Le 2ème Régiment d'Infanterie Légère

1798-1815

Avertissement et remerciements : Cet article, que nous compléterons au fur et à mesure de nos découvertes ultérieures, nous a été adressé par notre collègue du Bivouac, Didier Davin, que nous remercions tout particulièrement pour sa disponibilité et son érudition.

La 2e Demi-brigade légère de 2ème formation est formée en 1796 (16 floréal an IV) par l'amalgame des unités suivantes :
- 21e Demi-Brigade d'Infanterie Légère (1ère formation)
- Compagnie franche de Seine-et-Marne
- Eclaireurs de la 23e Demi-Brigade d'Infanterie Légère (de seconde formation).

Le 7 février 1797 (19 pluviôse an 5), Bonaparte écrit, depuis son Quartier général à Pesaro, au Général Bernadotte : "… Votre division servira à l'armée telle qu'elle se trouve. Elle sera composée de quatre demi-brigades de ligne, une demi-brigade d'infanterie légère, le 14e régiment de dragons, de six pièces d'artillerie à cheval et de six pièces de position que le général d'artillerie a eu ordre de tenir prêtes à Vérone.
J'ai vu avec plaisir le règlement que vous avez établi parmi vos troupes. L'article des femmes est bien essentiel. Comme vous amenez six demi-brigades, je vous prie de me faire connaître quelle est celle de la 15e ou de la 2e d'infanterie légère que vous désirez garder …
" (Correspondance de Napoléon, t.2, lettre 1469 ; Correspondance générale de Napoléon, t.1, lettre 1362).

Le 27 février 1797 (9 ventôse an 5), Bonaparte fait écrire, depuis Bologne, au Général divisionnaire Bernadotte : "Le général Bernadotte est prévenu que le général en chef le destine à commander une division active de l'armée ... Il est prévenu que, sur le reste des troupes qu'il a conduites à l'armée, la 2e demi-brigade d'infanterie légère a reçu ordre de se rendre à Bassano dans la division du général Masséna ..." (Correspondance de Napoléon, t.2, lettre 1530).

Le 29 mars 1797 (9 germinal an 5), Bonaparte fait écrire, depuis son Quartier général à Villach, au Général Masséna : "Le général en chef ayant jugé à propos, Général, de déterminer la manière dont serait formée et commandée l'avant-garde de chaque division, ordonne ce qui suit :
La division du général Masséna sera composée de trois brigades.
1re BRIGADE.
2e demi-brigade d'infanterie légère, 20e idem } commandée par le général de brigade Motte ...
" (Correspondance de Napoléon, t.2, lettre 1647).

Le 5 avril 1797 (16 germinal an 5), Bonaparte adresse, depuis son Quartier général à Scheifling, au Directoir Exécutif, le rapport suivant : "COMBAT DES GORGES DE NEUMARKT.
L'armée s'est mise en marche le 12. La division du général Masséna, formant l'avant-garde, a rencontré les ennemis dans les gorges qui se trouvent entre Friesach et Neumarkt. L'arrière-garde ennemie a été culbutée dans toutes les positions qu'elle a voulu disputer, et nos troupes s'acharnèrent à la poursuivre avec une telle vitesse, que le prince Charles fut obligé de faire revenir de son corps de bataille ses huit bataillons de grenadiers, les mêmes qui ont pris Kehl, et qui sont en ce moment l'espoir de l'armée autrichienne; mais la 2e d'infanterie légère, qui s'est distinguée depuis son arrivée à l'armée par son courage, ne ralentit pas son mouvement d'un seul instant, se jeta sur les flancs de droite et de gauche, dans le temps que le général Masséna, pour fouler la gorge, faisait mettre en colonne les grenadiers des 18e et 32e de bataille. Le combat s'engagea avec fureur : c'était l'élite de l'armée autrichienne qui venait lutter contre nos vieux soldats de l'armée d'Italie. L'ennemi avait une position superbe, qu'il avait hérissée de canons ; mais elle ne fit que retarder de peu de temps la défaite de l'arrière-garde ennemie. Les grenadiers ennemis furent mis dans une complète déroute, laissèrent le champ de bataille couvert de morts, et cinq à six cents prisonniers.
L'ennemi profita de toute la nuit pour filer. A la pointe du jour, nous entrâmes dans Neumarkt; le quartier général fut ce jour-là à Friesach.
Nous avons trouvé à Friesach quatre mille quintaux de farine, une grande quantité d'eau-de-vie et d'avoine. Ce n'était qu'une faible partie des magasins qui y existaient ; l'ennemi avait brûlé le reste. Nous en avons trouvé autant à Neumarkt.
COMBAT D'UNZMARKT.
Le 14, le quartier général se porta à Scheifling. L'avant-garde, sur le point d'arriver à Unzmarkt, rencontra l'arrière-garde ennemie qui voulait lui disputer sa couchée ; la 2e d'infanterie légère était encore d'avant-garde. Après une heure de combat, l'arrière-garde ennemie, qui, ce jour-là, était composée de quatre régiments venant du Rhin, fut encore mise en déroute, et nous laissa 600 prisonniers et au moins 300 morts sur le champ de bataille. Notre avant-garde mangea encore ce soir-là le pain et but l'eau-de-vie préparés pour l'armée autrichienne.
Notre perte, dans ces deux combats, a été fort peu de chose. Le chef de brigade Carrère, officier du plus grand courage et qui nous a rendu dans la campagne les plus grands services, a été tué d'un boulet. C'est le seul officier que nous ayons perdu ; il est vivement regretté ...
" (Panchoucke : « Oeuvres de Napoléon Bonaparte », 1821-1822, t. 1, p. 333 ; Oeuvres complètes de Napoléon, Stuttgart et Tubingue, 1822, t.1, p. 395 ; Kermoysan « Napoléon, Recueil par ordre chronologique de ses lettres, proclamations, bulletins », Paris, 1853, t.1, p. 93 ; Correspondance de Napoléon, t.2, lettre 1690 ; Correspondance générale de Napoléon, t.2, lettre 1490).

Le 14 juin 1797 (26 prairial an 5), Bonaparte écrit, depuis Mombello, au Général Berthier : "Vous ordonnerez que l'on forme les brigades de la manière suivante :
PREMIERE DIVISION. Masséna (en l’absence de Masséna, Brune assure le commandement intérimaire de la 1ère Division).
... INFANTERIE LÉGÈRE.
La 2e légère et la 11e, 1re brigade : Motte, 1re division ...
" (Correspondance de Napoléon, t.3, lettre 1919 ; Correspondance générale de Napoléon, t.1, lettre 1674).

Le 19 septembre 1797 (3e jour complémentaire an 5), Bonaparte écrit, depuis son Quartier général à Passariano, au Général Berthier : "Vous donnerez l'ordre au général de la 7e division militaire ... de faire partir le dépôt de la 2e demi-brigade d'infanterie légère qui est à Embrun ..." (Correspondance de Napoléon, t.3, lettre 2225 ; Correspondance générale de Napoléon, t.1, lettre 2042).AU GÉNÉRAL VIGNOLLE. Quartier général, Milan, 19 brumaire an 6 (9 novembre 1797) : "... Vous donnerez l'ordre au reste de la division du général Masséna de partir pour se rendre à Plaisance, lorsque le général Guieu sera arrivé à Padoue avec la 29e et la 23e d'infanterie légère. Le général Masséna laissera à Padoue le 24e régiment de chasseurs et la 11e d'infanterie légère, et il emmènera avec lui la 2e d'infanterie légère, la 32e, la 75e, son artillerie, son état-major et ses administrations ...
… Lorsque tous ces mouvements seront effectués, l'armée se trouvera donc placée de la manière suivante : Ire division, Masséna à Plaisance.
2e d'infanterie légère ...
" (Correspondance de Napoléon, t.3, lettre 2332 ; La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 1, p.46).

Le 9 novembre 1797 (19 brumaire an 6), Bonaparte écrit, depuis son Quartier général à Milan, au Général Vignolle : "Vous préviendrez les 18e, 25e, 82e et 75e de bataille qu'elles sont destinées à être les premières pour partir pour l'armée d'Angleterre ...
Vous donnerez le même ordre aux 2e, 4e, 22e, 21e, 5e et 18e d'infanterie légère, qui doivent faire partie de l'expédition de l'armée d'Angleterre
" (Correspondance de Napoléon, t.3, lettre 2334 ; Correspondance générale de Napoléon, t.1, lettre 2202).

L'"État des Demi-brigades de ligne et légères distraites de l'Armée d'Italie pour l'expédition d'Angleterre", daté du même jour (9 novembre 1797 - 19 brumaire an 6) indique que la 2e Légère est forte de 1500 hommes présents sous les armes (Correspondance de Napoléon, t.3, lettre 2335; La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 1. P. 47-48).

Le 11 novembre 1797 (21 brumaire an 6), Bonaparte écrit, depuis son Quartier général à Milan, au Général Vignolle : "Vous trouverez ci-joint, Général, l'état des hommes auxquels j'accorde des sabres ; vous voudrez bien faire écrire la légende qui est à côté, sur ces sabres, et les leur envoyer. Vous pourrez provisoirement écrire à chaque chef de brigade, et leur donner la liste des hommes qui ont été nommés. Je vous prie aussi de m'adresser une copie de cette liste, telle qu'elle est ci-jointe". Pour la 2e Légère, on trouve le Chasseur Pierre PERRIN "Pour avoir pris une pièce de canon, à l'affaire de Larvis" (Correspondance de Napoléon, t.3, lettre 2347 ; Correspondance générale de Napoléon, t.1, lettre 2220).

"ARRÊTÉ DU DIRECTOIRE EXÉCUTIP
Paris, le 23 nivôse an 6 (12 janvier 1798).
LE DIRECTOIRE EXECUTIF,
Considérant qu'il est instant de réunir sur les côtes toutes les forces qui doivent être employées à l'armée d'Angleterre,
ARRÊTE ce qui suit :
ARTICLE PREMIER
Les divers corps de troupe ci-après désignés seront mis en mouvement pour se rendre sans délai sur les côtes qui bordent la Manche, ou autres lieux de rassemblement désignés par le ministre de la guerre, savoir :
... INFANTERIE LEGERE.
Les 1re, 2e, 3e, 5e, 9e, 10e, 18e, 20e, 21e, 22e et 25e demi-brigades ...
" (La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 1. P. 95).

Le 16 janvier 1798 (27 nivôse an 6), le Ministre de la Guerre écrit, depuis Paris, au Directoire exécutif : "Citoyens Directeurs,
J’ai l’honneur de vous rendre compte que la division commandée par le général Masséna venant de l’armée d’Italie sera rendue dans les environs de Versoix, département de l’Ain du 30 de ce mois [19 janvier 1798] au 4 du mois prochain [23 janvier 1798], pour y demeurer jusqu’à nouvel ordre.
Cette division est composée des 2e et 18e demi-brigades d’infanterie légère, et des 25e, 32e et 75e d’infanterie de ligne, formant ensemble environ 10000 hommes présents sous les armes.
J’attendrai vos ordres, Citoyens Directeurs, pour la marche ultérieure de cette colonne vers les côtes de la Manche ...
" (L’invasion de 1798 : Documents d’archives françaises concernant la liquidation de l’Ancien Régime en Suisse par la France – Archives Nationales, Paris, AFIII 148b 698 129).

Un rapport du Ministre de la Guerre, adressé au Directoire exécutif, en date du 30 septembre 1798 (9 vendémiaire an 7), sur la situation des forces de la République et sur les mouvements et les divers changements qui ont eu lieu dans les armées depuis le 1er thermidor an 5 [19.7.97] jusqu'au premier vendémiaire an 7 [22.9.98], document manuscrit de 78 pages contenant le résumé des opérations de la période énoncée, indique :
"[P. 12, sous nivôse an 6 :]
Les colonnes venant de l'armée d'Italie avaient déjà dépassé les Alpes lorsque les habitants du Pays de Vaud et des divers cantons helvétiques réclamèrent leur assistance contre l'oppression qu'exercaient sur eux les oligarques de Berne.
L'une de ces colonnes, composée de la 2e demi-brigade d'infanterie légère, des 18e, 25e, 32e et 75e de ligne et les 3e et 15e régiments de dragons suspendit sa marche à son passage à Versoix.
Le général Ménard, qui commandait alors cette division, en attendant l'arrivée du général Brune, envoya un de ses aides de camp au commandant des troupes suisses rassemblées dans le Pays de Vaud, pour offrir sa médiation, mais il répondit à coup de fusil et en faisant massacrer l'escorte de l'officier chargé des dépêches du général Ménard.
Cet outrage ne pouvait rester impuni. Il était constant d'ailleurs que les oligarques agissaient depuis longtemps de concert avec le cabinet de St. James, soit en donnant asile aux émigrés et autres ennemis de la République, soit en protégeant sous main les contrebandiers, pour introduire de vive force et à main armée des marchandises anglaises sur le territoire de la République.
Mais enclin de justifier leur conduite et d'offrir au gouvernement les réparations qu'il avait droit d'exiger, les oligarques osèrent se mettre en état de guerre contre la République ...
" (L’invasion de 1798 : Documents d’archives françaises concernant la liquidation de l’Ancien Régime en Suisse par la France – ANP, AFIII 149/702/20ter).

Le 20 janvier 1798 (1er pluviôse an 6), le Ministre de la Guerre Schérer écrit, depuis Paris, au Général en Chef Bonaparte : "Vous avez pensé, Citoyen Général, dans la conférence que nous avons eue ensemble le 27 du mois dernier, qu'il suffirait de retirer seulement, quant à présent, onze demi-brigades de l'armée d'llalie pour être employées à l'armée d'Angleterre, indépendamment des régiments de troupes à cheval qui sont en ce moment en marche pour se rendre à cette destination, afin de conserver, par ce moyen, vingt-sept demi-brigades en Italie, non compris les deux demi-brigades stationnées à Corlou, ni celles qui se trouvent employées en Corse.
... Je vous prie de remarquer, Citoyen Général, qu'indépendamment de la 43e demi-brigade de ligne, que vous n'avez pas désignée, ainsi que de la 2e d'infanterie légère, qui arrive en ce moment à Versoix, les 4e, 5e, 18e, 21e et 22e demi-brigades d'infanterie légère sont également en marche et doivent arriver dans les environs de Lyon vers le 20 de ce mois.
Il ne reste, par ce moyen, à l'armée d'Italie que vingt demi-brigades au lieu de vingt-sept, savoir : quinze d'infanterie de ligne et cinq d'infanterie légère, à moins que vous ne vous soyez entendu avec le général Berthier pour suspendre la marche des demi-brigades en excédent.
Je vous prie de vouloir bien m'informer de ce que vous aurez fait à ce sujet. Comme la 43e demi-brigade de ligne, qui fait partie de la division Brune, doit arriver à Lyon du 7 au 10 de ce mois, peut-être jugerez-vous convenable, Citoyen Général, de conserver ce corps ainsi que la 2e d'infanterie légère, qui arrive en ce moment à Versoix et de faire rester en Italie les 4e, 5e, 18e, 21e et 22e brigades d'infanterie légère ; alors il resterait encore vingt-six demi-brigades à l'armée d'Italie.
Veuillez, je vous prie, Citoyen Général, me faire connaitre vos vues, afin que je puisse donner de suite les ordres nécessaires pour faire rétrograder ces corps, dans le cas où vous n'auriez pas chargé le général Berthier de les retenir en Italie
" (La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 1. P. 101).

/ LA CAMPAGNE D'EGYPTE, 1798-1801

/ 1798, l'installation en Egypte

2e Léger Egypte 1800
Fig. 1 Chasseur en Egypte, 1800, d'après L. Rousselot

Le 5 mars 1798 (15 ventôse an 6), Bonaparte adresse, depuis Paris, une note au Directoire exécutif : "Pour s'emparer de Malte et de l'Egypte, il faudrait de 20 à 26,000 mille hommes d'infanterie, et de 2 à 3,000 hommes de cavalerie sans chevaux.
L'on pourrait prendre et embarquer ces troupes de la manière suivante, en Italie et en France :
... A Nice et à Antibes, la 2e d'infanterie (Panchouke : légère ; rien pour les autres), 1,500 hommes ...
" (Correspondance inédite officielle et confidentielle de Napoléon, t.5, Egypte ; Panckoucke : « Oeuvres de Napoléon Bonaparte », 1821-1822, t. 2, p. 114 ; Oeuvres complètes de Napoléon, Stuttgart et Tubingue, 1822, t.2, p. 249 ; Correspondance de Napoléon, t.4, lettre 2426 ; Correspondance générale de Napoléon, t.2, lettre 2322 ; La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 1. P. 197-198).

Le 14 mars 1798 (24 ventôse an 6), Bonaparte adresse, depuis Paris, la note suivante au Directoire Exécutif : "Le général commandant à Berne (note : Brune) fera faire le prêt de la 2e demi-brigade d'infanterie légère, de la 18e de ligne, de la 25e de ligne, du 3e régiment de dragons, du 15e régiment de dragons, ainsi que des canonniers attachés à cette division, jusqu'au 13 germinal.
Il fera compléter leur armement, leur buffleterie, et, autant qu'il sera possible, leur habillement ... Le général commandant l'armée d'Helvétie incorporera dans la 2e d'infanterie légère les éclaireurs de la 23e d'infanterie légère ; après quoi, il donnera l'ordre au général Pijon de partir avec la 2e demi-brigade d’infanterie légère, les 18e et 25e de ligne, pour se rendre à Lyon, où ces corps s'embarqueront sur le Rhône jusqu'à Avignon, d'où ils se rendront par terre à Toulon ...
Le ministre de la guerre donnera l'ordre au général Lannes de partir sur-le-champ, en poste, de Paris, pour se rendre à Lyon avec l'adjudant général Lagrange, et prendre toutes les mesures, en se concertant avec le commandant de cette place, le commissaire ordonnateur et celui du Directoire exécutif, pour qu'il y ait dans cette ville la quantité de bateaux et tout ce qui est nécessaire pour embarquer les troupes ci-dessus, et surveiller ledit embarquement; après quoi, le général Lannes et le citoyen Lagrange se rendront à Toulon.
Le ministre de la guerre donnera également les ordres pour qu'il y ait à Lyon 12,000 paires de souliers, 6,000 paires de culottes, 6,000 chapeaux, 4,000 vestes, 10,000 paires de bas, 10,000 chemises, 3,000 sacs de peau, 3,000 habits, 400 paires de bottes, pour pouvoir être distribués auxdites troupes à leur passage.
Le général Lannes aura soin de veiller aux distributions, pour qu'elles se fassent conformément aux besoins de chaque corps.
Le général commandant l'armée d'Helvétie fera mettre à l'ordre des demi-brigades ci-dessus désignées qu'elles vont se rendre à Toulon, d'où elles partiront pour une opération extrêmement essentielle, et qu'elles trouveront à Toulon le général Bonaparte, sous les ordres duquel elles continueront d'être
" (Correspondance inédite officielle et confidentielle de Napoléon, t.5, Egypte et Panchoucke : « Oeuvres de Napoléon Bonaparte », 1821-1822, t. 2, p. 127 (avec comme date le 17 mars 1798 - 27 ventose an 6); Oeuvres complètes de Napoléon, Stuttgart et Tubingue, 1822, t.2, p. 261; Correspondance de Napoléon, t.4, lettre 2440; La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 1. p. 223-224, donne une lettre quasi-identique).

Conformément à ces instructions, le Ministre de la guerre donne avis du mouvement aux diverses autorités militaires intéressées et aux Commissaires de la Trésorerie nationale (15 et 16 mars). Les effectifs à faire marcher sont ainsi évalués par une note du Secrétaire général de la Guerre : Troupes partant des environs de Berne, le 28 ventôse, les 2e d'Inlanterie légère, 18e et 25e de ligne, soit 5.000 hommes. L'intention du Ministre est qu'elles subsistent en route au moyen des vivres de campagne, depuis leur point de départ jusqu'à leur arrivée à Toulon (La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 1. p. 224).

Le 16 mars 1798 (26 ventôse an 6), le Ministre de la Guerre Schérer écrit, depuis Paris, au Directoire Exécutif : "CITOYENS DIRECTEURS
J'ai l'honneur de vous rendre compte que, pour mettre à exécution les dispositions prescrites par l'instruction que vous avez adressée le 24 de ce mois au général en chef de l'armée française en Suisse, et dont vous m'avez fait passer une expédition ... J'ai chargé ... le général Lannes et l'adjudant général Lagrange, qui se trouvaient tous deux à Paris, de se rendre en poste à Lyon, où le général Lannes doit prendre toutes les mesures, en se concertant avec le commandant de cette place, le commissaire ordonnateur que j'avais déjà prévenu de cette disposition et le commissaire du Directoire exécutif, pour qu'il y ait dans cette ville la quantité de bateaux et tout ce qui est nécessaire ponr l'embarquement sur le Rhône des 2e demi-brigade d'infanterie légère, 18e, 25e, 32e et 75e de ligne, venant des environs de Berne, qui doivent arriver dans cette grande commune dans le courant de la 1re décade de germinal ...
J'ai donné d'ailleurs tous les ordres nécessaires pour que, conformément à vos intentions, les effets d'habillement et de petit équipement se trouvent préparés à Lyon, pour pouvoir être distribués à ces troupes à leur passage dans cette commune, et j'ai chargé le général Lannes du soin de veiller à celte distribution, pour qu'elle se fasse conformément aux besoins de chaque corps, en l'invitant à se mettre en route avec l'adjudant général Lagrange, immédiatement après l'embarquement des divers corps de troupe, pour se rendre de suite à Toulon.
... J'ai donné, au surplus, tous les ordres nécessaires pour assurer la susbistance de ces troupes pendant leur marche.
Tel est, Citoyens Directeurs, le résultat des ordres que j'ai donnés pour assurer l'exécution des dispositions prescrites par votre arrêté du 15 de ce mois et votre instruction du 24.
J'aurai le plus grand soin de vous rendre compte de l'arrivée de ces divers corps de troupe tant à Marseille qu'à Toulon, et des mesures ultérieures qui auront été prises pour leur embarquement, aussitôt que j'en aurai connaissance
" (La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 1. p. 230-231).

Dans le rapport du Ministre de la Guerre, adressé au Directoire exécutif, en date du 30 septembre 1798 (9 vendémiaire an 7), sur la situation des forces de la République et sur les mouvements et les divers changements qui ont eu lieu dans les armées depuis le 1er thermidor an 5 [19.7.97] jusqu'au premier vendémiaire an 7 [22.9.98], document manuscrit de 78 pages contenant le résumé des opérations de la période énoncée, on lit :
"D'après ces dispositions, la 2e demi-brigade d'infanterie légère, les 18e, 25e, 32e et 75e de ligne les 3e et 15e régiments de dragons et environ 300 hommes d'artillerie tant à pied qu'à cheval se mirent en marche du 27 au 30 ventôse [17-20.3.1798] pour se diriger sur Toulon ..." (L’invasion de 1798 : Documents d’archives françaises concernant la liquidation de l’Ancien Régime en Suisse par la France – ANP, AFIII 149/702/20ter).

Un rapport adressé, le 20 mars, au Directoire par le Ministre de la Guerre, détaille, ainsi qu'il suit, l’effectif (hommes présents sous les armes) des troupes destinées à l'expédition :
Embarquement de Toulon.
2e Demi-brigade d'Infanterie légère : 2.000 hommes ... (La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 1. P. 197).

C'est de Toulon donc qu'embarque la 2e Demi-brigade légère (3 Bataillons), qui a été choisie pour participer à l'Armée d'Orient.

Le 30 mars 1798, Bonaparte écrit à la Commission chargée de l'armement des côtes de la Méditerranée : "... La 2e demi brigade d'infanterie légère sera cantonnée dans Toulon. Le général Pijon en aura le commandement ..." (Correspondance inédite officielle et confidentielle de Napoléon, t.5, Egypte et Panchoucke : « Oeuvres de Napoléon Bonaparte », 1821-1822, t. 2, p. 134; Oeuvres complètes de Napoléon, Stuttgart et Tubingue, 1822, t.2, p. 268 (qui tous trois datent le doc du 6 germinal an 6 - 26 mars 1798) ; Correspondance de Napoléon, t.4, lettre 2460 ; Correspondance générale de Napoléon, t.2, lettre 2349 ; La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 1. p. 248).

Le même jour (30 mars 1798 - 10 germinal an 6), Bonaparte écrit, depuis Paris, au citoyen Sucy, Commissaire ordonnateur en chef de l’Armée d’Orient : "… L'armée sera composée de cinq divisions :
… 3°. Une division qui s'embarque à Toulon, composée de la 2e d'infanterie légère, de la 18e et de la 32e de ligne ; vous y attacherez deux commissaires des guerres, un chef de chaque administration, une ambulance ...
Vous ferez bien attention surtout que la manière dont je viens de classer les divisions, n'est point par les numéros qu'elles doivent garder ; j'ai suivi leur position géographique : ainsi vous désignerez les deux divisions qui sont à Toulon, l'une sous le nom de Solliès, l'autre sous celui de La Seyne, sans leur donner aucun numéro ...
" (Correspondance inédite officielle et confidentielle de Napoléon, t.5, Egypte ; Correspondance de Napoléon, t.4, lettre 2461 ; Correspondance générale de Napoléon, t.2, lettre 2352 ; 2349 ; La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 1. p. 249-250).

Toujours le 30 mars 1798 (10 germinal an 6), Bonaparte écrit, depuis Paris, au Général Dugua, commandant la 8e Division Militaire : "... La 2e d'infanterie légère, les 18e, 25e, 32e et 75e arriveront également sous peu de jours à Avignon par le Rhône. Elles ont ordre de se rendre à Toulon ... Vous enverrez l'ordre à la 2e d'infanterie légère, qui sera commandée par le général Pigeon, de tenir garnison à Toulon ..." (Correspondance inédite officielle et confidentielle de Napoléon, t.5, Egypte ; Panchoucke : « Oeuvres de Napoléon Bonaparte », 1821-1822, t. 2, p. 139; Oeuvres complètes de Napoléon, Stuttgart et Tubingue, 1822, t.2, p. 272; Correspondance de Napoléon, t.4, lettre 2463 ; Correspondance générale de Napoléon, t.2, lettre 2351 ; 2349 ; La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 1. p. 248).

Le 31 mars 1798 (11 germinal an 6), l'Adjudant général Lagrange annonce au Ministre que la 2e légère, formant tête de colonne des troupes venant de Suisse, est arrivée le 10 et repart le 12 (La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 1. p. 286).

Le 7 avril 1798 (18 germinal an 6), Bonaparte écrit, depuis Paris, au Général Lannes : "J’ai reçu, citoyen général, l'état de situation que vous m'avez envoyé ... de la 2e d'infanterie légère ... et des effets d’habillement que vous leur avez fait distribuer ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.2, lettre 2371).

Le même jour (7 avril 1798 - 18 germinal an 6), le Ministre de la Guerre rend compte au Directoire des mouvements de troupes exécutés vers les côtes de Provence. La 2e légère, venant de Suisse, a été embarquée, le 12 germinal, pour Avignon (La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 1. p. 285-286-287).

Le 9 avril 1798 (20 germinal an 6), Bonaparte écrit, depuis Paris, au Général Brune : "... Je vous prie ... de faire partir pour Gênes tous les hommes qui resteraient des demi-brigades suivantes : 2e d'infanterie légère ...
Ces hommes s'embarqueront à la suite des divisions qui s’embarquent à Gênes et à Cività-Vecchia, et quand même ces divisions seraient parties, leurs dépôts resteront à Gênes et à Cività-Vecchia, de manière que lorsqu'il y aura 100 hommes réunis, on pourra les faire partir pour rejoindre au lieu où se rend ledit embarquement ...
" (Correspondance inédite officielle et confidentielle de Napoléon, t.5, Egypte ; Panchoucke : « Oeuvres de Napoléon Bonaparte », 1821-1822, t. 2, p. 158 ; Oeuvres complètes de Napoléon, Stuttgart et Tubingue, 1822, t.2, p. 290 ; Correspondance de Napoléon, t.4, lettre 2485 ; Correspondance générale de Napoléon, t.2, lettre 2375 ; La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 1. p. 313).

Suite à une demande de Bonaparte en date du 5 avril 1798, l’Ordonnateur Le Roy lui transmets le 11 avril 1798 les états qu'il avait réclamés; on peut y lire, concernant la 2e Demi-brigade légère, qu'elle compte 1426 hommes présents sous les armes (emplacement Toulon), et qu'elle est "au courant de sa solde" (La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 1. p. 284-285).

Le "TABLEAU DES CORPS DE TROUPES RASSEMBLÉS A TOULON, MARSEILLE, GÊNES ET CIVITÀ-VECCHIA", certifié conforme par le Ministre de la Guerre Schérer, et daté du 14 avril 1798 (25 germinal an 6), indique que la 2e Demi-brigade légère, forte de 1565 hommes, est arrives le 20 germinal; elle est sous les ordres du Général Pijon (sic), lui même placé sous les ordres du Général Kléber (Correspondance de Napoléon, t.4, lettre 2508; La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 1. p. 355).

Le 18 avril 1798 (29 germinal an 6), Bonaparte écrit, depuis Paris, au citoyen Redon de Belleville, Consul de la République à Gênes : "… Il sera formé à Gênes un dépôt des 2e … d'infanterie légère ...
Toutes les fois qu'il y aura 150 hommes de ces différents corps à Gênes, vous les ferez partir pour une destination qui vous sera désignée
" (Correspondance inédite officielle et confidentielle de Napoléon, t.5, Egypte et Panchoucke : « Oeuvres de Napoléon Bonaparte », 1821-1822, t. 2, p. 182, avec comme date le 19 avril; Oeuvres complètes de Napoléon, Stuttgart et Tubingue, 1822, t.2, p. 314 (lettre datée également du 19 avril) ;Correspondance de Napoléon, t.4, lettre 2526 ; Correspondance générale de Napoléon, t.2, lettre 2402 ; La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 1. p. 422).

Le 20 avril 1798 (1er floréal an 6), Bonaparte écrit, depuis Paris, au Général Berthier, Chef de l'État-major de l'Armée d’Orient : "Vous voudrez bien, citoyen général, envoyer en poste un officier de l'état-major à Marseille et à Toulon, pour prévenir les 2e demi-brigade d'infanterie légère ; 9e, 18e, 25e, 32e,75e, 85e de ligne ; 3e, 15e, 18e régiments de dragons ; 22e de chasseurs et l'artillerie, qui sont à Toulon et à Marseille, de se tenir prêts à s'embarquer le 8 floréal ... Vous donnerez l'ordre au général de division Kléber de prendre le commandement de la division de l'armée, composée des 2e d'infanterie légère, 25e et 75e de ligne.
Il aura sous ses ordres les généraux de brigade Gardanne et Pijon ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.2, lettre 2417 ; La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 1. p. 364).

Le même jour (20 avril 1798 - 1er floréal an 6), Bonaparte fait écrire, depuis Paris, au Général Kléber : "En conséquence des dispositions du général en chef, il est ordonné au général de division Kleber de prendre le commandement de la division de l'armée composée de la 2e demi-brigade d'infanterie légère et des 25e et 75e demi-brigades de ligne.
Le général divisionnaire Kleber aura sous ses ordres les généraux de brigade Gardanne et Pijon.
L'ordonnateur en chef attachera deux commissaires des guerres à cette division.
Par ordre du général en chef
" (Correspondance de Napoléon, t.4, lettre 2531).

Encore le 20 avril 1798 (1er floréal an 6), Bonaparte écrit, depuis Paris, au Général Caffarelli du Falga : "Le général Caffarelli Dufalga, commandant le génie de l'expédition de la Méditerranée, nommera deux officiers ou adjoints du génie par chacune des divisions suivantes :
... 2° De la division Kleber, qui est à la droite de Toulon, à la Seyne et villages voisins, et qui est composée de la 2e d'infanterie légère et des 25e et 75e de ligne …
" (Correspondance inédite officielle et confidentielle de Napoléon, t.5, Egypte ; Panchoucke : « Oeuvres de Napoléon Bonaparte », 1821-1822, t. 2, p. 188; Oeuvres complètes de Napoléon, Stuttgart et Tubingue, 1822, t.2, p. 318 ; Correspondance de Napoléon, t.4, lettre 2534 ; La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 1. p. 366).

L'Ordre du jour de l'Armée, établi à Toulon, le 5 mai 1798 (16 floréal an 6), et signé Caffarelli déclare : "D'après les ordres du général en chef Bonaparte, le général Kleber prend le commandement par intérim des troupes de terre, composant les divisions des généraux Reynier, Menard et celle qu'il commande particulièrement, formée des 2e demi-brigade d'infanterie légère, de la 25e et 75e demi-brigade d'infanterie de bataille.
... Le général de brigade Chanez commandera la brigade composée de la 2e d'infanterie légère et de la 25e d'infanterie de bataille ...
Les chefs de corps enverront demain à l'état-major général, à Toulon, l'état exact de situation, où le nombre strict des officiers et soldats présents sous les armes sera désigné, en attendant la revue du commissaire des guerres, qui sera incessamment passée pour vérifier ces situations ...
" (La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 1. p. 411).

Le 6 mai (17 floréal), Kléber donne des ordres pour faire commencer dès le lendemain matin l'embarquement de certaines troupes, afin que l'escadre puisse mettre à la voile dans les conditions prescrites par Bonaparte; ordre est donné à la 2e d'infanterie légère et à la 25e de ligne d'être rendues à 5 heures du matin sur la place d'Armes, pour de là être conduites à l'endroit de leur embarquement. Les Adjudants généraux Boyer (pour la 2e légère) et Escale (pour la 25e de ligne) sont chargés de diriger l’opération et de régler toutes les mesures de détail. La 2e Légère est en garnison à Toulon même (La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 1. p. 413).

10 mai 1798 (21 floréal an 6), Bonaparte, depuis son Quartier général à Toulon, fait diffuser l'Ordre suivant : "1° Il est ordonné aux officiers et aux soldats des 2e et 4e d'infanterie légère, 9e, 18e, 25e, 32e, 75e, 85e de ligne, 3e, 15e et 18e de dragons, et 22e de chasseurs, qui sont en permission, congé, convalescence, ou absents de leurs corps pour quelque raison que ce soit, de se rendre le plus tôt possible à Toulon, où ils trouveront des bâtiments et des ordres pour rejoindre leurs corps.
2° Je prie les commissaires du Directoire exécutif près les administrations centrales des départements et administrations municipales de faire publier et signifier le présent ordre à ceux qu'il concerne, afin que, s'ils ne participent pas aux dangers et à la gloire qu'acquerront leurs camarades, l'ignominie qui leur en reviendra soit sans excuse.
3° Ceux desdits officiers et soldats qui, après la notification du présent ordre, ne rejoindraient pas, n'ont pas contribué à nos victoires, ne peuvent pas être considérés comme faisant partie de ces braves auxquels l'Italie doit sa liberté, la France la paix, et la République sa gloire
" (Oeuvres complètes de Napoléon, Stuttgart et Tubingue, 1822, t.2, p. 333 ; Correspondance de Napoléon, t.4, lettre 2574 ; La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 1. p. 469).

Le 13 mai 1798 (24 floréal an 6), le Chef de l'Etat-major général de l'armée, le Général Max. CAFFARELLI, adresse à l'Armée, depuis Toulon, l'Ordre suivant : "… Le général Gardanne ayant reçu l'ordre de s'embarquer à Gênes pour rejoindre l'armée navale, dès que cet officier général sera de retour, il prendra le commandement de la brigade composée de la 2e d'infanterie légère et de la 75e de bataille, qui fait partie de la division Kleber …" (La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 1. p. 484).

État de situation des troupes composant la Division et détails de leur embarquement :

Corps
Bâtiments
Nombre de compagnies embarquées sur chaque bâtiment
Officiers Sous-Officiers Soldats Blanchisseuses Total Demi-Brigade Observations
2e demi-brigade d’infanterie légère La Junon
La Diane
La Justice
Le Tonnant
Le Conquérant
3
3
3
9
9
7
7
9
25
26
18
17
13
48
50
149
128
135
389
366
2


5
4
1398
Il faut ajouter l’état-major du corps, savoir 40 hommes (dont 17 sur le Tonnant avec le chef de brigade, 23 sur le Conquérant et le Junon)

Il faut déduire ici 7 malades de la 2e qui doivent être mis à terre (La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 1. p. 526 - Cet état, non daté ni signé, a été établi entre l'embarquement et le départ de Toulon).

L'État par aperçu des fonds nécessaires pour un mois de solde à l'armée de terre, établi par le payeur Estève, à bord du vaisseau l'Orient, le 6 juin 1798 (18 prairial an VI) indique que la 2e Demi-brigade est forte de 1368 Hommes, Officiers non compris (La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 1. p. 508).

Après la prise de Malte, l'escadre transportant l''Armée d'Egypte poursuit sa route. Le 23 juin 1798 (5 messidor an 6), Bonaparte, depuis son Quartier général, à bord de l'Orient, adresse à l'Armée un Oordre général : "Le général en chef a déterminé le commandement des brigades, dans les divisions, ainsi qu'il suit :
DIVISION KLEBER.
Le général Damas commande la 2e légère.
Le général Verdier commande la 25e et la 75e de ligne.
L'adjudant général Escale est chargé du détail de la division ...
" (Correspondance de Napoléon, t.4, lettre 2706 ; La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 2. p. 15).

Par ailleurs, les troupes laissées à Malte ayant été, en grande partie, prélevées sur les garnisons des bâtiments de l'escadre, Bonaparte décide de reconstituer cet élément de défense et prescrit à cet effet les dispositions suivantes (Ordre de Berthier en date du 23 juin 1798 – 5 messidor an 6) : "... FREGATES. - Diane et Junon, chacune 40 hommes de la 2e d'infanterie légère ..." (La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 2. p. 13).

Le 27 juin 1798 (9 messidor an 6), Bonaparte, à bord de l'Orient, ordonne : "… le général de brigade Damas continuera d'être chargé du détail de la division du général Kleber. Le général Verdier commandera la 2e demi-brigade légère. Le général Lannes commandera la 25e et la 75e de bataille" (Correspondance de Napoléon, t.4, lettre 2708 ; La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 2. p. 15).

Le 28 juin 1798 (10 messidor an 6), le Général Damas, à bord du Franklin, écrit au Général Berthier : "Les mesures sont prises pour faire exécuter sans confusion, au moment du débarquement, l'ordre que vous avez donné pour la répartition des détachements des 2e demi-brigade légère, 25e et 75e de bataille sur les différents bâtiments de l'armée, où ils doivent rester en garnison. La marche rapide de l'armée, la distance où se trouvent les divers bâtiments … et conséquemment l'extrême difficulté de communiquer, empêchent que le changement se fasse à bord …
Il se trouvera parmi ces détachements peu d'hommes infirmes ou blessés ; ceux que de semblables causes empêchaient de supporter les fatigues d'une campagne active ont été laissés au dépôt ...
Je vous préviens encore que le vaisseau le Tonnant, portant neuf compagnies de la 2e demi-brigade légère, et la frégate la Diane, qui en a aussi trois du même corps à son bord, ne sont également pas de l'escadre où se trouve le général Kleber.
Si ces bâtiments sont destinés à faire des débarquements éloignés l'un de l'autre, je vous prie de me dire comment ces douze compagnies rejoindront leur demi-brigade
" (La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 2. p. 20).

De son côté, le Chef de Brigade Desnoyer (de la 2e légère), à bord du Tonnant, écrit le même jour (10 messidor - 28 juin) au Général Damas : "Heureusement, j'ai fort peu de militaires hors d'état de soutenir les fatigues de la marche, mais je choisirai de manière que vos vues soient remplies" (A .La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 2. p. 20).

L'expédition débarque à Alexandrie. Au moment du débarquement, les 3 Bataillons de la 2e Légère (1700 hommes) sont dans la Division Kleber, avec la 25e et la 75e de Ligne. La ville est prise. Kleber, blessé, est remplacé par Dugua.

