Le 29ème Régiment d'Infanterie Légère

1800-1803 et 1811-1814

 

Avertissement et remerciements : Cet article nous a été adressé par notre collègue du Bivouac, Didier Davin, que nous remercions tout particulièrement pour sa disponibilité et son érudition.

 

I/ 1800-1803 : LE CONSULAT

 

Fig. 1 Uniforme de chasseur d'une demi-brigade légère à l'Armée gallo-batave vu par Langendijk en 1800

Formée en 1797 par amalgame des 2ème et 3ème bataillons de la 6ème demi-brigade Légère, de la 18e demi-brigade Légère et de la demi-brigade de Haute-Saône, la 29e demi-brigade Légère de seconde formation fait une brillante campagne d'Italie avec Bonaparte. Après son départ pour l'Egypte, la demi-brigade reste en Italie où elle va combattre les Autrichiens, sous son chef Balleydier, et en 1799 se replie sur la frontière génoise.

En Janvier 1800, la 29e demi-brigade Légère est stationnée à Rennes dans l'Ouest de la France, à l'Armée du même nom, aux ordres du général Brune, division Labarolière. Elle fait la chasse aux derniers chouans, dont Cadoudal et Frotté, qui mènent encore des actions ponctuelles de guérilla contre l'armée.

La demi-brigade  compte ses 3 bataillons, commandés respectivement par les chefs de bataillon Mailly assisté de l'adjudant-major Dechaux, du chef de bataillon Jouardet et l'adjudant-major Isnard pour les deux premiers. Le 3ème bataillon étant au dépôt avec l'adjudant-major Obert. Les effectifs sont plutôt bas puisque on compte seulement 448 hommes et officiers pour les deux premiers bataillons (janvier 1800 côte SHDT : C2597-1800).

Dès le 16 février, Bonaparte prévoit de transférer l'unité en Batavie. Il écrit de retirer la 66e de Ligne de Breda "dès lors que la 5eme, 55eme et 29e Légère et deux autres demi brigades qui vont se mettre en marche pour se rendre en Batavie avec un nombre de conscrits nécessaires pour compléter ces corps à 3000 hommes, y seront arrivées". 

En Août, la demi-brigade est toujours placée dans l'Ouest sur les états de situation.

Il faut attendre Septembre 1800 pour la retrouver à Rotterdam et Gorée, dans l'Armée de Batavie aux ordres du général Augereau, à la division Carteaux. A l'époque, la république batave, alliée de la France, supporte une armée «amie» qu'elle doit solder, et forme avec ses troupes nationales une armée gallo-batave sous commandement français (Augereau), qui doit aussi garder le Nord de l'Allemagne et le haut de la frontière du Rhin, en collaboration avec l'Armée  du Rhin de Moreau, en offensive contre les Autrichiens et quelques supplétifs bavarois, pendant que Bonaparte s'occupe de ceux-ci en Italie.

Après Marengo en Italie et l'offensive de Printemps de l'Armée du Rhin, un armistice avait été conclu en Allemagne le 15 juillet. L'armée gallo-batave d'Augereau était entrée dans Aschaffenburg, évacuée par un corps de Mayençais au service de l'Angleterre. Puis à l'armistice s'était retirée sur la rive gauche du Mein.

L'armée gallo batave poursuivait son rôle de protection du flanc gauche de l'Armée du Rhin. Elle avait son quartier général à Offenbach.

Le 29 septembre, Bonaparte écrit à Carnot, ministre de la Guerre : «Donnez l'ordre au général Victor de réunir la 29e légère, de lui faire fournir tout ce qui est nécessaire, afin qu'elle puisse partir au premier ordre qu'elle recevrait, pour se rendre en Allemagne et rejoindre le général Augereau».

L'Armée recommençait son offensive à partir du 9 novembre. Augereau portait ses forces sur Wurtzbourg qui était bientôt assiégée par les bataves de Dumonceau. Le 3 décembre, à Burg Eberach, les chasseurs de la 29e Légère s'emparaient d'une position défendue par de l'artillerie. Les Autrichiens se repliaient sur le Haut-Palatinat. Duhesme occupait Bamberg tandis que les franco-bataves couraient sur Nuremberg qui fut prise, évacuée puis reprise une seconde fois.

