Le 6ème Régiment d'Infanterie Légère

1800-1815

Avertissement et remerciements : Cet article, que nous compléterons au fur et à mesure de nos découvertes ultérieures, nous a été adressé par notre collègue du Bivouac, Didier Davin, que nous remercions tout particulièrement pour sa disponibilité et son érudition.

C'est avec une multitude de petites unités devenues squelettiques qu’est formée la 6e Demi-brigade légère de seconde formation le 1er nivôse an 5 (21 décembre 1796), soit :
- 19e Demi-brigade légère de première formation ;
- Bataillon de Chasseurs de la Charente ;
- Bataillon de Chasseurs de Paris ;
- Compagnie de Chasseurs d'Évreux, également appelés Chasseurs volontaires du district d'Evreux ;
- 11e Bataillon de Volontaires de Paris, également appelé 11e Bataillon de Volontaires de la République ;
- 2e Bataillon de Chasseurs réunis ;
- 2e Bataillon de Volontaires du Morbihan ;
- Bataillon de Chasseurs de Saône-et-Loire.

LA SECONDE CAMPAGNE D’ITALIE, 1800

Après avoir combattu à l’Armée d’Italie en 1796-1797, la 6e Demi-brigade légère fait partie, en 1800, de l’Armée de l’Ouest, destinée à mâter les dernières bandes de chouans qui luttent encore contre la République. L’Armée de l’Ouest est alors aux ordres du Général Brune, qui a sauvé la République en 1799 en Hollande.

En janvier 1800, l’encadrement et la position de la Demi-brigade sont les suivants (janvier 1800, côte SHDT : C2597_1800) :
Chef de Corps : MACON, Chef de Brigade; ROGER, Quartier-maître trésorier; CREMAUX-LAMAUVE-DUFAUX, Chirurgien-major ;
1er Bataillon : Chef de Bataillon Sarret, à Laval - 4e Division active Chabot - 22e Division militaire ;
2e Bataillon : Chef de Bataillon Guyardet à Laval - 4e Division active Chabot - 22e Division militaire ;
3e Bataillon : Chef de Bataillon Lechevalier à Laval - 4e Division active Chabot - 22e Division militaire ;
Observations : janvier 1800, effectif sous les armes, 3 Bataillons, 2234 Officiers et hommes.

Alors que Georges Cadoudal a fait sa soumission, le 1er Consul Bonaparte décide de mobiliser une partie des forces dans l’Ouest pour sa nouvelle Armée de Réserve destinée à pénétrer en Italie où la situation militaire est préoccupante. Il écrit :
"Paris, 2 mars 1800
Au général Brune, commandant en chef l'armée de l'Ouest
J'ai reçu, Citoyen Général, votre lettre du 7. Ni votre aide de camp ni Georges ne sont encore arrivés. Vous avez 7,000 fusils; j'espère qu'en cet instant vous aurez complété le nombre que je vous ai demandé.
Les Russes sont, au moment actuel, en Pologne. Il sera décidé dans quinze jours si la campagne s'ouvrira ou non; et, en cas que nous devions la faire, j'ai de très-vastes projets. Une armée de réserve, que je vais former et dont je me réserverai le commandement et dans laquelle vous serez employé, doit être composée des 40e, 58e, 6e légère, 60e, 22e demi-brigades. Ces cinq demi-brigades sont à votre armée. Si les événements le permettent, faites-les partir dans la décade prochaine, en en formant deux divisions. Fournissez à chaque division six pièces d'artillerie. A l'une vous attacherez le 22e de chasseurs, et à l'autre le 2e de chasseurs. Dirigez-les sur Dijon. Faites-les marcher par division ; c'est le meilleur moyen pour qu'il n'y ait pas de désertion. Passez-en la revue et faîtes-moi connaître l'état de leurs besoins et leur nombre. Mettez leur solde à jour. Nantes doit pouvoir vous offrir quelques ressources en capotes, souliers, etc.
Faites commander les divisions ci-dessus par un très-bon général de brigade et un bon adjudant général.
Je fais partir de la 17e ou 14e division militaire la 24e légère, la 43e et la 96e, ainsi qu'une douzaine d'escadrons. Cette division part également primidi pour former l'armée de réserve.
Envoyez au ministre de la guerre l'ordre de route que vous donnerez à vos divisions, afin de savoir où les prendre pour les diriger sur les points précis qu’elles devront occuper
".

Et, le 3 mars, au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "Vous voudrez bien donner l’ordre au général en chef Brune, citoyen ministre, de faire partir le plus tôt qu’il pourra pour Dijon la 6e demi-brigade d’infanterie légère, la 22e et la 40e demi brigade ...".

Le 12 Mars, Bonaparte écrit au Général Moreau, qui commande l’Armée du Rhin. Moreau est directement intéressé car les Armée du Rhin et de Réserve doivent coordonner leurs actions : "Le ministre de la Guerre vous aura envoyé, citoyen général la proclamation et la création de l’Armée de Réserve ...
A l’heure qu’il est la 2e division, composée des 6e Légère, 22e et 40e de Ligne, et de 6 pièces de canons doit être partie de Nantes ... Toutes ces demi-brigades sont à 2500 hommes …
".

En mars, les positions de la Demi-brigade sont donc les suivantes (mars 1800, côte SHDT : C2597_180003) :
Chef de Corps : MACON, Chef de Brigade; ROGER, Quartier-maître trésorier; CREMAUX-LAMAUVE-DUFAUX, Chirurgien-major ;
1er Bataillon : Chef de Bataillon Sarret - Armée de Réserve ;
2e Bataillon : Chef de Bataillon Guyardet - Armée de Réserve ;
3e Bataillon : Chef de Bataillon Lechevalier - Armée de Réserve ;
Observations : mars 1800, effectif en marche sous les armes 3 Bataillons, 2093 Officiers et hommes.

Au début avril, Berthier prend le commandement de l’Armée de Réserve, remplacé au Ministère de la Guerre par Carnot. Des renforts ne cessent d’arriver sur Dijon en provenance des autres armées de la République, tandis que l’Armée d’Italie, avec Masséna, résiste dans le pays gênois.

"Alex. Berthier, général en chef de l'armée de réserve, au chef d'état-major.
Dijon, le 8 floréal an 8 (18 avril 1800).
Vous donnerez les ordres, citoyen Général, pour former les divisions de l'armée ainsi qu'il suit :
La division Loison, composée des 13e légère, 58e et 60e de ligne;
La division Chambarlhac, composée des 24e légère, 43e et 96e de ligne;
La division Boudet, composée des 9e légère, 30e et 59e de ligne;
La division Watrin, composée des 6e légère, 22e et 40e de ligne.
Ces quatre divisions seront les quatre premières prêtes à marcher
".

Le 26 avril 1800 (6 floréal an 8), Bonaparte écrit depuis Paris au Général Berthier, Commandant en chef l'Armée de réserve, à Dijon, pour confirmer ces dispositions : "... Voici comment je vois votre armée … La division Watrin composée des 6e Légère,22e et 40e de Ligne soit 6 à 7000 hommes ..." (Oeuvres complètes de Napoléon, Stuttgart et Tubingue, 1822, t.4, p. 114 ; Correspondance de Napoléon, t.6, lettre 4732; Correspondance générale, t.3, lettre 5202; donnée dans "Extraits des mémoires inédits de Victor").

Le 6 mai, Bonaparte part rejoindre l’Armée de Réserve. La frontière suisse est franchie pour gagner le Nord de l’Italie, et la Division Watrin est à l’avant-garde. Le Général envoie ses comptes rendus d’opérations :
"F. Watrin, général de division, au général en chef Alexandre Berthier.
Genève, le 9 floréal an 8 (29 avril 1800).
Mon Général,
Je m'empresse de vous faire passer copie de la lettre que le général Chabran reçoit à l'instant du général Turreau. Il va faire partir pour la Maurienne son corps de 1500 hommes.
La 6e légère et la 22e de ligne continueront leur marche sur Lausanne, Vevey et Saint-Maurice; j'espère que, lorsque la 40e arrivera à Genève, elle ne tardera pas à être suivie par un autre corps de votre armée. Alors je la dirigerai sur Lausanne et j'instruirai le général qui viendra ici du mouvement à droite que fait le général Turreau, afin qu'il observe la Savoie.
Dans le cas où le courrier que le général Turreau expédie à la 6e légère, rencontrerait son 3e bataillon et son dépôt, qui se dirigeraient sur Briançon, je vous prie, mon Général, de faire contremander ce mouvement. Que deviendrons-nous, si les généraux des autres armées disposent ainsi de vos troupes ?
Soyez tranquille, mon Général, en gardant le Valais, je vais bien observer le Mont-Blanc, jusqu'à ce que les autres troupes de l'armée arrivent à Genève.
S'il y a quelque chose de nouveau, je vous en instruirai par courrier extraordinaire, car le courrier de la malle met quatre à six jours pour aller d'ici à Dijon.
Salut et respect
".

Le Premier Consul, au Général Berthier, commandant en chef l'Armée de réserve : "Paris, le 11 floréal an 8 (1er mai 1800).
Vous trouverez ci-joint copie de la lettre que je reçois à l'instant de Suchet ,vous y verrez, citoyen Général, notre véritable situation en Italie.
Donnez l'ordre à la division Loison de se diriger par le plus court chemin sur Lausanne ou Genève.
La division Watrin doit être, à l'heure qu'il est, arrivée à Genève; faites-la filer de suite sur Villeneuve et Saint-Maurice.
La division Boudet doit être arrivée à Genève et Nyon; faites-la également filer sur Villeneuve
".

"F. Watrin, général de division, au général Dupont, chef de l'état-major général.
Lausanne, le 12 floréal an 8 (2 mai 1800).
J'ai reçu hier soir, mon cher Général, votre lettre du 9 ...
Je vais aller reconnaître le Saint-Bernard, avec le général Marescot, et j'ai donné rendez-vous au général Mainoni, à Martigny. Comme il est dans cette partie depuis très longtemps, il nous donnera des renseignements très précieux.
Ne craignez pas que je me dissémine trop. Voici la ligne des postes que je vais occuper :
La 6e légère, 1er et 2e bataillons Bex, Saint-Maurice et Martigny, pour observer le col Ferret.
La 22e : Aigle, Villeneuve, Vevey, etc.
La 40e Lausanne et Saint-Saphorin.
Il me manque le 3e bataillon et beaucoup de monde de la 6e légère. Je vous priais, par ma lettre du 9, de leur contre mander le mouvement vers Briançon, que leur avait prescrit le général Turreau. Sans doute que vous leur avez donné contre-ordre.
Mes fusils sont arrivés et nous avons pris notre complet de cartouches à Genève, où l'on en fabrique avec beaucoup d'activité
".

"F. Watrin, général de division, au général Dupont, chef de l'état-major général de l'armée.
Lausanne, le 16 floréal an 8 (6 mai 1800).
Je viens, mon cher Général, de visiter ma ligne et le Mont-Saint-Bernard.
Il était temps que j'arrivasse à Martigny, car le général Mainoni avait déjà deux fois donné l'ordre à la 6e légère d'occuper le haut Valais, et il voulait la mêler dans son corps de troupes. Après quelques légers débats, je suis convenu avec lui qu'il vous renverrait de suite le bataillon de la 9e légère, qui aura rejoint son corps à Morges sous deux jours.
Les deux bataillons de la 6e légère formant, comme je vous l'ai déjà mandé, environ 800 hommes, vont occuper Saint-Maurice et Bex .Je n'ai pas encore de nouvelles du restant de ce corps, qui, comme vous voyez, est très faible.
Les 22e et 40e de bataille sont cantonneés le long du lac, depuis Bex jusqu'à Lausanne inclus. On les instruit à force; mais, comme je vous l'ai mandé dans mes précédentes lettres, mon cher Général, nous avons tous le plus grand besoin de souliers. Je vous prie de nous en envoyer par eau à Lausanne
".

"… Le 16 mai, le général Lannes, avec les 6e demi-brigade légère, 28e et 44e de ligne, 11e, 12e régiments de hussards, et 21e de chasseurs, arriva à Aoste, ville qui fut pour l'armée, d'une grande resource. Le 17, cette avant-garde arriva à Châtillon, où un corps autrichien de 4 à 5,000 hommes, que l'on avait cru suffisant pour défendre la vallée, était en position ; il fut aussitôt attaqué et culbuté : on lui prit trois pièces et quelques centaines de prisonniers ..." (Oeuvres complètes de Napoléon, Stuttgart et Tubingue, 1822, t.4, p. 44).

Puis la Division Watrin continue sa progression et Bonaparte envoie aux deux autres Consuls ses rapports : "Quartier général, Chivasso, 28 mai 1800
RAPPORT SUR LES PREMIÈRES OPÉRATIONS DE L’ARMÉE DE RÉSERVE
L’armée de réserve n‘est entrée que depuis quelques jours en campagne, et déjà elle s’est signalée par des traits de courage et de dévouement que l’histoire s’empressera de recueillir.
Combat de la Chiusella, 6 prairial, 26 mai)
Le général Lannes, auquel j’avais donné l’ordre de chasser l’ennemi de cette position, arrive bientôt sur les bords de la Chiusella, en suivant la route de Turin.
La 6e légère commence l’attaque sur trois points; le centre s’élance au pas de charge sur le pont; deux bataillons se jettent dans la rivière, au milieu d’une grêle de balles et de mitraille. L’ennemi ne peut résister à tant d’ardeur et d’impétuosité; déjà sa première ligne d’infanterie est mise dans une déroute complète; sa seconde ligne, formée des régiments de Kinski et du Banat, veut charger la 6e légère, qu’elle parvient à arrêter un moment; mais la 22e de bataille, formée en colonne serrée par le général Gency, se précipite sur l’ennemi, le culbute et le force à chercher son salut dans la fuite. Il est vigoureusement poursuivi par la 6e légère la 22e de bataille, le 12e régiment de hussards et le 2le de chasseurs. La ligne de cavalerie ennemie, composée de 4,000 hommes, attaque à son tour. Les 40e et 22e demi-brigades soutiennent sa charge avec fermeté, les baïonnettes en avant. Jamais infanterie ne montra plus de sang-froid et de courage. Trois charges successives sont repoussées. Le général Palffy, commandant la cavalerie ennemie, est tué avec six autres officiers autrichiens.
L’ennemi a perdu plus de 500 hommes et 300 chevaux. Le régiment de la Tour a été presque entièrement détruit; nous avons fait 60 prisonniers.
Nous avons eu 250 hommes tués ou blessés; on compte, parmi ces derniers, le citoyen Sarret, chef de bataillon de la 6e légère, et le citoyen Dumont, chef de bataillon de la 22e de ligne
... " (Oeuvres complètes de Napoléon, Stuttgart et Tubingue, 1822, t.4, p. 74 ; Correspondance de Napoléon, t.6, lettre 4852).

On peut suivre la suite des opérations dans le journal de la campagne de l'Armée de Réserve, par l'Adjudant-commandant Brossier : "19 prairial. – Occupation de Stradella et de Broni. – Le 19, le général Lannes donne ordre au général Watrin de s'emparer de Stradella. Il y marche aussitôt avec la 28e et la 1re compagnie de carabiniers de la 6e légère, mais il ne rencontre que l'arrière-garde des Autrichiens, qui avaient filé pendant la nuit sur Voghera et Tortone avec les 60 pièces de canon qui étaient parties le 18 de Plaisance.
Un bataillon de la 28e les poursuit jusque par delà Broni et leur fait 200 prisonniers. La division Watrin suit ce bataillon et prend position: sa droite appuyée au torrent nommé Scuropasso, son centre à Vescovera et sa gauche à Cigognola.
Alex. BERTHIER
".

Puis c’est la Bataille de Montebello, le 9 juin 1800, où le Chef de Brigade Macon et 400 hommes de sa Demi-brigade se couvrent de gloire. Le Général Watrin écrit : "Le général Watrin, au général Dupont.
Montebello, le 21 prairial an 8 (10 juin 1800).
D'après les ordres du lieutenant général Lannes, la division que je commande est partie hier, à 6 heures du matin, de la position qu'elle occupait à Broni, pour venir attaquer l'ennemi, placé à Casteggio et sur les hauteurs en avant de ce bourg.
La 6e légère, conduite par le général Gency, a trouvé les avant-postes autrichiens à la villa de San-Giuletta, et les a repoussés jusqu'à Rivetta Gandolfi. L'ennemi, déployant alors des forces considérables et nous faisant un feu bien vif d'artillerie et de mousqueterie, je mis en bataille deux bataillons de la 6e légère sur la droite de la route, avec ordre de tourner les pièces de l'ennemi, tandis que l'autre bataillon et la 40e, conduite par le général Malher, s'empareraient des hauteurs de Casteggio pour tourner ce bourg. Le mouvement de la 40e étant trop long, et, m'apercevant que les Autrichiens étaient en force sur les hauteurs, je détachai de suite un bataillon de la 22e pour s'en emparer, tandis que le reste de ce corps restait en bataille des deux côtés de la route avec l'artillerie consulaire, celle de ma division et un escadron du 12e de hussards.
Le bataillon de la 22e marchait au pas de charge sur l'ennemi qui tenait ferme dans les montagnes, lorsque, accablé par un nombre bien supérieur de troupes, il fut obligé de se retirer. Notre gauche était déjà tournée. Mais la 40e de bataille qui arrivait en ce moment, est tombée sur l'ennemi avec vigueur, et l'a forcé d'abandonner les hauteurs dont il s'était rendu maître. Ces positions furent vivement attaquées par nos troupes et défendues avec opiniâtreté par l'ennemi. La 28e de bataille arrive alors, et, la réunissant avec les 22e et 40e, je parviens à entrer dans Casteggio par les derrières, et à chasser entièrement, de ce bourg et des hauteurs, les Autrichiens qui les ont abandonnés dans le plus grand désordre, laissant le champ de bataille couvert de leurs morts et de leurs blessés.
Pendant ce temps-là, le lieutenant général Lannes s'emparait du bourg par la grande route et le général Gency repoussait, avec la 6e légère, l'ennemi qui tenait encore sur sa droite.
Il y avait déjà cinq heures que nous étions aux prises avec l'ennemi, lorsque la division Chambarlhac arriva; alors, toutes les troupes réunies sont tombées sur l'ennemi avec fureur et l'ont poursuivi jusqu'à Voghera.
Cinq pièces de canon, trois caissons, environ 5,000 prisonniers, parmi lesquels plusieurs colonels et officiers de marque, sont tombés en notre pouvoir.
Cette journée a détruit à l'ennemi près de 10,000 hommes du corps des généraux autrichiens Ott et Vogelsang; il a eu une quantité considérable de morts et de blessés. Notre perte peut être de 3 ou 400 tués ou blessés.
Les 6e légère, 22e, 40e et 28e de bataille et l'artillerie se sont couverts de gloire. Il a fallu disputer le terrain pas à pas; l'ennemi est revenu plusieurs fois à la charge. Les généraux de brigade Malher, Gency et l'adjudant général Noguès se sont particulièrement distingués. Une infinité de traits de bravoure ont illustré ce combat, qui a duré depuis 11 heures du matin jusqu'à 8 heures du soir.
Le citoyen Schreiber, chef de la 22e de bataille, a été blessé; il s'est conduit avec beaucoup d'intrépidité et de sang-froid, de même que les chefs de brigade Maçon et Legendre, les chefs de bataillon Dauture, Michel et Fertel
".

Les opérations vont se conclure avec la bataille de Marengo où la 6e Légère est encore de la partie : "Le général Watrin, au général Berthier.
Spinetta, 26 prairial an 8 (15 juin 1800).
L'ennemi ayant attaqué le corps de troupes aux ordres du général Victor, sur les 8 heures du matin, j'ai reçu ordre du lieutenant général Lannes de quitter la position que j'occupais en avant de San-Giuliano pour me porter sur le point d'attaque, près de la Bormida. J'ai formé ma division en bataille, entre Spinetta et Marengo, la droite vers Castel-Ceriolo et la gauche, un peu sur la gauche de la route d'Alexandrie à Tortone. La 28e et la 40e sont restées en réserve à la hauteur et sur la gauche de Spinetta.
La 6e légère et la 22e de bataille, en se déployant entre Marengo et Castel-Ceriolo, ont repoussé avec impétuosité un corps nombreux d'infanterie et de cavalerie ennemi qui avait déjà fait de rapides progrès dans cette partie, et l'ont forcé de repasser le ruisseau entre Marengo et la Bormida. Quoique accablées par un feu terrible de mousqueterie et d'artillerie, elles ont longtemps maintenu, dans cette position, l'ennemi, à qui elles ont tué et blessé beaucoup de monde. M'apercevant que l'ennemi se présentait en force à Castel-Ceriolo et lui voyant déployer une forte colonne sur ma droite, j'ai fait porter un bataillon de la 22e vers Castel-Ceriolo pour soutenir la 6e légère qui allait être tournée par le corps ennemi qui débordait en entier notre droite. Le général Lannes fit seconder ce mouvement par la 28e, qu'il porta de suite sur ce point, tandis que la 40e soutenait avec vigueur plusieurs charges de cavalerie que l'ennemi lui faisait sur la grande route de Marengo.
Les troupes ont pris et repris ces positions et se sont longtemps maintenues, quoique criblées par l'artillerie ennemie. Alors, le général Lannes m'envoya l'ordre de me replier en ordre et toujours à la même hauteur de la gauche de l'armée qui opérait le même mouvement de retraite. Vous avez été vous-même, mon Général, témoin de la bravoure avec laquelle les troupes ont soutenu et repoussé les diverses charges que l'ennemi a souvent tentées contre elles jusqu'à San-Giuliano, où elles se sont réunies au corps de troupes du général Desaix.
Vous-même, mon Général, avez conduit à l'ennemi les troupes à qui vous avez de suite fait reprendre l'offensive, et vous connaissez les succès éclatants qu'elles ont obtenus. Je ne pourrais vous dire le nombre de prisonniers qui a été fait par la division; les troupes les laissaient en arrière et ne s'occupaient que de repousser l'ennemi avec impétuosité. Trois pièces de canon et plusieurs caissons d'artillerie sont tombés en notre pouvoir, ainsi que deux drapeaux, dont l'un, enlevé par le citoyen Lignère, hussard au 12e régiment, d'ordonnance auprès de moi, vous a été remis, et l'autre vous a été porté par un officier de l'état-major du général Lannes. La déroute de l'ennemi a été on ne peut plus complète, et la nuit nous a empêchés de le poursuivre plus avant.
Les 6e légère, 22e, 40e et 28e de bataille ont soutenu leur réputation bien connue d'audace et de sang-froid. Les généraux de brigade Malher et Mainoni, se battant avec intrépidité à la tête de leurs troupes, ainsi que l'adjudant général Isard, ont été blessés. Leurs blessures ne sont pas dangereuses
".

Le 15 juin, les Autrichiens demandent un armistice et, alors que Bonaparte est à Milan, l'Armée de Moreau remporte aussi une victoire à Hoschtädt le 19. Le 12 Juillet, il signe lui aussi un armistice.

