Le 4ème Régiment d'Infanterie Légère

1796-1815

Accès à la liste des Officiers, cadres d'Etat major, Sous officiers et Soldats du 4e Léger

Avertissement et remerciements : Cet article nous a été adressé par notre collègue du Bivouac, Didier Davin, que nous remercions tout particulièrement pour sa disponibilité et son érudition.

I/ 1796-1800 : DE L'ITALIE A L'EGYPTE

a/ 1796-1798

Formée en 1796, la 4e Demi-Brigade d'Infanterie Légère de 2ème formation était composée par amalgame des :
8e Demi-Brigade d'Infanterie Légère.
2e bataillon de la 52e Demi-Brigade de Bataille.
5e bataillon de Volontaires de l'Isère.
1er bataillon de Volontaires de la Charente.
Bataillon de Nyons.

Elle servit brillement en Italie avec Bonaparte.

Le 18 janvier 1797 (29 nivôse an 5), Bonaparte écrit, depuis le Quartier général, à Vérone, au Directoire exécutif : "... Les citoyens Destaing, chef de la 4e demi-brigade légère, Marquis, chef de la 29e, Fornésy, chef de la 17e, ont été blessés. Les généraux de brigade Vial, Brune, Bon et l'adjudant général Argod se sont particulièrement distingués …" (Panckoucke : « Oeuvres de Napoléon Bonaparte », 1821-1822, t. 1, p. 272 ; Oeuvres complètes de Napoléon, Stuttgart et Tubingue, 1822, t.1, p. 316 ; Correspondance de Napoléon, t.2, lettre 1399 ; Correspondance générale de Napoléon, t.1, lettre 1300).

Le 1er février 1797 (13 pluviôse an 5), Bonaparte écrit, depuis le Quartier général, à Bologne, au Directoire exécutif : "… Le général de brigade Vial, à la tête de l'infanterie légère, après avoir fait une marche très-longue dans les neiges et dans les montagnes les plus escarpées, tourna la position des ennemis, et obligea un corps de 450 hommes et 12 officiers à se rendre prisonniers. On ne saurait donner trop d'éloges aux 4e et 17e demi-brigades d'infanterie légère que conduisait ce brave général. Rien ne les arrêtait ; la nature semblait être d'accord avec nos ennemis, le temps était horrible ; mais l'infanterie légère de l'armée d'Italie n'a pas encore rencontré d'obstacles qu'elle n'ait vaincus ..." (Panckoucke : « Oeuvres de Napoléon Bonaparte », 1821-1822, t. 1, p. 289 ; Oeuvres complètes de Napoléon, Stuttgart et Tubingue, 1822, t.1, p. 336 ; Correspondance de Napoléon, t.2, lettre 1432 ; Correspondance générale de Napoléon, t.1, lettre 1338).

La question de la solde revient souvent dans la Correspondance de Napoléon Bonaparte à cette époque. L'Armée d'Italie en a particulièrement éprouvé les fâcheux effets. En effet, à Gênes, la 4e Légère s'était révoltée au moment de s'embarquer pour la Corse (La Jonquière C. de : «L’expédition d’Egypte, 1798-1801», t. 1. p. 217).

Un rapport adressé, le 20 mars, au Directoire, par le Ministre de la guerre, détaille, ainsi qu'il suit, l’effectif (hommes présents sous les armes) des troupes stationnées en Corse, évalué à 6.403 hommes, dont pour la 4e Légère, 1.500 hommes (La Jonquière C. de : «L’expédition d’Egypte, 1798-1801», t. 1. P. 197).

Le 11 janvier 1798 (22 nivôse an 6), le Général Bonaparte adresse depuis Paris ses instructions au Général Berthier : "... Le directoire exécutif vous a autorisé ci-dessus à faire rentrer à votre armée une demi-brigade d'infanterie légère et trois de ligne, qui étaient destinées à l'armée d'Angleterre ; il vous autorise également à faire rester dans le Piémont les 22e et 4e d'infanterie légère, la 69e (ou 43e dans la CN tome 3, et La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 1. P. 90) de ligne et le 14e de dragons : ces troupes resteront jusqu'à nouvel ordre cantonnées dans le Piémont ..." (Correspondance inédite et confidentielle de Napoléon, t.4, Venise; Oeuvres complètes de Napoléon, Stuttgart et Tubingue, 1822, t.2, p. 235 ; Correspondance de Napoléon, t.3, lettre 2404).

Dans le "RAPPORT FAIT AU GÉNÉRAL EN CHEF, PAR L'ADJUDANT GÉNÉRAL RIVAUD, SUR LE DÉPART DES COLONNES POUR L'ARMÉE D'ANGLETERRE", daté de Milan, le 16 janvier 1798 (27 nivôse an VI), il est indiqué :
"Le corps d'armée parti de l'Italie pour passer en France et faire partie de l'armée d'Angleterre, sur les côtes de l'Océan, a été composé de cinq divisions d'infanterie, une division de dragons, une brigade de chasseurs à cheval, les chevaux et attelages nécessaires à six pièces d'artillerie légère et six pièces d'artillerie à pied pour les divisions d'infanterie, et pour six pièces d'artillerie à cheval pour la division de dragons. Les chasseurs à cheval n'ont pas emmené de chevaux et attelages d'artillerie.
… Les colonnes d'infanterie ont toutes été dirigées par le Mont Cenis …
L'adjudant général, RIVAUD
" (La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 1. P. 97.)

Ce rapport est suivi d'un tableau qui indique :
5e Division Général de Division Joubert; 4e Demi-brigade d'Infanterie légère : 1203 hommes au moment du départ de Vicence, le 21 nivôse; arrivée prévue à Rennes le 27 ventôse (La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 1. P. 99).

Le 20 janvier 1798 (1er pluviôse an VI), le Ministre de la Guerre Schérer écrit depuis Paris, au Général en chef Bonaparte : "Vous avez pensé, Citoyen Général, dans la conférence que nous avons eue ensemble le 27 du mois dernier, qu'il suffirait de retirer seulement, quant à présent, onze demi-brigades de l'armée d'llalie pour être employées à l'armée d'Angleterre, indépendamment des régiments de troupes à cheval qui sont en ce moment en marche pour se rendre à cette destination, afin de conserver, par ce moyen, vingt-sept demi-brigades en Italie, non compris les deux demi-brigades stationnées à Corlou, ni celles qui se trouvent employées en Corse.
... Tous ces corps sont en ce moment en marche ...
Je vous prie de remarquer, Citoyen Général, qu'indépendamment de la 43e demi-brigade de ligne, que vous n'avez pas désignée, ainsi que de la 2e d'infanterie légère, qui arrive en ce moment à Versoix, les 4e, 5e, 18e, 21e et 22e demi-brigades d'infanterie légère sont également en marche et doivent arriver dans les environs de Lyon vers le 20 de ce mois.
Il ne reste, par ce moyen, à l'armée d'Italie que vingt demi-brigades au lieu de vingt-sept, savoir : quinze d'infanterie de ligne et cinq d'infanterie légère, à moins que vous ne vous soyez entendu avec le général Berthier pour suspendre la marche des demi-brigades en excédent.
Je vous prie de vouloir bien m'informer de ce que vous aurez fait à ce sujet. Comme la 43e demi-brigade de ligne, qui fait partie de la division Brune, doit arriver à Lyon du 7 au 10 de ce mois, peut-être jugerez-vous convenable, Citoyen Général, de conserver ce corps ainsi que la 2e d'infanterie légère, qui arrive en ce moment à Versoix et de faire rester en Italie les 4e, 5e, 18e, 21e et 22e brigades d'infanterie légère ; alors il resterait encore vingt-six demi-brigades à l'armée d'Italie.
Veuillez, je vous prie, Citoyen Général, me faire connaitre vos vues, afin que je puisse donner de suite les ordres nécessaires pour faire rétrograder ces corps, dans le cas où vous n'auriez pas chargé le général Berthier de les retenir en Italie.
Salut et fraternité
" (La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 1. P. 101).

La 4e suivit Bonaparte en Egypte en 1798.

b/ 1798-1800 : l'Egypte

Le 5 mars 1798 (15 ventôse an 6), Bonaparte adresse depuis Paris au Directoire exécutif une note dans laquelle il écrit : "Pour s'emparer de l'Egypte et de Malte, il faudrait de 20,000 à 25,000 hommes d'infanterie et de 2,000 à 3,000 de cavalerie, sans chevaux.
L'on pourrait prendre et embarquer ces troupes de la manière suivante, en Italie et en France :
... En Corse 4e d'infanterie légère ... 1,200 hommes } Général Menard } 1,200 hommes ...
... Les demi-brigades avec leurs compagnies de canonniers...
... Tous les corps avec leur dépôt ...
Il faudrait que ces troupes fussent embarquées dans ces différents ports et prêtes à partir au commencement de floréal, pour se rendre dans le golfe d'Ajaccio, et réunies et prêtes à partir de ce golfe avant la fin de floréal ...
" (Correspondance inédite et confidentielle de Napoléon, t. 5; Panchoucke : « Oeuvres de Napoléon Bonaparte », 1821-1822, t. 2, p. 114 ; Oeuvres complètes de Napoléon, Stuttgart et Tubingue, 1822, t.2, p. 249 ; Correspondance de Napoléon, t.4, lettre 2429; correspondance générale, t.2, lettre 2322; La Jonquière C. de : «L’expédition d’Egypte, 1798-1801», t. 1. P. 197-198).

Le même jour (5 mars 1798 - 15 ventôse an 6), le Directoire exécutif arrête :
"Article 1er. - Le général Vaubois fera mettre sur-le-champ embargo et noliser à Bastia, Ajaccio et autres ports de l'île de Corse, les bâtiments qui seraient nécessaires pour embarquer la 4e demi-brigade d'infanterie légère, commandée par le général Menard.
Art. 2 - Cette demi-brigade avec son dépôt, ainsi que les bâtiments nécessaires, se rendront à Ajaccio.
Art. 3 - Ils devront avoir :
Pour un mois d'eau,
Deux mois de vivres,

Et 100 cartouches par homme.
- Art. 4 - Ce convoi doit se tenir prêt à lever l'ancre de la rade d'Ajaccio le 30 germinal ...
" (Correspondance inédite et confidentielle de Napoléon, t. 5; Correspondance de Napoléon, t.4, lettre 2433; La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 1. p. 206).

Le 11 mars 1798 (21 ventôse an 6), une lettre est adressée par le Général Bonaparte depuis Paris aux Commissaires de la Trésorerie nationale : "... Je joins ... l'état des demi-brigades qui se trouvent en ce moment à Gênes et en Corse. Je désirerais savoir si la solde des troupes est assurée pour les mois de ventôse et de germinal ...
Etat des troupes qui se trouvent dans ce moment-ci en Corse.
... 4e d'infanterie légère 1,500 hommes ...
" (Correspondance inédite officielle et confidentielle de Napoléon, t.5, Egypte (lettre datée du 25 ventôse an 6 - 15 mars 1798) ; Panchoucke : « Oeuvres de Napoléon Bonaparte », 1821-1822, t. 2, p. 122 (même datation) ; Oeuvres complètes de Napoléon, Stuttgart et Tubingue, 1822, t.2, p. 256 (idem) ; Correspondance de Napoléon, t.4, lettre 2439 ; Correspondance générale de Napoléon, t.2, lettre 2328 ; La Jonquière C. de : «L’expédition d’Egypte, 1798-1801», t. 1. p. 216). Le chiffre de 1500 hommes est donné dans un autre document, daté du 17 mars (Correspondance inédite et confidentielle de Napoléon, t. 5; Panchoucke : « Oeuvres de Napoléon Bonaparte », 1821-1822, t. 2, p. 129; Oeuvres complètes de Napoléon, Stuttgart et Tubingue, 1822, t.2, p. 262).

Le 30 mars 1798 (10 germinal an 6), le Général Bonaparte écrit depuis Paris au Citoyen Sucy, Ordonnateur en chef de l'Armée qui doit embarquer : "... L'armée sera composée de cinq divisions : ... 3°. Une division qui s'embarque à Toulon, composée de la quatrième d'infanterie légère, de la dix-huitième et de la trente-deuxième de ligne ; vous y attacherez deux commissaires des guerres, un chef de chaque administration, une ambulance ..." (Correspondance inédite et confidentielle de Napoléon, t. 5).

Le 6 avril 1798 (17 germinal an 6), le Général Vaubois écrit, depuis Bastia, au Général en chef Brune : "Je viens d'apprendre, non officiellement, mais par des personnes qui ont vu l'arrêté, que la Corse fait de nouveau partie de l'armée d'Italie. Puisque nous avons le bonheur de passer sous vos ordres, je m'empresse de vous faire part de la terrible situation dans laquelle nous nous trouvons et je suis assuré que, pénétré des conséquences affreuses qu'elle peut avoir, vous viendrez à notre secours sans perdre un instant. La division est composée :
de la 4e demi-brigade d'infanterie légère ...
Toutes les troupes, officiers et soldats, sont à sept mois, six mois, cinq mois de solde et d'appointements. Un million suffira à peine pour payer l'arriéré.
Les officiers sont renvoyés de leurs pensions, ne savent où faire cuire leurs rations ; ils sont dans l'humiliation la plus grande, beaucoup sont tout nud (sic).
Le soldat est dans l'avilissement ; on en a vu demander la charité. Beaucoup vont chercher du bois dehors, et rapportent des fagots sur leurs dos pour gagner quelques sols. Ils se dégradent par toutes sortes de fonctions. Le pis de tout, c'est qu'il est près d'entrer en insurrection. Je ne fais que d'apaiser une révolte considérable dans le pays. Si une fois l'insurrection éclate dans la troupe, les ennemis de la République qu'ils ne connaitront pas s'y joindront. Nous sommes perdus. Au nom de la patrie, je vous en prie, sauvez-nous de ces cruels événements. Je ne puis répondre de rien dans des circonstances aussi difficiles. Au moins un bon acompte, tout de suite ; il ne peut être moindre de 300.000 livres.
... Je vous en dirais mille fois plus, si je voulais ; mais ça doit suffire pour exciter votre sollicitude. Venez à notre secours avec promptitude, sans quoi nous éprouverons des événements fâcheux ; mais il suffira que notre position vous soit connue.
Salut et respect.
VAUDOIS.
Je vous prie de vouloir bien faire payer mon aide de camp des frais de voyage. J'ai emprunté pour lui faire faire la course.
Payé pour le bâtiment expédié trois cents livres
" (La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 1. p. 287).

Le 13 avril 1798 (24 germinal an 6), le Général Bonaparte écrit depuis Paris au Général Vaubois, Commandant de la 23e Division militaire en Corse : "Indépendamment, Citoyen Général, de la 4e demi-brigade d'infanterie légère, qui, dans ce moment-ci, conformément aux ordres que vous avez reçus, doit être réunie à Ajaccio, ayant des vivres pour deux mois ... Vous devez tenir le convoi de la 4e demi-brigade d'infanterie légère et de la 19e de ligne prêt à partir, le 5 floréal, au premier signal qui lui en serait donné ..." (Correspondance de Napoléon, t.4, lettre 2507; correspondance générale, t.2, lettre 2393; La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 1. p. 450).

Le 18 avril 1798 (29 germinal an 6), le Général Bonaparte écrit depuis Paris au Général Vaubois : "... Je vous ai mandé précédement, Citoyen Général, de réunir à Ajaccio la 4e légère et la 19e de ligne, avec les bateaux nécessaires pour les faire embarquer, de l'eau pour un mois et des vivres pour deux.
Craignant que vous ne fussiez embarrassé, je vous ai prévenu que j'avais donné l'ordre, à Toulon, à neuf bâtiments de transport de se rendre à Ajaccio pour aider à l'embarquement desdites troupes ... vous recevrez, sous peu, de l'argent pour compléter la solde de vos troupes ...
" (Correspondance inédite et confidentielle de Napoléon, t. 5; Panchoucke : « Oeuvres de Napoléon Bonaparte », 1821-1822, t. 2, p. 182 ; Oeuvres complètes de Napoléon, Stuttgart et Tubingue, 1822, t.2, p. 313; Correspondance de Napoléon, t.4, lettre 2525; correspondance générale, t.2, lettre 2413 ; La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 1. p. 452).

Le 20 avril 1798 (1er floréal an 6), le Général Bonaparte écrit depuis Paris au Général Berthier, Chef de l'Etat-major général de l'Armée d'Orient : "... La division composée de la 4e demi-brigade d'infanterie légère qui rejoindra le convoi, des 18e et 32e de ligne, sera commandée par le général Menard et, jusqu'à ce que ce général ait joint, par le général de brigade Rampon ..." (Correspondance générale, t.2, lettre 2417 ; La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 1. p. 364).

Le même jour, le Général Bonaparte écrit depuis Paris au Général Dufalgua : "Le général Dufalga, commandant le génie de l'expédition de la Méditerranée, nommera deux officiers ou adjoints du génie par chacune des divisions ... enfin la division Mesnard, qui est composée de la quatrième d'infanterie légère, la dix-huitième, la trente-deuxième de ligne ..." (Correspondance inédite et confidentielle de Napoléon, t. 5, Egypte ; Panchoucke : « Oeuvres de Napoléon Bonaparte », 1821-1822, t. 2, p. 188; Oeuvres complètes de Napoléon, Stuttgart et Tubingue, 1822, t.2, p. 318 ; Correspondance de Napoléon, t.4, lettre 2534 ; La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 1. p. 366).

La lettre de Bonaparte du 18 avril arrive à Ajaccio le 30 avril. Vaubois profite du retour de l'aviso pour y répondre le jour même : "... Les bâtiments nécessaires à l'embarquement de la 4e demi-brigade d'infanterie légère sont rendus à Ajaccio ... Il y a plus, Général : notre embarras est des plus grands pour les vivres ..." (La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 1. p. 453).

Le 2 mai 1798 (13 floréal an VI), le Général Vaubois écrit, depuis Ajaccio, au Général en chef Bonaparte : "Le départ de l'aviso m'a tellement pressé que je n'ai pu vous envoyer le détail de l'embarcation. Je le joins ici. Il ne vous satisfera pas ; mais, le pays ne pouvant rien fournir, les agents envoyés en Sardaigne n'étant pas revenus et notre agent des vivres nous ayant laissés dans l'embarras, voilà où nous en sommes ...
Par le rassemblement des deux bataillons de la 23e d'infanterie légère à Ajaccio, ainsi que la 4e et la 19e, nous restons dans le Golo avec 1.600 hommes et rien dans le Liamone. Si ces deux bataillons partent, je suis obligé de mettre de la garde nationale sur pied à Bonifacio. Je serai bientôt obligé d'en faire autant à Calvi et à Corte, à cause du désarmement dans le Golo, qu'il faut que je fasse protéger par quelques troupes. Je crains et j'ai tout lieu de craindre des mouvements dans le Golo. Les têtes s'y montent de nouveau, la disparition des forces fait un effet fâcheux, les détestables corps constitués y sont plus nuisibles qu'utiles. La justice militaire, malgré toutes mes recommandations, y a été infiniment trop douce. Vous m'avez reproché d'être trop bon ; mais je ne l'aurais jamais été en pareille circonstance. J'ignore quand je serai ici dans une position supportable. Le Liamone n'a que de petits troubles locaux, mais le Golo se meut d'un bout à l'autre dans l'instant, et ça devient tout de suite guerre civile … Surtout, mon cher Général, qu'on ne nous laisse pas sans argent. Le soldat est misérable quand la solde lui manque.
… Vous ne parlez point, mon Général, des moyens d'embarcation pour les deux bataillons de la 23e, s'ils partent. Le pays ne peut les fournir. Les neuf bâtiments venant de Toulon sont-ils suffisants pour la 19e et ces deux bataillons ?
… Salut et respect
" (La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 1. p. 454).

Le 9 mai 1798 (20 floréal an 6), le Général Bonaparte écrit depuis Toulon au Général Menard : "Il est ordonné au général Menard de s'embarquer, immédiatement après la réception du présent ordre, avec la 4e d'infanterie légère, la 19e de bataille, et de partir au premier beau temps. Il se rendra dans les îles de la madeleine, au nord de la Sardaigne ..." (Correspondance inédite officielle et confidentielle de Napoléon, t.5, Egypte ; Panchoucke : « Oeuvres de Napoléon Bonaparte », 1821-1822, t. 2, p. 199 ; Oeuvres complètes de Napoléon, Stuttgart et Tubingue, 1822, t.2, p. 328 ; Correspondance de Napoléon, t.4, lettre 2569 ; La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 1. p. 466).

Le 10 mai 1798 (21 floréal an 6), le Général Bonaparte écrit depuis son Quartier général à Toulon : "Ordre.
1° Il est ordonné aux officiers et aux soldats des ... 4e d'infanterie légère ... qui sont en permission, congé, convalescence, ou absents de leur corps pour quelque raison que ce soit, de se rendre le plus tôt possible à Toulon, où ils trouveront des bâtiments et des ordres pour rejoindre leurs corps.
2e Je prie ...de faire publier et signifier le présent ordre à ceux qu'il concerne, afin que, s'ils ne participent pas aux dangers et à la gloire qu'acquerront leurs camarades, l'ignominie qui leur en reviendra soit sans excuse.
3e Ceux desdits officiers, soldats qui, après la notification du présent ordre, ne rejoindraient pas, n'ont pas contribué à nos victoires, ne peuvent pas être considérés comme faisant partie de ces braves auxquels l'Italie doit sa liberté, la France la paix, et la République sa gloire
" (Oeuvres complètes de Napoléon, Stuttgart et Tubingue, 1822, t.2, p. 333 ; Correspondance de Napoléon, t.4, lettre 2574 ; La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 1. p. 469).

Le Général Menard avait reçu en même temps que l'ordre de Bonaparte du 9 mai, un autre ordre du Directoire l'appelant à l'Armée d'Italie. On voit (par une lettre qu'il adresse à Bonaparte, d'Ajaccio, le 24 floréal - 13 mai) qu'après avoir hésité entre ces deux dispositions contradictoires, il se décide à partir pour l'Italie, remettant le commandement de la 4e Demi-brigade au Général Casalta (La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 1. p. 466).

Une lettre du Commissaire des guerres Boerio au Ministre de la guerre (datée de Bastia, le 18 prairial - 6 juin) indique : "... Les 4e et 19e demi-brigades, approvisionnées complètement pour deux mois, sortirent de la rade d'Ajaccio le 26 floréal dernier. Le convoi, se trouvant dans les parages de la Madeleine fut approché par trois bâtiments chargés de comestibles, que le citoyen Arrighi, inspecteur des vivres, avait été se procurer par mes ordres en Sardaigne, muni d'une somme de 70.000 francs, pris sur les fonds de l'armement ..." (Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 1. p. 544).

Journal de Reynier : "8 prairial. Le convoi de 35 voiles, portant les 19e demi-brigade de ligne et 4e légère, commandées par le général Vaubois, joint l'Alceste et on fait voile pour rejoindre la flotte, qu'on trouve à quatre lieues est du cap de la Chiappa, près Porto-Vecchio, en Corse" (Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 1. p. 547).

Le 6 juin 1798 (18 prairial an 6), le Général Bonaparte, à bord de l'Orient, écrit à l'Amiral Brueys : "Le général en chef, Citoyen Amiral, ayant arrêté ses dispositions relatives à l'île de Malte ...
... Le général en chef destine pour le débarquement les 4e et 7e demi-brigades légères ...
" (Correspondance de Napoléon, t.4, lettre 2618; La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 1. p. 558).

Un "État par aperçu des fonds nécessaires pour un mois de solde à l'armée de terre, établi par le payeur Estève, à bord du vaisseau l'Orient, le 18 prairial an VI (6 juin 1798)" indique qu'à cette date, la 4e Légère embarquée pour l'Egypte compte dans ses rangs 1016 hommes, Officiers non compris (La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 1. p. 508). Une "Situation du personnel de l'artillerie au moment de l'embarquement" indique par ailleurs que l'effectif de la Compagnie de canonniers de la 4e Légère est de 3 Officiers et 52 hommes (La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 1. p. 514).

Le 9 juin 1798 (21 prairial an 6), le Général Bonaparte, à bord de l'Orient, devant Malte, fait écrire par le Général Berthier, au Général Desaix : "... Le général de marine du Chayla, avec quatre vaisseaux de guerre, mouillera à une lieue au large de Marsa-Scirocco pour y appuyer votre débarquement.
Tous les hommes de la 80e demi-brigade, de la 7e légère, de la 19e et de la 4e, que le général du Chayla, pourra avoir à bord de ces vaisseaux, seront débarqués avec vos troupes et se réuniront à leurs corps, qui doivent débarquer dans une autre pont ...
" (Correspondance de Napoléon, t.4, lettre 2622 ; La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 1. p. 581-582).

Le même jour, le Général Bonaparte écrit, à bord de l'Orient, devant Malte, au Général Berthier : "... La compagnie de canonniers de la 4e demi-brigade est destinée à rester dans l'île ..." (Correspondance de Napoléon, t.4, lettre 2624; correspondance générale, t.2, lettre 2514 ; La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 1. p. 578).

Et dans une autre lettre datée du même jour, adressée par Berthier au Général Vaubois : "... Lorsque la 19e de bataille et la 4e légère, qui sont embarquées sur le convoi d'Ajaccio, seront arrivées, le citoyen Marmont se portera pour bloquer la Cité Valette en se plaçant du côté de la Cité Pinto; il étendra ses postes jusques à Cazal Novo, afin de se joindre à la gauche du général Desaix ..." (Correspondance de Napoléon, t.4, lettre 2627; La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 1. p. 583).

Le 14 juin 1798 (26 prairial an 6), le Général Bonaparte écrit depuis son Quartier général à Malte, au Général Berthier : "Vous voudrez bien, Citoyen Général, donner l'ordre au général Vaubois de faire remplacer la 4e d'infanterie légère dans les postes qu'elle occupe, et lui donner ordre de se rendre demain à la cale Saint-Paul, où elle se rembarquera ..." (Correspondance de Napoléon, t.4, lettre 2658 ; Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 1. p. 629-630).

Le 23 juin 1798 (5 messidor an 6), par ordre du Général en Chef, l'ordre suivant est promulgué depuis le Quartier général à bord de l'Orient : "Le général en chef a déterminé le commandement des brigades, dans les divisions, ainsi qu'il suit :
... Division Bon
Le général Marmont commande la 4e légère
..." (Correspondance de Napoléon, t.4, lettre 2706; La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 2. p. 15).

Le même jour (23 juin 1798 – 5 messidor an 6), du fait que les troupes laissées à Malte ont été, en grande partie, prélevées sur les garnisons des bâtiments de l'escadre, Bonaparte décide de reconstituer cet élément de défense; Berthier donne en conséquence les ordres suivants : "... GALERES. - Coquette et Amoureuse, chacune 15 hommes de la 4e d'infanterie légère ..." (La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 2. p. 13).

Le 6 juillet 1798 (18 messidor an 6), le Général Bonaparte écrit depuis le Quartier général d'Alexandrie, au Directoire exécutif, concernant la prise d'Alexandrie : "... Le général Kleber, au pied de la muraille, désignait l'endroit où il voulait que ses grenadiers montassent, mais il reçut une balle au front qui le jeta par terre. Sa blessure, quoique extrêmement grave, n'est pas mortelle. Les grenadiers de sa division en doublèrent de courage et entrèrent dans la place. La 4e demi-brigade, commandée par le général Marmont, enfonça à coups de hache la porte de Rosette, et toute la division du général Bon entra dans l'enceinte des Arabes ..." (Pièces diverses et correspondance relatives aux opérations de l'armée d'Orient en Egypte; Panchoucke : « Oeuvres de Napoléon Bonaparte », 1821-1822, t. 2, p. 262 ; Oeuvres complètes de Napoléon, Stuttgart et Tubingue, 1822, t.2, p. 394 ; Kermoysan « Napoléon, Recueil par ordre chronologique de ses lettres, proclamations, bulletins », Paris, 1853, t.1, p. 212 ; Correspondance de Napoléon, t.4, lettre 2765; Correspondance générale, t.2, lettre 2593).

Le même jour (6 juillet 1798 - 18 messidor an VI), Berthier écrit, depuis Alexandrie, au Ministre de la Guerre : "CITOYEN MINISTRE,
Je vous envoie la relation de la prise de la ville d'Alexandrie en Égypte, par l'armée française, le 14 messidor an VI.
… Nous nous embarquâmes sur des canots ; et, à une heure du matin, le vainqueur de l'Italie était en Afrique, à la plage du Marabout, dans le désert, à quatre lieues d'Alexandrie. L'armée n'avait aperçu aucun individu du pays.
Le général en chef passa sa revue ... La division Bon, composée de la 4e d'infanterie légère, des 18e et 32e de bataille avait environ quinze cents hommes …
" (La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 2. p. 42-49).

Le 7 juillet 1798 (19 messidor an 6), la Division Bon se met en route. Voici ce que raconte le journal de marche du Capitaine du Génie Bertrand, attaché à la Division Bon : "Le 19 messidor, à 5 heures du soir, nous partimes d'Alexandrie et nous primes la route du Caire. Voici quel fut notre ordre de marche :
Auant-garde.
... Le corps de l'avant-garde, formé par la 4e demi-brigade d'infanterie légère ...
Nous partîmes donc le 19 au soir et nous marchâmes toute la nuit. Peu après notre départ, nous fûmes rencontrés par le général en chef, suivi de tout son état-major à cheval.
Nous passâmes pendant la nuit au village d'El-Beydah, où nous fimes une halte d'une heure …
… Arrivée à 7 heures (du matin, le 20 messidor) à El-Kerioun ; il y a un puits d'assez bonne eau.
A midi à Berket-Gitas, village distant d'environ une lieue et demie d'El-Kerioun … Il y a trois citernes en dehors du village, dont deux ne contiennent que de la mauvaise eau et une au sud qui en a de l'assez bonne, mais en très petite quantité. Il fallait la prendre avec une cuiller pour en remplir un verre …
Nous en partimes le même jour à 5 heures du soir, sans avoir pu prendre de repos ; et le lendemain 21, à 7 heures du matin, nous arrivâmes à Damanhour. Nous avions sur nos derrières une trentaine de Mameluks, mais qui, je crois, ne nous prirent personne.
Nous allâmes camper à la droite de l'armée et de Damanhour.
La division a constamment marché par pelotons ; elle occupait environ une demi-lieue d'étendue
" (La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 2. p. 132).

Le 18 juillet 1798 (30 messidor an 6), le Général Bonaparte fait écrire depuis le Quartier général, à Ouârdân, au Général Reynier : "... Le général en chef ordonne que la 85e demi-brigade ne parte d'Ouârdân que lorsque la 4e demi-brigade légère du général Bon sera arrivée ici" (Correspondance de Napoléon, t.4, lettre 2812).

Chasseurs 21e Demi-brigade légère Egypte et Malte

La 4e Légère prend ensuite part à la bataille des Pyramides; le Capitaine du Génie Bertrand raconte dans son rapport, accompagné d'un croquis ci-contre), et daté du 4 thermidor : "La division est partie d'Omm-Dinar à 3 heures et demie du matin. Elle a marché en colonne jusqu'à 8 heures et s'est alors formée en bataillon carré.
La 32e·occupait le front, la 4e sur les flancs, la 18e fermait le carré ; la cavalerie et les équipages dans le centre ; l'obusier et une pièce à la droite, deux à la gauche, une à chaque angle près la 18e.
La division s'est avancée entre deux villages, le Nil à sa gauche, la division Vial sur la droite, le général en chef près d'elle ou dans ses rangs.
La division étant à la position (3), on a entendu une légère fusillade à la droite. La division a fait halte près d'un canal qu'elle a côtoyé ensuite, en s'avançant vers le village (4). Là, le général en chef est allé vers la droite de l'armée.
La division s'étant formée en avant du village, on y a laissé les bagages avec deux compagnies pour les garder.
Dans une courte harangue, le général Bon a rappelé aux troupes leur gloire passée et leur a fait sentir les avantages et la nécessité de la victoire. Puis la division a marché vers l'ennemi, toujours dépassée par la division Vial, qui paraissait formée en colonne.
Une canonnade, suivie de quelques feux de file, s'est fait entendre à la droite.
L'ordre d'attaquer le village était arrivé vers les 2 heures ; le général Rampon s'est avancé avec les carabiniers de la 4e, les grenadiers et les compagnies paires de la 32e, en tout 18 compagnies partagées en trois pelotons. Pour remplir les intervalles laissés par ces compagnies, on a dédoublé les divisions. La division Vial a aussi envoyé deux pelotons de grenadiers.
Alors l'ennemi a fait jouer l'artillerie de ses retranchements et d'un brick qui les flanquait et nous a tué quelques hommes dans la colonne ; la nôtre a riposté. Après avoir fait essuyer à nos grenadiers un feu de canon et de fusil, l'ennemi est sorti de ses retranchements et les a chargés en queue. Le général Hampon a ordonné demi-tour au troisième rang, qui a fait feu, ce qui a été exécuté dans le plus grand ordre et sans que l'ennemi ait jamais pu l'entamer. Il s'est retiré. Notre artillerie leur a lâché quelques coups de canon.
Depuis ce moment, la leur a cessé son feu, les grenadiers ont tourné les retranchements par la droite (6) ; la colonne avançait toujours en appuyant à droite. Les grenadiers se sont portés dans l'angle (7), puis sur le rivage (8), lorsque l'ennemi s'est jeté dans les barques, où ils en ont fusillé grand nombre ; il s'est noyé là 5 ou 600 personnes.
Pendant ce temps, la division entrait avec ordre dans les retranchements. Le général Bon, avec la gauche, s'est avancé au rivage (9), où était une barque chargée d'ennemis et 208 hommes qui se précipitaient dans l'eau. La fusillade a été vive, presque aucun n'a échappé.
Pendant que le général Bon se portait à la gauche, le général Marmont, qui était à la droite, voyant le gros des ennemis fuir vers le haut du village, s'y est porté avec rapidité, a occupé, avec des chasseurs de la 4e, le passage extrêmement resserré, qui se trouve là entre le village et le Nil. La retraite a été coupée aux fuyards, dont 3 ou 400 ont été tués à bout portant. 150 environ s'étaient échappés par là, avant l'arrivée du général Marmont.
Le soir, notre canon a inquiété l'ennemi sur l'autre rive ; il a mis le feu à un grand nombre de barques.
La 4e a campé sur les flancs, la 18e et la 32e au centre, avec des postes sur le Nil et tout autour du village.
Presque partout les retranchements des ennemis n'étaient que des canaux, un peu approfondis, avec des embrasures, et des passages pour les sorties.
Nous avons eu : 18 hommes tués, dont un officier ; 83 blessés.
… L'ennemi a laissé 40 bouches à feu, dont 5 pièces de 16, 1 mortier de 6 pouces, 5 à 6 obusiers, une douzaine de mauvais petits canons sans affûts, deux magasins à poudre, des munitions, etc.
L'ennemi a perdu : 1.000 hommes noyés ; 600 tués.
… 100 chevaux tués, 400 chevaux pris ; 30 chameaux tués, 300 pris avec bagages
" (La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 2. p. 187).

Le 22 juillet 1798 (4 thermidor an 6), le Général Bonaparte écrit depuis le Quartier général de Gizeh, au Général Berthier, concernant la prise d'Alexandrie : "... Vous ferez reconnaître le citoyen Destaing, chef de la 4e d'infanterie légère, comme général de brigade ...
Vous demanderez au général de division Bon un rapport sur les chefs de bataillon de la 4e légère ... qui se sont le mieux conduits, et les plus capables de commander une demi-brigade, avec l'état de leurs services ...
" (Correspondance de Napoléon, t.4, lettre 2823; Correspondance générale, t.2, lettre 2615; La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 2. p. 202 : Ordre du jour de l’Armée daté de Gizeh, le 5 thermidor an 6 – 23 juillet 1798).

Le 24 juillet 1798 (4 thermidor an 6), le Général Bonaparte écrit depuis son Quartier général au Caire, au Directoire exécutif : "... J'ai promu au grade de général de brigade le chef de brigade Destaing, commandant la 4e demi-brigade ..." (Pièces diverses et correspondance relatives aux opérations de l'armée d'Orient en Egypte; Oeuvres complètes de Napoléon, Stuttgart et Tubingue, 1822, t.2, p. 403 ; Kermoysan « Napoléon, Recueil par ordre chronologique de ses lettres, proclamations, bulletins », Paris, 1853, t.1, p. 221 ; Correspondance de Napoléon, t.4, lettre 2834; Correspondance générale, t.2, lettre 2625).

Le 25 juillet 1798 (7 thermidor an 6), le Général Bonaparte écrit depuis son Quartier général au Caire, au Général Berthier, Chef de l'Etat-major général de l'Armée d'Orient : "... Faire reconnaître Delzons, chef de bataillon de la 4e d'infanterie légère à la place de chef de brigade de cette demi-brigade.
... Comme capitaine le citoyen Gillet lieutenant de la 4e d'infanterie légère.
Comme lieutenant le citoyen Augelarge adjudant dans la 4e d'infanterie légère.
Le grade de sergent pout le citoyen Augelarge caporal de carabiniers de la 4e d'infanterie légère.
Le grade de caporaux pour les citoyens Navanens, Chibret et Guignard carabiniers de la 4e d'infanterie légère ...
" (Correspondance de Napoléon, t.4, lettre 2834; Correspondance générale, t.2, lettre 2625).

Le 1er août 1798 (14 thermidor an 6), le Général Bonaparte écrit depuis son Quartier général au Caire, au Général Berthier, Chef de l'Etat-major général de l'Armée d'Orient : "Vous préviendrez la 4e demi-brigade d'infanterie légère que le payeur a ordre de lui payer ce qui lui est dû pour les mois de ventôse et de germinal et qu'elle doit se mettre en règle" (Correspondance générale, t.2, lettre 2704).

Le même jour, sur ordre du Général Bonaparte, un Ordre du jour établi depuis le Quartier général au Caire, est diffusé auprès des troupes : "L'armée est prévenue qu'en cas d'alarme dans la ville du Caire les dispositions données par le général en chef sont les suivantes :
... La cavalerie de la division du général Bon et la 4e demi-brigade légère, au signal d'alarme, se porteront avec célérité sur la place d'Ezbekyeh.
Le général Bon et son état-major, au signal d'alarme, se rendront sur-le-champ auprès du général en chef ...
" (Correspondance de Napoléon, t.4, lettre 2912).

Le 2 août 1798 (15 thermidor an 6), le Général Bonaparte écrit depuis son Quartier général au Caire, au Général Berthier, Chef de l'Etat-major général de l'Armée d'Orient : "Le magasin central d'habillement a de quoi confectionner :
1° dix mille habits et 20000 pantalons : vous ordonnerez qu'il en soit fait la distribution suivante :
... 4e [légère] 600 habit 1200 pantalons ...
2° Les habits seront confectionnés par les corps. L'ordonnateur en chef fera un règlement pour tout ce qui doit leur être donné par habit et pour la façon.
3e Il ne sera rien confectionné du magasin
brigade" (Correspondance générale, t.2, lettre 2723; La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 2. p. 335).

Le 6 août 1798 (19 thermidor an 6), le Général Bonaparte écrit depuis son Quartier général au Caire, au Général Berthier, Chef de l'Etat-major général de l'Armée d'Orient : "V ous ferez reconnaître comme chef de bataillon de la 4e d'infanterie légère le citoyen Stilles capitaine de cette demi-brigade.
Et pour chef de bataillon chargé de l'administration de la demi-brigade le citoyen Ducoiret capitaine à ladite demi-brigade
" (Correspondance générale, t.2, lettre 2789).

Le 7 août 1798 (20 thermidor an 6), le Général Bonaparte écrit depuis son Quartier général au Caire, au Général Berthier, Chef de l'Etat-major général de l'Armée d'Orient : "... Le 3e bataillon de la 4e d'infanterie légère tiendra garnison au Caire.
Vous donnerez l'ordre au général Bon de partir demain, avec trois pièces de canon, les deux bataillons de la 4e d'infanterie légère, la compagnie des carabiniers du 3e bataillon, les compagnies des grenadiers de la 18e et de la 32e, pour prendre position au village d'El-Mataryeh. Il recevra une instruction particulière de moi. Le commissaire ordonnateur fera en sorte de lui donner des vivres pour les 21, 22 et 23 ...
" (Correspondance de Napoléon, t.4, lettre 2997; Correspondance générale, t.2, lettre 2795; La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 2. p. 363-364).

Le 10 août 1798 (23 thermidor an 6), le Général Bonaparte fait expédier depuis son Quartier général à Korâym, l'ordre suivant : "Le quartier général de l'armée est à Korâym.
... Ordre au général Bon, qui était à El-Mataryeh, d'envoyer deux bataillons de la 4e légère à El-Khânqah, avec deux pièces de canon, de garder les grenadiers, d'attendre les deux parties de la caravane du Caire et de les conduire dans cette ville ...
" (Correspondance de Napoléon, t.4, lettre 3004; La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 2. p. 373).

Le 16 août 1798 (29 thermidor an 6), le Général Bonaparte écrit depuis son Quartier général au Caire, au Général Berthier, Chef de l'Etat-major général de l'Armée d'Orient : "Vous donnerez les ordres, Citoyen Général, pour que la 4e d'infanterie légère, qui est à El-Qobbet, rentre dans la place ..." (Correspondance de Napoléon, t.4, lettre 3027; Correspondance générale, t.2, lettre 2840).

Le 18 août 1798 (1er fructidor an 6), le Général Bonaparte, qui veut assurer l'approvisionnement des citernes qui doivent, pendant une année, alimenter la population et la garnison d'Alexandrie, mais aussi la sécurité des communications de l'armée entre Alexandrie, El-Rahmânieh et Rosette, écrit depuis son Quartier général au Caire, au Général Berthier, Chef de l'Etat-major général de l'Armée d'Orient : "Vous voudrez bien donner l'ordre, Citoyen Général, au général de division Bon, de faire partir le général de brigade Marmont avec la 4e demi-brigade d'infanterie légère et une pièce d'artillerie, pour se rendre à Rosette. Le général de brigade Marmont m'enverra, avant de partir, son aide de camp pour prendre les instructions que je lui ferai ..." (Correspondance de Napoléon, t.4, lettre 3027; Correspondance générale, t.2, lettre 2840; La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 2. p. 483).

