Le 12ème Régiment d'Infanterie Légère

1800-1815

Accès à la liste des Officiers, cadres d'Etat major, Sous officiers et soldats du 12e Léger

Avertissement et remerciements : Cet article nous a été adressé par notre collègue du Bivouac, Didier Davin, que nous remercions tout particulièrement pour sa disponibilité et son érudition.

I/ DE LA 12ème DEMI-BRIGADE LEGERE AU 12ème REGIMENT D'INFANTERIE LEGERE, 1800-1804

Chasseur 1804 7e Léger
Drapeau modèle 1802 du 12e Léger

Alors à l'Armée d'Italie, la 12ème Demi-brigade légère de seconde formation est formée à Cerise le 25 mai 1796 avec la 2ème Demi-brigade légère de 1ère formation, et incorpore le 1er Bataillon de la 2ème Demi-brigade provisoire à Salo. La 2ème Compagnie corse sera versée le 10 mars 1797.

le 17 juillet 1797 (29 messidor an 5), Bonaparte écrit, depuis le Quartier général, à Milan, au Général Berthier, Chef de l'Etat-major général de l'Armée d'Italie : "… Vous donnerez l'ordre au général Leclerc de partir demain pour se rendre à Monza, où il prendra le commandement de la 11e et 12e demi-brigade légère ..." (Oeuvres complètes de Napoléon, Stuttgart et Tubingue, 1822, t.2, p. 56 ; Correspondance générale de Napoléon, t.1, lettre 1789).

Le 21 août 1797 (4 fructidor an 5), Bonaparte écritn depuis le Quartier général, à Milan, au Général de Brigade Vignolle, commandant à Monza : "Vous avez sous vos ordres la 12e demi-brigade d'infanterie légère avec deux escadrons du 8e de dragons pour la garnison de Milan ..." (Correspondance de Napoléon, t.3, lettre 2114 ; Correspondance générale de Napoléon, t.1, lettre 1927).

Et le même jour, 21 août 1797 (4 fructidor an 5), il écrit depuis le Quartier général, à Milan, au Général Berthier : "Vous voudrez bien, Citoyen Général, donner ordre à la 12e demi-brigade d'infanterie légère de partir demain, à quatre heures après midi, de Monza, pour se rendre à la citadelle de Milan, où elle devra être rendue avant minuit ..." (Correspondance de Napoléon, t.3, lettre 2117 ; Correspondance générale de Napoléon, t.1, lettre 1917).

Le 24 février 1798, un mouvement militaire éclate au sein des troupes d'occupation de Rome, dans lequel la 12e Légère est supposée être impliquée.

Vers le 8 mars 1798 (18 ventôse an 6), le Général Bonaparte adresse au Général Berthier les instructions du Directoire exécutif : "Le Directoire exécutif donne l'ordre pour que l'on incorpore la 12e et la 11e demi-brigade d'infanterie légère dans six demi-brigades de ligne
Le général commandant l'armée tiendra cet ordre dans le secret ; il donnera l'ordre à chaque bataillon de ces demi-brigades de se rendre dans l'endroit où se trouve la demi-brigade où il doit être incorporé, et, arrivé à sa destination, il donnera l'ordre de l'incorporation.
Le chef de brigade Recco recevra l'ordre de se rendre à Toulon, avec quatre capitaines, un chef de bataillon, quatre lieutenants, les plus distingués de la 11e demi-brigade d'infanterie légère. Ils recevront à Toulon des ordres du général Bonaparte chez l'ordonnateur Sucy.
Le chef de brigade de la 12e d'infanterie légère sera nommé au commandement de la première demi-brigade qui vaquera.
Un chef de bataillon, quatre capitaines et quatre lieutenants de la 12e, les plus distingués par leurs talents et les services qu'ils ont rendus, se rendront à Toulon où ils trouveront des ordres du général Bonaparte ...
" (Correspondance de Napoléon, t.4, lettre 2437; correspondance générale, t.2, lettre 2326; La Jonquière C. de : «L’expédition d’Egypte, 1798-1801», t. 1. P. 218-219).

"Les 11e et 12e demi-brigades d'infanterie légère, signalées comme les plus coupables, sont supprimées; leurs éléments seront incorporés dans les 5e, 12e, 14e, 33e, 69e, 88e de ligne" (La Jonquière C. de : «L’expédition d’Egypte, 1798-1801», t. 1. P. 218).

Des renseignements ultérieurs ayant établi la bonne conduite de la 12e Légère, un Arrêté du 28 germinal an 6 (17 avril 1798) rapporte la décision prise contre elle (La Jonquière C. de : «L’expédition d’Egypte, 1798-1801», t. 1. P. 219).

Le 27 mai 1798 (8 prairial an 6), le Général Bonaparte, à bord de l'Orient, écrit au Général Berthier : "... Vous donnerez l'ordre pour que les dépôts des 12e et 19e se rendent à Bonifacio. Le commandant de la division de Corse fera passer dans cette place les hommes de ces demi-brigades qui seraient restés en arrière ou à l'hôpital, et le commandant de cette place les fera partir pour l'endroit qui lui sera désigné par le prochain courrier, toutes les fois qu'il y aura cinquante hommes" (Correspondance de Napoléon, t.4, lettre 2613; correspondance générale, t.2, lettre 2503; La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 1. p. 550).

Extraits du journal du chef de brigade Laugier pendant la traversée vers l'Egypte, sur la vie à bord : "... Notre table est composée du capitaine Racord, du général Dugua, des citoyens Venoux, Falcy, Delonge, le premier chef de brigade et les deux autres chefs de bataillon de la 25e demi-brigade, du citoyen Lazowski, chef de bataillon du génie, du citoyen Brun, chef de bataillon dans la 12e demi-brigade légère, et moi Laugier. Nous vivons dans la plus heureuse harmonie et, aussitôt que le temps n'éprouve pas ceux de nous qui sont trop aflectés par le mal de mer, la gaieté règne dans la chambre du conseil, et la musique de la 20e demi-brigade, très bonne, récrée tout l'équipage ..." (La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 1. p. 540).

La 11ème demi-brigade légère de seconde formation dissoute pour révolte en juin 1798 renforcera l'unité de son 2ème bataillon.

Le 4 juillet 1798 (16 messidor an 6), le Général Bonaparte écrit depuis le Quartier général, à Alexandrie, au Général Berthier : "Le bataillon composé des trois compagnies de grenadiers de la 19e sera commandé par le chef de bataillon de la 19e; étant destiné au service du quartier général, il sera sous les ordres du chef de brigade Bessières.
... Vous nommerez un des quatre capitaines de la 12e d'infanterie légère comme adjudant dudit bataillon, s'il n'y en a pas
" (Correspondance de Napoléon, t.4, lettre 2749).

Le 29 août 1798 (12 fructidor an 6), le Général Bonaparte écrit depuis son Quartier général au Caire, au Général Berthier, Chef de l'Etat-major général de l'Armée d'Orient : "Je vous prie de m'envoye, citoyen général, l'état des officiers de la 12e et 11e brigade d'infanterie légère qui se trouvent dans ce moment au Caire et qui sont sans emploi" (Correspondance générale, t.2, lettre 2996).

Le 5 avril 1800, la 12ème Légère est à l'Armée du Rhin de Moreau, Corps de Saint-Cyr, division Baraguey.

Le 14 mai 1800 (24 floréal an 8), Bonaparte écrit depuis Lausanne au Général Dupont, Chef d'Etat-major de l'Armée de Réserve : "... Prévenez le général Moncey que, d'après l'arrêté des Consuls de la République, le général Moreau détache de son armée les troupes ci-après, qui seront aux ordres du général Moncey, savoir :
... La 12e demi-brigade légère, venant de la réserve du centre de l'armée du Rhin ...
" (Correspondance de Napoléon, t.6, lettre 4792).

Le général Moncey à la tête d'un détachement de l'Armée de Moreau dont fait partie cette demi-brigade passe le Col du Saint-Gothard.

Le 9 juin 1800 (20 prairial an 8), Bonaparte écrit depuis Milan, au Général Berthier, Commandant en chef de l'Armée de Réserve, à Pavie : "... Le général Lorges, avec les 2,000 Cisalpins de Lechi, un bataillon de la 12e légère, 2 bataillons de la 67e, et 400 chevaux des premiers qui arriveront du Rhin, formerait un camp volant destiné à couvrir Brescia et Crémone. Il manoeuvrerait selon les circonstances, pourrait se tenir entre la Chiese et Orzinovi. Ce corps serait successivement renforcé à mesure que la queue du général Moncey arriverait.
Un second corps, composé des 1,600 Cisalpins partis ce matin pour Plaisance, un bataillon de la 12e légère et un de la 1re, serait chargé de bloquer Pizzighettone et le château de Plaisance. Un général de brigade commanderait ce corps, se tiendrait avec le quart en réserve à Codogno, pour pouvoir, selon les circonstances, se porter au secours de Pizzighettone ou de Plaisance.
Le 3e corps, composé d'un bataillon de la 12e, un de la 1re et un de la 27e, formerait le blocus de la citadelle de Milan ...
" (Correspondance de Napoléon, t.6, lettre 4902; Correspondance générale, t.3, lettre 5429; donnée dans "Extraits des mémoires inédits de Victor").

Le même jour, Moncey, depuis Milan, informe Bonaparte que les deux bataillons de la 12e (légère ?) sont employés au blocus de la citadelle de Milan ("Extraits des mémoires inédits de Victor").

- 1801

En janvier 1801, la demi-brigade fait partie de nouveau des troupes de l'Armée d'Italie.

Le 18 mars 1801 (27 ventôse an 9), Bonaparte écrit depuis Paris au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "Donnez l'ordre, citoyen ministre, au général commandant l'armée d'Italie, de faire diriger sur Nice les : 12e légère ..." (Correspondance générale, t.3, lettre 6129).

La 12e Légère quitte l'Italie en mars pour Nice. Le 13 Avril 1801, la 12e demi-brigade légère est avec les 25e et 28e mise à la disposition de la 8ème Division Militaire (lettre datée du 13 avril 1801 - 23 germinal an 9, de Bonaparte, écrite depuis Paris au Général Berthier, Ministre de la Guerre ; Correspondance générale, t.3, lettre 6208). Passée en revue en Vendémiaire an X (Septembre 1801) à Marseille, la demi brigade compte 54 officiers présents, 24 absents, 1058 sous -officiers et soldats présents et 577 absents. L'habillement est neuf et complet, sauf 400 banderoles de giberne et 500 sacs à peau. Les sabres briquets ne dotent que les sous-officiers et les carabiniers.

- 1802

A la grande parade du 14 Juillet 1802, à Paris, le régiment comme toute l'infanterie légère envoie une délégation pour recevoir de nouveaux drapeaux. Au moment de la remise des drapeaux, le 1er Consul adresse une allocution aux détachements représentant l'infanterie légère : "Soldats de l'infanterie légère de l'armée française, voilà vos drapeaux ; ils vous serviront toujours de ralliement. Ils seront partout où le Peuple français aura des ennemis à combattre ; ils imprimeront la terreur aux ennemis du Gouvernement, quels qu'ils soient.
Soldats, vous défendrez vos drapeaux ; non, jamais ils ne tomberont au pouvoir des ennemis. Vous jurez d'être prêts à les défendre aux dépens de votre vie !
" (Correspondance de Napoléon, t.7, lettre 6182).

Il y avait un drapeau par bataillon. Certaines Demi-brigades avaient la bordure du losange central peinte en vert. Au revers était inscrit au centre dans une couronne de lauriers : LE/ PREMIER CONSUL/A LA 12e EME/ DEMI-BRIGADE LEGERE/ LE 25 MESSIDOR/AN 10.

En l'an XI (à partir de Septembre 1802), l'Etat militaire nous apprend que la demi-brigade est à Brignoles (Var) dans la 8e division militaires aux ordres :
Du chef de brigade Valory, des chefs de bataillon : d'Auby, d'Outre, Mayot, Zanoli, des adjudants majors : Guerstmayer, Dode, Taulier, chirurgiens majors : Bougon, Cynat et Volland.

Guy-Louis-Henri Valory (1757-1817)

Chef de brigade de la 12e légère, 1er septembre 1796. Se signale à Rivoli, 14 janvier 1797, sous Joubert, sert en Valteline, 1799. S'empare des bains de Bormio, 17 mars 1799, se signale dans les 2 combats de Tauffers, 25 mars et 4 avril, sous les ordres de Dessolle, puis sous Loison. Est fait prisonnier par les Autrichiens près de Lugano après une résistance acharnée, 11 mai 1799.
Nommé général de brigade, 29 août 1803 ; employé dans la 13e division militaire comme commandant à Nantes, 21 septembre ; commandant de la Légion d'honneur, 14 juin 1804.

- 1803

Bouton officier 12e LégerBouton officier 12e Léger
Bouton d'Officier du 12e Léger. En argent, monté sur argent, diamètre 2,5 cm - avec l'aimable autorisation de Mr Bertrand MALVAUX ).

Le 14 juin 1803 (25 prairial an 11), Bonaparte écrit depuis Saint-Cloud au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "Je vous prie, citoyen ministre, de donner ordre ... A la 12e légère de se rendre à Grenoble, partir le 15 messidor ..." (Correspondance générale, t.4, lettre 7721).

Le 20 Septembre 1803, la 12e Légère qui est à Grenoble doit se rendre au Puy pour y recevoir de nouveaux ordres (lettre de Bonaparte écrite le 20 septembre 1803 (3e jour complémentaire an 11) depuis La Malmaison et adressée au Général Berthier, Ministre de la Guerre; Correspondance générale, t.4, lettre 8056) : "... Vous me ferez connaître le jour où cette demi-brigade arrivera dans cette ville où elle recevra de nouveaux ordres ...".

En Septembre 1803, la demi-brigade devient 12e Régiment d'infanterie légère. Elle gagne un major dans son encadrement qui va diriger l'unité en attendant la venue d'un nouveau colonel. Le 3ème bataillon de la 12ème légère est formé avec des conscrits en 1803.

Le 7 octobre 1803, Napoléon ordonne au 12e Léger qui doit arriver au Puy de se rendre finalement à Angoulême (lettre datée de Saint-Cloud le 7 octobre 1803 - 14 vendémiaire an 12, adressée par Bonaparte depuis Paris au Général Berthier, Ministre de la Guerre (Correspondance générale, t.4, lettre 8119) ; "... Vous me demanderez des ordres pour cette demi-brigade trois jours avant qu'elle n'arrive à Angoulême".

Puis le 12e Léger se rend à Nantes. Sur place, le régiment est remis en état car il est "dans un état affreux de délabrement" selon les propos du général Dumuy (commandant la 12e Division Militaire).

Le 24 Novembre 1803, Napoléon ordonne au général de Gendarmerie Gouvion de former des colonnes d'éclaireurs dans l'Ouest du pays. Le 12e Léger, qui est à Nantes, y participe avec 3 compagnies de Carabiniers, "complétées chacune à 65 hommes au moins, commandées par un chef de bataillon", et deux compagnies de Chasseurs réunies à Beaupréau "complétées au moins à 65 hommes", ces compagnies placées sous le commandement du général de brigade Girardon (lettre de Bonaparte écrite le 24 novembre 1803 - 2 frimaire an 12, depuis Paris au Général Berthier, Ministre de la Guerre; Correspondance de Napoléon, t.9, lettre 7315; Correspondance générale, t.4, lettre 8318).

Le 28 novembre 1803 (6 frimaire an 12), Bonaparte écrit depuis Paris au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "Je vous prie, Citoyen Ministre, de me présenter un rapport sur la dissolution du camp de Bayonne et sur la formation de trois cantonnements.
L'un à Toulon, composé de deux bataillons du 12e d'infanterie légère
(dans la correspondance général, il s'agit du 14e léger), formant 1,600 hommes; de deux bataillons du 23e de ligne, formant également 1,600 hommes; du bataillon des chasseurs d'Orient, fort de 300 hommes, et d'une compagnie du 4e régiment d'artillerie, de 80 hommes; total, 3,600 hommes, commandés par un général, un adjudant commandant, un chef de bataillon d'artillerie, un capitaine et deux lieutenants du génie et un commissaire des guerres ...
Chaque homme aura 100 cartouches: 30 dans la giberne et 70 dans le sac.
Le second cantonnement se réunira à Saintes, et sera composé des 3e et 12e régiments d'infanterie légère, des 26e, 70e et 79e de ligne (chacun de ces régiments fournira deux bataillons de 800 hommes chaque), de deux compagnies d'artillerie de 80 hommes chacune, de trois escadrons du 24e de chasseurs et de trois escadrons du 4e, commandés par un général de brigade de cavalerie.
Ce cantonnement sera commandé par un général de division, deux généraux de brigade, un adjudant commandant, un ordonnateur, deux commissaires des guerres, un chef de bataillon d'artillerie, un capitaine et deux lieutenants du génie ...
Faites-moi un projet sur ces bases avant de rien exécuter
" (Correspondance de Napoléon, t.9, lettre 7331; Correspondance générale, t.4, lettre 8338).

Le 12 décembre 1803 (20 frimaire an 12), Bonaparte écrit depuis Paris au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "Je vous prie, Citoyen Ministre, d'expédier dans la nuit un courrier extraordinaire au général Fénerolz (Note : Jacques Marguerite Etienne de Fornier, dit Fénerols), commandant le camp de dragons de Bedon, pour lui donner l'ordre de partir avec les régiments qu'il commande, six heures après la réception du courrier, et de se diriger sur Nantes. Là il fera prendre à chaque homme cinquante cartouches, des pierres à fusil, et formera trois colonnes, chacune composée d'un régiment de dragons fort de 260 hommes à cheval et de 140 hommes à pied. Le général Dumuy joindra à chacune de ces colonnes deux compagnies du 12e d'infanterie légère, fortes chacune de 70 hommes; ce qui portera chacune des trois colonnes à plus de 550 hommes. La gendarmerie y joindra 10 ou 12 hommes de son arme.
La première colonne s'arrêtera à Nantes, delà se rendra à Palluau, d'où, avant son arrivée, elle enverra demander des ordres au général Paulet, qui se tient ordinairement aux Sables. Le général Paulet se mettra à la tête de cette colonne, y joindra les troupes qui sont sous ses ordres et des officiers des détachements de gendarmerie, et se mettra à la poursuite des brigands, en obéissant cependant aux ordres qu'il recevrait du général Gouvion.
La seconde colonne se rendra à Montaigu. Elle sera commandée par le général Fénerolz. Avant son arrivée, elle enverra demander des ordres au général Gouvion, et, si elle n'en reçoit pas au moment de son arrivée, elle prendra des renseignements des officiers de gendarmerie qui se trouvent à Montaigu et du sous-préfet de Montaigu, et se mettra à la poursuite des rassemblements armés.
La troisième colonne se rendra à Machecoul. Elle sera commandée par un des généraux de brigade qui se trouvera à portée, ou par le général de brigade Valory, s'il est encore à Nantes. Si tout est tranquille dans cet arrondissement, cette troisième colonne continuera sa marche jusqu'à Challans, et préviendra de son mouvement le général Paulet, qui se trouvera aux Sables ou à Palluau; elle prendra des ordres de ce général de brigade, mais sera toujours sous les ordres supérieurs du général Gouvion.
Vous préviendrez le général commandant la division et l'ordonnateur de cette division de prendre toutes les mesures pour que les vivres ne manquent point aux troupes. Il leur sera accordé les vivres de campagne, et, en attendant, pour se procurer de la viande, une indemnité ...
Vous recommanderez la plus sévère discipline.
Vous préviendrez le général Gouvion des mouvements ...
Prévenez le général Gouvion que j'espère que ce renfort de 1,500 hommes lui sera suffisant, et qu'il fera une bonne chasse à ces brigands; qu'il doit tenir note des chefs surtout, pour ne faire grâce à aucun; qu'enfin il y a sous ses ordres le général Dufresse, qui tiendra en respect le département des Deux-Sèvres, le général Girardon, commandant le département de Maine-et-Loire et environs, le général Paulet, le général Fénerolz, le chef de brigade Reynaud, et, si même il se trouve en avoir besoin, le général Lacoste, qui est sur la cote; que les généraux Paulet et Lacoste ont un certain nombre de pièces attelées; que d'ailleurs, si cela devient nécessaire, il peut faire appeler le directeur d'artillerie qui est à Nantes; qu'il doit tâcher cependant, autant que possible, de ne pas dégarnir la côte et y laisser les batteries mobiles et les détachements que j'y ai établis pour protéger le passage de la flottille.
Mettez à la disposition du généralGouvion, pour assurer le service, 50,000 francs en or; 30,000 francs seront destinés à pourvoir à la gratification de la troupe, et 20,000 pour frais de transport, de courriers et d'espionnage. Sur cette somme, il donnera 1,000 francs à chaque commandant de colonne d'éclaireurs.
Mon opinion est qu'il ne faut laisser nulle part de garnison, mais faire de toutes les forces quatre corps sous les ordres, chaque corps, d'un général de brigade, indépendamment des corps des généraux Girardon et Dufresse; que chacun de ces corps doit être partagé en trois autres, chacun de 150 à 200 hommes, infanterie, cavalerie et gendarmerie comprises. Soutenus par l'espionnage et continuellement en mouvement, ces corps doivent parvenir à étouffer la révolte dès sa naissance ...
" (Correspondance de Napoléon, t.9, lettre 7379; Correspondance générale, t.4, lettre 8415).

En Janvier 1804, la traque des brigands de l'Ouest continue. Le 8 Janvier 1804, trois Compagnies du 3e Bataillon du Régiment, complétées à 70 hommes chacune, font encore partie de de la colonne d'éclaireurs de Machecoul (commandée par le Général de Brigade Devaux), tandis que le détachement du 12e Régiment d'infanterie légère qui faisait partie de la colonne de Palluau est renvoyé à Nantes. "... Le général Gouvion retiendra, pour sa garde, les compagnies du 93e d'infanterie de ligne et le détachement du 22e régiment de chasseurs, en renvoyant à Nantes tous les détachements du 12e d'infanterie légère. Par ce moyen, tout le 12e d'infanterie légère sera réuni à Nantes, hormis trois compagnie ..." (Lettre de Bonaparte écrite depuis Paris au Général Berthier, Ministre de la Guerre, le 8 janvier 1804 - 17 nivôse an 12; Correspondance de Napoléon, t.9, lettre 7457; Correspondance générale, t.4, lettre 8562).

Officier de voltigeurs 1805-1806 12e Léger
Fig. 1 Officier de voltigeurs du 12e Léger (d'après un uniforme collection privée) 1805-1806

Le 28 avril 1804 (8 floréal an 12), Bonaparte écrit depuis Saint-Cloud au Général Berthier "Je vous prie, Citoyen Ministre, de faire faire une revue extraordinaire pour constater la situation, au 1er germinal, des ... 3e, 12e, 21e et 24e légers. On aura soin de mettre le nombre d'hommes de ces corps présents dans chaque ville où ils se trouvent, les malades aux hôpitaux, les absents et depuis quel temps, ceux inhabiles à porter les armes, le nombre de conscrits qu'ils ont reçus et qu'ils ont à recevoir sur l'an XI et l'an XII. Ces régiments sont les plus faibles de l'armée. Je désire savoir positivement dans quelle situation ils sont, afin de les faire recruter" (Correspondance de Napoléon, t.9, lettre 7728; Correspondance générale, t.4, lettre 8848).

Le 24 mai 1804 (4 prairial an 12), Bonaparte écrit depuis Saint-Cloud au Maréchal Berthier, Ministre de la Guerre, Major général des camps : "... Une troisième frégate doit partir de Nantes : vous y mettrez également à la disposition de la marine 1500 fusils et 220 hommes qui seront fournis par un détachement pris dans le 3e bataillon du 12e régiment d'infanterie légère et commandé par un capitaine, un lieutenant et deux sous-lieutenants ..." (Correspondance de Napoléon, t.9, lettre 7728; Correspondance générale, t.4, lettre 8894).

Le 28 mai 1804 (8 prairial an 12), Bonaparte écrit depuis Saint-Cloud au Maréchal Berthier : "Mon Cousin, 60,000 hommes de la conscription de l'an XII ont été mis à la disposition du Gouvernement. Il n'y a point de temps à perdre pour répartir entre les différents corps ladite conscription.
Les ... 3e, 12e, 21e, 24e, 25e, 26e et 28e d'infanterie légère ... me paraissent les régiments les plus faibles et ceux qui auront le plus besoin de monde ...
" (Correspondance de Napoléon, t.9, lettre 7792; Correspondance générale, t.4, lettre 8915).

Situation et encadrement du Régiment selon l’Etat militaire de l’An XIII (23 septembre 1804 - 22 septembre 1805) :
12e Léger : 1er Bataillon à Belle-Île, 2e et 3e Bataillons à Nantes (12e DM); Colonel Lainé; Major Jamin; Chefs de Bataillon Chalvidan, Zanoli, Aubry.

Le 27 septembre 1804 (5 vendémiaire an 13), Napoléon écrit depuis Mayence au Maréchal Berthier, Ministre de la Guerre, Major général des camps : "... La garnison de Belle-île sera complétée par le 12e d'infanterie légère qui est à Nantes ..." (Correspondance générale, t.4, lettre 9247).

Le 19 mars 1805 (28 ventôse an 13), Napoléon écrit depuis La Malmaison au Maréchal Berthier, Ministre de la Guerre, Major général des Camps : "... On incorporera, de plus, dans la 82e, à la Martinique, ... 227 hommes du 12e d'infanterie légère, portés par la frégate Le Président ...
Le ministre donnera les ordres pour que les détachements .... du 12e d'infanterie légère, qui vont être incorporés dans la 82e à la Martinique, soient effacés de la matricule des corps; et que sur-le-champ ces corps reforment les compagnies et se complètent ...
Le ministre fera ensuite imprimer l'état de tous les éléments qui entreront dans la composition de corps, et cet état sera adressé aux commissaires des guerres et aux inspecteurs aux revues, afin que les officiers et soldats qui arriveraient fussent envoyés aux corps respectifs.
Il proposera aussi les officiers de ces régiments et des bataillons qui ont appartenu à ces corps, et qui viennent des colonies, vu que ces corps doivent être considérés comme cadres pour recevoir les officiers qui ont été éparpillés ou faits prisonniers, et qui reviennent sans cesse
" (Correspondance générale, t.5, lettre 9702).

Le 24 avril 1805 (4 floréal an 13), Napoléon écrit depuis Stupinigi au Maréchal Berthier, Ministre de la Guerre, Major général des Camps : "Mon cousin, ... Donnez l'ordre au bataillon du 12e régiment d'infanterie légère qui est à Belle-île et à Nantes, et à tous les détachements de ce corps, hormis au bataillon d'élite qui est à Arras, de se rendre à Versailles, ainsi que le dépôt de ce régiment ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.5, lettre 9891).

Le 8 novembre 1805 (17 brumaire an 14), l'Empereur, depuis Linz, établit le Décret suivant : "ARTICLE 1er. Il sera formé une armée du Nord, composée de six divisions : deux divisions se réuniront à Anvers ; deux autres divisions seront composées des troupes de l'avant-garde du corps de réserve de Mayence et de l'avant-garde du corps de réserve de Strasbourg. La division de Mayence se réunira à Juliers, et celle de Strasbourg dans cette ville.
Les deux autres divisions seront formées de toutes les troupes françaises et bataves qui se trouvent en Batavie et se réuniront à …
ART. 2. Le connétable de l'Empire aura le commandement de cette armée.
ART. 3. Les deux divisions qui se réunissent à Anvers seront composées ainsi qu'il suit, savoir :
La 2e division, d'un bataillon formé de six compagnies complétées chacune à 100 hommes, du 2e régiment d'infanterie légère ; d'un bataillon de six compagnies complétées chacune à 100 hommes, du 12e régiment d'infanterie légère ; du corps des grenadiers de la réserve de Rennes (les grenadiers de la réserve de Rennes se rendront d'abord à Evreux, où ils séjourneront ; le connétable les passera en revue, et ils n'en partiront que dans le cas où leur présence serait jugée nécessaire à Anvers;) du 22e régiment de ligne ; d'un des régiments de ligne italiens, qui sont à Boulogne ...
ART. 9. Tous les corps qui doivent former les deux divisions d'Anvers partiront douze heures après la réception de l'ordre qui leur sera adressé, et ces ordres seront expédiés et partiront immédiatement après la réception du présent décret ...
ART. 10. Le général Collot commandera les deux divisions d'Anvers ; le général Lagrange commandera, sous ses ordres, la première division ...
Les deux généraux de brigade de chaque division seront désignés par le connétable, sur la proposition du général Collot …
" (Correspondance de Napoléon, t.10, lettres 9466).

II/ LA CAMPAGNE DU BATAILLON D'ELITE A LA DIVISION OUDINOT, 1804-1806

En Novembre 1803, Bonaparte ordonne la formation de 11 puis 10 bataillons d'élite pour constituer, à Arras, une division de grenadiers de la Réserve, mise sous le commandement de Junot. Les bataillons d'élite sont tirés des 2e, 3e, 12e, 15e, 28e et 31e Léger et des 9e, 13e, 58e et 81e de Ligne. Ils rejoindront Arras très progressivement tout au cours de l'année 1804 voire le début 1805.

Le 11 Janvier 1804 (20 nivôse an 12), Bonaparte écrit depuis Paris au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "... Le bataillon d'élite du 12e léger, qui doit être réuni à Nantes, et composé de 600 hommes, fournira des garnisons à la disposition de la marine à Nantes, pour les divisions de la flotille, lorsque le 40e régiment sera épuisé" (Correspondance générale, t.4, lettre 8576).

Le 16 janvier 1804 (25 nivôse an 12), Bonaparte écrit depuis Paris au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "Le bataillon d'élite du 12e léger devrait rester à Nantes, mais puisqu'il est parti pour Arras, il faut le remplacer par un autre ..." (Correspondance générale, t.4, lettre 8696).

Le bataillon d'élite du 12e Léger, formé des trois premières compagnies de chasseurs de chaque bataillon et de ses 3 compagnies de carabiniers, arrive à Arras.

Durant l'année 1804, il ne cesse de s'entrainer et de s'équiper. Le 16 Février 1804, Napoléon ordonne à Berthier de fournir des sabres, des épaulettes vertes ou rouges, des capotes et des bonnets qui manquent aux compagnies des grenadiers de la Réserve d'Arras. Le livret d'inspection du bataillon d'Elite du 12e Léger établi à Arras le 4 octobre 1804 nous apprend que : "les shakos (des fusiliers) sont en très mauvais état et ont besoin d'être remplacés, les bonnets à poils des grenadiers (carabiniers) sont beaux et neufs".

Le 3 septembre 1804 (16 fructidor an 12), Napoléon écrit depuis Aix-la-Chapelle au Maréchal Berthier, Ministre de la Guerre, Major général des camps : "Mon cousin, vous donnerez ordre aux colonels des 12e régiment d'infanterie légère (Lainé) et 56e régiment de ligne (Boutroüe) qui sont au camp d'Arras de se rendre à leur régiment pour veiller eux même à la réorganisation de ces corps" (Correspondance générale, t.4, lettre 9162).

En Février 1805, Oudinot prend le commandement de la division. Les hommes ont été reconditionnés, entrainés et équipés.

Le 28 Février 1805 (9 ventôse an XIII), Napoléon écrit depuis Paris au Maréchal Berthier : "Le bataillon d'élite du 12e léger ne peut pas être à Belle-Isle-en-Mer, comme le porte votre état; c'est une erreur de bureau.
... Les compagnies de grenadiers et de chasseurs d'Arras seront ainsi composées : 2 officiers, 1 sergent-major, 1 caporal-fourrier, 4 sergents, 8 caporaux, 2 tambours, 110 soldats, 2 élèves ayant le rang de sergents, choisis dans le prytanée de Saint-Cyr, âgés de plus de dix-huit ans, qui joindront leur bataillon avant le 1er germinal. La compagnie sera donc de 130 hommes, qui, multipliés par 6, portent le bataillon d'élite à 780 hommes
" (Correspondance de Napoléon, t.10, lettre 8371; Correspondance générale de Napoléon, t.5, lettre 9615).

Le 21 mars 1805 (30 ventôse an XIII), Napoléon écrit depuis La Malmaison au Maréchal Berthier, Ministre de la Guerre, Major général des Camps : "Mon cousin, le bataillon d'élite du 12e régiment d'infanterie légère ne peut pas être à Belle-Isle-en-Mer, comme le porte votre état; c'est une erreur de bureau ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.5, lettre 9715).

En Juin 1805, la division quitte Arras pour Boulogne. Le 16 Août, l'ordre de rallier Strasbourg arrive. La division Oudinot est placée dans le 5e Corps du maréchal Lannes. Le bataillon du 12e Léger forme le 5e régiment d'élite avec son homologue du 15e Léger. Le régiment est commandé par Desailly, colonel du 15e Léger, et le bataillon du 12e Léger (785 hommes) par le chef de bataillon Polard.

Le 4 octobre 1805 (12 vendémiaire an XIV), Napoléon écrit depuis Ludwigsburg, au Maréchal Berthier, Ministre de la Guerre, Major général de la Grande Armée : "Mon cousin, donnez l'ordre à un capitaine, un lieutenant et à 120 hommes des 2e, 12e et 28e d'infanterie légère de partir de Paris et de Cherbourg où ils se trouvent, du 20 vendémiaire au 1er brumaire, et de se diriger sur Spire pour compléter leurs bataillons d'élite ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.5, lettre 10953).

Carabinier d'Infanterie légère 1806
Fig. 2 Chef de bataillon d'infanterie légère, division Oudinot, 1805-1806, d'après un dessin de Voltz

Les grenadiers de la réserve s'illustrent bientôt à Wertingen le 8 Octobre contre les Autrichiens.

Après la capitulation d'Ulm, le 20 octobre, les hommes d'Oudinot poursuivent les forces autrichiennes et celles des Russes arrivées trop tard pour secourir Mack. Le 27 octobre, ils passent l'Inn à Braunau et entrent dans Linz le 2novembre.