Le 4 juillet 1798 (16 messidor an 6), le Général Menou adresse, depuis Alexandrie, au Général en Chef Bonaparte,un compte-rendu de la prise de cette ville ; on y lit : "... Toutes les troupes, en général, ... méritent les plus grands éloges … On ne peut [déployer] plus d'intrépidité, d'activité, d’intelligence au milieu des plus grands dangers, car les ennemis se sont défendus avec beaucoup de courage et d'opiniâtreté …
La division Menou était chargée de l'attaque de la gauche, où se trouve la partie la plus importante de ce qu'on nomme le Vieux Château d'Alexandrie.
Le général Vial commandait la droite de cette attaque, avec un bataillon et demi de la 13e demi-brigade de bataille.
Le général Menou, avec l'adjudant général Rambeaud, étaient au centre avec un bataillon et demi de la 13e et la 69e demi-brigade.
Le général Veaux, avec la 2e légère, commandait la gauche.
A l'ordre du pas de charge, les troupes se sont élancées avec une extrême intrépidité, sur leur point d'attaque.
La droite, avec le général Vial, sous le feu le plus vif et au milieu d'une grêle de pierres, s'est précipitée dans la partie des fortitications qui sont sur la droite de la grosse tour et est montée à l'assaut par une brèche extrêmement escarpée.
Le centre s'est jeté dans les fossés à la gauche de la grosse tour ; et, sous le feu le plus violent partant de la tour crénelée ct des courtines, percées de grandes et petites embrasures (d'où en même temps on jetait des pierres énormes), il est parvenu à une brèche presque impraticable par laquelle il est monté à l'assaut.
La gauche, commandée par le général Veaux, a filé le long de la mer et est venue attaquer la partie des fortifications qui, par un retour, vont jusqu'au rivage. Même feu, même grèle de pierres, même intrépidité et même succès de la part des troupes …
" (La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 2. p. 51).

De son côté, le Général de Division Alexandre Berthier, Chef de l'État-major général de l'Armée, écrit, le 6 juillet 1798 (18 messidor an 6), depuis Alexandrie au Ministre de la Guerre : "Je vous envoie la relation de la prise de la ville d'Alexandrie en Égypte, par l'armée française, le 14 messidor an VI.
… Nous nous embarquâmes sur des canots ; et, à une heure du matin, le vainqueur de l'Italie était en Afrique, à la plage du Marabout, dans le désert, à quatre lieues d'Alexandrie. L'armée n'avait aperçu aucun individu du pays.
Le général en chef passa sa revue ; la division Kleber, composée de la 2e demi-brigade d'infanterie légère, des 25e et 75e de bataille, avait environ mille hommes ...
" (La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 2. p. 42-49).

Le 5 juillet 1798 (17 messidor an 6), Bonaparte, depuis le Quartier général à Alexandrie, fait écrire au Général Dugua : "Le général en chef donne au général de division Dugua le commandement provisoire de la division du général Kleber, composée des 2e demi-brigade d'infanterie légère, 25e et 75e demi-brigades de bataille, commandées par les généraux de brigade Verdier et Lannes. Il aura, pour remplir les fonctions d'adjudant général, le général Damas, qui remplit ces fonctions depuis que le général Kleber commande.
Le général Dugua est prévenu que la division qu'il commande part ce soir, à cinq heures, pour Rosette, passant par Aboukir. Le général Dugua aura soin de se pourvoir de guides du pays et d'interprètes. Il viendra prendre les ordres du général en chef de bonne heure.
Il s'assurera si son artillerie est prête. Il aura soin de prendre des vivres pour deux jours ...
" (Correspondance de Napoléon, t.4, lettre 2756 ; La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 2. p. 121).

Dans son Journal, Laugier écrit : "Me voilà chef de brigade employé à la suite de l'état-major d'une division. En cette qualité, je reçois, le 18, à 2 heures du matin, l'ordre d'aller former la division commandée par le général Dugua, suivant l'ordre de marche ordonné, savoir : les dragons montés du 14e régiment, les dragons non montés des 14e et 15e, formant avant-garde commandée par le général Murat ; une pièce de 3 ; la 2e demi-brigade légère, commandée par le général Verdier, par division ; un obusier de 6 pouces ; les deux premiers bataillons de la 25e et de la 75e, marchant par section et parallèlement à assez grande distance pour mettre entre les bagages ; une pièce de 3 ; le 3e bataillon de la 25e, le 3e bataillon de la 75e par division ; les dragons montés du 15e formant arrière-garde. La 25e et la 75e commandées par le général Lannes. Cet ordre s'établit à mesure que chaque corps se mettait en marche, et, à 7 heures, nous étions hors d'Alexandrie. Cet ordre de marche ne put être observé longtemps ; à une demi-lieue d'Alexandrie, nous entrâmes dans le désert, et, à 10 heures du matin, la chaleur devint si accablante, la soif si ardente au milieu des sables, et sans eau, que les hommes tombaient à tous les pas, se relevaient et rejoignaient quand ils pouvaient. On nous a assuré qu'il en était mort trois de soif ...
Mes chevaux, dès ce premier jour de marche, étaient rendus, car, indépendamment du chemin, j'avais, quelquefois pour bien peu de chose, été envoyé de la tête à la queue de la colonne, et, en dernier lieu, rallier les différents corps qui avaient pris des chemins différents dans le désert, et leur indiquer le point où ils devaient camper. Nous passâmes la nuit au bivouac, ayant mangé du biscuit et bu de la mauvaise eau pour toute nourriture. Une chose surprenante, c'est que les soldats, fouillant dans le sable à trois pieds du bord de la mer, trouvent à un pied de profondeur de l'eau bonne à boire, et qui fut d'une ressource immense.
Nous devions passer un bras de mer d'environ 4 à 500 toises de large ; nous ne voyions pour cela qu'une barque qui était en pleine rade et qu'il était diflicile de faire approcher ; le général en chef avait écrit que l'escadre fournirait des embarcations, il n'y en avait pas une. Les habitants promirent un nombre suffisant de barques pour le lendemain.
En effet, le 19, dès la pointe du jour, la 2e brigade d'infanterie légère commença à passer à l'extrémité d'un reste de chaussée, à l'aide de quatre ou cinq bateaux, qui ensemble ne passaient pas soixante hommes à la fois. Nous fûmes toute la journée à l'ardeur du soleil, sans manger et n'ayant de l'eau qu'avec beaucoup de peine, à présider à ce passage. A 4 heures après midi, vinrent enfin à notre secours une chaloupe de la frégate la Carrère et un canot d'une galère, mais à la nuit ces embarcations nous abandonnèrent et les Turcs seuls restèrent. Les chevaux, les chameaux, passèrent à la nage une si grande largeur de mer sans aucun accident ; enfin la division, l'artillerie, les bagages, tout était passé à minuit. On avait fait filer les troupes à mesure, à deux lieues en avant de l'autre côté ; nous y passâmes au bivouac une partie de la nuit avec une portion des troupes. Nous avions vu des paysans turcs portant la cocarde nationale ; un d'eux portait des dépêches au général en chef ; il nous dit que vraisemblablement Rosette était occupé par les Français, car il avait vu trois cavaliers qui y allaient.
... Le 20, à 2 heures du matin, la division se mit en marche pour Rosette ; le désert que nous traversâmes, et où l'on ne trouve pas un arbre, va jusqu'à la porte de Rosette. La dernière lieue fut accablante, il y périt réellement des hommes de fatigue et de soif.
Les généraux Damas et Murat avaient été envoyés d'avance avec tous les dragons montés pour prendre possession de Rosette ; à notre approche, point d'ordonnance pour rendre un compte quelconque au général de division. Nous y fimes notre entrée à midi. La ville nous parut jolie. Tous les habitants étaient sur leurs portes, toutes les boutiques ouvertes. On n'imagine pas une confiance, un abandon plus absolu. Ce spectacle nous procura le premier bon moment que nous passions en Egypte. La rue du Nil, dont les rives dans cette partie présentent des sites charnants, nous réjouit aussi, ainsi que le grand nombre des bâtiments du pays, dont il était couvert. Ces bateaux se nomment djermes ...
" (La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 2. p. 123-126).

La Division s'étant emparée de Rosette, Menou doit en prendre le commandement.

Conformément à ses ordres, Dugua ne reste à Rosette que le temps nécessaire pour assurer l'occupation de la ville et donner à ses troupes un repos indispensable après les fatigues des jours précédents. Il les remet en marche sur El-Rahmânieh, en remontant la rive gauche du Nil, dans les conditions que relate ainsi le Journal de Laugier : "... 21 messidor (9 juillet) … Les généraux Murat et Verdier étaient partis à la pointe du jour pour El-Rahmânieh, avec presque tous les dragons montés et la 2e légère. Nous comptions rester quelques jours à Rosette ; mais une lettre du général en chef, en annonçant au général Dugua que le général Menou va venir commander à Rosette, lui fait entendre qu'il le croit déjà à El-Rahmânieh. En conséquence, sans attendre le général Menou, le général Dugua laisse pour commandant de la place le citoyen Saint-Faust, chef de bataillon à la suite de la 25e ; et le 22, à 2 heures du matin, la division se met en marche. On laisse pour garnison les dragons à pied des deux régiments …" (La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 2. p. 130)

L'armée marche sur le Caire en se réunissant sur Damanhour, puis Rahmanieh (où rejoint Dugua), harcelée par les bédouins.

le 12 juillet 1798 (24 messidor an 6), le Général Berthier écrit, depuis El-Rahmânieh, au Général Andréossy : "… Vous ferez débarquer tout ce qui tient ... à la 2e demi-brigade légère qui va à 200 hommes ..." (La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 2. p. 147-148).

Le 20 juillet 1798 (2 thermidor an 6), la faiblesse des garnisons des vaisseaux est signalée dans une lettre du Chef d'état-major Ganteaume à Kléber ; en effet, Kléber ayant donné l'ordre de faire débarquer les éléments de la 2e légère qui restaient à bord, Ganteaume répond qu'ils se réduisent à 130 hommes répartis sur les frégates la Diane, la Justice et la Junon, et qu'il serait impossible de trouver sur les autres bâtiments de quoi reconstituer la garnison de ces frégates (La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 2. p. 248).

Après le combat de Chebreiss a lieu la célèbre bataille des Pyramides le 21 juillet, où les forces des mamelucks sont dispersées. Le Chef de Brigade Desnoyers commande la Demi-brigade.

Le 24 juillet 1798, les Français entrent dans le Caire mais les chefs mamelucks (Ibrahim Bey et Mourad Bey) se sont échappés.

26 juillet 1798 (8 thermidor an 6), Bonaparte écrit, depuis son Quartier général, au Caire, au Général Berthier : "... Vous donnerez l'ordre au général de brigade Destaing de prendre le commandement de la 2e d'infanterie légère ..." (Correspondance de Napoléon, t.4, lettre 2849 ; Correspondance générale de Napoléon, t.2, lettre 2636).

Le 27 juillet 1798 (9 thermidor an 6), le Général Berthier, depuis Le Caire, adresse un Ordre du jour de l'Armée, dans lequel il écrit : "... Le général de brigade Destaing commande la 2e demi-brigade d'infanterie légère ..." (La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 2. p. 29).

Le 29 juillet 1798 (11 thermidor an 6), Bonaparte écrit, depuis le Quartier général, au Caire, au Général Dugua : "Vous me ferez connaître, citoyen général, l'avancement dont serait susceptible le citoyen Maillard, carabinier de la 2e division d'infanterie légère, qui s'est parfaitement conduit vis-à-vis des Arabes" (Correspondance générale de Napoléon, t.2, lettre 2675).

Le même jour (29 juillet 1798) conformément à un ordre donné la veille par Bonaparte, le Général Verdier rejoint la Division Dugua, à Boulak, avec la 2e Légère, un détachement de cavalerie et une pièce de 3 (La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 2. p. 344).

Le 1er Août, la flotte est détruite par les Anglais de Nelson en rade d'Aboukir. L'expédition est prisonnière de sa conquête. Il lui faut fortifier ses positions et détruire les dernières forces ennemies. La Division Dugua participe à la poursuite d'Ibrahim bey jusqu'à Salahieh. Mourad Bey va être traquée en Haute Egypte.

Il faut aussi entretenir l'armée. Dès le 2 août, Bonaparte écrit à sa Commission d'habillement l'ordre de distribuer de quoi façonner 600 habits et 1200 pantalons à la 2eme Légère (et à d'autres Demi-brigades). "Les habits seront confectionnés par les corps" (Correspondance générale de Napoléon, t.2, lettre 2723 ; La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 2. p. 335).

Le 3 août 1798 (16 thermidor an 6), Bonaparte, depuis son Quartier général au Caire, écrit au Général Berthier, chef de l'Etat-major général de l'Armée d'Orient : "Vous donnerez l'ordre que le poste de la citadelle soit occupé par le 3e bataillon de la 2e demi-brigade d'infanterie légère ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.2, lettre 2736 ; La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 2. p. 331).

Le 5 août 1798 (18 thermidor an 6), Bonaparte, depuis son Quartier général au Caire, écrit au Général Berthier, chef de l'Etat-major général de l'Armée d'Orient : "Vous donnerez l'ordre au général Dugua d'envoyer ce soir le 2e bataillon d'infanterie légère (note : le numéro de la Demi-brigade est omis ; il s'agit de la 2e Demi-brigade) et une pièce de canon à El-Qobbet pour y remplacer la division de Reynier qui va en avant" (Correspondance générale de Napoléon, t.2, lettre 2772 ; La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 2. p. 353).

Le 6 août 1798 (19 thermidor an 6), Bonaparte, depuis son Quartier général au Caire, écrit au Général Berthier, chef de l'Etat-major général de l'Armée d'Orient : "Vous donnerez l'ordre aux carabiniers du 3e bataillon de la 2e demi-brigade d'infanterie légère et aux grenadiers du 3e bataillon de la 25e de ligne de se réunir demain à la pointe du jour et de se rendre à El-Matarieh où ils rejoindront leurs demi-brigades" (Correspondance générale de Napoléon, t.2, lettre 2787 ; La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 2. p. 361).

Journal de Damas : "… 30 thermidor (17 août). La 2e demi-brigade d'infanterie légère, qui avait passé la nuit, aussitôt l'arrivée de la barque, et 10 dragons montés, partirent avec le général Destaing et moi de Hanout sur la rive gauche du 2e canal pour nous rendre à Mansourah. Nous nous mîmes en chemin à 6 heures du matin. Vers midi, nous arrivâmes sur le bord d'un troisième canal que nous n'avions pas cru trouver, et qui était tout aussi large que les deux premiers, mais heureusement pas aussi profond ; nous le passâmes au gué, les hommes de taille ordinaire avaient de l'eau jusqu'à la ceinture. Je prévins aussitôt par un exprès le général Dugua de ce qui nous arrivait et l'engageai à hâter sa marche, crainte d'augmentation d'eau, et qu'il ne pût pas passer à gué. Nous arrivâmes ce même jour, après douze heures de marche, à Mansourah, à 6 heures du soir ; la troupe campa au-dessous de cette ville sur le bord droit. Le reste de la division, composé du 2e bataillon de la 75e et de la 25e demi-brigade, de deux pièces de 3, d'un obusier et 25 dragons à cheval, partit ce même jour du second canal à midi et vint coucher sur l'autre rive du troisième, qu'elle passa au gué avant la nuit. Les canonniers donnèrent des nouvelles preuves de zèle en se tenant pendant trois heures dans l'eau pour passer leurs pièces et leurs munitions …" (La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 2. p. 387-388).

Situation de la 2e Demi-brigade légère le 18 août 1798, d'après le "Tableau général des forces de l'armée d'Orient au 1er fructidor de l'an VI de la République française une et indivisible" :
- 1ère Division, Général commandant la Division Dugua :
- 2e Demi-brigade légère (3 Bataillons) à Mansourah : total de l'effectif, Officiers compris : 1705.
79 Officiers présents, 18 Officiers absents; 1608 hommes dont 1194 présents sous les armes (1 prisonniers, 248 aux hôpitaux, 4 au Dépôt, 240 hommes embarqués : total donné 511). 11 chevaux d'Officiers (La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 2. p. 613 et suivantes).

Journal de Damas : "… 1er fructidor (18 août). - Le reste de la division, avec le général Dugua, arriva à Mansourah ce jour, à 10 heures du matin. Les troupes prirent position près de la 2e demi-brigade" (La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 2. p. 388).

Le 19 août 1798 (2 fructidor an 6), le Général Dugua écrit, depuis Mansourah, au Général Bonaparte : "... manquant de subsistances, j'ai ordonné le 30 au général Damas, au général Destaing, au citoyen Laugier, de partir avec la 2e demi-brigade d'infanterie légère pour se rendre à Mansoura, et prendre tous les moyens de pourvoir aux besoins de la troupe, qui étaient sans nombre. A peine était-elle en marche, que le général Damas m'annonça de nouveaux canaux à passer, qui se remplissaient avec une promptitude effrayante, et que, si je perdais un instant, il me serait peut-être impossible d'arriver à Mansoura. La division était entièrement passée lorsque je reçus cet avis. Je partis sur-le-champ ; j'évitai, en prenant sur la gauche, le premier canal, qu'avait passé la deuxième demi-brigade ; j'arrivai au second, trois quarts d'heure avant le soleil levé. Il avait, ainsi que ceux de Saffra et d'Arnout, de dix-huit à vingt toises de largeur, et je le passai sur-le-champ à la tête des grenadiers, ayant de l'eau jusqu'à la poitrine ; à neuf heures du soir, tous les équipages étaient sur l'autre rive ..." (Correspondance inédite officielle et confidentielle de Napoléon, t.5, Egypte).

"EXTRAIT DE L'ORDRE DU JOUR.
Quartier général, au Caire, 5 fructidor an 6 (22 août 1798).
EMPLACEMENT DE L'ARMÉE.
... DIVISION DUGUA, A MANSOURAH.
2e légère, le 3e bataillon détaché au Caire ...
" (Correspondance de Napoléon, t.4, lettre 3086).

Le 31 août 1798 (14 fructidor an 6), Bonaparte, depuis son Quartier général, au Caire, fait diffuser l'ordre suivant : "Le nommé Maillard, carabinier au 2e bataillon de la 2e légère, est nommé au grade de sergent, pour la conduite qu'il a tenue le 9 thermidor an 6 (27 juillet 1798), où il a couru seul au secours de plusieurs de ses camarades sans armes et attaqués par les Bédouins" (Correspondance de Napoléon, t.4, lettre 3209).

Dugua fait partir, le 16 septembre 1798, deux petites colonnes, commandées par les Généraux Damas et Destaing, avec mission de s'avancer dans la direction d'El-Menzaleh et de punir certains villages rebelles de la province de Mansourah : "Ce même jour, écrit Laugier, à 7 heures du soir, est parti le général Damas avec le 2e bataillon de la 75e demi-brigade, une pièce de 3 et le citoyen Cazals, chef de bataillon du génie. Il est parti en même temps, et sous les ordres du général Destaing, les deux premiers bataillons de la 2e légère, avec une autre pièce de 3. Le premier de ces généraux va faire une reconnaissance du lac Menzaleh, à l'est de Mansourah, et l'autre général va mettre à la raison les villages El-Meniet-Mahallet-Dimnah et El-Kebab-el-Koubra, situés sur le canal d'Achmoun, et qui se sont refusés d'acquitter les contributions et les réquisitions qui leur ont été imposées. Pour conserver le souvenir de la manière dont on est obligé de gouverner dans ce moment l'Égypte et pour avoir une idée exacte de la mission de ces généraux, je vais transcrire les instructions que leur a données le général Dugua, instructions qui ont été le fruit de recherches très difficiles, et qui, dans les circontances présentes, me paraissent être parfaitement combinées et avoir le caractère d'énergie convenable :
Instruction sur l'expédition à faire contre El-Meniet-Mahallet-Dimnah, El-Kebab-el-Koubra, etc., le long du canal d'Achmoun ; pour le général Damas et le général Destaing. - Ces deux villages sont influencés par deux hommes qu'il serait bien intéressant d'avoir. L'un est Ali-Edessé, d'El-Meniet ; le second est Emir-Mustapha, d'El-Kebab. D'après la lettre que j'ai reçue hier du général Vial, je les soupçonne d'être d'intelligence avec Hassan Toubar, cheik-el-beled de Menzaleh, et d'espérer qu'il viendra à leur secours ; il ne faut pas lui en laisser le temps. Pour cela, il faut attaquer Meniet et El-Kebab avec impétuosité et prendre entre ce dernier et Demon-Sehbak (Demoueh ?) une position propre à leur ôter tout secours. Si les habitants se défendent, il faut les détruire, eux et leurs villages ; ce sont les assassins de notre détachement. S'ils se soumettent sans faire feu, il faut qu'ils fournissent sur-le-champ vingt otages, qu'ils livrent Mustapha et Edessé, qu'ils donnent vingt chevaux, trente boeufs ou buffles, toutes leurs armes, et qu'ils payent le triple de leurs contributions …
Si quelque village prend les armes pour venir au secours de Meniet et d'El-Kebab, les habitants en seront poursuivis et traités comme ennemis des Français.
L'expédition contre El-Meniet et El-Kebab terminée, si le pays est tranquille, le général Destaing reviendra à Mansourah avec la troupe qu'il commande ; si les rapports annonçaient que l'insurrection eût d'autres foyers, il continuerait sa marche de concert avec le général Damas, duquel il prendra les ordres pendant toute l'expédition …
Les cartouches venues de Gizeh sont moins mauvaises que l'on ne l'a dit ; mais il faut peu tirer et de près ...
".

Conformément à ces instructions, les Généraux Damas et Destaing partent de Mansourah le 16 septembre à 6 heures du soir et arrivent dans la nuit non loin d'El-Meniet. Dès le point du jour, ils débarquent leurs troupes et s'approchent de ce village, qu'ils trouvent évacué. "Nous nous y arrêtâmes, écrit Damas dans son Journal, pour faire dire aux habitants, par ceux d'un village voisin, qu'ils eussent à rentrer et à payer leur contribution et que l'on ne leur ferait aucun mal ; et nous nous portâmes ensuite à celui d'El-Kebab-el-Koubra, que nous trouvâmes dans le même état, et pour lequel nous primes le même parti.
Nous restâmes, avec le général Destaing, jusqu'à 3 heures à El-Kebab el-Koubra. J'en partis à cette beure pour descendre le canal jusqu'au lac Menzaleh, et lui pour revenir à Mansourah avec la 2e légère. Je ne gardai que le 2e bataillon de la 75e, avec les grenadiers du 1er, ce qui faisait trois cents et quelques hommes. Une heure après notre séparation, je reçus une lettre du général Dugua qui me disait que le général Vial avait été attaqué par les Arabes à Damiette, et que, malgré qu'il les eût battus, il croyait qu'ils reviendraient encore ; que je n'avais, en conséquence, qu'à renforcer mon détachement d'une compagnie de carabiniers. Je m'arrêtai près du village d'El-Mersi (?), où j'attendis cette compagnie qui m'arriva dans la nuit.
2e jour complémentaire. - Je partis de cet endroit pour continuer ma route. Je m'arrêtai plusieurs heures près de Mit-el·Soudan et de Darakseh pour faire donner des vivres à ma troupe, et j'allai coucher le soir à Berinbal-el-Guedid (Berinbal-el-Kebireh ?).
Le général Destaing rentra de très grand matin ce jour-là à Mansourah avec la 2e légère ...
" (La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 3. p. 137-139).

Le 20 septembre 1798 (4e jour complémentaire an 6), Bonaparte écrit, depuis son Quartier général, au Caire, au Généal Berthier : "Le bataillon qui est à El-Qobbeh en partira avant le jour, pour rejoindre sa division et assister à la fête du 1er vendémiaire ... Les troupes formeront un carré en dehors du cercle, le visage tourné vers la pyramide. Le côté de la droite faisant face à la pyramide, entrant par l'arc de triomphe, sera occupé par la division du général Bon et commandé par lui ; celui de la gauche, par la division du général Lannes, et commandé par lui. Toute la cavalerie occupera le côté opposé à l'arc de triomphe, les hommes à cheval divisés sur les deux flancs, et les hommes à pied au milieu, et sera commandée par le général Dumas. Le 2e bataillon de la 2e d'infanterie légère, ceux des 88e, 25e et 75e, les différents détachements des dépôts, les détachements d'artillerie, les grenadiers de la 19e et les guides à pied, occuperont le côté de l'arc de triomphe et seront commandés par le général Murat …" (Correspondance de Napoléon, t.4, lettre 3344 ; Correspondance générale de Napoléon, t.2, lettre 3258 ; La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 3. p. 21).

Le 21 septembre 1798 (5e jour complémentaire an 6), Bonaparte écrit, depuis son Quartier général, au Caire, au Général Berthier, Chef de l'État-major général de l'Armée d'Orient : "Donnez l'ordre au 3e bataillon de la 2e légère de partir de la citadelle à 4 heures pour se rendre à Boulak, où il s'embarquera à 5 heures pour se rendre à Mansourah.
L'adjudant général Alméras partira avec. Il [le 3e bataillon de la 2e légère] sera remplacé à la citadelle par le 3e bataillon de la 75e [de ligne].
Vous préviendrez le commandant de ce bataillon qu'il faut qu'il consigne tous les effets qu’il a reçus du magasin au commandant du bataillon de la 75e sans quoi il en serait responsable ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.2, lettre 3285).

Le même jour (21 septembre 1798 - 5e jour complémentaire an 6), Bonaparte écrit, depuis son Quartier général, au Caire, au Général Dugua : "... Je fais partir, dans la journée, le 3e bataillon de la 2e d'infanterie légère pour Mansourah ; il est fort de 400 hommes ..." (Correspondance de Napoléon, t.4, lettre 3357 ; Correspondance générale de Napoléon, t.2, lettre 3290 ; La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 3. p. 150).

Toujours le 21 septembre 1798 (5e jour complémentaire), Bonaparte prescrit que le magasin central d'habillement distribuera aux troupes, en sus des quantités allouées le 2 août, les matières nécessaires pour confectionner 10100 habits, 21300 capotes, 8900 pantalons pour l'infanterie, l'artillerie et le génie ; 2400 gilets et 2400 pantalons d'écurie pour les troupes à cheval. Ces quantités sont ainsi réparties : 2e Demi-brigade légère, 400 habits, 1000 capotes et 400 pantalons (La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 3. p. 34-35).

La fête du 1er vendémiaire avait retardé l'exécution de certains mouvements, Bonaparte ayant tenu à l'entourer d'un déploiement de troupes qui face impression sur la population du Caire. Dès le lendemain, nous le voyons prescrire à Berthier de faire embarquer à Boulak, avant minuit, le 1er Bataillon de la 75e, pour se rendre à Mansourah et à Damiette. Avec ce convoi doivent partir tous les éléments de la Division Dugua qui se trouvent au Caire. En annonçant cet envoi de troupes au Général Dugua (lettre du 23 septembre (2 vendémiaire) que Dugna recevra dans la nuit du 28 au 29 septembre, étant déjà à Damiette depuis deux jours et demi), Bonaparte ajoute : "... Mon aide de camp Duroc, sur l'aviso le Pluvier, et le 3e bataillon de la 2e d'infanterie légère, qui sont partis avant-hier, doivent être arrivés ..." (Correspondance inédite officielle et confidentielle de Napoléon, t.6, Egypte ; Panchoucke : « Oeuvres de Napoléon Bonaparte », 1821-1822, t. 2, p. 383 ; Correspondance de Napoléon, t.5, lettre 3366 ; Correspondance générale de Napoléon, t.2, lettre 3300; La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 3. p. 151-152).

Le Journal de Laugier note, le 23 septembre 1798 (2 vendémiaire an 7) : "… A 3 heures après-midi, le citoyen Duroc, aide de camp du général en chef, arriva à Mansourah et remit au général Dugna plusieurs dépêches qui contenaient l'ordre au général Dugua de prendre le commandement de la province de Damiette …
Le 3e bataillon de la 2e demi-brigade d'infanterie légère arriva le même soir ...
" (La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 3. p. 150).

Le 29 septembre 1798 (8 vendémiaire an 7), Bonaparte écrit, depuis son Quartier général, au Caire, au Général Dugua "Lorsque vos troupes, Citoyen Général, seront arrivées à EI-Menzaleh, vous m'enverrez l'état de situation exact des forces que vous aurez à Mansourah, à Damiette et à El-Menzaleh, et alors je vous enverrai des ordres ultérieurs sur la position que doit prendre votre division.
Votre division est composée dans ce moment-ci et doit rester composée de trois bataillons de la 2e d'infanterie légère, de deux bataillons de la 25e et de deux bataillons de la 75e. Les 120 hommes du 1er bataillon de la 75e sont, dans ce moment-ci, à Myt-Ghamar, avec le général Lanusse ; ils vont rejoindre leur bataillon à Damiette
" (Correspondance de Napoléon, t.5, lettre 3401 ; Correspondance générale de Napoléon, t.2, lettre 3348 ; La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 3. p. 159).

Dans le Journal de Laugier, on peut lire :
"13 vendémiaire. - Le général Damas partit à 6 heures du matin, de Mansourah, avec la 2e demi-brigade légère et le 2e bataillon de la 75e pour aller à Menzaleh occuper ce poste regardé comme important et protéger la reconnaissance que doit faire, dans le temps, du lac de ce nom le général Andréossy. Il y a lieu de croire que cette force n'arrivera pas jusqu'à Menzaleh, résidence d'Hassan Toubar, sans avoir à soutenir quelque choc ; car on assure que les Mameluks et leurs beys avaient renoncé à l'espoir de soumettre ce pays extrêmement peuplé et toujours soulevé contre eux. Le général Dugua me fit partir avec le général Damas pour commander au besoin son avant-garde. Partie de la troupe s'embarqua sur le Nil sur 18 djermes, dont 9 trés petites ; le reste de la troupe marcha à pied à côté des bateaux ; nous allions alternativement à cheval ou en bateau …
Après avoir successivement fait relever dans les barques ceux qui y étaient par ceux qui avaient marché, et vice-versa, nous arrivâmes à 6h.1/2 du soir, nuit close, au-dessus d'Achmoun, où nous passâmes la nuit
" (La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 3. p. 163).

14 octobre 1798 (23 vendémiaire an 7), Bonaparte écrit, depuis son Quartier général, au Caire, au Général Berthier : "Vous voudrez bien, Citoyen Général, donner l'ordre au général Dugua de se transporter à Damiette avec sa division. Vous donnerez l'ordre au général Vial de se porter à Mansourah pour prendre le commandement de cette province ; le général Dugua prendra celui de la province de Damiette.
Vous ordonnerez au général Dugua de laisser, pour la garde de Mansourah et de la province, le 3e bataillon de la 2e demi-brigade d'infanterie légère. ... Le général Dugua laissera à Mansourah, avec le 3e bataillon de la 2e, deux pièces de 3, qui y resteront jusqu'à ce que le général Dommartin ait fait passer au général Vial, à Mansourah, deux pièces de canon ...
" (Correspondance de Napoléon, t.5, lettre 3467 ; Correspondance générale de Napoléon, t.2, lettre 3455).

10 novembre 1798 (20 brumaire an 7), Bonaparte écrit, depuis son Quartier général, au Caire, au Général Berthier : "Plusieurs soldats, marins, sapeurs, infirmiers, charretiers, ouvriers, se sont faits domestiques. La facilité de s'en procurer a porté plusieurs officiers et administrateurs à en augmenter le nombre, et ce, au détriment de l'armée.
En conséquence, le général en chef ordonne :
ARTICLE 1ER. Les officiers et administrateurs qui ont amené des domestiques d'Europe ont seuls le droit d'avoir des domestiques européens. Ceux qui n'en ont pas amené ou qui veulent en augmenter le nombre doivent les prendre parmi les naturels du pays.
ART. 2. Tout individu qui, au moment du débarquement, était soldat, marin, sapeur, infirmier, charretier, ouvrier, etc. est tenu, au plus tard cinq jours après la publication du présent ordre, de rejoindre un des corps ci-dessous, savoir :
... Ceux qui sont à Damiette : la 2e d'infanterie légère ou la 25e de ligne ...
" (Correspondance de Napoléon, t.5, lettre 3600 ; La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 3. p. 375 - Ordre du jour du 22 brumaire - 12 novembre).

La nouvelle tenue de coton n'avait pas duré longtemps. Le 21 novembre 1798 (1er frimaire an 7), Bonaparte se préoccupe de la fabrication de capotes pour son armée; il écrit, depuis son Quartier général, au Caire, à Daure, Commissaire ordonnateur en Chef de l'Armée d'Orient : "Je vous prie, citoyen ordonnateur, d'employer tous les moyens qui sont en votre pouvoir pour pousser la confection des capotes dont l'armée a le plus grand besoin dans un moment où les nuits sont si fraîches.
Je désire que ... Les 2e d'infanterie légère, 25e et 75e de Ligne qui sont à Damiette, recevront de quoi confectionner leurs capotes, des achats que l'agent en chef de l'habillement fera faire à Damiette
" (Correspondance générale de Napoléon, t.2, lettre 3754).

/ 1799, l'Expédition de Syrie

Le 21 janvier 1799 (2 pluviôse an 7), Bonaparte écrit, depuis son Quartier général, au Caire, au Général Kléber, commandant la province de Damiette :"… La 2e d'infanterie légère doit être arrivée à Mansourah, où je l'ai envoyée pour lui faire changer d’air …
Vous partirez le 12 de Damiette, avec le détachement du 18e de cavalerie (note : plus exactement le 18e Dragons), l'artillerie de votre division, les deux bataillons de la 25e et les trois bataillons de la 2e d'infanterie légère, pour être rendu à Qatyeh le 16 ou le 17 ; vous y trouverez des ordres pour le mouvement ultérieur ... P.S. En passant à Mansourah, vous préviendrez le général Verdier que vous lui retirerez bientôt sa demi-brigade
(note : la 2e Légère) ..." (Correspondance de Napoléon, t.5, lettre 3884 ; Correspondance générale de Napoléon, t.2, lettre 4138).

Le 26 janvier 1799 (7 pluviôse an 7), Bonaparte écrit, depuis Le Caire, au Général Kléber : "J'ai reçu, citoyen général, votre lettre du 3. Comme les lettres que je reçois de Mansoura me font craindre que la maladie de la 2e demi-brigade ne soit contagieuse, je crois qu'il serait dangereux de la mettre en libre communication avec les autres demi-brigades. Faites-vous faire un rapport détaillé sur la situation de cette demi-brigade, et, dans le cas où la maladie serait contagieuse, vous pourriez la renvoyer à Mansoura : je la ferais remplacer à votre division par un bataillon de la 25e demi-brigade" (Correspondance inédite officielle et confidentielle de Napoléon, t.6, Egypte ; Panchoucke : « Oeuvres de Napoléon Bonaparte », 1821-1822, t. 2, p. 459 ; Oeuvres complètes de Napoléon, Stuttgart et Tubingue, 1822, t.3, p. 78 ; Correspondance de Napoléon, t.5, lettre 3902 ; Correspondance générale de Napoléon, t.2, lettre 4169).

Bonaparte décide de partir à la rencontre des forces turques de Djezzar Pacha qui viennent vers lui de Syrie. Il pénètre dans la Palestine actuelle avec une fraction de l'Armée d'Orient et doit s'emparer de toutes les places fortes long de la côte.

Le Général en chef quitte le Caire le 10 février 1799. Quatre petites Divisions d'infanterie, et un détachement de neuf cents chevaux, sous les ordres des Généraux Reynier, Kléber, Bon, Lannes et Murat, forment cette armée d'expédition. Le Général Kléber, dont les Généraux de Brigade sont Verdier et Junot, a sous son commandement les deux premiers Bataillons des 2e Légère, 25e et 75e de Ligne. La Division compte 2,549 hommes (Oeuvres complètes de Napoléon, Stuttgart et Tubingue, 1822, t.3, p. 100).

Partie de Damiette, la 2e Légère gagne Jaffa. Elle fait partie de la Division Kléber.

Entre le 6 et le 21 février, El Arish est pris et un groupe de mameluck dispersé. La campagne commence avec difficultés.

Le 24, les Français arrivaient à Gaza.

Le 3 mars, la Division Kléber, en avant-garde de l'armée, arrive devant Jaffa et commence à en faire le siège. La ville est bientôt prise d'assaut et la population massacrée en représailles de la décapitation de parlementaires français. La garnison se rend et sera exécutée. La peste sévissant dans la ville, les premiers cas touchent les Français.

Le 17 mars, Bonaparte avançait vers Saint-Jean d'Acre, vieille place forte des anciens Croisés. Le siège va durer des semaines.

Pendant ce temps, il faut disperser des forces qui marchent au secours de la garnison. Le 8 avril 1799, à Nazareth, Junot, avec une poignée d'hommes dont 300 hommes de la 2e Légère, repousse une force de 3000 cavaliers. Prévenu, Bonaparte envoie le reste de la Division Kléber soutenir Junot puis les rejoint lui-même avec la Division Bon. Le 14 avril 1799 (25 germinal an 7), Bonaparte écrit, depuis son Quartier général, devant Acre, au Général Marmont : "... Le général Junot s'est couvert de gloire le 19, au combat de Nazareth ; avec 300 hommes de la 2e d'infanterie légère, il a battu 4,000 hommes de cavalerie ; il a pris cinq drapeaux et tué ou blessé près de 600 hommes ; c'est une des affaires brillantes de la guerre …" (Correspondance inédite officielle et confidentielle de Napoléon, t.6, Egypte ; Panchoucke : « Oeuvres de Napoléon Bonaparte », 1821-1822, t. 3, p. 13 ; Oeuvres complètes de Napoléon, Stuttgart et Tubingue, 1822, t.3, p. 137 ; Correspondance de Napoléon, t.5, lettre 4091 ; Correspondance générale de Napoléon, t.2, lettre 4321).

Et le même jour, à l'Adjudant général Almeras, commandant la province de Damiette : "… Tout le pays nous est entièrement soumis et dévoué ; une armée venue de Damas a été complètement battue ; le général Junot avec 300 hommes de la 2e légère a battu 3 à 4,000 hommes de cavalerie, mis 5 à 600 hommes hors de combat et pris cinq drapeaux ; c'est une des affaires brillantes que l'on peut avoir à la guerre …" (Panchoucke : « Oeuvres de Napoléon Bonaparte », 1821-1822, t. 3, p. 6 (la date indiquée est 22 mars 1799 - 2 germinal an 7) ; Correspondance de Napoléon, t.5, lettre 4092 ; Correspondance générale de Napoléon, t.2, lettre 4319).

Quelques jours plus tard, 21 avril 1799 (2 floréal an 7), Bonaparte, depuis son Quartier général, devant Acre, promulgue l'Ordre du jour suivant : "Le général en chef, voulant donner une marque de satisfaction particulière aux 300 braves commandés par le général de brigade Junot, qui, au combat de Nazareth, ont repoussé 3,000 hommes de cavalerie, pris cinq drapeaux et couvert le champ de bataille de cadavres ennemis, ordonne :
ARTICLE 1er. Il sera proposé une médaille de 500 louis pour prix du meilleur tableau représentant le combat de Nazareth.
ART. 2. Les Français seront costumés dans le tableau avec l'uniforme de la 2e d'infanterie légère et du 14e de dragons. Le général de brigade Junot, les chefs de brigade Duvivier, du 14e de dragons, et Desnoyers, de la 2e d'infanterie légère, y seront placés …
" (Correspondance de Napoléon, t.5, lettre 4107).

Toujours au sujet du combat de Nazareth, Bonaparte envoie, le 21 floréal an 7 (10 mai 1799), depuis le camp devant Acre, au Directoire exécutif, un résumé des faits : "… Combat de Nazareth (Nasséret).
Cependant une armée nombreuse s’était mise en marche de Damas, elle passa le Jourdain le 17.
L'avant-garde se battit toute la journée du 19 contre le général Junot qui, avec cinq cents hommes des 2e et 19e demi-brigades, la mit en déroute, lui prit cinq drapeaux et couvrit le champ de bataille de morts ; combat célèbre et qui fait honneur au sang-froid français …
" (Pièces diverses et correspondances relatives aux armées d’orient ; Panchoucke : « Oeuvres de Napoléon Bonaparte », 1821-1822, t. 3, p. 25 ; Oeuvres complètes de Napoléon, Stuttgart et Tubingue, 1822, t.3, p. 151 ; Kermoysan « Napoléon, Recueil par ordre chronologique de ses lettres, proclamations, bulletins », Paris, 1853, t.1, p. 304 ; Correspondance de Napoléon, t.5, lettre 4124 ; Correspondance générale de Napoléon, t.2, lettre 4346).

Le 13 avril 1799 (24 germinal an 7), Bonaparte fait écrire, depuis son Quartier général, devant Acre, au Général Kléber : "… Je vous envoie cet ordre par mon aide de camp Arrighi, qui reconduit en même temps les 25 hommes de la 2e légère que vous avez envoyés …" (Correspondance de Napoléon, t.5, lettre 4087).