L'armée d'Italie ou de Ligurie, que commandait Masséna et qui s'était illustrée au siège de Gênes, fusionne avec celle de Réserve. Masséna est bientôt remplacé par Brune. L'Armée d’Italie compte 125.000 hommes dont 80.000 sur le Mincio. La 6e Demi-brigade fait partie de cette nouvelle Armée d’Italie qui n attend que de reprendre ses succès, mais cela n’arrivera pas avant la fin de l’année. En attendant place aux récompenses pour les braves. Bonaparte écrit : "Paris, 18 juillet 1800
Au citoyen Carnot, ministre de la guerre
Je vous prie, Citoyen Ministre, de faire connaître aux 6e et 24e demi-brigades légères, aux 22e, 28e, 40e, 43e et 96e de ligne, que le Gouvernement leur accorde à chacune quinze fusils d’honneur, pour la bonne conduite qu’elles out tenue à Marengo;
A la 9e légère, 44e et 59e de ligne, dix
Aux bataillon de la 10le et à la 30e, cinq.
Les chefs de corps enverrons les noms des individus qui se sont le plus distingués.
Il sera accordé vingt carabines d’honneur pour les différents escadrons de cavalerie qui ont donné à la bataille de Marengo. Les généraux de cavalerie et les chefs de corps se réuniront pour désigner les individus qui se sont le plus distingués
".

En Octobre 1800, les positions de la Demi-brigade sont les suivantes (octobre 1800 côte SHDT : 4C95) :
Chef de Corps MACON, Chef de Brigade; ROGER, Quartier-maître trésorier; CREMAUX-LAMAUVE-DUFAUX, Chirurgien-major ;
1er Bataillon : Chef de Bataillon Sarret, Armée d'Italie - aile droite - Monnier - Division Watrin ;
2e Bataillon : Chef de Bataillon Guyardet, Armée d'Italie - aile droite - Monnier - Division Watrin ;
3e Bataillon : Chef de Bataillon Lechevalier, Armée d'Italie - aile droite - Monnier - Division Watrin ;
Observations : octobre 1800 - effectif du Régiment sous les armes, 1207 Officiers et hommes.

L’Armée d’Italie, sous le Général Brune, reprend l’offensive début décembre, en association avec l’Armée des Grisons de MacDonald. Brune franchit le Mincio à Pozzolo et Mozzembano. Le Chef de Brigade Macon passe le premier le fleuve à la tête de sa Demi-brigade, et soutient victorieusement trois charges d’infanterie et une du Corps des Grenadiers hongrois. Pendant ce temps, Moreau a remporté la victoire de Hohenlinden et s'avance sur Vienne, et Mac Donald s'est enfoncé en Haute Adige. Les Autrichiens signent un nouvel armistice à Steyer. La Paix va suivre à Luneville en février 1801.

Au début 1801, l’encadrement de la Demi-brigade est le suivant à l’Armée d'Italie (janvier 1801, côte SHDT : us180101) :
Chef de Corps : MACON, Chef de Brigade; ROGER, Quartier-maître trésorier ;
1er Bataillon : Chef de Bataillon Sarret ;
2e Bataillon : Chef de Bataillon Guyardet ;
3e Bataillon : Chef de Bataillon Lechevalier.

LE RETOUR EN FRANCE, 1801-1804

Carabinier du 6e Léger vers 1802
Fig. 1 Carabinier du 6e Léger vers 1802

A partir de mars 1801, la Demi-brigade est cantonnée dans les Alpes (mars 1801, côte SHDT : us180103) :
Chef de Corps : MACON, Chef de Brigade; ROGER, Quartier-maître trésorier ;
1er Bataillon : Chef de Bataillon Sarret à Grenoble (7e Division militaire) ;
2e Bataillon : Chef de Bataillon Guyardet à Grenoble (7e Division militaire) ;
3e Bataillon : Chef de Bataillon Lechevalier à Grenoble (7e Division militaire).

En avril 1801, la situation est la suivante (avril 1801, côte SHDT : us180104) :
Chef de corps : MACON, Chef de Brigade; ROGER, Quartier-maître trésorier ;
1er Bataillon : Chef de Bataillon Sarret à Grenoble (7e Division militaire) ;
2e Bataillon : Chef de Bataillon Guyardet à Grenoble (7e Division militaire) ;
3e Bataillon : Chef de Bataillon Lechevalier à Grenoble (7e Division militaire).

En octobre 1801, la situation est la suivante (octobre 1801, côte SHDT : us180110) :
Chef de Corps : MACON, Chef de Brigade; ROGER, Quartier-maître trésorier ;
1er Bataillon : Chef de Bataillon Sarret à Grenoble (7e Division militaire) ;
2e Bataillon : Chef de Bataillon Guyardet à Grenoble (7e Division militaire) ;
3e Bataillon : Chef de Bataillon Lechevalier à Briancon, Gap, Mont Lyon, Fort Queyras, Fort Barreau.

En novembre 1801, la situation est la suivante (novembre 1801, côte SHDT : us180111) :
Chef de Corps : MACON, Chef de Brigade; ROGER, Quartier-maître trésorier ;
1er Bataillon : Chef de Bataillon Sarret à Grenoble (7e Division militaire) ;
2e Bataillon : Chef de Bataillon Guyardet à Grenoble (7e Division militaire) ;
3e Bataillon : Chef de Bataillon Lechevalier à Grenoble (7e Division militaire).
Observations : Détachement à Mont-Lyon, Fort Queyras, Gap et Embrun.

1802

Au début 1802, la Demi-brigade est toujours dans les Alpes, alors que Bonaparte vient à Lyon pour la Consulte qui doit le désigner comme Président de la République Italienne. Il se compose une escorte d’honneur avec des détachements de Carabiniers ou de Grenadiers de divers Régiments, dont les Carabiniers de la 6e Légère. Ils en profiteront pour se reéquiper à neuf et se coiffer de bonnets d’oursin ...

Le 20 janvier 1802 (30 nivôse an 10), Bonaparte écrit, depuis Lyon, au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "Je vous prie, citoyen ministre ...
Garder à Grenoble la 6e Légère et la 88e …
de ne plus garder pour garnison à Lyon aucun corps d'infanterie.
Cette garnison ne sera composée désormais que de 18 compagnies de grenadiers qui seront formées :
De 3 compagnies de carabiniers de la 21e légère,
De 3 de la 4e,
De 3 de grenadiers de la 59e,
De 3 de carabiniers de la 2e légère,
De 3 de carabiniers de la 22e légère,
De 3 de carabiniers de la 6e légère.
Ces compagnies qui seront tirées des corps qui sont dans la 7e division correspondront avec eux pour leur comptabilité, comme s'ils étaient dans la même division.
Au 1er vendémiaire de chaque année, on changera ces grenadiers. Le ministre de la Guerre désignera, soit dans la 7e, soit dans la 18e ou dans la 19e division militaire même, les grenadiers qui devront former la garnison de Lyon.
Il sera sévèrement défendu à ces compagnies de grenadiers de recruter aucun homme ; toutes les recrues qui se présenteraient seront envoyées aux corps.
Le général commandant à Lyon classera ces 18 compagnies en 3 bataillons commandés chacun par un chef de bataillon que désignera le ministre de la Guerre. Les chefs de bataillon suivront leurs grenadiers. Toutes les fois qu'un corps partirait de Lyon, ou d'une division voisine, les grenadiers suivront le corps auquel ils appartiennent, et d'autres compagnies les remplaceront.
Cet ordre de choses peut commencer à avoir lieu dès le 20 pluviôse. Il faut recommander au général commandant la place de Lyon de ne faire faire à ces grenadiers qu'un service d'honneur et de haute police, et d'avoir soin que les compagnies soient complétées par leur corps et bien tenues. Il doit y avoir à Lyon, comme à Bordeaux et à Paris, une garde nationale soldée pour faire le service de la basse police
" (Correspondance générale de Napoléon, t.3, lettre 6728).

En janvier 1802, la 6e Demi-brigade légère se répartit ainsi (janvier 1802, côte SHDT : us180201) :
Chef de Corps : MACON, Chef de Brigade; ROGER, Quartier-maître trésorier;
Carabiniers à Lyon - Chef de Bataillon Nion;
1er Bataillon : Chef de Bataillon Guyardet à Grenoble (7e Division militaire);
2e Bataillon : Chef de Bataillon Lechevalier à Grenoble (7e Division militaire);
3e Bataillon : Chef de Bataillon Meunier à Grenoble (7e Division militaire).

En mars, la situation n’a guère évolué (mars 1802, côte SHDT : us180203) :
Chef de Corps : MACON, Chef de Brigade; ROGER, Quartier-maître trésorier;
Carabiniers à Lyon - Chef de Bataillon Nion;
1e Bataillon : Chef de Bataillon Guyardet à Grenoble (7e Division militaire);
2e Bataillon : Chef de Bataillon Lechevalier à Grenoble (7e Division militaire);
3e Bataillon : Chef de bataillon Meunier à Grenoble (7e Division militaire); Mars 1802 : détachement à Embrun et à Gap.

Le 14 juillet 1802, la Demi-brigade reçoit de nouveaux drapeaux, comme toute l’Infanterie légère. Au moment de la remise de ces drapeaux, le 1er Consul a adressé une allocution aux détachements représentant l'Infanterie légère : "Soldats de l'infanterie légère de l'armée française, voilà vos drapeaux ; ils vous serviront toujours de ralliement. Ils seront partout où le Peuple français aura des ennemis à combattre ; ils imprimeront la terreur aux ennemis du Gouvernement, quels qu'ils soient.
Soldats, vous défendrez vos drapeaux ; non, jamais ils ne tomberont au pouvoir des ennemis. Vous jurez d'être prêts à les défendre aux dépens de votre vie !
" (Correspondance de Napoléon, t.7, lettre 6182).

Dans le même temps, suite au traité d’Amiens et la paix avec l’Angleterre, un petit détachement de la Demi-brigade va être envoyé dans l’Océan Indien avec le Général Decaen pour récupérer nos comptoirs et renforcer la Réunion et l’Ile de France, où il finira amalgamé dans les troupes coloniales. L’expédition ne partira finalement que le 6 mars 1803.

Le 18 juillet 1802 (29 messidor an 10), Bonaparte écrit depuis Paris au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "Je vous prie, Citoyen Ministre ... d'écrire également au général Decaen, pour qu'il donne l'ordre de former un bataillon d'infanterie légère à cinq compagnies, et fort seulement de 3oo hommes. Le chef de bataillon et les capitaines seront pris parmi les officiers des 3es bataillons d'infanterie légère qui ont été réformés en l'an VIII. Les 1re, 6e, 8e, 9e, 10e, 13e, 14e, 16e, 17e, 18e, 20e, 26e, 27e, 29e, 30e et 31e légères fourniront chacune 20 hommes de bonne volonté. Ce bataillon comptera dans l'armée comme 3e bataillon de la 18e légère. Par ce moyen, cette demi-brigade aura deux bataillons en France et un aux Indes ..." (Correspondance de Napoléon, t.7, lettre 6189; Correspondance générale, t.3, lettre 7026).

En septembre 1802, les positions du Régiment sont les suivantes (septembre 1802, côte SHDT : us180209) :
Chef de Corps : MACON, Chef de Brigade; ROGER, Quartier-maître trésorier;
1er Bataillon : Chef de bataillon Guyardet à Grenoble (7e Division militaire);
2e Bataillon : Chef de Bataillon Lechevalier à Grenoble (7e Division militaire);
3e Bataillon : Chef de Bataillon Meunier à Grenoble (7e Division militaire); Observations : septembre 1802 : Carabiniers à Lyon - Chef de Bataillon Nion.

Le 2 octobre 1802 (10 vendémiaire an 11), Bonaparte écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "… Envoyez l'ordre au général commandant la 7e division militaire de faire partir pour Genève un bataillon de la 6e légère, complété à 600 hommes …" (Oeuvres complètes de Napoléon, Stuttgart et Tubingue, 1822, t.4, p. 389 ; Correspondance de Napoléon, t.8, lettre 6359 ; Correspondance générale de Napoléon, t.3, lettre 7193).

1803-1804, LES CAMPS ET L’EMPIRE

En mars 1803, la Demi-brigade est toujours à Grenoble (mars 1803, côte SHDT : us180303) :
Chef de corps : MACON, Chef de Brigade; Quartier-maître trésorier ROGER;
1er Bataillon : Chef de Bataillon Guyardet à Grenoble (7e Division militaire);
2e Bataillon : Chef de Bataillon Lechevalier à Grenoble (7e Division militaire);
3e Bataillon : Chef de Bataillon Meunier à Grenoble (7e Division militaire);
Observations : mars 1803 : détachement au fort Barreau - Chef de Bataillon Nion.

Le 20 mai, la Paix d’Amiens avec l’Angleterre est rompue. Les armées française vont tout d’abord envahir le Hanovre puis se positionner les long des côtes en vue d’une invasion de la Grande Bretagne.

Le 14 juin 1803, Bonaparte écrit à Berthier, Ministre de la Guerre : "Je vous prie citoyen ministre de donner l’ordre que ... la 6e Légère qui est à Grenoble se rende à Givet, partir le 15 messidor". Puis le même jour au même : "Je vous renvoie, Citoyen Ministre, les projets que vous aviez rédigés pour le camp de Saint-Omer. Voici définitivement les bases auxquelles je me suis arrêté :
Six camps seront formés, lesquels, destinés à ne composer qu'une seule armée, seront commandés par six lieutenants généraux commandant en chef. Ils auront chacun un parc d'artillerie commandé par un général d'artillerie et par un colonel directeur du parc. Les six parcs seront tous soumis à un général commandant en chef l'artillerie et à un général de brigade directeur général des parcs des six camps. Chacun de ces camps aura un ordonnateur, lequel correspondra avec un ordonnateur en chef des six camps.
Ces six camps seront : un en Hollande, un à Gand, un à Saint-Omer, un à Compiègne, un à Saint-Malo, un à Bayonne ...
Pour le camp de Gand, les 6e et 13e légères; les 12e, 33e, 51e, 108e, 14e, 36e, 61e et 85e de ligne ... Chacune des demi-brigades ci-dessus ne fournira que ses 1er et 2e bataillons, lesquels seront complétés à 1,000 hommes. Il est donc nécessaire que ces corps soient prévenus sur-le-champ que leurs deux premiers bataillons doivent marcher vers la fin de l'été, afin qu'ils activent l'instruction, l'habillement, etc ...
" (Correspondance de Napoléon, t.8, lettre 6814; Correspondance générale, t.4, lettre 7722).

En juillet 1803, Bonaparte visite les départements belges annexés.

Une revue du 6e Léger par le Général Schauenbourg, le 11 messidor an 11 (1er juillet 1803)

L’effectif théorique qui devait être de 2318 hommes et Oficiers n’est que de 1485. Les Chasseurs ont des shakos et les Carabiniers des bonnets d'oursin; le magasin contient du drap bleu, blanc et écarlate. Les uniformes sont usés et les banderoles noires sont retournées pour pouvoir être blanchies. Le Régiment est globalement bien instruit sur le plan des manœuvres et des ordres ; il y a un bon esprit de corps.

Le 14 août 1803 (26 thermidor an 11), Bonaparte écrit depuis Saint-Cloud au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "... Les deux bataillons des 12e de ligne et 6e légères partiront de Givet et de Mézières le 20 fructidor pour se rendre à Bruges; les 3e bataillons et le dépôt resteront à Givet et à Mézières. Les deux premiers bataillons seront complétés à 700 hommes chacun ..." (Correspondance générale, t.4, lettre 7932).

Finalement la 6e Légère est envoyée au camp de Compiègne.

Le 28 août 1803 (10 fructidor an 11), Bonaparte écrit depuis Saint-Cloud au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "Je vous envoie, citoyen ministre, les dispositions que j'ai arrêtées pour l'organisation de quatre camps faisant partie des six qui vont être formés sur les côtes de l'Océan.
... Camp de Compiègne
Le général Ney est nommé commandant en chef du camp de Compiègne
... Le camp de Compiègne formera trois divisions
La 2e division sera commandée par le général Loison qui aura à ses ordres les généraux de brigade Roguet, Villatte :
La 2e division sera composée des :
6e légère,
44e de ligne,
63e id,
39e id ...
Jusqu'à nouvel ordre les troupes des demi-brigades resteront dans leurs garnisons respectives où elles occuperont des moyens de se mettre en campagne
" (Correspondance générale, t.4, lettre 7972).

En Septembre, un Arrêté des consuls du 1er vendémiaire an XII (21 septembre 1803), supprime la dénomination de "Demi-brigade" pour établir celle de "Régiment".

Le 24 septembre, un Colonel (nouveau titre du Chef de Brigade) a pris la tête du Régiment : Jean Grégoire Barthelemy Laplane.

En Octobre 1803, les deux premiers Bataillons gagnent leurs nouveaux cantonnements au camp des Moulins en arrière d’Etaples, tandis que le 3ème Bataillon reste à Givet. Les Chasseurs partent de Givet les 9 et 10 octobre et arrivent dix jours plus tard.

Situation du 6e Léger en cotobre 1803 (octobre 1803, côte SHDT : us180310) :
Chef de Corps : LAPLANE, Colonel; NION, Chef de Bataillon; ROGER, Quartier-maître trésorier;
1er Bataillon : Chef de Bataillon Guyardet à Montreuil, camp d'Etaples;
2e Bataillon : Chef de Bataillon Groslain à Montreuil, camp d'Etaples;
3e Bataillon : Chef de Bataillon Meunier à Givet (2e Division militaire).

Le 19 décembre 1803 (27 frimaire an 12), Bonaparte écrit depuis Paris au Général Soult, Commandant du Camp de Saint-Omer : "Citoyen général Soult, les détachements du 39e qui vous sont arrivés doivent être à Etaples et camper à côté du 6e léger, le 69e à côté du 25e léger, les 9e léger et 18e, 32e et 96e de ligne doivent faire partie de la division Dupont qui campe à Boulogne; mais qui cependant doit faire partie du corps d'armée du général Ney.
Le 25e léger, les 27e, 59e et 69e doivent être campés à Etaples et former une division. Le 6e léger, les 39e, 44e et 63e doivent former une autre division également campée à Etaples (faisant partie du corps du maréchal Ney NDLR). La 1re division qui part du Havre va se rendre à Etaples. Faites fournir la garnison par les troupes du camp d'Etaples
" (Correspondance générale, t.4, lettre 8478).

Les hommes sont logés dans des baraques : 4 baraques par Compagnies sur deux rangs avec en arrière les baraques des Sous-officiers et des Officiers. Par rapport à d'autres camps, il semble que l'instruction n'ait pas été très poussée et que l'ennui ait été la principale activité (Souvenirs du Duc de Fesenzac).

L’EMPIRE (1804) ET LA CAMPAGNE DE 1805

- 1804

Les positions du Régiment en janvier 1804 sont les suivantes (janvier 1804, côte SHDT : us180401) :
Chef de Corps : LAPLANE, Colonel; CHARRAS, Major; ROGER, Quartier-maître trésorier;
Conscrits des départements du Rhône des ans XI et XII;
1er Bataillon : Chef de Bataillon Nion au camp de Montreuil;
2e Bataillon au camp de Montreuil;
3e Bataillon : Chef de Bataillon Meunier à Givet (2e Division militaire).

L’année 1804 va se passer en manœuvres et exercices pour les deux premiers Bataillons, afin de s’embarquer et débarquer de la flottille qui doit les emmener en Angleterre.

Les positions du Régiment en mars 1804 sont les suivantes (côte SHDT : us180403) :
Chef de Corps : LAPLANE, Colonel; CHARRAS, Major; ROGER, Quartier-maître trésorier;
Conscrits des départements du Rhône des ans XI et XII;
1er Bataillon : Chef de Bataillon Nion à camp de Montreuil;
2e Bataillon : Chef de Bataillon Groslain à camp de Montreuil;
3e Bataillon : Chef de Bataillon Meunier à Givet (2e Division militaire).

L’Empire est proclamé le 18 Mai. Le nouvel Empereur écrit à Berthier le 21 :
"Saint-Cloud, 21 mai 1804
Au maréchal Berthier
Mon cousin, je vois que, dans l’état de situation de l’armée des côtes ... Le 64e n’est porté qu’à 1,200 hommes ; son dépôt, qui est à Rocroy, peut lui fournir 400 hommes. Le 39e n’est qu’à 1,400 hommes ; son dépôt peut lui fournir des hommes pour le compléter à 1,600 hommes. Le 6e d’infanterie légère n’est qu’à 1,400 hommes; son dépôt, qui est à Givet, peut le compléter à 1,600 hommes. Le 25e régiment d’infanterie légère est à 1,400 hommes ; il peut être porté à 1,600 hommes. Le 69e est à 1,300 hommes ; son dépôt peut lui fournir 300 hommes ...".

Le 11 Juillet est créée la Légion d’Honneur. Elle récompensera de droit les soldats titulaires d’une arme d’honneur, dont certains du 6e Léger.

Les mois d'octobre et de novembre 1804 sont employés par les troupes du camp de Montreuil à réfectionner en maçonnerie leurs baraques.

Les Régiments vont devoir recevoir de nouveaux emblèmes surmontés de l’Aigle Impériale, ce qui sera fait au Champs de Mars le 5 Décembre, trois jours après la cérémonie du sacre à Notre Dame.

Les positions du Régiment n’ont pas changé à la fin de l’année (décembre 1804, côte SHDT : us180412) :
Chef de Corps : LAPLANE Colonel; CHARRAS, Major; ROGER, Quartier-maître trésorier;
Conscrits des départements du Rhône des ans XI et XII;
1er Bataillon : Chef de Bataillon Nion aux Moulins, camp de Montreuil;
2e Bataillon : Chef de Bataillon Groslain aux Moulins, camp de Montreuil;
3e Bataillon : Chef de Bataillon Meunier à Givet (2e Division militaire).

- 1805

Sous-officier de Chasseurs du 6e Léger vu au Tyrol en 1805
Fig. 2 Sous-officier de Chasseurs du 6e Léger vu au Tyrol en 1805

En mars 1805, la situation du Régiment est la suivante (côte SHDT : us180503) :
Chef de Corps : LAPLANE, Colonel; CHARRAS, Major; ROGER, Quartier-maître trésorier;
Conscrits des départements du Rhône des ans XI et XII;
1er Bataillon : Chef de Bataillon Nion aux Moulins, camp de Montreuil;
2e Bataillon : Chef de Bataillon Groslain aux Moulins, camp de Montreuil;
3e Bataillon : Chef de Bataillon Meunier à Givet (2e Division militaire).

En juin 1805, la situation du Régiment est la suivante (côte SHDT : us180506) :
Chef de Corps : LAPLANE, Colonel; CHARRAS, Major; ROGER, Quartier-maître trésorier;
Conscrits des départements du Rhône de l'an XIII;
1er Bataillon : Chef de Bataillon Nion aux Moulins - Grande armée - Corps de Gauche - 2e Division;
2e Bataillon : Chef de Bataillon Groslain aux Moulins - Grande armée - Corps de Gauche - 2e Division;
3e Bataillon : Chef de Bataillon Meunier à Givet (2e Division militaire) - Grande armée - Corps de Gauche - 2e Division.

Le 4 juillet 1805, Napoléon apprend que Russes et Autrichiens ont signé une "convention de guerre" aux termes de laquelle 140000 soldats russes se préparent à marcher sur l'Allemagne pour se joindre aux forces autrichiennes.

L'Empereur ayant prévu une revue du Corps de gauche, dans les premiers jours du mois d'août, le Général Loison écrit : "Sous les armes, les sous-officiers et soldats doivent porter l'habillement prescrit par les règlements, c'est-à-dire l'habit, veste et culotte d'uniforme. Si les sous-officiers portent des vestes en drap fin, elles doivent être façonnées suivant le voeu de l'ordonnance. La coupe de la veste de MM. les officiers doit être de même. Les officiers seuls doivent porter des bottes. Les cheveux des sous-officiers et soldats, musiciens, tambours et sapeurs, doivent être coupés à la manière dite "avant-garde", et les queues à hauteur de six pouces (45 centimètres), ainsi que le prescrit l'ordonnance" (H. Bonnal : "La vie militaire du Maréchal Ney", t.2).

