Le 31ème Régiment de Chasseurs à cheval

1811-1814

Accès à la liste des Officiers, cadres d'Etat major, Sous officiers et soldats du 31e Chasseurs

Avertissement et remerciements : Cet article nous a été adressé par notre collègue du Bivouac, Didier Davin, que nous remercions tout particulièrement pour sa disponibilité et son érudition.

I/ LES DEBUTS DU REGIMENT 1811- 1813

Officier 31e Chasseurs à cheval 1812
Fig. 1 Officier de la Compagnie d'élite du 31e Chasseurs à cheval, Espagne, 1812
Fig. 1bis Chasseur du 31e Chasseurs à cheval, Espagne, 1812

Le 7 septembre 1811, au palais de Compiègne, l'Empereur décide de créer un 31e Régiment de Chasseurs à cheval, par l'amagame des deux Régiments provisoires de cavalerie légère (1er Régiment : 4es Escadrons des 11e et 24e Chasseurs; 2e Régiment : 4es Escadrons du 12e Chasseurs et 5e Hussards) stationnés à cette époque en Vieille Castille à Penaranda, qui doivent ainsi constituer les 3 premiers Escadrons de cette nouvelle unité :
"Décret.
ART. 1er. — Les 4es escadrons du 5e régiment de hussards et des 11e, 12e et 24e de chasseurs, formant deux régiments provisoires de l'armée d'Espagne, qui composent la brigade de cavalerie aux ordres du général Vatier, seront réunis en un seul régiment, sous la dénomination de 31e régiment de chasseurs à cheval.
- ART. 2. — Les 5es escadrons du 5e hussards et des 11e, 12e et 24e de chasseurs deviendront 4es escadrons de ces régiments.
ART. 3. — Le 31e régiment de chasseurs sera composé comme les autres régiments de chasseurs. Il aura son dépôt à Niort.
ART. 4. — La formation du 31e régiment de chasseurs datera du 1er septembre 1811. Le général de division Vatier sera chargé de cette formation. Le major se rendra à Niort pour organiser le dépôt.
NAPOLéON
" (Commandant Margueron : "Campagne de Russie", première partie, tome III; Paris, Lavauzelle, 1897-1906).

Le 4e Escadron, comme dit dans le Décret, sera organisé à partir des 5es Escadrons des 11e, 12e, 24e Chasseurs et 5e Hussards. D'autres petits détachements de Chasseurs viendront rejoindre par la suite.

Le même 7 septembre 1811, l'Empereur écrit, depuis Compiègne, au Général Lacuée, Comte de Cessac, Ministre Directeur de l'Administration de la Guerre, à Paris : "Monsieur le Comte de Cessac, envoyez sur le champ 600 paires de bottes, 600 pantalons d'écurie, 600 chemises, cols et autres effets de linge et chaussure dans la même proportion à la brigade du général Wattier. Faites partir ces effets de Bayonne et faites-en la retenue sur la masse de linge et chaussure. Cette brigade fait partie de l'armée de Portugal. Elle est composée de quatre escadrons, savoir : du 4e escadron du 5e régiment d'hussards et des 4e escadrons des 11e, 12e et 24e de chasseurs, dont je viens de former un nouveau régiment sous le titre de 31e régiment de chasseurs. Veillez à ce que les dépôts fassent passer à ce nouveau régiment ce qui lui appartient, mais le départ des effets de linge et chaussures est très pressé" (Brotonne (L. de) : « Dernières Lettres inédites de Napoléon 1er, collationnées sur les textes et publiées », Paris, 1903, t. 2, lettre 1595; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 28558).

Le Dépôt du Régiment est alors à Niort. Et le Régiment en ligne compte environ 600 hommes, en ne comptant pas les détachés divers.

Le 20 novembre 1811, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke : "Monsieur le duc de Feltre, par votre lettre du 8, vous me faites connaître que 600 chevaux seront prêts à partir des dépôts de Saintes et de Niort au 15 novembre, et que 600 ou 700 autres seront prêts à partir le 30. Je désire que vous donniez les ordres suivants au général Defrance : 1° Former un régiment de marche de cavalerie légère et de dragons de l'armée du Nord, composé de tout ce que peuvent fournir les 14e et 31e régiments de chasseurs, le 1er de hussards et les lanciers de Berg ...
Ces trois régiments seront sous les ordres d'un général de brigade que désignera le général Defrance. Ils se mettront en marche le 1er décembre pour Bordeaux. Vous me ferez connaître le jour de l'arrivée de ces régiments dans cette ville afin que je donne des ordres pour leur destination ultérieure ...
" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 4, lettre 6391 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 29130).

