Le 23ème Régiment d'Infanterie Légère

1798-1814

Avertissement et remerciements : Cet article, que nous compléterons au fur et à mesure de nos découvertes ultérieures, nous a été adressé par notre collègue du Bivouac, Didier Davin, que nous remercions tout particulièrement pour sa disponibilité et son érudition.

Formée en Germinal an 5 avec la 18e bis demi-brigade légère, le 3e bataillon de la demi-brigade du Lot et Landes, du 1er bataillon de la 7e provisoire, du Bataillon de Saint-Denis, du 2ème bataillon de Seine-et-Oise et du 4ème de l'Hérault, la nouvelle 23e Demi brigade Légère (dite de seconde formation) fait la première campagne d'Italie avec Bonaparte.

I/ DE L'ITALIE A LA CORSE, 1798-1804

Octobre 1796, la Corse est reprise des mains des Anglaispar quelques troupes de l'Armée d'Italie et des volontaires locaux. Le royaume anglo-corse s'est dissipé.

Le 19 septembre 1797 (3e jour complémentaire an 5), Bonaparté écrit, depuis son Quartier général à Passariano, au Directoire exécutif : "… J'ai également envoyé l'ordre à deux bataillons de la 23e demi-brigade d'infanterie légère, qui ne faisaient rien à Chambéry et dans le Mont-Blanc, et dont en général l'esprit est bon, de rejoindre l'armée ..." (Correspondance inédite officielle et confidentielle de Napoléon IV Venise ; Panckoucke : « Oeuvres de Napoléon Bonaparte », 1821-1822, t. 2, p. 23 (la lettre est datée du 1er jour complémentaire an 5 – 17 septembre 1797) ; Oeuvres complètes de Napoléon, Stuttgart et Tubingue, 1822, t.2, p. 121; Correspondance de Napoléon, t.3, lettre 2222 ; Correspondance générale de Napoléon, t.1, lettre 2046).

Le 14 novembre 1797 (24 brumaire an 6), Bonaparte écrit, depuis Milan, au Général Kilmaine : "... Si des événements quelconques vous faisaient penser nécessaire de renforcer le général Baraguey d'Hilliers, vous le feriez avec la 11e demi-brigade de ligne, qui doit être a Bassano, et avec la division du général Guieux, qui se trouvera à Padoue et composée des 11e, 23e et 29e d'infanterie légère ; et enfin, si cela ne suffisait pas, par toute la division du général Serrurier, qui est à Venise, et par la grosse cavalerie, le 24e de chasseurs, le 7e de hussards, et, s'il le fallait, par toute la division de cavalerie aux ordres du général Rey.
Par ce moyen, la partie de l'armée qui est destinée à faire partie de l'armée d'Angleterre, resterait toujours placée en deçà de la Brenta …
" (Correspondance inédite officielle et confidentielle de Napoléon IV Venise ; Panckoucke : « Oeuvres de Napoléon Bonaparte », 1821-1822, t. 2, p. 98 ; Oeuvres complètes de Napoléon, Stuttgart et Tubingue, 1822, t.2, p. 195; Correspondance de Napoléon, t.3, lettre 2362 ; Correspondance générale de Napoléon, t.1, lettre 2247).

Envoyée en Corse en janvier 1798, la 23e Demi-brigade puis régiment Léger va y rester 6 ans pour y maintenir l'autorité de la métropole.

Dès le début 1798, une révolte éclate dite de"A Crucetta", devant les brimades anti-religieuses de quelques jacobins fanatiques revenus avec les forces françaises. Mais globalement limitée, cette révolte, qui a aussi pour base des vendettas entre villages,n'est pas suivie par la population et elle est rapidement circonscrite.

En mars 1798, la demi-brigade est avec la 19e de Ligne et la 4ème Légère sous les ordres du général Vaubois qui commande la 23e Division Militaire. Le général Bonaparte intime au Directoire d'y solder les troupes.

Le 11 mars 1798 (21 ventôse an 6), une lettre est adressée par le Général Bonaparte depuis Paris aux Commissaires de la Trésorerie nationale : "... Je joins ... l'état des demi-brigades qui se trouvent en ce moment à Gênes et en Corse. Je désirerais savoir si la solde des troupes est assurée pour les mois de ventôse et de germinal ...
Etat des troupes qui se trouvent dans ce moment-ci en Corse.
... 23e d'infanterie légère 2,100 ...
" (Correspondance inédite officielle et confidentielle de Napoléon, t.5, Egypte (lettre datée du 25 ventôse an 6 - 15 mars 1798) ; Panckoucke : « Oeuvres de Napoléon Bonaparte », 1821-1822, t. 2, p. 122 (même datation) ; Oeuvres complètes de Napoléon, Stuttgart et Tubingue, 1822, t.2, p. 256 (idem) ; Correspondance de Napoléon, t.4, lettre 2439 ; Correspondance générale de Napoléon, t.2, lettre 2328 ; La Jonquière C. de : «L’expédition d’Egypte, 1798-1801», t. 1. p. 216).

Le 14 mars 1798, les Instructions pour le Général en chef de l'Armée d'Italie, signées par Merlin et contresignées par Lagarde, indiquent : "Le général de l'armée d'Helvétie incorporera dans la 2e demi-brigade d'infanterie légère les éclaireurs de la 23e d'infanterie légère ..." (La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 1. p. 223-224).

Dans la note de Bonaparte, adressée au Directoire exécutif, datée de Paris le 17 mars 1798 (27 ventôse an 6), on retrouve ce même ordre : "... Le général commandant l'armée d'Helvétie incorporera dans la 2e d'infanterie légère les éclaireurs de la 23e d'infanterie légère ..." (Correspondance inédite officielle et confidentielle de Napoléon, t.5, Egypte; Panckoucke : « Oeuvres de Napoléon Bonaparte », 1821-1822, t. 2, p. 127; Oeuvres complètes de Napoléon, Stuttgart et Tubingue, 1822, t.2, p. 261).

Ces Tirailleurs, incorporés dans la 2e Légère, doivent se rendre à Lyon, puis à Toulon.

Par ailleurs, dans une lettre adressée au Président du Directoire exécutif, et daté de Paris, le 17 mars 1798 (27 ventôse an 6), un Etat des troupes qui sont en Corse porte la 23e Légère à 2100 hommes (Correspondance inédite officielle et confidentielle de Napoléon, t.5, Egypte ; Panckoucke : « Oeuvres de Napoléon Bonaparte », 1821-1822, t. 2, p. 129; Oeuvres complètes de Napoléon, Stuttgart et Tubingue, 1822, t.2, p. 262).

Un rapport adressé, le 20 mars, au Directoire, par le Ministre de la guerre, détaille, ainsi qu'il suit, l’effectif (hommes présents sous les armes) des troupes stationnées en Corse, qui est évalué à 6.403 hommes dont, pour la 23e Légère, 2.000 hommes (La Jonquière C. de : «L’expédition d’Egypte, 1798-1801», t. 1. P. 197).

Le 2 avril 1798 (13 germinal an 6), le Général Vaubois écrit depuis Bastia, au Général Bonaparte : "… Toutes les troupes qui sont ici, la 23e d'infanterie légère entre autres, désirent d'être des expéditions projetées" (La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 1. p. 338-339).

Le 6 avril 1798 (17 germinal an 6), le Général Vaubois écrit, depuis Bastia, au Général en chef Brune : "Je viens d'apprendre, non officiellement, mais par des personnes qui ont vu l'arrêté, que la Corse fait de nouveau partie de l'armée d'Italie. Puisque nous avons le bonheur de passer sous vos ordres, je m'empresse de vous faire part de la terrible situation dans laquelle nous nous trouvons et je suis assuré que, pénétré des conséquences affreuses qu'elle peut avoir, vous viendrez à notre secours sans perdre un instant. La division est composée :
... de la 23e d'infanterie légère ...
Toutes les troupes, officiers et soldats, sont à sept mois, six mois, cinq mois de solde et d'appointements. Un million suffira à peine pour payer l'arriéré.
Les officiers sont renvoyés de leurs pensions, ne savent où faire cuire leurs rations ; ils sont dans l'humiliation la plus grande, beaucoup sont tout nud (sic).
Le soldat est dans l'avilissement ; on en a vu demander la charité. Beaucoup vont chercher du bois dehors, et rapportent des fagots sur leurs dos pour gagner quelques sols. Ils se dégradent par toutes sortes de fonctions. Le pis de tout, c'est qu'il est près d'entrer en insurrection. Je ne fais que d'apaiser une révolte considérable dans le pays. Si une fois l'insurrection éclate dans la troupe, les ennemis de la République qu'ils ne connaitront pas s'y joindront. Nous sommes perdus. Au nom de la patrie, je vous en prie, sauvez-nous de ces cruels événements. Je ne puis répondre de rien dans des circonstances aussi difficiles. Au moins un bon acompte, tout de suite ; il ne peut être moindre de 300.000 livres.
... Je vous en dirais mille fois plus, si je voulais ; mais ça doit suffire pour exciter votre sollicitude. Venez à notre secours avec promptitude, sans quoi nous éprouverons des événements fâcheux ; mais il suffira que notre position vous soit connue.
Salut et respect.
VAUDOIS.
Je vous prie de vouloir bien faire payer mon aide de camp des frais de voyage. J'ai emprunté pour lui faire faire la course.
Payé pour le bâtiment expédié trois cents livres
" (La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 1. p. 287).

Le 14 avril 1798 (25 germinal an 6), le tableau des Corps de troupes certifié conforme par le Ministre de la Guerre Scherer, porte la 23e Légère auprès du Général Reynier à destination de Marseille. Ce tableau accompagnait deux letres de Schérer au Directoire et à Bonaparte. Celui-ci a ajouté de sa main (sur l’expédition conservée aux archives de la guerre) certaines notes. La Correspondance porte le chiffre 22 en regard du nom du général Reynier. Or, l’exemplaire annoté par Bonaparte porte un 23 non douteux : c'est même un des chiffres de la difficile écriture de Bonaparte qui se lit le plus nettement. Les éditeurs de la Correspondance ont cru sans doute qu'il s'agissait de désigner le 22e de chasseurs, qui était effectivement à Marseille sous les ordres de Reynier. Cette interprétaton parait inexacte. Les notes dont Bonaparte a marqué l'état de Schérer semblent être un projet de répartition des troupes d’infanterie en cinq divisions, comprenant chacune une demi-brigade légère et deux de ligne. Le chiffre qu'on trouve ainsi inscrit est précisément celui de la 23e d’infanterie légère, stationnée en Corse, dont Bonaparte a emmené certains éléments. Il parait donc rationnel de conserver ce chiffre 23, qui ne doit pas être considéré comme un lapsus, mais concorde, au contraire, avec les autres instructions données plus tard (Correspondance de Napoléon, t.4, lettre 2508; La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 1. p. 355).

Le 18 avril, en prévision de l'expédition d'Egypte, Bonaparte demande, depuis Paris, à Vaubois, Commandant de la 23e Division Militaire, de réunir la 4e Légère et la 19e de Ligne, mais aussi deux bataillons de la 23e Légère, à Ajaccio (Correspondance inédite officielle et confidentielle de Napoléon, t.5, Egypte ; Panckoucke : « Oeuvres de Napoléon Bonaparte », 1821-1822, t. 2, p. 182 ; Oeuvres complètes de Napoléon, Stuttgart et Tubingue, 1822, t.2, p. 313 ; Correspondance de Napoléon, t.4, lettre 2525 ; Correspondance générale de Napoléon, t.2, lettre 2413 ; La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 1. p. 452). La lettre de Bonaparte du 18 avril arrive à Ajaccio le 30 avril. Vaubois profite du retour de l'aviso pour y répondre le jour même : "... vous m'ordonnez de rassembler ici deux bataillons de la 23e d'infanterie légère. Les ordres sont donnés, mais leur embarcation n'est pas prête. Il y a plus, Général : notre embarras est des plus grands pour les vivres ..." (La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 1. p. 453).

Le 2 mai 1798 (13 floréal an VI), le Général Vaubois écrit, depuis Ajaccio, au Général en chef Bonaparte : "Le départ de l'aviso m'a tellement pressé que je n'ai pu vous envoyer le détail de l'embarcation. Je le joins ici. Il ne vous satisfera pas ; mais, le pays ne pouvant rien fournir, les agents envoyés en Sardaigne n'étant pas revenus et notre agent des vivres nous ayant laissés dans l'embarras, voilà où nous en sommes ...
Par le rassemblement des deux bataillons de la 23e d'infanterie légère à Ajaccio, ainsi que la 4e et la 19e, nous restons dans le Golo avec 1.600 hommes et rien dans le Liamone. Si ces deux bataillons partent, je suis obligé de mettre de la garde nationale sur pied à Bonifacio. Je serai bientôt obligé d'en faire autant à Calvi et à Corte, à cause du désarmement dans le Golo, qu'il faut que je fasse protéger par quelques troupes. Je crains et j'ai tout lieu de craindre des mouvements dans le Golo. Les têtes s'y montent de nouveau, la disparition des forces fait un effet fâcheux, les détestables corps constitués y sont plus nuisibles qu'utiles. La justice militaire, malgré toutes mes recommandations, y a été infiniment trop douce. Vous m'avez reproché d'être trop bon ; mais je ne l'aurais jamais été en pareille circonstance. J'ignore quand je serai ici dans une position supportable. Le Liamone n'a que de petits troubles locaux, mais le Golo se meut d'un bout à l'autre dans l'instant, et ça devieut tout de suite guerre civile … Surtout, mon cher Général, qu'on ne nous laisse pas sans argent. Le soldat est misérable quand la solde lui manque.
… Vous ne parlez point, mon Général, des moyens d'embarcation pour les deux bataillons de la 23e, s'ils partent. Le pays ne peut les fournir. Les neuf bâtiments venant de Toulon sont-ils suffisants pour la 19e et ces deux bataillons ?
… Salut et respect
" (La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 1. p. 454).

Le 9 mai (20 floréal an 6), Bonaparte renonce à faire partir la 23e Légère dans les convois pour l'Egypte, sans aucun doute à cause de la situation dans l'île. Il écrit, depuis Toulon, à Vaubois : "... Sur les représentations que vous m'avez faites du besoin que vous avez de garder la 23e d'infanterie légère, je renonce à l'idée que j'avais de la faire partir, et je la laisse en Corse jusqu'à ce que le gouvernement vous ait renvoyé son remplacement ..." (Correspondance inédite officielle et confidentielle de Napoléon, t.5, Egypte ; Panckoucke : « Oeuvres de Napoléon Bonaparte », 1821-1822, t. 2, p. 200; Oeuvres complètes de Napoléon, Stuttgart et Tubingue, 1822, t.2, p. 329; Correspondance de Napoléon, t.4, lettre 2568 ; Correspondance générale de Napoléon, t.2, lettre 2453; La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 1. p. 466).

Vaubois quant à lui, suivra l'Armée d'Orient et prendra le commandement de Malte. Le général Ambert va le remplacer en Corse.

Une lettre du Commissaire des guerres Boerio au Ministre de la guerre (datée de Bastia, le 18 prairial - 6 juin) indique que, par ordre de Bonaparte, 300 Carabiniers de la 23e se sont embarqués à Bastia, le 17 prairial, ravitaillés pour quarante-cinq jours (Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 1. p. 544).

Le 19 mai 1798 (30 floréal an 6), Bonaparte, à bord de l'Orient, en grande rade de Toulon, écrit au Directoire exécutif : "… Je ferai prendre en Corse un ou deux bataillons de la 23e d'infanterie légère pour tenir aussi garnison à Malte ..." (Correspondance de Napoléon, t.4, lettre 2604 ; Correspondance générale de Napoléon, t.2, lettre 2496 ; La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 1. p. 531).

le 27 mai 1798 (8 prairial an 6), le Général Bonaparte, à bord de l'Orient, écrit au Général Berthier : "Vous donnerez l'ordre pour que le convoi portant les trois compagnies de carabiniers de la 23e se rende le plus tôt possible à Porto-Vecchio, où ils recevront de nouveaux ordres ..." (Correspondance de Napoléon, t.4, lettre 2613; correspondance générale, t.2, lettre 2503; La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 1. p. 550).

Le lendemain (28 mai 1798 - 9 prairial an 6), Bonaparte, qui se trouve alors au large de la Sardaigne à bord de l'Orient, ordonne que la 23e Légère envoie ses trois Compagnies de Carabiniers, embarquer à Porto-Vecchio ainsi que des Compagnies de Chasseurs corses dont il vient également d'ordonner l'organisation; il ajoute : "... Il faudrait que, le 10 messidor, ces différents corps fussent rendus à Porto-Vecchio, prêts à partir ..." (Correspondance de Napoléon, t.4, lettre 2616 ; Correspondance générale de Napoléon, t.2, lettre 2509 ; Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 1. p. 550).

Le même jour (de Bastia, 8 prairial - 27 mai), le Général Ambert, nommé commandant de la Corse en remplacement du Général Vaubois, signale au Ministre l'insuffisance des troupes qui lui restent pour occuper cette île (23e Légère et un Bataillon de la 86e) : "… le général Bonaparte ayant fait embarquer les autres (troupes) pour l'expédition, même les trois compagnies de carabiniers de la 23e, auxquelles il a laissé l'ordre de s'embarquer et de partir aux premiers vents favorables" (Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 1. p. 550).

Le 14 juin, le général en chef décide de leur destination : Malte, dont il vient de s'emparer. Le 14 juin 1798 (26 prairial an 6), Bonaparte écrit, depuis son Quartier général à Malte, au Général Berthier : "Vous voudrez bien. Citoyen Général, donner l'ordre, par la frégate la Sensible, qui part ce soir, aux trois compagnies de carabiniers de la 23e demi-brigade d'infanterie légère, ainsi qu'aux différentes compagnies franches corses, qui doivent s'embarquer à Porto-Vecchio, de se rendre, sous l'escorte de la frégate la Badine, à Malte, où elles recevront de nouveaux ordres ..." (Correspondance de Napoléon, t.4, lettre 2659 ; Correspondance générale de Napoléon, t.2, lettre 2526 ; La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 1. p. 642).

Le 16 juin 1798 (28 prairial an 6), il écrit, depuis son Quartier général à Malte, au Directoire exécutif : "… Je n'ai rien oublié de ce qui pouvait nous assurer cette île.
Je vous prie d'y envoyer le reste de la 7e demi-brigade d'infanterie légère, de la 85e et de la 23e. Cette dernière est en Corse.
Nous avons besoin ici d'un bon corps de troupes. Rien n'égale l'importance de cette place. Elle est soignée et dans le meilleur état ; mais les fortifications sont très étendues …
" (Pièces diverses et correspondances relatives aux armées d’orient ; Panckoucke : « Oeuvres de Napoléon Bonaparte », 1821-1822, t. 2, p. 244 ; Oeuvres complètes de Napoléon, Stuttgart et Tubingue, 1822, t.2, p. 373 ; ; Kermoysan « Napoléon, Recueil par ordre chronologique de ses lettres, proclamations, bulletins », Paris, 1853, t.1, p. 188; Correspondance de Napoléon, t.4, lettre 2667 ; Correspondance générale de Napoléon, t.2, lettre 2536 ; La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 1. p. 643).

Le 29 juin 1798 (11 messidor an 6), Bonaparte, à bord de l'Orient, écrit au Général Berthier : "Vous voudrez bien, Citoyen Général, donner l'ordre au général Vaubois de faire passer à Alexandrie les trois compagnies de carabiniers de la 7e demi-brigade d'infanterie légère et les trois compagnies de carabiniers de la 23e d'infanterie légère, qui doivent en ce moment être arrivées à Malte.
Vous lui ferez sentir combien il est important qu'il mette la plus grande activité dans l'envoi de ces troupes ...
" (Correspondance de Napoléon, t.4, lettre 2716 ; Correspondance générale de Napoléon, t.2, lettre 2558 ; La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 2. p. 20).

Les trois compagnies, qui alignent un effectif de 336 hommes (Officiers compris) sur la situation des troupes à Malte le 1er thermidor avec un effectif de 336 hommes (La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 1. p. 512) vont faire partie de la garnison sous les ordres de Vaubois jusqu'à la capitulation de l'ile le 3 septembre 1800.

