Le 22ème Régiment d'Infanterie Légère

1800-1814

Avertissement et remerciements : Cet article nous a été adressé par notre collègue du Bivouac, Didier Davin, que nous remercions tout particulièrement pour sa disponibilité et son érudition.

Voici l’historique d’un Régiment peu connu puisqu’il a beaucoup servi sous l’Empire en Italie, loin des yeux de Napoléon, des grandes batailles épiques et des chroniqueurs. Réparons cet oubli.

I/ DE L'ITALIE A L'EGYPTE, 1796-1801

A/ La première campagne d'Italie

Formée en 1796 par amalgame des 16e Demi-brigade d'Infanterie Légère (de première formation), 3e Bataillon; 52e Demi-brigade de Bataille; du 5e Bataillon des Volontaires des Basse-Alpes, et du 11e Bataillon des Volontaires de l'Ain.

La 22e Demi-brigade légère fait la première campagne d’Italie de Bonaparte. Le 1er juin 1796 (13 prairial an IV), les dispositions du Général en Chef sont expédiées, depuis le Quartier général à Peschiara aux Divisions de l'armée; la 16e Demi-brigade légère devient officiellement la 22e; elle demeure à la Division Masséna, avec un effectif de 500 hommes, stationnés à Valeggion avec Sérurier (Correspondance de Napoléon, t.1, lettre 540).

Le même 1er juin 1796 (13 prairial an IV), Bonaparte écrit, depuis son Quartier général, à Peschiera, au Général Masséna : "Je vous préviens, Général, que votre division est composée des 11e, 17e, 18e, 22e et 27e demi-brigades légères, des 32e et 18e demi-brigades de ligne. Il sera expédié des ordres ... à la 22e légère, pour qu’elle parte demain de Valeggio et se rende dans le jour à Castelnovo, où elle attendra également vos ordres ..." (Correspondance de Napoléon, t.1, lettre 544).

Le 10 juillet 1796 (22 messidor an IV), Bonaparte fait écrire, depuis son Quartier général à Porto-Legnago, au Général Masséna : "Le général Masséna est prévenu que sa division comprend le pays depuis le lac de Garda jusqu'à San-Giovanni, sur l'Adige, au-dessous de Vérone. Il aura à ses ordres les généraux de brigade Joubert, Rampon, Victor, Valette, Guillaume et Pijon ; les adjudants généraux Monnier, Chabran et Basset ; les 4e, 11e, 17e, 18e et 22e demi-brigades légères, les 18e et 32e de ligne, et provisoirement la 11e de ligne, destinée à faire partie de la division du général Sauret.
Le général Masséna disposera et ordonnera, jusqu'à nouvel ordre, les mouvements de la division de ce général ; il aura à sa droite la division du général Despinoy
" (Correspondance de Napoléon, t.1, lettre 743).

Le 2 août 1796 (15 thermidor an IV), Bonaparte, depuis son Quartier général, à Brescia, donne des Ordres pour la nouvelle composition des Divisions de l'Armée. La 22e Légère passe sous les ordres du Général Despinoy, avec les 5e et 39e Demi-brigade de ligne (Correspondance de Napoléon, t.1, lettre 822).

Le 5 août 1796 (18 thermidor an 4), Bonaparte fait écrire, depuis son Quartier général, à Brescia, au Général Despinoy : "Le général Despinoy partira avec sa division, vingt minutes après la réception du présent ordre, pour se rendre à Castiglione-delle-Stiviere, où il est indispensable qu'il soit arrivé à une heure après minuit. Il emmènera avec lui toute l'artillerie de sa division. Il est autorisé, s'il le juge nécessaire, à laisser la 22e légère pour patrouiller et ramasser les débris de la division de Gavardo, qui vient d'être prise à Salo et Lonato. Il passera par Montechiaro.
Le général Despinoy mettra dans l'exécution de cet ordre la même activité qu'il a apportée ces jours derniers. Au surplus, il reste personnellement responsable du moindre retard
" (Correspondance de Napoléon, t.1, lettre 840).

Le 31 août 1796 à midi (14 fructidor an IV), Bonaparte fait écrire, depuis son Quartier général, à Desenzano, au Général Vaubois : "Le général Vaubois partira le 16 au matin, avec toute sa division, pour se rendre, savoir : la 22e demi-brigade d'infanterie légère, la 27e idem, celle des Allobroges, la 25e demi-brigade de bataille et la 39e, à Torbole, où il tâchera d'être arrivé de bonne heure, dans la journée du 17 ..." (Correspondance de Napoléon, t.1, lettre 947).

B/ Du projet d'invasion de l'Angleterre ...

Le 22 novembre 1796 (2 frimaire an 5), Bonaparte écrit, depuis son Quartier général, à Vérone, au Général Berthier : "Vous ferez incorporer, dans la journée de demain ... Le bataillon de l'Ain, dans la 22e demi-brigade d'infanterie légère ..." (Correspondance de Napoléon, t.2, lettre 1211 ; Correspondance générale de Napoléon, t.1, lettre 1070).

Le 21 décembre 1796 (1er nivôse an 5), Bonaparte écrit, depuis Vérone, au Général Berthier : "Vous voudrez bien donner l’ordre au général Joubert de faire reconnaître les officiers suivants aux différentes demi-brigades de sa division, et prévenir chacun de ces officiers en particulier que j'ai demandé pour eux des brevets au Directoire exécutif ...
22e DEMI-BRIGADE D'INFANTERIE LEGERE.
Chavardes, chef de brigade, commandant.
Allies, chef de brigade, commandant en second.
Arnaud, chef de bataillon, commandant.
Magny, capitaine de la 4e demi-brigade, promu au grade de chef de bataillon, commandant.
Lejeune, capitaine de grenadiers de la 75e, promu au grade de chef de bataillon, commandant.
Pouyet, Bonelli, Gentilly] chefs de bataillon, commandant en second.
Le général Joubert choisira un chef de bataillon pour être chargé du détail de l'administration. ... 39e DEMI-BRIGADE DE BATAILLE.
Gast, chef de brigade, commandant ; sorti de la 22e d'infanterie légère ...
" (Correspondance de Napoléon, t.2, lettre 1304 ; Correspondance générale de Napoléon, t.1, lettre 1185).

Le 17 janvier 1797 (28 nivôse an 5), Bonaparte écrit, depuis Vérone, au Génréal Berthier : "... La division du général Joubert sera composée des 4e demi-brigade d'infanterie légère, 17e idem, 22e idem ... Elle doit se tenir prête à marcher le 1er du mois ..." (Correspondance de Napoléon, t.2, lettre 1397 ; Correspondance générale de Napoléon, t.1, lettre 1292).

Le 14 juin 1797 (26 prairial an 5), Bonaparte écrit, depuis Mombello, au Général Berthier : "… Vous ordonnerez que l'on forme les brigades de la manière suivante :
... La 4e légère et la 22e, 4e brigade : Vial, en son absence, Vaux, 5e division ...
" (Correspondance de Napoléon, t.3, lettre 1919 ; Correspondance générale de Napoléon, t.1, lettre 1674).

Le 9 novembre 1797 (19 brumaire an VI), Bonaparte fait écrire, depuis son Quartier général, à Milan, au Général Vignolle : "… Vous ordonnerez au général Joubert de faire partir les 4e et 22e demi-brigades d'infanterie légère, qui se rendront à Vicence ...
… Lorsque tous ces mouvements seront effectués, l'armée se trouvera donc placée de la manière suivante :
5e division, Joubert, à Vicence.
4e d'infanterie légère.
21e idem.
22e idem ...
Vous voudrez bien, Général, me remettre, avant de donner ces ordres, un tableau du jour où ces différents corps feront leurs mouvements
" (Correspondance de Napoléon, t.3, lettre 2332 ; La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 1, p.46.).

Le même 9 novembre 1797 (19 brumaire an VI), Bonaparte écrit, depuis son Quartier général, à Milan, au Général Vignolle : "Vous préviendrez les 18e, 25e, 82e et 75e de bataille qu'elles sont destinées à être les premières pour partir pour l'armée d'Angleterre ...
Vous donnerez le même ordre aux 2e, 4e, 22e, 21e, 5e et 18e d'infanterie légère, qui doivent faire partie de l'expédition de l'armée d'Angleterre …
" (Correspondance de Napoléon, t.3, lettre 2334 ; Correspondance générale de Napoléon, t.1, lettre 2202).

L'Etat des Demi-brigades, établi le même jour, précise que la 22e, destinée pour l'expédition d'Angleterre, comprend 1500 hommes (Correspondance de Napoléon, t. 3, lettre 2335).

Le 11 novembre 1797 (21 brumaire an 6), le Général en chef Bonaparte écrit depuis sont Quartier général à Milan, au Général Vignole : "Vous trouverez ci-joint, Général, l'état des hommes auxquels j'accorde des sabres; vous voudrez bien faire écrire la légende qui est à côté, sur ces sabres, et les leur envoyer. Vous pourrez provisoirement écrire à chaque chef de brigade, et leur donner la liste des hommes qui ont été nommés. Je vous prie aussi de m'adresser une copie de cette liste, telle qu'elle est ci-jointe" (Correspondance de Napoléon, t.3, lettre 2347; correspondance générale, t.1, lettre 2220).

Suit l'état nominatif établi par le Général Bonaparte (Correspondance de Napoléon, t.3, annexe à la pièce 2347; correspondance générale, t.1, annexe lettre 2202) ; pour la 22e Légère, on note :
- 1er Bataillon, 3e Compagnie : SEMIOND (Antoine), Sergent-major, n°69. Pour être arrivé le premier sur le plateau de Mondovi.
- 3e Bataillon, Compagnie de Carabiniers : Bosc (Joseph), Carabinier, n°70. Pour avoir pris un drapeau à l'ennemi, à la bataille de Rivoli.
- 3e Bataillon, Compagnie de Carabiniers : Chariat (Joseph), carabinier, n°71. Pour avoir pris un drapeau à l'ennemi, à la bataille de Rivoli.

Le 11 janvier 1798 (22 nivôse an 6), le Général Bonaparte adresse depuis Paris ses instructions au Général Berthier : "... Le directoire exécutif vous a autorisé ci-dessus à faire rentrer à votre armée une demi-brigade d'infanterie légère et trois de ligne, qui étaient destinées à l'armée d'Angleterre ; il vous autorise également à faire rester dans le Piémont les 22e et 4e d'infanterie légère, la 69e (ou 43e dans la CN tome 3, et La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 1. P. 90) de ligne et le 14e de dragons : ces troupes resteront jusqu'à nouvel ordre cantonnées dans le Piémont ..." (Correspondance inédite et confidentielle de Napoléon, t.4, Venise; Oeuvres complètes de Napoléon, Stuttgart et Tubingue, 1822, t.2, p. 235 ; Correspondance de Napoléon, t.3, lettre 2404).

Le 12 janvier 1798 (23 nivôse an 6), un Arrêté du Directoire Exécutif à Paris, fixe la composition de l'Armée d'Angleterre : "LE DIRECTOIRE EXECUTIF, Considérant qu'il est instant de réunir sur les côtes toutes les forces qui doivent être employées à l'armée d'Angleterre,
ARRÊTE ce qui suit :
ARTICLE PREMIER
Les divers corps de troupe ci-après désignés seront mis en mouvement pour se rendre sans délai sur les côtes qui bordent la Manche, ou autres lieux de rassemblement désignés par le ministre de la guerre, savoir :
... INFANTERIE LEGERE.
Les 1re, 2e, 3e, 5e, 9e, 10e, 18e, 20e, 21e, 22e et 25e demi-brigades ...
" (La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 1. P. 97).

Dans le "RAPPORT FAIT AU GÉNÉRAL EN CHEF, PAR L'ADJUDANT GÉNÉRAL RIVAUD, SUR LE DÉPART DES COLONNES POUR L'ARMÉE D'ANGLETERRE", daté de Milan, le 16 janvier 1798 (27 nivôse an VI), il est indiqué : "Le corps d'armée parti de l'Italie pour passer en France et faire partie de l'armée d'Angleterre, sur les côtes de l'Océan, a été composé de cinq divisions d'infanterie, une division de dragons, une brigade de chasseurs à cheval, les chevaux et attelages nécessaires à six pièces d'artillerie légère et six pièces d'artillerie à pied pour les divisions d'infanterie, et pour six pièces d'artillerie à cheval pour la division de dragons. Les chasseurs à cheval n'ont pas emmené de chevaux et attelages d'artillerie.
… Les colonnes d'infanterie ont toutes été dirigées par le Mont Cenis …
L'adjudant général, RIVAUD
" (La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 1. P. 97).

Ce rapport est suivi d'un tableau qui indique : 5e Division Général de Division Joubert; 22e Demi-brigade d'Infanterie légère : 1200 hommes au moment du départ de Vicence, le 23 nivôse; arrivée prévue à Rennes le 30 ventôse (La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 1. P. 99).

Le 20 janvier 1798 (1er pluviôse an VI), le Ministre de la Guerre Schérer écrit depuis Paris, au Général en chef Bonaparte : "Vous avez pensé, Citoyen Général, dans la conférence que nous avons eue ensemble le 27 du mois dernier, qu'il suffirait de retirer seulement, quant à présent, onze demi-brigades de l'armée d'llalie pour être employées à l'armée d'Angleterre, indépendamment des régiments de troupes à cheval qui sont en ce moment en marche pour se rendre à cette destination, afin de conserver, par ce moyen, vingt-sept demi-brigades en Italie, non compris les deux demi-brigades stationnées à Corlou, ni celles qui se trouvent employées en Corse.
Vous avez désigné, à cet effet, les 4e, 18e, 25e, 32e, 40e, 51e, 57e, 58e, 69e, 75e et 85e demi-brigades de ligne.
Tous ces corps sont en ce moment en marche, dans l'ordre indiqué par le tableau ci-joint.
Je vous prie de remarquer, Citoyen Général, qu'indépendamment de la 43e demi-brigade de ligne, que vous n'avez pas désignée, ainsi que de la 2e d'infanterie légère, qui arrive en ce moment à Versoix, les 4e, 5e, 18e, 21e et 22e demi-brigades d'infanterie légère sont également en marche et doivent arriver dans les environs de Lyon vers le 20 de ce mois. ... Comme la 43e demi-brigade de ligne, qui fait partie de la division Brune, doit arriver à Lyon du 7 au 10 de ce mois, peut-être jugerez-vous convenable, Citoyen Général, de conserver ce corps ainsi que la 2e d'infanterie légère, qui arrive en ce moment à Versoix et de faire rester en Italie les 4e, 5e, 18e, 21e et 22e brigades d'infanterie légère ; alors il resterait encore vingt-six demi-brigades à l'armée d'Italie.
Veuillez, je vous prie, Citoyen Général, me faire connaitre vos vues, afin que je puisse donner de suite les ordres nécessaires pour faire rétrograder ces corps, dans le cas où vous n'auriez pas chargé le général Berthier de les retenir en Italie.
Salut et fraternité
" (La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 1. P. 101).

Le 6 février 1798 (18 pluviôse an VI), Bonaparte écrit, depuis Paris, au Général Berthier, commandant en chef de l’Armée d’Italie : "Vous trouverez ci-joint, Citoyen Général, la copie de la lettre que nous écrivons au Directoire exécutif de la République cisalpine.
Les 4e, 22e d'infanterie légère et 9e de ligne, ainsi que le 14e régiment de dragons, qui étaient destinés à l'armée d'Angleterre, et qui, momentanément, s'étaient arrêtés dans le Piémont, sont à votre disposition et feront désormais partie de l'armée d'Italie.
Vous donnerez l'ordre au général Monnier de se rendre, avec une partie de ces troupes, sur les confins des bailliages suisses italiens, pour soutenir les patriotes et maintenir à ces peuples la liberté de voter et de recouvrer leurs droits.
Si les petits cantons envoient des troupes pour maintenir leur suzeraineté dans ces bailliages, le général Monnier leur signifiera qu'ils aient à évacuer les bailliages italiens. Il aura soin, du reste, que la République cisalpine n'insurge point les bailliages italiens, hormis celui de Mendrisio, qui pourra, s'il le désire, s'incorporer à la République cisalpine.
Lorsque vous jugerez que les troupes dont le Directoire exécutif augmente l'armée d'Italie ne seront plus nécessaires sur les confins des bailliages italiens, vous pourrez les faire réunir à Crémone, où vous pourrez former une division de réserve ...
" (Correspondance de Napoléon, t.3, lettre 2423 ; Correspondance générale de Napoléon, t.2, lettre 2309 ; La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 1. P. 104).

C/ ... A la campagne d'Egypte, 1798-1801

Bonaparte décide finalement d'intégrer la 22e Légère dans son Armée d’Orient pour l’Egypte. Le 5 mars 1798 (15 ventôse an 6), il adresse depuis Paris au Directoire exécutif une note dans laquelle il écrit : "Pour s'emparer de l'Egypte et de Malte, il faudrait de 20,000 à 25,000 hommes d'infanterie et de 2,000 à 3,000 de cavalerie, sans chevaux.
L'on pourrait prendre et embarquer ces troupes de la manière suivante, en Italie et en France :
... A Gênes 22e d'infanterie légère ... 1,500 hommes, 13e de ligne ... 1800 hommes ... 69e de ligne ... 1600 hommes ... Généraux Baraguey d'Hilliers, Veaux, Vial } 4,900 hommes ...
... Les demi-brigades avec leurs compagnies de canonniers...
... Tous les corps avec leur dépôt ...
Il faudrait que ces troupes fussent embarquées dans ces différents ports et prêtes à partir au commencement de floréal, pour se rendre dans le golfe d'Ajaccio, et réunies et prêtes à partir de ce golfe avant la fin de floréal ...
" (Correspondance inédite et confidentielle de Napoléon, t. 5; Panchoucke : « Oeuvres de Napoléon Bonaparte », 1821-1822, t. 2, p. 114 ; Oeuvres complètes de Napoléon, Stuttgart et Tubingue, 1822, t.2, p. 249; Correspondance de Napoléon, t.4, lettre 2426; correspondance générale, t.2, lettre 2322; La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 1. P. 197-198).

Le même jour (5 mars 1798 - 15 ventôse an 6), le Directoire exécutif arrête :
"Article 1er. - Le général commandant les troupes françaises dans la Cisalpine se rendra sur-le-champ à Gênes, avec le général Baraguey d'Hilliers, et se concertera avec le Directoire exécutif de la République ligurienne, pour mettre l'embargo et noliser les plus grands bâtiments qui se trouvent dans le port de Gênes.
Art. 2 - Il fera embarquer sur ces bâtiments la 22e d'infanterie légère, la 13e de ligne, la 69e de ligne, leurs compagnies de canonniers, leurs dépôs, cent cartouches par homme, deux mois de vivres, un mois d'eau, les généraux Baraguey d'Hilliers, Vial, Veaux et Murat, un commissaire des guerres, un chef de chaque administration, et une ambulance proportionnée au nombre des troupes ...
Art. 5 - ... ledit convoi ... se rendra à Ajaccio, où il restera jusqu'à nouvel ordre ...
" (Correspondance inédite et confidentielle de Napoléon, t. 5; Correspondance de Napoléon, t.4, lettre 2431; La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 1. P. 204).

Le 11 mars 1798 (21 ventôse an 6), une lettre est adressée par le Général Bonaparte depuis Paris aux Commissaires de la Trésorerie nationale : "... Je joins ... l'état des demi-brigades qui se trouvent en ce moment à Gênes et en Corse. Je désirerais savoir si la solde des troupes est assurée pour les mois de ventôse et de germinal ...
Etat des troupes qui viennent de recevoir l'ordre de se rendre à Gênes.
... 22e d'infanterie légère 1,500 hommes ...
" (Correspondance inédite officielle et confidentielle de Napoléon, t.5, Egypte ; Correspondance de Napoléon, t.4, lettre 2439; correspondance générale, t.2, lettre 2328; La Jonquière C. de : «L’expédition d’Egypte, 1798-1801», t. 1. p. 216).

Dès son arrivée à Gênes, Berthier s'occupe d'un double objet : organiser et acheminer vers la côte la division qui doit s'embarquer dans ce port ; donner l'impulsion aux préparatifs maritimes. Le 15 mars (25 ventôse), il prescrit au général Leclerc de diriger, le plus tôt possible : "… de Côme sur Tortone, les deux bataillons de la 22e légère (avec son dépôt) ... Vous pourrez, dit-il, insinuer aux chefs de corps qu'ils ne font plus partie de l'armée d'Italie ; qu'ils vont concourir à la grande expédition du général Bonaparte ; mais ce doit être sous le secret ..." (La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 1. p. 292-293).

Le 17 mars 1798 (27 ventôse an 6), Bonaparte adresse, depuis Paris, au Président du Directoire exécutif un "… Etat des troupes qui sont à Gênes, sous les ordres du général Baraguey d'Hilliers" qui porte la 22e d'infanterie légère à 1,500 hommes (Correspondance inédite officielle et confidentielle de Napoléon, t.5, Egypte; Panchoucke : « Oeuvres de Napoléon Bonaparte », 1821-1822, t. 2, p. 129; Oeuvres complètes de Napoléon, Stuttgart et Tubingue, 1822, t.2, p. 262).

Le 17 mars 1798 toujours, Berthier écrit à Leclerc que les deux Bataillons de la 22e Légère s'arrêteront à Milan (La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 1. p. 292).

Un rapport adressé, le 20 mars, au Directoire par le Ministre de la guerre, détaille, ainsi qu'il suit, l’effectif (hommes présents sous les armes) des troupes destinées à l'expédition : Embarquement de Gênes, 22e Demi-brigade d'Infanterie légère, 1700 hommes (La Jonquière C. de : «L’expédition d’Egypte, 1798-1801», t. 1. P. 197).

Le 25 mars 1798 (5 germinal an 6), Berthier, qui est à Gênes, adresse des instructions au Général Baraguey d'Hilliers ; provisoirement, les troupes de l'expédition doivent rester ainsi réparties : "... 1er et 3e bataillons de la 22e demi-brigade d'infanterie légère à Milan, 2e bataillon à Pavie ...
Lorsque vous voudrez mettre les troupes en mouvement, vous le demanderez au général en chef de l'armée d'Italie. Quoique vous soyez chargé de diriger et d'ordonner à Gênes tout ce qui tient à l'embarquement de votre division, vous n'en êtes pas moins, militairement, sous les ordres du général en chef de l'armée d'Italie, jusqu'au moment de votre départ …
" (La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 1. p. 303).

Le 9 avril 1798 (20 germinal an 6), le Général Bonaparte écrit depuis Paris au Général Brune : "... Je vous prie aussi de faire partir pour Gênes tous les hommes qui resteraient encore en Italie des demi-brigades suivantes : 2e d'infanterie légère, 22e id. ...
Ces hommes s'embarqueront à la suite des divisions, qui s'embarquent à Gênes et à Civita-Vecchia, et quand même ces divisions seraient parties, leurs dépôts resteront à Gênes et à Civita-Vecchia, de manière que lorsqu'il y aura 100 hommes réunis, on pourra les faire partir pour rejoindre au lieu où se rend ledit embarquement ...
" (Correspondance inédite et confidentielle de Napoléon, t. 5; Panchoucke : « Oeuvres de Napoléon Bonaparte », 1821-1822, t. 2, p. 158 ; Oeuvres complètes de Napoléon, Stuttgart et Tubingue, 1822, t.2, p. 290 ; Correspondance de Napoléon, t.4, lettre 2485; correspondance générale, t.2, lettre 2375; La Jonquière C. de : « L’expédition d'Egypte, 1798-1801 », t. 1. p. 313).

Le même 9 avril 1798 (20 germinal an 6), le Général Bonaparte écrit depuis Paris au Général Baraguey d'Hilliers : "... Faites compléter la musique de vos différentes demi-brigades. Donnez-en une à la 22e d'infanterie légère, si elle n'en a pas. Donnez trois drapeaux à la 22e d'infanterie légère. Ayez soin que les lieutenants et les sous-officiers d'infanterie légère aient des fusils ..." (Correspondance inédite officielle et confidentielle de Napoléon, t.5, Egypte ; Panchoucke : « Oeuvres de Napoléon Bonaparte », 1821-1822, t. 2, p. 159 ; Oeuvres complètes de Napoléon, Stuttgart et Tubingue, 1822, t.2, p. 291 ; Correspondance de Napoléon, t.4, lettre 2484 ; Correspondance générale de Napoléon, t.2, lettre 2374 ; La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 1. p. 312-313).

Le 14 avril 1798 (25 germinal an 6), le Général Baraguey d’Hilliers adresse à Bonaparte un état de situation de sa Division arrêté au 12 avril : la 22e d'Infanterie légère a 1.311 hommes répartis entre les 1er et 3e Bataillons à Milan, et le 2e Bataillon à Pavie (La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 1. p. 317).

Le tableau des corps de troupes rassemblés à Toulon, Marseille, Gênes et Civita-Vecchia, certifié conforme par le Ministre de la Guerre Schérer, daté lui aussi du 14 avril 1798 (25 germinal an 6), indique : "... Direction des troupes Baraguey d'Hilliers { Vial Veaux Sur Gênes ... 22e légère ... 1,326 ... arrivés à leur destination ..." (Correspondance de Napoléon, t.4, lettre 2508; La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 1. p. 355).

Le 18 avril 1798 (29 germinal an 6), le Général Bonaparte écrit depuis Paris au citoyen Redon de Belleville, Consul de la République à Gênes : "... Vous trouverez ci-joint, Citoyen Consul, l'ordre pour le départ du général Baraguey d'Hilliers. Il est indispensable que le convoi mette à la voile au plus tard le 7 floréal.
... Il sera formé à Gênes un dépôt pour tous les hommes des ... 22e d'infanterie légère ...
... Toutes les fois qu'il y aura 150 hommes de ces différents corps à Gênes, vous les ferez partir pour une destination qui vous sera désignée ...
" (Correspondance inédite et confidentielle de Napoléon, t. 5 et Panchoucke : « Oeuvres de Napoléon Bonaparte », 1821-1822, t. 2, p. 182 avec la date du 19 avril; Oeuvres complètes de Napoléon, Stuttgart et Tubingue, 1822, t.2, p. 314 (lettre datée également du 19 avril) ; Correspondance de Napoléon, t.4, lettre 2526; correspondance générale, t.2, lettre 2402 ; La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 1. p. 422).

Un "État par aperçu des fonds nécessaires pour un mois de solde à l'armée de terre, établi par le payeur Estève, à bord du vaisseau l'Orient, le 18 prairial an VI (6 juin 1798)" indique qu'à cette date, la 22e Légère, embarquée pour l'Egypte, compte dans ses rangs 1019 hommes, Officiers non compris (La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 1. p. 508).

Le 23 juin 1798 (5 messidor an 6), par ordre du Général en Chef, l'ordre suivant est promulgué depuis le Quartier général à bord de l'Orient : "Le général en chef a déterminé le commandement des brigades, dans les divisions, ainsi qu'il suit :
... Division Menou
Le général Veaux commande la 22e légère.
Le général Vial commande la 13e et la 69e de ligne.
L'adjudant général Rambeaud, chargé du détail de la division ...
" (Correspondance de Napoléon, t.4, lettre 2706; La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 2. p. 15).

Le même jour (23 juin 1798 – 5 messidor an 6), du fait que les troupes laissées à Malte ont été, en grande partie, prélevées sur les garnisons des bâtiments de l'escadre, Bonaparte décide de reconstituer cet élément de défense; Berthier donne en conséquence les ordres suivants : "... FREGATES. ... Artémise et Sérieuse, chacune 35 hommes de la 22e d’infanterie légère ..." (La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 2. p. 13).

- Prise d'Alexandrie

La Division Desaix, conformément à l'ordre reçu, se met en route le 3 juillet «de grand matin, marchant sur une seule colonne par pelotons, longeant le bord de la mer». Arrivée à Alexandrie, elle fait halte en dehors de l'enceinte, tant pour attendre son artillerie que pour donner aux homnes un peu de repos pendant les heures les plus chaudes. Le Général Belliard note dans son Journal : "L'artillerie qu'on attendait n'étant pas encore débarquée, le général Desaix ordonna à la division de se mettre en mouvement pour El-Beydah, en suivant le canal appelé d'Alexandrie. A un quart de lieue de la ville, nous primes la 22e demi-brigade d'infanterie légère, commandée par le général Marmont. Nous marchâmes pendant une heure, ne voyant autour de nous qu'un désert sans habitations, sans arbres et sans eau. La nuit nous prit et nous continuâmes jusqu'au jour de voyager dans cet aimable pays. A 2 lieues d'Alexandrie, on rencontre un petit bouquet de palmiers, où resta la 22e demi-brigade d'infanterie légère, pour établir la communication entre la division et l'armée ..." (La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 2. p. 107-108).

La 22e Légère, au sein de la Division Lannes, se bat à Alexandrie. Dans son rapport adressé, depuis Alexandrie, au Ministre de la Guerre (6 juillet 1798 - 18 messidor an VI), Berthier écrit "… Nous nous embarquâmes sur des canots ; et, à une heure du matin, le vainqueur de l'Italie était en Afrique, à la plage du Marabout, dans le désert, à quatre lieues d'Alexandrie. L'armée n'avait aperçu aucun individu du pays.
Le général en chef passa sa revue ... La division Menou, composée de la 22e d'infanterie légère, des 13e et 69e de bataille, avait environ deux mille cinq cents hommes …
" (La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 2. p. 42-49).

Le 4 juillet 1798 (16 messidor an 6), Bonaparte écrit, depuis le Quartier général, à Alexandrie, au Général Berthier : "Vous me ferez un rapport pour me faire connaître si le citoyen Bernard, adjudant-major de la 22e d'infanterie légère, est capitaine, et s'il a les connaissances nécessaires pour être chef de bataillon.
Le citoyen Maceau, carabinier au 1er bataillon de la 22e, sera promu à la place de caporal ;
Le citoyen Hubert, caporal à la compagnie du 1er bataillon, à la place de sergent ;
Le citoyen Archevêque, caporal de la 7e compagnie, à la place de sergent.
Antoine Buisson, chasseur à la 22e demi-brigade, qui a sauvé le chasseur Lapierre que l'ennemi entraînait, en tuant deux ennemis, aura un sabre.
Trancon, sergent à la même demi-brigade, sera promu à la place de sous-lieutenant ;
Fruetey, lieutenant à la 7e compagnie du 1er bataillon, promu à la place de capitaine.
Vous voudrez bien, Citoyen Général, faire reconnaître le citoyen Quinqueton, adjudant-major capitaine, comme chef de bataillon de la 18e demi-brigade
" (Correspondance de Napoléon, t.4, lettre 2751 ; Correspondance générale de Napoléon, t.2, lettre 2574).

Le 4 juillet 1798 (16 messidor an 6), à dix heures du soir, Desaxis écrit, depuis Beda : "… J'ai été obligé ce soir de faire occuper les villages d'El-Arych par les dragons et la 22e légère ; Cafer, par la 61e de bataille, et je suis resté avec la 88e à Beda, afin de pouvoir procurer un peu d'eau qui manquait totalement ici pour un aussi grand nombre d'hommes. Cette raison m'a déterminé à ne pas laisser de troupes entre Marmont et moi, parce que je n'y ai pas trouvé une goutte d'eau. Je ne pouvais y laisser des troupes harassées …" (Correspondance inédite officielle et confidentielle de Napoléon, t.5, Egypte).

