Le Bataillon des Tirailleurs du Pô
1802-1811
Avertissement et remerciements :
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Le 4e complémentaire (21 septembre 1805), le Maréchal Soult fixe la répartition des cantonnements pour les Divisions du 4e Corps de la Grande Armée. 3e Division. Les Tirailleurs du Pô à Minderslachen et Höfen (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 2, p. 100).
Le Général Schiner prend le commandement de la Brigade du Général Saligny (nommé Général de Division) ; il reçoit l'ordre de prendre, le 25 septembre 1805, le commandement d'un petit Corps composé du Bataillon des Tirailleurs corses, du Bataillon des Tirailleurs du Pô, du 24e Léger, de deux pièces de quatre, et de quelque cavalerie pour former l'avant-garde du 4e Corps, aile gauche de la Grande Armée (Du Casse (A.) : "Le Général Vandamme et sa correspondance", Paris, Didier, 1870, t. 2, p. 138).
Composition de la Grande Armée au moment où elle a passé le Rhin pour la campagne d'Autriche.
4e corps d'armée au passage du Rhin dans les premiers jours de vendémiaire an XIV.
3e division.
Tirailleurs du Pô. 1 Bataillon, 722 hommes (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 2, p. 158).
Le 20 octobre 1805 (28 Vendémiaire an 14), le Général Salligny envoie des ordres de détail. Dix soldats du Bataillon de Tirailleurs du Pô et un du 28e, absents depuis quatre à huit jours, ont été arrêtés, et sont renvoyés au corps, qui doit leur infliger une punition exemplaire (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 3, 2e partie, p. 988).
Grande Armée à l'époque du 6 Brumaire an XIV (28 octobre 1805).
4e corps d'armée. Commandant en chef. Maréchal Soult. 3e Division du 4e Corps. Général de Division. LEGRAND. Tirailleurs corses (1 Bataillon) ; 3e de Ligne (3 Bataillons) ; 75e de Ligne (2 Bataillons) ; 18e de Ligne (2 Bataillons) ; Tirailleurs du Pô (1 bataillon) ; 26e Légère (2 Bataillons). Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 4, p. 711 |
Le 1er décembre,Vandamme s'avance auprès du ruisseau de Jirzikowitz, à la hauteur des Grenadiers ; son infanterie légère (le 24e) est devant le front de la division, tout contre le village de Jirzikowitz, occupé par la 3e division de Dragons. Saint-Hilaire vient prendre la place de Vandamme entre Schlapanitz et Puntowitz ; ce dernier hameau est gardé par le 10e Léger. La Division Legrand reste en arrière de l'intervalle entre Schlapanitz et Kobelnitz, où sont les Tirailleurs corses ; elle a détaché les Tirailleurs du Pô à Sokolnitz, où s'est retirée également la Brigade de Chasseurs du Général Margaron. Les Tirailleurs Corses et les Tirailleurs du Pô forment ensemble un faible Bataillon (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Teissèdre, 2002, t. 5, p. 125).
Dans la soirée du 1er décembre, Sokolnitz est occupé par les Tirailleurs du Pô (300 hommes, Officiers compris) et par les Chasseurs à cheval du Général Margaron (11e et 26e, 500 sabres). Les Tirailleurs ont un poste avancé à Telnitz (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Teissèdre, 2002, t. 5, p. 153).
Savary apprend que 400 Hussards autrichiens se sont présentés devant Telnitz et en ont chassé le faible poste placé là par les Tirailleurs du Pô. A la première nouvelle de cet incident, le Général Legrand fait réoccuper le le village par un Bataillon du 3e de Ligne (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Teissèdre, 2002, t. 5, p. 131 - Rapport du Maréchal Soult sur la bataille d’Austerlitz).
Pendant que le 108e s'approche de Telnitz, les Russes procèdent à l'attaque de Sokolnitz. Langeron a fini par couper la colonne de cavalerie qui lui barre le chemin au Sud de Pratzen, et commence à descendre dans la plaine un peu avant 8 heures. Son approche a dû être signalée à Margaron au moment où le Général Legrand arrive avec le Général Merle et le 26e Léger. Ce Régiment est formé en bataille derrière Sokolnitz, que gardent les Tirailleurs du Pô. Deux pièces d'artillerie légère sont sur la hauteur en arrière du château. Il y a donc là, au total, 1800 hommes (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Teissèdre, 2002, t. 5, p. 159-161).
Le demi-bataillon des Tirailleurs du Pô est presque entièrement hors de combat : il a 29 morts et 154 blessés ; l’ennemi lui a pris 94 prisonniers (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Teissèdre, 2002, t. 5, p. 229).
