Le 105ème Régiment d'Infanterie de Ligne

1796-1815

Avertissement et remerciements : Cet article nous a été adressé par notre collègue du Bivouac, Didier Davin, que nous remercions tout particulièrement pour sa disponibilité et son érudition.

Sergent porte fanion de Compagnie, 105e de Ligne, 1796-1799
Fanion de Compagnie de la 105e Demi-brigade entre 1796 et 1799; d'après JOB

La 105e Demi brigade de Ligne a été formée à Cologne en février 1796 par amalgame des 9e et 149e Demi-brigades de bataille. Elle recevra trois drapeaux à l’Armée de Sambre et Meuse. Le Chef de Brigade Cardon en prend la tête.

Un Arrêté du Directoire exécutif, daté de Paris, le 23 nivôse an 6 (12 janvier 1798), attache la 105e à l'Armée d'Angleterre (La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 1. P. 95).

La Demi-brigade passe à l’Armée d’Italie en 1799, et on la verra combattre à Novi.

I/ 1800-1803, LE CONSULAT EN ITALIE PUIS EN ESPAGNE

A/ L'Italie

Sapeur de la 105e Demi-brigade, 1800-1801
Fig. 1 : Sapeur de la 105e Demi-brigade, 1800-1801, d'après la Cronaca Rovatti.

Au début 1800, l’armée française d’Italie s’est repliée sous la pression des Coalisés sur la frontière des Alpes et la région de Gênes et ses environs. Ses bases arrières sont en Provence. Masséna vient en prendre le commandement et doit d’abord réprimer des mutineries. La 105e demi- brigade se trouve à l’aile gauche de l’Armée à Scarenna, Lucero et Draps.

A la mi-février les Autrichiens reprennent l’offensive tandis que Masséna fortifie Gênes. Début avril, la poussée ennemie est plus forte et les Français reculent pied à pied. Masséna est bientôt obligé de s’enfermer dans Gênes, attendant l’intervention de l’Armée de Réserve de Bonaparte en Italie.

Pendant ce temps, son lieutenant Suchet défend ses positions avec le centre de l’armée autour de Finale. Ses troupes sont en haillons et sans vivres. Il essaie bien de rallier Masséna avec Oudinot, mais sans succès. Il doit reculer, n’ayant plus que 4200 hommes en ligne. Il se replie sur la ligne du Var.

Le 13 mai, la 105e Demi-brigade se retrouve à Utelle. Le 11 mai, les Autrichiens étaient entrés dans Nice.

Le 26 mai, une grande offensive autrichienne est repoussée. Les Français repartent de l’avant, Nice est reprise le 29. Les Autrichiens se replient.

Les 7e Léger (400 hommes) et 105e de Bataille (800 hommes) formant la Brigade Lesuire de la Division Menard, enlèvent le camp des Mille Fourches. L’avancée continue et le 5 juin, Lesuire est à Ponte di Nava. Mais Gênes était tombée. Cependant, sa résistance avait permis à l’Armée de Réserve de Bonaparte de passer les Alpes. Bientôt le 14, elle allait vaincre à Marengo, changeant la situation stratégique.

Masséna et son armée, sortis avec les honneurs de Gênes, retrouvaient bientôt les forces de Suchet. Les Français réoccupaient peu à peu la Ligurie.

La 2ème campagne d’Italie ne se terminerait réellement qu’à la fin de l’année avec l’offensive de Brune à la tête de l’Armée d’Italie, et celle de Mac Donald dans les Grisons. Mais la 105e ne serait plus en ligne.

POSITION DE LA 105e DEMI BRIGADE
Août 1800 (côte SHDT : us1800 Armée d’Italie)

Chef de Corps : CARDON Chef de Brigade - Infanterie
CHAPUY - AIGRE Quartier-maître trésorier
Prévost, Cuvellier, Copin Chirurgiens-major
1e Bataillon commandant : Chef de Bataillon Leloutre, Mathis Adjudant-major du 1er Bataillon
2e Bataillon commandant : Chef de Bataillon Augros, Puel Adjudant-major du 2e Bataillon
3e Bataillon commandant : Chef de Bataillon Bonnemaille, Grouteau Adjudant-major du 3e Bataillon

Le 25 septembre 1800 (3 vendémiaire an 9), Bonaparte écrit, depuis Paris, à Carnot, Ministre de la Guerre : "Donnez l'ordre au général Brune de faire partir pour Dijon, par le plus court chemin, les 24e, 105e et 11e demi-brigades de ligne, et trois autres demi-brigades les plus faibles de son armée et les moins en état de faire campagne. Ces six demi-brigades ne l'affaibliront que de 4 ou 5 000 hommes, diminueront considérablement sa dépense. Elles pourront, pendant l'hiver, être remises au complet et se trouveront à même de pouvoir, à la fin de l'hiver, rendre des services réels ..." (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1911, t.2, lettre 1192; Correspondance générale de Napoléon, t.3, lettre 5657).

Le 8 novembre 1800 (17 brumaire an IX), Bonaparte écrit, depuis Paris, à Gaudin, Ministre des Finances : "Dans les quatre arrêtés qui ont été pris, citoyen ministre, pour faire solder l'arriéré de l'an VIII, il y a plusieurs sommes destinées aux 11e, 105e et 24e demi-brigades de ligne.
Je désirerais que la totalité de ces fonds puisse partir demain ou après afin de solder ces corps
" (Correspondance générale de Napoléon, t.3, lettre 5752).

Le 29 novembre 1800 (8 frimaire an IX), Bonaparte écrit, depuis Paris, à Berthier, Ministre de la Guerre : «La 11e demi-brigade est à Lyon. Les 24e et 105e sont à Dijon, les trois demi-brigades qui doivent fournir une division qui puisse agir en Pluviôse doivent être complétées par la conscription de l’an IX.
Il faudrait fournir aux conseils d’administration des draps et la masse pour les confectionner comme si elles étaient à 3000 hommes, en les prévenant qu’elles devront habiller les conscrits qui arriveront incessamment ...
» (Correspondance générale de Napoléon, t.3, lettre 5806).

En décembre 1800, Lucien Bonaparte part comme ambassadeur en Espagne.

Le 8 décembre (17 frimaire an IX), Bonaparte écrit, depuis Paris, à Berthier : «Je vous prie, citoyen ministre, de donner ordre au général de division Leclerc, de se rendre sur le champs à Châlon sur Saône et à Lyon pour y passer en revue les 11e, 24e et 105e de Ligne, faire compléter, solder ces demi brigades et prendre toutes les mesures pour qu’elles puissent entrer en campagne dans le courant de l’hiver. Avant de partir, il se rendra chez le directeur du Trésor Public, pour savoir si les fonds ont été faits pour ces trois corps, pour les trois premiers mois de l’an IX et si ceux destinés par des arrêtés antérieurs pour la solde arriérée de l'an VIII sont prêts. Il emporterait ces derniers fonds avec lui» (Correspondance générale de Napoléon, t.3, lettre 5821).

Et le 9 (18 frimaire an IX), il écrit, depuis Paris, au Général Leclerc «Vous serez porteur, citoyen général, d’une somme de 250.000 francs pour solder ce qui est du de l’an VIII aux 11e, 24 et 105e de Ligne.
Voyez le ministre des Finances pour vous faire remettre cette somme, et partez le plus tôt possible, car ces troupes sont dans un grand besoin ...
Indépendamment de cette somme, le directeur du Trésor public a dû faire les fonds pour solder les trois premiers mois de l'an IX.
Faites-moi connaître directement ce qui pourrait rester dû à ces trois corps pour l'an VIII
» (Correspondance générale de Napoléon, t.3, lettre 5823).

B/ L'Espagne

Au début de 1801, la Paix ayant été signée avec l'Autriche, la République se tourne contre le Portugal, fidèle allié de l'Angleterre, contre laquelle nous sommes toujours en guerre. Dès le 12 Janvier, il est prévu de former autour de Bordeaux un Corps d'Observation de la Gironde. Le Premier Consul le confie à son beau-frère, le général Leclerc, mari de sa sœur Pauline.

L'Espagne, notre alliée, devait soutenir notre marche vers le Portugal et participer à son occupation. Godoy, le très puissant premier ministre espagnol, s'en portait garant. Pour former le Corps d'Observation, on amalgame des unités en fort mauvais état depuis les dernières campagnes de 1800, et il faut plusieurs mois pour que tout le monde arrive à la frontière espagnole. Leclerc est donc chargé de réunir ses troupes et place son Quartier Général à Bordeaux.

Bonaparte écrit, depuis Paris, à Berthier, Ministre de la Guerre, le 15 janvier 1801 (25 nivôse an 9) : «Je vous prie, Citoyen Ministre, de donner l'ordre :
1° Au général Leclerc, de compléter à 700 hommes, compris les officiers, les premiers bataillons des 11e, 26e et 105e de ligne ; il recevra incessamment l'ordre de les réunir à Lyon avec le train d'artillerie qui a été destiné pour sa division ...
» (Correspondance de Napoléon, t.6, lettre 5297 ; Correspondance générale de Napoléon, t.3, lettre 5928).

Et le 26 janvier 1801 (6 pluviôse an 9), toujours depuis Paris : «Vous donnerez ordre, citoyen ministre, à la 24e de Ligne et au 1er bataillon complété de la 105e de partir de Dijon avec l’artillerie qui était attachée à la division Leclerc pour se rendre à Bordeaux ...» (Correspondance générale de Napoléon, t.3, lettre 5963).

Et le 23 février (4 ventôse an IX) : «... Donnez l'ordre au bataillon de la 105e qui est resté à Dijon de rejoindre son autre bataillon à Bordeaux ...» (Correspondance générale de Napoléon, t.3, lettre 6069).

Le 7 mars, Bonaparte à écrit son Ministre de la Guerre que Leclerc lui rend compte que tous les corps qui arrivent au Corps d’Observation sont nus, c’est à dire sans uniformes !

Le 19 mars (28 ventôse an 9), depuis Paris, Bonaparte ordonne à Leclerc de faire avancer sur Bayonne sa première Brigade, parmi laquelle : deux Bataillons du 105e de Ligne (Correspondance de Napoléon, t.7, lettre 5474 ; Correspondance générale de Napoléon, t.3, lettre 6141).

Avril, Leclerc réunit à Bayonne tout ce qu'il a de disponible pour entrer en Espagne, avec une Brigade d'avant-garde sous les ordres du Général Monnet. Par Irun, Tolosa, Burgos et Valladolid, l'avant-garde s’établit à Ciudad Rodrigo pour attendre le reste des troupes; mais, au cours de la route, l'accueil des Espagnols n'est pas ce que l'on espérait. Bonaparte envoie Gouvion Saint-Cyr auprès des Espagnols comme conseiller militaire.

Bonaparte écrit à Leclerc le 13 avril : «... j’imagine que chaque demi-brigade a sa musique que l’on pourra habiller avec quelque luxe ...».

Une deuxième Brigade de 4000 hommes, sous le Général Dumoulin, entre en Espagne le 2 Mai. C'est alors que Godoy décidait d'attaquer le Portugal avec ses propres troupes, avant la montée en puissance des Français, qui se résolvent à protéger Ciudad Rodrigo. Puis, rapidement, la paix est signée entre le Portugal et l'Espagne. Une mascarade ...

Les Français restent alors regroupés près de Ciudad Rodrigo, mais leurs renforts continuent à arriver. La Brigade Lamarque passait par Perpignan le 16 Mai, et gagnait Salamanque le 4 Juillet. Le 5 Juin, la Brigade Thibault faisait son entrée dans la péninsule et ralliait aussi Salamanque. Leclerc rejoignait enfin son armée en Espagne. Enfin, la Brigade Gilly, fin Juin, retrouvait les deux précédentes.

La situation des troupes françaises devenait ubuesque. Elles n'avaient pas combattu et stationnaient dans un pays en paix, pour lutter contre un adversaire commun qui ne l'était plus ! Ce qui n'est pas le cas pour la population espagnole qui, prenant les Français pour des envahisseurs, commence à les harceler.

En juillet 1801, Leclerc concentre ses troupes entre Ciudad Rodrigo et Salamanque, la cavalerie sur Zamora. Le 105e de Ligne est à la première Division à Ciudad Rodrigo et ses environs (Guignalde). Des épidémies frappent les troupes en raison des chaleurs. Au milieu de toutes ces difficultés, Leclerc réussit à maintenir la plus stricte discipline parmi ses hommes. A la fin août, la 1ère division se replie sur Salamanque, tandis que la seconde gagnait Valladolid, et la 3ème Toro.

Position et encadrement de la 105e Demi-brigade en Juillet 1801 (côte SHDT : C2597)

Effectif sous les armes : 2 Bataillons stationnés à Ciudad-Rodrigo et environs : 1026 Officiers et hommes.

1ère Division du Corps d’Observation de la Gironde
Cardon : Chef de Brigade
Chapuy-Aigre Quartier-maître trésorier; Prévost, Cuvellier, Copin Chirurgiens-majors
1er Bataillon commandant : Chef de Bataillon Leloutre
2e Bataillon commandant : Chef de Bataillon Augros
Dépôt à Bayonne : 3e Bataillon commandant : Chef de bataillon Bonnemaille

Août 1801 (côte SHDT : C2597)

1ère Division, 2 Bataillons stationnés à Guinaldo : 1080 Officiers et hommes, même encadrement

Septembre 1801 (côte SHDT : C2597)

Effectif sous les armes : 2 Bataillons - stationnés à Salamanque : 1279 Officiers et hommes
1ère Division Rivaud
Chef de corps : CARDON Chef de Brigade; Chapuis–Aigre Quartier-maître trésorier; Prévost, Cuvellier, Copin Chirurgiens-majors
1er Bataillon : commandant : Chef de Bataillon Leloutre, Mathis Adjudant-major du 1er Bataillon
2ème Bataillon : Chef de Bataillon Augros, Puel Adjudant-major du 2e Bataillon
Dépôt à Bayonne, 3e Bataillon commandant : Chef de Bataillon Bonnemaille, Grouteau Adjudant-major du 3e Bataillon

Le 23 septembre, les troupes célébrèrent l’anniversaire de la proclamation de la République Française.

Les hommes restent stationnés ainsi jusqu'à mi-octobre, jusqu'à ce que Bonaparte, furieux, ratifie un traité de Paix avec le Portugal. Dans le même temps, des préliminaires de Paix étaient signée avec l'Angleterre.

Leclerc rentre en France le 13 octobre et confie son armée au Général Rivaud. Les Espagnols supportent de moins en moins la présence des troupes françaises. Les incidents se multiplient.

Le 24 novembre 1801 (3 frimaire an X), Bonaparte écrit, depuis Paris, au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "... La 105e [se rendra] dans la 10e division militaire..." (Correspondance générale de Napoléon, t.3, lettre 6654).

Une nouvelle expédition se monte avec Leclerc à sa tête pour mater la révolte de Saint-Domingue. Beaucoup de troupes du Corps d'Observation de la Gironde vont en faire partie. Mais pas la 105e.

C/ 1802

La Demi-brigade rentre en France en Février 1802.

L'Etat militaire de l'an XI (à partir de septembre 1802) nous donne la position de la Demi-brigade : 105e DB de Ligne à Perpignan (6e DM); Chef de Brigade Habert; Chefs de Bataillons Lescaudey, Lafosse, Barba.

D/ 1803, Bayonne

En 1803, la Demi-brigade reçoit, pour compléter ses effectifs, le 2ème Bataillon de la 31e demi-brigade qui a été dissoute.

Napoléon écrit :
«Saint-Cloud, 14 juin 1803
Au général Berthier, ministre de la guerre
Je vous renvoie, Citoyen Ministre, les projets que vous aviez rédigés pour le camp de Saint-Omer. Voici définitivement les bases auxquelles je me suis arrêté : Six camps seront formés, lesquels, destinés à ne composer qu'une seule armée, seront commandés par six lieutenants généraux commandant en chef. Ils auront chacun un parc d'artillerie commandé par un général d'artillerie et par un colonel directeur du parc. Les six parcs seront tous soumis à un général commandant en chef l'artillerie et à un général de brigade directeur général des parcs des six camps. Chacun de ces camps aura un ordonnateur, lequel correspondra avec un ordonnateur en chef des six camps.
Ces six camps seront : un en Hollande, un à Gand, un à Saint-Omer, un à Compiègne, un à Saint-Malo, un à Bayonne
».

Et le 7 Juillet 1803 (18 messidor an XI), depuis Lille, il écrit à Berthier : «... Donnez ordre à un bataillon de la 105e de se rendre à Toulouse pour y tenir garnison» (Correspondance générale de Napoléon, t.4, lettre 7789). Ce sera le 3ème Bataillon.

Et le 4 août 1803 (16 thermidor an 11), depuis Namur, il demande à Berthier de donner ordre "... à deux Bataillons de la 105e Demi-brigade, complétés sur le pied de paix, de se rendre au camp de Bayonne" (Correspondance de Napoléon, t.8, lettre 6980 ; Correspondance générale de Napoléon, t.4, lettre 7904).

Encadrement et position de la 105e de Ligne en août 1803 (côte SHDT : C2597_180308)

Chef de corps : HABERT
BARBA 4e Chef de Bataillon à la suite
RICARD Quartier-maître trésorier
Les 1er et 2ème Bataillons arrivent à Bayonne le 22 fructidor (9 septembre) : 1370 Officiers et hommes
1er Bataillon commandant : Chef de Bataillon Rateau
- Carra Saint-Cyr - Saint-Sulpice - Dorsner
2e Bataillon commandant : Chef de Bataillon Lescaudey
Carra Saint-Cyr - Saint-Sulpice - Dorsner
3e Bataillon commandant : Chef de Bataillon Lafosse à Toulouse - 10e Division militaire

Le 28 août 1803 [10 fructidor an XI), depuis Saint-Cloud, Bonaparte écrit au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "Je vous envoie, citoyen ministre, les dispositions que j'ai arrêtées pour l'organisation de quatre camps faisant partie de six qui vont être formés sur les côtes de l'Océan.
... CAMP DE BAYONNE ...
105e ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.4, lettre 7972).

En Septembre 1803, la Demi-brigade prend le titre de Régiment et le Chef de Brigade celui de Colonel.

II/ 1804-1805, LE DEBUT DE L’EMPIRE

A/ 1804

Le 105e Régiment passe dans l’Ouest de la France sous l’autorité du Général Augereau.

Positions en janvier 1804 (côte SHDT : us1804)
Chef de corps : HABERT Colonel - Infanterie
Conscrits des départements du Loir et Cher - de l'Elbe - de la Mayenne des ans XI - XII
COTTE Major - infanterie; RICARD Quartier-maître trésorier
1er Bataillon commandant : Chef de Bataillon Lescaudey au cantonnnement de Saintes
2e Bataillon commandant : vacant, au cantonnnement de Saintes
3e Bataillon commandant : vacant, à Angoulême - 20e Division militaire.

En Janvier 1804, la traque des brigands de l'Ouest continue. Le 8 janvier 1804, Napoléon écrit, de Paris, au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "Donnez l'ordre, Citoyen Ministre, au général Gouvion de faire partir de la Vendée les trois régiments de dragons composant la brigade du générai Fénerolz pour se rendre au camp d'Amiens.
Vous lui ordonne
Celle de Machecoul sera commandée par le général de brigade Devaux et composée de 25 gendarmes, d'un détachement du 20e régiment de chasseurs, et de trois compagnies du 3e bataillon du 12e régiment d'infanterie légère complétées à 70 hommes chacune.
Vous ordonnerez à cet effet que le détachement du 47e régiment qui faisait partie de cette colonne retourne à Rennes.
La colonne de Palluau sera commandés par le général de brigade Paulet, et sera composée d'un détachement de gendarmerie, d'un détachement du 4e régiment de chasseurs et de trois compagnies du 3e bataillon du 105e régiment d'infanterie de ligne
(la Correspondance générale indique le 103e). Les grenadiers ne seront point compris.
Le détachement du 12e régiment d'infanterie légère qui compose cette colonne retournera à Nantes.
La colonne de Montaigu sera commandés par le général de brigade Girardon, et sera composée d'un détachement de gendarmerie, d'un détachement de dragons, et de trois compagnies du 3e bataillon du 26e de ligne complétées à 70 hommes chaque.
La colonne de la Roche-sur-Yon sera commandée par le colonel Reynaud, adjudant du palais, et restera composée comme elle se trouve.
La colonne de Thouars ou de Bressuire restera organisée comme elle se trouve.
Le général Gouvion retiendra, pour sa garde, les compagnies du 93e d'infanterie de ligne et le détachement du 22e régiment de chasseurs, en renvoyant à Nantes tous les détachements du 12e d'infanterie légère. Par ce moyen, tout le 12e d'infanterie légère sera réuni à Nantes, hormis trois compagnies, et tout le bataillon du 82e régiment sera réuni aux Sables
" (Correspondance de Napoléon, t.9, lettre 7457 ; Correspondance générale de Napoléon, t.4, lettre 8562).

