Le 24ème Régiment d'Infanterie Légère

1796-1815

Avertissement et remerciements : Nous amorçons aujourd'hui l'étude du 24e Régiment d'infanterie légère, dont voici pour l'instant les tous premiers éléments

/ 1800

Le 3 mars 1800 (12 ventôse an 8), le Premier Consul écrit, depuis Paris, au Ministre de la Guerre : "Vous trouverez ci-joint, citoyen Ministre, un arrêté pour la formation de l'armée de réserve.
Vous tiendrez la totalité de cet arrêté secret, en prévenant cependant tous les individus qui y sont nommés de se préparer à partir et en prenant toutes les mesures nécessaires pour réunir à Dijon les subsistances indispensables pour l'approvisionnement de cette armée. Son quartier général sera à Dijon, et le parc d'artillerie à Auxonne.
Vous regarderez sans doute comme nécessaire de diriger le plus tôt possible sur Dijon 100,000 paires de souliers, 40,000 habits ou capotes et autres effets d'habillement.
Faites réunir chez vous l'ordonnateur et les différents commandants d'armes pour que chacun vous présente l'organisation de son arme.
Vous pourrez faire faire à Auxonne les traîneaux que je vous avais demandés pour Grenoble
".

Le 8 mars 1800 (17 ventôse an 8), le Ministre de la Guerre écrit, depuis Paris, au Général Dupont : "L'armée de réserve est composée de six divisions
1re Division.
24e demi-brigade d'infanterie légère, 43e, 96e de ligne.
2e Division.
6e légère, 22e, 40e de ligne.
3e Division.
19e légère, 58e, 60e de ligne.
4e Division.
Les 14 bataillons de l'armée d'Orient.
5e Division.
17e légère, 14e, 30e de ligne.
6e Division.
Les légions italiennes.
La 1er division est placée sous les ordres du général Chambarlhac
".

La division Chambarlhac part tout entière de Paris, le 17 mars, se rendant à Dijon, par la route de Bourgogne, en 12 étapes, soit, avec 2 séjours, en 14 jours.

Le 26 mars 1800 (5 germinal an 8), le Général Chambarlhac écrit, depuis Avallon, au Général Lefebvre, commandant en chef les 14e, 15e et 17e Divisions militaires : "Je m'empresse, mon cher Général, de vous annoncer que depuis le départ de la colonne dont j'ai le commandement, de Paris en cette ville, notre perte en déserteurs n'est pas ce que la renommée aura pu vous porter. Elle est faible, et encore puis-je compter sur beaucoup de soldats absents, que la proximité de leur pays a appelé, mais que l'amour pour la République rappellera aux drapeaux à Dijon.
La colonne a bivouaqué. Quelques municipalités, qui, n'ayant été prévenues que par moi, n'ont pas eu le temps de fournir les objets nécessaires au bivouac, m'ont fait cantonner.
La troupe marche avec ordre; on le doit au zèle militaire des chefs.
J'espère avoir le plaisir de vous embrasser bientôt. En attendant, la ville d'Avallon nous donne, ce soir, concert et bal pour notre délassement. Salut amical.
P. S. – État des hommes désertés :
La 24e a perdu 54 hommes ...
".

La Division Chambarlhac arrive le 30 mars à Dijon.

Le 2 avril, le Général Vignolle écrit au Ministre : "... Après m'être concerté avec le général Chambarlhac et l'ordonnateur, j'ai placé à Is-sur-Tille la 24e demi-brigade d'infanterie légère, d'après les instances du préfet, pour soulager la ville de Dijon ...".

Les Dépôts des 24e légère, 43e et 96e de ligne étaient restés provisoirement à Paris. Le 13 avril, le Premier Consul ordonne de les diriger sur Dijon, où, d'après les instructions du Ministre, ils doivent arriver le 4 mai.

L’armée de Reserve est provisoirement sous les ordres de Berthier.

