Le 57e Régiment d'Infanterie de Ligne

de la Révolution à l'Empire

Avertissement et remerciements : Nous présentons ici un travail que nous avions commencé de réaliser pour la Revue Soldats Napoléoniens; il devait être accompagné de planches réalisées par nous-même ; article qui toutefois n'a jamais été publié. Le voici donc désormais à disposition des passionnés; comme tous les autres articles du site, il sera complété et mis à jour au fur et à mesure de nos découvertes

Accès à la liste des Officiers, cadres d'Etat major, Sous officiers et Soldats du 57e de Ligne

«La Terrible», «La Terrible demi-brigade que rien n’arrête», Bonaparte, 1797.

Les origines du 57e de ligne sont complexes. Dès l’ancien régime, le 57e est considéré comme étant un Régiment hors pair, tant par la réputation que lui avaient valu ses services, que par l’esprit de Corps qui y était entretenu. Créé Jonzac en 1667, il passe Beauvaisis en 1685 après avoir porté le nom de Sainte-Maure en 1677. Il se distingue dans toutes les campagnes de la monarchie, notamment à Candie en 1669, Majorque en 1715 et en Allemagne en 1757.

/ De la Révolution au Consulat

57e Demi-brigade boutons
Boutons de la 57e Demi-brigade, selon Fallou
Bouton de la 57e Demi-brigade de ligneBouton de la 57e Demi-brigade
Boutons de la 57e Demi-brigade

Par le règlement du 1er janvier 1791, Beauvaisis devient 57e Régiment d’infanterie. Envoyé en garnison en Alsace dés 1788, il est cantonné à Wissembourg en avril 1791. La troupe, gagnée par les «idées nouvelles» et soutenue par les clubs locaux s’oppose à ses supérieurs. Pour cette raison, le Colonel Etienne Mauffre De la Martellière et 36 de ses Officiers, dont le Lieutenant-colonel, démissionne et surtout émigre. A Worms, ils offrent leurs services au Prince de Condé, formant ainsi le noyau de son armée. Le 12 juillet, le Colonel Pierre Chevalier (né en 1730, Général de Brigade le 14 avril 1793, et retiré du service le 24 novembre) prend le commandement du Régiment. Celui-ci participe à la prise de Spire en 1792, à la défense de Mayence en 1793, à la prise de Fontarabie et au siège de Pampelune en 1794. Réformé lors du 1er amalgame, son 1er Bataillon passe à la 113e Demi-brigade d’infanterie de Bataille, le 2e à la 114e.

Le 2e amalgame va donner naissance à la 57e Demi-brigade de seconde formation, futur 57e Régiment d'Infanterie de ligne sous l'Empire. La composition de ce nouveau Corps est complexe et mérite d’être détaillée ; ont été réunies pour le former :

- La 83e Demi-brigade de Bataille

Elle même formée du 1er Bataillon du 42e d’infanterie Limousin, du 4e Bataillon de Volontaires de la Drôme et du 2e Bataillon des Volontaires de l’Isère.

Le 27 mars 1794 (7 Germinal an 2), Buonaparte écrit depuis Nice, au Chef de Bataillon Berlier, Sous-directeur de l'Artillerie à l'Armée d'Italie : "Tu délivreras deux cent soixante-dix fusils au 3e bataillon de 83e demi-brigade et tu en retireras aux quatre-vingt-quinze que tu feras réparer.
Je te préviens que j'ai donné ordre à un chef armurier et 15 ouvriers de se rendre à Antibes pour accroître l'atelier
" (Correspondance générale de Napoléon, t.1, lettre 159).

Le 3e Bataillon de la 83e rejoint les deux autres Bataillons de la Demi-brigade restée à la 1ère Division de la Côte à Marseille (F. Bouvier, Bonaparte en Italie, page 693).

Fin mars, début avril, le Capitaine Marigny, de la 83e, sert comme Aide-de-camp à la 2e Brigade (à Tende, Sospel, l'Escarène - Général Dallemagne) de la 3e Division (Général Macquard) du Corps de Bataille de l'Armée d'Italie. Le 1er Bataillon (781 hommes et 27 Officier) et le 2e Bataillon de la 83e (645 hommes et 25 Officiers) sont à la 1ère Division de la Côte (Quartier-général : Toulou) sous le Général Mouret, 2e Brigade (à Marseille - Adjudant-général Leclerc).

- La 122e Demi-brigade de Bataille

Elle même formée à partir du 2e Bataillon du 61e d’infanterie Vermandois, et des 2e et 3e Bataillons de la Haute Garonne.

- La 209e Demi-brigade de Bataille

Constituée à partir du 1er Bataillon de la Drôme, du 1er de l’Aude, et du 1er de l’Isère.

Les 340 hommes du 3e Bataillon de la 209e Demi-brigade sont arrivés à Nice le 28 mars 1796 et doivent partir le 29 pour Ormea. Ils se sont mutinés avec la complicité de plusieurs de leurs Officiers, au motif qu'ils n'ont ni soulier, ni argent. L’Armée d'Italie a besoin d'être reprise fermement en main par son commandant. Bonaparte le fait avec autorité et sévérité1. Le 29 mars 1796 (9 germinal an 4), il écrit, depuis le Quartier-général à Nice, au Général Berthier, Chef de l’Etat-major Général de l’Armée d’Italie : "Le 3e bataillon de la 209e demi-brigade s’est rendu coupable de désobéissance ; il s'est déshonoré par son esprit de mutinerie, en refusant de marcher aux divisions actives (1) ; les officiers se sont mal conduits ; le commandant, le capitaine Duverney, a montré de mauvaises intentions. Vous voudrez bien faire arrêter le citoyen Duverney, et le faire traduire devant un conseil militaire à Toulon, où vous adresserez la plainte qui sera portée par le commandant de la place.
Vous ferez traduire devant un conseil militaire, à Nice, les grenadiers accusés d'être les auteurs de la mutinerie. Vous ferez sortir les autres grenadiers, que vous distribuerez, cinq hommes par cinq hommes, dans les bataillons de l'armée.
Les officiers et sous-officiers, n'ayant point donné l'exemple de partir et étant restés dans les rangs sans parler, sont tous coupables ; ils seront sur-le-champ licenciés et renvoyés chez eux.
Les soldats du bataillon seront incorporés à Marseille, avec la 83e demi-brigade. La présente lettre sera mise à l'ordre de l'armée
" (Panckoucke : Correspondance inédite officielle et confidentielle de Napoléon, t. 1 Italie ; Oeuvres de Napoléon Bonaparte, Panckoucke, 1821-1822, t. 1, p. 3 ; Oeuvres complètes de Napoléon, Stuttgart et Tubingue, 1822, t.1, p. 4 ; The Bonaparte letters and despatches, Londres, 1846, t.1, p.9 ; Correspondance de Napoléon, t.1, lettre 97 ; Correspondance générale de Napoléon, t.1, lettre 429).

Le 30 mars 1796 (10 Germinal an 4), Bonaparte écrit, depuis Nice, à Barras, Membre du Directoire exécutif : "… Le troisième bataillon de la 209e demi brigade a reçu l'ordre d'aller au camp ; il a refusé, disant qu'il n'avait ni souliers ni argent. J'ai fait désarmer les grenadiers et je les ai fait mettre en prison ; j'ai fait arrêter le chef et fait passer au conseil militaire ; j'ai licencié les officiers, excepté cinq ou six, et j'ai incorporé le bataillon dans la 83e demi-brigade. Cet exemple a fait le plus grand effet dans l'armée ; la discipline était relâchée et sous prétexte de manquer du nécessaire, l'on oubliait les principes sévères de l'ordre et de l’obéissance militaire …" (Correspondance générale de Napoléon, t.1, lettre 436).

- 3e Bataillon de la 2e Demi-brigade provisoire

Qui elle même avait été formée du 1er Bataillon de Grenadiers des Bouches-du-Rhône ; du 2e Bataillon de Grenadiers des Bouches-du-Rhône ; du 4e Bataillon du Gard

- 1er et 3e Bataillons de la 3e Demi-brigade provisoire,

Constituée du 2e Bataillon des Pyrénées-Orientales, du 3e Bataillon des Pyrénées orientales, du 3e de l’Ariège, du 1er Bataillon de Volontaires de Loir-et-Cher, et du 10e Bataillon de Volontaires de l’Isère.

A noter qu'au 9 Avril 1796 (20 Germinal an 4, donc après l'amalgame), l'ensemble de ces différents éléments fait partie de l'Armée d'Italie, Division des Côtes, 1ère Division; la future 57e Demi-brigade (83e, 122e, 2e (ou 3e) Bataillon de la 2e Provisoire, 1er et 3e de la 3e Provisoire, 1er Bat. de Loir-et-Cher, 10e de l’Isère, etc.) présente un effectif de 3398 hommes (F. Bouvier, Bonaparte en Italie, page 704).

Le 29 avril 1796 (10 Floréal an 4), la situation de la 57e Demi-brigade est la suivante : Armée d'Italie, Division de la Côte, 1ère Division (Général Barbentane); la 57e Demi-brigade est embrigadée avec la 13e de Première formation, pour un effectif total de 5500 hommes, sous le Général de Brigade Peyron Verne.

En juin 1796 (1er messidor an IV), la 57e Demi-brigade de ligne est officielle. Le 19, son commandement est confié à François Xavier Bruno (1755-1829 ; il est Général de Brigade le 15 décembre 1803 et Officier de la légion d’honneur le 14 juin 1804), qui commandait la 83e Demi-brigade de Bataille depuis le 27 janvier 1794.

Son 1er Bataillon, à l’époque de sa formation, se trouvait à Marseille, le 2e à Toulon, le 3e à Avignon.

Pour l’historien soucieux d’établir avec précision la filiation des Corps, les deux amalgames de la Révolution ne sont pas une mince affaire ! Mais comme le dit si bien le Chef de Brigade Bruno, laissons notre 57e "dans l’intérieur mériter la haine du royaliste et du chouan", et intéressons nous tout d’abord à deux de ses Compagnies de Grenadiers qui reçoivent, quelque temps après, l’ordre de se rendre à l’Armée d’Italie :
- Celle du 1er Bataillon, partie de Marseille le 13 juillet, arrive en Italie après 31 jours de marches, et participe à différentes actions dont la plus glorieuse se situe au passage de l’Adige et au combat de Sanguinetto le 11 septembre où elle reprend une pièce de canon et un caisson qu’on avait abandonnés. Trois jours plus tard, à Mantoue, le Sergent-major Palaizi aperçoit trois Canonniers autrichiens prêts à mettre le feu à une pièce de canon dirigée contre les Français ; il s’élance sur eux avec la rapidité de l’éclair, en tue un d’un coup de carabine, renverse le deuxième d’un coup de crosse et fait le troisième prisonnier. Le Lieutenant Cauderon et le Sergent-major Dagoneaux quant à eux se servent avec succès de deux pièces de canon prises à l’ennemi ; ils en dirigent une contre la ville et la deuxième contre un Corps de Hulans qui essayait vainement de les forcer pour rentrer en ville. Dagoneaux pointant les pièces, Cauderon y mettant le feu avec un fusil, plusieurs coups de canon à mitraille sont ainsi tirés. La Compagnie s’illustre à nouveau le lendemain à Saint-Georges.
- Celle du 3e Bataillon, partie d’Avignon le 13 juillet, arrive le 9 septembre à Peschiera après 57 jours de marche. Le 12, elle affronte les Autrichiens devant Mantoue. Le 14, elle doit charger à la baïonnette deux Régiments autrichiens qui sont mis en déroute en laissant 400 prisonniers et le lendemain, attaqués par la cavalerie ennemie, les Grenadiers imperturbables la force à rétrograder puis poursuivent l’infanterie adverse, baïonnette en avant, jusque sur le pont de Saint-Georges.

Le 3 novembre 1796 (13 Brumaire an 5), Bonaparte écrit, depuis son Quartier général à Vérone, au Citoyen Garreau, Commissaire du Directoire Exécutif à l’Armée d’Italie : "… Nous sommes ici à la veille des plus grands événements. Si la 83e demi-brigade, aujourd'hui 57e, était partie de Marseille, conformément à l'ordre que j'en ai donné, nous n'aurions rien à craindre ; mais 3,000 hommes de bonnes troupes de moins, dans des circonstances comme celles-ci, sont pour nous un terrible malheur ..." (Panckoucke : « Correspondance inédite officielle et confidentielle de Napoléon », t. 2 Italie ; Panckoucke : « Oeuvres de Napoléon Bonaparte », 1821-1822, t. 1, p. 204 (avec 75e au lieu de 57e) ; Oeuvres complètes de Napoléon, Stuttgart et Tubingue, 1822, t.1, p. 249 (même remarque) ; The Bonaparte letters and despatches, Londres, 1846, t.2, p. 98 (idem) ; Correspondance de Napoléon, t.2, lettre 1147 ; Correspondance générale de Napoléon, t.1, lettre 1044).

Début novembre, les deux Compagnies de Grenadiers sont réunies.

Le 13 novembre 1796 (23 Brumaire an 5), Bonaparte écrit, depuis son Quartier-général à Vérone, au Directoire exécutif : "Je vous dois compte des opérations qui se sont passées depuis le 21 de ce mois : s'il n'est pas satisfaisant, vous n'en attribuerez pas la faute à l'année : son infériorité, et l'épuisement où elle est des hommes les plus braves me font tout craindre pour elle. Peut-être sommes-nous à la veille de perdre l'Italie. Aucun des secours attendus n'est arrivé ; la 83e demi-brigade (note : nouvelle 57e sous le commandement du Général Walther, Division Augereau) ne part pas ; tous les secours venant des départements sont arrêtés à Lyon et surtout à Marseille …" (Panckoucke : « Correspondance inédite officielle et confidentielle de Napoléon », t. 2 Italie ; Panckoucke : « Oeuvres de Napoléon Bonaparte », 1821-1822, t. 1, p. 210 (la lettre est datée du 24 brumaire an 5 – 14 novembre 1796) ; Oeuvres complètes de Napoléon, Stuttgart et Tubingue, 1822, t.1, p. 255 (même datation) ; The Bonaparte letters and despatches, Londres, 1846, t.2, p. 129 (idem) ; Kermoysan « Napoléon, Recueil par ordre chronologique de ses lettres, proclamations, bulletins », Paris, 1853, t.1, p. 62 (idem) ; Correspondance de Napoléon, t.2, lettre 1182 ; Correspondance générale de Napoléon, t.1, lettre 1059).

Le 24 novembre 1796 (4 Frimaire an 5), Bonaparte écrit, depuis son Quartier général, à Vérone, au Directoire exécutif : "… On m'annonce enfin que la 57e demi-brigade, ci-devant 83e, est partie de Marseille et sera dans quinze jours à Milan …" (Correspondance de Napoléon, t.2, lettre 1217 ; Correspondance générale de Napoléon, t.1, lettre 1077).

Les Compagnies de Grenadiers vont s’illustrer encore une fois les 27 et 28 novembre à Ronco et Arcole, avant d’être réunie le 2 décembre à leur Demi-brigade qui, elle aussi, vient d’arriver en Italie.

Le 6 décembre 1796 (16 Frimaire an 5), Bonaparte écrit, depuis Milan, au Général Berthier : "... Vous donnerez ordre au bataillon de la 57e, qui est à Goito, de se rendre à Villafranca, où il sera en cantonnement ; il fera partie, ainsi que la demi-brigade, lorsqu'elle sera arrivée, de la division du général Augereau.
Vous l'en préviendrez pour qu'il en passe la revue et veille à sa discipline et à fournir à ses besoins
" (Correspondance de Napoléon, t.2, lettre 1237 ; Correspondance générale de Napoléon, t.1, lettre 1094).

Le 9 décembre 1796 (19 Frimaire an 5), Bonaparte écrit, depuis Milan, au Général Berthier : "... Un bataillon de la 57e continuera de rester à Villafranca ..." (Correspondance de Napoléon, t.2, lettre 1254 ; Correspondance générale de Napoléon, t.1, lettre 1121).

Le 13 décembre 1796 (23 Frimaire an 5), Bonaparte écrit, depuis Milan, au Général Berthier : "... Vous ordonnerez que les différents détachements de la 57e qui arrivent à Milan y restent jusqu'à ce que les deux bataillons y soient arrivés en entier. Vous aurez soin de donner les ordres nécessaires pour qu'ils soient logés commodément et qu'ils ne manquent de rien. Ces détachements feront le service de la place ..." (Correspondance de Napoléon, t.2, lettre 1279 ; Correspondance générale de Napoléon, t.1, lettre 1151).

Le 21 décembre 1796 (1er Nivôse an 5), Bonaparte écrit, depuis Vérone, au Général Berthier, Chef de l'État-major général de l'Armée d'Italie : "... Ordonnez au bataillon de la 57e qui est à Villafranca de se rendre à Goïto, il sera toujours de la division du général Augereau et sera à Goïto pour réserve en cas de sortie de Mantoue.
Le bataillon de la 57e qui était à Milan et qui a eu ordre de se rendre à Desenzano se rendra à Villafranca
" (Correspondance générale de Napoléon, t.1, lettre 1182).

Le même 21 décembre 1796 (1er Nivôse an 5), Bonaparte écrit encore, depuis Vérone, au Général Berthier, Chef de l'État-major général de l'Armée d'Italie : "Vous voudrez bien donner l'ordre au bataillon de la 57e qui doit arriver à Desenzano et à qui je donne l'ordre de se rendre à Villafranca de rester à Desenzano jusqu'à nouvel ordre" (Correspondance générale de Napoléon, t.1, lettre 1183).

Commence alors pour la 57e une épopée digne de ses prédécesseurs.

Le 23 décembre 1796 (3 Nivôse an 5), le Général Bonaparte fait écrire, depuis Milan, au Général Baraguey-D'Hilliers : "Vous voudrez bien, Général, faire partir demain au matin, pour se rendre àStezzano, le 2e bataillon de la 57e demi-brigade, qui se trouve dans ce moment à Cassano.
Vous donnerez ordre à 300 hommes du 3e régiment de dragons de partir, à la réception du présent, de Monza, où ils se trouvent, pour se rendre dans la nuit à Cassano, et en repartir demain matin avec le bataillon de la 57e pour Stezzano ; vous donnerez un ordre semblable pour deux pièces d'artillerie légère.
Vous ferez partir le 3e bataillon de la 57e, qui est à Milan, pour se rendre à Cassano, où il restera jusqu'à nouvel ordre.
Vous ordonnerez au commandant de l'artillerie de la Lombardie de faire partir, avec le 3e bataillon ci-dessus, une pièce de campagne et deux obusiers, avec 30 canonniers à pied, deux caissons de cartouches, un caisson d'outils et deux pétards. Vous donnerez également l'ordre au commandant du génie de la Lombardie de se rendre à Cassano avec 2 officiers de cette arme, 9 mineurs et 20 sapeurs. Il y aura parmi les outils 25 haches.
Vous donnerez l'ordre à 400 hommes de la 19e demi-brigade, commandés par un chef de bataillon, de partir pour Trezzo, demain, à six heures du matin.
Vous ordonnerez également que tous les petits détachements de la 57e qui sont sur l'Adda se réunissent à Cassano. Vous vous tiendrez vous-même prêt à partir à minuit pour commander les troupes ci-dessus, et vous vous rendrez auparavant chez le général en chef, qui vous donnera ses ordres ultérieurs
" (Correspondance de Napoléon, t.2, lettre 1308).

Musicen 57e Demi-brigade, 1798
Fig A1 Musicien de la 57e Demi-brigade, 1798, d’après Herbert Knötel ; Collection de l’auteur.

Le 27 décembre 1796 (6 Nivôse an 5), Baraguey D'Hilliers écrit, depuis Bergame, au Général en chef Bonaparte : "Je vous informe, mon général, que je me suis emparé cette nuit, comme je vous l'avais annoncé, du château de Bergame par une combinaison de ruse et de force que le succès a couronnée. Voici le détail de l'opération : le 2e bataillon de la 57e demi-brigade, fort de 650 hommes, et un détachement de dragons, s'étaient portés, comme je vous l'ai mandé dans ma lettre du 4, dès le 4 au soir à Stezano. Cette avant-garde a été suivie, le 5 au matin, par le 3e bataillon de la 57e demi-brigade, fort de 350 hommes ; l'artillerie à cheval, forte de 30 hommes ; l'artillerie à pied, forte de 94 hommes : l'une avec deux pièces de 8, l'autre avec deux pièces de 3, que j'ai prises en passant à Cassano, à la place de deux obusiers qui m'ont manqué, et 200 dragons : je suis parti de Cassano avec ces troupes, à six heures précises du matin ; je suis arrivé dans le plus grand ordre à Stezano. J'attendais a Stezano des renseignements sur lesquels je pusse compter, et surtout le retour du citoyen Robineau, capitaine du génie, que j'avais chargé de porter ma lettre au provéditeur, de prendre langue et de reconnaître le château. Les rapports se réunirent pour m'instruire qu'il y avait tant dans la ville haute, qui est fortifiée, que dans le château et les faubourgs, 1,200 hommes d'infanterie, 500 de cavalerie, 200 d'artillerie vénitienne, 700 cavaliers napolitains, et que c'était la ville haute dont il était important de s'emparer : dès-lors je fis mes dispositions pour n'arriver qu'au jour tombant. A un quart de lieue de la ville, je me détachai avec les dragons, et l'infanterie eut ordre de me suivre ; on me fit quelques difficultés à la porte, je brusquai la garde et entrai la carabine haute et au grand trot avec les dragons. Des officiers envoyés par le provéditeur voulurent me conduire aux logements, que j'avais exprès fait préparer à la foire et au lazaret dans la basse ville; je leur exprimai le désir de parler au provéditeur même, ils me témoignèrent l'impossibilité d'entrer avec toute mon escorte dans la ville haute : sans insister, je feignis de me borner à 25 hommes, et je donnai en secret l'ordre au reste de me suivre d'assez près pour, en deux minutes de galop, m'avoir rejoint, et j'envoyai a l'infanterie celui d'entrer au pas de charge dans la ville et de suivre le mouvement. Arrivé par une montée très-roide aux portes de la ville haute, on ouvrit la barrière, on baissa les pont-levis ; je m'élançai sur le premier qui fut abaissé, mon escorte me suivit, on ouvrit la porte, mais en me demandant de relever les postes derrière moi : je refusai en restant sur le pont, et exigeai que mes communications restassent libres ; on refusa, je parlementai, je menaçai, on courut chez le provéditeur, la cavalerie arriva, et aussitôt on s'empara des ponts, des portes, des postes et des grilles, en brusquant les factionnaires, et j'ordonnai à la garde vénitienne de rentrer; la cavalerie resta en colonne sur les ponts sous la direction de l'adjoint Brugère. Je me rendis de suite chez le provéditeur avec 50 dragons, et, après avoir causé avec lui d'une manière assez vague et assez longtemps pour que l'infanterie fût arrivée, je lui demandai de lui parler seul, et, changeant de ton très-brusquement, je lui signifiai vos ordres et ma mission : il recula d'étonnement, et, après avoir cherché à éluder en me demandant d'envoyer un courrier à Brescia où était son chef et en m'exposant l'impossibilité de me satisfaire sans y être autorisé, il voulut donner des ordres secrets ; je lui signifiai de ne pas sortir de sa place et lui traçai le cercle de Popilius, en lui donnant cinq minutes pour se décider : l'infanterie était dans la ville haute, je pouvais être arrogant sans imprudence; il me demanda alors que je lui signifiasse vos volontés par écrit, et que j'exprimasse qu'au cas de refus j'emploierais la force : j'ai cru sans inconvénient de le faire, et aussitôt il m'a donné le major de la place pour me faire livrer les portes du château ; j'y ai envoyé le chef de bataillon du génie Campredori avec le 3e bataillon de la 57e demi-brigade. Toutes ces troupes ont bivouaqué par un temps horrible, elles sont percées ; mais j'espère qu'elles se sécheront aujourd'hui dans les casernes vénitiennes que je leur destine.
Je n'ai point eu occasion d'éprouver le courage des troupes ; mais elles ont observé le meilleur ordre, la meilleure discipline ; et tous les officiers, chacun dans leurs fonctions respectives, ont multiplié les preuves de leur zèle, de leur intelligence et de leur exactitude
" (Panckoucke : « Correspondance inédite officielle et confidentielle de Napoléon », t. 2 Italie ; The Bonaparte letters and despatches, Londres, 1846, t.2, p. 181).

