Le 21ème Régiment d'Infanterie Légère

1800-1814

 

Avertissement et remerciements : Cet article nous a été adressé par notre collègue du Bivouac, Didier Davin, que nous remercions tout particulièrement pour sa disponibilité et son érudition.

 

Chasseurs 21e Demi-brigade légère Egypte et Malte
Fig. 1 et Fig. 2 Chasseurs de la 21e Demi-Brigade Légère, en Egypte (à gauche) et à Malte (à droite), d'apres J. Domange

Créée en 1796 par amalgame des :

- 4e demi-brigade d'Infanterie Légère (première formation)

- 14e bis demi-brigade d'Infanterie Légère

- et des éléments de la 21e bis demi-brigade d'Infanterie Légère.

La 21e demi-brigade légère de seconde formation fait une brillante campagne d’Italie avec Bonaparte et y gagne le droit d’arborer un drapeau. Elle participe au début de l'année 1798 à la marche sur Rome, après l'asassinat du Général Duphot.

Le 11 janvier 1798 (22 nivôse an 6), le Général Bonaparte adresse depuis Paris ses instructions au Général Berthier : "... Le Directoire exécutif vous autorise à faire revenir les 30e, 61e, et 88e demi-brigades de ligne, qui déjà doivent être en marche pour rentrer en France, ainsi que la vingt-unième d'infanterie légère ..." (Correspondance inédite et confidentielle de Napoléon, t.4, Venise; Correspondance de Napoléon, t.3, lettre 2404).

Le 19 janvier 1798 (30 nivôse an 6), Berthier écrit depuis Milan au Général Bonaparte : "… J'ai retenu le général de brigade Monnier avec les quatrième et vingt-deuxième d'infanterie légère; Veau avec la vingt-unième ; le général Belliard, son état-major, les chevaux d'artillerie de sa division et la quatre-vingt-cinquième, continueront la route pour la destination de la division ...
J'espère, d'ici à huit jours , être en marche de Ma cerata sur Rome …
" (Correspondance inédite officielle et confidentielle de Napoléon, t.4, Venise).

La 21e Légère s’embarque ensuite avec Bonaparte pour l’Egypte :

"Paris, le 15 ventôse an 6 (5 mars 1798).
Note remise par le général Bonaparte au Directoire exécutif.
Pour s'emparer de Malte et de l'Egypte, il faudrait de 20 à 26,000 mille hommes d'infanterie, et de 2 à 3,000 hommes de cavalerie sans chevaux.
L'on pourrait prendre et embarquer ces troupes de la manière suivante, en Italie et en France :
A Civita-Vecchia, la vingt-unième d'infanterie légère, 2,000 ; la soixante-unième, de ligne, 1,600 ; la quatre-vingt-huitième, id., 1,600 ; le vingtième de dragons, de 400 ; et le septième de hussards de 400 ; en tout 6,000 hommes, commandés par les généraux Belliard, Friant et Muireur
" (Correspondance inédite officielle et confidentielle de Napoléon, t.5, Egypte; Correspondance de Napoléon, t.4, lettre 2426 ; Correspondance générale de Napoléon, t.2, lettre 2322).

"Paris, le 15 ventôse an 6 (5 mars 1798).
Le Directoire exécutif arrête :
ART. Ier. Le général Masséna mettra l'embargo et frétera au compte de la république les bâtimens les plus gros qu'il pourra trouver dans le port de Civita-Vecchia et ports voisins ; il prendra même, s'il est nécessaire, des bâtimens neutres.
2. Il fera embarquer sur lesdits bâtimens les généraux Friant, Muireur et Belliard; un chef de brigade d'artillerie, deux officiers de génie qu'il nommera, un commissaire des guerres, un chef de chaque administration, une ambulance proportionnée au nombre des troupes la vingt-unième d'infanterie légère, la soixante-unième de ligne, la quatre-vingt-huitième idem, leurs dépôts, leurs compagnies de canonniers, cent cartouches par homme, de l'eau pour un mois, et des vivres pour deux ...
" (Correspondance inédite officielle et confidentielle de Napoléon, t.5, Egypte Egypte ; Correspondance de Napoléon, t.4, lettre 2432).

Le 9 avril 1798 (20 germinal an 6), Bonaparte écrit depuis Paris au Général Berthier : "… Faites compléter la musique de vos différentes demi-brigades. Donnez-en une à la vingt-unième d'infanterie légère, s'il n'y en a pas.
Ayez soin qu'il ne manque point de tambours. Si cela était, vous pourriez vous en faire donner dans les corps qui restent à Rome.
Faites donner un drapeau à chaque bataillon de la vingt-unième d'infanterie légère. Ayez soin que les lieutenans et les sous-officiers d'infanterie légère soient armés de fusils, ainsi que les sous-officiers de ligne. Faites armer de fusils les canonniers.
J'avais ordonné, dans le temps, que chaque corps eût un certain nombre de sapeurs, avec des haches et des outils. Assurez-vous que cet ordre est exécuté ...
" (Correspondance inédite officielle et confidentielle de Napoléon, t.5, Egypte  ; Correspondance de Napoléon, t.4, lettre 2483 ; Correspondance générale de Napoléon, t.2, lettre 2376).

Le même jour, Bonaparte écrit depuis Paris au Général Brune : "Je vous prie ... de faire rendre à Civita-Vecchia ceux (les hommes) des vingt-unième d'infanterie légère, soixante-unième, quatre-vingt-huitième de ligne ; septième régiment de hussards, vingtième idem de dragons.
Ces hommes s'embarqueront à la suite des divisions, qui s'embarquent à Gênes et à Civita-Vecchia, et quand même ces divisions seraient parties, leurs dépôts resteront à Gênes et à Civita-Vecchia, de manière que lorsqu'il y aura 100 hommes réunis, on pourra les faire partir pour rejoindre au lieu où se rend ledit embarquement ...
" (Correspondance inédite officielle et confidentielle de Napoléon, t.5, Egypte  ; Correspondance de Napoléon, t.4, lettre 2485 ; Correspondance générale de Napoléon, t.2, lettre 2375).

Le 14 avril 1798 (25 germinal an 6), le tableau des Corps de troupes certifié conforme par le Ministre de la Guerre Scherer, établit que la 21e Légère qui devait être dirigée sur Gênes, et servir sous les ordres du Général Desaix, est arrivée à destination; sa force est de 1820 hommes (Correspondance de Napoléon, t.4, lettre 2508).

Le 13 juin 1798 (25 prairial an 6), Bonaparte écrit depuis son Quartier général à Malte, au Directoire Exécutif : "Nous sommes arrivés le 21, à la pointe du jour, à la vue de l'île de Goze. Le convoi de Civita-Vecchia y était arrivé depuis trois jours …
Le 21 au soir … Le général Desaix fit débarquer le général Belliard avec la 21e. Il s'empara de toutes les batteries et de tous les forts qui défendaient la rade et le mouillage de Marsa-Scirocco
" (Pièces diverses et correspondances relatives aux armées d'orient ; Correspondance de Napoléon, t.4, lettre 2641 ; Correspondance générale de Napoléon, t.2, lettre 2523).

Le 17 juin 1798 (29 prairial an 6), Bonaparte écrit depuis le Quartier général à Malte au Général Berthier : "Vous voudrez bien, Citoyen Général, donner l'ordre pour que les citoyens Perrier, capitaine, Baumard, capitaine, Berger, lieutenant de la 61e demi-brigade de bataille, soient destitués, arrêtés et conduits au fort Lamalgue jusqu'à ce que le Gouvernement ait donné de nouveaux ordres. Ils sont les chefs de l'insurrection qui a eu lieu à Rome.
Vous vous informerez des bâtiments sur lesquels ils sont embarqués, afin que demain, lorsque nous serons en pleine mer, on fasse signal de les faire venir à bord de l'Orient, où on les arrêtera.
Le même ordre aura lieu pour les citoyens Bodard et Brenau, lieutenants de la 21e d'infanterie légère, qui étaient députés au comité de Rome
" (Correspondance de Napoléon, t.4, lettre 2678 ; Correspondance générale de Napoléon, t.2, lettre 2541).

Le 23 juin 1798 (5 messidor an 6), depuis le Quartier général, à bord de l'Orient, Berthier adresse aux troupes un Ordre Général : "Le général en chef a déterminé le commandement des brigades, dans les divisions, ainsi qu'il suit :
... DIVISION DESAIX.
Le général Belliard commande la 21e légère ...
" (Correspondance de Napoléon, t.4, lettre 2706).

Le 3 juillet 1798 (15 messidor an 6), le Général Desaix écrit, sous les murs d'Alexandrie, au Général Bonaparte : "… Depuis ce matin, j'attends l'artillerie, mais en vain, quoiqu'on me l'ait promise avec assurance. Ne pouvant rester plus longtemps, je pars sans elle, dans l'espoir que vous voudrez bien me l'envoyer demain de très bonne heure. Je dois vous réclamer 400 hommes de la vingt-unième légère que j'ai fait embarquer d'après vos ordres à Malte, sur les bâtimens le Franklin,le Mercure, le Tonnant, et le Guillaume-Tell, pour soulager mon convoi. Je vous demande de plus, vingt-cinq carabiniers de ce corps que j'ai laissés à bord de la frégate la Courageuse, en attendant un détachement de la troisième de ligne qui doit y aller pour garnison.
Toute cette infanterie légère réunie dont j'ai grand besoin, et la cavalerie que vous vous proposeriez d'y joindre, pourront servir d'escorte a l'artillerie ...
" (Correspondance inédite officielle et confidentielle de Napoléon, t.5, Egypte).

Le 4 juillet 1798 (16 messidor an 6), le Général Desaix fait écrire par l'Adjudant-général Donzelot, depuis son quartier-général à Beda, au Général Bonaparte : " … J'attends vos ordres, mon général avec impatience, ainsi que l'artillerie et les 500 hommes de la vingt-unième légère que j'ai eu l'honneur de vous demander hier.
Ma situation actuelle est, savoir :
Vingt-unième légère, 1850 hommes …
" (Correspondance inédite officielle et confidentielle de Napoléon, t.5, Egypte).

Le 5 juillet 1798 (17 messidor an 6), le Général Desaix écrit depuis le camp de Beda au Général Bonaparte : "… Comme je vous l'ai mandé cette nuit, la vingt-unième légère et les dragons du vingtième régiment, ont pris position à El-Arych ... J'ai pris cette mesure pour avoir de l'eau ; mais d'après le rapport qu'on m'a fait, elle y manque déjà. Dans ce moment-ci, les troupes n'ont pas l'espérance d'en avoir un verre ..." (Correspondance inédite officielle et confidentielle de Napoléon, t.5, Egypte).

Le 2 août 1798 (15 thermidor an VI), le Général en chef écrit au Général Berthier : "Le magasin central d'habillement (note : sous la direction de l'agent en chef Thorin, du capitaine d'habillement Bernoyer et du garde-magasin principal Grandjean) a de quoi confectionner :
1° dix mille habits et 20000 pantalons : vous ordonnerez qu'il en soit fait la distribution suivante :
... 21e [légère] 900
(habits) 1800 (pantalons) ...
2° Les habits seront confectionnés par les corps. L'ordonnateur en chef (note : Sucy) fera un règlement pour tout ce qui doit leur être donné par habit et pour la façon.
3° Il ne sera rien confectionné du magasin brigade
" (Correspondance générale de Napoléon, t.2, lettre 2723).

Le 7 août 1798 (20 thermidor an 6), depuis le Quartier général, au Caire, Bonaparte écrit au Général Berthier : "Vous donnerez l'ordre à la 21e légère de partir cette nuit pour venir tenir garnison au Caire. Le général Desaix la fera remplacer au camp retranché d'Abou-Seyfeny par un bataillon de la 61e ..." (Correspondance de Napoléon, t.4, lettre 2997 ; Correspondance générale de Napoléon, t.2, lettre 2795).

Le 16 août 1798 (29 thermidor an 6), depuis le Quartier général, au Caire, Bonaparte écrit au Général Berthier : "... Vous ferez réunir, dans la journée de demain, au reste de la division du général Desaix, du côté de Gyzeh, les deux premiers bataillons de la 21e d'infanterie légère, les troupes que le général Desaix aurait placées au Vieux-Caire et toute l'artillerie attachée à sa division.
Cette division, ainsi composée de deux bataillons de la 21e légère, deux bataillons de la 61e de ligne, deux bataillons de la 88e idem, et de son artillerie, prendra, dans la matinée du 1er fructidor, du pain pour le 2 et le 3, et s'embarquera à Gyzeh sur les djermes que lui fournira le contre-amiral Perrée …
… le général Desaix partira dans la journée du 1er avec cette flottille et sa division, pour prendre possession de la province de Beny-Soueyf
" (Correspondance de Napoléon, t.4, lettre 3027 ; Correspondance générale de Napoléon, t.2, lettre 2840).

L'Ordre du jour, établi au Quartier général, au Caire, le 22 août 1798 (5 fructidor an 6) fixe les emplacements de l'armée : "DIVISION DESAIX, À GYZEH. 21e légère, le 3e bataillon détaché au Caire ..." (Correspondance de Napoléon, t.4, lettre 3086).

Le 4 septembre 1798 (18 fructidor an 6), le Général Bonaparte écrit depuis son quartier général au Caire, au Général Andréossy, commandant l'artillerie de l'Armée d'Orient par inétérim : "Je vous prie, citoyen général, de faire partir ce soir avec le convoi, sous l'escorte du dernier bataillon de la 21e, deux pièces d'artillerie, un obusier, 50 000 cartouches" (Correspondance générale de Napoléon, t.2, lettre 3066).

Dans la même journée, Bonaparte écrit depuis le Quarier général au Caire à Berthier, Chef de l'Etat-major de l'Armée d'Orient : "Vous voudrez bien donner l'ordre au 3e bataillon de la 21e demi-brigade d'infanterie de partir ce soir sous l'escorte de la canonnière La Cisalpine. Cette troupe prendra du pain pour 4 jours. Elle escortera 40 000 rations de biscuit, 50 000 cartouches et 2 pièces de canon avec un obusier. Le commandant des armes à Boulak a à cet effet 20 djermes prêtes. Chargez un adjudant général de tout le détail de cet embarquement. Tout ce convoi se rendra à Beni-Souef et de là à Alba-Girgé pour joindre la d[ivisio]n du g[énéra ]l Desaix" (Correspondance générale de Napoléon, t.2, lettre 3068).

Le même jour 4 septembre 1798, Bonaparte écrit depuis Le Caire, à son Aide de camp, le Commandant Croizier : "Vous partirez ce soir, sur la canonnière la Cisalpine, avec un convoi de 40,000 rations de biscuit, 50,000 cartouches et deux pièces de canon, et le 3e bataillon de la 21e, pour vous rendre à Beny-Soueyf, et de là à Abou-Girgeh, où vous trouverez le général de division Desaix.
Vous resterez jusqu'à la première affaire qui aura lieu avec Mourad- Bey, et vous viendrez m'en rendre compte
" (Correspondance de Napoléon, t.4, lettre 3235 ; Correspondance générale de Napoléon, t.4, lettre 3073).

Le même jour encore, Bonaparte écrit au Général Desaix à Abou-Girgeh, en expédition dans la Haute-Egypte : " … La Cisalpine part ce soir avec le troisième bataillon de la vingt-unième, quarante mille rations de biscuit, deux pièces de canon et cinquante mille cartouches : ils se rendent à Abugirgé. On m'assure qu'il y a à Abugirgé un canal qui conduit à Benhecé, et j'espère que vous trouverez moyen de vous porter directement à cette position et d'atteindre Mourad-Bey. C'est le projet qui me paraît le plus simple : s'il n'était pas exécutable, je désire que vous remontiez jusqu'à Melaoni, pour descendre par le canal de Joseph …" (Correspondance inédite officielle et confidentielle de Napoléon, t.6, Egypte; Correspondance de Napoléon, t.4, lettre 3233 ; Correspondance générale de Napoléon, t.4, lettre 3074).

Le 5 septembre 1798 (19 fructidor an 6), Bonaparte écrit depuis le Quartier général, au Caire, au Général Berthier : "Sur le compte qui m'a été rendu par le général et le chef de brigade, de l'immoralité et du peu de talent du citoyen Sempré, chef de bataillon à la suite de la 21e demi-brigade d'infanterie légère, vu surtout la mauvaise conduite qu'il a tenue lors de l'insurrection des troupes à Rome, vous donnerez l'ordre au cit[oyen] Sempré de se rendre en France, le suspendant de ses fonctions jusqu'à ce que le Gouvernement ait définitivement statué sur son sort.
Vous donnerez également l'ordre au g[énér]al Desaix de faire remplacer le cit[oyen] Duroc puisque cet officier est resté en France pour cause d'infirmités. Il sera écrit au ministre pour lui accorder sa retraite
" (Correspondance générale de Napoléon, t.2, lettre 3091).

Le 7 octobre 1798, les hommes de la 21e Légère affrontent Mourad-Bey dans le désert de Sédiman. Dans une lettre adressée du Quartier-général du Caire au Directoire exécutif, et datée du 17 octobre 1798 (26 vendémiaire an 7 de la République), Bonaparte écrit : "... Bataille de Sediman (Sédymân).
Le 16 (vendémiaire), à la pointe du jour, la division du général Desaix se mit en marche, et se trouva bientôt en présence de l'armée de Mourâd bey, forte de cinq à six mille chevaux, la plus grande partie Arabes, et un corps d'infanterie qui gardait les retranchemens de Sédymân, où il avoit quatre pièces de canon.
Le général Desaix forma sa division toute composée d'infanterie en bataillon carré qu'il fit éclairer par deux petits carrés de deux cents hommes chacun.
Les Mamloùks, après avoir longtemps hésité, se décidèrent, et chargèrent, avec d'horribles cris et la plus grande valeur, le petit peloton de droite que commandait le capitaine de la 21e, Vallet. Dans le même temps, ils chargèrent la queue du carré de la division, où étoit la 88e, bonne et intrépide demi-brigade.
Les ennemis sont reçus partout avec le même sang-froid. Les chasseurs de la 21e ne tirèrent qu'à dix pas, et croisèrent leurs baïonnettes. Les braves de cette intrépide cavalerie vinrent mourir dans le rang, après avoir jeté masses et haches d'armes, fusils, pistolets, à la tête de nos gens. Quelques-uns, ayant eu leurs chevaux tués, se glissèrent le ventre Contre terre pour passer sous les baïonnettes, et couper les jambes de nos soldats ; tout fut inutile. Ils dûrent fuir ; nos troupes s'avancèrent sur Sédymân, malgré quatre pièces de canon, dont le feu étoit d'autant plus dangereux que notre ordre étoit profond; mais le pas de charge fut comme l'éclair, et les retranchemens, les canons et les bagages nous restèrent.
Mourâd bey a eu trois beys de tués, deux blessés, et quatre cents hommes d'élite sur le champ de bataille ; notre perte se monte à trente-six hommes de tués, et quatre-vingt-dix blessés.
Ici, comme à la bataille des Pyramides, les soldats ont fait un butin considérable. Pas un Mamloùk sur lequel on n'ait trouvé quatre ou cinq cents louis.
... les citoyens Rapp, aide-camp du général Desaix, Vallette et Sacro, capitaines de la 21e, Geoffroy, de la 61e, Geromme, sergent de la 88e, se sont particulièrement distingués.
… Je vous demande le grade de général de brigade pour le citoyen Robin, chef de la 21e demi-brigade. J'ai avancé les différens officiers et soldats qui se sont distingués. Je vous en enverrai l'état par la première occasion ...
" (Pièces diverses et correspondances relatives aux armées d'orient; Correspondance de Napoléon, t.5, lettre 3488 ; Correspondance générale de Napoléon, t.2, lettre 3476).

