Le 25ème Régiment d'Infanterie Légère

1803-1814

 

Avertissement et remerciements : Cet article nous a été adressé par notre collègue du Bivouac, Didier Davin, que nous remercions tout particulièrement pour sa disponibilité et son érudition.

 

I/ LES DEBUTS DE L'UNITE

La 25e Demi-brigade d'Infanterie Légère est formée en Avril 1796 avec la 13ème Demi brigade légère et fait les campagnes des ans IV et V dans l'armée de Sambre-et-Meuse, où elle se distingue à Altenkirchen le 4 juin 1796, des ans VI et VII dans les armées d'Allemagne, de Mayence et du Danube, où on la voit briller à Uznach (Helvétie) le 22 octobre 1799, et celles des ans VIII et IX dans les armées du Rhin et d'Italie.

Par arrêté du 9 fructidor an VIII (27 août 1800), la 25e Demi-Brigade d'Infanterie Légère est réduite à deux bataillons.

Le 18 mars 1801 (27 ventôse an 9), Bonaparte écrit depuis Paris au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "Donnez l'ordre, citoyen ministre, au général commandant l'armée d'Italie, de faire diriger sur Nice les : ... 25e légère ..." (Correspondance générale, t.3, lettre 6129).

Le 13 avril 1801 (23 germinal an 9), Bonaparte écrit depuis Paris au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "... Les 12e, 25e et 28e légères resteront à la disposition du général commandant la 8e division militaire ..." (Correspondance générale, t.3, lettre 6208).

Rentrée en France après la cessation des hostilités, l'unité vient tenir garnison à Montmedy pendant les ans X et XI (1801- 1803).

Le 10 août 1803 (22 thermidor an 11), Bonaparte écrit depuis Reims au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "... J'ai accordé ... aux 6e, 25e et 26e légères ... quinze jours de gratification ..." (Correspondance de Napoléon, t.8, lettre 7001; Correspondance générale, t.4, lettre 7924).

Le 12 septembre 1803 (25 fructidor an 11), Bonaparte écrit depuis La Malmaison au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "Dans la deuxième division militaire (chef-lieu Mézières), citoyen ministre, les ... 6e, 25e et 26e légères ... doivent seuls jouir de la gratification ..." (Correspondance générale, t.4, lettre 8020).

1803  : Par l'arrêté du 1er vendémiaire an XII (24 septembre 1803), la 25e Demi-brigade d'Infanterie Légère est réunie à la 30e Légère pour former un régiment à 4 bataillons qui prend le nom officiel de 25e Régiment d'Infanterie Légère et son chef de brigade s'appelle désormais colonel. Le 25e Léger recrute dans le Cantal et son dépôt est à Verdun. Le commandement de l'unité est assuré par Nicolas Godinot depuis 1799.

Etats de service de Nicolas Deo Gratias Godinot avec le 25e Léger

Né en 1765 à Lyon. Entre en 1787 comme dragon dans le 17e régiment, devenu 2e rgt de chasseurs à cheval en 1788, et y resta jusqu'au 16 novembre 1790. Reprend du service, en août 1792, comme capitaine dans le bataillon des chasseurs de Reims, versé ensuite dans la 13e Demi-brigade légère (de première formation). Il fait la campagne de 1792 à l'Armée du Centre, est nommé chef de bataillon de la 13e demi brigade légère en Avril 1793, puis sert en cette qualité à l'armée de la Moselle puis de Sambre et Meuse , pendant les ans 2, 3 et 4.
Le 16 messidor an 4, il franchit sous un feu meurtrier les abattis qui défendaient l'approche de la montagne de Kalte Eyse et coupe la retraite aux Autrichiens, contribuant à la prise d'une colonne forte d'environ 800 hommes. De l'an 5 à l'an 9, il fait la guerre en Allemagne et en Italie et le 12 messidor an 7, est nommé chef de brigade de la 25e Demi brigade Légère. Il s'illustre ensuite en Suisse et dans les opérations du blocus de Gênes où il est plusieurs fois blessé à la tête de ses hommes. Au passage du Mincio, le 5 pluviôse an 9, il fut atteint d'un sixième coup de feu qui lui traversa la cuisse gauche. Créé membre de la Légion d'Honneur, le 19 frimaire an 12, et officier de l'Ordre le 25 prairial suivant, il est promu au grade de général de brigade le 12 pluviôse an 13 (1er février 1805).

L'Etat militaire de l'An 12 (1803-1804) nous précise que le major du régiment est Amy et les quatres chefs de bataillon : Balland, Faury, Griolet et Arné.

Le 19 décembre 1803 (27 frimaire an 12), Bonaparte écrit depuis Paris au Général Soult, Commandant du Camp de Saint-Omer : "Citoyen général Soult, les détachements du 39e qui vous sont arrivés doivent être à Etaples et camper à côté du 6e léger, le 69e à côté du 25e léger, les 9e léger et 18e, 32e et 96e de ligne doivent faire partie de la division Dupont qui campe à Boulogne; mais qui cependant doit faire partie du corps d'armée du général Ney.
Le 25e léger, les 27e, 59e et 69e doivent être campés à Etaples et former une division. Le 6e léger, les 39e, 44e et 63e doivent former une autre division également campée à Etaples. La 1re division qui part du Havre va se rendre à Etaples. Faites fournir la garnison par les troupes du camp d'Etaples
" (Correspondance générale, t.4, lettre 8478).

 

II/ LE 25E LEGER EN MARCHE VERS L'EST 1804- 1806

Chasseur 25e léger 1805
Fig. 1 Chasseur du 25e Léger vers 1805

En 1804-1805, le régiment stationne au camp de Montreuil ou d'Etaples, formant la gauche de l'Armée des Côtes de l'Océan. Il cantonne sur une seule ligne avec la division Mahler avec les 59e et 50 e de Ligne dans la brigade Marcognet. Les bataillons de guerre ont été complétés à 800 hommes. Il y a trois bataillons de guerre et un de dépôt. Les deux premiers bataillons sont à Etaples et les 3e et 4e à Verdun.

Le camp est sous l'autorité du maréchal Ney. Les hommes sont logés dans des baraques : 4 baraques par compagnies sur deux rangs avec en arrière les baraques des sous-officiers et des officiers. Par rapport à d'autres camps il semble que l'instruction n'ait pas été très poussée et que l'ennui ait été la principale activité (souvenirs du duc de Fesenzac).

Le 21 mai 1804 (1er prairial an 12), Bonaparte écrit depuis Saint-Cloud au Maréchal Berthier "Mon Cousin ... dans l'état de situation de l'armée des côtes ... Je vois que ... Le 25e régiment d'infanterie légère est à 1400 hommes, il peut être porté à 1600 hommes ..." (Correspondance de Napoléon, t.9, lettre 7765; Correspondance générale, t.4, lettre 8875).

Le 28 mai 1804 (8 prairial an 12), Bonaparte écrit depuis Saint-Cloud au Maréchal Berthier : "Mon Cousin, 60,000 hommes de la conscription de l'an XII ont été mis à la disposition du Gouvernement. Il n'y a point de temps à perdre pour répartir entre les différents corps ladite conscription.
Les ... 3e, 12e, 21e, 24e, 25e, 26e et 28e d'infanterie légère ... me paraissent les régiments les plus faibles et ceux qui auront le plus besoin de monde ...
" (Correspondance de Napoléon, t.9, lettre 7792; Correspondance générale, t.4, lettre 8915).

A la fin 1804, chacun des bataillons du 25e Régiment d'Infanterie Légère reçoit une Aigle et un drapeau du modèle Picot qui sera porté par un sous-officier. Le colonel Joseph Morel est promu à la tête du régiment le 1er février 1805.

Les trois divisions du maréchal Ney devenues 6e Corps de la Grande Armée partent pour Strasbourg le 1er septembre 1805. La division Mahler est la 3e du 6e Corps.

Le 8 septembre 1805 (21 fructidor an 13), l'Empereur écrit depuis Saint-Cloud, au Maréchal Berthier, Ministre de la Guerre, Major général de la Grande Armée : "Mon cousin ... Le 34e, le 3e et le 21e de ligne et le 25e d'infanterie légère ont chacun quatre bataillons. Mon intention est qu'ils fournissent un 3e bataillon aux bataillons de guerre, si toutefois ils peuvent, avec ce qui leur restera du 4e, compléter ce bataillon au moins à 500 hommes, officiers non compris. Faites-moi un rapport sur cet objet ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.5, lettre 10760).

Le 10 septembre 1805 (23 fructidor an 13), l'Empereur écrit depuis Saint-Cloud, au Maréchal Berthier, Ministre de la Guerre, Major général de la Grande Armée : "Mon cousin, donnez ordre ... au 3e bataillon du 3e de ligne et au 3e bataillon du 25e d'infanterie légère complétés l'un et l'autre à 550 hommes de rejoindre également leurs deux premiers bataillons ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.5, lettre 10760).

Le 3 octobre, le corps est à Stuttgard. L'Empereur marche sur Ulm pour l'investir et bloquer l'armée du général Mack.

Le 6e Corps fait face à Ulm, dès le 8 octobre. Ce même jour, la 2e Division reprend la route de Dillingen,Gundelfingen, Brentz et Hermaringen, puis tournant à l'ouest, va camper sur les hauteurs de Burberg. Le lendemain, la 3e Division s'empare des ponts de Gunzbourg et de Leipheim. Le chef de bataillon Frapart du 25e Léger est blessé et le régiment a de nombreuses pertes.

La 2e division s'établit à Languenau, et la 1ère à Albeck. Le 10, la lère Division reste seule sur la rive gauche, et la 2e rejoint la 3e vers Gunzbourg. L'Empereur n'est plus là. Il a momentanément confié à Murat le soin de diriger les opérations autour d'Ulm, et Murat, en laissant la 1ère division (Dupont) du 6e Corps seule sur la rive gauche, manque tout compromettre. Le 11, cette division doit livrer à Albeck un combat prodigieux contre presque toute l'Armée autrichienne. Mack battu à Albeck n'ose plus essayer de se frayer un passage par la rive gauche; mais veut, au moins, tenir une bonne position défensive. Il fait occuper par le Général Riese les hauteurs et le couvent d'Elchingen. Le pont pour traverser le Danube en face des positions autrichiennes est à moitié détruit.

Napoléon arrive d'Augsbourg, le 13 au matin. Il ordonne aussitôt de rétablir le pont, de chasser l'ennemi d'Elchingen pour resserrer le blocus de la place d'Ulm et de faire passer une deuxième division sur la rive gauche, afin de donner la main à la Division Dupont, qui se trouve en l'air à Albeck. Cette lourde tâche est confiée à la Division Loison (2e du 6e Corps).

Devant l'impétuosité de l'élan français, les troupes autrichiennes cèdent le terrain; mais elles le défendent pied à pied, soutenues tour à tour par des tirs à mitraille, par le feu des bataillons ou par les charges de leur cavalerie.

Puis Ney, le 15 Octobre enlève les hauteurs de Michelsberg dominant Ulm à l'Ouest avec la division Mahler (dont le 25e Léger) pour boucler l'investissement de la place. Le chef de bataillon Griolet du 25e Léger est blessé. La garnison et le général Mack finissent par capituler le 20 Octobre.

Après la chute d'Ulm, le 6e Corps avec celui d'Augereau sont envoyés contre les troupes autrichiennes dans le Tyrol tandis que Napoléon marche sur Vienne. Le 6e Corps est à cette époque réduit à deux Division. En effet, la Division Dupont (1ère) a été séparée du 6e Corps depuis Elchingen, et la 1ère Brigade de la 2e Division a été chargée d'escorter en France les prisonniers d'Ulm. Il ne reste donc à Ney que sa 3e Division (Malher) et la 2e Brigade (Roguet) de la 2e Division pour contrer les forces autrichiennes régulières, soutenues par de nombreuses milices locales.

Le 4 novembre, c'est la prise du fort de Scharnitz. Le général Marcognet qui mène lui-même les troupes à l'assaut invente un signal original. Il ordonne à un tambour de se placer près de lui avec une tête de chou plantée en haut d'une perche pour qu'on le repère dans le combat ; il dit aux hommes du 25e Léger : «tant que vous verrez la tête de chou vous direz Pierre Marcognet est là ; si vous ne la voyez plus (sous-entendu si je suis touché) le colonel prendra le commandement». Le colonel Morel est d'ailleurs blessé par un éclat de pierre.

Le 18 Novembre, au combat de Bolzen, le capitaine Dumesnil est blessé.

En janvier 1806, le 6e Corps occupe la principauté de Salzbourg puis va cantonner en Souabe.

Le 22 juin 1806, l'Empereur écrit depuis Saint-Cloud au Général Dejean, Ministre directeur de l'Administration de la Guerre : "Monsieur Dejean, je vous envoie un travail sur l'emplacement que doit occuper la Grande Armée au moment de sa rentrée en France. Vous me proposerez une meilleure répartition, à peu près dans les mêmes divisions, si vous y entrevoyez quelque économie pour le service, soit pour les lits, soit pour le fourrage, soit pour le casernement.
...
6e corps du maréchal Ney
6e et 5e divisions militaires

… Verdun 25e légère Verdun ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 11352).

Le 11 juillet 1806, l'Empereur écrit depuis Saint-Cloud, au Maréchal Berthier, Major général de la Grande Armée : "Mon Cousin … La division du général Broussier est composée de 9,000 hommes qui se composent de détachements des 6e, 9e, 15e et 25e d'infanterie légère (la CGN parle elle des 9e, 15e et 25e de Ligne), 76e, 21e, 27e, 30e, 33e, 39e, 51e, 59e, 61e, 69e, 12e, 85e et 111e de ligne : ordonnez que cette division soit dissoute et que ces détachements se dirigent à l'heure même, du lieu où ils se trouvent, par la route la plus courte, pour se rendre à leurs bataillons de guerre de l'armée. Le 9e d'infanterie légère se dirigera sur Wesel, et le 15e d'infanterie légère sur Paris ..." (Correspondance de Napoléon, t.12, lettres 10478 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12461).

