Le 12ème Régiment d'Infanterie de Ligne

1800-1815

 

Avertissement et remerciements : Cet article nous a été adressé par notre collègue du Bivouac, Didier Davin, que nous remercions tout particulièrement pour sa disponibilité et son érudition.
Merci également à Marc Morillon, qui a bien voulu réaliser pour cet article, une infographie représentant le Major du Régiment en habit blanc, d'après un portrait du temps.
Un très grand merci enfin à Mr Arnaud de Gouvion Saint-Cyr de nous avoir communiqué en avant première l'ensemble de documents relatifs au Capitaine François Lamy, qui vient ainsi compléter notre connaissance du 12ème Régiment d'Infanterie de ligne.

Soldats de la Grande Armée

Extraits de la première planche de notre série 96, consacrée au 12er de Ligne, voici en figures 8 à 13 les Tambour maître, Musiciens, Sapeurs et Tambours de Grenadiers d'après les Collections Alsaciennes (Communication Nussbaüm); en figure 14 le Cornet de Voltigeurs d'après R. Forthoffer (source : H. Knötel); les Officiers représentés en figures 15 et 16 ont été reconstitués - F. BERJAUD - DR

 

I/ 1800-1804 : DE LA 12E DEMI-BRIGADE DE LIGNE AU 12E REGIMENT D’INFANTERIE DE LIGNE

Formée en 1796 par amalgame de la 60e Demi-brigade de bataille et des 3ème bataillons des 170e Demi-brigade de bataille et 11e Demi-brigade légère, la 12e Demi-brigade de Ligne, après avoir servi en Italie au cours de la campagne de Bonaparte en 1796-1797 puis à Rome et Naples en 1798-1799, est réduite à 1 bataillon de guerre. Elle repasse la frontière française lors du repli des troupes devant l’avancée austro russe en Italie du Nord en Février 1800.

La 12e Demi brigade a, entre Août 1799 et cette date, toujours combattu pour couvrir les retraits successifs de l’Armée. Le 3e bataillon a en Juin 1799 perdu son magnifique drapeau du modèle Armée d’Italie donné par Bonaparte (voir planche 1 bis). Le chef de brigade Jean Vergez peut être fier de ce qu’il reste de ses hommes. Lui-même a été blessé devant Chiavari le 26 Août 1799, ce qui ne l’a pas empêché de continuer à commander son unité jusqu’à la fin de l’année.

Jean Marie VERGEZ (1757-1831)

Né à Saint Pee en 1757; soldat au régiment de Condé infanterie en 1778, servit au siège de Gibraltar, reprit du service au régiment de Saintonge en 1787. Fusilier dans la Garde nationale parisienne soldée en 1789, capitaine au 1er bataillon de chasseurs de montagne à l'Armée des Pyrénées Occidentales en février 1793; servit à la prise du col de Maya en 1794, puis de Tolosa. Passa à l'Armée des Côtes de l'Océan en Septembre 1795, comme capitaine de carabiniers, participa à la prise de Charette en mars 1796. Nommé alors chef de bataillon en Août 1796.
Passé à la 12e DB de Ligne en Janvier 1797, servit aux armées d'Italie, de Rome, et de Naples en 1798-1799. Nommé chef de brigade de la 12e DB de Ligne en Mai 1799, blessé à Chiavari en Août 1799 puis participe au combat de Novi en Novembre.
A l'armée des Grisons en 1800-1801. Puis en garnison à Verdun. Participe en tant que colonel du 12e de Ligne aux campagnes de 1805, 1806. Grièvement blessé à Auerstaedt en octobre 1806. Quelques jours plus tard, il passe général de brigade et poursuivit sa carrière jusqu'à la fin de l'Empire en Espagne, en Allemagne en 1813, puis pendant la campagne de France de 1814.

Colonel Vergez du 12e de Ligne

 

Fig 1 Drapeau de la 12e Demi brigade conservé au Musée Carnavalet

Le 22 mars 1800 (1er germinal an 8), Bonaparte écrit au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "... Le général Moreau fera partir ... la 12e de ligne pour Paris; et vous donnerez des ordres pour que les ... 5e, 12e et 17e de ligne soient complétées à 3000, avant le commencement de prairial ..." (Correspondance générale, t.3, lettre 5140).

Le même jour (22 mars 1800 - 1er germinal an 8), Bonaparte établit depuis Paris le plan de campagne pour l'Armée du Rhin : "... La 12e de ligne, à Paris ..." (Correspondance de Napoléon, t.6, lettre 4694).

En mars 1800, le bataillon est à Chambéry puis à Moustiers et occupe les avant-postes du Petit Saint Bernard et du Mont Cenis.

Le 3 mai 1800 (13 floréal an 8), Bonaparte écrit depuis Paris au Général Mortier, Commandant de la 17e Division militaire (depuis le 15 avril) : "Je désirerais avoir, citoyen général, à la revue du 15, les deux bataillons de la 12e ... qui sont ici.
J'ai donné les ordres pour que les 14e, 12e et 45e [de ligne] soient soldées de leur arriéré de l'an VII et de l'an VIII, conformément à l'état que vous m'avez remis; la moitié sera soldée ce mois-ci, l'autre le mois prochain
" (Correspondance générale, t.3, lettre 5228).

Un raid dans la vallée d’Aoste est mené par le bataillon avant le passage de l’Armée de Reserve. Puis rattaché à la division Chabran, le bataillon du 12e franchit le St Bernard le 15 Mai et arrive à Ivrée (qui avait été prise le 23), le 28.

Le 29 mai 1800 (9 prairial an 8) à 11 heures du soir, Bonaparte écrit depuis Ivrée à Petiet, Conseiller d'Etat : "Je vous prie, citoyen, de faire solder trois mois d'appointements aux officiers et soldats de la 12e demi-brigade à laquelle il en est dû 7 ... On ne paiera que les hommes présents sous les armes.
Je vous prie également de procurer à la 12e demi-brigade 400 habits, vestes ou capotes, de manière que cette demi-brigade soit un peu habillée; elle l'est d'une manière à faire peur. Je vous autorise à cet effet à faire acheter à Ivrée tout ce qui serait nécessaire, de manière que cette demi-brigade soit un peu en état d'ici à 5 ou 6 jours
" (Correspondance générale, t.3, lettre 5384).

En Juin tandis que se déroule la bataille de Marengo, le bataillon est en position sur la rive gauche du Pô en couverture.

Le 3 juillet 1800 (14 messidor an 8), Bonaparte écrit depuis Paris, à Carnot, Ministre de la Guerre : "... 5° Il sera passé le 20 de ce mois une revue extraordinaire des 45e, 12e, 64e } demi-brigades de ligne ..." (Correspondance générale, t.3, lettre 5480).

Le même jour (3 juillet 1800 - 14 messidor an 8), Bonaparte écrit depuis Paris, à Carnot, Ministre de la Guerre : "L'arrêté que j'ai pris à Milan le 5 messidor, citoyen ministre, porte art. 2, que 13 demi-brigade de ligne et 3 légères qui sont dignes [sic] se rendront à Dijon pour faire partie de l'armée de réserve.
Voici la destination que je désire leur donner.
La 12e de ligne à Lausanne ...
" (Correspondance générale, t.3, lettre 5481).

Le 17 juillet 1800 (28 messidor an 8), Bonaparte écrit depuis Paris, au Général Brune, Commandant en chef de l'Armée de Réserve : "... Quatre cents hommes de la 12e de ligne doivent arriver d'Italie à Genève. Ce sont tous des hommes d'élite, mais nus comme la main et arriérés de six mois. Gardez en réserve pour eux 400 habillements complets et une trentaine de mille francs ..." (Correspondance générale, t.3, lettre 5534).

Fig 1bis Drapeau théorique de la 12e DB en Italie en 1797 (reconstitution)

Le 18 juillet 1800 (29 messidor an 8), Bonaparte écrit depuis Paris au citoyen Carnot, Ministre de la Guerre : "Je vous prie, Citoyen Ministre, d'ordonner au général Mortier de compléter les compagnies de grenadiers des 12e, 45e et 64e demi-brigades, et de former une compagnie d'éclaireurs forte de 100 hommes par bataillon, choisie parmi des hommes vigoureux et d'élite, et commandée par des officiers distingués.
... Chaque demi-brigade enverra un chef de bataillon, un adjudant-major et un adjudant sous-officier pour commander ces compagnies.
Vous donnerez l'ordre pour que ces différentes compagnies soient rendues à Paris pour le 15 thermidor.
Il est nécessaire que vous teniez en réserve une certaine quantité de baïonnettes, fusils, habits, souliers, chapeaux, briquets de grenadiers, etc. pour pouvoir compléter l'équipement de ces corps, et qu'au 15 thermidor ils soient en état d'entrer en campagne
" (Correspondance de Napoléon, t.6, lettre 5000; Correspondance générale, t.3, lettre 5540).

Le 1er août 1800 (13 thermidor an 8), Bonaparte écrit depuis Paris, à Carnot, Ministre de la Guerre : "Je vous prie, citoyen ministre, de réitérer l'ordre au général Masséna de faire partir pour Genève le bataillon de la 12e de ligne, de la 14e et de la 45e qui sont encore à l'armée d'Italie. Ces corps partiront de l'endroit où ils se trouvent, 24 heures après la réception de votre ordre. Cela est nécessaire pour la réorganisation de ces trois demi-brigades ..." (Correspondance générale, t.3, lettre 5587).

Le 20 août 1800 (2 fructidor an 8), Bonaparte écrit depuis Paris, à Carnot, Ministre de la Guerre : "Je vous prie, citoyen ministre, de donner l'ordre au général Canclaux (Canclaux commande par intérim l'Armée de Réserve de seconde ligne à Dijon) de partager l'armée en 3 divisions.
Le général Baraguey d'Hilliers commandera la 1ère division :
composée de la 15e de ligne
12e }
14e } de ligne
1er } des hussards à pied
1er } de hussards à cheval.
... Donnez l'ordre aux deux bataillons de la 12e de ligne qui se tiennent à Paris de partir à Dijon et de là, rejoindre la 1re division
" (Correspondance générale, t.3, lettre 5613).

En Septembre, la 12e est envoyée à Genève puis à Berne pour faire partie de la seconde Armée de Réserve sous le commandement de Brune, future Armée des Grisons. De là, il part pour Coire sur le lac de Constance, retrouver deux nouveaux bataillons que l’on avait recréés à Paris pour reformer la Demi-brigade. Mac Donald ayant pris le commandement de l'Armée dite des Grisons depuis Octobre, devait à partir de Coire remonter toute la haute vallée du Rhin, passer le glacier du Splûgen, descendre dans la Valteline, passer par le val Cammonica, puis le val Trompia et tourner le lac de Garde pour attendre Trente, le tout en combattant en montagne en Hiver, en liaison avec l’aile gauche de l’Armée d’Italie et l’aile droite de l’Armée du Rhin. Une entreprise inouïe !

Et c’est pourtant ce qui sera fait. La 12e demi brigade, portée à 1019 hommes, fait partie de la 2e division de l’Armée des Grisons sous les ordres du général Pully. La division manque cruellement de souliers, de capotes et de vivres. On les lui délivre en urgence.

Le 3 Décembre l’armée passe le Splügen dans des conditions épiques et arrive à Trente le 7 Janvier 1801. La 2e division poursuit les Autrichiens du général Auffeberg jusqu’à Botzen. Elle est arrêtée dans sa progression par l’armistice de Steyer. Puis ce sera la Paix de Luneville. L’Armée reflue donc progressivement.

Le 13 mai 1801 (23 floréal an 9), Bonaparte écrit depuis la Malmaison au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "Je vous prie, citoyen ministre, de donner l'ordre ... Aux 12e et 14e de ligne de se rendre dans la 2e division militaire ..." (Correspondance générale, t.3, lettre 6268).

La 12e Demi-brigade rentre en France et tient garnison à Verdun entre 1801 et 1803.

L’Etat militaire de l’An X nous donne la composition de son encadrement :
Chef de brigade Vergez;
Chefs de bataillons : Reignault, Martin et Faure;
Quartier maître : Moinon;
Adjudants majors : Boyeaux et Lombard;
Officiers de Santé : Fischer et Boniquet.

Le 28 Fructidor an 10 reçoivent des armes d’honneur pour faits de bravoure : le capitaine Joseph Vionnet, le lieutenant Joseph Sensenbrenner, le lieutenant François Lamy, le sous lieutenat Joseph Leblanc, le sergent major René Doucet, le sergent Philibert Vernier, le grenadier Antoine Astier, le grenadier louis Bonnin.

En mai 1803, la Demi- brigade est toujours à Verdun, réduite à 2 bataillons.

Le 2 mai 1803 (12 floréal an 11), Bonaparte écrit depuis Saint-Cloud au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "Je vous prie, citoyen ministre, en conséquence de l'arrêté du 10 floréal, de donner ordre ... Au bataillon de la 86e qui est à Macon (c’est le 3e bataillon) de se rendre à Verdun pour être incorporé dans la 12e de Ligne et porter cette demi-brigade à 3 bataillons ..." (Correspondance générale, t.4, lettre 7618).

En prévision d’une grande opération amphibie contre l’Angleterre, des camps de regroupement ont été montés sur toutes les côtes de la République depuis 1798 et épisodiquement réactivés puis mis au repos. La reprise de la guerre en Mai 1803 ne fait qu’accélérer leur organisation.

Le 14 juin 1803 (25 prairial an 11), Bonaparte écrit depuis Saint-Cloud au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "Je vous renvoie, Citoyen Ministre, les projets que vous aviez rédigés pour le camp de Saint-Omer. Voici définitivement les bases auxquelles je me suis arrêté :
Six camps seront formés, lesquels, destinés à ne composer qu'une seule armée, seront commandés par six lieutenants généraux commandant en chef. Ils auront chacun un parc d'artillerie commandé par un général d'artillerie et par un colonel diiecteur du parc. Les six parcs seront tous soumis à un général commandant en chef l'artillerie et à un général de brigade directeur général des parcs des six camps. Chacun de ces camps aura un ordonnateur, lequel correspondra avec un ordonnateur en chef des six camps.
Ces six camps seront : un en Hollande, un à Gand, un à Saint-Omer, un à Compiègne, un à Saint-Malo, un à Bayonne ...
Pour le camp de Gand, les 6e et 13e légères; 12e, 33e,51e, 108e, 14e, 36e, 61e, 85e de ligne; le 2e régiment de chasseurs, le 7e de hussards, les 4e, 14e, 16e et 17e de dragons ...
Chacune des demi-brigades ci-dessus ne fournira que ses 1er et 2e bataillons, lesquels seront complétés à 1,000 hommes. Il est donc nécessaire que ces corps soient prévenus sur-le-champ que leurs deux premiers bataillons doivent marcher vers la fin de l'été, afin qu'ils activent l'instruction, l'habillement, etc ...
" (Correspondance de Napoléon, t.8, lettre 6814; Correspondance générale, t.4, lettre 7722).

