Le 29ème Régiment d'Infanterie Légère

1800-1803 et 1811-1814

 

Avertissement et remerciements : Cet article nous a été adressé par notre collègue du Bivouac, Didier Davin, que nous remercions tout particulièrement pour sa disponibilité et son érudition.

 

Fig. 1 Uniforme de chasseur d'une demi-brigade légère à l'Armée gallo-batave vu par Langendijk en 1800

La 29e Demi-brigade d'Infanterie légère a été formée selon C. Rousset ("Les volontaires, 1791-1794"), le 2 décembre 1796 (12 frimaire an 5) par amalgame des 2ème et 3ème bataillons de la 6ème demi-brigade Légère, de la 18e demi-brigade Légère et de la demi-brigade de Haute-Saône.

Toutefois, dans la Correspondance de Napoléon, t., lettre 540, les dispositions du Général en chef Bonaparte pour les divisions de l'armée, datées du Quartier général, Peschiera, le 1er juin 1796 (13 prairial an IV) portent que la 25e demi-brigade d'infanterie légère, faisant partie de la Division du général SAURET (ayant à ses ordres les généraux de brigade VALETTE, RUSCA et SERVIEZ) devient la 29e, pour un effectif de 1000 hommes. A la même date, Bonaparte envoie ses instructions au Général Masséna :
"Le général Masséna placera à Salo, sous les ordres du général Rusca, la 27e demi-brigade d'infanterie légère, qui doit partir de Milan le 17 de ce mois, celle dite des Allobroges et la 29e légère, qui ont reçu l'ordre de se rendre à Salo ... Aussitôt que le général de division Sauret sera arrivé, le général Masséna lui donnera le commandement de la 27e demi-brigade légère, de la 29e légère, de celle dite des Allobroges et de la 11e de bataille, lesquelles sont à Salo et sous Peschiera …" (Correspondance de Napoléon, t.1, lettre 545).

Quelle que soit la date de sa formation, la 29e demi-brigade Légère de seconde formation fait une brillante campagne d'Italie avec Bonaparte.

Le 10 juillet 1796 (22 messidor an IV), Bonaparte, depuis le Quartier général à Porto-Legnago, fait écrire par Berthier, au Général Sauret : "Le général Sauret est prévenu que sa division doit continuer à occuper la gauche du lac de Garda, et observer l'ennemi sur Riva et les autres parties qu'il occuperait. Il aura à ses ordres les 27e et 29e demi-brigades légères, la 4e, dite des Allobroges, et la 11e de ligne, qui, jusqu'à nouvel ordre, continuera à faire partie de la division du général Masséna.
Il est également prévenu qu'en conséquence des localités, de la situation de l'ennemi et des mouvements combinés par le général en chef, le général Masséna est autorisé à diriger les opérations et les mouvements de la division du général Sauret. A cet effet, il correspondra avec ce général, en même temps qu'il le fera avec le général en chef.
Ces troupes seront commandées par les généraux de brigade Guieu et Rusca. L'adjudant général Vaux sera chargé du détail de cette division
" (Correspondance de Napoléon, t.1, lettre 742).

Le 2 août 1796 (15 thermidor an IV), est expédié par ordre du Général en Chef, depuis le Quartier général à Brescia, la nouvelle composition des Division de l'Armée : "... GÉNÉRAL SAURET : 11e demi-brigade de ligne ; la demi-brigade dite des Allobroges; les 27e et 29e d'infanterie légère. Il aura dans sa division les généraux de brigade Guieu et Dallemagne, qu'il placera comme il le jugera à propos ... " (Correspondance de Napoléon, t.1, lettre 822).

Le 23 août 1796 (6 fructidor an 4), le Général Augereau, depuis son quartier-général de Vérone, écrit à Bonaparte : "... La 29e demi-brigade s'est réunie à ma division, dont j'ai passé la revue le 3 et le 4 du courant. En vérité, cette 29e me fait pitié : elle a tout au plus cent baïonnettes ; elle est sans habits, sans souliers ; j'y ai trouvé sous les armes des volontaires couverts d'une simple chemise et d'un caleçon de toile. Il faut nécessairement remonter cette troupe en armement, équipement et habillement, ou la laisser sur les derrières, car elle ne peut pas être présentée devant l'ennemi en cet état, causé par l'insouciance du chef. Ce sont cependant des soldats qui, dans quelques occasions, ont fait preuve de bravoure, et sur lesquels on pourrait compter ; ce qui doit stimuler notre sollicitude pour les remettre en ordre et les utiliser pour le bien. Faites, je vous prie, tous vos efforts à cet égard ..." (Panchouke : « Correspondance inédite officielle et confidentielle de Napoléon », t. 1 Italie).

Le 16 septembre 1796 (30 fructidor an IV), Bonaparte écrit depuis son Quartier général de Due-Castelli, au Général Berthier : " ... La 29e, avec ses carabiniers, se rendra à Trente, aux ordres du général Vaubois" (Correspondance de Napoléon, t.1, lettre 1001; Correspondance générale de Napoléon, t.1, lettre 903).

Le 3 novembre 1796 (13 brumaire an 5), le Général Vaubois écrit depuis Lawis à Bonaparte : "... il faudrait ... avoir ... à Levico, la 29e d'infanterie légère, qui n'est que de 500 hommes : on ne peut se dispenser de garder Levico, parce qu'il s'y trouve un chemin qui descend à Roveredo ..." (Panchouke : «Correspondance inédite officielle et confidentielle de Napoléon», t. 2 Italie).

Le 14 novembre 1797 (24 brumaire an 6), Bonaparte écrit, depuis Milan, au Général Kilmaine :
"... Si des événemens quelconques vous faisaient penser nécessaire de renforcer le général Baraguay d'Hilliers, vous le feriez avec la onzième demi-brigade de ligne, qui doit être à Bassano, et avec la division du général Guieux, qui se trouvera à Padoue et composée des onzième, vingt-troisième et vingt-neuvième d'infanterie légère …" (Correspondance inédite officielle et confidentielle de Napoléon, tome IV, Venise).Après son départ pour l'Egypte, la demi-brigade reste en Italie où elle va combattre les Autrichiens, sous son chef Balleydier, et en 1799 se replie sur la frontière génoise.

Le 23 novembre 1796 (3 frimaire an v), Bonaparte écrit depuis son Quartier général à Vérone, au Général Berthier : "Je vous ai écrit, Citoyen Général, pour incorporer la 52e demi-brigade dans la 4e d'infanterie légère. Mon but étant de procurer des officiers aux différentes demi-brigades qui en ont besoin, vous incorporerez seulement un bataillon de la 52e avec la 17e, un bataillon avec la 29e, et un bataillon avec la 27e d'infanterie légère" (Correspondance de Napoléon, t.1, lettre 1214 ; Correspondance générale de Napoléon, t.1, lettre 1073).