Le même jour, il écrit au Général Menou, à Rosette : "Ce soir, le général de brigade Marmont, avec la 4e demi-brigade [légère], part pour se rendre à Rosette, pour observer les mouvements des Anglais. Le contre-amiral Perrée se rend à Rosette avec deux avisos. J'espère que, dès l'instant que le général Marmont sera arrivé à Rosette, on pourra empêcher les Anglais d'avoir aucune espèce de communication avec les Arabes ..." (Correspondance inédite et confidentielle de Napoléon, t. 5; Panchoucke : « Oeuvres de Napoléon Bonaparte », 1821-1822, t. 2, p. 332 ; Correspondance de Napoléon, t.4, lettre 3042; Correspondance générale, t.2, lettre 2859).

Situation de la 4e Demi-brigade légère le 18 août 1798, d'après le "Tableau général des forces de l'armée d'Orient au 1er fructidor de l'an VI de la République française une et indivisible" :
- 2e Division, Général commandant la Division Bon :
- 4e Demi-brigade légère (3 Bataillons) au Caire : total de l'effectif, Officiers compris : 1147.
85 Officiers présents, 7 Officiers absents, 2 vacants; 1053 hommes dont 973 présents sous les armes (7 prisonniers, 5 en congé ou permission, 50 et 91 aux hôpitaux, 12 détachés : total donné 174 ?). 23 chevaux d'Officiers (La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 2. p. 613 et suivantes).

Dans une autre situation, datée du 18 août 1798 (1er fructidor an 6), la Compagnie de canonniers de la 4e Légère présente à Malte est donnée avec un effectif de 3 Officiers et 55 hommes présents sous les armes (La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 3. p. 248.).

Le 21 août 1798 (4 fructidor an 6), le Général Bonaparte écrit depuis son Quartier général au Caire, au Général Kléber : "... J'ai envoyé le général Marmont avec la quatrième demi-brigade d'infanterie légère et deux pièces de canon pour soumettre la province de Bahiré, maintenir libre la communication de Rosette à Alexandrie, et rester sur la côte pour empêcher la communication de l'escadre avec la terre ..." (Correspondance inédite officielle et confidentielle de Napoléon, t.5, Egypte ; Panchoucke : « Oeuvres de Napoléon Bonaparte », 1821-1822, t. 2, p. 350 ; Oeuvres complètes de Napoléon, Stuttgart et Tubingue, 1822, t.2, p. 476 ; Correspondance de Napoléon, t.4, lettre 3059 ; Correspondance générale de Napoléon, t.2, lettre 2887).

Le 22 août 1798 (5 fructidor an 6), par ordre du Général en Chef, l'extrait de l'ordre du jour suivant est diffusé parmi les troupes depuis le Quartier général du Caire : "Emplacements de l'armée :
... Division Bon, au Caire
4e demi-brigade légère, détachée à Rosette
..." (Correspondance de Napoléon, t.4, lettre 3086).

Le 23 août 1798 (6 fructidor an 6), le Général Menou écrit, depuis Rosette, au Général en chef Bonaparte : "Citoyen général ... Le général de brigade Marmont, ni la 4e demi-brigade ne sont point encore arrivés ..." (La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 2. p. 516).

Marmont arrive à El-Rahmânieh le 24 août ; après s'être mis en rapport avec l'Adjudant général Bribes, et jugeant que le concours de ses troupes est inutile en ce moment, il repart le jour même pour Rosette, qu'il atteint le lendemain matin. Le même jour, Menou annonce à Bonaparte que Marmont, avec la 4e Légère, viennent d'arriver (La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 2. p. 505).

L'Ordre du jour de l'Armée, rédigé par Berthier au Caire, le 27 août 1798 (10 fructidor an VI) indique que : "… Le général ordonne que tous les détachements d'infanterie qui étaient restés à bord des vaisseaux de l'escadre, et qui sont à Alexandrie, à Aboukir et à Rosette, se mettent en marche sur-le-champ pour se rendre au Caire, hormis les gens appartenant ... à la 4e d'infanterie légère …" (La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 2. p. 568-569).

Le 5 septembre 1798 (19 fructidor an 6), Marmont écrit, depuis Rosette, à Bonaparte : "... J'envoie à l'adjudant général Bribes un bataillon de la 4e pour augmenter ses troupes, de manière à ce qu'il ait constamment des patrouilles pour empêcher qu'il ne soit fait de saignées au canal ; dans le cas où il serait insuffisant, j'irais moi-même avec les deux autres ..." (La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 3. p. 81-83).

Le 14 septembre 1798 (28 fructidor an 6), le Général Bonaparte écrit depuis son Quartier général au Caire, au Général Berthier, Chef de l'Etat-major général de l'Armée d'Orient : "Vous donnerez l'ordre au Général Menou de faire partir pour le Caire tous les détachements qui sont à Rosette hormis le bataillon de la 19e, le bataillon de la 85e [de ligne] et la 4e demi-brigade [légère] qui s'y trouvent momentanément" (Correspondance générale, t.2, lettre 3187).

Le 17 septembre a lieu l'incident suivant : "Je dois vous observer, Général, que, plein de confiance dans la manière dont nous avaient reçus jusque-là les habitants du pays, je marchais à cheval à une demi-lieue en avant des 200 hommes d'escorte; j'étais avec le général Marmont, deux aides de camp, les citorens Denon, Nectoux, Varsy, Joly, Villoteau, le médecin Vanoli, Dolomieu et un guide à cheval. Quelques hommes du pays à pied servant aussi de guides et domestiques nous accompagnaient. Total: 16 hommes, dont 5 seulement armés de sabres. Arrivés entre les deux villages que je viens de nommer, des cris se font entendre; une nuée d'hommes armés sort au-devant de nous, et, malgré les efforts de nos guides à cheval et à pied pour les apaiser, tire des coups de fusil sur nous. Vu notre petit nombre et le défaut d'armes, nous sommes obligés de nous replier, d'abord doucement, ensuite fort vite, parce qu'au milieu des inondations, des hommes qui connaissaient parfaitement les passages guéables accouraient pour couper notre retraite, qui fut très pénible, parce qu'il nous fallait passer sur une chaussée de la largeur environ des deux pieds d'un cheval et coupée de fossés et canaux ...
Alors, l'un des artistes qui étaient avec nous, le citoyen Joly, ayant perdu totalement la tête, se jette à bas de son cheval, poussant des cris de désespoir. Le général Marmont, les deux aides de camp, Denon, Varsy et moi, faisant ferme cinq fois de suite, l'invitons, le pressons de remontér sur son cheval, ou de sauter en croupe derrière l'un de nous; il avait tellement perdu la tête que nous ne pouvons lui rien faire entendre; enfin les ennemis étant sur nous et en flanc et en queue, nous sommes obligés de le laisser; il est pris et tué. Nous arrivons à notre détachement. J'ordonne alors aux troupes de se former régulièrement; une avant-garde de 30 hommes prend la tête; 140 hommes forment le petit corps de bataille et 30 autres sont laissés pour former l'arrière-garde et escorter les bagages. Nous remarchons en avant pour tirer une vengeance éclatante de l'attaque qui avait eu lieu, sans aucun motif, de la part des habitants. Arrivés sur la petite chaussée, nous la trouvons coupée en plusieurs endroits; nos soldats se jettent à l'eau jusqu'au col; nous passons tout ce défilé et nous arrivons près des deux villages, à 2 heures après midi. Jusque-là, aucun habitant n'avait reparu; mais alors des coups de fusil partirent du village de gauche, qui est celui de Kafr-Chabbas-Amer. Celui de droite reste parfaitement tranquille. Nous arrivons à celui de gauche, que nous trouvons environné d'une muraille de 15 pieds, flanquée aux quatre angles de tours rondes et sur les courtines de tours carrées non saillantes. Toutes ces tours étaient garnies d'hommes faisant feu. Nous arrivons à une porte du village. Des carabiniers de la 4e, s'aidant mutuellement, montent sur la muraille, redescendent dans l'intérieur, et aident à nous faire une entrée en rompant les portes à coups de crosse de fusil. Alors les tours sont évacuées par les habitants, à l'exception d'une qui était plus soigneusement fortifiée et qui servait de réduit, ayant une enceinte particulière dans le village. J'entre à cheval dans le village avec le général Marmont, sous le feu de cette tour et du réduit qui dominait tellement que nous étions découverts de partout. A l'instant, mon cheval est tué raide sous moi; je n'ai eu, à la cuisse gauche, qu'une très légère contusion provenant de la chute du cheval. Nos volontaires marchent à la tour; mais le feu était si violent, et il y avait une telle impossibilité de la forcer sans canon, que je suis obligé de les rappeler. J'ordonne alors qu'on mit le feu partout, ce qui fut promptement exécuté. Je fais placer des postes autour du village, excepté près la tour du réduit : il n'était pas possible d'y tenir, le feu était trop violent. La nuit arrive; des paysans se rassemblent de quelques villages voisins pour venir au secours des assiégés. Ils s'approchent en faisant des hurlements affreux. Nous, dans le silence le plus profond, les attendons à demi-portée; le général Marmont alors ordonne un feu de file qui, malgré l'obscurité, les atteint parfaitement; plusieurs sont tués, les autres s'enfuient à toutes jambes. Ceux du réduit continuent alors leur feu et jettent aussi des hurlements qui cessent au moment où la lune est couchée. Nous entendons, quelques instants après, un peu de bruit au pied de la tour. Nous pensons que ce sont des secours qui veulent s'introduire. Je fais faire feu; personne ne répond; mais le bruit ayant totalement cessé dans la tour, je fais passer dans le village une patrouille qui arrive au réduit : plus de feu, plus de bruit. On enfonce la porte, on trouve le réduit évacué.
Si j'avais eu plus de monde, personne n'aurait échappé, parce que j'aurais embusqué quelques hommes à 20 ou 30 pas de chaque côté de la tour; mais, toutes les gardes placées, je n'avais que 25 hommes disponibles. J'ordonne alors qu'on mette le feu dans le réduit et dans tout le reste de la ville. L'incendie a été complet. Nous avons sauvé quelques femmes, des enfants. Mais, craignant le rassemblement de 2 à 3.000 paysans, j'ai cru, puisque nous avions tiré une vengeance éclatante, qu'il était plus prudent de se retirer ...
" (compte rendu adressé par Menou à Bonaparte le 3e complémentaire - 19 septembre 1798 - La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 3. p. 113-115)

Le 21 septembre 1798 (5e jour complémentaire), Bonaparte prescrit que le magasin central d'habillement distribuera aux troupes, en sus des quantités allouées le 2 août, les matières nécessaires pour confectionner 10100 habits, 21300 capotes, 8900 pantalons pour l'infanterie, l'artillerie et le génie ; 2400 gilets et 2400 pantalons d'écurie pour les troupes à cheval. Ces quantités sont ainsi réparties : 4e Demi-brigade légère 500 habits, 1100 capotes, 500 pantalons ... (La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 3. p. 34-35).

Le même jour, Menou écrit à Berthier (5e jour complémentaire - 21 septembre) : "... Marmont est parti avec la 4e demi-brigade …" (La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 3. p. 118).

Le 12 octobre 1798 (21 vendémiaire an 7), le Général Bonaparte écrit depuis son Quartier général au Caire, à Sucy, Commissaire ordonnateur en chef de l'Armée d'Orient : "Je vous prie, citoyen ordonnateur, de faire distribuer des bonnets pour l'infanterie, aux différents corps en proportion des habits qui leur ont été distribués. Je vous prie de faire donner les 5000 qui existent actuellement dans les magasins, soit 800 par :
4e demi-brigade [légère] ...
" (Correspondance de Napoléon, t.5, lettre 3427; Correspondance générale, t.2, lettre 3388).

Le 19 octobre 1798 (28 vendémiaire an 7), Marmont écrit, depuis Leloha, à Bonaparte que, dans le cas où Alexandrie devrait faire face à un débarquement, comme le craint le Général Manscourt, il réunira "promptement la 4e et le 1er bataillon de la 69e, qui est à El·Rahmànieh, et 200 hommes de la 25e qui sont ici, et avec ces 1.400 hommes" et marchera sur-le-champ (La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 3. p. 314-315).

Le 21 octobre 1798 (30 vendémiaire an 7), Marmont écrit, depuis le camp de Leloha, à Bonaparte : "Le général Manscourt me fait part de toutes ses inquiétudes ; elles me paraissent fondées, car il lui est impossible de défendre une place aussi mauvaise et aussi étendue qu'Alexandrie avec une garnison aussi faible que la sienne, attendu même que les quatre compagnies de la 61e n'y sont pas encore arrivées ...
L'étendue du terrain qu'occupent mes troupes me force à les rassembler sur-le-champ ; car, si Alexandrie était attaquée vivement leur éloignement m'empêcherait d'arriver à temps, er, comme je sens de quelle importance il est de mettre parfaitement à l'abri une ville qui contient beaucoup de richesses, je vais marcher à son secours avec ma colonne mobile …
… Je laisse à El-Rahmânieh la légion maltaise : elle suffit, et de reste, pour défendre ce poste ; les eaux l'entourent, et on ne peut y arriver que par deux digues ; mais, pour plus grande sûreté et jusqu'à ce que l'artillerie en soit totalement évacuée, j'y laisserai encore les quatre premières compagnies du 1er bataillon de la 69e, qui y sont maintenant ; elles viendront ensuite me joindre, à moins que vous ne leur donniez des ordres contraires.
J'aurai donc avec moi :
la 4e 700 hommes
1er bataillon de la 69e 450
détachement de la 25e 200
TOTAL 1350 hommes.
Avec ces 1350 hommes et la garnison, je crois Alexandrie en sûreté ; mais ces 1350 hommes, pour l'instant, se réduiront à 1100, à cause des 250 de la 69e qui resteront momentanément à El-Rahmànieh. L'arrivée de ce secours fera merveille, en ce qu'il relèvera le moral qui me parait un peu abaissé …
Je pense donc prendre le bon parti et que vous le sanctionnerez de votre approbation …
" (La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 3. p. 314-315).

État général des troupes composant l'armée d'Égypte à l'époque du ler brumaire an VII de la République française (22 octobre 1798) : Division Bon, Généraux de Brigade Rampon et Marmont, Adjudant-général Valentin :
4e Demi-brigade d'Infanterie légère (El Ramanieh) : 85 Officiers présents; 1114 hommes dont 141 aux hôpitaux et 973 présents sous les armes. Total : 1199 hommes (La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 3. p. 697 et suivantes).

Le 31 octobre 1798 (10 brumaire an 7), Menou écrit à Bonaparte : "... J'envoie la compagnie de grenadiers du 1er bataillon de la 69e à El-Rahmânieh, avec une canonnière et un canot armé ..." (La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 3. p. 326).

Le 4 novembre 1798 (14 brumaire an 7), le Général Bonaparte écrit depuis son Quartier général au Caire, au Général Berthier, chef de l'Etat-major général de l'Armée d'Orient : "... Le général Marmont commandera la 4e d'infanterie légère avec l'artillerie qui y est attachée ..." (Correspondance générale, t.2, lettre 3612).

Le 5 novembre 1798 (15 brumaire an 7), le Général Bonaparte écrit depuis son Quartier général au Caire, au Général Menou à Rosette : "... Mon intention est que ... le général Marmont (commandera), la 4e demi-brigade d'infanterie légère ..." (Correspondance de Napoléon, t.5, lettre 3576; Correspondance générale, t.2, lettre 3623; La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 3. p. 331).

Le 8 novembre 1798 (18 brumaire an 7), le Général Bonaparte écrit depuis son Quartier général au Caire, au Général Berthier : "... Le général Marmont, avec la 4e et son artillerie, réunira tous ses postes à Alexandrie et se tiendra prêt à partir vingt-quatre heures après la réception de l'ordre qui lui en sera donné" (Correspondance de Napoléon, t.5, lettre 3587; Correspondance générale, t.2, lettre 3634; La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 3. p. 435).

Le 10 novembre 1798 (20 brumaire an 7), le Général Bonaparte écrit depuis son Quartier général au Caire, au Général Berthier : "Plusieurs soldats, marins, sapeurs, infirmiers, charretiers, ouvriers, se sont faits domestiques. La facilité de s'en procurer a porté plusieurs officiers et administrateurs à en augmenter le nombre, et ce, au détriment de l'armée.
En conséquence, le général en chef ordonne :
ARTICLE 1er. Les officiers et administrateurs qui ont amené des domestiques d'Europe ont seuls le droit d'avoir des domestiques européens. Ceux qui n'en ont pas amené ou qui veulent en augmenter le nombre doivent les prendre parmi les naturels du pays.
ART. 2. Tout individu qui, au moment du débarquement, était soldat, marin, sapeur, infirmier, charretier, ouvrier, etc. est tenu, au plus tard cinq jours après la publication du présent ordre, de rejoindre un des corps ci-dessous, savoir :
Ceux qui sont à Alexandrie {la 4e d'infanterie légère ou le 3e bataillon de la 61e ou le 3e bataillon de la 85e ...

ART. 3. Ceux qui auraient des domestiques qui seraient dans le cas de l'article 2 sont tenus de le communiquer à leurs domestiques douze heures après la publication du présent ordre, d'en faire part au commandant de la place, au plus tard quarante-huit heures après la publication du présent ordre.
ART. 4. Ceux qui mettraient du retard dans l'exécution du présent ordre seront condamnés à payer à la caisse du corps autant d'écus de six francs qu'ils mettront de jours de retard; et si, dix jours après la publication du présent ordre, ils ne l'avaient point exécuté, le commandant de la place les ferait arrêter.
ART. 5. Le commandant de la place et même les chefs des corps ci-dessus nommés sont autorisés à faire arrêter tous les domestiques qu'ils soupçonneraient être dans le cas de l'article 2.
ART. 6. Il y aura à Alexandrie un bureau composé d'un officier de la 4e d'infanterie légère, de la 61e et de la 85e ...
ART. 7. Tous les domestiques qui seraient arrêtés seront sur-le-champ amenés devant ce bureau, qui prononcera s'ils sont ou non dans le cas de l'article 2.
ART. 8. Le général en chef recommande l'exécution du présent ordre spécialement aux officiers commandant les places et aux officiers supérieurs des corps où lesdits hommes doivent être incorporés.
ART. 9. Le général en chef défend expressément aux corps qui sont à Alexandrie de se recruter parmi les individus qui font partie des équipages.
BONAPARTE
" (Correspondance de Napoléon, t.5, lettre 3601). Cette lettre est mise à l'ordre du jour de l'armée le 12 novembre (22 brumaire - La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 3. p. 375).

Le 16 novembre 1798 (26 brumaire an 7), le Général Bonaparte écrit depuis son Quartier général au Caire, au Directoire exécutif : "... grâce aux peines et à l'activité de la 4e d'infanterie légère, les eaux sont arrivées, le 14 brumaire, à Alexandrie, en plus grande abondance que jamais; il y en a pour deux ans. Le canal nous a servi à approvisionner de blé Alexandrie, et à faire venir nos équipages d'artillerie à Gyzeh ..." Pièces diverses et correspondances relatives aux armées d’orient ; Panckoucke : « Oeuvres de Napoléon Bonaparte », 1821-1822, t. 2, p. 405 ; Oeuvres complètes de Napoléon, Stuttgart et Tubingue, 1822, t.3, p. 27 ; Correspondance de Napoléon, t.5, lettre 3632 ; Correspondance générale de Napoléon, t.2, lettre 3716).

Le 21 novembre 1798 (1er frimaire an 7), le Général Bonaparte écrit depuis son Quartier général au Caire, à Daure, Commissaire ordonnateur en chef de l'Armée d'Orient : "Je vous prie, citoyen ordonnateur, d'employer tous les moyens qui sont en votre pouvoir pour pousser la confection des capotes dont l'armée a le plus grand besoin dans un moment où les nuits sont si fraîches.
Je désire que :
Les 4e 21e d'infanterie légère soient servies les premières ...
" (Correspondance générale, t.2, lettre 3754).

Le 28 novembre 1798 (8 frimaire an 7), le Général Bonaparte écrit depuis son Quartier général au Caire, au Général Berthier : "... Vous voudrez bien écrire au chef de brigade de la 4e demi-brigade d'infanterie légère de vous rendre compte pour quelle raison il n'a pas fait part des quatorze prisonniers qu'ont faits les Anglais sur sa demi-brigade et qui sont à bord. Vous lui demanderez un compte détaillé sur le temps et la manière dont il a perdu ces hommes ..." (Correspondance de Napoléon, t.5, lettre 3685; Correspondance générale, t.2, lettre 3801).

Le 29 novembre 1798 (9 frimaire an 7 ), Bonaparte écrit, depuis son Quartier général, au Caire, au Général Marmont, à Alexandrie : "… J'ai appris que les Anglais avaient fait quatorze prisonniers à la 4e d'infanterie légère ; il est extrêmement surprenantque je n'en aie rien su …" (Correspondance de Napoléon, t.5, lettre 3687 ; Panchoucke : « Oeuvres de Napoléon Bonaparte », 1821-1822, t. 2, p. 410 ; Oeuvres complètes de Napoléon, Stuttgart et Tubingue, 1822, t.3, p. 32 ; Correspondance générale de Napoléon, t.2, lettre 3807).

Le 4 décembre 1798 (14 frimaire an 7) Marmont écrit à Bonaparte, depuis Alexandrie : "C'est par un oubli dont je suis coupable que vous n'avez pas été instruit des 9 prisonniers que les Anglais ont faits à la 4e. Le jour de mon départ de Leloha pour Alexandrie, je laissai sur le canal de Damanhour 400 hommes, pour protéger l'arrivée d'un convoi de 28 barques de blé, qui étaient parties la veille d'El-Rahmànieh; ces 400 hommes ne purent pas empêcher de saigner le canal : en 15 heures il fut à sec, et le convoi resta vis-à- vis du lac Madieh. Le commandant de l'escorte fit transporter les barques sur le lac, mit trois hommes sur chaque barque et les conduisit à Aboukir. Trois barques furent entralnées par le courant, en sortant du lac; elles tombèrent sous le vent, et une chaloupe-canonnière anglaise vint les prendre. Les Anglais ont déjà rendu 2 soldats; il en reste 7 à leur bord; on vous a trompé en disant qu'il y en avait 14" (La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 3. p. 429-430).

Le 6 décembre 1798 (16 frimaire an 7), le Général Bonaparte écrit depuis son Quartier général au Caire, au Général Menou, commandant à Rosette : "L'état-major vous donne l'ordre, citoyen général, de faire partir sur-le-champ le second bataillon de la 4e demi-brigade légère pour le Bahireh ..." (Correspondance générale, t.2, lettre 3862).

Le 12 décembre 1798 (22 frimaire an 7), le Général Bonaparte écrit depuis son Quartier général au Caire, au Général Marmont : "J'ai reçu, Citoyen Général, votre lettre du 14.
Il est toujours plus intéressant de rendre compte d'une mauvaise nouvelle que d'une bonne, et c'est vraiment une faute que vous avez faite d'oublier de rendre compte des neuf prisonniers qu'ont faits les Anglais à la 4e demi-brigade ...
" (Correspondance inédite officielle et confidentielle de Napoléon, t.6, Egypte ; Panckoucke : « Oeuvres de Napoléon Bonaparte », 1821-1822, t. 2, p. 433 ; Oeuvres complètes de Napoléon, Stuttgart et Tubingue, 1822, t.3, p. 53 ; Correspondance de Napoléon, t.5, lettre 3753 ; Correspondance générale de Napoléon, t.2, lettre 3922 ; La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 3. p. 430).

Le 9 janvier 1799 (20 nivôse an 7), le Général Bonaparte, depuis son Quartier général au Caire, ordonne la création d'un Régiment de Dromadaires; "... les 4e et 22e légères, fourniront chacune 10 hommes pour le fond de la formation du régiment de dromadaires ..." (Correspondance de Napoléon, t.5, lettre 3821).

Le 28 janvier 1799 (9 pluviôse an 7), le Général Bonaparte écrit depuis son Quartier général au Caire, au Général Marmont à Alexandrie : "... Mettez le bataillon de la soixante-quinzième sous ces arbres où vous avez été longtemps avec la quatrième d'infanterie légère. Qu'il se baraque la en s'interdisant toute communication avec la ville et l'Egypte. Mettez le bataillon de la quatre-vingt-cinquième du côté du Marabou : vous pourrez facilement l'approvisionner par mer. Quant à la malheureuse demi-brigage d'infanterie légère, faites-la mettre nue comme la main, faites-lui prendre un bon bain de mer ; qu'elle se frotte de la tête aux pieds ; qu'elle lave bien ses habits, et que l'on veille à ce qu'elle se tienne propre. Qu'il n'y ait plus de parade ; qu'on ne monte plus de garde que chacun dans son camp. Faites faire une grande fosse de chaux vive pour y jeter les morts.
Dès l'instant que, dans une maison française, il y a la peste, que les individus se campent ou se baraquent ; mais qu'ils fuient cette maison avec précaution et qu'ils soient mis en réserve en plein champ. Enfin, ordonnez qu'on se lave les pieds, les mains, le visage tous les jours, et qu'on se tienne propre ...
" (Correspondance inédite et confidentielle de Napoléon, t. 5; Oeuvres complètes de Napoléon, Stuttgart et Tubingue, 1822, t.3, p. 78 ; Correspondance de Napoléon, t.5, lettre 3909; Correspondance générale, t.2, lettre 4178).

Le 29 janvier 1799 (10 pluviôse an 7), le Général Bonaparte écrit depuis son Quartier général au Caire, au Général Berthier : "Vous avez dû donner l'ordre précédemment à l'adjudant général Leturcq de partir avec l'un des bataillons de la 4e qui sont à Damanhour.
Vous expédierez, par un adjoint, l'ordre à l'autre bataillon de partir, douze heures après la réception du présent, en toute diligence, par terre, pour se rendre à Damiette, où il est indispensable qu'il soit arrivé le 19. Le quartier général de la province de Damanhour se rendra à El-Rahmânyeh, où ce bataillon laissera 5o hommes dans la redoute jusqu'à ce qu'ils soient relevés par des hommes qui doivent venir d'Alexandrie, en cas qu'il n'y ait pas une chaloupe canonnière vis-à-vis El-Rahmânyeh; dans le cas contraire, 15 hommes d'équipage de cette canonnière tiendront garnison dans la redoute, jusqu'à ce que des troupes soient arrivées d'Alexandrie
...
Lorsque le détachement de la 4e arrivera, si Damanhour est en quarantaine, mon intention est qu'il fasse quarantaine, et, lorsque les marins arriveront, ils seront encore soumis à une forte quarantaine d'observation à Boulâq. Le citoyen Blanc préviendra ses agents à Damiette pour que, lorsque le bataillon de la 4e arrivera, ils se fassent rendre compte par le chef s'il n'y a aucun malade, et fassent visiter les malades qu'il pourrait y avoir par les officiers de santé.
L'adjoint que vous aurez envoyé à cet effet suivra le mouvement de ce bataillon; il emportera à cet effet, demain, tout son équipage de guerre
" (Correspondance de Napoléon, t.5, lettre 3915; Correspondance générale, t.2, lettre 4180).

Le 8 février 1799 (20 pluviôse an 7), le Général Bonaparte écrit depuis son Quartier général au Caire, au Général Berthier : "Vous donnerez l'ordre au général Rampon de partir le 24, avec le 2e bataillon de la 4e, pour se rendre à Sâlheyeh. Il aura avec lui une pièce de canon. Vous préviendrez de ce départ le commissaire ordonnateur en chef, les généraux d'artillerie et du génie, afin qu'ils profitent de cette occasion pour faire passer tout ce qu'ils auraient à envoyer à l'armée ..." (Correspondance de Napoléon, t.5, lettre 3946; Correspondance générale, t.2, lettre 4223).

Le 9 février 1799 (21 pluviôse an 7), le Général Bonaparte écrit depuis son Quartier général au Caire, au Général Dugua : "Vous prendrez, citoyen général, le commandement de la province du Caire ...
Tous les Français sont logés autour de la place Esbequieh. J'y laisse un bataillon de la soixante-neuvième un de la quatrième légère et un de la trente-deuxième.
Le bataillon de la quatrième partira le 24 ...
" (Correspondance inédite et confidentielle de Napoléon, t. 5; Panchoucke : « Oeuvres de Napoléon Bonaparte », 1821-1822, t. 2, p. 471; Oeuvres complètes de Napoléon, Stuttgart et Tubingue, 1822, t.3, p. 90 ; Correspondance de Napoléon, t.5, lettre 3950; Correspondance générale, t.2, lettre 4230).

Le Général en chef quitte le Caire le 10 février 1799. Quatre petites Divisions d'infanterie, et un détachement de neuf cents chevaux, sous les ordres des Généraux Reynier, Kléber, Bon, Lannes et Murat, forment cette armée d'expédition. Le Général Bon avait sous ses ordres une partie des 4e Demi-brigade légère, 18e et 32e de Ligne, et les Généraux de Brigade Vial et Rampon. La Division compte 2,449 hommes (Oeuvres complètes de Napoléon, Stuttgart et Tubingue, 1822, t.3, p. 100).

Le 15 février 1799 (27 pluviôse an 7), le Général Bonaparte écrit depuis Catich, à l'Adjudant général Grezieux : "Vous allez partir pour Tineh, citoyen, avec 200 chameaux et 50 hommes d'escorte et une compagnie de dromadaires. Arrivé à Tineh, vous ferez charger sur ces chameaux tout l'orge, le riz et le biscuit que vous pourrez; vous presserez le départ du bataillon de la quatrième et des trois compagnies de grenadiers de la dix-neuvième ..." (Correspondance inédite et confidentielle de Napoléon, t. 5; Panchoucke : « Oeuvres de Napoléon Bonaparte », 1821-1822, t. 2, p. 484; Correspondance de Napoléon, t.5, lettre 3964; Correspondance générale, t.2, lettre 4245).

Le 25 mars 1799 (5 germinal an 7), le Général Bonaparte écrit depuis son Quartier général, devant Acre, au Général Berthier : "Vous donnerez l'ordre au général de brigade Vial de partir sur-le-champ avec le bataillon de la 4e d'infanterie légère. Il se rendra au village de Chafâ-A'mr; il y trouvera le bataillon de la 18e; il demandera au cheik de ce village et à ceux des villages voisins une soixantaine d'hommes armés, et il se rendra avec eux au village de Geydâ; il dissipera les rassemblements d'Arabes et Naplousains qui paraissent s'y être formés, et fera transporter à Chafâ-A'mr le blé et l'orge qui sont à Geydâ. Il aura soin de laisser à Chafâ-A'mr une bonne garnison, qui mette notre hôpital à l'abri des Arabes.
Il se conduira de manière à n'avoir, autant que possible, aucune affaire de village.
Si les Arabes et Naplousains qui sont à Geydâ sont moins de 300, ils ne se laisseront pas investir, et, à l'instant qu'il enverra des troupes sur les communications, ils évacueront le village.
S'ils se laissent investir, le général Vial les bloquera, afin de les obliger à sortir en rase campagne ou à se rendre prisonniers par capitulation
" (Correspondance de Napoléon, t.5, lettre 4057; Correspondance générale, t.2, lettre 4307).

Le 13 avril 1799 (24 germinal an 7), le Général Bonaparte écrit depuis son Quartier général, devant Acre, au Général Murat : "Le général en chef vous ordonne, Citoyen Général, de partir demain, à trois heures du matin, avec la 4e demi-brigade légère ... pour vous rendre à Safed; le parc vous enverra 10,000 cartouches.
Le général en chef ordonne que ces troupes aient du pain pour trois jours; l'ordonnateur en chef a ordre d'en envoyer sur-le-champ à votre camp pour la 4e légère ...
" (Correspondance de Napoléon, t.5, lettre 4086).

Le 25 avril 1799 (6 floréal an 7), le Général Bonaparte écrit depuis son Quartier général, devant Acre, au Général Berthier : "Vous donnerez l'ordre de faire partir, ce soir, le bataillon de la 4e d'infanterie légère, qui se rendra à grandes journées au Caire pour y être aux ordres du général Dugua.
Vous autoriserez l'adjudant général Aimeras à garder à Damiette le bataillon de la 4e d'infanterie légère ...
" (Correspondance de Napoléon, t.5, lettre 4109; Correspondance générale, t.2, lettre 4334).

Le 16 mai 1799 (27 floréal an 7), le Général Bonaparte écrit depuis le camp devant Saint-Jean d'Acre, au Général Dugua au Caire : "Vous devez avoir reçu, citoyen général, le bataillon de la quatrième légère, que j'ai fait partir, il y a quinze jours, et qui, à cette heure, doit être arrivé au Caire.
Sous trois jours je partirai avec toute l'armée pour me rendre au Caire; ce qui me retarde, c'est l'évacuation des blessés; j'en ai 6 à 700
...
" (Correspondance inédite et confidentielle de Napoléon, t. 5; Panchoucke : « Oeuvres de Napoléon Bonaparte », 1821-1822, t. 3, p. 33 ; Oeuvres complètes de Napoléon, Stuttgart et Tubingue, 1822, t.3, p. 158 ; Correspondance de Napoléon, t.5, lettre 4135; Correspondance générale, t.2, lettre 4352).

Le 7 juin 1799 (19 prairial an 7), le Général Bonaparte écrit depuis son Quartier général à Katieh, au Général Berthier : "... Le bataillon de la 4e légère, qui est à Damiette, se rendra au Caire ..." (Correspondance de Napoléon, t.5, lettre 4165; Correspondance générale, t.2, lettre 4370).

Le 15 juin 1799 (27 prairial an 7), le Général Bonaparte écrit depuis son Quartier général au Caire, au Général Berthier : "... Vous donnerez l'ordre ... au général Lanusse, de garder avec lui le bataillon de la 4e légère..." (Correspondance de Napoléon, t.5, lettre 4177; Correspondance générale, t.2, lettre 4379).

Le 17 juin 1799 (29 prairial an 7), le Général Bonaparte écrit depuis son Quartier général au Caire, au Général Marmont à Alexandrie : "Le général Destaing se rend, citoyen général, dans le Bahireh avec uu bataillon de la soixante-unième, un bataillon de la quatrième s'y étant précédemment rendu de Menouf ..." (Correspondance inédite officielle et confidentielle de Napoléon, t.6, Egypte ; Panchoucke : « Oeuvres de Napoléon Bonaparte », 1821-1822, t. 3, p. 48 ; Oeuvres complètes de Napoléon, Stuttgart et Tubingue, 1822, t.3, p. 176 ; Correspondance de Napoléon, t.5, lettre 4182; Correspondance générale, t.2, lettre 4393).

Le 21 juin 1799 (3 messidor an 7), le Général Bonaparte écrit depuis son Quartier général au Caire, au Général Berthier : "Vous ferez réunir, citoyen général, les hommes de la 4e infanterie légère des bataillons qui sont à Alexandrie et El-Rahmânieh ... et de les tenir prêts à partir demain avec le contre-amiral Ganteaume ..." (Correspondance générale, t.2, lettre 4416).

Le 22 juin 1799 (4 messidor an 7), le Général Bonaparte écrit depuis son Quartier général au Caire, au Général Berthier : "Vous vous voudrez bien, citoyen général, donner l'ordre au chef de la 4e [légère], au 1er bataillon de la 4e, qui est au Caire et à tous les hommes de cette demi-brigade qui se trouvent au Caire ou à la citadelle, de partir le 6 pour se rendre à Rosette.
Vous donnerez l'ordre au commandant de la citadelle de laisser sortir aujourd'hui tous les hommes de cette demi-brigade qui entreront en subsistance dans le 1er bataillon.
Vous préviendrez le chef de brigade que les draps pour le nouvel habillement lui seront délivrés à Alexandrie, où mon intention est que les dépôts de cette demi-brigade soient établis ...
" (Correspondance générale, t.2, lettre 4428).

Le même jour, le Général Bonaparte écrit depuis son Quartier général au Caire, au Général Berthier : "... Le Bataillon de la 4e [légère], qui avait ordre de se rendre à Menouf, restera au Caire jusqu'à nouvel ordre ..." (Correspondance générale, t.2, lettre 4429).

Le 26 juin 1799 (8 messidor an 7), le Général Bonaparte écrit depuis son Quartier général au Caire au Général Marmont : "... Le général Destaing est arrivé à Rahmanieh ; il a mené avec lui un bataillon de la soixante-unième, le général Lanusse y avait envoyé un bataillon de la quatrième.
Le chef de la quatrième est parti avant-hier avec un autre bataillon. Ainsi, il ne manque pas de forces pour faire payer les contributions et dissiper les rassemblemens ...
" (Correspondance inédite et confidentielle de Napoléon, t. 5; Panchoucke : « Oeuvres de Napoléon Bonaparte », 1821-1822, t. 3, p. 80 ; Oeuvres complètes de Napoléon, Stuttgart et Tubingue, 1822, t.3, p. 205 ; Correspondance de Napoléon, t.5, lettre 4220; Correspondance générale, t.2, lettre 4470).

Le 28 juin 1799 (10 messidor an 7), le Général Bonaparte écrit depuis son Quartier général au Caire au Général Destaing : "... Le premier bataillon de la quatrième est parti le 6 à quatre heures après midi du Caire, pour se rendre à Rahmanieh. Si vous êtes parti le 9, comme c'était votre projet, pour remonter votre province, vous vous serez probablement joint à portée de tomber sur le rassemblement de l'ennemi. Le quinzième de dragons et tous les dromadaires disponibles partent cette nuit pour se rendre a Menouf; je donne l'ordre au général Lanusse de se porter au village de .... , et de le brûler, ainsi que le village de Zaïra, après quoi il vous fera passer le quinzième et les dromadaires. Ces secours et les trois bataillons que vous avez, vous mettent à même de soumettre la province de Bahireh ..." (Correspondance inédite et confidentielle de Napoléon, t. 5; Panchoucke : « Oeuvres de Napoléon Bonaparte », 1821-1822, t. 3, p. 85 ; Oeuvres complètes de Napoléon, Stuttgart et Tubingue, 1822, t.3, p. 210 ; Correspondance de Napoléon, t.5, lettre 4226; Correspondance générale, t.2, lettre 4478).

Le 1er juillet 1799 (13 messidor an 7), le Général Bonaparte écrit depuis son Quartier général au Caire au Général Marmont : "... Les Ouadis sont venus me trouver : quoique ces scélérats eussent bien mérité que je profitasse du moment pour les faire fusiller, j'ai pensé qu'il était bon de s'en servir contre la nouvelle tribu, qui paraît décidément être leur ennemie. Ils ont prétendu n'être entrés pour rien dans tous les mouvemens du Bahireh : ils sont partis 5oo des leurs avec le général Murat, qui a 3oo hommes de cavalerie, trois compagnies de grenadiers de la soixante-neuvième, et deux pièces d'artillerie. Je lui ai donné ordre de rester huit ou dix jours dans le Bahireh pour détruire les Arabes et aider le général Destaing soumettre entièrement cette province : mon intention est que tous ces Arabes soient chassés au-delà de Marcouf. Le général Destaing avait reçu auparavant un bataillon de la quatrième, le quinzième de dragons et une compagnie du régiment des dromadaires ..." (Correspondance inédite et confidentielle de Napoléon, t. 5; Panchoucke : « Oeuvres de Napoléon Bonaparte », 1821-1822, t. 3, p. 92 ; Oeuvres complètes de Napoléon, Stuttgart et Tubingue, 1822, t.3, p. 216 ; Correspondance de Napoléon, t.5, lettre 4239).

Le 1er juillet 1799 (13 messidor an 7), le Général Bonaparte écrit depuis son Quartier général au Caire au Général Dugua, commandant la place du Caire : "Les habitants du quartier, dit hôtel Masseneys et Girmy El Eymar, désirent, citoyen général, conserver comme commandant le chef de bataillon Gréau de la 4e demi-brigade [légère]" (Correspondance générale, t.2, lettre 4569).

Le 1er août 1799 (14 thermidor an 7), le Général Bonaparte écrit depuis son Quartier général à Alexandrie, au Général Berthier, Chef de l'Etat-major général de l'Armée d'Orient : "... Le lendemain de la prise du fort d'Aboukir, le général Rampon partira avec toute sa division pour se rendre à El-Rahmânieh, et, le jour d'après, le général Menou suivra avec toute sa division, bien entendu que la 69e et la 4e d'infanterie légère resteront dans l'arrondissement d'Alexandrie ..." (Correspondance générale, t.2, lettre 4662).

Le 2 août 1799 (15 thermidor an 7), le Général Bonaparte fait écrire, depuis son Quartier général à Alexandrie, au Général Menou : "Le général en chef vient de recevoir la lettre par laquelle vous lui apprenez la nouvelle de la reddition d'Aboukir.
... Le général en chef ordonne que vous restiez à Aboukir jusqu'à nouvel ordre avec la 4e demi-brigade d'infanterie légère et le bataillon de la 69e ...
" (Correspondance de Napoléon, t.5, lettre 4325).

Le 2 août 1799 (15 thermidor an 7), le Général Bonaparte, depuis Alexandrie, écrit au Général Menou : "... Dans la journée de demain, il ne vous restera plus qu'un bataillon de la soixante-neuvième, les trois bataillons de la quatrième légère, et différens détachemens d'artillerie; faites sur-le-champ travailler à démolir les deux villages ..." (Correspondance inédite et confidentielle de Napoléon, t. 5; Panchoucke : « Oeuvres de Napoléon Bonaparte », 1821-1822, t. 3, p. 131; Oeuvres complètes de Napoléon, Stuttgart et Tubingue, 1822, t.3, p. 256 ; Correspondance générale, t.2, lettre 4333; Correspondance générale de Napoléon, t.2, lettre 4668).

Le 25 décembre 1799 (4 nivôse an 8), le Général Bonaparte adresse depuis Paris une Proclamation à l'Armée d'Italie : "Soldats ! les circonstances qui me retiennent à la tête du Gouvernement m'empêchent de me trouver au milieu de vous.
Vos besoins sont grands : toutes les mesures sont prises pour y pourvoir.
Les premières qualités du soldat sont la constance et la discipline ; la valeur n'est que la seconde.
Soldats ! plusieurs corps ont quitté leur position; ils ont été sourds à la voix de leurs officiers. La 17e légère est de ce nombre.
Sont-ils donc tous morts les braves de Castiglione, de Rivoli, de Neumarkt ? Ils eussent péri plutô que de quitter leurs drapeaux, et ils eussent ramené leurs jeunes camarades à l'honneur et au devoir.
Soldats ! vos distributions ne vous sont pas régulièrement faites, dites-vous. Qu'eussiez-vous fait si, comme la 4e et 22e légère, la 18e et 32e de ligne, vous vous fussiez trouvés au milieu du désert, sans pain ni eau, mangeant du cheval et du mulet ? La victoire nous donnera du pain, disaient-elles; et vous, vous quittez vos drapeaux !
Soldats d'Italie ! un nouveau général vous commande. Il fut toujours à l'avant-garde dans les plus beaux jours de votre gloire. Entourez-le de votre confiance; il ramènera la victoire dans vos rangs.
Je me ferai rendre un compte journalier de la conduite de tous les corps et spécialement de la 17e légère et de la 63e de ligne. Elles se ressouviendront de la confiance que j'avais en elles !
" (Collection générale et complète des lettres, proclamations, discours de Napoléon, rédigée d'après le Moniteur, publiée par C. Fisher, Leipzig, Graff, 1808-1813, t.1, p. 86; Panchoucke : « Oeuvres de Napoléon Bonaparte », 1821-1822, t. 3, p. 176; Kermoysan « Napoléon, Recueil par ordre chronologique de ses lettres, proclamations, bulletins », Paris, 1853, t.1, p. 354 ; Correspondance de Napoléon, t.6, lettre 4450).

