Le 12ème Régiment d'Infanterie Légère

1800-1815

 

Avertissement et remerciements : Cet article nous a été adressé par notre collègue du Bivouac, Didier Davin, que nous remercions tout particulièrement pour sa disponibilité et son érudition.

 

I/ DE LA 12ème DEMI-BRIGADE LEGERE AU 12ème REGIMENT D'INFANTERIE LEGERE, 1800-1804

Chasseur 1804 7e Léger
Drapeau modèle 1802 du 12e Léger

Alors à l'Armée d'Italie, la 12ème demi-brigade légère de seconde formation est formée à Cerise le 25 mai 1796 avec la 2ème demi-brigade légère de 1ère formation, et incorpore le 1er bataillon de la 2ème demi-brigade provisoire à Salo. La 2ème compagnie corse sera versée le 10 mars 1797.

Vers le 8 mars 1798 (18 ventôse an 6), le Général Bonaparte adresse au Général Berthier les instructions du Directoire exécutif : "Le Directoire exécutif donne l'ordre pour que l'on incorpore la 12e et la 11e demi-brigade d'infanterie légère dans six demi-brigades de ligne
Le général commandant l'armée tiendra cet ordre dans le secret ; il donnera l'ordre à chaque bataillon de ces demi-brigades de se rendre dans l'endroit où se trouve la demi-brigade où il doit être incorporé, et, arrivé à sa destination, il donnera l'ordre de l'incorporation.
Le chef de brigade Recco recevra l'ordre de se rendre à Toulon, avec quatre capitaines, un chef de bataillon, quatre lieutenants, les plus distingués de la 11e demi-brigade d'infanterie légère. Ils recevront à Toulon des ordres du général Bonaparte chez l'ordonnateur Sucy.
Le chef de brigade de la 12e d'infanterie légère sera nommé au commandement de la première demi-brigade qui vaquera.
Un chef de bataillon, quatre capitaines et quatre lieutenants de la 12e, les plus distingués par leurs talents et les services qu'ils ont rendus, se rendront à Toulon où ils trouveront des ordres du général Bonaparte ...
" (Correspondance de Napoléon, t.4, lettre 2437; correspondance générale, t.2, lettre 2326).

Le 27 mai 1798 (8 prairial an 6), le Général Bonaparte, à bord de l'Orient, écrit au Général Berthier : "... Vous donnerez l'ordre pour que les dépôts des 12e et 19e se rendent à Bonifacio. Le commandant de la division de Corse fera passer dans cette place les hommes de ces demi-brigades qui seraient restés en arrière ou à l'hôpital, et le commandant de cette place les fera partir pour l'endroit qui lui sera désigné par le prochain courrier, toutes les fois qu'il y aura cinquante hommes" (Correspondance de Napoléon, t.4, lettre 2613; correspondance générale, t.2, lettre 2503).

La 11ème demi-brigade légère de seconde formation dissoute pour révolte en juin 1798 renforcera l'unité de son 2ème bataillon.

Le 4 juillet 1798 (16 messidor an 6), le Général Bonaparte écrit depuis le Quartier général, à Alexandrie, au Général Berthier : "Le bataillon composé des trois compagnies de grenadiers de la 19e sera commandé par le chef de bataillon de la 19e; étant destiné au service du quartier général, il sera sous les ordres du chef de brigade Bessières.
... Vous nommerez un des quatre capitaines de la 12e d'infanterie légère comme adjudant dudit bataillon, s'il n'y en a pas
" (Correspondance de Napoléon, t.4, lettre 2749).

Le 29 août 1798 (12 fructidor an 6), le Général Bonaparte écrit depuis son Quartier général au Caire, au Général Berthier, Chef de l'Etat-major général de l'Armée d'Orient : "Je vous prie de m'envoye, citoyen général, l'état des officiers de la 12e et 11e brigade d'infanterie légère qui se trouvent dans ce moment au Caire et qui sont sans emploi" (Correspondance générale, t.2, lettre 2996).

Le 5 avril 1800, la 12ème Légère est à l'Armée du Rhin de Moreau, Corps de Saint-Cyr, division Baraguey.

Le 14 mai 1800 (24 floréal an 8), Bonaparte écrit depuis Lausanne au Général Dupont, Chef d'Etat-major de l'Armée de Réserve : "... Prévenez le général Moncey que, d'après l'arrêté des Consuls de la République, le général Moreau détache de son armée les troupes ci-après, qui seront aux ordres du général Moncey, savoir :
... La 12e demi-brigade légère, venant de la réserve du centre de l'armée du Rhin ...
" (Correspondance de Napoléon, t.6, lettre 4792).

Le général Moncey à la tête d'un détachement de l'Armée de Moreau dont fait partie cette demi-brigade passe le Col du Saint-Gothard.

Le 9 juin 1800 (20 prairial an 8), Bonaparte écrit depuis Milan, au Général Berthier, Commandant en chef de l'Armée de Réserve, à Pavie : "... Le général Lorges, avec les 2,000 Cisalpins de Lechi, un bataillon de la 12e légère, 2 bataillons de la 67e, et 400 chevaux des premiers qui arriveront du Rhin, formerait un camp volant destiné à couvrir Brescia et Crémone. Il manoeuvrerait selon les circonstances, pourrait se tenir entre la Chiese et Orzinovi. Ce corps serait successivement renforcé à mesure que la queue du général Moncey arriverait.
Un second corps, composé des 1,600 Cisalpins partis ce matin pour Plaisance, un bataillon de la 12e légère et un de la 1re, serait chargé de bloquer Pizzighettone et le château de Plaisance. Un général de brigade commanderait ce corps, se tiendrait avec le quart en réserve à Codogno, pour pouvoir, selon les circonstances, se porter au secours de Pizzighettone ou de Plaisance.
Le 3e corps, composé d'un bataillon de la 12e, un de la 1re et un de la 27e, formerait le blocus de la citadelle de Milan ...
" (Correspondance de Napoléon, t.6, lettre 4902; Correspondance générale, t.3, lettre 5429; donnée dans "Extraits des mémoires inédits de Victor").

Le même jour, Moncey, depuis Milan, informe Bonaparte que les deux bataillons de la 12e (légère ?) sont employés au blocus de la citadelle de Milan ("Extraits des mémoires inédits de Victor").

- 1801

En janvier 1801, la demi-brigade fait partie de nouveau des troupes de l'Armée d'Italie.

Le 18 mars 1801 (27 ventôse an 9), Bonaparte écrit depuis Paris au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "Donnez l'ordre, citoyen ministre, au général commandant l'armée d'Italie, de faire diriger sur Nice les : 12e légère ..." (Correspondance générale, t.3, lettre 6129).

La 12e Légère quitte l'Italie en mars pour Nice. Le 13 Avril 1801, la 12e demi-brigade légère est avec les 25e et 28e mise à la disposition de la 8ème Division Militaire (lettre datée du 13 avril 1801 - 23 germinal an 9, de Bonaparte, écrite depuis Paris au Général Berthier, Ministre de la Guerre ; Correspondance générale, t.3, lettre 6208). Passée en revue en Vendémiaire an X (Septembre 1801) à Marseille, la demi brigade compte 54 officiers présents, 24 absents, 1058 sous -officiers et soldats présents et 577 absents. L'habillement est neuf et complet, sauf 400 banderoles de giberne et 500 sacs à peau. Les sabres briquets ne dotent que les sous-officiers et les carabiniers.

 

- 1802

A la grande parade du 14 Juillet 1802, à Paris, le régiment comme toute l'infanterie légère envoie une délégation pour recevoir de nouveaux drapeaux. Au moment de la remise des drapeaux, le 1er Consul adresse une allocution aux détachements représentant l'infanterie légère : "Soldats de l'infanterie légère de l'armée française, voilà vos drapeaux ; ils vous serviront toujours de ralliement. Ils seront partout où le Peuple français aura des ennemis à combattre ; ils imprimeront la terreur aux ennemis du Gouvernement, quels qu'ils soient.
Soldats, vous défendrez vos drapeaux ; non, jamais ils ne tomberont au pouvoir des ennemis. Vous jurez d'être prêts à les défendre aux dépens de votre vie !
" (Correspondance de Napoléon, t.7, lettre 6182).

Il y avait un drapeau par bataillon. Certaines Demi-brigades avaient la bordure du losange central peinte en vert. Au revers était inscrit au centre dans une couronne de lauriers : LE/ PREMIER CONSUL/A LA 12e EME/ DEMI-BRIGADE LEGERE/ LE 25 MESSIDOR/AN 10.

En l'an XI (à partir de Septembre 1802), l'Etat militaire nous apprend que la demi-brigade est à Brignoles (Var) dans la 8e division militaires aux ordres :
Du chef de brigade Valory, des chefs de bataillon : d'Auby, d'Outre, Mayot, Zanoli, des adjudants majors : Guerstmayer, Dode, Taulier, chirurgiens majors : Bougon, Cynat et Volland.

Guy-Louis-Henri Valory (1757-1817)

Chef de brigade de la 12e légère, 1er septembre 1796. Se signale à Rivoli, 14 janvier 1797, sous Joubert, sert en Valteline, 1799. S'empare des bains de Bormio, 17 mars 1799, se signale dans les 2 combats de Tauffers, 25 mars et 4 avril, sous les ordres de Dessolle, puis sous Loison. Est fait prisonnier par les Autrichiens près de Lugano après une résistance acharnée, 11 mai 1799.
Nommé général de brigade, 29 août 1803 ; employé dans la 13e division militaire comme commandant à Nantes, 21 septembre ; commandant de la Légion d'honneur, 14 juin 1804.

 

- 1803

Bouton officier 12e LégerBouton officier 12e Léger
Bouton d'Officier du 12e Léger. En argent, monté sur argent, diamètre 2,5 cm - avec l'aimable autorisation de Mr Bertrand MALVAUX ).

Le 14 juin 1803 (25 prairial an 11), Bonaparte écrit depuis Saint-Cloud au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "Je vous prie, citoyen ministre, de donner ordre ... A la 12e légère de se rendre à Grenoble, partir le 15 messidor ..." (Correspondance générale, t.4, lettre 7721).

Le 20 Septembre 1803, la 12e Légère qui est à Grenoble doit se rendre au Puy pour y recevoir de nouveaux ordres (lettre de Bonaparte écrite le 20 septembre 1803 (3e jour complémentaire an 11) depuis La Malmaison et adressée au Général Berthier, Ministre de la Guerre; Correspondance générale, t.4, lettre 8056) : "... Vous me ferez connaître le jour où cette demi-brigade arrivera dans cette ville où elle recevra de nouveaux ordres ...".

En Septembre 1803, la demi-brigade devient 12e Régiment d'infanterie légère. Elle gagne un major dans son encadrement qui va diriger l'unité en attendant la venue d'un nouveau colonel. Le 3ème bataillon de la 12ème légère est formé avec des conscrits en 1803.

Le 7 octobre 1803, Napoléon ordonne au 12e Léger qui doit arriver au Puy de se rendre finalement à Angoulême (lettre datée de Saint-Cloud le 7 octobre 1803 - 14 vendémiaire an 12, adressée par Bonaparte depuis Paris au Général Berthier, Ministre de la Guerre (Correspondance générale, t.4, lettre 8119) ; "... Vous me demanderez des ordres pour cette demi-brigade trois jours avant qu'elle n'arrive à Angoulême".

Puis le 12e Léger se rend à Nantes. Sur place, le régiment est remis en état car il est «dans un état affreux de délabrement«  selon les propos du général Dumuy (commandant la 12e Division Militaire).

Le 24 Novembre 1803, Napoléon ordonne au général de Gendarmerie Gouvion de former des colonnes d'éclaireurs dans l'Ouest du pays. Le 12e Léger, qui est à Nantes, y participe avec 3 compagnies de Carabiniers, "complétées chacune à 65 hommes au moins, commandées par un chef de bataillon", et deux compagnies de Chasseurs réunies à Beaupréau "complétées au moins à 65 hommes", ces compagnies placées sous le commandement du général de brigade Girardon (lettre de Bonaparte écrite le 24 novembre 1803 - 2 frimaire an 12, depuis Paris au Général Berthier, Ministre de la Guerre; Correspondance de Napoléon, t.9, lettre 7315; Correspondance générale, t.4, lettre 8318).

Le 28 novembre 1803 (6 frimaire an 12), Bonaparte écrit depuis Paris au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "Je vous prie, Citoyen Ministre, de me présenter un rapport sur la dissolution du camp de Bayonne et sur la formation de trois cantonnements.
L'un à Toulon, composé de deux bataillons du 12e d'infanterie légère
(dans la correspondance général, il s'agit du 14e léger), formant 1,600 hommes; de deux bataillons du 23e de ligne, formant également 1,600 hommes; du bataillon des chasseurs d'Orient, fort de 300 hommes, et d'une compagnie du 4e régiment d'artillerie, de 80 hommes; total, 3,600 hommes, commandés par un général, un adjudant commandant, un chef de bataillon d'artillerie, un capitaine et deux lieutenants du génie et un commissaire des guerres ...
Chaque homme aura 100 cartouches: 30 dans la giberne et 70 dans le sac.
Le second cantonnement se réunira à Saintes, et sera composé des 3e et 12e régiments d'infanterie légère, des 26e, 70e et 79e de ligne (chacun de ces régiments fournira deux bataillons de 800 hommes chaque), de deux compagnies d'artillerie de 80 hommes chacune, de trois escadrons du 24e de chasseurs et de trois escadrons du 4e, commandés par un général de brigade de cavalerie.
Ce cantonnement sera commandé par un général de division, deux généraux de brigade, un adjudant commandant, un ordonnateur, deux commissaires des guerres, un chef de bataillon d'artillerie, un capitaine et deux lieutenants du génie ...
Faites-moi un projet sur ces bases avant de rien exécuter
" (Correspondance de Napoléon, t.9, lettre 7331; Correspondance générale, t.4, lettre 8338).