Le 36e Bulletin de la Grande Armée, daté de Schoenbrunn, le 23 Frimaire an 14 (14 décembre 1805), réconte : "… Les bataillons des tirailleurs du Pô et des tirailleurs corses se sont bravement comportés dans la défense du village de Sokolnitz ..." (Panckoucke : « Oeuvres de Napoléon Bonaparte », 1821-1822, t. 3, p. 519 ; Kermoysan « Napoléon, Recueil par ordre chronologique de ses lettres, proclamations, bulletins », Paris, 1853, t.1, p. 545 ; Correspondance de Napoléon, t.11, lettres 9574).
"RELATION OFFICIELLE DE LA BATAILLE D'AUSTERLITZ, PRÉSENTÉE À L'EMPEREUR ALEXANDRE PAR LE GÉNÉRAL KOUTOUZOF.
ET OBSERVATIONS D'UN OFFICIER FRANÇAIS
Quartier général de Braunau, 28 mars 1806.
Je reçois, par Vienne, la relation du général Koutouzof sur la bataille d'Austerlitz. Après l'avoir lue avec attention, j'ai cru utile à la gloire de l'armée, à celle de notre Empereur et à celle de nos anciens ennemis, aujourd'hui nos amis, de publier les réflexions qu'elle m'a fait naître.
M***, officier français
"… Les ennemis, repoussés, se mirent de nouveau en ordre, et, après avoir reçu des renforts, se jetèrent avec vivacité sur la 1re colonne ; mais ils furent, encore cette fois, complètement culbutés ; et cette colonne, qui observa exactement les dispositions arrêtées, poursuivit sans relâche l'ennemi, déjà battu pour la troisième fois.
Sans avoir égard au danger qui le menaçait sur son flanc droit, l'ennemi dirigea toute son attention sur le centre de notre armée, contre lequel, comme il a déjà été dit plus haut, il avait placé la plus grande partie de ses forces. Le lieutenant-colonel Monachtine fut détaché de la 4e colonne avec deux bataillons des régiments Novogorod et Apscheron, pour occuper le village situé devant cette colonne, pendant que celle-ci commençait à se mettre en bataille. Mais ces deux bataillons n'avaient point encore réussi à pénétrer dans le village, lorsqu'ils furent subitement culbutés par un corps considérable qui y avait pris position. Ils furent encore poursuivis sur le flanc gauche de la colonne par un autre corps beaucoup plus considérable, qui, aussi dans un moment, atteignit même notre flanc".
Les quatre colonnes dont parle ici le général Koutouzof ne se battirent, pendant tout ce temps, que contre les deux bataillons des tirailleurs corses et du Pô, le 3e régiment de ligne, et pas un homme de plus. Vers neuf heures, le maréchal Davout, avec 4,000 hommes, accourut du couvent de Raigern. Ainsi, tout ce vain étalage de combats, de bravoure, était exercé par 45,000 hommes contre 5 à 6,000 ; encore ces troupes formaient-ellesun corps d'observation qui était dans un autre système que l'armée, et qui avait ordre de tenir les villages, d'arrêter la marche de l'ennemi jusqu'à ce que le canon se fit entendre sur les hauteurs de Pratzen et que toute l'armée fût prise par derrière, et alors de se laisser poursuivre par l'ennemi, pour l'attirer davantage et rendre sa perte plus certaine" (Correspondance de Napoléon, t.12, lettres 10032).
/ 1806
"GRANDE ARMEE - 1806
N° 3885
Inspection générale aux Revues.
Etat des militaires traités dans les hôpitaux pendant le 1er trimestre 1806.
4e Corps d'armée.
Au Quartier général à Münich le 13 juin 1806.
VILLEMANZY, Inspecteur en chef aux Revues et Intendant-général de la Grande-Armée,
A Monsieur le Général Servan, Président du Comité central des revues, à Paris.
J’ai l’honneur d’informer le comité, mon cher collègue, que je transmets aujourd’hui, à S. Ex. le Ministre Directeur de l’administration de la Guerre, les états des militaires appartenant aux Corps designés ci-après, qui ont été traités dans les hôpitaux pendant le 1er trimestre 1806.
Savoir :
3e Régiment d’infanterie de ligne.
18e idem. idem.
75e idem. idem.
26e idem d’Infanterie légère.
Bataillon des Tirailleurs du Pô.
Ces Corps font partie du 4e Corps de la Grande Armée.
J'ai l'honneur de vous renouveler l'assurance de mon sincère et inviolable attachement.
Villemanzy" (Document CP).
Le 19 mai 1806, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Lacuée, Conseiller d'État : "J'approuve toutes vos observations … Les tirailleurs du Pô n'ont pas assez de 144 hommes. Il faut leur en donner 400 ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12148).