Le 4 novembre, la division combat les Russes à Amstetten et les repousse trois fois, puis continue la poursuite. Le 13 novembre, les grenadiers s'emparent des ponts qui mènent à Vienne. Le 14, le corps d'Oudinot arrive à Stocherau et se rééquipe avec du matériel autrichien. Le 16, ils arrivent sur les hauteurs d'Hollabrunn et combattent les Russes de Bagration. Le terrain reste aux Français et Oudinot y est blessé.

Les grenadiers d'Oudinot donnent à la fin de la bataille d'Austerlitz, restant en réserve la plus grande partie de la bataille. La division reprend le chemin de la France et arrive à Strasbourg en Février 1806, puis occupe la principauté de Neuchâtel, donnée à Berthier.

Le 9 mai 1806, l'Empereur, depuis Saint-Cloud, écrit à Louis, commandant les forces militaires dépendant du Gouverneur de Paris : "Faites-vous rendre compte si les bataillons d'élite des 2e et 12e légère qui sont à Paris sont soldés de janvier, février, mars et avril. S'ils ne le sont pas, faites-les solder sur-le-champ et que dimanche à la parade ils aient reçu tout ce qui leur revient. Les sommes nécessaires seront versées dans la caisse des quartiers-maîtres pour qu'ils donnent à chaque soldat deux bons de double paye jusqu'à ce qu'ils soient entièrerement soldés. Veillez à ce qu'on mette sur-le-champ au complet les masses de linge et chaussures" (Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12095).

En Juillet 1806, le bataillon d'Elite du 12e Léger rejoint son régiment, la division Oudinot étant dissoute.

III/ LE RETOUR DU BATAILLON D'ELITE ET L'ENTREE EN CAMPAGNE DES DEUX PREMIERS BATAILLONS, SEPTEMBRE 1806

- 1805-1806 : le 12e Léger en France

Le 13 février 1805 (21 pluviôse an 13), à Paris, "On propose de suspendre de ses fonctions le général de brigade Valory, « jusqu'à ce qu'il soit libéré envers le 12e régiment d'infanterie légère des 15.699 fr. 28, dont il se trouve reliquataire envers ce corps, par suite d'infractions aux règlements»"; "Approuvé", répond l'Empereur (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1912, t.3, lettre 3195).

Au cours de l'année 1805, le 12e Léger reste en France sous l'autorité de son nouveau colonel : Jean Baptiste Jeanin nommé en Août 1805. Le colonel fait former suivant le règlement 3 compagnies de voltigeurs (une par bataillon de guerre) dans son unité.

Le Régiment finit par stationner à Paris; en effet, le 16 août 1805 (28 thermidor an 13), Napoléon écrit depuis Pont-de-Briques, au Maréchal Berthier, Ministre de la Guerre, Major général de la Grande Armée : "... Donnez ordre au 12e régiment d'infanterie légère qui est à Versailles de se rendre à Paris ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.5, lettre 10581).

Le 31 août 1805 (13 fructidor an 13), Napoléon écrit depuis Pont-de-Briques, au Maréchal Berthier, Ministre de la Guerre, Major général de la Grande Armée : "En conséquence des différents mouvements que j'ai faits avant-hier, les 17e légère ... manque d'un chef de bataillon ... Mon intention est que vous me présentiez un capitaine de grenadiers instruit du 12e légère pour le 17e ... Présentez-moi le plus tôt possible [ces nominations].
[Je vous] recommande de me présenter des capitaines ayant six [ans] de grade [et fait la] guerre avec distinction, instruits. Vous sentez que dans le moment où se trouve l'armée [il faut que] ces nominations me soient présentées de suite. Prenez donc les renseignements nécessaires
" (Correspondance générale de Napoléon, t.5, lettre 10713).

Le 10 août 1806, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Dejean, Ministre directeur de l'Administration de la Guerre : "Monsieur Dejean, je voudrais faire camper autour de Paris les 2e, 4e, 12e et 58e régiments formant à peu près douze bataillons, depuis le 15 août jusqu'au 1er octobre afin de bien reformer à la discipline ces quatre régiments. Faites-moi connaître si vous en avez les moyens et quelle dépense cela me fera" (Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12691).

Le même jour (10 août 1806), Napoléon écrit depuis Saint-Cloud, au Général Junot, Gouverneur de Paris : "Mon intention est de réunir autour de Paris, dans un seul camp, les 2e, 4e et 12e d'infanterie légère et le 58e d'infanterie de ligne, formant douze bataillons et près de 9,000 hommes. Je désire qu'il y ait campés avec eux un général de brigade et un adjudant commandant, pour les exercer et soigner leur instruction.
Le camp sera dressé le 16 août et durera jusqu'au ier octobre. Faites-moi connaître le général qu'on pourrait charger du commandement de ce camp, ainsi que le lieu où l'on pourrait le placer
" (Correspondance de Napoléon, t.13, lettres 10631 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12695).

Le 14 août 1806, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Dejean, Ministre directeur de l'Administration de la Guerre : "Monsieur Dejean, donnez ordre que le 18 août, les 2e et 12e régiment d'infanterie légère campent sur les hauteurs de Meudon et les 4e légère et 58e de ligne, le 20. Ce camp sera sous les ordres du gouverneur de Paris et sous le commandement du général Macon qui y campera, ainsi que les colonels et tous les officiers.
Vous ferez mettre à ce camp une compagnie d'artillerie à pied avec quatre ou six pièces afin qu'on puisse manoeuvrer. Vous prendrez les mesures nécessaires pour que ce camp dure jusqu'au 20 septembre
" (Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12715).

Le même jour (14 août 1806), Napoléon écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Junot, Gouverneur de Paris : "Mon intention est que les 2e, 4e, 12e et 58e campent sur les hauteurs de Meudon, afin que l'air soit saint. Il y a là de très belles plaines où la récolte doit être faite. Faites reconnaître le camp" (Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12719).

- 1806 : Le 12e Léger entre en campagne

Carabinier d'Infanterie légère 1806
Capitaine Romain Dupré (Communication de Mr M. Lint)

Constatant les préparatifs de la Prusse, l'Empereur réorganise ses troupes en Allemagne et dans le reste de l'Empire. Le 19 septembre 1806, il écrit, depuis Saint-Cloud, au Maréchal Berthier, Major Génénral de la Grande Armée : "Mon cousin ... Le roi de Hollande sera le 2 octobre avec un corps considérable de troupes à Wesel. Il faut que le général Songis donne, sur-le-champ des ordres pour que la division du général Dupas, à Mayence, composée du 28e d’infanterie légère, du 14e de ligne, du 2e d'infanterie légère et peut-être du 12e d'infanterie légère ait 10 pièces d'artillerie attelées et en bon état sans que pour cela on en fasse rétrograder de Mayence, mais le général Songis donnera des ordres pour qu'on les attelle en levant des chevaux dans le pays ou de toute autre manière ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12978).

Le même jour, il écrit au Général Dejean, Ministre directeur de l'Administration de la Guerre : "Monsieur Dejean, donnez ordre au gouverneur de Paris de former le 2e régiment d'infanterie légère à deux bataillons bien complets de 1,000 hommes chacun, si cela est possible; de faire la même chose pour les 4e et 12e régiments d'infanterie légère et de faire partir ces bataillons : ceux du 2e léger le 21, par la route de Meaux; ceux 12e léger par la route de Dammartin; et ceux du 4e, un bataillon par la route de Meaux, et un bataillon par la route de Dammartin ..." (Correspondance de Napoléon, t.13, lettres 10825 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12984).

Le 20 septembre 1806, à 6 heures du matin, Napoléon écrit depuis Saint-Cloud, au Maréchal Berthier : "Mon Cousin, je vous envoie le mouvement de l'armée.
… Il faut que le général Songis prenne des mesures pour que la division du général Dupas, qui se réunit à Mayence, ait dix pièces d'artillerie, mais sans faire faire de pas rétrograde à l'artillerie de l'armée. Cette division est composée des 2e, 12e et 28e d'infanterie légère et du 14e de ligne ; je compte y joindre deux autres régiments. Ce sera là le corps d'observation de la France et le corps d'appui de l'armée du roi de Hollande…
" ( Correspondance de Napoléon, t.13, lettres 10827 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 13003).

Le même jour, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Dejean, Ministre Directeur de l'Administration de la Guerre : "Monsieur Dejean, le major Pouchelon du 33e régiment d'infanterie de ligne sera employé pour commander le 1er et le 2e bataillon de dragons à pied qui se réunissent à Strasbourg et le major Jamin du 12e régiment d'infanterie légère le 3e et le 4e bataillon. Il faut donc que ces deux officiers soient rendus à leur poste avant le 27 septembre si cela est possible" (Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 13014).

Le 22 septembre 1806, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Dejean, Ministre Directeur de l'Administration de la Guerre : "Monsieur Dejean, il sera formé un 8e corps de la Grande Armée composé de divisions. Ce corps se réunira à Mayence. Les deux généraux commandant ces divisions seront les généraux Lagrange et Dupas. L'adjudant commandant Cortez sera attaché à la division du général Dupas ; l’adjudant-commandant Dalancourt sera attaché à celle du général Lagrange. Les généraux de brigade Veaux, La Val et Desenfans seront sous les ordres du général Lagrange. Les généraux de brigade Buget et Schramm seront sous les ordres du général Dupas. La division du général Lagrange sera composée des 4e et 12e d'infanterie légère ; du 1er régiment de légère (sic) et du 1er d'infanterie légère italien ... Ce 8e corps sera sous les ordres du maréchal que je nommerai incessamment ... Chacune de ces deux divisions aura huit pièces d'artillerie …" (Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 13071).

Le 28 septembre 1806, l'Empereur écrit, depuis Mayence, au Général Dejean, Ministre Directeur de l’Administration de la Guerre : "Monsieur Dejean, faites partir sans délai un officier, un sergent-major, deux sergents, quatre caporaux et 200 hommes du 32e pour Mayence où ils recevront des ordres pour rejoindre leurs régiments. Faites partir également 100 hommes des 2e, 12e et 4e d'infanterie légère. Ce détachement de 500 hommes vous le ferez partir sous les ordres d'un officier supérieur pour Mayence où ils recevront de nouveaux ordres ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 13115).

Le 1er octobre 1806, l'Empereur écrit, depuis Mayence, au Maréchal Mortier : "Mon Cousin, je vous ai nommé au commandementdu 8e corps de la Grande Armée ... Le 8e corps de la Grande Armée doit être composé de deux divisions, commandées l'une par le général Dupas et l'autre par le général Lagrange ... Les régiments composant le 8e corps d'armée sont le 2e, le 4e et le 12e d'infanterie légère ... Le 12e régiment arrivera le 8 octobre par la route de Bingen ... Aussitôt que vous aurez plus de 5,000 hommes et neuf pièces de canon attelées, vous pourrez vous porter à Francfort. Vous trouverez ci-joint une instruction qui vous servira de guide en cas d'événement ..." (Correspondance de Napoléon, t.13, lettres 10925 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 13188).

Le même jour, l'Empereur écrit, depuis Mayence, au Maréchal Berthier, Major général de la Grande Armée : "Mon Cousin, je partirai ce soir à neuf heures. Je serai à Aschaffenburg demain matin vers six ou sept heures, et probablement avant six heures du soir à Wiirzburg. J'ai nommé le maréchal Mortier commandant le 8c corps d'armée, qui sera composé des 2e, 4e et 12e régiments d'infanterie légère, du 58e de ligne, des deux régiments italiens, du 4e de dragons et du 26e de chasseurs, de dix-huit pièces d'artillerie attelées et de vingt-quatre caissons" (Correspondance de Napoléon, t.13, lettres 10929 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 13173).

Le 1er octobre 1806 encore, depuis Mayence, Napoléon écrit dans une première lettre, au Général Kellermann : "... Le 2e et le 4e d'infanterie légère seront à Worms l'un le 8 et l'autre le 9 octobre, prenez des mesures pour qu'ils trouvent des bateaux à Worms qui les transporte à Mayence ... Le 2e régiment d'infanterie légère, le 4e et le 12e qui arrivent par Bingen, et l’artillerie qu'on prépare à Mayence pour le 8e corps de la Grande Armée se tiendront prêts, sous les ordres du général de division Dupas, à partir pour prendre position à Francfort. J’enverrai l'ordre du départ, il faut que cette division soit prête à quitter Mayence du 10 au 12 octobre..." (Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 13186).

Puis, le même jour, toujours depuis Mayence, dans une deuxième lettre : "Mon cousin, j’ai donné le commandement du 8e corps de la Grande Armée au maréchal de l’Empire Mortier. Ce corps doit se réunir à Mayence. Il doit être composé des 2e, 4e et 12e régiments d’infanterie légère, du 58e régiment de ligne et de deux régiments italiens qui sont partis de Paris et d'Orléans pour se rendre ici, du 4e de dragons et du 26e régiment de chasseurs. Ce corps d'armée formera deux divisions, il aura 18 pièces d’artillerie attelées et 24 caissons des transports militaires. Deux compagnies d'artillerie ont dû être envoyées de Strasbourg pour ces pièces, et une compagnie d'artillerie à cheval est en marche de l'intérieur. J'ai ordonné au maréchal Mortier de se porter sur Francfort et d'occuper ce poste dès qu'il aura 6 000 hommes réunis et 9 pièces de canon attelées. Il aura pour objet de protéger Mayence. Je me réserve d'ailleurs de lui faire passer des ordres que les circonstances me mettront dans le cas de lui donner. Il est convenable que la totalité des troupes du 8e corps d'armée soit entièrement à la disposition du maréchal Mortier" (Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 13185).

Ce corps d'Armée nouveau qui se forme autour de Mayence (le 8ème Corps), ne prend pas part aux premières opérations de la campagne. Il ne part, en effet, de Mayence qu'après les victoires d'Iéna et d'Auerstaedt qui virent le quasi anéantissement de l'armée prussienne.

Le 22 octobre 1806, l'Empereur écrit depuis Dessau au Général Junot, Gouverneur de Paris : "Je reçois votre lettre du 14. Je vois avec plaisir que vous vous occupez de l'instruction et de l'administration des régiments que je vous ai laissés ... Vous ne m'avez pas envoyé l'état de situation des 2e, 4e et 12e régiments d'infanterie légère"(Correspondance de Napoléon, t.13, lettres 11050 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 13306).

Le 25 octobre 1806, Napoléon écrit depuis Potsdam, au Général Dejean, Ministre Directeur de l’Administration de la guerre : "Monsieur Dejean, faites partir au 6 novembre 120 hommes du 14e de ligne, 120 du 12e légère, 120 du 2e légère, 120 du 4e légère, 120 du 25e légère, 120 du 64e, 120 du 108e, 120 du 48e, 120 du 13e légère et 120 du 32e, commandé chaque détachement par un officier, deux sergents, deux caporaux avec deux tambours. Ces détachements se dirigeront sur Mayence, Erfurt, Wittenberg et Berlin..." (Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 13332).

Le 30 octobre 1806, depuis Berlin, Napoléon écrit au Général Dejean, Ministre Directeur de l'Administration de la Guerre : "Monsieur Dejean ... Faites partir le 4 novembre de Paris ... 200 hommes du 12e légère ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 13374).

Le 8e Corps est d'abord chargé d'occuper la Hesse et de désarmer l'armée hessoise. On entre donc dans Cassel le 1er Novembre. Les restes des forces prussiennes s'étaient réfugiés dans les forteresses de l'Allemagne du Nord et attendaient l'appui de leur allié russe qui s'était positionné sur la Vistule.

Napoléon ayant décidé de marcher vers la Pologne contre l'armée russe, et de franchir la Vistule, le 8e Corps est chargé d'entrer en Hanovre avec mission de gagner Berlin et la Prusse, de garder le pays entre Elbe et Oder et d'observer la Poméranie suédoise où les Anglais et les Suédois pouvaient combiner une expédition. Ainsi, le 4 novembre 1806, depuis Berlin, l'Empereur écrit au Roi de Hollande : "Mon Frère, le maréchal Mortier se range sous vos ordres, et vous commandez en chef dans le Hanovre et les villes hanséatiques. Je suppose qu'au plus tard le 10 vous serez à Hanovre, et que vous avez avec vous le 72e, le 65e et le 22e régiment français, et 7 à 8,000 Hollandais. Vous ferez occuper par 2 ou 3,000 Hollandais, autres que ceux que vous avez à l'armée, Emden et l'Ost-Frise, ce qui formera votre gauche et votre réserve. Le maréchal Mortier aura de son côté les 2e, 4e et 12e d'infanterie légère ; vous aurez donc six régiments français ; ce qui, avec les Hollandais, ne doit pas faire beaucoup moins de 20,000 hommes. Les deux régiments italiens, les troupes de Nassau et de Darmstadt et celles du grand-duc de Berg, qui sont à Wesel ou à Cassel, formeront un secours de 4 ou 5,000 hommes, dont, selon les circonstances, vous pourrez vous fortifier … Mon intention est que vous divisiez votre armée en deux corps ; que vous donniez au maréchal Mortier le commandement du 8e corps de la Grande Armée, que vous formerez de manière qu'il soit au moins de 12,000 hommes, avec le plus de cavalerie que vous pourrez et vingt-quatre pièces d'artillerie. Avec ce corps, le maréchal Mortier se rendra à Hambourg, prendra possession de la ville, ainsi que de Brême et de Lubeck …" (Correspondance de Napoléon, t.13, lettres 11171 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 13455).

Entre temps, toujours en Novembre 1806, Napoléon décidait de la formation d'une nouvelle réserve d'Elite confiée à Oudinot. Les compagnies de carabiniers et de voltigeurs du 3e bataillon du 12e Léger s'associaient à celles du 3e bataillon du 15e Léger pour former un 5e régiment provisoire de la division des grenadiers et voltigeurs de la Réserve.

Le 11 novembre 1806, Napoléon écrivait depuis Berlin, au Maréchal Mortier de former la 2ème division de son 8e Corps avec les 4e Léger, 122e et 58e de Ligne. En attendant ce dernier régiment, de le remplacer par le 12e Léger :
"Mon Cousin, le roi de Hollande s'en retourne dans son royaume. Vous avez donc le commandement de toutes les troupes. Mon intention est que vous en fassiez quatre divisions, dont deux divisions françaises, une division hollandaise et une division italienne ...
La deuxième division française sera composée du 4e régiment d'infanterie légère et des 22e et 58e de ligne. Ce dernier régiment sera le 20 novembre à Wesel ; jusqu'à ce qu'il soit arrivé, vous le remplacerez par le 12e d'infanterie légère, que vous pourrez cependant laisser encore une quinzaine de jours à Cassel, jusqu'à ce qu'il y soit relevé par un millier d'hommes, que j'ordonne au maréchal Kellermann de former à Mayence et d'y envoyer ... Je n'ai pas besoin de vous dire que mon intention est que vos deux divisions françaises soient toujours réunies. Chacune des divisions doit avoir douze pièces de canon que vous vous occuperez d'organiser en Hanovre. Lorsque le 58e sera arrivé, je retirerai le 12e et le 15e, qui arrivent également le 20 à Wesel, auxquels je donnerai une autre destination. Envoyez-moi la formation de votre armée sur ces bases …
" (Correspondance de Napoléon, t.13, lettres 11231 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 13544).

Le 12 novembre 1806, l'Empereur écrit, depuis Berlin, au Maréchal Berthier, Major général de la Grande Armée : "Mon cousin, donnez ordre au général Lagrange gouverneur de Kassel de faire partir le 16 pour le blocus de Hameln le 12e régiment d'infanterie légère et de garder à Kassel le régiment italien qui doit y arriver le 15 pour en former la garnison" (Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 13547).

Le 13 novembre 1806, depuis Berlin, l'Empereur écrit au Général Lagrange, Gouverneur de Hesse-Kassel : "… D'après tous les renseignements que vous me donnez de la tranquillité des habitants du pays je désire que fassiez partir pour Hameln la 12e légère et que vous la fassiez remplacer par le 2e régiment italien ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 13567).

Le 14 novembre 1806, l'Empereur écrit depuis Berlin, au Général Dejean : "Monsieur Dejean ... J'ai laissé à Paris six bataillons ; je désire que le gouverneur en voie un par jour, de sorte qu'il les ait tous vus en une semaine. Faites-vous rendre compte de leur administration. Il faut que ces six bataillons me fournissent, avant le mois de février prochain, 6,000 hommes pour Paris et mes réserves de l'intérieur. Si on les envoie à Orléans, ils croupiront dans l'oubli et ne feront plus rien qui vaille. Faites-vous rendre compte de l'état de situation des 2e, 12e et 4e, et portez tous vos soins à ce que les bataillons de guerre de ces corps soient à l'effectif de 140 hommes par compagnie ; ce qui fait 1,240 hommes par bataillon et 2,500 hommes pour les bataillons qui sont à l'armée ; je dis à l'effectif, parce que les malades et absents à leur départ de Paris doivent y être compris ... Vous vous entendrez avec le gouverneur de Paris pour faire partir par mois et par détachements 5 à 600 hommes, tout ce qui est nécessaire pour porter ces corps ... au complet de l'effectif demandé ..." (Correspondance de Napoléon, t.13, lettres 11254 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 13578).

Le 16 Novembre 1806, le 12e Léger est envoyé avec une division hollandaise que Mortier a prise sous son autorité au retour du roi Louis en Hollande, pour bloquer la place de Hamelm avec Savary. L'Empereur écrit, depuis Berlin, au Maréchal Berthier, Major général de la Grande Armée : "Mon cousin, donnez ordre au général Savary de se rendre sur-le-champ devant Hammeln. Il y prendra le commandement des troupes qui bloquent cette forteresse, en ayant soin de faire retrancher par de bonnes redoutes tous les postes du blocus. Il fera prendre sur la place de Rinteln des obusiers et des canons pour bombarder la ville et y mettre le feu et en accélérer la reddition. Il fera garnir les redoutes de petites pièces de campagne, afin d'empêcher l'ennemi de faire lever le blocus et de suppléer au petit nombre de troupes qu'il a par des retranchements et par un bon service. Il me fera passer l'état d'organisation du blocus et correspondra avec vous. Il tirera ses vivres et tout ce dont il aura besoin du pays d'Hanovre.
Le 12e régiment d'infanterie légère doit être parti aujourd'hui de Kassel pour Hameln; s'il n'était pas arrivé, le général Savary écrira au général Lagrange de le faire venir sans délai ...
Il sera commandant du blocus de Hameln par une commission spéciale. Il pourra accorder à la garnison une capitulation par laquelle elle sera prisonnière de guerre, les officiers sur parole, les soldats envoyés en France. Il aura soin que toutes les caisses des régiments et tout ce qui appartiendrait au roi de Prusse nous restent ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 13588).

Puis, dans une deuxième lettre, adressée cette fois au Maréchal Mortier : "Mon Cousin, je reçois vos lettres du 12 et du 13. J'ai donné l'ordre au général Savary de se rendre devant Hameln pour prendre le commandement des troupes que vous y laissez, de les réunir devant cette place, de faire venir de Cassel le 12e d'infanterie légère, et d'en serrer vivement le blocus en construisant des redoutes et faisant venir de Rinteln des obusiers pour bombarder la place et la forcer à se rendre ... je vous recommande de réunir tous les Hollandais devant Hameln ; ce qui, joint au 12e d'infanterie légère, qui s'y rendra de Cassel, donnera au général Savary les moyens de prendre cette place, où je ne suppose pas qu'il y ait plus de 5,000 Prussiens" (Lettre de l'Empereur écrite depuis Berlin le 16 novembre 1806 - Correspondance de Napoléon, t.13, lettres 11268 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 13600).

Le quartier général du 8e Corps s'établit à Hambourg dès le 19 Novembre.

En Janvier, la division Oudinot est au 8e Corps de Mortier. Le 7 janvier 1807, l'Empereur écrit, depuis Varsovie, au Maréchal Mortier : "Je vous ai fait envoyer l'ordre de faire partir le 2e et le 15e d'infanterie légère pour Posen. Je suppose qu'à l'heure qu'il est ils sont en route. Le 12e d'infanterie légère doit vous avoir joint. Je vous laisse le maître d'attaquer la Poméranie suédoise, quand vous en jugerez l'occasion favorable. Prenez l'île de Rügen, si vous le jugez convenable, et bloquez ou assiégez Stralsund ; mais n'employez pour cela que le nombre de troupes nécessaires. Tenez le reste de vos troupes en repos et en santé ; cantonnez-les. Faites faire des magasins de biscuit ; organisez vos transports avec des charrois du Mecklenburg, et tenez-vous en mesure de vous transporter partout où il sera nécessaire" (Correspondance de Napoléon, t.14, lettre 11576 ; Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 13980).

- 1806 : Les éléments restés en France

Le 10 novembre 1806, l'Empereur écrit depuis Berlin, à Cambacérès, Archichancelier de l'Empire : "Mon Cousin … Je vois avec peine qu'on arrête des diligences. Il faut éveiller la sollicitude de la police et déployer un peu de forces. Voyez le ministre Dejean et le gouverneur de Paris. Mon intention est que les quatre dépôts de dragons qui sont à Paris fournissent chacun un détachement de 30 hommes commandés par un officier ; ces quatre détachements, formant 120 hommes, seront répartis sur les routes de Chartres, sur les confins de l'Orne, du côté des Andelys et d'Évreux. Pour peu que le mal augmente, on formera sur-le-champ un camp volant composé des carabiniers et voltigeurs des 2e, 4e et 12e régiments d'infanterie légère, des 120 dragons et de plusieurs brigades de gendarmerie. Cette force, faisant 5 ou 600 hommes, se rendra successivement à Évreux, aux Andelys, à Laigle, et, s'il est nécessaire, du côté de Domfront, arrêtera les mauvais sujets et fouillera les forêts. Cela rassurera les bons citoyens et comprimera ce commencement de malveillance …" (Correspondance de Napoléon, t.13, lettres 11224 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 13537).

- 1807 : poursuite de la campagne et retour en France

Le 9 février 1807, le major Janin du 12e Léger est blessé près d'Ostrolenka ou une semaine plus tard aura lieu un combat contre les Russes. Dans la vaste réorganisation de son armée qui suit l'indécise bataille d'Eylau de Février 1807, Napoléon fait venir des renforts de tout son empire et chez ses alliés anciens et nouveaux comme les Polonais. Le siège est mis devant Dantzig et Kolberg, on contient les Suédois devant Stralsund, les divisions essaient d'hiverner le mieux possible.

Le 20 février 1807, l'Empereur écrit, depuis Liebstadt, au Maréchal Mortier : "Mon Cousin … Je vous ai donné l'ordre d'envoyer à Thorn le 65e. Je vous laisse le maître de m'envoyer aussi le 12e ou tout autre régiment ; je m'en rapporte à votre zèle pour mon service. Si vous pouvez rester devant Stralsund seulement avec trois régiments, restez-y et expédiez-m'en trois ici. Les 3,000 Hollandais qui se trouvaient à Cassel ayant été renvoyés à Hambourg, le maréchal Brune pourrait vous faire passer un millier d'hommes. D'ailleurs ces trois régiments pourront vous être remplacés à la belle saison. Ce seraient le 15e de ligne, parti en poste de Paris, et le 31e léger, qui doit être arrivé à Mayence. Ainsi donc vous avez reçu l'ordre de m'envoyer le 65e ; si vous pouvez, envoyez-m'en un ou deux autres, car il est possible que de nouveaux événements aient lieu avant un mois ou quarante jours, et que l'arrivée de ces trois régiments fut d'une grande utilité …" (Correspondance de Napoléon, t.14, lettre 11842 ; Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 14347).

Le 12 mars 1807, l'Empereur écrit, depuis Osterode, au Général Clarke : "… Ecrivez au commandant de Hameln que j'ai donné l'ordre de garder 3,000 hommes pour la garde de la place et des forts, et qu'il dirige le reste sur Stralsund. Envoyez ces dispositions au maréchal Mortier, et faites-lui connaître que je lui ai fait donner l'ordre de m'envoyer le 12e léger sur Marienwerder ..." (Correspondance de Napoléon, t.14, lettre 12011 ; Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 14577).

Le 12e Léger, conformément aux ordres de l'Empereur se rend donc à Marienwerd pour épauler le siège de Dantzig ... Le régiment intègre alors le 10e Corps, sous le commandement du Maréchal Lefebvre (qui y gagnera un titre de Duc). Les deux premiers Bataillons du 12e Léger sont à la Brigade Puthod (avec le 19e de Ligne), Division Michaud.

Le 18 mars 1807, l'Empereur écrit, depuis Osterode, au Général Lacuée, Directeur général des Revues et de la Conscription : "En conséquence des derniers états de situation que vous m'avez remis, il résulte que le 2e, 4e, 12e et 15e d'infanterie légère, 12e, 14e, 32e et 58e de ligne seraient à un effectif de plus de 10000 ; ce qui supposerait 8 à 9 000 hommes sous les armes ...
Voici comment j'arrive à ce résultat ...
Faites-moi connaître l'état de situation au 15 mars de tous les 3es ou 4es bataillons de l'armée, effectif. Mettez à côté ce qu'ils devaient recevoir de 1806 et 1807 et réserve ; ce qui était reçu aux corps au 15 mars et faisant partie de leur situation, en ajoutant à la situation au 15 mars ce qui leur reste à recevoir de la conscription, ils auront, dans le courant de l'été, la force qu'il faut que ces bataillons aient. Par la différence de cette situation au complet effectif de 1 260 hommes, on aura ce qu'il est nécessaire de leur donner encore de la conscription de 1806. Il faut cependant faire attention qu’il a des bataillons qui ont leurs compagnies de grenadiers et de voltigeurs à la Grande Armée
" (Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 14727).

Emplacement des troupes de l'Empire français à l'époque du 1er avril 1807
Infanterie légère
Numéros des Régiments, et noms des Colonels
Majors, Chefs de Bataillon et Quartiers-maîtres
Numéro des Bataillons
Emplacement, et conscription de l'an 1807
Division Militaire
12e Jannin

Jamin
Oudot
Aubry
Corsin

Major
1er
2e
3e
Quartier-maître




A Vire
Dépôt à Paris
Conscrits des Hautes-Pyrénées et de l'Isère


1ère Division, 8e Corps
1ère Division, 8e Corps
Camp de Saint-Lô
1ère Division

Le 6 avril 1807, l'Empereur écrit, depuis Finkenstein, au Maréchal Berthier, Ministre de la Guere, Major général de la Grande Armée : "Mon cousin, le 12e régiment d'infanterie légère qui doit être arrivé aujourd'hui à Marienwerder s'y reposera demain.
L'état de situation m'en sera envoyé et je déciderai où il doit se rendre. Vous demanderez au général Oudinot la situation de ses brigades. Mon intention est de mettre ce régiment sous ses ordres
" (Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 15122).

Le 18 avril 1807, l'Empereur écrit, depuis Finkenstein, au Maréchal Lefebvre à Pietzkendorf : "… Le 12e d'infanterie légère, fort de 2,100 hommes, un des plus beaux de l'armée, vous sera destiné aussitôt que le feu commencera …" (Correspondance de Napoléon, t.15, lettre 12404 ; Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 15314).

Le 19 avril 1807, l'Empereur écrit, depuis Finkenstein, au Maréchal Berthier, Ministre de la Guerre, Major général de la Grande Armée : "Mon cousin, envoyez l'ordre à Dirschau au 12e régiment d'infanterie légère de partir demain à la pointe du jour pour se rendre au camp devant Dantzig. Le colonel enverra un officier prendre les ordres du maréchal Lefebvre" (Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 15326).

Le même 19 avril 1807 à midi, l'Empereur écrit, depuis Finkenstein, au Maréchal Lefebvre : "… Voilà enfin Danzig bloqué …
Je donne ordre au 12e léger, fort de 2,100 hommes, excellent régiment, de partir demain de Dirschau pour se rendre à votre quartier général ; tenez-le intact et en réserve pour les événements imprévus, car je vous préviens que je n'ai plus d'autre régiment à vous envoyer. Vous aurez donc en Français les 2e et 12 e d'infanterie légère, les 19e et 44e de ligne et le régiment de Paris; ce qui, avec les canonniers et sapeurs et les 19e et 23e chasseurs, formera près de 9,000 Français
" (Correspondance de Napoléon, t.15, lettre 12422 ; Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 15341).

Le 23 avril 1807, à midi, l'Empereur écrit, depuis Finkenstein, au Maréchal Lefebvre à Pietzkendorf : "… Vous ne me parlez pas du beau 12e que je vous ai envoyé ; en vérité, vous êtes un ingrat ..." (Correspondance de Napoléon, t.15, lettre 12458 ; Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 15403).

Le 5 mai 1807, l'Empereur écrit, depuis Finkenstein, au Maréchal Berthier, Ministre de la Guerre, Major général de la Grande Armée : "Mon cousin, donnez ordre que les 12000 paires de souliers qui se trouvent à Marienwerder soient distribuées de la manière suivante, savoir :
… 500 au 2e d'infanterie légère
1000 au 12e idem …
" (Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 15536).