Le 12 décembre 1803 (20 frimaire an 12), Bonaparte écrit depuis Paris au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "Je vous prie, Citoyen Ministre, d'expédier dans la nuit un courrier extraordinaire au général Fénerolz (Note : Jacques Marguerite Etienne de Fornier, dit Fénerols), commandant le camp de dragons de Bedon, pour lui donner l'ordre de partir avec les régiments qu'il commande, six heures après la réception du courrier, et de se diriger sur Nantes. Là il fera prendre à chaque homme cinquante cartouches, des pierres à fusil, et formera trois colonnes, chacune composée d'un régiment de dragons fort de 260 hommes à cheval et de 140 hommes à pied. Le général Dumuy joindra à chacune de ces colonnes deux compagnies du 12e d'infanterie légère, fortes chacune de 70 hommes; ce qui portera chacune des trois colonnes à plus de 550 hommes. La gendarmerie y joindra 10 ou 12 hommes de son arme.
La première colonne s'arrêtera à Nantes, delà se rendra à Palluau, d'où, avant son arrivée, elle enverra demander des ordres au général Paulet, qui se tient ordinairement aux Sables. Le général Paulet se mettra à la tête de cette colonne, y joindra les troupes qui sont sous ses ordres et des officiers des détachements de gendarmerie, et se mettra à la poursuite des brigands, en obéissant cependant aux ordres qu'il recevrait du général Gouvion.
La seconde colonne se rendra à Montaigu. Elle sera commandée par le général Fénerolz. Avant son arrivée, elle enverra demander des ordres au général Gouvion, et, si elle n'en reçoit pas au moment de son arrivée, elle prendra des renseignements des officiers de gendarmerie qui se trouvent à Montaigu et du sous-préfet de Montaigu, et se mettra à la poursuite des rassemblements armés.
La troisième colonne se rendra à Machecoul. Elle sera commandée par un des généraux de brigade qui se trouvera à portée, ou par le général de brigade Valory, s'il est encore à Nantes. Si tout est tranquille dans cet arrondissement, cette troisième colonne continuera sa marche jusqu'à Challans, et préviendra de son mouvement le général Paulet, qui se trouvera aux Sables ou à Palluau; elle prendra des ordres de ce général de brigade, mais sera toujours sous les ordres supérieurs du général Gouvion.
Vous préviendrez le général commandant la division et l'ordonnateur de cette division de prendre toutes les mesures pour que les vivres ne manquent point aux troupes. Il leur sera accordé les vivres de campagne, et, en attendant, pour se procurer de la viande, une indemnité ...
Vous recommanderez la plus sévère discipline.
Vous préviendrez le général Gouvion des mouvements ...
Prévenez le général Gouvion que j'espère que ce renfort de 1,500 hommes lui sera suffisant, et qu'il fera une bonne chasse à ces brigands; qu'il doit tenir note des chefs surtout, pour ne faire grâce à aucun; qu'enfin il y a sous ses ordres le général Dufresse, qui tiendra en respect le département des Deux-Sèvres, le général Girardon, commandant le département de Maine-et-Loire et environs, le général Paulet, le général Fénerolz, le chef de brigade Reynaud, et, si même il se trouve en avoir besoin, le général Lacoste, qui est sur la cote; que les généraux Paulet et Lacoste ont un certain nombre de pièces attelées; que d'ailleurs, si cela devient nécessaire, il peut faire appeler le directeur d'artillerie qui est à Nantes; qu'il doit tâcher cependant, autant que possible, de ne pas dégarnir la côte et y laisser les batteries mobiles et les détachements que j'y ai établis pour protéger le passage de la flottille.
Mettez à la disposition du généralGouvion, pour assurer le service, 50,000 francs en or; 30,000 francs seront destinés à pourvoir à la gratification de la troupe, et 20,000 pour frais de transport, de courriers et d'espionnage. Sur cette somme, il donnera 1,000 francs à chaque commandant de colonne d'éclaireurs.
Mon opinion est qu'il ne faut laisser nulle part de garnison, mais faire de toutes les forces quatre corps sous les ordres, chaque corps, d'un général de brigade, indépendamment des corps des généraux Girardon et Dufresse; que chacun de ces corps doit être partagé en trois autres, chacun de 150 à 200 hommes, infanterie, cavalerie et gendarmerie comprises. Soutenus par l'espionnage et continuellement en mouvement, ces corps doivent parvenir à étouffer la révolte dès sa naissance ...
" (Correspondance de Napoléon, t.9, lettre 7379; Correspondance générale, t.4, lettre 8415).

Le 8 Janvier 1804, trois compagnies du 3e bataillon du régiment, complétées à 70 hommes chacune, font encore partie de de la colonne d'éclaireurs de Machecoul (commandée par le général de brigade Devaux), tandis que le détachement du 12e régiment d'infanterie légère qui faisait partie de la colonne de Palluau est renvoyé à Nantes. "... Le général Gouvion retiendra, pour sa garde, les compagnies du 93e d'infanterie de ligne et le détachement du 22e régiment de chasseurs, en renvoyant à Nantes tous les détachements du 12e d'infanterie légère. Par ce moyen, tout le 12e d'infanterie légère sera réuni à Nantes, hormis trois compagnie ..." (Lettre de Bonaparte écrite depuis Paris au Général Berthier, Ministre de la Guerre, le 8 janvier 1804 - 17 nivôse an 12; Correspondance de Napoléon, t.9, lettre 7457; Correspondance générale, t.4, lettre 8562).

Officier de voltigeurs 1805-1806 12e Léger
Fig. 1 Officier de voltigeurs du 12e Léger (d'après un uniforme collection privée) 1805-1806

Le 28 avril 1804 (8 floréal an 12), Bonaparte écrit depuis Saint-Cloud au Général Berthier "Je vous prie, Citoyen Ministre, de faire faire une revue extraordinaire pour constater la situation, au 1er germinal, des ... 3e, 12e, 21e et 24e légers. On aura soin de mettre le nombre d'hommes de ces corps présents dans chaque ville où ils se trouvent, les malades aux hôpitaux, les absents et depuis quel temps, ceux inhabiles à porter les armes, le nombre de conscrits qu'ils ont reçus et qu'ils ont à recevoir sur l'an XI et l'an XII. Ces régiments sont les plus faibles de l'armée. Je désire savoir positivement dans quelle situation ils sont, afin de les faire recruter" (Correspondance de Napoléon, t.9, lettre 7728; Correspondance générale, t.4, lettre 8848).

Le 24 mai 1804 (4 prairial an 12), Bonaparte écrit depuis Saint-Cloud au Maréchal Berthier, Ministre de la Guerre, Major général des camps : "... Une troisième frégate doit partir de Nantes : vous y mettrez également à la disposition de la marine 1500 fusils et 220 hommes qui seront fournis par un détachement pris dans le 3e bataillon du 12e régiment d'infanterie légère et commandé par un capitaine, un lieutenant et deux sous-lieutenants ..." (Correspondance de Napoléon, t.9, lettre 7728; Correspondance générale, t.4, lettre 8894).

Le 28 mai 1804 (8 prairial an 12), Bonaparte écrit depuis Saint-Cloud au Maréchal Berthier : "Mon Cousin, 60,000 hommes de la conscription de l'an XII ont été mis à la disposition du Gouvernement. Il n'y a point de temps à perdre pour répartir entre les différents corps ladite conscription.
Les ... 3e, 12e, 21e, 24e, 25e, 26e et 28e d'infanterie légère ... me paraissent les régiments les plus faibles et ceux qui auront le plus besoin de monde ...
" (Correspondance de Napoléon, t.9, lettre 7792; Correspondance générale, t.4, lettre 8915).

Le 27 septembre 1804 (5 vendémiaire an 13), Napoléon écrit depuis Mayence au Maréchal Berthier, Ministre de la Guerre, Major général des camps : "... La garnison de Belle-île sera complétée par le 12e d'infanterie légère qui est à Nantes ..." (Correspondance générale, t.4, lettre 9247).

 

II/ LA CAMPAGNE DU BATAILLON D'ELITE A LA DIVISION OUDINOT, 1804-1806

En Novembre 1803, Bonaparte ordonne la formation de 11 puis 10 bataillons d'élite pour constituer, à Arras, une division de grenadiers de la Réserve, mise sous le commandement de Junot. Les bataillons d'élite sont tirés des 2e, 3e, 12e, 15e, 28e et 31e Léger et des 9e, 13e, 58e et 81e de Ligne. Ils rejoindront Arras très progressivement tout au cours de l'année 1804 voire le début 1805.

Le 11 Janvier 1804 (20 nivôse an 12), Bonaparte écrit depuis Paris au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "... Le bataillon d'élite du 12e léger, qui doit être réuni à Nantes, et composé de 600 hommes, fournira des garnisons à la disposition de la marine à Nantes, pour les divisions de la flotille, lorsque le 40e régiment sera épuisé" (Correspondance générale, t.4, lettre 8576).

Le 16 janvier 1804 (25 nivôse an 12), Bonaparte écrit depuis Paris au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "Le bataillon d'élite du 12e léger devrait rester à Nantes, mais puisqu'il est parti pour Arras, il faut le remplacer par un autre ..." (Correspondance générale, t.4, lettre 8696).

Le bataillon d'élite du 12e Léger, formé des trois premières compagnies de chasseurs de chaque bataillon et de ses 3 compagnies de carabiniers, arrive à Arras.

Durant l'année 1804, il ne cesse de s'entrainer et de s'équiper. Le 16 Février 1804, Napoléon ordonne à Berthier de fournir des sabres, des épaulettes vertes ou rouges, des capotes et des bonnets qui manquent aux compagnies des grenadiers de la Réserve d'Arras. Le livret d'inspection du bataillon d'Elite du 12e Léger établi à Arras le 4 octobre 1804 nous apprend que : «les shakos (des fusiliers) sont en très mauvais état et ont besoin d'être remplacés, les bonnets à poils des grenadiers (carabiniers) sont beaux et neufs».

Le 3 septembre 1804 (16 fructidor an 12), Napoléon écrit depuis Aix-la-Chapelle au Maréchal Berthier, Ministre de la Guerre, Major général des camps : "Mon cousin, vous donnerez ordre aux colonels des 12e régiment d'infanterie légère (Lainé) et 56e régiment de ligne (Boutroüe) qui sont au camp d'Arras de se rendre à leur régiment pour veiller eux même à la réorganisation de ces corps" (Correspondance générale, t.4, lettre 9108).

En Février 1805, Oudinot prend le commandement de la division. Les hommes ont été reconditionnés, entrainés et équipés.

Le 28 Février 1805 (9 ventôse an XIII), Napoléon écrit depuis Paris au Maréchal Berthier : «Le bataillon d'élite du 12e léger ne peut pas être à Belle-Isle-en-Mer, comme le porte votre état; c'est une erreur de bureau.
... Les compagnies de grenadiers et de chasseurs d'Arras seront ainsi composées : 2 officiers, 1 sergent-major, 1 caporal-fourrier, 4 sergents, 8 caporaux, 2 tambours, 110 soldats, 2 élèves ayant le rang de sergents, choisis dans le prytanée de Saint-Cyr, âgés de plus de dix-huit ans, qui joindront leur bataillon avant le 1er germinal. La compagnie sera donc de 130 hommes, qui, multipliés par 6, portent le bataillon d'élite à 780 hommes
» (Correspondance de Napoléon, t.10, lettre 8371).

En Juin 1805, la division quitte Arras pour Boulogne. Le 16 Août, l'ordre de rallier Strasbourg arrive. La division Oudinot est placée dans le 5e Corps du maréchal Lannes. Le bataillon du 12e Léger forme le 5e régiment d'élite avec son homologue du 15e Léger. Le régiment est commandé par Desailly, colonel du 15e Léger, et le bataillon du 12e Léger (785 hommes) par le chef de bataillon Polard.

Carabinier d'Infanterie légère 1806
Fig. 2 Chef de bataillon d'infanterie légère, division Oudinot, 1805-1806, d'après un dessin de Voltz

Les grenadiers de la réserve s'illustrent bientôt à Wertingen le 8 Octobre contre les Autrichiens.

Après la capitulation d'Ulm, le 20 octobre, les hommes d'Oudinot poursuivent les forces autrichiennes et celles des Russes arrivées trop tard pour secourir Mack. Le 27 octobre, ils passent l'Inn à Braunau et entrent dans Linz le 2novembre.

Le 4 novembre, la division combat les Russes à Amstetten et les repousse trois fois, puis continue la poursuite. Le 13 novembre, les grenadiers s'emparent des ponts qui mènent à Vienne. Le 14, le corps d'Oudinot arrive à Stocherau et se rééquipe avec du matériel autrichien. Le 16, ils arrivent sur les hauteurs d'Hollabrunn et combattent les Russes de Bagration. Le terrain reste aux Français et Oudinot y est blessé.

Les grenadiers d'Oudinot donnent à la fin de la bataille d'Austerlitz, restant en réserve la plus grande partie de la bataille. La division reprend le chemin de la France et arrive à Strasbourg en Février 1806, puis occupe la principauté de Neuchâtel, donnée à Berthier.

En Juillet 1806, le bataillon d'Elite du 12e Léger rejoint son régiment, la division Oudinot étant dissoute.

 

III/ LE RETOUR DU BATAILLON D'ELITE ET L'ENTREE EN CAMPAGNE DES DEUX PREMIERS BATAILLONS, SEPTEMBRE 1806

Au cours de l'année 1805, le 12e Leger était resté en France sous l'autorité de son nouveau colonel : Jean Baptiste Jeanin nommé en Août 1805. Le colonel fait former suivant le règlement 3 compagnies de voltigeurs (une par bataillon de guerre) dans son unité. Le régiment finit par stationner à Paris.

Constatant les préparatifs de la Prusse, l'Empereur réorganise ses troupes en Allemagne et dans le reste de l'Empire. Le 19 septembre 1806, il écrit à Dejean :
«Monsieur Dejean, donnez ordre au gouverneur de Paris de former le 2e régiment d'infanterie légère à deux bataillons bien complets de 1,000 hommes chacun, si cela est possible; de faire la même chose pour les 4e et 12e régiments d'infanterie légère et de faire partir ces bataillons : ceux du 2e léger le 21, par la route de Meaux; ceux 12e léger par la route de Dammartin; et ceux du 4e, un bataillon par la route de Meaux, et un bataillon par la route de Dammartin.»

Un corps d'Armée nouveau se forme autour de Mayence (le 8ème Corps). Ce corps ne prend pas part aux premières opérations de la campagne. Il ne part, en effet, de Mayence qu'après les victoires d'Iéna et d'Auerstaedt qui virent le quasi anéantissement de l'armée prussienne. Il est d'abord chargé d'occuper la Hesse et de désarmer l'armée hessoise. On entre donc dans Cassel le 1er Novembre. Les restes des forces prussiennes s'étaient réfugiés dans les forteresses de l'Allemagne du Nord et attendaient l'appui de leur allié russe qui s'était positionné sur la Vistule.

Pendant ce temps en Novembre 1806, Napoléon décidait de la formation d'une nouvelle réserve d'Elite confiée à Oudinot. Les compagnies de carabiniers et de voltigeurs du 3e bataillon du 12e Léger s'associaient à celles du 3e bataillon du 15e Léger pour former un 5e régiment provisoire de la division des grenadiers et voltigeurs de la Réserve.

