une armée au quotidien à l’époque du Directoire : les forces françaises en Suisse, juillet-août 1798 – BNUS, MS 475/837).

Le même jour (2 août 1798 - 15 Thermidor an 6), le Général Schauenburg, depuis Berne, écrit aux citoyens Rey et Coste, Chefs de Bataillon à la suite de la 5e Demi-brigade : "J 'ai examiné, Citoyens, avec beaucoup d'attention la réclamation que vous m'avez adressée ainsi que les pièces qui s'y trouvaient jointes et cet examen n'a rien changé à l'opinion que je vous ai manifesté. Les placements et déplacements successifs que vous avez éprouvés n'ont eu lieu que parce qu'on s'est écarté du principe recommandé par le ministre lui-même. Je veux dire que quand un corps est organisé légalement d'après les lois existantes, les incorporations qu'il peut recevoir par la suite ne doivent pas altérer l'organisation primitive à moins d'exposer le corps à des mutations sans cesse renaissantes et toujours nuisibles au bien du service.
Si les citoyens Daubigny et Margeret ont eu quelques moments d'absence, elle ne peut leur être reprochée à moins qu'ils n'aient démérité personnellement (ce qu'il est nécessaire de préciser) comme le ministre vous l'a observé dans plusieurs de ses lettres.
Il est sans doute malheureux que des officiers incorporés ne puissent jouïr sur le champ du rang que leur assigne leur ancienneté de grade, mais les inconvénients qui résulteraient du déplacement des titulaires seraient plus grands encore si chaque mutation pouvait bouleverser l'ordre des officiers.
Je vous observerai d'ailleurs qu'il est impossible d'appeler autrement que débris de corps, le résultat de 7 bataillons qui fournissent 365 sous-officiers et soldats et 74 officiers, réduction qui n'est nullement proportionnée.
Vous ne devez pas au reste regarder comme définitif votre placement en second dans la 5e légère puisque les titulaires actuels dans les grades de chefs de bataillon ne le sont que provisoirement d'après l'une des dispositions de l'arrêté du 18 nivôse [7 janvier 1798 ?] et que le gouvernement s'occupe dans ce moment de l'organisation générale de l'infanterie.
En attendant qu'elle se fasse, si quelqu'un d'entre vous manifeste le désir d'être placé dans un autre corps qui ait moins d'officier supérieurs j'y consentirais avec plaisir
" (Force d’occupation : une armée au quotidien à l’époque du Directoire : les forces françaises en Suisse, juillet-août 1798 – BNUS, MS 475/838).

Le 3 août 1798 (16 Thermidor an 6), le Général Schauenburg écrit au citoyen Chatagnier, Chef de la 5e Demi-brigade d'infanterie légère : "J'ai reçu, citoyen chef, les divers états joints à votre lettre du 14 de ce mois (1er août 1798). J'aurais désiré y trouver le tableau des officiers fait d'après les instructions que je vous ai transmises. Vous voudrez bien le faire dresser sans délai en y joignant les surnuméraires placés dans l'ordre prescrit par l'arrêté du 25 ventôse dernier (15 mars 1798) et vous me le transmettrez de suite.
Le citoyen Lallemand, quartier mtre en second dans la demi-brigade que vous commandez, m'a présenté une réclamation dont le but est de prendre rang sur le citoyen Dupont quartier mre trésorier en second. Ce dernier m'a aussi écrit pour repousser les prétentions du citoyen Lallemand. Il résulte de l'examen que j'ai fait de leurs pièces :
- que le citoyen Lallemand fut nommé le 1er ventôse an 4e [20 février 1796) quartier-maître trésorier de la demie brigade ainsi que le citoyen Dunand qui avait été injustement privé de cette place obtient le 11 germinal an 5e (31 mars 1797) un arrêté du Directoire Exécutif qui le réintégra dans ses fonctions. Le citoyen Lallemand rentra dès lors dans la classe des surnuméraires, parmi lesquels se trouvait le citoyen Dupont, quartier maître trésorier de la 55e ½ brigade incorporée dans la 5e légère. Le citoyen Dunant ayant opté le 1er vendémiaire an 6e [22 septembre 1797) pour une place de capitaine en vertu de l'autorisation du général en chef de l'armée d'Italie, le conseil d'administration nomma à sa place le citoyen Dupont le plus ancien des quartiers-maîtres à la suite, dans lequel il reconnut d'ailleurs ainsi que le général Victor les qualités nécessaires pour les fonctions administratives. C'est donc à tort que le citoyen Lallemand prétend aujourd'hui déposséder le citoyen Dupont auquel le conseil d'administration vient de donner des nouvelles preuves de confiance par sa délibération du 14 de ce mois (1er août 1798).
La lettre du ministre de la guerre en date du 16 ne lui est nullement applicable, puisqu'elle n'assure l'activité de service qu'aux officiers placés légalement lors de l'organisation du 1er ventôse an 4e (20 février 1796) et qu'elle confère les droits de ceux à la suite qui sont parvenus depuis à des places vacantes.
Vous communiquerez au citoyen Lallemand mon opinion sur sa réclamation que je regarde comme nulle et non avenue
" (Force d’occupation : une armée au quotidien à l’époque du Directoire : les forces françaises en Suisse, juillet-août 1798 – BNUS, MS 475/839).

Le 23 février 1801 (4 ventôse an 9), Bonaparte écrit depuis Paris au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "Je vous prie, citoyen ministre, de donner l'ordre ... Au bataillon de la 5e légère qui est dans la 16e division militaire de se rendre à Rennes et rejointre l'autre bataillon de sa demi-brigade" (Correspondance générale, t.3, lettre 6069).

Le 23 juin 1801 (6 messidor an 9), Bonaparte écrit depuis Paris au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "Je vois, citoyen ministre, par les états de situation du 15 prairial, que le corps que le général Bernadotte a réuni à Brest est composé :
De 6 bataillons, mais aucun n'est de 600 hommes, ce qui fait que le corps est beaucoup moins fort que le Gouvernement le voulait.
Donnez l'ordre au général Bernadotte de compléter ces bataillons de manière que le tout, compris l'artillerie, se monte au moins à 4200 hommes embarqués.
Vous laisserez le général Bernadotte y joindre s'il le faut un 7e bataillon, ou de fusionner aux 2 bataillons de la 5e légère 2 autres bataillons plus forts. Mais surtout recommandez-lui de n'apporter aucun délai dans le départ de cette expédition. Il n'y a plus un instant à perdre.
Faites moi connaître le général qui commande cette expédition
" (Correspondance générale, t.3, lettre 6347).

La 5ème demi-brigade légère (de seconde formation) s'embarque pour Saint-Domingue à la toute fin de 1801.

Le 7 octobre 1801 (15 vendémiaire an 10, date présumée), Bonaparte établit à Paris une "Note pour l'organisation des troupes coloniales : "Il sera formé deux demi-brigades légères et cinq demi-brigades de ligne pour le service des îles d'Amérique, sous les numéros 5e et 11e légères, et 7e, 86e, 89e, 82e et 66e de ligne.
Les 5e et 11e légères, et les 7e, 86e, 89e, seront destinées pour le service de Saint-Domingue; la 82e, pour le service de la Martinique; la 66e, pour le service de la Guadeloupe ...
La 5e légère sera composée de
La 5e légère actuelle ....... 430 hommes.
La 3e légère .................... 176
La 7e légère .................... 517
La 14e légère .................. 730
1,853
" (Correspondance de Napoléon, t.7, lettre 5785).

L'Etat militaire de l'an X nous fournit son encadrement : chef de brigade : Rey; chefs de bataillons : Daubigny, Margueret et Lux; quartier maitre trésorier : Giboudeau; et officiers de santé : Bourguignon et Garnier.

Le bataillon restant en France fut versé en 1802 dans la 14e Demi brigade légère.

I/ LES SURVIVANTS DE SAINT-DOMINGUE, 1802-1809

Infanterie légère à Saint-Domingue 1802
Fig. 1 Le 5e Léger à Saint-Domingue

A la faveur de la Révolution, d'une guerre civile entre Blancs, Noirs et métis, de l'abolition de l'esclavage, des invasions espagnoles et anglaises, le général noir Toussaint Louverture s'est emparé du pouvoir à Saint Domingue (partie française de l'ile dont la partie espagnole se nomme Santo Domingo comme sa capitale) et se détache de plus en plus de la métropole.

La Paix étant signée avec la Grande Bretagne, Bonaparte envoie dans les Antilles des expéditions pour exercer son autorité et faire repartir l'économie en autorisant le rétablissement de l'esclavage. Ce qui est une erreur politique et humaine tragique.

Saint Domingue mérite un sort particulier, puisque c'est à son beau-frère : Leclerc, qu'il donne le commandement des troupes envoyées à la fin de 1801.

Parmi le corps expéditionnaire : la 5ème demi-brigade légère dont les premier et second bataillons partent de Brest en décembre 1801.

L'équipement est mal adapté à une guerre coloniale. Le climat humide, les nuées d'insectes, les épidémies vont faire des ravages et l'adversaire saura se défendre impitoyablement, massacrant les civils blancs en masse dans ses retraites successives. Ce qui entraînera des représailles, non moins atroces, sur les prisonniers des troupes de Toussaint.

Le débarquement des premières troupes françaises se fait le 4 Février 1802 à Fort Liberté (ex Fort Dauphin) et Port au Prince. Leclerc lui-même prend le Cap Français le 7, détruit par les rebelles. Le Général Kerverseau s'empare de Santo Domingo avec l'aide de sa population, dans l'ex-territoire espagnol, le 21 Février. Toussaint s'est réfugié dans les régions montagneuses de l'intérieur, formidablement et naturellement retranché par le relief.

Tandis que les colonnes se préparent lentement à converger vers lui à partir de leurs points de débarquements et vont avoir à livrer de difficiles combats, plusieurs généraux noirs font leur soumission à Leclerc. Le 25 Mars, les dernières lignes de défense sérieuses de Toussaint (Crête à Pierrot) sont prises au prix de lourdes pertes. Il continue à tenir la campagne avec ses principaux lieutenants. Mais ceux-ci, vers la fin avril, font leur soumission l'un après l'autre. Toussaint se soumet le 6 mai avec l'espoir de pouvoir continuer le combat. Arrêté en juin 1802, il est transféré en France où il mourra en captivité.

La rébellion reste latente malgré le ralliement des troupes noires et de leurs généraux, alors que les Européens commencent à être décimés par la fièvre jaune ...

A la fin de l'année, les troupes noires se révoltent, avec les rumeurs fondées du rétablissement de l'esclavage à la Guadeloupe. Les troupes françaises, en nombre insuffisant, se replient alors sur les zones côtières.

Le 3 Janvier 1803, Rochambeau est nommé Capitaine Général de la colonie. Sa conduite des opérations après la mort de Leclerc sera sanguinaire, puisqu'il se lancera dans une politique de "Terreur" sur les populations noires, en plus de ses opérations militaires. Il finit par capituler en novembre.

Seule une poignée de Français se maintient dans l'ex partie espagnole avec le général Kerverseau. Ses troupes, sont aussi ravagées par les maladies. Il peut de moins en moins compter sur ses auxiliaires espagnols et doit les enrôler sous la menace.

La capitulation de la partie française de l'île, amène le général Ferrand, qui s'en est échappé, à revendiquer le commandement et à s'en emparer "militairement". Il décide de regrouper toutes ses forces autour de Santo Domingo et de s'y retrancher. Parmi ses troupes : il y a encore 106 hommes de la 5ème Légère.

Les Français vont tenir encore 5 ans, formant toujours dans la terminologie administrative l'"Armée de Saint Domingue" ! Une armée de quelques milliers d'hommes, assiégée par la terre par les insurgés et soumis au blocus maritime anglais. Heureusement que Ferrand va recevoir en avril 1804 un autre groupe d'évadés de la partie Ouest, s'élevant à 1500 hommes qui avaient pu fuir à Cuba (parmi eux d'autres soldats de la 5ème Légère) puis en 1805 des renforts venus de France.

En Mars 1805, Ferrand repousse une attaque de 20.000 hommes de Dessalines, sanguinaire nouveau maître d'Haïti. Ferrand va se contenter de maintenir sa présence le plus longtemps possible dans cette zone heureusement ravitaillable par l'Océan.

On réorganise les troupes en des unités un peu plus consistantes. En 1808, la guerre qui éclate en Espagne nous amène l'hostilité d'une partie de la population.

Les effectifs de la 5ème Légère se montent à 300 hommes (ils ne seront plus que 200 en novembre).

En novembre 1808, Ferrand se suicide au cours d'une opération malheureuse contre une expédition venue de Porto Rico. Ses milices espagnoles s'étaient mutinées en plein combat. Le chef de bataillon Alliez et le capitaine Brietty du 5ème léger sont tués lors des combats qui suivent.

Le général Barquier assume le commandement. Avec ce qui lui reste de troupes, il va encore tenir plusieurs mois le port de Santo Domingo. Le 7 Juillet 1809, à bout de vivres et de munitions, il capitule avec les honneurs devant les Anglais. Sa poignée de braves est ramenée en France par la flotte britannique en avril 1810. Il reste 63 soldats au 5ème Léger dont carabiniers et chasseurs.

Acte de décès à St Domingue en 1802, du capitaine Duclos, confirmé en 1805 par le colonel Dubreton

II/ LA REFORMATION DU REGIMENT 1803-1807

Officier de carabiniers et voltigeur du 5e Léger en 1808
Fig. 2 et fig. 3 Officier de carabiniers et voltigeur du 5e Léger en 1808, d'après le manuscrit de Ornstrupp

Alors que se déroulaient ces évènements dramatiques à Saint Domingue, le 5ème Léger se reconstituait en France.

Le 30 septembre 1802 (8 vendémiaire an 11), Bonaparte écrit depuis Saint-Cloud au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "... Faites réunir également le dépôt de la 5e légère, dont le corps est à Saint-Domingue dans le département du Puy ..." (Correspondance générale, t.3, lettre 7190).

Le 23 novembre 1802 (2 frimaire an 11), Bonaparte écrit depuis Saint-Cloud au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "Je vous prie, citoyen ministre, de me faire connaître où se trouvent les dépôt de tous les corps dont les trois bataillons sont à Saint-Domingue, et le parti que vous avez pris pour ceux de ces corps dont les officiers ne peuvent aller en recrutement, par exemple la 7e de ligne qui a ses trois bataillons en Amérique, la 5e et la 11e légère également ..." (Correspondance générale, t.3, lettre 7294).