Plus tard, dans son rapport au Directoire exécutif écrit au Quartier-général du Caire, et daté du 25 brumaire an 8 (16 novembre 1799), Kléber, Général en chef, écrit :
"Haute Egypte
Mourad-bey, après la défaite que lui fit éprouver l'adjudant-général Morand, errait dans les déserts de la haute Egypte … Le général Desaix … organisa deux colonnes mobiles, composées d'infanterie montée à dromadaires, de cavalerie et d'artillerie ; ces colonnes partirent de Syoùth dans les premiers jours de vendémiaire, commandées, l'une par le général Desaix lui-même ; et l'autre par l'adjudant-général Boyer.
Le 17 du même mois, l'adjudant-général Boyer, après trois journées de marche forcée, joignit Mourad-bey dans le désert de Sédiman. A peine notre infanterie eut-elle le temps de mettre pied à terre, et de réunir ses dromadaires, qu'elle reçut la charge des Mamloùks et des Arabes réunis : elle la repoussa avec vigueur et par la baïonnette et par un feu de mousqueterie à bout portant.
Cependant les dromadaires devinrent l'objet de la convoitise des ennemis, et trois fois ils tentèrent de s'en rendre maîtres ; mais nos troupes ne s'ébranlèrent point et ripostèrent avec la même valeur à ces attaques réitérées. Enfin les Mamloùks et les Arabes prirent la fuite ; et notre infanterie remontée sur ses chameaux, se mit à les poursuivre aussitôt. Nous eûmes dans cette affaire un homme de tué et dix-sept blessés. L'ennemi abandonna dans les sables plus de quarante cadavres.
… Je dois les plus grands éloges à l'intelligence et à l'infatigable activité de l'adjudant-général Boyer : son détachement était formé de la 21e d'infanterie légère et de la 88e de bataille ...
" (Pièces diverses et correspondances relatives aux armées d'orient).

Le 17 octobre 1798 (26 vendémiaire an 7), Bonaparte écrit depuis le Quartier général, au Caire, au Général Berthier : "Vous mettrez à l'ordre que les citoyens Girard, caporal de la 21e, Petitjean, Chatelain, Claude, Tissot, Claude Des Acoules et Julien Marchand, chasseurs de la 21e, ont montré beaucoup de valeur à la bataille de Sédiman; extrait de l'ordre sera envoyé à leurs communes" (Correspondance de Napoléon, t.5, lettre 3489).

Le 24 octobre 1798 (3 brumaire an 7), Bonaparte écrit depuis le Quartier général, au Caire, au Général Desaix : "... Les trois dépôts de votre division vont vous envoyer tous les habits et pantalons qu'ils ont de faits. Ils ont reçu de quoi confectionner : La 21e 900 (habits) 1,800 (pantalons) …" (Correspondance de Napoléon, t.5, lettre 3529 ; Correspondance générale de Napoléon, t.2, lettre 3535).

Le 26 octobre 1798 (5 brumaire an 7), Bonaparte écrit depuis le Quartier général, au Caire, à Poussielgue, Administrateur général des finances de l'Egypte : "Vous donnerez l'ordre au citoyen Maréchal de rejoindre le plus tôt possible le général Desaix" (Correspondance générale de Napoléon, t.2, lettre 3550). Il s'agit soit de Maurice Maréchal, Officier à la 21e Demi-brigade légère (division Desaix), soit de Mareschal, Adjoint d'Etat-major.

Le 29 octobre 1798 (8 brumaire an 7), Bonaparte écrit depuis son Quartier général au Caire, au Général Berthier : "Vous ferez reconnaître le citoyen Eppler, chef de bataillon de la 21e, comme chef de brigade ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.2, lettre 3582).

Le 16 novembre 1798 (26 brumaire an 7), Bonaparte, depuis son Quartier général au Caire, adresse au Directoire Exécutif un rapport dans lequel il mentionne le combat mené à Medinet-El-Fayoum quelques jours plus tôt : "Cependant Mourad-Bey en profita pour faire courir le bruit qu'Alexandrie était pris et qu'il fallait exterminer tous les Français. Les villages se refusèrent à rien fournir au général Desaix, qui se porta, le 19 brumaire, pour punir le village de Kerânyeh, qui était soutenu par 200 Mameluks; une compagnie de grenadiers les mit en déroute. Le village a été pris, pillé et brûlé; l'ennemi a perdu 15 ou 16 hommes.
… Dans le même temps, 500 Arabes, autant de Mamloùks, et un grand nombre de paysains, se portoient à Medynet-el-Fayoum pour enlever l'ambulance. Le chef de bataillon de la 21e, Epler, sortit au-devant des ennemis, les culbuta par une bonne fusillade ; et les poussa la baïonnette dans les reins. Une soixantaine d'Arabes, qui étaient entrés dans les maisons pour piller, ont été tués ; nous n'avons eu, dans ces différens combats, que trois hommes tués et dix de blessés
" (Pièces diverses et correspondances relatives aux armées d'orient ; Correspondance de Napoléon, t.5, lettre 3632 ; Correspondance générale de Napoléon, t.2, lettre 3716).

Le 21 novembre 1798 (1er frimaire an 7), Bonaparte écrit depuis le Quartier général, au Caire, à Daure, Commissaire ordonnateur en chef de l'Armée d'Orient : "Je vous prie, citoyen ordonnateur, d'employer tous les moyens qui sont en votre pouvoir pour pousser la confection des capotes dont l'armée a le plus grand besoin dans un moment où les nuits sont si fraîches.
Je désire que :
Les 4e, 21e d'infanterie légère ... soient servies les premières ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.2, lettre 3754).

"... Le 6 frimaire (26 novembre 1798), toute la division aux ordres du général Desaix, se trouvant rassemblée à Beneçouef, se mit en marche pour aller combattre le corps de mameloucks qui tenaient la Haute-Egypte sous le commandement de Mourad-Bey. Cette division était composée de la vingt-unième demi-brigade d'infanterie légère, formant l'avant-garde sous les ordres du général Belliard ..." (Rapport du capitaine du génie Garbé sur les marches de la division Desaix depuis l'ouverture de la deuxième campagne jusqu'au 12 prairial, avec quelques détails sur les positions actuelles, ainsi que le plan du fort qu'il a fait construire dans la province de Thèbes - Correspondance inédite officielle et confidentielle de Napoléon, t.6, Egypte).

Le 9 janvier 1799 (20 nivôse an 7), le Général Bonaparte, depuis sont Quartier-général au Caire, ordonne la création du Régiment des Dromadaires : "... Le général en chef ordonne que les 13e, 18e, 25e, 32e, 69e, 75e demi-brigades de ligne, la 21e légère, les guides à pied, fourniront chacun 15 hommes ...
Ces hommes devront avoir moins de vingt-quatre ans, plus de quatre ans de service, au moins cinq pieds quatre pouces, et être d'une bravoure reconnue. Ils seront envoyés sur-le-champ au Caire. Le commandant de la place établira leur caserne sur la place Ezbekyeh
" (Correspondance de Napoléon, t.5, lettre 3820).

Dans son rapport adressé au Général en chef Bonaparte, établi au Quartier-général à Syoùth et daté du 20 thermidor an 7 de la République (7 août 1799), le Général Desaix, commandant la haute Egypte, écrit : " … Affaire de Ssâmhhoùd.
Le 3 pluviôse
(22 janvier 1799) … Une colonne d'infanterie, composée en partie des Arabes d'Yamb'o, commandée par des chéryfs et les chefs de ce pays, se jeta dans un grand canal sur notre flanc gauche, et commençoit à nous inquiéter par son feu ; j'ordonnai à mes aides-de-camp, Savary et Rapp, de se mettre à la tête d'un escadron du 7e de hussards, et de charger l'ennemi en flanc, pendant que le citoyen Clément, mon aide-de-camp, capitaine commandant les carabiniers de la 21e légère, formée en colonne serrée dans le canal, enfoncerait celle des ennemis. Mes ordres furent parfaitement exécutés ; l'ennemi fut culbuté, et prit la fuite laissant une quinzaine de morts sur la place et emmenant beaucoup de blessés ... Un carabinier fut tué d'un coup de poignard, après avoir enlevé des drapeaux de la Mekke. Cette action nous rendit maîtres du village de Ssâmhhoùd.
Cependant les innombrables colonnes ennemies s'approchoient, et se disposaient à nous attaquer : des cris horribles se faisoient entendre. Déjà la colonne des Arabes d'Yamb'o est reformée ; elle attaque, et va pénétrer dans Ssâmhhoùd ; mais les intrépides carabiniers de la 21e font un feu si vif, et leur bravoure est si grande que l'ennemi est forcé de se retirer avec une perte considérable ...
Je laissai à Syene le général-Beillard, et la 21e légère …
" (Pièces diverses et correspondances relatives aux armées d'orient).

"Le 9 (pluviôse - 28 janvier 1799), nous arrivâmes de bonne heure à Esneh ; le général Desaix y laissa le général Friant avec toutes ses troupes, et partit le même jour avec la cavalerie et la vingt-unième légère, pour venir coucher à trois lieues d'Esneh ...
Le 14
(pluviôse - 2 février 1799), à Sienne ... Osman-Bey, Hassan et ses troupes tenaient encore le pays sur la rive droite, entre Sienne et Esneh. Le général Desaix y descendit avec toute sa cavalerie, et les chercha sans pouvoir les rencontrer. Arrivé à Esneh, il s'occupa de diviser ses troupes, pour tenir tout le pays et y lever les contributions : il avait laissé à Sienne le général Belliard avec la vingt-unième …" (Rapport du capitaine du génie Garbé sur les marches de la division Desaix depuis l'ouverture de la deuxième campagne jusqu'au 12 prairial, avec quelques détails sur les positions actuelles, ainsi que le plan du fort qu'il a fait construire dans la province de Thèbes - Correspondance inédite officielle et confidentielle de Napoléon, t.6, Egypte).

Dans son rapport adressé au Général en chef Bonaparte, établi au Quartier-général à Syoùth et daté du 20 thermidor an 7 de la République (7 août 1799), le Général Desaix, commandant la haute Egypte, écrit : "... Combat de Thèbes.
Le 24, à la pointe du jour, le général Davoust apprend que O'tsmân-bey Hhaçan est sur le bord du Nil, et que ses chameaux font de l'eau; il ordonne que l'on presse la marche ... O'tsmân-bey se retire dans l'intérieur des déserts, sur le chemin de Qosséyr, à une citerne nommée la Kuira ; mais on croyoit que ne pouvant y vivre que fort difficilement, il reviendroit vers Radécyéh, et passeroit peut-être sur la rive gauche dans un village qui lui appartenoit près d'Edfoù. En conséquence j'envoyai dans ce dernier endroit un détachement de cent soixante hommes de la 21e légère, commandée par mon aide-de-camp Clément ...
" (Pièces diverses et correspondances relatives aux armées d'orient).

Dans son rapport adressé au Général en chef Bonaparte, établi au Quartier-général à Syoùth et daté du 20 thermidor an 7 de la République (7 août 1799), le Général Desaix, commandant la haute Egypte, écrit : "... Combat d'Esnê
Enfin, je reçus avis que, parvenus à cacher leur marche au général Beillard, et avec une rapidité excessive, les beys Mourâd, Hhaçan, et plusieurs autres beys, à la tête de sept à huit cents chevaux et beaucoup de Nubiens, avoient paru devant Esnê, le 7
(ventôse soit le 25 février 1799), à la pointe du jour ; que mon aide-de-camp Clément, à la tête de son détachement de cent soixante hommes de la 21e, était sorti d'Esnê, et avait présenté la bataille à cet immense rassemblement, qui avoit été intimidé par l'audacieuse valeur de nos troupes; qu'il les avoit harcelés pendant une heure; que les ennemis avaient préféré la fuite au combat, et avoient forcé de marche sur Arment ...." (Pièces diverses et correspondances relatives aux armées d'orient).

Dans son rapport adressé au Général en chef Bonaparte, établi au Quartier-général à Syoùth et daté du 20 thermidor an 7 de la République (7 août 1799), le Général Desaix, commandant la haute Egypte, écrit : "… Combat de Coptos (Qéfth). Assaut du village et de la maison fortifiée de Benoùthah.
Le 18 matin
(ventôse soit le 8 mars 1799), le général Beillard arrive près de l'ancienne Coptos : à l'instant, il aperçoit déboucher, tambour battant et drapeaux déployés, trois colonnes nombreuses d'infanterie, et plus de trois à quatre cents Mamloùks, dont le nombre venoit d'augmenter par l'arrivée de Hhacan-bey Djeddâoùy, qui avoit passé le Nil à Edfoù.
Le général fait former son carré (il n'avoit qu'une pièce de canon de trois) ... Au lieu d' être épouvantés, nos soldats se réunissent et les attendent de pied ferme. Alors s'engage un combat de corps à corps ... Plus de cinquante Arabes d'Yamb ' o restent sur la place; deux drapeaux de la Mekke sont pris. Le citoyen Laprade, adjudant-major de la vingt-unième, en tue deux de sa main
.... Le général Belliard, fait continuer la marche ; et après avoir passé plusieurs fossés et canaux défendus et pris de suite, il arrive près de Benoùthah ... il fait former les carabiniers en colonne d'attaque, et ordonne que l'on enlève ces pièces au moment où le carré passeroit le canal et menaceroit de tourner l'ennemi.
En effet on bat la charge, et les carabiniers alloient enlever les pièces lorsque les Mamloùks, qui avoient rapidement fait un mouvement en arrière, se précipitent sur eux à toute bride. Nos carabiniers ne sont point étonnés, font halte et font une décharge de mousqueterie si vive, que les Mamloùks sont obligés de se retirer promptement, laissant plusieurs hommes et chevaux sur la place; les carabiniers se retournent, se jettent à corps perdu sur les pièces, y massacrent une trentaine d'Arabes d'Yamb'o, les enlèvent et les dirigent sur les ennemis ...
Alors le général Beillard forme deux colonnes ; l'une destinée à cerner de très près la grande maison, l' autre à entrer dans le village ... Le chef de brigade Eppler, excellent officier et d'une bravoure distinguée, commandait dans le village ; il veut entrer dans la mosquée, il en sort un feu si vif qu'il est obligé de se retirer ... La grande maison restait à prendre : Eppler se charge de cette expédition ; par toutes les issues on arrive à la grande porte ; les sapeurs de la demi-brigade la cassent à coups de hache, pendant que les sapeurs de la ligne faisaient crouler la muraille du flanc gauche, et que des chasseurs mettaient le feu à une petite mosquée attenante à la maison et où les ennemis avaient renfermé leurs munitions de guerre. Les poudres prennent feu, vingt-cinq Arabes d'Yamb'o sautent en l'air, et le mur s'écroule de toutes parts; aussitôt Eppler réunit ses forces sur ce point; et, malgré nos forcenés ennemis, qui, le fusil dans la main droite, le sabre dans les dents, et nus comme des vers, veulent en défendre l'entrée, il parvient à se rendre maître de la grande cour ... le général Belliard a eu une trentaine de morts et autant de blessés; du nombre des premiers se trouve le citoyen Bulliand, capitaine des carabiniers, officier qu'il regrette beaucoup ...
Le 10 germinal j'arrivai à Qénéh : je ravitaillai les troupes du général Beillard, et, le 11, nous nous mîmes en marche pour aller combattre les ennemis, qui, depuis deux jours, étaient postés à Qoùss. A notre approche ils rentrèrent dans les déserts, et se séparèrent ... Alors j'envoyai le général Beillard, avec la 21e, et le 20e de dragons, au village d'Adjâzy, principal débouché de la Kuita ...
" (Pièces diverses et correspondances relatives aux armées d'orient).

"Le 10 (germinal - 30 mars), à trois heures du matin, le général Desaix se mit en marche avec 800 hommes de la vingt-unième, 400 hommes de la soixante-unième, les escadrons du septième de hussards, dix-huitième et vingtième de dragons. A notre approche, l'ennemi prit la fuite dans le désert ..." (Rapport du capitaine du génie Garbé sur les marches de la division Desaix depuis l'ouverture de la deuxième campagne jusqu'au 12 prairial, avec quelques détails sur les positions actuelles, ainsi que le plan du fort qu'il a fait construire dans la province de Thèbes - Correspondance inédite officielle et confidentielle de Napoléon, t.6, Egypte).

Dans son rapport adressé au Général en chef Bonaparte, établi au Quartier-général à Syoùth et daté du 20 thermidor an 7 de la République (7 août 1799), le Général Desaix, commandant la haute Egypte, écrit : "… Lorsque les bey Hhaçan Djéddâouy et O'tsmân Hhaçan partirent de la Kuita pour remonter vers Syene, le général Beillard les suivit extrêmement près, et les força de se jeter au dessus des Cataractes ; après quoi il laissa à Esnê le brave chef de brigade Eppler avec une garnison de cinq cents hommes qui devoit contenir le pays et y lever les contributions, et surtout veiller à ce que les Mamloùks ne redescendissent pas ...
Vers le 20 floréal
(ventôse soit le 8 mars 1799) Eppler eut avis que les Mamloùks étaient revenus à Syene ... Cet excellent officier jugea qu'il étoit important de leur enlever cette dernière ressource : en conséquence il donna ordre au capitaine Renaud, qu'il avoit envoyé, quelques jours auparavant à Edfoù avec deux cents hommes, de marcher sur Syene, et de chasser les Mamloùks au dessus des Cataractes.
Combat de Syene. ·
Le 27, à deux heures après midi, arrivé à une demi-lieue de Syene; le capitaitne Renaud est prévenu qu'il va être attaqué. A peine a-t-il fait quelques dispositions que les ennemis arrivent sur lui à bride abattue; mais comme rien n'étonne nos soldats, ils furent attendus et reçus avec le plus grand sang-froid. La charge est fournie avec la dernière impétuosité, et quinze Mamloùk tombent morts au milieu des rangs ...
Nous avons eu quatre hommes tués et quinze blessés ...
... Le général Beillard ...
(et) le citoyen Donzelot, mon adjudant-général ... sont partis de Qénéh, le 7 prairial, avec cinq cents hommes de la 21e.
Prise de Qosséyr.
Le 10, le général Beillard a pris possession de ce port, où l'on a trouvé un fort qui, moyennant quelques réparations, deviendra très-bon
..." (Pièces diverses et correspondances relatives aux armées d'orient).

Le 9 juin 1799 (21 prairial an 7), Bonaparte écrit depuis Salahieh au Général Dugua : "… Gardez le bataillon de la vingt-unième avec vous jusqu'à mon arrivée ..." (Correspondance inédite officielle et confidentielle de Napoléon, t.6, Egypte).

Le 12 août 1799 (25 thermidor an 7), Bonaparte depuis écrit Le Caire au Général Desaix : "… Je vous laisse la vingt-unième, la quatre-vingt-huitième, la vingt-deuxième et la vingtième ..." (Correspondance inédite officielle et confidentielle de Napoléon, t.6, Egypte).

Le 14 août 1799 a lieu l'attaque de Qosséyr. Le Général en chef Kléber, dans son rapport adressé au Directoire exécutif, et daté du Quartier général du Caire, le 6e jour complémentaire an 7 (22 septembre 1799), écrit : "Attaque de Qosséyr.
Le 17 thermidor à midi, deux frégates anglaises s'embossèrent près le fort de Qosséyr, et le canonnèrent aussitôt ...
Ces deux bâtimens changèrent de position dans la matinée du 28, pour battre le fort en brèche, en même temps qu'un débarquement de trois cents hommes s'exécuta au village, où, la veille, l'ennemi n'avoir osé aborder. Les chasseurs de la 21e, qui y était embusqués, les laissèrent s'y engager, puis les y accueillirent d'un feu tellement vif, que les Anglais, dans leur fuite, abandonnèrent leurs morts et leurs blessés.
… On a ramassé plus de six mille boulets dans le port seulement, depuis le calibre de 24 jusqu'à celui de 8.
On peut juger d'après cela, dit le général Donzelot, de la vivacité du feu de ces deux bâtimens.
Ce général fait le plus grand éloge de la conduite du troisième bataillon de la 21e légère.
Il loue également la conduite distinguée des citoyens, Valette, chef de bataillon, Lagarde, adjudant-major, et du capitaine Gressin, commandant la place. Je vous demande pour ce dernier le grade de chef de bataillon ...
" (Pièces diverses et correspondances relatives aux armées d'orient).

