Le Bataillon des Tirailleurs Corses

1802-1811

Accès à la liste des Officiers, cadres d'Etat major, Sous officiers et soldats du Bataillon des Tirailleurs Corses

Avertissement et remerciements :

Le 8 juillet 1802, à Antibes, les Volontaires Corses des départements du Golo et du Liamone forment un Bataillon qui est affecté à la 3e Demi-brigade d'Infanterie légère. Il compte 8 Compagnies de Chasseurs et une Compagnie de Carabiniers, recrutés par engagements volontaires. Le 2 janvier 1803, le bataillon, encore incomplet, est passé en revue. Son commandant est Cattaneo.

Le 2 mai 1803, à Antibes, le Bataillon de Chasseurs Corses forme le 3e Bataillon de la 8e Demi-brigade d'infanterie légère.

Le 2 mars 1804 à Antibes, la Compagnie Franche du Liamone est incorporée dans le Bataillon de Chasseurs Corses.

Le 14 mars, le bataillon doit former une compagnie de voltigeurs, il comporte 8 compagnies de Chasseurs, une compagnie de Carabiniers, une de Voltigeurs et une de dépôt.

Organisation : Nous donnons ici l'organisation théorique d'une unité à un Bataillon:
Etat Major : Un chef de bataillon, 1 quartier-maître trésorier, 1 adjudant major, 1 chirurgien major, 1 chirurgien sous aide major, 1 adjudant sous officier, 1 caporal tambour, 4 maîtres ouvriers (tailleur, cordonnier, guêtrier et armurier).
Chaque compagnie comprend : 1 capitaine, 1 lieutenant, 1 sous-lieutenant, 1 sergent-major, 4 sergents, 1 caporal fourrier, 8 caporaux, 2 tambours.
La compagnie de carabiniers est composée de 64 hommes; celles de tirailleurs et voltigeurs en comptent 104.

Le 24 mars, à Antibes, le Bataillon de Chasseurs Corses de la 8° légère devient autonome et prend le nom de Bataillon de Tirailleurs Corses; son commandement est confié à Philippe d'Ornano.

En octobre, le bataillon se dirige vers le camp de Boulogne; seule la compagnie de dépôt reste à Antibes.

Le 15 mars 1805, la Compagnie Franche du Golo est incorporée dans le Bataillon des Tirailleurs Corses. Une aigle lui est remise le 1er juillet. Le 15 juillet, le bataillon qui compte maintenant 768 hommes et sous officiers et 32 officiers, cantonne à Ostrohove, aux environs de Boulogne. Il est passé en revue par le général de brigade Schiner, 3° division Legrand, sous le commandement supérieur du maréchal Soult (confirmé par une situation du 18 août 1805).

Au 10 août 1805, l'ex 3e bataillon corse du 8e léger est affecté au corps du centre de l'Armée des Côtes, et compte 818 présents. Le 24 août, l'armée est réorganisée et le bataillon est affecté au IV ° Corps d'Armée confié à Soult, division Legrand. Le 29 août, il se met en marche vers le Rhin sur le pied de 775 hommes. Vers le 15 septembre, il franchit le Rhin avec 766 hommes.

Le 4e complémentaire (21 septembre 1805), le Maréchal Soult fixe la répartition des cantonnements pour les Divisions du 4e Corps de la Grande Armée. 3e Division. Les Chasseurs corses à Hayna et Erlenbach (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 2, p. 100).

Le Général Schiner prend le commandement de la Brigade du Général Saligny (nommé Général de Division) ; il reçoit l'ordre de prendre, le 25 septembre 1805, le commandement d'un petit Corps composé du Bataillon des Tirailleurs corses, du Bataillon des Tirailleurs du Pô, du 24e Léger, de deux pièces de quatre, et de quelque cavalerie pour former l'avant-garde du 4e Corps, aile gauche de la Grande Armée (Du Casse (A.) : "Le Général Vandamme et sa correspondance", Paris, Didier, 1870, t. 2, p. 138).

Composition de la Grande Armée au moment où elle a passé le Rhin pour la campagne d'Autriche.
4e corps d'armée au passage du Rhin dans les premiers jours de vendémiaire an XIV.
3e division.
Tirailleurs corses. 1 Bataillon, 766 hommes (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 2, p. 158).

Le 13 Vendémiaire an 14 (5 octobre 1805), le Maréchal Soult écrit, depuis Abstgmünd, au Maréchal Berthier : "… La 3e division a un bataillon (les tirailleurs corses) et 20 chevaux du 26e de chasseurs à cheval, à Neuler ..."(Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 2, p. 816).

Grande Armée à l'époque du 6 Brumaire an XIV (28 octobre 1805).
4e corps d'armée.
Commandant en chef. Maréchal Soult.
3e Division du 4e Corps.
Général de Division. LEGRAND.
Tirailleurs corses (1 Bataillon) ;
3e de Ligne (3 Bataillons) ;
75e de Ligne (2 Bataillons) ;
18e de Ligne (2 Bataillons) ;
Tirailleurs du Pô (1 bataillon) ;
26e Légère (2 Bataillons).

Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 4, p. 711

Le 16 novembre 1805, le bataillon se bat à Hollabrünn, et disperse les russes par une attaque à la baïonnette. Le 2 décembre, les 635 hommes du bataillon commandés par d'Ornano se battent à Austerlitz, brigade Levasseur, division Legrand, IV ° Corps. Ils ont à lutter contre plus de 5000 russes, qu'ils retiennent jusqu'à l'arrivée de la brigade Heudelet, qui permet de contre attaquer.

Le 1er décembre,Vandamme s'avance auprès du ruisseau de Jirzikowitz, à la hauteur des Grenadiers ; son infanterie légère (le 24e) est devant le front de la division, tout contre le village de Jirzikowitz, occupé par la 3e division de Dragons. Saint-Hilaire vient prendre la place de Vandamme entre Schlapanitz et Puntowitz ; ce dernier hameau est gardé par le 10e Léger. La Division Legrand reste en arrière de l'intervalle entre Schlapanitz et Kobelnitz, où sont les Tirailleurs corses ; elle a détaché les Tirailleurs du Pô à Sokolnitz, où s'est retirée également la Brigade de Chasseurs du Général Margaron. Les Tirailleurs Corses et les Tirailleurs du Pô forment ensemble un faible Bataillon (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Teissèdre, 2002, t. 5, p. 125).

Napoléon modifie ses dispositions. La Division Saint-Hilaire, au lieu de déboucher par Jirzikowitz derrière celle de Vandamme, franchit le ruisseau à Puntowitz. La Division Legrand, qui a détaché le 3e de Ligne à Telnitz, doit porter la Brigade Levasseur (18e et 75e) avec les Tirailleurs corses, en avant de Kobelnitz, au lieu d'appuyer derrière Puntowitz (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Teissèdre, 2002, t. 5, p. 133).

Le 3e de Ligne est aux prises avec les Autrichiens et les Russes à Telnitz. Au bruit de la fusillade, le Général Legrand se porte sur Telnitz avec le Général de brigade Merle et le 26e Léger. Il laisse les Tirailleurs corses, le 18e et le 75e en avant de Kobelnitz sous les ordres du Général Levasseur (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Teissèdre, 2002, t. 5, p. 159-161).

La Division Saint-Hilaire se porte en toute hâte vers le mamelon de Pratzen. Le 10e Léger, sous le commandement du Général Morand, s'empresse d'atteindre ce point essentiel, dont le Maréchal Soult a signalé l'importance. C'est une course au clocher dans laquelle il faut à tout prix arriver les premiers, sans se laisser retarder par des opérations secondaires : "Il fut expressément recommandé au général Saint-Hilaire, dit Soult dans son Rapport, de ne diriger aucune troupe sur Pratzen, quoique ce village fût fortement occupé par l’ennemi".
Les Régiments de ligne, avec l'artillerie, suivent à distance, et en échelons.
La Division passe sans difficulté le petit ravin qui descend de Pratzen vers Kobelnitz, s'avance dans la plaine, et bientôt commence à gravir la colline. Il est probable qu'elle a émergé du brouillard en arrivant à la cote 240 ou 250 ; c'est le moment où la pente devient sensible. Le 10e Léger n'est plus alors qu'à 700 ou 800 mètres du sommet. La Brigade Thiébault (14e et 36e) suit à 300 mètres de distance environ ; celle du Général Varé (43e et 55e) est plus loin encore, et tenue en réserve.
La Brigade Levasseur, de la Division Legrand (Chasseurs corses, 18e et 75e), est à un kilomètre sur la droite, en position devant Kobelnitz, pour couvrir le flanc droit de Saint-Hilaire, lui servir de réserve et empêcher toute tentative de l'ennemi sur les derrières de la Brigade de droite de la Division Legrand.
La Division Vandamme, partie de Jirzikowitz en même temps que Saint-Hilaire part de Puntowitz, se trouve fort en retrait sur la gauche. Les 46e et 57e de Ligne (Brigade Ferey) marchent en première ligne et, semble- t-il, à la même hauteur, à distance de déploiement ; le 28e suit, tenu en réserve. Le 24e Léger avec le 4e de Ligne sont portés plus à gauche, pour assurer la liaison avec le 5e Corps et la Réserve de cavalerie vers Blaziowitz.
"Les deux bataillons du 4e régiment furent placées à l’extrême gauche, et le 2e bataillon fut détaché encore plus à gauche, sans doute pour concourir à la prise du village de Balsiowitz. Le 24e était donc à droite, et appuyé à la brigade du général Ferey".
Au moment où les ennemis aperçoivent le 10e Léger, il n’a plus que 700 à 800 mètres à parcourir pour atteindre le plateau.
La Brigade Morand (10e Léger) progresse lentement dans la direction du sommet, repoussant d’abord un premier Bataillon, mais est arrêté près de la crête par un Régiment entier (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Teissèdre, 2002, t. 5, p. 175-177).