D'après l'Etat militaire de l'an XII (1804), les 1er et second Bataillons sont aussi à Saint-Jean d’Angely (12e DM) et le 3ème à Angoulême (10e DM).

Le 21 mai 1804 (1er prairial an XII), Napoléon écrit, depuis Saint-Cloud, au Maréchal Berthier : "Mon Cousin, je vois que, dans l'état de situation de l'armée des côtes ...
Dans l'état du cantonnement de Saintes, les deux bataillons du 26e de ligne ne sont portés qu'à 1,300 hommes, ainsi que ceux du 105e. Donnez des ordres pour que leurs dépôts les complètent le plus tôt possible à 1,600 hommes
" (Correspondance de Napoléon, t.9, lettre 7765 ; Correspondance générale de Napoléon, t.4, lettre 8875).

Le 25 Mai 1804, Napoléon est proclamé Empereur et Augereau gagne un titre de Maréchal.

Le 27 septembre 1804 (5 vendémiaire an XIII), Napoléon écrit, depuis Mayence, à Berthier, Ministre de la Guerre, Major général des camps :"Mon cousin, le camp de Brest tel qu il sera composé sera fort de 18.000 hommes tout compris savoir : ... deux bataillons du 105eme ... 1600 hommes ...
Vous donnerez ordres aux trois bataillons du 105e de se rendre à Brest où il complètera deux bataillons à 1600 hommes pour fournir au corps d'armée ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.4, lettre 9247).

A la fin de l'année, le Régiment envoie une délégation avec son Colonel recevoir ses nouveaux drapeaux surmontés des Aigles. La cérémonie a lieu, sous la pluie, au Champs de Mars le 5 Décembre.

B/ 1805

cachet 105e de Ligne
Cachet à sec du 105e de Ligne

Encadrement en juin 1805 (côte SHDT : us180605)
Chef de Corps : HABERT Colonel
Conscrits des départements du Loir et Cher de l'an XIII
COTTE Major - Infanterie ; RICARD Quartier-maître trésorier
1er Bataillon commandant : Chef de Bataillon Lescaudet
2e Bataillon commandant : Chef de Bataillon Rateau
3e Bataillon commandant : Chef de Bataillon Trappier, à Neuf-Brisach - 5e Division militaire (dépôt).

Le 23 août 1805 (5 fructidor an 13), Napoléon écrit depuis Pont-de-Briques au Maréchal Berthier, Ministre de la Guerre, Major général de la Grande Armée : "... Donnez ordre qu'il soit formé une division composée du 16e légère et 105e de ligne, et du 7e régiment de chasseurs sous les ordres du général de division Jardin et des généraux Lapisse et Lamarque. Cette division se rendra à Alençon. Vous me ferez connaître le jour de son arrivée et vous recommanderez que toutes les mesures soient prises pour empêcher la désertion.
Donnez ordre que les bataillons des 105e de ligne et 7e légère soient remplacés à Belle-île par le bataillon du 70e faisant partie de l'armée de Brest ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.5, lettre 10637).

Le 29 août 1805 (11 fructidor an XIII), l'Empereur écrit, depuis le Camp de Boulogne, au Maréchal Berthier : "Je vous ai déjà donné l'ordre de mettre en marche pour Alençon le 16e d'infanterie légère et le 105e de ligne, sous les ordres du général Desjardins ...
La Grande Armée sera composée de sept corps ...
7e corps, sous les ordres du maréchal Augereau, composé de deux divisions, chacune de neuf bataillons ; ce corps formera la réserve ...
7e corps, maréchal Augereau :
1re division, général Desjardin.
Infanterie légère : 4 bataillons du 16e, 105e de ligne, 44e de ligne...
" (Correspondance de Napoléon, t.11, lettres 9158 ; Correspondance générale de Napoléon, t.5, lettre 10698).

En Septembre, le 105e fait partie du 7e Corps du Maréchal Augereau, 1ère Division. Le 30 septembre 1805 (8 vendémiaire an 14), Napoléon écrit depuis Strasbourg, au Maréchal Berthier, Ministre de la Guerre, Major général de la Grande Armée : "Je désire savoir si vous avez donné des ordres aux 5e et 4e bataillons des 16e légère, 44e, 105e, 7e légère, 24e et 63e de se rendre à leurs corps. Vous me ferez connaître le jour où ils y arriveront ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.5, lettre 10903).

Dans le même temps, le Régiment doit former de nouvelles Compagnies de Voltigeurs, comme dans l’Infanterie légère, un an plus tôt.

En Octobre 1805, le Corps d'Augereau, formant la Réserve de la Grande Armée, était à Fribourg en Brisgau.

En novembre, tandis que Ney pénétrait au Tyrol, Augereau se portait sur Stockach, Lindau et Bregenz. Le 15 novembre, Feldkirch capitulait et l’on faisait prisonnier un petit corps autrichien. Puis Augereau restait en observation en Franconie.

Encadrement en décembre 1805 (côte SHDT : us180601)
Chef de Corps : HABERT Colonel
Conscrits des départements du Loir et Cher de l'an XIII
COTTE Major - Infanterie
RICARD Quartier-maître trésorier
1er Bataillon commandant : Chef de Bataillon Lescaudey - Grande Armée - 7e Corps - 1ère Division
2e Bataillon commandant : Chef de Bataillon Rateau - Grande Armée - 7e Corps - 1ère Division
3e Bataillon commandant : Chef de Bataillon Trappier - Grande armée - 3e Corps de réserve Kellermann - Brigade Puthod
Effectif sous les armes du Dépôt : 12 Officiers 242 hommes - hopitaux 1 Officier 26 hommes.

III/ 1806-1807, LA CAMPAGNE CONTRE LA PRUSSE ET LA RUSSIE

Plaque de Shako 1806, 105e de Ligne
Plaque de shako modèle 1806 du 105e de Ligne.

La Prusse, depuis Austerlitz, a modéré son agressivité et signé un accord avec la France qui lui accorde le Hanovre, ancienne possession britannique. La Russie, elle, est toujours en guerre. Les forces françaises sont restées stationnées en Allemagne.

Après le traité de Presbourg, le Corps d'Augereau, renforcé de la Division Dupont, est cantonné autour de Francfort. Le 105e était toujours au 7ème Corps, 1ère Division, 2e Brigade (Conroux).

Encadrement en janvier 1806 (côte SHDT : us180601)
Chef de Corps : HABERT Colonel - Infanterie
Garnison - Dépôt à Neuf-Brisach - 5e Division militaire - 3e Corps de réserve
Conscrits des départements du Loir et Cher de l'an XIII
COTTE Major - Infanterie
RICARD Quartier-maître trésorier
1er Bataillon commandant : Chef de Bataillon Lescaudey, 7e Corps - 1ère Division
2e Bataillon commandant : Chef de Bataillon Rateau, 7e Corps - 1ère Division
3e Bataillon commandant : Chef de Bataillon Trappier, 7e Corps - 1ère Division.

Le 24 janvier 1806, l'Empereur écrit, depuis Strasbourg, au Maréchal Kellermann : "Mon Cousin, faites partir sur-le-champ pour Darmstadt … 200 hommes du 105e et du 24e de ligne. Ces hommes sont destinés à renforcer les bataillons de guerre du 7e corps de la Grande Armée. Vous n'avez pas reçu ordre de dissoudre la division du général Leval, et cela n'était pas dans mon intention. Reformez cette division le plus promptement possible. N'y mettez personne des 100e, 103e, 105e, …" (Correspondance de Napoléon, t.11, lettres 9704 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 11328).

Le 22 juin 1806, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Dejean : "Monsieur Dejean, je vous envoie un travail sur l'emplacement que doit occuper la Grande Armée au moment de sa rentrée en France. Vous me proposerez une meilleure répartition, à peu près dans les mêmes divisions, si vous y entrevoyez quelque économie pour le service, soit pour les lits, soit pour le fourrage, soit pour le casernement ...
7e corps du maréchal Augereau
26e division militaire
… Strasbourg 105e de ligne Worms ou Frankenthal ...
" (Correspondance de Napoléon, t.12, lettres 10402 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12352).

Le 11 juillet 1806, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Maréchal Berthier, Major général de la Grande Armée : "Mon intention étant de compléter les compagnies des bataillons de la Grande Armée à 140 hommes par compagnie, officiers compris, je vous ai ordonné par une lettre de ce jour de dissoudre le corps de réserve de Lefebvre en faisant rejoindre chaque détachement de son corps d'armée.
Mon intention est également que vous donniez l'ordre aux différents dépôts d'envoyer à leur corps le nombre d'hommes porté dans l'état ci-joint. Tous ces détachements qui partiront du camp de Boulogne seront passés en revue par le maréchal Brune qui s'assurera s’ils sont munis de tout le nécessaire. Ils seront commandés par un adjudant commandant nommé par le maréchal.
État des hommes que les dépôts des régiments désignés ci-après feront partir pour rejoindre les bataillons de guerre à la Grande Armée
Le dépôt du … 105e régiment de ligne fera partir un détachement de ... 50 hommes ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12462).

Le 5 septembre 1806, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au général Dejean, Ministre directeur de l'Administration de la Guerre : "Monsieur Dejean, je vous envoie une note des changements que je désire faire dans la répartition des 50000 conscrits de la conscription de 1806. Faites-la imprimer sans délai et envoyez-moi cette seconde édition ...
Le département de la Haute-Marne, au lieu de fournir 173 hommes au 93e les donnera au 105e, qui se trouvera avoir 470 hommes ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12873)

Septembre 1806. Constatant les préparatifs de la Prusse, l'Empereur réorganise ses troupes en Allemagne et dans le reste de l'Empire. Le Corps d'Augereau se réunit à celui de Lannes dans les environs de Cobourg pour former l'aile gauche de l'Armée.

Les Prussiens ayant pénétré en Saxe, le 8 Octobre, Augereau franchit la frontière et se dirige vers Grafenthal. Après le combat de Saalfeld (10 Octobre), le Corps d’Augereau, qui n’a pas combattu, passe la Saale après avoir fait 100 Kms en 50 heures. Il se positionne au Sud de Iéna.

Après être passé par Weimar, le 7e Corps marche sur Berlin où il entre le 27 avec l'Empereur. Le 29, il passe en revue le 7e Corps : "Votre corps, est plus fort que tout ce qui reste au roi de Prusse, et vous ne composez pas le dixième de mon armée".

Le 31 octobre 1806, l'Empereur écrit, depuis Berlin, au Maréchal Berthier : "… Le 64e, le 44e et le 105e seront casernés, dans la journée, dans les casernes de Berlin ..." (Correspondance de Napoléon, t.13, lettres 11124 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 13387).

Après avoir entièrement défait l'armée prussienne et avoir eu une période de repos, le 7e Corps se porte sur la Vistule au-devant des Russes. Dirigé sur Custrin et Landsberg puis sur Bromberg, le 16 Novembre il était à Kutno. Au commencement de Décembre, le 7e Corps était à Utrata en face de Modlin et passait la Vistule.

Le 24, il se mit en marche pour forcer le passage de la Wkra( Ukra). Les ponts étaient rompus, les Russes sur l'autre rive. Le 25e Bulletin décrit : «... Le 7e Corps effectuait son passage de l’Ukra à Kolozomb et culbutait les 15.000 hommes qui le défendaient ...».

Puis le 105e de Ligne longeait la rivière en direction de Sochoczyn dont les Russes sont une nouvelle fois repoussés. Le Chirurgien sous-aide-major Delatouche est blessé.

Le 25, le dégel transforme le sol en boue marécageuse. Le 26, Augereau atteint Golymin et s'en empare. Les Russes de Buxhoewden abandonnent leur artillerie et leurs bagages. Les Capitaines Dexwet et Leclerc sont blessés. L'état des routes oblige l'Armée française à prendre ses quartiers d'Hiver sur la Vistule.

Le 12 janvier 1807, l'Empereur écrit, depuis Varsovie, au Maréchal Berthier, Ministre de la Guerre, Major général de la Grande Armée : "Donnez l'ordre qu'il soit distribué, dans la journée du 15, 1 500 capotes toutes faites du magasin de Varsovie au corps du maréchal Augereau ... Donnez l'ordre au maréchal Augereau de faire en sorte que les officiers d'habillement de ces corps soient rendus le 15 à Varsovie, et que ces capotes soient délivrées sans retard aux hommes de ces différents corps qui n'en auraient point ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 14024).

Le 7 Février 1807, le Corps d Augereau est au bivouac d'Eylau dont les Français viennent de s'emparer. Le 8 Février, vers 10 heures, les Divisions Heudelet et Desjardins (105e) du 7e Corps sont rangées sur deux lignes entre le village de Rothenen et le cimetière d'Eylau, puis se déploient en bataille. Sous des rafales de neige, les deux Divisions s'égarent et s'éloignent du Corps de Soult qui devait les soutenir. Les Russes démasquent alors une batterie de 72 pièces qui tirent à mitraille et à boulets : c'est l'hécatombe. Les deux Divisions sont exterminées, les deux divisionnaires sont atteints. Augereau lui-même est blessé. Le 105e perd 60% de son effectif. Une de ses Aigles est sauvée de justesse par le Lieutenant Habert. Parmi les victimes, les Capitaines Renaud, Chartron, Coeffe. Le Chef de Bataillon Lescaudey et le Capitaine Vedrenne sont blessés.

Les restes des deux Divisions, difficilement formées en carré, chargées ensuite par la cavalerie et l'infanterie russes, se replient sur le cimetière. Pour arrêter la contre-offensive russe, Napoléon va lancer la grande charge de 80 escadrons emmenés par Murat.

Le 17 Février, l'Armée française après cette victoire "à la Pyrrhus" se retire sur la Passarge.

Il faut panser ses blessures avant d'affronter de nouveau l'ennemi. Napoléon reçoit des renforts. Le 7ème Corps, lourdement amoindri par les pertes à Eylau, est dissout et ses rescapés répartis dans les autres Corps d’Armée. C’est ainsi que le 105e est affecté au 4e Corps de Soult, 3e division Legrand, faisant brigade avec le 75e de Ligne.

Le 6 mars 1807, l'Empereur écrit, depuis Osterode, à Daru, Intendant général de la Grande Armée : "Monsieur Daru, faites une circulaire à tous les commissaires des guerres, pour leur faire connaître les points sur lesquels ils doivent diriger les hommes isolés des différents corps d’armée, ainsi que les bagages et effets desdits corps. Vous y joindrez l'état des corps qui composent chaque corps d'armée, conformément au tableau ci-joint ...
4e corps
105e de ligne ...
À Bromberg ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 14497).

Le même jour, 6 mars 1807, l'Empereur écrit, depuis Osterode, au Général Duroc : "… Le 7e corps ayant été dissous, vous trouverez ci-joint les notes des corps auxquels ont été donnés les régiments, savoir : ... les 14e et 105e ..." (Correspondance de Napoléon, t.14, lettre 11951 ; Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 14502).

Les Russes redevenant agressifs début mars, la 3e division est dirigée autour d'Osterode, après divers mouvements. Elle y cantonne dans des baraquements pendant les mois d'Avril et Mai.

Pendant ce temps, Napoléon établit ses quartiers à Osterode d'où, le 22 mars 1807, il écrit au Maréchal Kellermann, commandant un Corps de réserve de Gardes nationales : "Mon cousin, mon intention est de compléter les compagnies de grenadiers et de voltigeurs de la division Oudinot à un effectif de 150 hommes. Je désire en conséquence que vous fassiez réunir, conformément au tableau ci-joint, différents détachements d'hommes. De 5 pieds 4 pouces pour les grenadiers et de 4 pieds 11 pouces ou 5 pieds bien constitués pour les voltigeurs. Ces détachements peuvent partir sans sous-officiers, en désignant les meilleurs sujets pour en faire les fonctions pendant la route. Après en avoir passé la revue et avoir pourvu à ce que leur habillement et armement soient parfaitement en état, vous les ferez conduire par des officiers d'état-major, pour Thorn ...
105e légère
[sic] 50 [Pour les grenadiers] 47 [Pour les voltigeurs] ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 14811).

Le 31 mars 1807, l'Empereur décide d'accorder 18 aigles d'honneur, dont neuf aux Officiers, et neuf aux Sous officiers et soldats, aux Régiments qui se sont distingués à Eylau. Il écrit donc au Maréchal Berthier : "Vous enverrez à chaque maréchal ce qui, dans les dispositions suivantes, concerne son corps d'armée, et sans que l'un connaisse ce qui regarde l'autre. 1° Il est accordé aux régiments dont l'état suit 18 aigles de la Légion d'honneur, dont 9 aux officiers et 9 aux sous-officiers et soldats qui se sont fait remarquer par leur courage et leur bonne conduite, depuis le commencement de la guerre de la quatrième coalition : … 105e ... d'infanterie de ligne ...
Du moment que les maréchaux auront reçu ma décision, ils ordonneront à chaque général de division de réunir chez lui les colonels et chefs de bataillon de chaque régiment, ainsi que les généraux, de brigade, et de dresser un procès-verbal qui constate les individus qui méritent le mieux la décoration. Ce procès-verbal sera envoyé au maréchal commandant le corps d'armée, qui le transmettra, avec ses observations, au major général. Tous ces procès-verbaux devront être arrivés avant le 6 avril. Le 7, le major général me les soumettra …
" (Correspondance de Napoléon, t.14, lettre 12240 ; Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 145013).

L'Empereur établit ensuite ses quartiers à Finkenstein, et fait le siège des forteresse de Silésie et Dantzig, qui finissent par tomber les unes après les autres.

Les hostilités directes avec l’armée russe de Bennigsen reprennent début juin. Le plan de Napoléon est de couper les Russes de la place de Koenigsberg et de les rejeter sur le Niemen.

Les Russes prennent l’offensive en premier et se heurtent à Bernadotte à Spanden, qui réussit à se maintenir, et à Soult à Lomitten. Au centre de l'opération russe, le 5 juin, Ney et son 6e Corps, qui a ordre de reculer lentement pour attirer les Russes. Le 7, Benningsen se rend compte qu’il s'est trop avancé et recule vers Heilsberg. Les Français se mettent alors à le talonner et se heurtent à son arrière garde à Heilsberg. Murat lance des charges de cavalerie téméraires et c’est l’infanterie du 4e Corps qui prend la suite. Le Colonel Habert du 105e y est blessé.

Bennigsen résiste avec énergie dans ses retranchements, puis, dans la crainte d'être coupé de Koenigsberg, il descend rapidement l'Alle par la rive droite.

Lannes et Mortier s'avançaient parallèlement par la rive gauche. Bennigsen les devance à Friedland, s'empare des ponts de cette ville et commence à passer sur la rive opposée, mais il se place lui même dans une nasse dont Napoléon profite pour lui infliger une sévère défaite.

Le 4e Corps participe peu à la bataille et est chargé ensuite avec Murat de s’emparer de Koenigsberg, le 16 juin. Soult organise alors l’occupation de la ville.

Le 25 juin a lieu la rencontre de Tilsit entre le Tzar et Napoléon.

Le 12 juillet, Napoléon vient visiter le 4e Corps et le passe en revue. Soult est chargé d'occuper la Vieille Prusse. Jusqu'au 20 août les trois Divisions du 4e Corps sont établies à Elbing, Marienbourg et Marienwerder. Puis les forces françaises se replient progressivement avec les avancées dans les négociations avec la Prusse.

Pendant ce temps, en Espagne, dès la fin 1807, sous prétexte de la campagne au Portugal, les troupes françaises, organisées en divers Corps d'observation, avaient largement pénétré chez leur allié et s'étaient emparés des points stratégiques, tandis que la monarchie espagnole se déchirait dans des querelles familiales. Le peuple espagnol et l'armée subissaient cela en rongeant leur frein.

