Le 33e Régiment d'Infanterie légère, 1810-1814

Avertissement et remerciements : Cet article, que nous compléterons au fur et à mesure de nos découvertes ultérieures, nous a été adressé par notre collègue du Bivouac, Didier Davin, que nous remercions tout particulièrement pour sa disponibilité et son érudition.

Un Régiment franco-hollandais

Carabiniers et Officier de Chasseurs du 1er Léger hollandais d’après Suhr
Fig 1 Carabiniers et Officier de Chasseurs du 1er Léger hollandais d’après Suhr

Le royaume de Hollande a été rattaché à l’Empire et divisé en départements "français" le 9 juillet 1810 après un grignotage continu de son territoire. Les forces hollandaises prirent donc rang dans l’armée française. L’Infanterie formant 4 Régiments de Ligne (123e au 126e de Ligne) et un Régiment d’Infanterie légère : le 33e.

C’est le 3 octobre 1810, à Groningue, sous la supervision du Général Molitor que se forme le 33e Léger "français", à partir des deux Bataillons du 1er Régiment de Chasseurs à pied ou 1er Léger (Note 1) et du 1er Bataillon du 6e de Ligne de l’ex armée du Roi Louis Bonaparte, frère déchu de l’Empereur.

Le Régiment est mis sur le pied de 4 Bataillons de guerre : les trois premiers à 2 Compagnies d’élite (Carabiniers et Voltigeurs) et 4 Compagnies de Chasseurs, le 4e à 6 Compagnies de Chasseurs, et un 5e Bataillon de Dépôt.

L’encadrement du Régiment, très nationaliste, n’est pas en faveur de l’Empereur, et celui-ci se méfie de ce Régiment ; il va donc chercher à épurer un certain nombre d’Officiers mais cela sera insuffisant. Le Colonel est Marguerye, un français, Colonel à la suite Behr, les Chefs de Bataillons sont : Everts, De Jongh, Schuurman et Van Ommeren. On parle hollandais dans le Régiment, ce qui est logique, et le règlement militaire français n’est pas encore de rigueur.

Le 6 octobre 1810, l'Empereur adresse, depuis Fontainebleau, au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, à Paris, une Note sur l'organisation des armées; concernant l'Armée d'Allemagne, il écrit : "… 1er corps : le 7e d'infanterie légère formerait quatre bataillons ; le 13e, quatre ; le 15e, quatre (le 4e bataillon de ce régiment, étant en Espagne, serait remplacé par le 3e bataillon du 6e léger) ; le 33e d'infanterie légère, quatre ; le 12e de ligne, quatre ; le 17e, quatre ; le 21e quatre ; le 25e, trois (le 4e bataillon en Espagne) ; le 30e, quatre ; le 33e quatre ; le 48e, quatre ; le 57e, quatre ; le 61e, quatre ; le 85e, quatre ; le 108e, quatre ; le 111e, quatre ; total, 16 régiments formant 63 bataillons.
Ces 63 bataillons composeraient 4 divisions ; chaque division serait formée d'un régiment d'infanterie légère et de 3 régiments de ligne. Ce premier corps serait celui qui est actuellement en Allemagne, sous les ordres du prince d'Eckmühl ...
TROISIÈME PARTIE.
… 6° Provisoirement les divisions seront fortes de 5 régiments. Quand j'enverrai le 33e d'infanterie légère et les 4es bataillons qui manquent, je formerai 4 divisions, fortes chacune de 4 régiments
" (Correspondance de Napoléon, t.21, lettre 17000 ; Correspondance générale de Napoléon, t.10, lettre 24816).

Le 18 novembre 1810, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, les 5es bataillons des 4 régiments hollandais seront placés, savoir : celui du 33e d'infanterie légère à Groningue ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.10, lettre 25277).

Le Duc de Feltre adresse à l'Empereur la question suivante, portant sur l'organisation des Régiments hollandais : "Le décret impérial du 26 de ce mois qui détermine définitivement la composition des régiments hollandais et la manière dont ils seront recrutés porte article 3, qu'il y aura par compagnie 20 officiers et sous-officiers, 80 soldats hollandais et 56 étrangers, ce qui portera le complet des cinq régiments à 14.000 hollandais et 5.600 étrangers.
Je prie Sa Majesté de me faire connaître si son intention est que ces compagnies soient incorporées, comme celles d'infanterie, de deux tiers de Hollandais et d'un tiers d'étrangers
". Ce à quoi l'Empereur répond, le 19 novembre 1810, depuis Paris : "Tous Hollandais" (Brotonne (L. de) : « Dernières Lettres inédites de Napoléon 1er, collationnées sur les textes et publiées », Paris, 1903, t. 1, lettre 1182).

Le 6 décembre 1810, le Régiment forme une Compagnie d’Artillerie régimentaire et réorganise les 4 Compagnies de Chasseurs de son Dépôt aux ordres du Major Van Bersteyn.

Le Régiment doit rejoindre l’Armée d’Allemagne du Maréchal Davout ; Napoléon lui écrit, depuis Paris, le 21 janvier 1811 : "Mon Cousin, mon intention est d'envoyer à votre armée un nouveau régiment français d'infanterie légère et quatre régiments hollandais, et qu'il soit formé une 4e division, de sorte que votre corps sera composé de quatre divisions, chacune de cinq régiments, savoir : d'un régiment d'infanterie légère et de trois régiments de ligne français et d'un régiment hollandais. La division où sera le 33e léger aura un autre régiment d'infanterie légère français.
Mon intention est de réunir l'artillerie et tout ce qui est nécessaire pour pouvoir, dans le courant de l’été, former, de ces quatre divisions de cinq régiments chacune, cinq divisions de quatre régiments. Il est donc nécessaire qu'il y ait aux parcs de l'artillerie et du génie le matériel nécessaire pour former ces cinq divisions.
Comme chaque régiment sera de quatre bataillons, je désire qu'il y ait trois pièces régimentaires au lieu de deux ; ce qui ferait soixante pièces de régiment. Chaque division d'infanterie devrait avoir une compagnie d'artillerie légère, ce qui ferait cinq compagnies ...
Ainsi votre corps d'armée serait composé de cinq divisions d'infanterie, de trois brigades de cavalerie légère, d'une division de cavalerie de réserve, de cent quatre-vingts bouches à feu, et présenterait, tout compris, une force de 80,000 hommes, que je voudrais avoir toujours disponible pour former l'avant-garde et porter où cela serait nécessaire ...
" (Correspondance de Napoléon, t.21, lettre 17289 ; Correspondance générale de Napoléon, t.10, lettre 25743).

Le 1er février 1811, le Colonel Marguerye part donc avec ses trois premiers Bataillons pour Brême se mettre sous les ordres de Davout au Corps d’Observation de l’Elbe.

Le 9 février 1811, l'Empereur, depuis Paris, ordonne que "Les régiments hollandais incorporés dans l'armée française prendront chacun, selon leur arme, l'uniforme français au fur et à mesure des renouvellements qui auront lieu aux époques déterminées par les lois qui les régissent" (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1911, t.3, lettre 4455).

Le 11 février 1811, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, il n'y a à l'armée d'Allemagne que 15 régiments ; le 16e sera le 33e d'infanterie légère.
Mon décret, qui porte à 4 pièces les pièces de chaque régiment, doit donc être appliqué à ce régiment.
Vous noterez que les 16 régiments de l'armée d'Allemagne seront augmentés de leur quatrième bataillon en mai. Ils auront ainsi tout le mois de mai pour se former, car il n'est pas probable que les 4es bataillons puissent arriver aux régiments avant la fin de mai.
Donnez ordre que le 33e se tienne prêt à entrer en campagne, et à se rendre à l'armée d'Allemagne. Faites passer la revue de ce régiment ; faites former sa compagnie de canonniers, et faites-lui fournir ses caissons, harnais, etc.
" (Correspondance générale de Napoléon, t.10, lettre 25907).