Situation de la 23e Demi-brigade légère le 18 août 1798, d'après le "Tableau général des forces de l'armée d'Orient au 1er fructidor de l'an VI de la République française une et indivisible" :
- Garnison de Malte, Général Vaubois :
- Carabiniers de la 23e Demi-brigade légère à Malte : total de l'effectif, Officiers compris : 322.
14 Officiers présents; 308 hommes dont 288 présents sous les armes (2 prisonniers, 2 en congé ou permission, 30 aux hôpitaux : total donné 34)
- Garnison de Corse :
- 23e Demi-brigade légère (3 Bataillons) : total de l'effectif, Officiers compris : 2531.
129 Officiers présents, 10 détachés; 2392 hommes dont 2317 présents sous les armes (104 aux hôpitaux, 51 détachés, 49 au Dépôt : total donné 214 dont Officiers) (La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 2. p. 613 et suivantes).

Dans une autre situation, datée du 18 août 1798 (1er fructidor an 6), les Carabiniers de la 23e Légère sont donnés avec un effectif de 14 Officiers et 278 hommes présents sous les armes (La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 3. p. 248.).

En septembre 1799, des exilés corses en Toscane débarquent dans le Fiumorbu et "travaillent" les populations. La révolte reprend autour de Porto-Vecchio, Belgodere, Moriani …

Début janvier 1800, Salicetti est nommé commissaire extraordinaire du gouvernement en Corse.

Parallèlement, en janvier 1800, Bonaparte, tout nouveau Premier Consul, revenu d'Egypte,envisage une opération de débarquement en Sardaigne à partir de la Corse. Il y mobilise les troupes. Il écrit à Berthier le 2 janvier: "Le général Ambert devra compléter deux bataillons de la 23e demi-brigade légère et deux bataillons de la 86e Demi brigade de bataille à 800 hommes chacun, ce qui portera leur force totale à 3200 hommes, lesquels réunis formeront la brigade du général Sibaud …
Le restant des troupes qui composent les 86e et 23e demi-brigade tiendra garnison dans les citadelles de Bastia et Ajaccio …
La 1re compagnie de chacun des bataillons de la 23e demi brigade qui font partie de l'expédition serviront de compagnies de grenadiers; elles jouiront dès qu'elles seront en pays ennemi de la paye affectée aux grenadiers …
".

Ambert et Salicetti ont d'autres problèmes avec les insurgés locaux que de passer en Sardaigne (d'ailleurs l'expédition sera annulée). Car cette fois ci, c'est plus sérieux qu'en 1798. Bien que les mouvements insurrectionnels n'aient lieu que dans quelques zones du département du Golo. La répression qu'ils vont donc exercer estimpitoyable : comme en Vendée, on brûle les villages et on fusille la population dans les zones rebelles sans distinctions. Exactions impardonnables. Le chef de brigade Constantini est blessé au pied dans des opérations militaires dans les montagnes de la Tavagna en mars 1800.

Malte capitule le 3 septembre 1800, et la garnison bénéficie d'un cartel : elle est rapatriée à condition de ne plus servir contre les Anglais.

Le 18 octobre l800 ( 26 vendémiaire an 9), Bonaparte écrit depuis Paris au Général Lacuée, Ministre de la Guerre par intérim : "Je vous prie, citoyen ministre, de donner la destination suivante aux troupes de la garnison de Malte.
… Les carabiniers de la 23e légère se rendront à Valence où ils resteront jusqu'à nouvel ordre ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.3, lettre 5697).

Le 21 octobre 1800 (29 vendémiaire an 9), Bonaparte écrit depuis Paris à Forfait, Ministre de la Marine : "Vous voudrez bien, citoyen ministre, donner l'ordre au préfet maritime à Toulon de faire partir les frégates La Justice, L'égyptienne, La Carrère, La Muiron, La Badine, La Sans-Pareille et 2 bâtiments vénitiens pour se rendre selon le temps à Saint-Florent ou à Ajaccio ...
Vous donnerez l'ordre qu'en allant en Corse on embarque 200 hommes de la 23e légère qui se trouvent à Toulon et seront débarqués en Corse ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.3, lettre 5702).

Le même jour, Bonaparte depuis Paris écrit au Général Lacuée, Ministre de la Guerre par intérim : "Je vous prie, citoyen ministre, de faire partir dans la journée de demain un officier d'état-major en poste. Il prendra chez le ministre de la Marine les ordres nécessaires pour faire partir de Toulon les six frégates et les vaisseaux de guerre qui se trouvent dans ce port. Il s'embarquera dessus, se rendra à Saint-Florent. Il sera porteur de votre ordre au commandant de la 23e division de faire sur-le-champ embarquer les détachements des 80e, 19e de ligne et toute la 86e, 150 hommes du 13e de chasseurs, de sorte qu'il ne restera en Corse que le 23e d'infanterie légère et un bataillon de la 4e légère.
… Les frégates qui iront en Corse embarqueront pour cette île 200 hommes de la 23e légère qui se trouvent à Toulon. On pourra profiter de ces bâtiments pour faire passer en Corse quelques conscrits que le commandant de la 8e division militaire aurait dans ses dépôts et dont il craindrait la désertion
" (Correspondance générale de Napoléon, t.3, lettre 5703).

Le 9 novembre 1800 (18 brumaire an 9), Bonaparte écrit depuis Paris au Général Lacuée : "... Je vous prie ... de me faire connaître où se trouvent en ce moment les carabiniers des 16e, 23e demi-brigades ...
Faites-moi connaître leur état de situation et s'ils sont arrivés au lieu qui leur avait été destiné
" (Correspondance générale de Napoléon, t.3, lettre 5756).

Le 20 novembre 1800 (29 brumaire an 9), Bonaparte écrit depuis Paris au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "Je vous prie, citoyen ministre, de donner l'ordre au général Murat de faire partir le 4 frimaire pour se rendre à Chambéry en toute diligence et par le plus court chemin la 1re demi-brigade de de sa division ; elle sera composée :
... 3° d'une compagnie de grenadiers composée des carabiniers des 16e et 23e légères et des grenadiers de la 47e de ligne...
Il serait possible que les carabiniers de la 23e légère fussent encore à Valence. Alors le général Murat leur enverra l'ordre de se rendre à Chambéry où ils rejoindront la colonne ...
Vous me ferez connaître le jour où la 1re brigade arrivera à Chambéry, afin qu'on puisse ordonner sa marche ultérieure ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.3, lettre 5791).

Le 6 décembre 1800 (15 frimaire an 9), Bonaparte écrit depuis Paris au Général Berthier : "Je vous prie, citoyen ministre, de faire partir pour la 23e division militaire le drap nécessaire et autres objets pour compléter l'habillement de la 23e légère. Il paraît qu'il n'a été envoyé que 1700 aunes de draps; vous savez que cette demi-brigade est de 2500 hommes et absolument nus ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.3, lettre 5817).

5 avril 1801 (15 germinal an 9), BOnaparte écrit, depuis Paris, au Général Berthier : "… Que le général Murat prenne toutes ses mesures pour occuper Porto-Longone et Porto-Ferrajo ; … il peut écrire en Corse pour que le commandant prépare, à Bastia ou à San-Pelegrino, une expédition d'un bon bataillon de la 23e pour entrer dans cette île. De la plage de Piombino à l'île d'Elbe il n'y a pas loin. Il me tarde d'autant plus d'apprendre que nous sommes maîtres de cette île, qu'elle nous offre un port très-considérable pour nos escadres" (Oeuvres complètes de Napoléon, Stuttgart et Tubingue, 1822, t.4, p. 288 ; Correspondance de Napoléon, t.7, lettre 5507 ; Correspondance générale de Napoléon, t.3, lettre 6187).

Le 24 avril 1801 (4 floréal an 9), Bonaparte écrit depuis Paris au Général Murat, Commandant en chef l'Armée d'Observation du Midi : "… Faites passer en Corse les trois compagnies de carabiniers de la 23e légère pour rejoindre leur corps …" (Correspondance de Napoléon, t.7, lettre 5546; Correspondance générale de Napoléon, t.3, lettre 6234).

L'Etat Militaire de l'an X (septembre 1801-septembre 1802) nous donne l'encadrement suivant pour la 23e Légère :
Chef de brigade Constantini; Chefs de bataillons: Noblot, Sanson, Seigneuretet Fieffée; Quartier maitre trésorier Mayzonnie.

1802-1803: la famine règne dans l'ile, liée à de mauvaises récoltes. Les épidémies se succèdent.

Bonaparte constate en juin 1802 que les soldats n'ont pas de lits dans les casernes.Il ordonne à Berthier d'y remédier. Ils n'ont pas non plus de solde, ni d'équipements depuis des mois …

Le 5 juillet 1802 (14 messidor an 10), Bonaparte écrit depuis La Malmaison au Contre-Amiral Decrès, Ministre de la Marine et des Colonies : "Je vous prie, citoyen ministre, de donner l'ordre à une frégate de partir de Toulon et de se rendre dans le plus court délai à Portoferraio. Elle prendra à son bord cinquante matelots de l'île d'Elbe, que le général commandant a l'ordre de presser et qui seront employés sur nos vaisseaux, cinquante jeunes gens de la conscription, qui seront à la disposition du général commandant à Marseille, pour être incorporés dans une demi-brigade; enfin douze otages qui seront retenus jusqu'à nouvel ordre à Toulon. Cette frégate embarquera à Toulon 500 hommes du dépôt de la 3e demi-brigade helvétique; et les hommes disponibles du dépôt de la 23e légère, qui sont à Toulon. Elle débarquera ces détachements à Bastia.
L'officier commandant la frégate doit prendre les ordres du général Rusca, pour l'éxecution de ces dispositions, et garder le plus profond secret sur l'objet de sa mission
" (Correspondance générale de Napoléon, t.3, lettre 6988).

L'Etat militaire de l'an XI (à partir de septembre 1802) nous donne la position de la Demi-brigade : 23e Demi-brigade Légère à Bastia (23e Division militaire); Chef de Brigade Constantini; Chefs de Bataillon Noblot, Rey, Fieffé, Seigneurelet.

Le 20 décembre 1802 (29 frimaire an 11), Bonaparte écrit depuis Saint-Cloud au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "La frégate Le Rhin, la corvette La Nourrice et un autre bâtiment pourraient se charger d'embarquer le 3e bataillon de la 23e légère à Saint-Florent en Corse; il serait fort de 700 hommes ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.3, lettre 7373).

Le 15 mars 1803 (24 ventôse an 11), Bonaparte écrit depuis Paris au Contre-Amiral Decrès, Ministre de la Marine et des Colonies : "Je vous prie, Citoyen Ministre, d'envoyer un courrier extraordinaire pour porter l'ordre de suspendre le départ des deux bataillons de la 23e légère qui doivent s'embarquer à Saint-Florent. Ils continueront à former garnison dans la 23e division militaire ..." (Correspondance de Napoléon, t.8, lettre 6635; Correspondance générale de Napoléon, t.4, lettre 7523).

Bonaparte écrit depuis Paris, le 9 avril 1803 (19 germinal an 11), au général Morand qui commande à présent les troupes de la 23e Division Militaire : "Je suis instruit de toutes parts de la famine qui désole votre division. Il y a plus de quatre mois que le ministre de l'intérieur a envoyé du Havre un convoi de 20,000 quintaux de blé; il y a plus d'un mois qu'il est arrivé à Bastia. Cependant je n'entends pas que cela ait soulagé le pays. Faites-moi connaître directement ce qui est arrivé, depuis le 1er vendémiaire an XI, des ports de l'Océan ou de la Méditerranée, sans comprendre ce qui est au compte du munitionnaire général.
La 23e Légère restera encore sous vos ordres, ce qui joint aux deux bataillons de la 20e, à la demi-brigade helvétique
(la 3ème) et à la Gendarmerie doit former une force suffisante pour maintenir l'ordre" (Correspondance de Napoléon, t.8, lettre 6676; Correspondance générale de Napoléon, t.4, lettre 7560).

Le 13 avril 1803 (23 germinal an 11), depuis Saint-Cloud, Bonaparte fait écrire au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "... Vous recommanderez au général Morand de tenir complète, en Corse, toute la 23e pour le service de l'île, de la réunir cet été et de la faire manœuvrer …" (Correspondance de Napoléon, t.8, lettre 6682).

En Mai 1803, il ordonne à Berthier que 500 hommes du dépôt colonial de Saint-Domingue arrivant en Corse pour complêter la 20e Demi brigade de Ligne soient versés à la 23e Légère si la 20e de Ligne est déjà complète.

En 1803 toujours, le chef de brigade change (Constantini est nommé général) et l'unité passe sous les ordres de Louis Jean Nicolas Abbe. La demi-brigade devient régiment. Les chefs de bataillons (Etat militaire de l'an XII) sontNoblot, Rey et Seigneuret.

Une année passe. L'Empire est proclamé le 18 mai 1804. Berthier est de nouveau sollicité par le nouvel Empereur :
"La Malmaison, 14 messidor an XII (3 juillet 1804).
Mon Cousin, le général Morand dans l'île de Corse divise trop ses troupes, de manière qu'elles ne peuvent s'occuper de leur instruction. Donnez-lui l'ordre de réunir à Bastia les 3e et 4e bataillons du 20e régiment, afin de veiller à leur instruction, pendant les mois de vendémiaire, brumaire et frimaire ; de leur faire faire l'exercice à feu au moins dix fois pendant ces trois mois, et de tenir les deux premiers bataillons du 23e d'infanterie légère tout entiers réunis à Ajaccio; et le 3e à Calvi, pendant au moins les trois mois de l'automne, afin que les soldats puissent s'exercer à toutes les manœuvres par bataillon et par régiment. Donnez-lui l'ordre de faire fournir, pendant ces trois mois, par le bataillon suisse, des détachements à Bonifacio, Calvi, Corté, Vivario, et à l'île Rousse. Ces trois mois expirés, le 20e fournira des garnisons à ces places, et le bataillon suisse se réunira pour son instruction. Je désire surtout qu'on veille à l'instruction du 23e d'infanterie légère, qui, étant depuis six ans en Corse, a perdu l'habitude de manœuvrer par bataillon
" (Correspondance de Napoléon, t.9, lettre 7837; Correspondance générale de Napoléon, t.4, lettre 8981).

C'est le 30 décembre 1804 que Napoléon ordonne à Berthier que le 23e Léger embarque par Bastia pour Livourne et de là, se rende à Parme; l'embarquement devant s'effectuer le plus secrètement possible :
"AU MARéCHAL BERTHIER.
Paris, 9 nivôse an 13 (30 décembre 1804).
Mon Cousin, donnez l'ordre sur-le-champ au 23e régiment d'infanterie, qui est en Corse, de s'embarquer à Bastia et de se rendre à Livourne, en débarquant sur un point quelconque du continent d'Italie, pour de là se rendre à Parme, où il tiendra garnisonjusqu'à nouvel ordre.
... Vous recommanderez au général Morand de prendre des mesures pour embarquer le 23e régiment d'infanterie légère le plus secrètement possible, et de le faire escorter pour sa sûreté par quelques bâtiments légers. Il doit profiter pour cela d'un temps fait. Avec Capraja, l'île d'Elbe, et de la prudence, le passage doit être sûr. Vous ferez connaître à ce général qu'il encourrait tout mon mécontentement et qu'il serait véritablement coupable, s'il apportait le moindre retard dans l'exécution du présent ordre, qui tient à des mesures générales
" (Correspondance de Napoléon, t.10, lettre 8242; Correspondance générale de Napoléon, t.4, lettre 9471).

II/ 1805 : L'ARMEE D'ITALIE

En janvier 1805, l'encadrement et les positions du régiment sont les suivants (SHDT : us180501) :
Chef de corps : ABBE colonel - infanterie.
Conscrits des départements de l'Isère - des Pyrénées-Orientales des ans XI et XII.
Observations : janvier 1805 effectif sous les armes : 2540 officiers et hommes - hopitaux 215 hommes.
HORIOT major - infanterie.
MAYSONNIER quartier maître trésorier.
1er bataillon commandant : chef de bataillon Noblot à Parme, venant de la Corse - armée d'Italie - duché de Parme - division Lesuire.
2e bataillon commandant : chef de bataillon Rey à Parme, venant de la Corse - armée d'Italie - duché de Parme - Lesuire.
3e bataillon commandant : chef de bataillon Seigneuret à Parme, venant de la Corse - armée d'Italie - duché de Parme - Lesuire.

Le 23e Léger est entièrement rééquipé et habillé.

Le 27 mars 1805 (6 germinal an XIII), l'Empereur écrit depuis Saint-Cloud, au Maréchal Berthier : "... Je passerai en revue dans les dix premiers jours de prairial, dans la plaine de Lonato, les 22e et 23e légers, les 1er, 10e, 106e, 52e, 62e, 101e, 53e de ligne, et les trois régiments italiens. Le général Jourdan formera quatre divisions, chacune de trois régiments; on les cantonnera sur la Chiese et le Mincio ... Vous me ferez connaître également ce qu'il sera nécessaire de donner aux troupes pendant le temps qu'elles seront cantonnées ...
Vous recommanderez bien au maréchal Jourdan que ces mouvements n'aient point l'air de mouvements de guerre ... Il donnera seulement l'ordre de se mettre en marche ... au 23e qui est à Parme ...
" (Correspondance de Napoléon, t.10, lettre 8491; Correspondance générale de Napoléon, t.5, lettre 9739).

Le 18 avril 1805 (28 germinal an XIII), Napoléon écrit depuis Modane au Maréchal Berthier : "... Donnez ordre à Rusca que tout ce qui est du 20e se rende à Livourne, et à Morand que tout ce qui est détaché ou isolé du 23e léger s'y rende aussi ..." (Correspondance de Napoléon, t.10, lettre 8600; Correspondance générale de Napoléon, t.5, lettre 9861).

Le 5 août 1805 (17 thermidor an XIII), Napoléon écrit depuis Pont-de-Briques, au Maréchal Berthier, Ministre de la Guerre, Major général de la Grande Armée : "Mon cousin, faites connaître au général Morand que je n'ai pu être satisfait de la tenue du 23e régiment d'infanterie légère que j'ai trouvé mal habillé, sans instruction; que je ne puis admettre aucune espèce d'excuses ; que je lui ai ordonné plusieurs fois de réunir ce corps pendant l'automne et de veiller à son instruction, ce qu'il n'a point fait" (Correspondance générale de Napoléon, t.5, lettre 10504).

A partir de septembre 1805, tandis que Napoléon fait pivoter ses troupes des côtes de l'Empire vers l'Europe centrale pour contrer l'offensive autrichienne et russe, les forces franco-italiennes dans la péninsule ont un double objectif : l'Armée d'Italie, dans le Royaume du même nom, confiée à Masséna, doit fixer les Autrichiens en Italie du Nord et les empêcher de rejoindre Vienne ; et le Corps d'Armée de Gouvion Saint-Cyr doit contrôler le royaume de Naples.

Les trois bataillons du 23e Léger sont placés à l'Armée d'Italie de Masséna, à l'aile droite, dans la division Verdier. L'Adige étant la ligne de démarcation entre le Royaume d'Italie et l'Italie sous contrôle autrichien, est franchie par Masséna à et autour de Vérone le 18 octobre. Après dix jours de face à face, les adversaires se heurtent à Caldiero. Bataille assez sanglante mais qui, sur le plan stratégique, n'empêche pas les Autrichiens de l'archiduc Charles de retraiter vers Vienne, laissant derrière eux de fortes garnisons, dont celle de Venise. Le lieutenant Buchon, du 23e Léger, y est blessé.

Masséna, menacé au sud par le débarquement à Naples de Russes et d'Anglais, et craignant une contre-attaque à partir du Tyrol, décide de rester sur ses positions. Pendant ce temps, les troupes de Gouvion Saint-Cyr avaient quitté le royaume de Naplesau début octobre pour rallier Masséna. A la mi-novembre, elles se trouvaient aux alentours de Padoue. Masséna leur donnait alors l'ordre de bloquer la garnison autrichienne de Venise. Le 23e Léger y était détaché au sein de la division Reynier. Les Français se retranchent autour de la ville.

Le 23 novembre, le prince de Rohan, commandant des forces autrichiennes au Tyrol, après une marche périlleuse, allait tomber sur les arrières des Français. Le devançant, Gouvion Saint-Cyr l'écrase à Castelfranco le 24 novembre.