A Saint-Cloud, le 23 mai 1806, "Le ministre de l'administration de la guerre rend compte qu'il y a au dépôt du bataillon des tirailleurs corses à Antibes 90 hommes en état de rejoindre le bataillon à Augsburg"; "Donner ordre à ce détachement de se rendre à Chalon-sur-Saône, où on lui enverra de nouveaux ordres", répond Napoléon (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 1, lettre 455).
Le 22 juin 1806, l'Empereur écrit depuis Saint-Cloud au Général Dejean, Ministre directeur de l'Administration de la Guerre : "Monsieur Dejean, je vous envoie un travail sur l'emplacement que doit occuper la Grande Armée au moment de sa rentrée en France. Vous me proposerez une meilleure répartition, à peu près dans les mêmes divisions, si vous y entrevoyez quelque économie pour le service, soit pour les lits, soit pour le fourrage, soit pour le casernement.
... 4e corps du maréchal Soult
... 4e division militaire
… Tirailleurs du Pô Nancy ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 11352).
A Saint-Cloud, le 7 juillet 1806, "Le ministre de la guerre demande 1° s'il y a lieu de faire souscrire un nouvel engagement aux militaires du bataillon des tirailleurs du Pô dont l’engagement est expiré 2° si ce bataillon devra être compris dans le nombre de ceux des corps qui recevront des conscrits de l'an 1806, et combien il lui en sera affecté ; 3° si le mode de recrutement actuel par l'enrôlement des hommes qui ont servi dans les troupes du roi de Sardaigne devra cesser"; ce dernier répond : "Il ne faut donner aucun congé dans la conscription de 1806 ; on donnera des recrues, mais il faut toujours laisser exister le moyen d'engagement actuel" (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1912, t.3, lettre 3484; Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 1, lettre 510).
Le 11 juillet 1806, l'Empereur adresse, toujours depuis Saint-Cloud, une deuxième lettre à Berthier, dans laquelle il écrit : "Mon intention étant de compléter les compagnies des bataillons de la Grande Armée à 140 hommes par compagnie, officiers compris, je vous ai ordonné par une lettre de ce jour de dissoudre le corps de réserve de Lefebvre en faisant rejoindre chaque détachement de son corps d'armée.
Mon intention est également que vous donniez l'ordre aux différents dépôts d'envoyer à leur corps le nombre d'hommes porté dans l'état ci-joint. Tous ces détachements qui partiront du camp de Boulogne seront passés en revue par le maréchal Brune qui s'assurera s'ils sont munis de tout le nécessaire. Ils seront commandés par un adjudant commandant nommé par le maréchal ...
ANNEXE
état des hommes que les dépôts des régiments désignés ci-après feront partir pour rejoindre les bataillons de guerre à la Grande Armée
Le dépôt ... des tirailleurs du Pô [fera partir un détachement de] 100 [hommes] …" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 1, lettre 519 (ne donne pas l’annexe) ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12462).
Le 3 septembre 1806, le Général Chabot écrit, depuis Alexandrie, au Ministre de la Guerre : "Monseigneur.
J’ai l’honneur de transmettre à V. A. un placet présenté à S. M. l’Empereur et Roi par le Sr Ignace Frati, d’Alexandrie, ci-devant officier piémontais, tendant à obtenir une place de lieutenant ou un brevet de réforme.
Les services de cet officier qui sont détaillés dans sa demande, lui donnent quelques titres à la bienveillance du Gouvernement, et ce qui milite encore en sa faveur, c’est que le pétitionnaire a plusieurs frères au service de Sa Majesté. Son ainé est législateur et membre de la Légion d’honneur, un autre est capitaine dans les tirailleurs du Pô et s’est distingué à la bataille d’Austerlitz ..." (Papiers du Général Chabot, « Registre de Correspondance, 13 Fructidor an 13 - 31 décembre 1806 », Cote 8 F. 17, Archives des Deux-Sèvres).
/ 1807
Le 5 décembre 1808, l'Empereur écrit, depuis Chamartin, au Général Lacuée, Directeur des Revues et de la Conscription militaire, à Paris : "... Le corps d'Oudinot ne serait plus alors composé que des compagnies de grenadiers et voltigeurs des régiments ci-après, savoir : 6e, 9e, 16e, 25e, 27e, 17e, 21e, 24e, 26e, 28e d'infanterie légère ; 8e, 95e, 96e, 4e, 18e, 40e, 64e, 88e, 27e, 39e, 45e, 59e, 69e, 76e, 24e, 54e, 63e, 94e d'infanterie de ligne.