Le 5 juillet 1798 (17 messidor an 6), le Général Menou écrit, depuis Alexandrie, au Général Bonaparte : "J'ai l'honneur de vous prévenir, général, que dans la note que je vous ai fait passer relativement à ceux qui se sont distingués dans la 22e légère, à la prise d'Alexandrie, par une erreur du copiste, on avait oublié les citoyens Andigant, fourrier de carabiniers, 1er bataillon; Garrit, carabinier, idem; Ebrat, idem; Nivolet, idem ; Guichon, idem ; Serizier, caporal, cinquième compagnie, 1er bataillon ; Veret, chasseur, septième compagnie, idem; Regard, chasseur, huitième compagnie, idem; Frappart, idem; Guignot, sergent, cinquième compagnie, 3e bataillon.
Ils méritent autant que ceux que vous avez bien voulu récompenser
" (Correspondance inédite officielle et confidentielle de Napoléon, t.5, Egypte).

Le même jour, depuis Alexandrie, le Général Vial écrit au Général en chef Bonaparte : "... Par un accident malheureux, le chef de la 22e légère a manqué d'avoir une jambe cassée, et se trouve blessé. Je ne suis pas sûr que demain il puisse se mettre en route ..." (Correspondance inédite et confidentielle de Napoléon, t. 5).

Le 25 juillet 1798 (7 thermidor an 6), Bonaparte écrit, depuis son Quartier général, au Caire, au Général Berthier, Chef de l'Etat-major de l'Armée d'Orient : "Vous voudrez bien, citoyen général, faire reconnaître le citoyen Recco comme chef de brigade de la 22e d'infanterie légère et faire passer le chef de brigade Chavardès qui a demandé sa retraite à Alexandrie où il commandera la place jusqu'à ce que je puisse le faire passer en Italie ou en France, comme commandant de place.
Vous voudrez bien faire remplacer dans la 22e demi-brigade légère tous les officiers portés dans l'état ci-joint . Vous demanderez au chef de brigade (note Chavardès) qui commande ce corps qu'il vous présente les officiers en remplacement
" (Correspondance générale de Napoléon, t.2, lettre 2633). Signalons que l'état mentionné n'a pas été retrouvé. Recco ne prendra pas le commandement de la 22e, mais commandera la place. Lejeune remplacera finalement Chavardès, mais seulement en septembre.

Le 26 juillet 1798 (8 thermidor an VI), Berthier publie depuis Le Caire un Ordre du jour de l'Armée : "Le général en chef a demandé, par l'ordre du 17 messidor, l'état des hommes tués à raffaire d'Alexandrie. L'état-major n'a encore reçu que ceux de la 22e demi-brigade légère et ceux de la 69e de ligne.
Les corps qui n'ont pas exécuté cet ordre le feront le plus promptement possible, afin que l'on puisse faire inscrire sur la colonne de Pompée le nom de tous les braves morts à l'affaire d'Alexandrie. Il est ordonné également à tous les corps d'envoyer les noms de tous les militaires tués à la bataille des Pyramides, afin qu'ils puissent être inscrits sur les Pyramides. Ils exécuteront cet ordre le plus promptement possible ...
" (La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 2. p. 294).

Le 2 août 1798 (15 thermidor an 6), Bonaparté écrit, depuis son Quartier général, au Caire, au Général Berthier, Chef de l'Etat-major de l'Armée d'Orient : "Le magasin central d'habillement (note : Sous la direction de l'agent en chef Thorin, du capitaine d'habillement Bernoyer et du garde-magasin principal Grandjean) a de quoi confectionner :
1° dix mille habits et 20000 pantalons : vous ordonnerez qu'il en soit fait la distribution suivante :
22e demi-brigade [légère] 600 habits 1200 pantalons ...
2° Les habits seront confectionnés par les corps. L'ordonnateur en chef
(note : Sucy) fera un règlement pour tout ce qui doit leur être donné par habit et pour la façon.
3° Il ne sera rien confectionné du magasin brigade
" (Correspondance générale de Napoléon, t.2, lettre 2723 ; La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 2. p. 335).

La Division Lannes (22e d'Infanterie légère, 1er et 2e Bataillons de la 13e de Ligne, 3e Compagnie du 4e Régiment d'Artillerie à cheval, 5e Compagnie du 6e Bataillon de Sapeurs), part du Vieux-Caire le 6 août, vers 11 heures du matin, traverse le Caire et prend position à EI-Qobbet ; elle y reste jusqu'au 7 à 3 heures du matin. Elle se porte alors vers El-Khanqah. "La marche … fut plus longue d'une heure qu'elle ne devait être, parce qu'on appuya trop à droite au désert ... On prit position à El-Khanqah, à 11 heures, à la droite des troupes de la division Reynier, au levant du village. On garda cette position jusqu'au 21 (8 août), 5 heures du soir …" (Rapport adressé à Caffarelli par le Chef de Bataillon du Génie Michaux – Le Vieux-Caire, 29 thermidor, 16 août ; In La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 2. p. 368).

Extrait du Rapport du Chef de Bataillon Michaux : "Le 23 (10 août), à 3 h. 1/2, on partit. La marche fut courte et dans un canton des plus riches qu'ont eût encore vus depuis Le Caire. Dans plusieurs villages, près desquels on passa, les habitants apportèrent aux soldats galettes et eau. Les femmes jetaient, à l'approche de la division, un cri tremblottant qui exprimait leur joie, à en croire nos interprètes et les ris de leurs maris présents. On trouva, dans ces habitants, un désintéressement dont on ne voit pas d'exemple ailleurs. Ils refusèrent des parats qui leur furent offerts en paiement de leurs galettes. Habitants d'un pays riche, ils nous parurent n'avoir les défauts ni des citadins du Caire, ni ceux des misérables et grossiers Arabes, n'ayant les besoins ni la rapacité des uns ni des autres.
Les puits sont fréquents entre Belbeis et Saoua [El-Soueh-Kecht ?] où l'on arriva à 9 heures. Les deux demi-brigades bivouaquèrent en avant ; la 22e à droite et la 13e à gauche du village, sous des palmiers, éloignées de 350 toises l'une de l'autre, et à 400 toises du village.
La division avait dû se porter jusqu'à Koraïm. Le général n'en reçut l'ordre que le soir. On partit vers 11 heures de la nuit, et on arriva le 24 à 4 heures
" (La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 2. p. 373).

Le 21 août 1798 (4 fructidor an VI), le Général Kléber écrit, depuis Alexandrie, au Général Menou : "Je vous envoie, mon cher Général, tout ce que j'ai ici de la 13e, de la 22e et de la 85e demi-brigade, hors les malades. Par ce moyen vous serez un peu plus au large …" (La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 2. p. 519).

Le 22 août 1798 (5 fructidor an 6), par ordre du Général en Chef, l'extrait de l'ordre du jour suivant est diffusé parmi les troupes depuis le Quartier général du Caire : "EMPLACEMENT DE L'ARMÉE.
... DIVISION LANNES, AU VIEUX CAIRE.
22e légère, le 3e bataillon à El-Khânqah ...
" (Correspondance de Napoléon, t.4, lettre 3086).

Le 7 septembre 1798 (21 fructidor an VI), Bonaparte écrit, depuis son Quartier général, au Caire, au Général Berthier, Chef d'Etat-major général de l'Armée d'Orient : "Vous donnerez l'ordre au bataillon de la 22e [légère] qui est à El-Matarieh de se rendre à El-Qobbet, où il tiendra garnison jusqu'à nouvel ordre. Vous recommanderez au chef de bataillon de faire faire de fréquentes patrouilles pour éloigner les Arabes de la ville ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.2, lettre 3103 ; La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 3. p. 52).

L'Ordre du jour daté du Quartier général, au Caire, le 16 septembre 1798 (30 fructidor an 6) déclare : "... Le général en chef est extrêmement satisfait de la conduite du citoyen Joseph Latty, sergent des carabiniers du 3e bataillon de la 22e demi-brigade d'infanterie légère, qui a surpris les Bédouins à El-Qobbeh et les a mis en fuite après en avoir tué un et blessé plusieurs" (Correspondance de Napoléon, t.4, lettre 3331).

Le 17 septembre 1798 (1er jour complémentaire an 6), Bonaparte écrit, depuis le Quartier général, au Caire, au Général Berthier, Chef de l'Etat-major général de l'Armée d'Orient : "Vous ferez reconnaître, citoyen général, le citoyen Lejeune, chef de bataillon de la 22e demi-brigade d'infanterie légère, comme chef de brigade commandant la 22e" (Correspondance générale de Napoléon, t.2, lettre 3230). François Lejeune remplace Chavardès qui a été rapatrié.

Le 21 octobre 1798 (30 vendémiaire an 7), Bonaparte fait écrire par Berthier, depuis le Quartier général, au Caire, au commandant du Bataillon de la 22e Légère : "Ordre au commandant de la 22e, à El-Qobbeh, de venir occuper les hauteurs entre le Caire et El-Qobbeh. Le mouvement qui a eu lieu ce matin nécessite le rapprochement des troupes" (Correspondance de Napoléon, t.5, lettre 3521 ; La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 3. p. 280).

Dans la nuit du 21 au 22 octobre (1er brumaire - 22 octobre, à minuit et demi), Berthier adresse les ordres suivants : "A Dommartin, ordre de partir avec le bataillon qui est sur la hauteur de l'Institut, 2 obusiers et 1 pièce de 8 pour se rendre sur les hauteurs entre El-Qobbet et la ville ; il se fera rejoindre par le bataillon de la 22e légère, qui est à El-Qobbet, et aura soin de se mettre en correspondance avec le général Bon et le commandant de la citadelle" (La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 3. p. 280).

Le 26 octobre 1798 (5 brumaire an 7), Bonaparte écrit, depuis le Quartier général, au Caire, au Général Berthier : "Vous donnerez l'ordre au citoyen Barthélemy, chef de bataillon de la garde turque, de partir demain avec sa compagnie de janissaires et quatre compagnies du bataillon de la 22e [légère], qui est à El-Qobbeh. Il parcourra les dix villages les plus près du Caire ; il verra les cheiks-el-beled et se fera remettre la copie des lettres qui leur ont été écrites dans la nuit de l'insurrection, par lesquelles on les engageait à venir au Caire secourir les révoltés. Il prendra tous les renseignements qu'il pourra sur la position qu'occupent les Arabes, sur ce qu'ils font et sur ce qu'il pourrait y avoir de nouveau soit à Belbeys, soit à Suez. Il ira jusqu'à El-Khânqah.
Vous le ferez accompagner par un adjoint de l'état-major et 50 hommes de cavalerie
" (Correspondance de Napoléon, t.5, lettre 3531 ; Correspondance générale de Napoléon, t.2, lettre 3540 ; La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 3. p. 288).

Le 28 octobre 1798 (7 brumaire an 7), Bonaparte, depuis le Quartier général, au Caire, écrit au Général Berthier, Chef de l'Etat-major général de l'Armée d'Orient : "Le bataillon de la 22e d'infanterie légère qui se tenait à El-Qobbet se tiendra au fort Sulkowski. Il fournira 60 hommes de garde au fort Dupuy, et tous les jours à la petite pointe du jour, il enverra une patrouille pour reconnaître si le détachement qu'il a à ce poste a besoin de secours, et pour savoir ce qu'il y a de nouveau, et enverra les rapports sur-le-champ à l'État-Major général" (Correspondance générale de Napoléon, t.2, lettre 3560).

Le 31 octobre 1798 (10 brumaire an 7), Bonaparte écrit, depuis son Quartier général, au Caire, à Sucy, Commissaire ordonnateur en chef de l'Armée d'Orient : "Je vous prie, citoyen ordonnateur, de faire distribuer les bonnets qui existent en magasin :
.. 800 à la 22e demi-brigade [légère]
" (Correspondance générale de Napoléon, t.2, lettre 3603).

Le 6 novembre 1798 (16 brumaire an 7), Bonaparte écrit, depuis le Quartier général, au Caire, au Général Berthier : "Vous donnerez l'ordre au général Veaux de partir aujourd'hui avec le 20e régiment de dragons, un bataillon de la 22e et une pièce de 3, pour se rendre à Menouf, où il sera sous les ordres du général Lanusse.
Il ira aujourd'hui coucher à Qelyoub. Il passera le Nil vis-à-vis le village d'El-Fara'ounyeh. Il enverra, avant d'arriver à Qelyoub, la lettre ci-jointe au cheik du village de Qelyoub, qui lui donnera tous les renseignements qu'il pourra désirer.
Il tiendra note du nom de tous les villages par où il passera. Il écrira d'El-Fara'ounyeh au moment où il passera le Nil.
Vous écrirez au général Lanusse que j'envoie sous ses ordres le général Veaux, avec un régiment de cavalerie et un bataillon de renfort. Comme la présence de ce général ne peut être que très-momentanée dans sa province, il est nécessaire qu'il profite des huit ou dix jours qu'il y restera pour lever le plus de chevaux possibles. Il ira avec de grandes forces à Tant. Comme c'est un endroit très-révéré des musulmans, il aura soin qu'on ne fasse aucun outrage aux tombeaux et aux mosquées. Il prendra des otages de tous les endroits qui sont suspects
" (Correspondance de Napoléon, t.5, lettre 3582 ; Correspondance générale de Napoléon, t.2, lettre 3626). Conformément à cet ordre, Veaux part le 7 novembre avec le 20e Dragons, le 3e Bataillon de la 22e Légère et une pièce de 3 (La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 3. p. 295-296).

Le 8 novembre 1798 (18 brumaire an 7), Bonaparte écrit, depuis le Quartier général, au Caire, au Général Lanusse : "Le général Veaux, Citoyen Général, est parti hier avec le 20e régiment de dragons, un bataillon de la 22e et une pièce de canon. Il a dû coucher hier à Qelyoub. Il se rend à Menouf pour être sous vos ordres ; il passera le Nil vis-à-vis EI-Fara'ounyeh. Comme je ne puis laisser des forces si considérables que fort peu de jours à votre disposition, je vous prie de ne pas perdre un instant pour tomber sur les Arabes de Sonbât, pour soumettre la ville de Tant, ayant bien soin de respecter tout ce qui est relatif à la religion, et enfin pour lever le plus de chevaux que vous pourrez et faire rentrer les impositions ..." (Correspondance de Napoléon, t.5, lettre 3586 ; Correspondance générale de Napoléon, t.2, lettre 3636).

Le 10 novembre 1798 (20 brumaire an 7), Bonaparte écrit, depuis le Quartier général, au Caire, au Général Berthier : "Plusieurs soldats, marins, sapeurs, infirmiers, charretiers, ouvriers, se sont faits domestiques. La facilité de s'en procurer a porté plusieurs officiers et administrateurs à en augmenter le nombre, et ce, au détriment de l'armée.
En conséquence, le général en chef ordonne :
ARTICLE 1ER. Les officiers et administrateurs qui ont amené des domestiques d'Europe ont seuls le droit d'avoir des domestiques européens. Ceux qui n'en ont pas amené ou qui veulent en augmenter le nombre doivent les prendre parmi les naturels du pays.
ART. 2. Tout individu qui, au moment du débarquement, était soldat, marin, sapeur, infirmier, charretier, ouvrier, etc. est tenu, au plus tard cinq jours après la publication du présent ordre, de rejoindre un des corps ci-dessous, savoir : ... Ceux qui sont au Caire, Boulâq, le Vieux-Caire ou Gyzeh : la 18e de ligne ou la 22e d'infanterie légère.
ART. 3. Ceux qui auraient des domestiques qui seraient dans le cas de l'article 2 sont tenus de le communiquer à leurs domestiques douze heures après la publication du présent ordre, d'en faire part au commandant de la place, au plus tard quarante-huit heures après la publication du présent ordre.
ART. 4. Ceux qui mettraient du retard dans l'exécution du présent ordre seront condamnés à payer à la caisse du corps autant d'écus de six francs qu'ils mettront de jours de retard ; et si, dix jours après la publication du présent ordre, ils ne l avaient point exécuté, le commandant de la place les ferait arrêter.
ART. 5. Le commandant de la place et même les chefs des corps cidessus nommés sont autorisés à faire arrêter tous les domestiques qu'ils soupçonneraient être dans le cas de l'article 2.
ART. 6. Il y aura ... Au Caire, un bureau composé de deux officiers de la 18e et de deux officiers de la 22e, présidés par un adjudant-major de place.
ART. 7. Tous les domestiques qui seraient arrêtés seront sur-le-champ amenés devant ce bureau, qui prononcera s'ils sont ou non dans le cas de l'article 2.
ART. 8. Le général en chef recommandel'exécution du présent ordre spécialement aux officiers commandant les places et aux officiers supérieurs des corps où lesdits hommes doivent être incorporés.
ART. 9. Le général en chef défend expressément aux corps qui sont à Alexandrie de se recruter parmi les individus qui font partie des équipages
" (Correspondance de Napoléon, t.5, lettre 3600 ; La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 3. p. 375). Tout cela mis à Ordre du jour du 12 novembre (22 brumaire).

Le 14 novembre 1798 (24 brumaire an 7), le Général en Chef écrit, depuis le Quartier général, au Caire, au Général Caffarelli : "Le bataillon de la 22e qui est en garnison au fort Sulkowski fournira, tous les jours, vingt-cinq hommes de travail. L'officier du génie leur fera faire une esplanade de 25 toises tout autour du fort Sulkowski, et leur fera faire un grand chemin large et droit qui conduise à El-Qobbeh …" (Correspondance de Napoléon, t.5, lettre 3618 ; Correspondance générale de Napoléon, t.2, lettre 3690).

Le 21 novembre 1798 (1er frimaire an 7), le Général Bonaparte écrit depuis son Quartier général au Caire, à Daure, Commissaire ordonnateur en chef de l'Armée d'Orient : "Je vous prie, citoyen ordonnateur, d'employer tous les moyens qui sont en votre pouvoir pour pousser la confection des capotes dont l'armée a le plus grand besoin dans un moment où les nuits sont si fraîches.
Je désire que :
La 22e d'infanterie légère, les 13e, 18e, 32e de ligne le seront après
" (Correspondance générale, t.2, lettre 3754).

Le 30 novembre 1798 (10 frimaire an 7), Reynier écrit à Bonaparte : "Des deux pièces qui étaient parties du Caire pour Belbels, il n'en est arrivé ici qu'une. L'autre a été laissée dans le désert près d'El-Khanqah, parce que, dit-on, il n'a pas été possible de la faire traîner plus loin par les chevaux. L'officier de la 22e demi-brigade d'infanterie légère qui commandait ce convoi, et qui mérite d'être puni sévèrement, a, en outre, perdu les lettres et ordres du jour qui m'étaient adressés. J'envoie un détachement avec des chevaux à l'endroit où elle a été laissée pour la prendre et l'amener ici …" (La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 3. p. 465).

Le 1er décembre 1798 (11 frimaire an 7), Bonaparte écrit, depuis le Quartier général, au Caire, au Général Dommartin, commandant l'Artillerie de l'Armée d'Orient : "La 22e d'infanterie légère à besoin de 60 fusils. Je vous prie, citoyen général, de les lui procurer" (Correspondance générale de Napoléon, t.2, lettre 3820).

Le 2 décembre 1798 (12 frimaire an 7), Bonaparte écrit, depuis le Quartier général, au Caire, au Général Berthier : "Vous voudrez bien, Citoyen Général, donner l'ordre au citoyen Deriot, adjoint, de se rendre avec 25 hommes de cavalerie, à deux heures du matin, au fort Sulkowski, d'y prendre 30 hommes du bataillon de la 22e qui s'y trouve en garnison, et d'aller, avec, s'embusquer dans le village d'El-Mataryeh, où il est indispensable qu'il soit arrivé une heure avant le jour, pour chercher à tuer quelques Arabes.
Deux heures après le lever du soleil, il s'en reviendra en faisant une patrouille et en parcourant tous les villages jusqu'au Nil.
Il prendra du cheik de ces villages des renseignements sur l'heure à laquelle ces Arabes commettent leurs pillages ; de quelle tribu ils sont ; enfin il prendra tous les renseignements et étudiera le local pour pouvoir après-demain leur tendre une nouvelle embuscade
" (Correspondance de Napoléon, t.5, lettre 3702 ; Correspondance générale de Napoléon, t.2, lettre 3828).

Le 7 décembre 1798 (17 frimaire an 7), Bonaparte écrit, depuis le Quartier général, au Caire, à Daure, Commissaire ordonnateur en chef de l'Armée d'Orient : "Je vous prie, citoyen ordonnateur, de faire donner ... à la 22e demi-brigade [légère], 400 paires (de souliers)" (Correspondance générale de Napoléon, t.2, lettre 3868).

Le 14 décembre 1798 (24 frimaire an 7), Bonaparte, dans une lettre à Berthier, désigne le Général Veaux pour remplacer, dans le commandement de la province de Beni-Souef, le Général Belliard qui part pour la Haute-Égypte avec la Division Desaix ; "Le général Veaux partira demain, avec un bataillon de la 22e d'infanterie légère, une pièce de canon qui sera fournie par le parc, pour se rendre à Beni-Souef, et organiser toute la province de Beni-Souef. Il passera sur la rive droite du Nil par terre et Atfieh ; il ira en 5 jours. Arrivé à Atfieh, il se fera rendre compte par le commandant turc pourquoi il n'a pas levé le miri de cette province et fourni les chevaux que sa province devait fournir.
La troupe prendra pour deux jours de pain, et pour trois de biscuit
" (La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 3. p. 364).

Le 9 janvier 1799 (20 nivôse an 7), le Général Bonaparte, depuis son Quartier général au Caire, ordonne la création d'un Régiment de Dromadaires (Correspondance de Napoléon, t.5, lettre 3821); la 22e Légères doit fournir 10 hommes, choisis parmi les plus hardis et les plus intrépides, pour former le noyau du Régiment des Dromadaires destiné à enrayer le brigandage des Arabes; "Ces hommes devront avoir moins de vingt-quatre ans, plus de quatre ans de service, au moins cinq pieds quatre pouces, et être d'une bravoure reconnue. Ils seront envoyés sur-le-champ au Caire. Le commandant de la place établira leur caserne sur la place Ezbekyeh".

Le 29 janvier 1799 (10 pluviôse an 7), Bonaparte écrit, depuis Le Caire, au Payeur général : "Vous passerez, citoyen, les douze actions de la compagnie d'Egypte qui appartiennent à la république, à la disposition des citoyens : Boyer, chef de brigade de la 18e ; ... Lejeune, id. de la 22e ... à titre de gratification extraordinaire ..." (Correspondance inédite officielle et confidentielle de Napoléon, t.6, Egypte; Panchoucke : « Oeuvres de Napoléon Bonaparte », 1821-1822, t. 2, p. 462; Oeuvres complètes de Napoléon, Stuttgart et Tubingue, 1822, t.3, p. 80 ; la Correspondance générale de Napoléon, t.2, lettre 4248, donne la date du 16 février 1799 - 28 pluviôse an 7).

Un ordre du 30 janvier (11 pluviôse) rappelle au Vieux-Caire les Carabiniers de la 22e légère, qui sont à Beni-Souef, avec le Général Veaux (La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 3. p. 579-580).

- Expédition de Syrie

Le 31 janvier 1799 (12 pluviôse an 7), le Général Bonaparte écrit depuis son Quartier général au Caire, au Général Berthier, Chef de l'Etat-major général de l'Armée d'Orient : "... Vous donnerez l'ordre à la 22e d'infanterie légère de partir du Caire, le 15 pluviôse, pour se rendre à Belbeis ..." (Correspondance générale, t.2, lettre 4192).

Dans une lettre écrite le 19 juin 1799 (premier messidor an 7 de la République) au quartier-général du Caire, et adressée au Directoire exécutif, Bonaparte raconte : "Pendant mon invasion en Syrie, il s'est passé dans la basse Egypte des événemens militaires que je dois vous faire connaître.
Révolte de Bénêçoùef.
Le 12 pluviôse, une partie de la province de Bénêçoùef se révolta. Le général Veaux marcha avec un bataillon de la 22e ; il remplit de cadavres ennemis quatre lieues de pays. Tout rentra dans l'ordre. Il n'eut que trois hommes tués et vingt blessés ...
" (Pièces diverses et correspondances relatives aux armées d’orient ; Correspondance inédite officielle et confidentielle de Napoléon, t.6, Egypte ; Panchoucke : « Oeuvres de Napoléon Bonaparte », 1821-1822, t. 3, p. 55 ; Oeuvres complètes de Napoléon, Stuttgart et Tubingue, 1822, t.3, p. 182 ; Kermoysan « Napoléon, Recueil par ordre chronologique de ses lettres, proclamations, bulletins », Paris, 1853, t.1, p. 312 ; Correspondance de Napoléon, t.5, lettre 4188 ; Correspondance générale de Napoléon, t.2, lettre 4405).

Le Général en chef quitte le Caire le 10 février 1799. Quatre petites Divisions d'infanterie, et un détachement de neuf cents chevaux, sous les ordres des Généraux Reynier, Kléber, Bon, Lannes et Murat, forment cette armée d'expédition. La Division du Général Lannes comprend les deux premiers bataillons de la 22e légère, des 13e et 69e de ligne. Ses Généraux de Brigade sont Vaux, Robin et Rambaud. La Division compte 2,994 hommes (Oeuvres complètes de Napoléon, Stuttgart et Tubingue, 1822, t.3, p. 100).

- Prise de Gaza

La 22e combat à Gaza, Jaffa où le Chef de Brigade Lejeune est tué. Le 26 février 1799 (8 ventôse an 7), Bonaparte fait écrire, depuis son Quartier général, à Gaza, au Général Dugua, au Caire : "… Le général en chef a été spécialement satisfait de la conduite de la 22e légère, de la division du général Lannes …" (Correspondance de Napoléon, t.5, lettre 3992).

L'Ordre du jour établi au Quartier général, à Gaza, le même 26 février 1799 (8 ventôse an 7) déclare : "Le général en chef a remarqué la conduite de la 22e d'infanterie légère au combat de Gaza. Cette demi-brigade, qui était à la queue de la colonne, malgré la fatigue d'une marche forcée, s'est trouvée en mesure de soutenir la cavalerie dans les différentes charges qui ont eu lieu, et d'y arriver avant les autres corps de l'armée" (Correspondance de Napoléon, t.5, lettre 3999).

Puis, toujours le 26 février 1799 (8 ventôse an 7), Bonaaprte écrit depuis son Quartier général, à Gaza, à Venture de Paradis, secrétaire interprète : "Faites connaître au divan du Caire, au cheick Messiri et à celui de Minieh et à l'émir-hadji l'arrivée de l'armée à Gaza. Elle a couché le 6 à Khan-Younès. À la pointe du jour elle s'est mise en marche et sur les 9 heures du matin, l'avant-garde a découvert l'armée de Djezzar réunie aux mamelouks qui était en position au-devant de Gaza. Après différentes évolutions d'infanterie et de cavalerie, le général Murat s'est trouvé déborder la gauche de l'ennemi qui d'abord a fait mine de vouloir soutenir la charge et qui ensuite a battu en retraite ; on l'a vivement poursuivi, différents détachements seuls se sont chargés : pendant ce temps-là le général Kléber prenait possession de la ville de Gaza. L'ennemi a dans ce moment-ci évacué la plus grande partie de la Palestine. La perte de notre côté a été fort légère : nous avons eu deux hommes blessés, l'ennemi a eu quelques hommes tués. J'ai été spécialement satisfait de la conduite de la 22e légère de la division du général Lannes.
Nous avons trouvé dans le château de Gaza des magasins d'artillerie très considérables entre autres 30 ou 40 milliers de poudre et une grande quantité de boulets ensabotés à l'européenne, de grands magasins de biscuits et d'orge, une douzaine de pièces de canon et un magasin de tentes assez considérable.
Vous devez avoir reçu d'El-Arich le détail de la prise de ce fort et de l'affaire du camp des mamelouks
" (Correspondance générale de Napoléon, t.2, lettre 4263).

Enfin, dans une lettre adressée depuis son Quartier général à Jaffa, au Directoire exécutif, et datée du 13 mars 1799 (23 ventôse an 7), le Général Bonaparte écrit : "… Combat de Gaza
… La 22e d'infanterie légère s'est fort bien conduite : elle suivait les chevaux au pas de course ; il y avait cependant bien des jours qu'elle n'avait fait un bon repas ni bu de l'eau à son aise ...
" (Pièces diverses et correspondance relatives aux opérations de l'armée d'Orient en Egypte; Panchoucke : « Oeuvres de Napoléon Bonaparte », 1821-1822, t. 2, p. 497; Oeuvres complètes de Napoléon, Stuttgart et Tubingue, 1822, t.3, p. 119 ; Kermoysan « Napoléon, Recueil par ordre chronologique de ses lettres, proclamations, bulletins », Paris, 1853, t.1, p. 296; Correspondance de Napoléon, t.5, lettre 4035; Correspondance générale, t.2, lettre 4294).

- Siège de Jaffa

Le 10 mars 1799 (20 ventôse an 7), Bonaparte écrit, depuis son Quartier général, à Jaffa, au Général Berthier : "... Le citoyen Magny, chef de bataillon de la 22e, sera promu à la place de chef de brigade ..." (Correspondance de Napoléon, t.5, lettre 4032 ; Correspondance générale de Napoléon, t.2, lettre 4288).

Dans sa lettre adressée depuis son Quartier général à Jaffa, au Directoire exécutif, et datée du 13 mars 1799 (23 ventôse an 7), le Général Bonaparte écrit, au sujet du siège de Jaffa, et plus particulièrement de la journée du 17 ventôse : "… Siège de Jaffa
… 4,000 hommes des troupes de Djezzar ont été passés au fil de l’épée ; il y avait 800 canonniers. Une partie des habitants a été massacrée ...
Nous avons perdu le citoyen Lejeune, chef de la 22e d’infanterie légère, qui a été tué à la brèche : cet officier a été vivement regretté de l’armée ; les soldats de son corps l'ont pleuré comme leur père. J'ai nommé à sa place le chef de bataillon Magni, qui a été grièvement blessé ...
" (Pièces diverses et correspondance relatives aux opérations de l'armée d'Orient en Egypte; Panchoucke : « Oeuvres de Napoléon Bonaparte », 1821-1822, t. 2, p. 497; Oeuvres complètes de Napoléon, Stuttgart et Tubingue, 1822, t.3, p. 119 ; Kermoysan « Napoléon, Recueil par ordre chronologique de ses lettres, proclamations, bulletins », Paris, 1853, t.1, p. 296; Correspondance de Napoléon, t.5, lettre 4035; Correspondance générale, t.2, lettre 4294).

- Siège de Saint-Jean-d'Acre

La 22e s'illustre à Saint-Jean d'Acre.