Sous-officiers et officiers d'une demi-brigade légère de l'Armée gallo-batave vus à Nuremberg au début 1800
Fig. 1 Sous-officiers et officiers d'une demi-brigade légère de l'Armée gallo-batave vus à Nuremberg au début 1800

Après la victoire de l'Armée du Rhin à Hohenlinden, le 3 décembre, les divisions française de l'armée gallo-batave (Duhesme et Barbou) s'étaient repliées derrière la Regnitz, couvrant le siège de Wurtzbourg. Le 16 décembre, Augereau repartait en avant, livrant combat devant Nuremberg. L'armistice de Steyer mettait fin aux combats et l'armée stationnait sur la ligne de front. Puis l'armée gallo-batave retournait peu à peu sur ses bases. Nuremberg était évacuée en mars.

Le 18 mars 1801, Bonaparte ordonnait à Berthier :"... le 4e et 6e Dragons retournent en Batavie ainsi que les 18e, 27e et 29e demi-brigade légère, les 17e et 55e de Ligne et quatre demi-brigades de l'armée du Rhin ...".

En Juillet 1801, les positions et l'encadrement de l'unité sont les suivantes :
côte SHDT : C2601-us180107
Chef de corps : FAIVRE chef de brigade
Daniel - Hudouard quartier maître trésorier
1er bataillon commandant : chef de bataillon Mailly
2e bataillon commandant : chef de bataillon Jouardet à Arnheim - armée en Batavie Augereau - 2e division Barbou
Effectif sous les armes des 2 bataillons : 1412 officiers et hommes.

Et en Août 1801 :
côte SHDT : C2601-us180108
Chef de corps : FAIVRE chef de brigade
Daniel - Hudouard quartier maître trésorier
1er bataillon, commandant : chef de bataillon Mailly à Utrecht - 2ème division Barbou
2e bataillon, commandant : chef de bataillon Jouardet à Arnheim - 2e division Barbou
Observations : 8 août 1801 effectif sous les armes 2 bataillons : 1439 officiers et hommes.

Au milieu de 1801, les troupes française en Batavie sont réduites au grand soulagement du pays. La 29e demi-brigade retourne en France. Le 10 octobre Bonaparte ordonne qu'elle se rende à Caen.

Un décret du 21 Prairial an X (Juin 1802) ordonne que les demi-brigades légères reçoivent des drapeaux (un par bataillon) qui seront confiés à une délégation de chacune d'entre elles à la parade du 14 juillet.

LES DRAPEAUX 1802 DE LA 29e DEMI-BRIGADE LEGERE

La distribution a lieu au Carrousel le 14 juillet 1802. Dimensions : 162 x 162 cm. Taffetas de soie dans lequel est inscrit un losange blanc. Chaque pointe du losange porte un triangle bleu orné d'un cor peint en or. Les quatre angles, en forme de triangles rouges, ont le numéro peint en or ombré de noir. A l'avers, au centre, sur fond de rayons peint en lettres d'or /LE PREMIER CONSUL/A LA ... DEMI-BRIGADE/LÉGERE LE/25/MESSIDOR AN 10/. Cette légende est entourée d'une couronne de lauriers verts dont les deux branches sont liées par un ruban rouge. En haut, banderole argent doublée de bleu RÉPUBLIQUE FRANÇAISE. En bas banderole argent doublée de bleu ... me BATAILLON.
Au revers, au centre, un trophée composé d'un glaive à garde dorée, la pointe en bas, de deux sabres et deux fusils croisés, le tout réuni par un noeud de rubans tricolores. Ce trophée est entouré par une couronne de laurier et chêne dont les branches sont nouées par un ruban bleu. En haut, banderole argent avec RÉPUBLIQUE FRANÇAISE. En bas, banderole argent avec ...me BATAILLON. Hampe peinte en bleu surmontée d'un pique en cuivre doré modèle 1794. Etoffe rattachée à la hampe par un fourreau blanc. Cravate cordons et glands du modèle 1794.

