Le 56e Régiment d'Infanterie de Ligne

1800-1815

Avertissement et remerciements : En Mémoire de notre ami Didier Davin (†), qui nous avait adressé cet article, afin d'enrichir encore un peu plus le site, juste avant son décès. Nous le complèterons au fur et à mesure de nos découvertes ultérieures.

En 1796, la 56e Demi-brigade d'Infanterie de Ligne est formée par amalgame des 75e Demi-brigade de bataille et 208e Demi-brigade de bataille. Le premier Chef de Brigade est François Felix Vignes.

/ 1800-1803

Après s’être signalée en Italie en 1798-1799, la 56e Demi-brigade de Ligne (2 Bataillons) sous les ordres des Chef de Brigade Morel puis Vignes puis Boutroué (à la mort de son prédécesseur en mars 1799) , est envoyée en mai 1800, à l’Armée de l’Ouest du Général Brune puis Bernadotte, contre les Chouans encore rebelles.

En juillet, des soldats de la 56e capturent des chaloupes anglaises échouées sur des haut-fonds devant l’ile de Noirmoutier.

/ 1803-1805

Le 1er Vendémiaire an 12 (1803), le désormais Régiment (le nom de Demi-brigade disparait et le Chef de Brigade devient Colonel) passe à 4 Bataillons en incorporant deux Bataillons de la 68e Demi-brigade. Un Major vient compléter les effectifs d’encadrement.

Le Chef de Corps devenu Colonel est Boutroue.

Le Régiment est désigné pour faire partie des Grenadiers de la Réserve d’Arras et doit former un Bataillon d’élite tandis que son Colonel prend le commandement du 2e Régiment des Grenadiers de la Réserve.

Cette formation, regroupée en Demi-brigades de deux Bataillons d’Elite, doit participer aux futures opérations contre l’Angleterre. Boutroue va même prendre un temps la tête de la 1ère Demi-brigade d’Elite sous les ordres du Général Macon, en attendant l’arrivée du Général Junot qui doit superviser toutes ces unités.

Pendant ce temps, les autres Bataillons sont à Genève, un Bataillon est à Lyon, et deux Compagnies sont détachées dans le Valais. Le nouveau Major : Rottembourg, les supervise.

/ 1804

Revue des Grenadiers de la Réserve de Junot par Napoélon, près d'Arras, 1804
Revue des Grenadiers de la Réserve de Junot par Napoélon, près d'Arras, 1804

 

Colonel du 56e de Ligne, 1804
Fig. 1 Le Colonel Boutroue en 1804

Le 4 mars 1804, 50 hommes de Lyon viennent renforcer le Bataillon d’Elite.

Le 16 août 1804, il assiste à la remise de décorations de la Légion d’Honneur au Camp de Boulogne.

Le 1er septembre, la Division des Grenadiers a été passée en revue par l’Empereur à sa grande satisfaction sur sa belle tenue.

En Septembre, Boutroue est rappelé à la tête de son Régiment pour le réorganiser. Le Chef de Bataillon Hersan reste commander le Bataillon d’Elite.

Le 12 Novembre 1804, la Musique du Régiment est envoyée au Bataillon d’élite, au grand dam du Régiment dont les Officiers ont payé jusqu’à présent leur entretien.

En décembre, le Régiment part à Paris récupérer deux Aigles. Deux autres viendront après.

/ 1805

Le 22 janvier 1805, le Régiment doit quitter les Grenadiers de la Réserve et doit se rendre à Turin avec tous ses Bataillons

Napoléon écrit, depuis Paris, le 22 janvier 1805, au Maréchal Berthier : "J’ai ordonné à mon ministre de la guerre à Milan de faire armer les places de Legnago, Peschiera et Mantoue, cette dernière seulement pour la mettre à l’abri d’un coup de main.
J’ai ordonné qu’il fit confectionner un million de biscuits pou mettre dans ces trois places, et, indépendamment de cet approvisionnement, d’approvisionner Legnago et Peschiera pour 2,000 hommes pour deux mois ...
Donnez ordre au 56e de ligne de se rendre à Turin, ainsi qu’à son bataillon d’élite; vous recommanderez au général commandant la 27e division militaire de le réunir à Turin, et de veiller à sa formation et à sa réorganisation.
Ordonner à une compagnie de 100 hommes du 81e, qui est à Besançon, de se rendre dans le Valais pour y relever les postes du 56e
".

Le 25 janvier 1805, le Régiment a deux Bataillons à Genève, un à Lyon, un à Briançon, le Bataillon d’Elite à Arras et 2 Compagnies dans le Valais.

Le 24 février 1805, les quatre Bataillons sont à Turin (1433 hommes) et attendent le reste du Régiment : le Bataillon d’Elite qui est encore à Lyon le 9 mars, ainsi que les deux Compagnies du Valais qui ne rejoindront l’Italie que le 28 mars.

Le 22 mai 1805, Boutroue écrit à Berthier que son Régiment ne compte plus que 24 Musiciens. Le surplus ayant rejoint les rangs des Fusiliers.

En juin 1805, la coiffure du Régiment devient officiellement « à la Titus », soit les cheveux courts, au même titre que le Bataillon d’Elite qui la porte depuis 1804.

Juillet 1805, le Régiment en Italie a la force de 2400 hommes. Il doit recevoir des conscrits de la Lys, de la Vendée et de la Haute-Garonne. Il est à Asti, et est dirigé sur Alexandrie en Août ou le Général Chabot fait enlever de sa propre autorité les ornements aux chapeaux. 1er Bat (Chef de Bataillon Dieu), 2e Bat (Chef de Bataillon Ozilliau).

Le 1er septembre, 3 Bataillons partent pour Brescia se mettre sous les ordres de Jourdan. Le 4e Bataillon et le Dépôt sont restés à Alexandrie.

Puis le Régiment part pour Montechiaro à l’Armée d’Italie de Massena : 1ère Brigade Brun (avec le 62e de Ligne) 2e Division Verdier .

Le 18 octobre 1805, le Régiment prend les retranchements de Veronette puis passe l’Adige.

A la bataille de Caldiero, le 30 octobre, le Colonel Boutroue est gravement blessé (une jambe arrachée). Il mourra le 4 décembre.

/ 1806

Louis Thomas Gengoult

Né le 20 décembre 1767 à Toul, fils d’un maitre orfèvre. Soldat puis Sous-officier du Régiment d'Austrasie ; Passe dans la Garde Constitutionnelle du Roi en 1792 ; Sert dans le 7e Bataillon de la Meurthe versé par les amalgames dans la 16e Demi-brigade de seconde formation où il devient Capitaine. Passe Chef de Bataillon en 1797. Commande le 1er Bataillon auxiliaire de la Meurthe, puis à la 50e Demi-brigade ; Armée du Rhin puis de Hanovre
Major du 103e de Ligne le 30 frimaire an XII ; Chevalier de la Légion d’Honneur ; Blessé au siège de Stralsund, devient Colonel du 56e de Ligne le 13 mai 1806.
Blessé à Essling, ; Nommé officier de la Légion d’Honneur.
Promu Général de Brigade le 6 août 1811.
Fera la campagne de Russie où il sera blessé à la Moskowa. Fera la campagne de 1813 et 1814.
Mis en non activité à la première Restauration; reprendra du service aux Cent-Jours et sera à Ligny et Wavre.
Remis en non activité ; Sera réintégré comme Inspecteur général d’infanterie en 1816.

Napoléon adresse, depuis Saint-Cloud, le 23 septembre 1806, ses "Instructions pour le vice-roi.
ORGANISATION DE L'ARMÉE D'ITALIE
Général en chef, le vice-roi;
Chef d'état-major général, le général Charpentier ; commandant en chef l'artillerie, le général Sorbier ; commandant en chef le génie, le général Lery; ordonnateur en chef, le sieur Joubert.
L'armée d'Italie sera composée de cinq divisions actives.
Ce corps, qui continuera à porter le nom de 2e corps de la Grande Armée, donnera ainsi une force de plus de 16,000 hommes ...
Pour l'administration et le commandement, ce corps doit faire en tout partie de l'armée d'Italie et sera sous les ordres du vice-roi ...
La 4e division sera composée du 2e régiment d'infanterie de ligne, du 56e de ligne et du 93e de ligne ...".

/ 1807

Fusilier 56e de Ligne 1807
Plaque de Shako du 56e de Ligne, 1806-1809
Fig. 3 Fusilier du 56e de Ligne vers 1807, Manuscrit de Lunebourg
Fig. 3bis Plaque de shako du 56e de Ligne, 1806-1809

Le Régiment est toujours à l’Armée d’Italie. Le 16 janvier 1807, l'Empereur écrit, depuis Varsovie, d’abord au Général Dejean, Ministre Directeur de l'Administration de la Guerre, à Paris : "Monsieur Dejean, il manque un major au 8e régiment de chasseurs. Pourquoi les 2e, 67e, 37e, 93e et 56e ont-ils leur habillement en mauvais état ? Le 7e et le 112e sont tellement dans un dénuement tel (sic) que le général Chabot demande pour eux un armement et un habillement complets. Faites partir de Paris un inspecteur aux revues ferme pour vérifier la comptabilité de ces régiments" (Brotonne (L. de) : « Dernières Lettres inédites de Napoléon 1er, collationnées sur les textes et publiées » ; Paris, 1903, t. 1, lettre 522).

Puis au Prince Eugène : "Mon fils, je reçois vos lettres du 4 janvier et les états de situation de l’armée du 15 décembre ... Faites faire au 56e des fournitures extraordinaires de ce qu’il pourrait avoir besoin; envoyez au ministre Dejean, et envoyez-moi également, l’état détaillé de ce qui est dû aux corps par masses, et pour quelles années. Il paraît qu’il serait dû beaucoup aux corps, mais il faut prendre garde qu’ils ne réclament pas plus qu’il ne leur revient.
Faites pour le 93e la même chose que pour le 56e; et, comme il faut beaucoup d’argent pour faire venir des effets de France, faites-les fournir en gratification des moyens d’Italie ...
"

Après la sanglante bataille d’Eylau le 8 février, l’armée française prend ses quartiers d’Hiver. Des renforts sont prélevés d’Italie ; Les trois premiers Bataillon du 56e de Ligne sont versés dans la Division Boudet.

