Le Régiment de la Tour d’Auvergne

1803-1815

Accès à la liste des Officiers, cadres d'Etat major, Sous officiers et soldats du Régiment de la Tour d'Auvergne

Avertissement et remerciements : Cet article a été publié dans la Revue Soldats Napoléoniens N°3 et N°5; nous le reprenons ici et le complèterons au fur et à mesure de nos découvertes.
Un très grand merci à Monsieur Jean Yves Forthoffer, qui nous a gentiment proposé de mettre en ligne les travaux de son père, Roger Forthoffer, inlassable chercheur grand spécialiste de l'uniformologie.

Le 7 juillet 1803, Napoléon soumet à Berthier l’idée de créer un Corps composé d’hommes et d’Officiers ayant combattu avec les royalistes en Vendée (Correspondance de Napoléon, 6889), projet sans suite immédiate, mais repris le 28 août 1805 sous une forme différente, dans une lettre écrite depuis Boulogne à Fouché : "... il pourrait être utile de former un corps franc de volontaires de deux ou trois bataillons, et de donner ainsi de l’emploi à tous les chefs de bande qui ont fait la guerre civile et à d’autres individus qui ont servi dans l’armée de Condé. Il faut savoir quel homme, ayant de l’influence, serait assez sûr pour en être le colonel, et quels hommes conviendraient pour les trois bataillons, les quinze capitaines et les trente lieutenants et sous lieutenants. Il est bien entendu qu’on n’admettrait dans ce corps aucune personne de l’âge de la conscription, ni d’un âge inférieur" (Correspondance de Napoléon).

/ Organisation du Régiment

Carabinier Rgt de la Tourd'Auvergne, 1805 Carabinier Rgt de la Tourd'Auvergne, 1805
Fig. 1 Sergent de Carabiniers porte fanion en 1805, d'après Bucquoy
Fig. 1a Carabiniers en 1805, d'après Tanconville, Les Garnisons d'Alsace

Strasbourg, 30 septembre 1805 (8 vendémiaire an 14). Décret de création du Régiment qui doit être le premier d’une formation dénommée Légion Allemande, ce qui n’aboutira pas.

Ce jour là, 30 septembre 1805 (8 Vendémiaire an 14), l'Empereur fait écrire, depuis Strasbourg, à Fouché : "J'ai l'honneur, Monsieur, d'adresser à Votre Excellence l'expédition d'un décret portant création d'un régiment sous le nom de la Tour d'Auvergne. Sa Majesté désire que vous voyiez M. de la Tour d'Auvergne, que vous confériez avec lui ; que vous voyiez s'il est possible de faire entrer dans ce corps les chouans à qui il peut être convenable de proposer cette manière de servir. Sa Majesté me charge en même temps de vous inviter à vous concerter avec le ministre directeurde l'administration de la guerre pour l'exécution de ce décret, qui ne doit être connu publiquement que quand la formation du corps sera déjà avancée.
Le secrétaire d'état, par ordre de l'Empereur
" (Correspondance de Napoléon, t.11, lettres 9296).

Le Décret précise : "I. Il sera levé un régiment d'infanterie légère composé de trois bataillons. Il portera le nom de La Tour d'Auvergne.
II. Le sieur Godefroy de La Tour d'Auvergne est nomme colonel-commandant de ce corps.
III. Ce régiment aura la même organisation que l'infanterie légère de ligne. Le fond de son uniforme sera vert et sous tous les rapports conforme au modèle qui sera approuvé par le ministre directeur de l'administration de la guerre.
IV. Aucun homme de la conscription ou faisant partie d'un corps de troupe ne sera admis dans ce régiment qui pourra recevoir des Allemands et autres étrangers.
V. Ce régiment formera le 1er corps d'une légion qui sera incessamment organisée et portera le nom de Légion allemande.
VI. Nos ministres de la guerre et de l'administration de la guerre sont chargés de l'exécution du présent décret
" (Correspondance de Napoléon, t.11, lettres 9297; Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1912, t.4, lettre 5349).

Note : Godefroy Maurice Marie Joseph Comte de la Tour d’Auvergne (1770-1837); officiellement Colonel du Régiment jusqu’au 13 février 1809, il abandonne ses fonctions en mai 1808.

L’Empereur a choisi Godefroy de la Tour d’Auvergne car cet ancien émigré a des relations intimes avec les royalistes (ce qui peut lui permettre de convaincre Charrette, La Bourbonnais ou Montmorency de servir les aigles impériales), destinés à fournir les cadres, la troupe et les Sous-officiers devant être recrutés en Allemagne.

Le 17 octobre, le Ministre de la Police générale, chargé de pourvoir à tous les emplois d’Officiers, en arrête le premier état tandis que la Tour d’Auvergne confie l’organisation du Régiment à Charles Marie Robert d’Escorches de Sainte Croix (1782-1810 ; ex émigré, Chef du 1er Bataillon à partir du 7 décembre. Promu Général de Brigade le 21 juillet 1809, il est tué au Portugal, en 1810, alors qu’il servait sous Masséna).

1er Bataillon en organisation en octobre 1805 : Carabiniers, Capitaine Dolder Jean, Lieutenant Duez Louis; 1ère Compagnie, Capitaine Petit Alexis; 2e Compagnie, Capitaine Bergeret Auguste, Lieutenant Marco François; Compagnie de Voltigeurs, Capitaine Dittlingen Chrétien; 3e Compagnie, Capitaine Hautz Michel; 4e Compagnie, Capitaine Salomon; 5e Compagnie, Capitaine de Rosières; 6e Compagnie, Capitaine Le Touneur Auguste; 7e Compagnie, Capitaine Girard François.

2e Bataillon en organisation en octobre 1805 : Carabiniers, Capitaine Poirier Joseph, Sous-lieutenant Bremmer; 1ère Compagnie, capitaine d'Equevilley Jules César, Lieutenant Frischer.

L'organisation du Corps, commencée fin 1805 à Strasbourg et Wissembourg, sous les auspices du Maréchal Kellermann et du Général Marulaz, va s’étaler jusqu’en 1806.

L’organisation théorique (27 Compagnies dont 3 de Carabiniers et 3 de Voltigeurs, réparties en 3 Bataillons) est fixée à Wissembourg le 18 novembre :

- Etat-major : 1 Colonel, 1 Major, 3 Chefs de Bataillon, 1 Quartier-maître trésorier, 3 Adjudants-majors, 1 Chirurgien-major, 1 Chirurgien aide-major, 1 Chirurgien sous-aide-major, 3 Adjudants sous-officiers, 1 Tambour-major, 8 Musiciens dont 1 Chef, 1 Caporal-tambour, 4 Maîtres ouvriers (tailleur, guêtrier, cordonnier, armurier).

- Compagnies : 1 Capitaine, 1 Lieutenant, 1 Sous-lieutenant, 1 Sergent-major, 4 Sergents, 1 Caporal fourrier, 8 Caporaux, 2 Tambour, et 104 hommes.

A cette époque, le Tambour-major n’est pas nommé, il n’y a aucun Musicien, et ne sont présents que 192 Carabiniers, 146 Voltigeurs, 1015 Chasseurs et 34 Officiers.

La destination du Régiment pose assez vite problème comme le montre un rapport du Ministre de la Guerre, Berthier, adressé à l’Empereur : "Sire,
Par un décret impérial rendu à Strasbourg le 8 vendemiaire, S. M. l'Empereur a ordonné la levée d'un régiment d'infanterie légère, composé de trois bataillons, qui portera le nom de régiment de La Tour d'Auvergne.
M. le maréchal Kellermann, commandant en chef le 3e corps d’armée de réserve, chargé de l’organisation de ce régiment, demande si ce corps doit appartenir à son armée ou s’il doit faire partie des troupes de l’intérieur, cette solution étant nécessaire pour déterminer si ce régiment doit être traité ou non sur le pied de guerre.
En attendant la décision de Sa Majesté à cet égard, j’ai donné des ordres pour que ce régiment, qui s’organise à Wissembourg, soit traité sur le pied de paix ; mais la garnison de Philippsburg ayant été primitivement fixée à ce corps et l’espèce d’hommes dont il doit se composer me laissant présumer que la première intention de l’Empereur était de le traiter sur le pied de guerre, je prie Sa Majesté de vouloir bien me donner ses ordres a ce sujet
"; Napoléon, depuis Schönbrunn, répond le 21 décembre 1805 (30 frimaire an 14) : "Ce régiment doit faire partie des troupes de l’intérieur" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 1, lettre 243 ; note : la décision est de la main de Berthier).

Le Colonel voulait par ailleurs introduire le rang de Cadet gentilhomme dans son Régiment. Ainsi, le 15 janvier 1806, le Lieutenant-colonel de Mariole, commandant le 3e Bataillon du Régiment de la Tour d'Auvergne, et Aide de camp du Général de Division Noguès, écrit, depuis Paris, à Nicolas Gedeon François de Rossignac : "J'ai l'honneur de vous prévenir, monsieur, que j'ai reçu l'ordre du colonel de vous annoncer qu'il vous a nommé cadet au régiment de la Tour d'Auvergne. Veuillez en conséquence de cet avis vous tenir près à joindre votre régiment pour y exercer les fonctions de votre grade" (une copie de cette lettre a été certifiée conforme à l'original à Limoges le 1er novembre 1806 par le Général de Brigade Meunier, commandant le département de la Haute-Vienne).

Le 15 janvier 1806, le Lieutenant colonel de Mariole, commandant le 3e Bataillon, écrit, depuis Paris, à François Lesage : "J'ai l'honneur de vous prévenir, Monsieur, que j'ai reçu l'ordre du Colonel de vous annoncer qu'il vous a nommé Cadet du Régiment de Latour d'Auvergne. Veuillez en conséquence de cet avis vous tenir prêt à joindre votre Régiment, pour y exercer la fonction de votre grade" (SHD GR 2Y 2511).

Le 25 janvier 1806, le Lieutenant colonel de Mariole, commandant le 3e Bataillon, Aide de camp du Général Noguès, Gouverneur de Paris par Intérim, écrit, depuis Paris, à François Lesage : "Ordonne à M. François Le Sage, Cadet, de rejoindre son Régiment à Phalsbourg sous le plus court délai pour y assurer les fonctions de son grade; et se présentera dès son arrivée à M. le commandant du 2e et 3e Bataillon en cette place pour y recevoir ses ordres" (SHD GR 2Y 2511).

Mais l’Empereur, à qui l'on pose la question, "Sur le recrutement et l'organisation qui a eu lieu à Wissembourg, le 27 brumaire dernier, du régiment de La Tour d'Auvergne", rappelle de manière catégorique le 26 février 1806 à Paris, que "M. de La Tour d'Auvergne ne doit point établir de cadets, ni s’écarter en aucune manière de l’organisation des corps français" (Picard E. et Tuetey L. : “Correspondance inédite de Napoléon 1er, conservée au Archives de la Guerre”, Tome I, Paris, Lavauzelle, 1912, lettre 300. Chuquet A. : “Ordres et Apostilles de Napoléon (1799-1815)”, Tome III, Paris, Librairie Honoré Champion, 1911. Lettre 3345).

Recrutement qui demeure difficile, les anciens ennemis de la république ne se bousculant pas. Le Colonel fait donc une requête auprès de Berthier qui écrit alors à Napoléon pour lui demander l’autorisation de recruter parmi les prisonniers de la Grande Armée, et notamment les Russes, ce à quoi l’Empereur répond positivement depuis Paris le 12 février (O&A, III, 3344). Le recrutement sera donc des plus hétéroclites : anciens Chouans, Hongrois, Bohémiens, Prussiens, Suédois, Russes, Autrichiens, Polonais, Hanovriens, Saxons, Bavarois, Suisses, Belges, etc., l’essentiel de l’effectif provenant surtout de prisonniers de guerre autrichiens et russes concentrés dans les camps de Toul, de Nancy ou Dijon.

Toujours en ce qui concerne le recrutement du Corps, le 21 février 1806, à Paris, "Le ministre de la police propose à l'Empereur de lever dans les départements de l'ouest, parmi les anciens chouans et autres hommes sans état, un corps auquel on donnerait le nom de Chasseurs impériaux de l'Ouest. On verrait avec plaisir dans le pays l'éloignement de ces individus; ce dernier répond : "Il me semble que le corps de la Tour d'Auvergne devait remplir ce but. Il faudrait d'abord envoyer tous ces hommes à ce corps. S'il ne remplissait pas ce but, le ministre me fera connaître par quelle raison" (Correspondance de Napoléon, t.12, lettres 9860).

Le 26 février 1806, à Paris, "On propose de confirmer la nomination des officiers du 1er bataillon du régiment de La Tour d'Auvergne"; l'Empereur répond : "A renvoyer avec les états de service" (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1912, t.3, lettre 3346).

Voltigeur Rgt de la Tourd'Auvergne, 1805 Voltigeur RGT de la Tour d'Auvergne, 1806-1807 Voltigeur Rgt de la Tourd'Auvergne, 1805
Fig. 2 Voltigeur en 1805, d'après Bucquoy
Fig. 2a Voltigeur en 1806-1807, d'après R. Forthoffer, Fiche Documentaire 211 (avec l'aimable autorisation de Mr Jean-Yves Forthoffer)
Voltigeur en 1805 d'après J. Dommange

Napoléon veut employer ce corps loin des frontières, et un rapport secret daté du 20 mars 1806 précise "qu’on doit placer tous les militaires que des circonstances malheureuses avaient obligé à servir à l’étranger lors des tems d’anarchie et d’y appeler des hommes audacieux dont les séjours dans les contrées de l’ouest pourraient être nuisibles" (cité par Rigo).

/ Passage dans le Royaume d’Italie.

Tandis que le Corps s’organise, la Reine de Naples Marie Caroline de Lorraine Habsbourg entre dans la coalition contre la France. De Schönbrunn, Napoléon déclare que "la maison de Bourbon a cessé de régner à Naples !" et charge Masséna de renverser le trône des Deux Siciles (l’armée de Naples est en principe commandée par Joseph, mais l’Empereur se méfie de ses qualités guerrières). Depuis Bologne, Joseph et Masséna se mettent en route, bousculent les 50000 Napolitains du maréchal Rosenheim à San Germano et à Campo Tenese, s’emparent de Capoue et entrent dans Naples le 14 février. Mais la Reine et son époux, Ferdinand IV, se sont déjà réfugiés en Sicile auprès des Anglais qui se sont rembarqués à Castellamare. Cependant, Gaète, commandée par le Prince de Hesse Philippstadt, et assiégée depuis le 12 février par Reynier, et la Calabre, où a débarqué la Division britannique du Général Stuart, résistent.

Fin février, le 1er Bataillon est organisé grâce à l’activité de Sainte-Croix, qui, entre temps, est expédié à Paris par son Colonel afin d’obtenir l’envoi du Corps en Italie avant la formation des 2e et 3e Bataillons, et la confirmation des Officiers provisoirement agréés. Mission qui prouve toute la confiance que lui porte son supérieur qui, en 1808, écrira, parlant de Sainte-Croix et de ses capacités à commander les hommes : "pendant le peu de temps qu’il les avait commandés, il sut y établir un bon esprit et une discipline exacte". Celui ci, "officier rempli de talent", s’acquitte avec zèle de sa tâche, à la satisfaction de Fouché, heureux de l’avoir à ses côtés pour l’établissement des propositions restant à faire pour les places, ce qui lui vaut d’être proposé le 5 février par Kellermann au grade de Major du Régiment resté vacant, proposition appuyée par Fouché. Le Décret de nomination est signé d’autant plus facilement le 31 mars que Napoléon a reçu Sainte-Croix dès son arrivée à Paris et lui a déjà exprimé sa satisfaction pour tout ce qui a été fait pour l’organisation du Corps et la nomination des Officiers, parmi lesquels on trouve de grands noms de l’ancienne noblesse. Cela va tout à fait dans le sens de la volonté impériale qui, dans la décision du 23 mars, rappelle que seuls des sujets ayant servi en émigration en Vendée ou à l’étranger doivent être admis comme candidats Officiers dans le Régiment.

Le Corps est à cette époque pressenti pour servir dans le Royaume d’Italie. Le 28 février 1806, Gouvion Saint-Cyr reçoit le commandement d’un Corps d’armée de la Pouille comprenant entre autres le Régiment de la Tour d’Auvergne. Le 11 mars 1806, Napoléon écrit, depuis Paris, au Général Dejean, Ministre de la guerre : "le second bataillon du régiment de La Tour d’Auvergne partira le 25 mars pour se rendre à Turin, d’où il ira rejoindre son 1er bataillon. Ce qui fait partie du 3e bataillon sera fondu dans le 2e qui sera envoyé en Suisse pour porter le 1er bataillon au complet, voulant que chaque bataillon soit de 1000 hommes" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 1, lettre 320 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 11652). En raison de cette fusion, les Compagnies des Bataillons de guerre sont portée à 120 hommes le 18. Le 31 mars, les trois Bataillons totalisent 74 Officiers et 2364 hommes.

Le 31 mars justement, Joseph devient Roi des Deux Siciles. Il a besoin de renforts mais l’envoi du Régiment à l’Armée de Naples lui est momentanément refusé : "Un bataillon du régiment de la Tour d’Auvergne est déjà passé à Turin ; mon intention est que vous le dirigiez sur Ancône, où il attendra de nouveaux ordres. Comme je ne pense pas que le prince Joseph en ait besoin, il servira à la garnison d’Ancône. Le deuxième bataillon suivra la même direction. Vous préviendrez le prince Joseph de la destination que j’ai donnée à ce régiment" (Du Casse : «Mémoires du Prince Eugène», Tome II. Lettre adressée à Eugène le 15 avril, depuis Saint-Cloud).

Le 15 avril 1806, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Prince Eugène : "Mon Fils … Un bataillon du régiment de la Tour d'Auvergne est déjà passé à Turin. Mon intention est que vous le dirigiez sur Ancône, où il attendra de nouveaux ordres. Comme je ne pense pas que le prince Joseph en ait besoin, il servira à la garnison d'Ancône. Le 2e bataillon suivra la même direction. Vous préviendrez le prince Joseph de la destination que j'ai donnée à ce régiment …" (Mémoires du Prince Eugène, t.2, page 233 ; Correspondance de Napoléon, t.12, lettres 10104 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 11905).

Le 25 avril 1806, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Dejean, Ministre directeur de l'Administration de la Guerre : "Monsieur Dejean, envoyez-moi ... l’ordre de route du 2e bataillon de La Tour d'Auvergne" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 1, lettre 408 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 11964). Le 2e Bataillon se met donc en route, conformément à ses ordres.

Chasseur RGT de la Tour d'Auvergne, 1805 Chasseur Rgt de la Tourd'Auvergne, 1806
Fig. 3 Chasseur en 1805, d'après Bucquoy
Fig. 3a Chasseur en 1806, d'après R. Forthoffer, Fiche Documentaire 211 (avec l'aimable autorisation de Mr Jean-Yves Forthoffer)

Le 26 avril 1806, Napoléon écrit, depuis Saint-Cloud, au prince Eugène : "Mon fils, si le bataillon de la Tour d’Auvergne n’a pas encore quitté les frontières de votre commandement, donnez lui l’ordre de s’arrêter, et rendez moi compte ... " (Mémoires du Prince Eugène, t.2, page 256; Du Casse, II; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 11978).

Le 27 avril 1806, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Dejean : "Monsieur Dejean, donnez ordre au 2e bataillon du régiment de La Tour d'Auvergne de continuer sa route depuis Lyon pour se rendre à Aix-en-Provence" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 1, lettre 410). Le 2e Bataillon prend donc la direction d'Aix en Provence.

Le 30 avril 1806, on soumet à l'Empereur un "Rapport du ministre de l'administration de la guerre tendant à ce que les régiments d'infanterie polonaise et le régiment de La Tour d'Auvergne se recrutent exclusivement : les premiers de Polonais, le deuxième d'Allenands, et que le 1er régiment d'infanterie polonaise verse les Allemands entretenus à son dépôt dans le régiment de La Tour d'Auvergne, de passage en Italie"; Napoléon répond : "La Tour d'Auvergne les prendra en passant" Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 1, lettre 412). Le recrutement devient donc exclusivement allemand. De ce fait, de passage à Turin, le Corps doit récupérer en Italie ceux se trouvant au Dépôt du 1er Régiment d’infanterie polonais.

Le même 30 avril 1806, depuis Saint-Cloud, l'Empereur écrit au Général Dejean, Ministre directeur de l'Administration de la Guerre : "Monsieur Dejean ... Faites-moi connaître quand le 3e bataillon du régiment de La Tour d’Auvergne sera dans le cas de partir" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 1, lettre 415; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12019). Il s’agit sans doute du nouveau 3e Bataillon, en voie de reconstitution.

Le 4 mai 1806, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Dejean, Ministre directeur de l'Administration de la Guerre : "Monsieur Dejean ... Faites-moi connaître quand le 3e bataillon de La Tour d'Auvergne sera prêt à partir" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 1, lettre 425 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12047).

Début mai, on demande à l’Empereur si le Régiment doit recevoir "des drapeaux et aigles" ; il répond de "leur faire donner des aigles comme aux autres corps" (P&T, I, 430. De la main de Maret ; non datée, et non signée, extraite du "Travail du ministre directeur avec l’Empereur, du 7 mai 1806"). Pierre Charrié confirme qu’il a reçu à Gènes trois aigles et drapeaux fin 1806. Sur ce point, fin août 1807, on demande à l’Empereur "1° si les régiments étrangers qui, d’après sa décision du 20 juin dernier, doivent avoir des drapeaux sans aigles, les auront de l’ancien ou du nouveau modèle ; 2° dans le premier cas, quels en seront les ornements, la légende, la coupe ; 3° si cette décision sera applicable aux régiment suisses, irlandais, de La Tour d’Auvergne et d’Isenburg et au bataillon valaisan, qui ont reçu depuis longtemps des drapeaux surmontés d’aigles". Napoléon répond : "Donner des drapeaux dans l’ancienne forme à ceux qui n’en ont pas. Laisser les aigles à ceux qui en ont reçu" (P&T, I, 1267. Extraite du "Travail du ministre directeur avec l’Empereur, du 26 août 1807").

Le 6 mai, Napoléon adresse à Joseph une longue lettre pour clarifier sa position en Italie. Son Aide de camp, le Général Lemarois, reçoit "le commandement d’Ancône et des côtes de l’Adriatique, depuis Rimini jusqu’aux frontières du royaume de Naples, pour intercepter toute communication avec les escadres anglaises et russes et les îles de Corfou". Bien que devant correspondre avec Joseph, c’est avant tout de l’autorité du Vice-roi d’Italie qu’il dépend "parce que ce canal est plus naturel pour recevoir rapidement vos ordres". L’Empereur insiste donc sur l’importance de garder Ancône où doivent se trouver "environ 1,200 hommes. Le 1er bataillon du régiment de la Tour d’Auvergne doit y être. Je n’ai point de cavalerie à y envoyer ; vous en avez trop : envoyez y un régiment de dragons, qui est nécessaire pour la surveillance de cette côte". Et d’occuper Civita Vecchia, dont l’artillerie peut servir pour le siège de Gaète (Correspondance de Napoléon, t.12, lettres 10203 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12071).

Le 10 mai 1806, Eugène écrit, depuis Milan, à Napoléon : "Sire, j'ai l'honneur d'adresser à Votre Majesté copie du rapport que m'a fait l'officier d'état-major que j'avais envoyé à Rimini pour arrêter le bataillon la Tour d'Auvergne et le bataillon suisse ; ils avaient déjà dépassé de quelques journées le territoire de mon commandement ..." (Mémoires du Prince Eugène, t.2, page 384).

Dans le courant du mois de mai, l’Armée d’Italie est augmentée d'une Division formée à Ancône, et commandée par le Général Lemarois; cette division (qui prendra ensuite le nom de Division des côtes de l’Adriatique) est composée des : 3e Bataillon du 1er Régiment suisse, 338 hommes ; 1er Bataillon du Régiment la Tour d'Auvergne, 696 ; Ouvriers d'artillerie, 11 ; détachement de la Légion corse, 44 ; détachement du 1er de Ligne polonais, 132 ; détachement d'artillerie à pied italienne, 61 hommes. Total : 1,282 présents (Mémoires du Prince Eugène, t.2, page 278)

Le 1er Bataillon fait donc partie de la Division d’Ancône.

Parallèlement, le 15 mai 1806, à Saint-Cloud, "Le ministre de la guerre fait connaitre à l'Empereur la force actuelle du 3e bataillon du régiment de La Tour d'Auvergne. Ce bataillon ne pourra se mettre en marche que le 10 juin". Napoléon lui répond, : "Il faut donner des ordres pour que ce bataillon soit complété, en choisissant des hommes de bonne volonté parmi les prisonniers. On ordonnera qu’il en soit passé une revue au 25 mai. Le 5 juin, le ministre me rendra comte de la situation de ce bataillon, et je lui ferai passer en conséquence des ordres" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 1, lettre 444).

Le 19 mai 1806, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, à Eugène, Vice-Roi d'Italie : "Mon fils, le général Le Marois doit être arrivé ; j'imagine qu'il est en chemin sur Ancône, et que bientôt les Anglais n'auront plus de communication depuis les frontières du royaume de Naples jusqu'à Rimini. Le roi de Naples avait envoyé des troupes à Ancône ; le bataillon de La Tour d'Auvergne y fera une augmentation ..." (Mémoires du Prince Eugène, t.2, page 399 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12145).

Mi-juin, la Division d'Ancône, dont fait partie le 1er Bataillon du Régiment de la Tour d'Auvergne, devient 3e Division des Côtes de l’Adriatique de l’Armée d’Italie, commandée par le Général Lemarois (Du Casse, II. Le commandement de Lemarois dans les états du pape et la présence du 1er bataillon à Ancône sont confirmés dans une autre lettre datée du 16).

Le 16 mai 1806, donc, Napoléon écrit à Eugène pour lui confirmer que le Général Lemarois, envoyé à Ancône, a reçu le commandement des troupes "qui sont dans les Etats du Pape ; il est sous vos ordres. Ainsi le bataillon suisse et le bataillon du régiment de la Tour d’Auvergne qui sont à Ancône font partie de votre armée, et vous devez les comprendre dans vos états de situation" (Mémoires du Prince Eugène, t.2, page 394 ; Correspondance de Napoléon, t.12, lettres 10242 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12121).

/ Scandale au Régiment

Tambour de Carabiniers RGT de la Tour d'Auvergne, 1805-1806
Fig. 4 Tambour de Carabiniers en 1805-1806, d'après P. Bunde, planche 132.

Malgré les apparences, le corps ne donne pas satisfaction à l’Empereur. Celui-ci écrit, depuis Saint-Cloud, le 31 mai 1806, au Général Dejean, Ministre directeur de l'Administration de la Guerre : "Monsieur Dejean, témoignez mon mécontentement au colonel du régiment de La Tour d'Auvergne de la mauvaise tenue de ce régiment qui est à Ancône. Donnez-lui l’ordre de s'y rendre et d'y rester. Le major restera avec le second bataillon" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 1, lettre 467; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12202). Il y a en effet de sérieux problèmes de discipline, y compris parmi les Officiers.

Surtout, courant 1806, une importante affaire éclate. Selon certaines rumeurs, le Colonel et son second, le Lieutenant colonel Louis Charles Sicaud de Mariole, ami et parent des Tascher, toucheraient des commissions pour nommer les Officiers. Un Cadet de l’Ecole militaire de Fontainebleau écrit ainsi à sa famille le 28 mai que les Officiers du Régiment achètent leur nomination. Ce qui est vrai ! En effet, la Tour d’Auvergne, qui n’a pas de fortune, et veut faciliter le recrutement, accepte des dons en argent de la part des candidats aux grades d’Officier. D’où agiotage au sein du Corps. Sous divers prétextes, on réclame des sommes considérables aux candidats, 5000, 10000 et même 15000 francs ! Au total, près de 80000 francs ont été versés ou promis.

Sicaud de Mariole, en tant qu’agent de la Tour d’Auvergne, s’occupe des tractations avec les candidats Officiers, et tient informé son supérieur ("ils ont tous pris avec moi les arrangements dont nous avions convenu avant votre départ. J’ai remis à M. de Flers leur engagement") dont il ne cesse en même temps, de vanter les mérites à une demoiselle Tascher, que le Colonel veut épouser.

Cependant, nommé provisoirement Chef du 3e Bataillon par son Colonel, Mariole, en raison de la décision du 23 mars 1806, ne peut plus faire partie du Régiment. Présenté sur un premier état pour être confirmé, il ne peut être porté sur le second et définitivement établi. Entre temps, l’affaire des fonds versés est devenue publique, ce qui n’arrange pas ses affaires. Par vengeance, il révèle alors l’agiotage dans ses détails, accusant de malversation Sainte-Croix qu’il pense responsable de son infortune (1er mai). Ce dernier provoque alors Mariole en duel et le tue, mais les partisans de Mariole affirment que Sainte-Croix, alors que son adversaire blessé était couché au sol, aurait tiré une seconde fois, ce qui le rend coupable de meurtre. Celui ci est immédiatement arrêté, ainsi que le témoin de Mariole, M. de Lasalle Seguin.

Le 7 mai 1806, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, à Fouché : "… J'entends beaucoup de tripotages sur le régiment de la Tour d'Auvergne. Prenez des renseignements et faites-moi connaître ce que cela veut dire. Rendez-moi aussi compte du duel qui a eu lieu" (Correspondance de Napoléon, t.12, lettres 10209 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12076).

Fouché, ami des Sainte-Croix, ordonne alors une enquête très serrée. Chaque Officier doit, sous serment, indiquer comment il a été nommé et avouer s’il a versé des subsides. Ceux qui l’ont effectivement fait déclarent tous les avoir versés à Mariole. Les Officiers présentés par sainte-Croix, au contraire, n’ont été admis que sur la base de leurs états de services, celui-ci ayant répondu à ceux qui tentaient de le soudoyer que "l’épaulette se donnait mais ne se payait pas".

Le procès verbal d’enquête du 3e Bataillon, envoyé le 22 mai, est transmis par Fouché le 1er juin au Ministre de la Guerre : "la déclaration des officiers explique d’une manière claire et précise les transactions pécuniaires qui ont eu malheureusement lieu lors de la nomination de quelques uns d’entre eux. Il ne paraît pas que le major se soit aucunement mêlé de ces affaires d’argent. Les déclarations que vont fournir les deux autres bataillons achèveront d’éclaircir cette affaire". En effet, celui du 2e Bataillon, envoyé le 4 juin, innocente Sainte-Croix. Au 1er Bataillon, organisé par le Major, aucun Officier n’a payé pour son grade. Sainte-Croix, qui a été libéré le 12 mai, est donc lavé de toute accusation, et le scandale est évité. Le 15 juin, il quitte Paris pour rejoindre son Corps.

Cette affaire explique sans doute la décision prise le 29 juillet 1806 : l’Empereur nommera directement les Officiers du Régiment et ceux-ci prendront "rang du jour de leur admission provisoire" dans ce Corps (O&A, III, 3512). Décision renouvelée le 16 septembre 1807 en précisant que "le mode d’avancement par ancienneté aurait des inconvénients" (O&A, III, 3701). Il est enfin décidé le 15 août 1806 que les Aides de camp ou Adjoints ne pourront "être pris parmi les Officiers de La Tour d’Auvergne et d’Isembourg" (O&A, III, 3538).

/ Passage progressif dans le Royaume de Naples

Carabinier RGT de la Tour d'Auvergne, 1806-1808 Carabinier RGT de la Tour d'Auvergne, 1806-1808
Fig. 5 Carabinier en 1806-1808, d'après R. Forthoffer, Fiche Documentaire 210 (avec l'aimable autorisation de Mr Jean-Yves Forthoffer)
Carabinier à la même époque, selon J. Dommange

Dans la première quinzaine de juin, l'armée du Vice-roi comprend la Division des côtes de l’Adriatique, Général Lemarois (Quartier général à Ancône), Général de brigade Tisson, 1,200 hommes présents des 3e Régiment suisse, Régiment de la Tour d'Auvergne et détachements d'armes spéciales (Mémoires du Prince Eugène, t.2, page 285).

Mi-juin, le 1er Bataillon reçoit l'ordre de rejoindre la Division des côtes de la Méditerranée du Général Duhesme à Civita Vecchia. Le 24, Eugène depuis Monza, informe Napoléon qu’il est encore à trois ou quatre jours de cette ville (Mémoires du Prince Eugène, t.2, page 461), et le lendemain, il lui écrit, toujours depuis Monza, qu’il a ordonné à Duhesme de l’établir à Nosima, point important pour son mouillage, pour fournir des détachements depuis Terracine jusqu’à Ostie; Eugène envisage aussi d'envoyer le Bataillon à Albano, qui continuerait de fournir des détachements depuis Ostie jusqu'à Terracine (Mémoires du Prince Eugène, t.2, page 466).

Le 1er Bataillon (et son Colonel), qui donne entière satisfaction à Duhesme (Du casse, III. Lettre de Eugène à l’Empereur datée du 5 juillet), arrive dans les derniers jours du siège de Gaète, qui capitule le 19 juillet. Mais, après la défaite de Reynier à Maida face aux Anglo-siciliens de Stuart, toute la Calabre entre en révolte. Joseph charge alors Masséna de la pacifier. De ce fait, le 31 juillet, Napoléon ordonne à Eugène de faire partir le 1er Bataillon pour Naples (Du Casse, III).

Le 20 juin 1806, depuis Saint-Cloud, Napoléon écrit au Général Dejean, Ministre directeur de l'Administration de la Guerre : "Monsieur Dejean, ... le 3e bataillon du régiment de la Tour d’Auvergne qui, de Phalsbourg, se rend à Aix, restera à Avignon, jusqu’à nouvel ordre" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 1, lettre 496 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12324).

Le 5 juillet 1806, Eugène écrit, depuis Monza, à Napoléon : "... Le général Duhesme me marque qu'il est très satisfait du bataillon de la Tour d'Auvergne, et surtout du colonel ..." (Mémoires du Prince Eugène, t.3, page 56).

Le 10 juillet 1806, au Palais de Saint-Cloud, l'Empereur, "sur la proposition du Ministre de la Guerre, décrète ce qui suit, savoir :
Sont nommés à des emplois de chef de bataillon dans le régiment de Latour-d''Auvergne, les sieurs (Julien) Foulon de Doué, Capitaine adjudant-major, et (Jospeh-Vincent-Pierre-Denis) Trobriand, capitaine au même régiment. Le Ministre de la Guerre est chargé de l'exécution du présent Décret
". Celui-ci est exécuté le 21 juillet 1806 (Extrait des Minutes de la Secrétairerie d'Etat - SEHRI)).

Le 29 juillet 1806, Napoléon, depuis Saint-Cloud, donne l’ordre que les deux Bataillons stationnés en Provence se rendent par Nice à Gênes (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 1, lettre 560 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12597).

Le 31 juillet 1806, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, à Eugène, Vice-Roi d'Italie : "Mon fils, je vous ai donné ordre de faire passer à Naples le bataillon suisse, qui est à Ancône, par la route de Pescara ; faites partir également pour Naples le bataillon du régiment de La Tour d'Auvergne, qui est à Civitavecchia. Vous devez envoyer également à Naples le régiment de cavalerie polonais. Mettez la plus grande promptitude à l'exécution de ces ordres ..." (Mémoires du Prince Eugène, t.3, page 102 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12626).

Le 5 août 1806, Eugène écrit, depuis Milan, à Napoléon : "Sire ... les ordres ont été donnés à ce qui reste des Polonais et des bataillons de la Tour d'Auvergne, ainsi que de leurs dépots qui sont à Mantoue" (Mémoires du Prince Eugène, t.3, page 109).

Le 20 août 1806, l'Empereur écrit, depuis Rambouillet, au Général Dejean, Ministre directeur de l'Administration de la Guerre : "Monsieur Dejean, vous donnerez ordre au 2e bataillon du régiment de la Tour d'Auvergne de se rendre à Sarzane où il restera jusqu'à nouvel ordre" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 1, lettre 594; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12754).

Le 3 septembre 1806, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Dejean, Ministre directeur de l'Administration de la Guerre : "Monsieur Dejean, donnez ordre au 3e bataillon du régiment de La Tour d’Auvergne de se rendre à Sarzana, et au 2e qui arrive le 4 septembre à Sarzana de se rendre à Naples pour rejoindre le 1er bataillon" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 1, lettre 617; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12850).

Enfin, le 12, il écrit à Dejean de faire partir immédiatement les Officiers du Régiment qui sont encore à Paris (Brotonne (L. de) : “Dernières lettres inédites de Napoléon 1er” ; Paris, Honoré Champion, 1903. Lettre 474, datée de Saint Cloud).

Fin septembre, les trois Bataillons (2300 hommes et Officiers) sont prêts à entrer au service de Naples, et à renforcer l’armée d’occupation, mais la discipline et le respect de la hiérarchie, ne sont toujours pas efficaces car parmi les ordres du Colonel en date du 24 novembre 1806 (SHD), on lit : "Monsieur de Sainte-Colombe gardera les arrêts pendant 24 heures pour avoir fait le rapport de son poste directement au Colonel.
Je prie M.M. les officiers d’observer que tout ce qui est service ne doit lui être transmis que par la voie des officiers supérieurs.
M.M. les officiers de service enverront tous les jours après la retraite le rapport de leur poste au corps de garde de la place. L’officier de garde y joindra son rapport et enverra le tout à la secrétairie. Ce rapport fait indépendamment du rapport de la place …
" (Roch Maurice d’Austry de Sainte-Colombe (20 mai 1772, 7 avril 1847) émigre le 15 février 1792 et rejoint l’Armée de Condé le 28 mai. Entré dans les Chasseurs nobles (9e Compagnie), il passe dans le Régiment de Hohenlohe Barstenstein devenu Durant le 21 novembre 1795. Lieutenant le 1er avril 1798. Licencié à son retour en France le 15 avril 1801, il entre le 1er mars 1806 comme Sergent au Régiment de la Tour d’Auvergne. Sous-lieutenant le 31 mars 1806. Lieutenant le 1er avril 1808. Capitaine le 8 janvier 1810. Passé au 3e Etranger le 1er janvier 1814, il émigre à nouveau et passe à Gand le 2 juin 1815. Il poursuit ensuite sa carrière militaire sous la monarchie. Promu Lieutenant-colonel employé à l’Etat-major des places le 19 septembre 1823, il est admis à la retraite le 24 septembre 1830). Dans le même temps, on rappelle que "la défense de porter du bois sur les habits est renouvelée".

Tout n’est pourtant pas négatif. Le Régiment s'organise progressivement, comme le montrent les ordres du Régiment datés de Gaète le 23 nomvembre 1806 : "- Ordres du régiment, à quelle heure et par qui ils seront pris : L'ordre du régiment se prendra chez le major à 9 heures 1/2, par l'adjudant major du 2e et une ordonnance du 1er bataillon;
Le lieutenant-colonel du 1er bataillon réglèra le service de cette ordonnance.
- Témoignages de satisfaction du colonel au régiment : Je témoigne ma satisfaction au régiment sur la patience avec laquelle il supporte les privations que les circonstances malheureuses lui imposent. Qu'il soit assuré que ses chefs veillent pour lui; que les privations cesseront bientôt et que je saurai lui en tenir compte.
- Paiement de demi-solde : Les bataillons toucheront la demi-solde; elle commencera pour le second, auprès du 26.
- Contrôles annuels, le 1er bataillon en fera copie, les conseils éventuels d'administration des 1er et 2e bataillons cessent leurs fonctions, ordre aux officiers payeurs de tenir prêts leurs comptes : Le lieutenant-colonel du 1er bataillon fera faire une copie de ses contrôles annuels pour le 30 du mois; il préviendra les membres du conseil d'administration que la comptabilité du 1er bataillon va être arrêtée au dernier trimestre, et que ce conseil éventuel cesse ses fonctions. Il ordonnera à l'officier payeur de tenir ses comptes en règle pour la conservation et reddition de compte qui aura lieu avant la fin de ce mois. Il continuera à tenir la mutation de son bataillon jusqu'à la mise à jour des contrôles annuels;
- Les contrôles annuels déposés à la secrétairerie, les sergents-majors y porteront la situation tous les jours à 9 heures : Le lieutenant-colonel du second bataillon fera avertira les membres du conseil d'administration que la comptabilité va être arrêtée au dernier trimestre, et que ce conseil éventuel cesse ses fonctions. Les contrôles annuels seront mis à la secrétairerie où les sergents-majors conduits par l'adjudant-major, porteront les situations tous les jours à heures.
- Le premier bataillon enverra tous les matins par l'ordonnance l'état de situation de l'adjudant-major : L'ordonnance du 1er bataillon portera tous les matins à la secrétairerie l'état de situation conforme au modèle ci-joint
" (Livre d'ordres du Régiment, signés par le Colonel de la Tour d'Auvergne - documentation Archives de la Sabretache).

Certains soldats du 2e Bataillon doivent recevoir la distinction honorifique des chevrons (ordre du 24 novembre). Parmi les ordres du 24 novembre figurent également :
- "Réception de M. Ducolombier, Capitaine de la 7e Compagnie du 1er Bataillon : M. Ducolombier, Capitaine de la 7e Compagnie du 1er bataillon est nommé à l'ordre du régiment, et le lieutenant-colonel du 1er Bataillon le fera reconnaitre";
- "Hackermann, Carabinier nommé Caporal Sappeur du 1er bataillon : Le Carabinier Hackermann du 1er bataillon est nommé Caporal des Sapeurs";
- "Le chasseur Toussaint passe Carabinier au 1er bataillon : Le chasseur Toussaint, de la 1ère compagnie du 1er bataillon passe carabinier".
- "Rapport des appels de la veille. L'ordonnance du 1er bataillon les rapportera : L'ordonnance du 1er bataillon portra le rapport des appels de la veille";
- "Numéros de contrôle annuels. Les Sergents majors les donneront sur leurs situations : Les sergents majors écriront plus lisiblement les noms et donneront sur leurs situations journalières les numéros de contrôle annuel affectés aux hommes qui donnent lieu à des mutations" (Livre d'ordres du Régiment, signés par le Colonel de la Tour d'Auvergne - documentation Archives de la Sabretache).

"Ordre du 25 novembre 1806.
- M. Ubrick, Lieutenant, aux arrêts : M. Ubrick, Lieutenant, gardera les arrêts pendant 24 heures, un déserteur du premier bataillon étant entré à l'hôpital sur un billet signé de lui sans s'être assuré si cet homme y serait consigné;
- Pour le prêt, fixation de l'heure : On touchera le prêt du 26 aujourd'hui chez le major, après l'ordre. Les compagnies d'élite recevront 2.1/2 et les compagnies du centre 2; les sous-officiers demi-solde par grade;
- Feuilles d'aboncompte de solde. L'officier payeur du 1er bataillon les remettra le 27 : L'officier payeur du premier bataillon me remettra le 27, les feuilles d'aboncompte de solde due au premier bataillon. Et la feuille de gratification de campagne;
- Feuilles d'appel de janvier et février. Compte de recettes, dépenses et droits du 1er bataillon : Le 30, il me remettra les feuilles d'appel de janvier et février dressées sur les contrôles annuels, et un compte rendu approximatif des recettes et dépenses; droits à recouvrer du premier bataillon;
- Demande en indemnité d'effets pour les officier du 1er bataillon : Le lieutenant colonel du premier bataillon m'enverra une demande en indemnité de perte d'effets, pour les officiers du premier bataillon le plus tôt possible
" (Livre d'ordres du Régiment, signés par le Colonel de la Tour d'Auvergne - documentation Archives de la Sabretache).

De même, les exercices et les revues suivent leur cours. "Ordre du 25 novembre 1806 ...
- Exercice du 2d bataillon : Le second bataillon exercera au détail et à l'école de peloton, deux heures par jour au quartier; l'heure sera fixée par le Lieutenant colonel qui le commande;
- Théorie d'école de bataillon sur le terrain : D'aujourd'hui il y aura théorie d'école de bataillon sur le terrain par MM. les officiers et sous-officiers. Le lieutenant colonel du 2d bataillon en fixera l'heure
" (Livre d'ordres du Régiment, signés par le Colonel de la Tour d'Auvergne - documentation Archives de la Sabretache).

Le 2e Bataillon est inspecté par le Colonel le 26 novembre : "Ordre du 26 novembre 1806 ... Le second bataillon prendra les armes sur les glacis de la place aujourd'hui à une heure et demie. Le colonel verra le bataillon et jugera de son instruction". Les Carabiniers du 1er Bataillon par le Major le 27 : "Ordre du 26 novembre 1806 ... Demain à 8 heures les carabiniers du premier bataillon prendront les armes et se rendront sur les glacis. Le major en passera l'inspection" (SHD).(Livre d'ordres du Régiment, signés par le Colonel de la Tour d'Auvergne - documentation Archives de la Sabretache).

"Ordre du 27 novembre 1806.
- Décompte de linge et chaussure : Messieurs les capitaines et chefs de compagnies du premier bataillon établiront leur décompte de linge et chaussure en l'arrêtant au dernier trimestre;
- Rapport des appels du soir, l'ordonnance du 1er bataillon doit les rapporter : Il est rappelé que l'ordonnance du premier bataillon doit porter un rapport des appels de la veille.
" (Livre d'ordres du Régiment, signés par le Colonel de la Tour d'Auvergne - documentation Archives de la Sabretache)).

"Ordre du 28 novembre 1806.
- Rapport de la mauvaise tenue du quartier du 2e bataillon et surtout de la 8e compagnie : Le lieutenant colonel du second bataillon a fait un rapport peu favorable de la tenue de son quartier. Il a surtout remarqué la négligence de la 8e compagnie
" (Livre d'ordres du Régiment, signés par le Colonel de la Tour d'Auvergne - documentation Archives de la Sabretache).

"Ordre du 29 novembre 1806.
- Les carabiniers du 1er bataillon font bien l'exercice ; division de leur exercice en deux classes; ils donneront ainsi que le dépôt et le 1er bataillon un état de situation : M. le major témoigne sa satisfaction à la compagnie de carabiniers du premier bataillon. Il a surtout remarqué que la marche, objet le plus important, est aussi celui auquel ils sont le plus exercés. Ils seront divisés en deux classes. La première exercera une fois par jour; la seconde deux fois. Le capitaine des carabiniers et le commandant du détachement du 1er bataillon qui est à Gaëta, indépendamment de leurs rapports avec le premier bataillon, donneront tout les deux jour à la secrétairerie leurs états de situation et de mutation.
- Conseil de guerre c. Enters : Un conseil de guerre se tiendra pour juger le capiral Enters déserteur du premier bataillon. - Conseil de guerre Gabriellof : Le chasseur Gabriellof de la 7e compagnie du 2e bataillon, déserteur à l'ennemi et condamné à mort par les lois du royaume, a été selon nos privilèges, remis à la justice du corps. Il est convoqué au conseil pour prononcer son jugement et faire connaitre authentiquement combien par une justice sévère nous nous rendons digne de la conservation de nos privilèges. Le conseil est composé des capitaines Decquevilley, Deheau, Morlet et Keer; de M.M. les lieutenants des Etangs, Duvivier, et sous lieutenants M. M. Cottin et Reissenbach. Le rapporteur M. de Sainte-Colombe, le greffier le fourrier Delloyd et l'interprète le sergent Faillot. Ce conseil s'assemblera demain à midi dans la grande salle chez M. le major.
- La parade défilera par le centre au pas accéléré : Le lieutenant colonel du second bataillon, après la manoeuvre, fera tous les jours défiler la parade par le centre au pas accéléré
" (Livre d'ordres du Régiment, signés par le Colonel de la Tour d'Auvergne - documentation Archives de la Sabretache).

"Ordre du 30 novembre 1806.
- Exécution du jugement de déserteurs : Parade d'église à neuf heures. A midi assemblée du conseil de guerre particulier. A trois heures assemblée du conseil de guerre chez le commandant d'armes, pour juger le caporal Enters. Demain à 9 heures, écécution du jugement.
Le lieutenant colonel du premier bataillon se rendra avec toutes les forces disponibles sur l'emplacement entre la place de Gaesa et le Borgo. Un peloton de 12 hommes et un sergent de la 7e compagnie avec ses armes chargées sera sous le commandement de l'adjudant sous officier. Ce peloton se détachera lors de l'arrivée du premier bataillon, se portera à la prison où il recevra de nouveaux ordres. L'adjudant major viendra me prévenir de l'arrivée du 1er bataillon.
Le second bataillon prendra les armes à 8 heures et se rendra sur la place de la ville à 8 heures un quart sous la conduite de M.M. les officiers de semaine et de l'adjudant major. Un peloton de 12 hommes et un sergent de la 7e compagnie auront les armes chargées et se rendront sous la conduite de la prison où ils recevront de nouveaux ordres.
Les carabiniers du premier bataillon et le détachement du lieutenant Ubrick, prendront les ordres du lieutenant colonel du premier pour se trouver à leurs postes.
La troupe sera en grande tenue.
- Le fourrier des carabiniers du 1er bataillon redevient caporal : Le fourrier des carabiniers du premier bataillon rentre dans les caporaux. Le carabinier Klein passe caporal et fait les fonctions de fourrier jusqu'à nouvel ordre.
- Témoignage de satisfaction de M. le major aux officiers du 2e bataillon sur la bonne tenue de la caserne : Le major témoigne toute sa satistfaction à ses camarades M.M. les officiers du second bataillon, sur l'exellente tenue de la caserne. - Chapelain fait la fonction de fourrier à la 5e : Chappelain fera les fonctions de fourrier dans la 5e compagnie du 2e bataillon jusqu'à nouvel ordre
" (Livre d'ordres du Régiment, signés par le Colonel de la Tour d'Auvergne - documentation Archives de la Sabretache).