Le même jour, l'Empereur adresse, toujours depuis Saint-Cloud, une deuxième lettre à Berthier, dans laquelle il écrit : "Mon intention étant de compléter les compagnies des bataillons de la Grande Armée à 140 hommes par compagnie, officiers compris, je vous ai ordonné par une lettre de ce jour de dissoudre le corps de réserve de Lefebvre en faisant rejoindre chaque détachement de son corps d'armée.
Mon intention est également que vous donniez l'ordre aux différents dépôts d'envoyer à leur corps le nombre d'hommes porté dans l'état ci-joint. Tous ces détachements qui partiront du camp de Boulogne seront passés en revue par le maréchal Brune qui s'assurera s'ils sont munis de tout le nécessaire. Ils seront commandés par un adjudant commandant nommé par le maréchal ...
ANNEXE
État des hommes que les dépôts des régiments désignés ci-après feront partir pour rejoindre les bataillons de guerre à la Grande Armée
Le dépôt ... du 25e [d'infanterie légère fera partir un détachement de] 400 [hommes] …
" (Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12462).

En septembre 1806, la Prusse et la Saxe reprennent les hostilités. Un ultimatum arrive chez les Français. Le 8 Octobre, les hostilités doivent commencer. Mais les Prussiens n' ont pas eu la sagesse d'attendre l'arrivée de leur allié russe, qui n'a toujours pas ratifié de traité de paix avec la France. Le 6e Corps est alors est assez mal vêtu, s'équipant avec l'argent des habitants mais le moral est excellent.

 

III/ LA CAMPAGNE DE 1806

Le 6e Corps (Ney) ne peut encore disposer que de deux divisions : la 2e (Marchand, comprenant les Brigades Maucune et Roguet) et la 3e (Bisson, comprenant les Brigades Marcognet et Labassée). Sa 1ère Division (Dupont) est détachée sous les ordres de Bernadotte. Le 6e Corps a en outre la brigade de Cavalerie Colbert (3e Hussards et 10e Chasseurs).

Napoléon, après avoir fait croire à son adversaire, qu'il menace Erfurth, a donné l'ordre de franchir le Frankenwall. L'aile droite doit déboucher par le chemin de Bayreuth à Hoff.

Le 6e Corps, précédé de sa cavalerie, exécute sa marche de concentration en trois colonnes marchant sur la même route à un jour de distance. Ney qui marche avec le 25e Léger (1er et 2ème bataillons, chef de bataillon Gleizes et Amy) en avant-garde de son infanterie, se place derrière le 4e Corps à la droite de la Grande Armée et arrive sans obstacles à Plauen et Hoff.

Après la bataille de Saalfeld, le 10 Octobre, gagnée par le Corps de Lannes sur les forces prussiennes et saxonnes, les Français marchent sur Iena où les deux adversaires vont s'affronter le 14. Seule une fraction du 6e Corps, sa cavalerie et son avant-garde, va y participer dont le 25e Léger associé à deux bataillons d'élite (formés de carabiniers et voltigeurs). Les capitaines Deschamps et Jacquinot y seront blessés.

Après la bataille et celle d'Auerstedt, livrée le même jour par Davout, la Prusse a son armée en miettes et les Saxons se soumettent à Napoléon.

 

IV/ LA CAMPAGNE DE POLOGNE, 1806-1807

Carabinier, chasseur et voltigeur 25e léger 1809-1812

Fig. 2 Carabinier, Chasseur et Voltigeur du 25e Léger entre 1809 et 1812 d'après les Collections alsaciennes

Le Maréchal Ney reste à Magdebourg jusqu'au 17 novembre; mais la 2e Division du 6e Corps est dirigée sur Berlin. Les Russes s'approchent de Varsovie et l'Empereur a résolu d'aller au-devant d'eux en se portant sur la basse Vistule où les Prussiens ont encore quelques détachements, notamment à Thorn.

Le 6e Corps, qui avec le 1er et le 3e corps, la Garde et la réserve de cavalerie, forme l'armée de réserve, se met en marche en plusieurs colonnes par la route de Posen. La 3e Division suit la 2e en ayant sa tête de colonne à trois journées de marche en arrière de la tête de la 2e Division. Tout le pays jusqu'à la Vistule a été traversé au commencement de novembre par Davout, Augereau et Lannes, sous le commandement en chef de Murat.

Le 25 Novembre, Napoléon quitte Berlin, pour se mettre à la tête de ses troupes. Murat est entré dans Varsovie sous l'enthousiasme des Polonais.

Ney est envoyé sur Thorn. A Soldau, il bat un reliquat de l'armée prussienne, tandis que Davout et Augereau ont culbuté les Russes à Golymin, le 26 Décembre. L'Armée française va donc pouvoir prendre ses quartiers d'hiver.

Le siège des forteresses prussiennes du Nord de l'Allemagne se poursuit.

Le Général Bennigsen, qui vient d'être nommé Généralissime de l'Armée russe, a résolu de tourner l'Armée française par sa gauche et de débloquer Danzig. Il menaçe notre droite et arrive à Heilsberg sur l'Alle, menaçant directement les 1er et 6e Corps. Le 21 janvier, il se heurte aux troupes du Maréchal Ney, qui, forment une pointe en avant de la ligne de cantonnements français; l'avant- garde de Ney, qui se trouve à Bartenstein, manque d'être enlevée.

Ney se met alors en retraite en direction de Gilgenbourg. Napoléon, quand il a acquis la certitude que le gros de l'armée russe est sur l'Alle lève aussitôt ses cantonnements pour marcher à l'ennemi, que Bernadotte a reçu l'ordre d'attirer à sa poursuite sur la basse Vistule. Bernadotte se bat à Mohrungen le 24.

Ney arrive à Gilgenbourg le 27, et se joint au 1er Corps de Bernadotte qui se dirige sur Osterode. Ney prend position avec Bernadotte sur le plateau en arrière d'Osterode et soutient le choc avec son audace et sa vigueur accoutumées jusqu'à ce que Benningsen, qui a espéré tomber à l'improviste sur ses cantonnements, se mette en retraite en apprenant l'arrivée du gros de l'Armée française qui se dirigeait vers Allenstein sur l'Alle. Le 30 Janvier, Napoléon a quitté secrètement Varsovie.

Le 2 février au matin, le 6e Corps part de Gilgenbourg, et arrive le 3 au matin à Allenstein.

A Liebstadt le 5 février 1807, il se heurte au corps prussien de Lestocq, dont il détruit l'arrière- garde. Les Prussiens refluent et sont poursuivis par la brigade Roguet (25e Léger et 27e de Ligne). Le capitaine Lefebvre du 25e Léger, frère du maréchal, est blessé lors des combats.

Le 8 Février 1807 débute la sanglante bataille d'Eylau. Sur la fin de la bataille, les Prussiens de Lestocq , qui ont pu échapper à Ney font leur apparition, ce qui peut changer le sort des combats. Heureusement, à la fin de la journée, le Corps de Ney rallie à son tour prenant les Russes sur leur flanc droit, ce qui pousse les Russo-prussiens à se retirer. L'hécatombe a été terrible pour les deux adversaires.

Le 17 Février, l'Empereur prescrit un mouvement rétrograde. Ney positionné en avant-garde à Guttstadt. Les Russes harcèlent les avant-postes français à défaut de tenter une nouvelle offensive.

Le 23 févier 1807, le colonel Morel, du 25e Léger, est blessé d'un coup de mitraille à l'épaule et chute de cheval. Il ne pourra plus reprendre son service.

3 et 4 mars combats près de Guttstadt.

Emplacement des troupes de l'Empire français à l'époque du 1er avril 1807
Infanterie légère
Numéros des Régiments, et noms des Colonels
Majors, Chefs de Bataillon et Quartiers-maîtres
Numéro des Bataillons
Emplacement, et conscription de l'an 1807
Division Militaire
25e Morel

Amy
Griolet
Arné
Glaize
Dauby
Curez

Major
1er
2e
3e
4e
Quartier-maître





A Verdun
Conscrits du Cantal et de la Doire


3e Division, 6e Corps
3e Division, 6e Corps
3e Division, 6e Corps
2e

La belle saison est revenue et avec elle la reprise des manœuvres. Ce sont les Russes qui débutent les hostilités, concentrant leurs efforts sur Ney.

Le 5 juin 1807, ont lieu les combats de Guttstadt et Deppen. Le chef de bataillon Griolet, les capitaines Lajoie, Nicaise et Vilain sont blessés.

Mais à l'arrière Napoléon a concentré 150.000 hommes tandis que Ney recule pied à pied. Les Russes décident alors de se replier sur Heilsberg. L'avant-garde de Murat entre au contact et celui-ci à son habitude lance sa cavalerie à l'attaque. Les Russes finissent par reculer avec l' arrivée des renforts français et vont se coincer eux même dans la nasse de Friedland, le 14 Juin. Le 6e Corps de Ney s'enfonce héroïquement au milieu des lignes russes pour parachever une victoire sans appel. Le 25e Léger aura de nombreuses pertes. Le chef de bataillon Rémond et le capitaine Renard seront mortellement blessés.

Le 24 Juin 1807 Ney écrit à Berthier : «le 25e Léger se trouve sans chef, tous ayant été blessés. Le colonel Morel s'est cassé l' épaule à la fin de la campagne dernière et ne pourra pas de sitôt servir. Je propose de le remplacer par le chef de bataillon Baptiste du 50e régiment, officier extrêmement brave, rempli de mérite».

Le nouveau colonel Joseph Anselme dit Baptiste est nommé à la tête du régiment le 26 Juin 1807. On répartit les hommes dans bataillons désormais à 6 compagnies dont une de carabiniers et une de voltigeurs. Le 3e bataillon repart pour le dépôt de Verdun, tandis que ses carabiniers et voltigeurs se rendent à Dantzig.

Fin Août, les deux premiers bataillons sont dirigés vers l'Espagne avec le maréchal Ney et son ancien Corps d'Armée.

LES REGIMENTS PROVISOIRES LEGERS A BAILEN EN JUILLET 1808

Des régiments provisoires pour les Corps d'Observation qui pénètrent en Espagne à la fin 1807 et début 1808 ont été créés, associant des petits bataillons de 4 compagnies pris dans les Dépôts. Parmi ces régiments : le 7e régiment provisoire léger (Major Deslon) qui compte des détachements des  6e, 9e, 24e et 28e Léger, et le 8e régiment provisoire Léger (Major de Peschery) associant des détachements des 21e, 25e, 26e et 27e Léger. Ces bataillons, qui font partie du 2e Corps d'Observation de la Gironde du général Dupont, vont capituler à Bailen, le 23 juillet 1808.

 

V/ LA CAMPAGNE D'ESPAGNE DU 25E LEGER FIN 1808

Sapeur, tambour et musicien régimentaire 25e léger, 1809-1812

Tambour de chasseurs et musicien 25e léger 1809-1812
Fig. 3 Sapeur, Tambour de Carabiniers et Musicien régimentaire entre 1809-1812, d'après les Collections alsaciennes
Fig. 3bis Tambour de Chasseurs et Musicien régimentaire , 1809-1812

 

Tambour major 25e léger 1809-1812
Fig. 4 Tambour major du 25e Léger vers 1809-1812

Napoléon vint en novembre 1808 se mettre lui-même à la tête de l'armée d'Espagne retirée derrière l'Ebre après les tragiques évènements de Bailen. Ayant rameuté ses vieille troupes d'Europe centrale et une partie de sa Garde, Napoléon en avait formé sept Corps, plus les forces de Junot rapatriées du Portugal (dit 8e Corps) qui devaient rallier. Il donna à l'Armée d'Espagne une nouvelle organisation d'après laquelle le 2e Corps sous le commandement du maréchal Soult et le 6e commandé par Ney (dont notre 25e Léger, deux premiers bataillons à la division Lagrange) formèrent le centre de l'armée sous le commandement de l'Empereur lui-même.

L'Armée espagnole se disposait, quant à elle, en 4 grandes masses, espérant le soutien des Anglais qui étaient toujours présents au Portugal.

Burgos était bientôt aux mains des Français. La ville est pillée. Napoléon vient s'y établir. L'armée espagnole de Blake a été repoussée vers le Sud. Napoléon fait encore face à deux armées : celle de Castanos, au centre, qui borde le cours de l'Ebre, et celle de Palafox, au sud. Il décide de se porter sur le centre. Et demande à Lannes, le 18 novembre, de prendre le commandement des forces qui vont affronter l'Armée de Castanos à Tudela, le 23. L'affaire est rondement menée par Lannes. La division Lagrange, détachée du corps de Ney participe à la bataille et décide de la victoire en particulier le 25e Léger.

Les Français ont fait prisonniers 3 000 Espagnols, 4 000 d'entre eux étant tués ou s'étant noyés dans l'Èbre ; 40 pièces d'artillerie et sept drapeaux sont également pris. De leur côté, les Français n'ont perdu que 460 hommes.

Mais le reste du corps de Ney qui devait couper la route de l'armée espagnole en repli pour parachever la victoire n'est pas sur les positions prévues. Ney et Moncey, qui avancent lentement, n'arrivent à Saragosse sur les talons de Castanos que le 30 novembre. Ney est rappelé par Napoléon pour une offensive dans le Léon et est remplacé sous les murailles de la ville par Mortier.

On parlait d'une nouvelle armée anglaise qui venait de débarquer .

Après la bataille de Tudela, Napoléon continuait sa marche sur Madrid. La fameuse prise du col de Somosierra ouvrait le chemin. L'Empereur entrait dans la capitale espagnole le 4 décembre et reposait son frère sur le trône. Celui-ci ne fera son entrée officielle dans sa capitale que le 22 Janvier 1809 ...

Jusqu'alors, Napoléon, ne s'était pas occupé de l'armée anglaise du général Moore, mais lorsqu'il apprit qu'elle s'était avancée du Portugal en Espagne, autour de Salamanque (entre les 13 et 23 Novembre), il prescrivit au Maréchal Soult de redescendre dans le royaume de Léon. Un autre petit corps anglais sous le général Baird venait de débarquer à la Corogne.

 

Musiciens de Compagnie 25e léger 1810

Fig. 4bis Musiciens des Compagnies vers 1810 d'après la Collection Boersch

 

officier Porte Aigle du 25e Leger 1809-1812

Porte Aigle du 25e Leger et second et troisieme Porte-Aigles 1809-1812
Fig. 5 Officier porte-aigle du 25e Léger en 1809-1812, d'après les Collections alsaciennes
Fig. 5bis Officier porte-aigle, Second et Troisième porte-aigles du 25e Léger en 1809-1812, d'après les Collections alsaciennes

 

V/ LA CAMPAGNE D'AUTRICHE DE 1809 DU 4ème BATAILLON DU 25ème LEGER

Pendant que Napoléon était engagé en Espagne, l'Autriche se réarmait en vue de prendre sa revanche de 1805. Fin 1808, Napoléon au courant de ces préparatifs réactive un corps d'armée formé de détachements «d'élite» de plusieurs régiments, réunis en demi-brigades, pour le général Oudinot.