Son premier Colonel, nommé le 11 Décembre 1811, est le Baron Desmichels, ex-Chasseurs à Cheval de la Garde Impériale.

Louis Alexis Desmichels

Né à Digne en 1779.
Cavalier au 13e Hussards en 1794, il passe en l'an 6 dans la compagnie des guides à cheval de l'Armée d'Italie et suit Bonaparte dans cette campagne puis en Egypte. Il passe brigadier.
De retour en France, les guides étant versés dans la Garde Consulaire, il est nommé maréchal des logis aux grenadiers à cheval de la Garde Consulaire, puis se distingue lors de la bataille de Marengo en 1800 et est promu comme sous-lieutenant dans les chasseurs à cheval de la Garde Consulaire le 26 Octobre 1800. Il est lieutenant en premier en Septembre 1804 et a été fait chevalier de la Légion d'Honneur en Juin 1804.
Il s'illustre à Ulm en Octobre 1805.A la tête de 30 chasseurs, fait mettre bas les armes à 300 fantassins. Après ce premier succès, il fond avec son peloton sur un gros bataillon, et prend à l'ennemi 400 hommes et 2 drapeaux. Puis repousse une charge de dragons autrichiens et s'empare de 25 pièces de canon, une caisse militaire et 150 prisonniers. Après cette action, le lieutenant Desmichels est nommé capitaine aux vélites, rattachés aux chasseurs à cheval de la Garde.
Il participe aux campagnes de Prusse et de Pologne de 1806-1807 et sera blessé à Eylau en Février 1807. A la suite, il est promu chef d'escadron. Il se bat avec son unité en Espagne en 1808 puis en Allemagne en 1809. Fait chevalier de l'Empire en mars 1810.
Nommé colonel pour prendre le premier régiment de cavalerie légère vacant en Octobre 1811, on lui confie le 31e Chasseurs à cheval en décembre 1811. On le voit de nouveau s'illustrer en Espagne 1812-1813 puis en Italie en 1814.
Il sert dans la campagne de 1815 comme colonel du 4e Chasseurs à cheval.
Mis en non activité après Waterloo, il reprend du service en 1821, fait la campagne d'Espagne de 1823 et est promu maréchal de camp.
Il prend ensuite le commandement de divers départements en métropole, puis est envoyé en Algérie, à Oran, en 1833 où il gagne ses galons de lieutenant général (général de division) en combattant puis négociant avec Abd El Kader …
De 1836 à sa mort en 1845, il occupera différents postes d'inspection en métropole.

Le 13 décembre 1811, Berthier écrit, depuis Paris, au Duc de Feltre : "... Du reste, le 113e régiment d'infanterie, le 34e léger, le 4e régiment d’infanterie de la légion de la Vistule, la légion de gendarmerie à cheval, le 1er régiment de hussards, le 31e régiment de chasseurs, les lanciers de Berg, le bataillon de Neuchâtel, tout ce qui appartient aux 2e et 4e régiments suisses, toutes les troupes de la garde impériale et généralement toutes les troupes de l'armée du Nord, maintenant stationnées dans les 6e et 7e gouvernements (à la seule exception des divisions Souham et Bonet) vont rentrer dans le 5e gouvernement ..." (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1911, t.2, lettre 1805).

Le 15 décembre 1811, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Prince de Neuchâtel et de Wagram, Major général de l'Armée d'Espagne, à Paris : "Mon Cousin, je vous prie de me faire un rapport sur l'armée du Nord ... Je désire aussi faire revenir sans délai en France mes chasseurs, mes Polonais et mes dragons ; mais, auparavant, faites-moi un rapport sur la cavalerie de l'armée du Nord, Les lanciers de Berg, la légion de gendarmerie, le 1er de hussards et le 31e de chasseurs y resteront, ce qui fera quatre régiments. Faites-moi connaître quelle est la force de ces quatre régiments, en y comprenant, soit ce qui est aux escadrons de guerre en Espagne, soit ce qui est dans les régiments de marche, soit même ce qui est à leur dépôt, afin que je puisse aviser aux moyens de les porter au plus haut nombre possible ..." (Du Casse A. : "Mémoires et correspondance politique et militaire du roi Joseph", 1853-1854, t. 8, p. 127 ; Correspondance de Napoléon, t.23, lettre 18331 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 29342).