"Ordre du 1er décembre 1806.
- Service de santé : Le service de santé de la veille sera remis à la secrétairerie le lendemain à 8 heures du matin.
- Caporal des carabiniers Faubel passe sergent à la 4e : Le caporal Faubel des carabiniers passe sergent dans la 4e.
- L'argent adressé au régiment sera touché à Naples par un fondé de pouvoir : M.M. les officiers, sous offiers et soldats sont prévenurs d'un avis de la Direction générale des Postes, en vertu duquel l'argent envoyé de France ne peut être perçu qu'à Naples même. Un fondé de pouvoir du régiment va y être établi et c'est à lui qu'on aura à envoyer ses reconnaissances si l'on veut être payé. - Composition du conseil d'administration des bataillons de guerre : Le conseil général d'administration des deux bataillons de guerre est ainsi composé :
M. le colonel La Tour d'Auvergne, président,
M.M. les lieutenants colonels Trobriand et Foullon de Doué,
M.M. les capitaines Du Colombier, Deheau et Boullier, et M. Bormio, sous-officier.
Les heures d'exercice du second bataillon ne sont point changées.
- M. D'Epernoux fera les fonctions d'officier payeur : M. D'Epernoux aura la complaisance de remplir les fonctions d'officier payeur. Le major saisit avec plaisir cette occasion de témoigner hautement à ce jeune officier combien son zèle, son exactitude dans le service et son dévouement pour le régiment lui donnent des droits à l'estime et à l'attachement de tous ses camarades.
" (Livre d'ordres du Régiment, signés par le Colonel de la Tour d'Auvergne - documentation Archives de la Sabretache).

"Ordre du 2 décembre 1806.
- Punir de la désertion : Tout déserteur du régiment sera regardé comme déserteur à l'ennemi et puni de mort. Le colonel veut bien ne pas donner d'action rétrograde à cet ordre et faire grâce de la rigueur des lois à ceux qui sont actuellement dans les prisons du régiment, étant revenus d'eux-mêmes; ils sont remis à la discipline du corps.
- Témoignage de satisfaction aux 2 bataillons sur l'exercice : M. le major témoigne sa satisfaction aux deux bataillons, sur la manière dont ils ont éxécuté les maniements d'armes; il annonce à ses caramarades du 2e que le colonel a été fort satisfait des manoeuvres de l'école de bataillon.
- Enfants des maîtres ouvriers reçus enfants de troupe : M. le major reçoit enfants de troupe à la demi-solde :
Philippe Fohnlé, dans la 5e compagnie
Antoine et Pierre Herbingen dans la 4e
André et Allix Vincent dans la 7e, tous du 2e bataillon. Ils seront portés comme tels sur les contrôles.
Les fourriers du second bataillon inscriront sur les contrôles les mutations jusqu'au 30 novembren et les remettront le 5 de ce mois à la secrétairerie.
- Brauss et Lang sont nommés sapeurs : Les carabiniers Brauss et Lang sont nommés sapeurs au premier bataillon.
- Les sergents majors porteront l'ordre chez les commandants de la compagnie seulement : Les sergents majors porteront l'ordre chez le chef de leur compagnie, à l'heure qu'il désignera. M. M. les officiers des compagnies sont tenus de s'y trouver.
" (Livre d'ordres du Régiment, signés par le Colonel de la Tour d'Auvergne - documentation Archives de la Sabretache).

"Ordre du 3 décembre 1806.
- Exercice de la 2e classe du 2e bataillon : La seconde classe du second bataillon, seule, exercera aujourd'hui; car le bon moyen de diminuer les heures d'exercice, c'est de le bien faire.
- Chapelain nommé fourrier des carabiniers du 1er bataillon : Chapelain est nommé fourrier des carabiniers du premier bataillon
" (Livre d'ordres du Régiment, signés par le Colonel de la Tour d'Auvergne - documentation Archives de la Sabretache).

"Ordre du 4 décembre 1806.
- Témoignage de satisfaction sur la constance du 1er bataillon à supporter les privations : M. le major témoigne sa satisfaction à ses camarades du premier bataillon sur la constance avec laquelle ils ont combattu les obstacles et les dangers qui les ont assaillés. Ils seront bientôt réunis, et dans cette réunion, nous trouverons le dédommagement de toutes nos peines passées.
- Le colonel prend le gouvernement de la subdivision : Un ordre du jour appelle le colonel Latour d'Auvergne au commandement provisoire de la subdivision; il espère que tous nos camarades pensant que le gouverneur du pays est en même temps le chef du régiment qui l'occuper et le protège, ils doivent éviter avec plus de soin encore toute occasion de plaintes de la part des habitants.
Le colonel serait peiné si ses sentiments d'attachement pour un camarade devaient céder à la nécessité de remplir ses devoirs.
- M. Baillevy nommé sergent : Le cadet fourrier Baillevy est nommé sergent.
- Racky et Kosowsky carabiniers nommés caporaux : Les carabiniers Racky et Kosowsky du second bataillon sont nommés caporaux.
- Dombrowsky et Kosoriow de la 8e sont faits carabiniers : Le chasseur Dombrowsky et Kosoriow de la 8e ont mérité par leur bonne conduite d'être faits carabiniers
" (Livre d'ordres du Régiment, signés par le Colonel de la Tour d'Auvergne - documentation Archives de la Sabretache).

"Ordre du 5 décembre 1806.
- Changement de numéro des compagnies du 1er bataillon : Le lieutenant colonel du premier bataillon fera changer les numéros des compagnies en plaçant la compagnie de voltigeurs au N°2.
- Toutes dégradations commises aux environs des portes seront payées par le poste le plus voisin : Les chefs de portes et gardes dans la place sont prévenus d'un ordre du quartier général qui porte que toutes dégradations commises dans les armements de la place seront payées à l'expertise de l'artillerie et du génie par le poste le plus voisin. S'il est commandé par un officier, il en paiera les trois quarts et il en sera rendu compte; par un sous officier, il en paiera la moitié et sera cassé. Les soldats du poste seront punis selon la rigueur des lois.
- Montmorillon nommé sergent: Le caporal des carabiniers Montmorion, faisant fonction de sergent, en portera les galons.
" (Livre d'ordres du Régiment, signés par le Colonel de la Tour d'Auvergne - documentation Archives de la Sabretache).

"Ordre du 6 décembre 1806.
- Pour l'exercice : La journée d'aujourd'hui est consacrée au nétoiement de l'armement et de l'équipement.
- Les soldats ne seront plus tenus de garder aucun ordre : Demain parade d'église à 9 heures. Demain point d'ordre. Lundi les compagnies composées au moins de 14 files se trouveront sur le terrain hors la porte à 1 heure; elles y seront conduites individuellement par M. M. les officiers; arrivées sur le terrain, elles poseront leurs armes en faisceaux par section dans l'ordre qu'il plaira à chacune. L'adjudant major tracera une ligne de bataille faisant face à la mer. Au commandement aux armes, les compagnies seront formées, portées sur la ligne et alignées en deux minutes.
" (Livre d'ordres du Régiment, signés par le Colonel de la Tour d'Auvergne - documentation Archives de la Sabretache).

"Ordre du 8 décembre 1806.
- Les capitaines signeront les situations : L'exercice ne se fera point aujourd'hui hors la ville.
Dorénavant, M.M. les capitaines signeront les situations du jour de leurs compagnies.
- Etablissement d'atelier pour faire des cartouches : M. l'adjudant major aura la complaisance de rassembler toue ce que nous avons d'anciennes cartouches non données par la Direction de l'artillerie et toutes les cartouches qui ont servi trois fois. Il établira son atelier sous la direction du sergent major Schveikard pour faire faire des cartouches à blanc.
" (Livre d'ordres du Régiment, signés par le Colonel de la Tour d'Auvergne - documentation Archives de la Sabretache).

"Ordre du 9 décembre 1806.
- Départ du détachement de 300 hommes commandé par le lieutenant colonel Trobriand : Le détachement de 300 hommes sous les ordres du lieutenant colonel Trobriand sera prêt à partir aujourd'hui à midi;
- Le capitaine Bergeret relèvera les détachements du 1er bataillon et remplira les fonctions de commandant de place de Molla : le capitaine Bergeret relèvera les détachements qu'occupe le 1er bataillon à Castellone, pont du Garigliano et autres. Il remplira les fonctions de commandant de place de Castellone et Mola.
L'exercice aura lieu aujourd'hui après la parade.
Felix chasseur est employé à la musique : Le chasseur Felix sera employé à la musique
" (Livre d'ordres du Régiment, signés par le Colonel de la Tour d'Auvergne - documentation Archives de la Sabretache).

"Ordre du 10 décembre 1806.
- Le sous officier de garde au poste où il a été volé des effets de l'artillerie est cassé et la garde punie de 8 jours de prison. L'ordre du 5 est rappelé : Le sous officier de garde qui était de poste à San Montana lorsque l'on a enlevé des effets appartenant à l'artillerie est cassé, et la garde punie de 8 jours de prison. L'ordre du 5 est rappelé. Je ferai payer et je punirai sévèrement toute espèce de dégradation semblable.
- Défense aux soldats d'entrer dans les jardins des habitants, ceux qui y seront pris recevront 25 cous de b... : Je défends expressément l'entrée dans les jardins des habitants, et le premier soldat qui y sera pris recevra 25 coups de plat de sabre.
- Défense de laver les effets dans l'eau de la mer : L'ordre du 16 novembre est rappelé. Il est expressément défendu aux soldats de laver leurs effets dans l'eau de la mer.
- Ordre pour les préparatifs de la fête du 14 : M.M. les chefs des compagnies choisiront dans chacune de leur compagnie un peloton de 12 files avec les sous officiers de remplacement et de serre file. Ils ... (n'assureront ?) la garde ni ... (parade ?); on réunira ces mêmes hommes le plus possible à l'exercice d'ici à dimanche. Dimanche ils feront les exercices à feu
" (Livre d'ordres du Régiment, signés par le Colonel de la Tour d'Auvergne - documentation Archives de la Sabretache).

"Ordre du 11 décembre 1806.
- Exercice à feu sur le terrain d'exercice : Demain, le bataillon formé des 9 pelotons choisi demandés par par l'ordre d'hier, sortira des portes de la ville à 7 heures et demi; il sera conduit par M. l'ajudant major et M.M. les officiers de semaine.
" (Livre d'ordres du Régiment, signés par le Colonel de la Tour d'Auvergne - documentation Archives de la Sabretache).

"Ordre du 12 décembre 1806.
- Nétoiement : La journée de demain sera consacrée au nétoiement de l'armement, équipement et habillement.
- Préparatifs pour la fête : M.M; les officiers sont priés de faire tout ce qu'il dépendra d'eux pour que la troupe soit dimanche dans belle tenue, et que leurs compagnies exercent avec précision et promptitude
" (Livre d'ordres du Régiment, signés par le Colonel de la Tour d'Auvergne - documentation Archives de la Sabretache).

"Ordre du 13 décembre 1806.
Demain, le régiment sera en grande tenue; il suivra l'ordre du programme de la fête. M. M. les officiers du régiment me feront l'honneur de se rendre chez moi à 9 heures un quart. La tenue en bottes, pantalons de Nankin, gilet blanc et shakos (pour ceux qui en ont). Je compte sur M.M. les officiers pour que l'exercice nous fasse honneur.
En l'honneur de la fête du colonel, il est fait grâce aux déserteurs Krollé, Saint Hubert et ... la salle de police est ouverte
" (Livre d'ordres du Régiment, signés par le Colonel de la Tour d'Auvergne - documentation Archives de la Sabretache).

"Ordre du 15 décembre 1806.
Les compagnies D'Aspert, Boullier et Keer partent demain à 6h et demie pour relever les compagnies Hautz, Salomon et Deronières. Les logements des officiers relevant seront occupés par les officiers relevés. Les fournituresdes compagnies relevantes seront données aux compagnies relevée au prorata de de leur effectif.
Le sergent Empereur reprendra les distinctions accordées aux cadets. Le compte extrêmement favorable que son capitaine a rendu de sa conduite lui mérite cette faveur particulière.
Le major témoigne au second bataillon du régiment toute sa sastisfaction sur la manière dont il a manoeuvré hier et sur sa conduite pendant le reste de la journée
" (Livre d'ordres du Régiment, signés par le Colonel de la Tour d'Auvergne - documentation Archives de la Sabretache).

"Ordre du 16 décembre 1806.
La 2e classe seule exercera aujourd'hui. Les compagnies restantes donneront les noms de leurs meilleurs sujets pour qu'ils soient exercés au tir.
Stein, chasseur de la 5e passe fourrier des voltigeurs du 1er bataillon.
Le nommé Ludgowitz chasseur du 1er retourne dans la 8e du 2e.
Les gardes seront montées et le service réparti de manière à ce que chaque bataillon puisse avoir deux jours d'exercices, le premier plus que le second.
" (Livre d'ordres du Régiment, signés par le Colonel de la Tour d'Auvergne - documentation Archives de la Sabretache).

"Ordre du 17 décembre 1806.
Le service des deux bataillons roulera également sur tous M.M. les officiers. Il sera réglé pour les soldats de manière à ce que chaque bataillon fournisse toujours en entier toutes les gardes ses jours de service. Le premier aura deux jours de service par semaine, et le second montera les autres jours. L'adjudant major du second bataillon commandera le service. Les jours de non service pour les bataillons il y aura exercice, école de bataillon et école de 2de classe commandées par M. Eyrich aux mêmes heures que par le passé pour le 2d bataillon. Plus théorie des sous officiers tenue par l'adjudant major. Le capitaine Dettlingen, et le lieutenant Malcomes sont en particulier, chargés de l'instruction du premier. Les jours de non service, il y aura théorie des sous officiers; école de bataillon à 1 heure et demie. Les secondes classes à la même heure tenue par M. le lieutenant Malcomes.
M.M. les lieutenants Malcomes et Eyrich sont dispensés du service de la place.
" (Livre d'ordres du Régiment, signés par le Colonel de la Tour d'Auvergne - documentation Archives de la Sabretache).

"Ordre du 18 décembre 1806.
Aujourd'hui l'école de bataillon se fera pour le 2d bataillon à une heure et demie.
Le premier bataillon touchera la demi-solde à dater de sa rentrée à Gaëte.
" (Livre d'ordres du Régiment, signés par le Colonel de la Tour d'Auvergne - documentation Archives de la Sabretache).

"Ordre du 19 décembre 1806.
Ecole de bataillon du 1er à une heure et demie.
M. D'Epernoux passe dans la compagnie des voltigeurs ; c'est autant par le désir de témoigner au lieutenant d'Epernoux tout ma satisfaction sur son zèle pour le service que pour donner une preuve de mon attachement aux voltigeurs que j'ai ordonné ce changement.
Le chasseur de la 4e Holfelder passe dans les voltigeurs.
Le 1er bataillon recevra du vin ce soir si je suis content de la manière dont il exercera
" (Livre d'ordres du Régiment, signés par le Colonel de la Tour d'Auvergne - documentation Archives de la Sabretache).

"Ordre du 21 décembre 1806.
Parade d'église à 9 heures.
Demain exercice école de bataillon pour le 2e à 1 h 1/2
" (Livre d'ordres du Régiment, signés par le Colonel de la Tour d'Auvergne - documentation Archives de la Sabretache).

"Ordre du 22 décembre 1806.
M.M. les officiers du premier bataillon peuvent se présenter à la chancellerie pour y recevoir un demi-mois d'appointements.
Le nommé Bernon est nommé caporal de la musique. Demain exercice du 1er bataillon
" (Livre d'ordres du Régiment, signés par le Colonel de la Tour d'Auvergne - documentation Archives de la Sabretache).

"Ordre du 23 décembre 1806.
Le sergent de la 1ère cshasffers est cassé pour s'être soûlé étant de patrouille; il passe chasseur dans la 8e compagnie.
Les sous officiers sont prévenus que si des faits se renouvellent avec les habitants, je les consignerai au quartier.
Aujourd'hui exercice du premier bataillon. Le lieutenant colonel Foullon le commandera. Un planton sera envoyé à la boulangerie et veillera à ce qu'il soit extrait 15 liv (?), de son sac un quintal de farine pour le pain de munition
" (Livre d'ordres du Régiment, signés par le Colonel de la Tour d'Auvergne - documentation Archives de la Sabretache).

"Ordre du 24 décembre 1806.
Aujourd'hui execice du 1er bataillon à 1 heure 1/2. M. M. les officiers du 2e bataillon sont priés de s'y trouver.
Le chasseur Rach de la 8e compagnie est nommé caporal.
Demain parade d'église en grande tenue et fête
" (Livre d'ordres du Régiment, signés par le Colonel de la Tour d'Auvergne - documentation Archives de la Sabretache).

"Ordre du 25 décembre 1806.
Le chasseur du 1er bataillon Sokolof qui a vendu la viande de son escouade, recevra 25 coups de baton.
Le chasseur du 2e bataillon qui a enlevé les fascines recevra 25 coups de baton.
Le lieutenant colonel prendra le commandement du régiment en l'absence du major
" (Livre d'ordres du Régiment, signés par le Colonel de la Tour d'Auvergne - documentation Archives de la Sabretache).

"Ordre du 30 décembre 1806.
Aujourd'hui école de bataillon pour le 2d bataillon
" (Livre d'ordres du Régiment, signés par le Colonel de la Tour d'Auvergne - documentation Archives de la Sabretache).

Fin 1806, servent dans le Corps : Colonel Godefroy de la Tour d’Auvergne ; Major d’Escorches de Sainte-Croix (parti en février comme Aide de camp de Masséna en Pologne, malgré l’interdiction de l’Empereur) ; Chefs de Bataillon Laville sur Illon, Foulon de Doué, Denis de Trobriand ; Adjudant-major Duprat ; Capitaine quartier-maître Hermand ; Capitaines Dolder, Hautz, Bergeret, Dettlingen, Keer, Hornholtz, Dehaupt, Salomon, Morlet, d’Equevilley, de Rosières, Talon, d’Aspert, Bouthier, Thilorier, Cueillet, Champenoy, Querellet (commandant du Dépôt de recrutement à Strasbourg), Ducolombier ; Lieutenants Malcomel, Schmelzer, Marco, Zweifel, Ubrick (commandant du Dépôt intermédiaire de recrutement de Turin), Futer, Bressler, de Roock, Komierowsky, de Gallemand, Ladoubée Duvivier, Richard de Condrecourt, Choiseul, Labourdonnaye, Bonhote, Disjonval, Gugger, Stendack, Brissolliern, Thibaut, Dallerit, des Estangs (passé Aide de camp du Général César Berthier), Galabert (passé à l’Etat-major de l’Armée de Dalmatie) ; Sous-lieutenants Salmon Delabrosse, Gonnet Tassigny, Maine, Decker, Duhamel, Hemberger, Trailleur, d’Eperaux, Reissenbach, Hautz, Lequeu, Cottin, Gerente, Lebrun, Chevrier, Cyrisch, Gombert, Moutard, Sainte-Colombe, Leval, Decombes, Pebenesl, La Fage.

Officier de Chasseurs RGT de la Tour d'Auvergne, 1805 Officier de Chasseurs RGT de la Tour d'Auvergne, tenue d'été 1805
Fig. 6 Officier de Chasseurs en grande tenue en 1805, d'après Tanconville, Les Garnisons d'Alsace
Fig. 7 Officier en tenue d'été en 1805, d'après Tanconville, Les Garnisons d'Alsace

Le 7 janvier 1807, Napoléon, écrit, depuis Varsovie, au Général Dejean : "Monsieur Dejean, donnez ordre au 3e bataillon du régiment de La Tour d'Auvergne, qui est à Gênes, de se rendre à Naples pour y rejoindre ses deux autres bataillons" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 1, lettre 863).

"Ordre du 14 janvier 1807.
Les deux cents capotes qui arrivent aujourd'hui seront distribuées par compagnie au second bataillon. Les 250 qui arriveront dans la semaine seront distribuées aux compagnies du second bataillon au prorata de leur force.
Le major du régiment est envoyé par Sa Majesté en mission; il ne quitte point ses braves amis et camarades. Le fruit de ses démarches sera d'appeler le régiment à une destination active et digne de lui.
Le major espère qu'en retour de sa vive amitié pour ses camarades il a le droit d'attendre d'eux de contribuer individuellement de tous leurs moyens à la prospérité du régiment.
Messieurs les capitaines et les membres du conseil d'administration sont priés de se trouver aujourd'hui à midi chez M. le major
" (Livre d'ordres du Régiment, signés par le Colonel de la Tour d'Auvergne - documentation Archives de la Sabretache).

A cette époque, le Régiment est souvent dispersé et engagé dans des actions meurtrières contre les loyalistes napolitains qui mènent une guerre de guérilla contre les Français.

"Ordre du 22 janvier 1807.
Un détachement de quatre cent hommes composé des voltigeurs, 3e, 5e et 7e compagnies du 2e bataillon de la Tour d'Auvergne partira dans la journée de demain sous les ordres de M. le lieutenant colonel Foulon de Doué. Si les quatre compagnies ne forment pas un total de quatre cents hommes sous les armes et propres à être employés, le nombre sera complété par un détachement d'hommes choisis de la 6e compagnie. . M. le 1er Lieutenant Bressler partira dans tous les cas avec le détachement. M. Defrancheto passe comme sous lieutenant dans la compagnie de voltigeurs. Chaque compagnie remettra demain pour 8 heures du matin à M. le colonel Foulon de Doué un état des hommes partant, toutes les armes doivent être en état, chaque soldat muni de 30 cartouches. Elles me remettront en même temps un état des hommes malades ou non ... (illisible équipés ?) restants; il en sera formé un dépôt qui sera immédiatement sous l'inspection de M. le capitaine Bergeret. M. Yegre chirurgien aide major partira avec le détachement. Il est expressément recommandé de ne prendre que des hommes sains et capables de supporter la fatigue. Les compagnies partantes remettront au magasin de M. de Zwaifel tous les effets d'armement et d'équipement appartenant à des hommes malades ou absents. Elles emporteront des contres bons et auront soin de spécifier l'état dans lequel se trouveront les effets remis à M. de Zwaifel. Demain matin à dix heures le détachement sera rangé en bataille pour que M. le lieutenant colonel Foulon de Doué le passe en revue. Il sera ordonné à 9 heures combien d'hommes la 6e compagnie fournira.
M. le capitaine Bergeret remplira jusqu'au retour du lieutenant colonel Foulon de Doué les fonctions de chef de bataillon du 2e bataillon. M. Doldes remplira les mêmes fonctions au 1er bataillon jusqu'au retour du lieutenant colonel du 1er bataillon.
Chacune des compagnies partantes recevront 56 paires de souliers par compagnie ils conserveront néanmoins soigneusement les vieux souliers et les emporteront. Les souliers neufs seront donnés à porter au meilleur soldat de chaque compagnie. Les sergents de chaque escouade seront rendus responsables du nombre de paires confiés à chaque escouade et visiteront tous les jours les sacs des hommes auxquels on aura donné des souliers à porter. Le cadet Montmorillon des carabiniers partira avec le détachement et sera employé chez le colonel Foulon de Doué.
Signé Gaëte le 22 janvier 1807
" (Livre d'ordres du Régiment, signés par le Colonel de la Tour d'Auvergne - documentation Archives de la Sabretache).

"Le 23 janvier 1807.
M. Bressler restera au bataillon à Gaéta, il y fera le service d'adjudant major à l'exception que M. Duprat sera spécialement chargé de l'inspection. Le sergent major Stephans fera le service d'adjduant sous officier. Le sergent major Coq en remplira les fonctions jusqu'à ce qu'il soit sorti de l'hôpital.
M. Comerowgy adjudant major suivra le détachement. La revue s'en passera à 1 heure. Messieurs les commandants du détachement exécuteront l'ordre d'hier. Je recommande encore de prendre les vieux souliers. Le tambour maître Dérasle (?) est cassé et passe comme chasseur à la 1ère. Le tambour Herneschio (?) passe tambour maître en remplacement.
J'espère qui se conduira de manière à ne donner aucun sujet à se plaindre. Les compagnies auront soin de remettre à M. de Sandrecourt avant leur départ les listes des déserteurs et recrues avec les signalements et conformes au modèle de la chancellerie. Ils auront soin de remettre en ordre tous les hommes qui restent à M. le lieutenant Bressler qui en remettra la liste à M. le capitaine Bergeret commandant le bataillon. Immédiatement après la revue chaque compagnie expédiera son fourrier et quatre cuisiniers; ils partiront sous la conduite de l'adjudant sous officier et de M. Bermont. Il sera responsable de tout ce qui pourra se commettre et rendra compte sur le champ à M. le lieutenant colonel de ce qu se sera passé. M. le Sergent Bermont sera porteur d'un prdre basé sur la marche route. M. le cader de Mont tirera ses vivres dans les compagnies de voltigeurs qui prendront une ration en plus. Les carabiniers recevront ici la ration de M. de Montmorillon, qui sera remis au détachement de voltigeurs restant ici qui prendra en conséquence une ration en moins de son effectif.
Les deux déserteurs de la 1ère compagnie qui sont à la salle de police recevront chacun 80 coups de baton et rentreront ensuite à leur compagnie.
M. Marco remplira les fonctions de'adjudant major au 1er bataillon jusqu'au retour de M. Duprat
" (Livre d'ordres du Régiment, signés par le Colonel de la Tour d'Auvergne - documentation Archives de la Sabretache).

"Le bien du service voulant que les bataillons soient réunis dans la caserne et que les compagnies ne soient pas entremélées les 4e et 1ère compagnies du 2e bataillon descendront à la place des compagnies partantes et se réuniront au rez de chaussé dont partie est occupé par les carabiniers" (Livre d'ordres du Régiment, signés par le Colonel de la Tour d'Auvergne - documentation Archives de la Sabretache).

"Ordre du 24 janvier 1807.
Demain parade d'église à neuf heures comme de coutme. Lundi dix heures je passerai la revue du régiment. Tout le monde s'y trouvera, les dépôts même des compagnies qui sont détachées n'en seront point exemptés.
" (Livre d'ordres du Régiment, signés par le Colonel de la Tour d'Auvergne - documentation Archives de la Sabretache).

"Ordre du 26 janvier 1807.
Demain mardi, M.M. les capitaines me donneront un état des sergents et caporaux de leurs compagnies avec une colonne d'observations où ils désigneront ceux qu'ils jugent susceptibles d'avancement. Il y ajouteront les noms de ceux des hommes de leurs compagnies qu'ils croient capables d'être faits caporaux.
Supplément à l'ordre du même jour.
M.M. les capitaines renverront de plus un état des hommes dont la santé, l'équipement et l'armement les rendent susceptibles de marcher et en note ceux qui qui resteront au dépôt.
" (Livre d'ordres du Régiment, signés par le Colonel de la Tour d'Auvergne - documentation Archives de la Sabretache).

"Ordre du 27 janvier 1807.
Copie de la lettre adressé par le chef de l'état major général
Armée Française dans le royaume de Naples
Au quartier général de Naples le 13 janvier 1807
Etat major général
ordre du jour
L'armée est prévenue que le nommé François Haulée, fils de Charles et de Nicole Avart, né le 3 avril 1776 à Blérancourt, département de l'Aisne, taille de 6 pieds 2 pouces, cheveux et sourcils châtains, yeux bruns, front rond, nez bienfait, bouche moyenne, menton rond, visage ovale, conscrit de l'an 7, incorporé dans le 101e régiment, a déserté le 3 de ce mois d'une chaloupe canonnière où il était détaché pour le service dans les environs de Isla de Proceda et d'Ischia.
En conséquence, il est ordonné à tout militaire de l'arrêter partout où on le trouvera.
Par décision de Sa Majesté le Roi de Naples, le régiment d'infanterie légère portera désormais le titre de régiment de Royal corse (infanterie légère).
Le général de division, chef de l'état major général
Signé César Berthier
Au quartier général à Avima (?) le 20 janvier 1807.
Etat-major
La division est prévenue que M. le général de Brigade Donzelot vient de recevoir l'ordre de prendre provisoirement le commandement de la division.
L'adjudant commandant Dufresnes
Pour copie conforme le général commandant la subdivision Valentin
Ordres du régiment du même jour 27 janvier
Le chasseur Saint-Hubert de la 6e compagnie du 2e bataillon remplira les fonctions de fourrier dans la 1ère compagnie du dit bataillon et le chasseur scheffers de la 8e passe caporal dans le 6e.
L'exercice continuera d'avoir lieu à 2 heures jusqu'à nouvel ordre.
" (Livre d'ordres du Régiment, signés par le Colonel de la Tour d'Auvergne - documentation Archives de la Sabretache).

"Ordre du 28 janvier 1807.
Le nommé Schouler (?) Nicolas s'étant rendu indigne d'être carabinier par sa négligence dans son service et pour avoir vendu ses gêtres noires, sera cassé et passera chasseur dans la 4e compagnie du 2e bataillon. Il sera puni demain à la parade de trente coups de plat de sabre
" (Livre d'ordres du Régiment, signés par le Colonel de la Tour d'Auvergne - documentation Archives de la Sabretache).

"Ordre du 31 janvier 1807.
Le colonel prévient M.M. les officiers, les sous officiers et soldats du régiment que les fonds pour la solde des troupes stationnées dans le royaume de Naples, ne sont point faits encore chez le trésorier de la guerre; qu'il a envoyé l'officier payeur à Naples pour chercher à obtenir un acompte et qu'il ira lui même avant peu pour s'occuper des intérêts du régiment. Il remercie M.M. les officiers qui, quoique sans appointements depuis plus de quatre mois, ont fait le sacrifice de ce qui leur était du pour faire le prêt des compagnies. De cet argent, il ne reste plus que pour un prêt : c'est pourquoi le colonel M.M. les commandants des compagnies à ne donner là dessus qu'un grain par jour à chaque homme, afin de lui prolonger une petite ressource pour ses besoins journaliers et ne pas les laisser tout à coup sans nulle espèce de paye. Il espère bien qu'avant peut, il rentrera de quoi payer comme on fait aujourd'hui.
Le colonel exhorte les braves soldats de la Tour d'Auvergne à imiter le courage et la patience de la totalité de l'armée de Naples qui n'est même pas aussi bien payée qu'eux.
Le caporal Léonard de la 5e compagnie du 1er bataillon s'étant rendu coupable de fautes qui démontrent la bassesse de son caractère, sera cassé et restera chasseur dans la même compagnie. Le chasseur Graff qui s'est toujours distingué par sa bonne conduite passe caporal à sa place. Le colonel saisit cette occasion pour rappeler aux sergents et caporaux qu'ils doivent répondre à la confiance de leurs chefs et donner aux soldats l'exemple d'une conduite sans reproche.
Le caporal Scheffer de la 8e du 2e bataillon avait été nommé caporal dans la 6e; il a refusé ce grade; le colonel avait bien voulu oublier ses fautes passées, son refus m'est une nouvelle qui rappelle les autres.
Le colonel rappelle à M.M. les officiers commandants des postes extérieurs de la place que la gendarmerie ayant un service particulier, ne fait point partie des garnisons; que la discipline diffère de celle des autres militaires, et qu'elle ne reçoit d'ordre que de leurs chefs respectifs; enfin qu'elle est dispensée de service de correspondance pour le service journalier. En conséquence M.M. les officiers commandants des postes ne lui imposeront dans leurs fonctions en aucune manière et ne les requerront pour ordonnance que dans un cas de nécessité absolue.
Demain dimanche 1er février, le régiment prendra les armes pour passer la revue de M. le sous intendant militaire. La troupe sera rendue sur la place à huit heures précises, tout le monde s'y trouvera.
Les fourriers prépareront à cet effet dans la journée leurs feuilles d'appel, et dresseront un état particulier des hommes malades à la chambre qui sera signé par compagnie, du chirurgien major, que l'adjudant préviendra afin qu'il se conforme à cette formalité. Les fourriers auront soin de faire sur leurs feuilles la récapitulation de l'effectif
" (Livre d'ordres du Régiment, signés par le Colonel de la Tour d'Auvergne - documentation Archives de la Sabretache).

"Ordre du 1er février 1807.
Comme il peut arriver que les distributions de bois ne puissent se faire avec exactitude à cause de la difficulté de le faire arriver jusqu'à Gaète, il est ordonné aux sergents majors de faire mettre en réserve tout l'arriéré qui sera délivré de même que les économies que l'on pourraut faire ; afin d'avoir cette réponse dans l'occasion. Le bois sera donc sous leur responsabilité et M.M. les commandants de compagnie ordonneront l'instant où il sera employé.
Le voltigeur Fruller (?) du 1er bataillon est nommé caporal dans la même compagnie
" (Livre d'ordres du Régiment, signés par le Colonel de la Tour d'Auvergne - documentation Archives de la Sabretache).

"Ordre du 3 février 1807.
D'après les plaintes qui m'ont été rapportées contre plusieurs sous officiers du régiment, il est défendu à tous de sortir de la caserne après la retraite, sous peine d'une punition sévère. Cependant, comme je n'ai pas le projet de punir ceux qui se conduisent bien, je laisse à M.M. les capitaines la liberté de leur accorder des permissions particulères; mais elle seront données par écrit et signées d'eux. De ce jour tout sous officier trouvé après l'appel sans être muni d'une permission semblable sera arrêté et mis à la salle de discipline pour huit jours.
Autant il est factieux pour un chef d'employer des moyens de rigueur avec ceux auxquels il voudrait accorder des douceurs, autant il aime à proclamer le mérite et la bonne conduite de ceux qui se distinguent.
Je n'ai appris qu'hier que le sergent Eker des carabiniers du 2e bataillon avait eu à l'armée autrichienne la médaille de Marie-Thérèse, et la manière dont il a cessé de la porter; il n'est pas en mon pouvoir de la remplacer, mais je ne doute pas qu'à la première occasion il saura mériter la décoration que l'on accodre en France aux soldats que guident le courage et l'honneur. En conséquence, pour lui montrer ma satisfaction et récompenser sa bonne conduite au régiment, je l'autorise à porter sur son collet la distinction accordée aux cadets, et je désire qu'il me mette à même de faire davantage pour lui
" (Livre d'ordres du Régiment, signés par le Colonel de la Tour d'Auvergne - documentation Archives de la Sabretache).

"Ordre du 7 février 1807.
Conformément aux ordres donnés le 24 septembre et 8 octobre 1806, M.M. les commandants des compagnies au 1er bataillons voudront bien remettre à M. Zweifel pour l'officier payeur du 1er bataillon l'état nominatif et décompte des sommes reçues et déboursées pour l'entretien de linge et chaussure, depuis le 1er mars jusqu'au 30 septembre inclus. Ces états seront faits par trimestre : on pourra trouver le modèle chez M. Zweifel. Le colonel invite ces messieurs à en faire la remise samedi 13 du courant.
Demain parade d'église à onze heures précises. M. Dresler s'entendra avec l'adjudant major de Royal Cose pour avoir la libre jouissance de l'église à cette heure.
" (Livre d'ordres du Régiment, signés par le Colonel de la Tour d'Auvergne - documentation Archives de la Sabretache).

"Ordre du 9 février 1807.
Le colonel étant informé que M.M.S les officiers de semaine se trouvaient rarement aux appels et distributions, ordonne à ces Messieurs d'être présents à l'appel du matin et à toutes les distributions faites à la troupe. M. l'adjudant major me rendra compte de ceux qui pourraient y manquer
" (Livre d'ordres du Régiment, signés par le Colonel de la Tour d'Auvergne - documentation Archives de la Sabretache).

"Ordre du 10 février 1807.
A l'absence des membres du conseil éventuel d'administration, M.M. Dehau, du Colombier et de Moutier, le colonel nomme pour suppléant M.M. les capitaines Dolder, Bergeret et d''Ecquevilley. Ces messieurs voudront bien se rendre demain chez moi à dix heures précises, ainsi que ceux qui composaient le conseil du 1er bataillon. M. de Condrecourt et Brenier (?) sergent, s'y trouveront également.
" (Livre d'ordres du Régiment, signés par le Colonel de la Tour d'Auvergne - documentation Archives de la Sabretache).

"Ordre du 12 février 1807.
Le chasseur François Adolphe de la 1ère compagnie passe caporal dans la même compagnie
" (Livre d'ordres du Régiment, signés par le Colonel de la Tour d'Auvergne - documentation Archives de la Sabretache).

"Ordre du 15 février 1807.
Le colonel voulant qu'il soit fait une répartition juste des souliers envoyés de Naples, et qu'ne compagnie ne reçoive pas plus qu'une autre, les besoins étant les mêmes, a ordonné que l'on prit pour bases la force des hommes présents dans chaque compagnie et la quantité de souliers déjà touchés par chacune d'elle à Gaèta. En conséquence, malgré que le calcul n'est pas aussi avantageux pour le 2e bataillon que pour le 1er, il a décidé pour simplifier une opération qui aurait toujours été imparfaite, que l'on supposerait que les compagnies du second seraient considérées d'une force plus forte que celle du premier, et a fixé ainsi cette distribution :
La 1ère compagnie du 1er bataillon ayant reçu soixante six paires de souliers, ne recevra rien. Elle aura eu même vingt six paires de plus que les autres.
La 4e en ayant reçu 33 en recevra sept paires.
La 5e en ayant reçu 28 en recevra douze.
La 6e en ayant reçu 33 en recevra sept.
Le dépôt en ayant reçu 38 en recevra treize, sa force étant au dessus de celle des compagnies.
Les carabiniers du 2e bataillon n'en ayant reçu encore que vingt cinq, en recevront trente cinq paires.
La 1ère compagnie en ayant recç 41 en recevra dix neuf.
La 4e en ayant reçu 37 en recevra vingt trois.
La 6e en ayant reçu 46 en recevra quatorze.
La 8e en ayant reçu 43 en recevra dix sept.
Le dépôt de ce bataillon en recevra huit.
Par ce moyen, les compagnies du 1er bataillon, la 1ère à part qui a reçu plus que les autres, auront reçu chacune 40 paires de souliers, et celles du 2e soixante.
D'après cet ordre, messieurs les commandants de compagnies et de dépôts voudront bien faire des bons pour la quantité qui est déterminée pour leur troupe respective, et envoyer chercher ce qui leur revient chez M. le capitaine d'Ecquevilley. Le 1er bataillon s'y trouvera à deux heures et le second à trois. Le colonel laisse à messieurs les capitaines la liberté de distribuer ces souliers à l'époque qu'ils jugeront nécessaire.
M. le lieutenant Zweifel recevra également aujourd'hui dans son magasin quatre sacs remplis des sarots des détachements du 2e bataillon et les fera exposer au soleil pour les sécher. Il fera compter le nombre de ceux qui à cet effet partiront de son magasin et d'après l'emplacement qu'il choisira pour cette opération, il fera commander un ou deux plantons pour les surveiller, et s'il préfère les mettre sécher dans la cour de la caserne, le commandant de la garde de police prendra ses mesures pour en répondre
" (Livre d'ordres du Régiment, signés par le Colonel de la Tour d'Auvergne - documentation Archives de la Sabretache).

"Ordre du 17 février 1807.
Je rappelle à M.M. les officiers de garde l'ordre qui a été donné de ne laisser sortir de la place aucun sous officier ou soldat, sans qu'il soit muni d'une permission par écrit. Ils auront donc soin de renouveler cette consigne à la sentinelle, et je les rends personnellement responsables de l'exécution du présent ordre.
" (Livre d'ordres du Régiment, signés par le Colonel de la Tour d'Auvergne - documentation Archives de la Sabretache).

"Ordre du 18 février 1807.
Le chasseur Petsch de la 6e compagnie du 2e bataillon ayant mérité par sa bonne conduite un avancement, passe caporal dans la dite compagnie
" (Livre d'ordres du Régiment, signés par le Colonel de la Tour d'Auvergne - documentation Archives de la Sabretache).

"Ordre du 19 février 1807.
Demain à 1 heure le régiment passera la revue de l'inspecteur au lieu qui sera indiqué; en conséqeunce, les fourriers se rendront de suite cher leur capitaine pour confectionner les feuilles d'appel de l'effectif de ce jour. La récapitulation des feuilles d'apel doit être faite par grade tant pour les absents que pour les présents. Les hommes des dépôts ne monteront point la garde aujourd'hui, ceux qui se trouvent infirmiés aux hôpitaux se rendront à la revue ainsi que les domestiques des officiers s'y trouveront.
" (Livre d'ordres du Régiment, signés par le Colonel de la Tour d'Auvergne - documentation Archives de la Sabretache).

"Ordre du 20 février 1807.
Le colonel voulant faire connaître sa satisfaction sur la conduite du sergent major Stephani faisant les fonctions d'adjudant sous officier, lui permet de porter la distinction accordée aux cadets. Il saisira toujours avec plaisir les occasions de mettrer en évidence ou de récompenser le mérite de ceux qui comme lui sauront se distinguer par leur zèle pour le service.
Le colonel est instruit que quelques individus de son régiment se sont permis des propos sur un des corps qui compose la garnison; il recommande à cet effet la plus grande circonspection et annonce qu'il punira sévèrement tous ceux qui pourraient ainsi donner lieu à une désunion qui ne doit pas exister entre des troupes qui ont les mêmes intérêts à défendre et qui ont besoin d'être unies pour le bien du service. Tout soldat est respectable par son état lorsque l'inconduite ne vient pas le dégrader; et si l'un s'égare, cela ne doit point provoquer de mépris sur le corps dont il fait partie
" (Livre d'ordres du Régiment, signés par le Colonel de la Tour d'Auvergne - documentation Archives de la Sabretache).

"Ordre du 23 février 1807.
Monsieur le lieutenant Duvivier partira demain pour aller relever M. le lieutenant De Galimont et le remplacer dans son commandement. Il voudra bien dans la journée, remettre à M. Zweifel unétat des hommes du 2e bataillon qui sont restés au dépôt. De même un état de ce qu'ils ont reçu depuis le départ du détachement. Ces deux états peuvent être réduits en un seil, mais il se sera par compagnie et à la colonne d'observations, sera porté ce qui leur a été délivré
Le colonel voulant donner au sergent major Schmetzer de la 7e compagnie du 1er bataillon une preuve de satisfaction de sa conduite lui donne la permission de porter la décoration accordée aux cadets. Il aime à prouver dans cette occasion qu'il se plait à récompenser le vrai mérite
" (Livre d'ordres du Régiment, signés par le Colonel de la Tour d'Auvergne - documentation Archives de la Sabretache).

L'une des conséquences des opérations et de la dispersion du Régiment, c'est l'importante désertion qui y règne : 1129 des 2904 recrues ont déserté du Corps. Selon la biographie de Sainte-Croix, le Régiment n’a perdu aucun Officier. Cependant, le Capitaine Bergeret est blessé le 10 juin lors d’une reconnaissance en Calabre. Le Corps est alors dans un état de désolation insupportable (retard de soldes, manque de fournitures et d’habits, paludisme), alors que Godefroy de la Tour d’Auvergne mène grand train à Naples.

Le 16 août 1807, le Général Lamarque, Chef de l'Etat-major de l'Armée de Naples, écrit au Colonel de La Tour d'Auvergne : "S. M., à qui j'ai rendu comte, Monsieur le coloel, de l'intelligence et du courage qu'ont déployé MM. le capitaine Berthelot et le lieutenant Marco, de votre régiment, dans l'arrestation des chefs de brigands Palladini et Caracciolo, me charge de vous écrire qu'elle a été très satisfaite de la bonne conduite de ces deux officiers.
S. M. désire, monsieur le colonel, qu'on ne les oublie pas des les mémoires de proposition d'avancement. Elle verrait avec plaisir que vous fassiez quelque chose qui put être agréable et avantageux à MM. Berthelot et Marco
".

Le 8 septembre 1807, un Rapport est transmis au Ministre de la Guerre : "Le général de brigade Dufour, employé à l'amée de Naples, demande pour Aide de camp M. Paul Labourdonnaye, lieutenant au régiment Latour d'Auvergne. Voici la note de cet officier, prise au bureau de l'infanterie.
Nommé Lieutenant par décret du 31 mars 1806. A servi an France pendant l'émigration et dans la Vendée comme officier, il s'y est distingué et est couvert de de blessures.
L'Empreur ayant interdit aux généraux la faculté de prendre leurs aides de camp parmi les officiers des corps étrangers, on prie le Ministre de faire connaître si son intention est de faire une exception en faveur de M. de la Bourdonnaye.
Le chef du Bureau Henry Durosnel; Tabary
".

Le 25 octobre 1807, "Le ministre demande sur quelles bases doit être calculée la dépense de l'armée de Naples ; il demande, en outre, si le régiment de La Tour d'Auvergne, le régiment suisse et plusieurs corps italiens au service du roi de Naples doivent être compris dans le compte"; Napoléon répond : "Faire le calcul d'après les bases du royaume d'Italie. Les corps dont il s'agit dans le rapport doivent entrer dans le compte" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 1, lettre 1394; extraite du « Travail du ministre de la guerre avec l’Empereur »).

De son côté, l'Empereur reste intraitable sur la question de l'avancement au sein du Régiment; le 3 novembre 1807, à Fontainebleau, il ordonne de "Ne proposer aucun avancement pour les régiments d'Isembourg et de La Tour d'Auvergne ..." (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1912, t.3, lettre 3756; Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 1, lettre 1416).

En décembre, le calme revient. Le 1er Bataillon est à Naples (Général Lamarque) ; le 2e en Calabre intérieure (Brigade Dufour, Division Saligny) ; le 3e occupe Gaète (Brigade Lanchantin sous les ordres du Maréchal Jourdan). Cependant, pour faciliter le recrutement de son Régiment, "le colonel demande l’autorisation de faire venir le 3e bataillon de ce corps, de Gaète à Turin" ; "Refusé. Donner ordre au major de se rendre au corps", répond Napoléon le 12 janvier 1808 (P&T, II, 1513).

Entre temps, Joseph, avant de partir pour l’Espagne, conscient de la situation du Corps, obtient le retour de Sainte-Croix afin de le reprendre en main (ordre de retour daté du 6 décembre 1807) ; l’ordre et la discipline sont rétablis mais la majorité des hommes ne comprennent pas le français. Pour y remédier, Sainte-Croix établit aux postes administratifs des français d’origine, ce qui provoque le mécontentement de l’administration militaire qui rappelle que le Corps, en dehors des Officiers, doit être composé exclusivement d’étrangers.

Un autre problème se pose. Le 22 janvier 1808, le Général de Division Grenier écrit, depuis Mantoue, au Général Charpentier : "Ensuite d’un décret de Sa Majesté l’Empereur, les recrues destinées pour le régiment de la Tour-d’Auvergne et autres étrangers doivent être conduits au corps ou au dépôt aux frais du régiment. Il en résulte que ceux-ci ne faisant pas les fonds nécessaires, les hommes de recrues manquent de tout en route ; les commissaires des guerres s’appuyant d’une lettre du Ministre Directeur refusent solde et indemnité et les secours de toute nature ; j’en ai eu un exemple le 20 du courant : un détachement de 31 homme commandé par un caporal allant rejoindre le régiment de la Tour-d’Auvergne à Gaète arrivé à Mantoue dans un état de dénuement affreux avec une feuille de route sans date du commissaire des guerres de Trévise ; ici le commissaire des guerres refuse tout et ces hommes sont exposés à mourir de faim ou à faire les brigands pour vivre. J’ai dû forcer le commissaire des guerres à leur faire payer au moins l’indemnité de routes sauf à en faire exercer la retenue au régiment, mais je pense que l’on interprète mal la lettre ministérielle qui me semble ne regarder que les hommes isolés conduits au dépôt par les recruteurs et non des détachements entiers venant du dépôt pour rejoindre le corps. Je vous prie, mon cher général, de vérifier ces doutes avec l’ordonnateur en chef afin qu’il puisse éclairer les commissaires des guerres sur la conduite qu’ils auront à tenir. J’ai d’autant plus lieu de croire que l’on a donné une fausse interprétation à la lettre du Ministre Directeur, que j’ai remarqué qu’en plusieurs endroits, les inspecteurs aux revues ont accordé la solde à ce détachement" (Papiers du Général Paul Grenier. XVII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 41 page 94).

De son côté, le Régiment reprend les combats en Calabre. Le 23 janvier 1808, les Chasseurs du 2e Bataillon poursuivent les bandes d’il Monaco et d’il Diaconato. En juin, les Compagnies d’élite des 1er et 2e Bataillons se battent contre les hommes de Malacarne de Lagonegro.

Le 27 juin 1808, le Général de Division Lamarque, chef de l'Etat-major général de l'Armée française dans le Royaume de Naples, écrit, depuis Naples, au Ministre de la Guerre, à Paris : "M. le Général de division Charpentier, Chef de l'état-major général de l'armée d'Italie, m'informe que S. A. I. le Prince Vice-Roi, par décret du 2 de ce mois, a ordonné le passage au 7e rgiment de M. Dolder, Capitaine au régiment de La Tour d'Auvergne.
M. Dolder étant au service de France et n'ayant pas obtenu de S. M. I. et R. l'autorisation de passer au service du royaume d'Italie, M. le Maréchal Jourdan, commandant l'armée, me charge de prendre les ordres de V. E.
" (SHD).

Le 28 juin 1808, le Général de Division Grenier écrit au Général Charpentier, Chef de l’Etat-major général de l’armée d’Italie : "Votre lettre du 22 juin par laquelle vous m’invitez, mon cher général, à faire donner une continuation de route sure Gaète à 42 recrues destinées pour le dépôt du régiment de la Tour-d’Auvergne ne m’est parvenue qu’hier 27 au matin, et ce détachement est arrivé ici le 24 et est reparti le 25, pour continuer sa route ; il arrive aujourd’hui à Bologne ; il devient dès lors inutile d’adresser leur itinéraire aux généraux Lemarois et Pouchin puisque ma lettre ne pourrait leur parvenir que trois ou quatre jours après le passage de hommes" (Papiers du Général Paul Grenier. XVII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 72 page 157).

Le 20 juillet 1808, à Bayonne, on informe l'Empereur que "S. A. I. le prince vice-roi d'Italie désire attacher au 7e régiment italien M. Dolder, capitaine au régiment de la Tour d'Auvergne"; "Accordé", répond Napoléon (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 2, lettre 2139).

Adjudant major RGT de la Tour d'Auvergne, 1805Adjudant major RGT de la Tour d'Auvergne, petite tenue
Fig. 8 A gauche, Adjudant major de Dettlingen, d'après Bucquoy; au centre, Capitaine adjudant major, d'après R. Forthoffer, Fiche Documentaire 212 (avec l'aimable autorisation de Mr Jean-Yves Forthoffer); à droite, Officier d'après P. Wacker

Le 1er août 1808, Murat devient Roi de Naples.

Le 12 août, le Capitaine de Champenoit est blessé, alors qu’il est en colonne mobile.

Le 31 août 1808, le Ministre de la Guerre du Royaume d'Italie Caffarelli écrit, depuis Milan, au Ministre de la Guerre de l'Empire français : "Monsieur, j'ai reçu la lettre que Votre Excellence m'a fait l'honneur de m'écrire le 19 août (2de Division, Bureau de l'infanterie), par laquelle elle m'annonce que S. M. l'Empereur et Roi a bien voulu autoriser M. Dolder Capitaine au Régiment Latour d'Auvergne à passer au service du Royaume d'Italie. Cet officier a été destiné au 7e Régiment de ligne par Décret de S. A. I. le Prince Vice-Roi du 2 juin dernier, et il a déjà rejoint ce Régiment" (SHD).