"Ordre du jour.
Dijon, le 30 germinal an 8 (20 avril 1800).
L'armée est formée dans l'ordre suivant:
Le général en chef Alexandre Berthier;
Le général de division Dupont, chef de l'état-major général;
Le général de brigade Vignolle, employé à l'état-major.
Adjudants généraux employés à l'état-major: Léopold Stabeurath, Lacroix, Pannetier.
Les généraux de division Duhesme, Victor et Murat seront employés, provisoirement, comme lieutenants du général en chef.
... Les 24e demi-brigade d'infanterie légère,
43e - de bataille, 96e - -
12e régiment de hussards,
formeront une division, commandée par le général divisionnaire Chambarlhac, qui aura sous ses ordres les généraux de brigade Rivaud (Olivier), Herbin, et l'adjudant général Delort
".

Le 25 avril 1800(5 floréal an 8), à 11 heures du soir, Alexandre Berthier, Général en chef de l'Armée de réserve, écrit, depuis Dijon, au Premier Consul : "Je reçois à l'instant une lettre du Ministre, en date du 4, qui m'ordonne de faire marcher de suite l'armée de réserve en Suisse pour la faire entrer en Italie aussitôt que j'aurai appuyé les opérations du général Moreau et pourvu à la sûreté du pays du côté des Grisons. Ces dispositions rendent encore plus essentielles, s'il est possible, les observations contenues dans la lettre que je vous ai écrite il y a deux heures.
Malgré la position où je me trouve, je sens la nécessité de marcher. Je vais porter les divisions Chambarlhac, Boudet et Loison sur Lucerne. La division Watrin, qui est en marche sur Genève, se portera dans la vallée d'Aoste, pour faire croire à l'ennemi que je débouche dans cette partie et faire une diversion avantageuse au général Masséna
".

Le 26 avril 1800(6 floréal an 8), Alexandre Berthier, Général en chef de l'Armée de réserve, écrit, depuis Dijon, au Chef de l'Etat-major : "Vous donnerez les ordres ci-après :
Ordre à la 9e demi-brigade d'infanterie légère de partir demain 7 de Poligny pour se rendre à Nyon, sur le lac de Genève, où elle attendra de nouveaux ordres.
Ordre à la 59e demi-brigade de bataille de partir demain 7 de Mirebeau pour se rendre à Nyon. Elle recevra son artillerie à son arrivée dans cette ville.
Ordre à la 43e demi-brigade de bataille de partir demain 7 pour se rendre à Genève. Avec elle, toute l'artillerie.
Ordre à la 24e demi-brigade légère de partir demain 7 d'Is-sur-Tille, pour se rendre à Genève; en passant par Dijon, elle prendra 8 pièces d'artillerie de la division Chambarlhac
".

Le 7 mai 1800(17 floréal an 8), Alexandre Berthier, Général en chef de l'Armée de réserve, écrit, depuis Genève, au Chef d'Etat-major général : "Donnez des ordres pour que la 24e demi-brigade légère, prenne du pain pour deux jours et parte demain, 18, pour se rendre à Nyon et le 19 à Morges, où elle sera cantonnée jusqu'à nouvel ordre.
Vous donnerez l'ordre à la 43e demi-brigade de partir le 19 avec du pain pour deux jours; elle couchera à Nyon et, le 20, elle cantonnera dans les environs de Morges.
Prévenez l'ordonnateur pour qu'il assure leurs subsistances. Je crois qu'il peut le faire de Lausanne
".

Le 10 mai 1800, les Divisions Chambarlac et Chabran sont placées sous l'autorité du Général Victor. Le Premier Consul est arrivé à Genève et en repart le 12 mai.

Le 14 mai 1800 (24 floréal an 8), Alexandre Berthier, Général en chef de l'Armée de réserve, écrit, depuis Lausanne, au Général Dupont : "Donnez l'ordre à la division Boudet, qui est à Bex, de se rendre à Saint-Branchier ou Orsières demain 25.
Ordre à la division Loison de se rendre le même jour à Martigny.
Ordre à la division Chambarlhac de se rendre ledit jour, 25, à une lieue au delà de Saint-Maurice
".

Le 20 mai 1800, les Français se heutent au fort de Bard.

