Le 57e Régiment d'Infanterie de Ligne

de la Révolution à l'Empire

Avertissement et remerciements : Nous présentons ici un travail que nous avions commencé de réaliser pour la Revue Soldats Napoléoniens; il devait être accompagné de planches réalisées par nous-même ; article qui toutefois n'a jamais été publié. Le voici donc désormais à disposition des passionnés; comme tous les autres articles du site, il sera complété et mis à jour au fur et à mesure de nos découvertes

«La Terrible», «La Terrible demi-brigade que rien n’arrête», Bonaparte, 1797.

Les origines du 57e de ligne sont complexes. Dès l’ancien régime, le 57e est considéré comme étant un Régiment hors pair, tant par la réputation que lui avaient valu ses services, que par l’esprit de Corps qui y était entretenu. Créé Jonzac en 1667, il passe Beauvaisis en 1685 après avoir porté le nom de Sainte-Maure en 1677. Il se distingue dans toutes les campagnes de la monarchie, notamment à Candie en 1669, Majorque en 1715 et en Allemagne en 1757.

/ De la Révolution au Consulat

Par le règlement du 1er janvier 1791, Beauvaisis devient 57e Régiment d’infanterie. Envoyé en garnison en Alsace dés 1788, il est cantonné à Wissembourg en avril 1791. La troupe, gagnée par les «idées nouvelles» et soutenue par les clubs locaux s’oppose à ses supérieurs. Pour cette raison, le Colonel Etienne Mauffre De la Martellière et 36 de ses Officiers, dont le Lieutenant-colonel, démissionne et surtout émigre. A Worms, ils offrent leurs services au Prince de Condé, formant ainsi le noyau de son armée. Le 12 juillet, le Colonel Pierre Chevalier (né en 1730, Général de Brigade le 14 avril 1793, et retiré du service le 24 novembre) prend le commandement du Régiment. Celui-ci participe à la prise de Spire en 1792, à la défense de Mayence en 1793, à la prise de Fontarabie et au siège de Pampelune en 1794. Réformé lors du 1er amalgame, son 1er Bataillon passe à la 113e Demi-brigade d’infanterie de Bataille, le 2e à la 114e.

En juin 1796 (1er messidor an IV) est formée la 57e Demi-brigade de ligne. Le 19, son commandement est confié à François Xavier Bruno (1755-1829 ; il est Général de Brigade le 15 décembre 1803 et Officier de la légion d’honneur le 14 juin 1804), qui commandait la 83e Demi-brigade de Bataille depuis le 27 janvier 1794. La composition de ce nouveau Régiment est complexe et mérite d’être détaillée ; ont été réunies pour le former :
- La 83e Demi-brigade de Bataille, elle-même formée du 1er Bataillon du 42e d’infanterie Limousin, du 4e Bataillon de Volontaires de la Drôme et du 2e Bataillon des Volontaires de l’Isère.
- La 122e Demi-brigade de Bataille, formée à partir du 2e Bataillon du 61e d’infanterie Vermandois, et des 2e et 3e Bataillons de la Haute Garonne.
- La 209e Demi-brigade de Bataille, constituée à partir du 1er Bataillon de la Drôme, du 1er de l’Aude, et du 1er de l’Isère
- 3e Bataillon de la 2e Demi-brigade provisoire, qui elle même avait été formée du 1er Bataillon de Grenadiers des Bouches-du-Rhône ; du 2e Bataillon de Grenadiers des Bouches-du-Rhône ; du 4e Bataillon du Gard
- 1er et 3e Bataillons de la 3e Demi-brigade provisoire, constituée du 2e Bataillon des Pyrénées-Orientales, du 3e Bataillon des Pyrénées orientales, du 3e de l’Ariège, du 1er Bataillon de Volontaires de Loir-et-Cher, et du 10e Bataillon de Volontaires de l’Isère.

Son 1er Bataillon, à l’époque de sa formation, se trouvait à Marseille, le 2e à Toulon, le 3e à Avignon.

Pour l’historien soucieux d’établir avec précision la filiation des Corps, les deux amalgames de la Révolution ne sont pas une mince affaire ! Mais comme le dit si bien le Chef de Brigade Bruno, laissons notre 57e "dans l’intérieur mériter la haine du royaliste et du chouan", et intéressons nous tout d’abord à deux de ses Compagnies de Grenadiers qui reçoivent, quelque temps après, l’ordre de se rendre à l’Armée d’Italie :
- Celle du 1er Bataillon, partie de Marseille le 13 juillet, arrive en Italie après 31 jours de marches, et participe à différentes actions dont la plus glorieuse se situe au passage de l’Adige et au combat de Sanguinetto le 11 septembre où elle reprend une pièce de canon et un caisson qu’on avait abandonnés. Trois jours plus tard, à Mantoue, le Sergent-major Palaizi aperçoit trois Canonniers autrichiens prêts à mettre le feu à une pièce de canon dirigée contre les Français ; il s’élance sur eux avec la rapidité de l’éclair, en tue un d’un coup de carabine, renverse le deuxième d’un coup de crosse et fait le troisième prisonnier. Le Lieutenant Cauderon et le Sergent-major Dagoneaux quant à eux se servent avec succès de deux pièces de canon prises à l’ennemi ; ils en dirigent une contre la ville et la deuxième contre un Corps de Hulans qui essayait vainement de les forcer pour rentrer en ville. Dagoneaux pointant les pièces, Cauderon y mettant le feu avec un fusil, plusieurs coups de canon à mitraille sont ainsi tirés. La Compagnie s’illustre à nouveau le lendemain à Saint-Georges.
- Celle du 3e Bataillon, partie d’Avignon le 13 juillet, arrive le 9 septembre à Peschiera après 57 jours de marche. Le 12, elle affronte les Autrichiens devant Mantoue. Le 14, elle doit charger à la baïonnette deux Régiments autrichiens qui sont mis en déroute en laissant 400 prisonniers et le lendemain, attaqués par la cavalerie ennemie, les Grenadiers imperturbables la force à rétrograder puis poursuivent l’infanterie adverse, baïonnette en avant, jusque sur le pont de Saint-Georges. Début novembre, les deux Compagnies sont réunies. Elles vont s’illustrer encore une fois les 27 et 28 novembre à Ronco et Arcole, avant d’être réunie le 2 décembre à leur Demi-brigade qui, elle aussi, vient d’arriver en Italie.

Musicen 57e Demi-brigade, 1798
Fig A1 Musicien de la 57e Demi-brigade, 1798, d’après Herbert Knötel ; Collection de l’auteur.

Commence alors pour la 57e une épopée digne de ses prédécesseurs. Elle participe tout d’abord, bien qu’arrivée tardivement sur le champ de bataille, à la plus brillante des actions remportées par cette armée, celle de Rivoli, le 14 janvier 1797. Plus précisément, elle intervient à Monte Brunisi où se trouve le gros des impériaux. Le Général Rey débouchant d’Orza avec la 57e, se forme sur la rive droite du Tasso, malgré les tirailleurs ennemis, le franchit, et à la tête du Régiment, prend à revers et charge les troupes autrichiennes qui, culbutées, sont mises en déroute . Cette action amènera Bonaparte à citer la 57e en exemple pour ses exploits et à lui faire inscrire sur son drapeau "la Terrible 57e demi-brigade que rien n’arrête". Les Autrichiens eux-mêmes la surnomment "la Terrible".