Napoléon ayant décidé de marcher vers la Pologne contre l'armée russe, et de franchir la Vistule, le 8e Corps entre en Hanovre avec mission de gagner Berlin et la Prusse, de garder le pays entre Elbe et Oder et d'observer la Poméranie suédoise où les Anglais et les Suédois pouvaient combiner une expédition. Le quartier général du 8e Corps s'établit à Hambourg dès le 19 Novembre.

Peu avant, le 11 novembre, Napoléon écrivait à Mortier de former la 2ème division de son 8e Corps avec les 4e Léger, 122e et 58e de Ligne. En attendant ce dernier régiment, de le remplacer par le 12e Léger.

Le 16 Novembre 1806, le 12e Léger est envoyé avec une division hollandaise que Mortier a prise sous son autorité au retour du roi Louis en Hollande, pour bloquer la place de Hamelm avec Savary. En Janvier, la division Oudinot est au 8e Corps de Mortier.

Dans la vaste réorganisation de son armée qui suit l'indécise bataille d'Eylau de Février 1807, Napoléon fait venir des renforts de tout son empire et chez ses alliés anciens et  nouveaux comme les Polonais. Le siège est mis devant Dantzig et Kolberg, on contient les Suédois devant Stralsund,  les divisions essaient d'hiverner le mieux possible.

Le 9 février 1807, le major Janin du 12e Léger est blessé près d Ostrolenka ou une semaine plus tard aura lieu un combat contre les Russes.

Le12e Léger passe sur ordre de l'Empereur le 12 mars à Marinewerd pour épauler le siège de Dantzig ... Le régiment incorpore alors le 10e Corps, sous le commandement du maréchal Lefebvre (qui y gagnera un titre de duc). Les deux premiers bataillons du 12e Léger sont à la brigade Puthod (avec le 19e de Ligne), division Michaud.

Emplacement des troupes de l'Empire français à l'époque du 1er avril 1807
Infanterie légère
Numéros des Régiments, et noms des Colonels
Majors, Chefs de Bataillon et Quartiers-maîtres
Numéro des Bataillons
Emplacement, et conscription de l'an 1807
Division Militaire
12e Jannin

Jamin
Oudot
Aubry
Corsin

Major
1er
2e
3e
Quartier-maître




A Vire
Dépôt à Paris
Conscrits des Hautes-Pyrénées et de l'Isère


1ère Division, 8e Corps
1ère Division, 8e Corps
Camp de Saint-Lô
1ère Division

Après un siège minutieux et difficile, la ville capitule le 26 mai. Les chef de bataillon Oudot et Corsin du 12e Léger y seront blessés en mai.

Fin Mai 1807, le 12e Léger passe sous le commandement de Lannes au corps d'Armée de Réserve à la deuxième division Verdier (1er et 2ème bataillons) formant la brigade Vedel avec le 2ème Léger.

Heilsberg, 10 Juin : sept officiers du régiment sont tués, dont les chefs de bataillon Flat et Graillat. Bennigsen résiste avec énergie dans ses retranchements d'Heilsberg, puis, dans la crainte d'être coupé de Koenigsberg, il descend rapidement l'Alle par la rive droite.

Lannes et Mortier s'avançaient parallèlement par la rive gauche. Bennigsen les devance à Friedland, s'empare des ponts de cette ville et commence à passer sur la rive opposée, comptant prendre les Français de flanc. Lannes et Mortier avertissent l'Empereur et, avec leurs seules forces, contiennent l'ennemi pendant plus de douze heures.

Carabinier d'Infanterie légère 1806
Fig. 3 Carabinier en 1805 d'après le Manuscrit de Brunswick

Cependant, Ney et Victor précipitent leur marche et arrivent avec l'Empereur sur le champ de bataille à quatre heures du soir (14 juin). L'ennemi se trouvait à présent dans une position critique. Il occupait le fond d'un entonnoir formé par le village de Friedland et entouré par une boucle de l'Alle. Son artillerie était restée sur la rive droite. Arrivé sur le champ de bataille, Napoléon s'écria : "Non, on ne surprend pas souvent l'ennemi dans une pareille faute !". Il charge alors Mortier de former la gauche en occupant le village d'Heinrichsdorf. Ce maréchal reçoit l'ordre de se tenir sur la défensive. Lannes est placé au centre, Ney à droite, au village de Posthenen. C'est de ce côté que Napoléon dirigera l'attaque décisive.

Les Russes, au contraire, concentrent tous leurs efforts contre la gauche de l'armée française, qui leur ferme directement la route de Koenigsberg. Pendant qu'ils sont occupés de ce côté, Ney pousse devant lui leur aile gauche et marche dans la direction du clocher de Friedland. Le maréchal Ney continuait ses progrès vers Friedland, lorsque l'artillerie russe, tirant par-dessus l'Alle, fit éprouver à l'aile droite des pertes énormes. Le général Sénarmont réunit alors les 36 bouches à feu des divisions, en forme deux batteries, avec 6 pièces en réserve; il prend position à 400 mètres de l'ennemi et tire en avançant constamment sa ligne de feu. Sous cet ouragan, les Russes sont rejetés sur Friedland, le maréchal Ney à leur suite. La garde russe essaye inutilement contre ses divisions une attaque de flanc, elle est écrasée par une charge de la division Dupont.

L'aile droite des Russes, attirée sur la route de Koenigsberg par la retraite calculée de Lannes et de Mortier, se hâte de revenir à Friedland dès qu'elle apprend le sort du centre et de la gauche. Mais Bennigsen avait fait sauter les ponts pour protéger sa fuite. Pressée entre les corps de Mortier, de Lannes et du maréchal Ney, l'aile droite, plutôt que de se rendre, passe la rivière à la nage sous les balles françaises, qui lui font perdre la moitié de son effectif. Les Russes s'enfuirent en désordre sur le Niémen. Le 12e Léger a eu de nombreuses pertes et blessés.

3 Décembre 1807, le régiment est de retour à Paris; il est passé en revue par le général Mouton. Après cette campagne éprouvante, il doit être rééquipé et les carabiniers reçoivent des shakos à la place de leurs bonnets d'oursin.

 

IV/ LE 3eme BATAILLON ENVOYE A L'ARMEE DU PORTUGAL Août 1807 -Août 1808

Le Portugal, de fait allié des Anglais, avait joué depuis 1801 d'une neutralité de façade. En Juillet 1807, l'Empereur sommait le pays de fermer ses ports aux Anglais. Pour appuyer ses menaces, un corps d'Observation de la Gironde était formé, placé sous le commandement de Junot. Dès le 2 Août, les camps volants de Saint Lô, Pontivy et Napoléon Vendée étaient dissouts pour former la base de ce Corps d'Observation que l'on complétait par diverses unités. Français et Espagnols s'entendaient par une convention secrète signée à Fontainebleau le 27 Octobre pour se partager le pays.

Le 3ème bataillon du 12e Léger formait avec ceux du 2ème Léger, 4e Léger, et 15e Léger la 1ère brigade au sein de la 2ème division d'infanterie du général Loison.

La marche sur le Portugal à travers l'Espagne est un calvaire climatique (pluies permanentes) et pénurique (absence de vivres). Les pertes sont nombreuses. Le 30 Novembre, l'avant-garde de Junot arrive en loques à Lisbonne. La première tâche du général en chef est de dissoudre l'Armée portugaise et d'envoyer le reste en France. Puis de répartir ses troupes, qui s'intitulent désormais Armée du Portugal, dans le pays. La 2e division est envoyée à Cintra, Mafra et occupe le littoral jusqu'à l'embouchure du Mondego.

Officier de voltigeurs 1805-1806 12e Léger
Plaque de shako entre 1805-1807

La situation des troupes s'améliore peu à peu grâce aux réquisitions sur le pays, qui par contre braquent la population. Les forces espagnoles qui ont, un peu, aidé les Français, se retirent ou doivent être désarmées à la suite des évènements qui se passent dans leur pays en parallèle. Junot, devenu Gouverneur Général, duc d'Abrantes, et son Armée du Portugal, peuvent penser que la situation se stabilise. Le problème est qu'en Espagne voisine, c'est le contraire. Les troupes françaises peu à peu se sont infiltrées et se sont emparées des points stratégiques. Mais la population, qui voit sa famille royale détrônée, se révolte en Mai 1808, aidée par l'Armée espagnole. Junot est donc coupé de ses arrières, isolé au Portugal.

Le 6 Juin 1808, l'insurrection débute aussi au Portugal contre les Français. Les Anglais fournissent par bateaux du matériel, les milices portugaises se réactivent, puisqu'il n'y a plus d'armée de Ligne. Les premiers détachements français sont défaits. Junot décide de concentrer ses troupes autour de Lisbonne en gardant quelques places fortes comme Almeida et Elvas pour pouvoir s'y replier si on doit évacuer Lisbonne. La division Loison est donc rappelée d'Almeida sur Lisbonne. Des combats ont lieu dans tout le pays. Sur son chemin Loison combat les Portugais et arrive à Abrantes le 9 Juillet puis gagne Lisbonne.

Le 30 Juillet, Loison bat les insurgés portugais à Evora dans le Sud, après des combats de rue sanglants, et une mise à sac de la ville, mais l'on apprend aussi la défaite de Dupont à Baylen en Andalousie, et le 3 Août, un corps expéditionnaire anglais se met à débarquer à Figueira da Foz, commandé par un certain Wellington. Les Anglais se mettent en marche sur Lisbonne. Junot essaiera de les ralentir à Rolica le 17 Août, en y envoyant le général Delaborde. Mais la confrontation la plus sérieuse étant la bataille de Vimeiro le 21 Août.

Le 3e bataillon du 12e Léger fait alors partie de la brigade Solignac (avec le 3e bat du15e Léger et du 58e de Ligne) de la division Loison. Il compte 718 hommes. Tandis que les carabiniers et les compagnies de grenadiers de toute l'Armée forment une réserve.

La brigade Solignac est sur l'aile gauche des Anglais. Elle subit de lourdes pertes. Le manque de tactique de Junot durant la bataille cause sa perte. Il décide de se replier sur Lisbonne. Sans moyen de continuer les combats, il obtint par la convention de Cintra le 30 Août une capitulation honorable. Elle portait, en effet, que l'armée française se retirerait avec tous les honneurs de la guerre; emportant tout ce qui lui appartenait, qu'elle serait ramenée en France par les vaisseaux anglais et que les blessés traités avec soins seraient rendus à leur pays dès leur guérison.

 

V/ LA CAMPAGNE D'ESPAGNE 1808- 1813

1/ 1808

Carabinier d'Infanterie légère 1806
Fig. 4 Le 12e Léger vers 1807 d'après un dessin du manuscrit de Berka

Pendant que le 3e bataillon du régiment était au Portugal, les deux premiers bataillons faisaient mouvement vers l'Espagne. Sous couvert de soutenir l'expédition portugaise, peu à peu l'Armée française prenait possession des points stratégiques du royaume espagnol sous l'autorité de Joachim Murat, et Napoléon ordonnait bientôt aux souverains d'abdiquer en faveur de son frère Joseph.

Le peuple se soulevait à Madrid en mai 1808 et l'armée espagnole prenait les armes contre les Français. Dès le mois de Juin, les forces françaises combattaient sur le sol espagnol contre une insurrection généralisée. Début Juin, se formait à Bayonne, base arrière du régiment, un troisième bataillon de guerre avec des conscrits (rappelons qu'un autre 3e bataillon était encore avec Junot au Portugal).

Napoléon réagit et organise les forces déjà en présence. Il faut dire qu'il ne se trouve pas loin à Bayonne. Il écrit le 15 Juin :
"Bayonne, 15 juin 1808
A Alexandre, prince de Neuchâtel, major-général de la Grande Armée, à Bayonne.
Mandez au maréchal Bessières que, immédiatement après qu'il se sera emparé de Benavente, qu'il aura soumis Zamora, Toro et Lion, je désire que son corps d'armée ait l'organisation suivante :
Division Merle, composée de quatre brigades : 1° brigade Darmagnac, Suisses et le 86e, 1,800 hommes; 2° brigade Gaulois, ler régiment supplémentaire, 1,600 hommes; 3° brigade Ducos, 13e régiment provisoire et un bataillon du 14°, 2,000 hommes ; après la prise de Saragosse , les  trois autres bataillons rejoindront; 4° brigade Sabatier, 17e et 18e provisoires, 2,800 hommes; total , 8,200 hommes ; six pièces de canon de l'ancienne division Verdier et douze pièces de canon de la division , faisant dix-huit pièces de canon.
Division Mouton, composée de deux brigades : 1° brigade Reynaud, 4e léger, 15e de ligne et un bataillon de Paris, 3,000 hommes; 2° brigade Rey, 2e et 12e légers, 2,100 hommes, 5,100 hommes et douze pièces de canon.
Garde impériale : 1,900 hommes et six pièces de canon.
Le général de brigade Monthion restera à Vitoria ayant avec lui un escadron de 150 chevaux, qui sera formé du 7e régiment de marche de dragons qui vient de Rennes et qui arrive après-demain , deux compagnies du 15e de ligne formant un petit bataillon de 300 hommes; le 3e bataillon du 2e léger, 600 hommes ; le 3e bataillon du 12e léger, 600 hommes ; ce qui ferait 1,650 hommes. Le colonel Barrère commandera cette colonne et aura deux pièces de canon
".

Le 7 Juillet, le 12e Léger devait rallier Vitoria le 11 puis Burgos le 13.

Bessières avait concentré ses troupes près de Palencia le 10 Juillet. Il affrontait l'Armée espagnole à Medina de Rio Seco le 14 Juillet tandis que la brigade Rey à laquelle faisaient partie les bataillons du 12e Léger était restée à Vittoria pour escorter le roi Joseph.

Une fois les armées de Galice de Blake et de Castille de La Cuesta vaincues, Joseph décidait de se porter sur Madrid et y entrait le 20 Juillet. Napoléon lui écrivait :
«Bayonne, 19 juillet 1808, dix heures du soir.
A Joseph Napoléon, Roi d'Espagne, à Butrago.
Mon Frère, je reçois votre lettre du 18 à trois heures du matin. La victoire du maréchal Bessières, qui a entièrement défait Cuesta et l'armée de ligne de Galice, a apporté une grande amélioration dans toutes les affaires; elle vaut plus qu'un renfort de 30,000 hommes. Les divisions Gobert et Vedel ayant joint le général Dupont, il faut pousser vigoureusement l'offensive de ce côté. Le général Dupont a de bonnes troupes et en viendra à bout. J'aurais préféré que les 2e et 12e d'infanterie légère renforçassent le maréchal Bessières; mais, puisque vous avez jugé convenable de les mener à Madrid, gardez-les pour votre garde. 2,000 conscrits à l'école de bataillon vont les rejoindre, et ces deux beaux régiments avec ceux de votre garde vous feront un beau corps de réserve».