Et dans une autre lettre, elle aussi adressée au Duc de Feltre, et datée de Paris, le 11 février 1811 : "Donnez ordre que le 33e régiment d'infanterie légère qui est dans la 31e division militaire, se tienne prêt à partir. Faites former sa compagnie de canonniers, et faites-lui fournir quatre pièces de canon, ses caissons, harnais, etc. Mon décret qui porte à quatre pièces les pièces de chaque régiment, doit donc être appliqué à ce régiment" (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1911, t.3, lettre 4458).

Napoléon écrit, le 13 février 1811, depuis Paris, au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, à Parise, pour lui préciser les modifications de l’Armée d’Allemagne : "Monsieur le Duc de Feltre, au 1er avril l'armée d'Allemagne sera composée de la manière suivante :
... 4e division : le général de division Dessaix, commandant ; les généraux Barbanègre et Friederichs, généraux de brigade. 33e léger ; 67e, 108e, 85e de ligne.
Chaque régiment, dans le courant de l'été, aura 4 bataillons ; ce qui fera 16 bataillons par division ou 12,000 hommes.
Chaque régiment aura également, dans le courant de l'été, 4 pièces de canon ; ce qui fera 16 pièces de canon par division ...
Les mouvements de l'armée d'Allemagne doivent se faire par Wesel, qui est le grand dépôt.
Ces ordres doivent être tenus secrets, et vous devez prescrire les différentes dispositions sans que personne ait connaissance de cette lettre. Vous m'apporterez vous-même la formation de l'armée en ses différentes parties, avec la désignation des officiers, pour que je l'approuve, et vous l'enverrez ensuite au prince d'Eckmühl, comme définitivement arrêtée ...
" (Correspondance de Napoléon, t.21, lettre 17355 ; Correspondance générale de Napoléon, t.10, lettre 25918).

Le 15 février 1811, à Paris, à la question "Sur le mode de recrutement des étrangers admis dans les régiments ci-devant hollandais", l'Empereur répond : "Ne pourrait-on pas se servir du dépôt de recrutement de Gorcum jusqu’à nouvel ordre ?" (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1911, t.3, lettre 4464).

Le 5 mars 1811, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, à Paris : "Il devient très-urgent de faire dans les régiments hollandais les changements que j'ai ordonnés et d'y mettre le tiers d'officiers français. Il y a un mois que j'ai ordonné cela et vous ne m'avez pas présenté le travail ..." (Correspondance de Napoléon, t.21, lettre 17419).

Le 7 mars 1811, le Duc de Feltre écrit, depuis Paris, à l'Empereur : "Sire, J'ai l'honneur de rendre compte à Votre Majesté que d'après ses intentions j'ai donné ordre d'envoyer à Paris un détachement de chacun des 123e, 124e, 125e et 126e régiment d'infanterie de ligne, 33e régiment d'infanterie légère, 11e régiment de cuirassiers (sic) et 11e régiments de hussards avec leurs drapeaux, guidons ou étendards pour recevoir de Sa Majesté une aigle par régiment". Ce à quoi l'Empereur lui répond, depuis Paris, le 10 mars 1811 : "Renvoyé à M. le duc de Frioul pour s'entendre avec le ministre de la guerre afin que les aigles soient préparés pour ces régiments ainsi que pour les nouveaux régiments de chevau-légers polonais, le 2e régiment de chevau-légers hollandais et le 2e régiment de grenadiers. Me faire connaître le jour où se fera cette distribution" (Brotonne (L. de) : « Dernières Lettres inédites de Napoléon 1er, collationnées sur les textes et publiées », Paris, 1903, t. 2, lettre 1304).

Le 15 mars 1811, l'Empereur écrit, depuis Paris, à Davout : "... Il résulte de l'ordre que j'ai donné pour l'organisation de votre corps d'armée, que le 33e d'infanterie légère se mettra en marche le 1er avril prochain et complétera votre corps à seize régiments ..." (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1912, t.4, lettre 5517).

Le 24 mars 1811, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Maréchal Davout, Prince d'Eckmühl, Commandant en chef l'Armée d'Allemagne, Gouverneur des villes hanséatiques, à Hambourg : "Mon Cousin, le 33e régiment d'infanterie légère doit être arrivé à votre corps d'armée ... Le 33e régiment d'infanterie légère et le 57e resteront à Magdeburg sous les ordres du général de brigade Barbanègre ..." (Correspondance de Napoléon, t.21, lettre 17516 ; Correspondance générale de Napoléon, t.10, lettre 26380).

Le 25 mars 1811, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Maréchal Davout, Prince d'Eckmühl, Commandant l'Armée d'Allemagne, à Hambourg : "Mon Cousin, je reçois votre lettre du 20 mars. Le partage que vous faites de vos seize régiments en quatre divisions ne me paraît pas convenable. Le 33e léger et le 111e ne peuvent pas être ensemble ; ce serait deux régiments étrangers dans la même division. Je vous ai envoyé hier l'organisation de l'armée, telle que je l'ai arrêtée ..." (Correspondance de Napoléon, t.21, lettre 17521).

Le 30 mars 1811, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, à Paris : "... Les îles de Walcheren, Schouwen et Goeree seront gardées par les régiments de Walcheren. Les 4es bataillons des 124e, 125e, 126e de ligne et du 33e léger seront placés dans les points les plus importants. Pour faire le service dans les villes, il suffira de la gendarmerie et de la garde nationale …
Le duc de Reggio sera chargé du commandement de ces deux camps ; il ira y passer un mois et s'assurera de l'instruction des troupes ...
" (Correspondance de Napoléon, t.21, lettre 17532; Correspondance générale de Napoléon, t.10, lettre 26415).

Carabiniers et Officier de Chasseurs du 1er Léger hollandais d'après Suhr
Fig 2 Officier de Fusiliers de l’ex 6e de Ligne hollandais d’après Suhr

En avril, le Régiment est stationné à Stettin. Napoléon écrit le 12 avril 1811 au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, à Paris : "... le 33e régiment d’infanterie légère n’a que 1800 hommes à ses trois bataillons qui sont en Allemagne. Il est indispensable que le 5e bataillon fasse partir de Groningue 100 hommes pour recruter ces trois bataillons ; les deux cent conscrits que le régiment va recevoir porteront le 4e bataillon à 700 hommes, ce qui pourra le mettre à même de partir avec tous les 4e bataillons du corps d’armée d’Allemagne ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 26639).

Le 15 avril 1811, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Maréchal Davout, Prince d'Eckmühl, commandant l'Armée d'Allemagne, à Hambourg : "Mon Cousin ... Je suppose que le 33e léger a ses quatre pièces de canon ; s'il ne les avait pas, faites-les-lui fournir sur-le-champ avec les caissons" (Correspondance de Napoléon, t.22, lettre 17609 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 26685).

Et dans la même journée, 15 avril 1811, l'Empereur écrit encore, depuis Paris, au Maréchal Davout, Prince d'Eckmühl, commandant l'Armée d'Allemagne, à Hambourg : "Mon cousin, je vous ai mandé que j'avais formé un 6e bataillon à tous les corps de votre armée, hormis au 33e léger ..." (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1912, t.4, lettre 5554 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 26686).

Le 19 avril 1811, Napoléon décide que l'Armée d'Allemagne sera composée de trois Corps; le 1er est le Corps d'observation de l'Elbe, commandé par Davout. L'Empereur écrit en effet ce jour à au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, à Paris : "Monsieur le Duc de Feltre, l'armée d'Allemagne sera composée de trois corps :
1° Le corps d'observation de l'Elbe ;
2° Le corps d'observation du Rhin ;
3° Le corps d'observation d'Italie.
CORPS D'OBSERVATIONDE L'ELBE.
Le corps d'observation de l'Elbe sera commandé par le prince d'Eckmühl. Il sera composé de cinq divisions d'infanterie et formé de la manière suivante :
... 4e Division : 33e de ligne, quatre bataillons ; 57e, cinq ; 85e, cinq ; Portugais, trois ; total, 17 bataillons.
Cette 4e division sera commandée par le général [...] ...
ARTILLERIE. — Chaque régiment aura quatre pièces de régiment, ce qui fera douze pièces par division, à l'exception de la 5e, qui en aura seize ...
" (Correspondance de Napoléon, t.22, lettre 17630 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 26753; Comprendre 33e Léger; le Général Dessaix est à la tête de cette Division).