Le 21 mai 1800 (1er prairial an 8), le Premier Consul écrit, depuis Aoste, au Général en chef Berthier : "Le général Harville, citoyen Général, et le général Chambarlhac sont arrivés aujourd'hui à Étroubles; comme ce dernier a traîné son artillerie, il doit avoir le tiers de sa division en arrière".

Le 22 mai 1800 (2 prairial an 8), à 10 heures du soir, le Premier Consul écrit, depuis Aoste, au Général en chef Berthier : "Le général Chambarlhac me mande, citoyen Général, que le 4 au soir il sera à Aoste avec toute sa division et toute son artillerie; le 6 il pourrait donc être à Ivrée.
La division Chambarlhac se concentre à Étroubles le 23, ayant fait passer le Grand-Saint-Bernard à toute son artillerie
".

Le 23 mai 1800 (3 prairial an 8), Chambarlhac, Général commandant la Division, écrit, depuis Etroubles, au Premier Consul de la République française : "C'est avec bien de la satisfaction, citoyen Consul, que je m'empresse de vous rendre compte du zèle que toutes les troupes qui sont sous mon commandement ont mis à transporter, en deçà du Mont-Saint-Bernard, les pièces de canon et train d'artillerie qui sont attachés à la division que je commande. Nul obstacle n'a arrêté leur courage; et, loin de laisser derrière la moindre des pièces qui leur avaient été confiées, ils ont même ramassé plusieurs roues et avant-trains qui avaient été abandonnés sur la montagne.
Qu'il était beau de voir arriver la 43e demi-brigade, parfaitement en règle et tambours battants, ayant à sa tête trois pièces de canons traînées par les grenadiers. Le restant des objets était porté par les fusiliers, qui, quoique très fatigués, marchaient en vrais triomphateurs. Quel présage heureux pour le premier coup de main qu'ils vont donner.
C'est peu, mon Général, pour les braves d'être d'un courage à toute épreuve; ils y joignent un désintéressement qui, jusqu'à présent, n'a pas eu d'exemple. Je vous fais passer ci-joint la lettre écrite par le chef de brigade Ferey, au nom de la 24e; vous y verrez les expressions dignes des hommes qu'il commande.
Salut et respect
".

Le 23 mai 1800 (3 prairial an 8), le Chef de brigade Ferey, commandant la 24e légère, écrit, depuis le camp en avant d'Étroubles, au citoyen Herbin, Général de brigade : "Citoyen Général,
J'ai l'honneur de vous prévenir que la 24e légère, jalouse de contribuer par tous ses moyens à la gloire et à la prospérité de l'armée de réserve, fait don des 2,600 livres qui lui avaient été accordées par le Premier Consul Bonaparte, pour le transport de Saint-Pierre à Étroubles de deux pièces de 8, une de 4 et de tout leur attirail.
Elle s'estime trop heureuse d'avoir fait quelque chose qui puisse être agréable au Premier Consul, à qui elle donnera, dans toutes les occasions, des marques de son inviolable attachement.
Empressez-vous, mon cher Général, de faire connaître son désintéressement au général de division et au général en chef de l'armée.
Salut et respect
".

Le Bulletin de l'Armée de Réserve, daté de Verceil, le 30 mai 1800 (10 prairial an 8), raconte : "Pendant ce temps-là, le général Murat achevait son pont sur la Sesia, passait cette rivière, se portait à Novare et prenait position le long de la rive droite du Tessin.
Le Premier Consul est arrivé ce matin à Verceil. Il serait difficile de se peindre la joie des Italiens de se voir délivrés du bâton autrichien.
Toutes les divisions de l'armée sont en grande marche et passeront demain la Sesia
".

Le 4 juin 1800 (15 prairial an 8), le Premier Consul écrit, depuis Milan, au Ministre de la Guerre : "Nous sommes à Milan, citoyen Ministre. Nous avons trouvé à Pavie 300 pièces de canon sur leurs affûts, moitié de pièces de campagne, moitié de siège; 200 milliers de poudre, 10,000 fusils neufs, une grande quantité d'approvisionnements de guerre de toute espèce, des magasins de tout genre".

- 9 Juin, bataille de Montebello.