Mon intention serait que les compagnies restant des 4es bataillons de ces corps y fussent réunies ; ce qui compléterait vingt-huit bataillons. J'y joindrais les 4es bataillons des 46e, 28e, 50e, 75e, 100e et 103e ; ce qui porterait ce corps à trente-quatre bataillons, qui, à 840 hommes chacun, feraient près de 30,000 hommes.
Pour compléter le nombre de 30,000 hommes, j'y réunirais les bataillons des tirailleurs du Pô et des tirailleurs corses ; j'en formerais trois divisions de douze bataillons chacune ; ce qui ferait un beau corps qui pourrait, si cela était nécessaire, renforcer l'armée du Rhin et la porter à 140,000 hommes ..." (Correspondance de Napoléon, t.18, lettre 14535 ; Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 19446 ; Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, p. 21).
Le 21 décembre 1808, l'Empereur écrit, depuis Madrid, au Général Clarke, Ministre de la Guerre, à Paris "… Mon intention est que les premières opérations pour la conscription commencent au 15 janvier, et que les conscrits soient en pleine marche au 15 février. On aura soin que tous les conscrits d'au delà des Alpes soient envoyés dans le Nord, dans l'Ouest et sur le Rhin, et spécialement au 31e léger, au 111e de ligne, au 26e de chasseurs, au 21e de dragons et aux tirailleurs du Pô ; que les Corses soient envoyés aux tirailleurs corses, les Belges au 112e …" (Correspondance de Napoléon, t.18, lettre 14601 ; Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 19591 ; Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, p. 24).
Le 1er janvier 1809, Napoléon écrit d’Espagne, depuis Benavente, au Général Clarke, Comte d'Hunebourg, Ministre de la Guerre, à Paris : "... La division Legrand et la division Saint-Cyr, hormis les tirailleurs corses et du Pô, qui passeront sous les ordres du général Oudinot, se rendront à Paris à petites journées ..." (Correspondance de Napoléon, t.18, lettre 14634 ; Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 19656 ; Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, p. 26).
Le 27 janvier 1809, le Ministre de la Guerre adresse à l'Empereur son rapport sur l'Armée du Rhin : "J'ai l'honneur d'adresser à l'Empereur les états de situation des armées du Rhin et d'Italie que j'ai fait rédiger suivant les intentions de S. M. exprimées par son ordre daté de Benavente le 1er janvier ...
Il existe en ce moment ... au corps de réserve du général Oudinot 46 compagnies de grenadiers et de voltigeurs et 2 bataillons de tirailleurs corses et du Pô formant une force de 8,512 ..." (Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, p. 31).
Le 13 février 1809, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la guerre : "Monsieur le général Clarke, le corps du général Oudinot, au lieu d’être partagé en trois divisions, ne le sera qu’en deux. À cet effet, la 3e demi-brigade légère et la 4e demi-brigade de ligne feront partie de la 1re division ; la 5e et la 6e demi-brigade de ligne feront partie de la 2e division. Le général Claparède commandera une de ces deux divisions. Comme il paraît que chaque corps ne pourra fournir que deux compagnies de fusiliers au grand complet, jusqu’à ce que la conscription de 1810 ait complété les cadres, chaque bataillon ne sera que de 560 hommes, chaque demi-brigade de 1 680 hommes, chaque division de 10 000 hommes, et le corps entier de 20 000 hommes. Lorsque les 5e et 6e compagnies de fusiliers pourront être envoyées, je verrai si je dois former une 3e division, ou laisser seulement le corps à deux divisions.
... Le 10e bataillon de marche sera composé de deux compagnies du 26e légère, et de tous les détachements disponibles des tirailleurs corses et des tirailleurs du Pô ...
Ces douze bataillons de marche seront réunis du 1er au 15 mars à Strasbourg.
Vous donnerez ordre que chacune de ces compagnies soient complétées à 140 hommes.
Donnez ordre que les dépôts fournissent à chaque homme une capote et 3 paires de souliers, dont deux dans le sac et une aux pieds.
Si les dépôts ne pouvaient compléter ces compagnies, ils en enverront toujours les cadres, avec tout ce qu’ils ont de disponible, et vous ferez connaître ce qui manquerait, afin que je le fasse tirer des conscrits de ma Garde.
Vous donnerez ordre que tous les détachements de ma Garde qui doivent partir de Paris, pour porter les compagnies de grenadiers et de voltigeurs au grand complet, soient prêts à partir le 15 pour se rendre à Strasbourg. Ils seront formés en bataillons de marche. Vous prescrirez aux différents commandants de ma Garde d’en passer la revue, de n’envoyer que des hommes qui sachent faire l’exercice à feu, et de les faire habiller de l’uniforme d’infanterie légère, avec les boutons des régiments où ils doivent entrer ; on me les présentera à la parade du 16, et ils partiront le 17.
