Le 28e Régiment d'Infanterie légère

1800-1814

Avertissement et remerciements : Cet article, que nous compléterons au fur et à mesure de nos découvertes ultérieures, nous a été adressé par notre collègue du Bivouac, Didier Davin, que nous remercions tout particulièrement pour sa disponibilité et son érudition.

La 28e Demi-brigade d'Infanterie Légère de seconde formation est composée de l’amalgame en 1796 d’une multitude d'unités devenues faméliques :
- Demi-brigade de l'Ardèche ;
- Demi-brigade de Gers et Bayonne ;
- Demi-brigade de Gironde, Lot-et-Garonne ;
- 1er Bataillon d'infanterie légère ;
- 2e Bataillon d'infanterie légère ;
- 4e Bataillon de la Dordogne ;
- 31e Bataillon des Réserves ;
- 5e Bataillon de la Charente-inférieure ;
- 1er Bataillon de Paris pour la Vendée ;
- 2e Bataillon de Chinon (Indre-et-Loire) ;
- 12e Bataillon de Haute-Saône ;
- 14e Bataillon de la formation d'Orléans ;
- 4e Bataillon de Maine-et-Loire ;
- 2e Bataillon de Saint-Amand (Nord).

1800-1804, LE CONSULAT

- 1800

Face aux Autrichiens, Bonaparte décide de porter le fer en Italie tandis que Moreau lancera son offensive en Allemagne. Avant de franchir les Alpes, il organise une Armée de Réserve pour venir porter secours à l’Armée d’Italie en mauvaise posture.

Fin mars, la 28e Demi-brigade légère compte 1150 hommes à la 8e Division, Armée d’Italie (Quartier-général à Embrun), Aile Gauche sous le Général Turreau.

Rapidement, cette aile gauche est rattachée à l’Armée de Réserve. Au début avril, une partie de l’Armée d’Italie a du se retrancher dans Gênes. Les Autrichiens ayant fait mouvement sur le Mont Cenis, Turreau est envoyé s'y opposer.

"Rapport des mouvements opérés dans le courant du mois de germinal par les 8e et 9e divisions formant l'aile gauche de l'armée d'Italie sous les ordres du général Turreau.
Embrun, le 1er floréal an 8 (21 avril 1800).
8e division (4,694 hommes).
Le 20 germinal, les troupes composant l'avant-garde, au nombre de 1200 hommes, se sont rassemblées à Fénil et en sont parties à huit heures du soir, pour aller attaquer l'ennemi, qui avait des postes en avant d'Exilles. Arrivées à Oulx, elles se sont partagées en deux colonnes : la première, forte de 400 hommes, en est partie deux heures avant la seconde pour gagner les hauteurs jusqu'à Ramasse et, de là, tomber sur Exilles pour s'en emparer.
La deuxième, forte de 800 hommes, a continué sa route deux heures après le départ de la première et est arrivée aux avant-postes de l'ennemi à cinq heures du matin. Il a été attaqué, et, après s'être battu pendant environ deux heures, les troupes se sont emparées d'Exilles; l'ennemi a perdu, dans cette affaire, environ 45 hommes tués ou blessés et 30 prisonniers; il n'y a eu, de notre côté, que 3 blessés.
Le soir, sur les cinq heures, l'ennemi, fort d'environ 2,400 hommes, est venu attaquer nos troupes dans les positions qu'elles avaient prises à Exilles et les a contraintes de les abandonner pour un instant ; mais il a été de nouveau attaqué et obligé, après trois heures de combat, de se retirer ; il a perdu, dans cette seconde affaire, 50 à 60 tués ou blessés et 90 prisonniers ; nous n'avons eu que 7 blessés et 2 prisonniers pris en poursuivant l'ennemi.
Le 22, nous nous sommes retirés d'Exilles, n'ayant point assez de force pour soutenir ce poste, et avons pris position à Oulx, où nous avons (sic) resté jusqu'au 24 et, de là, sur les anciennes positions, à Fénil.
Dans le nombre de nos blessés, se trouve l'adjudant général Blamont, qui commandait l'avant-garde, et s'est comporté avec la plus grande bravoure et a été blessé à la tête de la colonne, au pont d'Exilles, lorsque l'ennemi lui en disputait le passage.
Le citoyen Pracfke, chef de bataillon de la 28e demi-brigade légère, a été également blessé au même passage, et s'est, de même, parfaitement distingué. Le citoyen Capue, capitaine au même corps, a montré le plus grand courage.
La 28e légère, qui commandait cette avant-garde, s'est battue avec la plus grande intrépidité, et on ne saurait lui donner trop d'éloges de la conduite qu'elle a tenue dans cette affaire.
Le 26, l'ennemi a attaqué à dix heures du matin, avec 2 pièces de canon, les avant-postes de Fenestrelles, placés entre le Villaret et Mentoulles; les tirailleurs républicains ont repoussé ceux de l'ennemi et, par ce moyen, les 2 pièces se sont repliées sur Villaret; la force de l'ennemi était de 400 hommes.
Le soir, entre cinq et six heures, l'ennemi, renforcé de 600 hommes du régiment de Rohan et de 60 hussards, a fait une seconde attaque, encore avec ses 2 pièces de canon. Nos postes, obligés de céder à la force supérieure, se sont repliés sur la place ; encouragés par le feu des forts, 150 républicains, au plus, de la 26e de bataille, ont repoussé l'ennemi jusqu'à Villaret. Nous n'avons eu, dans cette affaire, que 3 hommes blessés ; l'ennemi a perdu 12 morts, plus de 60 blessés et 4 prisonniers.
Le 27, les avant-postes ont détaché des patrouilles qui se sont fusillées respectivement et l'ennemi est toujours retourné à ses anciennes positions
".

Tandis que l’Armée va passer les Alpes, Berthier prévient Turreau : "Alex. Berthier, général en chef de l'armée de réserve, au général Turreau.
Dijon, le 7 floréal an 8 (27 avril 1800).
Je vous envoie mon aide de camp Laborde pour vous prévenir que l'armée se met en mouvement, de Dijon, pour s'approcher du lac de Genève.
J'apprends que toutes les forces du général Mélas attaquent le général Masséna. J'accélère tous mes mouvements pour faire une diversion en sa faveur, et même pour le secourir, en entrant en Italie aussitôt que possible.
Il est de telles circonstances où la position du général Masséna décidera le Gouvernement à me faire passer par le Mont-Cenis, au lieu d'entrer par le Valais ou le Saint-Gothard ; il est donc important qu'on prépare, à Chambéry, les manutentions et les approvisionnements nécessaires pour pouvoir nourrir l'armée de Réserve, si elle était obligée de filer par le Mont-Cenis
".