Les 12, 13, 14 et 15 mai, les Russes tentent de débloquer Danzig. Le 74e Bulletin de la Grande Armée, daté de Finkenstein, 16 mai 1807, raconte :
"… le lieutenant général Kamenski, fils du feld-maréchal, avec deux divisions russes, formant douze régiments, et plusieurs régiments prussiens, ont été embarqués à Pillau. Le 12, soixante-six bâtiments de transport, escortés par trois frégates, ont débarqué ces troupes à l'embouchure de la Vistule, au port de Danzig, sous la protection du fort de Weichselmunde.
L'Empereur donna sur-le-champ l'ordre au maréchal Lannes, commandant le corps de réserve de la Grande Armée, de se porter de Marienburg, où était son quartier général, avec la division du général Oudinot, pour renforcer l'armée du maréchal Lefebvre. Il arriva en une marche dans le même temps que l'armée ennemie débarquait. Le 13 et le 14, l'ennemi fit des préparatifs d'attaque. Il était séparé de la ville par un espace de moins d'une lieue, mais occupé par les troupes françaises. Le 15, il déboucha du fort sur trois colonnes ; il projetait de pénétrer par la droite de la Vistule. Le général de brigade Schramm, qui était aux avantpostes avec le 2e régiment d'infanterie légère et un bataillon de Saxons et de Polonais, reçut les premiers feux de l'ennemi, et le contint à portée de canon de Weichselmünde. Le maréchal Lefebvre s'était porté au pont situé au bas de la Vistule, et avait fait passer le 12e d'infanterie légère et des Saxons pour soutenir le général Schramm. Le général Gardanne, chargé de la défense de la droite de la Vistule, y avait également appuyé le reste de ses forces. L'ennemi se trouvait supérieur, et le combat se soutenait avec une égale opiniâtreté.
Le maréchal Lannes, avec la réserve d'Oudinot, était placé sur la gauche de la Vistule, par où il paraissait la veille que l'ennemi devait déboucher ; mais, voyant les mouvements de l'ennemi démasqués, le maréchal Lannes passa la Vistule avec quatre bataillons de la réserve d'Oudinot. Toute la ligne et la réserve de l'ennemi furent mises en déroute et poursuivies jusquaux palissades, et, à neuf heures du matin, l'ennemi était bloqué dans le fort de Weichselmünde. Le champ de bataille était couvert de morts. Notre perte se monte à 25 hommes tués et 200 blessés ; celle de l'ennemi est de 900 hommes tués, 1,500 blessés et 200 prisonniers. Le soir on distinguait un grand nombre de blessés qu'on embarquait sur les bâtiments, qui successivement ont pris le large pour retourner à Koenigsberg. Pendant cette action, la place n'a fait aucune sortie, et s'est contentée de soutenir les Russes par une vive canonnade.
Du haut de ses remparts délabrés et à demi démolis, l'ennemi a été témoin de toute l'affaire. Il a été consterné de voir s'évanouir l'espérance qu'il avait d être secouru. Le général Oudinot a tué de sa propre main trois Russes. Plusieurs de ses officiers d état-major ont été blessés. Le 12e et le 2e régiment d'infanterie légère se sont distingués. Les détails de ce combat n'étaient pas encore arrivés à l'état-major …
" (Panchoucke : « Oeuvres de Napoléon Bonaparte », 1821-1822, t. 4, p. 205; Correspondance de Napoléon, t.15, lettre 12593).

Le 75e Bulletin de la Grande Armée, daté de Finkenstein, le 18 mai 1807, reprends et complète ce récit : "Voici de nouveaux détails sur la journée du 15. Le maréchal Lefebvre fait une mention particulière du général Schramm, auquel il attribue en grande partie le succès du combat à Weichselmunde.
Le 15, depuis deux heures du matin, le général Schramm était en bataille, couvert par deux redoutes construites vis à vis le fort de Weichselmunde. Il avait les Polonais à sa gauche, les Saxons au centre, le 2e régiment d’infanterie légère à sa droite, et le régiment de paris en réserve. Le lieutenant général russe Kamenski déboucha du fort à la pointe du jour ; et, après deux heures de combat, l’arrivée du 12e d’infanterie légère, que le maréchal Lefebvre expédia de la rive gauche, et un bataillon saxon, décidèrent l’affaire. De la brigade Oudinot, un seul bataillon put donner. Notre perte a été peu considérable. Un colonel polonais, M. Paris, a été tué. La perte de l’ennemi est plus forte qu’on ne pensait. On a enterré plus de 900 cadavres russes. On ne peut pas évaluer la perte de l’ennemi à moins de 2500 hommes. Aussi ne bouge t’il plus, et parait très circonspect derrière l’enceinte de ses fortifications. Le nombre de bateaux chargés de blessés qui ont mis la voile est de quatorze ...
" (Panchoucke : « Oeuvres de Napoléon Bonaparte », 1821-1822, t. 4, p. 209; Correspondance de Napoléon, t.15, lettre 12604).

Après un siège minutieux et difficile, la ville de Danzig capitule le 26 mai. Les chef de bataillon Oudot et Corsin du 12e Léger y seront blessés en mai.

"77e BULLETIN DE LA GRANDE ARMEE.
Finkenstein, 29 mai 1807.
Danzig a capitulé …
Le 2e régiment d'infanterie légère, le 12e et les troupes de Paris, le général Schramn et le général Pulhod, se sont fait remarquer …
" (Panchoucke : « Oeuvres de Napoléon Bonaparte », 1821-1822, t. 4, p. 214; Kermoysan « Napoléon, Recueil par ordre chronologique de ses lettres, proclamations, bulletins », Paris, 1853, t.2, p. 138 ; Correspondance de Napoléon, t.15, lettre 12691).

Fin Mai 1807, le 12e Léger passe sous le commandement de Lannes au corps d'Armée de Réserve à la deuxième division Verdier (1er et 2ème bataillons) formant la brigade Vedel avec le 2ème Léger.

Heilsberg, 10 Juin : sept officiers du régiment sont tués, dont les chefs de bataillon Flat et Graillat. Bennigsen résiste avec énergie dans ses retranchements d'Heilsberg, puis, dans la crainte d'être coupé de Koenigsberg, il descend rapidement l'Alle par la rive droite.

Lannes et Mortier s'avançaient parallèlement par la rive gauche. Bennigsen les devance à Friedland, s'empare des ponts de cette ville et commence à passer sur la rive opposée, comptant prendre les Français de flanc. Lannes et Mortier avertissent l'Empereur et, avec leurs seules forces, contiennent l'ennemi pendant plus de douze heures.

Carabinier d'Infanterie légère 1806
Fig. 3 Carabinier en 1805 d'après le Manuscrit de Brunswick

Cependant, Ney et Victor précipitent leur marche et arrivent avec l'Empereur sur le champ de bataille à quatre heures du soir (14 juin). L'ennemi se trouvait à présent dans une position critique. Il occupait le fond d'un entonnoir formé par le village de Friedland et entouré par une boucle de l'Alle. Son artillerie était restée sur la rive droite. Arrivé sur le champ de bataille, Napoléon s'écria : "Non, on ne surprend pas souvent l'ennemi dans une pareille faute !". Il charge alors Mortier de former la gauche en occupant le village d'Heinrichsdorf. Ce maréchal reçoit l'ordre de se tenir sur la défensive. Lannes est placé au centre, Ney à droite, au village de Posthenen. C'est de ce côté que Napoléon dirigera l'attaque décisive.

Les Russes, au contraire, concentrent tous leurs efforts contre la gauche de l'armée française, qui leur ferme directement la route de Koenigsberg. Pendant qu'ils sont occupés de ce côté, Ney pousse devant lui leur aile gauche et marche dans la direction du clocher de Friedland. Le maréchal Ney continuait ses progrès vers Friedland, lorsque l'artillerie russe, tirant par-dessus l'Alle, fit éprouver à l'aile droite des pertes énormes. Le général Sénarmont réunit alors les 36 bouches à feu des divisions, en forme deux batteries, avec 6 pièces en réserve; il prend position à 400 mètres de l'ennemi et tire en avançant constamment sa ligne de feu. Sous cet ouragan, les Russes sont rejetés sur Friedland, le maréchal Ney à leur suite. La garde russe essaye inutilement contre ses divisions une attaque de flanc, elle est écrasée par une charge de la division Dupont.

L'aile droite des Russes, attirée sur la route de Koenigsberg par la retraite calculée de Lannes et de Mortier, se hâte de revenir à Friedland dès qu'elle apprend le sort du centre et de la gauche. Mais Bennigsen avait fait sauter les ponts pour protéger sa fuite. Pressée entre les corps de Mortier, de Lannes et du maréchal Ney, l'aile droite, plutôt que de se rendre, passe la rivière à la nage sous les balles françaises, qui lui font perdre la moitié de son effectif. Les Russes s'enfuirent en désordre sur le Niémen. Le 12e Léger a eu de nombreuses pertes et blessés.

Le 4 août 1807, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Gouverneur de Berlin et de la Prusse : "Monsieur le général Clarke, je vous ai déjà fait connaître que la division du général Oudinot devait rester à Dantzig avec la division Verdier qui est composée des 2e et 12e d’infanterie légère et des 3e et 72e de ligne. Ainsi vous dirigerez sur Dantzig tous les détachements appartenant à ces quatre régiments et provenant soit des régiments provisoires, soit des bataillons provisoires de garnison de Küstrin, Spandau, Magdeburg, Stettin, Glogau, Wittenberg. Vous dirigerez également sur Dantzig tous les détachements du corps d'Oudinot qui se trouvent dans votre gouvernement …" (Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 16105).

Le 2 novembre 1807, l'Empereur écrit, depuis Fontainebleau, au Maréchal Berthier, Major général de la Grande Armée : "Mon cousin … Les 2e et 12e d'infanterie légère et tous les détachements des régiments provisoires qui leur appartiennent se dirigeront sur Erfurt où ils recevront de nouveaux ordres ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 16681).

Le 8 novembre 1807, l'Empereur écrit, depuis Fontainebleau, au Maréchal Berthier, Major général de la Grande Armée : "Mon cousin, répondez au maréchal Soult par un officier d'état-major. Faite-lui connaître que vous m'avez mis sous les yeux sa lettre du 22 octobre ; que je suis surpris que la division Verdier se trouve encore sur la Vistule ; qu'elle devrait être à Stettin, et que les 2e et 12e régiments devraient même être en marche pour Erfurt ...
Vous ferez connaître au maréchal Soult que ... aussitôt que je verrai les affaires s'éclaircir, son corps d'armée sera chargé de la garde de Stettin et de la Poméranie suédoise ; qu'il faut donc que je sache bien le jour où les deux régiments de la division Verdier arriveront à Stettin ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 16734).

Le 11 novembre 1807, depuis Fontainebleau, l'Empereur écrit au Prince de Neuchâtel, Major général de la Grande Armée : "Mon Cousin … La division Verdier sera dissoute ; les 2e et 12e légers se rendront à Paris …" (Correspondance de Napoléon, t.16, lettre 13345 ; Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 16756).

Le 13 novembre 1807, l'Empereur écrit, depuis Fontainebleau, au Maréchal Berthier, Major général de la Grande Armée : "Mon cousin, faites-moi connaître quand ... les 2e et 12e légers à Erfurt ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 16774).

Le 23 décembre 1807, l'Empereur écrit, depuis Milan, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, donnez ordre ... aux 2e et 12e d'infanterie légère qui arrivent à Mayence le 8 janvier de continuer leur route sur Paris ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 16919).

Le régiment, de retour à Paris, est passé en revue par le Général Mouton. Après cette campagne éprouvante, il doit être rééquipé et les carabiniers reçoivent des shakos à la place de leurs bonnets d'oursin.

Le 13 mars 1808, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Maréchal Berthier, Major général de l'Armée : "Mon intention est d'accorder une gratification de cent mille francs aux 2e, 4e et 12e régiments d'infanterie légère ...
Vous ferez connaître aux conseils d'administration de ces régiments que mon intention est qu’il soit donné trois mois de solde aux officiers et deux mois aux sous-officiers et soldats, mais à ceux seulement qui ont assisté aux batailles soit d'Austerlitz, soit d'Iéna, soit de Friedland. Le surplus de cette somme, s'il en restait après la répartition de cette gratification, servirait à donner un supplément de deux mois de solde aux officiers et soldats qui auraient été blessés. Si la somme que j'ai fixée ne suffisait pas pour donner les trois mois de solde, on diminuera 15 jours aux officiers et 15 jours aux soldats. On vous rendra compte de l'opération ...
" (Brotonne (L. de) : « Dernières Lettres inédites de Napoléon 1er, collationnées sur les textes et publiées » ; Paris, 1903, t. 1, lettre 657 ; Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 17390).

- 1807 : Les éléments du 12e Léger demeurés en France

Le 18 mars 1807, l'Empereur écrit, depuis Osterode, au Général Junot, Gouverneur de Paris et commandant la 1ère Division Militaire : "À l'heure qu'il est, le 3e bataillon du 2e d'infanterie légère doit être à l'effectif de 400 hommes. Celui du 4e à 1200 hommes ; du 12e à 1300 ; 15e à 1300 ; 58e à 1200, du 32e à 1350 hommes ; du 14e à 900 hommes et du 12e à 1100 hommes.
Il résulte des états qui me sont envoyés que, le 15 février, la situation du 3e bataillon du 21e léger était de 936 hommes ; le nombre de conscrits qu'il avait à recevoir de 1806, de 1807 et de la réserve était de 547 hommes, total 1483. Je suppose ces conscrits arrivés à l'heure qu'il est ; ce qui devrait vous faire un effectif de 10 000 hommes des 8 bataillons, et, en présence sous les armes, de 8 à 9 000 hommes. Faites-moi connaîtres ce qu’il en est
" (Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 14723).

IV/ LE 3eme BATAILLON ENVOYE A L'ARMEE DU PORTUGAL Août 1807-Août 1808

Le Portugal, de fait allié des Anglais, avait joué depuis 1801 d'une neutralité de façade. En Juillet 1807, l'Empereur sommait le pays de fermer ses ports aux Anglais. Pour appuyer ses menaces, un corps d'Observation de la Gironde était formé, placé sous le commandement de Junot. Dès le 2 Août, les camps volants de Saint Lô, Pontivy et Napoléon Vendée étaient dissouts pour former la base de ce Corps d'Observation que l'on complétait par diverses unités. Français et Espagnols s'entendaient par une convention secrète signée à Fontainebleau le 27 Octobre pour se partager le pays. Le 3ème bataillon du 12e Léger formait avec ceux du 2ème Léger, 4e Léger, et 15e Léger la 1ère brigade au sein de la 2ème division d'infanterie du général Loison.

"DÉCRET.
Saint-Cloud, 2 août 1807.
TITRE Ier.
DISSOLUTION DES CAMPS DE SAINT-LÔ, PONTIVY ET NAPOLÉON.
ARTICLE 1er. Les trois camps volants de Saint-Lô, de Pontivy et de Napoléon seront dissous dans le courant du mois d'août.
ART. 2. Chacun de ces trois camps formera une division d'un corps qui portera le titre de Corps d'observation de la Gironde.
ART. 3. Le général Junot, gouverneur de Paris, est nommé général en chef commandant le corps d'observation de la Gironde, lequel se réunira à Bayonne.
Le général Junot recevra des ordres pour être rendu le 20 août à Bayonne avec son état-major.
TITRE II.
COMPOSITION DU CORPS D'OBSERVATIONDE LA GIRONDE.
... ART. 5. La 2e division sera composée
Du 3e bataillon du 12e d'infanterie légère, du 3e bataillon du 15e idem, du 3e bataillon du 2e idem, du 3e bataillon du 4e idem, du 3e bataillon du 32e de ligne, du 3e bataillon du 58e idem et du 2e bataillon du 2e régiment suisse, porté au grand complet de 1,260 hommes, qui partira le 6 août de Toulon et d'Avignon.
Chacun de ces sept bataillons sera complété à l'effectif de 1,260 hommes.
Le général de division Laroche commandera cette division ; il aura sous ses ordres les généraux de brigade Charlot et Petitot.
Cette division aura douze pièces de canon, avec le personnel, matériel et attelages, prises au camp de Saint-Lô.
Au 5 août, le camp de Saint-Lô sera dissous, et le général Laroche, avec ses officiers, les généraux et les troupes, se mettra en marche pour Bayonne.
... TITRE IV.
DES DEPOTS.
ART. 10. Les dépôts de tous ces régiments continueront à rester où ils se trouvent. En conséquence, les majors, quartiers-maîtres, officiers d'habillement, ouvriers, etc. continueront à rester dans les 12e, 13e et 14e divisions militaires.
TITRE V.
DISPOSITIONS GÉNÉRALES.
ART. 11. Pour compléter les cadres des bataillons, il ne sera pris aucun des conscrits de 1808, qui continueront à rester aux 3es ou 4es bataillons ou aux dépôts des régiments.
ART. 12. Nos ministres de la guerre et de l'administration de la guerre sont chargés de l'exécution du présent décret
" (Correspondance de Napoléon, t.15, lettre 12973).

Le 12 octobre 1807, l'Empereur écrit, depuis Fontainebleau, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, donnez ordre qu'il soit formé demain par le général Hulin un bataillon provisoire composé d'une compagnie du 2e régiment d'infanterie légère, une du 4e idem, une du 12e, une du 15e, une du 32e, une du 58e. Vous nommerez un chef de bataillon de ces corps pour commander ce bataillon provisoire. Chaque compagnie sera composée d'un capitaine, un lieutenant, deux sous-lieutenants, un sergent-major, deux sergents, quatre caporaux, deux tambours et 200 hommes. On pourra prendre s'il est nécessaire des conscrits de 1808. Ces hommes seront bien habillés et bien armés ; vous en passerez vous-même la revue ; ils se mettront en marche le 15 pour se rendre à Bayonne, où ils renforceront leurs troisièmes bataillons de guerre ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 16512).

Le 30 octobre 1807, l'Empereur écrit, depuis Fontainebleau, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, je vous avais donné des ordres pour la formation d'un bataillon provisoire tiré des dépôts de Paris, destiné à recruter le corps de la Gironde. Cela n'a pu avoir lieu. L'arrivée à Paris de deux régiments de guerre de la garde de Paris ayant augmenté la garnison, je désire que vous fassiez procéder sans délai à la formation de ce bataillon provisoire qui sera composé d'un lieutenant, d'un sergent, de deux caporaux et de 60 hommes du 32e, de 100 hommes du 58e, de 60 hommes du 2e, de 160 hommes du 4e, de 150 hommes du 12e et de 60 hommes du 15e ; ce bataillon provisoire, commandé par un capitaine, se mettra en marche le 4 novembre. Vous chargerez le général de division Mouton de former ce bataillon et d'en passer une revue de rigueur ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 16651).

Encore le 30 octobre 1807, l'Empereur adresse, depuis Fontainebleau, une deuxième lettre au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Témoignez mon mécontentement au commandant de la gendarmerie des Hautes-Pyrénées sur le grand nombre de déserteurs qui s'y trouvent. Tenez une correspondance directe avec le commandant du 12e léger pour la recherche des hommes qui ont déserté au départ de l'armée de Bayonne" (Brotonne (L. de) : « Dernières Lettres inédites de Napoléon 1er, collationnées sur les textes et publiées » ; Paris, 1903, t. 1, lettre 609; Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 16652).

La marche sur le Portugal à travers l'Espagne est un calvaire climatique (pluies permanentes) et pénurique (absence de vivres). Les pertes sont nombreuses. Le 30 Novembre, l'avant-garde de Junot arrive en loques à Lisbonne. La première tâche du général en chef est de dissoudre l'Armée portugaise et d'envoyer le reste en France. Puis de répartir ses troupes, qui s'intitulent désormais Armée du Portugal, dans le pays. La 2e division est envoyée à Cintra, Mafra et occupe le littoral jusqu'à l'embouchure du Mondego.

Le 7 janvier 1808, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, donnez des ordres pour la formation d'un bataillon proviroire composé d'une compagnie de chacun des régiments suivants, des 2e, 4e, 12e et 15e d’infanterie légère, et du 32e et 58e de ligne, d'une du 1er régiment de Paris, et d'une du 2e régiment de Paris. Ce bataillon ainsi fort de 8 compagnies formant un millier d'hommes partira le 12 janvier pour se rendre à Bayonne et recruter les corps auxquels ces compagnies appartiennent ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 16961).

Officier de voltigeurs 1805-1806 12e Léger
Plaque de shako entre 1805-1807

La situation des troupes s'améliore peu à peu grâce aux réquisitions sur le pays, qui par contre braquent la population. Les forces espagnoles qui ont, un peu, aidé les Français, se retirent ou doivent être désarmées à la suite des évènements qui se passent dans leur pays en parallèle. Junot, devenu Gouverneur Général, duc d'Abrantes, et son Armée du Portugal, peuvent penser que la situation se stabilise. Le problème est qu'en Espagne voisine, c'est le contraire. Les troupes françaises peu à peu se sont infiltrées et se sont emparées des points stratégiques. Mais la population, qui voit sa famille royale détrônée, se révolte en Mai 1808, aidée par l'Armée espagnole. Junot est donc coupé de ses arrières, isolé au Portugal.

Le 6 Juin 1808, l'insurrection débute aussi au Portugal contre les Français. Les Anglais fournissent par bateaux du matériel, les milices portugaises se réactivent, puisqu'il n'y a plus d'armée de Ligne. Les premiers détachements français sont défaits. Junot décide de concentrer ses troupes autour de Lisbonne en gardant quelques places fortes comme Almeida et Elvas pour pouvoir s'y replier si on doit évacuer Lisbonne. La division Loison est donc rappelée d'Almeida sur Lisbonne. Des combats ont lieu dans tout le pays. Sur son chemin Loison combat les Portugais et arrive à Abrantes le 9 Juillet puis gagne Lisbonne.

Le 30 Juillet, Loison bat les insurgés portugais à Evora dans le Sud, après des combats de rue sanglants, et une mise à sac de la ville, mais l'on apprend aussi la défaite de Dupont à Baylen en Andalousie, et le 3 Août, un corps expéditionnaire anglais se met à débarquer à Figueira da Foz, commandé par un certain Wellington. Les Anglais se mettent en marche sur Lisbonne. Junot essaiera de les ralentir à Rolica le 17 Août, en y envoyant le général Delaborde. Mais la confrontation la plus sérieuse étant la bataille de Vimeiro le 21 Août.

Le 3e bataillon du 12e Léger fait alors partie de la brigade Solignac (avec le 3e bat du 15e Léger et du 58e de Ligne) de la division Loison. Il compte 718 hommes. Tandis que les carabiniers et les compagnies de grenadiers de toute l'Armée forment une réserve.

La brigade Solignac est sur l'aile gauche des Anglais. Elle subit de lourdes pertes. Le manque de tactique de Junot durant la bataille cause sa perte. Il décide de se replier sur Lisbonne. Sans moyen de continuer les combats, il obtint par la convention de Cintra le 30 Août une capitulation honorable. Elle portait, en effet, que l'armée française se retirerait avec tous les honneurs de la guerre; emportant tout ce qui lui appartenait, qu'elle serait ramenée en France par les vaisseaux anglais et que les blessés traités avec soins seraient rendus à leur pays dès leur guérison.

V/ LA CAMPAGNE D'ESPAGNE 1808- 1813

1/ 1808

Carabinier d'Infanterie légère 1806
Fig. 4 Le 12e Léger vers 1807 d'après un dessin du manuscrit de Berka

Le 10 mars 1808, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le Général Clarke, il sera formé à Rennes un camp de réserve, composé de trois brigades d'infanterie et de trois régiments provisoires de cavalerie, avec dix-huit pièces de canon ... La 3e brigade sera composée du 12e léger et du 14e de ligne, et se réunira à Avranches et Vire ...
P. S. ... le 12e partira le 25 ... Il ne partira que deux bataillons de chacun de ces régiments ...
" (Correspondance de Napoléon, t.16, lettre 13636 ; Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 17361).

Pendant que le 3e bataillon du régiment était au Portugal, les deux premiers bataillons faisaient mouvement vers l'Espagne. Sous couvert de soutenir l'expédition portugaise, peu à peu l'Armée française prenait possession des points stratégiques du royaume espagnol sous l'autorité de Joachim Murat, et Napoléon ordonnait bientôt aux souverains d'abdiquer en faveur de son frère Joseph.

Le peuple se soulevait à Madrid en mai 1808 et l'armée espagnole prenait les armes contre les Français.

Le 20 mai 1808, l'Empereur écrit, depuis Bayonne, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le Général Clarke, je reçois vos états de situation de la quinzaine. Je vois avec peine, dans celui de l'intérieur, qu'on ne porte pas les conscrits de 1809, de sorte que j'ignore le disponible de chaque régiment. J’y vois que le 2e léger a 750 hommes présents sous les armes ; le 4e léger, 450 ; le 12e, 560 ; le 15e, 200 ; le 32e de ligne, 260 ; le. 18e, 100 ; la 4e légion de réserve qui est à Versailles, 600 ; le 12e de ligne, 350 ; le 14e, 440. Pourrait-on, en cas d'événement, former de ces régiments deux bataillons provisoires composés, l'un de deux compagnies du 2e léger, de deux du 12e léger, d’une du 4e et d'une du 15e, de 150 hommes chacune, ce qui ferait un bataillon de six compagnies de 900 hommes ? ... Ce régiment provisoire, de 1,800 hommes, pourra devenir utile pour Cherbourg et pour le Havre. Je désire qu'il soit formé seulement sur le papier, et que vous me fassiez connaître s'il serait composé d'hommes ayant la première teinture d'instruction, habillés, armés, et du nombre d'officiers et sous-officiers suffisants ..." (Correspondance de Napoléon, t.17, lettre 13941 ; Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18001).

Dès le mois de Juin, les forces françaises combattaient sur le sol espagnol contre une insurrection généralisée. Début Juin, se formait à Bayonne, base arrière du régiment, un troisième bataillon de guerre avec des conscrits (rappelons qu'un autre 3e bataillon était encore avec Junot au Portugal).

Tandis qu'à Paris, depuis début Juin 1808, au Dépôt du régiment (ou 5ème bataillon) se trouvent 14 officiers et 363 soldats plus 14 enfants de troupe, on complète les cadres avec des hommes tirés du 5e Léger.

Napoléon réagit et organise les forces déjà en présence. Il faut dire qu'il ne se trouve pas loin, à Bayonne. Il écrit le 10 juin 1808 au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, donnez ordre à deux bataillons du 44e de ligne de se rendre à Avranches pour y remplacer le 12e régiment d'infanterie légère. Donnez ordre au 12e légère de se rendre à Rennes ... Le 12e légère remplacera à Rennes les deux bataillons ... Donnez ordre que les deux bataillons du 2e légère, du 12e légère et du 14e de ligne qui se trouvent au camp de Rennes soient complétés à l'effectif de 140 hommes par compagnie, c'est-à-dire 840 hommes par bataillon : faites partir de Paris les détachements nécessaires ... Le 12e légère n'a qu'un effectif de mille hommes ; il lui manque donc 600 hommes ... Par ce changement ... le camp de Rennes sera ainsi composé, savoir :
... 2e brigade : 12e régiment d'infanterie légère, 1 bataillon provisoire du camp de Rennes, 1 bataillon de la 3e légion de réserve : 3 000 hommes ... ne perdez pas un moment pour donner les différents ordres et compléter le camp de Rennes en y envoyant des dépôts
" (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18262).

Puis le 15 Juin :
"Bayonne, 15 juin 1808
A Alexandre, prince de Neuchâtel, major-général de la Grande Armée, à Bayonne.
Mandez au maréchal Bessières que, immédiatement après qu'il se sera emparé de Benavente, qu'il aura soumis Zamora, Toro et Lion, je désire que son corps d'armée ait l'organisation suivante :
Division Merle, composée de quatre brigades : 1° brigade Darmagnac, Suisses et le 86e, 1,800 hommes; 2° brigade Gaulois, ler régiment supplémentaire, 1,600 hommes; 3° brigade Ducos, 13e régiment provisoire et un bataillon du 14°, 2,000 hommes ; après la prise de Saragosse , les trois autres bataillons rejoindront; 4° brigade Sabatier, 17e et 18e provisoires, 2,800 hommes; total , 8,200 hommes ; six pièces de canon de l'ancienne division Verdier et douze pièces de canon de la division , faisant dix-huit pièces de canon.
Division Mouton, composée de deux brigades : 1° brigade Reynaud, 4e léger, 15e de ligne et un bataillon de Paris, 3,000 hommes; 2° brigade Rey, 2e et 12e légers, 2,100 hommes, 5,100 hommes et douze pièces de canon.
Garde impériale : 1,900 hommes et six pièces de canon.
... Le général de brigade Monthion restera à Vitoria ayant avec lui un escadron de 150 chevaux, qui sera formé du 7e régiment de marche de dragons qui vient de Rennes et qui arrive après-demain, deux compagnies du 15e de ligne formant un petit bataillon de 300 hommes; le 3e bataillon du 2e léger, 600 hommes ; le 3e bataillon du 12e léger, 600 hommes ; ce qui ferait 1,650 hommes. Le colonel Barrère commandera cette colonne et aura deux pièces de canon.
Le maréchal Bessières, immédiatement après les premiers événements, peut organiser les divisions Merle et Mouton. S'il avait un avantage marquant sur la force des troupes du général Cuesta, peut-êtré serait-il utile qu'il enlevât les Asturies et la Galice, en profitant de la terreur d'une première victoire.
Vous lui ferez connaître qu'il doit être sans inquiétude sur la formation des colonnes de Burgos et de Vitoria ; que tout est en mouvement, et qu'il part du monde d'ici tous les jours ; qu'il n'a qu'à penser à former son corps d'armée de Léon ...
" (Correspondance de Napoléon, t.17, lettre 14096 ; Correspondance militaire de Napoléon 1er extraite de la correspondance générale et publiée par ordre du ministère de la guerre, t.5, lettre 1039 ; Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18304).

Le 18 juin 1808, l'Empereur écrit, depuis Bayonne, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke ... Je donne également l'ordre au major général d'envoyer un courrier à Rennes pour faire venir à Bayonne les 2e et 12e régiments d'infanterie légère. Ces deux régiments seront remplacés à Rennes et à Pontivy par le 14e et le 44e de ligne ... Je vois que le bataillon de Paris sera ici le 25, vous pourrez envoyer en route l'ordre aux détachements des 2e et 12e légères qui sont partis de Paris de faire un mouvement à gauche et de se diriger sur Bayonne ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18348).

Le 2 juillet 1808, Napoléon écrit, depuis Bayonne, au Maréchal Berthier, Major général de l'Armée : "… La division Mouton est ce soir à Vitoria.
… on attends demain les 2e et 12e d'infanterie légère devant accompagner le roi.
… Ecrire au maréchal Bessières pour lui apprendre que … le général Mouton doit être arrivé aujourd'hui à Vitoria, que nous attendons demain les 2e et 12e d'infanterie légère, ce qui formera une petite division de 3 mille hommes avec 6 pièces de canon, qui accompagnera le roi qui partira dans 4 à 5 jours …
" (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18463).

Le 5 juillet 1808, l'Empereur écrit, depuis Bayonne, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "... J'ai ordonné que les 2e et 12e légère qui sont ici fussent également formés à à 3 bataillons. Le cadre du 3e bataillon attend ici les détachements qui doivent le compléter.
Faites partir de Paris pour recruter les bataillons tout ce qu'il y a de disponible du 2e, 4e et 12e d'infanterie légère
" (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18473).

Le 7 Juillet 1808, l'Empereur écrit, depuis Bayonne, à Alexandre Berthier, Prince de Neuchâtel, Major général de la Grande Armée, à Bayonne : "Il faut donner ordre à 100 hommes de l'escadron du grand-duc de Berg de partir, aujourd'hui 7, pour se rendre à Irun. Les 5o hommes restant partiront demain. Les 100 hommes qui partent aujourd'hui se rendront demain 8 à Tolosa ; de sorte que le Roi, qui partira le 9, trouvera 50 hommes à Irun, qui l'accompagneront jusqu'à Saint-Sébastien, où il couchera ; le lendemain 10, ils l'accompagneront jusqu'à Tolosa, où il couchera, et le surlendemain 11, ils l'accompagneront jusqu'à Mondragon, où il en trouvera 50 autres qui l'accompagneront jusqu'à Vitoria, où il couchera, et à Vitoria il en trouvera 50 autres, qui y seront rendus le 10 ; de manière que le Roi ait les 150 hommes réunis avec lui à Vitoria. Pendant le séjour qu'il fera à Vitoria, le 1er détachement arrivé à Vitoria se mettra en marche pour Miranda, en calculant de manière que le Roi arrive à Burgos avec ses 150 hommes réunis. Les détachements qui l'auront escorté la veille coucheront toujours où aura couché le Roi, et iront au pas au lieu d'aller comme escortè. Le Roi sera escorté, de Rayonne à Irun, par 50 Polonais de ma Garde. Vous donnerez ordre au 12e léger, qui arrive le 8 à Tolosa, de continuer sa marche le 9, de manière à être le 10 ou le 11 à Vitoria ; au 2e léger, d'attendre le Roi à Tolosa, où il sera le 9.
Vous donnerez ces détails au général Salligny, et vous ferez connaître au général Rey qu'il ait à prendre les ordres de ce général, qui lui transmettra ceux du Roi, afin que ces 150 hommes de cavalerie et les deux régiments d'infanterie, avec leurs six pièces de canon, soient, à partir de Vitoria, toujours avec le Roi, et que, lorsque le Roi arrivera à Rurgos, ces troupes soient arrivées ou arrivent avec le Roi.
Je pense que le Roi doit partir le 9, et, au lieu de coucher à Irun, coucher à Saint-Sébastien. On pourrait lui fournir mes relais ici pour le conduire jusqu'à Irun ...
Ainsi je pense qu'il doit partir le 9, aller coucher à Saint-Sébastien ; le 10, se rendre à Tolosà ; le 11, à Vitoria ; y séjourner le 12 ; aller le 13 à Miranda ; le14, à Burgos, Par ce moyen, le 2e léger, qui sera le 9 à Tolosa, en partira le 10 au matin et sera le 11 au soir à Vitoria. Le 12e, qui sera le 10 à Vitoria, pourra en partir le 11 et arriver le 13 à Burgos. Enfin arrêtez un projet là-dessus avec le Roi. En attendant, envoyez l'ordre aux détachements de se mettre en marche
". Suit un tableau indiquant les étapes que le 12e Léger doit suivre : Tolosa le 8, Mondragon, le 9, Vitoria le 10, puis Burgos le 14 (Correspondance de Napoléon, t.17, lettre 14163 ; Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18490).

Le même jour, Napoléon écrit, depuis Bayonne, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, donnez l'ordre à la compagnie du 12e d'infanterie légère qui est au camp de Rennes de se rendre en toute diligence à Bayonne" (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18493).