Vers la mi-août, Napoléon sait que les troupes autrichiennes se concentrent en Bohême et au Tyrol. Le 18 août, Villeneuve renonce à remonter vers la Manche et s'enferme dans Cadix. C'en est fini du débarquement prévu en Angleterre.

23 août : Napoléon prend la décision de lever le camp de Boulogne et de porter 7 Corps de la Grande Armée en Allemagne. Au 6e Corps de Ney, les deux premiers Bataillons du 6e Léger sont à la 2e Division Loison avec les 39e, 69e et 76e de Ligne. Ils forment la Brigade Vilatte avec le 39e de Ligne.

Le 27 août, le Maréchal Ney expédie à ses Généraux leur ordre de marche : "... La 2e division, aux ordres du général Loison, partira d'Etaples, le 13 fructidor (31 août), à 6 heures du matin, marchant la gauche en tête :
Le 76e régiment d'infanterie de ligne ;
Le 69e;
Le 39e;
Le 6e régiment d'infanterie légère ira, ce même jour, cantonner à Hesdin, en repartira, le 14 (1er septembre), pour suivre sa destination ...
" (H. Bonnal : "La vie militaire du Maréchal Ney", t.2).

Le 30 août, un Ordre du jour annonce à l'armée sa dénomination nouvelle : l'Armée des Côes de l'Océan s'appellera désormais la "Grande Armée".

Les trois Divisions du Maréchal Ney partent pour Strasbourg le 1er septembre 1805. Le 3 octobre, le Corps est à Stuttgard. L'Empereur marche sur Ulm pour l'investir et bloquer l'armée du Général Mack. Le 6e Corps fait face à Ulm, dès le 8 octobre. Pendant ce temps, les Autrichiens se font battre par Murat à Wertingen.

Ce même jour, la 2e Division reprend la route de Dillingen, Gundelfingen, Brentz et Hermaringen, puis tournant à l'ouest, va camper sur les hauteurs de Burberg. Le lendemain, la 3e Division s'empare des ponts de Gunzbourg et de Leipheim. La 2e Division s'établit à Languenau, et la 1ère à Albeck.

Le 10, la lère Division de Dupont reste seule sur la rive gauche du Danube et la 2e rejoint la 3e vers Gunzbourg. L'Empereur n'est plus là. Il a momentanément confié à Murat le soin de diriger les opérations autour d'Ulm, et Murat, en laissant la 1ère Division du 6e Corps seule sur la rive gauche, manque tout compromettre. La Division qui stationne autour d'Albeck a reçu l'ordre de s'emparer d'Ulm dont on pense que les Autrichiens se retirent, tandis que les autres Divisions feront de même, mais sur l'autre rive. Dupont doit être soutenu par les Dragons à pied de Barraguey d'Hilliers, mais ceux-ci n'ont reçu l'ordre de rallier que trop tardivement.

Alors que Dupont marche vers Ulm avec 6000 hommes, il se retrouve en face de 23.000 Autrichiens qui voulaient effectuer une percée vers le Nord-Ouest. Dupont décide de les affronter devant Haslach, submergé par le nombre, et se replie en combattant toujours. Mais ce combat avait retardé les Autrichiens dans leur volonté de s'échapper d'Ulm.

Mack n'ose plus essayer de se frayer un passage par la rive gauche; mais veut, au moins, tenir une bonne position défensive. Il fait occuper par le Général Riese les hauteurs et le couvent d'Elchingen. Le pont pour traverser le Danube en face des positions autrichiennes est à moitié détruit.

Napoléon arrive d'Augsbourg le 13 au matin. Il ordonne aussitôt de rétablir le pont, de chasser l'ennemi d'Elchingen pour resserrer le blocus de la place d'Ulm et de faire passer une deuxième Division sur la rive gauche, afin de donner la main à la Division Dupont, qui se trouve en l'air à Albeck. Cette lourde tâche est confiée à la Division Loison. Devant l'impétuosité de l'élan français, les troupes autrichiennes cèdent le terrain, mais elles le défendent pied à pied, soutenues tour à tour par des tirs à mitraille, par le feu des Bataillons ou par les charges de leur cavalerie.

Puis Ney, le 15 Octobre, enlève les hauteurs de Michelsberg dominant Ulm à l'Ouest, avec sa 3ème Division Mahler, pour boucler l'investissement de la place.

La garnison d'Ulm et le Général Mack finissent par capituler le 20 Octobre.

Les positions du Régiment sont les suivantes (octobre 1805, côte SHDT : us180510) :
Chef de corps : LAPLANE, Colonel; CHARRAS, major; ROGER, Quartier-maître trésorier;
Conscrits des départements du Rhône de l'an XIII;
1er Bataillon : Chef de Bataillon Nion - 6e Corps Ney - 2e Division Loison - Brigade Roguet ; Observation : est détaché pour la conduite des prisonniers de guerre d'Ulm;
2e Bataillon : Chef de Bataillon Groslain - 6e Corps Ney - 2e Division Loison - Brigade Roguet ; Observation : est détaché pour la conduite des prisonniers de guerre d'Ulm;
3e Bataillon : Chef de Bataillon Meunier à Landau - 2e Corps de Réserve Lefebvre - 2e Division Thouvenot.

Après la chute d'Ulm, la Divisions Mahler et la Division Loison (réduite à sa Brigade Roguet ) du 6e Corps, et celui d'Augereau, sont envoyés contre les troupes autrichiennes dans le Tyrol, tandis que Napoléon marche sur Vienne.

La Brigade Vilatte (6e Léger et 39e de Ligne) escorte les prisonniers autrichiens en France.

Positions et encadrement du Régiment en novembre 1805 (côte SHDT : us180511) :
Chef de Corps : LAPLANE, Colonel; CHARRAS, Major; ROGER, Quartier-maître trésorier;
Conscrits des départements du Rhône de l'an XIII;
1er Bataillon : Chef de Bataillon Nion;
2e Bataillon : Chef de Bataillon Groslain - 6e Corps Ney - 2e Division Loison - Brigade Villatte;
Observations : novembre 1805 effectif des 2 Bataillons sous les armes 49 Officiers 1775 hommes dont hopitaux 233 hommes chevaux 13;
3e Bataillon : Chef de Bataillon Meunier à Landau - 2e Corps de Réserve Lefebvre - 2e Division Thouvenot;
Observations : novembre 1805 effectif sous les armes 17 Officiers 369 hommes – hopitaux : 71 hommes.

Et en Décembre 1805 :
1er Bataillon : Chef de Bataillon Nion 2e Bataillon : Chef de Bataillon Groslain - 6e Corps Ney - 2e Division Loison - Brigade Villatte;
Effectifs des deux premiers Bataillons sous les armes 50 Officiers 1789 hommes dont hopitaux 241 hommes chevaux 13;
3e Bataillon : Chef de Bataillon Meunier à Landau - 2e Corps de Réserve Lefebvre - 2e Division Thouvenot;
Observations : effectif du 3e Bataillon sous les armes 16 Officiers 254 hommes - hopitaux 34 hommes.

Le 6e Léger ne participera pas à Austerlitz.

CAMPAGNE DE 1806-1807

Colonel Laplane 6e Léger, vers 1806
Colonel Laplane du 6e Léger, vers 1806

En janvier 1806, le 6e Corps occupe la Principauté de Salzbourg puis va cantonner en Souabe. L’Armée française reste en Allemagne, la Russie n’ayant pas signé de traité de paix, et il faut surveiller la Prusse. La Division Dupont est autonomisée du 6e Corps.

Les positions du Régiment sont les suivantes en janvier 1806 (côte SHDT : us180601) :
Chef de Corps : LAPLANE, Colonel; CHARRAS, Major; ROGER, Quartier-maître trésorier;
Conscrits des départements du Rhône de l'an XIII;
1er Bataillon : Chef de Bataillon Nion - 6e Corps - 2e Division;
2e Bataillon : Chef de Bataillon Groslain - 6e Corps - 2e Division;
3e Bataillon : Chef de Bataillon Meunier à Landau - 2e Corps de réserve.

En mars 1806, la situation du Régiment est la suivante (côte SHDT : us180603) :
Chef de Corps : LAPLANE, Colonel; CHARRAS, Major; ROGER, Quartier-maître trésorier;
Conscrits des départements du Rhône de l'an XIII;
1er Bataillon : Chef de Bataillon Nion - 6e Corps - 2e Division;
2e Bataillon : Chef de Bataillon Groslain - 6e Corps - 2e Division;
3e Bataillon : Chef de Bataillon Meunier à Landau - 2e Corps de Réserve.

Et en mai 1806 (côte SHDT : us180605) : Chef de Corps : LAPLANE, Colonel; CHARRAS, Major; ROGER, Quartier-maître trésorier;
Conscrits des départements du Rhône de l'an XIV
1er Bataillon : Chef de Bataillon Nion à Mattsies - 6e Corps - 2e Division;
2e Bataillon : Chef de Bataillon Groslain à Erkheim - 6e Corps - 2e Division
3e Bataillon : Chef de Bataillon Meunier à Landau - 5e Division militaire.

Vers la mi-juin, les forces françaises doivent rentrer en France. Napoléon écrit, depuis Saint-Cloud, le 22 juin 1806, au Général Dejean : "Monsieur Dejean, je vous envoie un travail sur l’emplacement que doit occuper la Grande Armée au moment de sa rentrée en France. Vous me proposerez une meilleure répartition, à peu près dans les mêmes divisions, si vous y entrevoyez quelque économie pour le service, soit pour les lits, soit pour le fourrage, soit pour le casernement. Le premier corps qui passera le Rhin sera celui du maréchal Davout : il le passera à Mayence. Le second corps sera celui du maréchal Mortier : il passera également le Rhin à Mayence. Le troisième sera celui du maréchal Bernadotte : il passera le Rhin aussi à Mayence. Le quatrième corps sera celui du maréchal Ney : il passera le Rhin à Huningue, le même jour que le corps du maréchal Davout passera le Rhin à Mayence. Le corps du maréchal Ney sera suivi par celui du maréchal Soult, qui passera le Rhin à Strasbourg".

En septembre 1806, la Prusse et la Saxe reprennent les hostilités. Un ultimatum arrive chez les Français. Napoléon a déjà mobilisé son armée depuis plusieurs semaines en prévoyance. Depuis Saint-Cloud, il écrit, le 19 septembre 1806 au Général Dutaillis : "Monsieur le Commandant par intérim de notre 6e corps de Grande Armée en l’absence du maréchal d’empire Ney, au reçu de la présente, vous voudrez bien faire toutes les dispositions nécessaires pour réunir notre dit 6e Corps d’armée à Ulm, où il est indispensable qu’il soit rendu, au plus tard, le 28 septembre, prêt à marcher, avec quatre jours de vivres, et prêt à recevoir les ordres de notre major général, étant nécessaire que notre dit 6eme Corps de la Grande Armée soit rendu, dès le 2 ou 3 octobre, sur la ligne d’opérations. Vous voudrez bien également faire connaître au corps du général Beker qu’il doit suivre le même mouvement".

Le 28 septembre, Napoléon est à Mayence et réquisitionne les 3èmes et 4èmes Bataillon de ses Régiments restés en arrière.

Le 8 Octobre, les hostilités doivent commencer. Mais les Prussiens n'ont pas eu la sagesse d'attendre l'arrivée de leur allié russe, qui n'a toujours pas ratifié de traité de paix avec la France. Le 6e Corps est alors est assez mal vêtu, s'équipant avec l'argent des habitants, mais le moral est excellent.

Le 6e Corps (Ney) ne peut encore disposer que de deux Divisions : la 2e (Marchand, comprenant les Brigades Maucune et Roguet) et la 3e (Bisson, comprenant les Brigades Marcognet et Labassée). Sa 1ère Division (Dupont) est détachée sous les ordres de Bernadotte. Le 6e Corps a, en outre, la Brigade de Cavalerie Colbert (3e Hussards et 10e Chasseurs). Les deux premiers Bataillons du 6e Léger sont à la 2e Division Marchand.

La situation du Régiment est la suivante en octobre 1806 (côte SHDT : us180610) :
Chef de Corps : LAPLANE, Colonel; CHARRAS, Major; ROGER, Quartier-maître trésorier;
Conscrits des départements du Rhône de 1806;
1er Bataillon : Chef de Bataillon Pierre - 6e Corps - 2e Division (Marchand);
2e Bataillon : Chef de Bataillon Groslain - 6e Corps - 2e Division;
3e Bataillon : Chef de Bataillon Nion à Landau - 5e Division militaire.

Napoléon, après avoir fait croire à son adversaire qu'il menace Erfurth, a donné l'ordre de franchir le Frankenwall. L'aile droite doit déboucher par le chemin de Bayreuth à Hoff.

Le 6ème Corps, précédé de sa cavalerie, exécute sa marche de concentration en trois colonnes marchant sur la même route à un jour de distance. Ney, qui marche en avant-garde de son infanterie, se place derrière le 4e Corps à la droite de la Grande Armée et arrive sans obstacles à Plauen et Hoff.

Après la bataille de Saalfeld, le 10 Octobre, gagnée par le Corps de Lannes sur les forces prussiennes et saxonnes, les Français marchent sur Iéna où les deux adversaires vont s'affronter le 14. Seule une fraction du 6e Corps, sa cavalerie et son avant-garde, va y participer, associée à deux Bataillons d'élite (formés de Carabiniers et Voltigeurs). Le Capitaine Planchet du 6eme Léger y sera blessé.

Après la bataille d'Iéna et celle d'Auerstedt, livrée le même jour par Davout, la Prusse a son armée en miettes et les Saxons se soumettent à Napoléon.

Dans le même temps, par un Décret du 21 octobre 1806, Napoléon commence à regroupes les Compagnies d’Elite (Carabiniers, Voltigeurs et Grenadiers) des Bataillons non encore en ligne des Régiments à la Grande Armée, dont ceux du 3e Bataillon du 6e Léger.

Les débris de l’armée prussienne sont poursuivies l’épée dans les reins, et on commence le siège des principales places fortes prussiennes ... en attendant les Russes.

Les Carabiniers et Voltigeurs du 3e Bataillon du 6e Léger sont versés dans un nouveau Corps de Grenadiers et Voltigeurs de la Réserve, confié à Oudinot. Ils sont dans un 1er Régiment.

Pendant ce temps, les deux autres Bataillons du 6e Léger continuent leur campagne avec Ney. L’Empereur écrit au Maréchal Ney, depuis Berlin, le 12 novembre 1806 : "Je reçois votre lettre du 11 novembre. Je vous fais mon compliment sur l’heureuse reddition de Magdeburg.
Témoignez-en ma satisfaction à votre corps d’armée. Votre première division, qui reçoit ordre de venir directement à Berlin, pourra apporter les drapeaux, qu’elle présentera à son arrivée
".

Le Maréchal Ney reste à Magdebourg jusqu'au 17 novembre. Les Russes s'approchent de Varsovie et l'Empereur a résolu d'aller au-devant d'eux en se portant sur la Basse Vistule où les Prussiens ont encore quelques détachements, notamment à Thorn.

Le 6e Corps, qui avec le 1er et le 3e corps, la Garde et la Réserve de cavalerie, forme l'Armée de Réserve, se met en marche en plusieurs colonnes par la route de Posen. La 3e Division suit la 2e en ayant sa tête de colonne à trois journées de marche en arrière de la tête de la 2e Division. Tout le pays jusqu'à la Vistule a été traversé au commencement de novembre par Davout, Augereau et Lannes, sous le commandement en chef de Murat.

Le 25 Novembre, Napoléon quitte Berlin, pour se mettre à la tête de ses troupes. Murat est entré dans Varsovie sous l'enthousiasme des Polonais.

Ney est envoyé sur Thorn.

Le 40e BULLETIN DE LA GRANDE ARMÉE, daté de Posen, le 9 décembre 1806, raconte : "Le maréchal Ney a passé la Vistule et est entré le 6 à Thorn. Il se loue particulièrement du colonel Savary, qui, à la tête du 14e régiment d'infanterie et des grenadiers et voltigeurs du 69e et du 6e d'infanterie légère, passa le premier la Vistule. Il eut à Thorn un engagement avec les Prussiens, qu'il força, après un léger combat, d'évacuer la ville. Il leur tua quelques hommes et leur fit 20 prisonniers.
Cette affaire offre un trait remarquable. La rivière, large de 400 toises, charriait des glaçons ; le bateau qui portait notre avant-garde, retenu par les glaces, ne pouvait avancer ; de l'autre rive, des bateliers polonais s'élancèrent au milieu d'une grêle de balles pour le dégager. Les bateliers prussiens voulurent s'y opposer : une lutte à coups de poing s'engagea entre eux. Les bateliers polonais jetèrent les prussiens à l'eau, et guidèrent nos bateaux jusqu'à la rive droite. L'Empereur a demandé le nom de ces braves gens pour les récompenser …
" (Panchoucke : « Oeuvres de Napoléon Bonaparte », 1821-1822, t. 4, p. 124 ; Correspondance de Napoléon, t.14, lettres 11423).

Le 41e Bulletin de la Grande Armée, daté de Posen, le 14 décembre 1806, raconte : "Le général de brigade Belair, du corps du maréchal Ney, partit de Thorn le 9 de ce mois et se porta sur Gollub. Le 1er bataillon du 6e d'infanterie légère et le chef d'escadron Schoeny, avec 60 hommes du 3e de hussards, rencontrèrent un parti de 400 chevaux ennemis. Ces deux avant-postes en vinrent aux mains. Les Prussiens perdirent un officier et 5 dragons faits prisonniers, et eurent 30 hommes tués dont les chevaux restèrent en notre pouvoir. Le maréchal Ney se loue beaucoup du chef d'escadron Schoeny. Nos avant-postes de ce côté arrivent jusqu'à Strasburg ..." (Panchoucke : « Oeuvres de Napoléon Bonaparte », 1821-1822, t. 4, p. 125 ; Correspondance de Napoléon, t.14, lettres 11468).

A Soldau, il bat un reliquat de l'armée prussienne, tandis que Davout et Augereau ont culbuté les Russes à Golymin, le 26 Décembre. L'Armée française va donc pouvoir prendre ses quartiers d'hiver.

Le siège des forteresses prussiennes du Nord de l'Allemagne se poursuit.

LA CAMPAGNE DE POLOGNE, 1807

En janvier 1807, les positions et l’encadrement du Régiment sont les suivants (côte SHDT : us180701) :
Chef de Corps : LAPLANE, colonel; CHARRAS, Major; ROGER, Quartier-maître trésorier;
Conscrits des départements du Rhône de 1806;
1er Bataillon : Chef de Bataillon Braun - Grande Armée - 6e Corps - 2e Division;
2e Bataillon : Chef de Bataillon Groslain - Grande Armée - 6e Corps - 2e Division;
3e Bataillon : Chef de Bataillon Nion à Landau - 5e Division militaire;
Carabiniers et Voltigeurs du 3e Bataillon aux Grenadiers et Voltigeurs réunis.

Le Général Bennigsen, qui vient d'être nommé généralissime de l'Armée russe, a résolu de tourner l'Armée française par sa gauche et de débloquer Danzig. Il menace notre droite et arrive à Heilsberg sur l'Alle, menaçant directement les 1er et 6e Corps. Le 21 janvier, il se heurte aux troupes du Maréchal Ney, qui forment une pointe en avant de la ligne de cantonnements français; l'avant-garde de Ney, qui se trouve à Bartenstein, manque d'être enlevée.

Ney se met alors en retraite en direction de Gilgenbourg. Napoléon, quand il a acquis la certitude que le gros de l'armée russe est sur l'Alle, lève aussitôt ses cantonnements pour marcher à l'ennemi, que Bernadotte a reçu l'ordre d'attirer à sa poursuite sur la basse Vistule. Bernadotte se bat à Mohrungen le 24.

Ney arrive à Gilgenbourg le 27, et se joint au 1er Corps de Bernadotte qui se dirige sur Osterode. Ney prend position avec Bernadotte sur le plateau en arrière d'Osterode et soutient le choc avec son audace et sa vigueur accoutumées, jusqu'à ce que Benningsen, qui a espéré tomber à l'improviste sur ses cantonnements, se mette en retraite en apprenant l'arrivée du gros de l'Armée française qui se dirigeait vers Allenstein sur l'Alle. Le 30 Janvier, Napoléon a quitté secrètement Varsovie.

Le 2 février au matin, le 6e Corps part de Gilgenbourg, et arrive le 3 au matin à Allenstein.

A Liebstadt, le 5 février 1807, il se heurte au Corps prussien de Lestocq, dont il détruit l'arrière-garde. Les Prussiens refluent et sont poursuivis.

Le 8 Février 1807 débute la sanglante bataille d'Eylau. Sur la fin de la bataille, les Prussiens de Lestocq, qui ont pu échapper à Ney, font leur apparition, ce qui peut changer le sort des combats. Heureusement, à la fin de la journée, le Corps de Ney rallie à son tour, prenant les Russes sur leur flanc droit, ce qui pousse les Russo-prussiens à se retirer. L'hécatombe a été terrible pour les deux adversaires. Les Capitaines Pradal et Pilnet y sont blessés.

Le 58e Bulletin de la Grande Armée, daté de Preussich-Eylau, le 9 février 1807 relate : "… La victoire, longtemps incertaine, fut décidée et gagnée lorsque le maréchal Davout déboucha sur le plateau et déborda l'ennemi, qui, après avoir fait de vains efforts pour le reprendre, battit en retraite. Au même moment, le corps du maréchal Ney débouchait par Althof sur la gauche, et poussait devant lui le reste de la colonne prussienne échappée au combat de Deppen. Il vint se placer le soir au village de Schmoditten ; et par là l'ennemi se trouva tellement serré entre les corps des maréchaux Ney et Davout, que, craignant de voir son arrière-garde compromise, il résolut, à huit heures du soir, de reprendre le village de Schmoditten. Plusieurs bataillons de grenadiers russes, les seuls qui n'eussent pas donné, se présentèrent à ce village ; mais le 6e régiment d'infanterie légère les laissa approcher à bout portant et les mit dans une entière déroute. Le lendemain, l'ennemi a été poursuivi jusqu'à la rivière de Frisching. Il se retire au delà de la Pregel ..." (Panchoucke : « Oeuvres de Napoléon Bonaparte », 1821-1822, t. 4, p. 170 ; Kermoysan « Napoléon, Recueil par ordre chronologique de ses lettres, proclamations, bulletins », Paris, 1853, t.2, p. 124 ; Correspondance de Napoléon, t.14, lettre 11790).

Le 17 Février, l'Empereur prescrit un mouvement rétrograde. Ney est positionné en avant-garde à Guttstadt. Les Russes harcèlent les avant-postes français à défaut de tenter une nouvelle offensive.