Le 13 avril 1799 (24 germinal an 7), Bonaparte fait écrit, depuis le Quartier général, devant Acre, au Général Murat : "... Vous ordonnerez que les dragons qui sont à pied fassent le service dans la redoute, pour y garder les pièces de 5 (cette redoute s'appellera dorénavant redoute Detroye), en attendant les carabiniers de la 22e légère, qui doivent s'y rendre de Hayfâ …" (Correspondance de Napoléon, t.5, lettre 4086).

18 avril 1799 (29 germinal an 7), Bonaparte écrit, depuis son Quartier général, devant Acre, au Général Berthier : "Vous donnerez l'ordre à l'adjudant général Boyer de partir cette nuit, avec 100 hommes de chacune des deux divisions qui sont ici, 20 canonniers, 12 sapeurs et 50 cavaliers, pour escorter les chevaux et chameaux que le général d'artillerie enverra à Jaffa pour prendre l'artillerie qui y serait arrivée.
Il laissera 80 hommes à Hayfâ et 120 à Tantourah ; il prendra à Tantourah et à Hayfâ tous les hommes de la 22e d'infanterie légère qu'il y trouvera ; ce qui doit faire plus de 300 hommes. Cela formera, avec les dragons, les canonniers et sapeurs, l'escorte de son convoi ...
Il s'arrangera de manière à être le 5 de retour
" (Correspondance de Napoléon, t.5, lettre 4099 ; Correspondance générale de Napoléon, t.2, lettre 4324).

Le 13 mai 1799 (24 floréal an 7), Bonaparte fait écrire, depuis son Quartier général, devant Acre, au Chef d'Escadron Lambert : "Le général en chef vous autorise, Citoyen Commandant, à partir avec la 22e légère, un détachement de dromadaires, à qui je donne l'ordre de se rendre à Hayfâ, pour tomber sur les Naplousains et leur faire le plus de mal possible. Je vous préviens que le général Murat vient de recevoir l'ordre d'envoyer à Hayfâ tout ce qu'il y a de disponible de la 25e, et de faire relever, par des postes de cavalerie, les détachements de la même demi-brigade qui se trouvent aux moulins de Cherdâm et Dâoud et qui se rendront successivementà Hayfâ. La 25e demi-brigade remplacera la 22e légère pendant votre opération" (Correspondance de Napoléon, t.5, lettre 4128).

Le 25 mai 1799 (6 prairial an 7), Bonaparte écrit, depuis son Quartier général, à Jaffa, au Général Berthier : "Vous voudrez bien prendre les mesures pour faire partir à minuit le bataillon de la 22e, les dépôts de la cavalerie à pied, 250 fiévreux et 200 blessés.
Les troupes et les malades prendront des vivres pour les 7, 8, 9, 10, 11, 12 et i3 prairial. 80 prisonniers turcs partiront également avec et serviront à aider au transport des blessés. On les traitera avec sévérité, et on aura soin qu'ils ne communiquent dans aucun endroit avec les habitants. A la moindre mutinerie qu'ils se permettraient, le général de brigade est autorisé à en faire fusiller plusieurs. Le détachement de chevaux écloppés qui est au dépôt partira également ; ces chevaux serviront à porter les malades.
Indépendamment des chirurgiens, il y aura avec ce convoi un médecin. On aura soin de ne pas confondre les blessés avec les fiévreux en faisant marcher les uns et les autres réunis.
Le chef de brigade Magny, qui commandera ce convoi, dirigera sa marche de manière à être arrivé le 8 au soir à Gaza, où il prendra des outres. Il laissera à Qatyeh tous les fiévreux ; il laissera les blessés à Sâlheyeh ; il y restera lui-même avec sa troupe jusqu'à nouvel ordre. Il fera connaître son arrivée à l'adjudant général Aimeras, à Damiette, et au général Dugua, au Caire. Il exécutera les ordres qu'il pourrait recevoir du général Dugua. Si l'adjudant général Boyer était encore à Sâlheyeh, il se mettrait sous ses ordres
" (Correspondance de Napoléon, t.5, lettre 4154 ; Correspondance générale de Napoléon, t.2, lettre 4358).

Le même jour 25 mai 1799 (6 prairial an 7), Bonaparte écrit, depuis le Quartier général, à Jaffa, au Général Berthier, Chef de l'Etat-major général de l'Armée d'Orient : "... Donnez l'ordre aux hommes de cavalerie qui sont à pied, et qui doivent également être à Jaffa, de se porter au camp de la 22e légère, de prendre des vivres pour six jours et de se tenir prêts à partir. L'officier qui commande ce dépôt enverra demain l'état de situation au quartier général et fera compléter à 50 cartouches par homme ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.2, lettre 4359).

Enfin, dans une troisième lettre datée du Quartier général, à Jaffa, le 25 mai 1799 (6 prairial an 7), adressée à Berthier : "Vous donnerez l'ordre au chef de brigade de la 22e d'infanterie légère de réunir toute sa demi-brigade avec la pièce de canon qu'il a prise à Tantourah et de se tenir prêt à partir à l'ordre qu'il pourrait en recevoir demain avant le jour ; ce soir, avant la nuit, d'envoyer son état de situation à l'état-major ; de prendre des vivres pour six jours et de compléter 50 cartouches par homme" (Correspondance générale de Napoléon, t.2, lettre 4360).

Le 9 juin 1799 (21 prairial an 7), Bonaparte écrit, depuis son Quartier général, à Sâlheyeh, au Général Dugua, au Caire : "… Gardez le bataillon de la 22e avec vous jusqu'à mon arrivée …" (Correspondance de Napoléon, t.5, lettre 4167 ; Correspondance générale de Napoléon, t.2, lettre 4373).

Le 27 juin 1799 (9 messidor an 7), Bonaparte écrit, depuis son Quartier-général, au Caire, au Général Davout : "... Dès l'instant que vous serez arrivé dans la province de Beny-Soueyf, vous prendrez toutes les mesures pour bien remonter votre cavalerie. Vous retiendrez près de vous tous les hommes du 22e de chasseurs et du 20e de dragons qui ont été en remonte dans la haute Egypte. Vous correspondrez, pour ces trois provinces, directement avec le général en chef et l'état-major général. Vous les organiserez de manière à pouvoir renvoyer au Caire le bataillon de la 22e, afin d'organiser cette demi-brigade à la fin de messidor ..." (Correspondance de Napoléon, t.5, lettre 4222).

Le 28 juin 1799 (10 messidor an 7), Bonaparte écrit, depuis Le Caire, au citoyen Dupas, commandant la citadelle : "... Vous ferez consigner le citoyen Philippe Bouette au chef de brigade de la 22e, pour le mettre dans son corps ..." (Correspondance inédite officielle et confidentielle de Napoléon, t.6, Egypte ; Panchoucke : « Oeuvres de Napoléon Bonaparte », 1821-1822, t. 3, p. 84 ; Oeuvres complètes de Napoléon, Stuttgart et Tubingue, 1822, t.3, p. 209 ; Correspondance générale de Napoléon, t.2, lettre 4480).

Le 7 juillet 1799 (19 messidor an 7), Bonaparte écrit, depuis son Quartier général, au Caire, au Général Berthier, Chef de l'Etat-major général de l'Armée d'Orient : "... Vous donnerez l'ordre au bataillon de la 22e [légère] qui est avec le général Zayonchek de se rendre au Caire par terre en passant par Atfieh. Ce mouvement s'exécutera à l'instant où Mourad-Bey aura pris un parti qui l'éloigne du Fayoum" (Correspondance générale de Napoléon, t.2, lettre 4539).

12 juillet 1799 (24 messidor an 7), Bonaparte fait écrire, depuis Le Caire, au citoyen Magny, Chef de la 22e Demi-brigade : "Il est ordonné au bataillon de la 22e qui est au Vieux-Caire de partir ce soir avec le chef de brigade et une pièce de canon de la division Lannes, pour se rendre à Torrah, à deux lieues du Vieux-Caire, en remontant la rive droite du Nil.
Ce bataillon occupera là les retranchements qui s'y trouvent. Le chef de brigade enverra des patrouilles pour prendre des informations de la marche que pourrait tenir Mourad-Bey, qui, avec à peu près 150 hommes, moitié à pied, moitié à cheval, et 60 chameaux, est dans la province de Gyzeh, poursuivi par le général Friant.
Le chef de brigade de la 22e est prévenu qu'il serait possible que Mourad-Bey voulût, dans la nuit, ou demain à la pointe du jour, passer le Nil pour gagner le Charqyeh ; que c'est dans cette supposition que le chef de brigade serait à même de lui tomber dessus.
Le chef de brigade donnera fréquemment de ses nouvelles au général en chef.
Les troupes prendront des vivres pour quatre jours
" (Correspondance de Napoléon, t.5, lettre 4269).

Le 13 juillet 1799 (25 messidor an 7), Bonaparte écrit, depuis son Quartier général, au Caire, au Général Berthier, Chef de l'Etat-major général de l'Armée d'Orient : "Vous donnerez l'ordre au bataillon de la 22e [légère] qui est à Torrah de retourner au Vieux-Caire dans ses quartiers, en supposant que le commandant n'ait rien appris de nouveau sur les mamelouks et Mourad-Bey" (Correspondance générale de Napoléon, t.2, lettre 4601).

Le 15 juillet 1799 (27 messidor an 7), Bonaparte écrit, depuis son Quartier-général, à Gyzeh, au Général Berthier : "Réitérez l'ordre au général Zajonchek de faire partir le bataillon de la 22e ..." (Correspondance de Napoléon, t.5, lettre 4282 ; Correspondance générale de Napoléon, t.2, lettre 4614).

Le 17 juillet 1799 (29 messidor an 7), Bonaparte écrit, depuis son Quartier général, à Terrâneh, au Général Dugua : "… Écrivez au général Desaix les nouvelles que je vous donne, que j'imagine que la colonne mobile contre Mourad-Bey est partie, et qu'il presse le départ de la cavalerie que je lui ai demandée. Dès que le bataillon de la 22e ainsi que le général Bampon et sa colonne seront arrivés au Caire, qu'ils filent en toute diligence sur El-Bahmânyeh …" (Panchoucke : « Oeuvres de Napoléon Bonaparte », 1821-1822, t. 3, p. 108 ; Oeuvres complètes de Napoléon, Stuttgart et Tubingue, 1822, t.3, p. 231 ; Correspondance de Napoléon, t.5, lettre 4288 ; Correspondance générale de Napoléon, t.2, lettre 4622).

Le 21 juillet 1799 (3 thermidor an 7), Bonaparte écrit, depuis le Quartier général, à El-Rahmânieh, au Général Berthier, Major général de la Grande Armée : "Vous ferez partir, citoyen général, demain à la pointe du jour le détachement du 3e bataillon de la 69e [de ligne], pour se rendre à Berket ; vous nommerez un capitaine pour faire les fonctions de commandant de la place à Berket ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.2, lettre 4629). Pochet, de la 22e Demi-brigade légère est nommé commandant de la place de Berket.

Le même jour 21 juillet 1799 (3 thermidor an 7), à 8 heures du soir, Bonaparte écrit, depuis le Quartier général, à El-Rahmânyeh, au Général Dugua : "… Faites une revue scrupuleuse, et que tout ce qui appartient à la 22e, même le bataillon qui doit être arrivé de Beny-Soueyf ... parte sans le moindre délai ..." (Correspondance inédite officielle et confidentielle de Napoléon, t.6, Egypte ; ; Panchoucke : « Oeuvres de Napoléon Bonaparte », 1821-1822, t. 3, p. 116 ; Correspondance de Napoléon, t.5, lettre 4301 ; Correspondance générale de Napoléon, t.2, lettre 4637).

Le 23 juillet 1799 (5 thermidor an 7), Le Général Dugua écrit, depuis Le Caire, au Général Bonaparte : "Je reçois à l'instant vos lettres du 3 du mois courant ; j'ai écrit cinq lettres pour hâter la marche du chef de brigade Destrées, et du premier bataillon de la 22e : d'après les premiers avis que j'ai reçus, ils devraient être ici depuis deux jours, et je ne sais par quelle fatalité ils ne sont pas arrivés, et pourquoi je n'ai aucun avis de leur marche ..." (Correspondance inédite officielle et confidentielle de Napoléon, t.7).

Le 24 juillet 1799 (6 thermidor an 7), le Général Dugua écrit, depuis Le Caire, au Général Bonaparte : "D'après vos ordres, j'ai passé hier la revue des dépôts des 13e, 18e, 22e, 32e et 69e demi-brigades : j'y ai trouvé huit officiers et deux cent soixante-dix-huit sous-officiers ou soldats en état de marcher. Je vous observe que j'en avais déjà fait partir beaucoup avec le général Rampon. Ces deux cent quatre-vingt-six hommes partiront ce soir pour Embabeh avec les cent hommes d'artillerie que vous me demandez, sous les ordres du chef de bataillon Faure, avec un détachement de vingt-six dromadaires ...
Vous verrez, général, par la lettre du général Zayonscheck que le premier bataillon de la 22e demi-brigade est encore à Bénécouef, parce que le général Zayonscheck croit devoir déférer aux ordres de tout le monde, avant d'exécuter les vôtres …
" (Correspondance inédite officielle et confidentielle de Napoléon, t.7).

- Bataille d'Aboukir, 7 thermidor (25 juillet 1799)

La 22e s'illustre encore à Aboukir.

La nouvelle de la victoire parvient en France, par une lettre de Bonaparte adressée depuis le Quartier-général d'Alexandrie au Directoire exécutif et datée du 28 juillet 1799 (10 thermidor an 7) : "... Le général Lanne, avec la vingt-deuxième et une partie de la soixante-neuvième, se porte sur la gauche de l'ennemi ... Le citoyen Bernard, chef de bataillon de la 69e, et le citoyen Baille, capitaine de grenadiers de cette demi-brigade, y dit-il, entrent les premiers dans la redoute, et par là se couvrent de gloire" (Pièces diverses et correspondance relatives aux opérations de l'armée d'Orient en Egypte; Correspondance de Napoléon, t.5, lettre 4323 ; Panchoucke : « Oeuvres de Napoléon Bonaparte », 1821-1822, t. 3, p. 126; Oeuvres complètes de Napoléon, Stuttgart et Tubingue, 1822, t.3, p. 251 (lettre datée dans les deux ouvrages du 27 juillet 1799 – 27 thermidor an 7) ; Kermoysan « Napoléon, Recueil par ordre chronologique de ses lettres, proclamations, bulletins », Paris, 1853, t.1, p. 327 ; Correspondance générale de Napoléon, t.2, lettre 4659). Le texte, imprimé au Caire, porte que ce sont deux Officiers de la 69e qui sont entrés les premiers dans la redoute. A la suite de cette publication, Magny, Chef de Brigade de la 22e Légère, adresse une vive protestation à Bonaparte et prend à témoin le Général Lannes pour démontrer que c'est à un Capitaine de la 22e Légère que revient cet honneur.

Le 4 août 1799 (17 thermidor an 7), Bonaparte écrit, depuis son Quartier général, à Alexandrie, au Directoire exécutif : "… Le 10, … La 22e d'infanterie légère et le chef de brigade Magny, qui a été légèrement blessé, se sont parfaitement conduits …" (Panchoucke : « Oeuvres de Napoléon Bonaparte », 1821-1822, t. 3, p. 133 (lettre datée du 10 août 1799 - 23 thermidor an 5); Oeuvres complètes de Napoléon, Stuttgart et Tubingue, 1822, t.3, p. 256 (idem) ; Correspondance de Napoléon, t.5, lettre 4334 ; Correspondance générale de Napoléon, t.2, lettre 4669).

Le 30 juillet 1799 (12 thermidor an 7), le Général Abdallah-Menou écrit, devant Aboukir, au Général Bonaparte : "Bonne nouvelle, le général Davoust s'est conduit avec la plus grande distinction ; à la tête de la 22e, un bataillon de la 25e, de la 18e et de trois compagnies d'éclaireurs, il a repris le village entier jusqu'au fort, une pièce de 8 et deux pièces de 16 qu'on vient d'enclouer. On a tué une grande quantité de Turcs dans les maisons : ils ne s'attendaient pas à une attaque aussi vigoureuse. Actuellement ils sont privés d’eau ; j'ai ordonné sur-le champ de retrancher toute la tête du village, de manière à ce qu'il ne puisse plus être repris.
Nous n'avons eu que peu de blessés. Le chef de la 22e l'a été légèrement à la tête : nous n'avons que six à sept morts …
" (Correspondance inédite officielle et confidentielle de Napoléon, t.7).

Le 10 août 1799 (23 thermidor an 7 de la République), Bonaparte écrit, depuis son quartier-général du Caire, au Directoire exécutif : "Siège du fort d'Aboùqyr.
… Le 12, le général Davoust était de tranchée ; il s’empara de toutes les maisons où était logé l'ennemi, et le jeta dans le fort après lui avoir tué beaucoup de monde. La 22e demi-brigade d'infanterie légère et le chef de brigade Magni, qui a été légèrement blessé, se sont parfaitement conduits. Le succès de cette journée, qui a accéléré la reddition du fort, est dû aux bonnes dispositions du général Davoust …
" (Pièces diverses et correspondances relatives aux armées d’orient; Kermoysan « Napoléon, Recueil par ordre chronologique de ses lettres, proclamations, bulletins », Paris, 1853, t.1, p. 330).

Le 31 juillet 1799 (13 thermidor an 7), le Général Abdallah-Menou écrit, devant Aboukir, au Général Bonaparte : "… hier, le citoyen Magnier, chef de brigade de la 22e ; … et le citoyen Veckel, chef de bataillon de la 25e se sont conduits à merveille …" (Correspondance inédite officielle et confidentielle de Napoléon, t.7).

Le 2 août1799 (15 thermidor an 7), Bonaparte fait écrire, depuis son Quartier général, à Alexandrie, au Général Menou : "… Vous réunirez le reste des prisonniers, après avoir choisi ceux demandés ci-dessus ; vous les remettrez au général Robin, sur son reçu. Ce général est chargé de les emmener avec lui à El-Rahmânyeh, sous l'escorte de la 22e et de la 13e demi-brigade, ainsi que vous le verrez par l'ordre ci-joint, que je vous prie de lui remettre …" (Correspondance de Napoléon, t.5, lettre 4325).

Le 11 août 1799 (24 thermidor an 7), Bonaparte écrit, depuis son Quartier général, au Caire, au Général Berthier, chef de l'Etat-major général de l'Armée d'Orient : "Vous donnerez l'ordre au général Robin de se rendre avec une pièce de 3 et un bataillon de la 22e [légère] à Mit-Gamar. Il achèvera la levée des contributions, des chevaux et terminera les fortifications qu'il a commencées. Vous en préviendrez le général Sanson pour qu'il donne des ordres en conséquence" (Correspondance générale de Napoléon, t.2, lettre 4687).

Le même jour 11 août 1799 (24 thermidor an 7), Bonaparte écrit, depuis son Quartier général, au Caire, au Général Berthier : "Je vous prie, Citoyen Général, de mettre à l'ordre du jour de demain que je suis extrêmement mécontent du général Zajonchek, qui a mis de la négligence dans l'exécution de l'ordre réitéré de faire partir pour le quartier général le bataillon de la 22e d'infanterie légère. Le général Zajonchek, commandant une province directement sous mes ordres, n'a aucune excuse à alléguer. Vous voudrez bien lui ordonner de garder vingt-quatre heures les arrêts forcés. Immédiatement après la réception du présent ordre, il fera embarquer et partir pour le Caire le bataillon de la 22e d'infanterie légère" (Correspondance de Napoléon, t.5, lettre 4340 ; Correspondance générale de Napoléon, t.2, lettre 4690).

Le 11 août 1799 (24 thermidor an 7), Bonaparte écrit encore depuis Le Caire, au Général Desaix : "… Je vous laisse la 21e, la 88e, la 22e et la 20e" (Correspondance inédite officielle et confidentielle de Napoléon, t.6, Egypte ; Panchoucke : « Oeuvres de Napoléon Bonaparte », 1821-1822, t. 3, p. 136 (la lettre est datée du 12 août 1799 – 25 thermidor an 7) ; Oeuvres complètes de Napoléon, Stuttgart et Tubingue, 1822, t.3, p. 261 (idem) ; Correspondance de Napoléon, t.5, lettre 4341 ; Correspondance générale de Napoléon, t.2, lettre 4695).

Le 13 août 1799 (26 thermidor an 7), Bonaparte écrit, depuis le Quartier général, au Caire, au Général Berthier, Chef de l'Etat-major général de l'Armée d'Orient : "Vous donnerez l'ordre au chef de bataillon à la 22e [légère], Froment, attaché à l'état-major de la place, de rentrer à sa demi-brigade" (Correspondance générale de Napoléon, t.2, lettre 4713).

Le 17 août 1799 (30 thermidor an 7), un Ordre du jour, est établi au Caire ; on y trouve un "Etat des fusils, grenades de mérite accordés par le général Bonaparte depuis l'entrée de l'armée en Egypte.
... Fusils de mérite accordés par l'ordre du 14 pluviôse.
Pradel, carabinier de la 22e : à Jaffa.
Mayer, carabinier de la 22e id.
Falentin, carabinier de la 22e : id.
Brûlot, carabinier de la 22e : id.
Chartin, carabinier de la 22e : id. ... Gacon, carabinier de la 22e : id.
... Aux citoyens Morin, ouvrier militaire de la 22e : à Jaffa.
Vurlain : id.
Kaufman, sergent d'ouvriers : id. ... Marquette, chasseur de la 22e légère : à Aboukir.
... Baguettes de mérite accordées par l'ordre du jour du 14 pluviose an. 7.
Viguier, tambour de la 22e demi-brigade.
... État nominatif des officiers généraux et officiers supérieurs des différens corps, morts à l'armée d'Egypte.
… Officiers supérieurs de l'infanterie.
Lejeune, chef de brigade de la 22e demi brigade légère, tué à l'assaut de Jaffa, le 7 ventôse an 7.
Pouillet, chef de bataillon de la 22e demi-brigade légère, mort à la suite de ses blessures en revenant de la Haute-Egypte
" (Correspondance inédite officielle et confidentielle de Napoléon, t.6, Egypte).

Le 19 août 1799 (2 fructidor an 7), Bonaparte écrit, depuis son Quartier général, à Menouf, au Général Berthier, Chef de l'Etat-major général de l'Armée d'Orient : "... Vous donnerez l'ordre au général Dugua de procéder à la formation de la 22e [légère]. Le quartier-maître et le chef de·brigade doivent avoir les matricules du bataillon qui est à Mit-Gamar. Ainsi on peut organiser cette demi-brigade sans que l'éloignement du bataillon en empêche" (Correspondance générale de Napoléon, t.2, lettre 4748).

Le même jour 19 août 1799 (2 fructidor an 7), Bonaparte écrit, depuis son Quartier général, à Menouf, au Général Dugua, au Caire : "… Je désire que vous organisiez promptement la 22e …" (Correspondance de Napoléon, t.5, lettre 4370 ; Correspondance générale de Napoléon, t.2, lettre 4750).

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Début 1800, sous le commandement du Chef de Brigade Louis Antoine Goguet (depuis 1799), la Demi-brigade stationne encore en Egypte avec l'Armée d'Orient.

Etats de service du Chef de Brigade puis Colonel Goguet.

Louis-Antoine-Vast-Vite Goguet, originaire d’Epinancourt, dans la Somme, Lieutenant-colonel du 3e Bataillon liégeois, Chef de Bataillon adjoint au 4e Bataillon de Tirailleurs (1794), commandant provisoire du 1er Bataillon de Tirailleurs (7 octobre 1794 au 17 avril 1795). Il fut replacé dans la 101e Demi-brigade de Bataille (1795), qui devint la 25e Demi-brigade de ligne (1796), il servit à l’Armée d’Orient et reçu le commandement provisoire de la 22e Demi-brigade légère de seconde formation (8 octobre 1799).
Son grade lui fut confirmé au retour en France (5 avril 1802), Chevalier de la Légion d’honneur (11 décembre), Officier de l’ordre (14 juin 1804), il sert ensuite à l’Armée d’Italie et de Naples : sur la Piave (1805), bataille de Raab puis de Wagram (1809), Commandeur de l’ordre royal des Deux-Siciles.
Nommé Général de Brigade (6 juillet 1811), Division de réserve de Bayonne (6 août), puis à la 44e Division d’infanterie, 3e Corps d’observation de Bavière (8 juin 1813), prisonnier de guerre à Dresde (11 novembre), Chevalier de Saint-Louis à son retour en France, Adjoint à l’Inspection générale d’infanterie dans la 2e Division militaire (5 janvier 1815), commandant le département du Cher (26 mars), placé en non-activité (19 juillet), mis en retraite par une ordonnance royale (6 octobre), il meurt à Paris, le 9 août 1821.

22e Léger, 1800-1801
Fig. 1 Carabinier de la 22e Légère en Egypte, 1800-1801, d'après H. Boisselier

Kléber, commandant l'Armée d'Orient après le départ de Bonaparte, conscient qu'il ne pourra tenir encore longtemps, a signé une convention d'évacuation avec les honneurs du Corps expéditionnaire français à El Arisch fin janvier. Les troupes commencent à se regrouper autour du Caire, tandis que des forces turques progressent simultanément sur le territoire. Le 1er mars, la 22e Demi-brigade se disperse entre Le Caire, Belbeis et Salahieh.

- Bataille d'Héliopolis

Kléber commence donc à appliquer l’évacuation quand la duplicité anglo-turque le force à accepter une nouvelle bataille. Il rassemble ses troupes et écrase une armée turque à Héliopolis le 20 Mars. La 22e Demi-brigade légère se positionne avec le 9e de Ligne dans la Brigade Robin, de la Division Friant. Le Capitaine Guigard, de la Demi-brigade, enlève, à la tête de ses Carabiniers, la redoute de Matarieh.

Le "RAPPORT fait au Gouvernement français par le général Kléber sur les événements qui se sont passés en Egypte depuis la conclusion d'êl-Arych jusqu'à la fin de prairial an 8e, signé par le Général Menou (Kléber a été assassiné entre temps), indique : "… Au milieu de la nuit suivante je me rendis, accompagné des guides de l'armée, et de mon état-major, dans la plaine de la Coubé, où se trouvait déjà une partie des troupes ; les autres arrivèrent successivement et se rangèrent en bataille.
… La ligne de bataille était composée de quatre carrés ; ceux de droite obéissaient au général Friant, ceux de gauche au général Régnier. L'artillerie légère occupait les intervalles d'un carré à l'autre, et la cavalerie en colonne, dans l'intervalle du centre, était commandée par le général Leclerc : ses pièces marchaient sur ses flancs, et étaient soutenues par deux divisions du régiment des dromadaires. Derrière la gauche, en seconde ligne, était un petit carré de deux bataillons : l'artillerie de réserve, placée au centre, était couverte par quelques compagnies de grenadiers , et les sapeurs armés de fusils ; d'autres pièces marchaient sur les deux côtés du rectangle, soutenues et flanquées par des tirailleurs ; enfin des compagnies de grenadiers doublaient les angles de chaque carré, et pouvaient être employées pour l'attaque des postes. La première brigade de la division Friant était commandée par le général Belliart, et formée de la 21e légère et de la 88e de bataille ...
Le général Robin commandait la première brigade de la division Régnier, composée de la 22e légère et de la 9e de bataille ; le général Lagrange avait sous ses ordres les 13e et 85e de bataille, formant la deuxième brigade de cette division ; le général Songis commandait 1'artillerie, et le général Samson le génie. … Vers les trois heures du matin, j'ordonnai que l'armée se mit en marche. L'aile droite arriva au point du jour près la mosquée Sibelli Hallem … les deux carrés de gauche arrivèrent devant le village de Matariéh, s'y arrêtèrent hors de portée de canon et donnèrent le temps à la division de la droite de venir se placer entre Héliopolis, et le village d'el-Marek, afin de s'opposer à la retraite des troupes ennemies et à l'arrivée des renforts que l'ennemi pouvoir envoyer.
Tandis que ce mouvement s'exécutait, je distinguais un corps de cavalerie et d'infanterie turque, uni à une forte troupe de Mamloùks, qui, après avoir fait un grand détour dans les terres cultivées, se dirigeaient vers le Caire : les guides eurent ordre de les charger; ceux-ci acceptèrent la charge·; et, renforcés successivement par de nouvelles troupes, ils enveloppèrent les nôtres : l'issue de cette mêlée nous eût été funeste, si le·22e régiment de chasseurs, et le 14e régiment de dragons ne se fussent portés aussitôt pour soutenir 1'action : après un combat long et opiniâtre, l'ennemi prit la fuite … Le général Régnier commença l’attaque de Matariéh ; des compagnies de grenadiers, mises en réserve pour cet objet, reçurent l'ordre d'emporter les retranchements, et l'exécutèrent avec une bravoure digne des plus grands éloges. Tandis qu'ils s'avançaient au pas-de-charge, malgré le feu de l'artillerie ennemie, on vit les janissaires sortir de leurs retranchements, et courir, l'arme blanche à la main, sur la colonne de gauche; mais ils n'y rentrèrent plus : arrêtés de front par le feu vif et soutenu de cette colonne, une grande partie tombe sur la place ; le reste, pris en flanc par la colonne de droite, et bientôt attaqué de toute part, périt sous la baïonnette : les fossés, comblés de morts et de blessés, n’empêchent plus de franchir les retranchements; drapeaux, pièces d'artillerie, queues de pâchâs, effets de campement, tout reste en notre pouvoir; une partie de leur infanterie se jette dans les maisons à dessein de s'y défendre ; on ne leur laisse pas le temps de s'y établir, ils y sont tous égorgés, livrés aux flammes ; d’autres, essayant de sortir du village de Matariéh, tombent sous le feu de la division Friant ; le reste est tué ou dispersé par une charge de cavalerie.
… Le seul récit de l'affaire de Matariéh fait l’éloge de nos braves grenadiers ; la colonne de droite, composée de deux compagnies de la 22e légère, et de deux de la 9e de bataille, était commandée par le citoyen Réal, capitaine de la 9e ; et celle de gauche, formée de deux compagnies de la 13e et de la 85e de bataille, étoi sous les ordres du citoyen Taraire, chef de bataillon de la 85e. … L'armée avait éprouvé de grandes fatigues dans cette journée ; elle prit quelque repos …aussitôt après que j’eus donné les ordres pour le départ du lendemain, le silence de la nuit me permit d’entendre le canon qui se tirait au Caire. J’avais laissé dans cette ville la 32e de bataille et des détachements de différents corps, ce qui formait deux mille hommes environ ; prévoyant qu'une émeute générale menaçait ces troupes, j'avais ordonné qu'elles se retirassent dans les forts ; et le général Verdier, à qui j'en avais laissé le commandement, avait pris pour instruction de se borner à maintenir les communications entre la ferme d'Ibrâhim-bey, la citadelle, et le fort Camin … je crus nécessaire d’envoyer du renfort, et le général Lagrange reçut ordre à êl-Hanka de s’y porter avec quatre bataillons, deux de la 25e, un de la 64e, et un de la 75e. Il partit vers minuit …
… Je me mis en marche à la pointe du jour, et, me trouvant près Coraïm, j'entendis une vive canonnade en avant de ce village ; je présumai que le général Régnier était fortement engagé : j'ordonnai aussitôt au général Belliard de presser sa marche, et me portai moi-même en avant pour être présent à l'action. Je n'avais avec moi que les guides et le 7e régiment de hussards : arrivé sur les hauteurs des sables voisins du village, je vis la division Régnier occupée à repousser avec son artillerie trois ou quatre mille cavaliers qui l'entouraient. A peine fus-je posté que le corps ennemi fit un mouvement subit, et se jeta précipitamment sur nous.
Il fallut franchir l'intervalle qui nous séparait du carré du général Régnier, et recevoir la charge : elle fut tellement impétueuse que l'artillerie des guides n'eue pas le temps de se mettre en batterie. Les conducteurs sont aussitôt taillés en pièces ; et, la mêlée devenant complète, chacun s’occupe de sa défense : les habitants de Coraïm, nous voyant enveloppés de toutes parts, nous croient perdus; et toute cette multitude, armée de lances et de fourches, nous assaille sur notre gauche. . Le danger était extrême, lorsque le 14e régiment accourt pour nous soutenir : nous reprenons aussitôt l'offensive, et repoussons vivement l'ennemi, qui laisse environ trois cents morts ou blessés sur le champ de bataille : nous rejoignîmes le carré du général Régnier, auquel se réunit bientôt celui du général Belliard ...
" (Pièces diverses et correspondances relatives aux armées d'orient).