Deux jours plus tard, elle arrive à La Favorite après une marche de nuit de 60 kilomètres. Conduite par le Général Victor, elle chasse du village de Saint-Antoine les Autrichiens sortis de Mantoue puis, se retournant sur la colonne du Général Provera, et renversant tout sur son passage, l’accule au faubourg de Saint-George, ce qui amène la capitulation de cette colonne qui se trouve cernée. Le compte rendu officiel de l’affaire, envoyé au Directoire Exécutif, est plus qu’élogieux : "Le 27 (nivôse), à une heure avant le jour, les ennemis attaquèrent La Favorite, dans le temps que Wurmser fit une sortie, et attaqua les lignes du blocus par Saint Antoine. Le général Victor, à la tête de la cinquante-septième demi-brigade, culbuta tout ce qui se trouva devant lui : Wurmser fut obligé de rentrer dans Mantoue, presque aussitôt qu’il en était sorti, et laissa le champ de bataille couvert de morts et de prisonniers. Le général Serrurier fit avancer alors le général Victor avec la cinquante-septième demi-brigade afin d’acculer Provera au faubourg de Saint-Georges, et par là le tenir bloqué. Effectivement, la confusion et le désordre étaient dans les rangs ennemis ; cavalerie, infanterie, artillerie, tout était pêle-mêle. La terrible cinquante-septième demi-brigade n’était arrêtée par rien : d’un côté, elle prenait trois pièces de canon ; d’un autre, elle mettait à pied le régiment des hussards de Herdendy. Dans ce moment, le respectable général Provera demanda à capituler ; il compta sur notre générosité, et ne se trompa pas".

Un total de 6 à 7000 hommes, parmi lesquels se trouvaient les Volontaires de Vienne, un Régiment de Hussards et une vingtaine de pièces de canon, constituent le trophée de la journée. La 57e participe ensuite à la prise d’Ancône où 2000 hommes sont faits prisonniers. Puis, ayant grandement souffert pendant la campagne, elle est envoyée en garnison à Livourne pour y prendre du repos.

Par ailleurs, la 57e a fourni des détachements qui ont eux aussi multiplié les actes de bravoure. Le premier, composé de 61 hommes commandés par le Capitaine Segretier, prend part aux derniers combats de Rivoli et se mesure ensuite aux rebelles du Duché d’Urbino. Nous n’entrerons pas dans le détail de son itinéraire ; disons simplement que dans la nuit du 14 au 15 janvier, après avoir traversé le lac de Garde, il débarque à une heure du matin à Torri et en chasse l’ennemi après lui avoir fait cent prisonniers. Dans la même journée, près de Pazzon, il prend encore deux drapeaux du Régiment de Kebek (sic), et fait 111 prisonniers dont 3 Officiers supérieurs, sans tirer un coup de fusil ! Le 24, il reçoit l’ordre de marcher contre les rebelles du Duché d’Urbino ; il s’empare dans la journée d’un de leurs postes à la baïonnette. Trois jours plus tard, il prend de vive force la ville de Fossombrone où les rebelles s’étaient retirés. Ce détachement réintègre son unité le 4 avril.

Le second, composé de 3 Officiers et 65 hommes a pris part au siège de Vérone et à la prise du village de Pescantina. Son commandant, le Capitaine Boutrais, a traversé le premier l’Adige à la nage pour aller chercher sur la rive opposée des bateaux qui servent ensuite à passer la troupe. Ce détachement réintègre le corps le 27 avril.

D'après l'état d'emplacement publié dans le Journal militaire du 10 vendémiaire an VII, la 57e Demi-brigade de ligne est, au 1er vendémiaire an VII (22 septembre 1798), en Helvétie.

La moisson de lauriers ne s’arrêtera pas là. En 1799, la 57e prend part aux batailles de Zurich (Divisions Gazan et Bontemps) et de Diessenhofen. Le 3 mai 1800, elle combat à Engen. Deux jours plus tard, à Moesskirch, la 57e nous dit Thiers, formée en bataille, lutte pendant plus d’une heure contre les masses autrichiennes, foudroyée par l’artillerie ennemie. Malgré tout, elle reste inébranlable sous un feu épouvantable, parvenant même à arrêter l’ennemi. Elle combat ensuite à Biberach, Hochstädt (18-19 juin), Nordlingen, Oberhausen, Neubourg (27 juin), Landshut. Le 3 décembre enfin, un Bataillon de la 57e permet à Moreau de remporter la victoire de Hohenlinden en enfonçant les Hongrois après les avoir empêchés de se déployer dans la plaine.

/ Du consulat à l’Empire

Tambour-major 57e de Ligne, 1803-1805
Fig A2 Tambour-major d’après H. Boisselier, en 1803-1805 (source Boersch) ; Collection de l’auteur.

La paix une fois revenue, c’est à une autre mission que les hommes de la 57e vont se consacrer. En effet, le 12 juillet 1801, Bonaparte ordonne que la 57e serve à la 5e Division (Calais) de la flottille légère. Elle doit fournir "les troupes nécessaires pour tenir garnison et exercer à la manœuvre des chaloupes canonnières", "un détachement pris dans un seul bataillon. Ce bataillon sera composé d'un chef de bataillon, de trois capitaines, de six lieutenants ou sous-lieutenants, de 430 sous-officiers, soldats et tambours". Les troupes embarquées doivent s’exercer aux manœuvres de mer, au service de l’artillerie, aux abordages et au débarquement. L’Angleterre craint alors une invasion, et organise une expédition dirigée principalement contre le port de Boulogne. Une première attaque, menée par l’Amiral Nelson, a lieu le 4 août. L’Amiral lance une seconde attaque, plus conséquente, dans la nuit du 15 au 16 ; le détachement de la 57e a alors l’opportunité de participer à son premier combat naval ! L’Amiral Latouche d’ailleurs fit dans son rapport l’éloge de ces hommes qui, par leur fermeté, le calme et l’adresse avec lesquels ils dirigèrent leur feu sur les péniches ennemi, permirent de repousser les Anglais au moment de l’abordage.

Deux ans plus tard, Bonaparte organise six camps le long des côtes de l’Atlantique, dont un à Saint-Omer. Dans une lettre daté du 14 juin, adressée au Ministre de la Guerre, il prévoit d’affecter à celui de Saint-Omer la 57e de ligne. Ne sont cependant concernés que les 1er et 2e Bataillons, qui complétés chacun à 1000 hommes, doivent pouvoir se mettre en marche à la fin de l’été, ce qui laisse largement le temps de les compléter et de les habiller.

Le 21 août 1803, Bonaparte écrit à Berthier "Ordre à la 28e demi-brigade de ligne et à la 57e, qui sont à Boulogne, de former chacune leurs deux premiers bataillons à 750 hommes par bataillon, et d’envoyer leur 3e bataillon et leur dépôt à Lille", "Ordonner à la 57e demi-brigade de ligne de fournir un sous-officier et 25 hommes de garnison pour chacune des caïques qui sont à Boulogne" (Correspondance de Napoléon). A cette époque, la 57e a ses trois Bataillons à Boulogne.