J’ai donné ordre au corps du général Oudinot de se réunir à Augsbourg.
Si le général Claparède est encore à Paris, donnez-lui l’ordre de se rendre à Strasbourg pour y attendre ces détachements, et exécuter les ordres qui lui seront donnés. Il sera chargé de mener cette colonne.
Par ce moyen, il y aura entre Strasbourg et Augsbourg de quoi compléter les 12 brigades du corps du général Oudinot, à 12 compagnies chacune, c’est-à-dire à 20 000 hommes. Comme il y aura 12 demi-brigades, il faudra 36 chefs de bataillon et adjudants-majors. Présentez-moi la nomination de ceux qui manquent, et vous les dirigerez sur Strasbourg, pour de là rejoindre le corps. Il faudra 12 majors, le corps en a huit ; c’est quatre à envoyer. Il faut 6 généraux de brigade ; faites-moi connaître ceux qu’il faudrait envoyer.
Il faut à chaque division 18 pièces de canon, c’est-à-dire 36 pour les 2 divisions. Le corps en a 18 ; faites-moi connaître la situation du parc de l’armée du Rhin, et s’il peut fournir les 18 autres pièces.
Ainsi, à la fin de mars, j’aurai au corps du général Oudinot 20 000 hommes, 36 pièces de canon avec caissons et double approvisionnement, un général de brigade d’artillerie, deux compagnies de sapeurs, une compagnie de pontonniers, un colonel du génie, trois officiers du génie, 6 000 outils attelés, 40 caissons d’infanterie, 20 par division, la division de cuirassiers Espagne, et la brigade de cavalerie légère composée de 3 régiments que j’ai attachés à ce corps. Ce qui fera un corps de près de 30 000 hommes.
Il faut qu’il y ait un commissaire des guerres par division, et deux adjoints, et les chefs de service nécessaires. L’armée du Rhin a en personnel de quoi organiser tout cela ..." (E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 2, lettre 2767 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20016; Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, p. 61).
Le 15 février 1809, le Ministre de la Guerre adresse son rapport à l'Empereur : "J'ai l'honneur de rendre compte à l'Empereur qu'en exécution des dispositions prescrites par sa lettre du 13 de ce mois, je viens de donner l'ordre à M. le général Oudinot de ne former provisoirement qu'à deux divisions, au lieu de trois, le corps d'armée qu'il commande. Ces deux divisions seront composées, ainsi que Sa Majesté l'a ordonné, de la manière suivante, savoir :
1re division.
1re 1/2 brigade d'infanterie légère ; 3e id. ; 1?e de ligne ; 2e id. ; 3e id. ; 4e id.
2e division.
2e 1/2 brigade d'infanterie légère ; 4e id. ; 5e id de ligne ; 6e id. ; 7e id. ; 8e id.
Le général de division Claparède commandera l'une de ces divisions.
J'ai prévenu le général Oudinot que les 4es bataillons qui doivent composer son corps ne pouvant fournir en ce moment que deux compagnies de fusiliers au grand complet, chacun de ces bataillons sous ses ordres ne sera provisoirement composé que de la compagnie de grenadiers , de la compagnie de voltigeurs et des deux premières compagnies de fusiliers formant 560 hommes par bataillon, 1,680 hommes par demi-brigade, 10,000 hommes par division et 20,000 pour le corps entier.
J'ai expédié les ordres pour faire diriger sur Strasbourg les 1re et 2e compagnies de fusiliers de tous ces 4es bataillons complétées à 140 hommes chacune et munies d'une capote et de trois paires de souliers par homme. Huit de ces 4es bataillons avaient encore leurs compagnies de grenadiers et de voltigeurs dans l'intérieur et je leur ai pareillement donné l'ordre de se rendre à Strasbourg, ce sont celles des 24e de ligne qui est à Lyon, 16e légère qui est à Mâcon, 28e, 46e, 50e, 75e qui sont à Boulogne, 100e et 103e qui sont à Metz.
Toutes ces compagnies, à leur arrivée à Strasbourg, y seront réunies formées en 12 bataillons de marche de la manière prescrite par Sa Majesté et mises sous le commandement du général de division Claparède qui se trouvait à Paris et qui a l'ordre de se rendre à Strasbourg où il attendra de nouveaux ordres.
Je joins ici l'état de ces compagnies indiquant les époques de leur arrivée à Strasbourg et leur formation en bataillons de marche.
Dans le cas où les dépôts ne pourraient en ce moment compléter à 140 hommes chacune de ces compagnies, j'ai ordonné qu'on en fit néanmoins partir les cadres avec tous les soldats disponibles au dépôt et qu'on me fit connaître sans aucun délai ce qui pourrait leur manquer, j'aurai l'honneur d'en rendre compte à Sa Majesté à mesure que les rapports me parviendront.