Le 16 mai, les Français sont à Aoste et prennent Ivrée le 22.

Pendant ce temps-là, Turreau se dirige sur Suze ; il écrit : "Le général commandant l'aile gauche de l'armée d'Italie, au général de division Dupont, chef de l'état-major général de l'armée de réserve.
Briançon, le 29 floréal an 8 (19 mai 1800).
J'ai reçu, Général, par triplicata, votre lettre du 24 de ce mois. J'ai différé d'y répondre jusqu'au moment où je pourrais vous marquer positivement l'état où je laisse la gauche de l'armée d'Italie.
La retraite du lieutenant général Suchet et les inquiétudes qu'elle me donnait sur Tournoux m’avait fait faire un mouvement général de ma gauche à ma droite, et les ordres que vous m'avez transmis en exigeant un contraire, je n'ai pu déterminer mon attaque sur Suze avant le 1er prairial, jour auquel l'ennemi sera attaqué dans cette position par le Cenis et la vallée d'Oulx.
Je ne laisse que 350 hommes d'infanterie et quelques canonniers à Tournoux, pareille quantité à Fenestrelles, 120 hommes dans le Queyras, et, malgré le peu de forces que je laisse à l'aile gauche, j'aurai à peine 2,400 hommes pour l'expédition projetée, en y comprenant même 2 escadrons du 9e de chasseurs (le reste du régiment n'est pas monté) et 100 cavaliers du 21e régiment. (Le 4e de chasseurs n'est pas encore arrivé et ne peut l'être.)
Je me porte sur Suze avec la 28e demi-brigade d'infanterie légère, comprenant 1,200 combattants.
La 26e de bataille 750
Une réserve de grenadiers 200 Deux escadrons du 9e de chasseurs 200 2,350 combattants
".

Le 25 Mai, tandis que le gros de l’Armée passe en Italie, Turreau a occupé Suze après avoir passé le Mont Genèvre et le Mont Cenis.

L’attaque de Suze n'eût lieu que le 22. Le combat fut acharné et dura jusqu'au soir. Les deux colonnes françaises du Mont-Cenis et de la vallée d'Oulx parvinrent à se donner la main et s'emparèrent de la position.

Extrait du Journal de la campagne de l'Armée de Réserve par l'Adjudant commandant Brossier : "... 2 prairial (22 mai).– Le général Turreau, précédemment commandant l'aile gauche de l'armée d'Italie et dont la division venait d'être réunie à l'armée de Réserve, cherchait les moyens d'opérer une diversion favorable au corps d'armée.
Le 2 prairial, il attaque le village de Gravière, situé au-dessus du pas de Suze, sur la route qui conduit à Briançon par le mont Genèvre. Ce passage, connu dans l'histoire des guerres d'Italie par l'obstacle qu'il a toujours présenté, était couvert de retranchements hérissés d'artillerie.
Le général de brigade Liébault, commandant l'avant-garde, marche avec 800 hommes de la 28e légère et 150 de la 15e pour enlever tous les ouvrages de vive force. Le général Turreau en personne appuie cette attaque avec trois compagnies de carabiniers, quatre de grenadiers, un obusier et une pièce de 8.
L'ennemi soutient vigoureusement le choc et la victoire reste incertaine. Alors la 26e demi-brigade et 100 sapeurs, qui arrivaient à l'instant, reçoivent l'ordre de charger. Un bataillon de cette demi-brigade parvient à tourner le fort Saint-François, le force et chasse l'ennemi de Gravière.
Celui-ci est poursuivi jusqu'à Suze, prend position sur le plateau où existait autrefois le fort de la Brunette et il est obligé d'y capituler
".

Le 27 mai, Turreau a essayé d’avancer vers Ivrée mais a été stoppé et a du se replier vers Bussolino.

L’armée française entre à Milan le 2 juin, tandis que Massena capitule, avec les honneurs, dans Gênes le 5. Le 9 juin, Lannes repousse les Autrichiens sur Alexandrie à Montebello.

Le 14 juin, ce sera Marengo, près d’Alexandrie. Pendant ce temps, les troupes de Turreau sont toujours à Bussolino. Les Autrichiens demandent une suspension d’armes. Une deuxième armée de Réserve s’organise tandis que Moreau a obtenu des succès en Allemagne.

Brune prend le commandement des forces françaises en Italie.

Par Arrêté des Consuls du 9 fructidor an 8 (27 août 1800), la 28e Demi-brigade légère est réduite à deux Bataillons.

Les hostilités ayant repris, Brune force le passage du Mincio fin décembre et va s’emparer de Vérone le 3 janvier. La 28e Demi-brigade faisait partie de l’Avant-garde, Division Delmas, Brigade Cassagne.

- 1801

L’Etat militaire de l’an X (septembre 1801-septembre 1802) nous donne la 28e Demi-brigade légère à Nice avec un détachement embarqué à Toulon. Chef de Brigade Praefke et Chefs de Bataillon : Populus, Piogé et Arné.

- 1802-1803

Un détachement de la 28e Légère, qui se trouvait aux colonies, devait entrer dans la composition de la 11e Légère, Demi-brigade qui ne fut pas formée, et ce détachement entra finalement dans la composition de la 5e Demi-brigade d'infanterie légère.

Pour porter la 28e Demi-brigade à trois Bataillons, le 3e Bataillon de la 11e Légère, qui était resté en France, est intégré dans la 28e. Par l'Arrêté du 1er vendémiaire an XII (24 septembre 1803), l’unité prend le nom de 28e Régiment d'infanterie légère et le Chef de Brigade devient Colonel. Un Major vient renforcer l'encadrement.

En Novembre, Bonaparte ordonne la formation de 11 puis 10 Bataillons d'Elite pour constituer, à Arras, une Division de Grenadiers de la Réserve, mise sous le commandement de Junot. Les Bataillons d'élite sont tirés des 2e, 3e, 12e, 15e, 28e et 31e Léger et des 9e, 13e, 58e et 81e de Ligne. Ils rejoindront Arras très progressivement tout au cours de l'année 1804, voire le début 1805. Les Bataillons d’élite mêlent Carabiniers et Chasseurs.

- 1804

En janvier 1804, le nombre de Bataillons d’élite est fixé à 12, réunis en 6 Régiments mis sous les ordres de Junot. Le 6e Régiment sera formé avec les Bataillons d’Elite des 28e et 31e Léger (voir historique sur le site).

Les Compagnies de Voltigeurs commencent à être formées au 28e Léger d'après un ordre du 13 Mars 1804.