Entre temps, le combat de Sokolnitz a tourné décidément en notre faveur, et le Maréchal Soult appelle à la chapelle Saint-Antoine le 46e, le 57e, le 75e, et les Tirailleurs corses. L’artillerie de la Garde a rejoint et ouvre le feu avec celle du 4e Corps. L’infanterie de Vandamme descend sur Aujezd pour couper la retraite à Buxhoewden qui s’y porte en toute hâte.
C’est le 4e et le 28e, avec le 24e Léger, qui donnent dans Aujezd contre la tête de colonne de Buxhoewden. « Je profitai de cette circonstance, dit Bigarré, pour prendre ma revanche sur les Russes en me précipitant sur eux avec mon régiment dans le moment où ils traversaient le village ». Le 4e fait un grand nombre de prisonniers, parmi lesquels le Colonel Soulima, du 8e Chasseurs (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Teissèdre, 2002, t. 5, p. 212).

Dès la fin de la bataille, Soult ordonne au Général Schinner de réunir le Bataillon des Tirailleurs corses, le 10e Léger, le 55e et le 57e de Ligne, et le 8e Hussards, avec quatre pièces de 4, pour se diriger sur Gaya ((Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Teissèdre, 2002, t. 5, p. 233).

L'ennemi étant en pleine déroute, le Général Schiner, avec le 24e Léger, le Bataillon corse et le 55e de ligne, est lancé à sa poursuite. Les autres troupes bivouaquent sur le champ de bataille (Du Casse (A.) : "Le Général Vandamme et sa correspondance", Paris, Didier, 1870, t. 2, p. 156 ).

Le 36e Bulletin de la Grande Armée, daté de Schoenbrunn, le 23 Frimaire an 14 (14 décembre 1805), réconte : "… Les bataillons des tirailleurs du Pô et des tirailleurs corses se sont bravement comportés dans la défense du village de Sokolnitz ..." (Panckoucke : « Oeuvres de Napoléon Bonaparte », 1821-1822, t. 3, p. 519 ; Kermoysan « Napoléon, Recueil par ordre chronologique de ses lettres, proclamations, bulletins », Paris, 1853, t.1, p. 545 ; Correspondance de Napoléon, t.11, lettres 9574).

"RELATION OFFICIELLE DE LA BATAILLE D'AUSTERLITZ, PRÉSENTÉE À L'EMPEREUR ALEXANDRE PAR LE GÉNÉRAL KOUTOUZOF.
ET OBSERVATIONS D'UN OFFICIER FRANÇAIS
Quartier général de Braunau, 28 mars 1806.
Je reçois, par Vienne, la relation du général Koutouzof sur la bataille d'Austerlitz. Après l'avoir lue avec attention, j'ai cru utile à la gloire de l'armée, à celle de notre Empereur et à celle de nos anciens ennemis, aujourd'hui nos amis, de publier les réflexions qu'elle m'a fait naître.
M***, officier français
"… Les ennemis, repoussés, se mirent de nouveau en ordre, et, après avoir reçu des renforts, se jetèrent avec vivacité sur la 1re colonne ; mais ils furent, encore cette fois, complètement culbutés ; et cette colonne, qui observa exactement les dispositions arrêtées, poursuivit sans relâche l'ennemi, déjà battu pour la troisième fois.
Sans avoir égard au danger qui le menaçait sur son flanc droit, l'ennemi dirigea toute son attention sur le centre de notre armée, contre lequel, comme il a déjà été dit plus haut, il avait placé la plus grande partie de ses forces. Le lieutenant-colonel Monachtine fut détaché de la 4e colonne avec deux bataillons des régiments Novogorod et Apscheron, pour occuper le village situé devant cette colonne, pendant que celle-ci commençait à se mettre en bataille. Mais ces deux bataillons n'avaient point encore réussi à pénétrer dans le village, lorsqu'ils furent subitement culbutés par un corps considérable qui y avait pris position. Ils furent encore poursuivis sur le flanc gauche de la colonne par un autre corps beaucoup plus considérable, qui, aussi dans un moment, atteignit même notre flanc".
Les quatre colonnes dont parle ici le général Koutouzof ne se battirent, pendant tout ce temps, que contre les deux bataillons des tirailleurs corses et du Pô, le 3e régiment de ligne, et pas un homme de plus. Vers neuf heures, le maréchal Davout, avec 4,000 hommes, accourut du couvent de Raigern. Ainsi, tout ce vain étalage de combats, de bravoure, était exercé par 45,000 hommes contre 5 à 6,000 ; encore ces troupes formaient-ellesun corps d'observation qui était dans un autre système que l'armée, et qui avait ordre de tenir les villages, d'arrêter la marche de l'ennemi jusqu'à ce que le canon se fit entendre sur les hauteurs de Pratzen et que toute l'armée fût prise par derrière, et alors de se laisser poursuivre par l'ennemi, pour l'attirer davantage et rendre sa perte plus certaine
" (Correspondance de Napoléon, t.12, lettres 10032).

/ 1806

A Saint-Cloud, le 23 mai 1806, "Le ministre de l'administration de la guerre rend compte qu'il y a au dépôt du bataillon des tirailleurs corses à Antibes 90 hommes en état de rejoindre le bataillon à Augsburg"; "Donner ordre à ce détachement de se rendre à Chalon-sur-Saône, où on lui enverra de nouveaux ordres", répond Napoléon (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 1, lettre 455).

Le 22 juin 1806, l'Empereur écrit depuis Saint-Cloud au Général Dejean, Ministre directeur de l'Administration de la Guerre : "Monsieur Dejean, je vous envoie un travail sur l'emplacement que doit occuper la Grande Armée au moment de sa rentrée en France. Vous me proposerez une meilleure répartition, à peu près dans les mêmes divisions, si vous y entrevoyez quelque économie pour le service, soit pour les lits, soit pour le fourrage, soit pour le casernement.
... 4e corps du maréchal Soult
... 4e division militaire
Tirailleurs corses Nancy ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 11352).

A Saint-Cloud, le 7 juillet 1806, "Le ministre de l'administration de la guerre propose à l'Empereur de diriger sur Nancy, garnison affectée au bataillon des tirailleurs corses, le détachement tiré du dépôt de ce corps qui doit arriver à Châlons le 7 juillet, venant d'Antibes"; "Approuvé ce mouvement", répond Napoléon (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 1, lettre 508).

Le 11 juillet 1806, depuis Saint-Cloud, l'Empereur écrit au Maréchal Berthier : "Mon Cousin, vous verrez, par les deux lettres que je vous ai adressées aujourd'hui, les différentes dispositions que j'ai prescrites pour compléter mon armée et la mettre en situation de tout entreprendre.
Vous ordonnerez au bataillon corse de rejoindre le corps d'armée du maréchal Soult. S'il est convenable de faire garder le parc à Augsbourg, il faut le faire garder par d'autres troupes que par des troupes légères ..
" (Correspondance de Napoléon, t.12, lettres 10479 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12463).

Le 3 septembre 1806, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Maréchal Berthier : "Mon Cousin, j'ai vu avec peine ce qui est arrivé au bataillon corse ; cela est un peu votre faute, jamais on n'a confié aux Corses la garde de l'artillerie. Il faut des bataillons plus disciplinés et plus froids pour de pareilles missions. J'imagine que l'embaucheur sera traduit devant la commission militaire et fusillé" (Correspondance de Napoléon, t.13, lettres 10729 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12844).

Au 1er octobre 1806, le Bataillon aligne 26 Officiers et 659 hommes. Le 14 octobre, toujours avec la Division Legrand, les Tirailleurs Corses se battent à Iéna. Nous les retrouvons à Creussen, où avec les Tirailleurs du Pô, ils ramènent 300 prisonniers russes, ainsi que les équipages. Cet exploit est renouvelé le 17 octobre à Nordhausen. Le 21, ils s'emparent de Magdeburg. Les 5 et 7 novembre, bataille de Lübeck. Au 10 novembre, l'effectif est tombé à 25 Officiers et 620 hommes. Le 26 novembre, Morandini succède au Chef de bataillon d'Ornano, nommé Colonel du 25e Dragons le 23.

Situation au 15 décembre 1806

Officiers

Troupe

26

576

 

Situation au 5 janvier 1807

Situation au 25 janvier 1807

Officiers

Troupe

Officiers

Troupe

26

541

27

579

Le 27 janvier 1807, l'Empereur écrit, depuis Varsovie, au Maréchal Berthier, Ministre de la Guerre, Major général de la Grande Armée : "Il sera distribué le 30 janvier :
00 capotes au tirailleurs corses ...
" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 1, lettre 903 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 14174).

Le 6 février 1807, le bataillon participe à la bataille de Hof, puis le 8, résiste vaillamment à Eylau, formé en carré face à un ennemi supérieur en nombre. Le chef de bataillon Morandini est blessé pour la deuxième fois (il avait reçu une autre blessure à Austerlitz).

Le 6 mars 1807, l'Empereur écrit, depuis Osterode, à Daru, Intendant général de la Grande Armée : "Monsieur Daru, faites une circulaire à tous les commissaires des guerres, pour leur faire connaître les points sur lesquels ils doivent diriger les hommes isolés des différents corps d’armée, ainsi que les bagages et effets desdits corps. Vous y joindrez l'état des corps qui composent chaque corps d'armée, conformément au tableau ci-joint ...
4e corps
... tirailleurs corses ...
À Bromberg ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 14497).

Le 20 mars 1807, l'Empereur écrit, depuis Osterode, au Général Lacuée, Directeur général des Revues et de la Conscription : "... J'ai vu avec peine que vous ayez mis des Corses dans le 17e et autres régiments ; les conscrits corses, mettez-les dans les tirailleurs corses, qui n'ont que 500 hommes …" (Correspondance de Napoléon, t.14, lettre 12096 ; Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 14775).