Napoléon récompense les braves. Il écrit, depuis Osterode, le 31 mars 1807, au Maréchal Berthier : "Vous enverrez à chaque maréchal ce qui, dans les dispositions suivantes, concerne son corps d'armée, et sans que l'un connaisse ce qui regarde l'autre.
1° Il est accordé aux régiments dont l'état suit 18 aigles de Légion d'honneur, dont 9 aux officiers et 9 aux sous-officiers et soldats qui se sont fait remarquer par leur courage et leur bonne conduite depuis le commencement de la guerre de la quatrième coalition :
4e, 8e, 12e, 14e, 17e, 18e, 21e, 24e, 27e, 28e, 30e, 32e, 34e, 39e, 40e, 43e, 44e, 45e, 46e, 50e, 51e, 54e, 55e, 57e, 59e, 61e, 63e, 64e, 69e, 75e, 76e, 85e, 88e, 94e, 95e, 96e, 100e, 103e, 105e, 108e, 111e d'infanterie de ligne; 6e, 7e, 9e, 10e, 13e, 15e, 16e, 17e, 24e, 25e, 26e, 27e et 28e d'infanterie légère
".

L'encadrement du Régiment, en avril 1807, est le suivant (côte SHDT : us180704) :
Chef de Corps : LAPLANE, Colonel; CHARRAS, Major; ROGER, Quartier-maître trésorier;
Conscrits des départements du Rhône de 1807;
1er Bataillon : Chef de Bataillon Braun - 6e Corps - 2e Division;
2e Bataillon : Chef de Bataillon Groslain - 6e Corps - 2e Division;
3e Bataillon : Chef de Bataillon Nion à Landau - 5e Division militaire.

A la mi avril, le 6e Léger (les deux premiers Bataillons) passe désormais à la 1ère Division du Corps de Ney, Brigade Maucune, avec le 69e de Ligne.

Le 8 mai, la Brigade Maucune s'étant rendue à Amt-Guttstadt, le 6e Léger, avec l'artillerie, sur les hauteurs en arrière de cette ville, le 69e dans la position de Kossen, où il établit ses baraquements.

Le Général russe décide de profiter de la position du Maréchal Ney en avant de l'armée pour détruire son Corps. Le 5 juin, les Russes se présentent, à la pointe du jour, à la gauche du bois d'Amt-Guttstadt. Le 6e Corps, 15.000 hommes, a devant lui une armée de 60.000 hommes; presque tous les postes sont enlevés, tant l'attaque est soudaine. Les Cosaques, passant en même temps l'Alle entre Guttstadt et Allenstein, viennent brûler les villages en arrière et s'emparent de Guttstadt, où se trouve une partie des bagages. Après une fusillade d'une heure devant le camp, le 6e Corps commence sa retraite, par échelons et très lentement, pour venir prendre position à Ankendorf, où il passe la nuit. Elle pousse des postes avancés vers Zechera jusqu'à Peterswald.

Le lendemain, le mouvement se continue, les masses russes venant constamment se briser contre nos carrés sans parvenir à les entamer; après avoir franchi le pont de Deppen, le 6e Corps se trouve enfin en ligne avec l'armée. L'ennemi tente de franchir ce pont, mais ses assauts sont repoussés.

Le 6e Léger a de nombreux blessés dans ces combats comme les Capitaines Limonier, Roussille, Renvoyé, Thomas.

Mais à l'arrière, Napoléon a concentré 150.000 hommes, tandis que Ney recule pied à pied. Les Russes décident alors de se replier sur Heilsberg. L'avant-garde de Murat entre au contact et celui-ci, comme à son habitude, lance sa cavalerie à l'attaque. Les Russes finissent par reculer avec l'arrivée des renforts français et vont se coincer eux même dans la nasse de Friedland, le 14 Juin. Le 6e Corps de Ney s'enfonce héroïquement au milieu des lignes russes pour parachever une victoire sans appel. Le 6 Léger aura de nombreuses pertes.

A Tilsit, le 7 juillet, c’est la grande réconciliation entre Français et Russes, sur le dos des Prussiens.

Début juillet 1807, l’encadrement du Régiment est le suivant (côte SHDT : us180707) :
Chef de Corps : LAPLANE, Colonel; CHARRAS, Major; ROGER, Quartier-maître trésorier;
Conscrits des départements du Rhône - de la Doire de 1808;
1er Bataillon : Chef de Bataillon Braun - Grande armée - 6e Corps - 1ère Division;
2e Bataillon : Chef de Bataillon Groslain - Grande armée - 6e Corps - 1ère Division;
3e Bataillon : Chef de Bataillon Nion à Landau - 5e Division militaire.

Un nouveau Colonel, Amy, prend la tête de l’unité, tandis que le 6e Corps stationne en Allemagne.

Rn octobre 1807, la situation du Régiment est la suivante (côte SHDT : us180710) :
Chef de Corps : AMY, Colonel; CHARRAS, Major; ROGER, Quartier-maître trésorier
Conscrits des départements du Rhône - de la Doire de 1808;
1er Bataillon : Chef de Bataillon Braun - Grande armée - 6e Corps - 1ère Division;
2e Bataillon : Chef de Bataillon Duvergier - Grande armée - 6e Corps - 1ère Division;
3e Bataillon : Chef de Bataillon Nion à Landau - 5e Division militaire.

JANVIER A JUILLET 1808 : FORMATION D'UN 4EME BATAILLON DE GUERRE ET DEPART POUR L'ESPAGNE DU 6e CORPS

Pendant ce temps, en Espagne, dès la fin 1807, sous prétexte de la campagne au Portugal, les troupes françaises, organisées en divers Corps d'observation, avaient largement pénétré chez leur allié et s'étaient emparés des points stratégiques, tandis que la monarchie espagnole se déchirait dans des querelles familiales. Le peuple espagnol et l'armée subissaient cela en rongeant leur frein.

On retrouve un petit détachement du 6ème Léger au 7e Régiment provisoire d'Infanterie (Légère; Major Deslon) dans le Corps d’Observation des côtes de l’Océan, commandé par le Maréchal Moncey et formé en novembre 1807.

En janvier 1808, les positions du Régiment sont les suivantes (SHDT : us180801) :
Chef de Corps : AMY, Colonel; CHARRAS, Major; ROGER, Quartier-maître trésorier
Conscrits des départements du Rhône - de la Doire de 1808;
1er Bataillon : Chef de Bataillon Braun - Grande armée - 6e Corps - 1ère Division;
2e Bataillon : Chef de Bataillon Duvergier - Grande armée - 6e Corps - 1ère Division;
3e Bataillon : Chef de Bataillon Nion à Landau - 5e Division militaire;
Observations : janvier 1808 : 4 Compagnies au 7e Régiment provisoire d'Infanterie - Corps d'Observation des Côtes de l'Océan.

Le 20 Février, Murat vient prendre le commandement des forces françaises en Espagne.

De mars à mai 1808, le Régiment (deux premiers Bataillons) stationne en Allemagne, bientôt rejoint par le 3e Bataillon au 6e Corps. Napoléon, croyant le pays mur pour un changement dynastique, force les souverains espagnols à l'abdication à Bayonne, et décide de mettre son frère Joseph sur le trône, le 10 Mai. Dès que cela est connu, des révoltes éclatent simultanément sur tout le territoire (en préambule, il y eut les fameux 2 et 3 Mai à Madrid) et l'armée espagnole prend les armes contre les occupants français. Napoléon pensait que la prise de possession du trône espagnol serait une promenade militaire !

Un 4ème Bataillon de guerre est formé au 6e Léger en Juin. Les Carabiniers et Voltigeurs du Bataillon sont envoyés cantonner à Dantzig dans la Division du Général Oudinot. Le Dépôt devient 5ème Bataillon. Les positions et l’encadrement du Régiment sont les suivants au début juillet (côte SHDT : us180807) :
Chef de Corps : AMY, Colonel; CHARRAS, Major; ROGER, Quartier-maître trésorier;
Garnison - Dépôt à Phalsbourg - 4e Division militaire;
Conscrits des départements de la Manche - des Deux-Sèvres de 1809;
1er Bataillon : Chef de Bataillon Braun - Grande armée - 6e Corps - 1ère Division;
2e Bataillon : Chef de Bataillon Duvergier - Grande armée - 6e Corps - 1ère Division;
3e Bataillon - Grande armée - 6e Corps - 1ère Division
4e Bataillon : chef de bataillon Nion;
Observations : juillet 1808 : Carabiniers et Voltigeurs du 4e Bataillon à Dantzick à la Grande armée – Chasseurs (4 Compagnies) au 7e Régiment provisoire à l'Armée d'Espagne (seront capturés à Bailen);
5e Bataillon au Dépôt à Phalsbourg.

Napoléon n’est guère satisfait des rapports de son Administration de la Guerre puisqu’il écrit au Général Clarke, Ministre de la Guerre, à Paris , le 7 juillet 1808, depuis Bayonne : "Je reçois les états de situation du 1er au 15 juin. J'ai parcouru l'état rouge intitulé : Situation des corps. J'espérais y trouver bien détaillée la situation de chaque corps. J'ai trouvé, à l'ouverture du livre ... Au 6e léger, les 1er et 2e bataillons sont portés à la Grande Armée : mais le 3e bataillon doit s'y trouver aussi porté. Ensuite il est dit que les grenadiers et voltigeurs du 3e bataillon sont à la division du général Oudinot, et quatre compagnies au corps des côtes de l'Océan ; cela est faux ; ce sont les grenadiers et voltigeurs du 4e qui sont à la division Oudinot, et les quatre compagnies de fusiliers qui sont en Espagne. Même observation pour le 9e léger ...
En général, cet état est plein de fautes. Faites-m'en faire un autre où tous les bataillons de guerre et bataillons de dépôt soient bien spécifiés, en mettant en marge les conscrits reçus et à recevoir encore cette année, afin que je connaisse bien la situation de l'armée. Il est bien important que je puisse savoir, non-seulement où sont les bataillons de dépôt, mais encore où sont les compagnies. Toutes les fois qu'il n'y a pas les neuf compagnies, s'il est question de l'ancienne organisation, ou les six, s'il est question de la nouvelle, il faut mettre où sont les autres compagnies ...
Ne perdez pas de temps à me faire envoyer un de ces états
" (Correspondance de Napoléon, t.17, lettre 14160 ; Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18494).

Le 20 juillet, Joseph Bonaparte entre à Madrid comme nouveau Roi, mais le 22, le Corps d’Armée du Général Dupont doit capituler à Bailen devant l’armée espagnole insurgée. Les forces française se retirent dans le Nord de la Péninsule en attendant des renforts. Bref, la situation militaire n'était guère favorable quand Napoléon décide d'y envoyer ses vieilles troupes d'Allemagne pour renforcer ses armées déjà présentes et de s'en occuper en personne. Il décrète de Saint-Cloud, le 7 septembre 1808 : "L'armée d'Espagne sera composée de six corps d'armée". (Correspondance de Napoléon, t.17, lettre 14300). Le 6e Corps de Ney devient 6e Corps de l’Armée d’Espagne.

Le 9 septembre 1808, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, vous trouverez ci-joint deux états de situation relatifs à l'armée d'Espagne. Vous verrez que les 24 régiments qui composent la division Sébastiani, et les 1er et 6e corps qui se rendent en Espagne, ont besoin de 27 000 conscrits, pour être portés au grand complet. Ces 24 régiments, qui forment aujourd'hui un effectif de 68 000 hommes, formeront alors un effectif de 94 000 hommes.
6e Corps 1er division ; Le 6e d’infanterie légère recevra 150 hommes de son dépôt, 400 conscrits à Bayonne et 600 à son dépôt ...
".

LA CAMPAGNE D’ESPAGNE, OCTOBRE 1808, DECEMBRE 1810

- 1808

Le 23 Septembre, Napoléon part pour Erfurt rechercher les alliances qui le laisseront libre d'agir en personne dans la péninsule ibérique.

Joseph avait réparti les 65.000 hommes à sa disposition en trois masses : Bessières à l'aile droite, Moncey à l'aile gauche. Ney est placé à la tête du Corps du Centre à Vitoria, en attendant l'arrivée de son "vieux" 6e Corps d'Armée. Les premiers combats tournent à l'avantage des Français.

Le Maréchal Ney part pour Pampelune récupérer son 6e Corps venu d'Allemagne, que l’on renforce d’une 4e Division. Napoléon arrivait à Bayonne le 3 novembre pour superviser lui-même la reprise en main de l'Espagne.

L'Empereur donne à l'Armée d'Espagne une nouvelle organisation d'après laquelle le 2e Corps, sous le commandement du Maréchal Soult, et le 6e commandé par Ney, forment la masse centrale sous sa supervision. Les forces de Junot, rapatriées du Portugal après la convention de Cintra, redevenaient un 8e Corps de l’Armée d’Espagne.

En octobre 1808, les positions du Régiment sont les suivantes (SHDT : us180810) :
Chef de Corps : AMY, Colonel; CHARRAS, Major; ROGER, Quartier-maître trésorier;
Garnison - Conscrits des départements de la Manche - des Deux-Sèvres de 1809;
1er Bataillon : Chef de Bataillon Braun - Armée d'Espagne - 6e Corps - 1ère Division;
2e Bataillon : Chef de Bataillon Duvergier - Armée d'Espagne - 6e Corps - 1ère Division;
3e Bataillon : Chef de Bataillon Delom - Armée d'Espagne - 6e Corps - 1ère Division;
4e Bataillon : Chef de Bataillon Nion.
Observations : Carabiniers et Voltigeurs du 4e Bataillon à la Division Oudinot, Grande armée - Chasseurs à Phalsbourg;
5e Bataillon Dépôt à Phalsbourg - 4e Division militaire.

L'Armée espagnole se disposait, quant à elle, en 4 grandes masses, espérant le soutien des Anglais qui étaient toujours présents au Portugal.

Burgos était bientôt aux mains des Français. La ville est pillée. Napoléon vient s'y établir. L'armée espagnole de Blake a été repoussée vers le Sud. Napoléon fait encore face à deux armées : celle de Castanos, au centre, qui borde le cours de l'Ebre, et celle de Palafox, au sud. Il décide de se porter sur le centre. Et demande à Lannes, le 18 novembre, de prendre le commandement des forces qui vont affronter l'Armée de Castanos à Tudela, le 23. L'affaire est rondement menée par Lannes.

Mais le reste du Corps de Ney, qui devait couper la route de l'armée espagnole en repli pour parachever la victoire, n'est pas sur les positions prévues. Ney et Moncey, qui avancent lentement, n'arrivent à Saragosse sur les talons de Castanos que le 30 novembre. Ney est rappelé par Napoléon pour une offensive dans le Léon et est remplacé sous les murailles de la ville par Mortier.

Après la bataille de Tudela, Napoléon continuait sa marche sur Madrid. La fameuse prise du col de Somosierra ouvrait le chemin. L'Empereur entrait dans la capitale espagnole le 4 décembre.

Le 6e Corps demeure au repos à Guadalajara jusqu'au 12 décembre, et son chef en profite pour reconstituer les approvisionnements et assurer les réparations de l'habillement, de l'équipement, etc ...

Le 6e Corps entre à Madrid qui tombe le 14 décembre 1808, et est passé en revue par l'Empereur le 17 décembre. Le 6e Léger (3 Bataillons) est alors à la 1ère Brigade Maucune (avec le 69e de Ligne) de la 1ère Division Marchand.

Dès le 19, les troupes se remettent en marche pour couper de ses bases le Corps expeditionnaire anglais débarqué au Portugal. Jusqu'alors, Napoléon, ne s'était pas occupé de l'armée anglaise du Général Moore, mais lorsqu'il apprit qu'elle s'était avancée du Portugal en Espagne, autour de Salamanque (entre les 13 et 23 Novembre), il prescrivit au Maréchal Soult de redescendre dans le Royaume de Léon. Un autre petit Corps anglais sous le Général Baird venait de débarquer à la Corogne.

Il faut passer la sierra de Guadarrama dans des conditions météo impossibles : "Le temps était horrible; il tombait de la neige, qui, mêlée, par un vent des plus impétueux, à un sable fin, coupait la figure et empêchait d'ouvrir les yeux pour se diriger ... C'était une tempête, mais des plus violentes ... La tourmente continuait avec une telle furie que les compagnies de la queue du régiment s'égaraient, et qu'il fallait des haltes continuelles pour les réunir ... On racontait des choses effrayantes sur ce passage et sur les pertes qu'avaient éprouvées les troupes qui nous précédaient ... Cette journée doit être regardée comme une des plus rudes que jamais troupe en marche ait pu éprouver : hommes et chevaux ne pouvaient plus aller".

A l'issue de la marche du 22 décembre, le Maréchal Ney écrit d'Arevalo au Major général : "... Emplacement des troupes pour le 23 décembre.
Le Général Marchand, à Médina del Campo.
6e légère, 69e, 39e et 76e de ligne, à Médina del Campo ...
" (H. Bonnal : "La vie militaire du Maréchal Ney", tome 3).

La poursuite des Anglais est un calvaire. Les 2e Corps (Soult) et 6e Corps arrivent à Astorga le 1er janvier 1809.

- 1809

le Maréchal Soult poursuit l'armée anglaise de Moore dans sa retraite précipitée à travers la Galice. Le 6e Corps est désigné pour lui servir de réserve et contenir la Galice où le Marquis de la Romana s'est mis à la tête des rebelles espagnols. Le 13 janvier, Ney se porte sur Lugo et pousse la Division Marchand vers Orense, sur les talons des Espagnols de la Romana, qui ont échappé au 2e Corps.

L'Empereur, le 16 janvier, quitte Valladolid, et, le 23, rentre aux Tuileries, en vue de la préparation d'une campagne contre l'Autriche. Il a chargé Soult de diriger une expédition en Portugal, pendant que le 6e corps contiendra la Galice et les Asturies.

Après la bataille de la Corogne (18 janvier), et l’embarquement des troupes anglaises, le 6e Corps ne cesse de combattre des forces espagnoles qui se reconstituent continuellement. "Le général Marchand est arrivé à Orense le 21, rapporte le Maréchal à Berthier; l'état affreux des chemins qu'il a eus à traverser a retardé sa marche de deux jours et ne lui a pas permis de se faire suivre de son artillerie. Ce général a trouvé, à une lieue en avant de Puebla de Tribes, 1.000 à 1.200 hommes d'infanterie espagnole qui, placés dans une position inattaquable, voulaient lui disputer le passage d'un pont.
La route, en cet endroit, est tellement resserrée qu'il fallait défiler par un pour aller à l'ennemi, ce qui n'a pas empêché les voltigeurs du 69e de traverser le pont à la course et de gravir les rochers pour en débusquer l'ennemi, qui, épouvanté de cette attaque audacieuse, s'est sauvé à vau-de-route, laissant une trentaine d'hommes sur le terrain. Nous avons fait 40 prisonniers; quatre de nos voltigeurs ont été blessés
".

Le 6e Corps reste en Galice pendant que Soult s'enfonce dans le Nord du Portugal.

Le 2 mars 1809, le Sous-lieutenant Guingret du 6e Léger enlève avec 50 Tirailleurs sur la route de La Corogne, une pièce de canon que lui disputent 200 Espagnols.

Le 13 avril suivant, Guingret franchit le premier le pont de San-Payo barricadé et défendu par huit bouches à feu, tue un canonnier au moment où il va mettre le feu à sa pièce, et détermine par sa brillante audace l'enlèvement du pont, la prise de la batterie et la déroute de l'ennemi.

En Galice, les soldats vivent de réquisitions et sont mal nourris : "Il ne reste pas de quoi alimenter quinze jours les troupes ... écrit déjà Jomini, dans son rapport du 30 avril; ... le peu qu'on pourrait exiger achèverait d'insurger le pays ... Il n'a pas été envoyé de fonds pour les troupes françaises".

Le 5 mai, en arrivant à La Corogne, Ney adresse une lettre au Général Kellermann, disant qu'il appuiera ses opérations dans les Asturies, et sans doute, sur Oviedo, avec douze Bataillons du 6e corps. Tandis que Ney monte une expédition dans les Asturies, le 6e Léger reste en Galice à Santiago (Saint-Jacques de Compostelle). Le 23 mai, le Général Maucune est défait par les insurgés espagnols et doit évacuer la ville. Le 6e Léger a des pertes. Le Chef de Bataillon Thomas y est blessé.

Ney doit récupérer les troupes de Soult (2e Corps) en très mauvais état après leur retraite du Portugal en mai 1809, chassées par Wellington. Les deux Maréchaux ne s'entendant pas, Soult part avec ses troupes pour Zamora. Ney se décide cependant, le 16 juin, à se rapprocher de ce dernier en allant dans la province de Léon. Les difficultés qu'il éprouve à faire vivre ses troupes et à évacuer les malades rendent cette résolution nécessaire. La Galice est évacuée fin juin.

Le 25 juillet, le 6e Corps se concentre à Benavente car Wellington, est revenu sur le Tage à Abrantes. De là, il se dirige sur Madrid par Alopéza et Talavera, de concert avec les armées d'Estramadure et de la Manche, commandées par la Cuesta et Vanegas qui marchent sur Tolède. Le Roi Joseph va lui-même à la rencontre de Wellington à partir de Madrid et ordonne à Soult de se réunir avec les Corps de Ney et de Mortier pour couper la retraite au Général anglais. Les soldats de Victor doivent tenir Talavera en attendant les renforts de Joseph.

Le 6e Corps arrive trop tard, le 4 août, à Plasencia; car le Roi vient de subir un échec, le 28 juillet, à Talavera; mais l’arrivée des troupes de Ney oblige Wellington à se replier au Sud du Tage. Ney reçoit alors l'ordre de rétrograder vers Salamanque. "Dans cette marche nos hommes n'ayant ni pain ni viande vivaient de froment récolté qu'ils écrasaient entre des pierres pour en faire de la farine, ou le faisaient griller" (Notice biographique sur M. le Général Baron Fririon).

Isolé de nouveau, le 6e Corps est chargé de combattre les insurgés de la Vieille Castille, commandés par le Duc del Parque. Sur son chemin vers Salamanque, il rencontre, le 12 août, quelques troupes anglaises à Banos, le bat et continue sa route. Ney prend Salamanque comme base et essaye de s’implanter aux alentours.

Mémoires du Capitaine Marcel : "En arrivant à Salamanque après tant de fatigues, chacun crut entrer dans la terre promise; on distribua du pain, du vin, et, comme les soldats avaient quelques sous en poche, ils se mirent à visiter les tavernes de préférence aux belles églises : deux jours après notre retour, vous n'eussiez pu croire que c'étaient les mêmes hommes qui venaient de faire 200 lieues par une chaleur cuisante et, la plupart du temps, sans pain et sans eau. Notre séjour à Salamanque ne fut d'ailleurs pas de longue durée; six jours après, le régiment alla s'installer à Zamora, à 14 lieues de Salamanque, au sein d'un pays fertile et près des célèbres mines de turquoises. Le bataillon fut logé dans un couvent qu'avaient occupé avant nous des soldats espagnols : on commença un nettoyage complet du bâtiment, mais ce fut en vain, on ne peut rendre propre ce que des Espagnols ont habité; lorsque nous quittâmes Zamora à la fin du mois d'août, on pouvait toujours ramasser les puces à la pelle dans notre couvent. Nous cédâmes la place au 6e léger et allâmes occuper Ledesma avec le 3e hussards".

Tout le mois de septembre se passe en petits combats. Au mois d’Octobre le 6ème Corps est provisoirement sous les ordres du Général Marchand : Ney étant rentré en France.