Le 28 mai 1804 (8 prairial an 12), Bonaparte écrit depuis Saint-Cloud au Maréchal Berthier : "Mon Cousin, 60,000 hommes de la conscription de l'an XII ont été mis à la disposition du Gouvernement. Il n'y a point de temps à perdre pour répartir entre les différents corps ladite conscription. Les ... 3e, 12e, 21e, 24e, 25e, 26e et 28e d'infanterie légère ... me paraissent les régiments les plus faibles et ceux qui auront le plus besoin de monde ..." (Correspondance de Napoléon, t.9, lettre 7792; Correspondance générale, t.4, lettre 8915).

L’Etat militaire de l’an XIII (septembre 1804- septembre 1805) nous donne le 28e Léger à Granville , 14e Division Militaire : Colonel Praefke , Major Cabanes, Chefs de Bataillon Populus, Piogé et Chapignac; Chirurgien-major Dumas.

- LA CAMPAGNE DU BATAILLON D’ELITE EN 1805

Sergent Porte-fanion du 28e Léger vers 1805
Fig 2 Sergent de Carabiniers du 28e Léger, Porte-fanion, Division Oudinot, 1805 d’après Rigo (dessin de D. Davin)

Au début de l’année, le Régiment a 3 Bataillons à Boulogne, son Dépôt à Mayence, et son Bataillon d’Elite à Arras.

En mars, les Grenadiers de la Réserve voient arriver leur nouveau chef : le Général Oudinot. Il n’y a plus que 5 Régiments. Les Bataillons d’Elite des 28e et 31e Léger forment le 4e Régiment.

La Division Oudinot quitte Arras en Juin 1805 pour stationner autour de Boulogne. En Juillet, l'Empereur la passe en revue. En Août 1805, le Bataillon d'élite compte alors 700 hommes. Il est alors sous le commandement du Chef de Bataillon Piogé. Le Régiment lui-même est sous l’autorité du Major du 28e Léger, Cabanes de Puymission, et compte aussi son Chirurgien-major, Dumas.

Le Bataillon d’Elite du 28e Léger compte 3 Compagnies de Carabiniers et 3 Compagnies de Chasseurs des trois Bataillons du Régiment.

Quittant ses cantonnements le 26 Août à Wimereux (Pas de Calais), à l'avant-garde de l'Armée des Côtes de l'Océan, bientôt Grande Armée, la Division Oudinot rejoint Strasbourg. Elle est alors affectée au 5e Corps sous les ordres du Maréchal Lannes, traverse l'Allemagne pour se retrouver à Wertingen le 8 Octobre et défaire l'ennemi.

Le 11 Octobre, la Division combat des Dragons autrichiens à Wullenstetten, et participe au siège d'Ulm.

Le 28 Octobre, elle entre en Autriche à Braunau en passant l'Inn, s'empare de Linz le 2 Novembre et, poursuivant l'ennemi qui livre des combats de retardement, entre dans Vienne le 13, en s'emparant par audace du pont de Thabor. On en profite pour récupérer des effets dans les magasins autrichiens.

La poursuite continue. Le 16, la Division est devant Hollabrünn.

Le 19 novembre, Napoléon les passe en revue à Brünn.

Extrait du journal du Chirurgien-major Dumas du Bataillon d’Elite du 28e Léger : "Brünn, le 29 Brumaire an XIV (20 novembre 1805), (cantonnement). Nous sommes arrivés devant Brünn à 10 heures du matin avec la division Suchet, nous nous sommes mis en bataille devant la place dans une vaste plaine et avons été passés en revue par l'Empereur qui est descendu dans beaucoup de détails, relatifs aux bataillons, avec les chefs de corps, nous sommes entrés dans la ville à trois-heures après-midi, notre bataillon logea à la citadelle et les officiers logèrent en ville.
Séjour le 30 (21) (cantonnement). Le matin, la division sortit par la porte d'Olmutz, nous nous sommes mis en bataille dans une plaine à une lieue de là, après, nous sommes rentrés en ville et avons repris nos quartiers respectifs.
Séjour le 1er frimaire (ou 22 novembre 1805), (cantonnement). Notre bataillon passa la revue, à la citadelle, du général Dupas; on échangea une quantité de vieux fusils contre des fusils neufs autrichiens, pris à l'arsenal de la citadelle.
Rotzikovitz le 2 (23), (cantonnement). La brigade du général Dupas quitta Brünn pour aller occuper les villages de Carthaus et de Rotzikovitz, les deux autres brigades restèrent en ville. Je fus logé avec le capitaine Gerrain chez un polacre ne parlant ni français, ni allemand, ni italien, ni latin
".

Oudinot, blessé à Gunthersdorf, est remplacé provisoirement par Duroc. Le 28, la Division Oudinot se trouve à l'aile gauche de l'Armée pour les prémices de la bataille d’Austerlitz.

Extrait du journal du Chirurgien-major Dumas : "Au bivouac, le soir près de bois du village de Schlapanitz, le 7 (28), (bivouac). - A quatre heures du soir, une canonnade se, fait entendre sur la route de Brünn à Wischau; la division réunie à 5 heures à Brünn s'est portée à deux lieues en avant et a bivouaqué le reste de la nuit. La 3e brigade à gauche de la route, la 2e sur la droite et la 1e au-dessus de Schlapanitz près le bois. Cette soirée nous vîmes très distinctement les feux des bivouacs russes.
Au camp du Mamelon de l'Empereur, au-dessus de Schlapanitz, le 8 (29), (bivouac). - Le matin, nous abandonnâmes le bois de Schlapanitz, nous vînmes prendre position, notre droite au mamelon de l'Empereur, le camp fut établi ainsi. La 3e brigade à la gauche de la route, nous étions dans une espèce d'amphithéâtre adossé au mamelon que l'Empereur choisit pour son quartier général et qu'il fit fortifier de 6 pièces de canon dont deux du calibre de 12.
Canonnade réciproque toute la journée.
Même position le 9 (30), (bivouac). - L'armée ennemie, rendue audacieuse par le petit succès qu'elle avait obtenu à Wischau, vint établir ses bivouacs en présence de notre campement à portée du canon ; on voyait parfois dans la plaine l'irruption de ses cosaques.
Il y eut une canonnade réciproque presque toute la journée.
Même position le 10 (1 décembre 1805), (bivouac). - Notre corps d'armée, composé de la division de grenadiers, de la Garde de l'Empereur, de la division Suchet et de la cavalerie du prince Murat, fut renforcé le matin par l'arrivée des trois divisions du maréchal Soult, de celle des maréchaux Davout et Bernadotte. L'Empereur passa une partie de la journée sur son mamelon pour observer les mouvements de l'armée ennemie et faire les dispositions. Il monta à cheval très souvent pour visiter les divers points occupés par son armée et pour donner les ordres nécessaires. L'ennemi ne cessa de manœuvrer toute la journée en se dirigeant vers notre aile droite.
Je visitai avec plusieurs officiers du régiment, MM. Camus et Sigrail, le Santon, position que l'Empereur avait confiée au 17e régiment d'infanterie légère ; il l'avait fortifiée de 13 pièces de canon, on voyait de dessus cette éminence parfaitement les mouvements des cosaques.
Toute la ligne fut établie à 7 heures du soir.
A 10 heures, par un mouvement spontané, tous les camps célèbrent l'anniversaire de la veille du couronnement de l'Empereur par des brandons de paille allumée aux cris mille fois répétés de "Vive l'Empereur" et les musiques des régiments faisaient retentir les airs de marches triomphales et guerrières. Ce spectacle était beau et attendrissant. L'Empereur a couché cette nuit dans son bivouac établi dans l'anfractuosité d'un rocher, très près du Mamelon, ayant derrière lui sa Garde et en avant les grenadiers de la division.
A minuit, il est monté à cheval pour visiter ses avant-postes, de retour à 2 heures, il a reparu sur le Mamelon à 5 heures
".