Le 28 décembre 1796 (8 Nivôse an 5), Bonaparte écrit, depuis son Quartier-général à Milan, au Directoire exécutif : "... Ci-joint une pétition des officiers de la 57e, qui réclament le citoyen Maçon, leur chef de brigade, arrêté par ordre du général Willot" (Panckoucke : « Correspondance inédite officielle et confidentielle de Napoléon », t. 2 Italie ; Panckoucke : « Oeuvres de Napoléon Bonaparte », 1821-1822, t. 1, p. 249 ; Oeuvres complètes de Napoléon, Stuttgart et Tubingue, 1822, t.1, p. 294 ; The Bonaparte letters and despatches, Londres, 1846, t.2, p. 177 ; Kermoysan « Napoléon, Recueil par ordre chronologique de ses lettres, proclamations, bulletins », Paris, 1853, t.1, p. 70 ; Correspondance de Napoléon, t.2, lettre 1319 ; Correspondance générale de Napoléon, t.1, lettre 1210).

Le 4 janvier 1797 (15 Nivôse an 5), Bonaparte écrit, depuis Milan au Général Berthier, Chef de l'Etat-major général de l'Armée d'Italie : "Vous voudrez bien ordonner, citoyen général, au 1er bataillon de la 64e demi-brigade de partir demain 16 de Milan pour arriver le 17 à Bergame, le 18 au matin, le 3e bataillon de la 57e partira de Bergame pour rejoindre sa demi-brigade à Goito ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.1, lettre 1258).

Le 7 janvier 1797 (18 Nivôse an 5 - date présumée), Bonaparte écrit, depuis Milan, au Général Berthier : "Ordre au général Augereau de faire partir un bataillon de la 40e demi-brigade pour le fort de Ferrare, qui devra y arriver le 20. S'il le juge nécessaire, il fera descendre de Vérone à Legnago le bataillon de la 51e qui y est. Le prévenir que les deux derniers bataillons de la 57e seront arrivés le 20 à Goito, et que le 22 un bataillon de la 64e, destiné pour renforcer le blocus de Mantoue, sera arrivé également à Goito. Il pourra donc disposer à cette époque de deux bataillons de la 57e demi-brigade. Si l'ennemi faisait des mouvements et s'approchait de l'Adige, il serait inutile de retenir les deux bataillons de Goito ; je vais les faire avancer du côté de Legnago. Si tout reste dans l'état actuel, il laissera ces trois bataillons en réserve à Goito jusqu'à ce que le 2e bataillon de la 64e soit arrivé devant Mantoue, ce qui ne sera pas avant le 25 ou le 26 …" (Correspondance de Napoléon, t.2, lettre 1367 ; Correspondance générale de Napoléon, t.1, lettre 1276).

Le 12 janvier 1797 (23 Nivôse an 5), Bonaparte écrit, depuis Roverbella, au Général Berthier : "Donnez l'ordre au général Victor de partir demain avec le 1er bataillon de la 57e, qu'il mènera à Castellaro ; après quoi il visitera toute la ligne de la Molinella, depuis Castellaro, Villimpenta, Ponte-del-Molino et Ostiglia, afin de connaître les dispositions qu'il y aurait à faire pour empêcher une colonne ennemie qui aurait forcé l'Adige de pénétrer dans Mantoue.
Du moment qu'il aura fait sa reconnaissance, il me fera passer les observations qu'il aura faites sur l'état actuel des différents chemins, et la manière de disposer les troupes pour défendre ladite ligne
" (Correspondance de Napoléon, t.2, lettre 1370 ; Correspondance générale de Napoléon, t.1, lettre 1282).

Le même 12 janvier 1797 (23 Nivôse an 5), le Général Bonaparte fait écrire, depuis Roverbella, au Général Augereau : "… Le général en chef a ordonné au général Victor de se rendre à Castellaro, avec le premier bataillon de la 57e demi-brigade, pour occuper les trois chemins qui traversent la Molinella, et garantir les troupes qui assiègent Mantoue de quelques corps légers qui auraient pu passer le bras de l'Adige, garder le chemin qui longe le Pô, passer par Ostiglia et intercepter la communication par de très-bonnes redoutes que l 'on y a fait construire …" (Correspondance de Napoléon, t.2, lettre 1373).

Le 13 janvier 1797 (24 Nivôse an 5), à 3 heures après midi, le Général en chef fait écrire, depuis le Quartier général, à Vérone, au Général Victor : "Le général Victor partira de Castellaro, une heure après la réception du présent ordre, avec toutes les troupes de la 57e demi-brigade qui sont sous son commandement, pour se rendre à Villafranca.
L'ennemi a démasqué son mouvement, et toutes ses forces se dirigent sur la ligne de Rivoli. Il serait nécessaire que le général Victor arrivât le plus tôt possible à Villafranca, où il recevra des ordres ultérieurs. Le général en chef calcule qu'il pourrait y être rendu demain à neuf heures du matin, et il désire qu'il passe par Roverbella, si cela ne l'éloigne pas de plus de deux milles.
Le général Victor regardera comme nul et non avenu tout autre ordre qui contrarierait le présent, et, s'il n'était pas à Castellaro, l'officier commandant la 57e demi-brigade resterait chargé de l'exécution des dispositions ci-dessus
" (Correspondance de Napoléon, t.2, lettre 1378).

Le même 13 janvier 1797 (24 Nivôse an 5), toujours à 3 heures après midi, le Général en chef fait écrire, depuis le Quartier général, à Vérone, au Général Sérurier : "Le général Sérurier … est prévenu que le général Victor, ou tout autre commandant à Castellaro, a ordre de faire partir sur-le-champ toutes les troupes de la 57e demi-brigade qui sont sur cette ligne pour les diriger sur Villafranca, en passant par Roverbella.
Le général Sérurier donnera des ordres pour réunir à Villafranca, s'il ne les a pas déjà envoyés à Castellaro, les deux autres bataillons de la 57e demi-brigade, afin que cette demi-brigade se trouve tout entière demain, à neuf heures du matin, à Villafranca …
" (Correspondance de Napoléon, t.2, lettre 1379).

La 57e, bien qu’arrivée tardivement sur le champ de bataille, participe à la plus brillante des actions remportées par cette armée, celle de Rivoli, le 14 janvier 1797. Plus précisément, elle intervient à Monte Brunisi où se trouve le gros des impériaux. Le Général Rey débouchant d’Orza avec la 57e, se forme sur la rive droite du Tasso, malgré les tirailleurs ennemis, le franchit, et à la tête du Régiment, prend à revers et charge les troupes autrichiennes qui, culbutées, sont mises en déroute . Cette action amènera Bonaparte à citer la 57e en exemple pour ses exploits et à lui faire inscrire sur son drapeau "la Terrible 57e demi-brigade que rien n’arrête". Les Autrichiens eux-mêmes la surnomment "la Terrible".

Le 15 janvier 1797 (26 Nivôse an 5), le Général en chef fait écrire, depuis son Quartier général, à Castelnovo, à 5 heures un quart du matin, au Général Joubert : "… Les trois demi-brigades faisant partie de la division du général Masséna ont reçu ordre de partir de Rivoli aujourd'hui, à la pointe du jour, ainsi que la 57e, commandée par le général Victor, qui n'est arrivé à Rivoli que dans la nuit.
Le général en chef donne contre-ordre à cette dernière demi-brigade, que vous tiendrez en réserve entre Rivoli et le plateau, et que vous emploierez de la manière que vous jugerez la plus convenable, suivant que les circonstances vous paraîtraient l'exiger.
Comme il pourrait se faire, cependant, que la 57e demi-brigade fût déjà partie de Rivoli, le général en chef vous autorise à donner contre-ordre à celle de la division Masséna que vous trouverez le plus à portée de ce dernier point, le but du général en chef étant de vous renforcer d'une demi-brigade et de détruire enfin toutes les chances contre la réussite de votre attaque de la Corona ...
" (Correspondance de Napoléon, t.2, lettre 1385).

Le même 15 janvier 1797 (26 Nivôse an 5), Bonaparte écrit, depuis Roverbello, au Général Joubert : "La 18e et la 57e sont ici ..." (Panckoucke : « Correspondance inédite officielle et confidentielle de Napoléon », t. 2 Italie ; Panckoucke : « Oeuvres de Napoléon Bonaparte », 1821-1822, t. 1, p. 267 ; Oeuvres complètes de Napoléon, Stuttgart et Tubingue, 1822, t.1, p. 312 ; The Bonaparte letters and despatches, Londres, 1846, t.2, p. 224 ; Correspondance de Napoléon, t.2, lettre 1392 ; Correspondance générale de Napoléon, t.1, lettre 1290).

Dans son Rapport adressé au Directoire exécutif, et daté du Quartier général à Vérone, le 18 janvier 1797 (29 Nivôse an 5), le Général Bonaparte écrit : "… je fis filer le général Victor avec la brave 57e, et rétrograder le général Masséna qui, avec une partie de sa division, arriva à Roverbella le 26.
… COMBAT DE SAINT-GEORGES.
M. le général Provera, à la tête de 6,000 hommes, arriva le 26 à midi au faubourg de Saint-Georges ; il l'attaqua pendant toute la journée, mais inutilement. Le général de brigade Miollis défendait ce faubourg ; le chef de bataillon du génie Sanson l'avait fait retrancher avec soin ...
" (Panckoucke : « Oeuvres de Napoléon Bonaparte », 1821-1822, t. 1, p. 272 ; Oeuvres complètes de Napoléon, Stuttgart et Tubingue, 1822, t.1, p. 316 ; Correspondance de Napoléon, t.2, lettre 1399 ; Correspondance générale de Napoléon, t.1, lettre 1300).

Le 16, la 57e arrive à La Favorite après une marche de nuit de 60 kilomètres. Conduite par le Général Victor, elle chasse du village de Saint-Antoine les Autrichiens sortis de Mantoue puis, se retournant sur la colonne du Général Provera, et renversant tout sur son passage, l’accule au faubourg de Saint-George, ce qui amène la capitulation de cette colonne qui se trouve cernée.

Le compte rendu officiel de l’affaire, envoyé au Directoire Exécutif, et daté du Quartier général à Vérone, le 18 janvier 1797 (29 Nivôse an 5), est plus qu’élogieux. Le Général Bonaparte écrit : "… Le général Miollis, aussi actif qu'intrépide, loin d'être intimidé des menaces de l'ennemi, lui répondit avec du canon, et gagna ainsi la nuit du 26 au 27, pendant laquelle j'ordonnai au général Serrurier d'occuper la Favorite avec la 57e et la 18e demi-brigade de ligne et toutes les forces disponibles que l'on put tirer des divisions du blocus … .
… BATAILLE DE LA FAVORITE.
Le 27, à une heure avant le jour, les ennemis attaquèrent La Favorite, dans le temps que Wurmser fit une sortie, et attaqua les lignes du blocus par Saint Antoine. Le général Victor, à la tête de la 57e demi-brigade, culbuta tout ce qui se trouva devant lui : Wurmser fut obligé de rentrer dans Mantoue, presque aussitôt qu’il en était sorti, et laissa le champ de bataille couvert de morts et de prisonniers. Le général Serrurier fit avancer alors le général Victor avec la 57e demi-brigade afin d’acculer Provera au faubourg de Saint-Georges, et par là le tenir bloqué. Effectivement, la confusion et le désordre étaient dans les rangs ennemis ; cavalerie, infanterie, artillerie, tout était pêle-mêle. La terrible 57e demi-brigade n’était arrêtée par rien : d’un côté, elle prenait trois pièces de canon ; d’un autre, elle mettait à pied le régiment des hussards de Herdendy. Dans ce moment, le respectable général Provera demanda à capituler ; il compta sur notre générosité, et ne se trompa pas ...
Toutes les demi-brigades se sont couvertes de gloire, et spécialement les 32e, 57e et la 18e de ligne que commandait le général Masséna, et qui, en trois jours, ont battu l'ennemi à Saint-Michel, à Rivoli et à Roverbella. Les légions romaines faisaient, dit-on, vingt-quatre milles par jour ; nos brigades en font trente, et se battent dans l'intervalle ...
" (Panckoucke : « Oeuvres de Napoléon Bonaparte », 1821-1822, t. 1, p. 272 ; Oeuvres complètes de Napoléon, Stuttgart et Tubingue, 1822, t.1, p. 316 ; Correspondance de Napoléon, t.2, lettre 1399 ; Correspondance générale de Napoléon, t.1, lettre 1300).

Un total de 6 à 7000 hommes, parmi lesquels se trouvaient les Volontaires de Vienne, un Régiment de Hussards et une vingtaine de pièces de canon, constituent le trophée de la journée.

Le 17 janvier 1797 (28 Nivôse an 5), Bonaparte écrit, depuis son Quartier général, à Vérone, au Général Berthier, chef de l'État-major général de l'Armée d'Italie : "Il y a à Villafranca 300 paires de souliers. J'en ai fait distribuer 100 paires à la division Masséna. Je vous prie de faire distribuer le restant, savoir 100 paires à la 57e qui est à Roverbello et 100 paires à la disposition du général Sérurier" (Correspondance générale de Napoléon, t.1, lettre 1293).

Le même 17 janvier 1797 (28 Nivôse an 5), le Général Bonaparte écrit encore, depuis Vérone, au Général Berthier : "... La division du général Augereau sera composée des 27e demi-brigade d'infanterie légère, 4e demi-brigade de bataille, 40e idem, 51e idem, 57e idem, 9e régiment de dragons, 6 pièces d'artillerie légère, 6 pièces d'artillerie à pied.
Elle se tiendra prête à marcher le 1er du mois prochain, et se réunira toute à Legnago et environs ...
" (Correspondance de Napoléon, t.2, lettre 1397 ; Correspondance générale de Napoléon, t.1, lettre 1292).

Le 18 janvier 1797 (29 Nivôse an 5), le Général Bonaparte écrit, depuis son Quartier général, à Vérone, au Général Berthier : "Vous voudrez bien donner l'ordre à la 57e demi-brigade de se rendre demain à Governolo, et après demain à San-Benedetto, où elle restera en cantonnement jusqu'à nouvel ordre. Dans le cas où, pendant le temps qu'elle serait à Governolo ou à San-Benedetto, l'ennemi ferait une sortie vigoureuse de Mantoue, le général Dallemagne doit s'en faire aider.
Ordre au général Victor de faire recevoir chef de brigade de la 57e le chef de bataillon des trois chefs de cette demi-brigade qui s'est le plus distingué à la Favorite et qui a le plus de moyens ...
" (Correspondance de Napoléon, t.2, lettre 1401).

Le 19 janvier 1797 (30 Nivôse an 5), Bonaparte écrit, depuis son Quartier général, à Vérone, au Directoire exécutif : "Je vous prie d'ordonner au général Willot qui retient en prison contre les lois le chef de la 57e demi-brigade (note : Bruno) qu'il a fait arrêter à Fréjus, sous des prétextes très frivoles, de rendre ce brave homme à sa demi-brigade. Vous réparerez une injustice et vous accorderez la récompense la plus douce à cette brave demi-brigade" (Brotonne (L. de) : « Dernières Lettres inédites de Napoléon 1er, collationnées sur les textes et publiées » ; Paris, 1903, t. 1, lettre 22 ; Correspondance générale de Napoléon, t.1, lettre 1303 - Note : Willot commande la 8e division militaire depuis le 25 juillet 1796).

Le 26 janvier 1797 (7 pluviôse an 5), à 11 heures du soir, le Général Bonaparte fait écrire, depuis son Quartier général, à Vérone, au Général Victor : "... Le général Fiorella commandera la 57e demi-brigade et la légion lombarde.
Chacune de ces brigades aura deux pièces d'artillerie légère. Elles se porteront avec le 18e régiment de dragons et les deux escadrons de hussards partout où les circonstances l'exigeront ...
" (Correspondance de Napoléon, t.2, lettre 1423).

Le 29 janvier 1797 (10 Pluviôse an 5), P. BARRAS, Président, écrit, depuis Paris, au Général Bonaparte : "… Il y a déjà quelque temps que nous avons ordonné au général Willot de renvoyer à son corps le chef de la 57e demi-brigade. Cette brave troupe a justifié votre désir de la voir entrer en ligne, et nous espérons que la même émulation régnera parmi celles qui marchent pour vous joindre" (Panckoucke : « Correspondance inédite officielle et confidentielle de Napoléon », t. 2 Italie ; The Bonaparte letters and despatches, Londres, 1846, t.2, p. 247).

La 57e participe ensuite à la prise d’Ancône où 2000 hommes sont faits prisonniers. Puis, ayant grandement souffert pendant la campagne, elle est envoyée en garnison à Livourne pour y prendre du repos.

Par ailleurs, la 57e a fourni des détachements qui ont eux aussi multiplié les actes de bravoure. Le premier, composé de 61 hommes commandés par le Capitaine Segretier, prend part aux derniers combats de Rivoli et se mesure ensuite aux rebelles du Duché d’Urbino. Nous n’entrerons pas dans le détail de son itinéraire ; disons simplement que dans la nuit du 14 au 15 janvier, après avoir traversé le lac de Garde, il débarque à une heure du matin à Torri et en chasse l’ennemi après lui avoir fait cent prisonniers. Dans la même journée, près de Pazzon, il prend encore deux drapeaux du Régiment de Kebek (sic), et fait 111 prisonniers dont 3 Officiers supérieurs, sans tirer un coup de fusil ! Le 24, il reçoit l’ordre de marcher contre les rebelles du Duché d’Urbino ; il s’empare dans la journée d’un de leurs postes à la baïonnette. Trois jours plus tard, il prend de vive force la ville de Fossombrone où les rebelles s’étaient retirés. Ce détachement réintègre son unité le 4 avril.

En ce qui concerne le second, au moment où se produisit l'insurrection de Vérone, 17 Avril 1797, jour de la seconde fête de Pâques, un détachement de la 57e Demi-brigade composé de 3 Officiers, dont le Capitaine Boutrais, qui le commandait, et de 65 hommes, resté dans le nord de l'Italie, tandis que la 57e faisait colonne en Romagne, reçut l'ordre de se porter au secours de la garnison de Vérone. Ce détachement fit partie de la colonne du Général Lahoz qui, tandis que le gros des troupes de Kilmaine, aux ordres de Chabran, marchait sur la ville par Somma Campagna, fut dirigé sur Pescantina. Le 22 Avril, Lahoz, en face de ce village tenta de passer de force l'Adige sous le feu de l'ennemi. Le Capitaine Boutrais, secondé par deux hommes, dont un musicien de la 20e Légère, se jeta à la nage dans la rivière, et par quatre fois, sous un feu violent, alla chercher sur la rive opposée des bateaux qui permirent de faire passer 400 hommes. Ayant enlevé Pescantina, puis un bois de mûriers où l'ennemi fit une vive résistance, Lahoz atteignit une ligne de hauteur dominant Vérone et put entrer en communication avec le Général Balland, assiégé dans la citadelle. Dans cette affaire le détachement de la 57e eut quatre blessés et la 20e Légère 20 officiers tués et 31 hommes tués et blessés. Pendant l'attaque de Vérone, qui eut lieu le lendemain, Boutrais se distingua par son activité et son courage. Ce détachement réintègre le corps le 27 avril.

Quant au Capitaine Boutrais, il se verra attribuer un des cent sabres d'honneur accordés à l'Armée d'Italie par Bonaparte.

Le 7 juin 1797 (19 Prairial an 5), Bonaparte écrit, depuis Mombello, au Citoyen Haller : "Vous trouverez ci-joint, Citoyen, un état que m'envoie le général Victor. Vous porterez en recette les sommes qu'il porte sur l'état comme les ayant reçues. Vous porterez la dépense de la manière suivante :
... 4° Les trois sommes de 10,000, de 9,000, de 23,000 livres au commissaire ordonnateur en chef, sur l'argent que nous avons accordé pour l'habillement, sauf à lui à s'en faire rendre compte par les conseils d'administration des 3e et 18e d'infanterie légère et 57e de ligne.
... 7° 4,000 livres dont rendra compte le conseil d'administration de la 57e demi-brigade ...
Vous ferez rendre compte au citoyen Suchet des 67,000 livres.
Vous trouverez ci-joint l'état qui vous servira de guide
" (Correspondance de Napoléon, t.3, lettre 1893 ; Correspondance générale de Napoléon, t.1, lettre 1647).

Le 14 juin 1797 (26 Prairial an 5), Bonaparte écrit, depuis Mombello, au Général Berthier : "... Vous ordonnerez que l'on forme les brigades de la manière suivante :
... 8e DIVISION. Victor.
La 58e de ligne et la 57e, 14e brigade : Chambarlhac ...
" (Correspondance de Napoléon, t.3, lettre 1919 ; Correspondance générale de Napoléon, t.1, lettre 1674).

Le même 14 juin 1797 (26 Prairial an 5), Bonaparte écrit encore, depuis Mombello, au Général Berthier : "Vous voudrez bien ordonner et prendre les mesures pour l'organisation prompte du personnel de l'artillerie de l'armée, ainsi qu'il suit :
Il y a dans ce moment-ci 76 compagnies d'artillerie de demi-brigade, desquelles vous ne devez former seulement que 30 compagnies d'artillerie de brigade, chaque demi-brigade de ligne devant avoir sa compagnie de canonniers ...
57e demi-brigade. — Celle de la 57e, capitaine Flandrieux, avec la 57e, capitaine Langlade.
La 58e de ligne et la 57e, 14e brigade : Chambarlhac ...
" (Correspondance de Napoléon, t.3, lettre 1921 ; Correspondance générale de Napoléon, t.1, lettre 1677).

Le 19 septembre 1797 (3e jour complémentaire an 5), Bonaparte écrit, depuis son Quartier général, à Passariano, au Directoire exécutif : "… Le chef de brigade à la suite, Lapisse, de la 57e, commande l'arrondissement d'Antibes ..." (Correspondance inédite officielle et confidentielle de Napoléon IV Venise ; Panckoucke : « Oeuvres de Napoléon Bonaparte », 1821-1822, t. 2, p. 23 (la lettre est datée du 1er jour complémentaire an 5 – 17 septembre 1797 ; elle donne par ailleur Lapisse à la 59e au lieu de la 57e) ; Oeuvres complètes de Napoléon, Stuttgart et Tubingue, 1822, t.2, p. 121 (même remarque) ; Correspondance de Napoléon, t.3, lettre 2222 ; Correspondance générale de Napoléon, t.1, lettre 2046).