II/ 1800-1805 : DU CONSULAT A L'EMPIRE

a/ 1800

- Egypte

4e Léger Egypte 1801
Fig. 1 Tenue de la fin de la campagne d'Egypte, 1801

En 1800, sous le commandement du chef de brigade Delzons (Alexis-Joseph), la demi-brigade se trouvait encore en Egypte avec l'Armée d'Orient. Kleber, commandant l'Armée d'Orient après le départ de Bonaparte, conscient qu'il ne pourrait tenir encore longtemps, avait signé une convention d'évacuation du corps expéditionnaire français à El Arisch fin Janvier. Et il commençait à l'appliquer quand la duplicité anglo-turque le force à accepter une nouvelle bataille. Il rassemble ses troupes et écrase une armée turque à Héliopolis le 20 Mars. Mais la 4e DB Légère reste en réserve.

Rapport du chef de l'Etat-major de l'armée Menou: "... La nuit du 13 au 14 (germinal), un détachement de la division friant, formé d'une compagnie de carabiniers de la quatrième légère, d'une compagnie de la sixième, d'une compagnie de grenadiers, et d'une de fusiliers de la soixante-quinzième, commandée par l'adjudant-général Almeras, attaqua le quartier cophte, situé au nord de la ville.
Cette colonne pénétra fort avant par la rue qui se prolonge parallèlement à une ancienne muraille d'enceinte, après avoir chassé l'ennemi des maisons et des barricades très multipliées qui défendoient cette issue : elle prit position, sa gauche au mur du rempart, et sa droite à la hauteur de nos postes, sur la place Ezbékyéh. Par ce moyen, les communications s'établirent plus directement d'une extrémité de la ligne à l'autre.
Pendant plus de huit heures de combat les troupes ne durent qu'à leur opiniâtreté dans l'attaque et la défense la conservation de leurs nouveaux postes, que l'ennemi essaya trois fois de reprendre avant d'y renoncer, et après avoir perdu beaucoup de monde. On lui enleva quatre drapeaux. On se fortifia pendant quelques jours de part et d'autres sur différens points, sans cesser de combattre ...
" (Pièces diverses et correspondance relatives aux opérations de l'armée d'Orient en Egypte).

Le Caire est repris aux mains des insurgés et l'Egypte retourne sous le contrôle des Français, avec la Haute Egypte laissée à notre allié Mourad Bey.

- France et Italie

Pendant ce temps en France, pour la campagne future en Italie du Nord avec d'autres détachements des régiments " égyptiens " restés en France, le bataillon de dépôt de la 4e DB Légère participait à la formation d'une des demi-brigades provisoires d'Orient qui allait combattre avec Bonaparte dans l'Armée de Réserve.

Les dépôts des 14 Demi-brigades de l'Armée d'Orient formaient ainsi une division de réserve à Châlon sur Saône, mise sous le commandement du général Chabran.

Le 14 février 1800 (25 pluviôse an 8), Bonaparte écrit depuis Paris au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "... Vous donnerez au général de division Chabran l'ordre de se rendre sur-le-champ à Chalon-sur-Saône,pour prendre le commandement des quatorze bataillons de dépôt de l'armée d'Orient. Le général Chabran les passera en revue et veillera à leur équipement, armement, habillement et recrutement. Ces bataillons resteront cantonnés à Mâcon, Châlon, Seurre et Saint-Jean-de-Losne. Ils seront exercés deux fois par jour à la manoeuvre.
La division commandée par le général Chabran portera le nom de 1re division de l'armée de réserve. Il sera attaché à cette division trois pièces de 8 et un obusier de 6 pouces, servis par l'artillerie légère, deux pièces de 12, quatre de 8 et deux obusiers, servis par l'artillerie à pied. Le général Chabran aura sous ses ordres deux généraux de brigade et un adjudant général. Son quartier général sera à Chalon-sur-Saône. Il ne recevra directement des ordres que du ministre de la guerre.
... Les bataillons des 4e, 21e et 22e légères seront commandés également par un ancien chef de brigade de l'armée d'Italie qui aura fait la campagne d'Italie comme commandant une troupe ...
" (Correspondance de Napoléon, t.6, lettre 4594; Correspondance générale, t.3, lettre 4983).

Le 8 mars 1800 (17 ventôse an 8), Bonaparte écrit depuis Paris au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "Je vois, citoyen ministre, par un état adressé par un aide de camp que j'ai envoyé sur les lieux, qu'on a confondu en un seul bataillon le dépôt de la 4e et de la 21e légère. Ordonnez-en la séparation, mon intention étant que les deux bataillons soient organisés séparément" (Correspondance générale, t.3, lettre 5065).

Situation de la Division Chabran (Bataillons supplémentaires Armée d'Orient à l'Armée de Réserve) le 22 mars 1800 (Infanterie légère) :

Tableau des progrès de l'organisation des dépôts d'infanterie de l'armée d'Orient en bataillons, conformément à l'arrêté des Consuls de la République du 28 frimaire an 8 (19 décembre 1799), depuis le 3 pluviôse (23 janvier 1800) jusqu'au 1er germinal suivant (22 mars 1800).
Numéros des Corps.
Présents sous les armes.
Force actuelle à l'effectif.
Manque au complet.
Observations
4e
117
151
849
Réorganisé; on y a incorporé une compagnie de chasseurs auxiliaires du département de l'Hérault et une autre du département du Gard; ce bataillon est à Mâcon.

Le Général de division, inspecteur général aux revues, P. GAULTIER.

Situation des Corps de l'Armée de réserve arrivés dans leurs cantonnements le 26 germinal (16 avril).
Bataillons d'Infanterie de ligne provenant des Dépôts de l'Armée d'Orient.
Bataillons d'Infanterie légère provenant des Dépôts de la même armée.
4e, 297 présents (effectif inconnu)
Signé : Vignolle ("Extraits des mémoires inédits de Victor").

La division de réserve franchit le Saint Bernard le 26 Mai et on la retrouvait à la prise du fort de Bard le 1er Juin. Durant la bataille de Marengo, le 14 Juin, elle était encore positionnée le long du Pô.

Le même jour en Egypte, Kleber est assassiné. Le commandement échoit au général Menou, bon administrateur, orientophile, mais piètre stratège. Les dissensions au sein de l'Etat-major ne feront qu'envenimer la situation militaire.

Le 21 Août, Bonaparte donne ordre à un bataillon de la 4e Légère et de la 86e de Ligne de quitter la 23e Division Militaire (Corse) pour l'Italie (Correspondance générale, t.3, lettre 5615, adressée depuis Paris à Carnot, Ministre de la Guerre).

Le 5 septembre 1800 (18 fructidor an 8), Bonaparte dicte depuis Paris des notes au Ministre de la Marine, concernant la rentrée sur le continent des troupes stationnées en Corse : "Le bataillon complet de la 4e d'infanterie légère,
Les compagnies de grenadiers de la 80e,
Les hommes de dépôt de la 19e de ligne,
L'escadron du 13e de hussards,
Une compagnie d'artillerie de ligne,
Enfin la 86e, en ayant soin de l'embarquer, bataillon par bataillon.
Le commandant de la division sera le maître de faire son débarquement depuis le golfe de la Spezzia jusqu'à Marseille; le plus près de Gênes sera le mieux.
Ces corps, s'ils débarquent dans le territoire de l'armée d'Italie, enverront un courrier au général, à Milan, qui leur enverra des ordres ...
" (Correspondance de Napoléon, t.6, lettre 5084).

Puis contre ordre, le 21 Octobre : ne laisser en Corse que le 23e d'infanterie légère et le bataillon de la 4e Légère (Correspondance générale, t.3, lettre 5703 - Lettre de Bonaparte adressé depuis Paris au Général Lacuée, Ministre de la Guerre par intérim).

Le 14 décembre 1800 (23 frimaire an 9), Bonaparte adresse depuis Paris au Ministre de la Marine les notes suivantes : "... TOULON.
La Justice et l'Egyptienne, si la marche de l'Egyptienne ne peut pas compromettre la Justice.
Sur chaque frégate 200 hommes et 50 canonniers, deux canons de 4, 2,000 boulets, 3,000 fusils.
BASES DES INSTRUCTIONS POUR TOULON.
écrire confidentiellement au préfet que le Premier Consul met la plus haute importance à faire passer des secours en Egypte; mais que cette expédition doit être extrêmement secrète, et qu'elle doit avoir pour prétexte d'aller chercher des troupes à Ajaccio pour les ramener en France.
En conséquence, les frégates prendront les vivres nécessaires pour les équipages et les passagers et pour une campagne d'Egypte. Les équipages, au moment du départ, seront réduits au strict nécessaire pour se rendre à Ajaccio : c'est là que l'on prendra les troupes qui seront fournies par la 4e demi-brigade légère; c'est là également que l'on prendra les canonniers. On pourra laisser en Corse les marins qui se trouveront de trop. Quand les troupes auront été embarquées, il sera expédié des ordres secrets aux commandants des frégates, pour n'être ouverts qu'après leur arrivée à Ajaccio, et il leur sera enjoint de séjourner en Corse le moins longtemps possible.
Avant le départ de Toulon, on embarquera six ou huit chirurgiens par frégate, sous le prétexte de l'épidémie qui vient d'avoir lieu à Bonifacio, et ils emporteront une caisse de quina, de cantharides et d'émétique, qui sera expédiée de Paris.
MESURES GéNéRALES.
Aussitôt que les frégates pourront mettre à la voile, elles fileront le long des côtes de Sardaigne, en passant hors de vue des îles Saint-Pierre; elles raseront les côtes de Barbarie et, après avoir doublé le cap Bon, elles s'éloigneront le moins possible des côtes d'Afrique.
Les capitaines sont autorisés à entrer à Alexandrie s'ils peuvent échapper aux croisières ennemies, ou bien ils iront mouiller à Damiette. Dans le premier cas, après avoir reçu les réponses du Caire, ils profiteront de la fin de l'hiver pour opérer leur retour. Si la saison n'était plus favorable, ils resteraient dans le port qui leur offrirait le plus de sûreté.
Il sera écrit particulièrement au général commandant en Corse pour le prévenir de cette expédition, afin qu'il prépare les troupes et les objets qui doivent être embarqués, de manière que tout soit prêt à l'arrivée de la division. Ce commandant doit croire que les troupes sont destinées pour revenir en France. Il sera expédié pour cet effet un aviso de Toulon pour la Corse ...
" (Correspondance de Napoléon, t.6, lettre 5219).

Le 15 décembre 1800 (24 frimaire an 9), Bonaparte écrit depuis Paris au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "Vous voudrez bien, citoyen ministre, donner l'ordre au commandant de la 23e division militaire (Ambert. La 23e division est celle de Corse) de réunir le plus tôt possible à Ajaccio 400 hommes de la 4e légère et 100 canonniers, où ils s'embarqueront sur les frégates La Justice et L'Egyptienne, qui doivent incessamment arriver en Corse; vous recommanderez à ce général le plus grand secret ..." (Correspondance générale, t.3, lettre 5834).

A la fin de l'année un corps d'Observation est mis sous le commandement de Murat. Son utilité : rejoindre l'Italie et contrôler le sud de la péninsule en tenant en respect le royaume de Naples et le Pape. Les demi-brigades provisoires d'Orient en font partie.

Au final, à la fin de 1800 et jusqu'à la fin 1801, la 4e Demi-brigade légère est partagée en trois fractions :
- les Bataillons présents en Egypte (qui rentreront en septembre 1801); - un Bataillon en Corse (Chef de Bataillon Martes);
- un bataillon complémentaire en Italie (Chef de Bataillon Réolon).

b/ 1801

Le 8 mars 1801, les Anglais débarquent un corps expéditionnaire en Egypte. Les faibles forces françaises ne peuvent alors les repousser. Les Britanniques marchent sur Alexandrie et le 12 mars, un premier combat à Mandara où participe la 4e Légère les retarde un peu. Mais ceux-ci, entre-temps, se retranchent attendant une contre-offensive plus sérieuse des Français. Ce sera la bataille de Canope, le 21 mars, où les Français s'écrasent contre le camp retranché anglais. Les attaques mal coordonnées échouent malgré le courage des soldats. La 4e DB Légère y fait brigade avec la 18e de Ligne à l'aile gauche de la ligne française.

Après la perte de la bataille, Menou s'enferme dans Alexandrie, attendant d'hypothétiques renforts de France. En Avril 1801, le commandement de la demi brigade passait à Jean-Baptiste-Maximilien-Joseph-Antoine Lecat de Bazancourt : un soldat de vocation qui servait depuis 1775 et s'était illustré en Italie et en Orient.

Les forces françaises sont désormais assiégées dans Alexandrie et au Caire. Belliard et la garnison du Caire peuvent, après une tentative d'offensive infructueuse contre une armée turque, embarquer pour la France le 9 Août. Ils rallieront Marseille. Quant à Menou il doit capituler le 2 Septembre et ses troupes embarqueront pour la France dans les jours suivants.

Les "Egyptiens" de la Demi-brigade retrouvent la France à Toulon, fin Septembre. L'unité avait bien besoin d'être réorganisée après sa quarantaine obligatoire.

Le 24 Novembre 1801 (3 frimaire an 10), le Premier Consul ordonnait de l'envoyer avec la 21e Légère au Puy dans la 19e Division Militaire (Lettre de Bonaparte écrite depuis Paris au Général Berthier, Ministre de la Guerre - Correspondance générale, t.3, lettre 6654). Puis, le 18 Décembre (27 frimaire an 10), de les faire passer par Lyon où elles complèteraient leurs compagnies de carabiniers pour lui servir de garde au palais durant son séjour. On devra leur fournir à cette occasion de nouvelles tenues et des bonnets de grenadiers (lettre de Bonaparte écrite depuis Paris au Général Berthier, Ministre de la Guerre - Correspondance générale, t.3, lettre 6684). C'est que Bonaparte va séjourner dans cette ville pour la Consulte de la République Italienne qui va le nommer Président.

c/ 1802

Le 20 Janvier 1802 (30 nivôse an 10), Bonaparte ordonne à Berthier de faire rejoindre à Montbrison, le bataillon détaché en Corse de la 4e DB Légère (lettre écrite depuis Lyon - Correspondance générale, t.3, lettre 6722). Puis de ne garder comme garnison pour Lyon que 3 compagnies de grenadiers ou de carabiniers des unités de l'ex armée d'Orient dont la 4e DB Légère (lettre en date du 20 janvier 1802 (30 nivôse an 10), écrite par Bonaparte depuis Lyon au Général Berthier, Ministre de la Guerre - Correspondance générale, t.3, lettre 6728). Soit au total 18 Compagnies. Dans sa lettre, Bonaparte donne les consignes suivantes : "Ces compagnies qui seront tirées des corps qui sont dans la 7e division correspondront avec eux pour leur comptabilité, comme s'ils étaient dans la même division.
Au 1er vendémiaire de chaque année, on changera ces grenadiers. Le ministre de la Guerre désignera, soit dans la 7e, soit dans la 18e ou 19e division militaire même, les grenadiers qui devront former la garnison de Lyon.
Il sera sévèrement défendu à ces compagnies de recruter aucun homme à Lyon ; toutes les recrues qui se présenteraient seront envoyées aux corps.
Le général commandant à Lyon
[Duhesme, depuis septembre 1801] classera ces 18 compagnies en 3 bataillons commandés chacun par un chef de bataillon que désignera le ministre dela Guerre. Les chefs de bataillon suivront leurs grenadiers. Toutes les fois qu'un corps partirait de Lyon, ou d'une division voisine, les grenadiers suivront le corps auquel ils appartiennent, et d'autres compagnies les remplaceront.
Cet ordre de choses peut commencer à avoir lieu dès le 20 pluviôse. Il faut recommander au général commandant la place de Lyon de ne faire faire à ces grenadiers qu'un service d'honneur et de haute police, et d'avoir soin que les compagnies soient complétées par leur corps et bien tenues. Il doit y avoir à Lyon, comme à Bordeaux et à Paris, une garde nationale soldée pour faire le service de la basse police
".

Inspection de la 4e Demi-brigade légère à Montbrison par le général Suchet le 11 Floréal an 10 (1er mai 1802)

Tenue : Il y existe de la propreté. Elle ne sera ce qu'elle doit être que lorsque le soldat aura reçu le secours dont il a besoin.
Habilement : La fourniture faite à Lyon est de très mauvaise qualité.
Equipement : N'existe pas. Le corps a besoin d'en recevoir un complet.
Armement : Il est très mauvais. 2 à 300 recrues sont sans armes. Celles qui existent sont tenues proprement.
La classe de sous-officiers étant épuisée, l'inspecteur autorise le chef de brigade à choisir dans tous les rangs les militaires les plus instruits, sauf par lui à en rendre compte au ministre pour en faire des sous-officiers.

Le 27 mai 1802 (7 prairial an 10), Bonaparte écrit depuis Paris au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "Je vois, citoyen ministre, que sur l'état de l'emplacement des troupes du 5 prairial, les chefs de brigades ... des 2e, 4e, 21e et 22e légères ne sont pas nommés. Cependant ces places ne sont pas vacantes ..." (Correspondance générale, t.3, lettre 6917).

Le 28 Juin 1802 (9 messidor an 10), la Demi-brigade doit être dirigée sur Rennes (Lettre de Bonaparte écrite depuis la Malmaison au Général Berthier, Ministre de la Guerre - Correspondance générale, t.3, lettre 6965); "... ces troupes ne se mettront en marche que du 10 au 20 thermidor. Vous aurez soin de les faire marcher à petite journée, et de leur donner de fréquents repose pour qu'ils n'éprouvent point de fatigues. Il est aussi convenable qu'avant leur départ, leur organisation soit complétée de 5 compagnies à 9 ; ce qui doit avoir lieu par l'incorporation des bataillons complémentaires ...
Tous ces mouvements ne se feront que dix jours après avoir reçu l'ordre.
Vous aurez soin que la veille du départ, il soit passé une revue de rigueur qui fasse bien connaître la situation des troupes que vous ferez partir. Vous aurez soin que tous les détachements soient bien réunis avant leur départ, et qu'ils marchent dans le plus grand ordre et par bataillon
".

Le même jour (28 juin 1802 - 9 messidor an 10), Bonaparte écrit depuis la Malmaison au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "... Donnez l'ordre au citoyen Lacroix [Mathieu Lacroix, rapatrié d'Egypte] chef de bataillon à la suite de la 4e légère et qui doit être en ce moment dans son département de se rendre sur-le-champ à Paris ..." (Correspondance générale, t.3, lettre 6968).

Pour la grande parade du 14 Juillet 1802, l'unité envoie une délégation avec son chef de brigade recevoir ses nouveaux drapeaux consulaires (voir articles sur les 7e et 31e Léger). Au moment de la remise des drapeaux, le 1er Consul adresse une allocution aux détachements représentant l'infanterie légère : "Soldats de l'infanterie légère de l'armée française, voilà vos drapeaux ; ils vous serviront toujours de ralliement. Ils seront partout où le Peuple français aura des ennemis à combattre ; ils imprimeront la terreur aux ennemis du Gouvernement, quels qu'ils soient.
Soldats, vous défendrez vos drapeaux ; non, jamais ils ne tomberont au pouvoir des ennemis. Vous jurez d'être prêts à les défendre aux dépens de votre vie !
" (Correspondance de Napoléon, t.7, lettre 6182).

Le 29 Juillet 1802 (10 thermidor an X), les compagnies de carabiniers de la 4e Légère qui se trouvaient toujours à Lyon doivent rejoindre leur unité (lettre de Bonaparte écrite depuis Paris au Général Berthier, Ministre de la Guerre - Correspondance générale, t.3, lettre 7055).

Le 30 août 1802 (12 fructidor an 10), Bonaparte écrit depuis Paris au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "Mon intention, citoyen ministre, est que la 4e demi-brigade légère soit réunie à Rennes. Cette réunion est nécessaire pour organiser ce corps et réformer son esprit" (Correspondance générale, t.3, lettre 7127). Certains cadres de cette unité ont en effet été mêlés à la conspiration des libelles.

d/ 1803-1804

En 1803, la demi-brigade redevenait régiment et le chef de brigade colonel.

L'Etat militaire de l'an 12 (septembre 1803-septembre 1804) nous donne l'encadrement suivant (le 4e Léger est alors stationné à Paris) :

Colonel : de Bazancourt
Chefs de bataillon : Stieler, Lanten et Charras
Quartier Maitre trésorier : Folloppe
Adjudants major : Raincelin et Allier
Chirurgiens majors : Beaufils, Robert et Merle

Le 29 août 1803 (11 fructidor an 11), Bonaparte écrit depuis Saint-Cloud au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "Je vous prie, citoyen ministre, de donner ordre ... A la 47e demi-brigade de ligne qui est à Rennes de remplacer dans ses stations la 4e légère, et vous donnerez l'ordre à la 4e légère de réunir tous ses détachements et de se rendre à Paris en passant par Avranches, Vire, Argentan, L'Aigle, Dreux et Paris" (Correspondance générale, t.4, lettre 7974).

Le 26 novembre 1803 (4 frimaire an 12), Bonaparte écrit depuis Paris au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "Je vous prie, Citoyen Ministre, de donner ordre qu'il soit formé quatre corps d'éclaireurs : un à Alençon, un à Nogent-le-Rotrou, un au Mans et l'autre à Mayenne.
Ces quatre corps seront sous les ordres du général Lagrange, inspecteur général de gendarmerie, qui se rendra à cet effet à Alençon.
Le corps d'éclaireurs de Nogent-le-Rotrou sera commandé par le colonel Lhuillier, de la Garde ...
Celui de Nogent-le-Rotrou sera composé de 25 gendarmes, d'une compagnie de 60 hommes à cheval du 9e régiment de dragons, et de deux compagnies du 4e régiment d'infanterie légère, fortes de 65 hommes chacune au moins; total, 215 hommes ...
Le général Lagrange sera autorisé, en sa qualité de général de gendarmerie, à faire toutes les dispositions qu'il jugera convenables; il appellera, des légions de gendarmerie, quelques piquets pour aider à ses opérations, lorsque cela sera nécessaire.
Il doit tenir ces quatre corps perpétuellement en marche, cerner les bois, villages et tous les lieux où la compagnie de brigands qui a arrêté deux diligences et a paru, il y a un mois, près de Mayenne, pourrait se retrouver, et les exterminer.
Je ne doute pas que les malveillants ne profitent du prétexte de la conscription pour agiter ces départements. Le général Lagrange se portera partout où il y aurait du trouble; il se concertera avec les préfets, les maires, les évêques, les curés, lesprésidents des assemblées cantonales, et enfin tous les hommes marquants et attachés au Gouvernement, afin de parvenir à faire une justice exemplaire des auteurs de ce commencement de brigandage.
Vous lui ordonnerez de correspondre tous les jours avec vous; il sera traité comme le général Gouvion.
En sa qualité de général de gendarmerie, il se portera partout, ne respectera aucune limite de division, ni de département, et suivra lui-même, avec ses colonnes d'éclaireurs, les brigands partout où ils pourraient se réfugier
" (Correspondance de Napoléon, t.9, lettre 7330; Correspondance générale, t.4, lettre 8336).

En 1803, l'Angleterre avait rompu la Paix d'Amiens. Bonaparte réalisait en retour une vaste concentration de ses troupes dans des camps, sur les côtes, en vue d'une invasion chez l'adversaire. Les préparatifs duraient déjà depuis de nombreux mois, sans le régiment, quand le 4e Léger fut réquisitionné pour y participer.

Le 13 Mars 1804, Bonaparte décide de former au sein de chaque bataillon d'infanterie légère une compagnie de voltigeurs. Le régiment va former les siennes progressivement.

Le 20 mars 1804 (29 ventôse an 12), Bonaparte écrit depuis La Malmaison, au Général Murat, Gouverneur de la ville de Paris de réunir une Commission chargée de statuer sur le sort du Duc d'Enghien; parmi les membres de cette commission est désigné le Colonel Jean-Baptiste Lecat de Bazancourt (Correspondance générale, t.4, lettre 8751). C'est ainsi que le colonel de Bazancourt se retrouvait nommé juge pour le procès expéditif du duc d'Enghien le 21 Mars 1804, par Murat, commandant la garnison de Paris.

Le 31 mars 1804 (10 germinal an 12), Bonaparte écrit depuis La Malmaison au Général Berthier : "Je désire, Citoyen Ministre, que vous fassiez témoigner ma satisfaction au 18e de ligne, aux détachements des 32e, 96e, 4e léger, au 1er de cuirassiers, aux détachements des 11e de cuirassiers, 8e et 27e de dragons qui ont fait le service extraordinaire des barrières.
Vous leur ferez donner un demi-mois de solde en gratification, sans que cette dépense puisse passer 60,000 francs. Ces quinze jours de gratification seront du traitement ordinaire des troupes sans y comprendre le supplément qu'elles ont à Paris. Il est inutile de donner aucune publicité à cette mesure
" (Correspondance de Napoléon, t.9, lettre 7657; Correspondance générale, t.4, lettre 8771).

Le 28 avril 1804 (8 floréal an 12), Bonaparte écrit depuis Saint-Cloud au Général Berthier : "Ce qui me porte, Citoyen Ministre, à beaucoup me méfier de l'exactitude de l'état de situation du 15 germinal, indépendamment de l'observation que je vous ai faite sur le 9e régiment de ligne, qui, certainement, n'est pas de 2,900 hommes, c'est que je vois à Paris le 4e d'infanterie légère porté à 1,608 hommes présents et 254 aux hôpitaux; le bataillon d'élite est porté comme déduit, ce qui ferait 2,400 hommes : il y a erreur. Vous sentez cependant combien il est important que les états qui me sont remis ne contiennent pas d'erreurs de cette espèce. Il faut faire en sorte de ne me donner que des résultats sûrs. On doit s'être aperçu que je lis ces états de situation avec autant de goût qu'un livre de littérature. Faites-moi remettre un état où la situation de chaque corps soit vérifiée" (Correspondance de Napoléon, t.9, lettre 7727; Correspondance générale, t.4, lettre 8847).

Le 23 juin 1804 (4 messidor an 12), Napoléon écrit depuis Saint-Cloud à Estève, Trésorier général de la Maison impériale : "Monsieur Estève, je désire que vous fassiez remettre :
dix mille francs au colonel du 4e régiment d'infanterie légère ...
" (Correspondance générale, t.4, lettre 8950).

Le 5 novembre 1804, Napoléon ordonne depuis Saint-Cloud au Général Dejean, Ministre directeur de l'Administration de la Guerre, que la 4e Légère et le 18e de Ligne soient habillés à neuf; il doit leur accorder le supplément de masse qui leur est nécessaire. C'est que, stationnant à Paris, ils vont assurer la sécurité et le prestige de l'Empereur pour les fêtes du couronnement, avant et après la cérémonie du 2 décembre (Correspondance générale, t.4, lettre 9398). Le même jour (5 novembre 1804 - 14 brumaire an 13), Napoléon écrit depuis Saint-Cloud au Maréchal Murat, Gouverneur de Paris : "Monsieur mon beau-frère et cousin, j'ai donné ordre au ministre de l'Administration de la guerre de faire toucher un supplément de masse au 4e régiment d'infanterie légère et au 18e de ligne pour les habiller à neuf à l'époque du couronnement. Mon intention est que les officiers de ces régiments, ainsi que ceux du 1er de cuirassiers, reçoivent une gratification d'un mois d'appointements; faites en faire l'état par l'inspecteur aux revues, sans le divulguer, pour ne point exciter de réclamations" (Correspondance générale, t.4, lettre 9402).

Le 10 novembre 1804 (19 brumaire an 13), Napoléon écrit depuis Saint-Cloud à Fouché, Ministre de la Police générale : "Monsieur Fouché, ministre de la Police générale, mon intention est que vous fassiez payer sur les fonds secrets de la police les vingt-neuf mille huit cent cinquante-cinq francs portés dans l'état ci-joint, un mois de solde que mon intention est d'accorder en forme de gratification, aux trois corps qui sont à Paris. Ces paiements seront faits directement aux trois quartiers-maîtres de ces corps" (Correspondance générale, t.4, lettre 9409).

A la fin 1804, le régiment recevait ses nouvelles Aigle et drapeau impériaux.

III/ LES CAMPAGNES DE 1805-1806

Carabinier 4e Léger 1805
Fig. 2 Carabinier en 1805, d'après Bucquoy

Ce n'est donc qu'au début de 1805 que se forme une nouvelle division d'infanterie de réserve (4e Léger, 58e de Ligne, 100e de Ligne, 103e de Ligne) sous les ordres du général Gazan qui devait servir un corps d'avant-garde dont le QG est à Lille.

Le 27 Février (8 ventôse an XIII) précèdent, Napoléon a adressé depuis Paris une note pour les Ministres de la Guerre et de l'Administration de la Guerre, dans laquelle il écrit : "Le 3e bataillon du 18e de ligne, le 3e bataillon du 4e d'infanterie légère et le 4e escadron du 27e de dragons, seront habillés selon les nouveaux modèles, au plus tard, avant le premier dimanche de Floréal. On aura soin de rendre la veste plus jolie, afin que l'été le soldat puisse rester sans habit et se trouver encore agréablement vêtu.
Les deux premiers bataillons et les trois premiers escadrons resteront disponibles et habillés en entier suivant l'ancienne ordonnance
" (Correspondance de Napoléon, t.10, lettre 8368 ; Correspondance générale de Napoléon, t.5, lettre 9604).

La division Gazan, avec celle des fameux grenadiers d'Oudinot, est mise sous le commandement du maréchal Lannes le 22 mars 1805 et participe à la formation du 4e Corps de l'Armée des Côtes de l'Océan. Elle se positionne à Vimereux.

Le 8 mai 1805 (18 floréal an 13), Napoléon écrit depuis Pavie au Maréchal Berthier, Ministre de la Guerre, Major général des camps : "... Le 2e régiment d'infanterie légère remplacera à Pavie le 4e d'infanterie légère. Vous ferez nommer un commissaire des guerres, et les agents d'administration nécessaires pour l'organisation de cette division. Vous nommerez deux généraux de brigade, un adjudant commandant, deux chefs d'état-major, et les officiers d'artillerie et de génie nécessaires. Prévenez ces régiments de leur destination. Le 4e d'infanterie légère ne partira que le 15 prairial, afin qu'il ait le temps de se préparer et de se mettre en état" (Correspondance générale de Napoléon, t.5, lettre 9990).

Le 4 juin 1805 (15 prairial an 13), Napoléon écrit depuis Milan au Maréchal Berthier, Ministre de la Guerre, Major général des camps : "Mon cousin, le corps des grenadiers de la réserve ne sera composé que de cinq régiments. Le bataillon d'élite du 31e régiment d'infanterie légère remplacera le bataillon du 4e d'infanterie légère qui est dans le 3e régiment, de manière que ce corps composé de 10 bataillons formera une présence sous les armes de 7 à 8 000 hommes ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.5, lettre 10201).

Le 31 août 1805 (13 fructidor an 13), Napoléon écrit depuis Pont-de-Briques, au Maréchal Berthier, Ministre de la Guerre, Major général de la Grande Armée : "En conséquence des différents mouvements que j'ai faits avant-hier, les 17e légère, 26e, manque d'un chef de bataillon ... Mon intention est que vous me présentiez ... [pour] être chef de bataillon [pour le] 26e légère un capitaine du 4e d'infanterie légère ... Présentez-moi le plus tôt possible [ces nominations].
[Je vous] recommande de me présenter des capitaines ayant six [ans] de grade [et fait la] guerre avec distinction, instruits. Vous sentez que dans le moment où se trouve l'armée [il faut que] ces nominations me soient présentées de suite. Prenez donc les renseignements nécessaires
" (Correspondance générale de Napoléon, t.5, lettre 10713).

Le 19 Septembre, les Autrichiens ont attaqué la Bavière alliée de la France et se sont installées à Ulm.

Ayant baptisé ses forces : "Grande Armée", et les ayant concentré sur la rive gauche du Rhin, Napoléon les lance sur le centre Europe. Le Corps d'Armée de Lannes, désormais 5e Corps, passe le Rhin à Strasbourg. Trois bataillons du 4e Léger en font partie.

Napoléon, par une manœuvre rapide, porte son armée sur le Danube entre les Autrichiens établis à Ulm et les Russes qui venaient à leur secours.

Le 7 Octobre à Ahlen, la division Gazan est chargée de couvrir les débouchés dans la direction d'Ulm. Le passage du Danube est effectué à Donnauwörth et la division Gazan est détachée au 6e Corps de Ney qui reste sur la rive gauche. Tandis que le reste des forces de Lannes vont se battre à Wertingen avec Murat.

Puis Napoléon resserre l'étau autour d'Ulm et les forces du général Mack sont obligées de capituler le 19 Octobre. Les autrichiens vaincus, Napoléon lance aussitôt son armée à la rencontre de l'armée russe qui est divisée en 2 masses.

L'Empereur décide de marcher sur Vienne et d'affronter les forces de Koutouzov regroupées autour de Braunau et qui reculent sur la capitale autrichienne. Dans cette marche sur Vienne, la division Gazan est de nouveau détachée du 5e Corps et placé sur la rive gauche du Danube avec la division Dupont sous les ordres du Maréchal Mortier.

Les Russes battus à Amstetten par Lannes et Murat traversent le Danube à Krems dont ils détruisirent le pont. Murat au lieu de les poursuivre à outrance préférait bifurquer pour s'emparer de Vienne, laissant les forces de Mortier en fâcheuse posture. S'apercevant que le Maréchal Mortier était isolé sur la rive gauche, les Russes résolurent de l'attaquer.

Chasseur du 4e Léger en tenue de sortie 1805
Fig. 3 Chasseur du 4e Léger en tenue de sortie, 1805

Le 10 novembre, la division Gazan, qui tenait la tête de la colonne bien en avant de la division Dupont, rencontra un corps de 40000 russes à Dirnstein (ou Dürrenstein). Mais on se trompait encore sur les effectifs ennemis. Sans attendre l'arrivée de Dupont, Gazan engage la lutte. Il s'avance jusqu'à un village nommé Stein situé en avant de Dirstein. Les positions enlevées, on crut pouvoir se reposer, mais le lendemain matin la lutte recommence. Le 4e Léger déployé en tirailleurs fait des prodiges de valeur. On bloque un temps la progression russe. Une charge du 4e Dragons est repoussée par l'ennemi.

15000 russes ayant tourné la division et occupant en partie Dirstein sur les arrières, le péril était extrême. Entouré de partout, la division Gazan semble perdue. Le Maréchal Mortier la forme alors en colonnes serrées et ordonne de rétrograder sur Dirstein, en se faisant jour à la baïonnette. La colonne s'ébranle, le 4e Léger en tête ; le maréchal, l'épée à la main, excite les soldats ; plutôt mourir que de se rendre. Il veut évacuer ses hommes par le fleuve grâce à une petite flottille.

Tout à coup vers 16 heures, on entend une vive fusillade de l'autre côté de Dirstein : c'était la division Dupont qui arrivait enfin sur le théâtre du combat. Les deux divisions entrent en même temps dans Dirstein, se rejoignant ainsi à travers l'ennemi sur le champ de bataille.

La situation reste très confuse dans Dirnstein quand la nuit tombe : Mortier a pu repasser le fleuve et Gazan, avec la nuit, à rallier Spitz. Les Russes lâchent prise mais ils ont fait subir de très lourdes pertes aux Français et ont gagné du temps pour que leurs forces se réunissent.

Le général Dumonceau, dans ses mémoires, raconte sa rencontre avec le corps de Mortier après le combat : "Les divisions Gazan et Dupont nous rejoignirent avec le maréchal, en pleine retraite, précédées des prisonniers russes et de nombreux blessés, couverts de sang, mal pansés, se trainant avec peine et faisant pitié à voir. Ces divisions avaient fait de grandes pertes dont les généraux paraissaient être péniblement affectés….. ".

Le lendemain, Napoléon, par un ordre du jour, témoignait sa satisfaction aux troupes du maréchal Mortier pour leur courage. Mais la division Gazan y avait perdu la moitié de son effectif. Le 4e Léger comptait 728 prisonniers et blessés et ses effectifs ne se montaient plus qu'à peine 500 hommes ! De très nombreux officiers sont blessés ou tués.

Le 22e Bulletin de la Grande Armée, écrit à Saint-Poelten, le 13 novembre 1805 (22 brumaire an 14), raconte : "… Le 20, à la pointe du jour, le maréchal Mortier, à la tête de six bataillons, s'est porté sur Stein. Il croyait y trouver une arrière-garde, mais toute l'armée russe y était encore, ses bagages n'ayant pas filé. Alors s'est engagé le combat de Durrenstein, à jamais mémorable dans les annales militaires. Depuis six heures du matin jusqu'à quatre heures de l'aprèsmidi, ces 4,000 braves firent tête à l'armée russe et mirent en déroute tout ce qui leur fut opposé.
Maîtres du village de Loiben, ils croyaient la journée finie ; mais l'ennemi, irrité d'avoir perdu dix drapeaux, six pièces de canon, 900 hommes faits prisonniers et 2,000 hommes tués, avait dirigé deux colonnes par des gorges difficiles pour tourner les Français. Aussitôt que le maréchal Mortier s'aperçut de cette manoeuvre, il marcha droit aux troupes qui l'avaient tourné et se fit jour au travers des lignes de l'ennemi, dans l'instant même où le 9e régiment d'infanterie légère et le 32e d'infanterie de ligne, ayant chargé un autre corps russe, avaient mis ce corps en déroute, après lui avoir pris deux drapeaux et 400 hommes.
Cette journée a été une journée de massacre ; des monceaux de cadavres couvraient un champ de bataille étroit. Plus de 4,000 Russes ont été tués ou blessés ; 1,300 ont été faits prisonniers. Parmi ces derniers se trouvent deux colonels.
De notre côté, la perte a été considérable. Le 4e et le 9e d'infanterie légère ont le plus souffert. Les colonels du 100e et du 103e ont été légèrement blessés. Le colonel Watier, du 4e régiment de dragons, a été tué. Sa Majesté l'avait choisi pour l'un de ses écuyers : c'était un officier d'une grande valeur ; malgré les difficultés du terrain, il était parvenu à faire contre une colonne russe une charge très-brillante ; mais il fut atteint d'une balle et trouva la mort dans la mêlée …
" (Panchoucke : « Oeuvres de Napoléon Bonaparte », 1821-1822, t. 3, p. 473 ; Correspondance de Napoléon, t.11, lettres 9476).

Le 23e Bulletin, rédigé le lendemain (14 novembre 1805 - 23 brumaire an 14) au Château de Schoenbrunn relate à nouveau l'affaire : "Au combat de Dürrenstein, où 4,000 Français attaqueé, dans la journée du 20, par 25 à 30,000 Russes ont gardé leurs positions, tué à l'ennemi 3 à 4,000 hommes, enlevé des drapeaux et fait 1,300 prisonniers, les 4e et 9e régiments d'infanterie légère et les 100e et 32e régiments d'infanterie de ligne se sont couverts de gloire. Le général Gazan y a montré beaucoup de valeur et de conduite …" (Panchoucke : « Oeuvres de Napoléon Bonaparte », 1821-1822, t. 3, p. 476 ; Correspondance de Napoléon, t.11, lettres 9483).

L'ordre du jour, daté du Quartier impérial de Vienne, le 14 novembre 1805 (23 brumaire an 14) déclare : "L'empereur témoigne sa satisfaction au 4e régiment d'infanterie légère, au 32e de ligne, pour l'intrépidité qu'ils ont montrée au combat de Diernstein, où leur fermeté à conserver la position qu'ils occupaient a forcé l'ennemi à quitter celle qu'il avait sur le Danube …" (Panchoucke : « Oeuvres de Napoléon Bonaparte », 1821-1822, t. 3, p. 478).

A la suite de ce combat, le Colonel Bazancourt du 4e Léger fut nommé Commandeur de la Légion d'Honneur et le Major Guyardet, blessé sur le champ de bataille, colonel du 13e de Ligne.

Pendant qu'il continuait à marcher contre l'armée russe, Napoléon confia la garde de Vienne aux divisions Dupont et Gazan afin qu'elles puissent s'y refaire de leurs blessures. Elles ne virent donc pas à la fin de l'année la victoire d'Austerlitz.

La perte probable d'une Aigle du 4e Léger à Dürrenstein

Dans ce combat de Durrenstein, les Russes s'emparèrent de 2 Aigles : une surmontant un étendard (du 4e Dragons) et l'autre un drapeau brisé. Or, les rapports fait à l'Empereur après le combat parlent de la perte de 3 Aigles et 5 canons. Le 4e Léger avait en campagne une Aigle pour chacun de ses bataillons donc 3 sur le lieu du combat. Une de ses Aigles fut vraisemblablement jetée dans le Danube pour éviter d'être capturée.

Le général Graindorge qui commandait la 1ère brigade de la division Gazan (4e Léger et 100e de Ligne) essayait de traverser le fleuve sur une barque avec des officiers et un drapeau quand il fut capturé par les Russes. Ceux-ci ne parlant pas à cette occasion de la prise d'un drapeau, celui-ci dut être jeté dans le fleuve. Or les drapeaux du 100e de Ligne avaient été sauvés lors de la percée menée par le major Henriod du 1er bataillon du 100e de Ligne.

Le 14 décembre 1805 (23 frimaire an 14), Napoléon écrit depuis Schönbrunn, au Maréchal Berthier, Ministre de la Guerre, Major général de la Grande Armée : "Mon cousin, ... Le 4e régiment d'infanterie légère, lorsqu'il aura escorté les prisonniers jusqu'à Strasbourg, reviendra à Augsbourg, son dépôt l'y suivra et les conscrits destinés à ce corps y seront dirigés directement à Augsbourg. C'est dans cette place que sera formé ce régiment.
Vous donnerez l'ordre au maréchal Kellermann de distraire de la 4e division de l'armée du Nord le détachement de 189 hommes du 4e régiment d'infanterie légère ...
" (Brotonne L. « Lettres inédites de Napoléon Ier », Paris, 1898, lettre 116 ; Correspondance générale de Napoléon, t.5, lettre 11179).

