Le 10ème Régiment d'Infanterie Légère

1796-1815

Avertissement et remerciements : Cet article nous a été adressé par notre collègue du Bivouac, Didier Davin, que nous remercions tout particulièrement pour sa disponibilité et son érudition.

 

Cachet de la 10e Demi-brigade légère
Cachet de la 10e Demi-brigade légère

Formée en 1796, la 10e Demi-brigade d'infanterie légère de 2ème formation amalgame les : 11e et 20e bis Demi-brigades d'infanterie légère; la 154e Demi-brigade de bataille, 3e bataillon; la Demi-brigade des Landes; le 5e Bataillon de Chasseurs de l'Armée du Nord; et le 1er Bataillon de l’Aube.

Le 12 janvier 1798 (23 nivôse an 6), un Arrêté du Directoire Exécutif à Paris, fixe la composition de l'Armée d'Angleterre :
"LE DIRECTOIRE EXECUTIF,
Considérant qu'il est instant de réunir sur les côtes toutes les forces qui doivent être employées à l'armée d'Angleterre,
ARRÊTE ce qui suit :
ARTICLE PREMIER
Les divers corps de troupe ci-après désignés seront mis en mouvement pour se rendre sans délai sur les côtes qui bordent la Manche, ou autres lieux de rassemblement désignés par le ministre de la guerre, savoir :
... INFANTERIE LEGERE.
Les ... 10e demi-brigades ...
" (La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 1. P. 97).

L’unité sert avec distinction en Suisse en 1799 au passage de la Limath et à Zurich, puis à l’Armée d’Allemagne de Moreau, en 1800, et combat à Engen et Hohenlinden.

1801-1805, DU CONSULAT A L’EMPIRE

Extraits de l’inspection de la 10e Demi-brigade Légère par le Général Schauenbourg le 30 nivôse an 10 (20 janvier 1802)

Encadrement : Chef de Brigade Grandeau, Chefs de Bataillons Deslon, Laplente, Maransin et Devillers, notés comme excellents Officiers.

Effectif : 2696 hommes, Sous-oficiers et Officiers, 3 Bataillons.

Sont hors de service : 656 habits, 549 vestes, 94 culottes, 2742 chapeaux ,334 fusils et leurs baïonnettes, 224 sabres.

Esprit de corps : ne laisse rien à désirer avec zèle, souplesse et dévouement au gouvernement.

Instruction du soldat passablement commencée, discipline bien établie, habillement très bien soigné, équipement tout neuf à part les havresacs qui sont mauvais.

Le bataillon qui est à Mayence est caserné dans une caserne malsaine. Le magasin est établi à Worms.

Ordres laissés au Corps :

Pour la tenue les officiers se muniront de hausse-cols. Il sera fourni des surtouts uniformes. Le chef n’en souffrira pas qui soient d'une autre couleur.

Les caporaux fourriers porteront les galons de laine des autres caporaux.

Pour l'habilement de la troupe : les habits devront avoir plus de poitrine et des manches plus amples pour pouvoir utiliser les gilets à manches. Les collet devront être plus hauts. Les guêtres devront monter jusqu'à la rotule. Faire fabriquer des bonnets de police avec les chûtes de taille d'uniformes neufs ou les vieux uniformes.

Répartir les fusils selon la taille des soldats.

Le chef établira une école d'écriture et veillera à l’instruction militaire régulière.

Officier de Chasseurs du 10e Léger 1807 d'après manuscrit de Zimmermannn
Fig. A1 Officier de Chasseurs du 10e Léger en 1807, d'après le manuscrit de Zimmermannn

En 1802, comme toutes les Demi-brigades d’infanterie légère, l’unité reçoit des drapeaux des mains du 1er Consul, à la grande parade du 14 Juillet.

Le 16 juillet 1802 (27 messidor an 10), Bonaparte écrit, depuis La Malmaison, au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "Donnez ordre ... à la 10e légère de se rendre dans la 15e division militaire ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.3, lettre 7018).

Le 18 juillet 1802 (29 messidor an 10), Bonaparte écrit depuis Paris au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "Je vous prie, Citoyen Ministre ... d'écrire également au général Decaen, pour qu'il donne l'ordre de former un bataillon d'infanterie légère à cinq compagnies, et fort seulement de 3oo hommes. Le chef de bataillon et les capitaines seront pris parmi les officiers des 3es bataillons d'infanterie légère qui ont été réformés en l'an VIII. Les 1re, 6e, 8e, 9e, 10e, 13e, 14e, 16e, 17e, 18e, 20e, 26e, 27e, 29e, 30e et 31e légères fourniront chacune 20 hommes de bonne volonté. Ce bataillon comptera dans l'armée comme 3e bataillon de la 18e légère. Par ce moyen, cette demi-brigade aura deux bataillons en France et un aux Indes ..." (Correspondance de Napoléon, t.7, lettre 6189; Correspondance générale, t.3, lettre 7026). C'est ainsi donc que 20 hommes de la 16e Demi-brigade légère se retrouvent détachés pour l'expédition.

Le 4 septembre 1802 (17 fructidor an X), Bonaparte écrit, depuis La Malmaison, au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "Donnez ordre, citoyen ministre, que les deux bataillons de la 10e légère se réunissent au Havre ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.3, lettre 7141).

Le 11 novembre 1802 (20 brumaire an XI), Bonaparte écrit, depuis , au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "Je vous prie, citoyen ministre, de faire donner un mois de gratification aux hommes qui étaient présents sous les armes aux revues que j'ai passées à Rouen, au Havre et à Dieppe. Les corps de la 10e légère, les 55e et 98e de ligne, le 20e de chasseurs, le 4e dragons, le 11e de cavalerie et deux compagnies d'artillerie ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.3, lettre 7270).

Le 11 décembre 1802 (20 frimaire an XI), Bonaparte écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "Je vous prie, citoyen ministre, de donner ordre à la 98e qui est dans la 15e division militaire de se rendre à Luxembourg. Vous la ferez remplacer dans le département de l'Eure par un bataillon de la 10e légère qui est au Havre, ce qui fera de la place aux bataillons de la 110e qui doivent y arriver" (Correspondance générale de Napoléon, t.3, lettre 7353).

En 1803, on se prépare à envahir l’Angleterre à l’aide d’une flotille de débarquement.

Le 14 juin 1803 (25 prairial an 11), Bonaparte écrit depuis Saint-Cloud au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "Je vous renvoie, Citoyen Ministre, les projets que vous aviez rédigés pour le camp de Saint-Omer. Voici définitivement les bases auxquelles je me suis arrêté :
Six camps seront formés, lesquels, destinés à ne composer qu'une seule armée, seront commandés par six lieutenants généraux commandant en chef. Ils auront chacun un parc d'artillerie commandé par un général d'artillerie et par un colonel diiecteur du parc. Les six parcs seront tous soumis à un général commandant en chef l'artillerie et à un général de brigade directeur général des parcs des six camps. Chacun de ces camps aura un ordonnateur, lequel correspondra avec un ordonnateur en chef des six camps.
Ces six camps seront : un en Hollande, un à Gand, un à Saint-Omer, un à Compiègne, un à Saint-Malo, un à Bayonne ...
Pour le camp de Saint-Omer, la 10e légère, 25e, 28e, 55e,57e de ligne; 26e légère, 22e, 43e, 46e et 75e de ligne; 8e et 11e régiment de chasseurs; 2e, 5e, 10e et 21e de dragons ...
Chacune des demi-brigades ci-dessus ne fournira que ses 1er et 2e bataillons, lesquels seront complétés à 1,000 hommes. Il est donc nécessaire que ces corps soient prévenus sur-le-champ que leurs deux premiers bataillons doivent marcher vers la fin de l'été, afin qu'ils activent l'instruction, l'habillement, etc ...
" (Correspondance de Napoléon, t.8, lettre 6814).

Le 21 août 1803 (3 fructidor an 11), Bonaparte écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "Donnez les ordres, Citoyen Ministre, au général commandant la 16e division militaire de réunir toute la 10e demi-brigade légère au Havre ; ordonnez au chef de brigade (note : Grandeau) de ce corps de compléter de suite ses deux premiers bataillons chacun à 750 hommes.
Le premier bataillon fournira une garnison, composée d'un officier et 25 hommes, à chacune des six chaloupes canonnières qui se trouvent dans le port, portant les numéros 5, 6, 7, 8, 9 et 10.
Chaque compagnie fournira une garnison à trois bâtiments.
Le second bataillon fournira une garnison aux sept bateaux canonniers numéros 98, 99, 100, 101, 102, 103, 104, chaque compagnie fournissant également à trois bateaux.
Les soldats s'exerceront à nager (comprendre : ramer) en se familiarisant avec l'usage des avirons. Les garnisons suivront la marche des bâtiments ; elles devront servir le canon, et enfin rendre tous les services nécessaires pour la manoeuvre du bateau. Ces dernières dispositions sont générales à tous les corps qui fourniront des garnisons sur la flottille ...
" (Correspondance de Napoléon, t.8, lettre 7022 ; Correspondance générale de Napoléon, t.4, lettre 7945).

Le 28 août 1803 (10 fructidor an 11), Bonaparte écrit depuis Saint-Cloud au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "Je vous envoie, citoyen ministre, les dispositions que j'ai arrêtées pour l'organisation de quatre camps faisant partie des six qui vont être formés sur les côtes de l'Océan.
... Camp de Saint-Omer
Le général Soult commandant en chef le camp de Saint-Omer
... La première sera commandée par le général de division Saint-Hilaire qui aura à ses ordres les trois généraux de brigade :
Bisson,
Morand,
A nommer
La 1re division sera composée de :
10e légère,
14e de ligne,
43e idem (note de Vallongue : « A permuté de la 1re à la 2e division avec la 43e. Voir lettre du général Soult du 7 Vendémiaire »).
36e idem,
55e idem ...
Le général Soult partira de Paris le 16 fructidor et établira son quartier général entre Saint-Omer et Boulogne ...
" (Correspondance générale, t.4, lettre 7972).

Chasseurs du 10e Léger, 1807-1808
Fig. A2 Chasseur du 10e Léger en 1807-1808

En septembre 1803, la Demi-brigade devient 10e Régiment d'infanterie légère, et le Chef de Brigade Grandeau Colonel, est rapidement remplacé par Pierre Charles Pouzet.

Le 26 septembre 1803 (3 vendémiaire an 12), Bonaparte écrit, depuis Paris, au Général Soult, Commandant le camp de Saint-Omer : "… Les 24e légère et 10e, embarquées au Havre et Granville, vous arrivent …" (Correspondance de Napoléon, t.9, lettre 7133 ; Correspondance générale de Napoléon, t.4, lettre 8081).

Le lendemain 27 septembre 1803 (4 vendémiaire an 12), Bonaparte écrit, depuis Paris, au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "Un bataillon de la 10e légère a dû fournir des garnisons aux six chaloupes canonnières numérotées de 5 à 10, et comme un bataillon peut fournir des garnisons à 27 chaloupes, ce bataillon pourra donc encore armer 21 chaloupes, lesquelles seront les 15 qui doivent être lancées au Havre dans le courant de vendémiaire et brumaire, et les 6 qui doivent être lancées à Honfleur au 1er vendémiaire.
Le 2e bataillon de la 10e légère doit fournir des garnisons à 27 bateaux canonniers ; il a fourni à sept bateaux canonniers, depuis le n° 98 jusqu'au n° 104, il peut en fournir encore 20, lesquels seront les 17 qui doivent être lancés au 1er vendémiaire, et trois des six qui doivent être lancés au 1er brumaire au Havre.
La 10e légère qui n'a complété ses bataillons qu'à 650 hommes fournira encore 200 hommes, afin de les porter à 850 hommes, officiers non compris et dès lors ces hommes fourniront des garnisons aux 3 bateaux canonniers qui seront lancés au Havre au 1er brumaire ; et comme 200 hommes fournissent garnison à huit bateaux ils fourniront de plus aux 5 premiers bateaux canonniers qui seront lancés à Honfleur. Il restera à Honfleur cinq bateaux canonniers des 10 qui seront lancés en vendémiaire et trois qui seront lancés en brumaire, ce qui fera 8 ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.4, lettre 8083).

Le 8 octobre 1803 (15 vendémiaire an 12), Bonaparte écrit, depuis Saint-Cloud, à l'Amiral Bruix, commandant la flotille à Boulogne : "… Les sections de la flottille qui sont parties du Havre, de Granville, de Cherbourg, de Saint-Malo, doivent se rendre à Boulogne ; mais celles qui partiraient, ayant à leur bord des troupes des 9e légère, 32e, 39e et 64e, doivent se rendre à Etaples ; voyez donc d'organiser ce port, et écrivez dans les différents ports qu'on vous instruise, à mesure que les différentes divisions arrivent, quelles sont les troupes qu'elles ont à bord. Toutes celles qui auraient à leur bord des troupes des 10e et 24e légères doivent se rendre à Boulogne, ainsi que celles qui sont à Dunkerque ..." (Correspondance de Napoléon, t.9, lettre 7181 ; Correspondance générale de Napoléon, t.4, lettre 8125).

Le même jour 8 octobre 1803 (15 vendémiaire an 12), Bonaparte écrit, depuis Saint-Cloud, au Contre-amiral Decrès, Ministre de la Marine et des Colonies : "Donnez ordre qu'au Havre, à Cherbourg, à Honfleur, à Rouen, à Dieppe, à Granville, Saint-Malo, on arrange une ou deux péniches pour accoutumer à la nage les troupes des 9e, et 10e légères, 64e, 39e et 32e qui se trouvent dans ces parages. Vous enverrez l'instruction pour apprendre à nager" (Correspondance générale, t.4, lettre 8128).

Et toujours le 8 octobre 1803 (15 vendémiaire an 12), dans un Ordre du jour pour la flotille de Boulogne : "La 1re division, composée de la 10e légère, de la 14e de ligne, 28e de ligne, 36e et 55e, et les dix compagnies du 1er régiment d'artillerie à pied, seront attachées à la flottille des bateaux canonnierset serviront également chaque bataillon à une section, ce qui pourvoira au service de dix sections, c'est-à-dire de trois divisions et d'une section. Chaque compagnie sera attachée à un bateau et fournira 21 hommes de garnison. L'artillerie fournira 4 hommes de garnison.
Les officiers de marine commandant les divisions et sections de chaloupes canonnières et de bateaux canonniers, ainsi que les équipages, seront toujours les mêmes. Ils seront fixés dans le plus court délai, et l'on ne pourra, sous aucun prétexte, y rien changer.
L'amiral attachera trois péniches à la 1re division et trois à la 2e, commandées chacune par un capitaine de frégate, et qui seront chargés d'exercer le soldat à la nage. On placera dans chaque péniche 64 hommes aux avirons et deux canonniers aux deux pièces. Les troupes s'exerceront à la nage par bataillon, et de manière que tous les jours chaque soldat y ait été exercé deux heures. Les trois premières leçons seront données dans le port ; après quoi on ira en rade ...
" (Correspondance de Napoléon, t.9, lettre 7182).