Le 21 septembre 1797 (5e jour complémentaire an 5), Bonaparte écrit, depuis son Quartier général, à Passariano, au Général Dessolle : "… Vous donnerez l'ordre au chef de brigade de la 57e, Lapisse, de se rendre en poste à Marseille, pour y prendre le commandement de cette place" (Correspondance de Napoléon, t.3, lettre 2236 ; Correspondance générale de Napoléon, t.1, lettre 2060).

Le même 21 septembre 1797 (5e jour complémentaire an 5), Bonaparte écrit également, depuis son Quartier général, à Passariano, au Général Berthier : "… Je donne l'ordre au chef de brigade de la 57e, Lapisse, de se rendre en poste à Marseille, pour y prendre le commandement de cette place …" (Correspondance de Napoléon, t.3, lettre 2238 ; Correspondance générale de Napoléon, t.1, lettre 2059).

Le 9 novembre 1797 (19 Brumaire an 6), Bonaparte fait écrire, depuis son Quartier général, à Milan, au Général Vignolle : "... l'armée se trouvera donc placée de la manière suivante :
... 4e division, Victor, à Vérone
... 57e de bataille ...
Vous voudrez bien, Général, me remettre, avant de donner ces ordres, un tableau du jour où ces différents corps feront leurs mouvements.
Par ordre du général en chef
" (Correspondance de Napoléon, t.3, lettre 2332 ; La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 1, p.46).

Le même 9 novembre 1797 (19 Brumaire an 6), Bonaparte écrit également, depuis son Quartier général, à Milan, au Général Vignolle : "Vous préviendrez les 18e, 25e, 82e et 75e de bataille qu'elles sont destinées à être les premières pour partir pour l'armée d'Angleterre ...
Vous donnerez le même ordre aux 69e, 57e et 58e de bataille ...
" (Correspondance de Napoléon, t.3, lettre 2334 ; Correspondance générale de Napoléon, t.1, lettre 2202).

L'état des Demi-brigades de ligne et légère distraites de l'armée d'Italie pour l'expédition d'Angleterre, indique pour la 57e Demi-brigade 2400 hommes, sous les armes (Correspondance de Napoléon, t.3, lettre 2335; La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 1. P. 47-48).

Le 11 novembre 1797 (21 Brumaire an 6), Bonaparte écrit, depuis son Quartier général à Milan, au Général Vignolle : "Vous trouverez ci-joint, Général, l'état des hommes auxquels j'accorde des sabres ; vous voudrez bien faire écrire la légende qui est à côté, sur ces sabres, et les leur envoyer. Vous pourrez provisoirement écrire à chaque chef de brigade, et leur donner la liste des hommes qui ont été nommés. Je vous prie aussi de m'adresser une copie de cette liste, telle qu'elle est ci-jointe.
ANNEXE
ÉTAT NOMINATIF DES HOMMES AUXQUELS LE GÉNÉRAL EN CHEF BONAPARTE ACCORDEDES SABRES POUR LEUR CONDUITE DISTINGUÉE.
... DIVISION VICTOR (Ancienne brigade de la division Masséna)
57e ROYER (Henri), grenadier, n° 92. Pour avoir, le 28 fructidor an IV, résisté à six hulans et reçu deux coups de pistolet, un coup de lance et neuf coups de sabre.
Idem PALAIZI (Antoine), sergent-major, n°93. Pour avoir pris, à la bataille de Saint-Georges, deux pièces de canon.
Idem FELIX (Antoine), grenadier n°94. Pour avoir pris, avec un de ses camarades, une pièce de canon, à la bataille de la Favorite.
Idem BOUTRAIS (François), capitaine, n°95. Pour avoir, à l'affaire de Pescantina, passé l'Adige à la nage pour ramener une barque ...
" (Correspondance de Napoléon, t.3, lettre 2347 ; Correspondance générale de Napoléon, t.1, lettre 2220).

L'ARRÊTÉ DU DIRECTOIRE EXÉCUTIF en date de Paris, le 12 janvier 1798 (23 Nivôse an 6), fixe l'état des troupes qui doivent faire partie de l'Armée d'Angleterre : "Considérant qu'il est instant de réunir sur les côtes toutes les forces qui doivent être employées à l'armée d'Angleterre,
ARRÊTE ce qui suit :
ARTICLE PREMIER
Les divers corps de troupe ci-après désignés seront mis en mouvement pour se rendre sans délai sur les côtes qui bordent la Manche, ou autres lieux de rassemblement désignés par le ministre de la guerre, savoir :
INFANTERIE DE LIGNE
Les ... 57e ... demi-brigades ...
" (La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 1. P. 95).

Le 20 janvier 1798 (1er Pluviôse an 6), le Ministre de la Guerre Schérer écrit, depuis Paris, au Général en chef Bonaparte : "Vous avez pensé, Citoyen Général, dans la conférence que nous avons eue ensemble le 27 du mois dernier, qu'il suffirait de retirer seulement, quant à présent, onze demi-brigades de l'armée d'Italie pour être employées à l'armée d'Angleterre, indépendamment des régiments de troupes à cheval qui sont en ce moment en marche pour se rendre à cette destination, afin de conserver, par ce moyen, vingt-sept demi-brigades en Italie, non compris les deux demi-brigades stationnées à Corlfou, ni celles qui se trouvent employées en Corse.
Vous avez désigné, à cet effet, les 4e, 18e, 25e, 32e, 40e, 51e, 57e, 58e, 69e, 75e et 85e demi-brigades de ligne.
Tous ces corps sont en ce moment en marche, dans l'ordre indiqué par le tableau ci-joint ...
" (La Jonquière C. de : « L’expédition d’Egypte, 1798-1801 », t. 1. P. 101).

D'après l'état d'emplacement publié dans le Journal militaire du 10 vendémiaire an VII, la 57e Demi-brigade de ligne est, au 1er vendémiaire an VII (22 septembre 1798), en Helvétie.

La moisson de lauriers ne s’arrêtera pas là. En 1799, la 57e prend part aux batailles de Zurich (Divisions Gazan et Bontemps) et de Diessenhofen. Le 3 mai 1800, elle combat à Engen. Le Rapport sur les opérations de l’armée en date du 13 Floréal an 8 (3 mai 1800) indique : "... Pendant que l’aile droite de l’armée obtenait ces succès brillants, la réserve commandée immédiatement par le général Moreau abordait la majeure partie des forces autrichiennes que le général Kray avait réunies en avant d’Engen.
Le général en chef ordonna alors au général Delmas de se porter sur la gauche en tournant Weiterdingen, pour attaquer le bois, et à la brigade commandée par le général Lorge, de s’emparer avec rapidité de la hauteur de Mulhausen que domine le plateau où l’ennemi s’était rangé en bataille, et menaçait son flanc gauche. Il fit en même temps avancer la 2e division commandée provisoirement par le général Bastoul pour soutenir cette dernière attaque.
La fusillade commença, quelques pièces d’artillerie placées au-dessus de Weiterdingen répondirent avec avantage à celles que l’ennemi avait établi, et il ne tarda pas à se retirer dans la vaste plaine d’Engen où il déploya quinze à seize mille hommes de cavalerie. C’est dans ce moment que le général Delmas fit emporter le bois qui était défendu par huit bataillons dont cinq de grenadiers. Deux bataillons de la 46e l’attaquèrent de front, marchant au pas de charge et sans tirer un coup de fusil, tandis que la 57e conduite par le général de brigade Grandjean le tournait par sa gauche. Cette attaque vigoureuse eut le plus grand succès, l’ennemi décontenancé eut à peine le temps de faire une décharge générale de la lisière du bois ...
" (Papiers du Général Paul Grenier. XIV. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 4 page 20).

Deux jours plus tard, à Moesskirch, la 57e nous dit Thiers, formée en bataille, lutte pendant plus d’une heure contre les masses autrichiennes, foudroyée par l’artillerie ennemie. Malgré tout, elle reste inébranlable sous un feu épouvantable, parvenant même à arrêter l’ennemi.

Le Rapport sur les opérations de l’armée, à la date du 15 Floréal an 8 (5 mai 1800), rapporte : "... la 57e demi-brigade, qui se trouvait sous le feu de 16 pièces de canon qui tiraient à mitrailles, fit des prodiges de valeur ; elle chargea un grand nombre de fois l’ennemi qui s’avançait pour la débusquer et culbuta la cavalerie. Le général de division Delmas qui combattit toujours à sa tête se surpassa lui-même par ses dispositions et son courage ...
Le lendemain de la bataille, le général en chef, en parcourant le terrain où la 57e avait combattu, dit : « si votre conduite en Italie ne vous avait pas donné dès longtemps le nom de la terrible, les Autrichiens vous l’auraient donné à la bataille de Moeskirch » ...
" (Papiers du Général Paul Grenier. XIV. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 9 page 30).

La 57e combat ensuite à Biberach, Hochstädt (18-19 juin), Nordlingen, Oberhausen, Neubourg (27 juin).

La 10e Légère combat ensuite à Neubourg, le 27 juin 1800 (8 Messidor an 8); le Rapport du 1er au 9 Messidor an 8 (20-28 juin 1800) rapporte : "... le général Grandjean arriva avec un bataillon de la 14e légère, deux bataillons de la 46e, deux de la 57e, le 4e de hussards, le 11e de chasseurs, et une compagnie d'artillerie légère, commandée par le capitaine Sibille ..." (Papiers du Général Paul Grenier. XIV. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 39 page 90).

La 57e combat encore à Landshut. Le 3 décembre enfin, un Bataillon de la 57e permet à Moreau de remporter la victoire de Hohenlinden en enfonçant les Hongrois après les avoir empêchés de se déployer dans la plaine.

/ Du consulat à l’Empire

Tambour-major 57e de Ligne, 1803-1805
Fig A2 Tambour-major d’après H. Boisselier, en 1803-1805 (source Boersch) ; Collection de l’auteur.

La paix une fois revenue, c’est à une autre mission que les hommes de la 57e vont se consacrer. En effet, le 12 juillet 1801 (23 messidor an 9), Bonaparte ordonne par un Arrêté pris à Paris, que la 57e serve à la 5e Division (Calais) de la flottille légère. Elle doit fournir "les troupes nécessaires pour tenir garnison et exercer à la manœuvre des chaloupes canonnières", "un détachement pris dans un seul bataillon. Ce bataillon sera composé d'un chef de bataillon, de trois capitaines, de six lieutenants ou sous-lieutenants, de 430 sous-officiers, soldats et tambours". "ART. 4. Chaque chef de bataillon se concertera avec l'officier de marine commandant la division, et s'embarquera sur le même bord. Chaque capitaine s'embarquera sur la chaloupe canonnière de l'enseigne de vaisseau qui commande la section ...
ART. 6. Le ministre de la guerre nommera un adjudant commandant et un chef de bataillon d'artillerie, pour être chargés du détail du service de l'infanterie et de l'artillerie de terre, et faire exécuter les ordres du contre-amiral Latouche.
ART. 7. Tous les officiers de terre et de mer seront sous les ordres immédiats du contre-amiral Latouche.
ART. 8. Les ministres de la guerre et de la marine sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l'exécution du présent arrêté, qui ne sera pas imprimé
" (Oeuvres complètes de Napoléon, Stuttgart et Tubingue, 1822, t.4, p. 296 ; Correspondance de Napoléon, t.7, lettre 5637).Les troupes embarquées doivent s’exercer aux manœuvres de mer, au service de l’artillerie, aux abordages et au débarquement.

L’Angleterre craint alors une invasion, et organise une expédition dirigée principalement contre le port de Boulogne. Une première attaque, menée par l’Amiral Nelson, a lieu le 4 août. L’Amiral lance une seconde attaque, plus conséquente, dans la nuit du 15 au 16 ; le détachement de la 57e a alors l’opportunité de participer à son premier combat naval ! L’Amiral Latouche d’ailleurs fit dans son rapport l’éloge de ces hommes qui, par leur fermeté, le calme et l’adresse avec lesquels ils dirigèrent leur feu sur les péniches ennemi, permirent de repousser les Anglais au moment de l’abordage.

Le 16 juillet 1802 (27 Messidor an 10), le Premier Consul écrit, depuis La Malmaison, au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "... La 22e de ligne, qui a ordre de se rendre à Clermont, se rendra à Arras, et le bataillon de la 57e qui est à Arras se rendra à Saint-Omer.
La 28e de ligne qui est à Limoges se rendra à Calais et le bataillon de la 57e qui est à Calais se rendra à Saint-Omer ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.3, lettre 7018).

En 1803, Bonaparte organise six camps le long des côtes de l’Atlantique, dont un à Saint-Omer.

Le 24 mars 1803 (3 Germinal an 11), le Premier Consul écrit, depuis Paris, au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "Je vous prie, citoyen ministre, de me faire un rapport particulier sur le citoyen ... Bruno de la 57e" (Correspondance générale de Napoléon, t.4, lettre 7534).

Le 14 juin 1803 (25 prairial an 11), Bonaparte écrit depuis Saint-Cloud au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "Je vous renvoie, Citoyen Ministre, les projets que vous aviez rédigés pour le camp de Saint-Omer. Voici définitivement les bases auxquelles je me suis arrêté :
Six camps seront formés, lesquels, destinés à ne composer qu'une seule armée, seront commandés par six lieutenants généraux commandant en chef. Ils auront chacun un parc d'artillerie commandé par un général d'artillerie et par un colonel diiecteur du parc. Les six parcs seront tous soumis à un général commandant en chef l'artillerie et à un général de brigade directeur général des parcs des six camps. Chacun de ces camps aura un ordonnateur, lequel correspondra avec un ordonnateur en chef des six camps.
Ces six camps seront : un en Hollande, un à Gand, un à Saint-Omer, un à Compiègne, un à Saint-Malo, un à Bayonne ...
Pour le camp de Saint-Omer, la 10e légère, 25e, 28e, 55e, 57e de ligne; 26e légère, 22e, 43e, 46e et 75e de ligne; 8e et 11e régiment de chasseurs; 2e, 5e, 10e et 21e de dragons ...
Chacune des demi-brigades ci-dessus ne fournira que ses 1er et 2e bataillons, lesquels seront complétés à 1,000 hommes. Il est donc nécessaire que ces corps soient prévenus sur-le-champ que leurs deux premiers bataillons doivent marcher vers la fin de l'été, afin qu'ils activent l'instruction, l'habillement, etc ...
" (Correspondance de Napoléon, t.8, lettre 6814 ; Correspondance générale de Napoléon, t.4, lettre 7722).

Le 8 juillet 1803 (19 messidor an 11), le Premier Consul écrit, depuis Lille, au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "Donnez ordre, citoyen ministre, au général Vandamme de réunir à Boulogne les 28e et 57e demi-brigades. Ces demi-brigades fourniront un détachement à Étaples et Ambleteuse. Il y aura également à Boulogne 2 compagnies d'artillerie de ligne, et une compagnie du 11e de chasseurs ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.4, lettre 7800).

Le 17 juillet 1803 (28 Mmessidor an 11), le Premier Consul écrit, depuis Gand, au Général Dejean, Ministre directeur de l'Administration de la Guerre : "La 57e demi-brigade, Citoyen Ministre, n'a reçu ni l'habillement de l'an X, ni celui de l'an XI ...
Par l'état que vous m'avez envoyé, je vois qu'en général l'habillement est très-retardé. Un grand nombre de ces corps va recevoir un nouveau supplément de conscrits, et ils seront fort embarrassés. Il serait essentiel de prendre des mesures efficaces pour que le drap de l'an XI fût fourni dans les trois premiers mois ; sans quoi, nous n'aurons jamais une armée équipée.
Le mois de vendémiaire s'approche. Je ne suis point en peine pour les vivres. Saint-Omer, Bruges, Compiègne sont des endroits où ils sont abondants. Je pense que vous prenez des mesures pour les fourrages et surtout pour la viande. La viande est dans ce pays-ci beaucoup moins chère qu'à Paris
" (Correspondance de Napoléon, t.8, lettre 6921 ; Correspondance générale de Napoléon, t.4, lettre 7835).

Le 14 août 1803 (26 thermidor an 11), Bonaparte écrit depuis Saint-Cloud au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "Je vous prie, citoyen ministre, de donner ordre ... aux 28e et 57e de ligne de former leurs deux premiers bataillons à 700 hommes et de renvoyer à Lille leur 3e bataillon et leur dépôt ..." (Correspondance générale, t.4, lettre 7932).

Le 21 août 1803 (3 fructidor an 11), Bonaparte écrit, depuis Saint-Cloud, à Berthier, Ministre de la Guerre "Ordre à la 28e demi-brigade de ligne et à la 57e, qui sont à Boulogne, de former chacune leurs deux premiers bataillons à 750 hommes par bataillon, et d’envoyer leur 3e bataillon et leur dépôt à Lille ...
Ordonner à la 57e demi-brigade de ligne de fournir un sous-officier et 25 hommes de garnison pour chacune des caïques qui sont à Boulogne" (Correspondance de Napoléon, t.8, lettre 7022 ; Correspondance générale de Napoléon, t.4, lettre 7945). A cette époque, la 57e a ses trois Bataillons à Boulogne.

Le 22 août 1803 (4 fructidor an 11), le Premier Consul écrit, depuis Saint-Cloud, à l'Amiral Bruix : "… Il y a à Boulogne trois bataillons de la 28e et trois de la 57e, et il n'y a pas encore eu une attaque assez importante pour que ces troupes ne soient pas suffisantes …" (Correspondance de Napoléon, t.8, lettre 7028 ; Correspondance générale de Napoléon, t.4, lettre 7948).

Le 28 août 1803 (10 fructidor an 11), Bonaparte écrit depuis Saint-Cloud au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "Je vous envoie, citoyen ministre, les dispositions que j'ai arrêtées pour l'organisation de quatre camps faisant partie des six qui vont être formés sur les côtes de l'Océan.
... Camp de Saint-Omer
Le général Soult commandant en chef le camp de Saint-Omer. Il pourra correspondre immédiatement avec le Premier Consul.
... Le camp de Saint-Omer sera composé de trois divisions
... La 2e division sera commandée par le général de division Vandamme qui aura à ses ordres les généraux de brigade :
Roger-Valhubert,
Féry.
... La 2e division sera composée des :
24e légère,
4e de ligne,
43e id
(Note de Vallongue : « A passé de la 2e à la 1re et est remplacée par la 28e »),
46e id,
57e id.
Le ministre de la Guerre et celui de l'Administration de la guerre prendront sur-le-champ les mesures nécessaires pour qu'il soit établi deux camps en baraque à Boulogne, l’un sur la droite, l'autre sur la gauche du port ...
Le général Soult partira de Paris le 16 fructidor et établira son quartier général entre Saint-Omer et Boulogne ...
" (Correspondance générale, t.4, lettre 7972).

L’Arrêté du 1er vendémiaire an 12 (24 septembre 1803) rétablit la dénomination de Régiment d’infanterie. La 57e devient 57e Régiment d’infanterie de ligne.

Le 8 octobre 1803 (15 vendémiaire an 12), l’ordre du jour pour la flottille de Boulogne, proumulgué à Saint-Cloud, affecte le 57e de ligne à la flottille de chaloupes canonnières : "La 2e division, composée de la 24e légère, 4e, 43e, 46e et 57e de ligne, et de dix compagnies du 5e d'artillerie à pied, sera attachée à la flottille de chaloupes canonnières ...
le 1er bataillon de la 57e, à la 3e section de la 3e division ;
le 2e de la 57e, à la 1e section de la 4e division.
Chaque compagnie sera attachée à une chaloupe canonnière, et lui fournira perpétuellement 21 hommes de garnison ...
Les officiers de marine commandant les divisions et sections de chaloupes canonnières et de bateaux canonniers, ainsi que les équipages, seront toujours les mêmes. Ils seront fixés dans le plus court délai, et l'on ne pourra, sous aucun prétexte, y rien changer.
L'amiral attachera trois péniches à la 1re division et trois à la 2e, commandées chacune par un capitaine de frégate, et qui seront chargés d'exercer le soldat à la nage. On placera dans chaque péniche 64 hommes aux avirons et deux canonniers aux deux pièces. Les troupes s'exerceront à la nage par bataillon, et de manière que tous les jours chaque soldat y ait été exercé deux heures. Les trois premières leçons seront données dans le port ; après quoi on ira en rade ...
" (Correspondance de Napoléon).

Le 11 novembre 1803, le 57e Régiment d’infanterie de ligne passe sous le commandement de Jean Pierre Antoine Rey (1767-1842, Commandant de la Légion d’honneur le 25 décembre 1805, Général de Brigade le 18 février 1808).

Le 12 novembre 1803 (20 brumaire an 12, à Boulogne, le Premier Consul est informé que "Le capitaine Auguste-Pierre Lefévre, du 57e régiment d'infanterie, mérite un sabre d'honneur pour être entré le premier; à la tête de deux compagnies, dans un village défendu par les Autrichiens (affaire de Neubourg, 8 messidor an VIII.)"; celui-ci répond : "Renvoyé au ministre de la guerre, accordé" (Chuquet A. : « Inédits napoléoniens », Paris, 1913, t.1, lettre 85).

La distribution des aigles en décembre 1804 nous permet de relater l’anecdote suivante (Les Leçons du patriotisme, Un vieux capitaine..., Marc Babou et Cie, Imprimeurs Libraires, Limoges) :
"... Lorsqu’arriva le moment de rendre le vieux drapeau, son colonel, Fléchat, refusa de l’échanger, et fut mandé par Napoléon aux Tuileries :
- Colonel, il faut porter le drapeau à l’Intendance, on vous en donnera un autre.
- Sire, répondit Fléchat avec des sanglots dans la voix, ne me demandez pas cela. C’est le drapeau de Montenotte, celui qui a failli me servir de linceul. Me l’enlever, autant vaudrait m’arracher le cœur !
- Il est en mauvais état, repris l’Empereur en contenant à grand peine son émotion. Puis, colonel, l’ordre est général et je ne puis pas faire d’exception.
- Si c’est un ordre, Sire, j’obéirai.
Et en effet, le vieux drapeau de la 57e fut rendu. Le jour de la distribution, lorsqu’un aide de camp appela le 57e de Ligne, Fléchat s’avança, triste mais résigné. Napoléon prit lui-même le drapeau destiné à ce régiment et le tendant au colonel, il lui fit signe de regarder l’étoffe tricolore, en prononçant un seul mot : Voyez ! O surprise ! C’étaient les lambeaux de l’étendard d’Italie, artistement réunis ensemble, et portant cette inscription en lettre d’or : 57e A Montenotte il fut surnommé Le TERRIBLE.
- Oh ! Sire, merci, s’écria le colonel en pleurant de joie. Et les braves du 57e, reconnaissant leur drapeau de 1796, poussèrent un formidable cri de : Vive l’Empereur ! Le soir, aux Tuileries, Napoléon prit Fléchat à l’écart et lui dit : - Colonel, qu’auriez-vous fait ? Sire, je me serait brûlé la cervelle. - Vous auriez eu tort, Fléchat, mais néanmoins vous êtes un brave, et en témoignage de mon estime, je vous nomme officier de la Légion d'Honneur
".

Vraie ou fausse (nous n'avons pas trouvé trâce de ce Colonel Fléchat), cette anecdote montre quel état d’esprit régnait au sein du Régiment. Ce dernier d’ailleurs va prendre part à toutes les grandes batailles du premier Empire.