Le 8 août 1803 (20 thermidor an 11), Bonaparte écrit depuis Sedan au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "... La 12e demi-brigade de ligne a reçu un bataillon de la 11e de ligne; cette demi-brigade a eu ses papiers pris à Liège, de manière que l'ancienneté de service des hommes ne peut être constatée. Il faudrait une ordonnance ministérielle sur les matricules des hommes incorporés. J'ai vu un grand nombre de vieux et bons soldats qui étaient singulièrement peinés de ce que, par un défaut de formes, tant d'années et de blessures ne leur étaient pas comptées. Cette demi-brigade a reçu dernièrement un bataillon de la 86e. Ce bataillon est arriéré de plusieurs mois de solde. Comme le reste se trouve en ce moment payé de son arriéré, activez le plus qu'il vous sera possible le complément de ce bataillon de la 86e, afin qu'il soit payé. Cette demi-brigade doit faire partie du camp de Saint-Omer. Vous sentez combien il est nécessaire que je ne sois pas rebattu, toutes les fois que je la verrai, de ses justes réclamations ..." (Correspondance de Napoléon, t.8, lettre 6987; Correspondance générale, t.4, lettre 7911).

Le 10 août 1803 (22 thermidor an 11), Bonaparte écrit depuis Reims au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "... J'ai accordé aux 12e, 14e et 111e de ligne ... quinze jours de gratification ..." (Correspondance de Napoléon, t.8, lettre 7001; Correspondance générale, t.4, lettre 7924).

Initialement destiné au camp de St Omer, le 12e de Ligne est finalement envoyé en Août au camp de Bruges sous le commandement du général Davout. Il fait partie de la 3e division du général Friant, de ce camp de Bruges, baraquée au tour de Dunkerque. On connait le soin que met Davout à entrainer et équiper ses hommes.

Le 14 août 1803 (26 thermidor an 11), Bonaparte écrit depuis Saint-Cloud au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "... Les deux bataillons des 12e de ligne et 6e légères partiront de Givet et de Mézières le 20 fructidor pour se rendre à Bruges; les 3e bataillons et le dépôt resteront à Givet et à Mézières. Les deux premiers bataillons seront complétés à 700 hommes chacun ..." (Correspondance générale, t.4, lettre 7932).

Le 28 août 1803 (10 fructidor an 11), Bonaparte écrit depuis Saint-Cloud au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "Je vous envoie, citoyen ministre, les dispositions que j'ai arrêtées pour l'organisation de quatre camps faisant partie des six qui vont être formés sur les côtes de l'Océan.
... Camp de Bruges
Le général Davout est nommé commandant en chef du camp de Bruges
... Le camp de Bruges sera composé de trois divisions
... La 3e division sera commandée par le général Friant qui aura à ses ordres les généraux de brigade :
Grandeau,
Seras.
La 3e division sera composée des :
17e légère,
12e de ligne,
25e id,
85e id,
... Il sera ... construit un camp en baraques à Dunkerque pour la 3e division ...
Le général Davout établira son quartier à Bruges et partira le 16 fructidor ...
" (Correspondance générale, t.4, lettre 7972).

Le 12 septembre 1803 (25 fructidor an 11), Bonaparte écrit depuis La Malmaison au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "Dans la deuxième division militaire (chef-lieu Mézières), citoyen ministre, les 12e et 111e demi-brigades de ligne ... doivent seuls jouir de la gratification ..." (Correspondance générale, t.4, lettre 8020).

En Septembre 1803, la Demi-brigade prend le titre de régiment et le chef de brigade Vergez celui de colonel.

Le 26 septembre 1803 (3 vendémiaire an 12), Bonaparte écrit depuis Paris au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "Donnez ordre, citoyen ministre ... A la 12e de Ligne, de former ses deux premiers bataillons à 700 hommes chacun, et de les diriger sur Dunkerque ..." (Correspondance générale, t.4, lettre 8076).

Important ensemble relatif au Capitaine François LAMI ou LAMY (1765-1838)

Biographie :

Né à Saulieu le 18 novembre 1765, il entre comme soldat dans la Régiment de Pondichéry, employé aux Indes orientales du 8 février 1786 au 9 décembre 1792. Il s'engagea comme volontaire le 23 juillet 1793 dans le 8e Bataillon de la Côte d'Or (par embrigadement, 60e puis 12e Demi brigade de ligne, et 12e Régiment d'infanterie de ligne en l'AN XII). Nommé Lieutenant à l'Armée des Alpes le 13 août 1793, il vint en l'An II sur le Haut Rhin, passa en Italie en l'An IV, et fit partie des expéditions contre Rome et Naples. Le 4 pluviôse AN VII à la prise de cette dernière ville, il se précipita sur une pièce de canon qu'il enleva après avoir tué les canonniers qui la défendaient.
Fait prisonnier de guerre à la retraite de Plaisance le 2 messidor de la même année, et renvoyé à son corps par suite d'échanges le 8 pluviôse AN IX. Il reçut le croix d'Officier de la Légion d'honneur au camp de Rosendal le 25 prairial an XII. Après avoir été embarqué quelques mois sur la flotille, où il fut assez grièvement blessé par la chute d'une vergue, il prit part à la campagne d'Austerlitz en l'an XIV, fut nommé Capitaine le 25 octobre 1806, obtint sa retraite le 19 mai 1816 et vint se fixer dans son pays natal où il mourut le 14 mai 1838.
Chevalier de la Légion d'honneur le 24 septembre 1803. Officier le 14 juin 1804 (accès à son dossier dans la base Léonore du Ministère de la Culture : clic).

L'ensemble comprend :

c) Portrait en uniforme de Capitaine du 12ème Régiment d'Infanterie de ligne, portant son étoile d'Officier de la Légion d'honneur. Vers 1820. Huile sur toile rectangulaire (enfoncement en haut à gauche ne touchant pas le sujet). Dimensions : 56x46cm. Cadre en bois doré. Copyright Michel Bury / Vente de Maître DUVILLARD (Mâcon) du 7 mai 2016.

b) Etoile d'Officier de la Légion d'honneur, du Premier type (Premier Empire), modifiée sous la Restauration puis la Monarchie de Juillet. Or, émail, monté sous la Restauration avec une couronne à fleurs de Lys (mutilée au revers). Anneau cannelé, fragment de ruban ancien. B. Poids brut : 18gr. Nota : Le 1er type correspond bien à l'attribution précoce du grade d'officier pour Lamy. Copyright Michel Bury / Vente de Maître DUVILLARD (Mâcon) du 7 mai 2016.

Rare sabre d'honneur au modèle des Officiers de l'Infanterie de ligne donné par le Premier Consul au citoyen François Lami de la douzième Demi-brigade de ligne. Poignée recouverte de basane avec filigrane d'argent. Monture en argent, pommeau gravé de toile d'araignée et motifs géométriques, garde à une branche cannelée, et deux demi-oreillons en navette, gravés qui ont recourbés vers le bas, en palmette, poinçonné B.Y (poinçon du 1er contrôleur de la Manufacture de Versailles, Denis BROUILLY). Poinçons de titre et d'orfèvre cachés sous la poignée (comme c'est souvent le cas pour les sabres d'honneur). Lame courbe à dos plat, fort contre-tranchant, langue de carpe et pans creux. Talon dépoli. Fourreau en tôle de fer gravé en partie supérieure à l'avers «Le 1 er Consul au C en F çois Lami. à la 12 e ½ B de de ligne. »  et au revers « Mf ture  à Vers lles » à deux bracelets gravés de trophée d'Armes et anneaux en argent. Dard en bouton en fer (usures d'usage). A.B.E. Epoque Consulat. Copyright Michel Bury / Vente de Maître DUVILLARD (Mâcon) du 7 mai 2016.

d) Brevet d'officier de la Légion d'honneur au nom de François Lamy. Sur vélin. Signé «Louis», du Vicomte de Sainmars, du Maréchal Macdonald, grand chancelier de la Légion d'honneur. Donné en 1822. Cachet sec de la grande chancellerie. Présenté encadré sous verre. E.M. insolé.  (pas de photo communiquée). Copyright Michel Bury / Vente de Maître DUVILLARD (Mâcon) du 7 mai 2016.

e) Deux documents :
- L.S. du Grand Chancelier, Lacepède, adressé à Monsieur Lamy, officier de la Légion d'honneur, Lieutenant au douzième régiment d'infanterie de ligne. Fait à Paris le 12 vendémiaire An IV. Relative à son inscription à la sixième cohorte.
- L.S. de Lamy adressé à l'intendant militaire de la dix-huitième division militaire. Fait à Saulieu, le 31 Octobre 1820. Relative à la circulaire de la grande chancellerie de la Légion d'honneur. B.E. Copyright Michel Bury / Vente de Maître DUVILLARD (Mâcon) du 7 mai 2016.

 

 

II/ En 1804 :

Fig 2 Grenadier du 12e de Ligne en 1800-1805

Si les deux premiers bataillons sont toujours autour de Bruges dans la 16e Division Militaire, le 3e bataillon et le dépôt ont été portés à Mézières. Les conscrits de Gironde et de la Sarre y sont versés au régiment. L’Etat militaire de l’an XII (1803-1804) nous donne l’encadrement suivant :
Colonel Vergez
Major Teulet
Chefs de bataillon : Fischer, Reignault, Martin et Faure
Quartier Maitre Beraud
Adjudants majors : Lombard, Boyeaux et Duchemin
Officiers de Santé Fischer et Boniquet

L’Empire a été proclamé en Mai et le général Davout est devenu maréchal d’Empire.

Le 21 mai 1804 (1er prairial an 12), Bonaparte écrit depuis Saint-Cloud au Maréchal Berthier "Mon Cousin, je vois que, dans l'état de situation de l'armée des côtes, le 85e régiment n'est qu'à 1,300 hommes, et le 12e à 1,400. L'un et l'autre de ces régiments ont à leurs dépôts, à Mézières et à Sarre-Libre, assez de troupes pour pouvoir se compléter. Donnez donc l'ordre à leurs 3es bataillons d'envoyer à ces régiments des conscrits habillés, et qui seraient déjà à l'école de peloton ..." (Correspondance de Napoléon, t.9, lettre 7765; Correspondance générale, t.4, lettre 8875).

En Août 1804, Gudin prend le commandement de la 3e division du corps de Davout. A la fin de l'année, le régiment envoie une délégation avec son colonel recevoir le nouveau drapeau surmonté de l'Aigle Impériale. La cérémonie a lieu à Boulogne le 5 Décembre.

 

III/ LA CAMPAGNE DE 1805

La future »Grande Armée» ayant été constituée, le corps de Davout en devient son 3e Corps. Et notre 12e de Ligne aligne deux bataillons de guerre à la 3e division sous le général Gudin avec le 21e, le 25e et le 85e de Ligne.

Entre Mars et Juillet 1805, le corps de Davout se recentre autour d’Ambleteuse dans le Pas de Calais.

Le 21 mars 1805 (30 ventôse an XIII, date présumée), Napoléon écrit depuis La Malmaison au Maréchal Berthier : «Mon Cousin, je vois avec peine que l'on me propose, tous les jours, des avancements rapides pour des officiers d'état-major, des lieutenants qui ne le sont que de deux, trois, quatre ans, et l'on se croit ancien lorsqu'on date de l'an VII. Cependant il n'y a pas de régiment où il n'y ait huit capitaines de 1792 ayant des blessures et fait toutes les campagnes. J'en compte ... six dans le 12e ... Mon intention est que vous me remettiez un état de tous les officiers qui ont été faits capitaines pendant l'an XIII et avant, un même état des lieutenants et sous-lieutenants, avec la note de leurs services, s'ils ont fait la guerre dans leur corps sans interruption, avec des notes sur chacun d'eux, et que vous ne me proposiez aucun officier pour être chef de bataillon que la liste de ceux qui sont sur cet état ne soit épuisée» (Correspondance de Napoléon, t.10, lettre 8460).

L’Autriche rejoint la coalition anti française le 10 Août, comprenant Anglais, Russes, Danois, et Napolitains. Les états allemands restant dans l’expectative. Le débarquement en Angleterre étant devenu vain après Trafalgar, une campagne terrestre doit être lancée, aussi la Grande Armée quitte ses bases fin Août, se dirigeant vers la Bavière. Le but : écraser l’Autriche avant l’arrivée des Russes.

Le 19 Septembre 1805, l’Empereur ordonne de former des compagnies de voltigeurs au sein des régiments d’infanterie de Ligne (elles existaient déjà dans la Légère depuis 1804). Celles-ci ne pourront être organisées que plus tard, le régiment étant en marche. Le 25 Septembre, le 3e Corps se retrouve autour de Manheim, passe le Rhin puis marche sur Neuburg et Dachau. La principale armée autrichienne s’étant regroupée autour d’Ulm, la manoeuvre consiste à l’encercler. Davout est chargé en se positionnant en avant de Dachau de bloquer toute progression des Autrichiens qui remonteraient d’Italie et soutenir Bernadotte qui occupe Munich.

Fig 3 Soldats de Davout à Leipzig en 1806, par Geissler

Après la capitulation d’Ulm (le 20 Octobre), la Grande Armée marche sur Vienne et Davout et le 12e sont envoyés sur Mûhldorf en longeant le Danube. Le régiment y a son premier engagement contre des Russes. Les Russes qui reculent et se concentrent avec Koutouzov autour de Brûnn. Au passage de la Salza à Craiburg par la division Gudin, le sergent major Bonfillou, traversa la rivière et s’empara avec 15 grenadiers du bourgmestre malgré la présence de 500 ennemis.