On retrouve un petit détachement du 105e de Ligne, avec d'autres des 8e, 22e et 45e, au sein du 9e Régiment provisoire d'Infanterie dans le Corps d’Observation des côtes de l’Océan, commandé par le Maréchal Moncey et formé en novembre 1807.

IV/ 1808-1809, CANTONNEMENT EN ALLEMAGNE ET LA CAMPAGNE CONTRE L’AUTRICHE

En 1808, le 105e reste positionné en Allemagne, tandis qu’une partie de la Grande Armée part avec l’Empereur à la fin de l’année pour l’Espagne.

Inspection du Dépôt du 105e de Ligne à Neuf Brisach le 28 janvier 1808 par le Général Schauenbourg

Espèce d’hommes : passable.
Habillement : bien façonné en bon état.
Equipement et armement : bien tenu.
Tenue : bonne.
Discipline : idem.
Maniement d’armes : effectué avec des intervalles trop longs et des manières à ne pouvoir être exécuté en ligne avec un autre corps.
Ordinaire et pain : déclarés bons.
Casernes et fournitures : en bon état.
Conscrits : traités comme ils doivent l’être.

Remarque au Major Coste, beaucoup de zèle pour le service. Registres tenus conformément au règlement.

Le 22 février 1808, Napoléon écrit, de Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le Général Clarke, vous devez avoir reçu mon décret pour la nouvelle organisation de l'armée. Je me suis hâté de vous l'envoyer, ainsi que les différents tableaux, afin que vous puissiez donner tous les ordres préparatoires. Mon intention est cependant qu'aucun dépôt ne se mette en marche pour sa nouvelle destination, et qu'aucun embrigadement ne soit fait qu'en conséquence d'une instruction que vous donnerez aux généraux chargés de ce travail, et qui, avant d'être expédiée, sera mise sous mes yeux. Voici quelles sont mes vues ; je vous les fais connaître afin que cela vous serve pour la rédaction de cette instruction ...
4e Corps de la Grande Armée. - Vous chargerez le maréchal Soult d'organiser le 4e corps et la division Molitor. Les 2e, 22e et 28e de ligne, 36e, 46e, 67e et 75e ne garderont à l'armée que deux bataillons ou douze compagnies, en prenant tous les hommes disponibles, et renverront le cadre du 3e bataillon au dépôt. Les 4e, l6e et 18e de ligne, 37e, 57e, 72e et 105e, ayant un effectif de plus de 2,000 hommes, garderont leurs trois bataillons ...
" (Correspondance de Napoléon, t.16, lettre 13593 ; Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 17260).

Positions et encadrement du régiment en avril 1808 (côte SHDT : us180804).
Chef de Corps : Blanmont (de). Nommé Colonel du 105e de Ligne en mars 1808, suite à l’élévation au grade de Général de Brigade du Colonel Habert.
Garnison - Dépôt à : Neuf-Brisach - 5e Division militaire.
Conscrits des départements du Loir et Cher - de la Meuse Inférieure de 1809.
Cotte : Major
Ricard : Quartier-maître trésorier
1er Bataillon commandant : Chef de Bataillon Lescaudey - Grande armée - 4e Corps Soult - 3e Division Legrand - 3e Brigade Pouzet.
Observations : mai 1808 effectif sous les armes 31 Officiers, 827 hommes
2e Bataillon commandant : Chef de Bataillon Rateau - Grande armée - 4e Corps Soult - 3e Division Legrand - 3e Brigade Pouzet.
Observations : mai 1808 effectif sous les armes 19 Officiers, 815 hommes.
3e Bataillon commandant : Chef de Bataillon Lapayrolerie; à Neuf-Brisach - 5e Division militaire.

Le 6 juillet 1808, l'Empereur écrit, depuis Bayonne, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, il sera formé trois brigades composées de régiments de marche, sous les ordres du maréchal Kellermann. La 1re brigade se réunira à Wesel, la 2e à Mayence et la 3e à Strasbourg ...
La 2e brigade qui se réunira à Mayence sera composée des 3e et 6e régiments de marche, composés chacun de détachements des 3e et 6e corps de la Grande Armée qui ont besoin d'être renforcés pour être portés au complet.
... La 3e brigade sera composée du 4e régiment de marche qui sera formé des détachements du 4e corps.
Le 4e régiment de marche sera composé de 2 bataillons :
1er bataillon : 1 compagnie de 140 du 4e de ligne, 1 compagnie du 18e, 2 compagnies du 57e et 3 compagnies du 105e ...
Cette brigade se réunira à Strasbourg. Les brigades de Wesel et de Mayence doivent être prêtes à se porter soit sur la Grande Armée pour être incorporées dans les régiments et les porter au complet, soit en Hollande et sur les côtes, si les Anglais tentaient quelque chose sur Flessingue ou Boulogne
" (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18486).

Le 12 octobre 1808, un Décret, établi à Erfurt, réorganise l'Armée du Rhin :
"TITRE Ier.
ARTICLE 1ER. A dater du 15 du présent mois, la Grande Armée sera dissoute.
Le corps de troupes qui restera en Allemagne prendra le nom d'Armée du Rhin.
ART. 2. Le corps de troupes qui restera sous les ordres du maréchal prince de Ponte-Corvo, dans les villes hanséatiques, prendra le nom de corps de troupes du gouvernement des villes hanséatiques.
TITRE III.
ARMÉE DU RHIN.
ARTICLE 1er. Le duc d'Auerstaedt commandera en chef l'armée du Rhin ...
TITRE IV.
COMPOSITION DE L'ARMÉE DU RHIN.
ARTICLE 1er. L'armée du Rhin sera composée de quatre divisions, une réserve d'infanterie, une de cavalerie, et du gouvernement de Danzig ...
CORPS DU GOUVERNEMENT DE DANZIG. Le général Rapp, gouverneur, ayant à ses ordres quinze officiers français de différents grades, qui seront désignés de suite gour remplir les fonctions d'adjudant commandant, de commandant d'armes et de commandant de forts ; un commissaire des guerres et les gardes-magasins nécessaires. Gamison : Le 105e régiment de ligne français ; un régiment d'infanterie saxon ; deux régiments d'infanterie polonais ; un régiment de cavalerie légère français ; un régiment de cavalerie polonais ...
" (Correspondance de Napoléon, t.17, lettre 14376).

Au début de 1809, Napoléon, constatant les préparatifs militaires de l’Autriche, rentre en France, lève de nouvelles troupes dans son Empire, en Italie et chez ses alliés, et les positionne pour entrer en Allemagne en prévision de l’affrontement. Les forces françaises en Allemagne ont pris le nom d’Armée du Rhin, sous la supervision de Davout. En janvier, le 105e fait partie de la garnison de Dantzig sous le commandement du Général Rapp.

Le 13 février 1809, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la guerre : "Monsieur le général Clarke, voulant compléter mon armée du Rhin, mon intention est ... Le 10e légère enverra à Mayence 400 hommes de son dépôt ; le dépôt du 22e de ligne y enverra 100 hommes ; le dépôt du 3e de ligne 360 hommes ; le dépôt du 57e de ligne, 300 hommes ; le dép ôt du 72e de ligne, 360 hommes. Ces détachements faisant 1 520 hommes, et 400 hommes que le dépôt du 105e enverra également à Mayence, formeront le 4e bataillon de marche de l’armée du Rhin.
Ces bataillons de marche se réuniront à Mayence le plus tôt possible. On n’y mettra que le nombre d’officiers et de sous-officiers nécessaires pour conduire les hommes. Vous me ferez connaître le jour de leur arrivée à Mayence, et je donnerai des ordres pour leur direction sur l’armée du Rhin ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20015).

Le même 13 février 1809, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "... Donnez ordre au duc d'Auerstaedt de faire rentrer le régiment de chasseurs qui est à Varsovie, le 8e de hussards et le 105e de ligne, qui sont à Danzig. Ces troupes se dirigeront sur Baireuth" (Correspondance de Napoléon, t.18, lettre 14772 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20021).

Napoléon écrit, le 21 février 1809, de Paris : "Au général Clarke, comte d'Hunebourg, ministre de la guerre, à Paris.
Monsieur le Général Clarke, vous donnerez l'ordre que le quartier général de la division Saint-Hilaire se réunisse à Magdeburg. A cet effet, le 10e léger, le 3e de ligne, le 12e et le 16e de chasseurs, qui sont dans la Poméranie suédoise, ainsi que l'artillerie, sapeurs. mineurs, etc. , se mettront en marche pour Magdeburg.
Tout ce qui se trouve dans Stettin se rendra également à Magdeburg, hormis un bataillon du 22e régiment d'infanterie de ligne ...
La garnison de Küstrin sera composée d'un bataillon du 22e, l'autre se rendra à Glogau, d'une compagnie d'artillerie et, de plus, d'un bataillon de Polonais, qui s'y rendra de Posen. La garnison de Glogau sera composée d'un bataillon du 22e, plus d'un régiment saxon de l,200 hommes, pris également parmi les 13,000 hommes qui sont dans le duché de Varsovie. Par ce moyen, il n'y aura de Français employés dans les places de l'Oder que le 22e de ligne, quatre ou cinq compagnies d'artillerie, une compagnie de sapeurs, dix ou douze officiers du génie et dix ou douze officiers d'état-major.
La division Saint-Hilaire se trouvera donc réunie à Magdeburg, composée de quatre régiments d'infanterie et deux régiments de cavalerie. Le 22e restera dans les places de l'Oder; mais il pourra, par la suite, être remplacé par le 105e, qui a ordre de se rendre à Bayreuth
".

Le 26 février 1809, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Lacuée, Directeur général des Revues et de la Conscription : "J'ai lu avec attention l'état général de l'année que vous m'avez envoyé après la conscription de 1810. Je vois qu'il manquera encore beaucoup de monde au complet des corps ... 200 au 105e ... Il faudra me proposer des moyens pour remédier à cette grande irrégularité, et surtout pour les 3e et 4e bataillons qui sont à portée de fournir une réserve pour la défense de la côte ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20150).

Des renforts sont envoyés au Régiment sous la forme de 2 Compagnies en mars.

Napoléon décide également la création de 16 Régiments provisoires. L'Empereur écrit, le 3 mars 1809, depuis Paris, au Général Clarke, Comte d'Hunebourg, Ministre de la Guerre, à Paris : "Monsieur le Général Clarke, je vous envoie le projet de formation d’une réserve de régiments provisoires, sur lequel je désire que vous me fassiez un rapport. Faites-moi connaître si je n'ai rien oublié et s'il y a des changements qu'il soit convenable de faire pour épargner des marches aux troupes. Enfin présentez-moi des états qui m'apprennent si les 5es bataillons pourront fournir ces quatre, trois ou deux compagnies pour concourir à ladite formation. Les 10,000 hommes de réserve que forme ma Garde sont destinés à compléter les 5es bataillons et à les mettre à même de fournir les hommes nécessaires. Il faut donc qu'une colonne des états que vous ferez dresser indique le nombre d'hommes qui leur manquera, après avoir épuisé tout leur monde ; cette colonne sera la colonne de distribution des 10,000 hommes de la Garde. Il ne vous échappera pas que, par ce moyen, j'aurai 6,000 hommes à la Rochelle, 3,000 en Bretagne, 9,000 à Paris, 5,000 au camp de Boulogne, 2,500 pour la défense de l'Escaut, 2,500 pour garder Wesel, 5,000 à Strasbourg, 2,500 à Metz et 10,000 Français en Italie; total, 45,500 hommes.
NAPOLÉON
Annexe
PROJET DE FORMATION D'UN CORPS DE RÉSERVE
1
Il sera formé une réserve de seize régiments provisoires composée des compagnies des cinquièmes bataillons qui seront complétés avec les conscrits de 1810;
2
... Le 12e régiment sera composé de 3 bataillons formés de 3 compagnies des 5es bataillons des 59e, 69e, 100e, 103e, 76e et 105e. Il se réunira à Metz ...
" (Correspondance de Napoléon, t.18, lettre 14838 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20195).

Le 8 mars 1809, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, je reçois votre lettre du 6 avec l'état qui y est joint. Je vois que la force des 12 bataillons de marche du corps du général Oudinot est de 6300 hommes et qu'il manque 3000 hommes pour les compléter. Ces 3000 hommes seront fournis par ma Garde ...
Vous donnerez des ordres pour la formation d'un bataillon provisoire qui sera composé :
de 250 mommcs du 32e
150 hommes du 58e
300 hommes du 121e
300 hommes du 122e
Total 1 000 hommes et qui portera le nom de bataillon de marche d'Oudinot n°1
Ces 1 000 hommes seront distribués entre les régiments suivants
... 250 hommes au 105e
Les détachements de ma Garde partiront habillés. Vous enverrez à cet effet au conseil d'administration les numéros de régiments où ils doivent être incorporés, afin qu'on fasse faire leur uniforme, et qu'on y mette les boutons de ces régiments. Par ce moyen, le corps du général Oudinot recevra un renfort de 8 300 hommes, et il manquera peu de choses à son complet, en présents sous les armes. Quand le corps du général d'Oudinot aura reçu ces 8 000 hommes, vous me ferez connaître ce qui pourrait manquer au complet des compagnies, et s'il y a moyen de le tirer de quelques dépôts, où se trouveraient des conscrits des 4 années antérieures à 1810
" (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20291).

Le 9 mars 1809, depuis Paris, l'Empereur écrit au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, les deux compagnies du 10e d'infanterie légère, du 3e de ligne, du 57e, du 62e et du 22e formant dix compagnies seront réunies en un bataillon de marche qui portera le titre de bataillon de marche des 4es bataillons de la division Saint-Hilaire.
Les deux compagnies du 12e, du 30e, 61e, 65e, 85e, 105e et 111e formeront un second bataillon de marche qui portera le titre de bataillon de marche du 4e bataillon de l'armée du Rhin.
Faites-moi connaître le plus tôt possible le nombre d'officiers, sous-officiers et soldats que les corps pourront fournir à ces compagnies afin de pourvoir à les compléter. Ces 2 bataillons se rendront à Strasbourg
" (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20308 - La minute (Archives nationales, AF IV 879, mars 1809, n° 146), qui est la dictée, est datée à posteriori de Rambouillet le 11 mars). Ces «Bataillons de marche» sont composés de renforts destinés aux Corps d'armée stationnés en Allemagne.

Le 17 mars 1809, Napoléon écrit depuis Paris, au Maréchal Davout, Duc d’Auerstaedt, commandant l’Armée du Rhin, à Erfurt : "Mon Cousin, je reçois votre lettre du 12; je donne ordre au ministre du trésor public d'assurer les fonds, non-seulement pour le remplacement des valeurs qui ont été protestées, mais encore, d'avance, pour le service de mars, d'avril et de mai. Le corps du duc de Rivoli s'appelle Corps d'observation de l'armée du Rhin ; il sera réuni le 20 à Ulm. Le ministre du trésor pourvoira directement à la solde de ce corps; l'armée du Rhin n'a rien à voir là. Faites armer et approvisionner les forts de Kronach, Forchheim et de Bamberg. Je suppose que votre quartier général sera déjà rendu à Würzburg. Faites approvisionner cette citadelle. Le duc de Danzig doit être arrivé le 20 à Munich.
Le 105e de ligne et le 8e de hussards arrivent, à ce qu'il me semble, vers les premiers jours d'avril. Suivez la direction de ces troupes, afin que, s'il survenait quelques changements, vous puissiez les détourner de leur route, et qu'il ne puisse pas leur arriver de malheurs. Envoyez, par un courrier extraordinaire, ordre au 72e de changer de route à Wittenberg, où il arrivera le 23, et de se diriger sur Würzburg. Tout ce qui vient derrière, sapeurs, canonniers, escadrons du 7e, qui suivent cette route, changeront également de direction à Wittenberg, et, au lieu d’aller sur Magdeburg, viendront sur Würzburg. Donnez ordre à tout ce qui appartient à la division Saint-Hilaire, cavalerie, infanterie, sapeurs et artillerie, qui le 18 seront à Magdeburg, de se mettre en marche pour Würzburg. Le 10e d'infanterie légère, le 3e de ligne, le 72e, le 57e et le 105e, le 8e de hussards, le 16e et le 12e de chasseurs, le matériel d'artillerie, auront tous leur mouvement sur Würzburg. Vous ne leur donnerez pas de séjours, et vous ferez faire à toutes ces troupes des marches raisonnables, afin d'activer leur réunion. Je préfère que cette réunion se fasse plutôt sur Würzburg que sur Bamberg, parce que la route est plus à droite et plus éloignée des frontières ...; que la division Saint-Hilaire se réunisse d'abord à Würzburg, d'où on pourra l'envoyer entre Nuremberg et Ratisbonne ...
" (Correspondance de Napoléon, t.18, lettre 14915 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20424).

Le 23 mars 1809, l'Empereur écrit, depuis La Malmaison, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, j'ai signé le décret sur la composition des 17 demi-brigades provisoires de réserve ...
il ne reste plus qu'à pourvoir à la formation des 5es et 6es compagnies des 4es bataillons afin de compléter ces 4es bataillons en Allemagne. Voici les dispositions que je me propose de prendre à cet égard :
Je désire que les 5es et 6es compagnies des 4es batai1lons du 30e, 31e, 33e, 111e, 12e, 85e, 7e d'infanterie légère, 10e, 3e, 22e, 57e et 105e se forment le plus tôt possible au complet de 140 hommes. Ces compagnies seront dirigées sur Strasbourg, où on les formera en bataillons de marche. On fera autant de bataillons de marche qu'il y a de divisions à l'armée ...
Enfin, le 4e bataillon, composé des 2 compagnies du 10e, du 3e de ligne, du 57e, du 72e et du 105e portera le titre de bataillon de marche des 4es bataillons de la division Saint-Hilaire ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20514). Le Décret sur la création des 17 Demi-brigades de 2520 hommes chacune a été signé le même jour (voir Saski, Campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche, Paris, Berger-Levrault et cie, 1899, t. 1, p. 550-554).

Le même jour, 23 mars 1809, l'Empereur écrit encore, depuis La Malmaison, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, il manque pour compléter les 4 divisions de l'armée du Rhin 1550 hommes.
... Le 4e bataillon portera le titre de bataillon de marche de la division Saint-Hilaire et sera composé de 100 hommes du 10e léger, destinés au 4e bataillon, de 200 hommes du 3e de ligne, dont 80 destinés au 4e bataillon, de 300 hommes du 57e, dont 50 destinés au 4e bataillon, et de 200 hommes du 105e, dont 100 destinés au 4e bataillon ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20515).

Le 30 mars 1809, l'Empereur adresse, depuis Paris, à Berthier, Major général, ses instructions, pour la campagne à venir, suivies d'un Etat de la Composition des Divisions et Brigades des différents Corps de la Grande Armée. Le 105e de Ligne doit faire partie du 2e Corps d'Armée commandé par le Maréchal Duc de Montebello ou le Prince de Ponte Corvo; 3e Division Saint-Hilaire, 3e Brigade Destabenrath (Correspondance de Napoléon, t.18, lettre 14975 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20619).

Le 10 avril, l’Autriche déclare la guerre à la France, précédée d'une note laconique de l'Archiduc Charles au Maréchal Lefebvre, dans laquelle le commandant de l'armée impériale et royale explique ses intentions.

Le 15 avril, alors que la Grande Armée a été réorganisée, les trois premiers bataillons du 105e se retrouvent au 3e Corps de Davout, 4ème Division St Hilaire, Brigade Lorencez.

L'armée de Napoléon était encore dispersée dans une zone de 150 km et allait prendre du temps pour achever sa concentration. Le Maréchal Davout se trouvait au nord du Danube, entre Nuremberg et Erfurt, avec 65000 soldats ; le IIe Corps du Général Oudinot (20000 hommes) et le IVe Corps du Maréchal Masséna (40000 hommes), composés essentiellement de jeunes recrues, étaient très éloignés à Augsbourg et Ulm, au sud du Danube ; le VIIIe Corps du Général Vandamme, fort de 13000 soldats wurtembergeois, se situait près de Donauworth ; enfin, la Garde impériale était encore en France. Pour couvrir la concentration de ces différents corps, les 30000 soldats bavarois du VIIe corps commandé par le Maréchal Lefebvre furent déployés en première ligne, de manière à barrer le passage de l'Isar. C'est Berthier qui, en l'absence de l'Empereur, était chargé de coordonner les mouvements.