Le 11 octobre 1803 (18 vendémiaire an 12), Bonaparte écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "Les généraux inspecteurs des côtes, citoyen ministre, seront aussi spécialement chargés de veiller à ce que toutes les dispositions pour les garnisons soient ponctuellement exécutées. Donnez ordre au général Dupas de vous faire connaître si on a exécuté les dispositions pour mettre des garnisons à Dieppe, Saint-Valery et Fécamp et s'il a destiné les 10e et 9e légères pour les bâtiments de Rouen, du Havre et de Honfleur, il vous préviendra du moment où ces troupes auraient fourni leurs garnisons, et où il en serait besoin d'autres ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.4, lettre 8135).

le 19 octobre 1803 (26 vendémiaire an 12), Bonaparte écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "Le général Davout, Citoyen Ministre, fera fournir des garnisons aux péniches qui, d'Ostende, de Dunkerque et de Flessingue, doivent se rendre à Boulogne. Le général Soult en fera fournir à celles qui doivent s'y rendre de Calais.
Donnez ordre au général Lemarois de faire fournir dix hommes par péniche et dix hommes par caïque, qui doivent partir de Saint-Malo, par la 32e ou la 39e. Un bataillon de la 32e a eu ordre de se rendre à Saint-Malo.
Vous donnerez ordre au général Dupas d'en faire fournir, par la 9e et la 10e légères, à celles qui partiront des différents points de son arrondissement
" (Correspondance de Napoléon, t.9, lettre 7215 ; Correspondance générale de Napoléon, t.4, lettre 8164).

Le 21 octobre 1803 (28 vendémiaire an 12), Bonaparte écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "Donnez ordre ... Au dépôt et au 3e bataillon de la 10e légère, de se rendre à Évreux ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.4, lettre 8170).

Le 9 novembre 1803 (17 brumaire an 12), à Boulogne, on soumet au Premier Consul la demande suivante : "Le général de division Saint-Hilaire propose d'accorder une arme d'honneur au sous-lieutenant Davance, du 10e léger, pour sa bravoure au pont de Lodi"; ce dernier répond : "Accordé. Renvoyé au ministre de la guerre pour lui faire expédier le brevet" (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1911, t.2, lettre 1337). Joseph Davance, né en 1777 à Genève, soldat, puis Brigadier en 1792 au l5e Dragons, Maréchal-des-logis (1793), Sous-lieutenant (1796), Lieutenant (1804), Capitaine (1807), Chef de Bataillon (1811).

Le 21 novembre 1803 (29 brumaire an 12), Bonaparte écrit, depuis Paris, au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "Demandez au général Dupas qu'il vous fasse connaître ce qui reste encore des 9e et 10e légère et de la 64e de ligne, et la partie embarquée, et enfin les besoins auxquels il faudra fournir quand ces troupes seront parties, et à quelle époque il faudra de nouvelles troupes, et en quelle quantité, pour fournir aux bâtiments du Havre et de la côte qui est sous ordres" (Correspondance générale de Napoléon, t.4, lettre 8297).

L’Etat militaire de l’An 12 (24 septembre 1803-22 septembre 1804) nous précise que les deux premiers Bataillons du Régiment sont au camp de Boulogne, tandis que le 3e Bataillon est à Evreux (15e Division militaire). Les Chefs de bataillons sont Devillers, Maransin (qui sert dans le Régiment depuis 1796, passera Major du 31e Léger en décembre 1803 et deviendra Général de Division) et Deslon.

Le 21 mai 1804 (1er prairial an 12), Bonaparte écrit, depuis Saint-Cloud, au Maréchal Berthier, Ministre de la Guerre, Major général des camps : "... Vous donnerez l'ordre à 120 hommes du 3e bataillon du 10e d'infanterie légère qui est à Evreux et qui seront commandés par un capitaine de se rendre au Havre où ils seront employés à fournir des garnisons à la flottille et d'où ils rejoindront leurs corps au camp de Boulogne" (Correspondance générale de Napoléon, t.4, lettre 8879).

En 1804, les drapeaux consulaires sont remplacés par le modèle impérial.

Situation et encadrement du Régiment selon l’Etat militaire de l’An XIII (23 septembre 1804 - 22 septembre 1805) :
10e Léger : 1er et 2e Bataillons à Saint-Omer, 3e Bataillon à Evreux (15e DM); Colonel Pouzet; Major Pillet; Chefs de Bataillons Simonin, Devillers, Meslier.

1805-1807, A LA GRANDE ARMEE AVEC LE 4EME CORPS DE SOULT

Voltigeur du 10e Léger, 1807-1808, d'après H. Knoetel
Fig. A3 Voltigeur du 10e Léger, 1807-1808, d'après H. Knoetel

Le 5 août 1805 (17 thermidor an 13), Napoléon écrit, depuis Pont-de-Briques, au Maréchal Berthier, Ministre de la Guerre, Major général de la Grande Armée : "Mon cousin, les 10e, 21e, 24e et 26e régiments d'infanterie légère sont faibles ; les 33e et 48e de ligne sont faibles aussi. Faites-vous faire un rapport sur le nombre des conscrits qu'ils ont reçus depuis le 1er vendémiaire an XII, de ceux qu'ils ont dû recevoir, et de ceux qui ont déserté après qu'ils les ont reçus. Distinguez dans ce nombre les remplaçants des conscrits et proposez-moi des mesures extraordinaires pour faire arrêter à la fois dans les départements tous les conscrits et remplaçants déserteurs" (Correspondance générale de Napoléon, t.5, lettre 10507; la minute (Archives nationales, AF IV 867, thermidor an XIII, n° 69) est datée du 6 août).

Le 10 septembre 1805 (23 fructidor an 13), l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Maréchal Berthier, Ministre de la Guerre, Major général de la Grande Armée : "Mon cousin, donnez ordre ... aux 3es bataillons du 10e et 24e d'infanterie légère ... de se rendre à Landau ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.5, lettre 10769).

Le 19 Septembre, les Autrichiens ont attaqué la Bavière, alliée de la France, et se sont installés à Ulm.

La Grande Armée étant constituée, les troupes sous les ordres de Soult en deviennent le 4e Corps. Le 10e Léger fait partie de la 1ère Division Saint-Hilaire. Napoléon, ayant concentré ses forces sur la rive gauche du Rhin, les lance sur le centre Europe. Le 4e Corps franchit le Rhin à Spire le 26 septembre et entre à Augsbourg le 9 Octobre.

Napoléon, par une manœuvre rapide, porte son armée sur le Danube entre les Autrichiens établis à Ulm et les Russes qui venaient à leur secours. Le Corps d’armée du Général Mack capitule à Ulm.

Le 10e Léger participe à la bataille d’Hollabrunn le 16 novembre.

A Austerlitz, le 4e Corps s’empare du plateau de Pratzen et contribue ainsi à la victoire ; le Chef de Bataillon Simonin du 10e Léger est tué.

"36e BULLETIN DE LA GRANDE ARMÉE.
Schoenbrunn, 23 frimaire an 14 (14 décembre 1805). … Un carabinier du 10e régiment d'infanterie légère a le bras gauche emporté par un boulet de canon : « Aide-moi, dit-il à son camarade, à ôter mon sac, et cours me venger. Je n'ai pas besoin d'autres secours ». Il met ensuite son sac sur son bras droit et marche seul vers l'ambulance ...
" (Panchoucke : « Oeuvres de Napoléon Bonaparte », 1821-1822, t. 3, p. 519; Kermoysan « Napoléon, Recueil par ordre chronologique de ses lettres, proclamations, bulletins », Paris, 1853, t.1, p. 545 ; Correspondance de Napoléon, t. 11, lettres 9574).

Après Austerlitz, l'armée prend ses cantonnements en Moravie. Le Corps du maréchal Soult, qui s'était particulièrement distingué, est cantonné à Vienne et aux environs.

Le 12 mars 1808, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Dejan, Ministre directeur de l'Administration de la Guerre : "Monsieur Dejean, mon intention est que les trois mille hommes formant la réserve des départements ci-dessous nommés marchent comme les autres et soient dirigés, savoir ceux du département :
... De l’Aveyron … 10e d'infanterie légère ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 11656).

Le 22 juin 1806, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Dejean : "Monsieur Dejean, je vous envoie un travail sur l'emplacement que doit occuper la Grande Armée au moment de sa rentrée en France. Vous me proposerez une meilleure répartition, à peu près dans les mêmes divisions, si vous y entrevoyez quelque économie pour le service, soit pour les lits, soit pour le fourrage, soit pour le casernement.
ANNEXE
... 4e corps du maréchal Soult
5e division militaire
10e léger Landau ...
" (Correspondance de Napoléon, t.12, lettres 10402 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12352).

Le 11 juillet 1806, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Maréchal Berthier : "Mon Cousin … La division du général Leval est composée de détachements des 10e et 26e d'infanterie légère, 3e, 40e, 58e, 4e et 34e de ligne, 17e et 24e d'infanterie légère (n’apparaissent pas dans la CGN), 18e, 64e, 57e et 88e de ligne : donnez ordre que cette division soit dissoute, et qu'elle se dirige, sans aucun séjour, par la route la plus courte, sur les bataillons de guerre ..." (Correspondance de Napoléon, t.12, lettres 10478 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12461).

Sapeur du 10e Léger, 1807-1808
Fig. A4 Sapeur du 10e Léger, 1807-1808

Le 11 juillet 1806 encore, Napoléon écrit, depuis Saint-Cloud, au Maréchal Berthier, Major général de la Grande Armée : "Mon intention étant de compléter les compagnies des bataillons de la Grande Armée à 140 hommes par compagnie, officiers compris, je vous ai ordonné par une lettre de ce jour de dissoudre le corps de réserve de Lefebvre en faisant rejoindre chaque détachement de son corps d'armée.
Mon intention est également que vous donniez l'ordre aux différents dépôts d'envoyer à leur corps le nombre d'hommes porté dans l'état ci-joint. Tous ces détachements qui partiront du camp de Boulogne seront passés en revue par le maréchal Brune qui s'assurera s’ils sont munis de tout le nécessaire. Ils seront commandés par un adjudant commandant nommé par le maréchal.
ANNEXE
État des hommes que les dépôts des régiments désignés ci-après feront partir pour rejoindre les bataillons de guerre à la Grande Armée
Le dépôt du 10e ... fera partir un détachement de ... 100 hommes ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12462).

Le 5 septembre 1806, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au général Dejean, Ministre directeur de l'Administration de la Guerre : "Monsieur Dejean, je vous envoie une note des changements que je désire faire dans la répartition des 50000 conscrits de la conscription de 1806. Faites-la imprimer sans délai et envoyez-moi cette seconde édition.
ANNEXE
En lisant avec attention la répartition des 50 000 conscrits de la conscription de 1806 entre les différents corps, on est porté à désirer quelques changements ; comme la conscription n’a pas encore été mise en mouvement, il est encore temps de le faire sans produire de contre-mouvements.
... Le département de Gênes, au lieu de fournir 176 hommes au 8e d'infanterie légère, les fournira au 10e léger qui se trouvera par là avoir 470 hommes ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12873).

Le 17 septembre 1806, Napoléon écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Rapp, commaandant la 5e Division Militaire à Strasbourg : "… Je n'ai point, dans les situations que vous m'avez envoyées, celles des compagnies de grenadiers des 3es et 4e bataillons. Envoyez-moi cette situation, que je désire avoir. Quelle serait, par exemple, la force d'un ... bataillon qui serait formé avec les compagnies de carabiniers des 7e, 10e, 16e et 24e légers, qui se trouvent à leurs 3es bataillons au dépôt ? Faites-moi connaître aussi la situation des voltigeurs" (Correspondance de Napoléon, t.13, lettres 10802 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12967).

En 1806, la Prusse et la Saxe décident d’affronter les Français en attendant les Russes; mal leur en prend. Par deux victoires à Iéna, et Auerstaedt livrée par Davout, l’armée prussienne est écrasée.

Le 14 octobre 1806, à Iéna le 4e Corps est à l’aile droite.

Le 4e Corps se met à la poursuite des restes de l’armée prussienne sur Lübeck. Puis, l'armée française continue sa marche triomphale sur Berlin.

On entre en Pologne à la rencontre des Russes. Battus à Golymin et à Pulstuk, les Russes se retirent vers l'est et l'armée française, arrêtée par la boue, la neige et le froid, prend ses quartiers d'hiver en janvier 1807.

Le 13 janvier 1807, l'Empereur écrit, depuis Varsovie, au Maréchal Berthier : "... Donnez ordre au général Clarke de faire passer à Küstrin le régiment bavarois qui se trouve à Berlin, aussitôt que le commandant de Küstrin pourra faire partir les détachements du 10e léger et du 32e, qu'il a retenus, ainsi que les hommes des dépôts des 1er, 3e, 4e, 5e, 6e, 7e et 8e corps, qui se trouvent en état de partir, avec des capotes, des souliers, des armes et 50 cartouches par homme ..." (Correspondance de Napoléon, t.14, lettre 11621 ; Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 14032).

On retrouve l’adversaire à Eylau, les 7 et 8 février 1807. Très sanglante bataille, où les deux armées se saignent. Le 10e Léger y a de très nombreuses pertes et y voit une de ses Aigles capturée : celle de son premier Bataillon.

L’armée française panse ses blessures et se reconstitue pour continuer le combat contre les Russes.

Le 10 février 1807, Pierre Berthezene est nommé Colonel du Régiment. "Colonel Berthezene, je vous confie un régiment qui vaut ma Garde" : c’est ainsi que l’Empereur désigne, à son nouveau chef, le 10e Léger.

Le 6 mars 1807, l'Empereur écrit, depuis Osterode, à Daru, Intendant général de la Grande Armée : "Monsieur Daru, faites une circulaire à tous les commissaires des guerres, pour leur faire connaître les points sur lesquels ils doivent diriger les hommes isolés des différents corps d’armée, ainsi que les bagages et effets desdits corps. Vous y joindrez l'état des corps qui composent chaque corps d'armée, conformément au tableau ci-joint ...
4e corps
... 10e léger
... À Bromberg ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 14497).

Le 15 mars 1807, l'Empereur écrit, depuis Osterode, au Général Lacuée, Directeur général des Revues et de la Conscription : "Je réponds à votre lettre du 7 février. J'y vois que vous avez encore 7342 hommes. Vous me demandez comment vous devez les employer. Il ne faut point donner les 7300 hommes que demande la marine et il faut employer cette réserve à réparer les pertes de la bataill d'Eylau. Voici les corps auxquels j'en voudrais donner : … Pour la Grande Armée … 10e léger 100" (Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 14661).

Le 18 mars 1807, l'Empereur écrit, depuis Osterode, au Maréchal Soult : "Mon Cousin … Le 10e d'infanterie légère a perdu à Iena, a perdu par les maladies, a perdu à Eylau : son effectif ne peut pas être aujourd'hui de 1,400 hommes ..." (Correspondance de Napoléon, t.14, lettre 12074 ; Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 14730).

Tambour de Chasseurs du 10e Léger, 1807-1808
Fig. A5 Tambour de Chasseurs du 10e Léger, 1807-1808

Le 22 mars 1807, l'Empereur écrit, depuis Osterode, au Maréchal Kellermann, commandant un Corps de réserve de Gardes nationales : "Mon cousin, mon intention est de compléter les compagnies de grenadiers et de voltigeurs de la division Oudinot à un effectif de 150 hommes. Je désire en conséquence que vous fassiez réunir, conformément au tableau ci-joint, différents détachements d'hommes. De 5 pieds 4 pouces pour les grenadiers et de 4 pieds 11 pouces ou 5 pieds bien constitués pour les voltigeurs. Ces détachements peuvent partir sans sous-officiers, en désignant les meilleurs sujets pour en faire les fonctions pendant la route. Après en avoir passé la revue et avoir pourvu à ce que leur habillement et armement soient parfaitement en état, vous les ferez conduire par des officiers d'état-major, pour Thorn ...
10e légère 49
[Pour les grenadiers] 47 [Pour les voltigeurs] ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 14811).