Le 19 janvier 1806, Napoléon écrit depuis Stuttgart, au Maréchal Berthier, Major général de la Grande Armée : "... Il y a aussi à Augsbourg des détachements du 4e régiment d'infanterie légère; envoyez-les à Strasbourg, où vous ferez réunir ce régiment" (Correspondance de Napoléon, t.11, lettres 9677 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 11294).

Le 19 janvier 1806, Napoléon écrit depuis Strasbourg, au Maréchal Kellermann, Commandant du 3e Corps de Réserve sur le Rhin : "... Donnez ordre au 4e léger de se rendre à Metz. Donnez ordre à Metz qu'on retienne tous les conscrits du dépôt général qui passaient par cette ville, jusqu'à la concurrence de 500 hommes qui serviront à compléter ce régiment ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 11329).

IV/ LES CAMPAGNES DE 1806 A 1807

Carte de la campagne de 1807

Voltigeur 4e Léger 1805-1806 d'après Martinet
Voltigeur 4e Léger 1807
Fig. 3bis Voltigeur du 4e Léger en 1805-1806, d'après Martinet
Fig. 4 Voltigeur en 1807

A son retour de la campagne de 1805, le 4e Léger vint tenir garnison à Paris.

Le 20 juin 1806, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Dejean, Ministre directeur de l'Administration de la Guerre : "Monsieur Dejean, donnez ordre au 4e régiment d'infanterie légère qui est à Metz, et au 32e qui est à Düsseldorf de se rendre à Paris.
Donnez également ordre aux 3es bataillons et aux dépôts, ainsi qu'aux détachements de ces corps qui pourraient se trouver dans la réserve du maréchal Lefebvre de se mettre en marche pour Paris
" (Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12325).

Le 31 juillet 1806, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Dejean, Ministre directeur de l'Administration de la Guerre : "Monsieur Dejean, le 4e régiment d'infanterie légère est à Paris. Il a trois mille hommes à l'effectif. Il a reçu cette année un grand nombre de conscrits. Il a 1200 hommes qui ne sont pas habillés. Veuillez lui donner les moyens nécessaires pour son habillement. Nommez le conseiller d'état Lacuée pour en passer la revue" (Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12622).

Le 10 août 1806, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Dejean, Ministre directeur de l'Administration de la Guerre : "Monsieur Dejean, je voudrais faire camper autour de Paris les 2e, 4e, 12e et 58e régiments formant à peu près douze bataillons, depuis le 15 août jusqu'au 1er octobre afin de bien reformer à la discipline ces quatre régiments. Faites-moi connaître si vous en avez les moyens et quelle dépense cela me fera" (Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12691).

Le même jour (10 août 1806), Napoléon écrit depuis Saint-Cloud, au Général Junot, Gouverneur de Paris : "Mon intention est de réunir autour de Paris, dans un seul camp, les 2e, 4e et 12e d'infanterie légère et le 58e d'infanterie de ligne, formant douze bataillons et près de 9,000 hommes. Je désire qu'il y ait campés avec eux un général de brigade et un adjudant commandant, pour les exercer et soigner leur instruction.
Le camp sera dressé le 16 août et durera jusqu'au 1er octobre. Faites-moi connaître le général qu'on pourrait charger du commandement de ce camp, ainsi que le lieu où l'on pourrait le placer
" (Correspondance de Napoléon, t.13, lettres 10631 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12695).

Le 14 août 1806, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Dejean, Ministre directeur de l'Administration de la Guerre : "Monsieur Dejean, donnez ordre que le 18 août, les 2e et 12e régiment d'infanterie légère campent sur les hauteurs de Meudon et les 4e légère et 58e de ligne, le 20. Ce camp sera sous les ordres du gouverneur de Paris et sous le commandement du général Macon qui y campera, ainsi que les colonels et tous les officiers.
Vous ferez mettre à ce camp une compagnie d'artillerie à pied avec quatre ou six pièces afin qu'on puisse manoeuvrer. Vous prendrez les mesures nécessaires pour que ce camp dure jusqu'au 20 septembre
" (Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12715).

Le même jour (14 août 1806), Napoléon écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Junot, Gouverneur de Paris : "Mon intention est que les 2e, 4e, 12e et 58e campent sur les hauteurs de Meudon, afin que l'air soit saint. Il y a là de très belles plaines où la récolte doit être faite. Faites reconnaître le camp" (Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12719).

Le 4e resta à Paris jusqu'au mois de septembre 1806, époque où il fut appelé à Mayence pour faire partie du 8e Corps de l'armée destinée à agir contre la Prusse et la Russie. Le 19 septembre 1806, l'Empereur écrit au Général Dejean, Ministre directeur de l'Administration de la Guerre : "Monsieur Dejean, donnez ordre au gouverneur de Paris de former le 2e régiment d'infanterie légère à deux bataillons bien complets de 1,000 hommes chacun, si cela est possible ; de faire la même chose pour les 4e et 12e régiments d'infanterie légère, et de faire partir ces bataillons : ... ceux du 4e, un bataillon par la route de Meaux, et un bataillon par la route de Dammartin.
Les deux bataillons du 4e partiront le 22. Faites partir ces troupes par les relais établis pour le transport de ma Garde ...
" (Correspondance de Napoléon, t.13, lettres 10825 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12984).

Napoléon ordonnait donc au gouverneur militaire de Paris de reconditionner 2 bataillons du 4e Léger et de les faire partir pour l'Allemagne par Meaux. Le régiment était toujours sous les ordres du Colonel Bazancourt.

Le 22 septembre 1806, l'Empereur écrit depuis Saint-Cloud, au Général Dejean, Ministre Directeur de l'Administration de la Guerre : "Monsieur Dejean, il sera formé un 8e corps de la Grande Armée composé de divisions. Ce corps se réunira à Mayence. Les deux généraux commandant ces divisions seront les généraux Lagrange et Dupas. L'adjudant commandant Cortez sera attaché à la division du général Dupas ; l’adjudant-commandant Dalancourt sera attaché à celle du général Lagrange. Les généraux de brigade Veaux, La Val et Desenfans seront sous les ordres du général Lagrange. Les généraux de brigade Buget et Schramm seront sous les ordres du général Dupas. La division du général Lagrange sera composée des 4e et 12e d'infanterie légère ; du 1er régiment de légère (sic) et du 1er d'infanterie légère italien ... Chacune de ces deux divisions aura huit pièces d'artillerie …" (Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 13071).

Le 28 septembre 1806, l'Empereur écrit, depuis Mayence, au Général Dejean, Ministre Directeur de l’Administration de la Guerre : "Monsieur Dejean, faites partir sans délai un officier, un sergent-major, deux sergents, quatre caporaux et 200 hommes du 32e pour Mayence où ils recevront des ordres pour rejoindre leurs régiments. Faites partir également 100 hommes des 2e, 12e et 4e d'infanterie légère. Ce détachement de 500 hommes vous le ferez partir sous les ordres d'un officier supérieur pour Mayence où ils recevront de nouveaux ordres ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 13115).

Le 1er octobre 1806, l'Empereur écrit, depuis Mayence, au Maréchal Mortier : "Mon Cousin, je vous ai nommé au commandement du 8e corps de la Grande Armée ... Le 8e corps de la Grande Armée doit être composé de deux divisions, commandées l'une par le général Dupas et l'autre par le général Lagrange ... Les régiments composant le 8e corps d'armée sont le 2e, le 4e et le 12e d'infanterie légère. Le 2e et le 4e arriveront à Worms le 8 et le 9 octobre. Prenez les mesures nécessaires pour qu'ils y trouvent des bateaux qui les transportent à Mayence ... Aussitôt que vous aurez plus de 5,000 hommes et neuf pièces de canon attelées, vous pourrez vous porter à Francfort. Vous trouverez ci-joint une instruction qui vous servira de guide en cas d'événement ..." (Correspondance de Napoléon, t.13, lettres 10925 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 13188).

Le 1er octobre 1806 encore, depuis Mayence, Napoléon écrit dans une première lettre, au Général Kellermann : "... Le 2e et le 4e d'infanterie légère seront à Worms l'un le 8 et l'autre le 9 octobre, prenez des mesures pour qu'ils trouvent des bateaux à Worms qui les transporte à Mayence ... Le 2e régiment d'infanterie légère, le 4e et le 12e qui arrivent par Bingen, et l’artillerie qu'on prépare à Mayence pour le 8e corps de la Grande Armée se tiendront prêts, sous les ordres du général de division Dupas, à partir pour prendre position à Francfort. J’enverrai l'ordre du départ, il faut que cette division soit prête à quitter Mayence du 10 au 12 octobre..." (Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 13186).

Puis, le même jour, toujours depuis Mayence, dans une deuxième lettre : "Mon cousin, j’ai donné le commandement du 8e corps de la Grande Armée au maréchal de l’Empire Mortier. Ce corps doit se réunir à Mayence. Il doit être composé des 2e, 4e et 12e régiments d’infanterie légère, du 58e régiment de ligne et de deux régiments italiens qui sont partis de Paris et d'Orléans pour se rendre ici, du 4e de dragons et du 26e régiment de chasseurs. Ce corps d'armée formera deux divisions, il aura 18 pièces d’artillerie attelées et 24 caissons des transports militaires. Deux compagnies d'artillerie ont dû être envoyées de Strasbourg pour ces pièces, et une compagnie d'artillerie à cheval est en marche de l'intérieur. J'ai ordonné au maréchal Mortier de se porter sur Francfort et d'occuper ce poste dès qu'il aura 6 000 hommes réunis et 9 pièces de canon attelées. Il aura pour objet de protéger Mayence. Je me réserve d'ailleurs de lui faire passer des ordres que les circonstances me mettront dans le cas de lui donner. Il est convenable que la totalité des troupes du 8e corps d'armée soit entièrement à la disposition du maréchal Mortier" (Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 13185).

Le 4e Léger retrouve donc le maréchal Mortier à qui on confiait en Octobre le 8e Corps d'Armée. Le même jour, l'Empereur écrit, depuis Mayence, au Maréchal Berthier, Major général de la Grande Armée : "Mon Cousin, je partirai ce soir à neuf heures. Je serai à Aschaffenburg demain matin vers six ou sept heures, et probablement avant six heures du soir à Wiirzburg. J'ai nommé le maréchal Mortier commandant le 8e corps d'armée, qui sera composé des 2e, 4e et 12e régiments d'infanterie légère, du 58e de ligne, des deux régiments italiens, du 4e de dragons et du 26e de chasseurs, de dix-huit pièces d'artillerie attelées et de vingt-quatre caissons" (Correspondance de Napoléon, t.13, lettres 10929 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 13173).

Ce corps ne prit pas part aux premières opérations de la campagne. Il ne partit, on effet, de Mayence qu'après les victoires d'Iéna et d'Auerstaedt qui virent le quasi anéantissement de l'armée prussienne.

Le 22 octobre 1806, l'Empereur écrit depuis Dessau au Général Junot, Gouverneur de Paris : "Je reçois votre lettre du 14. Je vois avec plaisir que vous vous occupez de l'instruction et de l'administration des régiments que je vous ai laissés ... Vous ne m'avez pas envoyé l'état de situation des 2e, 4e et 12e régiments d'infanterie légère" (Correspondance de Napoléon, t.13, lettres 11050 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 13306).

Le 25 octobre 1806, Napoléon écrit depuis Potsdam, au Général Dejean, Ministre Directeur de l’Administration de la guerre : "Monsieur Dejean, faites partir au 6 novembre 120 hommes du 14e de ligne, 120 du 12e légère, 120 du 2e légère, 120 du 4e légère, 120 du 25e légère, 120 du 64e, 120 du 108e, 120 du 48e, 120 du 13e légère et 120 du 32e, commandé chaque détachement par un officier, deux sergents, deux caporaux avec deux tambours. Ces détachements se dirigeront sur Mayence, Erfurt, Wittenberg et Berlin..." (Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 13332).

Le 30 octobre 1806, depuis Berlin, Napoléon écrit au Général Dejean, Ministre Directeur de l'Administration de la Guerre : "Monsieur Dejean ... Faites partir le 4 novembre de Paris ... 400 hommes du 4e légère ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 13374).

Le 4e Léger fut d'abord chargé d'occuper la Hesse et de désarmer l'armée hessoise. On entra donc dans Cassel le 1er Novembre. Les restes des forces prussiennes s'étaient réfugiés dans les forteresses de l'Allemagne du Nord et attendaient l'appui de leur allié russe qui s'était positionné sur la Vistule.

Napoléon ayant décidé de marcher vers la Pologne contre l'armée russe, et de franchir la Vistule, le 8e Corps est chargé d'entrer en Hanovre avec mission de gagner Berlin et la Prusse, de garder le pays entre Elbe et Oder et d'observer la Poméranie suédoise où les Anglais et les Suédois pouvaient combiner une expédition. Ainsi, le 4 novembre 1806, depuis Berlin, l'Empereur écrit au Roi de Hollande : "Mon Frère, le maréchal Mortier se range sous vos ordres, et vous commandez en chef dans le Hanovre et les villes hanséatiques. Je suppose qu'au plus tard le 10 vous serez à Hanovre, et que vous avez avec vous le 72e, le 65e et le 22e régiment français, et 7 à 8,000 Hollandais. Vous ferez occuper par 2 ou 3,000 Hollandais, autres que ceux que vous avez à l'armée, Emden et l'Ost-Frise, ce qui formera votre gauche et votre réserve. Le maréchal Mortier aura de son côté les 2e, 4e et 12e d'infanterie légère ; vous aurez donc six régiments français ; ce qui, avec les Hollandais, ne doit pas faire beaucoup moins de 20,000 hommes. Les deux régiments italiens, les troupes de Nassau et de Darmstadt et celles du grand-duc de Berg, qui sont à Wesel ou à Cassel, formeront un secours de 4 ou 5,000 hommes, dont, selon les circonstances, vous pourrez vous fortifier … Mon intention est que vous divisiez votre armée en deux corps ; que vous donniez au maréchal Mortier le commandement du 8e corps de la Grande Armée, que vous formerez de manière qu'il soit au moins de 12,000 hommes, avec le plus de cavalerie que vous pourrez et vingt-quatre pièces d'artillerie. Avec ce corps, le maréchal Mortier se rendra à Hambourg, prendra possession de la ville, ainsi que de Brême et de Lubeck …" (Correspondance de Napoléon, t.13, lettres 11171 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 13455).

Le 11 novembre 1806, l'Empereur écrit depuis Berlin, au Maréchal Mortier : "Mon Cousin, le roi de Hollande s'en retourne dans son royaume. Vous avez donc le commandement de toutes les troupes. Mon intention est que vous en fassiez quatre divisions, dont deux divisions françaises, une division hollandaise et une division italienne. ... La deuxième division française sera composée du 4e régiment d'infanterie légère et des 22e et 58e de ligne ... Je n'ai pas besoin de vous dire que mon intention est que vos deux divisions françaises soient toujours réunies. Chacune des divisions doit avoir douze pièces de canon que vous vous occuperez d'organiser en Hanovre ... Envoyez-moi la formation de votre armée sur ces bases …" (Correspondance de Napoléon, t.13, lettres 11231 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 13544).

Le 14 novembre 1806, l'Empereur écrit depuis Berlin, au Général Dejean : "Monsieur Dejean, je n'approuve point que le bataillon du 4e d'infanterie légère aille à Orléans. Ayant retiré les 15e et 58e de Paris, il doit y avoir des casernes. J'ai laissé à Paris six bataillons ; je désire que le gouverneur en voie un par jour, de sorte qu'il les ait tous vus en une semaine. Faites-vous rendre compte de leur administration. Il faut que ces six bataillons me fournissent, avant le mois de février prochain, 6,000 hommes pour Paris et mes réserves de l'intérieur. Si on les envoie à Orléans, ils croupiront dans l'oubli et ne feront plus rien qui vaille. Faites-vous rendre compte de l'état de situation des 2e, 12e et 4e, et portez tous vos soins à ce que les bataillons de guerre de ces corps soient à l'effectif de 140 hommes par compagnie ; ce qui fait 1,240 hommes par bataillon et 2,500 hommes pour les bataillons qui sont à l'armée ; je dis à l'effectif, parce que les malades et absents à leur départ de Paris doivent y être compris ... Vous vous entendrez avec le gouverneur de Paris pour faire partir par mois et par détachements 5 à 600 hommes, tout ce qui est nécessaire pour porter ces corps ... au complet de l'effectif demandé" (Correspondance de Napoléon, t.13, lettres 11254 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 13578).

Le 16 novembre 1806, l'Empereur écrit depuis Berlin au Maréchal Mortier : "Mon Cousin, je reçois vos lettres du 12 et du 13. J'ai donné l'ordre au général Savary de se rendre devant Hameln pour prendre le commandement des troupes que vous y laissez, de les réunir devant cette place ... et d'en serrer vivement le blocus en construisant des redoutes et faisant venir de Rinteln des obusiers pour bombarder la place et la forcer à se rendre. Je pense que vous devez laisser devant Hameln toute la division hollandaise, hormis les deux tiers de la cavalerie, que vous devez garder. Je sais qu'elle peut vous être nécessaire. Ces mesures prises, votre corps, que je pense réuni actuellement à Hambourg, sera beau, puisqu'il sera composé des 2e et 4e d'infanterie légère et d'un régiment italien, et des 22e, 65e et 72e de ligne et de vingt-quatre à trente pièces d'artillerie ; tout cela doit vous faire près de 14,000 hommes ..." (Correspondance de Napoléon, t.13, lettres 11268 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 13600).

Le quartier général du 8e Corps s'établit à Hambourg dès le 19 Novembre, et des fractions de troupes furent employées au siège de Hameln en Hanovre.

Puis le siège de Stralsund, place forte suédoise au Nord de Berlin, commença le 30 Janvier 1807. Le roi de Suède, Gustave Adolphe IV, ennemi de la France, avait confié la Poméranie suédoise au général Essen qui disposait de 15000 hommes. Après des combats d'approche, les troupes de Mortier des divisions Grandjean (dont le 4e Léger) et Dupas établissaient le blocus de la place et bâtissaient des redoutes.

Après la sanglante bataille d'EYLAU (8 Février 1807) qui permet à Napoléon de stopper la première offensive russe, et le combat d'Ostrolenka, la Grande Armée prend ses quartiers d'hiver. Pendant ce temps devant Stralsund, les Suédois font de nombreuses sorties pour inquiéter les assiégeants.

Une sortie plus importante le 14 mars 1807 est repoussée grâce à l'action des voltigeurs du 4e Léger. Ils furent cités par le Maréchal Mortier dans un ordre du 15 mars 1807 comme ayant, conjointement avec une compagnie du 58e, résisté aux efforts de 15000 Suédois (soit toute la garnison, la sortie ne comptait que 3000 Suédois en vérité, et 6 pièces de canon, ce qui était déjà suffisant pour mériter des éloges !). Dans ce rapport, sont cités nominalement comme s'étant particulièrement distingués : GUIGNA Sergent, DRUET Caporal, MAGNE Chasseur, ALIGNIER Chasseur, DURONSSET Chasseur, NATHON Chasseur, NOLLET Chasseur, SERVIERES Chasseur et OFFRAY Tambour.

Cette affaire conduite par le Capitaine BARRAL, aide de camp du général Dupas, mérita les honneurs de l'ordre du jour de l'armée :
"ORDRE DU JOUR.
Osterode, 23 mars 1807.
Le maréchal Mortier témoignera ma satisfaction aux compagnies de voltigeurs du 58e régiment de ligne et du 4e d'infanterie légère qui ont défendu la redoute devant Stralsund, à la sortie du 14 mars. Le capitaine Drivet, commandant la compagnie du 58e, est nommé membre de la Légion d'honneur; trois décorations de la Légion d'honneur sont accordées aux compagnies de voltigeurs du 58e et du 4e léger, pour être données aux officiers et sous-officiers qui, de l'opinion de leurs camarades, se sont le plus distingués dans cette journée
" (Correspondance de Napoléon, t.14, lettre 12128).

"67e BULLETIN DE LA GRANDE ARMÉE.
Osterode, 25 mars 1807.
Le 14 mars à trois heures après midi, la garnison de Stralsund, à la faveur d'un temps brumeux, déboucha avec 2,000 hommes d'infanterie, deux escadrons de cavalerie et six pièces de canon, pour attaquer une redoute construite par la division Dupas. Cette redoute, qui n'était ni fermée, ni palissadée, ni armée de canons, était occupée par une seule compagnie de voltigeurs du 58e de ligne. L'immense supériorité de l'ennemi n'étonna point ces braves. Cette compagnie, ayant été renforcée par une compagnie de voltigeurs du 4e d'infanterie légère, commandée par le capitaine Barral, brava les efforts de cette brigade suédoise. Quinze soldats suédois arrivèrent sur les parapets, mais ils y trouvèrent la mort. Toutes les tentatives que fit l'ennemi furent également inutiles. Soixante-deux cadavres suédois ont été enterrés au pied de la redoute. On peut supposer que plus de 120 hommes ont été blessés ; 50 ont été faits prisonniers. Il n'y avait cependant dans cette redoute que 150 hommes. Plusieurs officiers suédois, décorés, ont été trouvés parmi les morts. Cet acte d'intrépidité a fixé les regards de l'Empereur, qui a accordé trois décorations de la Légion d'honneur aux compagnies de voltigeurs du 58e et du 4e léger. Le capitaine Drivet, qui commandait dans cette mauvaise redoute, s'est particulièrement distingué ...
" (Panchoucke : « Oeuvres de Napoléon Bonaparte », 1821-1822, t. 4, p. 190 ; Correspondance de Napoléon, t.14, lettre 12175).

Et l'Empereur accordera à ces compagnies de voltigeurs 9 croix de Chevaliers de la Légion d'Honneur (ordre du jour du 20 mai 1807).

Le 18 mars 1807, l'Empereur écrit, depuis Osterode, au Général Lacuée, Directeur général des Revues et de la Conscription : "En conséquence des derniers états de situation que vous m'avez remis, il résulte que le 2e, 4e, 12e et 15e d'infanterie légère, 12e, 14e, 32e et 58e de ligne seraient à un effectif de plus de 10000 ; ce qui supposerait 8 à 9 000 hommes sous les armes ...
Voici comment j'arrive à ce résultat ...
Faites-moi connaître l'état de situation au 15 mars de tous les 3es ou 4es bataillons de l'armée, effectif. Mettez à côté ce qu'ils devaient recevoir de 1806 et 1807 et réserve ; ce qui était reçu aux corps au 15 mars et faisant partie de leur situation, en ajoutant à la situation au 15 mars ce qui leur reste à recevoir de la conscription, ils auront, dans le courant de l'été, la force qu'il faut que ces bataillons aient. Par la différence de cette situation au complet effectif de 1 260 hommes, on aura ce qu'il est nécessaire de leur donner encore de la conscription de 1806. Il faut cependant faire attention qu’il a des bataillons qui ont leurs compagnies de grenadiers et de voltigeurs à la Grande Armée
" (Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 14727).

Napoléon demande à la mi-Mars à Mortier de pousser le siège de Colberg. Il laisse la division Grandjean (4e Léger, 58e de Ligne et deux régiments hollandais) devant Stralsund et marche vers l'Est avec le reste de ses troupes. Les Suédois en profitent, lancent une offensive, avancent jusqu'à Stettin et font de nombreux prisonniers, libérant ainsi toute la Poméranie suédoise le 3 Avril.

Emplacement des troupes de l'Empire français à l'époque du 1er avril 1807
Infanterie légère
Numéros des Régiments, et noms des Colonels
Majors, Chefs de Bataillon et Quartiers-maîtres
Numéro des Bataillons
Emplacement, et conscription de l'an 1807
Division Militaire
4e Bazancourt

Meslier
Balland
Chapuzet
Bertet
Folloppe

Major
1er
2e
3e
Quartier-maître




A Vire
Dépôt à Paris
Conscrits de la Loire


2e Division, 8e Corps
2e Division, 8e Corps
Camp de Saint-Lô
1ère

Plaque de shako 4e Léger 1807-1810
Fig. 4bis Plaque de shako en 1807-1810

Mortier devant Colberg rétrograde, rejoint la division Grandjean qui s'était repliée et des renforts envoyés de Berlin. Il attaque les Suédois le 16 Avril à Anklam.

Le 20 avril 1807, l'Empereur écrit, depuis Finkenstein,au Général Clarke : "… Le 3e est arrivé le 17 à Stettin. Ainsi le maréchal Mortier se trouve avoir les 4e léger, 58e et 72e de ligne, les 15e et 3e de ligne, le 5e provisoire, 12,000 hommes ; Nassau, Würzburg, les Hollandais, un bataillon italien, 5,000 hommes ; cavalerie, 1,200 hommes ; artillerie, 1,500 hommes. Total, 18 à 20,000 hommes …" (Correspondance de Napoléon, t.15, lettre 12431 ; Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 15352).

Le 4e Léger se distingue encore dans les combats qui ont lieu sur les bords de la Peen, combats où il prit 9 canons et une compagnie entière d'artillerie légère. Un cessez le feu est bientôt signé. Napoléon finit par le ratifier à contre cœur.

Un nouveau corps d'armée, donné au Maréchal BRUNE, remplace le 8e Corps dans la Poméranie et celui-ci fut rapproché du théâtre des opérations, c'est à dire de la Vistule. C'est ainsi que Napoléon ordonne de Finkenstein, le 29 Avril, que le Corps du maréchal Brune se positionne à Hambourg et en Poméranie et que :

"Le maréchal Mortier fera partir sans délai le 3e et le 72e de ligne, pour se rendre devant Danzig. Il renforcera Kolberg d'un régiment français, jusqu'à ce que le 4e régiment italien soit arrivé. Il laissera les divisions Dupas et Grandjean entre Stettin et Kolberg, jusqu'au 10 mai, temps où le maréchal Brune aura fait toutes ses dispositions, et époque où les généraux Molitor et Boudet seront avancés en Allemagne. Si, cependant, le maréchal Mortier apprenait par la correspondance que la flotte anglaise est entrée dans le Sund, il faudrait supposer qu'elle veut faire lever le siége de Danzig : alors il faudrait qu'il se portât avec toutes ses troupes sur Danzig pour secourir le maréchal Lefebvre". (lettre de Napoléon à Berthier - Correspondance de Napoléon, t.15, lettre 12493 ; Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 15447).

Dans la foulée, depuis Finkenstein, des Instructions sont envoyées le même jour au Maréchal Mortier "Le maréchal Mortier, commandant le 8e corps de la Grande Armée, sera chargé de faire le siège de Kolberg et de le protéger, ainsi que de la défense de la côte depuis les bouches de l'Oder jusqu'à celles de la Vistule. Son corps d'armée sera composé de la division Grandjean, de celles Dupas et Loison, ayant les 4e d'infanterie légère, 15e et 58e de ligne, le régiment de Wurzburg, le régiment du duc de Berg, formant ensemble, avec les deux régiments hollandais à cheval et toute l'artillerie de son corps d'armée, 9,000 hommes; ayant de plus quatre régiments italiens, deux régiments à cheval italiens, le contingent de la Saxe-Ducale, et deux régiments de Wurtemberg, formant 9,000 hommes; en tout, 18,000 hommes.
La division Loison fera le siège de Kolberg.
La division Dupas restera cantonnée entre Stettin et Kolberg;
La division Grandjean, entre Kolberg et Danzig ...
".

Danzig tombe enfin le 24 Mai 1807.

Maître de la ligne de la Vistule par la prise de Dantzig, Napoléon se prépare à prendre l'offensive, mais il est devancé par Bennigsen le 5 Juin.

Carabiniers 4e Léger Espagne 1809
Fig. 5 Sous officiers de Carabiniers en capote (d'après El Guil, Fort - Ancienne collection de Ridder, BNF, département des Estampes et Photographie

Bennigsen se trouvait, grâce à de nouveaux renforts, à la tête de 100.000 hommes. Ayant à sa droite Gortschakoff, à sa gauche Bagration, il essaye d'enlever le corps de Ney (6e Corps). Il est battu à Guttstadt et à Ankendorf, et de crainte d'être tourné, il se replie promptement sur Heilsberg talonné par Murat. Bennigsen résiste avec énergie dans ses retranchements d'Heilsberg, puis, dans la crainte d'être coupé de Koenigsberg, il descendit rapidement l'Alle par la rive droite.

Lannes et Mortier s'avançaient parallèlement par la rive gauche. Bennigsen les devançe à Friedland, s'empare des ponts de cette ville et commence à passer sur la rive opposée, comptant prendre les Français de flanc. Lannes et Mortier avertissent l'Empereur et, avec leurs seules forces, contiennent l'ennemi pendant plus de douze heures.

Cependant Ney et Victor précipitèrent leur marche et arrivent avec l'Empereur sur le champ de bataille à quatre heures du soir (14 juin). L'ennemi se trouvait à présent dans une position critique. Il occupait le fond d'un entonnoir formé par le village de Friedland et entouré par une boucle de l'Alle. Son artillerie était restée sur la rive droite. Arrivé sur le champ de bataille, Napoléon s'écria : "Non, on ne surprend pas souvent l'ennemi dans une pareille faute !". Il charge alors Mortier de former la gauche en occupant le village d'Heinrichsdorf. Ce maréchal reçoit l'ordre de se tenir sur la défensive. Lannes est placé au centre, Ney à droite, au village de Posthenen. C'est de ce côté que Napoléon dirigera l'attaque décisive.

Les Russes, au contraire, concentrent tous leurs efforts contre la gauche de l'armée française, qui leur ferme directement la route de Koenigsberg. Pendant qu'ils sont occupés de ce côté, Ney pousse devant lui leur aile gauche et marche dans la direction du clocher de Friedland. Le maréchal Ney continuait ses progrès vers Friedland, lorsque l'artillerie russe, tirant par-dessus l'Alle, fit éprouver à l'aile droite des pertes énormes. Le général Sénarmont réunit alors les 36 bouches à feu des divisions, en forme deux batteries, avec 6 pièces en réserve; il prend position à 400 mètres de l'ennemi et tire en avançant constamment sa ligne de feu. Sous cet ouragan, les Russes sont rejetés sur Friedland, le maréchal Ney à leur suite. La garde russe essaye inutilement contre ses divisions une attaque de flanc, elle est écrasée par une charge de la division Dupont.

L'aile droite des Russes, attirée sur la route de Koenigsberg par la retraite calculée de Lannes et de Mortier, se hâte de revenir à Friedland dès qu'elle apprend le sort du centre et de la gauche. Mais Bennigsen avait fait sauter les ponts pour protéger sa fuite. Pressée entre les corps de Mortier, de Lannes et du maréchal Ney, l'aile droite, plutôt que de se rendre, passe la rivière à la nage sous les balles françaises, qui lui font perdre la moitié de son effectif. Les Russes s'enfuirent en désordre sur le Niémen.

Le 4e Léger eut de nombreux officiers blessés au cours de cette bataille. Trois d'entre eux en moururent : le capitaine Roy, le lieutenant Piottaz et le sous-lieutenant Destaing

Soult, Davout et Murat étaient arrivés devant Koenigsberg. Lestocq, en apprenant la défaite de Friedland, évacue cette place. Les Russes se replient derrière le Niemen. Le 8 Juillet, c'est la signature du traité de Tilsitt.

La campagne terminé, le 4e Léger occupe la Silésie puis les Villes Hanséatiques. Le 30 août 1807, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Maréchal Berthier : "Mon Cousin, donnez l'ordre au 5e régiment d'infanterie légère et au 19e de ligne, qui sont à Stralsund, de partir sans délai pour Hambourg, ou ils feront partie de la division Dupas. Donnez l'ordre au régiment des troupes de Paris, qui est à Hambourg, de se diriger sur Paris. Par ce moyen, la division du général Dupas sera composée des 4e et 5e régiments d'infanterie légère et des 15e, 58e et 19e de ligne ..." (Correspondance de Napoléon, t.15, lettre 13092 ; Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 16259).

Le 14 novembre 1807, l'Empereur écrit, depuis Fontainebleau, au Maréchal Berthier, Major général de la Grande Armée : "Mon cousin, donnez ordre au 4e d'infanterie légère et au 15e de ligne qui font partie de la division Dupas de se rendre à Wesel. Tous les détachements que ces deux régiments auraient en Allemagne les rejoindront dans cette ville. Vous me ferez connaître le jour où ils arriveront, afin qu'à leur arrivée, je puisse lui envoyer de nouveaux ordres" (Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 16791 - Six donne le 5e Régiment d'infanterie légère).

Le 4e rentre en France à la fin de l'année 1807. Le 23 décembre 1807, l'Empereur écrit, depuis Milan, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, donnez ordre au 4e d'infanterie légère et au 15e de ligne qui sont arrivés le 16 décembre à Wesel de se rendre à Paris ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 16919) ; le régiment revient donc tenir garnison à Paris.

Le 13 janvier 1808, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Maréchal Bessières, commandant de la Garde impériale : "Il y aura grande parade dimanche. Le 2e régiment de vélites qui est à Compiègne et celui qui est à Fontainebleau s'y trouveront. Le 4e léger et le 15e de ligne qui arrivent de la Grande Armée s'y trouveront également tout entiers" (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 17002).

Le 13 mars 1808, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Maréchal Berthier, Major général de l'Armée : "Mon intention est d'accorder une gratification de cent mille francs aux 2e, 4e et 12e régiments d'infanterie légère ...
Vous ferez connaître aux conseils d'administration de ces régiments que mon intention est qu’il soit donné trois mois de solde aux officiers et deux mois aux sous-officiers et soldats, mais à ceux seulement qui ont assisté aux batailles soit d'Austerlitz, soit d'Iéna, soit de Friedland. Le surplus de cette somme, s'il en restait après la répartition de cette gratification, servirait à donner un supplément de deux mois de solde aux officiers et soldats qui auraient été blessés. Si la somme que j'ai fixée ne suffisait pas pour donner les trois mois de solde, on diminuera 15 jours aux officiers et 15 jours aux soldats. On vous rendra compte de l'opération ...
" (Brotonne (L. de) : « Dernières Lettres inédites de Napoléon 1er, collationnées sur les textes et publiées » ; Paris, 1903, t. 1, lettre 657 ; Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 17390).

- Pendant ce temps en France (1806)

Le 10 novembre 1806, l'Empereur écrit depuis Berlin, à Cambacérès, Archichancelier de l'Empire : "Mon Cousin … Je vois avec peine qu'on arrête des diligences. Il faut éveiller la sollicitude de la police et déployer un peu de forces. Voyez le ministre Dejean et le gouverneur de Paris. Mon intention est que les quatre dépôts de dragons qui sont à Paris fournissent chacun un détachement de 30 hommes commandés par un officier ; ces quatre détachements, formant 120 hommes, seront répartis sur les routes de Chartres, sur les confins de l'Orne, du côté des Andelys et d'Évreux. Pour peu que le mal augmente, on formera sur-le-champ un camp volant composé des carabiniers et voltigeurs des 2e, 4e et 12e régiments d'infanterie légère, des 120 dragons et de plusieurs brigades de gendarmerie. Cette force, faisant 5 ou 600 hommes, se rendra successivement à Évreux, aux Andelys, à Laigle, et, s'il est nécessaire, du côté de Domfront, arrêtera les mauvais sujets et fouillera les forêts. Cela rassurera les bons citoyens et comprimera ce commencement de malveillance …" (Correspondance de Napoléon, t.13, lettres 11224 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 13537).

Le 18 mars 1807, l'Empereur écrit, depuis Osterode, au Général Junot, Gouverneur de Paris et commandant la 1ère Division Militaire : "À l'heure qu'il est, le 3e bataillon du 2e d'infanterie légère doit être à l'effectif de 400 hommes. Celui du 4e à 1200 hommes ; du 12e à 1300 ; 15e à 1300 ; 58e à 1200, du 32e à 1350 hommes ; du 14e à 900 hommes et du 12e à 1100 hommes.
Il résulte des états qui me sont envoyés que, le 15 février, la situation du 3e bataillon du 21e léger était de 936 hommes ; le nombre de conscrits qu'il avait à recevoir de 1806, de 1807 et de la réserve était de 547 hommes, total 1483. Je suppose ces conscrits arrivés à l'heure qu'il est ; ce qui devrait vous faire un effectif de 10 000 hommes des 8 bataillons, et, en présence sous les armes, de 8 à 9 000 hommes. Faites-moi connaîtres ce qu’il en est
" (Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 14723).

V/ 1808 : LA PREMIERE CAMPAGNE PORTUGAISE DU 3EME BATAILLON DU 4EME LEGER

Officier 4e Léger Espagne 1809-1810
Fig. 6 Officier en capote, 1809-1810 (d'après El Guil / Fort)

Le Portugal, de fait allié des Anglais, avait joué depuis 1801 d'une neutralité de façade. En Juillet 1807, l'Empereur sommait le pays de fermer ses ports aux Anglais. Pour appuyer ses menaces, un corps d'Observation de la Gironde était formé, et Français et Espagnols s'entendaient par une convention secrète signée à Fontainebleau le 27 Octobre pour se partager le pays.

"DÉCRET.
Saint-Cloud, 2 août 1807.
TITRE Ier.
DISSOLUTION DES CAMPS DE SAINT-LÔ, PONTIVY ET NAPOLÉON.
ARTICLE 1er. Les trois camps volants de Saint-Lô, de Pontivy et de Napoléon seront dissous dans le courant du mois d'août.
ART. 2. Chacun de ces trois camps formera une division d'un corps qui portera le titre de Corps d'observation de la Gironde.
ART. 3. Le général Junot, gouverneur de Paris, est nommé général en chef commandant le corps d'observation de la Gironde, lequel se réunira à Bayonne.
Le général Junot recevra des ordres pour être rendu le 20 août à Bayonne avec son état-major.
TITRE II.
COMPOSITION DU CORPS D'OBSERVATIONDE LA GIRONDE.
... ART. 5. La 2e division sera composée
Du 3e bataillon du 12e d'infanterie légère, du 3e bataillon du 15e idem, du 3e bataillon du 2e idem, du 3e bataillon du 4e idem, du 3e bataillon du 32e de ligne, du 3e bataillon du 58e idem et du 2e bataillon du 2e régiment suisse, porté au grand complet de 1,260 hommes, qui partira le 6 août de Toulon et d'Avignon.
Chacun de ces sept bataillons sera complété à l'effectif de 1,260 hommes.
Le général de division Laroche commandera cette division ; il aura sous ses ordres les généraux de brigade Charlot et Petitot.
Cette division aura douze pièces de canon, avec le personnel, matériel et attelages, prises au camp de Saint-Lô.
Au 5 août, le camp de Saint-Lô sera dissous, et le général Laroche, avec ses officiers, les généraux et les troupes, se mettra en marche pour Bayonne.
... TITRE IV.
DES DEPOTS.
ART. 10. Les dépôts de tous ces régiments continueront à rester où ils se trouvent. En conséquence, les majors, quartiers-maîtres, officiers d'habillement, ouvriers, etc. continueront à rester dans les 12e, 13e et 14e divisions militaires.
TITRE V.
DISPOSITIONS GÉNÉRALES.
ART. 11. Pour compléter les cadres des bataillons, il ne sera pris aucun des conscrits de 1808, qui continueront à rester aux 3es ou 4eS bataillons ou aux dépôts des régiments.
ART. 12. Nos ministres de la guerre et de l'administration de la guerre sont chargés de l'exécution du présent décret
" (Correspondance de Napoléon, t.15, lettre 12973).

Le bataillon formait avec le 3e bataillon du 2ème Léger, le 1er régiment provisoire d'infanterie légère de la 1ère brigade au sein de la 2ème division d'infanterie du général Loison.

Le 12 octobre 1807, l'Empereur écrit, depuis Fontainebleau, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, donnez ordre qu'il soit formé demain par le général Hulin un bataillon provisoire composé d'une compagnie du 2e régiment d'infanterie légère, une du 4e idem, une du 12e, une du 15e, une du 32e, une du 58e. Vous nommerez un chef de bataillon de ces corps pour commander ce bataillon provisoire. Chaque compagnie sera composée d'un capitaine, un lieutenant, deux sous-lieutenants, un sergent-major, deux sergents, quatre caporaux, deux tambours et 200 hommes. On pourra prendre s'il est nécessaire des conscrits de 1808. Ces hommes seront bien habillés et bien armés ; vous en passerez vous-même la revue ; ils se mettront en marche le 15 pour se rendre à Bayonne, où ils renforceront leurs troisièmes bataillons de guerre ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 16512).

Le 30 octobre 1807, l'Empereur écrit, depuis Fontainebleau, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, je vous avais donné des ordres pour la formation d'un bataillon provisoire tiré des dépôts de Paris, destiné à recruter le corps de la Gironde. Cela n'a pu avoir lieu. L'arrivée à Paris de deux régiments de guerre de la garde de Paris ayant augmenté la garnison, je désire que vous fassiez procéder sans délai à la formation de ce bataillon provisoire qui sera composé d'un lieutenant, d'un sergent, de deux caporaux et de 60 hommes du 32e, de 100 hommes du 58e, de 60 hommes du 2e, de 160 hommes du 4e, de 150 hommes du 12e et de 60 hommes du 15e ; ce bataillon provisoire, commandé par un capitaine, se mettra en marche le 4 novembre. Vous chargerez le général de division Mouton de former ce bataillon et d'en passer une revue de rigueur ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 16651).

En Novembre, le 3e bataillon fut détaché pour faire partie du corps expéditionnaire pour le Portugal ou Armée d'Observation de la Gironde, placé sous le commandement de Junot.

La marche sur le Portugal à travers l'Espagne est un calvaire climatique (pluies permanentes) et pénurique (absence de vivres). Les pertes sont nombreuses.

Le 30 Novembre, l'avant-garde de Junot arrive en loques à Lisbonne. La première tâche du général en chef est de dissoudre l'Armée portugaise et d'envoyer le reste en France. Puis de répartir ses troupes, qui s'intitulent désormais Armée du Portugal, dans le pays.

La 2e division est envoyée à Cintra, Mafra et occupe le littoral jusqu'à l'embouchure du Mondego.

Le 7 janvier 1808, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, donnez des ordres pour la formation d'un bataillon proviroire composé d'une compagnie de chacun des régiments suivants, des 2e, 4e, 12e et 15e d’infanterie légère, et du 32e et 58e de ligne, d'une du 1er régiment de Paris, et d'une du 2e régiment de Paris. Ce bataillon ainsi fort de 8 compagnies formant un millier d'hommes partira le 12 janvier pour se rendre à Bayonne et recruter les corps auxquels ces compagnies appartiennent ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 16961).