Le même 15 décembre 1811, Berthier écrit à son tour, depuis Paris, au Duc de Feltre : "L'Empereur se propose de faire revenir en France les chasseurs à cheval, les chevau-légers polonais et les dragons de sa garde, en sorte qu'il resterait en cavalerie à l'armée du Nord de l'Espagne les lanciers de Berg, la légion de gendarmerie à cheval, le 1er régiment de hussards et le 31e de chasseurs ; ce qui fera quatre régiments.
Mais auparavant Sa Majesté désire connaître quelle est la force de ces quatre régiments en y comprenant soit ce qui est aux escadrons de guerre en Espagne, soit ce qui est dans les régiments de marche, soit même ce qui est à leur dépôt, afin de pouvoir aviser aux moyens de les porter au plus haut nombre possible.
Cette question, pour la cavalerie de l'armée du Nord, se lie à celle de l'armée de Portugal, ... l’intention de l’Empereur serait que ces deux armées réunies pussent ensemble présenter 9000 chevaux, non à l’effectif, mais en bataille.
Je prie Votre Excellence de vouloir bien en conséquence me faire connaitre le plus tôt possible ce que ces régiments de cavalerie ont à leurs dépôts ou dans les régiments de marche qui ne sont pas encore arrivés à Bayonne, afin de me mettre à portée de présenter à l’Empereur le rapport que Sa Majesté me demande
" (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1911, t.2, lettre 1806).

Le 27 décembre 1811, à Paris, on informe l'Empereur que "Le général Watier propose de ne conserver à l'armée d'Espagne que trois escadrons du 31e régiment de chasseurs et de faire organiser au dépôt à Niort le 4e.
On prie Sa Majesté de faire connaître ses intentions à ce sujet
" ; "Il n'y a pas d'inconvénient à ce que le 4e escadron verse ses hommes dans les trois premiers et que le cadre vienne en France prendre des chevaux et des hommes, en amenant avec lui les hommes démontés", répond l'Empereur (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 4, lettre 6535).

Le 31 décembre 1811, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Maréchal Berthier, Major général de l'Armée d'Espagne, au sujet de la cavalerie de l'Armée du Nord : "... La cavalerie se trouverait composée du 1er de hussards, du 31e de chasseurs, des lanciers de Berg et des dragons Napoléon, ce qui, avec les gendarmes à cheval des quatre escadrons, ferait 3.000 hommes de cavalerie ..." (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 4, lettre 6573 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 29552).

Le 23 janvier 1812, le Major général écrit, depuis Paris, au Maréchal Marmont : "… L’Empereur, monsieur le duc, espère que cette lettre vous trouvera à Valladolid. Sa Majesté vous ordonne de suivre strictement les ordres ci-après :
1° Rappelez, si vous ne l'avez déjà fait, le corps du général Montbrun ;
2° Vingt-quatre heures après la réception de cet ordre, faites partir une des divisions de votre armée avec son artillerie, et organisée comme elle se trouvera au moment où vous recevrez cet ordre, et vous la dirigerez sur Burgos pour faire partie de l’armée du Nord. Sa Majesté défend que vous changiez aucun officier général de la division que vous enverrez, et qu'on y fasse aucune mutation.
Vous recevrez, en échange, trois régiments de marche, forts de cinq mille hommes présents, que vous incorporerez dans vos régiments. Ces régiments de marche partiront le même jour que la division que vous avez l'ordre d'envoyer à Burgos y arrivera. Toute la garde a l'ordre de rentrer en France, ce qu'elle ne pourra faire que quand la division que vous devez envoyer à Burgos y sera arrivée.
Valence pris, le général Caffarelli se rendra à Pampelune pour faire également partie de l'armée du Nord. Cette armée se trouvera donc composée de trois divisions, savoir :
Celle que je vous donne l'ordre d'y envoyer ;
La division Caffarelli,
Et une troisième division, que le général Dorsenne va former avec le 34e léger, les 113e et 130e de ligne et les Suisses.
La cavalerie de cette armée sera formée du régiment de lanciers de Berg, du 1er régiment de hussards, des 15e et 31e de chasseurs, et de la légion de gendarmerie à cheval.
Ainsi l'armée du Nord se trouvera à même d'aller à votre secours avec deux divisions si les Anglais marchaient sur vous …
" (Mémoires de Marmont, tome 4, page 294).