Le 8 juillet 1808, Napoléon écrit, depuis Bayonne, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, je vous ai mandé de faire partir des dépôts des 2e, 4e, 12e d’infanterie légère et 14e de ligne, tout ce qui serait disponible pour compléter les bataillons qui sont à l'armée d'Espagne.
Le 12e d’infanterie a une compagnie à Rennes, il faut la faire partir pour Bayonne ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18507).

Le 12 juillet 1808, l'Empereur écrit, depuis Bayonne, au Maréchal Berthier, Major général de l'Armée : "... Passez demain la revue du détachement des dépôts des 2e, 4e, 12e légère et du 15e de ligne, et faîtes-moi connaître le nombre d'officiers et de sous-officiers, sergents, caporaux, soldats et tambours qui sont disponibles, et s'ils sont habillés. Vous recommanderez au général Thouvenot que s'il y avait quelques hommes du 3e bataillon du régiment provisoire qui n’eussent pas de giberne, et que les Espagnols ne puissent pas leur en procurer, il leur en fera donner de celles des hommes isolés, afin que ce bataillon parte en bon état. Vous le préviendrez qu'on attend ici des gibernes, et qu'on lui remplacera le nombre qu'il en aurait donné. Le 3e bataillon supplémentaire qui part de Saint-Sébastien couchera le 13 à Tolosa et sera arrivé le 15 au plus tard à cinq heures du matin à Vitoria" (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18534).

Le même jour 12 juillet 1808, à quatre heures après midi, l'Empereur écrit, depuis Bayonne, à Joseph Napoléon, Roi d'Espagne : "Mon Frère, je reçois votre lettre du 11. Je suppose que vous êtes aujourd'hui à Vitoria. Il n'y a plus aucunes troupes à Burgos, si ce n'est des dépôts et une garnison dans le château. Je ne pense donc pas qu'il soit prudent que vous arriviez dans cette ville avant que le 12e régiment d'infanterie légère y soit arrivé, c'est-à-dire avant le 15. Vous apprendrez là des nouvelles importantes et vous vous déciderez ..." (Correspondance de Napoléon, t.17, lettre 14183 ; Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18539.

Le 14 juillet 1808, l'Empereur écrit, depuis Bayonne, au Maréchal Berthier, Major général de l'Armée : "Mandez au maréchal Bessières qu'immédiatement après qu'il se sera emparé de Benavente, qu'il aura soumis Zamora, Toro et León je désire que son corps d’armée ait l'organisation suivante.
... Division du général Mouton composée de deux brigades
2e brigade Rey
2e et 12e léger 2100 hommes ...
Le maréchal Bessières pourrait porter son quartier général à León pour contenir les débouchés des montagnes ...
Le général de brigade Monthion restera à Vitoria avec un escadron de 150 chevaux, qui sera formé du :
7e régiment provisoire de dragons qui vient de Rennes 150 hommes
2 compagnies du 15e de ligne formant un petit bataillon de 300 hommes
Le 3e bataillon du 2e léger 600 hommes.
Le 3e bataillon du 12e léger 600 hommes
ce qui ferait 1700 hommes.
Le colonel Barrier commandera cette colonne et aura deux [...] ...
Le maréchal Bessières, immédiatement après les premiers événements, peut orgainser les divisions Merle et Mouton. S'il avait un avantage marquant sur la force des troupes du général da Cuesta, peut-être serait-il utile qu'il enlevât les Asturies et la Galice en profitant de la terreur d'une première victoire.
Vous lui ferez connaître qu'il doit être sans inquiétude sur la formation des colonnes de Burgos et de Vitoria, que tout est en mouvement et qu'il part du monde d’ici tous les jours ; qu'il n'a qu'à penser à former son corps d'armée à León ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18554). Barrier est en fait le Colonel Jean Barère.

Le 14 juillet 1808, Napoléon adresse, depuis Marracq, une Note pour le Roi d'Espagne : "L’armée d'Espagne a son quartier général à Madrid. Voici sa composition actuelle :
1° CORPS DES PYRÉNÉES OCCIDENTALES.
Le maréchal Bessières commande le corps des Pyrénées occidentales, qui est fort de 23,000 hommes …
Toutes les troupes sont en mouvement pour composer l'armée de la manière suivante.
DIVISION MOUTON, 5,100 hommes.
... 2e brigade, général Rey : 2e et 12e régiment d'infanterie légère ; total, 2,100 hommes et six pièces de canon.
Cette brigade est à Burgos avec le Roi et doit joindre sa division ...
… Le général de brigade Monthion et le colonel Barrère occupent Vitoria avec une colonne composée comme il suit : deux compagnies du 15e de ligne, formant un petit bataillon, 300 hommes ; 2e bataillon du 12e d'infanterie légère, 600 ; 2e bataillon du 2e d'infanterie légère, 600 ; ce qui fait 1,500 hommes d'infanterie ; un escadron de dragons en marche, 200 chevaux ; deux pièces de canon. Tous ces corps sont en marche ...
" (Correspondance de Napoléon, t.17, lettre 14196).

Enfin, toujours le 14 juillet 1808, l'Empereur écrit, depuis Bayonne au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, je vous avais mandé de faire partir de Paris tout ce qu'il y avait de disponible des 2e, 4e et 12e légère.
Je vois qu’au 9 juillet rien n'était encore parti, faites donc partir sans délai
Du 2e d’infanterie légère 300 hommes
Du 4e 300
Du 12e 200
Ce qui fera 800 hommes
Il suffit d’un officier et de deux sergents par détachement. Ces détachements arrivés à Bayonne trouveront des cadres de leur régiment
" (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18560).

Le 16 juillet 1808, l'Empereur écrit, depuis Bayonne, au Maréchal Berthier, Major général de l'Armée : "Mon cousin, écrivez au général Belliard que je vois avec peine que dans 1’état de situation qu'il a envoyé, il n'y ait aucun détail qui fasse connaître où est chaque corps, rien qui fasse connaître comment est composée la colonne du général Caulaincourt. Les 1er, 2e et 3e régiments de la Vistule, les lanciers polonais, les 4e, 5e et 7e bataillons de marche et le bataillon de garde nationale qui sont devant Saragosse n'y sont pas portés. Le 1er bataillon de marche de Portugal qui est à Pampelune, les 1er, 2e et 3e bataillons des dépôts, les 2e, 4e et 12e légèrs, le 15e de ligne, le bataillon de Paris, les 11e et 12e escadrons de marche y manquent également, ce qui fait un effectif de plus de 16 000 hommes ...
Faites-moi faire ici à l'État-Major général un état de situation selon ces nouvelles données
" (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18578).

De son côté, Bessières avait concentré ses troupes près de Palencia le 10 Juillet. Il affrontait l'Armée espagnole à Medina de Rio Seco le 14 Juillet tandis que la brigade Rey à laquelle faisaient partie les bataillons du 12e Léger était restée à Vittoria pour escorter le roi Joseph.

Le 19 juillet 1808, l'Empereur écrit, depuis Bayonne, au Maréchal Berthier, major général de l'Armée : "… Des conscrits qui vont arriver, soit destinés pour la marine, soit des 16 départements, 210 hommes seront destinés pour le 12e d'infanterie légère, ce qui portera les trois dernières compagnies de ce régiment chacune à 70 hommes et comme il arrivera le 28 à ce régiment venant de Paris 100 hommes et qu'il en arrivera 112 de Rennes, ce qui fera 212 hommes, ces compagnies seront portées à 140 hommes chacune.
Ce petit bataillon composé des 3 dernières compagnies restera à Bayonne et n’en partira que sur mon ordre.
... Ainsi 3 compagnies du 12e formeront un petit bataillon de 420 hommes. ... Ainsi par ce moyen les 1200 premiers conscrits arrivant seront disposés de la manière suivante :
210 hommes 12e infanterie légère ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18613).

Le même jour 19 juillet 1808, l'Empereur écrit, depuis Bayonne, au Maréchal Berthier, major général de l'Armée : "Le major d’Audenarde partira aujourd'hui 19 à 5 heures après midi avec un bataillon du 2e d’infanterie légère, fort de 4 compagnies et de 520 hommes et d'un bataillon du 12e d’infanterie légère, fort de 3 compagnies et de 420 hommes, total 940 hommes d'infanterie bien armés avec 40 cartouches par homme, 2 pièces de canon et 2 escadrons formant 400 chevaux, qui seront placés immédiatement sous les ordres du major de cavalerie qui est arrivé. Il ira coucher à Saint-Jean-de-Luz où il recevra de nouveaux ordres ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18614).

Le 20 juillet 1808, l'Empereur écrit, depuis Bayonne, au Maréchal Berthier, major général de l'Armée : "... Envoyez l’ordre au major d'Audenarde qui couche aujourd'hui avec son infanterie, son artillerie et sa cavalerie à Irun de se rendre demain à Tolosa et de partir le 22 de Tolosa pour arriver le 24 au soir à Vitoria où il est nécessaire qu'il soit arrivé pour maintenir la police le 25, jour de la Saint-Jacques où une grande quantité de peuple se réunit dans cette ville.
… Faites moi connaître également quels sont les hommes isolés que l'on pourrait faire partir demain, ainsi que la situation des dépôts du 2e et 12e d'infanterie légère. Je désirerais qu’une compagnie d'hommes isolés pût partir demain …
" (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18620).

Le 21 juillet 1808, l'Empereur adresse, depuis Bayonne, au Roi Joseph, l'Etat de situation suivant : "ORGANISATION DE DEUX COLONNES À BURGOS ET À VITORIA
... parti de Bayonne sous les ordres du major Oudenarde et arrivant le 24 à Vitoria
14e et 15e escadrons de marche 360; 3e bataillon du 2e léger 520; 3e bataillon du 12e léger 570
Total 1450 y compris une compagnie de 1500 hommes qui part demain de Bayonne, 2 pièces de canon
Total 2 330 hommes
et avec l'artillerie (4 pièces de canon) 2400 hommes ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18639).

De son côté, une fois les armées de Galice de Blake et de Castille de La Cuesta vaincues, Joseph décidait de se porter sur Madrid et y entrait le 20 Juillet. Napoléon lui écrivait la veille :
"Bayonne, 19 juillet 1808, dix heures du soir.
A Joseph Napoléon, Roi d'Espagne, à Butrago.
Mon Frère, je reçois votre lettre du 18 à trois heures du matin. La victoire du maréchal Bessières, qui a entièrement défait Cuesta et l'armée de ligne de Galice, a apporté une grande amélioration dans toutes les affaires; elle vaut plus qu'un renfort de 30,000 hommes. Les divisions Gobert et Vedel ayant joint le général Dupont, il faut pousser vigoureusement l'offensive de ce côté. Le général Dupont a de bonnes troupes et en viendra à bout. J'aurais préféré que les 2e et 12e d'infanterie légère renforçassent le maréchal Bessières; mais, puisque vous avez jugé convenable de les mener à Madrid, gardez-les pour votre garde. 2,000 conscrits à l'école de bataillon vont les rejoindre, et ces deux beaux régiments avec ceux de votre garde vous feront un beau corps de réserve
" (Correspondance de Napoléon, t.17, lettre 14218 ; Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18619).

Hélas pour lui, le général Dupont capitulait à Baylen, le 22 juillet, et l'expédition de Moncey sur Valence était un échec. Joseph se repliait et se retranchait donc sur le Nord de l'Espagne autour de Vitoria dès le début Août. Son impérial frère lui donnait les instructions pour améliorer ses positions.

Le 28 juillet 1808, Napoléon écrit, depuis Toulouse, au Général Clarke; Ministre de la Guerre à Paris : "Il est nécessaire que vous donniez des ordres pour que les 1er, 2e, 3e et 4e bataillons des ... 2e, 12e et 14e légers ... soient tout entiers à l’armée d 'Espagne et de Portugal ; qu'il ne reste en France que les quatre compagnies du 5e bataillon de dépôt, et que les bataillons de guerre soient portés à leur grand complet" (Correspondance de Napoléon, t.17, lettre 14235 ; Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18671).

Le 30 juillet 1808, Napoléon écrit, depuis Agen, au Maréchal Berthier, major général de l'Armée : "Donnez l’ordre au général de division Dessolle de se rendre à Bayonne où il se rendra le 1er août. Il en partira de manière à être rendu le 4 à Vitoria, et le 6 à Burgos où il prendra le commandement des colonnes de Burgos, de Vitoria et d'Aranda, la surveillance de la province de la Vieille Castille, de la Biscaye, de la Montana ou de Santander [etc.], et de maintenir la tranquillité [sic] sur les arrières du maréchal Bessières, qui est arrivé le 24 à León.
… A Burgos, il y a 600 hommes de dépôt pour garder la citadelle, un bataillon du 118e, le 3e bataillon du dépôt général, 2 compagnies du 4e léger formant un petit bataillon, les 12e et 13e escadrons de marche, 1 petit bataillon de 2 compagnies du 15e de ligne, 2 pièces de canon. Toute cette colonne sous les ordres du major Dumolard formant 3000 d'infanterie et de cavalerie.
La colonne que commande le major d'Audenarde est composée du 3e bataillon du 2e léger, du 3e du 12e léger, des 14e et 15e escadrons de marche et de 2 pièces de canon formant 1500 hommes, part de Vitoria le 2 août pour arriver à Burgos le 4. Il y aaura donc alors à Burgos plus de 4000 hommes dont 500 chevaux.
Et dans le même temps, il y aura à Vitoria :
- 2 compagnies du 2e léger
- 2 compagnies du 12e idem
- 1 détachement du 4e idem
- 4 compagnies du 3e bataillon du 14e de ligne
- 1 détachement de chevau-légers polonais formant un total de 1600 hommes
Cette colonne arrivera à Vitoria le 2 août.
Le général Dessolle pourra si aucun événement imprévu ne dérange ces combinaisons, ordonnera que les 2 compagnies du 2e et les deux du 12e, le restant du 4e idem qui arrivant à Vitoria le 2, continuent leur route sur Burgos, afin de compléter le 3e bataillon du 2e léger et le 3e du 12e qui seront chacun alors de 8 à 900 hommes, et le détachement du 4e qui se trouverait à 600 hommes, ce qui porterait la colonne de Burgos à près de 5000 hommes dont 6 pièces de canon attelées et 800 chevaux de cavalerie ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18676).

Le 2 août 1808, l'Empereur adresse, depuis Bordeaux, à Joseph, Roi d’Espagne, une "NOTE SUR LA SITUATION ACTUELLE DE L'ESPAGNE.
… 2e Observation. — Les 15,000 hommes qu'on a perdus ont été remplacés à l'armée par les renforts qu'on a reçus et qu'on reçoit à chaque instant, savoir : 2e, 4e et 12e d'infanterie légère, 14e, 15e, 43e, 44e et 51e de ligne (ce qui fait une augmention de huit régiments), le 26e de chasseurs à cheval, les 12e, 13e, 14e et 15e escadrons de marche, 400 Polonais de la Garde arrivés depuis peu à Bayonne. Tout cela forme une force égale et sans doute, par sa composition, de beaucoup supérieure au corps du général Dupont ; et, si on ajoute les trois régiments de la Vistule et le régiment de lanciers qui sont devant Saragosse, on verra que l'armée française se trouve encore beaucoup plus forte qu'à son entrée en Espagne …
4e Observation. — Il n'est plus question que le maréchal Bessières prenne l'offensive et entre en Galice, ce qu'il allait exécuter. On peut le mettre en position entre Burgos et Valladolid, le charger d'observer le reste de l'armée de Galice, et, moyennant ce, on peut lui ôter 9,000 hommes, savoir : le 4e d'infanterie légère, le 15e de ligne, le bataillon de Paris, huit pièces de canon, le 26e de chasseurs, quatre escadrons de marche de dragons, la brigade du général Lefebvre qui, en dernier lieu, a été détachée de Madrid ; ce qui augmentera l'armée de Madrid de 9,000 hommes.
On peut considérer les 12e et 22e, arrivés depuis peu à Madrid, également comme un renfort. Ainsi la perte du général Dupont serait donc remplacée par 18 à 20,000 hommes de troupes beaucoup meilleures. On pourrait ainsi réunir de 30 à 36,000 hommes sous Madrid, et conserver cette capitale …
" (Correspondance de Napoléon, t.17, lettre 14241 ; Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18683).

Le 3 Août, Napoléon ordonnait au maréchal Ney de gagner l'Espagne.

Le 5 août 1808, l'Empereur adresse, depuis Rochefort, à Joseph, Roi d’Espagne, une nouvelle "NOTE SUR LA SITUATION ACTUELLE DE L'ESPAGNE.
… 4° … Les corps du centre et le corps de droite doivent s'appuyer sur Burgos, et le corps d'Aragon doit avoir son point d'appui sur Pampelune.
5° Pour organiser le corps du centre dans ce but, on croit qu'on doit le renforcer de la brigade du 14e et du 44e de ligne, 200 chevaux, et huit pièces de canon qu'on tirerait du corps devant Saragosse ; de la brigade du général Mouton, composée des 4e léger, 15e de ligne, du bataillon de Paris et huit pièces de canon ; de la brigade commandée par le maréchal Ney, et qui est déjà à une marche en avant de Bayonne, composée des 43e et 51e de ligne, 26e de chasseurs, et six pièces de canon ; enfin de quatre escadrons de marche de dragons et d'un régiment polonais de la Garde. On réunirait les 3es bataillons aux deux premiers de tous les régiments d'infanterie, et on mêlerait les jeunes soldats aux anciens.
On évalue à environ 10,000 hommes le renfort que recevrait le corps du centre, qui serait alors composé des 18,000 hommes qui le forment à présent, des renforts évalués à 10,000 hommes. Les détachements des dépôts des 4e léger, 15e de ligne, 14e et 44e, 43e et 51e de ligne, 2e et 12e légers, rejoindront insensiblement et porteront ce corps à 30,000 hommes. Ces 30,000 hommes ne sauraient être en meilleures mains que sous les ordres du maréchal Ney, hormis une réserve de 4 à 5,000 hommes destinés à la garde du Roi, et que le Roi conserverait auprès de sa personne et ferait marcher avec le général Salligny ou avec Savary, quand il le jugerait nécessaire.
Le corps du centre se tiendrait à la hauteur d'Aranda, les communications bien assurées avec le maréchal Bessières à Valladolid, des têtes de pont bien établies à Aranda et Valladolid.
Ce corps se nourrira par Burgos et devra non-seulement maintenir la tranquillité dans cette province, mais encore assurer ses communications avec le corps de Saragosse qui occupera Tudela et Logrono …
" (Correspondance de Napoléon, t.17, lettre 14245).

Le 22 août 1808, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général CLarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le ministre de la Guerre, mon intention est de lever 60 000 conscrits sur les réserves des années antérieures ; 20 000 des départements du Midi seront destinés pour l’armée d'Espagne et partagés conformément aux besoins des régiments, dont vous me présenterez les états ; sous les 2e, 4e, et 12e d'infanterie légère ... ; cela fera à peu près, l'un portant l'autre, 500 hommes par régiment ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18734).

Le 24 août 1808, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Ministre de la Guerre à Paris : "… Le 12e n'a que 1,200 hommes : il lui en manque donc 1,300 ; le dépôt peut lui en fournir 500 ; faites-les partir ..." (Correspondance de Napoléon, t.17, lettre 14270 ; Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18753)

Dans le même temps, Napoléon rameute, fin Août, ses vieilles troupes du front Est Europe pour les faire converger vers l'Espagne.

Le 1er septembre 1808, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Maréchal Berthier, Major général de l'Armée : "Mon cousin ... L'état de situation de l'armée d'Espagne au 15 août est très fautif ... Mandez cela au roi, et écrivez-lui de réunir tous les régiments, sans quoi il n'y aura pas l'ombre d'une armée en Espagne ... Cet état est tellement fautif qu’il ne comprend pas tout ce qui se trouve à Pampelune, à Saint-Sébastien, à Vitoria, à Tolosa, etc. Seulement on a mis sur un état à part que ces détachements se montent à 8000 hommes et à 400 chevaux, mais rien n'indique à quel corps ils appartiennent. Le 2e léger est porté pour 828 hommes ; le 12e léger pour 1700 hommes. Pourquoi ne fait-on pas revenir les 3es bataillons et les détachements que ces régiments ont à Vitoria et en arrière, et qui porteraient ces régiments à 3 bataillons chacun ? Donnez ordre que tous les détachements des 2e et 12e régiments d'infanterie légère qui sont à Bayonne, à Saint-Sébastien, à Pampelune, à Vitoria, rejoignent la brigade du général Rey, et que ces deux corps se forment convenablement ... Il parait même qu'à l'État-Major général, une grande partie des corps n'est pas connue ... Écrivez au maréchal Jourdan qu'il vous envoie un meilleur état de situation et qu’il forme enfin l'armée ... Enfin on voit que, dans cette armée, personne ne fait rien pour l'organiser" (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18801).

Le même jour 1er septembre 1808, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, je vous envoie l'état de situation de la première partie de l'armée d'Espagne. Vous y verrez qu'il manque au 2e d'infanterie légère 500 hommes, que le dépôt peut fournir 100 hommes qu'il doit faire partir le plus tôt possible pour Bayonne 50 hommes.
Qu'il manque au 4e légère 500 hommes, que le dépôt peut faire partir pour Bayonne 50 hommes.
Qu'il manque au 12e légère 500 hommes, et que le dépôt peut faire également 50 hommes.
Ces 200 hommes pouvant partir de Paris, faites-en former une compagnie, et dirigez-la sans délai sur Bayonne ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18803).

Toujours le 1er septembre 1808, depuis Saint-Cloud, l'Empereur écrit à Joseph Napoléon, Roi d'Espagne, à Calahorra : "Mon Frère, je vous envoie une note sur l'état de l'armée d'Espagne …"; note intitulée "ÉTAT POUR SERVIR À CONNAÎTRE QUELLE DOIT ÊTRE LA SITUATION ACTUELLE DES CORPS COMPOSANT L'ARMÉE D'ESPAGNE ET CE QUI MANQUE POUR LA COMPLÉTER À 840 HOMMES PAR BATAILLON" (état donné dans la CGN, reproduit d’après la minute (Archives nationales, AF IV 878, septembre 1808, n°2), qui indique : "On n’a pas compris dans cette situation les hommes qui sont aux hôpitaux" ; "envoyé le 1er septembre au ministre de la Guerre et au roi d’Espagne"); pour le 12e Léger, on y lit : 12e Léger : 1er Bataillon (500 hommes) et 2e Bataillon (500 hommes) Brigade Rey ; 3e Bataillon Colonne de Burgos (830 hommes) ; 4e au Portugal (pour mémoire) ; 150 hommes arrivés en détachement ; le dépôt peut encore fournir 50 hommes ; total général du Corps : 2030. Manque au complet de 840 hommes : 500 hommes.

Cet état est suivi d'"Observations sur l'état de situation de l'armée d'Espagne au 15 août" : "... Le corps du maréchal Bessières se trouvera ... diminué de près de 2000 hommes d'infanterie et de 3 à 400 chevaux.
... Pour l'infanterie on peut lui donner le 2e et le 12e légère ou le 43e et le 51, ce qui fera plus que compenser sa perte.
Le 12e légère a été rejoint par son 3e bataillon, mais il y a encore un détachement en arrière qu'il faut faire rejoindre ...
" (Correspondance de Napoléon, t.17, lettre 14288 ; Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18805).

Le 3 septembre 1808, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, envoyez-moi la situation et la marche de tous les détachements qui sont dirigés sur Bayonne. Je vois dans votre lettre du 28 août que les détachements des 2e, 4e, et 12e légère partent le 29 pour arriver à Bayonne le 27 septembre ... il m'est nécessaire d’avoir un état général qui me fasse connaître la marche de tous ces détachements" (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18815).

Le 6 septembre 1808, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, il me semble que les 5es bataillons des 2e, 4e et 12e régiments d’infanterie légère doivent rester à Paris ... car les dépôts ne doivent jamais changer d'emplacement.
Ceux qui doivent marcher sur Bayonne sont les 4es bataillons et les hommes disponibles
" (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18832).

Le 7 Septembre 1808, il compose par Décret établi à Saint-Cloud, sa nouvelle Armée d'Espagne en 6 Corps d'Armée, dont la plupart sont en route, et une Réserve dont des éléments des Gardes impériale française et royale joséphiste qui restent autour du roi. Parmi cette réserve, une Division sous le Général Dessole, composée des 2e et 12e Léger, 43e et 51e de Ligne (Correspondance de Napoléon, t.17, lettre 14300).

Le 16 septembre 1808, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke ... Les 3es bataillon du 75e et du 28e qui doivent être partis de la 16e division militaire seront dirigés sur Vincennes et Versailles, vu que ces régiments, et les 32e, 58e, 2e, 4e, 12e et 15e doivent recevoir leurs conscrits à Paris : après qu'ils auront été armés et habillés à leurs dépôts, vous les dirigerez sur Bayonne pour renforcer l'armée d’Espagne" (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18933).

Carabinier d'Infanterie légère 1806
Fig. 5 Tambour de chasseurs du 12e Léger vers 1810 (d'après collection Dubois de l'Etang)

Le 23 Septembre, Napoléon part pour Erfurt rechercher les alliances qui le laisseront libre d'agir en personne dans la péninsule ibérique.

Joseph avait réparti les 65.000 hommes à sa disposition en trois masses : Bessières à l'aile droite, Moncey à l'aile gauche. Ney est placé à la tête du corps du Centre à Vitoria en attendant l'arrivée de son "vieux" 6e Corps d'Armée.

Le 23 Septembre, Ney, qui se trouve à Vitoria, est informé par le major général du roi Joseph : Jourdan, qu'il a désormais sous ses ordres en renfort, venus de Durango, deux bataillons du 55e de Ligne et la division Dessolle (dont le 12e Léger). Il doit se porter sur Bilbao ; ce qu'il fait le 26, et s'empare de la ville à 6 heures du soir. A son retour à Vitoria, après avoir laissé sur Bilbao le général Merlin, il prend position à Trevino tandis que Bessières doit ramener son corps d' armée de l'aile droite et renforcer Merlin.

Le 8 octobre, Ney s'empare de la Guardia et propose de pousser sur Logrono.

Le 26 octobre, Ney informe le Prince de Neuchâtel que "... Le général de division Merlin, formant la droite absolue de l'armée d'Espagne, occupe la vallée de Durango. Les avant-postes sont à Tornosa, en deçà (à l'Est) de Bilbao. Il a sous ses ordres quatre bataillons, que je lui ai laissés à mon départ de cette ville, tirés des 12e légère, 43e, 51e et 55e de ligne, un bataillon de la 3e légion (de la Vistule), le 36e de ligne, 125 chevau-légers du grand-duc de Berg et 4 pièces d'artillerie ...
Les troupes sous mon commandement sont :
1° La division d'infanterie du général Dessolle, composée des 12e légère, 43e, 51e et 55e de ligne et un bataillon du 118e ...
" (La vie militaire du Maréchal Ney, t.3).

Le lendemain, Ney pousse sur Logrono. Le 12e Léger y entre baïonnettes au canon. Pendant ce temps le 3e bataillon avait eu, près de Zornoza, le 24 octobre, un engagement assez sérieux qui lui avait coûté une vingtaine de blessés.

Le 24 octobre, Napoléon écrit à Jourdan : "je vous prie Monsieur le maréchal d'exprimer au Roi (Joseph) le désir que j'ai de voir Sa Majesté témoigner sa satisfaction au 12e Léger, 51e de Ligne et 26e Chasseurs. Ces troupes depuis qu'elles occupent La Guardia n'ont cessé de remplir un service très actif".

Le maréchal Ney part pour Pampelune récupérer son 6e Corps venu d'Allemagne. Mais il n'oubliait pas ses récentes recrues puisque la division Dessole devenait la 4e division du 6e Corps de l'Armée d'Espagne en Novembre. Le 12e Léger, dans cette division, était à la brigade Godinot avec le 51e de Ligne et comptait alors 56 officiers et 1817 hommes.

Napoléon arrivait à Bayonne le 3 novembre pour superviser lui-même la reprise en main de l'Espagne. L'Empereur donne à l'Armée d'Espagne une nouvelle organisation d'après laquelle le 2e Corps sous le commandement du maréchal Soult et le 6e commandé par Ney (dont le 12e Léger à la 4ème Division) forment la masse centrale sous sa supervision.

L'Armée espagnole se disposait, quant à elle, en 4 grandes masses, espérant le soutien des Anglais qui étaient toujours présents au Portugal.

Le 4 novembre 1808, l'Empereur écrit, depuis Bayonne, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, passez la revue des dépôts des ... 2e, 12e, 15e, 4e d'infanterie légère. Assurez-vous de la situation de chacun de ces corps, de leur habillement et armement, et faites-moi connaître quand les 3es et 4es bataillons pourront partir, et de quelle force seront les détachements que les 5es bataillons doivent fournir aux bataillons de guerre. Ordonnez que les hommes partent bien habillés, avec de bonnes capotes, et déjà un peu dégrossis ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 19179). Les 2e, 12e, 15e, 4e sont destinés aux 1er et 2e Régiments de la 1re Brigade (Thomières), 22e Division (Loison) du 8e corps de Junot.

Le 9 novembre 1808, Napoléon écrit, depuis Vitoria, au Général Clarke, Ministre de la Guerre, à Paris : "Monsieur le Général Clarke, je reçois l'état de situation de l'armée de Portugal au 26 octobre … La 2e division n'est composée que de 4es bataillons. Il faut envoyer aux 2e, 4e, 12e, 15e, 32e et 58e des détachements des dépôts de Paris pour compléter chaque bataillon à 840 hommes. Passez vous-même la revue de ces dépôts, et ayez soin que ces hommes partent habillés, armés et avec de bonnes capotes. Ainsi cette 2e division sera portée au moins à 5,000 hommes ..." (Correspondance de Napoléon, t.18, lettre 14457 ; Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 19225).

Burgos était bientôt aux mains des Français. La ville est pillée. Napoléon vient s'y établir.

Le 14 novembre 1808, Napoléon, dont l'intention est de renvoyer Junot à la conquête du Portugal, écrit, depuis Burgos, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, les dispositions que j'ai prescrites pour le 8e corps qui doit former l’armée de Portugal ne sont pas encore exécutées.
Les bataillons des 2e et 4e légère ont besoin d'être renforcés ; envoyez-leur des détachements de Paris.
Ceux des 12e et 15e légère, sont assez forts, d'autant plus que ce dernier a 300 hommes au bataillon de marche, qui est à Pampelune ...
Enfin, le 8e corps doit être formé en trois divisions ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 19264). Les Bataillons des 12e et 15e Légers forment le 2e Régiment provisoire d'infanterie légère, 1re Brigade Thomières, de la 2e Division Loison.

Le 15 novembre, le 12e Léger est à Lerma.

Dans une lettre adressée à Berthier le 17 novembre 1808, l'Empereur écrit, depuis Burgos : "Mon Cousin (...) Les 14 hommes du 24e et les 20 hommes du 26e légère seront incorporés dans le 12e légère, et partiront demain pour Aranda où ils joindront la division Dessolle ..." (Picard et Tuetey : Correspondance inédite de Napoléon 1er, conservée aux Archives de la guerre. T. II. 1808-1809. 2465; Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 19288).

L'armée espagnole de Blake a été repoussée vers le Sud. Napoléon fait encore face à deux armées : celle de Castanos, au centre, qui borde le cours de l'Ebre, et celle de Palafox, au sud. Il décide de se porter sur le centre. Et demande à Lannes, le 18 novembre, de prendre le commandement des forces qui vont affronter l'Armée de Castanos à Tudela, le 23. L'affaire est rondement menée par Lannes.

Le 19 novembre 1808, depuis Burgos, l'Empereur écrit au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke ... Je crois vous avoir déjà mandé que je désirais que les 2e, 4e, 12e, 32e et 15e envoyassent des détachements pour compléter les bataillons qu'ils ont au corps du Portugal ; vous demanderez un rapport qui vous fasse connaître ce que chaque régiment doit envoyer pour compléter son bataillon à ce corps d'armée ; vous ferez réunir ces détachements, et lorsqu’ils auront leurs capotes, souliers, habits, fusils, etc., vous les ferez partir en bon ordre.
... Je suis surpris que le 32e, qui a 1 000 hommes présents, soit porté dans l'état qui m’est remis par le général Hulin comme n'ayant que 34 hommes disponibles ; que le deuxième qui a 975 hommes présents, n'ait que 24 hommes disponibles. Même observation pour le 4e et le 12e. D'où vient cela ? Faites-moi faire un état de ces bataillons et dépôts qui me fasse connaître pourquoi sur 9 000 hommes existant à Paris au 12 novembre, au moment de la revue du général Hulin il n'y en a que 2 600 disponibles
" (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 19328).

Le 22 novembre 1808, l'Empereur écrit, depuis Burgos, au Général Clarke, Minsitre de la Guerre : "... Je vous ai déjà mandé comment je désirais que les détachements du 75e, du 58e et du 28e partissent de Paris.
Il faut également que les détachements des 32e, 2e, 4e, 12e et 15e légers ne partent qu'après avoir passé deux fois votre revue, munis de capotes, de souliers et en bon état. Dix jours de plus ou de moins ne peuvent pas être d'une grande importance ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 19360).