Le 16 avril a lieu la bataille du Mont Thabor. Les Français dispersent une force de 35.000 hommes.

Mais la situation est loin d'être aussi favorable que ce que le dit Bonaparte, car la peste s'étend dans le Corps expéditionnaire, et Saint-jean d'Acre tient bon.

Le 8 mai 1799 (19 floréal an 7), Bonaparte fait écrire, depuis le Quartier général, devant Acre, au Général Kléber : "... Le général en chef ordonne que la brigade du général Junot, composée de la 2e légère, des compagnies de grenadiers de la 19e, toute la cavalerie que vous avez, vos six pièces de canon, le commissaire des guerres de votre division, restent pour prendre une position qui couvre nos magasins de Tabaryeh et Nazareth, et observer l'ennemi pour bien couvrir l'armée ..." (Correspondance de Napoléon, t.5, lettre 4120).

Le 17 mai, Bonaparte décide de lever le siège et de rentrer en Egypte. Il fait écrire, ce jour là (17 mai 1799 - 28 floréal an 7), depuis le Quartier général devant Acre, au Général Junot : "… Il est ordonné au général Junot de prendre position le 30, à deux heures après midi, sur les hauteurs de Safoureh, de renvoyer de suite à Hayfâ les femmes, bagages et écloppés qu'il pourrait avoir avec lui, tant de l'infanterie que de la cavalerie ; il n'oubliera pas de retirer de Nazareth 38 hommes de la 2e qui y sont, ainsi que tous les employés aux vivres et autres Français …"(Correspondance de Napoléon, t.5, lettre 4143).

La Syrie-Palestine est évacuée et on en garde les débouchés. Bonaparte écrit, depuis son Quartier général, à Qatyeh, à Berthier le 7 juin (19 prairial an 7) : "... La 2e Légère, qui restera à Katieh, tiendra des postes à Tineh et à Om Fareg; chacun de ses postes aura une pièce de 4 attelée ... La 2e d'infanterie légère aura avec elle un pièce de 4" (Correspondance de Napoléon, t.5, lettre 4165 ; Correspondance générale de Napoléon, t.2, lettre 4370).

Le 21 juin 1798 (5 messidor an 7), Bonaparte écrit, depuis son Quartier général au Caire, à Berthier : "... Dès que le général Leclerc sera arrivé à Katieh, avec le bataillon de la 25e de Ligne, il fera relever la garnison d'El Arish par 120 hommes de la 2e d'infanterie légère, 120 hommes de la 25e ... Les grenadiers de la 19e seront incorporés dans la 2e demi-brigade d'infanterie légère. Vous donnerez l'ordre que l'on profite du moment où cette demi-brigade est à Katieh pour l'organiser comme la 69e, c'est à dire à 5 compagnies par bataillon. Le général Junot, qui sera chargé de ce travail, rapportera au Caire les contrôles" (Correspondance générale de Napoléon, t.2, lettre 4419).

Le 15 juillet 1799 (27 messidor an 7), Kléber écrit, depuis Damiette, au Général Bonaparte : "... Les deux bataillons de la 2e légère n'étant pas encore arrivés, je me trouve ici avec tout au plus 3 ou 400 hommes, y compris la garnison de Lesbeh, et je puis d'autant moins m'en dégarnir, qu'il est très vraisemblable que l'ennemi fera une forte diversion de ces côtés …" (Correspondance inédite officielle et confidentielle de Napoléon, t.7).

Le 18 juillet 1799 (30 messidor an 7), Kléber écrit, depuis Damiette, au Général Bonaparte : "… Les deux bataillons de la 2e légère sont arrivés ici ; mais, affaiblis par les maladies et les détachements, ils ne forment pas ensemble 300 hommes ..." (Correspondance inédite officielle et confidentielle de Napoléon, t.7).

Le 24 juillet 1799 (6 thermidor an 7), Kléber écrit, depuis Birket Ghaitas, au Général Bonaparte : "Je vous ai mandé hier dans l'après-midi que je réunissais ma division à Rahmanieh dans la nuit, pour vous joindre à Birket, où je suis arrivé ce soir à huit heures avec un bataillon de la 2e et un de la 75e, tous deux très-fatigués. La 25e, qui était à Foua, n'a passé le Nil devant Rahmanieh que ce matin à six heures, lorsque de ma personne j'en partais. Ce bataillon ne pourra être ici que demain matin. Je partirai dès que la lune sera levée avec les deux premiers, et je ferai la plus grande diligence pour arriver au point que vous m'indiquez, mais que je ne connais pas ; je profiterai de la personne que vous m'enverrez à Beda pour m'y guider ..." (Correspondance inédite officielle et confidentielle de Napoléon, t.7).

Le 25 juillet, Bonaparte écrase un débarquement de l'armée turque à Aboukir.

Le 1er août 1799 (14 thermidor an 7), Bonaparte écrit, depuis son Quartier général à Alexandrie, au Général Berthier, Chef de l'Etat-major général de l'Armée d'Orient : "... La 69e demi-brigade [de ligne], la 2e d'infanterie légère, les deux bataillons de la 61e [de ligne] tiendront garnison dans l'arrondissement d'Alexandrie. Par là, le général Marmont pourra placer 2 bataillons à Aboukir, un à Rosette, un ou deux dans le Bahireh et 3 ou 4 à Alexandrie ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.2, lettre 4662).

Le 23 août, quasi secrètement, devant la situation politique en France, le Général en chef s'est rembarqué, laissant le commandement de l'Armée d'Orient à Kléber.

Le 1er novembre 1799, se déroule la bataille de Damiette. Dans son Rapport adressé au Directoire exécutif, et daté du Quartier-général du Caire, le 16 novembre 1799 (25 brumaire an 8), le Général en CHef Kléber écrit : "... le 10, à la pointe du jour, l'ennemi exécuta son débarquement, et jeta à terre, du premier transport, environ quatre mille hommes, qui s'occupèrent aussitôt à se retrancher ; le point qu'ils choisirent est celui situé entre la rive droite du Nil, la mer et le lac Menzaléh.
Le général de brigade Verdier, qui était campé entre Lisbéh et la côte, instruit de cette descente, marche sans délibérer, attaque et passe au fil de l'épée près de trois mille Turcs, n'accordant la vie qu'à environ huit cents d'entre eux qui implorèrent sa clémence.
Les troupes que commandait le général Verdier dans cette audacieuse défense montaient à peine à mille hommes, de la 2e légère, de la 32e de bataille et du 18e régiment de dragons.
Il a été enlevé à l’ennemi trente-deux drapeaux, une pièce de 24, et quatre pièces de campagne avec leurs approvisionnements.
… Nous avons eu dans cette journée, quatre- vingt-dix-sept blessés et vingt-deux hommes de tués : du nombre de ces derniers se trouve le chef de brigade Desnoyer, commandant la 2e légère, officier d'un grand mérite, dont les talents égalaient la froide intrépidité ...
" (Pièces diverses et correspondances relatives aux armées d’orient).

Le Chef de Bataillon Schramm, de la 2e Légère, est nommé par Kléber, Chef de Brigade à titre provisoire le même jour (1er novembre 1799).

/ 1800-1801, la fin de l'Egypte française

Kléber, commandant l'Armée d'Orient après le départ de Bonaparte, conscient qu'il ne pourrait tenir encore longtemps, avait signé une convention d'évacuation du Corps expéditionnaire français à El Arisch fin janvier. Et il commençait à l'appliquer quand la duplicité anglo-turque le force à accepter une nouvelle bataille. Il rassemble ses troupes et écrase une armée turque à Héliopolis le 20 Mars. La 2e Demi-brigade légère n'y participe pas.

Le Caire est repris aux mains des insurgés et l'Egypte retourne sous le contrôle des Français, avec la Haute-Egypte laissée à notre allié Mourad Bey.

Le 14 juin, Kléber est assassiné et le Général Menou prend le commandement en chef.

Les positions de la 2e Demi-brigade légère sont les suivantes à l'Armée d'Orient en août 1800 :
Août 1800 côte SHDT : us180601
Chef de corps : vacant (Schramm à titre provisoire)
Conscrits des départements du Lot et Garonne de l'an XIII
THIERRY Quartier-maître trésorier; BOURGUY Quartier-maître trésorier
1er Bataillon : Hypolite, Adjudant du 1er Bataillon
2e Bataillon : commandant Chef de Bataillon Saleich; Rives, Adjudant du 2e Bataillon
3e bataillon ?

Le 8 mars 1801, les Anglais débarquent un Corps expéditionnaire en Egypte. Les faibles forces françaises ne peuvent alors les repousser. Les Britanniques marchent sur Alexandrie.

Le 12 mars, un premier combat à Mandara les retarde un peu. Mais ceux-ci entre-temps se retranchent, attendant une contre-offensive plus sérieuse des Français. Ce sera la bataille de Canope, le 21 mars, où les Français s'écrasent contre le camp retranché anglais. Les attaques mal coordonnées échouent, malgré le courage des soldats. La 2e Demi-brigade Légère y a trois Compagnies de Carabiniers à la Division Rampon, aux ordres de Sornet qui sera tué dans la bataille.

Après la perte de la bataille, Menou s'enferme dans Alexandrie, attendant d'hypothétiques renforts de France.

Les forces françaises sont désormais assiégées dans Alexandrie et au Caire. Belliard et la garnison du Caire peuvent, après une tentative d'offensive infructueuse contre une armée turque, embarquer pour la France le 9 Août. Ils rallieront Marseille. Quant à Menou, il doit capituler le 2 Septembre, et ses troupes embarqueront pour la France dans les jours suivants.

Les "Egyptiens" retrouvent la France fin Septembre. L'unité avait bien besoin d'être réorganisée après sa quarantaine obligatoire. Schramm est confirmé comme Chef de Brigade par Arrêté des Consuls, le 31 octobre 1801.

/ Les autres éléments de la 2e Légère, 1800-1801

Le 16 février 1800 (27 pluviôse an 8), Bonaparte écrit, depuis Paris, au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "Je vous prie, citoyen ministre, de donner l'ordre ... au bataillon de la 2e légère, qui est à l'armée du Rhin, de se rendre en toute diligence en Batavie ;
aux deux bataillons de la même demi-brigade, qui sont à Lorient, de se rendre en Batavie.
Ces corps prendront la plus courte route. Vous prendrez les mesures pour compléter cette demi-brigade à 3000 hommes
" (Correspondance générale de Napoléon, t.3, lettre 4999).

Le 8 mars 1800 (17 ventôse an 8), Bonaparte écrit, depuis Paris, au Général Saint-Hilaire, commandant de la 8e Division militaire : "Je vous prie, citoyen général, de faire partir en toute diligence pour Chalon-sur-Saône les bataillons bis et les dépôts des demi-brigades qui composent l'armée d'Orient. On m'annonce que vous avez dans la 8e division le bataillon de la 2e d'infanterie légère ... Annoncez-moi par le retour du courrier le jour de leur arrivée à Chalon. Faites-les diriger sans séjour sur cette ville" (Correspondance générale de Napoléon, t.3, lettre 5078).

Situation de la Division Chabran (Bataillons supplémentaires Armée d'Orient à l'Armée de Réserve) le 22 mars 1800 (Infanterie légère) :

Tableau des progrès de l'organisation des dépôts d'infanterie de l'armée d'Orient en bataillons, conformément à l'arrêté des Consuls de la République du 28 frimaire an 8 (19 décembre 1799), depuis le 3 pluviôse (23 janvier 1800) jusqu'au 1er germinal suivant (22 mars 1800).
Numéros des Corps.
Présents sous les armes.
Force actuelle à l'effectif.
Manque au complet.
Observations
2e
173
225
775
Il va être réorganisé; on le complétera autant qu'il sera possible avec des compagnies de chasseurs auxiliaires, ou des conscrits, à mesure qu'il en arrivera; ce bataillon est à Mâcon.

Le Général de division, inspecteur général aux revues, P. GAULTIER.

18 octobre 1800 (26 vendémiaire an 9), Bonaparte écrit, depuis Paris, au Général Lacuée, Ministre de la Guerre par Intérim : "Je vous prie, citoyen ministre, de donner la destination suivante aux troupes de la garnison de Malte.
Le détachement de la 2e légère rejoindra le dépôt de sa demi-brigade en Italie ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.3, lettre 5697).

Le 24 novembre 1801 (3 frimaire an 10), Napoléon écrit, depuis Paris, à Berthier, Ministre de la Guerre que "... la 2e demi-brigade légère se rendra à Genève ...
Ces demi-brigades de l'armée d'Orient resteront dans la 8e division militaire jusqu'à ce qu’elles soient embarquées, au nombre des deux tiers de la force de la demi-brigade.
Elles laisseront un chef de bataillon et plusieurs officiers à Marseille et à Toulon pour rejoindre les détachements qui arriveraient plus tard.
Vous donnerez des ordres pour envoyer, le plus promptement possible, dans tous les endroits où ces demi-brigades doivent tenir garnison, tout ce qui leur est nécessaire
" (Correspondance générale de Napoléon, t.3, lettre 6654).

Le 18 décembre 1801 (27 frimaire an 10), Bonaparte écrit, depuis Paris, au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "... Donnez l'ordre à la 2e, 4e et 21e demi-brigade légère de passer directement par Lyon en se rendant à leur destination. Elles complèteront leurs compagnies de carabiniers qui serviront pour fournir la Garde au palais du Premier Consul à Lyon. Il leur sera à cet effet donné des bonnets de grenadiers ...
Il est nécessaire que toutes ces dispositions aient leur exécution pour le 14 nivôse
" (Correspondance générale de Napoléon, t.3, lettre 6684).

LE RETOUR EN FRANCE, 1802-1803

2e Léger vers 1803-1804
Fig. 2 et Fig. 3 Officier de Carabiniers, Carabinier et Chasseurs du 2e Léger vers 1803-1804

Si donc la majorité de la Demi-brigade doit se rendre à Genève, les Carabiniers sont détachés pour Lyon pour la Consulte de la République Italienne et doivent servir de garde au 1er Consul.

Le 20 janvier 1802 (30 nivôse an 10), Bonaparte écrit depuis Lyon au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "Je vous prie, citoyen ministre ... de ne plus garder pour garnison à Lyon aucun corps d'infanterie.
Cette garnison ne sera composée désormais que de 18 compagnies de grenadiers qui seront formées :
De 3 compagnies de carabiniers de la 21e légère,
De 3 de la 4e,
De 3 de grenadiers de la 59e,
De 3 de carabiniers de la 2e légère,
De 3 de carabiniers de la 22e légère,
De 3 de carabiniers de la 6e légère.
Ces compagnies qui seront tirées des corps qui sont dans la 7e division correspondront avec eux pour leur comptabilité, comme s'ils étaient dans la même division.
Au 1er vendémiaire de chaque année, on changera ces grenadiers. Le ministre de la Guerre désignera, soit dans la 7e, soit dans la 18e ou dans la 19e division militaire même, les grenadiers qui devront former la garnison de Lyon.
Il sera sévèrement défendu à ces compagnies de grenadiers de recruter aucun homme ; toutes les recrues qui se présenteraient seront envoyées aux corps.
Le général commandant à Lyon classera ces 18 compagnies en 3 bataillons commandés chacun par un chef de bataillon que désignera le ministre de la Guerre. Les chefs de bataillon suivront leurs grenadiers. Toutes les fois qu'un corps partirait de Lyon, ou d'une division voisine, les grenadiers suivront le corps auquel ils appartiennent, et d'autres compagnies les remplaceront.
Cet ordre de choses peut commencer à avoir lieu dès le 20 pluviôse. Il faut recommander au général commandant la place de Lyon de ne faire faire à ces grenadiers qu'un service d'honneur et de haute police, et d'avoir soin que les compagnies soient complétées par leur corps et bien tenues. Il doit y avoir à Lyon, comme à Bordeaux et à Paris, une garde nationale soldée pour faire le service de la basse police
" (Correspondance générale de Napoléon, t.3, lettre 6728).

Le 27 mai 1802 (7 prairial an 10), Bonaparte écrit depuis Paris au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "Je vois, citoyen ministre, que sur l'état de l'emplacement des troupes du 5 prairial, les chefs de brigades ... des 2e, 4e, 21e et 22e légères ne sont pas nommés. Cependant ces places ne sont pas vacantes ..." (Correspondance générale, t.3, lettre 6917).

Le 1er juillet 1802 (12 messidor an 10), Bonaparte écrit, depuis La Malmaison, au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "Je vous prie, citoyen ministre, de donner l'ordre à la 2e demi-brigade légère qui est à Ancenis de se rendre à Genève. ... Faites connaître à la 2e demi-brigade légère que je suis satisfait des renseignements qui m'ont été donnés de Genève sur sa discipline et sur sa bonne conduite" (Correspondance générale de Napoléon, t.3, lettre 6974).

Pour la grande parade du 14 Juillet 1802, l'unité envoie une délégation avec son Chef de Brigade recevoir ses nouveaux drapeaux consulaires (voir articles sur les 7e et 31e Léger). Au moment de la remise des drapeaux, le 1er Consul adresse une allocution aux détachements représentant l'Infanterie légère : "Soldats de l'infanterie légère de l'armée française, voilà vos drapeaux; ils vous serviront toujours de ralliement. Ils seront partout où le Peuple français aura des ennemis à combattre; ils imprimeront la terreur aux ennemis du Gouvernement, quels qu'ils soient.
Soldats, vous défendrez vos drapeaux; non, jamais ils ne tomberont au pouvoir des ennemis. Vous jurez d'être prêts à les défendre aux dépens de votre vie !
" (Correspondance de Napoléon, t.7, lettre 6182).

A l'Automne 1802, la Suisse est en ébullition interne et Bonaparte compte bien y mettre de l'ordre. Il charge le Général Ney d'appuyer militairement ses propositions pour le pays.

Le 2 octobre 1802 (10 vendémiaire an 11), Bonaparte écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "… Quoique j'aie donné l'ordre qu'on n'employât pas les demi-brigades venant d'Egypte, si les circonstances devenaient urgentes, le général Ney pourra compléter à 500 hommes un bataillon de la 2e légère, et s'en servir ..." (Oeuvres complètes de Napoléon, Stuttgart et Tubingue, 1822, t.4, p. 389 ; Correspondance de Napoléon, t.8, lettre 6359 ; Correspondance générale de Napoléon, t.3, lettre 7193).

Les Carabiniers du 2e Léger rejoignent leur Demi-brigade. Napoléon écrit, depuis Saint-Cloud, à Berthier le 9 octobre 1802 (17 vendémiaire an 11) : "Je vous prie citoyen ministre de donner l'ordre aux carabiniers de la 2e Légère et de la 78e qui sont à Lyon, de se rendre à Genève pour être aux ordres du général Ney ..." (Oeuvres complètes de Napoléon, Stuttgart et Tubingue, 1822, t.4, p. 391 ; Correspondance générale de Napoléon, t.3, lettre 7201).

Puis, le 31 octobre 1802 (9 brumaire an 11), depuis Rouen : "... les détachements de la 61e et de la 2e Légère se réuniront à Genève et à Besançon … Donnez l'ordre à la 2e Légère de partir le 1er Frimaire de Genève, pour tenir garnison à Châlon sur Saône, où elle passera l'Hiver ...
Le pain, la viande et les fourrages seront fournis par la Suisse ; vous vous en expliquerez avec le citoyen Stapfer. La solde sera fournie par le Gouvernement français ; en conséquence, à compter du 1er frimaire, le citoyen Barbé-Marbois aura un payeur pour la Suisse et fera la solde pour frimaire ...
" (Oeuvres complètes de Napoléon, Stuttgart et Tubingue, 1822, t.4, p. 400 ; Correspondance de Napoléon, t.8, lettre 6404 ; Correspondance générale de Napoléon, t.3, lettre 7253).

Le 17 juillet 1803 (28 messidor an 11), Bonaparte écrit, depuis Gand, au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "... Faites-vous faire un rapport particulier sur les 2e, 15e et 17e demi-brigades légères, et sur les 30e, 72e et 88e de ligne pour savoir si par l'organisation de leur corps d'officiers, et par le nombre d'anciens qui sont dans leur cadre, elles pourraient faire partie d'un camp ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.4, lettre 7832).

Le 25 juillet 1803 (6 thermidor an 11), Bonaparte écrit, depuis Bruxelles, au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "Donnez ordre que les 2e, 15e et 17e demi-brigades légères, ainsi que les 30e, 72e et 88e de ligne se préparent à faire partie des camps qui auront lieu cet automne sur la côte ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.4, lettre 7857).

Le 14 août 1803 (26 thermidor an 11), Bonaparte écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "Je vous prie, citoyen ministre, de donner ordre ... à la 2e légère qui est à Mâcon de se rendre à Rouen, elle partira le 10 fructidor ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.4, lettre 7932).

Le 21 Août 1803 (3 fructidor an 11), Bonaparte écrit, depuis Saint-Cloud, à Berthier : "... Ordre à la 2e demi-brigade d'infanterie légère, qui est à Mâcon, de se rendre à Rouen, où elle attendra de nouveaux ordres ..." (Correspondance de Napoléon, t.8, lettre 7022 ; Correspondance générale de Napoléon, t.4, lettre 7945).

L'Etat Militaire de l'an XI (23 septembre 1802 - 23 septembre 1803) nous donne pour encadrement le Chef de Brigade Schramm, les Chefs de Bataillon Saleich, Marmond, Geither et Lacoste, et le Quartier-maitre trésorier Lucet.

26 novembre 1803 (4 frimaire an 12), Bonaparte écrit, depuis Paris, au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "Je vous prie, Citoyen Ministre, de donner ordre qu'il soit formé quatre corps d'éclaireurs : un à Alençon, un à Nogent-le-Rotrou, un au Mans et l'autre à Mayenne.
Ces quatre corps seront sous les ordres du général Lagrange, inspecteur général de gendarmerie, qui se rendra à cet effet à Alençon.
... Celui d'Alençon sera composé de 25 gendarmes, d'une compagnie de 60 hommes à cheval du 3e régiment de dragons, qui est à Versailles, de deux compagnies, de 65 hommes au moins chacune, du 2e régiment d'infanterie légère, et d'une compagnie de 60 hommes au moins du 16e régiment de chasseurs ...
Les troupes faisant partie de ces quatre corps d'éclaireurs jouiront d'une indemnitédevivres de campagne.
Le général Lagrange sera autorisé, en sa qualité de général de gendarmerie, à faire toutes les dispositions qu'il jugera convenables ; il appellera, des légions de gendarmerie, quelques piquets pour aider à ses opérations, lorsque cela sera nécessaire.
Il doit tenir ces quatre corps perpétuellement en marche, cerner les bois, villages et tous les lieux où la compagnie de brigands qui a arrêté deux diligences et a paru, il y a un mois, près de Mayenne, pourrait se retrouver, et les exterminer.
Je ne doute pas que les malveillants ne profitent du prétexte de la conscription pour agiter ces départements. Le général Lagrange se portera partout où il y aurait du trouble ; il se concertera avec les préfets, les maires, les évêques, les curés, lesprésidents des assemblées cantonales, et enfin tous les hommes marquants et attachés au Gouvernement, afin de parvenir à faire une justice exemplaire des auteurs de ce commencement de brigandage.
Vous lui ordonnerez de correspondre tous les jours avec vous ; il sera traité comme le général Gouvion.
En sa qualité de général de gendarmerie, il se portera partout, ne respectera aucune limite de division, ni de département, et suivra lui-même, avec ses colonnes d'éclaireurs, les brigands partout où ils pourraient se réfugier
" (Correspondance de Napoléon, t.9, lettre 7330 ; Correspondance générale de Napoléon, t.4, lettre 8336).

Le 18 décembre 1803 (26 frimaire an 12), Napoléon écrit, depuis Paris, à Berthier : "... La 1re demi brigade de Ligne et la 2e Légère seront dirigées de manière à arriver à Paris dans les premiers jours de Pluviôse …
Vous engagerez à Paris la garnison à leur donner des repos de corps, et vous ordonnerez que pendant qu'ils y resteront, les soldats jouissent du vin et d'une gratification extraordinaire"
" (Correspondance générale de Napoléon, t.4, lettre 8456.

/ LA FORMATION DU BATAILLON D'ELITE 1803-1805

Fin 1803 (Frimaire an 12) fut formée une Division de 10 (puis un temps 12) Bataillons d'élite réunis à Arras sous le nom de Grenadiers de la Réserve, en prévision de l'invasion de l'Angleterre, et mise sous le commandement de Junot.

Les Bataillons d'élite sont tirés des 2e, 3e, 12e, 15e, 28e et 31e Léger et des 9e, 13e, 58e et 81e de Ligne. Ils rejoindront Arras très progressivement tout au cours de l'année 1804, voire le début 1805. Le 2ème léger forme donc son Bataillon d'élite de 3 Compagnies de Carabiniers et 3 de Chasseurs.

La Demi-brigade est devenue Régiment et, en Mai 1804 (selon un ordre du 13 mars), se forment 3 Compagnies de Voltigeurs, une dans chaque Bataillon, à partir de Chasseurs de petite taille, mais exemplaires.

L'Empire étant venu en 1804, le Régiment doit changer ses drapeaux consulaires contre de nouvelles Aigles et étoffes, une par Bataillon, qui seront fournis par les ateliers Picot.

L'Etat militaire de l'an XIII (23 septembre 1804 - 22 septembre 1805) nous donne le 2e Léger à 3 Bataillons, stationnés à Cherbourg dans la 14e Division Militaire, et le Bataillon d'Elite de Grenadiers de la Réserve à Arras; Colonel Schramm; Major Cazaux; Chefs de Bataillon Marmoud, Sol et Armand; Quartier-maître trésorier Lucet; Chirurgien-major Moreau.

Plus le bataillon d'Elite.

Les Bataillons de Grenadiers de la Réserve vont être réunis deux à deux en 5 Régiments. Celui du 2e Léger est réuni à celui du 3e Léger pour former le 3e Régiment. Le Colonel Schramm en prend le commandement.

En Février 1805, Oudinot prend le commandement de la Division dite des "Grenadiers de la Réserve" qui devient bientôt "Division Oudinot".

A la 1ère division, la 2e Brigade Dupas compte les 4 Bataillons d'Elite des 2e, 3e, 28e et 31e Léger, soit 1798 hommes.

Le 10 mars 1805 (19 ventôse an 13), l'Empereur écrit, depuis Paris, au Maréchal Berthier, Ministre de la Guerre, Major général des Camps : "Mon cousin ... Les bataillons des grenadiers de la réserve d'Arras ne porteront pas le nom de 1er, 2e, 3e, 4e ; ils porteront le nom des régiments de ligne d'où ils sont tirés" (Correspondance générale de Napoléon, t.5, lettre 9657).

Le 3 août 1805, le Bataillon d'Elite du 2ème Léger compte 700 hommes, au sein du 3e Régiment aux ordres du Colonel Schramm du 2e Léger (72 hommes restent en arrière à Wimereux).

/ LA CAMPAGNE DU BATAILLON D'ELITE, 1805-juin 1806

Voltigeur 2e Léger vers 1805
Fig. 3bis Voltigeur du 2e Léger vers 1805

Le 16 Août, l'ordre de rallier Strasbourg arrive. La Division Oudinot est placée dans le 5e Corps du Maréchal Lannes.

En Juin 1805, la Division quitte Arras pour Boulogne. Le 16 Août, l'ordre de rallier Strasbourg arrive. La Division Oudinot est placée dans le 5e Corps du Maréchal Lannes.

Le 4 octobre 1805 (12 vendémiaire an XIV), Napoléon écrit depuis Ludwigsburg, au Maréchal Berthier, Ministre de la Guerre, Major général de la Grande Armée : "Mon cousin, donnez l'ordre à un capitaine, un lieutenant et à 120 hommes des 2e, 12e et 28e d'infanterie légère de partir de Paris et de Cherbourg où ils se trouvent, du 20 vendémiaire au 1er brumaire, et de se diriger sur Spire pour compléter leurs bataillons d'élite ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.5, lettre 10953).

Les Grenadiers de la Réserve s'illustrent bientôt à Wertingen le 8 Octobre contre les Autrichiens.

Après la capitulation d'Ulm, le 20 octobre, les hommes d'Oudinot poursuivent les forces autrichiennes et celles des Russes arrivées trop tard pour secourir Mack.

Le 27 octobre, ils passent l'Inn à Braunau et entrent dans Linz le 2 novembre.

Le 4 novembre, la Division combat les Russes à Amstetten et les repousse trois fois, puis continue la poursuite. Le 13 novembre, les Grenadiers s'emparent des ponts qui mènent à Vienne. Le 14, le Corps d'Oudinot arrive à Stocherau et se rééquipe avec du matériel autrichien.

Le 16, ils arrivent sur les hauteurs d'Hollabrunn et combattent les Russes de Bagration. Le terrain reste aux Français et Oudinot y est blessé.

Les Grenadiers d'Oudinot donnent à la fin de la bataille d'Austerlitz, restant en réserve la plus grande partie de la bataille. La Division Dupas anéantit une colonne de 5000 Russes.

Schramm est promu Général de brigade le 24 décembre 1805. Le Colonel Brayer prend la tête du Régiment, trois jours plus tard.

La Division reprend le chemin de la France et arrive à Strasbourg en Février 1806, puis occupe la principauté de Neuchâtel, donnée à Berthier.

Le 1er avril 1806, l'Empereur écrit, depuis La Malmaison, au Général Dejean, Ministre directeur de l'Administration de la Guerre : "Monsieur Dejean, donnez ordre au général Oudinot qui est à Neuchâtel de faire partir le bataillon d'élite du 3e régiment d'infanterie légère pour Parme où il rejoindra son régiment et ceux du 2e et 12e d'infanterie légère pour Paris où ils rejoindront également leur régiment" (Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 11816).

Le Bataillon d'Elite gagne donc Paris et rejoint son Régiment d'origine, la Division Oudinot étant dissoute.

Le 9 mai 1806, l'Empereur, depuis Saint-Cloud, écrit à Louis, commandant les forces militaires dépendant du Gouverneur de Paris : "Faites-vous rendre compte si les bataillons d'élite des 2e et 12e légère qui sont à Paris sont soldés de janvier, février, mars et avril. S'ils ne le sont pas, faites-les solder sur-le-champ et que dimanche à la parade ils aient reçu tout ce qui leur revient. Les sommes nécessaires seront versées dans la caisse des quartiers-maîtres pour qu'ils donnent à chaque soldat deux bons de double paye jusqu'à ce qu'ils soient entièrement soldés. Veillez à ce qu'on mette sur-le-champ au complet les masses de linge et chaussures" (Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12095).

/ LE RESTE DU REGIMENT, 1805-1806

Le 9 mars 1805 (18 ventôse an 13), l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Maréchal Berthier, Ministre de le Guerre, Major général des Camps : "Mon cousin, vous donnerez ordre au 2e régiment d'infanterie légère qui est dans la 14e division militaire de se rendre à Évreux où mon intention est qu'il soit réuni en entier au 25 germinal" (Correspondance générale de Napoléon, t.5, lettre 9648).

Le 8 mai 1805 (18 floréal an 13), l'Empereur écrit, depuis Pavie, au Maréchal Berthier, Ministre de la Guerre, Major général des Camps : "Mon cousin ... Le 2e régiment d'infanterie légère remplacera à Pavie le 4e d'infanterie légère ... Prévenez ces régiments de leur destination ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.5, lettre 9990). Remarque : confusion avec le 2e de Ligne ?

Le 5 août 1805 (17 thermidor an 13 - la minute (Archives nationales, AF IV 867, thermidor an 13, n° 69) est elle datée du 6 août), l'Empereur écrit, depuis Pont-de-Briques, au Maréchal Berthier, Ministre de la Guerre, Major général de la Grande Armée : "Mon cousin, envoyez-moi mes états de situation au 1er thermidor. Je désire avoir un état de situation particulier du 67e régiment. Son 1er et son 3e bataillon sont à Nice ; je désire savoir ce qu'ils ont reçu de conscrits soit de l'appel des 5 000 hommes, soit de l’appel des 15 000, de même que le 2e de légère qui est à Toulon" (Correspondance générale de Napoléon, t.5, lettre 10505). Ne serait-ce pas plutôt le 2e de Ligne ?

Restant stationné en France, le 1er Bataillon du Régiment et les Compagnies de Voltigeurs vont être aussi réquisitionnées. Le 8 novembre 1805 (17 brumaire an 14), l'Empereur, depuis Linz, établit le Décret suivant : "ARTICLE 1er. Il sera formé une armée du Nord, composée de six divisions : deux divisions se réuniront à Anvers ; deux autres divisions seront composées des troupes de l'avant-garde du corps de réserve de Mayence et de l'avant-garde du corps de réserve de Strasbourg. La division de Mayence se réunira à Juliers, et celle de Strasbourg dans cette ville.
Les deux autres divisions seront formées de toutes les troupes françaises et bataves qui se trouvent en Batavie et se réuniront à …
ART. 2. Le connétable de l'Empire aura le commandement de cette armée.
ART. 3. Les deux divisions qui se réunissent à Anvers seront composées ainsi qu'il suit, savoir :
La 2e division, d'un bataillon formé de six compagnies complétées chacune à 100 hommes, du 2e régiment d'infanterie légère ; d'un bataillon de six compagnies complétées chacune à 100 hommes, du 12e régiment d'infanterie légère ; du corps des grenadiers de la réserve de Rennes (les grenadiers de la réserve de Rennes se rendront d'abord à Evreux, où ils séjourneront ; le connétable les passera en revue, et ils n'en partiront que dans le cas où leur présence serait jugée nécessaire à Anvers); du 22e régiment de ligne ; d'un des régiments de ligne italiens, qui sont à Boulogne ...
ART. 9. Tous les corps qui doivent former les deux divisions d'Anvers partiront douze heures après la réception de l'ordre qui leur sera adressé, et ces ordres seront expédiés et partiront immédiatement après la réception du présent décret ...
ART. 10. Le général Collot commandera les deux divisions d'Anvers ; le général Lagrange commandera, sous ses ordres, la première division ...
Les deux généraux de brigade de chaque division seront désignés par le connétable, sur la proposition du général Collot …
" (Correspondance de Napoléon, t.10, lettres 9466).

C'est ainsi que l'on retrouve le Régiment dispersé en Janvier 1806 : le 1er Bataillon en Hollande, les 2e et 3e Bataillon restant à Paris, et le Bataillon d'élite à la Division Oudinot.

janvier 1806 côte SHDT : us180601
Chef de corps : BRAYER, colonel
Conscrits des départements du Lot et Garonne de l'an XIII
CAZAUX, major; LUCET, Quartier-maître trésorier
1er Bataillon commandant : Chef de Bataillon Armand à Nimègue – armée du Nord
2e Bataillon commandant : Chef de Bataillon Sol à Paris - 1ère Division Militaire
3e bataillon à Paris - 1ère Division Militaire
Bataillon d'élite commandant : Chef de Bataillon Darcantel - Grande armée - 5e Corps.

Le 20 juillet 1806, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Dejean, Ministre directeur de l'Administration de la Guerre : "Monsieur Dejean … Vous mettrez … à la disposition du prince Joachim le major Gheiter du 15e d'infanterie légère, et les capitaines Gentil du 2e d'infanterie légère et Mouff du 88e de ligne" (Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12539).

/ LE REGIMENT ENTRE JUILLET ET DECEMBRE 1806

Le 10 août 1806, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Dejean, Ministre directeur de l'Administration de la Guerre : "Monsieur Dejean, je voudrais faire camper autour de Paris les 2e, 4e, 12e et 58e régiments formant à peu près douze bataillons, depuis le 15 août jusqu'au 1er octobre afin de bien reformer à la discipline ces quatre régiments. Faites-moi connaître si vous en avez les moyens et quelle dépense cela me fera" (Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12691).

Le même jour (10 août 1806), Napoléon écrit depuis Saint-Cloud, au Général Junot, Gouverneur de Paris : "Mon intention est de réunir autour de Paris, dans un seul camp, les 2e, 4e et 12e d'infanterie légère et le 58e d'infanterie de ligne, formant douze bataillons et près de 9,000 hommes. Je désire qu'il y ait campés avec eux un général de brigade et un adjudant commandant, pour les exercer et soigner leur instruction.
Le camp sera dressé le 16 août et durera jusqu'au 1er octobre. Faites-moi connaître le général qu'on pourrait charger du commandement de ce camp, ainsi que le lieu où l'on pourrait le placer
" (Correspondance de Napoléon, t.13, lettres 10631 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12695).

Réuni, le Régiment campe donc près de Paris.

Le 14 août 1806, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Dejean, Ministre directeur de l'Administration de la Guerre : "Monsieur Dejean, donnez ordre que le 18 août, les 2e et 12e régiment d'infanterie légère campent sur les hauteurs de Meudon et les 4e légère et 58e de ligne, le 20. Ce camp sera sous les ordres du gouverneur de Paris et sous le commandement du général Macon qui y campera, ainsi que les colonels et tous les officiers.
Vous ferez mettre à ce camp une compagnie d'artillerie à pied avec quatre ou six pièces afin qu'on puisse manœuvrer. Vous prendrez les mesures nécessaires pour que ce camp dure jusqu'au 20 septembre
" (Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12715).

Le même jour (14 août 1806), Napoléon écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Junot, Gouverneur de Paris : "Mon intention est que les 2e, 4e, 12e et 58e campent sur les hauteurs de Meudon, afin que l'air soit sain. Il y a là de très belles plaines où la récolte doit être faite. Faites reconnaître le camp" (Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12719).

Le général Dupas se voit confier une Division pour renforcer les forces françaises en Allemagne devant les préparatifs de la Prusse. Cette Division s'organise à Mayence à partir de mi-septembre. Elle va devenir la 1ère Division du nouveau 8eme Corps, confié au Maréchal Mortier. Le 2e Léger y envoie ses deux premiers Bataillons.

Le 19 septembre 1806, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Maréchal Berthier, Major Général de la Grande Armée : "Mon cousin ... Le roi de Hollande sera le 2 octobre avec un corps considérable de troupes à Wesel. Il faut que le général Songis donne, sur-le-champ des ordres pour que la division du général Dupas , à Mayence, composée du 28e d'infanterie légère, du 14e de ligne, du 2e d'infanterie légère et peut-être du 12e d'infanterie légère ait 10 pièces d'artillerie attelées et en bon état sans que pour cela on en fasse rétrograder de Mayence, mais le général Songis donnera des ordres pour qu'on les attelle en levant des chevaux dans le pays ou de toute autre manière ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12978).

Le même jour, il écrit au Général Dejean, Ministre directeur de l'Administration de la Guerre : "Monsieur Dejean, donnez ordre au gouverneur de Paris de former le 2e régiment d'infanterie légère à deux bataillons bien complets de 1,000 hommes chacun, si cela est possible; de faire la même chose pour les 4e et 12e régiments d'infanterie légère et de faire partir ces bataillons : ceux du 2e léger le 21, par la route de Meaux; ceux 12e léger par la route de Dammartin; et ceux du 4e, un bataillon par la route de Meaux, et un bataillon par la route de Dammartin ..." (Correspondance de Napoléon, t.13, lettres 10825 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12984).

Le 20 septembre 1806, à 6 heures du matin, Napoléon écrit depuis Saint-Cloud, au Maréchal Berthier : "Mon Cousin, je vous envoie le mouvement de l'armée.
… Il faut que le général Songis prenne des mesures pour que la division du général Dupas, qui se réunit à Mayence, ait dix pièces d'artillerie, mais sans faire faire de pas rétrograde à l'artillerie de l'armée. Cette division est composée des 2e, 12e et 28e d'infanterie légère et du 14e de ligne ; je compte y joindre deux autres régiments. Ce sera là le corps d'observation de la France et le corps d'appui de l'armée du roi de Hollande …
" (Correspondance de Napoléon, t.13, lettres 10827 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 13003).

Deux jours plus tard, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Dejean, Ministre Directeur de l'Administration de la Guerre : "Monsieur Dejean, il sera formé un 8e Corps de la Grande Armée composé de divisions. Ce corps se réunira à Mayence. Les deux généraux commandant ces divisions seront les généraux Lagrange et Dupas. L'adjudant commandant Cortez sera attaché à la division du général Dupas ; l'adjudant-commandant Dalancourt sera attaché à celle du général Lagrange. Les généraux de brigade Veaux, La Val et Desenfans seront sous les ordres du général Lagrange. Les généraux de brigade Buget et Schramm seront sous les ordres du général Dupas ... La division du général Dupas sera composée du 2e et 28e d'infanterie légère et 14e de ligne. Ce 8e corps sera sous les ordres du maréchal que je nommerai incessamment ... Chacune de ces deux divisions aura huit pièces d'artillerie …" (Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 13071).