Le 5 février 1812, le Général Dorsenne écrit, depuis Uñas, au Maréchal Marmont : "Monsieur le maréchal, Votre Excellence a dû recevoir, par l'estafette de ce jour, l'ordre du prince de Neufchâtel de diriger une division de l'armée de Portugal, forte de six mille baïonnettes et douze pièces de canon, sur Burgos, pour faire partie de celle du Nord. Son Altesse, par une lettre du 23 janvier, me prescrit d'envoyer à l'armée de Portugal les 1er, 2e et 3e régiments de marche aussitôt que cette division sera à ma disposition, ce qui fera un échange de troupes duquel il résultera l'avantage que tous les corps seront réunis.
Le major général m'enjoint aussi de ne retarder, sous aucun prétexte que ce soit, le départ pour Bayonne de tout ce qui appartient à la garde impériale, infanterie, cavalerie, artillerie, le bataillon de Neufchâtel, le 4e régiment de la Vistule et autres détachements. Pour être à même d'exécuter de suite les dispositions qui me sont ordonnées, je prie instamment Votre Excellence de faire hâter la rentrée à l'armée du Nord du 31e régiment de chasseurs dont j'ai le plus grand besoin, et de me faire connaître le plus tôt possible l'arrivée à Burgos de la division qu'elle doit y envoyer
" (Mémoires de Marmont, tome 4, page 301).

Le 6 février 1812, à Paris, on informe l'Empereur que "Le marquis d'Almenara, ministre de S. M. C., demande que son fils, le sieur Hervas, capitaine au 31e régiment de chasseurs, obtienne la permission de passer au service d'Espagne"; "Accordé", répond l'Empereur (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 5, lettre 6749 - Non signée ; extraite du « Travail du ministre de la guerre avec S. M. l'Empereur et Roi daté du 5 février 1812 »).

De son côté, le même 6 février 1812, Marmont écrit, depuis Valladolid, à Berthier : "… Je n'ai aucune troupe de l'armée du nord, et tout ce qui lui appartient lui a déjà été envoyé, à l'exception du 31e régiment de chasseurs à cheval, qui se met en marche …" (Du Casse A. : "Mémoires et correspondance politique et militaire du roi Joseph", 1853-1854, t. 8, p. 299).

Le 13 mars 1812, à Paris, on soumet à l'Empereur un "Congé de convalescence demandé pour le capitaine Mainville, du 31e régiment de chasseurs" ; "Accordé" répond Napoléon (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 5, lettre 6925).

Le régiment est à la cavalerie de l'Armée du Nord de l'Espagne avec 3 escadrons en Juin 1812.

Le 11 juillet 1812, le Général Caffarelli écrit, depuis Vitoria, au Maréchal Marmont : "… J'apprends à l'instant qu'il est arrivé des troupes à Bayonne, et je dois penser que, le 15, il en partira pour Vitoria. Je donne ordre au 1er régiment de hussards, au 31e de chasseurs et à un escadron arrivé depuis peu, de partir avec huit bouches à feu pour se rendre à Valladolid et d'y faire apporter du biscuit. J'ai prié Votre Excellence d'envoyer de l'infanterie pour prendre ce convoi ; il l'attendra à Celada, car à peine ai-je en tout et sur tous les points six mille hommes disponibles, que j'aurais envoyés à l'armée de Portugal sans ces événements. Le 15e de chasseurs a quatre bouches à feu, qui sont ici et qui partiront lorsque je pourrai les faire escorter. Je n'ai pas reçu de lettres de Votre Excellence depuis le 2" (Mémoires de Marmont, tome 4, page 419).

Le 31e sert aux Arapiles le 22 Juillet 1812.