/ L'Empire

/ La campagne de 1805

Bouton de la 57e Demi-brigade
Bouton du 57e de Ligne

Le 8 août 1805 (20 thermidoran 13), l'Empereur, depuis le camp de Boulogne, donne ses Ordres : "Les compagnies devant être considérées au complet de cent hommes, le major général fera connaître le nombre de places que chaque chaloupe-canonnière pourra procurer au delà.
Chaque bateau-canonnier ne pouvant contenir plus de quatre-vingt-quatorze hommes, il sera attaché à chaque division de bateaux-canonmers un dix-neuvième bâtiment qui formera un accroissement de places d'environ cent hommes.
Il sera formé cinq ailes de débarquement, composées chacune de soixante-douze péniches, sur lesquelles il sera embarqué six bataillons formant trois régiments, dont deux d'infanterie légère et un de ligne.
Les bataillons qui s'embarqueront sur les péniches seront réduits à 700 hommes, officiers compris.
Il y aura de plus une escouade d’ouvriers avec ce qui sera nécessaire pour enclouer les pièces, une compagnie d'artillerie munie de de refouloirs, leviers et autres objets propres à rétablir les batteries et à les réarmer sur-le-champ.
Il y aura aussi une Compagnie de sapeurs avec ses outils.
... Le corps de droite formera la cinquième qui sera composée de la 13e légère, du 57e de ligne, et d'un bataillon du 51e ...
" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 1, lettre 149).

Le 31 août 1805 (13 Fructidor an 13), Napoléon écrit depuis Pont-de-Briques, au Maréchal Berthier, Ministre de la Guerre, Major général de la Grande Armée : "En conséquence des différents mouvements que j'ai faits avant-hier, ... manque d'un chef de bataillon à la 22e, 26e, 28e, 34e, 55e et 57e de ligne ... Mon intention est que vous me présentiez ... [pour] être chef de bataillon ... au 57e de ligne un capitaine du 32e. Présentez-moi le plus tôt possible [ces nominations].
[Je vous] recommande de me présenter des capitaines ayant six [ans] de grade [et fait la] guerre avec distinction, instruits. Vous sentez que dans le moment où se trouve l'armée [il faut que] ces nominations me soient présentées de suite. Prenez donc les renseignements nécessaires
" (Correspondance générale de Napoléon, t.5, lettre 10713).

Le 10 septembre 1805 (23 fructidor an 13), Napoléon écrit depuis Saint-Cloud, au Maréchal Berthier, Ministre de la Guerre, Major général de la Grande Armée : "Mon cousin, donnez ordre :
- aux 3es bataillons ... du 4e, 57e et 40e de ligne, de se rendre à Landau ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.5, lettre 10769).

Avec la Grande Armée en 1805, le 57ème de Ligne (1743 hommes à la 3e Brigade Candras, 2e Division Vandamme du 4e Corps de Soult) se bat à Memmingen, Ulm, et surtout Austerlitz où il a 6 Officiers blessés, dont le Chef de Bataillon Schwitter, cité dans le 35e Bulletin de la Grande Armée (Panckoucke : « Oeuvres de Napoléon Bonaparte », 1821-1822, t. 3, p. 517 ; Correspondance de Napoléon, t.11, lettres 9559).

Au soir de la bataille, l’Empereur "dit au 57e : Souvenez-vous qu’il y a bien des années que je vous ai surnommé le Terrible" (31e Bulletin de la Grande Armée, 5 décembre 1805 - Panckoucke : « Oeuvres de Napoléon Bonaparte », 1821-1822, t. 3, p. 502 ; Kermoysan « Napoléon, Recueil par ordre chronologique de ses lettres, proclamations, bulletins », Paris, 1853, t.1, p. 534 ; Correspondance de Napoléon, t.11, lettres 9546).

/ La campagne de 1806

Le 57e de Ligne en 1805-1807
Fig A3 Le 57e de Ligne (1805-1807) sur le glacis de la Porte Blanche à Strasbourg ; Collection de l’auteur.
Au second plan apparaît un peloton de Fusiliers en veste ; à droite, le Commandant à cheval en surtout. Au premier plan, un Officier de Voltigeurs en surtout, un Officier de Fusiliers, un Sergent-major de Fusiliers en veste, un Tambour de Grenadiers, un Aide chirurgien et un Chef de musique.

Le 4 avril 1806, l'Empereur écrit, depuis La Malmaison, au Maréchal Berthier, Major général de la Grande Armée : "Mon cousin ... Je désire aussi que vous me proposiez pour les six places de lieutenants vacantes dans le 86e régiment deux sous-lieutenants du 43e, deux du 57e et deux du 3e régiment d'infanterie de ligne" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 1, lettre 375 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 11824 - la lettre est adressée à Berthier).

Le 22 juin 1806, l'Empereur écrit depuis Saint-Cloud au Général Dejean, Ministre directeur de l'Administration de la Guerre : "Monsieur Dejean, je vous envoie un travail sur l'emplacement que doit occuper la Grande Armée au moment de sa rentrée en France. Vous me proposerez une meilleure répartition, à peu près dans les mêmes divisions, si vous y entrevoyez quelque économie pour le service, soit pour les lits, soit pour le fourrage, soit pour le casernement.
... 4e corps du maréchal Soult
5e division militaire
... 57e de ligne Strasbourg ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 11352).

Le 11 juillet 1806, l'Empereur écrit depuis Saint-Cloud, au Maréchal Berthier, Major général de la Grande Armée : "Mon Cousin … La division du général Leval est composée de détachements des 10e et 26e d'infanterie légère, 3e, 40e, 58e, 4e et 34e de ligne, 17e et 24e d'infanterie légère (n'apparaissent pas dans la CGN), 18e, 64e, 57e et 88e de ligne : donnez ordre que cette division soit dissoute, et qu'elle se dirige, sans aucun séjour, par la route la plus courte, sur les bataillons de guerre …" (Correspondance de Napoléon, t.12, lettres 10478 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12461).

Cependant, en août, le Régiment n’a toujours pas reçu de renforts ; en effet, le 1er août 1806, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Rapp, commandant la 5e Division militaire, à Strasbourg : "J'ai reçu votre lettre avec le livret, qui y était joint, des trois colonnes que vous avez fait partir pour la Grande Armée, se montant à 4,200 hommes d'infanterie et 2,000 chevaux. Je désire que vous me fassiez connaître, par un livret pareil, ce qui reste aux dépôts en officiers, sous-officiers et soldats, et en chevaux, et ce qui leur manque pour qu'ils fournissent un plus grand nombre de troupes et de chevaux.
J'ai confronté votre livret avec mes états de situation ; j'y vois ... Que les 57e, 88e et 96e n'ont rien fourni ... Faites-moi connaître les raisons de ces différences
" (Correspondance de Napoléon, t.13, lettres 10579 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12634).

Le 8 septembre 1806 (note : La minute (Archives nationales, AF IV 870, septembre 1806, n° 58) est datée du 9 septembre), l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Dejean, Ministre directeur de l'Administration de la Guerre : "… je n’approuve pas qu'on envoie du 2e de ligne, du 7e, 16e, 37e, 56e, 57e et 93e un aussi grand nombre d'officiers et de sous-officiers pour se rendre à Chambéry, cela rendra ces corps non disponibles ; je ne suis pas dans des circonstances où cela puisse avoir lieu ..." (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 1, lettre 630 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12884).

Le 17 septembre 1806, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Rapp, commandant la 5e Division militaire à Strasbourg : "… Je n'ai point, dans les situations que vous m'avez envoyées, celles des compagnies de grenadiers des 3es et 4e bataillons. Envoyez-moi cette situation, que je désire avoir. Quelle serait, par exemple, la force d'un bataillon de six compagnies qui serait formé des compagnies des 3e, 4e, 18e, 57e et 88e régiments de ligne, qui sont à leurs 3es bataillons, et d'un autre bataillon qui serait formé avec les compagnies de carabiniers des 7e, 10e, 16e et 24e légers, qui se trouvent à leurs 3es bataillons au dépôt ? Faites-moi connaître aussi la situation des voltigeurs" (Correspondance de Napoléon, t.13, lettres 10802 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12967).

Le 26 septembre 1806, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Gobert, Commandant de la 3e Division militaire à Metz : "Monsieur le général Gobert, faites partir un capitaine du 69e, un sergent, 2 caporaux et 110 hommes avec un tambour de ce régiment.
Faites partir un lieutenant, un sergent, 2 caporaux, un tambour et 110 hommes du 57e régiment.
Donnez-leur deux paires de souliers dans le sac et une capote par homme, ces détachements partiront sous l'ordre du capitaine du 69e pour se rendre à Mayence, sans séjour
" (Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 13110)

En 1806, il combat à Iéna, Lübeck, Bergfried, Deppen.

Le 11 novembre 1806, le Maréchal Berthier, Prince de Neuchâtel et Valengin, Major général de la Grande Armée, écrit depuis Berlin, au Général Dejean : "J'ai l'honneur de prévenir Votre Excellence qu'indépendamment des détachements que j'ai ordonné à M, le maréchal Kellermann de faire partir dans la première quinzaine de novembre, ainsi que je vous en ai informé par ma lettre du 2, je viens de lui adresser l’ordre de former huit bataillons provisoires conformément à l'état de composition que je joins ici.
Chaque bataillon sera composé de compagnies fournies par les troisièmes bataillons des corps de la Grande Armée, à raison d'une par bataillon, et chaque compagnie sera complétée à 140 hommes.
Le maréchal Kellermann nommera un chef de bataillon et un adjudant-major pour chaque bataillon et un major pour commander deux bataillons. Il aura soin de ne pas prendre les majors dans les mêmes corps où il prendra les chefs de bataillon ou adjudants-majors.
Je donne l'ordre aux généraux commandant les 25e et 2e divisions militaires de faire diriger de suite sur Mayence les compagnies que doivent fournir les bataillons qui ne sont pas stationnés dans les 5e et 26e divisions.
Pour accélérer la formation et le départ de ces bataillons il ne sera pas nécessaire que les conscrits soient dressés ; il suffira qu'ils aient huit ou dix jours d'instruction, qu'ils soient armés, qu'ils aient la veste, la culotte., les guêtres, le chapeau d'uniforme et une capote. Il ne faudra pas attendre qu'ils aient l'habit.
Sa Majesté espère que ces troupes seront réunies à Mayence le 25 et en partiront le même jour pour se rendre le plus promptement possible, conformément aux ordres que je donne à M. le maréchal Kellermann : savoir les 5e et 6e bataillons à Cassel pour maintenir la tranquillité de cet électorat et les six autres à Magdeburg où ils achèveront leur instruction.
Je préviens le maréchal Kellermann qu'il ne doit pas perdre un moment pour former ces bataillons que, pourvu qu'ils soient armés, tout est bon ; qu'ils seront fournis à Magdeburg de tout ce qui leur sera nécessaire ; que Sa Majesté doit en tirer deux avantages, puisqu'ils ne coûteront rien en France et qu'ils garderont Magdeburg, ce qui rendra d’autres troupes disponibles ...
" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 1, lettre 793). Le 1er Bataillon doit comprendre 1 Compagnie du 3e Régiment de ligne, 1 du 4e, 1 du 18e, 1 du 57e, 1 du 10e d'infanterie légère, 1 du 24e, 1 du 26e; total : 980 hommes.

/ La campagne de 1807

Puis en 1807, à Hof. A Eylau, le 8 février, au sein du 4e Corps de Soult, Division Leval, Brigade Vivies, le Régiment a 1 Officier tué, 3 blessés, dont un décédé des suites de ses blessures. Un autre Officier est blessé le 16 au combat d’Ostrolenka. Au moment de franchir la Passarge, début mars, le Sous-lieutenant de Grenadiers Raverat, l’Adjudant Guinet, et 8 Grenadiers du 57e se portent volontaires pour traverser la rivière à la nage, malgré les glaces charriées par les eaux glaciales, afin de permettre la construction d’un pont destiné au passage des troupes de Soult. Le pont achevé, ces braves, les habits encore trempés, s’empressent de rejoindre l’avant-garde, déjà aux prises avec l’ennemi, afin de combattre. En récompense de leur dévouement, Raverat et 3 Grenadiers sont décorés de la Légion ; Guinet est fait Officier, et les 5 autres soldats obtiennent de l’avancement.

Le 6 mars 1807, l'Empereur écrit, depuis Osterode, à Daru, Intendant général de la Grande Armée : "Monsieur Daru, faites une circulaire à tous les commissaires des guerres, pour leur faire connaître les points sur lesquels ils doivent diriger les hommes isolés des différents corps d’armée, ainsi que les bagages et effets desdits corps. Vous y joindrez l'état des corps qui composent chaque corps d'armée, conformément au tableau ci-joint ...
4e corps
... 57e de ligne ...
Dépôts à Bromberg ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 14497).

Le 31 mars, depuis Osterode, Napoléon décide d'accorder 18 aigles d'honneur, dont neuf aux Officiers, et neuf aux Sous officiers et soldats, aux Régiments qui se sont distingués à Eylau. Il écrit au Maréchal Berthier : "Vous enverrez à chaque maréchal ce qui, dans les dispositions suivantes, concerne son corps d'armée, et sans que l'un connaisse ce qui regarde l'autre. 1° Il est accordé aux régiments dont l'état suit 18 aigles de la Légion d'honneur, dont 9 aux officiers et 9 aux sous-officiers et soldats qui se sont fait remarquer par leur courage et leur bonne conduite, depuis le commencement de la guerre de la quatrième coalition : … 57e ... d'infanterie de ligne ...
Du moment que les maréchaux auront reçu ma décision, ils ordonneront à chaque général de division de réunir chez lui les colonels et chefs de bataillon de chaque régiment, ainsi que les généraux, de brigade, et de dresser un procès-verbal qui constate les individus qui méritent le mieux la décoration. Ce procès-verbal sera envoyé au maréchal commandant le corps d'armée, qui le transmettra, avec ses observations, au major général. Tous ces procès-verbaux devront être arrivés avant le 6 avril. Le 7, le major général me les soumettra …
" (Correspondance de Napoléon, t.14, lettre 12240 ; Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 145013).

Le 25 avril 1807, à Finckenstein, on informe l'Empereur que : "Le grand-duc de Berg remarque que le départ de son régiment avec le colonel et les deux chefs de bataillon laisse le dépôt sans commandant et qu'il faut pourtant quelques officiers supérieurs pour commander ce dépôt et organiser les 3e et 4e bataillons dont la formation est ordonnée. Il demande donc l'autorisation de prendre à son service ... Geoffroy-Daimes, capitaine au 57e, comme chef de bataillon ... Il assure que ces officiers dont il connaît les services, seront utiles à son régiment"; l'Empereur répond : "Accordé si ces officiers le veulent" (Chuquet A. : « Inédits napoléoniens », Paris, 1913, t.1, lettre 216).

Le 21 mai 1807, l'Empereur écrit, depuis Finkenstein, au Général Lacuée, Directeur général des Revues et de la Conscription : "J’ai reçu les états de situation que je vous avais demandés. Les 20000 hommes de la réserve doivent être distribués de la manière suivante :
12000 hommes à l'infanterie de ligne et légère conformément au tableau ci-joint.
… Répartition de 12 000 hommes de la réserve de 1808 entre les corps ci-après de l'infanterie de ligne et de l'infanterie légère.
... INFANTERIE DE LIGNE
CORPS NOMBRE DES CONSCRITS
... 57e 400 ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 15681).

Le 27 mai 1807, à Finkenstein, "Le général CIarke rend compte qu’il a fait partir de Berlin le 9e régiment d'infanterie légère pour Posen (?), d'où les compagnies de ce régiment provenant du 17e légère, des 34e, 40e, 88e, 100e et 163e ( ?) de ligne, se dirigeront sur Varsovie ; tandis que celles appartenant aux 10e légère, 3e, 4e, 18e, 57e et 59e de ligne se dirgeront sur Thorn. Il demande quelle sera la destination ultérieure de ces six dernières compagnies"; Napoléon répond : "Faire venir à Finkenstein la partie de ce régiment qui arrive à Thorn" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 1, lettre 1149).

A Lomitten, près de Friedland, le 5 juin, le 57e fait des prodiges de valeur, repoussant toutes les attaques de l’ennemi. Mais les pertes sont sévères : 1 Officier tué, 1 décédé des suites de ses blessures, 16 autres blessés dont le Chef de Bataillon Langlet, et le brave Raverat, dont c’est la deuxième blessure. Au cours de la bataille, la cantinière, Madame Cazajus, donne une autre preuve de l’abnégation qui règne au sein du 57e : pendant l’assaut et durant les combats, elle distribue de l’alcool aux soldats sous le feu ennemi. Elle reçoit alors de Napoléon une chaîne en or. Elle est également citée à l’ordre du jour pour son action la bataille de Guttstadt : "Parmi les traits de bravoure et d’héroïsme, il en est un qui offre peu d’exemples puisqu’il appartient à un sexe que la nature a rendu timide dans les dangers ; c’est celui de la nommée Cazajus qui, malgré une grêle de balles, pénétra deux fois de suite jusqu’au ravin où nos troupes se battaient pour leur distribuer gratis deux barils d’eau-de-vie ; lorsqu’un soldat vint s’offrir pour y aller sa place, elle le refusa en disant que l’existence d’une femme était bien moins utile à la patrie que celle d’un brave militaire".

Enfin, le 10 juin, à la bataille d’Heilsberg, le Régiment éprouve à nouveau de lourde pertes : 3 Officiers tués, 1 morts des suites des ses blessures, et 13 autres blessés, dont le Chef de Bataillon Langlet.

/ 1808

Le Régiment passe sous le commandement de Jean Louis Charrierre le 28 mars 1808. L’homme est un rude gaillard. Né le 3 février 1765 à Bourg Saint Andéole, il entre au service en 1782, et gravit tous les grades, jusqu’à celui de Colonel, non sans avoir fait toutes les campagnes de la Révolution et du début de l’Empire, ce qui lui vaudra également le titre de Baron d’Empire le 9 janvier 1809.

Le 12 janvier 1808, l'ordre suivant est promulgué : "L'Empereur a ordonné la formation d'une division de réserve d'infanterie qui sera réunie à Orléans le 1er février 1808.
Cette division sera composée de trois brigades, chaque brigade de deux régiments provisoires et chaque régiment de trois bataillons. La 1re brigade sera composée des 13e et 14e régiments provisoires ...
... Les trois bataillons du 15e régiment provisoire doivent être composés de quatre compagnies chacun, tirées des 39e 40e, 45e, 54e, 57e, 61e, 63e, 76e, 85e, 88e, 94e et 95e régiments de ligne ...
Le général de division Verdier commandera cette division de réserve, le général Schramm y sera employé
" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 2, lettre 1511).

Toujours le 12 janvier 1808, un deuxième ordre est promulgué, portant sur la composition de la Division de Réserve d'infanterie qui se réunit à Orléans : "Cette division sera composée de trois brigades, chaque brigade de deux régiments provisoires, chaque régiment de trois bataillons, chaque bataillon de quatre compagnies, chaque compagnie de 150 hommes, total 10.800 hommes.
La 1re brigade sera composée des 13e et 14e régiments provisoires, la 2e, des 15e et 16e, la 3e des 17e et 18e.
... Le 15e régiment provisoire sera composé, savoir : ... 2e bataillon : d'une compagnie de 150 hommes du 57e de ligne, d'une du 61e, d'une du 63e et d'une du 76e ...
" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 2, lettre 1514).

Le 17 mars 1808, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Maréchal Berthier, Major général de l'Armée : "Voulant donner une preuve de notre satisfaction aux officiers et soldats de notre Grande Armée pour les services qu'ils nous ont rendus, nous avons accordé et accordons par la présente en gratification aux corps d'infanterie dont l'énumération suit la somme de 6 340 000 francs. Notre intention est que vous fassiez connaître aux conseils d'admnistration desdits corps que cette somme doit être distribuée entre les officiers et soldats qui se trouvaient aux batailles d'Ulm, d'Austerlitz, d'Iéna, d'Eylau et de Friedland entendant que ceux qui se sont trouvés à trois de ces batailles recevront deux jours de solde en gratification et que ceux qui ne se sont trouvés qu'à une ou deux de ces batailles ne reçoivent qu'un jour de solde ; ceux qui auraient été blessés, soit à trois, soit à une seule de ces batailles recevront trois jours de gratification au lieu de deux. Lorsque ce travail sera ainsi proposé par le conseil d'administration on donnera autant de jours et de mois qu'il sera possible avec la somme qui aura été assignée au corps. Les colonels ni les majors ne sont pas compris dans la distribution de ces gratifications qui s'arrêtera au grade de chef de bataillon ou d'escadron inclusivement ... ANNEXE :
... 4e corps
... 57e id. 100 000 ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 17415).

Le 23 juin 1808, l'Empereur rédige des "PROJETS ET NOTES RELATIFS A L'ORGANISATION DE L'INFANTERIE ET DE LA CAVALERIE"; il écrit :"3° NOTE ...
3e régiment de marche à Strasbourg : deux bataillons de dix-huit compagnies (à Mayence) 2240 ...
Réunir cette division à Magdeburg.
4° GRANDE ARMÉE.
PROJET DE FORMATION DE RÉGMENT DE MARCHE.
Infanterie.
1er régiment de marche. 1.860 ...
3e Id. 4.340 ...
PROJET DE DÉCRET.
Article premier. Il sera formé six régiments de marche de la Grande Armée ; ils seront organisés conformément au tableau ci-annexé.
Art. 2. Toutes les troupes qui doivent composer ces régiments seront bien habillées, bien armées, enfm mises en bon état et prêtes à partir de leur garnison le 1er août prochain.
Art. 3. Le 1er régiment de marche se réunira à Hanau ...
Le 3e – à "
Art. 4. Nos ministres de la guerre, de l'administration de la guerre et du Trésor public, sont chargés de l'exécution du présent décret ...
6° 3e RÉGIMENT DE MARCHE OU RÉGIMENT DE MARCHE DU 4e CORPS ...
2e bataillon
Une compagnie, Strasbourg, de 140 hommes du 18e de ligne. 140
Trois compagnies, Arras, de 140 hommes du 46 de ligne. 420
Deux compagnies, Strasbourg, de 140 hommes du 57e de ligne. 280
840 ...
4. 1
18 1.
57 2
105 3
Strasbourg, 7 compagnies ...
" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 2, lettre 2037 - date présumée, en raison de la lettre adressée le même jour à Clarke).

Le 30 juin 1808, à Bayonne, le Maréchal Berthier informe l'Empereur que "M. le maréchal Soult fait une pareille demande en faveur de M. Cazeneuve, chef de bataillon au 57e régiment, pour venir prendre les eaux en France sa santé se trouve très délabrée par suite des blessures qu'il a reçues"; "Accordé", répond ce dernier (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 2, lettre 2057).

Le 6 juillet 1808, l'Empereur écrit, depuis Bayonne, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, il sera formé trois brigades composées de régiments de marche, sous les ordres du maréchal Kellermann. La 1re brigade se réunira à Wesel, la 2e à Mayence et la 3e à Strasbourg ...
La 2e brigade qui se réunira à Mayence sera composée des 3e et 6e régiments de marche, composés chacun de détachements des 3e et 6e corps de la Grande Armée qui ont besoin d'être renforcés pour être portés au complet.
... La 3e brigade sera composée du 4e régiment de marche qui sera formé des détachements du 4e corps.
Le 4e régiment de marche sera composé de 2 bataillons :
1er bataillon : 1 compagnie de 140 du 4e de ligne, 1 compagnie du 18e, 2 compagnies du 57e et 3 compagnies du 105e ...
Cette brigade se réunira à Strasbourg. Les brigades de Wesel et de Mayence doivent être prêtes à se porter soit sur la Grande Armée pour être incorporées dans les régiments et les porter au complet, soit en Hollande et sur les côtes, si les Anglais tentaient quelque chose sur Flessingue ou Boulogne
" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 2, lettre 2077 ; Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18486).