Le 3 septembre 1808, "Bien que le régiment de la Tour d'Auvergne ne doive être composé que d'étrangers, le général Clarke propose à l'Empereur de conserver à ce corps deux sous officiers Français d’origine, qui y sont nécessaires pour aider le quartier maître dans la tenue de la comptabilité, étant les seuls dans le régiment, par leur connaissance de la langue française, qui soient en état de coopérer à ce travail", ce que l’Empereur accepte (P&T, II, 2252).

Le 18 septembre 1808, Napoléon, depuis Saint-Cloud, demande au Roi de Naples pourquoi le Régiment n’est toujours pas entièrement réuni (Brotonne, 779).

Le 17 octobre, jour de la prise de Capri, Clarke propose à l’Empereur d’appliquer au régiment "les dispositions du décret du 18 février 1808, relatif à la nouvelle organisation des régiments d’infanterie de ligne et légère". "On peut laisser les choses comme elles sont" répond Napoléon le 24 (P&T, II, 2403).

Malheureusement, la nature des combats dans lesquels le Corps est engagé ne permet pas à Sainte-Croix de résoudre tous les problèmes. En novembre, des hommes du Régiment sont assassinés près de Lagonegro. Murat ordonne une enquête, déclarant que le Régiment s’est si mal comporté qu’il ne serait pas étonnant qu’une partie des habitants de ce village se soient vengés. Pourtant, le Ministre de la Guerre napolitain note un mois plus tard que ce Régiment est remarquable et montre un bon état d’esprit. Et chose tout à fait curieuse, le 22 novembre, Murat le réclame à l’Empereur pour l’armée de Naples, car il dépend encore de la France.

Sa mission demeure cependant inchangée. Cette lutte incessante fatigue les hommes en loques, démoralisés par les embuscades, les coups de main, et dont la solde est rarement payée.

Godefroy de La Tour d'Auvergne étant absent depuis plusieurs mois, l'Empereur excédé, écrit, le 8 décembre 1808, depuis Madrid (la minute est datée de Chamartin), au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke … Le colonel du régiment de La Tour d'Auvergne est incapable de commander ce régiment, nommez un autre colonel ..." (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 2, lettre 2533 ; Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 19463).

Le 16 décembre, les Bataillons sont toujours autant dispersés ; le 1er est cantonné autour de Salernes (Brigade Valentin) ; le 2e réparti dans la région de Reggio de Calabre (Brigade Dufour de la Division Partouneaux) ; le 3e à Gaète avec Sainte-Croix qui assure l’intérim (du 1er mai 1808 au 1er avril 1809), en attendant l’arrivée du nouveau Colonel, Louis Pierre Milcolombe Drummond de Melfort (1760-1833 ; Maréchal de camp le 31 décembre 1814), nommé après la destitution de Godefroy de la Tour d’Auvergne.

L’usure et la désertion sont telles que Clarke propose de recruter "dans les dépôts des prisonniers de guerre espagnols", ce que l’Empereur, depuis Valladolid, accepte le 7 janvier 1809 (P&T, II, 2628). Malgré tout, le Régiment semble s’être focalisé sur l’enrôlement de prisonniers de guerre non espagnols.

Sainte-Croix, de son côté, n’ayant pas été promu pour ses efforts, décide finalement de rejoindre l’Etat-major de Masséna à la Grande Armée comme premier Aide de camp (nomination en date du 1er mars) dès l’arrivée du nouveau Colonel. Ce départ tombe mal, car très bientôt, d’autres problèmes vont surgir.

/ Les abus de Murat

Officier RGT de la Tour d'Auvergne, 1805-1807 Officier RGT de la Tour d'Auvergne, 1805-1807
Fig. 9 A gauche, Officier entre 1805-1807, d'après R. Forthoffer, Fiche Documentaire 211 (avec l'aimable autorisation de Mr Jean-Yves Forthoffer); à droite, le même Officier d'après J. Dommange

Louis Pierre Milcolombe Drummond de Melfort, le nouveau Colonel du Régiment, prend son commandement le 13 février. Il n'a pas servi depuis 1791.

Napoléon de son côté, réorganise les forces en Italie et donne ses ordres. Ainsi, il écrit depuis Paris, au Général Clarke, le 17 février 1809 : "Monsieur le général Clarke, vous ferez connaître au roi de Naples que, dans les circonstances actuelles, mon intention n’est pas qu’il ait toutes les troupes dans le fond de la Calabre, et que je désire qu’il les place de cette manière :
La division Partouneaux en Calabre composée des : 20e de ligne, quatre bataillons, 3 000 hommes ; 101e de ligne, trois bataillons, 2 200 hommes ; 22e légère, deux bataillons, 1 600 hommes ; Suisses, deux bataillons, 1 400 hommes ; régiment de La Tour d’Auvergne, un bataillon, 700 hommes ; régiment d’Isembourg, un bataillon, 700 hommes ; 2 escadrons du 4e régiment de chasseurs, 500 hommes. Total : 10 100 hommes.
Une autre division serait réunie à Naples et environs, composée des : 10e de ligne, 4 bataillons, 3 000 hommes ; 62e de ligne, 3 bataillons, 2 100 hommes ; 23e légère, 2 bataillons, 1 600 hommes ; Suisses, 2 bataillons, 1 400 hommes ; régiment de La Tour d’Auvergne, un bataillon, 800 hommes ; 2 escadrons de chasseurs, 500 hommes. Total : 9 400 hommes.
Cette division divisée en deux brigades devrait être placée à Naples et à trois marches de cette ville pour pouvoir se réunir et marcher sur Rome si les circonstances l’exigeaient. La division Partouneaux également divisée en deux brigades serait placée, une brigade au fond de la botte menaçant la Sicile, et l’autre à mi-chemin de Reggio à Naples. Il ne faut mettre dans les îles de Capri et d’Ischia que le nombre d’hommes absolument nécessaire. Je pense qu’il y a trop de monde. Il faut placer à Tarente et dans toute cette partie un bataillon d’Isembourg, un de La Tour d’Auvergne, un bataillon de troupes napolitaines et un régiment de chasseurs napolitains. Vous ferez connaître au roi que je vois avec peine que dans les circonstances où nous sommes, sa garde ait moins de chevaux ; que sa cavalerie n’est pas montée ; qu’il doit avoir dans son royaume des ressources pour mettre 1 200 hommes à cheval ; qu’il a trop peu de troupes et qu’elles ne sont pas au complet ; qu’il serait important qu’il établît la conscription et augmentât son armée
" (E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 2, lettre 2792 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20053).

Drummond de Melfort rassemble les Compagnies d’élite du Régiment pour assurer la garde du palais de Murat en attendant que la Garde de ce dernier soit organisée. Murat aime aussi s’entourer d’Officiers à particule et la plupart des Officiers bien nés du Régiment prennent du galon comme Aides de camp ou Officiers supérieurs.

Le 8 mars 1809, le Major Saint-Croix, commandant le Régiment de la Tour d'Auvergne, écrit, depuis Gaète, au Ministre de la Guerre, le Comte d'Hunebourg : "Monseigneur, j'ai l'honneur d'adresser à V. E. la demande du Lieutenant Bresler, hollandais d'origine, qui désire profiter du décret de S. M. le Roi de Hollande pour retourner dans sa patrie.
Je sollicite l'agréement de V. E. parce que le Lieutenant Bresler est un officier plus que médiocre, et qu'il s'est mis dans une position qui ne lui permet pas de rester avec honneur au régiment.
Il s'est marié, il y a 22 mois, sans aucune autorisation de ses chefs. Il a eu un enfant de la femme qu'il a épousée.
Je l'ai obligé à se séparer d'elle, puisque son mariage était illégitime devant la loi. Il est depuis cette époque nul pour le service, et constamment sous le poids de punitions militaires qui ne servent qu'à l'avilir sans le corriger
" (SHD - Vincennes).

Le Corps n’a bientôt presque plus rien de français. Les ordres sont donnés en allemand. Pour résoudre ce problème, Napoléon accepte le 10 mars 1809, d’admettre dans chaque Compagnie deux Français pour "être employés au détail de l’administration et d’y mettre, en outre, au fur et à mesure du remplacement, le nombre d’officiers français que le bien pourra exiger" (P&T, II, 2913).

Le 26 mars 1809, le Général de Division Charpentier, chef de l’état-major général, écrit depuis Milan, au Général de Division Grenier à Sacile : "Voici, mon cher général, la composition et l’emplacement de l’armée au 1er avril prochain :
... 6e division : Général de division Miollis à Rome ; généraux de brigade Salras, Herbino, adjudant commandant Garobuau, adjudant commandant Miollis.
4e bataillon du 14e léger à Rome, 3e et 4e bataillons du 23e idem en Toscane, 4e bataillon du 6e de ligne à Rome, 4e bataillon du 62e de ligne à Rome et Spoleto, 4e bataillon du 101e à Velletri, 17e compagnie du 2e régiment d’artillerie à pied italien à Rome, détachement du 7e bataillon principal du train à Rome, 10e compagnie du 1er régiment d’artillerie à pied italien à Cività-Vecchia.
Brigade du général Valentin, à Rome, venant de Naples.
2 bataillons du 23e léger, 3e bataillons du 62e de ligne, 1 bataillon du régiment de la Tour d’Auvergne, 1ère compagnie d’artillerie, 1 régiment napolitains, 2e escadrons cavalerie id, à Rome ...
" (Papiers du général Paul Grenier. V Papiers relatifs à l'armée d'Italie. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 34. Page 78).

Carabinier, tenue d'été, RGT de la Tour d'Auvergne Carabinier, tenue d'été, RGT de la Tour d'Auvergne, 1806-1807
Fig. 10 A gauche, Carabinier en tenue d'été, d'après Bucquoy; à droite, Carabinier en tenue d'été, 1806-1807, d'après R. Forthoffer, Fiche Documentaire 211 (avec l'aimable autorisation de Mr Jean-Yves Forthoffer)

Murat quant à lui veut accélérer l’organisation de sa Garde. Accusé de prélever directement des hommes du Régiment, il est invité par le Ministre de la Guerre, sur ordre de Napoléon, à s’abstenir à l’avenir de recruter son armée parmi les français. Le 7 septembre, Clarke lui écrit même que l’Empereur est informé que l’on incorpore des hommes du Régiment sans son autorisation dans les troupes napolitaines, et particulièrement dans la Garde ; "ces militaires sont excités à quitter leurs drapeaux par tous les moyens que l’on croit propres à les y déterminer ; la force même est employée … Un détachement du régiment de la Tour d’Auvergne était chargé d’escorter une somme assez considérable, dont le corps a le plus grand besoin. Il a été embauché en totalité, et l’officier commandant est resté seul, pour garder les fonds, en attendant une nouvelle escorte...". Napoléon exige leur retour immédiat dans leur corps d’origine. Drummond de Melfort doit remettre au Général Partouneaux la liste des débauchés "avec l’indication du corps dans lequel on présume qu’ils sont entrés, de se concerter ensuite avec le Ministre de la Guerre de Votre Majesté et le Commandant en chef de sa Garde, pour passer une revue exacte de ces corps, en se faisant accompagner des officiers et sous officiers qu’il jugera convenables d’appeler pour reconnaître les fuyards, qui devront aussitôt sortir des rangs et être mis à la disposition de leurs anciens chefs". L’Empereur espère bien que le fait ne se renouvellera pas et "compte que l’on y apportera toute la loyauté qui doit en assurer le succès". Le Ministre conclut : "J’ose me flatter, sire, que Votre Majesté est persuadée que rien ne pourrait m’être plus agréable que d’avoir à rendre à cet égard un compte satisfaisant …". On ne peut pas être plus clair !

Murat refuse pourtant d’obéir. Trois mois plus tard, il cherche encore à faire revenir l’Empereur sur sa décision, sans succès. Le 24 mars 1810, tentant une autre démarche, il écrit à Napoléon que les rapports qui lui sont faits sont exagérés, que s’il doit rendre les hommes entrés dans son armée, lui et sa famille se retrouveront isolés et en danger en terre étrangère, alors qu’une partie des troupes napolitaines est en Espagne, et enfin que l’Empereur l’a autorisé à prélever des hommes dans les Corps français. Murat minimise bien entendu le nombre de soldats entrés irrégulièrement dans ses troupes mais d’après l’enquête de Partouneaux, il doit restituer 977 hommes dont 132 du Régiment de la Tour d’Auvergne !

Napoléon exige finalement un état nominatif de tous les hommes enrôlés par Murat qui est autorisé à cette seule condition à les conserver, et stipule par décret que "les militaires ayant appartenu à des corps français ou étrangers au service de France, qui auraient passé, sans permission spéciale, dans les troupes de Sa Majesté le roi des Deux Siciles, sont autorisés à y rester (…) sans qu’ils puissent cependant rien réclamer de leurs anciens corps. A l’avenir, aucun militaire des troupes de France ne pourra être admis dans celles de Naples sans notre autorisation spéciale. Ceux qui contreviendraient à cette disposition seront poursuivis comme déserteurs. Tout soldat des régiments au service de France qui aurait pu être reçu dans les troupes de S. M. le Roi de Naples postérieurement au 20 avril 1810 devra également être rendu".

/ Poursuite des opérations en Italie du Sud

Pendant ce temps, le 1er avril 1809, le 3e Bataillon est à la Division d’observation de l’Adriatique (Général Mollis), le reste du Corps à l’Armée de Naples.

Le 17 avril 1809, un Rapport sur "Mr Bresler, Lieutenant au Régiment de La Tour d'Auvergne" est adressé au Ministre de la Guerre par la 2e Division, Bureau de l'Infanterie : "Le Major du Régiment, M. Sainte-Croix, transmet la demande ci-jointe, que lui a remise M. Bresler, né en Hollande, par laquelle cet officier témoigne le désir qu'il a de retourner dans sa patrie.
Il invoque en sa faveur les dispositions d'un décret de S. M. le Roi de Hollande, qui invite les officiers hollandais à rentrer dans leurs foyers.
Le Major prie Son Excellence de vouloir bien accueillir la demande du lieutenant Bresler, qu'il présente comme un officier plus que médiocre et constamment sous le poids des punitions militaires, qui ne servent qu'à l'avilir, sans le corriger.
On a l'honneur de proposer à Son Excellence que cette demande soit soumise à Sa Majesté l'Empereur
" (SHD - Vincennes).

Le 25 avril 1809, l'Empereur écrit, depuis Ratisbonne, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke ... On doit également recruter pour porter au grand complet les régiments d'Isembourg et de La Tour d'Auvergne" (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1912, t.4, lettre 5458 ; Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 3, lettre 3119 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20892).

La lutte en Calabre intérieure continue (Capitaine Morlet, Lieutenant D’Epenoux, blessés par des brigands le 3 mai). Le 4 juin, le Régiment est pris dans une embuscade près de San Marco de la Catola. Les Chasseurs du 1er Bataillon ont d’importantes pertes (Capitaine Ducolombier, Sous-lieutenant de Cheverry, blessés). Le 12 juin en revanche, ils rejettent à la mer les Anglais du 21e qui tentent de reprendre Scylla. Le 24 juillet, le Lieutenant Duhamel est blessé en Calabre. Le 2 août, c’est au tour du Capitaine Dellamara.

Chasseur en grande tenue RGT de la Tour d'Auvergne, 1807
Fig. 11 Chasseur en grande tenue, 1807, d'après Rigo, planche U35.

Le 9 août 1809, "Le général Clarke rend compte que le lieutenant Bresler, du régiment de La Tour d'Auvergne, demande à retourner en Hollande, sa patrie"; "Accordé", répond l'Empereur (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 3, lettre 3416).

Le 19 août 1809, à Naples, le Roi de Naples Joachim Napoléon décrète : "Nous Joachim Napoléon, Roi des Deux-Siciles, Lieutenant de l'Empereur et commandant en chef ses armées dans l'Italie méridionale.
En vertu du 11e paragraphe de la lettre d'instruction de S. E. le Ministre de la Guerre, sur l'exécution de l'arrêté des conseils, du 27 Prairial an 8 relatif aux congés et dont la teneur suit.
"Si le général en chef d'une armée juge convenable, dans un cas d'urgence, de permettre à un officier de s'absenter, il lui sera expédié une autorisation signée de sa main rt dans l'avis qu'il m'en donnera, il me rendra compte des motifs qui l'auront engagé à prendre cette mesure".
Autorisons M. Paul Labourdonnaye, lieutenant aide de camp de M. le général Dufour, à aller prendre dans ses foyers trois mois de convalescence, sauf prolongation de sa santé l'exige.
Le chef de l'état major général est chargé d'adresser le certificat des officiers de santé constatant que M. Labourdonnaye est attaqué d'une affection convulsive périodique accompagnée de fortes palpitations au coeur habituelles, qui se sont déclarées à la suite d'une maladie grave qu'il a faite en Calabre et qui se sont montrées très opiniâtres jusqu'à l'action des plus puissants anti-spasmodiques.
Que les souffrances qu'il a éprouvées ont beaucoup altéré sa santé et qu'en conséquence il a besoin pour son entier rétablissement d'aller respirer l'air natal
" (SHD 2YE 2150).

/ Le 4e Bataillon en Espagne

Le 7 juin 1809, Napoléon décrète la création à partir des prisonniers pris en Autriche, d’un 4e Bataillon organisé à Belfort dès le 22 août. Le 1er septembre, en attente de sa future destination, il ne compte qu’un seul Officier, le Capitaine Cavanac de Ségur.

Le 10 septembre 1809, Napoléon, depuis Schönbrunn, informe le Général Clarke, Ministre de la Guerre, que ce Bataillon, qui est auprès du Duc de Valmy à Wesel, doit être envoyé le plus tôt possible en Italie car, selon lui, "il ne rendra aucun service dans le Nord et désertera tout entier" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 3, lettre 3554 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 22023).

Le 24 septembre 1809, Napoléon renouvelle ses ordres ; il écrit, depuis Schönbrunn, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, je réponds à votre lettre du 15 septembre où vous me faites connaitre que vous avez pris des mesures pour organiser l’armée du Nord conformément à mon ordre du 5. J’approuve fort ... que les bataillons des régiments de La Tour d’Auvergne et d’Isembourg soient envoyés en Italie (il faut que ces bataillons aillent rejoindre leurs corps) ..."(Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 3, lettre 3599 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 22166).

Le 27 septembre 1809, à Schönbrunn, "Le général Clarke rend compte qu'il a donné l'ordre aux trois compagnies du 4e bataillon du régiment de La Tour d'Auvergne qui sont à Maestricht d'en partir pour se rendre à Plaisance. Il demande si cette troupe, immédiatement après son arrivée à Plaisance, devra continuer sa marche sur Florence"; "Oui", répond l'Empereur (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 3, lettre 3610).

Le 28 septemnre 1809, au Palais des Tuileries, Napoléon, "sur la proposition de notre Ministre de la Guerre, avons décrété et décrétons ce qui sui /
Art. 1er
M. Daverton capitaine au 4e bataillon du régiment de la Tour d'Auvergne, est nommé chef du 3e bataillon de ce corps en remplacement de M. Foullon de Doué, passé au bataillon des déserteurs rentrés.
Art. 2
Notre Ministre de la Guerre est chargé de l'exécution du présent décret
" (Extrait des Minutes dela Secrétairerie d'Etat - SHD 2Yc 118). Ce Décret a été exécuté le 13 janvier 1810.

Mais, lorsque, le 30 octobre 1809, à Fontainebleau, "Le général Clarke rend compte du mouvement du 4e bataillon du régiment de la Tour d'Auvergne qui se rend à Plaisance, pour, de là, être dirigé soit sur Florence, soit sur Bologne", Napoléon lui répond : "Serait-il possible d’arrêter ce bataillon, de l’organiser et de le faire servir à Perpignan ?" (P&T, III, 3698). Sa destination sera donc l’Espagne.

Commandé par Bangalat de Monstence, assisté d’un Adjudant major, le Bataillon est d’abord destiné à la Division du Général Gorges Joseph Dufour (8e Corps de Junot), mais l’Empereur se ravise ensuite. Le 20 novembre 1809, à Perpignan, "Le général Clarke demande si le 4e bataillon du régiment de La Tour d'Auvergne devra, immédiatement après son arrivée à Perpignan, être dirigé sur le 7e corps de l'armée d'Espagne" ; l'Empereur lui répond : "Il sera dirigé sur le 7e corps où il sera organisé en bataillon ou comme le voudra le duc de Castiglione" (P&T, III, 3750).

Entre le 15 octobre 1809 et le 1er mai 1810 servent au Bataillon (d'après Contrôles des Officiers du 4e Bataillon en date du 28 décembre 1809, du 1er mai 1810) :
- Etat-major : Banyuls, Chef de Bataillon; Vinzelles, Capitaine adjudant-major; Kopp, Adjudant-sous officier.
- Carabiniers : Capitaines de la Jumelière (au 1/11/09, porté absent au 28 décembre 1809 car à Perpignan pour la comptabilité), Berthelot (au 1/5/10) ; Lieutenant Gerardot ; Sous-lieutenant de Ville Nuque
- 1ère Compagnie : Capitaine de Casenave (porté absent au 28 décembre 1809 car à Perpignan, et se dit malade); Lieutenant Frentz ; Sous-lieutenant Rocreuse
- Voltigeurs : Capitaine Duchattaud (porté absent au 28 décembre 1809, malade à Bezieres); Lieutenant Strop (au 1/5/10) ; Sous-lieutenant Schadler
- 3e Compagnie : Capitaines de la Jumelière, de Cavenac (au 1/5/10) ; Lieutenant Valla (porté absent au 28 décembre 1809 car à Perpignan, membre d'un Conseil de Guerre); non porté au 1/5/10) ; Sous-lieutenant Piedoys
- 4e Compagnie : Capitaines Dupuits (3e cie le 28/12/09 ; non porté au 1/05/10), Girard (au 28/12/09 ; Capitaine au 1/5/10) ; Lieutenant Mauduit ; Sous lieutenant Sturm
- 5e Compagnie : Capitaines Pierreville (au 1/11, non porté au 28/12), Montbrun (au 1/5/10) ; Lieutenants d’Esclignac (non porté au 28/12/09), Nieff (au 28/12/09, 6e cie au 1/5/10)
- 6e Compagnie : Capitaines d’Averton (passé à la 5e cie le 28/12, mais malade à Figuières à cette date; non porté au 1/5/10), Léonard St Cyr (au 1/5/10) ; Lieutenant Strop (au 28/12/09, non porté au 1/5/10) ; Sous-lieutenant de la Corneillère (au 28/12, mais porté absent au 28 décembre 1809 car Officier payeur resté en arrière, le Chef de Bataillon le croit à Perpignan)
- 7e Compagnie : Lieutenant Magalon (au 28/12/09, 5e cie au 1/5/10)
- 8e Compagnie : Capitaine Desroches ; Lieutenant Bonhomme (au 1/5/10) ; Sous-lieutenant d’Egmont

Caporal de Voltigeurs Rgt de la Tour d'Auvergne, 1806
Voltigeur RGT de la Tour d'Auvergne, 1806-1807
Fig. 12 Caporal de Voltigeurs en 1806, d'après Bucquoy
Fig. 13 Voltigeur en 1806-1807, d'après Rigo, planche U35

Le 19 décembre 1809, on soumet à l'Empereur un "Rapport du général Durosnel au sujet des militaires proposés pour remplir divers emplois d'officiers dans les régiments de cavalerie de l’armée d'Espagne de nouvelle formation. Parmi les officiers proposés, il s'en trouve un qui est capitaine dans le régiment de La Tour d'Auvergne"; Napoléon répond : "Renvoyé au ministre de la guerre. J'ai déjà fait connaître plusieurs fois, que je ne voulais d'aucun homme, ni des régiments de la Tour d'Auvergne, ni d'Isembourg, ni des régiments Étrangers, qui n'aurait point servi pendant toute la Révolution dans mes armées, pour servir dans la ligne. Lors donc qu'il a de pareilles propositions à me faire, il doit le faire dans des rapports particuliers" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 3, lettre 3836).

Le 28 décembre, le Bataillon, maintenant commandé par Banyuls de Monsferre assisté du Capitaine adjudant-major Vinzelles et de l’Adjudant sous-officier Kopp, est à la 1ère Division du 7e Corps, Brigade Allemande. Ce jour là, Banyuls de Monsferre écrit au Ministre de la guerre : "… Malgré tous les inconvénients que j’ai pu éprouver dans l’organisation de ce Bataillon, il y existe une force de plus de 700 hommes en état de marcher à l’ennemi.
Je ne fatiguerai pas Votre Excellence du récit des tracasseries que j’ai éprouvé (sic) jusqu’à ce jour, le temps dévoilera les intrigues des hommes corrompus qui veulent faire rejaillir sur moi leurs erreurs, ma sauvegarde est dans la justice de Sa Majesté Impériale, et dans mon dévouement pour son service, c’est par une suite de ce dévouement que je me décide à demander à Votre Excellence le remplacement des emplois vacants, et quelle que soit l’espèce des hommes que j’ai à commander, je suis persuadé que j’en tirerai parti, si je puis être secondé par des officiers dévoués à leur service
".

Le 11 janvier 1810, le Capitaine d'Averton écrit, depuis Girone, au Duc de Feltre, Ministre de la Guerre : "Monseigneur, plein de reconnaissance pour les bontés de Votre Excellence qu a bien voulu me nommer à un emploi de capitaine, je me suis rendu à mon poste, où je fais mes efforts pour répondre par mes services aux bienfaits dont je suis comblé; mais mon âge et surtout ma santé me mettent dans l'impossibilité de servir avec l'activité qu'exigent les circonstances; c'est pourquoi je supplie Votre Excellence d'avoir égard à ma position, de considérer le besoin que j'ai d'un état duquel j'attends mon existence, et de vouloir bien me conférer quelqu'autre emploi qui n'éxige pas autant de vigueur et de santé. Je mets toute ma confiance dans la bienfaisance qui est naturelle à Votre Excellence et la prie d'agréer l'hommage respectueux avec lequel j'ai l'honneur d'être, Monseigneur, de Votre Excellence, le très humble et très obéissant serviteur" (SHD 2Yc 118).

Le Bataillon connaît apparemment les mêmes problèmes que le reste du Corps, ce qui explique qu’au mois de mars 1810, deux Officiers du Bataillon demandent à servir en qualité d'Adjoint d'Etat major. La première demande est présentée à l'Empereur sans doute le 7 mars 1810 : "Le général de brigade Seras demande que le sieur Barera, capitaine au régiment de La Tour d'Auvergne, soit employé en qualité d'adjoint à l’état-major de la 1re division d'arrière-garde.
On demande les ordres de Sa Majesté
"; "L'Empereur improuve cette passe et a décidé que M. Barera resterait employé où il est", fait répondre l'Empereur (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 3, lettre 4079 - Sans signature ni date ; extraite du « Travail du ministre de la guerre avec S M. l'Empereur et Roi, daté du 7 mars 1810 »).

La seconde demande est présentée à l'Empereur le 8 mars 1810 à Paris : "On met sous les yeux de Sa Majesté la demande que fait le sieur Ducolombier, capitaine au régiment de La Tour d'Auvergne, d'être employé en qualité d'adjoint à l'état-major de l'armée d'Espagne" ; "L'Empereur n'a point agréé cette proposition.
Comte de Lobau.
Sa Majesté veut que ces officiers restent jusqu'à nouvel ordre dans les régiments étrangers
" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 3, lettre 4081 - Série de décisions non signées, sauf trois ; extraites du « Travail du ministre de la guerre avec S. M. l'Empereur et Roi, daté du 14 février 1810 »).

Tambour major RGT de la Tour d'Auvergne, 1807-1809 Officier RGT de la Tour d'Auvergne, 1805-1807
Fig. 14 A gauche, Tambour-major entre 1807-1809, d'après R. Forthoffer, Fiche Documentaire 212 (avec l'aimable autorisation de Mr Jean-Yves Forthoffer); à droite, le même Tambour-major d'après P. Bunde

Le 15 avril, les 22 Officiers et 451 hommes du Bataillon sont à la Division Verdier (Armée de Catalogne sous Augereau).

Le 25 avril 1810, à Compiègne, on informe l'Empereur que "Le capitaine Barera, du régiment de La Tour d'Auvergne, est demandé comme adjoint à l'état-major par le général Seras"; Napoléon répond : "Il restera employé où il est" (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1912, t.3, lettre 4109).

Le 4e Bataillon est à la Division territoriale (Général Baraguey d’Hilliers) le 1er octobre (17 Officiers, 207 hommes). Le Bataillon combat à Valderas le 2 novembre (Capitaine Barera, blessé).

Le 29 novembre 1810, à Paris, "On soumet à Sa Majesté la demande que fait le général de division Seras pour obtenir que le sieur Barera, capitaine au régiment de la Tour d'Auvergne, soit placé sous ses ordres en qualité d'aide de camp"; "Approuvé", répond l'Empereur ; le Capitaine Barera devient enfin Aide de camp du Général Seras ! (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 3, lettre 4862 - Non signée ; extraite du « Travail du ministre de la guerre avec S. M. l'Empereur et Roi, daté du 28 novembre 1810 »)

Le 10 mars 1811, écrit, depuis Paris, au Général Clarke : "Monsieur le duc de Feltre ... Donnez ordre que le bataillon de La Tour d'Auvergne qui est en Catalogne verse également tout ce qu'il a de disponible dans un régiment que le général Baraguey d'Hilliers désignera, et que le cadre se rende à Avignon : mon intention est qu'il se rende à Naples mais, au lieu de n'y envoyer que le cadre, je désire qu'il y arrive avec des hommes. Vous me ferez connaître sur quel point il convient de le diriger pour qu'il prenne en route des conscrits et les conduise à Naples" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 4, lettre 5165).

Le Général Clarke de son côté "propose : 1° De faire incorporer les hommes du 4e bataillon du régiment de La Tour-d'Auvergne qui sont Allemands, dans le bataillon valaisan; 2° De faire diriger les cadres sur Turin, où ils prendront des recrues qu'ils conduiront à Naples", ce qu’approuve Napoléon le 21 mars 1811 (P&T, IV, 5220). Le Bataillon (10 Officiers, 95 hommes au 15 mars, Armée de Catalogne, 2e Arrondissement territorial) est réorganisé sur le pied de six Compagnies le 1er mai ; les 3e et 4e forment le Dépôt à Strasbourg. Les autres Compagnies demeurent en Espagne jusqu’au licenciement le 1er juillet.

Le 1er mai 1811, dans la place de Bascara en Catalogne, le Chef de Bataillon Banyuls dresse "l'Etat de situation du corps d'Officiers du 4e Bataillon du régiment de la Tour d'Auvergne à l'époque du 1er mai 1810 :
- Etat-major : Banyuls, Chef de Bataillon; Geraldot, Adjudant-major; Royer, officier payeur, prisonnier de guerre.
- Carabiniers : Capitaines Berthelot; Lieutenant vacant, par la mort de M. de Weisse; Sous-lieutenant de Lille.
- Voltigeurs : Capitaine Du Puits, prisonnier de guerre; Lieutenant Frem ; Sous-lieutenant Schadler.
- 1ère Compagnie : Capitaine Cazenave; Lieutenant Vacant par la mort de M. Mauduit; Sous-lieutenant Gaston Banuyls.
- 2e Compagnie : Capitaine Saint-Cyr, absent pour cause de maladie ; Lieutenant Stoop, faisant fonction d'officier payeur ; Sous-lieutenant Piedoys
Notes : Les 3e et 4e Compagnies forment le dépôt à Strasbourg.
M. Bonhomme, Lieutenant, nommé par Son Exc. Monseigneur le Maréchal Duc de Castiglione, en attendant la confirmation de Son Exc. le Ministre de la Guerre, fait provisoirement le service dans la compagnie de Carabiniers ...
".

/ Le Régiment en Italie

En Italie, la vie suit son cours et le corps des Officiers s’étoffe progressivement (tableau établi à partir des situations du Corps des Officiers en date du 1er septembre 1809, 15 octobre 1809, 1er novembre 1809).

Etat major
Colonel Drummond de Melfort ; Major Zimmer (absent) ; Chefs de Bataillon Trobriand, Laville sur Illon (parti au 15/10), Foulon de Doué et Banyuls de Monsferre (présents au 15/10) ; Adjudants-majors Bonhotte, Komierowsky, Malcomes, Chesnard de Viuzellas (au 15/10) ; Chirurgien-major Laurent ; Chirurgiens aides majors Gilles, Jaeger ; Chirurgiens sous aides majors Keutsch (parti au 15/10), Meyronis.
1er Bataillon
Capitaines
Lieutenants
Sous lieutenants

Carabiniers

1ère Compagnie

Voltigeurs

3e Compagnie

4e Compagnie

5e Compagnie

6e Compagnie

7e Compagnie

8e Compagnie

D'Aspect

Hautz Michel

Zornholz

Cendrecourt parti au 15/10

Bonin 4e cie au 1/11

Desrosières

Berthelot

Ducolombier

Gombert

Schmelzer parti au 15/10

Gallemant 1ère cie au 15/11

Keransques dès le 15/10

Gerente parti au 15/10

Duhasmel

Descombes

Bresler parti au 15/10

Cherrière

Hautz Jean

Maine

Lebrun

Despagnet

Scheighardt

Baudinot dès le 15/10

Lafuges

Mongelas

Praileur
2e Bataillon

Carabiniers

1ère Compagnie

Voltigeurs

3e Compagnie

4e Compagnie

5e Compagnie

6e Compagnie

7e Compagnie

8e Compagnie

Dequevilley

Bergeret François

Salomon

Dallerit

Debond

Brisollier

La Chevallerie

Cavagnac dès le 15/10

Orich dès le 15/10

Sainte Colombe

Cottin

Gonnet

La Brosse

Eyrisch

Lequeu dès le 15/10

Lequeu parti au 15/10

Castelnau

Francheteau

Saint Pons

Seberna puis Berga au 15/10

Bergeret Cie de gren. au 1/11

Cheverry

Descombes dès le 15/10
3e Bataillon

Carabiniers

1ère Compagnie

Voltigeurs

3e Compagnie

4e Compagnie

5e Compagnie

6e Compagnie

7e Compagnie

8e Compagnie

Talon

De Champenoy

Thilorier

Zweifel parti au 15/10

Dellamarre

Lyon

Morlet

Doraison

Dettlingen

Hemberger

Oriez puis Duvivier au 15/10

Pittaubert

Gugger

Duvivier puis Gerente au 15/10

Leval puis Deker au 15/10

Kerausquer puis Schmelzer au 15/10

Galiffe

Desestangs

Lagarenne

Montmorillon

Baillivy

Pouthier

Deker puis Bernier au 15/10

Lallemand

Greder

Villemejeanne

Beurriet parti au 15/10

 

Tambour-maître RGT de la Tour d'Auvergne, 1809
Fig. 15 Tambour-maître, 1809, d'après R. Forthoffer, Fiche Documentaire 210 (avec l'aimable autorisation de Mr Jean-Yves Forthoffer)

Le 16 novembre 1809, le Lieutenant Paul Labourdonnaye adresse, depuis Paris, au Ministre de la Guerre, la lettre suivante : "Paul Labourdonnaye, aide de camp du général Dufour, a l'honneur de supplier Votre Excellence de vouloir bien le nommer capitaine adjoint à l'état major de l'Armée d'Espagne.
Il est lieutenant depuis 4 ans 1/2. Il a été proposé pour capitaine trois fois dans son ancien régiment de la Tour d'Auvergne; passé aide de camp du général Dufour, il a été proposé par lui deux fois pour être capitaine et ces demandes ont été appuyées par le Roi de Naples. Il a fait les campagnes d'Italie et Calabre.
Le général Dufour approuve et désire son passage dans une armée plus active que celle de Naples, il espère que sa conduite prouvera à Son Excellence qu'il est digne de la grace qu'il demande
" (SHD - 2 YE 2150).

Le 21 novembre, exceptionnellement, Napoléon autorise le Chef de Bataillon Delaville sur Illon à passer au service du Roi de Naples (P&T, III, 3760).

Le 1er janvier 1810, 869 hommes du 1er Bataillon sont à la 6e Division des Etats romains (Général Mollis) de l’Armée de Naples. Le 9, Napoléon ordonne que tous les détachements du Régiment qui sont à l’Armée d’Italie retournent à Naples, ordre confirmé à Paris le 2 février 1810 : "Voulant pourvoir d’une manière fixe à l’entretien et aux dépenses de nos armées au-delà des Alpes, nous avons décrété et décrétons ce qui suit :
I. Les troupes napolitaines et les régiments d'Isembourg et de la Tour d’Auvergne rentreront, sans délai, dans le royaume de Naples ...
" (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1912, t.3, lettre 4000).

Le 15 janvier 1810, le Colonel Drumond de Merfort écrit, depuis Ancône, au Ministre de la Guerre, le Duc de Feltre : "J'ai l'honneur d'adresser à V. E. deux mémoires de proposition en faveur de MM. les lieutenants Gombert et Sainte-Colombe, à passer Capitaine en remplacement MM. Talon et d'Equevilley nommés aides de camp du général Sainte-Crois.
Je prends la liberté d'ajouter que ces deux officiers méritent de l'avancement et je les recommande à sa bonté ...
"
Note en marge : "M. Talon a été remplacé par M. Schmeltzer et M. Gombert est capitaine"

De ce fait, les six Compagnies d’élite sont concentrées à Naples car Murat, qui veut en finir avec les Bourbons qui le narguent, concentre malgré les conseils de la plupart de ses Généraux une armée d’invasion de la Sicile de 10000 hommes répartis en deux Divisions.

Le 8 mars 1810, à Paris, l'Empereur décrète que "Les officiers des régiments étrangers doivent, jusqu'à nouvel ordre, rester et avancer dans ces régiments" (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1912, t.3, lettre 4051), confirmant ainsi ses ordres antérieurs.

En mars, les cinq premiers Bataillons (le 4e n’est en fait pas encore rentré) rassemblés à Montelevra (52 Officiers, 3368 hommes) font partie de la Division de Calabre du Général Pacthod, Brigade Lanchant. Le 6e Bataillon (8 Officiers, 827 hommes) occupe Salerne avec la Division Lamarque. Murat va demander à plusieurs reprises de transférer à son service cette force impressionnante, tant en terme d’effectif qu’en terme de qualité.

Le 1er mai 1810, il est ordonné "... Aux six compagnies d’élite du régiment de la Tour d’Auvergne d’être rendues le 14 de ce mois à la Cava ...
Aperçu des premières opérations de S. M. le Roi de Naples, pour la réunion d’un corps d’armée en Calabres
Le corps d’armée se réunira entre Bagnara, Scilla et Reggio.
Corps d’armée ; il se compose :
2 divisions françaises : de 2 bataillons du 1er de ligne, 4 du 10e, 4 du 20e, 2 du 62e, 3 du 101e, 3 du 22e d’infanterie légère, 2 du 1er régiment suisse, 1 d’élite du régiment de la Tour d’Auvergne, et 4 escadrons de guerre des 4e et 9e chasseurs à cheval, formant ensemble deux divisions françaises non comprise l’artillerie et évaluées approximativement à 15000 hommes ...
" ("Journal des mouvements opérés dans le corps d’armée impérial, commandé par Sa Majesté le Roi de Naples, ensuite des dispositions qu’Elle a ordonnées. Du 1er au 8 mai", adressé de Naples le 10 mai 1810 au Ministre de la Guerre, par le Général Grenier - Papiers du général Paul Grenier. VI Pièces relatives à l'armée de Naples. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 119. Page 246).

Etat du Corps des Officiers au 1er mai 1810

Etat major
Colonel Drummond de Melfort ; Major Zimmer ; Chefs de Bataillon D'Averton, Thilorier, vacant et Banyuls de Monsferre (4e bataillon) ; Lieutenant quartier-maître Bernier; Adjudants-majors Bonhotte, Komierowsky, Malcomes, Chesnard de Vinzelles ; Chirurgien-major Laurent ; Chirurgiens aides majors Gilles, Jaeger ; Chirurgiens sous aides majors Meyronis, Garborini.
1er Bataillon
Capitaines
Lieutenants
Sous lieutenants

Carabiniers

1ère Compagnie

Voltigeurs

3e Compagnie

4e Compagnie

5e Compagnie

6e Compagnie

7e Compagnie

8e Compagnie

D'Aspect

 

Hautz Michel

Zornholz

Lallemant

Bonin

Desrosières

Gombert

Ducolombier

Eyrisch

Mongelas

Duhasmel

Praileur

Le Brun

Hautz Jean

Descombes

Maine

Cherrière (absent)

Schweighardt

 

Castelnau

Despagnet

2e Bataillon

Carabiniers

1ère Compagnie

Voltigeurs

3e Compagnie

4e Compagnie

5e Compagnie

6e Compagnie

7e Compagnie

8e Compagnie

La Jumelière (absent)

Bergeret Augsute

Salomon

Debond

Dallerit

Brisollier

La Chevallerie

Urich

Sainte-Colombe

Lequeu

Cottin

Gonnet

 

 

La Brosse

Kekowsky (absent)

 

Pugger

Bergeret

 

Francheteau

Saint Pons

Berga

Rabel

Baudinot

 

 

3e Bataillon

Carabiniers

1ère Compagnie

Voltigeurs

3e Compagnie

4e Compagnie

5e Compagnie

6e Compagnie

7e Compagnie

8e Compagnie

De Champenoy

Dettlingen

Schmelzer

Zweifel

Dellamarra

Lyon

Morlet

Doraison

Pitt

Hemberger

Deker

Desestangs

 

Gerente

Le Garenne

 

Galiffe

Lallemand

 

Baillivy

Pouthier

Villemejeanne

 

Greder

Bonn

Ruiz

Le 10 mai 1810, le Général Grenier écrit, depuis Naples, au Ministre de la Guerre : "Monseigneur, j’ai l’honneur d’adresser à Votre Excellence le journal des mouvements opérés dans le corps de l’armée impériale du 1er au 8 de ce mois, en vertu des ordres de S. M. le Roi des Deux-Siciles. S. E. remarquera qu’à l’exception des compagnies du centre des trois bataillons de la Tour d’Auvergne, du 1er bataillon de dépôt d’Isembourg et des escadrons de dépôt du 4e régiment de chasseurs à cheval, destinés à rentrer dans l’intérieur du Royaume, l’armée française est établie par échelons dans les Calabres citérieure et ultérieure, et prête à exécuter les mouvements qui seront ordonnés par S. M. ..." (Papiers du général Paul Grenier. VI Pièces relatives à l'armée de Naples. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 119. Page 246).

Le 5 juin 1810, depuis Naples, le Colonel de Melfort établit la liste des "Mutations connues en mai.
MM.
Cavanac de Ségur, capitaine nommé dans son grade au régiment d'Isembourg par décret du 12 mai
Cheverry sous lieutenant, nommé lieutenant par décret du 26 mai
Gaston de Monferré, sergent des chasseurs des montagnes du département de l'Ariège, nommé sous lieutenant par décret du 26 mai
Meyronis, chirurgien sous-aide, démissionnaire pour caude de maladie constatée
Officiers absent par maladie, par congés et employés au recrutement et aux détails administratifs
D'averton chef de bataillon sa santé ne lui permet pas de faire un service actif
Capitaines
Brisollier capitaine commandant le dépôt intermédiaire de recrutement à Turin
Dettlingen ide id le recrutement général à Strasbourg
Zweifel id chargé à Naples des revues, de la tenue des contrôles et du mouvement des fonds dus sur l'arriéré ...
Morlet id son grand âge le rend nul pour le service actif
Doraison id chargé des détails de l'habillement
Casenave id malade, absent de sa compagnie depuis 5 mois
Girard id id, a dû partir pour le dépôt
Duchaffaut, id id, en France par permission du Duc de Castiglione
Barrera, id, n'a pas rejoint au 1er mai
Desroches, id, à Belfort avec la 7e compagnie
Leonard de Saint-Cyr, id, n'a pas rejoint au 1er mai
Schmelzer, id, chargé au dépôt des détails de l'armement
Vinzellas, adjudant-major capitaine, malade, a du partir pour le dépôt
Lieutenants
Praileur, lieutenant, en congé expiré
Cherrière, id, en mission
Cottin, id, en congé prolongé d'un mois pour la date du 3 mai
I. Loziczky, id, nommé le 16 août, sera rayé au 1er tableau, n'ayant pas justifié de son absence
Maine, id, officier payeur du 1er bataillon
Cheverry, id, id du 2e bataillon
Gugger, id, en recrutement à Mayence
Magalon, id, détaché à Belfort avec la 7e compagnie
Desclignac, id, passé au 2e régiment suisse (?), sur le rapport du 4e bataillon
Sous-lieutenants
Degmond, sous -lieutenant, en recrutement à Strasbourg
Gaston de Montferré, id, n'a pas encore rejoint
".

Le 21 juin 1810, à Saint-Cloud, on informe l'Empereur que "Le général de brigade Grandjean, employé dans la 6e division militaire, demande pour aide de camp M. Praileur, lieutenant au régiment de la Tour d'Auvergne"; "Approuvé", répond ce dernier (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 3, lettre 4305 - Non signée ; extraite du « Travail du ministre de la guerre avec S. M. l'Empereur et Roi, daté du 20 juin 1810 »).

Le 26 juin 1810, le Roi de Naples, Joachim napoléon, écrit, depuis Scilla, au Général Grenier, chef de l’état-major général : "M. Le chef de l’état-major général, envoyez l’ordre au général Pignatelli de se rendre dans le district de Rossano avec une colonne mobile forte de 200 hommes que vous composerez des compagnies du 3e régiment qui se trouve tant à Castrovillari que sur la côte, des gardes civiques et de quelques gendarmes afin de purger ce district des brigandages horribles qui le désolent ; vous lui écrirez que je compte absolument sur son zèle et sur son activité dans cette circonstance et qu’il ne doit pas perdre un instant afin que je puisse l’appeler à l’expédition. Vous donnerez le même ordre et les mêmes instructions au général de Gambs pour le district de Castrovillari. Ce général pourrait employer quelques compagnies de la Tour-d’Auvergne. Donnez le même ordre au général Amato contre les Brigands de la Sila ; ces trois généraux devront combiner leurs mouvements ; les deux derniers sont naturellement sous les ordres du général Amato qui commande la province. Vous ferez connaître à ces généraux l’importance de la mesure dont ils sont chargés dans un moment où les Calabres vont se trouver dépourvues de troupes. Vous témoignerez de ma part aux généraux Pignatelli et de Gambs toute ma satisfaction sur les services qu’ils ont rendus dans la mission qu’ils viennent de remplir. Le général Amato formera sa colonne mobile des troupes qu’il a sous sa main. Ces généraux doivent être constamment en mouvement et ne pas laisser respirer les brigands une fois qu’ils les auront rejoints. Ecrivez à ces trois généraux qu’aussitôt que la tranquillité sera rétablie dans leur province, je les appellerai auprès de moi" (Papiers du général Paul Grenier. VI Pièces relatives à l'armée de Naples. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 21. Page 53).

Musicien RGT de la Tour d'Auvergne, 1807-1809Musicien RGT de la Tour d'Auvergne, 1807-1809
Fig. 16 A gauche, Musicien, 1807-1809, d'après R. Forthoffer, Fiche Documentaire 212 (avec l'aimable autorisation de Mr Jean-Yves Forthoffer); à droite, Musicien d'après P. Bunde

Le 29 juin 1810, à Saint-Cloud, "On soumet à Sa Majesté la demande que fait le général de division Saint-Sulpice pour que M. Duchaffaut, capitaine au régiment de la Tour d'Auvergne, soit placé sous ses ordres en qualité d'aide de camp"; "Refusé", répond cette fois Napoléon (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1912, t.3, lettre 4198; Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 3, lettre 4345 - Non signée ; extraite du « Travail du ministre de la guerre avec S. M. l'Empereur et Roi, daté du 28 mai 1810 »).

Un Décret du 4 août prévoit de créer avec des prisonniers espagnols les 5e et 6e Bataillons.

Le 9 août 1810, à Trianon, le Ministre de la Guerre déclare : "Je rappelle à Sa Majesté qu'Elle m'a autorisé verbalement à lui soumettre des observations relativement aux retards qu'éprouvent dans les corps les nominations aux emplois vacants"; Napoléon répond : "Il faut simplifier la manière dont se fait aujourd'hui le travail du personnel ; le moyen est simple, il faut que le ministre me remette deux états, l'un où les avancements sont proposés selon les règles et dans les corps, soit à l'ancienneté, soit par le choix, l'autre par le choix dans les corps hors ligne pour passer dans les autres corps, tels que la Tour d'Auvergne, Isembourg et irlandais. Ceux-là seulement donnent lieu à des observations.
Les sous-lieutenants seraient présentés par le corps pour leurs sergents ou pris dans l'école militaire, ce qui est le canal de droit.
D'autres seraient présentés sur des renseignements particuliers du ministre.
Si le travail était fait ainsi, on n'éprouverait aucun retard et les décrets pourraient être signés de suite
" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 3, lettre 4485 - Non signée ; extraite du « Travail du ministre de la guerre avec S. M. l'Empereur et Roi, date du 8 août 1810 »).

Le 17 août 1810, le Ministre de la Guerre, le Duc de Feltre, écrit depuis Paris (Ministère de la Guerre - Bureau de l’Inspection) au Général Grenier, chef de l’Etat-major de l’armée française dans le Royaume de Naples : "Général, S. M. le Roi de Naples ayant manifesté le désir de prendre à son service, les régiments d’Isembourg et de la Tour d’Auvergne, l’Empereur m’a fait connaître qu’il était disposé à consentir à la cession de ces deux corps, sous la condition que le gouvernement napolitain rembourserait à la France, le prix de leur habillement et armement.
Je donne avis de cette disposition de Sa Majesté Impériale et Royale, au Ministre de la Guerre du Royaume de Naples et je l’invite à entrer avec vous en négociation, pour traiter de cette affaire après avoir pris les ordres de son souverain.
Outre le remboursement des effets des deux régiments, qui sera mentionné dans le projet de convention à établir, il devra si elle a lieu, y être stipulé qu’à l’avenir, le transport des recrues et les dépenses qu’occasionnent les dépôts de recrutement, qui pourront être établis sur les frontières de l’Empire, seront à la charge du gouvernement napolitain.
Je vous engage à me tenir exactement informé, du résultat des conférences que vous aurez eues avec le Ministre de la Guerre du Royaume de Naples, sur ces divers objets
" (Papiers du général Paul Grenier. VI Pièces relatives à l'armée de Naples. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 38. Page 87).