Lannes rencontre à Casteggio un Corps autrichien marchant sur Plaisance. Soutenu par la Division Chambarlhac, il parvient, après un combat violent, à enlever les hauteurs situées au sud de Casteggio et à s'emparer de ce village. Il fait poursuivre les Autrichiens au delà de Montebello.

Extrait du Journal de la campagne de l'Armée de réserve, par l'Adjudant-commandant Brossier : "20 prairial. – Bataille de Montebello. – Lieutenants généraux Lannes et Victor. – Divisions Watrin et Chambarlhac.
Une intrépidité peu commune se fit remarquer sur ce dernier point (Casteggio), où l'ennemi, voulant réparer sa défaite, fit des efforts extraordinaires, se ralliant derrière son artillerie à mesure qu'il était poussé. Celle des Consuls la suivait constamment à 30 pas de distance et faisait ou recevait un feu épouvantable.
La cavalerie autrichienne, bien supérieure en nombre et couverte par une haie épaisse, où elle s'était ménagé des issues, fondit avec impétuosité sur la cavalerie française qui la chargea à son tour avec un acharnement sans exemple et parvint à la repousser. A l'entrée du bourg, un choc de même nature s'engagea, et il ne fut ni moins violent ni moins heureux que le premier.
Enfin, cette colonne chassa l'ennemi de Casteggio par la grande route, tandis que les quatre bataillons, secourus par le général Rivaud, s'étant réunis aux corps dont ils faisaient partie, le poursuivirent par la gauche, le forçant à rentrer dans le bourg et l'en débusquèrent aussi.
L'ennemi, chassé de Casteggio, veut y rentrer et prend position sur la grande route, auprès du moulin qui se trouve à demi portée de fusil du second pont; trois pièces d'artillerie lançaient un feu perpétuel de mitraille. Les troupes françaises, que l'ardeur de vaincre élevait au-dessus d'elles-même s, s'élancent trois fois sur l'ennemi et trois fois sont repoussées.
Enfin, il y avait cinq heures que les deux armées étaient aux prises, lorsque la division Chambarlhac acheva de décider le succès de la bataille.
Par ordre du général en chef, la 24e légère et la 96e de bataille s'avancent sous le commandement du général Victor.
L'avant-garde de la 24e légère s'était déjà portée en avant pour soutenir les deux bataillons de la 6e, aux ordres du général Gency; alors, la 6e légère et le 3e bataillon de la 96e passent le Coppo, au-dessous du bourg, à l'effet de tourner les pièces et d'envelopper l'ennemi, et les 1er et 2e bataillons de la 96e se réunissent à l'attaque centrale.
L'ennemi, justement effrayé de ce mouvement, veut battre en retraite, pour éviter d'être pris en flanc sur sa gauche par la 6e légère, réunie à la 24e. Attaqué en même temps de front par le général Lannes et les deux bataillons de la 96e, chargé, en outre, par les troupes à cheval, il se débande et fuit en déroute.
Cependant, le général Rivaud continuait à combattre autour et dans le village de Montebello les corps autrichiens qui faisaient une vigoureuse résistance. Enfin, il parvient à leur faire abandonner le village, leur livre un dernier combat, sur la gauche de la grande route, et leur fait éprouver une perte considérable.
A ce moment, les troupes françaises, qui venaient de forcer le passage si difficile du moulin, près Casteggio, se réunissent à celles commandées par le général Rivaud, et, toutes ensemble, poursuivent l'ennemi sur le chemin de Voghera, jusqu'à 8 heures du soir. Elles ne s'arrêtent qu'à 3 milles en avant de Casteggio et lorsque la nuit dérobe l'armée autrichienne à leur vue
".

Extrait du Journal de la campagne de l'Armée de réserve par l'Adjudant-commandant Brossier : "23 prairial. – Positions de l'armée française. – L'armée se trouvait, le 23, sur la rive droite de la Scrivia, dans les positions suivantes :
La division Watrin et celle de Mainoni à Castel-Nuovo-di-Scrivia, sous les ordres du général Lannes . Les divisions Boudet et Monnier sous le commandement du général Desaix, en avant de Ponte-Curone, avec tous les corps de cavalerie commandés par le lieutenant général Murat, à l'exception de la brigade du général Kellermann et d'un régiment de dragons qui furent placés en avant de Tortone à côté des divisions Gardanne et Chambarlhac, conduites par le lieutenant général Victor
".