Le 24 août 1808, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, j'ai lu avec attention l'état de situation n° 3 des corps de la Grande Armée. Je vous le renvoie pour que vous y fassiez quelques changements : ...
Le 24e léger, le 4e de ligne, le 46e, le 57e manquent également de beaucoup de monde ...
" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 2, lettre 2211 ; Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18751).

Le 29 août 1808, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, je vois que dans sa situation actuelle le corps du général Oudinot n'a que 8794 hommes, tandis qu'il devrait être de 11200 hommes ; il lui manque donc 2500 hommes. Je désire que vous donniez les ordres suivants aux bataillons de guerre. Nombre d’hommes à fournir ... Du 30e de ligne, de fournir audit corps 30 grenadiers, 15 voltigeurs
... Au 57e de ligne 30 30 ... Ces hommes seront fournis sur-le-champ, en les choisissant aux bataillons de guerre de la Grande Armée, ce qui complétera ces compagnies à 140 hommes chacune ...
" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 2, lettre 2222 ; Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18779).

Le 21 octobre 1808, à Saint-Cloud,"S. M. le roi de Westphalie demande que les officiers ci-après passent à son service : le général Eblé, le colonel du 21e dragons Dumas, l’adjudant-major du 4e de ligne Bergeron, le lieutenant Laborde du même régiment, l'adjudant-major Ruelle du 57e, le lieutenant Frédéric Haindel, aide-de-camp du général Amey"; "Accordé", répond l'Empereur (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1911, t.2, lettre 1497).

Le 4 septembre 1808, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "… Les 4es bataillons du 4e corps sont ceux des 10e, 26e et 24e légère, des 3e, 4e, 18e, 57e, 72e et 105e de ligne ..." (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 2, lettre 2255; Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18825).

Le 5 décembre 1808, à Madrid, l'Empereur ordonne : "1° Les vingt et un régiments de l'armée du Rhin seront complétés à quatre bataillons. A cet effet, les compagnies de grenadiers et voltigeurs des 4es bataillons des 30e et 33e de ligne, du 10e d'infanterie légère, des 105e, 22e, 57e, 65e, 72e, 3e, 12e, 61e, 85e et 111e de ligne, qui font partie du corps que commande le général Oudinot, partiront au 10 janvier prochain de leurs cantonnements actuels pour rejoindre les bataillons de guerre de leurs régiments respctifs, hormis les régiments qui ont ordre déja, qui rentrent en France.
Les 4es bataillons des 48e de ligne, 13e légère, 108e, 72e et 65e et autres joindront également leurs corps à l'armée du Rhin aussitôt qu'ils seront complétés à 840 hommes et commenceront le 1er mars. Les compagnies de grenadiers et voltigeurs des 4es bataillons qui rejoindront leurs régiments formeront le fond des 4es bataillons ...
" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 2, lettre 2522).

/ Campagne de 1809

Le 10 janvier 1809, l'Empereur écrit, depuis Valladolid, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, dans l'état de situation des division militaires du 15 décembre, je vois à la 5e division en encre rouge, 130 hommes pour le 3e de ligne, 36 hommes pour le 57e, 109 hommes pour les tirailleurs du Pô, et 130 hommes pour les tirailleurs corses. Je pense que ces détachements doivent rejoindre leurs dépôts qui restent en Allemagne ... Les 26e et 24e légère doivent rejoindre leurs régiments à Paris ..." (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 2, lettre 2652 ; Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 19766).

Le 13 février 1809, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la guerre : "Monsieur le général Clarke, voulant compléter mon armée du Rhin, mon intention est ... Le 10e légère enverra à Mayence 400 hommes de son dépôt ; ... le dépôt du 57e de ligne, 300 hommes ... Ces détachements faisant 1 520 hommes, et 400 hommes que le dépôt du 105e enverra également à Mayence, formeront le 4e bataillon de marche de l’armée du Rhin.
Ces bataillons de marche se réuniront à Mayence le plus tôt possible. On n’y mettra que le nombre d’officiers et de sous-officiers nécessaires pour conduire les hommes. Vous me ferez connaître le jour de leur arrivée à Mayence, et je donnerai des ordres pour leur direction sur l’armée du Rhin ...
" (E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 2, lettre 2766 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20015).

Le 15 février 1809, à Paris, on soumet à l'Empereur une "Demande formée par le colonel du 57e de ligne, pour être autorisé à faire escorter par un détachement un convoi d'effets d'habillement que le dépôt de ce corps, stationné à Strasbourg, doit envoyer à ses bataillons de guerre en garnison à Stettin"; Napoléon répond : "Attendre de nouveaux ordres, préparer ce convoi et demander des ordres d'ici à un mois" (E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 2, lettre 2785).

Le 26 février 1809, l'Empereur écrit, depuis Paris, au général Lacuée, Directeur général des Revues et de la Conscription : "J'ai lu avec attention l'état général de l'année que vous m'avez envoyé après la conscription de 1810. Je vois qu'il manquera encore beaucoup de monde au complet des corps, 300 hommes au 1er régiment, ... 200 au 57e ... Il faudra me proposer des moyens pour remédier à cette grande irrégularité, et surtout pour les 3e et 4e bataillons qui sont à portée de fournir une réserve pour la défense de la côte.
Je désire une note qui me fasse connaître combien il y a de régiments qui n'ont pas de 5e bataillon et quel accroissement de dépenses occasionnerait la formation des 5es bataillons, en calculant ce que coûteraient les officiers et sous-officiers seulement, car les soldats ne peuvent pas augmenter les dépenses, mais la création de ces 5es bataillons rendrait plus utile et plus facile l'emploi du grand nombre d'hommes que j'ai.
Cela passerait-il 2 millions ?
" (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20150).

Le 9 mars 1809, depuis Paris, l'Empereur écrit au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, les deux compagnies du 10e d'infanterie légère, du 3e de ligne, du 57e, du 62e et du 22e formant dix compagnies seront réunies en un bataillon de marche qui portera le titre de bataillon de marche des 4es bataillons de la division Saint-Hilaire.
Les deux compagnies du 12e, du 30e, 61e, 65e, 85e, 105e et 111e formeront un second bataillon de marche qui portera le titre de bataillon de marche du 4e bataillon de l'armée du Rhin.
Faites-moi connaître le plus tôt possible le nombre d'officiers, sous-officiers et soldats que les corps pourront fournir à ces compagnies afin de pourvoir à les compléter. Ces 2 bataillons se rendront à Strasbourg
" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 2, lettre 2906 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20308 - La minute (Archives nationales, AF IV 879, mars 1809, n° 146), qui est la dictée, est datée à posteriori de Rambouillet le 11 mars). Ces «Bataillons de marche» sont composés de renforts destinés aux Corps d'armée stationnés en Allemagne.

Le 23 mars 1809, l'Empereur écrit, depuis La Malmaison, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, j'ai signé le décret sur la composition des 17 demi-brigades provisoires de réserve ...
il ne reste plus qu'à pourvoir à la formation des 5es et 6es compagnies des 4es bataillons afin de compléter ces 4es bataillons en Allemagne. Voici les dispositions que je me propose de prendre à cet égard :
Je désire que les 5es et 6es compagnies des 4es batai1lons du 30e, 31e, 33e, 111e, 12e, 85e, 7e d'infanterie légère, 10e, 3e, 22e, 57e et 105e se forment le plus tôt possible au complet de 140 hommes. Ces compagnies seront dirigées sur Strasbourg, où on les formera en bataillons de marche. On fera autant de bataillons de marche qu'il y a de divisions à l'armée ...
Enfin, le 4e bataillon, composé des 2 compagnies du 10e, du 3e de ligne, du 57e, du 72e et du 105e portera le titre de bataillon de marche des 4es bataillons de la division Saint-Hilaire ...
" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 2, lettre 2992 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20514). Le Décret sur la création des 17 Demi-brigades de 2520 hommes chacune a été signé le même jour (voir Saski, Campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche, Paris, Berger-Levrault et cie, 1899, t. 1, p. 550-554).

Le même jour, 23 mars 1809, l'Empereur écrit encore, depuis La Malmaison, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, il manque pour compléter les 4 divisions de l'armée du Rhin 1550 hommes.
... Le 4e bataillon portera le titre de bataillon de marche de la division Saint-Hilaire et sera composé de 100 hommes du 10e léger, destinés au 4e bataillon, de 200 hommes du 3e de ligne, dont 80 destinés au 4e bataillon, de 300 hommes du 57e, dont 50 destinés au 4e bataillon, et de 200 hommes du 105e, dont 100 destinés au 4e bataillon ...
" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 2, lettre 2994 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20515).

Le 30 mars 1809, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke ... Quant aux 400 hommes que je voulais envoyer au 57e, il faudra les prendre dans un autre régiment. Ils seront choisis parmi les conscrits des 32e et 58e régiments ayant déjà un an de service ou plus de 19 ans, qui se trouveraient au dépôt de ces régiments à Paris" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 2, lettre 3039 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20623).

Le même 30 mars 1809, à Paris, "Le général Clarke rend compte à l'Empereur que le bataillon de marche du 57e régiment de ligne, fort de 500 hommes, quittera Paris le 31 pour se rendre à Strasbourg"; Napoléon répond : "Au lieu de 500 hommes, je n'ai pris que 140 hommes qui rejoindront le corps du général Oudinot. Je formerai un autre bataillon pour le 57e" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 2, lettre 3043).

Le 2 avril 1809, à Paris, "Le général Clarke rend compte à l'Empereur que le dépôt du 16e régiment d'infanterie de ligne, stationné à Toulon, n'a pas, à beaucoup près, un effectif suffisant pour envoyer à la division Molitor les 250 hommes qu'il a reçu l'ordre de diriger sur Strasbourg"; l'Empereur lui répond : "Contremander l'ordre de départ de ces 250 hommes ; ils seront remplacés au 16e par 250 hommes pris sur ce qu'il y a de disponible dans les détachements arrivés de Portugal, parmi lesquels on prendra également les 400 hommes qui doivent être fournis au 57e. Me faire un rapport s'il y a encore d'autres détachements qui n'ont pas été fournis par les dépôts et qui peuvent l'être par les hommes revenus de Portugal ; dès lors les contremander à ces corps, car il ne faut pas non plus que les régiments soient trop forts" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 3, lettre 3061).

Le 12 avril 1809, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, les 4 compagnies de fusiliers des 4es bataillons des 57e et 3e de ligne n'ont point reçu l'ordre de rejoindre leurs bataillons à l'armée du Rhin" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 3, lettre 3109 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20821).

Le 57e sert sous les ordres du Général Comte de Lorencez. Celui ci, parlant de la bataille de Thann du 19 avril 1809, dit du 57e dans son "Etat raisonné des services" que "cet intrépide régiment, qui avait été surnommé en Italie le Terrible … a bien justifié son nom dans cette journée". L’Empereur, dans son premier Bulletin de la campagne, déclare quant à lui : "Il y a treize ans, le 57e a été nommé le Terrible ; il a bien justifié son nom à la bataille de Thann où il a abordé et défait successivement six régiments autrichiens". Au cours de cette bataille, il a enlevé les hauteurs boisées sous un feu épouvantable. Exténué, il est relevé, non sans avoir perdu 19 Officiers ; les Autrichiens quant à eux ont perdu 4500 hommes. Les combats s’enchainent : Abensberg le 20 puis Landshut le 21. Le prestige du Régiment est tel que le Duc de Rovigo, dans ses Mémoires, écrit même que sous la conduite du Général Mouton, un Bataillon du 57e s’empare de vive force du pont sur l’Iser. En fait, il s’agit du 17e de Ligne.

Puis c’est Eckmühl le 22 et Ratisbonne le 23. Passé en revue par l’Empereur, le 57e dont le Colonel Charrière, se voit accorder 40 croix de la Légion d’Honneur.

Le 29 avril 1809, l'Empereur écrit, depuis Burghausen, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, je réponds à vos lettres du 18 avril et du 14. Les 200 hommes du 15e d'infanterie légère venant de Portugal doivent être formés en une compagnie de marche de ce régiment qui servira à réparer ses pertes. Les 180 hommes du 4e léger et les 300 hommes du 2e léger faisant près de 500 hommes doivent être dirigés sur le 10e léger. Quant aux 200 hommes du 32e, ils seront envoyés au 57e. Vous pouvez donc former de tout cela un bataillon de marche que vous dirigerez sur Strasbourg et de là sur Braunau. Au moyen de ce secours, ces régiments se trouveront réparés des pertes qu'ils ont faites dans les dernières affaires ..." (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 3, lettre 3131 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20924).

Le 5 mai 1809, l'Empereur écrit, depuis Enns, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke ... Je viens d'ordonner que les 4es bataillons de la division Saint-Hilaire fussent versés dans les 3 premiers, pour réparer leurs pertes, et que les cadres retournassent aux dépôts ; il faut donc dans la distribution de la conscription pourvoir à reformer les 4es bataillons du 10e léger, 57e, 72e, 105e et 3e de ligne ..." (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 3, lettre 3150 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20963).

Le 22 mai à Essling, le 57e marche au pas sous la mitraille et oblige l’Infanterie autrichienne à plier. Il laisse sur le terrain 31 Officiers blessés ou tués. Le Colonel est atteint de plusieurs balles qui mettent ses habits en lambeaux.

Le 1er juin 1809, l'Empereur écrit, depuis Ebersdorf, au Maréchal Berthier, Major général de l'Armée d'Allemagne : "Mon cousin, écrivez au général Moulin que je vois dans l'état de situation de la place d'Augsbourg au 27 mai qu'il y a un bataillon de marche de 900 hommes. Il faut le faire partir pour l'armée, ainsi que les détachements des 43e, 59e, 69e, 76e, 3e et 57e de ligne, qu'il a dans la place suffisamment de monde ..." (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 3, lettre 3199 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 21108).

Le 10 juin 1809, l'Empereur, qui vient de décider d'une importante levée de Conscrits, sur la classe 1810, mais aussi sur les classes 1806 à 1809, afin de compenser les pertes du début de la campagne, et renforcer l'Armée, écrit depuis Schönbrunn au Général Clarke pour lui donner le détail de cette opération particulièrement complexe; lettre accompagnée de 3 Etats différents très détaillés. Concernant le 57e de Ligne, l'Empereur ordonne : "... Les 3 mille hommes qui étaient réservés pour le dépôt de Strasbourg seront distribués de la manière suivante :
700 hommes à la division Saint-Hilaire indépendamment de ceux accordés dans le travail de M. Lacuée,
1100 hommes à la division Friant, aussi indépendamment de ceux accordés dans le travail de M. Lacuée
et 1200 hommes au corps du duc de Rivoli,
total 3000 hommes, le tout conformément au tableau C ...
". L'Etat C qui suit cette lettre indique que 250 hommes doivent être dirigés sur le Dépôt du 57e de Ligne, et que 250 hommes doivent être envoyés par le Dépôt à la Division Saint-Hilaire. En dessous du tableau, il est indiqué : "Saint-Hilaire 57e 300". Par ailleurs, une annexe intitulée "Répartition des 40 000 conscrits de l'appel supplémentaire de 1810" donne la composition de la Division Saint-Hilaire et le nombre d'hommes à recevoir : 10e léger, 400; 3e de ligne 400; 57e de ligne 250; 72e de ligne 325; 105e de ligne; "1775. On n'avait proposé que 775 conscrits pour compléter les compagnies que ces 5 régiments ont aux demi-brigades provisoires ; on leur en donne 1775" (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 21182).

Le 21 septembre 1809, l'Empereur ordonne, depuis Schönbrunn : "1° Il sera formé un régiment de marche, composé de deux bataillons, savoir :
1er bataillon.
Une compagnie du 3e d'infanterie légère complétée à 200 hommes … 200 hommes.
Une compagnie du 18e idem .... 200 –
Une compagnie composée de 70 hommes du 39e, 70 du 40e, 70 du 63e … 200 –
Une compagnie du 57e 200
Total ... 800 hommes.
2e bataillon.
Une compagnie du 105e complétée à … 200 hommes.
– 7e léger idem. 200 –
– 10e léger idem. 200
– 17e léger idem. 200
Total. 800 hommes.
2° Ce régiment de marche sera formé à Strasbourg, il sera commandé par un colonel en second disponible ; il sera tenu armé, équipé, habillé et prêt à partir au 1er octobre, suivant les ordres directs qui seront adressés au général Desbureaux.
3° Le major général et le ministre de la guerre sont chargés de l'exécution du présent ordre
" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 3, lettre 3588).

/ 1810-1811

Après l’Autriche, le Régiment goute un repos bien mérité. Seuls combattent les éléments se trouvant encore en Espagne (voir partie consacrée à l'Espagne).

Le 15 mars 1810, l'Empereur ordonne, depuis Paris : "Notre ministre de la guerre donnera les ordres ci-après :
ARMÉE D'ALLEMAGNE ...
Le grand quartier général, les grandes administrations, les parcs généraux d'artillerie et du génie, et tout ce qui appartient à l'état-major général de la Grande Armée, sont dissous à dater du 1er avril prochain.
Les états-majors et administrations, et tout ce qui tient à l’organisation des 2e et 4e corps et de la réserve générale de cavalerie, sont dissous conformément aux dispositions prescrites par des décrets des 7 et 18 février dernier.
En conséquence, l'armée qui restera en Allemagne sous le commandement du prince d’Eckmühl sera composée de la manière suivante, savoir : ... 1re division d’infanterie, commandée par le général Morand, composée des 13e régiments d'infanterie légère, 17e, 30e, 57e et 61e régiments d'infanterie de ligne. Cette division sera cantonnée à Bayreuth jusqu'à nouvel ordre ...
" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 3, lettre 4105).

Le 8 novembre 1810, l'Empereur écrit, depuis Fontainebleau, au Général Clarke : "Monsieur le due de Feltre, donnez des ordres pour qu'il soit formé un régiment de marche, qui sera composé des hommes disponibles des :
4e et 5e bataillons du 13e léger, jusqu'à concurrence de 500 hommes; Du 17e de ligne. 400; Du 30e – 30; Du 57e – 40; Du 61e – 30; Du 15e léger. 30; Du 48e 600; Du 108e 700; Des détachements du 12e de ligne. 6; Du 21e de ligne. 60; Du 85e – 30.
Ce régiment de marche, fort de 2.500 hommes, se réunira à Wesel, d'où il se rendra à Hambourg, quartier général de l'armée d'Allemagne. Là, il sera dissous, et les cadres des 4es et 5es bataillons rentreront en France, sans qu'il en soit rien retenu ...
" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 3, lettre 4797).

Le 18 avril 1811, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Lacuée, Ministre de l'Administration de la Guerre : "Monsieur le comte de Cessac, on me mande du 57e que le 6 avril, le conseil d'administration n'avait encore reçu que 200 schakos ; du drap que pour 200 capotes, habits, vestes et culottes, que 200 sacs de peau ; et rien pour les effets de linge et chaussures ; que cependant on devait recevoir un grand nombre de conscrits dans le courant d'avril, de sorte qu'on craignait qu'ils n'éprouvassent beaucoup de retard pour être habillés. Je désire que vous me fassiez un rapport là-dessus et sur l'époque à laquelle tous les 6es et 7es bataillons que j'ai formés, surtout ceux de l'armée d'Allemagne, auront leur drap et tout ce qui leur est nécessaire pour habiller leurs conscrits. Puis-je espérer que les 4es bataillons pourront faire leurs mouvements dans le courant de mai pour rejoindre les bataillons de guerre où l'instruction fera plus de progrès ?" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 4, lettre 5355 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 26751).

Le 30 avril 1811, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, vous trouverez ci-joint une lettre du prince d'Eckmühl qui vous fera connaître qu'il a dirigé sur France les cadres des 6es bataillons. Le prince d'Eckmühl paraît désirer que ces cadres aillent à leurs dépôts où il pense qu'ils seraient mieux formés, mais je trouve la plupart des dépôts trop éloignés pour adopter cette idée. Envoyez au-devant de ces cadres un officier d 'état-major qui les fera arrêter moitié à Wesel et moitié à Münster, et faites diriger sur ces 2 places les conscrits qui doivent remplir ces cadres. Par exemple, le 7e d'infanterie légère dont le dépôt est à Huningue pourrait se servir du Rhin jusqu'à Wesel pour envoyer ses conscrits lorsqu'ils seront habillés et armés selon 1'ordre que vous leur donnerez à la fin de mai. Il en est de même ... du 57e qui est à Strasbourg ... Ainsi le Rhin pourra servir au mouvement des dépôts sur les cadres des 6es bataillons. Ainsi le Rhin pourra servir au mouvement des dépôts sur les cadres des 6es bataillons" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 4, lettre 5420 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 26897).

Le 14 juin 1811, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, donnez ordre de faire réunir à Walcheren en 4 détachements les 11 compagnies des 5es bataillons des régiments de l'armée d'Allemagne qui sont dans l'île de Walcheren, savoir :
... 4e détachement les compagnies du 57e, 85e et 108e
... Le général Gilly passera la revue de ces détachements et complétera les compagnies qui les composent à 150 hommes en prenant les meilleurs sujets des 1er et 2e bataillons du régiment de Walcheren. Tous les malades seront effacés du contrôle des compagnies et rentreront dans les cadres du régiment de Walcheren. Ces détachements s'embarqueront à Veere pour se rendre à Willemstadt ou à Gertruydenberg.
... Le 4e détachement partira le 26 ou le 27.
Vous aurez soin d'ordonner que les contrôles de ces compagnies soient faits en ordre avec le lieu de naissance et le signalement bien spécifiés. Ces détachements ne débarqueront qu'à Gertruydenberg. De là, ils passeront le Rhin à Gorcum et seront dirigés par la gauche du Rhin sur le quartier général de la division du corps d'observation de l'Elbe dont font partie les régiments auxquels ils appartiennent. À leur arrivée, ces bataillons seront dissous ; les cadres rentreront en France ; les hommes seront incorporés par égale partie dans les 3 bataillons de guerre du régiment.
Vous donnerez l'ordre aux cadres des 6es compagnies du 6e bataillon du 13e léger, 17e de ligne, 30e de Ligne, 61e, 33e de ligne, 48e, 111e, 7e d'infanterie légère, 12e, 21e, 57e, 85e et 108e de se rendre dans l'île de Walcheren pour recevoir chacun 150 hommes, ce qui fera l'emploi de 1 950 hommes, tous ces hommes seront habillés par le dépôt du régiment de Walcheren. On aura soin de placer dans ces compagnies les hommes qui sont déjà depuis longtemps dans le régiment de Walcheren et dont on peut être le plus sûr. On ne mettra de nouveaux conscrits que dans les cadres d'infanterie légère pour ne pas défaire les habits. Ces 13 compagnies devront être prêtes à partir du 20 au 30 juillet pour se rendre en Allemagne.
... Donnez ordre aux commandants de la gendarmerie dans les 25e, 17e et 24e divisions militaires d'envoyer des officiers pour suivre ces détachements, de prendre toutes les dispositions convenables et de redoubler de surveillance pour prévenir la désertion. Si ces mesures réussissent, mon intention est de compléter de cette manière les bataillons de guerre du corps d'observation de l'Elbe, de sorte qu'au 1er août, tous ces bataillons de guerre soient portés au-delà du complet de 840 hommes, les malades non compris
" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 4, lettre 5608 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27312).