Suite à des lenteurs de progression, ce n'est que le 14 avril que les Autrichiens attaquent le Corps bavarois de Lefebvre près de Landshut, le contraignant à se retirer. Pendant ce temps, les IIIe, Ve et VIe Corps autrichiens établissent des têtes de pont sur l’Isar.

Davout, qui, à l'annonce de l'attaque autrichienne, avait commencé à se replier prudemment avec son IIIe Corps, reçoit l'ordre de revenir sur ses pas pour défendre Ratisbonne, pendant que Oudinot et le Maréchal Lefebvre, respectivement à la tête des IIe et VIIe Corps, devaient se mettre en marche vers cette ville en repassant le Danube.

L'Empereur arriva près de ses troupes à bride abattue le 17 avril pour reprendre la situation en main. Il ordonne au IIIe Corps de Davout de passer sur la rive sud du Danube.

La campagne des "Quatre-Jours" débute le 19 avril au matin, lorsque le 3e Corps de Davout achève sa traversée du Danube pour s'avancer le long de la rive sud du fleuve, en direction de Neustadt, avec ses quatre Divisions. Davout réussit à résister à la pression des Autrichiens du 3e Corps entre Teugen et Hausen (Thann), en lui infligeant de lourdes pertes. Le 105e y voit le Capitaine Habert mortellement blessé, le Capitaine Maussion blessé, ainsi que 5 Lieutenants ; Davout réussit à faire sa jonction avec le VIIe Corps de Lefebvre. Les Autrichiens se replient.

Ils sont de nouveaux repoussés aux combats de Abensberg (le 20 avril), Landshut (le 21), Eckmuhl (le 22), Ratisbonne (le 23).

Lannes, revenu d’Espagne, est placé, à la mi-avril, à la tête d’un Corps d’Armée provisoire bientôt appelé IIe Corps. La Division Saint-Hilaire, avec le 105e de Ligne, y est rattachée. Le 28 avril, Ratisbonne est reprise.

La bataille d’Ebelsberg, le 3 mai, ouvre la route de Vienne.

Le 5 mai 1809, l'Empereur écrit, depuis Enns, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke ... Je viens d'ordonner que les 4es bataillons de la division Saint-Hilaire fussent versés dans les 3 premiers, pour réparer leurs pertes, et que les cadres retournassent aux dépôts ; il faut donc dans la distribution de la conscription pourvoir à reformer les 4es bataillons du 10e léger, 57e, 72e, 105e et 3e de ligne ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20963).

Les Français entrent dans Vienne le 13 mai.

Le 15 mai 1809, l'Empereur écrit, depuis Schönbrunn, à Alexandre, Prince de Neuchâtel, Major général de l'Armée d'Allemagne, à Schönbrunn : "Mon Cousin ... Je ne sais pourquoi on a laissé à Wels une compagnie de voltigeurs et une de fusiliers du 105e ; donnez ordre qu'elles rentrent. Donnez ordre au général Saint-Hilaire de faire reformer les compagnies de voltigeurs du 72e et du 105e et les compagnies du 105e qui ont été perdues, de faire nommer à toutes les places vacantes d'officiers et de sous-officiers ; tous ceux qui sont prisonniers seront portés à la suite. En réponse à son rapport, vous lui ferez connaître que je suis mécontent des dispositions qui ont été prises. D'abord, on n'a pas envoyé un chef élevé en grade pour diriger l'opération ; secondement, une réserve de 100 hommes avec dix mille cartouches aurait dû être placée dans la maison et n'en jamais sortir ; avec cette réserve, on n'aurait eu rien à craindre. Tout cela a été fort mal dirigé ..." (Correspondance de Napoléon, t.19, lettre 15210 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 21027).

Si il veut rejoindre les Autrichiens, Napoléon doit franchir le Danube. Une tentative pour s’emparer d’un ilot sur le fleuve (ilot du Lac Noir ou Schwarzenlackenau) par des Voltigeurs du 105e et du 72e de Ligne est un échec. Le 105e y voit blessés les Capitaines Lespinasse et Lecerf, ainsi que le Chef de Bataillon Rateau.

Ce sera donc l’ile Lobau que l’on prendra comme point d’appui pour le passage du fleuve ...

Le 19 au soir, les Français commencent à franchir le Danube et s’installent autour d’Essling. Le lendemain, ils reçoivent des renforts et la Division Saint-Hilaire prend position entre Aspern et Essling.

Le 21, les Autrichiens commencent leur contre-offensive, concentrant leurs premiers assauts sur Aspern, défendu avec acharnement par Masséna et Molitor. Le soir, Essling subit à son tour plusieurs assauts. Attaques et contre-attaques vont se succéder sur les deux positions, tandis qu’une tentative de rupture du centre autrichien par la cavalerie française est un échec.

Le 22 mai, la bataille continue avec quasi les mêmes positions. Chaque adversaire ne fait que gagner puis reperdre du terrain. Napoléon essaie de percer le centre autrichien, cette fois ci avec son infanterie. La Division Saint-Hilaire est en tête. Malgré le tir de l'artillerie ennemie, ses premières lignes sont enfoncées. Mais sa seconde ligne tient.

Voyant ses troupes épuisées et à court de munitions, et avec des pertes élevées (dont le Maréchal Lannes, mortellement blessé, ainsi que le Général Saint-Hilaire), et le dos au Danube, Napoléon préfère se replier sur la Lobau pour ne pas être coupé de ses bases.

Le 105e a été sévèrement atteint. Le Colonel de Blanmont est blessé ainsi que 5 Capitaines et 12 Lieutenants ou Sous-lieutenants.

Le 10 juin 1809, l'Empereur, qui vient de décider d'une importante levée de Conscrits, sur la classe 1810, mais aussi sur les classes 1806 à 1809, afin de compenser les pertes du début de la campagne, et renforcer l'Armée, écrit depuis Schönbrunn au Général Clarke pour lui donner le détail de cette opération particulièrement complexe; lettre accompagnée de 3 Etats différents très détaillés. Concernant le 3e Léger, l'Empereur ordonne : "... Les 3 mille hommes qui étaient réservés pour le dépôt de Strasbourg seront distribués de la manière suivante :
700 hommes à la division Saint-Hilaire indépendamment de ceux accordés dans le travail de M. Lacuée,
1100 hommes à la division Friant, aussi indépendamment de ceux accordés dans le travail de M. Lacuée
et 1200 hommes au corps du duc de Rivoli,
total 3000 hommes, le tout conformément au tableau C ...
". L'Etat C qui suit cette lettre indique que 100 hommes doivent être dirigés sur le Dépôt du 105e de Ligne, et que 100 hommes doivent être envoyés par le Dépôt aus Bataillons de guerre à la Division Saint-Hilaire. Enfin l'annexe intitulé "Répartition des 40 000 conscrits de l'appel supplémentaire de 1810" indique, concernant la Division Saint-Hilaire, composée de 5 Régiments dont le 105e de Ligne : "On n'avait proposé que 775 conscrits pour compléter les compagnies que ces 5 régiments ont aux demi-brigades provisoires ; on leur en donne 1775", dont 400 pour le 105e. Par ailleurs, une annexe intitulée "Répartition des 40 000 conscrits de l'appel supplémentaire de 1810" donne la composition de la 13e Demi-brigade provisoire : 59e de ligne; 69e id.; 76e id.; 100e·id.; 103e id.; 105e id. complété à la Division St-Hilaire; 6e léger qui doit recevoir 25 hommes; 24e id.; 25e id.; 26e id.; 16e id.; 96e de ligne; au total elle doit recevoir 25 hommes. Il est par ailleurs précisé que l'on doit porter "les 24 compagnies à 3360 hommes" (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 21182).

(à suivre).

Le 15 juin 1809, l'Empereur écrit, depuis Schoenbrunn, à Alexandre, Prince de Neuchâtel, Major général de l'Armée d'Allemagne, à Schoenbrunn : "Mon Cousin, faites connaître au général Oudinot que mon intention est que dans la journée de demain il fasse prendre les seize pièces de canon et les seize caissons que l'artillerie doit lui délivrer. Faites également connaître au duc de Rivoli qu'il doit faire prendre les seize pièces qui sont destinées à son corps d'armée. Le duc de Rivoli doit en avoir vingt-quatre, ce sera huit qu'il faudra lui fournir de nouveau. Le général Oudinot doit en avoir trente-quatre, à raison de deux par régiment. Ces seize pièces seront un acompte qu'il recevra et qui augmentera d'autant son artillerie. Les seize pièces du général Oudinot seront données aux régiments suivants : deux au 3e, deux au 67e, deux au 72e, deux au 105e ... Vous engagerez ces généraux à vous faire demain soir ou après-demain matin un rapport qui vous fasse connaître si ces pièces ont été remises aux différents corps et organisées" (Correspondance de Napoléon, t.19, lettre 15351 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 21228).

Le 14 juillet 1809, l'Empereur écrit, depuis Schoenbrunn, à Alexandre, Prince de Neuchâtel, Major général de l'Armée d'Allemagne, à Schönbrunn: "Mon Cousin, l'armée d'Italie sera organisée de la manière suivante :
1re division, commandée par le général Broussier, les. 9e, 84e et 92e.
2e division, commandée par le général Lamarque, les 13e, 29e, 32e et 53e.
3e division, commandée par le général Durutte, les 23e léger, 62e et 105e.
4e division, commandée par le général Pacthod, les 1er de ligne, 52e, 106e et 112e ;
Division Severoli, tous les Italiens.
Les 4es bataillons du 1er léger et du 42e, avec le parc, au quartier général.
Deux brigades de cavalerie légère, composées chacune de deux régiments ; un des cinq régiments continuera à rester avec la brigade Thiry.
Enfin, les deux divisions de dragons des généraux Grouchy et Pully.
Les 3es et 4es bataillons des régiments de l'armée de Dalmatie rejoindront le maréchal Marmont.
Vous donnerez ordre que le maréchal Macdonald, avec deux divisions et une brigade de cavalerie légère, se porte sur Graetz ; que la division Severoli se porte sur Klagenfurt. Vous donnerez ordre que les deux autres divisions, une brigade de cavalerie légère et les deux divisions de dragons restent jusqu'à nouvel ordre sur la March
" (Correspondance de Napoléon, t.19, lettre 15522 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 21494).

POSITIONS ET ENCADREMENT DU 105e DE LIGNE, octobre 1809 (côte SHDT : us1809_C2680)
Chef de corps : BLANMONT (de), Colonel.
Garnison - Dépôt à : Neuf-Brisach - 5e Division militaire, Conscrits des départements de Gênes - de l'Ain de 1810.
LESCAUDEY, Major; RICARD, Quartier-maître trésorier.
1er Bataillon : Chef de Bataillon Rateau à camp d'Idelsée - Armée d'Allemagne, 2e Corps Oudinot, 3e Division Grandjean, 3e Brigade Brun.
Observations : octobre 1809, effectif sous les armes : 690 Officiers et hommes - hopitaux 258 - prisonniers de guerre 28
2e Bataillon : Chef de Bataillon Poirson Louis à camp d'Idelsée - Armée d'Allemagne, 2e Corps Oudinot, 3e Division Grandjean, 3e Brigade Brun.
Observations : octobre 1809, effectif sous les armes : 612 Officiers et hommes - hopitaux 295 - prisonniers de guerre 68.
3e Bataillon : Chef de Bataillon Larcher à camp d'Idelsée - Armée d'Allemagne, 2e Corps Oudinot, 3e Division Grandjean, 3e Brigade Brun.
Observations : octobre 1809, effectif sous les armes : 659 Officiers et hommes - hopitaux 250 - prisonniers de guerre 16.
4e Bataillon à Neuf-Brisach - 5e Division militaire.
5e Bataillon à Neuf-Brisach - 5e Division militaire.

Concernant l'Espagne, l'Empereur écrit, le 7 janvier 1810, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, les quatre premiers bataillons auxiliaires qui sont à Versailles seront réduits à deux, composés de la manière suivante. Savoir :
1er bataillon (infanterie de ligne) ...
5e compagnie 2 [officiers] 117 [soldats] du 105e
58 [soldats] du 48e
2 [officiers] 175 [soldats] ...
2e batailllon (infanterie légère) ...
Le comte de Lobau dressera procès-verbal de la formation de ces deux bataillons avant le 10 janvier ; les compagnies seront égalisées, leur chef de bataillon sera nommé pour commander chaque bataillon. Il sera également nommé à toutes les places d'officiers et de sous-officiers.
Les sous-officiers et soldats seront effacés des contrôles de leurs corps et, à dater du 1er janvier 1810, l'existence de ces bataillons sera reconnue, et ils seront payés directement par te Trésor. Il y aura trois tambours par compagnie.
Au fur et à mesure que les bataillons auxiliaires viendront à se former, au lieu de 12, les cadres seront resserrés, de manière que chaque bataillon soit porté au complet de 840 hommes.
Un colonel en second sera nommé inspecteur de tous les bataillons auxiliaires. Il sera chargé de rendre compte au ministre de leur formation et de veiller à ce que les différents détachements partent des lieux où ils se rassemblent, bien organisés et complets en officiers, sous-officiers et soldats.
Le 5e bataillon auxiliaire qui se réunit à Lyon en partira avec la formation provisoire qu’il aura reçue dans cette ville, et se rendra à Bayonne où il sera définitivement formé.
Faites-moi connaître pourquoi les corps ont envoyé aux bataillons auxiliaires des détachements dont la force est si peu proportionnée aux demandes qui leur ont été faites ; je désire savoir quand ils pourront envoyer le reste.
Aussitôt qu’un bataillon auxiliaire sera formé, présentez-moi un projet de décret pour lui donner une éxistence régulière.
Faites mettre à la dispositionn du comte Lobau une trentaine de jeunes gens de Fontainebleau, pour être placés dans ces bataillons.
Surtout ayez soin de mettre à Versailles un colonel en second qui veille à l’instruction
P.S : Vous dirigerez sur le second bataillon deux compagnies d'infanterie légère, faisant 300 hommes, pour compléter ce bataillon
" (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 22808).

Le 10 janvier 1810, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, écrivez au prince d’Eckmühl que s’il n’y a rien de nouveau, il laisse séjourner plusieurs jours à Augsbourg la 3e division du 2e corps composée des 10e légers, 3e, 72e et 105e de ligne ; après quoi il la fera partir pour Strasbourg, ce qui donnera plus de place pour le cantonnement des autres divisions. Faites-moi connaître quand les deux autres divisions et la cavalerie arrivent dans leurs cantonnements" (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 22817).

Le 19 janvier 1810, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le Duc de Feltre, donnez ordre que l’état-major de la 3e division du 2e corps de l’armée d’Allemagne, avec l’artillerie et les administrations, se rende à Metz.
Le 10e léger sera dirigé sur son dépôt [Sélestat].
Le 3e de ligne sur son dépôt à Strasbourg
Le 105e sur son dépôt à Neuf-Brisach
Le 72e se rendra à la réserve de St-Omer
La division restera intacte ; et les régiments rendront comte au général de division ; je les envoie seulement à leurs dépôts, pour les y faire séjourner et se reposer
" (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 22996).

Le 20 janvier 1810, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Maréchal Berthier, Major général de l'Armée d'Espagne : "Mon cousin, cinq bataillons auxiliaires sont organisés à Versailles. Je désire qu'ils partent bientôt. Pressez le ministre de la Guerre pour pourvoir aux places vacantes. Vous en ferez passer la revue le 22 par un de vos aides de camp ; et sur le compte qu'il vous rendra, vous ferez fournir par le ministre de la Guerre tout ce qui serait nécessaire à ce bataillon. Vous en passerez vous-même la revue le 28, afin qu'il puisse partir le 1er février.
Vous me ferez connaître quand ces bataillons auxiliaires, les quatre régiments de marche et les vingt escadrons de gendarmerie pourront se mettre en mouvement pour se rendre à Bayonne
" (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 22911).

Le 22 janvier 1810, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Maréchal Berthier, Major général de l'Armée d'Espagne : "Mon cousin, donnez ordre aux quatre régiments de marche de partir le 1er février pour se diriger sur Bayonne où se réunit la 3e division du 8e corps. Donnez ordre aux cinq bataillons auxiliaires qui sont organisés à Versailles de partir également le 1er février. Vous les ferez marcher à petite journée. Il sera donné à ces cinq bataillons auxiliaires et aux quatre régiments de marche deux paires de souliers par homme à Bavonne ou à Bordeaux, selon que les souliers seront dans l'une ou l'autre de ces villes" (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 22933).

Le 22 janvier 1810 encore, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre ... On me rend compte que cinq bataillons auxiliaires sont organisés à Versailles. Mon intention est qu'ils partent au 1er février" (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 22936).

Le 2 mars 1810, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, à Paris : "Monsieur le Duc de Feltre, je veux profiter de la consolidation de la paix continentale pour porter la plus grande économie dans mes armées. Voici les diverses dispositions que je projette, et sur lesquelles je désire un rapport. Armée d'Allemagne — Le grand quartier général, les grandes administrations, les parcs généraux d'artillerie et du génie et tout ce qui appartient à l'état-major général de la Grande Armée seraient dissous. Les états-majors et administrations et tout ce qui tient à l'organisation des 2e et 4e corps et réserve générale de cavalerie seraient dissous. Il ne resterait en Allemagne que l'état-major, l'administration et les parcs du génie et de l'artillerie du 3e corps commandé par le prince d'Eckmühl, l'infanterie du 3e corps composée de quinze régiments, trois bataillons portugais et deux bataillons de tirailleurs, la brigade de cavalerie du général Pajol composée de trois régiments, et les six régiments de cuirassiers de la division Bruyères, ci-devant Nansouty, formant neuf régiments de cavalerie, et quatre-vingts pièces d'artillerie au plus, attelées et approvisionnées.
La division Molitor, composée de quatre régiments d'infanterie et de deux régiments de cavalerie, resterait jusqu'à nouvel ordre à Hambourg, où elle serait sous le commandement du prince d'Eckmühl.
Toutes les autres troupes françaises évacueraient l'Allemagne.
La 1re division du 2e corps se réunirait à Mayence et autres places environnantes sur les bords du Rhin. La 2e division se réunirait à Strasbourg et aux environs. La 3e division, c'est-à-dire le 10e léger, le 105e et le 3e de ligne, se réunirait à Metz. Ces trois divisions seraient destinées à se porter immédiatement après sur les côtes pour en assurer la tranquillité pendant la belle saison ...
" (Correspondance de Napoléon, t.20, lettre 16303 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 23241).

Le 5 août 1810, l'Empereur écrit, depuis Trianon, au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, à Paris : "Monsieur le Duc de Feltre, donnez ordre que la division Grandjean soit dissoute ; que le régiment qui a ordre de se rendre à Saint-Malo continue pour Brest ; que, du moment que ce régiment sera arrivé, le 1er provisoire de ligne retourne à Nantes, et le 2e provisoire de ligne à Lorient ; que le 3e de ligne, qui est à Cherbourg, se rende à Saint-Malo. Envoyez un courrier à Cherbourg pour que le 105e ne parte pas. Ainsi le 10e d'infanterie légère sera à Brest, le 3e de ligne à Saint-Malo, et le 105e à Cherbourg. Donnez ordre au 3e léger, qui est à Dunkerque et Calais, de se rendre au Havre" (Correspondance de Napoléon, t.21, lettre 16763 ; Correspondance générale de Napoléon, t.10, lettre 24245).

Le 19 août 1810, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, je désire que vous formiez plusieurs bataillons de marche pour 1'Espagne et le Portugal.
... Le 4e bataillon du 43e de ligne sera complété également à 900 hommes, moyennant 100 hommes du 43e ; 200 du 18e ; 100 du 3e ; 100 du 111e ; 150 du 57e ; 150 du 105e ; 200 du 17e ; total 1000 hommes. Ce bataillon se formera également à Tours ...
Ces 3 derniers bataillons seront connus sous leur nom dans la ligne ; savoir le 3e bataillon du 50e, le 4e bataillon du 43e, et le 3e bataillon du 25e léger ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.10, lettre 24356).