A Austerlitz, le 2 Décembre, la Division vient en appui du 4e Corps de Soult. Oudinot, quoique convalescent, vient reprendre son commandement.

Journal de Dumas: "Notre division qui suivait immédiatement les mouvements de Bernadotte arrivée sur les hauteurs de Pratzen; sa 1e brigade, général Dupas, reçut l'ordre verbal de l'Empereur ci-joint :
Dupas porte la brigade au pas de course vers ces bougres-là et qu'il n'en réchappe pas un.
L'exécution suivit l'ordre. Les deux autres brigades suivirent le même mouvement (sur la droite).
Pendant la canonnade de l'artillerie de la Garde sur les lacs de Satczan, la division de grenadiers avait resté en bataille près de l'endroit où elle fit 5.000 prisonniers
".

Le lendemain de la bataille, alors que la Division avance vers Olmütz, elle est rappelée en arrière pour tenir une nouvelle fois garnison à Vienne.

Le 6 Janvier, la Division quitte Vienne et rallie Strasbourg le 27 Janvier 1806.

- 1805, LE RESTE DU REGIMENT

Pendant ce temps, les trois Bataillons «ordinaires» du Régiment sont sur les côtes de la Manche.

Napoléon écrit, depuis Linz, le 8 novembre 1805 : "... Le 28e régiment d'infanterie légère, le 31e régiment d'infanterie légère se rendront à Boulogne pour y remplacer les troupes qui vont à Anvers".

- 1806, LE BATAILLON D’ELITE REJOINT LE REGIMENT POUR LA CAMPAGNE CONTRE LA PRUSSE

Arrivé à Strasbourg fin janvier, Oudinot reçoit l'ordre d'occuper la Principauté de Neuchâtel en Suisse, cédée par la Prusse après le traité de Schönbrunn.

Le 16 mars, l'avant-garde atteint La Chaux-de-Fonds, puis Locle. La Division entière suit et, le 18 mars, descend sur Neuchâtel, sauf le Bataillon d'élite du 58e qui reste au Locle. Oudinot entre à Neuchâtel avec ses Grenadiers le 18 mars 1806 comme Commissaire Impérial. Les Bataillons d'élite qui occupaient la Principauté de Neuchâtel quittèrent progressivement le pays dès la fin du mois d'avril 1806.

Le 1er avril 1806, ordre est donné de faire partir le Bataillon d'élite du 3ème régiment d'infanterie légère pour Parme, où il rejoindra son Régiment, ainsi que les Bataillons des 2ème et 12ème Régiments d'infanterie légère pour Paris où ils rejoindront également leur Régiment. Le 17 mai, ordre est donné au Bataillon d'élite du 31ème Régiment d'infanterie légère de rejoindre son Régiment à Napoléon (La Roche sur-Yon), département de la Vendée. Ne restent que trois Bataillons de Grenadiers dans la Principauté, ceux des 15e Léger, 28e Léger et 58e. Le 19 juin, le Général de Brigade Ruffin les fait manoeuvrer "près le gibet de Boudry". Le 58e est chargé de défendre une position que les deux autres Bataillons attaquent.

En Juillet, ce qui reste de la Division Oudinot est rattachée au Ve Corps de Mortier.

Enfin, le 29 août 1806, ordre est donné aux Bataillons d'élite des 15ème Régiment d'infanterie légère et du 58ème Régiment d’infanterie de ligne de rejoindre leurs Régiments à Paris. Ils quitteront Neuchâtel le 7 septembre 1806. Selon cet ordre, il ne restera à Neuchâtel que le Bataillon d'élite du 28ème léger, qui partira bientôt pour Mayence rejoindre son Régiment.

Le 10 septembre 1806, Napoléon écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Dejean : "Vous donnerez l’ordre au 28e d’infanterie légère, qui est au camp de Boulogne, de se rendre à Mayence, où il recevra de nouveaux ordres.
Vous donnerez le même ordre au bataillon d’élite qui est à Neuchâtel
".

Le 19 septembre 1806, l'Empereur écrit encore, depuis Saint-Cloud, au Général Dejean : "Les deux bataillons du 4e partiront le 22. Faites partir ces troupes par les relais établis pour le transport de ma Garde. Envoyez l’ordre aux détachements du camp de Boulogne et au 28e d’infanterie légère, ainsi qu’à son bataillon d’élite, de ne point faire de séjours et marcher droit sur Mayence, pour y arriver le plus tôt possible. Si le bataillon d’élîte du 28e d’infanterie légère est à portée du Rhin, il serait convenable de le faire embarquer; de cette manière il arriverait sans se fatiguer et très-promptement à Mayence".

Le 20 septembre 1806, à 6 heures du matin, Napoléon écrit, depuis Saint-Cloud, au Maréchal Berthier : "Mon Cousin, je vous envoie le mouvement de l'armée. C'est aujourd'hui le 20 septembre, six heures du matin. J'espère que vous recevrez ma lettre dans la journée du 24, et qu'avant le 3 ou le 4 octobre toutes mes intentions seront exécutées. Je compte être à Mayence le 30 septembre et probablement le 2 ou le 3 à Würzburg. Là je déciderai mes opérations ultérieures".