Les chasseurs, carabiniers et voltigeurs du 4e bataillondu 25e Léger sous les ordres du chef de bataillon Paturel forment avec les 4ème bataillons des 6e et 24e Léger : la première demi-brigade légère de la division Oudinot, aux ordres du général de brigade Conroux.

D'abord sous le commandement du maréchal Lannes et de son 2e Corps d'Armée, la grande partie du corps d'Oudinot combat à Bied et Ebesberg le 3 mai 1809.

Au moment de la bataille d'Essling (20-22 Mai 1809), les soldats d'Oudinot se couvrent de gloire en défendant le village du même nom. Lannes mortellement blessé est alors remplacé directement par Oudinot. Les Français repassent le Danube et se fortifient dans l'ile Lobau.

Les hommes du 25e Léger participent aussi à la bataille de Wagram en tenant avec acharnement la droite de Deutsch Wagram contre les Autrichiens, permettant à Davout d'effectuer un mouvement tournant. Le 4ème bataillon aura de nombreux blessés entre les deux batailles d'Essling et Wagram.

 

VI/ LA CAMPAGNE D'ESPAGNE DE 1809 DU 25ème LEGER

Positions du 6e Corps en 1809-1810
Positions du 6e Corps en 1809-1810

Le 6e Corps entre à Madrid le 14 décembre 1808 et est passé en revue par l'Empereur le 16 décembre.

A l'ouest, le Maréchal Soult poursuit l'armée anglaise de Moore dans sa retraite précipitée à travers la Galice. Le 6e Corps est désigné pour lui servir de réserve. Il quitte Madrid le 20 décembre, passe à Guadarrama, Arevalo, Tordesillas, Rio Seco et arrive à Astorga le 2 janvier 1809. Cette longue marche, exécutée au cœur de l'hiver, dans un pays insurgé est difficile. Le 6e Corps reste donc en réserve à Astorga et à Lugo. Après la bataille de la Corogne (18 janvier), il est chargé d'occuper la Galice, où le Marquis de la Romana s'est mis à la tête des rebelles espagnols, après l'embarquement des troupes anglaises à la Corogne. Constamment battu par Ney, il se réfugie dans les montagnes, y rallie ses troupes, et revient sans cesse à la charge.

Le 6e Corps reste en Galice pendant que Soult s'enfonce dans le Nord du Portugal puis en est chassé par Wellington au mois de mai 1809. En Galice, les soldats vivent de réquisitions et sont mal nourris : "Il ne reste pas de quoi alimenter quinze jours les troupes, ... écrit déjà Jomini, dans son rapport du 30 avril; ... le peu qu'on pourrait exiger achèverait d'insurger le pays .... Il n'a pas été envoyé de fonds pour les troupes françaises".

Le 5 mai, en arrivant à La Corogne, Ney adresse une lettre au général Kellermann, disant qu'il appuiera ses opérations dans les Asturies, et sans doute, sur Oviedo, avec douze bataillons du 6e corps. C'est le 9 mai de grand matin que le duc d'Elchingen quitte la Corogne pour Lugo qu'il atteint le même jour. Les troupes destinées à l'expédition des Asturies appartiennent à la Division Maurice Mathieu; en voici la composition :1re brigade (généraux Lorcet et Labassée) : 25e léger, 27e de ligne, 3e de hussards, 4 pièces de montagne; 2e brigade (généraux Marcognet et Bardet) : 39e et 59e de ligne, 20e dragons et 4 pièces de montagne. Le dispositif de marche pour l'entrée des troupes dans les Asturies prévoit :
- Avant-garde : Général Lorcet : 1 bataillon composé de 3 compagnies de voltigeurs du 25e léger et de 3 compagnies de voltigeurs du 27e de ligne, sous les ordres du chef de bataillon Villars, du 59e ...
1ère Brigade : Général Labassée : 25e d'infanterie légère; 27e d'infanterie de ligne ... La place du général de division est en tête de la 1ère brigade.

Chaque soldat, pour cette expédition, doit recevoir 70 cartouches; "... La troupe sera pourvue de six jours de biscuit, deux jours de vin et un jour d'eau-de-vie. Le soldat n'emportera que les effets indispensables pour la durée de l'expédition (une douzaine de jours), et le surplus des bagages sera envoyé sous escorte à Betanzos, où il y a un magasin contenant 3. 000 paires de souliers ...".

Le départ de l'expédition, au préalable réunie à Lugo, a lieu le 13 mai, à 4 heures du matin; l'entrée à Oviedo le 19 au soir. Le 21 mai 1809, depuis Oviedo, Ney adresse à Joseph le rapport de son expédition : "Sire, par ma dernière lettre (du 18 avril) j'ai eu l'honneur d'informer Votre Majesté que l'invasion des Asturies avait été concertée avec le général de Kellermann, immédiatement après son arrivée à Lugo. Cette importante expédition a eu tout le succès désirable ...
Je partis le 13 (mai) de Lugo, à la tête de douze bataillons du 25e léger, des 27e, 39e et 59e de ligne, du 3e de hussards et du 25e dragons, avec huit pièces d'artillerie de montagne, 200.000 cartouches de réserve portées par des mulets et du biscuit pour sept jours ...
Le 18, à 6 heures du matin, l'avant-garde avait passé la Navia et se dirigeait sur Grado; à 8 heures, toute la cavalerie et un bataillon du 25e léger soutenaient l'avant-garde, qui était aux prises avec l'ennemi à Grado; l'attaque a été brusquée, l'ennemi dispersé ou tué, car on n'avait pas le temps de faire des prisonniers; nous arrivâmes à Penaflor avec la rapidité de la foudre; toutes les hauteurs étaient couvertes de paysans et le feu devint extrêmement vif de toutes parts. J'ordonnai au général Lorcet d'enlever le pont à la baïonnette; le pont fut enlevé avec une ardeur surnaturelle; on prit les deux pièces de canon et tout ce qu'on put atteindre fut passé par les armes. Ma cavalerie était en bataille dans la plaine et maintenait nos communications; cependant, il fallut y renoncer, parce que je voulais profiter de la terreur de l'ennemi pour enlever le pont de Gallegos. Je laissai le bataillon du 25e léger pour garder le pont, ainsi que les hauteurs à droite et à gauche de Penaflor; le bataillon de voltigeurs d'avant-garde et 50 hussards marchèrent sur Gallegos; ce pont fut vaillamment défendu par le régiment de la Princesse, mais il fut également enlevé, ainsi qu'une pièce de 12. On poursuivit l'ennemi à petite distance et on revint se barricader sur le pont pour attendre la réunion des autres brigades. Cependant, le passage de la Nara continua toute la journée et la nuit suivante.
La Romana, en apprenant la défaite de ses troupes, abandonna Oviedo et livra au pillage les magasins immenses d'armes, de subsistances et d'habillement que renfermait cette ville.
Le 19, à 6 heures du matin, tout était en marche et le même jour, à 9 heures du soir, les 3e et 4e brigades entraient dans Oviedo, l'avant-garde et la 1re brigade prenaient position, en échelon, à l'embranchement des routes de Gijon et d'Aviles, la seconde brigade à Gozes et Lugones, sur la Nara.
La Romana s'est embarqué, le 19, à 5 heures du matin, à Gijon, à bord d'une corvette espagnole; le vent contraire l'a obligé de rester au large. Le 20, nos troupes entrèrent à Gijon, pendant que la 4e brigade occupait Oviedo, enlevait les cadavres qui l'encombraient et rappelait les habitants.
Les paysans qui voulaient défendre Oviedo après le départ de la Romana étaient tous ivres de vin et d'eau-de-vie, qu'ils avaient à discrétion par le pillage des magasins; ils faisaient le coup de feu de tous côtés, mais avec si peu d'ordre que les soldats, fatigués de tuer des gens si excessivement bêtes, se bornaient à les désarmer et à les pousser hors la ville.
Nous avons trouvé, à Gijon et à Oviedo, plus de 250 milliers de poudre et presque autant de plomb, un immense approvisionnement de fusils et d'équipements fournis par les Anglais, plus deux corvettes anglaises chargées d'habillements et d'équipements militaires; l'une a été brûlée par les Anglais et l'autre est intacte, nos soldats étant arrivés assez vite pour éteindre le feu qu'on y avait mis.
Le 21, ma petite armée occupait la route le long de la côte, depuis Gijon et Aviles jusqu'à Soto del Barco, sur le Nalon, une brigade restant en réserve à Oviedo. Ce même jour, une petite colonne d'infanterie et de cavalerie, que j'avais dirigée la veille d'Oviedo sur Pola de Lena, a fait sa jonction avec la tête des troupes du général Kellermann. Ce général arrive ici ce soir.
Demain, je pars d'ici pour marcher contre l'armée des insurgés de Galice. Je sais qu'elle est extrêmement embarrassée; j'espère la dissoudre, retourner dans mon ancienne position et marcher ensuite avec ma réserve aux ordres du général Marchand, pour m'emparer de Vigo et tâcher d'avoir des nouvelles du maréchal duc de Dalmatie
" (La vie militaire du Maréchal Ney, t.3).

Le 23 mai, le 25e Léger est Figueidas et Rivadeo.

Ney reste jusqu'au 16 juin dans la province de Galice, combattant les insurgés comme à Ponteveda le 8 juin où le capitaine Breuilh du 25e Léger est tué.

Ney doit récupérer les troupes de Soult en très mauvais état après leur retraite. Les deux maréchaux ne s'entendant pas, Soult part avec ses troupes pour Zamora. Ney se décide cependant, le 16 juin, à se rapprocher de ce dernier en allant dans la province de Léon. Les difficultés qu'il éprouve à faire vivre ses troupes et à évacuer les malades rendent cette résolution nécessaire.

Le 25 juillet, le 6e Corps se concentre à Benavente car Wellington, est revenu sur le Tage à Abrantes. De là, il se dirige sur Madrid par Alopéza et Talavera, de concert avec les armées d'Estramadure et de la Manche, commandées par la Cuesta et Vanegas qui marchent sur Tolède. Le Roi Joseph va lui-même à la rencontre de Wellington à partir de Madrid et ordonne à Soult de se réunir avec les Corps de Ney et de Mortier pour couper la retraite au général anglais. Les soldats de Victor doivent tenir Talavera en attendant les renforts de Joseph.

Le 6e Corps, à peine concentré à Benavente, se met en marche sur Almaraz par Salamanque et Plasencia, sans même s'inquiéter du Corps espagnol de Del Parque qui réuni aux Portugais de Beresford et campe sous Almeïda.

Le 23 Juillet, les forces anglo-espagnoles attaquent Victor qui a replié ses lignes mais a reçu des renforts. Les Espagnols sont repoussés et se replient sur Talavera, renforcés par les Anglais.

Les 27 et 28 juillet, les forces françaises, avec Joseph qui est arrivé, passent à l'offensive. Elles ne parviennent pas à déloger l'ennemi mais Wellington apprenant l'arrivée de Soult et de Ney, se met en retraite de lui-même le 2 août, en abandonnant 5000 malades et blessés, et rentre en Portugal. Au lieu de poursuivre, l'armée française reprend des positions défensives. Le 6e Corps retourne ensuite à Salamanque. Il force, le 12 août, le passage du col de Banos, défendu par le Général anglais Wilson qui est mis en pleine déroute et perd 1200 hommes.

Le 18 août 1809, Ney, qui vient d'arriver à Salamanque, adresse un rapport des dernières opérations à Joseph, Roi d'Espagne, et au Major général Jourdan, à Madrid :
"... Le même jour (8 août), le colonel Ornano, commandant la brigade de dragons, et le colonel du 25e léger firent passer le Tage à la nage au-dessus et au-dessous d'Almaraz et ramenèrent des prisonniers.
Le 12, le corps d'armée partit en masse de Plasencia, où la tête de colonne du 2e corps devait entrer le même jour.
J'appris, en arrivant près d'Oliva, que l'ennemi occupait en forces Aldeanueva del Camino et principalement les hauteurs, ainsi que le col de Banos. Mon avant-garde, aux ordres du général Lorcet, composée des voltigeurs des 25e léger, 27e, 50e et 59e de ligne, des 3e d'hussards et 15e de chasseurs, d'une batterie d'artillerie légère, de la brigade de dragons du colonel Ornano et d'une réserve composée des 50e et 59e de ligne, rencontra l'ennemi à Aldeanueva.
L'attaque et le succès furent également rapides. La position fut enlevée et le 3e d'hussards exécuta la plus belle charge.
L'ennemi ainsi culbuté se rallia cependant par petits pelotons à son corps principal sur les hauteurs de Banos.
Le général Wilson occupait celles-ci avec un corps de 4 à 5.000 hommes, composé de deux bataillons portugais, quatre bataillons espagnols et 1.000 hommes venus de Ciudad Rodrigo. Ce général, qui regardait sa position comme inexpugnable, avait encore ajouté aux difficultés du terrain en fermant tous les sentiers par lesquels on pouvait arriver à lui au moyen d'abatis, de coupures profondes et de blocs de rochers.
Aussitôt que les échelons de l'armée eurent serré sur Banos on marcha à l'ennemi. Le soldat oublia dans ce moment l'extrême fatigue que lui avaient fait éprouver la chaleur et une marche de neuf lieues.
Les 59e et 50e régiments s'avancèrent avec la plus grande audace et se rendirent maîtres des hauteurs malgré la vigoureuse résistance qu'on leur opposa.
Cependant, le général Wilson rallia ses troupes pour la troisième fois et essaya même de reprendre l'offensive, espérant nous culbuter à son tour, mais cette tentative lui devint funeste, car l'avant-garde, qui s'était réunie, engagea un terrible combat à la baïonnette, dans lequel l'ennemi fut écrasé. Les hussards et les chasseurs achevèrent de le mettre dans la plus affreuse déroute. Il fut poursuivi jusqu'au delà de Montemayor et de Valdelacoza; enfin, ce petit corps d'armée, ayant laissé 1.200 hommes sur le champ de bataille, peut être considéré comme détruit.
... Le soldat, irrité de la résistance qu'il avait éprouvée, n'a pas voulu faire de prisonniers; on a cependant sauvé la vie à plusieurs officiers et soldats.
Le nommé Tartre, soldat au 59e, a pris un drapeau.
Les prisonniers ont rapporté que les autres drapeaux avaient été brisés et jetés dans les précipices.
Le colonel du 15e de chasseurs, qui était entré à Valdelacosa avec les voltigeurs, rendit compte que la plaine au delà était gardée par des piquets de cavalerie. Je fus instruit en même temps qu'il existait à Bejar un camp de 1.500 à 1.800 Portugais. Le général de division Marchand y envoya une petite colonne, mais l'ennemi gagna précipitamment les montagnes.
Le 13, l'armée continua sa marche par Valdelacosa. L'ennemi ne se montrant plus, l'avant-garde prit position à Fuenteroble, la 2e division à Fuentes, la 1re à Valdelacosa et Valverde.
Le 14, avant le jour, l'avant-garde se dirigea sur Salamanque; il y avait dans cette ville 1.400 fantassins et 400 cavaliers, commandés par le général Castro Fuente, qui commença sa retraite vers Ciudad Rodrigo dès qu'il eût appris que le col de Banos avait été forcé; la cavalerie de son arrière-garde échangea quelques coups de pistolet, mais ne tint nulle part.
La perte que nous avons éprouvée dans les divers combats livrés depuis Aldeanueva jusqu'au delà de Montemayor et de Valdelacosa est de 5 officiers, 30 sous-officiers ou soldats tués et de 10 officiers et 140 sous-officiers ou soldats blessés.
Plusieurs hommes sont tombés morts de chaleur et de fatigue, une vingtaine ont été égorgés par les paysans.
... toutes les troupes ont rivalisé de valeur et de zèle ...
" (La vie militaire du Maréchal Ney, t.3).