Plaque de shako 105e de Ligne, 1810-1812, Espagne
Plaque de shako du 105e de Ligne, portée en Espagne, entre 1810-1812

V/ 1811, ENTREE EN ESPAGNE DE DEUX BATAILLONS

Le 3 mars 1811, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, donnez des ordres pour qu'il soit formé un bataillon de marche de 400 hommes, de ce que le 4e régiment suisse a à Rennes, et dirigez-le sur Brest, pour tenir garnison dans cette place.
Donnez ordre aux 3 bataillons du 105e qui sont à Cherbourg de se rendre à Brest. Il y aura ainsi à Brest le 10e d'infanterie légère, le 3e et le 105e de ligne et un bataillon suisse de 400 hommes. Aussitôt que le 1er bataillon du régiment de Belle-Île sera arrivé dans cette île, et qu'il y aura 400 soldats habillés et armés, vous ordonnerez que le bataillon suisse qui est à Belle-Île se rende également à Brest
" (Correspondance générale de Napoléon, t.10, lettre 26070).

Le 7 mars 1811, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre ... Donnez ordre que ce qu'il y a de disponible au 5e bataillon du 112e soit versé dans les 3 premiers bataillons. Même ordre pour les 111e, 108e, 106e et 105e ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.10, lettre 26122).

Le 30 mars 1811, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, à Paris : "... Les trois compagnies du 10e, du 3e et du 105e de ligne, et une compagnie des 47e, 86e, 13e et 70e, formeront quatre colonnes mobiles pour les côtes de Bretagne, avec des détachements de cavalerie ..." (Correspondance de Napoléon, t.21, lettre 17532; Correspondance générale de Napoléon, t.10, lettre 26415).

Le 1er avril 1811, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre ... Je pense qu'il est préférable d'envoyer à Belle-Île le 3e bataillon du 105e, qui doit être au moins de 500 hommes. Ce bataillon y restera jusqu'à ce que le régiment de Belle-Île soit organisé ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 26448).

Le 3 avril 1811, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Maréchal Berthier, Major général de l'Armée d'Espagne : "Mon cousin, on a formé à Bayonne trois bataillons de marche, un de 605 hommes, un autre de 578 et le troisième de 618 hommes.
J'ai déjà ordonné que le premier entrât avec un trésor de 4 millions en Espagne. Le deuxième y entrera quelques jours après avec un autre trésor de 4 millions. Enfin le troisième y entrera ensuite avec 4 autres millions.
À cette occasion je vous rappellerai que je vous ai demandé un état des fonds qui étaient à Bayonne, des sommes dont j'ai disposé pour les différentes armées d'Espagne et enfin un relevé des ordres que j'ai donnés pour tous ces envois d'argent.
Je désire que vous écriviez au général Caffarelli pour lui envoyer la composition de ces trois bataillons telle que votre rapport du 24 mars la présente et pour lui faire connaître mes intentions ...
2° Tout ce qui appartient aux 3e et 105e de ligne (et pour le reconnaître, il faudra dépouiller la formation des compagnies dans lesquelles ces détachements se trouvent confondus avec d'autres) sera incorporé définitivement dans le 130e de ligne. ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 26495).

Le 6 avril 1811, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Peltre, les 200 hommes du 105e qui ont été embarqués à Cherbourg et qui sont débarqués doivent rejoindre leurs régiments ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 26561).

Le 19 avril 1811, l'Armée d'Allemagne est composée de trois Corps; le 1er est le Corps d'observation de l'Elbe, commandé par Davout. L'Empereur écrit en effet ce jour à au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, à Paris : "Monsieur le Duc de Feltre, l'armée d'Allemagne sera composée de trois corps :
1° Le corps d'observation de l'Elbe ;
2° Le corps d'observation du Rhin ;
3° Le corps d'observation d'Italie.
... CORPS D'OBSERVATION DU RHIN.
Ce corps se réunira de Mayence à Wesel. Il sera composé de quatre divisions d'infanterie ...
4e DIVISION. — 1re brigade : deux bataillons d'élite du 3e de ligne ; deux du 4e ; deux du 105e ; 2e brigade : deux bataillons d'élite du 37e ; deux du 93e ; deux du 123e ; 3e brigade : deux bataillons d'élite du 18e de ligne ; deux du 19e ; trois bataillons portugais ; total, 19 bataillons ...
Mon intention est que vous donniez des ordres pour la formation des bataillons d'élite, afin que du 1er au 10 mai, ils puissent se mettre en marche pour les lieux de leur destination.
Je vous enverrai un travail préparatoire pour les corps d'observation du Rhin et d'Italie. Celui de l'Elbe marche tout seul. Les régiments d'élite seront composés de 2 bataillons. Le 1er bataillon sera de 4 compagnies de voltigeurs et le 2e de 4 compagnies de grenadiers. Chaque compagnie sera portée à 150 hommes et formée de vieux soldats. Vous ordonnerez aux colonels de désigner pour commander ces bataillons leurs meilleurs chefs de bataillon, et d'y placer les meilleurs officiers et sous-officiers et les plus propres à faire la guerre.
Les régiments qui n'ont pas leurs 4 compagnies d'élite devront aussitôt les former.
Le 4e régiment de ligne qui est au Havre, par exemple, devra former ses 4 compagnies sans les tirer du 4e bataillon. Il ne resterait alors au Havre que 3 bataillons de 4 compagnies chacun ou 12 compagnies ; mais comme on aura pris encore 2 compagnies pour remplacer celles du 4e bataillon, il n'y restera effectivement que 10 compagnies réduites à 7 ou 800 hommes. Mais le 4e bataillon enverra des cadres au Havre pour reformer les compagnies manquantes et les conscrits pourront être dirigés à mesure, et en suite des ordres que je donnerai, sur Le Havre, en sorte qu'il y aura au Havre 3 bataillons de 12 compagnies ayant sur pied 15 à 1 600 hommes et je serai libre, selon les circonstances, de retirer ces troupes ou de les laisser dans l'intérieur.
Ce que j'ai dit pour le 4e régiment s'appliquant à tous les autres ...
" (Correspondance de Napoléon, t.22, lettre 17630 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 26753).

Positions du 105e de Ligne en Mai 1811 : 1er et 2e Bataillons à Brest; 3e Bataillon à Belle-Île; 4e Bataillon et Dépôt (5e) à Neuf Brisach.

Le 15 mai 1811, l'Empereur écrit, depuis Rambouillet, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre ... Donnez ordre aux régiments d'élite du 3e de ligne et du 105e de se réunir à Rennes. Il est nécessaire qu'à cet effet, tout ce que ces deux régiments auraient dans Belle-Ile, dans Ouessant et autres îles, repassent sur le continent" (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1911, t.3, lettre 4579 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27065).

Le 24 mai 1811, l'Empereur écrit, depuis Caen, au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, à Paris : "Je vous envoie cinq états pour vous servir de direction dans un rapport que vous me ferez au 15 juin, pour donner une nouvelle organisation, au 1er juillet, aux différents corps d'observation ...
CORPS D'OBSERVATION DE RÉSERVE. — Ce corps sera créé conformément au n° 4 ...
Je n'ai pas besoin de vous dire que vous ne devez donner aucun ordre, faire aucun mouvement en conséquence de ces états, mais que vous devez vous borner à me faire un rapport général au 15 juin, époque à laquelle vous me demanderez en même temps mes ordres ...
CORPS D'OBSERVATION DE RÉSERVE.
Il sera créé un corps d'observation de réserve. Ce corps d'observation sera composé de la manière suivante :
1re Division, composée de douze bataillons, formant 8,000 hommes ; deux bataillons du 5e léger, qui sont à Cherbourg ; deux bataillons d'élite du 3e de ligne, qui se rendent à Rennes ; deux bataillons du 105e, qui se rendent à Rennes (cette brigade, qui sera la 1re, se réunira à Rennes) ; trois bataillons du 81e, dont un est dans la 7e division militaire et les deux autres à Pampelune ; trois bataillons du 60e, dont deux sont à Toulon et le troisième dans la 7e division militaire ; lesquels se réuniront à Rennes, en route, à un point d'intersection, et rejoindront le 81e à Pampelune, où se formera la 2e brigade.
Le corps d'observation de réserve est destiné à se réunir à Bayonne et à passer en Espagne. Il se mettra, à cet effet, en mouvement au 1er juillet. L'organisation définitive des divisions se fera à Bayonne. Cependant rien ne devra se mettre en mouvement que le ministre n'ait pris mes derniers ordres ; il me les demandera au 1er juin.
1re Division. — Les deux bataillons du 5e léger partiront de Cherbourg pour Reims ...
Quant à la garde des côtes de la Belgique, il y aura ... trois bataillons du 105e, d'égale force ...
" (Correspondance de Napoléon, t.22, lettre 17247 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27150).

Le 7 juin 1811, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, à Paris : "Monsieur le Duc de Feltre ... Vous donnerez l'ordre aux deux bataillons suisses qui sont à Rennes de se rendre à Cherbourg. Donnez ordre d'y réunir tout le 113e, et vous me ferez connaître quand les bataillons du 5e léger pourront se rendre à Rennes et s'y réunir avec les bataillons d’élite du 3e et du 105e ..." (Correspondance de Napoléon, t.22, lettre 17779 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27234).

Le 8 juin 1811, Napoléon écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, à Paris, pour former un Corps d'Observation de Réserve pour l’Espagne : "Monsieur le Duc de Feltre, le corps d’observation de réserve sera composé de la manière suivante :
.. 2e Division. – 5me léger : quatre bataillons. Deux bataillons se rendront de Cherbourg à Rennes. Les deux bataillons qui sont à l’armée d’Aragon rejoindront aussitôt que faire se pourra.
3e de ligne : deux bataillons, qui se réuniront à Rennes.
105e de ligne : deux bataillons, qui se réuniront à Rennes.
10e léger : quatre bataillons. Ce régiment se réunira d’abord à Rennes ; le 4è bataillon s’y rendra lorsqu’il sera formé et habillé.
52e de ligne : deux bataillons d’élite. Ces bataillons sont à Toulon et rejoindront à Vitoria.
Les régiments auront chacun leurs deux pièces d’artillerie. Cette division, qui se réunira à Vitoria, sera commandée par le général Caffarelli ...
" (Correspondance de Napoléon, t.22, lettre 17784 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27246).

Le 9 juin 1811, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : : "Monsieur le duc de Feltre, donnez ordre aux 2 bataillons d'élite du 3e de ligne et du 105e qui sont à Rennes d'en partir le 15 pour se rendre à Bayonne. Faites-moi connaître si les compagnies d'artillerie de ces régiments ont leurs pièces, leurs caissons et attelages ou quand ils les auront. Donnez ordre au général commandant la 13e division militaire d'en passer la revue avant leur départ et de vous envoyer des états en règle de la situation de ces régiments. Je suppose qu'il ne manque aucune place d'officiers ni de sous-officiers, et que tout est en bon état ..." (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1911, t.3, lettre 4608; Ernest Picard, Louis Tuetey, Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la guerre, Paris, Charles Lavauzelle, 1913, t. 4, p. 350, n° 5574 (minute, Archives nationales, AF IV 891., juin 1811, n° 77) ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27250). Le Général Delaborde commande la 13e Division militaire.

Le 11 juin 1811, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, à Paris : "... BREST. — Vous donnerez ordre que le dépôt du 3e régiment de ligne, qui est à Strasbourg, fasse partir 1,200 hommes pour le camp de Brest, afin de compléter les 1er, 2e et 3e bataillons du 3e de ligne à 500 hommes, le bataillon d'élite n'étant plus au régiment et se trouvant parti pour l'Espagne.
Vous donnerez le même ordre pour le 105e, qui fera partir 900 hommes pour les trois premiers bataillons ...
P. S. J'ai ordonné que les mouvements s'opéreraient au 1er juillet ; cependant, comme il est possible qu'il manque des habits et autres effets aux conscrits, vous donnerez en conséquence l'ordre aux dépôts de faire partir au 1er juillet ce qui serait bien arme, équipé et arrive au régiment depuis vingt jours, et au 15 juillet le reste. Les généraux commandant les divisions militaires qui passeront la revue de ces dépôts vous enverront à l'avance l'état de ce qui doit partir au 1er et au 15 juillet, de sorte qu'au 1er août les camps de Boulogne, d'Utrecht, tout soit conformément à ma lettre
" (Correspondance de Napoléon, t.22, lettre 17792 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27268).

L’ARTILLERIE REGIMENTAIRE EN ESPAGNE

Napoléon écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Ministre de la Guerre, le 12 juin 1811 :" Monsieur le Duc de Feltre, je reçois votre lettre du 11 ; j'y remarque une inexactitude. Le 5e Léger a sa compagnie d’Artillerie. Je pense que le 60e l'a également, puisqu'il faisait partie de l'armée d'Allemagne, et qu'il se trouvait à la bataille de Wagram.
Je vois que vous faites fournir les pièces de régiment des l0e, 20e et 60e par la France. Ces 3 régiments et le 81e se rendent à Pampelune. Il y a là beaucoup d'artillerie et de pièces de 4 espagnoles. Il serait préférable de prendre ce matériel dans cette place. Pour le 3e de Ligne et le 105e, ne pourrait-on pas prendre leur artillerie à Burgos où il y a beaucoup de pièces de 4, pour ne pas affaiblir le matériel qui est en France ?
Même observation pour les 10e Léger, 52e, 1er, 62e, 101e de Ligne et le 23e Léger.
Ainsi donc, je désire qu'il ne soit point donné d’artillerie de France à aucun de ces régiments et que cette artillerie soit prise à Pampelune et à Burgos ; que les compagnies d’artillerie des 3e et 105e de Ligne, 10e et 5e Léger se réunissent à Rennes, qu'elles se procurent là leurs chevaux, caissons et harnais ; que les compagnies des 10e, 20e et 60e se réunissent à Nîmes, qu'elles attendent là leurs chevaux et caissons, et lorsqu'elles seront complétées, rejoignent leur division ; que les compagnies du 23e Léger, 52e, 1er de Ligne, 62e et 101e se réunissent à Nîmes y acheter leurs chevaux, harnais et caissons et partent ensuite pour rejoindre en Espagne leurs divisions. Donnez des ordres en conséquence. Les régiments peuvent aller en avant, sans attendre leur compagnie d'artillerie. Mon intention étant de faire séjourner une quinzaine de jours ces régiments dans la Biscaye et dans la Navarre, leurs compagnies d'artillerie auront le temps de les rejoindre.
Donnez ordre que l'on mette en réserve à Burgos et à Pampelune le nombre de pièces de 4 nécessaire ; cela ménagera le matériel de France. J'ai déjà d'ailleurs trop d'artillerie en Espagne.
Vous donnerez l'ordre à la compagnie d'artillerie du 23e léger de partir d'Auxonne pour se rendre au Pont-Saint-Esprit où elle s'embarquera pour Nîmes. La compagnie d'artillerie de ce régiment se procurera à Nîmes les chevaux, harnais et caissons, comme je l'ai dit plus haut. Les pièces lui seront fournies en Espagne.
Napoléon
" (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27280).

Toujours le 12 juin 1811, l'Empereur écrit également, depuis Saint-Cloud, au Général Lacuée, Ministre de l'Administration de la Guerre : "Monsieur le comte de Cessac, les 81e, 60e, 20e et 10e de ligne qui font partie du corps d'observation de réserve, ayant quatre bataillons, doivent avoir une compagnie d'artillerie et deux pièces de canon, 3 caissons, un caisson d'infanterie par bataillon et un caisson de transports militaires. J'ai donné l'ordre que les compagnies d'artillerie des 60e, 20e et 10e de ligne séjournassent à Nîmes pour réunir leurs chevaux, harnais et caissons et se mettre en état de se porter sur Pampelune qui est la destination de ces régiments. Quant au 81e, je pense que sa compagnie d'artillerie est déjà à Pampelune. Donnez-lui l'ordre d'acheter des chevaux. Si elle ne peut pas s'en procurer à Pampelune, faites-la venir à Pau où elle trouvera plus de facilités.
Les bataillons d'élite des 3e et 105e et 52e de ligne, le 10e léger et le 5e léger font partie du même corps. Les 5e et l0e légers et les 3e et 105e de ligne laisseront leurs compagnies d'artillerie à Rennes ; et celles-ci n'en partiront que lorsqu'elles auront leurs chevaux, caissons et harnais. Quant au 52e, sa compagnie d'artillerie restera à Nîmes où elle se procurera les chevaux, harnais et caissons nécessaires.
Le 5e léger doit avoir des caissons pour quatre bataillons parce que les deux bataillons que ce régiment a en Aragon le rejoindront. Le 10e léger a quatre bataillons ; les 3e de ligne, 105e et 52e n'ont que deux bataillons.
Les 1er, 62e et 101e de ligne et 23e léger qui font partie du même corps de réserve doivent avoir également leurs compagnies d'artillerie. Ces compagnies séjourneront à Nîmes jusqu'à ce que leur chevaux, harnais et caissons soient complets et en état.
Prévenir le commandant du 23e léger qui est à Auxonne et qui n'a pas encore reçu l'ordre d'en partir, et les commandants des 1er, 62e et 101e qui sont en marche de Turin pour Grenoble qu'ils doivent réunir à Nîmes les chevaux, harnais et caissons de leur compagnie d'artillerie. C'est vous qui devez faire fournir aux compagnies d'artillerie régimentaires les harnais, caissons et chevaux. Faites-moi un rapport sur cela. Je désire que les compagnies d'artillerie ne séjournent qu'une quinzaine de jours au plus dans la ville où elles se formeront, après le passage des régiments.
Nap
" (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27286).

Le 17 juin 1811, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Prince de Neuchâtel et de Wagram, Major général de l'Armée d'Espagne, à Paris : "Mon Cousin ... Écrivez au général Caffarelli pour lui faire connaître la composition de la 2e division du corps de réserve dont il aura le commandement pour la grande guerre. Cette division sera de deux brigades, savoir : 1re brigade : quatre bataillons du 5e léger, quatre bataillons d'élite des 3e et 105e de ligne ; 2e brigade : quatre bataillons du 10e léger, deux bataillons d'élite du 52e de ligne.
En attendant, il se servira des troupes qui lui arrivent pour seconder le général Reille et contribuer à la destruction de Mina et à pacifier le pays.
Il est nécessaire qu'il y ait à Vitoria 300,000 rations de biscuit.
Cette division doit avoir huit pièces d'artillerie, autant de caissons d'infanterie et de transports militaires qu'il y a de bataillons. Il y sera joint, selon les circonstances, une ou deux batteries de position. Deux généraux de brigade, de ceux qui sont dans le gouvernement du général Caffarelli, commanderont les deux brigades. Le général Caffarelli les désignera. Un adjudant commandant, quatre adjoints à l'état-major, un commissaire des guerres, un officier du génie et un d'artillerie seront attachés à cette division.
Donnez ordre que les 3e, 105e et 52e de ligne se rendent à Bayonne, y séjournent, réparent leurs armes, prennent des cartouches et partent pour Tolosa, ou ils recevront des ordres du général Caffarelli
" (Correspondance de Napoléon, t.22, lettre 17815 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27323).

Le 18 juin 1811, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, je réponds à votre lettre du 17 juin. Le régiment de Belle-Île est trop peu nombreux pour en tirer des hommes. Mais pour le régiment de l'île de Ré, je ne vois pas d'inconvénient d'y faire un choix de quelques hommes les plus sûrs et les plus dociles pour les faire servir à recruter des régiments de la ligne. Mais cela devrait être fait avec beaucoup d'intelligence, et de manière que les conscrits n'eussent pas l'occasion de passer chez eux. Il faudrait diriger sur le camp de Boulogne et sur Brest, pour recruter les 9e et 105e de ligne et les 47e, 15e, 70e et 86e, les conscrits de l'île de Ré appartenant à la 10e et 11e division militaire, et diriger sur Bayonne pour être incorporés dans les 24 régiments qui sont à Bayonne les conscrits de la Bretagne et autres pays éloignés des Pyrénées. On pourrait en former des compagnies de marche. On commencerait par en former une pour Bayonne, l'autre pour Brest. Proposez-m’en le projet. Cela n'est pas d'ailleurs une mesure pressante. Si elle réussit, on pourra l'étendre. Ces hommes devront sortir de l 'ile de Ré armés et habillés. Toutefois je désire qu'il n'en sorte aucun conscrit sans mon autorisation" (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27342).