Le 4 juillet 1811, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, donnez ordre que les 4e et 6e bataillons du 13e léger reçoivent tout ce qui est disponible dans le 5e bataillon et se complètent chacun à 700 hommes. Donnez le même ordre pour les 17e léger, 7e léger et les 30e, 33e, 48e, 12e, 21e, 85e, 108e, 61e, 111e et 57e de ligne. Les 6es bataillons du 15e léger et du 25e de ligne seront complétés à 840 hommes. Ces 28 quatrièmes et 6es bataillons se mettront en marche du 15 au 25 juillet, parfaitement habillés et équipés et se dirigeront sur Wesel et de là sur leurs régiments respectifs dans la 32e division militaire. Les 2 bataillons de chaque régiment marcheront sur une seule colonne. Vous enverrez un officier général à Wesel afin qu'à leur passage par cette ville, chacun de ces bataillons soit passé en revue et que l'on constate leur bon état, l'état de leur habillement, équipement, leur nombre, les places vacantes, etc. Les 2 bataillons du 7e léger s'embarqueront sur le Rhin à Huningue ; les bataillons qui sont à Strasbourg, Mayence, Spire s'embarqueront sur le Rhin jusqu'à Wesel. Le général Compans pourrait être chargé de passer cette revue : il devra être rendu le 25 juillet à Wesel ..." (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 4, lettre 5731 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27526).

Le 7 juillet 1811, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, donnez ordre que les compagnies des 17e, 108e, 12e, 48e, 21e, 30e, 33e et 61e de ligne, complétées par des conscrits réfractaires de l'île de Walcheren formant 8 compagnies ou 1200 hommes, partent de l'île de Walcheren du 15 au 20 juillet pour se rendre à Hambourg. Ces 1200 hommes seront incorporés à Hambourg dans les différents régiments. Les compagnies des 85e, 57e et 111e partiront du 25 au 30 juillet et les 4 compagnies des 7e et 13e légers au plus tard le 10 août. Ainsi ces 2250 hommes seront arrivés en Allemagne dans le courant du mois d'août, ce qui avec les 1600 hommes des 11 premières compagnies et les 1800 hommes des deux bataillons des îles de Gorée et Schouwen fera un renfort de 5600 hommes. Il ne manquera donc plus pour les régiments de l'armée d'Allemagne que 3 000 hommes pour être portés au grand complet" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 4, lettre 5750 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27568).

Le 17 juillet 1811, l'Empereur écrit, depuis Trianon, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Peltre ... Donnez ordre que la 2e compagnie des 5es bataillons des 19e, 72e, 2e, 18e, 56e, 37e, 93e, 108e, 48e, 33e, 30e, 12e, 21e, 25e, 85e, 17e, 57e et 61e se forment à Anvers, et tiennent garnison à bord des 15 vaisseaux de ligne français qui sont dans 1'Escaut et des 2 vaisseaux hollandais ; la 18e compagnie sera destinée au premier vaisseau qui sera mis à 1'eau cette année ...
Vous donnerez ordre que toutes ces compagnies soient composées d'officiers, sous-officiers et soldats de l'ancienne France ; que tous les officiers, sergents, caporaux et fourriers aient au moins 4 ans de service, et que les soldats aient au moins un an de service et soient à l'école de bataillon. Vous recommanderez qu'on porte un soin particulier à la formation de ces compagnies, à les maintenir au complet ; qu'on y mette des officiers de choix, hommes d'ordre et d'honneur qui puissent être utiles à bord des vaisseaux
" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 4, lettre 5796 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27681).

Le 14 août 1811, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke : "Monsieur le duc de Feltre ... Donnez ordre aux dépôts des 12e de ligne, 7e et 13e légers, 57e, 48e, 108e, 21e, 30e, 33e, 61e, 111e, 85e, et 17e de ligne de faire partir pour les bataillons de guerre tout ce qu'ils ont de disponible au 5e bataillon, en hommes habillés et en état de faire la guerre. Toutefois, ils ne feront pas partir moins de 60 hommes à la fois ; ceux qui ne les auront pas attendront qu'ils les aient, avant de rien faire partir ...
Je trouve, qu'en général, tous ces régiments ont beaucoup d'hommes, sous le titre d'administration, d'instructeurs d'ateliers, d'enfants de troupe, puisque je vois que chacun de ces régiments a près de 160 hommes. Ces régiments ont 380 hommes qui attendent leur retraite; il faut la leur donner. Je vois qu'il y a 680 hommes à réformer ; je suppose que ce sont des conscrits, il faut recommander qu'on soit sévère
" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 4, lettre 5985 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 28158).

Le 18 août 1811, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Maréchal Davout, commandant le Corps d'Observation de l'Elbe et Gouverneur général des villes hanséatiques : "Mon cousin ... Le 3e bataillon du régiment de Walcheren fort de 900 hommes s'est mis en marche le 14 au soir pour vous rejoindre, complètement armé, habillé et équipé. C'est donc 900 hommes qui seront répartis entre vos régiments les plus faibles. Je vous recommande le 57e qui a été constamment le plus faible ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 28227).

Le 3 septembre 1811, l'Empereur écrit, depuis Compiègne, au Maréchal Davout, Prince d'Eckmühl, Commandant l'armée d'Allemagne, à Hambourg : "Je reçois votre lettre du 31 août ... Cuxhaven doit être très malsain dans cette saison. Ce pauvre 57e sera perdu ..." (Brotonne (L. de) : « Dernières Lettres inédites de Napoléon 1er, collationnées sur les textes et publiées », Paris, 1903, t. 2, lettre 1580; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 28496).

Le 18 octobre 1811, l'Empereur écrit, depuis Amsterdam, au Général Clarke : "Monsieur le duc de Feltre, vous verrez par les pièces que je vous envoie qu'il manque un chef de bataillon au 13e d'infanterie légère, un au 17e de ligne, deux au 30e de ligne, deux au 15e léger, deux au 33e de ligne, un au 48e, un au 12e de ligne, un au 21e de ligne, deux au 85e, un au 108e, un au 25e de ligne, un au 57e, etc.
Il est bien urgent de nommer à toutes ces places
" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 4, lettre 6262 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 28845).

Le même 18 octobre 1811, l'Empereur écrit encore, depuis Amsterdam, au Général Clarke : "Monsieur le duc de Feltre, je vous envoie un travail sur le corps d'observation de l'Elbe. Il est bien important qu'il soit nommé sans délai à tous les emplois vacants". Cette lettre est suivie, en Annexe, sous le titre "Armée d’Allemagne", d'un "Relevé numérique des emplois vacants dans les régiments d’infanterie et de cavalerie à l’époque du 10 septembre 1811" qui indique, pour la 5e Division, qu'il manque au 57e de Ligne 1 Chef de Bataillon, 4 Capitaines, 11 Lieutenants, 5 Sous-lieutenants (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 4, lettre 6263 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 28850).

Jusqu'au 24 octobre 1811, Davout commande l'Armée d'Allemagne. A cette dernière date, il est appelé au commandement du Corps d'observation de l'Elbe.

Le 30 octobre 1811, l'Empereur écrit, depuis Nimègue, au Maréchal Davout, Prince d'Eckmühl, commandant le Corps d'observation de l'Elbe, à Hambourg : "Il ne faut pas mettre dans le 33e d'infanterie légère aucun homme des bataillons de l'île de Ré et de Belle-Isle. Ces hommes sont d'anciens Français. Placez-les dans le 30e, le 57e, etc., mais pas dans le 33e ..." (Brotonne (L. de) : « Dernières Lettres inédites de Napoléon 1er, collationnées sur les textes et publiées », Paris, 1903, t. 2, lettre 1636; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 28958).

Le 1er novembre 1811, l'Empereur écrit, depuis Wesel, au Maréchal Davout, commandant le Corps d’Observation de l’Elbe et Gouverneur des villes hanséatiques : "Mon cousin, les compagnies du 5e bataillon du 57e régiment d'infanterie de ligne, 17e de ligne et 7e d’infanterie légère, qui ont amené des conscrits à leur régiment, sont de retour ici. Je les ai passées en revue ce matin. J’ai vu beaucoup de caporaux et de sergents qui n’ont que six mois de service. Témoignez-en mon mécontentement aux colonels, surtout celui du 57e. Comment, en faisant la revue de ces cadres, n’a-t-il pas fait rentrer ces jeunes gens dans leur rang ? C’est une insouciance impardonnable. Donnez l’ordre positif que tous les sergents et caporaux qui n’ont pas les années de service voulues par mes règlements rentrent dans leur grade et que les bataillons de guerre envoient pour les remplacer des hommes ayant le temps de service nécessaire" (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 28977).

/ 1812, la campagne de Russie

Musicen 57e Demi-brigade, 1798
Fig A4 Musicien de la 57e Demi-brigade, 1798, d'après Herbert Knötel ; Collection de l'auteur.

Le 2 janvier 1812, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Lacuée, Comte de Cessac, Ministre directeur de l’Administration de la Guerre, à Paris : "Monsieur le Comte de Cessac, je vous envoie pour votre gouverne l’organisation de la Grande Armée. Le corps de l’Elbe formera deux corps. Il est nécessaire d’envoyer un ordonnateur à chaque corps et tout le personnel d’administration qui est indispensable. Présentez-moi un projet d’organisation. Comme je n’ai pas encore organisé en deux corps le corps d’observation de l’Elbe, envoyez-y tout double.
NOTE SUR L’ORGANISATION DE LA GRANDE ARMÉE.
La Grande Armée sera partagée en quatre corps : le corps d’observation de l’Elbe en fera deux; le corps d’observation de l’Océan en fera un ; le corps d’observation d’Italie en fera un autre.
La Grande Armée sera organisée en 15 divisions d’infanterie.
... 5e division : 25e de ligne, 5 bataillons ; 57e de ligne, 5 bataillons ; 61e de ligne, 5 bataillons ; 111e de ligne, 5 bataillons ; total, 20 bataillons ...
" (Correspondance de Napoléon, t.23, lettre 18410 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 29642).

Le 6 mars 1812, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke : "Monsieur le duc de Feltre, faites embarquer à Huningue le détachement du 7e léger, qui se rend à Mayence, et à Strasbourg le détachement du 57e, qui se rend à Mayence ; cela est plus prompt et plus économique.
Donnez ordre qu'arrivés à Mayence le détachement de 100 hommes du 15e léger, le détachement de 100 hommes du 12e de ligne, le détachement de 200 hommes du 57e, le détachement de 60 hommes du 7e léger, soient formés en un bataillon de marche, qui sera appelé 1er bataillon de marche du 1er corps de la Grande Armée, et se mettent en marche pour rejoindre leurs corps ...
" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 5, lettre 6890 ; Correspondance générale de Napoléon, t.12, lettre 30138).

Bientôt cependant, le 57e est appelé sous d’autres cieux. Avec la 5e Division Compans (2e Brigade teste) du 1er Corps commandé par Davout, il doit marcher vers la Russie. Beau régiment, qui aligne en juin un effectif de 97 Officiers et 3575 hommes. Le Lieutenant Malespina pourtant ne verra pas la fin tragique de cette campagne ; en effet, le 15 août, il se noie en traversant le Dniepr.

Après avoir combattu à Mohilew le 23 juillet, le 57e va tout particulièrement se distinguer au début du mois de septembre. Le 5, à Borodino, un Bataillon se lance au pas de charge, renverse les Russes et s’empare de la redoute de Schwardino. Les canonniers russes sont presque tous tués sur leurs pièces, mais le 57e a 12 Officiers tués ou blessés. Le Colonel Charrière reçoit alors "l’ordre d’occuper cette redoute et d’y faire exécuter des travaux propres à la mettre en état de défense contre une attaque qui paraissait devoir avoir lieu le lendemain, de la part des Russes. Charrière, avec 3 bataillons de son régiment, et aidé par une compagnie de sapeurs de la garde impériale, fit faire, de nuit, sous la direction du général Kirchner, des ouvrages tels qu’on se trouva, avant le jour, en mesure de bien recevoir l’ennemi, qui n’osa se présenter".

Le 7 est livré la célèbre bataille de la Moskova. A 6 heures, Davout au centre se porte vers les retranchements de Séménofskoïé, âprement défendus par les Grenadiers de Woronzoff et une puissance artillerie qui foudroie la Division Compans qui, dirigé sur le centre, à la gauche du bois de Passavero, doit gravir les hauteurs pour enlever les redoutes qui lui barrent le passage. Le 57e reçoit l’ordre d’attaquer et d’enlever une grande redoute, sur laquelle s’appuie la gauche des Russes. "Au débouché d’un bois, Charrière adressa à son brave régiment ces mots : «A la redoute». Aussitôt, ses bataillons s’élancent au pas de charge, la baïonnette en avant, et faisant en même temps un feu aussi bien nourri qu’il peut l’être pendant une marche rapide. En moins d’une heure, la redoute est enlevée, malgré la résistance opiniâtre des Russes, dont il fut fait un affreux carnage". La redoute est certes restée aux mains des français, mais les pertes du Régiment sont encore un fois terribles : 1500 hommes tués, blessés ou faits prisonniers. Le Corps des Officiers est lui-même durement touché : 40 tués ou blessés. Compans, Dessaix et Rapp, qui chacun leur tour, ont pris la tête de l’action, Davout lui-même, ont également été touchés. La redoute enlevée, l’Empereur demande quel est le Corps qui s’en est emparé. Il n’est pas surpris d’apprendre que cette action glorieuse a été faite par le 57e. Dans l’après midi, Napoléon visite le champ de bataille, et en profite pour questionner le Colonel Charrière qui, en récompense de cette action, est fait Général de Brigade le 21.

Le 17 septembre, le Lieutenant Rousseaux est brûlé dans l’incendie de Moscou.

Le 20 septembre, le Régiment n’aligne plus que 1389 hommes et 54 Officiers ; 1800 hommes sont dans les hôpitaux.

Le 21 septembre 1812, le Colonel Charrière est nommé Général de Brigade.

En 1812, le Régiment passe sous le commandement de Pierre Lejeune, puis sous celui de Alexandre Duchesne.

Le 9 octobre 1812, l'Empereur, qui projette de former à Smolensk une Division sous les ordres de Baraguey d'Hilliers, écrit, depuis Moscou, à Berthier : "... Le général Baraguey d’Hilliers me parait placé à Viasma ; envoyez-y le général de brigade Charrière, ancien colonel du 57e qui, étant actif et zélé, conviendrait à ce poste ; il aura à Ghjatsk un colonel ou adjudant commandant sous ses ordres ..." (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1911, t.2, lettre 2543; Correspondance générale de Napoléon, t.12, lettre 31881)

Le Sous-lieutenant Huisse est blessé le 18 octobre, au départ de Moscou, par des Cosaques.

Le Capitaine Bastoul est blessé le 24 octobre à la bataille de Malojaroslawetz.

Pendant la Retraite, le 3 novembre 1812, le Régiment perd en trois jours la moitié de son effectif en protégeant le pont de Wiasma. Les pertes parmi les Officiers sont les suivantes : Vermées, Chef de Bataillon, blessé (Mort le 9). Pevet, Capitaine, blessé (mort le 9). Grépat, Capitaine, tué. Bourgade, Lieutenant adjudant-major, blessé (Mort le 16). Lefrançois, Lieutenant adjudant-major, blessé (mort le 16). Brun, Chef de Bataillon, blessé. Tavernier, Capitaine, blessé (égaré le 9 décembre). L’Homme, Capitaine, blessé. Bruset, Capitaine, blessé. Vignolle, Lieutenant adjudant-major, blessé. Dedieu, Lieutenant, blessé. Hanton, Lieutenant, blessé. B. Poisson, Lieutenant, blessé. Deshayese, Sous-lieutenant, blessé. Barthet, Sous-lieutenant, blessé. Bourgeau, Sous-lieutenant, blessé. Beaucourt, Sous-lieutenant, blessé. Marlier, Lieutenant, blessé. Dubois, Sous-lieutenant, blessé.

Le 16 novembre, le Sous-lieutenant Salzard est brûlé dans l’incendie de l’hôpital de Smolensk.

Le 17 novembre, le Lieutenant Grospilier est blessé par des Cosaques, sur la route de Krasnoë.

16 et 17 novembre : bataille de Krasnoë.

Astier, Lieutenant, tué le 17. Lafont, Chef de Bataillon, blessé le 16. Toulemonde, Sous-lieutenant, blessé le 17. Pouthier, Sous-lieutenant, blessé le 17. Dimié, Sous-lieutenant, blessé le 17.

Le 29 novembre, le Capitaine Rossignol est tué au cours d’un combat près d’Orcha.

Le Sous-lieutenant Guillot est blessé le 10 décembre au cours d’un combat devant Wilna.

- Demi-brigades de marche, Division de Réserve et 9e Corps de Victor

Le 2 avril 1812, Napoléon décide, pour renforcer sa Grande Armée, de former 4 Demi-brigades de marche à partir de détachements des 5ème bataillons (Dépôts) de Régiments déjà mobilisés. Chaque Demi-brigade à 3 Bataillons de 6 Compagnies chacun. Les Demi-brigades doivent se former le long du Rhin, avant d’être envoyées vers l’Est. Il écrit à Clarke ses instructions et la composition de ces nouvelles unités. "Monsieur le duc de Feltre, je vous ai fait connaitre la formation des 16 demi-brigades provisoires ; mais comme cette organisation n’emploiera pas plus de 40000 conscrits de l’année, il faut que vous me fassiez dresser un état exact du superplus [sic] avec un projet de formation de bataillons de marche supplémentaires à réunir dans le courant de mai pour recruter la Grande Armée. Vous composerez chaque bataillon de marche de 6 compagnies, c'est-à-dire de 900 hommes à peu près. On les dirigerait sur Mayence et Wesel ; de là sur Berlin où ils recevraient les ordres du major général pour leur incorporation définitive.
J’ai actuellement à vous faire connaitre mes intentions relativement à la formation de 4 demi-brigades de marche composées de compagnies tirées des 5es bataillons des régiments qui sont à la Grande Armée. Ces 4 demi-brigades fortes ensemble de 10000 hommes formeront une seconde division de réserve pour la défense de tout le pays entre l’Elbe et le Rhin, et pour le recrutement de la Grande Armée. Je ne leur donnerai pas le nom de demi-brigades provisoires mais bien celui de demi-brigades de marche. Elles seront composées de la manière suivante :
2e demi-brigade de marche.
1er bataillon : 2 compagnies du 48e de ligne à Anvers, 2 compagnies du 108e de ligne à Anvers ; 2 compagnies du 85e de ligne à Coblentz
2e bataillon : 2 compagnies du 30e de ligne à Mayence, 2 compagnies du 33e de ligne à Mayence, 2 compagnies du 21e de ligne à Juliers
3e bataillon : 2 compagnies du 57e de Ligne à Strasbourg, 2 compagnies du 61e de ligne à Worms, 2 compagnies du 111e de ligne à Spire
Cette demi- brigade se réunira à Cologne ...
Les 2 premières demi-brigades de marche comprendront ainsi : les 16e régiments du 1er corps ...
Vous nommerez un major en second pour commander chaque demi-brigade. Ces majors se mettront en marche avant le 8 avril pour parcourir les différents dépôts. Tous les dépôts qui sont sur le Rhin, comme le 7e léger, etc. embarqueront leurs détachements sur ce fleuve. Vous nommerez un général de brigade ou même un colonel pour être chargé, comme inspecteur, de la formation de ces quatre demi-brigades, qui se composeront ainsi de douze bataillons ou de 9.000 à 10.000 hommes. Le général commandant la 25e division répartira ces 10.000 hommes dans des cantonnements entre Cologne, Juliers, Aix-Ia-Chapelle et Clèves ...
Formation des demi-brigades de marche de la Grande Armée
Demi-brigades du 1er corps ...
2e demi-brigade 1ère division de réserve de la Grande Armée 2400
1er bataillon :
2 compagnies du 5e bataillon du 48e de ligne (dépôt à Anvers) : 272 conscrits du Pas-de-Calais, 234 de la Somme ; total 506 ; 206 conscrits de 1812 non employés dans cette organisation.
2 compagnies du 5e bataillon du 108e de ligne (dépôt à Anvers) : 557 conscrits de Mayence ; total 557 ; 257 conscrits de 1812 non employés dans cette organisation.
2 compagnies du 5e bataillon du 85e de ligne (dépôt à Coblentz) : 524 conscrits du Bas-Rhin ; total 524 ; 224 conscrits de 1812 non employés dans cette organisation.
2e bataillon :
2 compagnies du 5e bataillon du 30e de ligne (dépôt à Mayence) : 554 conscrits de la Moselle ; total 554 ; 254 conscrits de 1812 non employés dans cette organisation.
2 compagnies du 5e bataillon du 33e de ligne (dépôt à Mayence) : 488 conscrits du Loir-et-Cher ; total 488 ; 188 conscrits de 1812 non employés dans cette organisation.
2 compagnies du 5e bataillon du 21e de ligne (dépôt à Juliers) : 497 conscrits du Puy-de-Dôme ; total 497 ; 197 conscrits de 1812 non employés dans cette organisation.
3e bataillon :
2 compagnies du 5e bataillon du 57e de ligne (dépôt à Strasbourg) : 506 conscrits du Haut-Rhin ; total 506 ; 206 conscrits de 1812 non employés dans cette organisation.
2 compagnies du 5e bataillon du 61e de ligne (dépôt à Worms) : 273 conscrits du Haut-Rhin, 243 du Bas-Rhin ; total 513 ; 216 conscrits de 1812 non employés dans cette organisation.
2 compagnies du 5e bataillon du 111e de ligne (dépôt à Spire) : 212 conscrits de la Doire, 462 de Marengo ; total 674 ; 374 conscrits de 1812 non employés dans cette organisation ...
" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 5, lettre 7055 (extrait d’un ordre de l’Empereur daté de Saint-Cloud le 2 avril 1812) ; Correspondance générale de Napoléon, t.12, lettre 30371 - intégrale).

Le 8 mai 1812, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, à Paris : "Monsieur le Duc de Feltre, les états des divisions militaires qui me sont remis aux 1er et 15 de chaque mois, en conformité des instructions données dans la dernière campagne, sont négligés dans leur rédaction. Recommandez aux généraux des divisions, 1° de faire connaître non seulement les numéros des bataillons, mais encore les numéros de chaque compagnie ; 2° de faire connaître en observation le nombre d'hommes que la loi accorde en ouvriers et aux dépôts, et pourquoi ce nombre est dépassé.
Dans la 5e division militaire, je vois au 1er mai que ... Le 18e de ligne avait 600 hommes, le 39e 650, le 57e 260. Ces régiments avaient-ils fourni ce qu'ils avaient à fournir aux bataillons de marche ?
... Donnez une instruction pour que ces états soient faits exactement au 15 et qu'ils m'arrivent le plus promptement possible
" (Correspondance de Napoléon, t.23, lettre 18690 ; Correspondance générale de Napoléon, t.12, lettre 30606).