Le 4 Novembre, le régiment est à Steyer et franchit les ponts en poursuivant le corps d’armée autrichiens de Merfeldt. Davout entre dans Vienne le 15 Novembre. Le 23, le régiment est à Presbourg.

Le 27, le colonel Vergez et le capitaine Marboeuf s’emparent de 30 hussards ennemis au pont de Neudorf. Mais c’est surtout du repos pendant plusieurs jours tandis que le reste de l’Armée française s’enfonce en Moravie. Davout n’a plus avec lui que ses 2e et 3e divisions, la première ayant été confiée à Lannes.

Le 28 Novembre, Napoléon lui demande d’accourir à marches forcées. Si une partie du 3e Corps combat bien à Austerlitz et contient les Russes à l’aile droite de l’Armée, la division Gudin et le 12e de Ligne trop éloignés ne pourront arriver sur le champs de bataille que le 3 Décembre et se lanceront à la poursuite des Russes que Koutouzov essaie de ralentir en faisant état d’un faux armistice. Puis le 3e corps au complet vient cantonner près de la frontière hongroise. L’occupation se prolonge, car les Russes venaient de s’emparer des bouches de Cattaro en Adriatique avec la complicité passive des Autrichiens.

Au début de 1806, le 3e Corps se replia et hiverna en Bavière. Davout se fixa comme objectif de rééquiper et de poursuivre l’entrainement de ses hommes. Le général Morand vint prendre le commandement d’une de ses divisions et l’équipe fameuse des 3 divisionnaires de Davout se constitua : Friant, Morand et Gudin.

Napoléon laissait le gros de son armée en Allemagne, anticipant l’attitude ambiguë de la Prusse et de l’Autriche qui avaient pourtant signé des traités à la fin 1805 et puis la Russie était toujours officiellement en guerre.

 

IV/ LA CAMPAGNE DE 1806 -1807

Fig 4 Grenadier en habit blanc, 1807-1808, d'après Bucquoy

Le 3e Corps de Davout était donc resté en Allemagne, la 3e Division de Gudin autour d’ Oetingen. Très infatués d’eux mêmes, les Prussiens avaient multiplié les provocations au cours de 1806. La création de la Confédération du Rhin en Juillet, dont Napoléon était le protecteur, acheva de les pousser à déclarer la guerre. Un ultimatum fut adressé à Napoléon le 25 Septembre d’évacuer l’Allemagne alors que les troupes prussiennes étaient rentrées en Saxe depuis 12 jours. Saxons qui se trouvaient alors alliés des Prussiens.

Le plan de campagne français était simple : marcher sur Berlin et couper les armées prussiennes de leurs alliés russes qui étaient encore loin. Les Prussiens disposaient de 3 armées principales. Les premiers contacts avec les Français tournant à leur désavantage, ils décidèrent de se replier. L’ennemi se concentre alors sur Weimar ; Napoléon veut couper ses voies de retraite.

Le 10, Davout reçoit l’ordre de se porter sur Saalbourg puis sur Schleiz et le lendemain sur Auma. Le surlendemain, il occupe Naumburg, le gros de l’Armée française s’occupant de la route d’Iéna.

Pour éviter que l’armée prussienne ne file par Magdebourg, Napoléon décide de l'attaquer rapidement et une bataille est prévue pour le 16 à Erfurt. Le 12ème de Ligne doit participer à l’attaque tournante sur la gauche de l’ennemi et contribuer à lui couper sa ligne de communication vers Magdebourg lorsqu’il entendra le canon. Cependant, les Prussiens ont divisé leurs forces en deux groupes : le premier, aux ordres de Hohenzollern, doit fixer les Français sur Iéna tandis que le gros de l’Armée commandé par Brunswick et le Roi se retirera en forçant le passage à Naumburg. Deux Batailles vont donc avoir lieu simultanément ce 14 Octobre : Iena et Auerstaedt.

La veille du combat, Napoléon envoie un aide de camp à Davout pour lui demander d’avancer sur Appolda afin de tomber sur les arrières de l’ennemi qu’il croie tout entier devant lui. Davout, dont le 3e Corps comprend environ 26000 hommes dont 83% de fantassins, reçoit cet ordre dans la nuit et prend ses dispositions pour le lendemain. La Division Gudin est placée en tête du 3ème Corps avec le 12ème de Ligne. La journée débute à 6 heures 30 du matin avec le départ de la 3ème Division qui franchit le pont de Koesen. Puis aveuglée par un épais brouillard et par le défaut du Régiment de cavalerie qui aurait dû l’éclairer, se dirige sur le village de Hassenhausen. En sortant de ce dernier, elle bute sur les troupes ennemies, ignorant qu’elle vient de se heurter au gros de l’Armée prussienne. Le 12ème, avec l’ensemble de la Division Gudin, se retranche dans le village ; lorsque le brouillard se lève, Gudin découvre la menace représentée par la cavalerie ennemie et forme sa division en carré. Le plateau de Hassenhausen est le point clé du terrain, et la Division Gudin va supporter seule pendant près de deux heures le choc d’une Division d’Infanterie et des 25 Escadrons de Blücher. Bientôt arrive la Division Friand qui se déploie sur la droite de Gudin. Celui-ci prélève alors des forces pour s’opposer à l’effort mené par Brunswick pour le déborder par sa gauche afin de couper la ligne de repli vers l’Est. Les fantassins du 12ème et 21ème de Ligne sont donc au centre du dispositif et doivent contenir les efforts d’un ennemi presque deux fois supérieur en nombre.

Vers 11 heures, alors qu’ils plient sous le nombre, ils sont secourus par l’engagement de la Division Morand, qui se présente au pas de course et se déploie à gauche. Le Prince Guillaume lance alors ses Escadrons de réserve, qui viennent buter sur les carrés de bataillons du 13ème Léger et des 17ème, 51ème et 61ème de Ligne. Décimés et épuisés par leurs assauts incessants mais infructueux, les Prussiens refluent, malgré l’engagement personnel de leurs Généraux en chefs pour ramener en ligne les unités défaillantes. Brunswick lui-même est tué alors qu’il charge avec un Bataillon de Grenadiers. Bien que toujours supérieur en nombre, le Roi de Prusse hésite à faire reprendre l’offensive, et ordonne la retraite, couverte par une forte réserve encore intacte qui tente de s’opposer à la poursuite menée avec énergie par Davout sur toute la ligne de front.

Major 12e de Ligne
Fig 4bis Major Teulet en habit blanc par Fort (BN, collection de Ridder) d’après un portait du temps
Major du 12e de Ligne; infographie de Marc Morillon, d'après un portrait du temps

Les 2 majors du 12e de Ligne en 1807

Deux majors se sont succédés en 1807 au 12e de Ligne. Leurs noms assez similaires les font parfois confondre. Le premier à entrer au régiment est : Raymond Teulet, né à Toulouse le 20 septembre 1768. Soldat au 2e bataillon des volontaires de l'Aude en1791, il en devient capitaine en 1793. Passé à la 147e DB de bataille puis à la 4e DB de Ligne, il combat durant la 1ere campagne d'Italie et s'illustre à Castiglione et Caldiéro. Le 2 décembre 1800, il entre dans la Garde des Consuls. Nommé major du 12e de Ligne en décembre 1803, il y sert jusqu' au 30 Avril 1807, où il prend le commandement de la 4e légion de Réserve de l'Intérieur. Il sera capturé à Baylen en 1808. Rentré en France en 1813, il fera la campagne d'Allemagne puis sera promu colonel du 67e de Ligne le 4 décembre 1813.
Celui qui prend sa suite est François Marie Ciprien Teullé, né le 15 septembre 1769 à Caumont dans le Tarn et Garonne. Capitaine au 4e bataillon des volontaires de Haute Garonne, il sert à l'Armée des Alpes et durant le siège de Toulon. Puis fera campagne à l'Armée des Pyrénées Orientales. Passe dans l'Ouest et à l'Armée d'Angleterre et dans la 22 e division militaire jusqu'en 1801. Chef de bataillon du 65e de Ligne en Juin 1804. Entré au 12ème de Ligne en qualité de Major par décret du 11 juillet 1807. Il passe ensuite au commandement des 1er et 2ème bataillons de la 3ème Demi-brigade provisoire à Sedan le 1er mai 1809 et réintègre le 12ème de Ligne, le 14 septembre de la même année par souhait de l'Empereur. Sera promu colonel du 21e de Ligne en mars 1812 et fera la campagne de Russie.

 

Cornet de voltigeurs 12e de Ligne periode habit blanc 1807-1808
Fig 4ter Cornet de Voltigeurs en habit blanc, 1807-1808, d'après Bucquoy

Vers 17 heures, le 3ème Corps est maître du terrain et s’empare du village d’Auerstedt, tandis que sa cavalerie talonne l’ennemi en retraite. Celle-ci se transforme en déroute lorsque l’Armée du Roi de Prusse se mélange à celle de Hohenlohe écrasée la même journée à Iéna par Napoléon. Rien qu’à Auerstedt, les Prussiens ont perdu 13000 hommes, dont 3000 prisonniers, et 115 canons, alors qu’ils étaient presque deux fois plus nombreux. Le 12ème de Ligne pour sa part a les pertes suivantes :
- Blessés : Colonel Vergez a eu le corps traversé de trois balles, il est laissé pour mort sur le champ de bataille mais sera soigné et finalement nommé général de Brigade par l'Empereur le 23 octobre 1806. 7 Capitaines : Philippier, il sera ensuite nommé chef de bataillon, Guerry et Argenton qui meurent de leurs blessures, Boumard, Lebon, Dechambe et Renault. 3 Lieutenants : Sensenbrener qui meurt de ses blessures, Robert qui sera ensuite chef de bataillon, Chatillon. 5 Sous-lieutenants : Caillot (ensuite capitaine), Plissonneaux, Monnier, Bouyer (tous ensuite lieutenants), Ripert. 1 adjudant, Boudin (ensuite capitaine). 2 sergent-majors Gérard (ensuite capitaine) et Boucherie. 5 sergents, Buret (ensuite capitaine), Rancurel et Mignard (ensuite sous-lieutenants), Barboteaux et Fourrier (ensuite Lieutenants). 11 caporaux : Henry, Etienne, Berlaud, Hiérard tous devenus ensuite capitaines, Châtellier ensuite adjudant-major, Desnaud, Martin, Thouvenin et Gilbert tous devenus ensuite lieutenants, Cointin et Soldat tous deux devenus sous-lieutenants.
- Parmi les tués : 3 capitaines, Marou, Minon, Chapellier. 3 lieutenants, Frédéric Humbert, Dessoindre et Leblanc. 4 sous-lieutenants, Palato, Bouteillier, Léger et Viard.

Dès les jours suivants, Napoléon multiplia les félicitations et récompenses au 3e Corps qui avait permis le succès de cette double bataille. Le 3e corps participa à la rafle de prisonniers qui suivit ce quasi anéantissement de l’Armée prussienne. Davout marcha sur Leipzig dont la garnison capitula le 18 Octobre. Le 20, il franchissait l’Elbe et marchait sur Berlin. Pour récompenser Davout, ce fut le 3e Corps qui eut l’honneur d’entrer le premier dans Berlin. Puis il alla se reposer en dehors de la ville. Napoléon le passa en revue longuement le 28. Promotions et décorations plurent sur les unités. Davout répliqua en présentant son corps d’Armée comme semblable à la Xe Légion de César ...

Mais la campagne n’était pas finie. Il restait des débris de l’Armée ennemie qu’il fallait poursuivre à outrance entre l’Elbe et l’Oder avant qu’ils ne puissent se joindre aux Russes. Tandis que le gros des forces françaises continuait vers le Nord, à la poursuite des restes prussiens, le 30 Octobre le 3e Corps levait le camp et marchait vers l’Est vers l’Oder. Friant et Morand traversaient l’Oder à Francfort (sur Oder) le 31, tandis que le 1er Novembre Gudin s’emparait de Kustrin. La ville se rendit au 21e et 85e de Ligne tandis que le 12e Rgt rétrogradait vers Francfort.

La libération de la Pologne venait de commencer. Davout envoyait sa cavalerie légère en avant-garde. Le 6 Novembre, le 3e Corps se dirigeait vers Posen qui fut atteint le 8. La saison était pluvieuse, les chemins boueux et le pays pauvre. Le 3e Corps resta à Posen jusqu’ au 15 sauf le 12e Rgt qui fut envoyé à Kobylepole. Le 3e Corps, auquel on avait adjoint une division d’infanterie légère, une division de dragons et une division de cavalerie lourde, marchait à présent au centre des forces française en direction de la Vistule et de Varsovie.

Napoléon, resté à Berlin, avait confié le commandement général à Murat. La marche sur Varsovie fut ponctuée d’escarmouches avec les forces russes qui reculaient devant l’avance française. Murat entra à Varsovie avec la cavalerie le 28 Novembre alors que les Russes occupaient encore la rive droite de la Vistule. La division Gudin et le 12e (provisoirement sous les ordres du général Gauthier) vinrent cantonner en arrière de Varsovie.

Le 2 décembre les Russes reculèrent encore pour se placer derrière le Bug. Le 12e de Ligne entre à Varsovie le 4 Décembre. Le Bug fut franchi à son tour le 10 Décembre et une tête de pont retranchée fut construite. Une contre offensive russe échoua tandis que d’autres corps d’armée français passaient la Vistule. Le 12e de Ligne défendait la tête de pont.

Le 23 eut lieu le passage en force de la Wkra et le combat de Czarnowo. Le 12e de Ligne eut sa part dans la réussite de l’opération en contenant les contre-attaques ennemies. Le Capitaine Fournier, le lieutenant Noël son tués. Le lieutenant Joseph Nicourt, le sergent-major Pierson (ensuite sous-lieutenant) et le sergent Buret (ensuite capitaine) sont blessés.

Puis l’avancée continua avec des Russes de plus en plus opiniâtres dans la défense. La 3e division fut confiée au général Petit (Gudin blessé depuis Novembre étant toujours indisponible). Le 26 Décembre, alors que le 3e Corps était en marche sur Golymin, la 3e division (et le 12e) était détachée sur Pultusk pour joindre le corps d’Armée de Lannes. Le terrain était boueux à souhait à cause d’un dégel impromptu et la progression très difficile.