Le 18 juin 1811 encore, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, à Paris : "Monsieur le Duc de Feltre, je reçois votre rapport du 15 sur les différents corps d'observation. Je réponds d'abord à ce qui concerne le corps d'observation de la réserve.
CORPS D'OBSERVATION DE LA RÉSERVE.
... 2e Division. — Donnez ordre aux deux bataillons du 5e léger de se rendre à Bayonne et aux trois bataillons du l0e léger de se réunir à Rennes.
Il est bien nécessaire alors de pourvoir à la garnison de Brest. Les quatre compagnies des 4es bataillons, tant du 3e de ligne que du 105e, qui restent au dépôt, se compléteront chacune à 200 hommes et partiront pour Brest, où les hommes seront incorporés dans les trois premiers bataillons ; dans le cours de juillet, deux autres compagnies du 4e bataillon conduiront 500 autres soldats ; de sorte que les trois premiers bataillons recevront 1,300 hommes, ce qui les mettra à leur complet.
S'il n'y avait pas 800 hommes prêts à partir au 1er juillet, on ne ferait partir que trois compagnies ou 600 hommes.
Au 1er juillet, faites passer la revue du 4e bataillon du 10e léger, afin de connaître quand il pourra partir pour rejoindre les trois premiers bataillons ...
" (Correspondance de Napoléon, t.22, lettre 17817 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27343).

Et toujours le 18 juin 1811, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Lacuée, Ministre de l'Administration de la Guerre "Monsieur le comte de Cessac, le ministre de la Guerre a dû vous envoyer l'organisation d'un corps de réserve en trois divisions, indépendamment d'une division italienne ...
La 2de division se compose de 4 bataillons du 10e léger, de 4 du 5e léger, de 2 bataillons d'élite du 3e de ligne, de 2 bataillons d'élite du 105e et de 2 bataillons du 52e. Chaque régiment doit avoir également sa compagnie d'artillerie. L'artillerie de ces régiments se formera et s'organisera à Rennes, à l'exception du 52e qui pourra s'organiser à Nîmes ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27347).

Le 20 juin 1811, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Prince de Neuchâtel et de Wagram, Major général de l'Armée d'Espagne, à Paris "Mon Cousin, je trouve votre lettre au général Reille entortillée et mal rédigée ...
Vous manderez au général Caffarelli que les quatre bataillons d'élite des 3e et 105e arriveront du 10 au 20 juillet en Biscaye ; qu'il doit placer ces bataillons à Irun et à Tolosa, et réunir à Vitoria tout ce qui appartient à l'armée de Portugal ; que le 20 juillet il dirige les quatre bataillons de l'armée de Portugal sur Burgos, en conservant à Vitoria le 3e bataillon du 50e et celui du 25e léger ; mais qu'aussitôt que le 52e et le 5e léger seront arrivés il fasse partir aussitôt ces deux 3es bataillons pour Burgos.
Vous aurez soin d'être ponctuellement instruit de l'époque de l'arrivée de ces bataillons à Burgos. Vous prendrez mes ordres au 10 juillet sur la formation d'une brigade de marche qui sera dirigée sur l'armée de Portugal selon les circonstances d'alors, et en force ; car cette armée peut se trouver engagée dans des opérations où il serait utile que 6 ou 7,000 hommes marchassent à la fois
" (Correspondance de Napoléon, t.22, lettre 17830 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27358).

Deux bataillons du 105e de Ligne partent donc de Rennes avec le Colonel en second Antoine Adalbert Baille (Colonel en titre en septembre) pour rejoindre le Nord de l’Espagne et renforcer l’armée du général Dorsenne. Cette armée du Nord, loin des grands combats de la péninsule de l'époque, est chargée de garder la route stratégique qui part de Bayonne et joint Vittoria et Burgos. Elle doit s'opposer aux harcèlements permanent des guerillas menées par El Pastor en Guipuzcoa, Renovales en Biascaye, Longa dans les Alpes Cantabriques et Espoz y Mina en Navarre.

Le même 1er juillet 1811, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Lacuée, Ministre de l'Administration de la Guerre : "Monsieur le comte de Cessac, au lieu de donner des fonds aux 60e et 81e régiments pour monter leur compagnie d'artillerie, je pense que vous devez faire fournir des caissons du dépôt de Pau. Vous pouvez donc retenir les fonds que vous destiniez à cet objet et faire connaître aux commandants de ces régiments à Nîmes qu'ils trouveront leurs caissons de transports militaires et leurs caissons d'ambulance préparés à Pau.
Donnez les mêmes ordres pour les 3e, 52e et 105e, 23e léger, 1er, 62e et 101e, cela épargnerait beaucoup d'argent et l’on emploierait les caissons de Pau que désormais je veux remplacer par des charrettes
" (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1911, t.3, lettre 4645; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27507).

Le 13 juillet 1811, l'Empereur écrit, depuis Trianon, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre ... Le 3e de ligne fournira les garnisons du Nestor, de La Pregel et de La Revanche ; le 105e la garnison de L 'Eylau ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27612).

Le 17 juillet 1811, l'Empereur écrit, depuis Trianon, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, donnez ordre que les compagnies d'artillerie des 3e et 105e régiments qui sont à Rennes, en partent pour se rendre à Bayonne.
Donnez ordre également que celle du 10e d'infanterie légère parte avec son régiment.
Que l'artillerie du 5e d'infanterie légère parte du 1er au 10 août, aussitôt que le général commandant la division la trouvera en état ; que les compagnies du 10e et du 20e de ligne partent aussitôt que le général commandant la division les trouvera en état, et se rendent à Bayonne, où elles profiteront de la première escorte pour rejoindre leur régiment.
Donnez ordre que les compagnies du 1er et du 60e partent du 1er au 10 août. Enfin donnez ordre aux généraux commandant les divisions de faire partir celles du 23e léger, 62e, 101e, 52e et 81e aussitôt qu'elles seront prêtes. Vous me ferez connaître le jour de leur arrivée
" (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27678).

Toujours le 17 juillet 1811, l'Empereur écrit, depuis Trianon, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Peltre ... Donnez ordre que la 2e compagnie des 5es bataillons du 3e de ligne et du 105e se forment à Lorient, conformément à l'ordonnance, et soient destinées à tenir garnison sur 2 des quatre vaisseaux de guerre qui sont à Lorient ...
Vous donnerez ordre que toutes ces compagnies soient composées d'officiers, sous-officiers et soldats de l'ancienne France ; que tous les officiers, sergents, caporaux et fourriers aient au moins 4 ans de service, et que les soldats aient au moins un an de service et soient à l'école de bataillon. Vous recommanderez qu'on porte un soin particulier à la formation de ces compagnies, à les maintenir au complet ; qu'on y mette des officiers de choix, hommes d'ordre et d'honneur qui puissent être utiles à bord des vaisseaux
" (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27681).

Le 20 juillet 1811, l'Empereur écrit, depuis Trianon, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, les 3e et 105e qui sont arrivés à Bayonne étaient commandés par des chefs de bataillon. Faites-moi connaître pourquoi les colonels n'y étaient pas, ou au moins les majors" (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27726).

Le 27 juillet 1811, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Maréchal Berthier, Major général de l'Armée d'Espagne : "Mon cousin ... Les compagnies d'artillerie régimentaires des 10e, 20e, 81e, 52e, 3e et 105e de ligne, à fur et mesure de leur arrivée, iront sous bonne escorte rejoindre leurs régiments" (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27815).

Formé en colonnes mobiles, on retrouve le 105e en Biscaye, en juillet.

Le 9 août 1811, l'Empereur écrit, depuis Rambouillet, au Maréchal Berthier, Major général de l'Armée d'Espagne : "Mon Cousin ... Vous donnerez l'ordre au général Caffarelli, moyennant l'arrivée de ces 6.000 hommes, de faire filer sur Burgos toute sa division, savoir le 3e, le 105e, le 5e léger et le 52e, désirant qu'au 1er septembre le général Vandermaesen puisse partir avec sa division pour Valladolid ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 28051).

Le 12 août 1811, l'Empereur écrit, depuis Rambouillet, au Maréchal Berthier, Major général de l'Armée d'Espagne : "Mon Cousin ... Aussitôt que les compagnies d'artillerie des 3e et 105e régiments seront arrivées, elles recevront leurs caissons, conformément aux ordres du ministre de la guerre ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 28129 - Notes : Bien que le destinataire indiqué soit bien Clarke, son contenu laisse penser que cette lettre est plutôt destinée à Berthier, Major général de l’Armée d’Espagne; c’est la position de Picard et Tuetey; la CGN donne le 45e au lieu du 105e).

Le 18 août 1811, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Maréchal Berthier : "Mon Cousin ... Les 3e de ligne, 105e, 5e léger et 52e, avec les généraux de brigade que le général Caffarelli aura désignés, occuperont Burgos. Il est nécessaire de laisser à Burgos 600 chevaux, jusqu'à ce qu'ils soient remplacés, indépendamment de la gendarmerie ..." (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 4, lettre 6011 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 28219).

Le 22 août 1811, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke : "Monsieur le duc de Feltre, donnez les ordres suivants pour la répartition des compagnies ESCADRE DE LORIENT Les 2es compagnies des 5es bataillons des 3e, 105e, 80e, 121e et 122e de ligne seront complétées et réunies à Lorient. Ces cinq compagnies seront placées, savoir celle du 3e sur l’Eylau ; celle du 105e sur le Vétéran ; celle du 80e sur le Golymin ; celle du 122e sur le Marengo ; celle du 121e sur le Diadème ..." (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 4, lettre 6042 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 28292).

Le 26 août 1811, l'Empereur écrit, depuis Trianon, au Général Clarke : "Monsieur le duc de Feltre ... Faites-moi connaître la situation des bataillons des 3e et 105e de ligne également destinés à la défense de la Bretagne, pour mettre ces bataillons au complet par des conscrits de l'ile de Ré qui, étant en Bretagne, seront assez éloignés de chez eux" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 4, lettre 6076 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 28382).

Le 105e est en Navarre, en septembre.

Le 7 septembre 1811, l'Empereur écrit, depuis Compiègne, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, dans l'état que vous me remettez des pertes qu'ont éprouvées dans leur marche les bataillons envoyés des dépôts pour rejoindre leurs corps, vous parlez d'un 6e bataillon du 3e de ligne et d'un 6e bataillon du 105e. Ces deux régiments n'ont point de 6e bataillon. Je crains que cette dénomination ne soit donnée par vos bureaux à ces régiments, parce qu'ils ont deux bataillons d'élite. Il faudrait rectifier cette erreur ; l’un de ces bataillons est le bataillon d’élite de grenadiers, l’autre de voltigeurs, et le 3e, 4e et 5e conservent leurs numéros" (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 28539).

Le 13 septembre 1811, l'Empereur écrit, depuis Compiègne, au Général Clarke : "Monsieur le duc de Feltre, envoyez-moi la correspondance du général commandant la 13e division militaire.
Donnez ordre que le 4e bataillon du 3e de ligne, qui est en Bretagne, verse dans les 1er, 2e et 3e bataillons tout ce qu'il a de disponible, de manière à compléter ces bataillons à 140 hommes par compagnie, et que le cadre du 4e bataillon retourne au dépôt à Strasbourg.
Donnez le même ordre pour le 105e, et que le cadre du 4e bataillon retourne également à Neuf-Brisach au dépôt.
Donnez ordre au général de tenir ces deux régiments réunis à Brest et de charger un général de brigade de surveiller ces six bataillons, de pourvoir à toutes les places vacantes, de s'occuper de l'instruction, enfin de mettre ces bataillons dans le meilleur état
" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 4, lettre 6172 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 28638).

Le 8 octobre 1811, l'Empereur écrit, depuis Utrecht, au Général Clarke : "Monsieur le duc de Feltre, les 4es bataillons des 3e et 105e qui sont retournés dans la 5e division militaire, se réuniront à Strasbourg et recevront chacun 600 conscrits réfractaires du dépôt de Strasbourg. Recommandez au général Laborde de prendre un soin particulier des bataillons de ces régiments et de les réunir davantage, étant trop disséminés, ce qui perd entièrement ces jeunes soldats" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 4, lettre 6242 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 28795).

Le 21 octobre 1811, l'Empereur écrit, depuis Amsterdam, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "... Quant aux bataillons des 3e et 105e, je désire qu'ils restent à Strasbourg, pour le service de la place. À cet effet, recommandez au général Lebrun de n'y mettre aucun déserteur, mais de choisir les jeunes gens les plus sociables et qui donnent Je plus d'espérances pour compléter parfaitement le 4e et même le 5e bataillon de ces deux régiments. Je verrais avec plaisir qu'ils eussent chacun 600 hommes, ce qui ferait 2 400 hommes, qui seraient tous utiles à Strasbourg pour garder cette place importante, et laisseraient les bourgeois tranquilles.
Tenez la main à ce que les majors et les chefs de bataillon soient présents, que tous les officiers et sous-officiers soient présents, et que le général Lebrun ne mette dans ces bataillons que des jeunes gens qui puissent être utiles
" (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 28886).

Le 22 octobre 1811, l'Empereur écrit, depuis Amsterdam, au Maréchal Davout, Prince d'Eckmühl, commadnant l'Armée d'Allemagne, à Hambourg : "Mon Cousin, les 4es bataillons des 19e, 46e, 93e, 56e, 2e, 37e et 123e, ce qui fait sept bataillons, ont été envoyés à Wesel et à Strasbourg pour se compléter à 900 hommes. Je garderai à Strasbourg les bataillons du 3e et du 105e ..." (Correspondance de Napoléon, t.22, lettre 18188).

Le 23 octobre 1811, l'Empereur écrit, depuis Amsterdam, au Maréchal Berthier : "Mon Cousin, il est nécessaire que vous écriviez, par l'estafette de ce soir, au général Caffarelli pour lui faire comprendre que tout le mouvement se portant aujourd'hui sur Valence, il est nécessaire qu'au moindre avis du général Reille, il fasse passer dans la Navarre toutes les troupes nécessaires, afin que ce général puisse se porter au secours du maréchal Suchet avec toute sa division. L'arrivée des huit bataillons du régiment de marche de l'armée du Midi et du 15e régiment de chasseurs doivent (sic) donner au général Caffarelli des troupes disponibles. Mon intention même est que, si sa présence était nécessaire, il parte avec toute sa division pour, conjointement avec le général Reille, soutenir le maréchal Suchet. Le régiment de marche de l'armée du Midi, le régiment de marche de l'armée du Nord, le régiment de marche de l'armée de Portugal, le 130e régiment, ce qui fait près de 20 bataillons, et tout ce que, dans une circonstance urgente, le général Monthion s'empresserait d'envoyer en Biscaye, sont trois fois plus qu'il ne faut. Il faut donc qu'avec sa division, composée des 3e, 52e et 105e de ligne et des 5e et 10e légers, du 15e chasseurs et de ses 20 pièces d'artillerie, il puisse se porter, si cela devenait nécessaire, en Aragon ..." (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 4, lettre 6291 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 28891).

Positions du 105e de Ligne en novembre 1811 :
- 1er et 2e Bataillons (sous la forme de Bataillons d'élite, Grenadiers et Voltigeurs) et Compagnie d'Artillerie régimentaire, Armée du Nord de l'Espagne, petit Dépôt à Bayonne;
- 3e et 4e Bataillons à Brest;
- 5e Bataillon Dépôt à Neuf Brisach.

Le 27 novembre 1811, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke : "Monsieur le duc de Feltre ... Proposez-moi de faire remplacer à Cherbourg les deux bataillons du 4e régiment suisse par les bataillons du 3e ou le 105e ..." (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 4, lettre 6423 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 29209 - Cette lettre a été publiée partiellement par A. Chuquet, Lettres et Apostilles de Napoléon, t. II, p. 208).

Le 2 décembre 1811, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke : "Monsieur le duc de Feltre ... Tous les hommes qui arriveraient désormais seront donnés aux 3e de ligne et 105e, jusqu'à ce que ces régiments aient le nombre d'hommes qu'ils doivent avoir" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 4, lettre 6437 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 29238).

Le 9 décembre 1811, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre ... Donnez ordre au 105e régiment d'envoyer deux de ses bataillons complets à Cherbourg ..." (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 4, lettre 6464 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 29295).

Le 15 décembre 1811, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke : "Monsieur le duc de Feltre, donnez ordre au duc de Plaisance, commandant le dépôt de Strasbourg, de faire partir le plus tôt possible les hommes qu'il a disponibles pour les cuirassiers. On prendra pour conduire ces hommes des détachements des 1er et 105e ou des escortes détachées d'Erfurt à cet effet.
Donnez ordre que les 1.000 premiers graciés ou déserteurs amnistiés qui arriveront au dépôt de Strasbourg, qui sont destinés au corps du prince d'Eckmühl, soient dirigés, savoir 300 hommes sur le 2e de ligne et 700 hommes sur le 37e.
On les habillera et on les équipera en règle, et on les fera partir sous l'escorte des détachements du 1er de ligne ou du 105e, qui les conduiront à ces deux régiments. Les cadres retourneront à Strasbourg ...
" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 4, lettre 6487 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 29349).

VI/ 1812-1813, LE REGIMENT DISPERSE : ESPAGNE, RUSSIE ET ALLEMAGNE

1/ ESPAGNE, 1812-1813

a/ 1812

Grenadier du 105e Régiment en Espagne
Fig. E1 : Grenadier du 105e Régiment en Espagne, tenue de campagne
Officier du 105e Régiment en Espagne
Fig. E2 : Officier de Voltigeurs du 105e Régiment en Espagne, tenue de campagne
Musicien du 105e Régiment en Espagne
Fig. E3 : Musicien régimentaire du 105e Régiment en Espagne, tenue de campagne

Durant l'année 1812, les deux Bataillons du 105e de Ligne, aux ordres du Major Lescaudry, s’épuisent dans l'escorte des convois et les opérations contre Mina qui dispose d'une veritable division de guérilla qui harcèle les forces françaises.

En Juin 1812, le 105e est à la première Division de l'Armée du Nord, aux ordres du Général Abbé, qui est basée à Pampelune. On y compte 34 Officiers et 932 hommes sur le terrain, 115 hommes aux hôpitaux. Les Compagnies d’élite sont regroupées dans des Bataillons de Grenadiers et Voltigeurs.

Les pertes sont régulières contre les guérillas. Des opérations sont plus importantes. Le 22 août 1812, une colonne, commandée par le Général Soulier, ayant opéré sa jonction avec le Général Caffarelli à Bilbao, rencontre 5000 partisans de la bande de Longa. Trois Compagnies de Voltigeurs du 105e et trois du 3e de Ligne dispersent l’ennemi.

Le 11 octobre, la Division Abbé, venue chercher un convoi de grains près de Trafalla, est attaquée par Mina. Huit cent hommes, dont deux Compagnies du 105e, attaquent l’ennemi puis effectuent une retraite en bon ordre. Le Capitaine Lecerf est tué, le Chirurgien aide major Bezuchet est blessé.

Quatre jours après, nouveau combat près du village de Maniera, non loin de Pampelune. Mina est repoussé mais les pertes sont nombreuses pour le Régiment. Le Major Lescaudry est tué, ainsi que le Chef de Bataillon Larcher, les Capitaines Bourcet et Marion.

Pendant ce temps, suite à la défaite des Arapiles, le 22 Juillet 1812, au Sud-Est de Salamanque, le dispositif français en Espagne a été désorganisé. Joseph fuit sur Valence chez Suchet, alors que Wellington entre à Madrid le 12 Août. Soult doit évacuer à contre coeur l'Andalousie. Mais la situation finit par se rétablir sur une nouvelle ligne de front, à la fin de l'année. Le 2 Novembre, Joseph retrouve Madrid. Suchet resserre son dispositif, abandonnant le sud de la province de Valence.

Wellington prend ses quartiers d'Hiver à Ciudad Rodrigo. Les Français, eux, s'installent une nouvelle fois entre le Douero et le Tage.

Dans le Nord de l'Espagne, les Français s'épuisent à maintenir les communications avec la France.

b/ 1813

C'est au début Janvier 1813, que parvient à Madrid l'annonce du désastre de la campagne de Russie et les nouvelles instructions de l'Empereur. D'abord, resserrer les lignes en se repliant sur le Nord de l'Espagne. Les 4 armées, aux ordres de Joseph, vont adopter de nouvelles positions : en mars, on évacue la Manche, l'Armée du Centre se place autour de Ségovie, celle du Midi vers la vallée du Douro, celle du Portugal en Vieille Castille. Joseph, quant à lui, évacue sa capitale et replie son gouvernement à Valladolid. Ensuite, ponctionner les effectifs pour recréer une armée en Allemagne. Mais la guerre continue dans la péninsule.

Le 105e de Ligne est toujours à la Division Abbé autour de Pampelune et a fort à faire contre les bandes de guérillas.