Les détachements de la garde impériale destinés à porter les compagnies de grenadiers et de voltigeurs au grand complet partiront de Paris le 17 février formés en 2 bataillons de marche, l'un d'infanterie légère fort de 643 hommes, l'autre d'infanterie de ligne fort de 814 hommes, en tout 1,457 hommes, ils arriveront le 9 mars à Strasbourg. Ces deux bataillons seront présentés à Sa Majesté demain, 16 , à la parade.
Je donne des ordres pour compléter à 6 le nombre des généraux de brigade du corps du général Oudinot, celui des majors à 12 , celui des chefs de bataillon et adjudants-majors à 36. J'ordonne en même temps des dispositions pour compléter à 36 pièces le nombre des bouches à feu du corps du général Oudinot, savoir 18 par division, et pour organiser son administration à raison d'un commissaire des guerres par division et deux adjoints avec les chefs de service nécessaires pris dans l'administration de l'armée du Rhin ...
Au moyen de ces dispositions, il y aura entre Augsbourg et Strasbourg de quoi compléter les 12 1/2 brigades de ce corps d'armée à 12 compagnies chacune et ce corps aura ainsi, vers la fin de mars, 20,000 hommes d'infanterie, 36 pièces de canon avec caissons et double approvisionnement, un général de brigade d'artillerie , une compagnie de pontonniers, un colonel et trois officiers du génie, deux compagnies de sapeurs, 6,000 outils sur des voitures attelées, 40 caissons d'infanterie dont 20 par division, la division de cuirassiers du général Espagne, la brigade de cavalerie légère, ce qui fera un corps de près de 30,000 hommes" (Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, p. 65). Cette lettre est suivie d'un "État des bataillons de marche destinés à rejoindre le corps du général Oudinot et qui sont dirigés sur Strasbourg" qui indique : 10e Bataillon de marche du Corps du Général Oudinot, 1ère et 2e Compagnies de Fusiliers du 26e Léger, chacune à 280 hommes; détachement des Tirailleurs Corses et des Tirailleurs du Pô; le détachement des Tirailleurs du Pô doit partir de Besançon le 1er mars, pour arriver le 9 mars à Strasbourg.
L'"ÉTAT de situation, d'itinéraire et d'emplacement du corps de réserve de l'armée du Rhin. Feuille nº 2" indique :
Corps de Réserve de l’Armée du Rhin, Général Oudinot.
Quartier général du Corps du Général Oudinot : Augsbourg (du 5 au 16 mars).
2e DIVISION : Général Tharreau.
4e ½ brigade légère. Augsbourg et les environs (du 5 au 16 mars 1809).
26e Légère, 4e Bataillon : Carabiniers et Voltigeurs, 138 hommes ; Conscrits de la Garde, 145 ; 1re et 2e Compagnies de Fusiliers, 280 hommes.
Tirailleurs corses : 1 Bataillon, 813 hommes ; détachement, 100 hommes.
Tirailleurs du Pô : 1 Bataillon, 991 hommes ; détachement, 100 hommes (Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, Annexe 9).
L'"ÉTAT de situation, d'itinéraire et d'emplacement des renforts pour l’Armée du Rhin" indique :
Corps de Réserve, Général Oudinot.
10e Bataillon de marche.
Tirailleurs du Pô, détachement 100 demandés, 151 envoyés. Itinéraire : Colmar le 5. Colmar le 6. Schelestadt le 7. Erstein le 8. Strasbourg le 9. Strasbourg le 10. Biberach le 11. Hornberg le 12. Rottweil le 13. Bahlingen le 14. Riedlingen le 15. Ehingen le 16. Ulm le 17. Günzbourg le 18. Zusmarshausen le 19. Augsbourg le 20 (Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, Annexe 13).
Le 9 mars 1809, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, je vous envoie un état que j'ai fait dresser du corps du général Oudinot. Faites-le rectifier, s'il y a des erreurs ... " (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 2, lettre 2907 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20307; Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, p. 213).