Le 15 mars 1807, l'Empereur écrit, depuis Osterode, au Général Dejean, Ministre directeur de l'Administration de la Guerre : "Monsieur Dejean, le 56e et le 93e de ligne ; le 3e léger, le 2e de ligne, le 37e et le 67e ont levé leurs 3es et 4es bataillons en Piémont et dans les États de Parme, et leurs bataillons de guerre à l'armée d'Italie, aux camps de Brescia et de Vérone. Donnez des ordres pour qu'au 10 avril il parte de chacun de ces 3es et 4es bataillons des détachements pour renforcer les bataillons de guerre de manière que le complet des bataillons de guerre soit de 140 hommes par compagnie, et si cela n'est pas possible à 130 hommes. Les généraux Menou, Montchoisy et Pérignon peuvent désirer de garder des bataillons forts, mais veillez à l'exécution de mon ordre ; car je veux positivement que les bataillons de guerre soient au grand complet ..." (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 1, lettre 939 ; Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 14651).

Le 25 mars 1807, Napoléon écrit, depuis Osterode, à Eugène : "Mon Fils, vous ne mettez pas dans vos états de situation ce que les dépôts doivent recevoir de la réserve de 1806, de la conscription et de la réserve de 1807, et cela rend vos états incomplets. Il faut écrire à Parme pour compléter les deux bataillons du 3e Léger de 600 hommes. Il faut augmenter également le 56e et le 93e ; ils doivent être forts. Cela augmentera la division Boudet de 1,800 hommes ..." (Correspondance de Napoléon, t.14, lettre 12174 ; Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 14892).

Le 30 mars 1807, l'Empereur écrit depuis Osterode, au Maréchal Berthier : "Donnez ordre par un courrier extraordinaire à la division Boudet qui est à Vérone, et à la division Molitor, qui est à Brescia, de se mettre en marche le 10 avril pour se diriger sur Augsbourg, où il indispensable qu'elles soient arrivées avant le 30 avril. La troupe marchera en divisions. Les régiments de tête feront, les premiers jours, double marche, afin de pouvoir marcher par régiments pour se cantonner. Pour avoir le temps de se procurer des vivres, les divisions prendront, en partant de Vérone, quatre jours de pain. La division de Vérone passera par Ala, et celle de Brescia par la Rocca d'Anfo. S'iI y a quelques marches d'étapes qui soient trop courtes, les généraux des divisions pourront les brûler. Ces divisions mèneront leur artillerie. On tiendra cet ordre le plus secret possible, afin qu'elles aient déjà fait plusieurs marches avant qu'on se doute de leur destination ..." (Correspondance de Napoléon, t.14, lettre 12232 ; Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 14992).

Le même 30 mars 1807, l'Empereur écrit, depuis Osterode, au Général Lacuée, Directeur général des revues et la conscription : "Monsieur Lacuée, je viens de retirer de l'armée d'Italie les divisions de Vérone et de Brescia, c'est-à-dire quatorze bataillons, savoir : deux du 3e d'infanterie légère, trois du 56e de ligne, deux du 93e de ligne, deux du 16e de ligne, deux du 67e de ligne, deux du 2e de ligne …" (Correspondance de Napoléon, t.14, lettre 12227 ; Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 15006).

Le 24 Avril 1807, l'Empereur écrit, depuis Finkenstein, au Général Clarke, Gouverneur de Berlin et de la Prusse : "La division Boudet arrive les 26, 27 et 28 à Augsbourg. Elle se mettra en marche le 29 par la route de Donauwoerth, Nuremberg, Bamberg, Iéna et Halle. Elle est composée de trois bataillons du 56e, de deux du 93e et de deux du 3e léger, avec son artillerie et tout ce qui lui est nécessaire. Cette division arrivera à Halle le 12 mai et au plus tard le 14. Comme elle fait beaucoup de journées de six à huit lieues, j'ai ordonné à ce général de vous envoyer un aide de camp pour que, si les circonstances l'exigeaient, vous les fassiez doubler de marches. Je n'ai pas besoin de vous dire que ce serait un grand malheur si cette division était obligée de forcer de marches. Au contraire, je trouve que les marches qu'elle fait sont déjà trop considérables. Ainsi mon intention est de la faire séjourner quelques jours à Halle, si rien ne s'y oppose. Vous en profiterez pour faire nettoyer cette ville et prendre toutes les mesures que vous jugerez convenables ..." (Correspondance de Napoléon, t.15, lettre 12467 ; Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 15411).
Le 29 Avril, Napoléon forme un nouveau Corps d'Observation confié au Général Brune qui doit recevoir la Division Boudet.

Le 20 mai, l'Empereur écrit à Brune : "... la division Boudet doit être en ce moment à Stettin ; elle doit faire plus de 6000 hommes ...".

Les forces françaises en Allemagne du Nord font alors le siège des dernières places prussiennes et Stralsund en Poméranie suédoise (Suède, qui s'est déclarée contre l'Empereur).

Tandis que Brune discute avec les Suédois, ceux-ci demandent l'aide des Anglais pour débloquer Stralsund qui a déjà reçu des renforts prussiens. Les Britanniques débarquent le 5 Juillet après que l'armistice ait été dénoncé par la Suède, mais l'annonce d'un traité avec la Prusse (le 9 Juillet) fait retirer les troupes de ce pays.

Brune attaque le 13 Juillet. La Division Boudet s'empare de Tribsee. Le blocus se resserre.

En juillet, le Colonel Gengoult du 56e est blessé, de même que les capitaines Allerstorffer, Floquerelle et Bontemps.

Le 22 juillet 1807, l'Empereur écrit, depuis Dresde, au Maréchal Berthier, Ministre de la Guerre, Major général de la Grande Armée : "Mon Cousin … l'armée du maréchal Brune sera composée : 1° de la division italienne, commandée par le général Pino, et des trois régiments de cavalerie italiens ; 2° des quatre régiments français de la division Molitor ; 3° des trois régiments français de la division Boudet ; 4e du 5e d'infanterie légère et du 19e de ligne, ce qui fait neuf régiments français ; du régiment d'Aremberg et des deux régiments de cavalerie légère français venus de Danzig ; de tous les Badois; de la brigade bavaroise venue de Munich ; des régiments de Nassau, de Würzburg, de Hesse-Darmstadt et du grand-duc de Berg. Ce qui fait donc : … Total... 38,000 Ce qui est plus que suffisant" (Correspondance de Napoléon, t.15, lettre 12936 ; Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 16046).

Le même jour, Napoléon écrit, depuis Dresde, au Maréchal Brune, commandant le Corps d'Observation de la Grande Armée : "... Pressez le siége de Stralsund ..." (Correspondance de Napoléon, t.15, lettre 12941 ; Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 16049).

Les Anglais quittent la ville le 8 Août pour attaquer le Danemark. Le 9 août, le Sous-lieutenant Cartier du 56e est blessé.

Le 15 août, on ouvre des tranchées devant la ville. Les Suédois s'en retirent le 20 août. Brune subira la disgrâce de l'Empereur pour avoir permis aux Suédois de se retirer, sans les faire prisonniers, en livrant simplement l'ile de Rügen.

En Octobre, la Division Boudet est versée au Corps de Bernadotte, nommé au gouvernement des villes hanséatiques, et tient garnison dans les dites villes, dont Hambourg.

/ 1808, la Catalogne

shako de grenadiers 56e de Ligne 1808-1810
Shako de Grenadiers du 56e de Ligne, 1808-1810

Depuis la fin 1807, sous prétexte d’envahir le Portugal, les forces françaises passent par l’Espagne et y occupent les points stratégiques dans un but final d’annexion qui est déjà prévue, après avoir destitué la famille royale en place.

Le Corps d’Observation des Pyrénées Orientales, mis sous le commandement du Général Duhesme, a pris le contrôle de Barcelone en février.

Le 20 février 1808, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke ... Donnez ordre à une colonne formée de 3 bataillons des 1er, 56e et 93e de ligne de se mettre en marche d'Alexandrie pour se rendre également à Perpignan.
Ces trois bataillons seront sous les ordres d'un major d'un des régiments qui sont à Alexandrie. Ces trois bataillons seront composés comme celui du 37e, de compagnies prises dans les 3es bataillons, ce qui formera un complet de 2520 hommes. Ces deux colonnes formeront par là plus de 5 000 hommes. Tracez-leur la route la plus courte pour se rendre à Perpignan, où vous donnerez des ordres pour qu'ils trouvent une paire de souliers par homme, et pour qu'ils en partent parfaitement en état. Vous me remettrez l'itinéraire de ces colones jour par jour ...
" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 2, lettre 1634 ; Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 17247).

Napoléon écrit, le 14 mars 1808, à Murat, son Lieutenant général en Espagne depuis févier : "... D'un autre côté, 5 à 6,000 hommes d'infanterie française arrivent le 30 à Perpignan. Ils doivent donc être dans la première semaine d'avril à Barcelone; ce qui portera le corps du général Duhesme à 13 ou 14,000 hommes; ce qui, joint aux forts de Barcelone qu'il occupe, le mettra sur un pied respectable, et lui permettra de disposer d'une division pour seconder vos opérations ...".

Le 19 mars 1808, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, donnez ordre au général Cavrois de se rendre à Valladolid et d'y être arrivé le 28 mars. Donnez ordre au général de division Chabran, au général de brigade Nicolas, et au général de brigade Viala, qui est à Rodez de se rendre à Perpignan. Ces trois généraux commanderont la division venant d'Italie qui arrive à Perpignan le 30 mars, et qui est composée d'un escadron napolitain de 250 chevaux, du 7e régiment de ligne fort de 1 800 hommes, et de 4 bataillons des 37e, 56e, 93e et 2e de ligne, le tout formant 5 000 hommes. Cette division se mettra en marche le 1er avril pour se rendre à Barcelone et prendra à Perpignan le reste de l'artillerie du général Duhesme. Vous ferez connaître au général Chabran qu'il est sous les ordres du général Duhesme. Cette division se servira pour la solde du même payeur que la division Duhesme. Vous y joindrez un adjudant comandant, un officier d'artillerie et un du génie pris dans les 9e ou 10e divisions militaires ; ainsi le corps du général Duhesme sera composé de deux divisions, celle du général Chabran, à laquelle seront joints le 15e de ligne et le régiment suisse qui la porteront à 6 000 hommes ; le général Duhesme lui donnera la moitié de son artillerie, c'est-à-dire 9 pièces de canon ..." (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 2, lettre 1729 ; Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 17427).

En mars 1808, le Bataillon envoyé en Catalogne devient 4e Bataillon du Régiment.

En Catalogne, Duhesme est rapidement circonscrit dans la ville de Barcelone à partir de mai par les Espagnols qui se sont révoltés, à l’annonce de la destitution des Bourbons le 10 mai.