Le 1er février 1813, au combat d'Ordonna, le Capitaine Pourchet est blessé.

Le 22 mars, dans un combat près de Pampelune, le Chef de Bataillon Maussion et le Capitaine Rapold sont tués.

Le 13 mai, le 105e participe au combat de Roncal.

Pendant ce temps, au Portugal, Wellington, devenu Généralissime de toutes les armées espagnoles et alliées, réorganise lui aussi ses troupes. C'est le 22 Mai que Wellington reprend l'offensive, réoccupe Salamanque, et continue sa progression.

Joseph décide de l’arrêter à Vitoria. Mal engagée et mal terminée par la débâcle des forces françaises, la bataille de Vitoria est très coûteuse. Exténué, le reste des Armées françaises repasse les Pyrénées, laissant deux fortes garnisons à Pampelune et San Sebastian. Le 105de Ligne se replie aussi.

Le 12 Juillet, rappelé d'Allemagne, Soult vient reprendre le commandement en chef des toutes les forces sur la frontière. Joseph et Jourdan sont destitués.

Soult continue la réorganisation de ses forces en 10 Divisions et 3 ailes. Les hommes sont assez déprimés, face désormais à des Alliés en supériorité numérique. Soult se met à fortifier la frontière, par tout un système de redoutes.

Des tentatives pour aller délivrer la garnison de Pampelune, entre les 24 Juillet et 28 juillet échouent. Les Français retournent sur leurs bases de départ derrière la Bidassoa. Le 105e y a quelques pertes.

Puis Soult essaie de secourir Saint Sébastien. La bataille de San Marcial, le 30 Août, est aussi infructueuse. La retraite, qui s'effectue par le pont de Berra, se fait sous le feu des Anglais. Au passage de la Bidassoa, le 31, le Capitaine Charpentier est blessé.

Saint-Sébastien succombera le 8 Septembre. Désormais, on va se battre sur le sol français. Les hommes sont complètement démoralisés, la solde n'a plus été versée depuis des mois.

Les deux Bataillons du 105e de Ligne se retrouvent à la 7e Division (Maucune), Brigade Montfort. Ils stationnent à la Croix des Bouquets pour y tenir le front, supervisé par le Général Reille.

Wellington reprend son offensive, le 7 octobre et franchit la Bidassoa.

Les positions françaises sont grignotées et Wellington s'empare des hauteurs sur la Rhune. Soult prévoit alors de se replier derrière la Nivelle où il a établi des lignes fortifiées. Wellington temporise, attendant la chute de Pampelune qui survient le 31 Octobre.

Au début Novembre, Soult stabilise son front entre Saint-Jean-de-Luz et Saint-Jean-Pied-de-Port, s'appuyant sur la Nivelle et la Nive, des camps retranchés et de multiples redoutes. Se sachant en infériorité numérique, il en est réduit à une campagne défensive, mais étale trop ses troupes au lieu de former une masse de manœuvre pour des contre offensives puissantes. Soult pense être attaqué sur son aile droite, mais Wellington va faire porter son offensive sur le centre de son front, le 10 Novembre. Le 105e de Ligne est à l’aile droite des Français, avec sa Division, au camp du Bordagain. A la fin de l’opération, le centre et l'aile gauche s'étant repliés devant l’offensive anglaise, l’aile droite court le risque d'être coupée du gros de l’armée. Reille évacue Saint-Jean-de-Luz et se replie sous Bayonne.

2/ RUSSIE, 1812

Musicien du 105e Régiment en Espagne
Fig. E4 : Tambour major du 105e Régiment en Espagne

Avant de partir pour la Russie, Napoléon avait laissé des troupes en garnison dans les principales places fortes d'Allemagne, ainsi qu'un Corps d'armée de réserve chargé d'assurer les arrières. Il s'agissait du XIe Corps d'armée du Maréchal Augereau.

Le 8 janvier 1812, Napoléon écrit à Clarke : "Monsieur le duc de Feltre ... Je recois votre lettre par laquelle vous me rendez compte que le 3e de Ligne qui est à Strasbourg a 2000 hommes et le 105e a 1600 hommes.
Je vous ai fait connaitre qu'il fallait que le 4e bataillon du 56e et le 4e bataillon du 93e fussent complétés à 900 hommes. On pourra retirer ce qui est necessaire du 3e ou du 105e au choix du général Desbureaux … Les 4eme bataillons du 3e et du 105e doivent chacun garder 600 hommes ...
".

Le 9 janvier 1812, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Duc de Feltre : "Réitérez donc l’ordre au général Desbureaux, de faire partir tous les cadres de cuirassiers qui lui ont été envoyés avec les hommes qu’il a destinés à ces régiments. Qu'il prenne ce qu’il y a de meilleur dans le 3e et dans le 105e et dans le dépôt des réfractaires, et que tout cela parte sans plus de délai ..." (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1911, t.3, lettre 4884).

Le 27 février 1812, à Paris, "On croit que l'intention de l'Empereur est d'envoyer de Brest à Cherbourg le 3e bataillon du 105e pour le réunir aux deux premiers"; Napoléon répond : "Il faut donner l'ordre à ce 3e bataillon de se rendre à Cherbourg; il y a de l'inconvénient à tenir les bataillons trop disséminés" (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1911, t.2, lettre 1881).

Le 3 mars 1812, l'Empereur écrit, depuis Paris : "Ordre au général Durosnel de partir demain avant le jour avec 150 gendarmes et 300 hommes soit du 2e régiment de lanciers, soit des dragons de la garde à Versailles et de se rendre à Caen à marche forcée au plus tard en cinq ou six jours.
Au commandant de la division de prendre 5 ou 600 hommes, soit dans le 105e, soit à Cherbourg, et de les diriger sur Caen.
Au général Durosnel de commander la 14e division militaire et de tirer des légions voisines le nombre de gendarmes nécessaires.
Le colonel Henry marchera avec le général Durosnel
" (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1911, t.2, lettre 1891).

Le 21 mars 1812, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Duc de Feltre : "Je reçois votre lettre du 20, où je vois que vous ne trouvez pas de ressources dans les dépôts des divisions du Nord, dont les régiments sont à l'armée d'Espagne. On pourrait trouver quelques hommes dans la 13e division militaire, ou dans les divisions voisines de l’Italie ; mais mon intention n’est pas d'y avoir recours.
J'ai déjà pourvu au complètement du 6e bataillon du 46e. Il reste à pourvoir aux bataillons du 93e, 19e, 37e et 56e. Faites-moi connaître quand les 700 graciés du boulet ou des travaux arriveront à Wesel. Remettez-moi l’état de tous les conscrits condamnés au boulet et aux travaux. Ne pourrait-on en gracier encore autant ? Ce qui, avec les conscrits réfractaires du dépôt de Wesel, offrirait de quoi compléter deux bataillons.
Le 93e qui est à Strasbourg, recevra 300 conscrits réfractaires qui avaient été placés dans le bataillon du régiment de Walcheren. Donnez ordre qu'il reçoive le complément de ce qu'il y aurait de disponible, soit en conscrits réfractaires, soit en conscrits antérieurs à 1812, dans les 3e et 105e qui sont à Strasbourg.
Il ne resterait que le 37e. On pourrait compléter ce bataillon par les conscrits du bataillon de Belle-Isle, qui pourraient être incorporés à leur passage à Wesel.
Faites-moi un rapport particulier sur l’exécution de mes ordres relatifs au recrutement des bataillons des 46e, 93e, 19e, 37e et 56e, afin que je ne les perde point de vue et qu’ils puissent, dans le courant d'avril, partir de Strasbourg et de Wesel, pour rejoindre leurs régiments
" (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1911, t.3, lettre 5023).

Et le 30 avril 1812, au même : "... Donnez ordre que le 4e bataillon du 3e de Ligne et le 4e bataillon du 105e de Ligne partent de Strasbourg et se rendent à Erfurt où les deux bataillons formant 1500 hommes resteront jusqu'à nouvel ordre ...".

Le 1er mai 1812, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Duc de Feltre : "Donnez ordre aux 4es bataillons du 3 de ligne et du 105e de partir aussitôt qu'ils en recevront l’ordre pour Erfurt. Ils passeront le Rhin à Kehl. Envoyez cet ordre par le télégraphe en même temps que vous l'enverrez par la poste" (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1911, t.2, lettre 1969).

Le 18 mai 1812, l'Empereur écrit, depuis Dresde, à Berthier : "J'ai demandé un général de brigade pour commander la brigade d'Erfurt. Faites-moi connaître celui que vous avez désigné. Celle brigade sera composée du 4e bataillon du 3e de ligne, d'un bataillon du 105e, de deux bataillons du 29e avec une compagnie d'artillerie et deux pièces, enfin d'un régiment de marche de Paris qui a été formé en conséquence de mon ordre du 8 mai ; total, 6 bataillons ou 4 à 5000 hommes. Plus, une compagnie d'artillerie dans la forteresse et 8 quatrièmes escadrons de dragons destinés pour la Grande Armée à 250 chevaux : total, 2.000 chevaux. Ce qui fera à Erfurt une réserve de près de 8.000 hommes destinée à se porter partout où les circonstances le voudraient Faites-moi connaître quand les corps qui doivent la composer, arriveront à leur destination ..." (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1911, t.2, lettre 1991).

En juin 1812, le 4e Bataillon du 105e de Ligne (468 hommes !) y est placé dans la 34e Division d’infanterie du Général Joseph Morand, chargée de garder la Poméranie suédoise à Straslund.

Le 22 juillet 1812, l'Empereur écrit, depuis Gloubokoïé, au Duc de Feltre : "Je donne ordre que la brigade d'Erfurt se rende dans la Poméranie suédoise pour faire partie de la 34e division de la Grande Armée qui sera sous les ordres du général Morand (de celui qui a été gouverneur en Corse). Cette 34e division appartient au 11e corps que commande le duc de Castiglione. On laissera une compagnie d'artillerie et 200 hommes pour la garde de la forteresse.
La 34e division se composera de deux brigades.
La lre sera formée des deux bataillons du 3e et du 105e, des deux bataillons du 29e et des deux bataillons du 113e qui sont à Erfurt et vont se rendre à Stralsund.
La 2e brigade sera formée d'un régiment westphalien, du régiment n° 4 de la Confédération, et d'un régiment de Hesse-Darmstadt, au total, de douze bataillons
" (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1911, t.1, lettre 1013).

Ce corps stationne en Allemagne durant toute la campagne de Russie et va récupèrer les tragiques débris de la Grande Armée.

Le 12 septembre 1812, Berthier écrit, depuis Mojaïsk à Augereau : "Je vous envoie, Monsieur le maréchal, des ordres pour divers mouvements de troupes à effectuer.
L'intention de l’Empereur est qu'il ne reste, du Rhin à l’armée, que la division du général Heudelet, la division du général de Lagrange (le manchot), la brigade de dragons et douze cohortes de gardes nationales, sous vos ordres.
A Danzig, huit bataillons, savoir : un du 3e de ligne, un du 105e, deux du 29e, deux du 115e. deux du régiment n° 6 de la Confédération du Rhin ...
Faites en conséquence exécuter sans délai les mouvements prescrits par les ordres ci-joints. Je pense que rien n'y est oublié ; accélérez les mouvements sur Danzig, afin que le gouverneur puisse pareillement exécuter sans délai ceux qui lui sont prescrits.
Je vous ai déjà donné des ordres pour que tout ce qui est régiment, bataillon, escadron ou détachement de marche file sur l'armée ; ainsi je crois avoir tout prévu pour l'exécution des ordres de l'Empereur. Rendez-moi les comptes les plus précis et les plus détaillés de la situation et de la marche des troupes, ainsi que des dispositions que vous aurez faites pour remplir les intentions de l’Empereur
" (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1911, t.2, lettre 2443).

Sur le chemin du retour de Moscou, l’Empereur écrit de Slavkovo, le 3 novembre 1812 : «Au prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de la Grande Armée, à Slavkovo.
Mon Cousin, donnez ordre aux bataillons des 127e, 128e et 129e, qui sont à Stettin, de se rendre à Dantzig. Donnez ordre aux deux bataillons du 29e qui sont à Erfurt, aux 3e bataillons du 3e régiment et au 3e bataillon du 105e, qui sont également à Erfurt, de se rendre aussi à Dantzig ...
».

Le 9 novembre, Napoléon arrive à Smolensk.

Après le passage de la Bérézina, entre le 27 et 28 novembre, une partie des rescapés se dirige sur Vilna. La 34e division a été portée à leur secours. Napoléon tente de sauver ce qui peut encore l’être. Il écrit : "Molodetchna, 4 décembre 1812.
A M. Maret, duc de Bassano, ministre des relations extérieures, à Vilna.
Monsieur le Duc de Bassano, la question d’établir les quartiers d’hiver autour de Vilna ou de l’évacuer dépend d’abord de celle des subsistances, comme je vous l’ai déjà mandé. Si par suite de l’imprévoyance du gouvernement on n’a pas les moyens nécessaires, toutes les mesures qu’on prendra sont désormais insuffisantes. Dans les circonstances actuelles, le soldat ne murmure pas, ne se plaint pas; mais du moment que sa distribution n’est pas complète, il quitte le drapeau et court la campagne. Avec des distributions complètes, il faudra même de l’énergie pour rétablir la discipline. Aucune puissance n’y peut plus rien, et il faudra aller chercher des magasins et le pays qui peut en fournir.
Il faut arrêter le mouvement de la 34e division à Ochmiana. Si elle est partie, comment la nourrir ? Elle va se débander comme le reste de l’armée. Les magasins de Smorgoni sont peu de chose. On m’assure qu’il y a aussi très-peu de ressources à Ochmiana. L’armée, fatiguée et exténuée de misère, est à bout. Rien ne lui est plus possible, pas même s’il s’agissait de défendre Paris, si au préalable le ventre n’est rempli et les distributions régulières. Ce n’est même pas de la farine qu’il faut désormais, c’est du pain ou du biscuit. Il doit y avoir à Vilna des fours pour en faire 60 à 80,000 rations par jour. Si les subsistances ne sont pas assurées, non-seulement on ne peut pas garder Vilna, mais même j’ai tout à craindre que le mécontentement de l’armée ne la porte à tous les excès imaginables, sans qu’on puisse les empêcher. Je crois vous avoir déjà mandé tout cela. Si les subsistances ne peuvent pas être assurées à Vilna, il est nécessaire de s’occuper de l’évacuer, en commençant par le trésor. Nous avons ici 3 à 4 millions. On m’assure qu’il y en a le double à Vilna; faites-les filer sur Danzig
".

Le lendemain 5 décembre 1812, le commandement de l'armée est confié à Joachim Murat. Napoléon Ier part pour Varsovie puis pour la France, où la conspiration Malet a fait trembler le régime. Le 6 décembre 1812, c'est la débâcle de l'armée française. la température tombe à - 36°C.

Le 8 décembre 1812, les forces françaises arrivent à Vilna, attaquées dès le lendemain par les cosaques. Les Français doivent évacuer la ville. Au cours des combats, le 4ème Bataillon du 105e a de nombreux Officiers blessés et qui vont disparaître. Le Chef de Bataillon Herbert est blessé, ainsi que les Capitaines Bellard et Coquerille.

Le 13 décembre 1812, passage du Niémen par les survivants. Le Sous-lieutenant Cornuet y est blessé.

Le 20 décembre 1812, les débris de la Grande Armée arrivent à Köenigsberg.

3/ Hambourg, 1813

Grenadier du 105e Régiment en Espagne
Les Franco-danois se replient sur Hambourg, 1813

Musicien du 105e Régiment en Espagne
Fig. 4 : Chef de Bataillon du 105e de Ligne, 1813-1814

Après la destruction presque complète de la Grande Armée impériale en Russie, la situation en Allemagne change. Le sentiment nationaliste se renforce.

Dès janvier 1813, Napoléon prévoit de former un 6e Bataillon au 105e de Ligne. Il écrit à Clarke le 15 janvier : "... il restera donc plus de 60.000 hommes à former sur la conscription des 100.000. C'est ce qui me porte à décider qu il sera formé un 6e bataillon au 3e et au 105e de Ligne. Il sera donc nécessaire de ne rien prendre dans ces régiments pour les incorporations à faire pour les Corps d'Observation du Rhin ou les autres …".

Le 12 février, il récidive. A Clarke : "... Enfin faites former le 6eme bataillon du 105e, qu'il parte de Neuf Brisach pour Hambourg complété à 840 hommes ...".

En février, les troupes françaises évacuent la Pologne et se replient sur l'Oder, tandis que les Prussiens, à la fin du mois, s'alliaient officiellement aux Russes contre la France. Début mars, les Français quittent Berlin et Dresde.

Le 12 mars 1813, une insurrection à Hambourg contraint les Français à évacuer la ville et à se replier sur Brême. Le 18 mars, les Russes y font leur entrée.

Napoléon compte bien reprendre le terrain perdu et prépare sa contre offensive. Le 2 avril, il écrit à Clarke, Ministre de la Guerre : «... la division de Hambourg restera composée de 3 bataillons du 3e de Ligne à savoir, les 6e, 3e et 4e, de 3 bataillons du 29e de Ligne et enfin de deux bataillons du 105e de Ligne : savoir les 3e et 4e. Total 8 bataillons. Les compagnies que ces régiments ont à Dantzig seront portées dans le 5e bataillon afin que les bataillons qu’ils ont dans la division de Hambourg aient leurs six compagnies ...».

L'Empereur est informé, le 7 mai 1813, à Nossen de "Mouvements de troupes"; il répond : "J'approuve toutes ces dispositions qui ont pour but de réunir les 3e, 105e et 29e à Hambourg" (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1911, t.2, lettre 2725).

Le Maréchal Davout est nommé à la tête de la 32e Division militaire et, avec l’aide du 1er Corps du Général Vandamme, dont il va assumer bientôt le commandement, et des forces danoises, revenues à nos côtés, Hambourg est repris le 31 mai. Et Lübeck par les Danois, le 2 juin.

Après Lützen et Bautzen et l’armistice, le 7 juin, qui permet de recevoir quelques renforts, Davout peut encore communiquer via la Hollande.

En juin, Napoléon redéploie les forces de Davout. Il lui écrit le 15, en tant que commandant le 1er Corps à Hambourg : «Mon cousin, je vous ai fait connaitre la nouvelle dislocation de votre corps en trois divisions. Je vous ai fait connaitre mon intention que la 50e division dite de Hambourg soit augmentée du 33e Léger ... Vous occuperez Hambourg avec la 50e division, la 3e division, la 3e bis et un corps Danois, ainsi que les postes les plus important de la 32e Division (Militaire)».

Le 1er Juillet, les forces sous les ordres de Davout sont désormais appelées 13e Corps pour garder la 32e Division militaire. La 50e Division d’infanterie, où se trouve notre 105e de Ligne, est l’objet de l’attention de l’Empereur. Il écrit à Davout le 7 juillet de Dresde : «... Occupez-vous des ateliers d’habillement et établissez solidement les ateliers et la comptabilité des 3e, 29e et 105e de Ligne, 33e Léger et 28e Chasseurs.
Ces 5 corps doivent avoir leurs dépôts à Hambourg et doivent suivre le sort de cette place ...
».

Et le 8 août : «... 50eme division. Quelle sera la situation de cette division au 16 août ? Le 5e bataillon du 33e léger sera-t-il arrivé ? Les conscrits réfractaires de Flessingue seront-ils arrivés ? Ceux de Wesel seront-ils arrivés ?
Les 3emes bataillons du 3e et du 105e, avec les conscrits réfractaires et les différents détachements de Strasbourg, y seront-ils arrivés ?
Où seront les autres détachements qui ne seraient pas arrivés à l’expiration de l’armistice ?
Prenez les mesures pour qu’ils ne soient pas compromis. Selon les données que j’ai, j’espère que la 50e division aura une force de 9,000 hommes au 16 août.
Vous en pouvez laisser 3,000 pour la garde de Hambourg, et employer 6,000 des meilleurs à augmenter votre corps actif ...
».

A la reprise des hostilités,le 12 août, les Autrichiens se sont joints aux Coalisés. Napoléon manœuvre autour de Dresde pour les écraser, tandis qu’Oudinot doit marcher sur Berlin, et Davout lui tendre la main. Le 105e de Ligne est alors sous les ordres du Major Ville. Le 13e Corps enfonce les lignes de défense des Coalisés, sous les ordres de Bernadotte, lors du combat de Lauenbourg, et pousse son avance jusqu'à Schwerin qu'il atteint le 27 août. Mais la défaite d’Oudinot à Grossbeeren, le 23 août, isole Hambourg. Davout doit se replier.