Le 3e Corps rejoignit Lannes en plein combat contre les Russes et engagea aussitôt les hostilités sur son flanc gauche. La neige se mit à tomber. Après une journée de combat, les positions n’avaient guère bougé entre Russe et Français. Au 12e Rgt, les chefs de bataillon Becker et Pierre, le lieutenant de grenadiers Guillot, les sous lieutenants Bonnet et François s'étaient distingués. Le Capitaine Laluyé était blessé ainsi que le sergent Porte (ensuite capitaine), les sergents Antoine, Bouyer (ensuite lieutenants) et le sergent Masson (ensuite sous-lieutenant).

Les Russes ayant évacué Pultusk, la 3e division rejoignait son corps d’Armée à Garnowo.

Fig 5bis Plaque du 12e de Ligne 1807-1809 (reconstitution)

Le 29 Décembre 1806, l’Armée française prenait du repos ; le 12e de Ligne s’installait sur la rive gauche de l’Ukra. Le nouveau colonel qui avait remplacé Vergez (nommé général à la fin Octobre), Joseph Antoine Muller, venant de la Garde Impériale, et qui s’était dès le début distingué à la tête du régiment à Pultusk (où il était blessé au genou) pouvait faire souffler ses hommes qui en avaient bien besoin. Il y a alors 30 officiers et 978 hommes dans les deux bataillons du 12e de Ligne.

Le 15 Janvier 1807, la 3e Division de Davout se rendait à Varsovie et y retrouvait le général Gudin, qui rétabli, pouvait reprendre son commandement. Le 26 Napoléon passa en revue la division et fit de nouvelle promotions.

Fin Janvier, alors que des escarmouches se produisaient tout long de la ligne de front, Napoléon apprit que Bennigsen, le vaincu de Pultusk, devenu généralissime de l’Armée Russe, tentait de surprendre l’aile gauche de l’Armée française établie sur la basse Vistule. Napoléon décide de le devancer et de quitter les cantonnements discrètement. Le 3e Corps quitte donc Varsovie le 29 et rallie Pultusk. Le 29, il est à Klein Schimanen avec Davout, le 5 Février à Wartenburg puis Gutstadt. Mais les Russes ont éventé son plan et ils se replient sur la Pregel. Ney réussit à accrocher le dernier corps prussien encore conséquent : celui de Lestocq, qui s’échappe.

Davout est envoyé à Heilsberg dans l’espoir de couper la retraite de Bennigsen, mais c'est Murat qui parvient à le retrouver le 6 février à Hoff. Bennigsen prend à nouveau la poudre d’escampette en livrant des combats d’arrière garde. Toutefois, l’avant-garde française parvient à le fixer le lendemain, ce qui permet à Napoléon de regrouper son armée et d’envisager une bataille pour le 7, à Eylau. Le 7 au soir la ville est prise après des combats acharnés. Mais les Russes sont en ordre de bataille au delà.

Davout et Ney doivent rallier à marches forcées. Seul Davout arrive le 8 au matin et se positionne sur l’aile droite. Il est chargé de mener une attaque tournante, sur l’aile gauche ennemie. En infériorité numérique, les Français souffrent beaucoup mais Davout réussit à faire reculer l’aile gauche Russe. Alors qu’au centre de la bataille, le corps d’armée d’Augereau, en pleine tempête de neige, se fait étriller par les Russes, Murat doit réagir en brisant les lignes ennemies en lançant sur elles plusieurs charges de ses 80 escadrons de cavalerie.

Sur le flanc droit, le 12ème de ligne ainsi que son Corps peuvent alors gagner du terrain et s’emparer du village de Kleinsausgarten. Il parvient même malgré la neige qui tombe à entamer un mouvement sur Kutschitten. Mais le Prussien Lestoq, qui a échappé aux griffes de Ney, paraît alors de ce côté. Il faut tenir. Davout parcourt les rangs : «les lâches iront mourir en Sibérie, les braves mourront ici avec honneur». Le 3e Corps résiste comme à Auerstaedt. L’ennemi est repoussé jusqu’à Serpallen. Kleinsausgarten est repris jusqu’à la fin de la bataille.

Alors que Napoléon, à bout de munitions envisage un repli, Ney arrive enfin vers 6 heures du soir. Découragés par ces renforts, éreintés eux aussi, les Russes se retirent du champ de bataille.

Le 9, le 3e Corps reste sur le champ de bataille où l’Empereur l’inspecte; 18 croix de chevaliers de la Légion d'Honneur sont distribuées au 12ème de ligne : capitaines Moteau, Renaud, Bonnard, Gruau, Hobquin, Fusier et Guyot, lieutenants Ripert, Drouaillet, sous-lieutenants Lazare et Carré Adjudant Antoine, Sergents Burette et Porte Fourrier Garnier, Caporal Mulot, Voltigeur Pageot, Grenadier Voisin.

Les pertes sont lourdes des deux côtés, mais l’issue du conflit n’est toujours pas décidée. Au 12ème, on compte le Capitaine Godard, tué, le Sous lieutenant Bodier, blessé et mort le 11 mars, et le Capitaine Louis, blessé. C’est une victoire à la Pyrrhus ; Les pertes ont été effrayantes mais des deux côtés. Une avancée est tentée sur Friedland ou le 12e Rgt se retrouve le 12 Février.

Sagement l’Empereur décide de replier son armée amoindrie sur la Passarge avec des conditions météos épouvantables. Il faut panser ses blessures avant d’affronter de nouveau l’ennemi. Le 18 on retrouve le régiment à Heilsberg puis entre le 21 et le 27 Février, il cantonne avec le 3e Corps entre Hohenstein et Gildenburg. La 3e division du Corps voit arriver un nouveau régiment en son sein : le 7e Léger.

Les Russes redevenant agressifs début Mars, la 3e division fut dirigée autour d’Osterode, après divers mouvements. Elle y cantonna dans des baraquements pendant les mois d’Avril et Mai.

Emplacement des troupes de l'Empire français à l'époque du 1er avril 1807
Numéros des Régiments, et noms des Colonels
Majors, Chefs de Bataillon et Quartiers-maîtres
Numéro des Bataillons
Emplacement, et conscription de l'an 1807
Division Militaire
12e Muller

Teulet
Pierre
Barthelemy
Becker
Lacroy

Major
1er
2e
3e
Quartier-maître


3e Division 3e Corps
3e Division 3e Corps
à Mézières
Conscrits de la Gironde




2e

Le 5 Juin, on apprit que les Russes se mettaient en mouvement de tout cotés. La division Gudin se porta sur Allenstein rejoindre la 1ère division. Puis les 3 divisions se retrouvèrent en bataille devant Mühlengraben, menaçant le flanc gauche de l’Armée Russe qui se portait au contact du maréchal Ney autour de Deppen.

Le corps de Davout avait eu le temps de se remplumer, non seulement des recrues étaient arrivées de France (dont ceux du 12e de Ligne avec leurs nouveaux habits blancs) mais deux nouveaux régiments étaient désormais associés : le 15e Léger et le 65e de Ligne. Les divisions vont se relayer à l’avant garde dans la marche du 3e Corps. Le 8 Juin à Osterode, le 9 au passage de la Passarge, le 10 à Gutstadt puis Altkirch, le 11 à Heilsberg, le 12 à la poursuite des Russes sur Preussich Eylau.

Le 14 Juin, la 3e division est envoyée devant les murailles de Koenigsberg puis se met en marche sur Friedland pour apprendre le 15 le succès de la bataille qui s’y est jouée. Le 16 le 3e Corps est dirigé à Tapiau sur la Pregel. La rivière est passée le 16 et on continue direction Tilsit. Les avant-postes sont sur le Niémen le 18. Le 21 on y apprend l’armistice avec les Russes.

Tout le monde connait l’image des deux empereurs se rejoignant le 25 Juin sur un radeau au milieu du fleuve et qui désirent autant l’un que l’autre la Paix, leurs armées épuisées par une campagne très dure. Pendant plusieurs jours, les deux nouveaux «amis» négocient directement, rognent la Prusse, et pour se distraire se montrent leurs soldats. Et le 12e de Ligne participe aux défilés et revues qui se succèdent ….

Puis le 3e Corps va se replier dans le tout nouveau grand-duché de Varsovie où Davout va gérer la mise en place de ce territoire, rattaché administrativement au royaume de Saxe ( à suivre).

 

V/ LA CAMPAGNE DE 1809

Sous officier porte aigle du 12e de Ligne, 1808
Fig 6 Sous -officier (sergent major) porte Aigle du 12e de Ligne fin 1808, avec un drapeau modèle 1804

Sitôt sorti d’Espagne, Napoléon au courant des intentions belliqueuses de l’Autriche organise une nouvelle Armée d’ Allemagne, levant la conscription de 1810 pour former de nouveaux bataillons, stimulant l’organisation des contingents alliés allemands, hollandais et polonais.

Le corps du maréchal Davout, sous le nom d’Armée du Rhin, avait passé l’Hiver 1808-1809 en Prusse. Il va devenir le 3e Corps de cette nouvelle armée d’Allemagne.

Le 12e régiment avait après Tilsitt occupé diverses villes : Francfort sur l’Oder, puis Reppen et Blankenbourg où il se trouve encore au 1er janvier 1809. A cette date, il fait partie de l’Armée du Rhin (3ème Division Gudin, 1ère Brigade Petit) avec ses 1er, 2ème et 3ème Bataillons sous le Colonel Muller.

La situation au 5 mars indique qu’il compte dans ses rangs 2082 hommes présents : 3 bataillons plus les grenadiers et voltigeurs du 4ème, auxquels doit se joindre un détachement de 200 hommes provenant du dépôt. Le 26 mars, le 12ème est à Erlangen. Le 1er avril, le 12ème aligne à la 3ème Division un effectif de 58 Officiers et 2027 hommes, et à la Division de Réserve du 3ème Corps : 6 Officiers et 213 hommes (du 4ème Bataillon). Le 7, le Colonel Muller se retire du service ; le 12ème passe alors sous le commandement du Colonel Jean Martin Thoulouze.

Le Corps de Davout se rassemble sur Ratisbonne, le 12ème venant de Bayreuth et Bamberg, tandis que sur Augsbourg se réunissent des contingents allemands, la Garde tirée d’Espagne et quelques troupes françaises.

Les Autrichiens sous les ordres de l’Archiduc Charles ont réuni la plus forte concentration de troupes possibles en 11 corps d’ Armée. Le 9 avril 1809, on apprend que les Autrichiens ont passé l’Inn à Braunau et entrent en Bavière. A ce jour, le 12ème est à Amberg (division de Réserve à Anspach). Le lendemain, 280 hommes tirés des 5e et 6e Compagnies du 4e Bataillon doivent quitter le Dépôt à Mézières pour se rendre à Strasbourg pour le 22 avril; ils sont destinés à renforcer le régiment à la Division Gudin.

Berthier, qui commande l’Armée d’Allemagne, en attente de l’arrivée sur place de Napoléon, est un piètre manoeuvrier et les forces françaises sont séparées en deux grands groupes distants de près de 120 Kms; brèche dans laquelle les Autrichiens espèrent bien s’engouffrer pour les envelopper et les vaincre séparément. Heureusement Napoléon arrive sur le front le 17…

Pour opérer sa jonction, Napoléon dirige Davout sur Neustadt en faisant une délicate marche de flanc. Mais le Maréchal doit attendre la Division Friant retardée, avant d'’évacuer Ratisbonne. L’ennemi profite de ce contretemps : il attaque la queue de colonne du 3ème Corps à Tengen le 19 Avril mais est battu. Le même jour, les divisions de tête dont celle de Gudin doivent tirer quelques coups de feu pour forcer le passage à Thann, premier engagement du 12e de Ligne en cette campagne. La concentration est réussie.

La 3ème Division Gudin est alors placée sous les ordres de Lannes qui, arrivant d’Espagne, n’a pas de troupes à commander. Le lendemain, le 12ème contribue à la victoire d’Abensberg qui chasse les Autrichiens de leurs positions. Ensuite, il poursuit les vaincus et marche sur Landshut où Napoléon remporte une victoire permettant de couper la retraite vers l’Inn à l'ennemi. Mais Gudin est rapidement rappelé sur Eckmühl où Davout est sérieusement pris à parti dès le 21 au soir. Après avoir parcouru 45 kilomètres, il atteint le champ de bataille le lendemain à 13 heures 30 et enlève à l’ennemi les hauteurs boisées de Rocking. Il a au cours de ce combat le chef de Bataillon Grossot Devercy, blessé et mort le 26, le Lieutenant Bertrand, tué, et le Lieutenant Bourdot, blessé.

Fig 7 Sapeur du 12e de Ligne en 1809 d'après des notes de Nussbaum

Les Autrichiens sont alors pris dans une nasse, mais parviennent à s’échapper car l’Armée française, exténuée, ne peut organiser immédiatement la poursuite.. Il faut reprendre Ratisbonne, le 23 : le 12ème de Ligne, toujours sous les ordres de Lannes y parvient avec ses camarades. Succès limité cependant du fait que les ponts ayant été coupés, les Français ne peuvent poursuivre les autrichiens. Le 12ème perd le sous-lieutenant Dupeyrat, tué ; le major Pierre, le capitaine Pélissier, le capitaine adjudant major Montagnard, les lieutenants Battault, Guillot, et les sous lieutenants Geyer et Roussel sont blessés. Mais la ligne du Danube est de nouveau aux mains des Français.

Napoléon a ensuite deux possibilités : soit poursuivre l’Armée de l’Archiduc Charles en Bohème et le vaincre, laissant à Bessières le soin de poursuivre Hiller, soit foncer le long du Danube sur Vienne et s’en emparer. C’est ce qu’il choisit.

Davout suit de près l’arrière garde autrichienne jusqu’à la frontière avec la Bohème, lui-même restant en soutien avec la division Gudin. C’est Lannes qui arrive le premier, le 10 Mai, devant les faubourgs de Vienne, puis les renforts français arrivent et l’on commence un bombardement de la ville le 11. La ville se rend le 13. Reste à franchir le Danube et affronter l’armée autrichienne qui s’est regroupée sur la rive gauche. Napoléon décide de passer le fleuve un peu au Sud de Vienne en s’appuyant sur l’ile Lobau et en construisant des ponts. Les passages des deux bras du fleuve commencent le 19 mai au matin.