Le 17 août 1799 (30 thermidor an 7), l'Ordre du Jour, promulgué au Caire par Bonaparte, accorde un sabre d'honneur : "Au citoyen Pierre Laurent, chasseur de la vingt-unième légère : bataille de Sédiman ..." (Correspondance inédite officielle et confidentielle de Napoléon, t.6, Egypte).

Là dessus, la 21e Légère va prendre part à la bataille d'Héliopolis (20 mars 1800). Le "RAPPORT fait au Gouvernement français par le général Kléber sur les événements qui se sont passés en Egypte depuis la conclusion d'êl-A'rych jusqu'à la fin de prairial an 8e, signé par le Général Menou (Kléber a été assassiné entre temps), indique : "… Au milieu de la nuit suivante je me rendis, accompagné des guides de l'armée, et de mon état-major, dans la plaine de la Coubé, où se trouvait déjà une partie des troupes ; les autres arrivèrent successivement et se rangèrent en bataille.
… La ligne de bataille était composée de quatre carrés ; ceux de droite obéissaient au général Friant, ceux de gauche au général Régnier. L'artillerie légère occupait les intervalles d'un carré à l'autre, et la cavalerie en colonne, dans l'intervalle du centre, était commandée par le général Leclerc : ses pièces marchaient sur ses flancs, et étaient soutenues par deux divisions du régiment des dromadaires.
Derrière la gauche, en seconde ligne, était un petit carré de deux bataillons : l'artillerie de réserve, placée au centre, était couverte par quelques compagnies de grenadiers , et les sapeurs armés de fusils ; d'autres pièces marchaient sur les deux côtés du rectangle, soutenues et flanquées par des tirailleurs ; enfin des compagnies de grenadiers doublaient les angles de chaque carré, et pouvaient être employées pour l'attaque des postes. La première brigade de la division Friant était commandée par le général Belliart, et formée de la 21e légère et de la 88e de bataille ...
" (Pièces diverses et correspondances relatives aux armées d'orient).

Héliopolis est une victoire; mais la bataille à peine achevé, la 21e doit partir pour le Caire : la ville est en insurrection. Le "RAPPORT fait au Gouvernement français par le général Kléber sur les événements qui se sont passés en Egypte depuis la conclusion d'êl-A'rych jusqu'à la fin de prairial an 8e raconte : "... j'ordonnai au général Friant de marcher sur cette ville avec le général Donzelot ... … le général Régnier conduisait à Saléhié sa division ; ... je partis deux heures après avec la brigade du général Belliard, les guides, et le 7e régiment de hussards.
… Je me mis en marche à la pointe du jour, et, me trouvant près Coraïm, j'entendis une vive canonnade en avant de ce village ; je présumai que le général Régnier était fortement engagé : j'ordonnai aussitôt au général Belliard de presser sa marche, et me portai moi-même en avant pour être présent à l'action. ... Il fallut franchir l'intervalle qui nous séparait du carré du général Régnier, et recevoir la charge ... Le danger était extrême, lorsque le 14e régiment accourt pour nous soutenir : nous reprenons aussitôt l'offensive, et repoussons vivement l'ennemi, qui laisse environ trois cents morts ou blessés sur le champ de bataille : nous rejoignîmes le carré du général Régnier, auquel se réunit bientôt celui du général Belliard.
… je partis de Salêhié le 3 au soir, et je me rendis au Caire … C'est alors que j'appris ce qui s'était passé dans la capitale.
… le général Belliard, qui avait été rappelé au Caire, y arriva le 23
(germinal soit le 12 avril 1800) avec la 21e légère; il avait laissé le commandement de Damiette au général Rampon : le retour de ces troupes, et l'arrivée d'un convoi de munitions venu en même temps de Rosette, fournirent les moyens de préparer l'exécution de l'attaque générale sur le Caire, et de réduire Boulac …
En conséquence, le 25
(germinal - 14 avril 1800), à la pointe du jour, le général Friant fit cerner Boulac avec la 21e demi-brigade légère, deux compagnies de grenadiers de la 32e, un détachement de sapeurs, et l'artillerie légère de la division commandée par le général Belliard. On bombarda vivement la ville …
Une fois maître de Boulac, et voulant presser continuellement l'ennemi, le général en chef fit préparer pour le lendemain l'attaque générale du Caire ; elle ne put cependant avoir lieu que le vingt-huit
(germinal - 17 avril 1800).
… la division du général Friant formait la droite et le centre ; le général Donzelot dirigeait l'attaque de droite où se tenait le général Friant ..
Le général Belliard commandait l'attaque du centre, formée de la 21e légère et d'un détachement de la 25e de ligne, sous les ordres de l'adjudant- général Duranteau
" (Pièces diverses et correspondances relatives aux armées d'orient).

La ville à peine reprise, la 21e Légère est envoyé à Suez, tombée aux mains des Anglais. Le "RAPPORT fait au Gouvernement français par le général Kléber sur les événements qui se sont passés en Egypte depuis la conclusion d'êl-A'rych jusqu'à la fin de prairial an 8e raconte : "... Le chef de brigade Lambert, commandant le 14e régiment de dragons, et l'adjudant-général Macsechi, partirent du Caire le 29 (germinal - 18 avril 1800), avec un détachement de la 21e légère, d'une compagnie de grenadiers de la 32e de ligne, cent dromadaires, un détachement de dragons du 14e, quelques sapeurs et trois pièces d'artillerie légère.
L'adjudant-général Macsechi, qui avait déja commandé plusieurs mois à Suez, avait ordre d'en reprendre le commandement, et le chef de brigade Lambert de revenir au Caire aussitôt après l'expédition avec les troupes qui ne seraient pas nécessaires à la défense de cette place.
… le premier floréal
(20 avril 1800), au commencement du jour, la colonne se présente devant Suez, qu'elle attaque de vive force. Après avoir tiré quelques coups de canon, la montagne fortifiée de Kalsanié fut emportée par les dromadaires , en même temps que les grenadiers de la 32e et un détachement de la 21 e tournaient la place du côté de la grande redoute, pour couper à l'ennemi la retraire de la mer, et empêcher que les bâtiments marchands ne sortissent du port.
L'attaque fut impétueuse : nos soldats, après avoir culbuté l'ennemi, entrèrent pêle-mêle avec lui dans la ville, dont ils furent bientôt maîtres. Ce jour fut témoin sur la mer Rouge et le Nil, des derniers triomphes qui nous assurèrent la possession entière de l'Egypte.
L'ennemi laissa cent hommes morts sur le champ de bataille, parmi lesquels quinze Anglais.
Nous n'eûmes qu'un homme tué et trois blessés
" (Pièces diverses et correspondances relatives aux armées d'orient).

 

I/ 1800-1802 : LA DISPERSION

Lorsque commence l’année 1800, la demi-brigade a trois fractions d’inégale valeur en effectifs dispersés sur différents théâtres d’opération.

1) Trois bataillons sont à l’Armée d’Orient désormais sous les ordres de Kleber après le départ de Bonaparte.

2) Un détachement se trouve dans la garnison de Malte.

3) Un bataillon complémentaire, dit de l’Armée d’Orient, a été formé par Bonaparte à partir de son dépôt et va servir lors de la campagne en Italie avec l’Armée de Réserve avec d’autres bataillons créés selon le même principe.

 

I.1 / La demi-brigade à l’Armée d’Orient

Sous les ordres du chef de brigade Eppler, la 21e Légère et ses trois bataillons, comme le reste de l’armée, s’attend à quitter l’Egypte avec les honneurs depuis que Kléber a signé le 24 janvier avec les forces anglaises et turques un traité d’évacuation (convention d’El Arisch). Les troupes commencent à se regrouper autour du Caire tandis que des forces turques progressent simultanément sur le territoire.

La 21e Légère, qui servait en Haute Egypte avec le général Desaix dans des conditions difficiles, et y avait adapté ses opérations en se montant sur dromadaire et en enrôlant dans son 3e bataillon de nombreux Soudanais, et remontait donc le long du Nil (note 1). Ses soldats montés répartis entre les divisions pour servir d’éclaireurs.

Le 28 février, on apprend que Bonaparte a pris le pouvoir en France, tandis que le gouvernement anglais refuse de ratifier le traité et demande une capitulation pure et simple. Kleber regroupe ses forces et décide d’affronter les forces turques à Heliopolis près du Caire. La 21e Légère est à la brigade Belliard, division Friant.

Tandis que Kleber repousse les Turcs entre le 20 et le 24 mars, le Caire se révolte sur ses arrières et la garnison, faiblement renforcée par la colonne du général Lagrange, se voit assiégée par les insurgés et d’autres forces turques. Kleber rebrousse chemin le 25 mars. Le 15 avril, Friant et la 21e Légère s’emparent de Boulaq dans la banlieue du Caire et répriment la rébellion sans pitié, à coups de canons et de baïonnettes.

Le 20 avril, le Caire capitule et est évacuée par les forces turques le 25. Les Français se réinstallent donc en Egypte. La 21e Légère complète ses équipements.

Kleber renforce son armée de toutes les minorités religieuses (Coptes, grecs, syriens) et finit de l’habiller complètement. La Haute Egypte est confiée à Mourad Bey, l’ancien chef mameluck, devenu désormais allié des Français.

Le 14 juin 1800, Kleber est assassiné par un fanatique. Le commandement passe au général Menou qui s’est converti à l’Islam. C’est un très bon administrateur mais un piètre général en chef et rapidement, des dissensions éclatent dans l’Etat-Major.

Une expédition britannique se met en place et débarque dans la baie d’Aboukir le 8 mars 1801. Quelques Français sont facilement repoussés et les Anglais entament leur marche sur Alexandrie. Une première tentative pour les bloquer échoue à Mandara le 12 mars.

Le 20 mars, Menou décide enfin d’attaquer les Britanniques du général Abercromby dans leur camp fortifié. La bataille de Canope (Alexandrie pour les Anglais) est un nouvel échec avec de nombreuses pertes d’effectifs (2000 hommes) pour les Français dont de nombreux officiers. La 21e Légère, durement engagée avec le général Destaing, y laisse le drapeau de son 3ème bataillon.

Durant la bataille, au centre du dispositif avec le général Rampon, les second et 3e bataillons étaient sous les ordres du général Destaing, tandis qu’Eppler, chef de la 21e Légère, commandait un détachement de grenadiers dont ceux de la demi-brigade. Le premier bataillon gardait le Caire avec le général Belliard.

LE DRAPEAU PERDU DE LA 21ème LEGERE, 1801

Parce qu’elle était à l’Armée d’Italie de Bonaparte comme la seconde, la 4ème et la 22ème, et à la différence des autres demi-brigades légères françaises, qui n’avaient aucun emblème, la 21e reçut trois drapeaux du modèle armée d’Italie, portés à chacun de ses bataillons.
Le drapeau, avec sa disposition tricolore particulière, avait dans le carré central d’un côté un cor de chasse entre des branches de chêne, de l’autre un faisceau de licteur avec bonnet rouge entouré de feuilles de chêne (voir dessin).
Sur les côtés de la face, avec le cor de chasse, des noms honorifiques de bataille gagnées à l’Armée d’Italie. Auteurs anglais et français ne s’accordent pas sur ces noms de bataille. Ce qui est sur, c'est qu’il était inscrit : Passage de la Piave et passage du Tagliamento, et prise de Gratz. Ce qui est discuté, ce sont les inscriptions : Passage de la Scrivia, Passage de l'Isonzo, Pont de Lodi. Comme il ne reste que des lambeaux de ce drapeau, il est difficile de contrôler.
Bonaparte avait aussi décidé de rajouter sur ces drapeaux des victoires égyptiennes, mais fixées sur des pièces rapportées, on n'en trouve aucune trace évidente.
Le drapeau fut pris par le major Stirling, repris par les Français, tombé à terre dans les combats et récupéré par le soldat Lutz du régiment de Minorque, qui le défendit contre deux dragons, exploit récompensé en numéraire et par le droit de porter un insigne spécial sur son uniforme.

 

Musicien 21e Légère, Egypte
Fig. 3 Musicien de la 21e Légère en Egypte, 1800-1801

Les Français se séparent alors. Quatre mille hommes, avec le général Lagrange, surveillent les Anglais avec la division Reynier. Après des tentatives très mal coordonnées par Menou pour rompre la jonction des forces anglo-turques, ils finissent par rejoindre le général Belliard retranché au Caire.

Le chef de brigade Tarayre n'est désigné provisoirement par Menou comme chef de la 21e Légère que le 7 avril 1801, alors qu’il est coincé au Caire avec le 1er bataillon de la demi-brigade et que son prédécesseur, Eppler, est passé général de brigade.

Belliard, assez découragé par la situation et partisan d’une évacuation rapide de l’Egypte, d’autant que la peste refait son apparition, tente bien de contre-attaquer, contre les forces turques grâce aux renforts de toutes les garnisons qui se sont portées sur lui, le 16 mai, mais il finit par rétrograder. Restant assiégé pendant encore un mois, il capitule le 27 juin et peut évacuer ses hommes sur la France. Tarayre participe aux négociations et signe la capitulation honorable. Les forces de Belliard embarquent, ramenant le corps du général Kleber.

Menou, lui, s’est enfermé dans Alexandrie, espérant des renforts de France et la conclusion d’une paix générale en Europe avec l’Angleterre qui le sauverait. Il capitulera à son tour le 2 septembre 1801 et pourra aussi rejoindre la métropole.

La demi-brigade rentre donc d’Egypte en deux contingents : la garnison du Caire avec le premier bataillon, et la garnison d’Alexandrie avec le second et troisième.

Après une période de quarantaine, la demi-brigade est envoyée à Avignon où l’on épure les effectifs de tous les invalides. La tenue est toujours celle d’Egypte, très insuffisante sous nos climats. Le 25 frimaire an 10 (16 décembre 1801) la demi-brigade doit se rendre au Puy, et en passant doit laisser à Lyon ses trois compagnies de carabiniers pour servir à la garde du Premier Consul dans cette ville, où il va, en janvier 1802, présider la Consulte de la République Cisalpine.

Le 5 Floréal an X (25 avril 1802) le général Suchet passe la demi-brigade en revue. Celle-ci reçoit alors les éloges du gouvernement à la suite de cette inspection. Plus pour sa discipline que son équipement, qui n'est pas de son fait.

Inspection de Suchet  le 5 Floréal an X

La tenue est propre mais elle laisse encore à désirer. L'habillement n'est pas bien fait. Les draps sont mauvais et ne pourront durer le temps déterminé par les règlements.
L'armement est incomplet composé de fusils de toutes les nations. Les briquets manquent. Plus de 250 recrues sont sans armes.
L'habillement lui ayant paru mal fait, l'inspecteur général charge le conseil d'administration de tenir la main à ce que l'on se conforme pour cet objet aux matériels sur lesquels il a apposé son cachet.
Il prescrit l'établissement d'écoles d'instruction théorique et pratique dans lesquelles les soldats pourront apprendre à bien écrire et à compter. Il invite également le chef de brigade à former des écoles d'escrime et de natation et une école d'arabe dont l'utilité et les succès seront appréciés à la prochaine inspection.

Le 27 mai 1802 (7 prairial an 10), Bonaparte écrit depuis Paris au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "Je vois, citoyen ministre, que sur l'état de l'emplacement des troupes du 5 prairial, les chefs de brigades ... des 2e, 4e, 21e et 22e légères ne sont pas nommés. Cependant ces places ne sont pas vacantes ..." (Correspondance générale, t.3, lettre 6917).

 

I.2 / Le détachement de Malte

La 5ème compagnie du 3e bataillon de la 21e Légère formait la garnison du vaisseau «le Guillaume Tell» durant l’expédition. Après la bataille navale d’Aboukir, le «Guillaume Tell» réussissait à rallier Malte et cette compagnie était incorporée dans la garnison de l’ile et servait à la défense des forts de la Valette.

Malte capitule le 3 septembre 1800, et la garnison bénéficie d'un cartel : elle est rapatriée à condition de ne plus servir contre les Anglais.

Le 18 octobre 1800 (26 vendémiaire an 9), Bonaparte écrit depuis Paris au Général Lacuée, Ministre de la Guerre par intérim : "Je vous prie, citoyen ministre, de donner la destination suivante aux troupes de la garnison de Malte.
Le détachement de la 2e légère rejoindra le dépôt de sa demi-brigade en Italie.
Même ordre pour celui de la 21e légère ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.3, lettre 5697).

La compagnie, après avoir rallié la France, arrivait à Marseille et était dirigée sur Draguignan. Elle servait alors à réprimer le brigandage dans le département. Peu après, elle retrouvait le bataillon complémentaire de la demi-brigade stationné en Italie à Peschiera.

 

I.3 / Le bataillon complémentaire de l’Armée d'Orient de la 21e Légère en Italie

Chasseur, 21e Légère, 1800 Italie
Fig. 4 Chasseur du bataillon complémentaire de la 21e Légère en Italie, 1800 (Cronaca Rovatti)

En mal d’effectifs, le nouveau premier Consul Bonaparte organisait à la fin de 1799, avec les dépots métropolitains des demi-brigades en campagne en Orient, des bataillons supplémentaires qui furent versés à l’Armée de Réserve dans la division du général Chabran.

Dès le 5 décembre 1799, le Premier Consul avait prévenu le général Clarke :
"... Mon intention est de former quatorze bataillons de 1000 à 1200 hommes, portant chacun le nom d'une des demi-brigades qui sont en Égypte, et d'incorporer dans ces bataillons tous les individus de ces corps qui se trouvent présentement en France ...".

Quelques jours après, les différents dépôts de l'armée d'Orient étaient dirigés sur Chalon-sur-Saône et Mâcon, et le général Gaultier, inspecteur général aux revues, devait les organiser «en bataillons» avec les conscrits destinés à en compléter les cadres. Le 19 décembre paraissait l'arrêté qui créait les 14 nouveaux bataillons, composés chacun de 12 compagnies.

A la fin de janvier, il est décidé que ces bataillons seront de suite portés à 1000 hommes, au moyen des conscrits arrivant à Lyon, à mesure qu'ils seront armés et habillés. Les bataillons de l'armée d'Orient sont groupés, le 14 février, en 4 demi-brigades, réparties dans les cantonnements de Mâcon, Chalon, Seurre et Saint-Jean-de- Losne.

En pluviôse an 8 (janvier 1800), le bataillon était dirigé sur Macon.

Le 14 février 1800 (25 pluviôse an VIII), le Premier Consul écrit depuis Paris au Général Berthier, Minister de la Guerre : "... Vous donnerez au général de division Chabran l'ordre de se rendre sur-le-champ à Chalon-sur-Saône, pour prendre le commandement des quatorze bataillons de dépôt de l'armée d'Orient. Le général Chabran les passera en revue et veillera à leur équipement, armement, habillement et recrutement. Ces bataillons resteront cantonnés à Mâcon, Châlon, Seurre et Saint-Jeande-Losne. Ils seront exercés deux fois par jour à la manoeuvre.
La division commandée par le général Chabran portera le nom de 1re division de l'armée de réserve. Il sera attaché à cette division trois pièces de 8 et un obusier de 6 pouces, servis par l'artillerie légère, deux pièces de 12, quatre de 8 et deux obusiers, servis par l'artillerie à pied. Le général Chabran aura sous ses ordres deux généraux de brigade et un adjudant général. Son quartier général sera à Chalon-sur-Saône. Il ne recevra directement des ordres que du ministre de la guerre … Le chef de brigade Taupin, qui est à Toulon, recevra de vous l'ordre de se rendre à Chalon-sur-Saône, pour y prendre le commandement des bataillons des 18e, 32e et 75e demi-brigades. Le chef de brigade Gaspard prendra celui des bataillons des 13e, 25e et 85e demi-brigades.
Les bataillons des 4e, 21e et 22e légères seront commandés ... par un ancien chef de brigade de l'armée d'Italie qui aura fait la campagne d'Italie comme commandant une troupe ...
" (Correspondance de Napoléon, t.6, lettre 4594 ; Correspondance générale de Napoléon, t.3, lettre 4983).