Hélas pour lui, le général Dupont capitulait à Baylen, le 22 juillet, et l'expédition de Moncey sur Valence était un échec. Joseph se repliait et se retranchait donc sur le Nord de l'Espagne autour de Vitoria dès le début Août. Son impérial frère lui donnait les instructions pour améliorer ses positions. Le 3 Août, Napoléon ordonnait au maréchal Ney de gagner l'Espagne.

Le 24 Août, Napoléon signale à Clarke que le 12e Léger n'a que 1200 hommes, que le le dépôt peut en fournir 500 et qu'il faut donc les faire rejoindre. Pendant ce temps, il rameute, fin Août, ses vieilles troupes du front Est Europe pour les faire converger vers l'Espagne.

Le 7 Septembre, il compose sa nouvelle armée d'Espagne en 6 corps d'Armée dont la plupart sont en route et une réserve dont des éléments des gardes impériale française et royale joséphiste qui restent autour du roi. Parmi cette réserve, une division sous le général Dessole (2e et 12e léger, 43e et 51e de Ligne).

Carabinier d'Infanterie légère 1806
Fig. 5 Tambour de chasseurs du 12e Léger vers 1810 (d'après collection Dubois de l'Etang)

Le 23 Septembre, Napoléon part pour Erfurt rechercher les alliances qui le laisseront libre d'agir en personne dans la péninsule ibérique.

Joseph avait réparti les 65.000 hommes à sa disposition en trois masses : Bessières à l'aile droite, Moncey à l'aile gauche. Ney est placé à la tête du corps du Centre à Vitoria en attendant l'arrivée de son «vieux» 6e Corps d'Armée.

Le 23 Septembre, Ney, qui se trouve à Vitoria, est informé par le major général du roi Joseph : Jourdan, qu'il a désormais sous ses ordres en renfort, venus de Durango, deux bataillons du 55e de Ligne et la division Dessolle (dont le 12e Léger). Il doit se porter sur Bilbao  ; ce qu'il fait le 26, et s'empare de la ville à 6 heures du soir. A son retour à Vitoria, après avoir laissé sur Bilbao le général Merlin, il prend position à Trevino tandis que Bessières doit ramener son corps d' armée de l'aile droite et renforcer Merlin.

Le 8 octobre, Ney s'empare de la Guardia et propose de pousser sur Logrono.

Le 26 octobre, Ney informe le Prince de Neuchâtel que "... Le général de division Merlin, formant la droite absolue de l'armée d'Espagne, occupe la vallée de Durango. Les avant-postes sont à Tornosa, en deçà (à l'Est) de Bilbao. Il a sous ses ordres quatre bataillons, que je lui ai laissés à mon départ de cette ville, tirés des 12e légère, 43e, 51e et 55e de ligne, un bataillon de la 3e légion (de la Vistule), le 36e de ligne, 125 chevau-légers du grand-duc de Berg et 4 pièces d'artillerie ...
Les troupes sous mon commandement sont :
1° La division d'infanterie du général Dessolle, composée des 12e légère, 43e, 51e et 55e de ligne et un bataillon du 118e ...
" (La vie militaire du Maréchal Ney, t.3).

Le lendemain, Ney pousse sur Logrono. Le 12e Léger y entre baïonnettes au canon. Pendant ce temps le 3e bataillon avait eu, près de Zornoza, le 24 octobre, un engagement assez sérieux qui lui avait coûté une vingtaine de blessés.

Le 24 octobre, Napoléon écrit à Jourdan : «je vous prie Monsieur le maréchal d'exprimer au Roi (Joseph) le désir que j'ai de voir Sa Majesté témoigner sa satisfaction au 12e Léger, 51e de Ligne et 26e Chasseurs. Ces troupes depuis qu'elles occupent La Guardia n'ont cessé de remplir un service très actif».

Le maréchal Ney part pour Pampelune récupérer son 6e Corps venu d'Allemagne. Mais il n'oubliait pas ses récentes recrues puisque la division Dessole devenait la 4e division du 6e Corps de l'Armée d'Espagne en Novembre. Le 12e Léger, dans cette division, était à la brigade Godinot avec le 51e de Ligne et comptait alors 56 officiers et 1817 hommes.

Napoléon arrivait à Bayonne le 3 novembre pour superviser lui-même la reprise en main de l'Espagne.

Tandis qu'à Paris, depuis début Juin 1808, au dépôt du régiment (ou 5ème bataillon) se trouvent 14 officiers et 363 soldats plus 14 enfants de troupe, on complète les cadres avec des hommes tirés du 5e Léger.

Le 1er décembre 1808 à Bordeaux se forme le 4ème bataillon du régiment, encadré par des officiers du second et avec les hommes revenus du Portugal avec Junot. Ce 4ème bataillon va faire campagne indépendamment des trois premiers.

Arrivé sur le terrain, Napoléon donne à l'Armée d'Espagne une nouvelle organisation d'après laquelle le 2e Corps sous le commandement du maréchal Soult et le 6e commandé par Ney (dont le 12e Léger à la 4ème division ) forment la masse centrale sous sa supervision.

L'Armée espagnole se disposait, quant à elle, en 4 grandes masses, espérant le soutien des Anglais qui étaient toujours présents au Portugal.

Burgos était bientôt aux mains des Français. La ville est pillée. Napoléon vient s'y établir. Le 15 novembre, le 12e Léger est à Lerma.

L'armée espagnole de Blake a été repoussée vers le Sud. Napoléon fait encore face à deux armées : celle de Castanos, au centre, qui borde le cours de l'Ebre, et celle de Palafox, au sud. Il décide de se porter sur le centre. Et demande à Lannes, le 18 novembre, de prendre le commandement des forces qui vont affronter l'Armée de Castanos à Tudela, le 23. L'affaire est rondement menée par Lannes. 

Mais le corps de Ney, qui devait couper la route de l'armée espagnole en repli pour parachever la victoire, n'est pas sur les positions prévues. Ney et Moncey, qui avancent lentement, n'arrivent à Saragosse sur les talons de Castanos que le 30 novembre. Ney est rappelé par Napoléon pour une offensive dans le Léon et est remplacé sous les murailles de la ville par Mortier.

On parlait d'une nouvelle armée anglaise qui venait de débarquer.

Après la bataille de Tudela, Napoléon continuait sa marche sur Madrid. La fameuse prise du col de Somosierra ouvrait le chemin. L'Empereur entrait dans la capitale espagnole le 4 décembre.

Jusqu'alors, Napoléon ne s'était pas occupé de l'armée anglaise du général Moore, mais lorsqu'il apprit qu'elle s'était avancée du Portugal en Espagne, autour de Salamanque (entre les 13 et 23 Novembre), il prescrivit au Maréchal Soult de redescendre dans le royaume de Léon. Un autre petit corps anglais sous le général Baird venait de débarquer à la Corogne.

Le 6e Corps demeure au repos à Guadalajara jusqu'au 12 décembre et son chef en profite pour reconstituer les approvisionnements et assurer les réparations à l'habillement, à l'équipement, etc ... D'après un rapport du Duc d'Elchingen au Major général et en ayant recours aux souvenirs du Colonel Sprunglin, alors Capitaine adjoint d'Etat-major, on constate que le 6e Corps d'armée présente, à la date du 8 décembre 1808, la composition et les effectifs suivants :
... ... 3e division, général Dessolles (7.020 hommes).
1re Brigade, Général Godinot : 12e d'Infanterie légère (colonel N...), à 3 Bataillons de 6 Compagnies (H. Bonnal : "La vie militaire du Maréchal Ney", tome 3).

Le 6e Corps entre à Madrid le 14 décembre 1808 et est passé en revue par l'Empereur le 16 décembre.

A l'ouest, le Maréchal Soult poursuit l'armée anglaise de Moore dans sa retraite précipitée à travers la Galice. Le 6e Corps est désigné pour lui servir de réserve; il est chargé d'occuper la Galice, où le Marquis de la Romana s'est mis à la tête des rebelles espagnols. Il quitte Madrid le 20 décembre, passe à Guadarrama, Arevalo, Tordesillas, Rio Seco et arrive à Astorga le 2 janvier 1809. Mais la division Dessolle (dont le 12e Léger) est renvoyée sur Madrid.

 

2/ 1809

Sapeur 12e Léger 1810
Fig. 6 Sapeur du 12e Léger en 1810-1812

Napoléon écrit à son frère le 1er Janvier :
«Benavente, 1er janvier 1809.
A Joseph Napoléon, roi d'Espagne, à La Florida.
Mon Frère, le général la Romana n'a pas 6,000 hommes, nus et mourant de faim, troupes de réquisition, et il n'oserait plus se fier à son armée en campagne, exaspérée au dernier point contre lui. Le maréchal Soult l'a attaqué le 26 décembre à Mansilla avec deux régiments de cavalerie, et lui a pris 1,500 hommes et deux drapeaux. Il est entré à Léon le 30; il y a trouvé 2,000 malades aux hôpitaux. Cette armée de Galice n'existait donc véritablement plus depuis les affaires d'Espinosa. Elle existe encore moins aujourd'hui.
Aujourd'hui, 1er de l'an, le maréchal Soult est à Puente de Orbigo. Le maréchal Bessières a couché à la Baneza et marche sur Astorga, où nous serons aujourd'hui. Les Anglais ont abandonné 1,500 tentes et 4,000 couvertures, tout leur rhum, une quantité immense de chariots sur la route et beaucoup de traînards. Ils n'en sont pas quittes. Nous les poursuivons vivement. Je serai ce soir à Astorga.
Je vous ai mandé que la division Dessolle rentrait à Madrid. La communication par Valladolid, Burgos, Ségovie, Guadarrama sera assurée».

«Benavente, 4 janvier 1809.
A Joseph Napoléon, roi d'Espagne, à La Florida.
Mon Frère, le major général vous envoie des instructions pour le mouvement à faire par le duc de Bellune sur la rive gauche du Tage. La division Dessolle sera le 7 au plus tard à Guadarrama. Le bataillon polonais qui va à Ségovie doit être arrivé. S'il était encore à Somo-Sierra, vous pourrez lui envoyer l'ordre de venir, en laissant à Somo-Sierra deux compagnies. J'ai donné l'ordre aux 3e bataillons, du 43e et du 51e de se rendre à Madrid. Après huit ou dix jours de repos, la division Dessolle doit avoir 9,000 hommes».

Programmant la rentrée prochaine de Joseph dans sa capitale, son frère lui écrit le10 Janvier : «La division Dessolles, qui doit être arrivée le 7 à Madrid, doit avoir besoin de repos. Comme elle est du corps du maréchal Ney, qui est en Galice, vous pouvez lui donner des ordres directement.
Si la division Leval avait besoin d'être secourue, vous la feriez soutenir par la division Valence, et vous garderiez les divisions Milhaud, Dessolles et Sébastiani à Madrid, dans votre main. Il faut vous appliquer à compléter l'artillerie de la division Sébastiani à 12 pièces, celle de la division Dessolles à 12 pièces, et celle de la division Milhaud à 6 pièces. Le maréchal Lannes est parti aujourd'hui pour Saragosse, et faire sa jonction avec le général Saint-Cyr. Le général Lapisse est à Zamora; 4,000 à 5,000 hommes sont nécessaires à Avila pour poursuivre Pignatelli. Ayez-y un intendant, et prêtez main-forte à vos agents. Le duc d'Elchingen est à Villafranca; le duc de Dalrnatie doit être à Lugo depuis longtemps; ma garde est concentrée ici (Valladolid) . La division Heudelet, qui est ici, va marcher sur Astorga; la division Loison est à Léon.
Il est désirable qu'en entrant à Madrid vous ayez le plus de troupes possible, en bonne tenue».

Puis Napoléon, de Valladolid, rentre en France le 17 Janvier devant la menace autrichienne. Avant de partir de Valladolid, il a rédigé des instructions, expédiées par le Major général le 21 janvier; ainsi, il ordonne à Ney : "... Vous occuperez et défendrez la Galice. Vous organiserez et pacifierez les provinces; vous ferez enregistrer et publier la proclamation et les décrets de l'Empereur et Roi ... Le général Charlot reste chargé de la province de Léon, avec les troisièmes bataillons du 12e régiment d'infanterie légère, du 58e de ligne et le régiment des chasseurs auxiliaires du colonel Tascher ..." (La vie militaire du Maréchal Ney, t.3).

Après avoir forcé les Anglais à rembarquer à la Corogne, Soult s'enfonce dans le Nord du Portugal, Ney stationne en Galice. Victor est en Andalousie, Suchet en Aragon et Saint Cyr en Catalogne. En mars la division Dessolle est toujours à Madrid.

En Février, Sebastiani prend le commandement du 4ème Corps qui se porte sur Tolède. Il vainc les Espagnols à Ciudad Real et stationne dans la Manche.

En Juin, quand on apprend les malheurs de Soult au Portugal, Sébastiani se replie et le Roi quitte Madrid pour le rejoindre avec sa Garde et la division Dessolle. Puis les forces espagnoles de Vanegas ayant à leur tour reculé sur la Sierra Morena, Joseph repart sur Madrid le 1er Juillet avec ses troupes.

Le 28 Juillet, suivant le Roi, le 12e Léger est en réserve à la bataille de Talavera qui voit la confrontation des Français avec l'armée anglo-espagnole de Wellington qui marche sur Madrid. La bataille est meurtrière et les deux adversaires finissent par se replier chacun de leur coté. Le 12e Léger entame alors une longue période de garnison dans la capitale.

Le régiment passe sous le commandement de Dulong de Rosnay, le 26 Novembre. Nous l'avions déjà rencontré comme major du 31e Léger (voir historique 31e Léger).