Après les victoires de Iéna et Auerstedt le 14 octobre et l’écrasement de l’Armée prussienne, restent les Russes qui ont tardé à venir soutenir leurs alliés et que Napoléon va rencontrer en Pologne. Le 4 novembre 1806, l'Empereur écrit, depuis Berlin, au Maréchal Berthier : "Mon Cousin, mon intention est que le corps d’armée du maréchal Lannes soit partagé en trois divisions : la 3e sera sous les ordres du général de division Victor et sera composée du 28e régiment d’infanterie légère et des 64e et 88e; ces deux régiments seront ôtés à la division Suchet, une division de cinq régiments étant trop considérable pour pouvoir être maniée sur un champ de bataille. La division du général Victor aura douze pièces de canon. Je donne ordre, à cet effet, qu’une division de six pièces, actuellement attachée à la Garde et servie par l’artillerie à pied, passe au corps du maréchal Lannes. Le général Songis y joindra deux pièces de 12 du parc, ce qui fera huit, et y fera passer le plus tôt possible quatre pièces de 3, ce qui complétera les douze pièces. Vous donnerez donc l’ordre au maréchal Lefebvre de faire partir demain, à cinq heures du matin, sous la conduite du colonel du 28e régiment d’infanterie légère, la division d’artillerie de la Garde qui a été organisée à Mayence, et que je suppose servie entièrement par l’artillerie à pied.
Le 28e partant demain, à cinq heures du matin , vous donnerez l’ordre au général Songis de faire arriver ce soir, du parc de Spandau, deux pièces de 12 , et, s’il est possible, quatre pièces de 3, et de les réunir à la division d’artillerie qui a été formée à Mayence, afin que cette artillerie puisse partir, sous l’escorte du 28e régiment, pour Stettin, où elle arrivera au plus tard dans la journée du 7. L’artillerie et les troupes qui partent pour Stettin prendront du pain pour quatre jours. Vous instruirez de cette disposition M. le maréchal Lannes, et vous ordonnerez au 28e régiment d’infanterie légère de marcher en règle
".

Le 7 novembre 1806, depuis Berlin, l'Empereur écrit au Maréchal Lannes : "Donnez ordre que tout ce qui arrivera de votre corps s’arrête à Stettin, pour en renforcer la garnison, jusqu’à nouvel ordre".

Les places prussiennes tombent les unes après les autres.

Le 9 décembre 1806, l'Empereur écrit, depuis Posen, au Maréchal Berthier : "Donnez ordre au général qui commande à Küstrin de faire partir sur les 600 hommes du dépôt du 6e corps et sur les 460 hommes du 7e corps tout ce qui est armé et habillé, ayant une capote, deux paires de souliers dans le sac et étant dans le cas de rejoindre. Rappelez les 5 hommes de la gendarmerie d’élite qui sont à lMeseritz. Donnez ordre à Spandau qu’on fasse partir les 10 hommes du 28e légère, les 20 hommes du 24e, les 6 hommes du 6e, les 35 hommes du 27e de ligne, les 306 hommes isolés et les 84 du 6e corps, après toutefois les avoir pourvus de fusils et de tout ce dont ils auront besoin. Vous les ferez diriger sur Küstrin et de là sur Posen".

Les combats indécis de Pultstuck et Golymin (26 décembre) n’ont pas permis d’encercler l’armée russe.

- 1807

Plaque de shako du 28e Léger vers 1807
Plaque de shako du 28e Léger vers 1807

Les troupes françaises se reposent quand Bennigsen, nouveau Général en chef russe, lance une offensive fin janvier. Napoléon lui tend un piège mais les Russes réussissent à s'en échapper.

Le 21 janvier 1807, l'Empereur écrit, depuis Varsovie, au Maréchal Berthier : "... Donner ordre au même de faire partir pour Varsovie les détachements des 12e de ligne, 2le de ligne, 25e et 85e, des 100e, 103e, 21e léger, 28e idem, 34e, 40e, 64e, 88e et 17e léger, qu'il a à son dépôt, en les faisant marcher bien en ordre, de choisir une église ou un lieu couvert afin de faire exercer les conscrits qui passent à son dépôt, et de s'y rendre fréquemment lui-même afin de s'assurer qu'on pousse leur instruction autant que possible".

Le 7 février, les deux armée se rencontrent au cours de la sanglante bataille d’Eylau.

Depuis début janvier 1807, le 28e Léger (2 bataillons soit 65 Officiers et 1367 hommes) fait partie de la 2ème Division Gazan du 5e Corps de Lannes.

Une Compagnie de Carabiniers et une Compagnie de Voltigeurs du 3e Bataillon sont affectées à une Division de Grenadiers de Réserve, au 7e Régiment, confiée une fois de plus à Oudinot.

Le 5e Corps ne participe pas à Eylau. Tandis qu'arrive en Pologne, venant de Moldavie, un corps russe de 25.000 hommes aux ordres du Général Essen. Celui-ci reçoit l'ordre de se porter sur Ostrolenka, sur la Narew. Position que défend le 5ème Corps, placé provisoirement sous l'autorité de Savary.

Le 16 février, des combats acharnés ont lieu pour le contrôle de la ville. Les Russes finissent par être repoussés après de lourdes pertes, dont le Général Souvarov, fils du célèbre Maréchal. Le 28e Léger déplore des pertes.

L'armée française prend enfin ses quartiers pour se retaper. Le 5e Corps rentre sur Varsovie. Il passe sous le commandement de Masséna.

Le 13 mars 1807, à 2 heures du matin, l'Empereur écrit, depuis Osterode, au Maréchal Masséna, à Pulstuk : "Mon Cousin, l'aide de camp que je vous ai expédié me remet votre lettre. Le major général vous aura fait connaître mes intentions, je désire que la division Gazan se trouve à Willenberg pour trois buts : 1° pour que, si l'ennemi m'attaque, je puisse avoir cette division le troisième jour à Osterode ; 2° parce qu'elle maintiendra d'une manière solide et pertinente mes communications avec vous, et que Willenberg est la clef de l'Omulev; 3° parce que mon intention est de marcher à l'ennemi dans une quinzaine de jours. Je puis réunir, par marches composées, 140,000 hommes, et l'exterminer".

Le 31 mars 1807, l'Empereur écrit, depuis Osterode, au Maréchal Berthier : "Vous enverrez à chaque maréchal ce qui, dans les dispositions suivantes, concerne son corps d'armée, et sans que l'un connaisse ce qui regarde l'autre.
1° Il est accordé aux régiments dont l'état suit 18 aigles de Légion d'honneur, dont 9 aux officiers et 9 aux sous-officiers et soldats qui se sont fait remarquer par leur courage et leur bonne conduite depuis le commencement de la guerre de la quatrième coalition : 4e, 8e, 12e, 14e, 17e, 18e, 21e, 24e, 27e, 28e, 30e, 32e, 34e, 39e, 40e, 43e, 44e, 45e, 46e, 50e, 51e, 54e, 55e, 57e, 59e, 61e, 63e, 64e, 69e, 75e, 76e, 85e, 88e, 94e, 95e, 96e, 100e, 103e, 105e, 108e, 111e d'infanterie de ligne; 6e, 7e, 9e, 10e, 13e, 15e, 16e, 17e, 24e, 25e, 26e, 27e et 28e d'infanterie légère
".