Le 30 Août, tout le 6e Corps se concentre de nouveau à Salamanque.

En septembre, le maréchal Soult est nommé major-général des troupes françaises en Espagne et le maréchal Ney est renvoyé en France auprès de l'empereur Napoléon. Le commandement du 6e corps est confié provisoirement à l'un de ses divisionnaires, le général Marchand.

Le 12 septembre, Ney adresse un rapport au Major général Jourdan à Madrid : "... Hier matin (11 septembre), j'ai envoyé un bataillon du 25e léger et un détachement du 15e de dragons sur Rollan pour m'assurer si l'ennemi occupait ce point avec l'avant-garde de l'armée espagnole qui, d'après divers rapports, était à San Munos.
Je dirigeai en même temps plusieurs reconnaissances sur les directions de Calzada de don Diego et de Siete Carreras.
Le détachement principal avant d'arriver à Rollan s'est fait éclairer par des dragons.
L'ennemi tenait un fort bataillon d'infanterie caché dans les bois, tandis qu'il ne montrait qu'environ 80 cavaliers dans la plaine. Après une légère escarmouche, 50 hommes à cheval cherchèrent à traverser la Valmuza pour envelopper notre infanterie, pendant que les fantassins espagnols attaquaient de front.
Le chef de bataillon Saint-Jean prit une bonne position sur la droite de la Valmuza et, après une fusillade bien soutenue, rendit toutes les tentatives de l'ennemi inutiles. Sur ces entrefaites, le 2e bataillon du 25e léger, avec le 15e de dragons et deux bouches à feu, débouchèrent de Domnos pour appuyer le 1er bataillon. La 2e brigade du général Marchand, qui venait d'arriver à Ledesma, dirigea aussitôt des troupes sur Rollan, ce qui détermina l'ennemi à prendre position dans les bois en arrière de Rollan.
Les reconnaissances ont trouvé à Calzadilla 60 cavaliers au moins, qui se sont repliés sur Rollan. Hier, à minuit, 120 dragons ont été s'établir à Rodillo, vis-à-vis les avant-postes ennemis, qui ont aussitôt profité de l'obscurité pour se retirer sur Castro. A la pointe du jour, 80 dragons, suivis de 40 en réserve, suivirent l'arrière-garde ennemie, laquelle espérait les envelopper à hauteur de Quexigal, mais, sans tenir compte des forces de l'ennemi sextuples, les dragons n'hésitèrent pas une seconde à charger. La mêlée fut affreuse et, sans le secours de leur infanterie, il eût été impossible aux cavaliers espagnols de se rallier. On leur a tué plus de 50 hommes, blessé un plus grand nombre et fait quelques prisonniers. Nous n'avons eu que quelques hommes et quelques chevaux atteints.
Je n'ai pas encore de nouvelles de la 1re brigade de la division Marchand; j'espère qu'elle arrivera aujourd'hui à Ledesma; la 2e vient de rentrer ici; ainsi me voilà en mesure de bien recevoir le corps de La Romana s'il vient m'attaquer ...
" (La vie militaire du Maréchal Ney, t.3).

Début octobre, les Espagnols lancent une offensive pour reprendre Madrid. Tandis que l'armée principale marche sur la capitale, une armée secondaire commandée par le Duc del Parque est chargée de couper la retraite à l'armée française et se dirige vers Salamanque. Le 6e corps, marche à sa rencontre. Les Espagnols se retranchent dans le village de Tamanes.

Le 17 octobre l'attaque française est un échec. Le 25e Léger a de très nombreuses pertes : le colonel Anselme est grièvement blessé (il mourra de ses blessures en Août 1810), le chef de bataillon Saint Jean est blessé, les capitaines Courtin et Denis sont tués.

Le 19, le 6e Corps rentre à Salamanque, puis se replie derrière le Douero, le 24 septembre. Le général Kellermann le rejoint avec une division de dragons et un contingent d'infanterie. Kellermann prend le commandement des forces françaises et reprend Salamanque, puis repart au nord pour lutter contre des guérillas. Le 6e corps de Marchand doit alors faire face à nouveau aux armées du duc del Parque qui, profitant de l'absence de Kellermann et de sa supériorité numérique, réoccupe Salamanque. Toutefois, informé de la victoire française d'Ocana (le 19 novembre), les Espagnols jugent plus prudent de se retirer dans les montagnes. Entre temps, Kellermann reparaît avec ses dragons et se lance à la poursuite de del Parque aux côtés de Marchand. La cavalerie française rattrape ses adversaires le 28 novembre à Alba de Tormes et leur inflige une sévère défaite. Les troupes de Marchand arrivent sur les lieux vers la fin de la bataille, mais réussissent à s'emparer du pont et de la ville d'Alba de Tormes. "Notre infanterie qui avait fait neuf lieues, dit de la Chasse-Vérigny (Rapport du 1er décembre 1809), arriva à 8 heure du soir et, à la nuit, entra dans Alba, baïonnette en avant ...".

Les Français mettent hors de combat 2 000 soldats espagnols, font un millier de prisonniers et récupèrent 15 canons, 10 000 fusils, 10 drapeaux, ainsi que la plupart des caissons de l'armée vaincue.

Le 6e Corps rentre à Salamanque. Mais il envoie des détachements tenir les positions alentour, vivre sur le pays et protéger les lignes de communication des guérillas. Les deux bataillons du 25e Léger vont occuper Alba de Tormes, dont on fortifie le château pour servir de futur point d'appui. Le régiment y reste jusqu'au 10 Janvier 1810 où les bataillons sont dispatchés entre Frades et Salvatierra de Tormes.

Le 31 janvier, la position du 6e Corps est la suivante :
... A Alba de Tormes, trois régiments de la 2e division (25e léger, 27e, 50e de ligne) et le 15e chasseurs (La vie militaire du Maréchal Ney, t.3).

Début Février, le 6e Corps se concentre autour de Salamanque dans le but de faire le siège de Ciudad Rodrigo (d'après les mémoires du colonel Spûnglin).

 

VII/ LA CAMPAGNE DE PORTUGAL DE 1810-1811 DU 25e LEGER AVEC NEY

1810 couvent de Bussaco point fortifié des Britanniques
1810 : couvent de Bussaco, point fortifié des Britanniques

Ney est revenu prendre le commandement de son Corps d'Armée fin Décembre. Il se met à sa tête pour se porter devant Ciudad Rodrigo que l'armée anglaise du Portugal et les forces espagnoles peuvent protéger. Une sommation de principe est envoyée à la garnison le 13 Février, tandis que les troupes françaises se positionnent surtout dans un premier temps pour observer l'ennemi, adossées à Salamanque. Le parc de réserve se trouve à Yecla, protégé par un bataillon du 25e Léger.

Le 23 février 1810, le 25e Léger se trouve (avec 2 escadrons de dragons et 60 hussards) à Tamames, sous le commandement de l'adjudant commandant Rippert, et a un fort détachement à Salvatierra de Francia (La vie militaire du Maréchal Ney, t.3).

La situation reste stationnaire jusqu'en mars.

Pendant ce temps,Soult avait entrepris la conquête de l'Andalousie.

A la date du 20 mars 1810, le 6e Corps présente la situation suivante :
- 2e Division d'Infanterie : Général Mermet
- 1ère Brigade : Général Labassée
25e Léger (2 Bataillons) : 1729 hommes
27e de Ligne (3 Bataillons) : 1850 hommes (La vie militaire du Maréchal Ney, t.3).

Au milieu d'Avril, Napoléon décide de marcher aussi contre le Portugal. L'armée du Portugal destinée à cette expédition devait se composer des 2e (Reynier), 6e (Ney) et 8e Corps (Junot), en tout 60000 hommes, dont le commandement fut donné à Masséna. Dans cette troisième tentative lusitanienne, après les échecs de Junot en 1807-1808 puis Soult en 1809, Ney va encore faire preuve de son caractère ombrageux.

L'Armée anglo-portugaise de Wellington présentait un effectif de 50.000 hommes. Le général anglais, résolu à ne pas accepter de grandes batailles, a fait préparer, à l'embouchure du Tage, où se trouvait une flotte anglaise, les célèbres lignes de Torres Vedras qui devaient, au besoin, protéger l'embarquement de son armée.

Le 10 Mai, Masséna arrivait à Valladolid et le 15 rencontrait Ney à Salamanque. Les Français devaient d'abord s'emparer des places fortes de Ciudad Rodrigo (espagnole), et Almeida (portugaise), avant d'entrer au Portugal. Ce sera au 6e Corps de Ney de s'en occuper. Le 25e Léger et ses deux bataillons sont à la division Mermet, brigade Bardet avec le 27e de Ligne.

Le 28 mai, Ney informe, depuis Salamanque, le Prince d'Essling des mouvements du 6e Corps dont les troupes se dirigent sur Ciudad-Rodrigo pour occuper les camps et cantonnements suivants :
- 2e Division : Général Mermet;
- 1ère Brigade : Général Labassée;
25e Léger, 27e de Ligne. Cette Brigade occupe la position en avant de Santi Spiritus (La vie militaire du Maréchal Ney, t.3).

Ce n'est que le 25 juin qu'est lancé l'assaut de la forteresse de Ciudad Rodrigo, après des semaines de siège. Les capitaines Auguste et Nicolas du 25e Léger y sont blessés. Les défenseurs résistent jusqu'au 9 juillet. La place forte d'Almeida dans la région de Beira, ne se trouve qu'à 35 km de Ciudad Rodrigo. C'est encore le 6e Corps de Ney qui est chargé de la besogne. Le 25 Juillet un combat à lieu sur la Coa entre le 6e Corps et les troupes anglaises du général Crawfurd. Du 15 au 28 Août a lieu le siège d'Almeida.

Etats de service du colonel Vincent Martel de Conchy à la tête du 25e Léger en Septembre 1810

Né le 21 janvier 1768 à Magny-Guiscard (Oise). Entré au service au 56e régiment Bourbon-Infanterie, 12 janvier 1792. Sous-lieutenant, 1er avril 1792. Adjoint aux adjudants-généraux, nommé par le général Custine, fin mai 1793. Employé à l'état-major particulier du général Pichegru. Lieutenant, 3 avril 1795. Lieutenant à la 37e demi-brigade, 3 avril 1796. Adjudant-major à la 54e demi-brigade, 5 mars 1797. Aide de camp du général Boudet, en 1797. Capitaine, 5 octobre 1798. Chef de bataillon, nommé sur le champ de bataille de Castricum (Hollande), 6 octobre 1799, à titre provisoire.
Aide de camp du général Dupont, chef d'état-major de l'armée de réserve, en 1800. Major du 56e régiment d'infanterie de ligne. Colonel en second de la 16e demi-brigade, 31 mars 1809.
Colonel du 25e régiment d'infanterie légère du 6e corps du maréchal Ney, de l'armée d'Espagne, en 1810. Nommé général de brigade le 8 février 1813. Commandant des troupes de la province de Guipúzcoa, en Espagne, en 1813. Commandant de la 2e brigade de la division Marcognet du corps d'observation d'Italie, 14 octobre 1813.
Mis en non-activité, 23 avril 1814. Commandant de la 2e brigade de la division Ledru, à la 1ère division militaire (garnison de Paris) du 24 mai 1814, jusqu'au 20 mars 1815

A la date du 9 septembre, le 6e Corps présente la composition suivante :
- 2e Division : Général Mermet
1ère Brigade, Général Labassée : 25e Léger, 2 Bataillons; 27e de Ligne, 3 Bataillons; 3 pièces (La vie militaire du Maréchal Ney, t.3).

Masséna ne reprend sa marche vers Lisbonne que le 15 Septembre. Ses ordres sont d'attendre la fin des grosses chaleurs et surtout des récoltes. Il en profite pour se procurer de quoi approvisionner son armée. D'autant que les Anglais ont décidé de pratiquer la "terre brulée" en se retirant progressivement vers leur base de Torres Vedras.

Masséna prend la direction de Coimbra en passant par Viseu où il s'arrête plusieurs jours pour rallier ses effectifs et réparer ses caissons. La route suivie, au nord du Mondego, passe par Bussaco, une excellente position défensive en hauteur où Wellington a décidé d'attendre les Français avec ses Anglo-portugais.

Au matin du 26, Masséna tombe dans le piège d'une attaque frontale au lieu de contourner les positions anglo-portugaises. Il faut dire que Ney non plus n'a pas effectué de reconnaissances pour juger du terrain.

Le 27, le 2e Corps s'élance à la droite de l'armée ennemie. Tandis qu'au centre de la bataille, le 6e Corps de Ney tente de s'emparer du couvent de Bussaco transformé en forteresse : ils sont repoussés avec pertes. Les Anglais bien retranchés avec une forte artillerie, dévalant les pentes pour des contre- attaques avec des troupes fraiches font des ravages dans les rangs français. Le lieutenant Levers du 25e Léger sera blessé le 28.

Après la bataille, les Français se regroupent et parviennent à contourner les positions ennemies par le Nord, tandis que Wellington recule vers Coimbra. Son objectif est à présent d'atteindre les Lignes de Torres Vedras et d'y attendre une nouvelle fois les Français.