Dès le 2 mai 1803, on prévoyait de le reformer en métropole avec divers détachements d'infanterie légère revenant ou dépôts de ceux servant aux colonies. Ce jour là (2 mai 1803 - 12 floréal an 11), Bonaparte écrit depuis Saint-Cloud au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "Je vous prie, citoyen ministre, en conséquence de l'arrêté du 10 floréal, de donner ordre au 2e bataillon de la 5e légère qui est à Clermont-Ferrand de se rendre à Avignon, pour être incorporé dans la 14e légère, qui sera par ce moyen portée à 3 bataillons ..." (Correspondance générale, t.4, lettre 7618).

L'Etat Militaire de l'an 12 porte toujours le régiment à St Domingue et à la disposition de la Marine, qui s'occupe alors des colonies.

Les choses évoluent lentement, puisque Napoléon écrit à Berthier le 17 août 1804, au sujet des détachements revenant des Antilles et qui devaient former les 11e et 5e Légères : "Mon cousin, il avait été laissé cinq numéros pour incorporer tous les différents détachements d'infanterie légère et de ligne qui se trouvaient à Saint-Domingue. L'ordre avait été expédié pour réorganiser les 5e et 11e légères ... Ces différents corps n'ont point été organisés : des débris en arriveront en France prisonniers de guerre ou de toute autre manière. Il faut promptement pourvoir à leur réorganisation. Envoyez dans tous les ports soit de la Méditerranée, soit de l'Océan et à tous les commissaires des relations commerciales en Espagne, la liste des anciens bataillons qui étaient à Saint-Domingue, à la Guadeloupe et à la Martinique et qui devaient composer ces nouveaux corps, avec l'ordre à tous ceux qui devaient incorporer les 5e et 11e légère de se réunir à Pau et autres lieux des Basses-Pyrénées où ils ne formeront plus qu'un seul régiment sous le n°5 d'infanterie légère, qui s'il est nécessaire, sera porté à quatre bataillons.
Envoyez pour présider à la recomposition des régiments de l'armée de Saint-Domingue le général Avril qui sera chargé uniquement de leur formation. Vous lui enverrez toutes les instructions nécessaires pour cet objet à mesure qu'il arrivera des officiers et sous-officiers en nombre suffisant pour former 3 compagnies, il formera un conseil d'administration. Ordonnez-lui de vous écrire tous les jours et de vous tenir au courant en détail de la formation de ces différents corps
" (Correspondance générale, t.4, lettre 9108).

Le 24 septembre, la demi-brigade devient régiment et se retrouve sous les ordres du colonel Dubreton (qui a servi à Saint Domingue avec la 11e Légère), à 4 bataillons. Le nouveau régiment reçoit à la fin de l'année ses 4 Aigles et drapeaux.

Le 19 mars 1805 (28 ventôse an 13), Napoléon écrit depuis La Malmaison au Maréchal Berthier, Ministre de la Guerre, Major général des Camps : "... Il n'y a donc que la 5e légère, la 7e et la 86e de ligne, qui doivent être organisées.
La 5e légère doit être composée, conformément à l'article 2 du décret du 10 floréal, du 1er bataillon de la 5e légère, du 2e bataillon de la 3e, des débris du 3e bataillon de la 7e légère, des débris du 1er bataillon de la 14e légère.
Et, comme, par la circulaire du 25, les débris du 11e et du 5e ne doivent former qu'un seul corps sous le nom de 5e régiment, on y joindra le 1er et le 2e bataillon de la 11e légère, le 1er bataillon de la 19e, un détachement de la 28e et trois bataillons de la 30e, qui composent la 11e légère, conformément à l'article 3 du décret ...
" (Correspondance générale, t.5, lettre 9702).

Le 20 mars 1805 (29 ventôse an 13), Napoléon écrit depuis La Malmaison au Maréchal Berthier, Ministre de la Guerre, Major général des Camps : "Mon cousin, mon secrétaire d'état a dû vous envoyer une note sur les cinq régiments qui se réorganisent dans la 11e division militaire. Mais je me suis réservé de vous témoigner mon mécontentement de ce que vos bureaux suivent si peu l'exécution des décrets et confondent les anciennes mesures avec les nouvelles. Je présume que vous avez déjà fait imprimer la circulaire que je vous ai indiquée pour cet objet.
Les 37 hommes du 11e régiment d'infanterie légère arrivés à Brest ne doivent plus appartenir à ce régiment mais au 5e d'infanterie légère et dans lequel ce régiment a été incorporé.
Veillez à ce que l'on ne fasse pas désormais des fautes de ce genre ...
" (Correspondance générale, t.5, lettre 9702).

Le 21 septembre 1805 (4e jour complémentaire an 13), Napoléon écrit depuis Saint-Cloud, au Maréchal Berthier, Ministre de la Guerre, Major général de la Grande Armée : "... Le deuxième camp volant qui doit se réunir à Napoléon s'assemblera à Poitiers. Le général sénateur Gouvion le commandera. Les départements de la Vendée, de la Loire-Inférieure, des Deux-Sèvres, de la Charente, et les côtes depuis la Gironde jusqu'à la Vilaine, seront sous son commandement. Ce camp volant sera composé du 5e régiment d'infanterie légère, du 7e, du 66e, du 82e et du 86e régiment d'infanterie de ligne. Ces cinq régiments forment déjà ensemble, aujourd'hui, plus de 5,000 hommes. La conscription de l'an XIV les portera, avant le 1er nivôse, à plus de 10,000 hommes. C'est là la véritable réserve qui doit garantir Bordeaux, Nantes, marcher au secours de Brest, de Saint-Malo, de Cherbourg, et même de Boulogne. Mon intention est qu'elle soit réunie tout entière à Poitiers, que deux généraux de brigade, bons instructeurs, ayant l'habitude des détails, soient chargés de les former, et qu'on leur attache un bon inspecteur aux revues. Les onze ou douze compagnies de grenadiers de ce corps, qu'on se contentera pour le moment de compléter à 60 hommes, tiendront garnison à Napoléon, aux Sables, et seront toujours disponibles et en mouvement, pour maintenir la tranquillité et se montrer dans ce département, où leur vue ne peut produire qu'un bon effet. Le reste du camp ne marchera qu'en cas d'événements importants, et vous ferez connaître au général Gouvion que c'est un corps dont je peux avoir besoin, même pour l'armée active, en germinal prochain. Ce corps aura six pièces d'artillerie attelées. Vous ferez pourvoir à son armement et à tous ses moyens d'habillement. Mon intention est que le général Gouvion parte dès le 3 vendémiaire ; qu'il se rende successivement où sont les différents régiments qui doivent être réunis sous ses ordres ; qu'il en passe la revue pour connaître bien l'état dans lequel ils se trouvent, qu'il visite leurs magasins et examine leur comptabilité, afin qu'il n'y ait, en un mot, pas une minute de perdue pour prendre les mesures nécessaires pour la formation et la mise en bon état de ces troupes ..." (Correspondance de Napoléon, t.11, lettres 9248 ; Correspondance générale de Napoléon, t.5, lettre 10851).

Le 22 octobre 1805 (30 vendémiaire an 14), Napoléon écrit depuis Augsbourg, au Maréchal Berthier, Ministre de la Guerre, Major général de la Grande Armée : "Mon cousin, donnez ordre ... au 5e d'infanterie légère de se rendre à Versailles ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.5, lettre 11029).

Le 27 février 1806, Napoléon, depuis Paris, ordonne au Général Dejean, Ministre directeur de l'Administration de la Guerre, de mettre "... à la disposition du conseil d'administration du 5e régiment d'infanterie légère les fonds nécessaires pour acheter soixante bonnets de grenadiers que j'accorde en gratification à ce régiment" (Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 11554).

Le 4 avril 1806, l'Empereur écrit, depuis La Malmaison, au Maréchal Berthier, Major général de la Grande Armée : "Mon cousin, mon intention est que les 4es bataillons du 5e régiment d'infanterie légère, 7e et 86e de ligne ne soient formés que lorsque tous leurs prisonniers seront rentrés d'Angleterre.
Vous trouverez ci-joint la nomination que j'ai faite pour le 5e régiment d'infanterie légère. Je désire que vous me proposiez pour les 14 places de lieutenant qui sont vacantes dans ce régiment 14 sous-lieutenants pris dans le corps que commande le général Oudinot et qui seront remplacés par 14 des vélites nommés sous-lieutenants ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 11824).

Le 12 avril 1806, l'Empereur écrit, depuis La Malmaison, au Général Dejean, Ministre directeur de l'Administration de la Guerre : "Monsieur Dejean, donnez ordre au 5e régiment d'infanterie légère de se rendre au Havre. Le 1er bataillon partira le 25 avril : le 2e le 26, et le 3e le 27" (Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 11885).

Le 1er mai 1806, Napoléon écrit depuis Saint-Cloud, au Général Dejan, Ministre directeur de l'Administration de la Guerre : "Monsieur Dejean … Donnez ordre au 5e régiment d'infanterie légère qui est au Havre de faire partir sur-le-champ ses 1er et 2e bataillon pour se rendre à Cherbourg ; et du moment qu'ils y seront arrivés le 86e qui est à Cherbourg se rendra à Saint-Brieuc et à Saint-Malo ... Donnez ordre à un des régiments italiens qui sont au camp de Boulogne de se rendre au Havre. Du moment qu'il sera arrivé, le 3e bataillon du 5e d'infanterie légère se rendra à Cherbourg ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12028).

Le 20 août 1806, Napoléon écrit depuis Rambouillet, au Général Dejan, Ministre directeur de l'Administration de la Guerre : "Faites-moi connaître si le colonel Dubreton, du 5e régiment d'infanterie légère, est à son corps, et s'il n'a point été compromis dans l'affaire de l'ordonnateur. Faites-moi connaître également si le major est au corps et rendez-moi un compte détaillé de la situation et de la tenue de ce régiment" (Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12753). L'Ordonnateur Dubreton, sans doute un parent du Colonel, sera destitué pour malversations.

Le 5 septembre 1806, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au général Dejean, Ministre Directeur de l'Administration de la Guerre : "Monsieur Dejean, je vous envoie une note des changements que je désire faire dans la répartition des 50000 conscrits de la conscription de 1806. Faites-la imprimer sans délai et envoyez-moi cette seconde édition.
Nap
ANNEXE
En lisant avec attention la répartition des 50 000 conscrits de la conscription de 1806 entre les différents corps, on est porté à désirer quelques changements ; comme la conscription n’a pas encore été mise en mouvement, il est encore temps de le faire sans produire de contre-mouvements. Le département de la Seine ne fournira rien aux 42e et 52e de ligne ni aux 1er et 5e légers ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12873).

Le 31 octobre 1806, l'Empereur écrit, depuis Berlin, à Cambacérès, Archichancelier de l'Empire : "Mon Cousin je viens d'ordonner que le général Canclaux serait chargé d'organiser et commanderait 3,000 gardes nationales des départements de la Somme et de la Seine-Inférieure. Le général Rampon en commande 6,000 à Saint-Omer. Cela fera 9,000, qui pourront se porter soit sur Boulogne, soit sur Cherbourg, selon les événements. J'ai ordonné que le général Lamartillière en organiserait 3,000 à Bordeaux. Pressez pour que tout cela se fasse promptement, afin que mes côtes ne soient pas sans défense, tant pour le moment que pour le printemps prochain; car il est possible que mon armée ne soit pas rentrée pour cette époque, quoique de ma personne j'espère être de retour. Prenez des renseignements et faites-moi connaître jusqu'à quel point je puis compter sur les 3,000 hommes du général Canclaux, et si, en organisant trois autres mille gardes nationales dans les départements du Calvados et de la Manche, je pourrais retirer le 5e d'infanterie légère, qui est là ..." (Correspondance de Napoléon, t.13, lettres 11130; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 13388).

Le 11 décembre 1806, l'Empereur écrit depuis Posen à Fouché : "… Faites-moi connaître s'il y aurait de l'inconvénient à lever dans chacun des départements de la Manche et du Calvados 12 ou 1,500 gardes nationales. J'en confierais le commandement au sénateur Ferino, qui est un homme vigoureux, et je pourrais les charger de la défense de Cherbourg. Je pourrais alors retirer de cette place le 5e d'infanterie légère, et j'aurais un régiment de plus disponible …" (Correspondance de Napoléon, t.14, lettres 11436 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 13820).

Au début 1807, tandis que la Grande armée, qui a écrasée la Prusse, est en Pologne pour s'opposer aux Russes et aux débris de l'armée prussienne, le régiment est à Saint-Lô. Napoléon écrit à Dejean de passer en revue le camp de Saint-Lô et de porter une attention particulière au 5ème Léger. "Mon intention est d'appeler les deux premiers bataillons au complet".

Emplacement des troupes de l'Empire français à l'époque du 1er avril 1807
Infanterie légère
Numéros des Régiments, et noms des Colonels
Majors, Chefs de Bataillon et Quartiers-maîtres
Numéro des Bataillons
Emplacement, et conscription de l'an 1807
Division Militaire
5e Dubreton

Lanten
Pegot
Faure
Pinçont
Rebin
Goursac

Major
1er
2e
3e
4e
Quartier-maître


A Saint-Lô
A Saint-Lô
A Cherbourg
A Cherbourg
Conscrits des Pyrénées-Orientales, du Cher, de Sambre-et-Meuse, et de la Charente-Inférieure


Camp de Saint-Lô
Camp de Saint-Lô
14e
14e

Le 21 avril 1807, l'Empereur écrit, depuis Finkenstein, au Général Dejean, Ministre directeur de l'Administration de la Guere : "Monsieur Dejean, j'ai donné ordre au général Junot de passer la revue du camp de Saint-Lô. Ordonnez qu'il porte une attention particulière au 5e d'infanterie légère. Mon intention est d'appeler les deux premiers bataillons de ce régiment complétés à 2 400 hommes à la Grande Armée, aussitôt que je verrai que les Anglais auront fait une opération sur quelque point. Voyez donc que ce régiment ait ses caissons, etc., selon les règlements, et se mette en état de pouvoir partir promptement" (Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 15373).