Officier du 28e Léger vers 1807-1808
Fig 3 Officier de Chasseurs du 28e Léger vers 1807-1808

Au 1er Avril, les deux premiers Bataillons du 28e Léger sont toujours à la Division Gazan du 5e Corps. Au début mai, le 3e Bataillon à Mayence doit rejoindre.

La belle saison est revenue et avec elle la reprise des manœuvres. Ce sont les Russes qui débutent les hostilités, concentrant leurs efforts sur Ney.

Le 5 juin 1807, ont lieu les combats de Guttstadt et Deppen.

Mais, à l'arrière, Napoléon a concentré 150.000 hommes, tandis que Ney recule pied à pied. Les Russes décident alors de se replier sur Heilsberg. L'avant-garde de Murat entre au contact et celui-ci, comme à son habitude, lance sa cavalerie à l'attaque. Les Russes finissent par reculer avec l'arrivée des renforts français et vont se coincer eux même dans la nasse de Friedland, le 14 Juin. Le 28e Léger y aura quelques pertes.

Le 15 juin, Koenigberg tombe aux mains de Soult. Benningsen passe le Niémen et brûle tous les ponts derrière lui.

Comme on le sait, la campagne va se terminer sur les bords du Niémen le 25 juin par l'entrevue de Tilsitt. La Prusse est démembrée et sont créés un royaume de Westphalie et un Duché de Varsovie. Les forces françaises peuvent souffler.

- FIN 1807, DEBUT 1808 : L’ESPAGNE

L’autre grande affaire pour l’Empereur après Tilsitt, c’est le Portugal et l’Espagne où il décide d'envoyer des troupes fin Août.

Sous prétexte de la campagne au Portugal, les troupes françaises, organisées en divers Corps d'observation, pénètrent largement chez leur allié et s'emparent des points stratégiques, tandis que la monarchie espagnole se déchire dans des querelles familiales. Le peuple espagnol et l'armée subissent cela en rongeant leur frein.

On retrouve un petit détachement du 28e Léger (10 Officiers, 452 hommes) au 7e Régiment provisoire d'Infanterie Légère (Major Deslon) dans le Corps d’Observation des côtes de l’Océan, commandé par le Maréchal Moncey et formé en novembre 1807.

Le 11 novembre 1807, l'Empereur écrit, depuis Fontainebleau, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le Général Clarke Clarke, le corps d'observation des côtes de l'Océan ne sera réuni à Metz, Nancy et Sedan, tout entier, que vers le 25 novembre ; cela ne peut point cadrer avec mes projets ... Quant aux quatre compagnies du 17e d'infanterie légère, qui arrivent toutes ensemble, à celles du 34e de ligne, à celles du 51e de ligne, à celles du 61e, à celles du 94e, à celles du 95e, à celles du 28e d'infanterie légère, à celles du 25e d'infanterie légère, à celles du 105e de ligne, à celles du 14e de ligne, à celles du 85e, à celles du 3e, à celles du 21e, à celles du 33e, formant quatorze bataillons, chacun de 600 hommes, c'est-à-dire de 7 à 8,000 hommes, ils continueront leur route sans s'arrêter jusqu'à Orléans, en marche ordinaire, et ils seront formés à Orléans ..." (Correspondance de Napoléon, t.16, lettre 13344 ; Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 16760).

Moncey et ses troupes pénètrent en Espagne au début 1808.

Le 7 janvier 1808, Napoléon écrit, depuis Paris, au Maréchal Moncey, commandant l’Armée des côtes de l’Océan : "J’ai reçu vos lettres de Bordeaux du 23 et du 29 décembre.
Votre quartier général doit être à Vittoria le 10 janvier. Ne forcez cependant la marche d’aucune troupe; rien ne presse. Envoyez au ministre de la guerre les états de situation, bien exacts, de votre armée. Je vous laisserai séjourner quelques jours dans la Biscaye, pour que vous puissiez bien vous former et organiser vos divisions
".

Février 1808, Murat est nommé Lieutenant de l’Empereur en Espagne et va prendre le commandement de toutes les troupes françaises dans la péninsule ; il a ordre de s’emparer des places fortes de notre allié.

Pendant ce temps, le gros du 28e Léger est toujours au 5e Corps en Allemagne et Napoléon réorganise ses forces. Il écrit à Clarke le 22 février 1808 : "... 5e Corps de la Grande Armée. – Pour le 5e corps, le 34e, qui a ses trois bataillons à la Grande Armée, c’est-à-dire vingt-sept compagnies, en gardera vingt-quatre. Les 40e, 64e, 88e, 100e et 103e garderont leurs trois bataillons ou dix-huit compagnies. Il en sera de même des 17e, 21e et 28e d’infanterie légère ...".

Début mars, Moncey réunit ses troupes à Valladolid puis doit se porter sur Aranda et entrer dans Madrid avec Murat. Il va y rester jusqu’au moi de Mai.

Pendant ce temps, le 28e Léger, au 5e Corps, est envoyé en Silésie.

Le 24 mars 1808, Napoléon écrit, depuis Saint-Cloud, au Prince de Neuchâtel, Major-général de la Grande Armée : "Mon Cousin, donnez l’ordre aux maréchaux Victor, Soult, Davout et Mortier de se préparer, au premier ordre qu’ils recevront, à faire camper leurs corps par divisions, et de vous faire connaître le lieu où sera tracé le camp de chaque division, en vous en envoyant le croquis, afin qu’à la réception de leurs projets j’en ordonne la mise à exécution. On ne doit point camper sans mon ordre; mais il est probable que je l’enverrai avant le mois de mai; en attendant, on doit tout préparer. Les trois divisions du ler corps camperont en Prusse, les trois du 5e corps en Silésie, les quatre du 4e corps entre la Vistule et l’Oder ...".

Napoléon, croyant le pays mur pour un changement dynastique, a invité les souverains espagnols et leur famille, qui se disputent le pouvoir, à Bayonne.

Le 2e Corps d'Observation de la Gironde sous Dupont était parti le 7 avril de la capitale espagnole pour l'Andalousie.

Madrid se révolte les 2 et 3 Mai.