La majeure partie de la population des régions que doit traverser l'armée française se retire avec l'armée anglo-portugaise. L'ordre est donné d'évacuer Coimbra, les propriétés agricoles sont abandonnées, les biens ne pouvant être transportés et susceptibles de servir aux Français sont détruits. La campagne doit être tenue par des partis de guérilla chargé d'exterminer les troupes isolées et les blessés ennemis.

À Coimbra, le 1er Octobre, les Français trouvent un peu de vivres. Entre Coimbra et les Lignes de Torres Vedras, quelques affrontements éclatent entre les troupes françaises les plus avancées et l'arrière de l'armée de Wellington. Les combats les plus significatifs ont lieu près de Pombal et d'Alenquer. Le 11 octobre, l'avant-garde arrive devant les Lignes et va y stationner dans de très mauvaises conditions.

Tandis que Masséna envoie le général Foy en France discuter de la situation militaire avec l'Empereur, il recule ses positions sur Santarem  et Punhete  pour mieux hiverner à la mi-Novembre, suivi par les Anglais. Le 2e Corps de Reynier s'établit à Santarem et entreprend des travaux pour s'y retrancher. Les deux autres corps de l'Armée font de même, regroupés autour de Thomar pour celui de Ney et  de Torres Novas pour celui de Junot.

Le 18 novembre, le Général Mermet informe Ney des dispositions prises à sa Division au point de vue des subsistances : "... Les 25e et 27e régiments auront leur établissement à Asseincera et auront, en supplément des moulins qui s'y trouvent, celui de Matrera, à un quart de lieue d'Asseincera.
Chaque régiment aura une compagnie cantonnée à l'endroit où il fera fabriquer son pain.
J'ai cru devoir mettre une compagnie par régiment pour surveiller avec soin ses intérêts respectifs et emmagasiner tout ce qu'elle pourra se procurer.
Ce mouvement se fera demain matin
" (La vie militaire du Maréchal Ney, t.3).

En Décembre 1810, le 9e Corps de Drouet d'Erlon (en fait seulement 6000 hommes de la division Conroux) franchissant la frontière espagnole va rejoindre et se positionner autour de Leiria. Les hommes sont une nouvelle fois en loques, réparant les tenues avec toutes sortes de draps et utilisant des espadrilles en guise de chaussures. Lemonnier pourra écrire : «C'était des troupes d'arlequins, tant la diversité de couleurs de capotes et de pantalons sautait aux yeux».

POSITIONS ET ENCADREMENT DU 25E LEGER EN JANVIER 1811 (côte SHDT : usuel-181101)

Chef de corps : DECONCHY Vincent
Garnison - dépôt à : Verdun - 2e division militaire
Conscrits des départements de la Somme - du Pas de Calais de 1810
CREPY major - infanterie
CUREZ quartier maître trésorier
1e bataillon commandant : chef de bataillon Duprat - armée du Portugal - 6e corps Ney - 2e division Mermet
2e bataillon commandant : chef de bataillon Preux - armée du Portugal - 6e corps Ney - 2e division Mermet
3e bataillon commandant : chef de bataillon Duplessis - armée d'Espagne - division de réserve
4e bataillon commandant : chef de bataillon Trény - armée d'Espagne - 9e corps d'Erlon - 2e division Conroux
5e bataillon au dépot

Le 5 janvier 1811, Ney ordonne que le 25e Léger se rende au premier beau jour à Montmichel (?) pour y relever le 26e de Ligne.

Le 16 janvier, un ordre de Masséna prescrit à Ney de réunir à Martinchel (?) toute la Brigade Labassée, dont fait partie le 25e Léger.

Masséna a reçu l'ordre d'essayer de s'emparer d'Abrantes : si il commence bien ses préparatifs fin Janvier 1811, la disette qui sévit dans son armée lui fait évoquer une retraite. Las, le général Foy de retour rapporte des instructions de l'Empereur d'offensive qui serait soutenue par Soult (armée d'Andalousie) et Mortier (5e Corps) ou au minimum de maintenir ses lignes pour «épuiser» l'ennemi. Mais de fait, c'était l'Armée de Masséna qui s'étiolait et l'armée anglo-portugaise qui se renforçait et consolidait ses positions.

En Janvier, Soult, s'il a bien quitté son Andalousie, pousse une pointe en Estrémadure, enlève Olivenza et fait le siège de Badajoz dont il s'emparera seulement le 10 Mars.

Le 16 février, Ney écrit à Masséna pour lui indiquer le nombre de quintaux de grains envoyés par le 6e Corps au 2e Corps à Porto de Moz, et les quintaux de maïs ou de blé déposés au Magasin de Thomar; ainsi, on note, pour le 25e Léger, 18 quintaux envoyés au 2e Corps (La vie militaire du Maréchal Ney, t.3).

Masséna, vu l'état de ses troupes, décide finalement de retraiter, sa situation devenant intenable et sans résultats. Dans la journée du 1er mars, le prince d'Essling envoie de Torres Novas, aux commandants de Corps d'armée ainsi qu'aux chefs des grands services, l'ordre de marche sur Pombal, Anciao et Espinhal, dans une région où il espère pouvoir nourrir l'armée au moyen des ressources locales.
Ce changement de position comporte cinq jours de marche, savoir : la nuit du 5 au 6 et les journées du 7, du 8, du 9 et du 10 mars.
Le 6e Corps, auquel sont adjointes la Division Conroux, du 9e Corps, et la Division de cavalerie Montbrun, doit faire l'arrière-garde générale.
Première marche (nuit du 5 au 6 mars). — ... Le 6e Corps, de Pombal et de Thomar à Leiria.
Deuxième marche (7 mars). — ... Le 6e Corps reste en position, sauf que sa 3e Division et sa Brigade de cavalerie légère se rendent de Punhète en avant de Chaos de Maçans.
Troisième marche (8 mars). — ... Le 6e Corps, à Casai des Ovos, après avoir détruit les ponts. Sa 3e Division à Arneiro.
Quatrième marche (9 mars). — ... Le 6e Corps en avant de Pombal et sa 3e Division à Anciano.
Cinquième marche (10 mars). — ... Le 6e corps reste sur les positions de la veille.
Sixième marche (11 mars). — ... Les 8e et 6e Corps recevront de nouveaux ordres.

Aussitôt, Ney informe le Général Drouet d'Erlon de ces dispositions. Les Divisions Mermet, Marchand et Conroux doivent s'échelonner en avant et en arrière de Leiria, savoir :
... 25e léger, 27e, 50e, 59e de ligne et artillerie à Leiria (Division Mermet).

Le départ du 6e Corps est fixé au 8 mars, pour aller prendre position, le même jour, à Casal dos Ovos et, le lendemain 9 mars, près de Pombal (La vie militaire du Maréchal Ney, t.3).

Ney couvre avec brio l'arrière garde et doit livrer des combats à Pombal, Rehinda (le 12 mars les capitaines Croutelle et Roux seront blessés). Dans son Rapport daté de Refança le 12, et adressé à Masséna, Ney écrit sur ce dernier combat : "... le 25e léger ayant en soutien le 50e de ligne, les 3e de hussards et 6e de dragons, tous protégés par l'artillerie, firent éprouver à l'ennemi le même sort que, précédemment, à notre aile gauche, et le 3e de hussards, dans une belle charge exécutée avec beaucoup de bonheur, sabra un grand nombre d'hommes ... Quant aux quatre régiments d'infanterie de la division Mermet, savoir : les 25e léger, 27e, 50e et 59e de ligne, il est impossible de se battre avec plus de vigueur et de manoeuvrer avec plus de sang-froid et de précision devant l'ennemi ..." (La vie militaire du Maréchal Ney, t.3).

Le 12 au soir, Ney rédige depuis Rafama ses ordres de marche pour le lendemain, à 5 heures du matin : "... La 2e division laissera, lors de son passage à Rafama, la brigade Labassée (26e léger, 27e de ligne), qui passe sous les ordres du général de division Ferey (nouvellement promu et venant de la division Loison) ..." (La vie militaire du Maréchal Ney, t.3).

Puis à Foz d'Arounce (le 15 mars, le chef de bataillon Duprat sera touché) contre les Anglais qui se sont lancés à notre poursuite. Au sujet de ce combat, Ney écrit à Masséna le 17 : "... Si le général Lamothe, au lieu de prendre la fuite, eût conservé la plaine en se tenant toujours à hauteur de l'infanterie, combattant avec avantage, et tenté plusieurs charges pour donner aux réserves le temps d'arriver, il est présumable que l'ennemi ne serait jamais parvenu à repousser le 25e léger (déployé en tirailleurs).
Cette conduite singulière du général Lamothe m'a déterminé à le renvoyer à l'état-major général de Votre Excellence et j'ai donné au colonel Mouriez, du 15e de chasseurs à cheval, le commandement de la cavalerie légère de l'avant-(arrière) garde.
Le 39e de ligne, qui formait la réserve du 25e léger, était sur le point de marcher pour l'appuyer lorsque le colonel Lamour (du 39e), qui allait à la position du 25e léger pour connaître la véritable situation des choses, fut malheureusement tué. La perte de cet estimable officier supérieur, aussi distingué par ses talents militaires que par une bravoure peu commune, jeta la consternation dans le 39e, qui fît sa retraite en désordre ...
" (La vie militaire du Maréchal Ney, t.3).

Colonel 25e léger
Fig. 6 Colonel du 25e Léger d'après les Collections alsaciennes

Le 17 mars, depuis Carvaiha, Ney donne l'ordre suivant : "... La division d'avant-garde (d'arrière-garde) du général Ferey (25e léger, 27e de ligne, 39e de ligne, brigade de cavalerie Lamothe, compagnie d'artillerie légère Binner) est chargée de la défensive du pont (de Murcilla) et des gués existant sur le front de l'armée ..." (La vie militaire du Maréchal Ney, t.3).

Reynier rejoint Masséna à Miranda do Corvo, puis ils poursuivent leur marche vers Celorico qui est atteint le 21.

 

VIII/ LA CAMPAGNE D'ESPAGNE DU 25e LEGER DE  MARS A DECEMBRE 1811

Après son échec au Portugal en mars 1811, Masséna décide de gagner l'Espagne par Coria et Plasencia. Ney refuse et veut passer plus au Nord. Masséna le démet de son commandement du 6e Corps qui est remis au général Loison. On doit signaler aussi des désobéissances de la part de d'Erlon et de Reynier qui désorganisèrent le plan de Masséna.

Wellington qui talonne les Français pense pouvoir détruire le 2e Corps à Sabugal le 3 Avril, mais les Français résistent bien sous une pluie battante et du brouillard. La retraite peut se poursuivre. L'Armée du Portugal se regroupe finalement autour de Salamanque et se remplume. Elle compte encore 39.000 combattants.

Les Anglo-portugais ont suivi les Français dans leur repli et désormais le seul point encore entre leurs mains au Portugal est la forteresse d'Almeida, rapidement entourée par la division Campbell  depuis le 7 Avril. Masséna, dont les subordonnés sont de plus en plus désobéissants, demande l'aide de Bessières pour refaire ses forces, délivrer  la garnison et y établir une tête de pont.

Au milieu d'Avril, il pleut, et les bataillons français ont énormément de mal à se fournir en vivres. Cependant Masséna concentre ses meilleurs éléments des 2e, 6e, 8e, et 9e Corps et la cavalerie de Montbrun  autour de Ciudad Rodrigo en vue de l'offensive future. Le 25e Léger a récupéré son 4ème bataillon et compte désormais au 6e Corps dans la brigade Delabassée, 2e division Mermet.

Bessières arrive enfin le 1er Mai, entouré seulement d'une poignée d'hommes de la cavalerie de la Garde, qu'il refusera d'ailleurs de faire intervenir. Wellington anticipant les intentions de Masséna décide de l'attendre à Fuentes de Onoro.

La bataille fera rage entre le 3 et le 5 Mai 1811 et restera indécise, bien que Wellington  ne soit pas passé loin de la rupture et qu'un effort supplémentaire eut emporté la victoire pour les Français. Le 25e Léger n'a pas de pertes à cette bataille. La division Mermet étant en réserve le 1er jour puis s'emparant du village de Poço Velho le second.

Fatigué et moralement atteint, Masséna se replie une nouvelle fois sur Salamanque où il apprend par Bessières sa disgrâce et son remplacement par Marmont. Napoléon ne pardonne pas aux généraux malchanceux ! La seule satisfaction est que la garnison d'Almeida a pu évacuer la place après l'avoir détruite et a réussi à passer à travers les lignes anglaises.

Voilà donc le Duc de Raguse à la tête d'une Armée du Portugal découragée. Celle-ci se restructure désormais en 6 divisions.

Au Sud, en Andalousie, les affaire de Soult  n'étaient pas si florissantes (siège interminable de Cadix, bataille de la Albuera). L'armée du Portugal descend début Juin vers celle d'Andalousie pour délivrer la garnison de Badajoz. Les deux maréchaux font leur jonction à Merida et vont devant la place le 20 Juin. Une fois la garnison délivrée chacun retourne dans son périmètre : Soult en Andalousie et Marmont dans la vallée du Tage entre Talavera et Alcantara pour pouvoir surveiller à la fois Badajoz et Ciudad Rodrigo.

Le reste de l'année se passe en combats contre les guérillas.

Tandis que les bataillons 1, 2 et 4 se trouvaient à l'Armée du Portugal, le 3ème bataillon était stationné dans le Nord de l'Espagne . Napoléon écrivait à  Berthier, major général de l'Armée d'Espagne le 3 avril 1811 : "Mon cousin, on a formé à Bayonne trois bataillons de marche : un de 605 hommes, un autre de 578 et le 3eme de 618. Je désire que vous écriviez au général Caffarelli pour lui faire connaitre mes intentions; 1) tout ce qu il y a dans ces trois bataillons appartenant au 5e,10e et 30e d'infanterie légère sera définitivement incorporé dans le 3e bataillon du 25e Léger qui est en Biscaye ...".

A la fin de l'année, alors que le 3e bataillon du 25e Léger rejoignait son régiment, Napoléon ordonnait que les cadre des 4ème bataillon des régiments de l'Armée d'Espagne rentrent en France. Ce sera le cas pour le 25e Léger.