La situation des troupes s'améliore peu à peu grâce aux réquisitions sur le pays, qui par contre braquent la population. Les forces espagnoles qui ont, un peu, aidé les Français, se retirent ou doivent être désarmées à la suite des évènements qui se passent dans leur pays en parallèle. Junot, devenu Gouverneur Général, duc d'Abrantes, et son Armée du Portugal, peuvent penser que la situation se stabilise. Le problème est qu'en Espagne voisine, c'est le contraire. Les troupes françaises peu à peu se sont infiltrées et se sont emparées des points stratégiques. Mais la population, qui voit sa famille royale détrônée, se révolte en Mai 1808, aidée par l'Armée espagnole. Junot est donc coupé de ses arrières, isolé au Portugal.

Le 6 Juin 1808, l'insurrection débute aussi au Portugal contre les Français. Les Anglais fournissent par bateaux du matériel, les milices portugaises se réactivent, puisqu'il n'y a plus d'armée de Ligne. Les premiers détachements français sont défaits. Junot décide de concentrer ses troupes autour de Lisbonne en gardant quelques places fortes comme Almeida et Elvas pour pouvoir s'y replier si on doit évacuer Lisbonne. La division Loison est donc rappelée d'Almeida sur Lisbonne. Des combats ont lieu dans tout le pays. Sur son chemin Loison combat les Portugais et arrive à Abrantes le 9 Juillet puis gagne Lisbonne.

Le 30 Juillet, Loison bat les insurgés portugais à Evora dans le Sud (le bataillon du 4e Léger ne fait pas partie de l'expédition), après des combats de rue sanglants, et une mise à sac de la ville, mais l'on apprend aussi la défaite de Dupont à Baylen en Andalousie, et le 3 Août, un corps expéditionnaire anglais se met à débarquer à Figueira da Foz, commandé par un certain Wellington. Les Anglais se mettent en marche sur Lisbonne.

Junot essaiera de les ralentir à Rolica le 17 Août, en y envoyant le général Delaborde. La confrontation la plus sérieuse étant la bataille de Vimeiro le 21 Août. Le 3e bataillon du 4e Léger fait alors partie de la brigade Brenier de la division Delaborde qui s'est déjà battue quelques jours plus tôt. Les Anglais utiliseront pendant la bataille les premiers obus Schrapnel.

La division Brenier est sur l'aile gauche des Anglais. Elle subit de lourdes pertes et le général Brenier, blessé, est capturé. Le manque de tactique de Junot durant la bataille cause sa perte. Junot décide de se replier sur Lisbonne. Sans moyen de continuer les combats, il obtint par la convention de Cintra le 30 Août une capitulation honorable. Elle portait, en effet, que l'armée française se retirerait avec tous les honneurs de la guerre; emportant tout ce qui lui appartenait, qu'elle serait ramenée en France par les vaisseaux anglais et que les blessés traités avec soins seraient rendus à leur pays dès leur guérison.

VI/ 1808 : ENTREE EN ESPAGNE DES 1ER, 2EME ET 4EME BATAILLONS

Musicien 4e Léger Espagne 1810
Fig. 7 Musicien du 4e Léger vers 1810

Tandis que le 3e bataillon partait pour le Portugal, les deux premiers furent envoyés au camp de Rennes en janvier 1808. Ils y restèrent jusqu'en juillet. Pendant ce séjour, le colonel Bazancourt, nommé général, fut remplacé par le Colonel Corsin. Le régiment fut à cette époque porté à 5 bataillons, 1 de dépôt (le 5ème), un au Portugal (le 3ème), et trois à Rennes (les 1er, 2ème et 4ème).

Le 10 mars 1808, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le Général Clarke, il sera formé à Rennes un camp de réserve, composé de trois brigades d'infanterie et de trois régiments provisoires de cavalerie, avec dix-huit pièces de canon ... La 2e brigade sera composée du 4e régiment d'infanterie légère, d'un bataillon suisse et d'un bataillon des légions de réserve qui est à Rennes, et se réunira à Rennes ...
P. S. ... le 4e partira le 20 ... Il ne partira que deux bataillons de chacun de ces régiments ...
" (Correspondance de Napoléon, t.16, lettre 13636 ; Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 17361).

En Espagne, dès la fin 1807, sous prétexte de la campagne au Portugal, les troupes françaises organisées en divers Corps d'Observation avaient largement pénétré chez leur allié et s'étaient emparés des points stratégiques, tandis que la monarchie espagnole se déchirait dans des querelles familiales. Le peuple espagnol et l'armée subissaient cela en rongeant leur frein.

Napoléon, croyant le pays mur pour un changement dynastique, força les souverains espagnols à l'abdication à Bayonne et décida de mettre son frère Joseph sur le trône, le 10 Mai. Dès que cela fut connu, des révoltes éclatèrent simultanément sur tout le territoire (en préambule, il y eut les fameux 2 et 3 Mai à Madrid) et l'armée espagnole prit les armes contre les occupants français. Napoléon pensait que la prise de possession du trône espagnol serait une promenade militaire. Cela allait durer 6 ans !

Le 20 mai 1808, l'Empereur écrit, depuis Bayonne, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le Général Clarke, je reçois vos états de situation de la quinzaine. Je vois avec peine, dans celui de l'intérieur, qu'on ne porte pas les conscrits de 1809, de sorte que j'ignore le disponible de chaque régiment. J’y vois que le 2e léger a 750 hommes présents sous les armes ; le 4e léger, 450 ; le 12e, 560 ; le 15e, 200 ; le 32e de ligne, 260 ; le 18e, 100 ; la 4e légion de réserve qui est à Versailles, 600 ; le 12e de ligne, 350 ; le 14e, 440. Pourrait-on, en cas d'événement, former de ces régiments deux bataillons provisoires composés, l'un de deux compagnies du 2e léger, de deux du 12e léger, d’une du 4e et d'une du 15e, de 150 hommes chacune, ce qui ferait un bataillon de six compagnies de 900 hommes ? ... Ce régiment provisoire, de 1,800 hommes, pourra devenir utile pour Cherbourg et pour le Havre. Je désire qu'il soit formé seulement sur le papier, et que vous me fassiez connaître s'il serait composé d'hommes ayant la première teinture d'instruction, habillés, armés, et du nombre d'officiers et sous-officiers suffisants ..." (Correspondance de Napoléon, t.17, lettre 13941 ; Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18001).

En juin 1808, les trois bataillons du 4ème campés à Rennes sont appelés à Bayonne et entrent dans la division Mouton du Corps de Bessières ou Corps d'Observation des Pyrénées Occidentales, qui doit tenir le Nord Ouest de l'Espagne. Napoléon écrit le 10 juin 1808 au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke ... Donnez ordre au 4e régiment d'infanterie légère qui est à Rennes de se rendre à Bordeaux ... Il faut également compléter les deux bataillons du 4e légère ; faîtes partir à cet effet 300 hommes de Paris pour Bordeaux. Tous ces hommes seront fournis par les dépôts ... Par ce changement le 15e de ligne et le 4e légère passeront à Bordeaux ...
Le major général envoie l'ordre aux 4e légère et 15e de ligne de partir en poste de Rennes et de Pontivy pour Bordeaux, ainsi il suffira que vous envoyiez ces ordres par la poste ordinaire ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18262).

Le 15 juin 1808 en effet, l'Empereur écrit, depuis Bayonne, au Maréchal Berthier, Major général de l'Armée : "Mandez au maréchal Bessières que, immédiatement après qu’il se sera emparé de Benavente, qu'il aura soumis Zamora, Toro et Léon, je désire que son corps d'armée ait l'organisation suivante :
... Division Mouton, composée de deux brigades : 1° brigade Beynaud, 4e léger, 15e de ligne et un bataillon de Paris, 3,000 hommes ; 2° brigade Rey, 2e et 12e légers, 2,100 hommes ; 5,100 hommes et douze pièces de canon ...
Le général Bonnet occupe Burgos avec 600 hommes de convalescents dans la citadelle. Il aurait, de plus, disponibles en forme de colonne mobile pour se porter partout où il serait nécessaire : le 4e bataillon du 118e, 450 hommes ; le 3e bataillon du dépôt qui est aujourd'hui à Vitoria, 450 hommes ; le petit bataillon du 4e léger, 380 hommes, et un escadron de dragons, 15o hommes ; deux pièces de canon. Ce qui ferait une force de 2,030 hommes, disponibles pour maintenir la communication avec Léon et la colonne d'Àranda, composée du 1er de marche de 1,000 hommes et de quatre pièces de canon, également sous les ordres du général Bonnet ...
Le maréchal Bessières, immédiatement après les premiers événements, peut organiser les divisions Merle et Mouton. S'il avait un avantage marquant sur la force des troupes du général Cuesta, peut-êtré serait-il utile qu'il enlevât les Asturies et la Galice, en profitant de la terreur d'une première victoire.
Vous lui ferez connaître qu'il doit être sans inquiétude sur la formation des colonnes de Burgos et de Vitoria ; que tout est en mouvement, et qu'il part du monde d'ici tous les jours ; qu'il n'a qu'à penser à former son corps d'armée de Léon ...
" (Correspondance de Napoléon, t.17, lettre 14096 ; Correspondance militaire de Napoléon 1er extraite de la correspondance générale et publiée par ordre du ministère de la guerre, t.5, lettre 1039 ; Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18304).

Le 29 juin 1808, l'Empereur dicte, depuis Bayonne, au Maréchal Berthier, Prince de Neuchâtel, major général de l'Armée l'"Ordre au 4e d'infanterie légère de marcher sur Vitoria" (Correspondance de Napoléon, t.17, lettre 14141).

Le même jour 29 juin 1808, il écrit encore, depuis Bayonne, au Maréchal Berthier, Major général de l'Armée : "Je reçois votre lettre et l'itinéraire du 15e de ligne et du 4e léger.
Je désirerais ... que le 4e légère qui va aujourd’hui à Irun, demain à Tolosa, allât après-demain à Bergara.
Faîtes ce changement à l'itinéraire
" (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18436). Bergara se situe à mi-chemin sur la route entre Saint-Sébastien et Vitoria.

Le Corps de Bessières ou Corps d'Observation des Pyrénées Occidentales entre en Espagne début Juillet et concentre ses troupes dans la région de Palencia.

Le 1er juillet 1808, l'Empereur écrit, depuis Bayonne, au Maréchal Bessière, commandant la Garde impériale, etc. à Burgos : "Mon Cousin, … Le major général vous a instruit que la division du général Mouton sera le 2 à Vitoria : ce sont des troupes superbes, tous vieux soldats ; elles sont composées du 4e régiment d'infanterie légère, du 15e de ligne et d'un bataillon de Paris. Si quelque événement vous rendait ce renfort nécessaire, vous pourriez lui envoyer des ordres ; mais, si le cas n'est pas pressant, il faut les laisser reposer quelques jours à Vitoria …" (Correspondance de Napoléon, t.17, lettre 14149 ; Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18453).

Le 5 juillet 1808, l'Empereur écrit, depuis Bayonne, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "... J'ai ordonné que les 2e et 12e légère qui sont ici fussent également formés à à 3 bataillons. Le cadre du 3e bataillon attend ici les détachements qui doivent le compléter.
Faites partir de Paris pour recruter les bataillons tout ce qu'il y a de disponible du 2e, 4e et 12e d'infanterie légère
" (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18473).

Le 8 juillet 1808, Napoléon écrit, depuis Bayonne, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, je vous ai mandé de faire partir des dépôts des 2e, 4e, 12e d’infanterie légère et 14e de ligne, tout ce qui serait disponible pour compléter les bataillons qui sont à l'armée d'Espagne ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18507).

Le 10 Juillet, la division Mouton, surnommée la "division infernale" car formée de "vieux" troupiers et non de régiments provisoires comme le reste du Corps, rejoignait.

Le 12 juillet 1808, l'Empereur écrit, depuis Bayonne, au Maréchal Berthier, Major général de l'Armée : "... Passez demain la revue du détachement des dépôts des 2e, 4e, 12e légère et du 15e de ligne, et faîtes-moi connaître le nombre d'officiers et de sous-officiers, sergents, caporaux, soldats et tambours qui sont disponibles, et s'ils sont habillés. Vous recommanderez au général Thouvenot que s'il y avait quelques hommes du 3e bataillon du régiment provisoire qui n’eussent pas de giberne, et que les Espagnols ne puissent pas leur en procurer, il leur en fera donner de celles des hommes isolés, afin que ce bataillon parte en bon état. Vous le préviendrez qu'on attend ici des gibernes, et qu'on lui remplacera le nombre qu'il en aurait donné. Le 3e bataillon supplémentaire qui part de Saint-Sébastien couchera le 13 à Tolosa et sera arrivé le 15 au plus tard à cinq heures du matin à Vitoria" (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18534).

Le 13 juillet 1808 à 7 heures du soir, l'Empereur écrit, depuis Bayonne, au Maréchal Berthier, Major général de l'Armée : "Mon cousin, demain à cinq heures du matin je passerai la revue du détachement du 15e, du détachement de Polonais, de l'escadron et du Trésor qui partent pour Vitoria. Je passerai également la revue des 300 hommes du 4e léger partagé en 2 compagnies qui sont arrivés aujourd'hui. Je passerai également la revue de la 5e compagnie, du 118e et du détachement de Polonais. Immédiatement après la revue, ces détachements partiront pour leur destination ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18534).

Le 14 juillet 1808, l'Empereur écrit, depuis Bayonne, au Maréchal Berthier, Major général de l'Armée : "Mandez au maréchal Bessières qu'immédiatement après qu'il se sera emparé de Benavente, qu'il aura soumis Zamora, Toro et León je désire que son corps d’armée ait l'organisation suivante.
... Division du général Mouton composée de deux brigades
1re brigade Reynaud
4e légère, 15e de ligne et un bataillon de Paris 3 000 hommes ...
Le maréchal Bessières pourrait porter son quartier général à León pour contenir les débouchés des montagnes.
Le général Bonet occupe Burgos avec 600 hommes de convalescents dans la citadelle 600 hommes.
Il aurait de plus disponible en forme de colonne mobile pour se porter partout où il serait nécessaire
Le 4e bataillon du 118e 450 hommes
Le 3e bataillon du dépôt qui est aujourd'hui à Vitoria 450 hommes
le petit bataillon du 4e léger 380 hommes
un escadron de dragons et 2 [ ... ] 150 hommes
ce qui fera une force de 2 030 hommes disponibles pour maintenir la communication avec León ...
Le maréchal Bessières, immédiatement après les premiers événements, peut orgainser les divisions Merle et Mouton. S'il avait un avantage marquant sur la force des troupes du général da Cuesta, peut-être serait-il utile qu'il enlevât les Asturies et la Galice en profitant de la terreur d'une première victoire.
Vous lui ferez connaître qu'il doit être sans inquiétude sur la formation des colnnes de Burgos et de Vitoria, que tout est en mouvement et qu'il part du monde d’ici tous les jours ; qu'il n'a qu'à penser à former son corps d'armée à León ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18554).

Le même jour, 14 juillet 1808, Napoléon adresse, depuis Marracq, une Note pour le Roi d'Espagne : "L’armée d'Espagne a son quartier général à Madrid. Voici sa composition actuelle :
1° CORPS DES PYRÉNÉES OCCIDENTALES.
Le maréchal Bessières commande le corps des Pyrénées occidentales, qui est fort de 23,000 hommes …
Toutes les troupes sont en mouvement pour composer l'armée de la manière suivante.
DIVISION MOUTON, 5,100 hommes.
1re brigade, général Reynaud :
4e régiment d'infanterie légère, 15e régiment d'infanterie de ligne, 1er bataillon de Paris en marche ; total, 3,000 hommes présents sous les armes et six pièces de canon.
Cette brigade marche sur Benavente ...
Il y a encore à Burgos le général de division Bonnet, qui va avoir une colonne mobile de 1,200 hommes, pour maintenir la tranquillité dans la ville et les environs. Cette colonne est composée comme il suit : 4e bataillon du 118e, formant 450 hommes, actuellement existant à Burgos ; 3e bataillon du dépôt général, actuellement à Vitoria, 450 hommes ; deux compagnies du 4e d'infanterie légère, formant un petit bataillon, 400 hommes ; en marche, passé la frontière, 1,300 hommes ; un escadron de dragons en marche, 200 hommes ; deux pièces de canon en marche. Ainsi, avant que le maréchal Bessières soit dans le cas de partir de Léon, cette colonne, forte de 1,300 hommes d'infanterie, 200 chevaux et deux pièces de canon, sera disponible ...
" (Correspondance de Napoléon, t.17, lettre 14196).

Enfin, toujours le 14 juillet 1808, l'Empereur écrit, depuis Bayonne au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, je vous avais mandé de faire partir de Paris tout ce qu'il y avait de disponible des 2e, 4e et 12e légère.
Je vois qu’au 9 juillet rien n'était encore parti, faites donc partir sans délai
Du 2e d’infanterie légère 300 hommes
Du 4e 300
Du 12e 200
Ce qui fera 800 hommes
Il suffit d’un officier et de deux sergents par détachement. Ces détachements arrivés à Bayonne trouveront des cadres de leur régiment
" (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18560).

Le 16 juillet 1808, l'Empereur écrit, depuis Bayonne, au Maréchal Berthier, Major général de l'Armée : "Mon cousin, écrivez au général Belliard que je vois avec peine que dans 1’état de situation qu'il a envoyé, il n'y ait aucun détail qui fasse connaître où est chaque corps, rien qui fasse connaître comment est composée la colonne du général Caulaincourt. Les 1er, 2e et 3e régiments de la Vistule, les lanciers polonais, les 4e, 5e et 7e bataillons de marche et le bataillon de garde nationale qui sont devant Saragosse n'y sont pas portés. Le 1er bataillon de marche de Portugal qui est à Pampelune, les 1er, 2e et 3e bataillons des dépôts, les 2e, 4e et 12e légers, le 15e de ligne, le bataillon de Paris, les 11e et 12e escadrons de marche y manquent également, ce qui fait un effectif de plus de 16 000 hommes ...
Faites-moi faire ici à l'État-Major général un état de situation selon ces nouvelles données
" (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18578).

Le 19 juillet 1808, l'Empereur écrit, depuis Bayonne, au Maréchal Berthier, major général de l'Armée : "… un détachement du 4e régiment d’infanterie légère venant de Paris de 200 hommes. Il sera ajouté 100 conscrits à ce détachement, et il en sera formé 2 compagnies de 300 hommes qui seront disposés pour rejoindre le régiment ...
Ainsi par ce moyen les 1200 premiers conscrits arrivant seront disposés de la manière suivante :
... 100 4e ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18613).

Pendant ce temps, au Nord Est dans les Asturies, le Léon et la Galice, les Espagnols avaient organisé une armée de 40.000 hommes et l'avaient placée sous le commandement du général De La Cuesta. Il décide de se porter sur Valladolid ou Burgos pour couper les communications françaises.

Bessières, avec 14.000 hommes (dont la brigade Reynaud : 4e Léger et 15e de Ligne, de la division Mouton), marche alors à sa rencontre et le rejoint devant Medina de Rio Seco le 14 Juillet. L'ennemi, au nombre de 28000, des Armées de Castille (La Cuesta) renforcée par celle de Galice (Blake) était sur deux lignes sur un plateau. Bessieres, avec ses 10000 hommes, n'hésita pas à attaquer "Avec le 4e Léger et le 15e de Ligne" dit Thiers. "Ce Maréchal se sentait capable d'enfoncer tout ce qu'il avait devant lui".

Le 4e Léger et le 15e de Ligne, menés par le général Mouton qui leur crie "Souvenez-vous que vous êtes du 4ème Léger !", et suivis des jeunes troupes, se portent à la baïonnette sur les premières lignes ennemies et les enfoncent. La seconde ligne ne tient pas davantage. On prit 18 canons ; beaucoup de drapeaux restèrent sur le champ de bataille.

L'ennemi s'étant enfui en désordre sur Medina, essaya d'y résister, mais le 4e Léger et le 15e de Ligne y entrèrent au pas de charge, les baïonnettes en avant, et culbutèrent tous les obstacles.

Malheureusement, les événements de Baylen, le 19 Juillet, et la capitulation du général Dupont, forcèrent Bessières à se reporter en arrière avec toute l'armée et venir prendre position derrière l'Ebre en attendant les décisions de l'Empereur.

De son côté, le 21 juillet 1808, l'Empereur adresse, depuis Bayonne, au Roi Joseph, l'Etat de situation suivant : "ORGANISATION DE DEUX COLONNES À BURGOS ET À VITORIA
... Colonne de Vitoria : 13e escadron de marche 180; petit bataillon du 4e léger 400; petit bataillon du 15e de ligne 300; 2 pièces de canon
Ces troupes existent aujourd'hui à Vitoria. Total 880 ...
CORPS DES PYRÉNÉES-OCCIDENTALES
... Division Mouton
4e infanterie légère 1200; 15e de ligne 1200; 1 bataillon de Paris 600
Total 3 000 hommes …
" (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18639).

Le 30 juillet 1808, Napoléon écrit, depuis Agen, au Maréchal Berthier, major général de l'Armée : "Donnez l’ordre au général de division Dessolle de se rendre à Bayonne où il se rendra le 1er août. Il en partira de manière à être rendu le 4 à Vitoria, et le 6 à Burgos où il prendra le commandement des colonnes de Burgos, de Vitoria et d'Aranda, la surveillance de la province de la Vieille Castille, de la Biscaye, de la Montana ou de Santander [etc.], et de maintenir la tranquillité [sic] sur les arrières du maréchal Bessières, qui est arrivé le 24 à León.
… A Burgos, il y a 600 hommes de dépôt pour garder la citadelle, un bataillon du 118e, le 3e bataillon du dépôt général, 2 compagnies du 4e léger formant un petit bataillon, les 12e et 13e escadrons de marche, 1 petit bataillon de 2 compagnies du 15e de ligne, 2 pièces de canon. Toute cette colonne sous les ordres du major Dumolard formant 3000 d'infanterie et de cavalerie.
La colonne que commande le major d'Audenarde est composée du 3e bataillon du 2e léger, du 3e du 12e léger, des 14e et 15e escadrons de marche et de 2 pièces de canon formant 1500 hommes, part de Vitoria le 2 août pour arriver à Burgos le 4. Il y aaura donc alors à Burgos plus de 4000 hommes dont 500 chevaux.
Et dans le même temps, il y aura à Vitoria :
- 2 compagnies du 2e léger
- 2 compagnies du 12e idem
- 1 détachement du 4e idem
- 4 compagnies du 3e bataillon du 14e de ligne
- 1 détachement de chevau-légers polonais formant un total de 1600 hommes
Cette colonne arrivera à Vitoria le 2 août.
Le général Dessolle pourra si aucun événement imprévu ne dérange ces combinaisons ordonnera que les 2 compagnies du 2e et les deux du 12e, le restant du 4e idem qui arrivant à Vitoria le 2, continuent leur route sur Burgos, afin de compléter le 3e bataillon du 2e léger et le 3e du 12e qui seront chacun alors de 8 à 900 hommes, et le détachement du 4e qui se trouverait à 600 hommes, ce qui porterait la colonne de Burgos à près de 5000 hommes dont 6 pièces de canon attelées et 800 chevaux de cavalerie ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18676).

Le 2 août 1808, l'Empereur adresse, depuis Bordeaux, à Joseph, Roi d’Espagne, une "NOTE SUR LA SITUATION ACTUELLE DE L'ESPAGNE.
… 2e Observation. — Les 15,000 hommes qu'on a perdus ont été remplacés à l'armée par les renforts qu'on a reçus et qu'on reçoit à chaque instant, savoir : 2e, 4e et 12e d'infanterie légère, 14e, 15e, 43e, 44e et 51e de ligne (ce qui fait une augmention de huit régiments), le 26e de chasseurs à cheval, les 12e, 13e, 14e et 15e escadrons de marche, 400 Polonais de la Garde arrivés depuis peu à Bayonne. Tout cela forme une force égale et sans doute, par sa composition, de beaucoup supérieure au corps du général Dupont ; et, si on ajoute les trois régiments de la Vistule et le régiment de lanciers qui sont devant Saragosse, on verra que l'armée française se trouve encore beaucoup plus forte qu'à son entrée en Espagne …
4e Observation. — Il n'est plus question que le maréchal Bessières prenne l'offensive et entre en Galice, ce qu'il allait exécuter. On peut le mettre en position entre Burgos et Valladolid, le charger d'observer le reste de l'armée de Galice, et, moyennant ce, on peut lui ôter 9,000 hommes, savoir : le 4e d'infanterie légère, le 15e de ligne, le bataillon de Paris, huit pièces de canon, le 26e de chasseurs, quatre escadrons de marche de dragons, la brigade du général Lefebvre qui, en dernier lieu, a été détachée de Madrid ; ce qui augmentera l'armée de Madrid de 9,000 hommes ...
Ainsi la perte du général Dupont serait donc remplacée par 18 à 20,000 hommes de troupes beaucoup meilleures. On pourrait ainsi réunir de 30 à 36,000 hommes sous Madrid, et conserver cette capitale …
" (Correspondance de Napoléon, t.17, lettre 14241 ; Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18683).

Le 5 août 1808, l'Empereur adresse, depuis Rochefort, à Joseph, Roi d’Espagne, une nouvelle "NOTE SUR LA SITUATION ACTUELLE DE L'ESPAGNE.
… 4° … Les corps du centre et le corps de droite doivent s'appuyer sur Burgos, et le corps d'Aragon doit avoir son point d'appui sur Pampelune.
5° Pour organiser le corps du centre dans ce but, on croit qu'on doit le renforcer de la brigade du 14e et du 44e de ligne, 200 chevaux, et huit pièces de canon qu'on tirerait du corps devant Saragosse ; de la brigade du général Mouton, composée des 4e léger, 15e de ligne, du bataillon de Paris et huit pièces de canon ; de la brigade commandée par le maréchal Ney, et qui est déjà à une marche en avant de Bayonne, composée des 43e et 51e de ligne, 26e de chasseurs, et six pièces de canon ; enfin de quatre escadrons de marche de dragons et d'un régiment polonais de la Garde. On réunirait les 3es bataillons aux deux premiers de tous les régiments d'infanterie, et on mêlerait les jeunes soldats aux anciens.
On évalue à environ 10,000 hommes le renfort que recevrait le corps du centre, qui serait alors composé des 18,000 hommes qui le forment à présent, des renforts évalués à 10,000 hommes. Les détachements des dépôts des 4e léger, 15e de ligne, 14e et 44e, 43e et 51e de ligne, 2e et 12e légers, rejoindront insensiblement et porteront ce corps à 30,000 hommes. Ces 30,000 hommes ne sauraient être en meilleures mains que sous les ordres du maréchal Ney, hormis une réserve de 4 à 5,000 hommes destinés à la garde du Roi, et que le Roi conserverait auprès de sa personne et ferait marcher avec le général Salligny ou avec Savary, quand il le jugerait nécessaire.
Le corps du centre se tiendrait à la hauteur d'Aranda, les communications bien assurées avec le maréchal Bessières à Valladolid, des têtes de pont bien établies à Aranda et Valladolid.
Ce corps se nourrira par Burgos et devra non-seulement maintenir la tranquillité dans cette province, mais encore assurer ses communications avec le corps de Saragosse qui occupera Tudela et Logrono …
" (Correspondance de Napoléon, t.17, lettre 14245).

Le 22 août 1808, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général CLarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le ministre de la Guerre, mon intention est de lever 60 000 conscrits sur les réserves des années antérieures ; 20 000 des départements du Midi seront destinés pour l’armée d'Espagne et partagés conformément aux besoins des régiments, dont vous me présenterez les états ; sous les 2e, 4e, et 12e d'infanterie légère ... ; cela fera à peu près, l'un portant l'autre, 500 hommes par régiment ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18734).

Le 24 août 1808, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Ministre de la Guerre à Paris : "... Le 4e léger n'a que 1,800 hommes : il lui manque donc 700 hommes ; le dépôt peut lui en fournir 120 ; faites-les partir ..." (Correspondance de Napoléon, t.17, lettre 14270 ; Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18753).

Le 1er septembre 1808, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Maréchal Berthier, Major général de l'Armée : "Mon cousin ... L'état de situation de l'armée d'Espagne au 15 août est très fautif ... Mandez cela au roi, et écrivez-lui de réunir tous les régiments, sans quoi il n'y aura pas l'ombre d'une armée en Espagne ... Cet état est tellement fautif qu’il ne comprend pas tout ce qui se trouve à Pampelune, à Saint-Sébastien, à Vitoria, à Tolosa, etc. Seulement on a mis sur un état à part que ces détachements se montent à 8000 hommes et à 400 chevaux, mais rien n'indique à quel corps ils appartiennent ... Le 4e d'infanterie légère n’est porté qu'à 1 000 hommes ... Il parait même qu'à l'État-Major général, une grande partie des corps n'est pas connue ... Écrivez au maréchal Jourdan qu'il vous envoie un meilleur état de situation et qu’il forme enfin l'armée ... Enfin on voit que, dans cette armée, personne ne fait rien pour l'organiser" (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18801).

Le même jour 1er septembre 1808, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, je vous envoie l'état de situation de la première partie de l'armée d'Espagne. Vous y verrez qu'il manque au 2e d'infanterie légère 500 hommes, que le dépôt peut fournir 100 hommes qu'il doit faire partir le plus tôt possible pour Bayonne 50 hommes.
Qu'il manque au 4e légère 500 hommes, que le dépôt peut faire partir pour Bayonne 50 hommes.
Qu'il manque au 12e légère 500 hommes, et que le dépôt peut faire également 50 hommes.
Ces 200 hommes pouvant partir de Paris, faites-en former une compagnie, et dirigez-la sans délai sur Bayonne ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18803).

Toujours le 1er septembre 1808, depuis Saint-Cloud, l'Empereur écrit à Joseph Napoléon, Roi d'Espagne, à Calahorra : "Mon Frère, je vous envoie une note sur l'état de l'armée d'Espagne …"; note intitulée "ÉTAT POUR SERVIR À CONNAÎTRE QUELLE DOIT ÊTRE LA SITUATION ACTUELLE DES CORPS COMPOSANT L'ARMÉE D'ESPAGNE ET CE QUI MANQUE POUR LA COMPLÉTER À 840 HOMMES PAR BATAILLON" (état donné dans la CGN, reproduit d’après la minute (Archives nationales, AF IV 878, septembre 1808, n°2), qui indique : "On n’a pas compris dans cette situation les hommes qui sont aux hôpitaux" ; "envoyé le 1er septembre au ministre de la Guerre et au roi d’Espagne"); pour le 4e Léger, on y lit : 1er Bataillon (350 hommes), 2e Bataillon (350 hommes) et 3e Bataillon (350 hommes) à la Division Mouton ; 4e au Portugal (pour mémoire) ; 300 hommes par Bataillon arrivés en détachement ; le Dépôt peut encore fournir 50 hommes ; total général du Corps : 2000. Manque au complet de 840 hommes : 500 hommes.

Cet état est suivi d'"Observations sur l'état de situation de l'armée d'Espagne au 15 août" : "... Le 4e légère n'est porté que pour mille hommes au corps du maréchal Bessières, cependant ce régiment a 900 hommes à Vitoria et plus en arrière. Il faut les faire rejoindre, alors ce régiment se trouvera être à 1 800 hommes ..." (Correspondance de Napoléon, t.17, lettre 14288 ; Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18805).

Le 3 septembre 1808, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, envoyez-moi la situation et la marche de tous les détachements qui sont dirigés sur Bayonne. Je vois dans votre lettre du 28 août que les détachements des 2e, 4e, et 12e légère partent le 29 pour arriver à Bayonne le 27 septembre ... il m'est nécessaire d’avoir un état général qui me fasse connaître la marche de tous ces détachements" (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18815).

Le 4 septembre 1808, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Maréchal Berthier, Major général de l'Armée : "... Donnez ordre au détachement du 4e léger de se rendre à Vitoria d’où il rejoindra son régiment" (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18812).

Le 6 septembre 1808, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, il me semble que les 5es bataillons des 2e, 4e et 12e régiments d’infanterie légère doivent rester à Paris ... car les dépôts ne doivent jamais changer d'emplacement.
Ceux qui doivent marcher sur Bayonne sont les 4es bataillons et les hommes disponibles
" (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18832).

Par le Décret du 7 septembre 1808, dicté depuis Saint-Cloud, Napoléon donna à l'Armée d'Espagne, une nouvelle organisation d'après laquelle la Division Mouton, et par conséquent le 4e Léger, fut placé dans le 2e Corps sous le commandement du maréchal Soult (Correspondance de Napoléon, t.17, lettre 14300).

Le 15 septembre 1808, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Maréchal Berthier, Major général de l'Armée, à Paris : "... Le 5e bataillon de la 4e légion de réserve pourrait, de Saint-Sébastien, se rendre à Bilbao pour renforcer la colonne du général Monthion. Le détachement du 14e de ligne, qui est à Villaréal, doit rejoindre ce régiment. Le 3e bataillon du 14e de ligne, qui est à Tolosa, doit rejoindre également, de même que la compagnie du 55e et le détachement de 200 hommes du 4e léger, qui sont à Irun, la compagnie du 44e, qui est à Ernani, et le détachement du même régiment, qui est à Durango. Recommandez qu'on réunisse les régiments et qu'on lès forme bien, afin qu'on puisse rétablir l'ordre ..." (Correspondance de Napoléon, t.17, lettre 14325 ; Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18819).

Le 16 septembre 1808, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke ... Les 3es bataillon du 75e et du 28e qui doivent être partis de la 16e division militaire seront dirigés sur Vincennes et Versailles, vu que ces régiments, et les 32e, 58e, 2e, 4e, 12e et 15e doivent recevoir leurs conscrits à Paris : après qu'ils auront été armés et habillés à leurs dépôts, vous les dirigerez sur Bayonne pour renforcer l'armée d’Espagne" (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18933).

Le 4 novembre 1808, l'Empereur écrit, depuis Bayonne, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, passez la revue des dépôts des ... 2e, 12e, 15e, 4e d'infanterie légère. Assurez-vous de la situation de chacun de ces corps, de leur habillement et armement, et faites-moi connaître quand les 3es et 4es bataillons pourront partir, et de quelle force seront les détachements que les 5es bataillons doivent fournir aux bataillons de guerre. Ordonnez que les hommes partent bien habillés, avec de bonnes capotes, et déjà un peu dégrossis ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 19179). Les 2e, 12e, 15e, 4e sont destinés aux 1er et 2e Régiments de la 1re Brigade (Thomières), 22e Division (Loison) du 8e corps de Junot.

Napoléon vint en novembre 1808 se mettre lui-même à la tête de l'armée d'Espagne retirée derrière l'Ebre. Le Corps de Soult et le 6e commandé par Ney formèrent le centre de l'armée sous le commandement de l'Empereur lui-même.

Ayant rameuté ses vieille troupes d'Europe centrale et une partie de sa Garde, Napoléon en avait formé sept Corps, plus les forces de Junot rapatriées du Portugal (dit 8e Corps) qui devaient rallier. L'Armée espagnole se disposait, quant à elle, en 4 grandes masses, espérant le soutien des Anglais qui étaient toujours présents au Portugal.

Le 9 novembre 1808, Napoléon écrit, depuis Vitoria, au Général Clarke, Ministre de la Guerre, à Paris : "Monsieur le Général Clarke, je reçois l'état de situation de l'armée de Portugal au 26 octobre … La 2e division n'est composée que de 4es bataillons. Il faut envoyer aux 2e, 4e, 12e, 15e, 32e et 58e des détachements des dépôts de Paris pour compléter chaque bataillon à 840 hommes. Passez vous-même la revue de ces dépôts, et ayez soin que ces hommes partent habillés, armés et avec de bonnes capotes. Ainsi cette 2e division sera portée au moins à 5,000 hommes ..." (Correspondance de Napoléon, t.18, lettre 14457 ; Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 19225).

Napoléon ayant décidé de la reprise des opérations dirige le 2e Corps de Soult contre la position centrale des Espagnols du général Blake à Burgos pour ensuite se rabattre sur ses arrières. Le 10 novembre, le Corps d'Armée est en marche. La position d'appui principale des Espagnols pour bloquer l'avancée des Français sur Burgos était le bois de Gamonal, en avant de la ville du même nom. Il fallait l'enlever. Le Maréchal Soult lança la division Mouton : 2e et 4e Léger et 96e de Ligne. L'artillerie ennemie décime les premières files, mais nos soldats marchant la baïonnette baissée vers le bois l'enlevèrent en un clin d'œil. A cette vue, l'armée espagnole se débande, laissant 12 drapeaux, 90 canons, et 900 prisonniers.

Officier supérieur 4e Léger Espagne 1809
Fig. 8 Officier supérieur 4e Léger en tenue de repos vers 1812

Burgos était bientôt aux mains des Français. La ville est pillée. Napoléon vient s'y établir.

Le 2e Corps reçoit bientôt l'ordre de quitter Burgos pour se porter à Reinosa sur les derrières de l'armée de Blake et de là sur Santader pour soumettre la province des Asturies. Il devait être renforcé par le corps de Junot qui revenait en Espagne. On parlait d'une nouvelle armée anglaise qui venait de débarquer et Napoléon voulait donner au 2e Corps une force suffisante pour la combattre. Le 4e Léger retrouva à cette occasion son 3e bataillon de l'ex Armée de Junot et put aligner son effectif complet de 4 bataillons.

Le 14 novembre, le 2e Corps entre à Reinosa et y capture tout le matériel de l'armée de Blake : 35 canons et 15000 fusils.

Le même jour, 14 novembre 1808, l'Empereur, dont l'intention est de renvoyer Junot à la conquête du Portugal, écrit, depuis Burgos, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, les dispositions que j'ai prescrites pour le 8e corps qui doit former l’armée de Portugal ne sont pas encore exécutées.
Les bataillons des 2e et 4e légère ont besoin d'être renforcés ; envoyez-leur des détachements de Paris ...
Enfin, le 8e corps doit être formé en trois divisions ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 19264). Les Bataillons des 2e et 4e Légers forment le 1er Régiment provisoire d'infanterie légère, 1re Brigade Thomières, de la 2e Division Loison.

Le 15, le 2e Corps part pour Santander.

Le 19 novembre 1808, depuis Burgos, l'Empereur écrit au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke ... Je crois vous avoir déjà mandé que je désirais que les 2e, 4e, 12e, 32e et 15e envoyassent des détachements pour compléter les bataillons qu'ils ont au corps du Portugal ; vous demanderez un rapport qui vous fasse connaître ce que chaque régiment doit envoyer pour compléter son bataillon à ce corps d'armée ; vous ferez réunir ces détachements, et lorsqu’ils auront leurs capotes, souliers, habits, fusils, etc., vous les ferez partir en bon ordre.
... Je suis surpris que le 32e, qui a 1 000 hommes présents, soit porté dans l'état qui m’est remis par le général Hulin comme n'ayant que 34 hommes disponibles ; que le deuxième qui a 975 hommes présents, n'ait que 24 hommes disponibles. Même observation pour le 4e et le 12e. D'où vient cela ? Faites-moi faire un état de ces bataillons et dépôts qui me fasse connaître pourquoi sur 9 000 hommes existant à Paris au 12 novembre, au moment de la revue du général Hulin il n'y en a que 2 600 disponibles
" (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 19328).

Le 22 novembre 1808, l'Empereur écrit, depuis Burgos, au Général Clarke, Minsitre de la Guerre : "... Je vous ai déjà mandé comment je désirais que les détachements du 75e, du 58e et du 28e partissent de Paris.
Il faut également que les détachements des 32e, 2e, 4e, 12e et 15e légers ne partent qu'après avoir passé deux fois votre revue, munis de capotes, de souliers et en bon état. Dix jours de plus ou de moins ne peuvent pas être d'une grande importance ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 19360).

Pendant ce temps, après la bataille de Tudela (23 novembre), Napoléon continuait sa marche sur Madrid. La fameuse prise du col de Somosierra (30 novembre) ouvrait le chemin. L'Empereur entrait dans la capitale espagnole le 4 décembre et reposait son frère sur le trône. Celui-ci ne fera son entrée officielle dans sa capitale que le 22 Janvier 1809 ...

Jusqu'alors, Napoléon, ne s'était pas occupé de l'armée anglaise du général Moore, mais lorsqu'il apprit qu'elle s'était avancée du Portugal en Espagne, autour de Salamanque (entre les 13 et 23 Novembre), il prescrivit au Maréchal Soult de redescendre dans le royaume de Léon. Un autre petit corps anglais sous le général Baird venait de débarquer à la Corogne.

Le 28 novembre 1808, l'Empereur écrit, depuis Aranda, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, je suis fâché que les 200 hommes des 32e et 58e et les 300 hommes des 2e et 4e légère, c'est-à-dire 1 000 hommes, soient partis de Paris sans que vous les ayez vus vous-même deux fois. Ces hommes arriveront à Bayonne tout nus, manquant de tout, et ne serviront qu'à peupler les hôpitaux. Ne faites partir aucune troupe de Paris que ne vous soyez assuré par vos yeux qu'elle a des souliers, des capotes, et que les hommes sont bien portants. Nous ne sommes pas tant pressés d'avoir des hommes que vous ne puissiez retarder de huit ou dix jours les envois, si ce temps est nécessaire pour qu'ils partent en bon état et pourvus de tout. Je vois que 336 hommes sont partis de Paris le 10 novembre sans avoir été vus par vous. Cela ne prend pas de temps. En leur fixant une heure comme celle de midi, et les faisant venir dans la cour du ministère, on voit soi-même. Ce que voient les autres n'est rien, témoins les régiments que j’avais fait voir par le général Hulin et que j'ai trouvés nus, mais d'une nudité ridicule ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 19422).