Le même 19 avril 1811, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Maréchal Davout, Prince d'Kckmhül, commandant l'Armée d'Allemagne, à Hambourg : "Mon Cousin ... Faites passer une revue de rigueur du 33e régiment léger, et faites-moi connaître ce que je puis en espérer. Faites mettre en état son armement, son habillement ; faites-lui fournir des souliers ..." (Correspondance de Napoléon, t.22, lettre 17632).

Le 20 avril 1811, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Maréchal Davout, commandant le Corps d'Observation de l'Elbe et Gouverneur général des villes hanséatiques : "Mon cousin, je vous envoie un décret que vous ne recevrez que dans quelques jours par le ministre, par lequel j'attache un major en second à vos 15 régiments d'infanterie. Il est indispensable que vous me proposiez sur-le-champ la nomination de ces majors en second pris parmi les meilleurs chefs de bataillon qui seront remplacés par des capitaines, ceux-ci par des lieutenants et successivement. Ayez soin de faire de bons choix. Vous sentez combien il est nécessaire que les régiments que vous avez qui vont être de cinq bataillons en ligne aient un major en second qui commande le 3e et le 4e bataillon. Le colonel en commandera 2 ou 3 selon les circonstances.
Je vous ai mandé que j'avais créé un 6e bataillon à vos régiments. Formez-en les cadres chez vous ; car je compte envoyer 10000 hommes des dépôts en Allemagne, de sorte que ces 6es bataillons seront formés avant les 4es bataillons. Je ne comprends pas le 33e léger dans tous ces calculs. En réalité vous allez avoir d'ici au 1er juin 30 bataillons de renfort. Vous en avez 48, cela fera 78 bataillons ou plus de 60000 hommes d'infanterie sans les arrières, ce qui vous fera cinq belles divisions de 15 bataillons chacune ...
" (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1912, t.4, lettre 5563; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 26780).

Le 23 avril 1811, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, vous recevrez le décret par lequel j'ai réglé la formation des 6es bataillons de l'armée d'Allemagne. J'ai changé les éléments de cette formation ...
Quant à l'infanterie légère, j'ai d'abord ôté de la liste le 23e qui a ses 3e et 4e bataillons en France et qui doit les fournir à l'armée ...
Quant au 33e, il n'est susceptible que d'avoir tout au plus 4 bataillons à l'armée. Le 6e bataillon ne sera pas formé ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 26814).

Le même 30 avril 1811, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, dans une autre lettre adressée au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, je reçois l'état de situation du corps d'observation de l'île d'Elbe.
J'y vois ... qu'il manque au 33e léger pour les 4 bataillons 400 hommes ...
Il est nécessaire que vous me fassiez un travail sur les moyens de se procurer les suppléments, en les tirant des dépôts des régiments de l'armée d'Espagne qui sont du côté du Nord
" (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 26899).

Le 30 avril 1811 encore, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Maréchal Davout, commandant le Corps d'Observation de l'Elbe et Gouverneur général des villes hanséatiques : "Mon cousin, je vous envoie l'état de situation du corps d'observation de l'Elbe en infanterie, que me remet le ministre de la Guerre. Il en résulte que ce corps est actuellement de 40 000 hommes, et que vous recevrez 20 000 conscrits, ce qui le portera à 60 000 hommes d'infanterie.
Je donne ordre que ce qui manque aux 13e de ligne, 15e léger, 33e de ligne, 25e de ligne, et au 33e léger, jusqu'à concurrence de 4 bataillons, leur soit fourni, de sorte que vous ayez 16 régiments ou 79 bataillons, chacun fort de 800 hommes ...
" (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1912, t.4, lettre 5572 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 26906).

Le 1er mai 1811, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, donnez ordre que le 4e bataillon du 33e régiment d'infanterie légère soit complété avec ce qu'il y a de disponible dans le 5e bataillon.
Il laissera le cadre de sa 6e compagnie pour prendre tous les conscrits que le régiment doit recevoir et aussitôt qu'ils seront habillés et armés, vous les dirigerez sur l'armée d'Allemagne pour rejoindre les bataillons de guerre ; aussitôt que le 5e bataillon n'aura plus de conscrits, qu'ils seront tous partis pour rejoindre les bataillons de guerre, vous ordonnerez au 5e bataillon et au dépôt de se rendre à Charleville ... mon intention étant de n'avoir aucun dépôt en Hollande, parce que tout y est trop cher et parce que je préfère que les conscrits hollandais passent sur-le-champ en France ...
" ( Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 26924).

Le 2 mai 1811, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Lacuée, Ministre de l'Administration de la Guerre : "Monsieur le comte de Cessac, je réponds à votre lettre du bureau des étapes, convois et équipages.
Le corps d'observation de l'Elbe n'est composé que de 16 régiments et non de 20, ne comprenant point, pour les équipages militaires, les Portugais et les 127e, 128e et 129e régiments. Il suffit que vous procuriez des chevaux et des caissons aux 15 régiments français pour cinq bataillons au lieu de quatre, au 33e léger, pour quatre bataillons seulement, aux Portugais et aux 127e, 128e et 129e, rien. Toutefois, dans le courant de juillet, vous me remettrez sous les yeux ce qui regarde ces derniers régiments, afin que s'ils sont assez avancés, je donne des ordres pour qu'il soit pourvu à leurs équipages ... Quant au corps d'observation du Rhin, le 5e régiment d'infanterie légère n'aura point de canons ni de caissons. Les Suisses, les Espagnols, les tirailleurs corses et du Pô, et les Portugais n'en auront point ; ce qui réduit considérablement les demandes que vous faites. Il n'y aura que les régiments français, les régiments d'élite qui ont deux bataillons ; et quelques régiments à raison de 4 bataillons qui auront des canons et des caissons. Au corps d'observation d'Italie, les Espagnols et les Illyriens n'auront pas de caissons. Ces décisions modifiant beaucoup les résultats de votre rapport, je vous renvoie votre projet de décret pour que les fonds soient diminués en conséquence. Mais ces formalités ne doivent pas vous empêcher d'aller de l'avant. Je suppose que vous avez donné ordre aux régiments d'acheter des chevaux, des harnais et tout ce qui est nécessaire pour former leurs compagnies régimentaires
" (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 26946).

Le 16 mai 1811, l'Empereur écrit, depuis Rambouillet, au Maréchal Davout, Prince d'Eckmühl, commandant l'Armée d'Allemagne, Hambourg : "Mon Cousin, je crains que vous ne vous occupiez pas assez du 33e régiment d'infanterie légère. On m'assure qu'il y a un grand nombre de femmes à la suite de ce régiment. Faites-moi connaître ce qui en est. 11 ne faut garder que le nombre de femmes prescrit par l'ordonnance et renvoyer les autres. Ce régiment a besoin de toute votre attention" (Correspondance de Napoléon, t.22, lettre 17228; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27080).

Le 15 mai 1811, l'Empereur écrit, depuis Rambouillet, au Général Dumas, Directeur des Revues et de la Conscription : "Monsieur le général comte Dumas, j'ai reçu les 13 états que vous m'avez envoyés. Je désire que vous y fassiez les changements suivants :
... L'état n° 1 comprend l'armée d'Allemagne. Vous y portez que le 4e bataillon du 12e de ligne est à Magdebourg, il est à Mézières. Le 6es bataillon est revenu également à Mézières.
Avez-vous ôté des 3 bataillons de guerre les cadres des 6es bataillons qui a diminué d'autant leur effectif ? ...
Je garde vos états dont je suppose que vous avez les doubles. Rectifiez votre travail sur les observations que je vous ai faites. Vous pouvez le simplifier, en supprimant deux états. Après ces changements, on arrivera au résultat qu'avec la conscription de 1812, on aura beaucoup plus que le complet
" (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27069).