En juillet 1802, la 29e Légère doit fournir 20 hommes pour former un 3ème bataillon de la 18e Légère qui partira avec Decaen pour l'Océan Indien.

L'Etat Militaire de l'an X nous positionne la demi-brigade toujours à Caen, sous les ordres du chef de brigade Bigot et des chefs de bataillon Jouardet, Beguin et Obert.

En 1803, l'Etat Militaire nous signale que la demi-brigade est passée à Rennes, Bigot la commande toujours ainsi que les chefs de bataillon Jouardet, Obert et Aliot.

La demi-brigade est dissoute en septembre 1803 et ses effectifs renforcent ceux de la 16e Légère.

 

II/ LA RECREATION DU REGIMENT (Mars 1811-juin 1812)

 

C'est en mars 1811 que Napoléon décide de recréer le régiment à parti de conscrits, de réfractaires et de  reliquats de troupes arrivant des colonies ayant capitulé. C'est ainsi que le régiment de l'ile de France revenant de l'Océan Indien y sera versé. Le 29e Léger se reforme ainsi dans les iles de la côte atlantique pour éviter les désertions, à côté des régiments de réfractaires d'où il tirera de nombreux soldats. Le premier colonel nommé est Bruneteau de Sainte-Suzanne qui a servi dans l'Océan Indien à la Réunion.

En Mai 1811, l'Empereur,  qui supervise de près ses troupes, demande : «les conscrits du 29e Léger sont-ils habillés ?».

Le régiment s'organise sur la base de 4 bataillons de campagne et un bataillon de dépôt. Et la correspondance de l'Empereur ne cessera de s'y intéresser.

Napoléon écrit à Clarke en Août 1811 : «... Faites-moi un rapport particulier sur le 29e léger. II faudrait compléter ce régiment : le 3e et le 4e bataillon le seraient à l'île de Ré; mais le 1er et le 2e sont encore loin d'être complets. Quelle est leur situation et qu'attend-on des garnisons de l'île de France et de Saint-Domingue ? ...».

«Paris, 31 décembre 1811.
Au capitaine Gourgaud, officier d'ordonnance de l'empereur, à Paris.
Rendez-vous à l'île de Ré ; voyez les troupes de réfractaires qui s'y trouvent, et faites-moi connaître en détail, détachement par détachement, leur situation, l'état de leur habillement, de leur armement et de leur instruction, de quel pays sont les hommes, et si l'on peut compter que l'on pourrait parvenir à les diriger sur Strasbourg pour l'armée d'Allemagne.
Voyez les officiers des 29e léger, 10e léger et des compagnies de sapeurs ; croient-ils qu'ils mèneraient sur le Rhin les trois quarts de ces individus ?
».

Au début 1812, le régiment bouge. Napoléon écrit à Clarke, le 16 janvier :
«Monsieur le Duc de Feltre, vous donnerez les ordres suivants : 1° que le 3e et le 4e bataillon du 29e Léger, forts chacun de 1000 hommes, lesquels sont dans l'ile de Ré partent le 1er février pour se rendre à Paris. Vous chargerez le colonel du 29e Léger de se rendre à Belle-Ile, de passer la revue des dépôts de son régiment, et si il pense que les 300 hommes qu'a le 5e bataillon sont assez exercés et disciplinés pour faire ce mouvement, de faire partir tout le dépôt pour Paris.
Il serait bon toutefois que les déserteurs invétérés et les mauvais sujets de ce 5eme bataillon soient retirés et placés dans le régiment de Belle-Ile ...
Par ce moyen les 5 bataillons du 29e Léger  arriveraient en même temps à Paris, ce qui ferait espérer de mettre ce régiment en ligne au-delà du Rhin à près de 2400 hommes
».