L’Arrêté du 1er vendémiaire an XII (24 septembre 1803) rétablit la dénomination de Régiment d’infanterie. La 57e devient 57e Régiment d’infanterie de ligne.

Le 8 octobre, l’ordre du jour pour la flottille de Boulogne affecte le 57e de ligne à la flottille de chaloupes canonnières : "le 1er bataillon de la 57e, à la 3e section de la 3e division ; le 2e de la 57e, à la 1e section de la 4e division. Chaque compagnie sera attachée à une chaloupe canonnière, et lui fournira perpétuellement 21 hommes de garnison" (Correspondance de Napoléon).

Le 11 novembre 1803, le 57e Régiment d’infanterie de ligne passe sous le commandement de Jean Pierre Antoine Rey (1767-1842, Commandant de la Légion d’honneur le 25 décembre 1805, Général de Brigade le 18 février 1808).

La distribution des aigles en décembre 1804 nous permet de relater l’anecdote suivante (Les Leçons du patriotisme, Un vieux capitaine..., Marc Babou et Cie, Imprimeurs Libraires, Limoges) :
"... Lorsqu’arriva le moment de rendre le vieux drapeau, son colonel, Fléchat, refusa de l’échanger, et fut mandé par Napoléon aux Tuileries :
- Colonel, il faut porter le drapeau à l’Intendance, on vous en donnera un autre.
- Sire, répondit Fléchat avec des sanglots dans la voix, ne me demandez pas cela. C’est le drapeau de Montenotte, celui qui a failli me servir de linceul. Me l’enlever, autant vaudrait m’arracher le cœur !
- Il est en mauvais état, repris l’Empereur en contenant à grand peine son émotion. Puis, colonel, l’ordre est général et je ne puis pas faire d’exception.
- Si c’est un ordre, Sire, j’obéirai.
Et en effet, le vieux drapeau de la 57e fut rendu. Le jour de la distribution, lorsqu’un aide de camp appela le 57e de Ligne, Fléchat s’avança, triste mais résigné. Napoléon prit lui-même le drapeau destiné à ce régiment et le tendant au colonel, il lui fit signe de regarder l’étoffe tricolore, en prononçant un seul mot : Voyez ! O surprise ! C’étaient les lambeaux de l’étendard d’Italie, artistement réunis ensemble, et portant cette inscription en lettre d’or : 57e A Montenotte il fut surnommé Le TERRIBLE.
- Oh ! Sire, merci, s’écria le colonel en pleurant de joie. Et les braves du 57e, reconnaissant leur drapeau de 1796, poussèrent un formidable cri de : Vive l’Empereur ! Le soir, aux Tuileries, Napoléon prit Fléchat à l’écart et lui dit : - Colonel, qu’auriez-vous fait ? Sire, je me serait brûlé la cervelle. - Vous auriez eu tort, Fléchat, mais néanmoins vous êtes un brave, et en témoignage de mon estime, je vous nomme officier de la Légion d'Honneur
".

Vraie ou fausse (nous n'avons pas trouvé trâce de ce Colonel Fléchat), cette anecdote montre quel état d’esprit régnait au sein du Régiment. Ce dernier d’ailleurs va prendre part à toutes les grandes batailles du premier Empire.

/ L'Empire

/ La campagne de 1805

Avec la Grande Armée en 1805, le 57ème de Ligne (1743 hommes à la 3e Brigade Candras, 2e Division Vandamme du 4e Corps de Soult) se bat à Memmingen, Ulm, et surtout Austerlitz où il a 6 Officiers blessés, dont le Chef de Bataillon Schwitter, cité dans le 35e Bulletin de la Grande Armée.

Au soir de la bataille, l’Empereur "dit au 57e : Souvenez-vous qu’il y a bien des années que je vous ai surnommé le Terrible" (31e Bulletin de la Grande Armée, 5 décembre 1805).

/ La campagne de 1806

Le 57e de Ligne en 1805-1807
Fig A3 Le 57e de Ligne (1805-1807) sur le glacis de la Porte Blanche à Strasbourg ; Collection de l’auteur.
Au second plan apparaît un peloton de Fusiliers en veste ; à droite, le Commandant à cheval en surtout. Au premier plan, un Officier de Voltigeurs en surtout, un Officier de Fusiliers, un Sergent-major de Fusiliers en veste, un Tambour de Grenadiers, un Aide chirurgien et un Chef de musique.

En 1806, il combat à Iéna, Lübeck, Bergfried, Deppen. Le 11 juillet, Napoléon écrit à Berthier de dissoudre la Division Leval, qui comprend un détachement du 57e de ligne destiné à rejoindre les Bataillons de guerre. Cependant, en août, le Tégiment n’a toujours pas reçu de renforts (correspondance de Napoléon).

/ La campagne de 1807

Puis en 1807, à Hof. A Eylau, le 8 février, au sein du 4e Corps de Soult, Division Leval, Brigade Vivies, le Régiment a 1 Officier tué, 3 blessés, dont un décédé des suites de ses blessures. Un autre Officier est blessé le 16 au combat d’Ostrolenka. Au moment de franchir la Passarge, début mars, le Sous-lieutenant de Grenadiers Raverat, l’Adjudant Guinet, et 8 Grenadiers du 57e se portent volontaires pour traverser la rivière à la nage, malgré les glaces charriées par les eaux glaciales, afin de permettre la construction d’un pont destiné au passage des troupes de Soult. Le pont achevé, ces braves, les habits encore trempés, s’empressent de rejoindre l’avant-garde, déjà aux prises avec l’ennemi, afin de combattre. En récompense de leur dévouement, Raverat et 3 Grenadiers sont décorés de la Légion ; Guinet est fait Officier, et les 5 autres soldats obtiennent de l’avancement.

A Lomitten, près de Friedland, le 5 juin, le 57e fait des prodiges de valeur, repoussant toutes les attaques de l’ennemi. Mais les pertes sont sévères : 1 Officier tué, 1 décédé des suites de ses blessures, 16 autres blessés dont le Chef de Bataillon Langlet, et le brave Raverat, dont c’est la deuxième blessure. Au cours de la bataille, la cantinière, Madame Cazajus, donne une autre preuve de l’abnégation qui règne au sein du 57e : pendant l’assaut et durant les combats, elle distribue de l’alcool aux soldats sous le feu ennemi. Elle reçoit alors de Napoléon une chaîne en or. Elle est également citée à l’ordre du jour pour son action la bataille de Guttstadt : "Parmi les traits de bravoure et d’héroïsme, il en est un qui offre peu d’exemples puisqu’il appartient à un sexe que la nature a rendu timide dans les dangers ; c’est celui de la nommée Cazajus qui, malgré une grêle de balles, pénétra deux fois de suite jusqu’au ravin où nos troupes se battaient pour leur distribuer gratis deux barils d’eau-de-vie ; lorsqu’un soldat vint s’offrir pour y aller sa place, elle le refusa en disant que l’existence d’une femme était bien moins utile à la patrie que celle d’un brave militaire".

Enfin, le 10 juin, à la bataille d’Heilsberg, le Régiment éprouve à nouveau de lourde pertes : 3 Officiers tués, 1 morts des suites des ses blessures, et 13 autres blessés, dont le Chef de Bataillon Langlet.