Le 21 décembre 1796 (1er nivôse an V), Bonaparte écrit depuis son Quartier général de Vérone, au Général Berthier : "Vous préviendrez que le chef de brigade Marchy, à la suite de la 25e demi-brigade de bataille, est nommé chef de brigade titulaire dans la 29e d'infanterie légère" (Correspondance générale de Napoléon, t.1, lettre 1184).

Le 21 décembre 1796 (1er nivôse an V) toujours, Bonaparte écrit depuis son Quartier général de Vérone, au Général Berthier : "Vous voudrez bien donner l'ordre au général Joubert de faire reconnaître les officiers suivants aux différentes demi-brigades de sa division, et prévenir chacun de ces officiers en particulier que j'ai demandé pour eux des brevets au Directoir exécutif.
29e DEMI-BRIGADE D'INFANTERIE LEGERE.
Marchy, chef de bataillon de la 25e demi-brigade de bataille, promu au grade de chef de brigade, commandant.
Davaillier, chef de brigade, commandant en second.
Moussard, chef de bataillon, commandant un bataillon.
Jouardet, Mailly, chefs de bataillon, commandants.
Déage, chef de bataillon, commandant en second.
Béguin, capitaine, promu chef de bataillon, commandant en second ...
… 14e DEMI-BRIGADE DE BATAILLE.
... Porra, chef de brigade, commandant en second, commandera provisoirement la 85e, jusqu'à l'arrivée des chefs de brigade Guillot ou Gaspard. Il était chef de bataillon à la suite de la 29e d'infanterie légère ...
" (Correspondance de Napoléon, t.1, lettre 1304; Correspondance générale de Napoléon, t.1, lettre 1185).

Le 17 janvier 1797 (28 nivôse an V), le Général en chef Bonaparte écrit depuis Vérone au Général Berthier : "... La division du général Joubert sera composée des 4e demi-brigade d'infanterie légère, 17e idem, 22e idem, 29e idem, 14e demi-brigade de bataille (sic) , 33e idem, 39e idem, 85e idem, 24e régiment de chasseurs à cheval, 12 pièces d'artillerie à pied, 3 pièces d'artillerie de montagne.
Elle doit se tenir prête à marcher le 1er du mois ...
" (Correspondance de Napoléon, t.1, lettre 1397 ; Correspondance générale, lettre 1292).

Le 18 janvier 1797 (29 nivôse an v), Bonaparte écrit depuis son Quartier général à Vérone, au Directoire exécutif : "... Les citoyens Destaing, chef de la 4e demi-brigade légère, Marquis, chef de la 29e, Fornésy, chef de la 17e, ont été blessés ..." (Correspondance de Napoléon, t.1, lettre 1399 ; Correspondance générale de Napoléon, t.1, lettre 1300).

Le 5 mars 1797 (15 ventôse an v), Bonaparte, depuis Mantoue, décrête : "PROMOTIONS.
Vu la bonne conduite et la bravoure des citoyens ci-après dénommés, le général en chef les nomme, sur le champ de bataille, à des grades supérieurs ; en conséquence, ces citoyens prendront les premières places vacantes dans les grades où ils ont été promus, et jouiront du traitement qui leur est affecté, savoir :
Grade auquel ils sont promus.
Coste sergent à la 29e
[légère] Sous-lieutenant.
Desfontaines caporal idem Sergent.
Obert adjudant-major idem Capitaine.
Crouzet lieutenant idem Capitaine.
Brunier sous-lieutenant idem Lieutenant.
Vindrey sous-lieutenant adjudant idem Lieutenant.
Boquet sergent-major idem Sous-lieutenant.
Bonpertuy sergent idem Sous-lieutenant.
Fournier sergent idem Sous-lieutenant.
Paradis (Claude), caporal idem Sergent
" (Correspondance de Napoléon, t.2, lettre 1543).

Le 3 avril 1797 (14 germinal an V), une lettre est adressée depuis le Quartier de Friesach au Général Joubert, sur ordre du Général en Chef :
"... Si le général en chef se résout à réunir votre division aux quatre autres qu'il a déjà, pour se diriger droit sur Vienne, il désirerait que vous eussiez les demi-brigades ci-après : 24e et 29e d'infanterie légère, 14e, 33e, 85e et 93e de bataille (sic) ..." (Correspondance de Napoléon, t.2, lettre 1681).

Le 14 juin 1797 (26 prairial an 5), le Général en chef Bonaparte écrit depuis Monbello au Général Berthier : "... Vous ordonnerez au commissaire ordonnateur [Villemanzy] de faire promptement habiller la 29e demi-brigade d'infanterie légère, qui est à Mantoue ...
Vous ordonnerez que l'on forme les brigades de la manière suivante :
... La 21e légère et la 29e, 7e brigade : Dessolle, 4e division
[Sérurier - en l'absence de ce dernier, le commandement intérimaire de la 4e divisions est confié au Général Fiorella] ...
... La 29e et la 11e d'infanterie légère seront censées détachées de la division, l'une à Mantoue, l'autre à Milan ...
" (Correspondance de Napoléon, t.3, lettre 1919; correspondance générale, t.1, lettre 1674).

Le 15 septembre 1797 (29 fructidor an 5, Bonaparte écrit depuis le Quartier général à Passariano au Général Berthier : "... vous passerez à Mantoue et vous me rendrez un compte vrai de la situation de la 29e d'infanterie et de la tournure qu'ont les hommes …" (Correspondance de Napoléon, t.3, lettre 2204 ; Correspondance générale de Napoléon, t.1, lettre 2025).

Le 9 novembre 1797 (19 brumaire an 6), par ordre du Général en chef Bonaparte, une lettre est expédiée depuis le Quartier général de Milan, au Général Vignolle : "... Vous voudrez bien donner l'ordre au général Guieu de partir avec la 23e demi-brigade d'infanterie légère et la 29 e qu'il prendra à Crémone, et de se rendre à Padoue avec ces deux demi-brigades ... Vous donnerez l'ordre au reste de la division du général Masséna de partir pour se rendre à Plaisance, lorsque le général Guieu sera arrivé à Padoue avec la 29e et la 23e d'infanterie légère ..." (Correspondance de Napoléon, t.3, lettre 2332). Et de rajouter : "Lorsque tous ces mouvements seront effectués, l'armée se trouvera donc placée de la manière suivante :
... 9e division, Guieu, à Padoue, 23e d'infanterie légère (note : à la Division Guieu devait figurer la 11e demi-brigade d'infanterie légère laissée à Padoue par le Général Masséna), 29e idem ...
".

L'Etat des Demi-brigades, établi le même jour, précise que la 29e, qui est à la solde de la République Cisalpine, comprend 1500 hommes (Correspondance de Napoléon, t. 3, lettre 2335).