Le 18 octobre, il se trouve devant la ville de Tamanes défendu par les Espagnols. Les assauts français sont repoussés. Voici le rapport du Général Marchand sur les journées des 17 et 18 octobre :
"Le 17 de ce mois, je me suis mis en marche avec 9,000 hommes d'infanterie, 800 chevaux et l6 pièces de canon pour me porter sur Tamamès, où l'on prétendait que l'armée du duc Del-Parque était campée. Le même jour, nous avons couché à Matella. Le lendemain, nous nous sommes mis en marche à la pointe du jour en poussant devant nous les différents postes que nous rencontrions.
A Sauchon, nous avons trouvé un camp de 5 à 6,000 hommes qui avait été levé la veille. Arrivés à Tamamès, nous avons trouvé la ville occupée par 2,000 hommes d'infanterie embusqués derrière les murs. En arrière de Tamamès, à une petite portée de canon, règne un rideau extrêmement escarpé qui forme la position où l'ennemi avait établi toute son armée, qu'il masquait facilement derrière la position et dans des bois qui l'appuyaient à sa droite. Il ne nous avait encore montré que 3 ou 4,000 hommes. J'ai ordonné d'attaquer la position en négligeant le village. Le 25e léger a commencé l'attaque de gauche et le 39e et le 76e ont pris par le centre. Le 6e et le 69e attaquèrent à la droite avec la cavalerie légère; deux régiments formaient la réserve. L'ennemi nous a alors montré au moins 25,000 hommes d'infanterie, 3,000 cavaliers et 25 à 30 pièces de canon. L'attaque du centre et de la gauche a trouvé un terrain qui présentait des difficultés à peu près insurmontables, et en outre un ennemi quatre fois nombreux comme nos troupes. Aussi nos soldats, après de vains efforts, ont été obligés de se replier. Pendant ce temps, l'attaque de droite, dirigée par les généraux Maucune et Lorcet, avait paru obtenir des succès; la cavalerie légère venait de s'emparer de 7 pièces de canon dans une charge; mais, sur ce point comme sur les deux autres, nous nous sommes encore vus accabler par le nombre, et il a fallu renoncer à continuer une attaque extrêmement désavantageuse pour nous. Nous sommes revenus prendre position au point d'où étaient parties nos colonnes d'attaque, et nous y sommes restés deux heures avant de commencer notre retraite qui devait s'opérer à travers un pays de chicane, des forêts continuelles et de très mauvais défilés. Malgré tous ces obstacles, notre retraite s'est faite avec cet aplomb qui caractérise les vieux soldats. L'ennemi n'a jamais pu nous entamer, quoique obligés de faire une retraite par le flanc. Nous avons environ 700 hommes hors de combat et malheureusement beaucoup d'officiers
".

L'armée rentre à Salamanque très éprouvée. Elle en repart le 24 octobre se dirigeant sur Villabuena. Les Espagnols pénètrent dans la ville et massacrent atrocement les blessés français en les brulant. Salamanque est reoccupée puis de nouveau évacuée.

Le 6e Corps, renforcé de 30000 hommes, passe provisoirement sous les ordres du Général Kellermann.

En octobre 1809, les positions et l’encadrement du Régiment sont les suivants (côte SHDT : us180910) :
Chef de Corps : AMY, Colonel; CHARRAS, Major; ROGER, Quartier-maître trésorier;
Dépôt à Phalsbourg - 4e Division militaire;
Conscrits des départements du Rhône - des Appenins - du Taro de 1810;
1er Bataillon : Chef de Bataillon Nion à Salamanque- Armée d'Espagne - 6e Corps - 1ère Division - 1ère Brigade;
2e Bataillon : Chef de Bataillon Thomas à Salamanque - Armée d'Espagne - 6e Corps - 1ère Division - 1ère Brigade;
3e Bataillon : Chef de Bataillon Delom;
Observations : octobre 1809 : cadres en route pour Phalsbourg pour se réorganiser;
4e Bataillon : Chef de Bataillon Vanberchem au camp devant Karagan - Armée d'Allemagne - 2e Corps - Oudinot - 1ère Division - Tharreau
Observations : octobre 1809 : effectif sous les armes 766 Officiers et hommes - hopitaux 337;
5e Bataillon au Dépôt à Phalsbourg.

Kellermann repart au nord pour lutter contre des guérillas. Le 6e Corps de Marchand doit alors faire face à nouveau aux armées du Duc del Parque qui, profitant de l'absence de Kellermann, réoccupe Salamanque. Toutefois, informé de la victoire française d'Ocana (le 19 novembre), les Espagnols jugent plus prudent de se retirer dans les montagnes.

Entre-temps, Kellermann reparaît et se lance à la poursuite de Del Parque aux côtés de Marchand. La cavalerie française rattrape ses adversaires le 28 novembre à Alba de Tormes et leur inflige une sévère défaite. Les troupes de Marchand arrivent sur les lieux vers la fin de la bataille, mais réussissent à s'emparer du pont et de la ville d'Alba de Tormes. "Notre infanterie qui avait fait neuf lieues, dit de la Chasse-Vérigny (Rapport du 1er décembre 1809), arriva à 8 heure du soir et, à la nuit, entra dans Alba, baïonnette en avant ...".

Les Français mettent hors de combat 2 000 soldats espagnols, font un millier de prisonniers et récupèrent 15 canons, 10 000 fusils, 10 drapeaux, ainsi que la plupart des caissons de l'armée vaincue.

Le 6e Corps rentre à Salamanque. Mais il envoie des détachements tenir les positions alentour, vivre sur le pays et protéger les lignes de communication des guérillas.

Fin décembre, Ney vient reprendre le commandement du 6e Corps.

1810, ESPAGNE ET PORTUGAL

Voltigeur du 6e Léger en 1810
Fig. 3 Voltigeur du 6e Léger en 1810

Le 11 janvier 1810, Napoléon écrit, depuis Paris, au Maréchal Berthier, Major général de l'Armée d'Espagne : "Mon Cousin, vous donnerez sans délai les ordres suivants, que vous enverrez par un officier d'état-major :
... Donnez l'ordre au général Reynier de faire les changements suivants dans sa division. Tout ce qui fait partie des 118e, 119e, 120e, 6e léger, 32e léger, 76e, formera une brigade qui se réunira à Bilbao, maintiendra la communication avec Burgos, Santander, Ossuna, et battra les gorges de Frias, pour nettoyer ces provinces. Cette brigade sera sous les ordres du général Valentin ; elle achèvera de se former à Bilbao ...
" (Correspondance de Napoléon, t.20, lettre 16131 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 22847).

Le Commandant Giraud écrit : "Salamanque, le 29 janvier 1810.
Les renforts nous arrivent : 68,000 hommes ont franchi les Pyrénées avec le maréchal Masséna qui, réunissant sous ses ordres, trois corps d'armée (le 2e, le 6e et le 8e) a pour mission de pénétrer en Portugal, par la rive droite du Tage, pendant que le maréchal Soult y entrera par la rive gauche
".

Le Capitaine Marcel écrit : "Le 2 février, je fus nommé sous-lieutenant et, à ma grande joie, dans ma compagnie même : Je pris de suite le service mais ne devais avoir confirmation de mon grade que le 27 décembre, après la funeste campagne de Portugal.
Quand la brigade arriva à Salamanque, le maréchal Ney était de retour de Paris; on m'a même assuré qu'il se trouvait chez l'Empereur lorsque le rapport sur le combat de Tamamès arriva, et que Sa Majesté lui avait dit : "Si vous étiez resté à votre poste, votre corps d'armée n'eût pas éprouvé cet échec". Tous les officiers allèrent lui faire une visite de corps et il félicita le 69e et le 6e léger de leur brillante conduite devant l'ennemi : à la grande satisfaction des officiers du 3e bataillon, il remercia notre commandant, M. Duthoya, d'une façon particulière et lui dit : "Commandant, c'est à votre habileté et à la bravoure de votre bataillon que je dois la conservation de plusieurs centaines de mes soldats et de mon artillerie". Le lendemain on toucha douze jours de biscuit ...
" ("Campagnes du Capitaine Marcel").

Masséna a, en effet, reçu l’ordre de faire campagne au Portugal et d'en chasser les forces anglaises. On a mis sous son commandement les 2e (Reynier), 6e (Ney) et 8e Corps (Junot). Drouet d'Erlon (9e Corps) doit le rejoindre avec 20000 hommes. Il doit passer par la rive droite du Tage, pendant que Soult, venu d'Andalousie, y entrera par la rive gauche. Les mouvements commencent le 10 février. Pendant ce temps,Soult avait entrepris la conquête de l'Andalousie.

Avant d’entrer au Portugal, Masséna doit s'emparer de deux forteresses : Ciudad Rodrigo, aux mains des Espagnols, et Almeida, aux mains des Anglo-Portugais. Ney fait mouvement sur Ciudad Rodrigo dès la mi-février à partir de Salamanque.

Le Capitaine Marcel écrit : "... le 10, nous nous mîmes en route pour Ciudad-Rodrigo où, d'après ce qu'avaient assuré certains Espagnols au maréchal Ney, nous devions entrer sans coup férir. Le 13 février, les Français commencèrent à jeter quelques obus dans la place et sommèrent le gouverneur de se rendre. Celui-ci ayant déclaré qu'il n'ouvrirait les portes de la ville que lorsqu'il se verrait réduit à la dernière extrémité, le duc d'Elchingen replia ses troupes et se cantonna entre Ciudad-Rodrigo et Salamanque jusqu'à ce qu'il eût réuni les moyens d'agir plus efficacement - Victoires et Conquêtes des Français, t. XX, p. 9) ..." ("Campagnes du Capitaine Marcel").

De son côté, l'Empereur écrit, le 10 février 1810, depuis Paris, au Maréchal Berthier, Major général de l'Armée d'Espagne : "Mon Cousin, donnez ordre que la brigade Valentin soit dissoute aussitôt qu'elle aura été remplacée à Bilbao ; que tous les détachements de cette brigade qui appartiennentaux 32e léger, 6e léger et 76e de ligne, aillent rejoindre le 6e corps, pour être incorporés dans leurs régiments respectifs, et que tout ce qui appartient aux 118e, 119e et 120e, se rende à Santander. Le général Valentin lui-même suivra ces trois régiments et sera sous les ordres du général Bonet ...
6e Corps. — Vous écrirez au duc d'Elchingen que, moyennant l'arrivée du duc d'Abrantès à Valladolid et l'occupation par ce corps d'armée du royaume de Léon et de la frontière de Galice, il doit attirer à lui la division Loison ; que, avec les augmentations de cavalerie qu'a reçues son corps en dernier lieu par la réunion de la division Kellermann, il aura plus de 6 à 7,000 hommes de cavalerie ; que l'arrivée de la division Loison portera son corps à plus de 36,000 hommes ; que, d'ailleurs, le duc d'Abrantès est, avec un autre corps de 3o,ooo hommes, sur ses derrières pour l'appuyer; qu'il n'y a pas un moment à perdre pour inonder les débouchés du Portugal, autant que possible, par de fortes patrouilles de cavalerie, afin de savoir ce qui se passe, donner de l'inquiétude aux Anglais et les empêcher de se porter sur le midi ; qu'il peut répandre en Portugal l'annonce de l'arrivée de l'Empereur avec 80,000 hommes ; qu'il doit occuper le haut du col qui sépare Ciudad-Rodrigo de Salamanque ; qu'il faut mème, avant d'investir Ciudad-Hodrigo, qu'il ait de forts partis autour de cette ville. Ayez une conférence avec le général la Riboisiere, pour savoir si l'on ne pourrait pas faire partir de Burgos un millier de chevaux chargés de munitions de siège pour Valladolid, et les diriger de là sur Salamanque. Faites-moi rédiger un état du 6e corps, comprenant les augmentations qu'il doit recevoir d'après mes différents ordres ...
" (Correspondance de Napoléon, t.20, lettre 16245 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 23092).

A la date du 20 mars 1810, le 6e Corps présente la situation suivante :
- 1ère Division d'Infanterie : Général Marchand - 1ère Brigade : Général Maucune
6e Léger (2 Bataillons) : 1500 hommes et 69e de Ligne (3 Bataillons) : 1828 hommes (La vie militaire du Maréchal Ney, t.3).

Le 25 avril 1810, l'Empereur écrit, depuis Compiègne,.au Prince de Neuchâtel et de Wagram, Major général de l'Armée d'Espagne, à Compiègne : "Mon Cousin ... Donnez ordre que le 6e régiment de marche d'infanterie, qui fait partie également de la division Seras, soit dissous, et que les détachements appartenant au 6e corps, savoir, ceux des 6e léger, 39e 76e, 59e, 50e, 69e, 82e, etc. se réunissent en une compagnie à Vitoria, et se rendent de là à Salamanque ..." (Correspondance de Napoléon, t.20, lettre 16420 ; Correspondance générale de Napoléon, t.10, lettre 23488).

A la date du 1er mai, la répartition du 6e Corps est la suivante :
- Quartier général du Corps d'armée à Salamanque;
- La Division Marchand (1ère) à Tamames, avec le 3e Hussards, et à Tenebron, devant Ciudad Rodrigo (69e de Ligne, et 15e Chasseurs, sous les ordres du Général Maucune) (La vie militaire du Maréchal Ney, t.3).

Le 10 Mai, Masséna arrivait à Valladolid et le 15 rencontre Ney à Salamanque.

Le 28 mai, Ney informe, depuis Salamanque, le Prince d'Essling des mouvements du 6e Corps dont les troupes se dirigent sur Ciudad-Rodrigo pour occuper les camps et cantonnements suivants :
- 1ère Division : Général Marchand; - 1ère Brigade : Général Maucune ;
6e Léger, 69e de Ligne, 3e de Hussards sont campés, la droite à Pedro de Toro, la gauche sur la direction de la Caridad (La vie militaire du Maréchal Ney, t.3).

Ciudad-Rodrigo, assaut
L'assaut sur la brêche de Ciudad-Rodrigo

Enfin, dans les premiers jours de juin, la place est investie. Le siège est long et terrible, la garnison, de 7000 à 8000 hommes, est bien approvisionnée, et les approches présentent d'autant plus de difficultés que le terrain, déjà difficile et accidenté, est défendu par une nombreuse artillerie. Les assaillants ne cessent de tirer toute la journée sur les canonniers. Le feu n'arrête qu'à la tombée de la nuit pour reprendre le lendemain, dès l'aube, avec une activité toujours plus grande.

Le 10 juillet, Ney informe le Prince d'Essling, des dispositions prises pour donner l'assaut, le jour même, entre 4 heures et 6 heures du soir,une breche ayant été faite dans les fortifications ennemies.

Dans le courant de l'après-midi, toutes les troupes du 6e corps prennent les armes. Trois unités d'attaque sont mobilisées : les Chasseurs de siège (unité speciale de tireurs d élite) sous les ordres du commandant Sprüngling, un Bataillon de Grenadiers du 69e de Ligne et un Bataillon de Voltigeurs du 6e Léger.

"Un peu avant 5 heures, Ney fait demander au Capitaine Sprünglin des hommes de bonne volonté (3 volontaires) afin de reconnaître le passage pour mieux s'assurer de l'état de la brèche devant les commandants de l'artillerie et du génie, en autorisant le capitaine à leur promettre la croix. A l'instant même plus de cent braves sortirent de leurs rangs. Le Capitaine Sprünglin en désigne trois : le Caporal Thirion, du 50e, le carabinier Bourbois et le Chasseur Bellezé, tous les deux du 6e Léger. En quelques secondes, ils gravissent les deux brèches, arrivent à la crête du second rempart et déchargent leurs armes sur l'ennemi; ils brandissent leurs shakos aux cris de "Vive l'Empereur", puis redescendent aux acclamations de toute l'armée que ce brillant trait de courage avait électrisée.
Les colonnes acclament ces braves et, exaltées par leur exemple, s'avancent au pas de charge; arrivent au pied de la brèche qu'elles se disposent à gravir ; c'est alors que le gouverneur arbore un drapeau blanc et se rend à discrétion
".

Le 25 Juillet, un combat à lieu sur la Coa entre le 6e Corps et les troupes anglaises du Général Crawfurd.

Les positions et l’encadrement du Régiment sont en juillet 1810 les suivantes (côte SHDT : us181007) :
Chef de Corps : AMY, Colonel; CHARRAS, Major; ROGER, Quartier-maître trésorier
Garnison - Dépôt à Phalsbourg - 4e Division militaire;
Conscrits des départements du Rhône - des Appenins - du Taro de 1810;
1er Bataillon : Chef de Bataillon Nion - Armée du Portugal - 6e Corps - 1ère Division;
2e Bataillon : Chef de Bataillon Delom - Armée du Portugal - 6e Corps - 1ère Division;
3e Bataillon : Chef de Bataillon Tascher;
4e Bataillon : Chef de Bataillon Frossard à Nantes - 12e Division militaire;
5e Bataillon au Dépôt.

Le 31 juillet 1810, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Maréchal Berthier, Major général de l'Armée d'Espagne : "Mon cousin, je vous renvoie les propositions du prince d'Essling pour les récompenses à accorder pour la prise de Ciudad Rodrigo. Faites-moi connaître le nom des individus cités soit dans les relations, soit dans les détails du siège, et proposez-moi pour eux des récompenses. Faites-moi connaître également quels étaient les régiments qui faisaient partie du siège ; ceux-là seuls ont droit à des récompenses.
Nap
ANNEXE
Armée de Portugal. 6e corps d'armée. État des demandes d'avancement ou d'admission dans la Légion d'honneur, en faveur des militaires qui se sont le plus distingués au siège de Ciudad Rodrigo

Désignation des corps

Décorations demandées

Observations
On propose aujourd'hui à Sa Majesté d'accorder par le décret ci- joint, à déduire sur cet état, les décorations suivantes :

De commandant

D'officiers

De légionnaires

6e régiment d'infanterie légère

 

3

12

2 id.

6

" (Correspondance générale de Napoléon, t.10, lettre 24175).

Le 10 août 1810, l'Empereur écrit, depuis Trianon, au Maréchal Berthier, Major général de l'Armée d'Espagne : "Mon cousin ... Mandez également que le cadre du 3e bataillon du 6e régiment d'infanterie légère ayant été fait prisonnier de guerre, il serait bon de renvoyer en France tous les officiers et sous-officiers en gardant ce qui reste de soldats pour renforcer les autres bataillons ; qu'au surplus le duc d'Elchingen peut faire à cet égard ce qu'il jugera le plus convenable ; seulement qu'il doit me faire connaître les motifs du parti qu'il prendra" (Correspondance générale de Napoléon, t.10, lettre 24289).

Le 19 août 1810, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre ... Je désire actuellement que vous me fassiez un rapport sur la manière de compléter à 1000 hommes les 4es bataillons du 51e, du 55e, et les 3es bataillons du 44e et du 6e léger, afin de pouvoir également disposer de ces bataillons pour renforcer leurs cadres ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.10, lettre 24356).

La place forte d'Almeida, dans la région de Beira, ne se trouve qu'à 35 km de Ciudad Rodrigo. C'est encore le 6e Corps de Ney qui est chargé de la besogne, dans des conditions aussi difficiles que le premier siège. La place tombe le 26 août.

Puis c'est l’entrée au Portugal. Le Capitaine Marcel raconte : "L'armée, forte de 60000 fantassins et de 12000 cavaliers, se mit en route le 15 septembre, les 6e et 8e corps par Colorico et Viseu, le 2e corps par Guarda. Nous traversâmes d'abord de superbes vallées, des villages magnifiques, mais il nous fut impossible d'apercevoir un habitant; nous en eûmes l'explication en trouvant sur les murs des proclamations du roi de Portugal enjoignant à tous les bourgeois et paysans d'évacuer les villes et villages, sous peine de mort" ("Campagnes du Capitaine Marcel").

Pendant que se déroulait l’entrée au Portugal des deux premiers Bataillons (le 3e étant reparti s’organiser), se montait un nouveau Corps de renforts pour l’Armée d’Espagne : le 9e Corps, mis sous les ordres du Général Drouet d’Erlon qui s’organisait autour de Valladolid. Parmi les effectifs, le 4e Bataillon du 6e Léger venu d'Allemagne (et de l'ex Corps d'Oudinot , voir le chapitre suivant) dans la 2e Division de cette armée et qui était en route pour Bayonne dans une demi brigade provisoire.

Masséna ne reprend sa marche vers Lisbonne que le 15 Septembre 1810. Ses ordres sont d'attendre la fin des grosses chaleurs et surtout des récoltes. Il en profite pour se procurer de quoi approvisionner son armée. D'autant que les Anglais ont décidé de pratiquer la "terre brulée" en se retirant progressivement vers leur base de Torres Vedras.

Masséna prend la direction de Coimbra en passant par Viseu où il s'arrête plusieurs jours pour rallier ses effectifs et réparer ses caissons. La route suivie, au nord du Mondego, passe par Bussaco, une excellente position défensive en hauteur où Wellington a décidé d'attendre les Français avec ses Anglo-portugais.

Ciudad-Rodrigo, assaut
L'assaut sur Bussaco, septembre 1810

Au matin du 26, le 2e Corps entre en contact avec les défenses anglaises. Masséna tombe dans le piège d'une attaque frontale au lieu de contourner les positions anglo-portugaises.

"Le 27 septembre le 2e corps commença l'attaque et vint se briser contre ces rochers défendus par soixante mille Anglo-Portugais, quatre-vingts canons et à l'abri de nos feux. Le 6e corps le remplaça et la 1re division eut ordre de gravir la montagne. Elle commença son mouvement en colonne par section, mais arrivée à mi-côte elle fut assaillie par un feu convergent d'artillerie et de mousqueterie" (Notice biographique sur M. le Général Baron Fririon).

Le Capitaine Marcel raconte : "La brigade avait à escalader des rochers escarpés et à traverser des genêts piquants et presque impénétrables qui couvraient la montagne, sous le feu des Anglais tranquillement installés au sommet : les deux régiments marchaient à la même hauteur et une lutte s'établit bientô entre les soldats du 69e et ceux du 6e léger pour arriver les premiers. Nous parvînmes promptement au pied des masses ennemies et fîmes halte sous un feu roulant qui était assez gênant : malgré les pertes, mes voltigeurs, échauffés, criaient aux Anglais : "Hé ! les Goddem, attendez-nous un instant pour le déjeuner à la fourchette ! " Mais, chose inconcevable, nous nous aperçûmes à ce moment que la brigade n'était pas soutenue; je vis de suite que l'affaire était manquée : à notre droite la division Simon du 8e corps, déjà parvenue au sommet de la montagne et également non soutenue, redescendait les pentes sous un feu terrible d'artillerie et devant l'attaque d'une colonne anglaise quatre fois supérieure" ("Campagnes du Capitaine Marcel").

Le 6e Léger, qui se trouve en tête de la Division, écrasé par le feu terrible de l'ennemi, est obligé d'arrêter sa marche et de se reformer dans un bois situé sur sa droite. Plusieurs assauts sont repoussés aux prix de très lourdes pertes. Le Colonel joseph Amy, du 6ème Léger, ainsi que de nombreux Officiers et soldats du Régiment sont tués.

Masséna se rend compte que la position est imprenable et, le lendemain, décide de la tourner.

Le 1er octobre, l'avant-garde de l'armée de Masséna arrive devant Coïmbra.

Les positions du Régiment sont les suivantes en octobre 1810 (côte SHDT : us181010) :
Chef de corps : en cours de remplacement; CHARRAS, Major; ROGER, Quartier-maître trésorier;
Garnison - Dépôt à Phalsbourg - 4e Division militaire;
Conscrits des départements du Rhône - des Appenins - du Taro de 1810;
1er Bataillon : Chef de Bataillon Nion - Armée du Portugal - 6e Corps - 1ère Division;
2e Bataillon : Chef de Bataillon Delom - Armée du Portugal - 6e Corps - 1ère Division;
3e Bataillon : Chef de Bataillon Tascher à Phalsbourg;
4e Bataillon : Chef de Bataillon Frossard - Armée d'Espagne - 9e Corps - 2e Division;
5e Bataillon au Dépôt.