Le 29 novembre 1808, l'Empereur écrit, depuis Aranda, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, je reçois votre lettre du 22. Je suis fâché que vous n'ayez pas vu vous-même les troupes. En les faisant venir à midi précis dans votre cour ou dans la cour des Invalides, vous ne perdiez pas de temps, et cela est d’un bon effet ... Vous ferez partir le même jour (10 décembre) ... un détachement du 32e, commandé par un capitaine, un lieutenant, deux sous-lieutenants, deux sergents et quatre caporaux, et composé de 400 hommes. Vous ferez partir également un détachement du 2e légère composé de 400 hommes ; un pareil détachement du 4e léger composé de 400 hommes et un pareil détachement du 12e légère composé de 400 hommes, ce qui fait quatre détachements de 400 hommes ou 1 600 hommes. Ces 1 600 hommes seront commandés par un major, ou un adjudant commandant, ou un général de brigade ou un officier supérieur quelconque qui rejoindrait l'armée. Vous aurez soin qu’ils soient bien armés, bien habillés et qu'ils aient des capotes et des souliers. Chaque détachement portera le nom de compagnie de marche, et sera censé ne former qu’une compagnie, mais sera divisé en quatre escouades à la tête desquelles il y aura un officier ou un sergent. Comme j'ai besoin de faire venir ici pour recruter la Garde 80 grenadiers, vous pourrez ordonner que ces 80 grenadiers soient répartis à raison de 16 par compagnie et de 4 par escouade. Ils feront les fonctions de sergent. Ces détachements arriveront avec ordre à l'armée. Arrivés à Madrid, les grenadiers rejoindront leur corps ; les officiers et sous-officiers retourneront à Paris ; et les soldats seront incorporés dans les bataillons de guerre. Voilà donc une colonne de près de 4000 hommes qui partira pour recruter l'armée. Assurez-vous avant de la laisser partir qu’elle ne manque pas d'officiers. Faites la même chose pour les 4es bataillons. Que les cadres soient remplis ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 19432).

C'est au milieu de Décembre, que les Anglais se décident à marcher vers le Nord de l'Espagne et les forces de Soult, en se concentrant à Sahagun. Napoléon réagit en allant à leur rencontre à partir de Madrid avec ses meilleures troupes pour leur couper leur voie de retraite sur le Portugal.

Le 22 décembre 1808, l'Empereur écrit, depuis Madrid, au Général Clarke, Ministre de la Guerre, à Paris : "Monsieur le Général Clarke ... Aussitôt que la division de 5 à 6,000 hommes, composée des bataillons des 75e, 28e et 58e de ligne et des détachements des 2e, 12e, 4e et 15e légers, sera prête et fournie de ses capotes, de ses deux paires de souliers dans le sac, etc. vous la ferez partir pour Bayonne. Chargez un général de brigade du commandement de cette colonne, et qu'elle ait un séjour au moins tous les quatre jours de marche" (Correspondance de Napoléon, t.18, lettre 14608 ; Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 19622).

Les Anglais sont accrochés par les troupes de l'Empereur à Benavente le 29 Décembre et se replient sur Astorga. Moore, désormais en infériorité numérique, décide de rallier la Corogne pour y réembarquer ses hommes, en livrant des combats d'arrière-garde de retardement.

Soult, Ney et Napoléon se lancent à leur poursuite. Les Français sont dans le Léon en ce 31 Décembre 1808. Passé en revue devant Astorga par l'Empereur qui devait rentrer en France pour contrer la menace autrichienne, le 2e Corps de Soult se voit confier le soin d'écraser les Anglais avant qu'ils ne puissent rallier leur flotte.

Napoléon écrit, le 31 décembre 1808, depuis Benavente, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke ... Je désire que vous me prépariez bientôt une colonne de 400 hommes du 32e, une colonne de 400 hommes du 58e, une colonne de 300 hommes du 2e léger, une colonne de 300 hommes du 4e léger, et une colonne de 400 hommes du 12e léger ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 19634).

VII/ 1809 : LA POURSUITE DE LA COROGNE ET LA 2ème CAMPAGNE DE PORTUGAL

Carte de la campagne de campagne de Soult au Portugal en 1809

Dès le 3 Janvier, ses troupes du 2e Corps sont au contact à Cabanas Raras et Pieros où l'ennemi défend un défilé. La brigade Colbert, qui a couché la veille à Bembibre, où elle a sabré nombre d'Anglais ivres, continue sur Villafranca, mais, parvenue devant le village de Gacabelos, occupé par de l'infanterie anglaise, il lui faut attendre l'arrivée de l'infanterie d'avant-garde (4e Léger, qui fait désormais partie de la 1ère division Merle) du corps Soult. Quand celle-ci s'approche de Cacabelos, l'ennemi évacue le village, franchit le pont et en occupe les abords sur la rive droite de la Gua. Le 4e Léger traverse le pont, mais doit se déployer non loin de là devant le village de Peros, qu'occupe une forte réserve anglaise. C'est durant la préparation de l'attaque dudit village que le général Colbert tombe frappé d'une balle au coeur, tué par un tireur d'élite britannique. Le 4e Léger est lancé avec le 15e de Ligne à l'assaut. Au cours de ce combat, il déplore 4 tués et 56 blessés.

Les Britanniques continuent à reculer vers Villafranca en abandonnant ou détruisant tout ce qui peut les ralentir. Les Français sont sur leurs talons. Ils capturent d'ailleurs le trésor de l'armée anglaise en pièces d'argent. Le Maréchal Soult arrive le 6 au soir, devant Lugo avec la division Merle et doit attendre l'arrivée des autres divisions, désorganisées par une marche si pénible, mais le 9, les Anglais décampent.

Le 11 janvier 1809, l'Empereur écrit, depuis Valladolid, au Maréchal Berthier, Major général de l'Armée d'Espagne : "Mon cousin ... Faites connaître partout que les changements suivants ont eu lieu : que le 8e corps est supprimé ; que tout ce qui faisait partie des 12e, 2e et 4e léger, et de des 58e, 32e et 47e, a rejoint ses régiments ; qu'ainsi on doit diriger tous les détachements sur les corps dont ces régiments font partie ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 19776).

Les deux armées se retrouvent en présence le 15 Janvier à La Corogne où les Anglais s'étaient retranchés dans les villages alentours pour protéger leur embarquement. Le 4e Léger et la division Merle vont combattre au centre du dispositif français contre la brigade Manningham. Les Anglais résistent bien mais le général anglais Moore est gravement blessé. Moore y perd la vie mais finalement sauve son armée qui peut gagner les navires britaniques.

Le 19 janvier 1809, l'Empereur, qui est en route pour Paris, écrit depuis Tartas, au Maréchal Berthier, Major général de l'Armée d'Espagne : "Mon cousin ... J'ai ordonné qu'un détachement de 400 hommes du 32e et de pareille force du 12e se rendent à Madrid pour être incorporés dans les 4es bataillons de ces régiments. Si les cadres du 5e bataillon y sont, il faut les renvoyer. Un détachement de même force des 2e et 4e d'infanterie légère iront joindre le duc de Dalmatie. Faites-les séjourner huit jours à Valladolid d'où on les dirigera par la route la plus courte sur le lieu où est le maréchal ..." (Brotonne (L. de) « Lettres inédites de Napoléon Ier », Paris, 1898, lettre 400 (parle du 38e et non du 32e); Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 19878).

Le même jour, 19 janvier 1809, l'Empereur écrit, depuis Tartas, au maréchal Kellermann, commandant de l'Armée de réserve d’Espagne : "Mon cousin, 700 hommes du 2e régiment d'infanterie légère, du 4e et du 12e léger et du 32e de ligne arrivent à Bayonne. Donnez-leur trois jours de séjour pour qu'ils puissent se laver. Complétez-leur une paire de souliers à chacun et tout ce qui pourra leur manquer en habillement et armement et surtout les baïonnettes. Après cela, divisez-les en deux détachements ; ceux du 32e et du 12e d'infanterie légère seront dirigés sur Burgos et de là sur Madrid, en passant par Aranda. Le lendemain, les hommes du 2e et du 4e d'infanterie légère partiront pour Valladolid où ils iront rejoindre leur régiment au corps du maréchal Soult. Faites part de ces dispositions au prince de Neuchâtel ..." (Brotonne (L. de) : « Dernières Lettres inédites de Napoléon 1er, collationnées sur les textes et publiées », Paris, 1903, t. 1, lettre 859 ; Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 19880).

Puis le 2e corps s'empare du Ferrol, le 21 Janvier.

Conformément aux ordres de l'Empereur, Soult marche sur le Nord du Portugal avec seulement 24.000 hommes de disponibles. Parti le Vigo le 15 Février, Tuy est prise le 16 mais le fleuve Minho ne peut être franchi si ce n'est plusieurs jours plus tard à Orense en pourchassant des soldats de La Romana.

Le 3 mars 1809, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Comte d'Hunebourg, Ministre de la Guerre, à Paris : "Monsieur le Général Clarke, je vous envoie le projet de formation d’une réserve de régiments provisoires, sur lequel je désire que vous me fassiez un rapport. Faites-moi connaître si je n'ai rien oublié et s'il y a des changements qu'il soit convenable de faire pour épargner des marches aux troupes. Enfin présentez-moi des états qui m'apprennent si les 5es bataillons pourront fournir ces quatre, trois ou deux compagnies pour concourir à ladite formation. Les 10,000 hommes de réserve que forme ma Garde sont destinés à compléter les 5es bataillons et à les mettre à même de fournir les hommes nécessaires. Il faut donc qu'une colonne des états que vous ferez dresser indique le nombre d'hommes qui leur manquera, après avoir épuisé tout leur monde ; cette colonne sera la colonne de distribution des 10,000 hommes de la Garde. Il ne vous échappera pas que, par ce moyen, j'aurai 6,000 hommes à la Rochelle, 3,000 en Bretagne, 9,000 à Paris, 5,000 au camp de Boulogne, 2,500 pour la défense de l'Escaut, 2,500 pour garder Wesel, 5,000 à Strasbourg, 2,500 à Metz et 10,000 Français en Italie; total, 45,500 hommes.
NAPOLÉON
Annexe
PROJET DE FORMATION D'UN CORPS dE RÉSERVE
1
Il sera formé une réserve de seize régimentsprovisoires composée des compagnies des cinquièmes bataillons qui seront complétés avec les conscrits de 1810; 2
... 2e régiment provisoire :
Le 2e régiment provisoire sera composé de 4 bataillons des 32e de ligne, 58e, 121e, 122e, chaque bataillon de 4 compagnies, chaque compagnie de 200 hommes, formant un présent sous les armes de 3 200 hommes.
3° régiment provisoire :
Le 3e régiment provisoire sera composé de 4 bataillons des 2e, 4e, 12e et 15e légère, formés de même.
4e régiment provisoire :
Le 4e régiment provisoire sera composéde 4 bataillons des 12e, 14e, 34e, 88e, formés de même. Ces trois régiments formant plus de 9 000 hommes se réuniront et seront formés à Paris dans le courant d'avril ...
" (Correspondance de Napoléon, t.18, lettre 14838 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20195).

Le 6 mars 1809, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, je désire que vous donniez les ordres suivants, pour compléter les corps de l'armée du maréchal duc de Rivoli : ... Le 24e d'infanterie légère a besoin de 1600 hommes pour être complété ; donnez ordre qu'un bataillon de marche, composé de 100 hommes du 2e d'infanterie légère, de 150 hommes du 4e d'infanterie légère, et de 350 hommes du 12e d'infanterie légère, soit formé demain et se mette en marche pour Strasbourg. Arrivés là, ces détachements seront incorporés dans le 24e, ce qui portera ce régiment à peu près au complet. Le colonel laissera à Strasbourg 2 capitaines, 2 lieutenants, 2 sous-lieutenants, 4 sergents et 8 caporaux, pour recevoir ces 600 hommes, et les officiers qui les auront amenés de Paris retourneront à leurs dépôts ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20255).

Le 8 mars 1809, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, le bataillon d'infanterie légère qui partira demain, pour renforcer le corps du général Oudinot, afin de nous entendre, portera le nom de bataillon de marche du 24e légère..." (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20290). Il s'agit d'un bataillon de marche formé à Paris avec des détachements du 58e, du 121e et du 122e de ligne, et des 2e, 4e, 12e et l5e d'infanterie légère.

Le 4e Léger atteint enfin le Portugal le 10 mars. La population révoltée se défend avec acharnement dans chaque village traversé avec son lot de représailles en réplique. Chavez est prise le 12 mars. Le 2e Corps devient alors officiellement "Armée du Portugal".

Le 13 mars 1809 (le 12 selon la CGN), l'Empereur écrit, depuis Rambouillet, au Général Clarke, Comte d'Hunebourg, Ministre de la Guerre, à Paris : "Monsieur le Général Clarke, je désire que dimanche on me présente, à la parade, une compagnie de chacun des 5es bataillons des 32e et 58e de ligne, 2e, 4e, 12e et 15e d'infanterie légère, complétée à 140 hommes ; ce qui ferait un beau bataillon provisoire de six compagnies. Il faut que tous les hommes soient bien équipés et bien habillés ..." (Correspondance de Napoléon, t.18, lettre 14890; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20340).

Le lendemain 14 mars 1809, l'Empereur écrit, depuis Rambouillet, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, donnez ordre que les 118 hommes du 2e régiment d'infanterie légère, qui sont à Saintes, les 200 hommes qui sont à Bordeaux, aux détachements des 4e, 15e et 12e légère, se rendent à Paris, pour y joindre leurs 5es bataillons ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20357). Tous ces hommes doivent être incorporés dans le Bataillon de marche formé à Paris et destiné à rejoindre le Corps de réserve de l'Armée du Rhin (Oudinot), à Augsbourg.

Le 15 mars 1809, l'Empereur écrit, depuis Rambouillet, au Général Clarke, Ministre de la guerre : "Monsieur le général Clarke, j'ai donné différents ordres pour combler le déficit de 5000 hommes qu'éprouve le corps du duc de Rivoli ...
Je vous ai ordonné également de faire partir de Paris un bataillon de marche de 600 hommes, sous le titre de bataillon de marche du 24e légère, un bataillon de marche de 800 conscrits de ma Garde et 400 hommes du 46e.
Faites-moi connaître l'époque où tout cela arrivera à Strasbourg. Proposez-moi des moyens de combler le déficit de 979 hommes qu'éprouve encore le corps du duc de Rivoli ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20373).

Le même 15 mars 1809, l'Empereur écrit, depuis Rambouillet, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, donnez ordre qu'il soit formé un 14e bataillon de marche du corps d'Oudinot, composé de 50 hommes du 58e, et de 50 hommes du 121e ; de 50 hommes du 4e légère et de 50 hommes du 2e idem ; de 50 hommes du 12e légère et de 50 hommes du 15e idem, total 300 hommes.
Ce bataillon me sera présenté à la parade de dimanche, et se mettra, sans délai, en route, pour être incorporé, les 100 hommes de ligne, dans les compagnies du 4e bataillon du 96e du corps du général Oudinot ; les 100 hommes des 2e et 4e légère, dans le 26e légère ; les 100 hommes des 12e et 15e légère, dans le 16e légère.
Par ce moyen le corps du général Oudinot sera porté au grand complet
" (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20378).

Braga tombe le 17 mars : une ville désertée qui a massacré son corregidor et son défenseur attitré, comme trop "tièdes" ! Dix jours plus tard, les Français sont devant les redoutes qui défendent Oporto. Un général portugais a été coupé en morceaux par ses propres troupes et enterré dans du fumier, et l'évêque a pris le commandement ! Un parlementaire français est envoyé : il est jeté en prison et ses accompagnateurs massacrés. Vu la tournure des évènements, il n'y aura donc aucun quartier.

La division Merle, chargée d'enlever une des redoutes qui couvraient la ville, éprouva une résistance opiniâtre. Le 4e Léger fut repoussé trois fois de suite. Tous les officiers supérieurs et une grande partie du régiment étaient déjà hors de combat, lorsque le Colonel Corsin s'étant fait panser sa blessure, reparaît à la tête du régiment porté par ses sapeurs. Il ranime ses soldats, tente une 4e attaque et enlève la redoute.

La ville est prise et mise à sac. Soult s'installe et y trouve munitions et poudre, mais la résistance acharnée de la population ne l'incite pas à poursuivre sur Lisbonne. Il va donc répartir ses troupes dans le Nord du Portugal uniquement. Des mauvaises langues raconteront qu'il comptait bien s'en faire un petit royaume.

Le 19 mars 1809, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, sur les 604 hommes qui composent le bataillon provisoire que me présente aujourd'hui le général Hulin, il sera pris :
- 50 hommes du 58e de ligne
- 50 hommes du 2e léger
- 50 hommes du 4e léger
- 50 hommes du 12e léger
- 50 hommes 15e léger
et 50 hommes du 121e de ligne.
Ces 300 hommes formeront les 3 compagnies de marche dont j'ai ordonné la formation pour ces régiments, et partiront mardi pour Strasbourg, pour être incorporées dans les 26e et 16e d'infanterie légère et 96e de ligne. Il ne sera pris que des conscrits des 4 années antérieures à 1810
" (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20458).

Le 21 mars 1809, l'Empereur écrit, depuis La Malmaison, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, le bataillon composé des trois compagnies de marche ci-après, savoir : ... la 2e de 50 hommes de chacun des 2e et 4e léger ..., qui doit être parti hier de Paris pour se diriger sur le corps du général Oudinot portera le titre de 14e bataillon de marche du corps d'Oudinot ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20480).

Le 3 avril 1809, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, donnez ordre qu'un bataillon de 250 hommes, composé de 30 hommes de chacun des 2e, 4e, et 12e légère, de 130 hommes du 32e, et de 30 hommes du 58e, soit formé, sous le nom de 15e bataillon de marche du corps d'Oudinot, et parte demain pour Strasbourg.
Vous manderez au général Oudinot d'envoyer un capitaine, deux lieutenants et deux sergents à Strasbourg pour prendre ces 250 hommes. Vous lui ferez connaître que je le laisse maître de les distribuer dans les compagnies qui en auraient le plus besoin, en choisissant les plus beaux hommes pour les compagnies de grenadiers, et les autres, pour les basses compagnies. Vous lui recommanderez de faire dresser procès-verbal de cette incorporation, et de l'envoyer aux corps, afin que ces hommes soient effacés des contrôles. Ce bataillon se mettra en marche demain et arrivera le plus tôt possible à Strasbourg ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20685).

Le 29 avril 1809, l'Empereur écrit, depuis Burghausen, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, je réponds à vos lettres du 18 avril et du 14. Les 200 hommes du 15e d'infanterie légère venant de Portugal doivent être formés en une compagnie de marche de ce régiment qui servira à réparer ses pertes. Les 180 hommes du 4e léger et les 300 hommes du 2e léger faisant près de 500 hommes doivent être dirigés sur le 10e léger. Quant aux 200 hommes du 32e, ils seront envoyés au 57e. Vous pouvez donc former de tout cela un bataillon de marche que vous dirigerez sur Strasbourg et de là sur Braunau. Au moyen de ce secours, ces régiments se trouveront réparés des pertes qu'ils ont faites dans les dernières affaires ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20924).

Plus au Sud, Wellington revenait d'Angleterre à Lisbonne avec 25.000 hommes. Le 5 Mai, Wellington parti de Lisbonne, passait en revue ses troupes à Coimbra : 15.000 Anglais, 3000 Allemands et 8000 Portugais. Envoyant deux brigades à Santarem et Abrantes, il marchait ensuite à la rencontre de Soult sur Oporto et divisait ses forces en deux bras : un pour continuer le long de la côte et l'autre avec Beresford pour couper la route de Bragance. Le 11 mai, Wellesley forçait le passage du Douro et pénétrait dans la ville tandis que Soult l'évacuait en catastrophe.

Le 4e Léger et le 15e de Ligne furent lancés contre les Britanniques pour les retarder et les repoussèrent jusque sur les bords du fleuve, mais ils ne purent jamais lui arracher les bâtiments qui leur servaient d'appui. Le 4e Léger reflua donc avec le reste de l'Armée.

Voltigeur 4e Léger Espagne 1810-1812
Fig. 9 Voltigeur du 4e Léger en Espagne, 1810-1812

Poursuivi par les colonnes anglaises, qui occupaient les routes principales et toute voie de retraite vers l'Est, Soult fit sauter son artillerie et ses caissons et sauva son armée en passant les sierras par des sentiers de chèvres, en disputant chaque point de passage aux Portugais. Il arriva à Orense le 19 Mai ayant perdu "seulement" 4000 hommes depuis Oporto et en ramenant environ 16.000. Quelques jours après, il rejoignait Lugo et débloquait la ville où le rejoignait le corps d'armée du maréchal Ney qui pendant ce temps avait dû batailler contre les troupes de la Romana.

Le 29 mai 1809, l'Empereur écrit, depuis Ebersdorf, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, je vois dans l'état de situation de la 1re division militaire ... 500 hommes dont on pourrait augmenter la 3e demi-brigade provisoire ; ce qui la porterait à 1500 bommes.
Je vois dans le même état que le dépôt du 2e léger a 200 hommes prêts à marcher, celui du 4e 200, celui du 12e 100, celui du 15e 300, ce qui fait 800 hommes, dont on pourrait augmenter la 4e demi-brigade provisoire.
Pourquoi cela n'est-il pas fait ? ...
Faites donc partir tout cela.
Dans presque tous les états des divisions militaires, je vois beaucoup d'hommes prêts à partir. Il me semble que tous les hommes qui sont disponibles aux dépôts doivent se rendre ou aux demi-brigades provisoires ou à l'armée, pour compléter ce qu'ils doivent encore
" (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 21091).

Le 10 juin 1809, l'Empereur, qui vient de décider d'une importante levée de Conscrits, sur la classe 1810, mais aussi sur les classes 1806 à 1809, afin de compenser les pertes du début de la campagne, et renforcer l'Armée, écrit depuis Schönbrunn au Général Clarke pour lui donner le détail de cette opération particulièrement complexe; lettre accompagnée de 3 Etats différents très détaillés. Concernant le 4e Léger, l'Empereur ordonne : "... Vous ferez partir la 4e demi-brigade provisoire 600 hommes qui seront dirigés sur Vienne pour être incorporés dans le 3e régiment d'infanterie légère. Ils feront route sous le titre de bataillon de marche du 3e d'infanterie légère. Ces 600 hommes seront tirés : 200 hommes du 2e d'infanterie légère, 200 du 4e idem et 200 du 12e idem : ils seront remplacés dans ces régiments par 600 conscrits pris sur les 3 000 qui étaient destinés au dépôt de Grenoble ...". L'Etat B qui suit cette lettre donne d'un côté la "répartition des 3 000 hommes entre les dépôts et demi-brigades ci-après : 200 hommes au dépôt du 2e léger pour la 4e demi-brigade; 200 hommes 4e id; 200 hommes 12e id" et de l'autre l' "Envoi que ces mêmes dépôts feront, par contre, à l'armée : Qui enverra (le 2e) 200 ; 200 (le 4e); 200 (le 12e). Total 600 au 3e d’infanterie légère. Ces 600 hommes porteront le titre de 2e bataillon de marche du 3e du corps de Rivoli et seront dirigés sur Vienne". Enfin l'annexe intitulé "Répartition des 40 000 conscrits de l'appel supplémentaire de 1810" indique la composition de la 4e Demi-brigade provisoire : 2e léger, 4e léger qui reçoit 50 hommes, 12e léger qui en reçoit 350; 15e idem qui doit être complété à la Division Friant; il est précisé que l'on doit porter "les 16 compagnies à 2400 hommes" (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 21182).

Le 11 juin 1809, l'Empereur écrit, depuis Schönbrunn, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, en conséquence de ma lettre d'hier et des tableaux qui y sont annexés, pour la répartition des 40 000 hommes, les dépôts des 13 régiments, ou les compagnies des demi-brigades provisoires, doivent fournir 3 000 hommes à 13 quatrièmes bataillons du corps d'Oudinot. Je désire que vous donniez des ordres aux dépôts et aux demi-brigades provisoires, dont ces régiments font partie, de diriger ces hommes sur Strasbourg, et qu'aussitôt que 3 détachements de ces corps, ou 600 hommes, seront réunis, on en forme des bataillons de marche, sous le titre de 1er, 2e, 3e, 4e et 5e bataillons de marche du corps d'Oudinot, et qu'ils partent ainsi de Strasbourg bien organisés ...
Le corps du duc de Rivoli doit recevoir 2200 hommes ... les hommes du 2e d'infanterie légère, du 4e et du 12e porteront le nom de 2e bataillon de marche du corps du duc de Rivoli ... ... Occupez-vous à faire former ces bataillons. Ordonnez que les procès-verbaux soient en règle, et que les demi-brigades et les dépôts fournissent conformément à mes ordres. Ce qu'ils fourniront sera remplacé aux uns et aux autres sur la levée des 40 000 hommes
" (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 21199).

Le 2e corps se portera début Juin sur Zamora et Ney devra évacuer la Galice. Soult profitera de ses opérations pour faire souffler ses troupes et les rééquiper.

Le 1er Juillet, arrivèrent enfin des ordres de Napoléon prescrivant au Maréchal Soult de prendre le commandement en chef des 2e, 5e (Mortier) et 6e Corps (Ney), pour se porter sur le flanc de l'offensive de Wellington. Le 27 Juin, celui-ci a remonté la vallée du Tage, pénétré en Espagne et fait sa jonction avec les forces espagnoles du général Gregorio, puis rejoindra le général La Cuesta le 20 Juillet.

Le 18 juillet 1809, l'Empereur écrit, depuis Schönbrunn, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, donnez l'ordre que les cadres des 4es bataillons des 4e léger, 15e de ligne, 2e léger, 31e léger, 47e et 122e qui sont en Espagne soient renvoyés à leurs dépôts et que tous les hommes qu'ils ont disponibles soient fondus dans les trois premiers bataillons. Donnez ordre que les cadres des 5es bataillons des 26e et 66e soient également renvoyés en France, de sorte qu'il restera au corps du duc de Dalmatie :
1re division : 3 bataillons du 4e léger ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 21557).

Le 18 Juillet 1809, le 2ème Corps de Soult se porte sur Salamanque mais ne sera rejoint par les 6e et 5e corps que les 22 et 31 Juillet. Sur place, le 2e Corps est réorganisé.

Le corps de Victor qui s'est replié devant Wellington, en arrière de Talavera, a été rejoint par le général Sébastiani. Quant au roi Joseph, sans attendre l'arrivée de Soult, il a décidé d'affronter Wellington.

La bataille de Talavera aura lieu les 27 et 28 Juillet 1809. Bataille indécise et sanglante (7000 hommes blessés ou morts pour les forces de Joseph, 5000 pour les Anglais, 1000 pour les Espagnol) où les Français devront quitter le champ de bataille pour éviter d'être coupés de Madrid. Wellington est donc techniquement vainqueur mais apprenant la marche de Soult sur son flanc, il décide de se replier sur le Portugal.

Mortier est à l'avant-garde de Soult, parti le 27 de Salamanque. Il est suivi par le 2e Corps, parti le 30. Il talonne l'arrière garde alliée formée d'Espagnols du général La Cuesta au pont de l'Arzobispo le 6 Août, tandis que les forces de Victor réoccupaient Talavera.

Le 10 août 1809, l'Empereur écrit, depuis Schönbrunn, au Maréchal Berthier, Major général de l'Armée d'Allemagne : "Mon cousin, le 2e bataillon de marche du duc de Rivoli composé des détahcement des 2e, 4e, 12e d’infanterie légère, destinés à être incorporés dans le 3e, arrivent aujourd’hui à Krems et se dirigent sur Znaïm pour rejoindre le corps du duc de Rivoli. Ayez soin de réitérer l’ordre qu’on ne garde aucun officier ni sous-officier, et qu’on les renvoie à Vienne d’où ils seront dirigés en poste sur Paris, vu qu’ils sont nécessaires pour former un régiment ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 21746).

VIIbis / AOÛT A DECEMBRE 1809, L’ARRIVEE DE RENFORTS DU 8e CORPS

Le 15 Août, on retrouve notre 2e Corps à Plasencia. Très mécontent du résultat d'une bataille coûteuse en effectifs qui aurait pu être décisive, si les forces de Joseph avaient attendu celles de Soult, Napoléon décide de nommer Soult Major général de toutes ses armées en Espagne. Le Général Delaborde prend alors le 16 Septembre le commandement du 2ème Corps.

Le 25 septembre 1809, l'Empereur écrit, depuis Schönbrunn, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, donnez l’ordre en Espagne de faire partir pour Bayonne les cadres des quatre compagnies de fusiliers du 3e bataillon du 9e léger. Tous les soldats de ces quatre compagnies seront incorporés dans les deux premiers bataillons ; la compagnie de grenadiers du 3e bataillon sera provisoirement attachée au premier bataillon ; et la compagnie de voltigeurs sera provisoirement attachée au 2e bataillon. Le chef de bataillon et l’adjudant-major partiront avec les cadres des quatre compagnies qui sont destinées à venir chercher des conscrits à Bayonne. Donnez le même ordre pour les 4es bataillons des 16e léger, 45, 54, 8e, 24e et 96e.
Ces 7 cadres doivent former 3 à 400 hommes ; il se réuniront ensemble afin de marcher avec précaution et en sûreté. S’il est nécessaire on donnera aux officiers des carabines pour se défendre en août.
Vous ferez la même opération pour les 28e, 32e, 58e et 75e. Ces quatre cadres marcheront également ensemble et en ordre.
Vous ordonnerez également que :
le 4e bataillon du 4e d’infanterie légère
celui du 2e
le 3e bataillon du 86e
le 4e bataillon du 31e léger
le 4e bataillon du 26e de ligne
et le 5e bataillon du 66e
et 1 des deux du 82e qui sont en Espagne envoient de même leurs cadres à Bayonne
Ce qui fera 7 cadres du 2e corps.
Ils formeront aussi une colonne qui marchera en ordre, ayant leurs cartouches et tout ce qui est nécessaire pour se défendre en route.
Enfin vous donnerez ordre au 6e corps commandé par le duc d’Elchingen d’envoyer de même à Bayonne les cadres du 2e bataillon du 6e léger.
Ces 19 cadres recevront 12 000 hommes à Bayonne ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 22175).

Le 25 septembre 1809 encore, l'Empereur écrit, depuis Schönbrunn, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, vous trouverez ci-joint l'idée d'un rapport pour justifier la levée des 36 000 conscrits que je viens d'ordonner. Vous trouverez également la répartition de ces 36 000 conscrits. Ajoutez à votre rapport une considération sur la grande quantité de conscrits qui restent sur les années passées, écrivez-en même le nombre s'il en reste effectivement 500 000, dites qu'il y en a 800 000. Il est nécessaire que cette phrase soit bien frappée, parce qu'elle fera une grande influence sur l'étranger.
Napoléon
Décret « de distribution » répartissant les 36 000 conscrits par place forte ou régions militaires
Avons décrété et décrétons ce qui suit :
Article 1er
La distribution des 36 000 conscrits levés en vertu du sénatus-consulte du […] octobre, sera fait ainsi qu’il suit :
... 8000 sur Paris, savoir :
... 1000 pour le 4e léger ...
Relevé de la distribution des 36 000 conscrits suivant l’ordre numérique des régiments employés à l’armée d’Espagne :
... Infanterie légère
... 4e à Paris 1 000 ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 22176).

A la fin de l'année 1809, tandis qu'une armée espagnole sortie du Portugal a battu les Français à Tamanes en octobre puis s'est faite écraser à Alba de Tormes en Novembre, un autre corps espagnol venu d'Andalousie s'est fait étriller à Ocana.

Pendant ce temps, au Portugal, Wellington et Beresdford réorganisent l'armée portugaise en l'encadrant avec des Officiers britanniques et font construire de formidables lignes de fortifications autour de Lisbonne : les lignes de Torres Vedras.

En novembre 1809, Napoléon envoie des renforts en Espagne: le Corps de réserve que nous avons vu organisé à Paris en mars 1809 à partir de compagnies des 5èmes bataillons (dont ceux de 2e et 4e Léger) sert à former une Division de ces renforts, organisés en un nouveau 8eme Corps mis sous l’autorité de Junot.

Le 28 novembre 1809, l’Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke : "Monsieur le Général Clarke, donnez ordre au duc d'Abrantès de passer la revue des dépôts de la 1re division militaire qui doivent fournir des régiments à son corps d'armée. Il passera cette revue dans le plus grand détail, fera connaître les places vacantes dans les cadres des bataillons qui doivent former sa division, et s'assurera que chacun de ces bataillons a ses cadres complets de dix compagnies de 140 hommes chacune, officiers et sous-officiers.
J'ai remarqué avant-hier que beaucoup de places de chef de bataillon étaient vacantes, ainsi que des places de lieutenant et de sous-lieutenant. Il faut que la retraite soit donnée à tous ceux qui sont hors d'état de faire campagne, afin que, vers le 20 décembre, les quatre bataillons des 32e, 58, 121e et 122e, qui doivent faire partie de la division Lagrange, et les quatre bataillons des 2e, 4e, 12e et 15e légers qui forment la 3e brigade de la même division, formant avec la 1re brigade 8 ou 9,000 hommes, soient prêts à partir pour joindre cette 1re brigade qui part de Huningue. Il est donc nécessaire que ces huit bataillons aient présents, au 20 décembre, leurs officiers, sous-officiers et tambours
" (Correspondance de Napoléon, t.20, lettre 16026 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 22533).

Et en complément, le même jour, au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la guerre, à Paris : "Monsieur le Général Clarke, à dater du 1er décembre, le 8e corps de l’armée d'Allemagne prendra le nom de 8e corps de l'armée d'Espagne.
Ce corps continuera à être commandé par le duc d'Abrantès; il aura pour chef d'état-major le général Boyer, pour ordonnateur le sieur Malus, pour commandant de l'artillerie le général Mossel; il y sera attaché un officier supérieur du génie.
Il sera composé de trois divisions.
La 1re division sera commandée par le général Rivaud et formée de trois brigades : la 1re commandée par le général Menard, ayant quatre bataillons; la 2e, par le généra1 Taupin, ayant quatre bataillons; la 3e, par le général Godard, ayant quatre bataillons; en tout douze bataillons, formant 9 à 10,000 hommes d'infanterie.
La 2e division sera commandée par le général Lagrange; la 1e brigade sera composée de trois bataillons du 65e et d'un bataillon du 46e, et commandée par un général de brigade qui sera pris à l'armée d'Allemagne; la 2e brigade sera composée de quatre bataillons des 32e, 58e, 121e et 122e, qui sont à Paris, et commandée par un général pris à l'armée d'Allemagne; la 3e brigade sera composée de quatre bataillons des 2e, 4e, 12e et 15e légers. Cette division aura donc, comme la lère, douze bataillons, formant 9 à 10,000 hommes d'infanterie.
La 3e division sera composée de quatre régiments de marche et de douze bataillons auxiliaires, dont nous avons ordonné la réunion par nos derniers ordres, et sera commandée par le général de division Clauzel, qui veillera spécialement à sa formation.
Ce qui portera l'infanterie du 8e corps à plus de 30,000 hommes ...
Je désire connaître quand tout cela pourra se mettre en mouvement, pour que le corps soit rendu et réuni à Bayonne au 1er janvier
" (Correspondance de Napoléon, t.20, lettre 16027 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 22534).

"Paris, 5 décembre 1809
Au général Clarke, duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris
Monsieur le Général Clarke, donnez l'ordre que le quartier général du 8e corps et la division Rivaud, composée des huit bataillons des brigades Ménard et Taupin et de la brigade formée du 22e de ligne, faisant douze bataillons, se rendent à Orléans. Je verrai le 22e à son passage à Paris. Le 15, le duc d'Abrantès se rendra à Orléans et passera la revue de cette division. Faites-moi connaître où sont les 10e et 11e bataillons des équipages militaires qui doivent être attachés au 8e corps.
Faites-moi connaître s'il sera possible de faire partir, le 15, les huit bataillons qui sont à Paris des 32e, 58e, 121e et 122e, qui forment la 1e brigade de la division Lagrange, et des 2e, 4e, 12e et 15e légers, qui forment la 2e brigade; ces deux brigades, avec celle formée du 65e et d'un bataillon du 46e, composant la division du général Lagrange. Toutefois nommez les deux généraux de brigade qui doivent commander ces huit bataillons, et donnez-leur l'autorité dans les dépôts qui doivent les fournir; je les verrai, le 15, dans la situation où ils se trouvent ...
" (Correspondance de Napoléon, t.20, lettre 16033 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 22561).

Pendant ce temps , Napoléon réorganise le 2e Corps en Espagne et envoie ses instructions à Berthier, nouveau Major général des armées d’Espagne : "Paris, 15 décembre 1809
Au prince de Neuchâtel et de Wagram, major-général de l’armée d’Espagne, à Paris
Mon Cousin ... Écrivez au duc de Dalmatie que j'ai hâte de voir se réunir tous les corps; qu'il donne l'ordre que tout ce qui appartient aux 32e, 15e, 66e, 26e et 82e se rende dans le nord à Benavente et à Valladolid, pour être réuni au corps du général Loison; que tout ce qui appartient aux 51e, 43e, 55e, 58e, 47e de ligne et 12e léger rejoigne les régiments respectifs à Madrid; que le 2e corps ne sera formé que des deux divisions des généraux Merle et Heudelet, composées, comme elles le sont aujourd'hui, des 2e, 4e, 17e et 31e légers, et des 15e, 36e, 47e, 70e et 86e ...
Il y a également un bataillon du 2e léger qu'il faut réunir, ainsi que beaucoup de détachements appartenant à des régiments de cavalerie
" (Correspondance de Napoléon, t.20, lettre 16055 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 22608).

"Trianon, 17 décembre 1809
Au prince de Neuchâtel et de Wagram, major-général de l’armée d’Espagne, à Trianon
Mon Cousin, donnez l'ordre que la brigade composée d'un bataillon du 32e, d'un du 58e, d'un du 121e et d'un du 122e, qui doivent former au moins 3,000 hommes, parte le 20 de ce mois pour se rendre à Bordeaux. Cette brigade est la 2e de la division Lagrange. Faites-moi connaître quand la 1re brigade arrivera à Bayonne.
Donnez ordre que la 3e brigade de cette division, composée d’un bataillon du 2e léger, d'un du 4e, d'un du 12e et d'un du 15e légers, parte le 22. Cette 2e et cette 3e brigade suivront la route de Versailles, où elles séjourneront; vous en passerez la revue à Versailles et vous vous assurerez qu'elles sont munies de tout ce qu'il faut pour faire la guerre, et qu'elles ont le nombre d'officiers nécessaire pour les discipliner et les contenir en route. Tracez-leur un itinéraire tel qu'elles se reposent un jour sur trois, et même qu'elles aient un double séjour dans les grandes villes.
Vous me remettrez un tableau du mouvement du 8e corps ...
" (Correspondance de Napoléon, t.20, lettre 16062 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 22629).

En fin de campagne, le 4e Léger changea de chef : le colonel Corsin du 4e Léger, promu général en Octobre pour la belle conduite devant Oporto fut remplacé par le colonel Desgraviers- Berthelot.

Les tenues du 4e Léger en 1808-1809

Un rapport de Novembre 1809 du ministre de l'Administration de la Guerre à l'Empereur nous apprend : "En Juin 1808 au Portugal, le 4e Léger (Nota : le 3e bat de l'Armée de Junot) avait perdu au passage du Duero les effets suivants : 300 habits, 450 gilets à manche, 450 pantalons, 450 paires de guêtres noires, 600 chemises, 250 sarraus, 20 bonnets d'oursin avec cordons rouges, 300 paires de souliers. Cette perte ayant été régulièrement constatée, le régiment en demande le remboursement ...".

VIII/ 1810, LA 3e CAMPAGNE DE PORTUGAL (2ème et 8ème CORPS), LA PACIFICATION DE L’ARRIERE (DIVISION SERAS)

3e campagne du Portugal du 4e Léger

Le 8e Corps continue sa route et doit aider à pacifier les régions traversées dès son entrée en Espagne.

"Paris, 11 janvier 1810
Au prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de l’armée d’Espagne, à Paris.
Vous ferez connaître que mon intention est de réunir tout le 8e corps à Logroño. A cet effet le général Lagrange, avec la première brigade de sa division, entrera le 14 en Espagne et se dirigera en droite ligne sur Logroño. Le commissaire ordonnateur et le chef de l’état-major s’y transporteront le plus tôt possible; tout l’état-major et le commandant en chef y seront réunis le 8 février. Tous les ordres seront donnés pour que les divisions ci-devant Rivaud et Lagrange y arrivent le plus tôt possible, ainsi que les administrations et l’artillerie, cela formera 16 à 17,000 hommes, qui devront être à Logroño dans les dix premiers jours de février
".

"Paris, 20 janvier 1810.
Au prince de Neuchâtel et de Wagram, major-général de l’armée d’Espagne, à Paris
Mon Cousin, écrivez au général Lagrange, qui se trouvera le 25 février à Logroño avec une partie de sa division, qu’il doit faire des incursions à cinq ou six marches de Logroño pour attaquer les brigands, les détruire et maintenir libres les communications à quarante lieues aux environs, se concertant avec les commandants de la Navarre, des Biscayes, de Burgos et de l’Aragon; qu’il doit faire des colonnes mobiles et profiter du temps que sa division séjournera là, pour pacifier et désarmer le pays
". Dans la même lettre, on apprend que le général Reynier doit prendre le commandement du 2e Corps.

Le 12 février 1810, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, à Paris : "Monsieur le Duc de Feltre ... En jetant un coup d'oeil sur les détachements qui doivent composer la division d'arrière-garde, je vois qu'on a confondu dans vos bureaux deux choses très-importantes ; ce qui peut avoir la plus grande conséquence. On veut comprendre dans la formation des bataillons auxiliaires des détachements appartenant à des régiments qui sont en Espagne : or les bataillons auxiliaires ne doivent être formés que par les dépôts dont les régiments sont au Nord ou en Allemagne. Tous les détachements des corps qui sont en Espagne doivent former des régiments de marche et jamais des bataillons auxiliaires. Mon intention est donc qu'on forme un régiment de marche, qui se réunira à Tours. Le 1er bataillon sera composé de tous les détachements qui se trouvent à Orléans, appartenant aux 2e, 4e, 12e et 15e régiments d'infanterie légère. Le 2e bataillon sera composé de tout ce qui est à Orléans des 32e, 58e, 121e et 122e régiments. Vous ordonnerez que tous ces détachements partent le 15 d'Orléans pour Tours.
Vous ferez demain passer une revue de ces huit dépôts à Paris et à Versailles, pour en faire partir tout ce qu'ils ont de disponible et en état de bien faire la guerre.
Ils seront dirigés sur Tours, où vous chargerez le général Seras de se rendre pour organiser ces deux bataillons et en former le 5e régiment de marche.
... Vous donnerez des ordres et prendrez des mesures pour que deux bataillons du 113e, de 800 hommes chacun, soient tenus prêts à partir ; car je désire faire partir dans le courant de février le 4e régiment de la première légion de la Vistule, 2,200 hommes ; deux bataillons du 113e, 1,600 hommes ; le 5e régiment de marche de l'armée d'Espagne, que j'évalue à peu près, à 1,600 hommes ; un escadron de 300 hommes du 28e de chasseurs, 300 hommes ; le régiment de dragons qui est à Versailles. On y joindrait le 6e régiment de marche de cavalerie qui est à Saumur, 1,900 hommes ; cela fera donc une division de plus de 6,000 hommes, avec laquelle le général Seras se rendra en Espagne ...
" (Correspondance de Napoléon, t.20, lettre 16244 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 23105).