Le 11 novembre 1797 (21 brumaire an 6), Bonaparte écrit au Général Vignolle, Chef de l'Etat-major général par intérim : "Vous voudrez bien donner au citoyen Marquis, chef de brigade, l'autorisation de rester à Milan juqu'à ce qu'il soit guéri. Il comptera comme toujours présent à sa demi-brigade" (Correspondance générale de Napoléon, t.1, lettre 2222). Marquis rappelons le, a été blessé en janvier 1797 à La Favorite.

Le 14 novembre 1797 (24 brumaire an 6), Bonaparte, avant de partir pour le Congrès de Rastadt, écrit depuis Milan au Général Kilmaine : "... Si des événements quelconques vous faisaient penser nécessaire de renforcer le général Baraguey d'Hilliers, vous le feriez avec la 11e demi-brigade de ligne, qui doit être a Bassano, et avec la division du général Guieux, qui se trouvera à Padoue et composée des 11e, 23e et 29e d'infanterie légère ; et enfin, si cela ne suffisait pas, par toute la division du général Serrurier, qui est à Venise, et par la grosse cavalerie, le 24e de chasseurs, le 7e de hussards, et, s'il le fallait, par toute la division de cavalerie aux ordres du général Rey …" (Correspondance inédite officielle et confidentielle de Napoléon IV Venise ; Correspondance de Napoléon, t.3, lettre 2362 ; Correspondance générale de Napoléon, t.1, lettre 2247).

 

I/ 1800-1803 : LE CONSULAT

En Janvier 1800, la 29e demi-brigade Légère est stationnée à Rennes dans l'Ouest de la France, à l'Armée du même nom, aux ordres du général Brune, division Labarolière. Elle fait la chasse aux derniers chouans, dont Cadoudal et Frotté, qui mènent encore des actions ponctuelles de guérilla contre l'armée.

La demi-brigade  compte ses 3 bataillons, commandés respectivement par les chefs de bataillon Mailly assisté de l'adjudant-major Dechaux, du chef de bataillon Jouardet et l'adjudant-major Isnard pour les deux premiers. Le 3ème bataillon étant au dépôt avec l'adjudant-major Obert. Les effectifs sont plutôt bas puisque on compte seulement 448 hommes et officiers pour les deux premiers bataillons (janvier 1800 côte SHDT : C2597-1800).

Dès le 16 février (27 pluviôse an 8), Bonaparte prévoit de transférer l'unité en Batavie. Il écrit à Berthier, depuis Paris, de retirer la 66e de Ligne de Breda "... dès l'instant que la 5e, la 55e et la 29e Légère et deux autres demi-brigades qui vont se mettre en marche pour se rendre en Batavie avec un nombre de conscrits nécessaires pour compléter ces corps à 3000 hommes, y seront arrivées" (Correspondance générale de Napoléon, t.3, lettre 4994). 

Le 16 février 1800 (27 pluviôse an 8) justement, Bonaparte écrit depuis à Talleyrand, Ministre des Relations extérieures : "D'après les nouvelles que je reçois, Citoyen Ministre, il me paraît que les Bataves se conduisent toujours de plus en plus mal. Je viens de donner les ordres pour faire partir sur-le-champ pour la Batavie la 29e demi-brigade légère, les 5e, 55e, 65e demi-brigades de ligne et 6,000 conscrits. Je viens de faire rapprocher de la Belgique plusieurs demi-brigades qui deviennent inutiles à l'Ouest …" (Correspondance de Napoléon, t.6, lettre 4597 ; Correspondance générale de Napoléon, t.3, lettre 5503).

En Août, la demi-brigade est toujours placée dans l'Ouest sur les états de situation.

Il faut attendre Septembre 1800 pour la retrouver à Rotterdam et Gorée, dans l'Armée de Batavie aux ordres du général Augereau, à la division Carteaux. A l'époque, la république batave, alliée de la France, supporte une armée «amie» qu'elle doit solder, et forme avec ses troupes nationales une armée gallo-batave sous commandement français (Augereau), qui doit aussi garder le Nord de l'Allemagne et le haut de la frontière du Rhin, en collaboration avec l'Armée  du Rhin de Moreau, en offensive contre les Autrichiens et quelques supplétifs bavarois, pendant que Bonaparte s'occupe de ceux-ci en Italie.

Après Marengo en Italie et l'offensive de Printemps de l'Armée du Rhin, un armistice avait été conclu en Allemagne le 15 juillet. L'armée gallo-batave d'Augereau était entrée dans Aschaffenburg, évacuée par un corps de Mayençais au service de l'Angleterre. Puis à l'armistice s'était retirée sur la rive gauche du Mein.

L'armée gallo batave poursuivait son rôle de protection du flanc gauche de l'Armée du Rhin. Elle avait son quartier général à Offenbach.

Le 29 septembre (7 vendémiaire an 9), Bonaparte depuis Paris écrit à Carnot, Ministre de la Guerre : «Je vous prie, citoyen ministre, de donner l'ordre au général Victor de réunir la 29e légère; de lui faire fournir tout ce qui est nécessaire, afin qu'elle puisse partir au premier ordre qu'elle recevrait, pour se rendre en Allemagne, et rejoindre le général Augereau» (Correspondance générale de Napoléon, t.3, lettre 5669).

L'Armée recommençait son offensive à partir du 9 novembre. Augereau portait ses forces sur Wurtzbourg qui était bientôt assiégée par les bataves de Dumonceau. Le 3 décembre, à Burg Eberach, les chasseurs de la 29e Légère s'emparaient d'une position défendue par de l'artillerie. Les Autrichiens se repliaient sur le Haut-Palatinat. Duhesme occupait Bamberg tandis que les franco-bataves couraient sur Nuremberg qui fut prise, évacuée puis reprise une seconde fois.

Sous-officiers et officiers d'une demi-brigade légère de l'Armée gallo-batave vus à Nuremberg au début 1800
Fig. 2 Sous-officiers et officiers d'une demi-brigade légère de l'Armée gallo-batave vus à Nuremberg au début 1800

Après la victoire de l'Armée du Rhin à Hohenlinden, le 3 décembre, les divisions française de l'armée gallo-batave (Duhesme et Barbou) s'étaient repliées derrière la Regnitz, couvrant le siège de Wurtzbourg. Le 16 décembre, Augereau repartait en avant, livrant combat devant Nuremberg. L'armistice de Steyer mettait fin aux combats et l'armée stationnait sur la ligne de front. Puis l'armée gallo-batave retournait peu à peu sur ses bases. Nuremberg était évacuée en mars.

Le 18 mars 1801, Bonaparte ordonnait à Berthier :"... le 4e et 6e Dragons retournent en Batavie ainsi que les 18e, 27e et 29e demi-brigade légère, les 17e et 55e de Ligne et quatre demi-brigades de l'armée du Rhin ...".