Le 22 mars 1807, l'Empereur écrit, depuis Osterode, au Général Dejean, Ministre directeur de l'Administration de la Guerre : "Monsieur Dejean … Faites partir des dépôts des tirailleurs corses et du Pô 400 hommes pour recruter ces bataillons" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 1, lettre 959 ; Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 14806).

Au 1er avril, le bataillon aligne 499 hommes.

Le 18 avril 1807, l'Empereur écrit, depuis Finkenstein, au Général Lacuée, Directeur général des Revues et de la Conscription : "… Dans le 31e, le 111e et le 26e de chasseurs, mettez des Piémontais ...; des Corses dans les tirailleurs corses ..." (Correspondance de Napoléon, t.15, lettre 12401 ; Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 15312).

Le 30 avril 1807, l'Empereur écrit, depuis Finkenstein, au Général Dejean, Ministre directeur de l'Administration de la Guerre : "Monsieur Dejean, j'ai fait sur les états de situation suivantes au 1er avril les observations suivantes :
... Les tirailleurs corses ont 159 hommes à Antibes. Faites-les partir pour Strasbourg, où, après qu’on leur aura fourni tout ce qui peut leur être nécessaire, on les dirigera sur la Grande Armée ...
" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 1, lettre 1080 ; Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 15472).

Composition du 4e Corps du Maréchal Soult au 1er juin 1807 :
1ère Division, Général Saint-Hilaire : 10e Léger, 14e, 22e, 36e, 43e, 55e de Ligne, 12 Bataillons, 8763 hommes.
2e Division Carra Saint-Cyr : 24e Léger, 4e, 28e, 46e, 57e de Ligne, 10 Bataillons, 8219 hommes.
3e Division Legrand : 26e Léger, 18e, 75e et 105e de Ligne, Tirailleurs corses, Tirailleurs du Pô : 10 Bataillons, 7302 hommes.
Artillerie et Génie : 55 pièces, 842 hommes.
Cavalerie légère, Général Guyot : 8e Hussards, 16e et 22e Chasseurs, 9 Escadrons, 1235 hommes (Cazalas E. : « Mémoires du Général Bennigsen », tome 2, page 302).

Le 7 juin 1807, "la division du général Legrand s’empara de Wolfsdorf ; le bataillon de tirailleurs corses eut occasion dans ce village de repousser avec beaucoup de valeur une charge de cavalerie et de faire éprouver des pertes à l’ennemi" (Journal des Opérations du 4e Corps - Cazalas E. : « Mémoires du Général Bennigsen », tome 2, page 162).

Le 10 juin, le Bataillon est présent à Heilsberg (nouvelle blessure de Morandini), et le 14 devant Königsberg. Le 21 juin, c’est la Paix de Tilsitt. L'Empereur félicite les Tirailleurs Corses, et Morandini est nommé Officier de la Légion d'Honneur. Le 27 septembre, le bataillon occupe Elbing.

- Inspection du Dépôt du Bataillon de Tirailleurs Corses à Mayence par le Général Schauenburg, le 23 novembre 1807

"Dépôt du Bataillon de Tirailleurs Corses. Revue passée à Mayence le 23 novembre 1807.
Espèce d’hommes. Belle.
Habillement. Passable.
Equipement. Idem.
Armement. Idem.
Tenue. - .
Discipline. - .
Maniement d’armes. Nul.
Manœuvres. Idem.
Retenue. - .
Ordinaire. Bon.
Pain. Bon.
Casernes et fournitures. - .
Conscrits. - .
Finances. -
" (Schauenburg (Général baron Alexis-Balthazar-Henri-Antoine de) : « Revues particulières d’inspection, ordonnée le 23 octobre 1807 » ; Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg: MS.0.491 ; document numérisé par la BNU à la demande conjointe de F. Berjaud, L. Claudel et D. Davin).

"Ordre donné à tous les corps sur la manière d’exercer les conscrits et pour l’administration.
Nota. Le présent ordre a été adressé à S. E. le Ministre de la guerre, le 20 novembre dernier ; lequel précèdera les autres donnés.
Les commandants des dépôts prescriront aux officiers et sous-officiers de s’appliquer à connaitre autant que les circonstances le permettront les facultés de l’homme qu’ils ont à instruire afin de les traiter en conséquence, ils leur recommanderont la patience, les brusqueries étant contraires aux succès de l’instruction.
Le premier objet auquel ils devront avoir attention, c’est d’inspirer aux recrues le goût de la propreté, pour y parvenir, il faut qu’il lui indique tous les moyens qui sont en usage dans la troupe pour entretenir et nettoyer avec ménagement toutes les parties de l’habillement et équipement, après la propreté du corps, si essentielle à la santé du soldat, vient l’entretien de ses armes dont il doit avoir le plus grand soin, à cet effet, il faut faire connaitre aux recrues toutes les parties de son armement et lui enseigner la manière de nettoyer et remonter son fusil.
Lorsque l’on sera à l’exercice l’instructeur entretiendra la recrue pendant l’intervalle de chaque repos, de ses devoirs envers les officiers et sous-officiers, et lui fera connaitre les nomes des généraux sous les ordres desquels se trouvera le corps, le nom des officiers de sa compagnie, et de ceux supérieurs en exigeant de lui qu’il les retiennent.
Le commandant de chaque dépôt fera pratiquer le règlement concernant le service intérieur, la police et la discipline de l’infanterie du 24 juin 1792 sur tout ce qui n’est pas contraire aux lois actuelles, aux localités et aux circonstances.
Ils assembleront au moins chaque semaine les officiers et sous-officiers pour les examiner sur les bases de la discipline, de la police, du service intérieur et sur celui de la place duquel il devra être donné connaissance aux conscrits à la fin de chaque exercice en classant les devoirs de chaque grade.
Ils feront aussi suivre par gradation le règlement concernant la manœuvre et l’exercice de l’infanterie du 1er août 1791, sans se permettre sous aucun prétexte quelconque la moindre innovation dans ses principes.
En surveillant la stricte exécution de l’ordre ci-dessus, ils exigeront que les officiers et sous-officiers , par leur conduite et leur application à remplir leur devoir, servent de modèle aux jeunes soldats pour l’éducation militaire de laquelle ils sont chargés.
Tous les officiers et sous-officiers devront se trouver aux exercices journaliers et y être employés en raison de leurs connaissances et moyens d’instruction, et ceux qui n’en auront pas suffisamment devront également s’y trouver pour en acquérir ou pouvoir y être utilisés à la volonté du chef.
L’on n’exercera jamais de grand matin, à moins que les circonstances ne l’exigent, afin de donner le temps au soldat de soigner toutes les parties de son vêtement et la propreté de la chambrée ; l’on préfèrera autant que possible les exercices de l’après midi attendu qu’elles empêchent le soldat de s’écarter trop loin de son quartier.
Conformément à l’article 20 du règlement concernant le service intérieur, tous les officiers devront se trouver à la garde journalière que fournira le corps quand même elle ne défilerait qu’au quartier ; les chefs n’en exempteront personne que pour objet de serves, ils exigeront qu’ils se présentent dans la tenue prescrite pour le journalier, et qu’ils ne se permettent aucun autre costume dans la journée, que celui qu’ils doivent avoir eu à la parade.
Administration.
Les membres du conseil d’administration devront se pénétrer du devoir de la plus exacte surveillance sur toutes les parties de l’administration qui leur est confiée, et les commandants des compagnies porteront toute l’attention nécessaire aux fournitures qui seront faites à leurs soldats, feront les représentations au conseil d’administration si elles étaient défectueuses et rendront compte à l’inspecteur général dans le cas où il ne serait pas fait droit à leurs réclamations.
Le premier dimanche de chaque mois, il sera fait lecture de l’arrêté du 19 Vendémiaire an 12 relatif à la désertion.
Il ne sera fait aux soldats et conscrits, et sous quelque prétexte que ce puisse être, aucune autre retenue que celles prescrites par les règlements.
On ne peut sous quelque prétexte que ce soit, et sans se rendre coupable d’un délit, se permettre de recevoir des hommes en remplacement des militaires qui sont sous les drapeaux sans l’autorisation formelle et préalable transmise par le directeur général de la conscription.
Il ne doit être délivré aucune espèce de congé si ce n’est sur des imprimés envoyés par le ministre. Aucun enrôlé volontaire ne doit être admis qu’après avoir contracté un engagement en présence d’un maire.
On ordonnera que cette formalité soit remplie sur le champ par les enrôlés volontaires qui ne s’y seraient pas conformés.
L’intention de l’Empereur est que tout militaire qui reçoit son congé définitif soit pour ancienneté de service, soit pour cause de blessures reçues à l’armée, puisse rentrer dans ses foyers avec une tenue décente et qu’il doit par conséquent être pourvu d’un habit uniforme en bon état et de son sabre, s’il est sous-officier ou grenadier.
Si le corps a plus de huit musiciens (que les règlement accordent), ceux qui dépassent ce nombre devront être admis comme soldats, et s’ils l’avaient été seulement comme gagistes, ils devront de suite contracter un engagement militaire, s’ils s’y refusent et que le corps veuille les conserver, il est expressément défendu de les porter sur les revues de solde et de fournitures et ils seront mis entièrement à la charge des officiers, mais dans tous les cas, le total de la dépense de la musique ne doit pas excéder une journée de solde des officiers par mois.
Le présent ordre sera transmis de suite sur le registre des délibérations et lu aux officiers rassemblés.
Les commandants des dépôts restent responsables de son entière exécution
" (Schauenburg (Général baron Alexis-Balthazar-Henri-Antoine de) : « Revues particulières d’inspection, ordonnée le 23 octobre 1807 » ; Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg: MS.0.491 ; document numérisé par la BNU à la demande conjointe de F. Berjaud, L. Claudel et D. Davin).