Le 31 mars, depuis Osterode, Napoléon décide d'accorder 18 aigles d'honneur, dont neuf aux Officiers, et neuf aux Sous officiers et soldats, aux Régiments qui se sont distingués à Eylau. Il écrit au Maréchal Berthier : "Vous enverrez à chaque maréchal ce qui, dans les dispositions suivantes, concerne son corps d'armée, et sans que l'un connaisse ce qui regarde l'autre. 1° Il est accordé aux régiments dont l'état suit 18 aigles de la Légion d'honneur, dont 9 aux officiers et 9 aux sous-officiers et soldats qui se sont fait remarquer par leur courage et leur bonne conduite, depuis le commencement de la guerre de la quatrième coalition :
… 10e ... d'infanterie légère ...
Du moment que les maréchaux auront reçu ma décision, ils ordonneront à chaque général de division de réunir chez lui les colonels et chefs de bataillon de chaque régiment, ainsi que les généraux, de brigade, et de dresser un procès-verbal qui constate les individus qui méritent le mieux la décoration. Ce procès-verbal sera envoyé au maréchal commandant le corps d'armée, qui le transmettra, avec ses observations, au major général. Tous ces procès-verbaux devront être arrivés avant le 6 avril. Le 7, le major général me les soumettra …
" (Correspondance de Napoléon, t.14, lettre 12240 ; Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 145013).

Le même 21 avril 1807, l'Empereur adresse, depuis Finkenstein, une autre lettre au Maréchal Kellermann : "Mon cousin, dans l'état de situation de votre armée de réserve au 15 avril, je trouve ...
Que le 44e avait 462 hommes ; pourquoi n'en enverriez-vous pas 300 hommes.
... du 10e d'infanterie légère 300 ...
Je suppose que si vous ne les avez pas fait partir, c'est qu'ils n'étaient pas habillés. Mais moyennant l'autorisation que je vous ai donnée de les envoyer non habillés dans les régiments provisoires et de garnison, je pense que vous les avez mis en route ...
Je suppose donc que tout cela sera parti ; si ce ne l'était pas, faites-le parti sans délai ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 15379).

Le 21 mai 1807, l'Empereur écrit, depuis Finkenstein, au Général Lacuée, Directeur général des Revues et de la Conscription : "J’ai reçu les états de situation que je vous avais demandés. Les 20000 hommes de la réserve doivent être distribués de la manière suivante :
12000 hommes à l'infanterie de ligne et légère conformément au tableau ci-joint.
… Répartition de 12 000 hommes de la réserve de 1808 entre les corps ci-après de l'infanterie de ligne et de l'infanterie légère.
... INFANTERIE LEGERE
CORPS NOMBRE DES CONSCRITS
... 10e 200 ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 15681).

Le 10e Léger s'illustre particulièrement à sa tête au combat d'Heilsberg le 10 juin. Puis le Régiment combat à Friedland le 14 Juin. Les Russes sont battus. Les deux Empereurs vont se rencontrer sur le Niémen.

Après la paix de Tilsit, Berthezène occupe l’île de Rügen sur la Baltique.

L’autre grande affaire pour l’Empereur après Tilsitt, c’est le Portugal et l’Espagne où il envoie des troupes, en général des Régiments provisoires, dans des Corps d’ Observation formés de divers détachements, pour contrôler discrètement les places fortes du Royaume bourbonien, alors notre allié, et lancer la conquête du Portugal.

Le Corps d’Observation des Côtes de l’Océan était sous les ordres de Moncey. Avec le 1er Régiment provisoire d’Infanterie (Léger) formé de détachements des 7e, 10e 11e et 17e Légers.

Le 12 janvier 1808, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le Général Clarke, vous donnerez les ordres pour la formation d'une division qui portera le titre de division de réserve, et qui se réunira à Orléans. Cette division sera composée conformément au tableau ci-joint ... Vous donnerez l'ordre qu'avant de faire partir les compagnies qui doivent former la division de réserve d'Orléans on complète tout ce que les corps doivent fournir aux douze régiments provisoires du corps d'observation des côtes de l'Océan. Le général de division Verdier commandera cette division de réserve. Le général Schramm y sera employé
P. S. Les ordres seront donnés sur-le-champ pour la formation de cette division, et elle se mettra en marche au 1er février. Vous aurez soin de lui faire fournir des capotes et de veiller à ce que les hommes soient bien habillés.
COMPOSITION DE LA RÉSERVE D'INFANTERIE QUI SE RÉUNIT À ORLÉANS
Cette division sera composée de trois brigades ; chaque brigade de deux régiments provisoires ; chaque régiment de trois bataillons ; chaque bataillon de quatre compagnies ; chaque compagnie de 150 hommes : total 10 800 hommes.
La 1re brigade sera composée du 13e et 14e régiment provisoire ...
Le 13e régiment provisoire sera ainsi composé :
... 1er bataillon
une compagnie de 150 hommes du 6e régiment d'infanterie légère
une du 7e
une du 9e
et une du 10e ...
" (Correspondance de Napoléon, t.16, lettre 13448 ; Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 16987).

Inspection du Dépôt du 10e Léger à Schlestadt le 2 février 1808 par le Général Schauenbourg

Si le Général inspecteur est satisfait dans l’ensemble de l’état des 250 hommes qu’on lui a présenté sous les armes, il ne l'est pas pour ce qui est de la négligence dans la tenue des comptes. Il en fait la remarque officielle au Major Pillet qui commande le Dépôt du Régiment. Il en profite pour rappeler que : "... SM défend au chef de corps de se permettre de faire exercer, sous quelques prétextes que ce soit, des retenues autres que celles prévues par le réglement et que la retenue à faire à Messieurs les officiers pour la musique se bornera à une journée de solde par mois".

10e Léger 1809-1810 Voltigeur, Carabinier et Chasseur
Fig. B1, Fig. B2 et Fig. B3 Voltigeur, Carabinier et Chasseur du 10e Léger, 1809-1810

Le 22 février 1808, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le Général Clarke, vous devez avoir reçu mon décret pour la nouvelle organisation de l'armée. Je me suis hâté de vous l'envoyer, ainsi que les différents tableaux, afin que vous puissiez donner tous les ordres préparatoires. Mon intention est cependant qu'aucun dépôt ne se mette en marche pour sa nouvelle destination, et qu'aucun embrigadement ne soit fait qu'en conséquence d'une instruction que vous donnerez aux généraux chargés de ce travail, et qui, avant d'être expédiée, sera mise sous mes yeux. Voici quelles sont mes vues ; je vous les fais connaître afin que cela vous serve pour la rédaction de cette instruction.
... 4e Corps de la Grande Armée. — ... Les 10e, 24e et 26e d'infanterie légère garderont leurs trois bataillons ...
" (Correspondance de Napoléon, t.16, lettre 13593 ; Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 171260).

Le 17 mars 1808, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Maréchal Berthier, Major général de l'Armée : "Voulant donner une preuve de notre satisfaction aux officiers et soldats de notre Grande Armée pour les services qu'ils nous ont rendus, nous avons accordé et accordons par la présente en gratification aux corps d'infanterie dont l'énumération suit la somme de 6 340 000 francs. Notre intention est que vous fassiez connaître aux conseils d'admnistration desdits corps que cette somme doit être distribuée entre les officiers et soldats qui se trouvaient aux batailles d'Ulm, d'Austerlitz, d'Iéna, d'Eylau et de Friedland entendant que ceux qui se sont trouvés à trois de ces batailles recevront deux jours de solde en gratification et que ceux qui ne se sont trouvés qu'à une ou deux de ces batailles ne reçoivent qu'un jour de solde ; ceux qui auraient été blessés, soit à trois, soit à une seule de ces batailles recevront trois jours de gratification au lieu de deux. Lorsque ce travail sera ainsi proposé par le conseil d'administration on donnera autant de jours et de mois qu'il sera possible avec la somme qui aura été assignée au corps. Les colonels ni les majors ne sont pas compris dans la distribution de ces gratifications qui s'arrêtera au grade de chef de bataillon ou d'escadron inclusivement ... ANNEXE :
4e corps
... 10e régiment d'infanterie légère 100 000 ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 17415).

Le 6 juillet 1808, l'Empereur écrit, depuis Bayonne, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, il sera formé trois brigades composées de régiments de marche, sous les ordres du maréchal Kellermann. La 1re brigade se réunira à Wesel, la 2e à Mayence et la 3e à Strasbourg ...
La 3e brigade sera composée du 4e régiment de marche qui sera formé des détachements du 4e corps.
Le 4e régiment de marche sera composé de 2 bataillons :
2e bataillon : 3 compagnies légères 10e légère, 3 compagnies du 24e, 3 compagnies du 26e ...
Cette brigade se réunira à Strasbourg ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18486).

Le 24 août 1808, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, j'ai lu avec attention l'état de situation n° 3 des corps de la Grande Armée. Je vous le renvoie pour que vous y fassiez quelques changements :
... le 10e léger manque de 100 hommes ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18751).

Le 29 août 1808, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, je vois que dans sa situation actuelle le corps du général Oudinot n'a que 8794 hommes, tandis qu'il devrait être de 11200 hommes ; il lui manque donc 2500 hommes. Je désire que vous donniez les ordres suivants aux bataillons de guerre.
Nombre d’hommes à fournir
... Du 30e de ligne, de fournir audit corps 30 grenadiers, 15 voltigeurs
... Au 10e légère idem 40 15
... Ces hommes seront fournis sur-le-champ, en les choisissant aux bataillons de guerre de la Grande Armée, ce qui complétera ces compagnies à 140 hommes chacune ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18779).

Le 4 septembre 1808, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "… Les 4es bataillons du 4e corps sont ceux des 10e, 26e et 24e légère ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18825).

LA CAMPAGNE DE 1809

Tambour de Chasseurs 10e Léger 1809-1810
Fig. B4 Tambour de Chasseurs du 10e Léger, 1809-1810

Le 13 février 1809, l'Empereur écrit, depuis Paris, à Borghèse, Gouverneur général des départements au-delà des Alpes : "Mon cousin, j’ai reçu l’état de situation du 1er février ... je désirerais que vous me fissiez connaître quand le dépôt du 6e d’infanterie de ligne pourra envoyer au 4e bataillon 200 hommes ? Quand le dépôt du 20e pourra en envoyer 100 ? Quand celui du 29e pourra en envoyer 100 ? Quand celui du 112e pourra en envoyer 400, celui du 14e d’infanterie légère 100, celui du 23e d’infanterie légère 600, celui du 10e d’infanterie légère 100, celui du 52e 300, celui du 100e 400, enfin celui du 102e 300 ? Ce qui fera un total de 2 400 hommes qui iraient renforcer les quatrièmes bataillons. Il faudrait que tous ces hommes bien armés, bien équipés, ayant souliers et capotes, fussent prêts à partir avant le commencement de mars. Prenez des renseignements et faites-moi connaître si tout cela peut s’exécuter avant le 1er mars" (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20014).

Le même 13 février 1809, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la guerre : "Monsieur le général Clarke, voulant compléter mon armée du Rhin, mon intention est ... Le 10e légère enverra à Mayence 400 hommes de son dépôt ; le dépôt du 22e de ligne y enverra 100 hommes ; le dépôt du 3e de ligne 360 hommes ; le dépôt du 57e de ligne, 300 hommes ; le dépôt du 72e de ligne, 360 hommes. Ces détachements faisant 1 520 hommes, et 400 hommes que le dépôt du 105e enverra également à Mayence, formeront le 4e bataillon de marche de l’armée du Rhin.
Ces bataillons de marche se réuniront à Mayence le plus tôt possible. On n’y mettra que le nombre d’officiers et de sous-officiers nécessaires pour conduire les hommes. Vous me ferez connaître le jour de leur arrivée à Mayence, et je donnerai des ordres pour leur direction sur l’armée du Rhin ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20015).

Napoléon écrit, de Paris, le 21 février 1809, au Général Clarke, Comte d'Hunebourg, Ministre de la guerre, à Paris : "Monsieur le Général Clarke, vous donnerez l'ordre que le quartier général de la division Saint-Hilaire se réunisse à Magdeburg. A cet effet, le 10e léger, le 3e de ligne, le 12e et le 16e de chasseurs, qui sont dans la Poméranie suédoise, ainsi que l'artillerie, sapeurs. mineurs, etc., se mettront en marche pour Magdeburg" (Correspondance de Napoléon, t.18, lettre 14794 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20092) .

Le 3 mars 1809, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Comte d'Hunebourg, Ministre de la Guerre, à Paris : "Monsieur le Général Clarke, je vous envoie le projet de formation d’une réserve de régiments provisoires, sur lequel je désire que vous me fassiez un rapport. Faites-moi connaître si je n'ai rien oublié et s'il y a des changements qu'il soit convenable de faire pour épargner des marches aux troupes. Enfin présentez-moi des états qui m'apprennent si les 5es bataillons pourront fournir ces quatre, trois ou deux compagnies pour concourir à ladite formation. Les 10,000 hommes de réserve que forme ma Garde sont destinés à compléter les 5es bataillons et à les mettre à même de fournir les hommes nécessaires. Il faut donc qu'une colonne des états que vous ferez dresser indique le nombre d'hommes qui leur manquera, après avoir épuisé tout leur monde ; cette colonne sera la colonne de distribution des 10,000 hommes de la Garde. Il ne vous échappera pas que, par ce moyen, j'aurai 6,000 hommes à la Rochelle, 3,000 en Bretagne, 9,000 à Paris, 5,000 au camp de Boulogne, 2,500 pour la défense de l'Escaut, 2,500 pour garder Wesel, 5,000 à Strasbourg, 2,500 à Metz et 10,000 Français en Italie; total, 45,500 hommes.
NAPOLÉON
Annexe
PROJET DE FORMATION D'UN CORPS DE RÉSERVE
1
Il sera formé une réserve de seize régiments provisoires composée des compagnies des cinquièmes bataillons qui seront complétés avec les conscrits de 1810;
2
... Le 11e régiment sera composé de 3 bataillons formés de 3 compagnies des 5es bataillons des 7e léger, 17e 1éger, 10e 1éger, 9e 1éger, 21e léger, 28e 1éger ...
" (Correspondance de Napoléon, t.18, lettre 14838 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20195).

Le 9 mars 1809, depuis Paris, l'Empereur écrit au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, les deux compagnies du 10e d'infanterie légère, du 3e de ligne, du 57e, du 62e et du 22e formant dix compagnies seront réunies en un bataillon de marche qui portera le titre de bataillon de marche des 4es bataillons de la division Saint-Hilaire.
Les deux compagnies du 12e, du 30e, 61e, 65e, 85e, 105e et 111e formeront un second bataillon de marche qui portera le titre de bataillon de marche du 4e bataillon de l'armée du Rhin.
Faites-moi connaître le plus tôt possible le nombre d'officiers, sous-officiers et soldats que les corps pourront fournir à ces compagnies afin de pourvoir à les compléter. Ces 2 bataillons se rendront à Strasbourg
" (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20308 - La minute (Archives nationales, AF IV 879, mars 1809, n° 146), qui est la dictée, est datée à posteriori de Rambouillet le 11 mars). Ces «Bataillons de marche» sont composés de renforts destinés aux Corps d'armée stationnés en Allemagne.