Pendant ce temps, on a changé les Dépôts des Régiments en Italie. L’Empereur écrit, depuis Bayonne, le 20 Mai 1808, au Prince Camille Borghèse, Gouverneur général des départements au-delà des Alpes, à Turin : "Les comptes que vous me rendez, en forme d'états, doivent être en petits carnets de la grandeur de quatre à six pouces, parce qu'alors je les garde sur ma table. Il faut distinguer sur vos états de situation les conscrits de 1809. Faites-moi connaître les mouvements qui se sont opérés dans vos dépôts. Vous devez avoir dans votre gouvernement : à Turin, les dépôts des 6e, 7e, 37e de ligne et l4e léger; à Plaisance, celui du 10e de ligne; à Verceil, celui du 20e de ligne; à Asti, celui du 29e; à Gênes, ceux du 52e et du 101e; à Savone, celui du 102e; à Mondovi, celui du 23e léger; à Alexandrie, ceux des 2e, 56e et 93e de ligne, et à Parme, celui du 3e léger.
Ces dépôts sont-ils arrivés dans votre gouvernement, ou sont-ils annoncés ? Faites-vous remettre par les majors l'état des effets d'habillement qu'ils ont aux anciens dépôts, la quantité de conscrits qu'ils ont à recevoir et celle qu'ils ont déjà reçue, le nombre de conscrits de 1809 arrivés aux nouveaux dépôts et ce qui y est attendu. Vous donnerez l'ordre que les corps qui auraient des conscrits à leur nouveau dépôt et des effets d'habillement à l'ancien fassent marcher des conscrits, en proportion de ces effets d'habillement, sur les anciens dépôts, pour y être habil1és et incorporés dans les 4e bataillons
".

Puis on envoie encore des renforts sous la forme de Bataillons de marche. Le 14 juin 1808, depuis Bayonne, l'Empereur rédige ses "ORDRES POUR LE MAJOR GENERAL à Bayonne.
Donner les ordres suivants :
Donnez ordre qu’il soit formé, dans la 27e division militaire, deux bataillons de marche composés, le premier bataillon, de trois compagnies du 3e bataillon du 7e de ligne et de trois compagnies du 93e; le deuxième bataillon, de deux compagnies du 37e de ligne, de deux compagnies du 56e et de deux compagnies du 2e de ligne. Chaque compagnie sera complétée à 140 hommes ou au moins à 100 hommes. Ecrivez par l’estafette d’Italie au gouverneur général à Turin pour qu’il fasse sur-le-champ former ces deux bataillons de marche, et qu’il les dirige sur Perpignan
".

Les renforts arrivent sur la frontière. Le 8 juillet 1808, depuis Bayonne, l'Empereur écrit au Général Reille, son Aide de camp, à Bellegarde : "Le 1er bataillon de marche de Catalogne composé de trois compagnies du 7e de ligne et de trois compagnies du 93e, le 2eme bataillon de marche de Catalogne composé de deux compagnies du 37e, de deux compagnies du 93e de ligne et de deux compagnies du 56e, le 3e bataillon de marche de Catalogne composé de deux compagnies suisses et de deux compagnies du 16e de ligne, le 2e bataillon de la 5e légion de réserve, le bataillon du 32e léger et le bataillon valaisan, formant ensemble environ 3,500 hommes, doivent être arrivés à l’heure qu’il est à Perpignan; ce qui, joint à vos 1,300 Toscans, à vos bataillons de gardes nationales, aux neuf compagnies de la réserve et aux deux escadrons toscans, doit vous faire une force de 6,000 hommes, avec laquelle vous êtes en mesure de dissiper tout rassemblement, de débloquer Figuières et de prendre là position, pour être en mesure de vous porter partout".

Duhesme essaie de desserrer l’étau comme au combat d'Espaguerra le 5 juin. Puis en juillet, il décide de marcher sur Girone. Il part de Barcelone avec la Division Chabran, par la route qui suit le bord de la mer, la seule praticable à l’artillerie; il la trouve coupée en plusieurs endroits et défendue par la flotte anglaise. Trouvant Girone dans un état de défense hors de ses moyens, Duhesme retourne sur Barcelone.

Le Capitaine Riva du 56e est blessé le 10 août devant Girone et le Capitaine Plassiard, le 16.

Gouvion Saint-Cyr, qui commande à présent les forces en Catalogne appelées 5e puis 7e Corps, a pour première urgence de prendre Rosas pour sécuriser ses arrières. Ce sont les Divisions Reille et Pino qui en font le siège, tandis qu'il en couvre les abords. La ville capitule le 5 décembre. Puis il se glisse devant Girone, faisant mine de s'y attaquer, mais rallie Barcelone pour délivrer Duhesme.

/ 1809, le 4e Bataillon en Catalogne

Assaut sur Girone 1809
Assaut sur Girone, 1809

En Catalogne, l’Armée française tient quelques villes dont Barcelone mais les campagnes et Gérone sont toujours aux mains des insurgés.

Au début 1809, le 4e Bataillon du 56e est à la seconde Division Chabran du 7e Corps sous les ordres du Général St Cyr. Il va s'illustrer dans de nombreux combats. A Bruch, le 1er Janvier, le Général en chef Saint-Cyr charge la Division Chabran d’enlever la forte position au pied de Montserrat, où s’était établi un parti ennemi de 5 à 6000 hommes. Le défilé fut si lestement enlevé, dit Saint-Cyr, que nos pertes furent insignifiantes et que celles des Espagnols furent considérables, outre celle de leur artillerie, consistant en 8 pièces de canon.

Le 16 février, Gouvion Saint-Cyr opère une vaste opération vers le Campo de Tarragone afin de faire diversion en faveur du siège de Saragosse. Son aile droite est couverte par les Divisions Chabran et Chabot.

Après le combat de Valbonna, les deux Divisions occupent Igualadia jusqu'au 10 mars, puis doivent rentrer sur leurs bases près de Barcelone. Elles doivent forcer le passage du Llobregat à Molins del Rey le 15 mars.

En juin, Augereau est nommé à la tête de l'Armée de Catalogne, mais son état de santé ne lui permet pas d'être présent avant fin septembre. Gouvion Saint-Cyr reste en place jusque-là, s'occupant du siège de Gérone.

Après plusieurs assauts meurtriers et une défense héroîque, Gérone finit par capituler le 10 décembre. Le siège aura coûté de nombreuses pertes au 56e de Ligne entre Juin et Septembre dont les blessures mortelles du Chef de Bataillon Robin et du Capitaine Gouvenel.

Des bataillons de marche de renforts sont envoyés en Catalogne.

Le 22 décembre 1809, l'Empereur écrit, depuis Trianon, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, le 1er d’infanterie légère et le 42e ont leurs dépôts en Italie et leurs régiments en Catalogne. Il faut les recruter. Faites-moi connaître ce qu’on pourrait faire partir de ces 2 régiments. Ces détachements se réuniraient aux 3e léger, 7e de ligne, 93e, 2e, 56e, 37e et 102e. Les détachements de ces 9 régiments formeraient un régiment de marche qui serait dirigé sur Perpignan ..." (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 3, lettre 3844 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 22695).

Le 24 décembre 1809, l'Empereur écrit, depuis Trianon, Au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, il sera formé un régiment de marche qui portera le titre de régiment de Catalogne. Il se réunira à Turin, sous l’inspection du prince Borghèse. Il sera composé ainsi qu’il suit :
1er bataillon une compagnie du dépôt du 1er léger 100 hommes, une compagnie du dépôt du 42e 130, une compagnie du dépôt du 7e de ligne 120, deux compagnies de 160 hommes, chacune, du 93e 320 670 hommes
2e bataillon deux compagnies du dépôt du 2e de ligne 300 hommes, deux compagnies du dépôt du 56e de ligne 300 hommes, deux compagnies du dépôt du 37e de ligne 140, deux compagnies du dépôt du 3e léger 200 940 hommes
Ces deux bataillons formant un total de 1600 hommes. Aussitôt que ce régiment sera formé à Turin, il se mettra en marche pour Perpignan. Le prince Borghèse aura soin d’en passer des revues, et de le pourvoir de tout ce qui lui sera nécessaire pour faire campagne.
Un bataillon de marche est formé parallèlement.
Arrivés en Catalogne, ce régiment et ce bataillon de marche seront dissous et incorporés dans leurs régiments respectifs
" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 3, lettre 3851 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 22710).

/ 1809, la campagne d'Autriche

Pendant ce temps, les trois premiers Bataillons quittent la Westphalie à la fin de 1808, avec la Division Boudet, pour se rendre en Espagne. Napoléon les envoie d’abord sur Lyon. Mais les armements de l’Autriche, pendant que l'Empereur est en Espagne, l'obligent à changer ses plans et à former un Corps d’Observation du Rhin. Ainsi, il écrit, le 23 février 1809, depuis Paris, au Général Clarke, Comte D'Hunebourg, Ministre de la Guerre, à Paris : "... Annexe Nous avons décrété et décrétons ce qui suit : Art. 1er. Il sera formé un corps d'armée sous le titre de Corps d'observation de l'armée du Rhin. Le quartier général de ce corps sera porté à Strasbourg le 15 mars. Art. 2. Le corps d'observation de l'armée du Rhin sera commandé par le duc de Rivoli. L'état-major sera composé du général de division Beker, chef d'état-major, d'un général d'artillerie, d'un général du génie, d'un commissaire ordonnateur, d'un payeur, etc. Cet état-major sera réuni à Strasbourg le 15 mars. Art. 3. Il y aura pour tout le corps d'armée quatre compagnies de sapeurs avec 6 000 outils attelés ; au moins une compagnie de pontonniers. Art. 4. Ce corps sera composé de 4 divisions d'infanterie et d'une division de cavalerie légère. ... La 4e division, commandée par le général Boudet, sera composée : 1° du 3e régiment d'infanterie légère ; du 93e régiment d'infanterie de ligne ; du 56e régiment d'infanterie de ligne ; de 12 pièces d'artillerie française ; 2° d'une brigade composée du régiment de Nassau, etc., portant le n°2, de celui portant le n°5 et de celui portant le n°6 (de la 3e division) ... " (Correspondance de Napoléon, t.18, lettre 14806 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20115).

La Division, arrêtée à Lyon, en repart au mois de février 1809, pour faire partie de ce qui s'appelle désormais 4ème Corps, en formation sur le Rhin, aux ordres du Maréchal Masséna.