Le 29 novembre 1808, l'Empereur écrit, depuis Aranda, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, je reçois votre lettre du 22. Je suis fâché que vous n'ayez pas vu vous-même les troupes. En les faisant venir à midi précis dans votre cour ou dans la cour des Invalides, vous ne perdiez pas de temps, et cela est d’un bon effet ... Vous ferez partir le même jour (10 décembre) ... un détachement du 32e, commandé par un capitaine, un lieutenant, deux sous-lieutenants, deux sergents et quatre caporaux, et composé de 400 hommes. Vous ferez partir également un détachement du 2e légère composé de 400 hommes ; un pareil détachement du 4e léger composé de 400 hommes et un pareil détachement du 12e légère composé de 400 hommes, ce qui fait quatre détachements de 400 hommes ou 1 600 hommes. Ces 1 600 hommes seront commandés par un major, ou un adjudant commandant, ou un général de brigade ou un officier supérieur quelconque qui rejoindrait l'armée. Vous aurez soin qu’ils soient bien armés, bien habillés et qu'ils aient des capotes et des souliers. Chaque détachement portera le nom de compagnie de marche, et sera censé ne former qu’une compagnie, mais sera divisé en quatre escouades à la tête desquelles il y aura un officier ou un sergent. Comme j'ai besoin de faire venir ici pour recruter la Garde 80 grenadiers, vous pourrez ordonner que ces 80 grenadiers soient répartis à raison de 16 par compagnie et de 4 par escouade. Ils feront les fonctions de sergent. Ces détachements arriveront avec ordre à l'armée. Arrivés à Madrid, les grenadiers rejoindront leur corps ; les officiers et sous-officiers retourneront à Paris ; et les soldats seront incorporés dans les bataillons de guerre. Voilà donc une colonne de près de 4000 hommes qui partira pour recruter l'armée. Assurez-vous avant de la laisser partir qu’elle ne manque pas d'officiers. Faites la même chose pour les 4es bataillons. Que les cadres soient remplis ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 19432).

De son côté, le corps de Ney, qui devait couper la route de l'armée espagnole en repli pour parachever la victoire, n'est pas sur les positions prévues. Ney et Moncey, qui avancent lentement, n'arrivent à Saragosse sur les talons de Castanos que le 30 novembre. Ney est rappelé par Napoléon pour une offensive dans le Léon et est remplacé sous les murailles de la ville par Mortier.

On parlait d'une nouvelle armée anglaise qui venait de débarquer.

Le 1er décembre 1808 à Bordeaux se forme le 4ème bataillon du régiment, encadré par des officiers du second et avec les hommes revenus du Portugal avec Junot. Ce 4ème bataillon va faire campagne indépendamment des trois premiers.

Après la bataille de Tudela, Napoléon continuait sa marche sur Madrid. La fameuse prise du col de Somosierra ouvrait le chemin. L'Empereur entrait dans la capitale espagnole le 4 décembre.

Jusqu'alors, Napoléon ne s'était pas occupé de l'armée anglaise du général Moore, mais lorsqu'il apprit qu'elle s'était avancée du Portugal en Espagne, autour de Salamanque (entre les 13 et 23 Novembre), il prescrivit au Maréchal Soult de redescendre dans le royaume de Léon. Un autre petit corps anglais sous le général Baird venait de débarquer à la Corogne.

Le 6e Corps demeure au repos à Guadalajara jusqu'au 12 décembre et son chef en profite pour reconstituer les approvisionnements et assurer les réparations à l'habillement, à l'équipement, etc ... D'après un rapport du Duc d'Elchingen au Major général et en ayant recours aux souvenirs du Colonel Sprunglin, alors Capitaine adjoint d'Etat-major, on constate que le 6e Corps d'armée présente, à la date du 8 décembre 1808, la composition et les effectifs suivants :
... ... 3e division, général Dessolles (7.020 hommes).
1re Brigade, Général Godinot : 12e d'Infanterie légère (colonel N...), à 3 Bataillons de 6 Compagnies (H. Bonnal : "La vie militaire du Maréchal Ney", tome 3).

Le 6e Corps entre à Madrid le 14 décembre 1808 et est passé en revue par l'Empereur le 16 décembre.

Le 21 décembre 1808, l'Empereur écrit, depuis Madrid, au Maréchal Berthier, Major général de l'Armée d’Espagne : "Ordre qu'avant midi on distribue ... Demain 400 culottes et vestes bleues au 12e, 400 bleues ...
Ce qui fera 1 300 culottes et vestes. Ordre (de distribuer à la) division Lapisse 500 bonnets de police et à la division Dessolle 500.
Vous ordonnerez que dans la journée on me rende compte de l'exécution de ces ordres et de ce qui reste en magasin
" (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 19581 ).

Le 22 décembre 1808, l'Empereur écrit, depuis Madrid, au Général Clarke, Ministre de la Guerre, à Paris : "Monsieur le Général Clarke ... Aussitôt que la division de 5 à 6,000 hommes, composée des bataillons des 75e, 28e et 58e de ligne et des détachements des 2e, 12e, 4e et 15e légers, sera prête et fournie de ses capotes, de ses deux paires de souliers dans le sac, etc. vous la ferez partir pour Bayonne. Chargez un général de brigade du commandement de cette colonne, et qu'elle ait un séjour au moins tous les quatre jours de marche" (Correspondance de Napoléon, t.18, lettre 14608 ; Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 19622).

A l'ouest, le Maréchal Soult poursuit l'armée anglaise de Moore dans sa retraite précipitée à travers la Galice. Le 6e Corps est désigné pour lui servir de réserve; il est chargé d'occuper la Galice, où le Marquis de la Romana s'est mis à la tête des rebelles espagnols. Il quitte Madrid le 20 décembre, passe à Guadarrama, Arevalo, Tordesillas, Rio Seco.

Napoléon écrit, le 31 décembre 1808, depuis Benavente, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke ... Je désire que vous me prépariez bientôt une colonne de 400 hommes du 32e, une colonne de 400 hommes du 58e, une colonne de 300 hommes du 2e léger, une colonne de 300 hommes du 4e léger, et une colonne de 400 hommes du 12e léger ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 19634).

Le 6e Corps arrive à Astorga le 2 janvier 1809. Mais la division Dessolle (dont le 12e Léger) est renvoyée sur Madrid.

2/ 1809

Sapeur 12e Léger 1810
Fig. 6 Sapeur du 12e Léger en 1810-1812

Napoléon écrit à son frère le 1er Janvier :
"Benavente, 1er janvier 1809.
A Joseph Napoléon, roi d'Espagne, à La Florida.
Mon Frère, le général la Romana n'a pas 6,000 hommes, nus et mourant de faim, troupes de réquisition, et il n'oserait plus se fier à son armée en campagne, exaspérée au dernier point contre lui. Le maréchal Soult l'a attaqué le 26 décembre à Mansilla avec deux régiments de cavalerie, et lui a pris 1,500 hommes et deux drapeaux. Il est entré à Léon le 30; il y a trouvé 2,000 malades aux hôpitaux. Cette armée de Galice n'existait donc véritablement plus depuis les affaires d'Espinosa. Elle existe encore moins aujourd'hui.
Aujourd'hui, 1er de l'an, le maréchal Soult est à Puente de Orbigo. Le maréchal Bessières a couché à la Baneza et marche sur Astorga, où nous serons aujourd'hui. Les Anglais ont abandonné 1,500 tentes et 4,000 couvertures, tout leur rhum, une quantité immense de chariots sur la route et beaucoup de traînards. Ils n'en sont pas quittes. Nous les poursuivons vivement. Je serai ce soir à Astorga.
Je vous ai mandé que la division Dessolle rentrait à Madrid. La communication par Valladolid, Burgos, Ségovie, Guadarrama sera assurée".

"Benavente, 4 janvier 1809.
A Joseph Napoléon, roi d'Espagne, à La Florida.
Mon Frère, le major général vous envoie des instructions pour le mouvement à faire par le duc de Bellune sur la rive gauche du Tage. La division Dessolle sera le 7 au plus tard à Guadarrama. Le bataillon polonais qui va à Ségovie doit être arrivé. S'il était encore à Somo-Sierra, vous pourrez lui envoyer l'ordre de venir, en laissant à Somo-Sierra deux compagnies. J'ai donné l'ordre aux 3e bataillons, du 43e et du 51e de se rendre à Madrid. Après huit ou dix jours de repos, la division Dessolle doit avoir 9,000 hommes".

Programmant la rentrée prochaine de Joseph dans sa capitale, son frère lui écrit le 10 Janvier : "La division Dessolles, qui doit être arrivée le 7 à Madrid, doit avoir besoin de repos. Comme elle est du corps du maréchal Ney, qui est en Galice, vous pouvez lui donner des ordres directement.
Si la division Leval avait besoin d'être secourue, vous la feriez soutenir par la division Valence, et vous garderiez les divisions Milhaud, Dessolles et Sébastiani à Madrid, dans votre main. Il faut vous appliquer à compléter l'artillerie de la division Sébastiani à 12 pièces, celle de la division Dessolles à 12 pièces, et celle de la division Milhaud à 6 pièces. Le maréchal Lannes est parti aujourd'hui pour Saragosse, et faire sa jonction avec le général Saint-Cyr. Le général Lapisse est à Zamora; 4,000 à 5,000 hommes sont nécessaires à Avila pour poursuivre Pignatelli. Ayez-y un intendant, et prêtez main-forte à vos agents. Le duc d'Elchingen est à Villafranca; le duc de Dalrnatie doit être à Lugo depuis longtemps; ma garde est concentrée ici (Valladolid) . La division Heudelet, qui est ici, va marcher sur Astorga; la division Loison est à Léon.
Il est désirable qu'en entrant à Madrid vous ayez le plus de troupes possible, en bonne tenue
".

Le 11 janvier 1809, l'Empereur écrit, depuis Valladolid, au Maréchal Berthier, Major général de l'Armée d'Espagne : "Mon cousin ... Faites connaître partout que les changements suivants ont eu lieu : que le 8e corps est supprimé ; que tout ce qui faisait partie des 12e, 2e et 4e léger, et de des 58e, 32e et 47e, a rejoint ses régiments ; qu'ainsi on doit diriger tous les détachements sur les corps dont ces régiments font partie ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 19776).

Le 16 janvier 1809, l'Empereur écrit, depuis Valladolid, au Maréchal Berthier, Major général de l'Armée d'Espagne : "Donnez ordre ... que les détachements du 55e de ligne et du 12e d'infanterie légère partent pour Madrid" (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 19862).

Puis Napoléon, de Valladolid, rentre en France le 17 Janvier devant la menace autrichienne. Avant de partir de Valladolid, il a rédigé des instructions, expédiées par le Major général le 21 janvier; ainsi, il ordonne à Ney : "... Vous occuperez et défendrez la Galice. Vous organiserez et pacifierez les provinces; vous ferez enregistrer et publier la proclamation et les décrets de l'Empereur et Roi ... Le général Charlot reste chargé de la province de Léon, avec les troisièmes bataillons du 12e régiment d'infanterie légère, du 58e de ligne et le régiment des chasseurs auxiliaires du colonel Tascher ..." (La vie militaire du Maréchal Ney, t.3).

Le 19 janvier 1809, l'Empereur, qui est en route pour Paris, écrit depuis Tartas, au Maréchal Berthier, Major général de l'Armée d'Espagne : "Mon cousin ... J'ai ordonné qu'un détachement de 400 hommes du 32e et de pareille force du 12e se rendent à Madrid pour être incorporés dans les 4es bataillons de ces régiments. Si les cadres du 5e bataillon y sont, il faut les renvoyer ..." (Brotonne (L. de) « Lettres inédites de Napoléon Ier », Paris, 1898, lettre 400 (parle du 38e et non du 32e); Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 19878).

Le même jour, 19 janvier 1809, l'Empereur écrit, depuis Tartas, au maréchal Kellermann, commandant de l'Armée de réserve d’Espagne : "Mon cousin, 700 hommes du 2e régiment d'infanterie légère, du 4e et du 12e léger et du 32e de ligne arrivent à Bayonne. Donnez-leur trois jours de séjour pour qu'ils puissent se laver. Complétez-leur une paire de souliers à chacun et tout ce qui pourra leur manquer en habillement et armement et surtout les baïonnettes. Après cela, divisez-les en deux détachements ; ceux du 32e et du 12e d'infanterie légère seront dirigés sur Burgos et de là sur Madrid, en passant par Aranda. Le lendemain, les hommes du 2e et du 4e d'infanterie légère partiront pour Valladolid où ils iront rejoindre leur régiment au corps du maréchal Soult. Faites part de ces dispositions au prince de Neuchâtel ..." (Brotonne (L. de) : « Dernières Lettres inédites de Napoléon 1er, collationnées sur les textes et publiées », Paris, 1903, t. 1, lettre 859 ; Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 19880).

Après avoir forcé les Anglais à rembarquer à la Corogne, Soult s'enfonce dans le Nord du Portugal, Ney stationne en Galice. Victor est en Andalousie, Suchet en Aragon et Saint Cyr en Catalogne. En mars la division Dessolle est toujours à Madrid.

En Février, Sebastiani prend le commandement du 4ème Corps qui se porte sur Tolède. Il vainc les Espagnols à Ciudad Real et stationne dans la Manche.

Le 3 mars 1809, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Comte d'Hunebourg, Ministre de la Guerre, à Paris : "Monsieur le Général Clarke, je vous envoie le projet de formation d’une réserve de régiments provisoires, sur lequel je désire que vous me fassiez un rapport. Faites-moi connaître si je n'ai rien oublié et s'il y a des changements qu'il soit convenable de faire pour épargner des marches aux troupes. Enfin présentez-moi des états qui m'apprennent si les 5es bataillons pourront fournir ces quatre, trois ou deux compagnies pour concourir à ladite formation. Les 10,000 hommes de réserve que forme ma Garde sont destinés à compléter les 5es bataillons et à les mettre à même de fournir les hommes nécessaires. Il faut donc qu'une colonne des états que vous ferez dresser indique le nombre d'hommes qui leur manquera, après avoir épuisé tout leur monde ; cette colonne sera la colonne de distribution des 10,000 hommes de la Garde. Il ne vous échappera pas que, par ce moyen, j'aurai 6,000 hommes à la Rochelle, 3,000 en Bretagne, 9,000 à Paris, 5,000 au camp de Boulogne, 2,500 pour la défense de l'Escaut, 2,500 pour garder Wesel, 5,000 à Strasbourg, 2,500 à Metz et 10,000 Français en Italie; total, 45,500 hommes.
NAPOLÉON
Annexe
PROJET DE FORMATION D'UN CORPS DE RÉSERVE
1
Il sera formé une réserve de seize régiments provisoires composée des compagnies des cinquièmes bataillons qui seront complétés avec les conscrits de 1810; 2
... 2e régiment provisoire :
Le 2e régiment provisoire sera composé de 4 bataillons des 32e de ligne, 58e, 121e, 122e, chaque bataillon de 4 compagnies, chaque compagnie de 200 hommes, formant un présent sous les armes de 3 200 hommes.
3° régiment provisoire :
Le 3e régiment provisoire sera composé de 4 bataillons des 2e, 4e, 12e et 15e légère, formés de même.
4e régiment provisoire :
Le 4e régiment provisoire sera composéde 4 bataillons des 12e, 14e, 34e, 88e, formés de même. Ces trois régiments formant plus de 9 000 hommes se réuniront et seront formés à Paris dans le courant d'avril ...
" (Correspondance de Napoléon, t.18, lettre 14838 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20195).

Le 6 mars 1809, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, je désire que vous donniez les ordres suivants, pour compléter les corps de l'armée du maréchal duc de Rivoli : ... Le 24e d'infanterie légère a besoin de 1600 hommes pour être complété ; donnez ordre qu'un bataillon de marche, composé de 100 hommes du 2e d'infanterie légère, de 150 hommes du 4e d'infanterie légère, et de 350 hommes du 12e d'infanterie légère, soit formé demain et se mette en marche pour Strasbourg. Arrivés là, ces détachements seront incorporés dans le 24e, ce qui portera ce régiment à peu près au complet. Le colonel laissera à Strasbourg 2 capitaines, 2 lieutenants, 2 sous-lieutenants, 4 sergents et 8 caporaux, pour recevoir ces 600 hommes, et les officiers qui les auront amenés de Paris retourneront à leurs dépôts. Le 3e et le 26e d'infanterie légère auraient aussi besoin de 700 hommes pour être complétés. Il manque plus de 200 hommes au 93e. Donnez ordre que 800 conscrits des quatre années, appartenant aux départements de la Loire-Inférieure et de la Vendée, et qui se trouvent en subsistance dans la Garde, soient habillés sous les numéros suivants, pour être incorporés dans les corps du duc de Rivoli, savoir : 400 hommes dans le 26e d'infanterie légère, 200 dans le 3e d'infanterie légère, et 200 dans le 93e de ligne. Vous me ferez connaître si les autres dépôts appartenant à l’armée d'Espagne, et n'ayant pas de compagnies au corps du général Oudinot, ont des hommes disponibles qu'on puisse de même faire marcher, pour recruter l'armée du Rhin ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20255).

Le 8 mars 1809, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, le bataillon d'infanterie légère qui partira demain, pour renforcer le corps du général Oudinot, afin de nous entendre, portera le nom de bataillon de marche du 24e légère..." (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20290). Il s'agit d'un bataillon de marche formé à Paris avec des détachements du 58e, du 121e et du 122e de ligne, et des 2e, 4e, 12e et l5e d'infanterie légère.

Le 13 mars 1809 (le 12 selon la CGN), l'Empereur écrit, depuis Rambouillet, au Général Clarke, Comte d'Hunebourg, Ministre de la Guerre, à Paris : "Monsieur le Général Clarke, je désire que dimanche on me présente, à la parade, une compagnie de chacun des 5es bataillons des 32e et 58e de ligne, 2e, 4e, 12e et 15e d'infanterie légère, complétée à 140 hommes ; ce qui ferait un beau bataillon provisoire de six compagnies. Il faut que tous les hommes soient bien équipés et bien habillés ..." (Correspondance de Napoléon, t.18, lettre 14890; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20340).

Le lendemain 14 mars 1809, l'Empereur écrit, depuis Rambouillet, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, donnez ordre que les 118 hommes du 2e régiment d'infanterie légère, qui sont à Saintes, les 200 hommes qui sont à Bordeaux, aux détachements des 4e, 15e et 12e légère, se rendent à Paris, pour y joindre leurs 5es bataillons ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20357). Tous ces hommes doivent être incorporés dans le Bataillon de marche formé à Paris et destiné à rejoindre le Corps de réserve de l'Armée du Rhin (Oudinot), à Augsbourg.

Le 15 mars 1809, l'Empereur écrit, depuis Rambouillet, au Général Clarke, Ministre de la guerre : "Monsieur le général Clarke, j'ai donné différents ordres pour combler le déficit de 5000 hommes qu'éprouve le corps du duc de Rivoli ...
Je vous ai ordonné également de faire partir de Paris un bataillon de marche de 600 hommes, sous le titre de bataillon de marche du 24e légère, un bataillon de marche de 800 conscrits de ma Garde et 400 hommes du 46e.
Faites-moi connaître l'époque où tout cela arrivera à Strasbourg. Proposez-moi des moyens de combler le déficit de 979 hommes qu'éprouve encore le corps du duc de Rivoli ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20373).

Le même 15 mars 1809, l'Empereur écrit, depuis Rambouillet, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, donnez ordre qu'il soit formé un 14e bataillon de marche du corps d'Oudinot, composé de 50 hommes du 58e, et de 50 hommes du 121e ; de 50 hommes du 4e légère et de 50 hommes du 2e idem ; de 50 hommes du 12e légère et de 50 hommes du 15e idem, total 300 hommes.
Ce bataillon me sera présenté à la parade de dimanche, et se mettra, sans délai, en route, pour être incorporé, les 100 hommes de ligne, dans les compagnies du 4e bataillon du 96e du corps du général Oudinot ; les 100 hommes des 2e et 4e légère, dans le 26e légère ; les 100 hommes des 12e et 15e légère, dans le 16e légère.
Par ce moyen le corps du général Oudinot sera porté au grand complet
" (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20378).

Le 19 mars 1809, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, sur les 604 hommes qui composent le bataillon provisoire que me présente aujourd'hui le général Hulin, il sera pris :
- 50 hommes du 58e de ligne
- 50 hommes du 2e léger
- 50 hommes du 4e léger
- 50 hommes du 12e léger
- 50 hommes 15e léger
et 50 hommes du 121e de ligne.
Ces 300 hommes formeront les 3 compagnies de marche dont j'ai ordonné la formation pour ces régiments, et partiront mardi pour Strasbourg, pour être incorporées dans les 26e et 16e d'infanterie légère et 96e de ligne. Il ne sera pris que des conscrits des 4 années antérieures à 1810
" (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20458).

Le 21 mars 1809, l'Empereur écrit, depuis La Malmaison, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, le bataillon composé des trois compagnies de marche ci-après, savoir : ... la 3e de 50 hommes des 12e et 15e léger destinée à compléter les 3e et 26e léger et le 93e de ligne, qui doit être parti hier de Paris pour se diriger sur le corps du général Oudinot portera le titre de 14e bataillon de marche du corps d'Oudinot ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20480).

Le 3 avril 1809, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, donnez ordre qu'un bataillon de 250 hommes, composé de 30 hommes de chacun des 2e, 4e, et 12e légère, de 130 hommes du 32e, et de 30 hommes du 58e, soit formé, sous le nom de 15e bataillon de marche du corps d'Oudinot, et parte demain pour Strasbourg.
Vous manderez au général Oudinot d'envoyer un capitaine, deux lieutenants et deux sergents à Strasbourg pour prendre ces 250 hommes. Vous lui ferez connaître que je le laisse maître de les distribuer dans les compagnies qui en auraient le plus besoin, en choisissant les plus beaux hommes pour les compagnies de grenadiers, et les autres, pour les basses compagnies. Vous lui recommanderez de faire dresser procès-verbal de cette incorporation, et de l'envoyer aux corps, afin que ces hommes soient effacés des contrôles. Ce bataillon se mettra en marche demain et arrivera le plus tôt possible à Strasbourg ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20685).

Le 29 mai 1809, l'Empereur écrit, depuis Ebersdorf, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, je vois dans l'état de situation de la 1re division militaire ... 500 hommes dont on pourrait augmenter la 3e demi-brigade provisoire ; ce qui la porterait à 1500 bommes.
Je vois dans le même état que le dépôt du 2e léger a 200 hommes prêts à marcher, celui du 4e 200, celui du 12e 100, celui du 15e 300, ce qui fait 800 hommes, dont on pourrait augmenter la 4e demi-brigade provisoire.
Pourquoi cela n'est-il pas fait ? ...
Faites donc partir tout cela.
Dans presque tous les états des divisions militaires, je vois beaucoup d'hommes prêts à partir. Il me semble que tous les hommes qui sont disponibles aux dépôts doivent se rendre ou aux demi-brigades provisoires ou à l'armée, pour compléter ce qu'ils doivent encore
" (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 21091).

Le 10 juin 1809, l'Empereur, qui vient de décider d'une importante levée de Conscrits, sur la classe 1810, mais aussi sur les classes 1806 à 1809, afin de compenser les pertes du début de la campagne, et renforcer l'Armée, écrit depuis Schönbrunn au Général Clarke pour lui donner le détail de cette opération particulièrement complexe; lettre accompagnée de 3 Etats différents très détaillés. Concernant le 12e Léger, l'Empereur ordonne : "... Vous ferez partir la 4e demi-brigade provisoire 600 hommes qui seront dirigés sur Vienne pour être incorporés dans le 3e régiment d'infanterie légère. Ils feront route sous le titre de bataillon de marche du 3e d'infanterie légère. Ces 600 hommes seront tirés : 200 hommes du 2e d'infanterie légère, 200 du 4e idem et 200 du 12e idem : ils seront remplacés dans ces régiments par 600 conscrits pris sur les 3 000 qui étaient destinés au dépôt de Grenoble .... L'Etat B qui suit cette lettre donne d'un côté la "répartition des 3 000 hommes entre les dépôts et demi-brigades ci-après : 200 hommes au dépôt du 2e léger pour la 4e demi-brigade; 200 hommes 4e id; 200 hommes 12e id" et de l'autre l' "Envoi que ces mêmes dépôts feront, par contre, à l'armée : Qui enverra (le 2e) 200 ; 200 (le 4e); 200 (le 12e). Total 600 au 3e d’infanterie légère. Ces 600 hommes porteront le titre de 2e bataillon de marche du 3e du corps de Rivoli et seront dirigés sur Vienne". Enfin l'annexe intitulé "Répartition des 40 000 conscrits de l'appel supplémentaire de 1810" indique la composition de la 4e Demi-brigade provisoire : 2e léger, 4e léger qui reçoit 50 hommes, 12e léger qui en reçoit 350; 15e idem qui doit être complété à la Division Friant; il est précisé que l'on doit porter "les 16 compagnies à 2400 hommes" (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 21182).

Le 11 juin 1809, l'Empereur écrit, depuis Schönbrunn, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, en conséquence de ma lettre d'hier et des tableaux qui y sont annexés, pour la répartition des 40 000 hommes, les dépôts des 13 régiments, ou les compagnies des demi-brigades provisoires, doivent fournir 3 000 hommes à 13 quatrièmes bataillons du corps d'Oudinot. Je désire que vous donniez des ordres aux dépôts et aux demi-brigades provisoires, dont ces régiments font partie, de diriger ces hommes sur Strasbourg, et qu'aussitôt que 3 détachements de ces corps, ou 600 hommes, seront réunis, on en forme des bataillons de marche, sous le titre de 1er, 2e, 3e, 4e et 5e bataillons de marche du corps d'Oudinot, et qu'ils partent ainsi de Strasbourg bien organisés ... Le corps du duc de Rivoli doit recevoir 2200 hommes ... les hommes du 2e d'infanterie légère, du 4e et du 12e porteront le nom de 2e bataillon de marche du corps du duc de Rivoli ... ... Occupez-vous à faire former ces bataillons. Ordonnez que les procès-verbaux soient en règle, et que les demi-brigades et les dépôts fournissent conformément à mes ordres. Ce qu'ils fourniront sera remplacé aux uns et aux autres sur la levée des 40 000 hommes" (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 21199).

En Juin, quand on apprend les malheurs de Soult au Portugal, Sébastiani se replie et le Roi quitte Madrid pour le rejoindre avec sa Garde et la division Dessolle. Puis les forces espagnoles de Vanegas ayant à leur tour reculé sur la Sierra Morena, Joseph repart sur Madrid le 1er Juillet avec ses troupes.

Le 28 Juillet, suivant le Roi, le 12e Léger est en réserve à la bataille de Talavera qui voit la confrontation des Français avec l'armée anglo-espagnole de Wellington qui marche sur Madrid. La bataille est meurtrière et les deux adversaires finissent par se replier chacun de leur coté. Le 12e Léger entame alors une longue période de garnison dans la capitale.

Le 10 août 1809, l'Empereur écrit, depuis Schönbrunn, au Maréchal Berthier, Major général de l'Armée d'Allemagne : "Mon cousin, le 2e bataillon de marche du duc de Rivoli composé des détahcement des 2e, 4e, 12e d’infanterie légère, destinés à être incorporés dans le 3e, arrivent aujourd’hui à Krems et se dirigent sur Znaïm pour rejoindre le corps du duc de Rivoli. Ayez soin de réitérer l’ordre qu’on ne garde aucun officier ni sous-officier, et qu’on les renvoie à Vienne d’où ils seront dirigés en poste sur Paris, vu qu’ils sont nécessaires pour former un régiment ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 21746).

Le 20 septembre 1809, l'Empereur écrit, depuis Schönbrunn, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, je réponds à votre lettre du 11 septembre ... Quant aux 118e, 119e, 120e, et au 12e léger, ces régiments ayant leurs 4 bataillons en Espagne, doivent renvoyer leur 4e bataillon en France" (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 22115).

Le 25 septembre 1809 encore, l'Empereur écrit, depuis Schönbrunn, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, vous trouverez ci-joint l'idée d'un rapport pour justifier la levée des 36 000 conscrits que je viens d'ordonner. Vous trouverez également la répartition de ces 36 000 conscrits. Ajoutez à votre rapport une considération sur la grande quantité de conscrits qui restent sur les années passées, écrivez-en même le nombre s'il en reste effectivement 500 000, dites qu'il y en a 800 000. Il est nécessaire que cette phrase soit bien frappée, parce qu'elle fera une grande influence sur l'étranger.
Napoléon
Décret « de distribution » répartissant les 36 000 conscrits par place forte ou régions militaires
Avons décrété et décrétons ce qui suit :
Article 1er
La distribution des 36 000 conscrits levés en vertu du sénatus-consulte du […] octobre, sera fait ainsi qu’il suit :
... 8000 sur Paris, savoir :
... 1000 pour le 12e léger ...
Relevé de la distribution des 36 000 conscrits suivant l’ordre numérique des régiments employés à l’armée d’Espagne :
... Infanterie légère
... 12e à Paris 1 000 ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 22176).

Le régiment passe sous le commandement de Dulong de Rosnay, le 26 Novembre. Nous l'avions déjà rencontré comme major du 31e Léger (voir historique 31e Léger).

Etats de service de Dulong de Rosnay

Né le 12 Septembre 1780 à Rosnay (Aube). Le jeune Louis Etienne Dulong commence sa carrière militaire en étant volontaire dans un corps de hussards levé par le général Monnier lors du célèbre siège d'Ancône en 1799. Le courage du jeune hussard, qui le fait participer à de nombreux "coups de mains" où il est blessé plusieurs fois, le font nommer au grade de capitaine.
Après Marengo, à l'Armée d'Italie, il défend la place de Pesaro et ne se rend avec les honneurs le 6 Décembre 1800 qu'avec seulement 14 survivants ! Puis il rejoint immédiatement les forces française pour participer à la bataille du Mincio, où il est encore blessé.
Fait chevalier de la Légion d'Honneur en Juin 1804, l'année 1805 le voit chef de bataillon au 15e Léger. A Austerlitz, son chef étant hors de combat, il prend la tête de son régiment, rameute les soldats autour de leur Aigle et sera dans les premiers à entrer dans Sokolnitz.
Le 22 Février 1807, major au 31e Léger, il prend le commandement d'un régiment provisoire d'infanterie légère (dont les hommes du 31e) pour la campagne de 1807 de Junot au Portugal. Il se signale encore en s'emparant d'officiers de marine britannique sur la côte portugaise, au cours d'une action "commando".
Evacué après la capitulation de Cintra, il rejoint son régiment pour la campagne de Soult au Portugal. Lors de la retraite après la prise de Porto par les Anglais, il sauve l'Armée en s'emparant avec ses hommes de ponts stratégiques à Ponte Novo et Misarella. Grièvement blessé à cette occasion, ses hommes le portent le reste de la retraite.
Le 19 Septembre 1809 il devient colonel du 31e Léger pour peu de temps puisqu'il passe ensuite au 12e Léger.

Le 18 Novembre 1809, les trois premiers bataillons étaient encore en réserve à la division Dessolle lors de la bataille d'Ocana, puis retrouvaient Madrid. Soult était devenu Major Général des armées d'Espagne en remplacement de Jourdan (en attendant la nomination de Berthier le 1er Décembre).

En novembre 1809, Napoléon envoie des renforts en Espagne : un 8e Corps mis sous l'autorité de Junot. Le 28 novembre, l’Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke : "Monsieur le Général Clarke, donnez ordre au duc d'Abrantès de passer la revue des dépôts de la 1re division militaire qui doivent fournir des régiments à son corps d'armée. Il passera cette revue dans le plus grand détail, fera connaître les places vacantes dans les cadres des bataillons qui doivent former sa division, et s'assurera que chacun de ces bataillons a ses cadres complets de dix compagnies de 140 hommes chacune, officiers et sous-officiers.
J'ai remarqué avant-hier que beaucoup de places de chef de bataillon étaient vacantes, ainsi que des places de lieutenant et de sous-lieutenant. Il faut que la retraite soit donnée à tous ceux qui sont hors d'état de faire campagne, afin que, vers le 20 décembre, les quatre bataillons des 32e, 58, 121e et 122e, qui doivent faire partie de la division Lagrange, et les quatre bataillons des 2e, 6e, 12e et 15e légers qui forment la 3e brigade de la même division, formant avec la 1re brigade 8 ou 9,000 hommes, soient prêts à partir pour joindre cette 1re brigade qui part de Huningue. Il est donc nécessaire que ces huit bataillons aient présents, au 20 décembre, leurs officiers, sous-officiers et tambours
" (Correspondance de Napoléon, t.20, lettre 16026 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 22533).

Et en complément, le même jour, au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la guerre, à Paris : "Monsieur le Général Clarke, à dater du 1er décembre, le 8e corps de l’armée d'Allemagne prendra le nom de 8e corps de l'armée d'Espagne.
Ce corps continuera à être commandé par le duc d'Abrantès; il aura pour chef d'état-major le général Boyer, pour ordonnateur le sieur Malus, pour commandant de l'artillerie le général Mossel; il y sera attaché un officier supérieur du génie.
Il sera composé de trois divisions.
La 1re division sera commandée par le général Rivaud et formée de trois brigades : la 1re commandée par le général Menard, ayant quatre bataillons; la 2e, par le généra1 Taupin, ayant quatre bataillons; la 3e, par le général Godard, ayant quatre bataillons; en tout douze bataillons, formant 9 à 10,000 hommes d'infanterie.
La 2e division sera commandée par le général Lagrange; la 1e brigade sera composée de trois bataillons du 65e et d'un bataillon du 46e, et commandée par un général de brigade qui sera pris à l'armée d'Allemagne; la 2e brigade sera composée de quatre bataillons des 32e, 58e, 121e et 122e, qui sont à Paris, et commandée par un général pris à l'armée d'Allemagne; la 3e brigade sera composée de quatre bataillons des 2e, 4e, 12e et 15e légers. Cette division aura donc, comme la lère, douze bataillons, formant 9 à 10,000 hommes d'infanterie.
La 3e division sera composée de quatre régiments de marche et de douze bataillons auxiliaires, dont nous avons ordonné la réunion par nos derniers ordres, et sera commandée par le général de division Clauzel, qui veillera spécialement à sa formation.
Ce qui portera l'infanterie du 8e corps à plus de 30,000 hommes ...
Je désire connaître quand tout cela pourra se mettre en mouvement, pour que le corps soit rendu et réuni à Bayonne au 1er janvier
" (Correspondance de Napoléon, t.20, lettre 16027 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 22534).

La bataille d'Ocana avait éliminé l'armée d'Ariezaga, organisée par la junte de Séville, foyer de résistance au Sud de la péninsule. Le Roi Joseph, désireux de se faire valoir face à Napoléon, se laisse convaincre par le maréchal Soult d'entreprendre l'invasion de l'Andalousie et ainsi compléter la domination française. L'Empereur est d'accord, d'autant plus qu'il compte bien articuler cette offensive avec une autre sur le Portugal confiée à Masséna pour éliminer les Anglais.