Le 15 mars 1808, le bataillon cantonne à Deux Ponts, au sein de l'Armée du Rhin, division Legrand.

- Inspection du Dépôt des Tirailleurs Corses à Deux-Ponts par le Général Schauenburg, le 15 mars 1808.

"Dépôt du Bataillon des Tirailleurs Corses. Revue passée à Deux-Ponts le 15 mars 1808.
Espèce d’hommes. Elle est passable s’il est possible d’en juger par 100 hommes présents sous les armes.
Habillement. Passable.
Equipement. Id.
Armement. Idem.
Tenue. Passable.
Discipline. Bonne.
Maniement d’armes. Ne peut pas être exécuté, attendu qu’il n’y a pas assez d’hommes ni assez d’instructeurs ; dans le nombre disponible, il se trouve 166 hommes détachés à Mayence sous le commandement d’un seul Sergent.
Manœuvres. Id. Id.
Retenue. Il n’en existe point.
Ordinaires. Reconnus bons.
Pain. Bon.
Casernes. Bonnes à l’exception du rez-de-chaussée.
Fournitures. Très bonnes.
Conscrits. - .
Registres. Passablement tenus.
Résumé.
M. Landinelly, Capitaine Quartier-maitre est le seul Officier que j’ai trouvé présent au Dépôt ; monsieur Andréi, Sous-lieutenant chargé de l’habillement depuis le mois d’octobre dernier, n’a pas paru à la revue étant malade. Le Capitaine Quartier-maitre Landinelly demande à passer dans un autre corps d’après les motifs énoncés ci-joint.
Je n’ai trouvé à ce Dépôt pour la police et l’instruction que les Sergents Sandouchi et Casaniaté ; ils étaient proposés à la retraite, mais je les ai ajournés parce qu’ils peuvent encore rendre quelques services et qu’ils ne nombrent pas encore assez d’années de service effectif pour l’obtenir.
Il est de la plus grande nécessité qu’on fasse venir à ce dépôt quelques Officiers et des Sous-officiers qui y sont indispensables, surtout pour l’arrivée prochaine des recrues ; on pourrait y faire venir les 3 Sous-lieutenants surnuméraires qui sont avec le Bataillon.
J’ai fait appeler le Quartier-maitre avec tous ses registres ; je les ai compulsés, je les ai vérifiés, mais je ne les ai pas arrêtés, vu qu’ils ne comprennent pour l’an 13 aucun des recettes, et dépenses du dépôt de recrutement et d’autres détachement, et vu encore, qu’ils ne sont arrêtés que par un Sous-inspecteur aux revues.
En compulsant le registre des délibérations, j’ai lu sous date du 1er Messidor an 13, un procès-verbal du Sous-inspecteur Malraison, enjoignant au conseil un rétablissement à la caisse de la somme de 15150 frs 67 c. portée en dépense d’après l’autorisation du conseil d’administration en fonctions sous la présidence du Chef de Bataillon pp Cattaneo, pour effets de petit équipement pour les recrues, achats fait dans le courant du premier semestre de l’an 13 et cette dépense rejetée le premier Germinal suivant par les membres du conseil, mais après le départ de leur président pp Cattaneo passé Colonel dans le 102e Régiment d’Infanterie de Ligne. N’ayant trouvé dans les inscriptions du registre de caisse pendant la fin de l’an 13, ni même pendant les années suivantes jusqu’à ce jour, aucune entrée en caisse ayant rapport à la somme portée au procès-verbal dont je viens de parler, j’ai interpelé le Quartier-maitre Landinelly, qui m’a répondu, que quoique les registres du Dépôt ne portent aucune inscription de ce rétablissement à la caisse, le conseil d’administration qui se trouve à l’armée a déjà pris des mesures pour cette restitution.
J’ai trouvé sous date du 30 avril 1806 une dépense de 342 frs 40 c. pour frais de transport de Landau à Passau en Bavière, des caisses renfermant la comptabilité. Ces deux articles de dépense m’ont paru exorbitants, ainsi que les frais de bureau que j’ai trouvés d’une somme supérieure aux vrais besoins.
Enfin, n’ayant pu arrêter la comptabilité de l’an 13, par les raisons que j’ai données ci-dessus, et n’étant point chargé de la vérification des comptes établis depuis cette époque, je me suis borné à ordonner au Quartier-maitre Landinelly la plus sévère économie et d’établir tous les différents registres de l’administration d’après les instructions données par Son Excellence le Ministre d’Etat directeur général de la conscription et des revues, et de les soumettre au plus tôt à la vérification des inspecteurs aux revus employés dans la 26e division militaire.
Je n’ai pas cru devoir prendre aucune mesure relative à la somme de 15150 frs 67 dont il est question au procès-verbal que j’ai relaté ; le Quartier-maitre que j’ai trouvé seul au Dépôt me parait étranger à cette collusion sur laquelle j’appelle l’attention de Son Excellence
" (Schauenburg (Général baron Alexis-Balthazar-Henri-Antoine de) : « Revues particulières d’inspection, ordonnée le 23 octobre 1807 » ; Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg: MS.0.491 ; document numérisé par la BNU à la demande conjointe de F. Berjaud, L. Claudel et D. Davin).

Le Général Schauenburg adresse aux Ministres Dejean et Lacuée, et au Ministre de la Guerre le résultat de sa revue le 16 avril 1808; le résultat de la Revue est également adressé au Corps le 16 avril 1808 (Schauenburg (Général baron Alexis-Balthazar-Henri-Antoine de) : « Revues particulières d’inspection, ordonnée le 23 octobre 1807 » ; Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg: MS.0.491 ; document numérisé par la BNU à la demande conjointe de F. Berjaud, L. Claudel et D. Davin).

Le 5 décembre 1808, l'Empereur écrit, depuis Chamartin, au Général Lacuée, Directeur des Revues et de la Conscription militaire, à Paris : "... Le corps d'Oudinot ne serait plus alors composé que des compagnies de grenadiers et voltigeurs des régiments ci-après, savoir : 6e, 9e, 16e, 25e, 27e, 17e, 21e, 24e, 26e, 28e d'infanterie légère ; 8e, 95e, 96e, 4e, 18e, 40e, 64e, 88e, 27e, 39e, 45e, 59e, 69e, 76e, 24e, 54e, 63e, 94e d'infanterie de ligne.
Mon intention serait que les compagnies restant des 4es bataillons de ces corps y fussent réunies ; ce qui compléterait vingt-huit bataillons. J'y joindrais les 4es bataillons des 46e, 28e, 50e, 75e, 100e et 103e ; ce qui porterait ce corps à trente-quatre bataillons, qui, à 840 hommes chacun, feraient près de 30,000 hommes.
Pour compléter le nombre de 30,000 hommes, j'y réunirais les bataillons des tirailleurs du Pô et des tirailleurs corses ; j'en formerais trois divisions de douze bataillons chacune ; ce qui ferait un beau corps qui pourrait, si cela était nécessaire, renforcer l'armée du Rhin et la porter à 140,000 hommes ...
" (Correspondance de Napoléon, t.18, lettre 14535 ; Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 19446 ; Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, p. 21).

Le 21 décembre 1808, l'Empereur écrit, depuis Madrid, au Général Clarke, Ministre de la Guerre, à Paris "… Mon intention est que les premières opérations pour la conscription commencent au 15 janvier, et que les conscrits soient en pleine marche au 15 février. On aura soin que tous les conscrits d'au delà des Alpes soient envoyés dans le Nord, dans l'Ouest et sur le Rhin, et spécialement au 31e léger, au 111e de ligne, au 26e de chasseurs, au 21e de dragons et aux tirailleurs du Pô ; que les Corses soient envoyés aux tirailleurs corses, les Belges au 112e …" (Correspondance de Napoléon, t.18, lettre 14601 ; Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 19591 ; Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, p. 24).

Le 1er janvier 1809, Napoléon écrit d’Espagne, depuis Benavente, au Général Clarke, Comte d'Hunebourg, Ministre de la Guerre, à Paris : "... La division Legrand et la division Saint-Cyr, hormis les tirailleurs corses et du Pô, qui passeront sous les ordres du général Oudinot, se rendront à Paris à petites journées ..." (Correspondance de Napoléon, t.18, lettre 14634 ; Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 19656 ; Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, p. 26).

Le 27 janvier 1809, le Ministre de la Guerre adresse à l'Empereur son rapport sur l'Armée du Rhin : "J'ai l'honneur d'adresser à l'Empereur les états de situation des armées du Rhin et d'Italie que j'ai fait rédiger suivant les intentions de S. M. exprimées par son ordre daté de Benavente le 1er janvier ...
Il existe en ce moment ... au corps de réserve du général Oudinot 46 compagnies de grenadiers et de voltigeurs et 2 bataillons de tirailleurs corses et du Pô formant une force de 8,512 ...
" (Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, p. 31).

Le 1er février 1809, le Bataillon est affecté au Corps du Général Oudinot ou "Corps de Réserve de l'Armée du Rhin", 2e Division Tharreau, 4e Demi-brigade légère; il aligne à cette date 813 hommes. Par ailleurs, il doit recevoir un renfort de 120 hommes.