Le 28 septembre 1806, les effectifs doivent être complétés ; l'Empereur écrit, depuis Mayence, au Général Dejean, Ministre Directeur de l'Administration de la Guerre : "Monsieur Dejean, faites partir sans délai pour Mayence ... également 100 hommes des 2e, 12e et 4e d'infanterie légère. Ce détachement de 500 hommes vous le ferez partir sous les ordres d'un officier supérieur pour Mayence où ils recevront de nouveaux ordres ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 13115).

Le 1er octobre 1806, l'Empereur écrit, depuis Mayence, au Maréchal Mortier : "Mon Cousin, je vous ai nommé au commandement du 8e corps de la Grande Armée ... Le 8e corps de la Grande Armée doit être composé de deux divisions, commandées l'une par le général Dupas et l'autre par le général Lagrange ... Les régiments composant le 8e corps d'armée sont le 2e, le 4e et le 12e d'infanterie légère ... Aussitôt que vous aurez plus de 5,000 hommes et neuf pièces de canon attelées, vous pourrez vous porter à Francfort. Vous trouverez ci-joint une instruction qui vous servira de guide en cas d'événement ..." (Correspondance de Napoléon, t.13, lettres 10925 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 13188).

Le même jour, l'Empereur écrit, depuis Mayence, à Berthier, Major général de la Grande Armée : "Mon Cousin, je partirai ce soir à neuf heures. Je serai à Aschaffenburg demain matin vers six ou sept heures, et probablement avant six heures du soir à Wiirzburg. J'ai nommé le maréchal Mortier commandant le 8c corps d'armée, qui sera composé des 2e, 4e et 12e régiments d'infanterie légère, du 58e de ligne, des deux régiments italiens, du 4e de dragons et du 26e de chasseurs, de dix-huit pièces d'artillerie attelées et de vingt-quatre caissons" (Correspondance de Napoléon, t.13, lettres 10929 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 13173).

Puis il confirme ces dispositions au Général Kellermann le même jour : "... Le 2e et le 4e d'infanterie légère seront à Worms l'un le 8 et l'autre le 9 octobre, prenez des mesures pour qu'ils trouvent des bateaux à Worms qui les transporte à Mayence ... Le 2e régiment d'infanterie légère, le 4e et le 12e qui arrivent par Bingen, et l'artillerie qu'on prépare à Mayence pour le 8e corps de la Grande Armée se tiendront prêts, sous les ordres du général de division Dupas, à partir pour prendre position à Francfort. J'enverrai l'ordre du départ, il faut que cette division soit prête à quitter Mayence du 10 au 12 octobre ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 13186).

Le 8e Corps ne prend pas part aux premières opérations de la campagne. Il ne part, en effet, de Mayence qu'après les victoires d'Iéna et d'Auerstedt qui voient le quasi anéantissement de l'armée prussienne.

Pendant ce temps, le reste du Régiment est resté autour de Paris et Napoléon s'en préoccupe. Les Dépôts doivent continuer à envoyer des renforts aux Bataillons de guerre. Le 22 octobre 1806, il écrit depuis Dessau au Général Junot, Gouverneur de Paris : "Je reçois votre lettre du 14. Je vois avec plaisir que vous vous occupez de l'instruction et de l'administration des régiments que je vous ai laissés ... Vous ne m'avez pas envoyé l'état de situation des 2e, 4e et 12e régiments d'infanterie légère"(Correspondance de Napoléon, t.13, lettres 11050 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 13306).

Le 25 octobre 1806, Napoléon écrit depuis Potsdam, au Général Dejean, Ministre Directeur de l'Administration de la guerre : "Monsieur Dejean, faites partir au 6 novembre 120 hommes du 14e de ligne, 120 du 12e légère, 120 du 2e légère, 120 du 4e légère, 120 du 25e légère, 120 du 64e, 120 du 108e, 120 du 48e, 120 du 13e légère et 120 du 32e, commandé chaque détachement par un officier, deux sergents, deux caporaux avec deux tambours. Ces détachements se dirigeront sur Mayence, Erfurt, Wittenberg et Berlin ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 13332).

Le 30 octobre 1806, depuis Berlin, Napoléon écrit au Général Dejean, Ministre Directeur de l'Administration de la Guerre : "Monsieur Dejean ... Faites partir le 4 novembre de Paris 200 hommes du 2e régiment d’infanterie légère ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 13374).

Le 8e Corps est d'abord chargé d'occuper la Hesse et de désarmer l'armée hessoise. On entre donc dans Cassel le 1er Novembre. Les restes des forces prussiennes s'étaient réfugiés dans les forteresses de l'Allemagne du Nord et attendaient l'appui de leur allié russe qui s'était positionné sur la Vistule.

Napoléon ayant décidé de marcher vers la Pologne contre l'armée russe, et de franchir la Vistule, le 8e Corps est chargé d'entrer en Hanovre avec mission de gagner Berlin et la Prusse, de garder le pays entre Elbe et Oder et d'observer la Poméranie suédoise où les Anglais et les Suédois peuvent combiner une expédition.

Ainsi, le 4 novembre 1806, depuis Berlin, l'Empereur écrit au Roi de Hollande : "Mon Frère, le maréchal Mortier se range sous vos ordres, et vous commandez en chef dans le Hanovre et les villes hanséatiques. Je suppose qu'au plus tard le 10 vous serez à Hanovre, et que vous avez avec vous le 72e, le 65e et le 22e régiment français, et 7 à 8,000 Hollandais. Vous ferez occuper par 2 ou 3,000 Hollandais, autres que ceux que vous avez à l'armée, Emden et l'Ost-Frise, ce qui formera votre gauche et votre réserve. Le maréchal Mortier aura de son côté les 2e, 4e et 12e d'infanterie légère ; vous aurez donc six régiments français ; ce qui, avec les Hollandais, ne doit pas faire beaucoup moins de 20,000 hommes. Les deux régiments italiens, les troupes de Nassau et de Darmstadt et celles du grand-duc de Berg, qui sont à Wesel ou à Cassel, formeront un secours de 4 ou 5,000 hommes, dont, selon les circonstances, vous pourrez vous fortifier … Mon intention est que vous divisiez votre armée en deux corps ; que vous donniez au maréchal Mortier le commandement du 8e corps de la Grande Armée, que vous formerez de manière qu'il soit au moins de 12,000 hommes, avec le plus de cavalerie que vous pourrez et vingt-quatre pièces d'artillerie. Avec ce corps, le maréchal Mortier se rendra à Hambourg, prendra possession de la ville, ainsi que de Brême et de Lubeck" (Correspondance de Napoléon, t.13, lettres 11171 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 13455).

Le 11 novembre 1806, l'Empereur écrit, depuis Berlin, au Maréchal Mortier : "Mon Cousin, le roi de Hollande s'en retourne dans son royaume. Vous avez donc le commandement de toutes les troupes. Mon intention est que vous en fassiez quatre divisions, dont deux divisions françaises, une division hollandaise et une division italienne.
La première division française sera composée du 2e d'infanterie légère et des 65e et 72e de ligne ...
Je n'ai pas besoin de vous dire que mon intention est que vos deux divisions françaises soient toujours réunies. Chacune des divisions doit avoir douze pièces de canon que vous vous occuperez d'organiser en Hanovre ...
Envoyez-moi la formation de votre armée sur ces bases …
" (Correspondance de Napoléon, t.13, lettres 11231 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 13544).

L'arrière et les envois de renforts sont toujours objet des attentions de Napoléon. C'est ainsi qu'il ordonne à Dejean le 14 novembre 1806, depuis Berlin : "Monsieur Dejean ... J'ai laissé à Paris six bataillons ; je désire que le gouverneur en voie un par jour, de sorte qu'il les ait tous vus en une semaine. Faites-vous rendre compte de leur administration. Il faut que ces six bataillons me fournissent, avant le mois de février prochain, 6,000 hommes pour Paris et mes réserves de l'intérieur. Si on les envoie à Orléans, ils croupiront dans l'oubli et ne feront plus rien qui vaille. Faites-vous rendre compte de l'état de situation des 2e, 12e et 4e, et portez tous vos soins à ce que les bataillons de guerre de ces corps soient à l'effectif de 140 hommes par compagnie ; ce qui fait 1,240 hommes par bataillon et 2,500 hommes pour les bataillons qui sont à l'armée ; je dis à l'effectif, parce que les malades et absents à leur départ de Paris doivent y être compris ... Vous vous entendrez avec le gouverneur de Paris pour faire partir par mois et par détachements 5 à 600 hommes, tout ce qui est nécessaire pour porter ces corps ... au complet de l'effectif demandé ..." (Correspondance de Napoléon, t.13, lettres 11254 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 13578).

La présence des troupes près de Paris permet aussi de lutter contre le brigandage. C'est ainsi que le 10 novembre, l'Empereur écrit à Cambacérès, Archichancelier de l'Empire, véritable régent en l'absence de Napoléon : "Mon Cousin … Je vois avec peine qu'on arrête des diligences. Il faut éveiller la sollicitude de la police et déployer un peu de forces. Voyez le ministre Dejean et le gouverneur de Paris. Mon intention est que les quatre dépôts de dragons qui sont à Paris fournissent chacun un détachement de 30 hommes commandés par un officier ; ces quatre détachements, formant 120 hommes, seront répartis sur les routes de Chartres, sur les confins de l'Orne, du côté des Andelys et d'évreux. Pour peu que le mal augmente, on formera sur-le-champ un camp volant composé des carabiniers et voltigeurs des 2e, 4e et 12e régiments d'infanterie légère, des 120 dragons et de plusieurs brigades de gendarmerie. Cette force, faisant 5 ou 600 hommes, se rendra successivement à évreux, aux Andelys, à Laigle, et, s'il est nécessaire, du côté de Domfront, arrêtera les mauvais sujets et fouillera les forêts. Cela rassurera les bons citoyens et comprimera ce commencement de malveillance …" (Correspondance de Napoléon, t.13, lettres 11224 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 13537).

Pendant ce temps, le Quartier général du 8e Corps s'établit à Hambourg.

Le 16 novembre 1806, l'Empereur écrit depuis Berlin au Maréchal Mortier : "Mon Cousin, je reçois vos lettres du 12 et du 13. J'ai donné l'ordre au général Savary de se rendre devant Hameln pour prendre le commandement des troupes que vous y laissez, de les réunir devant cette place ... et d'en serrer vivement le blocus en construisant des redoutes et faisant venir de Rinteln des obusiers pour bombarder la place et la forcer à se rendre. Je pense que vous devez laisser devant Hameln toute la division hollandaise, hormis les deux tiers de la cavalerie, que vous devez garder. Je sais qu'elle peut vous être nécessaire. Ces mesures prises, votre corps, que je pense réuni actuellement à Hambourg, sera beau, puisqu'il sera composé des 2e et 4e d'infanterie légère et d'un régiment italien, et des 22e, 65e et 72e de ligne et de vingt-quatre à trente pièces d'artillerie ; tout cela doit vous faire près de 14,000 hommes ..." (Correspondance de Napoléon, t.13, lettres 11268 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 13600).

/ 1807, LE SIEGE DE DANTZIG, HEILSBERG ET FRIEDLAND

Chasseur 2e Léger 1807, d'après Martinet
Fig. 4 Chasseur du 2e Léger en 1807, d'après Martinet

Le 7 janvier 1807, l'Empereur écrit, depuis Varsovie, au Maréchal Mortier : "Je vous ai fait envoyer l'ordre de faire partir le 2e et le 15e d'infanterie légère pour Posen. Je suppose qu'à l'heure qu'il est ils sont en route. Je vous laisse le maître d'attaquer la Poméranie suédoise, quand vous en jugerez l'occasion favorable. Prenez l'île de Rügen, si vous le jugez convenable, et bloquez ou assiégez Stralsund ; mais n'employez pour cela que le nombre de troupes nécessaires. Tenez le reste de vos troupes en repos et en santé ; cantonnez-les. Faites faire des magasins de biscuit ; organisez vos transports avec des charrois du Mecklenburg, et tenez-vous en mesure de vous transporter partout où il sera nécessaire" (Correspondance de Napoléon, t.14, lettre 11576 ; Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 13980).

"52e BULLETIN DE LA GRANDE ARMÉE.
Varsovie, 19 janvier 1807.
Le 8e corps de la Grande Armée, que commande le maréchal Mortier, a détaché un bataillon du 2e régiment d'infanterie légère sur Wollin. Trois compagnies de ce bataillon y étaient à peine arrivées, qu'elles furent attaquées avant le jour par un détachement de 1,000 hommes d'infanterie, avec 150 chevaux et 4 pièces de canon. Ce détachement venait de Kolberg, dont la garnison étend ses courses jusque-là ; les trois compagnies d'infanterie légère française ne s'étonnèrent point du nombre de leurs ennemis, et lui enlevèrent un pont et ses 4 pièces de canon, et lui firent 100 prisonniers ; le reste prit la fuite, en laissant beaucoup de morts dans la ville de Wollin, dont les rues sont jonchées de cadavres prussiens …
" (Panchoucke : « Oeuvres de Napoléon Bonaparte », 1821-1822, t. 4, p. 154; Correspondance de Napoléon, t.14, lettre 11668).

Le 23 janvier 1807, l'Empereur écrit, depuis Varsovie, au Maréchal Berthier : "Mon Cousin, le 10e corps sera commandé par le maréchal Lefebvre ... Le maréchal Lefebvre aura également sous ses ordres les 2e et 15e régiments d'infanterie légère, qui arriveront le 25 à Posen, et qui sont commandés par un général de brigade que le maréchal Mortier a envoyé avec ces régiments ; c'est, je crois, le général Boivin ...
Le maréchal Lefebvre arrivera à Bromberg. Il enverra des ordres pour que la brigade d'infanterie légère qui doit arriver le 25 à Posen en parte le 27 pour se rendre à Bromberg ...
Le maréchal Lefebvre aura donc sous ses ordres le corps polonais que commande le général Dombrowski, une brigade d'infanterie française de 4,000 hommes, que commande le général Boivin, savoir les 2e et 15e d'infanterie légère, une brigade de cavalerie légère française composée des 19e et 23e de chasseurs, que commande le général Duprés, le corps de troupes badoises et la légion du Nord. Le général Dombrowski a beaucoup de cavalerie légère. Toutes ces forces réunies, il doit les employer ainsi : les Badois à bloquer Kolberg, le général Ménard commandera le siége ; la division polonaise du général Dombrowski, la brigade d'infanterie française, la légion du Nord et la brigade de cavalerie française, à bloquer Danzig …
" (Correspondance de Napoléon, t.14, lettre 11680 ; Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 14148).

Le 28 janvier 1807, l'Empereur écrit, depuis Varsovie, au Maréchal Lefebvre : "Le major général vous a écrit avant-hier, hier et aujourd'hui, pour vous donner différents ordres. Je suis dans la supposition que, le 1er février, les 2e et 15e légers seront à Thorn ..." (Correspondance de Napoléon, t.14, lettre 11711 ; Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 14192).

/ Le siège de Dantzig

- Les début du siège de Dantzig

Après Eylau, Napoléon peut disposer de suffisamment de forces pour s'occuper du siège de Dantzig.

Le 24 février 1807, l'Empereur écrit, depuis Osterode, au Maréchal Berthier, Major général de la Grande Armée : "... Donnez ordre au 65e et au 22e de ligne qui font partie du corps du maréchal Mortier de se rendre à Thorn ainsi qu'au 26e régiment de chasseurs à cheval. Faites comprendre à ce maréchal que les événements qui se passent ici font que j'ai besoin de troupes, dites -lui que s'il peut rester quelque temps avec trois régiments, il m'envoie aussi le 2e d’infanterie légère, mais que je le laisse le maître pour ce dernier régiment ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 14387).

Le 26 février 1807, l'Empereur écrit, depuis Osterode, au Général Amey, commandant à Elbing : "Le général Boivin, avec le 2e léger et deux pièces de canon, est à Marienburg ; vous pourrez vous en servir, s'il arrivait que vous ayez besoin d'infanterie, contre les détachements de cavalerie ennemie. Mettez-vous en correspondance avec lui …" (Correspondance de Napoléon, t.14, lettre 11884 ; Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 14408).

Le 27 février 1807, à 5 heures et demie du soir, l'Empereur écrit, depuis Osterode, au Maréchal Bernadotte, à Preussich-Holland : "Mon Cousin … Le général Boivin, avec le 2e régiment d'infanterie légère, est à Marienburg. Si vous étiez pressé, vous pourriez lui envoyer l'ordre de venir vous joindre à Holland ; mais ne lui en envoyez l'ordre que dans un cas pressé …" (Correspondance de Napoléon, t.14, lettre 11896 ; Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 14423).

Le 4 mars 1807, l'Empereur écrit, depuis Osterode, au Maréchal Lefebvre, commandant le 10e Corps de la Grande Armée : "Vous me dites que vous avez 12 000 hommes ; les Saxons qui ont 6 000 hommes porteront votre corps à 18 000 hommes. Le 2e d'infanterie légère est toujours à votre disposition et fait toujours partie de votre corps. Il est bien essentiel que vous interceptiez les communications de Pillau avec Dantzig, et que l'on fasse là des retranchements pour se mettre à couvert.
P.S. Faites travailler les paysans à la route de Marienburg à Dirschau, en couvrant cette route de fascines et de bois, de manière qu'elle soit praticable en tout temps. Donnez-moi de vos nouvelles tous les jours
" (Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 14468).

Le 6 mars 1807, à minuit, l'Empereur écrit, depuis Osterode, au Maréchal Lefebvre, à Dirschau : "Je vois avec plaisir que, le 8, Danzig sera investi ... Quand le 2e léger attaquera les bords de la mer, faites-le soutenir par huit pièces de canon français, par les deux régiments de cavalerie française ou des cuirassiers saxons, et par 2,000 hommes de vos meilleures troupes saxonnes. Mettez Drouet et Schramm à la tête de cette expédition. Qu'ainsi, avec 4 ou 5,000 hommes, ils poussent sur l'estran, l'épée dans les reins, tout ce qui s'y trouvera, et cela pendant l'espace de plusieurs lieues, même jusqu'au bord de l'estran, si cela était possible ..." (Correspondance de Napoléon, t.14, lettre 11962).

"67e BULLETIN DE LA GRANDE ARMÉE.
Osterode, 25 mars 1807.
... Le maréchal Lefebvre a ordonné, le 20, au général Schramm, de passer de l’île de Nogat dans le Frische Haff pour couper la communication de Danzig avec la mer. Le passage s’est effectué à trois heures du matin ; les prussiens ont été culbutés et ont laissé entre nos mains 300 prisonniers. A six heures du soir, la garnison a fait un détachement de 4000 hommes pour reprendre ce poste ; elle a été repoussée avec pertes de quelques centaines de prisonniers et d’une pièce de canon. Le général Schramm avait sous ses ordres le 2e bataillon du 2e régiment d’infanterie légère et plusieurs bataillons saxons, qui se sont distingués. L’Empereur a accordé trois décorations de la Légion d'honneur aux officiers saxons, trois aux sous officiers et soldats et une au major qui les commandait ...
" (Panchoucke : « Oeuvres de Napoléon Bonaparte », 1821-1822, t. 4, p. 190 ; Correspondance de Napoléon, t.14, lettre 12175).

Le 21 mars 1807, à 9 heures du soir, l'Empereur écrit, depuis Osterode, au Maréchal Lefebvre, à Praust : "… Je donne l'ordre au 44e, qui est à Thorn, de se rendre en diligence à Danzig. J'envoie le même ordre au 19e de ligne, qui est sur la route de Stettin. Envoyez-le-lui de votre côté. Avec le 2e, cela vous formera un corps de 5,000 Français …" (Correspondance de Napoléon, t.14, lettre 12110 ; Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 14793).

Le 24 mars 1807, à 4 heures du soir, l'Empereur écrit, depuis Osterode, au Maréchal Lefebvre : "... Du moment que le 44e sera arrivé, placez le 2e le long de la mer ; placez-y aussi 3,000 Saxons, des Polonais. Ayez là près de 5,000 hommes" (Correspondance de Napoléon, t.14, lettre 12151 ; Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 14865).

Le 24 mars 1807 encore, l'Empereur écrit, depuis Osterode, au Maréchal Soult, Commandant du 4e Corps de la Grande Armée : "Mon cousin … La garnison de Dantzig qui a voulu reprendre le Frische-Haff avait 4 000 hommes et quelques centaines de Cosaques qui ont été vigoureusement reçus par le 2e bataillon du 2e d'infanterie légère, un escadron du 19e de chasseurs et deux bataillon saxons. L'ennemi a perdu 300 hommes tués, 600 prisonniers et une pièce de canon. Dans quinze jours, j'aurai devant Dantzig 80 pièces de gros calibre ; alors il faudra bien que la place se rende ou que l'ennemi se résolve à venir nous attaquer ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 14875).

- Pendant ce temps, en France

Carabinier 2e Léger 1807, d'après Martinet
Fig. 5 Carabinier du 2e Léger en 1807, d'après Martinet

Pendant ce temps, l'Empereur s'occupe du 3e Bataillon resté en France. Le 28 février 1807, il écrit, depuis Osterode, au Général Dejan : "... J'ordonne que les 5e, 6e, 7e et 8e aillent à Berlin, et qu'il en soit formé un 9e, un 10e, un 11e et un 12e provisoires. Mais il est quelques corps, tels que le 64e de ligne et le 25e d'infanterie légère, qui ne sont point sous les ordres du maréchal Kellermann : ordonnez aux commandants des dépôts de ces régiments d'obéir aux ordres de ce maréchal, et d'envoyer tous leurs hommes disponibles à Mayence pour entrer dans les régiments provisoires. Dans cet ordre ne sont pas compris le 3e bataillon du 31e d'infanterie légère et les 3e et 4e bataillons du 15e de ligne, qui sont en Poitou et en Bretagne, ni les 2e, 15e, 14e d'infanterie légère, 14e et 58e de ligne, qui sont à Paris, ni les douze 3es bataillons qui sont au camp de Boulogne ...
Voici mes dispositions ... Quant aux cinq autres bataillons qui sont à Paris, aussitôt qu'ils auront plus de 600 hommes sous les armes, vous en formerez un bataillon provisoire de cinq compagnies de 160 hommes par compagnie, ce qui fera un bataillon de 800 hommes, que vous ferez partir en poste pour Mayence, bien armé et bien équipé. Vous nommerez pour le commander un major ou un officier d'état-major ...
" (Correspondance de Napoléon, t.14, lettre 11901 ; Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 14437).

Le 18 mars 1807, il écrit, depuis Osterode, au Général Junot, Gouverneur de Paris et commandant la 1ère Division Militaire : "... à l'heure qu'il est, le 3e bataillon du 2e d'infanterie légère doit être à l'effectif de 400 hommes. Celui du 4e à 1200 hommes ; du 12e à 1300 ; 15e à 1300 ; 58e à 1200, du 32e à 1350 hommes ; du 14e à 900 hommes et du 12e à 1100 hommes.
Il résulte des états qui me sont envoyés que, le 15 février, la situation du 3e bataillon du 21e léger était de 936 hommes ; le nombre de conscrits qu'il avait à recevoir de 1806, de 1807 et de la réserve était de 547 hommes, total 1483. Je suppose ces conscrits arrivés à l'heure qu'il est ; ce qui devrait vous faire un effectif de 10 000 hommes des 8 bataillons, et, en présence sous les armes, de 8 à 9 000 hommes. Faites-moi connaîtres ce qu'il en est
" (Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 14723).

Le 18 mars 1807, l'Empereur écrit, depuis Osterode, au Général Lacuée, Directeur général des Revues et de la Conscription : "En conséquence des derniers états de situation que vous m'avez remis, il résulte que le 2e, 4e, 12e et 15e d'infanterie légère, 12e, 14e, 32e et 58e de ligne seraient à un effectif de plus de 10000 ; ce qui supposerait 8 à 9 000 hommes sous les armes ...
Voici comment j'arrive à ce résultat.
Prenons le 2e léger par exemple : au 15 février, il avait 936 hommes effectif ; il lui restait à recevoir 547 hommes des conscriptions de l'an 1806 et 1807, total, aujourd’hui que je suppose la conscription arrivée, 1 483 hommes.
Faites-moi connaître l'état de situation au 15 mars de tous les 3es ou 4es bataillons de l'armée, effectif.
Mettez à côté ce qu'ils devaient recevoir de 1806 et 1807 et réserve ; ce qui était reçu aux corps au 15 mars et faisant partie de leur situation, en ajoutant à la situation au 15 mars ce qui leur reste à recevoir de la conscription ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 14727).

Le 29 mars 1807, l'Empereur écrit, depuis Osterode, au Colonel Brayer, Comnmandant le 2e Régiment d'infanterie légère, devant Danzig : "J'ai reçu votre lettre du 25. Votre beau-père étant mort et sa succession étant ouverte, le roi de Bavière n'a plus aucune possibilité de faire ce que vous désirez. Quand bien même il romprait le fidéicommis, il ne pourrait jamais rétroagir, la succession étant ouverte. Cela aurait pu se faire si votre beau-père étant vivant avait demandé la cassation du fidéicommis" (Brotonne L. « Lettres inédites de Napoléon Ier », Paris, 1898, lettre 180). Le Colonel Brayer était marié en secondes noces et après un divorce en 1803 à Marie-Philippine-Antoinette-Françoise de Sales de Freyberg-Hopferau, fille du Baron de Freyberg, née à Munich en 1779, morte à Strasbourg le 19 décembre 1832.

- Poursuite du siège de Dantzig

Devant Dantzig, d'abord rattaché à la Division du Général Michaud, le 1er Bataillon se retrouve en avril à la 4e Division du Général Gardanne.

Le 16 avril 1807, l'Empereur écrit, depuis Finkenstein, au Maréchal Berthier : "Mon cousin, 26000 paires de souliers sont arrivés à Marienwerder … Les 2000 restants seront distribuées, savoir : 400 au 44e régiment ; 600 au 19e ; 500 au 2e d'infanterie légère ; 500 aux régiments de Paris.
Vous aurez soin de faire cette distribution par régiment afin de savoir toujours ce que chaque régiment a reçu
" (Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 15288).

Le 19 avril 1807 à midi, Napoléon écrit, depuis Finkenstein, au Maréchal Lefebvre : "... Voilà enfin Danzig bloqué …
Vous aurez donc en Français les 2e et 12e d'infanterie légère, les 19e et 44e de ligne et le régiment de Paris; ce qui, avec les canonniers et sapeurs et les 19e et 23e chasseurs, formera près de 9,000 Français
" (Correspondance de Napoléon, t.15, lettre 12422 ; Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 15341).

Le 5 mai 1807, l'Empereur écrit, depuis Finkenstein, au Maréchal Berthier, Ministre de la Guerre, Major général de la Grande Armée : "Mon cousin, donnez ordre que les 12000 paires de souliers qui se trouvent à Marienwerder soient distribuées de la manière suivante, savoir :
… 500 au 2e d'infanterie légère
1000 au 12e idem …
" (Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 15536).

Et dans une deuxième lettre, datée de Finkenstein, le 5 mai 1807, au Maréchal Berthier : "Le maréchal Lannes commande un corps qui porte le nom de corps de réserve de la Grande Armée.
Ce corps sera composé de la division Oudinot, formée à quatre brigades, et de la division Verdier ...
La division Verdier sera composée des 2e léger, 3e de ligne, 72e de ligne et du régiment de Paris. Elle aura douze pièces de canon françaises, actuellement attachées à la division italienne qui est devant Kolberg, et qui ont ordre de se rendre à Marienwerder.
... Le 2e léger et le régiment de Paris seront joints à la division Verdier après la prise de Danzig …
" (Correspondance de Napoléon, t.15, lettre 12536 ; Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 15538).

"73e BULLETIN DE LA GRANDE ARMÉE.
Elbing, 8 mai 1807.
… Le journal du siège de Danzig fera connaître qu'on s'est logé dans le chemin couvert, que les feux de la place sont éteints, et donnera les détails de la belle opération qu'a dirigée le général Drouet, et qui a été exécutée par le colonel Aymé, le chef de bataillon Armand du 2e léger, et le capitaine Avy. Cette opération a mis en notre pouvoir une ile que défendaient 1,000 Russes et cinq redoutes garnies d'artillerie, et qui est très-importante pour le siége, puisqu'elle prend de revers la position que l'on attaque. Les Russes ont été surpris dans leurs corps de garde : 400 ont été égorgés à la baïonnette sans avoir eu le temps de se défendre, et 600 ont été faits prisonniers. Cette expédition, qui a eu lieu dans la nuit du 6 au 7, a été faite en grande partie par les troupes de Paris, qui se sont couvertes de gloire …
" (Panchoucke : « Oeuvres de Napoléon Bonaparte », 1821-1822, t. 4, p. 203 ; Correspondance de Napoléon, t.15, lettre 12559).

Les 12, 13, 14 et 15 mai, les Russes tentent de débloquer Danzig. Le 2e Léger s'y distingue. Le 74e Bulletin de la Grande Armée, daté de Finkenstein, le 16 mai 1807, nous apprend : "… le lieutenant général Kamenski, fils du feld-maréchal, avec deux divisions russes, formant douze régiments, et plusieurs régiments prussiens, ont été embarqués à Pillau. Le 12, soixante-six bâtiments de transport, escortés par trois frégates, ont débarqué ces troupes à l'embouchure de la Vistule, au port de Danzig, sous la protection du fort de Weichselmunde.
L'Empereur donna sur-le-champ l'ordre au maréchal Lannes, commandant le corps de réserve de la Grande Armée, de se porter de Marienburg, où était son quartier général, avec la division du général Oudinot, pour renforcer l'armée du maréchal Lefebvre. Il arriva en une marche dans le même temps que l'armée ennemie débarquait. Le 13 et le 14, l'ennemi fit des préparatifs d'attaque. Il était séparé de la ville par un espace de moins d'une lieue, mais occupé par les troupes françaises. Le 15, il déboucha du fort sur trois colonnes ; il projetait de pénétrer par la droite de la Vistule. Le général de brigade Schramm, qui était aux avant-postes avec le 2e régiment d'infanterie légère et un bataillon de Saxons et de Polonais, reçut les premiers feux de l'ennemi, et le contint à portée de canon de Weichselmünde. Le maréchal Lefebvre s'était porté au pont situé au bas de la Vistule, et avait fait passer le 12e d'infanterie légère et des Saxons pour soutenir le général Schramm. Le général Gardanne, chargé de la défense de la droite de la Vistule, y avait également appuyé le reste de ses forces. L'ennemi se trouvait supérieur, et le combat se soutenait avec une égale opiniâtreté.
Le maréchal Lannes, avec la réserve d'Oudinot, était placé sur la gauche de la Vistule, par où il paraissait la veille que l'ennemi devait déboucher ; mais, voyant les mouvements de l'ennemi démasqués, le maréchal Lannes passa la Vistule avec quatre bataillons de la réserve d'Oudinot. Toute la ligne et la réserve de l'ennemi furent mises en déroute et poursuivies jusquaux palissades, et, à neuf heures du matin, l'ennemi était bloqué dans le fort de Weichselmünde. Le champ de bataille était couvert de morts. Notre perte se monte à 25 hommes tués et 200 blessés ; celle de l'ennemi est de 900 hommes tués, 1,500 blessés et 200 prisonniers. Le soir on distinguait un grand nombre de blessés qu'on embarquait sur les bâtiments, qui successivement ont pris le large pour retourner à Koenigsberg. Pendant cette action, la place n'a fait aucune sortie, et s'est contentée de soutenir les Russes par une vive canonnade.
Du haut de ses remparts délabrés et à demi démolis, l'ennemi a été témoin de toute l'affaire. Il a été consterné de voir s'évanouir l'espérance qu'il avait d être secouru. Le général Oudinot a tué de sa propre main trois Russes. Plusieurs de ses officiers d état-major ont été blessés. Le 12e et le 2e régiment d'infanterie légère se sont distingués. Les détails de ce combat n'étaient pas encore arrivés à l'état-major …
" (Panchoucke : « Oeuvres de Napoléon Bonaparte », 1821-1822, t. 4, p. 205; Correspondance de Napoléon, t.15, lettre 12593).

Le 75e Bulletin de la Grande Armée, daté de Finkenstein, le 18 mai 1807, reprends et complète ce récit : "Voici de nouveaux détails sur la journée du 15. Le maréchal Lefebvre fait une mention particulière du général Schramm, auquel il attribue en grande partie le succès du combat à Weichselmunde.
Le 15, depuis deux heures du matin, le général Schramm était en bataille, couvert par deux redoutes construites vis à vis le fort de Weichselmunde. Il avait les Polonais à sa gauche, les Saxons au centre, le 2e régiment d'infanterie légère à sa droite, et le régiment de Paris en réserve. Le lieutenant général russe Kamenski déboucha du fort à la pointe du jour ; et, après deux heures de combat, l'arrivée du 12e d'infanterie légère, que le maréchal Lefebvre expédia de la rive gauche, et un bataillon saxon, décidèrent l'affaire. De la brigade Oudinot, un seul bataillon put donner. Notre perte a été peu considérable. Un colonel polonais, M. Paris, a été tué. La perte de l'ennemi est plus forte qu'on ne pensait. On a enterré plus de 900 cadavres russes. On ne peut pas évaluer la perte de l'ennemi à moins de 2500 hommes. Aussi ne bouge t'il plus, et parait très circonspect derrière l'enceinte de ses fortifications. Le nombre de bateaux chargés de blessés qui ont mis la voile est de quatorze ...
" (Panchoucke : « Oeuvres de Napoléon Bonaparte », 1821-1822, t. 4, p. 209; Correspondance de Napoléon, t.15, lettre 12604).

Le 19 mai 1807, l'Empereur écrit, depuis Finkenstein, au Maréchal Berthier : "Mon Cousin, faites connaître au maréchal Lannes que mon intention est que le corps de réserve soit campé dans les positions les plus saines, à la distance au plus de deux lieues de Marienburg ; que la division Oudinot, qui forme la 1re division, campera en bataillon carré ; que la 2e division, qui sera composée du 3e et du 72e de ligne, du 2e léger et du régiment de Paris, campera également en bataillon carré, et que ces deux camps seront placés à la distance d une lieue l'un de l'autre sur la route de Marienburg à Christburg. Le maréchal Lannes s'occupera sans délai de choisir ces emplacements, mon intention étant que le 3e de ligne, qui est arrivé, se baraque sans délai dans la position qu'il doit occuper dans le camp de sa division" (Correspondance de Napoléon, t.15, lettre 12606 ; Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 15657).

Après un siège minutieux et difficile, la ville de Danzig finit par capituler le 26 mai.

"77e BULLETIN DE LA GRANDE ARMEE.
Finkenstein, 29 mai 1807.
Danzig a capitulé …
Le 2e régiment d'infanterie légère, le 12e et les troupes de Paris, le général Schramn et le général Pulhod, se sont fait remarquer …
" (Kermoysan « Napoléon, Recueil par ordre chronologique de ses lettres, proclamations, bulletins », Paris, 1853, t.2, p. 138; Correspondance de Napoléon, t.15, lettre 12691).

Fin Mai 1807, le 2e Léger passe sous le commandement de Lannes au Corps d'Armée de Réserve à la deuxième Division Verdier formant la Brigade Vedel avec le 12ème Léger.

C'est avec cette Division que le Régiment va se distinguer à Heilsberg et Friedland les 10 et 14 juin en défaisant l'armée russe de Bennigsen. Les Russes s'enfuirent en désordre sur le Niémen. Le Colonel Brayer est blessé à Friedland.

Le 21 juin à Tilsitt un armistice sera signé en attendant la Paix le 7 juillet. Le 2e Léger reste alors à Dantzig.

Le 4 août 1807, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Gouverneur de Berlin et de la Prusse : "Monsieur le général Clarke, je vous ai déjà fait connaître que la division du général Oudinot devait rester à Dantzig avec la division Verdier qui est composée des 2e et 12e d'infanterie légère et des 3e et 72e de ligne. Ainsi vous dirigerez sur Dantzig tous les détachements appartenant à ces quatre régiments et provenant soit des régiments provisoires, soit des bataillons provisoires de garnison de Küstrin, Spandau, Magdeburg, Stettin, Glogau, Wittenberg. Vous dirigerez également sur Dantzig tous les détachements du corps d'Oudinot qui se trouvent dans votre gouvernement …" (Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 16105).

Le 2 novembre 1807, l'Empereur écrit, depuis Fontainebleau, au Maréchal Berthier, Major général de la Grande Armée : "Mon cousin … Les 2e et 12e d'infanterie légère et tous les détachements des régiments provisoires qui leur appartiennent se dirigeront sur Erfurt où ils recevront de nouveaux ordres ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 16681).

Le 8 novembre 1807, l'Empereur écrit, depuis Fontainebleau, au Maréchal Berthier, Major général de la Grande Armée : "Mon cousin, répondez au maréchal Soult par un officier d'état-major. Faite-lui connaître que vous m'avez mis sous les yeux sa lettre du 22 octobre ; que je suis surpris que la division Verdier se trouve encore sur la Vistule ; qu'elle devrait être à Stettin, et que les 2e et 12e régiments devraient même être en marche pour Erfurt ...
Vous ferez connaître au maréchal Soult que ... aussitôt que je verrai les affaires s'éclaircir, son corps d'armée sera chargé de la garde de Stettin et de la Poméranie suédoise ; qu'il faut donc que je sache bien le jour où les deux régiments de la division Verdier arriveront à Stettin ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 16734).

Le 2e Léger doit retourner en France. Le 11 novembre 1807, depuis Fontainebleau, l'Empereur écrit au Prince de Neuchâtel, Major général de la Grande Armée : "Mon Cousin … La division Verdier sera dissoute ; les 2e et 12e légers se rendront à Paris …" (Correspondance de Napoléon, t.16, lettre 13345 ; Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 16756).

Et le 13 novembre 1807, au même : "Mon cousin, faites-moi connaître quand ... les 2e et 12e légers seront à Erfurt ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 16774).

Le 23 décembre 1807, l'Empereur écrit, depuis Milan, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, donnez ordre ... aux 2e et 12e d'infanterie légère qui arrivent à Mayence le 8 janvier de continuer leur route sur Paris ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 16919).

/ 1807-1808, LA CAMPAGNE DE PORTUGAL DU 3EME BATAILLON

Pendant que les deux premiers Bataillons étaient en Allemagne, le 3e Bataillon était mobilisé au mois d’Août pour faire partie du Corps d’Observation de la Gironde, mis sous le commandement de Junot. Celui-ci devait traverser l’Espagne, alors notre alliée, et marcher sur le Portugal, trop inféodé aux Anglais. Les Espagnols devaient aussi en profiter pour s’étendre, par une convention secrète signée à Fontainebleau le 27 Octobre.

"DÉCRET.
Saint-Cloud, 2 août 1807.
TITRE Ier.
DISSOLUTION DES CAMPS DE SAINT-LÔ, PONTIVY ET NAPOLÉON.
ARTICLE 1er. Les trois camps volants de Saint-Lô, de Pontivy et de Napoléon seront dissous dans le courant du mois d'août.
ART. 2. Chacun de ces trois camps formera une division d'un corps qui portera le titre de Corps d'observation de la Gironde.
ART. 3. Le général Junot, gouverneur de Paris, est nommé général en chef commandant le corps d'observation de la Gironde, lequel se réunira à Bayonne.
Le général Junot recevra des ordres pour être rendu le 20 août à Bayonne avec son état-major.
TITRE II.
COMPOSITION DU CORPS D'OBSERVATIONDE LA GIRONDE.
... ART. 5. La 2e division sera composée
Du 3e bataillon du 12e d'infanterie légère, du 3e bataillon du 15e idem, du 3e bataillon du 2e idem, du 3e bataillon du 4e idem, du 3e bataillon du 32e de ligne, du 3e bataillon du 58e idem et du 2e bataillon du 2e régiment suisse, porté au grand complet de 1,260 hommes, qui partira le 6 août de Toulon et d'Avignon.
Chacun de ces sept bataillons sera complété à l'effectif de 1,260 hommes.
Le général de division Laroche commandera cette division ; il aura sous ses ordres les généraux de brigade Charlot et Petitot.
Cette division aura douze pièces de canon, avec le personnel, matériel et attelages, prises au camp de Saint-Lô.
Au 5 août, le camp de Saint-Lô sera dissous, et le général Laroche, avec ses officiers, les généraux et les troupes, se mettra en marche pour Bayonne
" (Correspondance de Napoléon, t.15, lettre 12973).