- Insurrection du Caire

Héliopolis est une victoire; mais la bataille à peine achevé, la 22e doit partir pour le Caire : la ville est en insurrection, mais elle est reprise aux mains des insurgés. Guigard se distingue en soutenant trois assauts Turcs dans la redoute du Santon, puis il s’empare le lendemain d’une pièce de canon que l’ennemi avait établie en face de sa position.

Le "RAPPORT fait au Gouvernement français par le général Kléber sur les événements qui se sont passés en Egypte depuis la conclusion d'êl-A'rych jusqu'à la fin de prairial an 8e raconte : "Le 21 (germinal soit le 10 avril 1800), à l'entrée de la nuit, le général Régnier fit attaquer par deux compagnies de grenadiers de la 9e, et deux compagnies de carabiniers de la 22e, dirigées par le général Robin, le Santon d'Abousiéh … On l'enleva avec la plus grande rapidité …
En conséquence, le 25, à la pointe du jour, le général Friant fit cerner Boulac avec la 21e demi-brigade légère, deux compagnies de grenadiers de la 32e, un détachement de sapeurs, et l'artillerie légère de la division commandée par le général Belliard. On bombarda vivement la ville …
Le général Régnier attaquait en même temps par la gauche avec le plus grand succès ; les troupes que commandait sur ce point le général Robin étaient détachées des 22e demi-brigade légère, 9e, 13e, et 85e de bataille. Partout on se battait avec un acharnement extrême.
La division du général Régnier, qui pénétra fort avant dans la ville par la porte dite Babel-Charich, incendia une partie des maisons de ce quartier, et tua beaucoup d'ennemis ; la troisième compagnie de carabiniers de la 22e demi-brigade légère avait ordre de s'emparer d'une pièce de canon de l'ennemi, placée sur une cour d'où elle barrait le poste du Santon.
En traversant, pour y arriver, les maisons de terrasses en terrasses, elle rencontra sur sa route, au débouché d'une rue, Nasif pâchâ et Assan-bey gedaoni, avec un grand nombre de Mamloùks et d'Osmanlis qui fuyaient devant la 9e demi -brigade. Cette compagnie se forme aussitôt pour recevoir la charge, et fait éprouver une perte considérable à l'ennemi ; la rue était comblée de cadavres : quelques chefs réussirent à se soustraire à la mort en abandonnant leurs chevaux et se jetant dans les maisons voisines du canal qui traverse la ville, et par où ils se sauvèrent. Voulant exécuter le premier ordre qu'elle avait reçu, cette troupe de braves alla enclouer la pièce qu'elle ne put enlever. On ne saurait trop louer son courage et son audace ...
" (Pièces diverses et correspondances relatives aux armées d'orient).

L'Egypte retourne sous le contrôle des Français, avec la Haute Egypte laissée à notre allié Mourad Bey.

Kléber renforce son armée de toutes les minorités religieuses (Coptes, grecs, syriens) et finit de l'habiller complètement avec de nouvelles tenues colorées, faute de suffisamment de drap bleu.

Le 14 juin 1800, Kléber est assassiné. Le commandement échoit au Général Menou, bon administrateur, orientophile, mais piètre stratège. Les dissensions au sein de l'Etat-major ne feront qu'envenimer la situation militaire.

En janvier 1801, les trois Bataillons de la 22e Légère (26 Officiers, 308 hommes; 22 Officiers, 288 hommes; 24 Officiers, 276 hommes) sont toujours à la Brigade Robin.

Le 8 mars 1801, les Anglais débarquent un Corps expéditionnaire en Egypte. Les faibles forces françaises ne peuvent alors les repousser. Les Britanniques marchent sur Alexandrie et, le 12 mars, un premier combat à Mandara les retarde un peu. Mais ceux-ci se retranchent, attendant une contre-offensive plus sérieuse des Français. Ce sera la bataille de Canope, le 21 mars, où les Français s'écrasent contre le camp retranché anglais. Les attaques mal coordonnées échouent, malgré le courage des soldats.

Les Français se séparent alors. Quatre mille hommes, avec le Général Lagrange et la Division Reynier, surveillent les Anglais. Après des tentatives très mal coordonnées par Menou pour rompre la jonction des forces anglo-turques, ils finissent par rejoindre le Général Belliard, retranché au Caire.

Belliard, assez découragé par la situation, et partisan d'une évacuation rapide de l'Egypte, d'autant que la peste refait son apparition, tente bien de contre-attaquer, contre les forces turques grâce aux renforts de toutes les garnisons qui se sont portées sur lui, le 16 mai, mais il finit par rétrograder. Restant assiégé pendant encore un mois, il capitule le 27 juin et peut évacuer ses hommes sur la France. Les forces de Belliard embarquent, ramenant le corps du Général Kleber.

Menou, lui, s'est enfermé dans Alexandrie, espérant des renforts de France et la conclusion d'une paix générale en Europe avec l'Angleterre qui le sauverait. Il capitulera à son tour le 2 septembre 1801 et pourra aussi rejoindre la métropole. La 22e Légère évacue l’Egypte avec la garnison d’Alexandrie.

Les "Egyptiens" de la Demi-brigade retrouvent la France à Toulon, fin septembre. L'unité a besoin d'être réorganisée après sa quarantaine obligatoire.

Bonaparte ordonne que les Demi-brigades de l’Armée d’Orient restent dans la 8e Division Militaire jusqu’à ce que soient débarqués au moins les deux tiers de leurs effectifs et «qu’elles devront laisser un chef de bataillon et plusieurs officiers à Marseille et Toulon pour faire rejoindre les détachements qui arriveraient plus tard ...» (Lettre de Bonaparte écrite depuis Paris au Général Berthier, Ministre de la Guerre - Correspondance générale, t.3, lettre 6654).

Le 24 novembre 1801 (3 frimaire an 10), le Premier Consul ordonnait depuis Paris à Berthier, d'envoyer la 22e Légère à Grenoble ; "Ces demi-brigades de l'armée d'Orient resteront dans la 8e division militaire jusqu'à ce qu’elles soient embarquées, au nombre des deux tiers de la force de la demi-brigade.
Elles laisseront un chef de bataillon et plusieurs officiers à Marseille et à Toulon pour rejoindre les détachements qui arriveraient plus tard.
Vous donnerez des ordres pour envoyer, le plus promptement possible, dans tous les endroits où ces demi-brigades doivent tenir garnison, tout ce qui leur est nécessaire
" (Correspondance générale de Napoléon, t.3, lettre 6654).

II/ LE BATAILLON COMPLEMENTAIRE DE L'ARMEE D'ORIENT EN ITALIE, 1800-1801

En mal d'effectifs, le nouveau premier Consul Bonaparte organisait à la fin de 1799, avec les Dépôts métropolitains des Demi-brigades en campagne en Orient, des Bataillons supplémentaires qui furent versés à l'Armée de Réserve dans la Division du Général Chabran.

Dès le 5 décembre 1799, le Premier Consul avait prévenu le Général Clarke : "... Mon intention est de former quatorze bataillons de 1000 à 1200 hommes, portant chacun le nom d'une des demi-brigades qui sont en Egypte, et d'incorporer dans ces bataillons tous les individus de ces corps qui se trouvent présentement en France ...".

Quelques jours après, les différents Dépôts de l'Armée d'Orient étaient dirigés sur Chalon-sur-Saône et Mâcon, et le Général Gaultier, Inspecteur général aux Revues, devait les organiser "en Bataillons" avec les conscrits destinés à en compléter les cadres. Le 19 décembre paraissait l'Arrêté qui créait les 14 nouveaux Bataillons, composés chacun de 12 Compagnies.

Le 25 décembre 1799 (4 nivôse an 8), le Général Bonaparte adresse depuis Paris une Proclamation à l'Armée d'Italie : "Soldats ! les circonstances qui me retiennent à la tête du Gouvernement m'empêchent de me trouver au milieu de vous.
Vos besoins sont grands : toutes les mesures sont prises pour y pourvoir.
Les premières qualités du soldat sont la constance et la discipline ; la valeur n'est que la seconde.
Soldats ! plusieurs corps ont quitté leur position; ils ont été sourds à la voix de leurs officiers. La 17e légère est de ce nombre.
Sont-ils donc tous morts les braves de Castiglione, de Rivoli, de Neumarkt ? Ils eussent péri plutô que de quitter leurs drapeaux, et ils eussent ramené leurs jeunes camarades à l'honneur et au devoir.
Soldats ! vos distributions ne vous sont pas régulièrement faites, dites-vous. Qu'eussiez-vous fait si, comme la 4e et 22e légère, la 18e et 32e de ligne, vous vous fussiez trouvés au milieu du désert, sans pain ni eau, mangeant du cheval et du mulet ? La victoire nous donnera du pain, disaient-elles; et vous, vous quittez vos drapeaux !
Soldats d'Italie ! un nouveau général vous commande. Il fut toujours à l'avant-garde dans les plus beaux jours de votre gloire. Entourez-le de votre confiance; il ramènera la victoire dans vos rangs.
Je me ferai rendre un compte journalier de la conduite de tous les corps et spécialement de la 17e légère et de la 63e de ligne. Elles se ressouviendront de la confiance que j'avais en elles !
" (Collection générale et complète des lettres, proclamations, discours de Napoléon, rédigée d'après le Moniteur, publiée par C. Fisher, Leipzig, Graff, 1808-1813, t.1, p. 86; Panchoucke : « Oeuvres de Napoléon Bonaparte », 1821-1822, t. 3, p. 176; Kermoysan « Napoléon, Recueil par ordre chronologique de ses lettres, proclamations, bulletins », Paris, 1853, t.1, p. 354 ; Correspondance de Napoléon, t.6, lettre 4450).

A la fin de janvier, il est décidé que ces Bataillons seront de suite portés à 1000 hommes, au moyen des conscrits arrivant à Lyon, à mesure qu'ils seront armés et habillés. Les Bataillons de l'Armée d'Orient sont groupés, le 14 février, en 4 Demi-brigades, réparties dans les cantonnements de Mâcon, Chalon, Seurre et Saint-Jean-de-Losne.

Les Dépôts des 14 Demi-brigades de l'Armée d'Orient forment ainsi une Division de réserve, mise sous le commandement du Général Chabran.

Le 14 février 1800 (25 pluviôse an 8), Bonaparte écrit depuis Paris au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "... Vous donnerez au général de division Chabran l'ordre de se rendre sur-le-champ à Chalon-sur-Saône, pour prendre le commandement des quatorze bataillons de dépôt de l'armée d'Orient. Le général Chabran les passera en revue et veillera à leur équipement, armement, habillement et recrutement. Ces bataillons resteront cantonnés à Mâcon, Châlon, Seurre et Saint-Jean-de-Losne. Ils seront exercés deux fois par jour à la manœuvre.
La division commandée par le général Chabran portera le nom de 1re division de l'Armée de Réserve. Il sera attaché à cette division trois pièces de 8 et un obusier de 6 pouces, servis par l'artillerie légère, deux pièces de 12, quatre de 8 et deux obusiers, servis par l'artillerie à pied. Le général Chabran aura sous ses ordres deux généraux de brigade et un adjudant général. Son quartier général sera à Chalon-sur-Saône. Il ne recevra directement des ordres que du ministre de la guerre.
... Les bataillons des 4e, 21e et 22e légères seront commandés également par un ancien chef de brigade de l'armée d'Italie qui aura fait la campagne d'Italie comme commandant une troupe ...
" (Correspondance de Napoléon, t.6, lettre 4594; Correspondance générale, t.3, lettre 4983).

Le 16 février 1800 ( 27 pluviôse an 8), Bonaparte écrit depuis Paris au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "... L'on m'assure qu'un bataillon bis de la 21e légère est resté à Avignon, et le bataillon bis de la 22e est resté à Brignoles. Envoyez sur-le-champ les ordres pour qu'ils se rendent à Chalon-sur-Saône ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.3, lettre 4995).

Le 8 mars 1800 (17 ventôse an 8), Bonaparte écrit, depuis Paris, au Général Saint-Hilaire, commandant de la 8e Division Militaire : "Je vous prie, citoyen général, de faire partir en toute diligence pour Chalon-sur-Saône les bataillons bis et les dépôts des demi-brigades qui composent l'armée d'Orient. On m'annonce que vous avez dans la 8e division le bataillon ... de la 22e ... et plusieurs autres. Annoncez-moi par le retour du courrier le jour de leur arrivée à Chalon. Faites-les diriger sans séjour sur cette ville" (Correspondance générale de Napoléon, t.3, lettre 5078).

Le 10 mars 1800 (19 ventôse an 8), le Premier Consul écrit, depuis Paris à Berthier : "Le chef de brigade Magny commandera les bataillons des 21e et 22e d'infanterie légère ..." (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1911, t.1, lettre 162).

Situation de la Division Chabran (Bataillons supplémentaires Armée d'Orient à l'Armée de Réserve) le 22 mars 1800 (Infanterie légère) :

Tableau des progrès de l'organisation des dépôts d'infanterie de l'armée d'Orient en bataillons, conformément à l'arrêté des Consuls de la République du 28 frimaire an 8 (19 décembre 1799), depuis le 3 pluviôse (23 janvier 1800) jusqu'au 1er germinal suivant (22 mars 1800).
Numéros des Corps.
Présents sous les armes.
Force actuelle à l'effectif.
Manque au complet.
Observations
22e
223
237
763
Il va être réorganisé; on le complétera autant qu'il sera possible avec des compagnies de chasseurs auxiliaires, ou des conscrits, à mesure qu'il en arrivera.

Le Général de division, inspecteur général aux revues, P. GAULTIER.

Berthier, qui commande théoriquement en titre l’Armée de Réserve, a de grandes difficultés à équiper et habiller ces hommes des Dépôts de l’Armée d’Orient. Les 14 Bataillons sont formés en trois Demi-brigades. Il écrit au 1er Consul : "Alex. Berthier, général en chef de l'armée de réserve, au Premier Consul.
Genève, le 17 floréal an 8 (7 mai 1800).
J'ai reçu hier, à 7 heures du matin, citoyen Consul, votre lettre du 12. Je suis arrivé ici le 15.
Les dépôts des troupes à cheval des régiments qui sont en Orient, sont hors d'état de faire aucun service à cette armée.
Les 3 demi-brigades du général Chabran sont dans un état de dénuement pénible. En passant à Mâcon, j'ai fait tout ce que j'ai pu pour habiller la partie qui y était. Je suis obligé de les faire passer ici pour leur donner des armes.
Les 1200 hommes de Chabran sont déjà à Moutiers,le reste formant environ 2,500 hommes va y marcher aussitôt qu'il sera arrivé ici et qu'il sera armé. Il ne faut pas compter sur ces demi-brigades; il n'y a pas assez de vieux soldats. Chabran aura au plus 3,000 hommes pour passer le Petit-Saint-Bernard
".

La Division de réserve franchit le Saint-Bernard le 26 Mai, et on la retrouvait à la prise du fort de Bard le 1er Juin. Durant la bataille de Marengo, le 14 Juin, elle était encore positionnée le long du Pô. Elle contient l'ennemi aux ponts de Cazals et Valence. Puis elle stationne à l‘Armée d’Italie à la fin de 1800.

Au début 1801, se forme un Corps d’Observation du Midi, confié à Murat pour s’opposer aux Napolitains qui se sont avancés en Toscane et aussi contrôler officieusement le Pape. La Division de réserve en fait partie.

Les troupes se réunissent le 20 janvier à Bologne, puis marchent vers le Sud sur Ancône et vers la Toscane. Murat établit son Quartier général à Florence . D’abord dépendant du commandement de l’Armée d’Italie de Brune, il devient autonome.

Les Napolitains se replient, signent un armistice à Foligno le 6 février, puis un traité de paix à Florence le 18 mars 1801, qui leur impose l’occupation de leurs ports sur l’Adriatique.

C’est ainsi que le Bataillon complémentaire de la 22e Légère se retrouve à Gallipoli en septembre 1801.

III/ 1802-1804, LE SEJOUR EN FRANCE

Tandis que la majorité du Régiment, revenant d’Egypte, va partir pour Grenoble à la fin 1801, Bonaparte réquisitionne ses Carabiniers.

Il va séjourner à Lyon pour la Consulte de la République Italienne qui va le nommer Président. A cette occasion il écrit depuis Lyon à Berthier, le 20 janvier 1802 (30 nivôse an 10) : "Je vous prie, citoyen ministre, de donner l'ordre ... de réunir la 22e légère qui est à Romans
... Cette garnison (Lyon) ne sera désormais composée que de 18 compagnies de grenadiers qui seront composées de 3 compagnies de carabiniers de la 21e légère, 3 de la 2e légère, 3 de la 22e légère, 3 de la 6e légère ...
Ces compagnies qui seront tirées des corps qui sont dans la 7e division correspondront avec eux pour leur comptabilité, comme s'ils étaient dans la même division.
Au 1er vendémiaire de chaque année, on changera ces grenadiers. Le ministre de la Guerre désignera, soit dans la 7e, soit dans la 18e ou dans la 19e division militaire même, les grenadiers qui devront former la garnison de Lyon.
Il sera sévèrement défendu à ces compagnies de grenadiers de recruter aucun homme ; toutes les recrues qui se présenteraient seront envoyées aux corps.
Le général commandant à Lyon classera ces 18 compagnies en 3 bataillons commandés chacun par un chef de bataillon que désignera le ministre de la Guerre. Les chefs de bataillon suivront leurs grenadiers. Toutes les fois qu'un corps partirait de Lyon, ou d’une division voisine, les grenadiers suivront le corps auquel ils appartiennent, et d’autres compagnies les remplaceront.
Cet ordre de choses peut commencer à avoir lieu dès le 20 pluviôse. Il faut recommander au général commandant la place de Lyon de ne faire faire à ces grenadiers qu'un service d'honneur et de haute police, et d'avoir soin que les compagnies soient complétées par leur corps et bien tenues. Il doit y avoir à Lyon, comme à Bordeaux et à Paris, une garde nationale soldée pour faire le service de la basse police
" (Correspondance générale de Napoléon, t.3, lettre 6728).

Le Bataillon complémentaire, qui revient d’Italie, va rejoindre le gros de l’unité. Le 21 mai, Napoléon écrit à Berthier : "... Les bataillons provisoires des corps de l'Armée d’Orient, qui font partie des corps du Midi qui rentrent rejoindront leurs demi-brigades et vous donnerez des ordres pour qu'ils soient incorporés sur le champ ...".

Le 27 mai 1802 (7 prairial an 10), Bonaparte écrit, depuis Paris, au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "Je vois, citoyen ministre, que sur l'état de l'emplacement des troupes du 5 prairial, les chefs de brigades ... des 2e, 4e, 21e et 22e légères ne sont pas nommés. Cependant ces places ne sont pas vacantes ..." (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1911, t.1, lettre 439 ; Correspondance générale, t.3, lettre 6917).

Goguet commande le détachement venu chercher les nouveaux drapeaux que Bonaparte a fait donner à son infanterie légère à la grande parade du 14 juillet 1802. Au moment de la remise des drapeaux, le 1er Consul a adressé une allocution aux détachements représentant l'infanterie légère : "Soldats de l'infanterie légère de l'armée française, voilà vos drapeaux ; ils vous serviront toujours de ralliement. Ils seront partout où le Peuple français aura des ennemis à combattre ; ils imprimeront la terreur aux ennemis du Gouvernement, quels qu'ils soient.
Soldats, vous défendrez vos drapeaux ; non, jamais ils ne tomberont au pouvoir des ennemis. Vous jurez d'être prêts à les défendre aux dépens de votre vie !
" (Correspondance de Napoléon, t.7, lettre 6182).

Le 16 juillet 1802 (27 messidor an 10), à Paris, à la question "Orsattoni, sous-lieutenanl aux carabiniers de la 22e légère, avait, pendant la campagne d'Egypte, fait une retenue de trente francs par mois sur sa solde pour soulager la misère de sa mère et de sa femme. Ces secours ne leur sont jamais parvenus. Il prie le premier consul d'intervenir", celui-ci répond : "Renvoyé au généra] Duroc pour leur faire donner une gratification de 600 francs" (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1911, t.1, lettre 459).

L’état militaire de l’an XI (à partir de septembre 1802) nous donne la 22e Légère à Romans, dans la 7ème Division Militaire.

Un ordre de Bonaparte à Berthier, le 24 mars 1803, ordonne que la 22e Légère se rende dans la 6e Division Militaire - Besançon (Correspondance générale de Napoléon, t.4, lettre 7533).

Septembre 1803 : la Demi-brigade devient 22e Régiment d'infanterie Légère.

Le 3 octobre 1803 (10 vendémiaire an 12), Bonaparte écrit, depuis Paris, au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "... Vous donnerez l'ordre à la 22e légère, qui est à Rouen, de se rendre à Cherbourg, pour y remplacer la 59e demi-brigade de ligne qui a une autre destination" (Correspondance générale de Napoléon, t.4, lettre 8098).

Situation et encadrement du Régiment selon l’Etat militaire de l’An XIII (23 septembre 1804 - 22 septembre 1805) :
22e Léger : 3 Bataillons à Besançon; Colonel Goguet; Major Benuzan; Chefs de Bataillon Deltel, Baillod, Pochet, Mesnil.

IV/ 1805-1808, L’ARMEE D’ITALIE ET LA CAMPAGNE DANS LE ROYAUME DE NAPLES

A/ 1805

Chasseur, 22e Léger, 1804-1806
Fig. 2 Chasseur du 22e Léger vers 1804-1806

Le 25 janvier 1805 (5 pluviôse an 13), Napoléon écrit, depuis Paris, au Maréchal Berthier, Ministre de la Guerre, Major général des Camps : "Mon cousin, vous donnerez ordre au 9e régiment de ligne et aux 15e et 22e régiments d'infanterie légère de se rendre à Novare avec leur bataillon d'élite, en passant par le Simplon. Vous prendrez toutes les mesures nécessaires pour empêcher la désertion et vous dirigerez leur route autant que possible, loin des lieux où ils se sont recrutés les dernières années.
Je vous réitère de faire marcher ces corps à très petites journées, en augmentant même les repos prescrits par les ordonnances ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.5, lettre 9520).

Et dans une autre lettre, datée du 25 (ou 28 janvier dans la CGN) : "... Donnez ordre au 22e régiment d'infanterie légère de se rendre à Novare, ainsi qu'au 9e de ligne et au 15e d'infanterie légère. Ces régiments emmèneront avec eux leurs compagnies d'élite et passeront par le Simplon. Faites-les marcher à très-petites journées, en augmentant les repos prescrits par l'ordonnance, et dirigez leur route, autant que possible, hors du pays où ils se sont recrutés, en prenant toutes les mesures pour empêcher la désertion" (Correspondance de Napoléon, t.10, lettre 8287 ; Correspondance générale de Napoléon, t.5, lettre 9525).

Au début 1805, le 22e Léger est donc en Italie. Position et encadrement du 22e Léger en janvier 1805 (côte SHDT : us180501).
Chef de corps : GOGUET, Colonel.
Conscrits des départements du Puy de Dôme des ans XI et XII.
Observations : janvier 1805, effectif sous les armes : 1949 Officiers et hommes – hopitaux : 98 hommes.
BENUZAN Major - infanterie; JAUBERT, Quartier maître trésorier.
1er Bataillon, commandant Chef de Bataillon Deltel à Novare les 19 et 21 ventôse, le 14 germinal - Armée d'Italie, 4e Division Chabot.
Observations : venant de la 6e Division militaire Besançon.
2e Bataillon, commandant Chef de Bataillon Mesnil à Novare les 19 et 21 ventôse, le 14 germinal - Armée d'Italie, 4e Division, Chabot.
Observations : venant de la 6e Division militaire.
3e Bataillon, commandant Chef de Bataillon Pochet à Novare les 19 et 21 ventôse, le 14 germinal - Armée d'Italie, 4e Division, Chabot.
Observations : venant de la 6e Division militaire.

Le 9 mars 1805 (18 ventôse an 13; la minute (Archives nationales, AF IV 866, ventôse an XIII, n° 23) est datée elle du 8 mars), l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Maréchal Berthier, Ministre de la Guerre, Major général des Camps : "... Si le bataillon d'élite du 22e d'infanterie légère passe à Lyon et qu'il ne soit pas encore passé, vous lui ordonnerez d'attendre à Lyon mon passage" (Correspondance générale de Napoléon, t.5, lettre 9647).

Le 27 Mars 1805 (6 germinal an 13), Napoléon écrit, depuis Saint-Cloud, à Eugène de Beauharnais, son beau fils, alors Général et qui va devenir Vice-Roi d'Italie, en juin : "... Je passerai en revue dans les premiers jours de Prairial, dans la plaine de Lonata les 22e et 23e Léger … Il (Jourdan) donnera l’ordre de se mettre en marche à la 62e de Ligne qui est à Livourne, au 22e qui est à Novare et au 23e qui est à Parme ..." (Correspondance de Napoléon, t.10, lettre 8491 ; Correspondance générale de Napoléon, t.5, lettre 9739).

A partir de septembre 1805, tandis que Napoléon fait pivoter ses troupes des côtes de l'Empire vers l'Europe centrale pour contrer l'offensive autrichienne et russe, les forces franco-italiennes dans la péninsule ont un double objectif : l'Armée d'Italie, dans le Royaume du même nom, confiée à Masséna, doit fixer les Autrichiens en Italie du Nord et les empêcher de rejoindre Vienne ; et le Corps d'Armée de Gouvion Saint-Cyr doit contrôler le Royaume de Naples.

Les trois Bataillons du 22e Léger sont placés à l'Armée d'Italie de Masséna, à l'aile droite, dans la Division Gardanne.

L'Adige étant la ligne de démarcation entre le Royaume d'Italie et l'Italie sous contrôle autrichien, est franchie par Masséna à et autour de Vérone où la Division Gardanne s’illustre le 18 octobre. Le Chef de Bataillon Guillemard du 22e est blessé ainsi que les Capitaines Turin, Lunel, Savoye et Cammas.

Après dix jours de face à face, les adversaires se heurtent à Caldiero, le 30 octobre. Bataille assez sanglante mais qui, sur le plan stratégique, n'empêche pas les Autrichiens de l'Archiduc Charles de retraiter vers Vienne, laissant derrière eux de fortes garnisons, dont celle de Venise. Le Capitaine Carrier et le Lieutenat Orsatony sont blessés à Caldiero et les Capitaines Clermont, Fertoret et Pastour à Vérone.

Masséna, menacé au sud par le débarquement à Naples de Russes et d'Anglais, et craignant une contre-attaque à partir du Tyrol, décide de rester sur ses positions. Pendant ce temps, les troupes de Gouvion Saint-Cyr avaient quitté le Royaume de Naples au début octobre pour rallier Masséna. A la mi-novembre, elles se trouvaient aux alentours de Padoue. Masséna leur donnait alors l'ordre de bloquer la garnison autrichienne de Venise. Les Français se retranchent autour de la ville.

Le 23 novembre, le Prince de Rohan, commandant des forces autrichiennes au Tyrol, après une marche périlleuse, allait tomber sur les arrières des Français. Le devançant, Gouvion Saint-Cyr l'écrase à Castelfranco le 24 novembre.

B/ 1806

Une fois de plus, le Royaume de Naples avait rompu le pacte de neutralité conclu avec la France; et pourtant, déjà deux fois envahi et occupé, il aurait dû se méfier. La haine de la Reine, dont la sœur Marie-Antoinette avait été décapitée par la République, était la plus forte.

Dès que le Corps d'armée de Gouvion Saint-Cyr s'était éloigné, Russes et Anglais étaient arrivés. Mais la victoire d'Austerlitz avait changé la donne, et le Roi de Naples avait vu ses chers alliés rembarquer, le laissant seul face aux Français.

Napoléon avait décidé une fois pour toutes de se débarrasser de ces souverains Bourbons encombrants et pusillanimes et de les remplacer par son frère Joseph.

Le 23 janvier 1806, tandis que son armée se retirait dans le sud de la péninsule, laissant des garnisons à Gaète, Civitella del Tronto et Pescara, le Roi de Naples embarquait courageusement pour la Sicile sous la protection des Anglais.

Nommé au commandement en chef d'une nouvelle armée de Naples franco-italo-polonaise, Masséna préparait ses hommes aux frontières du Royaume et y pénétrait, sur trois colonnes, le 8 février, avec Joseph Bonaparte comme Lieutenant de l’Empereur et bientôt Roi.

Les deux premiers Bataillons du 22e Léger, à l’effectif de 1421 hommes, sont alors dans la colonne du centre, Brigade Partonneaux directement aux ordres de Masséna.

Le 14 février, les Français entrent dans Naples, laissant des troupes au siège de Gaête et de Civitella del Tronto.

Le 12 mars 1806, l'Emepereur écrit, depuis Paris, au Général Dejean, Ministre directeur de l'Administration de la Guerre : "Monsieur Dejean, mon intention est que les trois mille hommes formant la réserve des départements ci-dessous nommés marchent comme les autres et soient dirigés, savoir ceux du département :
... De la Lozère … 22e d'infanterie légère
… Ceux de ces conscrits dont les corps sont à Naples rejoindront leurs dépôts en Italie où ils trouveront des habillements et on les fera passer sur-le-champ à Naples
" (Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 11656).

Réorganisée en trois Corps : le premier gardant Naples et assurant le siège de Gaête, le second aux ordres du Général Reynier devant conquérir les Calabres, et le 3e avec Saint-Cyr et Duhesme devant contrôler les Pouilles et les Abruzzes, l'armée française continuait ses opérations.

Le 22e Léger (1486 hommes) reste à la Brigade Partonneaux au 1er Corps autour de Naples, tandis que les Français s'enfoncent au sud du royaume.

Joseph entame une tournée dans son nouveau royaume puis revient à Naples, le 11 mai, pour les fêtes de son couronnement. Hélas pour lui, les Anglais continuaient de ravitailler Gaète et s'emparaient même, sous son nez, de l'ile de Capri, dans la baie de Naples. Un Corps expéditionnaire se préparait en Sicile pour débarquer dans le golfe de Sainte-Euphémie.