Le même 21 avril 1807, l'Empereur écrit, depuis Finkenstein, au Général Lacuée : "Du moment que la campagne sera engagée et que j'aurai vu de quel côté les Anglais portent leurs efforts, mon intention est de faire suivre leurs mouvements. Les Anglais ne peuvent mettre en jeu qu’une expédition de 25,000 hommes, puisqu'ils en ont une de 20,000 en Sicile. Je doute même qu'ils fassent un si grand effort. S'ils se décident à venir dans la Baltique, mon intention est de tirer des divisions des camps de Boulogne, de Pontivy, de Saint-Lô et de Napoléon, et de les diriger sur le Rhin. Comme je n'ai de situation de l'intérieur sous les yeux que la situation de février, grâce à la négligence des bureaux de la guerre, je vous prie de me faire connaître l'état de situation actuelle et si je puis compter sur la formation de ces divisions, conformément au tableau ci-joint. Ce sera vers la fin de mai que ce mouvement pourrait avoir lieu, étant dans la croyance que la conscription de 1808 et la formation de ces divisions rétabliront les choses, dans un mois, à peu près dans le même état où elles sont aujourd hui.
ÉTAT DES QUATRE DIVISIONS A FORMER.
… DEUXIÈME DIVISION A TIRER DU CAMP DE SAINT-LÔ.
Deux brigades. La 1re brigade composée de trois bataillons du 5e léger, chaque bataillon ne fournissant que huit compagnies, en laissant une au dépôt. Chaque bataillon, fournissant au moins 1,200 hommes sous les armes, la force de la 1re brigade serait de 3,600 hommes. Si le régiment ne pouvait pas fournir ce nombre, on ne prendrait que 7 compagnies et l'on en laisserait 2 au dépôt. Alors on se contenterait de 900 hommes pour les 7 compagnies, et la force de cette brigade ne serait que de 2,700 hommes …
" (Correspondance de Napoléon, t.15, lettre 12435 ; Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 15381).

Le 6 mai 1807, l'Empereur écrit, depuis Finkenstein, au Général Dejean, Ministre directeur de l'Administration de la Guerre : "Monsieur Dejean, vous donnerez l'ordre que six compagnies du 3e bataillon du 5e d'infanterie légère, qui seront successivement complétées, à mesure de l'arrivée de la conscription, à 900 hommes, se rendent au camp de Saint-Lô, et aux deux bataillons de ce régiment qui sont au camp de Saint-Lô de se rendre à Paris. Il faudra qu'ils soient complétés à 2,000 hommes. Vous les passerez en revue à leur arrivée à Paris. Vous ne tarderez pas à recevoir l'ordre de les faire venir en poste à Mayence ..." (Correspondance de Napoléon, t.15, lettre 12538 ; Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 15549).

Le 15 mai 1807, l'Empereur écrit, depuis Finkenstein, à Cambacérès : "Mon Cousin … Les 9 bataillons qui composent le camp de Saint-Lô auront gagné dans les mois d'avril et de mai plus que l'affaiblissement produit par l'absence du 5e d'infanterie légère …" (Correspondance de Napoléon, t.15, lettre 12583 ; Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 15626).

Le même 15 mai 1807, l'Empereur écrit, depuis Finkenstein, au Général Dejean, Ministre directeur de l'Administration de la Guerre : "Monsieur Dejean, je vous ai envoyé le 6 mai l'ordre de faire partir le 5e régiment d'infanterie légère du camp de Saint-Lô pour Paris. Vous avez dû recevoir ma lettre le 15 mai ; le régiment se sera mis en marche le 17, et le 24 mai il arrivera à Paris. Vous recevrez le présent ordre le 24. Vous ferez partir le régiment le 25 de Paris, après l'avoir passé en revue et vous le dirigerez sur Thorn par le plus court chemin. Par ce moyen, il arrivera le 2 juin à Mayence et le 12 juin à Berlin. Donnez les ordres en conséquence" (Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 15629).

Le 21 mai 1807, l'Empereur écrit, depuis Finkenstein, au Général Lacuée : "Je reçois et lis avec un grand intérêt votre état A présentant la situation, après la réception des conscrits de 1808, 1° des dépôts de l'infanterie de l'armée de Naples et de la Grande Armée, 2° des régiments du Frioul, de la Dalmatie, etc. Cet état est si bien fait, qu'il se lit comme une belle pièce de poésie.
J'y ai remarqué quelques erreurs ... Au camp de Saint-Lô, je vois le 15e de ligne, qui n'y est pas, et le 31e léger, qui n'y est pas davantage ; il fallait mettre en place le 5e léger. Il ne fallait pas porter au camp Napoléon le 5e léger, qui n'y est pas, mais porter en place le 3e et le 4e bataillon du 15e de ligne et le 3e bataillon du 31e léger ... Il faut faire disparaître ces petites erreurs ...
" (Correspondance de Napoléon, t.15, lettre 12619 ; Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 15683).

Note de Dejean le 24 mai 1807 : "M. Denniée, après avoir pris connaissance de la présente lettre de S.M.I. ; de celle ci-jointe de monsieur l'archichancelier et de ma r éponse à S.A.S., me fera connaître les jours précis de l'arrivée à Paris de deux bataillons du 5e afin que je puisse régler leur départ et donner les ordres pour les relais en route. Si, contre mon attente, il était rendu à Paris ou prêt à s'y rendre, il faudrait m'en donner avis de suite. M. Denniée prendra les mesures nécessaires pour le faire passer en revue de suite" (Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 15629).

Le 24 mai 1807, l'Empereur écrit, depuis Finkenstein, au Général Junot, Gouverneur de Paris et commandant la 1ère Division militaire : "Je reçois votre lettre du 12 mai, dans laquelle vous me rendez compte de la bonne situation du 5e d'infanterie légère ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 15711 - En garnison à Saint-Lô, voir ci-dessus lettre 15373 de la CGN).

Le 4 juin 1807, l'Empereur écrit, depuis Dantzig, au Général Dejean, Ministre directeur de l'Administration de la Guerre : "Monsieur Dejean ... Je reçois votre lettre du 25 mai. J'y vois que le 3 juin le 5e régiment d'infanterie légère a dû partir de Paris et arriver le 12 juin à Mayence ; il arrivera le 20 juin à Berlin et le 25 à Thorn. Mon intention est que ce régiment voyage en poste. Donnez en conséquence des ordres au maréchal Kellermann ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 15827).

Passant par Paris puis Mayence, les deux premiers bataillons du régiment (952 et 939 hommes) arrivent à Berlin le 12 juin. Puis, ils sont dirigés pour compléter la Division Boudet.

Le 14 Juin, a lieu la bataille de Friedland. Le 16, Koenigsberg capitule. Le 21, un armistice franco-russe est signé à Tilsitt. A partir de ce moment, l'armée française va s'occuper de réduire les dernières places fortes qui lui résistent encore prussiennes, mais aussi suédoise (Stralsund).

Le siège de Kolberg se poursuit. A partir du 20 Juin arrivent non seulement de l'Artillerie mais des renforts. Le siège se resserre et les bombardements sur la place deviennent réguliers. Le 1er Juillet, un cessez-le-feu est instauré.

Tandis que Brune, à la tête d'un corps d'Observation, depuis fin avril, discute avec les Suédois devant Stralsund (note1), ceux-ci demandent l'aide des Anglais pour débloquer leur place forte, qui a déjà reçu des renforts prussiens.

Le 5 juillet 1807, Napoléon écrit, depuis Tilsit, au Général Clarke : "... Le maréchal Brune me mande qu'il a 45,000 hommes présents sous les armes, et dans ce nombre ne sont pas compris le 5e léger et les régiments que je lui ai envoyés de Danzig. Ainsi il est parfaitement en mesure de maintenir la Poméranie et de rendre nulles les opérations des Anglais" (Correspondance de Napoléon, t.15, lettre 12857 ; Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 15956).

Le même 5 juillet, les Britanniques débarquent après que l'armistice ait été dénoncé par la Suède, mais l'annonce d'un traité avec la Prusse (le 9 Juillet) fait retirer les troupes de ce pays.

Siège de Stralsund en 1807 d'après un dessin allemand d'époque
Siège de Stralsund en 1807 d'après un dessin allemand d'époque

Brune attaque le 13 Juillet. La division Boudet, dont les deux bataillons du 5ème Léger, s'empare de Tribsee. Le chef de bataillon Faure et le capitaine Potel du 5ème Léger sont blessés.

Le 22 juillet 1807, l'Empereur écrit, depuis Dresde, au Maréchal Berthier, Ministre de la Guerre, Major général de la Grande Armée : "Mon Cousin … l'armée du maréchal Brune sera composée : 1° de la division italienne, commandée par le général Pino, et des trois régiments de cavalerie italiens ; 2° des quatre régiments français de la division Molitor ; 3° des trois régiments français de la division Boudet ; 4e du 5e d'infanterie légère et du 19e de ligne, ce qui fait neuf régiments français ; du régiment d'Aremberg et des deux régiments de cavalerie légère français venus de Danzig ; de tous les Badois; de la brigade bavaroise venue de Munich ; des régiments de Nassau, de Würzburg, de Hesse-Darmstadt et du grand-duc de Berg. Ce qui fait donc : … Total... 38,000 Ce qui est plus que suffisant" (Correspondance de Napoléon, t.15, lettre 12936 ; Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 16046).

Le même jour, Napoléon écrit, depuis Dresde, au Maréchal Brune, commandant le Corps d'Observation de la Grande Armée : "... Pressez le siége de Stralsund ..." (Correspondance de Napoléon, t.15, lettre 12941 ; Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 16049).

Le blocus se fait plus contraignant. Les Anglais quittent la ville le 8 Août pour attaquer le Danemark. Le 15 Août, on ouvre des tranchées devant la ville. Les Suédois s'en retirent le 20 Août et alors qu'on fait des préparatifs pour attaquer l'ile de Rügen, les Suédois évacuent.

Brune subira la disgrâce de l'Empereur pour avoir permis aux Suédois de se retirer, en livrant simplement l'ile, sans les faire prisonniers.

Le 30 août 1807, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Maréchal Berthier : "Mon Cousin, donnez l'ordre au 5e régiment d'infanterie légère et au 19e de ligne, qui sont à Stralsund, de partir sans délai pour Hambourg, ou ils feront partie de la division Dupas. Donnez l'ordre au régiment des troupes de Paris, qui est à Hambourg, de se diriger sur Paris. Par ce moyen, la division du général Dupas sera composée des 4e et 5e régiments d'infanterie légère et des 15e, 58e et 19e de ligne ..." (Correspondance de Napoléon, t.15, lettre 13092 ; Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 16259).

La Division Boudet, en octobre, passe à la garde des villes hanséatiques avec Bernadotte. Le 5ème Léger tentera le crayon des autochtones.

Le 17 mars 1808, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Maréchal Berthier, Major général de l'Armée : "Voulant donner une preuve de notre satisfaction aux officiers et soldats de notre Grande Armée pour les services qu'ils nous ont rendus, nous avons accordé et accordons par la présente en gratification aux corps d'infanterie dont l'énumération suit la somme de 6 340 000 francs. Notre intention est que vous fassiez connaître aux conseils d'admnistration desdits corps que cette somme doit être distribuée entre les officiers et soldats qui se trouvaient aux batailles d'Ulm, d'Austerlitz, d'Iéna, d'Eylau et de Friedland entendant que ceux qui se sont trouvés à trois de ces batailles recevront deux jours de solde en gratification et que ceux qui ne se sont trouvés qu'à une ou deux de ces batailles ne reçoivent qu'un jour de solde ; ceux qui auraient été blessés, soit à trois, soit à une seule de ces batailles recevront trois jours de gratification au lieu de deux. Lorsque ce travail sera ainsi proposé par le conseil d'administration on donnera autant de jours et de mois qu'il sera possible avec la somme qui aura été assignée au corps. Les colonels ni les majors ne sont pas compris dans la distribution de ces gratifications qui s'arrêtera au grade de chef de bataillon ou d'escadron inclusivement ... ANNEXE :
... Corps du prince de Pontecorvo
... 5e légère 60 000 ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 17415).

- Pendant ce temps en France (1806-1808)

Pendant que les deux premiers bataillons sont en Allemagne du Nord, Napoléon décrète, le 2 août 1807, depuis Saint-Cloud : "TITRE Ier.
DISSOLUTION DES CAMPS DE SAINT-LÔ, PONTIVY ET NAPOLÉON.
ARTICLE 1er. Les trois camps volants de Saint-Lô, de Pontivy et de Napoléon seront dissous dans le courant du mois d'août.
ART. 2. Chacun de ces trois camps formera une division d'un corps qui portera le titre de Corps d'observation de la Gironde.
ART. 3. Le général Junot, gouverneur de Paris, est nommé général en chef commandant le corps d'observation de la Gironde, lequel se réunira à Bayonne.
Le général Junot recevra des ordres pour être rendu le 20 août à Bayonne avec son état-major.
TITRE III.
MESURES A PRENDRE POUR LA DEFENSE DE NOS COTES.
ART. 9. Le 3e bataillon du 5e régiment d'infanterie légère se rendra à Cherbourg.
... TITRE IV.
DES DEPOTS.
ART. 10. Les dépôts de tous ces régiments continueront à rester où ils se trouvent. En conséquence, les majors, quartiers-maîtres, officiers d'habillement, ouvriers, etc. continueront à rester dans les 12e, 13e et 14e divisions militaires.
TITRE V.
DISPOSITIONS GÉNÉRALES.
ART. 11. Pour compléter les cadres des bataillons, il ne sera pris aucun des conscrits de 1808, qui continueront à rester aux 3es ou 4es bataillons ou aux dépôts des régiments.
ART. 12. Nos ministres de la guerre et de l'administration de la guerre sont chargés de l'exécution du présent décret
" (Correspondance de Napoléon, t.15, lettre 12973).

Le 15 octobre 1807, Napoléon écrit, depuis Fontainebleau, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le Général Clarke, mon intention est de former un second corps d'observation de la Gironde, qui sera composé de trois divisions. Ces trois divisions seront composées de trois bataillons de chacune des cinq légions de réserve, de quatre bataillons suisses (deux du 3e, un du 2e et un du 4e), de deux bataillons des troupes de Paris et du 3e bataillon du 5e d'infanterie légère ; ce qui fera vingt-deux bataillons ou sept bataillons par division. Chaque division aura douze pièces d'artillerie pour son service. Proposez-moi le plus tôt possible la formation de l'état-major, de l'artillerie, du génie et des administrations. Proposez-moi également les trois généraux de division, les trois adjudants commandants et les six généraux de brigade nécessaires pour commander ce corps. Le corps d'observation de la Gironde aura donc besoin de trente-six pièces d'artillerie. Ces trente-six pièces nécessitent 7 à 800 chevaux ..." (Correspondance de Napoléon, t.16, lettre 13258 ; Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 16540).