Des renforts sont envoyés au Corps d’Observation sous la forme d’un Bataillon provisoire. Parmi les soldats, des Chasseurs du 2eme Léger.

Le 12 octobre 1807, l'Empereur écrit, depuis Fontainebleau, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, donnez ordre qu'il soit formé demain par le général Hulin un bataillon provisoire composé d'une compagnie du 2e régiment d'infanterie légère, une du 4e idem, une du 12e, une du 15e, une du 32e, une du 58e. Vous nommerez un chef de bataillon de ces corps pour commander ce bataillon provisoire. Chaque compagnie sera composée d'un capitaine, un lieutenant, deux sous-lieutenants, un sergent-major, deux sergents, quatre caporaux, deux tambours et 200 hommes. On pourra prendre s'il est nécessaire des conscrits de 1808. Ces hommes seront bien habillés et bien armés ; vous en passerez vous-même la revue ; ils se mettront en marche le 15 pour se rendre à Bayonne, où ils renforceront leurs troisièmes bataillons de guerre ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 16512).

C’est le 18 octobre que les forces françaises franchissent la frontière espagnole et 1 mois plus tard que celle du Portugal est atteinte. Le 3e Bataillon du 2e Léger fait partie avec le 3e bataillon des 4e, du 1er régiment provisoire léger de la 1ère Brigade (Charlot) de la 2e Division d’infanterie (Loison).

Le 30 octobre 1807, l'Empereur écrit, depuis Fontainebleau, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, je vous avais donné des ordres pour la formation d'un bataillon provisoire tiré des dépôts de Paris, destiné à recruter le corps de la Gironde. Cela n'a pu avoir lieu. L'arrivée à Paris de deux régiments de guerre de la garde de Paris ayant augmenté la garnison, je désire que vous fassiez procéder sans délai à la formation de ce bataillon provisoire qui sera composé d'un lieutenant, d'un sergent, de deux caporaux et de 60 hommes du 32e, de 100 hommes du 58e, de 60 hommes du 2e, de 160 hommes du 4e, de 150 hommes du 12e et de 60 hommes du 15e ; ce bataillon provisoire, commandé par un capitaine, se mettra en marche le 4 novembre. Vous chargerez le général de division Mouton de former ce bataillon et d'en passer une revue de rigueur ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 16651).

Le 30 Novembre, l'avant-garde de Junot arrive en loques à Lisbonne. La première tâche du Général en chef est de dissoudre l'Armée portugaise et d'envoyer le reste en France. Puis de répartir ses troupes, qui s'intitulent désormais Armée du Portugal, dans le pays. La 2e Division est envoyée à Cintra, Mafra, et occupe le littoral jusqu'à l'embouchure du Mondego.

Le 7 janvier 1808, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, donnez des ordres pour la formation d'un bataillon proviroire composé d'une compagnie de chacun des régiments suivants, des 2e, 4e, 12e et 15e d’infanterie légère, et du 32e et 58e de ligne, d'une du 1er régiment de Paris, et d'une du 2e régiment de Paris. Ce bataillon ainsi fort de 8 compagnies formant un millier d'hommes partira le 12 janvier pour se rendre à Bayonne et recruter les corps auxquels ces compagnies appartiennent ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 16961).

La situation des troupes s'améliore peu à peu grâce aux réquisitions sur le pays, qui par contre braquent la population. Les forces espagnoles qui ont, un peu, aidé les Français, se retirent ou doivent être désarmées à la suite des évènements qui se passent dans leur pays en parallèle.

Junot, devenu Gouverneur Général, Duc d'Abrantes, et son Armée du Portugal, peuvent penser que la situation se stabilise. Le problème est qu'en Espagne voisine, c'est le contraire. Les troupes françaises, peu à peu, se sont infiltrées, et se sont emparées des points stratégiques. Mais la population, qui voit sa famille royale détrônée, se révolte en Mai 1808, aidée par l'Armée espagnole. Junot est donc coupé de ses arrières, isolé au Portugal.

Le 6 Juin 1808, l'insurrection débute aussi au Portugal contre les Français. Les Anglais fournissent par bateaux du matériel, les milices portugaises se réactivent, puisqu'il n'y a plus d'armée de Ligne. Les premiers détachements français sont défaits. Junot décide de concentrer ses troupes autour de Lisbonne en gardant quelques places fortes comme Almeida et Elvas pour pouvoir s'y replier si on doit évacuer Lisbonne.

La Division Loison, avec le Bataillon du 2eme Léger, doit, dès le 21 juin, se battre contre des insurgés près du Douro. Elle est est bientôt rappelée d'Almeida sur Lisbonne le 4 juillet. Des combats ont lieu dans tout le pays. Sur son chemin, Loison combat les Portugais et arrive à Abrantes le 9 Juillet puis gagne Lisbonne.

Tandis que Loison est envoyé vers Evora le 30 juillet dans le Sud avec de nouvelles forces sous ses ordres, on apprend aussi la défaite de Dupont à Baylen en Andalousie.

Le 3 Août, un Corps expéditionnaire anglais se met à débarquer à Figueira da Foz, commandé par un certain Wellesley. Les Anglais se mettent en marche sur Lisbonne. Le 15 août près d’Obidos, ils se heurtent aux forces françaises dont 4 Compagnies du 2e Léger qui doivent se replier. Le Capitaine Chevalier est tué et le Capitaine Vianet blessé.

Junot essaye de les ralentir à Rolica le 17 Août, en y envoyant le Général Delaborde (dont la Brigade Brenier avec le 2eme Léger). La confrontation la plus sérieuse étant la bataille de Vimeiro le 21 Août. La Brigade Brenier de la Division Delaborde qui s'est déjà battue quelques jours plus tôt, est de nouveau au combat. Les Anglais utiliseront pendant la bataille les premiers obus Schrapnel.

La Division Brenier est sur l'aile gauche des Anglais. Elle subit de lourdes pertes et le Général Brenier, blessé, est capturé. Le manque de tactique de Junot durant la bataille cause sa perte. Il décide de se replier sur Lisbonne. Sans moyen de continuer les combats, il obtint par la convention de Cintra le 30 Août une capitulation honorable. Elle portait, en effet, que l'armée française se retirerait avec tous les honneurs de la guerre; emportant tout ce qui lui appartenait, qu'elle serait ramenée en France par les vaisseaux anglais et que les blessés traités avec soins seraient rendus à leur pays dès leur guérison.

/ 1808-1809, LA CAMPAGNE D’ESPAGNE DES 1er, 2e, 3e ET 4e BATAILLONS

Sous officier 2e Léger 1808, tenue de sortie
Fig. 6 Sous-officier (Sergent) de Chasseurs du 2e Léger en tenue de sortie vers 1808

En Espagne, dès la fin 1807, sous prétexte de la campagne au Portugal, les troupes françaises organisées en divers Corps d'Observation avaient largement pénétré chez leur allié et s'étaient emparés des points stratégiques, tandis que la monarchie espagnole se déchirait dans des querelles familiales. Le peuple espagnol et l'armée subissaient cela en rongeant leur frein. Murat avait été nommé Lieutenant de l’Empereur en Espagne.

Tandis que le 3e Bataillon partait pour le Portugal, les deux premiers venant d’Allemagne arrivaient à Paris au début 1808. Puis gagnaient Rennes.

Le 10 mars 1808, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le Général Clarke, il sera formé à Rennes un camp de réserve, composé de trois brigades d'infanterie et de trois régiments provisoires de cavalerie, avec dix-huit pièces de canon. La 1re sera composée du 2e d'infanterie légère et du 15e de ligne, et se réunira à Pontivy. La 2e brigade sera composée du 4e régiment d'infanterie légère, d'un bataillon suisse et d'un bataillon des légions de réserve qui est à Rennes, et se réunira à Rennes. La 3e brigade sera composée du 12e léger et du 14e de ligne, et se réunira à Avranches et Vire" (Correspondance de Napoléon, t.16, lettre 13636 ; Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 17361).

Le 13 mars 1808, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Maréchal Berthier, Major général de l'Armée : "Mon intention est d'accorder une gratification de cent mille francs aux 2e, 4e et 12e régiments d'infanterie légère ...
Vous ferez connaître aux conseils d'administration de ces régiments que mon intention est qu’il soit donné trois mois de solde aux officiers et deux mois aux sous-officiers et soldats, mais à ceux seulement qui ont assisté aux batailles soit d'Austerlitz, soit d'Iéna, soit de Friedland. Le surplus de cette somme, s'il en restait après la répartition de cette gratification, servirait à donner un supplément de deux mois de solde aux officiers et soldats qui auraient été blessés. Si la somme que j'ai fixée ne suffisait pas pour donner les trois mois de solde, on diminuera 15 jours aux officiers et 15 jours aux soldats. On vous rendra compte de l'opération ...
" (Brotonne (L. de) : « Dernières Lettres inédites de Napoléon 1er, collationnées sur les textes et publiées » ; Paris, 1903, t. 1, lettre 657 ; Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 17390).

Napoléon, croyant le pays mur pour un changement dynastique, força les souverains espagnols à l'abdication à Bayonne et décida de mettre son frère Joseph sur le trône, le 10 Mai. Dès que cela fut connu, des révoltes éclatèrent simultanément sur tout le territoire (en préambule, il y eut les fameux 2 et 3 Mai à Madrid) et l'armée espagnole prit les armes contre les occupants français. Napoléon pensait que la prise de possession du trône espagnol serait une promenade militaire. Cela allait durer 6 ans !

Le Régiment fut à cette époque porté à 5 Bataillons, 1 de Dépôt (le 5ème), un au Portugal (le 3ème), et trois de guerre en France (les 1er, 2ème et 4ème).

Le Régiment est ensuite rapproché de la frontière espagnole.

Le 20 mai 1808, l'Empereur écrit, depuis Bayonne, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, je reçois vos états de situation de la quinzaine. Je vois avec peine, dans celui de l'intérieur, qu'on ne porte pas les conscrits de 1809, de sorte que j'ignore le disponible de chaque régiment. J'y vois que le 2e léger a 750 hommes présents sous les armes; le 4e léger, 450; le 32e, 560; le 15e, 200; le 32e de ligne, 260; le 18e, 100; la 4e légion de réserve qui est à Versailles, 600; le 12e de ligne, 350; le 14e, 440. Pourrait-on, en cas d'événement, former de ces régiments deux bataillons provisoires composés, l'un de deux compagnies du 2e léger, de deux du 12e léger, d'une du 4e et d'une du 15e, de 150 hommes chacune, ce qui ferait un bataillon de six compagnies de 900 hommes ? Le second bataillon serait composé d'une compagnie du 32e régiment de ligne, d'une du 12e, d'une du 14e et de deux de la 4e légion de réserve, ce qui ferait également 900 hommes. Ce régiment provisoire, de 1,800 hommes, pourra devenir utile pour Cherbourg et pour le Havre. Je désire qu'il soit formé seulement sur le papier, et que vous me fassiez connaître s'il serait composé d'hommes ayant la première teinture d'instruction, habillés, armés, et du nombre d'officiers et sous-officiers suffisants ..." (Correspondance de Napoléon, t.17, lettre 13941 ; Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18001).

Le 10 juin 1808, l'Empereur écrit, depuis Bayonne, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke ... Donnez ordre que les deux bataillons du 2e légère, du 12e légère et du 14e de ligne qui se trouvent au camp de Rennes soient complétés à l'effectif de 140 hommes par compagnie, c'est-à-dire 840 hommes par bataillon : faites partir de Paris les détachements nécessaires. Le 2e légère n'a qu'un effectif de 1 200 hommes au camp de Rennes ; il lui manque donc 400 hommes ... Par ce changement ... le camp de Rennes sera ainsi composé, savoir :
... 1re brigade : 2e régiment d'infanterie légère, 3e bataillon du 4e régiment suisse et 5e bataillon de la 4e légion de réserve : 3 000 hommes ... ne perdez pas un moment pour donner les différents ordres et compléter le camp de Rennes en y envoyant des dépôts
" (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18262).

Le 2e Léger doit être affecté à renforcer les forces de Bessières, mais au début juillet, le Régiment est toujours à Bayonne et doit compléter un nouveau 3e Bataillon (le 3e Bataillon initial étant encore au Portugal avec Junot).

Le 15 juin 1808 en effet, l'Empereur écrit, depuis Bayonne, au Maréchal Berthier, Major général de l'Armée : "Mandez au maréchal Bessières que, immédiatement après qu’il se sera emparé de Benavente, qu'il aura soumis Zamora, Toro et Léon, je désire que son corps d'armée ait l'organisation suivante :
... Division Mouton, composée de deux brigades : 1° brigade Beynaud, 4e léger, 15e de ligne et un bataillon de Paris, 3,000 hommes ; 2° brigade Rey, 2e et 12e légers, 2,100 hommes ; 5,100 hommes et douze pièces de canon ...
Le général de brigade Monthion restera à Vitoria ayant avec lui un escadron de 150 chevaux, qui sera formé du 7e régiment de marche de dragons qui vient de Rennes et qui arrive après-demain ; deux compagnies du 15e de ligne formant un petit bataillon de 300 hommes ; le 3e bataillon du 2e léger, 600 hommes ; le 3e bataillon du 12e léger, 600 hommes ; ce qui ferait 1,650 hommes. Le colonel Barrère commandera cette colonne et aura deux pièces de canon.
Le maréchal Bessières, immédiatement après les premiers événements, peut organiser les divisions Merle et Mouton. S'il avait un avantage marquant sur la force des troupes du général Cuesta, peut-êtré serait-il utile qu'il enlevât les Asturies et la Galice, en profitant de la terreur d'une première victoire.
Vous lui ferez connaître qu'il doit être sans inquiétude sur la formation des colonnes de Burgos et de Vitoria ; que tout est en mouvement, et qu'il part du monde d'ici tous les jours ; qu'il n'a qu'à penser à former son corps d'armée de Léon ...
" (Correspondance de Napoléon, t.17, lettre 14096 ; Correspondance militaire de Napoléon 1er extraite de la correspondance générale et publiée par ordre du ministère de la guerre, t.5, lettre 1039 ; Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18304).

Le 18 juin 1808, l'Empereur écrit, depuis Bayonne, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke ... Je donne également l'ordre au major général d'envoyer un courrier à Rennes pour faire venir à Bayonne les 2e et 12e régiments d'infanterie légère. Ces deux régiments seront remplacés à Rennes et à Pontivy par le 14e et le 44e de ligne ... Je vois que le bataillon de Paris sera ici le 25, vous pourrez envoyer en route l'ordre aux détachements des 2e et 12e légères qui sont partis de Paris de faire un mouvement à gauche et de se diriger sur Bayonne ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18348).

Le 2 juillet 1808, Napoléon écrit, depuis Bayonne, au Maréchal Berthier, Major général de l'Armée : "… La division Mouton est ce soir à Vitoria.
… on attends demain les 2e et 12e d'infanterie légère devant accompagner le roi.
… Ecrire au maréchal Bessières pour lui apprendre que … le général Mouton doit être arrivé aujourd'hui à Vitoria, que nous attendons demain les 2e et 12e d'infanterie légère, ce qui formera une petite division de 3 mille hommes avec 6 pièces de canon, qui accompagnera le roi qui partira dans 4 à 5 jours …
" (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18463).

Sergent Porte-fanion de Voltigeurs du 2e Léger vers 1809-1810
Fig. 7 Sergent Porte-fanion de Voltigeurs du 2e Léger vers 1809-1810

Le 5 juillet 1808, l'Empereur écrit, depuis Bayonne, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "... J'ai ordonné que les 2e et 12e légère qui sont ici fussent également formés à 3 bataillons. Le cadre du 3e bataillon attend ici les détachements qui doivent le compléter.
Faites partir de Paris pour recruter les bataillons tout ce qu'il y a de disponible du 2e, 4e et 12e d'infanterie légère
" (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18473).

Le 7 Juillet 1808, l'Empereur écrit, depuis Bayonne, à Alexandre Berthier, Prince de Neuchâtel, Major général de la Grande Armée, à Bayonne : "Il faut donner ordre à 100 hommes de l'escadron du grand-duc de Berg de partir, aujourd'hui 7, pour se rendre à Irun. Les 5o hommes restant partiront demain. Les 100 hommes qui partent aujourd'hui se rendront demain 8 à Tolosa ; de sorte que le Roi, qui partira le 9, trouvera 50 hommes à Irun, qui l'accompagneront jusqu'à Saint-Sébastien, où il couchera ; le lendemain 10, ils l'accompagneront jusqu'à Tolosa, où il couchera, et le surlendemain 11, ils l'accompagneront jusqu'à Mondragon, où il en trouvera 50 autres qui l'accompagneront jusqu'à Vitoria, où il couchera, et à Vitoria il en trouvera 50 autres, qui y seront rendus le 10 ; de manière que le Roi ait les 150 hommes réunis avec lui à Vitoria. Pendant le séjour qu'il fera à Vitoria, le 1er détachement arrivé à Vitoria se mettra en marche pour Miranda, en calculant de manière que le Roi arrive à Burgos avec ses 150 hommes réunis. Les détachements qui l'auront escorté la veille coucheront toujours où aura couché le Roi, et iront au pas au lieu d'aller comme escortè. Le Roi sera escorté, de Rayonne à Irun, par 50 Polonais de ma Garde. Vous donnerez ordre au 12e léger, qui arrive le 8 à Tolosa, de continuer sa marche le 9, de manière à être le 10 ou le 11 à Vitoria ; au 2e léger, d'attendre le Roi à Tolosa, où il sera le 9.
Vous donnerez ces détails au général Salligny, et vous ferez connaître au général Rey qu'il ait à prendre les ordres de ce général, qui lui transmettra ceux du Roi, afin que ces 150 hommes de cavalerie et les deux régiments d'infanterie, avec leurs six pièces de canon, soient, à partir de Vitoria, toujours avec le Roi, et que, lorsque le Roi arrivera à Rurgos, ces troupes soient arrivées ou arrivent avec le Roi.
Je pense que le Roi doit partir le 9, et, au lieu de coucher à Irun, coucher à Saint-Sébastien. On pourrait lui fournir mes relais ici pour le conduire jusqu'à Irun ...
Ainsi je pense qu'il doit partir le 9, aller coucher à Saint-Sébastien ; le 10, se rendre à Tolosà ; le 11, à Vitoria ; y séjourner le 12 ; aller le 13 à Miranda ; le14, à Burgos, Par ce moyen, le 2e léger, qui sera le 9 à Tolosa, en partira le 10 au matin et sera le 11 au soir à Vitoria. Le 12e, qui sera le 10 à Vitoria, pourra en partir le 11 et arriver le 13 à Burgos. Enfin arrêtez un projet là-dessus avec le Roi. En attendant, envoyez l'ordre aux détachements de se mettre en marche
". Suit un tableau indiquant les étapes que le 2e Léger doit suivre : Tolosa le 9, Mondragon, le 10, Vitoria le 11 (Correspondance de Napoléon, t.17, lettre 14163 ; Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18490).

Le 8 juillet 1808, au même : "Monsieur le général Clarke, je vous ai mandé de faire partir des dépôts des 2e, 4e, 12e d’infanterie légère et 14e de ligne, tout ce qui serait disponible pour compléter les bataillons qui sont à l'armée d'Espagne ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18507).

Le 12 juillet 1808, l'Empereur écrit, depuis Bayonne, au Maréchal Berthier, Major général de l'Armée : "... Passez demain la revue du détachement des dépôts des 2e, 4e, 12e légère et du 15e de ligne, et faîtes-moi connaître le nombre d'officiers et de sous-officiers, sergents, caporaux, soldats et tambours qui sont disponibles, et s'ils sont habillés ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18534).

Le même jour, l'Empereur écrit à huit heures du matin, depuis Bayonne, à Joseph Napoléon, Roi d'Espagne : "... En attendant que cette troupe y soit arrivée, laissez à Vitoria un bataillon du 2e d'infanterie légère, qui en partira, après que la tête de la garnison y sera arrivée, pour rejoindre à Burgos ..." (Correspondance de Napoléon, t.17, lettre 14183 ; Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18539).

Le 14 juillet 1808, l'Empereur écrit, depuis Bayonne, au Maréchal Berthier, Major général de l'Armée : "Mandez au maréchal Bessières qu'immédiatement après qu'il se sera emparé de Benavente, qu'il aura soumis Zamora, Toro et León je désire que son corps d’armée ait l'organisation suivante.
... Division du général Mouton composée de deux brigades
2e brigade Rey
2e et 12e léger 2100 hommes ...
Le maréchal Bessières pourrait porter son quartier général à León pour contenir les débouchés des montagnes ...
Le général de brigade Monthion restera à Vitoria avec un escadron de 150 chevaux, qui sera formé du :
7e régiment provisoire de dragons qui vient de Rennes 150 hommes
2 compagnies du 15e de ligne formant un petit bataillon de 300 hommes
Le 3e bataillon du 2e léger 600 hommes.
Le 3e bataillon du 12e léger 600 hommes
ce qui ferait 1700 hommes.
Le colonel Barrier commandera cette colonne et aura deux [...] ...
Le maréchal Bessières, immédiatement après les premiers événements, peut orgainser les divisions Merle et Mouton. S'il avait un avantage marquant sur la force des troupes du général da Cuesta, peut-être serait-il utile qu'il enlevât les Asturies et la Galice en profitant de la terreur d'une première victoire.
Vous lui ferez connaître qu'il doit être sans inquiétude sur la formation des colonnes de Burgos et de Vitoria, que tout est en mouvement et qu'il part du monde d’ici tous les jours ; qu'il n'a qu'à penser à former son corps d'armée à León ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18554). Barrier est en fait le Colonel Jean Barère.

Le 14 juillet 1808 encore, l'Empereur écrit, depuis Bayonne au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, je vous avais mandé de faire partir de Paris tout ce qu'il y avait de disponible des 2e, 4e et 12e légère.
Je vois qu’au 9 juillet rien n'était encore parti, faites donc partir sans délai
Du 2e d’infanterie légère 300 hommes
Du 4e 300
Du 12e 200
Ce qui fera 800 hommes
Il suffit d’un officier et de deux sergents par détachement. Ces détachements arrivés à Bayonne trouveront des cadres de leur régiment
" (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18560).

L’armée est par ailleurs réorganisée. Le 2e Léger est désormais à Burgos et son nouveau 3e Bataillon doit suivre.

"Marracq, 14 juillet 1808
NOTE POUR LE ROI D'ESPAGNE. ( Joseph)
L'armée d'Espagne a son quartier général à Madrid. Voici sa composition :
1° CORPS DES PYRÉNÉES OCCIDENTALES.
Le maréchal Bessières commande le corps des Pyrénées occidentales, qui est fort de 23,000 hommes, infanterie, cavalerie, artillerie, occupe la place de Saint-Sébastien, les trois Biscayes, les montagnes de Santander, la place de Burgos, et est chargé de combattre l'armée ennemie des Asturies et de Galice.
Toutes les troupes sont en mouvement pour composer l'armée de la manière suivante.
DIVISION MOUTON, 5,1 00 hommes
le brigade, général Reynaud : 4e régiment d'infanterie légère, 15e régiment d'infanterie de ligne, 1er bataillon de Paris en marche; total, 3,000 hommes présents sous les armes et six pièces de canon.
Cette brigade marche sur Benavente.
2e brigade, général Rey : 2e et l2e régiment d'infanterie légère; total, 2,100 hommes et six pièces de canon.
Cette brigade est à Burgos avec le Roi et doit joindre sa division ...
Le général de brigade Monthion et le colonel Barrère occupent Vitoria avec une colonne composée comme il suit : deux compagnies du 15e de ligne, formant un petit bataillon, 300 hommes ; 2e bataillon du 12e d'infanterie légère, 600; 2e bataillon du 2e d'infanterie légère, 600 ; ce qui fait 1,500 hommes d'infanterie; un escadron de dragons en marche, 200 chevaux ; deux pièces de canon. Tous ces corps sont en marche...
" (Correspondance de Napoléon, t.17, lettre 14196).

Carabinier 2e Léger 1809-1810
Fig. 8 Carabinier du 2e Léger vers 1809-1810 (planche de Martinet modifiée, d'après un dessin de l'époque)

Le 16 juillet 1808, l'Empereur écrit, depuis Bayonne, au Maréchal Berthier, Major général de l'Armée : "Mon cousin, écrivez au général Belliard que je vois avec peine que dans 1’état de situation qu'il a envoyé, il n'y ait aucun détail qui fasse connaître où est chaque corps, rien qui fasse connaître comment est composée la colonne du général Caulaincourt. Les 1er, 2e et 3e régiments de la Vistule, les lanciers polonais, les 4e, 5e et 7e bataillons de marche et le bataillon de garde nationale qui sont devant Saragosse n'y sont pas portés. Le 1er bataillon de marche de Portugal qui est à Pampelune, les 1er, 2e et 3e bataillons des dépôts, les 2e, 4e et 12e légèrs, le 15e de ligne, le bataillon de Paris, les 11e et 12e escadrons de marche y manquent également, ce qui fait un effectif de plus de 16 000 hommes ...
Faites-moi faire ici à l'État-Major général un état de situation selon ces nouvelles données
" (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18578).

Le 19 juillet 1808, l'Empereur écrit, depuis Bayonne, au Maréchal Berthier, major général de l'Armée : "… Les 2 compagnies du 2e d'infanterie légère qui sont restées prendront d'abord chacune 100 hommes des détachements qui viennent de Paris, et chacune 50 hommes des conscrits, ce qui portera chacune de ces compagnies à 150 hommes. Ce petit bataillon restera également ici jusqu'à nouvel ordre
... Ainsi ... 2 compagnies du 2e formeront un petit bataillon de 300 hommes.
... Ainsi par ce moyen les 1200 premiers conscrits arrivant seront disposés de la manière suivante :
100
[hommes] 2e infanterie légère ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18613).

Le même jour 19 juillet 1808, l'Empereur écrit, depuis Bayonne, au Maréchal Berthier, major général de l'Armée : "Le major d’Audenarde partira aujourd'hui 19 à 5 heures après midi avec un bataillon du 2e d’infanterie légère, fort de 4 compagnies et de 520 hommes et d'un bataillon du 12e d’infanterie légère, fort de 3 compagnies et de 420 hommes, total 940 hommes d'infanterie bien armés avec 40 cartouches par homme, 2 pièces de canon et 2 escadrons formant 400 chevaux, qui seront placés immédiatement sous les ordres du major de cavalerie qui est arrivé. Il ira coucher à Saint-Jean-de-Luz où il recevra de nouveaux ordres ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18614).

Enfin, 19 juillet 1808, à dix heures du soir, l'Empereur écrit, depuis Bayonne, à Joseph Napoléon, Roi d'Espagne, à Butrago :"Mon Frère, je reçois votre lettre du 18 à trois heures du matin. La victoire du maréchal Bessières, qui a entièrement défait Cuesta et l'armée de ligne de Galice, a apporté une grande amélioration dans toutes les affaires; elle vaut plus qu'un renfort de 30,000 hommes. Les divisions Gobert et Vedel ayant joint le général Dupont, il faut pousser vigoureusement l'offensive de ce côté. Le général Dupont a de bonnes troupes et en viendra à bout. J'aurais préféré que les 2e et 12e d'infanterie légère renforçassent le maréchal Bessières; mais, puisque vous avez jugé convenable de les mener à Madrid, gardez-les pour votre garde. 2,000 conscrits à l'école de bataillon vont les rejoindre, et ces deux beaux régiments avec ceux de votre garde vous feront un beau corps de réserve" (Correspondance de Napoléon, t.17, lettre 14218 ; Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18619).

Le 20 juillet 1808, l'Empereur écrit, depuis Bayonne, au Maréchal Berthier, major général de l'Armée : "... Envoyez l’ordre au major d'Audenarde qui couche aujourd'hui avec son infanterie, son artillerie et sa cavalerie à Irun de se rendre demain à Tolosa et de partir le 22 de Tolosa pour arriver le 24 au soir à Vitoria où il est nécessaire qu'il soit arrivé pour maintenir la police le 25, jour de la Saint-Jacques où une grande quantité de peuple se réunit dans cette ville.
… Faites moi connaître également quels sont les hommes isolés que l'on pourrait faire partir demain, ainsi que la situation des dépôts du 2e et 12e d'infanterie légère. Je désirerais qu’une compagnie d'hommes isolés pût partir demain …
" (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18620).

Le 21 juillet 1808, l'Empereur adresse, depuis Bayonne, au Roi Joseph, l'Etat de situation suivant : "ORGANISATION DE DEUX COLONNES À BURGOS ET À VITORIA
... parti de Bayonne sous les ordres du major Oudenarde et arrivant le 24 à Vitoria
14e et 15e escadrons de marche 360; 3e bataillon du 2e léger 520; 3e bataillon du 12e léger 570
Total 1450 y compris une compagnie de 1500 hommes qui part demain de Bayonne, 2 pièces de canon
Total 2 330 hommes
et avec l'artillerie (4 pièces de canon) 2400 hommes ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18639).

Le 28 juillet 1808, Napoléon écrit, depuis Toulouse, au Général Clarke; Ministre de la Guerre à Paris : "Il est nécessaire que vous donniez des ordres pour que les 1er, 2e, 3e et 4e bataillons des ... 2e, 12e et 14e légers ... soient tout entiers à l’armée d'Espagne et de Portugal ; qu'il ne reste en France que les quatre compagnies du 5e bataillon de dépôt, et que les bataillons de guerre soient portés à leur grand complet" (Correspondance de Napoléon, t.17, lettre 14235 ; Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18671).

Le 30 juillet 1808, Napoléon écrit, depuis Agen, au Maréchal Berthier, Major général de l'Armée : "Donnez l’ordre au général de division Dessolle de se rendre à Bayonne où il se rendra le 1er août. Il en partira de manière à être rendu le 4 à Vitoria, et le 6 à Burgos où il prendra le commandement des colonnes de Burgos, de Vitoria et d'Aranda, la surveillance de la province de la Vieille Castille, de la Biscaye, de la Montana ou de Santander [etc.], et de maintenir la tranquillité [sic] sur les arrières du maréchal Bessières, qui est arrivé le 24 à León ...
La colonne que commande le major d'Audenarde est composée du 3e bataillon du 2e léger, du 3e du 12e léger, des 14e et 15e escadrons de marche et de 2 pièces de canon formant 1500 hommes, part de Vitoria le 2 août pour arriver à Burgos le 4.
Il y aura donc alors à Burgos plus de 4000 hommes dont 500 chevaux.
Et dans le même temps, il y aura à Vitoria :
- 2 compagnies du 2e léger
- 2 compagnies du 12e idem
- 1 détachement du 4e idem
- 4 compagnies du 3e bataillon du 14e de ligne
- 1 détachement de chevau-légers polonais formant un total de 1600 hommes
Cette colonne arrivera à Vitoria le 2 août.
Le général Dessolle pourra si aucun événement imprévu ne dérange ces combinaisons, ordonnera que les 2 compagnies du 2e et les deux du 12e, le restant du 4e idem qui arrivant à Vitoria le 2, continuent leur route sur Burgos, afin de compléter le 3e bataillon du 2e léger et le 3e du 12e qui seront chacun alors de 8 à 900 hommes, et le détachement du 4e qui se trouverait à 600 hommes, ce qui porterait la colonne de Burgos à près de 5000 hommes dont 6 pièces de canon attelées et 800 chevaux de cavalerie ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18676).

Si les révoltés espagnols ont été battu par Bessières à Medina del Rio Seco, quelques jours plus tard le Général Dupont a du capituler à Baylen le 19 juillet. Le coup est rude. Mais Napoléon pense retourner la situation rapidement. Le 2 août 1808, l'Empereur adresse, depuis Bordeaux, à Joseph, Roi d’Espagne, une "NOTE SUR LA SITUATION ACTUELLE DE L'ESPAGNE.
… 2e Observation. — Les 15,000 hommes qu'on a perdus ont été remplacés à l'armée par les renforts qu'on a reçus et qu'on reçoit à chaque instant, savoir : 2e, 4e et 12e d'infanterie légère, 14e, 15e, 43e, 44e et 51e de ligne (ce qui fait une augmention de huit régiments), le 26e de chasseurs à cheval, les 12e, 13e, 14e et 15e escadrons de marche, 400 Polonais de la Garde arrivés depuis peu à Bayonne. Tout cela forme une force égale et sans doute, par sa composition, de beaucoup supérieure au corps du général Dupont ; et, si on ajoute les trois régiments de la Vistule et le régiment de lanciers qui sont devant Saragosse, on verra que l'armée française se trouve encore beaucoup plus forte qu'à son entrée en Espagne ...
" (Correspondance de Napoléon, t.17, lettre 14241 ; Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18683).

Le 5 août 1808, l'Empereur adresse, depuis Rochefort, à Joseph, Roi d’Espagne, une nouvelle "NOTE SUR LA SITUATION ACTUELLE DE L'ESPAGNE.
… 4° … Les corps du centre et le corps de droite doivent s'appuyer sur Burgos, et le corps d'Aragon doit avoir son point d'appui sur Pampelune.
5° Pour organiser le corps du centre dans ce but, on croit qu'on doit le renforcer de la brigade du 14e et du 44e de ligne, 200 chevaux, et huit pièces de canon qu'on tirerait du corps devant Saragosse ; de la brigade du général Mouton, composée des 4e léger, 15e de ligne, du bataillon de Paris et huit pièces de canon ; de la brigade commandée par le maréchal Ney, et qui est déjà à une marche en avant de Bayonne, composée des 43e et 51e de ligne, 26e de chasseurs, et six pièces de canon ; enfin de quatre escadrons de marche de dragons et d'un régiment polonais de la Garde. On réunirait les 3es bataillons aux deux premiers de tous les régiments d'infanterie, et on mêlerait les jeunes soldats aux anciens.
On évalue à environ 10,000 hommes le renfort que recevrait le corps du centre, qui serait alors composé des 18,000 hommes qui le forment à présent, des renforts évalués à 10,000 hommes. Les détachements des dépôts des 4e léger, 15e de ligne, 14e et 44e, 43e et 51e de ligne, 2e et 12e légers, rejoindront insensiblement et porteront ce corps à 30,000 hommes. Ces 30,000 hommes ne sauraient être en meilleures mains que sous les ordres du maréchal Ney, hormis une réserve de 4 à 5,000 hommes destinés à la garde du Roi, et que le Roi conserverait auprès de sa personne et ferait marcher avec le général Salligny ou avec Savary, quand il le jugerait nécessaire.
Le corps du centre se tiendrait à la hauteur d'Aranda, les communications bien assurées avec le maréchal Bessières à Valladolid, des têtes de pont bien établies à Aranda et Valladolid.
Ce corps se nourrira par Burgos et devra non-seulement maintenir la tranquillité dans cette province, mais encore assurer ses communications avec le corps de Saragosse qui occupera Tudela et Logrono …
" (Correspondance de Napoléon, t.17, lettre 14245).

Les renforts arrivent progressivement de France.

Le 22 août 1808, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le ministre de la Guerre, mon intention est de lever 60 000 conscrits sur les réserves des années antérieures ; 20 000 des départements du Midi seront destinés pour l’armée d'Espagne et partagés conformément aux besoins des régiments, dont vous me présenterez les états ; sous les 2e, 4e, et 12e d'infanterie légère ... ; cela fera à peu près, l'un portant l'autre, 500 hommes par régiment ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18734).

Le 24 août 1808, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Ministre de la Guerre à Paris : "… Le 2e léger n'a que 2,000 hommes : il doit avoir 2,500 hommes ; il lui faut donc 500 hommes ; faites-les partir du dépôt, s'il y en a ..." (Correspondance de Napoléon, t.17, lettre 14270 ; Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18753).

Le 1er septembre 1808, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Maréchal Berthier, Major général de l'Armée : "Mon cousin ... L'état de situation de l'armée d'Espagne au 15 août est très fautif ... Mandez cela au roi, et écrivez-lui de réunir tous les régiments, sans quoi il n'y aura pas l'ombre d'une armée en Espagne ... Cet état est tellement fautif qu’il ne comprend pas tout ce qui se trouve à Pampelune, à Saint-Sébastien, à Vitoria, à Tolosa, etc. Seulement on a mis sur un état à part que ces détachements se montent à 8000 hommes et à 400 chevaux, mais rien n'indique à quel corps ils appartiennent. Le 2e léger est porté pour 828 hommes ; le 12e léger pour 1700 hommes. Pourquoi ne fait-on pas revenir les 3es bataillons et les détachements que ces régiments ont à Vitoria et en arrière, et qui porteraient ces régiments à 3 bataillons chacun ? Donnez ordre que tous les détachements des 2e et 12e régiments d'infanterie légère qui sont à Bayonne, à Saint-Sébastien, à Pampelune, à Vitoria, rejoignent la brigade du général Rey, et que ces deux corps se forment convenablement ... Il parait même qu'à l'État-Major général, une grande partie des corps n'est pas connue ... Écrivez au maréchal Jourdan qu'il vous envoie un meilleur état de situation et qu’il forme enfin l'armée ... Enfin on voit que, dans cette armée, personne ne fait rien pour l'organiser" (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18801).

Le 1er septembre 1808 encore, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, je vous envoie l'état de situation de la première partie de l'armée d'Espagne. Vous y verrez qu'il manque au 2e d'infanterie légère 500 hommes, que le dépôt peut fournir 100 hommes qu'il doit faire partir le plus tôt possible pour Bayonne 50 hommes ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18803).

Toujours le 1er septembre 1808, depuis Saint-Cloud, l'Empereur écrit à Joseph Napoléon, Roi d'Espagne, à Calahorra : "Mon Frère, je vous envoie une note sur l'état de l'armée d'Espagne …"; note intitulée "ÉTAT POUR SERVIR À CONNAÎTRE QUELLE DOIT ÊTRE LA SITUATION ACTUELLE DES CORPS COMPOSANT L'ARMÉE D'ESPAGNE ET CE QUI MANQUE POUR LA COMPLÉTER À 840 HOMMES PAR BATAILLON" (état donné dans la CGN, reproduit d’après la minute (Archives nationales, AF IV 878, septembre 1808, n°2), qui indique : "On n’a pas compris dans cette situation les hommes qui sont aux hôpitaux" ; "envoyé le 1er septembre au ministre de la Guerre et au roi d’Espagne"); pour le 2e Léger, on y lit : 2e Léger : 1er Bataillon (500 hommes) et 2e Bataillon (500 hommes) Brigade Rey ; 3e Bataillon à Vitoria (750 hommes) ; 4e au Portugal (pour mémoire) ; 160 hommes arrivés en détachement ; le dépôt peut encore fournir 100 hommes ; total général du Corps : 2010. Manque au complet de 840 hommes : 500 hommes.

Cet état est suivi d'"Observations sur l'état de situation de l'armée d'Espagne au 15 août" : "... Le corps du maréchal Bessières se trouvera ... diminué de près de 2000 hommes d'infanterie et de 3 à 400 chevaux.
... Pour l'infanterie on peut lui donner le 2e et le 12e légère ou le 43e et le 51, ce qui fera plus que compenser sa perte.
… Le 2e légère n'est porté dans l'état que pour 800 hommes. Son 3e bataillon et les différents détachements n'y sont pas portés. Il est important qu'avant de faire le mouvement indiqué ci-dessus, les 760 hommes que ce régiment a à Vitoria, et les 160 hommes qui sont arrivés depuis peu à Bayonne y soient réunis. Le 3e bataillon rejoindra les deux premiers et le détachement sera incorporé, de manière que les vieux et les nouveaux soldats soient mêlés, ainsi ce régiment sera porté de 800 hommes à 2 000 ...
" (Correspondance de Napoléon, t.17, lettre 14288 ; Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18805).

Le 3 septembre 1808, au même : "Monsieur le général Clarke, envoyez-moi la situation et la marche de tous les détachements qui sont dirigés sur Bayonne. Je vois dans votre lettre du 28 août que les détachements des 2e, 4e, et 12e légère partent le 29 pour arriver à Bayonne le 27 septembre ... il m'est nécessaire d’avoir un état général qui me fasse connaître la marche de tous ces détachements" (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18815).

Le 6 septembre 1808, au même : "Monsieur le général Clarke, il me semble que les 5es bataillons des 2e, 4e et 12e régiments d’infanterie légère doivent rester à Paris ... car les dépôts ne doivent jamais changer d'emplacement.
Ceux qui doivent marcher sur Bayonne sont les 4es bataillons et les hommes disponibles
" (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18832).