Napoléon pense que la situation est sous contrôle et songe même à poursuivre sur la Sicile. Le 7 juin 1806, il écrit, depuis Saint-Cloud, à son frère Joseph : "... Voici comment je placerais vos troupes au moment de l'expédition de Sicile : 22e léger et 52e à Naples; 25e de chasseurs, 14e de chasseurs, 4e de chasseurs à Naples; ce qui ferait, pour cette ville, 4,000 hommes, dont plus de 1,200 à cheval. Ils seraient chargés de garder Portici. Deux régiments de dragons seraient joints à Naples pour garder la côte de Salerne ..." (Correspondance de Napoléon, t.12, lettres 10329 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12252).

shako 22e Léger, 1806-1807
Shako du 22e Léger vers 1806-1807

C'est le 1er Juillet qu'un petit Corps expéditionnaire britannique débarque près du village de Sainte-Euphémie. Le Général Reynier, marche sur Maida, au sud des positions britanniques. Reynier décide de prendre l'offensive, le 4 juillet, et de repousser les Britanniques, avant que, sur ses arrières, des masses d'insurgés qui l'entourent et attendent les résultats du combat, ne se décident à l'attaquer. Repoussés avec de grandes pertes par les Britanniques, les Français doivent se replier, poursuivis par la population armée. C'est que partout, l'insurrection éclate alors.

Le 12 juillet 1806, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, à Eugène, Vice-Roi d'Italie : "Mon fils, le 3e bataillon du 22e régiment d'infanterie légère, qui est à Bologne, est de 710 hommes présents. Il a 500 hommes aux hôpitaux, ce qui doit, nécessairement, le porter bientôt à 8 ou 900 hommes ; faites-moi connaître combien il y a de vieux soldats, d'hommes à l'école de bataillon, si le chef de bataillon est un bon offïcier, et quand ce bataillon pourra être employé dans une des divisions du 2e corps de la Grande Armée que commande le général Marmont, où il n'y a point d'infanterie légère. Comment ce bataillon a-t-il 540 malades ... ? Cela me paraît bien considérable. Pourquoi lui porte-t-on des prisonniers de guerre, qui, à cette heure, doivent être rentrés, ou bien ne rentreront plus ? ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12476).

Reynier se retranche à Cassano. Son adjoint, Verdier, se réfugie en Pouilles. Masséna, délivré du siège de Gaête, qui a capitulé le 19 juillet, va venir rétablir la situation militaire avec des renforts.

Pendant que les deux premiers Bataillons du Régiment sont dans le royaume de Naples ; Napoléon s’intéresse à former un troisième Bataillon qui servira en Italie. Le 4e Bataillon étant celui de Dépôt. Le 28 juillet 1806, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, à Eugène, Vice-Roi d'Italie : "Mon fils, je n'ai point de nouvelles de vous depuis longtemps, je n'ai de nouvelles de Dalmatie que par Le Marois.
Donnez l'ordre au général Charpentier de se rendre auprès des divisions de réserve des dépôts de l'armée de Naples, et d'organiser deux compagnies du 1er régiment d'infanterie légère, fortes de 100 hommes chacune, deux compagnies d'égale force du 14e, deux compagnies du 23e ; de former de ces six compagnies un bataillon, dont il donnera le commandement à un des chefs de bataillon du 1er régiment d'infanterie légère ; il prendra l'adjudant-major dans un régiment différent.
Il formera un second bataillon de trois compagnies du 6e ; un troisième bataillon de six compagnies du 10e et un quatrième bataillon de six compagnies du 42e. Il donnera le commandement de ces quatre bataillons à un major, en choisissant un homme habile et ferme, et les réunira à Rimini. Recommandez-lui de ne prendre que des hommes bien portants, bien armés et bien habillés.
Il formera un bataillon de six compagnies, de 100 hommes chacune du 22e d'infanterie légère ; un autre bataillon d'égale force, de six compagnies du 20e de ligne ; un troisième bataillon de quatre compagnies du 29e et de deux compagnies du 52e ; et un quatrième bataillon de trois compagnies du 62e et de trois compagnies du 102e. Ces quatre bataillons seront également mis sous les ordres d'un major intelligent et capable, et seront réunis sans délai à Imola
" (Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12586).

Peu de temps après, Masséna part donc au secours de Reynier avec les troupes libérées du siège de Gaête. La concentration se fait autour de Salerne. Le 22e Léger fait partie de l’expédition. Le 4 août, il est à San Lorenzo. Le 8, il se présente devant Lauria où des insurgés lui barrent le passage. La ville doit être brûlée et mise à sac pour que les populations alentour se tiennent tranquilles. Les Capitaines Ligard et Guigard y sont blessés.

Pendant ce temps, Reynier a réussi à rejoindre Verdier à Castrovillani, au Nord de Cosenza. Le 12, les forces françaises se réunissent toutes à Cosenza dont Masséna fait son Quartier général pour ses opérations. Il lance alors des colonnes sous Reynier, Mermet et Verdier contre les insurgés des Calabres.

Dans le même temps, Napoléon sermonne Joseph sur ses mauvaises dispositions militaires dans son royaume, lui place ses troupes et continue à parler d’une expedition en Sicile. Le 20 août 1806, il lui écrit : "Mon frère ... Vous trouverez ci-joint la distribution que je voudrais faire de votre armée, afin que vous menaciez la Sicile et que vous soyez en mesure contre tout ... L'armée une fois placée ainsi, pas un homme ne débarquera en Calabre, et on pourra punir sévèrement les brigands; cela est plus nécessaire que tout le reste ... Aujourd'hui la question est tout entière dans la Calabre. Il faut que tout le monde soit dans la conscience qu'on y est assis de manière à ne pouvoir être ébranlé. Cela encouragera l'armée et commencera à influer sur la Sicile, et même sur les négociations ..." (Correspondance de Napoléon, t.13, lettres 10673; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12759).

Cette lettre est suivie d'un "Projet de placement de l'Armée de Naples" : "Avant-garde de l’armée de Sicile. – 1ère division. – Reynier, général de division. Les 14e et 23e légers, 29e et 52e de ligne, 6e de chasseurs.
2e division Verdier : Légion Corse, 22e Léger et 20e de ligne, le 4e de chasseurs.
3e division. – Réserve. – Gardanne, général de division. ler léger napolitain, les 101e et 102e, le 14e de chasseurs.
Ces trois divisions seraient sous les ordres d’un maréchal.
La 1e serait placée à Reggio et depuis Sainte-Euphémie jusqu’à Marina di Catanzaro.
La 2e , depuis Cotrone, ayant son quartier général à Cosenza.
La 3e, à Cassano jusqu’aux confins de la Calabre
".

Le 23 août 1806, l'Empereur écrit, depuis Rambouillet, au Prince Eugène : "Mon Fils … Le général Lemarois gardera le 22e d'infanterie légère, qu'il fera partir au moment même où les 800 Italiens que vous allez lui envoyer seront arrivés ..." (Correspondance de Napoléon, t.13, lettres 10692 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12781).

Les troupes sont ravagées par les fièvres et manquent de matériel, mais fin Août, la situation est stabilisée en Calabre Citérieure.

Le 4 septembre, Masséna part de Cosenza avec les 22e et 23e Léger, 102e de Ligne, Grenadiers de la Garde Royale napolitaine et 4e Chasseurs à cheval vers la pointe de la botte italienne, tandis que l'insurrection reprend dans son dos. Il lance ses adjoints sur des places fortes de la rébellion, dont Verdier sur Amantea, qui doit se replier au bout de quelques jour; et Lamarque sur Maratea, dans le golfe de Policastro près de Lauria.

Le 8 septembre 1806, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, à M. de Lacépède, Grand chancelier de la Légion d'honneur, à Paris : "Le capitaine Legard, capitaine de carabiniers, 22e légère, est de la légion. S'il ne l'est pas, le faire ..." (Brotonne (L. de) : « Dernières Lettres inédites de Napoléon 1er, collationnées sur les textes et publiées » ; Paris, 1903, t. 1, lettre 471).

Une nouvelle tentative sur Amantea échoue en décembre.

Le Chef de Bataillon Pochet est blessé le 27 novembre dans un combat contre les insurgés.

Masséna obtient un congé le 21 décembre et quitte le royaume de Naples.

C/ 1807, LA CONTRE GUERILLA

Carte des Calabres
Carte des Calabres, d'après La France Militaire

Des corps francs calabrais, plus ou moins importants (les masses), soutenus par la base arrière sicilienne et la flotte britannique qui les ravitaillent sur les côtes en armes, équipements et renforts, et par quelques places fortes reprises aux Français, harcèlent les troupes impériales, massacrant les isolés, les blessés et malades restés en arrière, coupant les communications. Aidés par le terrain très compartimenté par le relief, et le climat rude, ils sont très mobiles et refusent les affrontements directs.

Les forces françaises sont alors en pénurie d'effectifs, de matériel et de solde, à la merci d'un débarquement anglo-napolitain, venu de Sicile, sur les arrières, et des épidémies de malaria. Les Français devront se lancer dans une contre guérilla grâce à des colonnes mobiles et repressives. Ils doivent aussi reprendre les places fortes des insurgés. Bref, c'est une campagne atroce qui préfigure celle d'Espagne.

Au début 1807, la situation est loin d’être stabilisée. Les insurgés tiennent encore Maratea, Amantea, Reggio et Scylla, soutenus par des forces anglaises. Maratea finit par capituler le 1er janvier 1807 devant le Général Lamarque.

Verdier encercle à nouveau Amantea et tente encore un assaut le 15 janvier, qui est à nouveau repoussé. Verdier est rappelé à Naples et Peyri est nommé à sa place. Le 6 février 1807, ce dernier lance un nouvel assaut qui est encore un échec. Le Capitaine Boyard, du 22e Léger, est blessé. Mais la garnison, à cours de nourriture et de munitions, capitule le soir même. La ville est investie le 7 février. La garnison peut fuir en Sicile. La chûte de la ville entraine un certain apaisement dans la région.

Situation et encadrement du 22e Léger en janvier 1807 (côte SHDT : us180701 4C98).
Chef de Corps : GOGUET Colonel.
Conscrits des départements du Puy de Dôme de 1806.
BENUZAN Major - infanterie; JAUBERT Quartier maître trésorier.
1er Bataillon : Chef de Bataillon Deltel, Armée de Naples, 2e Division des Dépôts.
2e Bataillon : Chef de Bataillon Mesnil, Armée de Naples, 2e Division des Dépôts.
Le 3e Bataillon (Chef de Bataillon Pochet) fait alors partie de l’Armée d’Italie à Ferrare.

Napoléon envoie des renforts à son frère. Il écrit à Eugène d’Osterode le 12 mars 1807 : "Au prince Eugène.
... Le dépôt du 22e est à Legnago ; ceux du 20e, du 101e, du 102e et du 62e sont à Mantoue ; passé le mois de mai, ils sont là fort mal.
Il faut préparer un nouveau secours pour l'armée de Naples, à pouvoir lui envoyer avant la grande chaleur, indépendamment des 4,100 hommes que vous avez fait partir dernièrement. Ce secours sera composé de la manière suivante : 120 hommes du 14e léger, 120 hommes du 23e, 120 hommes du ler de ligne, 120 hommes du 6e, 120 hommes du 10e, 120 hommes du 22e léger, formant un bataillon provisoire de 720 hommes (il suffira que chaque détachement, ou compagnie, soit commandé par un officier, deux sergents et quatre caporaux; vous chargerez un chef de bataillon de commander ce bataillon provisoire) ; et un second bataillon de 9610 hommes, qui sera composé de 120 hommes du 102e de ligne, 120 hommes du 10le, 240 hommes du 62e, 120 hommes du 52e, 124 hommes du 29e, 240 hommes du 20e. Un officier par régiment sera également suffisant.
Mon intention est que le 1er bataillon provisoire soit réuni à Ancône le 15 avril, et parte pour l'armée de Naples ; que le 2e bataillon soit réuni à Ancône le 20 avril, et se dirige également sur Naples. Ces 1,700 hommes, joints aux 4,700 qui sont déjà partis, compléteront les cadres.
Il faut avoir soin que ces détachements soient bien armés, bien habillés et bien équipés
" (Correspondance de Napoléon, t.14, lettre 12013 ; Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 14581).

En avril, les deux premiers Bataillons sont dans le royaume de Naples, le 3ème toujours en Italie. A la date suivante : avril 1807 (côte SHDT : us180704 4C98).
Chef de Corps : GOGUET Colonel - infanterie; BENUZAN Major - infanterie; JAUBERT Quartier maître trésorier.
1er Bataillon : Chef de Bataillon Deltel à Nicastro, Armée de Naples, 2e Division des Dépôts.
2e Bataillon : Chef de Bataillon Mesnil à Amantea, Armée de Naples, 2e Division des Dépôts.
3e Bataillon : Chef de Bataillon Pochet à Legnago, Armée d'Italie.

En mai 1807, le Prince de Hesse-Philippsthal débarque entre Reggio et Scylla. Le Roi Joseph écrit à son frère, le 26 mai 1807 : "... le prince de Hesse est débarqué avec 4 à 5000 hommes. J’ai écrit au général Reynier de le culbuter. Il y a en Calabre les 1er, 29e et 59e de Ligne et les 22e et 23e Légers. Sur douze régiments français, Reynier en a 5 ...".

Avec 6000 hommes, Reynier, qui a pris le commandement en chef après le départ de Masséna, attaque à Mileto et oblige l'ennemi à rembarquer.

Le 10 juin, Cotrone est arraché aux insurgés. Les positions du 22e Léger sont alors les suivantes (juin 1807 - côte SHDT : us180707 4C98) :
Chef de Corps : GOGUET Colonel.
Conscrits des départements du Puy de Dôme de 1808.
BENUZAN Major - infanterie à Brescia; JAUBERT Quartier maître trésorier, Armée d'Italie, Division de Grenadiers Duhesme.
Observations : les Grenadiers des 14e, 22e, 23e Léger et des 1er, 6e, 10e de Ligne forment le 3e Régiment de la Division de Grenadiers aux ordres de l'Adjudant Cdt Huin; Adjoint Chef de Bataillon Baille du 6e de ligne; juin 1807 sous les armes : 4 Officiers, 208 Grenadiers; hopitaux 21 Grenadiers.
1er Bataillon commandant : Chef de Bataillon Deltel, Armée de Naples.
2e Bataillon commandant : Chef de Bataillon Mesnil, Armée de Naples.
3e Bataillon commandant : Chef de Bataillon Pochet à Bologne, Armée de Naples, 2e Division des Dépôts d'Infanterie.

Sur demande de son frère, Napoleon envoie régulièrement, à l’Armée de Naples, des renfort en provenance de ses Dépôts d'Italie; ainsi, il écrit, le 10 septembre, depuis Rambouillet, à Eugène, Vice-Roi d'Italie : "Mon fils ... Il faut ... songer à renforcer davantage l'armée de Naples. Vous avez dû réunir dernièrement à Ancône 1000 hommes de cette armée. Préparez encore les détachements suivants : un capitaine, un lieutenant, et un sous-lieutenant et 300 hommes du 14e d’infanterie légère ; même chose du 1er de ligne. Je vous ai déjà donné des ordres pour le 6e, qui est à Corfou ; même chose pour le 10e de ligne, pour les 22e et 20e légères, et les 52e, 62e et 101e de ligne, que pour le 14e léger et le 1er de ligne ; ce qui fera 2700 hommes. Je désire que ces 2 700 hommes soient prêts au 1er octobre, pour se rendre à Ancône et de là à Naples ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 16351).

"Fontainebleau, 16 octobre 1807.
A Joseph Napoléon, roi de Naples.
Mon Frère, je vous ai envoyé le régiment d'Isembourg, composé de trois bataillons, et j'ai dirigé 3 à 4,000 hommes de vos dépôts pour renforcer votre armée. Mais, parbleu ! ne souffrez pas la honte d'avoir les Anglais à Reggio et à Scylla; c'est une ignominie sans égale.
Le 9 novembre, le premier détachement de vos dépôts, composé de 1,500 hommes, doit arriver à Naples
".

"Fontainebleau , 6 novembre 1807.
A Joseph Napoléon, roi de Naples.
Mon Frère, je reçois votre état de situation du 15 octobre que vous m'envoyez avec votre lettre du 27. Je vois dans cet état que vous avez 772.000 hommes présents sous les armes. Il est inconcevable qu'avec ce nombre de troupes, vous souffriez que les Anglais soient à Scylla et à Reggio. Je vous prie de ne pas perdre un moment à faire cette expédition qui est de la plus grande importance. Une division peut aller hardiment à Reggio et à Scylla, pourvu qu'une division intermédiaire maintienne votre communication entre la division d'expédition et Naples
".

"Fontainebleau, 2 novembre 1807.
A Eugène Napoléon, vice-roi d'Italie.
Mon Fils, l'état que je vous ai envoyé des conscrits que vous devez recevoir en Italie est le résultat de ce qui vous revient sur le conscriptions de 1806, 1807 et 1808 ...
Pour tous les régiments de l'armée de Naples et l'armée de Dalmatie, qui ont deux bataillons au dépôt, il faut distinguer le 3e bataillon, qui doit toujours former un cadre, et se servir du 4e bataillon seulement comme dépôt
".

D/ 1808

En janvier 1808, la situation en Italie se complique avec le conflit avec Rome. Le Général Miollis entre dans Rome le 2 février avec ses troupes. Le Pape est quasi prisonnier.

Les sièges de Scylla et Reggio sont mis par Reynier le 31 décembre, conjointement avec une menace sur la Sicile à Messine dans le but de retenir les forces britanniques dans l’ile. Il vont durer plus d’un mois, en particulier avec la difficulté d’amener de l’artillerie sur un terrain difficile. Reggio tombera le 2 février et Scylla le 7.

En Février 1808, Napoléon donne des instructions pour l'Armée de Naples. Pour chaque Régiment les trois premiers Bataillons sont reformatés, alors que les 4ème Bataillons de guerre vont être fixés dans les Etats Romains en prévision d’une annexion prochaine. Les Dépots sont changés.

L'Empereur écrit à Clarke : "Armée de Naples. - L'armée de Naples est dans le même cas que celle de Dalmatie. Tous ses régiments sont composés de deux bataillons ou dix-huit compagnies à l'armée, lesquelles seront formées à trois bataillons. Les 4e bataillons continueront aussi à rester dans les lieux où ils sont aujourd'hui; leurs dépôts et les compagnies de dépôt, conformément aux observations ci-dessus, se rendront seules à leurs nouvelles destinations. Quand ce départ sera effectué, je verrai, sur le compte qui me sera rendu, s'il est convenable de faire partir aussi ces 4e bataillons pour joindre leurs dépôts.
Les régiments de l'armée de Naples sont faibles; presque aucun ne serait dans le cas de conserver plus de deux bataillons ou douze compagnies, car presque aucun n'a un effectif de plus de 1,700 hommes. Mais l'armée de Naples étant une armée agissante, et ayant d'ailleurs les 4e bataillons à compléter, il sera convenable de prescrire de former les dix-huit compagnies qui y sont en 3 bataillons, en répartissant le plus également possible l'effectif de ce que chaque régiment a dans le royaume de Naples; de sorte que mon intention est, dans la nouvelle formation, de tenir trois bataillons à Naples, un à moitié chemin en Romagne, et le dépôt en France, pour faire passer les conscrits de l'un à l'autre endroit, de manière à concilier leur acclimatement avec les besoins du service.
D'ailleurs, ces quatre bataillons me serviront en Italie. Les compagnies de grenadiers et de voltigeurs sont déjà presque toutes en activité dans l'état romain, et les quatre autres compagnies, quelque faibles qu'elles soient, seront toujours une ressource pour contenir le pays
".

Le 1er mars 1808, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Lacuée, Directeur général des Revues et de la Conscription : "Il y a quelques imperfections dans le dernier projet. Le ... 8e, le 18e léger, le 22e léger sont des corps qui, bien qu'ayant leurs dépôts en Dauphiné, Provence, ont leurs régiments en Italie. Il ne faut donc pas comme vous avez fait leur donner des italiens.
Pour bien faire l'état, il faut des notes dans les colonnes indépendamment de l'emplacement des dépôts, y mettre l'emplacement des régiments d'aujourd'hui, afin que les conscrits après être restés 6 semaines au dépôt ne soient pas obligés de rétrograder pour rejoindre leurs bataillons de guerre.
Je voudrais d'ailleurs que vos états fussent classés par armée ; que le Dauphiné, la Savoie, la Provence, tout le Languedoc, l'Auvergne fournissent exclusivement ce qu'ils doivent fournir pour l'infanterie en Italie ...
Je voudrais donc avoir un projet plus systématisé ; nous changerions le recrutement, avant la conscription prochaine
" (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 17312).

Le 27 mars 1808, les provinces d'Urbino, Macerata, Ancône et Camerino, dépendant du Saint-Siège, sont réunies au royaume d'Italie.

Napoléon poursuit la réorganisation de ses forces dans la péninsule italienne : "Bayonne, 20 mai 1808.
A Eugène Napoléon, vice-roi d'Italie, à Milan.
Mon fils, je ne vois pas dans votre état de situation du 1er mai les conscrits que chaque corps doit recevoir sur 1809. Vous ne me parlez point encore de la nouvelle organisation. Vous avez déjà dû recevoir une grande quantité de conscrits, mais ils auront été dirigés sur leurs nouveaux dépôts ...
Je désirerais que les effets d'habillement voyageassent le moins possible, et que les hommes des nouveaux dépôts fussent envoyés dans les anciens dépôts, où il y aurait des effets d'habillement; mais il serait bon de faire venir aussi les effets d'habillement aux nouveaux dépôts. Le 1er régiment de ligne a son dépôt à Marseille, le 6e à Turin, le 10e à Plaisance, le 20e à Verceil, le 29e à Astie, le 52e à Gênes, le 202e à Savone, le 14e léger à Turin, le 22e léger à Gênes, et le 23e de ligne à Mondovi.
Ces 12 régiments ont 3 bataillons à l'armée de Naples; le 4e bataillon reste pour former la division de Rome, et, dans l'emplacement actuel des dépôts, les 4 compagnies de dépôt de ces régiments se rendront dans les nouveaux emplacements
" (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18002).

Toujours le 20 mai 1808, l'Empereur écrit, depuis Bayonne, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, je reçois votre lettre du 13 mai relative aux anciens et nouveaux dépôts. Je conçois que les conscrits ont été dirigés sur les nouveaux dépôts ... Je pense qu'il serait convenable d’en faire de même, et qu'ainsi de suite il faudrait diriger les magasins ...
Aucun de ces mouvements n'est bien considérable et moyennant cette mesure les conseils d’admistration et les magasins seront établis à demeure. Les 4 compagnies qui formeront le dépôt recevront les conscrits de leur corps, et au fur et à mesure qu'ils auront 60 hommes armés, habillés, sachant tenir leurs fusils, prêts à partir, vous m'en rendrez compte dans des états particuliers pour que je les envoie à celui des 4 bataillons de guerre qui en a besoin ...
Ces régiments reçoivent beaucoup de monde ... le 22e id, près de 800 ...
Les 4 compagnies des dépôts probablement incomplètes seraient insuffisantes pour un aussi grand nombre d'hommes et il faudra qu'elles se hâtent de diriger sur les 4es bataillons en proportion des effets d'habillements de l'ancien dépôt.
Mais comme je vois qu'une partie de l'armement sera aux anciens dépôts, faites-moi connaître ce que vous aurez fait là-dessus.
Ainsi donc les majors laisseront aux anciens dépôts d'Italie la quantité de fusils et d'habillement nécessaires pour les nouveaux conscrits et tout le reste, les papiers, les cadres des compagnies de dépôt, etc., ils les dirigeront sur les nouveaux dépôts afin de les sortir une fois pour toutes de premiers embarras
" (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18000).

Le 23 juin 1808, l'Empereur écrit, depuis Bayonne, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke ... Donnez ordre que les cadres du 3e bataillon de nouvelle formation des 1er, 29e et 52e régiments de ligne et des 22e et 23e légère rejoignent leurs 4es bataillons dans le royaume d’Italie, en complétant les deux premiers bataillons de ces régiments de tous les hommes disponibles de ces 3es bataillons. Je ne donne pas le même ordre pour les 102e, 101e et 10e de ligne, ni pour les 20e et 62e parce que ces régiments restant à deux bataillons seront portés, moyennant le versement des hommes disponibles, à près de 1 680 hommes, c'est-à-dire au complet de 840 hommes par bataillon, et les régiments à 3 bataillons seront à plus de 700 hommes par bataillon. Par ce moyen l'armée d'Italie sera augmentée de 5 bataillons et l’armée de Naples sera affaiblie des cadres de cinq bataillons ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18390).

Le 25 juin 1808, l'Empereur écrit, depuis Bayonne, au Prince Eugène, Vice-Roi d'Italie : "Vous devez avoir reçu les instructions du ministre de la Guerre pour la nouvelle organisation de l’armée.
... Ainsi, il faut mettre de l'ensemble dans l'armée d'Italie. Commencer par tirer de Rome tout ce qui appartient à l'armée d'Italie et au dépôt de Dalmatie et en retirer successivement ce qui appartient à l'armée de Naples, hormis les 14e et 22e légers ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18406).

En Juillet 1808, Murat succède à Joseph sur le trône de Naples, tandis que Joseph devient roi d'Espagne. Le 2 juillet 1808, l'Empereur écrit, depuis Bayonne, au Maréchal Berthier, Major général de l'Armée, à Bayonne : "Envoyez l'ordre au général Cervoni, commandant la 8e division militaire, de faire partir sur-le-champ pour Perpignan une compagnie de 140 hommes, bien armés et bien habillés, de chacun des 1er et 62e de ligne et du 22e léger. Donnez l'ordre au général commandant la 18e division militaire de faire embarquer sur la Saône et sur le Rhône une compagnie du 16e léger de 140 hommes. Donnez ordre au général commandant à Lyon de faire embarquersur le Rhône une compagnie du 24e de ligne de 140 hommes. Donnez ordre au commandant de la 7e division militaire de faire partir également une compagnie du 5e de ligne forte de 140 hommes. Ces six compagnies se réuniront à Perpignan, et formeront là un bataillon de 840 hommes. Vous enverrez un des chefs de bataillon à la suite pour commander ce bataillon.
... Vous appellerez le ... bataillon, 1er bataillon provisoire de Perpignan ...
" (Correspondance de Napoléon, t.17, lettre 14150 ; Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18462).

Le 8 juillet 1808, l'Empereur écrit, depuis Bayonne, au Général Reille, son Aide de camp, à Bellegarde : "... Le 1er bataillon provisoire de Perpignan composé de six compagnies des 1er, 62e, 5e et 24e de ligne, et des 16e et 22e légers, formant 840 hommes, le 2e bataillon provisoire de Perpignan composé de six compagnies des 8e et 18e légers et des 23e, 60e, 79e et 81e de ligne, ces deux bataillons formant 1,600 hommes, doivent se trouver réunis du 20 au 22 à Perpignan. Ces deux bataillons arrivent de différents points. Chargez le commandant de la place de les former. Le major général a dû nommer les chefs de bataillon et adjudants-majors pour les commander ..." (Correspondance de Napoléon, t.17, lettre 14168 ; Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18509).

La formation des 4èmes Bataillons des Régiments d’infanterie de l’Armée de Naples est plus compliquée que prévue. Le Prince Eugène écrit à Napoléon, le 18 juillet 1808 : "Quant à la division Miollis, c’est à dire les douze 4emes bataillons de l’Armée de Naples: cela marche plus lentement.
Je viens de les passer en revue presque tous, et ce que j'ai vu ce ne sont que des hommes impropres à faire la guerre ou déjà fatigués, mais que les inspecteurs n’ont pas cru devoir réformer. Les conscrits tardent beaucoup à partir de leurs dépôts pour rejoindre leurs 4emes bataillons.
Sire, quand les conscrits arriveront, il nous manquera un nombre infini d'officiers.
Le 22e Léger n’en a que 8, dont deux attendent la retraite ...
".

Le 13 septembre 1808, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, donnez ordre ... au dépôt du 18e léger qui est à Grenoble ... d'envoyer tous les détachements qu’ils ont de disponibles, bien armés et bien équipés avec leurs officiers aux quatrièmes bataillons en Italie pour les porter au grand complet. Des états vous seront envoyés qui vous feront connaître ce que chaque dépôt fera partir, et pourquoi il n'en fait pas partir davantage. Ces détachements se mettront en marche à la fois au 1er octobre ... Vous me ferez connaître l'augmentation qu’éprouvera l'armée d'Italie par ce renfort" (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18898).

Le 17 septembre 1808, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Lacuée, Directeur général des Revues et de la Conscription : "Je vous renvoie votre travail ... Je vois que les corps des armées d'Italie, de Dalmatie, de Naples et de la Grande Armée, ayant leurs dépôts au-delà des Alpes, cela doit former 36 régiments et je n'en trouve que 24 ; il en manque donc 12. J'en ignore la raison.
Il manque dans l'infanterie légère les 22e, 23e et 1er ...
Le 8e, le 22e légers demandent à être spécialement favorisés ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18948).

Le 21 octobre 1808, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke ... le 4e bataillon du 20e de ligne, formé à 800 hommes, le 4e bataillon du 10e de ligne, formé à 800 hommes, un détachement tiré du 4e bataillon du 62e fort de 350 hommes, un détachement idem du 101e, fort de 500 hommes, un détachement idem du 22e légère, fort de 300 hommes, un détachement du 23e d'infanterie légère de 400 hommes.
Ces 4 détachements formant un total de 3 150 hommes, avec les 1 600 hommes des deux 4es bataillons du 20e et du 10e de ligne, se rendront à Naples, pour porter les 10 et 20e à 4 bataillons chacun, et pour porter au grand complet les 3 bataillons des 62e et 101e qui sont à Naples, et les deux bataillons du 22e et 23e d'infanterie légère.
Ces mouvements devront être terminés avant le 1er octobre.
... Moyennant ces changements, l'armée de Naples ne perdra rien en infanterie et l'armée d’Italie gagnera 2 régiments. L'armée de Naples ne sera plus composée que de 4 bataillons du 10e de ligne, 4 du 20e de ligne, 3 du 62e, 3 du 101e, 2 du 22e légère, et 2 du 23e légère ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 19087).

Le même jour, 21 octobre 1808, l'Empereur, depuis Saint-Cloud, écrit à Eugène, Vice-Roi d'Italie : "Mon fils, vous ne m'envoyez jamais les états de mon armée italienne. Je vous ai dit bien des fois qu'il me faut ces états tous les dix jours. Envoyez-m'en un sans délai. Mon armée d’Italie doit être prête à entrer en campagne au mois de mars. Sa composition sera la suivante :
... 6e division
14e légère 1 bataillon
22e idem 2 bataillons
23e idem 2 bataillons
6e de ligne 1 bataillon
62e idem 1 bataillon
101e idem 1 bataillon
7e idem 1 bataillon
9 bataillons ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 19097).