Le 16 février 1800 ( 27 pluviôse an 8), Bonaparte écrit depuis Paris au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "... L'on m'assure qu'un bataillon bis de la 21e légère est resté à Avignon, et le bataillon bis de la 22e est resté à Brignoles. Envoyez sur-le-champ les ordres pour qu'ils se rendent à Chalon-sur-Saône ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.3, lettre 4995).

Le 8 mars 1800 (17 ventôse an 8), Bonaparte écrit depuis Paris au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "Je vois, citoyen ministre, par un état adressé par un aide de camp que j'ai envoyé sur les lieux, qu'on a confondu en un seul bataillon le dépôt de la 4e et de la 21e légère. Ordonnez-en la séparation, mon intention étant que les deux bataillons soient organisés séparément" (Correspondance générale, t.3, lettre 5065).

Le Bataillon passait le col du petit Saint-Bernard le 16 mai et s’emparait de Bard et tenait la position face au fort pour faciliter le passage de l’armée.

Pendant la bataille de Marengo, la division contient l’ennemi aux ponts de Cazals et Valence.

Après Marengo, le bataillon prend garnison à Tortonne puis à Milan en octobre 1800. Puis il est placée dans l’avant garde du général Cassagne à l’Armée d’Italie, désormais commandée par le général Brune après Massena.

Le 22 décembre, l’armée d’Italie repousse les Autrichiens au delà du Mincio. Le bataillon s’illustre à Mozembano, en particulier la compagnie de carabiniers du capitaine Chevreuse. On prend Borghetto d’assaut. Puis le bataillon reste au siège de Peschiera et y stationne après la prise de la ville. Réduit à moins de 200 hommes, il y est rejoint par la compagnie venant de Malte.

Après avoir stationné en avant de la Piave, le bataillon est dirigé sur l’Armée d’Observation du Midi de Murat, qui s’enfonce au sud de l’Italie pour mâter le royaume de Naples. Il passe par Ancône, Rietti, Pescara, Tarente et Gallipoli où il reste en garnison.

Le 11 octobre 1801 (19 vendémiaire an 10), Bonaparte écrit depuis Paris au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "Vous donnerez les ordres, citoyen ministre, pour que le citoyen Hausser, chef de bataillon à la 21e légère, qui a eu la cuisse droite emportée par un boulet, soit employé dans une succursale d'invalides" (Correspondance générale de Napoléon, t.3, lettre 6557). Le Moniteur du 19 vendémiaire indique que le fils du citoyen Hausser est nommé élève au Prytanée.

Le 1er Vendémiaire an 10 (23 septembre 1801), le Bataillon reçoit les restes du 2ème bataillon de la demi-brigade, de retour d’Egypte. L’état militaire de l’an X nous précise que le bataillon complémentaire à Gallipoli est sous les ordres du chef de bataillon Duroc, et que la compagnie venant de Malte est sous ceux du capitaine Bodard.

Le 18 décembre 1801 (27 frimaire an 10), Bonaparte écrit au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "... Donnez l'ordre à la 2e, 4e et 21e demi-brigade légère de passer directement par Lyon en se rendant à leur destination. Elles complèteront leurs compagnies de carabiniers qui serviront pour fournir la Garde au palais du Premier Consul à Lyon. Il leur sera à cet effet donné des bonnets de grenadiers ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.3, lettre 6684). Mesure prise en prévision de la réunion de la Consulte cisalpine à Lyon.

L’unité stationne plusieurs mois en Italie du Sud.

Le 20 janvier 1801 (30 nivôse an 10), Bonaparte écrit depuis Lyon au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "Je vous prie, citoyen ministre, ... de ne plus garder pour garnison à Lyon aucun corps d'infanterie.
Cette garnison ne sera composée désormais que de 18 compagnies de grenadiers qui seront formées :
De 3 compagnies de carabiniers de la 21e légère,
De 3 de la 4e,
De 3 de grenadiers de la 59e,
De 3 de carabiniers de la 2e légère,
De 3 de carabiniers de la 22e légère,
De 3 de carabiniers de la 6e légère.
Ces compagnies qui seront tirées des corps qui sont dans la 7e division correspondront avec eux pour leur comptabilité, comme s'ils étaient dans la même division.
Au 1er vendémiaire de chaque année, on changera ces grenadiers. Le ministre de la Guerre désignera, soit dans la 7e, soit dans la 18e ou dans la 19e division militaire même, les grenadiers qui devront former la garnison de Lyon.
Il sera sévèrement défendu à ces compagnies de grenadiers de recruter aucun homme ; toutes les recrues qui se présenteraient seront envoyées aux corps.
Le général commandant à Lyon classera ces 18 compagnies en 3 bataillons commandés chacun par un chef de bataillon que désignera le ministre de la Guerre. Les chefs de bataillon suivront leurs grenadiers. Toutes les fois qu'un corps partirait de Lyon, ou d'une division voisine, les grenadiers suivront le corps auquel ils appartiennent, et d'autres compagnies les remplaceront.
Cet ordre de choses peut commencer à avoir lieu dès le 20 pluviôse. Il faut recommander au général commandant la place de Lyon de ne faire faire à ces grenadiers qu'un service d'honneur et de haute police, et d'avoir soin que les compagnies soient complétées par leur corps et bien tenues. Il doit y avoir à Lyon, comme à Bordeaux et à Paris, une garde nationale soldée pour faire le service de la basse police
" (Correspondance générale de Napoléon, t.3, lettre 6728).

Le 15 floréal an 10, le contingent part rejoindre l’unité au Puy, où il arrive le 8 Thermidor (27 juillet 1802).

 

I.4 / La réunification (juillet-décembre 1802)

Le 16 juillet 1802 (27 messidor an 10), Bonaparte, depuis La Malmaison, ordonne à Berthier que la 21e Demi-brigade Légère gagne Provins (Correspondance générale de Napoléon, t.3, lettre 7018). Le 27 juillet, son détachement d’Italie vient la rejoindre au Puy (voir chapitre I.3).

Le 29 juillet 1802 (10 thermidor an 10), Bonaparte écrit depuis Paris à Berthier, Ministre de la Guerre : "Les neuf compagnies des 4e légère, 21e légère et 59e de ligne qui faisaient partie de la garnison de Lyon, seront remplacées ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.3, lettre 7055).

Le 18 thermidor, entre le Puy et Provins, à Clermont Ferrand, la demi-brigade aperçoit un obélisque érigée à la mémoire du général Desaix, qu’elle a bien connu sur le Rhin, en Italie et en Egypte. Elle se forme en bataillon carré comme lors d’une bataille et lui rend les honneurs.

Le 11 Fructidor, elle arrive à Provins, tandis que redescend de Paris, le détachement venu chercher les nouveaux drapeaux que Bonaparte a fait donner à son infanterie légère à la grande parade du 14 juillet. Au moment de la remise des drapeaux, le 1er Consul a adressé une allocution aux détachements représentant l'infanterie légère : "Soldats de l'infanterie légère de l'armée française, voilà vos drapeaux ; ils vous serviront toujours de ralliement. Ils seront partout où le Peuple français aura des ennemis à combattre ; ils imprimeront la terreur aux ennemis du Gouvernement, quels qu'ils soient.
Soldats, vous défendrez vos drapeaux ; non, jamais ils ne tomberont au pouvoir des ennemis. Vous jurez d'être prêts à les défendre aux dépens de votre vie !
" (Correspondance de Napoléon, t.7, lettre 6182).

Discours du chef de brigade Tarayre : «Officiers, sous-officiers et chasseurs, voici les drapeaux que le Premier Consul Bonaparte m'a chargé de vous remettre. En les recevant, j'ai juré que vous les porteriez toujours sur le chemin de la gloire. Vous tiendrez ce serment, j'en suis certain. Vos belles actions, vos victoires, votre patriotisme, les blessures honorables dont vous êtes couverts m'en donnent un gage certain ... ».

Aux conscrits : «... Et vous jeunes militaires qui débutez dans la carrière des armes et qui brûlez d'envie de vous distinguer, fixez ces drapeaux, jurez de les défendre jusqu'à la dernière goutte de votre sang. Jamais, je l'espère, ils ne vous verront fuir, lâchement du combat. Pensez à la gloire qu'ont acquise les braves que vous remplacez, brûlez de la noble ardeur de les imiter …».

L’état militaire de l’an XI (septembre 1802-septembre 1803) nous précise alors les noms des chefs de bataillon : Vallet, Gressin, Dumarest et Cherel.

 

II / 1803-1805 : LES ANNEES DU CAMP DE BRUGES PUIS DE BOULOGNE

Sergent-major porte Aigle du 21e Léger, 1806-1807 Zimmermann
Fig. 5 Sergent-major porte Aigle du 21e Léger, 1806-1807 (Zimmermann)

Le 24 mars 1803, Napoléon demande à Berthier que la 21e demi-brigade légère se rende à Juliers dans la 26e Division Militaire (Lettre de Bonaparte adressée Paris à Berthier, Ministre de la Guerre - Correspondance générale de Napoléon, t.4, lettre 7533). Elle y arrive le 13 floréal an 11 (4 mai 1803). Puis se dirige sur Cologne où elle passe la revue de l’inspecteur général Sainte-Suzanne.

Après un séjour à Aix la Chapelle où elle laisse ses carabiniers, la voici à Venloo et le premier bataillon à Juliers.

Les camps de l’armée des Côtes de l’Océan sont organisés d’après des instructions de Bonaparte adressées de Saint-Cloud le 28 Août 1803 au Général Berthier, Ministre de la Guerre. Le camp de Bruges s’étend en fait entre Flessingue et Dunkerque. Les deux premiers bataillons de la 21e Légère se retrouvent à la 2ème division, sous les ordres du général Friant, avec les 33e, 108e et 11e de Ligne (Correspondance générale de Napoléon, t.4, lettre 7972). Et cantonnent dans des baraques autour d’Ostende. Le 3e bataillon est resté à Venloo.

Le 26 septembre 1803, Bonaparte depuis Paris demande au Général Berthier, Ministre de la Guerre de donner ordre à la 21e de compléter ses deux bataillons de guerre à 600 hommes chacun, et de s’établir au camp de Bruges, sous l’autorité de Davout (Correspondance générale de Napoléon, t.4, lettre 8076).

Le 28 avril 1804 (8 floréal an 12), Napoléon ordonne depuis Saint-Cloud à Berthier, Major général des Camps, de passer une revue extraordinaire de divers régiments qui lui paraissent faibles en effectifs, dont la 21e Légère (Correspondance de Napoléon, t.9, lettre 7728 ; Correspondance générale de Napoléon, t.4, lettre 8848). Il faut dire que les fièvres ravagent régulièrement les troupes du camp de Bruges et que les hôpitaux sont débordés. Les troupes sont cependant entrainées par Davout avec une grande rigueur.

Le 28 mai 1804 (8 prairial an 12), Bonaparte écrit depuis Saint-Cloud au Maréchal Berthier : "Mon Cousin, 60,000 hommes de la conscription de l'an XII ont été mis à la disposition du Gouvernement. Il n'y a point de temps à perdre pour répartir entre les différents corps ladite conscription.
Les ... 3e, 12e , 21e, 24e, 25e, 26e et 28e d'infanterie légère ... me paraissent les régiments les plus faibles et ceux qui auront le plus besoin de monde ...
" (Correspondance de Napoléon, t.9, lettre 7792; Correspondance générale, t.4, lettre 8915).

Le 17 octobre 1804, Napoléon écrit depuis Saint-Cloud au Maréchal Berthier, Ministre de la Guerre, Major général des camps : "Mon cousin, je désire que vous donniez l'ordre ... au troisième bataillon et dépôt du 21e d'infanterie légère qui est à Juliers de se rendre à Venloo" (Correspondance générale, t.4, lettre 9352).

LES DRAPEAUX  ET AIGLES DE LA 21E LEGERE, 1804-1812

Rebaptisée en régiment, la 21e Légère reçoit, en 1804, 3 Aigles et trois drapeaux du modèle Picot à angles rouges et bleu alternés et losange blanc central. Les drapeaux et Aigles sont portés au sein de chaque bataillon par un sergent major, encadré par les caporaux fourriers.

Le 28 Février 1805 (9 ventôse an XIII), Napoléon écrit depuis Paris au Maréchal Berthier : «... Savoir quand le 21e léger arrive à Novare ...» (Correspondance de Napoléon, t.10, lettre 8371; Correspondance générale de Napoléon, t.5, lettre 9615).

Le 5 mars 1805 (14 ventôse an XIII), Napoléon écrit depuis Paris au Maréchal Berthier : «Mon Cousin, tous les régiments qui font partie des trois camps ne peuvent tous fournir 1,800 hommes sous les armes, surtout ceux qui ont des malades.
... Le 21e d'infanterie légère [aurait besoin] de 300 [hommes] ...
Faites-moi un rapport, corps par corps, sur les régiments composant les trois camps; de leur situation au 1er ventôse, présents sous les armes et aux hôpitaux; de la situation des 3mes bataillons; du nombre d'hommes de la conscription de l'an XIII qu'ils doivent recevoir ...
» (Correspondance de Napoléon, t.10, lettre 8393; Correspondance générale de Napoléon, t.5, lettre 9635).

Le 21 mars 1805 (30 ventôse an XIII), Napoléon écrit depuis La Malmaison au Maréchal Berthier, Ministre de la Guerre, Major général des Camps : «Mon cousin, ... Faites-moi connaître quand le 21e d'infanterie légère arrive à Novare» (Correspondance générale de Napoléon, t.5, lettre 9715).

Le 3 avril 1805 (13 germinal an 13), l'Empereur écrit depuis Troyes au Maréchal Berthier, Ministre de la Guerre, Major général des camps : "Mon Cousin, le 21e régiment d'infanterie légère a plus de 300 déserteurs, tous du département du Puy-de-Dôme. Ces déserteurs engagent les autres soldats à déserter, en leur écrivant qu'on est parfaitement tranquille chez eux. Faites connaître le mécontentement que j'éprouve, et ordonnez qu'un chef d'escadron de la gendarmerie, avec une quarantaine d'hommes de la réserve, parcoure le département et arrête tous ces déserteurs" (Correspondance de Napoléon, t.10, lettre 8514; Correspondance générale de Napoléon, t.5, lettre 9762).

Le même jour (3 avril 1805 - 13 germinal an 13), l'Empereur écrit depuis Troyes à Champagny, Ministre de l'Intérieur : "Monsieur de Champagny, mon ministre de l'Intérieur, le préfet du Puy-de-Dôme tolère les déserteurs. Plus de 300 du 21e régiment y jouissent de la plus grande tranquilité. Faites connaître à ce préfet qu'il ait à s'occuper avec activité de faire arrêter ces déserteurs ; qu'il se concerte à cet effet avec la gendarmerie. Le colonel a saisi les lettres et les a envoyées au préfet, il n'a pas reçu de réponse et les déserteurs n'en jouissent pas moins d'une entière impunité" (Correspondance générale de Napoléon, t.5, lettre 9766). Le département du Puy-de-Dôme à l'époque oppose en effet une farouche résistance à la conscription.

Le 5 août 1805 (17 thermidor an 13 - la minute (Archives nationales, AF IV 867, thermidor an XIII, n° 69) est datée du 6 août), l'Empereur écrit depuis Pont-de-Briques, au Maréchal Berthier, Ministre de la Guerre, Major général de la Grande Armée : "Mon cousin, les 10e, 21e, 24e et 26e régiments d'infanterie légère sont faibles ... Faites-vous faire un rapport sur le nombre des conscrits qu'ils ont reçus depuis le 1er vendémiaire an XII, de ceux qu'ils ont dû recevoir, et de ceux qui ont déserté après qu'ils les ont reçus. Distinguez dans ce nombre les remplaçants des conscrits et proposez-moi des mesures extraordinaires pour faire arrêter à la fois dans les départements tous les conscrits et remplaçants déserteurs" (Correspondance générale de Napoléon, t.5, lettre 10506).

Le 26 août 1805 (8 fructidor an 13), l'Empereur écrit depuis Pont-de-Briques, au Maréchal Berthier, Ministre de la Guerre, Major général de la Grande Armée : "Mon cousin, ... Chaque corps d'armée laissera un régiment, savoir : ... le corps de droite, le 21e d'infanterie légère ... Les 3es bataillons de ces régiments viendront les joindre au camp ; indépendamment de ces bataillons, trois 3es bataillons des corps de la droite se rendront au camp d'Ambleteuse ; six 3es bataillons des corps du centre se rendront à Boulogne ; et un 3e bataillon du corps de la gauche se rendra à Étaples. Par ce moyen, il restera au camp neuf bataillons entiers, et dix 3es bataillons, ce qui fera dix-neuf bataillons … Le 21e d'infanterie campera le plus près possible des vaisseaux ..." (Correspondance de Napoléon, t.10, lettres 9137 ; Correspondance générale de Napoléon, t.5, lettre 10666).

Dans une annexe à une lettre adressée par l'Empereur, depuis Pont-de-Briques, au Maréchal Berthier, Ministre de la Guerre, Major général de la Grande Armée, il est indiqué : "... 3e corps, maréchal Davout :
[Le camp dont il a charge] hormis la 21e légère qui reste à Boulogne ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.5, lettre 10698).

Lors de la campagne de 1805, qui mène à Austerlitz, la 21e Légère reste en arrière, participant à un corps de Réserve sous les ordres du général Brune.

Positions et encadrement du régiment en octobre 1805 :
Chef de corps : TARAYRE colonel - infanterie
Dépôt à : Wesel - 25e division militaire
Conscrits des départements de la Haute Loire de l'an XIII
Observations : octobre 1805 effectif sous les armes 82 officiers 1785 hommes - hopitaux 95
DUMAREIX major - infanterie
BERNARDINI quartier maître trésorier
1er bataillon commandant : chef de bataillon Vallet, à Ambleteuse, 1er corps de réserve Brune - 1ère division Carra Saint Cyr - 1ère brigade Moreau.
2e bataillon commandant : chef de bataillon Marquié, à Ambleteuse, 1er corps de réserve Brune - 1ère division Carra Saint Cyr - 1ère brigade Moreau.
3e bataillon commandant : chef de bataillon Cherel, à Ambleteuse - 1er corps de réserve Brune - 1ère division Carra Saint Cyr - 1ère brigade Moreau.

Le 8 novembre 1805 (17 brumaire an 14), l'Empereur, depuis Linz, établit le Décret suivant : "ARTICLE 1er. Il sera formé une armée du Nord, composée de six divisions : deux divisions se réuniront à Anvers ; deux autres divisions seront composées des troupes de l'avant-garde du corps de réserve de Mayence et de l'avant-garde du corps de réserve de Strasbourg. La division de Mayence se réunira à Juliers, et celle de Strasbourg dans cette ville.
Les deux autres divisions seront formées de toutes les troupes françaises et bataves qui se trouvent en Batavie et se réuniront à …
ART. 2. Le connétable de l'Empire aura le commandement de cette armée.
ART. 3. Les deux divisions qui se réunissent à Anvers seront composées ainsi qu'il suit, savoir :
La 1re division, du 21e régiment d'infanterie légère, du 65e régiment de ligne, du 72e de ligne, d'un des régiments de la garde municipale de Paris ...
ART. 9. Tous les corps qui doivent former les deux divisions d'Anvers partiront douze heures après la réception de l'ordre qui leur sera adressé, et ces ordres seront expédiés et partiront immédiatement après la réception du présent décret ...
ART. 10. Le général Collot commandera les deux divisions d'Anvers ; le général Lagrange commandera, sous ses ordres, la première division ... 
Les deux généraux de brigade de chaque division seront désignés par le connétable, sur la proposition du général Collot …
" (Correspondance de Napoléon, t.10, lettres 9466).