Napoléon ordonne par ailleurs le lendemain que le 3e Bataillon du Régiment, stationné à Cherbourg, se complète à 6 Compagnies et se porte sur Bayonne pour faire partie du 2ème Corps d'Observation de la Gironde. Trois Compagnies, le Dépôt et un Major doivent rester à Cherbourg : "AU GÉNÉRAL CLARKE, MINISTRE DE LA GUERRE
Fontainebleau, 16 octobre 1807
Monsieur le général Clarke ... Vous donnerez ordre au 3e bataillon du 5e léger qui est à Cherbourg de former un bataillon de six compagnies, chaque compagnie composée de 200 hommes, et de le faire partir sans délai pour Bayonne. Ce bataillon fera partie du second corps d'observation de la Gironde. Vous chargerez un des généraux qui se trouvent à Cherbourg de passer la revue de ce bataillon et de s'assurer qu'il est en état de faire campagne. L'effectif de ce bataillon est porté sur les états à 1 800 hommes : en en formant six compagnies de 200 hommes, il resterait encore trois compagnies qui feraient 600 hommes. Le major restera avec le dépôt à Cherbourg, et le chef de bataillon partira avec les 1200 hommes. Si cependant pour compléter le nombre de 1200 hommes, il ne se trouvait pas assez d’hommes bien habillés, bien équipés et en bon état, on ne ferait partir, d'abord, que 900 hommes, c'est-à-dire les compagnies à 150 hommes, sauf à faire partir, quinze jours après, les 300 autres ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 16542).

Le 3 novembre 1807, l'Empereur écrit, depuis Fontainebleau, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le Général Clarke, le 2e corps de la Gironde sera partagé en trois divisions.
... La 3e division sera commandée par le général Malher, et sera composée de la 5e légion de réserve, du 2e bataillon du 4e régiment suisse, de deux bataillons de la garde de Paris et du 3e bataillon du 5e léger ; ce qui fera sept bataillons.
Le corps sera commandé en chef par le général de division Dupont.
… Le général Dupont sera rendu à Bayonne pour le 15 novembre.
Chaque division aura douze pièces de canon ...
" (Correspondance de Napoléon, t.16, lettre 13323 ; Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 16691).

Le 30 janvier 1808, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, vous donnerez l'ordre qu'un officier, deux sergents, quatre caporaux et soixante hommes du 86e soient mis à la disposition du ministre de la Marine à Saint-Malo, pour être embarqués sur le brick Le Milan ... Donnez l'ordre qu'un même nombre d’hommes du 5e d'infanterie légère soient fournis à Cherbourg, pour être embarqué sur le brick Le Papillon ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 17109).

Le 17 mars 1808, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur général Clarke, la 5e légère et le 58e de ligne qui sont à Hambourg ont besoin de renforts. Il est possible que ces deux corps soient obligés d'entrer en campagne pour soutenir le corps du prince de Pontecorvo en Suède. Il est donc convenable que vous dirigiez sur Hambourg une compagnie de 150 soldats de chacun de ces deux régiments commandée par un capitaine, lieutenant et sous-lieutenant. La compagnie de la 5e légère partira de Cherbourg et celle du 58e de Vincennes, elles marcheront à petites journées. Vous aurez soin d'ordonner que ces hommes soient bien armés, bien habillés et partent en bon état. S'ils n'ont pas de capotes ici, ils pourront en recevoir à Hambourg ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 17418).

III/ L'ESPAGNE DES TROISIEME ET 4EME BATAILLON 1808-1810

Carabinier du 5e Léger en 1807-1808
Fig. 4 Carabinier du 5e Léger d'après le Bourgeois de Hambourg

En Espagne, dès la fin 1807, sous prétexte de la campagne au Portugal, les troupes françaises organisées en divers Corps d'Observation avaient largement pénétré chez leur allié et s'étaient emparées des points stratégiques, tandis que la monarchie espagnole se déchirait dans des querelles familiales. Le peuple espagnol et l'armée subissaient cela en rongeant leur frein. Le 20 février 1808, Murat prend la tête de toutes les forces françaises en Espagne et s'avance sur Madrid qu'il atteint le 23 mars.

En janvier 1808, le 3e bataillon du 5e Léger était encore porté à la 3e division (Mahler) du corps de Dupont (2e Corps d'Observation de la Gironde). Heureusement pour lui, il en serait détaché pour sécuriser les communications.

Napoléon, croyant le pays mur pour un changement dynastique, force les souverains espagnols à l'abdication à Bayonne et décide de mettre son frère Joseph sur le trône, le 10 Mai 1808. Dès que cela fut connu, des révoltes éclatèrent simultanément sur tout le territoire (en préambule, il y eut les fameux 2 et 3 Mai à Madrid liés à l'exfiltration d'une partie de la famille royale) et l'armée espagnole prit les armes contre les occupants français. Le sous-lieutenant Dewareux du 5ème Léger fut d'ailleurs tué à Madrid, le 2 mai.

Parmi les troupes françaises en Espagne, il y avait aussi le Corps d'Observation des Côtes de l'Océan, mis sous le commandement de Moncey. On y comptait désormais, depuis avril, les 2 bataillons du 5ème Léger (3ème et 4ème) au sein de la division Frère. Moncey quittait Madrid, le 8 Juin, pour mâter la révolte de Valence ; la division Frère manoeuvrait en arrière garde. Moncey échouait devant Valence à la fin juin et devait se replier sur Madrid.

Le 2e Corps d'Observation de la Gironde sous Dupont était parti le 7 avril de la capitale espagnole pour l'Andalousie. Il laissait deux de ses divisions en arrière. On connait le sort qui l'attendait à Bailen. Cette défaite allait forcer Napoléon à venir sur le théâtre d'opération en personne, en rameutant ses vieilles troupes d'Europe centrale, et en réorganisant les unités sur place. Le corps d'Observation des Côtes de l'Océan devenait ainsi 3e Corps de l'Armée d'Espagne, toujours sous le commandement de Moncey. Le 4ème bataillon du 5ème Léger y comptait au sein de la division Granjean.

On parlait d'une nouvelle armée anglaise qui venait de débarquer.

Après la bataille de Tudela, Napoléon continuait sa marche sur Madrid. La fameuse prise du col de Somosierra ouvrait le chemin. L'Empereur entrait dans la capitale espagnole le 4 décembre.

Jusqu'alors, Napoléon ne s'était pas occupé de l'armée anglaise du général Moore, mais lorsqu'il apprit qu'elle s'était avancée du Portugal en Espagne, autour de Salamanque (entre les 13 et 23 Novembre), il prescrivit au Maréchal Soult de redescendre dans le royaume de Léon. Un autre petit corps anglais, sous le général Baird, venait de débarquer à la Corogne.

Tandis qu'à l'ouest, le maréchal Soult poursuit l'armée anglaise de Moore dans sa retraite précipitée à travers la Galice, les autres forces françaises repoussent les Espagnols.

Le 3e Corps, désormais sous Junot, revenu du Portugal, est affecté en décembre au 2ème siège de Saragosse, le premier ayant été infructueux entre juin et août 1808. Les premiers combats inopérants amènent le commandement général des opérations à Lannes. Le siège va se terminer le 21 février 1809, après de longs préparatifs d'établissement de tranchées et de batteries, puis des combats de rues acharnés. Le 5ème Léger y a de nombreuses pertes, comme le lieutenant Valette et le sous lieutenant Demazis. Le 3e Corps stationne alors dans la ville.

Siège de Stralsund en 1807 d'après un dessin allemand d'époque
Saragosse en 1809

Passé sous les ordres du général Suchet, le 3e Corps, très affaibli, doit pacifier l'Aragon. Le 5ème Léger y est à la division Laval. Elle se heurte rapidement aux forces espagnoles du général Blake et ses 10.000 hommes ainsi que la levée des guerillas. Suchet part à la rescousse de son adjoint Laval et, le 23 mai, rencontre Blake à Alcaniz. Suchet est repoussé et ses troupes sont prises de panique. Le capitaine Lassere, du 5ème Léger, est tué.

Comprenant qu'il faut remettre en condition ses soldats, Suchet les nourrit, les habille et les entraine. Il reçoit aussi quelques renforts. Repartant à l'offensive le 15 juin, il combat victorieusement cette fois ci l'Armée de Blake le 15 juin à Maria puis poursuit jusqu à Belchite où il finit de la disperser.

Depuis la fin mai, il n'y a plus qu'un bataillon du 5ème Léger au 3ème Corps et il tient garnison à Saragosse.

L'armée de Suchet est très affaiblie par les maladies locales, et ne trouve aucun renfort dans des recrues qui arrivent de France au compte-goutte (désertion ou maladie le long du trajet). La disparition de l'Armée de Blake n'a fait que renforcer les effectifs des guérillas qui harcèlent les Français.

Suchet organise des colonnes mobiles qui parcourent l'Aragon. Il s'empare de Jaca qui deviendra une des bases des chasseurs de montagne (voir l'article consacré à cette unité) et jusqu'à la fin de l'année, avec ses subordonnés, s'empare des principaux centres des guérillas. Restent les places de Lerida, Mequinenza et Tortose, qui à l'Est de la province leur servent de point d'appui.

Le 11 janvier 1810, l'Empereur écrit depuis Paris à Berthier, prince de Neuchâtel et de Wagram, major-général de l'armée d'Espagne, à Paris : "Mon Cousin, vous donnerez sans délai les ordres suivants, que vous enverrez par un officier d'état-major :
Vous donnerez l'ordre que tout ce qui appartient au 5e léger se rende à Saragosse; que tout ce qui appartient au 43e, au 51e, au 58e, au 12e léger, au 10e bataillon de marche, se rende à Madrid pour y rejoindre ces corps.
J'aurai donc, pour le nord de l'Espagne, trois divisions formant 30,000 hommes. Je désire que le 10 février, époque où je compte que ces trois divisions seront réunies, elles puissent agir ...
" (Correspondance de Napoléon).

A la mi-février 1810, une expédition contre Valence, commanditée par le Roi Joseph, faillit tourner au désastre. Suchet sagement sait se retirer et reprendre en main l'Aragon qui s'agitait déjà.

Le 13 avril 1810, Suchet entame le siège de Lérida, repoussant les sorties des assiégés et les forces qui viennent à leur secours. Le 12 mai, les colonnes d'assaut avec les compagnies d'élite des 115e et 117e de Ligne et du 5e Léger entrent dans la ville. La garnison se rend le 14. Le 5e Léger y perdra le capitaine Byais, tandis que les capitaines Arvet, Bertaux et Dimpre,Gosselle et Perroux seront blessés.

Pendant qu'il s'occupait de Lerida, Suchet avait dégarni l'Aragon d'effectifs, et les guérillas revenaient des confins de la province. Heureusement, les Français faisaient face. Rassuré, Suchet pouvait se porter sur Mequinenza dès le 20 mai.

La ville se rend le 8 Juin.

POSITIONS DU 5E LEGER EN SEPTEMBRE 1810

Colonel Dubreton, Major Lanten, Quartier Maitre Goursac
1er bat chef de bataillon Javersac à Cherbourg
2e bat : Chomeau, 14e division militaire
3e bat : Lefizelier, à la 3e division 3ème Corps
4e bat Gossel en Espagne
5e bat dépôt à Cherbourg

Plaque de shako du 5e Léger 1806-1810
Fig. 4bis Plaque de shako en 1806-1810

A la mi-août, les forces de Suchet se portent sur Tortose, après des combats d'approche de plusieurs semaines où s'illustre le 5ème Léger (note2). Le capitaine Gescot y sera blessé.

Suchet fait sa jonction avec des divisions françaises de Catalogne qui lui sont envoyées. Le siège se resserre peu à peu et la ville finira par se rendre le 1er Janvier 1811.

Ainsi se termine pour le 3e Corps et le 5ème Léger ces années 1809-1810 en Aragon et Catalogne.

Pendant ce temps, d'autres bataillons du régiment vont s'illustrer en Autriche.

IV/ 1809 LA CAMPAGNE D'AUTRICHE DU 5ème LEGER

L'année 1808 s'était passée tranquillement en garnison dans les villes hanséatiques pour les deux premiers bataillons du 5ème Léger, sous les ordres de Bernadotte et du colonel Dubreton.

Au début 1809, profitant que Napoléon était en Espagne, avec ses meilleures troupes, l'Autriche soutenue par l'Angleterre, réarme, mobilise, et se prépare à l'affrontement.

Quittant précipitamment l'Espagne, Napoléon redéploye ses forces en Allemagne, Italie du Nord et Dalmatie, renforce la conscription, mobilise ses alliés allemands et polonais. Rapidement, il a sous la main une toute nouvelle Grande Armée, dont il forme de nouveaux Corps.

Bernadotte est mis à la tête du 9e Corps formé essentiellement de Saxons, mais dans sa réserve, il y a des régiments français avec le général Dupas qu'il a ramené des villes hanséatiques, dont le 5ème Léger à deux bataillons, et le19e de Ligne à trois bataillons. On leur a adjoint deux bataillons saxons que nous reverrons.

"Le 9e corps sera formé par l'armée saxonne aux ordres du prince de Ponte-Corvo, et composé de trois divisions réunies à Dresde et de deux du duché de Varsovie, formant près de 50,000 hommes. Le prince de Ponte-Corvo aura sous ses ordres l'armée saxonne, toutes les troupes du duché de Varsovie et les garnisons de Glogau et de Danzig".

L'Empereur, comme à son habitude, étudie les déplacements de ses corps d'Armée et leurs effectifs avec minutie. Ainsi, constatant les positions du 5ème Léger : 1er et second bataillons en Allemagne, 3ème et 4ème bataillons en Espagne, et 5ème bataillon de dépôt à Cherbourg, il écrit à Berthier :
"C'est par erreur que, dans une de mes lettres précédentes, on a mis le 5e régiment d'infanterie légère. Les grenadiers et voltigeurs de ce régiment sont au 4e bataillon ; faites-les partir, sans délai, avec ce qu'il y a de disponible des compagnies de fusiliers, de sorte que ce régiment ait quatre compagnies de son 4e bataillon avec ses bataillons de guerre".

Après la prise de Vienne, les 21 et 22 mai a lieu la bataille d'Essling après le passage du Danube. C'est un échec et l'Empereur doit se replier en attendant des renforts. Il écrit à Bernadotte :
"Ebersdorf, 24 mai 1809, cinq heures du soir.
Nous avons eu, le 21 et le 22, Prince, une bataille assez sérieuse sur la rive gauche du Danube, aux villages d'Essling et d'Aspern. L'ennemi était dans la plus parfaite déroute à huit heures du matin, quand nos deux ponts sur les deux grands bras du Danube ont été emportés par la crue des eaux.
Je vous ai fait écrire par le duc d'Auerstaedt que vous ne deviez pas entrer trop avant en Bohème jusqu'à ce que nos ponts soient rétablis et que l'Empereur ait pris lui-même le parti de déboucher de nouveau sur la rive gauche ... La tête de pont de Linz doit donc être gardée par vous. Comme l'ile de Lobau forme notre tête de pont sur la rive gauche du Danube, aussitôt que l'Empereur pourra être assuré que ses ponts sont solides, il pourra se décider à une bataille générale.
Si vous pouviez organiser six pièces de 3 ou de 5, dont trois au 19e régiment et trois au 5e d'infanterie légère, cela vous ferait dix-huit pièces françaises, ce qui serait bien important, car l'ennemi a une grande quantité d'artillerie".