Les opérations militaires tournèrent au début de l'année autour d'une expédition en Andalousie, exécutée par les 4e, 5e et 1er Corps.

Pendant ce temps, le 2e Corps, restait à son emplacement de l'année précédente, c'est-à-dire sur le Haut Tage, afin d'observer les routes du Portugal où se trouvaient toujours les anglais. Il couvrait en même temps la marche du corps expéditionnaire d'Andalousie.

Au milieu d'Avril, Napoléon résolut de marcher aussi contre le Portugal. La nouvelle armée du Portugal destinée à cette expédition devait se composer des 2e (Reynier), 6e (Ney) et 8e Corps (Junot), en tout 60000 hommes, dont le commandement fut donné à Masséna.

L'Armée anglo-portugaise de Wellington présentait un effectif de 50.000 hommes. Le Général anglais, résolu à ne pas accepter de grandes batailles, prévoit de se retrancher, à l'embouchure du Tage, où se trouve une flotte anglaise, sur les célèbres lignes de Torres Vedras qui devaient, au besoin, protéger l'embarquement de son armée.

Le 27 avril 1810, l'Empereur écrit, depuis Compiègne, au Général Mouton, son Aide de camp : "Monsieur le général comte de Lobau, le ministre de la Guerre vous donnera l'ordre de passer la revue des 3e, 4e et 7e demi-brigades provisoires. Envoyez-moi un rapport sur ces trois corps aussitôt que vous les aurez vus. Voyez vous-même les dépôts des 32e, 58e, 121e, 122e ainsi que ceux des 4e, 12e, et 15e d'infanterie légère, afin que tout ce qu'ils ont à leur dépôt serve à renforcer ces dernières brigades. J'ai ordonné que ces trois demi-brigades ainsi que les régiments du grand-duché de Berg formant ensemble une division de 8 000 hommes partent pour l'Espagne avec chacun trois paires de souliers, la comptabilité et les livrets de chaque soldat en parfait état, je vous rends responsable de cette besogne. Lorsque la 6e demi-brigade provisoire sera arrivée de Boulogne, vous ferez avec elle la même opération" (Correspondance générale de Napoléon, t.10, lettre 23521).

Le 10 Mai, Masséna arrive à Valladolid. Les Français devaient d'abord s'emparer des places fortes de Ciudad Rodrigo (espagnole), et Almeida (portugaise), avant d'entrer au Portugal. Ce sera au 6e Corps de Ney de s'en occuper.

Le 8e Corps est aussi réorganisé. La Division Lagrange (dont un Bataillon des 2e et 4e Léger) est dissoute et répartie. Elle vient compléter la Division d'arrière garde du Général Seras. Napoléon écrit, depuis Le Havre, à Berthier au Havre, le 29 mai 1810 : "... Les bataillons de 2e, 4e et 12e Léger, des 32e et 58e de Ligne sous les ordres des généraux de brigade Corsin et Jeanin, feront partie de la division du général Seras, qui aura ainsi sous ses ordres ces 5 bataillons : 3000 hommes; les 4 bataillons auxiliaires : 3000 hommes; le 113e et le 4e bataillon de la Vistule : 3000 hommes, ce qui fera 9000 hommes ..." (Correspondance de Napoléon, t.20, lettre 16519 ; Correspondance générale de Napoléon, t.10, lettre 23671). La Division Seras mise sous l’autorité du Général Kellermann et se trouvera donc à la droite de la force principale de Masséna entre Astorga, le Léon et Zamora, couvrant la plaine de Valladolid.

Détaillons maintenant l’offensive de Masséna contre le Portugal. Ce n'est que le 25 juin qu'est lancé l'assaut sur la forteresse de Ciudad Rodrigo, après des semaines de siège. Les défenseurs résistent jusqu'au 9 juillet. Pendant ce temps, le 2ème Corps (Reynier) bat un parti espagnol à Zafra, et passe le Tage à la gauche de l'Armée.

Le 4 juillet 1810, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, faites-moi connaître combien de compagnies et d'hommes peuvent fournir les dépôts des 32e, 58e, 121e et 122e, ainsi que les dépôts de Versailles des 3e et 4e régiments provisoires, et les dépôts des 2e, 12e, 15e et 4e léger. Quand pourra-t-on former un régiment provisoire de 700 hommes de chacun de ces dépôts ? ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.10, lettre 23898).

Le 8 juillet 1810, l'Empereur écrit, depuis Rambouillet, au Général Clarke; Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, il faut former un 5e régiment de marche qui sera composé de 3 bataillons, savoir :
1er bataillon : 2 compagnies du 32e, 2 compagnies du 58e ;
2e bataillon : 2 compagnies du 121e, 2 du 122e ;
3e bataillon : 1 compagnie du 2e léger, 1 du 4e idem, 1 du 12e idem.
Chacune de ces compagnies sera complétée à 140 hommes, ce qui fera 1540 hommes. Un colonel en second ou un major commandera ce 5e régiment de marche. Vous me ferez connaître quand il sera prêt.
Vous donnerez ordre qu'il soit réuni à Versailles le 15 juillet.
Vous me ferez connaître s'il est possible de former des dépôts de Versailles qui ont fourni aux régiments provisoires dernièrement partis, un nouveau bataillon
" (Correspondance générale de Napoléon, t.10, lettre 23919).

La place forte d'Almeida dans la région de Beira, ne se trouve qu'à 35 kms de Ciudad Rodrigo. C'est encore le 6e Corps de Ney qui est chargé de la besogne. Du 15 au 28 Août a lieu le siège d'Almeida, après les combats sur la Coa.

Le 19 août 1810, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, je désire que vous formiez plusieurs bataillons de marche pour 1'Espagne et le Portugal.
... Le 4e se composera de 200 hommes du 2e léger ; de 100 hommes du 4e idem ; de 100 hommes du 15e idem ; de 200 hommes du 17e idem ; de 300 hommes du 65e idem ; total 900 hommes. Le 4e bataillon se réunira à Paris ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.10, lettre 24356).

Le 26 août 1810, Napoléon écrit, depuis Saint-Cloud, au Maréchal Berthier, Major général de l'Armée d'Espagne : "... Donnez ordre que le 4e bataillon du 2e léger qui est à la division Séras rejoigne ses trois premiers bataillons au 2e corps ; que le 4e bataillon du 4e léger rejoigne ses trois premiers bataillons au 2e corps, et que le 4e bataillon du 36e qui est au 8e corps rejoigne également les 3 premiers bataillons au 2e corps, de sorte que le corps du général Reynier sera composé ainsi qu'il suit :
division Merle
2e léger 4 bataillons 2400 hommes
36e de ligne 4 bataillons 2200
4e léger 4 bataillons 2400
7000 hommes
Division Heudelet
17e léger 3 bataillons 1500
47e de ligne 4 bataillons 2400
31e léger 4 bataillons 2400
70e 4 bataillons 2400
8700
15700 hommes
Par ce moyen, tous les régiments de l'armée de Portugal se trouveront réunis ...
Donnez ordre que le 5e régiment provisoire d'infanterie de l'armée d'Espagne soit dissous. Les compagnies du 2e léger et des 4e et 12e légers seront réunies aux 2 compagnies des 2e, 4e et 12e légers du 2e régiment provisoire d'infanterie qui est dans la Navarre. Le 1er bataillon du 2e provisoire d'infanterie sera composé de 3 compagnies du 5e bataillon du 2e léger et de 3 du 4e. Le 2e bataillon sera composé de 3 compagnies du 12e et de 2 du 15e ...
La dissolution du 5e régiment provisoire d'infanterie qui avait ordre de se rendre à Tolosa renforcera le corps du général Reille de onze compagnies, ce qui augmentera d'autant la garnison de la Navarre ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.10, lettre 24415).

L’Armée de Portugal se trouva tout entière réunie autour de Viseu le 18 septembre ; elle comprenait à ce moment 62,000 hommes de toutes armes.

POSITIONS DU 4E LEGER EN SEPTEMBRE 1810

Colonel Desgraviers, Major Magaud, Quartier-Maitre Folloppe
1er Bat Chef de Bataillon Palis; 2e Bat Chapuzet; 3e Bat Carré; 4e Bat Coudert, au 2e Corps, Armée du Portugal
5e Bat : 3 Cies à l'Armée d'Espagne, 1 Compagnie et Dépôt à Paris

Masséna ne reprend sa marche vers Lisbonne que le 15 Septembre. Ses ordres sont d'attendre la fin des grosses chaleurs et surtout des récoltes. Il en profite pour se procurer de quoi approvisionner son armée. D'autant que les Anglais ont décidé de pratiquer la "terre brulée" en se retirant progressivement vers leur base de Torres Vedras.

Masséna prend la direction de Coimbra en passant par Viseu où il s'arrête plusieurs jours pour rallier ses effectifs et réparer ses caissons. La route suivie, au nord du Mondego, passe par Bussaco, une excellente position défensive en hauteur où Wellington a décidé d'attendre les Français avec ses Anglo-portugais. Le 2e Corps lui s'est retrouvé à Guarda en passant par Sabugal puis a rejoint le reste de l'Armée.

Au matin du 26, le 2e Corps entre en contact avec les défenses anglaises. Masséna tombe dans le piège d'une attaque frontale au lieu de contourner les positions anglo-portugaises.

Le 27, le 2e Corps s'élance à la droite de l'armée ennemie. Le 4e Léger, conduit par le Général Graindorge et protégé par un brouillard épais, gravit péniblement les hauteurs en s'aidant des végétaux. Arrivé sur la hauteur, il s'élance sur le 8e Portugais, le culbute et lui enlève son artillerie, mais deux divisions anglaises arrivent et arrêtent sa marche. Mitraillés en flanc par l'artillerie et de front par l'infanterie, les Français sont en fâcheuse posture. Le Général Graindorge est mortellement blessé. Pour le 4e Léger : le colonel Desgraviers grièvement blessé, sept officiers supérieurs sur neuf, tous les Capitaines des Compagnies d'élite sont également mis hors de combat ainsi que 30 Officiers des Compagnies du centre. Le 2e Léger voit le Colonel Merle blessé ainsi que les Chefs de Bataillon Godin et Puisoie. Le Chef de Bataillon Duval est tué, ainsi que de nombreux Capitaines et autres Officiers.

Refoulé jusque sur le bord du plateau, le 4e Léger y résiste cependant jusqu'à l'arrivé du 91e de Ligne; mais criblées par un feu épouvantable, nos troupes redescendent le plateau, emportant leur Général et leurs Officiers blessés. Tandis qu'au centre de la bataille, le 6e Corps de Ney tente de s'emparer du couvent de Bussaco transformé en forteresse et est lui aussi repoussé.

Après la bataille, les Français se regroupent et parviennent à contourner les positions ennemies par le Nord, tandis que Wellington recule vers Coimbra. Son objectif est à présent d'atteindre les Lignes de Torres Vedras et d'y attendre une nouvelle fois les Français.

La majeure partie de la population des régions que doit traverser l'armée française se retire avec l'armée anglo-portugaise. L'ordre est donné d'évacuer Coimbra, les propriétés agricoles sont abandonnées, les biens ne pouvant être transportés et susceptibles de servir aux Français sont détruits. La campagne doit être tenue par des partis de guérilla chargé d'exterminer les troupes isolées et les blessés ennemis.

A Coimbra, le 1er Octobre, les Français trouvent un peu de vivres. Entre Coimbra et les Lignes de Torres Vedras, quelques affrontements éclatent entre les troupes françaises les plus avancées et l'arrière de l'armée de Wellington. Les combats les plus significatifs ont lieu près de Pombal et d'Alenquer. Le 11 octobre, l'avant-garde française aperçoit les Lignes de Torres Vedras.

Constatant, au bout de plusieurs semaines, que sa situation d'assiégeant des lignes anglo-portugaises est sans issue favorable, Masséna envoie le Général Foy en France discuter de la situation militaire avec l'Empereur, et recule ses positions sur Santarem et Punhete pour mieux hiverner à la mi-Novembre, suivi mollement par les Anglais. Le 2e Corps de Reynier s'établit à Santarem et entreprend des travaux pour s'y retrancher. Les deux autres Corps de l'Armée font de même, regroupés autour de Thomar pour celui de Ney et de Torres Novas pour celui de Junot.

L'arrivée d'une Division du 9e Corps menée par le Général Drouet en personne fin Décembre est saluée par des cris de joie. Ces renforts et ceux amenés par le Général Foy à son retour, portent l'Armée du Portugal à 55.000 hommes, mais c'est trop peu encore pour tenter une action décisive et Masséna espère l'arrivée du 5e Corps, alors sous les ordres de Soult.

IX/ JANVIER 1811, LE REPLI SUR L'ESPAGNE

En Janvier, Soult avec le 5e Corps fait enfin chemin vers Badajoz et après s'être emparé d'Olivenza fait le siège de la ville, mais celle-ci ne se rendra que le 10 Mars. Pendant ce temps, Masséna, vu l'état de délabrement physique et moral de ses troupes, décide de retraiter. Le 2e Corps de Reynier (avec les 2e et 4e Léger) gagne Espinhal, passant par la Serra de Estrella tandis que Ney couvre l'arrière garde et doit livrer des combats à Pombal, Rehinda, Foz d'Arounce contre les Anglais qui se sont lancés à notre poursuite.

Etat du 2e Corps de Reynier au 15 mars 1811.

1ère Division Merle
- 4 Bataillons du 2e Léger (54 Officiers et 1343 hommes)
- 4 Bataillons du 36e de Ligne
- 4 Bataillons du 4e Léger (61 Officiers et 1163 hommes)

Reynier rejoint Masséna à Miranda do Corvo, puis ils poursuivent leur marche vers Celorico qui est atteint le 21. Masséna décide alors de gagner l'Espagne par Coria et Plasencia. Ney refuse et veut passer plus au Nord. Masséna le démet de son commandement du 6e Corps qui est remis au général Loison. On doit signaler aussi des désobéissances de la part de d'Erlon et de Reynier qui désorganisèrent le plan de Masséna.

Dans le même temps, Napoléon espère encore qu’une offensive sur Lisbonne pourra avoir lieu !!!

Wellington, qui talonne les Français, pense pouvoir détruire le 2e Corps à Sabugal, le 3 Avril, mais les Français résistent bien sous une pluie battante et du brouillard. Le Colonel Berthelot-Desgraviers est blessé de même que le Chef de Bataillon Chapuzet et le Sous-lieutenant Cambefort. Le Lieutenant Rossin et le Sous-lieutenant Fournier sont tués.

La retraite se poursuit. L'Armée du Portugal se regroupe finalement autour de Salamanque et se remplume. Elle compte encore 39.000 combattants.

Le 4 avril 1811, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Prince de Neuchâtel et de Wagram, Major général de l'Armée d'Espagne, à Paris pour lui faire part de la réorganisation de l'Armée du Portugal en 6 divisions : "Mon Cousin, l'armée du Portugal sera partagée en six divisions ...
Par ce moyen, le 6e corps se trouve partagé en deux divisions. Tous les régiments qui ont leur dépôt dans la 12e division militaire forment une division ; tous ceux qui ont leur dépôt en Bretagne en forment une autre. Je pense que c'est là la meilleure organisation qu'on puisse donner. Vous laisserez le prince d'Essling maître d'arranger les brigades. Vous lui désignerez seulement les généraux pour les divisions et pour les brigades. Vous le laisserez également maître de verser tous les hommes des 15e et 32e légers dans les 2e et 4e légers, et de renvoyer les cadres du 15e léger à Paris et du 32e à Toulon ; cela aura l'avantage de supprimer deux cadres sans diminuer de beaucoup le nombre d'hommes. Cette opération me paraît bonne ...
Vous ferez connaître au maréchal prince d'Essling qu'il doit faire tous ces mouvements en temps opportun ; lui seul doit en avoir connaissance. Il peut même y faire les changements qu'il jugera indispensables. Vous lui ferez connaître que mes principaux motifs pour mettre tels ou tels régiments ensemble, c'est qu'ils ont leurs dépôts dans la même division ; ce qui doit faciliter la formation des régiments de marche à envoyer pour les recruter
" (Correspondance de Napoléon, t.22, lettre 17562 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 26505). Ce sera Marmont qui effectuera le changement.

Les Anglo-portugais ont suivi les Français dans leur repli et désormais, le seul point encore aux forces de Masséna au Portugal est la forteresse d'Almeida, rapidement entourée par la division Campbell dès le 7 Avril. Masséna, dont les subordonnés sont de plus en plus désobéissants, demande l'aide de Bessières pour refaire ses forces, délivrer la garnison et y établir une tête de pont.

Au milieu d'Avril, il pleut, et le 2e Corps a énormément de mal à se fournir en vivres. Cependant, Masséna concentre ses meilleurs éléments des 2e, 6e, 8e, et 9e Corps et la cavalerie de Montbrun autour de Ciudad Rodrigo en vue de l'offensive future.

Le 27 avril 1811, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, donnez ordre que 200 hommes du 2e régiment d'infanterie légère, 100 du 4e et 200 du 12e ; total 500 ; forment à Paris un bataillon de marche et se mettent en route pour Bayonne.
Donnez ordre que le 17e d'infanterie légère envoie à Bayonne 150
que le 25e id. envoie 100
Le 9e id. 120
Le 16e id. 100
Le 21e id. 120
Le 27e id. 120
Le 28e id. 120
Total de ce que ces régiments enverront à Bayonne 1330
Ayez soin que chacun de ces détachements ait au moins deux sergents, quatre caporaux et deux tambours. A leur arrivée à Bayonne, on formera de ces détachements deux bataillons de marche que l'on composera de la manière suivante : les détachements des 2e, 4e, 17e et 25e régiments qui appartiennent à l'armée de Portugal marcheront ensemble. Ceux du 9e, du 12e, du 16e, du 21e, du 27e et du 28e, qui appartiennent à l'armée du Midi, formeront l'autre bataillon. Vous aurez soin que ces détachements soient bien armés, bien équipés. Les dépôts pourront profiter de leur départ pour faire des envois à leur régiment. Vous me rendrez compte d'ailleurs du mouvement de ces détachements afin que je sois toujours à même de donner les ordres que pourraient nécessiter les circonstances. Mon intention est qu'aucun conscrit de 1811 ne fasse partie de ces détachements. Le nombre d'hommes que je viens de vous indiquer est porté dans les états comme existant au dépôt avant l 'arrivée de la conscription. Vous pouvez donc les faire partir deux ou trois jours après la réception des ordres. Faites passer en revue le bataillon de Paris avant son départ. Ayez soin qu'un major en second se trouve à Bayonne pour organiser les deux bataillons. Les premiers arrivés attendront les autres. Mais il sera toujours avantageux que le général qui commande à Bayonne ait des troupes sous sa main, qui peuvent être utiles pour la protection des frontières
" (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 26853).

Bessières arrive enfin le 1er Mai, entouré seulement d'une poignée d'hommes de la cavalerie de la Garde, qu'il refusera d'ailleurs de faire intervenir. Wellington, anticipant les intentions de Masséna, décide de l'attendre à Fuentes de Onoro. La bataille fera rage entre le 3 et le 5 Mai 1811 et restera indécise, bien que Wellington ne soit passé pas loin de la rupture et qu'un effort supplémentaire eut emporté la victoire pour les Français.

Sur l'aile droite, à Alameda, le 2e Corps aura en fait peu à intervenir : l'inertie de Reynier sera d'ailleurs une des causes de l'issue de la bataille. L'essentiel des combats aura lieu autour de Fuentes de Onoro et sur l'aile gauche. Fatigué et moralement atteint, Masséna se replie une nouvelle fois sur Salamanque où il apprend par Bessières sa disgrâce et son remplacement par Marmont. Napoléon ne pardonne pas aux généraux malchanceux ! La seule satisfaction est que la garnison d'Almeida a pu évacuer la place après l'avoir détruite et a réussi à passer à travers les lignes anglaises, récupérée par le 2e Corps.

Voilà donc Marmont, Duc de Raguse, à la tête d'une Armée du Portugal découragée. Celle-ci se restructure désormais en 6 Divisions. Marmont porte tous ses bataillons à 700 hommes en versant l'effectif d'un Bataillon dans un autre, et renvoie à Salamanque, les cadres non employés. Les 4èmes Bataillon des 2e et 4e Léger sont ainsi dissouts, les effectifs renforçant les trois premiers, les cadres sont finalement renvoyés en France pour former un nouveau Bataillon.

Les 2e et 4e Léger font partie de la 4e Division sous le commandement du Général Sarrut. Ayant ainsi réorganisé son armée, le Maréchal marche en juin au secours de la place de Badajoz assiégée par les anglais. Son arrivée dégage la place et Soult et Marmont entrent dans la ville. Badajoz délivrée, Marmont revint prendre position sur le Tage.

Le 11 juin 1811, Napoléon ordonne à Berthier :
"Mon Cousin,
il arrive le 7 juin à Bayonne trois détachements : un de 135 hommes du 2eme Léger, un de 110 hommes du 4eme et un de 210 hommes du 12eme. Faites former de ces 450 hommes un petit bataillon que vous mettrez sous les ordres de l'officier qui commande l'escorte du Trésor qui doit partir le 13 juin. Arrivés à Valladolid, les 210 hommes du 12e Léger se rendront à Madrid et de là en Andalousie ...
".

En juillet, les cadres des 4èmes Bataillons des 2e et 4e Léger sont revenus en France. Napoléon s'occupe de les reformer. Il écrit à Clarke : "St Cloud , le 1er juillet 1811
Monsieur le Duc de Feltre, donnez ordre que tout ce qu’il y a de disponible dans les dépots du 2e et du 4e Léger soit versé dans les 4èmes bataillons, afin de donner de la contenance à ces 4èmes bataillons. Vous aurez soins qu ils soient complêtés en officiers et sous officiers.
Je suis surpris que l’on ait retenu (en Espagne) les cadres des grenadiers et voltigeurs et que l’on n'ait envoyé que les cadres de 4 compagnies …
".

Le 3 Août 1811 un nouveau colonel vient prendre la tête du 4ème Léger : Gaspard Louis Langeron.

En septembre, les Anglais ayant menacé de nouveau Ciudad Rodrigo, Marmont abandonna le Tage, remonta au nord au secours de cette place et parvint à la ravitailler. Puis il reprit ses positions.

X/ 1812

En janvier 1812, l'armée du Portugal abandonne le Tage et est ramenée sur le Douro aux environs de Salamanque. Ce mouvement de retraite amène la perte de deux places importantes : Ciudad Rodrigo (en Janvier) et Badajoz (en Avril) qui tombent aux mains de Wellington.

Le commandement général de toutes les forces françaises a été hélas confié au Roi Joseph en Mars. Les trois premiers bataillons du 4ème Léger font toujours partie de la 4e Division Sarrut de l'Armée du Portugal.

Le 13 Juin Wellington passe l'Agueda et 3 jours plus tard se retrouve devant Salamanque. Marmont évacue la ville, laissant de petits contingents dans des forts dont les Anglais vont mettre dix jours à s'emparer.

Français et Anglo-portugais vont alors stationner chacun sur une des rives du Douro. Marmont décide alors de repasser le fleuve et d'affronter les Anglais avec ses 8 divisions d'infanterie et ses deux de cavalerie. Les deux armées vont combattre face à face aux Arapiles, le 22 Juillet, au Sud Est de Salamanque, et le combat se terminera par une défaite française. Les forces de Marmont se font saigner à blanc par l'opiniâtreté des Britanniques et Portugais.

Marmont a été blessé, le général Clauzel a pris le commandement et va sauver les restes de l'armée en menant une retraite efficace. Les divisions Ferrey et Foy sont les dernières réserves non entamées par la bataille : elles vont couvrir le repli en manœuvrant comme à l'exercice.

L'armée se retire une nouvelle fois derrière le Douro, puis quelques temps après, derrière l'Ebre, mais ayant reçu quelques renforts, elle revint sur le Douro et reprend Salamanque évacuée par les Anglais. Le général Clausel cède le commandement au général Reille, qui prend alors ses cantonnements dans la province de Burgos.

XI/ 1813 EN ESPAGNE

C'est au début Janvier 1813, que parvient à Madrid l'annonce du désastre de la campagne de Russie et les nouvelles instructions de l'Empereur. D'abord resserrer les lignes en se repliant sur le Nord de l'Espagne. Les 4 armées aux ordres de Joseph vont adopter de nouvelles positions : en mars, on évacue la Manche, l'Armée du Centre se place autour de Ségovie, celle du Midi vers la vallée du Douro, celle du Portugal en Vieille Castille.

L'Armée du Nord du général Clauzel doit garder coûte que coûte les communications avec la France, tandis que de véritables armées de partisans battent la campagne au Pays Basque espagnol et en Navarre. On dépouille donc l'Armée du Portugal de 4 divisions d'infanterie pour renforcer celle du Nord. Cette réorganisation s'accompagne aussi de ponctions en cadre et en hommes expérimentés pour reconstituer la Garde et l'armée d'Allemagne. Les cadres des 2e et 3e bataillons du 4ème Léger sont rappelés en France. Seul restait en ligne le 1er bataillon avec le chef de bataillon Greard et le colonel Langeron, au sein de la 4e Division Sarrut, brigade Menne. La division Sarrut, faisait partie du détachement envoyé en Mars de l'armée du Portugal à l'armée du Nord.

Joseph, quant à lui, évacue sa capitale et replie son gouvernement à Valladolid, laissant à Madrid une garnison avec le général Hugo. Pendant ce temps au Portugal, Wellington devenu généralissime de toutes les armées espagnoles et alliées, réorganise lui aussi ses troupes. C'est le 22 Mai que Wellington reprend l'offensive, réoccupe Salamanque, et continue sa progression.

La division Sarrut est rappelée et rejoint l'armée du Portugal. Surpris par ce mouvement offensif des Anglais, les Français, se concentrent difficilement. La réunion des troupes ne put s'effectuer en effet qu'à Vittoria, le 19 juin. La bataille s'engagea le 21.

Le Général Reille, avec deux divisions (dont la division Sarrut), gardait les ponts de la Zadorra. Les anglais essayèrent au début de l'action de forcer le général, mais celui-ci se défendit vaillamment et chaque fois qu'on lui enlevait un pont, le reprenait avec la plus grande vigueur; enfin, la ligne ayant été forcée sur Vittoria, on ordonna la retraite. La situation du Général Reille devenait périlleuse car l'ennemi se portait sur ses arrières. Il fit, avec ses divisions, une retraite admirable, contenant les anglais et rejoignant, en même temps, le reste de l'armée. Le général Sarrut fut tué dans ces combats. Le bataillon du 4e Léger par sa bravoure y soutint sa réputation. Le colonel fut blessé.

Exténué, le reste des Armées françaises repasse les Pyrénées, laissant deux fortes garnisons à Pampelune et San Sebastian. Le 12 Juillet, rappelé d'Allemagne, Soult vient reprendre le commandement en chef des toutes les forces sur la frontière. Joseph et Jourdan sont destitués.

Soult continue la réorganisation de ses forces en 10 divisions et 3 ailes. Les hommes sont assez déprimés, face désormais à des Alliés en supériorité numérique. Soult se met à fortifier la frontière, construisant tout un système de redoutes.

Les drapeaux et Aigles du 4e Léger, 1812-1814

En 1812, le 4e Léger avait encore trois de ses Aigles, portées par les trois premiers bataillons en Espagne avec des restes de drapeaux du modèle 1804. Au cours de l'année, les Aigles des 2e et 3e bataillons sont renvoyés en France. Pendant ce temps est confectionné un nouveau drapeau au modèle 1812 portant les noms de bataille ULM et FRIEDLAND, mais celui-ci reste au dépôt en France. A la fin de 1813, l'Aigle du 1er bataillon est renvoyé en France. Les Russes, des cosaques du Don, à Pithiviers le 4 Avril 1814, vont s'emparer d'une Aigle et du drapeau modèle 1812, en pillant des caissons provenant du dépôt. Ils désormais conservés au Musée historique de Moscou (voir figure 10)

XII/ 1812-1813 : LES 2ème, 3ème ET 4ème BATAILLONS EN REFORMATION POUR LA CAMPAGNE D'ALLEMAGNE

Dès le début janvier 1812, Napoléon fait le compte de ses forces et commence à composer sa nouvelle Grande Armée. Le 2 janvier 1812, il écrit ses hypothèses de travail : "Monsieur le Comte de Cessac, je vous envoie pour votre gouvernement l’organisation de la Grande Armée. Le corps de l’Elbe formera deux corps. Il est nécessaire d’envoyer un ordonnateur à chaque corps et tout le personnel d’administration qui est indispensable. Présentez-moi un objet d’organisation. Comme je n’ai pas encore organisé en deux corps le corps d’observation de l’Elbe, envoyez-y tout double.
NOTE SUR L’ORGANISATION DE LA GRANDE ARMÉE.
La Grande Armée sera partagée en quatre corps : le corps d’observation de l’Elbe en fera deux ; le corps d’observation de l’Océan en fera un ; le corps d’observation d’Italie en fera un autre.
La Grande Armée sera organisée, en 15 divisions d’infanterie.
CORPS D’OBSERVATION DE L’OCÉAN.
... 11e division (le lieu de réunion n’est pas encore fixé) : régiment illyrien, 4 bataillons ; 4e léger, 4 bataillons ; 18e léger, 4 bataillons ; 93e de ligne, 5 bataillons ; 2e régiment portugais, 2 bataillons ; total, 19 bataillons ...
".

Dès le mois de janvier 1812, le 4ème bataillon fut réorganisé à Versailles.

LES DEMI-BRIGADES PROVISOIRES DE JANVIER 1812

Dans la vaste réorganisation que Napoléon coordonne pour la Grande Armée qui va entrer en Russie, de nombreuses unités dites provisoires vont être levées, formées de détachements de divers Régiments : Bataillons de marche, Demi-brigades de marche, Bataillons de marche de tel ou tel Corps. Parfois versées dans leurs unités d’origine ou organisées en Divisions de Réserve.

Les Demi-brigades provisoires en 1812 sont formées à partir des 4ème Bataillons disponibles des Régiments d’infanterie. Elles vont peu à peu gagner l’Allemagne (ou l’Espagne ou l’Italie), remplacées sur leurs lieux de formation par les Cohortes de Gardes Nationales. Elles sont commandées par des Majors. On y réunit soit des Bataillons d’infanterie de Ligne, soit des Régiments d’infanterie légère entre eux, pour que les unités soient homogènes. Elles seront incorporées dans la seconde Ligne de l’Armée tandis que la force principale franchira le Niémen. Les 2e, 3e, 4e et 5e DB provisoires serviront sur la frontière espagnole et les 14e, 15e et 16e en Italie.

1er DB provisoire (ex 3e) 4e bat des 2e Léger, 4e Léger, 17e Léger

Après le passage du Niémen par l'armée "européenne" organisée par l'Empereur pour se porter contre les Russes, ce bataillon tint garnison successivement à Magdebourg et à Spandau, et après la désastreuse retraite de Russie, il fit partie de la garnison de Dantzig où il entra en janvier 1813 sous le commandement du Général Couderc. Le bataillon était dans la 30e Division du général Heudelet.

LA MOBILISATION DE L'INFANTERIE LEGERE EN JANVIER/ FEVRIER POUR LA CAMPAGNE DE 1813 EN ALLEMAGNE
(Source : correspondance de Napoléon )

Dès janvier 1813, Napoléon ordonne de réorganiser l'infanterie légère (et de Ligne) en prévision de la campagne qui ne saurait tarder sur le Front Est. Plusieurs mesures sont prises :

1. Le rappel des cadres des 3e Bataillons des Régiments en Espagne :
de l'Armée du Midi : des 21e, 27e, 12e et 28e Légers
de l'Armée du Centre : du 2e Léger
de l'Armée d'Aragon : du 3e Léger

Suivi, pour arrivée prévue début mars, en Allemagne, des seconds Bataillons des 13e, 15e, 11e, 24e et 26e Légers

2. Formation systématique d'un 6e Bataillon pour les Régiments qui n'en auraient pas.

3. Formations de Régiments provisoires légers pour les Corps d'Observation du Rhin ou d'Italie avec des Bataillons disponibles :
2e provisoire : 3e Bataillon des 2e et 4e Légers
3e provisoire : 3e Bataillon des 3e et 8e Légers
4e provisoire : 4e Bataillon du 12e Léger, 1er du 29e Léger
5e provisoire : 7e Bataillon du 14e Léger, 4e du 18e Léger
6e provisoire : 3e Bataillon des 6e et 25e Légers
8e provisoire : 4e Bataillon du 5e Léger, 4e Bataillon du 23e Léger
10e provisoire : 3e Bataillon du 16e Léger et 1er Bataillon du 28e Léger

4. Formation de Demi-brigades de réserve de 3 Bataillons sur les frontières de l'Empire :
1ère Demi- brigade : 6e Bataillon des 7e, 13e, 15e Légers pour Mayence
2e Demi-brigade : 6e Bataillon des 33e, 26e, 24e Légers pour Anvers
3e Demi-brigade : 4e Bataillon des 11e, 10e, 21e Légers venants d'Espagne pour Wesel
4e Demi-brigade : 4e Bataillon des 9e, 27e, 28e Légers venants d'Espagne pour Utrecht
5e Demi-brigade : 6e Bataillon des 12e, 5e et 29e Légers pour Cherbourg
27e Demi-brigade, dont un Bataillon du 32e Léger pour Toulon
33e Demi-brigade, dont un Bataillon du 8e Léger en Italie
34e Demi-brigade : 6e Bataillon des 8e, 18e et 36e Légers en Italie

Aigle et drapeau 4e Léger
Fig. 10 Aigle et drapeau du 4e Léger modèle 1812

D'un autre côté, les cadres des 2e et 3e bataillons revenus d'Espagne au début de 1813 furent remplis à l'aide de nouvelles levées. Ces 2e et 3e bataillons ne restèrent pas réunis; ils entrèrent dans la formation de régiments provisoires.

Pendant ce temps, le 4e bataillon, enfermé dans Dantzig, fut cité avec éloge par le gouverneur de la place, le général Rapp, pour sa belle conduite dans l'attaque du 4 mars 1813 à Ohra.

Le 2 mai 1813 a lieu la bataille de Lutzen, où 300000 hommes sont en présence. Le 3ème bataillon du 4e Léger figure à cette grande bataille, dans le corps du maréchal Ney. Le chef de bataillon Dieuzaide du 4ème Léger y fut blessé et le bataillon eut de nombreuses pertes.

A Wurschen, le 21 Mai, le chef de bataillon Dieuzaide trouva la mort sur son chemin.

Après la victoire de Lutzen, Napoléon poursuivit l'armée des Coalisés et arriva à Dresde. Les ennemis se retirèrent sur la Spree et résolurent de livrer une deuxième bataille à Bautzen. Elle fut aussi victorieuse pour Empereur mais l'étendue des pertes le poussa à signer un armistice le 4 Juin.

Pendant les négociations, Napoléon se prépara à la reprise des hostilités en remaniant l'armée en en créant une nouvelle de 80000 hommes, sous les généraux Victor, Vandamme et du maréchal Gouvion Saint Cyr. C'est alors qu'arriva sur le théâtre de la lutte le dernier bataillon du 4e Léger (le 2ème), qui était dans le 14e Corps du maréchal Gouvion Saint Cyr, 49e division, au sein d'une demi brigade provisoire sous le commandement du major Louis. Le 3e bataillon était quant à lui placé à la mi-août au 3e Corps du maréchal Ney dans la 9e Division Delmas.

Les négociations n'ayant pas abouti, l'Autriche entra dans la Coalition et les hostilités recommencèrent au mois d'août. Les 25, 26 et 27, eut lieu la bataille de Dresde qui se termina par la retraite de l'armée ennemie dite de Bohème. Les capitaines Bourrinet et Hevin du 4ème Léger y furent blessés.

Le 28, averti de la victoire de Dresde (26, 27 Août), Vandamme poursuit les Russes. Il avance jusqu'à Hellendorf, combat de Gieshübel, puis avance jusqu'à Peterwalde. Le 29, il se porte sur Priesten où l'ennemi s'était rangé en bataille pour bloquer son avance et couvrir la retraite de l'armée de Bohème depuis Dresde. Une première attaque échoue. Le lendemain, les Russes avaient reçu des renforts, des compatriotes mais aussi des Autrichiens avec des troupes d'élite. Vandamme se retrouvait en infériorité numérique, pensant cependant que d'autres unités viendraient le soutenir prochainement. Il attaque les positions ennemies avec énergie. La bataille faisait rage quand les Prussiens de Kleist apparurent sur ses arrières. Encerclé, il fallait se faire jour au milieu des forces ennemies. Peu y réussirent. Vandamme lui-même est fait prisonnier. Le capitaine Bouchut fut tué à cette bataille de Kulm.

Après des manœuvres, Napoléon livre la grande bataille de Leipzig. Le 3ème bataillon du 4e Léger (16 officiers et 315 hommes) du corps de Lauriston (le 5ème Corps) assiste à ce terrible combat.

Après la bataille de Leipzig et ses combats annexes (16 au 19 Octobre), l'Armée française saignée à blanc se préparait à retraiter, laissant des garnisons dans les places. Tel était le cas de Dresde où commandait en chef le maréchal Gouvion Saint Cyr avec son 14e Corps d'Armée et les restes du 1er Corps. La place était investie par l'ennemi le 17 Octobre. Gouvion battait le jour même le corps d'Ostermann-Tolstoi, puis sans nouvelles de l'Empereur, décidait dans un premier temps de s'enfermer dans la ville au lieu de tenter immédiatement une percée sur Torgau, certes sans ordres, mais action qui était sa seule chance.

Ayant constaté le 6 Novembre que les forces coalisées étaient désormais trop nombreuses, il ne pouvait que capituler. Capitulation honorable violée par les Alliés comme pour toutes les places en Allemagne. C'est ainsi que le 2ème bataillon du 4ème Léger se retrouva prisonnier en Hongrie.

L'armée bavaroise faisant défection, vint à son tour essayer d'arrêter notre retraite; mais elle fut culbutée et écrasée à Hanau (novembre 1813). Le 5e corps, sous l'autorité du général Albert depuis la capture de Lauriston à Leipzig, comptait encore une poignée de soldats du 4e Léger.

Et l'armée française arriva sur le Rhin où elle s'arrêta.

Le 5ème Corps, où était le 3ème bataillon du 4e Léger, vint à Mayence. D'après les état d'effectifs de Novembre 1813, le 3e bat du 4e Léger ne comptait plus que 10 off et 149 hommes ! à la 8e division Ricard.

Le 21 décembre 1813, l'Empereur depuis Paris ordonne : "Le 6e corps d’armée, commandé par le maréchal duc de Raguse, sera formé en quatre divisions, savoir :
1e division, général Ricard : 2e léger, deux bataillons; 4e léger, deux; 22e de ligne, quatre; 40e, deux; 43e, deux; 50e, trois; total, quinze bataillons ...
".

A la fin de 1813, et la retraite des français sur le Rhin, le 4ème Léger avait donc ses bataillons dispersés :
1 - Un bataillon à l'armée d'Espagne puis des Pyrénées (le 1er) dont nous allons voir le destin dans un chapitre particulier.
2 - Un bataillon assiégé dans la place de Dantzig (le 4ème) qui ne se rendra avec la garnison que le 2 Janvier après un siège épique.
3 - Un bataillon fait prisonnier lors de la capitulation de Dresde (le 2ème).
4 - Un bataillon à Mayence sur les bords du Rhin (le 3ème) quasi disparu.
5 - Un bataillon de dépôt à Paris.
6 - Un bataillon à l'Armée du Nord du général Maison (le 5ème) qui va participer aux opérations autour d'Anvers en 1814.

XIII/ LE PREMIER BATAILLON DEFEND LA FRONTIERE DES PYRENEES

4e Léger 1813-1814
Fig. 11 4e Léger en 1813-1814

Etant replié sur les Pyrénées, le Maréchal Soult avait réorganisé l'armée. Le 1er bataillon du 4e Léger, fut placé dans la 5ème division Vandermaesen. Des tentatives pour délivrer la garnison de Pampelune, le 24 Juillet avec le combat de Sauroren, échouent. Les Français retournent sur leurs bases de départ derrière la Bidassoa. Puis Soult essaie de secourir Saint Sebastien. La bataille de San Marcial, le 30 Août, est aussi infructueuse. La retraite qui s'effectue par le pont de Berra se fait sous le feu des Anglais. Le général Vandermaesen y est tué. Sa division passe sous le commandement du général Maransin. Situation qui durera jusqu'à la fin des hostilités.

Le bataillon du 4e Léger est dans la brigade Barbot avec des bataillons des 34e, 40e et 50e de Ligne.

Saint Sébastien succombera le 8 Septembre. Désormais on va se battre sur le sol français. Les hommes sont complètement démoralisés, la solde n'a plus été versée depuis des mois.

Quand Wellington reprend son offensive, le 7 Octobre, au centre du dispositif défensif français, les deux brigades de Maransin sont en réserve au camp de Sare. Les positions françaises sont grignotées et Wellington s'empare des hauteurs. Soult prévoit alors de se replier derrière la Nivelle. Wellington temporise, attendant la chute de Pampelune qui survient le 31 Octobre. Le 10 Novembre, il reprend sa marche en avant.

Au début Novembre, Soult stabilise son front entre Saint Jean de Luz et St Jean Pied de Port, s'appuyant sur la Nivelle et la Nive, des camps retranchés et de multiples redoutes. Se sachant en infériorité numérique, il en est réduit à une campagne défensive, mais étale trop ses troupes au lieu de former une masse de manœuvre pour des contre offensives puissantes. Soult pense être attaqué sur son aile droite, mais Wellington va faire porter son offensive sur le centre de son front, le 10 Novembre.

L'offensive britannique est puissante autour de Sare, la division Maransin dont la brigade Barbot fournit des avant-postes sur la Petite Rhune ne peut résister longtemps. Le dispositif français doit se replier derrière la Nivelle. Le sous-lieutenant Graffigny du 4e Léger a été mortellement blessé. La division Maransin a eu des pertes très importantes en hommes et officiers. En face, les Anglais ont eu aussi beaucoup de blessés et tués.

Les Anglais ralentis par des pluies abondantes se sont établis à Saint Jean de Luz.

Au début Décembre, les Français très démoralisés par les replis successifs sont sous Bayonne protégés par la Nive. Bayonne est puissamment fortifiée et des renforts sont arrivés : conscrits mal dégrossis dont on ne pourra tirer grand-chose.