En Juillet 1801, les positions et l'encadrement de l'unité sont les suivantes :
côte SHDT : C2601-us180107
Chef de corps : FAIVRE chef de brigade
Daniel - Hudouard quartier maître trésorier
1er bataillon commandant : chef de bataillon Mailly
2e bataillon commandant : chef de bataillon Jouardet à Arnheim - armée en Batavie Augereau - 2e division Barbou
Effectif sous les armes des 2 bataillons : 1412 officiers et hommes.

Et en Août 1801 :
côte SHDT : C2601-us180108
Chef de corps : FAIVRE chef de brigade
Daniel - Hudouard quartier maître trésorier
1er bataillon, commandant : chef de bataillon Mailly à Utrecht - 2ème division Barbou
2e bataillon, commandant : chef de bataillon Jouardet à Arnheim - 2e division Barbou
Observations : 8 août 1801 effectif sous les armes 2 bataillons : 1439 officiers et hommes.

Au milieu de 1801, les troupes française en Batavie sont réduites au grand soulagement du pays. La 29e demi-brigade retourne en France.

L'Etat Militaire de l'an X (septembre 1801-septembre 1802) nous positionne la demi-brigade toujours à Caen, sous les ordres du chef de brigade Bigot et des chefs de bataillon Jouardet, Beguin et Obert.

Le 10 octobre 1801 (18 vendémiaire an 10), Bonaparte depuis Paris ordonne au Général Berthier que la 29e Légère se rende à Caen (Correspondance générale de Napoléon, t.3, lettre 6550).

Un décret du 21 Prairial an X (Juin 1802) ordonne que les demi-brigades légères reçoivent des drapeaux (un par bataillon) qui seront confiés à une délégation de chacune d'entre elles à la parade du 14 juillet. Au moment de la remise des drapeaux, le 1er Consul adresse une allocution aux détachements représentant l'infanterie légère : "Soldats de l'infanterie légère de l'armée française, voilà vos drapeaux ; ils vous serviront toujours de ralliement. Ils seront partout où le Peuple français aura des ennemis à combattre ; ils imprimeront la terreur aux ennemis du Gouvernement, quels qu'ils soient.
Soldats, vous défendrez vos drapeaux ; non, jamais ils ne tomberont au pouvoir des ennemis. Vous jurez d'être prêts à les défendre aux dépens de votre vie !
" (Correspondance de Napoléon, t.7, lettre 6182). Chaque chef de brigade, Joseph Boyer pour la 7e Légère, venu avec un détachement de son unité, jure alors de défendre son nouvel emblème au péril de sa vie.

LES DRAPEAUX 1802 DE LA 29e DEMI-BRIGADE LEGERE

La distribution a lieu au Carrousel le 14 juillet 1802. Dimensions : 162 x 162 cm. Taffetas de soie dans lequel est inscrit un losange blanc. Chaque pointe du losange porte un triangle bleu orné d'un cor peint en or. Les quatre angles, en forme de triangles rouges, ont le numéro peint en or ombré de noir. A l'avers, au centre, sur fond de rayons peint en lettres d'or /LE PREMIER CONSUL/A LA ... DEMI-BRIGADE/LÉGERE LE/25/MESSIDOR AN 10/. Cette légende est entourée d'une couronne de lauriers verts dont les deux branches sont liées par un ruban rouge. En haut, banderole argent doublée de bleu RÉPUBLIQUE FRANÇAISE. En bas banderole argent doublée de bleu ... me BATAILLON.
Au revers, au centre, un trophée composé d'un glaive à garde dorée, la pointe en bas, de deux sabres et deux fusils croisés, le tout réuni par un noeud de rubans tricolores. Ce trophée est entouré par une couronne de laurier et chêne dont les branches sont nouées par un ruban bleu. En haut, banderole argent avec RÉPUBLIQUE FRANÇAISE. En bas, banderole argent avec ...me BATAILLON. Hampe peinte en bleu surmontée d'un pique en cuivre doré modèle 1794. Etoffe rattachée à la hampe par un fourreau blanc. Cravate cordons et glands du modèle 1794.

Le 8 juillet 1802 (19 messidor an 10), Bonaparte écrit depuis La Malmaison au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "Donnez l'ordre par un courrier extraordinaire ... A la 29e légère qui est à Bayeux de se rendre à Lamballe ...
Demandez au général commandant la 13e division militaire qu'il vous fasse connaître les cantonnements qu'occuperont toutes les troupes ; il faut qu'elles soient placées de manière à pouvoir soutenir la gendarmerie et délivrer enfin ce pays des brigands qui inquiètent encore les citoyens
" (Correspondance générale de Napoléon, t.3, lettre 7006).

En juillet 1802, la 29e Légère doit fournir 20 hommes pour former un 3ème bataillon de la 18e Légère qui partira avec Decaen pour l'Océan Indien.

En 1803, l'Etat Militaire nous signale que la demi-brigade est passée à Rennes, Bigot la commande toujours ainsi que les chefs de bataillon Jouardet, Obert et Aliot.

La demi-brigade est dissoute en septembre 1803 et ses effectifs renforcent ceux de la 16e Légère.

 

II/ LA RECREATION DU REGIMENT (Mars 1811-juin 1812)

C'est en mars 1811 que Napoléon décide de recréer le régiment à parti de conscrits, de réfractaires et de  reliquats de troupes arrivant des colonies ayant capitulé.

Le 1er avril 1811, Napoléon écrit au Général Clarke : "Monsieur le général Clarke,
je désire que vous renouveliez l'ordre au commandant de la division militaire d'organiser promptement le 29e régiment.
Pour cela, il faut que le colonel et le major soient nommés.
Il faut d'abord former les 3 compagnies de grenadiers (carabiniers) et de voltigeurs des trois premiers bataillons; après cela répartir le reste dans les 20 autres compagnies des quatre bataillons.
Vers le mois de mai, quand on connaitra bien la situation de ce régiment, on enverra des conscrits qu' on répartira dans les cadres.
On pourra ainsi avoir un bon régiment d'infanterie légère et qui aura suffisamment de vieux officiers et soldats pour faire un bon service" (Correspondance de Napoléon).

C'est ainsi que le régiment de l'ile de France revenant de l'Océan Indien y sera versé. Le 29e Léger se reforme ainsi dans les iles de la côte atlantique pour éviter les désertions, à côté des régiments de réfractaires d'où il tirera de nombreux soldats. Le premier colonel nommé est Bruneteau de Sainte-Suzanne qui a servi dans l'Océan Indien à la Réunion.

En Mai 1811, l'Empereur,  qui supervise de près ses troupes, demande : «les conscrits du 29e Léger sont-ils habillés ?».

Le régiment s'organise sur la base de 4 bataillons de campagne et un bataillon de dépôt. Et la correspondance de l'Empereur ne cessera de s'y intéresser.