Les souverains espagnols sont forcés à l'abdication et Napoléon décide de mettre son frère Joseph sur le trône, le 10 Mai. Il espère que l’armée espagnole deviendra loyale au nouveau roi. Illusion !

Pendant ce temps, en Allemagne, se forme un 4e Bataillon de guerre au Régiment.

- JUIN 1808, DECEMBRE 1809 : LE FRONT D’ESPAGNE

Moncey quitte Madrid, le 8 Juin, pour mâter la révolte de Valence. Moncey échouait devant Valence à la fin juin et devait se replier sur Madrid. Mais une partie de la 2e Division de Moncey (Brigade Dufour) composée des 6e et 7e Régiments provisoires d’infanterie (dont le détachement du 28e Léger) vient renforcer le Corps de Dupont. On connait le sort qui l'attendait à Bailen entre le 19 et le 23 juillet. Les troupes vont finir prisonnières, dont le Capitaine Rocot du 28e Léger.

Cette défaite allait forcer Napoléon à venir sur le théâtre d'opération en personne, en rameutant ses vieilles troupes d'Europe centrale, et en réorganisant les unités sur place. Fin septembre, à Erfurt, il tente de s’assurer de la neutralité des puissances européennes sur ses arrières et laisse en Allemagne une Armée du Rhin avec Davout. Puis il s’occupe de l’acheminement de ses Corps d’armées sur l’Espagne.

Le 5e Corps en Allemagne devient 5e Corps de l’Armée d’Espagne, sous l’autorité du Maréchal Mortier. En octobre, le 5e Corps est à Bayonne. L’Espagne est en rébellion totale. Les trois premiers Bataillons du 28e Léger sont à la Division Gazan, sous les ordres du Colonel Praefke.

Mortier est dirigé bientôt sur Saragosse pour aider Moncey et son 3e Corps (ex Corps d’Observation des Côtes de l’Océan) à s'emparer de la ville qui, après un premier siège fugace, est de nouveau encerclée par les Français. L'armée de Palafox s’y est refugiée après la défaite de Tudela le 23 novembre. Mortier remplace les troupes de Ney, rappelé près de Napoléon.

Mortier, sur le chemin, s’empare d Alcañiz. Le Chef de Bataillon Camus du 28e Léger s'y distingue.

Pendant ce temps, en Allemagne, le 4e Bataillon a envoyé ses Compagnies d’Elite à un nouveau Corps spécial appelé de nouveau Corps Oudinot.

Le 28 novembre 1808, l'Empereur écrit, depuis Aranda, au Général Lacuée, Directeur général des Revues et de la Conscription : "Du moment que j'ai reçu votre état, je l'ai lu avec le plus grand intérêt ; mais il est tellement fautif que je ne puis compter sur son exactitude. Il faut que vous le fassiez corriger et que vous me le renvoyiez, dans l'état où il est, il ne peut me servir ... La colonne de l’armée du Rhin ne comprend que 17 corps qui auraient leurs compagnie de grenadiers et de voltigeurs au corps d'Oudinot ; c'est encore une erreur ; il y en a un plus grand nombre. Le 4e de ligne ; le 18e le 24e, le 26e légère ont leurs compagnies de grenadiers et de voltigeurs au corps d'Oudinot. Le 4e, le 88e, le 64e, le 16e léger, le 17e, le 21e, le 28e léger également. Vous commettez une double erreur en portant ces régiments pour 2800 hommes parce que vous y comprenez les compagnies de grenadiers et de voltigeurs et que vous ne les portez pas à l'armée du Rhin. Cet état demande donc à être retouché ; aux petits changements près, que j'ai notés ci-dessus, la forme m'en paraît très belle" (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 19429).

Siège de Saragosse par Rugendas
Siège de Saragosse, par Rugendas

Saragosse est investie une seconde fois sur les deux rives de l’Ebre, le 19 décembre. La Division Gazan est chargée de contrôler les faubourgs de la ville de la rive gauche du fleuve Ebre.

Dans la nuit du 21 au 22, le Général Dedans Duclos, commandant l'artillerie, ouvre une batterie sur les hauteurs qui dominent le monte Torrero. La Division Gazan s’empare des hauteurs de San Gregorio. Le Chef de bataillon Dedoual et les Capitaines Chabert et Juglard du 28e Léger sont blessés au cours de l’assaut.

Moncey envoie aux Espagnol une sommation. Le Général Palafox y répond par un refus. Les assauts reprennent le 22.

Les faubourgs de la rive gauche résistent toutefois à la Division Gazan. Napoléon remplace alors Moncey par le Général Junot à la tête du 3e Corps. L'Empereur précise les tâches de chacun : au 3e Corps le soin d'attaquer la ville, au 5e la couverture des assiégeants, en protégeant les arrières. Seule du 5e Corps, la Division Gazan reste devant le faubourg Arrabal. Tout l'Aragon est alors en insurrection. Junot arrive le 29 décembre, et prépare une nouvelle attaque en trois points. Les faubourgs sont grignotés mais la ville tient toujours.

Tandis que Joseph fait sa grande entrée dans Madrid le 22 janvier 1809, Lannes vient prendre le commandement du siège et le superviser.

La population et la garnison ont juré de se défendre jusqu'à la mort. Et c'est ce qu'ils vont faire. Après un bombardement intense, l'assaut général est donné le 27 janvier. La résistance est acharnée mais des positions clés sont conquises au prix de lourdes pertes. Les combats continent, rue par rue, maison par maison, que les Espagnols ont minées. La population civile est ravagée par le typhus.

Nous sommes le 17 février, couvert par une batterie de 50 canons, un Bataillon du 28e Léger s'empare d'un couvent fortifié. Gazan fait 4000 prisonniers et prend à revers les défenseurs de la rive droite de l'Ebre de son secteur.

Le 20 février la ville se rend.

- 1809, LA CAMPAGNE D’AUTRICHE DU 4e BATAILLON

- Mars 1809, la mobilisation des Compagnies de Chasseurs des 5es Bataillons des Régiments d’infanterie légère

Reprenant son projet pour constituer une Réserve sur ses arrières, avant la campagne de 1809 contre l'Autriche, avec les 5es Bataillons de ses Régiments de Ligne comme de légère, Napoléon, sur suggestion de Clarke, forme finalement, le 13 mars 1809, non plus 16 Régiments provisoires (cf correspondance à Clarke du 3 mars 1809) mais 17 Demi-brigades de Réserve à trois Bataillons, en France et en Italie.