Le 30 août 1810, le Roi de Naples, Joachim Napoléon, écrit, depuis le camp de Piale, au Général chef de l’état-major général : "Monsieur le général, j’ordonne que toute la division Lamarque soit embarquée demain ; le 20e devra être rendu à 5 heures du matin sous Villa S. Giovanni pour y être embarqué à bord des bâtiments de la gauche de la ligne d’embossage ; le 10e sera rendu à 8 heures sous Villa S. Giovanni pour être embarqué sur les barques qui suivront immédiatement après celles du 20e. Le 22e se trouvera à 10 heures sur la plage pour être embarqué de même sur les barques qui suivront immédiatement après celles du 10e. Les barques légères continueront à être destinées à l’embarquement des compagnies d’élite ; les barques destinées à ma garde continueront à être à sa disposition. Le bataillon de la Tour d’Auvergne, le 1er et 62e de ligne se tiendront prêts à descendre aux Canatelli pour y être embarqués. Tous les hommes disponibles devront être embarqués ; il n’y aura que les gardes de batteries qui pourront en être exemptés. Cet embarquement une fois exécuté, il ne sera plus permis, sous quelque prétexte que ce soit, de faire aucun changement ; les colonels des différents régiments en seront responsables ; ils devront à cet effet laisser des garnisons à bord de chaque barque et exiger l’appel des marins des barques destinées à l’embarquement de leur régiment ; j’assisterai moi-même à cet embarquement.
Toutes les cartouches qui se trouvent en magasin ainsi que le biscuit seront embarqués sur les barques qui arriveront demain de Nicotera ; on ne débarquera point les quatre pièces de siège qui arriveront cette nuit ou demain de Tropea le 101e et de faire relever par des Suisses tous les détachements qui se trouvent à Palmi, à Pietre Nere, etc., toute la division de ce général, aux Suisses près, doit être réunie à Scilla et au camp de la Malia. Le régiment suisse doit occuper Palmi et Bagnara.
Envoyez de suite l’ordre à l’adjudant commandant Montigny d’arriver à Reggio avec le régiment corse, toujours battant la campagne. Je donnerai demain des ordres ultérieurs ; donnez sur le champ les vôtres en conséquence des dispositions ci-dessus.
Ecrivez aux deux ordonnateurs de terre et de mer de faire partir, s’il est possible, les distributions de bonne heure
" (Papiers du général Paul Grenier. VI Pièces relatives à l'armée de Naples. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 41. Page 93).

Sergent de Chasseurs RGT de la Tour d'Auvergne, 1807-1808

Fig. 17 A gauche, Sergent de Chasseurs, 1807, d'après P. Bunde; à droite, grade de Sergent major et Sergent (Fig. 17a), de Caporal fourrier (Fig. 17b) et de Caporal (Fig. 17c)

"... Le 5 [septembre] à 9 heures du matin, une corvette, trois bricks, toutes les bombardes et toutes les canonnières ennemies se mirent en mouvement pour venir attaquer notre ligne ; S. M. donna aussitôt l’ordre aux 5e et 6e divisions de la flottille de mettre à la voile pour engager l’action en plein cumul, afin d’éloigner le feu de l’ennemi, des transports qui couvraient la plage. Telle fut la bonne contenance de ces deux divisions et la bonne direction de leurs feux que l’ennemi, malgré l’extrême supériorité de ses forces, ne tarda pas à regagner la rive ; les bâtiments carrés furent les derniers à exécuter ce mouvement et profitant du vent de nord-ouest qui soufflait en poupe, ils longèrent de très près toute notre ligne en tirant sur les bâtiments de transport un nombre infini de bordées qui ne causèrent que très peu de mal. Deux bombes et quelques boulets atteignirent cependant le 101e et le bataillon d’élite de la Tour-d’Auvergne, qui ainsi que le surplus de la division Partouneaux, étaient arrivés pendant la nuit pour une épreuve générale de l’embarquement et n’avaient pu être placés qu’à environ 300 toises de la plage. Le 1er de ces régiments eut un officier et trois hommes tués, et huit blessés ; le second quatre hommes blessés ..." (Résumé Historique - Papiers du général Paul Grenier. VI Pièces relatives à l'armée de Naples. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 82. Page 172 et suivantes).

Le 5 septembre 1810, "… la division Partouneaux étant arrivée pendant la nuit pour faire l’épreuve de son embarquement et ses troupes n’ayant pu être placées qu’à environ 300 toises de la plage, deux bombes et quelques boulets atteignirent le 101e régiment d’infanterie de ligne et le bataillon d’élite de la Tour d’Auvergne. Le premier eut trois hommes tués parmi lesquels un officier et huit blessés. Le second quatre hommes blessés …"(Papiers du général Paul Grenier. VI Pièces relatives à l'armée de Naples. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 135. Page 279).

Les six Compagnies d’élite, sous le Général Cavaignac, premier Aide de camp de Murat, débarquent dans la baie de San Stéphano le 17 septembre. Les troupes franco-napolitaines parviennent brièvement à s’établir puis sont défaites par une contre attaque britannique qui les oblige à rembarquer, non sans pertes. Par ailleurs sont blessés en Calabre le 22 septembre le Capitaine Schmelzer, le Lieutenant Eyrich, et le Sous-lieutenant Laugier au cours d’une affaire près de Scylla, et le 27, le Lieutenant D’Esclignac qui participait à la poursuite de brigands.

Le 2 octobre 1810, à Fontainebleau, on informe l'Empereur que "Des déserteurs autrichiens et autres étrangers porteurs de congés du service d'Autriche ou de quelque prince de la Confédération du Rhin sollicitent la faveur de se rendre de Munich en France pour y être incorporés dans la légion de la Vistule.
Le ministre pense qu'on pourrait les envoyer à Strasbourg, au dépôt du régiment de la Tour d'Auvergne ou au régiment d'Isembourg
"; "Approuvé", répond l'Empereur (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 3, lettre 4644 - Non signée ; extraite du « Travail du ministre de la guerre avec S. M. l'Empereur et Roi, daté du 26 septembre 1810 »).

Le 2 octobre 1810, à Fontainebleau, le Général Clarke informe l’Empereur du désir de Murat de faire passer le Régiment (et celui d'Isembourg) au service de Naples "sans avoir toutefois à subvenir aux frais nécessités par l’entretien de l’habillement et de l’armement", ce à quoi Napoléon répond le 3 : "Renvoyé au ministre de la guerre. Ces régiments doivent rester à la solde de la France. Me rendre compte de l'organisation actuelle de ces régiments et y envoyer de bons colonels" (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1912, t.3, lettre 4306; P&T, III, 4649).

Le 6 octobre 1810, Napoléon précise à Clarke que chaque Bataillon aura 6 Compagnies dont une de Carabiniers et une de Voltigeurs, et qu’indépendamment du Colonel, il y aura un Colonel en second (P&T, III, 4721).

Le 17 octobre 1810, l'Empereur écrit, depuis Fontainebleau, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, vous recevrez un décret par lequel j'organise les régiments d'Isembourg et de La Tour d'Auvergne à 6 bataillons de 6 compagnies chacun. Vous y verrez que j'ordonne qu'indépendamment du colonel, il y ait un colonel en second ..." (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 3, lettre 4721; Correspondance générale de Napoléon, t.10, lettre 24956).

- Nouvelle affaire au sein du Régiment de la Tour d'Auvergne

Chasseurs RGT de la Tour d'Auvergne, 1807-1808

Fig. 18 Chasseur, 1807, d'après P. Bunde

Le 9 octobre 1810, le Capitaine Delaune écrit au Général Grenier : "Mon général,
Je suis obligé de vous rendre compte que mon information est arrêtée, les questions relatives aux opérations du conseil d’administration, sont mot pour mot copiées sur les pièces et personne n’y peut répondre, pas même le président de ce conseil ; si je question Pierre, il renvoie à Paul à me répondre.
Je vois qu’il ne me reste pour en finir vite, qu’un moyen, qui est celui de réunir chez M. Le colonel, les quatre officiers qui sont aux arrêts, M. Zveifel, le capitaine d’habillement et un sergent aide de ce dernier ; si cette réunion ne peut me répondre, alors je ferai la clôture de mon procès-verbal et j’établirai mon rapport tant sur les pièces et les déclarations que j’ai, que sur les négations.
Mes questions sont si bien établies qu’il est impossible de n’y pas répondre, je pense bien qu’il est désagréable de découvrir le mystère, mais il faut avouer, ou nier et tel parti qu’on prenne on fera mal, ils le sentent bien, voilà pourquoi ils hésitent.
Je vais passer ma soirée à établir mes questions pour demain et aussitôt la réunion séparée, j’aurai l’honneur d’aller vous rendre compte
" (Papiers du général Paul Grenier. VII. 1768-1827, BNF, Paris. Docs 21 page 52).

Le 20 octobre 1810, le Génréal Grenier écrit au Ministre de la Guerre : "J’ai reçu la lettre que Votre Excellence m’a fait l’honneur de m’adresser en date du 3 de ce mois ainsi que les pièces qui y étaient jointes, relatives à MM. le colonel, major et autres officiers du régiment de la Tour d’Auvergne. Le major de ce régiment n’étant point encore de retour, j’ai cru devoir différer jusqu’à son arrivée l’exécution des ordres contenus dans la lettre de Votre Excellence afin d’y mettre de l’ensemble et toute la régularité possible. Aussitôt l’arrivée de cet officier supérieur, les dispositions prescrites seront ponctuellement exécutées et je m’empresserais d’en rendre compte à Votre Excellence" (Papiers du général Paul Grenier. VII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 1 page 11).

Le 27 octobre 1810, le Général Grenier écrit au Ministre de la Guerre : "Par une lettre du 20 de ce mois, j’ai eu l’honneur de vous accuser réception de celle de Votre Excellence en date du 3 ainsi que des pièces qu’elle renfermait relatives à MM. le colonel, le major et autres officiers du régiment de la Tour d’Auvergne.
J’annonçais en même temps à Votre Excellence que le major Zimmer n’étant point encore de retour à Naples, j’avais cru devoir différer jusqu’à son arrivée l’exécution des dispositions prescrites par Votre lettre ; et aussi ces cinq officiers.
J’ai l’honneur de vous informer aujourd’hui que ce major est arrivé le 23 au soir ; les ordres de Votre Excellence ont été exécutés le 24 pour ce qui concerne la mise aux arrêts et la suspension de ces cinq officiers. Je n’ai pu charger le capitaine rapporteur du conseil de guerre à prendre sur cette affaire tous les éclaircissements ordonnés par la lettre de Votre Excellence, attendu que par suite du défaut de troupes et officiers dans la ville de Naples en assez grand nombre pour former les deux conseils de guerre permanents voulus par la loi, pendant que l’armée se trouvait tout entière en Calabre, il n’existait à Naples qu’un seul conseil de guerre, dont le capitaine rapporteur adjoint à l’état-major, venait de recevoir de moi l’ordre de se rendre auprès de M. le général Pacthod, à Monteleone, pour être employé à son état-major. Cet officier, M. le capitaine Rubissas, convenait peu par ailleurs à l’instruction d’une affaire aussi compliquée qui exige des moyens supérieurs à ceux qu’aurait présenté ce rapporteur, lors même qu’il aurait encore conservé ses fonctions. J’ai donc dû faire choix d’un autre officier que je crusse capable de remplir cette mission délicate de parvenir à la vérité et de répondre ainsi à l’attente de Votre Excellence. C’est M. le capitaine Delaune, adjoint à l’état-major général, que j’ai cru devoir désigner ; sa moralité m’est parfaitement connue depuis longtemps, et je ne doute pas qu’il ne justifie ma confiance sous tous les rapports dans la manière juste et impartiale avec laquelle il s’acquittera de ce devoir.
Dès que cette information sera terminée, je m’empresserais d’en adresser le procès-verbal à Votre Excellence.
J’ai ordonné à M. l’inspecteur aux revues par mesure d’ordre et de précaution, de faire constater l’état de la caisse, au moment où le colonel ferait la remise au chef de bataillon Davertans (?) chargé de le remplacer dans le commandement du régiment
" (Papiers du général Paul Grenier. VII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 1 page 11).

Le 3 novembre 1810, le Ministre de la Guerre Duc de Feltre, écrit, depuis le Bureau de la Police à Paris, au Général Grenier : "Mesures à prendre contre cinq officiers du régiment de la Tour d’Auvergne.
Général, en examinant les pièces que vous m’avez adressées ainsi que celles qui m’ont été envoyées directement par plusieurs officiers du régiment de la Tour d’Auvergne, relativement à des débats qui se sont élevés entre eux et notamment entre les deux chefs de ce corps, j’ai remarqué que MM. Zimmer Major et Drummond de Melfort colonel, s’étaient réciproquement accusés d’actions contraires aux principes d’honneur et de malversations dans l’administration du régiment ; qu’ensuite pour se tirer d’affaire l’un et l’autre ils auraient fait ensemble un accord qui aurait donné lieu à la rétractation du Major a condition par le colonel de chercher à arranger le tout à l’amiable ; qu’à cet effet ils auraient rejeté les torts sur le sous-lieutenant Bernier faisant provisoirement les fonctions de quartier-maître et le lieutenant de Gerente officier payeur, lesquels sont désignés par le Major et par le conseil d’administration comme des intrigants dont le but aurait été de faire renaître les orages et les déchirements auquel le corps avait été en proie, en animant les deux chefs l’un contre l’autre.
J’ai remarqué d’un autre côté que les sieurs Bernier et de Gerente après s’être plaints de quelques injustices du colonel relativement à leur avancement, ont attribué son animosité contre eux au zèle qui les a portés à dévoiler les concussion du Major et à blâmer un ordre qui tendait à exercer une retenue sur la solde pour augmenter une masse d’économie dont le colonel s’était constitué administrateur est sur laquelle le Major avait pris des sommes qu’il employait à ses dépenses personnelles, auxquelles sommes il avait proposé de faire participer le sous-lieutenant Bernier et le capitaine d’habillements d’Oraison. Ils ajoutent que le même zèle les ayant encore portés à signaler des abus résultant de plusieurs marchés de vivres et bois passés entre un fournisseur de Rome et les deux chefs du corps, ces différents motifs auraient excité contre eux l’animadversion du colonel qui leur aurait fait éprouver des persécutions, que d’ailleurs ils attribuent à la nécessité où ce chef s’est trouvé, pour épargner M. Le Major, de faire retomber sur eux tout l’odieux de leur conduite.
Mon intention, général, étant de mettre un terme à tous ces débats scandaleux, je vous prie de faire mettre aux arrêts et de suspendre de leurs fonctions MM. le colonel Drummond de Melfort, le Major zimmer, le lieutenant de Gerente, le sous-lieutenant Bernier et le quartier-maître Hermann, ce dernier est désigné par le Major comme l’affidé et même comme le complice du colonel. Ensuite vous ordonnerez à un des rapporteurs près du conseil de guerre de recevoir les déclarations des officiers ci-dessus désignés sur les faits dont ils se sont respectivement accusés, ainsi que celle des membres du conseil d’administration et des officiers qui pourraient donner des renseignements sur ces faits et leurs circonstances ; ce rapporteur formera de toutes ces déclarations un procès-verbal qui sera remis à un sous inspecteur aux revues avec ordre de vérifier la comptabilité du corps, et d’en examiner avec soin, surtout les parties qui ont donné lieu aux dissensions dont il s’agit.
Je vous invite à m’envoyer dans le plus bref délai le résultat de cette opération et à me faire connaître votre opinion sur le personnel des individus impliqués dans cette affaire.
Ci-joint 21 pièces avec les notes indicatives de leur contenu qui serviront de base à M. le rapporteur et que vous me renverrez avec copie de son procès-verbal, quand vous m’annoncerez l’exécution et les résultats des présentes dispositions.
Recevez, général, l’assurance de ma parfaite considération
" (Papiers du général Paul Grenier. VII. 1768-1827, BNF, Paris. Docs 22 page 54).

Tambour de Chasseurs RGT de la Tour d'Auvergne, 1807-1808

Fig. 19 Tambour de Chasseurs, 1807, d'après P. Bunde

Le 6 novembre 1810, l'Adjudant sous-officier Ginter écrit, depuis Naples, au Chef de Bataillon d’Avertan, commandant provisoirement le Régiment de la Tour d’Auvergne, au Fort neuf : "Mon commandant
J’ai l’honneur de vous prévenir que d’après vos ordres, je me suis transporté avec deux chasseurs du régiment, dans les environs de Saint-Charles, où logent MM. Gerente et Bernier, pour m’assurer, si l’annonce que l’on m’a faite, qu’ils sortaient toujours de leurs arrêts, était vraie. Après avoir été près d’une heure, c'est-à-dire vers 8h00 du soir, près de leur logement, nous avons vu sortir ces deux messieurs allant dans une autre maison, qui était le quatrième de celle qu’ils occupent, suivi de leurs domestiques, lequel après quelques temps est revenu seul au logement.
Nous avons vu de plus dans la nuit du 3 courant M. Bernier conduisant une dame dans son logement dans la rue de Chiasa. M. Bernier ayant eu soin de se cacher la figure pour ne pas être reconnu, pourtant ne m’a pas empêché de le connaître.
J’ai l’honneur d’être avec respect, votre très dévoué subordonné.
Ps. J’ai pour témoins les nommés Déguide, chasseur de la 1ère du 3e et Schneider, chasseur de la 7e du 3e
" (Papiers du général Paul Grenier. VII. 1768-1827, BNF, Paris. Docs 25 page 60).

Le même 6 novembre 1810, le Chef de Bataillon d’Avertan, commandant provisoirement le Régiment de la Tour d’Auvergne, écrit, depuis Naples, au Général Grenier : "D’après les informations que j’ai dû prendre, sur les avis que j’ai eu, que MM. Bernier et Gerente ne respectaient pas davantage leurs arrêts actuels, qu’ils n’avaient coutume de le faire auparavant, il me paraît démontré que le fait est constant.
J’ai l’honneur de vous envoyer, mon général, le rapport qui m’a été remis ce matin, et pense que vous ne souffrirez pas que lorsque le chef du régiment se soumet par exemple et par devoir à la plus rigoureuse observance de la punition qu’il endure, que les deux mauvais sujets qui en sont cause, ribaudent toute la journée avec des officiers et des filles, et se rendent à la nuit tombante dans les mauvais lieux de leur voisinage.
Au demeurant mon devoir est rempli, et votre sagesse, mon général, fera le reste.
Recevez, mon général, l’assurance de mon respectueux dévouement
" (Papiers du général Paul Grenier. VII. 1768-1827, BNF, Paris. Docs 24 page 58).

Le 14 novembre 1810, le Capitaine Delaune écrit au Général de Division Comte Grenier, à Naples : "Mon général,
Je suis après à résumer mon opération, j’aurai l’honneur de me rendre ce soir près de vous, pour parler de mes idées.
On n’a nullement répondu à mes questions. Je suis maintenant persuadé et plus que persuadé que le colonel et le Major ont réuni leur cause et qu’ils espèrent un conseil de guerre, je répondrais qu’ils ont fait des démarches pour cela.
La sévérité de mes questions, a fait perdre tout espoir de déguiser la vérité, on a pris le parti de ne rien à répondre, on veut un conseil de guerre. Sans doute il y a plus d’espoir auprès de 9 juges qu’auprès d’un seul homme, cela est facile à concevoir, ce conseil est composé de trois colonels, et pour le Major de trois Major etc.
Son excellence a bien préjugé, quand elle dit que les deux chefs par la nécessité de s’épargner etc.
Je le répète ils ont réuni leur cause, car le colonel a une pièce terrible contre le Major et il ne la donne pas, et le Major désapprouve complaisamment tout ce qui est à la charge du colonel, cependant tout cela ne les tranquillise pas, ils demandent à me faire une confidence, pour me dire toute la vérité ; je ne pense pas que je puisse la recevoir, car sans doute il ne veulent la faire qu’à condition que je changerai quelque chose à mon procès et cela ne me paraît pas possible : pour moi, leur silence et leur négation, sont des actes, ils le sentent très bien, entre 7 ils n’ont pas pu répondre à une question et tous les 7 ne voulaient pas que j’écrive et personne n’a pu me répondre.
Le capitaine Sveifel, le Michel Morin du régiment, joue au fin avec moi, pourtant il n’est pas encore hors de mes mains.
Je suis avec respect
" (Papiers du général Paul Grenier. VII. 1768-1827, BNF, Paris. Docs 26 page 63).

Le 15 novembre 1810, le Capitaine Delaune écrit au Général de Division Comte Grenier, à Naples : "Mon général,
M. Le Major n’avait rien à me dire qui ne fut prouvé.
Il voulait m’avouer qu’il a pris 300 & et tant de francs pour acheter le collier à madame de Melfort, sur la masse d’économie.
Qu’il s’est fait rembourser sur cette même masse, 160 francs pour un dîner d’officiers et quelques petits autres bénéfices dans ce genre.
Il voulait me faire voir une lettre de M. Mouton aide de camp de l’empereur, qui le protège et puis me dire qu’il se recommande à moi pour lui donner des conseils, et comme étant père de famille etc. etc.
J’ai répondu peu de choses à M. le Major, car j’avais peu de chose à répondre.
Je vais continuer mon résumé et ne quitterais que pour vous le porter.
Je suis avec un profond respect
" (Papiers du général Paul Grenier. VII. 1768-1827, BNF, Paris. Docs 28 page 68).

Officier de Chasseurs RGT de la Tour d'Auvergne, 1807-1808Officier de Chasseurs RGT de la Tour d'Auvergne, 1807-1809

A gauche (Fig. 20), Officier de Chasseurs, 1807, d'après P. Bunde; au centre, Officier de Chasseurs d'après Rigo, Planche U35 (Fig. 20a); à droite, Officier de Voltigeurs d'après R. Forthoffer, Fiche Documentaire 213 (avec l'aimable autorisation de Mr Jean-Yves Forthoffer) et Boersch (Fig. 20b)

Le 16 novembre 1810, le Capitaine Delaune écrit au Général Grenier : "M. le major zimmer a dénoncé M. le colonel Melfort pour s’être emparés d’une somme de 45000 francs et pour en avoir disposé à son gré.
M. le colonel questionné sur cet article m’a répondu : « que ces économies avaient été ordonnées avant son arrivée au corps, c’est-à-dire avant que les comptes de l’administration lui aient été rendus ». Comme par le rapport du major, le capitaine Sveifel est indiquée pour avoir réalisé les économies ci-dessus, j’ai mandé cet officier pour faire sa déclaration détaillée, une première fois il n’a voulu ne rien dire, une seconde il m’a dit que M. le major Sainte-Croix avait ordonné pour 42 ou 43000 francs d’économies qui ont été employés à des dépenses très légitimes, une troisième fois il n’a pas encore voulu entrer en détail ; j’ai lieu de présumer un refus résonné d’obéir aux ordres de Son Excellence le Ministre de la guerre, que je lui ai bien et dûment notifiés verbalement.
Des registres du temps de M. de Sainte-Croix doivent exister aux archives, puisque M. Sveifel a réalisé les économies, il doit savoir, avec quels marchands elles ont été faites et puisqu’il a écrit les recettes et les dépenses il doit en connaître les détails.
Comme M. le capitaine Sveifel se refuse d’obéir aux ordres de Son Excellence en refusant de me faire une déclaration claire et précise, et comme il a signé des délibérations prises à Sainte-Marie de Capoue, lui étant à Naples, je pense, mon général, que cet officier doit être mis aux arrêts de rigueur et interrogé sur les faits et articles.
J’ai l’honneur d’être avec un profond respect
" (Papiers du général Paul Grenier. VII. 1768-1827, BNF, Paris. Docs 30 page 72).

Le 17 novembre 1810, le Chef de Bataillon d’Avertan, commandant le Régiment de la Tour d’Auvergne, écrit, depuis Naples au Capitaine Delaune, rapporteur au palais de Sangro, Etat-major général de la place à Naples : "M. Le capitaine
J’ai l’honneur de vous prévenir que j’ai donné l’ordre à mon adjudant-major de prévenir M. le capitaine Sveifel de se rendre au fort de l’œuf un comme vous l’avez indiqué.
Je suis avec la plus parfaite considération
"; ce message est accompagné de la pièce suivante (écrite en italien) : "Je certifie que monsieur le capitaine Delaune s'est présenté ce jour, 17 novembre, à une heure après midi, et n'a pas trouvé le susdit capitaine Sveifel dans le fort de l’œuf, qui n’est pas encore arrivé dans le fort.
L’adjudant-major Dagommero
" (Papiers du général Paul Grenier. VII. 1768-1827, BNF, Paris. Docs 32 page 76).

Le 21 novembre 1810, le Général Grenier écrit : "A Son Excellence le Duc de Feltre. En réponse à la lettre de Votre Excellence en date du 3 de ce mois par laquelle elle me transmet un duplicata de sa première dépêche relative aux dissensions qui existent entre le colonel et le major du régiment de la Tour d’Auvergne ; en m’annonçant qu’elle n’avait encore reçu de moi aucune réponse à cet égard, j’ai l’honneur de vous adresser ci-joint les duplicata de deux lettres que j’ai eu l’honneur d’écrire à ce sujet à Votre Excellence, l’une en date du 28 octobre pour accuser réception de la première dépêche, et la seconde en date du 27 du même mois pour lui rendre compte des mesures prises en exécution de ses ordres.
Je dois observer à Votre Excellence que la première lettre relative à cet objet, et que j’ai reçu à Naples du 15 au 18 octobre porte la date du 3 septembre, ce qui m’a fait augurer qu’il y avait erreur dans la date, et que c’était sans doute le 3 octobre qu’elle avait été écrite puisqu’elle m’était parvenue du 15 au 18 de ce mois. Le duplicata de cette dépêche que Votre Excellence vient de m’adresser par sa lettre du 3 novembre porte la date du 3 septembre, ce qui me semble une nouvelle erreur des bureaux puisque le primata ne m’est arrivé que du 15 au 18 octobre daté par erreur du 3 novembre.
Je prie Votre Excellence d’être bien persuadé que j’apporte toujours la plus sévère exactitude dans l’exécution de ses ordres.
Le capitaine rapporteur chargé de prendre des renseignements sur cette affaire du régiment de la Tour d’Auvergne a terminé son rapport. Dès qu’il me l’aura transmis, je m’empresserai de l’adresser à Votre Excellence avec le procès-verbal et toutes les pièces qui pourront résulter de cette recherche
" (Papiers du général Paul Grenier. VII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 2 page 13).

Le 14 décembre 1810, le Général Grenier écrit "A Son Excellence le Duc de Feltre. J’ai l’honneur d’adresser à Votre Excellence le procès-verbal interrogatoire qu’elle m’a chargé de faire former par un rapporteur sur les concussions et accusations qui ont eu lieu entre MM. de Melfort colonel, Zimmer major, Gerente lieutenant et Bernier sous-lieutenant et Herman quartier-maître. Votre Excellence trouvera à la suite de ces interrogatoires les 24 pièces qu’elle m’a fait l’honneur de m’adresser avec sa lettre du 3 septembre.
3° Les 29 autres pièces compris leur inventaire obtenu pendant le cours de l’information.
4° L’analyse des 24 pièces adressées par Votre Excellence mises en rapport avec les résultats de l’interrogatoire, les pièces acquises, afin de la mettre à même de connaître tous les faits dont il est question, sans qu’elle soit obligé de recourir en détail à chaque pièce.
5° 9 pièces compris leurs inventaire remises par MM. de Melfort et Zimmer et 12 officiers du régiment au rapporteur après la clôture du procès-verbal d’information, pièces qu’est-ce que j’ai l’honneur de transmettre à Votre Excellence sans aucune réflexion.
Votre Excellence remarquera que par suite des informations le sieur Zweifel capitaine au dit régiment a été reconnu le gérant des économies, particulièrement de celles de 45000 et de toutes les affaires contentieuses du régiment.
Pendant le cours de l’information le capitaine rapporteur m’a rendu compte que cet officier à l’interrogatoire avait avoué la recette de 42930,68 FRF provenant des économies faites pendant les 1807, 1008 et 1809, mais que ne pouvant en prouver l’emploi que d’une manière très équivoque comme Votre Excellence pourra elle-même en juger par le numéro 38 (bis) des pièces acquises, et qu’il est presque prouvé que de nouvelles économies ont été faites dans le courant de cette année, par des marchés doubles et en blanc sur des quantités de draps, cadis, tricot et capotes dont les prix ont été remplis au registre des délibérations pendant l’information. J’ai cru devoir ordonner provisoirement la détention de cet officier au fort de (…) espérant par ce moyen obtenir de lui des renseignements sur toutes ces turpitudes, ce à quoi cependant le rapporteur n’a pu parvenir.
J’attendrai les ordres ultérieurs de Votre Excellence pour sa mise en liberté s’il y a lieu.
Je vais adresser à l’inspecteur aux revues le procès-verbal de l’interrogatoire, avec copie de toutes les pièces relatives à la comptabilité, afin qu’elles puissent être examinées dans toutes ses parties, non seulement pour celles qui ont donné lieu aux dissensions dont il s’agit, mais encore pour celles qui paraissent évidentes pendant l’exercice de 1810.
Votre Excellence m’invite à lui faire connaître mon opinion sur le personnel des individus impliqués dans cette affaire. Le résumé de l’analyse fera connaître à Votre Excellence les fautes de chacun d’eux. Je me bornerai à lui dire que M. de Melfort a montré beaucoup de passion et d’emportement et que malgré tous ses mémoires justificatifs, il me parait très compromis puisqu’il n’a pas donné une bonne direction aux économies existantes lors de son arrivée au corps, en a laissé faire d’autres, y a contribué puisqu’il a signé tous les marchés et ordonné des retenues sur la solde dont on ignore la destination et sur lesquels il ne voulait donner des explications qu’en temps et lieu.
Que M. le Major est un homme faible et indécis qui peut avoir été à dessein dirigé de manière à le compromettre, puisqu’il est réellement prouvé qu’il a pris sur la masse d’économie environ 1200 francs pour couvrir des dépenses particulières telles qu’un collier donné à Mme de Melfort, un dîner aux officiers au retour du colonel, etc.
Que le sous-lieutenant Bernier peut avoir contribué au rapport du 20 mai par des notes particulières, qu’il est capable d’avoir donné un démenti au major en présence des officiers mais dans l’instant même de la scène scandaleuse et poussé à bout par les vexations et injures dont on l’abreuvait.
Que le lieutenant Gerente ne parait dans cette affaire que comme ami de Bernier et comme accusé d’avoir pris part à ce que ce dernier a écrit, le colonel témoigne par l’interrogatoire son étonnement de le voir figurer ; cependant il a été comme Bernier maltraité et trainé de prison en prison, ces deux officiers sont susceptibles de devenir de bons sujets si on les changeait de corps.
Que M. Herman a participé à la répartition des 45000, pour une somme de 300 ducats qui lui ont été donnés à titre d’indemnité, mais sans avoir la manutention des fonds qui restaient toujours entre les mains du sieur Zweifel.
Qu’il a reçu les appointements de capitaine de seconde classe mais qu’ils se croit autorisé à les percevoir.
Il ne paraît pas dans cette affaire avoir d’autres tords.
M. de Zweifel n’a pas été compris dans les premiers débats ; il doit cependant être connu comme ayant depuis plusieurs années la manutention de toutes les affaires du régiment, l’agiotage, l’échange des espèces et la réalisation de tous les faux marchés.
Il paraît que les fonds qui en proviennent sont déposés chez les banquiers et qu’il ne se tient à cet égard aucun registre au régiment, que les recettes et dépenses de ces produits ne sont inscrites que sur des feuilles volantes et que l’on supprime à volonté lors des inspections.
Je pense que Votre Excellence approuvera le travail de M. le capitaine adjoint Delaune, il est difficile d’y apporter plus de soin, d’intelligence et d’impartialité, votre approbation sera pour lui la récompense du travail fastidieux et dégoûtant qu’il a occupé pendant près de 40 jours.
Par le courrier prochain, j’aurais l’honneur d’adresser à Votre Excellence un rapport du sous inspecteur aux revues Guillien qui n’a été transmis par M. l’inspecteur aux revues de l’armée qui peut faire suite à l’interrogatoire et vous fera connaître combien la direction du régiment de la Tour d’Auvergne est vicieuse et combien il importe aux intérêts du gouvernement d’y rétablir l’ordre et la régularité ; cependant M. de Melfort dans ses notes justificatives dit y avoir établi.
J’aurais l’honneur de soumettre en même temps à Votre Excellence les ordres provisoires que je donnerai cet égard en attendant qu’Elle daigne me faire connaître ses ordres ultérieurs
" (Papiers du général Paul Grenier. VII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 3 page 15).

Voltigeur RGT de la Tour d'Auvergne, 1807-1808Voltigeur RGT de la Tour d'Auvergne, 1809Voltigeur RGT de la Tour d'Auvergne, 1807

A gauche (Fig. 21), Voltigeur, 1807, d'après P. Bunde; au centre, Voltigeur d'après Tanconville (1809), Les Garnisons d'Alsace (Fig. 22); à droite, Voltigeurs (1807) d'après R. Forthoffer, Fiche Documentaire 210 (avec l'aimable autorisation de Mr Jean-Yves Forthoffer) et Boersch (Fig. 20b)

"Etat des pièces acquises pendant l’instruction, lesquelles j’ai numérotées à la suite de celles adressées par Son Excellence le Ministre de la guerre, de manière que la première de ces pièces porte le numéro 23. La lettre de Son Excellence, déposée aux archives de l’état-major, porte le numéro 22. Cette lettre est sous la date du 3 septembre 1810.
N° 23. Cette pièce qui paraît être un acte du conseil d’administration n’est qu’une décision du Major zimmer, sans date, qui détermine les prix des linge et chaussures pour l’an 1810 et qui est porté à la différence suivante.
1809. la chemise 3,90 Frs ; 1810 à 4,50 Frs
Cols et boucles 1,50 Fr, 2 rabats ; 1,80 Frs
Paires de souliers 5,50 Frs ; 5,50 Frs
Guêtres grises à 1,80 Frs ; 1,90 Frs
Idem noires 3,96 Frs ; 4.50 Frs
Sacs de peau 6,20 Frs ; 8 Frs
Cocarde 15 c ; 15 c.
D’après cette situation, il est ordonné de faire un décompte scrupuleux de la différence de ces prix d’avec la véritable valeur des effets, laquelle sera tenu en réserve pour faire face aux dépenses imprévues, etc
Cet acte n’est point porté sur le registre du conseil d’administration.
N°24. Sont deux lettres d’un officier de la Tour d’Auvergne nommé Chevery, l’une sans date et l’autre datée de Capoue le 8 juin, la première m’a été remise par le lieutenant Bernier, pour me prouver qu’il n’a point violé ses arrêts et l’autre par le colonel Melfort, pour me faire connaître que Bernier et Gerente sont les auteurs des calomnies imaginées contre lui.
J’en réfère à la note que j’ai mise en marge d’une de ces lettres.
Voici la vérité
Le major ne pouvait pardonner au colonel de l’avoir exilé dans les Abruzzes, comme de l’avoir maltraité à Rome, il demanda à Cheverie, à Bernier, à de Gerente, et à d’autres jeunes gens, tous alors occupés comme payeurs et quartiers-maîtres des notes sur le colonel, avec lesquels il a fait son rapport du 20 mai.
N°25
Sont deux déclarations du fournisseur Rotti de Rome ; par la 1ère, il dit que pour 800 rations de bois, il fera une remise de 15 écus romains par mois, que c’est ainsi qu’il en est convenu avec le major du Régt.
Par la 2e, il dit que malgré que le contrat de vivres porte 22 e ½ par ration, il se contentera de 20, que c’est ainsi qu’il en est convenu avec le major.
N°26
Sont des notes, dont l’une m’a été remise par Bernier et l’autre par le colonel, mais toutes deux écrites de la main du 1er. Elles portent que le major avait l’air de prendre des acomptes sur ses appointements et quant il s’agissait de régler, il faisait jeter ces acomptes sur la masse d’économie. D’après le registre N°34, il a été tiré de cette masse :
1° 160 Frs 50
2° 18 Frs 19
3° 321 Frs
4° 392 Frs
Mr le major a paraphé au registre ces recettes.
Plus Mr le major s’est fait rendre 313 Frs 60 c pour le prix d’un collier dont il fit cadeau, etc.
Le surplus de la note remise par le colonel porte que le major avait le projet de faire une économie secrète sur les coiffes de shakos à raison de 3 baiocchi de bénéfice chaque.
Ce projet se portait aussi sur les couvre-gibernes.
N°27
Est une déclaration d’un sergent nommé Combrie, maintenant réformé, qui lorsqu’il était vaguemestre, reçut l’ordre du colonel d’intercepter les lettres de Bernier et de Gerente, pour les remettre à leur colonel.
N°28
Est une lettre du sous-inspecteur aux revues Privat qui prouve que le 1er août, le colonel Melfort était très content des comptes de Bernier, ce qui détruit toutes les expressions dictées par la chaleur dans la séance du 5 juin.
N° 29
Est un marché passé entre le conseil d’administration et un sieur Scotto, fabricant de Naples, pour :
1500 mètres de drap vert à …
400 de cadis
1500 de tricot
2400 capotes
Ce marché en blanc est ratifié par une délibération du 24 mars établie sur une feuille volante et signée par MM. Galiffe, Lieutenant ; Schmeltzer, Capitaine ; Morlet, idem ; Bergeret, idem ; Zimmer, major ; et Melfort, colonel.
N° 30
Un autre marché compris dans la même délibération du 24 mars, signé par les mêmes membres, avec le sieur Cataldo, pour :
600 shakos
200 paires d’épaulettes
1000 boucles de col
Ces deux marchés séparent la délibération du 24.
Pendant l’instruction, il a été impossible d’obtenir les marchés faits en double.
Renvoyé à l’analyse.
N°31
Est un marché passé à Turin, pour le compte du régiment, le 18 mars dernier, avec un nommé Charles Fin, fabricant de cette ville, pour :
1200 sacs de peau à 7.50 Frs
600 gibernes à 4.37 ½
600 p. gibernes à 4.37 ½
Et 3000 bretelles de fusils à 1.5
N°32
Est une note explicative de ce marché écrite de la main de Mr le chef de bataillon Thilorier.
Renvoyé page 69 de l’inspection pour voir la différence des prix de ce marché.
N°33
Est une feuille volante, sur laquelle sont 4 délibérations du conseil d’administration dont deux relatives aux marchés ci-dessus.
Renvoyé à l’analyse.
N° 34
Est un registre dit d’économie qui prouve les marchés faits au préjudice du soldat par les bénéfices qui en sont résulté et auxquels il n’a jamais participé.
Cette pièce est citée comme preuve tant dans l’instruction que dans l’analyse.
N°35
Est un décompte qui prouve une somme de 345 frs 65 d’économie, rayée de ce décompte, mais comprise au registre d’économie ci-dessus.
N°36
Est une lettre du capitaine Sveifel, qui prouve que Mr le colonel de Melfort a fait payer lors de sa réception à Florence, 144 frs aux soldats pour boire, mais comme l’observe Mr Sveifel, (pas de sa poche).
N°37
Lettre du même, au même (Bernier), par laquelle il parle encore des 144 frs payés aux compagnies par l’ordre du colonel.
Il parle des dégouts qu’on a d’administrer dans le régiment de la Tour d’Auvergne, etc. etc.
Cette lettre parle de la lettre que le 2e bataillon avait faite à Aix, voir pièce 38 (bis)
N° 38
Lettre du même au major, sous la date du 22 janvier 1809, par laquelle, en lui parlant des pertes sur le change des monnaies, lui dit « à moins que vous jugiez plus convenable de les faire supporter par la masse d’économie, il faudrait les faire constater par le sous-inspecteur, etc.
N°38(bis)
Est un état des économies faites par le capitaine d’habillement, pour subvenir aux dépenses extraordinaires du régiment montants à 42970 frs 68, mais réalisées par Mr le capitaine Sveifel, ainsi qu’il l’a déclaré dans l’information, et lequel m’a remis cette pièce écrite de sa main.
Sont attachés à cet état, cinq autres pièces, que Mr Sveifel m’a également remises pour justifier l’emploi de ces 42970 frs 68.
La recette est avouée, mais la dépense n’est pas très bien prouvée. N°39
Sont des notes explicatives sur un marché de shakos fait à Rome.
Ces notes renferment quatre pièces qui prouvent qu’il a été acheté du directeur de l’hôpital de Rome, des vieux shakos, des vieux habits, vieilles capotes, sacs de peau et autres effets, qui sont entrés au magasin d’habillement, le tout à vil prix, lesquels effets, c'est-à-dire les shakos, ont été la base d’un marché simulé qui a produit net 1602 frs de bénéfice (voir pièce 44).
N°40
Est une lettre de Mr le sous-inspecteur Bouvent, qui m’a été remise par Mr le colonel Melfort, laquelle blâme fort le rapport du 20 mai dernier.
N°41
Sont quatre lettres assez insignifiantes qui m’ont été remises par le colonel pour me prouver que Bernier et de Gerente sont deux intrigants ; deux de ces lettres sont écrites par un capitaine du 1er bataillon à Mr le colonel, la 1ère sous la date du 13 mars et l’autre sous celle du 16 juin. Par cette 1ère, ce capitaine reproche à son colonel de l’oublier dans la distribution de ses faveurs, et lui parle en général d’une manière peu convenable, et dans l’autre il dit qu’il lui adresse deux lettres de deux intrigants ; ces deux lettres sont de Gerente. Pourquoi, dit-il, ces deux intriguent ?
N°42
Sont trois lettres, deux de Mr le sous-inspecteur Privat, et une de Bernier, qui m’ont été remises par Mr le colonel Melfort, pour me prouver les torts de Bernier et de Gerente envers lui.
On remarque dans les deux lettres de Mr le sous-inspecteur, une tentative pour obtenir de Mrs Bernier et Gerente, un écrit ou rétractation des griefs compris dans les pièces qu’ils ont adressées au ministre, contre le colonel.
N°43
Un ordre du jour le 28 janvier dernier, qui prouve que Mr le colonel n’a point accueilli, comme le rapport du 20 mai le dit, les trois capitaines qui avaient divertis les deniers de leur troupe.
N°44
Est un marché simulé passé à Rome le 23 décembre dernier entre le conseil d’administration et un sieur Petrolli, capelier, pour 200 shakos, à raison de 9 frs pièce.
Ce marché a été signé par les membres du conseil comme toutes les autres opérations du conseil, avec confiance ; cet acte est l’œuvre du major et du capitaine d’habillement d’Oraison. Je n’ai jamais pu en obtenir une explication claire à cet égard.
On est autorisé à croire, que dans ce nombre de 200 shakos, on en a fait entrer des neufs, déjà payés et non livrés, pour lesquels on a fait paraitre des coûts dans la comptabilité du trimestre précédent. Mr le major dit qu’il a vu au magasin trois caisses de shakos neufs. Pour savoir la vérité, il faudrait interroger d’Oraison et son aide sur faits et articles (voir n° 38).
N° 45
Sont deux pièces, dont l’une sous la date du 18 février est un marché vrai passé entre le colonel Melfort et un Sieur Rotti, fournisseur à Rome, pour les vivres de la troupe et son bois.
L’autre est le simulacre de ce marché qui était destiné à tromper la vigilance du sous-inspecteur aux revues, par ce que le vrai marché porte des conditions, au préjudice du soldat.
N° 46
Sont trois pièces, ou notes explicatives du marché ci-dessus, une de ces pièces prouve, que le fournisseur Rotti a payé 211 frs 47 pour remises du marché, qui ont été portés au registre d’économie.
Une autre prouve que par ordre du colonel, il a été fait un décompte sur la solde du soldat, qui devait produire en bénéfice 78 frs 60 par jour, sur 3000 hommes.
N° 47
Sont des notes, et une copie de lettres du major au colonel, sous la date du 25 décembre dernier.
Ces notes portent que le colonel s’est fait rembourser, le 15 mars dernier, 50 piastres pour les frais d’un diné qu’il a donné aux officiers du 1er bataillon.
La lettre donne avis que la retenue pour les pantalons, n’est pas tolérée et pour mieux dire est abusive.
Mr le colonel a dit dans la procédure qu’il a donné des ordres contraires.
Cependant, la retenue existe toujours.
N° 48
Est une lettre du capitaine Sveifel, qui donne des instructions à Mr Laville sur les économies.
N°49
Est une lettre et un état d’économie, coupé d’un registre.
Pour découvrir la vérité de ce fait, il faudrait un procès en règle
" (Papiers du général Paul Grenier. VII. 1768-1827, BNF, Paris. Docs 9 à 15, pages 28 et suivantes).

Cornet de Voltigeurs RGT de la Tour d'Auvergne, 1809-1811Cornet de Voltigeurs RGT de la Tour d'Auvergne, 1807-1809
Fig. 23 A gauche, Cornet de Voltigeurs, 1807, d'après P. Bunde; Fig. 24 à droite, Cornet de Voltigeurs, 1807-1809, d'après R. Forthoffer, Fiche Documentaire 213 (avec l'aimable autorisation de Mr Jean-Yves Forthoffer);

"Fait qui peuvent être reprochés aux cinq officiers du régiment de la Tour d’Auvergne, compris dans la lettre de S. E. le Ministre de la Guerre, sous la date du 3 octobre dernier.
MM. de Melfort, Zimmer, de Gerente, Bernier et Hermand.
Le premier, Mr le colonel : 1° Pour avoir abandonné le dépôt de son régiment dans le plus déplorable état, étant à Rome vers la fin de l’année dernière.
2° Pour avoir ordonné une retenue sur la solde, dont il n’a point donné l’explication dans l’information.
3° Pour avoir toléré ou ordonné une masse noire dite économique.
4° Pour avoir laissé gaspiller une économie de 45000 francs faite sur des marchés d’habillement faits à Naples.
5° Pour n’avoir pas puni le major qui a quitté son poste de Chieti sans ordre, et pour n’en avoir pas rendu compte.
6° Pour n’avoir pas mis Bernier et d’Oraison en présence du major, quand ils lui ont dénoncé ses bénéfices.
7° Pour n’avoir pas fait disparaitre le marché simulé relatif aux 200 shakos ; compter au magasin ces shakos pour ce qu’ils avaient coûté ; supporté les deux écus donnés pour boire au chapelier qui a prêté son nom à celui qui les avait donnés et enfin, pour n’avoir pas empêché que 1602 francs, bénéfice illégitime que ces shakos ont procuré fussent portés à la masse d’économie.
8° Pour avoir passé un marché de vivres le 12 février dernier avec un Pierre Rotti, fournisseur à Rome, portant une retenue de 50 écus romains par mois et par chaque mille rations et pour avoir ordonné qu’on fit un simulacre de ce marché à l’effet de tromper la surveillance de l’inspecteur aux revues.
9° Pour s’être fait rembourser 50 piastres par la masse d’économie, pour les frais d’un diné qu’il a donné chez lui aux officiers du 1er bataillon.
10° Pour avoir fait donner aux six compagnies qui étaient à Florence, à la tête desquelles il s’est fait reconnaître, 144 francs qui ont été supportés par la masse d’économie.
11° Pour n’avoir pas fait tenir le registre des délibérations du conseil au courant.
12° Pour avoir, comme président du conseil, demander à dessein au sous-lieutenant Bernier, le registre de caisse quand il savait qu’il était entre les mains du capitaine Zveifel.
13° Pour n’avoir pas maintenu la caisse aux trois clefs, comme les règlements le prescrivent.
14° Pour avoir compromis sa dignité, en provoquant son subalterne en lui demandant sa démission.
15° Pour avoir par l’impétuosité de son caractère, provoqué une scène scandaleuse qu’il aurait pu empêcher par la prudence.
16° Pour avoir signé des délibérations auxquelles il n’a point pris part.
Pour avoir signé quatre sur une feuille volante, lesquelles sont en blanc, dont deux sont relatives à des marchés d’habillement et d’équipement.
Et enfin pour avoir également signé des marchés en blanc qui ont été passés à Naples où est le conseil d’administration.
17° Pour avoir mis aux arrêts de rigueur et en prison Bernier et de Gerente sur une déclaration que les pièces prouvent être une convention entre lui et le major.
Pièces 5,6, 7, 8, 9, 10, 13 et 17.
Le second Mr le major :
1° Pour avoir arbitrairement fixé les prix des effets de linge et chaussure pour l’an 1810.
2° Pour avoir quitté le commandement du 1er bataillon, qui était dans les Abruzzes, sans ordres.
3° Pour avoir fait des marchés de vivres et de bois au préjudice du soldat, avec un sieur Rotti fournisseur à Rome.
4° Pour avoir ordonné un marché de 200 shakos, marché simulé dont ni lui, ni le capitaine d’habillement n’ont pu donner le détail.
5° Pour avoir pris de diverses manières 1200 francs environ sur la masse d’économie.
Le troisième le sous-lieutenant Bernier
Pour avoir porté un démenti à son chef (au major) devant 15 ou 20 officiers.
Le quatrième le lieutenant de Gerente
Cet officier ami de Bernier, n’a pris part à tout ce que ce dernier a écrit, que parce qu’il a été puni avec lui, d’après la déclaration du major qu’il avait participé au rapport du 20 mai.
Le cinquième et dernier, le quartier-maître Hermand.
Qui est compris dans le rapport du 20 mai, comme ayant participé au gaspillage des 45000 francs, a avoué que Mr Sveifel lui a compté 300 ducats à titre de gratification, qu’il est prêt à restituer.
Qu’il a reçu les appointements de capitaine de 2e classe, mais il a montré une confirmation provisoire de ce grade sur la nomination de Mr le colonel de Latour d’Auvergne ; cet officier m’a paru en règle à cet égard.
Il est également vrai qu’il a prêté de l’argent au colonel.
Les conclusions qu’on peut prendre dans cette affaire sont que Mr le colonel de Melfort s’est compromis envers ses inférieurs en les approchant trop de lui, et en leur faisant des confidences, desquelles ils se sont servis pour lui faire la loi, autant pour redescendre à la distance qui leur était nécessaire, que pour exiger de lui les promesses qu’il leur avait faites. S’étant ennuyé de cette tyrannie subalterne, il a cru pouvoir la faire cesser en employant des moyens extrêmes ; il s’est trompé.
Maintenant je dois donner le détail des raisons qui ont fait comprendre Mr le capitaine Zveifel dans cette affaire.
M. Le capitaine Zveifel a été cité par le rapport du 20 mai, comme ayant reçu une partie des 45000 francs provenant des économies faites sur des marchés d’habillement.
Il m’a remis un bordereau écrit de sa main et reconnu par lui dans le procès-verbal, portant une recette de 42970 francs 68 centimes et une dépense de 42966 francs.
M. Le capitaine a déclaré au procès-verbal avoir réalisé ladite somme de 42970 francs 68 centimes sur des marchés d’habillements pour être mis en économie.
J’ai demandé à M. Zveifel s’il était possesseurs de cette somme pour le compte du régiment, il m’a montré qu’elle était dépensée moins 4 francs.
Je lui ai demandé les pièces qui avaient autorisé la dépense de cette somme, il m’a remis cinq feuilles volantes sans date, sans signatures et sans la moindre apparence valable.
De cet instant de mon information, j’ai jugé que M. Zveifel s’obstinait à vouloir taire une explication que lui seul pouvait faire.
J’ai rendu compte à M. le général comte Grenier de cette circonstance et j’ai demandé à ce que M. le capitaine Zveifel fut mis aux arrêts de rigueur jusqu’à ce qu’il lui plût de s’expliquer ; ce capitaine
a été mis au fort de l’œuf ou j’ai été le questionner.
Il m’a dit que sur les 42970 francs 68 centimes, 18715 francs 65 c avaient été par délibération du conseil, du 26 septembre 1809, mis à sa disposition pour couvrir des rejets de l’inspection. J’ai pris copie de cette délibération au procès-verbal, et j’ai reconnu qu’elle ne dit pas un mot de ce que M. Zveifel avance.
Je l’ai questionné à cet égard, et il m’a répondu qu’il a pu se tromper sur le sens de cette délibération, mais que pour certains c’est d’après elle qu’il a porté en recettes les 18715 francs.
M. Le capitaine Zveifel a réalisé une économie sur des marchés en tous genres montant à 42970 francs 68 centimes. Cette recette est avouée par lui et prouvée par l’information.
Les pièces qu’il produit pour justifier sa dépense sont-elles valables ?
Il est bon d’observer que depuis quatre années M. Zveifel est chargé de toutes les affaires du régiment, ainsi qu’il est détaillé par l’analyse, on peut voir par le procès-verbal, que M. Bergeret, membre du conseil d’administration dit, « que les marchés en blanc sous la date des 22 et 24 mars passés entre le conseil et les sieurs Scotto et Cattaldo, marchand de Naples, ont été signés à Sainte-Marie de Capoue pour être envoyés à Naples à M. Zveifel qui avait réglé ces marchés ».
M. Zveifel a nié ce fait au procès-verbal, il a également nié avoir eu connaissance du marché de Turin et enfin il a été impossible de le faire expliquer.
Les derniers marchés ont été simulés, on doit le supposer d’après la séance couchée au procès-verbal, pendant laquelle ni le colonel, ni le Major, ni le capitaine d’habillement, ni M. Zveifel, agent général du corps et ni les quartiers-maitres n’ont pu me répondre et encore moins me représenter les marchés faits doubles, signés de Scotto et Cattaldo, quand il est certain que ces marchés sont consommés. La conclusion que l’on peut prendre à l’égard de M. Zveifel, est que si la dépense des 421970 francs 68 c eut été légitime, malgré que la recette de l’était pas, il aurait pu l’avouer, et que le silence gardé dans la séance précitée est une preuve incontestable que les marchés des 22 et 24 mars ont servi à donner une économie, peut-être plus forte que la première, mais de laquelle on n’a pu trouver des preuves matérielles ni avoir le registre
" (Papiers du général Paul Grenier. VII. 1768-1827, BNF, Paris. Docs 16 page 42).