/ Campagne de 1813

En 1813, le Régiment est commandé par Sernin Laffont.

le 17 janvier 1813, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Peltre, il ne faut rien prendre de la conscription 1813 dans les 40 régiments dont l'état suit, savoir : ... 57e ... Total, 40 régiments.
Il faut donc, après que le corps d'observation de l'Elbe, le corps d'observation d'Italie et les 2 corps d'observation du Rhin seront partis, pouvoir former un corps de réserve avec ce qui existe dans les 40 dépôts ci-dessus désignés, avec ce qu'ils reçoivent de la conscription de 1813 et ce qu'ils vont recevoir sur la levée des 100 000 hommes.
Ce corps de réserve serait composé de 120 bataillons fournis par les 40 régiments ci-dessus. Il faut y ajouter un bataillon de marche des 8e et 18e légers ; un autre du 3e et du 105e ; d'autres bataillons de marche, formés de 2 compagnies tirées des 34 dépôts de la Grande Armée ; plus 5 bataillons de marche de la 32e division militaire. Cela ferait donc environ 150 bataillons ou une réserve de 120 000 hommes qui partirait avec les cadres des 5e et 6e bataillons et avec les cadres qui reviennent de la Grande Armée.
P.S. Je vous prie d'observer que cette lettre dérange quelque chose à l'approuvé que j'ai donné, dans mes lettres précédentes, aux dispositions faites par les bureaux pour compléter les régiments provisoires et différents corps.
Aussitôt que le chef de division aura terminé, il m'apportera ce travail
" (Correspondance générale de Napoléon, t.13, lettre 32318).

Le 27 janvier 1813, l'Empereur écrit, depuis Fontainebleau, à Eugène Napoléon, Vice-Roi d’Italie, commandant en chef la Grande Armée, à Posen :"Mon Fils, le ministre de la guerre vous a écrit pour vous faire connaître que les détachements de conscrits de chacun des vingt-huit régiments de la Grande Armée qui doivent se rendre à Erfurt, où ils trouveront les cadres des 2e bataillons, ce qui complétera ces vingt-huit bataillons, partent de France ; les premiers, c'est-à-dire les détachements des 30e et 33e, le 10 février, et ils arriveront le 19 à Erfurt ; le dernier, c'est-à-dire celui du 13e d'infanterie légère, arrivera le 17 mars. Avant le 1er mars, les bataillons du 30e et du 33e, celui du 61e et celui du 111e, celui du 85e celui du 18e et celui du 57e seront arrivés, ce qui fera sept bataillons. Ordonnez à un des généraux de brigade du 1er corps de prendre sous son commandement ces sept bataillons et de se porter à Wittenberg, où ils pourront être arrivés du 1er au 5 mars ..." (Correspondance de Napoléon, t. 24, 19523 ; Correspondance générale de Napoléon, t.13, lettre 32518).

Le 27 janvier 1813, l'Empereur écrit, depuis Fontainebleau, Au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, je reçois votre lettre du 26 (bureau du mouvement des troupes). Donnez des ordres au général Doucet ... que lorsque les bataillons du 18e et du 57e, qui arrivent le 28, se seront reposés 2 jours, il les envoie également à Leipzig sous les ordres du même général. Par ce moyen, ce général de brigade aura 6 bataillons du 1er corps bien complétés avec les cadres des seconds, et il les fera reposer à Leipzig 3 ou 4 jours, leur procurera les souliers, et tout ce dont ils ont besoin pour réparer leur habillement, et il se mettra avec eux immédiatement en marche pour Wittenberg sur l'Elbe, où il attendra des ordres de son général de division ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.13, lettre 32514).

Puis, le 5 février 1813, depuis Paris, au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la guerre, à Paris : "Monsieur le Duc de Feltre, je n'approuve pas la formation des cinquante demi-brigades provisoires, formant cent cinquante bataillons, pour la garde de l'intérieur ; voici de quelle manière ce travail doit être fait ...
FRONTIÈRES DU RHIN ET DE L'OCÉAN.
La défense de la France, depuis les 31e et 17e divisions militaires jusqu’à Besançon et jusqu’à Bordeaux, aura lieu de deux manières : par la formation de bataillons de garnison, composés de compagnies tirées des 5e bataillons et qui tiendront garnison dans nos places fortes, et par la formation de demi-brigades provisoires.
Les demi-brigades seront d’abord au nombre de vingt-quatre pour cette partie de la frontière qui s’étend depuis la 31e division jusqu’à la 11e.
Chaque demi-brigade sera composée de trois bataillons entiers, sans qu’il puisse y entrer, sous quelque prétexte que ce soit, une fraction de 5e bataillon. Ces vingt-quatre demi-brigades seront formées ainsi qu’il suit :
... la 8e demi-brigade, des 6es bataillons des 48e, 57e et 108e ...
Ces vingt-quatre demi-brigades formeront six divisions ; chaque division, quatre demi-brigades ou douze bataillons, savoir :
La 3e division, à Anvers, composée des 2e, 8e, 17e et 21e demi-brigades ...
" (Correspondance de Napoléon, t. 24, 19538 ; Correspondance générale de Napoléon, t.13, lettre 32615).

Le 13 février 1813, l'Empereur écrit, depuis Paris, à Eugène, Vice-Roi d’Italie, commandant en chef de la Grande Armée : "Mon fils, le général Lauriston devant être du 15 au 20 février à Magdebourg, il devient important que vous donniez ordre au prince d'Eckmühl de revenir à Stettin. Il y a de l'anarchie dans cette place, et on y éprouve le besoin d'une autorité supérieure. D'ailleurs le 2e bataillon du 30e et celui du 33e seront arrivés à Erfurt le 19 février. Les 2es bataillons des 23e, 57e, 61e, 85e et 111e y arriveront le 22, le 25, le 24 et le 28 février. Voilà donc tout de suite une augmentation de 4,000 hommes pour Stettin. Vous avez reçu la lettre par laquelle je vous instruis de quelle manière mon intention est que ces bataillons soient dirigés sur Stettin ; mais vous pouvez donner ordre d'y venir de suite, si vous n'y voyez pas d'inconvénient. Je pense effectivement qu'il est très important que nous ayons le plus tôt possible entre Stettin et la Poméranie et sur cette place une vingtaine de mille hommes. Or, dans le courant de mars, les 16 bataillons seront tous dans cette place ..." (Mémoires du Prince Eugène, t. 8, page 347 ; Correspondance générale de Napoléon, t.13, lettre 32762).

Le 27 février 1813, l'Empereur écrit, depuis Paris, à Eugène, Vice-Roi d'Italie, commandant en chef de la Grande Armée : "Mon fils, le 2e bataillon du 17e de ligne, celui du 21e et celui du 25e doivent être arrivés à Cassel le 25 février ; celui du 56e a dû arriver le 20. Ils peuvent, s'ils ne l'ont déjà fait, se mettre en marche sans délai pour se rendre à Wittenberg.
Les 30e et 33e doivent être à Erfurt le 19 février, le 57e le 28 février, le 61e le 23, le 85e le 24, le 18e le 28, le 111e le 28. Ces sept bataillons d'Erfurt, avec les quatre premiers de Cassel, font onze bataillons qui peuvent être bientôt réunis sur l'Elbe ...
Ainsi, lorsque vous recevrez cette lettre, les 28 bataillons hormis cinq, auront dépassé Erfurt et seront dirigés sur Wittenberg ou Spandau, c'est-à- dire suivant l'emplacement de leurs corps respectifs. Prescrivez des mesures pour qu'ils partent réunis suivant les circonstances.
Le prince d'Eckmühl pourrait les réunir à Dessau ou à Wittenberg.
Ces jeunes conscrits doivent être spécialement placés dans les forteresses
" (Correspondance générale de Napoléon, t.13, lettre 32901).

Le même 27 février 1813, l'Empereur écrit également au Général Lauriston, commandant le Corps d'Observation de l'Elbe : "Vingt-huit deuxièmes bataillons du 1er et 2e corps de la Grande Armée se réunissent à Erfurt et Cassel, savoir :
... à Erfurt le 30e, 33e le 19 février ; 57e le 28, 61e le 23, 85e le 24, 18e le 28, 111e le 22 ; 26e de ligne le 1er mars, 24e le 2, 4e de ligne le 6, 12e le 8, 48e le 10, 7e de ligne le 9, le 37e le 11, le 72e le 8, le 108e le 11, le 2e le 10, le 33e le 12, le 13e le 17, le 19e le 16, le 46e le 15, le 15e le 15, le 93e le 13 ...
Les 6 bataillons d'Erfurt doivent se rendre à Dessau ou Wittenberg. Mettez-vous en correspondance avec le général commandant à Erfurt et avec le prince d'Eckmühl qui a été chargé par le vice-roi de réunir ces bataillons afin que, d'après les ordres du vice-roi, ils soient dirigés sur Berlin, Spandau et Stettin ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.13, lettre 32905).

Le 5 mars 1813, l'Empereur écrit, depuis Paris, à Eugène, Vice-Roi d’Italie, commandant en chef la Grande Armée : Mon fils, les deuxièmes bataillons du 17e de ligne, du 21e et du 25e doivent être arrivés à Cassel le 25 février ; celui du 56e a dû arriver le 20 ; ils peuvent, s'ils ne l'ont déjà fait., se mettre en marche sans délai pour se rendre à Wittenberg.
Les 30e et 33e doivent être à Erfurt, le 19 février ; le 57e, le 28 ; le 61e, le 25 ; le 85e, le 24 ; le 18e, le 28 ; le 111e, le 22. Ces 7 bataillons d'Erfurt avec les 4 premiers de Cassel font 11 bataillons qui peuvent être presque déjà réunis sur l'Elbe. Le 11e léger a dû arriver le 17 février à Cassel ; il doit être maintenant à Spandau.
Le 26e léger doit arriver à Erfurt, le 1er mars ; le 24e léger le 2 ; le 4e de ligne, le 6 ; le 12e de ligne, le 8 ; le 48e de ligne, le 10 ; le 7e léger, le 9 ; le 37e de ligne, le 11 ; le 72e de ligne, le 8 ; le 108e de ligne, le 9 ; le 2e de ligne, le 10 ; le 33e·de ligne, le 12. Quant au 13e léger, il ne pourra arriver à Erfurt que le 17 mars ; le 19e, le 16 ; le 46e, le 15 ; le 15e, le·15 ; le 93e, le 13.
Ainsi, lorsque vous recevrez cette lettre, les 28 bataillons, hormis 5, auront dépassé Erfurt et seront dirigés sur Willenberg ou Spandau, c'est-à-dire suivant l'emplacement de leurs corps respectifs.
Prescrivez les mesures pour qu'ils partent réunis suivant les circonstances. Le prince d'Eckmühl pourrait les réunir à Wittenberg ou à Dessau. Ces jeunes conscrits doivent être spécialement placés dans les forteresses
" (Mémoires du Prince Eugène, t. 8, page 394 ; Correspondance générale de Napoléon, t.13, lettre 33016).

Le 6 mars 1813, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, je vous renvoie la dépêche du duc de Padoue. Faites-lui connaître que les 16 bataillons du 1er corps se réunissent à Wittenberg, pour garder cette ville sous les ordres d'un général de division et de 2 généraux de brigade, et que les 12 bataillons du 2e corps se réunissent à Dessau pour y garder le pont, également sous les ordres d'un général de division et de 2 généraux de brigade, qu'il vous fasse connaître ce qui a été exécuté de ces différentes dispositions.
Les 16 seconds bataillons du 1er corps formeront 8 régiments provisoires de la manière suivante :
... 35e régiment provisoire : 25e de ligne, 2e bataillon, 57e de ligne, idem ...
Vous donnerez ordre aux 8 majors de ces seize régiments de se rendre en poste à Erfurt et de là à Wittenberg.
Donnez ordre aux seize colonels de se rendre à leurs dépôts. Vous disposerez des majors en second pour les faire majors comme je l'ai ordonné précédemment ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.13, lettre 33041).

Le 12 mars 1813, l'Empereur écrit, depuis Trianon, au Maréchal Kellermann, commandant le Corps d'Observation du Rhin : "Mon cousin, j'ai ordonné que les 4es bataillons des 28 régiments qui forment le 1er et le 2e corps de la Grande Armée se rendissent à Wesel afin d'avoir des forces dans la 25e division militaire. Vous avez dans la 26e division militaire le 30e, le 33e, le 61e, le 85e et le 111e. Vous avez dans la 5e division où vous commandez je crois, le 18e, le 57e et le 7e léger. Vous avez dans la 25e division où vous commandez également le 21e de ligne, le 56e et le 11e léger. Vous avez donc dans l’étendue de votre commandement 11 régiments. Donnez ordre que ces 11 4es bataillons bien complets en officiers et sous-officiers partent de leur dépôt pour se rendre à Wesel complétés à 840 hommes, habillés et bien armés ; ceux qui sont dans la 5e et dans la 26e division militaire s'embarqueront sur le Rhin afin d'arriver le plus promptement possible.
Le général Loison aura soin de les former en régiments provisoires 2 à 2. Il devra prendre garde à ne pas confondre les régiments du 1er corps avec ceux du 2e. Par exemple le 56e et le 11e léger sont du 2e corps. Il peut en faire un régiment provisoire. Les autres étant du 1er corps, il peut les réunir 2 à 2 à mesure de leur arrivée. Passez vous-même la revue des deux qui sont à Mayence. Envoyez par des estafettes extraordinaires des ordres pour le complètement de ces 4es bataillons et leur départ. Si on ne pouvait les compléter à 840 hommes, on ne ferait partir d'abord que 4 compagnies complétées à 560 et les deux dernières compagnies partiraient aussitôt qu'on aurait pu les compléter.
Il serait nécessaire qu'on me présentât des nominations pour toutes les places vacantes. Aussitôt que ces régiments seront formés à Wesel, le général Loison dirigera ceux du 1er corps sur Osnabrück et Brême et ceux du 2e sur Minden et Munster. En attendant que les deux généraux de division et les quatre généraux de brigade soient arrivés pour commander ces deux divisions, dont une qui sera formée des 16 4es bataillons du 1er corps et une autre que les 12 4es bataillons du 2e corps composeront, vu que je fais donner par le ministre de la Guerre dans toute la division l'ordre que je vous adresse ici directement afin de gagner du temps sur les bureaux, en attendant dis-je que ces généraux soient arrivés, le général Loison attachera deux généraux de brigade ou officiers supérieurs à l'une ou l'autre de ces divisions pour les commander. Les régiments provisoires doivent être commandés par les majors. Mon intention est que tous les majors de ces 28 régiments soient employés savoir : 14 à commander les 14 régiments provisoires formés des seconds bataillons qui ont été organisés à Leipzig et 14 à commander les nouveaux régiments provisoires qui se forment à Wesel ; les colonels devant rester à leur dépôt, de s'y reposer et de réorganiser leur régiment
" (Correspondance générale de Napoléon, t.13, lettre 33174).

Le 6 mai 1813, le Capitaine Richard est blessé au cours d’un combat devant Dessau. Le 22 mai, le Lieutenant Collonge est également blessé au combat de Reichenbach.

Le Capitaine Pilhes est blessé le au combat de Pirna.

Le 30 août, à l’affaire de Kulm, sont blessés ou tués :
Picharry, Chef de Bataillon, blessé (mort). Mathieu, Capitaine, tué. Brie, Lieutenant, tué. Malaguin, Sous-lieutenant, tué. Diette, Chef de Bataillon, blessé. Cochereau, Capitaine, blessé. Jouffray, Capitaine, blessé. Vaubert, Capitaine, blessé. Griaut, Capitaine, blessé. Marchés, Lieutenant, blessé. Perrin, Lieutenant, blessé. Ruet, Lieutenant, blessé. Desjardins, Sous-lieutenant, blessé. Brevert, Sous-lieutenant, blessé. Ferry, Sous-lieutenant, blessé.

Défense de Dresde : De Lacoste, Capitaine, tué le 14 Septembre. Avoine, Lieutenant, blessé le 9 octobre (mort le 13). Tenaille, Capitaine, blessé le 14 Septembre. Moyret, Capitaine, blessé le 17 octobre. Colin, Capitaine, blessé le 16 septembre. Coste, Capitaine, blessé le 20 octobre. Roubi, Lieutenant, blessé le 17 octobre. Ferot, Lieutenant, blessé le 18 septembre. Rivoire, Lieutenant, blessé le 18 octobre. Beaurain, Lieutenant, blessé le 14 Septembre et le 6 octobre. Lacomme, Sous-lieutenant, blessé le 14 septembre.

Le 26 septembre 1813, depuis Dresde, l'Empereur écrit au Duc de Feltre : "Proposez-moi des récompenses pour la garnison de Saint-Sébastien. Faites-moi connaître si le général Rey qui la commande, est celui qui a été colonel du 57e, ou si c'est celui qui était gouverneur de Burgos" (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1911, t.1, lettre 1068). C'était celui qui commandait le 5e Gouvernement à Burgos, Emmanuel Rey.

Le 3 octobre 1813, à Dresde, l'Empereur décrète : "Le 4e bataillon du 57e régiment d'infanterie de ligne sera incorporé dans les 1er, 2e et 3e bataillons du même corps, et ce 4e bataillon sera reformé en France" (Chuquet A. : « Inédits napoléoniens », Paris, 1913, t.2, lettre 2510).

Le Sous-lieutenant Lehec est quant à lui blessé le 18 octobre au cours de la défense de Dantzig. Le Chef de Bataillon Pauly est blessé le 31 octobre à la bataille de Hanau.

Le 28 novembre 1813, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Duc de Feltre : "Vous portez le 1er corps pour 44 bataillons. Mais, aussitôt le retour en France du 1er corps, le 6e du 21e et le 6e du 57e seront supprimés. Alors, il ne sera donc plus que de 42 bataillons" (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1912, t.4, lettre 6259).

Le 15 décembre 1813, à Paris, l'Empereur décrète : "... Il sera formé un 7e bataillon au 57e de ligne ..." (Chuquet A. : « Inédits napoléoniens », Paris, 1913, t.1, lettre 1242).

/ 1814

Le 2 janvier 1814, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Duc de Feltre : "Je viens d'examiner le travail du directeur de la conscription. Les états 1 et 2 sont relatifs aux conscrits des 120.000 et des 300.000 hommes qui étaient dirigés sur Belfort et Huningue. Voici ma décision.
Tous les conscrits de la levée des 120.000 hommes qui restent à diriger sur Strasbourg, savoir les 115 hommes du 18e de ligne, les 300 du 57e, les 16 du 152e et les 222 du 17e léger doivent continuer à être dirigés sur Strasbourg par la Toute de Phalsbourg, puisque cette route ne sera pas fermée ...
" (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1912, t.4, lettre 6350).

Le 26 février 1814, au cours du second combat de Bar sur Aube, est blessé le Lieutenant Ferrand. Le 8 avril, à la défense de Kehl, est blessé le Sous-lieutenant Ambau. Le 57e est bloqué à Strasbourg, ce qui le fait participer à sa défense.

/ Les élements du 57e en Espagne (1808-181...)

Alors que la plus grande partie du Régiment profite en 1808 d’une période de paix relative, ailleurs, en Espagne, des hommes du 57e sont confrontés à une réalité bien différente, plus douloureuse puisqu’elle entraîne la mort du Chef de Bataillon Barraire, blessé le 18 juin près de Madrid, où celle du Capitaine Larivière, assassiné. Ces deux Officiers étaient détachés dans un Corps provisoire.

Toujours du côté de l'Espagne, un ordre a été donné de former 12 Bataillons auxiliaires d'Espagne, mais 6 seulement sont organisés à Versailles.

Le 7 janvier 1810, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, les quatre premiers bataillons auxiliaires qui sont à Versailles seront réduits à deux, composés de la manière suivante. Savoir :
1er bataillon (infanterie de ligne) ...
4e compagnie 1 [officier] 70 [soldats] du 57e
18 [soldats] du 33e
55 [soldats] du 108e
1 [officier] 49 [soldats] du 72e 2 [officiers] 192 [soldats] ...
2e batailllon (infanterie légère) ...
Le comte de Lobau dressera procès-verbal de la formation de ces deux bataillons avant le 10 janvier ; les compagnies seront égalisées, leur chef de bataillon sera nommé pour commander chaque bataillon. Il sera également nommé à toutes les places d'officiers et de sous-officiers.
Les sous-officiers et soldats seront effacés des contrôles de leurs corps et, à dater du 1er janvier 1810, l'existence de ces bataillons sera reconnue, et ils seront payés directement par te Trésor. Il y aura trois tambours par compagnie.
Au fur et à mesure que les bataillons auxiliaires viendront à se former, au lieu de 12, les cadres seront resserrés, de manière que chaque bataillon soit porté au complet de 840 hommes.
Un colonel en second sera nommé inspecteur de tous les bataillons auxiliaires. Il sera chargé de rendre compte au ministre de leur formation et de veiller à ce que les différents détachements partent des lieux où ils se rassemblent, bien organisés et complets en officiers, sous-officiers et soldats.
Le 5e bataillon auxiliaire qui se réunit à Lyon en partira avec la formation provisoire qu’il aura reçue dans cette ville, et se rendra à Bayonne où il sera définitivement formé.
Faites-moi connaître pourquoi les corps ont envoyé aux bataillons auxiliaires des détachements dont la force est si peu proportionnée aux demandes qui leur ont été faites ; je désire savoir quand ils pourront envoyer le reste.
Aussitôt qu’un bataillon auxiliaire sera formé, présentez-moi un projet de décret pour lui donner une éxistence régulière.
Faites mettre à la dispositionn du comte Lobau une trentaine de jeunes gens de Fontainebleau, pour être placés dans ces bataillons.
Surtout ayez soin de mettre à Versailles un colonel en second qui veille à l’instruction
P.S : Vous dirigerez sur le second bataillon deux compagnies d'infanterie légère, faisant 300 hommes, pour compléter ce bataillon
" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 3, lettre 3904 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 22808).

Le Lieutenant Benoit, détaché auprès d’un Général, trouve la mort le 10 août 1810

Le 19 août 1810, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, je désire que vous formiez plusieurs bataillons de marche pour 1'Espagne et le Portugal.
... Le 4e bataillon du 43e de ligne sera complété également à 900 hommes, moyennant 100 hommes du 43e ; 200 du 18e ; 100 du 3e ; 100 du 111e ; 150 du 57e ; 150 du 105e ; 200 du 17e ; total 1000 hommes. Ce bataillon se formera également à Tours ...
Ces 3 derniers bataillons seront connus sous leur nom dans la ligne ; savoir le 3e bataillon du 50e, le 4e bataillon du 43e, et le 3e bataillon du 25e léger ...
" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 3, lettre 4512 ; Correspondance générale de Napoléon, t.10, lettre 24356).

/ 1815

Fin mars 1815, un "Projet de répartition des militaires l'appelés aux drapeaux en sept dépôts généraux où ils seraient armés, habillés et instruits. Fin mars 1815". Le 53e de Ligne (ex 57e) à Strasbourg fait partie de la 6e Division militaire; il doit être fourni par le Département du Doubs, et son Dépôt doit être établi à Reims (Chuquet A. : « Inédits napoléoniens », Paris, 1913, t.2, lettre 2972).