Le 9 Décembre les Anglo-portugais franchissent la Nive. Le 12 Soult contre-attaque avec les 4 divisions de Drouet d'Erlon sur les forces de Hill. Celui-ci s'est avancé jusqu'à la proximité de Bayonne à Saint Pierre d'Irrube. Les combats y font rage le 13 Décembre et les Anglais réussissent à tenir leurs positions en recevant des renforts de la rive opposée de la Nive. Les pertes ont été sévères des 2 cotés. Le temps exécrable fait que les 2 armées vont s'arrêter provisoirement de combattre jusqu'au début Février.

Le front reste tranquille jusqu'au 14. L'armée de Soult s'est affaiblie de nouvelles ponctions pour le front Est, ne lui laissant que 40.000 combattants. Le 14 Hill passe la Nive. Les Français se replient derrière le gave d'Oloron et Soult concentre ses troupes sur Orthez, espérant mener une bataille défensive décisive, tandis que les Anglais se casseront les dents sur Bayonne.

Les 26 et 27 Février, la bataille d'Orthez est sanglante. De part et d' autres, les pertes s'élèvent à 3400 Français et 2300 Britanniques. Le lieutenant Peju et le sous-lieutenant Marchon, du 4e Léger y sont blessés. Mais ce sont les Anglais, en avantage numérique, qui restent maîtres du terrain et Soult doit encore reculer vers Aire sur Adour puis Tarbes. Tandis que les Britanniques s'emparent de Bordeaux le 12 mars, Soult livre des combats de retardements sur sa ligne de repli à Maubourguet et Vic en Bigorre le 19 mars, puis Tarbes le 20. S'échappant encore avec les reste de ses troupes, il gagne Toulouse, qu'il a fait fortifier, où il entre le 24 Mars poursuivi par 5 corps d'armées anglo-hispano-portugais.

33.000 Français, dont beaucoup de conscrits mal entrainés vont devoir s'opposer à 80.000 soldats alliés. Alors que l'Empereur abdique le 6, les deux armées se livrent à de violents combats entre le 27 mars et le 11 Avril. Puis Soult évacue la ville. Le sous-lieutenant Sence est grièvement blessé le 10 Avril et succombera une semaine plus tard. Le 13 Avril, Soult apprend la cessation des hostilités par ordre du gouvernement provisoire.

XIV/ 1814 : CAMPAGNE DE FRANCE SUR LE FRONT EST

4e Léger 1815
Fig. 12 Carabinier du 4e Léger début 1815

La retraite sur le Rhin avait été tellement désastreuse qu'avec les débris de toute l'armée, on ne peut former que 3 grands corps dont les bataillons sont faméliques, pour ralentir l'avancée des Coalisés dès qu'ils franchiront le fleuve ; un à Strasbourg donné à Victor, un 2e à Mayence confié à Marmont et un 3e à Mac Donald. Le 3ème bataillon du 4e Léger fut placé dans le corps de Marmont.

Napoléon va déployer tout son génie militaire dans cette campagne, suppléant au nombre par la tactique et la vitesse d'exécution des marches et contre marches. Le corps formé à Mayence sous le commandement de Marmont, prit le titre de 6e Corps d'Infanterie; il devait défendre le Rhin de Strasbourg à Mayence et s'élevait à un effectif de 10000 baïonnettes et 1200 sabres. Le bataillon du 4e Léger comptait pour 136 hommes, et la division Ricard dont il faisait partie en comptait 2900 en associant les hommes de 14 régiments distincts !

Le Rhin ayant été franchi au-dessous de Strasbourg par les Alliés, Victor dut se replier de Strasbourg sur les Vosges qu'il défendit pied à pied pendant qu'on formait à Nancy un nouveau corps sous les ordres du prince de la Moscowa (Ney). Pendant ce temps, Marmont avec le 6e Corps se retirait de Mayence sur la Moselle. Puis toujours poursuivi et découvert par l'abandon de Nancy et de Toul par le Prince de la Moscowa, Victor laissa une garnison à Metz et se retira sur Châlon. La division Ricard, dont faisait partie le bataillon du 4e Léger (toujours seulement 136 hommes !), prit position à Thiaucourt.

Le 2 janvier 1814, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la guerre, à Paris : "Monsieur le Duc de Feltre, donnez ordre qu’il soit formé un nouveau bataillon au 2e léger, au 4e léger et au 15e léger; un 7e bataillon au 29e léger; un 3e au 135e; un au 155e, et qu’on complète les trois bataillons du 113e. Donnez ordre que tous ces bataillons soient formés dans la journée de demain. On pourra, en conséquence, réduire les 5e bataillons à deux compagnies.
La 1e division de la réserve de Paris sera composée de la manière suivante :
1e brigade : deux bataillons du 29e léger, commandés par le colonel; un du 12e léger, un du 15e léger, commandés par un major; un du 2e léger, un du 4e léger, commandés par un major ...
Total de la division, treize bataillons.
Jeudi, 6, je passerai la revue de cette division. Elle sera commandée par un général de division et par deux généraux de brigade. Il y sera attaché deux batteries d’artillerie
".

Le 10 janvier 1814, l'Empereur écrit, depuis Paris, à Berthier, Prince de Neuchâtel et de Wagram, Major général de la Grande Armée, à Paris : "La division du général Dufour, qui est la première de la réserve qui se forme à Paris, est composée de treize bataillons ...
Un bataillon du 2e léger, un bataillon du 4e léger, commandés par un major, sont partis ce matin pour Nogent-sur-Seine. Donnez ordre que ces deux bataillons s’arrêtent à Meaux; et aussitôt que les bataillons du 135e et du 155e seront complétés à Paris, ils rejoindront également à Meaux. Il faut qu’un des généraux de brigade de la division Dufour se rende à Meaux pour en prendre le commandement ...
... Il est nécessaire que le général Dufour aille passer la revue de ses bataillons et que le général Gérard passe la revue de ceux qui sont à Paris, afin de nommer à toutes les places vacantes.
Voyez les commandants des dépôts qui sont à Paris, pour vous assurer qu’on a fourni à ces bataillons leur ambulance régimentaire. Voyez aussi le ministre de l’administration de la guerre pour qu’on fournisse à la division Dufour les quatre caissons nécessaires. Un officier du génie et un officier d’artillerie doivent être attachés à cette division et se rendre à Nogent-sur-Seine, où sera le quartier général de la division.
Ayez soin,
1° que cette division ait six caissons de cartouches; voyez le chef de bureau de l’artillerie pour savoir si elle les a ;
2° Que tous les hommes aient chacun les quatre paquets de car­touches ;
3° Enfin, qu’ils aient en outre des cartouches pour tirer à la cible. Mon intention est que, quelle que soit leur instruction, quand même ils en seraient encore à l’école de peloton, on les fasse tous les jours tirer à la cible.
Ayez soin que tous les majors et chefs de bataillon soient à leur poste. Assurez-vous que les majors sont bons. S’ils n’étaient pas bons, il faudrait les remplacer
".

En janvier, les armées alliées étaient réunies sur la Meuse et la Marne, et les troupes françaises autour de Chalons-Vitry où Napoléon installe son QG. Il décide de vaincre séparément les deux armées de Bohème et de Silesie, disant que 50.000 hommes et lui faisaient 150.000 hommes ! Mais il n'en avait que 35.000.

Le 28, il se porte sur Brienne et l'armée de Blucher. Celui-ci doit décrocher mais rejoint l'armée de Bohème. Le 31 Janvier, Marmont a de la difficulté pour rallier les forces de l'Empereur. Napoléon se replie sur la Rothière et doit accepter le combat. Le corps de Marmont est à l'aile gauche. La bataille est sanglante et Napoléon doit se replier. Les Alliés perdent provisoirement sa trace.

Le 3 Février, l'Empereur arrive à Troyes. Le corps de Marmont est alors à Arcis sur Aube. Il évacue la ville et se porte à Nogent. Grace à des renforts, un nouveau corps d'armée est donné à Oudinot. Les Alliés décident de marcher sur Paris mais séparent leurs armées de Bohème et de Silésie. L'Empereur profite de leur faute et va s'attaquer à l'Armée de Silésie de Blücher à Champaubert le 10 Février. Les Coalisés se sont trop étagés dans leur marche. Napoléon engage d'abord le corps de Sacken qu'il anéantit. La division Ricard participe à la victoire en s'emparant du village de Baye. On prit 21 canons, 3 généraux et 2000 prisonniers.

Puis Napoléon met cap à l'Ouest pour prendre à revers les restes du corps de Sacken et celui de York. C'est la bataille de Montmirail où la division Ricard, renforcée de beaucoup de jeune conscrits, les fameux "Marie Louise", donne encore devant le village de Marchais qui change 5 fois de mains… Le corps de York est sérieusement entamé et se replie. Le 4e Léger voit son encadrement amoindri puisque sont blessés : les chef de bataillon Berne et Dimpre, le capitaine Reynier et le sous-lieutenant Dupré. Le lieutenat Lacaze est tué.

Le 13, les Français sont devant Château Thierry. Marmont est envoyé contenir Blucher. Le duc de Raguse en infériorité numérique doit se replier jusqu'à Vauchamps. Puis le 14, il contre-attaque avec ses division Ricard et Lagrange, rejoint par l'Empereur et une partie de sa Garde. Le sous-lieutenant Reingueberg est blessé. Les Coalisés sont balayés par la cavalerie française et Blucher doit s'enfuir. Malheureusement, l'Armée de Bohème de Schwarzemberg a continué sa progression et n' est plus qu' à une cinquantaine de kilomètres de Paris. L'Empereur doit donc tomber sur le flanc de la colonne de droite de l'Armée de Bohème. Marmont et Mortier doivent rester en couverture face à Blücher qui se remet de sa défaite.

Au combat de Valjouan, le 17 Février, les capitaines Chirot, Demarcay, Lambert et Salmon sont blessés. Et tandis que Napoléon à Montereau a fait refluer l'Armée de Bohème et que les Coalisés parlent de négociations, Blucher, qui a reçu des renforts, décide de reprendre sa marche sur Paris. Les 10.000 hommes de Mortier et Marmont vont tenter de s'y opposer (ils ont reçu des conscrits de Paris dont des hommes du dépôt du 4ème Léger), tandis que l'Empereur court à leur rencontre avec des renforts. Mortier et Marmont doivent repousser Blucher sur Soissons (qui devait tenir) tandis qu'il lui coupera la retraite. Hélas, Soisson se rend aux Coalisés, ce qui leur permet de se servir du pont et de passer sur la rive droite de l'Aisne et ruine la manœuvre de Napoléon. L' Empereur espère encore en passant l'Aisne à Berry au Bac et poussant sur Laon pouvoir se porter sur les arrières de l'ennemi.

Le 7 Mars a lieu la bataille de Craonne. Mais les Alliés ont pu encore une fois se replier. Napoléon continue à poursuivre Blücher. Le 9 mars, il le retrouve à Laon. Le corps de Marmont est destiné à couper la route entre Laon et Reims et donc la liaison avec Schwarzemberg. Mais Marmont arrive fort tard avec peu d'hommes et se fait surprendre à Athies ; ses troupes se débandent en grande partie. Le 11 Mars, les Français se replient sur Soissons. Napoléon décide alors de reprendre Reims. Ce sera une de ses dernières victoires de la campagne de 1814. Il pense avec la poignée d'hommes qui lui reste ensuite se jeter vers l'Est, rallier les garnisons et couper les lignes de l'Armée de Bohème. Mais il faut pour cela que Paris résiste. Il rencontre les Coalisés à Arcis sur Aube le 20 mars. Pendant ce temps, Marmont et Mortier se sont retrouvés isolés et ne peuvent rejoindre le "gros" des forces impériales.

Le 6e Corps de Marmont (et par conséquent les hommes du 4e Léger), prend encore part aux combats de La Fère Champenoise, Cezanne et de la Ferté Gaucher qui précédent l'arrivée des Alliés devant la capitale. Il livre les ultimes combats devant Paris, le 30 Mars, près de Montreuil. Le lendemain les souverains alliés feront leur entrée dans la capitale. Le 31, Napoléon arrivait à marche forcée à Fontainebleau.

Le 4 Avril, un convoi du 4e Léger qui se trouvait à Pithiviers avec 80 hommes fut attaqué par des cosaques du Don. Il refusa de se rendre et tira sur un parlementaire russe. Après une résistance d'une heure, les cosaques pillèrent la ville et le convoi. Le drapeau du régiment fut capturé dans un caisson. Le sous-lieutenant Pages fut tué et 3 officiers furent blessés.

Le 6 Avril, l'Empereur signait son abdication.

XIV BIS/ LES OPERATIONS EN BELGIQUE EN 1814

L'insurrection éclate, le 16 novembre, en Hollande. L'Empereur envoie alors à Anvers le Général Lebrun, Duc de Plaisance, avec pour mission d'y organiser le 1er Corps bis de la Grande-Armée, en attendant l'arrivée du Général Decaen, rappelé d'Espagne pour prendre le commandement en chef de l'armée en Hollande. Celui-ci parvint le 4 décembre à son poste ; mais, déjà, l'avant-garde du Corps prussien de Bülow occupait la ligne des bouches du Rhin et de la Meuse. Voulant concentrer à Anvers tous ses moyens de défense, Decaen fait évacuer Bréda, et abandonne l'important port de Willemstad, où l'Empereur a, précédemment, réuni de très sérieux moyens de défense.

Le 9 décembre, l'ennemi occupe Bréda et, le 10, les Cosaques du Général Stahl entrent dans Willemstad.

L'Empereur écrit alors, depuis Paris, sans doute le 11 ou le 12 décembre (la lettre est non datée, mais les dates sont plausibles, car le service télégraphique entre Paris et la Belgique n'avait pas encore été interrompu par les coureurs ennemis) : "Le baron Gourgaud partira sur-le-champ pour Anvers, où il parait qu'on a perdu la tête ; il témoignera mon extrême mécontentement au général Decaen et au duc de Plaisance, ils ont fait l'insigne sottise d'abandonner Wilhelmstadt, sottise qui sera, de ma part, l'objet d'une enquête, la place étant armée et en état de se défendre. En outre, on y a brûlé une flottille de trente chaloupes canonnières dont la garnison seule était susceptible de défendre la ville : c'est un très grand malheur. On a évacué Breda, c'est d'une moins grande conséquence, puisque la place n'était point armée, mais il y a une grande folie d'avoir pris l'alarme parce que quelques cosaques ont surpris quelques postes. J'espère qu'on a gardé Berg-op-Zoom, il faut leur remettre la tête ... Gourgaud écrira de Bruxelles au directeur d'artillerie de Douai pour hâter l'organisation ... du premier corps bis. ... Aussitôt Berg-op-Zoom assuré, ce qui est une affaire de la plus haute importance, il faut que le général Roguet rétablisse la communication avec Gorkum et reprenne Breda.
Si on reprend Breda, il faut se porter sur Wilhelmstadt, pour tâcher de le reprendre aussi. Le général Molitor doit être à Bois-le-Duc, d'où il communique nécessairement avec Gorkum et avec le duc de Tarente, à Nimègue.
Il ne peut y avoir en Hollande que 4,000 à 5,000 hommes de troupes anglaises. Il n'est pas raisonnable de penser qu'elles s'exposent en si petit nombre et avec des insurgés à s'avancer trop dans le pays. Il y a, de plus, 1,500 cosaques et la division prussienne Bülow, à Utrecht, forte de 8,000 hommes. Tout cela n'avancerait pas dans le pays, si on n'avait pas abandonné Wilhelmstadt, attendu qu'à Gorkum il y a 4,000 hommes avec le général Rampon, et que le duc de Tarente, à Nimègue, menacerait leurs flancs.
Le baron Gourgaud témoignera bien vivement au duc de Plaisance et surtout au général Decaen que je suis très mécontent de ce que l'on a abandonné une place telle que Wilhelmstadt, sans mes ordres. Quatre à cinq cents hommes étaient plus que suffisants pour la défendre.
Indépendamment des troupes de la garde, il y a à Anvers deux bataillons d'ouvriers de la marine, un bataillon du 108e, un du 48e, un du 13e léger, qui était à Breskens, et a l'ordre de se rendre à Anvers, 4,000 à 5,000 hommes formés des bataillons du 1er corps bis et du 13e bis, nombre qui s'augmente tous les jours. Le 1er bis se compose de trois petites divisions, 20 bataillons, savoir : deux bataillons du 13e léger (dont un à Breskens doit se rendre à Anvers, l'autre, à Ostende, le joindra bientôt) ; deux bataillons du 12e, deux bataillons du 22e, un bataillon du 57e.
Gourgaud en prendra l'état, ce sont les 3e et 4e bataillons de l'ancien corps de Vandamme ...
Ainsi donc, on a les moyens nécessaires pour occuper Berg-op-Zoom, Anvers, réoccuper Wilhelmstadt et Breda. Breda n'étant pas armé, l'ennemi ne peut s'y maintenir. Je n'ai pas encore reçu la nouvelle que les ordres insensés d'évacuer Wilhelmstadt aient été exécutés. D'un autre côté, Rampon est avec 4,000 hommes à Gorkum. Le duc de Tarente occupe Nimègue avec son corps et s'approche de Bois-le-Duc, pour être à même de prendre l'ennemi en flanc ...
J'ai fait partir, il y a trois jours, de Paris, un bataillon du 58e, un du 4e léger, un du 15e léger, j'ai ordonné qu’ils soient en garnison à Anvers, et places environnantes. Ces bataillons doivent, en huit jours, être à Bruxelles. Quant au bataillon du 15e, il fait partie du 1er corps bis, destiné aussi pour Anvers.
Je suppose que le général Decaen est en correspondance avec le général Molitor et le duc de Tarente. S'il n'y est pas, il faut qu'il s'y mette sur-le-champ et surtout, ne pas perdre la tête ; qu'un parti de cosaques et quelques mille insurgés ne lui fassent pas abandonner les places fortes
" (« Lettres, ordres et décrets de Napoléon Ier en 1812-13-14, non insérés dans la "Correspondance" / recueillis et publiés par M. le Vte de Grouchy », Paris, 1897, p. 83).

De son côté, l'Armée du Nord de Bernadotte mêlant Suédois, Prussiens, Russes et Anglais, s'était positionné autour d'Anvers et ses fortifications. Mac Donald quant à lui s'était replié sur Liège et bientôt allait regagner les frontières de la "vieille France".

Pour exécuter l'ordre de reprendre Bréda, le Général Roguet part d'Anvers le 18 décembre et se présente le 20 devant la place, mais il échoue dans son entreprise et la ligne de défense de la Meuse est définitivement perdue.

Le Général Decaen est remplacé début Janvier par le Général Maison qui prend le commandement du 1er Corps ou Armée du Nord, pour conserver Flessingue, Anvers et Berg Op Zoom. Son petit Corps d'armée, composé de Régiments de Jeune Garde, de Dépots de la Ligne et de Conscrits, et d'un peu de cavalerie de la Garde, allait devoir s'opposer à des Coalisés en énorme superiorité numérique, mêlant Anglais, Prussiens, Russes et Suédois.

Maison commence par établir ses troupes sous Anvers, mais dès le 10 janvier, les Coalisés attaquent la ligne française. Au combat de Merxen, le 13 janvier, le Général Avy est tué à la tête du Bataillon du 4e Léger.

A la suite de la retraite de Mac Donald, qui surveillait le Rhin entre Arnhem et Coblence, Maison, tout en laissant des garnisons derrière lui, en particulier celle d'Anvers sous les ordres du duc de Plaisance, se replie sur Louvain.

Les Coalisés resserent leur étau sur Anvers qui, au début février, se défend avec efficacité. Le grand Carnot vient alors prendre le commandement de la place. Pendant ce temps, Maison se repliait sur Bruxelles, tandis que des insurrections éclataient en Belgique. Maison reculait encore sur Tournay puis La Marque, alors que l'ennemi avançait.

Repartant à l'attaque en se renforçant des garnisons des places fortes du Nord, Maison repartait de Courtray le 5 mars avec 6000 hommes pour Oudenarde, tandis que Carnot devait faire une sortie sur la rive gauche de l'Escaut. Mais devant une contre offensive, Maison finissait par se replier sous Lille, et Carnot dans Anvers.

Les Anglais essuyaient un sanglant échec à Berg Op Zoom.

Ayant reçu des renforts saxons, les Coalisés se lancaient dans le blocus de Maubeuge le 17 mars, dont la garnison réussit à les repousser.

Le 26 mars, Maison remontait en Belgique en s'emparant de Gand, et écrivait à Carnot : " .... l'intention de Sa Majesté est que je retire toutes les troupes de la Ligne ou de la Garde qui sont à Anvers. Je vous prie de mettre en marche la division Roguet (de la Garde). Faites partir également un demi-bataillon du 28e, un du 58e et un du 4eme Léger …".

Devant les raisons évidentes de Carnot pour qu'il lui reste des effectifs suffisants pour garder Anvers, seule la division Roguet fut évacuée, réussit à percer le blocus ennemi et rallier Maison. Ce renfort lui permit de défaire un corps coalisé avant de se retrancher dans Lille. La garnison d'Anvers resta invaincue et ne capitula que le 4 mai 1814.

XV/ LA PREMIERE RESTAURATION 1815

Le 2 Mai 1814, Louis XVIII devenait officiellement Roi de France; L'Armée impériale avait ainsi vécue, mais c'était sur ses bases que Louis XVIII se recomposait une armée royale. Après une épuration d'officiers trop exaltés vis-à-vis de l'Empereur, l'armée fut réduite de nombres de régiments et d'effectifs. Le 12 mai, une Ordonnance royale limitait à 15 le nombre des régiments légers. Les hommes des corps supprimés devaient être répartis entre les régiments conservés. Le régiment reçoit en même temps le titre de régiment d'infanterie légère de Monsieur.

Le duc de Bourbon devient Colonel Général de l'infanterie légère

Les deux premiers bataillons du régiment n'eurent pas de peine à être remplis. Il devait y en avoir trois de 6 compagnies chacun. Mais nombre d'officiers de l'ex régiment impérial furent mis en demi-solde.

Le 5 Septembre 1814, un nouveau colonel est nommé : Il s'agit de Vincent Peyris, ancien chef du 23e Léger.

Le 19 Septembre 1814, le régiment reçoit son nouveau drapeau blanc (un par régiment d'infanterie). Ce drapeau sera caché aux Cent Jours et le revers est encore aux Invalides.

Au début 1815, le régiment est rhabillé à neuf.

En mars 1815, on apprend que l'Empereur s'est enfui de l'ile d'Elbe et a débarqué en Provence. Sa remontée vers Paris s'accompagne du ralliement des troupes rencontrées.

XVI/ LA CAMPAGNE DE 1815

Si l'Empereur reprend son trône sans tirer un coup de feu et avec le ralliement massif de l'Armée, qui a repris la cocarde tricolore, son pouvoir politique est amoindri. Quant aux forces alliées, qui n'ont pas encore démobilisé, elles recommencent à se masser aux frontières. L'affrontement est inévitable. Napoléon relève le défi en renforçant l'Armée laissée par Louis XVIII et en mobilisant les Gardes Nationaux.

La cérémonie du Champs de Mai doit marquer le nouveau serment entre l'Empereur et la Nation. Les régiments reçoivent de nouveaux drapeaux.

Le 4e Léger, sous les ordres du colonel Peyris, met en ligne 3 bataillons, théoriquement de 500 hommes, mais moins en réalité. Le régiment est intégré pour la campagne qui s'ouvre au 2e Corps de l'Armée du Nord sous le commandement du général Reille, 9e division d'infanterie (Foy), 2ème brigade (Janin).

Les alliés ont rassemblé deux armées en Belgique : l'armée anglo-hollandaise réunie au sud de Bruxelles, sous les ordres du duc de Wellington, et l'armée saxo-prussienne s'étendant de Charleroi à Liège, sous le commandement de Blücher. Napoléon se propose de les battre séparément.

Le 15 Juin, le gros de la colonne du 2e Corps franchit la frontière (la Sambre) vers trois heures et demie du matin. L'avant-garde repousse l'ennemi à Thuin et dans le bois de Montigny, enlève Marchiennes et passe le pont, puis se déploie sur la rive gauche où tout le Corps d'armée prend position aux environs de Gosselies. Le soir, le Maréchal Ney prend, par ordre de l'Empereur, le commandement de l'aile gauche formée des 1er et 2e Corps.

Le 16, toutes les troupes sont prêtes à se mettre en mouvement dès l'aurore. Elles attendent impatiemment, quand enfin, à onze heures, l'ordre est envoyé au Maréchal Ney d'occuper les Quatre-Bras, noeud des routes de Nivelles à Namur et de Bruxelles à Charleroi, avec mission de contenir les Anglo-hollandais pendant que Napoléon écrasera l'armée de Blücher en arrière de Ligny.

L'infanterie de Bachelu et la cavalerie de Piré forment l'avant-garde, suivie par les divisions d'infanterie Foy (4e Léger) et du Prince Jérôme. C'est autour de 14 heures que l'avant-garde française aperçoit les positions néerlandaises car les Hollandais sont pour le moment les seuls en face des Français. Ils vont bien résister, attendant les Anglais.

Les 5e et 9e divisions (dont le 4e Léger) commencent vers 14h 30 l'attaque des Quatre-Bras par la route de Frasne. Ney dispose alors de 9 600 fantassins, 4 600 cavaliers et 34 canons, tandis que Guillaume d'Orange aligne 8 000 fantassins, 16 canons et aucune cavalerie. Tandis que la division Jérôme (7 800 hommes et huit canons) était enfin partie de Gosselies mais ne pourrait participer au combat que vers 16 heures, au mieux, le général Reille emmène la brigade Jamin de la division Foy et les brigades de Husson et Campi de la division Bachelu en trois colonnes. Les lanciers et les chasseurs a cheval de Piré flanquent la brigade Campi sur sa droite.

Les Hollandais se replient mais reçoivent à présent des renforts Brunswickois et Anglais. Attaques et contre-attaques se succèdent des deux côtés. Wellington finit par obtenir la supériorité numérique sur Ney, qui lui ne reçoit pas de renforts. Il doit se replier à la fin de la journée mais la défaite des Prussiens à Ligny pousse Wellington à se positionner en retrait vers Mont Saint Jean. Le 4e Léger a de très nombreuses pertes en cette journée. Le chef de bataillon Damann est blessé.

Les Prussiens réussissent à se replier sur Wavre, ils doivent être poursuivis par Grouchy, tandis que Wellington s'est positionné vers Mont Saint Jean, où il s'établit de part et d'autre de l'axe Charleroi Bruxelles avec trois points fortifiés : Hougoumont, la Haye Sainte et la Papelotte.

Lorsque l'Armée de l'Empereur reprend contact avec Wellington, le 2e Corps est à l'aile gauche face à Hougoumont. Une première attaque de diversion le 18 Juin sur Hougoumont est un échec.

Vers 13 heures, le 1er Corps au centre du dispositif français entre en action contre la Haye Sainte et la Papelotte. Mais il est repoussé et s'ensuivent charges et contre charges des cavaleries adverses. Vers 15 heures, la Haye Sainte est de nouveau attaquée. Devant le repli de Wellington, Ney lance des charges de cavalerie contre les carrés anglais. C'est dans le même temps que les Prussiens, qui ont pu échapper à Grouchy, arrivent sur le flanc droit des Français et progressent vers Plancenoit.

Vers 18 heures le 2e Corps de Reille appuie une nouvelle offensive contre la Haye Sainte qui finit par tomber. Les Anglais sont en mauvaise posture mais la progression des Prussiens empêche l'envoi de renforts pour les achever. Plancenoit est repris aux Prussiens.

Wellington, qui a pu renforcer son centre, repousse une dernière attaque de la Vieille Garde tandis que les Prussiens réinvestissent Plancenoit. La panique s'empare alors de l'Armée française qui s'enfuit en désordre vers Genappe et Charleroi. Le 4e Léger a encore subi des pertes. Le colonel Peyris a été blessé au pied, le chef de bataillon de Hennault a lui aussi été blessé.

Au soir du 19 Juin, les débris des corps de d'Erlon et de Reille sont à Avesnes. Le 20, les premières forces prussiennes passent les frontières tandis que Grouchy réussit à évacuer la Belgique avec ses forces quasi intactes.

Napoléon quitte Laon le 20 Juin et gagne Paris laissant l'armée à Soult. Le 22, l'Empereur abdiquera une nouvelle fois. Les Coalisés marchent vers Paris. lls arrivent devant ses murs le 28 Juin. Davout est chargé de la défense. Le 4e Léger et la 9e division d'infanterie s'y sont repliés.

Le 3 Juillet, la ville capitule et la France va être occupée. L'Armée se replie derrière la Loire pour y être dissoute. Le 4e Léger impérial a vécu.

XVII/ UNIFORMES DU 4E LEGER

Le 13 septembre 1798, Bonaparte fixe la couleur des poufs des différents corps d'infanterie : pour la 4e Légère, vert et blanc (La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 3. p. 34).

Le 16 septembre 1798 (30 fructidor), Bonaparte prescrit à Berthier : "Les trompettes des troupes à cheval et les tambours des demi-brigades seront habillés avec des dolmans bleu de ciel. L'agent en chef de l'habillement en fera la fourniture sur les 400 dolmans qu'il a en magasin.
Il y aura, sur les nouveaux casques adoptés pour l'infanterie, deux grenades pour distinguer les grenadiers
" (La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 3. p. 34).

Figure 1 : la tenue de la fin de la campagne d'Egypte 1801. C'est la tenue avec laquelle la 4e DB légère retourna en France en 1801. Mise au point par Bonaparte puis appliquée par Kleber pour utiliser les ressources locales et s'adapter au climat, cette tenue de drap variait les couleurs de fond suivant les unités et avait adopté le port d'une casquette avec un "pouf" sommital. La couleur de fond des tenues de la 4e DB légère était le vert distingué au collet, parements et retroussis de marron "puce" passepoilé de blanc. Culotte de drap blanc. Le pouf de la casquette est vert et blanc.

Figure 2 : un carabinier du 4e Léger en 1805. Le bonnet d'oursin délivré aux carabiniers à Lyon en 1802 est toujours en usage. Le cordon et les raquettes pourraient aussi être écarlates comme le plumet. Notre homme porte les distinctives classiques de l'infanterie légère et de la compagnie d'élite. On notera que faute de demi -guêtres, la culotte est attachée sur les chevilles.

Figure 3 : un chasseur en tenue de sortie en 1805 d'après un dessin naïf du chasseur Louis Baillon. On notera le shako noir encore sans plaque et sans jugulaires, orné d'une cocarde sur le devant et d'un plumet vert. Le cordon tressé de shako blanc et la présence d'une ganse et d'un bouton sur le côté gauche du shako. La visière est agrafée. L'habit d'uniforme est classique de l'infanterie légère avec les épaulettes vertes. Les basques sont devenues assez courtes, ce qui tranche d'avec la coupe révolutionnaire. Notre homme porte un gilet de basin à double rang de boutons ; sa culotte est de la même étoffe et est serrée aux chevilles. En sortie, il porte des chaussures à boucles argentées et son sabre briquet.

Figure 3bis : un voltigeur du 4ème Léger vers 1805-1806, d'après une planche de Martinet. On notera que notre voltigeur porte le shako sans jugulaires et à visière agrafée du chasseur vu à la figure 3, toujours sans plaque, et avec une cocarde blanc, bleu, blanc, rouge (à l'extérieur). Sa spécialité de voltigeur, compagnie d'élite créée dans l'infanterie légère en 1804, est signalée par son plumet jaune, son collet et pattes de parements, cordon et raquettes chamois et ses épaulettes à corps chamois, tournantes et franges verts. Des cors de chasse (peut être chamois ?) ornent les retroussis. Son gilet bleu se ferme droit sur le devant sans ouverture en dessous du dernier bouton. Sa culotte bleue entre dans de toutes petites guêtres, mode qui vient du Consulat. On comparera l'évolution de la tenue avec la figure 4.

Figure 4 : voltigeur du 4e Léger en 1807, tenue ordinaire. Le shako est encore du modèle de 1805 sans jugulaires, la ganse latérale fait de la résistance (voir le schako du chasseur en 1805), plaque losangique de métal blanc. Le cordon tressé blanc et le plumet vert à sommet jaune sont portés en grande tenue. Le plumet est remplacé ici par un pompon jaune. Le collet jaune chamois est passepoilé de bleu et non de blanc (voir aussi le chasseur 1805). Habit classique d'infanterie légère mais pattes de parements chamois comme le collet. Epaulettes vertes à tournantes jaune. Sabre briquet à dragonne verte et jaune. Sac et capote grise sur le sac. Pantalon et gilet blanc (d'Eté).

Figure 4bis : plaque de shako du 4e Léger en métal blanc portée entre 1806 et 1810.

Figure 5 : Uniforme du 4e Léger en Espagne : Sous officiers de Carabiniers en capote (d'après El Guil, Fort - Ancienne collection de Ridder, BNF, département des Estampes et Photographie). Nous parcourons une nouvelle fois le fameux Manuscrit d'El Guil (voir historique du 31e Léger sur ce site). Tout d' abord des tenues que nous aurions pu voir en 1809-1810 lors des mois d'Hiver. On notera le port encore actuel du bonnet d'oursin sans plaque pour ces carabiniers, agrémenté des cordons écarlates détressés et parfois du plumet écarlate, le fond du bonnet est absent. Les épaulettes écarlates, les marques de grades et chevrons d'ancienneté sont portées sur la capote beige ou brune. La silhouette reste classique pour des carabiniers. On notera aussi le port d'un pantalon de route sur la culotte bleue et une besace, mais aussi le port de la culotte bleu avec des demi guêtres blanches.

Figure 6 : Uniforme du 4e Léger en Espagne : Officier en capote 1809-1810 (d'après El Guil/Fort). Colback noir avec pompon argenté. Le port d'un colback se développa chez les officiers et les voltigeurs de l'infanterie légère dans les années 1807-1809. Mais cette coiffure coûteuse fut bientôt remplacée par le shako réglementaire pour la troupe mais resta en service chez certains officiers. La capote bleue non règlementaire à double rangs de boutons argentés est ornée au col de deux écussons écarlates. Une épaulette argent est portée à gauche. L'uniforme doit être cependant classique en dessous. Un sabre de type cavalerie légère vient agrémenter la tenue, fantaisie qui se voit souvent chez les officiers d'infanterie légère à la place du sabre d'infanterie ou de l'épée. La culotte bleue entre dans des bottes noires avec galons et glands argent.

Figure 7 : Uniforme du 4e Léger en Espagne : Musicien vers 1810. Rappelons que les musiciens régimentaires (de la Ligne comme de la Légère), qu'il faut distinguer des tambours, fifres et cornets des compagnies, sont rattachés à l'Etat Major du régiment, d'où leur plumet ou pompon blanc sur le shako. Ils sont sous l'autorité d un chef de musique. Réglementairement au nombre de 5, mais très souvent plus nombreux, payés alors par une "caisse noire" du régiment, remplie par les officiers. Les musiciens régimentaires sont des gagistes, c'est à dire des professionnels de la Musique engagés par un contrat avec l'unité pour un ou deux ans. L'uniforme est théoriquement celui de l'unité, distingué par un galon argent au collet, parements, revers et retroussis et le port de trèfles d' épaule. Une petite épée est portée à une banderole en sautoir. Bien entendu, les régiments essaient de se différencier les uns des autres par de nombreux détails vestimentaires dont souvent des couleurs distinctives pour toute la tête de colonne. Les musiciens régimentaires d'infanterie légère portent les basques longues à la différence de la troupe. Notre musicien du 4e Léger est assez sage quant au règlement, portant simplement un collet et des parements rouges galonnés d'argent, les revers et les retroussis bleus sont aussi galonnés. Sa seule grande fantaisie est le port d'un gilet tressé de blanc "à la hussarde". Le pantalon bleu est ici porté au lieu de la culotte.

Figure 8 : Officier supérieur 4e Léger en tenue de repos vers 1812 (source Gallica, dessin original extrait de "Uniformes de l'infanterie légère sous le 1er Empire"; Aquarelles par Ernest Fort (1868-1938); Ancienne collection Gustave De Ridder, (1861-1945); Bibliothèque nationale de France, département Estampes et photographie) : Notre officier porte un bonnet de police écarlate largement galonné d'argent; Son gilet de fantaisie est en basin avec de fines broderies argent. Sa culotte bleue entre dans des bottes à l'écuyère noire.

Figure 9 : Voltigeur en tenue de campagne en 1810-1813 : On comparera utilement les différences avec la figure 4. Le shako a été changé vers 1808. Il porte désormais des jugulaires et est renforcé sur les cotés par des chevrons de cuir. Il ne porte en campagne aucun autre ornement. Il pourrait être recouvert d'un couvre shako de toile cirée. La plaque losangique de métal blanc à sans doute changé de motif. Les parements sont devenus en pointe passepoilés de blanc. Le pantalon de route est gris, bordé latéralement d'un galon chamois.

Figure 10 : Restes du drapeau 1812 et de l'Aigle du 4ème Léger conservés à Moscou.

Figure 11 : Tenues du 4e Léger fin 1813-1814 (chasseurs infanterie légère par Carles Vernet). Les dernières recrues (chasseurs) du 4e Léger adoptent la tenue du nouveau règlement Bardin. Le schako porte une plaque à l'Aigle avec soubassement de métal blanc. Les revers sont entièrement fermés. Pendant la pluvieuse campagne de France, une capote grise et un couvre shako de tissu vernissé protègent tant que se peut la tenue.

Figure 12 : Carabinier du 4e Léger début 1815. Uniformes du 4e Léger sous la première Restauration. Sur le plan des uniformes et de l'équipement, ceux-ci restaient globalement ceux de 1812 pour l'infanterie. Le shako arborait bien sur la cocarde blanche et aurait bientôt une nouvelle plaque aux fleurs de lys. Les régiments furent rhabillés au début de 1815, ce qui permit de rajouter ou enlever quelques attributs. Les tambours galonnaient leur tenue bleue de la livrée des Bourbons : rouge incarnat et blanche. Les musiciens eux avaient un galonnage argent sur leur surtout bleu. Les shakos des carabiniers restaient galonnés de rouge et ceux des voltigeurs avaient perdu leur galonnage jaune (mais ils gardaient leur collet chamois et le plumet et épaulettes jaunes). Ceux des chasseurs restaient sans galonnage comme auparavant. Les patelettes de giberne étaient ornées de 2 L couronnés de métal blanc pour les chasseurs, d'une grenade pour les carabiniers et d'un cor pour les voltigeurs. Voltigeurs et carabiniers portaient le sabre briquet.

XVIII/ Les drapeaux

/ 1804

Le 26 mars 1807, à Osterode, est établi par l'Empereur l'ordre suivant : "Sa Majesté ordonne que les régiments d'infanterie légère n'auront pas d'aigles à l'armée, et que les aigles de ces régiments seront envoyées aux dépôts, cette arme ne devant pas avoir d'aigle devant l'ennemi" (Correspondance de Napoléon, t.14, lettre 12183).

Le 8 avril 1809, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Maréchal Berthier, Major général de l'Armée d'Allemagne : "... j'approuve que tous les corps renverront leurs aigles en France hormis une qu'ils garderont. En attendant qu'ils aient des enseignes, vous les autoriserez à faire faire pour chaque bataillon des enseignes très-simples, sans devise et le tiers de celles qu'ils avaient autrefois. Ces enseignes sont pour leur servir de ralliement ; elles n'auront aucune décoration de bronze, elles porteront seulement le numéro du régiment et du bataillon. Quant au corps du général Oudinot, il faut que chaque bataillon fasse faire un petit drapeau d'un simple morceau de serge tricolore, portant d'un côté le numéro de la demi-brigade et de l'autre le numéro du bataillon, comme, par exemple, 4e bataillon du 6e d'infanterie légère d'un coté, et de l'autre 1re demi-brigade légère, etc. Il faut faire pour cela très-peu de dépense. J'en ferai faire de très-belles, que je donnerai moi-même aussitôt que possible" (Correspondance de Napoléon, t.18, lettre 15030 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20750).

/ Les drapeaux de la première Restauration pour l'Infanterie légère (D. Davin).

Le gouvernement provisoire du 1er Avril 1814 abolit les emblèmes impériaux. Le principe d'un drapeau par Régiment est conservé au 1er Bataillon, porté par un Officier, les autres Bataillons ayant des fanions. Les drapeaux sont blancs, 150 sur 150 cms, sur les bords un feston avec fleurs de lys et rosaces alternées en doré. Dans chaque angle, un carré avec le numéro du Régiment. Franges or sur les bords, cravate de taffetas blanc avec broderie de palmettes et fleurs de lys et franges or. Cordon et glands dorés. Hampe de 2,50m surmontée d'une pique dorée, ornée d'une fleur de lys découpée.

A l'avers : au centre, en or bordé de noir, l'inscription :
Pour les neuf premiers Régiments :
LE ROI/
AU REGIMENT/
DE (suit leur titre pour les 9 premiers Régiments de l'arme. Note A)
Xme D'INFANTERIE/
LEGERE.
(Note A) : les neuf premiers Régiments d'Infanterie légère portent le titre : 1er du Roi, 2ème de la Reine, 3ème du Dauphin, 4ème de Monsieur, 5ème d'Angoulême, 6ème de Berry, 7ème d'Orléans, 8ème de Condé, 9ème de Bourbon.
En janvier 1815, on rétablit le titre de Colonel Général de l'Infanterie légère, le 7ème Léger en prend la dénomination et a un drapeau spécial (voir historique du 7ème Léger).
Exemple : LE ROI/ AU REGIMENT/ DE CONDE/ 8EME D'INFANTERIE/ LEGERE.

Pour les Régiments n'ayant pas de titre, l'inscription devient LE ROI/ AU Xème/ REGIMENT/ D' INFANTERIE/ LEGERE.

L'inscription centrale est encadrée à droite par deux branches de chêne, à gauche par deux branches de lauriers, les branches liées par un ruban rouge où pendent les croix de St Louis et de la Légion d'Honneur.

Au revers : les armes de France couronnées entourées par les colliers des ordres du St Esprit et de St Michel, avec sceptre et main de justice, encadré par une branche de chêne et de laurier liées par un ruban rouge.

La première distribution des drapeaux d'Infanterie a lieu à Paris le 19 septembre 1814 pour les Régiments de la 1er Division militaire aux ordres du Général Maison. Auparavant, la Garde Nationale avait reçu les siens. Le 1er Régiment Léger du Roi et le 4ème de Monsieur, les 12ème et 15ème reçurent leurs drapeaux à Paris en septembre 1814. Le 8e Léger reçut le sien à Bordeaux le 23 octobre 1814. Certains drapeaux furent cachés durant les Cent Jours.

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