Les troupes de Davout (et le 12e de Ligne) n’arrivent devant Vienne que le 20 puis se positionnent à Kaiser Ebersdorf. Le fleuve est en crue. Mais les Français réussissent à former une tête de pont sur la rive gauche, le 20 au soir. Le 21 mai, les combats ont lieu pour s’emparer d’Aspern et d'Essling au milieu des contre-attaques furieuses des Autrichiens et de la rupture à répétition des ponts dans les dos des Français. A la fin de la journée, même si les Français ont conservé leurs positions face à un ennemi nettement supérieur en nombre, leur situation est périlleuse. Les combats recommencent le lendemain sans résultat probant. Il faut se replier sur la Lobau. Les pertes ont été lourdes des 2 cotés. Le maréchal Lannes a été mortellement blessé.

Le 24 mai , la division Gudin est toujours à Ebersdorf avec les 3 bataillons du 12e de Ligne, tandis que le 4e bataillon est à une division de réserve aux ordres du général Demont. Le corps de Davout n’ a pas combattu et sera un des fer de lance de la prochaine offensive.

Napoléon attend ses renforts, notamment de l’Armée d’ Italie, et transforme la Lobau en camp retranché. Il faut aussi empêcher la jonction de l’armée autrichienne d’Italie avec celle de l’archiduc Charles. Mission confiée à Davout, qui, le 3 Juin, s’empare du village d’Engerau où les Autrichiens sont retranchés. Le 12e de Ligne est alors commandé par le chef de bataillon Pierre en l’absence du colonel Muller qui est parti en France, admis à la retraite en Avril. Le régiment a de nombreuses pertes.

Tambour maître 12e de Ligne 1809
Fig 8 Tambour Maître du 12e de Ligne vers 1809  d'après la collection Schmidt et notes de Nussbaum

Pertes du 12ème de ligne au combat d'Engerau, le 3 juin 1809 :
400 hommes et 36 officiers tués ou blessés
Blessés : Chef de bataille Becker (ensuite major au 127ème régiment); Adjudant-major Michelet; Bonfillou 1er porte-Aigle; Carot porte-aigle; Capitaine Fusier (ensuite chef de bataillon au 21ème de ligne); Capitaines Masseraud, Mitel et Bourdot; Lieutenants Thiéry et de Beaulieu; Sous-lieutenant Hiaguy; Adjudant Pierson (ensuite sous-lieutenant); Sergent-majors Senault (ensuite adjudant-major) et Bouyer (ensuite lieutenant); Sergent Porte (ensuite capitaine); Caporal Pradel (ensuite lieutenant).

Après ce combat, l’unité fut envoyée à Kugendorf faire la jonction avec l’armée française d’Italie qui venait d’arriver devant Raab. A cette occasion, des officiers et soldats du 12e capturent, à la nage, la petite ile de Shutt.

Puis le 3e Corps de Davout se retrouve dans l’ile Lobau en prévision de la future bataille de Wagram.

1er Juillet. Napoleon fait une reconnaissance dans la Lobau. L’archiduc Charles a disposé ses troupes en immense arc de cercle de 10 Kms qui s’appuie sur le Danube à sa droite. Le terrain de la future bataille est couvert de champs de blé.

Napoléon a décidé de franchir le fleuve et passer sur la rive gauche dans la nuit du 4 au 5 juillet. Oudinot forme l’avant-garde. Masséna forme l’aile gauche. Bernadotte au centre gauche est en face d’Aderklaa tandis que le gros des forces françaises à la fin de la journée avec Eugène et Marmont et Oudinot sont en face de Wagram, les Bavarois et la grosse cavalerie en réserve sur leurs arrières. Davout constitue l’aile droite, flanqué par Grouchy et sa division de dragons.

Davout place ses troupes sur deux lignes. Gudin occupe la gauche de la première, Desailly est derrière lui. Le 3ème Corps se trouve ainsi établi entre les villages de Kimmerleinsdorf et de Glizendorf. Au sein du Corps de Davout, le 12ème régiment aligne 2261 hommes au début de cette affaire : les trois premiers bataillons sous les ordres du Général Gudin (3ème Division, Brigade Boyer), le 4ème bataillon est à la 4ème Division Puthod (Brigade Desailly).

Une première attaque au centre et à droite, le 5 au soir , a été repoussée par les Autrichiens. Le plan autrichien du lendemain est de contenir la poussée ennemie puis de couper les Français du fleuve en passant sur leurs arrières par leurs deux flancs, tandis que l’Empereur veut percer le centre ennemi.

Les Autrichiens, qui lancent une offensive contre Davout dès le matin sont repoussés. Le 12ème et les autres Régiments du 3ème Corps tiennent. L’Empereur, inquiété, vient sur ce point pour encourager ses soldats tout en les soutenant par du canon et par les cuirassiers d’Arrighi tandis qu’au centre et à gauche de la ligne de front française, pendant plusieurs heures, la bataille va faire rage autour d’Aderklaa, Aspern et Essling.

Tandis que Napoléon rétablit la situation sur son aile gauche avec Massena et son centre en déclenchant le feu roulant de sa «Grande Batterie» et lançant à l’assaut l’Armée d’Italie avec à sa tête Mac Donald dans son vieil uniforme de général de la République, à 11 heures, sur l’aile droite, Davout et Oudinot ont reçu l’ordre de s’emparer du plateau où Rosemberg et Hohenzollern sont retranchés.

A 13 heures, Rosenberg qui commande l’aile gauche autrichienne, est tourné. Le 12ème s’avançe alors sur la gauche de Wagram dont Oudinot s’est emparé. Mais les Autrichiens de Hohenzollern contre attaquent contre la division Gudin (et le12e), ce qui permet à l’adversaire de se replier. Ce qui d’ ailleurs se passe sur toute la ligne de front, protégée par des charges de cavalerie. Il était temps car les troupes de renforts de l’Archiduc Jean venait de faire leur apparition, mais trop tard. Les pertes sont d’environ 1 Français pour 2 Autrichiens …

Les pertes du 12ème de ligne à la bataille de Wagram le 6 juillet 1809 : Blessés : Chefs de bataillon Hémon, Montegremar et Guyot; Capitaine Laluyé; Lieutenants de Rumigny, Caillot, Fougery, Baron, Delaune, Thiery, Boucherie et François; Adjudants Sous-officiers Antoine Mitel (ensuite Capitaine), Gérard (ensuite Lieutenant); Sergent-majors Berlaud (ensuite capitaine), Barboteaux (ensuite lieutenant), Benoit, Marchand, Millot, Devert et Varenne (tous ensuite sous-lieutenants); Sergents Gilbert et Hiérard (ensuite capitaines), Rosier (ensuite Adjudant-major), Pradel, Deidoux (ensuite Lieutenants), Cordon, Dauvé, Mignard, Masson, Perceau et Gallier (ensuite tous sous-lieutenants).

Napoléon envoie, dès le lendemain, ses troupes les plus fraiches à la poursuite des Autrichiens.

Finalement, les Autrichiens demandent un armistice. Le 13 octobre 1809, la paix est signée. Le 12e de Ligne est passé en revue sur le champ de bataille d’Austerlitz. Il est ensuite envoyé à Magdebourg où il tient garnison, où il se trouve encore à la date du 20 octobre 1810. Le 12ème va rester cantonné en Allemagne. Après Magdebourg, il passe l’hiver 1810-1811 en Hanovre avant de retrouver Magdebourg.

Durant cette période calme dans l’Est de l’Europe, les régiments stationnés en Allemagne en profitent pour se refaire. En Avril 1811, ils doivent former un 6e bataillon, le 5e étant celui de dépôt sous les ordres d’un major en second.

Voltigeur 12e de Ligne 1809
Fig 9 Voltigeur du 12e de Ligne en 1809 d'après des notes de Nussbaum


VI/ LA CAMPAGNE DE RUSSIE, 1812

Tambour de grenadiers 12e de Ligne 1809
Fig 10 Tambour de Grenadiers du 12e de Ligne en 1809 d'après des notes de Nussbaum

La guerre contre la Russie approchant, le 12e de Ligne est alors dirigé sur Stettin qu’il quitte le 1er janvier 1812 pour la Pologne. En Mai, les troupes françaises se réunissent ; le 1er Corps du maréchal Davout se trouve à Ebing et Marienburg. L’mpereur s’étant porté à Dresde. Sa nouvelle Grande Armée comptait environ 400.000 hommes venus de toute l’Europe qui seraient rejoints par 150.000 autres au fur et à mesure des événements.

En juin, le régiment est rassemblé sur le Niemen. Il dispose de 5 bataillons de guerre et est affecté à la 3ème Division (Gudin) du 1er Corps d’Armée (Davout) qui en compte 5, plus 2 brigades de cavalerie. Cependant, le 15, juste avant d’entrer en campagne, il n’est pas au complet de ses effectifs puisque sur les cinq bataillons de guerre présents, il manque 325 hommes sur les 4200 prévus.

Au-dessus de son nouveau drapeau tricolore modèle 1812, sur lequel s’écrivent en lettre d’or les batailles de AUSTERLITZ IENA EYLAU ECKMUHL WAGRAM se trouve une Aigle dorée un peu abimée, mais témoin des glorieux faits d’armes du régiment.

Une dizaine de jours plus tard, l’Armée française franchit le Niémen. Le 12ème, massé préalablement dans la forêt de Wilkowski, est parmi les premiers régiments à traverser le fleuve puisqu’il franchit le pont établi par les pontonniers d’Eblé le 24 au matin. Napoléon, qui a pris toutes les précautions pour masquer les troupes françaises aux yeux des russes jusqu’à ce jour, est résolu à prendre Wilna où une partie des Russes se sont réunis après leur repli sans combat devant l’avancée française. Il y envoie Murat et Davout, soit 150.000 hommes et suit avec sa Garde.

L’effectif du 12ème en date du 25 est le suivant : 1er, 2e, 3e, 4e et 6e bataillons plus l’Artillerie : 113 Officiers, 3760 hommes.

Wilna est atteinte le 28 dans des condition météo impossibles et alors que les vivres commencent déjà à manquer. Après avoir échangé quelques coups de feu, les Russes se retirent en brûlant ponts et entrepôts. Murat, appuyé entre autres par les divisions Friant et Gudin (12e de Ligne), est chargé de poursuivre la 1ere Armée russe de l’Ouest de Barclay. Le reste du corps de Davout devait couper par le Nord la route de la 2e Armée de Bagration. Napoléon s’installait à Vilna jusqu au 16 Août pour organiser la Lithuanie.

Pendant ce temps, le 12ème de Ligne se dirige sur Sventsiany puis de là sur le camp retranché de Drissa. Murat perd du temps et compromet de ce fait la réussite du plan de Napoléon ; quand il se présente devant Drissa, le scénario de Wilna se répète : les Russes se retirent sur Smolensk pratiquement sans combats.

Tandis que la 2e armée de l’Ouest russe livre des combats pour se dégager et rallier Smolensk, plus au Nord, le 12ème de Ligne avec la division Gudin, qui a rejoint le corps de Davout, poursuit la 1ere Armée de l’Ouest de Barclay, et traverse le Dniepr le 14 août à Rassasna. Les deux armées russes ont réussi finalement à faire leur jonction devant Smolensk. L’Empereur espère bien y livrer une bataille décisive.

Les combinaisons de l’Empereur pour battre séparement les armées Russes ont donc échoué. Une bataille doit avoir lieu. Après le passage du Dniepr à Rassasna, 175000 Français marchent sur Smolensk que les Russes ont finalement décidé de défendre. La vieille ville sur la rive gauche du fleuve est entourée de vieille fortifications datant pour certaine du Tsar Boris Godounov; au-delà et en avant s’étendent des faubourgs.

Arrivé le 16 Août devant la ville, Ney essaie de l’enlever mais ses troupes sont repoussées. La division Gudin (et le 12e de Ligne) sont vers 16 heures en vue de la ville, un bataillon du 12e de Ligne en tirailleurs devant la division, bientôt suivi par les autres divisions du corps de Davout. Le 17 Napoléon décide d’un assaut général. Le corps de Davout est positionné en face des faubourgs de Mstislavl et Nikolskoie. Ney, Davout qui mène lui-même à l’assaut la division Gudin, et les Polonais de Poniatowski finissent par s’emparer des faubourgs après attaques et contre-attaques ennemies, mais se heurtent aux murailles. Le 12e s’illustre particulièrement mais les pertes sont sévères. Le 12e passera la nuit dans les faubourgs.

Un déluge d’artillerie française au-dessus des fortifications à partir du soir et de la nuit suivante, cause une hécatombe chez les Russes qui décident d’évacuer dans la nuit en mettant le feu à la ville pour couvrir leur retraite et éviter d’être coupés de Moscou. Dès la ville évacuée, Gudin envoie ses hommes en prendre possession. L’Empereur y pénètre à 8 heures du matin et organise une tête de pont sur la rive droite du Dniepr. La division Gudin a perdu dans cette affaire 60 officiers et 1700 hommes.

drapeau 12e de Ligne 1812
Drapeau modèle 1812 du 12ème de Ligne

 

Pertes du 12ème à Smolensk

Officiers tués
Officiers blessés et morts des suites de leurs blessures
Officiers blessés
Capitaine Delaune (17) ; Lieutenant Masson (18), Morazzi (18)
Capitaine Berche (mort) ; Lieutenant Monnier (blessé le 18, mort le 27) ; Sous lieutenant pierson (blessé le 18, mot le 28)
Capitaines de Beaulieu (18), Thiery (18) ; Lieutenants Sénault (17), Rouy (18), Chapuy (18), Bouyers (17) ; Sous lieutenant Baboteaux (18)

 

musicien 12e de Ligne 1809
Fig 11 Musicien du 12e de Ligne en 1809 d'après des notes de Nussbaum
Fig 11bis Autre Musicien

Les Russes se replient livrant de petits combats de retardement.