 

III / LA CAMPAGNE DE 1806-1807

Après Austerlitz, l'armée française se replie lentement en Allemagne. Le 21e Leger part de Hollande pour rallier le maréchal Mortier.

Le 8 mars 1806, l'Empereur écrit depuis Paris au Général Dejean, Ministre Directeur de l'Administration de la Guerre : "Monsieur Dejean, ... Donnez ordre aux 3es bataillons des 21e d'infanterie légère, 65e et 22e de ligne et à celui du 72e de rejoindre leur régiment en Hollande" (Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 11621).

Le 12 mars 1806, Napoléon écrit depuis Paris, au Général Dejean, Ministre directeur de l'Administration de la Guerre : "Monsieur Dejean, mon intention est que les trois mille hommes formant la réserve des départements ci-dessous nommés marchent comme les autres et soient dirigés, savoir ceux du département : ... De Sezia … 21e d'infanterie légère ... Ceux de ces conscrits dont les corps sont à Naples rejoindront leurs dépôts en Italie où ils trouveront des habillements et on les fera passer sur-le-champ à Naples" (Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 11656).

Le 11 juillet 1806, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Maréchal Berthier : "Mon Cousin, vous verrez, par les deux lettres que je vous ai adressées aujourd'hui, les différentes dispositions que j'ai prescrites pour compléter mon armée et la mettre en situation de tout entreprendre ...
Je donne ordre au 21e léger et au 22e de ligne, qui sont en Hollande, de se rendre à Wesel. Mon intention est de les diriger sur Wurzburg, pour y faire partie de la division Gazan et remplacer les 12e et 58e de ligne. Vous pouvez dire au maréchal Mortier que cette division sera de 9,000 hommes
" (Correspondance de Napoléon, t.12, lettres 10479 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12463).

Le même jour, toujours depuis Saint-Cloud, l'Empereur écrit au Général Dejean, Ministre directeur de l'Administration de la Guerre "Monsieur Dejean, donnez ordre aux 21e régiment d'infanterie légère et 22e de ligne qui sont en Hollande de se rendre à Wesel où ils recevront de nouveaux ordres ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12465).

Et dans une troisième lettre, adressée à Loui, Roi de Hollande : "J'ai donné ordre au 21e d'infanterie légère et au 22e de ligne de se rendre à Wesel ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12468).

Le 23 juillet 1806, Napoléon écrit depuis Saint-Cloud, au Général Dejean, Ministre directeur de l'Administration de la Guerre : "Monsieur Dejean ... Le 21e d'infanterie légère se rendra à Düsseldorf, et le 22e de ligne tiendra garnison à Wesel. Le 3e bataillon du 21e d'infanterie légère restera à Wesel, et les deux premiers bataillons qui seront complétés à mille hommes chacun et prêts à faire campagne se rendront avec le colonel à Düsseldorf où ils attendront de nouveaux ordres" (Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12563).

Mais les ordres ne sont pas toujours suivis; le 1er août 1806, depuis Saint-Cloud, Napoléon écrit à Louis, Roi de Hollande :
"Le 21e régiment d'infanterie légère qui arrive à Wesel n'a point ses carabiniers; j'avais cependant donné ordre que ce qu'il y avait de ce régiment en Hollande s'y rendît. Que voulez-vous que je fasse d'un régiment sans carabiniers qui va marcher à l'ennemi ? Je suis fort mécontent de cette inexécution de mes ordres, qui me paralyse un régiment" (Correspondance de Napoléon, t.13, lettres 10584 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12633).

Le 2 août 1806, Napoléon écrit depuis Saint-Cloud, au Général Dejean, Ministre directeur de l'Administration de la Guerre : "Monsieur Dejean, j'ai donné ordre au 21e régiment d'infanterie légère de se rendre à Wesel. Les trois compagnies de carabiniers de ce régiment ne s'y sont pas rendues. Envoyez l'ordre au général Michaud de les faire partir sur-le-champ et témoignez-lui mon mécontentement de ce que mes ordres ne sont pas exécutés" (Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12635).

Le 5 août 1806, un nouveau colonel vient prendre la tête du 21e Léger : Augustin Romain Duhamel  ; ancien capitaine du 3ème bataillon de volontaires des Bouches du Rhône en 1792, puis officier dans la 25e demi brigade de Ligne, il a fait les campagnes d'Italie et d'Egypte. Il a servi dans l'Etat Major du camp de Boulogne puis du 6ème Corps en 1805.

Le 10 août 1806, Napoléon écrit depuis Saint-Cloud, au Général Dejean, Ministre directeur de l'Administration de la Guerre : "Monsieur Dejean, il paraît que l'habillement du 21e régiment d'infanterie légère est en mauvais état. Il faudrait tâcher cependant de mettre ce régiment dans le cas de faire campagne" (Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12690).

Le 23 août 1806, depuis Rambouillet, Napoléon écrit au Général Dejean, Ministre directeur de l'Administration de la Guerre : "Monsieur Dejean, répondez au roi de Hollande que je n'approuve point que 159 hommes du 21e d'infanterie légère entrent dans sa Garde, que 300 hommes sont suffisants; que, s'il prend ainsi les sous-officiers et les grenadiers de chaque corps, c'est le moyen de rendre nuls 9,000 hommes; que d'ailleurs, s'il traite sa Garde comme les miennes, c'est une très grande folie, que c'est dépenser de l'argent sans raison; qu'il lui faut une Garde peu nombreuse et quelques hommes à cheval; qu'en ayant une Garde de 6,000 hommes et leur donnant une paye si considérable, j'ai eu pour but de récompenser l'armée; que le roi de Hollande ne peut avoir ce but, puisqu'il prend des troupes françaises et les premiers venus; que, si ce n'était cette considération de récompenser l'armée, je n'aurais pas eu plus de 400 hommes de Garde, ou du moins j'aurais eu des régiments un peu plus soignés que les autres, mais qui n'auraient pas été payés davantage" (Correspondance de Napoléon, t.13, lettres 10690 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12780).

En septembre 1806, la Prusse entre en Saxe et oblige le pays à rallier sa cause : la guerre vient de recommencer. Le 21e Léger se retrouve dans le 5e Corps, division Gazan, avec ses deux premiers bataillons et un détachement du 3ème bataillon. Le maréchal Lannes arrive le 5 octobre se mettre à la tête du 5e Corps.  Son chef d'Etat-major est le futur maréchal Victor.

Les colonnes françaises marchent au devant des Prussiens et Saxons. Le 10 octobre, le 5e Corps les affronte victorieusement à Saalfeld. La division Gazan n'a pas donné.

Le 5e Corps remonte au Nord et va former l'aile gauche de l'armée qui se regroupe de Gera à Iena. Le 14 octobre, le 5e Corps commence par supporter seul l'assaut des Prussiens de Hohenlohe, en attendant l'arrivée du Corps de Ney. La victoire finale est acquise, aux prix de pertes pour le 21e Léger.

Après la bataille et celle d'Auerstedt, livrée le même jour par Davout, la Prusse a son armée en miettes et les Saxons se soumettent à Napoléon. Les débris de l'armée prussienne sont poursuivis, l'épée dans les reins, mais le roi de Prusse ne veut pas capituler, attendant l'aide des Russes.

Les places fortes tombent les unes après les autres. Le 5e Corps reste cantonné à Stettin après sa capitulation, le 30 octobre, pour souffler un peu. Les Français sont entrés dans Berlin le 26.

Les Russes s'approchent de Varsovie et l'Empereur a résolu d'aller au-devant d'eux en se portant sur la basse Vistule où les Prussiens ont encore quelques détachements, notamment à Thorn. Tout le pays, jusqu'à la Vistule, a été traversé au commencement de novembre par Davout, Augereau et Lannes, sous le commandement en chef de Murat.

Le 25 Novembre, Napoléon quitte Berlin, pour se mettre à la tête de ses troupes. Murat est entré dans Varsovie, dans l'enthousiasme des Polonais.

Napoléon entre dans la capitale polonaise le 19 décembre 1806 et deux jours plus tard, la  Grande Armée continue sa marche vers l'Est, entamant une manœuvre de contournement du flanc droit des alliés russo-prussiens.

Le 23 décembre, les Français franchissent l'Ukra (Wkra), disputée par les Russes, tandis que Bessières repoussait un corps prussiens à Biezun et Davout passait le Bug à Czarnowo. Puis l'avancée continue avec des Russes de plus en plus opiniâtres dans la défense.

Le 25, des relicats de l'armée prusienne sont encore battus à Soldau, et des forces russes à Lopaczin.

Le 26 décembre, le 5e Corps de Lannes arrivait à Pultusk dont il devait s'emparer et de ses ponts. Le but de Napoléon étant d'y bloquer la retraite des Russes sur la Narew, rabattus par ses autres corps d'armée. Mais, mal informé de leurs positions, il ne se doutait pas que la majorité de l'armée russe s'y trouvait déjà et que Lannes, dont les soldats pataugeaient dans la boue jusqu'aux genoux, allait devoir combattre à un contre deux.

Lannes entame son offensive sur le flanc gauche de l'ennemi. Après plusieurs heures de combat, les positions n'avaient guère bougé entre Russes et Français. Le général Daultrane, 3e division du 3e Corps (voir historique 12e de Ligne), envoyé en reconnaissance par Davout, entendant le canon, avait heureusement rejoint pour renforcer le camp français, en pleine tempête de neige. Les Russes doivent reculer dans un premier temps, puis contre-attaquent furieusement, arrêtés par le 85e de Ligne formé en carré.

Les deux camps se replient alors sur leurs positions  initiales. Apprenant que les Français étaient à Golymin, le général russe Bennigsen décide de retraiter sur Ostrolenka dans la nuit. Lannes entrait dans Pulstuck le lendemain ; ses hommes, ayant passé la nuit debouts dans la boue et fouettés par la neige et la grêle, y trouvant un peu de réconfort.

Ce combat sanglant, préfigurant Eylau, n'avait eu aucun résultat stratégique pour les deux camps. Le 21e Léger y déplorait la perte du capitaine Sambon et les blessures des capitaines : Marcellot, Marion et Schmitz.

Napoléon au cours de ses manœuvres entre la Vistule et la Narew a cependant réussi à repousser les Russes vers l'intérieur de la Pologne, tandis que  le roi de Prusse est réfugié à Koenigsberg. Les troupes étant épuisées, on prend des quartier d'Hiver sur la Vistule, et l'Empereur commence à organiser la Pologne.

Les Russes de Bennigsen ne laissent pas le temps de souffler. Le généralissime a résolu de tourner l'Armée française par sa gauche, de débloquer Danzig et d'obliger les Français à se replier derrière l'Oder. Il menace notre droite et arrive à Heilsberg sur l'Alle. Le 21 janvier, il se heurte aux troupes du maréchal Ney, et le 25 à celles de Bernadotte à Mohrüngen (voir historique 9ème Léger). Ney se met alors en retraite en direction de Gilgenbourg et Bernadotte pour couvrir Thorn. Ney  et Bernadotte doivent attirer les Russes en se repliant. Le 30 Janvier, Napoléon a quitté secrètement Varsovie.

Bennigsen a éventé le piège et se replie à son tour en menant des actions de retardement à Bergfried (3 février), tandis que Ney affrontait le corps prussien de Lestocq à Liebstadt le 5. Les Russes finissent par affronter l'Empereur lui même à la sanglante bataille d'Eylau les 7 et 8 février.

Notre 21e Léger et le 5e Corps ne participent pas à la bataille. Tandis qu'arrivait en Pologne, venant de Moldavie, un corps russe de 25.000 hommes aux ordres du général Essen. Celui-ci reçut l'ordre de se porter sur Ostrolenka , sur la Narew. Position que défend le 5ème Corps, placé provisoirement sous l'autorité de Savary.

Le 16 février, des combats acharnés ont lieu pour le contrôle de la ville. Les Russes finissent par être repoussés après de lourdes pertes, dont le général Souvarov, fils du célèbre maréchal. Le 21e Léger déplore aussi de nombreuses victimes, dont son colonel Duhamel, mortellement blessé, ainsi que les capitaines Bodard, Biancony et Bailly.

L'armée française prend enfin ses quartier pour se retaper. Le 5e Corps rentre sur Varsovie.

Emplacement des troupes de l'Empire français à l'époque du 1er avril 1807
Infanterie légère
Numéros des Régiments, et noms des Colonels
Majors, Chefs de Bataillon et Quartiers-maîtres
Numéro des Bataillons
Emplacement, et conscription de l'an 1807
Division Militaire
21e Duhamel

Dumareix
Brondel
Leblanc
Boissard
Bernardini

Major
1er
2e
3e
Quartier-maître




A Wesel
Conscrits de la Haute-Loire et du Finistère


2e Division, 5e Corps
2e Division, 5e Corps
25e

 

INSTRUCTIONS DE NAPOLEON POUR LE 5EME CORPS
(Correspondance de Napoléon)

"Finkenstein, 17 mai 1807
Le 5e corps a trois buts à remplir : 1° couvrir Varsovie; 2° former la droite de l'armée; 3° se trouver dans une position offensive qui donne de l'inquiétude à l'ennemi sur sa gauche et l'empêche de se dégarnir. Quelle est la position qu'il doit occuper pour remplir ces trois buts ?
L'ennemi peut se porter sur Varsovie le long du Bug, ou bien le long de la Narew. La réunion de ces deux rivières, Sierock, serait donc le meilleur point pour camper le 5e corps d'armée, s'il n'avait pour but que de couvrir Varsovie. C'est dans cette intention qu'on a ordonné une place forte et des magasins dans la position de Sierock. Après le point de Sierock, la position la plus avantageuse pour couvrir Varsovie serait de se tenir à cheval sur la Narew, entre Rozan et Pultusk, à l'extrémité du coude que fait la Narew, près Ostrykol, parce que, de cette position à Branszcryk, sur le Bug, il n'y a que quatre lieues, et qu'il serait impossible à l'ennemi de déboucher, ni le long du Bug, ni le long de la Narew, sans avoir attaqué ce camp.
Après cette position, celle de Pultusk serait la plus convenable pour remplir le but de couvrir Varsovie, mais elle ne serait que la troisième parce que de Pultusk à Wyskow il y a presque autant que de Wyskov à Sierock; ensuite, que l'ennemi qui attaque Sierock a le temps de rétrograder avant qu'on soit sur ses derrières.
La position d'Ostrolenka n'est que la quatrième; elle est moins bonne que les autres, parce qu'il y a d'Ostrolenka à Brock dix lieues, autant que de Brock à Sierock.
Ainsi donc, si le 5e corps n'avait qu'un but, celui de couvrir Varsovie, le lieu où il faudrait camper ses principales forces serait à Sierock, ensuite à Ostrykol, puis à Pultusk, enfin à Ostrolenka, qui sans comparaison, est le plus mauvais des quatre points, car de Pultusk à Sierock il n'y a que peu d'heures de marche; si on prend le parti de renforcer le poste de Sierock, il n'y a qu'une bonne journée de marche, et d'Ostrolenka à Sierock il en faut nécessairement deux.
Mais couvrir Varsovie n'est pas le seul but du 5e corps : il doit appuyer la droite de la Grande Armée; il doit être à même de soutenir le corps qui est à Willenberg; et dès lors, pour conserver la ligne de l'Omulew et remplir ce but, le meilleur point est Ostrolenka.
On pense donc que, pour remplir le second but qu'on se propose le 5e corps devrait être partagé de la manière suivante : la division Gazan campée à Willenberg, ayant un poste de quatre compagnies de voltigeurs et de 200 chevaux à Zawady; la division Suchet campée sur la rive droite de la Narew, vis-à-vis Ostrolenka, occupant Ostrolenka par des grand'gardes placées dans deux bonnes redoutes établies sur les deux mamelons d'Ostrolenka et couvrant la gauche par des abatis qui la lient à l'Oulew, ayant une grand'garde de 100 chevaux et 2 ou 300 hommes d'infanterie à Lelisa et une autre grand'garde à Ksienzylas sur la petite rivière de Rosoga, grand'garde qui doit coucher toutes les nuits dans des positions différentes pour n'être point surprise à la pointe du jour, et qui peut être aisément secourue par le camp.
On peut attacher à la division Suchet un bataillon d'infanterie légère bavaroise, pour lui faire occuper les points les plus importants depuis Zawady jusqu'à Bialobrzeg.
Dans cette position, les cinq régiments du général Suchet sont toujours campés et sous les armes; ils ne craignent point la petite guerre, parce que leurs communications sont derrière l'Omulew, que le poste de Lelisa les protégé suffisamment, que ce poste situé à deux lieues est inforçable et peut, selon les événements, être secouru.
La division bavaroise doit avoir une brigade campée à Ostrykol, où il faut établir un pont, du canon et une redoute servant de tête de pont. Ce point est, comme nous l'avons dit plus haut, le plus important de tous, et cette position a encore cet avantage qu'elle protégé la navigation de la Narew dans le point où elle forme le plus grand coude. Trois bataillons doivent être placés à Krasnosiele, tant pour couvrir Przasnysz que pour défendre l'Orzyca contre les partis de Cosaques qui auraient passé entre Zawady et la Narew.
Ainsi, la division bavaroise, composée de 15 bataillons, aurait 7 bataillons à Ostrykol, 3 à Krasnosiele, 2 à Pultusk et 2 à Sierock comme garnison, 1 bataillon d'infanterie légère détaché à Ostrolenka.
La garnison de Sierock, renforcée de Polonais, enverrait en avant de Sierock, sur la route de Wyskow, et même jusqu'à Wyskow, 2 ou 300 chevaux polonais et quelques centaines d'hommes d'infanterie pour observer le Bug; bien entendu que ce poste avancé se placerait de manière à ne pas se laisser surprendre et à se replier devant des forces supérieures.
Si l'ennemi se présente en force sur la rive gauche de la Narew devant Ostrolenka, pendant que le général français fait venir les diverses brigades bavaroises, il peut refuser le combat en se tenant sur la rive droite de la Narew.
Si l'ennemi attaque par la rive droite de la Narew, il attaque donc un camp qui peut s'être couvert de quelques redoutes, appuyé de deux rivières, dans une bonne position, qui, à chaque instant, reçoit les troupes bavaroises et même celles de Willenberg qui viennent le rejoindre, ayant dans l'Omulew un petit ruisseau bon pour appuyer  une retraite; il se trouve donc avoir tous les avantages.
Si l'ennemi attaque Willenberg , le général français peut, dans une grande marche, y envoyer du secours.
Si l'ennemi se porte sur Varsovie , le général français peut se porter sur Brok, en débouchant par le pont d'Ostrolenka, et tomber sur les flancs et les derrières de l'ennemi.
Une fois le camp d'Ostrolenka établi, que fera l'ennemi ? Se divisera-t-il en deux corps , l'un à Zambrow , l'autre à Nowogrod ? ou formera-t-il un seul camp dans une position opposée ?
En occupant la position d'Ostrolenka, l'art consiste à ne point s'éparpiller, à ne faire aucun établissement dans la ville, à n'y avoir que des avant-postes, à ne placer aucun poste fixe de cavalerie au delà des deux redoutes, afin d'éviter une guerre de Cosaques , qui nous est désavantageuse.
Quel intérêt , en effet, quand les troupes sont ainsi réunies, à savoir ce que fait la cavalerie ennemie ! Alors on s'éclaire par de bonnes reconnaissances faites le matin par des détachements d'infanterie et même du canon.
Si on demande pourquoi il faut occuper la ville d'Ostrolenka, la réponse sera simple : c'est d'abord pour que l'ennemi ne l'occupe pas, ensuite pour occuper les deux rives de la Narew, sans la navigation de laquelle il est impossible de vivre; enfin, c'est menacer l'ennemi que d'occuper les deux rives: mais il ne faut pas pour cela s'étabIir à plusieurs lieues des deux rives; il suffit que l'ennemi ne puisse s'y établir. Il peut avoir chaque matin 5 à 6,000 hommes d'infanterie et de cavalerie qui peuvent lui tomber dessus.  
Il faut faire faire une reconnaissance de la position que doivent occuper les Bavarois à Ostrykol. On peut les placer à Rozan en attendant que cette position soit bien reconnue.
Une fois ainsi placé, on pourra attaquer l'ennemi à Nowogrod , par la rive gauche et la rive droite. L'ennemi alors ne peut plus faire aucun mouvement. Ou il est obligé d'évacuer Nowogrod et de s'établir plus loin, ou il sera facile d'attaquer avec avantage la division qui sera là et de lui enlever ses postes.
Mais si Ostrolenka qui, sous le point de vue de couvrir Varsovie, est le moins important des quatre points indiqués, doit être occupé parce qu'il est le plus avantageux pour appuyer la droite de la Grande Armée , deuxième but que doit avoir le 5e corps , il n'y a pas de doute qu'Ostrolenka est la position la plus importante pour remplir le troisième but, c'est-à-dire pour placer le 5e corps dans une position offensive qui menace la gauche de l'ennemi et l'empêche de se dégarnir. Ainsi Ostrolenka doit être occupé, le camp, fortifié par des redoutes et des abatis; deux fortes redoutes doivent être construites sur les deux mamelons d'Ostrolenka, et une bonne redoute, au camp bavarois d'Ostrykol
".