Sergent major porte aigle 5e Léger 1807
Fig. 5 Sergent major porte aigle du 5e Léger vers 1807

Ayant reçu enfin des nouvelles troupes, dont l'Armée d'Italie, celle de Dalmatie et le 9e Corps, Napoléon repasse le Danube à partir de l'ile Lobau dans la soirée du 4 juillet.

"Instructions ...
10. Le corps du prince de Ponte-Corvo, la Garde et l'armée du Prince Eugène passeront immédiatement après sur les différents ponts et formeront la deuxième ligne. L'Empereur leur désignera, au moment, les ponts sur lesquels ils doivent passer.
11. L'armée doit être placée de la manière suivante, le plus tôt possible : trois corps en première ligne ; celui du duc de Rivoli à la gauche, celui du général Oudinot au centre, celui du duc d'Auerstaedt à la droite ; en seconde ligne : le corps du prince de Ponte-Corvo à la gauche, la Garde et le corps du duc de Raguse et la division Wrede au centre, et le Prince Eugène à la droite. Chaque corps d'armée sera placé, une division faisant la gauche, une le centre et une la droite".

Le 5ème Léger aux ordres du colonel Dubreton a donc en ligne ses deux premiers bataillons : le premier sous le chef de bataillon Quincieux et le second sous le chef de bataillon Paty, au sein de la division Dupas.

Une fois le fleuve passé les dispositions tactiques de l'Empereur sont exécutées et la division Dupas se retrouve, en fin de journée, au milieu du front français, entre le 9ème Corps, à sa gauche, qui s'est emparé d'Aderklaa, et l'Armée d' Italie, à sa droite, face à Wagram et aux forces de Bellegarde. Napoléon donne l'ordre de s'emparer de Wagram grâce à ces trois masses.

La division Dupas franchit le Russbach, épaulée à droite et à gauche. Le 5e Léger et le 19e de Ligne s'élancent en criant "vive l'Empereur !". Hélas, les deux bataillons saxons qui sont avec eux sont pris par l'Armée d'Italie pour des Autrichiens et celle ci les fusille. Les Saxons reculent en tirant à leur tour sur leurs voisins. Le désordre gagne la ligne d'attaque et les Français doivent reculer. La nuit tombe. Le front se stabilise. Mais le 5e Léger a eu de nombreuses pertes en vain, dont le chef de bataillon Quincieux.

Napoléon prend ses dispositions pour le lendemain. Ce sont les Autrichiens qui lancent les premiers l'offensive et reprennent Aderklaa. Bernadottte doit le reprendre. Il lance les reste de la division Dupas qui échoue. Puis les Saxons du 9ème Corps se débandent. La Garde les arrête mais les Autrichiens ont progressé, repoussant aussi le 4ème Corps de Masséna. Aderklaa est pris et repris plusieurs fois par les troupes de Masséna.

Le front se déplace à gauche perpendiculairement au Danube. Si il ne veut pas être coupé de sa ligne de retraite, Napoléon ordonne à Masséna de tenir Essling puis il decide de rompre le centre autrichien, précédant son offensive de la célèbre grande batterie.

La journée se termine par une victoire incontestable avec une avancée générale sur tout le front. Le 5ème Léger a chèrement payé son engagement.

La Grande Armée est de nouveau dissoute, se transformant en une Armée d'Allemagne. En octobre, le 1er bataillon, désormais aux ordres du chef de bataillon Javersac et le second bataillon avec le chef de bataillon Chomeau, font partie du 4e Corps, division Molitor, à Budwitz.

V/ 1811 : LA PRISE DE TARRAGONE

En 1811, le 5e Léger va se retrouver, à part son bataillon de dépôt à Cherbourg, en Espagne, séparé en deux contingents.

- Deux Bataillons combattent avec Suchet.

Siège de Stralsund en 1807 d'après un dessin allemand d'époque
Siège de Tarragone, 1811

Ayant obtenu la reddition de Tortose le 1er Janvier 1811, Suchet s'occupe de réduire les dernières résistances en Catalogne en collaboration avec Mac Donald. Le 3e Corps est devenu armée d'Aragon. Les 3e et 4e bataillon du 5ème Léger y sont toujours en ligne.

Le 8 janvier, il fait investir le fort St Philippe, au col de Balaguer, par la division Habert. L'assaut est rapidement donné par les compagnies de grenadiers et voltigeurs dont celles du 5e Léger. Le capitaine Dimpre y est blessé.

Tandis que Mc Donald doit retourner en Catalogne centrale avec la majorité de ses forces, Suchet s'empare le 7 février de Cambrils. La route de Tarragone est ouverte.

De la place, les Espagnols lancent des colonnes pour reprendre Cambrils et St Philippe, mais ils sont repoussés.

Tirant ses approvisionnements de Tortose et Lérida, fin avril, Suchet met bientôt le siège devant Tarragone, défendue par le général Contreras. Il dispose de sa fidèle armée d'Aragon, renforcée de troupes de l'armée de Catalogne.

La place, à l'embouchure de l'Ebre, adossée à la mer, a sa vieille ville entourée d'une muraille antique et ses faubourgs ou ville basse d'une ligne de fortifications avec des bastions. En dehors de la ville, des points fortifiés complètent les défenses : fort de l'Olivo en hauteur, fort Loreto, fort Francoli. Le port reçoit la flotte britannique.

Après une marche d'approche prudente, les Français, classiquement établissent des tranchées et des batteries de siège. Le 4 mai, la ville est complètement investie du côté de la terre.

Le 17 mai, une sortie des Espagnols sur deux bataillons français est repoussée grâce aux compagnies d'élite du 5e Léger, venues à la rescousse.

Le siège continue, rythmé par des contre-attaques des assiégés. Le fort de l'Olivo est pris le 3 juin.

Le 21 juin, l'assaut sur la ville basse dont des brèches ont été pratiquées dans les bastions, est programmée avec trois colonnes d'assaut. La première, composée d'hommes d'élite des 116e, 117e et 121e, sous les ordres du colonel du génie Bouvier, se porte vers la brèche du bastion des Chanoines, et tâche de l'enlever malgré la résistance acharnée des Espagnols, qui lui opposent tantôt des feux à bout portant, tantôt leurs baïonnettes. Après deux tentatives, elle parvient à s'y maintenir, mais les Espagnols tiennent encore leurs positions.

Pendant ce temps, une seconde colonne, sous le chef de bataillon polonais Fondzelski, composée d'hommes d'élite pris dans les 1er et 5e léger, et dans le 42e de ligne, après s'être précipitée sur le bastion Saint Charles, y rencontre une résistance opiniâtre. Appuyée par une troisième colonne que commande le colonel Bourgeois, elle franchit la brèche. Le chef de bataillon Fondzelski poursuit alors les Espagnols à travers la basse ville, se bat de maison en maison, pendant que la colonne Bourgeois, qui le suit, prend à gauche, va tendre la main à la colonne Bouvier et l'aider à conquérir le bastion des Chanoines. Grâce à ce secours, ce bastion est enfin emporté, et les deux troupes réunies se jettent sur le château royal. Elles en escaladent la brèche et y pénètrent. Les Espagnols s'y défendent à outrance, et se font tuer jusqu'au dernier. La résistance et les pertes exaspèrent les assiégeants qui hélas commettent des massacres sur les civils.

Suchet craint qu'une attaque des 12.000 hommes encore dans la ville haute combinée à une offensive extérieure ne le rejette.

Le 28 juin au soir, l'attaque générale de la ville haute par les généraux Habert, Ficatier et Montmarie est lancée. La résistance est acharnée. Les maisons doivent être prises une par une. Il n'est fait aucun quartier de part et d'autre. Les derniers défenseurs, acculés à la mer, se rendent.

Les pertes de côté français s'élevent à 4300 tués ou blessés. Les pertes espagnoles s'élèvent entre 14000 et 15000 personnes dont 8000 capturées.

Le 5e Léger a perdu le chef de bataillon Javersac; le chef de bataillon Anicot est blessé ainsi que de nombreux officiers.

Suchet reçoit son bâton de maréchal. Il ne le saura que fin juillet.

Siège de Stralsund en 1807 d'après un dessin allemand d'époque
Catalogne

La prise de Tarragone stupéfie les Catalans. Suchet en profite pour élargir son champ d'action. Il attaque la forteresse du Montserrat occupée par le baron d'Eroles et s'en empare. Puis il rentre à Saragosse, s'occupant à présent d'une expédition sur Valence. Les Espagnols de leur côté envoie dans la province le général Blake, tandis que les Anglais y débarquent des armes.

Suchet, le 15 septembre, entame sa progression avec trois colonnes : Habert, Palombini et ses Italiens, Harispe. Le 27, il entre dans Murviedro et repousse les Espagnols qui se réfugient dans le fort qui domine Sagonte. Un nouveau siège en règle va débuter.

Le 16 octobre, Suchet achève de disposer ses batteries d'artillerie autour du rocher de Sagonte, dans la Plaine de Murviedro. Cette position est défendue par une garnison commandée par le général Andriani. Les bouches à feu françaises pilonnent les positions espagnoles durant près de trois jours, pendant que les Français s'emploient à creuser une brèche pour approcher les linges espagnols. Suchet ordonne alors au colonel Matis (du 117e de Ligne) de monter à l'assaut de Sagonte par la brèche avec 400 hommes ponctionnés sur le 5e Régiment d'Infanterie Légère, les 114e et 117e de Ligne, ainsi que quelques soldats de la Division Italienne. Les Français se font repousser par une impressionnante mousqueterie espagnole.

Pendant ce temps, à l'est à Valence, les Espagnols du général Blake se rassemblement (2nde et 3e Armées) pour attaquer les positions de Suchet. Le chef français n'hésite pas. Laissant une grande partie de son artillerie autour du Rocher avec le 117e et quatre Bataillons italiens commandés par Bronikowski, il accepte le combat et les deux armées se font face le 24 octobre dans la plaine située entre Murviedro et Valence, au pied des collines de Sancti Espiritus.

L'action s'engage le 25, à la vue de Sagonte. Les charges de la cavalerie française et les assauts de l'infanterie ont raison des Espagnols qui fuient avec pertes. Le lendemain, Sagonte se rend. Suchet avec son armée victorieuse se présente alors devant Valence.

- Formation du Corps d'observation de Réserve pour l'Espagne

Le 8 juin 1811, Napoléon écrit, depuis Paris, au Général Clarke pour former un Corps d'Observation de Réserve pour l’Espagne : "Monsieur le Duc de Feltre, le corps d’observation de réserve sera composé de la manière suivante :
.. 2e Division. – 5me léger : quatre bataillons. Deux bataillons se rendront de Cherbourg à Rennes. Les deux bataillons qui sont à l’armée d’Aragon rejoindront aussitôt que faire se pourra.
3e de ligne : deux bataillons, qui se réuniront à Rennes.
105e de ligne : deux bataillons, qui se réuniront à Rennes.
10e léger : quatre bataillons. Ce régiment se réunira d’abord à Rennes ; le 4è bataillon s’y rendra lorsqu’il sera formé et habillé.
52e de ligne : deux bataillons d’élite. Ces bataillons sont à Toulon et rejoindront à Vitoria.
Les régiments auront chacun leurs deux pièces d’artillerie. Cette division, qui se réunira à Vitoria, sera commandée par le général Caffarelli ...
".

Les premier et second Bataillons (Chefs de Bataillon Javersac et Chomeau) partent en Juillet pour Bayonne avec le Colonel dans ce Corps de Réserve, puis à l'Armée du Nord de l'Espagne où ils vont mener pendant deux ans une guerre obscure dans les provinces basques contre des partis de guérilla.

Le colonel Curnier de Pilvert.

François Théodore Curnier de Pilvert, né à Crest dans la Drôme en 1767. Lieutenant au 4e bataillon de volontaires de la Drôme en octobre 1791. Sous-lieutenant au 11e Rgt d'infanterie en janvier 1792, capitaine en octobre. A l'Armée du Var en 1793. Passe à la 21e de bataille puis la 32e demi-brigade de Ligne au second amalgame. Fait campagne à l'Armée d'Italie 1796-1797, puis à l'Armée d'Orient 1798 1801 ; Blessé à Canope.
Juillet 1803 : chef de bataillon à la 32e Demi-brigade puis au 32e de Ligne. Fait campagne avec son régiment à la Grande Armée.
Major du 51e de Ligne en avril 1806. Envoyé en Espagne en 1808. Devient major du 116e de Ligne en octobre 1808. Colonel en second (avril 1811) puis en titre (septembre 1811) du 5eme Léger.
Fait campagne à l'Armée du Nord de l'Espagne entre 1811 et 1813 puis à l'Armée des Pyrénées 1813-1814.

VI/ LA CHUTE DE VALENCE ET L'ANNEE 1812

Sapeur du 5e Léger 1812
Sapeur 5e Léger 1812
Fig. 6 Sapeur du 5e Léger en 1812
Fig. 6bis Sapeur du 5e Léger en 1812, d'après H. Boisselier

Valence contient environ, sous les ordres de Blake, 20000 hommes, et ses murailles sont solides. Le terrain, entrecoupé de canaux, rend la progression difficile à ses abords. Suchet demande donc des renforts que lui accordent les généraux Reille venu de Navarre, Montbrun de l'Armée du Portugal, et Darmagnac de l'Armée du Centre. Le siège commence, il va durer deux mois. Suchet, qui venait d'être blessé, s'établit solidement sur les rives du fleuve Turia qui baigne Valence, puis entame sa manoeuvre d'encerclement en établissant des points de passage sur le fleuve. Puis c'est une guerre de tranchées et de batteries.

Dans la nuit du 28 au 29 décembre 1811, Blake tente une première sortie, désespérée, tentative qui est repoussée. Le découragement gagne la garnison. Les ouvrages de défense avancés sont pris. Dans la nuit du 30 au 31 décembre, une dernière sortie échoue encore.

Dans la nuit du 5 au 6 janvier, Suchet ordonne le bombardement systématique de la ville où déjà de nombreux mouvements populaires réclament la capitulation. Le 9 janvier 1812, Valence se rend. Suchet, qui vient de gagner son titre de Duc d'Albufera (près de Valence) se retrouve de fait comme un "vice roi" des trois provinces Aragon, Valence et Basse Catalogne. Il cherche à stabiliser ses positions et occupe dès février Peniscola et Denia. Mais hélas, cela n'est pas aussi favorable dans le reste de l'Espagne.