Sapeur du 10e Léger en 1809-1810
Fig. B5 Sapeur du 10e Léger, 1809-1810

Le 17 mars 1809, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Maréchal Davout, Duc d’Auerstaedt, commandant l’Armée du Rhin, à Erfurt : "Mon cousin … Le corps du duc de Rivoli s'appelle Corps d'observation de l'armée du Rhin ; il sera réuni le 20 à Ulm. Le ministre du trésor pourvoira directement à la solde de ce corps; l'armée du Rhin n'a rien à voir là. Faites armer et approvisionner les forts de Kronach, Forchheim et de Bamberg. Je suppose que votre quartier général sera déjà rendu à Würzburg. Faites approvisionner cette citadelle. Le duc de Danzig doit être arrivé le 20 à Munich. Le 105e de ligne et le 8e de hussards arrivent, à ce qu'il me semble, vers les premiers jours d'avril. Suivez la direction de ces troupes, afin que, s'il survenait quelques changements, vous puissiez les détourner de leur route, et qu'il ne puisse pas leur arriver de malheurs ... Donnez ordre à tout ce qui appartient à la division Saint-Hilaire, cavalerie, infanterie, sapeurs et artillerie, qui le 18 seront à Magdeburg, de se mettre en marche pour Würzburg. Le 10e d'infanterie légère, le 3e de ligne, le 72e, le 57e et le 105e, le 8e de hussards, le 16e et le 12e de chasseurs, le matériel d'artillerie, auront tous leur mouvement sur Würzburg. Vous ne leur donnerez pas de séjours, et vous ferez faire à toutes ces troupes des marches raisonnables, afin d'activer leur réunion. Je préfère que cette réunion se fasse plutôt sur Würzburg que sur Bamberg, parce que la route est plus à droite et plus éloignée des frontières. Je désire donc que vous ayez une division à Bayreuth, une à Nuremberg, une à Bamberg; que la cavalerie légère de votre ancien corps d'armée garde les débouchés de la Bohême; que la division Saint-Hilaire se réunisse d'abord à Würzburg, d'où on pourra l'envoyer entre Nuremberg et Ratisbonne ...".

Le 23 mars 1809, l'Empereur écrit, depuis La Malmaison, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, j'ai signé le décret sur la composition des 17 demi-brigades provisoires de réserve ...
il ne reste plus qu'à pourvoir à la formation des 5es et 6es compagnies des 4es bataillons afin de compléter ces 4es bataillons en Allemagne. Voici les dispositions que je me propose de prendre à cet égard :
Je désire que les 5es et 6es compagnies des 4es batai1lons du 30e, 31e, 33e, 111e, 12e, 85e, 7e d'infanterie légère, 10e, 3e, 22e, 57e et 105e se forment le plus tôt possible au complet de 140 hommes. Ces compagnies seront dirigées sur Strasbourg, où on les formera en bataillons de marche. On fera autant de bataillons de marche qu'il y a de divisions à l'armée ...
Enfin, le 4e bataillon, composé des 2 compagnies du 10e, du 3e de ligne, du 57e, du 72e et du 105e portera le titre de bataillon de marche des 4es bataillons de la division Saint-Hilaire ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20514). Le Décret sur la création des 17 Demi-brigades de 2520 hommes chacune a été signé le même jour (voir Saski, Campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche, Paris, Berger-Levrault et cie, 1899, t. 1, p. 550-554).

Le même jour, 23 mars 1809, l'Empereur écrit encore, depuis La Malmaison, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, il manque pour compléter les 4 divisions de l'armée du Rhin 1550 hommes.
... Le 4e bataillon portera le titre de bataillon de marche de la division Saint-Hilaire et sera composé de 100 hommes du 10e léger, destinés au 4e bataillon, de 200 hommes du 3e de ligne, dont 80 destinés au 4e bataillon, de 300 hommes du 57e, dont 50 destinés au 4e bataillon, et de 200 hommes du 105e, dont 100 destinés au 4e bataillon ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20515).

Le 30 mars 1809, l'Empereur adresse, depuis Paris, à Berthier, Major général, ses instructions, pour la campagne à venir, suivies d'un Etat de la Composition des Divisions et Brigades des différents Corps de la Grande Armée. Le 10e Léger doit faire partie du 2e Corps d'Armée commandé par le Maréchal Duc de Montebello ou le Prince de Ponte Corvo; 3e Division Saint-Hilaire, 1ère Brigade Pouzet (Correspondance de Napoléon, t.18, lettre 14975 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20619).

La 5e coalition rappelle les troupes françaises sur le Danube que rejoint le 10e Léger à marches forcées. Il se bat à Thann.

EXTRAITS DU 1ER BULLETIN DE L’ARMEE D'ALLEMAGNE DU 24 AVRIL 1809

"BATAILLE DE THANN, LE 19.
Le 19, à la pointe du jour, le duc d'Auerstaedt se mit en marche sur deux colonnes. Les divisions Morand et Gudin formaient sa droite; les divisions Saint-Hilaire et Friant formaient sa gauche. La division Saint-Hilaire, arrivée au village de Peising, y rencontra l'ennemi plus fort en nombre, mais bien inférieur en bravoure, et là s'ouvrit la campagne par un combat glorieux pour nos armes. Le général Saint-Hilaire, soutenu par le général Friant, culbuta tout ce qui était devant lui, enleva les positions de l'ennemi, lui tua une grande quantité de monde et lui fit 6 ou 700 prisonniers. Le 72e se distingua dans cette journée, et le 57e soutint son ancienne réputation. Il y a seize ans, ce régiment avait été surnommé en Italie le Terrible et il a bien justifié ce surnom dans cette affaire, où seul il a abordé et successivement défait six régiments autrichiens.
Sur la gauche, à deux heures après midi, le général Morand rencontra également une division autrichienne, qu'il attaqua en tête, taudis que le duc de Danzig, avec un corps bavarois parti d'Abens­berg, vint la prendre en queue. Cette division fut bientôt débusquée de toutes ses positions et laissa quelques centaines de morts et de prisonniers. Le régiment entier des dragons de Levenehr fut détruit par les chevau-légers bavarois, et son colonel fut tué.
A la chute du jour, le corps du duc de Danzig fit sa jonction avec celui du duc d'Auerstaedt.
Dans toutes ces affaires, les généraux Saint-Hilaire et Friant se sont particulièrement distingués.
Ces malheureuses troupes autrichiennes, qu'on avait amenées de Vienne au bruit des chansons et des fifres, en leur faisant croire qu'il n'y avait plus d'armée française en Allemagne, et qu'elles n'auraient affaire qu'aux Bavarois et aux Wurtembergeois, montrèrent tout le ressentiment qu'elles concevaient contre leurs chefs de l’erreur où ils les avaient entretenus, et leur terreur ne fut que plus grande à la vue de ces vieilles bandes, qu'elles étaient accoutumées à considérer comme leurs maîtres
" (Correspondance de Napoléon, t.18, lettre 15112).

Le 10e combat ensuite à Landshut, puis Eckmühl, du 19 au 22 Avril. Le Colonel Berthezène, qui a été blessé à Eckmühl, est fait commandeur de la Légion d'honneur pour la part importante qu'a pris son Régiment lors de ces batailles.

EXTRAITS DU 1ER BULLETIN DE L'ARMEE D'ALLEMAGNE DU 24 AVRIL 1809

"BATAILLE D’ECKMÜHL, le 22.
Tandis que la bataille d'Abensberg et le combat de Landshut avaient des résultats si importants, le prince Charles se réunissait avec le corps de Bohême commandé par le général Kollowrath, et obtenait à Ratisbonne un faible succès. 1,000 hommes du 65e, qui avaient été laissés pour garder le pont de Ratisbonne, ne reçurent point l'ordre de se retirer. Cernés par l’armée autrichienne, ces braves, ayant épuisé leurs cartouches, furent obligés de se rendre. Cet événement fut sensible à l’Empereur. Il jura que dans les vingt-quatre heures le sang autrichien coulerait dans Ratisbonne pour venger cet affront fait à ses armes.
Dans le même temps, les ducs d'Auerstaedt et de Danzig tenaient en échec les corps de Rosenberg, de Hohenzollern et de Liechtenstein. Il n'y avait pas de temps à perdre. Le 22 au matin, l'Empereur se mit en marche de Landshut avec les deux divisions du duc de Montebello, le corps du duc de Rivoli, les divisions de cuirassiers Nansouty et Saint-Sulpice et la division wurtembergeoise. A deux heures après midi, il arriva vis-à-vis d’Eckmühl, où les quatre corps de l'armée autrichienne, formant 10,000 hommes, étaient en position sous le commandement de l'archiduc Charles. Le duc de Montebello déborda l'ennemi par la gauche avec la division Gudin. An premier signal, les ducs d'Auerstaedt et de Danzig et la division de cavalerie légère du général Montbrun débouchèrent. On vit alors un des plus beaux spectacles qu'ait offerts la guerre. 1l0,000 ennemis attaqués sur tous les points, tournés par leur gauche et successivement dépostés de toutes leurs positions. Le détail des événements militaires serait trop long: il suffit de dire que, mis en pleine déroute, l'ennemi a perdu la plus grande partie de ses canons et un grand nombre de prisonniers; que le 10e d'infanterie légère de la division Saint-Hilaire se couvrit de gloire en débouchant sur l'ennemi, et que les Autrichiens, débusqués du bois qui couvre Ratisbonne, furent jetés dans la plaine et coupés par la cavalerie. Le sénateur général de division Demont eut un cheval tué sous lui. La cavalerie autrichienne, forte et nombreuse, se présenta pour protéger la retraite de son infanterie; la division Saint-Sulpice sur la droite, la division Nansouty sur la gauche, l'abordèrent; la ligne de hussards et de cuirassiers ennemis fut mise en déroute; plus de 300 cuirassiers autrichiens furent faits prisonniers. La nuit commençait. Nos cuirassiers continuèrent leur marche sur Ratisbonne. La division Nansouty rencontra une colonne ennemie qui se sauvait, la chargea et la fit prisonnière; elle était composée de trois bataillons hongrois de 1,500 hommes.
La division Saint-Sulpice chargea un autre carré dans lequel faillit être pris le prince Charles, qui ne dut son salut qu'à la vitesse de son cheval. Cette colonne fut également enfoncée et prise. L'obscurité obligea enfin à s'arrêter. Dans cette bataille d'Eckmühl, il n'y eut que la moitié à peu près des troupes françaises engagée. Poussée l'épée dans les reins, l'armée ennemie continua à défiler toute la nuit, par morceaux et dans la plus épouvantable déroute. Tous ses blessés, la plus grande partie de son artillerie, quinze drapeaux et 20,000 prisonniers sont tombés en notre pouvoir. Les cuirassiers se sont, comme à l'ordinaire, couverts de gloire
" (Panchoucke : « Oeuvres de Napoléon Bonaparte », 1821-1822, t. 4, p. 398 ; Kermoysan « Napoléon, Recueil par ordre chronologique de ses lettres, proclamations, bulletins », Paris, 1853, t.2, p. 370; Correspondance de Napoléon, t.18, lettre 15112).

En Mai 1809, les trois premiers Bataillons du Régiment sont au 2e Corps du Maréchal Lannes.

Le 5 mai 1809, l'Empereur écrit, depuis Enns, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke ... Je viens d'ordonner que les 4es bataillons de la division Saint-Hilaire fussent versés dans les 3 premiers, pour réparer leurs pertes, et que les cadres retournassent aux dépôts ; il faut donc dans la distribution de la conscription pourvoir à reformer les 4es bataillons du 10e léger, 57e, 72e, 105e et 3e de ligne ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20963).

Au sein de la Division Saint Hilaire, le Régiment participe à la bataille d’Essling, au centre du dispositif français, et est de nouveau fort éprouvé. Le Maréchal Lannes est tué et le 2e Corps passe sous le commandement d’Oudinot.

Le 10 juin 1809, l'Empereur, qui vient de décider d'une importante levée de Conscrits, sur la classe 1810, mais aussi sur les classes 1806 à 1809, afin de compenser les pertes du début de la campagne, et renforcer l'Armée, écrit depuis Schönbrunn au Général Clarke pour lui donner le détail de cette opération particulièrement complexe; lettre accompagnée de 3 Etats différents très détaillés. Concernant le 3e Léger, l'Empereur ordonne : "... Les 3 mille hommes qui étaient réservés pour le dépôt de Strasbourg seront distribués de la manière suivante :
700 hommes à la division Saint-Hilaire indépendamment de ceux accordés dans le travail de M. Lacuée,
1100 hommes à la division Friant, aussi indépendamment de ceux accordés dans le travail de M. Lacuée
et 1200 hommes au corps du duc de Rivoli,
total 3000 hommes, le tout conformément au tableau C ...
". L'Etat C qui suit cette lettre indique que 100 hommes doivent être dirigés sur le Dépôt du 10e Léger, et que 100 hommes doivent être envoyés par le Dépôt aux Bataillons de guerre à la Division Saint-Hilaire. Enfin l'annexe intitulé "Répartition des 40 000 conscrits de l'appel supplémentaire de 1810" indique, concernant la Division Saint-Hilaire, composée de 5 Régiments dont le 10e Léger : "On n'avait proposé que 775 conscrits pour compléter les compagnies que ces 5 régiments ont aux demi-brigades provisoires ; on leur en donne 1775", dont 400 pour le 10e. Par ailleurs, une annexe intitulée "Répartition des 40 000 conscrits de l'appel supplémentaire de 1810" donne la composition de la 12e Demi-brigade provisoire : 7e Léger qui reçoit 300 hommes; 17e id. qui en reçoit 175; 9e id. qui en reçoit 25; 10e id. complété à la Division St-Hilaire; 21e id.; 28e id. qui reçoit 60 hommes; au total donc, 560 hommes. Il est par ailleurs précisé que l'on doit porter "les 18 compagnies à 2520 hommes" (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 21182).

Puis le Régiment remonte en ligne et Berthezène, à peine guéri, participe le 6 juin 1809 à la bataille de Wagram, toujours au 2e Corps, Division Granjean, où il reçoit deux autres blessures.

1810-1811 : Les années de paix

Le 10 janvier 1810, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, écrivez au prince d’Eckmühl que s’il n’y a rien de nouveau, il laisse séjourner plusieurs jours à Augsbourg la 3e division du 2e corps composée des 10e légers, 3e, 72e et 105e de ligne ; après quoi il la fera partir pour Strasbourg, ce qui donnera plus de place pour le cantonnement des autres divisions. Faites-moi connaître quand les deux autres divisions et la cavalerie arrivent dans leurs cantonnements" (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 22817).

Le 19 janvier 1810, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le Duc de Feltre, donnez ordre que l’état-major de la 3e division du 2e corps de l’armée d’Allemagne, avec l’artillerie et les administrations, se rende à Metz.
Le 10e léger sera dirigé sur son dépôt [Sélestat].
Le 3e de ligne sur son dépôt à Strasbourg
Le 105e sur son dépôt à Neuf-Brisach
Le 72e se rendra à la réserve de St-Omer
La division restera intacte ; et les régiments rendront comte au général de division ; je les envoie seulement à leurs dépôts, pour les y faire séjourner et se reposer
" (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 22996).