Situation de la Division Oudinot au 9 mars 1809 (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20309; Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, p. 214) :
Situation de la Division Oudinot au 9 mars 1809 (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20309) :
Divisions |
Brigades |
1/2 Brigades |
Bataillons |
Présents |
Détachements tirés des conscrits de la Garde |
Compagnies de fusiliers formant les 12 premières compagnies de marche |
Détachement formant le 13e bataillon de marche |
Totaux
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Manque au complet de 560 par brigade |
Excédent sur le complet |
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| Par bataillon
|
Par 1/2 brigade
|
||||||||||
2e division général Tharreau |
1re brigade le général |
4e 1/2 brigade d'inf. légère Major Salmon | 26e d'inf. légère |
138 |
145 |
175 120 150 |
|
448 933 1141 |
2522 |
112 |
|
Le 12 mars 1809, l'Empereur écrit, depuis Rambouillet, au Général Clarke, Ministre de la Guerre, à Paris : "Monsieur le Général Clarke ... Le corps d'Oudinot doit être composé de douze demi-brigades, chacune forte de trois bataillons, ce qui devrait faire trente-six bataillons ; mais il y en a quatre, savoir : le bataillon du 28e, celui du 46e, celui du 50e et celui du 75e, qui ne pourront passer le Rhin que lorsqu'il aura été pourvu à la défense des côtes. Resteraient donc trente-deux bataillons. Mais ces trente-deux bataillons n'ont encore chacun que quatre compagnies, hormis les tirailleurs corses et les tirailleurs du Pô, qui en ont chacun neuf ; il manque donc deux compagnies à chacun des trente autres bataillons, ce qui fait soixante compagnies de moins, ou la valeur de dix bataillons à déduire. Ainsi l'armée d'Oudinot aura donc, au 1er avril, vingt-deux bataillons, qui, au complet de 840 hommes, doivent présenter une force de 18,680 hommes. A quoi il faut ajouter une treizième demi-brigade, formée de trois bataillons portugais et forte de 1,500 hommes environ ; ce qui portera la force du corps du général Oudinot, au 1er avril, à 19,980 hommes. Lorsque ce corps aura reçu les quatre bataillons de Boulogne, il devra former un total de 23,360 hommes. Enfin, lorsqu'il aura reçu les 5es et 6es compagnies que les 4es bataillons complètent en ce moment (soixante compagnies à 140 hommes, 8,4oo hommes), le corps du général Oudinot devra définitivement être fort de 31,740 hommes ..." (Correspondance de Napoléon, t.18, lettre 14887 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20337; Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, p. 238).
Le 26 avril 1809, le Duc de Rivoli écrit, depuis Passau, au Major général : "Monseigneur,
Je suis arrivé à Passau, à 1 heure après midi, avec mon avant-garde. L'ennemi s'est retiré, à mon approche, au nombre de 400 hommes. Il a détruit en partie le pont et a crénelé toutes les maisons qui l'avoisinent, ce qui présentait une défense semblable à une tête de pont. J'ai fait réunir plusieurs barques que j'ai chargées de 300 hommes, que j'ai fait débarquer à la presqu'ile. Il restait encore une planche à pouvoir passer un homme sur le pont, j'y ai placé des troupes pour seconder celles débarquées à la presqu'ile. Le bataillon du Pô, qui était à la tête du pont et qui devait passer un des premiers, n'a pas attendu que les 300 hommes fussent arrivés au point indiqué pour l'attaque, ils se sont jetés comme des furieux, passant un à un et exposés à une fusillade des plus terribles ; ils ont emporté le village et les 400 ennemis ont été faits prisonniers, je n'ai perdu que trois hommes.
J'ai fait prendre position à l'infanterie. Dès que le pont sera rétabli de manière à pouvoir faire passer la cavalerie, je ferai pousser des reconnaissances bien avant sur les routes de Linz et de Schärding.
La division Legrand a été détachée sur Schärding, à l'embranchement des routes, à Fürstenzell avec trois régiments de cavalerie. Je reçois à l'instant son rapport qui m'annonce qu'il est arrivé sur la rive gauche devant Schärding, que le pont est détruit et que, comme les piles sont en maçonnerie, il croit pouvoir le faire rétablir dans la nuit. Il a trouvé sur la rive droite un camp de 6,000 hommes, qu'il a mis en désordre avec quelques coups de canon et qui ont pris la route de Linz.
J'espère que le pont de Passau sera réparé demain matin, de manière à pouvoir y faire passer de l'artillerie. Je me porterai de très bonne heure sur Schärding, pour faire ma jonction avec le général Legrand et chercher l'ennemi. Jusqu'à nouvel ordre, je me tiendrai sur la rive droite de l'Inn.
J'ai donné l'ordre à M. Montigny, général bavarois commandant la forteresse de Passau, de remplacer les provisions de tout genre qu'il a consommées pendant le blocus" (Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 3, p. 40).
Extrait du "Journal de ce qui s'est passé depuis la retraite des troupes de la ville de Passau à la citadelle, faite le 10 avril 1809 à 10 heures du matin, jusqu'au 27 avril 1809", par le Général Chambarlhiac :
"Vers les trois heures du matin (le 26 avril), les vedettes se sont aperçues que celles des ennemis s'étaient retirées. On a envoyé plusieurs patrouilles que l'on a poussées jusqu'au bas de la montagne dans tous les sens et qui n'ont rien rencontré. Les Autrichiens s'étaient retirés à la faveur du brouillard.