/ 1808

Le Régiment passe sous le commandement de Jean Louis Charrierre le 28 mars 1808. L’homme est un rude gaillard. Né le 3 février 1765 à Bourg Saint Andéole, il entre au service en 1782, et gravit tous les grades, jusqu’à celui de Colonel, non sans avoir fait toutes les campagnes de la Révolution et du début de l’Empire, ce qui lui vaudra également le titre de Baron d’Empire le 9 janvier 1809.

Le 21 octobre 1808, à Saint-Cloud,"S. M. le roi de Westphalie demande que les officiers ci-après passent à son service : le général Eblé, le colonel du 21e dragons Dumas, l’adjudant-major du 4e de ligne Bergeron, le lieutenant Laborde du même régiment, l'adjudant-major Ruelle du 57e, le lieutenant Frédéric Haindel, aide-de-camp du général Amey"; "Accordé", répond l'Empereur (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1911, t.2, lettre 1497).

/ Campagne de 1809

En 1809, le 57e reprend du service, sous les ordres du Général Comte de Lorencez. Celui ci, parlant de la bataille de Thann du 19 avril 1809, dit du 57e dans son "Etat raisonné des services" que "cet intrépide régiment, qui avait été surnommé en Italie le Terrible … a bien justifié son nom dans cette journée". L’Empereur, dans son premier Bulletin de la campagne, déclare quant à lui : "Il y a treize ans, le 57e a été nommé le Terrible ; il a bien justifié son nom à la bataille de Thann où il a abordé et défait successivement six régiments autrichiens". Au cours de cette bataille, il a enlevé les hauteurs boisées sous un feu épouvantable. Exténué, il est relevé, non sans avoir perdu 19 Officiers ; les Autrichiens quant à eux ont perdu 4500 hommes. Les combats s’enchainent : Abensberg le 20 puis Landshut le 21. Le prestige du Régiment est tel que le Duc de Rovigo, dans ses Mémoires, écrit même que sous la conduite du Général Mouton, un Bataillon du 57e s’empare de vive force du pont sur l’Iser. En fait, il s’agit du 17e de Ligne.

Puis c’est Eckmühl le 22 et Ratisbonne le 23. Passé en revue par l’Empereur, le 57e dont le Colonel Charrière, se voit accorder 40 croix de la Légion d’Honneur.

Le 22 mai à Essling, le 57e marche au pas sous la mitraille et oblige l’Infanterie autrichienne à plier. Il laisse sur le terrain 31 Officiers blessés ou tués. Le Colonel est atteint de plusieurs balles qui mettent ses habits en lambeaux. A Wagram, les 5 et 6 juillet, les pertes sont à nouveau impressionnantes : 27 Officiers tués ou blessés. Charrière lui-même reçoit "une forte contusion, ayant été jeté sur un peloton de troupes par son cheval qui avait été atteint d’une balle à la tête". Tout cela lui vaudra le titre de Commandant de la Légion d’honneur le 10 août.

/ 1810-1811

Après l’Autriche, le Régiment goute un repos bien mérité. Seuls combattent les éléments se trouvant encore en Espagne (voir partie consacrée à l'Espagne).

Le 17 juillet 1811, l'Empereur écrit, depuis Trianon, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Peltre ... Donnez ordre que la 2e compagnie des 5es bataillons des 19e, 72e, 2e, 18e, 56e, 37e, 93e, 108e, 48e, 33e, 30e, 12e, 21e, 25e, 85e, 17e, 57e et 61e se forment à Anvers, et tiennent garnison à bord des 15 vaisseaux de ligne français qui sont dans 1'Escaut et des 2 vaisseaux hollandais ; la 18e compagnie sera destinée au premier vaisseau qui sera mis à 1'eau cette année ...
Vous donnerez ordre que toutes ces compagnies soient composées d'officiers, sous-officiers et soldats de l'ancienne France ; que tous les officiers, sergents, caporaux et fourriers aient au moins 4 ans de service, et que les soldats aient au moins un an de service et soient à l'école de bataillon. Vous recommanderez qu'on porte un soin particulier à la formation de ces compagnies, à les maintenir au complet ; qu'on y mette des officiers de choix, hommes d'ordre et d'honneur qui puissent être utiles à bord des vaisseaux
" (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27681).

Le 14 août 1811, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke : "Monsieur le duc de Feltre ... Donnez ordre aux dépôts des 12e de ligne, 7e et 13e légers, 57e, 48e, 108e, 21e, 30e, 33e, 61e, 111e, 85e, et 17e de ligne de faire partir pour les bataillons de guerre tout ce qu'ils ont de disponible au 5e bataillon, en hommes habillés et en état de faire la guerre. Toutefois, ils ne feront pas partir moins de 60 hommes à la fois ; ceux qui ne les auront pas attendront qu'ils les aient, avant de rien faire partir ...
Je trouve, qu'en général, tous ces régiments ont beaucoup d'hommes, sous le titre d'administration, d'instructeurs d'ateliers, d'enfants de troupe, puisque je vois que chacun de ces régiments a près de 160 hommes. Ces régiments ont 380 hommes qui attendent leur retraite; il faut la leur donner. Je vois qu'il y a 680 hommes à réformer ; je suppose que ce sont des conscrits, il faut recommander qu'on soit sévère
" (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 28158).

Le 18 août 1811, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Maréchal Davout, commandant le Corps d'Observation de l'Elbe et Gouverneur général des villes hanséatiques : "Mon cousin ... Le 3e bataillon du régiment de Walcheren fort de 900 hommes s'est mis en marche le 14 au soir pour vous rejoindre, complètement armé, habillé et équipé. C'est donc 900 hommes qui seront répartis entre vos régiments les plus faibles. Je vous recommande le 57e qui a été constamment le plus faible ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 28227).

/ 1812, la campagne de Russie

Musicen 57e Demi-brigade, 1798
Fig A4 Musicien de la 57e Demi-brigade, 1798, d'après Herbert Knötel ; Collection de l'auteur.

Bientôt cependant, le 57e est appelé sous d’autres cieux. Avec la 5e Division Compans (2e Brigade teste) du 1er Corps commandé par Davout, il doit marcher vers la Russie. Beau régiment, qui aligne en juin un effectif de 97 Officiers et 3575 hommes. Le Lieutenant Malespina pourtant ne verra pas la fin tragique de cette campagne ; en effet, le 15 août, il se noie en traversant le Dniepr.

Après avoir combattu à Mohilew le 23 juillet, le 57e va tout particulièrement se distinguer au début du mois de septembre. Le 5, à Borodino, un Bataillon se lance au pas de charge, renverse les Russes et s’empare de la redoute de Schwardino. Les canonniers russes sont presque tous tués sur leurs pièces, mais le 57e a 12 Officiers tués ou blessés. Le Colonel Charrière reçoit alors "l’ordre d’occuper cette redoute et d’y faire exécuter des travaux propres à la mettre en état de défense contre une attaque qui paraissait devoir avoir lieu le lendemain, de la part des Russes. Charrière, avec 3 bataillons de son régiment, et aidé par une compagnie de sapeurs de la garde impériale, fit faire, de nuit, sous la direction du général Kirchner, des ouvrages tels qu’on se trouva, avant le jour, en mesure de bien recevoir l’ennemi, qui n’osa se présenter".