Napoléon écrit à Clarke en Août 1811 : «... Faites-moi un rapport particulier sur le 29e léger. II faudrait compléter ce régiment : le 3e et le 4e bataillon le seraient à l'île de Ré; mais le 1er et le 2e sont encore loin d'être complets. Quelle est leur situation et qu'attend-on des garnisons de l'île de France et de Saint-Domingue ? ...».

Le 5 septembre 1811, l'Emepreur écrit depuis Compiègne, au Général Lacuée, Comte de Cessac, Ministre directeur de l'Administration de la Guerre, à Paris : "Monsieur le Comte de Cessac, j'ai reçu votre lettre du 31 août, relative aux ordres que vous avez donnés pour l'habillement du régiment de l'île de Ré ; les états ne prouvent pas ce qui est dit dans le résumé.
... État n° 3 ; je vois que 800 habits destinés au 29ème d'infanterie légère ont dû être confectionnés par les soins de l'ordonnateur de la 12e division militaire ; mais comment veut-on que l'ordonnateur fasse pour faire confectionner des habits ? N'était-il pas plus simple d'en charger le conseil d'administration ou de les faire confectionner à Bordeaux, où il existe un grand atelier ? Et comment croire que l'ordonnateur ne manquera de rien dans tous les détails d'une confection ? Rien n'est moins satisfaisant que ce tableau. Avec de pareilles indications, je ne puis rien faire suivre ; et, si l'on n'a pas d'autres renseignements dans vos bureaux, je ne suis pas étonné que mes troupes ne soient pas habillées. Le fait est que le 28 août ce dépôt était dans le plus pitoyable état. Si vous m'aviez envoyé des rapports que je puisse faire vérifier, j'aurais envoyé sur les lieux un officier d'ordonnance. Mais avec des états si obscurs que voulez-vous qu'on fasse ?
».

«Paris, 31 décembre 1811.
Au capitaine Gourgaud, officier d'ordonnance de l'empereur, à Paris.
Rendez-vous à l'île de Ré ; voyez les troupes de réfractaires qui s'y trouvent, et faites-moi connaître en détail, détachement par détachement, leur situation, l'état de leur habillement, de leur armement et de leur instruction, de quel pays sont les hommes, et si l'on peut compter que l'on pourrait parvenir à les diriger sur Strasbourg pour l'armée d'Allemagne.
Voyez les officiers des 29e léger, 10e léger et des compagnies de sapeurs ; croient-ils qu'ils mèneraient sur le Rhin les trois quarts de ces individus ?
».

Au début 1812, le régiment bouge. Napoléon écrit à Clarke, le 16 janvier :
«Monsieur le Duc de Feltre, vous donnerez les ordres suivants : 1° que le 3e et le 4e bataillon du 29e Léger, forts chacun de 1000 hommes, lesquels sont dans l'ile de Ré partent le 1er février pour se rendre à Paris. Vous chargerez le colonel du 29e Léger de se rendre à Belle-Ile, de passer la revue des dépôts de son régiment, et si il pense que les 300 hommes qu'a le 5e bataillon sont assez exercés et disciplinés pour faire ce mouvement, de faire partir tout le dépôt pour Paris.
Il serait bon toutefois que les déserteurs invétérés et les mauvais sujets de ce 5eme bataillon soient retirés et placés dans le régiment de Belle-Ile ...
Par ce moyen les 5 bataillons du 29e Léger  arriveraient en même temps à Paris, ce qui ferait espérer de mettre ce régiment en ligne au-delà du Rhin à près de 2400 hommes
».

Le 6 février 1812 :
«On donne 1000 hommes au 29e Léger, il ne faut pas le porter comme ayant son dépôt à Paris mais à Beauvais.
Le 2eme bataillon étant parti avec le 1er de Brest, le 21 janvier doit être aujourd‘hui à Rennes ou Alençon. Les hommes disponibles du 2eme bataillon seront incorporés dans le 1er, et le cadre du second bien complets et commandé par un bon chef de bataillon se rendra sans délai dans l'ile d'Oléron où, aussitôt arrivé, on incorporera dans ce bataillon 1200 conscrits réfractaires pris parmi ceux qui font actuellement partie des 14e, 15e, 16e, 17e et 18e de Ligne.
Les deux bataillons du 29e Léger (3e et 4eme) étant partis de l'ile de Ré, si ils ont passé la Loire sans avoir perdu plus du 6eme de leurs présents sous les armes au moment de leur départ, le général de division fera partir ces bataillons pour Paris
».  

Le 21 février, le régiment est à Versailles et le général Hulin reçoit l'ordre d'en passer la revue.

Le 23 février 1812 à Clarke :
«Monsieur le duc de Feltre, la 12eme  division de la Grande Armée sera composée de la manière suivante : 29 léger : 4 bataillons, 10e d'infanterie légère : 4eme bataillon, 4eme bataillon de Walcheren, 44e de Ligne : 2 bataillons, demi brigade provisoire de Boulogne : 3 bataillons, 125e de Ligne : 3 bataillons, 126e de Ligne : 3 bataillons.
Le général Partouneaux en aura le commandement
». 

Cette division fait partie du Corps d'Observation des Côtes de l'Océan.

Le 24 février 1812, le duc de Feltre (Clarke) est encore sollicité : 
«Monsieur le duc de Feltre, je vous renvoie le procès-verbal de la revue du 29e régiment d'infanterie légère. Donnez l'ordre que le tiercement soit fait entre les 4 bataillons et que les hommes disponibles du 5eme bataillon soient versés dans les quatre premiers. Il faut que chaque bataillon soit égal en anciens soldats et en conscrits».

Le 3 mars 1812, Napoléon écrit au comte de Cessac qui dirige l'administration de la Guerre.
«Le 29e régiment d'infanterie légère manque d'effets de campements, de sacs à toile et de souliers ; Il est nécessaire d'y suppléer sans délai».

Et le 15 mars : «Je pense qu'il est convenable d'habiller les 1000 hommes donnés au 29e Léger de l'uniforme d'infanterie légère afin qu'il y ait de l'uniformité dans le corps, mais que vous devez retirer les 2000 habits, vestes et culottes à ce régiment (NB à la coupe de l'infanterie de Ligne) et les envoyer à la Grande Armée ... ».

Le 19 mars : «Le 4eme bataillon du 29e Léger n'a pas de compagnies d'élite. Il faut attendre. Si on prend de vieux soldats on en prive les régiments et si l'on y met des conscrits, ils sont encore bien jeunes et n'ont pas vu le feu».

Le 23 mars : «Donnez ordre que le 1er bataillon, du 29e d'infanterie légère parte mercredi pour Wesel, que le 2eme bataillon parte jeudi, le 3eme vendredi et le 4eme samedi et qu'ils prennent tout ce qu'il y a de disponible dans le 5eme bataillon, hormis les conscrits de 1812».