III/ CAMPAGNE DANS LE ROYAUME DE NAPLES, 1806-1808

Plaque de shako 23e Léger modèle 1806
Plaque de shako du 23e Léger, modèle 1806

Une fois de plus, le Royaume de Naples avait rompu le pacte de neutralité conclu avec la France; et pourtant, déjà deux fois envahi et occupé, il aurait dû se méfier. La haine de la reine, dont la sœur Marie-Antoinette avait été décapitée par la République, était la plus forte.

Dès que le corps d'armée de Gouvion Saint-Cyr s'était éloigné, Russes et Anglais étaient arrivés. Mais la victoire d'Austerlitz avait changé la donne, et le Roi de Naples avait vu ses chers alliés rembarquer, le laissant seul face aux Français.

Napoléon avait décidé une fois pour toutes de se débarrasser de ces souverains Bourbons encombrants et pusillanimes et de les remplacer par son frère Joseph. Le 23 janvier, tandis que son armée se retirait dans le sud de la péninsule, laissant des garnisons à Gaète, Civitella del Tronto et Pescara, le roi embarquait courageusement pour la Sicile sous la protection des Anglais.

Nommé au commandement en chef d'une nouvelle armée de Naples franco-italo-polonaise, Masséna préparait ses hommes aux frontières du Royaume et y pénétrait, sur trois colonnes, le 8 février. Le 14 février, les Français entraient dans Naples. Laissant des troupes au siège de Gaète et de Civitella del Tronto.

Le 17 février 1806, Napoléon écrit depuis Paris, à Joseph, Lieutenant de l'Empereur, Commandant en chef de l'Armée de Naples : "Mon frère, dans les états que vous m'avez envoyés vous ne parlez pas du 10e, 20e de ligne et 102e, du 14e d'infanterie légère, du 23e légère, des 7e, 23e, 24e, 29e et 30e de dragons, non plus que des dragons Napoléon et de la Reine, italiens.
Ces corps doivent avoir joint et avoir porté votre armée à 40 000 hommes. Faites en faire un état en règle bataillon par bataillon, compagnie par compagnie, escadron par escadron
" (Du Casse : « Supplément à la correspondance de Napoléon 1er » ; Paris, Dentu, 1887, p. 34 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 11489).

Le 12 mars 1806, Napoléon écrit depuis Paris, au Général Dejean, Ministre directeur de l'Administration de la Guerre : "Monsieur Dejean, mon intention est que les trois mille hommes formant la réserve des départements ci-dessous nommés marchent comme les autres et soient dirigés, savoir ceux du département:
...
Du Maine-et-Loire ... 23e d'infanterie légère ... Ceux de ces conscrits dont les corps sont à Naples rejoindront leurs dépôts en Italie où ils trouveront des habillements et on les fera passer sur-le-champ à Naples" (Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 11656).

Réorganisée en trois corps: le premier gardant Naples et assurant le siège de Gaeta, le second aux ordres du général Reynier devant conquérir les Calabres et le 3e avec Saint-Cyr et Duhesme devant contrôler les Pouilles et les Abruzzes, l'armée française continuait ses opérations.

A l'avant-garde de Reynier se trouvaient les 1er et 23e Légers (2 bataillons). L'unité compte alors 1406 hommes. La progression est rapide devant des troupes napolitaines qui ne cessent de se replier et laissent de nombreux prisonniers :San Lorenzo di Padula, Campatano, Lauria, Castelluccio, Campo Tenese.

Le 20 mars, Reynier entrait dans Scylla où les débris de l'armée napolitaine évacuaient, grâce à la flotte anglaise, vers la Sicile, puis à Reggio.

Le 21 avril 1806, l'Empereur écrit depuis Saint-Cloud, à Joseph, Roi de Naples : "Mon Frère ...
Je vois que le 14e d'infanterie légère a trois bataillons à l'armée : si cela est, renvoyez le 3e bataillon au dépôt. Je dirai la même chose ... du 23e d'infanterie légère. Ne gardez que deux bataillons à l'armée et renvoyez les cadres des autres bataillons aux dépôts, dans le royaume d'Italie ...
" (Correspondance de Napoléon, t.12, lettres 9966; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 11938).

Le 27 avril, Napoléon écrit depuis Saint-Cloud, à Joseph, Roi de Naples : "... Faites connaître ... que j'accorde aux 1er et 23e légers ... huit aigles de la Légion d'honneur. Vous me ferez passer la note de ceux qui se sont distingués" (Correspondance de Napoléon, t.12, lettres 10156; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 11993).

Le 6 mai 1806, l'Empereur écrit depuis Saint-Cloud, au Prince Eugène, Vice-Roi d'Italie : "Mon fils ... Envoyez un inspecteur aux revues jeter les yeux sur le 23e d'infanterie légère, qui paraît chercher des prétextes pour ne point rendre de comptes" (Correspondance de Napoléon, t.12, lettres 10200; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12064).

Joseph entamait une tournée dans son nouveau royaume puis revenait à Naples le 11 mai pour les fêtes de son couronnement. Hélas pour lui, les Anglais continuaient de ravitailler Gaète et s'emparaient même, sous son nez, de l'ile de Capri, dans la baie de Naples. Un corps expéditionnaire se préparait en Sicile pour débarquer dans le golfe de Sainte-Euphémie.

Civitella del Tronto capitulait le 22 mai 1806. Le lieutenant Jouvet, du 23e Léger, avait été blessé aux derniers jours du siège.

Le 7 juin 1806, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Roi de Naples : "... Voici comment je placerais vos troupes au moment de l'expédition de Sicile :
... Le 14e léger, le 1er léger, le 23e léger, le 1er de ligne, le 20e de ligne, les 29e de ligne, 42e et 102e, les Polonais, les Suisses, les Corses et quelques régiments de chasseurs et de dragons, seraient chargés de l'expédition de Sicile. Cela formerait 18,000 hommes, en y joignant le bataillon de grenadiers des deux régiments qui sont à Naples et ceux des quatre régiments italiens ...
" (Correspondance de Napoléon, t.12, lettres 10329; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12252).

Le 28 juin 1806, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Dejean, Ministre directeur de l'Administration de la Guerre : "Monsieur Dejean, faites-moi connaître pourquoi les majors des 23e d'infanterie légère ... faisant partie de l'armée de Naples ne sont pas à leurs dépôts dans le royaume d'ltalie" (Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12389).

- Maida

C'est le 1er Juillet qu'un petit corps expéditionnaire britannique débarque près du village de Sainte-Euphémie. Le général Reynier, alors à Reggio, rassemble toutes les forces à sa disposition et marche sur Maida, au sud des positions Britanniques. Deux bataillons du 23e Léger y font partie de la division Digonet.

Reynier décide de prendre l'offensive, le 4 juillet, et de repousser les Britanniques, avant que, sur ses arrières, des masses d'insurgés qui l'entourent et attendent les résultats du combat, ne se décident à l'attaquer. Repoussés avec de grandes perte par les Britanniques, les Français doivent se replier, poursuivis par la population armée. Le 23e léger voit le chef de bataillon Rey blessé, de même que les capitaines Vernet et Lacroix. Le chirurgien-major Gaye mourra de ses blessures fin août.

C'est que partout l'insurrection éclate alors. Les garnisons laissées en arrière par Reynier préfèrent se rendre aux Britanniques plutôt que d'être massacrées (beaucoup de petits postes seront en effet égorgés). C'est le cas à Scylla et Reggio.

Reynier retraite vers Catanzano. Puis, longeant la côte, poursuivi par des Britanniques à Cotrone, qui y capturèrent nombre de blessés de Maida, se retranche à Cassano. Son adjoint, Verdier, se réfugie en Pouille. Masséna, délivré du siège de Gaête, qui a capitulé le 19 juillet, va venir rétablir la situation militaire avec des renforts.

- La guerre des Calabres, 1806-1807

Carte des Calabres
Carte des Calabres

Avant d'envisager les actions du 23e Léger, quelques mots sur le contexte. Les Calabres entrent en insurrection générale après Maida. Des corps francs calabrais, plus ou moins importants (les masses), soutenus par la base arrière sicilienne et la flotte britannique qui les ravitaillent sur les côtes en armes, équipements et renforts, et par quelques places fortes reprises aux Français, se mettent à harceler les troupes impériales, massacrant les isolés, les blessés et malades restés en arrière, coupant les communications. Leurs effectifs sont très fluctuants. Ils recrutent parmi les masses pauvres et rurales, qui en profitent pour se venger des propriétaires et citadins. Aidés par le terrain très compartimenté par le relief, et le climat rude, ils sont très mobiles et refusent les affrontements directs.

Les forces françaises sont en pénurie d'effectifs, de matériel et de solde (depuis février 1806, l'Armée est censée vivre sur le pays, or dans un pays très pauvre ...), à la merci d'un débarquement anglo-napolitain, venu de Sicile, sur les arrières, et des épidémies de malaria.

Pour juguler l'insurrection, les officiers, dont beaucoup ont connu l'Egypte, ont plusieurs moyens : former des colonnes mobiles légères qui sillonnent le pays jusqu'à l'épuisement et coordonnent leurs mouvements pour acculer les insurgés dans des "nasses" où l'on peut les détruire, s'emparer de leurs forteresses, liquider les chefs ou les rallier, faire des "exemples" en représailles, face aux atrocités, pour décourager les rebelles (mais pas trop car contreproductif) et lever dans la population citadine et les propriétaires des corps de supplétifs. Bref, c'est une campagne atroce qui préfigure celle d'Espagne.

Instructions de Napoléon à Joseph après Maida

Saint-Cloud, 30 juillet 1806
Au roi de Naples
Je vous ai déjà fait envoyer 500,000 francs; je viens de donner ordre qu'on vous en envoie 500,000 autres. J'ai aussi donné ordre qu'on réunisse cinq bataillons, de 1,000 hommes chacun, à Ancône, d'où ils se mettront en marche pour vous soutenir immédiatement après leur arrivée.
J'ai vu avec plaisir la prise de Gaète.
J'attends des nouvelles du général Reynier. Je ne puis trop vous répéter de ne pas tenir vos troupes à Naples. Faites former des camps ou cantonnements à une ou deux journées de Naples, en tenant juste le nombre d'hommes nécessaire pour la défense de la ville et des châteaux. Vous-même placez-vous dans une maison de campagne. Cette mesure, qui n'était pas bonne avant la prise de Gaète, est convenable à présent que les esprits sont rassurés. Donnez vous bien de garde d'écouter les conseils de ceux qui voudraient vous placer entre Bénévent et Capoue. Placez-vous entre Naples et la Calabre; réunissez vos forces et envoyez des expéditions pour brûler les villages insurgés. J'imagine que vous avez rejeté dans mer les Anglais qui auraient débarqué du côté de Salerne. Ne vous soumettez pas à l'initiative des mouvements des Calabrais et des ennemis. Vous avez assez de forces pour conquérir le royaume Naples et toute l'Italie. Les Anglais ne sont pas redoutables; mais lorsqu'on les attaque sans artillerie et en désordre avec la plus grande partie de mauvaises troupes comme les Polonais, il n'est pas étonnant qu'on réussisse mal.
Vous devez ne jamais faire aucun pas rétrograde et périr, s'il le faut, sur le territoire napolitain.
Toutes les dispositions qui ont été faites ne sont pas bonnes.
Il ne faut point de troupes à Naples; avec 100,000 hommes, vous ne garderiez pas celle ville, et avec 15,000, vous n'y feriez pas la police, qui peut se faire tout aussi bien avec 1,500. Des mesures vigoureuses rassureront plus la capitale que de voir des troupes encombrées dans son sein et qu'elle s'accoutumera à croire à peine suffisantes pour la police.
Vous pouvez prendre l'offensive en Calabre sans vous précipiter au fond de la botte, à moins que cela ne soit nécessaire pour dégager le général Reynier. Vos troupes marcheront avec plaisir. De Cassano à Naples il n'y a pas plus de 50 lieues. Il n'y a pas un moment à perdre pour placer là votre avant-garde. Cela seul peut mettre en repos votre royaume. Il serait même dangereux pour les négociations que cela ne se fit pas bientôt. Cette position, occupée par 6,000 hommes pouvant être renforcés dans un jour par 3,000 autres et dans deux jours par 6,000 autres, qui, en cas d'attaque par des troupes très-supérieures, pourraient se retirer d'une marche et se réunir encore à 3,000 hommes, vous rendra la tranquillité et fera que les affaires de Calabre n'auront plus d'influence sur la politique.
Pendant ce temps, vous organiserez votre service, vous ferez des expéditions pour soumettre les villages, et enfin, si l'ennemi prétendait vous attaquer sur Naples, en deux jours vous auriez 9,000 hommes sur cette capitale. Mais toutes ces choses ne se font pas ainsi; un débarquement n'est pas une chose facile; on le verra toujours précédé par les mouvements de l'intérieur. Je suis très-impatient d'apprendre que vous avez occupé Cassano. La saison va devenir supportable, et l'armée reprendra de l'ardeur. D'ailleurs faites piller deux ou trois gros bourgs, de ceux qui se sont le plus mal conduits; cela fera des exemples et rendra aux soldats de la gaieté et le désir d'agir.
En supposant que les Anglais eussent beaucoup de forces en Calabre et voulussent soutenir sérieusement une guerre si disproportionnée, avec une avant-garde à Cassano, appuyée, à quelques marches, de deux ou trois brigades, vous seriez renforcé en trois jours par 9,000 hommes; et, si enfin ils ne se croyaient pas suffisamment forts, ils se retireraient d'une marche et seraient encore rejoints par 3,000 hommes. C'est ainsi que l'on fait la guerre, lorsqu'on a plusieurs points à garder et qu'on ne sait pas sur lequel l'ennemi vous attaquera. Vous-même pouvez porter votre séjour à dix ou douze lieues de Naples. Des postes de cavalerie, des signaux doivent être établis, afin de correspondre avec les points de la côte qui sont sur votre flanc droit; et, quand enfin il en sera temps, que la saison sera rafraîchie, vous vous mettrez en mouvement et vous reprendrez toute la Calabre.
Vous avez d'aussi bons généraux qu'il peut y en avoir en France. Saint-Cyr est un général très-prudent. Il est vrai que Reynier a fait des fautes de toute espèce et auxquelles je ne m'attendais pas; l'art d'être tantôt audacieux et tantôt très-prudent est l'art de réussir. Du moment que Reynier vous aura rejoint, faites-passer les trois régiments qui sont avec lui, sur les derrières, dans des positions où ils puissent se reposer; ce doit être à l'un des échelons intermédiaires, ni le plus près de Cassano, ni le plus près de Naples.

Saint-Cloud, 30 juillet 1806
Au roi de Naples
J'ai reçu votre lettre du 19 juillet. Je vois avec plaisir que vous avez fait partir six régiments d'infanterie et deux de cavalerie pour Cassano. Il y a de quoi soumettre toute la Calabre et culbuter les Anglais. Il est assez inquiétant de savoir ce qu'est devenu le général Reynier; peut-être se maintient-il aux environs de Cotrone. Il est urgent de le dégager, car il doit avoir très-peu de vivres. Par différentes lettres que je vous ai écrites, je vous ai fait connaître les dispositions que votre position comportait : des échelons et des échelons, les châteaux de Naples approvisionnés et armés, vos dépôts enfermés dans Gaète et dans Capoue, et vos 25 ou 30,000 hommes placés de manière à pouvoir être réunis en quatre ou cinq jours, pour trois quarts, et en cinq marches forcées, sur Naples ou sur Cassano. Vous avez des côtes, sans doute, mais j'en ai partout; et, s'il est vrai que des vaisseaux donnassent tant d'avantage aux Anglais, il s'ensuivrait qu'avec les 40,000 hommes qu'ils ont de disponible ils pourraient tenir en échec un bien plus grand nombre de troupes. Mais pour chaque chose il faut un plan.
Il y a longtemps que je vous ai dit que vous disséminiez trop vos troupes. Tenez-les réunies, et il vous arrivera ce qui est arrivé en France : les Anglais ont débarqué plusieurs fois, mais ils ont été bien rossés et n'osent plus débarquer.
Si vous n'aviez, pas laissé Cassano sans forces, et que vous y eussiez tenu deux régiments, au lieu de les tenir dans la Pouille et disséminés sur les côtes, les Anglais eussent été rejetés dans la mer, et vous eussiez assuré votre tranquillité pour longtemps. L'idée que Naples ne peut être défendue contre une puissance maritime est une idée ridicule. Si vous dites ensuite que vous devez choisir pour séjour habituel une autre ville que Naples, plus avant dans les terres, je suis de votre opinion. J'aurais bien désiré avoir les plans des forts de Naples avec une dissertation des officiers du génie, et les plans de Capoue avec des mémoires qui me fassent connaître les points environnants.
Vous aurez Naples et la Sicile, vous serez reconnu par toute l'Europe; mais, si vous ne prenez point des mesures plus vigoureuses que celles que vous avez prises jusqu'ici, vous serez détrôné honteusement, à la première guerre continentale. Vous êtes trop bon, surtout pour le pays où vous êtes. Il faut désarmer, faire juger et déporter.
Il faut avoir à votre service 3,000 Corses, 6,000 Suisses et pas plus de 6,000 Napolitains. Vous n'employez pas assez les officiers napolitains qui ont servi dans l'armée d'Italie. Suivez mes principes politiques; faites l'armée patriote; employez les officiers partisans de la France et qui ont montré de l'énergie; ceux-là ne vous trahiront jamais pour la reine Caroline. Si vous gouvernez votre pays avec vigueur, et que vous en retiriez cent quarante à cent cinquante millions de Milan de contributions, vous aurez six vaisseaux de guerre et autant de frégates, qui, joints à ma marine de Toulon, rendront plus difficile et plus chanceuse aux Anglais leur domination sur la Méditerranée. N'employez pas trop de troupes napolitaines, qui vous abandonneraient si j'étais battu en Italie; il faut calculer ainsi : employez des troupes qui ne vous abandonneront pas.
Le 1er régiment suisse, est composé d'hommes qui ont servi en France, et qui seront fidèles. Les Corses vous seront fidèles, et vous pouvez facilement les recruter. Les Napolitains patriotes, qui ont été en France lors de la révolution de l'an VII, seront fidèles. Je ne parle pas de l'armée française; puisque les destins de la France ne peuvent être mis en balance que par l'Europe réunie, elle aurait besoin de toutes ses troupes, et probablement je ne pourrais vous laisser que deux ou trois régiments. Souvenez-vous bien de ce que je vous dis : le destin de votre règne dépend de votre conduite à votre retour dans la Calabre. Ne pardonnez pas. Faites passer par les armes au moins 600 des révoltés. Ils m'ont égorgé un plus grand nombre de soldats. Faites brûler les maisons de trente des principaux des chefs de villages, et distribuez leurs propriétés à l'armée. Désarmez tous les habitants et faites piller cinq on six gros villages de ceux qui se sont le plus mal comportés. Recommandez aux soldats de bien traiter les villes qui sont restées fidèles. Privez de leurs biens communaux les villages révoltés, et donnez ces biens à l'armée. Surtout désarmez avec rigueur.
Vous voyez la terreur qu'inspire la reine; certes, je ne vous propose pas son exemple à imiter; mais il n'en est pas moins vrai que c'est une puissance. Si vous vous conduisez avec vigueur et énergie, les Calabrais ni les autres ne bougeront de trente ans.
Je finirai ma lettre comme je l'ai commencée. Vous serez roi de Naples; vous aurez trois ou quatre ans de paix. Si vous vous faite roi fainéant, si vous ne tenez pas les rênes d'une main ferme et décidée, si vous écoutez l'opinion du peuple, qui ne sait ce qu'il veut, si vous ne détruisez pas les abus et les anciennes usurpations de manière que vous soyez riche, si vous ne mettez pas des impositions telles que vous puissiez entretenir à votre service des Français, des Corses, des Suisses, des Napolitains, et armer des vaisseaux, vous ne ferez rien du tout; et, dans quatre ans, au lieu de m'être utile, vous me nuirez, car vous m'ôterez de mes moyens. Vous avez une place à construire à Scilla; envoyez-m'en au plus tôt les plans, pour que je les approuve. Arrivé en Sicile, ne perdez pas un mois sans faire travailler à un pareil fort sur le rivage opposé à Scilla, pour lier ensemble vos deux royaumes.
Vos amis le disent : vous n'inspirez pas de confiance; vous êtes trop bon.

place forte d'Amantea
Amantea, place forte des rebelles calabrais

Masséna part donc au secours de Reynier avec les troupes libérées du siège de Gaëte. La concentration se fait autour de Salerne. Le 4 août, il est à San Lorenzo. Le 8, il se présente devant Lauria où des insurgés lui barrent le passage. La ville doit être brulée et mise à sac pour que les populations alentour se tiennent tranquilles.