Le 26 octobre 1808, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Lacuée, Directeur général des Revues et de la Conscription : "Les légions de réserve de Metz, Versailles et Grenoble, ont trop de bataillons, d'autant plus qu’elles manquent d'officiers. Je pense que ces 600 hommes pourront leur être donnés des conscrits de 1810 et qu'ils pourraient être dirigés : ceux de Lille, sur les régiments qui sont dans les 16e ou 24e divisions militaires et qui ont le plus de besoins ; on les donnera de préférence aux corps qui fournissent au camp de Boulogne. On donnera ceux de Rennes à ceux dont les régiments sont en Bretagne, ceux de Versailles aux corps qui sont dans la 12e division militaire ; ceux de Grenoble aux 22e et 23e légers, et 62e et 102e de ligne" (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 19142).

V/ CAMPAGNE DE 1809 A L’ARMEE D’ITALIE

Au début de 1809, Napoléon sait que l'Autriche est en train de réarmer de manière plus massive qu'en 1805, et il se prépare à une future confrontation en réorganisant ses forces en Allemagne. Le théâtre d'opération Nord-italien doit être initialement secondaire. Le Prince Eugène, vice-roi d'Italie, a pour mission de surveiller les débouchés des Alpes et de contenir une action autrichienne.

Le 10 janvier 1809, l'Empereur écrit, depuis Valladolid, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke ... Je vois que quatre dépôts de la 8e division militaire peuvent faire partir des détachements. Donnez ordre que celui du 1er de ligne fasse partir une compagnie de 200 hommes, celui du 62e deux compagnies de 200 hommes chacune, celui du 22e légère, 4 compagnies de 250 hommes chacune, c'est-à-dire mille hommes. Ces détachements se réuniront à Nice et partiront ensemble en passant par La Bochetta et Gênes, pour rejoindre leurs 4es bataillons à Plaisance. Ce sera donc un régiment de marche d'Italie, fort de sept compagnies et ayant un présent sous les armes de 1 600 hommes qui sera un bon renfort pour l'armée d'Italie. Mais il faut que ces hommes partent parfaitement habillés et armés ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 19766).

Le 15 janvier 1809, l'Empereur écrit, depuis Valladolid, au Maréchal Berthier, Major général de l'Armée d'Espagne : "… Donnez ordre au général Mathieu Dumas de partir dans trois jours pour se rendre dans toute diligence [sic] dans la 8e division militaire, y passer la revue des 1er, 16e, 62e de ligne, 22e et 32e légère et du 2e régiment suisse. Il aura soin de voir en détail les 5es bataillons et de faire partir par la corniche tous les effets d'armement et d'habillement disponibles afin que les conscrits des 1er et 62e de ligne et 22e légère rejoignent sans délai leurs bataillons de guerre à l'armée d'Italie. Il rendra un compte détaillé au ministre de la guerre de toutes ses opérations ; il m'en écrira directement ; il entrera dans tous les détails et lèvera les difficultés. On m'assure qu'il y a beaucoup de conscrits qui ne sont pas habillés.
... Le général Dumas, lorsque sa mission sera finie, viendra me présenter l'ensemble de ses opérations dans l'endroit où je serai. Mais il est nécessaire que lorsqu'il passera en revue un régiment, il en adresse sur-le-champ un rapport particulier au ministre de la Guerre et lui fasse connaître ce qu'il y a à faire pour activer l'armement et l'habillement. Il devra faire de son côté tout ce qu'il pourra auprès du major et des préfets pour donner à ces opérations toute l'activité convenable
" (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 19840).

Le 13 février 1809, l'Empereur érit, depuis Paris, à Eugène, Vice-Roi d'Italie, à Milan : "... Mon fils ... Le 22e d'infanterie légère n'a que 428 hommes dans ses bataillons de guerre ; il a 1,200 hommes au dépôt à Nice. Ecrivez au commandant à Nice pour savoir quand ces hommes partiront ; ils sont bien nécessaires pour former et donner couleur à ces bataillons ..." (Correspondance de Napoléon, t.18, lettre 14773 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20024).

L'armée d'Italie, formée de troupes franco-italiennes, va se trouver en infériorité numérique face aux deux Corps d'Armée de l'Archiduc Jean qui se concentrent en mars.

Napoléon, conscient des lacunes stratégiques et tactiques de son fils adoptif, lui envoie le Général Mac Donald pour le seconder, mais celui-ci n'arrivera que fin avril. En attendant, Napoléon réorganise les forces en Italie et donne ses ordres. Ainsi, il écrit depuis Paris, au Général Clarke, le 17 février 1809 : "Monsieur le général Clarke, vous ferez connaître au roi de Naples que, dans les circonstances actuelles, mon intention n’est pas qu’il ait toutes les troupes dans le fond de la Calabre, et que je désire qu’il les place de cette manière :
La division Partouneaux en Calabre composée des : 20e de ligne, quatre bataillons, 3 000 hommes ; 101e de ligne, trois bataillons, 2 200 hommes ; 22e légère, deux bataillons, 1 600 hommes ; Suisses, deux bataillons, 1 400 hommes ; régiment de La Tour d’Auvergne, un bataillon, 700 hommes ; régiment d’Isembourg, un bataillon, 700 hommes ; 2 escadrons du 4e régiment de chasseurs, 500 hommes. Total : 10 100 hommes ...
La division Partouneaux également divisée en deux brigades serait placée, une brigade au fond de la botte menaçant la Sicile, et l’autre à mi-chemin de Reggio à Naples ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20053).

A l'Armée d'Italie, deux bataillons du 22e Léger (les 3e et 4ème) sont également mobilisés avec ceux du 23e Léger (voir historique). Napoléon écrit cette fois ci à Eugène : "Paris, 17 février 1809.
A Eugène Napoléon, vice-roi d'Italie, à Milan.
Mon fils, j'ai donné ordre aux généraux de brigade Abbé et Huart de se rendre à Milan. Vous les emploierez dans vos divisions actives qui en ont besoin ...
Vous avez donné ordre aux 22e et 23e légers de se rendre à Florence et à Ancône. Ces régiments ont deux bataillons, de nombreux détachements de conscrits se dirigent sur ces régiments qui auront chacun 1 600 hommes suffisants pour la garnison de ces deux pays ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20057).

Napoléon décide également la création de 16 Régiments provisoires. L'Empereur écrit, le 3 mars 1809, depuis Paris, au Général Clarke, Comte d'Hunebourg, Ministre de la Guerre, à Paris : "Monsieur le Général Clarke, je vous envoie le projet de formation d’une réserve de régiments provisoires, sur lequel je désire que vous me fassiez un rapport. Faites-moi connaître si je n'ai rien oublié et s'il y a des changements qu'il soit convenable de faire pour épargner des marches aux troupes. Enfin présentez-moi des états qui m'apprennent si les 5es bataillons pourront fournir ces quatre, trois ou deux compagnies pour concourir à ladite formation. Les 10,000 hommes de réserve que forme ma Garde sont destinés à compléter les 5es bataillons et à les mettre à même de fournir les hommes nécessaires. Il faut donc qu'une colonne des états que vous ferez dresser indique le nombre d'hommes qui leur manquera, après avoir épuisé tout leur monde ; cette colonne sera la colonne de distribution des 10,000 hommes de la Garde. Il ne vous échappera pas que, par ce moyen, j'aurai 6,000 hommes à la Rochelle, 3,000 en Bretagne, 9,000 à Paris, 5,000 au camp de Boulogne, 2,500 pour la défense de l'Escaut, 2,500 pour garder Wesel, 5,000 à Strasbourg, 2,500 à Metz et 10,000 Français en Italie; total, 45,500 hommes.
NAPOLÉON
Annexe
PROJET DE FORMATION D'UN CORPS DE RÉSERVE
1
Il sera formé une réserve de seize régiments provisoires composée des compagnies des cinquièmes bataillons qui seront complétés avec les conscrits de 1810;
2
... 14e régiment provisoire :
Le 14e régiment sera composé de 3 bataillons formés de la manière suivante : ... 2e bataillon : 2 compagnies du 5e bataillon du 22e 1éger, 2 compagnies du 5e bataillon du 3e léger, 2 compagnies du 5e bataillon du 22e 1éger, 2 compagnies du 5e bataillon du 14e 1éger.
Ce bataillon se réunira à Alexandrie ...
Ces 4 derniers régiments (13e, l4e, 15e, et 16e) formeront la réserve de notre armée d'Italie, et seront réunis 3 à Alexandrie et un à Milan.
Les 9 régiments de l'armée italienne formeront un régiment composé de même, lequel sera fort de 2 500 hommes et se réunira à Milan.
Ainsi la réserve de l'armée d'ltalie sera composée de 2 brigades, l'une de deux régiments qui se réunira à Milan, l'autre de 3 régiments qui se réunira à Alexandrie, l'une et l'autre commandées par un général de brigade, et qui seront prêtes à se porter partout où les circonstances l'exigeront
" (Correspondance de Napoléon, t.18, lettre 14838 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20195).

"Paris, 16 mars 1809.
A Eugène Napoléon, vice-roi d’Italie, à Milan.
Mon Fils, le 23e léger, qui était en Toscane, a dû y arriver fort de 600 hommes; il doit avoir reçu 300 hommes; 300 hommes partant vers la fin de mars du Piémont pour le joindre; ce qui portera ces deux bataillons à 1,200 hommes. Le 22e léger, qui est à Ancône, a dû recevoir 800 hommes; 200 hommes vont partir pour le rejoindre; ces deux bataillons seront donc au complet de 1,600 hommes. Ainsi, au premier événement, ils pourront entrer en ligne. Le 52e va recevoir 300 hommes qui partent de Gênes, le 102e recevra 200 hommes; le 29e de ligne, 100 hommes. Mon intention est donc que la division Miollis vienne à être composée : de quatre bataillons du 62e, 3,000 hommes; de quatre bataillons du 23e léger, 3,000 hommes; de deux bataillons du 22e léger, 1,500 hommes; du 4e bataillon du 101e, 700 hommes; du bataillon du 11e léger, 1,100 hommes, et du bataillon du 6e de ligne, l,200 hommes; ce qui formerait une division de 10 à 11,000 hommes de très bonnes troupes ...
J'ai ordonné que le briquet fût supprimé dans la compagnie de grenadiers et de voltigeurs et qu'on y substituât des outils ... Mon intention est d'étendre cette mesure à toute l'armée et de supprimer ainsi une arme aussi inutile que le briquet
" (Correspondance de Napoléon, t.18, lettre 14908 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20400).

Le même jour, 17 mars 1809, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, donnez ordre que le dépôt du 1er régiment de ligne fasse partir avant la fin de mars, 60 hommes ; celui du 62e, 60 hommes ; celui du 22e légère, 300 hommes ; celui du 5e de ligne, 60 hommes ; celui du 18e légère, 60 hommes ; celui du 79e, 60 hommes ; celui du 81e, 200 hommes ; celui du 60e, 200 hommes ; celui du 8e légère, 200 hommes et celui du 23e de ligne, 200 hommes. Vous ordonnerez que ces détachements se réunissent ; ceux qui passent par le Mont-Cenis, à Chambéry, et s'y forment en bataillon de marche ; ceux aui vont par la corniche, à Gênes, et de là, marchent en ordre pour renforcer l'armée" (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20419).

Le 22 mars 1809, l'Empereur écrit, depuis La Malmaison, à Eugène, Vice-roi d'Italie : "Mon fils, je vous envoie un état que me remet le ministre de la Guerre et que je vous prie de vérifier. Avez-vous reçu 8191 hommes ? Il résulterait de cet état que le 22e léger aurait bientôt au corps 800 hommes, il en aurait envoyé 900 ; ainsi les deux bataillons du 22e qui sont à Ancône avec ces 900 hommes devraient être de 1300 hommes. Il ne leur manquerait donc au complet que 400 hommes que le dépôt peut leur fournir ...
Ces régiments ne devant fournir aux régiments de réserve que 5800 hommes et en ayant 13000 à leur dépôt, il restera donc encore 7000 hommes disponibles
" (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20500).

Le 28 mars 1809, depuis Paris, l'Empereur écrit à Eugène Napoléon, vice-roi d'Italie, à Milan : "Mon Fils ... Donnez ordre au 22e léger qui est à Ancône de se tenir prêt à partir ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20596).

Le 29 mars 1809, l'Empereur écrit, depuis Paris, à Murat, Roi de naples : "Mon frère, je reçois votre lettre du 20 mars. Tout pousse à la guerre. Le prince de Neuchâtel est parti. Je n'ai pas cependant le projet d'attaquer, et je ne partirai moi-même que lorsque les hostilités seront à la veille de commencer. Mon armée d'Italie se concentre sur le Tagliamento et l'Isonzo. La division Miollis, dont le 23e léger et le 62e font le fonds, est nécessaire, ces deux régiments ont reçu ordre de partir de Rome pour Florence où ils se joindront avec les deux bataillons du 23e et les deux du 22e qui d'Ancône se rendent à Bologne. Ces dix bataillons formeront une belle division qui peut être utile à l'armée d'Italie ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20618).

Finalement, en avril 1809, les deux Bataillons du 22e Léger et ceux du 23e Léger sont regroupés dans la Division du Général Durutte. Deux Bataillons du 22e Léger sont toujours à l’Armée de Naples tandis que le 5e Bataillon reste au Dépôt.

Le 10 avril, les Autrichiens prennent l'offensive et les Franco-italiens se replient sur le Tagliamento.

Le 12 avril 1809, onze heures du soir, l'Empereur écrit, depuis Paris, à Eugène Napoléon, Vice-Roi d'Italie, à Valvasone : "Mon Fils, à peine arrivé à Vérone ou à Trente, je suppose que vous aurez appris que les Autrichiens ont commencé les hostilités … Réunissez bien toute votre armée ; instruisez Marmont des hostilités. Je vous ai déjà recommandé de placer la 14e demi-brigade provisoire à Vérone et de faire venir la division composée du 62e, des 23e et 22e légers par Bologne et Ferrare en grande marche sur Trévise, afin de vous servir de réserve …" (Correspondance de Napoléon, t.18, lettre 15061 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20826).

Les Autrichiens entrent dans Udine le 13. Le 15, ils passent le fleuve. Eugène, contre l'avis de ses Généraux, décide de les arrêter à Sacile le 16 avril. Les Français, malgré une belle résistance, sont submergés et doivent une nouvelle fois se replier, cette fois ci derrière la Piave. Eugène est humilié par cet échec vis-à-vis de Napoléon qui, par contre, a vaincu à Eckmühl le 22 avril et va entrer dans Vienne le 13 mai.

Heureusement, Mac Donald est arrivé, ainsi que des renfort amenés par le Général Duruttte, dont les deux Bataillons du 22e Léger. Les Autrichiens reculent alors leurs positions pour se rapprocher de leur capitale, ce qui va favoriser l'offensive du Vice-Roi.

Le 29 avril, l'Armée d'Italie repart en avant. Le 2 mai, Durutte, et sa Division, se porte sur Legnano, récupère sa garnison et avec la Brigade Valentin marche sur Padoue. Il rencontre l'ennemi à Este, le bouscule, et gagne Padoue.

L'armée passe la Brenta. Puis la Division Durutte se porte sur Mestre et débloque Venise. Elle rameute une partie de la garnison pour attaquer Trévise dont elle s'empare.

La Division a l'ordre de se porter en avant pour empêcher la destruction du pont sur la Piave. Le 6 mai, la Division Durutte passe au Corps du centre de l'Armée, aux ordres du Général Grenier. L'aile droite est sous Mac Donald et la gauche sous le Prince Eugène. La Piave est franchie malgré la force du fleuve.

Le 10 mai, l'armée arrive sur la rive droite du Tagliamento. A St Daniel, les Autrichiens sont encore battus. Mac Donald fait occuper Udine puis marche sur l'Isonzo.

Le 14, l'avant garde, suivie de la Division Durutte, prend position devant Malborghetto et les fortifications du col de Tarvis dont il faut s'emparer de haute lutte. Les deux Bataillons du 22e Léger sont détachés sur la route de Tarvis aux ordres du Major Dagusan, et sont attaqués près du village de Vollach par des forces supérieures en nombre. Ils perdent de nombreux prisonniers mais peuvent se replier. Le Chef de Bataillon Fies prend le commandement.

Mac Donald s'empare de Goritz le 15 mai puis entre dans Trieste puis Laybach.

A la fin mai 1809, les positions de l’Armée d’Italie sont les suivantes : le centre (dont la Division Durutte) et le Quartier général sont à Bruck. L’aile gauche de Barraguey d’Hilliers à Léoben, se liant à la Grande Armée et tandis que Lefebvre est dans le Tyrol. Et l’aile droite de Mac Donald est entre Marburg et Gratz, attendant l’Armée de Dalmatie.

Le 28 mai 1809 à dix-heures du matin, l'Empereur écrit, depuis Ebersdorf, à Eugène Napoléon, vice-roi d'Italie, à Bruck : "Mon Fils, je vous renvoie votre aide de camp. Je désirerais avoir l'état de situation de votre corps d'armée.
Je suppose que la division Durutte est composée de deux bataillons du 22e, de quatre bataillons du 23e, et de quatre bataillons du 62e. Je suppose que ces dix bataillons forment au moins 6,000 hommes présents sous les armes. Je suppose que la division Seras est composée d'un bataillon du 35e, de trois bataillons du 53e, de quatre bataillons du 106e et de deux bataillons du 79e; je la suppose également de 6,000 hommes. Je ne sais ce que c'est que la 3e division; je suppose que c'est une division italienne qui est avec le 112e, et qu'elle est également de 6,000 hommes. Je suppose que la division Pacthod vous a rejoint avec la division Grouchy. La division Pacthod doit être composée de deux bataillons du 8e léger, de quatre bataillons du 52e, de quatre bataillons du 102e et de quatre bataillons du 1er de ligne, que je suppose former 6,000 hommes. Sans comprendre le corps détaché du général Macdonald, vous devriez avoir aujourd'hui à Bruck 24,000 hommes d'infanterie, 4,000 hommes de cavalerie et 2,000 hommes de la garde; ce qui ferait 80,000 hommes et soixante pièces de canon. Le général Macdonald, que je suppose sur le point d'arriver à Graz, vous renforcera de 15,000 hommes. Ainsi votre arrivée me renforce de 45,000 hommes, non compris le corps du général Marmont
" (Correspondance de Napoléon, t.19, lettre 15266 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 21083).

Le même jour, 28 mai 1809, l'Empereur écrit, depuis Ebersdorf, à Joachim Napoléon, Roi des Deux-Siciles, à Naples : "Je vous ai écrit de Schoenbrunn, le 17, pour vous faire connaître que mon intention était que les états du Pape fussent sous vos ordres et pour vous charger d'en prendre possession pour la France. Ne craignez point de débarquement. Les Anglais sont occupés en Portugal et en Espagne. Ayez une grosse division sur Rome, et soyez prêt à vous y porter.
Faites partir pour Osoppo tout ce qui reste dans votre royaume, appartenant aux régiments qui ont quitté l'armée de Naples. Donnez l'ordre au 14e léger, au 6e de ligne, qui sont à Rome, d'en partir en toute diligence pour Padoue. Tâchez également d envoyer un bataillon à Ancône, qui mette à même de disposer des deux bataillons du 22e léger qui y sont. Si vous pouvez disposer d'un ou deux régiments napolitains, faites-les partir pour l'Allemagne, où ils se formeront. Ils iront d'abord à Padoue et de là à Osoppo.
Je pense que, dans cette circonstance, il serait convenable de vous tenir à Rome, du moins quelque temps, pour être plus près de la haute Italie
" (Correspondance de Napoléon, t.19, lettre 15271 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 21088).

Le 10 juin 1809, l'Empereur, qui vient de décider d'une importante levée de Conscrits, sur la classe 1810, mais aussi sur les classes 1806 à 1809, afin de compenser les pertes du début de la campagne, et renforcer l'Armée, écrit depuis Schönbrunn au Général Clarke pour lui donner le détail de cette opération particulièrement complexe; lettre accompagnée de 3 Etats différents très détaillés. Par ailleurs, une annexe intitulée "Répartition des 40 000 conscrits de l'appel supplémentaire de 1810" donne la composition de la 15e Demi-brigade provisoire : 52e de ligne; 101e id. qui reçoit 120 hommes; 102e id. qui en reçoit 70; 22e léger; 3e id.; 29e de ligne qui reçoit 90 hommes; 14e léger qui en reçoit 150; 6e de ligne; 10e id.; 20e id.; au total donc, 430 hommes. Il est par ailleurs précisé que l'on doit porter "les 20 compagnies à 2800 hommes" (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 21182).

Eugène doit empêcher la jonction des diverses forces autrichiennes des Archiducs Jean, Joseph et Charles, et combattre l’insurrection hongroise. L'Archiduc Jean se retranche sur la rive droite de la Raab. Le 11 juin, la Division Durutte passe la Marczal près de Papa.

Entre le 13 et le 15 juin, Eugène affronte les Autrichiens à Raab en Hongrie, aux pieds de la forteresse du même nom. Les Autrichiens sont vaincus et la forteresse doit se rendre le 24. L’armée d’Italie va pouvoir rejoindre la Grande Armée et participer à la bataille de Wagram.

Après Wagram, la Division Durutte se porte sur Hagenbrunn.

Après l'armistice, l'Armée d'Italie est chargée de garder la Styrie, la Carniole, la Carinthie et une partie de la Hongrie.

VI/ 1809-1811, DANS LE ROYAUME DE NAPLES

A/ 1809

Chasseur, 22e Léger, 1809-1812
Fig. 3 Chasseur du 22e Léger vers 1809-1812

Rongeant son frein de ne pas participer à la campagne en Allemagne, Murat a pourtant fort à faire dans son Royaume où stationnent encore deux Bataillons du 22e Léger. Les Calabres et les Abruzzes sont à peine apaisées grâce aux mesures radicales des Généraux Partouneaux et Manhes, et les Anglais déposent régulièrement des troupes sur les côtes, à partir de leur base sicilienne. Une opération de plus grande envergure a lieu en juin. Le Général Stuart, porté par la flotte britannique, met le siège devant le fort de l’ile d’Ischia, s’empare de l’ile de Procida et amorce le siège de Scylla d’où il est repoussé par le Général Partouneaux. Le Lieutenant Balme du 22e Léger sera blessé à la défense de Scylla, et le Capitaine Bicais lors des opérations près du canal de Messine.

Le 23 août 1809, l'Empereur écrit, depuis Schönbrunn, à Joachim Napoléon, Roi des Deux-Siciles, à Naples : "Je vous réitère l'ordre de faire partir les bataillons du 14e léger, du 6e de ligne, les deux bataillons du 101e, à moins que vous ne préfériez y mettre deux bataillons du 22e léger, deux bataillons soit d’isembourg, soit napolitains, avec une centaine de chevaux, faisant plus de 5,000 hommes. Il me tarde de connaître l'époque où ces troupes seront arrivées à Bologne ..." (Correspondance de Napoléon, t.19, lettre 15704 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 21886).

Le 26 août 1809, l'Empereur écrit, depuis Schönbrunn, à Joachim Napoléon, Roi des Deux-Siciles, à Naples : "… Je vous ai mandé de me diriger sur Bologne, d'abord, tout ce que vous pouvez envoyer de vos troupes. Je désire que vous ayez fait partir les deux bataillons du 14e d'infanterie légère, deux bataillons du 6e léger, deux bataillons du 101e de ligne ou du 22e léger et le bataillon de la Tour d'Auvergne, si vous le jugez convenable, ou un bataillon de vos troupes. Si vous pouviez joindre à cette colonne deux de vos bataillons, aussi bien que vos chasseurs à cheval, faites-le. Du moment que ces troupes seront hors de vos frontières, vous n'aurez plus à leur payer que leur solde, et je me chargerai de leur nourriture et de leur entretien.
J'ai besoin de réunir au centre de l'Italie 8 à 10,000 hommes. Les Bavarois ont échoué dans le Tyrol, et il paraît que ces montagnards seront difficiles à soumettre. Si donc les hostilités viennent à recommencer, j'ai besoin de 8 à 10,000 hommes, Français, Napolitains et de toute autre nation, pour contenir l'Italie et le Tyrol ...
" (Correspondance de Napoléon, t.19, lettre 15716 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 21909).

Le 28 décembre 1809, à Paris, l'Empereur est informé que "Le roi de Naples demande que les adjudants commandants Chavardès et Jean Thomas et le colonel Goguet de la 22e légère soient nommés généraux de brigade"; "Refusé" répond ce dernier (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1911, t.2, lettre 1614).

B/ 1810

Le 16 janvier 1810, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, le colonel Goguet du 22e légère est soupçonné de faire la contrebande. Faites-moi un rapport là-dessus et sur la conduite que tient ce colonel" (Brotonne (L. de) « Lettres inédites de Napoléon Ier », Paris, 1898, lettre 525 (donne par erreur 25e de Ligne); Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 2281). Le soupçon de contrebande ne semble pas avoir eu de conséquences, puisque le Colonel Goguet sera nommé Général de Brigade en 1811.

L'année 1810 est marquée par la tentative avortée d’invasion de la Sicile. Après avoir demandé à Murat de se préparer à cette opération minutieusement, Napoléon semble avoir voulu simplement inquiéter les Anglais avec cette menace. Les troupes napolitaines prirent pied sur l’ile mais les troupes françaises refusèrent alors de les suivre, n'en ayant pas reçu directement l’ordre de l’Empereur. Ce qui rendait l'opération inutile.

Le 6 octobre 1810, l'Empereur adresse, depuis Fontainebleau, au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, à Paris, une Note sur l'organisation des armées; concernant l'Armée d'Italie, il écrit : "… Cette armée se composerait de 10 divisions, dont 7 françaises et 3 italiennes, et composées, savoir :
3e division française, 22e léger ayant quatre bataillons ; 6e de ligne, deux ; 20e, quatre ; 72e, quatre : 14 bataillons ...
" (Correspondance de Napoléon, t.21, lettre 17000 ; Correspondance générale de Napoléon, t.10, lettre 24816).

Le 9 décembre 1810, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, donnez ordre au 5e bataillon du 22e d'infanterie légère de compléter le 4e bataillon avec tout ce qu'il a de disponible ; et faites partir ce bataillon ainsi complété pour Toulon où il renforcera la garnison" (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1911, t.3, lettre 4396; Correspondance générale de Napoléon, t.10, lettre 25457).

C/ 1811

Le 9 février 1811, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, à Paris : "Monsieur le Duc de Feltre, je médite une expédition qui devra partir de Toulon. Cette expédition sera composée du 3e bataillon du 62e, complété à 800 hommes, de deux bataillons des 5e, 81e, 79e, 11e et 60e de ligne et d'un bataillon du 22e d'infanterie légère ; total, douze bataillons ou 10,000 hommes.
Ces troupes seront prêtes à partir au 10 mars et à s'embarquer sur l'escadre. Le général Plauzonne se rendra à Toulon pour en prendre le commandement. Un chef de bataillon du génie, un chef de bataillon d'artillerie, deux compagnies d'artillerie, une compagnie de sapeurs et douze pièces de canon feront partie de l'expédition.
Concertez-vous avec le ministre de la marine pour les moyens d'embarquer les troupes.
Faites connaître au général Plauzonne qu'elles seront portées à 15,000 hommes et qu'elles sont destinées pour la Sicile ou pour un autre point.
Un adjudant commandant sera nécessaire à cette division.
Faites-moi un rapport pour disposer ces troupes de la manière la moins coûteuse. Elles pourront être cantonnées dans les villages environnant Toulon
" (Correspondance de Napoléon, t.21, lettre 17342).

Le 2 avril 1811, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, je reçois enfin la 1re lettre du général Decouz, datée d'Otrante, que vous m'envoyez avec votre rapport du 31 de ce mois. Mandez-lui de renvoyer à leurs compagnies les ouvriers des 1er de ligne et 22e légère. Il peut faire passer ceux du 62e et du 101e.
Il doit faire passer tous les hommes du 14e et du 6e
" (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 26484).

Napoléon écrit, depuis Paris, le 8 avril 1811, au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la guerre, à Paris : "Monsieur le Duc de Feltre, j'ai retiré de Naples tous mes régiments français. Je n'y ai laissé que le 22e d'infanterie légère. Mon intention est de porter ce régiment à sept bataillons et d'en laisser six dans le royaume de Naples. Ces six bataillons, complétés à 840 hommes chacun et qui seront constamment maintenus à ce complet, feront plus de 5,000 hommes; ce qui formera une bonne division toute française pour le roi de Naples.
Vous voudrez donc bien ordonner les dispositions suivantes. Le 4e bataillon du 22e léger versera tous les hommes disponibles dans le 5e bataillon, qui, par ce moyen, se trouvera au complet de 520 hommes. Le major, qui doit se trouver au 5e bataillon, où est le dépôt, aura le commandement de ce bataillon, qui sera suffisant pour la défense de Nice et forts environnants. Les 4e et 6e bataillons seront formés et complétés par des conscrits réfractaires du 1er régiment de la Méditerranée, en prenant des hommes de choix et capables de se faire honneur. Ces deux bataillons seront employés à la garnison de l'île d'Ischia. Aussitôt que cette opération sera faite et aura parfaitement réussi, vous m'en rendrez compte, et je ferai former le 7e bataillon, de sorte qu'il y aura six bataillons complets de ce régiment dans le royaume de Naples.
Mon intention est que le 6e de ligne et le 14e léger soient également portés à sept bataillons. Le décret que j'ai pris explique suffisamment mes intentions; je n'ai rien à y ajouter. Vous verrez qu'en conséquence des dispositions de ce décret je retire du 1er régiment de la Méditerranée, pour le 22e léger, 1,650 hommes; pour le 14e léger, 1,350; et du 2e régiment de la Méditerranée, pour le 6e de ligne, 2,150 hommes. Voilà donc l'emploi de 5,500 hommes. Le 1er et le 2e régiment de la Méditerranée peuvent chacun avoir 4,000 hommes. Voilà donc l'emploi des 13,500 conscrits des régiments de la Méditerranée.
Il serait peut-être convenable d'envoyer en Corse des boutons des 22e et 14e légers ainsi que du 6e de ligne, pour les attacher aux habits de ces hommes avant leur départ; ce qui serait une économie pour les régiments.
Vous voyez que j'aurai ainsi à Corfou six bataillons français, à Naples six bataillons français, et six pour garder les États Romains. Présentez-moi la nomination des majors en second, des chefs de bataillon et des sous-lieutenants à tirer de l'école de Saint-Cyr, et les différentes dispositions à ordonner en conséquence de mon décret. Ecrivez au ministre de la marine pour les 500 hommes qu'il doit faire transporter de l'île d'Elbe à Cività-Vecchia
" (Correspondance de Napoléon, t.22, lettre 17583 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 26577).