Le 7 est livré la célèbre bataille de la Moskova. A 6 heures, Davout au centre se porte vers les retranchements de Séménofskoïé, âprement défendus par les Grenadiers de Woronzoff et une puissance artillerie qui foudroie la Division Compans qui, dirigé sur le centre, à la gauche du bois de Passavero, doit gravir les hauteurs pour enlever les redoutes qui lui barrent le passage. Le 57e reçoit l’ordre d’attaquer et d’enlever une grande redoute, sur laquelle s’appuie la gauche des Russes. "Au débouché d’un bois, Charrière adressa à son brave régiment ces mots : «A la redoute». Aussitôt, ses bataillons s’élancent au pas de charge, la baïonnette en avant, et faisant en même temps un feu aussi bien nourri qu’il peut l’être pendant une marche rapide. En moins d’une heure, la redoute est enlevée, malgré la résistance opiniâtre des Russes, dont il fut fait un affreux carnage". La redoute est certes restée aux mains des français, mais les pertes du Régiment sont encore un fois terribles : 1500 hommes tués, blessés ou faits prisonniers. Le Corps des Officiers est lui-même durement touché : 40 tués ou blessés. Compans, Dessaix et Rapp, qui chacun leur tour, ont pris la tête de l’action, Davout lui-même, ont également été touchés. La redoute enlevée, l’Empereur demande quel est le Corps qui s’en est emparé. Il n’est pas surpris d’apprendre que cette action glorieuse a été faite par le 57e. Dans l’après midi, Napoléon visite le champ de bataille, et en profite pour questionner le Colonel Charrière qui, en récompense de cette action, est fait Général de Brigade le 21.

Le 17 septembre, le Lieutenant Rousseaux est brûlé dans l’incendie de Moscou.

Le 20 septembre, le Régiment n’aligne plus que 1389 hommes et 54 Officiers ; 1800 hommes sont dans les hôpitaux.

En 1812, le Régiment passe sous le commandement de Pierre Lejeune, puis sous celui de Alexandre Duchesne.

Le 9 octobre 1812, l'Empereur, qui projette de former à Smolensk une Division sous les ordres de Baraguey d'Hilliers, écrit, depuis Moscou, à Berthier : "... Le général Baraguey d’Hilliers me parait placé à Viasma ; envoyez-y le général de brigade Charrière, ancien colonel du 57e qui, étant actif et zélé, conviendrait à ce poste ; il aura à Ghjatsk un colonel ou adjudant commandant sous ses ordres ..." (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1911, t.2, lettre 2543)

Le Sous-lieutenant Huisse est blessé le 18 octobre, au départ de Moscou, par des Cosaques.

Le Capitaine Bastoul est blessé le 24 octobre à la bataille de Malojaroslawetz.

Pendant la Retraite, le 3 novembre 1812, le Régiment perd en trois jours la moitié de son effectif en protégeant le pont de Wiasma. Les pertes parmi les Officiers sont les suivantes : Vermées, Chef de Bataillon, blessé (Mort le 9). Pevet, Capitaine, blessé (mort le 9). Grépat, Capitaine, tué. Bourgade, Lieutenant adjudant-major, blessé (Mort le 16). Lefrançois, Lieutenant adjudant-major, blessé (mort le 16). Brun, Chef de Bataillon, blessé. Tavernier, Capitaine, blessé (égaré le 9 décembre). L’Homme, Capitaine, blessé. Bruset, Capitaine, blessé. Vignolle, Lieutenant adjudant-major, blessé. Dedieu, Lieutenant, blessé. Hanton, Lieutenant, blessé. B. Poisson, Lieutenant, blessé. Deshayese, Sous-lieutenant, blessé. Barthet, Sous-lieutenant, blessé. Bourgeau, Sous-lieutenant, blessé. Beaucourt, Sous-lieutenant, blessé. Marlier, Lieutenant, blessé. Dubois, Sous-lieutenant, blessé.

Le 16 novembre, le Sous-lieutenant Salzard est brûlé dans l’incendie de l’hôpital de Smolensk.

Le 17 novembre, le Lieutenant Grospilier est blessé par des Cosaques, sur la route de Krasnoë.

16 et 17 novembre : bataille de Krasnoë.

Astier, Lieutenant, tué le 17. Lafont, Chef de Bataillon, blessé le 16. Toulemonde, Sous-lieutenant, blessé le 17. Pouthier, Sous-lieutenant, blessé le 17. Dimié, Sous-lieutenant, blessé le 17.

Le 29 novembre, le Capitaine Rossignol est tué au cours d’un combat près d’Orcha.

Le Sous-lieutenant Guillot est blessé le 10 décembre au cours d’un combat devant Wilna.

/ Campagne de 1813

En 1813, le Régiment est commandé par Sernin Laffont.

Le 6 mai 1813, le Capitaine Richard est blessé au cours d’un combat devant Dessau. Le 22 mai, le Lieutenant Collonge est également blessé au combat de Reichenbach.

Le Capitaine Pilhes est blessé le au combat de Pirna.

Le 30 août, à l’affaire de Kulm, sont blessés ou tués :
Picharry, Chef de Bataillon, blessé (mort). Mathieu, Capitaine, tué. Brie, Lieutenant, tué. Malaguin, Sous-lieutenant, tué. Diette, Chef de Bataillon, blessé. Cochereau, Capitaine, blessé. Jouffray, Capitaine, blessé. Vaubert, Capitaine, blessé. Griaut, Capitaine, blessé. Marchés, Lieutenant, blessé. Perrin, Lieutenant, blessé. Ruet, Lieutenant, blessé. Desjardins, Sous-lieutenant, blessé. Brevert, Sous-lieutenant, blessé. Ferry, Sous-lieutenant, blessé.

Défense de Dresde : De Lacoste, Capitaine, tué le 14 Septembre. Avoine, Lieutenant, blessé le 9 octobre (mort le 13). Tenaille, Capitaine, blessé le 14 Septembre. Moyret, Capitaine, blessé le 17 octobre. Colin, Capitaine, blessé le 16 septembre. Coste, Capitaine, blessé le 20 octobre. Roubi, Lieutenant, blessé le 17 octobre. Ferot, Lieutenant, blessé le 18 septembre. Rivoire, Lieutenant, blessé le 18 octobre. Beaurain, Lieutenant, blessé le 14 Septembre et le 6 octobre. Lacomme, Sous-lieutenant, blessé le 14 septembre.

Le 26 septembre 1813, depuis Dresde, l'Empereur écrit au Duc de Feltre : "Proposez-moi des récompenses pour la garnison de Saint-Sébastien. Faites-moi connaître si le général Rey qui la commande, est celui qui a été colonel du 57e, ou si c'est celui qui était gouverneur de Burgos" (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1911, t.1, lettre 1068). C'était celui qui commandait le 5e Gouvernement à Burgos, Emmanuel Rey.

Le Sous-lieutenant Lehec est quant à lui blessé le 18 octobre au cours de la défense de Dantzig. Le Chef de Bataillon Pauly est blessé le 31 octobre à la bataille de Hanau.