Sapeur RGT de la Tour d'Auvergne, 1810Musicien RGT de la Tour d'Auvergne, 1807-1809
Fig. 25 A gauche, Sapeur, 1810, d'après R. Forthoffer, Fiche Documentaire 210 (avec l'aimable autorisation de Mr Jean-Yves Forthoffer); à droite, Sapeur d'après P. Bunde, 1807-1809

Le 20 décembre 1810, le Général Grenier écrit au Ministre de la Guerre : "En adressant à Votre Excellence avec ma lettre du 18 de ce mois les pièces relatives aux discussions qui ont eu lieu dans le régiment de la tour-d’auvergne, j’ai eu l’honneur de lui annoncer que je lui enverrai par le premier courrier le rapport fait par le sous inspecteur aux revue Guillien sur la situation administrative de ce régiment. Votre Excellence le trouvera ci-joint. J’ai ajouté en marge des notes sur quelques paragraphes de ce rapport qui m’ont particulièrement frappé et qui semblent liés aux différents détails obtenus par l’interrogatoire sur les abus existant dans la direction de ce régiment.
Comme j’ai eu l’honneur d’en rendre compte à Votre Excellence, j’ai, conformément à ses ordres, adressée à M. l’inspecteur aux revues de l’armée, le procès-verbal des déclarations qui ont été faites avec copie de toutes les pièces qui ont rapport à la comptabilité et qui peuvent l’éclairer sur les abus qui paraissent exister dans le régiment ; par ma lettres subséquente du 18, je fixe toute son attention sur les marchés simulés (bases de toutes les économies), sur les retenues exercées, et enfin sur leur emploi ; je lui enjoint d’envoyer de suite près de ce régiment un sous inspecteur aux revues qui ne devra le quitter que lorsque la gestion sera établie d’une manière régulière et afin que ce sous inspecteur soit constamment appuyé de l’autorité militaire, j’ai donné l’ordre au général Jalras de suivre toutes les opérations qui auront lieu, d’interposer son autorité toutes les fois qu’il sera nécessaire, et enfin de me rendre compte exactement des progrès d’amélioration qui résulteront des opérations de l’inspecteur.
Votre Excellence trouvera ci-joint encore copie de ma lettre à l’inspecteur aux revues plus des instructions que je donne sur le même objet au général Jalras.
J’ai l’honneur de mettre aussi sous les yeux de Votre Excellence une lettre que je viens de recevoir de l’hôpital de San Lorenzo della Padula de la part d’un nommé Dégudy, soldat au régiment de la Tour d’Auvergne. Elle n’a pas pour objet de faire connaître les plaintes de cet individu contre le colonel de Melfort parce qu’elles peuvent être supposées ou dictées par l’animosité, mais bien pour prendre les ordres de Votre Excellence sur cet individu qui avoue avoir été au service d’Espagne près de la Romana, fait prisonnier et ensuite déserté du dépôt des prisonniers ; en attendant qu’elle daigne me faire connaître ce qui aura été décidé à son égard, je vais donner les ordres nécessaires pour le faire arrêter et mettre en haut lieu de sûreté.
Ps. A l’instant où le régiment de la Tour d’Auvergne a reçu l’ordre de se rendre à Lagonegro, M. le colonel de Melfort s’en dit malade et a produit des certificats des officiers de santé ; comme le général Jalras et un sous inspecteur aux revues se rendent dans ce dernier endroit avec les instructions jointes à ma présente lettre pour y vérifier la comptabilité du régiment, j’ai renouvelé l’ordre à M. de Melfort de s’y rendre aussi à l’effet de pouvoir répondre aux question qui doivent lui être faites
" (Papiers du général Paul Grenier. VII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 5 page 19).

Le 6 janvier 1811, le Général Comte de Lobau Mouton, Aide de camp de l’Empereur, écrit, depuis Paris au Général de Division Comte Grenier, Chef de l’Etat-major général de l’armée française dans le Royaume de Naples : "J’ai reçu, mon général, la note qui était jointe à votre lettre du 13 décembre dernier. Je vous remercie infiniment de la preuve d’obligeance que vous avez la bonté de me donner. Il est vrai, mon général, que je prends intérêt à M. le major Zimmer ; cet officier est de mon pays : ses services sont honorables ; il a reçu plusieurs blessures et je l’ai constamment cru un officier distingué ; sa conduite avait jusqu’ici justifié mon opinion, et il a fallu qu’il entra dans le corps où il sert aujourd’hui pour altérer sa réputation, et faire chanceler la bienveillance que je lui avais vouée depuis de longues années. En somme, le régiment dont il fait partie semble, sous les rapports administratifs, une espèce de pétaudière où beaucoup trop de gens sont répréhensibles. Il a fallu pour continuer à opérer d’après les bases établies, que ce malheureux major donnât en arrivant dans les pièges qui lui étaient présentés afin d’augmenter le nombre des coupables, et se trouver dans l’impossibilité de les signaler ainsi qu’il aurait dû le faire ; mais aujourd’hui sa probité a reçu une atteinte ; il me devient très difficile de me déclarer ostensiblement son défenseur, quoi que je le suppose toujours beaucoup plus faibles que vicieux. Au surplus Son Excellence le Ministre de la guerre qui a provoqué cette espèce de procédure la terminera comme il le croira opportun et si, en résultat, le major précité, éprouvait une forte lésion je ne pourrais en être affligé. Il est toujours vrai qu’il est malheureux de prendre part aux affaires d’une administration aussi mal dirigée.
S’il arrivait, mon général, que je vous fusse bon à quelque chose dans ma position je vous prie de disposer de moi, et d’agréer les sentiments distingués que j’ai l’honneur de vous présenter
" (Papiers du général Paul Grenier. VII. 1768-1827, BNF, Paris. Docs 34 page 80).

Le 17 janvier 1811, le Général Grenier écrit au Ministre de la Guerre, le Duc de Feltre : "J’ai l’honneur d’adresser à Votre Excellence copie conforme d’un règlement de travail fait par M. le sous-inspecteur Guillien chargé de la vérification de la comptabilité du régiment de la Tour d’Auvergne, pour servir à cette même vérification ; il m’a paru très convenable. M. l’inspecteur Ferrand a également adressé au bureau central de l’inspection copie de ce même règlement" (Papiers du général Paul Grenier. VII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 6 page 22).

Tambour major RGT de la Tour d'Auvergne, 1810Tambour major RGT de la Tour d'Auvergne, 1810
Fig. 26 A gauche, Tambour major, 1810, d'après un dessin de la Collection Knötel, à Rastatt; Fig. 26a à droite, Tambour major, 1810, d'après P. Bunde

Le 4 mars 1811, le Colonel de Melfort écrit au Général Grenier : "Persuadé que d’après les éclaircissements qui ont dû vous parvenir soit par M. le sous-inspecteur aux revues Guillien, soit par M. le général Saban, tout est de nature à me rendre votre estime, ayant tout lieu de me flatter, d’après les nouvelles que je reçois de Paris, que mon sort ne tardera point à être décidé d’une manière favorable, je vous prie de vouloir bien me permettre de me rendre à Naples pour soigner ma santé jusqu’à cette décision et y régler quelques affaires d’intérêt qui sont pour moi de toute urgence dans les circonstances où je me trouve.
J’ai l’honneur d’être avec respect
" (Papiers du général Paul Grenier. VII. 1768-1827, BNF, Paris. Docs 35 page 82).

Le 16 mars 1811, le Ministre de la Guerre, le Duc de Feltre, écrit, depuis le Ministère de la Guerre, Bureau de la police militaire à Paris, au Général Grenier, Chef de l’Etat-major général de l’Armée de Naples : "Général, j’ai reçu avec la lettre que vous m’avez fait l’honneur de m’écrire, la copie de l’enquête et les différentes pièces relatives aux désordres qui ont eu lieu dans l’administration du régiment de la Tour d’Auvergne et aux dissensions qui en ont été la suite, entre MM. de Melfort, colonel, Zimmer, Major, Gerente, Bernier et Hermann, lieutenant, sous-lieutenant et quartier-maître.
Je vous remercie de cet envoi et vous prie de presser le travail de l’inspecteur aux revues, que vous avez chargé de la vérification de la comptabilité de ce régiment, et de m’en adresser le résultat, afin de me mettre à portée de prononcer sur le parti ultérieur qu’il conviendra de prendre à l’égard de ces officiers.
Quant aux 1200 francs que M. Zimmer est accusé d’avoir pris dans la caisse d’économie pour couvrir des dépenses particulières telles qu’un collier donné à Mme de Melfort etc., je dois vous faire remarquer qu’il n’est pas à ma connaissance que M. de Melfort soit marié, si ce n’est avec lady Mackenzie, avec qui il est brouillé ou divorcé, et qui a dû retourner en Ecosse sa patrie.
D’un autre côté il m’est revenu que le désordre de la comptabilité de ce régiment n’a été réparé que par un travail forcé fait par M. de la Jumelière, pour sauver M. de Melfort de la crise où il se trouvait. Ce travail pouvant n’être qu’un tissu d’erreurs, il sera nécessaire qu’il soit examiné avec soin. Je vous prie de donner des ordres à ce sujet.
Recevez, général, l’assurance de ma parfaite considération.
Note dans la marge :
On le prie de presser la vérification et la comptabilité du régiment de la Tour d’Auvergne et de faire examiner avec soin le travail qui a été fait pour réparer le désordre de cette comptabilité.
Pour vous seul
" (Papiers du général Paul Grenier. VII. 1768-1827, BNF, Paris. Docs 36 page 84).

Le 31 août 1811, le Général de Division Grenier écrit au Duc de Feltre, à Paris : "J’ai en son temps adressé à V. E. toutes les pièces de l’information qu’elle m’a chargé de faire prendre, sur MM. Melfort, Zimmer, Hermann, Gérente, Bernier et Zweiffel, du régiment de La Tour d’Auvergne ; je lui ai également adressé les procès-verbaux et les rapports du sous-inspecteur aux revues Guillien, sur la comptabilité de ce régiment et ai prié V. E. de prononcer sur le sort de ces officiers ; néanmoins, cette affaire n’est pas encore terminée ; ces officiers sont malheureux au-delà de toute expression, réduits depuis près d’un an au tiers de leur solde ; ils attendent une décision ; daignez, monseigneur, la donner, toute incertitude nuit même à la discipline du corps, pars les partis que les uns et les autres ont su y maintenir en leur faveur" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 171 page 340).

- Fin 1810-1811, au plan militaire

Le 27 décembre 1810, on informe l'Empereur que "Le roi de Naples acceptera volontiers les déserteurs étrangers qui lui seront envoyés d'Italie ; mais il aurait préféré le 1er régiment suisse et ceux d'Isembourg et de la Tour d'Auvergne.
Ses motifs pour cette préférence ne paraissent pas suffisants pour faire révoquer la décision qui conserve ces régiments au service de France ...
" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 3, lettre 4936 - Non signée ; extraite du « Travail du ministre de la guerre avec S. M. l'Empereur et Roi, daté du 26 décembre 1810 »).

Le même 27 décembre 1810, "Sa Majesté est priée de faire connaître ses intentions à l'égard de 97 hommes de l'infanterie et de l'artillerie de l'ex-garde hollandaise qui sont nés Allemands et qui ne sont dans aucun des cas prévus par le décret du 30 octobre 1810"; l'Empereur répond : "... 3 de la Poméranie suédoise, 2 de la Suède, 70 de la Confédération du Rhin à envoyer dans le régiment de la Tour d'Auvergne" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 3, lettre 4936 - Non signée ; extraite du « Travail du ministre de la guerre avec S. M. l'Empereur et Roi, daté du 26 décembre 1810 »).

Copie du classement corrigé par S. E. le Ministre (pas de date en dehors de 1810) :

Etat-major du Régiment
Numéro
Noms
Grade
Date des Décrets de S. M.
/
/
1
2
3
1
2
3
4
/
1
2
/
De Melfort
Zimmer
Banyuls
D'Averton
Thilorier
Bonhotte
Komierowsky
Vinzelles
Malcomes
Laurent
Jaeger
Gilles
Garborini
Colonel
Major
Chef de Bataillon
Id
Id
Capitaines adjudants-majors
Id
Id
Id
Chirurgien-major
Aide major
Id
Chirurgien sous aide major
10 février 1809
9 janvier 1809
4 juillet 1809
/
18 février 1810
18 février 1808
18 février 1808
6 août 1809
5 décembre 1809
11 Brumaire an 14
14 Brumaire an 14
14 Brumaire an 14
/
Capitaines
Lieutenants
Sous-lieutenants
Numéro
Noms
Date des Décrets de S. M.
Numéro
Noms
Date des Décrets de S. M.
Numéro
Noms
Date des Décrets de S. M.

1
2
3
4
1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13

Hautz
Bergeret
Desrosières
Dettlingen
Salomon
Zornholz
Morlet
D'Aspect
Lyon
Champenoy
Dellamarre
Ducolombier
La Chevallerie
Berthelot
Bonin
Brisollier
Debonde
D'Oraison
Zweifel
Dallerit
Casenave
Dupuith
Orich
Duschaftans
La Jumelière
Gallemant
Pitt-Aubert
Girard
Gombert
Sainte-Colombe
Barerra
Schmelzer
Saint-Cyr
16 Frimaire an 14
id
id
9 mars 1806
9 mars 1806
Id
31 mars 1806
Id
19 avril 1806
Id
Id
12 mai 1806
18 janvier 1808
18 février 1808
Id
Id
27 juillet 1808
21 novembre 1808
27 mars 1809
Id
6 août 1809
Id
Id
17 août 1809
Id
Id
Id
28 décembre 1809
Id
8 janvier 1810
20 janvier 1810
4 mars 1810
Id
1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
Desestangs
Lagger
Eyrisch
Hamberger
Gonnet
Cherrière
La Brosse
Gerente
Galiffe
Cottin
Duhasmel
Decker
Lequeu
Descombes
Freand (?)
Valla
Gerardot
Mauduit
Magalon
Weiss
Stoup
Hautz
Mongelas
Maine
Praileur
Lebrun
Lagarenne
Cheverry
31 mars 1808
19 avril 1808
18 février 1808
Id
1er avril 1808
Id
27 juillet 1808
Id
Id
27 mars 1809
Id
6 août 1809
Id
Id
Id
17 août 1809
Id
Id
20 septembre 1809
29 septembre 1809
6 octobre 1809
28 décembre 1809
Id
8 janvier 1810
Id
Id
Id
27 mars 1810
1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
Bergeret
Baillivy
Bernier
Francheteau
Greder
Despagnes
Villemejeanne
Castelnau
Schweighardt
Lallemand
Saint-Pons
Ponthier
La Cornilière
Beaudinot
Berga
Degrand (?)
Rockreuse (?)
Monbront
Piedoyds
De Ville
Schadler
Sturm
Ruiz
Deblois
Roebal
Bonn
Gaston Banuyls
Bougel
18 février 1808
Id
1er avril 1808
Id
27 juillet 1808
Id
Id
Id
27 mars 1809
Id
Id
Id
6 août 1809
Id
Id
17 août 1809
Id
Id
Id
Id
6 octobre 1809
Id
8 novembre 1809
9 novembre 1809
28 décembre 1809
8 janvier 1810
6 mars 1810
11 mai 1810

"M. le Capitaine Dellamarra nommé primitivement au régiment par décret du 19 avril 1806, n'ayant pas rejoins, il fut pourvu à son remplacement le 1er avril 1808. Nommé de nouveau par décret du 27 mars 1809, il n'a rejoint le corps que le 16 avril, même année, la 4e compagnie du 3e bataillon détaché en Toscane, où il fut reconnu le 9 mai, ainsi qu'il résulte du contrôle de la dite compagnie de la revue. Ce n'est donc qu'en date de cette 5e nomination qu'il paraitrait devoir prendre rang parmi les officiers de son grade. Il existe depuis l'envoi du classement une réclamation de M. le capitaine Zornholz d'être placé avant les capitaines Dettlingen et Salomon, mais elle me parait devoir être placée sous les yeux de V. E. Le procés-verbal de formation du capitaine (27 Brumaire an 14 ou 18 novembre 1805) constate bien l'existence et la présence au corps de MM. Dettlingen et Salomon et ne parle pas de M. Zornholz. Il est vrai dudit, cependant, que cet officier se trouvait à Weissembourg le jour de la formation et figure le motif pour lequel il n'a pas été compris dans le procès-verbal dressé par le sous-inspecteur aux revues Mathis.
Pour copie conforme ...
De Melfort
"

"Mutations
MM. Trobriand, chef de bataillon, nommé aide de camp et remplacé.
De Besemeaux a repris le commandement des chasseurs de montagne du département de l'Ariège.
Deverton id nommé le 28 octobre 1809 a rejoint le 26 avril hors de service
De Thilorier, capitaine, nommé chef de bataillon par décret du 18 février 1810
Parbolin, sous-aide nommé le 22 janvier 1810, a rejoint le 28 avril 1810
Du Chaffaut capitaine retiré dans ses foyers par ordre de S. E. le duc de Castiglione
Cavance de Ségur, absent
Pérard, malade, hors d'état de faire aucun service
Deroches, capitaine commandant la 7e compagnie du 4e bataillon à Befort
Leonard de Saint-Cyr, nommé capitaine au 4e bataillon par décret du 4 mars 1810
Cottin, lieutenant, en congé du 9 décembre 1809 (confirmé ? certifié ?)
Leckowsky, id, nommé par décret du 16 août 1809 (n'a pas rejoint)
Schmeltzer, lieutenant, nommé capitaine par décret du 4 mars 1810
Weiss, id, nommé le 29 septembre 1809, a rejoint le 4e bataillon
Anheider, sous lieutenant, nommé dans le régiment d'Isembourg le 28 décembre 1809
Ruiz, sous-lieutenant, nommé le 8 novembre 1809, a rejoint le 22 mars 1810
Praileur, id, en congé, du 28 décembre 1809
".

"Etat nominatif de MM. les officiers du dit régiment au 1er janvier 1811 comprenant toutes les mutations survenues pendant le mois de décembre 1810.
Employés dans le royaume de Naples
Etat major : Colonel Joseph Louis Drummond de Melfort, suspendu de ses fonctions le 1er novembre par ordre de S. E. le Ministre de la Guerre; Major Joseph Zimmer, id; Quartier maître Frédéric Hermand, id; Officier payeur Henry Delloy, Chirurgien major Charles Laurent; Chirurgiens aides-majors Jacques Nicolas Gilles et Emanuel Jaeger; Sous-aide major Jacques Garborini.
1er Bataillon
Etat-major : Chef de Bataillon Justin Thilorier, Adjudant-major Alexandre Bonhotte
Carabiniers : Capitaine Alexandre D'Aspect, Lieutenant Jacques Eyrisch, Sous-lieutenant Goswin Schweikhart. 1ère Compagnie : Capitaine Michel Hautz, venu des Voltigeurs du 1er le 1er décembre; Lieutenant Casimir Gerente, venu de la 4e du 3e le 1er décembre, suspendu de ses fonctions le 1er novembre par ordre de S. E. le Ministre de la Guerre.
Voltigeurs : Capitaine Charles Bonnin, venu de la 5e du 1er le 1er décembre; Lieutenant Louis Duhamel; Sous-lieutenant Charles Curicr.. (?) de Castelnau
3e Compagnie : Capitaine Joseph Dellamara, venu de la 4e du 3e le 1er décembre; Lieutenant Edenard D'Espagnol
4e Compagnie : Capitaine Charles Ulrich, venu de la 7e du 2e le 1er décembre; Sous-lieutenant Ferdinand Lagranville, venu de la 1ère du 1er le 1er décembre 5e Compagnie : Capitaine Charles Cherrière, venu de la 4e du 2e le 1er décembre; Sous-lieutenant Joseph Bougel
2e Bataillon
Etat-major : Chef de Bataillon Charles Pierreville; Adjudant-major Louis Komierofsky
Carabiniers : Capitaine René De La Jumelière, venu de la 6e du 3e le 1er décembre; Lieutenant Alexandre Lequeu; Sous-lieutenant Amédée Saint-Font, venu du 3e du 2e le 1er décembre
1ère Compagnie : Capitaine Pierre Auguste de Bergeret; Sous-lieutenant Charles Bacqueville
Voltigeurs : Capitaine Thebaut D'Allerit; Lieutenant Rabot Lebrun, venu de la 4e du 1er le 1er décembre, étant à l'hôpital de Naples le 18 novembre; Sous-lieutenant Charles Rocreuses, venu de la 5e du 2e le 1er décembre.
3e Compagnie : Capitaine Philippe Robert Du Colombier, venu de la 8e du 1er le 1er décembre; Lieutenant César Bergeret.
4e Compagnie : Capitaine Charles De Vinzelles, venu de la 3e du 6e le 1er décembre; Lieutenant Louis Magalon, idem; Sous-lieutenant Edme Bernier, venu de la 3e du 3e le 1er décembre, suspendu de ses fonctions le 1er novembre par ordre de S. E. le Ministre de la Guerre.
5e Compagnie : Capitaine Pierre Pitaubert, venu de la 8e du 3e le 1er décembre, étant à l'hôpital de Naples du 1er novembre, en est sorti du 13 décembre
3e Bataillon
Etat-major : Chef de Bataillon Antoine CHarlesD'Averton, Adjudant-major Pierre Malcomes
Carabiniers : Capitaine Joseph De Champenoy, en congé du semestre du 16 décembre; Lieutenant Charles Hamberger; Sous-lieutenant Joseph Polinand
1ère Compagnie : Capitaine Charles Desrosières, venu de la 1ère du 5e le 1er décembre; Lieutenant Jacques De Combes, idem
Voltigeurs : Capitaine Prospère Des Etangs; Lieutenant Taillepied de la Garenne; Sous -lieutenant Charles Baillioy
3e Compagnie : Capitaine Charles Desbons, venu de la 3e du 2e le 1er décembre; Sous-lieutenant Louis Bonn, venu de la 7e du 3e le 1er décembre
4e Compagnie : Capitaine Maurice Sainte-Colombe, venu de la 7e du 2e le 1er décembre; Sous-lieutenant Louis Beusch, venu de la 1ère du 3e le 1er décembre
5e Compagnie : Capitaine Louis Girard, venu des capitaines à la suite le 1er décembre; Lieutenant Charles Galliffe, venu de la 7e du 3e le 1er décembre.
5e Bataillon
Etat-major : Adjudant major Alphonse Cottin, venu de la 1ère du 2e le 1er dcembre
Carabiniers : Capitaine Pierre Lyon, venu de la 5e du 3e le 1er décembre; Lieutenant Amade Maine, venu de la 3e du 5e le 1er décembre
1ère Compagnie : Capitaine Nicolas Salomon, venu des Carabiniers du 2e le 1er décembre; Sous-lieutenant Emanuel Ruiz, venu de la 8e du 3e le 1er décembre
Voltigeurs : Capitaine Charles Gallemant, venu de la 4e du 1er le 1er décembre; Lieutenant Jean Decker, venu de la 1ère du 3e le 1er décembre; SOus-lieutenant Hypolite De Pouthier, venu de la 3e du 3e le 1er décembre
3e Compagnie : Capitaine Frédéric Zweifel, venu de la 1ère du 3e le 1er décembre; Sous-lieutenant Clément Villemejane, venu de la 4e du 3e le 1er décembre
4e Compagnie : Capitaine Arnold Schmelzer, venu de la 3e de la 3e le 1er décembre; Sous-lieutenant Thomas Serjiuste, nommé par décret le 31 août 1810, arrivé au corps le 8 décembre
5e Compagnie : Capitaine Louis Gonnet Tasigny, venu de la 3e du 2e le 1er décembre. 6e Bataillon
Etat-major : Jean Hautz, adjudant-major
Carabiniers : Capitaine Hunault de la Chevallerie, venu de la 5e du 5e le 1er décembre; Lieutenant Charles Mongelas, venu de la 1ère du 1er le 1er décembre; Sous-lieutenant Jospeh Laugier, venu de la 8e du 2e le 1er décembre, étant à l'hôpital de Naples du 26 novembre.
1ère Compagnie : Capitaine Louis Morlet, venu de la 1ère du 1er le 1er décembre; Lieutenant Joseph Francheteau.
Voltigeurs : Capitaine Alexandre Gombert, venu de la 7e du 1er le 1er décembre; Lieutenant Alexandre Labrosse, venu de la 5e du 2e le 1er décembre; Sous-lieutenant Louis Baudinot, venu de la 5e du 5e le 1er décembre.
3e Compagnie: Capitaine Arnold D'Oraison, venu de la 7e du 3e le 1er décembre.
A la Suite
Capitaine Franois Zornholz, venu de la 1ère du 1er le 1er décembre; Capitaine Louis Girard
".

Musicien RGT de la Tour d'Auvergne, 1810

Fig. 27 Musicien, 1810, d'après P. Bunde

Dès le 1er janvier 1811, justement, le Général de Brigade Jalras se charge de réorganiser le Régiment sur la base suivante :
- Etat major : 1 Colonel, 1 Major, 1 Quartier-maître trésorier, 1 Officier payeur, 1 Chirurgien-major, 3 Chirurgiens aide-major, 4 Chirurgiens sous-aide-major, 1 Tambour-major, 8 Musiciens, 1 Caporal-tambour, 4 Maîtres ouvriers.
- Bataillons : Chaque Bataillon sous les ordres d’un Chef de Bataillon assisté d’un Adjudant-major et de deux Adjudants sous-officiers.
- Compagnies : 1 Capitaine, 1 Lieutenant, 1 Sous-lieutenant, 1 Sergent-major, 4 Sergents, 1 Fourrier, 8 Caporaux, 2 Tambour et 111 hommes.

Mais le Corps est tellement réduit qu’il ne peut constituer que trois Compagnies de Chasseurs par Bataillon. Le 6e Bataillon n’a pas de Compagnie d’élite. C’est pour cette raison que, le 7 février 1811, "On fait connaître à Sa Majesté que le détachement de 73 hommes du 2e régiment de grenadiers à pied de la garde, qui a été dirigé sur le dépôt du régiment de La Tour d'Auvergne à Strasbourg, était formé de militaires de l’ex-garde hollandaise que Sa Majesté a ordonné d'envoyer à ce régiment"; ce à quoi l'Empereur répond : "Aussitôt que possible, le faire passer par le Simplon à Naples" (P&T, IV, 5044 - Non signées ; extraites du « Travail du ministre de la guerre avec S. M. l’Empereur et Roi, daté du 6 février 1811 »).

Lorsque le Roi de Naples propose à nouveau de prendre à son service le Régiment de la Tour d'Auvergne (ainsi que le Régiment d'Isembourg et le 1er Suisse), et de rembourser le prix de l’habillement et de l’armement, Napoléon refuse encore une fois, écrivant le 25 mars 1811 que Murat doit d’abord payer tout ce qu’il doit aux Corps français (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1911, t.3, lettre 4520; P&T, IV, 5236 ; O&A, III, 4520).

Le 26 avril 1811, à Saint-Cloud, "On prend les ordres de Sa Majesté sur la demande d'un congé de six mois que fait le conseil d'administration du régiment de La Tour d'Auvergne, en faveur d'un sergent-major du 6e bataillon de ce corps" ; "Approuvé", répond l'Empereur (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 4, lettre 5396 - Non signée ; extraite du « Travail du ministre de la guerre avec S. M. l’Empereur et Roi, daté du 24 avril 1811 »).

Le 8 mai 1811, en première demande, "On met sous les yeux de Sa Majesté la demande que fait le général de brigade Sénécal, employé à l'armée de Naples, du sieur Gonnet-Tassigny, capitaine au régiment de La Tour d'Auvergne, pour aide de camp.
On demande les ordres de Sa Majesté sur cette demande
" ; "Refusé" répond l'Empereur. Et en 2e demande, "Sa Majesté est priée de faire connaître ses intentions sur la demande d'extradition faite par le gouvernement de Bade du nommé Goebel, déserteur du régiment de Hochberg, actuellement au dépôt du régiment de La Tour d'Auvergne"; "Accordé", répond Napoléon (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 4, lettre 5458 - Non signées ; extraites du « Travail du minière de la guerre avec S. M. l’Empereur et Roi, daté du 8 mai 1811 »).

En juin 1811, nouvelle demande de Murat de prendre à son service le Régiment de la Tour d'Auvergne, et nouveau refus le 8 juin (P&T, IV, 5571 ; O&A, III, 4606). Et, le 20 juin 1811, l'Empereur écrit même, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, à Paris : "Ecrivez aux colonels des régiments de la Tour d’Auvergne et d'Isembourg qu'ils doivent toujours rester à mon service, que je suis loin de vouloir les céder au roi de Naples" (Brotonne (L. de) : « Dernières Lettres inédites de Napoléon 1er, collationnées sur les textes et publiées », Paris, 1903, t. 2, lettre 1443 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27361).

En fait, l’Empereur a d’autres projets. Le 24 juin 1811, Napoléon, depuis Saint-Cloud, décrète : "L'armée française de Naples est dissoute. Ses généraux, officiers d'états-majors, commissaires des guerres, employés d'administration sous quelques titres que ce soit, qui ne seront point compris dans l'organisation du corps d'observation de l'Italie méridionale, dont la composition est réglée par l'article suivant, se rendront à Rome.
Il sera formé un corps d'observation de l'Italie méridionale, qui sera composé de trois brigades : La 1re brigade sera composée de 5 bataillons du 22e régiment d'infanterie légère ; la 2e brigade, de 6 bataillons du régiment de La Tour d'Auvergne ; la 3e brigade, de 4 bataillons du régiment d'Isembourg. Deux compagnies d'artillerie à pied avec 12 pièces de canon attelées ct les caissons d’approvisionnements nécessaires seront attachées à ce corps. Ce corps d'observation restera toujours réuni ; il ne pourra être commandé que par des officiers français et ne sera employé, sur la demande du roi de Naples, qu'en cas de danger pour la sûreté de son royaume
" (Chuquet A. : « Inédits napoléoniens », Paris, 1913, t.1, lettre 466).

Colonel RGT de la Tour d'Auvergne, 1808
Fig. 28 Colonel en 1808, d'après Buquoy

Le même 24 juin 1811, l’Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, à Paris : "Monsieur le duc de Feltre, vous recevrez un décret qui dissout l'armée de Naples et forme un corps d'observation de l'Italie méridionale. Ce corps sera commandé par le général Grenier et sera composé d'une division de trois brigades.
La 1re brigade sera composée des cinq bataillons du 22e régiment d'infanterie légère, et commandée par le général Sénécal ; la 2e brigade, des six bataillons du régiment de la Tour-d'Auvergne, et commandée par le général Lanchantin ; et la 3e brigade, de quatre bataillons du régiment d'Isembourg, et commandée par le général Decouz ...
Ce corps se réunira dans les lieux les plus sains entre Naples, Capoue et Gaète. Il sera exclusivement sous les ordres du général Grenier, qui correspondra directement avec vous et recevra vos ordres. Il ne sera point employé à la police du pays, et ne sera commandé par aucun officier au service du roi de Naples. Le général Grenier veillera à ce qu'aucun homme ne soit débauché. Il emploiera tout son temps à l'organisation de son corps, à mettre sa comptabilité en état, à former de bonnes troupes et à se mettre en état de se porter avec ces 8 ou 9,000 hommes sur quelque point de l'Italie que ce soit. Il pourvoira il ce qu'il ait ses ambulances et hôpitaux. Ce corps sera soldé, nourri et habillé par le roi de Naples et aura les vivres de campagne. Il y sera attaché un payeur divisionnaire qui rendra ses comptes au trésor. Comme c'est moi qui ai habillé ces régiments à Naples, le général Grenier réclamera tous les habillements fournis à mes troupes en 1810 et 1811.
Vous notifierez mon décret au roi de Naples. Vous lui ferez connaître qu'ayant besoin de réunir toutes mes troupes j'ai dissous l'armée de Naples et formé un corps d'observation sous les ordres du général Grenier ; que je laisserai ce corps suffisamment de temps dans le royaume de Naples pour être assuré qu'il peut s'en passer ; que, tout le temps qu'il restera dans ses états, il sera nourri, payé, entretenu et habillé par le trésor napolitain ; que, par le traité que j'ai fait avec lui, il doit me fournir un contingent; que je désire savoir la partie de ce contingent qui est prête à partir ; que j'y comprends les troupes napolitaines qui sont en Espagne.
Vous ordonnerez au général Grenier d'adresser des ordres aux différents régiments pour la prompte réunion de son corps, et de porter tous ses soins à la discipline, l'instruction et la bonne tenue des régiments. Vous lui écrirez que je compte que du 1er au 15 août ce corps sera disponible entre Naples et Gaète, prêt à se porter où il sera nécessaire
" (Correspondance de Napoléon, t.22, lettre 17849 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27429).

Le 24 juin 1811 encore, Napoléon écrit, toujours depuis Saint-Cloud, une seconde fois à Clarke : "Monsieur le duc de Feltre, donnez ordre au 4e bataillon du régiment de La Tour d'Auvergne qui a ordre de rentrer de Catalogne en France de continuer sa route sur Naples, de sorte que ce régiment ait ses six bataillons en ligne, commandés par un colonel, un major et deux majors en second. Ce bataillon peut être complété, puisque le régiment a 5000 hommes" (P&T, IV, 5673; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27427).

Le 27 juin 1811, le Ministre de la Guerre Duc de Feltre écrit, depuis Paris (3e Division du Ministère de la Guerre; Bureau des opérations militaires) au Général de Division Grenier, Chef de l’Etat-major général de l’Armée de Naples : "Général, je vous adresse ci-joint, copie d’un décret impérial rendu par Sa Majesté le 24 de ce mois, qui dissout l’armée de Naples, et forme un corps d’observation de l’Italie méridionale, dont sa majesté vous confie le commandement.
Ce corps sera composé d’une division de trois brigades, de la manière suivante :
La 1re brigade composée de cinq bataillons du 22e régiment d’infanterie légère, sera commandée par le général Sénécal.
La 2e brigade, des 6 bataillons du régiment de la Tour d’Auvergne, sera commandée par le général Lanchantin ; le 4e bataillon de ce régiment a reçu l’ordre de quitter la Catalogne, pour rejoindre son corps.
Et la 3e brigade, des 4 bataillons du régiment d’Isembourg, sera commandée par le général Decouz.
Vous donnerez l’ordre au général Morgan de se rendre à Otrante, pour suivre la correspondance et l’approvisionnement de Corfou, et vous chargerez le général Decouz de lui donner toutes les instructions nécessaires pour remplir sa mission ; le général Morgan correspondre à cet effet, avec vous.
Quant au général Freyssinet, il demeurera à votre disposition, pour être employés selon les circonstances.
L’adjudant commandant Thomas sera le chef d’état-major de cette division.
Il sera attaché à cette division, deux compagnies d’artillerie à pied, à deux batteries de six pièces de canon chacune.
Tous les employés, commissaires des guerres, ordonnateurs, officiers du génie et artillerie, autre que ceux nécessaires pour le service de la division, rentreront en France.
Un commissaire des guerres restera à Otrante, pour être chargé des détails relatifs à l’approvisionnement de Corfou.
L’intention de sa majesté est, que les deux compagnies d’artillerie à pied, le train, tout le matériel de l’artillerie, et tout ce qui se trouve à Naples, appartenant la France qui ne serait pas employé dans le corps d’observation de l’Italie méridionale, soit dirigé sur Rome.
Ce corps se réunira dans les lieux les plus sains, entre Naples, Capoue et Gaète ; il sera exclusivement sous ordres ; il ne sera point employé à la police du pays, et ne sera commandé par aucun officier au service de Sa Majesté le Roi de Naples.
Vous ferez connaître aux colonels des régiments de la Tour d’Auvergne et d’Isembourg, que l’intention de l’Empereur et qu’ils restent toujours au service de France, et que Sa Majesté est bien loin de vouloir les céder à Sa Majesté le Roi de Naples.
Vous veillerez, générale, à ce qu’aucun homme ne soit débauché, vous emploierez tout votre temps, à organiser ce corps, à mettre la comptabilité des régiments en règle ; à former de bonnes troupes, et à vous tenir en mesure de vous porter avec elles, sur quelque point de l’Italie que ce soit. Vous pourvoirez aussi, à ce que le service des ambulances et des hôpitaux soit bien assuré.
Vous correspondrez directement avec moi, et vous recevrez de moi les ordres que l’Empereur me chargera de vous faire parvenir, pour tout ce qui aura rapport au service de ce corps.
Ce corps sera soldé, nourri et habillé par Sa Majesté le Roi de Naples, et recevra les vivres de campagne. Il y sera attaché un payeur divisionnaire qui rendra ses comptes au Trésor Impérial. Comme les trois régiments qui composent ce corps ont été habillés aux frais de l’Empereur, à Naples, l’intention de Sa Majesté et que vous réclamiez tous les habillements fournis à ses troupes, en 1810 et 1811.
Sa Majesté veut aussi, que vous adressiez des ordres aux divers régiments, pour la prompte réunion du corps d’observation de l’Italie méridionale, que vous portiez tous vos soins à la discipline, à l’instruction et à la bonne tenue des régiments, attendu que Sa Majesté compte que du 1er au 15 août, ce corps sera disponible entre Naples et Gaète, prêt à se porter où il sera nécessaire.
Je vous invite, général, à faire toutes les dispositions nécessaires pour remplir à cet égard les intentions de l’Empereur.
Vous remarquerez, général, que le 1er régiment Suisse n’est point compris dans l’organisation de ce corps, attendu qu’il reçoit l’ordre de quitter le royaume de Naples, pour se rendre à Rome.
Vous aurez soin de prendre les ordres de Sa Majesté le Roi de Naples, à qui j’adresse copie du Décret Impérial, pour que tous les mouvements se fassent avec le plus de diligence possible, afin que le corps d’observation soit organisé et mis en état de partir dans le courant du mois d’août, et que tout ce qui ne sera pas employé à ce corps, soit dirigé sur Rome.
Vous me rendrez exactement compte, général, de toutes ces mesures que vous aurez prises à ce sujet, et vous m’adresserez un état exact et détaillé de l’organisation du corps d’observation de l’Italie méridionale, en indiquant les noms des officiers généraux, supérieurs et autres ainsi que ceux de l’administration qui seront conservés. Vous y ajouterez un état détaillé de tout ce qui sera dirigée sur Rome, personnel et matériel, ainsi que leur itinéraire, afin de me mettre à portée d’en rendre compte à Sa Majesté
" (Papiers du général Paul Grenier. VII. 1768-1827, BNF, Paris. Docs 57 page 125).

RGT de la Tour d'Auvergne, 1808
Régiment de la Tour d'Auvergne d'après Carl (Fichier Carl, planche 25), Carabinier (Fig. 29), Chasseur (Fig. 29a) et Voltigeur (Fig. 29b)

Un "Etat approximatif des sommes nécessaires pour la solde et l’entretien, pendant un mois, des troupes du corps d’observation de l’Italie méridionale", en donne sa compostion fin Juin, début Juillet 1811 :
"… troupes : 22e d'infanterie légère, 1er régiment étranger, 2e régiment étranger, 3e compagnie d’artillerie à pied, 19e idem …" (Papiers du général Paul Grenier. VII. 1768-1827, BNF, Paris. Docs 43 page 98).

Le 1er juillet, le Ministre de la Guerre, le Duc de Feltre écrit, depuis Paris (3e Division du Ministère de la Guerre; Bureau des opérations militaires) au Général de Division Grenier, Chef de l’Etat-major général de l’Armée de Naples : "Pour vous seul
Général, j’ai mis sous les yeux de l’empereur, la lettre que vous m’avez écrite le 16 juin, relativement à la désertion qui s’est manifestée dans le régiment de la Tour d’Auvergne, depuis que ce corps est employé dans les Calabres.
Sa Majesté une charge de vous faire connaître que le Décret Impérial du 24 juin, dont je vous ai adressé copie le 27 du même mois, qui dissout l’armée de Naples et ordonne la formation d’un corps d’observation de l’Italie méridionale, pourvoit à tout cela ; que la Calabre doit être gardée par les troupes napolitaines, et qu’à cet effet Sa Majesté le Roi de Naples doit y envoyer une partie de sa garde et 10 à 12000 hommes de ses troupes.
L’intention de l’empereur est, général, que vous occupiez à réunir sans délai entre Naples et Gaète, les troupes qui doivent former votre division ; que l’exécution de cet ordre ne doit éprouver aucun retard ; qu’étant directement sous mes ordres, vous ne devez obéir à Sa Majesté le Roi de Naples, qu’en cas d’attaque de la part de l’ennemi ; que vous devez sentir que la manière dont les troupes étaient traitées à Naples, a contribué à faire prendre cette résolution à Sa majesté ; que les troupes napolitaines augmentant en nombre, elles doivent garder leur pays, et les troupes françaises être tenues en réserve et entretenues.
Je vous invite, général, à vous conformer ponctuellement aux dispositions prescrites par mon instruction du 27 juin, et à m’instruire de toutes les mesures qui auront été prise pour l’exécution des ordres de Sa Majesté à cet égard
" (Papiers du général Paul Grenier. VII. 1768-1827, BNF, Paris. Docs 60 page 131).

Le 7 juillet 1811, le Ministre de la Guerre, le Duc de Feltre, écrit depuis Paris (Ministère de la Guerre), au Général de Division Comte Grenier, commandant en chef le Corps d’Observation de l’Italie méridionale : "Pour vous seul
Général, vous trouverez ci-joint les duplicatas dument certifiés des ordres donnés d’après l’intention de l’Empereur pour la dissolution de l’armée de Naples et la formation de corps d’observation sous vos ordres. La volonté formelle de l’empereur est que vous donniez sans le moindre délai, quelle que soit l’opposition du roi de Naples (si toutefois ce prince en apportait) des ordres à tous les français qui sont dans ce royaume et que vous réunissiez les troupes de l’Empereur entre Naples, Capoue et Gaète. Sa Majesté Impériale m’ordonne de vous dire que le roi de Naples parait se livrer aux suggestions des ennemis de la France et qu’elle lui a déjà témoigné combien cette conduite était folle. L’Empereur veut que vous fassiez connaître à tous les français qui sont à Naples et à tous ceux que font partie de la garde même du roi qu’ils sont toujours français ; que l’Empereur les considère comme tels et que par un décret de l’Empire les français sont citoyens de Naples. Vous devez vous concerter avec le ministre de l’Empereur à Naples et seconder ce ministre pour faire sortir le roi de la fausse position dans laquelle il est. L’Empereur me charge de vous mander que si le roi continuait à s’éloigner de ce que lui prescrivent la reconnaissance et ses premiers devoirs il y serait sévèrement rappelé.
Vous devez parler ferme, général ; vous n’est plus sous les ordres du roi de Naples ; vous commandez un corps des troupes de Sa Majesté Impériale. Vous cessez d’être à Naples un subordonné. Vous n’avez d’ordres à recevoir que de la part de l’Empereur et vous devez soutenir son ministre à Naples.
Evitez que toute correspondance importante de vous à moi, passe par des mans napolitaines. Il en doit être de même des estafettes du gouvernement. Il faut que les lettres que vous recevrez de France, aillent en droite ligne dans vos mains. J’écris à ce sujet de la part de l’Empereur au général Miollis qui s’entendra avec vous pour les dispositions à prendre à cet égard
" (Papiers du général Paul Grenier. VII. 1768-1827, BNF, Paris. Docs 53 page 117).

Le 11 juillet 1811, le Général de Division Grenier écrit au Duc de Feltre : "Je viens de recevoir la lettre de V. E. en date du 1er de ce mois ; j’ai déjà eu celui de lui accuser réception de sa lettre du 27 juin renfermant le décret du S. M. l’Empereur et Roi, sur la dissolution de l’armée française de Naples, et l’organisation du corps d’observation de l’Italie méridionale.
Je répondrai à la confiance don S. M. a daigné m’honorer, par la sévère exécution de toutes les dispositions que le décret renferme, et veillerai autant qu’il dépendra de moi, à la bonne organisation de ce corps. Déjà, j’ai prévenu V. E. que le jour même de la réception des ordres en date du 27 juin, toutes les dispositions d’exécution avaient été prises, et dès le 9 de ce mois, les troupes napolitaines au nombre de 6 bataillons à 900 hommes chacun, et trois compagnies d’artillerie ont été mises en mouvement, pour aller relever dans la Calabre ultérieure les troupes françaises qui ont en même temps été prévenues de leur nouvelle organisation, comme il a été donné connaissance aux régiments d’Isembourg et de La Tour d’Auvergne, des dispositions bienveillantes de S. M. l’Empereur et Roi en leur faveur ...
" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 153 page 319).

Le 14 juillet 1811, le Général de Division Grenier écrit au Duc de Feltre : "… Par un autre paragraphe, elle me dit que les trois régiments qui composent le corps d’observation ont été habillés aux frais de l’Empereur à Naples, et que l’intention de S. M. est que je réclame tous les habillement fournis à ses troupes en 1810 et 1811.
J’ai dû prendre à cet égard quelques renseignements près de l’inspecteur aux revues ; il en résulte que tous ces corps qui ont composé l’armée de Naples, ont du toucher leur masse d’habillement en 1810 et 1811 du trésor napolitain ; les revues établissent leurs créances ; elle ne sont partout acquittées, mais le 22e léger, Isembourg et La Tour d’Auvergne ayant à en réclamer le payement, seront dans le cas de rembourser au trésor de France les fournitures pouvant leur avoir été faites par les ordres de S. E. le Ministre Directeur de l’Administration de la Guerre, j’ai cru devoir soumettre ces observations à V. E. avant de faire d’autres démarches
" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 154 page 322).

Le 15 juillet 1811, le Général de Division Grenier écrit au Roi de Naples : "… J’ai l’honneur de mettre sous les yeux de V. M. la dépense présumée pour un mois, telle que la comporte la situation des corps au 1er de ce mois, et non compris un bataillon du 22e et un bataillon de La Tour d’Auvergne portés dans l’organisation du corps d’observation, mais non arrivés dans le royaume …" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 157 page 327).