Le 2 mars 1810, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clrake, Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, à Paris : "Monsieur le Duc de Feltre, je veux profiter de la consolidation de la paix continentale pour porter la plus grande économie dans mes armées. Voici les diverses dispositions que je projette, et sur lesquelles je désire un rapport. Armée d'Allemagne — Le grand quartier général, les grandes administrations, les parcs généraux d'artillerie et du génie et tout ce qui appartient à l'état-major général de la Grande Armée seraient dissous. Les états-majors et administrations et tout ce qui tient à l'organisation des 2e et 4e corps et réserve générale de cavalerie seraient dissous. Il ne resterait en Allemagne que l'état-major, l'administration et les parcs du génie et de l'artillerie du 3e corps commandé par le prince d'Eckmühl, l'infanterie du 3e corps composée de quinze régiments, trois bataillons portugais et deux bataillons de tirailleurs, la brigade de cavalerie du général Pajol composée de trois régiments, et les six régiments de cuirassiers de la division Bruyères, ci-devant Nansouty, formant neuf régiments de cavalerie, et quatre-vingts pièces d'artillerie au plus, attelées et approvisionnées.
La division Molitor, composée de quatre régiments d'infanterie et de deux régiments de cavalerie, resterait jusqu'à nouvel ordre à Hambourg, où elle serait sous le commandement du prince d'Eckmühl.
Toutes les autres troupes françaises évacueraient l'Allemagne.
La 1re division du 2e corps se réunirait à Mayence et autres places environnantes sur les bords du Rhin. La 2e division se réunirait à Strasbourg et aux environs. La 3e division, c'est-à-dire le 10e léger, le 105e et le 3e de ligne, se réunirait à Metz. Ces trois divisions seraient destinées à se porter immédiatement après sur les côtes pour en assurer la tranquillité pendant la belle saison ...
" (Correspondance de Napoléon, t.20, lettre 16303 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 23241).

Le 5 août 1810, l'Empereur écrit, depuis Trianon, au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, à Paris : "Monsieur le Duc de Feltre, donnez ordre que la division Grandjean soit dissoute ; que le régiment qui a ordre de se rendre à Saint-Malo continue pour Brest ; que, du moment que ce régiment sera arrivé, le 1er provisoire de ligne retourne à Nantes, et le 2e provisoire de ligne à Lorient ; que le 3e de ligne, qui est à Cherbourg, se rende à Saint-Malo. Envoyez un courrier à Cherbourg pour que le 105e ne parte pas. Ainsi le 10e d'infanterie légère sera à Brest, le 3e de ligne à Saint-Malo, et le 105e à Cherbourg. Donnez ordre au 3e léger, qui est à Dunkerque et Calais, de se rendre au Havre" (Correspondance de Napoléon, t.21, lettre 16763 ; Correspondance générale de Napoléon, t.10, lettre 24245).

Le 6 octobre 1810, l'Empereur adresse, depuis Fontainebleau, au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, à Paris, une Note sur l'organisation des armées; concernant l'Armée d'Allemagne, il écrit : "… Un autre corps serait composé de la manière suivante, savoir : le 10e régiment d'infanterie légère formant quatre bataillons ; le 23e, quatre ; le 24e, quatre ; le 26e, quatre ; le 3e de ligne, quatre ; le 4e, quatre ; le 18e, quatre ; le 72e, quatre ; le 123e, quatre ; le 124e, quatre ; le 125e, quatre ; le 126e, quatre ; le 135e, quatre ; le 2e, trois ; le 19e, trois ; le 37e, trois ; le 46e, trois; total, 17 régiments ou 64 bataillons formant 6 divisions, chacune de 16 bataillons ..." (Correspondance de Napoléon, t.21, lettre 17000 ; Correspondance générale de Napoléon, t.10, lettre 24816).

Le 3 mars 1811, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, donnez des ordres pour qu'il soit formé un bataillon de marche de 400 hommes, de ce que le 4e régiment suisse a à Rennes, et dirigez-le sur Brest, pour tenir garnison dans cette place.
Donnez ordre aux 3 bataillons du 105e qui sont à Cherbourg de se rendre à Brest. Il y aura ainsi à Brest le 10e d'infanterie légère, le 3e et le 105e de ligne et un bataillon suisse de 400 hommes. Aussitôt que le 1er bataillon du régiment de Belle-Île sera arrivé dans cette île, et qu'il y aura 400 soldats habillés et armés, vous ordonnerez que le bataillon suisse qui est à Belle-Île se rende également à Brest
" (Correspondance générale de Napoléon, t.10, lettre 26070).

Le 19 avril 1811, l'Armée d'Allemagne est composée de trois Corps; le 1er est le Corps d'observation de l'Elbe, commandé par Davout. L'Empereur écrit en effet ce jour à au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, à Paris : "Monsieur le Duc de Feltre, l'armée d'Allemagne sera composée de trois corps :
1° Le corps d'observation de l'Elbe ;
2° Le corps d'observation du Rhin ;
3° Le corps d'observation d'Italie.
... CORPS D'OBSERVATION DU RHIN.
Ce corps se réunira de Mayence à Wesel. Il sera composé de quatre divisions d'infanterie ...
3e DIVISION. — 1re brigade : tirailleurs corses, un bataillon ; tirailleurs du Pô, un ; 10e léger, quatre ; 2e brigade : deux bataillons d'élite du 56e ; deux du 124e ; deux bataillons portugais ; 3e brigade : deux bataillons d'élite du 2e de ligne; deux régiments suisses, quatre ; total, 18 bataillons ...
" (Correspondance de Napoléon, t.22, lettre 17630 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 26753).

1809-1810-1811-1812, EN ESPAGNE

Le 20 mai 1809, l'Empereur écrit, depuis Ebersdorf, au Général Clarke, Comte d'Hunebourg, Ministre de la Guerre, à Paris : "Monsieur le Général Clarke, je réponds à votre lettre du 12. Il faut envoyer les 941 hommes destinés aux 15e et 10e légers et au 57e régiment en Portugal, comme je l'ai ordonné ..." (Correspondance de Napoléon, t.19, lettre 15240 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 21054).

Concernant l'Espagne, l'Empereur écrit, le 7 janvier 1810, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, les quatre premiers bataillons auxiliaires qui sont à Versailles seront réduits à deux, composés de la manière suivante. Savoir :
1er bataillon (infanterie de ligne) ...
2e batailllon (infanterie légère) 1re compagnie 5 officiers et 132 hommes du 24e régiment d'infanterie légère
2e compagnie 4 [officiers] 249 [soldats] du 26e id.
3e compagnie 35 [soldats] du 7e id.
1 [officier] 97 [soldats] du 10e id. 1 [officier] 132 [soldats]
4e compagnie 1 [officier] 47 [soldats] du 13e id.
Le comte de Lobau dressera procès-verbal de la formation de ces deux bataillons avant le 10 janvier ; les compagnies seront égalisées, leur chef de bataillon sera nommé pour commander chaque bataillon. Il sera également nommé à toutes les places d'officiers et de sous-officiers.
Les sous-officiers et soldats seront effacés des contrôles de leurs corps et, à dater du 1er janvier 1810, l'existence de ces bataillons sera reconnue, et ils seront payés directement par te Trésor. Il y aura trois tambours par compagnie.
Au fur et à mesure que les bataillons auxiliaires viendront à se former, au lieu de 12, les cadres seront resserrés, de manière que chaque bataillon soit porté au complet de 840 hommes.
Un colonel en second sera nommé inspecteur de tous les bataillons auxiliaires. Il sera chargé de rendre compte au ministre de leur formation et de veiller à ce que les différents détachements partent des lieux où ils se rassemblent, bien organisés et complets en officiers, sous-officiers et soldats.
Le 5e bataillon auxiliaire qui se réunit à Lyon en partira avec la formation provisoire qu’il aura reçue dans cette ville, et se rendra à Bayonne où il sera définitivement formé.
Faites-moi connaître pourquoi les corps ont envoyé aux bataillons auxiliaires des détachements dont la force est si peu proportionnée aux demandes qui leur ont été faites ; je désire savoir quand ils pourront envoyer le reste.
Aussitôt qu’un bataillon auxiliaire sera formé, présentez-moi un projet de décret pour lui donner une éxistence régulière.
Faites mettre à la dispositionn du comte Lobau une trentaine de jeunes gens de Fontainebleau, pour être placés dans ces bataillons.
Surtout ayez soin de mettre à Versailles un colonel en second qui veille à l’instruction
P.S : Vous dirigerez sur le second bataillon deux compagnies d'infanterie légère, faisant 300 hommes, pour compléter ce bataillon
" (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 22808).

Le 20 janvier 1810, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Maréchal Berthier, Major général de l'Armée d'Espagne : "Mon cousin, cinq bataillons auxiliaires sont organisés à Versailles. Je désire qu'ils partent bientôt. Pressez le ministre de la Guerre pour pourvoir aux places vacantes. Vous en ferez passer la revue le 22 par un de vos aides de camp ; et sur le compte qu'il vous rendra, vous ferez fournir par le ministre de la Guerre tout ce qui serait nécessaire à ce bataillon. Vous en passerez vous-même la revue le 28, afin qu'il puisse partir le 1er février.
Vous me ferez connaître quand ces bataillons auxiliaires, les quatre régiments de marche et les vingt escadrons de gendarmerie pourront se mettre en mouvement pour se rendre à Bayonne
" (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 22911).

Le 22 janvier 1810, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Maréchal Berthier, Major général de l'Armée d'Espagne : "Mon cousin, donnez ordre aux quatre régiments de marche de partir le 1er février pour se diriger sur Bayonne où se réunit la 3e division du 8e corps. Donnez ordre aux cinq bataillons auxiliaires qui sont organisés à Versailles de partir également le 1er février. Vous les ferez marcher à petite journée. Il sera donné à ces cinq bataillons auxiliaires et aux quatre régiments de marche deux paires de souliers par homme à Bavonne ou à Bordeaux, selon que les souliers seront dans l'une ou l'autre de ces villes" (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 22933).

Le 22 janvier 1810 encore, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre ... On me rend compte que cinq bataillons auxiliaires sont organisés à Versailles. Mon intention est qu'ils partent au 1er février" (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 22936).

Le 19 août 1810, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, je désire que vous formiez plusieurs bataillons de marche pour 1'Espagne et le Portugal.
... Enfin le 3e bataillon du 25e léger se formera à Tours de la manière suivante : 140 hommes du 25e 1éger ; 250 du 24e idem ; 150 du 7e idem ; 200 du 26e idem ; 100 du 10e idem ; 200 du 13e idem ; 1040 hommes ... Ces 3 derniers bataillons seront connus sous leur nom dans la ligne ; savoir le 3e bataillon du 50e, le 4e bataillon du 43e, et le 3e bataillon du 25e léger ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.10, lettre 24356).

Musicien du 10e Léger 1809-1810
Fig. B6 Musicien du 10e Léger, 1809-1810

Le Régiment est envoyé en Espagne en 1811.

Le 3 avril 1811, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Maréchal Berthier, Major général de l'Armée d'Espagne : "Mon cousin, on a formé à Bayonne trois bataillons de marche, un de 605 hommes, un autre de 578 et le troisième de 618 hommes.
J'ai déjà ordonné que le premier entrât avec un trésor de 4 millions en Espagne. Le deuxième y entrera quelques jours après avec un autre trésor de 4 millions. Enfin le troisième y entrera ensuite avec 4 autres millions.
À cette occasion je vous rappellerai que je vous ai demandé un état des fonds qui étaient à Bayonne, des sommes dont j'ai disposé pour les différentes armées d'Espagne et enfin un relevé des ordres que j'ai donnés pour tous ces envois d'argent.
Je désire que vous écriviez au général Caffarelli pour lui envoyer la composition de ces trois bataillons telle que votre rapport du 24 mars la présente et pour lui faire connaître mes intentions.
1° Tout ce qu'il y a dans ces trois bataillons appartenant aux 5e, 10e et 30e d'infanterie légère sera définitivement incorporé dans le 3e bataillon du 25e léger qui est en Biscaye ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 26495).

Le 24 mai 1811, l'Empereur écrit, depuis Caen, au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, à Paris : "Je vous envoie cinq états pour vous servir de direction dans un rapport que vous me ferez au 15 juin, pour donner une nouvelle organisation, au 1er juillet, aux différents corps d'observation ...
CORPS D'OBSERVATION DE RÉSERVE. — Ce corps sera créé conformément au n° 4 ...
Je n'ai pas besoin de vous dire que vous ne devez donner aucun ordre, faire aucun mouvement en conséquence de ces états, mais que vous devez vous borner à me faire un rapport général au 15 juin, époque à laquelle vous me demanderez en même temps mes ordres ...
CORPS D'OBSERVATION DE RÉSERVE.
Il sera créé un corps d'observation de réserve. Ce corps d'observation sera composé de la manière suivante :
... 3e Division, composée de seize bataillons, savoir : quatre bataillons du 10e léger, qui sont en Bretagne ; quatre du 1er de ligne, quatre du 62e, quatre du 101e. Le 10e léger se réunira à Rennes ; les 1er, 62e et 101e se réuniront à Lyon ...
Le corps d'observation de réserve est destiné à se réunir à Bayonne et à passer en Espagne. Il se mettra, à cet effet, en mouvement au 1er juillet. L'organisation définitive des divisions se fera à Bayonne. Cependant rien ne devra se mettre en mouvement que le ministre n'ait pris mes derniers ordres ; il me les demandera au 1er juin ...
" (Correspondance de Napoléon, t.22, lettre 17247 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27150).

Le 8 juin 1811, Napoléon écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, à Paris, pour former un Corps d'Observation de Réserve pour l’Espagne : "Monsieur le Duc de Feltre, le corps d’observation de réserve sera composé de la manière suivante :
... 2e Division. – 5e léger : quatre bataillons. Deux bataillons se rendront de Cherbourg à Rennes. Les deux bataillons qui sont à l’armée d’Aragon rejoindront aussitôt que faire se pourra.
3e de ligne : deux bataillons, qui se réuniront à Rennes.
105e de ligne : deux bataillons, qui se réuniront à Rennes.
10e léger : quatre bataillons. Ce régiment se réunira d’abord à Rennes ; le 4e bataillon s’y rendra lorsqu’il sera formé et habillé.
52e de ligne : deux bataillons d’élite. Ces bataillons sont à Toulon et rejoindront à Vitoria.
Les régiments auront chacun leurs deux pièces d’artillerie. Cette division, qui se réunira à Vitoria, sera commandée par le général Caffarelli ...
" (Correspondance de Napoléon, t.22, lettre 17784 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27246).

Le 11 juin 1811, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, à Paris : "... BREST ... le 4e bataillon du 10e léger, qui est à Schelestadt, partira avec 1,000 hommes, afin d'avoir quatre bataillons du 10e à Brest, chacun fort de 750 hommes. Le camp de Brest sera alors composé de dix bataillons, formant 6,000 hommes ...
P. S. J'ai ordonné que les mouvements s'opéreraient au 1er juillet ; cependant, comme il est possible qu'il manque des habits et autres effets aux conscrits, vous donnerez en conséquence l'ordre aux dépôts de faire partir au 1er juillet ce qui serait bien arme, équipé et arrive au régiment depuis vingt jours, et au 15 juillet le reste. Les généraux commandant les divisions militaires qui passeront la revue de ces dépôts vous enverront à l'avance l'état de ce qui doit partir au 1er et au 15 juillet, de sorte qu'au 1er août les camps de Boulogne, d'Utrecht, tout soit conformément à ma lettre
" (Correspondance de Napoléon, t.22, lettre 17792 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27268).