/ 1814

Le 26 février 1814, au cours du second combat de Bar sur Aube, est blessé le Lieutenant Ferrand. Le 8 avril, à la défense de Kehl, est blessé le Sous-lieutenant Ambau. Le 57e est bloqué à Strasbourg, ce qui le fait participer à sa défense.

/ Les élements du 57e en Espagne (1808-181...)

Alors que la plus grande partie du Régiment profite en 1808 d’une période de paix relative, ailleurs, en Espagne, des hommes du 57e sont confrontés à une réalité bien différente, plus douloureuse puisqu’elle entraîne la mort du Chef de Bataillon Barraire, blessé le 18 juin près de Madrid, où celle du Capitaine Larivière, assassiné. Ces deux Officiers étaient détachés dans un Corps provisoire.

Le Lieutenant Benoit, détaché auprès d’un Général, trouve la mort le 10 août 1810

/ 1815

En 1815, le 8 juillet, le Lieutenant Ferrand est à nouveau blessé au cours de la défense de Landau. Le 57e est ensuite licencié, à Strasbourg. Il devient Légion du Tarn.

Entre 1804 et 1815, le Régiment a eu 35 Officiers tués, 29 Officiers décédés de leurs blessures, 182 Officiers blessés.

/ Uniformes.

Les Carnets de la Sabretache sont une vraie mine d’or pour le chercheur. Nous y trouvons en effet des extraits de Correspondance du Général de Division Victor Perrin concernant les tenues portées à la 57e Demi-brigade qui se trouvait alors en Italie. Le premier émane du Chef de Brigade Bruno qui donne des ordres au Capitaine Boutrais, chargé de l’habillement, ordres approuvés par Victor, et concernant la confection des bonnets de Grenadiers, et les haches et tabliers des Sapeurs. Le 2e, daté du 19 novembre, est un ordre de Victor pour que l’on établisse à Padoue un atelier d’ouvriers tailleurs pour confectionner la tenue des Musiciens. Tenue qu’il décrit dans une lettre datée du 16, et qui prévoit que l’habit sera de fond écarlate, revers, parements, collet bleu, liseré blanc. Patte des manches blanche liserée bleu. Pattes des poches liserées bleu. Galon aux poches, collet, parement, gilet blanc coupé rond. Pantalon blanc et bottines. Il est également prévu que les Musiciens portent des panaches uniformes. Cette description correspond à la tenue représentée par H. Knötel, donnée dans l’ouvrage de Elting "Napoleonic Uniforms" tome 1 (fig. A1). Quel dommage cependant que nous n’ayons pas le détail des autres tenues portées au sein du Régiment à cette époque ! Nous savons en tout cas, par une lettre de Bonaparte datée du 6 juin, que la 57e s’était vue attribuer la somme de 23000 livres pour son habillement ; quel en fut l’usage, nous ne le savons hélas pas !

Nous savons en tout cas que la 57e a combattu quasiment sans interruption jusqu’à la fin de l’année 1800. Il est donc fort probable que les tenues à ce moment là devaient être dans un état déplorable, ce qui nécessitait inévitablement de les remplacer. Rigo (le plumet planche 224) raconte qu’en avril 1799, le Régiment défile dans les rues de Strasbourg avec un habillement et un équipement neufs, précisant que les soldats auparavant étaient presque nus. Le fait marquant est la présence d’une splendide Musique qui attirera les foudres de l’Administration (le rapport du Général Baraguey d’Hilliers en date du 21 janvier 1802 signale que la Musique du corps est trop importante et coûte trop cher ; celui du Général Michaud, daté du 8 juin 1803, dénonce le nombre excessif de Musiciens et des frais énormes d’entretien, dont 3850 francs dépensés pour l’achat d’instruments de musique). Toujours selon Rigo, le nombre officiel de Musiciens était de 8 dont un Chef, mais la 57e devait très largement dépasser le chiffre de 25, auxquels il faut ajouter 6 Tambours de Grenadiers et 48 Tambours de Fusiliers, sans compter les Fifres, qui officiellement n’existaient pas. Précisons également qu’à l’époque de l’Arrêté des Consuls ordonnant la normalisation des effectifs des Demi-brigades (27 août 1800), la 57e comprenait trois Caporaux-tambours et trois Tambours-majors, chiffre réduit à 1 d’après le rapport du Général de Brigade Grandjean daté du 30 octobre 1800.

Enfin, le 17 juillet 1803, Bonaparte écrit à Dejean, Ministre directeur de l’Administration de la Guerre, que "la 57e demi-brigade, Citoyen Ministre, n’a reçu ni l’habillement de l’an X, ni celui de l’an XI" (correspondance de Napoléon).

Peut être avons nous là l’explication à toutes les variantes que nous trouvons dans les tenues de la tête de colonne, qui constituent pour nous un véritable casse tête. Pour les représenter, nous disposons de quatre sources principales, qui sont Rigo (d’après Boersch, période 1799-1800), le Fichier Carl (1801), les Petits Soldats d’Alsace (types attribués à Boersch et datés de 1803) et enfin Bucquoy (types dessinés par Boisselier, datés de la période 1803-1805, ayant pour sources les Collections Alsaciennes, notamment Boersch).

Avant d’entrer dans le détail, quelques mots d’abord sur Boersch (d’après L. de Beaufort, le Briquet). Né à Strasbourg avant la Révolution, ouvrier boulanger de son état, il avait épousé la nièce du peintre Benjamin Zix. Installé dans son échoppe, qui donnait sur la rue principale de Strasbourg, il suivait des yeux toutes les troupes qui passaient dans la ville. Quelques fois, il invitait les soldats à lui rendre visite dans sa boutique. Il notait consciencieusement les détails de leur uniforme, qu’il reproduisait ensuite sur du carton découpé à l’aide d’un canif puis les montait sur des plots en bois. Cette notation dure plusieurs générations, puisqu’elle est achevée sous la Restauration. La collection d’ailleurs est terminée par son fils, Ch. Boersch, mort en 1861. Elle passe ensuite aux mains de la famille Kolb, qui la partage avec Meyer Boersch, héritier et descendant du boulanger. Cette Collection fut exposée en 1901 à la brasserie Korcher à Paris, et au château de Rohan à Strasbourg en 1903. Le 10 mars 1971, la Collection (ou une partie ?) est vendue à Angers, soit 4000 soldats de tous corps, dont la 57e Demi-brigade. Pour celle ci, L. de Beaufort a pu noter la composition suivante :
Tambour-major et 27 Musiciens, 7 Sapeurs et 2 Officiers supérieurs.
Une Compagnie de Grenadiers avec 1 Officier, 2 Sous-officiers, 1 Tambour et 23 Grenadiers.
3 Compagnie avec chacune une trentaine de personnages, Officiers, Sous officiers, Tambours et Fifres, et Porte-drapeau.