Le premier décembre 1809, les positions du régiment sont les suivantes : sous l'autorité du colonel Dulong, les trois premiers bataillons stationnent à Madrid (chefs de bataillon : Joseph Ferlin, Nicolas Louis et Joseph Armand) et le 4ème bataillon (chef de bataillon Millot) est dans le Léon.

Le 5 décembre 1809, l'Empereur écrit au Général Clarke : "Monsieur le Général Clarke, donnez l'ordre que le quartier général du 8e corps et la division Rivaud, composée des huit bataillons des brigades Ménard et Taupin et de la brigade formée du 22e de ligne, faisant douze bataillons, se rendent à Orléans. Je verrai le 22e à son passage à Paris. Le 15, le duc d'Abrantès se rendra à Orléans et passera la revue de cette division. Faites-moi connaître où sont les 10e et 11e bataillons des équipages militaires qui doivent être attachés au 8e corps.
Faites-moi connaître s'il sera possible de faire partir, le 15, les huit bataillons qui sont à Paris des 32e, 58e, 121e et 122e, qui forment la 1e brigade de la division Lagrange, et des 2e, 4e, 12e et 15e légers, qui forment la 2e brigade; ces deux brigades, avec celle formée du 65e et d'un bataillon du 46e, composant la division du général Lagrange. Toutefois nommez les deux généraux de brigade qui doivent commander ces huit bataillons, et donnez-leur l'autorité dans les dépôts qui doivent les fournir; je les verrai, le 15, dans la situation où ils se trouvent ...
" (Correspondance de Napoléon, t.20, lettre 16033 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 22561)".

Pendant ce temps , Napoléon réorganise le 2e Corps en Espagne et envoie ses instructions à Berthier, nouveau Major général des armées d’Espagne : "Paris, 15 décembre 1809
Au prince de Neuchâtel et de Wagram, major-général de l’armée d’Espagne, à Paris
Mon Cousin ... Écrivez au duc de Dalmatie que j'ai hâte de voir se réunir tous les corps; qu'il donne l'ordre que tout ce qui appartient aux 32e, 15e, 66e, 26e et 82e se rende dans le nord à Benavente et à Valladolid, pour être réuni au corps du général Loison; que tout ce qui appartient aux 51e, 43e, 55e, 58e, 47e de ligne et 12e léger rejoigne les régiments respectifs à Madrid; que le 2e corps ne sera formé que des deux divisions des généraux Merle et Heudelet, composées, comme elles le sont aujourd'hui, des 2e, 4e, 17e et 31e légers, et des 15e, 36e, 47e, 70e et 86e ...
Il y a également un bataillon du 2e léger qu'il faut réunir, ainsi que beaucoup de détachements appartenant à des régiments de cavalerie
" (Correspondance de Napoléon, t.20, lettre 16055 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 22608).

"Trianon, 17 décembre 1809
Au prince de Neuchâtel et de Wagram, major-général de l’armée d’Espagne, à Trianon
Mon Cousin, donnez l'ordre que la brigade composée d'un bataillon du 32e, d'un du 58e, d'un du 121e et d'un du 122e, qui doivent former au moins 3,000 hommes, parte le 20 de ce mois pour se rendre à Bordeaux. Cette brigade est la 2e de la division Lagrange. Faites-moi connaître quand la 1re brigade arrivera à Bayonne.
Donnez ordre que la 3e brigade de cette division, composée d’un bataillon du 2e léger, d'un du 4e, d'un du 12e et d'un du 15e légers, parte le 22. Cette 2e et cette 3e brigade suivront la route de Versailles, où elles séjourneront; vous en passerez la revue à Versailles et vous vous assurerez qu'elles sont munies de tout ce qu'il faut pour faire la guerre, et qu'elles ont le nombre d'officiers nécessaire pour les discipliner et les contenir en route. Tracez-leur un itinéraire tel qu'elles se reposent un jour sur trois, et même qu'elles aient un double séjour dans les grandes villes.
Vous me remettrez un tableau du mouvement du 8e corps ...
" (Correspondance de Napoléon, t.20, lettre 16062 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 22629).

3/ 1810-1811 : L'ANDALOUSIE

Carabinier d'Infanterie légère 1806
Carte de l'Andalousie

Carabinier d'Infanterie légère 1806
Passage de la Sierra Morena en janvier 1810

Le 11 janvier 1810, l'Empereur écrit depuis Paris à Berthier, prince de Neuchâtel et de Wagram, major-général de l'armée d'Espagne, à Paris : "Mon Cousin, vous donnerez sans délai les ordres suivants, que vous enverrez par un officier d'état-major :
... Vous donnerez l'ordre que tout ce qui appartient au
5e léger se rende à Saragosse; que tout ce qui appartient au 43e, au 51e, au 58e, au 12e léger, au 10e bataillon de marche, se rende à Madrid pour y rejoindre ces corps.
J'aurai donc, pour le nord de l'Espagne, trois divisions formant 30,000 hommes. Je désire que le 10 février, époque où je compte que ces trois divisions seront réunies, elles puissent agir ...
" (Correspondance de Napoléon, t.20, lettre 16131 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 22847).

Tandis que l'Armée anglaise stationnée autour de Badajoz est surveillée par le Corps d'Armée du général Reynier, Soult désigne les 55.000 hommes qui composeront ses troupes : 1er, du 4ème et du 5ème Corps de l'armée française, sous les ordres des maréchaux Victor, Sébastiani et Mortier et la division de réserve de Dessolle (12e Léger). Elles prennent le chemin de la Sierra Morena. Le passage du défilé de Despeñaperros se fait sans rencontrer trop de résistance, le 5e Corps et la division de réserve forcent le chemin sans grandes pertes et, le 20 janvier 1810, les troupes arrivent à la Carolina, première ville d'Andalousie où elles se divisent. Le roi Joseph avec sa garde suit l'avancée de Soult pour pouvoir entre en vainqueur dans les villes conquises.

Sebastiani avec ses hommes prend le chemin de Jaén et y entre le 23, et, le même jour, le maréchal Victor et ses soldats entrent à Cordoue. Sebastiani continue vers Grenade, entrant dans la ville le 28. Le 3 février 1810 à Anquetera, le sous-lieutenant Maisonneuve du 12e est blessé. Après de sanglants combats, Sébastiani entre dans Malaga.

Pendant ce temps, Victor continue son avance et c'est le 1er février qu'il obtient la reddition de Séville. Le grand quartier général y est établi et Joseph y fait son entrée.

Le 9 Février, Mortier est devant Badajoz aux frontières du Portugal. L'Andalousie était apparemment conquise, sauf Cadix, où s'était réfugiée la Junte Insurrectionnelle, qui ne sera jamais prise et subira un siège interminable. Cependant, la guérilla, épaulée par des forces espagnoles régulières, restait très active dans les montagnes. Joseph continuait sa tournée des villes et essayait avec l'appui de Soult de se lever une armée espagnole loyaliste.

Le 12 février 1810, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, à Paris : "Monsieur le Duc de Feltre ... En jetant un coup d'oeil sur les détachements qui doivent composer la division d'arrière-garde, je vois qu'on a confondu dans vos bureaux deux choses très-importantes ; ce qui peut avoir la plus grande conséquence. On veut comprendre dans la formation des bataillons auxiliaires des détachements appartenant à des régiments qui sont en Espagne : or les bataillons auxiliaires ne doivent être formés que par les dépôts dont les régiments sont au Nord ou en Allemagne. Tous les détachements des corps qui sont en Espagne doivent former des régiments de marche et jamais des bataillons auxiliaires. Mon intention est donc qu'on forme un régiment de marche, qui se réunira à Tours. Le 1er bataillon sera composé de tous les détachements qui se trouvent à Orléans, appartenant aux 2e, 4e, 12e et 15e régiments d'infanterie légère. Le 2e bataillon sera composé de tout ce qui est à Orléans des 32e, 58e, 121e et 122e régiments. Vous ordonnerez que tous ces détachements partent le 15 d'Orléans pour Tours.
Vous ferez demain passer une revue de ces huit dépôts à Paris et à Versailles, pour en faire partir tout ce qu'ils ont de disponible et en état de bien faire la guerre.
Ils seront dirigés sur Tours, où vous chargerez le général Seras de se rendre pour organiser ces deux bataillons et en former le 5e régiment de marche.
... Vous donnerez des ordres et prendrez des mesures pour que deux bataillons du 113e, de 800 hommes chacun, soient tenus prêts à partir ; car je désire faire partir dans le courant de février le 4e régiment de la première légion de la Vistule, 2,200 hommes ; deux bataillons du 113e, 1,600 hommes ; le 5e régiment de marche de l'armée d'Espagne, que j'évalue à peu près, à 1,600 hommes ; un escadron de 300 hommes du 28e de chasseurs, 300 hommes ; le régiment de dragons qui est à Versailles. On y joindrait le 6e régiment de marche de cavalerie qui est à Saumur, 1,900 hommes ; cela fera donc une division de plus de 6,000 hommes, avec laquelle le général Seras se rendra en Espagne ...
" (Correspondance de Napoléon, t.20, lettre 16244 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 23105).

Soult avait réparti ses forces : le 1er Corps de Victor faisait le siège de Cadix, Sebastiani (4ème Corps) était autour de Grenade, la division Dessolle était réunie autour de Cordoue et Jaen et faisait la liaison avec les forces françaises dans la Manche et la Nouvelle Castille; enfin le 5e Corps de Mortier autour de Séville s'étendait jusqu'en Extremadure.

Le 27 avril 1810, l'Empereur écrit, depuis Compiègne, au Général Mouton, son Aide de camp : "Monsieur le général comte de Lobau, le ministre de la Guerre vous donnera l'ordre de passer la revue des 3e, 4e et 7e demi-brigades provisoires. Envoyez-moi un rapport sur ces trois corps aussitôt que vous les aurez vus. Voyez vous-même les dépôts des 32e, 58e, 121e, 122e ainsi que ceux des 4e, 12e, et 15e d'infanterie légère, afin que tout ce qu'ils ont à leur dépôt serve à renforcer ces dernières brigades. J'ai ordonné que ces trois demi-brigades ainsi que les régiments du grand-duché de Berg formant ensemble une division de 8 000 hommes partent pour l'Espagne avec chacun trois paires de souliers, la comptabilité et les livrets de chaque soldat en parfait état, je vous rends responsable de cette besogne. Lorsque la 6e demi-brigade provisoire sera arrivée de Boulogne, vous ferez avec elle la même opération" (Correspondance générale de Napoléon, t.10, lettre 23521).

Le 30 Avril, Joseph retournait à Madrid, confiant à Soult les opérations et l'administration de la province.

Le 29 mai 1810, Napoléon écrit, depuis Le Havre, à Berthier, au Havre : "... Les bataillons de 2e, 4e et 12e Léger, des 32e et 58e de Ligne sous les ordres des généraux de brigade Corsin et Jeanin, feront partie de la division du général Seras, qui aura ainsi sous ses ordres ces 5 bataillons : 3000 hommes; les 4 bataillons auxiliaires : 3000 hommes; le 113e et le 4e bataillon de la Vistule : 3000 hommes, ce qui fera 9000 hommes ..." (Correspondance de Napoléon, t.20, lettre 16519 ; Correspondance générale de Napoléon, t.10, lettre 23671). La Division Seras mise sous l’autorité du Général Kellermann et se trouvera donc à la droite de la force principale de Masséna entre Astorga, le Léon et Zamora, couvrant la plaine de Valladolid.

En Juillet, Soult était nommé officiellement général en chef de l'Armée du Midi, qui regroupait les forces précédentes. Il se comportait en véritable vice-roi d'Andalousie avec faste et autorité, s'opposant ouvertement aux fonctionnaires incapables du roi Joseph et au Roi lui-même qui lui confisquait des troupes faisant partie de son commandement. Mais pouvait il faire autrement pour se faire respecter, au milieu d'une population hostile ?

Le 4 juillet 1810, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, faites-moi connaître combien de compagnies et d'hommes peuvent fournir les dépôts des 32e, 58e, 121e et 122e, ainsi que les dépôts de Versailles des 3e et 4e régiments provisoires, et les dépôts des 2e, 12e, 15e et 4e léger. Quand pourra-t-on former un régiment provisoire de 700 hommes de chacun de ces dépôts ? ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.10, lettre 23898).

Le 8 juillet 1810, l'Empereur écrit, depuis Rambouillet, au Général Clarke; Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, il faut former un 5e régiment de marche qui sera composé de 3 bataillons, savoir :
1er bataillon : 2 compagnies du 32e, 2 compagnies du 58e ;
2e bataillon : 2 compagnies du 121e, 2 du 122e ;
3e bataillon : 1 compagnie du 2e léger, 1 du 4e idem, 1 du 12e idem.
Chacune de ces compagnies sera complétée à 140 hommes, ce qui fera 1540 hommes. Un colonel en second ou un major commandera ce 5e régiment de marche. Vous me ferez connaître quand il sera prêt.
Vous donnerez ordre qu'il soit réuni à Versailles le 15 juillet.
Vous me ferez connaître s'il est possible de former des dépôts de Versailles qui ont fourni aux régiments provisoires dernièrement partis, un nouveau bataillon
" (Correspondance générale de Napoléon, t.10, lettre 23919).

Le 26 août 1810, Napoléon écrit, depuis Saint-Cloud, au Maréchal Berthier, Major général de l'Armée d'Espagne : "... Donnez ordre que le 5e régiment provisoire d'infanterie de l'armée d'Espagne soit dissous. Les compagnies du 2e léger et des 4e et 12e légers seront réunies aux 2 compagnies des 2e, 4e et 12e légers du 2e régiment provisoire d'infanterie qui est dans la Navarre. Le 1er bataillon du 2e provisoire d'infanterie sera composé de 3 compagnies du 5e bataillon du 2e léger et de 3 du 4e. Le 2e bataillon sera composé de 3 compagnies du 12e et de 2 du 15e ...
La dissolution du 5e régiment provisoire d'infanterie qui avait ordre de se rendre à Tolosa renforcera le corps du général Reille de onze compagnies, ce qui augmentera d'autant la garnison de la Navarre ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.10, lettre 24415).

En Septembre 1810, les trois premiers Bataillons du 12e Léger sont toujours à la Division Dessolle. Pendant ce temps, le 4e Bataillon du 12e fait partie de la Division Seras (6e Gouvernement) dans le Nord de l'Espagne et mène une lutte quotidienne contre les partis de guérillas. A noter que trois Compagnies du 5e Bataillon sont à la 2e Division d'arrière garde.

Le 28 septembre 1810, l'Empereur écrit, depuis Fontainebleau, au Prince de Neuchâtel et de Wagram, Major général de l'armée d'Espagne, à Fontainbleau : "Mon Cousin, donnez l'ordre au général Drouet de se porter sans délai à Valladolid, de sa personne, pour prendre, sous le titre de commandant du 9e corps de l'armée d'Espagne, le commandement des troupes qui sont dans la Vieille-Castille, et protéger Almeida, Ciudad-Rodrigo, Salamanque, Astorga.
Vous donnerez ordre aux généraux Kellermann, Seras, aux commandants de Ciudad-Rodrigo, d'Almeida et à tous les commandants, quelque titre qu'ils aient, de mes forces sur les derrières de l'armée de Portugal, d'obéir aux ordres du général Drouet.
Vous ferez connaître à ce général qu'il aura sous ses ordres d'abord la division Seras, composée du 113e de ligne, du 4e régiment de la 1re légion de la Vistule, du 4e bataillon du 12e léger, des 32e et 58e de ligne, et des 2e, 4e, 5e et 7e bataillons auxiliaires, et de la 4e brigade de dragons, composée des 9e et 10e régiments provisoires, ce qui fait 6 à 7,000 hommes d'infanterie et 1,500 chevaux ; qu'il aura, de plus, un bataillon de la garde de Paris, quatre bataillons suisses et 1,200 dragons des 6e et 7e régiments provisoires. Il aura donc plus de 3,000 hommes de cavalerie. Indépendamment de ces forces, il aura son corps d'armée. Avec cette cavalerie, le général Drouet sera maître de la campagne, et pourra ramasser tous ses postes pour marcher au secours de Ciudad-Rodrigo et d'Almeida et revenir ensuite au secours d'Astorga. Il est convenable que les hôpitaux et établissements qui se trouveraient à Benavente et ailleurs soient renfermés dans les places fortes ou dans Valladolid.
Les troupes ci-dessus énumérées sont trop faibles sans doute pour garder tous les points de la Vieille-Castille, mais le général Drouet, avec une colonne de 8,000 hommes d'infanterie et de 2,000 chevaux, sans dégarnir les postes les plus importants, pourra empêcher que Ciudad-Rodrigo et Almeida soient bloqués, ou du moins en faire lever le blocus.
Le prince d'Essling doit avoir laissé plusieurs milliers de chevaux sur ses derrières, puisqu'il a eu l'ordre de laisser les brigades provisoires de dragons. Je compte que le général Drouet sera rendu à Valladolid dans les premiers jours d'octobre pour être à même de faire les mouvements convenables ...
Résumé. Le général Drouet partira 24 heures après la réception de votre ordre, que vous lui enverrez par un officier. Il mettra sur-le-champ en marche pour Valladolid les cinq demi-brigades formant sa première division et ses six escadrons de cavalerie.
En passant à Burgos, la 1re division se fera rejoindre par le bataillon de Neuchâtel avec les deux canons qu'a ce bataillon.
Donnez ces ordres sur-le-champ
" (Correspondance de Napoléon, t.21, lettre 16962; Correspondance générale de Napoléon, t.10, lettre 24687).

Et, dans une deuxième lettre, toujours datée de Fontainebleau le 28 septembre 1810 : "Mon Cousin, je vous ai donné tout à l'heure des ordres pour le mouvement du général Drouet ...
Pour vous mettre mieux à même d'expédier vos ordres, je vous communique les deux états de mouvements ci-joints. Je n'ai donc plus d'inquiétude sur l'artillerie du général Drouet
" (Correspondance de Napoléon, t.21, lettre 16962; Correspondance générale de Napoléon, t.10, lettre 24687).

Etats dans lesquels on peut notamment lire qu'un "... Détachement escortant un convoi d'effets d'habillement destinés aux bataillons de guerre employés en Espagne" qui se "se rend de Paris à Bayonne" est composé de 11 hommes du 12e Léger.

En Novembre, le capitane Dupré du 4ème bataillon est blessé près de Bilbao.

4/ 1811

Carabinier d'Infanterie légère 1806
Fig. 7 Officier de voltigeurs du 12e Leger en 1813 d'après Carles Vernet, et un uniforme d'époque

Le 27 Janvier près d'Avila, le 4ème bataillon est au contact avec les insurgés. Le Sous-lieutenant Jardin est tué, et son homologue Clot est blessé dans un combat.

Si l'Andalousie semble conquise, la guérilla continue d'y faire rage; Cadix tient toujours et les Anglais sont en embuscade au Portugal, menaçant de déferler par le Nord-Ouest. Surtout que les opérations de Masséna n'ont pas été un succès.

Une armée anglo-espagnole a débarqué à Tarifa, heureusement contrée par Victor à Chiclana Barossa, le 5 Mars.

Le 29 mars 1811, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Prince de Neuchâtel et de Wagram, Major général de l'Armée d'Espagne, à Paris : "Mon Cousin, donnez les ordres suivants pour diriger des renforts sur l'armée du Midi ...
RENFORTS A TIRER DE L'ARMÉE DU NORD ...
Province de Valladolid. — Le bataillon du 12e d'infanterie légère, fort de 800 hommes, celui du 32e, fort de 600 hommes, et celui du 58e, fort de 500 hommes, formeront le 3e régiment de l'armée d'Andalousie et se mettront également en marche pour Madrid. Le 9e régiment provisoire de dragons se réunira à ces trois bataillons, et le colonel Leclerc commandera la colonne ...
Ainsi donc les renforts que l'armée du Nord dirigera sur l'armée du Midi se composeront : du 1er régiment de marche du Midi, fort de 2,800 hommes ; du 2e, 1,400 hommes ; du 3e, 2,000 hommes, et des trois régiments provisoires de dragons, 1,800 hommes ; total, 8,000 hommes. Ce qui, joint aux 5,000 de l'armée du Centre, formera un secours d'environ 13,200 hommes pour l'armée du Midi.
Donnez vos ordres de manière à ne pas être désobéi ... Le duc d'Istrie composera chaque colonne d'infanterie et de cavalerie, en portant chaque colonne à 2,000 hommes au moins, sans que cela soit cependant un motif de retard ; et même, si la réunion du bataillon du 12e d'infanterie légère qui est dans les Asturies devait entraîner des délais, il ne faudrait pas attendre ce bataillon ; il partirait après. Il faut bien expliquer dans vos ordres qu'ils ne sont susceptibles ni de mais, ni de si, ni de car ; que, vingt-quatre heures après leur réception, ces régiments doivent se mettre en marche ; que les généraux Caffarelli et Beille doivent vous envoyer l'itinéraire de ce mouvement et le jour où ce régiment de marche doit arriver à Madrid ; qu'ils doivent également adresser cet itinéraire au duc de Dalmatie ; que les généraux auxquels vos ordres sont adressés sont responsables du moindre retard ...
Vos ordres seront composés,1° d'un ordre positif et sec, à peu près en ces termes : L'Empereur ordonne, etc. 2° d'une lettre contenant vos instructions. Mettez dans l'ordre : « sous peine de désobéissance » ...
" (Correspondance de Napoléon, t.21, lettre 17529).

Le lendemain, 30 mars 1811, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Prince de Neuchâtel et de Wagram, Major général de l'Armée d'Espagne, à Paris : "… L'Empereur est mécontent de ce que, tandis que le siège de Cadix courait le risque d'être levé, le 12e, le 32e, le 58e et le 43e, formant une division de plus de 8,000 hommes, se trouvaient disséminés dans des points alors insignifiants. Les six bataillons polonais et la cavalerie légère de Perreymond étaient plus que suffisants pour rester en observation de ce côté, et par conséquent les quatre régiments français et la division de cavalerie du comte Milhaud pouvaient être disponibles pour soutenir le siège de Cadix. D'un autre côté, les deux régiments du général Godinot, formant six bataillons, ne faisaient rien et étaient inutiles dans leurs cantonnements.
La disposition des troupes est le premier mérite d'un général et Sa Majesté voit avec peine qu'ici les dispositions convenables n'aient pas été faites …
" (Correspondance de Napoléon, t.21, lettre 17531).

Après l'échec de Masséna au Portugal, l'initiative désormais passe aux Alliés qui veulent régler leur compte aux deux places fortes d'Estremadure encore aux mains des Français : celles de Ciudad Rodrigo et Badajoz.

Le 8 avril, une armée anglo-portugaise sous Beresdford, avec les Espagnols de Castanos, passe la Guadiana, fait le siège d'Olivenza puis se porte sur Badajoz.

Le 19 Avril 1811, le 12e Léger (trois premiers Bataillons) stationne encore à Almeria sur la côte andalouse. Soult organise une réserve sur Séville en vue de prochaines opérations. Le Général Sébastiani doit y envoyer les 12e Léger et 58e de Ligne commandés par le général Werle qui, pour le moment, stationnaient entre Cordoue et Jaen.

Le 27 avril 1811, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, donnez ordre que 200 hommes du 2e régiment d'infanterie légère, 100 du 4e et 200 du 12e ; total 500 ; forment à Paris un bataillon de marche et se mettent en route pour Bayonne.
Donnez ordre que le 17e d'infanterie légère envoie à Bayonne 150
que le 25e id. envoie 100
Le 9e id. 120
Le 16e id. 100
Le 21e id. 120
Le 27e id. 120
Le 28e id. 120
Total de ce que ces régiments enverront à Bayonne 1330
Ayez soin que chacun de ces détachements ait au moins deux sergents, quatre caporaux et deux tambours. A leur arrivée à Bayonne, on formera de ces détachements deux bataillons de marche que l'on composera de la manière suivante : les détachements des 2e, 4e, 17e et 25e régiments qui appartiennent à l'armée de Portugal marcheront ensemble. Ceux du 9e, du 12e, du 16e, du 21e, du 27e et du 28e, qui appartiennent à l'armée du Midi, formeront l'autre bataillon. Vous aurez soin que ces détachements soient bien armés, bien équipés. Les dépôts pourront profiter de leur départ pour faire des envois à leur régiment. Vous me rendrez compte d'ailleurs du mouvement de ces détachements afin que je sois toujours à même de donner les ordres que pourraient nécessiter les circonstances. Mon intention est qu'aucun conscrit de 1811 ne fasse partie de ces détachements. Le nombre d'hommes que je viens de vous indiquer est porté dans les états comme existant au dépôt avant l 'arrivée de la conscription. Vous pouvez donc les faire partir deux ou trois jours après la réception des ordres. Faites passer en revue le bataillon de Paris avant son départ. Ayez soin qu'un major en second se trouve à Bayonne pour organiser les deux bataillons. Les premiers arrivés attendront les autres. Mais il sera toujours avantageux que le général qui commande à Bayonne ait des troupes sous sa main, qui peuvent être utiles pour la protection des frontières
" (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 26853).

Badajoz, prise par Soult en mars, est défendue par le Général Philippon. Le Général Beresford lève le siège pour se porter au-devant de Soult qui vient au secours de Philippon partant de Séville le 10 Mai. Les Britanniques se renforcent de l'armée espagnole de Blake et se positionnent à l'arrière du village d'Albuera. Pendant ce temps, plus au Nord, Wellington a battu l'Armée du Portugal reconstituée de Masséna à Fuentes de Onoro (5 mai).

Soult avance avec les : 5ème Corps de Latourg Maubourg, Girard et Gazan; 1er Corps de Victor; 4ème Corps de Sébastiani; et deux brigades indépendantes de réserve : celle de Werle à laquelle appartiennent les 3 bataillons du 12e Léger avec le 55e et 58e de Ligne et celle de Godinot.

Le 14 mai, le régiment est à Villa Garcia de la Torre (près de Llerena) et le colonel transmet à sa troupe des nouvelles de Ciudad Rodrigo.

Le 16 mai a lieu la bataille d'Albuera contre des Anglo-espagnols bien retranchés. Soult ne savait pas que l'armée espagnole de Blake avait rejoint les Britanniques. Les combats sont sanglants et les pertes énormes des deux côtés.

Il y a une grosse attrition pour le 12e Léger. Le Colonel Dulong, le 19 mai, promeut un certain nombre de soldats et Sous-officiers pour remplacer les tués de la bataille.

Soult préfère se replier sur Solana et Llerana pour verrouiller l'accès à l'Andalousie.

Le 1er juin 1811, l'Empereur écrit, depuis Alençon, au Maréchal Berthier, Major général de l'Armée d'Espagne : "Mon cousin, il arrive le 7 juin à Bayonne trois détachements, savoir :
Un de 135 hommes du 2e léger
Un de 110 hommes du 14e
(4e ?) idem
Un de 210 hommes du 12e idem
Faites former de ces 450 hommes un petit bataillon que vous mettrez sous les ordres de l'officier qui commandera l'escorte du Trésor qui doit partir le 15 juin. Arrivés à Valladolid, les 210 hommes du 12e léger se rendront à Madrid et de là en Andalousie. Les détachements du 2e et 4e rejoindront leurs régiments à l'armée de Portugal ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27178).

Le 11 juin 1811, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, à Paris : "... Les cadres du 2e d'infanterie légère sont arrivés à Paris ; il faudra les compléter, afin que ces bataillons, avec le 5e bataillon du 32e, le 5e du 58e et le 5e du 12e léger, puissent former une brigade de 3 à 4,000 hommes à diriger sur l'Espagne. On a l'avantage d'avoir ces troupes sous les yeux à Paris et de pouvoir facilement les armer et les équiper ..." (Correspondance de Napoléon, t.22, lettre 17793 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27269).

Le 18 juin 1811, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, j'ai ordonné que les détachements du 2e léger, du 4e et du 12e qui sont arrivés à Bayonne le 7 juin fussent formés en bataillon de marche pour escorter un trésor. Ce trésor devait partir le 15 juin ; mais depuis, en ayant retardé le départ, je pense convenable que vous écriviez au major général de donner l'ordre au général Monthyon de tenir au 1er juillet prêt à partir un régiment de marche et fort de 3 bataillons, composé de la manière suivante :
1er bataillon (infanterie légère)
Du 9e léger 100 hommes, 12e 200, 16e 80, 21e 80, 27e 95, 28e 75
Total 660 ...
Le général Monthyon passera la revue de ces 3 bataillons au 1er juillet. Le général Avy en prendra le commandement, les fera camper, les exercera et les tiendra en haleine et prêts à marcher du 1er au 10 juillet, selon les ordres que j'en donnerai, pour escorter un trésor
" (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27338).

Le 18 juin 1811 encore, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, à Paris : "Monsieur le Duc de Feltre, je reçois votre rapport du 15 sur les différents corps d'observation. Je réponds d'abord à ce qui concerne le corps d'observation de la réserve.
... RÉGIMENTS DE MARCHE D'ESPAGNE ET DE PORTUGAL.
Enfin deux régiments de marche seront formés : le premier, qui sera le régiment de marche des armées d'Espagne, sera composé de la manière suivante, savoir :
... 2e bataillon : deux compagnies du 12e léger, deux du 2e, deux du 4e. Ce bataillon se formera à Saint-Denis ...
Un colonel en second sera chargé de la formation de ce régiment ; il aura sous ses ordres deux majors en second : le premier sera à Compiègne et commandera les 1er, 2e et 3e bataillons ; l'autre sera à Metz et commandera les 4e, 5e et 6e bataillons. Le 7e bataillon se joindra au régiment à son passage pour Bordeaux.
Chaque compagnie sera fournie par le 5e bataillon, qui la complétera à 150 hommes. Elle sera habillée et mise en bon état. Il y aura trois officiers par compagnie et le nombre des sergents et caporaux sera complet.
Au 10 juillet, ces compagnies se mettront en marche. A la même époque, les majors en second seront rendus l'un à Compiègne et l'autre à Metz. Le colonel en second restera à Paris et recevra la correspondance des majors en second. Un chef de bataillon sera chargé de passer la revue du 7e bataillon à Bordeaux et correspondra avec le colonel en second.
Ainsi ce premier régiment de marche aura sept bataillons et sera fort d'environ 7,000 hommes.
Au 15 juillet, vous me rendrez compte de sa situation pour que je puisse donner l'ordre définitif du mouvement ...
" (Correspondance de Napoléon, t.22, lettre 17817 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27343).

Le 18 Juin, les forces de Marmont, qui a remplacé Masséna à l'Armée du Portugal, font leur jonction et les deux maréchaux délivrent ensemble Badajoz. Puis Marmont rejoint la vallée du Tage et Soult l'Andalousie, tandis que les Anglais retournent au Portugal.

Le 20 juin 1811, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Prince de Neuchâtel et de Wagram, Major général de l'Armée d'Espagne, à Paris "Mon Cousin, je trouve votre lettre au général Reille entortillée et mal rédigée. Mandez à ce général ... que les quatre compagnies du 122e et les trois compagnies du 12e léger se rendront à Burgos, où elles resteront jusqu'à nouvel ordre; et que les deux compagnies du 15e léger seront incorporées dans le 5e léger à son arrivée à Vitoria ..." (Correspondance de Napoléon, t.22, lettre 17830 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27358).

Le 24 juin 1811, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Dumas, Directeur des Revues et de la Conscription : "Monsieur le comte Dumas, j'ai lu avec intérêt le compte que vous m'avez rendu des déserteurs réfractaires au 1er juin ... Je relève ici par aperçu le nombre d'hommes dont j'ai disposé :
... 2e régiment de la Méditerranée (à Toulon)
... Le 4e bataillon du 12e léger doit recevoir aux îles d'Hyères 900 conscrits. 900
... Vérifiez cet aperçu et remettez-moi un travail complet à cet égard
" (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27431).

Le 27 juin 1811, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Maréchal Berthier, Major général de l'Armée d'Espagne : "Les 4 compagnies du 5e bataillon du 122e et les 3 compagnies du 5e bataillon du 12e léger resteront également sous les ordres du général Vandermaesen quoique n'appartenant pas à l'armée de Portugal ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27457).

En Juillet 1811, les trois premiers bataillons du 12e Léger sont au 4e Corps de Leval, qui a remplacé Sebastiani, 1ère division Liger Belair. Le 4e bataillon est à l'Armée du Nord de Dorsenne à la division Serras, répartie entre Valladolid et Salamanque.

Le 4 juillet 1811, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, je reçois votre lettre du 3 juillet relative à l'exécution de mon ordre du 17 juin pour la formation d'un régiment de marche de 7 bataillons de l'armée du Midi et d'un régiment de marche de 3 bataillons de l'armée de Portugal. Voici les changements que je désire faire à mon premier ordre.
Le 2e bataillon du régiment de marche de l'armée du Midi, composé de compagnies du 12e, du 2e et du 4e légers, ne fera plus partie de ce régiment de marche, ce qui, de 7 bataillons, le réduira à 6. Mais, au lieu de cela, les 4es bataillons de ces 3 régiments seront complétés à 600 hommes et formeront seuls une demi-brigade de 1800 hommes (La minute ajoute : « qui se mettra en marche lorsqu'elle en recevra l'ordre ») ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27525).

Le 8 Juillet 1811, Napoléon écrit, depuis Saint-Cloud, au Maréchal Berthier, Major général de l'Armée d'Espagne : "Réitérez l'ordre au duc d'Istrie de faire partir, sans aucun retard, le 4e bataillon du 12e léger, le 6e provisoire de dragons, pour rejoindre leurs corps en Andalousie ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27576).

Le 14 juillet 1811, l'Empereur écrit, depuis Trianon, au Général Dumas, Directeur des Revues et de la Conscription : "Je lis avec intérêt votre travail du 9. La distribution me paraît convenablement faite.
... il ne restera plus que 1500 pour le 2e, 4e, 12e léger, 32e, 58e, 14e et 121e. Faites la répartition entre ces régiments comme il convient, parce qu'il faut que le ministre prenne ses précautions d'avance. Vous pouvez pourtant diriger ces hommes sur le dépôt de la Garde à Courbevoie d'où on les répartira ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27643).