Pendant ce temps, Reynier avait réussi à rejoindre Verdier à Castrovillani, au Nord de Cosenza. Le 12, les forces françaises se réunissent à Cosenza dont Masséna fait son quartier général pour ses opérations. Il lance des colonnes sous Reynier, Mermet et Verdier contre les insurgés des Calabres.

Le 20 août 1806, depuis Rambouillet, l'Empereur écrit à Joseph, Roi de Naples : "Mon frère ... Vous trouverez ci-joint la distribution que je voudrais faire de votre armée, afin que vous menaciez la Sicile et que vous soyez en mesure contre tout ... L'armée une fois placée ainsi, pas un homme ne débarquera en Calabre, et on pourra punir sévèrement les brigands; cela est plus nécessaire que tout le reste ... Aujourd'hui la question est tout entière dans la Calabre. Il faut que tout le monde soit dans la conscience qu'on y est assis de manière à ne pouvoir être ébranlé. Cela encouragera l'armée et commencera à influer sur la Sicile, et même sur les négociations ..." (Correspondance de Napoléon, t.13, lettres 10673; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12752). Cette lettre est suivie d'un "Projet de placement de l'Armée de Naples ... Avant-garde de l'armée de Sicile.
1re division. Reynier, général de division. Les 14e et 23e légers, 29e et 52e de ligne, 6e de chasseurs ...
" (Correspondance de Napoléon, t.13, lettres 10674; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12752).

Les troupes sont ravagées par les fièvres et manquent de matériel, mais fin Août, la situation est stabilisée en Calabre Citérieure.

Le 4 septembre, Massena part de Cosenza avec les 22e et 23e Léger, 102e de Ligne, Grenadiers de la Garde Royale napolitaine et 4e Chasseurs à cheval vers la pointe de la botte italienne, tandis que l'insurrection reprend dans son dos. Il lance ses adjoints sur des places fortes de la rébellion,dont Verdier sur Amantea, qui doit se replier au bout de quelques jour; et Lamarque sur Maratea, dans le golfe de Policastro près de Lauria. Une nouvelle tentative sur Amantea échoue en décembre. Le lieutenant Jouvet, du 23e Léger, y est blessé.

Masséna obtient un congé le 21 décembre et quitte le royaume de Naples. Maratea capitule le 1er janvier 1807.

- 1807

Au début 1807, les positions et encadrements du 23e Léger sont les suivants :
janvier 1807 (côte SHDT : us180701 4C98)
Chef de corps : ABBE colonel - infanterie.
Conscrits des départements des Pyrénées-Orientales - du Mont-Blanc - du Gers - du Forêts - de Seine-et-Oise - de l'Yonne de 1807
HORIOT major - infanterie.
MAYSONNIER quartier maître trésorier.
1er bataillon commandant : chef de bataillon Tardif - armée de Naples - 1ère division des dépôts.
2e bataillon commandant : chef de bataillon Rey - armée de Naples - 1ère division des dépôts.
3e bataillon commandant : chef de bataillon Langeron à Cesène - armée d'Italie.

Comme on le voit, le 3e bataillon est porté en arrière et ne fait pas partie officiellement de l'Armée de Naples mais de celle d'Italie.

Le 12 mars 1807, l'Empereur écrit depuis Osterode, au Prince Eugène : "Mon Fils ...
Il faut préparer un nouveau secours pour l'armée de Naples, à pouvoir lui envoyer avant la grande chaleur, indépendamment des 4,700 hommes que vous avez fait partir dernièrement. Ce secours sera composé de la manière suivante : 120 hommes du 14e léger, 190 hommes du 23e, 120 hommes du 1er de ligne, 190 hommes du 6e, 120 hommes du 10e, 120 hommes du 22e léger, formant un bataillon provisoire de 720 hommes (il suffira que chaque détachement, ou compagnie, soit commandé par un officier, deux sergents et quatre caporaux ; vous chargerez un chef de bataillon de commander ce bataillon provisoire) ; et un second bataillon de 960 hommes ...
Mon intention est que le 1er bataillon provisoire soit réuni à Ancône le 15 avril, et parte pour l'armée de Naples ; que le 2e bataillon soit réuni à Ancône le 20 avril, et se dirige également sur Naples. Ces 1,700 hommes, joints aux 4,700 qui sont déjà partis, compléteront les cadres.
Il faut avoir soin que ces détachements soient bien armés, bien habillés et bien équipés...
" (Correspondance de Napoléon, t.14, lettre 12013 ; Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 14581).

Et en avril 1807 (côte SHDT : us180704 4C98) :
Chef de corps : ABBE colonel. Promu général en mars 1807, il n' a pas encore quitté son commandement.
Conscrits des départements des Pyrénées Orientales de 1807.
HORIOT major - infanterie.
1er bataillon commandant : chef de bataillon Tardif à Seminario - armée de Naples - 1ère division des dépôts.
2ème bataillon commandant : chef de bataillon Rey à Seminario - armée de Naples - 1ère division des dépôts.
3ème bataillon commandant : chef de bataillon Langeron à Forli - armée d'Italie.

Chasseur 23e Léger 1807
Fig. 1 Chasseur du 23e Léger, en Calabres, 1807 (dessin de D. Davin).

Le 9 mai 1807, nouveau débarquement venu de Sicile de Napolitains, à Reggio et Gioja. Après divers engagement, les Napolitains occupent Mileto. Le général Reynier contre-attaque et, le 28 mai, les voltigeurs du 23e Léger s'emparent du village, tandis que le reste des troupes écrase les Napolitains en arrière de celui-ci. Le chef de bataillon Langeron (qui n'est donc pas à la tête de son 3ème bataillon, théoriquement loin de là ?) et le capitaine Audigé y sont blessé. Les bases arrières de Reggio Scylla et Cotrone restent cependant encore aux pouvoir de l'adversaire. Elles vont bientôt tomber.

En Juin 1807, les deux premiers bataillons sont toujours en Calabre, tandis que le 3ème bataillon garde Ancône beaucoup plus au Nord. Des compagnies d'élite sont détachées.

Positions en juin 1807 (côte SHDT : us180707 4C98) :
Chef de corps : vacant.
Conscrits des départements des Pyrénées-Orientales de 1807.
HORIOT major - infanterie.
1er bataillon commandant : chef de bataillon Tardif à Seminara - armée de Naples.
2e bataillon commandant : chef de bataillon Rey à Seminara - armée de Naples.
3e bataillon commandant : chef de bataillon Langeron à Ancône - armée d'Italie - division des côtes de l'Adriatique.
Observations : juin 1807 sous les armes : 16 officiers, 421 hommes - hopitaux 2 officiers, 100 hommes.
- armée d'Italie - division de grenadiers - Duhesme (commande la division d'Ancône)
Observations : les grenadiers des 14e, 22e, 23e Léger et des 1er, 6e, 10e de Ligne forment le 3e Régiment de la division de grenadiers aux ordres de l'Adjudant Cdt Huin - adjoint chef de bataillon Baille du 6e de ligne - juin 1807 sous les armes : 5 officiers, 213 grenadiers - hopitaux 16 grenadiers.

Le 29 juillet 1807, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Prince Eugène, Vice-Roi d'Italie : "Mon Fils, la division que j'ai à Ancone n'est pas suffisante ; mon intention est donc qu'il y ait à Ancône, sous les ordres du général de brigade qui y commande, un corps de troupes composé conformément à l'état ci-joint. Mettez sur-le-champ ces troupes en marche pour s'y rendre. Vous nommerez un bon major pour commander le régiment provisoire de cavalerie. Vous compléterez une nouvelle compagnie de canonniers italiens, que vous tiendrez à Ancône avec six pièces de campagne attelées ...
ANNEXE
ETAT DE LA DIVISION D'ANCÔNE Le 3e bataillon du 23e d'infanterie légère 500 hommes ...
" (Correspondance de Napoléon, t.15, lettre 12950 ; Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 16065).

En octobre 1807 les positions du régiment sont les suivantes (côte SHDT : us180710) :
Chef de corps : vacant colonel - infanterie.
Conscrits des départements des Pyrénées-Orientales - du Puy-de-Dôme de 1808
HORIOT major - infanterie.
Vacant quartier-maître trésorier.
1er bataillon commandant : chef de bataillon Tardif à Seminara - armée de Naples.
2e bataillon commandant : chef de bataillon Rey à Seminara - armée de Naples.
3e bataillon commandant : chef de bataillon Langeron à Ancône - armée d'Italie.

Un nouveau colonel a pris la tête du régiment, le 6 décembre 1807 : Louis Joseph Thierry.

- 1808

Le 20 janvier 1808, l'Empereur écrit, depuis Paris, à Eugène, Vice-Roi d'Italie : "Mon fils, je vois dans le dernier état de situation de l'armée d'Italie, au 1er janvier, que le 23e léger a un dépôt de 248 hommes à Pesaro ... Dirigez tout cela sur Rome ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 17048).

Fin janvier, début février 1808, les deux premiers bataillons du régiment participent à la reprise de Scylla et Reggio, occupées par des garnisons anglo-siciliennes,par le général Reynier.

En Février 1808, Napoléon donne des instructions pour l'Armée de Naples, alors que des 4ème bataillons de guerre sont formés pour chaque régiment, à Clarke : "Armée de Naples. - L'armée de Naples est dans le même cas que celle de Dalmatie. Tous ses régiments sont composés de deux bataillons ou dix-huit compagnies à l'armée, lesquelles seront formées à trois bataillons. Les 4e bataillons continueront aussi à rester dans les lieux où ils sont aujourd'hui; leurs dépôts et les compagnies de dépôt, conformément aux observations ci-dessus, se rendront seules à leurs nouvelles destinations. Quand ce départ sera effectué, je verrai, sur le compte qui me sera rendu, s'il est convenable de faire partir aussi ces 4e bataillons pour joindre leurs dépôts. Les régiments de l'armée de Naples sont faibles; presque aucun ne serait dans le cas de conserver plus de deux bataillons ou douze compagnies, car presque aucun n'a un effectif de plus de 1,700 hommes. Mais l'armée de Naples étant une armée agissante, et ayant d'ailleurs les 4e bataillons à compléter, il sera convenable de prescrire de former les dix-huit compagnies qui y sont en 3e bataillons, en répartissant le plus également possible l'effectif de ce que chaque régiment a dans le royaume de Naples; de sorte que mon intention est, dans la nouvelle formation, de tenir trois bataillons à Naples, un à moitié chemin en Romagne, et le dépôt en France, pour faire passer les conscrits de l'un à l'autre endroit, de manière à concilier leur acclimatement avec les besoins du service. D'ailleurs, ces quatre bataillons me serviront en Italie. Les compagnies de grenadiers et de voltigeurs sont déjà presque toutes en activité dans l'état romain, et les quatre autres compagnies, quelque faibles qu'elles soient, seront toujours une ressource pour contenir le pays".

En Mars 1808, Napoléon espère toujours un débarquement en Sicile.

Le dépôt du 23e Léger est porté en mai 1808 à Mondovi. Le 20 mai 1808, l'Empereur écrit, depuis Bayonne, au Prince Camille Borghèse, Gouverneur général des départements au delà des Alpes, à Turin : "Les comptes que vous me rendez, en forme d'états, doivent être en petits carnets de la grandeur de quatre à six pouces, parce qu'alors je les garde sur ma table. Il faut distinguer sur vos états de situation les conscrits de 1809. Faites-moi connaître les mouvements qui se sont opérés dans vos dépôts. Vous devez avoir dans votre gouvernement : ... les dépôts ... à Mondovi, celui du 23e léger ... Ces dépôts sont-ils arrivés dans votre gouvernement, ou sont-ils annoncés ? Faites-vous remettre par les majors l'état des effets d'habillement qu'ils ont aux anciens dépôts, la quantité de conscrits qu'ils ont à recevoir et celle qu'ils ont déjà reçue, le nombre de conscrits de 1899 arrivés aux nouveaux dépôts et ce qui y est attendu. Vous donnerez l'ordre que les corps qui auraient des conscrits à leur nouveau dépôt et des effets d'habillement à l'ancien fassent marcher des conscrits, en proportion de ces effets d'habillement, sur les anciens dépôts, pour y être habillés et incorporés dans les 4es bataillons" (Correspondance de Napoléon, t.17, lettre 13942 ; Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 17998).

Toujours le 20 mai 1808, l'Empereur écrit, depuis Bayonne, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, je reçois votre lettre du 13 mai relative aux anciens et nouveaux dépôts. Je conçois que les conscrits ont été dirigés sur les nouveaux dépôts ... Je pense qu'il serait convenable d’en faire de même, et qu'ainsi de suite il faudrait diriger les magasins ...
Aucun de ces mouvements n'est bien considérable et moyennant cette mesure les conseils d’admistration et les magasins seront établis à demeure. Les 4 compagnies qui formeront le dépôt recevront les conscrits de leur corps, et au fur et à mesure qu'ils auront 60 hommes armés, habillés, sachant tenir leurs fusils, prêts à partir, vous m'en rendrez compte dans des états particuliers pour que je les envoie à celui des 4 bataillons de guerre qui en a besoin ...
Ces régiments reçoivent beaucoup de monde ... le 23e id, également près de 800 ...
Les 4 compagnies des dépôts probablement incomplètes seraient insuffisantes pour un aussi grand nombre d'hommes et il faudra qu'elles se hâtent de diriger sur les 4es bataillons en proportion des effets d'habillements de l'ancien dépôt.
Mais comme je vois qu'une partie de l'armement sera aux anciens dépôts, faites-moi connaître ce que vous aurez fait là-dessus.
Ainsi donc les majors laisseront aux anciens dépôts d'Italie la quantité de fusils et d'habillement nécessaires pour les nouveaux conscrits et tout le reste, les papiers, les cadres des compagnies de dépôt, etc., ils les dirigeront sur les nouveaux dépôts afin de les sortir une fois pour toutes de premiers embarras
" (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18000).

Le 12 juin 1808, Napoléon écrit, depuis Bayonne, à Borghèse, Gouverneur général des départements au-delà des Alpes : "Mon cousin, je reçois l'état que vous m'envoyez des conscrits de 1809 arrivés dans les 27e et 28e divisions militaires, montant à 9500 ... Je vois ... qu'il n'existe aucun effort d'habillement pour les recrues du 23e légère. Écrivez-en au vice-roi. Le dépôt de ce régiment est en Italie, puisqu'il fait partie de l'armée de Naples : informez-vous où sont les habits, et combien d'hommes vous pouvez envoyer pour le 4e bataillon ... Il me semble qu'il n'y a que le 23e légère qui est en souffrance. Écrivez au vice-roi pour ce régiment" (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18285).

Le 23 juin 1808, l'Empereur écrit, depuis Bayonne, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke ... Donnez ordre que les cadres du 3e bataillon de nouvelle formation des 1er, 29e et 52e régiments de ligne et des 22e et 23e légère rejoignent leurs 4es bataillons dans le royaume d’Italie, en complétant les deux premiers bataillons de ces régiments de tous les hommes disponibles de ces 3es bataillons. Je ne donne pas le même ordre pour les 102e, 101e et 10e de ligne, ni pour les 20e et 62e parce que ces régiments restant à deux bataillons seront portés, moyennant le versement des hommes disponibles, à près de 1 680 hommes, c'est-à-dire au complet de 840 hommes par bataillon, et les régiments à 3 bataillons seront à plus de 700 hommes par bataillon. Par ce moyen l'armée d'Italie sera augmentée de 5 bataillons et l’armée de Naples sera affaiblie des cadres de cinq bataillons ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18390).

Le 25 juin 1808, l'Empereur écrit, depuis Bayonne, au Prince Eugène, Vice-Roi d'Italie : "Vous devez avoir reçu les instructions du ministre de la Guerre pour la nouvelle organisation de l’armée.
... Organisez tous les autres bataillons, savoir le 23e léger et le 29e de ligne à Ancône et les quatre autres qui sont à Bologne et dans la Romagne dans les lieux où ils se trouvent ...
Les 6 quatrièmes bataillons de Naples qui doivent rester à Rome formeront la 1re brigade de la division qui en ligne doit être commandée par le général Miollis.
Les deux bataillons qui sont à Ancône et les quatre qui sont à Bologne formeront la 2e brigade. Ainsi, en cas d'événement sérieux, il n'y aurait qu'un ordre à donner pour les réunir sur l’Adige et on ferait garder Rome par un détachement tiré de l'armée de Naples. Dans sa position actuelle, l'armée d'Italie est toute morcelée ; il faut réunir tous les corps et la mettre en mesure d'entrer promptement en ligne ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18406).

Le 27 juin 1808, Napoléon écrit, depuis Bayonne, à Borghèse, Gouverneur général des départements au-delà des Alpes : "Mon cousin ... On a eu tord de faire venir l'habillement du 23e d'infanterie légère à Mondovi. Il vaut mieux faire partir 400 hommes pour le 4e bataillon ; ils y prendraient leur habillement" (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18421).

En Juillet 1808, Murat succède à Joseph sur le trône de Naples, tandis que Joseph devient roi d'Espagne. A la même date, l'encadrement et les positions du régiment sont les suivantes :
juillet 1808 côte SHDT : us180807
Chef de corps : THIERRY colonel
garnison - dépôt à : Mondovi Conscrits des départements des Pyrénées Orientales - du Rhône - de la Haute Loire - de la Lozère de 1809
HORIOT major - infanterie
MAYSONNIER quartier maître trésorier
Les deux premiers bataillons sont dans le royaume de Naples
1er bataillon commandant : chef de bataillon Langeron à Palmi, Monteleone
2e bataillon commandant : chef de bataillon Rey à Palmi, Monteleone
Les trois autres bataillons sont à l'Armée d'Italie
3e bataillon à Pesaro ( gouvernement d'Ancône)
4e bataillon commandant : chef de bataillon Tardif
carabiniers, voltigeurs à Rome - chasseurs à Pesaro
observations : juillet 1808 à Pesaro sous les armes 12 officiers, 184 hommes - hopitaux 22 hommes - prisonniers de guerre 122 hommes
5e bataillon de dépôt à Mondovi - 27e division militaire.

Le 13 septembre 1808, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, donnez ordre ... au dépôt du 23e léger qui est à Mondovi, d'envoyer tous les détachements qu’ils ont de disponibles, bien armés et bien équipés avec leurs officiers aux quatrièmes bataillons en Italie pour les porter au grand complet. Des états vous seront envoyés qui vous feront connaître ce que chaque dépôt fera partir, et pourquoi il n'en fait pas partir davantage. Ces détachements se mettront en marche à la fois au 1er octobre. ... Vous me ferez connaître l'augmentation qu’éprouvera l'armée d'Italie par ce renfort" (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18898).

Le 17 septembre 1808, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Lacuée, Directeur général des Revues et de la Conscription : "Je vous renvoie votre travail ... Je vois que les corps des armées d'Italie, de Dalmatie, de Naples et de la Grande Armée, ayant leurs dépôts au-delà des Alpes, cela doit former 36 régiments et je n'en trouve que 24 ; il en manque donc 12. J'en ignore la raison.
Il manque dans l'infanterie légère les 22e, 23e et 1er ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18948).

Le 1er octobre 1808, Napoléon écrit, depuis Erfurt, à Borghèse, Gouverneur général des départements au delà des Alpes : "Mon cousin, je vois par la note qui était jointe à votre lettre du 20 septembre qu'il reste en état de partir : au dépôt du 14e légère, 76 hommes ; au dépôt du 23e idem, 155 hommes ...
Si ces hommes sont habillés et armés, faites-les partir afin que les 4es bataillons soient complets ; et que les cadres retournent aux dépôts pour recevoir les nouveaux conscrits qui vont leur arriver
" (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 19006).