Après que les principales places fortes au mains des Prussiens aient capitulé, restait l'armée russe. En novembre 1806,  Napoléon avait recréé un nouveau Corps ou division de grenadiers et voltigeurs réunis, placés sous le commandement du général Oudinot,  prélevant ces compagnies d'Elite dans les 3ème ou 4ème bataillons. Et le 21e Léger avait envoyé ses hommes au 7ème bataillon de ce nouveau corps avec ceux des 17e Léger et 34e de Ligne.

En janvier 1807, la division Oudinot était affectée au 8e Corps du maréchal Mortier, et participait au siège de Dantzig. Puis en mai, elle était affectée au Corps d'Armée de Réserve mis sous le commandement de Lannes. C'est avec cette division que les hommes du 21e Léger vont participer à la bataille de Friedland, le 14 juin. Le sous-lieutenant Fabre y sera blessé.

La campagne va se terminer sur les bords du Niémen le 25 juin par l'entrevue de Tilsitt. La Prusse est démembrée et sont créés un royaume de Westphalie et un duché de Varsovie. Les forces françaises peuvent souffler. Le reste du régiment  au 5e Corps, qui était passé sous l'autorité de Masséna, n'avait pas été très actif sur la fin de la campagne. Un nouveau colonel avait pris la tête du régiment en avril 1807 : Henri Jacques Martin Lagarde.

 

V / LA CAMPAGNE D'ESPAGNE DU 21E LEGER, 1808-1809

Carabinier 21e Léger, 1809-1811 Fort El Guil
Fig. 6 Carabinier du 21e Léger en Espagne entre 1809 et 1811; dessin de Fort d'après le manuscrit  El Guil

En Espagne, dès la fin 1807, sous prétexte de la campagne au Portugal, les troupes françaises, organisées en divers Corps d'Observation, avaient largement pénétré chez leur allié et s'étaient emparées des points stratégiques, tandis que la monarchie espagnole se déchirait dans des querelles familiales. Le peuple espagnol et l'armée subissaient cela en rongeant leur frein.

Le 20 février 1808, Murat prend la tête de toutes les forces françaises en Espagne et s'avance sur Madrid qu'il atteint le 23 mars. Le 21e Léger a envoyé des compagnies pour constituer le 2e Corps d'Observation de la Gironde, aux ordres du général Dupont. Dupont était parti le 7 avril de la capitale espagnole pour l'Andalousie. Il laissait deux de ses divisions en arrière. On connait le sort qui l'attendait à Bailen.

LES REGIMENTS PROVISOIRES LEGERS A BAILEN EN JUILLET 1808

Des régiments provisoires pour les Corps d'Observation qui pénètrent en Espagne à la fin 1807 et début 1808 ont été créés, associant des petits bataillons de 4 compagnies pris dans les Dépôts. Parmi ces régiments : le 7e régiment provisoire léger (Major Deslon) qui compte des détachements des  6e, 9e, 24e et 28e Léger, et le 8e régiment provisoire Léger (Major de Peschery) associant des détachements des 21e, 25e, 26e et 27e Léger. Ces bataillons, qui font partie du 2e Corps d'Observation de la Gironde du général Dupont, vont capituler à Bailen, le 23 juillet 1808.

Napoléon, croyant le pays mur pour un changement dynastique, force les souverains espagnols à l'abdication à Bayonne, et décide de mettre son frère Joseph sur le trône, le 10 Mai 1808. Dès que cela est connu, des révoltes éclatent simultanément sur tout le territoire (en préambule, il y eut les fameux 2 et 3 Mai à Madrid, liés à l'exfiltration d'une partie de la famille royale) et l'armée espagnole prend les armes contre les occupants français.

Pendant ce temps, le gros du régiment est resté en Allemagne avec le 5e Corps, toujours sous l'autorité théorique de Masséna.  

POSITIONS ET ENCADREMENT DU REGIMENT EN AVRIL 1808
SHDT : us1808 C2 644
Chef de corps : MARTIN-LAGARDE colonel - infanterie
Garnison - dépôt à : Wesel - 25e division militaire
Conscrits des départements des Apennins - des Forêts de 1809
Observations : mai 1808 effectif des 2 bataillons sous les armes 62 officiers, 1858 hommes - hopitaux 99 hommes - prisonniers de guerre 2 hommes
DUMAREIX major - infanterie
BERNARDINI quartier maître trésorier
1e bataillon commandant : chef de bataillon Boissard à Briey - 5e corps - Masséna - 2e division - Gazan - 1ère brigade - Guérin
2e bataillon commandant : chef de bataillon Brondel à Briey - Grande armée - 5e corps - Masséna - 2e division - Gazan - 1ère brigade - Guérin
3e bataillon commandant : chef de bataillon Leblanc à Wesel.

Un 4ème bataillon de guerre est formé.

En octobre 1808, le 5e Corps de la Grande Armée, et les trois premiers bataillons du 21e Léger, passés sous le commandement du maréchal Mortier, partaient pour l'Espagne, devenant  ainsi 5e Corps de l'Armée d'Espagne (le corps de Gouvion St Cyr perdant alors son numéro 5 pour devenir 7e de  l'Armée d'Espagne). Les hommes de Mortier n'arrivent en Espagne qu'en décembre.

Siège de Saragosse
Défense de Saragosse, décembre 1808-février 1809

Le 5ème Corps est engagé avec le 3ème, pour le second siège de Saragosse, sur l'Ebre, qui a déjà réussi à repousser les Français du général Verdier, en juin 1808. Cette fois ci, les forces assiégeantes sont plus considérables, placées sous l'autorité du maréchal Moncey à partir du 20 décembre. Les second et 3e bataillons du 21e Léger font partie de la division Gazan, brigade Guerin avec le 100e de Ligne. Le 1er bataillon est resté en arrière.

Officier Carabiniers 21e Léger, 1811-1812 El Guil
Fig. 7 Officier de Carabiniers (?) du 21e Léger en Espagne entre 1811 et 1812; d'après le manuscrit  El Guil

La division Gazan est chargée de contrôler les faubourgs de la ville de la rive gauche du fleuve Ebre. La population et la garnison ont juré de se défendre jusqu'à la mort. Et c'est ce qu'ils vont faire. Malgré les bombardements continuels, il va falloir s'emparer de chaque maison, de chaque point fortifié en les minant et en y montant à l'assaut. Les pertes seront lourdes dans les deux camps.

Moncey cède la place à Junot puis au maréchal Lannes (le 22 janvier 1809) pour commander le siège. Rognée par les assauts successifs, la ville, a bout de ressources, capitule le 21 février 1809, et les troupes françaises entrent dans des ruines. Le 21e Léger doit déplorer la perte des chefs de bataillons Boissard et Talotte, et des capitaines Balland, Blanc, Charenat et Despinet.

Après la prise de la ville, le 5e Corps stationne en Aragon. Il est dirigé ensuite sur Burgos puis Valladolid où il arrive début mai. Pendant ce temps, Soult s'est enfoncé au Portugal mais doit se replier devant les forces de Wellington en mai. Tandis que des forces espagnoles sont battues dans tous les coins du pays, Wellington sort du Portugal le 27 juin, remonte la vallée du Tage, et fait sa jonction avec les forces espagnoles des généraux Gregorio, puis La Cuesta le 20 Juillet.

Le 1er Juillet, Soult reçoit la nouvelle que, par ordre de l'Empereur, il commande désormais en chef son 2e corps, le 6ème de Ney, alors à Astorga, et celui  de Mortier (le 5e) alors à Valladolid, pour se porter sur le flanc de l'offensive de Wellington. Au début Juillet, le 5ème Corps reçoit l'ordre de se rapprocher de Madrid.

POSITIONS ET ENCADREMENT DU REGIMENT EN JUILLET 1809 - côte SHDT : us180914 C8436060
Chef de corps : MARTIN-LAGARDE colonel - infanterie
garnison - dépôt à : Wesel - 25e division militaire
Conscrits des départements de l'Yonne - de la Côte d'Or de 1810
1er bataillon commandant : chef de bataillon Brondel - armée d'Espagne - 5e corps - 2e division - 1ère brigade
2e bataillon commandant : chef de bataillon Stefany - armée d'Espagne - 5e corps - 2e division - 1ère brigade
3e bataillon commandant : chef de bataillon Bigot - armée d'Espagne - 5e corps - 2e division - 1ère brigade
4e bataillon commandant : chef de bataillon Cabaret - armée d'Allemagne
5e bataillon : 3 Compagnies à la 12e demi-brigade provisoire de réserve à Neufbrisach - 1 Compagnie et dépôt à Wesel

Le 18 Juillet 1809, le corps de Soult se porte sur Salamanque, mais il ne sera rejoint par les 6e et 5e corps que les 22 et 31 Juillet. Le corps de Victor s'est replié devant Wellington en arrière de Talavera, et a été rejoint par le général Sébastiani; quant à Joseph, sans attendre l'arrivée de Soult, il a décidé d'affronter les anglo-hispano-portugais. La bataille de Talavera aura lieu les 27 et 28 Juillet 1809. Bataille indécise et sanglante (7000  hommes blessés ou morts pour les forces de Joseph, 5000 pour les Anglais, 1000 pour les Espagnol), où les Français devront quitter le champ de bataille pour éviter d'être coupés de Madrid. Wellington est donc techniquement vainqueur mais, apprenant la marche de Soult sur son flanc, il décide de se replier sur le Portugal.

Mortier est à l'avant-garde de Soult, parti le 27 de Salamanque, et suivi par le 2e Corps. Il talonne l'arrière garde alliée, formée d'Espagnols du général La Cuesta, au pont de l'Arzobispo sur le Tage, le 6 Août, tandis que les forces de Victor réoccupaient Talavera. Le corps de Mortier les remplace bientôt.

Très mécontent du résultat d'une bataille coûteuse en effectifs qui aurait pu être décisive, si les forces de Joseph avaient attendu celles de Soult, Napoléon décide de nommer Soult Major Général de toutes ses armées en Espagne.

Après la bataille d'Ocana, le 19 Novembre 1809, qui élimine une armée espagnole venue d'Andalousie, le Roi Joseph décide de s'emparer de cette riche province. Soult, avec les 3 corps d'armée de Victor, Sebastiani et Mortier, est chargé de la besogne ...

 

VI / LA CAMPAGNE DE 1809 DU 4EME BATAILLON DU  21E LEGER EN AUTRICHE

Bataille d'Ebersberg
Bataille d'Ebersberg, 3 mai 1809

Le 4e bataillon, aux ordres du chef de bataillon Cabaret était resté en Allemagne. Fin 1808, Napoléon ayant beaucoup de forces envoyées en Espagne, réactive un corps d'armée formé de détachements «d'élite» de plusieurs régiments, réunis en demi-brigades, pour le général Oudinot.

En février 1809, 2 compagnies de fusiliers  du 4e bataillon se mettent en route de Wesel au sein du 5e bataillon de marche  pour rejoindre Strasbourg le 18 mars. Puis gagnent Augsbourg retrouver les carabiniers et voltigeurs du bataillon et entrer dans la nouvelle 2e demi-brigade légère, brigade Coehorn, division Claparede, avec des détachements du 28e Léger et du 17e Léger.

La 1ère division du Corps d'Oudinot est placée sous le commandement du maréchal Lannes et de son 2e Corps d'Armée, et la brigade Coehorn est attachée au  Corps de Masséna. On la retrouve à Landshut le 21 avril.

La brigade Coehorn se couvre de gloire, le 3 mai, sur le pont d'Ebersberg. Le chef de bataillon Cabaret y est tué.

Au moment de la bataille d'Essling (20-22 Mai 1809), les soldats d'Oudinot défendent avec acharnement le village du même nom. Lannes, mortellement blessé, est alors remplacé directement par Oudinot. Le Corps d'Oudinot passe alors sous le commandement du général Tharreau. Tandis que la division Claparede passe sous le général Frere.

Les Français repassent le Danube et se fortifient dans l'ile Lobau.

Au sein du 2ème Corps, désormais sous leur ancien chef, la division Frere  participe à la bataille de Wagram. Le général y est blessé. Le 21e n'y a que peu de pertes en officiers.

En juillet, la division Oudinot est réduite à 10 demi-brigades. La 2ème demi-brigade d'infanterie légère, aux ordres du colonel Morand, compte toujours à la brigade Coenhorn, 2ème division Dupas.

Petit à petit, les 4ème bataillons vont rejoindre le gros de leur unité.

 

VII / 1810-1811  LA CAMPAGNE D'ANDALOUSIE DU 21E LEGER

- 1810

Les opérations militaires tournent donc au début de l'année autour d'une expédition en Andalousie, exécutée par les 4e, 5e et 1er Corps, regroupés en Armée du Midi sous les ordres de Soult, accompagné du roi Joseph.

Vers le 15 Janvier, l'Armée est devant la Sierra Morena dont les Espagnols disputent les passages.

Le 20 Janvier, au centre du dispositif français, le 5ème Corps de Mortier, et en premier la division Gazan (21e Léger), franchit la montagne et disperse à Despêna Ferros les forces espagnoles qui voulaient s'y opposer. Les 3 corps français débouchent sur le Guadalquivir, s'emparent des ponts sur le fleuve et Mortier entre dans Cordoue le 21. Le Roi Joseph pavoise ... Victor s'empare de Séville  qui se rend le 31 janvier.

Pendant ce temps le gouvernement provisoire de l'Espagne, la Junte Insurrectionnelle, se réfugie à Cadix, pressé par Victor qui y met le siège (voir historique 9e Léger).

Mortier laisse une brigade à Séville, puis se porte sur Badajoz. Comprenant que la place ne se rendra pas, il se replie sur Llerena où il établit son QG. Les soldes sont enfin payées depuis plus de 13 mois grâce à des levées de contributions sur le pays.

POSITIONS DU 21E LEGER EN SEPTEMBRE 1810

Colonel Martin Lagarde, Major Dode, Quartier Maitre Bernardini
1er bat chef de bataillon Stefany, 2e bat Brondel, 3e bat Bigot à la 1ère division du 5ème Corps , Armée d' Espagne
4e bat Payrard en route pour Valladolid
5e bat dépôt à Wesel

Jusqu'à la fin de l'année, le 5e Corps contrôle les accès de l'Extremadure. Des officiers sont tués dans divers petites affaires contre des guérilleros et des débris des armées espagnoles. Des renforts arrivent dans des régiments de marche. C'est ainsi que Napoléon ordonne :
"Saint-Cloud, 13 septembre 1810
Au général Clarke, duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris
Monsieur le Duc de Feltre, il sera formé une division de réserve de l'armée d'Espagne, qui sera composée de trois brigades.
La 1e brigade sera composée,
1° Du 1er régiment de marche de l'armée du Midi, lequel se formera à Limoges et sera composé de deux bataillons de marche de l'armée du Midi. Le 1er bataillon sera composé de la manière suivante : 100 hommes du 21e léger, 100 du 28e, 100 du 34e de ligne, 100 du 40e, 100 du 64e, 100 du 88e; total, 600 hommes.
Le 2e bataillon sera composé de 100 hommes du 100e de ligne, 100 du 103e, 100 du 54e, 100 du 63e, 150 du 32e, 150 du 58e; total, 700 hommes.
Ce 1er régiment sera commandé par un colonel en second, deux chefs de bataillon et les officiers nécessaires.
Les officiers destinés à rejoindre l'armée du Midi auront emploi dans ces régiments. Vous me proposerez d'y envoyer douze jeunes gens de l'école militaire de Saint-Cyr, qui rejoindront à Limoges et auront des brevets de sous-lieutenants pour les douze régiments dont les détachements forment ce régiment de marche. Les détachements faisant partie de ce régiment, qui se forment à Orléans, recevront l'ordre de continuer leur route sur Limoges
".

- 1811

Au début 1811, Soult doit soulager les troupes de Masséna au Portugal en s'emparant de Badajoz. Il accompagne le 5e Corps de Mortier, renforcé de quelques éléments du 4ème. Mortier se met en marche le 3 janvier de Llerena. Les forces espagnoles de Ballesteros et Mendizabal sont repoussées. Le 6, les Français occupent Merida et s'emparent du pont sur la Guadiana. Le train de siège ne suit pas, englué par des pluies torrentielles.

Tandis que la division Gazan poursuit les forces de Ballesteros, la place d'Olivenza est capturée par la division Girard, après un court siège, le 22 janvier.

Le 27, le siège de Badajoz commence. La division Gazan, après avoir battu les forces de Ballesteros à Villanueva de Castillejos le 21, rallie le 5e Corps.

Une colonne de secours espagnole réussit à rejoindre la place et lance une offensive générale qui est repoussée le 7 février. Le capitaine Pertuisot, du 21e Léger, a été blessé trois jours avant.

Le 11 février, les Français s'emparent du fort de Pardaleras (compagnies d'élite du 21e Léger et du 100e de Ligne). Le 19, à la Gebora, la colonne  de secours espagnole de Mendizabal est écrasée. La garnison espagnole est de nouveau isolée.

Les batteries française se déchainent contre la place. Une nouvelle sortie est repoussée.

Entre le 7 et le 9 mars , une brèche est praticable dans les murailles. Le 11 mars la place capitule.

Tandis que les trois premiers bataillons du régiment étaient avec Mortier au 5e Corps, le 4e bataillon, après la campagne d'Autriche de 1809, était entré en Espagne en 1810. Réuni à un bataillon du 28e Léger et du 54e de Ligne, au sein d'une 2ème Demi brigade légère, il fait partie de la 1ère division Claparede, du 9e Corps de Drouet d'Erlon qui a rejoint Masséna au Portugal fin décembre.