Le 21 juillet 1811, le Ministre directeur de l’Administration de la Guerre, Ministre d’Etat, écrit, depuis Paris (Administration de la Guerre, Division de l’habillement, 1er bureau, 2e subdivision, 1ère section) au Général Grenier à Naples : "M. Le général, Sa Majesté l’Empereur en rendant le décret du 24 juin qui dissout l’armée de Naples et crée celle d’observation de l’Italie méridionale a ordonné qu’on réclamât du gouvernement napolitain les habillements qui ont été fournis en 1810 et 1811 aux corps français et qui dans le cours de ces deux exercices ont été employés dans les états de Naples.
Au terme des traités le gouvernement napolitain devait payer la masse d’habillement des troupes françaises et c’est le payement de cette masse qui a éprouvé un arriéré considérable, qui doit faire l’objet de la demande que le ministre de la guerre vous a chargé de faire à Sa Majesté le Roi de Naples.
J’ai été informé par M. l’inspecteur aux revues des troupes françaises, que Sa Majesté le Roi de Naples avait fait les fonds nécessaires pour payer ce qui était dû à ces troupes, mais il est important de s’assurer si les payements ont été effectués et si les corps français ne sont pas encore créanciers du gouvernement napolitain, car dans ce cas l’intention de Sa Majesté est que ce qui peut être dû soit payé sans délai.
Les corps français et qui ont été à charge du royaume de Naples dans le cours des années 1810 et 1811 sont ceux-ci-après désignés : 10e régiment de ligne, 20e régiment idem, 62e régiment idem, 101e régiment idem, 22e régiment d’infanterie légère, 4e régiment de chasseurs à cheval, 9e régiment idem, régiment d’Isembourg et de la Tour d’Auvergne, un détachement du 2e régiment d’artillerie à pied. Je viens d’écrire à M. l’inspecteur aux revues français à Naples pour le charger de vous faire connaître, général, ceux des corps ci-dessus désignés envers lesquels le trésor napolitain peut encore être débiteur.
Je vous prierai lorsque ce renseignement vous aura été produit de faire les instances nécessaires pour que, conformément aux intentions de l’Empereur, tout ce qui sera dû soit payé sans délai.
Je vous serai obligé, général, de me faire connaître le résultat des mesures que vous aurez prises pour l’exécution des ordres de l’Empereur
"; en marge : "Je le prie de réclamer auprès du gouvernement napolitain le paiement de ce qu’il peut devoir aux corps français qui ont été à sa charge en 1810 et 1811.
La réclamation a été adressée au Roi le 12 août
" (Papiers du général Paul Grenier. VII. 1768-1827, BNF, Paris. Docs 64 page 139).

RGT de la Tour d'Auvergne, 1808
Régiment de la Tour d'Auvergne d'après R. Knötel (Uniformenkunde XII-33), Cornet de Voltigeurs (Fig. 30), Carabinier (Fig. 31) et Chasseur (Fig. 32)

Le 27 juillet 1811, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, à Paris : "Monsieur le Duc de Feltre, je désire ne plus recevoir d'étrangers dans les cinq régiments hollandais et n'y admettre que des conscrits des départements de Hollande. Il faut détruire le dépôt de Gorcum. Tous les hommes qu'on recrutera seront envoyés dans les régiments de Prusse, de la Tour d'Auvergne et d'Isembourg.
Le général de brigade Roussel sera employé au corps d'observation de l'Italie méridionale. Il commandera une brigade composée des régiments de la Tour d'Auvergne et d'Isembourg. Il me sera présenté. Il prêtera serment, après quoi il partira
" (Brotonne (L. de) : « Dernières Lettres inédites de Napoléon 1er, collationnées sur les textes et publiées », Paris, 1903, t. 2, lettre 1489; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27820).

Le 3 août, le Corps devient 1er Régiment étranger. Destiné à défendre la Toscane et le royaume d’Italie, il ne peut plus incorporer d’Autrichiens, l’Autriche pouvant potentiellement attaquer l’Italie.

Le 7 août 1811, le Général de Division Grenier écrit au Roi : "J’ai l’honneur de prévenir Votre Majesté qu’ensuite des nouvelles dispositions de S. M. l’Empereur et Roi, transmis par S. E. le duc de Feltre, Ministre de la Guerre, en date du 29 juillet dernier, le 1er régiment suisse doit jusqu’à nouvel ordre rester dans le royaume de Naples et faire partie du corps d’observation de l’Italie méridionale ; ce régiment est arrivé hier à Capoue et doit y avoir séjour aujourd’hui ; j’ai dû sur le champ arrêter son mouvement, mais comme il ne peut rester en entier à Capoue (cette ville étant occupée par le 5e de ligne napolitain), je propose à V. M. d’en placer un bataillon à Aversa et Casoria, de laisser un bataillon seulement à Capoue et de placer les deux autres à Pontaliano, Carmigliano, Formicola et autres villages environnant, jusqu’à Calvi ; par suite je resserrerai le régiment de la Tour d’Auvergne sur la route des Abruzzes jusqu’à San Gerniani ; si V. M. trouvait des inconvénients dans cet établissement, je lui proposera alors pour le régiment suisse les cantonnements suivants : 2 bataillons dans les villages en arrière de Capoue, désignés d’autre part, un bataillon à Carinola et Sparanise et le 4e bataillon à Sessa, alors la Tour d’Auvergne se trouverait tout entier sur la route des Abruzzes mais les habitants seront bien surchargés ; j’attendrai pour faire ces mouvements que V. M. ait daigné me faire connaitre ses intentions sur l’une ou l’autre de ces propositions ; j’ai eu l’honneur de lui observer que Marchianezi ne saurait être occupé en ce moment, vu le mauvais air, et l’insalubrité qui y règne" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 161 page 360).

Le 11 août 1811, l'Empereur écrit, depuis Rambouillet, au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, à Paris : "Monsieur le Duc de Feltre, je désire que vous me fassiez un rapport sur les quatre régiments étrangers. Le premier est celui de la Tour d'Auvergne ... Quels sont les quatre colonels et les majors qui commandent ces régiments ? Où sont-ils ? Quels sont les chefs de bataillon, capitaines et lieutenants ? Indiquez-moi de quelle nation est chacun, et joignez-y des renseignements sur leurs services, afin que je connaisse bien la composition de ces régiments. Tous les officiers français qui ont servi en Autriche et en Prusse et que je rappelle, tous ceux qui ont émigré, tous ceux enfin qui n'ont pas fait leur avancement dans l'armée française, pourront être employés dans ces régiments, où il y aura un tour d'avancement distinct de celui de la ligne ; car vous ne devez pas perdre de vue le principe que ces officiers ne doivent pas avoir d'avancement dans la ligne, et que, s'il y a jamais quelque exception, ce ne peut être qu'en vertu d'un décret spécial de moi et d'après un rapport particulier sur chaque individu, où vous m'aurez bien fait connaître ce dont il s'agit et les services de l'officier ...
Les régiments de la Tour d'Auvergne et d'Isembourg sont destinés à garder la Toscane et l'Italie, et en conséquence, vous devez veiller à ce qu'on n'y envoie pas d'Autrichiens ...
" (Correspondance de Napoléon, t.22, lettre 18021 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 28110).

De plus, pour prévenir la désertion, "trop à craindre à Strasbourg", Napoléon accepte le 13 août 1811, sur proposition de Clarke, le transfert du Dépôt de Strasbourg à Phalsbourg (P&T, IV, 5976).

Le 19 août 1811, le Général de Division Grenier écrit au Ministre des Finances à Naples : "… Il s’en faut, monsieur le Comte, que la solde des corps antérieure au 1er septembre soit au courant. Le régiment d’Isembourg n’a rien touché depuis le 1er juillet, La Tour d’Auvergne depuis le 15 du même mois. Le mois d’août est du tout entier au 22e. Et je crois qu’il en est de même du 1er régiment suisse.
Il est bien instant de donner un fort acompte sur les masses dues au 31 juillet et dont la dette s’augmentera encore d’environ 70000 frs au 31 août. Si V. E. pouvait au moins faire payer le trimestre de 1810 dans le courant de ce mois, les corps auraient les moyens de faire quelques achats et elle aurait le temps de pourvoir au payement de l’exercice de 1811 dans le courant de septembre. J’ai besoin de cette assurance pour faire cesser les réclamations nombreuses qui me parviennent …
" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 165 page 367).

Le 20 août 1811, le Général de Division Grenier écrit au Ministre de la Guerre, à Naples : "J’ai l’honneur de vous adresser copie d’une lettre que je reçois du colonel en second du régiment de La Tour d’Auvergne relative à l’embauchage que se permettent plusieurs régiments napolitains et des moyens qu’ils emploient pour faire déserter des soldats français ; je joins à cette lettre copies des preuves matérielles acquises ; vous verrez que le chef de bataillon Castiglione et le sergent Amici du régiment de la Reine sont bien coupables, quoique le dernier n’agissait qu’en vertu des ordres du chef de bataillon ; il paraît que dans ce régiment plus que dans tous les autres, on a pris à tâche de recruter parmi les soldats français ; vous vous rappellerez sans doute que j’ai réclamé plusieurs individus nominativement, que j’ai les ai désignés comme existant dans ce régiment, et que constamment le colonel a nié leur existence comme il est constaté par les lettres que vous m’avez adressées à cet égard à plusieurs époques différentes. Il faut faire cesser ces abus ; je vous prie de mettre sous les yeux du Roi cette lettre et de demander que les coupables soient punis, un exemple est nécessaire, d’autant plus que S. M. a défendu ces sortes de recrutement à plusieurs reprises.
Je vous serai obligé, M. le ministre, de me faire connaître la sentence qui sera prononcée contre les coupables, afin de faire connaître aux régiments français qu’ils ont eu satisfaction d’un pareil délit. Je vous prie encore de prendre les ordres de S. M. pour renouveler aux régiments napolitains les défenses qui leur ont été si souvent faites à cet égard ; sans des mesures sévères qui puissent arrêter cet embauchage, je me verrai forcé de ne plus reconnaître comme sujets du Roi les individus qui se permettent de venir débaucher des soldats français. Ils seront arrêtés, traduits en commission militaire et jugés comme embaucheurs.
Ps. Par la copie de la lettre du colonel du régiment de La Tour d’Auvergne, vous verrez qu’un nommé Monticelli, caporal à la 5e compagnie du 1er bataillon de ce régiment, est aujourd’hui dans le 5e régiment napolitain à Capoue, comptant dans la compagnie du capitaine Lambert et y travaillant au bureau du quartier-maître. Je vous prie, M. le ministre, de donner des ordres pour que cet homme soit conduit à Teano et remis à la disposition du colonel du régiment de La Tour d’Auvergne
" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 168 page 373).

Le 21 août 1811, on informe l'Empereur que "Le général Roussel d'Hurbal demande pour aide de camp le capitaine Cherrier, du 1er régiment étranger.
Attendu la position particulière de cet officier général, on soumet cette demande à la décision de Sa Majesté
"; l'Empereur répond : "Il faut qu'il prenne des officiers qui aient fait toute la guerre avec l'armée française; cela donnera de la confiance aux soldats" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 4, lettre 6038 - Sans signature ni date; extraite du « Travail du ministre de la guerre avec S. M. l'Empereur et Roi, daté du 21 août 1811 »).

Le 22 août 1811, à Saint-Cloud, "Le généra] Clarke soumet à l'approbation de l'Empereur le Tableau des cantonnements assignés par le général Grenier aux troupes qui composent le corps d'observation d'Italie" ; l'Empereur répond : "Faire connaître que j'approuve tout cela, mais à condition que mes troupes soient placées dans des lieux très sains, exercées à la manœuvre et qu'on mettra de l'ordre dans la comptabilité des régiments de La Tour d'Auvergne et d'Isembourg. Le général Grenier fera les fonctions d’inspecteur de ces 4 régiments. Il enverra un bataillon occuper Terracine et Monte Circello que les ennemis inquiètent. Par ce moyen, le général Miollis fera rentrer le détachement qu'il a sur Monte Circello" (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1911, t.3, lettre 4715 ; Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 4, lettre 6039).

Le 24 août 1811, le Général de Division Grenier écrit au Duc de Feltre, à Paris : "... Comme je l’ai prévu, le retour des Calabres nous a donné beaucoup de malades, j’espère que le repos et la tranquillité les rétablira bientôt et qu’ils rentreront incessamment ; néanmoins, le régiment de La Tour d’Auvergne qui a dans ce moment 1083 hommes aux hôpitaux en perdra par la désertion, malgré toutes les mesures que l’on a pu prendre …" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 169 page 333).

Le 25 août 1811, le Ministre de la Guerre, le Duc de Feltre, écrit, depuis Paris (3e Division du Ministère de la Guerre, Bureau des opérations militaires), au Général de Division Grenier, commandant le Corps d’Observation de l’Italie méridionale, au Quartier général à Sessa : "Général, j’ai mis sous les yeux de l’Empereur, le tableau des cantonnements que vous avez assigné provisoirement aux troupes qui composent le corps d’observation de l’Italie méridionale, ainsi que la proposition que vous faites par votre lettre du 9 août, de former une nouvelle brigade sous le n°2 du 1er régiment Suisse qui est resté sous vos ordres et d’en confier le commandement au général de brigade Stedmann. Sa Majesté me charge de vous faire connaître, général, qu’elle approuve tout cela, mais à condition que ces troupes seront placées dans des lieux très sains ; qu’elles seront exercées aux manœuvres et que l’on mettra de l’ordre dans la comptabilité des régiments de la Tour d’Auvergne et d’Isembourg.
L’intention de Sa Majesté est en conséquence que vous remplissiez les fonctions d’inspecteur de ces quatre régiments.
Sa Majesté veut aussi que vous fassiez passer un des bataillons sous vos ordre, à Terracine et à Monte Circello que les ennemis inquiètent.
Je préviens le général Miollis de cette disposition pour qu’il fasse rentrer le détachement de sa garnison qui occupe en ce moment Monte Circello, aussitôt qu’il aura été relevé par les troupes sous vos ordres.
Vous voudrez bien, général, m’instruire des mesures que vous aurez prises pour remplir à cet égard les intentions de Sa Majesté, je vous recommande en même temps de porter une attention particulière sur les mouvements des anglais, du côté de Terracine et de Monte Circello, afin de défendre avec vigueur ce point important et les batteries qui y sont établies contre toutes entreprises de la part de l’ennemi.
Vous aurez soins aussi, général, de donner au général Miollis, avis de la marche des troupes qui se rendront à Monte Circello, afin qu’il puisse faire rentrer les détachements de sa garnison, aussitôt qu’ils auront été relevés
" ; noté en marge : "Répondu le 3 septembre
Ecrit encore le 5 pour cet objet
" (Papiers du général Paul Grenier. VII. 1768-1827, BNF, Paris. Docs 75 page 161).

Cornet de Voltigeurs RGT de la Tour d'Auvergne, après 1808
Cornet de Voltigeurs (Fig. 30a), d'après un dessin de la Collection Knötel, Rastatt

Le 18 septembre 1811, le Ministre de la Guerre, le Duc de Feltre, écrit, depuis Paris (Ministère de la Guerre, Bureau de l’Inspection) au Général Grenier, commandant le Corps d’Observation de l’Italie méridionale : "Général, pour vous mettre à portée de remplir, conformément aux intentions de l’empereur, les fonctions d’inspecteur auprès des troupes qui composent le corps d’observation de l’Italie méridionale, je crois devoir vous adresser les instructions suivantes.
Les revues que vous aurez à passer ont pour but de débarrasser les corps des hommes que leurs infirmités rendent incapables de continuer leur service.
Vous préviendrez à l’avance les commandants de ces corps du jour que vous aurez choisi pour en passer la revue, afin qu’ils puissent disposer des différents états qui seront à fournir ...
En inspectant les régiments de la Tour d’Auvergne et d’Isembourg, vous vous ferez représenter les décrets relatifs à la masse de recrutement de ces corps et vous vous assurerez si l’on se conforme exactement aux dispositions qu’ils renferment …
" (Papiers du général Paul Grenier. VII. 1768-1827, BNF, Paris. Docs 87 page 185).

"Ordres laissés par l’inspecteur général au conseil d’administration du 1er régiment étranger lors de sa revue d’inspection.
Le général de division commandant le corps d’observation de l’Italie méridionale, chargé de l’inspection générale du 1er régiment étranger, a remarqué avec satisfaction que MM. les officiers de ce régiment, s’occupent de leurs devoirs et chercha par leur zèle et l’activité qu’ils apportent dans les différentes parties de leur service à se rendre dignes de la bienveillance de S. M. l’Empereur.
Il les engage à animer du même esprit les soldats sous leurs ordres en leur inspirant de la confiance, en les traitant avec justice et paternellement, en stimulant leur amour-propre et en leur faisant valoir l’avantage qu’ils ont de servir le plus grand souverain du monde, d’être assimilés aux soldats français et de partager sa gloire.
Le général a vu aussi avec plaisir que depuis la réunion des bataillons, les officiers ont travaillé à leur instruction. Il les invite à faire de nouveaux efforts pour la porter à un plus haut degré de perfection en s’attachant surtout à l’application des principes et de l’esprit des évolutions, à la théorie des lois, arrêtés et règlements militaires dont la connaissance leur est nécessaire et dont ils doivent journellement se rendre compte. Le commandant du régiment surveillera particulièrement cette instruction ; il fera souvent commander l’école de bataillon par MM. les capitaines et me fera connaître au 1er mars 1812 ceux qui auront fait le plus de progrès.
Les sous-officiers ne sont pas encore aussi instruits que l’on pourrait le désirer, ils ne peuvent être considérés comme tels que lorsqu’ils sauront donner raison des observations qu’ils doivent faire en dressant un soldat et recrue tant sur la position et le port d’armes que sur les différents mouvements et sur le mécanisme du pas. Ils devront démontrer parfaitement l’école du soldat et répondre avec précision aux questions qu’on leur fera sur l’école de peloton que les sergents-majors et sergents devront savoir commander.
L’instruction du régiment doit être perfectionnée, la position du soldat corrigée ; le port d’armes est bon, mais les temps qui dans les écoles du soldat doivent être bien marqués pour les maniements d’armes, les charges et les feux, le sont trop longuement dans l’école du peloton et du bataillon ; il en résulte des lenteurs qui fatiguent le soldat et qui sont contraires à ce que prescrit l’ordonnance de 1791.
Le mécanisme du pas sera démontré en détail ; il doit être plus vivement enlevé ; dans le pas ordinaire, on doit habituer le soldat à porter la pointe du pied en dessous au lieu de le lever, dans le pas accéléré on doit le corriger du défaut qu’il a de trépigner et de ployer le genou ; dans les manœuvres les guides seront instruits à se bien prolonger sur les directions données, à conserver les distances et à éviter les flottements qui proviennent presque toujours de leur incertitude ; pour y parvenir le commandant du régiment fera exercer souvent les officiers et sous-officiers à la marche tant en bataille qu’en colonne à distance de peloton et sans troupes.
La discipline doit être constamment celle voulue par les règlements ; elle doit être sévère mais juste et paternelle ; elle concerne MM. les officiers comme les soldats puisqu’elle est la base de la bonne organisation d’un régiment.
La tenue du régiment pour la partie habillée offre un beau coup d’œil ; cependant elle laisse encore à désirer dans ses détails ; on doit exiger du soldat plus de propreté, apporter quelques changements dans le placement du sac, la manière d’y attacher les capotes, et dans l’alignement de la giberne
" (Papiers du Général Paul Grenier. X. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 150 page 314).

Le 30 septembre 1811, le Général de Division Grenier écrit au Roi de Naples : "... L’occupation de Gaète ayant nécessité des changements dans l’établissement du corps d’observation, j’ai l’honneur de la prévenir que la 1ère brigade est établie à Gaète et Borgo di Gaète.
La 3e (Isembourg) occupera Castellone, Mola, Trajetto ( ?) et Sessa.
La 2e (1er régiment Suisse) Maddaloni, Caserte et Sainte-Marie de Capoue. L’artillerie à Capoue.
Et enfin La Tour d’Auvergne, Trano ( ?), Venafro, Calvi, Pignataro, Fontiatano ( ?), etc. Ce régiment avait besoin de nouveaux cantonnements, les communications devenaient tous les jours plus difficiles par la saison des pluies qui grossissent toutes les rivières et les rendent souvent impraticables
" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 187 page 394).

Le 1er octobre 1811, le Général de Division Grenier écrit au Ministre directeur de l’Administration de la Guerre, à Paris : "… le payeur m’annonce encore qu’il a reçu une somme de 16000 D (70000 frs environ) applicables à l’arriéré antérieur au 1er octobre 1808 et que l’on prend des dispositions pour faire incessamment un autre versement de 31000 D (145000 frs environ) faisant alors avec celle de 70000 frs 215000 frs, dont 59000 frs reviennent au 22e régiment d’infanterie légère, 24000 au 1er régiment Suisse et 22000 frs au régiment d’Isembourg ; Le … est assigné à des corps sortis du royaume ou à des officiers sans troupes. Si l’on obtient la prompte exécution de ces différentes mesures, les corps seront bien soulagés et mis à même de subvenir à leurs besoins, le seul régiment de La Tour d’Auvergne n’ayant point d’arriéré à réclamer dans le royaume de Naples a besoin de voir liquider ce qui lui est dû par le gouvernement français ; je sollicite à cet égard la prompte décision de V. E. pour les 84000 frs qui reviennent à ce régiment et que le payeur de l’armée, en vertu de ses ordres, retient dans sa caisse …" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 189 page 397).

Le 1er novembre 1811, l'Empereur écrit, depuis Wesel, au Général Clarke : "Monsieur le duc de Feltre ... Faites-moi connaître si l'on a commencé à exécuter mon ordre qui veut que les déserteurs ou recrues provenant des pays de la Confédération du Rhin et de la Russie soient envoyés dans le 1er régiment étranger, et ce qui vient de la Prusse dans le 2e. Je n'entends pas dire que cette mesure s'exécute" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 4, lettre 6322 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 28970).

Le 8 novembre 1811 (lettre partie le 29), le Général de Division Grenier écrit au Duc de Feltre, à Paris : "J’ai passé la revue d’inspection du 1er régiment étranger (La Tour d’Auvergne) les 29, 30, 31 octobre et 1er de ce mois. J’ai l’honneur d’adresser le travail de cette revue à V. E. Il se compose de :
1° de la situation du personnel du régiment.
2° du résumé de mes observations et opérations pendant la revue et des ordres donnés en conséquence.
3° de l’état général de 116 hommes réformés dont 26 proposés pour obtenir une gratification, 1 à la charge du recrutement, et 1 maniaque pour lequel je demande une destination ; à l’appui de l’état général, il y a un état particulier pour les 26 hommes, un autre pour celui réformé à la charge du recrutement, et un 3e pour le maniaque.
4° de l’état de 23 hommes proposés pour les vétérans dont 3 sergents, 1 caporal et 19 carabiniers ou chasseurs.
5° de l’état de 2 officiers et 1 sergent major proposés pour la retraite, avec les mémoires de proposition et certificats de contre-visite à l’appui, plus un état séparé pour le sergent major proposé pour la retraite, reconnu susceptible d’occuper un emploi d’après les dispositions du décret du 8 mars 1811.
6° de l’état d’un homme proposé pour les invalides, son mémoire de proposition et le certificat de contre-visite à l’appui.
7° de la situation des finances et masses au 1er janvier 1811, avec la situation de la caisse à l’époque de la revue.
8° la situation de l’habillement et équipement.
9° celle de l’armement.
10° le contrôle des officiers du régiment avec des notes sur leur moralité et instruction.
11° l’état des emplois vacants.
12° l’état des enfants de troupe existant au régiment.
13° l’état de 4 sous-officiers jugés susceptibles d’avancement.
14° l’état des légionnaires existant au régiment.
15° un état des officiers qui peuvent avoir des droits à l’admission de la légion d’honneur.
Et 16° l’état des officiers qui ont obtenu depuis plusieurs années la décoration de l’ordre des Deux-Siciles et attendent l’autorisation de la porter.
Sur les 116 hommes réformés, 89 ont été congédiés, les 26 proposés pour une gratification attendront au corps la décision de V. E. ainsi que celui réformé comme maniaque, pour lequel je la prie de m’indiquer une destination, ne pouvant renvoyer cet homme dans ses foyers.
Les 23 hommes proposés pour les vétérans, ainsi que ce pour la réforme avec gratification, sont tous vieux ou infirmes, un bon nombre est venu du Portugal et incorporés dans ce régiment par ordre. Leurs infirmités proviennent en majeure partie des accidents survenus depuis qu’ils sont au service de l’Empereur. Ils attendront au régiment la décision de V. E.
Parmi les trois militaires proposés pour la retraite se trouve MM. d’Averton chef de bataillon, et Girard capitaine. Je ne vois pas que ces MM. aient des droits à une pension et je ne dois pas dissimuler à V. E. qu’ils n’ont pas demandé leur retraite ; mais ils sont infirmes, cacochymes et absolument impropres au service. M. Girard pourrait être placé aux vétérans. M. le chef de bataillon d’Averton se rendra au dépôt du régiment et M. Girard dans ses foyers pour y attendre la décision ultérieure de V. E.
Le sergent major proposé pour la retraite et l’homme proposé pour les invalides attendront au régiment la destination que V. E. voudra leur donner.
Parmi les hommes présentés pour la réforme, il s’est, comme dans le régime d’Isembourg, trouvé plusieurs Espagnols que je n’ai pas voulu admettre.
N’ayant pas arrêté la comptabilité du régiment, par les motifs énoncés dans mes ordres laissés au conseil d’administration, la situation des finances au 1er janvier 1811 est présentée telle qu’elle se trouve au registre ; j’y ai joint la situation de caisse à l’époque de la revue. La dette de M. de La Tour d’Auvergne portée au représenté de caisse a été réduite, depuis ma revue à 1796,88 frs, et le conseil d’administration s’est également depuis chargé en recettes de la dette de l’adjudant Deloo portée à 190,88 frs. Les représentés en en caisse n’en font pas moins encore de 53890,59 frs pour lesquels le conseil d’administration prie V. E. d’indiquer un mode de remboursement.
Il importe aussi que les affaires des officiers compromis avec M. de Melfort et autres soient terminées, il en résulte une stagnation dans toutes les parties qui nuit essentiellement au service ; peut-être conviendrait-il de soumettre toute la comptabilité de ce régiment depuis plusieurs années à un conseil de révision composé d’hommes sages mais instruits et fermes. Il sera bien difficile sans cela de sortir de ce labyrinthe.
V. E. remarquera à l’état de l’armement qu’il existe un déficit de sabres assez considérable. Elle verra les ordres que j’ai laissés à ce sujet.
Le conseil d’administration a présenté un état des officiers et sous-officiers qui ont obtenu la décoration des Deux-Siciles. Je n’ai pas cru devoir me refuser de les transmettre à V. E. et de solliciter pour eux sa bienveillance
" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 199 page 418).

Le même 8 novembre 1811 (lettre partie le 3 décembre), le Général de Division Grenier écrit également au Ministre directeur de l’Administration de la Guerre, à Paris : "J’ai l’honneur d’adresser ci-joint à V. E. différentes pièces concernant la revue d’inspection du 1er régiment étranger (La Tour d’Auvergne). Elles se composent, savoir :
1° de l’extrait du résumé de cette revue relativement à l’habillement, aux finances et autres parties de l’administration du susdit régiment, et de l’extrait des ordres que j’ai laissés en conséquence au conseil d’administration.
2° de la situation des finances à l’époque du 1er janvier 1811, et la situation de la caisse à l’époque de la revue.
3° et de celle de l’habillement et équipements.
Par l’extrait du résumé de mes observations, à l’article équipement, V. E. remarquera que 183 gibernes et porte-gibernes ne sont pas remplacés, 501 à fournir pour le complément, et qu’ils manquent 1700 bretelles de fusils et 99 baudriers. Je la prie d’autoriser le conseil d’administration à faire ces remplacements et acquisitions.
Ce régiment très nombreux manque d’officiers de santé. Trois emplois de chirurgiens majors et 4 de chirurgiens sous aides sont vacants. Il en résulte que le service de santé est en souffrance dans les bataillons détachées, attendu que les officiers de santé qui sont au régiment ne sauraient y suffire
" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 201 page 421).

Chasseur et Carabinier RGT de la Tour d'Auvergne, après 1808Cornet de Voltigeurs et Voltigeur RGT de la Tour d'Auvergne, après 1808
Chasseur (Fig. 33), Carabinier (Fig. 34), Cornet de Voltigeurs (Fig. 35) et Voltigeur (Fig. 36) d'après K. Tohsche

 

Musicien et Sapeur RGT de la Tour d'Auvergne, après 1808Tambour major RGT de la Tour d'Auvergne, après 1808
Musicien (Fig. 37) et Sapeur (Fig. 39) d'après K. Tohsche; Tambour major (Fig. 38) d'après L. Merllié et R. North (Set 75-02)

Le 12 novembre 1811, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, à Paris, d’épurer les 127e, 128e et 129e de Ligne, en raison de leur mauvais état d’esprit : "... Il faut d'abord les séparer ... Le prince d'Eckmühl ... fera diriger par détachements de 100 hommes, sur les régiments de la Tour-d'Auvergne et d'Isembourg, les Prussiens, les Mecklembourgeois, Russes et Danois qui se trouvent dans ces régiments ... Les étrangers seront dirigés sur Wesel, avec des notes, pour que vous puissiez me proposer de leur donner de l'emploi ou de les placer dans les régiments étrangers. Ceux qui sont du pays, le prince d'Eckmühl en fera deux classes : les uns, qu'on essayera de garder dans les régiments jusqu'à nouvel ordre, et les autres, qu'on pourra envoyer en Italie et en Espagne dans les corps ... Tout ce qui sera prussien, danois, suédois, mecklembourgeois, russe, sera dirigé, par détachements de 100 hommes, sur les régiments d'Isembourg et de la Tour-d'Auvergne ..." (Correspondance de Napoléon, t.23, lettre 18253).

Le même jour, 12 novembre 1811, l'Empereur écrit encore, toujours depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre ... tous les déserteurs ou autres individus ... qui viennent de la Prusse ou de la Westphalie ; ceux-ci doivent être réservés pour le 1er et le 2e régiment étranger qui sont à Naples ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 29043).

Napoléon par ailleurs se méfie de plus en plus des soldats étrangers et le 20 novembre 1811, il demande à Clarke d’un ton exaspéré de ne plus lui proposer d’Officiers sortant du Régiment pour passer dans les Etats-majors ou dans d’autres unités. Il ne veut accorder sa "confiance qu’à des officiers ayant fait toute la guerre en France" (Margueron (Cdt) : "Campagne de Russie", tome III. ; L. Lecestre : «Lettres inédites de Napoléon 1e», tome II, 897; Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1912, t.3, lettre 3538).

Le 25 novembre 1811, le Général de Division Grenier écrit au Duc de Feltre, à Paris : "Le décret d’organisation du 1er régiment étranger à six bataillons a voulu qu’ils fussent tous à 6 compagnies, dont un, le 4e, qui était alors en Espagne fournirait deux compagnies pour former le dépôt et enverrait les cadres de trois compagnies dans le royaume de Naples ; ce bataillon n’a jamais envoyé ces cadres et depuis qu’il est en route, le colonel de ce régiment a été informé et m’a rendu compte que le 4e bataillon ne pouvait les envoyer puisqu’il avait à peine les moyens de compléter les quatre cadres auxquels la nouvelle organisation le réduisait. Il en résulte que les compagnies n° 4 et 5 n’existent pas dans le 6e bataillon, j’ai ordonné qu’elles soient provisoirement créées mais que personne n’y serait placée titulairement avant que V. E. ait donné son approbation à cette mesure ; je la prie en conséquence de me faire connaître ses intentions à ce sujet" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 199 page 417).

Le 7 décembre 1811, le Général de Division Grenier écrit au Roi de Naples : "Dans le courant de septembre, j’eus l’honneur d’écrire au Ministre de la Guerre du Royaume pour le prier d’intéresser S. M. à la position affligeant dans laquelle se trouvait le commissaire des guerres Venard, persuadé que V. M. viendrait à son secours lorsqu’elle saurait que ce fonctionnaire malheureux s’est cassé la cuisse en parcourant, d’après mes ordres, les cantonnements du régiment de la Tour d’Auvergne, pour s’assurer du service des subsistances.
Ce fonctionnaire condamné à rester 3 mois sur un lit douleur, se trouvait dénué d’argent et je priais le Ministre de la Guerre de demander à V. M. qu’il lui soit payé environ 1600 frs qui lui reviennent par frais de bureau arriérés depuis longtemps, ce secours pouvant l’aider à se faire traiter et à recevoir les soins que son état exigeait ; on n’en a pas tenu compte et ce commissaire des guerres est toujours dans le besoin. J’ai cru devoir faire connaitre sa situation à Votre Majesté
" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 204 page 428).

Le 8 décembre 1811, le Général de Division Grenier écrit au Duc de Feltre, à Paris : "J’ai l’honneur d’adresser successivement à Votre Excellence le travail d’inspection pour chacun des régiments sous mes ordres. Elle aura remarqué que chaque corps présent à quelques nuances près, les mêmes observations sur son instruction, sa tenue et son administration. Des mêmes causes doivent dériver les mêmes effets ; le long séjour que les régiments ont fait dans ce royaume disséminés sur toute sa surface, à du nécessairement nuire à l’instruction, à la tenue et même à la discipline, un arriéré considérable pour la solde et les masses d’habillement a eu également un action très préjudiciable à l’administration ; cependant je l’ai trouvée assez régulière dans le 22e léger, 1er suisse et Isembourg pour l’exercice 1810, et j’ose espérer que celle pour 1811 ne laissera rien à désirer. Je n’ai pas dû arrêter celle du 1er étranger, avant que les objets en litige qui ont été portés à la connaissance de V. E. ne soient terminés, celle de de 1811 commence à prendre une marche satisfaisante par les soin du colonel Danlion, mais le travail forcé que l’on a du faire pour y parvenir, a nécessité d’avoir recours à quelques mesures extraordinaire qui n’auraient pas été tolérées en d’autres circonstances et que j’ai fait cesser entièrement au 1er janvier 1812. Si, comme je l’espère, le gouvernement napolitain continue à tenir des engagements et fait payer dans le courant de ce mois et 1er jours de janvier prochain la masse d’habillement encore due pour les mois d’avril, mai, juin et juillet et août, les corps sous mes ordres seront au 1er mai prochain les plus beaux régiments de l’Empire ; les masses de linge et chaussure devront compléter, tous les remplacements faits, il restera de l’argent dans les caisses.
Les cantonnements que le corps d’observation occupe sont salubres, mais trop petites pour y réunir un régiment ; cette difficulté que l’on éprouve dans tout le royaume, nuit à l’ensemble de l’instruction, que l’on ne peut suivre que par bataillons, il serait nécessaire de faire camper les trois régiments, depuis le 15 mars, jusqu’au 15 juin ; mais pour cela, il faudrait pouvoir baraquer et je m’en vois pas les moyens, parce que la paille servant à la nourriture du bétail est fort rare, et que d’ailleurs, étant triturée par des chevaux, elle est trop courte pour pouvoir être employée à la construction des baraques, il faudrait donc avoir des tentes et des effets de campement, le gouvernement napolitain, n’a ni l’un ni l’autre et cette réunion à laquelle je tiens beaucoup tant pour l’instruction des corps que pour celle des généraux ne pourra avoir lieu, s’il n’existe pas de tentes dans la 30e division militaire et si V. E. ne peut m’en faire fournir.
Je dois réclamer encore près de V. E. la poudre pour les exercices à feu, le gouvernement napolitain a jusqu’à présent à peine fourni aux corps le 0/4 de la quantité voulue par les règlements, il est vrai qu’elle est très rare dans le royaume et qu’il s’en fait une très grande consommation sur les côtes ; il m’en faudrait au moins pour le printemps prochain 500 kilogrammes par bataillon.
Il reste encore environ 30 cartouches à balle par homme dans chaque régiment ; le gouvernement napolitain doit il fournir celles dont je puis avoir besoin ?
Dans le cas où V. E. reconnaitrai l’utilité d’un camp et que les moyens de campement puissent m’être fournis, il faudrait aussi que l’ordonnateur eut un approvisionnement d’eau de vie pour en donner un gratification, au moins trois fois par semaine, j’ai dû dans la mauvaise saison faire prendre cette dépense sur la solde, parce que les officiers de santé en avaient recommandé l’usage.
Je renverrai par le 1er courrier à V. E. 268 congés de réforme, n’en ayant employé que 232 sur les 500 qu’elle m’a fait envoyer en me chargeant de l’inspection des régiments sous mes ordres
" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 206 page 431).

Le 9 décembre 1811, le Général de Division Grenier écrit au Duc de Feltre, à Paris : "J’ai l’honneur d’adresser à V. E. 268 congés de réforme qui, avec les 232 que j’ai délivrés pendant la revue d’inspection des régiments sous mes ordres, forment les 500 que V. E. m’a fait adresser avant cette revue.
Etat des congés délivrés ...
Au 1er régiment étranger, 116 ...
" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 206 page 431).

Le 10 décembre 1811, le Général de Division Grenier écrit au Duc de Feltre, à Paris : "Un nommé Michel de Vico d’Arpino, terre de labour du royaume de Naples, s’est engagé il y a quelques années à Livourne, se déclarant Grec de nation, dans le régiment de La Tour d’Auvergne où il sert encore dans une compagnie de voltigeurs ; il s’est fait depuis connaitre comme appartenant au royaume de Naples, et le Ministre de la Guerre le réclame au nom du Roi ; cet hommes n’étant pas déserteur et s’étant engagé librement, je n’ai pas cru devoir déférer à cette demande dans avoir pris les ordres de Votre Excellence ; je pense qu’il n’y aurait aucun inconvénient à rendre cet homme qui a plus de 40 ans et qui finirait par déserter pour rester dans son pays, si le régiment rentrait en France" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 207 page 434).

Le 10 décembre 1811, le Général de Division Grenier écrit au Duc de Feltre, à Paris : "Dans ma lettre du 8 de ce mois, j’ai omis de faire connaitre à V. E. les réclamations qui m’ont été faites par un grand nombre de militaires des régiments de La Tour d’Auvergne et d’Isembourg, sur la durée de leur engagement ; ils prétendent qu’étant engagés pour 4 ans seulement et ceux existant depuis la formation des régiments en ayant servi six, ils ont droit d’obtenir leurs congés absolus dans répondre à leurs demandes ; je leur ai fait connaitre qu’il ne se délivrait des congés absolus qu’à la paix générale et que jusqu’ici leurs réclamation n’était pas fondée ; je prévois qu’elle se répètera souvent et que si cette disposition avait lieu à quelque époque que ce fut, ces régiments seraient dissous comme ils ont été formés ; ne conviendrait-il pas, Mgr, de déterminer dans ces régiments un mode de rengagement et de fixer une prime pour ceux qui se rengageraient après 6 ans de service, il est probable que l’on aurait un fond de bons soldats, sur la fidélité desquels on pourrait compter, puisqu’ils ont déjà servi 6 ans sans penser à la désertion. Un autre objet non moins important est l’assurance qu’il conviendrait après un certain nombre d’année de service, de la même manière que les Français pour l’admission à la retraite et aux vétérans ; ces hommes déjà âgés de 25 à 30 ans au moment de leur entrée au service craignent d’être renvoyés sans aucune ressource, dans quelques armées et lorsqu’ils ne pourront plus travailler ; des sous-officiers même ont énoncé cette opinion, je les ai rassurés autant qu’il était en mon pouvoir, en leur faisant connaitre que l’Empereur ne renvoyait pas les braves gens et qu’en le servant fidèlement, leur existence ne serait jamais compromise ; j’ai dû rester dans des termes généraux, en attendant que V. E. puisse me faire connaitre son opinion sur l’objet de ces réclamations qui méritent son attention.
Je rappellerai encore à cet égard à V. E. ce que j’ai eu l’honneur de lui mander en lui adressant le travail de l’inspection de ces régiments que la trop grande facilité, qu’ont les recruteurs de faire admettre des hommes au dépôt de ces régiments, donne un bon nombre de sujets qui sont trop âgés, ou accablés d’infirmités provenant déjà d’un long service chez l’étranger, où des prisons dans lesquels ils ont été renfermés et d’où on les tire pour les envoyer dans tel ou tel régiment, sans faire attention, ni à leur âge, ni à leurs qualités physiques ; la preuve de cette attention se trouve dans le nombre que j’ai été obligé de réformer dans les régiments de La tour d’Auvergne et d’Isembourg, quoique ce travail ait déjà été fait, il y a 8 mois environ, dans le 1er de ces régiments par le général Jalras ...
" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 208 page 435).

Le 18 décembre 1811, le Ministre de la Guerre, le Duc de Feltre, écrit depuis Paris (Ministère de la Guerre, Bureau de l’Inspection), au Général Grenier commandant le Corps d’Observation de l’Italie méridionale : "Général, vous m’exposez par votre lettre du 25 novembre, que le 4e bataillon du 1er régiment d’étrangers qui revient de l’armée d’Espagne, ne peut, à raison des pertes qu’il a faites, fournir les cadres qui doivent en être tirés, pour la formation des 4e et 5e compagnies du 6e bataillon. Vous m’informez en même temps, que vous avez donné des ordres, pour que les deux compagnies qui manquent à ce bataillon, dont les cadres ont pu être pris dans le 5e bataillon, y fussent créées.
J’approuve cette mesure qui complète les dispositions qui furent prescrite par le Décret du 16 octobre 1810, au sujet du 1er régiment étranger ci-devant de la Tour d’Auvergne
" (Papiers du général Paul Grenier. VII. 1768-1827, BNF, Paris. Docs 101 page 213).

"Corps d'Observation de l'Italie Méridionale
Place de Teano
Mois de décembre 1811
Infanterie légère - 1er Etranger
Etat nominatif de MM. les officiers qui ont fait partie du corps pendant le mois de décembre 1811 et mutations survenues parmi eux pendant ce temps.
Etat major : Colonel Joseph Louis Drummond de Melfort, suspendu de ses fonctions et au 1/3 de sa solde; Jean Baptiste Daulion, Colonel en 2e; Major Joseph Zimmer, suspendu de ses fonctions et au 1/3 de sa solde; ex Quartier maître Frédéric Hermand, suspendu de ses fonctions compte au corps pour le 1/3 de sa solde; Capitaine Quartier-maître Albert Seroka; Sous-lieutenant Officier payeur Henry Delloy, Chirurgien major Charles Laurent; Chirurgiens aides-majors Jacques Nicolas Gilles, Jean Baretta, Antoine Muller, Charles Drancomi; Sous-aides majors Jacques Garborini, Placide Codou, Jean Perrotti.
1er Bataillon
Etat-major : Chef de Bataillon Justin Thilorier, Adjudant-major vacant
Carabiniers : Capitaine Alexandre D'Aspect, Lieutenant Jacques Eyrisch, Sous-lieutenant Goswin Schweikhart.
1ère Compagnie : Capitaine Michel Hautz ; Lieutenant Casimir Gerente, suspendu de ses fonctions et au 1/3 de sa solde; Sous-lieutenant Alphonse Ségur.
Voltigeurs : Capitaine Charles Bonnin; Lieutenant Louis Duhamel, à l'hôpital le 6 novembre S le 26 décembre.
3e Compagnie : Capitaine Girard Louis, mort le 20 décembre; Capitaine Thiebaut D'Allerit, venu des Officiers à la suite le 21 décembre; Lieutenant Edouard D'Espagnes, Sous-lieutenant Emmanuel Ruiz
4e Compagnie : Capitaine Charles Ulrich; Sous-lieutenant Ferdinand Lagranville. 5e Compagnie : Capitaine Charles Cherrière, passé aux Voltigeurs du 4e le 19 décembre; Capitaine Pierre Cazenave, venu de la 1ère du 4e le 19 décembre; Lieutenant Charles Castelnau; Sous-lieutenant Joseph Bougel.
2e Bataillon
Etat-major : Chef de Bataillon Charles Pierreville; Capitaine Adjudant-major Louis Komierowsky
Carabiniers : Capitaine Guy François René De La Jumellière; Lieutenant Alexandre Lequeu; Sous-lieutenant Amédée Saint-Font.
1ère Compagnie : Capitaine Pierre Auguste Bergeret; Lieutenant Charles Derocreuse; Sous-lieutenant Joseph Bacqueville.
Voltigeurs : Capitaine Pierre Malcomes; Lieutenant Rabot Lebrun; Sous-lieutenant Stephany Nostrowitzky, venu de la 3e du 2e le 11 décembre.
3e Compagnie : Capitaine Philippe Ducolombier, passé à la 1re du 6e le 15 décembre; Lieutenant César Bergeret, proposé pour Adjudant le 16 décembre; Sous-lieutenant Stephany Nostrowitzky, passé aux Voltigeurs du 2e le 11 décembre.
4e Compagnie : Capitaine Charles Venzelles; Lieutenant Louis Magalon; Sous-lieutenant Edme Bernier, suspendu de ses fonctions et au 1/ 3 de sa solde.
5e Compagnie : Capitaine Edouard Pitaubert; Lieutenant Besieux; Sous-lieutenant César Contreras.
3e Bataillon
Etat-major : Chef de Bataillon Charles François D'Averton, porté pour sa retraite; Lieutenant Adjudant-major Charles Hamberger.
Carabiniers : Capitaine Alexandre Bonhotte; Lieutenant Alexandre Lagarenne; Sous-lieutenant Joseph Allemand.
1ère Compagnie : Capitaine Charles Desrosières; Lieutenant Jacques Decombes, à l'hôpital le 17 novembre S le 31 décembre.
Voltigeurs : Capitaine Prospère Desetangs; Lieutenant Joseph Francheteau.
3e Compagnie : Capitaine Charles Desbons; Lieutenant Joseph Baillivy, à l'hôpital le 4 novembre S le 26 décembre; Sous-lieutenant Louis Bonn.
4e Compagnie : Capitaine Charles Gallemant; Lieutenant Ferdinand Vorstadt; Sous-lieutenant Louis Debusch.
5e Compagnie : Capitaine Vincent Garrido; Lieutenant Charles Galliffe, à l'hôpital le 27 septembre S le 17 décembre.
4e Bataillon
Etat-major : Chef de Bataillon Banyuls de Monferé; Lieutenant Adjudant-major Joseph Baptiste Girardon.
Carabiniers : Capitaine François Berthelot; Lieutenant Constantin Lorang; Sous-lieutenant Hugues Delille.
1ère Compagnie : Capitaine Pierre Cazenave, passé à la 5e du 1er le 15 décembre; Capitaine François Zornholz, venu des Officiers à la suite le 19 décembre; Sous-lieutenant Gaston Banyuls.
Voltigeurs : Capitaine Charles Cherrière, venu de la 5e du 1er le 19 décembre.; Lieutenant Guillaume Defrentz, à l'hôpital du 9 novembre; Sous-lieutenant Schadler.
3e Compagnie : Capitaine Leonard Saint-Cyr, parti de l'armée d'Espagne le 1er juin 1810 s'est rendu à Strasbourg où il a obtenu son congé de convalescence le 1er novembre 1811 par le Ministre; Lieutenant Jean Baptiste Stopp; Sous-lieutenant Alexandre Piedoys.
5e Bataillon
Etat-major : Chef de Bataillon vacant, porté par erreur vacant, cet Officier M. Vogt est occupé au dépôt à Strasbourg; Lieutenant Adjudant-major Alphonse Cottin.
Carabiniers : Capitaine François Lyon; Sous-lieutenant Charles Rungde.
1ère Compagnie : Capitaine Nicolas Salomon; Sous-lieutenant Thomas Serjuisty.
Voltigeurs : Capitaine Maurice Sainte-Colombe; Lieutenant Jean Decker; Sous-lieutenant Hyppolite Pouthier.
3e Compagnie : Capitaine Frédéric Zweifel; Lieutenant Clément Villemejanne.
4e Compagnie : Capitaine Arnold Schmelzer; Lieutenant Casimir Anino.
5e Compagnie : Capitaine Louis Gonnet, en congé du 1er avril 1811, avait un congé de 6 maois lequel a été prolongé d'un moi par S. E. le Ministre. Cet officiern'a point encore rejoint ni donné de ses nouvelles; Sous-lieutenant Louis Taché.
6e Bataillon
Etat-major : Chef de Bataillon Aristarque de Champenoy; Jean Hautz, Lieutenant adjudant-major
Carabiniers : Capitaine Hunault de la Chevallerie; Lieutenant Charles Mongelas; Sous-lieutenant Jospeh Laugier.
1ère Compagnie : Capitaine Philippe Ducolombier, venu de la 3e du 2e le 15 décembre; Sous-lieutenant Antoine Berga.
Voltigeurs : Capitaine Alexandre Gombert; Lieutenant Alexandre Delabrosse; Sous-lieutenant Ferdinand Maire.
3e Compagnie: Capitaine Arnaud D'Oraison; Sous-lieutenant Louis Deblois.
4e Compagnie : Capitaine vacant, cette Compagnie est commandée provisoirement par M. Lequeu des Carabiniers du 2e; Sous-lieutenant Louis Bonhomme, venu des Officiers à la suite le 1er décembre.
5e Compagnie : Capitaine vacant, cette Compagnie est commandée provisoirement par M. Mongelas des Carabiniers du 6e; Sous-lieutenant Pierre Duvivier, nommé par décret impérial du 16 août 1811 arrivé au Régiment le 12 décembre.
Officiers à la Suite
Capitaine Franois Zornholz, passé à la 1ère du 4e le 19 décembre; Capitaine Dallerit Thiebaut, passé à la 3e du 1er le 21 décembre; Sous-lieutenant Louis Bonhomme, passé à la 4e du 6e le 1er décembre
".

Le 19 janvier 1812, à Paris, on informe l'Empereur que : "Il y a 1314 prisonniers espagnols, mais étrangers à l'Espagne, qui sont détenus en France et demandent à reprendre du service. On propose d'incorporer ... les Prussiens, Russes, Danois, Suédois dans les 1er et 2e régiments étrangers ..."; ce dernier répond : "Approuvé" (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1912, t.4, lettre 5725).

Le 30 janvier 1812, le Ministre de la Guerre, le Duc de Feltre, écrit, depuis Paris (Ministère de la Guerre, Bureau de l’Inspection) au Général Grenier : "Général, vous m’avez demandé si les mesures à prendre pour faire rentrer dans les rangs tous les sous-officiers et caporaux n’ayant pas deux années de service, devaient être appliquées aux bataillons de guerre. Je réponds affirmativement à cette question qui ne peut être douteuse, la volonté de l’Empereur étant que tous les militaires, sans exception, soit soumis aux décisions qu’il a rendues à cet égard. Toutefois, les observations que vous m’avez présentées, relativement aux régiments étrangers, ne m’ayant pas paru dénuées de fondement, je vais en rendre compte à Sa Majesté, et la prier de me faire connaître ses instructions" (Papiers du général Paul Grenier. VII. 1768-1827, BNF, Paris. Docs 123 page 257).