Le 19 Août, Ney, qui prend la route de Moscou, se heurte aux Russes dans le défilé de Valoutina Gora. Il reçoit alors le soutien de la division Gudin vers 17 heures. Les Russes résistent bien et font beaucoup de victimes dans les rangs français. Gudin est tué à la tête du 7e Léger, emporté par un boulet. Le général Gérard prend alors le commandement de la division et lance le 12e de Ligne en soutien. Le colonel Thoulouze qui commandait le 12e de Ligne depuis 1809 est mortellement blessé.

Malgré l’intervention de la cavalerie Westphalienne de Jérome qui jusque là assistait au combat sans aider ses camarades ni les soutenir par son infanterie, les Russes tiennent encore. Des efforts offensifs répétés finissent par forcer les Russes au repli. Lors d’une contre attaque russe le lieutenant Etienne du 2e bataillon du 12e de Ligne capture le général Toutchkov.

Les pertes françaises ont été terribles. Durant les 6 heures de combat, le 12e de Ligne a hors de combat son colonel, le major en second Clément, 17 officiers et 3 chefs de bataillons !

Pour le courage dont a fait preuve la division durant cette bataille, 72 croix de la Légion d’Honneur lui sont accordées, dont 30 à des hommes du 12ème : Capitaines Bretz, Dehir, Petitjean, Carré, Lecu, Rumigni, Beaulieu, Humbert ; Lieutenants Etienne, Rota, Lecler, Villemain, Rouby, Boyer, Berlan, Barzun; Tambour major Vingard ; soldats Vacheron, Gilbert, Frédéric, Ganavial, Marchudic, Georget Louis, Gaudier, Becker, Varenne, Hugot, Pitois, Lefèvre ; enfin canonnier Troulier.

Le 23 août, l’effectif du Régiment n’est plus que de 1862 hommes. Le général Gérard commande désormais la division du malheureux Gudin. Et il faut continuer à poursuivre l'armée russe. Sur les ailes de la Grande Armée, les Russes ont été vaincus, et Napoléon qui se sert de Smolensk comme base intermédiaire lance Davout et Murat en avant.

Barclay de Tolly, discrédité, a décidé de combattre en avant de Moscou et a commencé à bâtir des retranchements à Dorogobodje mais il est remplacé par Kutuzov. Les Français avancent toujours dans un pays sans vivres et sous une pluie diluvienne.

Koutouzov se décide à livrer bataille pour protéger la capitale religieuse du pays à Borodino. Il dispose de 120.000 hommes. Plus au Nord coule une rivière, la Moskowa, qui donnera le nom français de la bataille. Le terrain a été minutieusement préparé par les Russes, et des redoutes barrent la route à la Grande Armée. Au centre du dispositif russe se trouve la Grande Redoute. Imposante par sa taille, elle est défendue par des pièces de canon.

Le 5 Septembre, les Français sont au contact. La redoute de Schwardino après de violents combats est prise.

Le 6 le combat principal débute. Eugène s’empare sur l’aile gauche de Borodino dans la matinée, mais les Français perdent beaucoup de monde. Les Russes la reprennent. En fin d’après-midi, elle retombera finalement entre les mains des français. Au centre, Eugène avec les divisions prêtées par Davout doit aussi attaquer la Grande Redoute. Les Français et les Russes se battront furieusement pour le contrôle des retranchements russes.

L’issue du combat a été longtemps indécise mais, dans la mesure où les soldats du Tsar se sont retirés le lendemain, laissant Moscou aux Français, Napoléon s’attribue la victoire. Mais c’est une «victoire à la Pyrrhus» car si l’Armée Russe est saignée comme l’Armée française, elle n’est pas détruite. Quant au 12ème, il a perdu à la Moscowa les Officiers suivants :

Pertes du 12ème à la Moskowa

Officiers tués
Officiers blessés et morts des suites de leurs blessures
Officiers blessés
Lieutenants Moustardier, Baillot, Barzun ; Sous lieutenants Magnien, Delasse
Capitaine Humbert (mort le 26) ; Lieutenant Leclerc (mort le 30)

Chef de Bataillon Adam; Capitaine Adjudant major Michelet ; Capitaines Martin, Berche, Dehis, Raynaud, Gérard, Fougery, Etienne, Henry (Nicolas ; Capitaine le 20 août 1812, il passe demi solde par suite de la nouvelle organisation du Régiment le 1er juillet 1814), Baron, Ceha ; Lieutenants Lefèvre (Marin), Hiérard ; Sous lieutenants Dresnaud, Campenon, Frisch

 

musicien 12e de Ligne 1809
Fig 12 Shako du 12ème de Ligne 1809-1812.

Le 12e de Ligne n’est désormais plus qu’un cadre vide, regroupant autour de son Aigle quelques hommes et officiers, et le calvaire n’est pas fini.

Napoléon s’établit à Moscou le 14 septembre, mais la ville est incendiée par les Russes. Et Alexandre reste sourd aux propositions de paix faites par l’Empereur. L’hiver menaçant, Napoléon se résigne alors à la retraite sur Smolensk le 19 Octobre.

A Malojaroslawetz, le 24 Octobre, les Russes tentent d’empêcher le passage des Français en s’emparant de la ville. Sept fois la ville va changer de mains. Le 12e y combat et perd encore des hommes (Lieutenant Ricadat, tué ; Lieutenant Bouyers, blessé).

Le froid et les cosaques augmentent encore le nombre de victimes. Malgré ces deux calamités, les survivants du 12ème parviennent encore à se battre pour arriver jusqu’au Niémen. Le 3 novembre, ils font le coup de feu à Wiazma (Chefs de bataillons de Beaufort, Gérard, Capitaine Roussel, Lieutenants Lefèvre (Marin) et Cottolenc, et Sous lieutenant Blavier, blessés) et 6 jours plus tard à Smolensk. Le 17, le 12ème est aligné à Krasnoë. Il franchit la Bérézina au gué de Studienka (pertes du 28 : Capitaine Rouby et Sous lieutenant Cheret, blessés ; Lieutenant Fouque, blessé et mort le 2 janvier 1813) et regagne enfin le Niémen où la poignée de survivants peut se reposer de toutes ces fatigues.

Le régiment n’existe plus. On va le recréer pour la campagne de 1813.

 

VII/ EN ALLEMAGNE EN 1813

Son armée anéantie, Napoléon doit absolument reconstituer ses forces pour contre les Russes qui avancent lentement mais irrésistiblement, les Prussiens qui se rangeront bientôt de leur côté ainsi que les Suédois. L’Autriche adopte une attitude neutre et la Confédération du Rhin reste pour le moment de son côté.

Tandis qu’Eugène qui a pris le commandement des rescapés de Russie doit se replier de la Vistule sur l’Oder abandonnant Varsovie, Napoléon en 3 mois remonte une nouvelle «Grande Armée», levant la conscription, réquisitionnant la Garde Nationale, récupérant les troupes de Marine et des vétérans des armées d’Espagne.

Le 12e, quasi anéanti, a laissé en ligne seulement son 2eme bataillon qui à Erfurt début mars reçoit 727 hommes du dépôt. Tous les officiers des autre bataillons sont partis pour la France à Mezières pour reformer leurs unités.

Après la destruction presque complète de la Grande Armée impériale, le sentiment nationaliste relève partout la tête en Allemagne. Le 12 mars 1813, une insurrection populaire contraint le général Carra Saint Cyr, commandant la 32e division militaire qui englobe Hambourg, à évacuer la ville. Le 18 mars, un corps russe commandé par le général Tettenborn y fait son entrée. Le 11 mars les Russes sont entrés dans Berlin et les Prussiens déclarent officiellement la guerre à la France. Le 26 Mars les Prussiens entrent dans Dresde et le roi de Saxe, allié de Napoléon, s’enfuit de sa capitale. Début Avril, les Autrichiens commencent des préparatifs de mobilisation.

plaque shako 12e de Ligne 1809
Fig 12bis Plaque de shako du 12ème de Ligne trouvée en Russie

 

plaque hausse col 12e de Ligne 1809
Fig 13 Plaque ornementale de hausse-col d'officier du 12e de Ligne, trouvée en Russie (près de Smolensk)

A la mi-avril, l’Armée française reconstituée est divisée en deux grands groupements :
l’Armée de l’Elbe avec Eugène qui compte les 1er (Davout) 2e, 5e, 7e et 11e Corps et l’Armée du Main avec les 3e , 4e et 6e Corps. Le 2e bataillon du 12e de Ligne se trouve alors à la 1ere division Philippon du 1er Corps.

Le 25 avril, 2 autres Bataillons sont intégrés dans le nouveau 12ème Corps (Oudinot), 12ème Division Pacthod, 1ère Brigade Ponrailly avec un effectif de 25 Officiers et 1179 hommes.

La réaction française ne se fait pas attendre. Tandis que le maréchal Davout est nommé à la tête de la 32e division militaire avec autorité sur le 1er Corps mis sous l’autorité du général Vandamme, celui-ci quitte Brême début mai et marche sur Hambourg. Après avoir contré le 6 mai une tentative de Tettenborn contre une de ses brigades, Vandamme ouvre le feu sur la ville le 19 Mai. Le roi de Danemark met à la disposition de Davout une division que ce dernier fait marcher sur Lûbeck. Les Russes sont contraints d'évacuer Hambourg, et les Franco-Danois y font leur entrée le 31 Mai.

L’Allemagne du Nord étant «stabilisée» le plan initial de Napoléon consiste en un vaste mouvement enveloppant des armées alliées dans lequel l'armée française, après s'être avancée jusqu’ à Dresde, poussera vers Berlin puis obliquera au sud.

Après les victoires françaises non exploitées de Lutzen, la reprise de Dresde, et de Bautzen, auxquelles le 12e trop éloigné ne participe pas, un armistice est signé entre les belligérants qui arrêtent les opérations du 4 juin au 10 Août.

Pendant cette pause, les différents bataillons du 12e de Ligne (1er, 2e, 3e et 4e) se retrouvent à Magdebourg début Juillet au sein de la division Philippon du 1er Corps de Vandamme.

À la reprise des hostilités, l’Autriche s’est jointe aux Coalisés. Les 26 et 27 Août Napoléon manoeuvre autour de Dresde pour écarter les Prussiens de Blücher et y écrase l’armée autrichienne de Schwarzenberg.

Mais Oudinot, à la tête de 60 000 hommes, qui marchait sur Berlin et comptait donner la main à la garnison de Hambourg, est arrêté quelques jours plus tôt à Gross Beeren par Bernadotte et Mac Donald a été battu par Blücher à la Katzbach.

Le 1er Corps de Vandamme placé en observation devait couper la route aux Autrichiens en retraite après Dresde. Se positionnant à Kulm, les 29 et 30 Août il tombe sur des forces coalisées très supérieures en nombre qui le piègent dans une nasse. Une grande partie de ses troupes est détruite ou capturée. Vandamme lui-même est fait prisonnier.

Le 12e de Ligne y a les pertes en officiers suivantes :

Pertes du 12ème à Kulm

Officiers tués
Officiers blessés
Capitaines Carot, Rota, Buret, de Beaulieu, Berlaud, Muyssart, Lecat ; Lieutenants Ribot, Hédiard, Richelet, Paris

Chefs de Bataillons Mounier, Dehis ; Capitaines Rouy, Henry, Chapuy, Gilbert, Ceha, Delforge, Michelet, Bonfillou, Muiron ; Lieutenant Adjudant major Senault ; Lieutenants : Bénard , Dresnaud, Willinger, Lefèvre, Cordon, Trouvenin, Cottolenc, Coulomb ; Sous lieutenants Maudet (29), Josselin, Deblois, Gilly, Muller, Michel, Garnesson, Girardin, Perceau

 

Officier 12e de Ligne 1812
Fig 14 Officier de voltigeurs du 12e de Ligne en Russie d'après H. Boisselier

Cependant d’autres éléments du 12e sont toujours au combat dans les jours qui suivent.

Après la bataille de Dresde, Napoléon y laisse une partie de ses forces pour fixer les Coalisés et lance des contre offensives. Ney à la tête de plusieurs corps d’armée doit marcher sur Berlin mais il est vaincu à Dennewitz par les Prussiens. Les Coalisés pendant ce temps reviennent sur Dresde, que Napoléon doit une nouvelle fois défendre.

Le 5 septembre, le sous-lieutenant Cheret est blessé au cours de la défense de Pirna (Dresde). Le 13, le sous-lieutenant Schmid est tué devant Peterswald. Le capitaine Raffour est blessé le lendemain au cours de la défense de Dresde (mort le 25). Le 14 toujours, au combat de Peterswald, le capitaine Bassour, le Lieutenant Martin et le sous-lieutenant Follye sont tués ; le Capitaine Waterlié est blessé (mort le 27), tout comme le chef de Bataillon Mounier, le Capitaine Etienne, le Lieutenant Garnesson et le sous-lieutenant Chéret. Le 17, c’est au tour du Capitaine Lemaire d’être blessé au cours de la défense de Dresde.

Le 28 Septembre un raid Coalisé atteint Cassel, capitale du Roi Jérôme, frère de l’Empereur. Le moral des Français est au plus bas, tandis que les forces ennemies ne cessent de se renforcer. Début Octobre, la Bavière entame des négociations avec la Coalition.

Les forces ennemies traversent l’Elbe tandis que l’Empereur concentre ses forces à Leipzig. Pendant ce temps à Dresde, les 1er et 14e Corps (Gouvion Saint Cyr) gardent la place. Des éléments du 12e de Ligne y sont stationnés.

Tandis que se déroulera la bataille de Leipzig du 16 au 19 Octobre et la retraite vers le Rhin, la ville de Dresde subira un siège entre le 10 Octobre et le 11 Novembre 1813. Le 12e de Ligne y aura de nouvelles pertes.

Le Capitaine Trouslot blessé le 10 octobre. Martinien donne également le Capitaine Ceha, le Lieutenant Pradel, et les Sous lieutenants Michel et Cousin blessés au cours du combat de Dohna.

Le 5 novembre, le sous-lieutenant Maudet, blessé et mort le 17 ; le sous-lieutenant Montbet, blessé et mort le soir ; les capitaines Bonfillou, Michelet, Thiéry, et le lieutenant Pradel blessés.