Etats de service de Dulong de Rosnay

Né le 12 Septembre 1780 à Rosnay (Aube). Le jeune Louis Etienne Dulong commence sa carrière militaire en étant volontaire dans un corps de hussards levé par le général Monnier lors du célèbre siège d'Ancône en 1799. Le courage du jeune hussard, qui le fait participer à de nombreux «coups de mains» où il est blessé plusieurs fois, le font nommer au grade de capitaine.
Après Marengo, à l'Armée d'Italie, il défend la place de Pesaro et ne se rend avec les honneurs le 6 Décembre 1800 qu'avec seulement 14 survivants ! Puis il rejoint immédiatement les forces française pour participer à la bataille du Mincio, où il est encore blessé.
Fait chevalier de la Légion d'Honneur en Juin 1804, l'année 1805 le voit chef de bataillon au 15e Léger. A Austerlitz, son chef étant hors de combat, il prend la tête de son régiment, rameute les soldats autour de leur Aigle et sera dans les premiers à entrer dans Sokolnitz.
Le 22 Février 1807, major au 31e Léger, il prend le commandement d'un régiment provisoire d'infanterie légère (dont les hommes du 31e) pour la campagne de 1807 de Junot au Portugal. Il se signale encore en s'emparant d'officiers de marine britannique sur la côte portugaise, au cours d'une action «commando».
Evacué après la capitulation de Cintra, il rejoint son régiment pour la campagne de Soult au Portugal. Lors de la retraite après la prise de Porto par les Anglais, il sauve l'Armée en s'emparant avec ses hommes de ponts stratégiques à Ponte Novo et Misarella. Grièvement blessé à cette occasion, ses hommes le portent le reste de la retraite.
Le 19 Septembre 1809 il devient colonel du 31e Léger pour peu de temps puisqu'il passe ensuite au 12e Léger.

Le premier décembre 1809, les positions du régiment sont les suivantes : sous l'autorité du colonel Dulong, les trois premiers bataillons stationnent à Madrid (chefs de bataillon : Joseph Ferlin, Nicolas Louis et Joseph Armand) et le 4ème bataillon (chef de bataillon Millot) est dans le Léon.

Le 18 Novembre 1809, les trois premiers bataillons étaient encore en réserve à la division Dessolle lors de la bataille d'Ocana, puis retrouvaient Madrid. Soult était devenu Major Général des armées d'Espagne en remplacement de Jourdan (en attendant la nomination de Berthier le 1er Décembre).

La bataille d'Ocana avait éliminé l'armée d'Ariezaga, organisée par la junte de Séville, foyer de résistance au Sud de la péninsule. Le roi Joseph, désireux de se faire valoir face à Napoléon, se laisse convaincre par le maréchal Soult d'entreprendre l'invasion de l'Andalousie et ainsi compléter la domination française. L'Empereur est d'accord, d'autant plus qu'il compte bien articuler cette offensive avec une autre sur le Portugal confiée à Masséna pour éliminer les Anglais.

 

3/ 1810-1811 : L'ANDALOUSIE

Carabinier d'Infanterie légère 1806
Carte de l'Andalousie

 

Carabinier d'Infanterie légère 1806
Passage de la Sierra Morena en janvier 1810

Le 11 janvier 1810, l'Empereur écrit depuis Paris à Berthier, prince de Neuchâtel et de Wagram, major-général de l'armée d'Espagne, à Paris : "Mon Cousin, vous donnerez sans délai les ordres suivants, que vous enverrez par un officier d'état-major :
Vous donnerez l'ordre que tout ce qui appartient au
5e léger se rende à Saragosse; que tout ce qui appartient au 43e, au 51e, au 58e, au 12e léger, au 10e bataillon de marche, se rende à Madrid pour y rejoindre ces corps.
J'aurai donc, pour le nord de l'Espagne, trois divisions formant 30,000 hommes. Je désire que le 10 février, époque où je compte que ces trois divisions seront réunies, elles puissent agir ...
" (Correspondance de Napoléon).

Tandis que l'Armée anglaise stationnée autour de Badajoz est surveillée par le Corps d'Armée du général Reynier, Soult désigne les 55.000 hommes qui composeront ses troupes : 1er, du 4ème et du 5ème Corps de l'armée française, sous les ordres des maréchaux Victor, Sébastiani et Mortier et la division de réserve de Dessolle (12e Léger). Elles prennent le chemin de la Sierra Morena. Le passage du défilé de Despeñaperros se fait sans rencontrer trop de résistance, le 5e Corps et la division de réserve forcent le chemin sans grandes pertes et, le 20 janvier 1810, les troupes arrivent à la Carolina, première ville d'Andalousie où elles se divisent. Le roi Joseph avec sa garde suit l'avancée de Soult pour pouvoir entre en vainqueur dans les villes conquises.

Sebastiani avec ses hommes prend le chemin de Jaén et y entre le 23, et, le même jour, le maréchal Victor et ses soldats entrent à Cordoue. Sebastiani continue vers Grenade, entrant dans la ville le 28. Le 3 février 1810 à Anquetera, le sous-lieutenant Maisonneuve du 12e est blessé. Après de sanglants combats, Sébastiani entre dans Malaga.

Pendant ce temps, Victor continue son avance et c'est le 1er février qu'il obtient la reddition de Séville. Le grand quartier général y est établi et Joseph y fait son entrée.

Le 9 Février, Mortier est devant Badajoz aux frontières du Portugal. L'Andalousie était apparemment conquise, sauf Cadix, où s'était réfugiée la Junte Insurrectionnelle, qui ne sera jamais prise et subira un siège interminable. Cependant, la guérilla, épaulée par des forces espagnoles régulières, restait très active dans les montagnes. Joseph continuait sa tournée des villes et essayait avec l'appui de Soult de se lever une armée espagnole loyaliste.

Soult avait réparti ses forces : le 1er Corps de Victor faisait le siège de Cadix, Sebastiani (4ème Corps) était autour de Grenade, la division Dessolle était réunie autour de Cordoue et Jaen et faisait la liaison avec les forces françaises dans la Manche et la Nouvelle Castille; enfin le 5e Corps de Mortier autour de Séville s'étendait jusqu'en Extremadure.

Le 30 Avril, Joseph retournait à Madrid, confiant à Soult les opérations et l'administration de la province.

En Juillet, Soult était nommé officiellement général en chef de l'Armée du Midi, qui regroupait les forces précédentes. Il se comportait en véritable vice-roi d'Andalousie avec faste et autorité, s'opposant ouvertement aux fonctionnaires incapables du roi Joseph et au roi lui-même qui lui confisquait des troupes faisant partie de son commandement. Mais pouvait il faire autrement pour se faire respecter, au milieu d' une population hostile ?

En Septembre 1810, les trois premiers bataillons du 12ème Léger sont toujours à la division Dessolle. Pendant ce temps, le 4e bataillon du 12ème fait partie de la division Seras (6e gouvernement) dans le Nord de l'Espagne et mène une lutte quotidienne contre les partis de guérillas. A noter que trois compagnies du 5e bataillon sont à la 2ème division d'arrière garde.

En Novembre, le capitane Dupré du 4ème bataillon est blessé près de Bilbao.

 

4/ 1811

Carabinier d'Infanterie légère 1806
Fig. 7 Officier de voltigeurs du 12e Leger en 1813 d'après Carles Vernet, et un uniforme d'époque

Le 27 Janvier près d'Avila, le 4ème bataillon est au contact avec les insurgés. Le sous-lieutenant Jardin est tué, et son homologue Clot est blessé dans un combat.

Si l'Andalousie semble conquise, la guérilla continue d'y faire rage; Cadix tient toujours et les Anglais sont en embuscade au Portugal, menaçant de déferler par le Nord-Ouest. Surtout que les opérations de Masséna n'ont pas été un succès.

Une armée anglo-espagnole a débarqué à Tarifa, heureusement contrée par Victor à Chiclana Barossa, le 5 Mars.

Après l'échec de Masséna au Portugal, l'initiative désormais passe aux Alliés qui veulent régler leur compte aux deux places fortes d'Estremadure encore aux mains des Français : celles de Ciudad Rodrigo et Badajoz.

Le 8 avril, une armée anglo-portugaise sous Beresdford, avec les Espagnols de Castanos, passe la Guadiana, fait le siège d'Olivenza puis se porte sur Badajoz.

Le 19 Avril 1811, le 12e Léger (trois premiers bataillons) stationne encore à Almeria sur la côte andalouse. Soult organise une réserve sur Séville en vue de prochaines opérations. Le général Sébastiani doit y envoyer les 12 e Léger et 58e de Ligne commandés par le général Werle qui, pour le moment, stationnaient entre Cordoue et Jaen.

Badajoz, prise par Soult en mars, est défendue par le général Philippon. Le général Beresford lève le siège pour se porter au-devant de Soult qui vient au secours de Philippon partant de Séville le 10 Mai. Les Britanniques se renforcent de l'armée espagnole de Blake et se positionnent à l'arrière du village d'Albuera. Pendant ce temps, plus au Nord, Wellington a battu l'Armée du Portugal reconstituée de Masséna à Fuentes de Onoro (5 mai).

Soult avance avec les : 5ème Corps de Latourg Maubourg, Girard et Gazan; 1er Corps de Victor; 4ème Corps de Sébastiani; et deux brigades indépendantes de réserve  : celle de Werle à laquelle appartiennent les 3 bataillons du 12e Léger avec le 55e et 58e de Ligne et celle de Godinot.

Le 14 mai, le régiment est à Villa Garcia de la Torre (près de Llerena) et le colonel transmet à sa troupe des nouvelles de Ciudad Rodrigo.

Le 16 mai a lieu la bataille d'Albuera contre des Anglo-espagnols bien retranchés. Soult ne savait pas que l'armée espagnole de Blake avait rejoint les Britanniques. Les combats sont sanglants et les pertes énormes des deux côtés.

Il y a une grosse attrition pour le 12e Léger. Le colonel Dulong, le 19 mai, promeut un certain nombre de soldats et sous-officiers pour remplacer les tués de la bataille.

Soult préfère se replier sur Solana et Llerana pour verrouiller l'accès à l'Andalousie.

Le 11 juin 1811, Napoléon ordonne à Berthier :
"Mon Cousin,
il arrive le 7 juin à Bayonne trois détachements : un de 135 hommes du 2eme Léger, un de 110 hommes du 4eme et un de 210 hommes du 12eme. Faites former de ces 450 hommes un petit bataillon que vous mettrez sous les ordres de l'officier qui commande l'escorte du Trésor qui doit partir le 13 juin. Arrivés à Valladolid, les 210 hommes du 12e Léger se rendront à Madrid et de là en Andalousie ...
".

Le 18 Juin, les forces de Marmont, qui a remplacé Masséna à l'Armée du Portugal, font leur jonction et les deux maréchaux délivrent ensemble Badajoz. Puis Marmont rejoint la vallée du Tage et Soult l'Andalousie, tandis que les Anglais retournent au Portugal.

En Juillet 1811, les trois premiers bataillons du 12e Léger sont au 4e Corps de Leval, qui a remplacé Sebastiani, 1ère division Liger Belair. Le 4e bataillon est à l'Armée du Nord de Dorsenne à la division Serras, répartie entre Valladolid et Salamanque.

Le 8 Juillet, Napoléon écrit à Berthier de faire rejoindre l'Andalousie au 4e bataillon du 12e Léger.

Le 18 Juillet, le colonel met son régiment en état de marche. Des divisions espagnoles de Blacke et Quadra se repliaient sur la Murcie en passant par Baza. Le général Godinot fut envoyé à leur rencontre. Il les retrouva, après avoir repoussé Quadra, sur le Rio Barbata le 9 Août. «Les voltigeurs du régiment réunis à ceux des autres régiments se sont conduits d'une manière admirable, en traversant jusqu'à la ceinture et sous un feu meurtrier de 3000 hommes, la rivière Barbata, pour enlever l'ennemi de ses positions». Les Espagnols sont dispersés.

Le 22 Octobre, le régiment participe au petit combat de Jimena. Le 26, il rétrograde sur Séville. Le 5 Novembre, il est avec Semellé devant Bornos.

Le 7 novembre, le colonel félicite son régiment »pour sa belle conduite au cours de la dernière campagne, et il espère qu'à l'avenir comme pour le passé le 12e régiment ne laissera aucune occasion de se distinguer et de prouver son dévouement à son auguste Empereur».

Le 14 Novembre 1811, l'unité complète ses tenues avec des uniformes d'infanterie de Ligne retaillés.

Au 16 Novembre, le régiment est placé dans la division de réserve de Latour-Maubourg, aux ordres du général Semellé avec le 45e et le 55e de Ligne.

 

5/ 1812 : L'EVACUATION DE L'ANDALOUSIE

L'année 1812 commençait bien pour les Français avec la prise de Valence par Suchet. Mais les Anglais de Wellington dans leur forteresse portugaise s'étaient renforcés. La prise des deux points d'appui de Ciudad Rodrigo et Badajoz était le préambule à de vastes offensives.

L'armée du Portugal de Marmont ayant abandonné le Tage, et ramenée sur le Douro aux environs de Salamanque, et le repli de Dorsenne dans le Nord Est de l'Espagne permet de s'emparer de Ciudad Rodrigo dès le 19 Janvier.

A Badajoz défendu par Philippon, la chose est moins aisée et la ville n'est prise et mise à sac qu'après un siège sanglant du 16 mars au 7 Avril. Soult, qui avait commencé sa marche du Sud, renforcé par le 5e Corps de Drouet d'Erlon à Llerena pour soutenir la garnison, doit refluer sur l'Andalousie, d'autant que dans son dos des forces espagnoles ont paru devant Séville.

Le commandement général de toutes les forces françaises a été hélas confié au Roi Joseph en Mars.

Wellington, fort de ses succès, décide de couper définitivement les communications entre l'Armée du Portugal de Marmont et celle du Midi de Soult et fait détruire le pont d'Almaraz sur le Tage le 18 Mai. Puis il va se tourner contre l'armée du Portugal pour pouvoir ensuite marcher sur Madrid. Le 13 Juin, Wellington passe l'Agueda et 3 jours plus tard se retrouve devant Salamanque. Marmont évacue la ville, laissant de petits contingents dans des forts dont les Anglais vont mettre dix jours à s'emparer. Français et Anglo-portugais vont alors stationner chacun sur une des rives du Douro. Marmont décide alors de repasser le fleuve et d'affronter les Anglais avec ses 8 divisions d'infanterie et ses deux de cavalerie. Le premier engagement a lieu le 18 Juillet, à l'aile nord de l'Armée du Portugal commandée par Clauzel à Castrillo. Les Français sont repoussés par les Britanniques.

Puis les deux armées marchent parallèlement pour se mettre en place sur le champ de bataille choisi. Les adversaires vont combattre face à face aux Arapiles, le 22 Juillet, au Sud Est de Salamanque, et le combat se terminera par une défaite française.