Napoléon décide de porter ses vieilles troupes d’Allemagne et sa Garde en Espagne pour en terminer définitivement. Il lance cette proclamation à ses soldats :
"PROCLAMATION
Soldats, après avoir triomphé sur les bords du Danube et de la Vistule, vous avez traversé l'Allemagne à marches forcées. Je vous fais aujourd'hui traverser la France sans vous donner un moment de repos.
Soldats, j'ai besoin de vous. La présence hideuse du Léopard souille les continents d'Espagne et de Portugal ; qu'à votre aspect il fuit épouvanté. Portons nos aigles triomphantes jusqu'aux colonne d'Hercule; là aussi nous avons des outrages à venger.
Soldats, vous avez surpassé la renommée des armées modernes mais avez-vous égalé la gloire des armées de Rome, qui, dans un même campagne, triomphaient sur le Rhin et sur l'Euphrate, en Illyrie et sur le Tage ?
Une longue paix, une prospérité durable seront le prix de vos travaux. Un vrai Français ne peut, ne doit prendre du repos que les mers ne soient ouvertes et affranchies
".

Par Décret du 7 septembre 1808, dicté depuis Saint-Cloud, l’Empereur réorganise l’Armée d'Espagne :
"Saint-Cloud, 7 septembre 1808
DÉCRET.
L'armée d'Espagne sera composée de six corps d'armée.
... ART. 7. - La réserve sera composée de la manière suivante : une division de réserve composée des 2e, 12e d'infanterie légère, 43e, 51e de ligne, formant 6,000 hommes ; six bataillons de fusiliers de la Garde impériale, six bataillons de grenadiers et chasseurs à pied de la Garde, formant 6,000 hommes ; la garde du roi d'Espagne, de 1,500 hommes; ce qui portera l'infanterie de ce corps à 14,000 hommes; les grenadiers et chasseurs à cheval de la Garde impériale et les dragons et chevau-légers polonais, la garde à cheval du roi d'Espagne, formant en tout 4,000 hommes; quatre divisions de dragons formant seize régiments et près de 14,000 hommes ; ce qui portera la cavalerie de la réserve à 18,000 chevaux; l'artillerie de la Garde impériale de soixante pièces de canon attelées ; le total de la réserve à 34,000 hommes.
ART. 8. - Notre ministre de la guerre est chargé de l'exécution du présent décret
".

Le 2e Léger est finalement rattaché à la Division Mouton, Brigade Reynaud, du 2e Corps mis sous le commandement du Maréchal Soult le 11 septembre. Il compte 44 Officiers et 1856 hommes.

Le 16 septembre 1808, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke ... Les 3es bataillon du 75e et du 28e qui doivent être partis de la 16e division militaire seront dirigés sur Vincennes et Versailles, vu que ces régiments, et les 32e, 58e, 2e, 4e, 12e et 15e doivent recevoir leurs conscrits à Paris : après qu'ils auront été armés et habillés à leurs dépôts, vous les dirigerez sur Bayonne pour renforcer l'armée d’Espagne" (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18933).

Napoléon vient, en novembre 1808, se mettre lui-même à la tête de l'Armée d'Espagne retirée derrière l'Ebre. Le Corps de Soult et le 6e commandé par Ney forment le centre de l'Armée sous le commandement de l'Empereur lui-même.

Les forces de Junot rapatriées du Portugal (dit 8e Corps ou ex Armée du Portugal) doivent rallier. Parmi elles, l’ex 3e Bataillon du 2e Léger devenu 4ème Bataillon du Régiment.

Le 4 novembre 1808, l'Empereur écrit, depuis Bayonne, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, passez la revue des dépôts des ... 2e, 12e, 15e, 4e d'infanterie légère. Assurez-vous de la situation de chacun de ces corps, de leur habillement et armement, et faites-moi connaître quand les 3es et 4es bataillons pourront partir, et de quelle force seront les détachements que les 5es bataillons doivent fournir aux bataillons de guerre. Ordonnez que les hommes partent bien habillés, avec de bonnes capotes, et déjà un peu dégrossis ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 19179). Les 2e, 12e, 15e, 4e sont destinés aux 1er et 2e Régiments de la 1re Brigade (Thomières), 22e Division (Loison) du 8e corps de Junot.

Le 9 novembre 1808, Napoléon écrit, depuis Vitoria, au Général Clarke, Ministre de la Guerre, à Paris : "Monsieur le Général Clarke, je reçois l'état de situation de l'armée de Portugal au 26 octobre … La 2e division n'est composée que de 4es bataillons. Il faut envoyer aux 2e (léger), 4e (léger), 12e (léger), 15e, 32e et 58e (de Ligne) des détachements des dépôts de Paris pour compléter chaque bataillon à 840 hommes. Passez vous-même la revue de ces dépôts, et ayez soin que ces hommes partent habillés, armés et avec de bonnes capotes. Ainsi cette 2e division sera portée au moins à 5,000 hommes ..." (Correspondance de Napoléon, t.18, lettre 14457 ; Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 19225).

L'Armée espagnole se dispose alors, en 4 grandes masses, espérant le soutien des Anglais qui étaient toujours présents au Portugal.

Napoléon ayant décidé de la reprise des opérations dirige le 2e Corps de Soult contre la position centrale des Espagnols du Général Blake à Burgos pour ensuite se rabattre sur ses arrières.

Le 10 novembre, le Corps d'Armée est en marche. La position d'appui principale des Espagnols pour bloquer l'avancée des Français sur Burgos était le bois de Gamonal, en avant de la ville du même nom. Il fallait l'enlever. Le Maréchal Soult lance la Division Mouton : 2e et 4e Léger et 96e de Ligne. L'artillerie ennemie décime les premières files, mais nos soldats marchant la baïonnette baissée vers le bois l'enlevèrent en un clin d'œil. A cette vue, l'armée espagnole se débande, laissant 12 drapeaux, 90 canons, et 900 prisonniers.

Burgos était bientôt aux mains des Français. La ville est pillée. Napoléon vient s'y établir.

Le 2e Corps reçoit bientôt l'ordre de quitter Burgos pour se porter à Reinosa sur les derrières de l'armée de Blake et de là sur Santader pour soumettre la province des Asturies. Il devait être renforcé par le Corps de Junot qui revenait en Espagne. On parlait d'une nouvelle armée anglaise qui venait de débarquer et Napoléon voulait donner au 2e Corps une force suffisante pour la combattre. Le 2e Léger retrouva à cette occasion son 4e Bataillon de l'ex Armée de Junot et put aligner son effectif complet de 4 Bataillons.

Le 14 novembre, le 2e Corps entre à Reinosa et y capture tout le matériel de l'armée de Blake : 35 canons et 15000 fusils. Le même jour, 14 novembre 1808, l'Empereur, dont l'intention est de renvoyer Junot à la conquête du Portugal, écrit, depuis Burgos, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, les dispositions que j'ai prescrites pour le 8e corps qui doit former l’armée de Portugal ne sont pas encore exécutées.
Les bataillons des 2e et 4e légère ont besoin d'être renforcés ; envoyez-leur des détachements de Paris ...
Enfin, le 8e corps doit être formé en trois divisions ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 19264). Pour rappel, les Bataillons des 2e et 4e Légers forment le 1er Régiment provisoire d'infanterie légère, 1re Brigade (Thomières) de la 2e Division (Loison).

Le 19 novembre 1808, depuis Burgos, l'Empereur écrit au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke ... Je crois vous avoir déjà mandé que je désirais que les 2e, 4e, 12e, 32e et 15e envoyassent des détachements pour compléter les bataillons qu'ils ont au corps du Portugal ; vous demanderez un rapport qui vous fasse connaître ce que chaque régiment doit envoyer pour compléter son bataillon à ce corps d'armée ; vous ferez réunir ces détachements, et lorsqu’ils auront leurs capotes, souliers, habits, fusils, etc., vous les ferez partir en bon ordre ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 19328).

Le 20 novembre, le 2e Léger s'illustre, sous les ordres du Général Sarrut, à Saint-Vicente; le 8e Bulletin de l'Armée d'Espagne, daté de Burgos, le 22 novembre 1808, raconte : "… Legénéral Sarrut, à la tête de sa brigade, pousse vivement l'ennemi ; arrivé à Saint-Vicente, et cotoyant la mer, l'ennemi s'aperçut d'une hauteur qui couvrait le défilé de Saint-Vicente, que le général Sarrut n'avait que neuf cents hommes ; il crut avoir le temps de tenir pour passer le défilé qui est un pont de quatre cents toises sur un bras de mer ; mais il ignorait que ces neuf cents hommes étaient du deuxième d'infanterie légère ; il ne tarda pas à l'apprendre. A peine le général Sarrut, fut à portée, que ces braves chargèrent, et l'on vit neuf cents hommes rompre et mettre en désordre six mille hommes bien postés, sans éprouver de perte et sans presque coup férir. Cependant le colonel Tascher avait habilement placé cent cinquante hommes de son régiment de chasseurs en colonne serrée, par peloton, derrière cette avant-garde ; et aussitôt qu'il vit l'ennemi ébranlé, il chargea, sans délibérer, dans le défilé, tua et jeta dans la mer et le marais, ou prit la plus grande partie de cette colonne. On avait déjà fait un millier de prisonniers lorsque le dernier compte a été rendu, et la colonne du général Sarrut avait déjà dépassé la province de la Montana et était entrée dans les Asturies. Les voltigeurs du trente-sixième régiment ont arrêté dans le port de Santillana un convoi anglais chargé de sucre, de café, de coton et d'autres denrées coloniales. Le nombre de bâtimens anglais, richement chargés, qui ont été pris sur cette côte, était déjà de 25 ..." (Panchoucke : « Oeuvres de Napoléon Bonaparte », 1821-1822, t. 4, p. 322).

Le 22 novembre 1808, l'Empereur écrit, depuis Burgos, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "... Je vous ai déjà mandé comment je désirais que les détachements du 75e, du 58e et du 28e partissent de Paris.
Il faut également que les détachements des 32e, 2e, 4e, 12e et 15e légers ne partent qu'après avoir passé deux fois votre revue, munis de capotes, de souliers et en bon état. Dix jours de plus ou de moins ne peuvent pas être d'une grande importance ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 19360).

Pendant ce temps, après la bataille de Tudela (23 novembre), Napoléon continuait sa marche sur Madrid. La fameuse prise du col de Somosierra (30 novembre) ouvrait le chemin. L'Empereur entrait dans la capitale espagnole le 4 décembre et reposait son frère sur le trône. Celui-ci ne fera son entrée officielle dans sa capitale que le 22 Janvier 1809 ...

Jusqu'alors, Napoléon, ne s'était pas occupé de l'armée anglaise du Général Moore, mais lorsqu'il apprit qu'elle s'était avancée du Portugal en Espagne, autour de Salamanque (entre les 13 et 23 Novembre), il prescrivit au Maréchal Soult de redescendre dans le royaume de Léon. Un autre petit corps anglais sous le Général Baird venait de débarquer à la Corogne.

Des renforts sont toujours attendus de France pour renforcer les Régiments présents en Espagne. Dont des hommes du 2ème Léger.

Le 28 novembre 1808, l'Empereur écrit, depuis Aranda, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, je suis fâché que les 200 hommes des 32e et 58e et les 300 hommes des 2e et 4e légère, c'est-à-dire 1 000 hommes, soient partis de Paris sans que vous les ayez vus vous-même deux fois. Ces hommes arriveront à Bayonne tout nus, manquant de tout, et ne serviront qu'à peupler les hôpitaux. Ne faites partir aucune troupe de Paris que ne vous soyez assuré par vos yeux qu'elle a des souliers, des capotes, et que les hommes sont bien portants. Nous ne sommes pas tant pressés d'avoir des hommes que vous ne puissiez retarder de huit ou dix jours les envois, si ce temps est nécessaire pour qu'ils partent en bon état et pourvus de tout ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 19422).

Le lendemain, 29 novembre 1808 : "Monsieur le général Clarke, je reçois votre lettre du 22. Je suis fâché que vous n'ayez pas vu vous-même les troupes. En les faisant venir à midi précis dans votre cour ou dans la cour des Invalides, vous ne perdiez pas de temps, et cela est d’un bon effet ... Vous ferez partir également un détachement du 2e légère composé de 400 hommes ; un pareil détachement du 4e léger composé de 400 hommes et un pareil détachement du 12e légère composé de 400 hommes, ce qui fait quatre détachements de 400 hommes ou 1 600 hommes. Ces 1 600 hommes seront commandés par un major, ou un adjudant commandant, ou un général de brigade ou un officier supérieur quelconque qui rejoindrait l'armée. Vous aurez soin qu’ils soient bien armés, bien habillés et qu'ils aient des capotes et des souliers. Chaque détachement portera le nom de compagnie de marche, et sera censé ne former qu’une compagnie, mais sera divisé en quatre escouades à la tête desquelles il y aura un officier ou un sergent. Comme j'ai besoin de faire venir ici pour recruter la Garde 80 grenadiers, vous pourrez ordonner que ces 80 grenadiers soient répartis à raison de 16 par compagnie et de 4 par escouade. Ils feront les fonctions de sergent. Ces détachements arriveront avec ordre à l'armée. Arrivés à Madrid, les grenadiers rejoindront leur corps ; les officiers et sous-officiers retourneront à Paris ; et les soldats seront incorporés dans les bataillons de guerre. Voilà donc une colonne de près de 4000 hommes qui partira pour recruter l'armée. Assurez-vous avant de la laisser partir qu’elle ne manque pas d'officiers ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 19432).

C'est au milieu de Décembre, que les Anglais se décident à marcher vers le Nord de l'Espagne et les forces de Soult, en se concentrant à Sahagun. Napoléon réagit en allant à leur rencontre à partir de Madrid avec ses meilleures troupes pour leur couper leur voie de retraite sur le Portugal.

Les renforts sont toujours attendus.

Le 22 décembre 1808, l'Empereur écrit, depuis Madrid, au Général Clarke, Ministre de la Guerre, à Paris : "Monsieur le Général Clarke ... Aussitôt que la division de 5 à 6,000 hommes, composée des bataillons des 75e, 28e et 58e de ligne et des détachements des 2e, 12e, 4e et 15e légers, sera prête et fournie de ses capotes, de ses deux paires de souliers dans le sac, etc. vous la ferez partir pour Bayonne. Chargez un général de brigade du commandement de cette colonne, et qu'elle ait un séjour au moins tous les quatre jours de marche" (Correspondance de Napoléon, t.18, lettre 14608 ; Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 19622).

Les Anglais sont accrochés par les troupes de l'Empereur à Benavente le 29 Décembre et se replient sur Astorga. Moore, désormais en infériorité numérique, décide de rallier la Corogne pour y réembarquer ses hommes, en livrant des combats d'arrière-garde de retardement. Soult, Ney et Napoléon se lancent à leur poursuite. Les Français sont dans le Léon en ce 31 Décembre 1808.

Passé en revue devant Astorga par l'Empereur qui devait rentrer en France pour contrer la menace autrichienne, le 2e Corps de Soult se voit confier le soin d'écraser les Anglais avant qu'ils ne puissent rallier leur flotte.

Napoléon écrit, le 31 décembre 1808, depuis Benavente, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke ... Je désire que vous me prépariez bientôt une colonne de 400 hommes du 32e, une colonne de 400 hommes du 58e, une colonne de 300 hommes du 2e léger, une colonne de 300 hommes du 4e léger, et une colonne de 400 hommes du 12e léger ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 19634).

/ DEBUT 1809, LES QUATRE BATAILLONS A LA COROGNE PUIS AU PORTUGAL

Dès le 3 Janvier, les troupes du 2e Corps sont au contact à Cabanas Raras et Pieros où l'ennemi défend un défilé. La Brigade Colbert, qui a couché la veille à Bembibre, où elle a sabré nombre d'Anglais ivres, continue sur Villafranca, mais, parvenue devant le village de Gacabelos, occupé par de l'infanterie anglaise, il lui faut attendre l'arrivée de l'infanterie d'avant-garde du Corps Soult. Quand celle-ci s'approche de Cacabelos, l'ennemi évacue le village. C'est durant la préparation de l'attaque dudit village que le Général Colbert tombe, frappé d'une balle au coeur, tué par un tireur d'élite britannique.

Les Britanniques continuent à reculer vers Villafranca en abandonnant ou détruisant tout ce qui peut les ralentir. Les Français sont sur leurs talons. Ils capturent d'ailleurs le trésor de l'armée anglaise en pièces d'argent. Le Maréchal Soult arrive le 6 au soir, devant Lugo avec la Division Merle et doit attendre l'arrivée des autres Divisions, désorganisées par une marche si pénible, mais le 9, les Anglais décampent.

Le 8e Corps de Junot est officiellement supprimé et le 4e Bataillon peut se joindre aux trois premiers.

Le 11 janvier 1809, l'Empereur écrit, depuis Valladolid, au Maréchal Berthier, Major général de l'Armée d'Espagne : "Mon cousin ... Faites connaître partout que les changements suivants ont eu lieu : que le 8e corps est supprimé ; que tout ce qui faisait partie des 12e, 2e et 4e léger, et de des 58e, 32e et 47e, a rejoint ses régiments ; qu'ainsi on doit diriger tous les détachements sur les corps dont ces régiments font partie ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 19776).

Le 2e Léger sous le Colonel Brayer, et ses quatre Bataillons, sont à la Division Merle.

Les deux armées se retrouvent en présence le 15 Janvier à La Corogne où les Anglais s'étaient retranchés dans les villages alentours pour protéger leur embarquement. La Division Merle va combattre au centre du dispositif français contre la Brigade Manningham. Les Anglais résistent bien. Le Général anglais Moore y perd la vie mais finalement sauve son armée qui peut gagner les navires britanniques.

Le 30e Bulletin de l'Armée d’Espagne, daté de Valladolid, le 21 janvier 1809, raconte : "… Le 15 au matin, les divisions Merle et Mermet occupèrent les hauteurs de Vallaboa où se trouvait l'avant-garde ennemie, qui fut attaquée et culbutée. Notre droite fut appuyée au point d'intersection de la route de la Corogne à Lugo, et de la Corogne à Santiago. La gauche était placée en arrière du village d'Elvina. L'ennemi occupait en face de très-belles hauteurs.
Le reste de la journée du 15 fut employé à placer une batterie de douze pièces decanon, et ce ne fut que le 16, à trois heures après midi que le duc de Dalmatie donna l'ordre de l'attaque.
Les Anglais furent abordés franchement par la première brigade de la division Mermet qui les culbuta et les délogea du villaged'Elvina. Le 2e régimentd'infanterie légère se couvrit de gloire. Le général Jardon à la tête des voltigeurs fit paraître un notable courage. L'ennemi culbuté de ses positions, se retira dans les jardins qui sont autour de la Corogne.
La nuit devenant très-obscure, on fut obligé de suspendre l'attaque. L'ennemi en a profité pour s'embarquer en toute hâte. Nous n'avons eu d'engagés pendant le combat, qu'environ six mille hommes, et tout était disposé pour partir de la position que nos troupes occupaient le soir, et profiter du lendemain pour une affaire générale. La perte de l'ennemi est immense ; deux batteries de notre artillerie l'ont foudroyé pendant la durée du combat. On a compté sur le champ de bataille plus de huit cents cadavres anglais, parmi lesquels on a trouvé le corps du général Hamilton, et ceux de deux autres officiers généraux dont on ignore les noms. Nous avons pris vingt officiers, trois cents soldats et quatre pièces de canon. Les Anglais ont laissé plus de quinze cents chevaux qu'ils avaient tués. Notre perte s'élève à cent hommes ; nous en avons eu cent cinquante blessés. Le colonel du 45e s'est distingué. Un porte-aigle du 31e d'infanterie légère a tué de sa propre main un officier anglais qui, dans la mêlée, s'était attaché à lui pour tâcher de lui enlever son aigle. Le général d'artillerie Bourgeat et le colonel Fontenay se sont très-bien montrés ...
" (Panchoucke : « Oeuvres de Napoléon Bonaparte », 1821-1822, t. 4, p. 383; Kermoysan « Napoléon, Recueil par ordre chronologique de ses lettres, proclamations, bulletins », Paris, 1853, t.2, p. 339).

Les renforts continuent à arriver à Bayonne. Le 19 janvier 1809, l'Empereur, qui est en route pour Paris, écrit depuis Tartas, au Maréchal Berthier, Major général de l'Armée d'Espagne : "Mon cousin ... J'ai ordonné qu'un détachement de 400 hommes du 32e et de pareille force du 12e se rendent à Madrid pour être incorporés dans les 4es bataillons de ces régiments. Si les cadres du 5e bataillon y sont, il faut les renvoyer. Un détachement de même force des 2e et 4e d'infanterie légère iront joindre le duc de Dalmatie. Faites-les séjourner huit jours à Valladolid d'où on les dirigera par la route la plus courte sur le lieu où est le maréchal ..." (Brotonne (L. de) « Lettres inédites de Napoléon Ier », Paris, 1898, lettre 400 (parle du 38e et non du 32e); Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 19878).

Le 19 janvier 1809 encore, l'Empereur écrit, depuis Tartas, au Maréchal Kellermann, commandant de l'Armée de réserve d’Espagne : "Mon cousin, 700 hommes du 2e régiment d'infanterie légère, du 4e et du 12e léger et du 32e de ligne arrivent à Bayonne. Donnez-leur trois jours de séjour pour qu'ils puissent se laver. Complétez-leur une paire de souliers à chacun et tout ce qui pourra leur manquer en habillement et armement et surtout les baïonnettes. Après cela, divisez-les en deux détachements ; ceux du 32e et du 12e d'infanterie légère seront dirigés sur Burgos et de là sur Madrid, en passant par Aranda. Le lendemain, les hommes du 2e et du 4e d'infanterie légère partiront pour Valladolid où ils iront rejoindre leur régiment au corps du maréchal Soult. Faites part de ces dispositions au prince de Neuchâtel ..." (Brotonne (L. de) : « Dernières Lettres inédites de Napoléon 1er, collationnées sur les textes et publiées », Paris, 1903, t. 1, lettre 859 ; Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 19880).

Puis le 2e Corps s'empare du Ferrol, le 27 Janvier.

Le 32e Bulletin de l'Armée d'Espagne (sans date) raconte : "… Le duc de Dalmatie arrivé devant le Ferrol, fit investir la place. Des négociations furent entamées. Les autorités civiles et les officiers de terre et de mer paraissaient disposés à se rendre ; mais le peuple, fomenté par les espions qu'avaient laissés les Anglais, se souleva.
Le 24, le duc de Dalmatie reçut deux parlementaires. L'un avait été envoyé par l'amiral Melgarejo, commandant l'escadre espagnole ; l'autre, qui passa par les montagnes, avait été envoyé par les commandans des troupes de terre. Ces deux parlementaires étaient partis à l'insu du peuple. Ils firent connaître que toutes les autorités étaient sous le joug d'une populace effrénée, soudoyée et soulevée par les agens de l'Angleterre, et que huit mille hommes de la ville et des environs étaient armés.
Le duc de Dalmatie dut se résoudre à faire ouvrir la tranchée ; mais du 24 au 25, différens mouvemens se manifestèrent dans la ville. Le 17e régiment d'infanterie légère s'étant porté à Mugardos, le 31e d'infanterie légère étant aux forts de la Palma et de Saint-Martin et à Lagrana, et bloquant le fort Saint-Philippe, le peuple commença à craindre les suites d'un assaut et à écouter les hommes sensés.
Dans la journée du 26, trois parlementaires munis de pouvoirs et porteurs d'une lettre arrivèrent au quartier-général et signèrent la reddition de la place.
Le 27, à sept heures du matin, la ville a été occupée par la division Mermet et par une brigade de dragons ...
" (Panchoucke : « Oeuvres de Napoléon Bonaparte », 1821-1822, t. 4, p. 388).

Conformément aux ordres de l'Empereur, Soult marche sur le Nord du Portugal avec seulement 24.000 hommes de disponibles. Parti le Vigo le 15 Février, Tuy est prise le 16 mais le fleuve Minho ne peut être franchi si ce n'est plusieurs jours plus tard à Orense en pourchassant des soldats de La Romana.

Le 2e Léger atteint enfin le Portugal le 10 mars. La population révoltée se défend avec acharnement dans chaque village traversé, avec son lot de représailles en réplique. Chavez est prise le 12 mars. Le 2e Corps devient alors officiellement "Armée du Portugal".

Braga tombe le 17 mars : une ville désertée qui a massacré ses dirigeants considérés comme trop "tièdes" ! Dix jours plus tard, les Français sont devant les redoutes qui défendent Oporto. Un Général portugais a été coupé en morceaux par ses propres troupes et enterré dans du fumier, et l'évêque a pris le commandement ! Un parlementaire français est envoyé : il est jeté en prison et ses accompagnateurs massacrés. Vu la tournure des évènements, il n'y aura donc aucun quartier.

La Division Merle, chargée d'enlever une des redoutes qui couvraient la ville, éprouve une résistance opiniâtre. La ville est prise et mise à sac. Soult s'installe et y trouve munitions et poudre, mais la résistance acharnée de la population ne l'incite pas à poursuivre sur Lisbonne. Il va donc répartir ses troupes dans le Nord du Portugal uniquement. Des mauvaises langues raconteront qu'il comptait bien s'en faire un petit royaume.

Le 7 avril 1809, un nouveau Colonel est porté à la tête du 2e Léger : Jean Joseph Merle ; il va rejoindre plus tard, vu les évènements.

Plus au Sud, Wellington revenait d'Angleterre à Lisbonne avec 25.000 hommes. Le 5 Mai, parti de Lisbonne, il passait en revue ses troupes à Coimbra : 15.000 Anglais, 3000 Allemands et 8000 Portugais. Envoyant deux Brigades à Santarem et Abrantes, il marche ensuite à la rencontre de Soult sur Oporto et divise ses forces en deux bras : un pour continuer le long de la côte et l'autre avec Beresford pour couper la route de Bragance. Le 11 mai, il force le passage du Douro et pénètre dans Oporto, tandis que Soult l'évacuait en catastrophe.

Poursuivi par les colonnes anglaises qui occupaient les routes principales et toute voie de retraite vers l'Est, Soult fait sauter son artillerie et ses caissons et sauve son armée en passant les sierras par des sentiers de chèvres, en disputant chaque point de passage aux Portugais. Il arrive à Orense le 19 Mai, ayant perdu "seulement" 4000 hommes depuis Oporto, et en ramenant environ 16.000. Quelques jours après, il rejoint Lugo et débloque la ville où le rallie le Corps d'armée du Maréchal Ney qui, pendant ce temps, avait dû batailler contre les troupes de la Romana.

Le 2e Corps se portera début Juin sur Zamora et Ney devra évacuer la Galice. Soult profitera de ces opérations pour faire souffler ses troupes et les rééquiper.

Le 1er Juillet, arrivèrent enfin des ordres de Napoléon prescrivant au Maréchal Soult de prendre le commandement en chef des 2e, 5e (Mortier) et 6e Corps (Ney), pour se porter sur le flanc de l'offensive de Wellington.

Positions du 2e Léger en juillet 1809 (côte SHDT : us180913 C8436047)
Chef de corps : MERLE Colonel - infanterie
Garnison - Dépôt à : Paris - 1re Division militaire
Conscrits des départements de la Charente - de la Loire de 1810
LUCET, Quartier maître trésorier
1er Bataillon commandant : Chef de Bataillon Puisoye à Zamora - 2e Corps - 1ère Division - 2e Brigade
2e Bataillon commandant : Chef de Bataillon Godin à Zamora - 2e Corps - 1ère Division - 2e Brigade
3e Bataillon commandant : Chef de Bataillon Lagneau à Zamora - 2e Corps - 1ère Division - 2e Brigade
4e Bataillon commandant : Chef de Bataillon Duval à Zamora - 2e Corps - 1ère Division - 2e Brigade
5e Bataillon (Dépôt) - quelques Compagnies à la 4e 1/2 Brigade de réserve à Paris.

Le 18 juillet 1809, l'Empereur écrit, depuis Schönbrunn, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, donnez l'ordre que les cadres des 4es bataillons des 4e léger, 15e de ligne, 2e léger, 31e léger, 47e et 122e qui sont en Espagne soient renvoyés à leurs dépôts et que tous les hommes qu'ils ont disponibles soient fondus dans les trois premiers bataillons. Donnez ordre que les cadres des 5es bataillons des 26e et 66e soient également renvoyés en France, de sorte qu'il restera au corps du duc de Dalmatie :
1re division : ... 3 bataillons du 2e léger ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 21557).

/ DES DETACHEMENTS DU 5e BATAILLON AU CORPS DE RESERVE ET A LA DIVISION OUDINOT EN 1809

Prévoyant, Napoléon renforce son armée en Allemagne et se sert des Bataillons de Dépôt (5èmes Bataillons) pour envoyer des effectifs au sein de Bataillons provisoires ou de marche. On complête ainsi le nouveau Corps du Général Oudinot et celui de Réserve de Masséna.

Le 3 mars 1809, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Comte d'Hunebourg, Ministre de la Guerre, à Paris : "Monsieur le Général Clarke, je vous envoie le projet de formation d’une réserve de régiments provisoires, sur lequel je désire que vous me fassiez un rapport. Faites-moi connaître si je n'ai rien oublié et s'il y a des changements qu'il soit convenable de faire pour épargner des marches aux troupes. Enfin présentez-moi des états qui m'apprennent si les 5es bataillons pourront fournir ces quatre, trois ou deux compagnies pour concourir à ladite formation. Les 10,000 hommes de réserve que forme ma Garde sont destinés à compléter les 5es bataillons et à les mettre à même de fournir les hommes nécessaires. Il faut donc qu'une colonne des états que vous ferez dresser indique le nombre d'hommes qui leur manquera, après avoir épuisé tout leur monde ; cette colonne sera la colonne de distribution des 10,000 hommes de la Garde. Il ne vous échappera pas que, par ce moyen, j'aurai 6,000 hommes à la Rochelle, 3,000 en Bretagne, 9,000 à Paris, 5,000 au camp de Boulogne, 2,500 pour la défense de l'Escaut, 2,500 pour garder Wesel, 5,000 à Strasbourg, 2,500 à Metz et 10,000 Français en Italie; total, 45,500 hommes.
NAPOLÉON
Annexe
PROJET DE FORMATION D'UN CORPS DE RÉSERVE
Il sera formé une réserve de seize régiments provisoires composée des compagnies des cinquièmes bataillons qui seront complétés avec les conscrits de 1810 ...
3° régiment provisoire :
Le 3e régiment provisoire sera composé de 4 bataillons des 2e, 4e, 12e et 15e légère, formés de même.
Ces trois régiments formant plus de 9 000 hommes se réuniront et seront formés à Paris dans le courant d'avril ...
" (Correspondance de Napoléon, t.18, lettre 14838 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20195).

Le 6 mars 1809, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, je désire que vous donniez les ordres suivants, pour compléter les corps de l'armée du maréchal duc de Rivoli : ... Le 24e d'infanterie légère a besoin de 1600 hommes pour être complété ; donnez ordre qu'un bataillon de marche, composé de 100 hommes du 2e d'infanterie légère, de 150 hommes du 4e d'infanterie légère, et de 350 hommes du 12e d'infanterie légère, soit formé demain et se mette en marche pour Strasbourg. Arrivés là, ces détachements seront incorporés dans le 24e léger, ce qui portera ce régiment à peu près au complet. Le colonel laissera à Strasbourg 2 capitaines, 2 lieutenants, 2 sous-lieutenants, 4 sergents et 8 caporaux, pour recevoir ces 600 hommes, et les officiers qui les auront amenés de Paris retourneront à leurs dépôts ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20255).

Et deux jours plus tard au même : "Monsieur le général Clarke, le bataillon d'infanterie légère qui partira demain, pour renforcer le corps du général Oudinot, afin de nous entendre, portera le nom de bataillon de marche du 24e légère ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20290).

Le 13 mars 1809 (le 12 selon la CGN), l'Empereur écrit, depuis Rambouillet, au Général Clarke, Comte d'Hunebourg, Ministre de la Guerre, à Paris : "Monsieur le Général Clarke, je désire que dimanche on me présente, à la parade, une compagnie de chacun des 5es bataillons des 32e et 58e de ligne, 2e, 4e, 12e et 15e d'infanterie légère, complétée à 140 hommes ; ce qui ferait un beau bataillon provisoire de six compagnies. Il faut que tous les hommes soient bien équipés et bien habillés ..." (Correspondance de Napoléon, t.18, lettre 14890 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20340 (la lettre est datée du 12 mars dans la CGN).

Le lendemain 14 mars 1809, l'Empereur écrit, depuis Rambouillet, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, donnez ordre que les 118 hommes du 2e régiment d'infanterie légère, qui sont à Saintes, les 200 hommes qui sont à Bordeaux, aux détachements des 4e, 15e et 12e légère, se rendent à Paris, pour y joindre leurs 5es bataillons ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20357).

Le 15 mars 1809, l'Empereur écrit, depuis Rambouillet, au Général Clarke, Ministre de la guerre : "Monsieur le général Clarke, j'ai donné différents ordres pour combler le déficit de 5000 hommes qu'éprouve le corps du duc de Rivoli ...
Je vous ai ordonné également de faire partir de Paris un bataillon de marche de 600 hommes, sous le titre de bataillon de marche du 24e légère, un bataillon de marche de 800 conscrits de ma Garde et 400 hommes du 46e.
Faites-moi connaître l'époque où tout cela arrivera à Strasbourg. Proposez-moi des moyens de combler le déficit de 979 hommes qu'éprouve encore le corps du duc de Rivoli ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20373).

Le même 15 mars 1809, l'Empereur écrit, depuis Rambouillet, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, donnez ordre qu'il soit formé un 14e bataillon de marche du corps d'Oudinot, composé de 50 hommes du 58e, et de 50 hommes du 121e ; de 50 hommes du 4e légère et de 50 hommes du 2e idem ; de 50 hommes du 12e légère et de 50 hommes du 15e idem, total 300 hommes.
Ce bataillon me sera présenté à la parade de dimanche, et se mettra, sans délai, en route, pour être incorporé, les 100 hommes de ligne, dans les compagnies du 4e bataillon du 96e du corps du général Oudinot ; les 100 hommes des 2e et 4e légère, dans le 26e légère ; les 100 hommes des 12e et 15e légère, dans le 16e légère.
Par ce moyen le corps du général Oudinot sera porté au grand complet
" (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20378).

Le 19 mars 1809, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, sur les 604 hommes qui composent le bataillon provisoire que me présente aujourd'hui le général Hulin, il sera pris :
- 50 hommes du 58e de ligne
- 50 hommes du 2e léger
- 50 hommes du 4e léger
- 50 hommes du 12e léger
- 50 hommes 15e léger
et 50 hommes du 121e de ligne.
Ces 300 hommes formeront les 3 compagnies de marche dont j'ai ordonné la formation pour ces régiments, et partiront mardi pour Strasbourg, pour être incorporées dans les 26e et 16e d'infanterie légère et 96e de ligne. Il ne sera pris que des conscrits des 4 années antérieures à 1810
" (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20458).

Le 20 mars 1809, l'Empereur écrit, depuis La Malmaison, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, faites donner à la Garde les casernes de Vincennes et de Saint-Denis qui lui sont nécessaires et faites rentrer à Paris le dépôt du 2e léger : car outre les dix mille conscrits de la Garde, les régiments de la Garde sont prêts à arriver" (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20466).

Le 21 mars 1809, l'Empereur écrit, depuis La Malmaison, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, le bataillon composé des trois compagnies de marche ci-après, savoir : ... la 2e de 50 hommes de chacun des 2e et 4e léger ..., qui doit être parti hier de Paris pour se diriger sur le corps du général Oudinot portera le titre de 14e bataillon de marche du corps d'Oudinot ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20480).

Le 3 avril 1809, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, donnez ordre qu'un bataillon de 250 hommes, composé de 30 hommes de chacun des 2e, 4e, et 12e légère, de 130 hommes du 32e, et de 30 hommes du 58e, soit formé, sous le nom de 15e bataillon de marche du corps d'Oudinot, et parte demain pour Strasbourg.
Vous manderez au général Oudinot d'envoyer un capitaine, deux lieutenants et deux sergents à Strasbourg pour prendre ces 250 hommes. Vous lui ferez connaître que je le laisse maître de les distribuer dans les compagnies qui en auraient le plus besoin, en choisissant les plus beaux hommes pour les compagnies de grenadiers, et les autres, pour les basses compagnies. Vous lui recommanderez de faire dresser procès-verbal de cette incorporation, et de l'envoyer aux corps, afin que ces hommes soient effacés des contrôles. Ce bataillon se mettra en marche demain et arrivera le plus tôt possible à Strasbourg ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20685).

Le 29 avril 1809, l'Empereur écrit, depuis Burghausen, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, je réponds à vos lettres du 18 avril et du 14. Les 200 hommes du 15e d'infanterie légère venant de Portugal doivent être formés en une compagnie de marche de ce régiment qui servira à réparer ses pertes. Les 180 hommes du 4e léger et les 300 hommes du 2e léger faisant près de 500 hommes doivent être dirigés sur le 10e léger. Quant aux 200 hommes du 32e, ils seront envoyés au 57e. Vous pouvez donc former de tout cela un bataillon de marche que vous dirigerez sur Strasbourg et de là sur Braunau. Au moyen de ce secours, ces régiments se trouveront réparés des pertes qu'ils ont faites dans les dernières affaires ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20924).

Le 29 mai 1809, l'Empereur écrit, depuis Ebersdorf, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, je vois dans l'état de situation de la 1re division militaire ... 500 hommes dont on pourrait augmenter la 3e demi-brigade provisoire ; ce qui la porterait à 1500 bommes.
Je vois dans le même état que le dépôt du 2e léger a 200 hommes prêts à marcher, celui du 4e 200, celui du 12e 100, celui du 15e 300, ce qui fait 800 hommes, dont on pourrait augmenter la 4e demi-brigade provisoire.
Pourquoi cela n'est-il pas fait ? ...
Faites donc partir tout cela.
Dans presque tous les états des divisions militaires, je vois beaucoup d'hommes prêts à partir. Il me semble que tous les hommes qui sont disponibles aux dépôts doivent se rendre ou aux demi-brigades provisoires ou à l'armée, pour compléter ce qu'ils doivent encore
" (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 21091).

Le 10 juin 1809, l'Empereur, qui vient de décider d'une importante levée de Conscrits, sur la classe 1810, mais aussi sur les classes 1806 à 1809, afin de compenser les pertes du début de la campagne, et renforcer l'Armée, écrit depuis Schönbrunn au Général Clarke pour lui donner le détail de cette opération particulièrement complexe; lettre accompagnée de 3 Etats différents très détaillés. Concernant le 2e Léger, l'Empereur ordonne : "... Vous ferez partir la 4e demi-brigade provisoire 600 hommes qui seront dirigés sur Vienne pour être incorporés dans le 3e régiment d'infanterie légère. Ils feront route sous le titre de bataillon de marche du 3e d'infanterie légère. Ces 600 hommes seront tirés : 200 hommes du 2e d'infanterie légère, 200 du 4e idem et 200 du 12e idem : ils seront remplacés dans ces régiments par 600 conscrits pris sur les 3 000 qui étaient destinés au dépôt de Grenoble ...". L'Etat B qui suit cette lettre donne d'un côté la "répartition des 3 000 hommes entre les dépôts et demi-brigades ci-après : 200 hommes au dépôt du 2e léger pour la 4e demi-brigade; 200 hommes 4e id; 200 hommes 12e id" et de l'autre l' "Envoi que ces mêmes dépôts feront, par contre, à l'armée : Qui enverra (le 2e) 200 ; 200 (le 4e); 200 (le 12e). Total 600 au 3e d’infanterie légère. Ces 600 hommes porteront le titre de 2e bataillon de marche du 3e du corps de Rivoli et seront dirigés sur Vienne". Enfin l'annexe intitulé "Répartition des 40 000 conscrits de l'appel supplémentaire de 1810" indique la composition de la 4e Demi-brigade provisoire : 2e léger, 4e léger qui reçoit 50 hommes, 12e léger qui en reçoit 350; 15e idem qui doit être complété à la Division Friant; il est précisé que l'on doit porter "les 16 compagnies à 2400 hommes" (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 21182).