 

IX/ LA CAMPAGNE DE 1812 DU 25e LEGER AVEC MARMONT

En janvier 1812, l'armée du Portugal abandonne le Tage et est ramenée sur le Douro aux environs de Salamanque. Ce mouvement de retraite amène la perte de deux places importantes : Ciudad Rodrigo (en Janvier) et Badajoz (en Avril) qui tombent aux mains de Wellington. Le commandement général de toutes les forces françaises a été hélas confié au Roi Joseph en Mars. L'Armée du Portugal de Marmont, environ 55.000 hommes a été réorganisée en 8 divisions. Les trois bataillons du 25e Léger font partie de la 2e division du général Clauzel, dans la brigade Berlier avec le 27e de Ligne.

POSITIONS ET ENCADREMENT DU 25E LEGER EN AVRIL 1812 (côte SHDT : usuel- 181204)

Chef de corps : DECONCHY Vincent
garnison - dépôt à : Verdun - 2e division militaire
Conscrits des départements du Loiret de 1812
CREPY major - infanterie
CUREZ quartier maître trésorier
1e bataillon commandant : chef de bataillon Duprat - armée du Portugal - 2e division 
2e bataillon commandant : chef de bataillon Preux - armée du Portugal - 2e division 
3e bataillon commandant : chef de bataillon Duplessis - armée du Portugal - 2e division 
4e bataillon commandant : chef de bataillon Trény - observations : le cadre en route pour rentrer en France
5e bataillon : une compagnie au 3e gouvernement en Espagne - 3 compagnies et dépôt à Verdun

Le 13 Juin, Wellington passe l'Agueda et 3 jours plus tard se retrouve devant Salamanque. Marmont évacue la ville, laissant de petits contingents dans des forts dont les Anglais vont mettre dix jours à s'emparer. Français et Anglo-portugais vont alors stationner chacun sur une des rives du Douro. Marmont décide alors de repasser le fleuve et d'affronter les Anglais avec ses 8 divisions d'infanterie et ses deux de cavalerie. Le premier engagement a lieu le 18 Juillet, à l'aile nord de l'Armée du Portugal commandée par Clauzel à Castrillo. Les Français sont repoussés par les Britanniques, couverts par les hommes du 25e Léger.

Les dégâts sont lourds de deux cotés. Les capitaines Huchot et Poulain du 25e sont blessés. Puis les deux armées marchent parallèlement pour se mettre en place sur le champ de bataille choisi. Les adversaires vont combattre face à face aux Arapiles, le 22 Juillet, au Sud Est de Salamanque, et le combat se terminera par une défaite française.

Les forces de Marmont se font saigner à blanc par l'opiniâtreté des Britanniques et Portugais. Le 25e Léger a de nombreuses pertes : le chef de bataillon Bonnescuelle, les capitaines Auzeral, Barbier, Collache, Devassy, Baraud sont blessés. Marmont également, le général Clauzel a pris le commandement et va sauver les restes de l'armée en menant une retraite efficace. Les divisions Ferrey et Foy sont les dernières réserves non entamées par la bataille : elles vont couvrir le repli en manœuvrant comme à l'exercice.

L'armée se retire une nouvelle fois derrière le Douro, puis quelques temps après, derrière l'Ebre, mais ayant reçu quelques renforts, elle revient sur le Douro et reprend Salamanque évacuée par les Anglais. Le général Clausel cède le commandement au général Reille, qui prend alors ses cantonnements dans la province de Burgos.

1810 couvent de Bussaco point fortifié des Britanniques
1813 : carte du Nord Ouest de l'Espagne

 

X/ LE 25E LEGER (1er et 2ème bataillons) EN NAVARRE 1813

Carabinier 25e léger 1811-1813
Fig. 7 Carabinier du 25e Léger en Espagne, 1811-1813

Après la défaite des Arapiles en 1812, le roi Joseph a évacué Madrid, puis y est revenu tandis que Wellington se repliait une nouvelle fois sur ses bases portugaises à l'Automne.

POSITIONS ET ENCADREMENT DU 25E LEGER EN EN JANVIER 1813 (côte SHDT : usuel-181301)

Chef de corps : DECONCHY Vincent
garnison - dépôt à : Verdun - 2e division militaire
Conscrits des départements de l'Oise - de la Seine - du Pas de Calais de 1813
CREPY major - infanterie
CUREZ quartier maître trésorier
1e bataillon commandant : chef de bataillon Duprat - armée du Portugal - 2e division 
2e bataillon commandant : chef de bataillon Preux - armée du Portugal - 2e division 
3e bataillon commandant : chef de bataillon Duplessis - observations : Rentré en France le cadre à Verdun
4e bataillon commandant : chef de bataillon Voirin - Grande armée - 11e corps - 30e division - 17e demi brigade provisoire
5e bataillon : 4 compagnies et dépôt à Verdun

C'est au début Janvier 1813, que parvient à Madrid l'annonce du désastre de la campagne de Russie et les nouvelles instructions de l'Empereur. D'abord resserrer les lignes en se repliant sur le Nord de l'Espagne. Les 4 armées aux ordres de Joseph vont adopter de nouvelles positions : en mars, on évacue la Manche, l'Armée du Centre se place autour de Ségovie, celle du Midi vers la vallée du Douro, celle du Portugal en Vieille Castille.

L'Armée du Nord du général Clauzel en Navarre doit garder coûte que coûte les communications avec la France, tandis que de véritables armées de partisans battent la campagne au Pays Basque espagnol et en Navarre.

On dépouille donc l'Armée du Portugal de 4 divisions d'infanterie pour renforcer celle du Nord. Cette réorganisation s'accompagne aussi de ponctions en cadres et en hommes expérimentés pour reconstituer la Garde et l'armée d'Allemagne. Le 25e Léger fait partie en mars, des détachements de l'armée du Portugal pour celle du Nord (division Barbot) et le 4e bataillon a été rappelé en France.

En Navarre, il y a fort à faire contre les bandes de guérilleros de mieux en mieux militarisées de Mina. C'est ainsi que 2100 hommes dont 200 lanciers remportent le 31 mars 1813 à Lerin un succès sur les troupes du colonel Gaudin qui ne dispose que de deux bataillons des 25e léger et 27e de ligne (1500 hommes). Les Français dénombrent 8 officiers tués et 23 blessés, 28 officiers et 635 hommes prisonniers; les Espagnols ont des pertes légères.

Les capitaines : Lepetit, Poulain et Collache, le chirurgien sous aide Godin du 25e Léger sont tués. Les capitaines : Hacq, Costille et le chef de bataillon Duprat sont blessés.

Le 23 Avril à Muz, c'est le nouveau colonel, nommé depuis mars, ancien major du 31e Léger (voir l'historique du 31e Léger) Charles François Cresté qui est blessé.

Joseph, quant à lui, évacue sa capitale et replie son gouvernement à Valladolid, laissant à Madrid une garnison avec le général Hugo. Pendant ce temps au Portugal, Wellington devenu généralissime de toutes les armées espagnoles et alliées, réorganise lui aussi ses troupes. C'est le 22 Mai que Wellington reprend l'offensive, réoccupe Salamanque, et continue sa progression.

Pendant ce temps le 25e Léger en Navarre , livre le petit combat de Roncal.

Surpris par le mouvement offensif des Anglais, les Français, se concentrent difficilement. La réunion des troupes ne put s'effectuer en effet qu'à Vitoria, le 19 juin. La bataille s'engagea le 21.

L'Armée du Nord du général Clauzel ne peut rejoindre le théâtre de la bataille qu'après son issue désastreuse, car il devait combattre Mina autour de Pampelune. Apprenant la défaite de Joseph, il se replie sur la France en passant par Jaca. Le 25e voit le chef de bataillon Boussard et les capitaines Lamontagne et Levers blessés au cours de cette retraite.

Le 12 Juillet, rappelé d'Allemagne, Soult vient reprendre le commandement en chef des toutes les forces sur la frontière. Joseph et Jourdan sont destitués.

Soult continue la réorganisation de ses forces en 10 divisions et 3 ailes. Le 25e Léger est à la brigade Barbot, 5e division Van der Maesen.

Les hommes sont assez déprimés, face désormais à des Alliés en supériorité numérique. Soult se met à fortifier la frontière, construisant tout un système de redoutes.

Des tentatives pour délivrer la garnison de Pampelune, le 24 Juillet avec le combat de Sauroren, échouent. Les Français retournent sur leurs bases de départ derrière la Bidassoa. Puis Soult essaie de secourir Saint Sebastien. La bataille de San Marcial, le 30 Août, est aussi infructueuse. Saint Sébastien succombera le 8 Septembre. Désormais on va se battre sur le sol français. Les hommes sont complètement démoralisés, la solde n'a plus été versée depuis des mois.

Le 25e Léger a été positionné pour protéger Bayonne et n'a pas participé aux derniers combats jusqu'en Décembre où des éléments sont à Saint Jean Pied de Port et reçoivent des renforts du 3e bataillon de chasseurs de montagne, qui y sont versés.

 

XI/ LA CAMPAGNE DU 25 LEGER EN ALLEMAGNE EN 1813

- La campagne du 3e bataillon

A son retour à Paris, sa Grande Armée anéantie par le froid, les débris en occupant la Prusse Orientale, l'Empereur en organise une nouvelle pour s'opposer aux Russes. Il lève de nouveaux conscrits, réquisitionne les cohortes de Gardes Nationales et rameute progressivement de vieilles troupes d'Espagne. Il forme 34 régiments provisoires.

LA MOBILISATION DE L'INFANTERIE LEGERE EN JANVIER/ FEVRIER POUR LA CAMPAGNE DE 1813 EN ALLEMAGNE
(Source : correspondance de Napoléon )

Dès janvier 1813, Napoléon ordonne de réorganiser l'infanterie légère (et de Ligne) en prévision de la campagne qui ne saurait tarder sur le Front Est. Plusieurs mesures sont prises :

  1. Le rappel des cadres des 3e Bataillons des Régiments en Espagne :
de l'Armée du Midi : des 21e, 27e, 12e et 28e Légers
de l'Armée du Centre : du 2e Léger
de l'Armée d'Aragon : du 3e Léger

Suivi, pour arrivée prévue début mars, en Allemagne, des seconds Bataillons des 13e, 15e, 11e, 24e et 26e Légers

2. Formation systématique d'un 6e Bataillon pour les Régiments qui n'en auraient pas.

3. Formations de Régiments provisoires légers pour les Corps d'Observation du Rhin ou d'Italie avec des Bataillons disponibles :
2e provisoire : 3e Bataillon des 2e et 4e Légers
3e provisoire : 3e Bataillon des 3e et 8e Légers
4e provisoire : 4e Bataillon du 12e Léger, 1er du 29e Léger
5e provisoire : 7e Bataillon du 14e Léger, 4e du 18e Léger
6e provisoire : 3e Bataillon des 6e  et 25e Légers
8e provisoire : 4e Bataillon du 5e Léger, 4e Bataillon du 23e Léger
10e provisoire : 3e Bataillon du 16e Léger et 1er Bataillon du 28e Léger

4. Formation de Demi-brigades de réserve de 3 Bataillons sur les frontières de l'Empire :
1ère Demi- brigade : 6e Bataillon des 7e, 13e, 15e Légers pour Mayence
2e Demi-brigade : 6e Bataillon des 33e, 26e, 24e Légers pour Anvers
3e Demi-brigade : 4e Bataillon des 11e, 10e, 21e Légers venants d'Espagne pour Wesel
4e Demi-brigade : 4e Bataillon des 9e, 27e, 28e Légers venants d'Espagne pour Utrecht  
5e Demi-brigade : 6e Bataillon des 12e, 5e et 29e Légers pour Cherbourg
27e Demi-brigade, dont un Bataillon du 32e Léger pour Toulon
33e Demi-brigade, dont un Bataillon du 8e Léger en Italie
34e Demi-brigade : 6e Bataillon des 8e, 18e et 36e Légers en Italie

 

Carabinier 25e léger 1813
Fig. 8 Carabinier du 25e Léger en Allemagne, 1813

"Paris, 6 janvier 1813
Au général Clarke, duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris.
Vous verrez par la lettre que je vous ai écrite la formation de quatre corps : un corps d'observation de l'Elbe, un corps d'observation d'Italie et deux corps d'observation du Rhin. Les 34 régiments provisoires seront formés de la manière suivante : 2e régiment provisoire : 3e bataillon du 2e d'infanterie légère, 3e du 4e; 3e régiment provisoire : 3e bataillon du 3e d'infanterie légère, 3e du 8e; 4e régiment provisoire : 4e bataillon du 12e d'infanterie légère, 1e du 29e; 5e régiment provisoire : 4 bataillon du l4e d'infanterie légère, 4e du 18e ; 6e régiment provisoire : 2e bataillon du 6e d'infanterie légère, 3e du 25e ; 8e régiment provisoire : 4e bataillon du 5e d'infanterie légère, 4e du 23e; 10e régiment provisoire : 3e bataillon du 16e d'infanterie légère, 1e du 28e ...
".

En Février, les troupes françaises évacuent la Pologne et se replient sur l'Oder tandis que les Prussiens à la fin du mois s'alliaient officiellement aux Russes contre la France. Début mars, les Français quittaient Berlin et Dresde, tandis que Davout se maintient autour des villes hanséatiques, mais les Russes étaient entrés dans Hambourg.

Le 15 Avril, Napoléon quittait les Tuileries pour se mettre à la tête de ses forces. Il en composait deux groupes : l'Armée de l'Elbe sous Eugène et l'Armée du Main, officiellement sous Soult, mais en réalité sous sa main, dont le 3e Corps de Ney formé en mars, où nous retrouvons le 3e bataillon du 25e Léger dans la 8e division Souham, brigade Chemineau.

La visée stratégique consistait à expulser l'ennemi de Saxe.

Les troupes françaises repartaient en avant. Davout est en marche sur Hambourg. L'armée du Main marchait par Iena et Weissenfeld faire sa jonction au Nord Est avec les forces d'Eugène. Le 1er Mai, la marche de l'Armée du Main reprenait vers Leipzig tandis que l'Armée de l'Elbe convergeait aussi vers cette ville. Les 25 et 26 Avril , la 8e division Souham cantonne à Auerstaedt et à Naumbourg, en soutien de l'armée du Prince vice-roi vers Leipzig.

Le 30 Avril,Souham à l' avant-garde du corps de Ney se heurte en avant de Weissenfels aux 7.000 Russes du général Lanskoï. La division les culbute et les jeunes soldats, entrent dans Weissenfels au cri de : "Vive l'Empereur !".