Le 13 février 1809, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la guerre : "Monsieur le général Clarke, le corps du général Oudinot, au lieu d’être partagé en trois divisions, ne le sera qu’en deux. À cet effet, la 3e demi-brigade légère et la 4e demi-brigade de ligne feront partie de la 1re division ; la 5e et la 6e demi-brigade de ligne feront partie de la 2e division. Le général Claparède commandera une de ces deux divisions. Comme il paraît que chaque corps ne pourra fournir que deux compagnies de fusiliers au grand complet, jusqu’à ce que la conscription de 1810 ait complété les cadres, chaque bataillon ne sera que de 560 hommes, chaque demi-brigade de 1 680 hommes, chaque division de 10 000 hommes, et le corps entier de 20 000 hommes. Lorsque les 5e et 6e compagnies de fusiliers pourront être envoyées, je verrai si je dois former une 3e division, ou laisser seulement le corps à deux divisions.
... Le 10e bataillon de marche sera composé de deux compagnies du 26e légère, et de tous les détachements disponibles des tirailleurs corses et des tirailleurs du Pô ...
Ces douze bataillons de marche seront réunis du 1er au 15 mars à Strasbourg.
Vous donnerez ordre que chacune de ces compagnies soient complétées à 140 hommes.
Donnez ordre que les dépôts fournissent à chaque homme une capote et 3 paires de souliers, dont deux dans le sac et une aux pieds.
Si les dépôts ne pouvaient compléter ces compagnies, ils en enverront toujours les cadres, avec tout ce qu’ils ont de disponible, et vous ferez connaître ce qui manquerait, afin que je le fasse tirer des conscrits de ma Garde.
Vous donnerez ordre que tous les détachements de ma Garde qui doivent partir de Paris, pour porter les compagnies de grenadiers et de voltigeurs au grand complet, soient prêts à partir le 15 pour se rendre à Strasbourg. Ils seront formés en bataillons de marche. Vous prescrirez aux différents commandants de ma Garde d’en passer la revue, de n’envoyer que des hommes qui sachent faire l’exercice à feu, et de les faire habiller de l’uniforme d’infanterie légère, avec les boutons des régiments où ils doivent entrer ; on me les présentera à la parade du 16, et ils partiront le 17.
J’ai donné ordre au corps du général Oudinot de se réunir à Augsbourg.
Si le général Claparède est encore à Paris, donnez-lui l’ordre de se rendre à Strasbourg pour y attendre ces détachements, et exécuter les ordres qui lui seront donnés. Il sera chargé de mener cette colonne.
Par ce moyen, il y aura entre Strasbourg et Augsbourg de quoi compléter les 12 brigades du corps du général Oudinot, à 12 compagnies chacune, c’est-à-dire à 20 000 hommes. Comme il y aura 12 demi-brigades, il faudra 36 chefs de bataillon et adjudants-majors. Présentez-moi la nomination de ceux qui manquent, et vous les dirigerez sur Strasbourg, pour de là rejoindre le corps. Il faudra 12 majors, le corps en a huit ; c’est quatre à envoyer. Il faut 6 généraux de brigade ; faites-moi connaître ceux qu’il faudrait envoyer.
Il faut à chaque division 18 pièces de canon, c’est-à-dire 36 pour les 2 divisions. Le corps en a 18 ; faites-moi connaître la situation du parc de l’armée du Rhin, et s’il peut fournir les 18 autres pièces.
Ainsi, à la fin de mars, j’aurai au corps du général Oudinot 20 000 hommes, 36 pièces de canon avec caissons et double approvisionnement, un général de brigade d’artillerie, deux compagnies de sapeurs, une compagnie de pontonniers, un colonel du génie, trois officiers du génie, 6 000 outils attelés, 40 caissons d’infanterie, 20 par division, la division de cuirassiers Espagne, et la brigade de cavalerie légère composée de 3 régiments que j’ai attachés à ce corps. Ce qui fera un corps de près de 30 000 hommes.
Il faut qu’il y ait un commissaire des guerres par division, et deux adjoints, et les chefs de service nécessaires. L’armée du Rhin a en personnel de quoi organiser tout cela ...
" (E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 2, lettre 2767 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20016; Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, p. 61).

Le 15 février 1809, le Ministre de la Guerre adresse son rapport à l'Empereur : "J'ai l'honneur de rendre compte à l'Empereur qu'en exécution des dispositions prescrites par sa lettre du 13 de ce mois, je viens de donner l'ordre à M. le général Oudinot de ne former provisoirement qu'à deux divisions, au lieu de trois, le corps d'armée qu'il commande. Ces deux divisions seront composées, ainsi que Sa Majesté l'a ordonné, de la manière suivante, savoir :
1re division.
1re 1/2 brigade d'infanterie légère ; 3e id. ; 1?e de ligne ; 2e id. ; 3e id. ; 4e id.
2e division.
2e 1/2 brigade d'infanterie légère ; 4e id. ; 5e id de ligne ; 6e id. ; 7e id. ; 8e id.
Le général de division Claparède commandera l'une de ces divisions.
J'ai prévenu le général Oudinot que les 4es bataillons qui doivent composer son corps ne pouvant fournir en ce moment que deux compagnies de fusiliers au grand complet, chacun de ces bataillons sous ses ordres ne sera provisoirement composé que de la compagnie de grenadiers , de la compagnie de voltigeurs et des deux premières compagnies de fusiliers formant 560 hommes par bataillon, 1,680 hommes par demi-brigade, 10,000 hommes par division et 20,000 pour le corps entier.
J'ai expédié les ordres pour faire diriger sur Strasbourg les 1re et 2e compagnies de fusiliers de tous ces 4es bataillons complétées à 140 hommes chacune et munies d'une capote et de trois paires de souliers par homme. Huit de ces 4es bataillons avaient encore leurs compagnies de grenadiers et de voltigeurs dans l'intérieur et je leur ai pareillement donné l'ordre de se rendre à Strasbourg, ce sont celles des 24e de ligne qui est à Lyon, 16e légère qui est à Mâcon, 28e, 46e, 50e, 75e qui sont à Boulogne, 100e et 103e qui sont à Metz.
Toutes ces compagnies, à leur arrivée à Strasbourg, y seront réunies formées en 12 bataillons de marche de la manière prescrite par Sa Majesté et mises sous le commandement du général de division Claparède qui se trouvait à Paris et qui a l'ordre de se rendre à Strasbourg où il attendra de nouveaux ordres.
Je joins ici l'état de ces compagnies indiquant les époques de leur arrivée à Strasbourg et leur formation en bataillons de marche.
Dans le cas où les dépôts ne pourraient en ce moment compléter à 140 hommes chacune de ces compagnies, j'ai ordonné qu'on en fit néanmoins partir les cadres avec tous les soldats disponibles au dépôt et qu'on me fit connaître sans aucun délai ce qui pourrait leur manquer, j'aurai l'honneur d'en rendre compte à Sa Majesté à mesure que les rapports me parviendront.
Les détachements de la garde impériale destinés à porter les compagnies de grenadiers et de voltigeurs au grand complet partiront de Paris le 17 février formés en 2 bataillons de marche, l'un d'infanterie légère fort de 643 hommes, l'autre d'infanterie de ligne fort de 814 hommes, en tout 1,457 hommes, ils arriveront le 9 mars à Strasbourg. Ces deux bataillons seront présentés à Sa Majesté demain, 16 , à la parade.
Je donne des ordres pour compléter à 6 le nombre des généraux de brigade du corps du général Oudinot, celui des majors à 12 , celui des chefs de bataillon et adjudants-majors à 36. J'ordonne en même temps des dispositions pour compléter à 36 pièces le nombre des bouches à feu du corps du général Oudinot, savoir 18 par division, et pour organiser son administration à raison d'un commissaire des guerres par division et deux adjoints avec les chefs de service nécessaires pris dans l'administration de l'armée du Rhin ...
Au moyen de ces dispositions, il y aura entre Augsbourg et Strasbourg de quoi compléter les 12 1/2 brigades de ce corps d'armée à 12 compagnies chacune et ce corps aura ainsi, vers la fin de mars, 20,000 hommes d'infanterie, 36 pièces de canon avec caissons et double approvisionnement, un général de brigade d'artillerie , une compagnie de pontonniers, un colonel et trois officiers du génie, deux compagnies de sapeurs, 6,000 outils sur des voitures attelées, 40 caissons d'infanterie dont 20 par division, la division de cuirassiers du général Espagne, la brigade de cavalerie légère, ce qui fera un corps de près de 30,000 hommes
" (Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, p. 65). Cette lettre est suivie d'un "État des bataillons de marche destinés à rejoindre le corps du général Oudinot et qui sont dirigés sur Strasbourg" qui indique : 10e Bataillon de marche du Corps du Général Oudinot, 1ère et 2e Compagnies de Fusiliers du 26e Léger, chacune à 280 hommes; détachement des Tirailleurs Corses et des Tirailleurs du Pô; le détachement des Tirailleurs Corses doit partir de Deux-Ponts le 1er mars, pour arriver le 8 mars à Strasbourg.

L'"ÉTAT de situation, d'itinéraire et d'emplacement du corps de réserve de l'armée du Rhin. Feuille nº 2" indique :
Corps de Réserve de l’Armée du Rhin, Général Oudinot.
Quartier général du Corps du Général Oudinot : Augsbourg (du 5 au 16 mars).
2e DIVISION : Général Tharreau.
4e ½ brigade légère. Augsbourg et les environs (du 5 au 16 mars 1809).
26e Légère, 4e Bataillon : Carabiniers et Voltigeurs, 138 hommes ; Conscrits de la Garde, 145 ; 1re et 2e Compagnies de Fusiliers, 280 hommes.
Tirailleurs corses : 1 Bataillon, 813 hommes ; détachement, 100 hommes.
Tirailleurs du Pô : 1 Bataillon, 991 hommes ; détachement, 100 hommes (Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, Annexe 9).

L'"ÉTAT de situation, d'itinéraire et d'emplacement des renforts pour l’Armée du Rhin" indique :
Corps de Réserve, Général Oudinot.
10e Bataillon de marche.
Tirailleurs corses, détachement 100 demandés, 120 mis en route. Itinéraire : Bitche le 5. Niederbronn le 6. Haguenau le 7. Strasbourg le 8. Strasbourg le 10. Biberach le 11. Hornberg le 12. Rottweil le 13. Bahlingen le 14. Riedlingen le 15. Ehingen le 16. Ulm le 17. Günzbourg le 18. Zusmarshausen le 19. Augsbourg le 20 (Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, Annexe 13).