Le 24 mai 1811, l'Empereur écrit, depuis Caen, au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, à Paris : "Je vous envoie cinq états pour vous servir de direction dans un rapport que vous me ferez au 15 juin, pour donner une nouvelle organisation, au 1er juillet, aux différents corps d'observation.
CORPS D'OBSERVATION DE L'ELBE. — Ce corps restera à quatre divisions jusqu'au 1er juillet. A cette époque, il sera formé à cinq divisions. Les 4es et 6es bataillons s'y réuniront dans les lieux indiqués, de sorte qu'au commencement d'août l'organisation soit complète, et que ce corps ait acquis toute la consistance qu'on peut en attendre ...
Je n'ai pas besoin de vous dire que vous ne devez donner aucun ordre, faire aucun mouvement en conséquence de ces états, mais que vous devez vous borner à me faire un rapport général au 15 juin, époque à laquelle vous me demanderez en même temps mes ordres.
En attendant, toutes les dispositions nécessaires pour porter au complet le corps d'observation de l'Elbe, tel qu'il a été arrêté, doivent avoir lieu.
N°1
Le ministre de la Guerre trouvera dans ces notes ce qui est relatif à l’organisation et mouvement du corps d’observation de l’Elbe au mois de juillet. Elles serviront de matière à un rapport qu’il devra me faire pour le 20 juin.
NOTE.
CORPS D'OBSERVATIONDE L'ELBE.
Le corps d'observation de l'Elbe doit être composé de cinq divisions. Il restera à quatre divisions jusqu'au 1er août et ne sera composé de cinq divisions qu'à cette époque, à laquelle les 6es et 4es bataillons auront rejoint.
Je vous ai déjà fait connaître que la composition de ces divisions doit être faite de la manière suivante ... :
Division Dessaix. — 33e léger, quatre ; 85e de ligne, cinq ; 108e, cinq ; total, 15 bataillons ...
Chaque division aurait quatre brigades, et chaque brigade se composerait de cinq bataillons ; quatre généraux de brigade seraient-attachés à chaque division ; les cinq divisions formeraient en tout vingt brigades et quatre-vingt-dix-huit bataillons ...
On procédera de la manière suivante : au 1er juillet, les 4es bataillons, complétés de tous les conscrits destinés aux 6es bataillons, se mettront en marche pour se diriger sur les quatre points suivants : ... ceux de la 4e, sur Aix-la-Chapelle ...
Un général de brigade, de ceux qui sont destinés pour l'armée d'Allemagne, sera attaché à chacun de ces quatre camps, et chargé de surveiller la formation et l'instruction des bataillons qui doivent les composer. Vous nommerez ces quatre généraux. Ils devront se rendre, aussitôt, chacun dans les dépôts qui fournissent au camp dont il est chargé ; ils feront la revue des 4es bataillons, vérifieront l'état de l'habillement, feront la revue des officiers à réformer et dresseront l'état des places vacantes pour les 4es et 6es bataillons.
Ces généraux correspondront à cet effet avec le général Compans, que vous chargerez de suivre cette organisation ...
" (Correspondance de Napoléon, t.22, lettre 17247 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27150).

Le 12 juin 1811, les premiers, second et troisième Porte Aigles sont nommés. Une délégation part à Paris chercher sa nouvelle Aigle, qu’elle reçoit le 30 juin lors d’une grande parade. Le Moniteur pourra écrire : "... Il y avait à cette parade plus de 30.000 hommes ; elle a duré malgré la pluie abondante de 2 heures jusqu’à 8 heures. S. M. a donné des Aigles au 2e régiment des grenadiers de la Garde, au 1er régiment de chevau-légers de la Garde, au 2e régiment de chevau-légers de la Garde, au 33e régiment d’infanterie légère ..."; de même, on peut lire, dans le Courrier de Turin : "… il y a eu grande parade et revue de tous les corps de la garde impériale et des autres troupes qui se trouvaient à Paris ou dans les environs.
Il y avait à cette parade plus de 30,000 hommes. Elle a duré malgré une pluie abondante, depuis deux heures jusqu'après huit heures du soir.
S. M. y a donné des aigles :
Aux 3e régiment des grenadiers de la garde ; 1er régiment des chevau-légers de la garde ; 2e idem ; 33e d'infanterie légère ; 125e d'infanterie de ligne ; 124e idem ; 125e idem ; 126e idem ; 11e régiment de hussards ; 14e régiment de cuirassiers …
" (Courrier de Turin N°92, 7e année, samedi 6 juillet 1811).

L’Aigle est accompagnée d’un drapeau modèle 1804.

Le 2 juillet 1811, le Duc de Feltre écrit, depuis Paris, à l'Empereur : "Sire,
Je supplie Votre Majesté de me donner ses ordres pour renvoyer à leurs corps les détachements du 33e régiment d'infanterie légère, 123e, 124e, 125e et 126e régiments d'infanterie de ligne, 14e de cuirassiers et 11e de hussards qui se trouvent chargés des aigles que Votre Majesté a daigné accorder à ces régiments
"; l'Empereur lui répond le lendemain, depuis Saint-Cloud : "Leur donner à chacun une gratification d'un mois de solde. Je suppose que le ministre a fait bien traiter les officiers. Les renvoyer à leur corps avec leurs aigles" (Brotonne (L. de) : « Dernières Lettres inédites de Napoléon 1er, collationnées sur les textes et publiées », Paris, 1903, t. 2, lettre 1459).

La délégation retourne donc à son unité avec ladite gratification.

Le même 2 juillet 1811, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Dumas, Directeur des Revues et de la Conscription : "Monsieur le comte Dumas, j'ai signé le décret pour la levée des 24 000 hommes de la réserve de la conscription dans l'intérieur de l'Empire. Je désirerais que vous fissiez les changements suivants dans la répartition. Vous pourriez en attendant expédier le décret, huit jours de retard ne font rien à la distribution ...
La levée hollandaise servira à compléter les 123e, 124e, 125e, 126e, et le 33e léger ...
" (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1911, t.3, lettre 4646 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27510).

Le 25 juillet, le 4e Bataillon, qui a formé ses deux Compagnies d’Elite, rejoint le Régiment.

Le 2 août 1811, Napoléon, qui espère porter les Régiments d'infanterie français de Davout à sept Bataillons, lui écrit, depuis Saint-Cloud : "... Ces 7es bataillons seraient fort utiles, en ce qu'ils porteraient vos brigades à six bataillons. On mettrait à chaque brigade trois majors en second, un colonel et un général de brigade. Vos divisions seraient alors de dix-huit bataillons français ; ce qui vous ferait quatre-vingt-dix bataillons, sans compter les quatre bataillons du 33e léger et les neuf bataillons des 127e, 128e et 129e, et avec ces treize bataillons cent trois bataillons. En y joignant les dix-sept bataillons de la division de Danzig, vous aurez cent vingt bataillons, qui, à 800 hommes, porteraient votre corps d'armée à près de 100,000 hommes d'infanterie ..." (Correspondance de Napoléon, t.22, lettre 17978; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27937).

En aout 1811, le Régiment est de nouveau à Magdebourg où il est rejoint par sa Compagnie d’Artillerie régimentaire qui, passée en revue, n’a que 4 canons et deux caissons. Il manque 4 caissons d’infanterie, une forge et un caisson d’ambulance. Les chevaux ont été achetés sur place. Napoléon a d’ailleurs écrit, depuis Rambouillet, au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, le 9 août : "Monsieur le Duc de Feltre ... Donnez ordre qu'il soit passé une revue extraordinaire du 33e léger à Magdebourg et qu’on m’envoie la situation du régiment en me faisant connaitre de quelle nation sont les officiers, sous-officiers et soldats. S’il y avait dans ce régiment des hommes appartenant à la 32e division militaire, le prince d’Eckmühl sera autorisé à leur faire rejoindre un des 3 régiments hanséatiques. Je me réserve de statuer sur ces étrangers quand je connaitrai leur nombre et leur pays" (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 28069).