Le 18 Juillet 1811, le Colonel met son Régiment en état de marche. Les Divisions espagnoles de Blacke et Quadra se repliaient sur la Murcie en passant par Baza. Le Général Godinot fut envoyé à leur rencontre. Il les retrouva, après avoir repoussé Quadra, sur le Rio Barbata le 9 Août 1811. "Les voltigeurs du régiment réunis à ceux des autres régiments se sont conduits d'une manière admirable, en traversant jusqu'à la ceinture et sous un feu meurtrier de 3000 hommes, la rivière Barbata, pour enlever l'ennemi de ses positions". Les Espagnols sont dispersés.

Dans son rapport à S. A. S. le Prince de Neuchâtel et de Wagram, Major général, daté de Baza, le 13 août 1811, le Maréchal Duc de Dalmatie écrit : "Monseigneur,
J'ai eu l'honneur de rendre compte à V. A. S., par mon rapport du 7 de ce mois, que l'armée anglaise ayant repassé la Guadiana, et abandonné entièrement les Espagnols, j'en avais profité pour me porter sur l'armée de Murcie. Le général Blacke, peu de jours après son arrivée à Cadix, s'était de nouveau embarqué avec quelques milliers d'hommes qu'il avait débarqués à Alméria, et avait rejoint l'armée de Murcie qui était retranchée à la Venta-del-Baul.
M. le général Godinot, commandant une division de réserve composée des 12e régiment d'infanterie légère, 55e et 58e régiments de ligne, 27e de dragons et de deux escadrons des 12e et 21e régiments, eut ordre de partir dans la nuit du 6 au 7 de Jaén et d'Ubeda, pour se porter, par Quesada et Pozzo-Alcon, sur Baza, à l'effet de combattre la droite de l'armée ennemie, qui occupait la position de Pozzo-Alcon et le passage du Rio-Barbata, et ensuite marcher sur les derrières de l'ennemi, s'il s'obstinait à défendre le camp de Baul.
M. le général Leval, commandant le 4e corps eut ordre de mettre en mouvement, dans la journée du 7, la colonne qui devait partir de Grenade, laquelle se composait des 32e et 43e régiments de ligne, du 7e d'infanterie du grand-duché de Varsovie, du 10e de chasseurs à cheval, du 1er de lanciers de la Vistule, des 5e et 16e régiments de dragons, du 2e de chasseurs espagnols et de 15 pièces d'artillerie. M. le général Soult, commandant la cavalerie du 4e corps, eut aussi le commandement de l'avant garde ; le général de division Latour-Maubourg fut chargé du commandement de la réserve de cavalerie, et de donner au besoin des ordres à l'avant-garde. La réserve d'infanterie fut donnée à M. le général Rey. Je laissai le 9e régiment d'infanterie du grand-duché de Varsovie et divers détachements d'infanterie française, le 5e de ligne espagnol et le 12e régiment de dragons à Grenade, pour former la garnison de la place, et pour manœuvrer dans la direction de Motril, contre une division ennemie, commandée par le comte de Montijo, qui occupait divers passages sur le Rio-Grande, et faisait de fréquentes incursions dans le voisinage de Grenade ; le commandement de la colonne qui devait agir dans cette partie, fut donné à M. Merlhes colonel du 12e de dragons.
Le 8 au matin, je partis de Grenade, et je joignis à Diesma l'avant-garde du 4e corps ; M. le général Soult se mit aussitôt en marche. En approchant de Guadix, il fit reconnaître et charger aussitôt un corps de 900 cavaliers ennemis qui occupait cette ville, et qui fut poussé l'épée dans les reins jusqu'à Gor, On lui tua du monde et on lui fit des prisonniers : le 10e régiment de chasseurs et les lanciers de la Vistule montrèrent beaucoup d'ardeur, et manœuvrèrent parfaitement.
Le 8 au soir, j'arrivai à Guadix, j'y eus la certitude que les deux divisions espagnoles, commandées par Blacke, qui avaient débarqué à Alméria, s'étaient réunies à l'armée insurgée de Murcie, le 4 et le 5 août, à la Venta-del-Baul et à Baza, ce qui élevait la force de cette armée à 21000 combattants, dont 2500 de cavalerie.
Le 9, je portai l'avant-garde devant le camp retranché de Baul ; une fausse attaque et plusieurs démonstrations qui furent faites, maintinrent en position pendant toute la journée les troupes ennemies. Le 32e montra une grande ardeur ; il était d'une impatience extrême d'en venir aux mains avec l'ennemi.
La position de la Venta-del Baul était très-forte, le ravin est profond, large et d'un accès difficile ; les sinuosités qu'il forme offrent partout des déchirements, par où la troupe a beaucoup de peine à pénétrer ; cependant, M. le général Gazan, chef de l'état-major de l'armée, reconnut dans la soirée un passage, et des dispositions furent faites pour que le lendemain à la pointe du jour le camp fût attaqué et enlevé ; mais l'ennemi, prévenu des revers que sa droite venait d'éprouver, se retira pendant la nuit et prit par Baza la route de Murcie.
Le mouvement du général Godinot avait complètement réussi ; ce général, en arrivant à Quesada, rencontra plusieurs bandes de Guérillas, dont la force s'élevait à 800 hommes d'infanterie et 300 de cavalerie ; l'adjudant-commandant Remond, à la tête des voltigeurs, les dispersa aussitôt ; la division continua sa marche sur Pozo-Alcon ; au passage du Rio Guadiana el Menor, elle joignit les avant-postes de la division du général Quadra qui occupait Pozo-Alcon, et les mena battant jusqu'à leurs troupes ; les bonnes dispositions que prit M. le général Godinot et les charges de cavalerie que M. le colonel Lallemant exécuta, forcèrent l'ennemi à céder du terrain et à se mettre en retraite, le colonel Dulong, du 12e d'infanterie légère, fut envoyé avec un bataillon de son régiment et l'escadron du 21e de dragons, à la poursuite de cette troupe, qui menaçait de se porter sur les derrières de la division Godinot ; il la chargea avec vigueur, lui tua beaucoup de monde et fit des prisonniers ; en cette circonstance, M. le colonel Dulong montra une expérience consommée et beaucoup de valeur.
Cependant l'avant-garde du général Godinot faisait toujours des progrès : au passage de Rio Guadalentia, elle joignit les avant-postes d'une des divisions de Blacke qui avait été envoyée au secours de celle du général Quadra, et était arrivée depuis deux heures ; elle les poussa jusqu'au Rio Barbata, où toute la division, formée sur trois lignes, se trouvait en position : le général Godinot donna aussitôt des ordres pour qu'elle fût attaquée ; à cet effet l'adjudant-commandant Remond, ayant avec lui les compagnies de voltigeurs et un bataillon du 12e régiment soutenu par le restant de ce régiment et par la brigade du général Rignoux qui contenait en même temps le restant de la division Quadra déjà battue, descendit le ravin, passa la rivière et attaqua avec impétuosité l'ennemi, malgré la vivacité de son feu : il ne serait pas échappé un seul homme de cette division, si celle du général Quadra qui s'était de nouveau en partie réunie, n'eût mis le général Godinot dans le cas de diriger contre elle toute sa cavalerie et une partie de la brigade du général Rignoux. Ces dispositions cependant eurent tout le succès que l'on en devait attendre ; les deux divisions ennemies furent forcées à la retraite et mises dans une déroute complète ; le champ de bataille resta couvert de leurs morts et d'armes abandonnées ; chaque troupe se sauva pour son compte, dans toutes les directions ; dans la poursuite on tua encore beaucoup de monde et on fit 400 prisonniers. A la nuit, le général Godinot vint prendre position en avant de Zugar, sur la route de Baza.
Le 10 au matin, la colonne du général Godinot et celle du centre qui avait suivi la grande route, se réunirent en avant de Baza ; M. le général Latour Maubourg eut ordre de prendre le commandement de toute la cavalerie, et de se mettre à la poursuite de l'ennemi. A midi, l'arrière garde fut jointe au-delà de Cullar ; le général Soult tenait l’avant-garde avec le 10e de chasseurs, le 1er des lanciers de la Vistule, et le 27e de dragons ; en arrivant à Las-Vertientes, il trouva en position 2000 hommes de cavalerie ennemie, qui couvraient la retraite du restant des troupes ; ses dispositions furent aussitôt faites pour les attaquer, et une charge générale eut lieu ; les Espagnols furent renversés et mis dans une déroute si complète que 200 cavaliers, parmi lesquels plusieurs officiers, restèrent morts sur place, et on fit 500 prisonniers avec leurs chevaux. La nuit qui survint et l'extrême fatigue des chevaux qui, ce jour-là, avaient déjà fait 12 lieues d'Espagne, empêchèrent que l'on tirât de ce succès tout l'avantage qu'il devait produire ; mais la terreur avait gagné les espagnols ; ce qui leur restait de troupes réunies acheva de se disperser dans la nuit, et tâcha de gagner par toutes les directions la province de Murcie ; le général Freire, qui commandait cette armée, a été blessé dans la charge et s'est sauvé pour son compte : les autres généraux en ont fait autant.
Le 11 au point du jour, le général Latour-Maubourg arriva avec la cavalerie à Velez el Rubio, d'où il a poussé des partis sur les divers débouchés qui conduisent en Murcie, particulièrement sur celui de Lumbreras, à trois lieues de Lorca.
La perte que les ennemis ont éprouvée dans ces diverses affaires, est très-considérable, plusieurs milliers d'hommes ont été tués ; un plus grand nombre blessés errent dans les montagnes, où la plupart périront ; 7 à 8000 hommes se sont débandés, et rentrent en foule dans leurs foyers, en maudissant les chefs de l'insurrection et ceux qui, par des espérances trompeuses, les ont conduits à leur perte ; jusqu'à présent on n'a réuni que 6 à 700 prisonniers, parmi lesquels 50 officiers. Nous avons aussi reçu 500 déserteurs, la plupart français ou étrangers, qui, étant prisonniers de guerre, avaient été forcés par les espagnols à servir. Le régiment des Gardes-Wallonnes a été entièrement détruit et ses drapeaux pris.
On estime que de cette armée qui, depuis l'arrivée des divisions de Blake, était à même de faire une belle défense, il ne rentrera pas 7000 hommes en Murcie, tout le reste est dispersé. J'espère que diverses colonnes que j'ai envoyées à leur poursuite aux débouchés de Vera et d'Alméria, où, dit-on, ils veulent s'embarquer, en ramèneront un bon nombre. Notre perte dans ces différentes affaires est de 50 hommes tués dont un officier et 150 blessés. Plusieurs militaires de divers grades se sont distingués par des actions d'éclat ; j'aurai l'honneur d'en adresser l'état à V. A. S., en la priant de vouloir bien provoquer les grâces de S. M. en leur faveur, aussitôt que tous les rapports me seront parvenus.
Le général Leval me rend compte, à l'instant même, des prises considérables que l'on a faites aux ennemis, en munitions, armes, équipages et approvisionnements ; il fait aussi espérer que de nouvelles prises auront lieu, et il annonce qu'à tout instant on lui amène des prisonniers et des déserteurs. L'avant-garde du général Soult est placée à Lobreras, d'où elle détache de forts partis jusqu'à la Torre de Aguillas, où doivent passer les troupes ennemies qui se sont jetées sur la droite pour entrer en Murcie ; il est probable qu'une partie de ces troupes sera enlevée, d'autant plus que d'autres colonnes les poursuivent.
Je suis avec un profond respect,
Monseigneur,
De votre altesse sérénissime,
Le très-humble et très-obéissant serviteur,
Le général en chef de l'armée du midi,
Signé maréchal duc de Dalmatie
" (Courrier de Turin N°128, 7e année, mercredi 18 septembre 1811 ; Supplément au Courrier de Turin N°128, 7e année, mercredi 18 septembre 1811).

Le 19 août 1811, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au maréchal Berthier : "Mon Cousin, réitérez l'ordre que le bataillon que le 12e léger a dans le 6e gouvernement parte sans délai, s'il n'est déjà parti, pour se rendre à l'armée du Midi. Faites connaître au général commandant l'armée du Nord que l'exécution de cet ordre n'admet aucun délai" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 4, lettre 6017 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 28231).

"Le 20 août, le général Godinot joignit à Torbiscon l'arrière garde de Montijo, et la culbuta ; le 21, il trouva une partie de la division en position à Velez de Benaudella ; il la fit aussitôt attaquer ; tout fut culbuté à la bayonnette ; on tua beaucoup de monde, la nuit seule favorisa la fuite de quelques hommes; Montijo se sauva avec 12 hommes seulement.
Pendant ce temps, le colonel Dulong entrait à Motriel et poursuivait l'autre partie de la division ennemie qui s'était retirée à Pinos del Rey; l'adjudant-commandant Remond, détaché de Grenade pour aider aux opérations du général Godinot, arriva en même tems avec un bataillon et deux escadrons ; six compagnies détachées par le général Godinot parurent aussi ; dans un instaut le village fut cerné, et emporté ; l'ennemi, poursuivi jusqu'au sommet de la montagne de la Cruz, en fut précipité à coups de baïonnettes dans des ravins épouvantables : on ne peut calculer la perte de l'ennemi, très-peu échappèrent à la faveur de la nuit. Cette division était composée des régiments des Alpujares, de Cuenca, de Burgos, de plusieurs bandes réunies et de 300 cayaliers ...
" (Courrier de Turin N°149, 7e année, mercredi 30 octobre 1811).

Le 22 Octobre, le régiment participe au petit combat de Jimena. Le 26, il rétrograde sur Séville. Le 5 Novembre, il est avec Semellé devant Bornos.

Le 7 novembre, le colonel félicite son régiment "pour sa belle conduite au cours de la dernière campagne, et il espère qu'à l'avenir comme pour le passé le 12e régiment ne laissera aucune occasion de se distinguer et de prouver son dévouement à son auguste Empereur".

Le 14 Novembre 1811, l'unité complète ses tenues avec des uniformes d'infanterie de Ligne retaillés.

Au 16 Novembre, le régiment est placé dans la division de réserve de Latour-Maubourg, aux ordres du général Semellé avec le 45e et le 55e de Ligne.

5/ 1812 : L'EVACUATION DE L'ANDALOUSIE

L'année 1812 commençait bien pour les Français avec la prise de Valence par Suchet. Mais les Anglais de Wellington dans leur forteresse portugaise s'étaient renforcés. La prise des deux points d'appui de Ciudad Rodrigo et Badajoz était le préambule à de vastes offensives.

L'armée du Portugal de Marmont ayant abandonné le Tage, et ramenée sur le Douro aux environs de Salamanque, et le repli de Dorsenne dans le Nord Est de l'Espagne permet de s'emparer de Ciudad Rodrigo dès le 19 Janvier.

A Badajoz défendu par Philippon, la chose est moins aisée et la ville n'est prise et mise à sac qu'après un siège sanglant du 16 mars au 7 Avril. Soult, qui avait commencé sa marche du Sud, renforcé par le 5e Corps de Drouet d'Erlon à Llerena pour soutenir la garnison, doit refluer sur l'Andalousie, d'autant que dans son dos des forces espagnoles ont paru devant Séville.

Le commandement général de toutes les forces françaises a été hélas confié au Roi Joseph en Mars.

Wellington, fort de ses succès, décide de couper définitivement les communications entre l'Armée du Portugal de Marmont et celle du Midi de Soult et fait détruire le pont d'Almaraz sur le Tage le 18 Mai. Puis il va se tourner contre l'armée du Portugal pour pouvoir ensuite marcher sur Madrid. Le 13 Juin, Wellington passe l'Agueda et 3 jours plus tard se retrouve devant Salamanque. Marmont évacue la ville, laissant de petits contingents dans des forts dont les Anglais vont mettre dix jours à s'emparer. Français et Anglo-portugais vont alors stationner chacun sur une des rives du Douro. Marmont décide alors de repasser le fleuve et d'affronter les Anglais avec ses 8 divisions d'infanterie et ses deux de cavalerie. Le premier engagement a lieu le 18 Juillet, à l'aile nord de l'Armée du Portugal commandée par Clauzel à Castrillo. Les Français sont repoussés par les Britanniques.

Puis les deux armées marchent parallèlement pour se mettre en place sur le champ de bataille choisi. Les adversaires vont combattre face à face aux Arapiles, le 22 Juillet, au Sud Est de Salamanque, et le combat se terminera par une défaite française.

L'armée se retire une nouvelle fois derrière le Douro, puis quelques temps après, derrière l'Ebre. Joseph, arrivé avec des renforts de l'Armée du Centre trop tard, s'enfuit de Madrid et part se réfugier à Valence avec Suchet (qui est son beau-frère). Le 12 Août, Wellington entre à Madrid. La petite garnison du Retiro, laissée en arrière, doit capituler.

Une force anglaise se dirigeait vers Llerena.

Pendant ce temps que se passait-il en Andalousie ? Soult n'était pas sans savoir ce qui se passait plus au Nord mais il était "fixé" par le siège de Cadix, par les opérations des forces espagnoles de Ballesteros et les opérations près de Valence où les Anglo siciliens menaçaient de débarquer. Il demandait son remplacement devant les inepties militaires du roi d'Espagne. En Juin 1812, le 12e Léger était positionné à Chiclana.

Le 29 Juillet, Joseph ordonnait au maréchal Soult d'évacuer l'Andalousie. Le repli débuta à la fin Août et le 2 Octobre, l'Armée du Midi faisait sa jonction avec l'Armée du Centre à Yecla.

Souham a laissé la citadelle de Burgos sous l'autorité du général Dubreton et s'est retiré. Les Anglais débutent le siège le 16 Septembre.

Au 3 Octobre, un conseil de guerre réunit Joseph et les maréchaux Soult, Jourdan, et Suchet. Un nouveau plan de stabilisation de la situation militaire est adopté. Les armées du Centre, du Midi et du Portugal réorganisées allaient reprendre l'offensive. Au 15 Octobre, les trois premiers bataillons du 12e Léger comptent à la 5ème Division (Semellé) de l'Armée du Midi.

Le cadre du 4ème bataillon est en route pour la France.

Le Colonel Dulong, par suite de blessures graves qui lui ont fait perdre l'usage d'un bras, se voit assurer par les Officiers de santé qu'il doit prendre les eaux de Barèges. Aussi à Moscou, le 18 octobre 1812 est adressée à l'Empereur une "Proposition d'accorder un congé de convalescence de six mois à M. le baron Dulong, colonel du 12e régiment d'infanterie légère", ce à quoi l'Empereur répond : "Approuvé" (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1911, t.1, lettre 1016; Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1911, t.2, lettre 2568).

Burgos tient toujours. Drouet d'Erlon, qui a pris le commandement de l'Armée du Centre, s'empare de Cuenca le 20 Octobre. Souham repart en avant et délivre Burgos le 28 Octobre puis entre à Valladolid.

Le 30 Octobre, au passage du Jarama près de Madrid, le soldat Pierre La Bruyère du 12e Léger sauve un officier anglais et son propre lieutenant. Il est nommé sergent. Le 2 Novembre, Joseph retrouve Madrid et entre dans sa capitale silencieuse.

Les Armées françaises se réunissent à Medina del Campo mais ne peuvent empêcher une nouvelle fois Wellington de se replier à Alba de Tormes le 15 Novembre, sans pouvoir livrer une bataille décisive. Le lieutenant Gromont du 12e Léger sera tué.

Wellington prend ses quartiers d'Hiver à Ciudad Rodrigo. Les Français, eux, s'installent une nouvelle fois entre le Douero et le Tage.

A la fin de la campagne, l'Armée du Midi devait occuper la province d'Avila.

6/ 1813 : RETOUR SUR LES PYRENEES

Sapeur 12e Léger 1810
Fig. 8 Officier de chasseurs du 12e Léger, dessin de Boisselier modifié d'après Martinet

C'est au début Janvier 1813, que parvient à Madrid l'annonce du désastre de la campagne de Russie et les nouvelles instructions de l'Empereur. Il lui faut tout d'abord reconstituer une armée sur le front Est Europe et sa Garde Impériale. Il va donc piocher, outre dans la conscription et la Garde Nationale, dans les "vieilles troupes d'Espagne" en prélevant cadres et bataillons. Soult est lui aussi rappelé, à cause de l'antipathie du roi Joseph.

"Paris, 4 janvier 1813.
Au général Clarke, duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris
Armée du Midi
Donnez ordre que l'on fasse rentrer sans délai et que l'on mette en route pour la France, vingt-quatre heures après la réception de vos ordres, les cadres ci-après, au grand complet, savoir: les cadres des 3e bataillons des 24e, 96e, 8e, 51e, 54e de ligne; du 3e bataillon du 27e léger; des 3e bataillons des 63e, 94e, 95e de ligne; du 4e bataillon du 32e de ligne; des 3e bataillons du 43e et du 55e de ligne; du 4e bataillon du 58e de ligne; du 3e bataillon du 12e léger ; du 3e bataillon du 45e de ligne ; des 3e bataillons du 28e et du 21e léger ; des 3e bataillons des 100e et 64e de ligne; du 4e bataillon du 103e de ligne : ce qui fait vingt cadres de bataillons à tirer de l'armée du Midi. Ces cadres, à 120 hommes par bataillon, feront plus de 2,000 hommes, qui partiront en deux colonnes…
".

Avec cette ponction d'effectifs, il faut aussi resserrer les lignes en se repliant sur le Nord de l'Espagne. Les 4 armées aux ordres de Joseph vont adopter de nouvelles positions : en mars, on évacue la Manche, l'Armée du Centre se place autour de Ségovie, celle du Midi vers la vallée du Douro, celle du Portugal en Vieille Castille. Fin Février, le colonel Dulong est autorisé à rentrer en France. Le 12e Léger passe sous le commandement provisoire du major Thibault.

Joseph, quant à lui, évacue sa capitale et replie son gouvernement à Valladolid le 23 mars, laissant à Madrid une garnison avec le général Hugo. Les forces françaises sont mal reliées entre elles, leurs communications coupées par une guérilla de plus en plus nombreuse.

Pendant ce temps, au Portugal, Wellington, devenu généralissime de toutes les armées espagnoles et alliées, réorganise lui aussi ses troupes. C'est le 22 Mai qu'il reprend l'offensive, réoccupe Salamanque, et continue sa progression. Le 2 juin, les Français évacuent Valladolid et se replient sur Burgos.

Les Alliés arrivent devant Burgos le 12 Juin. Après des combats de cavalerie, Joseph décide d'évacuer la ville, en faisant sauter ses fortifications. Mal préparée, cette destruction entraine des pertes dans les troupes françaises (dont le 12e Léger) et la population ... Et c'est avec le moral au plus bas que les troupes refluent encore. Les deux bataillons du 12e Léger sont à la brigade Maransin, 5e division de l'armée du Midi aux ordres du général Gazan.

Joseph décide d'arrêter les Alliés, en espérant que les troupes du général Clauzel puisse le rejoindre à temps. Il se positionne à Vitoria, capitale de l'Alava, le 19 juin, malgré des avis contraires de ses généraux. La bataille mal préparée dans ses positions s'engage le 21.

Mal engagée et mal terminée par la débâcle des forces françaises, la bataille de Vitoria est très couteuse pour le 12e Léger. Sont blessés : le major Thibault, le chef de bataillon Berlie, le capitaine Daiteg, les sous lieutenants Berniche, Lahougue, Blanchard ; sont tués les lieutenants Pericaud et Lepine.

Exténué, le reste des Armées françaises repasse les Pyrénées, laissant deux fortes garnisons à Pampelune et San Sebastian. Le 12 Juillet, rappelé d'Allemagne, Soult vient reprendre le commandement en chef des toutes les forces sur la frontière. Joseph et Jourdan sont destitués.

Le 12e Léger voit porté à sa tête un nouveau colonel, Joseph Mouttet, nommé officiellement le 2 Juillet.

Soult continue la réorganisation de ses forces en 10 divisions et 3 ailes. Les hommes sont assez déprimés, face désormais à des Alliés en supériorité numérique. Soult se met à fortifier la frontière, par tout un système de redoutes.

Des tentatives pour aller délivrer la garnison de Pampelune, entre les 24 Juillet et 28 juillet échouent. Le régiment va y essuyer de très nombreuses pertes. Les Français retournent sur leurs bases de départ derrière la Bidassoa.

Puis Soult essaie de secourir Saint Sébastien. La bataille de San Marcial, le 30 Août, est aussi infructueuse. La retraite, qui s'effectue par le pont de Berra, se fait sous le feu des Anglais. Saint Sébastien succombera le 8 Septembre. Désormais, on va se battre sur le sol français. Les hommes sont complètement démoralisés, la solde n'a plus été versée depuis des mois.

En Octobre 1813, les deux bataillons du 12e Léger sont à la 4e division Conroux, brigade Rey, avec les 32e et 43e de Ligne, positionnée aux alentours de Sare.

Wellington reprend son offensive, le 7 octobre. Les positions françaises sont grignotées et Wellington s'empare des hauteurs sur la Rhune. Soult prévoit alors de se replier derrière la Nivelle où il a établi des lignes fortifiées. Wellington temporise, attendant la chute de Pampelune qui survient le 31 Octobre. Le 10 Novembre, il reprend sa marche en avant. Le rideau défensif de Soult est trop étendu et il ne dispose pas d'une masse de réserve pour mener des contre-attaque, face à un ennemi en supériorité numérique. Le 12e Léger est au centre droit du dispositif autour du camp fortifié de Sare, placé sous l'autorité du général Clauzel. Wellington décide justement d'attaquer au centre des positions françaises.

Carabinier d'Infanterie légère 1806
Combats du 10 novembre 1813

Au matin du 10 novembre, après le recul des premières positions françaises sur la petite Rhune, les combats se déroulent autour de Sare. Les redoutes françaises tombent les unes après les autres malgré la combativité des troupes. Au 12e Léger, le chef de bataillon Bouhtay est tué, sont blessés le capitaine adjudant major Dupouey, le capitaine Babuty , les lieutenants Castille et Dury.

Carabinier d'Infanterie légère 1806
Combat sur la frontière des Pyrénées, fin 1813

Vbis/ 1812, en Russie

Le 3 mars 1812, depuis Paris, l'Empereur écrit une seconde fois au Duc de Feltre : "Moyennant l'arrivée des conscrits réfractaires du bataillon formé des compagnies des 114e, 115e etc., qui vient de l'île de Ré, le 29e léger sera complet. En conséquence, je désire que ce que les 2e, 4e et 12e régiments d'infanterie légère peuvent fournir, soit formé en un petit bataillon de marche qui se tienne prêt à partir le 10 mars" (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1911, t.2, lettre 1893).

Le 10 mars 1812, à Paris, à la question : "Sur le bataillon de marche formé des hommes disponibles des 2e, 4e et 12e régiments d'infanterie légère dont les dépôts sont à Paris", l'Empereur répond : "Faire partir demain ce bataillon en marche pour Mayence où il recevra de nouveaux ordres du major-général" (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1911, t.2, lettre 1904).

Le 15 mars 1812, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Duc de Feltre : "Faites-moi connaitre si un bataillon de 5 à 600 hommes des 2e, 4e et 12e légers est parti de Paris, comment il s'appelle et quand il arrivera à Mayence. Faites-moi connaître en même temps sa situation ..." (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1911, t.2, lettre 1913).

Le 31 mars 1812, l'Empereur écrit, depuis Paris, à Hulin : "Passez la revue des 4e et 5e bataillons du 2e régiment d’infanterie légère et du 4e léger, des 5es bataillons des 12e et 15e légers et des 32e et 58e de ligne. Faites-moi connaître la situation de ces corps, habillement, armement et équipement" (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1911, t.2, lettre 1935).

Le 10 avril 1812, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Duc de Feltre : "Je voudrais passer dans la semaine une revue de tous les bataillons de la garnison de Paris el des bataillons de la garde ; mais je ne pourrais le faire qu’autant que les fusils seraient arrivés et que ces troupes seraient armées. Faites-moi connaître où cela en est. Je désirerais voir à cette parade les 4e et 5e bataillons des 2e et 4e légers, les 5es bataillons des 32e et 58e de ligne et des 12e et 15e légers, ce qui ferait huit bataillons ; la brigade des fusiliers de la garde ; la brigade des 1ers régiments de voltigeurs et de tirailleurs ; ce qui ferait douze bataillons. Il y aurait ainsi à cette parade vingt bataillons" (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1911, t.2, lettre 1941).

Le 15 avril 1812, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud au Duc de Feltre : "Je verrai demain à midi dans la cour des Tuileries le 1er et le 4e régiments de tirailleurs, le 1er et le 4e régiments de voltigeurs, la brigade de fusiliers, les flanqueurs et tout ce qu'il y aurait de conscrits appartenant aux tirailleurs et aux voltigeurs de la garde ; ce qui fera seize bataillons.
Je verrai également les 4e et 5e bataillons du 4e et du 2e légers, et les 5es bataillons des 12e et 15e légers et des 32e et 58e de ligne, total huit bataillons ; ce qui fera vingt-quatre bataillons ...
" (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1911, t.2, lettre 1949).

Le 18 mai 1812, à Dresde, l'Empereur est informé que :"Un régiment de marche de la ville de Paris est parti de Paris le 10 mai pour arriver le 2 juin à Mayence (quatre bataillons : l'un, du 12e d'infanterie légère ; le deuxième, du 15e d'infanterie légère ; le troisième, du 32e régiment d'infanterie de ligne ; le quatrième, du 58e)"; il répond : "Ce régiment de marche que j'appelle régiment de marche de Paris, se rendra à Erfurt où il restera jusqu'à nouvel ordre ; le major général me fera connaître le jour où il y arrivera" (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1911, t.2, lettre 1993).

VI/ 1813 : EN ALLEMAGNE

LA MOBILISATION DE L'INFANTERIE LEGERE EN JANVIER/ FEVRIER POUR LA CAMPAGNE DE 1813 EN ALLEMAGNE
(Source : correspondance de Napoléon )

Dès janvier 1813, Napoléon ordonne de réorganiser l'infanterie légère (et de Ligne) en prévision de la campagne qui ne saurait tarder sur le Front Est. Plusieurs mesures sont prises :

1. Le rappel des cadres des 3e Bataillons des Régiments en Espagne :
de l'Armée du Midi : des 21e, 27e, 12e et 28e Légers
de l'Armée du Centre : du 2e Léger
de l'Armée d'Aragon : du 3e Léger

Suivi, pour arrivée prévue début mars, en Allemagne, des seconds Bataillons des 13e, 15e, 11e, 24e et 26e Légers

2. Formation systématique d'un 6e Bataillon pour les Régiments qui n'en auraient pas.

3. Formations de Régiments provisoires légers pour les Corps d'Observation du Rhin ou d'Italie avec des Bataillons disponibles :
2e provisoire : 3e Bataillon des 2e et 4e Légers
3e provisoire : 3e Bataillon des 3e et 8e Légers
4e provisoire : 4e Bataillon du 12e Léger, 1er du 29e Léger
5e provisoire : 7e Bataillon du 14e Léger, 4e du 18e Léger
6e provisoire : 3e Bataillon des 6e et 25e Légers
8e provisoire : 4e Bataillon du 5e Léger, 4e Bataillon du 23e Léger
10e provisoire : 3e Bataillon du 16e Léger et 1er Bataillon du 28e Léger

4. Formation de Demi-brigades de réserve de 3 Bataillons sur les frontières de l'Empire :
1ère Demi- brigade : 6e Bataillon des 7e, 13e, 15e Légers pour Mayence
2e Demi-brigade : 6e Bataillon des 33e, 26e, 24e Légers pour Anvers
3e Demi-brigade : 4e Bataillon des 11e, 10e, 21e Légers venants d'Espagne pour Wesel
4e Demi-brigade : 4e Bataillon des 9e, 27e, 28e Légers venants d'Espagne pour Utrecht
5e Demi-brigade : 6e Bataillon des 12e, 5e et 29e Légers pour Cherbourg
27e Demi-brigade, dont un Bataillon du 32e Léger pour Toulon
33e Demi-brigade, dont un Bataillon du 8e Léger en Italie
34e Demi-brigade : 6e Bataillon des 8e, 18e et 36e Légers en Italie

A son retour à Paris, la Grande Armée anéantie, les débris en occupant la Prusse Orientale, l'Empereur en organise une nouvelle pour s'opposer aux Russes. Il lève de nouveaux conscrits, réquisitionne les cohortes de Gardes Nationales et rameute progressivement de vieilles troupes d'Espagne. Il forme 34 régiments provisoires.

"Paris, 6 janvier 1813
Au général Clarke, duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris.
Vous verrez par la lettre que je vous ai écrite la formation de quatre corps : un corps d'observation de l'Elbe, un corps d'observation d'Italie et deux corps d'observation du Rhin. Les 34 régiments provisoires seront formés de la manière suivante : 2e régiment provisoire : 3e bataillon du 2e d'infanterie légère, 3e du 4e; 3e régiment provisoire : 3e bataillon du 3e d'infanterie légère, 3e du 8e; 4e régiment provisoire : 4e bataillon du 12e d'infanterie légère, 1e du 29e; 5e régiment provisoire : 4 bataillon du l4e d'infanterie légère, 4e du 18e ; 6e régiment provisoire : 2e bataillon du 6e d'infanterie légère, 3e du 25e ; 8e régiment provisoire : 4e bataillon du 5e d'infanterie légère, 4e du 23e; 10e régiment provisoire : 3e bataillon du 16e d'infanterie légère, 1e du 28e ...
".

En Février, les troupes françaises évacuent la Pologne et se replient sur l'Oder tandis que les Prussiens à la fin du mois s'alliaient officiellement aux Russes contre la France. Début mars, les Français quitent Berlin et Dresde, tandis que Davout se maintient autour des villes hanséatiques, mais les Russes étaient entrés dans Hambourg.