Se heurtant aux lignes de Torres Vedras devant Lisbonne, Masséna a fini par se replier du Portugal avec des troupes en très mauvais état. Seule la forteresse d'Almeida reste aux mains des Français au Portugal. Il reçoit l'ordre de l'Empereur de repartir en avant pour dégager la forteresse. Il se met en route le 2 mai. Wellington avait décidé de l'attendre à Fuentes de Onoro pour l'en empêcher. La bataille va y être acharnée entre le 3 et le 5 mai, et la victoire est indécise pour un camp mais la garnison d'Almeida a pu s'échapper. Le 4ème bataillon du 21e Léger y voit le capitaine Brisson et les lieutenants  Keiner et Rousel blessés.

Les Anglais se mettent alors à assiéger, une nouvelle fois, Badajoz défendue par l'héroïque Philippon. Soult part au secours de la garnison, quittant Séville dans la nuit du 9 mai. Il emmène le 5e Corps commandé provisoirement par le général Girard. Le général Beresford l'attend derrière l'Albuera, sur un plateau avec le village du même nom. Il dispose des forces coalisées d'Anglais, Portugais et Espagnols.

Soult décide de l'attaquer avant l'arrivée d'autres renforts espagnols le 16 mai. Le 5e Corps va combattre l'aile droite ennemie, tenue par les Anglais, tandis que le 16e Léger, au centre, va s'emparer du village. Le 5e Corps aborde les premières lignes ennemies qui se replient sur leur seconde ligne et accueillent les Français par un feu d'enfer puis contre-attaquent. Le 5e Corps doit reculer, après des pertes importantes. Il serait en plus mauvaise posture si l'artillerie du général Ruty n' avait pas réussi à casser la contre-offensive ennemie.

Le centre français isolé reçoit aussi l'ordre de se replier. Le lendemain, les deux armées se font face sans combattre.

Le 21e Léger a eu de nombreuses pertes. Sont tués : le chef de bataillon Bigot, les lieutenants Bertrand, Chambeau et Lagorse. Sont blessés les capitaines Bavez, Pertuisot, Clamont, Maréchal et Stephanopoli.

Dans la nuit du 17 au 18, devant l'étendue des pertes (6500 pour les Français et 10.000 pour les Alliés), Soult préfère se retirer pendant la nuit du 17.

Dans la nuit du 17 au 18, devant l' étendue des pertes à Albuera  ( 6500 pour les Français et 10.000 pour les Alliés) Soult préfère se retirer. Il se positionne en observation à Llerena en Extremadure, livrant de petits combats contre Espagnols et Anglais qui viennent au contact. Les vivres manquent et les hommes fourragent le blé sur pied pour se nourrir.

Pendant ce temps, Beresford, rejoint par Wellington, a repris le siège de Badajoz où 2000 Français, issus du 5e Corps, résistent à toute une armée. Parmi ces hommes tenaces, avec le général Philippon, quelques soldats du 21e Léger, dont l'héroïque capitaine Joudiou qui repousse deux assauts sur le fort de San Christoval avec ses hommes, armés chacun de quatre fusils et de bombes à main pour augmenter leur puissance de feu.

Le 9e Corps de Drouet d'Erlon rejoint les forces de Soult et se fond dans l'Armée d'Andalousie. Le 21e Léger réunit alors ses différents bataillons dispersés. Le 12 juin, Soult fait mouvement pour faire sa jonction avec l'Armée du Portugal, désormais sous Marmont qui a remplacé Masséna.

Devant ces renforts, les Anglais lèvent le siège de Badajoz et se replient sur le Portugal. La garnison victorieuse reçoit ses libérateurs avec joie, le 19 juin.

Soult doit retourner en Andalousie, où les affaires militaires se compliquent durant son absence. Le 5e Corps reste en Extremadure surveiller la région.

 

VIII / LE REPLI D'ESPAGNE, 1812-1813

- 1812

Sapeur 21e Léger, 1811-1812 Fort El Guil
Fig. 8 Sapeur du 21e Léger en Espagne vers 1811-1812; dessin de Fort d'après le manuscrit  El Guil

Wellington ne peut que constater l'affaiblissement des Français, par la désertion, les maladies, les retenues abusives de bataillons de marche par les autorités locales, et surtout les ponctions pour le front Est Europe. Ciudad Rodrigo est reprise par les Britanniques, le 19 janvier.

Dès le mois de mars, le siège est mis pour la 3ème fois devant Badajoz, où Philippon essaie de rééditer ses deux exploits précédents.

Les cadres des 3e et 4e bataillon du 21e Léger sont rappelés en France pour recevoir des conscrits. Le commandement général de toutes les forces françaises a été, hélas, confié au Roi Joseph en Mars.

Pendant ce temps, les Anglais lancent des opérations au Nord de l'Espagne avec les Espagnols, soutenus par des raids de la Navy qui paralysent l'Armée de Caffarelli. Et au Sud, sur le Tage, le 18 mai, à Almaraz (destruction du pont) pour couper la jonction entre les Armées du Portugal et celle du Midi.

Le 28 juin, Wellington marche sur Salamanque, tandis que des forces coalisées, sous les ordres du général Hill, se portent sur Llerena.

Pendant ce temps, que se passait-il en Andalousie ? Soult n'était pas sans savoir ce qui se passait plus au Nord mais il était «fixé» par le siège de Cadix, par les opérations des forces espagnoles de Ballesteros, et celles près de Valence, où les Anglo siciliens menaçaient de débarquer. Il demandait son remplacement devant les inepties militaires du roi d'Espagne.

Le 6 juillet, Badajoz se rend et Wellington, le 22 juillet, bat l'Armée du Portugal aux Arapiles. Joseph fuit sur Valence.

Le 29 juillet, Joseph donne l'ordre à Soult d'évacuer l'Andalousie avec son armée du Midi, pour regrouper les forces françaises. Wellington entre à Madrid le 12 Août.

Le repli  de l'Armée du Midi débute à la fin Août et le 2 Octobre, l'Armée du Midi fait sa jonction avec l'Armée du Centre à Yecla. Souham a laissé la citadelle de Burgos sous l'autorité du général Dubreton et s'est retiré. Les Anglais débutent le siège le 16 Septembre.

Au 3 Octobre, un conseil de guerre réunit Joseph et les maréchaux Soult, Jourdan, et Suchet. Un nouveau plan de stabilisation de la situation militaire est adopté. Les armées du Centre, du Midi et du Portugal réorganisées allaient reprendre l'offensive.

Burgos tient toujours. Drouet d'Erlon, qui a pris le commandement de l'Armée du Centre, s'empare de Cuenca le 20 Octobre. Souham repart en avant et délivre Burgos le 28 Octobre, puis entre à Valladolid. Le 2 Novembre, Joseph retrouve Madrid et entre dans sa capitale silencieuse. Les Armées françaises se réunissent à Medina del Campo, mais ne peuvent empêcher une nouvelle fois Wellington de se replier à Alba de Tormes le 15 Novembre, sans pouvoir livrer une bataille décisive.

Le 12 novembre, le capitaine Pelicot a été blessé devant le fort Caravaca de la Cruz et le sous-lieutenant Meric est tué au combat de Samunos le 17 novembre.

Wellington prend ses quartiers d'Hiver à Ciudad Rodrigo. Les Français, eux, s'installent une nouvelle fois entre le Douero et le Tage. A la fin de l'année, l'Armée du Midi devait occuper la province d'Avila.

- 1813

C'est au début Janvier 1813, que parvienent à Madrid l'annonce du désastre de la campagne de Russie et les nouvelles instructions de l'Empereur. D'abord resserrer les lignes en se repliant sur le Nord de l'Espagne. Les 4 armées aux ordres de Joseph vont adopter de nouvelles positions : en mars, on évacue la Manche, l'Armée du Centre se place autour de Ségovie, celle du Midi vers la vallée du Douro, celle du Portugal en Vieille Castille. L'Armée du Nord du général Clauzel doit garder coûte que coûte les communications avec la France.

Cette réorganisation s'accompagne encore de ponctions en cadre et en hommes expérimentés pour reconstituer la Garde et l'armée d'Allemagne. Joseph, quant à lui, évacue sa capitale et replie son gouvernement à Valladolid, laissant à Madrid une garnison avec le général Hugo. Pendant ce temps, au Portugal, Wellington, devenu généralissime de toutes les armées espagnoles et alliées, réorganise lui aussi ses troupes. C'est le 22 Mai que Wellington reprend l'offensive, réoccupe Salamanque, et continue sa progression.

Surpris par ce mouvement offensif des Anglais, les Français, se concentrent difficilement. La réunion des troupes ne peut s'effectuer en effet qu'à Vitoria, le 19 juin. La bataille s'engage le 21. Le 21e Léger n'a plus qu'un bataillon en ligne dans la 6e division d'infanterie Darricau de l'Armée du Midi, passée sous le commandement du général Gazan depuis le départ de Soult en mars, en conflit ouvert avec le roi Joseph. La bataille, mal engagée et mal conduite, finit mal.

Le bataillon du 21e Léger a de nombreuses pertes. Sont blessés le capitaine Schaal, les lieutenants : Delavilleon, Mansuy, et Perrin.

Exténué, le reste des Armées françaises repasse les Pyrénées, laissant deux fortes garnisons à Pampelune et San Sebastian. Le 12 Juillet, rappelé d'Allemagne, Soult vient reprendre le commandement en chef de toutes les forces sur la frontière. Joseph et Jourdan sont destitués.

Soult continue la réorganisation de ses forces en 10 divisions et 3 ailes. Les hommes sont assez déprimés, face désormais à des Alliés en supériorité numérique. Soult se met à fortifier la frontière, construisant tout un système de redoutes.

Des tentatives pour délivrer la garnison de Pampelune, le 27 Juillet avec le combat de Sauroren,  et du col de Maya  pris par le général Drouet échouent. Le 21e Léger, au combat du col de Maya, doit déplorer la mort des capitaines Geay, Lapose et Guinel, et les blessures du chef de bataillon Goget et des capitaines Dufaud et Godinot.

Les Français retournent sur leurs bases de départ derrière la Bidassoa. Puis Soult essaie de secourir Saint-Sebastien. La bataille de San Marcial, le 30 Août, est aussi infructueuse. Saint-Sébastien succombera le 8 Septembre. Désormais, on va se battre sur le sol français. Les hommes sont complètement démoralisés, la solde n'a plus été versée depuis des mois.

LA MOBILISATION DE L'INFANTERIE LEGERE EN JANVIER/ FEVRIER POUR LA CAMPAGNE DE 1813 EN ALLEMAGNE
(Source : correspondance de Napoléon )

Dès janvier 1813, Napoléon ordonne de réorganiser l'infanterie légère (et de Ligne) en prévision de la campagne qui ne saurait tarder sur le Front Est. Plusieurs mesures sont prises :

  1. Le rappel des cadres des 3e Bataillons des Régiments en Espagne :
de l'Armée du Midi : des 21e, 27e, 12e et 28e Légers
de l'Armée du Centre : du 2e Léger
de l'Armée d'Aragon : du 3e Léger

Suivi, pour arrivée prévue début mars, en Allemagne, des seconds Bataillons des 13e, 15e, 11e, 24e et 26e Légers

2. Formation systématique d'un 6e Bataillon pour les Régiments qui n'en auraient pas.

3. Formations de Régiments provisoires légers pour les Corps d'Observation du Rhin ou d'Italie avec des Bataillons disponibles :
2e provisoire : 3e Bataillon des 2e et 4e Légers
3e provisoire : 3e Bataillon des 3e et 8e Légers
4e provisoire : 4e Bataillon du 12e Léger, 1er du 29e Léger
5e provisoire : 7e Bataillon du 14e Léger, 4e du 18e Léger
6e provisoire : 3e Bataillon des 6e  et 25e Légers
8e provisoire : 4e Bataillon du 5e Léger, 4e Bataillon du 23e Léger
10e provisoire : 3e Bataillon du 16e Léger et 1er Bataillon du 28e Léger

4. Formation de Demi-brigades de réserve de 3 Bataillons sur les frontières de l'Empire :
1ère Demi- brigade : 6e Bataillon des 7e, 13e, 15e Légers pour Mayence
2e Demi-brigade : 6e Bataillon des 33e, 26e, 24e Légers pour Anvers
3e Demi-brigade : 4e Bataillon des 11e, 10e, 21e Légers venants d'Espagne pour Wesel
4e Demi-brigade : 4e Bataillon des 9e, 27e, 28e Légers venants d'Espagne pour Utrecht  
5e Demi-brigade : 6e Bataillon des 12e, 5e et 29e Légers pour Cherbourg
27e Demi-brigade, dont un Bataillon du 32e Léger pour Toulon
33e Demi-brigade, dont un Bataillon du 8e Léger en Italie
34e Demi-brigade : 6e Bataillon des 8e, 18e et 36e Légers en Italie

 

IX / LA CAMPAGNE DE 1813 EN ALLEMAGNE

Carabinier 21e Léger, 1809-1811 Fort El Guil
Fig. 9 Carabinier du 21e Léger en Espagne entre 1811 et 1813; dessin de D. Davin d'après le manuscrit  El Guil

Avant de partir pour la Russie, Napoléon avait laissé des troupes en garnison dans les principales places fortes d'Allemagne, ainsi qu'un corps d'armée de réserve chargé d'assurer les arrières. Il s'agissait en Juillet 1812 du XIe Corps d'armée du maréchal Augereau. Sa 30e division d'infanterie (Heudelet) comptait à la 6e demi-brigade provisoire (major Legros) les 4èmes bataillons des 16e, 21e et 28e Légers. Ce corps stationne en Allemagne durant toute la campagne de Russie et récupère les tragiques débris de la Grande Armée.

Napoléon lève de nouvelles troupes et prélève sur l'Espagne. Le 21e Léger rapatrie donc de l'Armée du Midi les cadres du 3e bataillon, après avoir versé les effectifs dans les deux premiers. Tandis que le 4e bataillon est versé dans une 3e demi-brigade de réserve à Wesel. Le dépôt du régiment s'y trouve aussi. Le second bataillon va aussi rejoindre. Les bataillons du régiment vont combattre séparément au cours de cette campagne .

En Février, les troupes françaises évacuent la Pologne et se replient sur l'Oder, tandis que les Prussiens, à la fin du mois, s'alliaient officiellement aux Russes contre la France. Début mars, les Français quittent Berlin et Dresde, tandis que Davout se maintient autour des villes hanséatiques, mais les Russes étaient entrés dans Hambourg.

Le 15 Avril, Napoléon quitte les Tuileries pour se mettre à la tête de ses forces. Il en compose deux groupes : l'Armée de l'Elbe sous Eugène, et l'Armée du Main, officiellement sous Soult, mais en réalité sous sa main. La visée stratégique consistait à expulser l'ennemi de Saxe.

Le 3 mai, les Français entrent dans Leipzig, mais Napoléon, quasi dépourvu de cavalerie, a perdu le contact avec ses adversaires. La Grande Armée est divisée en 2 colonnes : Napoléon marche sur Dresde avec la colonne principale (Bertrand, Marmont, Oudinot et Macdonald). Ney marche sur Berlin en recueillant à Torgau les Saxons de Reynier. A Luckau, il fait sa jonction avec Victor venant de Wittenberg. Entre les deux colonnes, Lauriston reste en position intermédiaire.

Les Russo-Prussiens sont restés groupés et préparent une bataille. Leur choix se porte sur Bautzen, à l'endroit où la Sprée coupe la route de Dresde à Breslau. Ils peuvent y couvrir la Silésie et y être au voisinage de l'Autriche dont on peut espérer l'entrée en guerre. Le 8 mai, Napoléon arrive à Dresde où le pont sur l'Elbe a été détruit. Le 10, la Grande Armée peut franchir le fleuve. Napoléon retrouve ses adversaires le 20 Mai à Bautzen. les Coalisés sont encore battus. Les Prussiens et les Russes reculent rapidement.

Le 27 mai, l'Oder est atteinte et la forteresse de Glogau est débloquée. Oudinot, détaché du gros de l'armée, marche sur Berlin. Pendant ce temps, plus au Nord, Hambourg est reprise. Chez les Alliés, c'est le découragement. Certains jugent la situation si désespérée qu'ils pensent se retirer derrière la Vistule. C'est alors l'Autriche qui va sauver les vaincus et s'interposer pour proposer un armistice (dit de Pleiwitz). Napoléon va le ratifier le 7 Juin pour avoir le temps de se renforcer. Mais ses adversaires vont pouvoir faire de même.

Le 10 juin, Napoléon entre à Dresde; il y restera jusqu'au 15 août. Le 11 août, l'Autriche se joint aux Coalisés et déclare la guerre. La Suède de Bernadotte est aussi à leurs côtés. Et les états allemands faiblissent. Le 18 août, les hostilités reprennent.

Pendant l'armistice, l'Armée française a été réorganisée. Les coalisés disposent à cette date de quatre armées : 1° celle du Mecklemburg, forte de 30.000 hommes opposés à Davout; 2° celle du Nord de Bernadotte, avec 120.000 hommes, autour de Berlin; 3° l'armée de Silésie (120.000 hommes), sous Blücher, qui s'est avancée jusqu'à Breslau, malgré l'armistice; 4° enfin, l'armée principale, en Bohême, forte de 330.000 hommes, sous les ordres de Schwartzenberg. Le rapport des forces est désormais défavorable à Napoléon. Il répartit ses corps d'armée. Son idée est de s'interposer entre les Armées de Blücher et de Schwartzenberg.  

Dans le même temps, à partir du 21 Août, l'Armée de Bohème passait aussi à l'offensive ; Gouvion Saint-Cyr et son 14e Corps se repliaient sur Dresde, où il relevait en hâte les défenses. Le 3e bataillon du 21e Léger (chef de bataillon Perreaux) est dans la 42e division d'infanterie. Napoléon se porte à son secours et arrive dans la capitale saxonne le 26 Août avec sa Garde, le 6e Corps de Marmont et le 2e Corps de Victor. L'Armée de Bohéme est repoussée mais non anéantie. Vandamme et son premier Corps d'armée sont chargés de la poursuivre. Alors qu'on lui a enlevé un certain nombre d'effectifs, il est renforcé de la 42e division, vue précédemment (dont le 3e bataillon du 21e Léger). Un combat peu important a lieu à Pirna ; les capitaines  Bauner et Savelli sont blessés. Vandamme tombe dans le piège de Kulm les 29 et 30 Août.

L'armée française s'épuise dans des offensives dans le vide, tandis que les Coalisés, qui évitent les affrontements majeurs, ne cessent de recevoir des renforts. Leur but est de couper la retraite des forces françaises autour de Leipzig avec toutes leurs forces. Le 4 octobre, Napoléon apprend que Blücher a rejoint Bernadotte. Il décide de se débarrasser de cette menace de l'Armée du Nord afin d'avoir ensuite les mains libres pour livrer une bataille décisive à l'armée de Bohême. Mais Blücher recule une nouvelle fois. Pendant ce temps, l'armée de Bohême de Schwarzemberg est arrivée devant Wachau, à une vingtaine de kilomètres au sud de Leipzig. Murat, qui lui fait face, envoie à Napoléon des appels pressants. Napoléon décide alors d'aller livrer bataille à Schwarzenberg, sans avoir réussi à refouler l'armée du Nord. Le 12 octobre, il replie toutes ses forces sur Leipzig.

La bataille des Nations va avoir lieu dans et autour de la ville entre les forces réunies de tous les Coalisés contre l'armée de l'Empereur, entre le 16 et le 19 Octobre. Bataille gigantesque qui scelle la défaite de Napoléon en Allemagne, submergé par le nombre.  Le 2ème bataillon se retrouve dans la 34e Demi-brigade provisoire dans le 9e Corps d'Augereau, et va participer à la bataille.  Le capitaine Baurez et tué, 7 capitaines sont blessés, 4 lieutenants et le chef de bataillon Dubost.

Après Leipzig, Napoléon fait retraiter son armée jusqu'à Erfurt et doit forcer le passage à Kösen le 21 Octobre.