 

VIII/ LA CAMPAGNE DE FRANCE ET DE BELGIQUE 1814

Trois armées coalisées franchissent les frontières : l'armée de Bohême commandés par le prince Schwarzemberg qui passe le Rhin par la Suisse et marche sur Paris par Pontarlier, Langres et Bar-sur-Aube en direction de Troyes et de la rive gauche de la Seine ; l'armée de Silésie du maréchal Blücher qui franchit le Rhin à Mayence et marche sur Paris par Metz, Nancy, Bar-le-Duc et Saint-Dizier, en direction de Châlons-sur-Marne et de la rive droite de la Marne ; l'armée du Nord de Bernadotte qui traverse le Rhin en Hollande et marche sur Paris par la Belgique en direction de Laon et la rive gauche de l'Oise.

Tandis que les 1er et 2e bataillons disparaissaient en Allemagne autour de Dresde, le dernier élément en étant deux compagnies qui se rendaient avec la place de Torgau le 16 Janvier 1814 (sont faits prisonniers le capitaine Barle, le lieutenant Renard, les sous lieutenants Mignard et Perceau), le 3e bataillon était toujours au combat dans la défense de la Belgique et le bataillon de dépôt allait se battre en France.

Au Nord, la Hollande a été rapidement perdue devant une insurrection générale en Décembre 1813. Decaen avait été envoyé en Belgique barrer la route aux Coalisés : l’Armée du Nord de Bernadotte mêlant Suédois, Prussiens, Russes et Anglais, et s’était positionné autour d’Anvers et ses fortifications. Mac Donald s’était replié sur Liège et bientôt allait regagner les frontières de la «vieille France».

Début Janvier, le général Maison reprend le commandement de Decaen à la tête d’une Armée du Nord. Il ne peut que reculer progressivement sur Lille, laissant Carnot, qui a repris du service, tenir Anvers et soutenir un siège.

Voltigeur 12e de Ligne 1813-1814
Fig 15 Voltigeurs du 12e de Ligne en 1813-1814, d'après Bucquoy

A la mi-mars, Maison manoeuvre toujours entre Tournai, Courtrai et Lille, bloquant l’avancée ennemie avec de maigres troupes. Carnot tient fermement Anvers et les Anglais ont subi un cinglant échec à Berg Op Zoom le 8 et 9 mars (1000 tués dont 2 généraux, 900 blessés, 2000 prisonniers dont un général, 4 drapeaux pris) défendu entre autres par le 3e bataillon du 12e de Ligne. La 4e compagnie du lieutenant Duruelle a capturé un drapeau. Mais on doit noter la perte du lieutenant Fouglaire et la blessure du capitaine Rougerie, un des héros du combat.

Plus au Sud, Napoléon, qui commande ses troupes depuis Paris, a ordonné un repli général. Les maréchaux Victor, Marmont et Ney quittent respectivement Strasbourg, Mayence et Nancy pour rejoindre Châlons-sur-Marne. Mortier (9 154 hommes) est lui aussi contraint d'évacuer Langres et se replie sur Troyes. Enfin Mac Donald est prié d'abandonner ses positions entre Cologne et Nimègue pour gagner à marches forcées Châlons-sur-Marne où se rassemblent également 7 000 conscrits sous les ordres du général Gérard.

Le 24 janvier, Napoléon quitte Paris et vient prendre le commandement direct des troupes rassemblées à Châlons-sur-Marne. Par des séries de victoire étagées et fractionnées Napoléon harcèle les forces Coalisées qui doivent reculer provisoirement de leur objectif principal : Paris.

Après avoir repris Reims le 13 Mars, Napoléon donne quelques jours de repos à ses troupes harassées. Il rameute des troupes de Jeune Garde de Paris tandis que le général Jansens, traversant les régions envahies lui amène 6000 hommes des places de Lorraine et des Ardennes. Parmi celles-ci : le bataillon de dépôt du 12e de Ligne. Cette division est placée sous les ordres du maréchal Ney. Le général Lefol remplace Jansens le 20 mars.

20 et 21 Mars : Napoléon est vaincu à Arcis sur Aube, le 12e de Ligne avec Lefol a eu de nouvelles pertes : le Major Letellier, grièvement blessé (mort le 23), a du laisser son commandement au capitaine Masson qui défendra avec acharnement le village de Torcy ; le capitaine Méron est blessé (mort le 26 avril) ; le lieutenant Marchadier est tué ; le chef de bataillon Darde, les capitaines Masson, Rouy, et les lieutenants Derenx, Vautrin et Vasseur sont blessés.

L’Empereur décide alors de se porter sur les arrières des Coalisés pour couper leurs lignes de ravitaillement mais la route de Paris est ouverte.

 

IX/ LA RESTAURATION ET LES CENT-JOURS

Paris s’étant rendu le 31 Mars 1814, et le Sénat ayant voté sa déchéance, l’Empereur ne peut qu’abdiquer et rejoindre son exil sur l’ile d’Elbe.

Le 3 Mai, Louis le dix-huitième retrouve Paris. Réduisant les effectifs de l’ex Armée Impériale, les autorités royales ne conservent qu’un nombre minimal de régiments (90) et renumérote certains. La cocarde blanche et une nouvelle plaque ornent désormais les shakos. Les musiciens du régiment ont repris la couleur bleu avec la livrée royale.

Le colonel Baudinot, revenu de sa captivité en Allemagne, reprend la tête de son unité réduite à 3 bataillons et qui a incorporé des éléments des 136e, 148e et 156e régiments ainsi que du 3e Tirailleurs de la Garde. Il se plaint en Septembre 1814 que son régiment est encore «obéré», «dépourvu de tout», et se «ressent encore de ce qu’il a souffert tout récemment». Cette situation difficile est sans doute exagérée par Baudinot qui écrit cette lettre afin de réclamer «des étoffes et des fonds».

Un drapeau blanc aux armes royales sera donné à la fin de l’année 1814.

Le 1er mars 1815, Napoléon débarque à Golfe Juan. En évitant les contrées hostiles et en ralliant les régiments qui étaient envoyés pour l’arrêter, il entre à Paris le 20 et remonte sur le trône. Immédiatement, une nouvelle coalition se forme contre la France et Napoléon doit se préparer à la guerre. Il reconstitue donc son armée démantelée par la Restauration.

Ainsi, le 12ème est organisé sur de nouvelles bases : le 3ème bataillon dans les 1er et 2ème afin de les compléter et on prévoit de relever les 4ème et 5ème bataillons qui ont été dissous. On rappelle les anciens soldats en congés, par le décret du 27 mars. Mais ceci n’a guère le temps d’être effectif faute de temps.

La cocarde tricolore a été reprise et de nouveaux drapeaux impériaux sont distribués aux troupes.

12e de Ligne 1813
Fig 16 Aigle du 12e de Ligne et son escorte en 1813 par Charmy.

C’est donc sur le pied de deux bataillons que le régiment est incorporé dans la 11ème Division d’infanterie du Lieutenant général Berthenèze dépendant du 3ème Corps d’Armée de Vandamme, rassemblé à Mézières.

Napoléon, qui dispose de faibles forces, doit battre les armées ennemies séparément. Il décide donc d’attaquer d’abord Wellington et Blücher, stationnés en Belgique, avant de se retourner contre Russes et Autrichiens. Les deux généraux coalisés ont des lignes de communications différentes, ce qui constitue le point faible de leur dispositif.

En cas de retraite, Wellington devrait reculer sur Ostende et Blücher sur Liège. Pour Napoléon, il suffisait donc, en alliant rapidité et discrétion, de les attaquer au point concurrent de ces deux routes, c'est à dire Charleroi, pour les séparer.

Pour déboucher en Belgique, Napoléon dispose son armée en trois colonnes. Au centre, se trouve le 12ème avec le Corps de Vandamme. Le 14 juin, il est à Beaumont. Le lendemain, il n’arrive à Charleroi qu’à 15 heures au lieu de 10. Malgré ce contretemps, le débouché est réussi. Napoléon peut mettre en place son dispositif stratégique. L’aile gauche est confiée à Ney, celle de droite à Grouchy et Vandamme est placé sous ses ordres. Il s’agit maintenant de séparer les Anglais et les Prussiens. Pour cela, Grouchy doit attaquer sur les hauteurs de Sombreffe, mais des dissensions avec Vandamme et l’épuisement des troupes retardent l’avancée. Le combat est remis au lendemain.

Tandis que Ney doit se porter sur les Quatre-bras pour barrer la route aux Anglais, Napoléon restant avec une réserve de 36.000 hommes à Fleurus, prêt à seconder l’un ou l’autre.

Au matin du 16 juin, Ney se heurte aux Anglais. Il est chargé de les contenir tout en détachant le Corps d’Erlon qu’il commande, sur Ligny, afin de mener une attaque sur les derrières prussiens.

Grouchy doit mener un combat d’usure tandis que la réserve jouera le rôle de masse de rupture. Le 12ème, une fois encore, est sévèrement éprouvé. A 10 heures du matin, il franchit le pont de Farciennes puis se dirige sur la gauche de Fleurus d’où il mène une offensive sur St Amand. Après avoir essuyé les coups de feu des tirailleurs ennemis, il s’empare du village, soutenu par les efforts du 56ème et du 96ème de Ligne. Il se distingue à cette occasion, notamment grâce à l’action d’un de ses Sergents, Brossière, qui s’empare d’une pièce de gros calibre. Vers six heures, Blücher lance une contre-attaque sur le village de St Amand, qui, âprement disputé, reste aux mains des Français. Napoléon envoie alors la réserve à l’assaut. L’ennemi est repoussé et la victoire acquise. Cependant, elle n’est pas décisive car Ney, frileux devant l’Anglais, a rappelé à lui le Corps d’Erlon, contrairement aux ordres de l’Empereur. La retraite des Prussiens n’est donc pas coupée comme cela était prévu.

Le 12ème quant à lui a de nombreux officiers blessés : Chef de Bataillon Mounier ; Capitaines Porte, Petitjean, Duruelle ; Lieutenants Gloireux, Aguillon, Willinger, Langlois ; Sous lieutenants Gallier, Lebrasseur, Blondel, Fervaque, Gros.

Le lendemain, Grouchy est chargé de poursuivre les Prussiens qui se retirent sur Wavre. Il le fait si mollement que le 12ème n’arrive à Gembloux, où il bivouaque, que le soir à 7 heures. Le 18 a lieu la bataille de Waterloo. Grouchy laisse filer plusieurs corps prussiens qui vont achever l’Armée française. Pourtant, celle-ci avait réussi à prendre le dessus sur les Anglais. On n'en finira pas de chercher les responsabilités des protagonistes dans la défaite de Waterloo.

Plaque de shako de grenadiers modèle 1812 12e de Ligne
Fig 17 Plaque de shako de Grenadiers, modèle 1812

Après le désastre appris le lendemain, il faut retraiter. Grouchy qui dispose alors des seules troupes en état de combattre (dont le 12ème) et qui vient de prendre Wavre, se retire sur Namur. Progressant sur des chemins de terre détrempés, les Français marchent protégés par leur cavalerie légère, les Prussiens sur leurs talons qui harcèlent l’arrière garde.

Le 20 Juin, c’est formés en carré que les Français reculent sur Namur et s’y retranchent un temps pour laisser le temps aux troupes de se replier sur la France. Le 12e y aura de nouvelles pertes : sous-lieutenant Champy, tué ; capitaines Bonfilliou, Leloup, lieutenant Reverchon, sous-lieutenant Lion, blessés.

Le 21 Grouchy est à Dinant puis à Givet. Les Français épuisés peuvent se reposer sous les canons de la forteresse de Charlemont.

Alors que les combinaisons politiques tournent au désavantage de l’Empereur, l’Armée française se replie devant les Coalisés qui avancent vers Paris. Le 12e de Ligne participe aux derniers combats qui se livrent sur le sol français, pour l’Honneur et non plus au nom au nom de l’Empereur qui a abdiqué le 22 Juin.

Le 2 juillet, le Capitaine Adjudant major Sénault est blessé au cours du combat de Sèvres. le même jour, le Lieutenant Lossbagh est blessé au cours d’une affaire près de Châlons.

Le 3 Juillet une convention est signée avec les Alliés et l’Armée doit se replier au Sud de la Loire. Le 12e de Ligne va bientôt être dissous.

 

X/ ILLUSTRATIONS

Retroussis habit officier 12e de Ligne 1813
Retroussis d'un habit d'Officier de Grenadiers du 12e de Ligne, 1813, Musée de Morges

Figure 1 : Drapeau de la 12e Demi brigade conservé au Musée Carnavalet (merci à J. Croyet et à la SEHRI). Ici ce n'est pas du tout la disposition des trois couleurs prévues par Chaillot pour la 12e de bataille (ou de Ligne) mais celle prévue initialement pour la 73e DB de bataille (ou de Ligne) mais ce cas d'inversions de motifs prévus entre plusieurs DB n'est pas isolé. Ce n’est sans doute pas un drapeau de la DB de bataille versée à la 81e DB de Ligne mais bien un de la 12e DB de Ligne. Selon Pierre Charrié, la 12e DB de Ligne utilisa pendant un temps, en 1796, les drapeaux de la 60e DB de bataille puis reçut en 1797 des drapeaux modèle Armée d’Italie réalisés sous l’initiative de Bonaparte. On sait qu’après le départ de Bonaparte pour l’Egypte, le Directoire demanda de rendre les drapeaux de l’Armée d’Italie et de reprendre des modèles de drapeaux «officiels».

Figure 1bis : Drapeau théorique de la 12e DB en Italie en 1797 (reconstitution). Faisant droit aux réclamations de la Demi brigade qui avait reçu un drapeau sans aucune inscription honorifique, Bonaparte ordonnait de porter sur les drapeaux de la 12e le nom des affaires suivantes (d’après la correspondance de Berthier) : BORGOFORTE, GOVERNOLO et BLOCUS DE MANTOUE (In Carnets de la Sabretache 1904 : les drapeaux de l’Armée d’Italie et d’Egypte, par O. Hollander).

Figure 2 : Grenadier du 12e de Ligne en 1800-1805. C’est la silhouette du grenadier que l’on a pu voir à l’armée des Grisons puis pendant le Consulat. Il porte le bonnet d’oursin attribué aux compagnies d’Elite, plumet et épaulettes écarlates.