L'AIGLE ET LE DRAPEAU DU 29E LEGER

C'est en août 1811 qu'il est décidé d'accorder une Aigle et un drapeau au régiment. Mais celui-ci ne les reçoit qu'en 1812, du nouveau modèle, sans aucune inscription de bataille, et pour cause puisqu'il est de (re)formation récente. A peine obtenus, il semble que l'Aigle et le drapeau soient restés au dépôt à Beauvais en 1812. Le régiment a donc dû faire réaliser des fanions de bataillon pour les campagnes entre 1812 et 1814.

 

III/ 1812 : PREPARATIFS ET CAMPAGNE DE RUSSIE

Au début 1812, Napoléon réunit peu à peu en Allemagne une formidable armée "internationale" pour s'opposer aux Russes. Parmi ces forces : le 9e Corps d'Armée confié au maréchal Victor. Le Corps d'Armée est en second échelon, chargé de surveiller l'alliée contraint prussien puis d'assurer les arrières de la Grande Armée au fur et à mesure de sa progression.

Les quatre bataillons du 29e Léger font partie de la 12e division d'infanterie aux ordres du général Partouneaux. Début juin, la division est autour de Stettin, tandis que Victor s'établit à Berlin.

Le Niémen est franchi à la fin juin par Napoléon qui avance vers l'Est.

Victor  porte ses positions le 4 août à Marienbourg sur la Vistule. C'est le 9 août qu'il arrive à Tilsit sur le Niémen, alors que Napoléon est déjà Vitebsk.

LA MARCHE VERS LA RUSSIE

Lettre du soldat Guichot, carabinier du 3e bataillon du 29e Léger, à sa famille, écrite de Tilsit :
«21 Aout 1812.
Nous avons souffert l'impossible pendant notre route, soit de froid, soit de chaud soit de misère, chargés comme des mulets, mal nourris, et doublé les étapes. Nous avons fait jusqu'à 13 lieues par jour pour approcher la Grande Armée, mais cependant nous nous sommes arrêtés pour faire séjour à Tilsitt, frontière de la Russie, au bord d'une grande rivière, pour nous reposer et attendre les ordres.
Nous avons fait une très rude campagne sans savoir où il y finira depuis notre départ de l'isle de Ré du 1er février.
Le pays où nous sommes est bien pauvre, mauvaise nourriture, du pain de seigle et des pommes de terre, de la mauvaise bière et du cheniq  (NB : sans doute alcool local). Le vin est inconnu. Dans ce pays les gens sont très sales … ça fait une vilaine nation.
Je vous dirai que nous marchons tout le régiment ensemble, ça fait qu'il est impossible de rien trouver pour vivre, nous sommes du 9eme corps de la Grande Armée, 12e division
».

 

Officier d'infanterie légère, 1812-1814 d'après H. Boisselier
Fig. 3 Officier d'Infanterie légère en surtout, 1812-1814, d'après H. Boisselier

C'est sur 4 colonnes que le 9e Corps marche sur Kovno où il arrive le 3 septembre. Puis Vilna. Il continue sa progression sur Minsk. Le 17, il passe la Berezina à Borisov, ne se doutant pas de la tragédie du retour, et arrive dans Smolensk, dévastée lors de la bataille du 18 août. Il stationne dans la région, tandis que Napoléon, qui est entré dans Moscou, décide d'en repartir le 19 octobre.

En collaboration avec le corps d'Oudinot et celui de Gouvion St Cyr, Victor doit s'opposer à l'armée de Finlande du général Wittgenstein sur la Dvina. La deuxième bataille de Polotsk est un échec pour les Français qui doivent reculer.  Les quatre corps de Gouvion, Victor, Mac Donald et Oudinot forment l'ultime réserve de la Grande Armée qui se dissout depuis le départ de Moscou.

Victor quitte Smolensk et fait sa jonction avec le 2e Corps sous le commandement provisoire de Gouvion (Oudinot ayant été blessé) à Smoliany sur l'Oula le 30 Octobre. Attaqué par les Russes de Wittgenstein, il doit se replier tandis que Oudinot, remis de ses blessures, ayant repris le commandement du 2eme Corps, refuse de coordonner les opérations. Du 11 au 15 novembre ont lieu des combats intenses aux alentours de Smoliany et Loukolm pour repousser les Russes.

Le 9e Corps se retrouve à devoir couvrir le passage des débris de l'armée de Moscou sur la Bérézina. Le 22, Victor apprend que les ponts de Borisov sont tombé aux mains des Russes. Le 2e Corps doit s'en réemparer le 23, mais les Russes incendient les ponts et leurs corps d'armée se réunissent peu à peu, encerclant les Français. Il faut sortir de la nasse.

Victor, le 26, reçoit l'ordre de tenir Studianka où l'on a découvert un gué et où les pontonniers d'Eblé construisent des chevalets. Les premières unités passent sur l'autre rive. Tandis que la 12e division (et le 29e Léger) reste isolée devant Borisov pour retarder la jonction des Russes. Sur leurs talons, ils approchent.

Alors que l'armée passe à Studianka entre le 26 et 28 novembre, le 9ème Corps protège la rive gauche et attend d'être rejoint par la division Partouneaux (12e). Celle-ci, le 27, face à des forces dix fois supérieures et réduite à 400 hommes, est obligée de se rendre. Le 29e Léger a disparu : 55 officiers tués ou blessés dont tous les officiers supérieurs (le major Picot, les chefs de bataillon : Desmazery, Anquetil, Lautrec, Roger, tous les chirurgiens ...). Ce qui signifie des pertes en hommes de troupe quasi totales. Le colonel Bruneteau de Sainte-Suzanne est capturé. Il finira l'Empire comme prisonnier de guerre.

Le 9e Corps finit par passer le fleuve, devant abandonner aux Russes une foule de trainards. La suite de la retraite est un calvaire. Napoléon quant à lui a rejoint Paris et déjà remonte une nouvelle armée.