Le 21 octobre 1808, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke ... le 4e bataillon du 20e de ligne, formé à 800 hommes, le 4e bataillon du 10e de ligne, formé à 800 hommes, un détachement tiré du 4e bataillon du 62e fort de 350 hommes, un détachement idem du 101e, fort de 500 hommes, un détachement idem du 22e légère, fort de 300 hommes, un détachement du 23e d'infanterie légère de 400 hommes.
Ces 4 détachements formant un total de 3 150 hommes, avec les 1 600 hommes des deux 4es bataillons du 20e et du 10e de ligne, se rendront à Naples, pour porter les 10 et 20e à 4 bataillons chacun, et pour porter au grand complet les 3 bataillons des 62e et 101e qui sont à Naples, et les deux bataillons du 22e et 23e d'infanterie légère.
Ces mouvements devront être terminés avant le 1er octobre.
... Moyennant ces changements, l'armée de Naples ne perdra rien en infanterie et l'armée d’Italie gagnera 2 régiments. L'armée de Naples ne sera plus composée que de 4 bataillons du 10e de ligne, 4 du 20e de ligne, 3 du 62e, 3 du 101e, 2 du 22e légère, et 2 du 23e légère ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 19087).

Le même jour, 21 octobre 1808, l'Empereur, depuis Saint-Cloud, écrit à Eugène, Vice-Roi d'Italie : "Mon fils, vous ne m'envoyez jamais les états de mon armée italienne. Je vous ai dit bien des fois qu'il me faut ces états tous les dix jours. Envoyez-m'en un sans délai. Mon armée d’Italie doit être prête à entrer en campagne au mois de mars. Sa composition sera la suivante :
... 6e division
14e légère 1 bataillon
22e idem 2 bataillons
23e idem 2 bataillons
6e de ligne 1 bataillon
62e idem 1 bataillon
101e idem 1 bataillon
7e idem 1 bataillon
9 bataillons ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 19097).

Le même jour encore, 21 octobre 1808, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Lacuée, Directeur des Revues et de la Conscription, à Paris : "J'ai lu, avec le plus grand intérêt, le bel état que vous m'avez envoyé sur l'armée de Naples. Il m'a paru d'une clarté parfaite. Je l'ai parcouru avec autant de plaisir qu'un bon roman ... Je vois cependant dans votre état une erreur, c'est que vous portez le 23e léger à trois bataillons, à l'armée de Naples; il n'en a que deux. Ce qui fait quelque différence dans les chiffres ..." (Correspondance de Napoléon, t.18, lettre 14390 ; Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 19102).

Le 26 octobre 1808, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Lacuée, Directeur général des Revues et de la Conscription : "Les légions de réserve de Metz, Versailles et Grenoble, ont trop de bataillons, d'autant plus qu’elles manquent d'officiers. Je pense que ces 600 hommes pourront leur être donnés des conscrits de 1810 et qu'ils pourraient être dirigés : ceux de Lille, sur les régiments qui sont dans les 16e ou 24e divisions militaires et qui ont le plus de besoins ; on les donnera de préférence aux corps qui fournissent au camp de Boulogne. On donnera ceux de Rennes à ceux dont les régiments sont en Bretagne, ceux de Versailles aux corps qui sont dans la 12e division militaire ; ceux de Grenoble aux 22e et 23e légers, et 62e et 102e de ligne" (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 19142).

IIIBis/ 1806-1807, DES ELEMENTS DU 23E EN ALLEMAGNE ET POLOGNE ?

Le 10 décembre 1806, l'Empereur écrit, depuis Posen, au Maréchal Berthier, Major général de la Grande Armée : "Mon cousin ... Donnez ordre à Spandau qu'on fasse partir les 10 hommes du 23e léger, les 20 hommes du 24e, les six hommes du 6e, les 25 hommes du 27e de ligne, les 396 hommes isolés et les 84 hommes du 5e corps, après toutefois les avoir pourvus de fusils et de tout ce dont ils auront besoin. Vous les ferez diriger sur Küstrin et de là sur Posen" (Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 13796).

IV/ LA CAMPAGNE DE 1809 DU 23E LEGER A L'ARMEE D'ITALIE

Chasseur 23e Léger 1807
Fig. 2 Uniforme de Sous-officier du 23e Léger, 1809-1810

Au début de 1809, Napoléon sait que l'Autriche est en train de réarmer de manière plus massive qu'en 1805, et il se prépare à une future confrontation en réorganisant ses forces en Allemagne. Le théâtre d'opération Nord-italien doit être initialement secondaire.

Le 13 février 1809, l'Empereur écrit, depuis Paris, à Borghèse, Gouverneur général des départements au-delà des Alpes : "Mon cousin, j’ai reçu l’état de situation du 1er février ... je désirerais que vous me fissiez connaître quand le dépôt du 6e d’infanterie de ligne pourra envoyer au 4e bataillon 200 hommes ? Quand le dépôt du 20e pourra en envoyer 100 ? Quand celui du 29e pourra en envoyer 100 ? Quand celui du 112e pourra en envoyer 400, celui du 14e d’infanterie légère 100, celui du 23e d’infanterie légère 600, celui du 10e d’infanterie légère 100, celui du 52e 300, celui du 100e 400, enfin celui du 102e 300 ? Ce qui fera un total de 2 400 hommes qui iraient renforcer les quatrièmes bataillons. Il faudrait que tous ces hommes bien armés, bien équipés, ayant souliers et capotes, fussent prêts à partir avant le commencement de mars. Prenez des renseignements et faites-moi connaître si tout cela peut s’exécuter avant le 1er mars" (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20014).

Le Prince Eugène, vice-roi d'Italie, a pour mission de surveiller les débouchés des Alpes et de contenir une action autrichienne. L'armée d'Italie, formée de troupes franco-italiennes, va se trouver en infériorité numérique face aux deux Corps d'Armée de l'Archiduc Jean qui se concentrent en mars.

Napoléon, conscient des lacunes stratégiques et tactiques de son fils adoptif, lui envoie le Général Mac Donald pour le seconder, mais celui-ci n'arrivera que fin avril. En attendant, Napoléon réorganise les forces en Italie et donne ses ordres. Ainsi, il écrit depuis Paris, au Général Clarke, le 17 février 1809 : "Monsieur le général Clarke, vous ferez connaître au roi de Naples que, dans les circonstances actuelles, mon intention n’est pas qu’il ait toutes les troupes dans le fond de la Calabre, et que je désire qu’il les place de cette manière :
... Une autre division serait réunie à Naples et environs, composée des : 10e de ligne, 4 bataillons, 3 000 hommes ; 62e de ligne, 3 bataillons, 2 100 hommes ; 23e légère, 2 bataillons, 1 600 hommes ; Suisses, 2 bataillons, 1 400 hommes ; régiment de La Tour d’Auvergne, un bataillon, 800 hommes ; 2 escadrons de chasseurs, 500 hommes. Total : 9 400 hommes.
Cette division divisée en deux brigades devrait être placée à Naples et à trois marches de cette ville pour pouvoir se réunir et marcher sur Rome si les circonstances l’exigeaient ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20053).

Napoléon écrit ensuite, le même jour, à Eugène : "Paris, 17 février 1809.
A Eugène Napoléon, vice-roi d'Italie, à Milan.
Mon fils, j'ai donné ordre aux généraux de brigade Abbé et Huart de se rendre à Milan. Vous les emploierez dans vos divisions actives qui en ont besoin ...
Vous avez donné ordre aux 22e et 23e légers de se rendre à Florence et à Ancône. Ces régiments ont deux bataillons, de nombreux détachements de conscrits se dirigent sur ces régiments qui auront chacun 1 600 hommes suffisants pour la garnison de ces deux pays ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20057).

Napoléon décide également la création de 16 Régiments provisoires. L'Empereur écrit, le 3 mars 1809, depuis Paris, au Général Clarke, Comte d'Hunebourg, Ministre de la Guerre, à Paris : "Monsieur le Général Clarke, je vous envoie le projet de formation d’une réserve de régiments provisoires, sur lequel je désire que vous me fassiez un rapport. Faites-moi connaître si je n'ai rien oublié et s'il y a des changements qu'il soit convenable de faire pour épargner des marches aux troupes. Enfin présentez-moi des états qui m'apprennent si les 5es bataillons pourront fournir ces quatre, trois ou deux compagnies pour concourir à ladite formation. Les 10,000 hommes de réserve que forme ma Garde sont destinés à compléter les 5es bataillons et à les mettre à même de fournir les hommes nécessaires. Il faut donc qu'une colonne des états que vous ferez dresser indique le nombre d'hommes qui leur manquera, après avoir épuisé tout leur monde ; cette colonne sera la colonne de distribution des 10,000 hommes de la Garde. Il ne vous échappera pas que, par ce moyen, j'aurai 6,000 hommes à la Rochelle, 3,000 en Bretagne, 9,000 à Paris, 5,000 au camp de Boulogne, 2,500 pour la défense de l'Escaut, 2,500 pour garder Wesel, 5,000 à Strasbourg, 2,500 à Metz et 10,000 Français en Italie; total, 45,500 hommes.
NAPOLÉON
Annexe
PROJET DE FORMATION D'UN CORPS DE RÉSERVE
1
Il sera formé une réserve de seize régiments provisoires composée des compagnies des cinquièmes bataillons qui seront complétés avec les conscrits de 1810;
2
... 15e régiment provisoire :
Le 15e régiment sera composé de 3 bataillons formés de 3 compagnies des 5es bataillons des 67e, 2e de ligne, 56e, 37e, 93e, 112e, 1er de ligne, 62e, 23e léger.
Ce régiment se réunira à Alexandrie ...
Ces 4 derniers régiments (13e, l4e, 15e, et 16e) formeront la réserve de notre armée d'Italie, et seront réunis 3 à Alexandrie et un à Milan.
Les 9 régiments de l'armée italienne formeront un régiment composé de même, lequel sera fort de 2 500 hommes et se réunira à Milan.
Ainsi la réserve de l'armée d'ltalie sera composée de 2 brigades, l'une de deux régiments qui se réunira à Milan, l'autre de 3 régiments qui se réunira à Alexandrie, l'une et l'autre commandées par un général de brigade, et qui seront prêtes à se porter partout où les circonstances l'exigeront
" (Correspondance de Napoléon, t.18, lettre 14838 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20195).

Les deux premiers bataillons du 23e Léger ont été sortis du Royaume de Naples et réunis aux 3e et 4e pour renforcer l'Armée d'Italie. Napoléon écrit ainsi à Eugène :
"Paris, 16 mars 1809.
A Eugène Napoléon, vice-roi d’Italie, à Milan.
Mon Fils, le 23e léger, qui était en Toscane, a dû y arriver fort de 600 hommes; il doit avoir reçu 300 hommes; 300 hommes partant vers la fin de mars du Piémont pour le joindre; ce qui portera ces deux bataillons à 1,200 hommes. Le 22e léger, qui est à Ancône, a dû recevoir 800 hommes; 200 hommes vont partir pour le rejoindre; ces deux bataillons seront donc au complet de 1,600 hommes. Ainsi, au premier événement, ils pourront entrer en ligne. Le 52e va recevoir 300 hommes qui partent de Gênes, le 102e recevra 200 hommes; le 29e de ligne, 100 hommes. Mon intention est donc que la division Miollis vienne à être composée : de quatre bataillons du 62e, 3,000 hommes; de quatre bataillons du 23e léger, 3,000 hommes; de deux bataillons du 22e léger, 1,500 hommes; du 4e bataillon du 101e, 700 hommes; du bataillon du 11e léger, 1,100 hommes, et du bataillon du 6e de ligne, l,200 hommes; ce qui formerait une division de 10 à 11,000 hommes de très bonnes troupes ...
J'ai ordonné que le briquet fût supprimé dans la compagnie de grenadiers et de voltigeurs et qu'on y substituât des outils ... Mon intention est d'étendre cette mesure à toute l'armée et de supprimer ainsi une arme aussi inutile que le briquet.
" (Correspondance de Napoléon, t.18, lettre 14908 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20400).

Le même jour, toujours depuis Paris, l'Empereur écrit au Général Clarke, Comte d'Hunebourg, Ministre de la Guerre, à Paris : "Monsieur le Général Clarke, donnez ordre au roi de Naples de faire partir de Naples le général de brigade Valentin avec les demi bataillons du 23e léger, forts de 1,500 hommes; les trois bataillons du 62e de ligne, forts de 2,200 hommes; six pièces d'artillerie servies par une compagnie d'artillerie française, et attelées, s'il n'y a pas assez d'attelages français, par des attelages napolitains; et un bataillon entier du régiment de la Tour d'Auvergne ou d'Isembourg, fort de 800 hommes; total de la brigade française, 4,600 hommes, en recommandant que les compagnies de grenadiers et voltigeurs et les chefs de bataillon se trouvent à tous ces régiments. Un des deux régiments d'infanterie napolitains et deux escadrons de cavalerie napolitains, formant 300 hommes à cheval, partiront avec cette brigade sous les ordres d'un adjudant commandant et en feront partie. Un officier supérieur et un capitaine d'artillerie, deux officiers du génie et deux commissaires des guerres y seront attachés. Cette brigade, forte de 6 à 7,000 hommes, devra être rendue à Rome cinq jours après la réception du présent ordre, c'est-à-dire dans les premiers jours d'avril" (Correspondance de Napoléon, t.18, lettre 14911; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20403, qui date cette lettre du 17 mars 1809).

Le lendemain 17 mars 1809, toujours depuis Paris, Napoléon écrit à Eugène Napoléon, vice-roi d'Italie, à Milan : "Mon Fils, j'ai ordonné que le général de brigade Valentin partit de Naples pour se rendre à Rome avec les 2 bataillons du 23e léger, forts de 1,500 hommes; les 3 bataillons du 62e de ligne, forts de 2,200 hommes; un bataillon d'Isambourg ou de la Tour d'Auvergne, fort de 800 hommes; 6 pièce d'artillerie, servies par une compagnie d'artillerie française; un régiment napolitain de 1,500 à 1,800 hommes; un escadron napolitain de 300 chevaux; ce qui fera une brigade de prés de 7,000 hommes. Cette brigade devra être rendue à Rome le 1er avril et sera sous les ordres du général Miollis. Vous ordonnerez au 4e bataillon du 62e, qui doit être à Rome, de se réunir aux trois premiers bataillons; ce qui fera un beau régiment de 4 bataillons et au complet de près de 3,000 hommes" (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20432).

Le même jour, 17 mars 1809, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, donnez ordre au prince Borghèse de faire partir le 25 du mois 100 hommes du 29e de ligne pour Milan d'où ils rejoindront les bataillons de guerre ; de faire partir 400 hommes du 23e léger pour Florence ; de faire partir de Gênes 300 hommes du 52e pour rejoindre les bataillons de guerre à Milan ; et 200 hommes du 102e également pour Milan d'où ils rejoindront les bataillons de guerre" (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20414).

Entre temps, des troubles ont éclaté en Toscane. Le 20 mars 1809, l'Empereur écrit, depuis La Malmaison, au Général Clarke, Ministre de la guerre : "Monsieur le général Clarke, écrivez au général Menou que les mesures prises en Toscane, jusqu'à cette heure, ont conduit à l'état d'incertitude où se trouve le pays ; que les malveillants n'y ont été comprimés d'aucune manière ; qu'il faut faire arrêter à Sienne les 2 bataillons du 23e qui arrivent de Rome ; et profiter également de l'arrivée du 9e de chasseurs ; que j'envoie le général de gendarmerie Radet, avec une colonne mobile de gendarmerie, pour désarmer le pays et enlever tous les fusils ; qu'il faut faire traduire devant une commission militaire tous ceux qui ont insulté les Français et les faire exécuter ; que j'avais ordonné d'Espagne des mesures contre Arezzo et Sienne que je connais bien ; que le général Menou en a suspendu l'exécution, et qu'il a eu tort ; que si la simple apparence de la guerre produit cet effet en Toscane, que serait-ce donc si l'on perdait une bataille ; que l'on n'a employé jusqu'ici que des palliatifs, et qu'il est temps de prendre des mesures suivies pour contenir le pays. Recommandez au général Menou, de faire mettre en état la citadelle de Livourne. Ordonnez qu'on crée sur-le-champ les 3 compagnies départementales, et autorisez le général Menou à former des compagnies de police de tous les sbires de la Toscane. Il formera autant de compagnies qu'il pourra réunir de fois 100 hommes. Il emploiera ces compagnies à parcourir le pays et à Je désarmer, et il leur fera donner une prime de récompense proportionnée aux services qu'elles rendront" (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20468).

Le 22 mars 1809, l'Empereur écrit, depuis La Malmaison, à Eugène, Vice-roi d'Italie : "Mon fils, je vous envoie un état que me remet le ministre de la Guerre et que je vous prie de vérifier. Avez-vous reçu 8191 hommes ? Il résulterait de cet état ... que le 23e léger aurait fourni 850. Il ne lui manquait donc plus que 400 hommes pour être au grand complet. Le dépôt étant de 1000 hommes, il pourrait en fournir bien davantage ...
Ces régiments ne devant fournir aux régiments de réserve que 5800 hommes et en ayant 13000 à leur dépôt, il restera donc encore 7000 hommes disponibles
" (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20500).

Le 26 mars 1809, l'Empereur écrit, depuis Paris, à Eugène, Vice-roi d'Italie : "Mon fils, si le 23e léger qui a ordre de se rendre en Toscane est de 1600 hommes présents sous les armes, par l'incorporation des différents conscrits qu'il a reçus, vous pouvez donnez ordre au 112e de vous joindre, en se dirigeant d'abord sur Bologne. Si le 23e n'a pas le nombre d'hommes, vous pourrez donner l'ordre à un bataillon de La Tour d'Auvergne, qui doit être arrivé à Rome avec la colonne du général Valentin au 1er avril, de se rendre en Toscane, et moyennant ce, le 112e pourra se rendre à Bologne.
Vous pouvez annoncer en Toscane que 6 000 hommes y arrivent de Rome, cette annonce sera toujours utile
" (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20555).

Le 27 mars 1809, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke... Le 23e léger a dû arriver à Sienne le 18 février, fort de 600 hommes. 350 hommes sont partis du dépôt de Mondovi pour le rejoindre. Il y avait à ce dépôt au 15 mars 600 hommes sur lesquels 400 étaient prêts à partir, et ont dû partir depuis. Ainsi, les 2 bataillons du 23e léger, doivent être à 1400 hommes ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20566).

Le 28 mars 1809, depuis Paris, l'Empereur écrit à Eugène Napoléon, vice-roi d'Italie, à Milan : "Mon Fils, donnez l'ordre au 112e qui est à Florence de se rendre à Bologne, d'où vous le dirigerez sans délai sur sa division. Il partira douze heures après votre ordre reçu. Vous ferez connaître au général Menou que le 23e léger doit être arrivé à Sienne fort de 600 hommes, qu'il a reçu deux convois de 800 conscrits, ce qui l'a porté à 1,400 hommes ...
Donnez ordre au général de brigade Valentin de partir de Rome avec les 4 bataillons du 62e et les 2 bataillons du 23e léger, et de se rendre à Florence, où il y aura ainsi 8 bataillons ... Il me tarde de voir les 8 bataillons que commande le général Valentin, formant le fonds de la division Miollis, arriver sur 1'Adige. Donnez ordre qu'ils partent sans différer ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20596).

Le 29 mars 1809, l'Empereur écrit, depuis Paris, à Murat, Roi de naples : "Mon frère, je reçois votre lettre du 20 mars. Tout pousse à la guerre. Le prince de Neuchâtel est parti. Je n'ai pas cependant le projet d'attaquer, et je ne partirai moi-même que lorsque les hostilités seront à la veille de commencer. Mon armée d'Italie se concentre sur le Tagliamento et l'Isonzo. La division Miollis, dont le 23e léger et le 62e font le fonds, est nécessaire, ces deux régiments ont reçu ordre de partir de Rome pour Florence où ils se joindront avec les deux bataillons du 23e et les deux du 22e qui d'Ancône se rendent à Bologne. Ces dix bataillons formeront une belle division qui peut être utile à l'armée d'Italie ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20618).

Le 10 avril, les Autrichiens prennent l'offensive et les Franco-italiens se replient sur le Tagliamento.

Le 11 avril 1809, l'Empereur écrit, depuis Paris, à Élisa, Grande-Duchesse de Toscane, à Florence : "Ma Soeur, quand le 62e de ligne et le 23e léger seront arrivés, faites-les partir pour Bologne, car les hostilités sont imminentes. La guerre commencera du 15 au 20. Ce sont les Autrichiens qui attaquent. Les Russes sont avec moi. Je vais partir ces jours-ci pour mon armée d'Allemagne ..." (Correspondance de Napoléon, t.18, lettre 15056 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20808).