A Coimbra, le 1er Octobre, les Français trouvent un peu de vivres. Entre Coimbra et les Lignes de Torres Vedras, quelques affrontements éclatent entre les troupes françaises les plus avancées et l'arrière de l'armée de Wellington. Les combats les plus significatifs ont lieu près de Pombal et d'Alenquer. Le 11 octobre, l'avant-garde française aperçoit les Lignes de Torres Vedras.

Le 6 octobre 1810, l'Empereur adresse, depuis Fontainebleau, au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, à Paris, une Note sur l'organisation des armées; concernant l'Armée d'Allemagne, il écrit : "… 1er corps : le 7e d'infanterie légère formerait quatre bataillons ; le 13e, quatre ; le 15e, quatre (le 4e bataillon de ce régiment, étant en Espagne, serait remplacé par le 3e bataillon du 6e léger) ..." (Correspondance de Napoléon, t.21, lettre 17000 ; Correspondance générale de Napoléon, t.10, lettre 24816).

Le Capitaine Marcel raconte : "Le 18 octobre, le 69e et le 6e léger allèrent occuper le village de Villanueva où l'on resta un mois à végéter; le vin était en abondance mais le pain si rare que, comme bien d'autres, je fus dix-sept jours sans en voir. On fit un peu de mauvais pain avec du maïs, mais ces ressources furent bientô épuisées. Il y avait en même temps impossibilité d'attaquer l'ennemi, qui avait couvert de redoutes et de forts retranchements les deux lieues qui nous séparaient de la capitale du Portugal; la montagne à pic qu'occupaient les Anglais, s'appuyait d'un côé à la mer et de l'autre au Tage, qui, grossi par les pluies, avait près de trois lieues de largeur : il était inutile d'essayer de tourner la position" ("Campagnes du Capitaine Marcel").

Constatant, au bout de plusieurs semaines, que sa situation d'assiégeant des lignes anglo-portugaises est sans issue favorable, Masséna envoie le Général Foy en France discuter de la situation militaire avec l'Empereur, et recule ses positions sur Santarem et Punhete pour mieux hiverner à la mi-Novembre, suivi mollement par les Anglais. Le 2e Corps de Reynier s'établit à Santarem et entreprend des travaux pour s'y retrancher. Les deux autres Corps de l'Armée font de même, regroupés autour de Thomar pour celui de Ney et de Torres Novas pour celui de Junot.

L'arrivée d'une Division du 9e Corps, menée par le Général Drouet en personne, fin Décembre, est saluée par des cris de joie. Ces renforts et ceux amenés par le Général Foy à son retour, portent l'Armée du Portugal à 55.000 hommes, mais c'est trop peu encore pour tenter une action décisive et Masséna espère l'arrivée du 5e Corps, alors sous les ordres de Soult.

LA CAMPAGNE DE 1809 DU 4EME BATAILLON A LA DIVISION OUDINOT

Pendant que le gros du Régiment était en Espagne, le 4e bataillon avait été peu à peu mobilisé pour entrer dans la nouvelle Division Oudinot. En janvier 1809, sous les ordres du Chef de Bataillon Nion, les Carabiniers et Voltigeurs étaient à Hanau dans la Division Oudinot, à la Réserve de l’Armée du Rhin, tandis que les Fusiliers étaient au Dépôt à Phalsbourg.

L’Autriche se réarmait, profitant des ennuis de Napoléon en Espagne, mais celui-ci pouvait combattre sur deux fronts ; aussi il préparait ses troupes en Allemagne avec minutie.

Dès le 5 décembre 1808, l'Empereur écrit, depuis Chamartin, au Général Lacuée, Directeur des Revues et de la Conscription militaire, à Paris : "Mon intention est de renvoyer les compagnies de grenadiers et de voltigeurs des 4es bataillons des régiments qui font partie de l'armée du Rhin à leurs régiments, pour former le cadre des 4es bataillons, et d'augmenter insensiblement ces 4es bataillons des quatre autres compagnies, de manière que l'armée du Rhin, qui est composée de vingt et un régiments, le soit de quatre-vingt-quatre bataillons ; ce qui, avec les huit bataillons qui forment le corps des villes hanséatiques, fera quatre vingt-douze bataillons, ou un effectif de près de 78,000 hommes, et, avec la cavalerie et l'artillerie, près de 110,000 hommes. Le corps d'Oudinot ne serait plus alors composé que des compagnies de grenadiers et voltigeurs des régiments ci-après, savoir : 6e, 9e, 16e, 25e, 27e, 17e, 21e, 24e, 26e, 28e d'infanterie légère ; 8e, 95e, 96e, 4e, 18e, 40e. 64e, 88e, 27e, 39e, 45e, 59e, 69e, 76e, 24e, 54e, 63e, 94e d'infanterie de ligne. Mon intention serait que les compagnies restant des 4es bataillons de ces corps y fussent réunies ; ce qui compléterait vingt-huit bataillons. J'y joindrais les 4es bataillons des 46e, 28e, 50e, 75e, 100e et 103e ; ce qui porterait ce corps à trente-quatre bataillons, qui, à 840 hommes chacun, feraient près de 30,000 hommes. Pour compléter le nombre de 30,000 hommes, j'y réunirais les bataillons des tirailleurs du Pô et des tirailleurs corses ; j'en formerais trois divisions de douze bataillons chacune ; ce qui ferait un beau corps qui pourrait, si cela était nécessaire, renforcer l'armée du Rhin et la porter à 140,000 hommes, laissant les 4e, 46e, 18e de ligne, 24e et 26e légers, ce qui fait cinq régiments, pour la défense du port de Boulogne et de la Bretagne, et me laissant ainsi la faculté de diriger sur l'Allemagne les 4es bataillons des 48e, 13e, 108e, etc ..." (Correspondance de Napoléon, t.18, lettre 14535 ; Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 19446).

En Février 1809, les Carabiniers et Voltigeurs du 4e Bataillon du 6e Léger sont à la Division Oudinot : 1ère Division Claparède, 1ère Brigade, 1ère Demi-brigade Légère avec des détachements du 24e et du 25e Léger. Ils vont être renforcés par des Bataillons de marche (le 6e Léger au 1er Bataillon de marche).

Le 13 février 1809, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la guerre : "Monsieur le général Clarke, le corps du général Oudinot, au lieu d’être partagé en trois divisions, ne le sera qu’en deux. À cet effet, la 3e demi-brigade légère et la 4e demi-brigade de ligne feront partie de la 1re division ; la 5e et la 6e demi-brigade de ligne feront partie de la 2e division. Le général Claparède commandera une de ces deux divisions. Comme il paraît que chaque corps ne pourra fournir que deux compagnies de fusiliers au grand complet, jusqu’à ce que la conscription de 1810 ait complété les cadres, chaque bataillon ne sera que de 560 hommes, chaque demi-brigade de 1 680 hommes, chaque division de 10 000 hommes, et le corps entier de 20 000 hommes. Lorsque les 5e et 6e compagnies de fusiliers pourront être envoyées, je verrai si je dois former une 3e division, ou laisser seulement le corps à deux divisions.
Donnez, en conséquence, l’ordre que la 1re et la 2e compagnie de fusiliers du dépôt du 6e d’infanterie légère qui est à Phalsbourg en partent pour se rendre à Strasbourg ; ordre que la 1re et la 2e compagnie de fusiliers du dépôt du 24e d’infanterie légère qui est à Metz, et la 1re et la 2e compagnie de fusiliers du dépôt du 25e légère qui est à Verdun, se rendent également à Strasbourg. Ces 6 compagnies de fusiliers complétées à 140 hommes par compagnie formeront le 1er bataillon de marche du corps du général Oudinot ... Ces douze bataillons de marche seront réunis du 1er au 15 mars à Strasbourg. Vous donnerez ordre que chacune de ces compagnies soient complétées à 140 hommes.
Donnez ordre que les dépôts fournissent à chaque homme une capote et 3 paires de souliers, dont deux dans le sac et une aux pieds ... J’ai donné ordre au corps du général Oudinot de se réunir à Augsbourg
" (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20016).

Situation de la Division Oudinot au 9 mars 1809 (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20309) :

Divisions

Brigades

1/2 Brigades

Bataillons

Présents
Situation des grenadiers et voltigeurs réunis

Détachements tirés des conscrits de la Garde

Compagnies de fusiliers formant les 12 premières compagnies de marche

Détachement formant le 13e bataillon de marche

Totaux

Manque au complet de 560 par brigade

Excédent sur le complet

Par bataillon

Par 1/2 brigade

1ère division général Claparède

1re brigade le général

1re 1/2 brigade d'inf. légère Major Boidot

6e d'inf. légère

24e d'inf. légère

25e d'inf. légère

244

161

230

40
50


60
40

90

125

100

212

264

200

546

550

530



1626

14

10

30

En avril 1809, on retrouve les 4 Compagnies du 6e Léger à la 1ère Division Tharreau, Brigade Conroux, 1ère (6e, 24e, 25e Légers) et 3e Division légère (9e, 16e, 27e Légers). La brigade Conroux est affectée au 2e Corps d’Armée aux ordres de Lannes.

La grande partie du Corps d'Oudinot combat à Bied et Ebesberg le 3 mai 1809.

Au moment de la bataille d'Essling (20-22 Mai 1809), les soldats d'Oudinot se couvrent de gloire en défendant le village du même nom. Lannes, mortellement blessé, est alors remplacé directement par Oudinot. Les Français repassent le Danube et se fortifient dans l'ile Lobau.

Les hommes du 6e Léger participent aussi à la bataille de Wagram en tenant avec acharnement la droite de Deutsch-Wagram contre les Autrichiens, permettant à Davout d'effectuer un mouvement tournant. Le 4ème Bataillon aura de nombreux blessés entre les deux batailles d'Essling et Wagram.

Le 17 juillet 1810, l'Empereur écrit, depuis Rambouillet, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, donnez ordre au dépôt du 6e d'infanterie légère qui est à Phalsbourg de faire partir un détachement de 150 hommes pour se rendre à Lorient et être incorporé dans le 4e bataillon de ce régiment ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.10, lettre 24040).

Le 4 janvier 1811, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, je désire lever la conscription. Proposez-moi un état de situation de l'armée au 1er janvier, qui puisse me servir de base pour le recrutement. Mon intention est d'employer 30 000 hommes de la conscription de l'année à recruter, les 16 régiments du corps du prince d'Eckmühl et tous les régiments qui ont leurs bataillons de guerre en France, en y joignant les 2 bataillons du 5e d'infanterie légère, les 3e et 5e du 6e léger, et les 4e et 5e du 1er léger ; en formant un 6e bataillon au 15e léger, 25e de ligne, 19e, 2e, 37e, 46e, 56e et 93e de ligne, ce qui ferait 8 nouveaux bataillons. On joindrait également les 4e et 5e bataillons du 51e, les 3e et 4e du 44e, les 3e et 4e du 113e et les 3e et 4e du 55e. Tout cela ferait un total de 154 bataillons que mon intention est d'avoir au complet de 140 hommes par compagnie. J'emploierai 20000 hommes à porter l'armée d'Italie au grand complet ; et enfin 35000 hommes à porter au complet les 131 cinquièmes bataillons, ce qui fera l'emploi de 85000 hommes ...
Par ce moyen, j'aurais 9 armées que je composerais selon les circonstances et qui m'offriraient 154 bataillons pour l'armée d'Allemagne, 100 bataillons pour l'armée d'Italie, et enfin une armée de réserve de 131 5es bataillons. J'emploierais la conscription de 1812, que j'évalue à 120000 hommes, à recruter 150 bataillons des cadres de l'armée d'Espagne que je ferais venir en France, ce qui me ferait une 4e armée. En supposant donc qu'il dut y avoir guerre en 1812 j'aurais disponibles pour le continent près de 550 bataillons complétés.
Je désire que les états que vous me présenterez soient faits dans l'ordre suivant :
1° le corps du prince d'Eckmühl
2° les régiments qui sont en France
3° tous les corps qui sont au-delà des Alpes soit de l'armée d'Italie, soit de l'armée de Naples, soit des divisions militaires, sans parler de composition d'armées sur lesquelles il est impossible de rien arrêter actuellement
" (Correspondance générale de Napoléon, t.10, lettre 25633).

ESPAGNE, 1811-1812

- 1811

En janvier 1811, les positions du Régiment sont les suivantes ; les 1er, 2e et 4e Bataillons sont en ligne au Portugal dans les 6e et 9e Corps (côte SHDT : us181101) :
Chef de corps : MOLARD, Colonel; CHARRAS, Major; ROGER, Qquartier-maître trésorier;
Garnison - Dépôt à Phalsbourg - 4e Division militaire;
Conscrits des départements du Rhône - des Appenins - du Taro de 1810;
1er Bataillon : Chef de Bataillon Nion - Armée du Portugal - 6e Corps - 1ère Division;
2e Bataillon : Chef de Bataillon Delom - Armée du Portugal - 6e Corps - 1ère Division;
3e Bataillon : Chef de Bataillon Tascher à Phalsbourg;
4e Bataillon : Chef de Bataillon Frossard - Armée d'Espagne - 9e Corps (Drouet d’Erlon) - 2e Division Conroux, 1ère Brigade Gérard;
5e Bataillon au Dépôt.

Les soldats sont en loques, ayant été obligés de subsister dans des conditions très difficiles, en réparant les tenues avec toutes sortes de draps, et utilisant des espadrilles en guise de chaussures. Lemonnier pourra écrire : "C'était des troupes d'arlequins, tant la diversité de couleurs de capotes et de pantalons sautait aux yeux".

Masséna a reçu l'ordre d'essayer de s'emparer d'Abrantes ; s’il commence bien ses préparatifs fin Janvier 1811, la disette qui sévit dans son armée lui fait évoquer une retraite. Las, le Général Foy, de retour, rapporte des instructions de l'Empereur d'offensive qui serait soutenue par Soult (Armée d'Andalousie) et Mortier (5e Corps) ou, au minimum, de maintenir ses lignes pour "épuiser" l'ennemi. Mais de fait, c'était l'armée de Masséna qui s'étiolait et l'armée anglo-portugaise qui se renforçait et consolidait ses positions.

En Janvier, Soult, s'il a bien quitté son Andalousie, pousse une pointe en Estrémadure, enlève Olivenza et fait le siège de Badajoz dont il s'emparera seulement le 10 Mars.

Masséna, vu l'état de ses troupes, décide finalement de retraiter, sa situation devenant intenable et sans résultats. Dans la journée du 1er mars, le Prince d'Essling envoie de Torres Novas, aux commandants de Corps d'armée, ainsi qu'aux chefs des grands services, l'ordre de marche sur Pombal, Anciao et Espinhal, dans une région où il espère pouvoir nourrir l'armée au moyen des ressources locales. Le 6e Corps, auquel sont adjointes la Division Conroux, du 9e Corps, et la Division de cavalerie Montbrun, doit faire l'arrière-garde générale.

Le départ du 6e Corps est fixé au 8 mars, pour aller prendre position, le même jour, à Casal dos Ovos et, le lendemain 9 mars, près de Pombal (La vie militaire du Maréchal Ney, t.3).

Ney couvre avec brio l'arrière garde et doit livrer des combats à Pombal, Rehinda, puis à Foz d'Arounce contre les Anglais qui se sont lancés à notre poursuite.

Reynier rejoint Masséna à Miranda do Corvo, puis ils poursuivent leur marche vers Celorico qui est atteint le 21.

Masséna décide de gagner l'Espagne par Coria et Plasencia. Ney refuse et veut passer plus au Nord. Masséna le démet de son commandement du 6e Corps qui est remis au Général Loison. On doit signaler aussi des désobéissances de la part de d'Erlon et de Reynier qui désorganisent le plan de Masséna.

Wellington, qui talonne les Français, pense pouvoir détruire le 2e Corps à Sabugal le 3 Avril, mais les Français résistent bien sous une pluie battante et du brouillard. La retraite peut se poursuivre. L'Armée du Portugal se regroupe finalement autour de Salamanque et se remplume. Elle compte encore 39.000 combattants.

Le 4 avril 1811, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Prince de Neuchâtel et de Wagram, Major général de l'Armée d'Espagne, à Paris : "Mon Cousin, l'armée du Portugal sera partagée en six divisions, savoir :
1re division : le 6e léger, les 39e, 76e et 69e de ligne ...
Vous ferez connaître au maréchal prince d'Essling qu'il doit faire tous ces mouvements en temps opportun ; lui seul doit en avoir connaissance. Il peut même y faire les changements qu'il jugera indispensables. Vous lui ferez connaître que mes principaux motifs pour mettre tels ou tels régiments ensemble, c'est qu'ils ont leurs dépôts dans la même division ; ce qui doit faciliter la formation des régiments de marche à envoyer pour les recruter
" (Correspondance de Napoléon, t.22, lettre 17562 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 26505).

Les Anglo-portugais ont suivi les Français dans leur repli et désormais le seul point encore entre leurs mains au Portugal est la forteresse d'Almeida, rapidement entourée par la Division Campbell depuis le 7 Avril. Masséna, dont les subordonnés sont de plus en plus désobéissants, demande l'aide de Bessières pour refaire ses forces, délivrer la garnison et y établir une tête de pont.

Au milieu d'Avril, il pleut, et les Bataillons français ont énormément de mal à se fournir en vivres. Cependant, Masséna concentre ses meilleurs éléments des 2e, 6e, 8e, et 9e Corps et la cavalerie de Montbrun autour de Ciudad Rodrigo en vue de l'offensive future.

En avril 1811, la situation du Régiment est la suivante (côte SHDT : us181104) :
Chef de Corps : MOLARD, Colonel; CHARRAS, Major; ROGER, Quartier-maître trésorier;
Garnison - Dépôt à Phalsbourg - 4e Division militaire;
Conscrits des départements du Puy de Dôme - des Forêts de 1811;
1er Bataillon : Chef de Bataillon Nion - Armée du Portugal - 6e Corps - 1ère Division;
2e Bataillon : Chef de Bataillon Delom - Armée du Portugal - 6e Corps - 1ère Division;
3e Bataillon : Chef de Bataillon Tascher à Phalsbourg;
4e Bataillon : Chef de Bataillon Frossard - Armée d'Espagne - 9e Corps - 2e Division;
5e Bataillon au Dépôt.

Le 23 avril 1811, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, vous recevrez le décret par lequel j'ai réglé la formation des 6es bataillons de l'armée d'Allemagne. J'ai changé les éléments de cette formation ...
Quant à l'infanterie légère, j'ai d'abord ôté de la liste le 23e qui a ses 3e et 4e bataillons en France et qui doit les fournir à l'armée.
J'ai également ôté le 6e d'infanterie légère qui a son 4e bataillon en France ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 26814".

Bessières arrive enfin le 1er Mai, entouré seulement d'une poignée d'hommes de la cavalerie de la Garde, qu'il refusera d'ailleurs de faire intervenir. Wellington, anticipant les intentions de Masséna, décide de l'attendre à Fuentes de Onoro.

La bataille fera rage entre le 3 et le 5 Mai 1811 et restera indécise, bien que Wellington ne soit pas passé loin de la rupture et qu'un effort supplémentaire eut emporté la victoire pour les Français. Fatigué et moralement atteint, Masséna se replie une nouvelle fois sur Salamanque où il apprend par Bessières sa disgrâce et son remplacement par Marmont.

Le 6e Léger s’est fait étriller pendant la bataille, mais c’est aussi un Chasseur du Régiment (Tillet) qui a pu traverser les lignes ennemies et prévenir la garnison d’Almeida d’avoir à evacuer la place après l'avoir détruite et de rallier les forces de Masséna. Ce qui fut fait avec succès.

Le 24 mai 1811, l'Empereur écrit, depuis Caen, au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, à Paris : "Je vous envoie cinq états pour vous servir de direction dans un rapport que vous me ferez au 15 juin, pour donner une nouvelle organisation, au 1er juillet, aux différents corps d'observation ...
CORPS D'OBSERVATION DE RÉSERVE. — Ce corps sera créé conformément au n° 4 ...
Je n'ai pas besoin de vous dire que vous ne devez donner aucun ordre, faire aucun mouvement en conséquence de ces états, mais que vous devez vous borner à me faire un rapport général au 15 juin, époque à laquelle vous me demanderez en même temps mes ordres ...
CORPS D'OBSERVATION DE RÉSERVE.
Il sera créé un corps d'observation de réserve ...
Il y aura à la suite du corps de réserve six brigades de marche, composées de la manière suivante :
... La 6e brigade sera composée de deux compagnies des 6e et 3e légers, 42e et 7e de ligne, et de quatre compagnies de marche italiennes, fournies par chacun des régiments italiens. Cette brigade, formant deux bataillons ou 1,600 hommes, se réunira à Turin et sera commandée par un major en second ...
Au 15 juin, le ministre me proposera d'ordonner les mouvements pour la formation de ces brigades, en me faisant connaître ce que chaque dépôt pourra fournir en officiers, sous-officiers et soldats ...
" (Correspondance de Napoléon, t.22, lettre 17247 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27150).

Marmont vient prendre son poste fin mai.

"Le maréchal Marmont avait ramené l'armée à Salamanque et profitant de la latitude que lui avait donnée l'Empereur, l'avait réorganisée en six divisions. Le général Foy eut le commandement de la 1re division comprenant les 39e, 69e et 76e régiments de ligne et le 6e d'infanterie légère (Note : Il n'y avait pas au début de généraux de brigade à la 1re division. Les généraux Boyer et Chemineau furent appelés dans la suite à prendre le commandement des deux brigades)" (Girod de l'Ain, Vie militaire du Général Foy, page 145.

Marmont, d'après les instructions de l'Empereur, doit se réunit à Soult, qui opère au Sud de la Guadiana en vue de débloquer Badajoz, assiégé par Beresford. On quitta Samalanque pour se porter sur Plasencia et Almaraz.

Le 17 juin 1811, les Maréchaux Marmont et Soult (Armées de Portugal et du Midi) effectuent leur concentration à Truxillo, entre le Tage et la Guadiana; de là, les deux armées marchent sur Campomajor, menaçant ainsi de couper à Beresford sa ligne de retraite en Portugal. Wellington, qui a renforcé Beresford et pris le commandement, n'attend pas l'attaque des Français; il se retire vers les bouches du Tage.

Au Sud, en Andalousie, les affaire de Soult n'étaient pas si florissantes (siège interminable de Cadix, bataille de la Albuera); une fois la garnison de Badajoz délivrée chacun retourne dans son périmètre, Soult en Andalousie et Marmont dans la vallée du Tage, entre Talavera et Alcantara, pour pouvoir surveiller à la fois Badajoz et Ciudad Rodrigo.

"Bientôt les vivres recommencèrent à manquer et il fallut chaque jour envoyer un détachement chercher des grains : encore n'en distribuait-on que le quart, ce qui fit que les soldats appelèrent le général Foy "le général au quart". Soit résultat des fatigues, soit par le fait de l'eau détestable que l'on était obligé de boire, une épidémie terrible de fièvre s'abattit sur l'armée. Peu de monde mourait, fort heureusement, mais nous étions fort mal, couchés sur de mauvais grabats, n'ayant d'autre nourriture que des fèves sèches, du pain détestable, et dans l'impossibilité de nous procurer du vin ou une nourriture réconfortante – (GIROD DE L'AIN, Vie militaire du général Foy, p. 148)" ("Campagnes du Capitaine Marcel").