Le 15 mai 1815, l'Empereur écrit, depuis Paris, à Rapp : "J'ai reçu votre lettre du 12 mai. Je vois, par l'état que vous y avez joint, que le 18e de ligne qui a deux bataillons à votre armée, forts de 1200 hommes, peut vous fournir un troisième bataillon de 600 hommes ; faites-le partir sur-le-champ de Strasbourg pour venir vous rejoindre ...
Le 57e qui se recrute dans le Doubs, doit en recevoir également beaucoup ...
Faites- moi connaître pourquoi tous les hommes que vous avez à vos dépôts ne sont pas habillés et n'augmentent pas vos cadres.
Faites-moi connaître aussi ce qui est annoncé à ces régiments, des différents départements.
Espérez-vous qu'au 1er juin vos troisièmes bataillons soient complétés et que chaque régiment soit à 1.800 hommes ; ce qui ferait 7.000 hommes pour chacune de vos divisions ? ...
" (Chuquet A. : « Inédits napoléoniens », Paris, 1913, t.2, lettre 3222).

En 1815, le 8 juillet, le Lieutenant Ferrand est à nouveau blessé au cours de la défense de Landau. Le 57e est ensuite licencié, à Strasbourg. Il devient Légion du Tarn.

Entre 1804 et 1815, le Régiment a eu 35 Officiers tués, 29 Officiers décédés de leurs blessures, 182 Officiers blessés.

/ Uniformes.

Les Carnets de la Sabretache sont une vraie mine d’or pour le chercheur. Nous y trouvons en effet des extraits de Correspondance du Général de Division Victor Perrin concernant les tenues portées à la 57e Demi-brigade qui se trouvait alors en Italie. Le premier émane du Chef de Brigade Bruno qui donne des ordres au Capitaine Boutrais, chargé de l’habillement, ordres approuvés par Victor, et concernant la confection des bonnets de Grenadiers, et les haches et tabliers des Sapeurs. Le 2e, daté du 19 novembre, est un ordre de Victor pour que l’on établisse à Padoue un atelier d’ouvriers tailleurs pour confectionner la tenue des Musiciens. Tenue qu’il décrit dans une lettre datée du 16, et qui prévoit que l’habit sera de fond écarlate, revers, parements, collet bleu, liseré blanc. Patte des manches blanche liserée bleu. Pattes des poches liserées bleu. Galon aux poches, collet, parement, gilet blanc coupé rond. Pantalon blanc et bottines. Il est également prévu que les Musiciens portent des panaches uniformes. Cette description correspond à la tenue représentée par H. Knötel, donnée dans l’ouvrage de Elting "Napoleonic Uniforms" tome 1 (fig. A1). Quel dommage cependant que nous n’ayons pas le détail des autres tenues portées au sein du Régiment à cette époque ! Nous savons en tout cas, par une lettre de Bonaparte datée du 6 juin, que la 57e s’était vue attribuer la somme de 23000 livres pour son habillement ; quel en fut l’usage, nous ne le savons hélas pas !

Nous savons en tout cas que la 57e a combattu quasiment sans interruption jusqu’à la fin de l’année 1800. Il est donc fort probable que les tenues à ce moment là devaient être dans un état déplorable, ce qui nécessitait inévitablement de les remplacer. Rigo (le plumet planche 224) raconte qu’en avril 1799, le Régiment défile dans les rues de Strasbourg avec un habillement et un équipement neufs, précisant que les soldats auparavant étaient presque nus. Le fait marquant est la présence d’une splendide Musique qui attirera les foudres de l’Administration (le rapport du Général Baraguey d’Hilliers en date du 21 janvier 1802 signale que la Musique du corps est trop importante et coûte trop cher ; celui du Général Michaud, daté du 8 juin 1803, dénonce le nombre excessif de Musiciens et des frais énormes d’entretien, dont 3850 francs dépensés pour l’achat d’instruments de musique). Toujours selon Rigo, le nombre officiel de Musiciens était de 8 dont un Chef, mais la 57e devait très largement dépasser le chiffre de 25, auxquels il faut ajouter 6 Tambours de Grenadiers et 48 Tambours de Fusiliers, sans compter les Fifres, qui officiellement n’existaient pas. Précisons également qu’à l’époque de l’Arrêté des Consuls ordonnant la normalisation des effectifs des Demi-brigades (27 août 1800), la 57e comprenait trois Caporaux-tambours et trois Tambours-majors, chiffre réduit à 1 d’après le rapport du Général de Brigade Grandjean daté du 30 octobre 1800.

Enfin, le 17 juillet 1803, Bonaparte écrit à Dejean, Ministre directeur de l’Administration de la Guerre, que "la 57e demi-brigade, Citoyen Ministre, n’a reçu ni l’habillement de l’an X, ni celui de l’an XI" (correspondance de Napoléon).

Peut être avons nous là l’explication à toutes les variantes que nous trouvons dans les tenues de la tête de colonne, qui constituent pour nous un véritable casse tête. Pour les représenter, nous disposons de quatre sources principales, qui sont Rigo (d’après Boersch, période 1799-1800), le Fichier Carl (1801), les Petits Soldats d’Alsace (types attribués à Boersch et datés de 1803) et enfin Bucquoy (types dessinés par Boisselier, datés de la période 1803-1805, ayant pour sources les Collections Alsaciennes, notamment Boersch).

Avant d’entrer dans le détail, quelques mots d’abord sur Boersch (d’après L. de Beaufort, le Briquet). Né à Strasbourg avant la Révolution, ouvrier boulanger de son état, il avait épousé la nièce du peintre Benjamin Zix. Installé dans son échoppe, qui donnait sur la rue principale de Strasbourg, il suivait des yeux toutes les troupes qui passaient dans la ville. Quelques fois, il invitait les soldats à lui rendre visite dans sa boutique. Il notait consciencieusement les détails de leur uniforme, qu’il reproduisait ensuite sur du carton découpé à l’aide d’un canif puis les montait sur des plots en bois. Cette notation dure plusieurs générations, puisqu’elle est achevée sous la Restauration. La collection d’ailleurs est terminée par son fils, Ch. Boersch, mort en 1861. Elle passe ensuite aux mains de la famille Kolb, qui la partage avec Meyer Boersch, héritier et descendant du boulanger. Cette Collection fut exposée en 1901 à la brasserie Korcher à Paris, et au château de Rohan à Strasbourg en 1903. Le 10 mars 1971, la Collection (ou une partie ?) est vendue à Angers, soit 4000 soldats de tous corps, dont la 57e Demi-brigade. Pour celle ci, L. de Beaufort a pu noter la composition suivante :
Tambour-major et 27 Musiciens, 7 Sapeurs et 2 Officiers supérieurs.
Une Compagnie de Grenadiers avec 1 Officier, 2 Sous-officiers, 1 Tambour et 23 Grenadiers.
3 Compagnie avec chacune une trentaine de personnages, Officiers, Sous officiers, Tambours et Fifres, et Porte-drapeau.

Voici ce que disait Bucquoy quant aux types représentés dans ses fameuses cartes :
"Les types de cette série ont été pris pour l’essentiel dans la collection Boersch, collection alsacienne établie par un contemporain et qui a été la base de beaucoup de collections postérieures. C'est de toutes les collections connues celle qui présente le plus de chances d’être exacte et nous aurons plusieurs fois l’occasion d’y puiser d’intéressants documents.
Les tenues que notre collaborateur M. Henri Boisselier a représentées d’après cette source sont celles de la fin du Directoire, qui subsistèrent sous le Consulat et l’Empire jusqu’à l’adoption du shako. Nous pouvons donc les situer entre 1803 et 1805. Toutes les tenues en habits viennent de la collection Boersch : le chapeau chinois nègre a déjà été donné par Job dans les «Tenues des troupes de France». Remarquons que la forme du chapeau des musiciens, se rapprochant du claque, diffère de celle du chapeau des fusiliers qui est le chapeau des troupes de la République. Le chapeau des fusiliers est orné d’un plumet aux couleurs des bataillons, bleu céleste, jaune orangé et violet (fortement lie de vin), c’est une particularité qu’on trouve rarement. Pour les tenues en capote M. Boisselier s’est inspiré des planches contemporaines de Geissler, un des plus consciencieux dessinateurs allemands de l’époque. Telles sont les tenues que la 57ème demi-brigade, surnommée «la Terrible» depuis la Favorite (1797), porta au camp de Boulogne et que le 57ème de Ligne portait à Austerlitz et probablement encore à Iéna
".

Ganier Tanconville, dans un article paru dans la 4ème année du Passepoil, nous dit de son côté que le 57ème de Ligne était "bien connu des Strasbourgeois contemporains du Consulat et de l’Empire. Après une première apparition en 1801, son dépôt tint garnison dans cette ville de 1805 à 1815 … Tout ce que contenaient alors les bataillons de guerre, passait et repassait par ce dépôt". Ce qui donne encore plus de valeur à la collection Boersch : les types représentés ont été vus.

Passons maintenant à l’analyse. Rigo, pour la période 1799-1800, nous donne tout d’abord un Musicien (fig 2 ; fig 2a : détail des poches ; fig 2b grosse caisse), un Chapeau chinois (fig 3), et un Tambour de Fusiliers (fig 6 ; fig 6a : détail des poches ; fig 6b : Fifre de Fusiliers vers 1803 d’après Bucquoy qui donne également Boersch comme source). D’emblée, on constatera que le Musicien et le Chapeau chinois ont leur tenue distinguée de bleu ciel, couleur d’ailleurs que l’on verra reparaître dans la tête de colonne après 1808, alors que le Tambour de Fusiliers porte un habit distingué de drap jonquille. Par ailleurs, si l’habit du Tambour est doté de boutonnières blanches, ce n’est pas le cas pour celui du Musicien. Conclusion : à cette époque, il y a deux tenues distinctes à la tête de colonne. Cette particularité ne doit pas étonner ; on la rencontre au 17e Léger vers 1808-1809.

Rigo nous dit ne pas connaître la tenue du Tambour major. Peut être est-ce celle que nous trouvons dans la Collection des Petits Soldats d’Alsace (fig 1, attribué à Boersch, daté de 1803 ; donné également par Bucquoy avec par erreur une grenade argent sur le nœud), représenté de dos, ce qui nous permet d’admirer le détail des poches, des retroussis, et des galons à la taille. Boisselier quant à lui nous le présente de face (fig. A2) : il porte un chapeau avec ganse de cocarde, galon, tirants et floches dorés, un habit identique à celui du tambour galonné d’argent, avec trois boutons sous le revers droit, des bottes découpées en cœur ayant le devant un gland doré ; enfin une banderole jaune avec un porte baguette doré contenant deux baguettes noires à virole dorée.

A partir de 1801, il n’y a plus qu’une seule couleur dominante : c’est le jonquille. Globalement, toutes les sources concordent sur ce fait. Il y a cependant quelques variantes, en fonction des dates. Le Musicien de Carl (fig 7) daté de 1801 a la ganse de cocarde et les trèfles d’épaules jaunes (caractéristiques que l’on retrouve pour un Musicien (1802) de la Collection Knötel à Rastatt, mais qui n’a pas les pompons des cornes du chapeau), la patte de parement jonquille passepoilée de blanc. Celui tiré des Petits Soldats d’Alsace, attribué à Boersch et daté de 1803 (fig 8 ; 8a : grosse caisse même source) a les ornements du chapeau et les trèfles dorés, la patte de parement bleu à passepoil blanc, et de curieux retroussis écarlates. Pour Bucquoy, qui donne pour source Boersch (fig 4 vers 1803-1805), la ganse de cocarde et les trèfles sont blancs, la patte de parement et les retroussis jaunes. L’abandon progressif des ornements dorés est peut être du à des raisons d’économie. Si c’est le cas, cela permet de comprendre l’évolution du Chapeau chinois qui, a partir de 1803-1805, porte une tenue nettement moins riche que par le passé (fig 5 d’après Bucquoy et Job).

En ce qui concerne les Tambours et Fifres, on constate là encore certaines évolutions analogues. Ainsi, le Tambour de Fusiliers de Carl en 1801 (fig 9) porte le chapeau en colonne avec tirants jaunes. La patte de parement est jaune. Il n’y a pas de passepoil aux pattes d’épaules. Celui tiré des Petits Soldats d’Alsace, attribué à Boersch et daté de 1803 (fig 10 ; 10b : fifre) a le chapeau sans tirants, porté en bataille, les pattes d’épaules passepoilées de rouge, celles des parements bleues, et les retroussis rouges. Par ailleurs, les boutonnières ont disparu. Le Fifre de Bucquoy quant à lui (fig 6a) semble porter la tenue du Tambour de Rigo (fig 6).

Le Tambour de Grenadiers tiré des Petits Soldats d’Alsace et attribué à Boersch (fig 11) porte la même tenue que celui des Fusiliers, mais s’en distingue cependant par des retroussis jaunes, le bonnet à poil et les épaulettes rouges. Cette même source nous donne un Fifre de Grenadiers (fig 11a) portant un chapeau qui rappelle étrangement ceux en usage pendant la campagne d’Italie, avec plumet retombant, tirants et pompons des cornes rouges. Bucquoy quant à lui rétablit les boutonnières et dote le Tambour d’une capote grise enroulée sur le havresac (fig 12 ; Bernard Coppens donne un type quasiment analogue, mais sans la capote roulée sur le havresac, et avec les cercles de tambour bleu ciel).

Passons maintenant aux Sapeurs. Boersch et Bucquoy sont d’accords en ce qui concerne le Sergent-sapeur (fig 13) et le Sapeur (15), vers 1803. Carl donne un type légèrement différent pour l’année 1801 (fig 14) : plaque de ceinturon sans ornement, et port des pistolets.

En ce qui concerne les Officiers de Fusiliers, celui de Carl en 1801 (fig 16) porte le chapeau en colonne, tandis que ceux de Boersch (fig 16a) et Bucquoy (fig 16b) l’ont en bataille ; ces deux derniers ne diffèrent entre eux que par la couleur du petit plumet. Boersch et Bucquoy sont par ailleurs d’accord en ce qui concerne l’Officier de Grenadiers (fig 17).

Le Grenadier de Carl en 1801 (fig 18) n’a pas de passepoil sous le col. On retrouve cette caractéristique dans son Fusilier (fig 19) qui a par ailleurs un bouton dans la pointe de la patte d’épaule, et porte le chapeau en colonne avec tirants jaunes. Le Grenadier, le Fusilier et le Caporal de Fusiliers de Boersch (figs 20 à 22) ont un passepoil rouge sous le col ; par ailleurs, les Fusiliers portent le chapeau en bataille sans tirants, et n’ont pas de bouton sur la pointe de la patte d’épaule. Le Caporal, qui se distingue par le port de galons aurore, est d’autre part armé du sabre briquet.

Pour Bucquoy, le Grenadier en grande tenue (fig 23) a les guêtres blanches, les chevrons d’ancienneté rouges, et le manteau roulé porté sur le havresac. En tenue de route (fig 24), il porte le bonnet de police, la capote, les pantalons blancs, et semble avoir un manteau ou une couverture roulé sur le havresac. Le Sergent de Fusiliers (fig 25), dont le grade est signalé par un galon doré, ne diffère du Fusilier de Boersch que par le bouton dans la pointe de la patte d’épaule. En tenue de route (fig 26), le Fusilier porte le manteau gris, les pantalons blancs, et complète sa tenue par une gourde marron portée en bandoulière.

Geissler a pour sa part représenté un Fusilier du Régiment en 1806. Il porte le chapeau en colonne, une pipe glissée derrière la cocarde. On remarquera les pattes de parements bleues à passepoil blanc, les poches horizontales, et surtout, détail extrêmement intéressant, les retroussis ornés du numéro du Régiment en rouge. Notre hommes là encore porte les pantalons de toile par dessus des guêtres blanches. Le manteau enroulé sur le havresac est de couleur beige foncé. La giberne est recouverte d’une toile blanche sur laquelle est inscrit «57e Régiment …».

La planche de Tanconville (fig. A3), extraite du Passepoil, est elle aussi fort intéressante, en ce sens qu’elle représente le Régiment en service journalier. Tout d’abord, le Chef de Bataillon, à cheval, qui porte un surtout bleu, et un chapeau avec le plumet aux couleurs du Bataillon. L’Officier de Fusiliers est "en surtout, pantalon de Nankin, gilet blanc, bottes à revers coupées à la façon anglaise, mode en faveur dans l’Allemagne du Nord, en Hanovre, à Hambourg, où les bataillons du 57ème séjournèrent longtemps. Il porte un ceinturon en cuir de Russie carmin bordé d’or". Le Tambour de Grenadiers "est en veste avec col et parements écarlates, épaulettes de même, le chapeau orné de la carotte écarlate. D’autres documents donnent un petit plumet écarlate (Boersch et Hofrath Bach)".

Tanconville précise également que "aux armées de l’Océan en 1805, les têtes de colonne, musiciens compris, furent armés de mousquetons avec baïonnettes et pourvus de gibernes. On vit alors les tapins, en marche sur Austerlitz, battre la caisse, le mousqueton à 1a grenadière et la giberne, à la Corse, sous le ventre (Journal militaire, 11 fructidor an 12. Mémoires du général Roguet, etc.)". Remarquons que sur les revers du Tambour reproduit en noir et blanc, il n'y a pas de boutonnières (fig. A4).

L’Aide chirurgien porte une tenue qui "se rapproche de celle des chirurgiens, mais sans galons ni ornements. Surtout bleu barbeau, col et parements écarlates, gilet rouge pantalon de la troupe, chapeau sans pompon ni plumet. Il est armé du mousqueton ou carabine avec baïonnette, conformément aux ordres du jour des maréchaux Mortier et Ney, de juillet et août 1805. C’est à cette particularité d’ornement que les aides chirurgiens régimentaires doivent leur surnom de carabins. Succédant à ceux de l’ancienne monarchie, ils furent créés vers 1805 au camp de Boulogne, et recrutés parmi les sous-officiers idoines et les élèves en médecine touchés par 1a conscription. Nombre d’entre eux continuèrent leurs études comme élèves militaires et devinrent des chirurgiens militaires distingués. Le surnom resta le terme générique désignant les élèves du service de santé militaire (Document Piton)". Le Chef de Musique quant à lui est "en surtout, doubles galons d’argent au col aurore".

L’Officier de Voltigeurs est "en surtout à col aurore, armé de la carabine réglementaire, muni de la giberne à bandoulière de cuir blanchi, comme les officiers de dragons. Gilet blanc, pantalon gris basané, de cuir fauve, à 1a Suisse, mode très suivie par nos officiers subalternes (Document Piton et allemands)». Le sergent major de fusiliers porte la «veste blanche, pantalon de coutil, col et parements bleu national (plus clair que celui du fond des habits). Dragonne rouge. Les insignes des grades sont passepoilés de la couleur tranchante.
La couleur tranchante a été toujours : rouge pour les grenadiers, aurore pour les voltigeurs, bleu national (ou impérial) pour les fusiliers. Plus rarement du fond (blanc) pour ces derniers. La capote enroulée sur le sac est d’un gris bleuté conforme aux documents iconographiques allemands et aux documents Piton et Boersch. Quant aux ornements des chapeaux, 1e galon aurore du règlement semble avoir disparu vers 1803. Pour les plumets et pompons, Boersch donne au 57ème, pour 1804, 1e plumet court violet, orange, bleu céleste, selon le bataillon. Pour 1805, 1a tradition Piton donne 1e pompon à houppette. Du reste, il y avait alors dans le domaine du passementier une telle variété que les contradictions, mêmes apparentes, sont à négliger. Les corps de troupe se pourvoyaient sur place et comme ils pouvaient
".

Les types de la planche de Brauer et de Herbert Knötel, qui complètent ceux que nous trouvons chez Bucquoy, nous paraissent se situer vers 1807. Le Musicien, le Sapeur, le Tambour de Grenadiers sont analogues à ceux de Bucquoy. Le Sergent de Grenadiers ne pose aucun problème ; il porte la tenue classique, et Brauer nous donne même les ornements de retroussis (grenades rouges). Par contre, le Tambour-major représenté de face diffère sensiblement de celui donné par Boisselier : légion d’honneur, gilet galonné d’or, trèfles d’or sont des nouveautés. De même, on remarquera que les Fusiliers, et leur Officier, ont le pompon à houppette, comme chez Tanconville ; les couleurs correspondant aux différents Bataillons. Brauer nous donne également un aperçu des Voltigeurs, au travers d’un Cornet et d’un Caporal, qui portent tous deux le shako (il semble qu’à leur création, ils portaient le chapeau et n’étaient pas pourvus de sabre). La planche nous donne également les ornements de retroussis (cors jaunes).

Terminons ici en signalant que le drapeau représenté sur cette planche ne devrait pas être doté de franges. Il y a là une erreur manifeste. De même, nous n’avons pas donné le porte drapeau de Boersch, le drapeau représenté étant trop éloigné de la réalité.

/ Drapeaux

Le 21 mars 1797 (1er Germinal an 5), le Général en chef fait écrire, depuis le Quartier général à Goritz, au Citoyen Boudet, chargé de la confection des drapeaux de l'Armée : "Ecrire au citoyen Boudet pour approuver qu'il mette sur les drapeaux de la 57e demi-brigade :
« La terrible 57e demi-brigade que rien n'arrête »
" (Correspondance de Napoléon, t.2, lettre 1614).

Le 8 avril 1809, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Maréchal Berthier, Major général de l'Armée d'Allemagne : "... j'approuve que tous les corps renverront leurs aigles en France hormis une qu'ils garderont. En attendant qu'ils aient des enseignes, vous les autoriserez à faire faire pour chaque bataillon des enseignes très-simples, sans devise et le tiers de celles qu'ils avaient autrefois. Ces enseignes sont pour leur servir de ralliement ; elles n'auront aucune décoration de bronze, elles porteront seulement le numéro du régiment et du bataillon. Quant au corps du général Oudinot, il faut que chaque bataillon fasse faire un petit drapeau d'un simple morceau de serge tricolore, portant d'un côté le numéro de la demi-brigade et de l'autre le numéro du bataillon, comme, par exemple, 4e bataillon du 6e d'infanterie légère d'un coté, et de l'autre 1re demi-brigade légère, etc. Il faut faire pour cela très-peu de dépense. J'en ferai faire de très-belles, que je donnerai moi-même aussitôt que possible" (Correspondance de Napoléon, t.18, lettre 15030 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20750).

Le 28 juin 1809, depuis Schönbrunn, Napoléon ordonne : "Article 1er. Les 1er et 2e porte-aigles de chaque régiment seront armés d'un esponton formant une espèce de lance de cinq pieds, auquel sera attachée une banderole, qui sera rouge pour le premier porte-aigle, blanche pour le second. D'un côté sera le nom du régiment, de l'autre le nom de l'Empereur.
Art. 2. Ces espontons seront fournis par le ministre de la guerre mais, en attendant, les régiments seront autorisés à s'en procurer. Cet esponton sera une espèce de lance dont on se servira comme d'une baïonnette. Les banderoles blanche et rouge serviront à marquer le lieu où se trouve l'aigle.
Art. 3. Le premier et le second porte-aigles porteront, indépendamment de l'esponton, une paire de pistolets, qui seront dans un étui, sur la poitrine, à gauche, à la manière des Orientaux
" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 3, lettre 3281).

/ Sources

- Berjaud F. : Soldats de la Grande Armée, Série N°38.

- Brauer, Uniformbogen N°024 ; planches réalisées par Emile Nussbaum.

- Cdt Bucquoy : «Les uniformes du premier empire, l’infanterie».

- Martinien A. : «Tableaux par corps et par batailles des officiers tués et blessés durant les guerres de l’Empire (1805-1815)».

- Le Passepoil, 4ème année, N°03 : article de Ganier Tanconville, «Le 57ème de Ligne (1805-1807) sur le glacis de la Porte Blanche à Strasbourg».

- Smith D. : «Napoleon’s Regiments» ; Greenhill Books.

Retour