Le 19 novembre 1812, le Maréchal Marmont écrit, depuis Bayonne, au Ministre de la Guerre, pour lui expliquer les raisons de l'échec des Arapiles ; il écrit : "Monsieur le duc, je viens de recevoir la lettre que Votre Excellence m'a fait l'honneur de m'écrire le 14 novembre, je ne perds pas un moment pour y répondre ...
A l'ouverture de la campagne, le général Caffarelli me fit les plus belles promesses ; et j'étais autorisé, d'après ses premières lettres, à croire que, dans le courant du mois de juin, je recevrais un puissant renfort de l'armée du Nord. Ce fut en grande partie l'obligation où j'étais de l'attendre, et d'autres circonstances que mon rapport a fait connaître, qui occasionnèrent alors la prise des forts de Salamanque. Les lettres des 20, 26 juin et 11 juillet, du général Caffarelli, en exagérant d'une manière ridicule la force des bandes, le danger d'un débarquement dont les côtes étaient menacées (débarquement qui s'est réduit à peu près à rien, attendu que la flotte qui était en vue n'avait pas quatre cents hommes de troupes à bord), m’annoncèrent successivement la diminution des renforts qu'on devait m'envoyer ; et enfin, par sa lettre du 26 juin, il m'annonça que je ne pouvais plus compter sur un seul homme d'infanterie. La copie de cette lettre est ci-jointe ; elle lèvera toute espèce de doute à cet égard. Restaient donc seulement la cavalerie et l'artillerie, dont la promesse n'avait pas discontinué, mais qui ne s'effectuait pas. Je crus cependant fortement à l'arrivée de ce dernier secours, et j'attendis ; mais je fus instruit bientôt qu'au lieu de quatre régiments sur lesquels j'avais droit de compter, la légion de gendarmerie avait ordre de rentrer en France et ne viendrait pas, et que le général Caffarelli, qui voulait conserver près de lui un corps de cavalerie, j'ignore dans quel objet, gardait le 15e de chasseurs, et qu'enfin ce secours, si solennellement promis, se réduisait à six cents chevaux des 1er hussards et 31e chasseurs, et huit pièces de canon, qui étaient réunies à Burgos depuis le 15 juin, mais dont le départ, constamment annoncé, ne s'effectuait jamais …
Je ne comptais pas donner bataille le 22 juillet ; c'est l'ennemi qui a attaqué, et, sans ma blessure, il n'y en aurait pas eu : ceci demande plus de développement.
Je n'ai été instruit de l'itinéraire des six cents chevaux et de l'artillerie de l'armée du Nord que le 21 dans la soirée. Dans ce moment, presque toute l'armée avait passé la Tormés. Si j'eusse reçu cette nouvelle cinq heures plus tôt, il n'y a aucun doute que je n'eusse suspendu ce mouvement et que je n'eusse attendu dans le camp d’Aldea-Rubia l'arrivée de ce renfort ; mais, en ce moment, faire rétrograder toute l'armée eût été une chose mauvaise …
" (Mémoires du Maréchal Marmont, tome 4, page 453).

Le 23 Octobre 1812, le 31e participe à Villadrigo.

II/ 1813

Une partie du régiment formé en France est envoyé en Allemagne (4e et 5e escadrons) tandis que le gros de l'unité reste en Espagne. C'est ainsi que Desmichels s'illustre au combat de Sos près de Saragosse le 15 mai 1813 et le 21 Juin un escadron assistera à la bataille de Vitoria à la cavalerie de l'Armée du Nord.

En Allemagne en Juillet 1813, 5 corps de cavalerie ont été réorganisés par l'Empereur, les escadrons 4 et 5 du régiment font partie de la 6e Division de Cavalerie Légère du IIIe Corps de Cavalerie et sont mis sous le commandement du colonel Frin de Cormeré.

Le 11 juillet 1813, l'Empereur écrit, depuis Wittenberg, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, la cavalerie de l’armée d’Espagne était composée :
... Des 31e, 5e, 10e, 13e, 14e, 15e, 21e, 26e, 27e et 29e de chasseurs ...
Par mes dernières dispositions, j’ai ordonné que :
... Le 14e, le 26e, le 27e et le 31e de chasseurs
ne fissent plus partie de cette armée, et en conséquence vous avez donné ordre aux dépôts de ces régiments de se rendre dans le Nord ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.13, lettre 35349).