Le 11 août 1811, l'Empereur écrit, depuis Rambouillet, au Maréchal Davout, commandant le Corps d'observation de l'Elbe, et gouverneur général des villes hanséatiques : "Mon cousin, le 33e régiment d'infanterie légère ne doit pas être compris dans le nombre des régiments que vous devez recruter avec des conscrits réfractaires. La conscription qui va se lever en Hollande fournira de quoi compléter ce régiment" (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 28115).

Le 11 août 1811, l'Empereur écrit, depuis Rambouillet, au Général Mathieu Dumas, Directeur des Revues et de la Conscription : "Monsieur le comte Dumas, je réponds à votre lettre du 9. J'approuve la répartition des conscrits de la Hollande. Il faut donner au 33e léger ce qui est nécessaire pour compléter ses quatre bataillons sur cette conscription. Faites-moi connaître où est le dépôt de ce régiment pour voir s'il vaut mieux les envoyer directement à leur dépôt qu'à Magdeburg ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 28117).

Le 16 septembre 1811, l'Empereur écrit, depuis Compiègne, au Général Clarke : "Monsieur le duc de Feltre, donnez ordre au 5e bataillon du 33e d'infanterie légère de faire partir le cadre d'une compagnie du 5e bataillon pour Wesel et les cadres de deux compagnies pour Strasbourg. Chaque cadre y recevra 150 conscrits ...
Ainsi donc, j'aurai complété les cadres suivants avec des conscrits réfractaires, savoir :
DÉPÔT DE WESEL.
Treize compagnies, ce qui, joint à la compagnie du 33e dont je viens d'ordonner l'envoi, fait quatorze compagnies, lesquelles, à raison de 150 hommes chacune, emploient 2.100 hommes ...
Quant à l'habillement, les mesures sont prises pour qu'il ne manque pas...
" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 4, lettre 6186 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 28664).

Le 7 octobre 1811, l'Empereur écrit, depuis Utrecht, au Maréchal Davout, commandant le Corps d'observation de l'Elbe, et gouverneur général des villes hanséatiques : "Mon cousin ... Des conscrits vous arriveront de Wesel et de Strasbourg avec le cadre du 3e bataillon de Walcheren. Vous pouvez mettre dans vos trois régiments d'infanterie légère les conscrits arrivant de Wesel et de Strasbourg qui seront au-dessus du complet, et fournir au 33e léger des hommes pour compléter les quatre bataillons de ce régiment. Il faut avoir soin de choisir des Belges et des Hollandais, enfin des hommes parlant flamand, qui conviendront beaucoup à ce régiment ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 28785)

Le 18 octobre 1811, l'Empereur écrit, depuis Amsterdam, au Général Clarke : "Monsieur le duc de Feltre, je vous envoie un travail sur le corps d'observation de l'Elbe. Il est bien important qu'il soit nommé sans délai à tous les emplois vacants". Cette lettre est suivie, en Annexe, sous le titre "Armée d’Allemagne", d'un "Relevé numérique des emplois vacants dans les régiments d’infanterie et de cavalerie à l’époque du 10 septembre 1811" qui indique, pour la 4e Division, qu'il manque au 33e Léger 6 Capitaines, 16 Lieutenants et 5 Sous-lieutenants (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 4, lettre 6263 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 28850).

Jusqu'au 24 octobre 1811, Davout commande l'Armée d'Allemagne. A cette dernière date, il est appelé au commandement du Corps d'observation de l'Elbe.

Le 30 octobre 1811, l'Empereur écrit, depuis Nimègue, au Général Clarke : "Monsieur le duc de Feltre, je reçois votre rapport du 26 octobre. Mon intention est qu'il ne soit placé dans le 33e d'infanterie légère aucun homme des régiments de marche de La Rochelle ; mais on peut placer ces hommes dans les anciens régiments, tels que le 30e, etc." (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 4, lettre 6313 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 28952).

Le même 30 octobre 1811, l'Empereur écrit, depuis Nimègue, au Maréchal Davout, Prince d'Eckmühl, commandant le Corps d'observation de l'Elbe, à Hambourg : "Il ne faut pas mettre dans le 33e d'infanterie légère aucun homme des bataillons de l'île de Ré et de Belle-Isle. Ces hommes sont d'anciens Français. Placez-les dans le 30e, le 57e, etc., mais pas dans le 33e ..." (Brotonne (L. de) : « Dernières Lettres inédites de Napoléon 1er, collationnées sur les textes et publiées », Paris, 1903, t. 2, lettre 1636; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 28958).

Le 12 novembre 1811, l'Empereur écrit encore, toujours depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre ... Il y a des étrangers dans les 5 régiments hollandais ; ces régiments doivent, à l’avenir, être considérés comme régiments français et pas conséquent être recrutés d’après le même système et ne recevoir aucun étranger : les Prussiens, les Westphaliens et les Russes qui s’y trouvent dans ce moment pourront, par une exception spéciale, être incorporés dans les 2 régiments étrangers qui doivent être stationnés en Hollande ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 29043).

Le 25 novembre 1811, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke : "Monsieur le duc de Feltre, faites-moi connaître ce que le 33e régiment d'infanterie légère, le 123e régiment de ligne, le 124. id., le 125e id., et le 126. id. avaient à leur dépôt, au 15 novembre, s'ils avaient reçu leur contingent de la conscription et ce qu'ils pourraient faire partir au 1er décembre pour rejoindre leurs bataillons de guerre" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 4, lettre 6418 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 29196).

Le 30 novembre 1811, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke : "Monsieur le duc de Feltre ... Donnez ordre que les majors des 33e léger, 123e, 124e, 125e et 126e soient à leurs dépôts et prennent les mesures nécessaires pour exercer leurs conscrits. Vous me ferez connaître la situation de ces dépôts au 1er janvier, sous le point de vue de l'armement et de l'habillement, et je me déciderai sur le parti à prendre ..." (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 4, lettre 6431 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 29226).

Davout s’est occupé de l’équipement et, à la fin 1811, le Régiment est habillé avec un "mix" de tenues "à la française" et hollandaise.

Le 20 décembre 1811, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke : "Monsieur le duc de Feltre, pour compléter l'effectif des régiments du corps d'observation de l'Elbe à 150 hommes par compagnie, officiers compris, c'est-à-dire 900 hommes par bataillon, il manque 3.400 hommes. Je ne porte le 33e que pour quatre bataillons. Je ne compte pas les Espagnols. Je désire faire l'envoi de ces 3.400 hommes en envoyant d'abord ce qui est disponible aux dépôts des seize régiments du corps d'observation de l'Elbe. Le 15e léger peut, je crois, envoyer 200 hommes ; le 33e léger peut envoyer 500 ou 600 hommes ; les autres dépôts peuvent tous envoyer plus ou moins. En joignant ces détachements à ce que ce corps recevra du régiment de l'ile de Ré, dont l’incorporation n'était pas consommée au 1er décembre, date de l'état de situation envoyé par le prince d'Eckmühl, sur lequel j'ai fait mes calculs, ces régiments se trouveront parfaitement complets. Faites donc faire le dépouillement de ce que les dépôts de ces seize régiments pourront envoyer ..." (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 4, lettre 6512 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 29410).

Le même 20 décembre 1811, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Maréchal Davout, Prince d'Eckmühl, commandant le Corps d'Observation de l'Elbe, à Hambourg : "Mon Cousin … Le 15e léger a 200 hommes à vous envoyer de son dépôt à Paris ; le 33e léger en a 600 …" (Correspondance de Napoléon, t.23, lettre 18352; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 29412).