Le 11 juin 1809, l'Empereur écrit, depuis Schönbrunn, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, en conséquence de ma lettre d'hier et des tableaux qui y sont annexés, pour la répartition des 40 000 hommes, les dépôts des 13 régiments, ou les compagnies des demi-brigades provisoires, doivent fournir 3 000 hommes à 13 quatrièmes bataillons du corps d'Oudinot. Je désire que vous donniez des ordres aux dépôts et aux demi-brigades provisoires, dont ces régiments font partie, de diriger ces hommes sur Strasbourg, et qu'aussitôt que 3 détachements de ces corps, ou 600 hommes, seront réunis, on en forme des bataillons de marche, sous le titre de 1er, 2e, 3e, 4e et 5e bataillons de marche du corps d'Oudinot, et qu'ils partent ainsi de Strasbourg bien organisés ... Le corps du duc de Rivoli doit recevoir 2200 hommes ... les hommes du 2e d'infanterie légère, du 4e et du 12e porteront le nom de 2e bataillon de marche du corps du duc de Rivoli ... ... Occupez-vous à faire former ces bataillons. Ordonnez que les procès-verbaux soient en règle, et que les demi-brigades et les dépôts fournissent conformément à mes ordres. Ce qu'ils fourniront sera remplacé aux uns et aux autres sur la levée des 40 000 hommes" (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 21199).

Le 10 août 1809, l'Empereur écrit, depuis Schönbrunn, au Maréchal Berthier, Major général de l'Armée d'Allemagne : "Mon cousin, le 2e bataillon de marche du duc de Rivoli composé des détachement des 2e, 4e, 12e d’infanterie légère, destinés à être incorporés dans le 3e, arrivent aujourd’hui à Krems et se dirigent sur Znaïm pour rejoindre le corps du duc de Rivoli. Ayez soin de réitérer l’ordre qu’on ne garde aucun officier ni sous-officier, et qu’on les renvoie à Vienne d’où ils seront dirigés en poste sur Paris, vu qu’ils sont nécessaires pour former un régiment ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 21746).

Le 19 août 1809, l'Empereur écrit, depuis Schönbrunn, au Maréchal Berthier, Major général de l'Armée d'Allemagne : "Mon Cousin, donnez l’ordre que les cadres des 4es bataillons du 2e d’infanterie légère et du 92e se rendent à Paris en poste, officiers et sous-officiers. On leur signifiera d’être rendus dans douze jours …" (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 21839).

/ AOÛT A DECEMBRE 1809, L’ARRIVEE DE RENFORTS DU 8e CORPS

Le 15 Août, on retrouve notre 2e Corps à Plasencia. Napoléon décide de nommer Soult Major général de toutes ses armées en Espagne. Le Général Delaborde prend alors le 16 Septembre le commandement du 2ème Corps.

Le 25 septembre 1809, l'Empereur écrit, depuis Schönbrunn, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, donnez l’ordre en Espagne de faire partir pour Bayonne les cadres des quatre compagnies de fusiliers du 3e bataillon du 9e léger. Tous les soldats de ces quatre compagnies seront incorporés dans les deux premiers bataillons ; la compagnie de grenadiers du 3e bataillon sera provisoirement attachée au premier bataillon ; et la compagnie de voltigeurs sera provisoirement attachée au 2e bataillon. Le chef de bataillon et l’adjudant-major partiront avec les cadres des quatre compagnies qui sont destinées à venir chercher des conscrits à Bayonne. Donnez le même ordre pour les 4es bataillons des 16e léger, 45, 54, 8e, 24e et 96e.
Ces 7 cadres doivent former 3 à 400 hommes ; il se réuniront ensemble afin de marcher avec précaution et en sûreté. S’il est nécessaire on donnera aux officiers des carabines pour se défendre en août.
Vous ferez la même opération pour les 28e, 32e, 58e et 75e. Ces quatre cadres marcheront également ensemble et en ordre.
Vous ordonnerez également que :
le 4e bataillon du 4e d’infanterie légère
celui du 2e
le 3e bataillon du 86e
le 4e bataillon du 31e léger
le 4e bataillon du 26e de ligne
et le 5e bataillon du 66e
et 1 des deux du 82e qui sont en Espagne envoient de même leurs cadres à Bayonne
Ce qui fera 7 cadres du 2e corps.
Ils formeront aussi une colonne qui marchera en ordre, ayant leurs cartouches et tout ce qui est nécessaire pour se défendre en route.
Enfin vous donnerez ordre au 6e corps commandé par le duc d’Elchingen d’envoyer de même à Bayonne les cadres du 2e bataillon du 6e léger.
Ces 19 cadres recevront 12 000 hommes à Bayonne ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 22175).

Le 25 septembre 1809 encore, l'Empereur écrit, depuis Schönbrunn, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, vous trouverez ci-joint l'idée d'un rapport pour justifier la levée des 36 000 conscrits que je viens d'ordonner. Vous trouverez également la répartition de ces 36 000 conscrits. Ajoutez à votre rapport une considération sur la grande quantité de conscrits qui restent sur les années passées, écrivez-en même le nombre s'il en reste effectivement 500 000, dites qu'il y en a 800 000. Il est nécessaire que cette phrase soit bien frappée, parce qu'elle fera une grande influence sur l'étranger.
Napoléon
Décret « de distribution » répartissant les 36 000 conscrits par place forte ou régions militaires
Avons décrété et décrétons ce qui suit :
Article 1er
La distribution des 36 000 conscrits levés en vertu du sénatus-consulte du […] octobre, sera fait ainsi qu’il suit :
... 8000 sur Paris, savoir :
... 1000 pour le 2e léger ...
Relevé de la distribution des 36 000 conscrits suivant l’ordre numérique des régiments employés à l’armée d’Espagne :
... Infanterie légère
... 2e à Paris 1 000 ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 22176).

A la fin de l'année 1809, tandis qu'une armée espagnole sortie du Portugal a battu les Français à Tamanes en octobre puis s'est faite écraser à Alba de Tormes en Novembre, un autre corps espagnol venu d'Andalousie s'est fait étriller à Ocana.

Pendant ce temps, au Portugal, Wellington et Beresdford réorganisent l'armée portugaise en l'encadrant avec des Officiers britanniques et font construire de formidables lignes de fortifications autour de Lisbonne : les lignes de Torres Vedras.

En novembre 1809, Napoléon envoie des renforts en Espagne: le Corps de réserve que nous avons vu organisé à Paris en mars 1809 à partir de compagnies des 5èmes bataillons (dont ceux de 2e et 4e Léger) sert à former une Division de ces renforts, organisés en un nouveau 8eme Corps mis sous l’autorité de Junot.

Le 28 novembre 1809, l’Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke : "Monsieur le Général Clarke, donnez ordre au duc d'Abrantès de passer la revue des dépôts de la 1re division militaire qui doivent fournir des régiments à son corps d'armée. Il passera cette revue dans le plus grand détail, fera connaître les places vacantes dans les cadres des bataillons qui doivent former sa division, et s'assurera que chacun de ces bataillons a ses cadres complets de dix compagnies de 140 hommes chacune, officiers et sous-officiers.
J'ai remarqué avant-hier que beaucoup de places de chef de bataillon étaient vacantes, ainsi que des places de lieutenant et de sous-lieutenant. Il faut que la retraite soit donnée à tous ceux qui sont hors d'état de faire campagne, afin que, vers le 20 décembre, les quatre bataillons des 32e, 58, 121e et 122e, qui doivent faire partie de la division Lagrange, et les quatre bataillons des 2e, 4e, 12e et 15e légers qui forment la 3e brigade de la même division, formant avec la 1re brigade 8 ou 9,000 hommes, soient prêts à partir pour joindre cette 1re brigade qui part de Huningue. Il est donc nécessaire que ces huit bataillons aient présents, au 20 décembre, leurs officiers, sous-officiers et tambours
" (Correspondance de Napoléon, t.20, lettre 16026 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 22533).

Et en complément, le même jour, au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la guerre, à Paris : "Monsieur le Général Clarke, à dater du 1er décembre, le 8e corps de l’armée d'Allemagne prendra le nom de 8e corps de l'armée d'Espagne.
Ce corps continuera à être commandé par le duc d'Abrantès; il aura pour chef d'état-major le général Boyer, pour ordonnateur le sieur Malus, pour commandant de l'artillerie le général Mossel; il y sera attaché un officier supérieur du génie.
Il sera composé de trois divisions.
La 1re division sera commandée par le général Rivaud et formée de trois brigades : la 1re commandée par le général Menard, ayant quatre bataillons; la 2e, par le généra1 Taupin, ayant quatre bataillons; la 3e, par le général Godard, ayant quatre bataillons; en tout douze bataillons, formant 9 à 10,000 hommes d'infanterie.
La 2e division sera commandée par le général Lagrange; la 1e brigade sera composée de trois bataillons du 65e et d'un bataillon du 46e, et commandée par un général de brigade qui sera pris à l'armée d'Allemagne; la 2e brigade sera composée de quatre bataillons des 32e, 58e, 121e et 122e, qui sont à Paris, et commandée par un général pris à l'armée d'Allemagne; la 3e brigade sera composée de quatre bataillons des 2e, 4e, 12e et 15e légers. Cette division aura donc, comme la lère, douze bataillons, formant 9 à 10,000 hommes d'infanterie.
La 3e division sera composée de quatre régiments de marche et de douze bataillons auxiliaires, dont nous avons ordonné la réunion par nos derniers ordres, et sera commandée par le général de division Clauzel, qui veillera spécialement à sa formation.
Ce qui portera l'infanterie du 8e corps à plus de 30,000 hommes ...
Je désire connaître quand tout cela pourra se mettre en mouvement, pour que le corps soit rendu et réuni à Bayonne au 1er janvier
" (Correspondance de Napoléon, t.20, lettre 16027 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 22534).

"Paris, 5 décembre 1809
Au général Clarke, duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris
Monsieur le Général Clarke, donnez l'ordre que le quartier général du 8e corps et la division Rivaud, composée des huit bataillons des brigades Ménard et Taupin et de la brigade formée du 22e de ligne, faisant douze bataillons, se rendent à Orléans. Je verrai le 22e à son passage à Paris. Le 15, le duc d'Abrantès se rendra à Orléans et passera la revue de cette division. Faites-moi connaître où sont les 10e et 11e bataillons des équipages militaires qui doivent être attachés au 8e corps.
Faites-moi connaître s'il sera possible de faire partir, le 15, les huit bataillons qui sont à Paris des 32e, 58e, 121e et 122e, qui forment la 1e brigade de la division Lagrange, et des 2e, 4e, 12e et 15e légers, qui forment la 2e brigade; ces deux brigades, avec celle formée du 65e et d'un bataillon du 46e, composant la division du général Lagrange. Toutefois nommez les deux généraux de brigade qui doivent commander ces huit bataillons, et donnez-leur l'autorité dans les dépôts qui doivent les fournir; je les verrai, le 15, dans la situation où ils se trouvent ...
" (Correspondance de Napoléon, t.20, lettre 16033 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 22561) .

Pendant ce temps , Napoléon réorganise le 2e Corps en Espagne et envoie ses instructions à Berthier, nouveau Major général des armées d’Espagne : "Paris, 15 décembre 1809
Au prince de Neuchâtel et de Wagram, major-général de l’armée d’Espagne, à Paris
Mon Cousin ... Écrivez au duc de Dalmatie que j'ai hâte de voir se réunir tous les corps; qu'il donne l'ordre que tout ce qui appartient aux 32e, 15e, 66e, 26e et 82e se rende dans le nord à Benavente et à Valladolid, pour être réuni au corps du général Loison; que tout ce qui appartient aux 51e, 43e, 55e, 58e, 47e de ligne et 12e léger rejoigne les régiments respectifs à Madrid; que le 2e corps ne sera formé que des deux divisions des généraux Merle et Heudelet, composées, comme elles le sont aujourd'hui, des 2e, 4e, 17e et 31e légers, et des 15e, 36e, 47e, 70e et 86e ...
Il y a également un bataillon du 2e léger qu'il faut réunir, ainsi que beaucoup de détachements appartenant à des régiments de cavalerie
" (Correspondance de Napoléon, t.20, lettre 16055 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 22608).

"Trianon, 17 décembre 1809
Au prince de Neuchâtel et de Wagram, major-général de l’armée d’Espagne, à Trianon
Mon Cousin, donnez l'ordre que la brigade composée d'un bataillon du 32e, d'un du 58e, d'un du 121e et d'un du 122e, qui doivent former au moins 3,000 hommes, parte le 20 de ce mois pour se rendre à Bordeaux. Cette brigade est la 2e de la division Lagrange. Faites-moi connaître quand la 1re brigade arrivera à Bayonne.
Donnez ordre que la 3e brigade de cette division, composée d’un bataillon du 2e léger, d'un du 4e, d'un du 12e et d'un du 15e légers, parte le 22. Cette 2e et cette 3e brigade suivront la route de Versailles, où elles séjourneront; vous en passerez la revue à Versailles et vous vous assurerez qu'elles sont munies de tout ce qu'il faut pour faire la guerre, et qu'elles ont le nombre d'officiers nécessaire pour les discipliner et les contenir en route. Tracez-leur un itinéraire tel qu'elles se reposent un jour sur trois, et même qu'elles aient un double séjour dans les grandes villes.
Vous me remettrez un tableau du mouvement du 8e corps ...
" (Correspondance de Napoléon, t.20, lettre 16062 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 22629).

/ 1810, LA 3e CAMPAGNE DE PORTUGAL (2ème et 8ème CORPS), LA PACIFICATION DE L’ARRIERE (DIVISION SERAS)

Chasseur 2e Léger 1810
Fig. 8bis Chasseur du 2e Léger vers 1810, d'après Martinet

Le 8e Corps continue sa route et doit aider à pacifier les régions traversées dès son entrée en Espagne.

"Paris, 11 janvier 1810
Au prince de Neuchâtel et de Wagram, major général de l’armée d’Espagne, à Paris.
Vous ferez connaître que mon intention est de réunir tout le 8e corps à Logroño. A cet effet le général Lagrange, avec la première brigade de sa division, entrera le 14 en Espagne et se dirigera en droite ligne sur Logroño. Le commissaire ordonnateur et le chef de l’état-major s’y transporteront le plus tôt possible; tout l’état-major et le commandant en chef y seront réunis le 8 février. Tous les ordres seront donnés pour que les divisions ci-devant Rivaud et Lagrange y arrivent le plus tôt possible, ainsi que les administrations et l’artillerie, cela formera 16 à 17,000 hommes, qui devront être à Logroño dans les dix premiers jours de février
".

"Paris, 20 janvier 1810.
Au prince de Neuchâtel et de Wagram, major-général de l’armée d’Espagne, à Paris
Mon Cousin, écrivez au général Lagrange, qui se trouvera le 25 février à Logroño avec une partie de sa division, qu’il doit faire des incursions à cinq ou six marches de Logroño pour attaquer les brigands, les détruire et maintenir libres les communications à quarante lieues aux environs, se concertant avec les commandants de la Navarre, des Biscayes, de Burgos et de l’Aragon; qu’il doit faire des colonnes mobiles et profiter du temps que sa division séjournera là, pour pacifier et désarmer le pays
". Dans la même lettre, on apprend que le général Reynier doit prendre le commandement du 2e Corps.

Le 12 février 1810, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, à Paris : "Monsieur le Duc de Feltre ... En jetant un coup d'oeil sur les détachements qui doivent composer la division d'arrière-garde, je vois qu'on a confondu dans vos bureaux deux choses très-importantes ; ce qui peut avoir la plus grande conséquence. On veut comprendre dans la formation des bataillons auxiliaires des détachements appartenant à des régiments qui sont en Espagne : or les bataillons auxiliaires ne doivent être formés que par les dépôts dont les régiments sont au Nord ou en Allemagne. Tous les détachements des corps qui sont en Espagne doivent former des régiments de marche et jamais des bataillons auxiliaires. Mon intention est donc qu'on forme un régiment de marche, qui se réunira à Tours. Le 1er bataillon sera composé de tous les détachements qui se trouvent à Orléans, appartenant aux 2e, 4e, 12e et 15e régiments d'infanterie légère. Le 2e bataillon sera composé de tout ce qui est à Orléans des 32e, 58e, 121e et 122e régiments. Vous ordonnerez que tous ces détachements partent le 15 d'Orléans pour Tours.
Vous ferez demain passer une revue de ces huit dépôts à Paris et à Versailles, pour en faire partir tout ce qu'ils ont de disponible et en état de bien faire la guerre.
Ils seront dirigés sur Tours, où vous chargerez le général Seras de se rendre pour organiser ces deux bataillons et en former le 5e régiment de marche.
... Vous donnerez des ordres et prendrez des mesures pour que deux bataillons du 113e, de 800 hommes chacun, soient tenus prêts à partir ; car je désire faire partir dans le courant de février le 4e régiment de la première légion de la Vistule, 2,200 hommes ; deux bataillons du 113e, 1,600 hommes ; le 5e régiment de marche de l'armée d'Espagne, que j'évalue à peu près, à 1,600 hommes ; un escadron de 300 hommes du 28e de chasseurs, 300 hommes ; le régiment de dragons qui est à Versailles. On y joindrait le 6e régiment de marche de cavalerie qui est à Saumur, 1,900 hommes ; cela fera donc une division de plus de 6,000 hommes, avec laquelle le général Seras se rendra en Espagne ...
" (Correspondance de Napoléon, t.20, lettre 16244 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 23105).

Les opérations militaires tournèrent au début de l'année autour d'une expédition en Andalousie, exécutée par les 4e, 5e et 1er Corps.

Pendant ce temps, le 2e Corps, restait à son emplacement de l'année précédente, c'est-à-dire sur le Haut Tage, afin d'observer les routes du Portugal où se trouvaient toujours les anglais. Il couvrait en même temps la marche du corps expéditionnaire d'Andalousie.

Au milieu d'Avril, Napoléon résolut de marcher aussi contre le Portugal. La nouvelle armée du Portugal destinée à cette expédition devait se composer des 2e (Reynier), 6e (Ney) et 8e Corps (Junot), en tout 60000 hommes, dont le commandement fut donné à Masséna.

L'Armée anglo-portugaise de Wellington présentait un effectif de 50.000 hommes. Le Général anglais, résolu à ne pas accepter de grandes batailles, prévoit de se retrancher, à l'embouchure du Tage, où se trouve une flotte anglaise, sur les célèbres lignes de Torres Vedras qui devaient, au besoin, protéger l'embarquement de son armée.

Le 10 Mai, Masséna arrive à Valladolid. Les Français devaient d'abord s'emparer des places fortes de Ciudad Rodrigo (espagnole), et Almeida (portugaise), avant d'entrer au Portugal. Ce sera au 6e Corps de Ney de s'en occuper.

Le 8e Corps est aussi réorganisé. La Division Lagrange (dont un Bataillon des 2e et 4e Léger) est dissoute et répartie. Elle vient compléter la Division d'arrière garde du Général Seras. Napoléon écrit, depuis Le Havre, à Berthier au Havre, le 29 mai 1810 : "... Les bataillons de 2e, 4e et 12e Léger, des 32e et 58e de Ligne sous les ordres des généraux de brigade Corsin et Jeanin, feront partie de la division du général Seras, qui aura ainsi sous ses ordres ces 5 bataillons : 3000 hommes; les 4 bataillons auxiliaires : 3000 hommes; le 113e et le 4e bataillon de la Vistule : 3000 hommes, ce qui fera 9000 hommes ..." (Correspondance de Napoléon, t.20, lettre 16519 ; Correspondance générale de Napoléon, t.10, lettre 23671). La Division Seras mise sous l’autorité du Général Kellermann et se trouvera donc à la droite de la force principale de Masséna entre Astorga, le Léon et Zamora, couvrant la plaine de Valladolid.

Détaillons maintenant l’offensive de Masséna contre le Portugal. Ce n'est que le 25 juin qu'est lancé l'assaut sur la forteresse de Ciudad Rodrigo, après des semaines de siège. Les défenseurs résistent jusqu'au 9 juillet. Pendant ce temps, le 2ème Corps (Reynier) bat un parti espagnol à Zafra, et passe le Tage à la gauche de l'Armée.

Le 4 juillet 1810, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, faites-moi connaître combien de compagnies et d'hommes peuvent fournir les dépôts des 32e, 58e, 121e et 122e, ainsi que les dépôts de Versailles des 3e et 4e régiments provisoires, et les dépôts des 2e, 12e, 15e et 4e léger. Quand pourra-t-on former un régiment provisoire de 700 hommes de chacun de ces dépôts ? ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.10, lettre 23898).

Le 8 juillet 1810, l'Empereur écrit, depuis Rambouillet, au Général Clarke; Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, il faut former un 5e régiment de marche qui sera composé de 3 bataillons, savoir :
1er bataillon : 2 compagnies du 32e, 2 compagnies du 58e ;
2e bataillon : 2 compagnies du 121e, 2 du 122e ;
3e bataillon : 1 compagnie du 2e léger, 1 du 4e idem, 1 du 12e idem.
Chacune de ces compagnies sera complétée à 140 hommes, ce qui fera 1540 hommes. Un colonel en second ou un major commandera ce 5e régiment de marche. Vous me ferez connaître quand il sera prêt.
Vous donnerez ordre qu'il soit réuni à Versailles le 15 juillet.
Vous me ferez connaître s'il est possible de former des dépôts de Versailles qui ont fourni aux régiments provisoires dernièrement partis, un nouveau bataillon
" (Correspondance générale de Napoléon, t.10, lettre 23919).

La place forte d'Almeida dans la région de Beira, ne se trouve qu'à 35 kms de Ciudad Rodrigo. C'est encore le 6e Corps de Ney qui est chargé de la besogne. Du 15 au 28 Août a lieu le siège d'Almeida, après les combats sur la Coa.

Le 19 août 1810, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, je désire que vous formiez plusieurs bataillons de marche pour 1'Espagne et le Portugal.
... Le 4e se composera de 200 hommes du 2e léger ; de 100 hommes du 4e idem ; de 100 hommes du 15e idem ; de 200 hommes du 17e idem ; de 300 hommes du 65e idem ; total 900 hommes. Le 4e bataillon se réunira à Paris ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.10, lettre 24356).

Le 26 août 1810, Napoléon écrit, depuis Saint-Cloud, au Maréchal Berthier, Major général de l'Armée d'Espagne : "... Donnez ordre que le 4e bataillon du 2e léger qui est à la division Séras rejoigne ses trois premiers bataillons au 2e corps ; que le 4e bataillon du 4e léger rejoigne ses trois premiers bataillons au 2e corps, et que le 4e bataillon du 36e qui est au 8e corps rejoigne également les 3 premiers bataillons au 2e corps, de sorte que le corps du général Reynier sera composé ainsi qu'il suit :
division Merle
2e léger 4 bataillons 2400 hommes
36e de ligne 4 bataillons 2200
4e léger 4 bataillons 2400
7000 hommes
Division Heudelet
17e léger 3 bataillons 1500
47e de ligne 4 bataillons 2400
31e léger 4 bataillons 2400
70e 4 bataillons 2400
8700
15700 hommes
Par ce moyen, tous les régiments de l'armée de Portugal se trouveront réunis ...
Donnez ordre que le 5e régiment provisoire d'infanterie de l'armée d'Espagne soit dissous. Les compagnies du 2e léger et des 4e et 12e légers seront réunies aux 2 compagnies des 2e, 4e et 12e légers du 2e régiment provisoire d'infanterie qui est dans la Navarre. Le 1er bataillon du 2e provisoire d'infanterie sera composé de 3 compagnies du 5e bataillon du 2e léger et de 3 du 4e. Le 2e bataillon sera composé de 3 compagnies du 12e et de 2 du 15e ...
La dissolution du 5e régiment provisoire d'infanterie qui avait ordre de se rendre à Tolosa renforcera le corps du général Reille de onze compagnies, ce qui augmentera d'autant la garnison de la Navarre ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.10, lettre 24415).

L’Armée de Portugal se trouva tout entière réunie autour de Viseu le 18 septembre ; elle comprenait à ce moment 62,000 hommes de toutes armes.

POSITIONS DU 2e LEGER EN SEPTEMBRE 1810 : Colonel Merle, 1er, 2e ,3e, et 4e Bataillons au 2e Corps, 1ère Division (Merle), Armée du Portugal; 5e Bataillon : 3 Compagnies à la 2e Division d’arrière garde, Armée d’Espagne; une Compagnie et le Dépôt à Paris.

Masséna ne reprend sa marche vers Lisbonne que le 15 Septembre. Ses ordres sont d'attendre la fin des grosses chaleurs et surtout des récoltes. Il en profite pour se procurer de quoi approvisionner son armée. D'autant que les Anglais ont décidé de pratiquer la "terre brulée" en se retirant progressivement vers leur base de Torres Vedras.

Masséna prend la direction de Coimbra en passant par Viseu où il s'arrête plusieurs jours pour rallier ses effectifs et réparer ses caissons. La route suivie, au nord du Mondego, passe par Bussaco, une excellente position défensive en hauteur où Wellington a décidé d'attendre les Français avec ses Anglo-portugais. Le 2e Corps lui s'est retrouvé à Guarda en passant par Sabugal puis a rejoint le reste de l'Armée.

Au matin du 26, le 2e Corps entre en contact avec les défenses anglaises. Masséna tombe dans le piège d'une attaque frontale au lieu de contourner les positions anglo-portugaises.

Le 27, le 2e Corps s'élance à la droite de l'armée ennemie. Mitraillés en flanc par l'artillerie et de front par l'infanterie, les Français sont en fâcheuse posture. Le Général Graindorge est mortellement blessé. Le 2e Léger voit le Colonel Merle blessé ainsi que les Chefs de Bataillon Godin et Puisoie. Le Chef de Bataillon Duval est tué, ainsi que de nombreux Capitaines et autres Officiers.

Nos troupes redescendent le plateau, emportant leur Général et leurs Officiers blessés. Tandis qu'au centre de la bataille, le 6e Corps de Ney tente de s'emparer du couvent de Bussaco transformé en forteresse et est lui aussi repoussé.

Après la bataille, les Français se regroupent et parviennent à contourner les positions ennemies par le Nord, tandis que Wellington recule vers Coimbra. Son objectif est à présent d'atteindre les Lignes de Torres Vedras et d'y attendre une nouvelle fois les Français.

La majeure partie de la population des régions que doit traverser l'armée française se retire avec l'armée anglo-portugaise. L'ordre est donné d'évacuer Coimbra, les propriétés agricoles sont abandonnées, les biens ne pouvant être transportés et susceptibles de servir aux Français sont détruits. La campagne doit être tenue par des partis de guérilla chargé d'exterminer les troupes isolées et les blessés ennemis.

A Coimbra, le 1er Octobre, les Français trouvent un peu de vivres. Entre Coimbra et les Lignes de Torres Vedras, quelques affrontements éclatent entre les troupes françaises les plus avancées et l'arrière de l'armée de Wellington. Les combats les plus significatifs ont lieu près de Pombal et d'Alenquer. Le 11 octobre, l'avant-garde française aperçoit les Lignes de Torres Vedras.

Constatant, au bout de plusieurs semaines, que sa situation d'assiégeant des lignes anglo-portugaises est sans issue favorable, Masséna envoie le Général Foy en France discuter de la situation militaire avec l'Empereur, et recule ses positions sur Santarem et Punhete pour mieux hiverner à la mi-Novembre, suivi mollement par les Anglais. Le 2e Corps de Reynier s'établit à Santarem et entreprend des travaux pour s'y retrancher. Les deux autres Corps de l'Armée font de même, regroupés autour de Thomar pour celui de Ney et de Torres Novas pour celui de Junot.

Le 4 décembre 1810, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, donnez ordre aux majors du 31e régiment d'infanterie légère, du 26e de ligne, du 2e d'infanterie légère de se rendre en Portugal pour commander ces régiments, les colonels étant morts. Proposez-moi des colonels en second pour nommer colonels de ces régiments, lesquels se rendront aux dépôts, pour en diriger l'administration" (Correspondance générale de Napoléon, t.10, lettre 25422). Tous ont été tués ou grièvement blessés à la bataille de Bussaco le 27 septembre 1810 ; au 2e Léger, Merle n'est pas mort à cette date mais blessé grièvement; n'étant plus en mesure d'assurer son commandement, il est remplacé par Rameaux.

L'arrivée d'une Division du 9e Corps menée par le Général Drouet en personne fin Décembre est saluée par des cris de joie. Ces renforts et ceux amenés par le Général Foy à son retour, portent l'Armée du Portugal à 55.000 hommes, mais c'est trop peu encore pour tenter une action décisive et Masséna espère l'arrivée du 5e Corps, alors sous les ordres de Soult.

JANVIER 1811, LE REPLI SUR L'ESPAGNE

Chasseur 2e Léger 1812-1814, d'après Martinet
Fig. 9 Chasseur du 2e Léger en 1812-1814, d'après Martinet

En Janvier, Soult avec le 5e Corps fait enfin chemin vers Badajoz et après s'être emparé d'Olivenza, fait le siège de la ville, mais celle-ci ne se rendra que le 10 Mars. Pendant ce temps, Masséna, vu l'état de délabrement physique et moral de ses troupes, décide de retraiter.

Antoine Simon Rameaux a été nommé en décembre colonel du 2e Léger. Il ne va rejoindre son poste qu’au début de l’année.

Le 2e Corps de Reynier (avec les 2e et 4e Léger) gagne Espinhal, passant par la Serra de Estrella, tandis que Ney couvre l'arrière garde et doit livrer des combats à Pombal, Rehinda, Foz d'Arounce, contre les Anglais qui se sont lancés à notre poursuite.

Etat du 2e Corps de Reynier au 15 mars 1811.

1ère Division Merle
- 4 Bataillons du 2e Léger (54 Officiers et 1343 hommes)
- 4 Bataillons du 36e de Ligne
- 4 Bataillons du 4e Léger (61 Officiers et 1163 hommes)

Reynier rejoint Masséna à Miranda do Corvo, puis ils poursuivent leur marche vers Celorico qui est atteint le 21 mars. Masséna décide alors de gagner l'Espagne par Coria et Plasencia. Ney refuse et veut passer plus au Nord. Masséna le démet de son commandement du 6e Corps qui est remis au Général Loison. On doit signaler aussi des désobéissances de la part de d'Erlon et de Reynier qui désorganisèrent le plan de Masséna.

Dans le même temps, Napoléon espère encore qu’une offensive sur Lisbonne pourra avoir lieu !!!

Wellington, qui talonne les Français, pense pouvoir détruire le 2e Corps à Sabugal, le 3 Avril, mais les Français résistent bien sous une pluie battante et du brouillard. Pour le 2e Léger : le Colonel Merle est mortellement blessé ainsi que les Capitaines Godel et Mandier.

La retraite se poursuit. L'Armée du Portugal se regroupe finalement autour de Salamanque et se remplume. Elle compte encore 39.000 combattants.

Les Anglo-portugais ont suivi les Français dans leur repli et désormais, le seul point encore aux forces de Masséna au Portugal est la forteresse d'Almeida, rapidement entourée par la Division Campbell dès le 7 Avril. Masséna, dont les subordonnés sont de plus en plus désobéissants, demande l'aide de Bessières pour refaire ses forces, délivrer la garnison et y établir une tête de pont.

Au milieu d'Avril, il pleut, et le 2e Corps a énormément de mal à se fournir en vivres. Cependant, Masséna concentre ses meilleurs éléments des 2e, 6e, 8e et 9e Corps et la cavalerie de Montbrun autour de Ciudad Rodrigo en vue de l'offensive future.

Le 4 avril 1811, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Prince de Neuchâtel et de Wagram, Major général de l'Armée d'Espagne, à Paris, pour demander une réorganisation de l'Armée du Portugal en 6 Divisions : "Mon Cousin, l'armée du Portugal sera partagée en six divisions ...
Par ce moyen, le 6e corps se trouve partagé en deux divisions. Tous les régiments qui ont leur dépôt dans la 12e division militaire forment une division ; tous ceux qui ont leur dépôt en Bretagne en forment une autre. Je pense que c'est là la meilleure organisation qu'on puisse donner. Vous laisserez le prince d'Essling maître d'arranger les brigades. Vous lui désignerez seulement les généraux pour les divisions et pour les brigades. Vous le laisserez également maître de verser tous les hommes des 15e et 32e légers dans les 2e et 4e légers, et de renvoyer les cadres du 15e léger à Paris et du 32e à Toulon ; cela aura l'avantage de supprimer deux cadres sans diminuer de beaucoup le nombre d'hommes. Cette opération me paraît bonne ...
Vous ferez connaître au maréchal prince d'Essling qu'il doit faire tous ces mouvements en temps opportun ; lui seul doit en avoir connaissance. Il peut même y faire les changements qu'il jugera indispensables. Vous lui ferez connaître que mes principaux motifs pour mettre tels ou tels régiments ensemble, c'est qu'ils ont leurs dépôts dans la même division ; ce qui doit faciliter la formation des régiments de marche à envoyer pour les recruter
" (Correspondance de Napoléon, t.22, lettre 17562 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 26505).

Ce sera Marmont qui effectuera les changements.

Le 27 avril 1811, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, donnez ordre que 200 hommes du 2e régiment d'infanterie légère, 100 du 4e et 200 du 12e ; total 500 ; forment à Paris un bataillon de marche et se mettent en route pour Bayonne.
Donnez ordre que le 17e d'infanterie légère envoie à Bayonne 150
que le 25e id. envoie 100
Le 9e id. 120
Le 16e id. 100
Le 21e id. 120
Le 27e id. 120
Le 28e id. 120
Total de ce que ces régiments enverront à Bayonne 1330
Ayez soin que chacun de ces détachements ait au moins deux sergents, quatre caporaux et deux tambours. A leur arrivée à Bayonne, on formera de ces détachements deux bataillons de marche que l'on composera de la manière suivante : les détachements des 2e, 4e, 17e et 25e régiments qui appartiennent à l'armée de Portugal marcheront ensemble. Ceux du 9e, du 12e, du 16e, du 21e, du 27e et du 28e, qui appartiennent à l'armée du Midi, formeront l'autre bataillon. Vous aurez soin que ces détachements soient bien armés, bien équipés. Les dépôts pourront profiter de leur départ pour faire des envois à leur régiment. Vous me rendrez compte d'ailleurs du mouvement de ces détachements afin que je sois toujours à même de donner les ordres que pourraient nécessiter les circonstances. Mon intention est qu'aucun conscrit de 1811 ne fasse partie de ces détachements. Le nombre d'hommes que je viens de vous indiquer est porté dans les états comme existant au dépôt avant l 'arrivée de la conscription. Vous pouvez donc les faire partir deux ou trois jours après la réception des ordres. Faites passer en revue le bataillon de Paris avant son départ. Ayez soin qu'un major en second se trouve à Bayonne pour organiser les deux bataillons. Les premiers arrivés attendront les autres. Mais il sera toujours avantageux que le général qui commande à Bayonne ait des troupes sous sa main, qui peuvent être utiles pour la protection des frontières
" (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 26853).

Bessières arrive enfin le 1er Mai, entouré seulement d'une poignée d'hommes de la cavalerie de la Garde, qu'il refusera d'ailleurs de faire intervenir. Wellington, anticipant les intentions de Masséna, décide de l'attendre à Fuentes de Onoro. La bataille fera rage entre le 3 et le 5 Mai 1811 et restera indécise, bien que Wellington ne soit pas passé loin de la rupture et qu'un effort supplémentaire eut emporté la victoire pour les Français.

Sur l'aile droite, à Alameda, le 2e Corps aura en fait peu à intervenir : l'inertie de Reynier sera d'ailleurs une des causes de l'issue de la bataille. L'essentiel des combats aura lieu autour de Fuentes de Onoro et sur l'aile gauche. Fatigué et moralement atteint, Masséna se replie une nouvelle fois sur Salamanque où il apprend par Bessières sa disgrâce et son remplacement par Marmont. Napoléon ne pardonne pas aux généraux malchanceux ! La seule satisfaction est que la garnison d'Almeida a pu évacuer la place après l'avoir détruite et a réussi à passer à travers les lignes anglaises, récupérée par le 2e Corps.

Voilà donc Marmont, Duc de Raguse, à la tête d'une Armée du Portugal découragée. Celle-ci se restructure désormais en 6 Divisions. Marmont porte tous ses bataillons à 700 hommes en versant l'effectif d'un Bataillon dans un autre, et renvoie à Salamanque, les cadres non employés. Les 4èmes Bataillon des 2e et 4e Léger sont ainsi dissouts, les effectifs renforçant les trois premiers, les cadres sont finalement renvoyés en France pour former un nouveau Bataillon.

Les 2e et 4e Léger font partie de la 4e Division sous le commandement du Général Sarrut. Ayant ainsi réorganisé son armée, le Maréchal marche en juin au secours de la place de Badajoz assiégée par les anglais. Son arrivée dégage la place et Soult et Marmont entrent dans la ville. Badajoz délivrée, Marmont revint prendre position sur le Tage.

Le 11 juin 1811, Napoléon ordonne à Berthier :
"Mon Cousin,
il arrive, le 7 juin à Bayonne, trois détachements : un de 135 hommes du 2eme Léger, un de 110 hommes du 4eme et un de 210 hommes du 12eme. Faites former de ces 450 hommes un petit bataillon que vous mettrez sous les ordres de l'officier qui commande l'escorte du Trésor qui doit partir le 13 juin. Arrivés à Valladolid, les 210 hommes du 12e Léger se rendront à Madrid et de là en Andalousie ...
".

En juillet, les cadres des 4èmes Bataillons des 2e et 4e Léger sont revenus en France. Napoléon s'occupe de les reformer. Il écrit à Clarke : "St Cloud , le 1er juillet 1811
Monsieur le Duc de Feltre, donnez ordre que tout ce qu’il y a de disponible dans les dépots du 2e et du 4e Léger soit versé dans les 4èmes bataillons, afin de donner de la contenance à ces 4èmes bataillons. Vous aurez soins qu ils soient complêtés en officiers et sous officiers.
Je suis surpris que l’on ait retenu (en Espagne) les cadres des grenadiers et voltigeurs et que l’on n'ait envoyé que les cadres de 4 compagnies …
".

En septembre, les Anglais ayant menacé de nouveau Ciudad Rodrigo, Marmont abandonna le Tage, remonta au nord au secours de cette place et parvint à la ravitailler. Puis il reprit ses positions.

/ 1812, EN ESPAGNE

Plaque de shako du 2e Léger modèle 1812
Plaque de shako modèle 1812 du 2e Léger

En janvier 1812, l'Armée du Portugal abandonne le Tage et est ramenée sur le Douro aux environs de Salamanque. Ce mouvement de retraite amène la perte de deux places importantes : Ciudad Rodrigo (en Janvier) et Badajoz (en Avril) qui tombent aux mains de Wellington.

Le commandement général de toutes les forces françaises a été hélas confié au Roi Joseph en Mars. Les trois premiers Bataillons du 2ème Léger font toujours partie de la 4e Division Sarrut de l'Armée du Portugal.

Le 13 Juin, Wellington passe l'Agueda et 3 jours plus tard se retrouve devant Salamanque. Marmont évacue la ville, laissant de petits contingents dans des forts dont les Anglais vont mettre dix jours à s'emparer.

Français et Anglo-portugais vont alors stationner chacun sur une des rives du Douro. Marmont décide alors de repasser le fleuve et d'affronter les Anglais avec ses 8 Divisions d'infanterie et ses deux de cavalerie. Les deux armées vont combattre face à face aux Arapiles, le 22 Juillet, au Sud Est de Salamanque, et le combat se terminera par une défaite française. Les forces de Marmont se font saigner à blanc par l'opiniâtreté des Britanniques et Portugais.

Marmont a été blessé, le Général Clauzel a pris le commandement et va sauver les restes de l'armée en menant une retraite efficace. Les Divisions Ferrey et Foy sont les dernières réserves non entamées par la bataille : elles vont couvrir le repli en manœuvrant comme à l'exercice. Le 2e Léger n'a finalement que peu de pertes par rapport à d’autres Régiments.

L'armée se retire une nouvelle fois derrière le Douro, puis quelques temps après, derrière l'Ebre, mais ayant reçu quelques renforts, elle revient sur le Douro et reprend Salamanque évacuée par les Anglais. Le Général Clausel cède le commandement au Général Reille, qui prend alors ses cantonnements dans la province de Burgos.