Figure 3 : Soldats de Davout à Leipzig en 1806, par Geissler. Après Auerstaedt, Davout entre à Leipzig. Les fusiliers sont en capote et chapeaux, et portent leurs pantalons de route.

Figure 4 : Grenadier du 12e de Ligne  en habit blanc en 1807-1808. Des habits blancs furent distribués au régiment fin 1806, début 1807, selon la nouvelle directive de Napoléon du 12 Mai 1806. Le 12e régiment de Ligne se voyait affecté la couleur distinctive noire au collet, parements, passepoil des revers, des poches en travers et des retroussis et des boutons jaunes portant le numéro 12. Mais une partie du régiment reste en bleu. Les habits blancs qui sont réalisés et alors que Napoléon change d’avis au milieu de 1807, vêtent les renforts envoyés du dépôt et sont de fait employés jusqu’à 1807-1808. Des mémoires en font mention : «A la revue de Tilsit se trouvaient un bataillon du 12e de Ligne (en fait l’Empereur les avait vu quelques jours avant) et du 21e en blanc. L’effet des bivouacs avait eu pour résultats de tacher ces habits trop clairs. L’Empereur frappé des inconvénients décida alors que l’habit bleu serait conservé» (Rumigny - voir aussi Mémoires de Jouan et des portraits d’époque dont 2 portraits de majors).

On notera que notre grenadier, outre les distinctives classiques de sa fonction (plumet et épaulettes rouges, grenades rouges aux retroussis et dragonne écarlate du sabre), porte à présent un shako à la place du bonnet d'oursin précédent. Un état d'inspection du 21 mars 1808 fait par le général Moulin montre en effet que le régiment a déposé au magasin 275 bonnets d'oursin hors de service mais a délivré aux compagnies (dont les grenadiers) 3348 shakos. La plaque de shako est d'un modèle particulier (voir figure 5bis). 

Plaque de shako de grenadiers modèle 1812 12e de Ligne
Fig 18 Officier d'infanterie de Ligne, Première Restauration, 1814-1815 par Genty

Figure 4bis : Major Teulet en habit blanc par Fort (BN, collection de Ridder) d’après un portait du temps. François Marie Ciprien Teulet, né le 15 septembre 1769 à Caumon dans le Tarn et Garonne, est entré au 12ème de Ligne en qualité de Major par Décret du 11 juillet 1807. Il passe ensuite au commandement des 1er et 2ème Bataillons de la 3ème Demi-brigade provisoire à Sedan le 1er mai 1809 et réintègre le 12ème de Ligne le 14 septembre de la même année par souhait de l’Empereur. On notera les épaulettes et les chevrons latéraux du shako mêlant le doré et l'argent comme il se doit pour un major. La plaque à soubassement du shako est un modèle de fantaisie très en vogue dans les années 1807-1808 préfigurant la plaque réglementaire de 1812.

Nous donnons à côté une infographie de notre collègue Marc Morillon, réalisée exclusivement pour cet article, représentant le Major du 12e de Ligne, d'après un portrait d'époque vendu récemment. Voici ce qu'indiquait la notice accompagnant ce tableau : "Portrait d'un major du 12ème régiment d'infanterie de ligne portant l'uniforme du règlement de l'infanterie de 1806. Huile sur toile, période du 1er Empire. L'officier est en habit à fond de drap blanc, col et parements de panne noire passepoilés de blanc, revers blancs passepoilés de noir, boutons plats dorés au chiffre 12, épaulettes de major en cannetille et fil d'or et d'argent, attentes d'épaulettes en fil d'or, gilet blanc uni, ceinturon de buffle blanc fermé par un plateau de cuivre doré à flancs abattus et au chiffre 12 rapporté en argent, l'officier porte la Croix d'Officier de la Légion d'Honneur et tient dans sa main gauche son épée d'uniforme ornée d'une dragonne en galon et fil d'or. Hauteur 64 cm, largeur 53,5 cm. Ensemble en bon état, présenté sans cadre. Les représentations d'officiers d'infanterie portant ce type d'uniforme sont très rares". Notons que sur ce tableau, aucune coiffure n'est visible, tout comme les pattes de parements. Marc Morillon a toutefois opté de lui attribuer le chapeau et de doter l'habit de pattes de parements noires, ce qui est tout à fait plausible. C'est pour finir peut être ce portrait qui a servi de base au dessin de E. Fort.

Figure 4ter : Cornet de voltigeurs 12e de Ligne période habit blanc 1807-1808 : Sur l'habit de fond blanc, collet et parements noirs, revers et retroussis blancs passepoilés de noir porté alors par le régiment, notre cornet de voltigeurs a adapté le collet chamois de sa compagnie et galonné de tricolore son collet, ses revers et ses parements. Il existe une autre version avec également 6 chevrons tricolores sur chaque manche (Knöetel). Le shako est galonné de chamois ; cordon vert. Le plumet est jaune et rouge sur un pompon vert ; les épaulettes et la dragonne mêlent le vert, le jaune et le rouge. La capote sur le sac est grise comme le précise une revue d' inspection du régiment.

Planche 5 : bataillon de guerre en 1808. L’inspection du général Moulin au dépôt de Mézières en Mai 1808 dit que l’habillement des sous-officiers et soldats ne laisse rien à désirer pour la forme ni pour la solidité. L’état des effets nous apprend que si il y a à la fois des habits blancs et des habits bleus, les capotes sont grises. Que deux compagnies de grenadiers ont laissé leurs bonnets d’oursin usagés (sans doute pour des shakos) et le reste du régiment est en shakos mais utilise encore des chapeaux.

Figure 5bis : Plaque du 12e de Ligne 1807-1809 (reconstitution). L’iconographie existante nous montre que le 12e de Ligne utilisa entre la fin 1807 et la fin 1809 une plaque à soubassement de cuivre jaune (doré pour les officiers) en lieu et place de la plaque réglementaire losangique ornée de l’Aigle et du numéro du régiment du règlement de 1806. Elle préfigure la plaque du modèle 1812. Par contre, entre 1810 et fin 1812, le shako s’ornera d’une plaque losangique ornée du seul numéro 12. Nous le reverrons.

Figure 6 : Sous-officier (sergent major) porte Aigle du 12e de Ligne en 1808, avec un drapeau modèle 1804. Entre la fin 1804 et février 1808, chaque bataillon d'un régiment de Ligne a un drapeau modèle 1804 portés par un sergent major escorté par des caporaux fourriers. Un seul drapeau doit être arboré uniquement par le premier bataillon de chaque régiment à partir de cette date et porté par un officier Porte Aigle. En fait, il faut attendre souvent la deuxiéme moitié de 1808, voire 1809, pour que cette nouvelle disposition soit adoptée.

Nous avons ici un sergent major avec ses deux galons dorés au dessus des parements. On notera aussi des petits détails instructifs : la banderole porte drapeau est en maroquin rouge orné d'or, la plaque du shako est devenue losangique comme le prévoit le réglement, les guêtres sont blanches en grande tenue d'Eté, un chevron d'ancienneté doré est en haut de la manche gauche.

Figure 7 : Sapeur en 1809 d’après la collection Nussbaum. On note le bonnet d'oursin, les distinctives classiques de sapeur d'infanterie et la couleur distinctive rouge ponceau ou cramoisi de la tête de colonne portée sur les revers. Le fond de la tenue est bleu céleste, comme pour toute la tête de colonne (sapeur, tambour major et tambour maître, fifres et tambours et musiciens régimentaires).  

Figure 8 : Tambour Maître du 12e de Ligne vers 1809  d'après la collection Schmidt et notes de Nussbaum. On notera le fond bleu céleste de l'uniforme distingué de cramoisi et le galonnage aurore comme pour les tambours. Notre tambour maître s'est coiffé d'un colback à flamme et plumet écarlate. Les épaulettes sont écarlates à tournantes dorées. Ses deux galons dorés de sergent major sont portés au dessus des parements.

Figure 9 : Voltigeur en 1809 d'après la collection Nussbaum. On note les distinctives classiques des voltigeurs : le collet chamois, les épaulettes, plumet et cordons du shako mêlant le jaune et le vert. Les voltigeurs portent encore le sabre briquet en tant que compagnie d'élite. La plaque est encore du modèle à soubassement pré-1812.

Figure 10 : Tambour de grenadiers, grande tenue d'été vers 1809 d'après la collection Nussbaum. On notera que les grenadiers portent le shako sans galonnage particulier, cordon, raquettes et plumet écarlates, plaque de cuivre à soubassement. La couleur distinctive cramoisi ou ponceau de la tête de colonne est portée par les tambours aux collet, revers et parements avec un galonnage aurore.

Figures 11 et 11bis : Musiciens en 1809 d’après la collection Nussbaum.

Figure 12 : Shako du 12ème de Ligne 1809-1812. On notera la plaque losangique de cuivre jaune du règlement avec le numéro du régiment qui fut portée progressivement vers 1809 et jusqu’en 1812.

Figure 12bis : Plaque losangique du 12e de Ligne trouvée en Russie.

Figure 13 : Plaque ornementale de hausse-col d'officier du 12e de Ligne, trouvée en Russie (près de Smolensk).

Figure 14 : Officier de voltigeurs en Russie, 1812 (d'après un dessin de Boisselier). Comme le montrent les dessins de Faber du Faur et d'A. Adam en Russie, les officiers d'infanterie de Ligne portent souvent lors de cette campagne (et depuis 1810-1811), un surtout bleu ainsi qu'un pantalon de route de même couleur. Les officiers de grenadiers galonnent sur les cotés ce pantalon d'écarlate et ceux de voltigeurs de jonquille. La plaque de shako du 12eme de Ligne est toujours losangique en 1812 (voir plaques authentiques trouvées en Russie). Le haut du shako est bordé d'un galon doré dont la disposition dépend du grade. ll n'y a théoriquement plus de cordon ni raquettes. La capote est portée en sautoir (bleue ou grise). Elle masque ici le hausse col de cuivre doré orné d'une Aigle argentée entourée d'un couronne de lauriers (voir pièce trouvée en Russie). On retrouvera les même silhouettes au cours de la campagne de 1813 mais avec une plaque de shako  du modèle 1812.

Figure 15 : Voltigeur du 12e de Ligne, tenue de 1813-1814 d 'après Bucquoy. On notera les points réglementaires de la tenue : le galonnage du shako en jaune chamois, la plaque à soubassement, le plumet jaune, la coupe de l'habit au réglement Bardin (revers entièrement fermés) et le port des demi-guêtres.

Figure 16 : Aigle du 12e de Ligne et son escorte en 1813 par Charmy. On notera l'officier premier porte Aigle et les deux sous officiers second et 3e porte Aigle dans leur tenue 1812 et avec le casque spécial attribué à leur fonction, de même que leurs espontons avec flamme rouge ou blanche et les pistolets portés sur le devant. En arrière, les caporaux fourriers qui assurent le reste de l'escorte. Reconstitué après la Russie, le régiment porte les tenues du réglement Bardin de 1812.

L'Aigle du 12e de Ligne en 1813

Sauvée de la retraite de Russie, l'Aigle du 12e de Ligne avait été ramenée au dépôt du régiment à Mézières avec le 1er bataillon qui s'y reconstituait. Elle s'y trouvait encore en Mai 1813. Lorsque le 1er bataillon retourna en Allemagne avec le colonel Baudinot, l'Aigle suivit. Les 1er et 2e bataillon du 12e de Ligne se retrouvèrent dans la garnison de Dresde qui capitula en Novembre. Baudinot y fut d'ailleurs fait prisonnier. Mais l'Aigle ne fut pas prise par les Coalisés.

Figure 17 : Plaque de shako de grenadiers du 12e de Ligne modèle 1812. Portée dans les faits en 1813-1814, on comparera avec le modèle porté avant 1810 (figure 5bis).

Figure 18 : Officier d'infanterie de Ligne, Première Restauration, 1814-1815 par Genty. On notera la nouvele plaque de shako et l'ornement du hausse col aux armes royales et le port de la cocarde blanche.

Le drapeau du 12e de Ligne modèle 1815

Le 9 avril 1815, Napoléon annonce la distribution prochaine de nouvelles Aigles et drapeaux. Une cérémonie assez pompeuse et anachronique connue sous le nom de «Champ de Mai», se produit le 1er juin devant l'Ecole Militaire. De nouvelles Aigles et de nouveau drapeaux sont confectionnés. Les Aigles et drapeaux sont plus simples que les précédents modèles.
Si les Aigles sont bien distribués lors du Champ de Mai et quelques jours plus tard dans une cérémonie complémentaire, le 4 Juin, en fait les drapeaux sont donnés aux régiments souvent, juste avant de partir en campagne pour la Belgique.
Pour les drapeaux :
Dimensions : Hauteur : 120 cm x Largeur 120 cm.
Etoffe de soie en double épaisseur formée de trois bandes verticales tricolores, le bleu à la hampe avec franges d’or de 2,5 cm. Sur le pourtour, une broderie d’or composée d’une guirlande de feuilles et branches de laurier, séparée au milieu de chaque côté par une rosace et reliés aux quatre angles par une palmette. Cette broderie est encadrée par un mince galon doré. Les lettres et inscriptions sont brodées en fil d’or sur drap noir découpé rapporté sur l'étoffe.
A l’avers : L’EMPEREUR / NAPOLEON / AU x ème / REGIMENT / DE LIGNE. Le mot Empereur en lettre de 4,5 cm, les autres mots de 3,5 cm.
Au revers : la liste des noms du nom des batailles du modèle 1812, soit pour le 12eme : AUSTERLITZ IENA EYLAU ECKMUHL WAGRAM auxquels on a rajouté des victoires de 1812 et 1813 en présence de l’Empereur. Le 12e de Ligne a donc vraisemblablement rajouté LA MOSKOWA.
Cravate tricolore du modèle 1812 avec broderies de palmettes, abeilles et franges à torsades, cordons et glands or.

 

 

XI/ SOURCES

- Berjaud F. : Soldats de la Grande Armée, série 96 : 12ème Régiment d'Infanterie de Ligne, 1807-1810; 4 planches.

- Dehon-Dahlmann (lieutenant colonel) : Historique du 12e de Ligne, Paris, 1877.

- Rapport des opérations du 3e Corps, rapport du maréchal Davout,  Paris, 1896.