- 14 Juin 1800, bataille de Marengo.

Les Autrichiens passent la Bormida dans la matinée du 14 et attaquent l'armée française. Victor, avec les Divisions Gardanne et Chambarlhac, résiste longtemps à Marengo et sur les bords du Fontanone à l'attaque de la principale colonne autrichienne. Lannes avec la Division Watrin le soutient à Marengo et au nord de Watrin. La Division Monnier, restée d'abord en réserve, vient prolonger la ligne et s'empare de Castel-Ceriolo.

Victor, manquant de munitions, est obligé de reculer ; son mouvement entraîne la retraite de toute l'armée, qui se replie sur San-Giuliano en perdant une partie de sa faible artillerie.

Lapoype et Desaix ont été rappelés sur le champ de bataille : le premier reçoit l'ordre trop tard et Desaix arrive à la fin de la journée à San-Giuliano avec la Division Boudet, au moment où l'armée française semble entièrement vaincue.

L'artillerie de Boudet, réunie aux quelques pièces encore intactes, arrête les premières troupes autrichiennes; Desaix les attaque avec une grande vigueur, et Kellermann profite d'un instant favorable pour les charger avec le peu de cavalerie dont il dispose. Une panique inexplicable s'empare de l'armée autrichienne, dont aucun élément n'oppose une résistance sérieuse et qui recule en désordre jusqu'au pont de la Bormida, en éprouvant des pertes considérables.

/ 1805

/ 1806

/ 1807

/ 1808

/ 1809

/ Formation d'une Réserve puis en Mars 1809, mobilisation des Compagnies de Chasseurs des 5es Bataillons des Régiments d’infanterie légère

Reprenant son projet pour constituer une Réserve sur ses arrières, avant la campagne de 1809 contre l'Autriche, avec les 5es Bataillons de ses Régiments de Ligne comme de légère, Napoléon, sur suggestion de Clarke, forme finalement, le 13 mars 1809, non plus 16 Régiments provisoires (cf correspondance à Clarke du 3 mars 1809) mais 17 Demi-brigades de Réserve à trois Bataillons, en France et en Italie.

Pour l’infanterie légère, on retrouve des Compagnies de Chasseurs des 5es Bataillons mobilisées :
- A la 13e DB provisoire à Metz avec 2 Compagnies des 5e Bataillons des 6e, 24e, 25e, 16e et 26e Léger

/ 1810

Caporaldu 24e Léger en 1810
Caporal Pierre Saget, du 24e Léger, dessiné à Metz le 28 avril 1810; dessin de L. Rousselot

/ 1811

Un Décret du 25 décembre 1811 réforme les modalités de la garde des drapeaux (trois Porte-aigles) et fixe les signes distinctifs des Porte-aigles (casque et épaulettes distinctives pour les deux derniers Porte-aigles). A partir de cette époque, les bandes de couleurs "bleu-blanc-rouge" sont verticales et non plus dans les angles; il faut donc confectionner de nouveaux drapeaux.

/ 1812

Shako d'Officier du 24e Léger après 1812
Shako d'Officier du 24e Léger, après 1812; Musée de l'Empéri

Le 12 janvier 1812, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, à Paris : "Monsieur le Duc de Feltre ... Faites passer la revue du 24e léger demain matin, pour que les hommes écloppés et marqués pour la retraite ne suivent point le régiment. Il est nécessaire d'attacher un major en second à ce régiment ..." (Correspondance de Napoléon, t.23, lettre 18428 ; Correspondance générale de Napoléon, t.12, lettre 29725).