La solde quant à elle est toujours aussi mal versée. Début 1812, le Colonel Melfort et le Major Zimmer sont accusés de fraude.

Le 2 février 1812, le Général de Division Grenier écrit au Roi de Naples : "J’ai l’honneur d’adresser à V. M. copie d’une lettre que j’ai reçu ce matin de S. E. le Ministre de la Guerre ; l’objet dont elle traite ne pouvant qu’être relatif à l’occupation d’Itri par le cadre du 6e bataillon du 22e d’infanterie légère et à l’occupation de Saint-Germain par le 5e bataillon du 1er étranger, les reproches (si l’on peut appeler cette lettre ainsi) qui me sont faits sont bien gratuits, puisque le Ministre de la Guerre de V. M. a été prévenu de ces mouvements comme des motifs qui les ont déterminés ; j’ai l’honneur de joindre ci-joint copie des avis qui ont été donnés et que je vais envoyer aussi à S. E. le Ministre de la Guerre, de l’Empire.
J’ai déjà fait connaitre au général Aymé que si je n’ai pas eu celui d’en demander directement l’agrément à V. M., c’était dans l’intention de ne pas l’importuner pour un mouvement aussi insignifiant et qui n’avait pour but que de soulager d’une part les malheureux habitants de Borgo di Gaète, et de l’autre de retirer pour quelques mois seulement de Roccamonfina, Torra et autres lieux de montagnes, le 5e bataillon du 1er étranger dont les communications eussent été interrompues dans cette saison.
V. M. se rappellera sans doute qu’Elle a approuvé les premiers cantonnements des troupes impériales. Sainte-Marie de Capoue, Caserte et environs y étaient compris ; depuis le départ du 1er régiment suisse, j’ai laissé ces communes sans troupes, parce que je croyais faire quelque chose d’agréable à V. M. en n’occupant pas Caserte. J’ai été assez malheureux pour me tromper
" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 216 page 451)

Le 16 février 1812, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la guerre : "Monsieur le duc de Feltre ... On dit que le colonel du 1er régiment étranger est bien mauvais" (Correspondance générale de Napoléon, t.12, lettre 29984).

Le 26 février 1812, à Paris, l'Empereur est informé que : "On constate un déficit dans la caisse du régiment de La Tour d'Auvergne"; ce dernier répond :"Le colonel Melfort sera suspendu de ses fonctions. il sera mandé à Paris pour rendre compte de sa conduite et il sera nommé un autre colonel en remplacement" (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1911, t.2, lettre 1879).

Un extrait du procès verbal de la séance du Conseil des Ministres du 26 février (P&T, V, 6840) présente effectivement à l’Empereur un déficit de 66404 fr. 05 existant dans la caisse du Régiment. Comme on le voit, la sanction est immédiate. Melfort est suspendu de ses fonctions et doit être convoqué à Paris pour rendre compte de sa conduite. Entre temps, le Régiment, dont le 6e Bataillon a enfin ses Compagnies d’élite, alors que le 4e n’a encore que ses deux d’élite et deux de Chasseurs, reçoit l’ordre en décembre de se rendre par petite étapes dans le nord de l’Italie pour rejoindre le Corps d’observation. Le 7 mars, les six Bataillons (3600 hommes) sont à la 4e Division d’observation (Grenier) entre Rome et Naples (Du casse, VIII).

Le 4 mars 1812, le Ministre de la Guerre, le Duc de Feltre, écrit, depuis Paris (Ministère de la Guerre, Bureau de l’Inspection), au Général Grenier commandant le Corps d’Observation de l’Italie méridionale : "Général, afin de compléter les dispositions du décret du 25 décembre dernier, relatif aux nouveaux drapeaux, j’ai pris les décisions suivantes, au sujet des fanions que doivent avoir les bataillons des régiments d’infanterie.
1° Ces fanions seront confectionnés en étoffe de laine, de la couleur prescrite par le décret.
2° Ils auront 30 pouces, ou 813 millimètres en tous sens.
3° Ils seront garnis autour d’un galon de laine, de la même couleur que le fanion, afin qu’ils se conservent plus longtemps ; ils n’auront ni franges, ni cravate, ni aucune espèce d’ornement.
4° Ils seront supportés par un bâton de bois noirci, de la hauteur de 8 pieds ou 2 mètres 600 millimètre, et terminé en haut par une pointe de fer ou d’acier.
Je vous prie de communiquer ces dispositions aux divers régiments d’infanterie employés sous vos ordres, et de leur prescrire de faire confectionner, sans le moindre délai, les fanions qu’ils doivent avoir, et de les distribuer aux bataillons, l’intention de l’Empereur étant qu’ils en soient pourvus de suite.
Cet ordre ne doit point souffrir de retard ; je vous engage à en surveiller la prompte exécution, dont vous me rendrez compte
" ; noté en marge : "Ecrit à MM. Les généraux de brigade le 28. Demandé le décret le 2 avril" (Papiers du général Paul Grenier. VII. 1768-1827, BNF, Paris. Docs 124 page 259).

Le 25 mars 1812, le Général de Division Grenier écrit au Roi de Naples : "J’ai l’honneur de mettre sous les yeux de V. M. le tableau des cantonnements à occuper par les troupes françaises, dans les 1ers jours d’avril si Elle daigne en approuver la répartition ...
L’emplacement proposé pour le 1er étranger fera voir à V. M. que ce régiment évacuera Saint-Germain, Carinola, Casa Nova, Vairano, et autres lieux malsains que l’on ne saurait plus occuper à la fin de mai, et que l’on remplacera par Caiazzo et Formicola ; cependant, ces deux communes n’ont point de fournitures et l’habitant sera nécessairement surchargé. V. M. jugera ce qui conviendra le mieux dans cette circonstance, en même temps qu’Elle daignera me faire connaitre ses intentions relativement à cette nouvelle répartition. Je la supplie d’ordonner aussi que dans les environs du chef-lieu de chaque bataillon, il soit désigné un terrain pour l’instruction de l’école de bataillon afin d’éviter à cet égard toute contestation entre les communes et les chefs de cantonnement
" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 224 page 467).

Le 30 mars 1812, le Général de Division Grenier écrit au Ministre de la Guerre, à Paris : "L’armement du 1er régiment étranger étant incomplet par l’augmentation progressive de ce régiment, le conseil d’administration a cru pouvoir retirer des magasins et des arsenaux du Royaume de Naples, d’une part 195 fusils avec leurs baïonnettes, de l’autre 681 sabres en bon état, 94 sabres à réparer et 30 lames en mauvais été, qu’il y avait fait verser à différentes époques, selon les états ci-joints. J’ai, à cet effet, adressé le 15 janvier dernier cette demande au Ministre de la Guerre du Royaume et n’en ayant pas reçu de réponse, renouvelé le 18 de ce mois. Ce ministre, en date du 28 de ce mois, m’adresse la lettre dont copie est ci-joint. J’observerai à V. E. que depuis le 1er janvier 1810, les corps français n’ont plus reçu d’armes des magasins du gouvernement napolitain, à l’exception cependant du 1er régiment étranger qui en a reçu un certain nombre réparées et pour lesquelles on lui a retenu sur sa solde 6600 francs, ce qui me donnait lieu de croire que le conseil d’administration de ce régiment avait le droit de réclamer celle déposées avant et depuis cette époque, dans les magasins napolitains, pour cause de morts ou de désertion. J’attendrai, pour faire de nouvelles démarches à cet égard, les ordres ultérieurs de V. E." (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 226 page 472).

Le 3 avril 1812, le Général de Division Grenier écrit au Ministre directeur de l’Administration de la Guerre, à Paris : "J’ai, à différentes époques, fait connaitre à V. E. les retards qu’éprouvaient les corps sous mes ordres de la part du Trésor de Naples, pour le payement de la masse d’habillement des mois d’avril, mai, juin, juillet et août 1811. On m’avait bien entretenu des motifs que l’on donnait à ces retards, mais je ne les ai connus officiellement que par la correspondance de S. E. le Ministre des Finances du Royaume de Naples, avec M. Poeysavant, payeur général du corps d’observation, correspondance que ce dernier m’a adressée le 27 et dont j’ai aujourd’hui l’honneur d’envoyer copie à V. E. Elle jugera de l’embarras dans lequel se trouveront les corps sous mes ordres si le gouvernement napolitain a le droit de faire de pareilles imputations sans l’intervention des Ministres de S. M. l’Empereur et des parties intéressées ; V. E. trouvera copie de ma réponse à M. Poeysavant sur cet objet. Je la crois basée sur les dispositions du décret du 16 mai 1810 sur les instructions de V. E. du 1er septembre et conforme aux dispositions de la convention du 23 juin même année. Il importe qu’il soit pris à l’égard de cette liquidation des mesures telles que les corps n’aient pas à souffrir de ces retards, surtout le 22e d’infanterie légère et le 1er régiment étranger qui se trouvent, dans ce moment, singulièrement gênés, et qui seront dans le cas de demander à V. E. des secours extraordinaires pour subvenir à leurs besoins.
Daignez, Monseigneur, prendre en considération la situation pénible dans laquelle se trouvent les troupes du corps d’observation et me faire connaitre les décisions qui seront prises dans cette circonstance, comme de m’indiquer les démarches ultérieures que j’aurai à faire
" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 227 page 473).

Le 8 avril 1812, le Général de Division Grenier écrit au Duc de Feltre, à Paris : "J’ai transmis à M. le colonel de Melfort la lettre que V. E. m’a adressée pour lui (Bureau de la police militaire) et l’ai engagé à se conformer aux dispositions qu’elle prescrit. Il m’en ad accusé la réception et m’a annoncé qu’il se mettrait incessamment en route pour Paris" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 228 page 476).

Le 29 avril 1812, le Ministre de la Guerre, Duc de Feltre, écrit, depuis Paris (Ministère de la Guerre, Bureau de l’Inspection), au Général Grenier commandant le Corps d’Observation de l’Italie méridionale : "Général, en m’informant par votre lettre du 3 avril, des dispositions qui ont été faites pour la confection des fanions des divers bataillons d’infanterie, vous m’annoncez que vous n’avez point reçu le décret du 25 décembre relatif aux aigles.
Pour suppléer à l’envoi qui vous a été fait et qui ne vous est oint parvenu, je vous transmets ci-joint 8 exemplaires de ce décret, avec autant d’exemplaires de l’ordre du jour que j’ai fait imprimer à ce sujet, pour être envoyées corps qui se trouvent sous votre commandement et mis à l’ordre.
Je vous engage, général, à veiller à ce qu’on se conforme exactement à l’avenir, aux mesures indiquées, tant dans le décret, que dans l’ordre du jour, et à m’accuser réception de l’un et de l’autre
" (Papiers du général Paul Grenier. VII. 1768-1827, BNF, Paris. Docs 128 page 269).

Le 18 mai 1812, le Général de Division Grenier écrit au Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, à Paris : "Afin d’être à même de répondre à la lettre que V. E. m’a fait l’honneur de m’adresser, en date du 17 avril dernier relativement à l’armement du 1er régiment étranger, j’en ai adressé copie au conseil d’administration. Ci-joint, V. E. trouvera copie de la réponse du colonel et un état de situation de l’armement, d’après lequel Elle verra que les fusils à fournir à ce corps pour remplacement et complément de l’effectif, s’élèvent à 691 et 712 baïonnettes, non compris les 250 fusils nécessaires à l’armement des détachements annoncés pour le 19 du courant, ce qui portera les besoins réels à 941 fusils.
Dans le travail d’inspection de ce régiment, que j’ai eu l’honneur d’adresser à V. E., Elle aura dû remarquer, par les notes de l’état d’armement, que les fusils qu’il a reçus du gouvernement napolitain, loin d’être neufs, étaient tous de mauvaise qualité.
La lettre du colonel fera connaitre à V. E. qu’au lieu d’avoir un excédent de sabres à verser dans les magasins d’artillerie de Civita-Vecchia, il en manque à ce corps 554 pour armer les sous-officiers et carabiniers qui en sont dépourvus.
V. E. aura dû remarquer aussi par les notes précitées qu’il se trouvait un déficit de 1199 sabres, dont le corps n’a pu justifier l’emploi. Je lui rappellerai à cet égard le second paragraphe, relatif à l’armement, contenu dans les ordres que j’ai laissé au conseil d’administration lors de ma revue d’inspection et qui est ainsi conçu :
« Par l’état d’armement que le conseil d’administration a remis à l’inspecteur général, on remarque qu’il doit rester au moment de la revue, tant en service qu’en magasin, la quantité de 1929 sabres, cependant, par une note particulière portée au même état, le conseil d’administration déclare qu’il n’en existe réellement que 730, d’où il résulte un déficit de 1199 sabres dont il ne peut rendre raison. Il importe d’en connaitre l’emploi ; à cet effet, tous les officiers chargés de l’armement depuis le 9 avril 1808, époque de la revue du général Pille, et même antérieurement s’il est nécessaire, jusqu’à ce jour, sont rendus responsables l’un envers l’autre et seront entendus par le conseil d’administration pour prouver la remise de ces sabres à leurs successeurs dans les détails de l’armement. Le colonel et le conseil d’administration feront connaitre à l’inspecteur général les renseignements qu’ils auront obtenus à ce sujet, afin qu’il puisse en rendre compte à S. E. le Ministre de la Guerre ». Jusqu’à ce jour, on n’a pu avoir aucun éclaircissement sur l’emploi de ces armes, ainsi que V. E. le verra par la lettre du colonel Danlion.
Je rappellerai à V. E. comme j’ai déjà eu l’honneur de lui annoncer, par ma lettre du 30 mars, que le gouvernement napolitain a retenu 6600 frs au 1er régiment étranger, pour les 300 fusils qui lui ont été donnés le 21 juillet et le 11 septembre 1810, et qui sont portés en recette à l’état d’armement comme fusils autrichiens mauvais.
Je prie V. E. d’avoir la bonté de prendre en considération les demandes du colonel du susdit régiment et de donner les ordres nécessaires pour que son armement, tant en fusils qu’en sabres, soit complété
" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 232 page 484).

Le 23 mai 1812, Napoléon ordonne, depuis Dresde, la formation d’une Compagnie d’artillerie régimentaire avec deux pièces de six. Il écrit au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, le général Grenier n'a pas d'artillerie, et l'artillerie de ligne est dans une situation telle qu'elle ne peut lui rien fournir. Donnez des ordres sur-le-champ pour qu'une compagnie d'artillerie soit formée au régiment d'Isembourg et une compagnie du régiment de la Tour d'Auvergne et que chacun de ces régiments ait deux pièces de canon de 6, qu'une compagnie d'artillerie soit également formée au 22e régiment d'infanterie légère et qu'il y soit attaché deux pièces de canon ; par ce moyen, l'artillerie du corps du général Grenier sera composée de six pièces d'artillerie ; il y aura un caisson d'ambulance par régiment. Il n'y aura point de caissons des équipages militaires.
Envoyez un capitaine d'artillerie de la ligne, deux lieutenants en second et quatre instructeurs tirés du 2e ou 4e régiment à pied, qui seront chargés de ce qui est relatif à l'organisation de cette artillerie et à sa surveillance ; ainsi cette division de 8.000 hommes aura ce qui lui est le plus indispensable. Il faut que les attelages, le matériel, les harnais, soient procurés à Naples ou à Rome, ce qui n'est pas difficile ; car s'il fallait les tirer de plus loin, cela ne finirait jamais ; et mon intention est que cette artillerie existe et soit en état de servir à la fin de juin
" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 5, lettre 7259 ; Correspondance générale de Napoléon, t.12, lettre 30679). Celle ci, confiée au Lieutenant Schwerghaust, comprend 3 Sergents, 3 Caporaux et 56 Canonniers. Le 31, le commandement passe au Colonel en second Jean Baptiste Danlion (1770-1853).

Le 28 mai 1812, "On soumet à Sa Majesté une demande que fait le sieur A. de Vedel, neveu du général de brigade Vedel, pour obtenir la permission de solliciter du service en Saxe" ; l'Empereur, qui ne veut toujours pas d'Officiers étrangers à son service, rejette également cette demande, répondant : "L'employer dans le régiment de La Tour d'Auvergne" (O&A, III, 5095; Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 5, lettre 7285 - Non signée ; extraite du « Travail du ministre de la guerre avec Sa Majesté l’Empereur et Roi daté du 20 mai 1812 »).

RGT de la Tour d'Auvergne, d'après Fichier Wurtz
Carabinier RGT La Tour d'Auvergne, H. Knoetel
Chasseur (Fig. 40), Carabinier (Fig. 41), Voltigeur (Fig. 42), Sapeur (Fig. 43), Sergent Sapeur (Fig. 44), Tambour major (Fig. 46) d'après les informations données par le Fichier Wurtz (nos dessins parus dans Soldats Napoléoniens); le Caporal Sapeur est donné d'après K. Tohsche (Fig. 45)
Carabinier d'après H. Knötel
RGT de la Tour d'Auvergne, d'après Fichier Wurtz
Caporal Sapeur RGT de la Tour d'Auvergne, 1809-1810
Tambour maître (Fig. 47), Musicien (Fig. 48), Tambour de Carabiniers (Fig. 49), d'après les informations données par le Fichier Wurtz (nos dessins parus dans Soldats Napoléoniens). Nous donnons également ci-contre la tenue du Voltigeur, sensiblement analogue à celle de Wurtz, telle que présentée par R. Forthoffer, Fiche Documentaire 210 (avec l'aimable autorisation de Mr Jean-Yves Forthoffer)
Caporal sapeur d'après K. Tohsche (Fig. 45)

Le 30 mai 1812, le Ministre de la Guerre, le Duc de Feltre, écrit, depuis Paris (Ministère de la Guerre, 6e Division, Artillerie) au Général Grenier, commandant le Corps d’Observation de l’Italie méridionale, à Sessa (Royaume de Naples) : "Général, j’ai l’honneur de vous prévenir que Sa Majesté m’ordonne de former de suite une compagnie d’artillerie dans chacun des trois régiments d’infanterie ci-après désignés :
1er régiment étranger, 2e idem, 22e régiment d’infanterie légère.
Vous recevrez incessamment mes instructions pour procéder à l’organisation de ces compagnies (elles vous parviendront par le prochain courrier).
J’envoie à votre corps d’observation M. Le capitaine d’artillerie Fondard, deux lieutenants en second et 4 sous-officiers instructeurs du 2e régiment d’artillerie pour être chargés de l’instruction de ces compagnies.
J’ordonne à M. le directeur d’artillerie à Rome de tenir à votre disposition : 6 canons de 6 sur affûts et avant-train, 9 caissons à munitions de 6 et 6 caissons d’infanterie chargés.
Chaque compagnie devant avoir 2 canons de 6, 3 caissons de 6, 2 caissons d’infanterie.
Elles auront de plus chacune un caisson d’ambulance qui sera fourni par M. le Ministre Directeur de l’administration de la Guerre, ainsi que 40 chevaux harnachés par compagnie pour l’attelage de ces voitures.
L’intention de Sa Majesté est que ces compagnies existent et soient en état de servir à la fin du mois de juin.
Les instructions sur la formation de ces compagnies d’artillerie régimentaire feront connaître la force et la composition qu’elles devront avoir.
Il est essentiel de choisir pour canonniers des hommes forts et robustes, et pour soldats du train des hommes habitués à conduire et soigner des chevaux.
Les uns et les autres seront choisis dans leurs régiments respectifs
" (Papiers du général Paul Grenier. VII. 1768-1827, BNF, Paris. Docs 132 page 277).

Le même 30 mai 1812, le Général de Division Grenier écrit de son côté, au Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, à Paris : "J’ai reçu, avec la lettre de V. E. du 29 avril dernier, les huit exemplaires du décret du 25 décembre relatif aux aigles, avec autant d’exemplaires de l’ordre du jour de V. E. L’un et l’autre ont été communiqués aux troupes sous mes ordres, et elles se conformeront aux dispositions qui leur sont prescrites ...
Les 1er et 2e étrangers les ont reçus par les soins du Ministère de la Guerre ; doit-on les considérés comme donnés par l’Empereur ? Et dans ce cas, ces corps peuvent-ils conserver l’aigle du 1er bataillon ? Cette question m’a été soumise, je prie V. E. d’en donner la solution ...
" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 234 page 488).

Le 31 mai 1812, le Ministre de la Guerre, le Duc de Feltre, écrit, depuis Paris (Ministère de la Guerre, Bureau de l’Inspection), au Général Grenier, commandant le Corps d’Observation de l’Italie méridionale : "Général, l’intention de l’Empereur est qu’il soit formé une compagnie d’artillerie à chacun des 1er, 2e régiments étrangers et 22e d’infanterie légère qui sont sous votre commandement.
Ces compagnies devront être organisées de la manière prescrite par le Décret impérial du 9 juin 1809, dont vous trouverez une ampliation ci-jointe.
Je vous engage à former faire former ces compagnies aussitôt que vous aurez cette lettre. A cet effet, on choisira dans chaque régiment des officiers, sous-officiers et soldats les plus propres au service de l’artillerie.
La formation de chaque compagnie sera constatée par un procès-verbal rédigé par un inspecteur aux revues. Ces procès-verbaux seront soumis à votre approbation et il en sera fait autant d’expéditions, qu’il est prescrit par le règlement du 25 germinal an 13. Celle que je dois recevoir me sera envoyée par vous.
Vous y joindrez deux mémoires de proposition pour faire remplacer les deux officiers qui seront passés dans la compagnie d’artillerie. Les sous-officiers qui y auront été admis seront remplacés de suite dans les compagnies d’où ils auront été tirés.
Je donne des ordres pour faire fournir à ces compagnies leur matériel d’artillerie et je prie son excellence le Ministre Directeur de l’administration de la guerre, de faire de son côté les dispositions convenables, pour leur faire fournir les chevaux et les harnais nécessaires
" (Papiers du général Paul Grenier. VII. 1768-1827, BNF, Paris. Docs 136 page 285).

Le 13 juin 1812, le Général de Division Grenier écrit au Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, à Paris : "J’ai l’honneur de prier V. E. de daigner se rappeler que M. le major Zimmer (du 1er régiment étranger) est toujours aux arrêts ; sa présence au dépôt de ce corps, s’il doit y être conservé, serait bien nécessaire, attendu qu’il est remplacé dans ses fonctions par un chef de bataillon dont l’absence de son bataillon ne peut être que préjudiciable. Je prie par conséquence V. E. de prendre mes observations en considération et de me faire connaitre ses intentions à l’égard de M. le major Zimmer" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 244 page 508).

Le 17 juin 1812, le Général de Division Grenier écrit au Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, à Paris : "J’ai l’honneur de rappeler à V. E. qu’il lui a déjà été adressé deux mémoires de proposition au grade de chef de bataillon, en faveur de M. Hautz, capitaine au 1er régiment étranger. Le colonel de ce régiment m’a envoyé un troisième mémoire de proposition pour ce capitaine, avec une lettre pour V. E. J’ai l’honneur de les lui transmettre ci-joint, en la priant d’avoir la bonté d’honorer de sa bienveillance cet officier à qui son ancienneté de grade de capitaine donne des droits à l’avancement demandé pour lui" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 247 page 513).

Le 18 juin 1812, le Général de Division Grenier écrit au Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, à Paris : "Le 3e bataillon du 22e et le 5e bataillon du 2e régiment étranger, qui ont été envoyés en septembre dernier dans les états romains, continuent à y être stationnés, quoique le premier particulièrement, devait rentrer à son corps aussitôt la levée de la conscription opérée ; ces bataillons souffrent de se trouver aussi longtemps éloignés de leurs régiments et je supplie V. E. d’ordonner leur rentrée à leurs corps respectifs. Si les circonstances nécessitaient qu’un égal nombre de troupe dut rester dans les états romains, je proposerai d’y envoyer un bataillon du 1er étranger, fort de plus de 700 hommes présents sous les armes en remplacement des 2 bataillons désignés ci-dessus, qui en ce moment, ne doivent pas être beaucoup plus nombreux puisque le 5e bataillon du 2e étranger est réduit à 350 hommes environ. Je prie V. E. de me faire connaitre la décision qu’elle portera sur l’objet de cette demande" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 247 page 513).

Le même 18 juin 1812, le Général de Division Grenier écrit encore au Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, à Paris : "En réponse à la lettre de V. E. du 29 mai dernier, relative au nommé François Muller, chasseur au 1er régiment étranger, condamné à la peine de mort pour désertion, j’ai l’honneur de la prévenir que ce chasseur est toujours détenu dans les prisons de Sessa, et qu’il y restera jusqu’aux ordres ultérieurs de V. E." (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 248 page 515).

Le 19 juin 1812, le Général de Division Grenier écrit au Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, à Paris : "Par sa lettre du 31 mai dernier, V. E. me demande les renseignements nécessaires pour la mettre à portée de soumettre à S. M. l’Empereur et Roi un travail exact et détaillé sur la situation du corps d’observation en y comprenant la cavalerie et l’artillerie napolitaines qui doivent y être attachées ; je crois ne pouvoir mieux répondre à sa demande qu’en lui adressant la situation de ce corps avec des notes sommaires sur les différents services. V. E. jugera que les parties les plus essentielles sont l’armement, les finances et les moyens de transport ; on a adressé, Bureau de l’artillerie, à différentes époques, des demandes, particulièrement pour l’armement du 1er étranger, pour lequel je me réfère encore à ce que j’ai eu l’honneur de faire connaitre à V. E., Bureau de l’inspection, lors de ma revue de ce régiment, et depuis, Bureau de l’artillerie.
J’ai également fait connaitre toutes les démarches que j’ai été dans le cas de faire près le gouvernement napolitain, pour obtenir le payement de la masse d’habillement du pour 5 mois en 1811, sans obtenir de résultat ; j’en ai de même rendu compte à S. E. le Ministre directeur ; quant aux transports, les corps devraient avoir un caisson pour les papiers du régiment, et un fourgon par bataillon pour les vivres ; ils ne sont point autorisés à s’en procurer. Sans doute le gouvernement napolitain doit pourvoir à ces derniers, tant que le corps d’armé sera dans ce Royaume ; mais s’il était appelé dans la Haute-Italie, il se trouverait fort embarrassé. Les effets de campement présentent aussi des motifs de sollicitude ; depuis nombre d’années, cette masse est supprimée pour les corps stationnés dans le Royaume de Naples ; j’en ignore les raisons, cependant les troupes françaises y ont toujours été sur le pied de guerre et les remplacements auraient dû se continuer ; cette disposition n’a pu avoir lieu par la suppression des fonds qui devaient couvrir cette dépense ...
je crois pouvoir lui dire que ... si S. M. l’Empereur voulait former sur les deux régiments étrangers un corps de 7 à 800 chevaux, il me semble qu’il serait bientôt organisé, surtout si cette cavalerie faisait partie de chacun de ces régiments en proportion de sa force, savoir : pour le 1er étranger, 500 chevaux, et 250 ou 300 pour le 2e. Il ne manque pour cette organisation que des chevaux, de l’argent et deux officiers supérieurs de cavalerie instruits ; les hommes ayant servi dans la cavalerie existent, et en très grand nombre ; il ne faut que les remettre à cheval
" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 248 page 515).

Le 22 juin 1812, le Préfet de la Haute-Saône (Louis-Julien de Buxeuil, baron de Roujoux) écrit, depuis Vesoul, au Ministre de la Guerre : "Votre Excellence m'a informé par la lettre qu'elle m'a fait l'honneur de m'écrire le ? courant que l'Empereur par décret du dix neuf mai 1812 a nommé M. Coutherut Nicolas, Sergent major de la compagnie de réserve du département, à l'emploi de sous-lieutenant dans le premier régiment étranger et m'a chargé de lui remettre la lattre par laquelle Votre Excellence l'a informé de sa nomination.
J'ai l'honneur de faire observer à Votre Excellence que le Sieur Coutherut a été nommé provisoirement par le Conseil d'administration de la cohorte de la Division à l'emploi d'officier payeur de la 22e Cohorte, et qu'il est en route pour se rendre à Maline.
J'ai adressé la lettre de Votre Excellence à M. le commandant de la Cohorte à Maline en le priant de la lui remettre.
M. Coutherut est un excellent sujet sous tous les rapports, parfaitement instruit dans la comptabilité et qui a rendu les plus grands services lors de l'organisation des Cohortes. Je l'ai quitté avec beaucoup de regret
" (SHD).

Le 8 juillet 1812, à Vilna, l'Empereur est informé que "Le duc d'Albufera demande que M. Cherrier, capitaine dans le régiment de la Tour d'Auvergne, qui est en Calabre, soit attaché en qualité d'adjoint à l'etat-màjor de l'armée d'Aragon"; demande qui est rejetée par l'Empereur (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 5, lettre 7423 - Non signée; extraite du "Travail du ministre de la guerre avec Sa Majesté Empereur et Roi daté du 10 juin 1812").

Carabinier, tenue d'été, RGT de la Tour d'Auvergne Carabinier, tenue d'été, RGT de la Tour d'Auvergne, 1806-1807
Fig. 50 A gauche, Chasseur d'après Bucquoy; au centre, Chasseur d'après R. Forthoffer, Fiche Documentaire 210 (avec l'aimable autorisation de Mr Jean-Yves Forthoffer), à droite, Chasseur d'après P. Wacker

Le 14 juillet 1812, le Ministre de la Guerre, le Duc de Feltre, écrit, depuis Paris (Ministère de la Guerre, Bureau de l’Inspection), au Général Grenier, commandant le Corps d’Observation de l’Italie méridionale : "Général, par votre lettre du 20 du mois dernier, vous demandez qu’il soit accordé 12 francs sur la masse de recrutement, et à titre de rengagement, au sous-officiers et soldats du 1er régiment étranger, qui sont au service depuis l’an 14 et 1806, et que ces dépenses soient continuées d’année en année.
J’approuve cette proposition que l’on pourra étendre au 2e régiment étranger ; mais vous devez exiger que chaque militaire qui recevra la somme convenue, contracte un nouvel engagement, au moins pour un an
" ; note en marge : "Envoyé copie aux conseils d’administration des 1er et 2e étrangers le 30 juillet 1812" (Papiers du général Paul Grenier. VII. 1768-1827, BNF, Paris. Docs 157 page 329).

Le 26 août 1812, le Ministre de la Guerre, le Duc de Feltre, écrit depuis Paris (Ministère de la Guerre, Bureau de l’Inspection), au Général Grenier, commandant en chef le Corps d’Observation de l’Italie méridionale : "Général, Sa Majesté n’ayant encore point résolu la question de savoir, si les dispositions du décret du 2 août, seront, ou non, appliquées aux sous-officiers des régiments étrangers qui sont au service de France, je ne puis répondre d’une manière positive, à votre lettre du 13 du mois dernier. J’adresse à cet égard un nouveau rapport à l’Empereur, et lorsque sa décision me sera connue, je vous la communiquerai" (Papiers du général Paul Grenier. VII. 1768-1827, BNF, Paris. Docs 162 page 339).

Le 29 août 1812, l'Empereur ordonne, depuis Viazma, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "... Le régiment d'Isembourg restera à Rome, celui de La Tour d'Auvergne en Toscane ..." (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 5, lettre 7540 ; Correspondance générale de Napoléon, t.12, lettre 31628). Décision qui est renouvelée le 3 septembre (O&A, III, 5134).

Le 15 septembre 1812, le Ministre de la Guerre, le Duc de Feltre, écrit, depuis Paris (Ministère de la Guerre, 3e Division, Bureau du mouvement des troupes), au Général Grenier, commandant le Corps d’Observation de l’Italie méridionale à Sessa : "Général, l’Empereur voulant soulager les finances du royaume de Naples, qui a levé sa conscription et complété son armée, ordonne que le corps d’observation de l’Italie méridionale quitte ce royaume ; que le 2e régiment étranger restent dans la 30e division militaire, le 1er dans la Toscane ; et que le 22e d’infanterie légère soit dirigé sur Vérone, où il sera formé, sous vos ordres, une nouvelle division d’infanterie, composé des quatre bataillons de ce dernier régiment, de quatre bataillons du 112e et de deux bataillons de chacun des 6e de ligne et 14e léger ; ce qui fera une division de 12 bataillon.
En conséquence, vous voudrez bien, général, vous concerter avec le ministre de la guerre du royaume de Naples, pour faire relever par les troupes de ce royaume, celles qui composent le corps d’observation de l’Italie méridionale, sur les points de la côte où ce remplacement préalable sera nécessaire ; de manière que vous puissiez mettre vos troupes en marche, savoir :
1° les 4e, 5e et 6e bataillons du 1er régiment étranger de Sora, le 30 septembre, et les trois premiers bataillons avec la compagnie d’artillerie du même régiment, de San-Germano, le 2 octobre, pour se rendre tous six à Florence ...
Je joins les ordres de route nécessaires pour l’exécution de ces divers mouvements ...
Enfin vous veillerez à ce qu’il ne reste rien en arrière que les malades ; et vous prendrez des mesures, pour qu’alors sortis des hôpitaux, ces derniers soient dirigés sur leurs corps respectifs ...
Je donne connaissance de ces dispositions à Sa Majesté la Reine, et vous m’instruirez de leur exécution.
Il résulte de ces mêmes dispositions, que les troupes qui composent actuellement le corps d’observation de l’Italie méridionale, doivent cesser d’être à la solde du royaume de Naples, à dater du premier octobre ...
" (Papiers du général Paul Grenier. VII. 1768-1827, BNF, Paris. Docs 165 page 345).

Le 30, le Régiment de la Tour d'Auvergne est dans les environs de Florence.

L'Empereur écrit, de Moscou, le 5 octobre 1812, au Général Clarke, Ministre de la Guerre, au sujet de la 35e Division en formation, sous les ordres du Général Grenier : "Monsieur le duc de Feltre ... Les deux bataillons du 112e qui faisaient partie de la division Barbou y seraient, en cas d'événement, remplacés par deux bataillons étrangers ..." (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 5, lettre 7586 ; Correspondance générale de Napoléon, t.12, lettre 31818).

Le 11 octobre 1812, à Moscou, "On propose M. Komierowski, adjudant major au 1er régiment étranger, pour un même emploi au 2e régiment de la Vistule"; "Approuvé", répond l'Empereur (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 5, lettre 7605).

Toujours le 11 octobre 1812 à Moscou, "On met de nouveau sous les yeux de Sa Majesté les motifs pour lesquels le général Grenier propose d'excepter les régiments étrangers des dispositions du décret du 2 août sur les promotions aux différents grades de sous-officiers"; "Je laisse le ministre maître de faire ce qu'il jugera convenable pour le bien du service pendant mon absence" répond l'Empereur (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1911, t.3, lettre 5153 ; Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 5, lettre 7612 - Non signée ; extraite du « Travail du ministre de la guerre avec Sa Majesté l’Empereur et Roi daté du 26 août 1812 »).

Le 8 novembre 1812, le Ministre de la Guerre, le Duc de Feltre, écrit, depuis Paris (Ministère de la Guerre, 3e Division, Bureau du Mouvement des Troupes), au Général Grenier, commandant la 35e Division d’infanterie de la Grande Armée, à Vérone : "Général ... Je mettrai sous les yeux de l’Empereur, la proposition que vous faites de former pour votre division une nouvelle brigade composée de trois bataillons avec les compagnies d’élite des 1er et 2e régiments étrangers" (Papiers du général Paul Grenier. VIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 15 page 41).

Chasseur, Caporal chasseur et Caporal chef RGT de la Tour d'AuvergneCaporal chasseur RGT de la Tour d'Auvergne
Chasseur (notre dessin), Caporal chasseur d'après H. Knötel (au centre, fig. 50a), et Caporal chef (notre dessin d'après un document de la Collection P Meganck, fig. 50b)

Le 31 décembre 1812, Hermand, ex Quartier maître du Régiment de la Tour d'Auvergne, écrit au Ministre de la Guerre, le Duc de Feltre, à Paris : "Monseigneur, accusé de désobéissance aux ordres de M. le Colonel Danlion, commandant le 1er Régiment étranger, il est de mon honneur de me justifier aux yeux de Votre Excellence de cette accusation.
Aux arrêts, dans Naples, en vertu d'un ordre de Votre Excellence, en date du 27 décembre 1811, qui me fut transmis par M. le chef d'état-major du corps d'armée d'observation le 14 janvier 1812, pouvais-je, sans me rendre coupable d'infraction, quitter cette ville pour suivre un régiment où je suis remplacé depuis plus de deux ans ? La lettre originale ci-jointe est la seule que j'ai reçue au moment et depuis le départ du corps; je prie Votre Excellence d'examiner si elle pouvait être considérée comme un ordre positif de le rejoindre; quoiqu'il en soit, je crus devoir y répondre dans les termes suivants à Mon colonel; ce serait avec beaucoup de plaisir que je suivrais le Régiment si ma position devait y changer, mais S. E. ne déterminant rien sur mon sort, qui depuis deux ans est des plus affreux, et m'ayant assigné la ville de Naples pour lieu d'arrêts, je prie mon Colonel de permettre que je les y observe, puisque j'y trouve par mon travail des moyens d'existence que je n'ai pas à la suite du Corps.
Suspendu, interdit de toute fonction militaire depuis le 31 octobre 1810, j'ai dû chercher à pourvoir à mon existance et à celle de ma famille ; j'ai, de l'agrément de M. le Colonel Danlion, accepté un emploi dans les bureaux du ministre de la guerre du royaume de Naples le 1er janvier 1812; j'aurais secondé les opérations dont M; le commissaire ordonnateur Dufour reste chargé, sans l'ordre qui m'est donné, de la part de Votre Excellence, derejoindre un corps où je suis remplacé et où je suis d'autant moins utile que toute comptabilité durant ma gestion, pour laquelle je n'ai reçu que des éloges, se trouve réglée et arrêtée.
Votre Excellence sentira combien il est pénible pour un père de famille de se voir privé, non seulement de tout fonction depuis 26 mois, mais encore de perdre une place civile dont le traitement servait à son existence et à celle de sa famille.
J'ose donc supplier Votre Excellence de prendre en considération ma position, de vouloir bien lever mes arrêtes et suspension, et de me rendre à des fonction, non de Quartier maître, mais de Capitaine dans la ligne, d'où j'ai été retiré en l'an 14 180 pour passer au Régiment de La Tour d'Auvergne.
Victime des passions qui ont agité ce Régiment depuis son origine, il est douloureux pour moi, après 14 ans et demie de service, après avoir sacrifié mes veilles et ma santé, de me voir encore en butte à l'autorité.
Si Son Excellence ne daignait pas souscrire à mes voeux en m'envoyant comme Capitaine dans un Régiment de ligne français, d'où je suis sorti, je la supplie du moins de lever mes arrêts et de me laisser libre de ppourvoir à mon existence, par mon travail, en agréant ma démission.
Ma reconnaissance égalera le dévoûement et le profond respect avec lesquels je ne cesserai d'être,
De Votre Excellence, Monseigneur, le très humble et très obeissant serviteur
Ps. En attendant de nouveaux ordres de Votre Excellence, j'ai l'honneur de la prévenir que je me rends à mon corps
" (SHD - Vincennes).

Malgré le désastre de Russie, Napoléon ne veut pas employer le 1er Régiment étranger à la Grande Armée. Le 3 janvier 1813, le Général de Division Chef de l’Etat-major général en Italie, le Comte de l’Empire Vignolle, écrit, depuis Vérone, au Lieutenant général Comte Grenier : "Mon général, S. A. I. le prince vice-roi désire que l’opération relative au premier régiment étranger se fasse dans le plus bref délai, en appliquant à un seul bataillon et à une compagnie de dépôt, les dispositions prescrites par les instructions de S. Ex. le ministre de la guerre en date du 6 décembre derniers et que j’ai l’honneur de vous adresser ci-jointes, ainsi que la lettre de Son Excellence du 23 du même mois, d’après laquelle la compagnie de dépôt organisée doit être dirigée sur Valence. Quant au bataillon qui sera composé de tous les étrangers qui ne feront pas partie du bataillon à organiser à l’armée, l’intention de Son Altesse Impériale est qu’il soit dirigé par Mantoue, Crémone et Plaisance sur Alexandrie tel qu’il se trouvera après que l’organisation du bataillon à conserver à l’armée sera terminée. L’opération concernant le bataillon partant pour Alexandrie d’où il sera dirigé sur Clermont (Puy-de-Dôme) ne se fera qu’à Alexandrie même. Comme le 5e bataillon du 1er régiment étranger doit être arrivé ou arrivera demain à Mantoue, il sera nécessaire d’en extraire tous les hommes qui se trouveront dans la catégorie de ceux qui doivent faire partie du bataillon qui doit rester à l’armée, et de réunir les autres au bataillon partant pour Alexandrie, on en fera de même pour ce qui concerne le 4e bataillon qui se trouve à Ferrare et doit se rendre à Mantoue, ainsi que le cadre du 3e bataillon qui arrivera à Mantoue en même temps que le 4e bataillon ; le jour positif de leur arrivée à Mantoue ne peut encore être déterminé, parce qu’il dépend de la marche des Napolitains sur Ferrare, mais elle ne peut être très tardive et alors en prenant des mesures pour qu’à leur arrivée à Mantoue on s’occupe de l’extraction des hommes destiné à faire partie du bataillon resté à l’armée, ce bataillon se trouvera avoir à peu près la force de 840 hommes, le cadre compris, puisque trois bataillons donnent déjà de 6 à 700 hommes, ainsi que vous le verrez par les états nominatifs et numériques que je me suis procurés sur la composition du 1er régiment étranger, je les joins aux deux lettres de S. Ex. le ministre de la guerre des 6 et 23 décembre.
Comme M. le sous inspecteur aux revues Beriat connaît la comptabilité du 1er régiment étranger, il reçoit l’ordre de se rendre à votre quartier général, pour les opérations relatives à l’inspection aux revues, et s’en occupera de suite avec M. le sous inspecteur Juge. Ils partent à cet effet ensemble pour votre quartier général.
Quant à l’opération purement militaire, sans doute que vous jugerez à propos d’en charger M. le général Rouyer qui connaît parfaitement ce régiment, l’ayant depuis quelque temps sous ses ordres.
Il ne sera pas nécessaire que l’on annonce au commandant du régiment ni à ses officiers ce qui doit être fait du bataillon qui sera dirigé de suite sur Alexandrie, en vertu de l’ordre de mouvements que je vous prie de lui faire délivrer par votre chef d’état-major, sur lequel il faudra qu’il porte les gites, en partant la première journée de Mantoue, Bozzolo, Crémone, Plaisance, Stradella, Voghera, Tortone et Alexandrie, la même direction sera donnée aux détachements du 4e bataillon et du cadre du 3e, qui devront rejoindre ce bataillon à Alexandrie après que l’on en aura extrait à Mantoue tous les officiers, sous-officiers et soldats qui doivent faire partie du bataillon restant à l’armée, dont on formera à Mantoue un détachement qui partira de suite de cette place pour rejoindre le bataillon dans le cantonnement qu’il occupe. Lorsque le choix des officiers à placer dans ce bataillon aura été fait et complété, ainsi que tous ceux nécessaires pour conduire le bataillon qui se rend à Alexandrie, ce qui sera excédent et se trouvera dans la catégorie voulue, sera placé à la suite du bataillon restant à l’armée, ces officiers recevront ensuite des nominations pour occuper des emplois de leurs grades dans les régiments français employés à l’armée.
Telle est la base, mon général, du travail que Son Altesse Impériale désire que vous fassiez faire, en donnant vos ordres et instructions en conséquence à l’officier général que vous aurez croirez devoir en charger.
MM. les sous inspecteurs Juge et Beriat s’occuperont en même temps, après avoir pris vos ordres, de l’objet qui concerne l’inspection aux revues dans ces sorte d’opération.
Son Altesse Impériale ne rendra compte au ministre de la guerre du résultat de ce travail que lorsqu’il sera terminé, et constaté par des procès-verbaux.
Ci-joint la note des pièces annexées aux deux lettres précitées de son excellence le ministre de la guerre.
Lorsque vous n’aurez plus besoin des deux lettres du ministre de la guerre, je vous serai obligé de me les renvoyer
" (Papiers du général Paul Grenier. VIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 31 page 73).

En attendant, le Régiment séjourne au printemps et dans l’été 1813 dans plusieurs villes de l’Italie septentrionale. Pendant que les Compagnies du centre y tiennent garnison, les douze Compagnies d’élite sont réunies sur ordre du Vice-Roi en date du 21 avril avec deux Compagnies du 2e Etranger au sein de deux Bataillons d’élite intégrés à la 7e Division de l’Armée d’Italie (créée par Décret du 18 juin 1812).

Melfort a entre temps été blanchi par une commission d’enquête. Reconduit dans sa fonction, il reprend son commandement le 8 avril, et Danlion passe au 18e Léger.

Sergent major de chasseurs RGT de la Tour d'AuvergneSergent major de chasseurs RGT de la Tour d'AuvergneSergent major de chasseurs RGT de la Tour d'Auvergne
A gauche, Sergent major de Chasseurs en petite tenue de ville, d'après Bucquoy (fig. 51), au centre, le même d'après R. Forthoffer, fig. 52 - Fiche Documentaire 213, avec l'aimable autorisation de Mr Jean-Yves Forthoffer), à droite, le même d'après J. Dommange

D’autre part, le 10 avril 1813, à Saint-Cloud, "on propose d’accorder des porte-aigles aux trois premiers régiments étrangers qui ont des aigles ...". Napoléon répond "Accordé" (Chuquet A. : « Inédits napoléoniens », Paris, 1913, t.1, lettre 873). Cependant, selon Rigo, l’emploi de porte-aigle n’a jamais figuré dans les effectifs du Régiment. Pierre Charrié de son côté précise que, conformément au décret du 30 novembre 1811, le Régiment n’a gardé qu’une aigle et retourné les deux autres en 1812 pour recevoir un drapeau modèle 1812 sans inscription de bataille avec comme légende "L’EMPEREUR NAPOLEON/AU 1ER REGIMENT ETRANGER".

Le 15 juin, Napoléon écrit à Eugène qu’il ne faut rien changer aux Régiments étrangers et "les laisser tranquilles où ils se trouvent. Je ne crois pas qu’ils puissent être à l’armée d’aucune utilité. Celui qui est ici a perdu une grande quantité de monde par la désertion. Ecrivez en donc au ministre de la guerre. Il faut laisser ces régiments à Rome et en Toscane ; sans quoi ce sera autant de renfort pour l’ennemi" (IN, I, 969). Pour cette raison, il décide le 3 septembre la "suppression des petits dépôts intermédiaires établis à Turin pour les 1e et 2e régiments étrangers" (IN,II, 2470).

- La campagne de 1813-1814

 

Mais de son côté, l’armée autrichienne de Bellegarde s’engouffre dans les défilés des Dolomites, bousculant tout sur son passage. Le 15 juillet, les deux Bataillon d’élite du 1er Etranger sont réunis à Montechiaro au sein de la Division de réserve (Général Bonfanti) du Corps d’observation d’Italie. Le 19, cette Division, comme l’ensemble des troupes italiennes, commence son mouvement. Elle s’approche de Vérone pour défendre les passages du Tyrol (combat de Brunck le 17 août ; Capitaine d’Aspect, blessé et décédé le 31 octobre).

Le 3 septembre 1813, à Dresde, l'Empereur prononce la "Suppression des petits dépôts intermédiaires établis à Turin pour les 1er et 2e régiments étrangers" (Chuquet A. : « Inédits napoléoniens », Paris, 1913, t.2, lettre 2470).

La Division de réserve se positionne à Trente le 12 septembre 1813. Les Bataillons d’élite combattent à nouveau contre les Autrichiens dont l’extrême gauche menace Botzen. Une colonne ennemie oblige même une des Compagnies de Voltigeurs stationnée dans le fort de Muhlbach à se rendre après une courte résistance. Cette colonne descend ensuite sur l’Italie par Brixen. Eugène, informé de l’abandon de Trente, remplace alors Bonfanti par le Général Gifflenga, arrivé le 21 septembre. Le même jour, la Division se dirige sur Brixen occupé le 25.

Le 25 septembre 1813, le Général de Division, chef de l’Etat-major général, le Comte de l’Empire Vignolle, écrit, depuis le Quartier-général à Laybach, au Général de Division Comte Grenier, commandant le Corps de gauche de l’Armée d’observation d’Italie : "Mon général, S. A. R. le Prince Vice-Roi ... me charge ... de vous faire connaître que se rappelant que vous lui avez dit que M. Hautz adjudant major au 1er régiment étranger n’est pas du nombre des trois officiers, des 1er et 2e régiments étrangers, que vous destinez à être employés à votre état-major, elle a fait donner l’ordre à M. Hautz arrivé hier à Laybach de se rendre à l’état-major général pour y être employé jusqu’à nouvel ordre ; que nonobstant cette mesure, il vous sera envoyé si vous le désirez. Quant à son frère, on n’a encore rien reçu le concernant quoique le commandant du 1er régiment étranger, ait reçu l’ordre de l’envoyer de même au quartier général ..." (Papiers du général Paul Grenier. VIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 191 page 393).

Le 26 septembre 1813, le Général commandant la Division de Réserve, le Baron de Gifflenga, écrit, depuis Brixen, au Général Grenier : "J’ai l’honneur de rendre compte à Votre Excellence, que j’occupe Brixen, Sterzing, et Mülback. La communication avec le Tyrol bavarois est libre. Le général Feuer est toujours à Lientz. Je compte occuper Pruncken, et si je peux Syllian. Je serai alors en communication avec Votre Excellence, si elle fait occuper St-Hermayer, St-Jacob, et St-léonard. Si votre excellence compte d’envoyer une forte reconnaissance, mon mouvement aura lieu dans cinq ou six jours ; elle pourrait y rester jusqu’à ce qu’elle eût de mes nouvelles. Les étrangers sont beaux, ni chic, magnifiques, ils sont 1800 mais ici ils désertent. Tous les paysans sont embauchés, et j’ai 1000 Autrichiens dans le nombre. Ils seraient mieux en caisses dans les divisions françaises, et hors du Tyrol. Si Votre Excellence veut demander ce corps pour une de ses divisions, et me donner 1800 français, elle y gagnerait. Ils seront enchantés, et elle en tirerait un grand parti.
L’ennemi a peu de force, elles fuient devant nous. Un corps est à Lientz.
J’aurai l’honneur d’envoyer les situations dès que je serai fixé et ayant un secrétaire. Voici en somme ma force : 8 pièces dont 2 obusiers, 100 artilleurs.
3 bataillons français, 1500 hommes.
3 bataillons d’élite étrangers, 1800 hommes.
3400 ...
" (Papiers du général Paul Grenier. VIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 201 page 413).