Napoléon évolue dans les dispositions pour défendre les côtes de Provence. Il écrit : "Paris le 11 Avril 1811.
Au général Clarke,
Monsieur le duc de Feltre, dans un décret que j’ai pris dernièrement, j’ai ordonné que le 4eme bataillon du 22e Léger verserait ses hommes disponibles dans le 5e bataillon et que le cadre de ce bataillon se rendrait en Corse ou il se recruterait par des conscrits de la Méditerranée. Considérant aujourd’hui les dangers attendus de la navigation en Corse et la situation des croisières ennemies, je préfère que le cadre de ce 4e bataillon se rende dans les iles d’Hyères où il sera rejoint par 900 hommes du dépôt du fort Lamalgue. J’ai donné le même ordre pour le 6e bataillon de ce régiment ; vous recevrez le décret que j'ai pris à cet effet …
Ces mesures sont urgentes. Il est nécessaire que vous preniez des mesures pour que les cadres des bataillons du 22e Léger se mettent en marche au plus tard le 20 Avril, de sorte que le 25 ou le 26 ils soient rendus à leur destination, et que la marine cesse ses envois en Corse …
" (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 26620).

Le même 11 avril 1811, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Vice-Amiral Decrès, Ministre de la Marine : "Le transport des conscrits réfractaires en Corse me paraissant devenir trop dangereux, j'ai ordonné que le cadre du 6e bataillon du 22e léger, au lieu d'aller en Corse de Nice, se rendît dans l'île de Porquerolles. Il y sera rendu, j'espère, le 25 avril.
A compter du 25 avril, vous pourrez diriger les conscrits par bac sur Hyères. Le 4e bataillon du même régiment qui devrait se former dans l'Ischia se rendra le 25 à Port-Cros. Ce sera dans l'emploi de 1800 conscrits.
Le 6e bataillon du 102e sera rendu le 25 à Sainte-Marguerite. Vous y enverrez de fort Lamalgue 500 conscrits par le cabotage ; cela fait l'emploi de 2300 conscrits.
Par ce moyen, la grande chance que je cours de perdre mes gabarres et mes hommes n'existera plus ; il ne sera fait d'envoi de conscrits en Corse qu'après le mois de septembre.
Je vous laisse maître de vous concerter avec le ministre de la Guerre pour me faire le transport des 500 conscrits que la marine doit conduire à Civitavecchia, qu'après l'équinoxe, s'il y a lieu
" Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 26627).

Le 13 avril 1811, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Lacuée, Ministre de l'Administration de la Guerre : "Monsieur le comte de Cessac, je reçois votre lettre. Il faut que vous fournissiez des effets d'habillement aux hommes du 6e bataillon du 22e léger ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 26661).

Le 15 avril, le Major Benuzan devient Colonel en second du 22e Léger. Le 5e Bataillon du 22e Léger, qui était à Gênes puis Nice, part pour Toulon.

Le 18 avril 1811, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Peltre, je reçois votre lettre du 17 ... Cela étant, il y aurait dans les îles d'Hyères, les 4e et 6e bataillons du 22e régiment d'infanterie légère, de 900 hommes chacun, faisant 1800 hommes ...
Voilà donc l'emploi de 6 400 hommes. Il faudra une partie de l'été pour avoir ce nombre d'hommes. Les conseils d'administration et l'habillement se tiendraient à Toulon.
Vous donnerez l'ordre que les 500 premiers conscrits qui arriveront au dépôt du fort Lamalgue, soient donnés aux bataillons du 22e léger qui seront dans l'île de Porquerolles ...
Vous aurez soin que le dépôt soit tenu en règle à Toulon ; que les conscrits y soient toisés, classés, habillés et équipés, et que les différents mouvements se fassent avec ordre, par mer, sur les îles d'Hyères, au cap Cépet et autres points. Si le nombre des conscrits réfractaires est de plus de 6000 hommes, on pourra en être embarrassé. On en rendra compte alors, et je donnerai des ordres ultérieurs. Le passage en Corse n'est pas tout à fait interdit ; il pourra se présenter des moments dans l'été où le passage pourra avoir lieu. Après l'équinoxe d'automne, tous les transports se feront par mer.
Le roi de Naples peut envoyer aux îles d'Hyères des canonnières et des felouques pour embarquer les hommes du 22e léger, puisque ces bâtiments peuvent longer la côte et se rendre sans danger à Ischia ou à Procida ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 26730).

Dans la foulée, l'Empereur écrit, le même jour, 18 avril 1811, depuis Paris, au Vice-Amiral Ddcrès, Ministre de la Marine : "Je reçois votre rapport du 17. Le décret relatif au 4e bataillon du 22e régiment à placer à l'île de Porquerolles ; au 6e bataillon du même régiment à placer à Port-Cros, au 5e bataillon du 102e à placer à l'île Sainte-Marguerite, enfin au 5e bataillon du 1er de ligne à placer au château d'If et à l'île de Pomègue, doit être exécuté sans délai ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 26742).

Le 29 avril 1811, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, le cadre du 6e bataillon du 22e régiment d'infanterie légère qui devait se former en Calabre devait se rendre aux îles d'Hyères ; mais ce mouvement sera bien long, et nous serons en automne avant que ce bataillon soit arrivé. Cela étant, je préfère qu'il se forme dans l'île d'Ischia près Naples. Le chef de bataillon et les sous-lieutenants s'y rendront de France.
Le roi de Naples enverra des canonnières et des bâtiments à rames pour prendre ces hommes dans les bataillons du régiment de la Méditerranée en Corse, et même dans celui qui est à l'île d'Elbe. Rendez-moi compte des dispositions que j'ai ordonnées pour ce mouvement.
Où est le cadre du 2e régiment de la Méditerranée ?
Quand le cadre du 4e bataillon du 22e sera-t-il dans les îles d'Hyères ?
Les sous-lieutenants et le chef du 6e bataillon que j'ai formés n'ont pas encore été présentés à ma nomination
" (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 26883).

Le 19 mai 1811, l'Empereur écrit, depuis Rambouillet, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, mandez au général Du Muy de se rendre à Toulon et dans les îles d'Hyères pour y passer la revue du régiment de la Méditerranée, du bataillon du 22e d'infanterie légère et des autres bataillons qui se forment sur ce point, du dépôt du fort Lamalgue, et de vous rendre un compte détaillé de la situation et de la tenue de ces dépôts, afin qu'on puisse y envoyer de nouveaux cadres pour recevoir les conscrits réfractaires" (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1911, t.3, lettre 4593 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27107).

Le 21 mai 1811, l'Empereur écrit, depuis Rambouillet, à Joachim Napoléon, Roi des Deux-Siciles, à Naples : "La circonstance me paraît extrêmement favorable pour l'expédition de Sicile. Si vous réunissez 15,000 hommes à Reggio, vous aurez tous les calmes de l'été pour les faire arriver. Mes forces en Italie sont considérables et ma conscription a recruté les cadres ; ainsi on sera à même de parer aux événements. Selon tous les rapports de Londres, les Anglais n'ont pas 4,000 hommes en Sicile. Le pays est mécontent ; eux-mêmes l'avouent. Jamais une plus belle occasion ne se présentera. Ils seront, cet automne, repoussés d'Espagne et du Portugal ; alors ils reviendront en force réoccuper la Sicile avec 15 ou 20,000 hommes, et l'expédition deviendra impossible. Arrivé à Naples, je pense que vous devez faire vos préparatifs. Envoyez prendre à l'île d'Elbe et en Corse le 4e bataillon du 22e léger et le nécessaire pour former le 6e bataillon" (Correspondance de Napoléon, t.22, lettre 17245 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27145).

Le 24 mai 1811, l'Empereur écrit, depuis Caen, au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, à Paris : "... Pour remplir ce but, comme on l'a dit plus haut, il faut pourvoir à la garnison de Toulon. A cet effet, le 3e bataillon du 8e léger, qui est à Genève, se dirigera sur Toulon vers le 1er juillet, après avoir reçu tous les conscrits. Le 4e bataillon du 18e, le 4e du 5e, le 4e du 11e, le 4e du 23e et le 3e du 75e de ligne, se dirigeront également sur Toulon au 1er juillet.
Ces six bataillons, qui auront reçu leurs conscrits et seront ainsi complétés, formeront une force suffisante pour la garnison de Toulon, de Marseille, de Cette et de toute la côte de la Méditerranée ... Il y aura en outre à Toulon le 5e bataillon du 22e léger, fort de 500 hommes, le 3e bataillon du 32e léger et le dépôt du 16e ...
ÉTAT DES FORCES QUI SERONT EN FRANCE ET EN Italie AU 1er SEPTEMBRE 1811 ...
ROYAUME DE NAPLES.
Il restera dans ce royaume :
Trois bataillons du 22e léger ; les 4e et 6e bataillons qui se formaient aux îles d'Hyères et sont composés de réfractaires (ils seront envoyés par mer à Naples) : cinq bataillons, 4,000 hommes ...
FRANCE. - COTES DE LA MÉDITERRANÉE.
Toulon est le point important des côtes de la Méditerranée. Les six 4es bataillons qui ont été désignés dans les notes sur le corps d'observation de réserve pour se rendre à Toulon y formeront une garnison de 4,800 hommes. Le 5e bataillon du 22e léger, le 5e du 1er de ligne, le 5e du 16e avec les huit 5es bataillons de l'armée de Dalmatie qui sont dans la 27e division militaire, et le 3e du 32e léger (en le considérant comme un 5e bataillon), font douze bataillons qui seront formés en trois demi-brigades, chacune de quatre 5es bataillons ou 2,000 hommes ; ce qui, joint aux six 4es bataillons ci-dessus, serait une force de 11 à 12,000 hommes, beaucoup plus que suffisante pour défendre Toulon, Marseille, Nice, Cette et contenir tout l'intérieur.
" (Correspondance de Napoléon, t.22, lettre 17247 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27150).

Le 2 juin 1811, l'Empereur écrit, depuis Alençon, au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, à Paris : "Le 4e bataillon du 22e, qui est aux îles d'Hyères, n'a aucun habillement. Il n'a pas de chef de bataillon ; il est fort urgent d'en envoyer un. Il paraît qu'il manque à ce bataillon des officiers ; présentez-les à ma nomination. En attendant, vous pouvez y diriger les officiers que j'ai nommés à Cherbourg, parmi lesquels il y a un chef de bataillon, et que j'avais désignés pour le régiment de Walcheren, si toutefois ce régiment de Walcheren n'a pas besoin de ces officiers. La paille pour les camps aux iles d'Hyères est très-mauvaise. Il serait bien essentiel que le roi de Naples envoyât ses canonnières à Port-Cros pour prendre le bataillon du 22e et le conduire, en longeant la côte, à Naples" (Correspondance de Napoléon, t.22, lettre 17762 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27199).

Le 6 juin 1811, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, à Paris : "Monsieur le Duc de Feltre, les deux bataillons du train d'artillerie, en Italie, ont besoin de 600 hommes, puisqu'ils reçoivent 1,200 chevaux ...
Vous donnerez ordre que le 5e bataillon du 102e, qui est dans l'ile Sainte-Marguerite où il reçoit des conscrits réfractaires du dépôt de Toulon, choisisse également 50 hommes des plus sûrs et qui n'appartiennent pas aux départements de la Provence ; que ces 50 hommes soient envoyés par mer à Gênes, et là débarqués et dirigés par terre sur Vérone, où ils seront incorporés dans le 7e bataillon du train.
Enfin vous ordonnerez que 50 hommes des meilleurs sujets, et sur lesquels on peut le plus se fier, soient pris dans les compagnies du 5e bataillon du 22e léger, qui est aux îles d'Hyères, et soient également dirigés sur Gênes et de là sur Vérone.
Vous prescrirez les mesures convenables pour que ces hommes soient envoyés avec des sergents et officiers, et embarqués de manière à être surveillés
" (Correspondance de Napoléon, t.22, lettre 17775 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27228).

Le 11 juin 1811, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, donnez ordre que trois compagnies du 5e bataillon du 22e léger complétées à 450 hommes, les cadres non compris, ayant soin qu'il n'y ait pas de conscrits réfractaires, se mettent en marche d'Hyères et se dirigent sur Bayonne. Là, ces hommes seront incorporés dans le bataillon du 17e d'infanterie légère qui va arriver à Bayonne. Les cadres des 3 compagnies du 22e retourneront à Hyères" (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27271).

Le 15 juin 1811, l'Empereur écrit; depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, donnez ordre au général commandant la 8e division militaire d'aller passer au château d'If la revue du 5e bataillon du 1er de ligne ... Il se rendra ensuite à Toulon, passera la revue des bataillons du 2e régiment de la Méditerranée, de ceux du 22e léger et vous fera connaître le nombre d'individus qu'on pourrait retirer pour recruter des régiments d'Italie. Vous écrirez au colonel du 2e régiment de la Méditerranée et aux chefs de bataillons de 22e léger pour avoir leur opinion.
Enfin faites-moi connaître ce gue le roi de Naples a répondu à la demande gue vous lui avez faite d'envoyer des canonnières pour prendre les bataillons du 22e
" (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27320).

Le 20 juin 1811, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, à Paris : "Écrivez au roi de Naples que mon intention est que mes troupes ne soient pas disséminées ; qu'il réunisse les trois bataillons suisses, les trois bataillons de la Tour-d'Auvergne, les trois bataillons d'Isembourg et les trois du 22e léger dans un camp on au plus deux, sous les ordres d'un général français ; que je n'entends pas qu'aucun général napolitain ni au service de Naples commande mes troupes" (Correspondance de Napoléon, t.22, lettre 17829 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27361).

Le 23 juin 1811, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Peltre, faites-moi connaître si vous avez des nouvelles du 6e bataillon du 22e d'infanterie légère. Est-il formé ? Est-il à Naples ? Où est-il ?" (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27408).

Carte des Iles d'Hyères

Le 24 juin 1811, l’Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, à Paris : "Monsieur le duc de Feltre, vous recevrez un décret qui dissout l'armée de Naples et forme un corps d'observation de l'Italie méridionale. Ce corps sera commandé par le général Grenier et sera composé d'une division de trois brigades.
La 1re brigade sera composée des cinq bataillons du 22e régiment d'infanterie légère, et commandée par le général Sénécal ; la 2e brigade, des six bataillons du régiment de la Tour-d'Auvergne, et commandée par le général Lanchantin ; et la 3e brigade, de quatre bataillons du régiment d'Isembourg, et commandée par le général Decouz ...
Ce corps se réunira dans les lieux les plus sains entre Naples, Capoue et Gaète. Il sera exclusivement sous les ordres du général Grenier, qui correspondra directement avec vous et recevra vos ordres. Il ne sera point employé à la police du pays, et ne sera commandé par aucun officier au service du roi de Naples. Le général Grenier veillera à ce qu'aucun homme ne soit débauché. Il emploiera tout son temps à l'organisation de son corps, à mettre sa comptabilité en état, à former de bonnes troupes et à se mettre en état de se porter avec ces 8 ou 9,000 hommes sur quelque point de l'Italie que ce soit. Il pourvoira il ce qu'il ait ses ambulances et hôpitaux. Ce corps sera soldé, nourri et habillé par le roi de Naples et aura les vivres de campagne. Il y sera attaché un payeur divisionnaire qui rendra ses comptes au trésor. Comme c'est moi qui ai habillé ces régiments à Naples, le général Grenier réclamera tous les habillements fournis à mes troupes en 1810 et 1811.
Vous notifierez mon décret au roi de Naples. Vous lui ferez connaître qu'ayant besoin de réunir toutes mes troupes j'ai dissous l'armée de Naples et formé un corps d'observation sous les ordres du général Grenier ; que je laisserai ce corps suffisamment de temps dans le royaume de Naples pour être assuré qu'il peut s'en passer ; que, tout le temps qu'il restera dans ses états, il sera nourri, payé, entretenu et habillé par le trésor napolitain ; que, par le traité que j'ai fait avec lui, il doit me fournir un contingent; que je désire savoir la partie de ce contingent qui est prête à partir ; que j'y comprends les troupes napolitaines qui sont en Espagne.
Vous ordonnerez au général Grenier d'adresser des ordres aux différents régiments pour la prompte réunion de son corps, et de porter tous ses soins à la discipline, l'instruction et la bonne tenue des régiments. Vous lui écrirez que je compte que du 1er au 15 août ce corps sera disponible entre Naples et Gaète, prêt à se porter où il sera nécessaire
" (Correspondance de Napoléon, t.22, lettre 17849 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27429).

Le 4 juillet 1811, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre ... Je désirerais qu'aussitôt que le 5e bataillon du 22e léger qui est aux îles d'Hyères sera habillé, on pût l'embarquer et le conduire par mer jusqu'à La Spezia ou Livourne d'où il se rendrait à Naples pour rejoindre son régiment. Il manque un chef de bataillon à ce 4e bataillon ; faites-moi connaître où est cet officier. S'il n'y en a point, il faut en nommer un sur-le-champ ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27521).

Toujours le 4 juillet 1811, l'Empereur écrit encore, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre ... Le 6e bataillon du 22e léger qui est à Naples devait aussi recevoir 850 hommes. Faites-moi connaître où en est l'exécution des ordres que j'ai donnés à cet effet ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27527).

Le 17 juillet 1811, l'Empereur écrit, depuis Trianon, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, je ne connais pas la situation de mes différentes troupes. Le cadre du 4e bataillon du 22e d'infanterie légère, qui est aux îles d'Hyères, est-il habillé, équipé et en état de partir ?" (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27677).

Le 1er août 1811, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Peltre ... J'approuve que les trois compagnies de marche qui sont destinées à recruter le 52e à Gênes soient formées de conscrits de bonne volonté habillés et conduits à Gênes avec des escortes de gendarmerie et toutes les précautions nécessaires. Si ces hommes passent le Var sans qu'il y ait de désertion parmi eux et si le 4e bataillon du 22e léger est bien habillé et bien équipé, s'il a son chef de bataillon, et que les officiers croient qu'il n'y aura pas de désertion, dans ce cas et après la réussite de l'essai fait précédemment, j'approuve que ces 4 bataillons aillent par terre en suivant la corniche jusqu'à Gênes ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27915).

Le 15 août 1811, l'Empereur écrit, depuis Rambouillet, au Général Lacuée : "Monsieur le comte de Cessac, faites-moi un rapport qui me fasse connaître s'il a été pourvu et par qui à l'habillement de tous les cadres qui ont été à Toulon, à l'île de Ré et à Belle-Ile pour y prendre des conscrits réfractaires ?
Il y a à Toulon le 2e régiment de la Méditerranée qui peut lui-même fournir à cet habillement. Il y a le 22e d'infanterie légère et le 102e qui peuvent également y fournir eux-mêmes ...
En me rendant compte des mesures que vous avez prises, faites-moi connaître quand vous êtes fondé à penser que tous ces cadres seront habillés et équipés
" (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 28178).

Le 16 août 1811, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke : "Monsieur le duc de Feltre ... Donnez ordre que le dépôt du fort Lamalgue complète le 5e bataillon du 22e léger qui restera aux îles d'Hyères ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 28183).

Le 19 août 1811, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, à Borghèse, Gouverneur général des départements au-delà des Alpes : "Mon cousin ... J’ai donné ordre que le 4e bataillon du 22e léger fort de 900 conscrits réfractaires se rendît des îles d’Hyères à La Spezia par terre et continuât sa route par mer pour le royaume de Naples. Chargez la gendarmerie de surveiller la marche de ce bataillon ; faites arrêter les déserteurs et rendez-moi compte de la désertion" (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 28234).

Le même 19 août, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke : "Monsieur le duc de Feltre, aussitôt que le 4e bataillon du 22e léger sera parti des îles d'Hyères pour la Spezia, le 5e bataillon du même régiment, complété à 600 hommes, le remplacera aux îles d'Hyères. Le 4e bataillon continuera sa route des îles d'Hyères pour Rome ..." (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1911, t.3, lettre 4708 ; Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 4, lettre 6021 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 28238).

Le 30 août 1811, l'Empereur écrit, depuis Compiègne, au Général CLarke, Duce de Feltre, Ministre dela Guerre, à Paris : "Monsieur le Duc de Feltre, je vous envoie une lettre d'un de mes officiers d'ordonnance. Je ne puis croire qu'il n'y ait que 400 hommes à l'île de Port-Cros ; si cela était, cette île serait exposée. Donnez l'ordre suivant.
Le bataillon du 22e léger et trois bataillons du régiment de la Méditerranée, formant quatre bataillons, tiendront garnison dans les trois îles, de manière qu'il y ait un bataillon de 1,000 à 800 hommes dans l'île du Levant, deux bataillons de 2,000 à 1,600 hommes dans l'île de Port-Cros, enfin un bataillon dans l'île de Porquerolles.
Un colonel commandera dans l'île du Levant, le général Donnadieu dans l'ile de Port-Cros, et un général de brigade dans l’île de Porquerolles.
Le bataillon destiné à l'île du Levant y descendra avec les pièces de campagne et de siège nécessaires pour faire une batterie qui défende la rade et croise son feu avec celui du cap des Mèdes, avec une escouade de sapeurs, un officier d'artillerie, un officier du génie, un détachement d'une trentaine de canonniers, soit de la marine, soit de la terre, des outils à pionniers et des vivres ; tout cela sous les ordres d'un officier capable.
Le général la Riboisière et les directeurs de l'artillerie et du génie s'y rendront pour tracer les ouvrages ordonnés pour lier l'île du Levant à l'île de Port-Cros et pour que les 800 à 1,000 hommes de la garnison, après avoir défendu l'île, aient là un refuge et puissent recevoir des renforts.
Plusieurs péniches, bateaux de pêche et bâtiments légers doivent se tenir dans le port de Man, afin d'assurer les communications de l'île de Port-Cros avec l'île du Levant.
On augmentera le nombre des pièces de la batterie de Man, soit par des pièces de petit calibre, soit par des pièces qui défendent le côté de terre
" (Correspondance de Napoléon, t.22, lettre 18098 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 28430 - Note : la Minute est daté du 29 août 1811).

Le 6 septembre 1811, l'Empereur écrit, depuis Compiègne, au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, à Paris : "L'ennemi ayant évacué la rade d'Hyères, ce sera une nouvelle raison pour le général la Riboisière d'activer la prise de possession de l'île du Levant et la construction des batteries et de la tour que j'ai ordonnées dans cette île.
Je compte que le colonel Donnadieu, qui a le commandement de Port-Cros, aura sous ses ordres le 5e bataillon du 22e léger, complété à 500 hommes par des conscrits réfractaires, et deux bataillons du régiment de la Méditerranée ; ce qui lui fera 2,000 hommes pour la défense de Port-Cros et de l'île du Levant. J'espère qu'il fera travailler avec la plus grande activité pour mettre les batteries en état. Le général que j'ai nommé à Porquerolles aura un bataillon du régiment de la Méditerranée. Le 4e bataillon du 22e léger suivra sa destination ...
" (Correspondance de Napoléon, t.22, lettre 18117; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 28527).

Le 7 septembre 1811, le Colonel Joseph Charras prend la tête du 22e Léger. Le même jour, 7 septembre 1811, l'Empereur écrit, depuis Compiègne, au Général Clarke : "Monsieur le duc de Feltre, je vous renvoie la correspondance du général César Berthier. Répondez à sa lettre du 14 août ...
On pourvoira plus tard au complément du 22e léger. Donnez des ordres au général Berthier en conséquence ...
" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 4, lettre 6131 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 28549).

Le 11 septembre 1811, l'Empereur écrit, depuis Compiègne, au Duc de Feltre, Ministre de la Guerre: "Monsieur le duc de Feltre, écrivez au Général Miollis que si, pour la levée de la conscription, il avait besoin d'un renfort, il peut s'adresser au Général Grenier qui lui enverra un ou deux bataillons du 22e léger" (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 28590).

Le 13 septembre, à Compiègne, on présente à l'Empereur la lettre suivante : "Sessa, 3 septembre 1811. Le général comte Grenier au général Clarke, duc de Feltre, ministre de la Guerre, à Paris.
Les rapports qui ont été faits au général Fressinet, l'ont été par des ignorants qui ont pris des terrassements, de simples mouvements de terre et des déblaiements, pour de grands travaux ou par des malintentionnés qui cherchaient peut-être à provoquer quelque fausse démarche.
Quant à la proposition que j'ai faite d'occuper Gaëte par des troupes françaises, S. M. (le roi de Naples) m'a fait répondre qu'elle l'eût adoptée volontiers si elle avait cru par là remplir les intentions de l'empereur, qu'elle croyait ne pas devoir le faire par les motifs que j'ai annoncés, parce que ce serait reconnaître avoir donné lieu à des soupçons, mais qu'elle était prête à faire tout ce qu'il plaira à S. M. l'empereur d'ordonner
". La réponse de Napoléon est la suivante : "Le ministre de la guerre répondra au général Grenier, qu'il me paraît convenable de mettre garnison dans Gaëte pour faire tomber tous ces bruits si ridicules des étrangers. Il lui donnera ordre de mettre dans cette place un bataillon du 22e d'infanterie légère, sans qu'il soit nécessaire que la garnison napolitaine en sorte, mais il choisira cette place comme casernement et sans en faire une affaire" (Brotonne (L. de) : « Dernières Lettres inédites de Napoléon 1er, collationnées sur les textes et publiées », Paris, 1903, t. 2, lettre 1601).

Le 13 septembre 1811, l'Empereur écrit, depuis Compiègne, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre ... Envoyez donc le chef de bataillon marquant au 4e bataillon du 22e d'infanterie légère ; il ne peut pas partir sans son chef ...
Donnez ordre que le 4e bataillon du 22e léger soit embarqué et conduit sur la Spezia, d'où il continuera son mouvement par terre, pour se rendre à Rome. II est nécessaire qu'un bon chef de bataillon soit arrivé, pour le conduire. Avant son départ, on le passera en revue, pour s'assurer s'il est bien armé et bien équipé, et si ses officiers sont présents. Il lui faut surtout un bon adjudant-major. Il serait à souhaiter que ce bataillon pût partir avant le 15 octobre ...
Donnez ordre que le 5e bataillon du 22e léger soit complété à 500 hommes et placé également aux îles d'Hyères. Pour cela, il est nécessaire que les cadres des trois compagnies, qui ont été à Bayonne, soient de retour.
Il y aura donc aux îles d'Hyères
Le 5e bataillon du 22e léger, porté à 500 hommes ...
Ces troupes seront distribuées de la manière suivante ...
A Port-Cros
Le 5e bataillon du 22e. 500 hommes.
Un bataillon de la Méditerranée. 900
Un bataillon du 32e léger. 900 ...
Sur ces 2.300 hommes destinés pour Port-Cros, le général qui commande dans cette île tiendra un bon officier, et 300 hommes présents sous les armes, dans l'île du Levant ...
Et il y aura à Port-Cros, un général de brigade et trois bataillons, présentant un effectif de 2.300 hommes, et un présent sous les armes d'au moins 1.800 hommes, dont 300 hommes seront toujours détachés et présents à l'île du Levant ; et ce, indépendamment de l'artillerie de terre, de marine, etc.
Toutes ces îles seront approvisionnées pour ce nombre d'hommes, pendant trois mois.
Il y aura, comme je l'ai ordonné, un réduit à l'île du Levant, de sorte qu'on puisse aller à son secours de Port-Cros ...
Les dépôts du fort Lamalgue et du lazaret doivent être dissous. Les 3.000 hommes qui s'y trouvent seront employés, sans délai, de la manière suivante : 500 hommes pour le 5e bataillon du 22e d'infanterie légère ...
" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 4, lettre 6169 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 28639).

Le 14 septembre 1811, l'Empereur écrit, depuis Compiègne : "Monsieur le duc de Feltre, les états de situation sont faits avec beaucoup d'inexactitude.
Dans ceux du 15 août, divisions militaires, je trouve au corps d'observation du Midi que le 22e d'infanterie légère a son 6e bataillon à Sainte-Marie-de-Capoue, fort de 980 hommes. Cela n'est pas exact ; il n'y a que le cadre. Cependant, cela est bien différent pour les combinaisons militaires. Je trouve que le 22e d'infanterie légère est bien faible qu'est-ce qui l'a ainsi affaibli ? Il doit y avoir eu de la désertion pour entrer dans les troupes du roi de Naples.
Il résulte de cet état de situation que le corps d'observation de l'Italie méridionale serait de 13.400 hommes, dont 4.100 hommes du 22e léger ; pourtant ce régiment n'a que 1.800 hommes à l'armée ...
" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 4, lettre 6176 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 28645).

Le 15 septembre 1811, l'Empereur écrit, depuis Compiègne, au Général Clarke, Duc DE Feltre, Ministre de la Guerre, à Paris : "Donnez ordre au général Grenier de mettre un bataillon du 22e dans Gaète pour faire cesser tous ces propos outrageants pour nos armes et pour les Français" (Brotonne (L. de) : « Lettres inédites de Napoléon 1er », Paris, 1898, lettre 923 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 28656).

Le 18 septembre 1811, l'Empereur écrit, depuis Compiègne, au Général Clarke : "Monsieur le duc de Feltre ... DDonnez ordre que le 5e bataillon du 22e léger, composé de 600 hommes, qui est aux îles d'Hyères, aussitôt qu'il sera habillé et équipé, soit embarqué et transporté à la Spezia ou à Livourne, d'où il sera dirigé sur Rome, pour rester dans cette ville ainsi que le dépôt ..." (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 4, lettre 6197 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 28693).

Le 26 octobre 1811, l'Empereur écrit, depuis Rotterdam, au Duc de Feltre : "Le 4e bataillon du 22e régiment d'infanterie légère a débarqué à la Spezzia le 14 de ce mois. Donnez ordre que, de Rome, il rejoigne son régiment. Vous chargerez le général Grenier de faire faire le tiercement de ce bataillon, c.-à-d., de faire répartir les officiers, sous-officiers et soldats également dans les quatre bataillons, de manière qu'ils soient parfaitement égaux" (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1911, t.3, lettre 4787; Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 4, lettre 6298 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 28927 - à noter que la Minute indique le 3e Bataillon).

Le 12 novembre 1811, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke : "Monsieur le duc de Feltre, écrivez au prince Borghèse que les 41 conscrits réfractaires, déserteurs du 4e bataillon du 22e d'infanterie légère, qu'on a envoyés au 2e dépôt des conscrits réfractaires, à Gênes, doivent être embarqués pour rejoindre leur régiment à Rome, où ils tiendront prison quelque temps, et seront ensuite incorporés.
Donnez le même ordre pour les autres déserteurs qu'on arrêterait encore et écrivez dans le même sens à la grande-duchesse. Donnez ordre que le 5e bataillon du 22e d infanterie légère, au lieu de la Spezia, soit transporté à Livourne, et même à Cività-Vecchia. Si le temps le permet.
J'avais ordonné que le 4e bataillon du 22e ne fût mis en marche qu'autant qu'il y aurait le chef de bataillon. Il faut que ce chef de bataillon soit bien négligent. Faites-moi connaître son nom et ordonnez-lui les arrêts.
Réitérez l'ordre au général Grenier de faire tiercer ce bataillon avec les autres, de manière que les bataillons soient tous égaux, et que, s'il y avait des sous-officiers qui eussent moins de deux ans de service, il les incorpore et les fasse remplacer par d'anciens soldats qui aient le temps de service exigé.
Il sera donc nécessaire que ce bataillon, au lieu de s'arrêter à Rome, continue sa route pour le quartier du général Grenier
" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 4, lettre 6359 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 29039).