Les coalisés s'étaient regroupés près de Lützen, au SE de Leizig. Le 2 mai 1813, bataille de Lützen. Souham, ayant reconnu l'arrivée de nombreuses colonnes prussiennes, ordonne au Général Chemineau de tenir fortement Gros-Goerschen avec la 1ère Brigade, tandis que la 2e occupera le terrain en avant de Kaya, en repli de la 1ère. Celle-ci, essuyant le feu de 45 pièces et attaquée par plusieurs divisions ennemies, se retire près de la 2e, après avoir subi de nombreuses pertes. Pendant plus d'une heure, cette poignée de braves résiste aux attaques de front des Prussiens et aux essais d'enveloppement tentés par deux colonnes russes. La huitième division est épuisée; mais, par sa ténacité, elle donne au Prince de la Moskowa le temps d'arriver. La division Gérard et les débris de la 8e reprennent Gros-Goerschen, enlevé par l'ennemi à nouveau, deux heures plus tard.

Officier de Voltigeurs 25e léger 1813
Fig. 9 Officier de Voltigeurs du 25e Léger en 1813

Le soir presque tous les officiers supérieurs ont été tués ou blessés. Par sa résistance en avant de la ligne française, la division a tenu tête aux attaques combinées des alliés et facilité leur enveloppement par les deux ailes. Les Coalisés sont battus et repoussés. Le 25e Léger a vu le major Crepy tué et le chef de bataillon Boulard blessé. A la revue passée par le Maréchal Ney, le 5 mai, la 8e Division ne comptait plus que 241 Officiers et 7112 hommes.

Le 3 mai, les Français entrent dans Leipzig, mais Napoléon, quasi dépourvu de cavalerie, a perdu le contact avec ses adversaires.

La Grande Armée est divisée en 2 colonnes : Napoléon marche sur Dresde avec la colonne principale (Bertrand, Marmont, Oudinot et Macdonald). Ney marche sur Berlin en recueillant à Torgau les Saxons de Reynier. A Luckau, il fait sa jonction avec Victor venant de Wittenberg. Entre les deux colonnes Lauriston reste en position intermédiaire.

Les Prusso-Russes sont restés groupés et préparent une bataille. Leur choix se porte sur Bautzen, à l'endroit où la Sprée coupe la route de Dresde à Breslau. Ils peuvent y couvrir la Silésie et y être au voisinage de l'Autriche dont on peut espérer l'entrée en guerre. Le 8 mai, Napoléon arrive à Dresde où le pont sur l'Elbe a été détruit. Le 10, la Grande Armée peut franchir le fleuve.

Napoléon retrouve ses adversaires le 20 Mai. Le corps de Ney ayant rejoint à son aile gauche. Le bataillon aura encore quelques pertes mais les Coalisés seront encore battus. Les Prussiens et les Russes reculent rapidement.

Le 27 mai, l'Oder est atteinte et la forteresse de Glogau est débloquée. Oudinot, détaché du gros de l'armée, marche sur Berlin. Pendant ce temps, plus au Nord, Hambourg est reprise. Chez les Alliés, c'est le découragement. Certains jugent la situation si désespérée qu'ils pensent se retirer derrière la Vistule. C'est alors l'Autriche qui va sauver les vaincus et s'interposer pour proposer un armistice (dit de Pleiwitz). Napoléon va le ratifier le 7 Juin pour avoir le temps de se renforcer. Mais ses adversaires vont pouvoir faire de même.

Pendant la suspension des hostilités la 8e division construit des baraquements dans une plaine à 20 kilomètres de Liegnitz. Elle ne compte plus que 197 Officiers et 4871 hommes. Elle a perdu, depuis le 25 avril, 100 Officiers et les deux tiers de son effectif.

Le 10 juin, Napoléon entre à Dresde; il y restera jusqu'au 15 août. Le 11 août, l'Autriche se joint aux Coalisés et déclare la guerre. La Suède de Bernadotte est aussi à leurs côtés. Et les états allemands faiblissent. Le 18 août, les hostilités reprennent.

Pendant l'armistice, l'Armée française a été réorganisée. Les coalisés disposent à cette date de quatre armées : 1° celle du Mecklemburg, forte de 30.000 hommes opposés à Davout; 2° celle du Nord de Bernadotte, avec 120.000 hommes, autour de Berlin; 3° l'armée de Silésie (120. 000 hommes), sous Blücher, qui s'est avancée jusqu'à Breslau malgré l'armistice; 4° enfin, l'armée principale, en Bohême, forte de 330. 000 hommes, sous les ordres de Schwartzenberg.

Le rapport des forces est désormais défavorable à Napoléon. Il répartit ses corps d'armée. Face à l'armée de Silésie, Ney et Sébastiani, Macdonald, Marmont, Lauriston. Face à l'armée de Bohême, Poniatowski avec Victor derrière lui. Face à l'armée du Nord, une masse de 120.000 hommes, associant Davout (à Hambourg), Girard (à Magdebourg) et Oudinot (à Wittenberg) qui a pour premier objectif de prendre Berlin.

Son idée était de s'interposer entre les Armées de Blücher et de Schwartzenberg.

Le 20 août, le 3e Corps de Ney passe la Bober puis attaque les ponts de Naumbourg, qui sont enlevés avec beaucoup d'élan. Quand Souham a tout son monde en main, il donne l'ordre de l'attaque, escalade au pas de charge la colline occupée par l'ennemi et le met en fuite. Il le poursuit jusqu'à onze heures du soir dans la direction de Gross-Hartmannsdorf, où il bivouaque.

Le lendemain, le Corps continue sa marche sur Liegnitz sans aucune résistance de la part de l'ennemi, et la division s'arrête, le 23 au soir, en arrière de Pahlwitz, sur deux lignes, par brigade, à distance de cent pas.

Porte fanion Compagnie de Carabiniers 25e Léger
Fig. 10 Porte fanion de Compagnie de Carabiniers

Le 24, le 3e Corps passe aux ordres de Souham, dont le commandement est exercé à la tête de la 8 e division par le Général Brayer, et fait désormais partie de l' «armée de la Bober» sous les ordres de Mac Donald (3e, 11e et 5e Corps).

Tandis que Schwartzenberg marche sur Dresde, Blücher, qui a un premier temps reculé, relance l'offensive contre Macdonald, dont les forces sont très dispersées, sur la Katzbach.

Le 26 août, une attaque mal combinée des Français sous une pluie battante est repoussée par les Prussiens et se termine en débandade. La 8e division a 641 tués, beaucoup de blessés et un grand nombre de disparus.

Macdonald retraite jusque derrière la Queiss. Le 27 août, la marche reprend extrêmement pénible, les hommes ont à subir de grandes privations, par un temps affreux. La division, presque toujours à l'arrière-garde, poursuivie et talonnée par la cavalerie, se retire sur Hainau. Le 28, elle traverse les ponts de la Bober.

Deux jours plus tard, à Bunzlau, elle se réapprovisionne sous le feu de l'ennemi et le 25e Léger a de nouveaux blessés.

Le 1er septembre, dans le plus grand silence, la marche est reprise sur Goerlitz, la 8e division toujours à l'arrière-garde.

La retraite continue ainsi jusqu'au 4, dans la soirée. A cette date, un ordre de Napoléon prescrit au 3e Corps de reprendre le mouvement en avant.

Mais cette marche à l'ennemi est de courte durée, le 3e Corps reste en avant de l'Elbe jusqu'au 8 et commence la retraite sur Bautzen; le 10, la 8e Division occupe le ravin de Busenitz, gardant les ponts sur la Sprée. Le 12, elle rompt, à trois heures et demie du matin, par la route de Dresde, en tête du Corps d'armée, et ne change pour ainsi dire pas de position jusqu'au 23 septembre. L'armée semble attendre l'ennemi, qui se garde bien de venir, et manœuvre pour nous attaquer vers Torgau.

Le 14e Corps n'ayant pas réussi son mouvement sur Toeplitz, la jonction de Schwartzenberg et des Russo-Prussiens est inévitable; aussi Napoléon songe-t-il lui aussi à concentrer sur l'Elbe son armée en un bloc.

Pendant ce temps, l'armée de Bohême de Schwarzemberg est arrivée devant Wachau à une vingtaine de kilomètres au sud de Leipzig. Murat, qui lui fait face, envoie à Napoléon des appels pressants de soutien.

Un bataillon du 25e Léger aux ordres du chef de bataillon de Lustrac est présent au 9e Corps sous les ordres d'Augereau (ex corps d'Observation de Bavière) dans la 51e division d'infanterie (21 officier et 515 hommes).

Le chef de bataillon Duplessis du 25e Léger est assassiné le 17 Octobre par un officier du 140e de Ligne.

Napoléon décide alors d'aller livrer bataille à Schwarzenberg sans avoir réussi à refouler l'armée du Nord. Le 12 octobre, il replie toutes ses forces sur Leipzig. La bataille des Nations va avoir lieu dans et autour de la ville entre les forces reunies de tous les Coalisés contre l'armée de l'Empereur entre le 16 et le 19 Octobre. Bataille gigantesque qui scelle la défaite de Napoléon en Allemagne, submergé par le nombre. Le chef de bataillon de Lustrac y sera blessé et ce qui reste du 25e Léger en Allemagne (à part à Dantzig voir plus loin) quasi anéanti.

Après Leipzig, Napoléon fait retraiter son armée jusqu'à Erfurt et doit forcer le passage à Kösen le 21 Octobre. Alors qu'il arrive à Erfurt, il apprend la défection de la Bavière qui retourne ses troupes contre les Français. Il faut gagner les places fortes sur le Rhin. Pour cela, il faudra passer sur le corps des Bavarois qui bloquent le passage à Hanau.

- La campagne du 4e bataillon à Dantzig

1810 couvent de Bussaco point fortifié des Britanniques
1813 : carte du siège de Danzig

 

Porte fanion Compagnie de Chasseurs 25e Léger
Fig. 11 Porte fanion de Compagnie de Chasseurs

Rappelés d'Espagne à la fin de 1812, les cadres du 4e bataillon filent vers le nord de la Prusse servir à un nouveau bataillon de conscrits pour renforcer la 30e division d'infanterie du 9e Corps qui était en Lituanie et refluait avec les débris de la Grande Armée, ainsi que le 9e Corps de Mac Donald qui stationnait devant Riga.

Avec le retournement d'alliance des Prussiens qui se ralliaient aux Russes, cette division finissait par se retrouver à Dantzig à l'embouchure de la Vistule au début de 1813 pour servir avec les 33e division (Napolitaine), et la 7e division (Polonais, Bavarois et Westphaliens) de garnison au général Rapp, nommé gouverneur de la place forte.

La 30e division (Heudelet) était formée de demi-brigades provisoires avec des éléments des 4e bataillons de divers régiments. On y trouvait :
La 1ère DB provisoire : 4e bataillons des 2e Léger, 4e Léger (voir historique sur le site), 17e Léger.
La 6e DB provisoire : 4e bataillons des 16e Léger (voir historique sur le site), 21e Léger, 28e Léger.
La 7e DB provisoire : 4e bataillons des 8e de Ligne, 14e de Ligne, 94e de Ligne.
La 8e DB provisoire : 4e bataillons des 54e, 88e et 95e de Ligne.
La 9e DB provisoire : 4 e bataillons des 24e, 45e et 59e de Ligne.
La 17e DB provisoire : 4e bataillons des 6e Léger, 25e Léger, 39e de Ligne.
Plus des bataillons provisoires des 3e, 29e et 113e de Ligne et les 4e, 5e et 6e régiments de la Confédération du Rhin.

Le premier siège va durer de Janvier au 9 Juin. Rapp avec sa troupe ravagées par les épidémies parvenait à maintenir un périmètre défensif élargi, lançant des contre offensives de dégagement et des opérations de ravitaillement, pendant le Printemps, dans les campagnes autour de la place.

Le 9 Juin, il apprend qu'un armistice a été signé avec les Coalisés en Allemagne mais les forces françaises ne sont pas parvenues jusqu'à lui. Il peut souffler, tout en étant toujours encerclé jusqu'au 18 Août. Puis le siège reprend avec des forces coalisées plus importantes et des bombardements massifs. Rapp tiendra jusqu'au 2 Janvier 1814. La garnison française est faite prisonnière et déportée en Russie. Les étrangers, alliés des Français qui ont beaucoup déserté sur la fin du siège sont libérés.

 

XII/ SUD OUEST 1814

1810 couvent de Bussaco point fortifié des Britanniques
1814 : plan de la bataille de Toulouse

 

Porte fanion Compagnie de Voltigeurs 25e Léger
Fig. 12 Porte fanion de Compagnie de Voltigeurs

Le 9 Décembre, les Anglo-portugais franchissent la Nive. Le 12, Soult contre-attaque avec les 4 divisions de Drouet d'Erlon sur les forces de Hill. Celui-ci s'est avancé jusqu'à la proximité de Bayonne à Saint Pierre d'Irrube. Les combats y font rage le 13 Décembre et les Anglais réussissent à tenir leurs positions en recevant des renforts de la rive opposée de la Nive. Les pertes ont été sévères des 2 cotés.

Le temps exécrable fait que les 2 armées vont s'arrêter provisoirement de combattre jusqu'au début Février 1814.

Au début de 1814 les positions du 25e Léger sont les suivantes : une fraction du régiment est en Allemagne, assiégée dans des places fortes, le reste est dans le Sud Ouest.

A la fin de 1813, les éléments du 3e bataillon de chasseurs de Montagne ont été versés au régiment, permettant de former un 5e bataillon bis (le 5e bataillon étant celui de dépôt) qui sera dirigé sur Pau. Des éléments du 1er bataillon sont en Allemagne, le reste sur les Pyrénées.

POSITIONS DU 25ème LEGER - JANVIER 1814
1er Bataillon
Allemagne, Mayence (division Semelle)
2ème Bataillon
Armée des Pyrénées
3ème Bataillon
Disparu en Allemagne
4ème Bataillon
Allemagne, Dantzig
6ème Bataillon
Allemagne, Mayence (division Semelle)
5ème Bataillon (dépôt)
A Verdun

Les seuls effectifs encore conséquents du 25e Léger se retrouvent sur la frontière des Pyrénées. Début Janvier, Napoléon ponctionne des effectifs de Soult pour renforcer l'armée de Lyon et ses forces en Champagne. Il reste à Soult 7 faibles divisions d'infanterie et une de cavalerie pour faire face à l'offensive de Wellington.