Pour l’infanterie légère, on retrouve des Compagnies de Chasseurs des 5es Bataillons mobilisées :
- A la 4e DB provisoire à Paris avec les 5e Bataillons des 2e, 4e, 12e, 15e Léger
- A la 8e DB provisoire à Gand avec 3 Compagnies des 5e Bataillons des 13e et 27e Léger
- A la 12e DB provisoire à Strasbourg avec 3 compagnies des 5e Bataillons des 7e, 17e, 9e, 10e, 21e et 28e Léger
- A la 13e DB provisoire à Metz avec 2 Compagnies des 5e Bataillons des 6e, 24e, 25e, 16e et 26e Léger
- A la 14e DB provisoire à Milan avec 2 compagnies du 1er Léger
- A la 15e DB provisoire à Alexandrie avec 2 Compagnies des 5e Bataillons des 14e et 22e Léger
- A la 16e DB provisoire à Alexandrie avec 2 Compagnies du 5e Bataillon du 23e Léger
- A la 17e DB provisoire à Alexandrie avec 2 Compagnies des 5e Bataillons des 8e et 18e Léger.

- 1810-1811, LE GUEPIER ESPAGNOL

- 1812, ESPAGNE TOUJOURS

- 1812, le reste du Régiment

Le 20 janvier 1812, l'Empereur adressé, depuis Paris, au Maréchal Berthier, Major général expédiant les ordres de Sa Majesté, des notes de travail dictées au Général Mathieu Dumas, relatives au recrutement et à l'organisation de l'armée : "Les quatre premières demi-brigades sont de droit. Point d'observation à faire.
... 28e léger, à Mayence, en garnison ...
La 5e division.
... En place du 28e léger, qui est à Mayence, on y mettra deux compagnies du 28e, deux compagnies du 23e léger, deux compagnies du 63e et deux du 43e, qui fera également deux bataillons ...
" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 4, lettre 6664 ; Correspondance générale de Napoléon, t.12, lettre 29799).

- 1813, SUR DEUX FRONTS

LA MOBILISATION DE L'INFANTERIE LEGERE EN JANVIER/ FEVRIER POUR LA CAMPAGNE DE 1813 EN ALLEMAGNE
(Source : correspondance de Napoléon )

Dès janvier 1813, Napoléon ordonne de réorganiser l'infanterie légère (et de Ligne) en prévision de la campagne qui ne saurait tarder sur le Front Est. Plusieurs mesures sont prises :

  1. Le rappel des cadres des 3e Bataillons des Régiments en Espagne :
de l'Armée du Midi : des 21e, 27e, 12e et 28e Légers
de l'Armée du Centre : du 2e Léger
de l'Armée d'Aragon : du 3e Léger

Suivi, pour arrivée prévue début mars, en Allemagne, des seconds Bataillons des 13e, 15e, 11e, 24e et 26e Légers

2. Formation systématique d'un 6e Bataillon pour les Régiments qui n'en auraient pas.

3. Formations de Régiments provisoires légers pour les Corps d'Observation du Rhin ou d'Italie avec des Bataillons disponibles :
2e provisoire : 3e Bataillon des 2e et 4e Légers
3e provisoire : 3e Bataillon des 3e et 8e Légers
4e provisoire : 4e Bataillon du 12e Léger, 1er du 29e Léger
5e provisoire : 7e Bataillon du 14e Léger, 4e du 18e Léger
6e provisoire : 3e Bataillon des 6e  et 25e Légers
8e provisoire : 4e Bataillon du 5e Léger, 4e Bataillon du 23e Léger
10e provisoire : 3e Bataillon du 16e Léger et 1er Bataillon du 28e Léger

4. Formation de Demi-brigades de réserve de 3 Bataillons sur les frontières de l'Empire :
1ère Demi- brigade : 6e Bataillon des 7e, 13e, 15e Légers pour Mayence
2e Demi-brigade : 6e Bataillon des 33e, 26e, 24e Légers pour Anvers
3e Demi-brigade : 4e Bataillon des 11e, 10e, 21e Légers venants d'Espagne pour Wesel
4e Demi-brigade : 4e Bataillon des 9e, 27e, 28e Légers venants d'Espagne pour Utrecht  
5e Demi-brigade : 6e Bataillon des 12e, 5e et 29e Légers pour Cherbourg
27e Demi-brigade, dont un Bataillon du 32e Léger pour Toulon
33e Demi-brigade, dont un Bataillon du 8e Léger en Italie
34e Demi-brigade : 6e Bataillon des 8e, 18e et 36e Légers en Italie

- 1814, LES DERNIERS COMBATS DANS LE SUD OUEST

- UNIFORMES

Figure 1 : le 28e Léger en 1800

Figure 2 : Sergent de Carabiniers du 28e Léger, Porte-fanion, Division Oudinot, 1805 d’après Rigo : Bonnet d’oursin noir, plumet écarlate ; un cordon tressé et un cordon détressé portés sur le devant et raquettes blancs. Le fond du bonnet est orné d’une croix blanche sur fond rouge. Habit bleu à collet et pattes de parements écarlates passepoilé de blanc ; revers en pointe, parements et retroussis blancs passepoilés de blanc ; grenades rouges aux retroussis ; poches en long passepoilées de blanc. Les basques peuvent être encore longues pour les Sous-officiers. Boutons blancs. Epaulettes mêlant écarlate et argent, idem la dragonne du sabre briquet. Galons argent passepoilés d'écarlate au-dessus des parements. Gilet blanc et culotte bleu. ou pantalon de route bleu. Demi-guêtres noires à soutache et glands écarlates. Equipement classique de fantassin.

NB : Les fanions de la Division Oudinot en 1805 : Ils sont blancs, carrés de 46 cm de côté. Est peinte d’un côté une Aigle dorée avec foudres et l’inscription Grenadiers de la Réserve et xeme Régt.

Figure 3 : Officier de Chasseurs du 28e Léger vers 1807-1808 (portrait en pied passé en vente le 4 mars 2009 à Drouot - étude Fraysse et associés) : Shako noir sans jugulaire, plaque laiton ornée d’une Aigle et d’un cor de chasse argentés et du numero du Régiment (voir photo plaque), hausse col laiton avec cor de chasse argenté, grand plumet vert, cordon tressé et raquettes argent. On remarquera les magnifiques chevrons argentés sur les côtés du shako : une habitude de la cavalerie légère que les officiers de l’infanterie légère adoptent à leur tour vers 1807. Notre homme porte ses épaulettes de grade argent ainsi que ses boutons. Son sabre à dragonne argent est porté à une banderole passant en travers de la poitrine ; le gilet blanc est à double rang de boutons et sa culotte bleue entre dans des bottes de type cavalerie légère avec soutaches et glands argent.

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