 

IV/ LA CAMPAGNE DE 1813

LA MOBILISATION DE L'INFANTERIE LEGERE EN JANVIER/ FEVRIER POUR LA CAMPAGNE DE 1813 EN ALLEMAGNE
(Source : correspondance de Napoléon )

Dès janvier 1813, Napoléon ordonne de réorganiser l'infanterie légère (et de Ligne) en prévision de la campagne qui ne saurait tarder sur le Front Est. Plusieurs mesures sont prises :

  1. Le rappel des cadres des 3e Bataillons des Régiments en Espagne :
de l'Armée du Midi : des 21e, 27e, 12e et 28e Légers
de l'Armée du Centre : du 2e Léger
de l'Armée d'Aragon : du 3e Léger

Suivi, pour arrivée prévue début mars, en Allemagne, des seconds Bataillons des 13e, 15e, 11e, 24e et 26e Légers

2. Formation systématique d'un 6e Bataillon pour les Régiments qui n'en auraient pas.

3. Formations de Régiments provisoires légers pour les Corps d'Observation du Rhin ou d'Italie avec des Bataillons disponibles :
2e provisoire : 3e Bataillon des 2e et 4e Légers
3e provisoire : 3e Bataillon des 3e et 8e Légers
4e provisoire : 4e Bataillon du 12e Léger, 1er du 29e Léger
5e provisoire : 7e Bataillon du 14e Léger, 4e du 18e Léger
6e provisoire : 3e Bataillon des 6e  et 25e Légers
8e provisoire : 4e Bataillon du 5e Léger, 4e Bataillon du 23e Léger
10e provisoire : 3e Bataillon du 16e Léger et 1er Bataillon du 28e Léger

4. Formation de Demi-brigades de réserve de 3 Bataillons sur les frontières de l'Empire :
1ère Demi- brigade : 6e Bataillon des 7e, 13e, 15e Légers pour Mayence
2e Demi-brigade : 6e Bataillon des 33e, 26e, 24e Légers pour Anvers
3e Demi-brigade : 4e Bataillon des 11e, 10e, 21e Légers venants d'Espagne pour Wesel
4e Demi-brigade : 4e Bataillon des 9e, 27e, 28e Légers venants d'Espagne pour Utrecht  
5e Demi-brigade : 6e Bataillon des 12e, 5e et 29e Légers pour Cherbourg
27e Demi-brigade, dont un Bataillon du 32e Léger pour Toulon
33e Demi-brigade, dont un Bataillon du 8e Léger en Italie
34e Demi-brigade : 6e Bataillon des 8e, 18e et 36e Légers en Italie

Ainsi, les 4 premiers bataillons du 29e Léger avaient disparu en Russie. Restaient le 5ème bataillon de dépôt et le 6ème bataillon. Rapidement, le 1er bataillon est recréé en Allemagne avec des restes du régiment et versé en janvier 1813 dans un 4ème régiment provisoire avec le 4ème bataillon du 12e Léger.

En Février, les troupes françaises évacuent la Pologne et se replient sur l'Oder, tandis que les Prussiens, à la fin du mois, s'allient officiellement aux Russes contre la France. Début mars, les Français quittent Berlin et Dresde, tandis que Davout se maintient autour des villes hanséatiques, mais les Russes entrent dans Hambourg. Le 29e Léger a un nouveau colonel : Joseph Magaud, ancien major du 4eme Léger en Espagne.

Le 2ème bataillon suit à partir de son dépôt, et Napoléon écrit à Ney, qui commande désormais le 3eme Corps à Wurtzbourg, le 3 avril 1813 : «Le 2ème bataillon du 29e Léger est parti depuis 5 jour de Beauvais, il ne tardera pas à vous rejoindre».

Le 15 Avril, Napoléon quitte les Tuileries pour se mettre à la tête de ses forces. Il en compose deux groupes : l'Armée de l'Elbe, sous Eugène, et l'Armée du Main, officiellement sous Soult, mais en réalité sous sa main, dont le 3e Corps de Ney. Les deux bataillons du 29e Léger se retrouvent à la 9e division d'infanterie du général Brenier, 3e Corps de Ney.

La visée stratégique  de Napoléon consiste à expulser l'ennemi de Saxe. Les troupes françaises repartent en avant. Davout est en marche sur Hambourg. L'armée du Main marche par Iena et Weissenfeld pour faire sa jonction au Nord Est avec les forces d'Eugène. Le 1er Mai, la marche de l'Armée du Main reprenait vers Leipzig, tandis que l'Armée de l'Elbe convergeait aussi vers cette ville.

Le 30 Avril, l'avant-garde du corps de Ney se heurte en avant de Weissenfels aux 7.000 Russes du général Lanskoï. Les Français les culbutent et les jeunes soldats, entrent dans Weissenfels au cri de : "Vive l'Empereur !".

Les Coalisés s'étaient regroupés près de Lützen, au SE de Leizig. Le 2 mai 1813, bataille de Lützen. Le 3eme Corps  se rallie autour de Kaja au centre de la ligne de front. La division Souham en premier, puis les autres divisions de Ney résistent et reprennent Gros-Goerschen, enlevé par l'ennemi à nouveau, deux heures plus tard. Mais cette résistance a facilité l'enveloppement des Coalisés par les deux ailes. Ils sont battus et repoussés. Très peu de pertes pour le 29e Léger.

Le 3 mai, les Français entrent dans Leipzig, mais Napoléon, quasi dépourvu de cavalerie, a perdu le contact avec ses adversaires. La Grande Armée est divisée en 2 colonnes : Napoléon marche sur Dresde avec la colonne principale (Bertrand, Marmont, Oudinot et Macdonald) et Ney marche sur Berlin en recueillant à Torgau les Saxons de Reynier. A Luckau, il fait sa jonction avec Victor venant de Wittenberg. Entre les deux colonnes, Lauriston reste en position intermédiaire.

Les Russo-Prussiens sont restés groupés et préparent une bataille. Leur choix se porte sur Bautzen, à l'endroit où la Sprée coupe la route de Dresde à Breslau. Ils peuvent y couvrir la Silésie et y être au voisinage de l'Autriche dont on peut espérer l'entrée en guerre. Le 8 mai, Napoléon arrive à Dresde où le pont sur l'Elbe a été détruit. Le 10, la Grande Armée peut franchir le fleuve.

Napoléon retrouve ses adversaires le 20 Mai. Le corps de Ney ayant rejoint à son aile gauche. Le 29e Léger, toujours à la 9eme division d'infanterie (Delmas), n'a plus qu'un seul bataillon en ligne : le premier, comptant 24 officiers et 584 hommes. Le bataillon aura encore quelques pertes, dont le chef de bataillon Jacob,  mais les Coalisés seront encore battus. Les Prussiens et les Russes reculent rapidement.

Leipzig ( a suivre)
Blessure mortelle du colonel Magaud

 

V/ LA CAMPAGNE DE FRANCE DE 1814 DU 29e LEGER

Au début janvier 1814, les bataillons du régiments sont dispersés. Les second (419 hommes et 17 officiers) et 4e (190 hommes et 17 officiers) bataillons se retrouvent bloqués dans Mayence au sein d'un 25e régiment provisoire (division Semele).Tandis qu'un 6e bataillon (736 hommes) et un 7e (600 hommes) sont dans la Réserve de Paris à la division Dufour, avec le nouveau colonel : Jean André Tiburce Sebastiani. Cette fraction va entrer en ligne dès le 1er Février.