Le 5e Bataillon de Dépôt quitte Groningue pour Givet à la fin 1811, sans doute pour un peu plus "franciser" l’unité.

Le 23 décembre 1811, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Lacuée, Ministre de l'Administration de la Guerre : "... Voici comment sera composée l'armée :
5 bataillons de chasseurs des régiments du corps d'observation de l'Elbe, hormis le 33e 1éger qui n'en aura que 4 ...
Je désire que tous ces bataillons aient un caisson de transport ...
Il est nécessaire que chaque régiment ait sa forge de campagne et son caisson d’ambulance ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 29440).

Le 26 décembre 1811, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke : "Monsieur le duc de Feltre ... Le 33e d'infanterie légère fera partir de Givet deux compagnies de son 5e bataillon, bien armées et bien équipées, en prenant les hommes les plus forts. Ces deux compagnies seront complétées à 300 hommes.
Pour que les hommes du 33e léger ne côtoient pas la Hollande, vous les dirigerez sur Coblenz, et de là sur Bonn. De Bonn, ils passeront dans le grand-duché de Berg, et seront dirigés droit sur Magdeburg. Par ce moyen, ils passeront loin de la Hollande et il n'y aura pas de désertion.
Vous me ferez connaître quand la 3e compagnie du 33e léger, complétée à 200 hommes, pourra partir
" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 4, lettre 6531 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 29475).

Au début 1812, Napoléon restructure ses forces en prévision d’une confrontation avec la Russie. Il écrit, le 2 janvier 1812, au Général Lacuée, Comte de Cessac, Ministre directeur de l’Administration de la guerre, à Paris : "Monsieur le Comte de Cessac, je vous envoie pour votre gouverne l’organisation de la Grande Armée. Le corps de l’Elbe formera deux corps. Il est nécessaire d’envoyer un ordonnateur à chaque corps et tout le personnel d’administration qui est indispensable.
Présentez-moi un projet d’organisation. Comme je n’ai pas encore organisé en deux corps le corps d’observation de l’Elbe, envoyez-y tout double.
NOTE SUR L’ORGANISATION DE LA GRANDE ARMÉE.
La Grande Armée sera partagée en quatre corps : le corps d’observation de l’Elbe en fera deux ; le corps d’observation de l’Océan en fera un ; le corps d’observation d’Italie en fera un autre.
La Grande Armée sera organisée en 15 divisions d’infanterie ...
4e division : 33e léger, 4 bataillons ; 85e de ligne, 5 bataillons ; 108e de ligne, 5 bataillons ; régiment de Hesse-Darmstadt (celui qui est à Danzig), 2 bataillons ; total, 16 bataillons …
".

Le 16 février 1812, l'Empereur écrit, depuis Paris, à Mathieu Dumas : "600 hommes ne sont pas suffisants pour le 33e léger, parce que les bataillons sont faibles et ne sont pas au complet; mais 1.200 hommes sont trop. Donnez en tout 800 hommes à ce régiment" (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1911, t.2, lettre 1865).

Le 29 février 1812, à Paris, on indique et demande à l'Empereur que "Le roi dr Hollande avait accordé une marque distinctive (consistant en un sabre brodé en or sur l'habit pour les ofliciers et sur un médaillon de drap bleu pour les sous-officiers et soldats), aux militaires qui avaient assisté à la reprise du fort de Batz ou qui avaient été blessés, en Espagne ou devant Stralsund ; doivent-ils continuer à la porter ? Le prince d'Eckmühl écrit, qu'au 33e régiment d'infanterie légère, 4 officiers et 95 sous-officiers et soldats ont reçu cette marque distinctive. On pourrait la remplacer, pour les officiers seulement, par la décoration de l'ordre de la Réunion"; l'Empereur répond : "Cela est ridicule. Le prince d'Eckmühl fera sentir à ces officiers que, faisant aujourd'hui partie des troupes françaises, ils ne peuvent plus attacher d'importance à de si faibles distinctions. Il faut que, par mesure de police du corps, on les ôte de l'uniforme. Le ministre de la guerre en écrira au colonel" (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1911, t.3, lettre 4964).

Le 3 mars, l’organigramme de la Grande Armée est définitivement fixé. Le 33e Léger est au 1er Corps de Davout à Elbing (Brigade Barbanègre, 4e Division Dessaix).

Le 3 avril 1812, à Paris, "On expose les motifs qui ont fait maintenir M. Stephenson, un Anglais, dans son emploi d'adjudant-major au 33e régiment d'infanterie légère"; l'Empereur répond : "M. Stephenson restera au 33e d'infanterie légère" (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1911, t.3, lettre 5055).

A Elbing, le 17 mai, le Régiment un nouveau drapeau modèle 1812. Il compte alors 64 Officiers et 2232 hommes. Il a reçu des Compagnies de marche de son Dépôt pour renforcer ses effectifs.

La campagne de Russie

Le Niémen est franchi le 24 juin 1812. Avant d’arriver à Minsk le 8 juillet, le Régiment s'est déjà illustré par ses pillages et son indiscipline. On fusille pour l’exemple et le Régiment doit défiler devant ses camarades, la crosse en l’air ...

Smolensk août 1812

Le 7 août 1812, l'Empereur écrit, depuis Vitebsk, à Berthier : "... Il y a à Minsk beaucoup trop de troupes. Donnez ordre que les trois bataillons du 33e régiment d'infanterie légère rejoignent la division Dessaix à Orcha ..." (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1911, t.2, lettre 2312).

"Dobrowna, le 7 août 1812.
Sire, j ai l'honneur d'adresser à V. M. la situation détaillée des troupes du 1er Corps qui sont avec moi ...
Le 33e régiment d'infanterie légère quoique détaché de la première division est compris dans la situation. Le 33e a en arrière 917 hommes ...
".

Le 9 août 1812, l'Empereur écrit, depuis Vitebsk, à Berthier : "D'après les nouvelles reçues de Polotsk, l'occupation en force de Biéchenkovitchi paraît moins importante. Si donc vous avez là 300 Bavarois, cela est suffisant et vous pouvez ordonner au bataillon de Hesse et à toute la garde qui s’y trouve, de revenir sur Vitebsk. Quant à Minsk, donnez ordre au général Bronikowski de diriger deux ou trois bataillons du 33e, si cela se peut faire, sur Orcha, pour renforcer le prince d'Eckmühl" (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1911, t.2, lettre 2320).

Polotsk 18 août

Le 21 août 1812, l'Empereur écrit, depuis Smolensk, à Berthier : "J'approuve que les deux bataillons du 33e léger s'arrêtent, un bataillon à Orcha, et un à Doubrovna, pour former la garnison de ces deux places, jusqu'à ce qu'on connaisse parfaitement la situation des choses de ce côté" (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1911, t.2, lettre 2356).

Le 23 août 1812, l'Empereur écrit, depuis Smolensk, à Berthier : "Donnez ordre aux deux bataillons du 33e qui sont à Orcha, de se rendre à Smolensk" (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1911, t.2, lettre 2369).

Le 24 août 1812, l'Empereur écrit, depuis Smolensk, à Berthier : "Donnez ordre au régiment de marche de la garde et à celui du 3e corps de partir de Vitebsk par la route de Roudnia pour se rendre le plus promptement possible à Smolensk.
Donnez le même ordre aux deux bataillons du 33e léger qui sont à Orcha.
Ces 4.000 hommes tiendront garnison à Smolensk ainsi que le régiment de cavalerie polonaise que le prince Poniatowski a fourni ...
" (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1911, t.2, lettre 2377).

La Moskowa septembre 1812

Le 9 septembre 1812, l'Empereur écrit, depuis Mojaïsk, au Prince de Neuchâtel et de Wagram, Major général de la Grande Armée, à Mojaïsk : "Mon Cousin, donnez ordre que les 3e et 4e bataillons du 33e léger se rendent à Smolensk ...".