L’ARTILLERIE REGIMENTAIRE EN ESPAGNE

Napoléon écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Ministre de la Guerre, le 12 juin 1811 : "Monsieur le Duc de Feltre, je reçois votre lettre du 11 ; j'y remarque une inexactitude. Le 5e Léger a sa compagnie d’Artillerie. Je pense que le 60e l'a également, puisqu'il faisait partie de l'armée d'Allemagne, et qu'il se trouvait à la bataille de Wagram.
Je vois que vous faites fournir les pièces de régiment des l0e, 20e et 60e par la France. Ces 3 régiments et le 81e se rendent à Pampelune. Il y a là beaucoup d'artillerie et de pièces de 4 espagnoles. Il serait préférable de prendre ce matériel dans cette place. Pour le 3e de Ligne et le 105e, ne pourrait-on pas prendre leur artillerie à Burgos où il y a beaucoup de pièces de 4, pour ne pas affaiblir le matériel qui est en France ?
Même observation pour les 10e Léger, 52e, 1er, 62e, 101e de Ligne et le 23e Léger.
Ainsi donc, je désire qu'il ne soit point donné d’artillerie de France à aucun de ces régiments et que cette artillerie soit prise à Pampelune et à Burgos ; que les compagnies d’artillerie des 3e et 105e de Ligne, 10e et 5e Léger se réunissent à Rennes, qu'elles se procurent là leurs chevaux, caissons et harnais ; que les compagnies des 10e, 20e et 60e se réunissent à Nîmes, qu'elles attendent là leurs chevaux et caissons, et lorsqu'elles seront complétées, rejoignent leur division ; que les compagnies du 23e Léger, 52e, 1er de Ligne, 62e et 101e se réunissent à Nîmes y acheter leurs chevaux, harnais et caissons et partent ensuite pour rejoindre en Espagne leurs divisions. Donnez des ordres en conséquence. Les régiments peuvent aller en avant, sans attendre leur compagnie d'artillerie. Mon intention étant de faire séjourner une quinzaine de jours ces régiments dans la Biscaye et dans la Navarre, leurs compagnies d'artillerie auront le temps de les rejoindre.
Donnez ordre que l'on mette en réserve à Burgos et à Pampelune le nombre de pièces de 4 nécessaire ; cela ménagera le matériel de France. J'ai déjà d'ailleurs trop d'artillerie en Espagne.
Vous donnerez l'ordre à la compagnie d'artillerie du 23e léger de partir d'Auxonne pour se rendre au Pont-Saint-Esprit où elle s'embarquera pour Nîmes. La compagnie d'artillerie de ce régiment se procurera à Nîmes les chevaux, harnais et caissons, comme je l'ai dit plus haut. Les pièces lui seront fournies en Espagne.
Napoléon
" (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27280).

Toujours le 12 juin 1811, l'Empereur écrit également, depuis Saint-Cloud, au Général Lacuée, Ministre de l'Administration de la Guerre : "Monsieur le comte de Cessac, les 81e, 60e, 20e et 10e de ligne qui font partie du corps d'observation de réserve, ayant quatre bataillons, doivent avoir une compagnie d'artillerie et deux pièces de canon, 3 caissons, un caisson d'infanterie par bataillon et un caisson de transports militaires. J'ai donné l'ordre que les compagnies d'artillerie des 60e, 20e et 10e de ligne séjournassent à Nîmes pour réunir leurs chevaux, harnais et caissons et se mettre en état de se porter sur Pampelune qui est la destination de ces régiments. Quant au 81e, je pense que sa compagnie d'artillerie est déjà à Pampelune. Donnez-lui l'ordre d'acheter des chevaux. Si elle ne peut pas s'en procurer à Pampelune, faites-la venir à Pau où elle trouvera plus de facilités.
Les bataillons d'élite des 3e et 105e et 52e de ligne, le 10e léger et le 5e léger font partie du même corps. Les 5e et l0e légers et les 3e et 105e de ligne laisseront leurs compagnies d'artillerie à Rennes ; et celles-ci n'en partiront que lorsqu'elles auront leurs chevaux, caissons et harnais. Quant au 52e, sa compagnie d'artillerie restera à Nîmes où elle se procurera les chevaux, harnais et caissons nécessaires.
Le 5e léger doit avoir des caissons pour quatre bataillons parce que les deux bataillons que ce régiment a en Aragon le rejoindront. Le 10e léger a quatre bataillons ; les 3e de ligne, 105e et 52e n'ont que deux bataillons.
Les 1er, 62e et 101e de ligne et 23e léger qui font partie du même corps de réserve doivent avoir également leurs compagnies d'artillerie. Ces compagnies séjourneront à Nîmes jusqu'à ce que leur chevaux, harnais et caissons soient complets et en état.
Prévenir le commandant du 23e léger qui est à Auxonne et qui n'a pas encore reçu l'ordre d'en partir, et les commandants des 1er, 62e et 101e qui sont en marche de Turin pour Grenoble qu'ils doivent réunir à Nîmes les chevaux, harnais et caissons de leur compagnie d'artillerie. C'est vous qui devez faire fournir aux compagnies d'artillerie régimentaires les harnais, caissons et chevaux. Faites-moi un rapport sur cela. Je désire que les compagnies d'artillerie ne séjournent qu'une quinzaine de jours au plus dans la ville où elles se formeront, après le passage des régiments.
Nap
" (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27286).

Le 17 juin 1811, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Prince de Neuchâtel et de Wagram, Major général de l'Armée d'Espagne, à Paris : "Mon Cousin ... Écrivez au général Caffarelli pour lui faire connaître la composition de la 2e division du corps de réserve dont il aura le commandement pour la grande guerre. Cette division sera de deux brigades, savoir : 1re brigade : quatre bataillons du 5e léger, quatre bataillons d'élite des 3e et 105e de ligne ; 2e brigade : quatre bataillons du 10e léger, deux bataillons d'élite du 52e de ligne.
En attendant, il se servira des troupes qui lui arrivent pour seconder le général Reille et contribuer à la destruction de Mina et à pacifier le pays.
Il est nécessaire qu'il y ait à Vitoria 300,000 rations de biscuit.
Cette division doit avoir huit pièces d'artillerie, autant de caissons d'infanterie et de transports militaires qu'il y a de bataillons. Il y sera joint, selon les circonstances, une ou deux batteries de position. Deux généraux de brigade, de ceux qui sont dans le gouvernement du général Caffarelli, commanderont les deux brigades. Le général Caffarelli les désignera. Un adjudant commandant, quatre adjoints à l'état-major, un commissaire des guerres, un officier du génie et un d'artillerie seront attachés à cette division ...
" (Correspondance de Napoléon, t.22, lettre 17815 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27323).

Le 18 juin 1811, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, à Paris : "Monsieur le Duc de Feltre, je reçois votre rapport du 15 sur les différents corps d'observation. Je réponds d'abord à ce qui concerne le corps d'observation de la réserve.
CORPS D'OBSERVATION DE LA RÉSERVE.
... 2e Division. — Donnez ordre aux deux bataillons du 5e léger de se rendre à Bayonne et aux trois bataillons du l0e léger de se réunir à Rennes.
Il est bien nécessaire alors de pourvoir à la garnison de Brest. Les quatre compagnies des 4es bataillons, tant du 3e de ligne que du 105e, qui restent au dépôt, se compléteront chacune à 200 hommes et partiront pour Brest, où les hommes seront incorporés dans les trois premiers bataillons ; dans le cours de juillet, deux autres compagnies du 4e bataillon conduiront 500 autres soldats ; de sorte que les trois premiers bataillons recevront 1,300 hommes, ce qui les mettra à leur complet.
S'il n'y avait pas 800 hommes prêts à partir au 1er juillet, on ne ferait partir que trois compagnies ou 600 hommes.
Au 1er juillet, faites passer la revue du 4e bataillon du 10e léger, afin de connaître quand il pourra partir pour rejoindre les trois premiers bataillons ...
" (Correspondance de Napoléon, t.22, lettre 17817 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27343).

Le 18 juin 1811 encore, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Lacuée, Ministre de l'Administration de la Guerre "Monsieur le comte de Cessac, le ministre de la Guerre a dû vous envoyer l'organisation d'un corps de réserve en trois divisions, indépendamment d'une division italienne ...
La 2de division se compose de 4 bataillons du 10e léger, de 4 du 5e léger, de 2 bataillons d'élite du 3e de ligne, de 2 bataillons d'élite du 105e et de 2 bataillons du 52e. Chaque régiment doit avoir également sa compagnie d'artillerie. L'artillerie de ces régiments se formera et s'organisera à Rennes, à l'exception du 52e qui pourra s'organiser à Nîmes.
La 3e division se compose du 1er, du 62e, du 101e et du 23e d'infanterie légère.
Les 81e, 62e et 23e léger ont deux bataillons en Catalogne, mais ces bataillons doivent les rejoindre. Le 5e léger a en Aragon deux bataillons qui doivent également le joindre
" (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27347).

Napoléon écrit au Général Clarke, Ministre de la Guerre, depuis Saint-Cloud le 1er Juillet 1811 : "Monsieur le Duc de Feltre, Je croyais avoir donné l’ordre de réunir les trois bataillons du 10e Léger à Rennes. Si vous n’avez pas donné cet ordre, donnez le sans délai ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27505).

Le 5 juillet 1811, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, le 4e bataillon du 10e régiment d'infanterie légère doit se rendre à Rennes et non pas à Brest" (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27552).

Le 17 juillet 1811, l'Empereur écrit, depuis Trianon, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, donnez ordre que les compagnies d'artillerie des 3e et 105e régiments qui sont à Rennes, en partent pour se rendre à Bayonne.
Donnez ordre également que celle du 10e d'infanterie légère parte avec son régiment ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27678).

Toujours le 17 juillet 1811, l'Empereur écrit, depuis Trianon, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le Duc de Feltre, je désire que les trois premières compagnies du 4e bataillon du 10e léger, fortes de 380 hommes, au lieu de se rendre à Bordeaux, se dirigent sur le point d’intersection entre Rennes et Bordeaux où elles attendront le passage des trois premiers bataillons. Vous donnerez à ces trois 1ers bataillons un double séjour dans cet endroit et vous y ferez incorporer les conscrits du 4e bataillon. Le cadre de ce 4e bataillon retournera ensuite au dépôt de Sélestat. Par cette incorporation les 3 1ers bataillons du 10e léger se trouveront portés de 1800 à 2200 hommes.
Quant aux 3 autres compagnies du 4e bataillon, je pense qu il faut en retarder le départ jusqu’après les chaleurs. On les mettra en route en Août.
Vous ne m’avez pas rendu compte de la réunion des 3 bataillons du 10e à Rennes. Faites-moi un rapport sur la revue qui a dû en être passée, et donnez ordre que ces 3 bataillons partent de Rennes pour se rendre à Bayonne
" (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27684).

Enfin, le 21 juillet 1811, l'Empereur écrit, depuis Trianon, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : : "Monsieur le duc de Feltre, je réponds à votre lettre du 21. Puisque les 3 compagnies du l0e léger sont parties le 15, il faut leur laisser continuer leur route sur Bordeaux. Avez-vous fait débarquer tous les détachements du 10e léger qui étaient embarqués ? On m'assure qu'il en reste encore dans la 13e division militaire.
Les compagnies de grenadiers et voltigeurs du 4e bataillon garderont leurs soldats. Je suppose que ce sont d'anciens grenadiers et voltigeurs. Ces compagnies avec les cadres des compagnies de fusiliers du 4e bataillon resteront à Bayonne. Les hommes disponibles, hormis les anciens grenadiers et voltigeurs, seront incorporés dans les trois premiers bataillons qui, par ce moyen, seront portés à 800 hommes. 600 conscrits de la réserve seront donnés au 4e bataillon à Bayonne, de sorte que ce 4e bataillon sera en état de joindre les 3 premiers bataillons à la fin de septembre
" (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27740).

1811 : le nouveau colonel Joseph Eurixene Luneau

Né à la Martinique en 1773. Entre au service dans les Volontaires de la Martinique en 1790. Sergent, fait prisonnier de guerre face aux Anglais en 1794. Rapatrié en France sert dans le Bataillon des Antilles qui repart en Guadeloupe en 1794. Capitaine adjudant major au 2ème Bataillon de Volontaires de Sainte-Lucie en mai 1795. De nouveau prisonnier des Anglais en 1796.
Incorporé dans la 6e Demi-brigade Légère en septembre 1798.
Sert à l’Armée de l’Ouest puis à l’Armée de Réserve en 1800 ; Blessé à Marengo.
Admis aux Grenadiers à pied de la Garde des Consuls en 1804.
Fait les campagnes avec la Garde 1805, 1806, 1807, 1808, 1809. Devient Chef de Bataillon au 1er Conscrits Grenadiers de la Garde en avril 1809. Major du 75e de Ligne en novembre 1809.
Colonel en second puis Colonel en 1er du 10e Léger le 7 septembre 1811.
Sert en Espagne et est blessé au combat de Manara le 15 octobre 1812. Sera de nouveau blessé durant la campagne de France à Bar sur Aube en 1814. Il sera maintenu à son commandement sous la Première Restauration.

Napoléon écrit à Berthier, le 12 août 1811 : "Mon cousin, ... vous donnerz ordre au 10e d'infanterie légère de rester à Bayonne jusqu au 1er septembre; il recevra le 2, les soldats du 4e bataillon, après quoi il partira rejoindre la division du général Caffarelli. Les cadres du 4e bataillon resteront à Bayonne ...".

Le 16 août 1811, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke : "Monsieur le duc de Feltre ...vous donnerez ordre au cadre du 4e bataillon du 10e léger de se rendre à l'île de Ré, où il prendra 1.200 conscrits ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 28183).

Le 26 août 1811, l'Empereur écrit, depuis Trianon, au Général Clarke : "Monsieur le duc de Feltre, je reçois votre lettre du 25. Les 596 hommes que la réserve envoie à Bayonne pour le 10e régiment d'infanterie légère seront distribués entre les bataillons qui sont à Bayonne, qui ont le plus besoin d'hommes. Faites-moi un travail qui me fasse connaître la situation de ces bataillons, ce qu'ils reçoivent de leurs dépôts, ce qu'ils reçoivent de la réserve et ce qu'il faut pour les compléter. On prendrait ce qui leur manquerait dans ces 596 hommes.
Je vois par la distribution de la réserve que 114 hommes sont envoyés à Bayonne pour le 26e léger ; ce doit être une erreur. Le 26e léger n'est ni à Bayonne ni en Espagne. Le 4e bataillon du 26e, qui se rend à l'île de Ré, prendra les 1.200 hommes destinés au 10e léger, sans prendre aucun homme de la 11e division militaire. Il les gardera le temps nécessaire pour les former et les mettre en état ...
" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 4, lettre 6076 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 28382).

Le 31 août 1811, l'Empereur écrit, depuis Compiègne, au Général Clarke : "Monsieur le duc de Feltre, je désire que vous me fassiez connaître combien il y a eu de déserteurs dans les deux portions du 4e bataillon du 10e d'infanterie légère, se rendant à Bayonne, et, en général, combien il y a eu de déserteurs dans tous les 4es bataillons qui ont rejoint au Havre, à Paris, en Hollande, ainsi que dans ceux qui ont rejoint en Bretagne" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 4, lettre 6104 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 28455).

Le 10e Léger se place donc dans l’Armée du Nord de l’Espagne (Général Dorsenne, Division Caffarelli) à partir de septembre 1811.

Le Régiment reste avec Caffarelli lorsque celui-ci, en 1812, prend le commandement général de cette armée, chargée de garder les communications avec la France et de lutter contre des guérillas de plus en plus structurées.

De mars à juillet 1812, le Régiment stationne autour de Pampelune en Navarre.