Wellington, enhardi, s'avance jusqu'à Ciudad-Rodrigo, qu'il investit de nouveau dans les premiers jours de septembre.

Le 22 septembre 1811, l'armée du Nord, sous les ordres du Général Dorsenne, qui a opéré jusque-là dans les Asturies, vient renforcer Marmont à Tamamès. Celui-ci se porte contre Wellington qui lève le siège de Ciudad-Rodrigo, et se replie sur Sabugal, dans des positions si fortes qu'on n'ose l'y attaquer. Marmont revient dans les environs de Salamanque, où il prend ses quartiers d'hiver. Le 3e Bataillon du 6e Leger revient en Espagne et le 4e Bataillon vient se joindre aux trois premiers.

En octobre 1811, la situation du Régiment est la suivante (côte SHDT : us181107) :
Chef de Corps : MOLARD, Colonel; CHARRAS, Major; ROGER, Quartier-maître trésorier
Garnison - Dépôt à Phalsbourg - 4e Division militaire;
Conscrits des départements du Puy de Dôme - des Forêts de 1811;
1er Bataillon : Chef de Bataillon Nion - Armée du Portugal - 1ère Division;
2e Bataillon : Chef de Bataillon Jaune - Armée du Portugal - 1ère Division;
3e Bataillon : Chef de Bataillon Tascher;
Observations : octobre 1811 : en route pour Vitoria;
4e Bataillon : Chef de Bataillon Frossard - Armée du Portugal - 1ère Division.

- 1812

En janvier 1812, l'Armée du Portugal cantonne sur le Douro aux environs de Salamanque. Ce mouvement de retraite amène la perte de deux places importantes : Ciudad Rodrigo (en Janvier) et Badajoz (en Avril) qui tombent aux mains de Wellington.

Napoléon écrit, le 5 février 1812, au Général Mathieu Dumas : "Le 4eme bataillon du 6eme Léger et du 17e Léger font partie des 3 régiments provenant de l'Armée du Portugal. Ils sont actuellement en Navarre. Il est donc impossible que les cadres rentrent en France ...".

Le commandement général de toutes les forces françaises a été hélas confié au Roi Joseph en Mars. L'Armée du Portugal de Marmont, environ 55.000 hommes, est organisée en 8 Divisions. Les 1er, 2e et 4e Bataillons du 6e Léger font partie de la 1ère Division Foy. Tandis que le 3e Bataillon est dans le Nord de l’Espagne dans le 4e Gouvernement (QG à Vitoria).

Napoléon, qui a d’autres projets vers la Russie, commence à évacuer des troupes d’Espagne pour renforcer ses arrières. Le 4e Bataillon doit repartir en avril pour la Francepour former en Allemagne une 17e Demi-brigade provisoire avec le 4e Bataillon du 25e Léger et le 4e Bataillon du 29e Léger. Cette Demi-brigade va être incoporée au 11e Corps d'Augereau, 2e Division de Réserve (puis 30e Division) Heudelet, au milieu de l’année.

Les positions du Régiment sont donc les suivante en avril 1812 (côte SHDT : us181204) :
Chef de Corps : MOLARD, Colonel; CHARRAS, Major; ROGER, Quartier-maître trésorier
Garnison - Dépôt à Phalsbourg - 4e Division militaire;
Conscrits des départements de l'Aube de 1812;
1er Bataillon : Chef de Bataillon Nion - Armée du Portugal - 1ère Division;
2e Bataillon : Chef de Bataillon Jaune - Armée du Portugal - 1ère Division;
3e Bataillon : Chef de Bataillon Elambert - Armée d'Espagne - 4e Gouvernement;
4e Bataillon : Chef de Bataillon Frossard, le cadre en route pour entrer en France;
5e Bataillon au Dépôt.

L’Armée française (et la population civile) crève littéralement de faim durant tout ce début de l’année 1812, allant jusqu’à manger des chardons …

Des combats d’avant-postes ont lieu avec les Britanniques sur de petits points fortifiés. Le Capitaine Marcel raconte : "... à Truxillo, l'ennemi était parti le matin, nous dit-on, et avait pris la route de Medelina. On le poursuivit encore une journée et, reconnaissant l'inutilité de ce mouvement, on s'arrêta et on fit séjour le 25 mai : nous faisions sécher du seigle qui n'était pas encore mûr et nous le dévorions pour calmer la faim qui nous déchirait.
Un capitaine du 6e léger obtint l'autorisation d'aller porter de l'argent à un de ses camarades qui avait été fait prisonnier de guerre dans un des forts de Lugar-Nuevo. A son retour, cet officier nous donna des détails sur la manière dont l'attaque avait eu lieu. La garnison du fort qui se trouvait sur la rive gauche du Tage, se composait de deux compagnies du 6 e léger et de deux compagnies du 39e, soit, en tout, 350 hommes : c'était suffisant pour garder l'enceinte. Vers le soir, l'ennemi parut sur les mamelons environnants : tout le monde prit les armes et repoussa vigoureusement ceux qui s'approchaient de trop près. A une heure du matin, deux régiments anglais vinrent en masse jusqu'aux bords du fossé de la première enceinte. Les soldats du 6e léger se battirent comme des lions : les officiers faisaient le coup de feu et maniaient la baïonnette comme les simples fusiliers : à peine les Anglais étaient-ils repoussés sur un point qu'ils couraient à un autre endroit, toujours encourageant leurs hommes avec ce sang-froid et ce calme qui caractérisent l'officier français. Une telle réception avait commencé à rebuter fortement messieurs les Anglais, lorsqu'une panique se déclara parmi les grenadiers du 39e qui abandonnèrent lâchement leur poste, coupèrent les cordes du pont-levis et allèrent se jeter avec tant de confusion dans un bateau amarré au bord du Tage que le bateau chavira et presque tous périrent; l'ennemi revint alors à la charge et, trouvant le fort ouvert, y entra facilement. Les braves officiers du 6e léger furent tous blessés. Le major Aubert du 24e léger, qui commandait en chef, reçut quatre coups de baïonnette et trois coups de feu; il s'était placé sur le pont-levis baissé par les lâches du 39e et traversait de son épée tous les Anglais qui se présentaient. Deux vieux sergents du 6e léger, après s'être battus aussi vaillamment que leurs officiers, se firent sauter la cervelle plutô que de se rendre. Ces braves compagnies du 6e léger qui, depuis dix ans, étaient de brigade avec nous, réclamaient, au moment de l'assaut, les officiers et les soldats du 69e ...
".

Le 13 Juin, Wellington passe l'Agueda et 3 jours plus tard se retrouve devant Salamanque. Marmont évacue la ville, laissant de petits contingents dans des forts dont les Anglais vont mettre dix jours à s'emparer.

Français et Anglo-portugais vont alors stationner chacun sur une des rives du Douro. Marmont décide alors de repasser le fleuve et d'affronter les Anglais avec ses 8 Divisions d'infanterie et ses deux de cavalerie. Le premier engagement a lieu le 18 Juillet, à l'aile nord de l'Armée du Portugal commandée par Clauzel à Castrillo. Les Français sont repoussés par les Britanniques. Les dégâts sont lourds de deux cotés.

Puis les deux armées marchent parallèlement pour se mettre en place sur le champ de bataille choisi. Les adversaires vont combattre face à face aux Arapiles, le 22 Juillet, au Sud Est de Salamanque, et le combat se terminera par une défaite française. Les forces de Marmont se font saigner à blanc par l'opiniâtreté des Britanniques et Portugais.

Marmont, blessé également, le Général Clauzel a pris le commandement et va sauver les restes de l'armée en menant une retraite efficace. Les Divisions Ferrey et Foy sont les dernières réserves non entamées par la bataille : elles vont couvrir le repli en manœuvrant. Le Colonel Molard du 6e Léger est mortellement atteint; il succombera, prisonnier des Anglais, quelques jours plus tard. Sont blessés les Capitaines Guillaumet, Philippe, Poulain, Ried, Rouhault.

"Le 23 juillet 1812, l'armée, repassant la Tormès au pont d'Alba, se retira sur Penaranda. Avant d'arriver à une position qu'elle allait atteindre, l'arrière-garde fut chargée par 18 escadrons anglais, qui entrèrent dans deux masses que formaient deux bataillons du 6e léger et du 76e de ligne. Le 2e bataillon du 69e, formé en carré par le colonel Guimand, les arrêta par un feu nourri et bien dirigé : il causa de grandes pertes à l'ennemi, qui eut plus de 200 chevaux tués à la baïonnette.
Dans cette occasion, le 69e sauva, par sa fermeté, l'artillerie de la division qui allait tomber entre les mains de l'ennemi
" (Extrait des documents officiels).

Le Capitaine Marcel précise : "Nous pensions d'abord que cette cavalerie ne voulait qu'attaquer les dragons et ramasser les traîneurs, mais nos cavaliers firent demi-tour et les Anglais chargèrent le bataillon du 76e dont les soldats s'étaient éparpillés pour boire dans le ruisseau : presque tous furent faits prisonniers. Ils se jetèrent ensuite sur le 6e léger qu'ils mirent dans le plus grand désordre : la plupart des officiers de ce régiment avaient été envoyés dans les hameaux environnants pour faire rentrer les soldats qui y étaient allés en grand nombre chercher des vivres, de sorte qu'aucun mouvement ne put être exécuté. Notre bataillon n'avait pas eu le temps de former le carré, mais s'était tellement serré en masse que les cavaliers ne purent l'enfoncer et se contentèrent de sabrer quelques soldats. Je me trouvais presque à l'extérieur et je reçus encore un coup de sabre sur le bras droit. Les Anglais espéraient sans doute traverser ainsi toute notre armée; ils continuèrent leur course mais, arrivés sur le plateau, se trouvèrent en présence de notre 2e bataillon tout disposé pour les recevoir : le calme et le silence étaient tellement bien observés que le feu de deux rangs sur toutes les faces du carré ne fut commandé qu'au moment où les cavaliers étaient sur les baïonnettes et il fut exécuté avec la même précision qu'à l'exercice. Des dix escadrons dont se composait cette cavalerie, il ne resta pas 80 hommes qui ne savaient où se réfugier, car les prisonniers qu'ils avaient laissés derrière eux avaient repris leurs armes et les fusillaient de tous côtés ...".

L'armée se retire une nouvelle fois derrière le Douro, mourant toujours de faim.

Wellington pousse une partie de son armée sur Madrid où il entre le 12 août.

L’Armée du Portugal passe sous le commandement provisoire du Général Souham.

Quelques temps après, derrière l'Ebre, mais ayant reçu des renforts, l’Armée Impériale revient sur le Douro. Le 30 octobre 1812, le Capitaine Guingret, du 6ème Léger, propose, dirige, commande, et effectue le passage du Douro devant Tordésillas, en face d'une colonne anglaise et sous un feu meurtrier. Le vaillant Capitaine passe le fleuve, le sabre aux dents, à la tête des troupes électrisées par son exemple, et fait déposer les armes à la garnison de la tour, dont la fusillade empêchait le rétablissement du pont.

Octobre 1812 les soldats du capitaine Guingret passent le Douro à la nage
Octobre 1812, les soldats du Capitaine Guingret passent le Douro à la nage

Puis l’Armée reprend Salamanque évacuée par les Anglais. Le Général Clausel cède le commandement au Général Reille à la tête de l‘Armée du Portugal, qui dispose alors ses cantonnements dans la province de Burgos.

Le 2e Bataillon du 6ème Léger est rappelé en France, tandis que le 3e Bataillon passe du 4e Gouvernement du Nord de l’Espagne à l’Armée du Portugal.

En Octobre 1812, les positions du Régiment sont donc les suivantes (côte SHDT : us181210) :
Chef de Corps : ZAEPFFEL, Colonel; LAROUSSE, Major; ROGER, Quartier-maître trésorier;
Garnison - Dépôt à Phalsbourg - 4e Division militaire;
Conscrits des départements de l'Aube de 1812;
1er Bataillon : Chef de Bataillon Frossard - Armée du Portugal - 1ère Division;
2e Bataillon : Chef de Bataillon Jaume;
Observations : octobre 1812 : en route pour entrer en France;
3e Bataillon : Chef de Bataillon Nion - Armée du Portugal - 1ère Division;
4e Bataillon : Chef de Bataillon Elambert - Grande armée - 11e Corps - 30e Division - 17e Demi-brigade provisoire;
5e Bataillon au Dépôt.

1813, SUR DEUX FRONTS

C'est au début Janvier 1813, que parvient à Madrid l'annonce du désastre de la campagne de Russie et les nouvelles instructions de l'Empereur. D'abord resserrer les lignes en se repliant sur le Nord de l'Espagne. Les 4 armées aux ordres de Joseph vont adopter de nouvelles positions : en mars, on évacue la Manche, l'Armée du Centre se place autour de Ségovie, celle du Midi vers la vallée du Douro, celle du Portugal en Vieille Castille.

Au début 1813, le Régiment est donc réparti sur deux fronts : 1er Bataillon Armée du Portugal; 2e Bataillon dans le 6ème Régiment provisoire léger; 3e Bataillon Armée du Portugal; 4e Bataillon dans la 17e Demi-brigade provisoire; 5e Bataillon au Dépôt à Phalsbourg; 6e Bataillon en formation.

A/ LA CAMPAGNE D’ALLEMAGNE DU 6EME LEGER EN 1813

Officier de Voltigeurs du 6e Léger en 1813 d'après un uniforme d'époque
Plaque de shako de Carabiniers du 6e Léger, 1813-1814
Fig. 5 Officier de Voltigeurs du 6e Léger en 1813 d'après un uniforme d'époque
Plaque de shako de Carabiniers du 6e Léger, 1813-1814

A son retour à Paris, sa Grande Armée anéantie par le froid, les débris en occupant la Prusse Orientale, l'Empereur en organise une nouvelle pour s'opposer aux Russes. Il lève de nouveaux conscrits, réquisitionne les Cohortes de Gardes Nationales et rameute progressivement de vieilles troupes d'Espagne. Il forme 34 Régiments provisoires.

le 6 janvier 1813, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la guerre, à Paris : "Vous verrez par la lettre que je vous ai écrite la formation de quatre corps : un corps d'observation de l'Elbe, un corps d'observation d'Italie et deux corps d'observation du Rhin. Les 34 régiments provisoires seront formés de la manière suivante : 2e régiment provisoire : 3e bataillon du 2e d'infanterie légère, 3e du 4e; 3e régiment provisoire : 3e bataillon du 3e d'infanterie légère, 3e du 8e; 4e régiment provisoire : 4e bataillon du 12e d'infanterie légère, 1e du 29e; 5e régiment provisoire : 4 bataillon du l4e d'infanterie légère, 4e du 18e ; 6e régiment provisoire : 2e bataillon du 6e d'infanterie légère, 3e du 25e ; 8e régiment provisoire : 4e bataillon du 5e d'infanterie légère, 4e du 23e; 10e régiment provisoire : 3e bataillon du 16e d'infanterie légère, 1e du 28e ...".

Est déjà en ligne le 4e Bataillon dans la 17e Demi-brigade provisoire dans l’ex 11e Corps.

L’Empereur écrit de nouveau, depuis Paris, le 14 janvier 1813, au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, à Paris : "Monsieur le Duc de Feltre, donnez des ordres pour réunir à Mayence, aussitôt que possible, deux bataillons du 22e de ligne, le 10e régiment provisoire, qui se compose des bataillons du 16e et du 28e léger; le 6e provisoire, formé des bataillons du 6e et du 25e léger; le 14e provisoire, formé du 40e et du 34e de ligne; le 24e provisoire, formé du 88e et du 103e; le 21e provisoire, formé du 59e et du 69e; ce qui fera douze bataillons ou une division.
Vous donnerez ordre au général Souham d’aller en prendre le commandement. Le duc de Valmy sera chargé de bien armer et bien organiser ces régiments, dont chaque compagnie doit sortir de Mayence forte de 140 hommes. Vous nommerez sur-le-champ les majors qui doivent commander ces régiments. Vous ferez organiser, aussitôt que faire se pourra, deux batteries pour être attachées à cette division Le duc de Valmy pourra même, aussitôt que la 1e brigade, forte de trois régiments, sera formée, l’envoyer à Francfort. Il est important que cette 1e brigade ait d’abord son artillerie
".

Cette Division Souham devient la 8e Division d’infanterie de la Grande Armée et va compter au 1er Corps d’Observation du Rhin devenant en mars 3e Corps, sous les ordres du Maréchal Ney.

Le 13 février 1813, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, à Paris : "Monsieur le Duc de Feltre, je vous envoie la formation que je crois devoir donner au 1er et au 2e corps d’observation du Rhin. Faites dresser les états de ces corps en conséquence.
Vous me ferez connaître l’époque précise où chaque régiment sera réuni à Mayence, et quand ces corps auront leur artillerie, leurs sapeurs et leurs officiers du génie. Vous y mettrez tous les généraux de division et de brigade et les adjudants commandants.
FORMATION DU 1er CORPS D’OBSERVATION DU RHIN.
1e division. — Général Souham : 2 bataillons du 6e régiment provisoire, 2 du 10e, 2 du 14e, 2 du 17e, 2 du 21e, 2 du 24e, 4 du 22e de ligne; total, 16 bataillons.
2e division. — Général Girard ou général Ricard (le premier arrivé) : 2 bataillons du 2e régiment provisoire, 2 du 29e léger, 4 du 145e de ligue, 4 du 136e 4 du 138e ; total, 16 bataillons.
3e division. — Général Brenier : 2 bataillons du 4e régiment provisoire, 4 du 139e de ligne, 4 du 140e, 4 du 141e; total, 14 bataillons.
4e division. — Général Dubreton, général Ricard ou général Girard : 2 bataillons du 26e léger, 4 du 142e de ligne, 4 du 144e, 2 du 18e régiment provisoire, 2 du 19e; total, 14 bataillons.
Récapitulation : 1e division, 16 bataillons; 2e division, 16 ; 3e division, 14; 4e division, 14; total, 60 bataillons ...
".

Le 17 février 1813, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, à Paris : "Monsieur le Duc de Feltre, faites connaître au prince de la Moskova qu’il commande le 1er corps d’observation du Rhin; qu’il ait, en conséquence, à réunir son état-major à Francfort-sur-le-Main, sans cependant faire revenir rien de ce qu’il aurait laissé à la Grande Armée. Faites-lui connaître l’organisation de son corps d’armée, et travaillez avec lui pour former son état-major; qu’il choisisse un bon chef d’état-major. Il sera nécessaire que le prince soit de sa personne rendu à Francfort vers le 10 mars".

Pendant ce temps, le 4e Bataillon du 6e Léger (17e Demi-brigade provisoire) est à la 30e Division Heudelet. D’abord dépendante du 11e Corps d’Augereau fin décembre 1812, elle est en avant-garde fin janvier 1813 autour de Dantzig. Dès le début janvier, des combats ont lieu devant la place forte et des Officiers du 6e Léger y sont blessés, comme le Lieutenant Jacminot ou le Capitaine Vestu.

En Février, les troupes françaises évacuent la Pologne et se replient sur l'Oder, tandis que les Prussiens, à la fin du mois, s'alliaient officiellement aux Russes contre la France. Début mars, les Français quittent Berlin et Dresde, tandis que Davout se maintient autour des villes hanséatiques, mais les Russes étaient entrés dans Hambourg.

Le 15 Avril, Napoléon quitte les Tuileries pour se mettre à la tête de ses forces. Il en compose deux groupes : l'Armée de l'Elbe sous Eugène, et l'Armée du Main, officiellement sous Soult, mais en réalité sous sa main. La visée stratégique consistait à expulser l'ennemi de Saxe.

Le 2e Bataillon du 6ème Léger est au 6ème Régiment provisoire, 8ème Division Souham, 3e Corps du Maréchal Ney, dans l‘Armée du Main.

Les troupes françaises repartaient en avant. Davout est en marche sur Hambourg. L'armée du Main marchait par Iena et Weissenfeld faire sa jonction au Nord Est avec les forces d'Eugène. Le 1er Mai, la marche de l'Armée du Main reprenait vers Leipzig, tandis que l'Armée de l'Elbe convergeait aussi vers cette ville. Les 25 et 26 Avril, la 8e Division Souham cantonne à Auerstaedt et à Naumbourg, en soutien de l'armée du Prince vice-roi vers Leipzig.

Le 30 Avril, Souham, à l'avant-garde du Corps de Ney, se heurte en avant de Weissenfels aux 7.000 Russes du Général Lanskoï. La Division les culbute et les jeunes soldats entrent dans Weissenfels au cri de : "Vive l'Empereur !".

Les coalisés s'étaient regroupés près de Lützen, au Sud-Est de Leizig. Le 2 mai 1813, bataille de Lützen. Souham, ayant reconnu l'arrivée de nombreuses colonnes prussiennes, ordonne au Général Chemineau de tenir fortement Gros-Goerschen avec la 1ère Brigade, tandis que la 2e occupera le terrain en avant de Kaya, en repli de la 1ère. Celle-ci, essuyant le feu de 45 pièces et attaquée par plusieurs Divisions ennemies, se retire près de la 2e, après avoir subi de nombreuses pertes. Pendant plus d'une heure, cette poignée de braves résiste aux attaques de front des Prussiens et aux essais d'enveloppement tentés par deux colonnes russes. La 8e Division est épuisée; mais, par sa ténacité, elle donne au Prince de la Moskowa le temps d'arriver. La Division Gérard et les débris de la 8e reprennent Gros-Goerschen, enlevé par l'ennemi à nouveau, deux heures plus tard.

Le soir, presque tous les Officiers supérieurs ont été tués ou blessés. Par sa résistance en avant de la ligne française, la Division a tenu tête aux attaques combinées des alliés et facilité leur enveloppement par les deux ailes. Les Coalisés sont battus et repoussés. Le Bataillon du 6e Léger a de nombreux Officiers blessés.

A la revue passée par le Maréchal Ney, le 5 mai, la 8e Division ne compte plus que 241 Officiers et 7112 hommes.

Le 3 mai, les Français entrent dans Leipzig, mais Napoléon, quasi dépourvu de cavalerie, a perdu le contact avec ses adversaires.

La Grande Armée est divisée en 2 colonnes : Napoléon marche sur Dresde avec la colonne principale (Bertrand, Marmont, Oudinot et Macdonald). Ney marche sur Berlin en recueillant à Torgau les Saxons de Reynier. A Luckau, il fait sa jonction avec Victor venant de Wittenberg. Entre les deux colonnes Lauriston reste en position intermédiaire.

Les Prusso-Russes sont restés groupés et préparent une bataille. Leur choix se porte sur Bautzen, à l'endroit où la Sprée coupe la route de Dresde à Breslau. Ils peuvent y couvrir la Silésie et y être au voisinage de l'Autriche dont on peut espérer l'entrée en guerre. Le 8 mai, Napoléon arrive à Dresde où le pont sur l'Elbe a été détruit. Le 10, la Grande Armée peut franchir le fleuve.

Napoléon retrouve ses adversaires le 20 Mai. Le Corps de Ney ayant rejoint à son aile gauche. Le Bataillon aura encore quelques pertes à Würschen, le 21, mais les Coalisés seront encore battus. Les Prussiens et les Russes reculent rapidement.