Le 12 avril 1809, onze heures du soir, l'Empereur écrit, depuis Paris, à Eugène Napoléon, Vice-Roi d'Italie, à Valvasone : "Mon Fils, à peine arrivé à Vérone ou à Trente, je suppose que vous aurez appris que les Autrichiens ont commencé les hostilités … Réunissez bien toute votre armée ; instruisez Marmont des hostilités. Je vous ai déjà recommandé de placer la 14e demi-brigade provisoire à Vérone et de faire venir la division composée du 62e, des 23e et 22e légers par Bologne et Ferrare en grande marche sur Trévise, afin de vous servir de réserve …" (Correspondance de Napoléon, t.18, lettre 15061 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20826).

Les Autrichiens entrent dans Udine le 13. Le 15 ils passent le fleuve. Eugène, contre l'avis de ses généraux, décide de les arrêter à Sacile le 16 avril. Les Français, malgré une belle résistance, sont submergés et doivent une nouvelle fois se replier, cette fois ci derrière la Piave. Eugène est humilié par cet échec vis-à-vis de Napoléon qui, par contre, a vaincu à Eckmühl le 22 avril et va entrer dans Vienne le 13 mai.

Heureusement, Mac Donald est arrivé, ainsi que des renfort amenés par le général Duruttte, dont les quatre bataillons du 23e Léger. Les Autrichiens reculent alors leurs positions pour se rapprocher de leur capitale,ce qui va favoriser l'offensive du Vice-Roi.

Le 29 avril, l'Armée d'Italie repart en avant. Le 2 mai, Durutte et sa Division se porte sur Legnano, récupère sa garnison (dont 2 bataillons du 18e Léger) et avec la brigade Valentin (dont 4 bataillons du 23e Léger) marche sur Padoue. Il rencontre l'ennemi à Este, le bouscule grâce aux Carabiniers et Voltigeurs du 18e Léger, et gagne Padoue.

L'armée passe la Brenta. Puis la Division Durutte se porte sur Mestre et débloque Venise. Elle rameute une partie de la garnison pour attaquer Trévise dont elle s'empare.

La Division a l'ordre de se porter en avant pour empêcher la destruction du pont sur la Piave.

Le 6 mai, la Division Durutte passe au Corps du centre de l'Armée, aux ordres du Général Grenier. L'aile droite est sous Mac Donald et la gauche sous le Prince Eugène. La Piave est franchie malgré la force du fleuve. Un temps isolé du reste de la Division qui n'a pu traverser, le 23e Léger repousse l'ennemi. Toujours dans la Division Durutte, le Capitaine Salis, du 23e Léger, est tué, et le Capitaine Wilherne est blessé.

Un bataillon est envoyé sur Brugnera.

Le 10 mai, l'armée arrive sur la rive droite du Tagliamento. A St Daniel, les Autrichiens sont encore battus. Mac Donald fait occuper Udine puis marche sur l'Isonzo.

Le 14, l'avant garde, suivie de la Division Durutte, prend position devant Malborghetto et les fortifications du col de Tarvis dont il faut s'emparer de haute lutte.

Mac Donald s'empare de Goritz le 15 mai puis entre dans Trieste puis Laybach.

Le 18 mai, Napoléon fait occuper l'île Lobau sur le Danube. Les 21 et 22 mai aura lieu la bataille sanglante et infructueuse d'Essling; les Français se retranchent dans la Lobau, attendant des renforts. Pendant ce temps, Eugène marche sur Villach. Le 26 mai, l'Armée d'Italie fait sa jonction avec les forces de Napoléon. Napoléon écrit alors, depuis Ebersdorf, à sa sœur Elisa, Grande Duchesse de Toscane :
"Ebersdorf, 28 mai 1809
A Elisa, à Florence.
Ma Soeur, faîtes partir pour Osoppo tout ce qu'il y aurait de disponible dans le duché, appartenant aux 23e léger, 13e, 112e et 62e de ligne et au 9e chasseurs. Cette lettre vous parviendra par le canal de l'armée d'Italie. Ma jonction avec cette armée a été faite heureusement, il y a deux jours. Les affaires vont ici fort bien, et ma santé est fort bonne
" (Correspondance de Napoléon, t.19, lettre 15270 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 21081).

Le 28 mai 1809 à dix-heures du matin, l'Empereur écrit, depuis Ebersdorf, à Eugène Napoléon, vice-roi d'Italie, à Bruck : "Mon Fils, je vous renvoie votre aide de camp. Je désirerais avoir l'état de situation de votre corps d'armée.
Je suppose que la division Durutte est composée de deux bataillons du 22e, de quatre bataillons du 23e, et de quatre bataillons du 62e. Je suppose que ces dix bataillons forment au moins 6,000 hommes présents sous les armes. Je suppose que la division Seras est composée d'un bataillon du 35e, de trois bataillons du 53e, de quatre bataillons du 106e et de deux bataillons du 79e; je la suppose également de 6,000 hommes. Je ne sais ce que c'est que la 3e division; je suppose que c'est une division italienne qui est avec le 112e, et qu'elle est également de 6,000 hommes. Je suppose que la division Pacthod vous a rejoint avec la division Grouchy. La division Pacthod doit être composée de deux bataillons du 8e léger, de quatre bataillons du 52e, de quatre bataillons du 102e et de quatre bataillons du 1er de ligne, que je suppose former 6,000 hommes. Sans comprendre le corps détaché du général Macdonald, vous devriez avoir aujourd'hui à Bruck 24,000 hommes d'infanterie, 4,000 hommes de cavalerie et 2,000 hommes de la garde; ce qui ferait 80,000 hommes et soixante pièces de canon. Le général Macdonald, que je suppose sur le point d'arriver à Graz, vous renforcera de 15,000 hommes. Ainsi votre arrivée me renforce de 45,000 hommes, non compris le corps du général Marmont
" (Correspondance de Napoléon, t.19, lettre 15266 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 21083).

Et dans une deuxième lettre : "Ebersdorf, 28 mai 1809, huit heures du soir.
A Eugène Napoléon, vice-roi d'Italie, à Bruck.
Mon Fils, Tascher me porte des drapeaux et votre lettre du 27.
J'ai donné ordre àLauriston de se porter avec une brigade de cavalerie et deux régiments d'infanterie badois, qui forment son petitcorps d'observation, sur Oedenburg, d'où il poussera des partis sur les flancs du princeJean, qui probablement se rend àRaab. Attirez à vous tout le généralBaraguey d'Hilliers, tout le général Grouchy. Retirez aussi tout ce qui est inutile sur vos derrières. Ordonnez qu'on fortifieKlagenfurt, qu'on mette de l'eau dans les fossés et qu'on yforme un grand magasin; j'y avais déjà fait ces dispositions il y aseize ans. Faites venirle plus d'artilleriepossible; il faut en faire venir. non-seulement attelée, amis encore par réquisition, sur Klagenfurt. Je compte que votre armée, en en ôtant tout au plus un oudeux bataillons italiens, que vous laisserez à Klagenfurt, sera sur Bruck demain et après, et que le corps de Macdonald sera à Graz. Il me tarde que Marmont soit arrivé à Laybach et qu'il envoie sur Graz les détachements que Macdonald aurait laissés à Laybach. La situation des choses dans le Midi me décidera sur le parti que je prendrai pour l'armée de Dalmatie. J'attends l'état de situation de tous vos corps, avec les lieux où ils se trouvent et des détails sur votre artillerie. La division que vous avez envoyée dans la direction de Neustadt peut continuer sa route pour occuper le Semmering, et partir sur Neunkirchen et se mettre en correspondance avec Lauriston pour se lier.
Envoyez la lettre ci-jointe à Borghèse par votre premier courrier.
Je lui mande d'envoyer sur Osoppo tout ce qu'il a de disponible appartenant aux sept régiments des divisions Molitor et Boudet, aux quatre régiments de cuirassiers et aux cinq régiments de cavalerie légère. Je vous envoie cette lettre sous cachet volant, pour que vous en fassiez autant dans tout le royaume, et que vous fassiez fournir, soit par l'armée italienne, soit par l'armée française, tout ce qu'elles ont de disponible pour renforcer les cadres. Je suppose que vous aurez formé sur la Livenza ou sur le Tagliamento un dépôt de cavalerie, et que vous avez laissé quelqu'un à la tête pour vous alimenter. Ayez à Osoppo un homme marquant pour mettre à la tête de vos dépôts : c'est là qu'il faut tout diriger. Donnez ordre qu'on n'en laisse partir aucun homme isolé, mais qu'on fasse des bataillons de marche de 5 à 600 hommes d'infanterie et cavalerie.
J'ai donné ordre que les états du Pape feraient partie de l'armée de Naples, et j'ai chargé le Roi d'en prendre possession. Les états du Pape feront partie de la France, ayant pris un décret pour détruire le gouvernement temporel du Pape.
écrivez au roi de Naples (Murat) pour l'instruire de notre jonction; envoyez-lui la lettre ci-jointe. Vous trouverez aussi une lettre pour la grande-duchesse, dans laquelle je lui donne l'ordre de faire partir pour Osoppo tout ce qu'il y aura à Florence de disponible des 23e léger, 62e, 13e et 112e de ligne. Je suppose que vous avez pourvu à ce qu'il soit laissé de petites garnisons à Palmanova et à Osoppo. Si Miollis est retourné à Rome et que Lemarois n'y soit plus nécessaire, il faut le diriger sur Osoppo, où il aura le commandement du Frioul; il surveillera les dépôts, tiendra la main à ce que tout en parte en bon état, et servira d'intermédiaire entre vous et le royaume d'Italie
" (Correspondance de Napoléon, t.19, lettre 15268 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 21084).

Le 31 mai 1809, l'Empereur écrit, depuis Ebersdorf, à Borghèse, Gouverneur général des départements au-delà des Alpes : "Mon cousin ... faites partir de tous les régiments dont les dépôts se trouvent dans votre gouvernement tout ce qu'ils auraient de disponible, tel que 20e, 29e, 112e, 23e léger, 10e de ligne, etc., en réunissant tout cela en masse à Osoppo, pour renforcer la Grande Armée" (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 21101).

Le 10 juin 1809, l'Empereur, qui vient de décider d'une importante levée de Conscrits, sur la classe 1810, mais aussi sur les classes 1806 à 1809, afin de compenser les pertes du début de la campagne, et renforcer l'Armée, écrit depuis Schönbrunn au Général Clarke pour lui donner le détail de cette opération particulièrement complexe; lettre accompagnée de 3 Etats différents très détaillés. Par ailleurs, une annexe intitulée "Répartition des 40 000 conscrits de l'appel supplémentaire de 1810" donne la composition de la 16e Demi-brigade provisoire : 67e de ligne; 2e id.; 56e id. qui reçoit 110 hommes; 37e id.; 93e id.; 112e id. qui reçoit 30 hommes; 1re id. qui en reçoit 220; 62e id. qui en reçoit 20; 23e léger qui en reçoit 90; au total donc, 470 hommes. Il est par ailleurs précisé que l'on doit porter "les 18 compagnies à 2520 hommes" (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 21182).

Rapidement, Eugène est chargé par Napoléon d'empêcher la jonction entre les forces autrichiennes des Archiducs Jean, Joseph et Charles. Eugène va affronter les Archiducs Jean et Joseph à Raab en Hongrie le 14 juin, aux pieds de la forteresse du même nom. Il a été renforce d'unités de cavalerie lourde et légère. Les 14 et 15, les Autrichiens sont vaincus et la forteresse doit se rendre le 24. La bataille est sanglante pour la Division Durutte. Le Colonel Thierry, du 23e Léger, et le Chef de Bataillon Hardecker sont tués. Les Chefs de Bataillons Manessier et Langeron sont blessés, ainsi que les Capitaines Buard, Bougon, Joubert, Jouvet, et Jalabert.

"DIX-NEUVIÈME BULLETIN DE L'ARMÉE D'ALLEMAGNE.
Vienne, 16 juin 1809.
… Le 14, à onze heures du matin, le vice-roi range son armée en bataille, et avec 35,000 hommes en attaque 50,000. L'ardeur de nos troupes est encore augmentée par le souvenir de la victoire mémorable qui a consacré cette journée. Tous les soldats poussent des cris de joie à la vue de l'armée ennemie, qui était sur trois lignes et composée de 20 à 25,000 hommes, restes de cette superbe armée d'Italie qui naguère se croyait déjà maîtresse de toute l'Italie, de 10,000 hommes commandés par le général Haddick et formés des réserves des places fortes de Hongrie, de 5 à 6,000 hommes composés des débris réunis du corps de Jellachich et des autres colonnes du Tyrol échappées aux mouvements de l'armée par les gorges de la Carinthie, enfin de 12 à 15,000 hommes de l'insurrection hongroise, cavalerie et infanterie. Le vice-roi plaça son armée : la cavalerie du général Montbrun, la brigade du général Colbert et la cavalerie du général Grouchy sur sa droite ; le corps du général Grenier, formant deux échelons, dont la division du général Seras formait l'échelon de droite, en avant ; une division italienne, commandée par le général Baraguey d'Hilliers, formant le troisième échelon, et la division du général Puthod en réserve. Le général Lauriston avec son corps d'observation, soutenu par le général Sahuc, formait l'extrême gauche et observait la place de Raab.
A deux heures après midi, la canonnade s'engagea. A trois heures, le premier, le second et le troisième échelon en vinrent aux mains. La fusillade devint vive ; la première ligne de l'ennemi fut culbutée, mais la seconde ligne arrêta un instant l'impétuosité de notre premier échelon qui fut aussitôt renforcé et la culbuta. Alors la réserve de l'ennemi se présenta. Le viçe-roi, qui suivait tous les mouvements de l'ennemi, marcha de son côté avec sa réserve : la belle position des Autrichiens fut enlevée, et à quatre heures la victoire était décidée.
L'ennemi en pleine déroute se serait difficilement rallié, si un défilé ne s'était opposé aux mouvements de notre cavalerie. 3,000 hommes faits prisonniers, six pièces de canon et quatre drapeaux sont les trophées de cette journée. L'ennemi a laissé sur le champ de bataille 3,000 morts, parmi lesquels on a trouvé un général-major. Notre perte s'est élevée à 900 hommes tués ou blessés. Au nombre des premiers se trouve le colonel Thierry, du 23e régiment d'infanterie légère, et parmi les derniers le général de brigade Valentin et le colonel Espert ...
" (Panckoucke : « Oeuvres de Napoléon Bonaparte », 1821-1822, t. 4, p. 456; Correspondance de Napoléon, t.19, lettre 15356).

Napoléon est ravi de cette victoire qui entre dans son programme stratégique. Puis il appelle à lui l'Armée d'Italie pour la confrontation finale sur le même terrain qu'Essling. Ce sera la bataille de Wagram.

Berthier écrit ainsi à Eugène le 1er juillet : "L'ennemi nous a montré ce matin toute son armée et s'est mis en bataille. Nous vous attendons, Monseigneur, avec votre corps d'Armée pour le 4 de ce mois. Vous passerez les ponts d Ebersdorf, au sud de l'île Lobau, sans vous arrêter …".

Après un premier jour infructueux où l'Armée d'Italie rate son offensive, au deuxième jour de la bataille, emmenée par Mac Donald, qui y gagne son bâton de maréchal, elle enfonce le centre autrichien. Les pertes sont dramatiques mais l'armée autrichienne est cassée en deux et ses flancs sont repoussés par les autres maréchaux. Le 23e Léger, toujours au sein de la division Durutte, y perd son tout nouveau colonel Horiot, le 6 juillet.Le chef de bataillon Massenier est blessé .

Puis les forces de Mac Donald sont envoyées en Styrie, dont certaines places fortes autrichiennes (Gratz) tiennent toujours, tandis que Marmont et Masséna poursuivent l'archiduc Charles et l'attaquent devant Znaïm. L'archiduc demande un armistice qui est accepté par Napoléon.

LE COLONEL DELCAMBRE EN 1809


Nommé à la suite de la mort d'Horiot à Wagram
Grenadier au 9e bataillon de volontaires du Nord en 1792, sergent le 7 octobre, sergent-major le 8.
Le 12 mai 1793, il devient sous-lieutenant. Il sert à l'affaire du Cateau et à l'attaque de nuit des redoutes qui couvraient la route de Mons, devant Maubeuge, et reçoit dans cet engagement un coup de feu au pied droit. Il passe à l'armée de la Moselle, fin 1793.
Il est nommé adjoint aux adjudants généraux le 25 décembre 1793. Il sert aux combats de Dinant et de Neufchâteau, puis au siège de Charleroi et à bataille de Fleurus, le 26 juin 1794.
Il est au combat de Nivelles, puis à la bataille de la Roër le 2 octobre. Il est blessé d'un éclat de bombe à la jambe gauche au siège de Maastricht, en novembre 1794. Il sert au passage du Rhin, le 6 septembre 1795.
Il est nommé lieutenant le 3 avril 1796. Il est aux combats de Sulzbach le 17 août et de Wolfering le 20 août. Il est au 2e passage du Rhin et à la bataille de Neuwied le 18 avril 1797. Il est capitaine le 5 octobre 1797. Nommé adjoint à l'état-major général de l'armée de Mayence le 4 juillet 1798. Il est aide de camp de Grenier à partir du 30 août 1798 et le suit en Italie.
Il est blessé à Centalo le 28 octobre 1799. Il est à Genola le 4 novembre, et nommé provisoirement chef de bataillon à cette date.
Il sert à l'armée du Rhin en 1800-1801. Il est à Hohenlinden le 3 décembre 1800, puis en Italie de 1805 à 1809. Il est promu adjudant commandant le 30 mai 1809. Il se signale à la prise du fort de Malborghetto, puis à Wagram le 6 juillet.
Il est nommé colonel du 23e léger le 9 juillet 1809. Chevalier de l'ordre de la Couronne de fer. Il est fait baron de Champvert et de l'Empire le 4 juin 1810.
Il sert dans le Valais, puis à l'armée de Catalogne en 1810-1811. Il est sous Baraguey d'Hilliers au combat devant Figuières le 3 mai 1811, puis au siège du fort de Figuières qui capitule le 17 août. Il est sous Decaen au combat d'Altafulla le 24 janvier 1812, puis à Mataro, Casa Massana, au col Sainte-Christine et au Mont Serrat.
Il est nommé colonel-major du 5e régiment de voltigeurs de la Jeune Garde le 24 janvier 1813. Il sert en Saxe en 1813 où il devient général de brigade dans la 40e division d'Infanterie. Sert à Hambourg au début 1814. Sera à Waterloo et continuera sa carrière militaire jusqu'en 1830.

Le 14 juillet 1809, l'Empereur écrit, depuis Schoenbrunn, à Alexandre, Prince de Neuchâtel, Major général de l'Armée d'Allemagne, à Schönbrunn: "Mon Cousin, l'armée d'Italie sera organisée de la manière suivante :
1re division, commandée par le général Broussier, les. 9e, 84e et 92e.
2e division, commandée par le général Lamarque, les 13e, 29e, 32e et 53e.
3e division, commandée par le général Durutte, les 23e léger, 62e et 105e.
4e division, commandée par le général Pacthod, les 1er de ligne, 52e, 106e et 112e ;
Division Severoli, tous les Italiens.
Les 4es bataillons du 1er léger et du 42e, avec le parc, au quartier général.
Deux brigades de cavalerie légère, composées chacune de deux régiments ; un des cinq régiments continuera à rester avec la brigade Thiry.
Enfin, les deux divisions de dragons des généraux Grouchy et Pully.
Les 3es et 4es bataillons des régiments de l'armée de Dalmatie rejoindront le maréchal Marmont.
Vous donnerez ordre que le maréchal Macdonald, avec deux divisions et une brigade de cavalerie légère, se porte sur Graetz ; que la division Severoli se porte sur Klagenfurt. Vous donnerez ordre que les deux autres divisions, une brigade de cavalerie légère et les deux divisions de dragons restent jusqu'à nouvel ordre sur la March
" (Correspondance de Napoléon, t.19, lettre 15522 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 21494).

Le 2 mars 1810, l'Empereur écrit, depuis Paris, à Borghèse, Gouverneur général des départements au-delà des Alpes : "Mon cousin, quand on a dirigé le 23e léger sur Mondovi, le 102e sur Savone, le 52e à Gênes, c'est pour les envoyer où sont leurs dépôts ; mais vous pouvez placer les bataillons selon que vous le jugerez le plus convenable pour le bien du service, surtout pour bien garder les côtes et maintenir la tranquillité dans le pays" (Correspondance générale de Napoléon, t.10, lettre 23234).