Pendant ce temps, Gouvion Saint-Cyr livre la seconde bataille de Dresde le 17 Octobre, avec son 14e Corps et divers détachements du 2ème Corps. Dresde, assiégée, finira par capituler le 11 Novembre et la garnison sera capturée en violation du traité. Le 3e bataillon voit blessés : le chef de bataillon Mangin et les capitaines Boulanger, Lacourt et Laurat, tandis que le chirurgien aide-major est tué.

A Hanau,  le 30 octobre, les restes du  2e bataillon sont à la division Semellé rattachée au 4e Corps de Bertrand. Il vont s'enfermer avec la division dans Mayence.

Pendant ces opérations, le 4e bataillon du 21e Léger est avec Rapp à Dantzig. Le capitaine Broussouze sera tué lors du siège de la ville.

Chirurgien du 21e Léger en Espagne
Chirurgien 21e Léger Espagne
Chirurgien-major du 21e Léger, 1813
Fig. 10 Chirurgien du 21e Léger en Espagne, d'après Fort et El Guil (dessin de Rigo)
Chirurgien du 21e Léger en Espagne (Infographie de Marc Morillon)
Fig. 11 Chirurgien-major du 21e Léger, 1813
Fig. 11bis et 11ter Habit de Chirurgien-major du 21e Léger conservé au Musée de l'Empéri, Salon de Provence

 

X / LA DEFENSE DU SUD-OUEST DU 1ER BATAILLON du 21e LEGER : OCTOBRE 1813-AVRIL 1814

Tambour major, officier et cornet de Voltigeurs 21e Léger, 1811-1812 Fort El Guil
Figs. 12, 13, 13bis : Tambour-major, Officier et Cornet de Voltigeurs du 21e Léger en Espagne entre 1811 et 1812; Infographie de Marc Morillon

Quand Wellington reprend son offensive, le 7 Octobre,  le 1er bataillon du 21e Léger est à la 6ème division Darricau. Le colonel Monnot est à la tête du régiment depuis juillet. Les Français ont pris position au Pays Basque.

Les positions françaises sont grignotées et Wellington s'empare des hauteurs. Soult prévoit alors de se replier derrière la Nivelle. Wellington temporise, attendant la chute de Pampelune qui survient le 31 Octobre. Le 10 Novembre, il reprend sa marche en avant.

Au début Novembre, Soult stabilise son front entre Saint-Jean de Luz et Saint-Jean Pied de Port, s'appuyant sur la Nivelle et la Nive, des camps retranchés et de multiples redoutes. Se sachant en infériorité numérique, il en est réduit à une campagne défensive, mais étale trop ses troupes au lieu de former une masse de manœuvre pour des contre offensives puissantes. Soult pense être attaqué sur son aile droite, mais Wellington va faire porter son offensive sur le centre de son front, le 10 Novembre.

L'offensive britannique est puissante autour de Sare, les Français ne peuvent résister longtemps. Le dispositif français doit se replier derrière la Nivelle. La division Darricau, positionnée autour d'Ascain, suit le mouvement. Le capitaine Thomas du 21e Léger est tué à Ascain.

En face, les Anglais ont eu aussi beaucoup de blessés et tués. Ralentis par des pluies abondantes , ils s'établissent à Saint-Jean de Luz.

Au début Décembre, les Français, très démoralisés par les replis successifs, sont sous Bayonne, protégés par la Nive. Bayonne est puissamment fortifiée et des renforts sont arrivés : conscrits mal dégrossis dont on ne pourra tirer grand-chose.

Le 9 Décembre, les Anglo-portugais franchissent la Nive. Le 12, Soult contre-attaque avec les 4 divisions de Drouet d'Erlon sur les forces de Hill. Celui-ci s'est avancé jusqu'à la proximité de Bayonne à Saint-Pierre d'Irrube. Les combats y font rage le 13 Décembre et les Anglais réussissent à tenir leurs positions en recevant des renforts de la rive opposée de la Nive. Les pertes ont été sévères des 2 cotés. Le temps exécrable fait que les 2 armées vont s'arrêter provisoirement de combattre jusqu'au début Février. Le 21e Léger doit déplorer la mort du capitaine Rolland et des trois sous lieutenants et les blessures du chef de bataillon Goguet, et des lieutenants : Billecard, Lucas, Mansuy, Rageot.

Le front reste tranquille jusqu'au 14. L'armée de Soult s'est affaiblie de nouvelles ponctions pour le front Est, ne lui laissant que 40.000 combattants. Le 14, Hill passe la Nive. Les Français se replient derrière le gave d'Oloron et Soult concentre ses troupes sur Orthez, espérant mener une bataille défensive décisive, tandis que les Anglais se casseront les dents sur Bayonne. Le général Vilatte a remplacé Darricau au commandement de la 6ème division.

Les 26 et 27 Février, la bataille d'Orthez est sanglante. De part et d'autre, les pertes s'élèvent à 3400 Français et 2300 Britanniques. Le colonel Monnot est blessé. Mais ce sont les Anglais, en avantage numérique, qui restent maîtres du terrain et Soult doit encore reculer vers Aire sur Adour puis Tarbes. Tandis que les Britanniques s'emparent de Bordeaux le 12 mars, Soult livre des combats de retardements sur sa ligne de repli à Maubourguet et Vic en Bigorre le 19 mars, puis Tarbes le 20. S'échappant encore avec les reste de ses troupes, il gagne Toulouse, qu'il a fait fortifier, où il entre le 24 Mars, poursuivi par 5 corps d'armées anglo-hispano-portugais.

Quelques 33.000 Français, dont beaucoup de conscrits mal entrainés, vont devoir s'opposer à 80.000 soldats alliés. Alors que l'Empereur abdique le 6, les deux armées se livrent à de violents combats entre le 27 mars et le 11 Avril.  Au sein de la division Vilatte, brigade Saint-Pôl, le colonel Monot est de nouveau blessé. Puis Soult évacue la ville. Le 13 Avril, il apprend la cessation des hostilités par ordre du gouvernement provisoire.

Fig. 14 et Fig. 14bis Carabiniers du 21e Léger, fin de la campagne d'Espagne, en tenue brune, d'après El Guil

(à suivre).

/ UNIFORMES

Carabinier 21e Léger, 1809-1811 Fort El Guil
Fig. 15 Carabinier du 21e Léger en Allemagne, 1813; en-tête de lettre

Figure 1 : Chasseur la 21e Demi-Brigade Légère en Egypte en 1800 (d’après un dessin de J. Domange). C'est en fin 1798 que les uniformes du corps expéditionnaire en Egypte sont adaptés au climat avec l'adoption d'un pantalon guêtre, d'une casquette de cuir et d'un habit-veste court de coton bleu. Au retour de la campagne de Syrie, les tenues sont en loques ; on décide de les remplacer par des tenues de drap. La casquette reste la même. Faute de drap bleu en assez grande quantité, les demi-brigades sont habillées de drap de différentes couleurs avec des couleurs tranchantes au collet, parements et retroussis, sur instruction de Kléber, nouveau Général en chef, en Octobre 1799. La 21e Légère revenant de Haute Egypte ne reçut le sien qu’au début de 1800, vraisemblablement après la bataille d'Héliopolis L’habit veste avait un fond de couleur bleu céleste foncé. Après avoir songé à la distinguer de jaune puis d’aurore, il semble que finalement, d’après des documents récents, ce fut du rose qui fut distribué. Le pouf sur la casquette de cuir était jaune et vert. Sinon gilet et culotte de toile blanche. Des capotes blanc écru étaient en dotation à l’armée d’Orient, que l’on portait sur le sac. Sinon l’équipement restait celui de l’infanterie métropolitaine. Les chasseurs continuaient à porter le sabre briquet et les épaulettes vertes. Les carabiniers gardaient le chapeau noir avec pompon rouge en guise de coiffure, et bien sur, les épaulettes et la dragonne du sabre briquet écarlates.

Figure 2 : Détachement de la 21e Demi-Brigade Légère à Malte en 1800 (d’après dessin de J. Domange). Comme pour l’Armée d’Orient, le général Vaubois, bloqué à Malte, adopta des tenues plus en rapport avec les conditions climatiques. Les stocks de drap rouge et blanc ne manquant pas dans les dépôts de l'ex armée maltaise, il vêtit son infanterie de ligne d'habit-vestes blancs, et l’infanterie légère d’habit-vestes rouges. Le chapeau noir continue d’être porté avec le pompon vert de même que les épaulettes vertes. Et les boutons blancs sont récupérés. L’habit-veste de fond rouge est distingué de bleu au collet, retroussis avec passepoil blanc. Pantalon blanc.

Figure 3 : Musicien noir de la 21e Demi-Brigade en Egypte, 1800-1801 : Casquette de cuir à pouf du régiment, avec les couleurs vert et jaune. Tenue régimentaire bleu céleste foncé, avec collet, parements, passepoils et retroussis roses. Les boutons sont recouverts de tissu de la couleur du fond. Le collet et les parements sont galonnés de blanc. Nid d'hirondelles roses sur les épaules, galonnés de blanc. Culotte blanche, souliers noirs. En Egypte, devant la pénurie d'effectifs, même les musiciens des demi-brigades sont armés de mousquetons. Une petite giberne ventrale permet d'amener quelques cartouches.

Figure 4 : Bataillon complémentaire de la 21e Demi-Brigade Légère à l'Armée d'Italie en 1800 (d'après un dessin de la Cronica Rovatti) : Notre soldat porte encore le chapeau noir, alors que certaines  demi-brigades légère ont déjà le shako. Il est orné d'une cocarde et d'un plumet vert. L'habit classique bleu passepoilé de blanc avec revers en pointe, collet et pattes de parements écarlates, est orné de boutons cuivre ou étain selon la demi-brigade. Les basques sont encore longues : elles seront bientôt raccourcies et resteront  aux officiers et sous-officiers. Le gilet est bleu. Le nombre de boutons est très exagéré. Des épaulettes vertes, ainsi que la dragonne verte au sabre briquet, sont l'apanage des compagnies de chasseurs. La culotte bleue devrait être plus longue et s'arrêter à mi-mollet.

Figure 5 : Sergent-major Porte Aigle du 21e Léger, vu en Allemagne en 1806-1807 (d'après le manuscrit de Zimmermann) : Rappelons que le manuscrit de Zimmermann a été dessiné initialement en noir et blanc et qu'il a été colorisé par la suite d'une manière «logique». Notre sergent major a été prélevé parmi une des trois compagnies de carabiniers. Le port du bonnet d'oursin à cordon, raquettes et plumet écarlates, les épaulettes et la dragonne du sabre briquet écarlates passepoilées d'argent, les deux galons argent passepoilés d'écarlate au-dessus des parements sont les marques de sa fonction et de son rang de sous-officier. Le reste de sa tenue est réglementaire pour l'infanterie légère. Il porte un pantalon de route blanc. Son Aigle et son drapeau sont sous dimensionnés par le dessinateur. Les bonnets d'oursin sont  portés depuis le début 1802 chez les carabiniers de la 21e Légère depuis que Bonaparte les leur a accordés, quand ils lui servaient de garde à Lyon pour la Consulte de la République Cisalpine.

Figure 6 : Carabinier  du 21e Léger en Espagne entre 1809 et 1811 (dessin de Fort d'après le manuscrit  El Guil, Source Gallica, BNF, cabinet des estampes, collection De Ridder, Uniformes de l'infanterie légère sous le 1er Empire). Sans revenir sur ce fameux manuscrit perdu d'El Guil que nous rencontrons souvent pour les régiments de la campagne d'Espagne, et les versions qu'en a produit Fort, on note plusieurs détails intéressants sans pouvoir en vérifier en totalité la véracité. Le shako recouvert d'un couvre shako blanc, très utilisé en Espagne. Les carabiniers du régiment semblent donc avoir abandonné les bonnets d'oursin qu'ils avaient en 1807 (voir illustration 5). Pompon écarlate strié de blanc. Les épaulettes écarlates ont aussi une tournante blanche. La tenue de fond bleu à revers en pointe passepoilés de blanc, mais contrairement au règlement : collet bleu passepoilé d'écarlate et parements en pointe écarlates. Le gilet est absent. La culotte bleue entre dans des demi-guêtres blanches, portées à la saison chaude. Notre homme arbore des chevrons d'ancienneté, blancs passepoilés d'écarlate, et le ruban de la Légion d'Honneur, sans aucun grade de sous-officier, ce qui semble bizarre.

Figures 7, 8 et 9 : Les carabiniers du 21e Léger en Espagne vers 1811-1812, vus par Fort d'après El Guil. Ces silhouettes comportent des constantes dans leurs uniformes :
- Le port d'un colback. Est-ce les carabiniers du 4e bataillon qui l'auraient ramené de leur séjour au sein de la division Oudinot en Autriche en 1809 ?
- La tenue bleu à revers en pointe passepoilés de blanc mais le collet bleu passepoilé d'écarlate et les parements en pointe entièrement écarlates que nous avons déjà vu dans la figure 6.
Détaillons maintenant les autres éléments :

Figure 7 : Officier de carabiniers (intitulé donné par Fort; le plumet vert à sommet écarlate pourrait aussi faire évoquer un officier de chasseurs). Le colback est orné d'un cordon tressé et de glands argent. Le plumet vert à sommet écarlate sort d'une tulipe argent. Distinctives de grade classiques : épaulette et contre-épaulette argent et hausse col de métal argenté. Boutons argentés. Le gilet est écarlate, galonné d'argent sur le devant et aux poches. La culotte bleu entrant dans des bottes noires est ornée de piques argentées sur les cuisses.

Figure 8 : Sapeur. Dessin de Fort d'après le manuscrit  El Guil (Source : Gallica, BNF, cabinet des estampes, collection De Ridder, Uniformes de l'infanterie légère sous le 1er Empire). Les sapeurs font partie des compagnies de carabiniers. Ils en portent la tenue, plus leurs distinctives propres : port de la barbe et de la hache, d'un mousqueton, d'un sabre parfois particulier, et du tablier ici de cuir beige. Les manches sont ornées de deux haches croisées écarlates. Le colback à cordon tressé, plumet et flamme écarlates. Les épaulettes sont écarlates à tournantes blanches. Le sapeur porte un pantalon de route blanc. La buffleterie est blanche dont un ceinturon à plaque cuivre.

Figure 9 : Carabinier. Le colback a cordon et raquettes écarlates. Le plumet écarlate sort d'un pompon écarlate strié de blanc. Une plaque losangique de métal blanc orne le devant du colback. Epaulettes écarlates à tournantes blanches. Le gilet est bleu, pantalon de route gris. Equipement classique de fantassin. Buffleterie blanche.

Les Chirurgiens du 21e Léger : Chaque régiment d'infanterie a normalement, dans son Etat-Major, un chirurgien major (ou de 1ère classe) et dans chaque bataillon, un chirurgien aide-major ou sous-aide-major (2ème ou 3ème classe). Ceci est la théorie car, bien souvent, des postes ne sont pas pourvus, d'autant que le règlement n'a été fait que lorsque les régiments n'avaient que 3 bataillons de guerre. Pour ce qui est des uniformes, les chirurgiens régimentaires, plutôt que de prendre la tenue de fond bleu barbeau du Service de Santé, que gardent leurs confrères des ambulances, adaptent, sur une tenue d'officier ou un surtout d'officier, un collet, des parements et parfois des revers de fond cramoisi, ce qui est la couleur distinctive des chirurgiens, avec les broderies dorées (même pour l'infanterie légère qui a les boutons blanc) qui distinguent leur grade.

Rappelons que les officiers du Service de Santé n'ont pas droit au port des épaulettes, et se distinguent pour les tenues régimentaires :
- pour les chirurgiens de 1ère et seconde classe (ou chirurgien-major et aide-major) par deux fausses boutonnières en broderies dorées sur les côtés du collet, et trois sur les parements pour les chirurgiens-majors seulement
- et pour les chirurgiens de 3e classe ou sous-aide-major : une seule fausse boutonnière dorée sur les cotés du collet.

La culotte du régiment entre dans des bottes à revers ou d'officier d'infanterie légère. Les retroussis, pour lesquels les réglements ne prévoient rien, sont souvent ornés d'Aigles, ou des ornements régimentaires (cors de chasse argent sur fond cramoisi pour l'infanterie légère). Le chapeau est noir. En campagne, des tenues encore plus simples sont portées, de même que des surculottes. Les chirurgiens sont dotés d'une épée qui n'est pas souvent portée.

On connait deux tenues de chirurgiens du 21e Léger :
Figure 10 : Un chirurgien du 21e Léger en Espagne, dessiné par El Guil, repris par Fort (ici, dessin de Rigo et infographie de Marc Morillon). Notre homme s'est coiffé d'une confederadka polonaise. Son habit-surtout est rose ou cramoisi passé ? porté sur un gilet cramoisi soutaché de blanc. Culotte bleue du régiment entrant dans des bottes à revers.

Figure 11, 11bis et 11ter : Tenue de chirurgien major du 21e Léger conservée au musée de l'Emperi et datable de 1813-1814. Voir notre commentaire sur les tenues et  broderies. On notera la forme des fausses poches des basques avec pattes "à la Soubise".

Figure 12 : Tambour Major et Tambour vers 1811-1812 en Espagne.

Figure 13 : Officier de voltigeurs fin 1812 en Espagne.

Figure 13bis : Cornet de voltigeurs fin 1812 en Espagne. Il s'agit d'un maitre d'armes (il transporte deux fleurets).

Figure 14 : Carabinier du 21e Léger, fin de campagne d'Espagne, tenue brune, d'après El Guil, reproduit par Fort?. Nous donnons cette tenue avec des doutes résiduels quant à sa véracité. Fort ayant eu tendance à faire des "variantes" de dessins initiaux. Le carabinier a abandonné le colback pour un  shako qui n'a aucun ornement si ce n'est la cocarde et le pompon écarlate. La tenue est entièrement en drap brun. Ce qui est peut être possible devant la pénurie de drap bleu. Notre carabinier semble avoir récupéré de son uniforme précédent (voir figure 9), ses épaulettes, ses revers qu'il passepoile d'écarlate et ses parements. Le collet est à présent entièrement écarlate. Il est armé de son fusil, et de son sabre briquet à dragonne écarlate. Nous donnons dans la figure 14bis la version de Bueno avec des parements eux aussi bleu passepoilés d'écarlate et un cor de chasse (pourquoi pas une grenade pour un carabinier ???) sur le devant du shako (ce qui semble encore plus douteux) et l'absence de gilet.

Figure 15 : Carabinier du 21e Léger en Allemagne en 1813. D'après une en tête de lettre d'époque?. La tenue est celle classique du règlement Bardin pour l'infanterie légère avec les revers entièrement fermés. Le plumet, les passepoils, et les épaulettes écarlates marquent le statut de carabinier. On notera la plaque qui est restée losangique et non du modèle à soubassement.

/ NOTES

Note 1 : Le 3e bataillon avait enrôlé 47 soldats noirs et la demi brigade 44 tambours, fifres, et musiciens «de couleur». Puis ce sera au tour de Coptes d'être enrôlés dans l'unité, dans les derniers temps de la présence française. A leur arrivée en France, les soldats noirs sont exfiltrés. Seuls resteront quelques jeunes  musiciens.

 

/ SOURCES

- Histoire des campagnes de la 21e Demi-Brigade actuellement 21e Rgt d’infanterie légère, J. J. Tarayre, Paris, 1803.

- Drapeaux et étendards des armées d’Italie et d’Egypte, O. Hollander, in Carnets de la Sabretache, 1904.

- Etat militaire an X, an XI, an XII.

- Conquête de l'Andalousie campagne de 1810-1811 par E. Lapene, Paris 1823.

- Campagne de 1813 et 1814 sur l'Ebre, les Pyrénées et la Garonne, E. Lapene, Paris 1823

- Planche Rigo, Le Plumet : 21e demi brigade en Egypte.