Le 9 mars 1809, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, je vous envoie un état que j'ai fait dresser du corps du général Oudinot. Faites-le rectifier, s'il y a des erreurs ... " (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 2, lettre 2907 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20307; Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, p. 213).

Situation de la Division Oudinot au 9 mars 1809 (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20309; Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, p. 214) :

Situation de la Division Oudinot au 9 mars 1809 (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20309) :

Divisions

Brigades

1/2 Brigades

Bataillons

Présents
Situation des grenadiers et voltigeurs réunis

Détachements tirés des conscrits de la Garde

Compagnies de fusiliers formant les 12 premières compagnies de marche

Détachement formant le 13e bataillon de marche

Totaux

Manque au complet de 560 par brigade

Excédent sur le complet

Par bataillon

Par 1/2 brigade

2e division général Tharreau

1re brigade le général

4e 1/2 brigade d'inf. légère Major Salmon

26e d'inf. légère

Tirailleurs Corses
Tirailleurs du Pô

138

813

991

145



175

120

150



448

933

1141


2522

112





373

581

Le 12 mars 1809, l'Empereur écrit, depuis Rambouillet, au Général Clarke, Ministre de la Guerre, à Paris : "Monsieur le Général Clarke ... Le corps d'Oudinot doit être composé de douze demi-brigades, chacune forte de trois bataillons, ce qui devrait faire trente-six bataillons ; mais il y en a quatre, savoir : le bataillon du 28e, celui du 46e, celui du 50e et celui du 75e, qui ne pourront passer le Rhin que lorsqu'il aura été pourvu à la défense des côtes. Resteraient donc trente-deux bataillons. Mais ces trente-deux bataillons n'ont encore chacun que quatre compagnies, hormis les tirailleurs corses et les tirailleurs du Pô, qui en ont chacun neuf ; il manque donc deux compagnies à chacun des trente autres bataillons, ce qui fait soixante compagnies de moins, ou la valeur de dix bataillons à déduire. Ainsi l'armée d'Oudinot aura donc, au 1er avril, vingt-deux bataillons, qui, au complet de 840 hommes, doivent présenter une force de 18,680 hommes. A quoi il faut ajouter une treizième demi-brigade, formée de trois bataillons portugais et forte de 1,500 hommes environ ; ce qui portera la force du corps du général Oudinot, au 1er avril, à 19,980 hommes. Lorsque ce corps aura reçu les quatre bataillons de Boulogne, il devra former un total de 23,360 hommes. Enfin, lorsqu'il aura reçu les 5es et 6es compagnies que les 4es bataillons complètent en ce moment (soixante compagnies à 140 hommes, 8,4oo hommes), le corps du général Oudinot devra définitivement être fort de 31,740 hommes ..." (Correspondance de Napoléon, t.18, lettre 14887 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20337; Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, p. 238).

Le 31 mars 1809, le Corps d'Oudinot est passé au IIe Corps d'armée de Lannes; la 4e Demi-brigade d'infanterie légère est sous les ordres du Général de brigade Coehorn, Division Tharreau. Le Bataillon des Tirailleurs Corses compte 1069 hommes.

Au 1er avril, la Division est commandée par le Général Claparède. La Division Claparède avec les Tirailleurs Corses, attaque et s'empare de Landshut (21 avril), puis prend le pont de l'Inn (26 avril), avant d'attaquer Klein Munchen.

Le Maréchal Masséna, depuis Passau, écrit à l'Empereur, le 26 avril 1809 : "Sire,
Si l'intention de V. M. est de me retirer la division Claparède, je la supplie de vouloir bien me donner les bataillons corses et du Pô, que je mettrai dans la division Boudet qui n'a que trois régiments. Ce sera un véritable cadeau que je tiendrai de V. M.
" (Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 3, p. 40).

Le 3 mai, au combat d'Ebersberg, Morandini est gravement blessé, tandis que les Tirailleurs Corses ramènent à eux seuls 700 prisonniers.

Le 4 mai 1809, l'Empereur écrit, depuis Enns, au Général Clarke, Comte d'Hunebourg, Ministre de la Guerre, à Paris : "Monsieur le Général Clarke, mon ministre de la guerre ... Les deux excellents bataillons des tirailleurs corses et des tirailleurs du Pô ont beaucoup perdu au combat d'hier ; ayez soin que le général Lacuée leur donne tous les Corses et 300 hommes de plus des conscrits du Piémont. Ces bataillons ont un excellent esprit ..." (Correspondance de Napoléon, t.18, lettre 15152 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20956 ; Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 3, p. 159).

Morandini est remplacé par Casabianca. Avec lui, le bataillon va encore s'illustrer le 22 mai à Essling, où le général Claparède est blessé. Les pertes très lourdes ont réduit le bataillon à six compagnies. Il participe cependant à Wagram les 5 et 6 juillet, au sein de la division Frère. Le général Frère, blessé, est remplacé par le général Dupas. L'armistice du 10 juillet met un terme aux hostilités.

Le 6 janvier 1810, le Maréchal Davout écrit, depuis Passau, au Duc de Feltre, Ministre de la Guerre : "Monseigneur, j'ai l'honneur de faire connaitre à Votre Excellence que les trois divisions du 3e corps, fortes chacune de cinq régiments d'infanterie, les tirailleurs corses, les tirailleurs du Pô, la légion portugaise, 6 régiments de cavalerie légère, 14 régiments de grosse cavalerie et enfin l'artillerie du 3e corps composée de 102 pièces, y compris l'artillerie régimentaire, et tous les chevaux du grand paie, sont cantonnés dans le pays de Salzbourg et dans la partie cédée de la haute Autriche. De tous les côtés, je reçois des réclamations sur l'insuffisance de ces cantonnements. Cet état de choses ne peut pas durer longtemps sans porter la désolation dans le pays, et bientôt tout le fourrage sera consommé.
Je prie Votre Excellence de prendre à cet égard les ordres de Sa Majesté. Il est instant que j'en reçoive, car quelques exagérés que puissent être les rapports que je reçois à cet égard, il est certain qu'ils sont fondés en grande partie.
Je demande qu'il soit donné une autre destination, sinon aux 3 divisions de grosse cavalerie, au moins à deux
" (Mazade C. (de) : « Correspondance du Maréchal Davout, prince d'Eckmühl : ses commandements, son ministère, 1801-1815 », t. 3, p. 159, lettre 886).

Le 2 février 1810, le Ministre de la Guerre adresse, de Paris, son Rapport à l’Empereur : "J'ai l'honneur de rendre compte à I'Empereur que M. le maréchal prince d'Eckmühl m'informe que, conformément à l'ordre de Sa Majesté, en date du 17 janvier, que je lui avais fait parvenir par un de mes aides de camp, il a fait ses dispositions pour que les différents corps composant l'armée d'Allemagne commencent leur mouvement le 1er février pour prendre la 2e position ...
La 3e division du 3e corps de l'armée d'Allemagne, commandée par le général Gudin, ainsi que l'artillerie de cette division, arriveront à Magdebourg et environs les 1er, 2, 4 et 7 mars.
Le bataillon des tirailleurs corses, qui marche avec cette division, s'arrêtera à Straubing, à son passage le 10 février, et sera dirigé de là sur Ratisbonne ...
" (Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 1, Lavauzelle, page 72).

Le 7 février 1810, le Bataillon est affecté au 3e Corps, Maréchal Davout, 1ère Division Morand, Armée d'Allemagne. Tandis que la 1ère Division quitte Salzbourg à partir du 5 février 1810 pour se rendre à Bayreuth où elle arrive du 24 février au 2 mars, le Bataillon de Tirailleurs Corses, avec le Bataillon de Tirailleurs du Pô, se rend à Ratisbonne fin février pour y faire le service du Quartier général (Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 1, Lavauzelle, page 299).

Le 15 mars 1810, l'Empereur ordonne, depuis Paris : "Notre ministre de la guerre donnera les ordres ci-après :
ARMÉE D'ALLEMAGNE ...
Le grand quartier général, les grandes administrations, les parcs généraux d'artillerie et du génie, et tout ce qui appartient à l'état-major général de la Grande Armée, sont dissous à dater du 1er avril prochain.
Les états-majors et administrations, et tout ce qui tient à l’organisation des 2e et 4e corps et de la réserve générale de cavalerie, sont dissous conformément aux dispositions prescrites par des décrets des 7 et 18 février dernier.
En conséquence, l'armée qui restera en Allemagne sous le commandement du prince d’Eckmühl sera composée de la manière suivante, savoir : ... Les bataillons des tirailleurs corses et du Pô feront le service du quartier général du prince d’Eckmühl ...
" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 3, lettre 4105; Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 1, Lavauzelle, page 93).

L'Empereur, ayant décidé qu'à la date du 1er juin il n'y aurait plus en Allemagne que les Divisions Gudin et Bruyère, cantonnées en Westphalie, et le Corps d'occupation des villes hanséatiques, écrit au Ministre de la guerre, le 17 mai 1810, depuis Gand, pour que toutes les autres troupes rentrent en France : "... Donnez ordre aux Portugais et aux bataillons corses et du Pô de se rendre à Mayence ..." (Correspondance de Napoléon, t.20, lettre 16485 ; Correspondance générale de Napoléon, t.10, lettre 23630 ; cité par Mazade C. (de) : « Correspondance du Maréchal Davout, prince d'Eckmühl : ses commandements, son ministère, 1801-1815 », t. 3, p. 179 ; Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 1, Lavauzelle, page 110).