Le 6 février 1812 :
«On donne 1000 hommes au 29e Léger, il ne faut pas le porter comme ayant son dépôt à Paris mais à Beauvais.
Le 2eme bataillon étant parti avec le 1er de Brest, le 21 janvier doit être aujourd‘hui à Rennes ou Alençon. Les hommes disponibles du 2eme bataillon seront incorporés dans le 1er, et le cadre du second bien complets et commandé par un bon chef de bataillon se rendra sans délai dans l'ile d'Oléron où, aussitôt arrivé, on incorporera dans ce bataillon 1200 conscrits réfractaires pris parmi ceux qui font actuellement partie des 14e, 15e, 16e, 17e et 18e de Ligne.
Les deux bataillons du 29e Léger (3e et 4eme) étant partis de l'ile de Ré, si ils ont passé la Loire sans avoir perdu plus du 6eme de leurs présents sous les armes au moment de leur départ, le général de division fera partir ces bataillons pour Paris
».  

Le 21 février, le régiment est à Versailles et le général Hulin reçoit l'ordre d'en passer la revue.

Le 23 février 1812 à Clarke :
«Monsieur le duc de Feltre, la 12eme  division de la Grande Armée sera composée de la manière suivante : 29 léger : 4 bataillons, 10e d'infanterie légère : 4eme bataillon, 4eme bataillon de Walcheren, 44e de Ligne : 2 bataillons, demi brigade provisoire de Boulogne : 3 bataillons, 125e de Ligne : 3 bataillons, 126e de Ligne : 3 bataillons.
Le général Partouneaux en aura le commandement
». 

Cette division fait partie du Corps d'Observation des Côtes de l'Océan.

Le 24 février 1812, le duc de Feltre (Clarke) est encore sollicité : 
«Monsieur le duc de Feltre, je vous renvoie le procès-verbal de la revue du 29e régiment d'infanterie légère. Donnez l'ordre que le tiercement soit fait entre les 4 bataillons et que les hommes disponibles du 5eme bataillon soient versés dans les quatre premiers. Il faut que chaque bataillon soit égal en anciens soldats et en conscrits».

Le 3 mars 1812, Napoléon écrit au comte de Cessac qui dirige l'administration de la Guerre.
«Le 29e régiment d'infanterie légère manque d'effets de campements, de sacs à toile et de souliers ; Il est nécessaire d'y suppléer sans délai».

Et le 15 mars : «Je pense qu'il est convenable d'habiller les 1000 hommes donnés au 29e Léger de l'uniforme d'infanterie légère afin qu'il y ait de l'uniformité dans le corps, mais que vous devez retirer les 2000 habits, vestes et culottes à ce régiment (NB à la coupe de l'infanterie de Ligne) et les envoyer à la Grande Armée ... ».

Le 19 mars : «Le 4eme bataillon du 29e Léger n'a pas de compagnies d'élite. Il faut attendre. Si on prend de vieux soldats on en prive les régiments et si l'on y met des conscrits, ils sont encore bien jeunes et n'ont pas vu le feu».

Le 23 mars : «Donnez ordre que le 1er bataillon, du 29e d'infanterie légère parte mercredi pour Wesel, que le 2eme bataillon parte jeudi, le 3eme vendredi et le 4eme samedi et qu'ils prennent tout ce qu'il y a de disponible dans le 5eme bataillon, hormis les conscrits de 1812».

 

III/ 1812 : PREPARATIFS ET CAMPAGNE DE RUSSIE

 

Au début 1812, Napoléon réunit peu à peu en Allemagne une formidable armée "internationale" pour s'opposer aux Russes. Parmi ces forces : le 9e Corps d'Armée confié au maréchal Victor. Le Corps d'Armée est en second échelon, chargé de surveiller l'alliée contraint prussien puis d'assurer les arrières de la Grande Armée au fur et à mesure de sa progression.

Les quatre bataillons du 29e Léger font partie de la 12e division d'infanterie aux ordres du général Partouneaux. Début juin, la division est autour de Stettin, tandis que Victor s'établit à Berlin.