Krasnoie, 25 novembre 1812

CPorte aigle du 33e Léger, 1811
Porte aigle du 33e Léger, début 1812 (reconstitution)

Le Régiment se fait massacrer en formant l’arrière-garde du 1er Corps. Le Colonel Marguerye et les Chefs de Bataillon De Jongh et Schuurman sont blessés et capturés, de même que 8 Capitaines. Sont tués le Major Everts, le Chef de Bataillon Serre, 6 Capitaines, 8 Lieutenants et Sous-lieutenants ... (à suivre)

La reformation du Régiment en 1813, campagne d'Allemagne

Quasi anéanti, le Régiment est reformé à partir de son Dépôt à 5 Bataillons. Seuls les 5e (Dépôt) et 6e Bataillons sont restés intacts. Le contingent est désormais fourni par des Français, des Hollandais, et des Belges.

En février, les troupes françaises évacuent la Pologne et se replient sur l'Oder, tandis que les Prussiens, à la fin du mois, s'alliaient officiellement aux Russes contre la France. Début mars, les Français quittent Berlin et Dresde.

Napoléon regroupe ses forces et forme des Bataillons et des Demi-brigades provisoires avec ce qui lui reste. Il écrit à Clarke, le 12 janvier 1813 : "... Le 2e Corps d’Observation du Rhin sera formé de 10 nouveaux régiments provisoires et de 8 régiments qui restent sur les 23 formés par les cohortes ...
Quant à la formation des 10 nouveaux régiments provisoires, il faut y mettre ensemble des bataillons qui sont entiers tels que le 75e, le 33e léger, le 51e etc ...
".

Puis, le 5 février 1813, depuis Paris, au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la guerre, à Paris : "La défense de la France, depuis les 31e et 17e divisions militaires jusqu’à Besançon et jusqu’à Bordeaux, aura lieu de deux manières : par la formation de bataillons de garnison, composés de compagnies tirées des 5e bataillons et qui tiendront garnison dans nos places fortes, et par la formation de demi-brigades provisoires.
Les demi-brigades seront d’abord au nombre de vingt-quatre pour cette partie de la frontière qui s’étend depuis la 31e division jusqu’à la 11e.
Chaque demi-brigade sera composée de trois bataillons entiers, sans qu’il puisse y entrer, sous quelque prétexte que ce soit, une fraction de 5e bataillon. Ces vingt-quatre demi-brigades seront formées ainsi qu’il suit :
La 1e demi-brigade, des 6e bataillons des 7e, 13e et 15e régiments d’infanterie légère ; la 2e demi-brigade, des 6e bataillons des 33e, 26e et 24e légers ; la 3e demi-brigade, des 4e bataillons des 11e, 10e légers et du 21e, qui vient d’Espagne ; la 4e demi-brigade, des bataillons des 9e, 27e et 28e légers, qui viennent d’Espagne ; la 5e demi-brigade, des 6e bataillons du 12e, qui vient d’Espagne, des 5e et 29e légers ...
Ces vingt-quatre demi-brigades formeront six divisions ; chaque division, quatre demi-brigades ou douze bataillons, savoir :
La lere division, à Mayence, composée des 1e, 10e, 11e et 12e demi-brigades ;
La 2e division, à Wesel, composée des 3e, 6e, 7e et 9e demi-brigades ;
La 3e division, à Anvers, composée des 2e, 8e, 17e et 21e demi-brigades ;
La 4e division, à Utrecht, composée des 4e, 13e, 19e et 20e demi-brigades ;
La 5e division, à Cherbourg, composée des 5e, 14e 18e et 22e demi-brigades ...
".

Le 1er Bataillon compte les derniers survivants de Russie. Le second est formé en mars à Erfurt, le 4e en avril. Le nouveau Colonel Le Baillif rejoint son unité le 26 avril. Les quatre Bataillons du 33e Léger doivent gagner Hambourg.

Le Maréchal Davout est nommé à la tête de la 32e Division militaire et, avec l’aide du 1er Corps du Général Vandamme, dont il va assumer bientôt le commandement, et des forces danoises, revenues à nos côtés, Hambourg est repris le 31 mai. Et Lübeck par les Danois, le 2 juin.

Après Lützen et Bautzen et l’armistice, le 7 juin, qui permet de recevoir quelques renforts, Davout peut encore communiquer via la Hollande.

Napoléon redéploie les forces de Davout. Il lui écrit le 15 juin, en tant que commandant le 1er Corps à Hambourg : "Mon cousin, je vous ai fait connaitre la nouvelle dislocation de votre corps en trois divisions. Je vous ai fait connaitre mon intention que la 50e division dite de Hambourg soit augmentée du 33e Léger ... Vous occuperez Hambourg avec la 50e division, la 3e division, la 3e bis et un corps Danois, ainsi que les postes les plus important de la 32e Division (Militaire) …".

Le second Bataillon n’est, à priori, pas prêt, puisque Napoléon écrit le 17 juin à Clarke : "... Donnez ordre aux colonels des 3e et 105e de Ligne, 29e et 33e Léger de se rendre à Hambourg. Donnez le même ordre à leurs musiques ; envoyez-y également leurs Aigles.
Recrutez un 2eme bataillon du 33e Léger et faites-le partir le plus tôt possible pour Hambourg …
".

Et le 29 juin : "Monsieur le duc de Feltre, je vois avec plaisir que vous dirigez sur Hambourg tout ce que les 3e, 29e, 105e ont de disponibles ainsi que le 3e bataillon du 33e léger. Je suppose que vous avez dirigé les Aigles et la musique de ces 4 régiments sur Hambourg …".

Le 4e bataillon à Hambourg est versé dans les trois premiers.

En juillet, le Régiment se répartit entre Lunebourg et Hambourg. Une Compagnie d’Artillerie régimentaire est reconstituée en août. L’Aigle et le drapeau sont finalement restés au Dépôt à Givet.

Depuis le 1er juillet, les forces sous les ordres de Davout sont désormais appelées 13e Corps pour garder la 32e Division militaire. La 50e Division d’infanterie est l’objet de l’attention de l’Empereur. Il écrit à Davout, le 7 juillet, de Dresde : "... Occupez-vous des ateliers d’habillement et établissez solidement les ateliers et la comptabilité des 3e, 29e et 105e de ligne, 33e léger et 28e Chasseurs.
Ces 5 corps doivent avoir leurs dépôts à Hambourg et doivent suivre le sort de cette place ...
".

Le 33e Léger se retrouve à la Division Pecheux, Brigade Avril, avec le 29e de Ligne.

Le 7 août 1812, Davout écrit, depuis Dobrowna, à Napoléon : "Sire, j'ai l'honneur d'adresser à V. M. la situation détaillée des troupes du 1er Corps qui sont avec moi ... Le 33e régiment d'infanterie légère quoique détaché de la première division est compris dans la situation. Le 33e a en arrière 917 hommes ...".

Et le 8 août 1813, l’Empereur demande : "... 50eme division. Quelle sera la situation de cette division au 16 août ? Le 5e bataillon du 33e léger sera-t-il arrivé ? Les conscrits réfractaires de Flessingue seront-ils arrivés ? Ceux de Wesel seront-ils arrivés ? Les 3emes bataillons du 3e et du 105e, avec les conscrits réfractaires et les différents détachements de Strasbourg, y seront-ils arrivés ?".

Chasseur du 33e Léger, 1812
Fig 3 Chasseur du 33e Léger, début 1812 (reconstitution)

On verse au Régiment des Conscrits réfractaires, derniers renforts. Davout écrit le 11 Août : "... le 33 e Léger a reçu les conscrits réfractaires du dépôt de Walcheren ; tristes soldats qui désertent en route ...".