Le 8 juin 1810, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le Duc de Feltre, je reçois votre lettre du 7 juin, par laquelle je vois que la division Friant a ordre de se rendre à Ulm et de se cantonner dans cette place et sur la rive gauche du Danube, dans le pays que cède la Bavière au Wurtemberg, sans occuper aucun point de la Bavière ; que la brigade Pajol se rend à Strasbourg, les Portugais, les tirailleurs corses et les tirailleurs du Pô, à Mayence, ainsi que les caissons et approvisionnements d'artillerie qui ne sont pas attelés ..." (Correspondance de Napoléon, t.20, lettre 16537 ; Correspondance générale de Napoléon, t.10, lettre 23722 ; cité par Mazade C. (de) : « Correspondance du Maréchal Davout, prince d'Eckmühl : ses commandements, son ministère, 1801-1815 », t. 3, p. 182; Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 1, Lavauzelle, page 112).

Le Bataillon de Tirailleurs Corses se dirige sur Mayence où il arrive le 16 juin; de Mayence, il se rendent à Anvers, Boulogne, etc ... (Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 1, Lavauzelle, page 299).

- Camp de Boulogne

Le territoire du camp de Boulogne s'étend sur le camp proprement dit, qui se divise en camp de droite et camp de gauche, mais aussi sur la place même de Boulogne et sur les arrondissements de Dunkerque et de Calais. Les troupes occupant ce territoire portent le nom de Premier Corps de Réserve. A partir de février 1810, la composition des troupes se modifie, le Général Vandamme remplace le Général Sainte-Suzanne dans son commandement.

Au mois d'août 1810, le Bataillon des Tirailleurs Corses vient d'Anvers à Boulogne.

Le 18 septembre, au camp de Boulogne, il est réduit à 6 compagnies (1 de Carabiniers, 1 de Voltigeurs, 4 de Chasseurs), conformément au décret de 1808.

En décembre, le bataillon est à Trèves.

/ 1811, Camp de Boulogne

Le 1er janvier 1811, la situation des troupes du camp de Boulogne est la suivante :
Général Vandamme commandant en chef : Quartier général à Boulogne.
Infanterie
13e d’Infanterie légère (Dépôt), 17 Officiers, 218 hommes, 2 chevaux.
55e de Ligne (Dépôt), 17 Officiers, 114 hommes.
43e - (Dépôt), 6 Officiers, 112 hommes.
36e – (Dépôt), 8 Officiers, 149 hommes.
46e de Ligne, 44 Officiers, 1247 hommes
19e - 51 Officiers, 1438 hommes, 9 chevaux.
72e - , 52 Officiers, 1491, 9 chevaux.
Tirailleurs corses et du Pô, 20 Officiers, 701 hommes, 4 chevaux.
Cavalerie
24e chasseurs à cheval, 20 Officiers, 343 hommes, 383 chevaux.
Gendarmerie impériale, 1 Officier, 24 hommes, 26 chevaux.
Artillerie à pied, 38 Officiers, 1528 hommes.
Marine, 27 Officiers, 850 hommes, 6 chevaux.
Génie, 3 compagnies, 7 Officiers, 231 hommes, 15 chevaux.

Le 24 mars, l'Empereur prescrit au Ministre de la guerre d'envoyer à l'Armée d'Allemagne les 2es et 4es Bataillons des 2e, 3e et 4e Régiments suisses, les Bataillons des Tirailleurs corses et du Pô, et deux Bataillons des régiments en formation à Hambourg (127e, 128e et 129e), ainsi que du Régiment d'Illyrie. Il en prévient le même jour le prince d'Eckmühl, qui, en cas de nécessité, pourrait se porter sur la Vistule et réunir, avec les Saxons et les Polonais, une armée de 140.000 hommes. Cette armée serait elle-même suivie par une force aussi imposante de 80 Bataillons français prêts à la rejoindre (Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 2, Lavauzelle, page 103).

Le 24 mars 1811, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, à Paris : "Monsieur le Duc de Feltre ... Enfin les bataillons de tirailleurs corses et du Pô feront partie de la division Dessaix. Vous ferez passer une revue particulière de ces deux bataillons, et vous me ferez connaître quand ils seront en état d'être dirigés d'abord sur Wesel et de là sur l'armée d'Allemagne" (Correspondance de Napoléon, t.21, lettre 17512 ; Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 2, Lavauzelle, page 103).

Le même 24 mars 1811, l'empereur écrit, depuis Paris, au Maréchal Davout, Prince d'Eckmühl, commandant l'Armée d'Allemagne : "Mon Cousin, je viens d'ordonner que les six bataillons suisses fussent dirigés sur votre armée, savoir : deux bataillons du 2e régiment, deux bataillons du 3e et deux bataillons du 4e. Les deux bataillons du 2e feront partie de la division Morand, les deux du 3e feront partie de la division Friant, les deux du 4e feront partie de la division Gudin. J'ai également ordonné que les deux bataillons de tirailleurs corses et du Pô qui sont à Boulogne se rendissent à la division Dessaix. Ainsi chaque division sera composée de quatre régiments français à quatre bataillons et de deux bataillons suisses dans le courant de juillet ; et, jusqu'à cette heure, chacune sera de trois bataillons et d'un régiment suisse de deux bataillons ; ce qui fera soixante et douze bataillons ou près de 60,000 hommes, qui, joints aux 10,000 hommes de cavalerie et aux 6,000 d’artillerie, formeront un corps de 76,000 hommes.
J'ai réuni, comme je vous l'ai mandé, une garnison de 15,000 hommes à Danzig. Dans le courant de l'été je ferai remplacer le régiment qui est à Stettin par des troupes de la Confédération ; et, si les événements me le faisaient juger nécessaire, vous pourriez arriver à tire-d'aile à Danzig, vous trouver là avec 90,000 hommes, et vous y seriez promptement joint par 50,000 Polonais et Saxons ; ce qui ferait sur-le-champ une armée de 140,000 hommes. Votre place serait prise à Hambourg, dans le Mecklenburg et à Stettin, par une armée de quatre-vingts bataillons français, égale à la vôtre, pour assurer vos derrières et être prête à vous joindre, en cas qu'il fallût en venir décidément à des hostilités. Si les trois régiments que vous organisez pouvaient vous offrir chacun deux bataillons sur lesquels on pût compter, on pourrait, dans le courant d'août, joindre deux bataillons à vos divisions. Je suppose que, s'il était question d'agir contre les Russes, ces bataillons seraient sûrs et alors pourraient être utiles. Vous remarquerez que les bataillons suisses et les bataillons des tirailleurs corses et du Pô doivent être comptés comme français. Ce ne serait que six bataillons allemands que vous auriez dans votre corps. La garde de votre parc, les petites garnisons qu'il faut toujours avoir, rendraient ce secours précieux, si d'ailleurs on pouvait compter sur eux. Cela ferait vingt-six bataillons par division ou quatre-vingts bataillons pour votre corps d'armée
" (Correspondance de Napoléon, t.21, lettre 17514 ; Correspondance générale de Napoléon, t.10, lettre 26379 ; Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 2, Lavauzelle, page 105).

Encore le 24 mars 1811, l'Empereur écrit aussi, depuis Paris, au Maréchal Davout, Prince d'Eckmühl, Commandant en chef l'Armée d'Allemagne, Gouverneur des villes hanséatiques, à Hambourg : "Mon Cousin ... Les bataillons suisses et les deux bataillons des tirailleurs corses et du Pô, qui sont en marche, arriveront dans le courant de mai ..." (Correspondance de Napoléon, t.21, lettre 17516 ; Correspondance générale de Napoléon, t.10, lettre 26380 ; Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 2, Lavauzelle, page 107).

Le 14 avril l'Empereur prescrit au Ministre de la Guerre de donner l'ordre "aux deux bataillons de tirailleurs corses et des tirailleurs du Pô de partir le 20 avril du camp de Boulogne pour se rendre à Wesel" (Margueron (Cdt) : "Campagne de Russie, première partie", tome 2, Lavauzelle, page 186).

Dès le lendemain, 15 avril, l'Empereur informe le Prince d'Eckmûhl de ces mouvements; il écrit, depuis Paris : "Mon Cousin, j'ai donné l'ordre qu'au 1er mai tout ce qui est nécessaire pour compléter votre infanterie, votre artillerie, votre génie, vos administrations, tant en personnel qu'en matériel, soit dirigé sur Wesel, pour de là se rendre à votre armée. Les deux bataillons des tirailleurs corses et du Pô partent de Boulogne le 20 avril et se dirigent par Wesel. Envoyez-moi un état de situation qui me fasse connaître l'effectif, les présents sous les armes de chaque corps, de l'artillerie, enfin de toute votre armée, afin que je comprenne parfaitement sa situation ..." (Correspondance de Napoléon, t.22, lettre 17609 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 26685 ; Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 2, Lavauzelle, page 186).

Les Tirailleurs corses quittent donc Dunkerque pour se rendre à Wesel.

Le 19 avril 1811, l'Armée d'Allemagne est composée de trois Corps; le 1er est le Corps d'observation de l'Elbe, commandé par Davout. L'Empereur écrit en effet ce jour à au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, à Paris : "Monsieur le Duc de Feltre, l'armée d'Allemagne sera composée de trois corps :
1° Le corps d'observation de l'Elbe ;
2° Le corps d'observation du Rhin ;
3° Le corps d'observation d'Italie.
... CORPS D'OBSERVATION DU RHIN.
Ce corps se réunira de Mayence à Wesel. Il sera composé de quatre divisions d'infanterie ...
3e DIVISION. — 1re brigade : tirailleurs corses, un bataillon ; tirailleurs du Pô, un ; 10e léger, quatre ; 2e brigade : deux bataillons d'élite du 56e ; deux du 124e ; deux bataillons portugais ; 3e brigade : deux bataillons d'élite du 2e de ligne; deux régiments suisses, quatre ; total, 18 bataillons ...
" (Correspondance de Napoléon, t.22, lettre 17630 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 26753; Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 2, Lavauzelle, page 220).