Vers les sept heures du matin, on a envoyé prévenir de la ville que les troupes ennemies l'avaient évacuée, que le général Dedowich, qui commandait le blocus, en était parti vers les deux heures du matin.
Alors, les deux généraux qui étaient à la citadelle en sont descendus, en amenant avec eux les sapeurs et 300 hommes bavarois pour faire les gardes des portes et de la ville.
A huit heures du matin, l'avant-garde du 4e corps, commandée par S. E. le maréchal Masséna, duc de Rivoli, est arrivée à Passau, et M. le duc y est entré vers les onze heures.
3oo Autrichiens et Croates, commandés par un major, s'étaient retirés dans l'Inn-Stadt et faisaient un feu très nourri, de chaque côté de la porte située à la gorge de ce faubourg, dirigé sur le pont de l'Inn, afin d'empêcher de le refaire pour le passage des troupes du 4e corps d'armée.
Alors, M. le duc de Rivoli donna l'ordre à 6oo hommes de troupes d'infanterie légère de s'embarquer sur le Danube avec le général Coëhorn, de le descendre jusqu'au-dessous de l'Inn-Stadt et d'y débarquer pour aller attaquer ce faubourg et en débusquer l'ennemi, ce qui fut fait de suite.
Pendant ce trajet, les voltigeurs du Pô, impatientés d'essuyer à l'extrémité du pont de l'Inn les feux des Autrichiens qui étaient à l'autre, se sont mis à courir au pas de charge sur la partie de ce pont qui était restée couverte ; ayant ensuite rencontré trois palées découvertes, sur lesquelles il n'y avait que deux longerons à deux mètres de distance l'un de l'autre et assez étroits, cet obstacle n'a point arrêté leur élan, et malgré le feu constant de mousqueterie que l'ennemi continuait sur eux à brûle-pourpoint, ils ont franchi le précipice et sont parvenus au faubourg, où ils ont pénétré dans les maisons pour y prendre les Autrichiens qui tiraient des fenêtres ; les Bavarois ont suivi les Français dans celte expédition. Les 600 hommes qui avaient passé le Danube sont aussi entrés dans l'Inn-Stadt et, s'étant joints aux voltigeurs du Pô et aux Bavarois, ont fait prisonniers un major, des officiers et plus de 200 hommes qui, le lendemain, ont été conduits à Landshut sur l'Isar.
Les Français et Bavarois n'ont perdu que trois hommes dans cette attaque ; les Autrichiens en ont eu plusieurs de tués, au nombre desquels était un lieutenant-colonel qui n'a pas voulu se rendre ...
Après cette affaire, M. le général Coëhorn a poursuivi pendant deux lieues plusieurs pelotons ennemis dispersés dans les bois sur la hauteur de Maria Hülf, et en avant sur la chaussée de Schärding.
A sept heures du soir, le pont de l'Inn était suffisamment rétabli pour pouvoir passer de l'infanterie sur deux files, et la cavalerie sur une, étant pied-à-terre.
La division du général Claparède y est passée aussitôt, la cavalerie a défilé après elle, cette manœuvre a duré jusqu'à neuf heures du soir.
Après le passage de ces troupes, on s'est remis à l'ouvrage pour refaire le pont dans toute sa largeur, en reposant cinq longerons à chaque travée avec tous les madriers qui forment le plancher ; cette opération a duré jusqu'à deux heures du matin du 27 avril. Alors les voitures appartenant au 4e corps ont pu passer, de même que l'artillerie, etc." (Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 3, p. 41).
A la suite de cette opération, le Maréchal Masséna, depuis Passau, écrit à l'Empereur, le 26 avril 1809 : "Sire,
Si l'intention de V. M. est de me retirer la division Claparède, je la supplie de vouloir bien me donner les bataillons corses et du Pô, que je mettrai dans la division Boudet qui n'a que trois régiments. Ce sera un véritable cadeau que je tiendrai de V. M." (Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 3, p. 40).
Le 4 mai 1809, l'Empereur écrit, depuis Enns, au Général Clarke, Comte d'Hunebourg, Ministre de la Guerre, à Paris : "Monsieur le Général Clarke, mon ministre de la guerre ... Les deux excellents bataillons des tirailleurs corses et des tirailleurs du Pô ont beaucoup perdu au combat d'hier ; ayez soin que le général Lacuée leur donne tous les Corses et 300 hommes de plus des conscrits du Piémont. Ces bataillons ont un excellent esprit ..." (Correspondance de Napoléon, t.18, lettre 15152 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20956 ; Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 3, p. 159).
/ Sources
/ Uniformes