Napoléon réorganise aussi ses forces en Italie. Il écrit, depuis Paris, le 27 février 1809, au Prince Eugène Napoléon, Vice-roi d’Italie, à Milan : "Mon Fils, il ne faut point se presser de former des camps; ils ne servent de rien, et mars est une saison trop défavorable pour faire sortir mes troupes de leurs quartiers d’hiver ...
J’ai donné l’ordre au prince Borghese de réunir pour la fin de mars à Plaisance les 3e bataillons du 2e de ligne, du 3e, du 67e et du 93e, plus un cinquième bataillon, composé moitié du 56e et moitié du 37e. Cela formera une réserve de 4,000 hommes. Huit jours après qu’elle sera réunie et formée, vous enverrez le général Charpentier en passer la revue, et, quinze jours après, vous pourrez la passer vous-même. Je les ai mis là pour qu’ils manœeuvrent et achèvent de s’organiser. D’ailleurs, je pense qu’ils doivent être parfaitement à Plaisance, qui est une bonne ville ...
Je me suis décidé à réunir les deux divisions Molitor et Boudet à Strasbourg, où je forme un corps d’armée
".

Le 30 mars 1809, l'Empereur adresse, depuis Paris, à Berthier, Major général, ses instructions, pour la campagne à venir, suivies d'un Etat de la composition des Divisions et Brigades des différents Corps de la Grande Armée. Le 56e de Ligne doit faire partie du 4e Corps d'Armée commandé par le Maréchal Duc de Rivoli; 4e Division Boudet, 2e Brigade Valory (Correspondance de Napoléon, t.18, lettre 14975 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20619).

C'est que le 9 Avril, l'Autriche a déclenché les hostilités en entrant en Bavière, alliée des Français, tandis que le Tyrol s'insurge. Le 10 Avril, les Autrichiens lancent une offensive contre l'Armée d'Italie du Prince Eugène. Puis contre les Polonais de Poniatowski en Galicie.

Le 56e envoie, de son Dépôt, 5e Bataillon, des Compagnies pour des Demi-brigades ou Régiments provisoires pour garder les arrières en Italie. Napoléon a écrit à Clarke le 3 mars 1809 : "PROJET DE FORMATION D'UN CORPS DE RÉSERVE
1 Il sera formé une réserve de seize régiments provisoires composée des compagnies des cinquièmes bataillons qui seront complétés avec les conscrits de 1810;
2 ... Le 15e régiment provisoire sera composé de 3 bataillons formés de 3 compagnies des 5es bataillons des 67e, 2e de ligne, 56e, 37e, 93e, 112e, 1er de ligne, 62e, 23e léger. Ces 4 derniers régiments (13e, l4e, 15e, et 16e) formeront la réserve de notre armée d'Italie, et seront réunis 3 à Alexandrie et un à Milan. Ce régiment se réunira à Alexandrie ... Les 9 régiments de l'armée italienne formeront un régiment composé de même, lequel sera fort de 2 500 hommes et se réunira à Milan. Ainsi la réserve de l'armée d'ltalie sera composée de 2 brigades, l'une de deux régiments qui se réunira à Milan, l'autre de 3 régiments qui se réunira à Alexandrie, l'une et l'autre commandées par un général de brigade, et qui seront prêtes à se porter partout où les circonstances l'exigeront
" (Correspondance de Napoléon, t.18, lettre 14838 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20195).

Le 11 avril 1809, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, les régiments dont les dépôts sont en Piémont et qui ont leurs bataillons de guerre en Allemagne, savoir les 67e, 2e de ligne, 56e, 37e, 93e, 3e léger ne doivent plus rien fournir de leurs dépôts à l'armée d'Allemagne. Tout ce qu 'ils ont et tout ce qu'ils recevront doit être employé à fournir les cinquièmes bataillons, tant pour fournir deux compagnies et même trois ou quatre, si c'est possible, aux demi-brigades provisoires que pour fournir des garnisons aux citadelles de Turin et d'Alexandrie, et se porter partout où il serait nécessaire. Ainsi donnez l'ordre au gouverneur général de tenir la main à ce que ces dépôts envoient le plus d'hommes possible aux demi-brigades provisoires qui en sont formées, en partant du principe qu'ils n'ont plus rien à fournir à leurs régiments en Allemagne" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 3, lettre 3105 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20805).

Pendant ce temps, le 17 Avril, Masséna est à Augsbourg et doit tenir la position le temps que l'Armée française rallie. Les Autrichiens se concentrent sur Ratisbonne.

Les trois premiers Bataillons du 56e de Ligne sont à la 4e Division Boudet du 4e Corps.

Du 19 au 23 avril, par une série de manœuvres brillantes, Napoléon coupe l'armée autrichienne en deux à Abensberg et Landshut et la force à retraiter à Eckmühl, puis on reprend Ratisbonne. Les Français marchent sur Vienne. Masséna se dirige sur Passau, longeant le Danube à la gauche du dispositif français, d'où il déloge les Autrichiens le 26 avril. Puis se porte sur Linz et Ebesberg qui est emportée par la Division Oudinot.

Le 13 mai, les Français entrent dans Vienne.

Des secours ont été envoyé d’Italie pour le Corps de Masséna mais certains ont été capturés par les Tyroliens révoltés au nom de l’Autriche et les autres ont du faire demi-tour. Napoléon écrit, depuis Schönbrunn, au Général Clarke, Ministre de la Guerre, le même 13 Mai 1809 : "... la première colonne de troupes qui d'Italie devant se rendre en Allemagne parait avoir été prise par l'ennemi ...
La 2e colonne composée : d'1 bataillon de marche des 37e et 56e de ligne, du 3e bataillon du 67e, du 3e bataillon du 93e, de 100 hommes du 19e de chasseurs, de 100 hommes du 25e idem et de 70 hommes du 24e idem est retournée à Vérone.
Donnez ordre que cette colonne se reforme à Vérone ; que les 5es bataillons des 37e, 56e, 67e et 93e envoient des détachements pour réparer les pertes faites par maladie ou par mort, de sorte que les compagnies soient toutes à 140 hommes ... Mon but est de former à Vérone une forte colonne des cinq régiments de chasseurs, des quatre de cuirassiers et des sept régiments d'infanterie qui ont leurs dépôts dans les 27e et 28e divisions militaires, que je destine à rejoindre le corps du duc de Rivoli. Donnez vos ordres dans ce sens
" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 3, lettre 3163 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 21010).

Le 19 mai, les Français s'installent dans l'ile Lobau. En premier, le 4e Corps de Masséna qui commence à construire des ponts pour traverser le Danube pour livrer bataille aux Autrichiens rassemblés sur la rive gauche.

Le passage commence le 21 mai. A cette nouvelle, l’Archiduc Charles, généralissime de l’armée autrichienne, se met lui-même en mouvement pour culbuter les Français, et engage le combat avec le 4ème corps, qui a seul passé le fleuve.

Les Autrichiens les attaquent, le dos au fleuve, avec des ponts rompus. A Essling, où se trouve la Division Boudet avec Lannes, et Aspern, où est déployé le reste du 4e Corps, on résiste avec ténacité, exhortés par Masséna en personne, un fusil à la main.

Le 22 Mai, des renforts français ont passé le fleuve et Napoléon tente de percer le centre autrichien, mais devant la résistance de ceux-ci, il faut se replier sur l'ile Lobau. La Division Boudet a encore une fois tenu dans Essling. Mais le Maréchal Lannes a été mortellement blessé …

Le 56e a eu de nombreux blessés durant la bataille dont le Colonel Gengoult, les Chefs de Bataillon Cortez et Bial ; les Capitaines Demommerot, Morlot, Enders, Mairet, Gerardot, Jegu, Caron etc.

L'Armée française et l'Autrichienne doivent refaire leurs forces. La période est donc propice à recevoir des renforts et l'Empereur attend aussi son Armée d'Italie et celle de Dalmatie qui remontent du Sud vers l'Autriche après avoir combattu les forces ennemies qui leur barraient le passage.

Le 10 juin 1809, l'Empereur, qui vient de décider d'une importante levée de Conscrits, sur la classe 1810, mais aussi sur les classes 1806 à 1809, afin de compenser les pertes du début de la campagne, et renforcer l'Armée, écrit depuis Schönbrunn au Général Clarke pour lui donner le détail de cette opération particulièrement complexe; lettre accompagnée de 3 Etats différents très détaillés. Concernant le 93e de Ligne, l'Empereur ordonne : "... Vous ferez partir de la 3e demi-brigade provisoire 1 600 hommes, savoir : ... 300 pour le 56e ... Et par contre, 1 600 conscrits pris sur les 3 000 destinés pour le dépôt de Grenoble seront répartis entre ces régiments ..." . L'Etat B qui suit cette lettre donne d'un côté la "répartition des 3 000 hommes entre les dépôts et demi-brigades ci-après : 600 hommes au 58e id (pour la 3e Demi-brigade)" et de l'autre l' "Envoi que ces mêmes dépôts feront, par contre, à l'armée : ... 300 au 56e" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 3, lettre 3223 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 21182).

Le 19 juillet 1809, l'Empereur écrit, depuis Schönbrunn, au Maréchal Berthier, Major général de l'Armée d'Allemagne : "Mon cousin, donnez l'ordre que le bataillon du 11e de ligne qui vient du corps du général Rusca et qui doit passer à Melk le 23 ou le 24 se dirige de Melk sur Krems où il rejoindra le corps du duc de Raguse ; que les bataillons du 67e et du 96e suivent la même direction et de Krems se portent sur Znaïm où l'un et l'autre de ces bataillons rejoindront le corps du duc de Rivoli. Vous ferez connaître au duc de Rivoli que dans ces deux bataillons on a dû placer des détachements du 56e et du 37e régiment et qu'il est convenable que tout ce qui appartient à ces régiments rentre à leur corps ..." (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 3, lettre 3329 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 21567 - non signé, expédiée le 19 juillet).

/ 1810-1811 : Séjour en Hollande et en Allemagne des trois premiers Bataillons, formation d'un 6e Bataillon

/ 1810

shako de Sous-officier 56e de Ligne 1808-1810
Shako de Sous-officier du 56e de Ligne, 1810

La campagne d’Autriche terminées les troupes françaises refluent : les trois premiers bataillons du 56e de Ligne stationnent dans le royaume de Hollande à Utrecht au Corps d’Observation qui va être lui-même dissout à la fin de l’année. Le pays va être rattaché à l'Empire et le pauvre roi Louis Bonaparte se retrouver sans trône.