Le 16 décembre 1811, l'Empereur écrit, depuis Paris, à Eugène Napoléon, Vice-Roi d'Italie, à Milan : "Mon Fils, voici l'organisation que je désirerais donner au corps d'observation d'Italie ...
On laisserait en Italie les régiments suivants :
RÉGIMENTS FRANÇAIS. — 22e d'infanterie légère, six bataillons ; 6e de ligne, trois ; 14e léger, trois ; 112e de ligne, cinq ; 13e, cinq ; 23e, deux ; les 5es bataillons des six régiments français composant les 13e et 14e divisions, six bataillons ; 10e de ligne, deux bataillons ; 20e, deux ; 7e, un ; 12e, un ; 1er léger, deux ; 3e, un ; 67e de ligne, un ; régiment illyrien, un ; 52e de ligne, cinq ; 102e, deux ; ce qui ferait en deçà des Alpes quarante-huit bataillons français, formant 30,000 hommes d'infanterie, lesquels seront complétés par la levée de la conscription qui va être faite, celle de 1812. ...
" (Correspondance de Napoléon, t.23, lettre 18340; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 29370).

Le 24 décembre 1811, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Duc de Feltre : "Monsieur le duc de Feltre, donnez ordre aux bataillons de guerre des 8e et 18e légers et du 23e de ligne, qui sont en Illyrie, d'envoyer chacun 50 hommes au dépôt de Fontainebleau, en prenant des hommes sachant lire et écrire, ayant plus de trois ans de service, de la capacité, et propres à faire de bons caporaux et de bons sergents.
Donnez ordre au vice-roi d'envoyer 25 hommes ayant les mêmes qualités, pris dans chacun des sept régiments de ligne qui sont en Italie, lesquels seront destinés pour le dépôt de Fontainebleau.
Donnez ordre à la grande duchesse de Toscane d'envoyer 50 hommes du 112e.
Donnez ordre au général Miollis d'envoyer 25 hommes du 6e de ligne et 25 hommes du 14e léger.
Donnez ordre au général Grenier d'envoyer 50 hommes du 22e léger qui est dans le royaume de Naples.
Enfin donnez ordre que le 29e qui est à Toulon envoie 25 hommes.
Ce qui fera un total de 600 hommes qui, joints aux 2.000 que la jeune garde envoie à Fontainebleau, remontera ce dépôt, et mettra à même d'y trouver des moyens pour recruter les régiments.
P.-S. Le cinquième de ces hommes, c'est-à-dire 120, devront être propres à faire des sergents ; les autres quatre cinquièmes propres à faire des caporaux. Tous devront avoir trois ans de service
" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 4, lettre 6521 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 29445).

Le 31 décembre 1811, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, à Paris : "Ecrivez au maréchal Pérignon de faire rentrer au 22e léger les nommés Armand, Robin et Marquiset qui ont déserté le régiment pour entrer dans les troupes de Naples" (Brotonne (L. de) : « Lettres inédites de Napoléon 1er », Paris, 1898, lettre 986; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 29560).

VII/ 1812, LA GARDE DE L’ITALIE

Napoléon prépare avec méthode sa future intervention en Russie, dès le début de 1812. Il prévoit aussi de laisser des troupes en arrière pour la garde de la France et de l’Italie. Les troupes françaises remontent vers le Nord de la péninsule en passant par Rome.

Napoléon écrit début janvier : "Le 22e Léger a 6 bataillons ; Voici la disposition pour ce régiment.
Le cadre du 6e bataillon se rend à Rome pour y recevoir 1200 conscrits de Rome et du Trasimène. Il mènera par compagnie jusqu’à Genève où 400 hommes suivront leur destination et les 800 hommes destinés pour ce bataillon seront habillés à Genève par le dépôt du 8ème Léger.
Ce bataillon bien habillé et armé sera employé à la défense de Toulon. (Ou) Aussi au lieu de le diriger sur Genève, on pourra le conduire droit à Toulon avec les conscrits par la Corniche. A Toulon, ce bataillon serait habillé par le dépôt du régiment de la Méditerranée
".

Napoléon précise son idée et réécrit à Mathieu Dumas le 6 février : "Le 22e Léger est bien mais il faut qu'il reçoive ses conscrits à Rome où est le dépôt du régiment. On lui donnera des Romains et dès qu'ils seront habillés, on les dirigera par la Corniche sur Toulon où le ministre achêvera de les habiller ...".

Et le 13 février : "... Il faut composer seulement de Romains le 6e bataillon de 500 ou 600 hommes qui se rendent en France, mais les autres bataillons qui restent en Italie doivent être composés de Français ...".

Le 16 février 1812, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Duc de Feltre : "Donnez ordre au 6e bataillon du 22e léger de se rendre à Rome oii il doit recevoir des conscrits. Je trouve que le 22e léger qui est à Gaëte, est bien faible; il faut qu'il y ait eu une grande désertion. Cette désertion ne peut avoir lieu que dans le royaume de Naples. Faites-moi connaître la situation de ce régiment au 1er février 1812, comparée à la situation au 1er février 1811, afin de voir ce que ce régiment a reçu et perdu dans cet intervalle" (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1911, t.2, lettre 1866).

Le 19 mars 1812, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Duc de Feltre : "Je vous renvoie la situation du 22e léger. Mon intention est que le 6e bataillon de ce régiment reçoive 900 conscrits à Rome; que ces conscrits y soient habillés et équipés le plus promptement possible, et avec des capotes, et bien armés, de sorte que, vers la fin de mai, ce bataillon puisse se mettre en marche pour Vérone et de là, rejoindre la Grande-Armée. Ce sera donc un renfort de 900 hommes que recevra l'armée. Ce bataillon n'ira plus à Toulon, comme je l'avais précédemment ordonné. Aussitôt que ce bataillon sera arrivé à l'armée, les officiers et sous-officiers seront rayés des contrôles du 22e léger, vu que je ferai tout incorporer dans des régiments d'infanterie légère de la Grande-Armée. Ainsi, ce régiment se trouvera composé, comme les autres régiments, de quatre bataillons et d'un bataillon de dépôt" (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1911, t.3, lettre 5001).

Le 28 mai 1812, à Dresde, "On propose d'accorder grâce à 921 condamnés au boulet ou aux travaux publics, dont 716 valides et 205 infirmes, et de renvoyer les infirmes dans leurs foyers ; mais quelle destination donner aux valides ?"; l'Empereur répond : "Approuvé. Les habiller et les diriger sur les dépôts de Strasbourg et de Wesel; diriger ceux qui seraient à Alexandrie sur le dépôt du 22e léger à Rome; recruter par ces bataillons les six bataillons qui restent à Wesel et à Strasbourg" (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1911, t.3, lettre 5093).

Le 16 juillet 1812, à Vilna, l'Empereur est informé que "Le 6e bataillon du 22e régiment d'infanterie légère, venant de Rome arrivera à Dresde le 8 août"; il ordonne de "Le diriger sur Glogau" (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1911, t.2, lettre 2243).

Le 3 septembre 1812, l'Empereur écrit, depuis Viasma, au Duc de Feltre : "Le royaume de Naples ayant levé sa conscription et complété son armée, ce sera un soulagement pour ses finances et une chose utile que de faire venir le corps du général Grenier ...
Le 22e d'infanterie légère et le 112e seront réunis à Vérone, à l'exception du 3e bataillon qui restera en Toscane ...
" (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1911, t.3, lettre 5134).

"Moscou, 5 octobre 1812.
NOTE DICTÉE PAR L’EMPEREUR AU PRINCE EUGÈNE.
La division Grenier, qui doit se réunir le 1er novembre à Vérone, sera composée de trois brigades, savoir : deux brigades françaises et une brigade italienne.
lere brigade: quatre bataillons du 22e léger, deux bataillons du 1er léger;
2e brigade : quatre bataillons du 112e de ligne, deux bataillons du 6e de ligne;
3e brigade : quatre bataillons du 5e régiment de ligne italien, un bataillon du 1er de ligne, un bataillon du 2e léger italien.
Chaque régiment aura son artillerie régimentaire; on prendrait, pour ceux qui n’en auraient pas, l’artillerie des corps qui restent en Italie.
Cette division sera la 35e de la Grance Armée et se rendra à Berlin dans le courant de décembre ...
".

L'Empereur écrit de Moscou, le 5 octobre 1812 : "Il est nécessaire que tous les bataillons de la division Grenier soient complétés à 900 hommes présents sous les armes à Verone. Le 22e Léger, le 112e, le 6e de Ligne et le 14e Léger doivent avoir leurs pièces de canons ...
Il est nécessaire que les hommes aient leurs deux paires de souliers dans le sac et une aux pieds, leurs effets de campement, de bonnes capotes et que tout soit en état, de sorte que cette division, qui portera le numéro : 35e division de la Grande Armée, puisse hiverner à Berlin et me mettre à même d'en retirer le 11e Corps si je le juge nécessaire.
Du 26 au 30 novembre, vous ferez passer à cette division le mont Brener, en réunissant la 1ere brigade à Nuremberg, la seconde à Augsbourg et la 3e à Ratisbonne.
Pendant que la 35e division fera cette partie de la route, j'en serai informé, et je donnerai mes ordres pour qu'elle se rende à Berlin
".

Le 6 octobre 1812, l'Empereur écrit, depuis Moscou, au Duc de Feltre : "Vous avez fait partir le 22e léger, le 112e, le 6e de ligne et le 14e léger pour Vérone. Vous aurez retiré des 5es bataillons tout ce qui est disponible pour renforcer les bataillons de guerre. Si vous ne l’avez pas lait, faites-le sans délai. Cela aura d’ailleurs l'avantage que ces 5es bataillons seront disponibles pour recevoir les conscrits. Il faut verser, pour compléter la division Grenier, 4 à 500 hommes de chacun des 5es bataillons des six régiments qui ont leurs 5es bataillons en Italie. Pour compléter le 22e et le 14e, il faut prendre ce qu’il y a au dépôt du 3e léger à Parme et à celui du 4e léger à Alexandrie et, si cela ne suffit pas, tous les hommes du bataillon que le 4e' léger a dans une demi-brigade provisoire ; par ce moyen, le cadre de ce bataillon pourra recevoir de nouveaux conscrits. Faites que la division Grenier passe les monts, forte de 900 hommes par bataillon, officiers non compris, présents sous les armes, sans compter les malades et l’effectif" (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1911, t.2, lettre 2530).

Ce qui fut fait.

Le 6 octobre 1812 encore, l'Empereur écrit, depuis Moscou à Berthier : "Donnez l’ordre au duc de Bellune de retenir à Minsk le 6e bataillon du 46e, le 6e du 93e et le 6e du 22e léger. Mandez la même chose au gouverneur de Minsk" (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1911, t.2, lettre 2517).

Le 16 octobre 1812, l'Empereur écrit, depuis Moscou, à Berthier : "Ecrivez au duc de Bellune que le 7e régiment wurtembergeois qui devait se rendre à Ghjatsk, n'y arriverait que vers le 8 novembre ; qu’en conséquence je désire que ce régiment reste à Minsk jusqu'à nouvel ordre avec les 6es bataillons des 22e léger, 93e et 46e. Formez-en une brigade de 5 bataillons. Il nommera un général pour les commander. S'il y a à Smolensk des généraux qui viennent joindre l’armée, le duc de Bellune en enverra un. Cette brigade sera sous les ordres du duc de Bellune ; elle sera bonne à toute opération et portera le litre de brigade de réserve de Minsk. S'il arrive à Minsk de l'artillerie pour l’armée, donnez ordre qu'on en tire une batterie de 5 pièces pour cette brigade" (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1911, t.2, lettre 2560).

Le même 16 octobre 1812, l'Empereur écrit une seconde fois, depuis Moscou, à Berthier : "... Le duc de Bellune formera une autre brigade de réserve à Minsk. Il y placera le 6e bataillon du 22e léger, le 6e du 93e de ligne, le 6e du 46e ainsi que les deux bataillons du 7e régiment wurtembergeois qui a 2 pièces de canon et qui doit être bien prés de Minsk. Ce régiment était destiné pour Ghjatsk, mais il arrive trop tard. Cette brigade sera commandée par un des généraux qui doivent être à Smolensk pour rejoindre l'armée" (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1911, t.2, lettre 2561).

La 35e division gagne Berlin et y entre le 16 janvier 1813.

VIII/ 1813, LA CAMPAGNE D'ALLEMAGNE DU 22e LEGER

La 35e Division (Grenier), à son arrivée à Berlin à la mi-janvier, est attachée au 11e Corps de Gouvion St Cyr. En Février, les troupes françaises évacuent la Pologne et se replient sur l'Oder, tandis que les Prussiens, à la fin du mois, s'alliaient officiellement aux Russes contre la France.

Le 5 mars, devant Dantzig, à Ohra, le Chef de Bataillon Mayan est blessé.

Berlin doit être évacué le 4 mars. Eugène a sous ses ordres les 2e, 5e, 7e et 11e Corps. Il repasse l’Elbe et porte le 21 mars son QG à Magdebourg, tandis que le 11e Corps se porte sur Dessau. Puis, il se replie derrière la Saale. Le 11e Corps à Magdebourg.

Le 2 avril, Eugène fait repasser l’Elbe aux 5e et 11e Corps pour s’opposer aux Coalisés. Le 11e corps est sur le plateau de Nedlitz. La confrontation a lieu le 4, puis les Français se replient sur Magdebourg.

Pendant ce temps, le 1er Avril, l’ennemi entrait dans Leipzig. Des combats sporadiques ont lieu sur la ligne de front tenue par Eugène.

Le 15 Avril, Napoléon quitte les Tuileries pour se mettre à la tête de ses forces. Il en compose deux groupes : l'Armée de l'Elbe sous Eugène et l'Armée du Main, officiellement sous Soult, mais en réalité sous sa main, qui progresse en Allemagne.

Le 11e Corps passe sous les ordres de Mac Donald, et c'est Grenier qui commande en attendant son arrivée. Puis il reprend la tête de la 35e Division. Le 29 avril, Eugène marche sur Mersebourg. Le 11e Corps attaque la ville et la prend. Simultanément, la jonction est faite avec l’Empereur.

Le 1er Mai, la marche de l'Armée du Main reprend vers Leipzig, tandis que l'Armée de l'Elbe converge aussi vers cette ville. Les coalisés s'étaient regroupés près de Lützen. Le 2 mai 1813, bataille de Lützen. Le 11e Corps de Mac Donald est à l'aile droite. Il va subir de lourde pertes. Le 22e Léger voit le Chef de Bataillon Joud blessé, ainsi qu’une vingtaine de Capitaines, Lieutenants et Sous-lieutenants.

Juste avant la bataille, le 22e Léger, toujours au 11e Corps, était passé à la 36e Division aux ordres du Général Charpentier; Colonel Charras, 1er Bataillon : Chef de Bataillon Leguillermie, 2e Bataillon : Chef de Bataillon Joud (ou Joui), 3e Bataillon : Chef de Bataillon Charras, 4e Bataillon : Chef de Bataillon Decruejoux.

Le 3 mai, les Français entrent dans Leipzig mais Napoléon, quasi dépourvu de cavalerie, a perdu le contact avec ses adversaires. La Grande Armée est divisée en 2 colonnes : Napoléon marche sur Dresde avec la colonne principale (Bertrand, Marmont, Oudinot et Macdonald). Ney marche sur Berlin en recueillant à Torgau les Saxons de Reynier. A Luckau, il fait sa jonction avec Victor venant de Wittenberg. Entre les deux colonnes Lauriston reste en position intermédiaire.

Les Prusso-Russes sont restés groupés et préparent une bataille. Leur choix se porte sur Bautzen, à l'endroit où la Sprée coupe la route de Dresde à Breslau. Ils peuvent y couvrir la Silésie et y être au voisinage de l'Autriche dont on peut espérer l'entrée en guerre. Le 8 mai, Napoléon arrive à Dresde où le pont sur l'Elbe a été détruit. Le 10, la Grande Armée peut franchir le fleuve.

Napoléon retrouve ses adversaires le 20 Mai. Les Coalisés seront encore battus. Les Prussiens et les Russes reculent rapidement.

Le 27 mai, l'Oder est atteinte et la forteresse de Glogau est débloquée. Oudinot, détaché du gros de l'armée, marche sur Berlin. Pendant ce temps, plus au Nord, Hambourg est reprise. Chez les Alliés, c'est le découragement. Certains jugent la situation si désespérée qu'ils pensent se retirer derrière la Vistule. C'est alors l'Autriche qui va sauver les vaincus et s'interposer pour proposer un armistice (dit de Pleiwitz). Napoléon va le ratifier le 7 Juin pour avoir le temps de se renforcer. Mais ses adversaires vont pouvoir faire de même.

Le 10 juin, Napoléon entre à Dresde; il y restera jusqu'au 15 août. Le 11 août, l'Autriche se joint aux Coalisés et déclare la guerre. La Suède de Bernadotte est aussi à leurs côtés. Et les états allemands faiblissent. Le 18 août, les hostilités reprennent.

Pendant l'armistice, l'Armée française a été réorganisée. Le rapport des forces est désormais défavorable à Napoléon. Il répartit ses Corps d'armée. Face à l'Armée de Silésie, Ney et Sébastiani, Macdonald, Marmont, Lauriston. Face à l'Armée de Bohême, Poniatowski avec Victor derrière lui. Face à l'Armée du Nord, une masse de 120.000 hommes, associant Davout (à Hambourg), Girard (à Magdebourg) et Oudinot (à Wittenberg) qui a pour premier objectif de prendre Berlin.

Dès le 16 août, soit deux jours avant la fin de la trève, Blücher attaque. Profitant de l'effet de surprise, il bouscule Ney et Macdonald, tandis que l'Armée de Bohême, profitant de cette diversion, marche sur Dresde tenue par Gouvion Saint-Cyr et son XIVe Corps. Napoléon pense pouvoir vaincre Blücher rapidement, tout en envoyant des renforts vers Dresde. Il monte une offensive avec un regroupement de forces, placé sous Mac-Donald, nommé "Armée de la Bober" dont le 11e Corps. Les 5e et 11e Corps vont livrer aux Prussiens le 23 Août la bataille de Goldberg, prélude à la bataille plus vaste de la Katzbach, le 26.

Le 22e Léger à Goldberg a quelques pertes dont le Capitaine Audignane. La bataille de la Katzbach oblige les Français à refluer, après un début de panique. L'"Armée de la Bober" avait vécue, poursuivie par l'Armée de Silésie. Le Chef de Bataillon Laguillermie y a été tué.

Pendant ce temps, les 26 et 27 août 1813, avait lieu la bataille de Dresde. L'Armée de Bohéme est repoussée mais non anéantie ... et Vandamme tombe dans le piège de Kulm les 29 et 30 Août. L'armée française s'épuise dans des offensives dans le vide tandis que les Coalisés, qui évitent les affrontements majeurs, ne cessent de recevoir des renforts. Leur but est de couper la retraite des forces françaises autour de Leipzig avec toutes leurs forces.

Le 4 octobre, Napoléon apprend que Blücher a rejoint Bernadotte. Il décide de se débarrasser de cette menace de l'Armée du Nord afin d'avoir ensuite les mains libres pour livrer une bataille décisive à l'Armée de Bohême. Mais Blücher recule une nouvelle fois. Pendant ce temps, l'Armée de Bohême de Schwarzemberg est arrivée devant Wachau à une vingtaine de kilomètres au sud de Leipzig. Murat, qui lui fait face, envoie à Napoléon des appels pressants de soutien.

Napoléon décide alors d'aller livrer bataille à Schwarzenberg sans avoir réussi à refouler l'Armée du Nord. Le 12 octobre, il replie toutes ses forces sur Leipzig. La bataille des Nations va avoir lieu dans et autour de la ville entre les forces reunies de tous les Coalisés contre l'armée de l'Empereur, entre le 16 et le 19 Octobre. Bataille gigantesque qui scelle la défaite de Napoléon en Allemagne, submergé par le nombre. Les 4 Bataillons du 22e Léger sont au 11e Corps, 36e Division.

Le 22e Léger s'y fait étriller, vu l’état des pertes. Le Chef de Bataillon Chavat est blessé, ainsi que les Capitaines Chardonnet, Jond, Guillemaud, Besson, Moricourt, Burtin, Brea, Gaucher, Ville, Viennet.

Après Leipzig, Napoléon fait retraiter son armée jusqu'à Erfurt et doit forcer le passage à Kösen le 21 Octobre. Alors qu'il arrive à Erfurt, il apprend la défection de la Bavière qui retourne ses troupes contre les Français. Il faut gagner les places fortes sur le Rhin. Pour cela, il faudra passer sur le corps des Bavarois qui bloquent le passage à Hanau. Le Colonel Ferran (et non Ferrari comme indiqué dans le Martinien) y est tué. Un nouveau Colonel est immédiatement nommé : De Beurnonville.

Napoléon réorganise son armée le long du Rhin. Il écrit : "Hœchst, 1er novembre 1813.
Au prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de la Grande Armée, à Dresde.
Mon Cousin, donnez ordre au duc de Tarente de laisser le com­mandement du 11e corps au général Charpentier, qui exécutera tous les ordres qui lui ont été donnés, et de se rendre de sa personne, en toute diligence à Cologne, pour prendre le commandement de la frontière du Rhin, depuis la Moselle jusqu’à Zwolle
".

Le 8 novembre, regroupé à Bingen avec la 31e Division, le 22e Léger complète autant que faire se peut ses deux premiers Bataillons et renvoie au Dépôt les cadres des 3e et 4e Bataillons pour se reconstituer. Le 11e Corps est aussi reformé.

"Saint-Cloud, 11 novembre 1813.
Au général Clarke, duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris.
Monsieur le Duc de Feltre, vous aurez reçu du major général les ordres par lesquels j’ai provisoirement organisé l’armée à Mayence. Le 11e corps est composé de deux divisions : la 31e division, qui est composée de tous les régiments qui faisaient partie du 11e corps, et la 35e, où j’ai placé le 123e, le 124e, le 127e et les trois bataillons suisses. La 31e division est dans ce moment à Cologne; le général Charpentier la commande. La 35e va se réunir à Wesel, sous les ordres du général Brayer. Les deux divisions formant le 11e corps se trouvent sous les ordres du duc de Tarente. L’état-major du 11e corps est à Cologne. Il est donc nécessaire que vous me remettiez sur-le-champ un état de tout ce que les dépôts des régiments peuvent faire partir pour recruter la 31e division
".

Napoléon écrit à Clarke le 20 Novembre 1813 : "Monsieur le duc de Feltre … Je forme une réserve à Rome des 3e et 4e bataillons du 22e léger, du 5e bataillon du 4e léger, des 4e et 5e bataillons du 6e de Ligne, qui recevront 3000 hommes des 300.000 hommes, non compris ceux qu'ils recevront des 12.000 hommes; Total 28.000 hommes ...".

Et Le 24 novembre : "... Donnez l’ordre au duc de Tarente d’occuper Arnhem, et de le faire mettre en état ...".

La Division Charpentier occupe la ville et ne se replie pas, malgré les ordres de Mac Donald. Quelques jours plus tard, le 30, les Coalisés de Von Bülow avancent et, après de dur combats, où le nouveau Colonel De Beurnonville est grièvement blessé, le 22e Léger et la Division se replient sur Nimègue.

Au début décembre, Decaen est envoyé en Hollande et Lebrun à Anvers pour former un 1er bis et un 13e bis Corps d’Armée ; la Hollande est en insurrection depuis le milieu de novembre et les Coalisés avancent. Decaen évacue progressivement à la fureur de l’Empereur qui le remplace par le général Maison.

Le 16 décembre, le Lieutenant Billiemaz du 22e Léger est blessé devant Wahmet.

IX/ 1814

Au début janvier, les positions du Régiment sont les suivantes : les 1er et 2e Bataillons faméliques sont rapatriés sur le Nord de l'Italie et sont en marche; les 3e et 4e Bataillons se reforment à Rome.

Le Régiment ne participera à aucun combat.

Le Lieutenant Pitoux, sans doute isolé, est blessé à la Ferté le 9 février 1814.

Le Régiment sera dissout à la Première Restauration et ses éléments versés dans le 34e de Ligne.

Le 2 avril 1815, le Lieutenant-général Comte d’Erlon, commandant la 16e Division militaire, écrit, depuis Lille, au Ministre de la guerre : "J'ai l'honneur de joindre ici, la déclaration de trois militaires qui faisaient partie d'un convoi de prisonniers de guerre revenant de Russie. Ce convoi composant de 120 sous-officiers et soldats et de 12 officiers, a été, près de Tirelement, et ces militaires déposent que, d'après les ordres du prince d'Orange, il devait être conduit à Bréda, qu'à cette nouvelle le convoi s’est divisé, et que ceux qui le composaient se sont jetés dans les bois pour chercher à gagner la France. Ces trois militaires et quatre autres du même convoi y sont parvenus ; sans doute il en arrivera encore d'autres, et si S. Exe. l'approuve, j'en écrirai au prince d'Orange pour réclamer contre un tel acte de violence contre des militaires français, et pour lui demander que tous ceux qui composaient ce convoi soient de suite remis à ma disposition".
"Déclaration faite par sept prisonniers de guerre français faisant partie d'un convoi venant de Russie.
Trois militaires nommés Flomphe, fourrier au 26e léger ; Maubez, carabinier au même corps ; et Meslille, sergent de carabiniers au 29e léger, et quatre autres militaires venant des prisons de Russie, faisant partie d'un transport sous le n° 30, commandé par le capitaine Thuiller du 44e régiment, ont déclaré que dans les environs d'Harlem, ils avaient entendu dire que, sans doute, ils ne seraient point arrivés en France sans être arrêtés et qu'effectivement arrivés à Tirlemont au nombre de 120 militaires et 13 officiers, ils avaient été arrêtés et on voulait les faire conduire à Bréda par les ordres du prince d'Orange ; qu'ils se sont tous divisés alors dans l'intention de se sauver ; qu'il se sont réfugiés dans les bois, où ils ont reçu secours des habitants des campagnes, qui leur ont montré les routes de traverse et donné du pain; qu'enfin ils étaient parvenus à atteindre le territoire français, le 30 mars, à Conoeé, et ils ont signé leur déclaration.
A Lille, le 1er avril 1815.
Signé, Meslille, sergent des carabiniers ; Flomphe, fourrier au 26e léger ; Monard, carabinier au 22e léger ; Maubez, idem au 26e léger ; Lespagnol
" (EXTRAIT DU MONITEUR. Du vendredi 14 avril 1815, Pièces et actes officiels extraits du Moniteur, première partie 1815, p. 425).

/ Uniformes

Le 13 septembre 1798, Bonaparte fixe la couleur des poufs des différents corps d'infanterie : Pour la 22e Légère, vert et rouge (La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 3. p. 34).

Le 16 septembre 1798 (30 fructidor), Bonaparte prescrit à Berthier : "Les trompettes des troupes à cheval et les tambours des demi-brigades seront habillés avec des dolmans bleu de ciel. L'agent en chef de l'habillement en fera la fourniture sur les 400 dolmans qu'il a en magasin.
Il y aura, sur les nouveaux casques adoptés pour l'infanterie, deux grenades pour distinguer les grenadiers
" (La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 3. p. 34).

Le 21 septembre 1798 (5e jour complémentaire), Bonaparte prescrit que le magasin central d'habillement distribuera aux troupes, en sus des quantités allouées le 2 août, les matières nécessaires pour confectionner 10100 habits, 21300 capotes, 8900 pantalons pour l'infanterie, l'artillerie et le génie ; 2400 gilets et 2400 pantalons d'écurie pour les troupes à cheval. Ces quantités sont ainsi réparties : 22e Demi-brigade légère 400 habits, 1000 capotes, 400 pantalons ... (La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 3. p. 34-35).

Figure 1 : Tenue de la 22e Demi-brigade Légère en Egypte, 1800-1801, par H. Boisselier : Conformément aux ordres de Bonaparte avant son départ pour la France, et faute de drap bleu en quantité suffisante, après Héliopolis, les Demi-brigades sont habillées d’un habit à basques raccourcies de fond et de distinctives de différents coloris. La 22e Légère prend une tenue de fond bleu céleste clair, distingué de cramoisi au collet, parements en pointe et retroussis, avec passepoils blancs. Les boutons sont récupérés sur les anciennes tenues ou peuvent être recouverts de tissu de la couleur du fond. Les Chasseurs ont pris, en fin 1798, la casquette de cuir avec pouf sommital vert et rouge, tandis que les Carabiniers ont gardé leurs chapeaux noirs. Les anciens Chasseurs portent épaulettes vertes à tournantes écarlates, et les Carabiniers les épaulettes écarlates. De nouveaux contingents soudanais n'ont pas d'épaulettes. L’habit est porté avec un pantalon de toile blanche. Guêtres blanches et souliers noirs. Equipement classique de l'infanterie, buffleterie blanche. Les tambours ont l’habit entièrement cramoisi, idem collet et parements galonnés de blanc et les retroussis blancs. Ils sont armés d’un mousqueton.

Figure 2 : Chasseur du 22e Léger vers 1804-1806 : On notera le shako sans jugulaires, la cocarde portée encore sur le coté gauche avec une ganse jaune. Le plumet est vert et le cordon vert non tressé. La plaque de shako et les boutons sont encore en laiton. L'uniforme est à la coupe classqique de l'infanterie légère, bleu passepoilé de blanc, avec les revers en pointe et les basques courtes pour la troupe. Les parements sont au carré avec une patte écarlate. Le gilet de fantaisie est à double rang de petits boutons blancs. Pantalon de route blanc. Il pourrait porter culotte bleu avec demi-guêtres noires. Epaulettes vertes à tournantes rouges. Equipement classique de fantassin avec le sabre briquet, la giberne et le fusil. La buffleterie est blanche.

Figure 3 : Chasseur du 22e Léger à Naples, vers 1809-1812 :

/ Drapeaux

En Juillet 1802 la Demi-brigade reçoit trois drapeaux modèle Consulat.

En 1804, le Régiment reçoit trois Aigles et trois drapeaux modèle Picot.

Le 8 avril 1809, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Maréchal Berthier, Major général de l'Armée d'Allemagne : "... j'approuve que tous les corps renverront leurs aigles en France hormis une qu'ils garderont. En attendant qu'ils aient des enseignes, vous les autoriserez à faire faire pour chaque bataillon des enseignes très-simples, sans devise et le tiers de celles qu'ils avaient autrefois. Ces enseignes sont pour leur servir de ralliement ; elles n'auront aucune décoration de bronze, elles porteront seulement le numéro du régiment et du bataillon ..." (Correspondance de Napoléon, t.18, lettre 15030 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20750).

En 1812, le Régiment renvoie deux Aigles au Dépôt et perçoit un drapeau modèle 1812 portant inscrit "Wagram". L’étoffe reste au Dépôt.

Le 24 mars 1812, à Paris, à la question : "Les régiments d'infanterie légère doivent-ils faire revenir leur aigle qui, par une disposition spéciale de l'Empereur, se trouve à leur dépôt ?", ce dernier répond encore une fois : "Puisque les aigles de ces régiments sont aux dépôts, il faut que les régiments les y laissent" (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1911, t.3, lettre 5028).

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