L'armée se retire une nouvelle fois derrière le Douro, puis quelques temps après, derrière l'Ebre. Joseph, arrivé avec des renforts de l'Armée du Centre trop tard, s'enfuit de Madrid et part se réfugier à Valence avec Suchet (qui est son beau-frère). Le 12 Août, Wellington entre à Madrid. La petite garnison du Retiro, laissée en arrière, doit capituler.

Une force anglaise se dirigeait vers Llerena.

Pendant ce temps que se passait-il en Andalousie ? Soult n'était pas sans savoir ce qui se passait plus au Nord mais il était «fixé» par le siège de Cadix,  par les opérations des forces espagnoles de Ballesteros et les opérations près de Valence où les Anglo siciliens menaçaient de débarquer. Il demandait son remplacement devant les inepties militaires du roi d'Espagne. En Juin 1812, le12e Léger était positionné à Chiclana.

Le 29 Juillet, Joseph ordonnait au maréchal Soult d'évacuer l'Andalousie. Le repli débuta à la fin Août et le 2 Octobre, l'Armée du Midi faisait sa jonction avec l'Armée du Centre à Yecla.

Souham a laissé la citadelle de Burgos sous l'autorité du général Dubreton et s'est retiré. Les Anglais débutent le siège le 16 Septembre.

Au 3 Octobre, un conseil de guerre réunit Joseph et les maréchaux Soult, Jourdan, et Suchet. Un nouveau plan de stabilisation de la situation militaire est adopté. Les armées du Centre, du Midi et du Portugal réorganisées allaient reprendre l'offensive. Au 15 Octobre, les trois premiers bataillons du 12e Léger comptent à la 5ème Division (Semellé) de l'Armée du Midi.

Le cadre du 4ème bataillon est en route pour la France.

Burgos tient toujours. Drouet d'Erlon, qui a pris le commandement de l'Armée du Centre, s'empare de Cuenca le 20 Octobre. Souham repart en avant et délivre Burgos le 28 Octobre puis entre à Valladolid.

Le 30 Octobre, au passage du Jarama près de Madrid, le soldat Pierre La Bruyère du 12e Léger sauve un officier anglais et son propre lieutenant. Il est nommé sergent. Le 2 Novembre, Joseph retrouve Madrid et entre dans sa capitale silencieuse.

Les Armées françaises se réunissent à Medina del Campo mais ne peuvent empêcher une nouvelle fois Wellington de se replier à Alba de Tormes le 15 Novembre, sans pouvoir livrer une bataille décisive. Le lieutenant Gromont du 12e Léger sera tué.

Wellington prend ses quartiers d'Hiver à Ciudad Rodrigo. Les Français, eux, s'installent une nouvelle fois entre le Douero et le Tage.

A la fin de la campagne, l'Armée du Midi devait occuper la province d'Avila.

 

6/ 1813 : RETOUR SUR LES PYRENEES

Sapeur 12e Léger 1810
Fig. 8 Officier de chasseurs du 12e Léger, dessin de Boisselier modifié d'après Martinet

C'est au début Janvier 1813, que parvient à Madrid l'annonce du désastre de la campagne de Russie et les nouvelles instructions de l'Empereur. Il lui faut tout d'abord reconstituer une armée sur le front Est Europe et sa Garde Impériale. Il va donc piocher, outre dans la conscription et la Garde Nationale, dans les «vieilles troupes d'Espagne» en prélevant cadres et bataillons. Soult est lui aussi rappelé, à cause de l'antipathie du roi Joseph.

«Paris, 4 janvier 1813.
Au général Clarke, duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris
Armée du Midi
Donnez ordre que l'on fasse rentrer sans délai et que l'on mette en route pour la France, vingt-quatre heures après la réception de vos ordres, les cadres ci-après, au grand complet, savoir: les cadres des 3e bataillons des 24e, 96e, 8e, 51e, 54e de ligne; du 3e bataillon du 27e léger; des 3e bataillons des 63e, 94e, 95e de ligne; du 4e bataillon du 32e de ligne; des 3e bataillons du 43e et du 55e de ligne; du 4e bataillon du 58e de ligne; du 3e bataillon du 12e léger ; du 3e bataillon du 45e de ligne ; des 3e bataillons du 28e et du 21e léger ; des 3e bataillons des 100e et 64e de ligne; du 4e bataillon du 103e de ligne : ce qui fait vingt cadres de bataillons à tirer de l'armée du Midi. Ces cadres, à 120 hommes par bataillon, feront plus de 2,000 hommes, qui partiront en deux colonnes…
».

Avec cette ponction d'effectifs, il faut aussi resserrer les lignes en se repliant sur le Nord de l'Espagne. Les 4 armées aux ordres de Joseph vont adopter de nouvelles positions : en mars, on évacue la Manche, l'Armée du Centre se place autour de Ségovie, celle du Midi vers la vallée du Douro, celle du Portugal en Vieille Castille. Fin Février, le colonel Dulong est autorisé à rentrer en France. Le 12e Léger passe sous le commandement provisoire du major Thibault.

Joseph, quant à lui, évacue sa capitale et replie son gouvernement à Valladolid le 23 mars, laissant à Madrid une garnison avec le général Hugo. Les forces françaises sont mal reliées entre elles, leurs communications coupées par une guérilla de plus en plus nombreuse.

Pendant ce temps, au Portugal, Wellington, devenu généralissime de toutes les armées espagnoles et alliées, réorganise lui aussi ses troupes. C'est le 22 Mai qu'il reprend l'offensive, réoccupe Salamanque, et continue sa progression. Le 2 juin, les Français évacuent Valladolid et se replient sur Burgos.

Les Alliés arrivent devant Burgos le 12 Juin. Après des combats de cavalerie, Joseph décide d'évacuer la ville, en faisant sauter ses fortifications. Mal préparée, cette destruction entraine des pertes dans les troupes françaises (dont le 12e Léger) et la population ... Et c'est avec le moral au plus bas que les troupes refluent encore. Les deux bataillons du 12e Léger sont à la brigade Maransin, 5e division de l'armée du Midi aux ordres du général Gazan.

Joseph décide d'arrêter les Alliés, en espérant que les troupes du général Clauzel puisse le rejoindre à temps. Il se positionne à Vitoria, capitale de l'Alava, le 19 juin, malgré des avis contraires de ses généraux. La bataille mal préparée dans ses positions s'engage le 21.

Mal engagée et mal terminée par la débâcle des forces françaises, la bataille de Vitoria est très couteuse pour le 12e Léger. Sont blessés : le major Thibault, le chef de bataillon Berlie, le capitaine Daiteg, les sous lieutenants Berniche, Lahougue, Blanchard ; sont tués les lieutenants Pericaud et Lepine.

Exténué, le reste des Armées françaises repasse les Pyrénées, laissant deux fortes garnisons à Pampelune et San Sebastian. Le 12 Juillet, rappelé d'Allemagne, Soult vient reprendre le commandement en chef des toutes les forces sur la frontière. Joseph et Jourdan sont destitués.

Le 12e Léger voit porté à sa tête un nouveau colonel, Joseph Mouttet, nommé officiellement le 2 Juillet.

Soult continue la réorganisation de ses forces en 10 divisions et 3 ailes. Les hommes sont assez déprimés, face désormais à des Alliés en supériorité numérique. Soult se met à fortifier la frontière, par tout un système de redoutes.

Des tentatives pour aller délivrer la garnison de Pampelune, entre les 24 Juillet et 28 juillet échouent. Le régiment va y essuyer de très nombreuses pertes. Les Français retournent sur leurs bases de départ derrière la Bidassoa.

Puis Soult essaie de secourir Saint Sébastien. La bataille de San Marcial, le 30 Août, est aussi infructueuse. La retraite, qui s'effectue par le pont de Berra, se fait sous le feu des Anglais. Saint Sébastien succombera le 8 Septembre. Désormais, on va se battre sur le sol français. Les hommes sont complètement démoralisés, la solde n'a plus été versée depuis des mois.

En Octobre 1813, les deux bataillons du 12e Léger sont à la 4e division Conroux, brigade Rey, avec les 32e et 43e de Ligne, positionnée aux alentours de Sare.

Wellington reprend son offensive, le 7 octobre. Les positions françaises sont grignotées et Wellington s'empare des hauteurs sur la Rhune. Soult prévoit alors de se replier derrière la Nivelle où il a établi des lignes fortifiées. Wellington temporise, attendant la chute de Pampelune qui survient le 31 Octobre. Le 10 Novembre, il reprend sa marche en avant. Le rideau défensif de Soult est trop étendu et il ne dispose pas d'une masse de réserve pour mener des contre-attaque, face à un ennemi en supériorité numérique. Le 12e Léger est au centre droit du dispositif autour du camp fortifié de Sare, placé sous l'autorité du général Clauzel. Wellington décide justement d'attaquer au centre des positions françaises.

Carabinier d'Infanterie légère 1806
Combats du 10 novembre 1813

Au matin du 10 novembre, après le recul des premières positions françaises sur la petite Rhune, les combats se déroulent autour de Sare. Les redoutes françaises tombent les unes après les autres malgré la combativité des troupes. Au 12e Léger, le chef de bataillon Bouhtay est tué, sont blessés le capitaine adjudant major Dupouey, le capitaine Babuty , les lieutenants Castille et Dury.

Carabinier d'Infanterie légère 1806
Combat sur la frontière des Pyrénées, fin 1813

 

VI/ 1813 : EN ALLEMAGNE

LA MOBILISATION DE L'INFANTERIE LEGERE EN JANVIER/ FEVRIER POUR LA CAMPAGNE DE 1813 EN ALLEMAGNE
(Source : correspondance de Napoléon )

Dès janvier 1813, Napoléon ordonne de réorganiser l'infanterie légère (et de Ligne) en prévision de la campagne qui ne saurait tarder sur le Front Est. Plusieurs mesures sont prises :

  1. Le rappel des cadres des 3e Bataillons des Régiments en Espagne :
de l'Armée du Midi : des 21e, 27e, 12e et 28e Légers
de l'Armée du Centre : du 2e Léger
de l'Armée d'Aragon : du 3e Léger

Suivi, pour arrivée prévue début mars, en Allemagne, des seconds Bataillons des 13e, 15e, 11e, 24e et 26e Légers

2. Formation systématique d'un 6e Bataillon pour les Régiments qui n'en auraient pas.

3. Formations de Régiments provisoires légers pour les Corps d'Observation du Rhin ou d'Italie avec des Bataillons disponibles :
2e provisoire : 3e Bataillon des 2e et 4e Légers
3e provisoire : 3e Bataillon des 3e et 8e Légers
4e provisoire : 4e Bataillon du 12e Léger, 1er du 29e Léger
5e provisoire : 7e Bataillon du 14e Léger, 4e du 18e Léger
6e provisoire : 3e Bataillon des 6e  et 25e Légers
8e provisoire : 4e Bataillon du 5e Léger, 4e Bataillon du 23e Léger
10e provisoire : 3e Bataillon du 16e Léger et 1er Bataillon du 28e Léger

4. Formation de Demi-brigades de réserve de 3 Bataillons sur les frontières de l'Empire :
1ère Demi- brigade : 6e Bataillon des 7e, 13e, 15e Légers pour Mayence
2e Demi-brigade : 6e Bataillon des 33e, 26e, 24e Légers pour Anvers
3e Demi-brigade : 4e Bataillon des 11e, 10e, 21e Légers venants d'Espagne pour Wesel
4e Demi-brigade : 4e Bataillon des 9e, 27e, 28e Légers venants d'Espagne pour Utrecht  
5e Demi-brigade : 6e Bataillon des 12e, 5e et 29e Légers pour Cherbourg
27e Demi-brigade, dont un Bataillon du 32e Léger pour Toulon
33e Demi-brigade, dont un Bataillon du 8e Léger en Italie
34e Demi-brigade : 6e Bataillon des 8e, 18e et 36e Légers en Italie

A son retour à Paris, la Grande Armée anéantie, les débris en occupant la Prusse Orientale, l'Empereur en organise une nouvelle pour s'opposer aux Russes. Il lève de nouveaux conscrits, réquisitionne les cohortes de Gardes Nationales et rameute progressivement de vieilles troupes d'Espagne. Il forme 34 régiments provisoires.

"Paris, 6 janvier 1813
Au général Clarke, duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris.
Vous verrez par la lettre que je vous ai écrite la formation de quatre corps : un corps d'observation de l'Elbe, un corps d'observation d'Italie et deux corps d'observation du Rhin. Les 34 régiments provisoires seront formés de la manière suivante : 2e régiment provisoire : 3e bataillon du 2e d'infanterie légère, 3e du 4e; 3e régiment provisoire : 3e bataillon du 3e d'infanterie légère, 3e du 8e; 4e régiment provisoire : 4e bataillon du 12e d'infanterie légère, 1e du 29e; 5e régiment provisoire : 4 bataillon du l4e d'infanterie légère, 4e du 18e ; 6e régiment provisoire : 2e bataillon du 6e d'infanterie légère, 3e du 25e ; 8e régiment provisoire : 4e bataillon du 5e d'infanterie légère, 4e du 23e; 10e régiment provisoire : 3e bataillon du 16e d'infanterie légère, 1e du 28e ...
".

En Février, les troupes françaises évacuent la Pologne et se replient sur l'Oder tandis que les Prussiens à la fin du mois s'alliaient officiellement aux Russes contre la France. Début mars, les Français quitent Berlin et Dresde, tandis que Davout se maintient autour des villes hanséatiques, mais les Russes étaient entrés dans Hambourg.

Le 15 Avril, Napoléon quitte les Tuileries pour se mettre à la tête de ses forces. Il en compose deux groupes : l'Armée de l'Elbe sous Eugène et l'Armée du Main, officiellement sous Soult, mais en réalité sous sa main, dont le 3e Corps de Ney formé en mars, où nous retrouvons le 4e bataillon du 12e Léger au sein du 4e régiment provisoire d’infanterie légère dans la 10e division Girard, brigade Goris.

La visée stratégique consistait à expulser l'ennemi de Saxe. Les troupes françaises repartent en avant. Davout est en marche sur Hambourg. L'armée du Main marchait par Iena et Weissenfeld faire sa jonction au Nord Est avec les forces d'Eugène. Le 1er Mai, la marche de l'Armée du Main reprenait vers Leipzig tandis que l'Armée de l'Elbe convergeait aussi vers cette ville.

Le 30 Avril, l’avant-garde du corps de Ney se heurte en avant de Weissenfels aux 7.000 Russes du général Lanskoï. La division les culbute et les jeunes soldats, entrent dans Weissenfels au cri de : "Vive l'Empereur !".