V/ 1810-1811 : DU VALAIS A LA CATALOGNE

- 1810-1811 : Expédition dans le Valais, puis retour en France

Plaque de shako 23e Léger 1810
Plaque de shako du 23e Léger, modèle 1810

En juillet 1810, Napoléon décide de rattacher la république du Valais à l'Empire. Il prépare son occupation. Il écrit à Clarke le 25 juillet:
"Monsieur le duc de Feltre, mon intention est de réunir le Valais à la France …
Mon intention est de faire passer par le Saint-Bernard deux bataillons du 23e Léger, formant 1500 hommes auxquels on joindra une compagnie de chasseurs, tirée des dépôts du Piémont. Cette colonne resterait à Aoste et se joindrait à celle qui viendrait de Genève …
" (Correspondance de Napoléon, t.21, lettre 17096 ; Correspondance de Napoléon, t.20, lettre 16720 ; Correspondance générale de Napoléon, t.10, lettre 24131).

De fait, la décision finale n'intervient qu'en novembre. En effet, le 3 novembre 1810, l'Empereur écrit, depuis Fontainebleau, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, mon intention est de réunir le Valais à la France et de charger de cette opération le général César Berthier. En lui écrivant par l'estafette d'aujourd'hui, il recevra votre lettre le 7. Vous aurez soin de recommander au gouverneur général à Turin d'envoyer votre lettre au général Berthier par un courrier extraordinaire. Le général pourra être rendu le 10 ou le 11 à Sion. Vous ordonnerez directement au gouverneur général à Turin de faire partir le 6 les 2 bataillons du 23e d'infanterie légère qui sont à Aoste avec six jours de vivres et de les diriger sur Sion où ils arriveront en même temps que le général César Berthier.
Vous donnerez l'ordre au vice-roi de faire partir les 2 bataillons italiens que depuis quelque temps j'ai fait réunir à Domodossola. Vous lui recommanderez de faire marcher avec cette colonne 4 pièces de canon. Cette colonne se rendra à Brigue. Vous donnerez l'ordre au général de brigade Fiteau de partir de Genève avec 1100 Portugais, quelques centaines de Français, 2 pièces de canon, pour se rendre à Martigny. Il sera sous les ordres du général Berthier.
La colonne italienne partant de Domodossola qui passe le Simplon aura une centaine de chevaux. Vous joindrez également cent chevaux à la colonne du général Fiteau. Le général Berthier aura ainsi à sa disposition 3 colonnes : l'une qui se réunira à Brigue, laquelle sera composée de 2 bataillons d'infanterie italienne, de cent chevaux et de 4 pièces de canon ; une autre composée de 2 bataillons du 23e légère qui marchera avec lui sur Sion. Il appellera sur-le-champ à lui les 100 hommes de cavalerie qui partiront de Genève. La 3e colonne sera celle du général Fiteau qui se rendra à Martigny ; elle sera composée d'un millier d'hommes et de 2 pièces de canon. Le général Berthier aura donc plus de 4 000 hommes sous ses ordres.
Vous donnerez des ordres au gouverneur général à Turin, au vice-roi et au général Fiteau pour que chaque homme ait 40 cartouches ; que la solde soit payée jusqu'au 1er janvier. A cet effet la 27e division militaire, le vice-roi et la 7e division militaire verseront les fonds nécessaires dans la caisse de ces colonnes à leur départ d'Aoste, de Domodossola et de Genève. Vous ferez donner les vivres de campagne à toutes ces troupes pour qu'elles soient bien nourries, et qu'elles n'aient aucun prétexte pour commettre des désordres. Vous désignerez un commissaire des guerres pour se rendre à Sion.
Enfin vous recommanderez au vice-roi de mettre avec ses 4 pièces de canon 3 caissons d'infanterie ; et au général Fiteau d'emmener de Genève aussi trois caissons d'infanterie. Vous aurez soin que les vivres soient assurés à la troupe pour six jours
" (Correspondance générale de Napoléon, t.10, lettre 25125).

Sous les ordres du Général César Berthier, les deux Bataillons du 23e Léger gagnent Sion le 6 du mois.

Le 18 novembre 1810, depuis Paris, l'Empereur écrit au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, les nouvelles que je reçois du Valais étant satisfaisantes, je désire que vous donniez l'ordre au général César Berthier de faire rentrer à Genève le général Fiteau et toute la colonne qui est venue de Genève, ce qui soulagera le pays. Aussitôt que le serment d'obéissance aura été prêté dans tout le Valais, il pourra renvoyer en Italie la colonne de troupes italiennes, et ne gardera auprès de lui que les 2 bataillons du 23e d'infanterie légère. Je le laisse maître d'exécuter ces ordres selon les circonstances" (Correspondance de Napoléon, t.21, lettre 17141 ; Correspondance générale de Napoléon, t.10, lettre 25275).

Le 2 décembre 1810, Napoléon écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, je suppose qu'à l'heure qu'il est, le général César Berthier aura renvoyé en Valais les Italiens et les Portugais, et qu'il n'a plus avec lui que les bataillons du 23e" (Correspondance générale de Napoléon, t.10, lettre 25410).

Le 30 décembre 1810, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, donnez l'ordre aux deux bataillons du 23e d'infanterie légère de se rendre de Sion à Avignon. Vous me ferez connaître le jour où ils y arriveront. Il paraît que la gendarmerie suffira dans le Valais. Toutefois s'il en était besoin, le général Be1thier tirerait cent hommes de Genève" (Correspondance générale de Napoléon, t.10, lettre 25584).

Le 17 janvier 1811, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, donnez ordre que le 23e régiment d'infanterie légère (3e, 4e et 5e bataillons) se rende à Auxonne. Par ce moyen il ne restera dans la 25e division militaire que quatre 5es bataillons" (Correspondance générale de Napoléon, t.10, lettre 25725).

Le 19 avril 1811, l'Armée d'Allemagne est composée de trois Corps; le 1er est le Corps d'observation de l'Elbe, commandé par Davout. L'Empereur écrit en effet ce jour à au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, à Paris : "Monsieur le Duc de Feltre, l'armée d'Allemagne sera composée de trois corps :
1° Le corps d'observation de l'Elbe ;
2° Le corps d'observation du Rhin ;
3° Le corps d'observation d'Italie.
... CORPS D'OBSERVATION DU RHIN.
Ce corps se réunira de Mayence à Wesel. Il sera composé de quatre divisions d'infanterie ...
2e DIVISION. — 1re brigade : 23e léger, deux bataillons ; 26e, quatre ; 2e brigade : deux bataillons d’élite du 46e de ligne ; deux du 125e ; régiment suisse, deux bataillons ; 3e brigade : deux bataillons d'élite du 72e ; deux du 126e ; deux bataillons portugais ; total, 18 bataillons ...
" (Correspondance de Napoléon, t.22, lettre 17630 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 26753).

Le 23 avril 1811, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, vous recevrez le décret par lequel j'ai réglé la formation des 6es bataillons de l'armée d'Allemagne. J'ai changé les éléments de cette formation ...
Quant à l'infanterie légère, j'ai d'abord ôté de la liste le 23e qui a ses 3e et 4e bataillons en France et qui doit les fournir à l'armée ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 26814".

Le 30 avril 1811, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, donnez ordre aux 8e, 18e et 23e régiments qui sont en Illyrie de faire chacun un choix de 100 hommes sachant bien écrire, ayant plus de quatre ans de service, bons sujets et propres à faire des caporaux et sergents distingués. Ces hommes seront dirigés sur Fontainebleau ... mais il faut qu'on n'envoie que des soldats qui puissent être utiles et non des hommes médiocres. Ces nouveaux détachements porteront à 1700 le nombre des hommes à diriger sur Fontainebleau" (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 26901).

Le même 30 avril l811, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Duroc, Grand Maréchal du Palais : "J'ai ordonné aux 5e, 79e, 11e, 81e, 60e, 10e et 20e régiments de ligne de diriger chacun 200 hommes sur Fontainebleau. Ces hommes doivent savoir lire, écrire, avoir plus de 4 années de service et être capables de faire de bons caporaux et de bons sergents.
Je donne ordre aux 8e, 18e et 23e d'infanterie légère d'envoyer chacun 100 hommes ayant les mêmes qualités, ce qui fera 1700 hommes qui dans le courant juin arriveront à Fontainebleau, ce qui joint aux 1300 existants fera 3000 hommes ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 26912).

- La Catalogne

Entre temps, le 16 août 1810, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, donnez des ordres pour qu'il soit formé à Turin un régiment de marche de l'armée de Catalogne. Ce régiment sera composé de trois bataillons. Vous enverrez sur-le-champ à Turin un colonel en second pour le commander.
Le 1er bataillon sera le 4e du 42e complété à 1170 hommes de la manière suivante : 420 hommes existant du cadre du 4e bataillon du 42e ; 150 du 52e ; 150 du 101e ; 150 du 84e ; 150 du 35e ; 150 du 13e de ligne. Total : 1170 hommes.
Le 2e bataillon sera composé :
8e corps
d'une compagnie du 56e 200 hommes
d'une du 93e 300
d'une du 7e de ligne 300
de deux compagnies du 1er d'infanterie légères formées par l’incorporation de 200 hommes du 4e bataillon du 23e d'infanterie légère et de 200 hommes du 4e bataillon du 1er d'infanterie légère 400 Total 1 200 hommes.
Le 3e bataillon sera composé de 2 compagnies du 3e d'infanterie légère 300 ; de 2 du 37e 300 ; 1 du 67e 150 ; 2 du 16e de ligne 300 (ce détachement ne devra rejoindre le bataillon qu'à son passage à Nîmes). Total 1100 [sic].
J'ai signé un décret pour ordonner l'incorporation des détachements qui entrent dans le 4e bataillon du 42e et pour celle du détachement du 23e d'Infanterie légère dans le 1er régiment de cette arme.
Donnez des ordres pour que tous les hommes qui seront envoyés pour former ce régiment de marche soient bien portants et en état de faire la guerre. Recommandez qu'ils soient bien habillés, qu'ils aient 2 paires de souliers dans le sac et que leur livret de masse et chaussures soient en bon état. Vous chargerez les généraux qui commandent dans les arrondissements où sont situés les dépôts de passer eux-mêmes l'inspection de ces détachements avant leur départ, pour s'assurer qu'ils sont composés comme ils doivent l'être et qu'il ne s'y trouve pas d'hommes malingres. Pour les détachements venant du royaume d'Italie, vous chargerez le général Charpentier d'en passer la revue à leur passage par Milan.
Ainsi le 1er régiment de marche de l'armée de catalogne sera composé d'un 1er bataillon qui sera le 4e du 42e complété à 1170 hommes ; d'un 2e bataillon fort de 1100 ; d'un 3e bataillon fort de 1250. Total du régiment : 3550 hommes [sic].
Lorsque ce régiment sera ainsi complété, le gouverneur général en passera la revue à Turin.
Le bataillon du 42e arrivé en catalogne rejoindra son régiment. La compagnie du 23e d'infanterie légère sera incorporée dans le 1er d'infanterie légère, toutes les autres compagnies seront incorporées dans les bataillons qu'elles ont en Catalogne. L'on retiendra les officiers qui seraient nécessaires pour compléter les cadres et remplacer les officiers infirmes ; le reste sera renvoyé au dépôt.
Expédiez sur-le-champ vos ordres pour la formation de ce régiment. Prenez vos mesures pour qu'il soit prêt à partir de Turin le 20 septembre. Je désire cependant qu'il ne soit mis en marche que quand je vous aurai donné mes derniers ordres à ce sujet. En conséquence, rendez-moi compte de sa formation vers le 15 septembre
" (Correspondance générale de Napoléon, t.10, lettre 24339).

En septembre 1810, le 23e Léger est réparti de la manière suivante :
Colonel Delcambre, major Collard, Quartier Maitre : Colommes.
1er bataillon : Willerme, Aoste.
2e bataillon : Zoepffel, Aoste.
3e bataillon : Manessier, Alexandrie.
4e bataillon : Tardif, Mondovi.
5e bataillon : dépôt à Mondovi.

Le 6 octobre 1810, l'Empereur adresse, depuis Fontainebleau, au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, à Paris, une Note sur l'organisation des armées; concernant l'Armée d'Allemagne, il écrit : "… Un autre corps serait composé de la manière suivante, savoir : le 10e régiment d'infanterie légère formant quatre bataillons ; le 23e, quatre ; le 24e, quatre ; le 26e, quatre ; le 3e de ligne, quatre ; le 4e, quatre ; le 18e, quatre ; le 72e, quatre ; le 123e, quatre ; le 124e, quatre ; le 125e, quatre ; le 126e, quatre ; le 135e, quatre ; le 2e, trois ; le 19e, trois ; le 37e, trois ; le 46e, trois; total, 17 régiments ou 64 bataillons formant 6 divisions, chacune de 16 bataillons ..." (Correspondance de Napoléon, t.21, lettre 17000 ; Correspondance générale de Napoléon, t.10, lettre 24816).

A la fin 1810, les deux premiers bataillons et le colonel sont envoyés en Catalogne où la situation évolue mal. Le nouveau maréchal Mac Donald est à la tête de l'Armée de Catalogne depuis les derniers jours de Mai 1810. Une province loin d'être soumise, où la résistance des guerilleros catalans soutenus par des restes des armées régulières espagnoles est acharnée. Les insurgés disposent de places fortes et de l'aide maritime britannique. Barcelone est régulièrement isolée.

Chasseur 23e Léger 1807
Carte de la Catalogne

Pendant ce temps, pour le reste du Régiment, Napoléon écrit à Clarke le 11 janvier 1811:
"Donnez ordre que le 23e Léger (3e, 4e et 5e bataillons) se rende à Auxonne".

Le 2 Janvier 1811, Suchet et son armée d'Aragon qui tiennent bien leur province, sont chargés d'opérer en Basse-Catalogne en collaboration avec les troupes de Mac Donald. Suchet s'empare de Tortose. Puis Mac Donald se recentre sur Reuss, bat les troupes espagnoles du marquis de Campo Verde à Valls, et retraite sur Lérida.

Le 27 janvier, le capitaine Dehenault est blessé devant San Felice.

Le 10 Avril 1811, les Espagnols réussissent à reconquérir par surprise l'importante place de Figueres (Figuieres ou Figueras) en Haute-Catalogne. Les Français mettent alors le siège devant la place. Le siège va durer plusieurs mois.

En mai 1811, les positions du 23e Léger sont les suivantes:
- Les deux premiers bataillons sont à la division de Puycerda (Haute-Catalogne).
- Les 3e, 4e et 5e bataillons à Auxonne.

Le 24 mai 1811, l'Empereur écrit, depuis Caen, au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, à Paris : "Je vous envoie cinq états pour vous servir de direction dans un rapport que vous me ferez au 15 juin, pour donner une nouvelle organisation, au 1er juillet, aux différents corps d'observation ...
CORPS D'OBSERVATION DE RÉSERVE. — Ce corps sera créé conformément au n° 4 ...
Je n'ai pas besoin de vous dire que vous ne devez donner aucun ordre, faire aucun mouvement en conséquence de ces états, mais que vous devez vous borner à me faire un rapport général au 15 juin, époque à laquelle vous me demanderez en même temps mes ordres ...
CORPS D'OBSERVATION DE RÉSERVE.
Il sera créé un corps d'observation de réserve. Ce corps d'observation sera composé de la manière suivante :
... 2e Division, composée de douze bataillons, savoir : deux bataillons du 23e léger, qui se réuniront à Lyon ; deux bataillons d'élite du 52e, qui se réuniront à Toulon ; quatre bataillons du 10e de ligne, qui se réuniront à Lyon ; quatre bataillons du 20e de ligne, qui se réuniront à Lyon ...
Le corps d'observation de réserve est destiné à se réunir à Bayonne et à passer en Espagne. Il se mettra, à cet effet, en mouvement au 1er juillet. L'organisation définitive des divisions se fera à Bayonne. Cependant rien ne devra se mettre en mouvement que le ministre n'ait pris mes derniers ordres ; il me les demandera au 1er juin ...
2e Division. — Les deux bataillons du 23e léger se rendront, au 1er juillet, à Lyon, où, avec les 10e et 20e de ligne, ils formeront dix ou douze bataillons qui doivent composer la 2e division ...
" (Correspondance de Napoléon, t.22, lettre 17247 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27150).

Début juin, l'Empereur décide de renforcer le régiment en Espagne et de lui envoyer ses autres bataillons. Il écrit donc à Clarke :
"... donnez ordre que les 3e et 4e bataillons du 23e Léger soient complétés à 700 hommes ...".

On n'oublie pas de fournir au régiment sa compagnie d'artillerie régimentaire que Napoléon a imaginée après la campagne de 1809.

Le 8 juin 1811, Napoléon écrit, depuis Paris, au Général Clarke pour former un Corps d'Observation de Réserve pour l’Espagne : "Monsieur le Duc de Feltre, le corps d’observation de réserve sera composé de la manière suivante :
... 3e Division. - La 3e division se réunira à Pont-Saint-Esprit ; elle sera composée de la manière suivante :
1re de ligne : quatre bataillons. Les trois premiers bataillons arrivent à Turin. Le 4e bataillon partira de Marseille aussitôt qu’il aura reçu ses conscrits.
62e de ligne : quatre bataillons. Deux bataillons sont à Turin ; deux autres partiront de Marseille.
23e léger : quatre bataillons. Deux bataillons sont à Auxonne, aussitôt qu’ils auront reçu leurs conscrits, ils se rendront par eau à Pont-Saint-Esprit. Les deux autres bataillons, qui sont en Catalogne, se réuniront aux deux premiers aussitôt que faire se pourra.
101e de ligne : quatre bataillons. Deux bataillons sont à Turin ; un bataillon partira de la Spezia ...
".

"A Clarke, Saint-Cloud, le 12 juin.
Donnez ordre que l'on mette en réserve à Burgos et Pampelune, le nombre de pièces de 4 nécessaires. Cela ménagera le matériel de France.
Vous donnerez ordre à la compagnie du 23e Léger de partir d'Auxonne pour se rendre à Pont-Saint-Esprit, où elle s'embarquera pour Nîmes. La compagnie d'Artillerie de ce régiment se procurera à Nîmes les chevaux, harnais et caissons, les pièces lui seront fournies en Espagne
".

L’ARTILLERIE REGIMENTAIRE EN ESPAGNE

Napoléon écrit à Clarke le 12 juin 1811: "Monsieur le Duc de Feltre,
Le 5e Léger a sa compagnie d’Artillerie ...
Pour le 3e de Ligne et le 105e ne pourrait on pas prendre leur artillerie à Burgos où il y a beaucoup de pièces de 4, pour ne pas affaiblir le matériel qui est en France ?
Même observation pour le 10e Léger, les 52e, 1er, 62e, 101e de Ligne et le 23e Léger.
Ainsi donc, je désire qu'il ne soit point donné d’artillerie de France à aucun de ces régiments et que cette artillerie soit prise à Pampelune et à Burgos.
Que les compagnies d’artillerie des 3e et 105e de Ligne, 10e et 5e Léger se réunissent à Rennes, qu'elles s'y procurent chevaux, caissons et harnais.
Que les compagnies des 10e, 20e et 60e se réunissent à Nimes, que les compagnies des 23e Léger, 52e, 1er de Ligne, 62e et 101e se réunissent à Nimes y acheter leurs chevaux, harnais et caissons et partent ensuite pour rejoindre en Espagne leurs divisions ...".

Et le 18 juin : "Donnez ordre au 23e Léger de partir d'Auxonne. Il s'embarquera sur la Saône ... et se rendra à Nîmes ...".

A Lacuée, le même jour : "Le Corps de Réserve comptera trois divisions et une division italienne. La 3e division comptera les 1er, 62e, 101e et 23e Léger ... Les 81e, 62e et 23e Léger ont deux bataillons en Catalogne, mais ces bataillons doivent les rejoindre ...".

Après la prise de Tarragone le 28 Juin par Suchet et son armée d'Aragon, l'armée espagnole de Campo Verde étant dispersé, il s'agit à présent de s'emparer de Montserrat : unique dépôt d'armes et de munition d'importance restant aux insurgés catalans.