En janvier 1812, l'armée du Portugal abandonne le Tage et est ramenée sur le Douro aux environs de Salamanque. Ce mouvement de retraite amène la perte de deux places importantes : Ciudad Rodrigo (en Janvier) et Badajoz (en Avril) qui tombent aux mains de Wellington. Le commandement général de toutes les forces françaises a été hélas confié au Roi Joseph en mars.

Chez Suchet, qui reste à Valence, le général Reille prend le commandement de l'Aragon et Decaen est en Catalogne. Ils sont harcelés par les guérillas et les renforts français n'arrivent pas. Mieux, on ampute des effectifs. Alicante devient une base des rebelles et des Anglais. Suchet approvisionne ses places fortes, au cas où.

Suite à la défaite des Arapiles, le 22 Juillet 1812, au Sud-Est de Salamanque, le dispositif français en Espagne est désorganisé. Joseph fuit sur Valence chez Suchet alors que Wellington entre à Madrid le 12 Août. Un jour avant, le général Delort, de l'Armée de Suchet, a battu les Anglo- Espagnols de O'Donnel à Castalla, à 50 kilomètres au nord d'Alicante.

Soult doit évacuer à contre coeur l'Andalousie. Le31 Août, Joseph est entré en grande pompe à Valence et épuise avec sa suite les provisions. L'Armée de Soult a rallié. Toutes les places de Catalogne et Aragons sont attaquées par des guérillas de plus en plus puissantes.

Au 3 Octobre, un conseil de guerre réunit Joseph et les maréchaux Soult, Jourdan, et Suchet. Un nouveau plan de stabilisation de la situation militaire est adopté. Burgos tient toujours. Drouet d'Erlon, qui a pris le commandement de l'Armée du Centre, s'empare de Cuenca le 20 Octobre. Souham repart en avant et délivre Burgos le 28 Octobre, puis entre à Valladolid. Le 2 Novembre, Joseph retrouve Madrid. Suchet resserre son dispositif, abandonnant le sud de la province de Valence.

Les Armées françaises se réunissent à Medina del Campo mais ne peuvent empêcher une nouvelle fois Wellington de se replier à Alba de Tormes le 15 Novembre, sans pouvoir livrer une bataille décisive. Ce dernier prend ses quartiers d'Hiver à Ciudad Rodrigo. Les Français, eux, s'installent une nouvelle fois entre le Douero et le Tage. Suchet se maintient dans ses provinces mais pour combien de temps ?

Les cadres du 4ème bataillon du 5ème Léger ont été renvoyés en France pour reformer un nouveau bataillon avec des conscrits.

VII/ 1813

LA MOBILISATION DE L'INFANTERIE LEGERE EN JANVIER/ FEVRIER POUR LA CAMPAGNE DE 1813 EN ALLEMAGNE
(Source : correspondance de Napoléon )

Dès janvier 1813, Napoléon ordonne de réorganiser l'infanterie légère (et de Ligne) en prévision de la campagne qui ne saurait tarder sur le Front Est. Plusieurs mesures sont prises :

1. Le rappel des cadres des 3e Bataillons des Régiments en Espagne :
de l'Armée du Midi : des 21e, 27e, 12e et 28e Légers
de l'Armée du Centre : du 2e Léger
de l'Armée d'Aragon : du 3e Léger

Suivi, pour arrivée prévue début mars, en Allemagne, des seconds Bataillons des 13e, 15e, 11e, 24e et 26e Légers

2. Formation systématique d'un 6e Bataillon pour les Régiments qui n'en auraient pas.

3. Formations de Régiments provisoires légers pour les Corps d'Observation du Rhin ou d'Italie avec des Bataillons disponibles :
2e provisoire : 3e Bataillon des 2e et 4e Légers
3e provisoire : 3e Bataillon des 3e et 8e Légers
4e provisoire : 4e Bataillon du 12e Léger, 1er du 29e Léger
5e provisoire : 7e Bataillon du 14e Léger, 4e du 18e Léger
6e provisoire : 3e Bataillon des 6e et 25e Légers
8e provisoire : 4e Bataillon du 5e Léger, 4e Bataillon du 23e Léger
10e provisoire : 3e Bataillon du 16e Léger et 1er Bataillon du 28e Léger

4. Formation de Demi-brigades de réserve de 3 Bataillons sur les frontières de l'Empire :
1ère Demi- brigade : 6e Bataillon des 7e, 13e, 15e Légers pour Mayence
2e Demi-brigade : 6e Bataillon des 33e, 26e, 24e Légers pour Anvers
3e Demi-brigade : 4e Bataillon des 11e, 10e, 21e Légers venants d'Espagne pour Wesel
4e Demi-brigade : 4e Bataillon des 9e, 27e, 28e Légers venants d'Espagne pour Utrecht
5e Demi-brigade : 6e Bataillon des 12e, 5e et 29e Légers pour Cherbourg
27e Demi-brigade, dont un Bataillon du 32e Léger pour Toulon
33e Demi-brigade, dont un Bataillon du 8e Léger en Italie
34e Demi-brigade : 6e Bataillon des 8e, 18e et 36e Légers en Italie

Carabinier, Chasseur, Voltigeur du 5e Léger 1812
Fig. 7 Carabinier, Chasseur et Voltigeur du 5e Léger en 1812

Au début de 1813, le régiment a ses bataillons séparés. Le colonel et les trois premiers bataillons sont en Espagne. Le 4e s'est reformé à Cherbourg et accompagné d'un 6ème, part pour l'Allemagne. Le 5ème bataillon de dépôt reste à Cherbourg tandis qu'un 7e bataillon va être en formation à Bordeaux.

a) La campagne d'Allemagne du 4ème bataillon

A son retour à Paris, la Grande Armée anéantie, les débris en occupant la Prusse Orientale, l'Empereur en organise une nouvelle pour s'opposer aux Russes. Il lève de nouveaux conscrits, réquisitionne les cohortes de Gardes Nationales et rameute progressivement de vieilles troupes d'Espagne. Il forme 34 régiments provisoires.

"Paris, 6 janvier 1813
Au général Clarke, duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris.
Vous verrez par la lettre que je vous ai écrite la formation de quatre corps : un corps d'observation de l'Elbe, un corps d'observation d'Italie et deux corps d'observation du Rhin. Les 34 régiments provisoires seront formés de la manière suivante : 2e régiment provisoire : 3e bataillon du 2e d'infanterie légère, 3e du 4e; 3e régiment provisoire : 3e bataillon du 3e d'infanterie légère, 3e du 8e; 4e régiment provisoire : 4e bataillon du 12e d'infanterie légère, 1e du 29e; 5e régiment provisoire : 4 bataillon du l4e d'infanterie légère, 4e du 18e ; 6e régiment provisoire : 2e bataillon du 6e d'infanterie légère, 3e du 25e ; 8e régiment provisoire : 4e bataillon du 5e d'infanterie légère, 4e du 23e; 10e régiment provisoire : 3e bataillon du 16e d'infanterie légère, 1e du 28e ...
".

En Février, les troupes françaises évacuent la Pologne et se replient sur l'Oder tandis que les Prussiens à la fin du mois s'alliaient officiellement aux Russes contre la France. Début mars, les Français quittent Berlin et Dresde, tandis que Davout se maintient autour des villes hanséatiques, mais les Russes étaient entrés dans Hambourg.

Le 15 Avril, Napoléon quitte les Tuileries pour se mettre à la tête de ses forces. Il en compose deux groupes : l'Armée de l'Elbe, sous Eugène, et l'Armée du Main, officiellement sous Soult, mais en réalité sous sa main, dont le 3e Corps de Ney formé en mars, où nous retrouvons le 4e bataillon du 5ème Léger (chef de bataillon Cabassur) au sein du 4e régiment provisoire d'infanterie légère avec le 4ème bataillon du 12e Léger (voir l'historique de ce régiment sur le site) dans la 10e division Girard.

La visée stratégique consistait à expulser l'ennemi de Saxe. Les troupes françaises repartent en avant. Davout est en marche sur Hambourg. L'armée du Main marchait par Iena et Weissenfels pour faire sa jonction au Nord Est avec les forces d'Eugène. Le 1er Mai, la marche de l'Armée du Main reprenait vers Leipzig tandis que l'Armée de l'Elbe convergeait aussi vers cette ville.

Sapeur du 5e Léger 1812
Fig. 8 Tambour de Chasseurs du 5e Léger en 1812

Le 30 Avril, l'avant-garde du corps de Ney se heurte en avant de Weissenfels aux 7.000 Russes du général Lanskoï. La division Girard les culbute et les jeunes soldats, entrent dans Weissenfels au cri de : "Vive l'Empereur !".

Les coalisés s'étaient regroupés près de Lützen, au SE de Leizig. Le 2 mai 1813, bataille de Lützen. La division Girard occupe Starsiedel quand les Alliés attaquent. Elle est bientôt rejointe par le 6e Corps de Marmont, qui la remplace, et rallie le 3e Corps autour de Kaja, au centre de la ligne de front. La division Souham en premier, puis les autres divisions de Ney, résistent et reprennent Gros-Goerschen, enlevé par l'ennemi à nouveau, deux heures plus tard. Le soir, presque tous les officiers supérieurs ont été tués ou blessés. Mais cette résistance a facilité l'enveloppement des Coalisés par les deux ailes. Ils sont battus et repoussés. Le capitaine Prost, du 5ème Léger, y est blessé.

Le 3 mai, les Français entrent dans Leipzig, mais Napoléon, quasi dépourvu de cavalerie, a perdu le contact avec ses adversaires. La Grande Armée est divisée en 2 colonnes : Napoléon marche sur Dresde avec la colonne principale (Bertrand, Marmont, Oudinot et Macdonald). Ney marche sur Berlin en recueillant à Torgau les Saxons de Reynier. A Luckau, il fait sa jonction avec Victor venant de Wittenberg. Entre les deux colonnes, Lauriston reste en position intermédiaire.

Les Russo-Prussiens sont restés groupés et préparent une bataille. Leur choix se porte sur Bautzen, à l'endroit où la Sprée coupe la route de Dresde à Breslau. Ils peuvent y couvrir la Silésie et y être au voisinage de l'Autriche dont on peut espérer l'entrée en guerre. Le 8 mai, Napoléon arrive à Dresde où le pont sur l'Elbe a été détruit. Le 10, la Grande Armée peut franchir le fleuve.

Napoléon retrouve ses adversaires le 20 Mai. Le corps de Ney ayant rejoint à son aile gauche. Le bataillon aura encore quelques pertes (les sous-lieutenants Lafeuillade, Salmon et Melot) mais les Coalisés seront encore battus. Les Prussiens et les Russes reculent rapidement. La 10e division était passée aux ordres du général Albert.

b) 1813 en Espagne

La retraite de Wellington et la reprise de Madrid semblent apporter un répit. L'Empereur a regagné Paris, suite à la désastreuse retraite de Russie, et remonte une nouvelle armée. Il ponctionne des forces dans la Péninsule, ce qui affaiblit de fait ses positions.

Le 5e Léger est séparé en deux fractions. Les deux premiers bataillons sont à l'armée du Nord de l'Espagne avec le colonel et mènent la lutte contre les guérillas. Le chirurgien aide major de Comberjean est blessé le 20 janvier près de Tolosa, et le capitaine Jacquemin en février en convoyant des prisonniers.

Stationné en Navarre autour de Pampelune, il mène avec le général Abbé la lutte contre de véritables armées de partisans dirigées par Mina : combat de Roncal fin mai 1813. Le capitaine Gescot y est blessé.

Pendant ce temps, une fraction du 3e bataillon dépend toujours de fait de l'Armée de Suchet qui tient encore ses provinces du Sud Est de l'Espagne. Mais bien qu'ayant une première fois repoussé les Anglo-espagnols en juin 1813 et fait lever le siège de Tarragone, il doit évacuer progressivement suite au désastre de Vitoria (21 juin) en laissant des garnisons derrière lui.

Le 8 Juillet, les Espagnols attaquent Saragosse et contraignent le général Paris à retraiter sur Lérida. Le capitaine Lefizellier du 5ème Léger y est blessé. Suchet doit reculer encore ses positions avec la perte de l'Aragon. Il a quitté Valence le 5 Juillet, et le 28 se trouve à Barcelone.

Musicien du 5e Léger 1812
Fig. 9 Musicien du 5e Léger en 1813

Plus au Nord, Pampelune est assiégée, après la retraite des forces françaises devant les Anglo-hispano-portugais de Wellington. Elles ont repassé la frontière en livrant quelques combats de retardement. Le maréchal Soult, qui a pris en urgence le commandement des restes des armées au Nord de l'Espagne, transformées en une armée des Pyrénées, lance une tentative de dégagement de Pampelune entre le 27 et le 30 Juillet. Le 5e Léger y participe mais doit se replier. Des blessés et tués sont à déplorer pour le régiment. Les Français reprennent leurs positions sur la frontière le 1er Août.

Le 30 août, nouvelle tentative pour délivrer San Sebastian.

La bataille de San Marcial est aussi infructueuse. La retraite qui s'effectue par le pont de Berra se fait sous le feu des Anglais. Nouvel échec. Au combat d'Urdache sur la Bidassoa, le 31 août, le colonel Curnier de Pilvert est blessé.

Le 5ème Léger fait partie de la 3e division (Abbé) de l'Armée des Pyrénées. San Sebastian va capituler le 8 septembre (voir les Chasseurs de montagne sur le site).

Wellington reprend son offensive, le 7 Octobre. Les positions françaises sont grignotées et il s'empare des hauteurs. Soult prévoit alors de se replier derrière la Nivelle. Son adversaire temporise, attendant la chute de Pampelune qui survient le 31 Octobre.

Pendant ce temps, plus au sud, le chef de bataillon Arvet du 5ème Léger sera blessé à la défense de Tortose le 28 octobre.

Wellington reprend sa marche en avant en Pays Basque français.

Au début Novembre, Soult stabilise son front entre Saint Jean de Luz et St Jean Pied de Port, s'appuyant sur la Nivelle et la Nive, des camps retranchés et de multiples redoutes. Se sachant en infériorité numérique, il en est réduit à une campagne défensive, mais étale trop ses troupes au lieu de former une masse de manoeuvre pour des contre-offensives puissantes. Soult pense être attaqué sur son aile droite, mais Wellington va faire porter son offensive sur le centre de son front, le 10 Novembre.

L'offensive britannique est puissante autour de Sare. Les Anglais, ralentis par des pluies abondantes, se sont établis à Saint Jean de Luz.

Au début décembre, les Français, très démoralisés par les replis successifs, sont sous Bayonne, protégés par la Nive. Bayonne est puissamment fortifiée et des renforts sont arrivés : conscrits mal dégrossis dont on ne pourra tirer grand-chose. On va se battre sur la Nive entre le 9 et le 14 Décembre (combat de St Pierre d'Irube).