Le Niémen est franchi à la fin juin par Napoléon qui avance vers l'Est.

Victor  porte ses positions le 4 août à Marienbourg sur la Vistule. C'est le 9 août qu'il arrive à Tilsit sur le Niémen, alors que Napoléon est déjà Vitebsk.

LA MARCHE VERS LA RUSSIE

Lettre du soldat Guichot, carabinier du 3e bataillon du 29e Léger, à sa famille, écrite de Tilsit :
«21 Aout 1812.
Nous avons souffert l'impossible pendant notre route, soit de froid, soit de chaud soit de misère, chargés comme des mulets, mal nourris, et doublé les étapes. Nous avons fait jusqu'à 13 lieues par jour pour approcher la Grande Armée, mais cependant nous nous sommes arrêtés pour faire séjour à Tilsitt, frontière de la Russie, au bord d'une grande rivière, pour nous reposer et attendre les ordres.
Nous avons fait une très rude campagne sans savoir où il y finira depuis notre départ de l'isle de Ré du 1er février.
Le pays où nous sommes est bien pauvre, mauvaise nourriture, du pain de seigle et des pommes de terre, de la mauvaise bière et du cheniq  (NB : sans doute alcool local). Le vin est inconnu. Dans ce pays les gens sont très sales … ça fait une vilaine nation.
Je vous dirai que nous marchons tout le régiment ensemble, ça fait qu'il est impossible de rien trouver pour vivre, nous sommes du 9eme corps de la Grande Armée, 12e division
».

C'est sur 4 colonnes que le 9e Corps marche sur Kovno où il arrive le 3 septembre. Puis Vilna. Il continue sa progression sur Minsk. Le 17, il passe la Berezina à Borisov, ne se doutant pas de la tragédie du retour, et arrive dans Smolensk, dévastée lors de la bataille du 18 août. Il stationne dans la région, tandis que Napoléon, qui est entré dans Moscou, décide d'en repartir le 19 octobre.

En collaboration avec le corps d'Oudinot et celui de Gouvion St Cyr, Victor doit s'opposer à l'armée de Finlande du général Wittgenstein sur la Dvina. La deuxième bataille de Polotsk est un échec pour les Français qui doivent reculer.  Les quatre corps de Gouvion, Victor, Mac Donald et Oudinot forment l'ultime réserve de la Grande Armée qui se dissout depuis le départ de Moscou.

Victor quitte Smolensk et fait sa jonction avec le 2e Corps sous le commandement provisoire de Gouvion (Oudinot ayant été blessé) à Smoliany sur l'Oula le 30 Octobre. Attaqué par les Russes de Wittgenstein, il doit se replier tandis que Oudinot, remis de ses blessures, ayant repris le commandement du 2eme Corps, refuse de coordonner les opérations. Du 11 au 15 novembre ont lieu des combats intenses aux alentours de Smoliany et Loukolm pour repousser les Russes.

Le 9e Corps se retrouve à devoir couvrir le passage des débris de l'armée de Moscou sur la Bérézina. Le 22, Victor apprend que les ponts de Borisov sont tombé aux mains des Russes. Le 2e Corps doit s'en réemparer le 23, mais les Russes incendient les ponts et leurs corps d'armée se réunissent peu à peu, encerclant les Français. Il faut sortir de la nasse.

Victor, le 26, reçoit l'ordre de tenir Studianka où l'on a découvert un gué et où les pontonniers d'Eblé construisent des chevalets. Les premières unités passent sur l'autre rive. Tandis que la 12e division (et le 29e Léger) reste isolée devant Borisov pour retarder la jonction des Russes. Sur leurs talons, ils approchent.