Le 21 janvier 1810, à Paris, on informe l'Empereur que "Le sieur A. Riva, sergent-major au 56e régiment d'infanterie de ligne, sollicite l'autorisation de quitter ce corps pour passer dans la garde du roi des Deux-Siciles, où deux de ses frères servent en qualité d'officiers"; "Accordé", répond Napoléon (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 3, lettre 3954 - Non signées ; extraites du « Travail du ministre de la guerre avec S. M. l'Empereur et Roi, daté du 17 janvier 1810 »).

Le 17 mai 1810, l'Empereur écrit, depuis Gand, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, donnez ordre aux trois bataillons du 3e régiment d'infanterie légère, qui sont à Bois-le-Duc, de se rendre à Dunkerque. Le major général a déjà provisoirement donné cet ordre. Donnez ordre aux trois bataillons du 4e de ligne, qui sont également à Bois-le-Duc, de se rendre à Calais. Donnez ordre aux trois bataillons du 93e de se rendre à Bois-le-Duc ; aux trois bataillons du 26e léger de se rendre à Anvers, ainsi qu'à deux bataillons du 56e : le troisième bataillon de ce dernier régiment restera à Berg-op-Zoom. Par ce moyen, il n'y aura à Bois-le-Duc que le 93e. Il y aura à Anvers trois bataillons du 26e léger, et deux bataillons du 56e, ce qui fournira des travailleurs pour les fortifications ...
Il est nécessaire que les vivres de campagne soient données aux troupes qui sont en Hollande jusqu'au 1er juillet ; et d'ici à cette époque, on me proposera de régler la masse d'ordinaire pour ces troupes, de manière qu'elles puissent vivre. Aussitôt que les vétérans seront arrivés à Bois-le-Duc et à Graven, vous me proposerez de retirer le 93e de Bois-le-Duc, et le bataillon du 56e de Berg-op-Zoom ...
" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 3, lettre 4238 ; Correspondance générale de Napoléon, t.10, lettre 23631).

En juin 1810, Napoléon prévoit l’annexion du royaume de son frère et y positionne ses troupes sous la direction d’Oudinot, Duc de Reggio.

Le 8 juin 1810, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le Duc de Feltre ... Il y a actuellement en Hollande trois régiments d'infanterie et trois régiments de cavalerie. Il y entre par le nord trois régiments d'infanterie et un de cavalerie. Le duc de Reggio aura à sa disposition le 93e et le 56e d'infanterie et le 1er régiment de chasseurs, qu'il pourra appeler à Utrecht. C'est donc huit régiments d'infanterie et quatre de cavalerie dont il peut disposer dès à présent" (Correspondance de Napoléon, t.20, lettre 16537 ; Correspondance générale de Napoléon, t.10, lettre 23722).

Plaque de shako de grenadier du 56e de Ligne  vers 1810
Plaque de shako de Grenadier du 56e de Ligne vers 1810

Le même 8 juin 1810, l'Empereur écrit encore, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, donnez ordre que le 56e régiment de ligne qui est à Anvers et à Berg-op-Zoom se rende à Nimègue. Le 3e bataillon de ce régiment qui est à Berg-op-Zoom sera remplacé dans cette ville par un bataillon du régiment qui reste à Anvers. A l'arrivée du 3e bataillon à Nimègue, vous ferez connaître au colonel qu'il est à la disposition du duc de Reggio, qui pourra le faire venir à Utrecht, si cela devenait nécessaire, ainsi que le 1er régiment de chasseurs auquel vous donnerez l'ordre de se rendre également à Nimègue ..." (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 3, lettre 4280 ; Correspondance générale de Napoléon, t.10, lettre 23726).

Le 9 juin 1810, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, Faites connaitre au duc de Reggio que je vois avec peine qu'il soit à Utrecht avec un seul bataillon ; que l'ordre donné au 56e, au 93e et au 1er de chasseurs de le joindre, et le mouvement sur Emden de la division Molitor qu'il peut faire marcher, sous le prétexte de la faire rentrer en France, sur la direction d'Utrecht, vont mettre à sa disposition des forces suffisantes ; que quant à l'entrée en Hollande du 56e et du 93e, aussitôt que ces régiments auront fait une marche, il doit déclarer que cet accroissement de troupes est nécessité par les armements qu'on fait, par les mauvaises dispositions que l'on montre, et la direction qu'on donne à l'esprit des habitants, et qu'il est impossible de laisser les Français exposés à être égorgés par les Hollandais, et par les Anglais qui méditent une expédition en Hollande" (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1912, t.3, lettre 4160 ; Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 3, lettre 4288; Correspondance générale de Napoléon, t.10, lettre 23735). Les Hollandais s'opposeront malgré tout à l'entrée des troupes françaises à Utrecht.

Le 10 juin 1810, à Saint-Cloud, on présente à l'Empereur un "Compte rendu de l'autorisation donnée pour l'incorporation définitive de 355 hommes du 56e régiment d'infanterie dans le 73e régiment"; "Accordé", répond Napoléon (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 3, lettre 4291 - Non signée ; extraite du « Travail du minière de la guerre avec S. M. l’Empereur et Roi, daté du 28 mai 1810 »).

Le 23 juin 1810, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, à Paris : "Il faut que vous envoyiez un officier au duc de Reggio pour lui donner l'ordre de former un camp à Utrecht, et de se tenir prêt, avec le 1er régiment de chasseurs, deux autres régiments de cavalerie, les 56e, 93e, le 24e léger et un autre régiment d'infanterie et douze pièces de canon, à marcher sur Amsterdam, qu'il est urgent de faire occuper. Je saurai, par le retour de l'officier que vous enverrez, quand il pourra être prêt, et je lui enverrai des ordres sur la conduite qu'il doit tenir" (Correspondance de Napoléon, t.20, lettre 16580 ; Correspondance générale de Napoléon, t.10, lettre 23808).

Le 24 juin 1810, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, à M. de Champagny, Duc de Cadore, Ministre des Relations extérieures, à Paris : "Monsieur le Duc de Cadore, le ministre de la guerre vous communiquera l'ordre que je donne au duc de Reggio de marcher sur Amsterdam. Vous enverrez à ce ministre, qui les fera remettre par le duc de Reggio, des instructions en conséquence au sieur Sérurier ...".

En juillet, le rattachement à l’Empire est proclamé.

En Octobre 1810, le 56e de Ligne fait partie de l’Armée d’Allemagne sous Davout, tout en restant à Utrecht, et son Dépôt alors en Italie, repasse en France.

Le 6 octobre 1810, l'Empereur adresse, depuis Fontainebleau, au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, à Paris, une Note sur l'organisation des armées; concernant l'Armée d'Allemagne, il écrit : "… Le 3e corps d'armée serait composé de 3 bataillons du 56e, de 3 bataillons du 93e et de 58 bataillons dont on ferait venir les cadres d'Espagne, en prenant ceux des bataillons les plus faibles (il faut bien calculer qu’il ne reviendrait que les cadres) ; total, 64 bataillons ..." (Correspondance de Napoléon, t.21, lettre 17000 ; Correspondance générale de Napoléon, t.10, lettre 24816).

En octobre 1810, le Dépôt du Régiment reçoit l'ordre de se rendre d’Alexandrie à Besançon. En effet, Napoléon écrit, le 27 octobre 1810, depuis Fontainebleau, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, le 2e de ligne, le 37e, le 56e et le 93e étant destinés à faire partie de l'armée d'Allemagne, mon intention est que vous ordonniez aux 5es bataillons et dépôts de ces régiments de se diriger dans la 6e division militaire ; ils passeront par le Simplon. On les peut placer à Besançon" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 3, lettre 4763 ; Correspondance générale de Napoléon, t.10, lettre 25075).

/ 1810 : des éléments en Espagne

Le 10 août 1810, on soumet à l'Empereur un "Rapport du général Clarke au sujet de la formation de détachements, tirés des dépôts des régiments qui ont concouru à l'organisation des 3e et 4e régiments provisoires et réunis à Versailles pour, de là, être dirigés sur l'Espagne"; ce dernier répond : "Renvoyé au ministre de la guerre pour donner ordre que les dépôts des 44e, 56e, 75e, 50e, 51e, 55e, 25e, 28e, 36e et 43e régiments envoient à Versailles de quoi compléter à 140 hommes ce qu'ils ont dans cette ville, de sorte qu'au lieu de 400 hommes ceci fasse 1.400 hommes. Par ce moyen, ces quatre compagnies seront reformées et pourront composer un régiment de marche qui pourra partir pour l'Espagne dans le courant de septembre prochain" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 3, lettre 4488).

Le même 10 août 1810, l'Empereur écrit, depuis Trianon, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, faites-moi connaître si l'on pourrait former à Turin un régiment de marche pour l'armée de Catalogne qui serait composé de 200 hommes du 1er régiment d'infanterie légère, de 300 hommes du 3e idem de 200 hommes du 2e de ligne, de 200 hommes du 7e idem, de 200 hommes du 37e idem, de 200 hommes du 42e idem, de 200 hommes du 56e idem, de 100 hommes du 67e idem, de 200 hommes du 96e idem.
Le 16e qui est à Toulon pourrait envoyer 300 hommes à son 4e bataillon à l'armée de Catalogne, ce qui ferait pour cette armée un secours de 2 000 hommes. Envoyez-moi un projet d'organisation de ce régiment et faites-moi connaître quand il sera prêt.
Ne serait-il pas possible de compléter le 4e bataillon du 1er léger et celui du 42e, en tirant des dépôts du Piémont et du royaume d'Italie tous les hommes qu'ils peuvent fournir, ce qui fournirait encore 1 600 hommes et porterait à 4 000 hommes le renfort qu'on enverrait à l'armée de Catalogne ? ...
" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 3, lettre 4490 ; Correspondance générale de Napoléon, t.10, lettre 24295).