A la reprise des hostilités, le 12 août, les Autrichiens se sont joints aux Coalisés. Napoléon manœuvre autour de Dresde pour les écraser, tandis qu’Oudinot doit marcher sur Berlin, et Davout lui tendre la main. Le 13e Corps enfonce les lignes de défense des Coalisés, sous les ordres de Bernadotte, lors du combat de Lauenbourg, et pousse son avance jusqu'à Schwerin qu'il atteint le 27 août. Mais la défaite d’Oudinot à Grossbeeren, le 23 août, isole Hambourg. Davout doit se replier.

Le 16 septembre, le Général Pecheux avait été envoyé pousser une reconnaissance vers Magdebourg quand il fut attaqué par un Corps anglo-allemand sous les ordres du Général Wallmoden à Goerde (Göhrde).

La défaite de Leipzig entre le 16 et le 19 octobre entraine la retraite des forces françaises sur leurs frontières, tandis que la Hollande se révolte. Des détachements isolés ont réussi à rallier Hambourg et renforcer le Maréchal.

Hambourg, comme d’autres places fortes en Allemagne, en est alors réduite à ses propres forces. Davout y a fait établir tout un système de fortifications, aidé en cela par les cours d’eau. Bien que Napoléon lui donne l’ordre de se faire jour en novembre, il est trop tard pour les 40.000 hommes de la garnison. Le 1er décembre, les marais et le canal de Stecknitz, derrière lesquels les Français sont retranchés, gèlent. Ces défenses naturelles maintenant franchissables par les Coalisés, le Maréchal Davout ordonne de se retrancher sur la ville de Hambourg, tandis que ses alliés danois remontent vers le nord pour couvrir leur royaume.

Davout va soutenir un fameux siège tandis que le 33e Léger va peu à peu s’étioler par maladie et désertions, surtout au début de 1814, alors que la Hollande avait été libérée par les Coalisés soutenus par une révolte de la population.

1814, les derniers combats

Tandis qu’à Hambourg, l’Hiver protège la garnison, le 6e Bataillon est reformé et, avec le 5e du Dépôt, va faire campagne avec le Général Maison.

Le 33e Léger est dissout à la première Restauration et ses éléments versés : pour les 1er, 3e et 4e Bataillons, au 3e de Ligne; 2e Bataillon au 19e de Ligne; 5e et 6e Bataillons au 63e de Ligne.

Aigles et drapeaux du 33e Léger

Formé tardivement, le 33e Léger ne reçoit une Aigle et un drapeau (modèle 1804) que le 30 juin 1811, au cours d’une grande parade à Paris, sous les yeux de l’Empereur, qui donne alors des emblèmes aux troupes ex hollandaises et désormais impériales françaises. La délégation du 33e Léger retourne à son Régiment avec un mois de solde de gratification et ses emblèmes.

Aigles et drapeaux restent au Dépôt de Groningue.

Le 24 mars 1812, à Paris, à la question : "Les régiments d'infanterie légère doivent-ils faire revenir leur aigle qui, par une disposition spéciale de l'Empereur, se trouve à leur dépôt ?", ce dernier répond encore une fois : "Puisque les aigles de ces régiments sont aux dépôts, il faut que les régiments les y laissent" (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1911, t.3, lettre 5028).

Le 19 Mai 1812, à Elbing, Davout reçoit pour le Régiment un nouveau drapeau modèle 1812 sans aucune inscription de batailles. Il est envoyé au nouveau Dépôt de Givet.

En mai 1813, on le retrouve à Givet. L’Aigle et le drapeau sont enfin à la tête du Régiment quand celui-ci est porté sur Hambourg en juin 1813. Les Bataillons avaient vraisemblablement des fanions. Ils furent détruits, en août 1814, à la première Restauration.

Uniformes du 33e Léger

Formé de détachement de différents corps hollandais de l’ex armée du Roi Louis Bonaparte, le Régiment finit d’user ses anciennes tenues du 1er Régiment léger : tenue de fond vert distingués de jaune, au collet, parements et revers en pointe, retroussis verts passepoilés de jaune ; boutons laiton. Les Officiers ont les distinctives de grade or (voir Figure 1). Et du celles du 6e de Ligne : tenue de fond blanc distingué de vert clair au collet, parements en bottes et revers carés fermés entièrement, boutons étain. Les Officiers ont les distinctives argent (voir Figure 2).

Le 11 novembre 1810, le Duc de Feltre, depuis Paris, interroge l'Empereur sur la question de l'uniforme des troupes ex hollandaises : "Le décret du 18 août, qui a déterminé l'organisation des troupes hollandaises, ne s'est point expliqué sur l'uniforme qu'elles devront porter à l'avenir ; ces troupes étant assimilées sous tous les rapports aux différentes armes de l'armée française dont elles font partie, il est naturel de penser qu'elles devront être ramenées à leur uniforme, au fur et à mesure des renouvellements. Je n'ai pas cru cependant que ce changement pût être introduit, sans que l'empereur l'eût préalablement autorisé". Ce à quoi l'Empereur répond, depuis Fontainebleau, le 13 novembre 1810 : "Quel sera celui des habillements qui coûtera le moins ?" (Brotonne (L. de) : « Dernières Lettres inédites de Napoléon 1er, collationnées sur les textes et publiées », Paris, 1903, t. 1, lettre 1164).

A la fin 1810 et pendant l’année 1811, on se contente donc de changer les plaques de shako et d’arborer une cocarde tricolore. Les Carabiniers gardent encore les bonnets d’oursin de l’armée hollandaise, avec leur plumet écarlate, mais leurs cordons jaunes, ainsi que le "cul de singe".

Figure 1 : Carabiniers et Officier de Chasseurs du 1er Léger hollandais d’après Suhr.

Figure 2 : Officier de Fusiliers de l’ex 6e de Ligne hollandais d’après Suhr.

En 1811, le Général Dumonceau, inspectant le Régiment constate : "L’habillement est en bon état et de couleur verte, à l’exception environ d’un tiers qui provient d'un Bataillon de ligne et qui est blanc. L’équipement est en bon état mais de différentes couleurs" (blanc ou noir).

Les shakos, de type français (un peu différents de la fabrication hollandaise), avec jugulaires, commencent à être distribués en avril 1811.

Des Compagnies de marche, venant du Dépôt, rejoignent le Régiment, habillées à neuf avec les tenues de l’Infanterie légère, bleue à revers en pointe, passepoilées de blanc. Un Officier mecklembourgois rapporte qu'en avril 1812, en passant par la ville de Poznan, les vieux soldats du 33e Léger portaient encore leurs habits "verts avec jaune"; les nouveaux "l'uniforme français de chasseurs bleu, rouge et blanc"; tous ces uniformes mélangés.

Juste avant le départ pour la Russie, le Régiment sera habillé entièrement "à la française". Au 2e trimestre 1812, le Dépôt distribue des pantalons d’étoffe grise. Il est vraisemblable que le drap vert, resté en quantité au Régiment, ait été utilisé pour distinguer la tête de colonne.

Figure 3 : Chasseur du 33e Léger, début 1812 (reconstitution): La tenue est devenu celle réglementaire d'avant le règlement Bardin mais la buffleterie noire en stock continue d'être utilisée. Les tenues modèle Bardin 1812 à revers entièrement fermés ne seront en service qu'au retour de Russie.

Tambour de carabiniers par Rousselot, tenue portée au 33e Léger en 1813-1814
Fig 4 Tambour de Carabiniers par Rousselot, tenue portée au 33e Léger en 1813-1814

En 1813, à la reformation du Régiment, le règlement Bardin pour l’Infanterie légère française est de rigueur.

A Hambourg, on remontera les Musiciens et Sapeurs avec des accessoires et des tenues réglementaires.

En janvier 1814, le 5e Bataillon, à Maëstricht, recevra des carabines.

Note 1 : Généalogie compliquée pour le 1er Chasseurs ou 1er Léger. En 1807, les 2ème et 3ème Chasseurs fusionnent dans le 3ème. En 1809, le 3ème Chasseurs devient 1er Chasseurs ou 1er Léger. Il avait reçu en mai 1810, les restes du Corps Israélite.

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