Le 12 août 1811, l'Empereur écrit, depuis Rambouillet, au Maréchal Berthier, Major général de l'Armée d'Espagne : "Mon Cousin, vous donnerez ordre que le 10e régiment d'infanterie légère reste à Bayonne jusqu'au 1er septembre. Il renverra le 2 les soldats du 4e bataillon, après quoi il partira le 4 pour rejoindre la division du général Caffarelli. Le cadre du 4e bataillon restera à Bayonne ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 28129 - Note : Bien que le destinataire indiqué soit bien Clarke, son contenu laisse penser que cette lettre est plutôt destinée à Berthier, Major général de l’Armée d’Espagne; c’est la position de Picard et Tuetey).

Le 21 et 22 Août, il participe au combat de Carascal, où le Général Abbé repousse les guérilleros de Milan.

Le 23 août 1811, l'Empereur écri, depuis Saint-Cloud, au Marchal Berthier : "Mon Cousin, mandez au général Monthion de vous faire connaître la situation du 101e, qui se trouve dans la vallée de Bastan et celle du 10e d'infanterie légère quand il arrivera, ainsi que de son 4e bataillon" (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 28319).

En Octobre 1812, le Régiment n’a plus que 2 Bataillons dans la péninsule ibérique, à la Division Abbé.

1812, LA CAMPAGNE DE RUSSIE DU 4E BATAILLON

Carabinier, Chasseur et Voltigeur du 10e Léger, 1810-1812
Fig. C1, Fig. C2 et Fig. C3 Carabinier, Chasseur et Voltigeur du 10e Léger, 1810-1812

Appelé en France, le 4e Bataillon est mobilisé pour la future campagne de Russie.

Le 11 janvier 1812, Napoléon écrit au Duc de Feltre (Clarke) : "Monsieur le duc de Feltre ... Laissez le général Rivaud maitre de fixer le départ du 4e bataillon de Walcheren et du 4e bataillon du 10e d’infanterie légère. J'approuve surtout l'idée de faire faire des exemples sur les déserteurs avant que ces deux bataillons se mettent en route ...".

Napoléon écrit à Clarke, le 16 janvier 1812 : "Le 4e bataillon du 10e Léger et le 4e bataillon du régiment de Walcheren se tiendront prêts à partir, l’un et l’autre le 10 février. Ils se dirigeront vers Paris …".

Le 23 février 1812, au même : "Monsieur le duc de Feltre ... La 12e division d’infanterie de la Grande Armée sera composée de la manière suivante
29e léger 4 bataillons, 10e Léger 1 bataillon (le 4eme) …
Le 4e bataillon de Walcheren et le 4e bataillon du 10e Léger, à leur arrivée de l’ile d’Aix à Versailles seront passés en revue par vous puis continueront leur route sur Wesel …
".

Le 3 mars 1812, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Duc de Feltre : "Je réponds à votre lettre du 3 ... Le 4e bataillon du 10e léger se rendra à Anvers après que vous en aurez fait passer la revue et que vous m'aurez fait connaître sa situation. Ce bataillon fera partie de la 12e division. Le général Partouneaux en passera la revue le 10. Je le verrai le 12, si je le puis, et le 13 il partira pour Mayence. Ainsi, la 12e division se trouvera avoir cinq bons bataillons d'infanterie légère qui formeront une très belle brigade ..." (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1911, t.2, lettre 1892).

Le 12 mars 1812, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Duc de Feltre : "Je désire voir, avant son départ, le 4e bataillon du 10e régiment d'infanterie légère. D'ailleurs ce bataillon aura besoin de rester à Paris pour se reposer et recevoir les effets d'habillement qui lui manquent. Donnez donc ordre que ce bataillon soit caserne à Paris. Lorsque les détachements destinés à compléter le 29e léger seront arrivés et que l’incorporation aura eu lieu, je verrai ce régiment avec le bataillon du 10e léger, qui formeront cinq beaux bataillons ou plus de 5.000 hommes" (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1911, t.2, lettre 1906).

Le 20 avril 1812, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Duc de Feltre : "Le 4e bataillon de Walcheren étant habillé de l’uniforme de l’infanterie légère, ce bataillon pourrait former un régiment avec le bataillon de Belle-Isle et être sous les ordres du major du régiment de Belle-Isle qui m'a paru être un homme capable. Ce régiment serait dirigé sur Berlin par Mayence. A Berlin on pourrait y joindre le 4e bataillon du 10e léger, si cela était jugé convenable. Au reste, la disposition de placer le 4e bataillon de Walcheren avec les deux bataillons du 11e est aujourd'hui inutile" (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1911, t.2, lettre 1958).

On retrouve le Bataillon au 9e Corps du Maréchal Victor, 12e Division Partouneaux (avec le 29e Léger), sous les ordres du Chef de Bataillon Florquin.

Début juin, la Division est autour de Stettin, tandis que Victor s'établit à Berlin.

Le Niémen est franchi à la fin juin par Napoléon qui avance vers l'Est.

Victor porte ses positions le 4 août à Marienbourg sur la Vistule. C'est le 9 août qu'il arrive à Tilsit sur le Niémen, alors que Napoléon est déjà Vitebsk.

C'est sur 4 colonnes que le 9e Corps marche sur Kovno où il arrive le 3 septembre. Puis Vilna. Il continue sa progression sur Minsk. Le 17, il passe la Berezina à Borisov, ne se doutant pas de la tragédie du retour, et arrive dans Smolensk, dévastée lors de la bataille du 18 août. Il stationne dans la région, tandis que Napoléon, qui est entré dans Moscou, décide d'en repartir le 19 octobre.

En collaboration avec le Corps d'Oudinot et celui de Gouvion St Cyr, Victor doit s'opposer à l'armée de Finlande du Général Wittgenstein sur la Dvina. La deuxième bataille de Polotsk est un échec pour les Français qui doivent reculer. Les quatre Corps de Gouvion, Victor, Mac Donald et Oudinot forment l'ultime réserve de la Grande Armée qui se dissout depuis le départ de Moscou.

Victor quitte Smolensk et fait sa jonction avec le 2e Corps sous le commandement provisoire de Gouvion (Oudinot ayant été blessé) à Smoliany sur l'Oula le 30 Octobre. Attaqué par les Russes de Wittgenstein, il doit se replier. Du 11 au 15 novembre ont lieu des combats intenses aux alentours de Smoliany et Loukolm pour repousser les Russes. Le Chef de Bataillon Florquin est blessé le 13 novembre.

Le 9e Corps se retrouve à devoir couvrir le passage des débris de l'armée de Moscou sur la Bérézina. Le 22, Victor apprend que les ponts de Borisov sont tombés aux mains des Russes. Le 2e Corps doit s'en réemparer le 23, mais les Russes incendient les ponts et leurs corps d'armée se réunissent peu à peu, encerclant les Français. Il faut sortir de la nasse.

Victor, le 26, reçoit l'ordre de tenir Studianka où l'on a découvert un gué et où les pontonniers d'Eblé construisent des chevalets. Les premières unités passent sur l'autre rive. Tandis que la 12e Division Partouneaux reste isolée devant Borisov pour retarder la jonction des Russes. Sur leurs talons, ils approchent.

Alors que l'armée passe à Studianka entre le 26 et 28 novembre, le 9ème Corps protège la rive gauche et attend d'être rejoint par la Division Partouneaux (12e). Celle-ci, le 27, face à des forces dix fois supérieures et réduite à 400 hommes, est obligée de se rendre. Le 4e Bataillon du 10e Léger est éliminé avec de très nombreuses pertes pour ses Officiers.

1813, SUR DEUX FRONTS

Fifre de Chasseurs du 10e Léger, 1810-1812
Fig. C4 Fifre de Chasseurs du 10e Léger, 1810-1812

Tandis que les deux premiers Bataillons restent en Espagne, le 3e Bataillon part pour l’Allemagne, le 4e Bataillon est reconstitué, le 5e Bataillon forme le Dépôt et un 6e Bataillon est levé.

Napoléon écrit à Clarke le 5 février : "Pour la garde de l’intérieur voici de quelle manière ce travail doit être fait ... Frontière du Rhin et de l’Océan ... formation de bataillons de garnison formés des 5emes bataillons et qui tiendront garnison dans nos places fortes ... et de demi brigades provisoires. Ces demi-brigades seront d’abord au nombre de 24 ...
La 3e demi-brigade sera formée des 4e bataillons des 10e Léger, 11e Léger et du 4e bataillon du 21e Léger qui vient d’Espagne ..." (voir 21e Léger sur le site).

Cette Demi-brigade est ensuite dirigée sur Wesel.

a) EN ESPAGNE

Au début 1813, on retrouve à l’Armée du Nord de Cafarelli, les deux premiers Bataillons du 10e Léger, à la Division Abbé, avec la Compagnie d’artillerie régimentaire (et aussi deux Bataillons du 5e Léger). Le 28 janvier, dans un combat près de Pampelune, les Capitaines Taquet, Cussac et Villedieu sont blessés.

Le régiment est toujours en Navarre et va se battre à Roncal puis sur la frontière, à la Croix des Bouquets, le 7 octobre 1813, lorsque les forces françaises auront évacué l’Espagne après le désastre de Vittoria. Le Capitaine Cussac y sera de nouveau blessé.

b) 1813, EN ALLEMAGNE

En mai 1813, le Régiment est en ligne à Lutzen dans le 3e Corps de Ney. Le Chef de Bataillon Perrot y est tué.

En août, on le retrouve (3e Bataillon) à Kulm (les 29 et 30) et Buntzlau le 31 août, tandis que le 4e Bataillon a défendu Dresde dans la 42e Division d’Infanterie du 13e Corps de Gouvion St Cyr.

Il est ensuite à Naumberg en Saxe le 10 octobre.

Le 17 Octobre, le 4e Bataillon participe à la deuxième bataille de Dresde.

En octobre 1813 à Leipzig, le 3e Bataillon est au 9e Corps d’Augereau, 51e Division, 34e Demi-brigade provisoire.

Après la bataille de Leipzig, les restes du Régiment se replient sur le Rhin à Mayence, en passant à travers les Bavarois à Hanau le 30 octobre. Le 3e Bataillon est à la Division Semellé, rattachée au 4e Corps du Général Bertrand.

Le 28 novembre 1813, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la guerre, à Paris : "Monsieur le Duc de Feltre, le 4e bataillon du 10e léger, le 3e du 21e idem, le 3e du 25e idem, le ler du 29e idem, le 4e du 32e de ligne, le 3e du 39e, le 3e du 54e, le 3e du 63e, le 3e du 95e, le 3e du 96e et le 3e du 103e, ce qui fait onze bataillons, se rendront, aussitôt après leur arrivée, à Mayence, et rejoindront les bataillons de leurs régiments qui se trouvent au 4e Corps; ce qui augmentera ce corps de onze bataillons ...".

Il vont s'enfermer avec la Division dans Mayence.

Le 21 décembre 1813, l'Empereur écrit, depuis Paris, à propos des troupes qui vont former la garnison de Mayence : "ORDRES.
Le 4e corps d’armée, commandé par le général Morand, restera composé de quatre divisions, ainsi qu’il suit :
... 32e division, général Durutte : 10e léger, deux bataillons (ce sont les 3e et 4e); 17e, deux; 36e, deux; 66e de ligne, deux; 103e un; 131e deux; 132e, deux; total, treize bataillons.
... En conséquence, les deux bataillons du 10e léger et les deux bataillons du 17e léger feront désormais partie de la 32e division, au lieu de la 51e
".

Le 10e Léger le 9 juillet 1815
Le 10e Léger le 9 juillet 1815

1814, LA CAMPAGNE DE FRANCE

Musicien du 10e Léger, 1810-1812
Fig. C5 Musicien du 10e Léger, 1810-1812

Au début de 1814, les positions du Régiment sont les suivantes : 1er et 2e Bataillon (avec le Colonel) à l’Armée des Pyrénées de Soult, 3e Bataillon en reformation à Scheldstadt, 4e Bataillon bloqué dans Mayence, 5e Bataillon Dépôt à Scheldstadt, 6e Bataillon en formation à Bordeaux.

Napoléon, manquant de troupes, enlève deux Divisions à Soult, dont le 10e Léger, et 4 Bataillons de Bordeaux (dont le 6e Bat du 10e Léger).

Il écrit à Berthier, de Troyes, le 5 février 1814 : "Vous donnerez les ordres suivants : le bataillon du 10e Léger (le 6e) arrivera le 6 à Fontainebleau et par conséquent le 8 ou le 9 à Nogent. Il fera partie de la 7e division (Leval) où il sera réuni à son régiment. Ce qui portera cette division à 11 bataillons ...".

Pendant ce temps, au sein du 10e Régiment provisoire, le 3e Bataillon du 10e Léger (17 off, 349 hommes) à la Division Semelle, aile gauche sous Mac Donald.

La Division Leval est rattachée au 7e Corps sous Oudinot.

On verra les éléments du 10e Léger se battre Vauchamps, Bar-sur-Aube (le Chef de Bataillon Pavy sera tué et le Colonel Luneau blessé) et Arcis-sur-Aube avec la Division Leval.

Même le Dépôt participera à la défense de Schelestadt en mars. Le Lieutenant Broyard y sera blessé.

L’Empereur part en exil sur l’ile d’Elbe et le Régiment prête serment au nouveau pouvoir royal.

PREMIERE RESTAURATION ET CENT JOURS

Au retour du régime royal, l’Armée est réduite. D’abord parce qu’un grand nombre des derniers conscrits rentrent chez eux spontanément. La conscription va d’ailleurs être abolie. Ensuite, l’armée n’est pas considérée, à juste titre comme favorable au nouveau régime.

L’infanterie légère ne compte plus que 15 Régiments à trois Bataillons.

Le 10e Léger, ainsi que son Colonel, sont maintenus, et pour combler ses effectifs, l’unité reçoit des éléments des Régiments dissouts. La vie devient celle assez monotone de garnison, ponctuée par des prises d’armes et défilés où l’on essaye de stimuler le zèle pour le gouvernement.

Le débarquement de l’Empereur change brutalement la donne. Napoléon récupérant avec rapidité son trône, l’armée se rallie à son ancien chef.

Napoléon, conscient que l’Europe va mobiliser toutes ses forces pour l’abattre, tente de recréer un instrument militaire capable de s’y opposer. Les Régiments sont reportés théoriquement à 5 Bataillons.

Le Colonel du 10e Léger est changé. Charles François Cresté, qui a servi durant la Révolution et l’Empire, finissant en 1813 Colonel du 25e Léger (voir historique du 25e Léger sur le site) reprend en main l’unité.

Napoléon se constitue une force de bataille principale qui va s’enfoncer en Belgique, et des armées secondaires, mêlant Gardes Nationaux et quelques troupes de Ligne pour garder les frontières.

Il confie la défense de l’Alsace à un natif de la région : le Général Rapp. Il dispose de trois petites Divisions d’infanterie et une de cavalerie. Mais les effectifs sont très faibles.

Le 10e Léger se retrouve à l’Armée du Rhin, 16e Division d’infanterie, Brigade Beurmann, avec le 32e de Ligne.

Ayant appris la victoire de Ligny le 19 juin, Rapp se porte en avant. Face à lui, des forces coalisées bien plus nombreuses : l’Armée du Haut-Rhin de Schwartzemberg, mêlant Autrichiens, Wurtembergeois, Bavarois et Saxons.

Mais, le 21, Rapp connait le désastre de Waterloo. Comprenant que la situation est grave, il raisonne en Alsacien et va tenter de conserver la région à la France en s'y retranchant.

La désertion commence à gagner les rangs. Il décide donc de se replier autour de Strasbourg, poursuivi par les Coalisés. Il va s’accrocher au terrain et lancer des contre offensives pour arrêter leur poussée. Dès le 25 juin ont lieu des combats à Seltz et Surbourg.