Le 16 août 1810, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, donnez des ordres pour qu'il soit formé à Turin un régiment de marche de l'armée de Catalogne. Ce régiment sera composé de trois bataillons. Vous enverrez sur-le-champ à Turin un colonel en second pour le commander.
Le 1er bataillon sera le 4e du 42e complété à 1170 hommes de la manière suivante : 420 hommes existant du cadre du 4e bataillon du 42e ; 150 du 52e ; 150 du 101e ; 150 du 84e ; 150 du 35e ; 150 du 13e de ligne. Total : 1170 hommes.
Le 2e bataillon sera composé :
8e corps
d'une compagnie du 56e 200 hommes
d'une du 93e 300
d'une du 7e de ligne 300
de deux compagnies du 1er d'infanterie légères formées par l’incorporation de 200 hommes du 4e bataillon du 23e d'infanterie légère et de 200 hommes du 4e bataillon du 1er d'infanterie légère 400 Total 1 200 hommes.
Le 3e bataillon sera composé de 2 compagnies du 3e d'infanterie légère 300 ; de 2 du 37e 300 ; 1 du 67e 150 ; 2 du 16e de ligne 300 (ce détachement ne devra rejoindre le bataillon qu'à son passage à Nîmes). Total 1100 [sic].
J'ai signé un décret pour ordonner l'incorporation des détachements qui entrent dans le 4e bataillon du 42e et pour celle du détachement du 23e d'Infanterie légère dans le 1er régiment de cette arme.
Donnez des ordres pour que tous les hommes qui seront envoyés pour former ce régiment de marche soient bien portants et en état de faire la guerre. Recommandez qu'ils soient bien habillés, qu'ils aient 2 paires de souliers dans le sac et que leur livret de masse et chaussures soient en bon état. Vous chargerez les généraux qui commandent dans les arrondissements où sont situés les dépôts de passer eux-mêmes l'inspection de ces détachements avant leur départ, pour s'assurer qu'ils sont composés comme ils doivent l'être et qu'il ne s'y trouve pas d'hommes malingres. Pour les détachements venant du royaume d'Italie, vous chargerez le général Charpentier d'en passer la revue à leur passage par Milan.
Ainsi le 1er régiment de marche de l'armée de catalogne sera composé d'un 1er bataillon qui sera le 4e du 42e complété à 1170 hommes ; d'un 2e bataillon fort de 1100 ; d'un 3e bataillon fort de 1250. Total du régiment : 3550 hommes [sic].
Lorsque ce régiment sera ainsi complété, le gouverneur général en passera la revue à Turin.
Le bataillon du 42e arrivé en catalogne rejoindra son régiment. La compagnie du 23e d'infanterie légère sera incorporée dans le 1er d'infanterie légère, toutes les autres compagnies seront incorporées dans les bataillons qu'elles ont en Catalogne. L'on retiendra les officiers qui seraient nécessaires pour compléter les cadres et remplacer les officiers infirmes ; le reste sera renvoyé au dépôt.
Expédiez sur-le-champ vos ordres pour la formation de ce régiment. Prenez vos mesures pour qu'il soit prêt à partir de Turin le 20 septembre. Je désire cependant qu'il ne soit mis en marche que quand je vous aurai donné mes derniers ordres à ce sujet. En conséquence, rendez-moi compte de sa formation vers le 15 septembre
" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 3, lettre 4505 ; Correspondance générale de Napoléon, t.10, lettre 24339).

/ 1811

Au début 1811, un 6e Bataillon est formé au Régiment.

Le 4 janvier 1811, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, je désire lever la conscription. Proposez-moi un état de situation de l'armée au 1er janvier, qui puisse me servir de base pour le recrutement. Mon intention est d'employer 30 000 hommes de la conscription de l'année à recruter, les 16 régiments du corps du prince d'Eckmühl et tous les régiments qui ont leurs bataillons de guerre en France, en y joignant les 2 bataillons du 5e d'infanterie légère, les 3e et 5e du 6e léger, et les 4e et 5e du 1er léger ; en formant un 6e bataillon au 15e léger, 25e de ligne, 19e, 2e, 37e, 46e, 56e et 93e de ligne, ce qui ferait 8 nouveaux bataillons ...
On joindrait également les 4e et 5e bataillons du 51e, les 3e et 4e du 44e, les 3e et 4e du 113e et les 3e et 4e du 55e.
Tout cela ferait un total de 154 bataillons que mon intention est d'avoir au complet de 140 hommes par compagnie. J'emploierai 20000 hommes à porter l'armée d'Italie au grand complet ; et enfin 35000 hommes à porter au complet les 131 cinquièmes bataillons, ce qui fera l'emploi de 85000 hommes ...
Par ce moyen, j'aurais 9 armées que je composerais selon les circonstances et qui m'offriraient 154 bataillons pour l'armée d'Allemagne, 100 bataillons pour l'armée d'Italie, et enfin une armée de réserve de 131 5es bataillons ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.10, lettre 25633).

Le 56e est positionné à Utrecht.

Le 30 mars 1811, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, à Paris : "Je désire, dans le courant de mai … Pour la même époque je désire établir un autre camp près d'Utrecht. Il serait composé des trois bataillons du 18e, trois bataillons du 93e, trois bataillons du 56e, trois bataillons du 125e, trois du 126e ; total, quinze bataillons.
Ce camp serait commandé par un général de division et trois généraux de brigade. On aura soin de choisir un emplacement sain et convenable.
Les compagnies de voltigeurs seront détachées ; ce qui fera 15 compagnies dont on formera aussi des colonnes mobiles ; on les fera camper en les plaçant le long de la côte de la 17e division militaire. Chaque colonne aura deux pièces de campagne servies par l'artillerie des régiments. Vous prendrez des renseignements sur les localités et vous me présenterez un plan indiquant l'emplacement des camps et les différentes directions que pourront suivre les colonnes mobiles … Le duc de Reggio sera chargé du commandement de ces deux camps ; il ira y passer un mois et s'assurera de l'instruction des troupes ...
" (Correspondance de Napoléon, t.21, lettre 17532; Correspondance générale de Napoléon, t.10, lettre 26415).

Le 19 avril 1811, l'Armée d'Allemagne est composée de trois Corps; le 1er est le Corps d'observation de l'Elbe, commandé par Davout. L'Empereur écrit en effet ce jour à au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, à Paris : "Monsieur le Duc de Feltre, l'armée d'Allemagne sera composée de trois corps : 1° Le corps d'observation de l'Elbe ; 2° Le corps d'observation du Rhin ; 3° Le corps d'observation d'Italie.
Des régiments d’élite sont organisés un premier bataillon de 4 compagnies de voltigeurs un second de 4 compagnies de grenadiers …
"

Napoléon organise ses armées. Le 19 Mai 1811, il écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, à Paris : "CORPS D’OBSERVATION DU RHIN.
Ce corps se réunira de Mayence à Wesel. Il sera composé de quatre divisions d’infanterie.
1e Division. — 1e brigade : 5e léger, deux bataillons; 24e, quatre; 2e brigade : 10e régiment de ligne, quatre; Espagnols qui sont à Nimègue, deux; 3e brigade : 20e régiment de ligne, quatre; Portugais, deux; total, 18 bataillons.
Il y aura deux pièces d’artillerie de régiment au 24e régiment d’infanterie légère, aux 10e et 20e de ligne.
2e Division. — 1e brigade : 23e léger, deux bataillons; 26e, quatre; 2e brigade : deux bataillons d’élite du 46e de ligne; deux du 125e; régiment suisse, deux bataillons; 3e brigade : deux bataillons d’élite du 72e; deux du 126e; deux bataillons portugais; total, 18 bataillons.
3e Division. — 1e brigade : tirailleurs corses, un bataillon; tirail­leurs du Pô, un; 10e léger, quatre; 2e brigade : deux bataillons d’élite du 56e; deux du 124e; deux bataillons portugais ; 3e brigade : deux bataillons d’élite du 2e de ligne; deux régiments suisses, qua­tre; total, 18 bataillons.
4e Division. — 1e brigade : deux bataillons d’élite du 3e de ligne; deux du 4e; deux du 105e; 2e brigade : deux bataillons d’élite du 37e; deux du 93e; deux du 123e; 3e brigade : deux bataillons délite du 18e de ligne; deux du 19e; trois bataillons portugais; total, 19 bataillons.
Ce qui porte la force totale de l’infanterie de ce corps d’armée à 73 bataillons faisant environ 45,000 hommes
".

Le 24 mai, nouvelle modification : "L'organisation des régiments d'élite existera jusqu'au 1er juillet. Les régiments d'élite qui font partie des corps d'observation du Rhin et d'Italie seront alors dissous.
Le corps d'observation du Rhin sera composé de quatre divisions, organisées de la manière suivante :
... 3e Division. - Quatre bataillons du 18e de ligne, quatre du 93e, quatre du 56e, quatre du 124e, deux bataillons espagnols et deux suisses ...
Chaque division ayant trois brigades, il y aura en tout douze brigades ; chaque division étant de vingt bataillons, le total du corps d'observation du Rhin sera de quatre-vingts bataillons. Chaque régiment aura ses deux pièces d'artillerie, ce qui fera huit pièces par division, hormis que la 4e division n'en aura que six ; au total, trente pièces régimentaires.
Ainsi, à cette époque, le Corps d'observation du Rhin aura deux Divisions au camp de Boulogne et deux en Hollande. Il changera alors de dénomination et prendra celle de Corps d'observation des cotes de l'Océan.
Les 4es compagnies de voltigeurs et de grenadiers des bataillons d'élite passeront dans les 4es bataillons, qui céderont deux de leurs compagnies aux bataillons d'où ces compagnies d'élite seront tirées, de sorte que tous les bataillons seront égaux, de six compagnies, dont une de grenadiers et une de voltigeurs ....
"

En Juin, et Juillet, les 4e bataillons qui sont en Catalogne doivent rejoindre le gros de leurs Régiments respectifs, les 6e Bataillons sont complétés et deux Compagnies des 5e Bataillons passent comme garnison sur les vaisseaux. L’Empereur écrit donc, le 12 juin, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, les 4es bataillons des 2e, 37e, 56e et 93e qui sont en Catalogne et dont les cadres doivent retourner à Besançon et ceux des 19e et 46e porteront ces régiments à 6 bataillons. Il y aura ainsi dans 1' intérieur 6 régiments à 6 bataillons, ce qui, avec les 15 régiments du corps d'observation de l'Elbe, portera le nombre des régiments à 6 bataillons à 21. Vous recevrez le décret que j'ai pris pour faire rentrer en France les cadres des bataillons des 2e, 37e, 56e et 93e" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 4, lettre 5590 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27283).

Le 24 juin 1811, depuis Saint-Cloud, au Général Dumas, Directeur des Revues et de la Conscription : "Monsieur le comte Dumas ... Il reste les 6es bataillons des 19e, 46e, les 4es des 2e, 56e, 93e, 37e et les 6es des 10e, 20e, 84e et 92e. Ces 10 bataillons seront complétés sur la conscription de 1812" (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27432).