Le 2 mai 1811, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Lacuée, Ministre de l'Administration de la Guerre : "Monsieur le comte de Cessac, je réponds à votre lettre du bureau des étapes, convois et équipages.
Le corps d'observation de l'Elbe n'est composé que de 16 régiments et non de 20, ne comprenant point, pour les équipages militaires, les Portugais et les 127e, 128e et 129e régiments. Il suffit que vous procuriez des chevaux et des caissons aux 15 régiments français pour cinq bataillons au lieu de quatre, au 33e léger, pour quatre bataillons seulement, aux Portugais et aux 127e, 128e et 129e, rien. Toutefois, dans le courant de juillet, vous me remettrez sous les yeux ce qui regarde ces derniers régiments, afin que s'ils sont assez avancés, je donne des ordres pour qu'il soit pourvu à leurs équipages ...
Quant au corps d'observation du Rhin, le 5e régiment d'infanterie légère n'aura point de canons ni de caissons. Les Suisses, les Espagnols, les tirailleurs corses et du Pô, et les Portugais n'en auront point ; ce qui réduit considérablement les demandes que vous faites. Il n'y aura que les régiments français, les régiments d'élite qui ont deux bataillons ; et quelques régiments à raison de 4 bataillons qui auront des canons et des caissons.
Au corps d'observation d'Italie, les Espagnols et les Illyriens n'auront pas de caissons.
Ces décisions modifiant beaucoup les résultats de votre rapport, je vous renvoie votre projet de décret pour que les fonds soient diminués en conséquence. Mais ces formalités ne doivent pas vous empêcher d'aller de l'avant. Je suppose que vous avez donné ordre aux régiments d'acheter des chevaux, des harnais et tout ce qui est nécessaire pour former leurs compagnies régimentaires
" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 4, lettre 5435 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 26946 ; Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 2, Lavauzelle, page 278).

Le 24 mai 1811, l'Empereur écrit, depuis Caen, au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, à Paris : "Je vous envoie cinq états pour vous servir de direction dans un rapport que vous me ferez au 15 juin, pour donner une nouvelle organisation, au 1er juillet, aux différents corps d'observation ...
CORPS D'OBSERVATION DU RHIN. — Au 1er juillet, ce corps prendra le titre de Corps d'observation des Cotes de l'Océan. Il sera formé, comme le porte l'état n° 2, par la réunion de tous les conscrits et de tous les bataillons ...
Je n'ai pas besoin de vous dire que vous ne devez donner aucun ordre, faire aucun mouvement en conséquence de ces états, mais que vous devez vous borner à me faire un rapport général au 15 juin, époque à laquelle vous me demanderez en même temps mes ordres ...
CORPS D'OBSERVATION DU RHIN.
L'organisation des régiments d'élite existera jusqu'au 1er juillet. Les régiments d'élite qui font partie des corps d'observation du Rhin et d'Italie seront alors dissous.
Le corps d'observation du Rhin sera composé de quatre divisions, organisées de la manière suivante :
... 4e Division. — Un bataillon de tirailleurs corses, un de tirailleurs du Pô, quatre du 2e de ligne, quatre du 37e, quatre du 125e et quatre bataillons suisses ...
Chaque division ayant trois brigades, il y aura en tout douze brigades ; chaque division étant de vingt bataillons, le total du corps d'observation du Rhin sera de quatre-vingts bataillons.
Chaque régiment aura ses deux pièces d'artillerie, ce qui fera huit pièces par division, hormis que la 4e division n'en aura que six ; au total, trente pièces régimentaires ...
MODE D'EXÉCUTION. — Au 1er juillet tous les conscrits seront arrivés aux régiments.
La 1re division sera organisée au camp de Boulogne ...
Les 4es bataillons de ces régiments et tous les conscrits des dépôts partiront, du 1er au 15 juillet, de Metz, Nancy, Douai et Berg-op-Zoom, pour aller compléter les régiments au camp de Boulogne. Aussitôt après leur arrivée le tiercement aura lieu, de sorte que les bataillons soient égaux en hommes anciens et aient la même consistance ...
La 4e division sera organisée au camp d'Emden, et l'on procédera de la même manière ...
Ainsi, à cette époque, le corps d'observation du Rhin aura deux divisions au camp de Boulogne et deux en Hollande. Il changera alors de dénomination et prendra celle de Corps d'observation des cotes de l'Océan.
Les 4es compagnies de voltigeurs et de grenadiers des bataillons d'élite passeront dans les 4es bataillons, qui céderont deux de leurs compagnies aux bataillons d'où ces compagnies d'élite seront tirées, de sorte que tous les bataillons seront égaux, de six compagnies, dont une de grenadiers et une de voltigeurs ...
ma pensée secrète est que le corps d'observation des côtes de l'Océan puisse devenir un corps de l'armée d'Allemagne, et, en faisant volte-face sur Mayence ou Wesel, trouver son artillerie à Mayence, à Wesel ou à Maëstricht ...
La 1re division sera commandée par le général Legrand, la 2e division par le général Vandamme, la 3e division par le général Verdières, et la 4e division par le général Souham ...
" (Correspondance de Napoléon, t.22, lettre 17247 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27150; mentionné par Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 1, Lavauzelle, page 312; Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 2, Lavauzelle, page 333).

Le 12 juin 1811, le Ministre directeur de l'Administration de la Guerre écrit, depuis Paris, au Duc de Feltre, Ministre de la Guerre : "Monsieur le Duc, toutes les mesures que j'avais à prendre pour l'exécution du décret du 22 avril sont prises depuis longtemps. Les conseils d'administration des régiments ont dû organiser leurs équipages respectifs avec célérité, et je vois en effet par des correspondances qu'ils ont maintenant ou qu'ils sont près de recevoir, par les marchés qu'ils ont passés, tout ce qu'ils doivent se procurer.
Pour vous mettre à même, Monsieur le Duc, de voir d'un coup d'oeil le résultat des dispositions que j'ai faites à cet égard, j'ai l'honneur d'adresser ci-joint à Votre Excellence un état, par corps d'armée, des régiments qu'elle m'a désignés elle-même comme devant être pourvus d'équipages. Cet état indique la composition de ces équipages en raison du nombre des bataillons de guerre de chaque corps, sauf quelques exceptions ordonnées par l'Empereur lui-même.
État nominatif des régiments d'infanterie qui ont reçu ordre de se pourvoir d'équipages en exécution du décret du 22 avril 1811.
... Corps d'observation du Rhin
"

RÉGIMENTS
Bataillons de guerre
OBSERVATIONS.
Tirailleurs corses *
1
* Le 5e de légère, les corps d'Espagnols, de Portugais, Suisses, les tirailleurs corses et du Pô, désignés par l’astérisque, ont été exceptés par la lettre précitée de l'Empereur de ceux qui doivent être pourvus d'équipages.
L'allocation de ces équipages pour les régiments du corps d'observation du Rhin a lieu dans les proportions ci-après :
Chaque régiment ayant deux bataillons de guerre aura :
2 pièces d'artillerie,
3 caissons de munitions à canon,
1 forge de campagne.
Les régiments à quatre ou trois bataillons de guerre auront de plus :
1 caisson d'ambulance,
1 — de comptabilité.
Il y aura en outre par bataillon de guerre :
1 caisson de cartouches,
1 – des vivres.

(Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 2, Lavauzelle, page 362).

Le 11 août 1811, l'Empereur, depuis le palais de Rambouillet, décrète : "ART. 1er. — Le bataillon des tirailleurs corses et le bataillon des tirailleurs du Pô formeront un régiment sous le nom de 11e régiment d'infanterie légère.
ART. 2. — Le dépôt de ce régiment sera établi à Trêves. Le bataillon des tirailleurs corses formera le fond du 1er bataillon et celui des tirailleurs du Pô le fond du 2e bataillon.
Les 3e, 4e et le bataillons seront formés sans délai.
ART. 3. — Les hommes provenant de la conscription du département de l'île de Corse et de l'île d'Elbe seront tous employés dans ce régiment.
Les officiers, sous-officiers et soldats de la légion du Midi, dissoute par notre décret de ce jour, qui sont en France et en recrutement à Turin, feront partie du 11e régiment d'infanterie légère.
Les prisonniers de la légion du Midi arrivant d'Angleterre seront incorporés dans ce régiment
" (Chuquet A. : « Inédits napoléoniens », Paris, 1913, t.1, lettre 479; Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 3, Lavauzelle, page 115).

Le 11 août 1811, l'Empereur écrit, depuis Rambouillet, au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, à Paris : "Monsieur le Duc de Feltre ... La légion hanovrienne, celle du Midi, ont été dissoutes ; les tirailleurs corses et du Pô sont également dissous ; ainsi il n'y aura plus de corps irréguliers ..." (Correspondance de Napoléon, t.22, lettre 18021 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 28110; Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 3, Lavauzelle, page 115).

Le 8 septembre 1811, à Wesel, le Bataillon qui compte 679 hommes et Sous-officiers et 18 Officiers, est dissout par le Général de Division Comte Hogendorp, Aide de camp de l'Empereur, conformément au décret du 11 août 1811. Ses éléments sont versés dans le 11e Léger dont le numéro était vacant depuis 1803.

/ Sources

- Rigo, "Les Tirailleurs Corses", article paru dans le bulletin n° 20, année 1973, du Carnet de la Sabretache.

- Documentation de l'association "Le Tirailleur Corse".

- A. Martinien, "Tableaux par corps et par batailles des officiers tués et blessés durant les guerres de l'Empire (1805-1815).

-Notes personnelles de l'auteur.

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