La division Abbé est laissée à Bayonne et va participer à sa défense. Parmi les troupes, le 5e Léger. Le colonel rejoint le théâtre d'opération Est et gagne Costheim le 16 décembre avec l'Aigle de son régiment et sa musique.

c) La fin de la campagne d'Allemagne

Le 27 mai, l'Oder est atteinte et la forteresse de Glogau est débloquée. Oudinot, détaché du gros de l'armée, marche sur Berlin. Pendant ce temps, plus au Nord, Hambourg est reprise. Chez les Alliés, c'est le découragement. Certains jugent la situation si désespérée qu'ils pensent se retirer derrière la Vistule. C'est alors l'Autriche qui va sauver les vaincus et s'interposer pour proposer un armistice (dit de Pleiwitz). Napoléon va le ratifier le 7 Juin pour avoir le temps de se renforcer. Mais ses adversaires vont pouvoir faire de même.

Le 10 juin, Napoléon entre à Dresde; il y restera jusqu'au 15 août. Le 11 août, l'Autriche se joint aux Coalisés et déclare la guerre. La Suède de Bernadotte est aussi à leurs côtés. Et les états allemands faiblissent. Le 18 août, les hostilités reprennent.

Pendant l'armistice, l'Armée française a été réorganisée. Les coalisés disposent à cette date de quatre armées : 1° celle du Mecklemburg, forte de 30.000 hommes, opposés à Davout; 2° celle du Nord de Bernadotte, avec 120.000 hommes, autour de Berlin; 3° l'armée de Silésie (120.000 hommes), sous Blücher, qui s'est avancée jusqu'à Breslau malgré l'armistice; 4° enfin, l'armée principale, en Bohême, forte de 330.000 hommes, sous les ordres de Schwartzenberg.

Le rapport des forces est désormais défavorable à Napoléon. Il répartit ses corps d'armée. Face à l'armée de Silésie, Ney et Sébastiani, Macdonald, Marmont, Lauriston. Face à l'armée de Bohême, Poniatowski avec Victor derrière lui. Face à l'armée du Nord, une masse de 120.000 hommes, associant Davout (à Hambourg), Girard (à Magdebourg) et Oudinot (à Wittenberg) qui a pour premier objectif de prendre Berlin. Son idée était de s'interposer entre les Armées de Blücher et de Schwartzenberg. Ses manoeuvre échouent, submergé par le nombre et l'évitement de ses adversaires.

Le 12 octobre, il replie toutes ses forces sur Leipzig. La bataille des Nations va avoir lieu dans et autour de la ville entre les forces réunies de tous les Coalisés contre l'armée de l'Empereur entre le 16 et le 19 Octobre. Bataille gigantesque qui scelle la défaite de Napoléon en Allemagne. Le 4ème bataillon du 5ème Léger est toujours au 5ème Corps de Lauriston, division Albert. Le capitaine Stawelski est tué et le capitaine Jourdan blessé.

Après Leipzig, Napoléon fait retraiter son armée jusqu'à Erfurt et doit forcer le passage à Kösen le 21 Octobre. Alors qu'il arrive à Erfurt, il apprend la défection de la Bavière, qui retourne ses troupes contre les Français. Il faut gagner les places fortes sur le Rhin. Pour cela, il faudra passer sur le corps des Bavarois qui bloquent le passage à Hanau le 30 Octobre.

Au 5ème Corps, le 4ème bataillon du 5ème Léger, commandé par le simple capitaine Prost, ne compte plus que 13 officiers et 185 hommes. Rejoints par le 6ème bataillon, ces survivants vont s'enfermer dans Mayence.

VIII/ 1814

a) Bayonne (note3)

Bayonne 1814
Les Anglais sur l'Adour. Au fond Bayonne et la citadelle, à gauche.

Bayonne en 1814
Bayonne en 1814

Dès Juillet 1813, Bayonne a été transformée en un vaste camp retranché. Outre ses murailles et sa citadelle, tout un système de redoutes, de maisons fortifiées, d'inondations, a été organisé, élargissant le périmètre de défense. L'artillerie, venue de toute la région, se monte à 278 pièces, une flottille de chaloupes canonnières et la corvette la Sapho protègent l'Adour.

La garnison se monte à 21 bataillons (13.000 hommes), certes amoindris, mais de troupes éprouvées, renforcées de Gardes nationaux. Elle a été répartie en 4 brigades. Le 5ème Léger, réduit alors à son seul premier bataillon (15 officiers et 605 hommes), fait partie de la 4ème brigade aux ordres du général Maucomble.

La place a été confiée par Soult au général Thouvenot, assisté du général Abbé, des généraux Bergé pour l'Artillerie, et Garbé pour le Génie.

Au début de l'année, l'Armée de Soult s'est repliée entre St Jean Pied de Port et l'Adour. Elle s'est affaiblie du fait des ponctions opérées par Napoléon pour le front Est. Lorsque les combats reprennent le 14 févier, Soult doit partir vers Orthez.

Les Anglais franchissent l'Adour le 23 février et s'emparent du faubourg St Etienne, malgré la résistance de la garnison de Bayonne. La ville est totalement encerclée. Le contact est maintenu avec l'ennemi. Mais dans les règles, comme le rappelle cet ordre du jour du 25 mars : "Mr Noël, adjudant major au 5ème Léger et Mr Pern lieutenant, se sont mal conduits étant allés aujourd'hui en parlementaires, au lieu de se borner à recevoir les lettres qu'on leur remettait et de donner un reçu ...".

Le 12 avril arrive la nouvelle de l'entrée des Alliés dans Paris et l'abdication de l'Empereur, mais Thouvenot attend les ordres du maréchal Soult. Mieux, il lance une sortie deux jours plus tard. Treize chaloupes canonnières sont embossées sur l'Adour et, le 14 à 3 heures du matin, 4000 hommes sortent du camp retranché, précédés par les sapeurs qui font sauter les obstacles ennemis. Trois colonnes dans le secteur de St Pierre, parmi lesquelles le 1er bataillon du 5ème Léger, attaquent les Anglais, les repoussent en partie malgré leur belle résistance, détruisent leurs fortifications. A 7 heures du matin, on se replie, mais d'anciennes positions ont été récupérées en avant-postes et, "cerise sur le gâteau", le commandant anglais du blocus, le général Hope, a été blessé et capturé.

Le 27 avril arrive un officier de l'Etat Major de Soult qui annonce un armistice entre les belligérants. Une suspension d'armes est convenue. Le 28 avril, la garnison invaincue doit arborer les couleurs royales blanches.

b) La campagne de France du 2ème bataillon.

En Janvier 1814, les restes du 2ème bataillon du 5e Léger font partie de la division de Réserve de Paris aux ordres du général Gérard. Ils vont participer aux débuts de la campagne de France.

Napoléon compte battre séparément les armées alliées qui sont entrées profondément dans le pays et marchent sur Paris : celle de Silésie de Blücher et celle de Bohème de Schwartzenberg. Il concentre ses maigres forces sur Châlons - Vitry, dont la division Gérard. "Cinquante mille hommes avec moi cela fait 150.000 hommes" dit-il à Marmont.

Le 28 Janvier, Napoléon se porte sur Brienne et repousse l'armée de Blücher. Celui-ci doit décrocher mais rejoint l'armée de Bohème. Napoléon se replie sur La Rothière et doit accepter le combat. Après une résistance opiniâtre, les Français se replient vers Troyes.

Les Alliés décident alors de marcher séparément sur Paris. Les Français, eux, se sont portés sur Nogent et se répartissent en 4 masses de manoeuvres. La division Gérard est placée sous les ordres du maréchal Victor. Il doit tenir Nogent contre Schwartzemberg, pendant que l'Empereur s'occupera de Blücher vers Champaubert.

Le 10 février, tandis que se déroule la bataille de Champaubert-Montmirail, le lieutenant Bourdin et le capitaine Delauzant du 5ème Léger sont blessés à la défense du pont de Nogent. L'armée de Silésie a été coupée en deux. Pendant ce temps, Victor tient toujours à Nogent.

Le 14 Février, le combat de Vauchamps permet de refouler et de battre encore les forces prussiennes de Blücher. Mais l'Armée de Bohème en a profité pour avancer sur le flanc de l'Empereur et Victor a finit par se replier. Il faut la contrecarrer, laisser un rideau défensif devant Blücher, et tomber sur le flanc de la colonne de droite de l'Armée de Bohème. Napoléon se porte à la tête des forces réunies de Victor, Oudinot et Mac Donald.

Le 17, les Français surprennent l'avant garde de Wittgenstein et le repoussent sur Nangis. Le capitaine Jourdan du 5ème Léger y sera blessé. Mais la poursuite qui devait se faire "l'épée dans les reins" est trop molle. Pour gagner du temps, les Coalisés effrayés font semblant de demander un armistice.

Le 18 Février, Napoléon s'empare du pont de Montereau. Le capitaine Ragon est blessé lors des combats. Le 23 Février, la ville de Troyes est reprise. Le 5ème Léger y aura de nouvelles pertes. Les effectifs devenant squelettiques, le bataillon du 5ème Léger disparait alors des commentaires.

On connait malheureusement l'épilogue de cette campagne de France géniale sur le plan tactique mais désespérée face à la supériorité numérique de l'adversaire. L'Empereur abdique le 6 avril et part pour l'ile d'Elbe.

IX/ LE 5EME LEGER DE LA PREMIERE RESTAURATION AUX CENT JOURS

A la première Restauration, le 5ème Léger garde son rang mais prend le titre de régiment d'infanterie légère d'Angoulême. Il reçoit, pour compléter ses effectifs, une partie du 37e Léger impérial dissout. Son dépôt est toujours fixé à Cherbourg et le colonel reste Curnier de Pilvert.

Le sentiment bonapartiste se maintient très fort puisque le 15 août 1814 (date de l'anniversaire de l'Empereur), ce sont des réjouissances dans les casernes de Cherbourg.

Le colonel doit remettre de l'ordre dans son unité et les uniformes au goût du jour en enlevant tous les insignes impériaux sur les galons, plaques et retroussis. C'est ainsi que les musiciens prennent un habit bleu et les tambours se galonnent à la livrée royale.

Le retour de l'Empereur en mars est vécu avec enthousiasme, et le régiment reprend la cocarde et des drapeaux tricolores. L'Empereur lève une nouvelle armée à partir de ce que la Restauration avait laissé et confie les frontières aux Gardes Nationales. Puis il se dirige sur la Belgique en juin. Les deux premiers bataillons du 5ème Léger et le colonel font partie du 6e Corps sous les ordres du général Mouton.

Les alliés ont rassemblé deux armées en Belgique : l'armée anglo-hollandaise, réunie au sud de Bruxelles, sous les ordres du duc de Wellington, et l'armée saxo-prussienne s'étendant de Charleroi à Liège, sous le commandement de Blücher. Napoléon se propose de les battre séparément.

Le 16 Juin, l'ordre est envoyé au Maréchal Ney d'occuper les Quatre-Bras, noeud des routes de Nivelles à Namur et de Bruxelles à Charleroi, avec mission de contenir les Anglo-hollandais pendant que Napoléon écrasera l'armée de Blücher en arrière de Ligny. Attaques et contre-attaques se succèdent des deux côtés. Wellington finit par obtenir la supériorité numérique sur Ney, qui lui ne reçoit pas de renforts. Il doit se replier à la fin de la journée, mais la défaite des Prussiens à Ligny pousse Wellington à se positionner en retrait vers Mont Saint Jean.

Les Prussiens réussissent à se replier sur Wavre, ils doivent être poursuivis par Grouchy avec les 3ème et 4ème Corps, tandis que Wellington s'est positionné vers Mont Saint Jean, où il s'établit de part et d'autre de l'axe Charleroi Bruxelles, avec trois points fortifiés : Hougoumont, la Haye Sainte et la Papelotte.

Lorsque l'Armée de l'Empereur reprend contact avec Wellington, le 6ème Corps (et le 5èmeLéger) est à l'aile droite du dispositif français. Une première attaque de diversion le 18 Juin sur Hougoumont est un échec.

Vers 13 heures, le 1er Corps, au centre du dispositif français, entre en action contre la Haye Sainte et la Papelotte. Mais il est repoussé et s'ensuivent charges et contre charges des cavaleries adverses. Vers 15 heures, la Haye Sainte est de nouveau attaquée. Devant le repli de Wellington, Ney lance des charges de cavalerie contre les carrés anglais. C'est dans le même temps que les Prussiens, qui ont pu échapper à Grouchy, arrivent sur le flanc droit des Français et progressent vers Plancenoit. Le 6ème Corps essaye de bloquer leur progression et recule pied à pied, soutenus par des éléments de la Garde envoyés par l'Empereur. Le 5ème Léger a de nombreuses pertes : les capitaines Lacroix et Leroy sont tués, le chef de bataillon Gaud et les capitaines Salicetti et Boulier sont blessés.

Alors que les forces anglaises vont sans doute finir par plier face aux attaques, la progression prussienne sur le flanc droit des Français se trouve amplifiée par de nouveaux renforts. Napoléon joue alors son "va tout" en lançant ses dernières réserves de la Garde face aux Anglais. Mais l'attaque est brisée. Et Wellington fait avancer sa ligne de bataille. Pour l'armée française, c'est la fin. La panique gagne les troupes qui se replient en désordre.

Pendant ce temps, Grouchy réussit à replier ses forces sur la frontière. Ce sont les dernières réserves disponibles pour cette armée du Nord. Les restes des 1er, 2ème, 6ème Corps et la Garde sont à Avesnes. On essaye de les réorganiser. Le 20 juin, l'Empereur est à Laon puis rejoint Paris, laissant le commandement des troupes à Soult.

Alors que les Coalisées progressent sur toutes les frontières Est, on se prépare un nouvelle fois à défendre Paris. L'Empereur doit abdiquer, mais le combat continue. Les premières places fortes frontalières sont assiégées. Cambrai tombe le 23 juin. La progression continue et les Prussiens sont à Compiègne le 26. Les forces françaises démoralisées reculent sur Paris, livrant de petits combats de retardement. Le 6ème Corps d'armée, où servait le 5ème Léger, ne compte plus que 2800 hommes !

L'encerclement de la capitale se produit à la fin du mois. Parmi les forces (environ 70.000 hommes) qui défendent Paris, le 6e Corps, placé sous les ordres de Reille avec le 2ème Corps, se positionne autour de La Chapelle. Après quelques combats, Paris capitule le 3 Juillet. L'ex armée impériale doit se replier sur la Loire pour être licenciée.