Le 14 Février, le général Hill passe la Nive. Dans les premiers combats, le sous-lieutenant Badier du 25e Léger est blessé le 14 Février et le chef de bataillon Desgraviers est tué le 15 au sud Est de Bayonne. Conjointement, Wellington attaque Bayonne qui va subir un siège.

Les Français se replient derrière le gave d'Oloron et Soult concentre ses troupes sur Orthez, espérant mener une bataille défensive décisive, tandis que les Anglais se casseront les dents sur Bayonne.

Les 26 et 27 Février, la bataille d'Orthez est sanglante. De part et d'autres, les pertes s'élèvent à 3400 Français et 2300 Britanniques. Le colonel Creste et les deux premiers bataillons du 25e Léger (chefs de bataillon Moussard et Marny) sont à l'aile gauche de l'armée française sous le général Clauzel, au sein de la brigade Baurot.

Mais ce sont les Anglais, en avantage numérique, qui restent maîtres du terrain et Soult doit encore reculer vers Aire sur Adour (combat le 2 mars) puis Tarbes. Tandis que les Britanniques s'emparent de Bordeaux le 12 mars, Soult livre des combats de retardements sur sa ligne de repli à Maubourguet et Vic en Bigorre le 19 mars, puis Tarbes le 20. S'échappant encore avec les reste de ses troupes, il gagne Toulouse , qu'il a fait fortifier, où il entre le 24 Mars poursuivi par 5 corps d'armées anglo-hispano-portugais.

33.000 Français, dont beaucoup de conscrits mal entrainés vont devoir s'opposer à 80.000 soldats alliés. Les deux bataillons du 25e Léger sont passés dans la brigade Dauture, division Harispe.

Alors que l'Empereur abdique le 6, les deux armées se livrent à de violents combats entre le 27 mars et le 11 Avril. Puis Soult évacue la ville. Le 25e léger a eu de nombreuses pertes : le capitaine de Loxies est tué, les capitaines Not, Contois, Levers, Vandernoot et Cresté sont blessés.

Le 13 Avril, Soult apprend la cessation des hostilités par ordre du gouvernement provisoire. Le 18 Avril, un armistice est officiellement signé. Les troupes de Soult regroupées avec celles de Suchet se dénomment désormais Armée royale du Midi. Elles vont être bientôt licenciées. Le 12 Mai, par ordre du Roi lors de la réorganisation de l'Armée, le 25e Léger est dissout. Il ne sera pas reformé aux Cent Jours.

 

XIII/ UNIFORMES

Figure 1 : Chasseur du 25e Léger vers 1805. Le port du shako adopté sur la fin de la Révolution par l'infanterie légère est confirmé par des décrets en l'an X (1802). Il est encore sans jugulaires et avec la visière agrafée. Sa hauteur réglementaire théoriquement (6 pouces 7 lignes) est en fait variable selon les unités. Il est orné sur le devant d'une plaque losangique en cuivre et parfois d'un simple cor de chasse cuivre (bien que les boutons d'uniforme soient de métal blanc). Le plumet vert réglementaire est porté sur le coté gauche au dessus de la cocarde et de sa ganse, eux aussi à gauche. Cordon tressé et raquettes verts. L'uniforme est bleu passepoilé de blanc avec collet et pattes de parements écarlates. Les boutons sont blancs. Le gilet et la culotte sont bleus.  Epaulettes vertes et tournantes rouges, idem dragonne du sabre briquet. Demi-guêtres noires avec passepoil vert et glands rouge et vert.

Figure 2 : Carabinier, chasseur et voltigeur du 25e Léger entre 1809 et 1812 d'après les collections alsaciennes. L'uniforme très classique de l'infanterie légère bleu à revers en pointe, collet et pattes de parements écarlates, le tout passepoilé de blanc, boutons blancs, gilet et culotte bleus, est agrémenté de détails propres au régiment.

Les carabiniers ont adopté un colback à flamme écarlate passepoilée de blanc. Le plumet, les épaulettes, la dragonne du sabre briquet et les passepoils des demi-guêtres sont écarlates, ce qui est réglementaire.

Les chasseurs portent le schako noir, orné d'une plaque de métal blanc à l'Aigle. Le cordon et les raquettes sont blancs et le plumet blanc à base verte sur un pompon vert. Les épaulettes sont vertes à tournantes rouges et la dragonne du sabre briquet verte et rouge.

Les voltigeurs ornent leurs schakos, de la même plaque que le chasseur, un galonnage, supérieur, inférieur et latéral, jaune, d'un plumet jaune et rouge et de cordons et raquettes blancs. Les épaulettes et la dragonne du sabre briquet sont jaunes et rouges et le collet de l' uniforme est jaune chamois passepoilé de rouge.

Tous portent des capotes grises roulées sur le sac.

Figure 3 : Sapeur, tambour de carabiniers et musicien régimentaire. Nous voyons ici les premiers éléments de la tête de colonne du régiment.

Le sapeur porte la tenue de sa compagnie soit celle des carabiniers et en a adopté le colback à flamme et les épaulettes écarlates, mais il prend aussi la couleur tranchante de la tête de colonne pour ses revers : l'écarlate. Il porte les attributs classiques de sa fonction : barbe, hache tablier de peau, mousqueton et sabre particulier. On notera les haches croisées blanches surmontées d'une grenade cousues sur ses manches.

Le tambour de carabiniers porte le colback à flamme. Son habit est bleu céleste, distingué d'écarlate au revers, collet, parements et pattes de parements, le tout galonné de blanc. Les retroussis des basques courtes sont bleu céleste passepoilées de blanc. Le gilet est blanc. La culotte reste bleu foncé et entre dans des demi-guêtres noires galonnées de blancs avec glands écarlates. Il porte bien entendu les épaulettes écarlates.

Le tambour de chasseur d'aprés Rigo et les collections alsaciennes a globalement la même tenue que son confrère des carabiniers mais porte le shako des chasseurs et les épaulettes vertes à tournantes rouges.

Le musicien régimentaire (clarinette, basson, hautbois …) porte le schako noir galonné d'argent en son tour supérieur, cordon et raquettes argent, plumet vert à sommet blanc, pompon blanc (Etat Major du régiment), plaque régimentaire. Habit à basques longue bleu céleste, collet, revers et parements écarlates galonnés d'argent. Les retroussis sont bleu céleste avec poches en long, tout passepoilé de blanc. Deux trèfles argent sur les épaules. Gilet blanc, culotte bleu foncé entrant dans des bottes noires à galon argent. Epée suspendue à un baudrier blanc.

Figure 4 : Le Tambour Major du 25e Léger entre 1809 et 1812.

Figure 4bis : Musiciens de Compagnies du 25e Léger vers 1810 d'après la collection Boersch. On remarque que l'ensemble des musiciens des compagnies (tambours, fifres et cornets) a pris la tenue de fond bleu céleste distinguée de cramoisi. Ils se distinguent par le port du colback pour ceux des carabiniers, du shako avec agréments jaune et écarlate pour ceux des voltigeurs qui possèdent à la fois tambours et cornets (comme bien souvent), les tambours de chasseurs ayant un plumet vert et blanc. Le gilet reste blanc et la culotte bleu foncé.

Figure 5 : Officier porte-Aigle du 25e Léger vers 1810-1812 d'après les collections alsaciennes. Et Figure 5bis : Officier porte Aigle et second et troisième porte Aigle vers 1809 d'après collections alsaciennes.

C'est en Février 1808 que Napoléon décrète que les régiments d'infanterie n'auraient plus qu'une Aigle unique portée par un officier, escorté étroitement par deux soldats méritants ayant 10 ans de service, avec rang de sous-officiers (sergent) et la paye qui va avec, dits : second et troisième porte-Aigle (avec par ailleurs 6 autres hommes issus des compagnies de fusiliers  du 1er bataillon : 2 caporaux et 4 fourriers).

Cette réforme va mettre au moins 3 ans à se mettre en place, d'abord parce que les régiments vont faire de la résistance pour rendre leurs emblèmes (dont le 25e Léger), ensuite parce que les textes vont s'accumuler pour préciser cette nouvelle organisation, d'où une confusion certaine surtout sur le plan uniformologique. C'est à partir de 1809 que les second et troisième Porte Aigle voient leur tenue et armement validés. Jusqu'à présent, tout ce qu'on en savait, était qu'ils devaient porter outre vraisemblablement les galons de sergent, des épaulettes de sous-officiers de grenadiers (carabiniers pour l'infanterie légère), quatre chevrons rouges sur les bras. Ils gardaient le sabre briquet et leur fusil.

L'Empereur modifie leur armement en septembre 1809 et leur attribue un esponton avec une flamme rouge pour le second Porte Aigle et blanche pour le 3ème. Avec d'un côté inscrit le nom du régiment et de l'autre «NAPOLEON». Deux pistolets complètent l'armement. Pour les porter, on adoptera bientôt un étui porté sur la poitrine comme chez les mamelucks. Comme coiffure : le bonnet d'oursin est envisagé avec cordon raquettes et plumet blancs pour marquer l'appartenance à l'Etat-major du régiment. On précise qu'en attendant que l'administration de la Guerre puisse procurer des éléments homogènes, les régiments doivent essayer de se fournir par eux-mêmes. Et nos braves régiments qui ont une grosse habitude de la «débrouille» vont improviser en pillant les arsenaux ennemis en particulier autrichiens. C'est ainsi que l'on verra de nombreuses variantes de Porte-Aigles dans les tenues et équipements, que ce soit dans l'infanterie de Ligne comme dans l'infanterie légère.

Laurent Berteil, sous-lieutenant porte Aigle du 25e Léger, décoré de la Légion d'Honneur, est nommé en décembre 1808. Mais le régiment a toujours ses 4 Aigles en service en 1812 ! Donc chaque bataillon a gardé le sien et seul le 1er bataillon aurait un officier porte Aigle et ses deux adjoints … ???

Les second et troisième porte Aigle sont ici des sous-officiers de carabiniers, coiffés du colback. Ils sont armés d' un esponton, de deux pistolets et de leur sabre briquet.

Figure 6 : Le colonel du 25e Léger entre 1809 et 1812 d'après les collections alsaciennes.

Figure 7 : Un carabinier du 25e Léger en Espagne entre 1811 et 1813 d'après un dessin du général Vanson. Nous remarquons que les carabiniers du régiment ont conservé leur colback à flamme écarlate. Les nécessités de la campagne ont fait porter un pantalon de route marron réalisé en drap du pays, avec une bande latérale rouge. Le reste de l'uniforme est assez réglementaire.

Figure 8 : Carabinier du 25e Léger en Allemagne, 1813, d'après un dessin contemporain. Les carabiniers du 25e Léger en Allemagne ont à priori récupéré des bonnets d'oursin à la place des colbacks, toujours portés par les bataillons en Espagne (le règlement de 1812 prévoyant des shakos) et les ont ornés d'une grenade de métal blanc sur le devant. Le fond du bonnet écarlate est marqué d'une grenade blanche. La tenue n'est pas encore du modèle Bardin 1812 à revers entièrement fermés. De nombreux documents, réalisés en Allemagne en 1813, montrent que les nouveaux modèles de tenues sont loin d'avoir été distribués. La tenue de carabinier est assez réglementaire  avec ses distinctives classiques (épaulettes et ornements du bonnet écarlates, grenades écarlates aux retroussis, sabre briquet avec dragonne rouge). On notera cependant les parements et pattes de parements écarlates qui devraient pourtant trancher les unes sur les autres entre bleu et écarlate. Le pantalon de campagne bleu est porté.

Figure 9 : Officier de voltigeurs du 25e Léger en Allemagne, 1813, d'après un dessin d'époque. On notera le shako galonné d'argent et la plaque modèle 1812. Le hausse col cuivre à ornement argenté. La tenue n'est pas encore du modèle Bardin et a toujours ses revers en pointe. Le collet est jaune chamois passepoilé de blanc signant l'appartenance aux voltigeurs. Les parements sont jaune chamois avec une patte écarlate. Les retroussis sont vraisemblablement ornés de cors de chasse argentés. Un pantalon blanc finement rayé est porté.

 

XIV/ DRAPEAUX

Le drapeau 1812 du 25e Léger (d'après P. Charrié) : Le drapeau modèle 1812 accordé au régiment restera au dépôt de Thionville et ne sera jamais porté en campagne. Etaient inscrits sur celui ci les noms des batailles suivantes : ULM/IENA/EYLAU/FRIEDLAND/ESSLING/WAGRAM.

 

XV/ LES FANIONS DU 25ème LEGER

- Les fanions de bataillons, 1809-1814

Si en 1808, Napoléon décide qu’il n’y aura désormais qu’une seule Aigle par régiment, portée au 1er bataillon, il ordonne par la même occasion que les autres bataillons de chaque unité ne possèdent pour enseigne qu’un simple fanion de couleur unie portant simplement le nom du régiment et le chiffre du bataillon, pour que l’ennemi ne puisse pas se glorifier de leur capture. Il n’y a aucune cordelière ni écharpe.

Ces fanions de bataillons, d’environ 90 cm  à 1,20 m de côté, sont  montés sur une lance de 2,60 m  et doivent être portés par un sous-officier. En 1809, Napoléon décide de réduire leur dimension à environ 50 cm de côté, et en 1811, ils seront agrandis à 81 cms et perdent toute inscription. Les couleurs des fanions seront dans l’ordre, à partir du 2ème bataillon : blanc, rouge, bleu, vert, jaune.

Inutile de dire que suivre d’aussi pauvres emblèmes semble inconcevable pour des soldats impériaux, et les régiments vont transgresser les ordres : la disposition des couleurs va se diversifier, et des symboles être rajoutés (2ème, 8ème, 100ème de Ligne, 7ème Léger …).

Pour le 25e Léger, le modèle de fanion de bataillon adopté n’est pas connu.

- Les fanions d’alignement ou de compagnies

Depuis 1805, un sergent par compagnie porte en manœuvre et en parade ces petits fanions, embouchés dans le canon du fusil pour repérer de loin l’unité. Leur couleur est en général unie. Ils portent un insigne distinctif tranchant sur le fond : grenade pour les carabiniers ou grenadiers, cor de chasse pour les chasseurs et voltigeurs.

Figure 10 : Porte fanion de Compagnie de Carabiniers du 25e Léger, d'après les Collections Alsaciennes.

Figure 11 : Porte fanion de Compagnie de Chasseurs du 25e Léger, d'après les Collections Alsaciennes.

Figure 12 : Porte fanion de Compagnie de Voltigeurs du 25e Léger, d'après les Collections Alsaciennes.