Le 16 septembre, le Général Pecheux avait été envoyé pousser une reconnaissance vers Magdebourg quand il fut attaqué par un corps anglo-allemand sous les ordres du Général Wallmoden. A Goerde (Göhrde), Pecheux réussit à se replier, son infanterie formée en carré, sur les positions tenues par les Français. Le Major du 105e, Ville, est blessé et le Capitaine Leclerc est tué.

La défaite de Leipzig entre le 16 et le 19 octobre entraine la retrait des forces françaises sur leurs frontières, tandis que la Hollande se révolte. Des détachements isolés ont réussi à rallier Hambourg et renforcer le maréchal.

Hambourg, comme d’autres places fortes en Allemagne, en est alors réduite à ses propres forces. Davout y a fait établir tout un système de fortifications, aidé en cela par les cours d’eau. Bien que Napoléon lui donne l’ordre de se faire jour en novembre, il est trop tard pour les 40.000 hommes de la garnison. Les Bataillons du 105e de Ligne (3e, 4e) sont toujours à la 50e Division, Brigade Osten, avec le 3e de Ligne, tandis que le Dépôt du Régiment (5eme) est dans la ville même.

Le 1er décembre, les marais et le canal de Stecknitz derrière lesquels les Français sont retranchés gêlent. Ces défenses naturelles maintenant franchissables par les Coalisés, le Maréchal Davout ordonne de se retrancher sur la ville de Hambourg, tandis que ses alliés danois remontent vers le nord pour couvrir leur royaume.

VII/ 1814, LA DEFENSE DU TERRITOIRE

A/ LA CAMPAGNE DE FRANCE

Au début janvier 1814, les deux premiers Bataillons du 105e sont toujours à la 7e Division Leval de l’Armée des Pyrénées, Brigade Montfort, au nombre de 1011 hommes et Officiers. Napoléon compte battre séparément les différents Corps d’armée coalisés qui pénètrent en France.

Soult reçoit l’ordre d’envoyer la Division Leval en Champagne, où elle s’intègrera dans un nouveau 7ème Corps d’armée, formé avec des troupes d’Espagne et de la Jeune Garde sous Oudinot à Provins le 8 février. Ces troupes servent de réserve entre la Seine et la Marne.

Dès le 28 janvier, Napoléon s’est porté sur Brienne et l'armée de Blucher. Celui-ci doit décrocher.

Dès le 10 février, la Division est en ligne aux combats de Champaubert le 10, Vauchamps le 14. Le 14 Février, le combat de Vauchamps a permis de refouler encore les forces prussiennes de Blücher. Mais l'Armée de Bohème en a profité pour avancer sur le flanc de l'Empereur. Il faut la contrecarrer et laisser un rideau défensif devant Blücher.

A partir du 16, Napoléon manœuvre contre Schwarzenberg et son armée de Bohème. Celle-ci est repoussée aux combats de Mormant et la bataille de Montereau le 18 février.

Le 23 Février, la ville de Troyes est reprise. Le 27 Février, c'est le combat de Bar sur Aube où le capitaines Lepain, du 105e, est blessé.

Après s'être occupé de l’Armée de Bohème, Napoléon se tourne à nouveau vers l’armée de Silésie de Blücher. L'Empereur cherche à tourner Blücher qui se retire devant ses forces et celles de Marmont et Mortier. Malheureusement, les Coalisés réussissent à s'emparer de Soissons et de son pont sur l'Aisne qui leur permet de s'échapper. Napoléon doit foncer sur Berry au bac pour passer lui aussi sur l'autre rive et envoie Corbineau reprendre Reims, tandis que Marmont et Mortier doivent retenir Blücher autour de Soissons.

La perte de Soissons a ruiné la manœuvre d'encerclement de l'Empereur. Il décide alors de pousser l'ennemi sur Laon en passant par Craonne où a lieu une bataille entre le 6 et 7 mars.Victoire française et Blücher se replie sur Laon où une 2ème bataille est livrée les 9 et 10 mars. Mais cette fois ci, les Coalisés résistent et Napoléon préfère replier ses troupes sur Reims que les Coalisés ont réussi à reprendre dans l'intervalle.

L'Empereur dispose alors de 4 masses aux ordres des maréchaux Mortier, Marmont Ney et Mac Donald, plus la vieille Garde et les Gardes d'Honneur. Le 13 mars Napoléon reprend la ville. A Champaubert et Montmirail, les 10 et 11 mars, les combats sont victorieux.

Pendant ce temps, les forces de Schwarzemberg repoussent celles d'Oudinot et Mac Donald entre Nogent et Provins pour pouvoir se porter plus au Nord sur Arcis sur Aube. Napoléon marche à leur rencontre. Les 20 et 21 mars, devant des forces très supérieures en nombre et après des combats acharnés, l'Empereur doit ordonner de se replier. Les capitaines Castant et Phelippeaux du 105e sont blessés.

Le 23 Mars, Napoléon est à Saint Dizier tandis que les Corps de Marmont et Mortier, Oudinot et Mac Donald sont loin de lui. Il compte encore se porter sur les arrières de l'armée de Bohème de Schwarzemberg. Mais sa situation est périlleuse, même si il a réussi à bloquer le passage de l’Aube : les Coalisés vont faire leur jonction et marcher sur Paris.

Marmont et Mortier sont alors sévèrement accrochés par l'adversaire à la Fère Champenoise le 25 Mars et décident de se replier sous les murs de Paris.

Tandis que Napoléon décide enfin de rejoindre sa capitale, la ville après une courte résistance va capituler. Le 2 avril, un gouvernement provisoire est proclamé. Napoléon n’a plus de solution qu’abdiquer.

B/ LA FIN DU SIEGE DE HAMBOURG

En plein Hiver, les forces russes vont tenter plusieurs assauts sur la place.

Le 20 janvier 1814, le Général Strogonov attaque les fortifications avancées de Haarbourg. Les colonnes avançant le long de l'Elbe et par Wilstorf sont repoussées par le Général Delcambre qui y perd 200 hommes, tandis que les Russes laissent 800 hommes sur le terrain.

Le 26 janvier, à l'occasion de l'anniversaire de l'Impératrice Elisabeth, Bennigsen ordonne un assaut général sur les fronts Nord et Est. Le seul résultat de cet assaut est la prise de l'église de Hamm. Le 13e Corps y perd 700 hommes. À la suite de cet assaut, Davout ordonne la destruction d'une grande partie des habitations du faubourg d'Altona.

Le 9 février, après avoir reçu le renfort du corps de Tolstoï, Bennigsen lance une attaque générale. Mais Davout, grâce à ses postes d’observation, a prévenu l’attaque.

L'attaque principale est dirigée vers l'île de Wilhemsbourg. La colonne du Général Markov, en provenance d'Altona, et celle du Général Emme, en provenance du sud-est et qui contourne Haarbourg, convergent vers l'entrée du pont qui relie l'île à Hambourg. Désemparés par la mise hors de combat de leurs chefs (le Colonel du 29e de Ligne est tué et le Général Osten blessé), les Français commencent à refluer lorsque le Maréchal Davout se porte en personne sur le lieu de l'action et donne l'ordre aux réserves restées à Hambourg de contre-attaquer. En fin d'après-midi, les Généraux Leclerc et Pecheux font converger leurs contre-attaques. Enfoncés, les Russes se replient jusqu'à Altona. La garnison perd dans cet engagement 1200 tués, blessés et prisonniers. Le 105e y voit ses deux Chefs de Bataillon Coste et Rivière blessés.

Le 17 février, les Russes tentent un nouvel assaut massif qui échoue face à la résistance des Généraux Vichery et Rome. Les Russes y perdent près de 5000 hommes.

Après une dernière tentative nocturne le 27 février, où Davout a fait éclairer le terrain, ce qui permet aux Artilleurs de foudroyer les Russes, les opérations s’arrêtent. La débâcle de l'Elbe, le 23 mars, met définitivement la ville à l'abri d'une prise d'assaut.

Davout attend et lance de petits raids pour se procurer des vivres. Le 20 avril, des Officiers russes lui apprennent que l’Empereur a abdiqué. Mais il est méfiant et attend confirmation. Le 28 avril, il fait hisser le drapeau blanc fleurdelysé et un cesser le feu est décrété.

Ce n’est que le 5 mai que Paris envoie un émissaire. Le 11 mai, arrive le général Gérard pour remplacer Davout à la tête du 13e Corps, qui évacue la place entre le 27 et le 31 mai avec les honneurs et son artillerie de campagne.

VIII/ 1815, LA PREMIERE RESTAURATION ET LES CENT-JOURS

Capture de l'Aigle du 105e Régiment à Waterloo
Capture de l'aigle du 105e à Waterloo

Au retour de la royauté, l’ex armée impériale doit être réduite dans ses effectifs. D’abord pour en extraire tous les éléments redevenus étrangers par les traités, ensuite pour combler les pertes, enfin parce que l’on a aboli la conscription au grand soulagement de la population. Mais de nombreux officiers se retrouvent alors en demi solde. L’infanterie de Ligne ne devra donc plus compter que 90 Régiments, chacun à trois Bataillons.

Le 105e de Ligne est renuméroté 86e. Le Régiment mène une vie de garnison tranquille jusqu'à ce qu’éclate la nouvelle du retour de l’Aigle, débarqué de son île d’Elbe le 1er mars 1815. En 19 jours, il est à Paris, tandis que le Roi s'est enfui piteusement, constatant que l’armée se rallie spontanément à son ancien chef.

En avril 1815, un nouveau Colonel, rappelé de sa mise en non activité, prend la tête du Régiment : Jean Genty, ex Colonel du 8e Léger en 1814. Le 2 mai, le Régiment retrouve son ancien numéro et peut le faire figurer sur sa nouvelle Aigle et son nouveau drapeau (qu'il ne recevra que quelques jours avant la campagne de Belgique).

Les Régiments doivent passer de 2 à 5 Bataillons (quatre Bataillons de ligne et un Bataillon de Dépôt), chaque Bataillon de ligne devant être composé de six Compagnies dont une de Grenadiers, une de Voltigeurs et quatre de Fusiliers. Bien sur, la mobilisation des anciens soldats n’eut pas le temps de se faire en totalité.

Le 13 mai 1815, l'Empereur écrit, depuis Paris, à M. Fouché, Duc d'Otrante, Ministre de la Police Générale, à Paris : "Un embaucheur a été arrêté à Béthune par des grenadiers du 105e régiment qui l'ont conduit à Douai. Veillez à ce que cet homme soit traduit par devant une commission militaire et puni, conformément aux lois" (Brotonne (L. de) : « Lettres inédites de Napoléon 1er », Paris, 1898, lettre 1463).

Le Régiment est mobilisé pour l’Armée du Nord, force principale de bataille face aux Coalisés. Il franchit la frontière belge.

A Waterloo, on retrouve le Régiment à la Brigade Bourgeois du 1er Corps de Drouet d'Erlon. Chargé par le 1rst Royal Dragoons, l’Aigle du Régiment est capturée et les pertes sont nombreuses : 12 Officiers tués et 20 blessés, dont le Colonel Genty qui est capturé. Le porte Aigle Jean Chantelat a été aussi blessé à la jambe.

Le 24 juin 1815, il ne reste du 105e, réuni à Soissons, que 13 Officiers et 263 hommes. Le licenciement de l’armée amène sa dissolution.

IX/ UNIFORMES

Les tenues du 105 de Ligne en Espagne d’après El Guil/Fort vers 1812-1813

Nous ne reprendrons pas la controverse sur le fameux manuscrit dit «d'El Guil» pour nous concentrer sur les tenues représentées du Régiment. Les souvenirs du commandant de Lauthonnye, nous apprennent que le 105e de Ligne était un des plus laids de l’armée (sic) en raison de la mauvaise administration de son Colonel (Baille). Cela n’apparait pas évident sur les dessins connus.

Figure E1 : Grenadier en tenue de campagne : Tenue assez classique en Espagne avec la récupération de drap brun. Le shako recouvert de toile cirée verdâtre d’où dépasse le pompon écarlate. Capote brune avec une patte écarlate en accolade au collet. Les épaulettes écarlates sont portées sur la capote. La tenue classique de l’Infanterie de Ligne est vraisemblablement arborée en dessous,à moins que pour la ménager notre hommesoit en veste. Le pantalon de route est bleu avec un galon latéral écarlate. L’équipement est classique pour un homme en campagne avec la couverture roulée sur la sac, un bidon, une gourde. Le sabre briquet porté aux compagnies d’élite est vraisemblablement garni d’une dragonne écarlate.

Figure E2 : Officier en tenue de campagne : Shako recouvert d’une toile cirée noire sur laquelle a été peint le numéro 105. Surtout bleu fermant sur le devant par boutons dorés, et orné des épaulettes dorées du grade sur les épaules. Pour Fort, le collet est rouge, le devant et les retroussis sont passepoilés de rouge de même que les parements qui sont curieusement en pointe comme dans l’Infanterie légère (mais cette disposition existe aussi dans les Compagnie d'élite de la Ligne). Nous lui avons donc ici attribué le collet chamois des Voltigeurs qui nous semble plus juste. Le gilet est blanc, de même que le pantalon très ajusté. Le personnage est armé d’un sabre d’infanterie porté avec un ceinturon de maroquin rouge à attache dorée. En campagne, Fort l'a doté d'un petit sac porté sur le dos grâce à deux couroies blanches et une gourde.

Figure E3 : Musicien régimentaire en tenue de campagne : Combien de Musiciens l’Etat-major du Régiment avait-il dans ses rangs ? Au moins 8 réglementaires, menés par le Chef de musique. Chapeau noir galonné de doré recouvert ici par une toile cirée verdâtre. On voit cependant dépasser le pompon blanc de l'Etat-major régimentaire. Surtout bleu foncé fermé sur le devant par des boutons dorés. Le collet, les parements (en pointe), et les retroussis sont bleu céleste. Le collet et les parements en pointe sont bordés d'un galon doré et passepoilés d'écarlate pour les parements. Les épaules sont ornées de tréfles bleu céleste et dorés, posés sur une base écarlate dont on voit les rebords. A noter que Fort a representé le Chef de musique et a rajouté un deuxième galon doré au dessus des parements. Le gilet simple est écarlate avec boutons dorés. La culotte est marron, ornée de petits nœuds hongrois écarlates sur le devant. Elle entre dans des bottes fauves. Le Musicien est armé d’une petite épée à garde dorée, suspendue à un ceinturon blanc.

Figure E4 : Tambour-major du 105 de Ligne en grande tenue : Notre Tambour Major est très élégant avec son chapeau noir galonné et floché d'or, orné d un plumet blanc sortant de trois plumes tricolores. L'habit est de fond jaune, avec collet, revers, parements et retroussis bleu céleste, largement galonnés d'or. Deux trèfles dorés sont sur les épaules. Gilet blanc et culotte blanche galonnée d'or sur les côtés. Le sabre est suspendu à un baudrier bleu céleste avec galonnage et ornements dorés. On notera aussi ses galons dorés de Sergent-major au dessus des parements et dépassant des gants à crispin blancs et la présence en haut du bras gauche de 3 galons d'ancienneté dorés (soit 20 ans de service).

Figure 4 : Chef de Bataillon du 105e de Ligne, 1813-1814 : On notera le schako avec galon supérieur or. La plaque à l'Aigle et soubasement en laiton doré, orné du chiffre 105 en métal argenté (une plaque de ce type est passée en salles des ventes). Le plumet blanc marque l'appartenance à l'Etat-major du Régiment. La tenue est du nouveau modèle Bardin, à revers entièrement fermés. Epaulettes dorées du grade.

X/ DRAPEAUX

Drapeau de la 105e Demi-brigade, 1796-1803
Drapeau de la 105e Demi-brigade, 1796-1803.

Le 109 de Ligne reçoit donc, en 1804, 3 Aigles et 3 drapeaux du modèle de cette année pour l'infanterie de Ligne (Chaillot).

Le 8 avril 1809, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Maréchal Berthier, Major général de l'Armée d'Allemagne : "... j'approuve que tous les corps renverront leurs aigles en France hormis une qu'ils garderont. En attendant qu'ils aient des enseignes, vous les autoriserez à faire faire pour chaque bataillon des enseignes très-simples, sans devise et le tiers de celles qu'ils avaient autrefois. Ces enseignes sont pour leur servir de ralliement ; elles n'auront aucune décoration de bronze, elles porteront seulement le numéro du régiment et du bataillon. Quant au corps du général Oudinot, il faut que chaque bataillon fasse faire un petit drapeau d'un simple morceau de serge tricolore, portant d'un côté le numéro de la demi-brigade et de l'autre le numéro du bataillon, comme, par exemple, 4e bataillon du 6e d'infanterie légère d'un coté, et de l'autre 1re demi-brigade légère, etc. Il faut faire pour cela très-peu de dépense. J'en ferai faire de très-belles, que je donnerai moi-même aussitôt que possible" (Correspondance de Napoléon, t.18, lettre 15030 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20750).

En 1809, l'Aigle et le drapeau du 3e Bataillon sont renvoyés alors que les Régiments ne doivent plus avoir qu'une seule Aigle à leur tête. Celle du second Bataillon ne sera renvoyée qu'en 1812.

Le nouveau drapeau modèle 1812 portant IENA EYLAU ECKMUHL ESSLING WAGRAM reste vraisemblablement au Dépot de Neuf Brisach. L'Aigle n est pas détruite à la première Restauration. Elle ne le sera qu'en 1815 après les Cent Jours.

- Drapeau modèle 1814 Première Restauration Infanterie de Ligne

Dès le mois de mai 1814, le principe d’attribuer un nouveau drapeau, de fond blanc, par Régiment est adopté. Les premiers emblèmes seront distribués à partir de septembre et jusqu’à la fin de l’année. Les 10 premiers Régiments d’infanterie reprennent un titre : 1er du Roi, 2ème de la Reine, 3ème du Dauphin, 4ème de Monsieur, 5ème d'Angoulême, 6ème de Berry, 7ème d'Orléans, 8ème de Condé, 9ème de Bourbon, 10e Colonel Général (titre créé en janvier 1815).

Le drapeau est une étoffe de soie en taffetas blanc de 150 cms de côté, cousu à un fourreau de soie blanche, frangé d’or. Sur les 4 cotés, une bordure en feston avec fleurs de lys et rosaces alternées. Dans chaque angle : un carré avec le numéro du Régiment.

A l’avers s’écrit en doré ombré de brun : Pour les 10 premiers Régiments : LE ROI/ AU REGIMENT/ DE ... ; suit leur titre pour les 10 premiers Régiments de l'arme. Xme D'INFANTERIE/ DE LIGNE. A partir du 11e Régiment, l’inscription «Le Roi au régiment de …, xeme d’Infanterie de Ligne» est remplacée par «Le Roi au Xeme d’infanterie de Ligne». L'inscription centrale est encadrée à droite par deux branches de chêne, à gauche par deux branches de lauriers, les branches liées par un ruban rouge où pendent les croix de St Louis et de la Légion d'Honneur.

Au revers : les armes de France couronnées entourées par les colliers des ordres du St Esprit et de St Michel, avec sceptre et main de justice, encadré par une branche de chêne et de laurier liées par un ruban rouge. Hampe de 2, 50 m, pique dorée ornée d’une fleur de lys découpée. Cravate en taffetas blanc à franges dorées et orné de palmettes et fleurs de lys dorées, cordons et glands or.

- Aigle et drapeau modèle 1815

Aigle du 105e prise à Waterloo
Drapeau tricolore modèle 1815 du 105e de Ligne pris à Waterloo
Aigle du 105e de Ligne, prise à Waterloo
Drapeau tricolore modèle 1815 du 105e de Ligne pris à Waterloo

En 1815, le Régiment reçoit une nouvelle Aigle et un drapeau qui seront capturés à Waterloo. Le drapeau, tricolore à bandes verticales modèle 1815 du 105e de Ligne, pris à Waterloo est aujourd'hui totalement décoloré; on voit par transparence les noms de batailles écrits au revers comme dans le précédent modèle 1812, soit IENA EYLAU ECKMUHL ESSLING WAGRAM.

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