Le 28 juin, le 10e Léger se bat vaillamment à Lampertheim et Souffelweyersheim. Le Chef de Bataillon Arnoux est tué et de nombreux Officiers sont blessés.

Puis l’armée se replie sous les murs de Strasbourg. Les forces coalisées ne cessent de se renforcer. Rapp refuse de se rendre et lance de petites reconnaissances pour desserer l’étau du blocus.

Le 9 juillet, il lance une reconnaissance plus importante sur la route de Saverne. Le 10e Léger en fait partie et enlève des villages à la baïonnette. Rapp pourra écrire : "le 10e d’infanterie légère commandé par le brave colonel Cretté, déploya à cette affaire la même valeur qu’à la bataille du 28". Le Capitaine Morel est tué, et les Capitaines Rio et Demons sont blessés.

Rapp ne signera une suspension d’armes que le 22 juillet.

L’armée des Cent Jours allait être totalement dissoute par le roi Louis XVIII, revenu une nouvelle fois "dans les fourgons de l’Etranger".

LES TENUES DU 10E LEGER

Tambour de Carabiniers du 10e Léger, 1810-1812
Fig. C6 Tambour de Carabiniers du 10e Léger, 1810-1812

On pourra déterminer quatre grandes périodes pour les tenues portées au 10e Léger sous l’Empire par l’iconographie d’époque ou par les collections alsaciennes post Empire. Ce que nous pourrons compléter par quelques pièces d’uniformes subsistantes.

A/ Période 1806-1808

Les parements sont en pointe. La plaque du shako des Chasseurs est losangique de métal blanc.

Fig. A1 Les Officiers de Chasseurs (d’après le manuscrit de Zimmermann) portent le chapeau noir soutaché d’argent, épaulettes selon le grade et boutons argentés, basques longues. L’Habit classique bleu passepoilé de blanc avec les revers et parements en pointe, collet écarlate. Gilet bleu ou blanc, culotte bleue entrant dans des bottes gansées d’argent.

Fig. A2 Les Chasseurs, 1807-1808. Le shako (un exemplaire conservé dans une collection privée) est porté à partir de 1806, renforcé de chevrons en cuir des deux cotés. La plaque est losangique, de métal blanc, ornée d’un cor de chasse et du chiffre 10 ; Cordon et raquettes blancs. Le pompon est blanc à base bleu et son sommet surmonté d’une houppette rouge. Habit classique d’infanterie légère : de fond bleu, revers en pointe passepoilés de blanc et basques courtes. Collet rouge passepoilé de bleu. Parements en pointe bleu passepoilées de blanc. Deux épaulettes vertes à tournantes écarlates. Gilet blanc. Le sabre briquet est normalement enlevé aux simples Chasseurs en 1807, mais souvent conservé.

Les Carabiniers en 1807-1808 portent alors le bonnet d’oursin noir, sans plaque, à plumet et agréments écarlates. Deux épaulettes, grenades sur les retroussis et la dragonne du sabre briquet écarlates. Sinon même tenue que les Chasseurs.

Fig A3Voltigeur en 1807-1808, d'après H. Knoetel. Les voltigeurs portent le colback noir à flamme jaune. Plumet rouge à sommet jaune, cordon et raquettes blancs. Habit d’infanterie légère à collet jaune chamois passepoilé de rouge . Epaulettes à corps jaune, franges vertes et tournantes rouges. Parements en pointe écarlates passepoilées de blanc. Gilet blanc, culotte bleu entrant dans des demi-guêtres noires à passepoil et glands jaunes. Sabre briquet à dragonne jaune.

Fig A4 Les Sapeurs (d’après le manuscrit dit d’Otto de Bade). Colback noir, à flamme écarlate passepoil et glands blancs. Habit d’infanterie légère avec collet rouge passepoilé de bleu. Epaulettes rouges ornées sur le corps de grenades blanches et avec tournante rouge bordée de deux passepoils blancs. Le haut des manches est orné de deux haches rouges croisées. Parements en pointe masqués par gants à crispin blancs. Tablier de buffle blanchi, hache, mousqueton. Culotte bleue, demi guêtres noires à passepoils et glands écarlates. Buffleterie blanche. Grenade cuivre sur la banderole porte sabre. Sabre de Sapeur à tête de coq.

Fig A5 Les Tambours de Chasseurs (d’après les Collections alsaciennes). Le shako, renforcé de chevrons en cuir des deux côtés. La plaque est losangique de métal blanc, ornée d’un cor de chasse et du chiffre 10. Cordon et raquettes blancs. Le pompon est vert. Habit classique d’infanterie légère. Collet rouge passepoilé de bleu. Parements en pointe bleu passepoilés de blanc. Un galon blanc borde le collet, les revers et les parements, forme des fausses boutonnières sur les revers et 7 chevrons sur chaque manche. Deux épaulettes vertes à tournantes écarlates. Gilet bleu. Culotte bleue. Buffleterie blanche.

B/ Période 1809-1810 (d’après les collections alsaciennes).

Sur l’uniforme classique d’infanterie légère de fond bleu foncé passepoilé de blanc, les parements du Régiment sont toujours en pointe. Tout le monde porte désormais le shako avec des cordons et raquettes blancs (sauf les Sapeurs), et les plaques de shako sont à l’Aigle avec soubassement. Les Compagnies d’élite et les Sapeurs adoptent des écailles métalliques sur le corps de leurs épaulettes. Les Musiciens régimentaires et de Compagnies ont une tenue bleu foncé.

Fig B1 Pour les Voltigeurs : on notera le collet chamois passepoilé de blanc, les cors de chasse chamois sur les retroussis, le plumet vert à sommet chamois, les épaulettes à corps recouvert d’écailles métalliques, franges vertes et tournantes chamois.

Fig B2 Les Carabiniers remplacent tout ce qui est vert ou chamois chez les Voltigeurs par l’écarlate.et arborent des grenades écarlates aux retroussis.

Fig B3 Les Chasseurs ont des épaulettes simples vertes à tournantes écarlates et des cors de chasse blancs aux retroussis.

Fig B4 Les Tambours de Chasseurs sur l’uniforme précédent ont des chevrons blancs et rouges sur les manches, un galonnage blanc ailleurs. L’équipement est classique avec cuissard de peau, caisse et baguettes.

Fig B5 Les Sapeurs ont toujours le colback noir à flamme et plumet écarlate. Collet rouge passepoilé de blanc. Les épaulettes écarlates ont des écailles métalliques sur le corps. Le haut des manches est orné de haches croisées surmontées d’une grenade en blanc. Une giberne ventrale ornée de deux haches croisées est portée.

Tambour major du 10e Léger, 1812-1814
Fig. D1 Tambour major du 10e Léger, 1812-1814

Fig B6 Les Musiciens régimentaires portent l’habit bleu foncé d’infanterie légère classique mais à basques longues, galonné d’argent au collet, revers parements en pointe. Des trèfles argent ornent le devant de la culotte. Shako noir à plumet blanc, cordon et raquettes argentés. Deux trèfles argent sur les épaules. Petite épée portée à une banderole blanche.

C/ Période 1810-1812

Fig C1, C2 et C3 Carabinier, Chasseur, et Voltigeur. Par rapport à la période précédente : les parements deviennent carrés avec pattes de parements écarlates. Les Compagnies d’élite ont toujours les épaulettes à écailles métalliques. Les cordons et raquettes reprennent des couleurs selon les spécialités. Les plaques sont à l'Aigle avec soubassement.

Fig C4, C5 et C6 Les Musiciens régimentaires et de Compagnies (Tambours et Fifres) ont une tenue bleu céleste, galonnée d’argent pour les Musiciens régimentaires, et avec chevrons rouges et blancs pour les Tambours.

D/ Période 1813-1814 et 1815.

Les tenues prennent la coupe du nouveau règlement Bardin à partir de 1813. Les plaques de shako disparaissent. Les Musiciens régimentaires ont une tenue verte. Les Fifres et le Tambour major portent une tenue bleu céleste distinguée de jaune. Le Sapeur prend aussi la distinctive jaune sur ses revers. Pendant la première Restauration, de petits détails changent, en particulier les ornements de retroussis.

Fig D1 Le Tambour major porte le colback de fourrure noir à flamme jaune galonnée d’argent et le plumet jaune à sommet bleu céleste. La tenue à la coupe de 1812 est de fond bleu céleste, collet, parements, revers et retroussis jaune galonnée d’argent. Deux trèfles argent sur les épaules. La culotte bleu céleste est ornée de trèfles argent sur les cuisses. Bottes noires à galons et glands argent.

Fig D2 Les Fifres de Chasseurs portent une tenue bleu céleste, à collet, parements, revers et retroussis jaunes, galonnées de blanc et rouge. Les épaules sont ornées de "nids d'hirondelles" jaunes avec le galon blanc et rouge. Ils sont armés d’un sabre briquet.

Fig D3 Les Tambours de Chasseurs, d’après les collections alsaciennes, portent une tenue de fond bleu foncé ; sans revers, fermant sur le devant. Le colle et les parements sont jaune de même que des nids d’hirondelles sur les épaules. Un galon blanc et rouge borde le collet et les nids d’hirondelles et forme des fausses boutonnières sur le devant et des chevrons sur les manches. La question est pourquoi les Tambours sont en bleu foncé et les Fifres en bleu céleste ? Peut être qu’il s’agit en fait des tenues des Tambours de la première Restauration qui avaient des uniformes réglementaires de cette couleur de fond.

Fig D4 Les Musiciens régimentaires portent la tenue de fond vert du règlement Bardin pour ceux de l’infanterie légère. Schako noir sans plaque avec plumet blanc.

Fig D5 Les Sapeurs continuent à arborer le colback noir avec plumet et flamme écarlate. L’habit est de fond bleu foncé. Le collet, les revers carrés, les parements et les retroussis sont jaunes passepoilés d'écarlate. Les épaulettes écarlates ont leur corps recouverts d’écailles cuivre. Des haches croisées jaunes surmontées d’une grenade ornent le haut des manches. Culotte bleu et demi-guêtres noires. Le reste de l’équipement est classique pour les Sapeurs (tablier, hache, mousqueton), avec un sabre à tête de coq.

Fig D6 La troupe porte la nouvelle tenue Bardin, de fond bleu foncé à revers entièrement fermés, passepoilée de blanc. Les shakos sans plaques se distinguent par un galonnage écarlate pour les Carabiniers et jaune pour les Voltigeurs, sans galon pour les Chasseurs. Plumet et épaulettes écarlates pour les Carabiniers, jaunes pour les Voltigeurs. Equipement classique d’infanterie légère. Les Compagnies d’élite gardent leur sabre briquet, à la différence des Chasseurs.

AIGLES ET DRAPEAUX

Fifre de Chasseurs du 10e Léger, 1812-1814
Fig. D2 Fifre de Chasseurs du 10e Léger, 1812-1814

En 1804, le Régiment reçoit trois Aigles et drapeaux modèle Picot.

A Eylau en 1807, les Russes s’emparent de l’Aigle du 1er Bataillon. Mais le fait est discuté bien que le Régiment n’ait plus que deux Aigles en service en 1811. D’ailleurs, Aigles qui ne doivent pas être emportés en campagne depuis mars 1807. En effet, le 26 mars 1807, à Osterode, est établi par l'Empereur l'ordre suivant : "Sa Majesté ordonne que les régiments d'infanterie légère n'auront pas d'Aigles à l'armée, et que les Aigles de ces régiments seront envoyées aux dépôts, cette arme ne devant pas avoir d'aigle devant l'ennemi" (Correspondance de Napoléon, t.14, lettre 12183).

Le 8 avril 1809, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Maréchal Berthier, Major général de l'Armée d'Allemagne : "... j'approuve que tous les corps renverront leurs aigles en France hormis une qu'ils garderont. En attendant qu'ils aient des enseignes, vous les autoriserez à faire faire pour chaque bataillon des enseignes très-simples, sans devise et le tiers de celles qu'ils avaient autrefois. Ces enseignes sont pour leur servir de ralliement ; elles n'auront aucune décoration de bronze, elles porteront seulement le numéro du régiment et du bataillon. Quant au corps du général Oudinot, il faut que chaque bataillon fasse faire un petit drapeau d'un simple morceau de serge tricolore, portant d'un côté le numéro de la demi-brigade et de l'autre le numéro du bataillon, comme, par exemple, 4e bataillon du 6e d'infanterie légère d'un coté, et de l'autre 1re demi-brigade légère, etc. Il faut faire pour cela très-peu de dépense. J'en ferai faire de très-belles, que je donnerai moi-même aussitôt que possible" (Correspondance de Napoléon, t.18, lettre 15030 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20750).

En 1812, un nouveau drapeau est donné au régiment portant ULM AUSTERLITZ IENA EYLAU ECKMUHL ESSLING WAGRAM, mais il reste au dépôt de Schlestadt, les bataillons de guerre étant en Espagne.

Un nouveau drapeau royal fut donné au Régiment le 25 septembre 1814 à Strasbourg. On peut lire dans la presse : "Hier dimanche 25, la bénédiction des nouveaux drapeaux données par le Roi au 18e et 53e de Ligne et au 10e d’infanterie légère a eu lieu hors de la ville à la Roberstau avec une grande solennité.
A midi, son excellence M. le maréchal Duc de Valmy, gouverneur, accompagné de M. le lieutenant général Desbureaux, commandant la division, de l’Etat-major du gouvernement, de M. le préfet et de M. le maire, a remis au nom de S. M. le drapeau de chaque régiment à son colonel.

Après la messe militaire, M. l’abbé Müller, chanoine de la cathédrale, faisant fonction d’aumônier a béni les drapeaux ...".

Le drapeau régimentaire est porté au 1er Bataillon, par un Officier, les autres Bataillons ayant des fanions.

Tambour de Chasseurs du 10e Léger, 1812-1814
Fig. D3 Tambour de Chasseurs du 10e Léger, 1812-1814

Le drapeau est blanc, 150 sur 150 cms, sur les bords un feston avec fleurs de lys et rosaces alternées en doré. Dans chaque angle, un carré avec le numéro du Régiment. Franges or sur les bords, cravate de taffetas blanc avec broderie de palmettes et fleurs de lys et franges or. Cordon et glands dorés. Hampe de 2,50m surmontée d'une pique dorée, ornée d'une fleur de lys découpée.

A l'avers : au centre, en or bordé de noir, l'inscription : LE ROI/ AU 10 ème/ REGIMENT/ D'INFANTERIE/ LEGERE.

L'inscription centrale est encadrée à droite par deux branches de chêne, à gauche par deux branches de lauriers, les branches liées par un ruban rouge où pendent les croix de Saint-Louis et de la Légion d'Honneur.

Au revers : les armes de France couronnées entourées par les colliers des ordres du Saint-Esprit et de Saint-Michel, avec sceptre et main de justice, encadré par une branche de chêne et de laurier liées par un ruban rouge.

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Musicien du 10e Léger, 1812-1814
Fig. D4 Musicien du 10e Léger, 1812-1814
Sapeur du 10e Léger, 1812-1814
Fig. D5 Sapeur du 10e Léger, 1812-1814
Voltigeur, Carabinier et Chasseur du 10e Léger, 1812-1814
Fig. D6 Voltigeur, Carabinier et Chasseur du 10e Léger, 1812-1814
Officiers du 10e Léger, 1812-1814
Fig. D7 Officiers du 10e Léger, 1812-1814