(à suivre)

 

/ UNIFORMES

 

LA TENUE TRANSITIONNELLE DE L'INFANTERIE LEGERE AU DEBUT DU CONSULAT

En 1800, l'infanterie légère est en peine transition uniformologique, et seuls les résultats des revues d'inspection permettent d'attribuer telle pièce d'uniforme à telle demi-brigade. Il faut dire aussi qu'il n'y a pas eu de période de paix pour rationaliser tenues et équipements.
Le chapeau noir est encore porté, tandis que certaines demi-brigades ont adopté le petit shako depuis 1798, avec une jugulaire de cuir que l'on rentre souvent sous la coiffe. Sur celui-ci, la cocarde est portée sur le côté, tandis que le plumet se porte soit au dessus de la cocarde, soit sur le milieu. Il n'y a encore aucune plaque en général (il en existe une à la 9ème Légère). Les chasseurs ont plumet et cordons détressés verts et les carabiniers écarlates. On note encore quelques shako mirliton avec flamme écarlate, et des bonnets d'oursin pour des compagnies de carabiniers. Les plumets sont de toutes formes.
L'habit, entièrement bleu passepoilé de blanc, à revers en pointe, s'est désormais fixé. Les basques sont longues pour les officiers mais aussi les sous-officiers dans certaines unités. Pour la troupe, les basques sont raccourcies. Les retroussis sont bleu passepoilés de blanc, ornés de cor de chasse blancs ou de grenades écalates pour les carabiniers. Les gilet sont bleu, blanc, ou écarlates, en général à doubles rang de boutons.
Les boutons sont soit en étain et les marques de grade en argent, soit en laiton et les marques de grade en or selon les demi-brigades.
Les culottes bleues entrent dans des demi-guêtres noires ou blanches plus ou moins hautes. En campagne, des pantalons de route sont souvent utilisés.
La buffleterie ets blanche ou noire selon l'unité. Le sabre briquet est porté par tous dans les unités d'infanterie légère à cette époque, sauf quand l'équipement ne suit pas.

Figure 1 : Uniforme de chasseur d'une demi-brigade légère à l'Armée gallo-batave vu par Langendijk en 1800. Chapeau noir, ganses noires, cocarde tricolore, plumet carotte à base verte et pompon rouge. Habit bleu national à collet et parement au carré écarlates passepoilés de blanc, revers en pointe et retroussis bleus passepoilés de blanc. Retroussis ornés de cor de chasse blancs. Epaulettes vertes à tournantes blanches. On remarque les boutons laiton et non étain comme dans un certain nombre de demi-brigades au début du Consulat. Pas de sabre briquet. Giberne suspendue à une banderole noire. Culotte bleue, bas blancs, demi-guêtre courtes noires, souliers noirs. Fusil à garnitures acier.

Figure 2 : Sous-officiers et officiers d'une demi-brigade légère de l'Armée gallo-batave vus à Nuremberg au début 1800. Si nous ne savons pas exactement à quelle demi-brigade ces hommes appartiennent, nous remercions le dessinateur allemand qui les a croqués avec des détails uniformologiques intéressants. La tenue est celle classique de l'infanterie légère, de fond bleu passepoilé de blanc, revers en pointe et collet et pattes de parements écarlates. Nos sous-officiers en tenue de sortie, portent le schako noir sans jugulaires, adopté par certains régiments d'infanterie légère sous le Directoire avec cocarde sur le côté gauche. Les chasseurs l'ornent d'un plumet et de cordons verts, les carabiniers en écarlate. De même, on note des épaulettes vertes avec des liserés dorés pour les sous-officiers (épaulettes écarlates pour les carabiniers). Car les boutons sont encore cuivre et donc les galons et marques de grade en doré. Le gilet est écarlate en tenue de sortie. La culotte bleue est portée avec des bas blancs et souliers noirs. Les basques sont très longues, à la mode du temps, pour les officiers comme les sous-officiers, mais courtes pour la troupe. La buffleterie est noire. Les cheveux sont portés longs poudrés et en queue sur la nuque. Les officiers portent le chapeau noir avec ganse dorée, épaulettes dorées selon le grade, plumet de leur compagnie, gilet de basin à double rang de boutons. Sabre de type cavalerie légère, ce qui est une fantaisie. Bottes noires et ceinturon et bélières de cuir vert.