X/ LE 4EME BATAILLON DU 5EME LEGER AU SERVICE COLONIAL, 1814-1815

Le traité de Paris restitue à la France certaines de ses colonies dont la Guadeloupe et la Martinique, la Réunion retrouvant son ancien nom d'ile Bourbon. Pour reconstituer les garnisons Outre-Mer, on puise dans les anciens régiments qui y ont fait leur preuves et qui doivent y fournir des contingents.

Par un décret du 8 Août 1814, on forme 8 bataillons supplémentaires pour les colonies : le 62e doit donc former 3 bataillons supplémentaires : les 4e, 5e et 6e, pour servir à la Guadeloupe comme un régiment autonome lors de la reprise de contrôle de l'ile. Idem pour le 26e de Ligne pour la Martinique. Les 71e de Ligne et 5ème Léger forment un 4ème bataillon.

Notre désormais régiment d'Angoulême, 5ème d'infanterie légère, organise, aux ordres d'un lieutenant-colonel, ce 4ème bataillon qui s'embarque pour l'ile Bourbon le 15 novembre 1814 de Rochefort. Il accompagne le général Comte Bouvet de Lozier, qui doit reprendre la colonie des mains des Anglais.

La petite division navale, composée de la frégate "l'Africaine" et des flûtes "la Loire", "la Salamandre" et "l'éléphant", commandée par le capitaine de vaisseau Jurien, arrive en vue de l'ile le 2 avril 1815, ignorant bien sur ce qui se passe en France dans le même temps.

Le 6 Avril, la reprise de possession est faite avec solennité. A neuf heures du matin, les troupes françaises se rangent en bataille sur la place d'armes de Saint-Denis, face à leurs homologues anglaises. Un grand pavillon blanc est hissé à l'instant où l'Union Jack est amené. L'un et l'autre sont salués de vingt et un coup de canon par les batteries de terre et par la frégate "l'Africaine". Tous les bâtiments mouillés en rade se pavoisent. Le major William Carrol, ayant proclamé la remise de l'île Bourbon à la France, Athanase Hyacinthe Bouvet proclame à son tour Bourbon terre française. "Jurons d'être fidèles au Roi", lance-t-il à la foule assemblée sur la place d'Armes à Saint-Denis.

Le nouveau gouverneur réorganise la colonie en lui rendant ses anciennes habitudes coloniales d'avant la Révolution.

Le 12 juillet 1815, la nouvelle du retour de Napoléon parvient à Bourbon, alors que dans les faits, il a déjà abdiqué après Waterloo, le 22 Juin. Bouvet fait alors la proclamation suivante aux habitants de l'île :
"L'Europe était en paix, Bonaparte quitte l'exil qu'il avait sollicité. L'Europe reprend son attitude guerrière. Si nous ne pouvons considérer que nos intérêts, je vous dirais ; éloignés, restons tranquilles spectateurs d'une lutte où tous nos efforts ne peuvent rien. Mais hésiter est un crime. Vive le roi ! Vivent les Bourbons ! Que ce cri de l'honneur et de la justice soit à jamais dans nos coeurs et dans notre bouche".

Les Anglais comptent en profiter pour soutirer une fois de plus l'ile des mains de la France. Ils demandent à Bouvet de Lozier la restitution de Bourbon. Courageusement, Bouvet refuse et mobilise ses troupes. L'escadre anglaise, commandée par Arthur Farquhar, commence alors un blocus. Situation surréaliste : le 26 Août, un aviso amène des instructions de l'ex Empereur. Bouvet fait emprisonner l'équipage.

Le danger anglais ne disparaît que le 28 octobre 1815, quand arrive la nouvelle officielle de la seconde abdication de Napoléon, et le retour de Louis XVIII. Ce même jour, Arthur Farquhar met fin au blocus de l'île Bourbon.

Bouvet de Lozier restera gouverneur de l'ile jusqu'en 1817. Quant au bataillon du 5ème Léger, il sera transformé en bataillon de Bourbon.

XI/ UNIFORMES DU 5E LEGER

L'Ordre du jour de l'Armée d'Helvétie, rédigé au Quartier général à Berne, le 30 juillet 1798 (12 thermidor an 6) indique : "Le général en chef rappelle aux officiers de l'armée l'ordre du 19 messidor [7 juillet 1798) concernant leurs costumes. Il autorise ceux d'infanterie qui préfèrent les guêtres noires aux bottes à en faire usage et prévient tout officier de service que ne sera pas vêtu de l'un ou de l'autre sera puni.
L’adjudant général, chef de l'état-major général. Signé : Rheinwald
" (Force d’occupation : une armée au quotidien à l’époque du Directoire : les forces françaises en Suisse, juillet-août 1798 – BNUS, MS 482, p. 113).

Figure 1 : Le 5ème Léger à Saint Domingue : Habit tropicalisé pour l'infanterie légère. Notre soldat porte le nouvel habit tropicalisé préconisé par le général Leclerc en mai 1802 pour l'infanterie légère (bleu passepoilé de rouge) avec revers et basques raccourcies, pantalon entrant dans des demi-guêtres et chapeau haut de forme noir. Petites poches en long passepoilées de rouge sur les basques. Les carabiniers portent les épaulettes écarlates.

Figure 2 et 3: Officier de carabiniers et voltigeur du 5e Léger en 1808. Vus par le manuscrit d'Ornstrupp. Dessiné sans doute par un Danois, en 1808, ce manuscrit montre les troupes françaises et espagnoles stationnées dans les villes hanséatiques.

Officier de carabiniers : Chapeau noir à ganse argent, habit bleu foncé passepoilé de blanc, boutons et épaulettes argent, légion d'Honneur à ruban écarlate. Gilet blanc, culotte bleue entrant dans des bottes noires. Epée à garde et embout du fourreau cuivre, dragonne argent ; grenades rouges sur les retroussis (elles devraient être argent sur fond rouge).

Voltigeur : Shako noir sans jugulaires, pas de plaque, ganse blanche idem, cordon natté, plumet vert à la base et jaune. Habit bleu foncé passepoilé de blanc avec collet et pattes de parements chamois. Epaulettes jaunes à tournantes vertes. Veste blanche. Culotte bleue entrant dans demi-guêtre noires. Buffleterie blanche. Dragonne de sabre briquet jaune à coulant vert.

Figure 4 : Carabinier du 5ème Léger. Vu à Hambourg en 1807-1808 (Manuscrit du Bourgeois de Hambourg). Uniforme très classique de carabinier avec le bonnet d'oursin accordé en 1806, le plumet et les épaulettes écarlates de la compagnie d'élite, sur l'uniforme d'infanterie légère, mais le cordon natté blanc.

Figure 5 : Sergent-major porte Aigle du 5ème Léger vers 1807, 2ème bataillon (d'après Rigo et les Collections alsaciennes et Rigo). En fin 1804, le 5ème Léger reçut 4 Aigles avec des drapeaux du modèle Picot. Chaque bataillon fait porter le sien, selon le règlement de 1791, par un sergent-major méritant. Le porte Aigle du second bataillon est un sergent-major de voltigeurs. Son uniforme d'infanterie légère porte les marques de son grade : deux galons argent au dessus des parements, épaulettes (à tournante écarlate) et cordon tressé de son schako, dragonne de son sabre briquet mêlant le vert et l'argent. La plaque du shako est losangique.

Le collet est chamois passepoilé de rouge. Il marque sa fonction de voltigeur, de même que le pompon jaune ou le plumet qui serait vert à sommet jaune. Son habit bleu passepoilé de blanc possède des basques longues avec poches en long comme les officiers, ce qui peut se voir dans certains régiments de la Légère aussi pour les sergents-major et sergents, alors que la troupe et les caporaux ont les basques raccourcies. Les retroussis sont ornés de cor de chasse argent sur fond écarlate. Le reste de la tenue est classique pour l'infanterie légère.

En 1808, les régiments ne doivent plus avoir qu'une Aigle et un drapeau, portés par un officier. Mais le changement durera bien un an.

Figure 6 : Sapeur du 5ème Léger vers 1812 (d'après les collections alsaciennes) : Tenue classique du sapeur d'infanterie légère, faisant partie des compagnies de carabiniers, à part son colback de fourrure noire à flamme écarlate à la place du bonnet d'oursin. Les revers sont jaunes, ce qui supposerait de même pour la tête de colonne (musiciens, tambours et cornets), ce que pour le moment nous ignorons.

Figure 7 : Carabinier, chasseur et voltigeur du 5ème Léger en 1813 (d'après les collections alsaciennes) : Il s'agit de la tenue modèle 1812 Bardin, à revers entièrement fermés, qui équipe les bataillons "reconditionnés" en France pour la campagne de 1813-1814. On notera cependant des entorses au règlement : le port conservé du bonnet d'oursin pour les carabiniers et la plaque de shako qui reste losangique et n'est pas du modèle 1812. On remarquera aussi les épaulettes au corps recouvert d'écailles de laiton pour les carabiniers et voltigeurs.

Figure 8 : Tambour de chasseurs du 5ème Léger, 1813-1814. Contrairement au règlement qui le voudrait en habit vert, notre tambour de chasseurs a, sur la tenue bleue modèle 1812, posé des galons à la livrée impériale pour former 7 chevrons sur les manches. Le collet pourrait être aussi galonné du même motif, de même que les boutons de taille. On note l'emploi sur le shako de l'ancien modèle de plaque losangique.

Figure 9 : Musicien du 5ème Léger en 1813 (d'après les collections alsaciennes). Conformément au règlement Bardin, le musicien est vêtu d'un habit entièrement vert passepoilé de blanc et galonné d'argent au collet avec trèfles argent sur les épaules. Les basques sont longues, poches en long passepoilées de blanc. On notera la plaque losangique du régiment sur le shako. Le plumet vert à sommet blanc marque l'appartenance à l'Etat-Major régimentaire. Une épée est suspendue à un ceinturon de cuir blanchi.

XII/ Les Drapeaux

a/ Les drapeaux du 5ème Léger, 1800-1814

Le 5ème Léger reçoit officiellement deux drapeaux modèle Consulat à la grande parade du 14 juillet 1802, mais l'unité étant à Saint-Domingue, elle ne les portera jamais.

En 1804, elle touche 4 Aigles et drapeaux modèle Picot et doit en rendre 3 après 1809. Les Prussiens s'empareront du drapeau 1804 du 4ème bataillon dans des réserves.

En 1812, nouveau et unique modèle de drapeau portant Wagram sur son étoffe. Le drapeau reste au dépôt de Cherbourg jusqu'en 1814, les bataillons étant en Espagne, tandis qu'une Aigle (sans drapeau) est portée dans la péninsule au 1er bataillon jusqu'à cette date.

b/ Les drapeaux de la première Restauration pour l'Infanterie légère (D. Davin).

Le gouvernement provisoire du 1er Avril 1814 abolit les emblèmes impériaux. Le principe d'un drapeau par Régiment est conservé au 1er Bataillon, porté par un Officier, les autres Bataillons ayant des fanions. Les drapeaux sont blancs, 150 sur 150 cms, sur les bords un feston avec fleurs de lys et rosaces alternées en doré. Dans chaque angle, un carré avec le numéro du Régiment. Franges or sur les bords, cravate de taffetas blanc avec broderie de palmettes et fleurs de lys et franges or. Cordon et glands dorés. Hampe de 2,50m surmontée d'une pique dorée, ornée d'une fleur de lys découpée.

A l'avers : au centre, en or bordé de noir, l'inscription :
Pour les neuf premiers Régiments :
LE ROI/
AU REGIMENT/
DE (suit leur titre pour les 9 premiers Régiments de l'arme. Note A)
Xme D'INFANTERIE/
LEGERE.
(Note A) : les neuf premiers Régiments d'Infanterie légère portent le titre : 1er du Roi, 2ème de la Reine, 3ème du Dauphin, 4ème de Monsieur, 5ème d'Angoulême, 6ème de Berry, 7ème d'Orléans, 8ème de Condé, 9ème de Bourbon.
En janvier 1815, on rétablit le titre de Colonel Général de l'Infanterie légère, le 7ème Léger en prend la dénomination et a un drapeau spécial (voir historique du 7ème Léger).
Exemple : LE ROI/ AU REGIMENT/ DE CONDE/ 8EME D'INFANTERIE/ LEGERE.

Pour les Régiments n'ayant pas de titre, l'inscription devient LE ROI/ AU Xème/ REGIMENT/ D' INFANTERIE/ LEGERE.

L'inscription centrale est encadrée à droite par deux branches de chêne, à gauche par deux branches de lauriers, les branches liées par un ruban rouge où pendent les croix de St Louis et de la Légion d'Honneur.

Au revers : les armes de France couronnées entourées par les colliers des ordres du St Esprit et de St Michel, avec sceptre et main de justice, encadré par une branche de chêne et de laurier liées par un ruban rouge.

La première distribution des drapeaux d'Infanterie a lieu à Paris le 19 septembre 1814 pour les Régiments de la 1er Division militaire aux ordres du Général Maison. Auparavant, la Garde Nationale avait reçu les siens. Le 1er Régiment Léger du Roi et le 4ème de Monsieur, les 12ème et 15ème reçurent leurs drapeaux à Paris en septembre 1814. Le 8e Léger reçut le sien à Bordeaux le 23 octobre 1814. Certains drapeaux furent cachés durant les Cent Jours.

c/ Les Cent Jours

Aux Cent Jours, le régiment reçoit un nouveau drapeau et une Aigle dont le sort reste inconnu à ce jour.

XIII/ NOTES ET SOURCES

Note 1 : Le siège de Stralsund a débuté en Janvier 1807. Mortier, après avoir occupé Hambourg, a marché sur la place-forte en Poméranie suédoise. La Suède, qui s'est déclarée contre l'Empereur, n'a jusqu'à présent guère fait parler d'elle. En mars, Mortier laisse une seule division française devant la place, occupé à effectuer d'autres sièges. En avril, les Suédois lancent une offensive qui libère leur territoire. Mortier contre-attaque avec des renforts et un cessez-le-feu est signé avec la Suède. La situation reste ainsi stationnaire devant Stralsund. Brune prend le commandement du Corps d'Observation et donc des troupes de blocus).

Note 2 : On lira avec intérêt les mémoires du voltigeur Jacques Abraham Graindor du 116e de Ligne (éditions Point d'ancrage 2002) qui combattait dans le 3e Corps avec le 5ème Léger. Il raconte ces sièges de l'année 1810, menés par Suchet, les traits de bravoure de ses frères d'armes mais aussi les exactions et pillages autorisés qui suivaient la prise des villes.

Note 3 : On lira à ce propos : "Bayonne sous l'Empire, le blocus de 1814" par E. Ducéré, Bayonne, 1900.