Le 24 Juillet, Suchet arrive à Bruch soutenu par une partie de la garnison de Barcelone. Montserrat, défendu par le baron d'Eroles est pris après des combats acharnés. Ceci fait, Suchet aide encore à conclure le siège de Figuières. Ce qui est fait le 19 Août après une tentative de sortie infructueuse de la garnison. Le 23e Léger a participé au siège et y a perdu le capitane Amphoux.

Puis l'Armée d'Aragon va se tourner contre Valence, quittant provisoirementla province,ne laissant qu'une division en Basse-Catalogne.

Le 30 octobre 1811, le général Decaen succède au maréchal Macdonald dans le commandement de l'armée de Catalogne.

VI/ 1812

Tambour de Voltigeurs 23e Léger 1810-1811
Fig. 3 Tambour de Voltigeurs du 23e Léger, 1810-1811

Pendant que l'Armée d'Aragon conclut le siège de Valence, le général espagnol Lascy se porte sur Tarragone pour bloquer la place, pendant que la flotte anglaise la bombarde. Suchet ordonne au général Musnier, aidé par le général Lafosse, sorti de Tortose, de se porter au secours de la garnison. Decaen fait de même, détachant la division Lamarque (dont le 23e Léger) vers Barcelone et Tarragone. Après avoir surpris un bataillon du 121e de Ligne à Villaseca, les Espagnols marchent à la rencontre de l'Armée de Catalogne. Ils sont écrasés à Altafulla le 26 janvier. Le colonel Delcambre et son régiment s'illustrent particulièrement en s'emparant d'un drapeau. Puis la division Lamarque stationne au bord de la Méditerranée autour de Mataro, tandis que Decaen guerroie en Haute Catalogne.

Les 3e et 4e bataillons du régiment avaient été envoyés à Astorga, dans le Léon, garder cet important poste. A l'Eté 1812, les troupes anglo-espagnoles de Wellington lancent une offensive sur l'Armée du Portugal de Marmont, qui fait reculer les forces françaises. Salamanque tombe le 28 juin. Le 22 juillet aura lieu la bataille des Arapiles. Le 13 août, Wellington entrera dans Madrid.

Le capitaine Courtot du 23e Léger (3ème bataillon) décrit les évènements simultanés à Astorga (in Carnets de la Sabretache 1903) : "Les troupes qui occupaient la ligne de l'Orbigo, ayant reçu l'ordre le 10 juin 1812 de se concentrer du côté de Salamanque, la garnison d'Astorga, composée des 3ème et 4èmebataillons du 23ème léger et d'un bataillon du 1erde ligne, formant en tout 1.200 hommes fut livrée à elle-même à dater du 10. Le 13 juin, l'armée espagnole de Galice, forte de 12.000 hommes, commandée par le général Castanos, se présenta devant la place et commença les travaux de siège. Après une résistance opiniâtre de soixante-sept jours et la garnison ayant absolument consommé ses vivres [selon les "Mémoires" de Marmont, la garnison d'Astorga n'avait de vivres que jusqu'au 17 août] et épuisé toutes ses munitions d'artillerie, la résolution fut prise, par le conseil de guerre, de se faire jour au travers des ennemis pour rejoindre l'armée de laquelle on n'avait plus de nouvelles et dont on ignorait la position.
Cette résolution hardie fut reçue avec satisfaction par la garnison et déjà les ordres étaient donnés pour sortir de la place dans la nuit du 18 au 19 août. Lorsqu'un parlementaire envoyé par le général Castanos, vint présenter une capitulation que notre brave général, ainsi que nos autres chefs, crurent pouvoir accepter sans déroger à l'honneur des armées de Sa Majesté
(*).
La base de la capitulation portait: que la garnison d'Astorga sortirait de la place dans la matinée du 19 avec armes et bagages, deux pièces de campagne, tambour battant et mèche allumée; qu'elle déposerait ses armes sur le glacis; qu'on les chargerait sur des voitures qui marcheraient escortées d'un cinquième de la garnison, entre les bataillons du 23èmeléger et du 1erde ligne; que les officiers conserveraient leurs épées et leurs bagages et les soldats leurs sacs et que toute la garnison serait conduite, sans délai, aux avant-postes de notre armée que le général Castanos nous assurait être dans les mains de l'armée du Portugal. Mais loin de tenir aux traités signés, nous éprouvâmes, aussitôt les armes déposées, la plus affreuse trahison; non seulement on nous enleva nos épées et tous nos bagages, mais encore nous eûmes la douleur de voir dépouiller nos braves soldats et de nous voir traîner de prison en prison et traiter de la manière la plus infâme. Aujourd'hui, cette garnison, qui méritait un meilleur sort, se trouve dispersée dans divers endroits de la Galice, espérant encore de voir réaliser cet échange qui est le plus cher désir de tant de braves qui végètent si misérablement.Au lieu de nous conduire aux avant-postes de notre armée, on nous conduisit dans les Asturies où nous fûmes enfermés dans une prison et réduits à coucher sur la paille. L'approche des Français nous fit conduire à La Corogne. Nous eûmes le nouveau chagrin d'y trouver cent quarante officiers, compagnons d'infortune qui étaient enfermés dans le fort de San Anton, situé à l'extrémité du port au milieu de la mer. C'est là que ces braves officiers ont pour logement dix casemates humides et malsaines, ayant pour se coucher de chétives paillasses, pour traitement une ration de pain noir et vingt sous qu'il arrive souvent qu'on ne leur paye point; aussi par le prix exorbitant des denrées de première nécessité, les pauvres infortunés sont-ils réduits à prendre une nourriture grossière et malsaine et dans leur triste situation, ils n'ont même pas la satisfaction de distraire quelque peu leurs ennuis par une promenade salutaire qu'on a la barbarie de n'accorder qu'à un officier par jour, et encore est-il escorté par un soldat.Les soldats qui se trouvent à La Corogne sont enfermés dans le fort de … [nom laissé en blanc dans le manuscrit] dans lequel ils ont à peine assez de place pour se coucher sur une mauvaise poignée de paille qu'on ne leur change que fort rarement, couverts de haillons, dévorés par la vermine, ne sortant jamais, et ne recevant pour traitement que 450 grammes de ration de pain et six sous par jour qu'on ne leur paye que fort rarement
".

(*) Cette garnison joua de malheur. Le général Foy, après l'évacuation de Madrid, reprit le commandement de deux divisions d'infanterie et d'une de cavalerie légère, avec la mission de retirer de Toro, de Zamora et d'Astorga les garnisons qu'on y avait laissées. Celles des deux premières places furent ramenées, mais celle d'Astorga s'était rendue la veille du jour où le général Foy arriva. Il n'y trouva que les maladeset les blessés qu'il ramena; il lui fut impossible d'atteindre l'ennemi ("Mémoiresdu roi Joseph").

Courtot avec d'autres officiers réussit à s'évader et s'emparer d'un bateau. Le 13 févier 1813, ils arrivent avec leur prise à Santona, port occupé par une garnison française sous les ordres du général Charles de Lameth. Le capitaine Courtot, ainsi échappé des prisons de l'ennemi, reçoit le certificat ci-après du général de Lameth: "Le général soussigné, commandant la place de Santona, certifie que M. Courtot, capitaine au 23ème régiment d'infanterie légère, est arrivé aujourd'hui dans ce port sur le chasse-marée espagnol le "Saint-Bonaventure" qu'il a capturé, avec sept autres officiers prisonniers, dans le port de La Corogne, la nuit du 9 au 10 de ce mois. En foi de quoi lui avons délivré le présent certificat pour valoir ce que de raison.
A Santona, le 13 février 1813.
Signé: le général Charles de Lameth
" ("Journal de l'Empire" du 5 avril 1813).

Le régiment avait eu de nombreuses pertes pendant le siège. Les capitaines Lejal et Graffigny avaient péri et les capitaines Borgarellei, Brun, Simonin et Foucart avaient été blessés.

VII/ 1813

A/ LE PREMIER ET SECOND BATAILLON EN ESPAGNE

On retrouve les deux bataillons en janvier 1813, dans une brigade de réserve aux ordres du général Espert de Latour, à la division de Basse Catalogne dans l'armée de Catalogne du général Decaen. Les effectifs sont respectivement de 20 officiers et 573 hommes et sous-officiers et 12 officiers et 565 hommes et sous officiers.

Le combat de la Salud en juillet 1813 (d'après le rapport du général Lamarque au général Decaen). Selon les ordres de Decaen pour se porter sur Vich en coordination avec lui, Lamarque prend 1500 hommes et avance sur le défilé de La Salud le 7 juillet. Il repousse des forces espagnoles à Lesquirol, mais se heurte le 9 à des ennemis en très grande supériorité numérique, quand il reçoit l'ordre de Decaen, qui de son coté n'a pu faire mouvement, de se replier.

Il retraite en combattant, face à l'ennemi qui le poursuit, quand il se trouve acculé à la Salud et doit résister plusieurs heures. Bientôt à bout de munitions, il est sur le point de succomberlorsqu'arrive une colonne de secours avec le général Beurmann, dont 2 bataillons du 23e Léger aux ordre du colonel Peyris, et deux bataillons du 115e de Ligne. Peyris lance aussitôtses bataillons à la charge avec tambours et musique, soutenus par les rescapés, tandis que le 115e tourne l'ennemi qui doit s'enfuir, poursuivi par quelques chasseurs à cheval et lanciers gendarmes. Le capitaine Fauconne, du 23e Léger, est blessé lors des combats.

B/ LES 3EME ET 4EME BATAILLON EN ALLEMAGNE

A son retour à Paris, la Grande Armée anéantie, les débris en occupant la Prusse Orientale, l'Empereur en organise une nouvelle pour s'opposer aux Russes. Il lève de nouveaux conscrits, réquisitionne les cohortes de Gardes Nationales et rameute progressivement de vieilles troupes d'Espagne. Il forme 34 régiments provisoires.
"Paris, 6 janvier 1813.
Au général Clarke, duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris.
Vous verrez par la lettre que je vous ai écrite la formation de quatre corps : un corps d'observation de l'Elbe, un corps d'observation d'Italie et deux corps d'observation du Rhin. Les 34 régiments provisoires seront formés de la manière suivante : 2e régiment provisoire : 3e bataillon du 2e d'infanterie légère, 3e du 4e; 3e régiment provisoire : 3e bataillon du 3e d'infanterie légère, 3e du 8e; 4e régiment provisoire : 4e bataillon du 12e d'infanterie légère, 1e du 29e; 5e régiment provisoire : 4e bataillon du 14e d'infanterie légère, 4e du 18e ; 6e régiment provisoire : 2e bataillon du 6e d'infanterie légère, 3e du 25e ; 8e régiment provisoire : 4e bataillon du 5e d'infanterie légère, 4e du 23e; 10e régiment provisoire : 3e bataillon du 16e d'infanterie légère, 1e du 28e ...
".

Le 8e régiment provisoire est affecté au 1er Corps d'Observation du Rhin.

En Février, les troupes françaises évacuent la Pologne et se replient sur l'Oder tandis que les Prussiens, à la fin du mois, s'alliaient officiellement aux Russes contre la France. Début mars, les Français quittent Berlin et Dresde, tandis que Davout se maintient autour des villes hanséatiques.

Le 15 Avril, Napoléon quitte les Tuileries pour se mettre à la tête de ses forces. Il en compose deux groupes : l'Armée de l'Elbe, sous Eugène, et l'Armée du Main, officiellement sous Soult, mais en réalité sous sa direction. On y trouve le 6ème Corps de Marmont où les 3e et 4e bataillons du 23e Léger vont combattre jusqu'à la fin de l'année dans la 22e puis 23e division d'infanterie. On les verra combatte en mai à Lutzen (le capitaine Pingaud y est blessé), Bautzen, à Dresde les 26 et 27 mai, à Leipzig en octobre sous les ordres du chef de bataillon Rubelin, puis à Hanau à la fin du même mois.

Sur les péripéties de la campagne de 1813, voir l'historique du 5ème léger sur ce site.

Le 21 décembre 1813, l'Empereur depuis Paris ordonne : "Le 6e corps d’armée, commandé par le maréchal duc de Raguse, sera formé en quatre divisions, savoir :
... 4e division, général : 23e léger, deux bataillons; 37e, quatre; 121e de ligne, trois; 1er de marine, quatre; 2e, quatre; 3e, quatre; 4e, quatre; total, vingt-cinq bataillons
".

VIII/ 1814

Au début de 1814, les positions du régiment sont les suivantes :
Les deux premiers bataillons sont à l'Armée de Catalogne de Suchet. Ils vont être dirigés sur Lyon;
Le 3e bataillon est à la division Amey au Corps de Mac Donald à Wesel.
Le 4e bataillon n'existe plus.
Le 5e bataillon est au dépôt à Auxonne et un 6 e bataillon est en cours de formation à Narbonne puis Nîmes.

A/ L'ARMEE DE LYON

L'armée coalisée de Bohême, commandée par Schwartzenberg, viole la neutralité de la Suisse pour envahir la France par le Jura, le 21 décembre 1813, avec 6 colonnes d'attaques, dont une, de 12000 hommes, commandée par Bubna. La colonne de Bubna, passe par Bâle, Fribourg, Lausanne et Genève puis franchit la frontière française à Gex, le 29 décembre 1813. Le lendemain, les 1500 soldats français de garnison évacuent la ville. Le but des Coalisésest de marcher sur Lyon par les deux rives du Rhône.

Face à cette armée d'invasion, Napoléon crée de toute pièce une Armée de Lyon qu'il confie au maréchal Augereau. Pour la former, il rapatrie en urgence des troupes de Catalogne, dont la division Pannetier avecles deux premiers bataillons du 23e Léger et leur colonel Peyris et le 1er Léger (voir historique sur le site), une division de réserve venue de Nîmes sous les ordres du général Mesnard avec le 6ème bataillon du 23e Léger, et pousse à la formation de Gardes Nationales et Corps Francs (voir la Légion Lyonnaise sur le site).

Le maréchal Augereau reçoit l'ordre de couper les lignes de communications des Coalisés. Alors qu'en Savoie et en Dauphiné, les Français organisent la résistance, Augereau arrivetout juste à Lyon le 14 janvier pour constater son déficit de troupes face aux Autrichiens qui progressent depuis le Nord. Il prévoit déjà de se replier sur Saint-Etienne. La ville est quasi évacuée, attendant l'arrivée de l'ennemi. Les renforts de Catalogne arrivent enfin qui permettent de repousser les avant-gardes autrichiennes. Du coup, Augereau revient dans la ville.

Le 17 Février, l'Armée de Lyon monte vers le Nord, tandis que les généraux Marchand et Dessaix enfoncent l'ennemi en Savoie. Les Autrichiens reculent. Les ordres de l'Empereur sont de marcher sur Genève. Mais Augereau tergiverse. Le 22, l'offensive reprend. Le maréchal, lui, est toujours à Lyon, tandis que ses subordonnés se battent.

Alors que le 1er mars, les Français arrivent près de Genève, les hésitations permanentes du maréchal ont permis à l'adversaire de se renforcer, au lieu d'avoir pu le bousculer et le désorganiser. Mieux, il diminue les forces contre Genève pour se porter sur Besançon. C'est alors que les Autrichiens décident de couper sa ligne de communication avec Lyon.

Du 8 au 11 mars, des combats ont lieu autour de Macon, qui tournent à la faveur des Autrichiens. Les Français se replient sur Belleville et Villefranche. Les positions du 23e Léger au 15 mars sont les suivantes:
2e division d'infanterie (Pannetier)
2e brigade (Estève)
23e léger, 1er et 2e bataillons (1 078 h.)
3e division d'infanterie (Bardet)
1ère brigade (Soyez)
23e léger, 6e bataillon (527 h.)

Les Autrichiens continuent en plusieurs colonnes leur offensive sur Lyon. Augereau concentre une partie de ses forces sur les hauteurs de Limonest. Il est alors en infériorité numérique. Une bataille meurtrière pour les deux camps a lieu le 20 mars. Les capitaines Journaud et Lotherie sont blessés. Dans la nuit, Augereau décide d'évacuer Lyon et de se replier sur la ligne de l'Isère. Le lendemain à midi, les Autrichiens pénètrent dans la ville. Pendant ce temps, les forces françaises, toujours devant Genève, apprenant la chute de la ville de Lyon, reculent à leur tour.

La retraite française va se prolonger jusqu'au 10 Avril, émaillée de combats épisodiques, ainsi devant et dansRomans le 2 avril, où sont blessés le colonel Peyris et le chef de bataillon De Hennault, jusqu'à ce qu'arrive la nouvelle de l'abdication de l'Empereur. Le régiment compte alors : ses deux premiers bataillons (44 officiers et 993 hommes) à la division Panetier et son 6e bataillon (19 officiers et 480 hommes)à la division Bardet.

B/ EN CAMPAGNE AVEC L’EMPEREUR EN 1814

Pendant qu’une partie du régiment se battait avec Augereau autour de Lyon, de petits effectifs du régiment allaient se trouver engagés avec l'Empereur pour essayer d’enrayer la poussée alliée sur Paris. Le 4e bataillon était recréé avec 21 officier et 231 hommes à la division Hamelinaye avec Victor au 2e Corps. Soixante-seize hommes se retrouvaient à la division Lagrange avec Marmont, et les restes du 3e bataillon suivaient le général Amey en Champagne sous Mac Donald. Le régiment aura quelques officiers blessés à Etoges le 19 février puis devant Paris.

La première Restauration licencie le 23e Léger. Les 1er, 2ème et 6ème bataillons sont versés dans le 4e Léger et les 3e, 4e et 5e dans le 15e Léger.

IX/ UNIFORMES

Figure 1 : Chasseur du 23e Léger dans les Calabres, 1807 : Les troupes en Calabres à la saison chaude, vu leur service en colonnes mobiles et le climat, s'équipent légèrement, laissent leur uniforme de drap à leurs dépôts, et partent en veste et culotte de route, emportant un sac contenant quelques vivres, armement et munitions dans la giberne, et bien sur l'indispensable gourde. Le shako est encore d'un ancien modèle sans jugulaires métalliques.

Figure 2 :Tenue de sous-officier du 23e Léger vers 1809-1810 (d'après un uniforme conservé au musée de l'Emperi). Tenue classique de l'infanterie légère avec les revers coupés en pointe, les passepoils blancs, collet écarlate passepoilé de bleu et pattes de parements écarlates passepoilées de blanc. Cors de chasse blancs sur les retroussis. Galon de sergent argenté porté au-dessus des parements. Epaulettes vertesavec attente argentée. Deux chevrons d'ancienneté écarlates sur le bras gauche.

Figure 3 : Tambour de voltigeurs du 23e Léger vers 1810-1811 en tenue de route. On remarquera les distinctives classiques des voltigeurs avec le galonnage au shako,le collet et (souvent) les pattes de parements jaune chamois. Le pompon et les épaulettes sont aussi jaunes. Notre musicien a adopté, comme sans doute les autres musiciens régimentaires, une tenue de fond bleu foncé distinguée de cramoisi (ou d'écarlate?) et galonnée de blanc. Le gilet est blanc et le pantalon de route bleu foncé. Ce qui est original, c'est que c'est un tambour de voltigeurs, alors que normalement, les compagnies de voltigeurs sont accompagnées par des cornets. On sait par plusieurs témoignages et iconographies que des colonels, mécontents des sonorités des cornets, les ont remplacés par les roulements plus martiaux de tambours.

X/ Drapeaux

Stationné en Corse, le 23e Léger ne reçoit pas de drapeaux du type Consulat.

Trois Aigles et drapeaux de type Picot sont donnés au tout début 1805 en Italie.

Le 8 avril 1809, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Maréchal Berthier, Major général de l'Armée d'Allemagne : "... j'approuve que tous les corps renverront leurs aigles en France hormis une qu'ils garderont. En attendant qu'ils aient des enseignes, vous les autoriserez à faire faire pour chaque bataillon des enseignes très-simples, sans devise et le tiers de celles qu'ils avaient autrefois. Ces enseignes sont pour leur servir de ralliement ; elles n'auront aucune décoration de bronze, elles porteront seulement le numéro du régiment et du bataillon ..." (Correspondance de Napoléon, t.18, lettre 15030 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20750).

En 1812, il n'y a plus qu'une seule Aigle en service. Un drapeau modèle 1812 et portant inscrit "WAGRAM" est donné au Régiment mais reste au Dépôt d'Auxonne.

 

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