Le 17 juillet 1811, l'Empereur écrit, depuis Trianon, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Peltre ... Donnez ordre que la 2e compagnie des 5mes bataillons des 19e, 72e, 2e, 18e, 56e, 37e, 93e, 108e, 48e, 33e, 30e, 12e, 21e, 25e, 85e, 17e, 57e et 61e se forment à Anvers, et tiennent garnison à bord des 15 vaisseaux de ligne français qui sont dans 1'Escaut et des 2 vaisseaux hollandais ; la 18e compagnie sera destinée au premier vaisseau qui sera mis à 1'eau cette année … Vous donnerez ordre que toutes ces compagnies soient composées d'officiers, sous-officiers et soldats de l'ancienne France ; que tous les officiers, sergents, caporaux et fourriers aient au moins 4 ans de service, et que les soldats aient au moins un an de service et soient à l'école de bataillon. Vous recommanderez qu'on porte un soin particulier à la formation de ces compagnies, à les maintenir au complet ; qu'on y mette des officiers de choix, hommes d'ordre et d'honneur qui puissent être utiles à bord des vaisseaux" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 4, lettre 5796 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27681).
Et le 22 août 1811, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke : "Monsieur le duc de Feltre, donnez les ordres suivants pour la répartition des compagnies destinées à former les garnisons de vaisseaux ... ESCADRE DE L'ESCAUT Les 2es compagnies du 5e bataillon de chacun des 2e, 19e, 72e, 18e, 56e, 37e et 93e seront formées à Anvers et complétées. Ces sept compagnies tiendront garnison, savoir la compagnie du 2e sur le Friedland ; celle du 19e sur le Tilsit ; celle du 72e sur l’Auguste ; celle du 18e sur le Charlemagne ; celle du 56e sur le Duguesclin ; celle du 37e sur l'Anversois ; celle du 93e sur le César ..." (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 4, lettre 6042 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 28292).

Le 26 juillet 1811, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, je vous envoie un mémoire du général Hogendorp sur le camp à former à Utrecht. Je désire que vous donniez l'ordre au général Molitor de mettre en marche pour Utrecht au 5 août.
Le 18e de ligne et le 93e de ligne qui formeront une brigade.
Le 56e et le 124e qui formeront une seconde brigade.
Deux généraux de brigade pris parmi ceux qui sont dans la 17e division militaire auront le commandement de ces brigades, qui seront cantonnées dans la plaine de l'ancien camp d'Austerlitz, à Utrecht et aux environs, dans les villes et villages, de manière qu'on puisse réunir les troupes par régiment, par brigade, et ensuite tout le camp pour les manœuvres ...
Le maréchal duc de Reggio se rendra à Utrecht pour prendre le commandement de ce camp. Il devra y être arrivé dans les premiers jours d'août. Vous remarquerez que je ne veux point de camp, parce que cela est trop coûteux et parce que le soldat est beaucoup mieux dans les cantonnements ...
Dans l'un et l'autre de ces camps, il n'y aura pas d'autre artillerie que l'artillerie régimentaire et pas d'autres caissons que les caissons régimentaires. Le service se fera par les employés de la division. Il n'y aura aucun accroissement d'employés ni de dépenses ...
Vous donnerez pour instruction au duc de Reggio de passer en revue ces troupes, de les faire manœuvrer fréquemment, d'envoyer des notes sur leur armement, habillement, instruction, et sur toutes les places vacantes. Indépendamment de ce but important, j'ai aussi celui de soustraire les troupes au mauvais air, en les réunissant dans les pays les plus sains de la Hollande. Enfin vous recommanderez au duc de Reggio de les tenir en état d'entrer en campagne, soit pour s'embarquer sur l'escadre de l'Escaut, si cela devenait nécessaire, soit pour se rendre en Allemagne. Il recevrait l'artillerie et les administrations au dernier moment. Il suffit que ces régiments soient parfaitement en état
" (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1911, t.1, lettre 940 (en partie seulement) ; Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 4, lettre 5842; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27795).

Le 9 septembre 1811, à Compiègne,"Le duc de Feltre propose d'envoyer à Grave le 5e bataillon du 56e d'infanterie" ; "Approuvé", répond l'Empereur (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 4, lettre 6143).

En septembre-Octobre, le 4e Bataillon est toujours l’objet des instructions impériales. Le 20 septembre 1811, l'Empereur écrit, depuis Boulogne, au Général Clarke : "Monsieur le duc de Feltre, vous me rendez compte que ... Aussitôt qu'on connaîtra la marche des cadres des 37e et 56e, vous m'en instruirez ..." (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 4, lettre 6203 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 28707).

Le 19 octobre 1811, l'Empereur décrète, depuis Amsterdam : "Une somme de 144.000 francs sera distribuée en gratifications : ... 2° 124.000 francs, aux 18e, 56e, 93e, 124e régiments d'infanterie de ligne et 24e de chasseurs à cheval, présents à la revue d'Utrecht ; 300 francs par officier, sans distinction de grade, et 3 francs par sous-officier et soldat" (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1912, t.4, lettre 5669).

Le 21 octobre 1811, l'Empereur écrit, depuis Amsterdam, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Je vous ai déjà fait connaître que les 4es bataillons des 2e, 19e, 46e, 93e, 56e et 123e devaient être envoyés, bien armés, bien habillés et complétés à 900 hommes, et en officiers et sous-officiers, à Minden où le prince d'Eckmühl en formera une ou deux brigades spéciales, sous les ordres d'un général de brigade, en les tenant éloignés des frontières de France pour rendre la désertion plus difficile ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 28886).

Le 22 octobre 1811, l'Empereur écrit, depuis Amsterdam, au Maréchal Davout, Prince d'Eckmühl, commandant l'Armée d'Allemagne, à Hambourg : "Mon Cousin, les 4es bataillons des 19e, 46e, 93e, 56e, 2e, 37e et 123e, ce qui fait sept bataillons, ont été envoyés à Wesel et à Strasbourg pour se compléter à 900 hommes ...
comme ces régiments sont en France, il y aurait trop de facilité pour la désertion. Je me suis décidé à vous les envoyer. Formez-en une ou deux bonnes brigades sous les ordres d'un général de brigade ferme, qui se charge de leur instruction et de leur tenue, et qui s'applique à empêcher la désertion. Ce sera 6,000 hommes que vous aurez sous la main ; et, selon les circonstances, je me déciderai à les faire servir à compléter vos régiments ou à tenir garnison à Magdeburg et sur les côtes. Pendant ce temps les régiments arriveraient sur l'Elbe, s'il y avait guerre ; ils trouveraient leurs bataillons et l'encadrement se ferait. Ces régiments, à l'exception du 123e, ont cinq bataillons, ayant eu leur 6e bataillon formé lorsque le 4e était en Catalogne. Portez donc une attention particulière à ces bataillons aussitôt qu'ils vous arriveront. Indépendamment de ces sept bataillons, les dépôts de Wesel et de Strasbourg vous auront fourni, avant le mois de février, une douzaine de mille hommes, en y comprenant ce que vous avez reçu ...
" (Correspondance de Napoléon, t.22, lettre 18188).

Le 22 même octobre 1811, à Amsterdam, "Le duc de Plaisance demande si les 4es bataillons des 2e, 3e, 37e, 46e, 105e et 123e de ligne devront être dirigés sur le corps d'observation de l'Elbe, aussitôt qu'ils auront été complétés avec des conscrits réfractaires"; Napoléon répond : "J'ai déjà donné l'ordre que les 4es bataillons des 2e, 19e, 46e, 93e, 56e, 37e et 123e fussent complétés à 900 hommes, habillés, armés et envoyés à Minden, où le prince d'Eckmühl en fera une ou deux brigades spéciales sous les ordres d'un général de brigade, en les tenant éloignés des côtes de France, afin de rendre la désertion impossible.
Quant aux 3e et 105e, je désire que ces bataillons restent à Strasbourg pour le service de la place. Mais à cet effet, il faut que le général Lebrun n'y mette point de déserteurs, mais les jeunes gens les plus dociles et desquels on a le plus à espérer. Qu'il complète bien le 4e bataillon et même le 5e ; car je verrais avec plaisir que chaque régiment eût 1.200 hommes, c'est-à-dire 600 hommes par bataillon. Ce serait 2.400 hommes qui seraient utiles à Strasbourg pour garder cette place importante et laisser les bourgeois tranquilles. Il faut prendre des mesures pour que les majors, les chefs des 4e et 5e bataillons soient présents, que tous les officiers et sous-officiers surtout soient présents, et que le général Lebrun ne mette dans les bataillons que des hommes qui puissent être utiles
" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 4, lettre 6289).

Le 30 octobre 1811, l'Empereur écrit, depuis Nimègue, au Prince de Neuchâtel et de Wagram, Major général de l'Armée d'Espagne, à Nimègue : "Mon Cousin ... Donnez ordre que le camp d'Utrecht soit dissous. Le 18e régiment de ligne se rendra à la Haye, où il tiendra garnison ; le 93e restera à Utrecht ; le 124e se rendra à Nimègue, et le 56e sera réparti entre Utrecht, Amersfoort et Arnheim. Ces régiments ne feront aucun service, se tiendront prêts à partir à chaque moment et ne pourront être employés par les généraux commandant les divisions qu'en cas d'événements imprévus et en en prévenant sur-le-champ le ministre de la guerre. Le général Maison restera à Utrecht, conservera le commandement de ces quatre régiments, en passera l'inspection fréquemment, les tiendra toujours en état de partir, en enverra l'état tous les cinq jours au ministre de la guerre, et obéira aux ordres des généraux de division, si des cas imprévus rendaient nécessaire le mouvement de ces troupes.
Le duc de Reggio et les officiers de son état-major qui étaient employés à Utrecht laisseront leurs bagages à Utrecht et pourront vaquer à leurs affaires, mais de manière à retourner en poste s'il était nécessaire. Faites part de ces dispositions au ministre de la guerre et au général commandant la 17e division militaire ...
" (Correspondance de Napoléon, t.22, lettre 18216 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 28947).

Le 12 novembre 1811, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au maréchal Davout, commandant le Corps d'Observation de l'Elbe, et Gouverneur général des villes hanséatiques : "Mon cousin ... Les bataillons du 56e, du 93e et du 123e partiront probablement avant le 1er janvier pour se rendre à Minden" (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 29047).

/ 1810 - juin 1811, le 4e Bataillon en Catalogne

En 1810, le 4e Bataillon est toujours en Catalogne.