Le 13 janvier 1812, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Lacuée, Ministre directeur de l'Administration de la Guerre : "Monsieur le comte de Cessac ... Le 24e régiment d'infanterie légère n'a point son caisson d'ambulance garni. Il manque aussi à ce corps beaucoup de chirurgiens ...
Il y a des régiments de cavalerie qui ont quatre aigles
(comprendre : porte-aigles); il y a d'autres régiments, comme le 24e léger, qui n'en ont pas. Donnez connaissance de mon décret aux corps, sans cependant le faire mettre dans les journaux, ce qui est inutile. Envoyez-moi, avant de les faire broder, les noms des batailles auxquelles on suppose que chaque régiment a assisté, afin qu'on les vérifie bien, et qu'il n'y ait point de méprises" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 4, lettre 6635 ; Correspondance générale de Napoléon, t.12, lettre 29736).

Le 26 janvier 1812, l'Empereur, à Paris, dicte des notes sur les divisions de troupes de ligne, adressées au Maréchal Berthier, Major général : "... SUR LA DIVISION COMPOSEE DES TRENTE-DEUX 5es BATAILLONS DE LA 32e DIVISION MILITAIRE.
Au lieu de soixante-quatre compagnies employées pour la 32e division militaire il en faut soixante-douze.
Tous les régiments d'infanterie légère du corps d'observation de l'Elbe, savoir les 7e, 13e, 15e, 33e, 26e, 24e légers, fourniront trois compagnies au lieu de deux, ce qui fera en tout soixante-dix ...
On devra réunir les compagnies d'infanterie légère à cause de l'uniforme.
On formera quatre demi-brigades. Chaque demi-brigade sera de trois bataillons, chaque bataillon de six compagnies.
Il faut donner 500 hommes à chacun de ces dépôts, ce qui fera 16.000 hommes pour les trente-deux dépôts, au lieu de 12.500 ...
" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 4, lettre 6693 ; Correspondance générale de Napoléon, t.12, lettre 29851).

Le 24 mars 1812, à Paris, à la question : "Les régiments d'infanterie légère doivent-ils faire revenir leur aigle qui, par une disposition spéciale de l'Empereur, se trouve à leur dépôt ?", ce dernier répond encore une fois : "Puisque les aigles de ces régiments sont aux dépôts, il faut que les régiments les y laissent" (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1911, t.3, lettre 5028).

Chasseur 24e Léger, 1813
Chasseur du 24e Léger, 1813, d'après Martinet

/ 1813

"ORDRES CONCERNANT LA COMPOSITION DES CORPS D’ARMÉE.
Paris, 21 décembre 1813.
Le général Maison est nommé commandant du 1er corps d’armée à Anvers ; le major général lui donnera l’ordre de partir demain pour se rendre dans cette place ; le général Roguet et le général Lefebvre-Desnoëttes seront sous ses ordres.
Le major général donnera l’ordre au général Grouchy de partir de suite pour se rendre à Strasbourg, où il prendra le commandement en chef de la cavalerie de l’armée.
Il ordonnera au duc de Bellune d’organiser le 2è corps d’armée en trois divisions de la manière suivante :
1re division : 24è léger, trois bataillons ; 19è de ligne, trois ; 37è, trois ; 56è, trois ; 61è, un ; 111è, un ; total, quatorze bataillons ;
Le général Dufour commandera cette division ...
Chaque division aura deux batteries d’artillerie à pied ; total, six batteries, quarante-huit pièces. Ce corps d’armée aura en outre deux batteries d’artillerie de réserve, seize pièces, et deux batteries d’artillerie à cheval
".

/ Les drapeaux du 24e Léger

Après avoir reçu des drapeaux sous le Consulat, le 24e Léger en perçoit trois avec trois Aigles en 1804. Curieusement les drapeaux ne sont pas du modèle de l'infanterie légère (Picot) mais de l'infanterie de Ligne (Chaillot).

Une Aigle du 1er Batailon est capturée à Wagram.

En 1812, il reste trois Aigles en service (celle perdue a été discrètement remplacée) et deux sont renvoyées. Un nouveau drapeau modèle 1812 est délivré le 8 août de cette année, portant le nom des batailles : ULM AUSTERLITZ IENA EYLAU ECKMUHL ESSLING WAGRAM.

En mai 1813, le drapeau est au Dépôt de Metz (d'après P. Charrié).

Retour