Voici ce que disait Bucquoy quant aux types représentés dans ses fameuses cartes :
"Les types de cette série ont été pris pour l’essentiel dans la collection Boersch, collection alsacienne établie par un contemporain et qui a été la base de beaucoup de collections postérieures. C'est de toutes les collections connues celle qui présente le plus de chances d’être exacte et nous aurons plusieurs fois l’occasion d’y puiser d’intéressants documents.
Les tenues que notre collaborateur M. Henri Boisselier a représentées d’après cette source sont celles de la fin du Directoire, qui subsistèrent sous le Consulat et l’Empire jusqu’à l’adoption du shako. Nous pouvons donc les situer entre 1803 et 1805. Toutes les tenues en habits viennent de la collection Boersch : le chapeau chinois nègre a déjà été donné par Job dans les «Tenues des troupes de France». Remarquons que la forme du chapeau des musiciens, se rapprochant du claque, diffère de celle du chapeau des fusiliers qui est le chapeau des troupes de la République. Le chapeau des fusiliers est orné d’un plumet aux couleurs des bataillons, bleu céleste, jaune orangé et violet (fortement lie de vin), c’est une particularité qu’on trouve rarement. Pour les tenues en capote M. Boisselier s’est inspiré des planches contemporaines de Geissler, un des plus consciencieux dessinateurs allemands de l’époque. Telles sont les tenues que la 57ème demi-brigade, surnommée «la Terrible» depuis la Favorite (1797), porta au camp de Boulogne et que le 57ème de Ligne portait à Austerlitz et probablement encore à Iéna
".

Ganier Tanconville, dans un article paru dans la 4ème année du Passepoil, nous dit de son côté que le 57ème de Ligne était "bien connu des Strasbourgeois contemporains du Consulat et de l’Empire. Après une première apparition en 1801, son dépôt tint garnison dans cette ville de 1805 à 1815 … Tout ce que contenaient alors les bataillons de guerre, passait et repassait par ce dépôt". Ce qui donne encore plus de valeur à la collection Boersch : les types représentés ont été vus.

Passons maintenant à l’analyse. Rigo, pour la période 1799-1800, nous donne tout d’abord un Musicien (fig 2 ; fig 2a : détail des poches ; fig 2b grosse caisse), un Chapeau chinois (fig 3), et un Tambour de Fusiliers (fig 6 ; fig 6a : détail des poches ; fig 6b : Fifre de Fusiliers vers 1803 d’après Bucquoy qui donne également Boersch comme source). D’emblée, on constatera que le Musicien et le Chapeau chinois ont leur tenue distinguée de bleu ciel, couleur d’ailleurs que l’on verra reparaître dans la tête de colonne après 1808, alors que le Tambour de Fusiliers porte un habit distingué de drap jonquille. Par ailleurs, si l’habit du Tambour est doté de boutonnières blanches, ce n’est pas le cas pour celui du Musicien. Conclusion : à cette époque, il y a deux tenues distinctes à la tête de colonne. Cette particularité ne doit pas étonner ; on la rencontre au 17e Léger vers 1808-1809.

Rigo nous dit ne pas connaître la tenue du Tambour major. Peut être est-ce celle que nous trouvons dans la Collection des Petits Soldats d’Alsace (fig 1, attribué à Boersch, daté de 1803 ; donné également par Bucquoy avec par erreur une grenade argent sur le nœud), représenté de dos, ce qui nous permet d’admirer le détail des poches, des retroussis, et des galons à la taille. Boisselier quant à lui nous le présente de face (fig. A2) : il porte un chapeau avec ganse de cocarde, galon, tirants et floches dorés, un habit identique à celui du tambour galonné d’argent, avec trois boutons sous le revers droit, des bottes découpées en cœur ayant le devant un gland doré ; enfin une banderole jaune avec un porte baguette doré contenant deux baguettes noires à virole dorée.

A partir de 1801, il n’y a plus qu’une seule couleur dominante : c’est le jonquille. Globalement, toutes les sources concordent sur ce fait. Il y a cependant quelques variantes, en fonction des dates. Le Musicien de Carl (fig 7) daté de 1801 a la ganse de cocarde et les trèfles d’épaules jaunes (caractéristiques que l’on retrouve pour un Musicien (1802) de la Collection Knötel à Rastatt, mais qui n’a pas les pompons des cornes du chapeau), la patte de parement jonquille passepoilée de blanc. Celui tiré des Petits Soldats d’Alsace, attribué à Boersch et daté de 1803 (fig 8 ; 8a : grosse caisse même source) a les ornements du chapeau et les trèfles dorés, la patte de parement bleu à passepoil blanc, et de curieux retroussis écarlates. Pour Bucquoy, qui donne pour source Boersch (fig 4 vers 1803-1805), la ganse de cocarde et les trèfles sont blancs, la patte de parement et les retroussis jaunes. L’abandon progressif des ornements dorés est peut être du à des raisons d’économie. Si c’est le cas, cela permet de comprendre l’évolution du Chapeau chinois qui, a partir de 1803-1805, porte une tenue nettement moins riche que par le passé (fig 5 d’après Bucquoy et Job).

En ce qui concerne les Tambours et Fifres, on constate là encore certaines évolutions analogues. Ainsi, le Tambour de Fusiliers de Carl en 1801 (fig 9) porte le chapeau en colonne avec tirants jaunes. La patte de parement est jaune. Il n’y a pas de passepoil aux pattes d’épaules. Celui tiré des Petits Soldats d’Alsace, attribué à Boersch et daté de 1803 (fig 10 ; 10b : fifre) a le chapeau sans tirants, porté en bataille, les pattes d’épaules passepoilées de rouge, celles des parements bleues, et les retroussis rouges. Par ailleurs, les boutonnières ont disparu. Le Fifre de Bucquoy quant à lui (fig 6a) semble porter la tenue du Tambour de Rigo (fig 6).

Le Tambour de Grenadiers tiré des Petits Soldats d’Alsace et attribué à Boersch (fig 11) porte la même tenue que celui des Fusiliers, mais s’en distingue cependant par des retroussis jaunes, le bonnet à poil et les épaulettes rouges. Cette même source nous donne un Fifre de Grenadiers (fig 11a) portant un chapeau qui rappelle étrangement ceux en usage pendant la campagne d’Italie, avec plumet retombant, tirants et pompons des cornes rouges. Bucquoy quant à lui rétablit les boutonnières et dote le Tambour d’une capote grise enroulée sur le havresac (fig 12 ; Bernard Coppens donne un type quasiment analogue, mais sans la capote roulée sur le havresac, et avec les cercles de tambour bleu ciel).

Passons maintenant aux Sapeurs. Boersch et Bucquoy sont d’accords en ce qui concerne le Sergent-sapeur (fig 13) et le Sapeur (15), vers 1803. Carl donne un type légèrement différent pour l’année 1801 (fig 14) : plaque de ceinturon sans ornement, et port des pistolets.

En ce qui concerne les Officiers de Fusiliers, celui de Carl en 1801 (fig 16) porte le chapeau en colonne, tandis que ceux de Boersch (fig 16a) et Bucquoy (fig 16b) l’ont en bataille ; ces deux derniers ne diffèrent entre eux que par la couleur du petit plumet. Boersch et Bucquoy sont par ailleurs d’accord en ce qui concerne l’Officier de Grenadiers (fig 17).

Le Grenadier de Carl en 1801 (fig 18) n’a pas de passepoil sous le col. On retrouve cette caractéristique dans son Fusilier (fig 19) qui a par ailleurs un bouton dans la pointe de la patte d’épaule, et porte le chapeau en colonne avec tirants jaunes. Le Grenadier, le Fusilier et le Caporal de Fusiliers de Boersch (figs 20 à 22) ont un passepoil rouge sous le col ; par ailleurs, les Fusiliers portent le chapeau en bataille sans tirants, et n’ont pas de bouton sur la pointe de la patte d’épaule. Le Caporal, qui se distingue par le port de galons aurore, est d’autre part armé du sabre briquet.