Le Chef de Bataillon Adhemar sera blessé au combat de Molins del Rey le 11 février 1810.

Le Lieutenant Lugnot sera blessé devant Hostalrich le 1er avril.

En mai 1811, les cadres du Bataillon sont rappelés en France pour y être complétés.

Le 4 juillet 1811, à Saint-Cloud, "Le maréchal Macdonald demande que l'incorporation des hommes disponibles des 4es bataillons des 2e, 37e, 56e et 93e de ligne dans d'autres corps soit retardée, en raison de l'éloignement de ces bataillons" ; "Accordé de les retarder, pourvu toutefois que cela ne dépasse pas 15 jours après la prise de Figuières" répond l'Empereur (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 4, lettre 5736).

/ 1812, la campagne de Russie

Actée dès la fin de 1811, la confrontation prochaine avec la Russie fait mobiliser les ressources du Grand Empire.

Le 25 décembre 1811, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la guerre, à Paris : "Monsieur le Duc de Feltre, je juge convenable de changer la formation de la 6e division du corps d’observation de l’Elbe, qui n’était encore formée que sur le papier. En conséquence, cette division sera composée de quinze bataillons, savoir : de quatre bataillons du 24e léger, qui partiront de Paris le 16 janvier, de quatre bataillons du 19e de ligne, qui partiront de Boulogne le 15 janvier, de quatre bataillons du 56e qui partiront le 20 janvier, et trois bataillons du 128e. Deux bataillons seront fournis sur-le-champ; le troisième bataillon partira aussitôt que possible.
La 6e division se réunira le 1er janvier à Osnabrück avec son artillerie, génie, administration, etc. Le général Legrand la commandera; il sera rendu à Osnabrück le 1er février. Les généraux de brigade Albert et Maison seront employés dans cette division. Vous consulterez le général Legrand pour nommer le troisième général de brigade et l’adjudant commandant nécessaire à la division, laquelle sera composée de trois brigades
".

Le 27 décembre 1811, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Maréchal Davout, Prince d’Eckmühl, commandant le Corps d’observation de l’Elbe, à Hambourg : "Mon Cousin, mon intention est que les deux bataillons de Bade, qui sont à Danzig, soient portés sur les états comme attachés à la 1e division du corps d’observation de l’Elbe, que les deux bataillons de Hesse-Darmstadt soient portés comme attachés à la 4e division, et que les deux premiers bataillons du 127e soient attachés sans délai à la 3e division (du général Gudin). Par ce moyen, les cinq premières divisions de votre corps d’armée formeront quatre-vingt-sept bataillons, et vous vous trouverez gagner une augmentation de six pièces de campagne. Donnez des ordres en conséquence. Vous avez reçu l’organisation des 6e, 8e et 9e divisions qui se composent, savoir :
La 6e division, de quatre bataillons du 24e léger, de cinq bataillons du 19e de ligne, de cinq bataillons du 56e, de deux bataillons du 128e
(d’abord et d’un troisième dans le courant de l’année; ce qui fera d’abord seize bataillons)".

Dès le début janvier 1812, Napoléon fait le compte de ses forces et commence à composer sa nouvelle Grande Armée. Le 2 janvier 1812, il adresse ses hypothèses de travail au Général Lacuée, à Paris : "Monsieur le Comte de Cessac, je vous envoie pour votre gouvernement l’organisation de la Grande Armée. Le corps de l’Elbe formera deux corps. Il est nécessaire d’envoyer un ordonnateur à chaque corps et tout le personnel d’administration qui est indispensable. Présentez-moi un objet d’organisation. Comme je n’ai pas encore organisé en deux corps le corps d’observation de l’Elbe, envoyez-y tout double.
NOTE SUR L’ORGANISATION DE LA GRANDE ARMÉE.
La Grande Armée sera partagée en quatre corps : le corps d’observation de l’Elbe en fera deux ; le corps d’observation de l’Océan en fera un ; le corps d’observation d’Italie en fera un autre. La Grande Armée sera organisée, en 15 divisions d’infanterie ...
6e division (se réunit à Osnabrück) : 26e léger, 4 bataillons; 56e de ligne, 5 bataillons; 19e de ligne, 5 bataillons; 128e de ligne, 2 bataillons; total, 16 bataillons
".

Le 9 janvier 1812, à Paris, on présente à l'Empereur les "Ordres de mouvements donnés aux 19e, 123e et 56e de ligne ; les 19e et 123e partiront le 15 janvier, le 56e seulement le 20 janvier" ; l'Empereur répond "Approuvé ces ordres, le 56e ne devant se rendre qu'à Osnabrück" (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1911, t.3, lettre 4885 ; Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 5, lettre 6624).

Le 10 janvier 1812, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Maréchal Davout, Prince d’Eckmühl, commandant le Corps d’observation de l’Elbe, à Hambourg : "Mon Cousin, j’ai formé quatre corps d’armée. Le corps d’observation de l’Elbe sera composé de vos cinq premières divisions et des lere et 2e brigades de cavalerie légère. Le 2eme corps de l’Elbe sera commandé par le duc de Reggio et sera composé des 6e, 8e et 9e divi­sions et des 5e et 6e brigades de cavalerie légère. Le quartier général du duc de Reggio sera à Munster, et tout sera réuni au 15 février".

Le 56e de Ligne est incorporé dans la 6e Division Legrand, 2e Brigade Moreau.

Le 22 février 1812, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Prince de Neuchâtel et de Wagram, Major général de l’Armée d’Espagne, à Paris : "Mon Cousin, donnez ordre au duc de Reggio de mettre en mou­vement la division Legrand, aussitôt la réception du présent ordre, et de la diriger sur Magdeburg ; de mettre en mouvement la division Verdier et de la diriger sur Brunswick ; de mettre en mouvement la division Belliard et de la diriger sur Munster; de porter son quartier général à Magdeburg, où il est nécessaire qu’il soit rendu le 5 mars.
Vous donnerez l’ordre que les 5e bataillons des 56e et 19e et le 4e bataillon du 123e rejoignent leurs régiments à leur passage à Magdeburg. Le tiercement se fera entre tous les bataillons
".

En Mars 1812, Oudinot gagne Berlin.

/ Uniformes

Figure 1 : Le Colonel Boutroue en 1804 aux Grenadiers de la Réserve. Les hommes arrivèrent avec la tenue de leurs corps. Les Grenadiers ou Carabiniers se voient dotés d’un bonnet d’oursin et les Chasseurs de Ligne comme de légère d’un shako. Les cheveux sont coupés courts « à la Titus ». L’étude de la correspondance du Colonel Boutroue nous fournit des détails sur sa tenue. En avril 1804, il précise qu’il est à cheval 6 ou 7 heures par jour sans arrêt à manœuvrer et qu’il n’a pas trop de ses trois chevaux. Le 6 juillet, le voici fait Officier de la Légion d’Honneur. Le 28 mai 1804, Boutroue se fait fabriquer un bonnet d’oursin et peau d’ours noir, précisant que tous les Officiers supérieurs de la Division en ont. Il doit y avoir une plaque en cuivre dorée sur le devant avec un grenade, sans inscription ; des garnitures dorées et des jugulaires "en écailles de poisson".

Figure 2 : Fusiller du 56e de Ligne en 1805.

Figure 3 : Fusilier du 56e de Ligne en 1807, vu par la Chronique de Lunebourg, au moment où le Régiment est, à la fin 1807, en Allemagne du Nord. On note plusieurs détails de l’uniforme intéressants. Le shako, encore sans jugulaire, est orné d’une plaque en cuivre tout particulière propre au Régiment (voir figure 3 bis). L’uniforme est assez classique pour l’Infanterie de Ligne mais la patte de parement est à 4 boutons. Les retroussis blancs sont ornés du chiffre du Régiment, inscrit en rouge.

/ Les drapeaux du 56e de Ligne

En 1804, le Régiment va recevoir 4 Aigles et drapeaux modèle Chaillot.

Il ne doit plus en porter qu’une en 1809. En effet, le 8 avril 1809, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Maréchal Berthier, Major général de l'Armée d'Allemagne : "... j'approuve que tous les corps renverront leurs aigles en France hormis une qu'ils garderont. En attendant qu'ils aient des enseignes, vous les autoriserez à faire faire pour chaque bataillon des enseignes très-simples, sans devise et le tiers de celles qu'ils avaient autrefois. Ces enseignes sont pour leur servir de ralliement ; elles n'auront aucune décoration de bronze, elles porteront seulement le numéro du régiment et du bataillon. Quant au corps du général Oudinot, il faut que chaque bataillon fasse faire un petit drapeau d'un simple morceau de serge tricolore, portant d'un côté le numéro de la demi-brigade et de l'autre le numéro du bataillon, comme, par exemple, 4e bataillon du 6e d'infanterie légère d'un coté, et de l'autre 1re demi-brigade légère, etc. Il faut faire pour cela très-peu de dépense. J'en ferai faire de très-belles, que je donnerai moi-même aussitôt que possible" (Correspondance de Napoléon, t.18, lettre 15030 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20750).

Mais on ne sait ce qu'il fait des trois autres.

Le 28 juin 1809, depuis Schönbrunn, Napoléon ordonne : "Article 1er. Les 1er et 2e porte-aigles de chaque régiment seront armés d'un esponton formant une espèce de lance de cinq pieds, auquel sera attachée une banderole, qui sera rouge pour le premier porte-aigle, blanche pour le second. D'un côté sera le nom du régiment, de l'autre le nom de l'Empereur.
Art. 2. Ces espontons seront fournis par le ministre de la guerre mais, en attendant, les régiments seront autorisés à s'en procurer. Cet esponton sera une espèce de lance dont on se servira comme d'une baïonnette. Les banderoles blanche et rouge serviront à marquer le lieu où se trouve l'aigle.
Art. 3. Le premier et le second porte-aigles porteront, indépendamment de l'esponton, une paire de pistolets, qui seront dans un étui, sur la poitrine, à gauche, à la manière des Orientaux
" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 3, lettre 3281).

En 1812, il reçoit un nouveau drapeau, modèle 1812, portant ECKMUHL ESSLING WAGRAM. Le drapeau et l’Aigle sont ramenées de Russie et se trouvent au Dépôt de Groningue en décembre 1813.

A la première Restauration, renuméroté 52e de Ligne, il reçoit un drapeau royal.

En 1815, aux Cent-Jours il reçoit une nouvelle Aigle et un nouveau drapeau qui ne sont pas détruits à la seconde Restauration. Aujourd'hui dans les collections du Musée de l'Armée

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