Le 27 mai, l'Oder est atteinte et la forteresse de Glogau est débloquée. Oudinot, détaché du gros de l'armée, marche sur Berlin. Pendant ce temps, plus au Nord, Hambourg est reprise. Chez les Alliés, c'est le découragement. Certains jugent la situation si désespérée qu'ils pensent se retirer derrière la Vistule. C'est alors l'Autriche qui va sauver les vaincus et s'interposer pour proposer un armistice (dit de Pleiwitz). Napoléon va le ratifier le 7 Juin pour avoir le temps de se renforcer. Mais ses adversaires vont pouvoir faire de même.

Pendant la suspension des hostilités, la 8e Division construit des baraquements dans une plaine à 20 kilomètres de Liegnitz. Elle ne compte plus que 197 Officiers et 4871 hommes. Elle a perdu, depuis le 25 avril, 100 Officiers et les deux tiers de son effectif.

Le 10 juin, Napoléon entre à Dresde; il y restera jusqu'au 15 août.

Le 6eme Léger est toujours réparti en deux entités. Son 2e Bataillon au 3ème Corps, 8ème Division Souham, au 6ème Régiment provisoire léger (Major Crepy, Chef de Bataillon Salme); son 4e Bataillon à la Division Heudelet à Dantzig, dans la 17e Demi-brigade provisoire, au 10e Corps Général Rapp, bloqué dans la ville depuis février. Le 3e Bataillon va bientôt rejoindre le second.

Le 11 août, l'Autriche se joint aux Coalisés et déclare la guerre. La Suède de Bernadotte est aussi à leurs côtés. Et les états allemands faiblissent. Le 18 août, les hostilités reprennent.

Pendant l'armistice, l'Armée française a été réorganisée. Mais le rapport des forces est désormais défavorable à Napoléon. Il répartit ses Corps d'armée. Face à l'Armée de Silésie, Ney et Sébastiani, Macdonald, Marmont, Lauriston. Face à l'Armée de Bohême, Poniatowski avec Victor derrière lui. Face à l'Armée du Nord, une masse de 120.000 hommes, associant Davout (à Hambourg), Girard (à Magdebourg) et Oudinot (à Wittenberg) qui a pour premier objectif de prendre Berlin.

L’idée de Napoléon était de s'interposer entre les Armées de Blücher et de Schwarzenberg. Le 20 août, le 3e Corps de Ney passe la Bober puis attaque les ponts de Naumbourg, qui sont enlevés avec beaucoup d'élan. Quand Souham a tout son monde en main, il donne l'ordre de l'attaque, escalade au pas de charge la colline occupée par l'ennemi et le met en fuite. Il le poursuit jusqu'à onze heures du soir dans la direction de Gross-Hartmannsdorf, où il bivouaque.

Le lendemain, le Corps continue sa marche sur Liegnitz sans aucune résistance de la part de l'ennemi, et la Division s'arrête, le 23 au soir, en arrière de Pahlwitz, sur deux lignes, par Brigade, à distance de cent pas.

Le 24, le 3e Corps passe aux ordres de Souham, dont le commandement est exercé à la tête de la 8e Division par le Général Brayer, et fait désormais partie de l'"Armée de la Bober" sous les ordres de Mac Donald (3e, 11e et 5e Corps).

Tandis que Schwartzenberg marche sur Dresde, Blücher, qui a un premier temps reculé, relance l'offensive contre Macdonald, dont les forces sont très dispersées, sur la Katzbach.

Le 26 août, une attaque mal combinée des Français sous une pluie battante est repoussée par les Prussiens et se termine en débandade. La 8e Division a 641 tués, beaucoup de blessés et un grand nombre de disparus. Macdonald retraite jusque derrière la Queiss. Le 27 août, la marche reprend extrêmement pénible, les hommes ont à subir de grandes privations, par un temps affreux. La Division, presque toujours à l'arrière-garde, poursuivie et talonnée par la cavalerie, se retire sur Hainau. Le 28, elle traverse les ponts de la Bober.

Pendant ce temps, des combats ont lieu autour de Dantzig, le Chef de Bataillon Elambert du 4e Bataillon du 6e Léger est blessé le 29.

La retraite continue ainsi jusqu'au 4 septembre, dans la soirée. A cette date, un ordre de Napoléon prescrit au 3e Corps de reprendre le mouvement en avant. Mais cette marche à l'ennemi est de courte durée, le 3e Corps reprend bientôt sa marche rétrograde.

La jonction de Schwartzenberg et des Russo-Prussiens devenant inévitable, Napoléon songe-t-il lui aussi à concentrer sur l'Elbe son armée en un bloc.

Schwarzenberg se présentant aux abords de Leipzig, l’Empereur décide alors de lui livrer bataille, sans avoir réussi à refouler l'Armée du Nord. Le 12 octobre, il replie toutes ses forces sur Leipzig. La bataille des Nations va avoir lieu dans et autour de la ville entre les forces réunies de tous les Coalisés contre l'armée de l'Empereur entre le 16 et le 19 Octobre. Bataille gigantesque qui scelle la défaite de Napoléon en Allemagne, submergé par le nombre. Au 3e Corps de Souham, 8e Division Brayer, Brigade Fournier, les 2e et 3e Bataillons du 6eme Léger comptent 856 hommes et Officiers.

A la sanglante bataille, les deux Chefs de Bataillon du 6e Léger Gemeau et Larrieu sont blessés.

Après Leipzig, Napoléon fait retraiter son armée jusqu'à Erfurt et doit forcer le passage à Kösen le 21 Octobre. Alors qu'il arrive à Erfurt, il apprend la défection de la Bavière qui retourne ses troupes contre les Français. Il faut gagner les places fortes sur le Rhin. Pour cela, il faudra passer sur le corps des Bavarois qui bloquent le passage à Hanau.

Pendant ce temps, Rapp tient toujours Dantzig avec, parmi ses troupes, le 4e Bataillon du 6e Léger.

B/ LA CAMPAGNE D’ESPAGNE DU 6E LEGER EN 1813

L'Armée du Nord du Général Clauzel en Navarre doit garder coûte que coûte les communications avec la France, tandis que de véritables armées de partisans battent la campagne au Pays Basque espagnol et en Navarre. On dépouille donc l'Armée du Portugal de 4 Divisions d'infanterie pour renforcer celle du Nord. Cette réorganisation s'accompagne aussi de ponctions en cadres et en hommes expérimentés pour reconstituer la Garde et l'Armée d'Allemagne. Un nouveau Colonel, François Louis Zaepffel, étant passé par la Garde puis le 56e de Ligne, est venu prendre le commandement du Régiment au début de l’année.

En Avril, la Division Foy, avec les 1er et 3e Bataillon du 6e Léger se trouve donc à l’Armée du Nord du Général Clauzel. Elle sert à reprendre le petit port de Castro Urdiales du 4 au 12 mai 1813. Le 6e Léger s'y distingue avec le Major Larousse et les Voltigeurs du Capitaine Guingret : il aborde avec intrépidité la brèche, pénètre le premier dans le fort, au moyen d'une échelle, par une embrasure, et suivi de ses Voltigeurs aussi braves que leur chef, fond à l'arme blanche sur la garnison.

Joseph, quant à lui, évacue sa capitale et replie son gouvernement à Valladolid, laissant à Madrid une garnison avec le Général Hugo. Pendant ce temps, au Portugal, Wellington devenu généralissime de toutes les armées espagnoles et alliées, réorganise lui aussi ses troupes. C'est le 22 Mai que Wellington reprend l'offensive, réoccupe Salamanque, et continue sa progression.

Surpris par le mouvement offensif des Anglais, les Français, se concentrent difficilement. La réunion des troupes ne put s'effectuer en effet qu'à Vitoria, le 19 juin. La bataille s'engagea le 21.

L'Armée du Nord du Général Clauzel ne peut rejoindre le théâtre de la bataille qu'après son issue désastreuse, car il devait combattre Mina autour de Pampelune. Le Régiment y aura des pertes, le 25 juin à Tolosa, et le 26 juillet devant Pampelune. Le 3e Bataillon a été rappelé en France et ne reste plus que le 1er avec le Colonel.

Apprenant la défaite de Joseph, Clauzel se replie sur la France en passant par Jaca.

Le 12 Juillet, rappelé d'Allemagne, Soult vient reprendre le commandement en chef des toutes les forces sur la frontière. Joseph et Jourdan sont destitués.

Soult continue la réorganisation de ses forces en 10 Divisions et 3 ailes. Le 1er Bataillon du 6e Léger est toujours à la Division Foy sous les ordres du Général Reille. Les hommes sont assez déprimés, face désormais à des Alliés en supériorité numérique. Soult se met à fortifier la frontière, construisant tout un système de redoutes.

Des tentatives pour délivrer la garnison de Pampelune, le 24 Juillet avec le combat de Sauroren, échouent. Le Capitaine Marcel raconte : "Il fallut, pendant plus de deux heures, traverser des forêts épaisses qui n'avaient sûrement jamais été parcourues depuis l'époque du fameux Roland, puis nous débouchâmes dans la vallée de Roncevaux, où les différents corps de l'armée arrivaient de tous côtés pour se rassembler. La division appuya fortement à gauche, traversa pendant deux jours des montagnes élevées et désertes, mais facilement praticables, et découvrit enfin devant elle une sorte de plaine assez grande et assez fertile où était la ville de Pampelune; nous pûmes distinguer une citadelle très forte.
Depuis une quinzaine de jours, la division était commandée par le général Maucune et notre brigade par le général Fririon, dont la venue avait été saluée avec joie par les soldats aussi bien du 6e léger que du 69e
(Note : La 1re Division avait la composition suivante : 1re Brigade, Général Fririon : 6e Léger, 69e de Ligne, 76e de Ligne; 2e Brigade, Général Berlier : 36e de Ligne, 39e de Ligne, 65e de Ligne. Les effectifs étaient bien réduits, car ces Régiments ne comptaient en tout que 4654 hommes).
Nous étions tout disposés à agir vigoureusement, mais n'en eûmes pas l'occasion. Le gros de notre armée avait suivi la grande route, mais cette route, avant de déboucher dans la plaine dont j'ai parlé, passe au pied d'une position très forte(Sauroren) que les Anglais avaient fortifiée; malgré des attaques réitérées, nos troupes ne purent jamais l'enlever et, pendant ce temps, c'est-à-dire pendant quatre jours, nous restâmes, par une chaleur très forte, à contempler la plaine et la ville" (Campagnes du Capitaine Marcel).

Les Français retournent sur leurs bases de départ derrière la Bidassoa.

Le 30 août, la Division reçoit l'ordre de venir à Saint-Jean-de-Luz pour se placer en réserve du Corps de Reille. Puis Soult essaie de secourir Saint-Sébastien. La bataille de San Marcial, le 30 Août, est aussi infructueuse. Saint-Sébastien succombera le 8 Septembre. Désormais on va se battre sur le sol français. Les hommes sont complètement démoralisés, la solde n'a plus été versée depuis des mois.

Le Capitaine Marcel raconte : "Quand nous traversâmes Saint-Jean-de-Luz, la canonnade roulait déjà depuis la petite pointe du jour; on nous fit presser le pas. Le régiment reçut l'ordre de se former à la gauche du 6e léger sur les hauteurs bordant la Bidassoa ... Le maréchal Soult vint sur notre front et donna l'ordre au général Maucune d'aller bivouaquer sur la route de Pau. De là les régiments allèrent cantonner dans de pauvres villages autour de Saint-Jean-Pied-de-Port et les soldats furent employés à construire beaucoup de petites redoutes qui ne servirent d'ailleurs jamais" (Campagnes du Capitaine Marcel).

Quand Wellington reprend son offensive, le 7 Octobre, la Division Foy, Brigade Maucune, est à l’aile gauche du front français autour de Saint-Jean-Pied-de-Port et s'y est retranchée. Le 6 novembre, Foy sait que la Division Hill est dirigée dans la vallée de Bastan. Le 7, il pousse une reconnaissance jusqu'au retranchement d'Altobiscar. On y trouve 300 Anglais, renforcés bientôt par une Brigade de la Division Hill, venue de Roncevaux.

Pendant que Wellington lançait au même moment 20000 hommes contre la Rhune et 24000 hommes pour forcer la ligne de la Bidassoa.

Foy se replie sur Bidarray, sur la Nive, le 8 novembre au soir. De ce point, il est en mesure de manoeuvrer sur le flanc droit de l'ennemi. Il étudie les moyens d'aborder le mont Gorospile, sur lequel campe la 6e Division anglaise, remplacée à la nuit par la Division espagnole de Morillo et deux Bataillons de Mina.

"Notre division reçut l'ordre de gagner, par Bidarey, les derrières de l'ennemi et de tomber sur les bagages qui étaient restés dans une vallée à deux lieues en arrière : les sacs furent déposés et l'on marcha rapidement" ("Campagnes du Capitaine Marcel").

Foy lance sa diversion le 10, mais ailleurs, le front français est enfoncé. Dans la soirée du 10, l'armée anglo-espagnole établit son Quartier-général à Saint-Jean-de-Luz et l'armée française prend position derrière la Nive.

Foy écrit au maréchal Soult : "Trois compagnies du 39e ont suffi pour déloger le bataillon ennemi ; le reste des troupes ennemies, c'est-à-dire les six bataillons de la division Morillo et le 3e et le 4e de Mina, formant ensemble une force de près de 5.000 hommes, occupait la forte position du Gorospile. J'ai lancé sur eux en tirailleurs trois compagnies du 39e. La 1re brigade, commandée par le général Fririon, les suivait immédiatement. Les Espagnols ont défendu la position avec autant de bravoure qu'auraient pu le faire les meilleures troupes. Ils ont été abordés à la baïonnette, enfoncés et poussés avec une telle vigueur qu'ils n'ont pas eu le temps de faire halte et de se rallier ni au rocher d'Ausastegui, ni dans les ouvrages défensifs qui sont entre le Gorospile et le col de Maya. On les a culbutés dans la vallée de Bastan, où ils se sont enfuis au-delà d'Errazu. Les équipages de plusieurs régiments d'infanterie et de cavalerie anglaises étaient à Maya, sous la garde d'un détachement de la 6e division anglaise et d'une centaine de chevaux des 13e et 14e dragons. Ces équipages ont été pris ; mon avant-garde allait s'emparer de tous les bagages du corps du général Hill, réunis à Erazzu, quand j'ai appris ce qui se passait au centre de l'armée. Alors j'ai rappelé mes troupes.
Nous avons tué et blessé beaucoup de monde à l'ennemi. Nous avons fait une centaine de prisonniers, parmi lesquels se trouvent un officier et 20 soldats anglais. Les soldats ont pris 150 chevaux ou mules chargés d'effets. Notre perte ne va pas à 180 hommes tués ou blessés; je regrette vivement M. le colonel Guinaud du 69e régiment. Je prie V. E. de donner ce régiment à M. le chef de bataillon Duplan du 39e, officier rempli de capacités et de vigueur. Je dois des éloges particuliers à M. le colonel Thévenet du 39e, à M. le chef de bataillon Guingret du 6e léger, aux capitaines Bazas du 76e et Rose du 69e, au lieutenant Arthur Foy, mon aide de camp, ces trois derniers officiers ont été blessés en enlevant la position du Gorospile
" (Girod de l'Ain, Vie Militaire du Général Foy, pages 406-407).

Foy se replie alors sur Cambo où il est attaqué le 12 à la tête du pont. La Brigade Fririon combat à Halson jusqu'à la nuit. La pluie qui tombe à torrents met fin à l'action. Foy fait sauter le pont et se retranche un peu en arrière. Il y est toujours le 1er décembre.

Le 9 Décembre, les Anglo-portugais franchissent la Nive sur 5 points différents. Foy, avec la Brigade Fririon, débouche d'Iatzou, retarde la marche de l'ennemi, mais est obligé de se replier vers le Petit-Mougerre. La Division va alors stationner sur la rive droite de l’Adour et de petites iles du fleuve dans des conditions matérielles déplorables au milieu des inondations.

"Nous espérions respirer un peu dans ces postes, mais nous fûmes bien trompés, et jamais nos soldats n'eurent plus de peine que pendant les deux mois que nous occupâmes ces landes. L'ennemi bordait l'autre côté du fleuve; pour lui enlever l'envie de jeter un pont, on avait rompu les digues, ce qui, joint aux pluies continuelles et au reflux de la mer qui est très fort, avait donné à la rivière une largeur de plus d'un quart de lieue du côé que nous occupions. Chaque compagnie du régiment avait une maison, mais, en raison de l'inondation, on n'en pouvait occuper que le premier étage; les convois n'arrivaient pas, les boues étant si profondes que chevaux et mulets y disparaissaient ; les soldats devaient aller eux-mêmes chercher les vivres à plus de deux lieues et souvent revenaient sans rien apporter; il fallait alors se contenter de faire griller un épi de blé de Turquie, avec l'espoir d'être plus heureux le lendemain. C'est alors que j'ai appris à apprécier vraiment la patience et le dévouement du soldat français : il était sans paye, sans vivres, sans souliers, presque nu, réduit à la plus affreuse misère, et pourtant pas un n'avait l'idée de déserter; l'honneur seul était quelque chose pour eux et ils oubliaient toutes leurs peines dès qu'ils avaient l'espoir de vaincre l'ennemi" ("Campagnes du Capitaine Marcel").

Le temps exécrable fait que les 2 armées vont s'arrêter provisoirement de combattre jusqu'au début Février.

CAMPAGNE DE FRANCE, 1814

Au début de 1814, le Régiment a ses Bataillons totalement dispersés. Le 1er Bataillon est à l’Armée des Pyrénées. Le second au Corps de Marmont, Division Ricard ; il n’a plus que 197 hommes ! Les 3e et 5e (Dépôt) à Phalsbourg. Le 4e à Dantzig.

Le 1er Bataillon va combattre à Orthez le 27 février, puis Vic en Bigore le 19, pour finir par la bataille de Toulouse le 10 avril.

Le second Bataillon s'illustrera à La Rothière, Vauchamps le 14 février où le Chef de Bataillon Philippe sera blessé, puis à Valjouan.

Les 3e et 4e Bataillons livreront combat à Phalsbourg pour défendre la place.

PREMIERE RETAURATION ET CENT-JOURS, 1814-1815

Ciudad-Rodrigo, assaut
Congé illimité du Régiment du Berry, ex 6e Léger, en date du 13 septembre 1814

En mai 1814, le Régiment reçoit les restes du 24e Léger dissout. Toujours sous les ordres du Colonel Zaepffel, il est rebaptisé Régiment de Berry, 6ème d’Infanterie légère, et stationne à Phalsbourg. Ses effectifs sont à trois Bataillons, deux de guerre et un de Dépôt.

Le 16 mai 1815, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Maréchal Davout, Prince d'Eckmühl, Ministre de la Guerre, à Paris : "Qu'est-ce que le colonel du 6e d'infanterie légère ? On m'assure qu'il est bien mauvais" (Brotonne (L. de) : « Lettres inédites de Napoléon 1er », Paris, 1898, lettre 1470).

DRAPEAUX

En 1802, la Demi-brigade reçoit trois drapeaux modèle Consulat.

En 1804, le Régiment reçoit trois Aigles accompagnés de trois drapeaux modèles Picot. Deux Aigles sont décorées le 28 septembre 1808 de couronnes d’or, offertes par la ville de Paris pour la campagne de 1806-1807.

Drapeau du 6e Léger, modèle 1812
Drapeau du 6e Léger, modèle 1812

En 1812, il n y a plus qu’une Aigle en service. Un nouveau drapeau modèle 1812 portant ULM JENA EYLAU FRIEDLAND ESSLING WAGRAM. Ce drapeau reste au Dépôt. Il est aujourd’ hui au Musée de l’Armée.

En 1814, le Régiment, devenu Régiment de Berry, recoit un drapeau royal.

Aux Cent Jours, un nouveau drapeau modèle 1815 et une nouvelle Aigle sont donnés

UNIFORMES

- Figure 1 : Carabinier du 6e Léger vers 1801-1802. La tenue est celle du début du Consulat. Petit shako noir, la cocarde et le plumet écarlates sont portés à gauche, aucune plaque. Cordons portés détressés et raquettes pendantes à gauche. En 1802, les Carabiniers détachés à Lyon seront dotés d’un bonnet d’oursin. Tenue classique de l’Infanterie légère. Les boutons sont encore en laiton. Les épaulettes écarlates, de même que la dragonne du sabre briquet, et les soutaches des demi-guêtres, sont caractéristiques des Carabiniers, avec le port de la moustache. Les cheveux sont noués en queue sur la nuque. Les buffleries sont encore noires. On les retournera bientôt pour être blanchies en attendant des buffleteries blanches.

- Figure 2 : Sous-officier de Chasseurs du 6e Léger vu au Tyrol en 1805, d’après un dessin du temps. Shako encore sans jugulaires. Le plumet vert et la cocarde tricolore sont portées sur l’avant. Ils l’étaient sur le côté gauche auparavant. Plaque de métal blanc losangique ornée d’un cor de chasse. Les deux cordons verts sont portés non tressés et les raquettes pendent longuement sur le côté droit. Deux épaulettes entièrement vertes ornent les épaules. Habit bleu à revers en pointe passepoilés de blanc. On notera les parements en pointe entièrement écarlates et le collet écarlate passepoilés de blanc. Les boutons sont désormais en étain. Ils étaient en cuivre jusqu’en 1804 environ. On a retrouvé des boutons du 6e Léger à la fois en cuivre et en étain dans des fouilles réalisées à Etaples où le Régiment a stationné plusieurs mois. Galons de grade blancs ou argent (selon le grade) et chevron d’ancienneté écarlate. Les retroussis doivent être ornés de cor de chasse blancs et les poches en long doivent être passepoilées de blanc. On notera les soutaches sur le devant de la culotte qu’on s’attendrait à retrouver sur une tenue de sortie "fantaisie". Demi-guêtres blanches portées en Eté. Equipement classique de fantassin avec sabre briquet. On remarquera aussi l’absence de capote sur le sac.

Figure 3 : Voltigeur du 6e Léger, tenue de campagne, vers 1810 : Le pantalon de route et la capote gris blanc sur laquelle notre Voltigeur fait apparaitre les distinctives de sa spécialité (collet et épaulettes jonquille) sont assez classiques. Ce qui l’est moins, c’est ce colback à visière. En fait, rafistolage d’un shako recouvert de peau de mouton noir, coiffure au départ liée aux carences de l’équipement, adoptée par les soldats de Soult, et qui fut finalement prise par nombre de Compagnies d’élite en Espagne comme signe distinctif.

Figure 4 : Chasseur du 4e Bataillon du 6e Léger à la Division Oudinot en Autriche en 1809. Loin de l’Espagne et venant du Dépôt, la tenue de notre Chasseur est réglementaire.

Figure 5 : Officier de Voltigeurs du 6e Léger en 1813-1814, d'après une tenue d’époque conservée au Musée militaire de Morges (Suisse). La tenue a pris la coupe du règlement de 1812 (et nous savons qu’elle ne furent portées en général que vers 1813). On notera que les revers entièrement fermés ne sont pas tout à fait à angle droit sur le bas mais gardent une petite échancrure. Le collet est chamois. Les parements sont en pointe entièrement bleu foncés. Les retroussis sont ornés sur l’extérieur de cors de chasse argent sur fond chamois et sur l’intérieur de grenades argent sur fond chamois. Les poches sont en long et en accolade bordées d’un passepoil blanc. La plaque du shako est du modèle 1812 avec Aigle et soubassement (voir photo de la plaque de shako de Carabiniers, à la différence que des cors de chasse ornent les extrémités du soubassement et pas des grenades). Elle est argentée pour l’Officier, de même que les boutons et les épaulettes. Le reste de la tenue est réglementaire, avec le plumet chamois.

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