La Division est à Botzen le 26.

Sapeur RGT de la Tour d'Auvergne
Sapeur, d'après Bucquoy (fig. 53)

Le 29 septembre 1813 sont établis les "Emplacements que devra occuper la 2e division aux ordres de M. le général Rouyer ...
La 2e brigade aux ordres du général d’Arnaud sera placée en seconde ligne savoir :
Un bataillon du 1er étranger à Oppeano quartier général de la division. L’autre bataillon à Vallese avec les réserves de munitions ...
L’emplacement de cette seconde brigade est ainsi fixé pour qu’elle puisse se porter de suite au secours de la première si l’ennemi tentait le passage de l’Adige ; en conséquence ... Le bataillon du 1er étranger qui est à Oppeano irait se placer en seconde ligne en arrière de Ronco par le chemin direct qui y conduit d’Oppeano, et l’autre bataillon de ce régiment après avoir laissé une garde au parc viendrait de suite prendre position à Casa di Ferro, sur la grande route d’Isola Porcarizza. M. le général Rouyer fera en conséquence reconnaître tous les chemins qui de l’intérieur des terres aboutissent à la première ligne, les fera réparer autant que possible et les fera soigneusement étudier par les officiers des différents bataillons afin que chacun les connaisse parfaitement dans toutes les directions ainsi que les obstacles et moyens de défense qu’ils présenteront.
Il sera établi des signaux sur la première ligne pour annoncer les passages que l’ennemi pourrait faire, on les fera connaître ultérieurement ; toutes les troupes prendront journellement les armes deux heures avant le jour et resteront réunies jusqu’à 9 heures du matin, on profitera de cette réunion pour suivre l’instruction des bataillons
" (Papiers du Général Paul Grenier. XI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 37 page 85).

Le 2 octobre, Eugène écrit à Clarke que Gifflenga a repoussé l’ennemi qui s’était montré "au Tyrol dans le Pustertahl, et se porte à Prunecken" (Du casse, IX). Poursuivant les Autrichiens, les deux Bataillons combattent avec vigueur à Brixau le 3 octobre (Lieutenant Tasché, Sous-lieutenants Rungs et Maire blessés) contre l’avant-garde autrichienne qui est repoussée avec près de 400 tués ou blessés. Cependant, Gifflenca se méfie "des bataillons étrangers qui désertent beaucoup".

Nouveau combat à Muhlbach le 7 octobre.

Le Général Baron de Gifflenga écrit au Lieutenant général Grenier : "M. Le comte, le 6 au soir les avant-postes de la division aperçurent le corps du général Feuer qui venait se placer en avant St Lorenzer-Vintl ( ?), et qui était fort de quatre bataillons, 9 compagnies de tirailleurs, 400 chevaux, 4 pièces et douze à quinze cent paysans. Je fis mes dispositions pour le bien recevoir le lendemain, ne doutant pas d’être attaqué, mon centre était à la Chiusa, deux compagnies protégeaient les hauteurs de droite et de gauche, ma réserve en arrière de Mühlbach.
Le 7, à une heure après minuit, le capitaine du régiment étranger qui occupait le poste de droite me fit prévenir qu’il lui était déserté 54 hommes, je fis renforcer ce poste sur-le-champ par des voltigeurs et du premier de ligne. Vers les 7 heures, un bataillon de Croates conduit par les déserteurs à cette position tomba à l’improviste sur ces troupes, elles furent culbutées ; l’importance de cette position était trop grande pour ne pas chercher à réparer sur-le-champ cet échec. J’y fis marcher 150 grenadiers et voltigeurs, commandés par mon aide de camp ; la position fut prise et on s’y soutint malgré les efforts de l’ennemi ; vers les 9 heures le centre fut attaqué. L’ennemi fut repoussé, il renouvela trois fois ses attaques et toujours sans succès.
A trois heures une attaque générale sur toute la ligne eut lieu, tout allait bien, mais ma gauche dégarnie par une circonstance que je vais rapporter à Votre Excellence, et que je ne connaissais pas, fut occupée par les Autrichiens qui descendant sur notre flanc, m’obligèrent à rappeler mes troupes et à commencer une retraite que je ne voulais effectuer qu’à la nuit ; elle a eu lieu, monsieur le comte, jusqu’à Britzen sans perdre une charrette, ni un soldat, quoique ayant toujours l’ennemi à portée du fusil et menacé par la cavalerie.
Dans la nuit, j’ai rejoint ma réserve à la Chiusa, et j’ai continué mon mouvement sur Bolzen. Je regrette quelques officiers des étrangers, dont un a été tué et cinq blessés, ou pris ; ce sont des braves gens qui mériteraient de commander de meilleures troupes, aussi je compte pour un gain la perte que j’ai fait hier de trois cent de ces gueux presque tous passés à l’ennemi, j’ai eu 8 Français blessés, pas de morts et pas de prisonniers, mon chef d’état-major a été atteint d’une balle qui heureusement n’a pas beaucoup pénétré. L’ennemi a beaucoup perdu dans toutes ses attaques. Nous lui avons fait quelques prisonniers, et sans la défection de la compagnie de gauche, cette affaire aurait eu un plus grand résultat. Dans la nuit le sergent-major et 30 hommes ayant déserté, ils amenèrent l’ennemi à la même heure qu’à la droite, et firent prisonnier toute la compagnie sans coup férir. Je n’ai su cet événement que le soir en rentrant par deux prisonniers échappés. Le capitaine ne m’avait pas prévenu de sa désertion et ne pouvait m’annoncer sa captivité.
M. le général Fenner, M. le comte, avec le nombre des paysans qui grossit tous les jours, a plus de 7000 hommes. L’inaction des Bavarois permet au prince de Reuss de renforcer son corps, ce qu’il a fait, et il ne s’occupe pas de sa droite, et le concentrement de vos forces, M. le comte, lui donne tous les moyens, sans aucun risque, de pousser ma petite division, et de se rendre maître du Tyrol. Je l’arrêterai autant que possible, M. le comte, s’il ne me menace pas sur ma droite de marcher sur Trente ; je tiendrai ici, sans ça, je me retirerai sur cette ville
" (Papiers du général Paul Grenier. VIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 285 page 585).

Musicien RGT de la Tour d'Auvergne
Musicien, d'après Bucquoy (fig. 54)

Le 9 octobre 1813, le Colonel Duche, du 35e régiment d’infanterie légère, écrit, depuis Tolmezzo à l’Adjudant commandant de Fontenelle, Chef de l’Etat-major général du 2e Corps de l’Armée d’Italie, à Hospitalette : "... avant le jour les découvertes se sont dirigées sur les points indiqués par Son Excellence, et ne sont rentrées qu’à six heures ... Un militaire s’étant sauvé à l’approche de la découverte, un carabinier l’a tué d’un coup de fusil ; il était déserteur, portant sur la plaque de son shako 1er régiment étranger" (Papiers du général Paul Grenier. VIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 265 page 541).

Le 11, les Autrichiens percent dans le Tyrol. Gifflenca résiste mais doit se replier sur Botzen, non sans pertes, une partie des hommes du Régiment étant passés à l’ennemi. Puis sur Trente et enfin Volano où il prend position le 15. Le lendemain, Eugène écrit à Clarke que les Régiments étrangers qui présentaient un effectif assez fort le 7 septembre sont presque entièrement passés à l’ennemi.

Le 20 octobre 1813, le Général Gifflenga écrit, depuis Volano, au Général Grenier, qu'il n'emploie aucun étranger à aucun service.

Le 25 octobre 1813, le Général Gifflenga écrit depuis Roveredo au Général Grenier et lui communique l'état de ses forces; il dispose notamment des Etrangers d’élite, 600 hommes, employés, et des Etrangers du centre (à Vérone, 600 hommes), apparemment non employés (Papiers du Général Paul Grenier. IX. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 46 page 103).

Pendant ce temps, la situation se détériore. Les Bataillons laissés à l’arrière se trouvent eux aussi engagés dans la défense de la région face aux Austro-napolitains qui avancent depuis le sud. Le 26 octobre, le Sous-lieutenant Nostrowitzki est blessé au cours d’un combat devant Ferrare.

Le 28 sont blessés à Saint-Marco (Tyrol) le Capitaine adjudant-major Bonhôte et les Sous-lieutenants Berger et Ange, ce dernier aux avant-postes. Le 31, Eugène reprend Basssano, pensant ainsi colmater la brèche de son dispositif de défense.

Le 6 novembre, les quatre premiers Bataillons du Régiment sont à l’Armée d’Italie, 2e Lieutenance (Verdier), 2e Division (Rouyer), 2e Brigade (d’Arnaud). Le Bataillon d’élite se trouve au Corps détaché de droite (Adjudant commandant Montfalcon).

Le 7 novembre 1813 à minuit, le Général de Division chef de l’Etat-major général Comte de l’Empire Vignolle, écrit depuis Vérone, au Lieutenant-général Comte Grenier : "J’ai l’honneur de vous adresser ci-jointe une copie des dispositions générales qu’a arrêté Son Altesse Impériale le Prince Vice-Roi pour la reconnaissance qu’Elle se propose de faire sur Roveredo et opérations successives, s’il y a lieu ..." (Papiers du Général Paul Grenier. IX. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 107 page 227).

"Dispositions générales arrêtées par S. A. I. le Prince Vice-Roi", adressées par le Général de Division Chef de l’Etat-major Comte de l’Empire Vignolle, depuis le Quartier-général à Vérone, le 7 novembre 1813 : "Demain 8 novembre à 11 heures du matin, M. le général de brigade Schmitz se rendra à Grezzana dans la Valpantena avec les deux bataillons de la 28e demi-brigade provisoire et les deux bataillons du 102e régiment de ligne, que M. le lieutenant général comte Grenier mettra à la disposition du général Schmitz.
M. le général Rouyer partira demain un peu avant midi avec le reste de sa division, en prenant la grande route de Trente. Il placera le 9e d’infanterie de ligne à Negarine et San Pietro, le 35e régiment de ligne à Pescantina, où il établira lui-même son quartier général. Il n’emmènera avec lui que six pièces d’artillerie légère avec deux caissons par pièce et six caissons d’infanterie. Il veillera à ce que, par les soins de son commandant d’artillerie, la colonne qui est avec le général Schmitz et qui doit agir dans les montagnes, ait à dos de mulets ou de chevaux des cartouches en suffisante quantité.
Demain 8 du courant, M. le général Verdier fera descendre un des pontons à Bussolengo pour faire passer sur la rive gauche de l’Adige les quatre bataillons du 1er régiment étranger. M. le général Verdier portera lui-même son quartier-général sur la rive gauche, après avoir expédié tous les ordres qui concernent M. le général Palombini. M. le général aura soin de faire réparer demain les coupures en avant de Rivoli et de la Chiusa.
M. le général enverra demain à Parona sur la route de Trente le colonel du 1er régiment d’hussards avec les deux premiers escadrons de son régiment.
Après-demain 9 du courant, les troupes de la 2e lieutenance se mettront en marche dans la direction suivante.
Une colonne de droite, commandée par M. le général Schmitz, et composée des quatre bataillons ci-dessus, remontera le Valpantena en se dirigeant par Lugo sur Erbezzo, chassant tous les partis ennemis qui pourraient être dans cette vallée. Le lendemain 10, cette colonne passera la montagne et redescendra sur Ala, en cherchant à tourner cette ville, et ne se rapprochant de la grande route que pour appuyer la colonne principale, si celle-ci était engagée ; et opérer sur le flanc de l’ennemi.
Le 9e régiment d’infanterie de ligne former également une colonne qui sera intermédiaire entre la colonne principale sur la grande route, et la colonne du général Schmitz. Le colonel du 9e régiment se dirigerait donc, le premier jour par St-Anna sur le Fosse, et le jour suivant 10, sur Ala, marchant à hauteur de la colonne principale et appuyant sur le flanc gauche de l’ennemi ; s’il entendait un engagement sérieux, sur la grande route.
La colonne principale se formerait à la pointe du jour entre Volargne et la Chiusa et déboucherait de la Chiusa dans l’ordre suivant.
Trois compagnies de voltigeurs du 35e régiment.
Quatre compagnies de voltigeurs des quatre bataillons italiens.
Un peloton d’hussards, sous les ordres du colonel Figié.
Cette avant-garde serait suivie des quatre bataillons italiens et de deux pièces d’artillerie légère italienne, commandés par le général Galimberti.
Viendraient ensuite les quatre bataillons du 1er régiment étranger, avec trois pièces d’artillerie légère française.
Enfin, les trois bataillons du 35e régiment, avec les trois autres pièces d’artillerie légère.
Chaque pièce ne devra être suivie que d’un caisson, les seconds caissons formeraient un petit parc en arrière des divisions ; les deux escadrons marcheraient en avant du 1er régiment étranger, et se formeraient à droite ou à gauche de la route, suivant que le terrain le permettrait.
Le premier jour, la colonne principale se porterait sur Peri, le jour d’après sur Ala et Serravalle ; les dispositions seraient données sur le terrain, suivant les lieux où l’ennemi présenterait de la résistance.
Enfin, le général Palombini partira de sa position de Rivoli le même jour 9, pour remonter l’Adige par la rive droite, marchant à peu près à hauteur des troupes qui suivront la grande route, et poussant devant lui tous les petits corps que l’ennemi a dans cette partie.
M. le général Palombini marcherait sur deux colonnes ; celle qu’il commanderait serait de cinq bataillons avec deux pièces d’artillerie légère et l’escadron de dragons. Cette colonne se porterait par Brentino et Mama sur Avio et par Pileante sur Mori.
Le général Palombini cherchera à s’emparer des bacs qui existent sur la rivière, pour établir sa communication avec la grande route. Il est probable que les deux pièces d’artillerie ne pourront pas aller plus loin que sur le torrent en face de Serravalle ; mais la colonne principale s’avançant sur Roveredo, le général Palombini devrait suivre sa route par Mori sur Sacco ; enfin, il opérera sur l’ennemi par la rive droite de la même manière que les troupes qui sont sur la rive gauche, en suivant, autant que possible, la colonne principale.
La deuxième colonne du général Palombini déboucherait de la Corona par le Monte Baldo sur Brentonico, d’où elle se réunirait avec le généra Palombini sur Mori. Ce général aurait soin que les troupes soient suivies par des cartouches en quantité suffisante. Le reste de l’artillerie de la 5e division restera en position à Rivoli avec une garde. De même que l’artillerie restante de la division Rouyer se placera en arrière de Vérone.
Son Altesse Impériale se portera de sa personne avec cette expédition ; pendant ce temps, M. le lieutenant général comte Grenier commandera toute la ligne de l’Adige et les troupes qui y sont employées. M. le général Gifflenga sera prévenu du mouvement que fait la 2e lieutenance avec 15 mille hommes sur Roveredo. Suivant toutes les probabilités, Son Altesse Impériale sera le 9 à Peri, le 10 à Serravalle, le 11 à Cogliano. Ce mouvement doit faire repasser tous les partis que l’ennemi a jeté vers le Haut-Chiese.
Son Altesse Impériale ordonne au général Gifflenga de repousser tous les partis qui peuvent être venus par les vals Trompia et Camonica, et le déboucher lui-même sur Rocca d’Anfo ou Bagolino sur l’ennemi pour chercher à couper quelque parti. Le général Gifflenga pourrait en avant de Condino prendre une très bonne position qui existe à Narder, route de Tione ; de là, il peut jeter des partis sur Tione et à sa droite sur Riva. Dans cette position de Narder, il couvre entièrement les vals Trompia et Sabia. Il menacerait aussi de couper les partis qui s’aventureraient dans le val Camonica
" (Papiers du Général Paul Grenier. IX. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 108 page 229).

Tambour de chasseurs RGT de la Tour d'Auvergne
Musicien, d'après Bucquoy (fig. 55)

Le 10 novembre, le Chef de Bataillon De Pierreville, le Capitaine adjudant-major Cottin, le Capitaine Ollivier de La Blairie, le Lieutenant Piedoye, les Sous-lieutenants Hermand, Fornier, Ludière, Ernest Banyuls, Maire, Parmanns et le Chirurgien-major Rosano sont blessés à Alba.

L'Ordre du jour, rédigé au Quartier-général de l'Etat-major général de l'Armée d’Observation d’Italie, à Vérone, le 13 novembre 1813, et adressé par le Général de Division chef de l’état-major général et Comte d’Empire Vignolle au Lieutenant-général Comte Grenier, indique : "Par les rapports qui sont parvenus à l’état-major général, sur les combats du 9 et 10 de ce mois, sur la route de Trente, les troupes qui se sont particulièrement distinguées sont les voltigeurs du 9e et 35e de ligne, les voltigeurs du 3e de ligne italien, et deux bataillons du 1er régiment étranger, qui ont plusieurs fois attaqué l’ennemi au pas de charge.
Les officiers qui méritent d’être cités sont ... du régiment étranger le chef de bataillon de Pierreville, les capitaines Lablairie qui n’a quitté le champ de bataille qu’à la troisième blessure, et Lyon ...
" (Papiers du Général Paul Grenier. IX. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 129 page 271).

Le 12 novembre 1813, le Général de Division chef de l’état-major général comte d’Empire Vignolle adresse, depuis le Quartier général à Vérone, au Lieutenant-général Grenier les "Dispositions arrêtées par Son Altesse Impériale le Prince Vice-roi le 12 novembre 1813.
Demain, 13 du courant, le général Rouyer, après avoir fait manger la soupe à ses troupes, c'est-à-dire vers 8 heures du matin, viendra occuper l’emplacement suivant :
Le 35e régiment logera dans Veronette.
Le 1er régiment étranger dans les faubourgs de la porte Saint-Georges.
La brigade du général Schmitz occupera les villages de Quizan, Avezzo et Parona, en ayant soin de laisser ce dernier endroit pour les bataillons les plus éloignés.
Le 102e régiment d’infanterie rentrera dans Vérone pour rejoindre la division.
Le 1er régiment de hussards logera dans Vérone sur la rive droite où il recevra de nouveaux ordres.
Demain le général Palombini fera passer avant le jour, sur la rive gauche de l’Adige, deux bons bataillons, pour garder le défilé de La Chiusa. Pendant l’expédition qui se prépare sur un autre point, le général Palombini demeure spécialement chargé par Son Altesse de présenter à l’ennemi la meilleure défense sur les deux rives de l’Adige ; il placera s’il le croit nécessaire, de l’artillerie à La Chiusa. Il devra avoir soin de placer un poste au village de Saint-Georges qui est sur la hauteur, pour défendre l’arrivée à Volargne par les montagnes. Dans tous les cas sur l’une comme sur l’autre rive, les troupes auraient leur retraite assurée sur Vérone d’où l’armée ne s’éloignera pas en avant, de plus d’une forte journée.
Le général Rouyer sera prévenu de laisser deux bataillons de ses troupes à La Chiusa jusqu’à ce que le général Palombini y fasse arriver les siennes, ce que devra dans tous les cas, s’il est possible, être terminée avant dix heures du matin.
Demain à dix heures, le pont de bateaux, à Portone, sera replié. Tous les bateaux en seront descendus à Vérone à l’exception d’un pont volant qui sera remonté à Gayon un peu au-dessus de Volargne, ce qui en fera deux dans cette position, puisqu’il y en existe déjà un.
Ordre au général Mermet de venir demain soir coucher à Tombetta et Tomba près Vérone, avec les deux régiments de la brigade Perrymond, ainsi que son artillerie. Il laissera les bagages et tous les embarras dans leurs cantonnements actuels. Il sera prévenu de la rentrée sous ses ordres des 200 hussard qui étaient avec le général Rouyer.
Demain le général Lecchi fera venir à Santa Luccia près Vérone, la cavalerie, et les six pièces d’artillerie légère de la garde.
La cavalerie et l’artillerie tant du général Mermet que du général Lecchi, devront porter avait elles, leur fourrage pour la nuit.
M. le lieutenant général comte Grenier est prévenu que Son Altesse Impériale veut faire un mouvement en avant sur l’ennemi. Les dispositions préparatoires ci-dessus lui seront communiquées à cet effet. L’intention de Son Altesse et que demain 13 dans l’après-midi, tout ce qui est de la division Marcognet aille coucher à Saint-Michel et Saint-Martin, et qu’une brigade la division Quesnel aille coucher à Montorio. Son Altesse désire également que l’artillerie légère du général Quesnel et l’artillerie du général Marcognet qui sera employée, sortent de Vérone, afin d’éviter l’encombrement dans le jour suivant
" (Papiers du Général Paul Grenier. IX. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 126 page 265).

Chasseur RGT de la Tour d'Auvergne, 1810-1812
Chasseur, d'après le Manuscrit d'Alsace (fig. 56)

Le 15 novembre, Eugène remporte la bataille de Caldiero.

Le 16 novembre 1813, le Général de Division chef d’état-major général Comte de l’Empire Vignolle, adresse, depuis le Quartier général à Caldiero les "Dispositions arrêtées par Son Altesse Impériale le Prince Vice-Roi.
M. Le général Rouyer prendra le 16 position à Caldiero, le 16 du courant. Il est chargé de garder avec sa division toute la partie de la position qui est à droite de la route ; en conséquence, le 35e régiment couronnera les deux mamelons, les quatre bataillons du régiment étranger seront sur le revers en arrière de ces deux mamelons ; M. le général Rouyer rappellera donc les bataillons qu’il a à gauche de la route, y compris les deux qu’il a à Colognola. La brigade de M. le général Schmitz lorsqu’elle rentrera de la position qu’elle occupe dans ce moment en avant, sera placée au village même de Caldiero, en arrière des deux mamelons, pour servir de réserve au besoin ...
" (Papiers du Général Paul Grenier. IX. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 147 page 307).

Le 19, deux des quatre Bataillons du 1er Etranger affrontent et repoussent les Autrichiens à Saint-Michel (Capitaine Bonin blessé).

Voici la situation des Bataillons au 20 novembre :
1er Bataillon : 30 Officiers, 655 hommes (2 Officiers et 81 hommes sont aux hôpitaux);
2e Bataillon : 19 Officiers, 531 hommes (3 Officiers et 104 hommes aux hôpitaux);
3e Bataillon : 18 Officiers, 471 hommes (107 hommes aux hôpitaux);
4e Bataillon : 17 Officiers, 484 hommes (2 Officiers et 92 hommes aux hôpitaux).
Artillerie régimentaire : 2 Officiers, 67 hommes, 37 chevaux (3 hommes aux hôpitaux).

Entre temps, Eugène apprend que le Général Nugent a débarqué avec 3000 hommes à l’embouchure du Pô et marche sur Ferrare. Le Major Merdier, détaché pour couvrir ou reprendre Ferrare avec un Bataillon du 42e de Ligne et un du 1er Etranger, affronte le 25 les Autrichiens qui restent d’abord maîtres de la ville (Capitaine Zornholtz tué, Chef de Bataillon Hautz blessé, décédé le lendemain) mais sont finalement repoussés le 27.

Le 29 novembre 1813 le Général de Division chef de l’état-major général Comte de l’Empire Vignolle, écrit, depuis Vérone, au Général de Division Comte Pino : "J’ai l’honneur de vous informer que M. le général de division Rouyer a reçu l’ordre de placer deux bataillons du 1er régiment étranger à la porte de Vicence, dont un bataillon pour le service extérieur, et l’autre pour le service intérieur de la porte, ces deux bataillons s’y rendront demain entre 7 à 8 heures du matin ... Le 1er régiment étranger aura un bataillon en arrière de Saint-Michel, ne fournissant aucun avant-poste" (Papiers du Général Paul Grenier. IX. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 191 page 395).

Le 6 décembre 1813, le Général de Division chef de l’état-major général Comte de l’Empire Vignolle, écrit, depuis Vérone, au Lieutenant-général Comte Grenier : "Son Altesse Impériale le Prince Vice-roi désire que vous fassiez relever par quatre bataillons à Saint-Michel, la 2e brigade de la division de M. le général Rouyer, et d’ordonner que ce soit demain matin ; la brigade du général d’Arnaud rentrera en ville et s’établira à Veronette, de la manière suivante :
Le 1er bataillon étranger logé dans le quartier près la porte Saint-Georges fournissant un piquet à cette porte et quelques petits postes aux tours des bastions du même front.
L’autre bataillon étranger sera logé dans le quartier haut de la ville, fournissant un piquet de cent hommes au fort Saint-Félix et deux ou trois postes sur les premières tours à droite et à gauche de ce même fort...
M. le général Rouyer est prévenu de ces dispositions
" (Papiers du Général Paul Grenier. X. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 5 page 21).

Le 12 décembre 1813, le Général de Division chef de l’état-major général Comte de l’Empire Vignolle, écrit, depuis Vérone, au Lieutenant-général Comte Grenier : "Son Altesse Impériale le Prince Vice-Roi vient de déterminer que demain 13 du courant la brigade du général Darnaud relèvera à Saint-Michel la brigade du général Campy, les troupes seront placées de la manière suivante :
Le 35e régiment d’infanterie de ligne à Saint-Michel, remplaçant les trois bataillons du 92e régiment qui rentreront dans Veronette.
Le bataillon du 1er régiment étranger qui est à la porte du Tyrol viendra loger aux environs de la porte de Vicence, de manière que les deux bataillons étrangers fourniront 400 hommes de service, dont 150 hommes au fort Saint-Félix, 50 hommes aux bastions du fort Saint-Félix, entre la porte du Tyrol et la porte de Vicence, 150 hommes à la porte de Vicence même y compris les deux grand-gardes extérieures de 20 hommes chacune, et 50 hommes aux tours des bastions à droite de la porte de Vicence, jusqu’à Adige.
Le 92e régiment restera en réserve dans Veronette, excepté 300 hommes à la porte et sur le front du Tyrol.
Un bataillon de la division du général Quesnel sera envoyé à Saint-Michel en réserve sous les ordres du général Darnaud pour compléter les quatre bataillons dans cette partie.
Pour que le mouvement puisse avoir lieu demain matin à la diane, le bataillon étranger relèvera les postes de la porte du Tyrol et les postes du 35e régiment à la porte de Vicence, de cette manière le 35e régiment pourra se rendre avant le jour à la Saint-Michel.
Telles sont mon général, les dispositions que Son Altesse Impériale désire que vous fassiez exécuter en ce qui concerne les troupes de votre lieutenance.
Je viens de faire-part à M. le général Rouyer de ce qui le concerne
" (Papiers du Général Paul Grenier. X. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 29 page 69).

Le 26 décembre 1813, le Général de Division Chef de l’Etat-major général, Comte de l’Empire Vignolle, écrit, depuis Vérone, au Lieutenant-général Comte Grenier : "... Son Altesse pense que vu la faiblesse de quelques-uns des corps d’infanterie sur l’Adige, vous pourriez porter plus en avant le bataillon du 1er régiment des étrangers qui est stationné à Valesi ..." (Papiers du Général Paul Grenier. X. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 96 page 203).

Les Compagnies du centre du 5e Bataillon, qui se trouvaient à Forli avec un Bataillon du 55e de Ligne, sont quant à elles détruites ou dispersées le jour de Noël (Lieutenant Banyuls blessé le 26 près de Forli).

Carabinier RGT de la Tour d'Auvergne, 1812-1814
Fig. 57 Carabinier après 1812, d'après R. Forthoffer et le Réglement de Bardin (Fiche Documentaire 214, avec l'aimable autorisation de Mr Jean-Yves Forthoffer)

Bien qu’engagé dans les combats, le Corps n’échappe pas au Décret impérial du 25 novembre 1813 qui ordonne d’extraire des Régiments étrangers les sujets des puissances coalisées, de les désarmer et d’en former des Bataillons de pionniers. Pour les unités servant en Italie ou dans les îles ioniennes, ces ordres furent exécutés dans la mesure où les opérations de guerre le permettaient. Le 1er janvier 1814, le Général Jean Montfalcun rassemble, sur ordre d’Eugène, les étrangers stationnés dans le Royaume d’Italie, désarme ceux des 3e au 6e Bataillons à Legnano (et non à Bologne comme le croyait le Ministre), en même temps que ceux des deux premiers Bataillons, pour les organiser en un 1er Bataillon de Pionniers d’environ 1200 hommes immédiatement mis en route pour Alexandrie. De là, ce Bataillon marche vers la France. Il arrive à Clermont Ferrand le 11 janvier. Le 6 avril, au moment où Napoléon abdique, ce Bataillon est dispersé par le Général Becker dans les villages du Puy-de-Dôme parce qu’il croit y remarquer des "principes de révolte".

Avec les éléments restés en armes, Montfalcon renforce les deux premiers Bataillons qui reçoivent également les restes des Compagnies d’élite et de la Compagnie d’artillerie du 2e Etranger demeurés à Legnano. Ils sont ainsi épargnés de l’indignité d’être désarmés et demeurent à l’armée d’Eugène. Au 1er janvier, ces éléments sont à la 2e Brigade (d’Arnaud) de la 2e Division Rouyer, 1ère Lieutenance (Lieutenant général Comte Grenier) de l’Armée d’Italie, totalisant 31 Officiers, 569 hommes pour le 1er Bataillon, 17 Officiers, 496 hommes pour le 2e, 2 Officiers, 63 hommes et 39 chevaux pour l’Artillerie régimentaire. La situation au 1er janvier donne également un 3e et 4e Bataillons réunis pour former un 3e Bataillon fort de 22 Officiers et 380 hommes.

Le 1er février, Eugène décide de se replier derrière le Mincio où les troupes combattent le 8 (Capitaine Hunault de la Chevallerie, Lieutenants Pietrequin et Caseneuve, Sous-lieutenant De Blois blessés, Lieutenant La Bruss de Ender blessé et décédé le 18). Le 11, les deux Bataillons sont regroupés en un Bataillon unique fort le 1er mars de 25 Officiers, 487 hommes et 4 chevaux, stationnés en avant de Plaisance (124 hommes absents, aux hôpitaux, en congé ou prisonniers). Les 23 et 24 février, le commandant du Bataillon Esbeck repousse avec ses Compagnies d’élite soutenues par des troupes des Généraux Gratien et d’Arnaud les Autrichiens derrière la Nura.

Le 24 février 1814, le Chef du Bureau Courtois adresse, depuis le Ministère de la Guerre, 2e Division, Etats-majors, à Paris une "Note pour le Bureau de l'Infanterie. Par décision du 5 février 1814, M. Lebrun Rabot, capitaine au 1er Régiment Etranger, a été nommé aide de camp de M. le général de division Comte Verdier" ; il est indiqué en marge : "Il est au 132e" (SHD GR 2YE 2377).

Les Bataillons d’élite, administrés à part et engagés dans la bataille, ne furent pas touchés par le Décret du 25 novembre. On les laissa même tranquille jusqu’à leur dissolution à Goïto le 20 mars 1814.

En avril, le Bataillon unique n’apparaît plus sur les états de situation de l’Armée d’Italie. Pour cause, il est rapatrié en France au mois de mai. Il aligne encore 24 Officiers et 446 hommes après le 25 mai mais ce nombre diminue rapidement.

D'après un "Bordereau des corps et détachements de l’armée d’Italie pour servir à la répartition définitive du résidu des fonds provenant de la gratification accordée par S. A. I. le Prince Eugène, calculée à raison d’environ 10 jours de solde pour chaque grade, et pour les hommes présents seulement, d’après les états adressés par les corps ; cette répartition est faite conformément aux intentions de son excellence le comte Grenier", il est prévu pour le 1er Bataillons du 1er Etranger :

Présents sous les armes
Somme revenant à chaque corps pour
Total
Officiers
Sous-officiers et soldats
Officiers
Sous-officiers et soldats
84
233
530
945
1475

Ce tableau a été certifié par le Chevalier de Saint-Charles, Inspecteur aux Revues de l’Armée d’Italie, à Manosque, le 20 juin 1814 (Papiers du Général Paul Grenier. X. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 133 page 278).

Envoyé à Aix en Provence, le Bataillon unique y est inspecté par le Général Grenier qui permet à 163 ressortissants des puissances alliées de rentrer chez eux. Les Français sont séparés, les étrangers restants demeurent à Aix. Après une mutinerie, le Roi décide de les diriger le 22 juillet sur Avesnes. Arrivés les 12 et 13 septembre, ils comptent selon un rapport du Général Bourke 39 Officiers, 132 hommes et 4 enfants commandés par le Major Banyuls de Montferré. On en forme autant de Compagnies qu’il y a de fois 72 gradés et hommes.

Après hésitations, le nouveau gouvernement décide finalement le 16 décembre de conserver trois Régiments étrangers, chacun à trois Bataillons et un Etat-major. Leur organisation doit démarrer le 1er janvier 1815. Dés décembre, les hommes sont réunis par le Général Bourke à Montreuil. Le 1er Régiment, commandé par le Major Montferré, doit se former à Pont-Esprit. Entre-temps, l’Ordonnance du 6 février établit que l’engagement sera de six ans, avec prime de 50 francs comme pour les Français. Par ailleurs, les nationalités doivent être mélangées.

Au retour de Napoléon, le 1er Etranger prend parti pour le duc d’Angoulême qui tente de soulever le midi de la France. Napoléon, rétabli sur le trône, décide de le dissoudre par Décret du 2 mai. Ses 90 Officiers et 375 hommes servent à renforcer les nouveaux Régiments étrangers créés par Napoléon. On ne peut donc pas véritablement considérer que le Régiment de La Tour d’Auvergne est devenu le nouveau 1er Régiment étranger de 1815, qui à l’origine devait être composé uniquement de piémontais, et qui, en raison des circonstances, fut transformé en 31e Régiment d’infanterie légère.

Voltigeur RGT de la Tour d'Auvergne 1812-1814Voltigeur RGT de la Tour d'Auvergne 1812-1814Voltigeur RGT de la Tour d'Auvergne 1812-1814
Tambour de Chasseurs RGT de la Tour d'Auvergne 1812-1814 RGT de la Tour d'Auvergne 1813
A gauche, fig. 58, Voltigeur après 1812 d'après R. Forthoffer (Fiche Documentaire 210, avec l'aimable autorisation de Mr Jean-Yves Forthoffer), au centre, d'après J. Dommange; à droite, d'après Rigo, Le Plumet U35 (fig. 59)
Fig. 61 Tambour de Chasseurs après 1812 d'après R. Forthoffer (Fiche Documentaire 214, avec l'aimable autorisation de Mr Jean-Yves Forthoffer)
Officier (fig. 63, Tambour de Chasseurs (fig. 62), Chasseur (fig. 60), Carabinier et Voltigeur d'après P. Bunde

/ Uniformes

Tambour de Chasseurs RGT de la Tour d'Auvergne 1812-1814
Fig. 64 Colonel en 1813-1814 d'après R. Forthoffer (Fiche Documentaire 214, avec l'aimable autorisation de Mr Jean-Yves Forthoffer) et Réglement

Les tenues du Régiment peuvent être partagés en trois périodes distinctes. De 1805 à 1807, pendant sa formation et au début de son séjour à Naples, le Corps a porté un habit à la française à pans courts. Entre 1808-1809 et jusqu’en 1812, c’est au contraire l’habit à pans longs qui est en faveur. Enfin, dès 1813, l’uniforme porté est basé sur le règlement de Bardin. Commençons tout d'abord par la première période et le début de la 2e période.

- Uniformes de 1805 à 1807

Voici tout d’abord un Sergent porte-fanion de Carabiniers (fig. 1), suivi d'un Voltigeur (fig. 2), et d’un Chasseur en tenue de route (fig. 3), d’après Bucquoy, qui écrivait avoir "établi les uniformes du début grâce à des renseignements pris dans les papiers du baron Chrétien Léopold de Dettlingen", communiqués par le peintre Ganier Tanconville. D’emblée, on remarquera le parement vert et la patte de parement rouge. Or, Mr Roger Forthoffer, qui a aussi utilisé comme source Dettlingen, donne au Voltigeur (fig. 2a) et au Chasseur (fig. 3a) le parement rouge et la patte de parement verte. Doit on alors considérer que les deux ont existé, ou bien y a t’il erreur d'interprétation de la part d’un des deux auteurs ? A moins d'une évolution entre 1805 et 1806, au grès des recrutements ? Nous ne pouvons hélas trancher.

Les Carabiniers ont la même tenue que le Sergent, sans galons de grade bien entendu, notons toutefois les divergences qui apparaissent ches Tanconville (fig. 1a). Le Voltigeur est coiffé du shako modèle 1801 ; sur le côté gauche, une cocarde tricolore maintenue par une ganse de fil vert. Les Tambours de Carabiniers (fig. 4) ont la tenue de la Compagnie, avec comme distinction des galons rouges (ou peut être blancs d’après P. Bunde) au col, aux revers, aux retroussis et aux parements.

La tenue évolue assez rapidement. Les Carabiniers par exemple sont représentés avec des culottes de couleur crème (fig. 5) d’après Roger Forthoffer qui indique "d'après la collection TANCONVILLE selon des dessins de ZIX"). Pour Rigo et Domange, les cordons, raquettes et glands sont blancs, le cul de singe rouge à croix blanche, et la giberne a une grenade jaune.

Les Officiers de Chasseurs (fig. 6 d’après Tanconville) ont le chapeau galonné d’argent, surmonté d’un plumet rouge et vert, des culottes bordées d’un passepoil blanc sur le coté, et des bottes à la hongroise, avec galon et gland argent. En tenue d’été, ils portent des culottes chamois, des guêtres avec galon et gland argent, et le chapeau sans plumet (fig. 7 d’après Tanconville).

A Naples, la tenue est à nouveau modifiée. Ainsi, le Baron de Dettlingen, Adjudant-major au Corps, a en petite tenue le chapeau sans galon, avec un plumet vert, et des bottes à la hongroise (fig. 8 d’après Bucquoy et Roger Forthoffer). Certains Officiers de Chasseurs, avec la généralisation du shako en 1806, ont même une tenue de fantaisie caractérisée notamment par une culotte agrémentée de nœuds hongrois argentés et un ceinturon vert et argent (fig. 9 d’après Roger Forthoffer et J. Domange, ce dernier citant Richard Knötel comme source). Les Carabiniers quant à eux (fig. 10) ont en tenue d’été la veste blanche à collet rouge (selon Bucquoy, blanc pour les Chasseurs, chamois pour les Voltigeurs). La grande nouveauté est la généralisation du shako, notamment celui du modèle 1806, distribué dans le courant de l’année 1807. Celui des Carabiniers est, à cette époque, doté d'une plaque à l’aigle jaune, et est agrémenté d’un cordon avec glands et raquettes, d’un pompon et d’un plumet rouges. Les Chasseurs quant à eux (fig. 11 d’après Rigo) ont reçu des shakos avec plaque en losange jaune, cordons et raquettes verts, pompon vert surmonté d’un plumet vert à la base et rouge au sommet. En ce qui concerne les Voltigeurs, Bucquoy donne un Caporal qui porte la tenue d’origine, mais avec le shako modèle 1806, pourvu d’une plaque en losange et de jugulaires blanches (fig. 12). Rigo de son coté propose un Voltigeur (fig. 13) dont la tenue est différente : shako du modèle 1801, avec le plumet placé cette fois ci sur le devant ; habit à col jaune (chamois) ; épaulettes entièrement jaunes, tout comme les ornements des guêtres ; et dragonne jaune à gland rouge. Il est fort possible que les deux types de tenues se soient côtoyées pendant un temps.

La Musique, formée courant 1806, porte une tenue à dominante rouge jusqu’en 1808. Roger Forthoffer et P. Bunde donnent tous deux le Tambour-major (fig. 14) et le Musicien (fig. 16) ; il y avait aussi un Tambour-maître (fig. 15 d’après Roger Forthoffer).

A partir de 1807-1808, l’uniforme aurait du se stabiliser ; P. Bunde propose un certain nombre de types correspondant à cette période, que l’on peut en partie recouper avec d’autres sources. Il s’agit en fait de l’uniforme théorique qui aurait du être porté jusqu’en 1811. Vient en premier lieu un Sergent de chasseurs (fig. 17) assez proche du Chasseur représenté en fig. 11 ; à ses côté, la distinctive de grade d’un Sergent major (fig. 17a), d’un Caporal fourrier (fig. 17b) et d’un Caporal (fig. 17c). Suivent un Chasseur (fig. 18), un Tambour (fig. 19) et un Officier de Chasseurs (fig. 20). Nous avons également représenté un Officier de Chasseurs d’après Rigo (fig. 20a) et de Voltigeurs d’après Roger Forthoffer et Boersch (fig. 20b). P. Bunde donne également le Voltigeur (fig. 21) que nous avons comparé à celui donné par Roger Forthoffer et Tanconville (fig. 22 ; le pourtour supérieur du shako est jaune, et les couleurs du plumet sont inversées), et un Cornet (fig. 23 ; l'habit est vert, tous les galons sont rouges, sauf la patte de parement qui est passepoilée de blanc), là encore comparé à celui donné par Roger Forthoffer d’après Carl (fig. 24 ; habit rouge, plaque à l’aigle jaune au shako, et tous les galons sont blancs). Vient ensuite un Sapeur (fig. 25).

La tête de colonne pour sa part a semble t’il adopté l’habit vert galonné d’argent. Le Tambour-major (fig. 26), dont les retroussis sont rouges est tiré d’un document de la Collection Knötel à Rastatt ; P. Bunde, qui lui attribue les retroussis verts (fig. 26a) donne également un Musicien (fig. 27). Terminons enfin pour cette période avec le Colonel en grande tenue d’après Bucquoy (fig. 28). Tout comme le Cornet attribué à Carl, il a au shako la plaque à l’aigle.

- Evolution de l’uniforme vers 1808-1809

Carabinier 1er Etranger 1814-1815Carabinier 1er Etranger 1815
A gauche, fig. 65, Carabinier en 1814-1815 d'après H. Knötel; à droite, fig. 66)Carabinier en 1815 d'après R. Forthoffer (Fiche Documentaire 210, avec l'aimable autorisation de Mr Jean-Yves Forthoffer)

A partir de cette période, l’habit a des pans longs ; ils le resteront jusqu’en 1812. Par ailleurs, plaques de shako en losange et plaques à l’aigle jaunes semblent se côtoyer. Les boutons sont devenus jaunes, et la tête de colonne est désormais galonnée d’or. Tout cela parait curieux, mais il est tout à fait possible que tout ou partie du Régiment ait cherché à se distinguer en adoptant vers 1808 ces caractéristiques, les variantes pouvant être le fait de Bataillons différents. Carl propose ainsi un Carabinier (fig. 29), un Chasseur (fig. 29a) et un Voltigeur (fig. 29b). Pour ces trois types, le lecteur remarquera les ganses de cocarde jaunes, l’absence de passepoil sous le collet (c’est une constante chez Carl), les retroussis rouges et les liserés blancs des guêtres. Le shako du Carabinier a le pourtour supérieur rouge ; celui du Voltigeur, vert. Le Chasseur a la garniture du shako, les épaulettes et la dragonne de couleur blanche ; pompon et plumet sont verts.

R. Knötel, de son côté, donne un Cornet de Voltigeurs (fig. 30), un Carabinier (fig. 31) et un Chasseur (fig. 32) qui, malgré certaines analogies avec les types de Carl, présentent néanmoins des différences notables, dont la plus évidente est la plaque à l’aigle et les pourtours des shakos. Le Cornet a des galons rouges au col, aux revers et aux retroussis (fig. 30a : retroussis rouges d’après un document de la Collection Knötel, Rastatt) ; le Chasseur quant à lui a un pompon bleu qui nous conforte dans notre idée d’un Bataillon différent (plutôt que d’une Compagnie).

Toujours entre 1808 et 1809, voici maintenant un Chasseur, un Carabinier, un Voltigeur et un Cornet de Voltigeurs d’après des dessins de Tohsche (fig. 33, fig. 34, fig. 35, fig. 36). On retrouve les boutons jaunes caractéristiques de la période, la plaque en losange donnée par Carl. Le gilet vert passepoilé de blanc peut surprendre mais il est cité par Fieffé et Lienhart et Humbert. Toujours à classer dans cette période, un Sapeur et un Musicien (fig. 37 et fig. 39), d’après un dessin anonyme conservé dans la collection Knötel à Rastatt. Le Musicien est largement galonné d’or et l’on retrouve au shako la plaque à l’aigle. Nous avons représenté à ses côté le Tambour-major (fig. 38) tel qu’il est donné par L. Merllié et par R. North, d’après Carl.

- Uniformes à partir de 1810-1811

Au moment où le Régiment est porté à six Bataillons, l’uniforme subit de nouvelles modifications. Wurtz donne toute une série de personnages, recoupés en partie par d’autres sources, dont la principale caractéristique est le retour au bouton blanc tout en conservant la plaque en losange jaune : Chasseur, Carabinier, Voltigeur, Sapeur, Sergent-sapeur (fig. 40, fig. 41, fig. 42, fig. 43, fig. 44). Le Caporal-sapeur (fig. 45) est donné par Tohsche, on remarquera que ses épaulettes et le cordon du bonnet sont mêlés d’argent, ce qui est curieux pour ce grade. Viennent ensuite le Tambour-major, le Tambour-maître, le Chef de Musique, le Tambour de Carabiniers (fig. 46, fig. 47, fig. 48, fig. 49). Selon Wurtz, les Officiers portent le shako avec pourtour supérieur, cordon, garniture et tulipe argent, plumet de la Compagnie, épaulettes argent, hausse col doré, bottes coupées en cœur, sabre ou épée avec ceinturon blanc sous le pont de la culotte. Le Major a au shako un double galon argent, le plumet blanc à tulipe argentée, l’épaulette argent à corps or, l’épée, et la schabraque écarlate à double galon d’argent. Les fanions de Compagnie enfin sont écarlate pour les Carabiniers, jonquille pour les Voltigeurs, avec pique de cuivre.

Remarque importante : les figurines de Wurtz ne permettent pas de vérifier la longueur des basques, sauf en ce qui concerne le Tambour-maître et le Tambour-major qui les ont longues. H. Knötel donne un Carabinier daté de 1812 identique à celui de Wurtz (avec un pompon rouge en plus) ; il les a longues. Bucquoy, Roger Forthoffer et un document de la collection P. Wacker donnent un Chasseur en 1811 (fig. 50) qui confirme le bouton blanc et les basques longues à cette époque. On remarquera qu’ici, la plaque de shako est à l’aigle, ce qui ne nous paraît pas étonnant car nous sommes persuadés que les deux modèles se sont côtoyés. H. Knötel donne le Caporal de Chasseurs (fig. 50a), un document de la collection P. Méganck le Caporal chef (fig. 50b).

Viennent ensuite deux versions du Sergent-major de Chasseurs en petite tenue d’été, la première (fig. 51) d’après Bucquoy, la seconde (fig. 52) d’après Roger Forthoffer et Domange (source Knötel). Bucquoy donne aussi le Sapeur, le Musicien et le Tambour de Chasseurs (fig. 53, fig. 54, fig. 55). Terminons enfin cette période par le curieux Chasseur tiré du manuscrit d’Alsace (fig. 56) : plaque de shako blanche, habit sans passepoils, parements passepoilés de rouge. Il peut s’agit d’un soldat issu du 4e Bataillon de retour d’Espagne (ce qui expliquerait l’uniforme simplifié) ou un homme des 5e et 6e Bataillons nouvellement créés ?

- Uniformes à partir de 1813

Encore un grand changement puisque désormais est portée la tenue issue du règlement de 1812 élaboré par Bardin, savoir l’habit à revers fermés, parements en pointe verts et basques courtes, la plaque à l’aigle blanche, le bouton blanc estampillé «Régiment Etranger» avec I au centre. Les shakos des Compagnies d’élite ont les pourtours supérieur et inférieur et les chevron rouges pour les Carabiniers (fig. 57 d’après Roger Forthoffer et le Règlement), jaunes pour les Voltigeurs (fig. 58 d’après Roger Forthoffer et Domange, fig. 59 d’après Rigo). Les Chasseurs (fig. 60 d’après P. Bunde) n’ont plus le briquet. Les Tambours ont l’habit à la livrée impériale (fig. 61 d’après Roger Forthoffer, fig. 62 d’après Bunde). Les Officiers quant à eux ont la garniture argent (fig. 63 d’après P. Bunde; fig. 64 : Colonel d’après Roger Forthoffer).

Terminons ce panorama des uniformes par les tenues portées sous le nouveau gouvernement (fig. 65 et fig. 66). Le premier type, daté de 1814, est donné par H. Knötel, le second, daté de 1815, par R. Forthoffer. La dominante de la tenue est le bleu céleste. La cocarde blanche est celle du nouveau régime. Les plaques de shako, sur lesquelles on a fait disparaître l’aigle impériale, sont caractéristiques de l’époque.

Abréviations :

O&A : Ordres et apostilles.

P&T : Picard et Tuetey.

IN : Inédits napoléoniens.

/ Sources :

- Archives du S.H.A.T., Vincennes, communication P. Quentin.

- Berjaud F. : Soldats de la Grande Armée, série 53.

- Carles (Lt colonel) : «Les derniers jours des régiments étrangers au service de Napoléon, 1813-1815».

- Carnet de la Sabretache, 1900, page 418 : «Les embauchages dans la garde du Roi Murat».

- Chuquet A. : «Inédits napoléoniens», Paris, Fontemoing. Et «Ordres et Apostilles de Napoléon (1799-1815)», Paris, Honoré Champion, 1911.

- Dempsey Guy C. Jr : «Napoleon’s Mercenaries», Greenhill Books, 2002.

- Du Casse A. : «Mémoires et correspondance politique et militaire du prince Eugène», Paris, Lévy, 1858.

- Fichiers Carl et Wurtz

- Hennet L. : «La Mission d’Escorches de Sainte Croix … et les Sainte Croix», Carnet de la Sabretache, 1906, page 90.

- Knötel R. : Uniformenkunde, volume XII, planche 33.

- Martinien A. : «Tableaux par corps et par batailles des officiers tués et blessés pendant les guerres de l’Empire (1805-1815)».

- Picard E. et Tuetey L. : «Correspondance inédite de Napoléon 1e, conservée au Archives de la Guerre», Paris, Lavauzelle, 1912.

- Documentation personnelle de l’auteur (J. Domange, R. Forthoffer, Manuscrit d’Alsace, R. North, Rigo …).

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