Le 15 Avril, Napoléon quitte les Tuileries pour se mettre à la tête de ses forces. Il en compose deux groupes : l'Armée de l'Elbe sous Eugène et l'Armée du Main, officiellement sous Soult, mais en réalité sous sa main, dont le 3e Corps de Ney formé en mars, où nous retrouvons le 4e bataillon du 12e Léger au sein du 4e régiment provisoire d'infanterie légère dans la 10e division Girard, brigade Goris.

La visée stratégique consistait à expulser l'ennemi de Saxe. Les troupes françaises repartent en avant. Davout est en marche sur Hambourg. L'armée du Main marchait par Iena et Weissenfeld faire sa jonction au Nord Est avec les forces d'Eugène. Le 1er Mai, la marche de l'Armée du Main reprenait vers Leipzig tandis que l'Armée de l'Elbe convergeait aussi vers cette ville.

Le 30 Avril, l'avant-garde du corps de Ney se heurte en avant de Weissenfels aux 7.000 Russes du général Lanskoï. La division les culbute et les jeunes soldats, entrent dans Weissenfels au cri de : "Vive l'Empereur !".

Les coalisés s'étaient regroupés près de Lützen, au SE de Leizig. Le 2 mai 1813, bataille de Lützen La division Girard occupe Starsiedel quand les Alliés attaquent. Elle est bientôt rejointe par le 6e Corps de Marmont qui la remplace et rallie le 3e Corps autour de Kaja au centre de la ligne de front. La division Souham en premier, puis les autres divisions de Ney résistent et reprennent Gros-Goerschen, enlevé par l'ennemi à nouveau, deux heures plus tard. Le soir presque tous les officiers supérieurs ont été tués ou blessés. Mais cette résistance a facilité l'enveloppement des Coalisés par les deux ailes. Ils sont battus et repoussés.

Le 3 mai, les Français entrent dans Leipzig, mais Napoléon, quasi dépourvu de cavalerie, a perdu le contact avec ses adversaires. La Grande Armée est divisée en 2 colonnes : Napoléon marche sur Dresde avec la colonne principale (Bertrand, Marmont, Oudinot et Macdonald). Ney marche sur Berlin en recueillant à Torgau les Saxons de Reynier. A Luckau, il fait sa jonction avec Victor venant de Wittenberg. Entre les deux colonnes Lauriston reste en position intermédiaire.

Les Russo-Prussiens sont restés groupés et préparent une bataille. Leur choix se porte sur Bautzen, à l'endroit où la Sprée coupe la route de Dresde à Breslau. Ils peuvent y couvrir la Silésie et y être au voisinage de l'Autriche dont on peut espérer l'entrée en guerre. Le 8 mai, Napoléon arrive à Dresde où le pont sur l'Elbe a été détruit. Le 10, la Grande Armée peut franchir le fleuve.

Napoléon retrouve ses adversaires le 20 Mai. Le corps de Ney ayant rejoint à son aile gauche. Le bataillon aura encore quelques pertes mais les Coalisés seront encore battus. Les Prussiens et les Russes reculent rapidement. La 10e division où se trouvait le 4ème bataillon du 12e Léger était passée aux ordres du général Albert.

Le 27 mai, l'Oder est atteinte et la forteresse de Glogau est débloquée. Oudinot, détaché du gros de l'armée, marche sur Berlin. Pendant ce temps, plus au Nord, Hambourg est reprise. Chez les Alliés, c'est le découragement. Certains jugent la situation si désespérée qu'ils pensent se retirer derrière la Vistule. C'est alors l'Autriche qui va sauver les vaincus et s'interposer pour proposer un armistice (dit de Pleiwitz). Napoléon va le ratifier le 7 Juin pour avoir le temps de se renforcer. Mais ses adversaires vont pouvoir faire de même.

Le 10 juin, Napoléon entre à Dresde; il y restera jusqu'au 15 août. Le 11 août, l'Autriche se joint aux Coalisés et déclare la guerre. La Suède de Bernadotte est aussi à leurs côtés. Et les états allemands faiblissent. Le 18 août, les hostilités reprennent.

Pendant l'armistice, l'Armée française a été réorganisée. Les coalisés disposent à cette date de quatre armées : 1° celle du Mecklemburg, forte de 30.000 hommes opposés à Davout; 2° celle du Nord de Bernadotte, avec 120.000 hommes, autour de Berlin; 3° l'armée de Silésie (120. 000 hommes), sous Blücher, qui s'est avancée jusqu'à Breslau malgré l'armistice; 4° enfin, l'armée principale, en Bohême, forte de 330. 000 hommes, sous les ordres de Schwartzenberg.

Le rapport des forces est désormais défavorable à Napoléon. Il répartit ses corps d'armée. Face à l'armée de Silésie, une armée de la Bober sous Mac Donald, avec Ney et Sébastiani, Marmont, Lauriston. Face à l'armée de Bohême, Poniatowski avec Victor derrière lui. Face à l'armée du Nord, une masse de 120.000 hommes, associant Davout (à Hambourg), Girard (à Magdebourg) et Oudinot (à Wittenberg) qui a pour premier objectif de prendre Berlin.

Son idée était de s'interposer entre les Armées de Blücher et de Schwartzenberg.

1/ Les opérations de l'armée de la Bober

Ayant bloqué (avec le rôle de la division Albert, dont 12e Léger) puis repoussé une offensive prussienne, le 20 août, le 3e Corps de Ney passe la Bober puis attaque les ponts de Naumbourg, qui sont enlevés avec beaucoup d'élan. Le lendemain, le Corps continue sa marche sur Liegnitz sans aucune résistance de la part de l'ennemi, et la division s'arrête, le 23 au soir, en arrière de Pahlwitz, sur deux lignes, par brigade, à distance de cent pas.

Le 24, le 3e Corps passe aux ordres de Souham. Tandis que Schwartzenberg marche sur Dresde, Blücher, qui a un premier temps reculé, relance l'offensive contre Macdonald, dont les forces sont très dispersées, sur la Katzbach.

Le 26 août, une attaque mal combinée des Français sous une pluie battante est repoussée par les Prussiens et se termine en débandade au centre du dispositif français. La 10e division du 3e Corps qui était à l'aile gauche doit se replier. Macdonald retraite jusque derrière la Queiss.

Le 27 août, la marche reprend, extrêmement pénible, les hommes ont à subir de grandes privations, par un temps affreux. L'armée de la Bober poursuivie par les Alliés est en train de se dissoudre. La retraite continue ainsi jusqu'au 4 Septembre, dans la soirée. A cette date, un ordre de Napoléon prescrit au 3e Corps de reprendre le mouvement en avant. Mais cette marche à l'ennemi est de courte durée, le 3e Corps reste en avant de l'Elbe jusqu'au 8 et commence la retraite sur Bautzen.

2/ Les opérations contre l'armée de Bohème

Dans le même temps, à partir du 21 Août, l'Armée de Bohème passait aussi à l'offensive ; Gouvion Saint Cyr et son 14e Corps se repliaient sur Dresde. Où il relevait en hâte les défenses. Parmi les effectifs du 14e Corps, le 3e bataillon du 12e Léger, au sein de la 42e division, 22e demi brigade légère provisoire.

Napoléon se portait à son secours et arrivait dans la capitale saxonne le 26 Août avec sa Garde, le 6e Corps de Marmont et le 2e Corps de Victor. L'Armée de Bohéme est repoussée mais non anéantie. Vandamme et son premier Corps d'armée sont chargés de la poursuivre. Alors qu'on lui a enlevé un certain nombre d'effectifs, il est renforcé de la 42e division, vue précédemment. Il tombe dans le piège de Kulm les 29 et 30 Août. Le 3e bataillon du 12e Léger y a de nombreuses pertes : le chef de bataillon Louis et tué et le chef de bataillon Segrail est blessé.

L'armée française s'épuise dans des offensives dans le vide tandis que les Coalisés, qui évitent les affrontements majeurs, ne cessent de recevoir des renforts. Leur but est de couper la retraite des forces françaises autour de Leipzig avec toutes leurs forces.

Le 4 octobre, Napoléon apprend que Blücher a rejoint Bernadotte. Il décide de se débarrasser de cette menace de l'Armée du Nord afin d'avoir ensuite les mains libres pour livrer une bataille décisive à l'armée de Bohême. Mais Blücher recule une nouvelle fois. Pendant ce temps, l'armée de Bohême de Schwarzemberg est arrivée devant Wachau à une vingtaine de kilomètres au sud de Leipzig. Murat, qui lui fait face, envoie à Napoléon des appels pressants de soutien. Napoléon décide alors d'aller livrer bataille à Schwarzenberg sans avoir réussi à refouler l'armée du Nord. Le 12 octobre, il replie toutes ses forces sur Leipzig.

Carabinier d'Infanterie légère 1806
Préludes de la bataille de Leipzig, 16 octobre 1813

Le 14 Octobre, Murat fait face à Wittgenstein à Liebertwolkwitz et réussit à repousser provisoirement les Coalisés mais au prix de lourdes pertes. Pendant ce temps Napoléon arrive à Leipzig. La bataille des Nations va avoir lieu dans et autour de la ville entre les forces reunies de tous les Coalisés contre l'armée de l'Empereur entre le 16 et le 19 Octobre. Bataille gigantesque qui scelle la défaite de Napoléon en Allemagne, submergé par le nombre. Ce qui reste du 12e Léger, fortement amoindri par les combats précédents, est le 4ème bataillon (chef de bataillon Deborthon), au 5e Corps de Lauriston dans le 4e provisoire d'infanterie légère, brigade Bachelet.

Le corps de Lauriston va tenir Liebertwolkwitz lors des combats du 16 Octobre, puis Probstheyda, le 18. Les débris de son corps d'armée défendront les faubourgs sud de Leipzig le 19, avec Mac Donald et Poniatowski. L'explosion du pont de Lindenau qui bloque leur retraite allait faire capturer Lauriston et ses hommes.

Après Leipzig, Napoléon fait retraiter son armée jusqu'à Erfurt et doit forcer le passage à Kösen le 21 Octobre.

Pendant ce temps, Gouvion Saint-Cyr livre la seconde bataille de Dresde le 17 Octobre, avec son 14e Corps et divers détachements du 2ème Corps. Il s'y trouve des rescapés des 3e et 4e bataillon du 12e Léger, dans la brigade Schramm, division Mouton-Duvernet. Dresde, assiégée, finira par capituler le 11 Novembre et la garnison sera capturée en violation du traité.

Alors qu'il arrive à Erfurt, Napoléon apprend la défection de la Bavière qui retourne ses troupes contre les Français. Il faut gagner les places fortes sur le Rhin. Pour cela, il faudra passer sur le corps des Bavarois qui bloque le passage à Hanau les 30 et 31 Octobre.

L'invasion de la France allait bientôt commencer. Napoléon allait faire une nouvelle fois la preuve de son génie militaire mais en vain.

Le 2 janvier 1814, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la guerre, à Paris : "Monsieur le Duc de Feltre, donnez ordre qu’il soit formé un nouveau bataillon au 2e léger, au 4e léger et au 15e léger; un 7e bataillon au 29e léger; un 3e au 135e; un au 155e, et qu’on complète les trois bataillons du 113e. Donnez ordre que tous ces bataillons soient formés dans la journée de demain. On pourra, en conséquence, réduire les 5e bataillons à deux compagnies.
La 1e division de la réserve de Paris sera composée de la manière suivante :
1e brigade : deux bataillons du 29e léger, commandés par le colonel; un du 12e léger, un du 15e léger, commandés par un major; un du 2e léger, un du 4e léger, commandés par un major.
... Total de la division, treize bataillons.
Jeudi, 6, je passerai la revue de cette division. Elle sera commandée par un général de division et par deux généraux de brigade. Il y sera attaché deux batteries d’artillerie
".

Le 10 janvier 1814, l'Empereur écrit, depuis Paris, à Berthier, Prince de Neuchâtel et de Wagram, Major général de la Grande Armée, à Paris : "La division du général Dufour, qui est la première de la réserve qui se forme à Paris, est composée de treize bataillons.
Un bataillon du 32e de ligne, un du 58e commandés par un major; un du 12e léger, un du 29e léger, commandés par le colonel du 29e formant une brigade commandée par le général Jarry, sont partis le 9 pour Nogent-sur-Seine, où je suppose qu’ils arriveront le 12 ...
Il est nécessaire que le général Dufour aille passer la revue de ses bataillons et que le général Gérard passe la revue de ceux qui sont à Paris, afin de nommer à toutes les places vacantes.
Voyez les commandants des dépôts qui sont à Paris, pour vous assurer qu’on a fourni à ces bataillons leur ambulance régimentaire. Voyez aussi le ministre de l’administration de la guerre pour qu’on fournisse à la division Dufour les quatre caissons nécessaires. Un officier du génie et un officier d’artillerie doivent être attachés à cette division et se rendre à Nogent-sur-Seine, où sera le quartier général de la division.
Ayez soin,
1° que cette division ait six caissons de cartouches; voyez le chef de bureau de l’artillerie pour savoir si elle les a ;
2° Que tous les hommes aient chacun les quatre paquets de car­touches ;
3° Enfin, qu’ils aient en outre des cartouches pour tirer à la cible. Mon intention est que, quelle que soit leur instruction, quand même ils en seraient encore à l’école de peloton, on les fasse tous les jours tirer à la cible.
Ayez soin que tous les majors et chefs de bataillon soient à leur poste. Assurez-vous que les majors sont bons. S’ils n’étaient pas bons, il faudrait les remplacer
".

VII/ FIN 1813 DEBUT 1814 : LA CAMPAGNE DU SUD-OUEST DU 12E LEGER

Au début Décembre, les Français très démoralisés par les replis successifs sont sous Bayonne, protégés par la Nive. Bayonne est puissamment fortifiée et des renforts sont arrivés : conscrits mal dégrossis dont on ne pourra tirer grand-chose. On va se battre sur la Nive entre le 9 et le 14 Décembre. Les deux bataillon du 12e Léger sont encore opérationnels, quoique très diminués.

Le 9 Décembre, les Anglo-portugais franchissent la Nive. Une colonne longe la côte jusqu'à Anglet où les troupes de Reille s'y opposent puis se replient sur Bayonne. Le 10, une première contre-attaque française a lieu vers Anglet, et le lendemain, mais les Anglais ont eu le temps de se renforcer et résistent. Le 12, Soult contre-attaque encore avec les 4 divisions de Drouet d'Erlon sur les forces de Hill. Celui-ci s'est avancé jusqu'à la proximité de Bayonne à Saint-Pierre d'Irrube. Les combats y font rage le 13 Décembre et les Anglais réussissent à tenir leurs positions en recevant des renforts de la rive opposée de la Nive. Les pertes ont été sévères des 2 cotés. Dans les combats devant Bayonne entre le 10 et le 13, le 12e Léger y a vu son colonel Mouttet blessé, le major Verdun blessé puis le chef de bataillon Curmer tué.

Au début de 1814, les positions du 12e Léger sont donc les suivantes :
Les 1er et 2e bataillons sont à l'Armée des Pyrénées de Soult;
Les 3e et 4e bataillons ont disparu;
Le 5e bataillon est au dépôt de Paris;
Le 6e bataillon à l'Armée de Réserve de l'Armée du Midi, division Travot, dépendant de Soult;
Le 7e bataillon (510 hommes) est à la Réserve de Paris (division Dufour). Ce petit détachement va combattre devant Châlon et à Montereau.

Le temps exécrable fait que les 2 armées vont s'arrêter provisoirement de combattre jusqu'au début Février si ce n'est des escarmouches. Le chef de bataillon Renaud est blessé le 1er Février devant Bayonne. Le front restera tranquille jusqu'au 14 Février.

Début Janvier, Napoléon ponctionne des effectifs de Soult pour renforcer l'armée de Lyon et ses forces en Champagne. Il reste à Soult 7 faibles divisions d'infanterie et une de cavalerie pour faire face à l'offensive deWellington. Le 12e Léger est à la 4ème division Taupin, brigade Rey.

Le 14, Hill passe la Nive. Le 23 février commencent les combats pour Bayonne. Ils dureront jusqu'au 26 avril.

Les Français se replient derrière le gave d'Oloron et Soult concentre ses troupes sur Orthez, espérant mener une bataille défensive décisive, tandis que les Anglais se casseront les dents sur Bayonne.

Les 26 et 27 Février, la bataille d'Orthez est sanglante. De part et d' autre, les pertes s'élèvent à 3400 Français et 2300 Britanniques. Mais ce sont les Anglais, en avantage numérique, qui restent maîtres du terrain et Soult doit encore reculer vers Aire sur Adour puis Tarbes. Les deux bataillons du 12e Léger ont eu de nombreux officiers blessés à Orthez dont le chef de bataillon Lamorlette du 1er bataillon, le 2ème étant sous les ordres du chef de bataillon Delatude.

La bataille de Toulouse 1814
Combats devant Toulouse en 1814

Tandis que les Britanniques s'emparent de Bordeaux le 12 mars, Soult livre des combats de retardements sur sa ligne de repli à Maubourguet et Vic en Bigorre (le capitaine Dury est blessé) le 19 mars, puis Tarbes le 20. S'échappant encore avec les reste de ses troupes, il gagne Toulouse, qu'il a fait fortifier, où il entre le 24 Mars, poursuivi par 5 corps d'armées anglo-hispano-portugais. Les deux bataillons du 12e Léger sont toujours à la division Taupin.

33.000 Français, dont beaucoup de conscrits mal entrainés vont devoir s'opposer à 80.000 soldats alliés. Alors que l'Empereur abdique le 6, les deux armées se livrent à de violents combats entre le 27 mars et le 11 Avril. Le chef de bataillon Lamorlette est de nouveau touché. Puis Soult évacue la ville. Le 13 Avril, Soult apprend la cessation des hostilités par ordre du gouvernement provisoire. Le 18 Avril, un armistice est officiellement signé. Les troupes de Soult, regroupées avec celles de Suchet, se dénomment désormais Armée royale du Midi. Elles vont être bientôt licenciées.

VIII/ LA PREMIERE RESTAURATION ET LES CENT JOURS

A la première Restauration, le 12e Léger a été conservé dans l'armée royale, mais ses effectifs fortement réduits. Il compte trois bataillons, toujours commandés par le Colonel Mouttet (depuis Juillet 1813).

REORGANISATION DU 12E LEGER EN AOUT 1814

Réorganisé le 1er Août à Paris par le Lieutenant général Dupont Chaumont en recevant les effectifs du 16e Léger. Il se forme à 3 Bataillons et un 4e Bataillon de Dépôt. Revue passée à Saint-Denis en septembre 1814.
Colonel : Mouttet; Chefs de Bataillon : Berlier, De Saint-Denis, De Chaunac, De Vissac de Latude; Major : Maingarnault; Porte-drapeau : Amarat

Le 1er mars 1815, Napoléon débarque à Golfe Juan. En évitant les contrées hostiles et en ralliant les régiments qui étaient envoyés pour l'arrêter, il entre à Paris le 20 et remonte sur le trône. Immédiatement, une nouvelle coalition se forme contre la France et Napoléon doit se préparer à la guerre. Il reconstitue donc son armée démantelée par la Restauration. Ainsi, le 12ème Léger est organisé sur de nouvelles bases : le 3ème bataillon dans les premier et 2ème afin de les compléter; on reforme un 3ème bataillon et on prévoit de relever les 4ème et 5ème bataillons qui ont été dissous. On rappelle les anciens soldats en congés, par le décret du 27 mars. Mais ceci n'a guère le temps d'être effectif faute de temps.

La cocarde tricolore a été reprise et de nouveaux drapeaux impériaux sont distribués aux troupes. Celui du 12e Léger porte inscrit Friedland : témoin d'une période glorieuse.

Napoléon, qui dispose de faibles forces, doit battre les armées ennemies séparément. Il décide donc d'attaquer d'abord Wellington et Blücher, stationnés en Belgique, avant de se retourner contre Russes et Autrichiens. Les deux généraux coalisés ont des lignes de communications différentes, ce qui constitue le point faible de leur dispositif. En cas de retraite, Wellington devrait reculer sur Ostende et Blücher sur Liège. Pour Napoléon, il suffisait donc, en alliant rapidité et discrétion, de les attaquer au point concurrent de ces deux routes, c'est à dire Charleroi, pour les séparer.

Pour déboucher en Belgique, Napoléon dispose son armée du Nord (5 corps d'infanterie, appuyées par des divisions de cavalerie légère, 4 corps de réserve de cavalerie lourde ou légère et la Garde) en trois colonnes. Le 14 juin, il est à Beaumont. Le lendemain, il n'arrive à Charleroi qu'à 15 heures au lieu de 10. Malgré ce contre-temps, le débouché est réussi. Napoléon peut mettre en place son dispositif stratégique. L'aile gauche est confiée à Ney, celle de droite à Grouchy et Vandamme et placée sous ses ordres. La Garde est en réserve. Il s'agit maintenant de séparer les Anglais et les Prussiens. Pour cela, Grouchy doit attaquer sur les hauteurs de Sombreffe, mais des dissensions avec Vandamme et l'épuisement des troupes retardent l'avancée. Le combat est remis au lendemain.

Tandis que Ney doit se porter sur les Quatre-bras pour barrer la route aux Anglais, Napoléon restant avec une réserve de 36.000 hommes à Fleurus, prêt à seconder l'un ou l'autre.

La 7e division d'infanterie du général Girard, 2ème brigade (avec le 4ème de Ligne), faisant partie normalement du 2ème Corps a été détachée avec Grouchy. On y trouve le 12e Léger aux ordres du colonel Mouttet avec 3 bataillons : 1er bataillon Berlier, 2e bataillon Latude, 3e bataillon Chaunac.

Le 16 juin, les Français attaquent les Prussiens en position derrière le ruisseau de Ligny. La Division Girard forme l'extrême gauche de notre ligne de bataille, dans un poste "de la plus haute importance, mais aussi très périlleux". A 3 H 1/2, elle reçoit l'ordre de marcher sur le village de la Haye, et de prendre d'écharpe l'extrême droite de l'armée prussienne. Dès l'entrée en ligne, les trois officiers généraux de la division sont mis hors de combat. Cependant, le village est enlevé, et c'est en vain que, par deux fois, les Prussiens tentent de le reprendre. De nouvelles forces arrivent à leur secours, ils renouvellent l'attaque et reprennent le village, tandis que la division se débande. Ralliée par le colonel Sébastiani, du 11e Léger, la division revient à la charge aidée d'une division de la Jeune Garde. Les Prussiens battent en retraite vers le nord vers Wavre.

A Ligny, le 12e Léger a eu de très nombreux blessés parmi les officiers : le chef de bataillon Berlier, les capitaines : Murat, Dupouey, Metayer, Charpenay, Rochas, Soulé, Rodet, Oudinot, Falcou. Ce qui témoigne de l'âpreté des combats. Quant au colonel Mouttet, il est tombé de son cheval et a été contusionné.

Tandis que se déroule la bataille de Waterloo, le 18 Juin, la division Girard très éprouvée reste à Fleurus. A l'annonce de la défaite, elle se replie sur Laon. Rappelée sur Senlis et de là sur Paris. Après l'entrée des alliés dans Paris, elle est dirigée sur la Loire. Les régiments impériaux vont être peu à peu dissous.

IX/ UNIFORMES

Figure 1 : Officier de voltigeurs du 12e Léger (d'après un uniforme - collection privée) 1805-1806. On notera le collet chamois des voltigeurs sans passepoil et les parements en pointe à trois boutons argentés. Le reste de la tenue est assez réglementaire. Les retroussis bleu passepoilés de blanc sont ornés de cor de chasse argent.

Figure 2 : Chef de bataillon d'infanterie légère, division Oudinot, 1805-1806, d'après un dessin de Voltz. L'officier a coiffé un bonnet d'oursin sans plaque, comme les carabiniers, pour montrer son appartenance à cette phalange d'élite. Il l'a orné d'un cordon et sans doutes de raquettes argent. Le surtout est bleu foncé avec parements en bottes et collet écarlate passepoilés de blanc. Les retroussis sont bleu foncé, ornés sans doute de grenades argent. Epaulette et contre épaulette argent. Ceinturon noir à plaque argent. Epée ou sabre d'officier d'infanterie. Culotte blanche et bottes à l'écuyère noires. Harnachement "à la française" avec tapis de selle, chaperons de fontes et portemanteau carré écarlates galonnés d'argent (là aussi, signe d'appartenance à une unité d'élite car le fond devrait être bleu), briderie noire. Le portemanteau est orné à ses extrémités d'une grenade argent.

Figure 3 : Carabinier du 12e Léger en 1805. Dessin d'un carabinier d'infanterie légère en 1805, d'après le manuscrit de Brunswick. Ce manuscrit réalisé en Allemagne en 1805 montre les tenues des troupes françaises avec quelques approximations dans les détails mais un fond de réalisme. Nous en tirons cette illustration qui met en situation l'infanterie légère impériale de cette année. Les carabiniers du 12e Léger portent encore le bonnet d'oursin avec plumet écarlate et cordon et raquettes blancs et sont dotés d'un sabre briquet à dragonne écarlate. Les épaulettes sont aussi classiquement écarlates, de même que des grenades qui ornent théoriquement les retroussis. Le pantalon de route passe normalement au dessus des demi-guêtres.

Figure 4 : Le 12e Léger vers 1807 d'après un dessin du manuscrit de Berka. Nous avons très légèrement modifié quelques détails pour pouvoir les adapter au 12e Léger. L'officier porte le chapeau noir à ganses argents et épaulette et contre épaulette argent. Son uniforme à revers en pointe, bleu foncé passepoilé de blanc, a des parements carrés bleus à pattes écarlates. Le collet est écarlate sans passepoil. Un uniforme d'officier du 12e Léger conservé au Musée de l'Armée montre des pattes de parements à quatre boutons, au lieu de trois, comme dans certains régiments d'infanterie légère que nous avons déjà rencontrés (3e Léger), sans que nous sachions si cela est une fantaisie de toute l'unité ou personnelle. On notera les poches " à la Soubise" sur les basques. La culotte bleue entre dans des bottes noires.

Le carabinier porte encore le bonnet d'oursin à plumet écarlate. Les shakos seront distribués aux carabiniers du régiment à la fin 1807. Le pantalon de route bleu permet d'économiser la culotte. En tant que compagnie d'élite, le carabinier a les épaulettes écarlates à tournantes blanches et un sabre briquet dont il manque la dragonne écarlate. On notera aussi les grenades écarlates sur les retroussis. Le plus spectaculaire reste ce fanion non réglementaire orné de grenades, qui peut être celui d'une formation provisoire de compagnies d'élite réunies.

Le chasseur a une tenue assez réglementaire pour l'infanterie légère. Le shako est encore sans jugulaires. Les épaulettes sont vertes à tournantes écarlates. Les pattes de parements n'ont que trois boutons. La veste et la culotte sont bleu, les demi guêtres noires. Il n'a pas de sabre briquet.

Figure 5 : Tambour de chasseurs du 12e Léger vers 1810 (d'après collection Dubois de l'Etang). On notera le galonnage blanc du collet et des parements et surtout la présence des "nids d'hirondelles" rouges galonnées de blanc sur le haut des épaules, en dessous des épaulettes. Equipement classique des tambours d'infanterie.

Figure 6 : Sapeur du 12e Léger vers 1810-1812 donné par Rigo d'après un document allemand d'époque. Alors que le régiment est engagé en Espagne pour ses 4 premiers bataillons, le 5ème bataillon est mobilisé au sein d'un régiment de marche en mai 1812 pour servir dans une division de réserve (Lagrange) en attendant l'intégration au 9e Corps du maréchal Victor. C'est là que ce sapeur a été certainement vu. On note le port du colback avec plumet et flamme entièrement écarlates, les haches écarlates sur le haut des manches; le port de la barbe, de la hache et du tablier de cuir. Sinon, c'est la tenue des carabiniers du régiment.

Figure 7 : Officier de voltigeurs du 12e Léger, 1813 d'après C. Vernet et un uniforme d'époque. La tenue est désormais à la coupe Bardin avec les revers entièrement fermés, épaulette et contre épaulettes argent, collet chamois des voltigeurs, les basques comportent poches en long à 3 pointes et fausses poches à la Soubise, les retroussis intérieurs sont ornés d'une grenade argentée et les retroussis extérieurs d'un cor de chasse argenté, plaque de shako argentée à l'Aigle avec soubassement portant le chiffre 12. Hausse col cuivre orné d'un cor de chasse argent. Le reste très réglementaire.

Figure 8 : Officier de chasseurs du 12e Léger vers 1813, d'après une planche de Martinet. Comme on le sait, Martinet, sur des planches imprimées systématiques modifiait les détails significatifs selon les régiments représentés. Et en général ces détails étaient de première source puisque contemporains. Notre officier porte un shako noir à chevrons en V renversés et galonnage de feuillage argenté au haut du shako. Sortant d'une tulipe argent, on note un plumet vert et jaune que l'on verrait plutôt chez un officier de voltigeurs, mais ce plumet est aussi donné dans la même série à un chasseur, donc peut être particularité régimentaire. On notera aussi la plaque conservée d'un ancien modèle losangique où une Aigle surmonte le numéro du régiment. Il n' y a plus de cordon et raquettes comme le prévoit le règlement. La tenue est du modèle 1812, à revers entièrement fermées et passepoilés de blanc. L'épée est suspendue à un ceinturon de cuir vert passé sous le pont de la culotte. L'épaulette argent et la contre épaulette désignent le grade. Le reste de la tenue est réglementaire.

X/ DRAPEAUX

/ Les drapeaux modèle 1804

Le 12e Léger reçoit, en 1804, 3 drapeaux du modèle de l'année, dit Picot (un par bataillon), et trois Aigles.

Le 8 avril 1809, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Maréchal Berthier, Major général de l'Armée d'Allemagne : "... j'approuve que tous les corps renverront leurs aigles en France hormis une qu'ils garderont. En attendant qu'ils aient des enseignes, vous les autoriserez à faire faire pour chaque bataillon des enseignes très-simples, sans devise et le tiers de celles qu'ils avaient autrefois. Ces enseignes sont pour leur servir de ralliement ; elles n'auront aucune décoration de bronze, elles porteront seulement le numéro du régiment et du bataillon. Quant au corps du général Oudinot, il faut que chaque bataillon fasse faire un petit drapeau d'un simple morceau de serge tricolore, portant d'un côté le numéro de la demi-brigade et de l'autre le numéro du bataillon, comme, par exemple, 4e bataillon du 6e d'infanterie légère d'un coté, et de l'autre 1re demi-brigade légère, etc. Il faut faire pour cela très-peu de dépense. J'en ferai faire de très-belles, que je donnerai moi-même aussitôt que possible" (Correspondance de Napoléon, t.18, lettre 15030 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20750).

Il semble que les drapeaux aient été emportés en Espagne puisque, dans un ordre du jour du 17 juin 1812, qui organise une revue du Régiment en grande tenue par l'Inspecteur général Tilly, le Colonel précise : "... l'inspecteur après avoir passé devant le front (les drapeaux ne salueront pas) fera rompre par compagnie, border la haie. La compagnie qu'il passera en revue sera sous les armes ...".

/ Les drapeaux modèle 1812

Le régiment reçoit la même année un seul drapeau modèle 1812, portant FRIEDLAND, en échange des anciens. Ce drapeau reste au dépôt de l'unité.

/ Les drapeaux de la première Restauration pour l'Infanterie légère (D. Davin).

Le gouvernement provisoire du 1er Avril 1814 abolit les emblèmes impériaux. Le principe d'un drapeau par Régiment est conservé au 1er Bataillon, porté par un Officier, les autres Bataillons ayant des fanions. Les drapeaux sont blancs, 150 sur 150 cms, sur les bords un feston avec fleurs de lys et rosaces alternées en doré. Dans chaque angle, un carré avec le numéro du Régiment. Franges or sur les bords, cravate de taffetas blanc avec broderie de palmettes et fleurs de lys et franges or. Cordon et glands dorés. Hampe de 2,50m surmontée d'une pique dorée, ornée d'une fleur de lys découpée.

A l'avers : au centre, en or bordé de noir, l'inscription :
Pour les neuf premiers Régiments :
LE ROI/
AU REGIMENT/
DE (suit leur titre pour les 9 premiers Régiments de l'arme. Note A)
Xme D'INFANTERIE/
LEGERE.
(Note A) : les neuf premiers Régiments d'Infanterie légère portent le titre : 1er du Roi, 2ème de la Reine, 3ème du Dauphin, 4ème de Monsieur, 5ème d'Angoulême, 6ème de Berry, 7ème d'Orléans, 8ème de Condé, 9ème de Bourbon.
En janvier 1815, on rétablit le titre de Colonel Général de l'Infanterie légère, le 7ème Léger en prend la dénomination et a un drapeau spécial (voir historique du 7ème Léger).
Exemple : LE ROI/ AU REGIMENT/ DE CONDE/ 8EME D'INFANTERIE/ LEGERE.

Pour les Régiments n'ayant pas de titre, l'inscription devient LE ROI/ AU Xème/ REGIMENT/ D' INFANTERIE/ LEGERE.

L'inscription centrale est encadrée à droite par deux branches de chêne, à gauche par deux branches de lauriers, les branches liées par un ruban rouge où pendent les croix de St Louis et de la Légion d'Honneur.

Au revers : les armes de France couronnées entourées par les colliers des ordres du St Esprit et de St Michel, avec sceptre et main de justice, encadré par une branche de chêne et de laurier liées par un ruban rouge.

La première distribution des drapeaux d'Infanterie a lieu à Paris le 19 septembre 1814 pour les Régiments de la 1er Division militaire aux ordres du Général Maison. Auparavant, la Garde Nationale avait reçu les siens. Le 1er Régiment Léger du Roi et le 4ème de Monsieur, les 12ème et 15ème reçurent leurs drapeaux à Paris en septembre 1814. Le 8e Léger reçut le sien à Bordeaux le 23 octobre 1814. Certains drapeaux furent cachés durant les Cent Jours.

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