En janvier, les armées alliées, qui avaient forcé les frontières, étaient réunies sur la Meuse et la Marne, et les troupes françaises autour de Chalons-Vitry où Napoléon installe son QG. Il décide de vaincre séparément les deux armées de Bohème ( Schwarzenberg) et de Silésie (Blücher), avec seulement 35.000 hommes.

Le 28, il se porte sur Brienne et l'armée de Blücher. Celui-ci doit décrocher mais rejoint l'armée de Bohème. Le 31 Janvier, Marmont a de la difficulté pour rallier les forces de l'Empereur. Napoléon se replie sur la Rothière et doit accepter le combat. La bataille est sanglante et Napoléon doit se replier. Le capitaine de Courtivron est blessé lors des combats. Les Alliés perdent provisoirement la trace de l'Empereur.

Le 3 Février, l'Empereur arrive à Troyes. Le corps de Marmont est alors à Arcis sur Aube. Il évacue la ville et se porte à Nogent. Grace à des renforts, un nouveau corps d'armée est donné à Oudinot. Les Alliés décident de marcher sur Paris mais séparent leurs armées de Bohème et de Silésie. Napoléon scinde alors ses forces en 4 groupes dont celui sous Victor (et le 29e Léger), chargé de contenir l'armée de Schwarzenberg. Tandis que l'Empereur profite de leur faute et va s'attaquer à l'Armée de Silésie de Blücher à Champaubert le 10 Février et Montmirail le lendemain.

Pendant ce temps, les 10 et 12 février ont eu lieu des combats à Nogent où sont blessés les capitaines Cochard et Perret et le chef de bataillon Vesco. Victor a pu conserver sa position face à l'Armée de Bohème. Les forces françaises doivent se concentrer autour de Montereau si nécessaire. Victor doit  finalement faire sauter le pont de Nogent et se replie. Marmont, attaqué par Blücher qui s'est regroupé, doit lui aussi se retirer. Napoléon arrive avec des renforts de la Garde.

Le combat reprend avec les Prussiens à Vauchamps le 14. Dispersés par la cavalerie française, ils doivent à leur tour reculer avec pertes. Le colonel du 29e Léger a été atteint durant la bataille.

Alors que l'Armée de Bohème avance vers Paris, Napoléon décide d'attaquer de flanc sa colonne de droite en laissant un rideau défensif devant Blücher.

Le 18 février, le 6e bataillon du 29e Léger se bat à Montereau sous les yeux de l'Empereur. L'ennemi est mis en déroute.

(à suivre)

 

/ UNIFORMES

LA TENUE TRANSITIONNELLE DE L'INFANTERIE LEGERE AU DEBUT DU CONSULAT

En 1800, l'infanterie légère est en peine transition uniformologique, et seuls les résultats des revues d'inspection permettent d'attribuer telle pièce d'uniforme à telle demi-brigade. Il faut dire aussi qu'il n'y a pas eu de période de paix pour rationaliser tenues et équipements.
Le chapeau noir est encore porté, tandis que certaines demi-brigades ont adopté le petit shako depuis 1798, avec une jugulaire de cuir que l'on rentre souvent sous la coiffe. Sur celui-ci, la cocarde est portée sur le côté, tandis que le plumet se porte soit au dessus de la cocarde, soit sur le milieu. Il n'y a encore aucune plaque en général (il en existe une à la 9ème Légère). Les chasseurs ont plumet et cordons détressés verts et les carabiniers écarlates. On note encore quelques shako mirliton avec flamme écarlate, et des bonnets d'oursin pour des compagnies de carabiniers. Les plumets sont de toutes formes.
L'habit, entièrement bleu passepoilé de blanc, à revers en pointe, s'est désormais fixé. Les basques sont longues pour les officiers mais aussi les sous-officiers dans certaines unités. Pour la troupe, les basques sont raccourcies. Les retroussis sont bleu passepoilés de blanc, ornés de cor de chasse blancs ou de grenades écalates pour les carabiniers. Les gilet sont bleu, blanc, ou écarlates, en général à doubles rang de boutons.
Les boutons sont soit en étain et les marques de grade en argent, soit en laiton et les marques de grade en or selon les demi-brigades.
Les culottes bleues entrent dans des demi-guêtres noires ou blanches plus ou moins hautes. En campagne, des pantalons de route sont souvent utilisés.
La buffleterie ets blanche ou noire selon l'unité. Le sabre briquet est porté par tous dans les unités d'infanterie légère à cette époque, sauf quand l'équipement ne suit pas.

Figure 1 : Uniforme de chasseur d'une demi-brigade légère à l'Armée gallo-batave vu par Langendijk en 1800. Chapeau noir, ganses noires, cocarde tricolore, plumet carotte à base verte et pompon rouge. Habit bleu national à collet et parement au carré écarlates passepoilés de blanc, revers en pointe et retroussis bleus passepoilés de blanc. Retroussis ornés de cor de chasse blancs. Epaulettes vertes à tournantes blanches. On remarque les boutons laiton et non étain comme dans un certain nombre de demi-brigades au début du Consulat. Pas de sabre briquet. Giberne suspendue à une banderole noire. Culotte bleue, bas blancs, demi-guêtre courtes noires, souliers noirs. Fusil à garnitures acier.

Figure 2 : Sous-officiers et officiers d'une demi-brigade légère de l'Armée gallo-batave vus à Nuremberg au début 1800. Si nous ne savons pas exactement à quelle demi-brigade ces hommes appartiennent, nous remercions le dessinateur allemand qui les a croqués avec des détails uniformologiques intéressants. La tenue est celle classique de l'infanterie légère, de fond bleu passepoilé de blanc, revers en pointe et collet et pattes de parements écarlates. Nos sous-officiers en tenue de sortie, portent le schako noir sans jugulaires, adopté par certains régiments d'infanterie légère sous le Directoire avec cocarde sur le côté gauche. Les chasseurs l'ornent d'un plumet et de cordons verts, les carabiniers en écarlate. De même, on note des épaulettes vertes avec des liserés dorés pour les sous-officiers (épaulettes écarlates pour les carabiniers). Car les boutons sont encore cuivre et donc les galons et marques de grade en doré. Le gilet est écarlate en tenue de sortie. La culotte bleue est portée avec des bas blancs et souliers noirs. Les basques sont très longues, à la mode du temps, pour les officiers comme les sous-officiers, mais courtes pour la troupe. La buffleterie est noire. Les cheveux sont portés longs poudrés et en queue sur la nuque. Les officiers portent le chapeau noir avec ganse dorée, épaulettes dorées selon le grade, plumet de leur compagnie, gilet de basin à double rang de boutons. Sabre de type cavalerie légère, ce qui est une fantaisie. Bottes noires et ceinturon et bélières de cuir vert.

Figure : Officier d'infanterie légère, 1812-1814, en surtout, par Boisselier. Comme on le voit, la plaque de shako losangique a été portée en concurrence avec la plaque à l'Aigle et à soubassement du modèle 1812.