Pour Bucquoy, le Grenadier en grande tenue (fig 23) a les guêtres blanches, les chevrons d’ancienneté rouges, et le manteau roulé porté sur le havresac. En tenue de route (fig 24), il porte le bonnet de police, la capote, les pantalons blancs, et semble avoir un manteau ou une couverture roulé sur le havresac. Le Sergent de Fusiliers (fig 25), dont le grade est signalé par un galon doré, ne diffère du Fusilier de Boersch que par le bouton dans la pointe de la patte d’épaule. En tenue de route (fig 26), le Fusilier porte le manteau gris, les pantalons blancs, et complète sa tenue par une gourde marron portée en bandoulière.

Geissler a pour sa part représenté un Fusilier du Régiment en 1806. Il porte le chapeau en colonne, une pipe glissée derrière la cocarde. On remarquera les pattes de parements bleues à passepoil blanc, les poches horizontales, et surtout, détail extrêmement intéressant, les retroussis ornés du numéro du Régiment en rouge. Notre hommes là encore porte les pantalons de toile par dessus des guêtres blanches. Le manteau enroulé sur le havresac est de couleur beige foncé. La giberne est recouverte d’une toile blanche sur laquelle est inscrit «57e Régiment …».

La planche de Tanconville (fig. A3), extraite du Passepoil, est elle aussi fort intéressante, en ce sens qu’elle représente le Régiment en service journalier. Tout d’abord, le Chef de Bataillon, à cheval, qui porte un surtout bleu, et un chapeau avec le plumet aux couleurs du Bataillon. L’Officier de Fusiliers est "en surtout, pantalon de Nankin, gilet blanc, bottes à revers coupées à la façon anglaise, mode en faveur dans l’Allemagne du Nord, en Hanovre, à Hambourg, où les bataillons du 57ème séjournèrent longtemps. Il porte un ceinturon en cuir de Russie carmin bordé d’or". Le Tambour de Grenadiers "est en veste avec col et parements écarlates, épaulettes de même, le chapeau orné de la carotte écarlate. D’autres documents donnent un petit plumet écarlate (Boersch et Hofrath Bach)".

Tanconville précise également que "aux armées de l’Océan en 1805, les têtes de colonne, musiciens compris, furent armés de mousquetons avec baïonnettes et pourvus de gibernes. On vit alors les tapins, en marche sur Austerlitz, battre la caisse, le mousqueton à 1a grenadière et la giberne, à la Corse, sous le ventre (Journal militaire, 11 fructidor an 12. Mémoires du général Roguet, etc.)". Remarquons que sur les revers du Tambour reproduit en noir et blanc, il n'y a pas de boutonnières (fig. A4).

L’Aide chirurgien porte une tenue qui "se rapproche de celle des chirurgiens, mais sans galons ni ornements. Surtout bleu barbeau, col et parements écarlates, gilet rouge pantalon de la troupe, chapeau sans pompon ni plumet. Il est armé du mousqueton ou carabine avec baïonnette, conformément aux ordres du jour des maréchaux Mortier et Ney, de juillet et août 1805. C’est à cette particularité d’ornement que les aides chirurgiens régimentaires doivent leur surnom de carabins. Succédant à ceux de l’ancienne monarchie, ils furent créés vers 1805 au camp de Boulogne, et recrutés parmi les sous-officiers idoines et les élèves en médecine touchés par 1a conscription. Nombre d’entre eux continuèrent leurs études comme élèves militaires et devinrent des chirurgiens militaires distingués. Le surnom resta le terme générique désignant les élèves du service de santé militaire (Document Piton)". Le Chef de Musique quant à lui est "en surtout, doubles galons d’argent au col aurore".

L’Officier de Voltigeurs est "en surtout à col aurore, armé de la carabine réglementaire, muni de la giberne à bandoulière de cuir blanchi, comme les officiers de dragons. Gilet blanc, pantalon gris basané, de cuir fauve, à 1a Suisse, mode très suivie par nos officiers subalternes (Document Piton et allemands)». Le sergent major de fusiliers porte la «veste blanche, pantalon de coutil, col et parements bleu national (plus clair que celui du fond des habits). Dragonne rouge. Les insignes des grades sont passepoilés de la couleur tranchante.
La couleur tranchante a été toujours : rouge pour les grenadiers, aurore pour les voltigeurs, bleu national (ou impérial) pour les fusiliers. Plus rarement du fond (blanc) pour ces derniers. La capote enroulée sur le sac est d’un gris bleuté conforme aux documents iconographiques allemands et aux documents Piton et Boersch. Quant aux ornements des chapeaux, 1e galon aurore du règlement semble avoir disparu vers 1803. Pour les plumets et pompons, Boersch donne au 57ème, pour 1804, 1e plumet court violet, orange, bleu céleste, selon le bataillon. Pour 1805, 1a tradition Piton donne 1e pompon à houppette. Du reste, il y avait alors dans le domaine du passementier une telle variété que les contradictions, mêmes apparentes, sont à négliger. Les corps de troupe se pourvoyaient sur place et comme ils pouvaient
".

Les types de la planche de Brauer et de Herbert Knötel, qui complètent ceux que nous trouvons chez Bucquoy, nous paraissent se situer vers 1807. Le Musicien, le Sapeur, le Tambour de Grenadiers sont analogues à ceux de Bucquoy. Le Sergent de Grenadiers ne pose aucun problème ; il porte la tenue classique, et Brauer nous donne même les ornements de retroussis (grenades rouges). Par contre, le Tambour-major représenté de face diffère sensiblement de celui donné par Boisselier : légion d’honneur, gilet galonné d’or, trèfles d’or sont des nouveautés. De même, on remarquera que les Fusiliers, et leur Officier, ont le pompon à houppette, comme chez Tanconville ; les couleurs correspondant aux différents Bataillons. Brauer nous donne également un aperçu des Voltigeurs, au travers d’un Cornet et d’un Caporal, qui portent tous deux le shako (il semble qu’à leur création, ils portaient le chapeau et n’étaient pas pourvus de sabre). La planche nous donne également les ornements de retroussis (cors jaunes).

Terminons ici en signalant que le drapeau représenté sur cette planche ne devrait pas être doté de franges. Il y a là une erreur manifeste. De même, nous n’avons pas donné le porte drapeau de Boersch, le drapeau représenté étant trop éloigné de la réalité.

/ Sources

- Berjaud F. : Soldats de la Grande Armée, Série N°38.

- Brauer, Uniformbogen N°024 ; planches réalisées par Emile Nussbaum.

- Cdt Bucquoy : «Les uniformes du premier empire, l’infanterie».

- Martinien A. : «Tableaux par corps et par batailles des officiers tués et blessés durant les guerres de l’Empire (1805-1815)».

- Le Passepoil, 4ème année, N°03 : article de Ganier Tanconville, «Le 57ème de Ligne (1805-1807) sur le glacis de la Porte Blanche à Strasbourg».

- Smith D. : «Napoleon’s Regiments» ; Greenhill Books.

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