Les coalisés s'étaient regroupés près de Lützen, au SE de Leizig. Le 2 mai 1813, bataille de Lützen La division Girard occupe Starsiedel quand les Alliés attaquent. Elle est bientôt rejointe par le 6e Corps de Marmont qui la remplace et rallie le 3e Corps autour de Kaja au centre de la ligne de front. La division Souham en premier, puis les autres divisions de Ney résistent et reprennent Gros-Goerschen, enlevé par l'ennemi à nouveau, deux heures plus tard. Le soir presque tous les officiers supérieurs ont été tués ou blessés. Mais cette résistance a facilité l’enveloppement des Coalisés par les deux ailes. Ils sont battus et repoussés.

Le 3 mai, les Français entrent dans Leipzig, mais Napoléon, quasi dépourvu de cavalerie, a perdu le contact avec ses adversaires. La Grande Armée est divisée en 2 colonnes : Napoléon marche sur Dresde avec la colonne principale (Bertrand, Marmont, Oudinot et Macdonald). Ney marche sur Berlin en recueillant à Torgau les Saxons de Reynier. A Luckau, il fait sa jonction avec Victor venant de Wittenberg. Entre les deux colonnes Lauriston reste en position intermédiaire.

Les Russo-Prussiens sont restés groupés et préparent une bataille. Leur choix se porte sur Bautzen, à l'endroit où la Sprée coupe la route de Dresde à Breslau. Ils peuvent y couvrir la Silésie et y être au voisinage de l'Autriche dont on peut espérer l'entrée en guerre. Le 8 mai, Napoléon arrive à Dresde où le pont sur l'Elbe a été détruit. Le 10, la Grande Armée peut franchir le fleuve.

Napoléon retrouve ses adversaires le 20 Mai. Le corps de Ney ayant rejoint à son aile gauche. Le bataillon aura encore quelques pertes mais les Coalisés seront encore battus. Les Prussiens et les Russes reculent rapidement. La 10e division où se trouvait le 4ème bataillon du 12e Léger était passée aux ordres du général Albert.

Le 27 mai, l'Oder est atteinte et la forteresse de Glogau est débloquée. Oudinot, détaché du gros de l'armée, marche sur Berlin. Pendant ce temps, plus au Nord, Hambourg est reprise. Chez les Alliés, c'est le découragement. Certains jugent la situation si désespérée qu'ils pensent se retirer derrière la Vistule. C'est alors l'Autriche qui va sauver les vaincus et s'interposer pour proposer un armistice (dit de Pleiwitz). Napoléon va le ratifier le 7 Juin pour avoir le temps de se renforcer. Mais ses adversaires vont pouvoir faire de même.

Le 10 juin, Napoléon entre à Dresde; il y restera jusqu'au 15 août. Le 11 août, l'Autriche se joint aux Coalisés et déclare la guerre. La Suède de Bernadotte est aussi à leurs côtés. Et les états allemands faiblissent. Le 18 août, les hostilités reprennent.

Pendant l'armistice, l'Armée française a été réorganisée. Les coalisés disposent à cette date de quatre armées : 1° celle du Mecklemburg, forte de 30.000 hommes opposés à Davout; 2° celle du Nord de Bernadotte, avec 120.000 hommes, autour de Berlin; 3° l'armée de Silésie (120. 000 hommes), sous Blücher, qui s'est avancée jusqu'à Breslau malgré l'armistice; 4° enfin, l'armée principale, en Bohême, forte de 330. 000 hommes, sous les ordres de Schwartzenberg.

Le rapport des forces est désormais défavorable à Napoléon. Il répartit ses corps d'armée. Face à l'armée de Silésie, une armée de la Bober sous Mac Donald, avec Ney et Sébastiani, Marmont, Lauriston. Face à l'armée de Bohême, Poniatowski avec Victor derrière lui. Face à l'armée du Nord, une masse de 120.000 hommes, associant Davout (à Hambourg), Girard (à Magdebourg) et Oudinot (à Wittenberg) qui a pour premier objectif de prendre Berlin.

Son idée était de s'interposer entre les Armées de Blücher et de Schwartzenberg.

 

1/ Les opérations de l’armée de la Bober

Ayant bloqué (avec le rôle de la division Albert, dont 12e Léger) puis repoussé une offensive prussienne, le 20 août, le 3e Corps de Ney passe la Bober puis attaque les ponts de Naumbourg, qui sont enlevés avec beaucoup d'élan. Le lendemain, le Corps continue sa marche sur Liegnitz sans aucune résistance de la part de l'ennemi, et la division s'arrête, le 23 au soir, en arrière de Pahlwitz, sur deux lignes, par brigade, à distance de cent pas.

Le 24, le 3e Corps passe aux ordres de Souham. Tandis que Schwartzenberg marche sur Dresde, Blücher, qui a un premier temps reculé, relance l'offensive contre Macdonald, dont les forces sont très dispersées, sur la Katzbach.

Le 26 août, une attaque mal combinée des Français sous une pluie battante est repoussée par les Prussiens et se termine en débandade au centre du dispositif français. La 10e division du 3e Corps qui était à l’aile gauche doit se replier. Macdonald retraite jusque derrière la Queiss.

Le 27 août, la marche reprend, extrêmement pénible, les hommes ont à subir de grandes privations, par un temps affreux. L’armée de la Bober poursuivie par les Alliés est en train de se dissoudre. La retraite continue ainsi jusqu'au 4 Septembre, dans la soirée. A cette date, un ordre de Napoléon prescrit au 3e Corps de reprendre le mouvement en avant. Mais cette marche à l'ennemi est de courte durée, le 3e Corps reste en avant de l'Elbe jusqu'au 8 et commence la retraite sur Bautzen.

 

2/ Les opérations contre l’armée de Bohème

Dans le même temps, à partir du 21 Août, l’Armée de Bohème passait aussi à l’offensive ; Gouvion Saint Cyr et son 14e Corps se repliaient sur Dresde. Où il relevait en hâte les défenses. Parmi les effectifs du 14e Corps, le 3e bataillon du 12e Léger, au sein de la 42e division, 22e demi brigade légère provisoire.

Napoléon se portait à son secours et arrivait dans la capitale saxonne le 26 Août avec sa Garde, le 6e Corps de Marmont et le 2e Corps de Victor. L'Armée de Bohéme est repoussée mais non anéantie. Vandamme et son premier Corps d’armée sont chargés de la poursuivre. Alors qu’on lui a enlevé un certain nombre d’effectifs, il est renforcé de la 42e division, vue précédemment. Il tombe dans le piège de Kulm les 29 et 30 Août. Le 3e bataillon du 12e Léger y a de nombreuses pertes : le chef de bataillon Louis et tué et le chef de bataillon Segrail est blessé.

L'armée française s'épuise dans des offensives dans le vide tandis que les Coalisés, qui évitent les affrontements majeurs, ne cessent de recevoir des renforts. Leur but est de couper la retraite des forces françaises autour de Leipzig avec toutes leurs forces.

Le 4 octobre, Napoléon apprend que Blücher a rejoint Bernadotte. Il décide de se débarrasser de cette menace de l'Armée du Nord afin d'avoir ensuite les mains libres pour livrer une bataille décisive à l'armée de Bohême. Mais Blücher recule une nouvelle fois. Pendant ce temps, l'armée de Bohême de Schwarzemberg est arrivée devant Wachau à une vingtaine de kilomètres au sud de Leipzig. Murat, qui lui fait face, envoie à Napoléon des appels pressants de soutien. Napoléon décide alors d'aller livrer bataille à Schwarzenberg sans avoir réussi à refouler l'armée du Nord. Le 12 octobre, il replie toutes ses forces sur Leipzig.

Carabinier d'Infanterie légère 1806
Préludes de la bataille de Leipzig, 16 octobre 1813

Le 14 Octobre, Murat fait face à Wittgenstein à Liebertwolkwitz et réussit à repousser provisoirement les Coalisés mais au prix de lourdes pertes. Pendant ce temps Napoléon arrive à Leipzig. La bataille des Nations va avoir lieu dans et autour de la ville entre les forces reunies de tous les Coalisés contre l'armée de l'Empereur entre le 16 et le 19 Octobre. Bataille gigantesque qui scelle la défaite de Napoléon en Allemagne, submergé par le nombre. Ce qui reste du 12e Léger, fortement amoindri par les combats précédents, est le 4ème bataillon (chef de bataillon Deborthon), au 5e Corps de Lauriston dans le 4e provisoire d'infanterie légère, brigade Bachelet.

Le corps de Lauriston va tenir Liebertwolkwitz lors des combats du 16 Octobre, puis Probstheyda, le 18. Les débris de son corps d'armée défendront les faubourgs sud de Leipzig le 19, avec Mac Donald et Poniatowski. L'explosion du pont de Lindenau qui bloque leur retraite allait faire capturer Lauriston et ses hommes.

Après Leipzig, Napoléon fait retraiter son armée jusqu'à Erfurt et doit forcer le passage à Kösen le 21 Octobre.

Pendant ce temps, Gouvion Saint-Cyr livre la seconde bataille de Dresde le 17 Octobre, avec son 14e Corps et divers détachements du 2ème Corps. Il s'y trouve des rescapés des 3e et 4e bataillon du 12e Léger, dans la brigade Schramm, division Mouton-Duvernet. Dresde, assiégée, finira par capituler le 11 Novembre et la garnison sera capturée en violation du traité.

Alors qu'il arrive à Erfurt, Napoléon apprend la défection de la Bavière qui retourne ses troupes contre les Français. Il faut gagner les places fortes sur le Rhin. Pour cela, il faudra passer sur le corps des Bavarois qui bloque le passage à Hanau les 30 et 31 Octobre.

L'invasion de la France allait bientôt commencer. Napoléon allait faire une nouvelle fois la preuve de son génie militaire mais en vain.

 

VII/ FIN 1813 DEBUT 1814 : LA CAMPAGNE DU SUD-OUEST DU 12E LEGER

Au début Décembre, les Français très démoralisés par les replis successifs sont sous Bayonne, protégés par la Nive. Bayonne est puissamment fortifiée et des renforts sont arrivés : conscrits mal dégrossis dont on ne pourra tirer grand-chose. On va se battre sur la Nive entre le 9 et le 14 Décembre. Les deux bataillon du 12e Léger sont encore opérationnels, quoique très diminués.

Le 9 Décembre, les Anglo-portugais franchissent la Nive. Une colonne longe la côte jusqu'à Anglet où les troupes de Reille s'y opposent puis se replient sur Bayonne. Le 10, une première contre-attaque française a lieu vers Anglet, et le lendemain, mais les Anglais ont eu le temps de se renforcer et résistent. Le 12, Soult contre-attaque encore avec les 4 divisions de Drouet d'Erlon sur les forces de Hill. Celui-ci s'est avancé jusqu'à la proximité de Bayonne à Saint-Pierre d'Irrube. Les combats y font rage le 13 Décembre et les Anglais réussissent à tenir leurs positions en recevant des renforts de la rive opposée de la Nive. Les pertes ont été sévères des 2 cotés. Dans les combats devant Bayonne entre le 10 et le 13, le 12e Léger y a vu son colonel Mouttet blessé, le major Verdun blessé puis le chef de bataillon Curmer tué.

Au début de 1814, les positions du 12e Léger sont donc les suivantes :
Les 1er et 2e bataillons sont à l'Armée des Pyrénées de Soult;
Les 3e et 4e bataillons ont disparu;
Le 5e bataillon est au dépôt de Paris;
Le 6e bataillon à l'Armée de Réserve de l'Armée du Midi,  division Travot, dépendant de Soult;
Le 7e bataillon (510 hommes) est à la Réserve de Paris (division Dufour). Ce petit détachement va combattre devant Châlon et à Montereau.

Le temps exécrable fait que les 2 armées vont s'arrêter provisoirement de combattre jusqu'au début Février si ce n'est des escarmouches. Le chef de bataillon Renaud est blessé le 1er Février devant Bayonne. Le front restera tranquille jusqu'au 14 Février.

Début Janvier, Napoléon ponctionne des effectifs de Soult pour renforcer l'armée de Lyon et ses forces en Champagne. Il reste à Soult 7 faibles divisions d'infanterie et une de cavalerie pour faire face à l'offensive deWellington. Le 12e Léger est à la 4ème division Taupin, brigade Rey.

Le 14, Hill passe la Nive. Le 23 février commencent les combats pour Bayonne. Ils dureront jusqu'au 26 avril.

Les Français se replient derrière le gave d'Oloron et Soult concentre ses troupes sur Orthez, espérant mener une bataille défensive décisive, tandis que les Anglais se casseront les dents sur Bayonne.

Les 26 et 27 Février, la bataille d'Orthez est sanglante. De part et d' autre, les pertes s'élèvent à 3400 Français et 2300 Britanniques. Mais ce sont les Anglais, en avantage numérique, qui restent maîtres du terrain et Soult doit encore reculer vers Aire sur Adour puis Tarbes. Les deux bataillons du 12e Léger ont eu de nombreux officiers blessés à Orthez dont le chef de bataillon Lamorlette du 1er bataillon, le 2ème étant sous les ordres du chef de bataillon Delatude.

La bataille de Toulouse 1814
Combats devant Toulouse en 1814

Tandis que les Britanniques s'emparent de Bordeaux le 12 mars, Soult livre des combats de retardements sur sa ligne de repli à Maubourguet et Vic en Bigorre (le capitaine Dury est blessé) le 19 mars, puis Tarbes le 20. S'échappant encore avec les reste de ses troupes, il gagne Toulouse, qu'il a fait fortifier, où il entre le 24 Mars, poursuivi par 5 corps d'armées anglo-hispano-portugais. Les deux bataillons du 12e Léger sont toujours à la division Taupin.

33.000 Français, dont beaucoup de conscrits mal entrainés vont devoir s'opposer à 80.000 soldats alliés. Alors que l'Empereur abdique le 6, les deux armées se livrent à de violents combats entre le 27 mars et le 11 Avril. Le chef de bataillon Lamorlette est de nouveau touché. Puis Soult évacue la ville. Le 13 Avril, Soult apprend la cessation des hostilités par ordre du gouvernement provisoire. Le 18 Avril, un armistice est officiellement signé. Les troupes de Soult, regroupées avec celles de Suchet, se dénomment désormais Armée royale du Midi. Elles vont être bientôt licenciées.

 

VIII/ LA PREMIERE RESTAURATION ET LES CENT JOURS

A la première Restauration, le 12e Léger a été conservé dans l’armée royale, mais ses effectifs fortement réduits. Il compte trois bataillons, toujours commandés par le colonel Mouttet (depuis Juillet 1813).