/ 1812, SUR LE FRONT EST

Le 13 février 1811, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, à Paris : "Monsieur le Duc de Feltre, au 1er avril l'armée d'Allemagne sera composée de la manière suivante :
... 2e division : le général de division Friant, commandant ; les généraux Grandeau et Duppelin, généraux de brigade. 2e d'infanterie légère ; 43e, 48e, 111e de ligne.
... Chaque régiment, dans le courant de l'été, aura 4 bataillons ; ce qui fera 16 bataillons par division ou 12,000 hommes.
Chaque régiment aura également, dans le courant de l'été, 4 pièces de canon ; ce qui fera 16 pièces de canon par division ...
Les mouvements de l'armée d'Allemagne doivent se faire par Wesel, qui est le grand dépôt.
Ces ordres doivent être tenus secrets, et vous devez prescrire les différentes dispositions sans que personne ait connaissance de cette lettre. Vous m'apporterez vous-même la formation de l'armée en ses différentes parties, avec la désignation des officiers, pour que je l'approuve, et vous l'enverrez ensuite au prince d'Eckmühl, comme définitivement arrêtée ...
" (Correspondance de Napoléon, t.21, lettre 17328 ; Correspondance générale de Napoléon, t.10, lettre 25918).

Dès le début janvier 1812, Napoléon fait le compte de ses forces et commence à composer sa nouvelle Grande Armée. Il forme des Demi-brigades provisoires avec les 4es Bataillons des Régiments revenus ou stationnés en France (voir encadré). Il écrit à Berthier le 30 avril 1812 : "vous donnerez ordre que le 4e bataillon du 17e Léger qui est à Strasbourg, fort de 840 hommes, en parte pour se reunir à Paris aux 4e bataillon des 2e et 4e Léger. Ces trois bataillons formeront la 3e Demi brigade provisoire (plus tard 1ère) ; Vous nommerez un major en second pour la commander … Vous en passerez la revue ; Vous nommerez aux diverses places vacantes.Vous autoriserez les majors à faire partir, le 30 avril, les 4eme bataillons à 600 hommes. Les 200 autres hommes viendront un mois après …".

LES DEMI-BRIGADES PROVISOIRES DE JANVIER 1812

Dans la vaste réorganisation que Napoléon coordonne pour la Grande Armée qui va entrer en Russie, de nombreuses unités dites provisoires vont être levées, formées de détachements de divers Régiments : Bataillons de marche, Demi-brigades de marche, Bataillons de marche de tel ou tel Corps. Parfois versées dans leurs unités d’origine ou organisées en Divisions de Réserve.

Les Demi-brigades provisoires en 1812 sont formées à partir des 4ème Bataillons disponibles des Régiments d’infanterie. Elles vont peu à peu gagner l’Allemagne (ou l’Espagne ou l’Italie), remplacées sur leurs lieux de formation par les Cohortes de Gardes Nationales. Elles sont commandées par des Majors. On y réunit soit des Bataillons d’infanterie de Ligne, soit des Régiments d’infanterie légère entre eux, pour que les unités soient homogènes. Elles seront incorporées dans la seconde Ligne de l’Armée tandis que la force principale franchira le Niémen. Les 2e, 3e, 4e et 5e DB provisoires serviront sur la frontière espagnole et les 14e, 15e et 16e en Italie.

1er DB provisoire (ex 3e) 4e bat des 2e Léger, 4e Léger, 17e Léger

Après le passage du Niémen par l'armée "européenne" organisée par l'Empereur pour se porter contre les Russes, la 1ère Demi-brigade provisoire tient garnison successivement à Magdebourg et à Spandau, et après la désastreuse retraite de Russie, elle fait partie de la garnison de Dantzig où elle entre en janvier 1813 sous le commandement du Général Couderc.

/ 1813

Le Régiment se bat à la fois en Espagne et en Allemagne. Les positions du 2e Léger sont les suivantes en 1813 :
- 1er et 2e Bataillons en Espagne ; Armée du Portugal.
- 3e Bataillon dans le 2e Régiment provisoire léger, va être incorporé dans le 3e Corps de Ney.
- 4e Bataillon dans la 1ère Demi-brigade provisoire, garnison de Dantzig.
- 5e Bataillon au Dépôt à Paris. Des détachements envoyés en renforts.
- 6e Bataillon en formation.

LA MOBILISATION DE L'INFANTERIE LEGERE EN JANVIER/ FEVRIER POUR LA CAMPAGNE DE 1813 EN ALLEMAGNE
(Source : correspondance de Napoléon )

Dès janvier 1813, Napoléon ordonne de réorganiser l'infanterie légère (et de Ligne) en prévision de la campagne qui ne saurait tarder sur le Front Est. Plusieurs mesures sont prises :

1. Le rappel des cadres des 3e Bataillons des Régiments en Espagne :
de l'Armée du Midi : des 21e, 27e, 12e et 28e Légers
de l'Armée du Centre: du 2e Léger
de l'Armée d'Aragon : du 3e Léger

Suivi, pour arrivée prévue début mars, en Allemagne, des seconds Bataillons des 13e, 15e, 11e, 24e et 26e Légers

2. Formation systématique d'un 6e Bataillon pour les Régiments qui n'en auraient pas.

3. Formations de Régiments provisoires légers pour les Corps d'Observation du Rhin ou d'Italie avec des Bataillons disponibles :
2e provisoire : 3e Bataillon des 2e et 4e Légers
3e provisoire : 3e Bataillon des 3e et 8e Légers
4e provisoire : 4e Bataillon du 12e Léger, 1er du 29e Léger
5e provisoire : 7e Bataillon du 14e Léger, 4e du 18e Léger
6e provisoire : 3e Bataillon des 6e et 25e Légers
8e provisoire : 4e Bataillon du 5e Léger, 4e Bataillon du 23e Léger
10e provisoire : 3e Bataillon du 16e Léger et 1er Bataillon du 28e Léger

4. Formation de Demi-brigades de réserve de 3 Bataillons sur les frontières de l'Empire :
1ère Demi- brigade : 6e Bataillon des 7e, 13e, 15e Légers pour Mayence
2e Demi-brigade : 6e Bataillon des 33e, 26e, 24e Légers pour Anvers
3e Demi-brigade : 4e Bataillon des 11e, 10e, 21e Légers venants d'Espagne pour Wesel
4e Demi-brigade : 4e Bataillon des 9e, 27e, 28e Légers venants d'Espagne pour Utrecht
5e Demi-brigade : 6e Bataillon des 12e, 5e et 29e Légers pour Cherbourg
27e Demi-brigade, dont un Bataillon du 32e Léger pour Toulon
33e Demi-brigade, dont un Bataillon du 8e Léger en Italie
34e Demi-brigade: 6e Bataillon des 8e, 18e et 36e Légers en Italie

a) La campagne d’Allemagne du 3e Bataillon

A son retour à Paris, la Grande Armée anéantie, les débris en occupant la Prusse Orientale, l'Empereur en organise une nouvelle pour s'opposer aux Russes. Il lève de nouveaux conscrits, réquisitionne les cohortes de Gardes Nationales et rameute progressivement de vieilles troupes d'Espagne. Il forme 34 Régiments provisoires. Le 3e Bataillon, rentré d’Espagne, forme avec celui du 4ème Léger le 2e Régiment provisoire léger.

En Février, les troupes françaises évacuent la Pologne et se replient sur l'Oder tandis que les Prussiens, à la fin du mois, s'alliaient officiellement aux Russes contre la France. Début mars, les Français quittent Berlin et Dresde, tandis que Davout se maintient autour des villes hanséatiques, mais les Russes étaient entrés dans Hambourg.

Le 15 Avril, Napoléon quitte les Tuileries pour se mettre à la tête de ses forces. Il en compose deux groupes : l'Armée de l'Elbe, sous Eugène, et l'Armée du Main, officiellement sous Soult, mais en réalité sous sa main, dont le 3e Corps de Ney, formé en mars. Dans ce 3e Corps, on retrouve le 3e Bataillon du 2ème Léger (Chef de Bataillon Levasseur) au sein du 2e Régiment provisoire léger (Major Laporte, lui aussi du 2ème Léger), à la 9ème Division Brenier.

La visée stratégique consistait à expulser l'ennemi de Saxe. Les troupes françaises repartent en avant. Davout est en marche sur Hambourg. L'Armée du Main marchait par Iena et Weissenfels pour faire sa jonction au Nord-Est avec les forces d'Eugène. Le 1er Mai, la marche de l'Armée du Main reprenait vers Leipzig tandis que l'Armée de l'Elbe convergeait aussi vers cette ville.

Le 30 Avril, l'avant-garde du Corps de Ney se heurte en avant de Weissenfels aux 7.000 Russes du Général Lanskoï ; les jeunes soldats, entrent dans Weissenfels au cri de : "Vive l'Empereur !".

Les coalisés s'étaient regroupés près de Lützen, au Sud-Est de Leizig. Le 2 mai 1813, bataille de Lützen. La Division Girard occupe Starsiedel quand les Alliés attaquent. Elle est bientôt rejointe par le 6e Corps de Marmont, qui la remplace, et rallie le 3e Corps autour de Kaja, au centre de la ligne de front. La Division Souham en premier, puis les autres Divisions de Ney, résistent et reprennent Gros-Goerschen, enlevé par l'ennemi à nouveau, deux heures plus tard. Le soir, presque tous les Officiers supérieurs ont été tués ou blessés. Mais cette résistance a facilité l'enveloppement des Coalisés par les deux ailes. Ils sont battus et repoussés. Le 2e Léger a eu de nombreuses pertes. Sont blessés : le Major Laporte, le Chef de Bataillon Levasseur, les Capitaines Auberti, Audous, Cantaloube, Dumolard, Therron …

Le 3 mai, les Français entrent dans Leipzig, mais Napoléon, quasi dépourvu de cavalerie, a perdu le contact avec ses adversaires. La Grande Armée est divisée en 2 colonnes : Napoléon marche sur Dresde avec la colonne principale (Bertrand, Marmont, Oudinot et Macdonald). Ney marche sur Berlin en recueillant à Torgau les Saxons de Reynier. A Luckau, il fait sa jonction avec Victor venant de Wittenberg. Entre les deux colonnes, Lauriston reste en position intermédiaire.

Les Russo-Prussiens sont restés groupés et préparent une bataille. Leur choix se porte sur Bautzen, à l'endroit où la Sprée coupe la route de Dresde à Breslau. Ils peuvent y couvrir la Silésie et y être au voisinage de l'Autriche dont on peut espérer l'entrée en guerre. Le 8 mai, Napoléon arrive à Dresde où le pont sur l'Elbe a été détruit. Le 10, la Grande Armée peut franchir le fleuve.

Napoléon retrouve ses adversaires le 20 Mai. Le Corps de Ney ayant rejoint à son aile gauche. Le Bataillon aura encore quelques pertes et le Chef de Bataillon Levasseur sera de nouveau blessé, mais les Coalisés seront encore battus. Les Prussiens et les Russes reculent rapidement.

Le 27 mai, l'Oder est atteinte et la forteresse de Glogau est débloquée. Oudinot, détaché du gros de l'armée, marche sur Berlin. Pendant ce temps, plus au Nord, Hambourg est reprise. Chez les Alliés, c'est le découragement. Certains jugent la situation si désespérée qu'ils pensent se retirer derrière la Vistule. C'est alors l'Autriche qui va sauver les vaincus et s'interposer pour proposer un armistice (dit de Pleiwitz). Napoléon va le ratifier le 7 Juin pour avoir le temps de se renforcer. Mais ses adversaires vont pouvoir faire de même.

Le 10 juin, Napoléon entre à Dresde; il y restera jusqu'au 15 août. Le 11 août, l'Autriche se joint aux Coalisés et déclare la guerre. La Suède de Bernadotte est aussi à leurs côtés. Et les états allemands faiblissent. Le 18 août, les hostilités reprennent.

Pendant l'armistice, l'Armée française a été réorganisée. Les coalisés disposent à cette date de quatre armées : 1° celle du Mecklemburg, forte de 30.000 hommes, opposés à Davout; 2° celle du Nord de Bernadotte, avec 120.000 hommes, autour de Berlin; 3° l'Armée de Silésie (120.000 hommes), sous Blücher, qui s'est avancée jusqu'à Breslau malgré l'armistice; 4° enfin, l'Armée principale, en Bohême, forte de 330.000 hommes, sous les ordres de Schwartzenberg.

Le rapport des forces est désormais défavorable à Napoléon. Son idée était de s'interposer entre les Armées de Blücher et de Schwartzenberg. Ses manoeuvre échouent, submergé par le nombre et l'évitement de ses adversaires.

Le 12 octobre, il replie toutes ses forces sur Leipzig. La bataille des Nations va avoir lieu dans et autour de la ville entre les forces réunies de tous les Coalisés contre l'armée de l'Empereur entre le 16 et le 19 Octobre. Bataille gigantesque qui scelle la défaite de Napoléon en Allemagne. Le 3e Bataillon du 2e Léger est toujours au 3ème Corps, 9e Division. Le 3e Corps est désormais commandé par le Général Souham.

Après Leipzig, Napoléon fait retraiter son armée jusqu'à Erfurt et doit forcer le passage à Kösen le 21 Octobre. Alors qu'il arrive à Erfurt, il apprend la défection de la Bavière, qui retourne ses troupes contre les Français. Il faut gagner les places fortes sur le Rhin. Pour cela, il faudra passer sur le corps des Bavarois qui bloquent le passage à Hanau le 30 Octobre. Le 2e Régiment provisoire d’infanterie légère ne compte plus que 242 hommes ! dans la 9e Division d’infanterie du Général Estève.

Sur la frontière du Rhin, le 3e Bataillon du 2e Léger compte ses effectifs : 15 Officiers et 131 hommes.

b) Le siège de Dantzig du 4ème Bataillon en 1813.

La 1ère Demi-brigade provisoire (avec le 4e Bataillon du 2e Léger) se trouvait regroupée avec d’autres au sein de la 1ère Brigade de la 30e Division d’Infanterie du Général Heudelet. Le premier siège va durer de Janvier au 9 Juin. Rapp, avec sa troupe ravagées par les épidémies, parvenait à maintenir un périmètre défensif élargi, lançant des contre offensives de dégagement et des opérations de ravitaillement, pendant le Printemps, dans les campagnes autour de la place.

Le 9 Juin, il apprend qu'un armistice a été signé avec les Coalisés en Allemagne mais les forces françaises ne sont pas parvenues jusqu'à lui. Il peut souffler, tout en étant toujours encerclé jusqu'au 18 Août. Puis le siège reprend avec des forces coalisées plus importantes et des bombardements massifs. Rapp tiendra jusqu'au 2 Janvier 1814. La garnison française est faite prisonnière et déportée en Russie. Les étrangers, alliés des Français, qui ont beaucoup déserté sur la fin du siège, sont libérés. Le Chef de Bataillon Carré, du 2e Léger, sera blessé le 2 novembre 1813, lors des opération de siège.

c) La campagne d'Espagne des 1er et 2e Bataillons

C'est au début Janvier 1813, que parvient à Madrid l'annonce du désastre de la campagne de Russie et les nouvelles instructions de l'Empereur. Il lui faut tout d'abord reconstituer une armée sur le front Est Europe et sa Garde Impériale. Il va donc piocher, outre dans la conscription et la Garde Nationale, dans les "vieilles troupes d'Espagne" en prélevant cadres et Bataillons. Soult est lui aussi rappelé, à cause de l'antipathie du Roi Joseph.

Les deux premiers Bataillons du 2e Léger sont dans la 4ème Division de l'Armée du Portugal sous le commandement du Général Reille. A leur tête se retrouve le Colonel Antoine Simon Rameaux qui vient d'être blessé à Saldana le mois précédent.

Avec cette ponction d'effectifs, il faut aussi resserrer les lignes en se repliant sur le Nord de l'Espagne. Les 4 armées aux ordres de Joseph vont adopter de nouvelles positions : en mars, on évacue la Manche, l'Armée du Centre se place autour de Ségovie, celle du Midi vers la vallée du Douro, celle du Portugal en Vieille Castille.

Joseph, quant à lui, évacue sa capitale et replie son gouvernement à Valladolid le 23 mars, laissant à Madrid une garnison avec le Général Hugo. Les forces françaises sont mal reliées entre elles, leurs communications coupées par une guérilla de plus en plus nombreuse.

Pendant ce temps, au Portugal, Wellington, devenu généralissime de toutes les armées espagnoles et alliées, réorganise lui aussi ses troupes. C'est le 22 Mai qu'il reprend l'offensive, réoccupe Salamanque, et continue sa progression. Le 2 juin, les Français évacuent Valladolid et se replient sur Burgos.

Les Alliés arrivent devant Burgos le 12 Juin. Après des combats de cavalerie, Joseph décide d'évacuer la ville, en faisant sauter ses fortifications. Mal préparée, cette destruction entraine des pertes dans les troupes françaises et la population ... Et c'est avec le moral au plus bas que les troupes refluent encore.

Joseph décide d'arrêter les Alliés, en espérant que les troupes du Général Clauzel puisse le rejoindre à temps. Il se positionne à Vitoria, capitale de l'Alava, le 19 juin, malgré des avis contraires de ses Généraux. La bataille mal préparée dans ses positions s'engage le 21.

Mal engagée et mal terminée par la débâcle des forces françaises, la bataille de Vitoria est très couteuse. Le Chirurgien major Lacretelle et le Chef de Bataillon Pusoie du 2eme Léger y sont blessés. L’Armée du Portugal, après avoir bien resisté sur sa ligne de front, couvre la retraite. La Brigade Fririon (2e Léger), laissée en réserve, formée en carré, y sert de point d’appui pour s’opposer aux charges britanniques.

Exténué, le reste des Armées françaises repasse les Pyrénées, laissant deux fortes garnisons à Pampelune et San Sebastian. Le 12 Juillet, rappelé d'Allemagne, Soult vient reprendre le commandement en chef des toutes les forces sur la frontière. Joseph et Jourdan sont destitués.

Soult continue la réorganisation de ses forces en 10 Divisions et 3 ailes. Les hommes sont assez déprimés, face désormais à des Alliés en supériorité numérique. Soult se met à fortifier la frontière, par tout un système de redoutes.

Des tentatives pour aller délivrer la garnison de Pampelune, entre les 24 Juillet et 28 juillet échouent. Les Français retournent sur leurs bases de départ derrière la Bidassoa.

Puis Soult essaie de secourir Saint-Sébastien. La bataille de San Marcial, le 30 Août, est aussi infructueuse. La retraite, qui s'effectue par le pont de Berra, se fait sous le feu des Anglais. Les deux Bataillons du 2e Léger sont décimés : le Colonel Rameaux est mortellement blessé, le Chef de Bataillon Godin est blessé, trois Capitaines sont tués et 4 blessés.

Saint Sébastien succombera le 8 Septembre. Désormais, on va se battre sur le sol français. Les hommes sont complètement démoralisés, la solde n'a plus été versée depuis des mois.

En Octobre 1813, les deux Bataillons du 2e Léger sont à la 9ème Division Boyer (ex Thouvenot), Brigade Menne, et tiennent le col du Poirier et Urrugne, à l’aile droite du dispositif français sous les ordres du Général Reille.

Wellington reprend son offensive, le 7 octobre, et franchit la Bidassoa. Le long de la côte, les Anglais progressent en force face aux troupes de Reille. La seconde ligne (Division Boyer) receuille la première qui se replie. Dans les combats qui ont lieu devant St Jean de Luz, le Chef de Bataillon Godin est blessé.

Les positions françaises sont grignotées et Wellington s'empare des hauteurs sur la Rhune. Soult prévoit alors de se replier derrière la Nivelle où il a établi des lignes fortifiées. Wellington temporise, attendant la chute de Pampelune qui survient le 31 Octobre. Le 10 Novembre, il reprend sa marche en avant. Le rideau défensif de Soult est trop étendu et il ne dispose pas d'une masse de réserve pour mener des contre-attaques, face à un ennemi en supériorité numérique.

/ 1814

POSITIONS DU 2e LEGER EN JANVIER 1814

- 1er et 2e Bataillons, Armée des Pyrénées sous Soult (Division Boyer), part pour la Champagne le 22 janvier
- 3e Bataillon, Corps de Marmont (Division Ricard)
- 4e Bataillon dans la garnison de Dantzig sous Rapp(se rend le 2 Janvier)
- 5e Bataillon, Dépôt à Paris, des éléments à la Division Jansens puis Lefol
- 6e Bataillon en formation à l’Armée de Réserve près Bordeaux (Division L’Huillier)
- 7e Bataillon à la réserve de Paris (Division Dufour)

En janvier, les armées alliées étaient réunies sur la Meuse et la Marne, et les troupes françaises autour de Chalons-Vitry où Napoléon installe son Q-G. Il décide de vaincre séparément les deux armées de Bohème et de Silésie, disant que 50.000 hommes et lui faisaient 150.000 hommes ! Mais il n'en avait que 35.000. Il rameute ses troupes de Paris et du Sud-Ouest.

Le 10 janvier 1814, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Prince de Neuchâtel et de Wagram, Major général de la Grande Armée, à Paris : "La division du général Dufour, qui est la première de la réserve qui se forme à Paris, est composée de treize bataillons. ... Un bataillon du 2e léger (le 7e), un bataillon du 4e léger, commandés par un major, sont partis ce matin pour Nogent-sur-Seine. Donnez ordre que ces deux bataillons s’arrêtent à Meaux ; et aussitôt que les bataillons du 135e et du 155e seront complétés à Paris, ils rejoindront également à Meaux. Il faut qu’un des généraux de brigade de la division Dufour se rende à Meaux pour en prendre le commandement ...".

Le 28, Napoléon se porte sur Brienne et l'armée de Blucher. Celui-ci doit décrocher mais rejoint l'armée de Bohème. Le 31 Janvier, Marmont a de la difficulté pour rallier les forces de l'Empereur. Napoléon se replie sur la Rothière et doit accepter le combat. Le Corps de Marmont est à l'aile gauche. La bataille est sanglante et Napoléon doit se replier. Les Alliés perdent provisoirement sa trace. Le Chef de Bataillon Haudebourt est tué le 1er février à Geinville.

Le 3 Février, l'Empereur arrive à Troyes et appelle à lui de nouvelles troupes.

"Troyes, 3 février 1814.
Au général baron Pajol, commandant la 2e division de cavalerie de réserve, à Nogent sur Seine.
Monsieur le Général Pajol, il doit y avoir à Montereau quatre bataillons arrivant de Bordeaux, savoir : un du 2e léger
(le 6ème), un du 10e, un du 36e et un quatrième. Faites diriger ces quatre bataillons en toute diligence sur Nogent-sur-Seine. Il doit y avoir plusieurs bataillons qui appartiennent à la réserve de Troyes, à Fontainebleau, Montargis, Pont ou Montereau : faites-les diriger en toute diligence sur Nogent. Il doit y avoir plusieurs bataillons de gardes nationales à Melun, à Montereau : si ces bataillons en valent la peine, sont armés et peuvent être de quelque service, réunissez-les également à Nogent. Une division de dragons venant d’Espagne et qui arrive le 8 a ordre également de venir sur Nogent. Cela me réunira donc en peu de jours sur ce point une armée importante".

"Troyes, 3 février 1814.
Au maréchal Marmont, duc de Raguse, commandant le 6e corps de la Grande Armée, à Arcis-sur-Aube.
Monsieur le Duc de Raguse, j’ai donné l’ordre au général Ricard de se rendre à Aubeterre avec sa division (dont le 3e bataillon du 2eme Léger), que j’ai augmentée de quatre bataillons, ce qui la portera à 4,000 hommes; il doit rester là pour s’y compléter et marcher ensuite sur Arcis ou sur Troyes, suivant le plan d’opération que je prendrai
".

"Troyes, 5 février 1814.
Au prince de Neuchâtel et de Wagram, major général, à Troyes.
Le 2e d’infanterie légère et le 36e de ligne partent de Paris le 6 février et arriveront le 10 à Nogent ; le 10e léger arrive le 6 à Fontainebleau, et par conséquent le 8 ou le 9 à Nogent.
Vous donnerez les ordres suivants : le bataillon du 10e d’infanterie légère fera partie de la 7e division, où il sera réuni à son régiment, ce qui portera cette division à onze bataillons ; le 2e léger sera réuni à !a division Ricard, ce qui formera trois bataillons de ce régiment à cette division ...
".

Grâce à des renforts, un nouveau corps d'armée est donné à Oudinot.

"Nogent, 8 février 1814.
ORDRE.
Article premier. Il sera formé un 7e corps de la Grande Armée.
Art. 2. Ce corps sera composé de vingt-six bataillons venant d’Es­pagne et de Bordeaux, formant deux divisions de treize bataillons chacune, conformément à l’état joint au présent ordre.
Art. 3. La division Leval (7e) se réunira à Provins, et la division Boyer (9e) à Nangis. (1er et 2e du 2ème Léger).
Art. 4. Deux batteries à pied seront attachées à chacune des deux divisions.
Une batterie à cheval sera attachée au 7e corps d’armée.
Art. 5. Le maréchal duc de Reggio (Oudinot) commandera le 7e corps d’armée
".

Les Alliés décident de marcher sur Paris mais séparent leurs armées de Bohême et de Silésie. L'Empereur profite de leur faute et va s'attaquer à l'Armée de Silésie de Blücher à Champaubert le 10 Février. Les Coalisés se sont trop étagés dans leur marche. Napoléon engage d'abord le Corps de Sacken qu'il anéantit. La Division Ricard participe à la victoire en s'emparant du village de Baye. On prit 21 canons, 3 Généraux et 2000 prisonniers.

Puis Napoléon met cap à l'Ouest pour prendre à revers les restes du Corps de Sacken et celui de York. C'est la bataille de Montmirail où la Division Ricard, renforcée de beaucoup de jeune conscrits, les fameux "Marie Louise", donne encore devant le village de Marchais qui change 5 fois de mains. Le Corps de York est sérieusement entamé et se replie.

Positions du 2e Léger après Champaubert : 1er et 2e Bataillons du 2e Léger à la Division Boyer (7e Corps Oudinot); 3e, 6e et 7e Bataillons à la Division Ricard (6e Corps Marmont).

Le 13, les Français sont devant Château-Thierry. Marmont est envoyé contenir Blucher. Le Duc de Raguse, en infériorité numérique, doit se replier jusqu'à Vauchamps. Le Chef de Bataillon Bodu est blessé. Puis le 14, Marmont contre-attaque avec ses Division Ricard et Lagrange, rejoint par l'Empereur et une partie de sa Garde. Les Coalisés sont balayés par la cavalerie française et Blucher doit s'enfuir.

Malheureusement, l'Armée de Bohême de Schwarzemberg a continué sa progression et n'est plus qu'à une cinquantaine de kilomètres de Paris. L'Empereur doit donc tomber sur le flanc de la colonne de droite de l'Armée de Bohême. Marmont et Mortier doivent rester en couverture face à Blücher qui se remet de sa défaite. Et tandis que Napoléon, à Montereau, le 18 février, a fait refluer l'Armée de Bohême vers Troyes et que les Coalisés parlent de négociations, Blücher, qui a reçu des renforts, décide de reprendre sa marche sur Paris.

Simultanement, les forces de Napoléon avancent vers Troyes à la poursuite de l'Armée de Bohême et envoie vers Mery sur Seine le Corps du Général Oudinot (voir Division Boyer) qui se heurte au Corps du Général Sacken de l'Armée de Silésie. Les combats durent deux jours. Les Capitaines Delort, Vinay, Lusignol et Valentin du 2ème Léger y sont blessés.

Les Français finissent par entrer dans Troyes après des combats. Napoléon y restera jusqu'au 27 février. Apprenant que Mortier et Marmont ont été accrochés par l’Armée de Silésie, il se porte à leur secours. Mortier et Marmont doivent repousser Blücher sur Soissons (qui devait tenir) tandis qu'il lui coupera la retraite. Hélas, Soisson se rend aux Coalisés, ce qui leur permet de se servir du pont et de passer sur la rive droite de l'Aisne et ruine la manœuvre de Napoléon. L'Empereur espère encore, en passant l'Aisne à Berry au Bac et poussant sur Laon, pouvoir se porter sur les arrières de l'ennemi.

Le 7 Mars a lieu la bataille de Craonne. Mais les Alliés ont pu, encore une fois, se replier. Napoléon continue à poursuivre Blücher. Le 9 mars, il le retrouve à Laon. Le Corps de Marmont est destiné à couper la route entre Laon et Reims et donc la liaison avec Schwarzemberg. Mais Marmont arrive fort tard avec peu d'hommes et se fait surprendre à Athies ; ses troupes se débandent en grande partie. Le 11 Mars, les Français se replient sur Soissons.

Napoléon décide alors de reprendre Reims. Ce sera une de ses dernières victoires de la campagne de 1814. Il pense, avec la poignée d'hommes qui lui reste, ensuite se jeter vers l'Est, rallier les garnisons et couper les lignes de l'Armée de Bohême. Mais il faut pour cela que Paris résiste. Il rencontre les Coalisés à Arcis sur Aube le 20 mars. Pendant ce temps, Marmont et Mortier se sont retrouvés isolés et ne peuvent rejoindre le "gros" des forces impériales.

Le 6e Corps de Marmont (et par conséquent des hommes du 2e Léger), prend encore part aux combats de La Fère Champenoise, Cezanne et de la Ferté Gaucher qui précédent l'arrivée des Alliés devant la capitale. Il livre les ultimes combats devant Paris, le 30 Mars, près de Montreuil. Le lendemain, les souverains alliés feront leur entrée dans la capitale. Le 31, Napoléon arrivait à marche forcée à Fontainebleau.

Le 6 Avril, l'Empereur signait son abdication.

LA PREMIERE RESTAURATION

Dès le mois de mai, l’infanterie légère est réorganisée. Le 2e Léger se rebaptise, Régiment de la Reine Infanterie Légère. Il n y a plus que 3 Bataillons de 6 Compagnies dont une de Carabiniers et une de Voltigeurs. Les effectifs sont renforcés par les autres Régiments d'infanterie légère dissouts.

Le Régiment de la Reine stationne à Paris, rue Babylone.

En juin est nommé à sa tête : Edmé Charles Le Paige, Baron Dorsenne, ex Colonel du 8e Tirailleurs de la Garde, qui assure Louis XVIII de sa fidélité. Il reçoit la croix de Saint-Louis.

Le Régiment est visité, le 30 septembre 1814, par le Duc d’Angoulême, très content de sa tenue et de son excellent esprit, d'après les gazettes.

Les uniformes sont mis au nouveau goût du jour en enlevant des précédents toute allusion à l’ordre impérial.

Les Officiers royalistes du Régiment protestent, en janvier 1815, de la duplicité de leur chef. Une enquête le blanchit cependant. C'est alors que débarque en mars Napoléon, s'étant échappé de son ile d'Elbe.

LA DERNIERE CAMPAGNE DE 1815

Brevet de Maitre daté du 18 mai 1814 du 2e Léger
Brevet de Maitre daté du 18 mai 1814 (Communication de M. Lint que nous remercions)

/ UNIFORMES

Le 13 septembre 1798, Bonaparte fixe la couleur des poufs des différents corps d'infanterie; pour la 2e Demi-brigade d'infanterie légère, le pouf est vert (La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 3. p. 34).

Figure 1 et Figure 1bis : Uniformes de la 2ème Légère en Egypte 1799-1800. C'est à la fin de 1799 qu'après un habit de coton bleu très fragile et l'adoption d'une casquette, que les Demi-brigades de l'expédition d'Egypte prennent un habit de drap plus solide et de différentes couleurs pour se différencier (et à cause de la pénurie de drap bleu foncé). La 2eme Légère va adopter un habit vert foncé et il semble que la distinctive prévue (bleu) au collet parements et retroussis ait été remplacée par de l'aurore passepoilé de blanc. La casquette de cuir est ornée d'un pouf vert. Cet habit est porté avec un pantalon de drap blanc. Les Carabiniers gardent leurs épaulettes écarlates, et, s'ils le peuvent encore, le chapeau noir.

Figure 2 et Figure 3 : Les tenues du 2eme Léger en 1802-1804. A leur retour d'Egypte en France les hommes du 2eme Léger sont peu à peu rhabillés à la tenue d'ordonnance pour l'Infanterie légère et rééquipés. Un rapport d'inspection de la Demi-brigade par le Général Lecourbe à Genève le 26 pluviose an 10 nous apprend que : "La tenue est aussi bonne qu'elle peut l'être. Le corps n'étant pas habillé uniformément. L'habillement est en confection. Celui qui existe est vert et usé (c'est la tenue d'Egypte). L'équipement n'est pas complet. L'armement n'est pas uniforme; il y a des fusils de tout calibre et de toutes nations". Les Carabiniers, détachés un temps à Lyon pour la garde de Bonaparte, sont les mieux pourvus avec de plus le port d'un bonnet d'oursin. L'uniforme est de fond bleu, distingué d'écarlate au collet et parements et passepoilé de blanc. Les gilets sont blancs, les culottes bleues entrant dans des demi-guêtres grises ou noires voire blanches en grande tenue d'Eté. Les Fusiliers seront désormais en shako. Les plaques de shako (quand elles existent) et les boutons sont encore en laiton. Les shakos n'ont pas encore de jugulaires et cocarde et plumet sont portés sur le côté gauche.

Une revue d'inspection réalisée en 1803 par le Général Schauenbourg nous apprend "qu'il faudrait refaire les tenues de très mauvaise qualité (elles sont censées être neuves!) et changer les visières aux schakos". La taille des hommes est souvent inférieure à celle prévue par les règlements mais leur courage et leur discipline ont jusqu'à présent compensé cet inconvénient (sic).

Figure 3 : Les tenues du Bataillon d'Elite, 1805-1806. Le 16 Février 1804, Napoléon ordonne à Berthier de fournir des sabres, des épaulettes vertes ou rouges, des capotes et des bonnets qui manquent aux Compagnies des Grenadiers de la Réserve d'Arras.

Figure 3bis : Voltigeur du 2ème Léger, vers 1805. Formées en mai 1804, les Compagnies de Voltigeurs prennent le shako sans jugulaires. La plaque est encore de laiton. Les épaulettes et le collet sont jonquille. Les parements sont encore en pointe et écarlate comme en 1802-1803. Le sabre briquet des Compagnies d'élite a une dragonne jaune.

Figure 4 : Chasseur du 2ème Léger vers 1807 d’après Martinet. On remarquera le shako orné d’un cordon tressé blanc. La plaque losangique sur le devant est toujours en cuivre alors qu'elle devrait être en fer blanc depuis 1806 (voir photo dans le texte) mais ce détail est confirmé d’après des mémoires d’époque. Par contre les boutons sont bien en étain. La plaque réglementaire sera donc prise vers 1808. Le plumet et les épaulettes sont rouge et vert. Le reste de la tenue est classique pour l’infanterie légère. Les guêtres grises sont portées en concurrence avec les noires.

Figure 5 : Carabiniers du 2ème Léger vers 1807, d'après Martinet. On remarque que le bonnet d'oursin est toujours porté, avec cordon et plumets écarlates. Le reste de la tenue est reglementaire avec les épaulettes écarlates.

Figure 6 : Sous-officier (Sergent) de Chasseurs du 2e Léger en tenue de sortie vers 1808. Le shako a été amélioré en 1808 avec jugulaire de métal blanc, deux chevrons latéraux de renfort. La plaque est désormais réglementaire en métal blanc. Le cordon tressé est blanc mêlé d’argent. Pompon lenticulaire bordé de bleu céleste (couleur variables selon les bataillons) avec le numéro de la Compagnie. La tenue est classique ; on notera le galon argent de Sergent au-dessus des parements, galonné d’écarlate, ainsi que le chevron d’ancienneté écarlate, témoignant de 10 ans de service. Les épaulettes sont à corps rouge, franges vertes et tournantes argent. Le gilet "à la hussarde" vert à boutons et tresses blancs est par contre une fantaisie personnelle, qui ne peut se porter qu’en tenue de sortie ! Le sabre briquet a une dragonne verte avec gland mêlant vert et argent. Culotte longue bleue.

Figure 7 : Sergent Porte-fanion de Voltigeurs du 2e Léger vers 1809-1810 (dessin de Feist modifié d’après dessin d’époque). On remarque plusieurs détails intéressants. Le schako porte un grand plumet à base jaune et sommet écarlate. La plaque losangique et les jugulaires sont en métal blanc. Le cordon est porté en travers du shako et non pendant en demi-cercle comme habituellement. L’uniforme est classique pour l’infanterie légère. Les Voltigeurs du 2e Léger se distinguent par le collet et les pattes de parements jaunes chamois passepoilées de blanc et les galons des demi-guêtres chamois. Les épaulettes ont un corps jaune et des franges vertes, de même que la dragonne du sabre briquet est verte à gland jaune. Notre Sergent porte un galon argent au-dessus des parements. Son chevron d’ancienneté, la tournante de ses épaulettes, le galonnage supérieur de son schako sont aussi argent. Le fanion de sa Compagnie est écarlate, brodé d’un cor de chasse blanc. Le fanion pourrait être aussi de fond chamois.

Figure 8 : Carabinier du 2e Léger vers 1809-1810 (planche Martinet modifiée d’après dessin d’époque). Des éléments sont venus un peu modifier la silhouette du Carabinier de 1807 (voir figure 5) que l’on comparera utilement. Le bonnet d’oursin est toujours porté, mais les cordons et raquettes sont redevenus blancs comme pour tout le Régiment. Le plumet reste écarlate, signe de la fonction. Les épaulettes sont écarlates à tournantes blanches. Le collet et les pattes de parements sont écarlates, passepoilés de blanc. La dragonne du sabre briquet et le passepoil des demi-guêtres sont aussi écarlates. Mais ce qui est le plus caractéristique, ce sont les revers en pointe et le gilet blanc très raccourcis et donc porté très haut. Mode qui apparait vers 1809-1810.

Figure 8bis : Chasseur du 2e Léger vers 1810, d'après Martinet. La plaque losangique du shako est devenue de métal blanc vers 1807. Les plumets que le Régiment s'est procuré vers 1809 sont rouges à base verte pour les Chasseurs, rouges à base jaune pour les Voltigeurs et entièrement rouges pour les Carabiniers.

Figure 9 : Chasseur du 2e Léger fin 1812-1814, d'après Martinet. Le tenue est du nouveau règlement Bardin à revers entièrement fermés. Le plumet est entièrement vert et les épaulettes vertes à tournantes rouge. On remarque la plaque toujours losangique qui sera portée en concurrence selon les détachements du Régiment avec la nouvelle plaque à soubassement (voir photo). Le Chasseur a gardé son sabre briquet, contrairement au règlement qui le réserve aux Compagnies d’élite et Sous-officiers.

/ LES DRAPEAUX DU 2ème LEGER

Parti pour la campagne d'Egypte sans drapeau, la 2ème Demi-brigade légère, à la différence des 21e et 22e Légère pour lesquelles Bonaparte en a fait confectionner en 1798 à l'Armée d'Italie, en a fait certainement confectionner un en Egypte.

En 1802, elle reçoit des drapeaux du modèle Consulat.

En 1804, elle reçoit trois Aigles et drapeaux du modèle Picot

Le 8 avril 1809, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Maréchal Berthier, Major général de l'Armée d'Allemagne : "... j'approuve que tous les corps renverront leurs aigles en France hormis une qu'ils garderont. En attendant qu'ils aient des enseignes, vous les autoriserez à faire faire pour chaque bataillon des enseignes très-simples, sans devise et le tiers de celles qu'ils avaient autrefois. Ces enseignes sont pour leur servir de ralliement ; elles n'auront aucune décoration de bronze, elles porteront seulement le numéro du régiment et du bataillon. Quant au corps du général Oudinot, il faut que chaque bataillon fasse faire un petit drapeau d'un simple morceau de serge tricolore, portant d'un côté le numéro de la demi-brigade et de l'autre le numéro du bataillon, comme, par exemple, 4e bataillon du 6e d'infanterie légère d'un coté, et de l'autre 1re demi-brigade légère, etc. Il faut faire pour cela très-peu de dépense. J'en ferai faire de très-belles, que je donnerai moi-même aussitôt que possible" (Correspondance de Napoléon, t.18, lettre 15030 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20750).

En 1812, il lui est attribué un drapeau de nouveau modèle tricolore en bandes verticales où s'inscrit le nom de la bataille de Friedland. L'étoffe reste au Dépôt, les Bataillons étant en Espagne.

A la première Restauration, le 2e Léger devenu Régiment de la Reine reçoit un nouveau drapeau.

En 1815, le Régiment touchera une nouvelle Aigle et un nouveau drapeau qui seront détruits à Bourges après Waterloo.

 

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