Le 1er mars 1815, Napoléon débarque à Golfe Juan. En évitant les contrées hostiles et en ralliant les régiments qui étaient envoyés pour l’arrêter, il entre à Paris le 20 et remonte sur le trône. Immédiatement, une nouvelle coalition se forme contre la France et Napoléon doit se préparer à la guerre. Il reconstitue donc son armée démantelée par la Restauration. Ainsi, le 12ème Léger est organisé sur de nouvelles bases : le 3ème bataillon dans les premier et 2ème afin de les compléter; on reforme un 3ème bataillon et on prévoit de relever les 4ème et 5ème bataillons qui ont été dissous. On rappelle les anciens soldats en congés, par le décret du 27 mars. Mais ceci n’a guère le temps d’être effectif faute de temps.

La cocarde tricolore a été reprise et de nouveaux drapeaux impériaux sont distribués aux troupes. Celui du 12e Léger porte inscrit Friedland : témoin d’une période glorieuse.

Napoléon, qui dispose de faibles forces, doit battre les armées ennemies séparément. Il décide donc d’attaquer d’abord Wellington et Blücher, stationnés en Belgique, avant de se retourner contre Russes et Autrichiens. Les deux généraux coalisés ont des lignes de communications différentes, ce qui constitue le point faible de leur dispositif. En cas de retraite, Wellington devrait reculer sur Ostende et Blücher sur Liège. Pour Napoléon, il suffisait donc, en alliant rapidité et discrétion, de les attaquer au point concurrent de ces deux routes, c'est à dire Charleroi, pour les séparer.

Pour déboucher en Belgique, Napoléon dispose son armée du Nord (5 corps d’infanterie, appuyées par des divisions de cavalerie légère, 4 corps de réserve de cavalerie lourde ou légère et la Garde) en trois colonnes. Le 14 juin, il est à Beaumont. Le lendemain, il n’arrive à Charleroi qu’à 15 heures au lieu de 10. Malgré ce contre-temps, le débouché est réussi. Napoléon peut mettre en place son dispositif stratégique. L’aile gauche est confiée à Ney, celle de droite à Grouchy et Vandamme et placée sous ses ordres. La Garde est en réserve. Il s’agit maintenant de séparer les Anglais et les Prussiens. Pour cela, Grouchy doit attaquer sur les hauteurs de Sombreffe, mais des dissensions avec Vandamme et l’épuisement des troupes retardent l’avancée. Le combat est remis au lendemain.

Tandis que Ney doit se porter sur les Quatre-bras pour barrer la route aux Anglais, Napoléon restant avec une réserve de 36.000 hommes à Fleurus, prêt à seconder l’un ou l’autre.

La 7e division d’infanterie du général Girard, 2ème brigade (avec le 4ème de Ligne), faisant partie normalement du 2ème Corps a été détachée avec Grouchy. On y trouve le 12e Léger aux ordres du colonel Mouttet avec 3 bataillons : 1er bataillon Berlier, 2e bataillon Latude, 3e bataillon Chaunac.

Le 16 juin, les Français attaquent les Prussiens en position derrière le ruisseau de Ligny. La Division Girard forme l'extrême gauche de notre ligne de bataille, dans un poste «de la plus haute importance, mais aussi très périlleux». A 3 H ½, elle reçoit l'ordre de marcher sur le village de la Haye, et de prendre d'écharpe l'extrême droite de l'armée prussienne. Dès l'entrée en ligne, les trois officiers généraux de la division sont mis hors de combat. Cependant, le village est enlevé, et c'est en vain que, par deux fois, les Prussiens tentent de le reprendre. De nouvelles forces arrivent à leur secours, ils renouvellent l'attaque et reprennent le village, tandis que la division se débande. Ralliée par le colonel Sébastiani, du 11e Léger, la division revient à la charge aidée d'une division de la Jeune Garde. Les Prussiens battent en retraite vers le nord vers Wavre.

A Ligny, le 12e Léger a eu de très nombreux blessés parmi les officiers : le chef de bataillon Berlier, les capitaines : Murat, Dupouey, Metayer, Charpenay, Rochas, Soulé, Rodet, Oudinot, Falcou. Ce qui témoigne de l’âpreté des combats. Quant au colonel Mouttet, il est tombé de son cheval et a été contusionné.

Tandis que se déroule la bataille de Waterloo, le 18 Juin, la division Girard très éprouvée reste à Fleurus. A l’annonce de la défaite, elle se replie sur Laon. Rappelée sur Senlis et de là sur Paris. Après l'entrée des alliés dans Paris, elle est dirigée sur la Loire. Les régiments impériaux vont être peu à peu dissous.

 

IX/ UNIFORMES

Figure 1 : Officier de voltigeurs du 12e Léger (d'après un uniforme - collection privée) 1805-1806. On notera le collet chamois des voltigeurs sans passepoil et les parements en pointe à trois boutons argentés.  Le reste de la tenue est assez réglementaire. Les retroussis bleu passepoilés de blanc sont ornés de cor de chasse argent.

Figure 2 : Chef de bataillon d'infanterie légère, division Oudinot, 1805-1806, d'après un dessin de Voltz. L'officier a coiffé un bonnet d'oursin sans plaque, comme les carabiniers, pour montrer son appartenance à cette phalange d'élite.  Il l'a orné d'un cordon et sans doutes de raquettes argent. Le surtout est bleu foncé avec parements en bottes et collet écarlate passepoilés de blanc. Les retroussis sont bleu foncé, ornés sans doute de grenades argent. Epaulette et contre épaulette argent. Ceinturon noir à plaque argent. Epée ou sabre d'officier d'infanterie. Culotte blanche et bottes à l'écuyère noires. Harnachement "à la française" avec tapis de selle, chaperons de fontes et portemanteau carré écarlates galonnés d'argent (là aussi, signe d'appartenance à une unité d'élite car le fond devrait être bleu), briderie noire. Le portemanteau est orné à ses extrémités d'une grenade argent.

Figure 3 : Carabinier du 12e Léger en 1805. Dessin d'un carabinier d'infanterie légère en 1805, d'après le manuscrit de Brunswick. Ce manuscrit réalisé en Allemagne en 1805 montre les tenues des troupes françaises avec quelques approximations dans les détails mais un fond de réalisme. Nous en tirons cette illustration qui met en situation l'infanterie légère impériale de cette année. Les carabiniers du 12e Léger portent encore le bonnet d'oursin avec plumet écarlate et cordon et  raquettes blancs et sont dotés d'un sabre briquet à dragonne écarlate. Les épaulettes sont aussi classiquement écarlates, de même que des grenades qui ornent théoriquement les retroussis. Le pantalon de route passe normalement au dessus des demi-guêtres.

Figure 4 : Le 12e Léger vers 1807 d'après un dessin du manuscrit de Berka. Nous avons très légèrement modifié quelques détails pour pouvoir les adapter au 12e Léger. L'officier porte le chapeau noir à ganses argents et épaulette et contre épaulette argent. Son uniforme à revers en pointe, bleu foncé passepoilé de blanc, a des parements carrés bleus à pattes écarlates. Le collet est écarlate sans passepoil. Un uniforme d'officier du 12e Léger conservé au Musée de l'Armée montre des pattes de parements à quatre boutons, au lieu de trois, comme dans certains régiments d'infanterie légère que nous avons déjà rencontrés (3e Léger), sans que nous sachions si cela est une fantaisie de toute l'unité ou personnelle. On notera les poches « à la Soubise» sur les basques. La culotte bleue entre dans des bottes noires.

Le carabinier porte encore le bonnet d'oursin à plumet écarlate. Les shakos seront distribués aux carabiniers du régiment à la fin 1807. Le pantalon de route bleu permet d'économiser la culotte. En tant que compagnie d'élite, le carabinier a les épaulettes écarlates à tournantes blanches et un sabre briquet dont il manque la dragonne écarlate. On notera aussi les grenades écarlates sur les retroussis. Le plus spectaculaire reste ce fanion non réglementaire orné de grenades, qui peut être celui d'une formation provisoire de compagnies d'élite réunies.

Le chasseur a une tenue assez réglementaire pour l'infanterie légère. Le shako est encore sans jugulaires. Les épaulettes sont vertes à tournantes écarlates. Les pattes de parements n'ont que trois boutons. La veste et la culotte sont bleu, les demi guêtres noires. Il n'a pas de sabre briquet.

Figure 5 : Tambour de chasseurs du 12e Léger vers 1810 (d'après collection Dubois de l'Etang). On notera le galonnage blanc du collet et des parements et surtout la présence des "nids d'hirondelles" rouges galonnées de blanc sur le haut des épaules, en dessous des épaulettes. Equipement classique des tambours d'infanterie.

Figure 6 : Sapeur du 12e Léger vers 1810-1812  donné par Rigo d'après un document allemand d'époque. Alors que le régiment est engagé en Espagne pour ses 4 premiers bataillons, le 5ème bataillon est mobilisé au sein d'un régiment de marche en  mai 1812 pour servir dans une division de réserve (Lagrange) en attendant l'intégration au 9e Corps du maréchal Victor. C'est là que ce sapeur a été certainement vu. On note le port du colback avec plumet et flamme entièrement écarlates, les haches écarlates sur le haut des manches; le port de la barbe, de la hache et du tablier de cuir. Sinon, c'est la tenue des carabiniers du régiment.

Figure 7 : Officier de voltigeurs du 12e Léger, 1813 d'après C. Vernet et un uniforme d’époque. La tenue est désormais à la coupe Bardin avec les revers entièrement fermés, épaulette et contre épaulettes argent, collet chamois des voltigeurs, les basques comportent poches en long à 3 pointes et fausses poches à la Soubise, les retroussis intérieurs sont ornés d’une grenade argentée et les retroussis extérieurs d’un cor de chasse argenté, plaque de shako argentée à l’Aigle avec soubassement portant le chiffre 12. Hausse col cuivre orné d’un cor de chasse argent. Le reste très réglementaire.

Figure 8 : Officier de chasseurs du 12e Léger vers 1813, d'après une planche de Martinet. Comme on le sait, Martinet, sur des planches imprimées systématiques modifiait‌ les détails significatifs selon les régiments représentés. Et en général ces détails étaient de première source puisque contemporains. Notre officier porte un shako noir à chevrons en V renversés et galonnage de feuillage argenté au haut du shako. Sortant d'une tulipe argent, on note un plumet vert et jaune que l'on verrait plutôt chez un officier de voltigeurs, mais ce plumet est aussi donné dans la même série à un chasseur, donc peut être particularité régimentaire. On notera aussi la plaque conservée d'un ancien modèle losangique où une Aigle surmonte le numéro du régiment. Il n' y a plus de cordon et raquettes comme le prévoit le règlement. La tenue est du modèle 1812, à revers entièrement fermées et passepoilés de blanc. L'épée est suspendue à un ceinturon de cuir vert passé sous le pont de la culotte. L'épaulette argent et la contre épaulette désignent le grade. Le reste de la tenue est réglementaire.

 

X/ DRAPEAUX

/ Les drapeaux modème 1804

Le 12e Léger reçoit, en 1804, 3 drapeaux du modèle de l'année, dit Picot (un par bataillon), et trois Aigles. Il semble que ces drapeaux aient été emportés en Espagne puisque, dans un ordre du jour du 17 juin 1812, qui organise une revue du régiment en grande tenue par l'inspecteur général Tilly, le colonel précise : «... l'inspecteur après avoir passé devant le front (les drapeaux ne salueront pas) fera rompre par compagnie, border la haie. La compagnie qu'il passera en revue sera sous les armes ...».

/ Les drapeaux modème 1812

Le régiment reçoit la même année un seul drapeau modèle 1812, portant WAGRAM, en échange des anciens. Ce drapeau reste au dépôt de l'unité.

/ Les drapeaux de la première Restauration pour l'Infanterie légère (D. Davin).

Le gouvernement provisoire du 1er Avril 1814 abolit les emblèmes impériaux. Le principe d’un drapeau par Régiment est conservé au 1er Bataillon, porté par un Officier, les autres Bataillons ayant des fanions. Les drapeaux sont blancs, 150 sur 150 cms, sur les bords un feston avec fleurs de lys et rosaces alternées en doré. Dans chaque angle, un carré avec le numéro du Régiment. Franges or sur les bords, cravate de taffetas blanc avec broderie de palmettes et fleurs de lys et franges or. Cordon et glands dorés. Hampe de 2,50m surmontée d’une pique dorée, ornée d’une fleur de lys découpée.

A l’avers : au centre, en or bordé de noir, l’inscription :
Pour les neuf premiers Régiments :
LE ROI/
AU REGIMENT/
DE (suit leur titre pour les 9 premiers Régiments de l’arme. Note A)
Xme  D’INFANTERIE/
LEGERE.
(Note A) : les neuf  premiers Régiments d’Infanterie légère portent le titre : 1er du Roi, 2ème de la Reine, 3ème du Dauphin, 4ème de Monsieur, 5ème d’Angoulême, 6ème de Berry, 7ème d’Orléans, 8ème de Condé, 9ème de Bourbon.
En janvier 1815, on rétablit le titre de Colonel Général de l’Infanterie légère, le 7ème Léger en prend la dénomination et a un drapeau spécial (voir historique du 7ème Léger).
Exemple : LE ROI/ AU REGIMENT/ DE CONDE/ 8EME D’INFANTERIE/ LEGERE.

Pour les Régiments n’ayant pas de titre, l’inscription devient LE ROI/ AU Xème/  REGIMENT/ D’ INFANTERIE/ LEGERE.

L’inscription centrale est encadrée à droite par deux branches de chêne, à gauche par deux branches de lauriers, les branches liées par un ruban rouge où pendent les croix de St Louis et de la Légion d’Honneur.

Au revers : les armes de France couronnées entourées par les colliers des ordres du St Esprit et de St Michel, avec sceptre et main de justice, encadré par une branche de chêne et de laurier liées par un ruban rouge.

La première distribution des drapeaux d’Infanterie a lieu à Paris le 19 septembre 1814 pour les Régiments de la 1er Division militaire aux ordres du Général Maison. Auparavant, la Garde Nationale avait reçu les siens. Le 1er Régiment Léger du Roi et le 4ème de Monsieur, les 12ème et  15ème reçurent leurs drapeaux à Paris en septembre 1814. Le 8e Léger reçut le sien à Bordeaux le 23 octobre 1814. Certains drapeaux furent cachés durant les Cent Jours.