Le 23 juillet 1813, l'Empereur écrit, depuis Dresde, au Général Belliard, Aide-major général de la Grande Armée : "J'ai ordonné que le 1er régiment de hussards et le 31e de chasseurs se réunissent à Vienne en Dauphiné pour y être complétés à 1200 hommes et de là envoyés en Italie. Faites-moi connaître les détachements que ces deux régiments ont à Leipzig, et proposez-moi de les incorporer dans des régiments de hussards et de chasseurs ayant un uniforme analogue, et de renvoyer les cadres à Vienne.
Proposez-moi une lettre au duc de Valmy pour que tout ce qu'il aurait de ces deux régiments sur le Rhin, il l'incorpore dans des régiments analogues et renvoie les officiers et les sous-officiers à Vienne. Je désire que vous me présentiez un projet de décret là-dessus
" (Correspondance générale de Napoléon, t.14, lettre 35540).

Le même 23 juillet 1813, l'Empereur écrit, depuis Dresde, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre ... Il y avait en Espagne 11 régiments de chasseurs. J'en retire 3 pour la Grande Armée et 1 pour l'Italie ...
Le 1er régiment de hussards et le 31e de chasseurs doivent déjà être réunis à Vienne en Dauphiné, et je vois que vous avez pris toutes les mesures nécessaires pour le compléter ; aussitôt qu'ils auront 500 hommes d'organisés, ils se mettront en marche pour l'armée d'Italie ...
Annexe
Revenant d'Espagne ...
Chasseurs ...
31e - Italie ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.14, lettre 35553).

Le 26 juillet 1813, Eugène écrit, depuis Monza, à Napoléon : "… Le duc de Feltre m'annonce dans une de ses dernières lettres que le 1er de hussards et le 31e de chasseurs doivent se réunir à Lyon dans le courant du mois d'août, et être portés à 1,000 hommes par le moyen des hommes tirés des dépôts de même arme. Le duc de Feltre m’a dit qu'il n'a donné aucun ordre de mouvement à ces troupes, attendant les ordres de Votre Majesté à cet égard. Comme ces deux régiments sont destinés pour venir en Italie, je prie Votre Majesté de prescrire à son ministre de la guerre que ces deux corps, après une huitaine de séjour à Lyon, pour s'y organiser, se mettent en route pour Vérone …" (Mémoires du Prince Eugène, t.9, page 215).

Le 27 juillet 1813, l'Empereur écrit, depuis Mayence, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre ... Quant au 1er de hussards et au 31e, ces régiments ont plusieurs détachements à l'armée. Aussitôt que je saurai tout ce qui est en route, et ce qui doit arriver définitivement à Leipzig, proposez-moi d'en former des escadrons attachés aux dits régiments, le 1er et le 31e, et de remplacer à Vienne les escadrons en augmentant le nombre d'escadrons des régiments. Et comme le 1er de hussards aura beaucoup d'officiers à Vienne, on pourra fort bien former ces cadres sans inconvénient. Ces deux régiments auront donc 6 ou 7 escadrons au lieu de 4. Le renvoi des escadrons de ces régiments qui sont à Leipzig n'aurait pas été une grande ressource ; cela eut été inférieur à ce qu'on pourra former à Vienne" (Correspondance générale de Napoléon, t.14, lettre 35604).

Le 10 août, le Corps du Duc de Padoue est complètement organisé et réduit à 3 divisions; sa 2e Division, Généraux Fournier, Mourier et Ameil comprend, à la 1re Brigade, les 29e, 31e de chasseurs et 1er de hussards ; à la 2e brigade, les 2e, 4e et 12e de hussards, soit 70 Officiers, 1,407 hommes de troupe, 1,510 chevaux ; 14 Escadrons à Leipzig, plus 716 hommes et 736 chevaux détachés à Metz et à Magdebourg. La 2e Division du 3e Corps prend le nom de 6e de cavalerie légère (Du Casse A. : "Le Général Arrighi de Casanova, Duc de Padoue", 1866, t. 1, p. 288).

23 Août : Bataille de Gross-Beeren, le colonel Frin de Cormeré est mortellement blessé et le chef d'escadrons Girard dit Vieux est blessé. Ce qu'il reste du régiment assiste aux batailles de Wachau et de Leipzig pour le 4e escadron (les 16 et 18 Octobre).

Le 12 novembre 1813, à Saint-Cloud, "On propose de donner les chevaux des hussards croates au 1er de hussards à Lyon et au 31e de chasseurs à Vienne ainsi qu'aux dépôts de cavalerie légère de la 6e division militaire qui ont des hommes à pied"; l'Empereur répond : "Il serait plus convenable de donner tous ces chevaux au 31e de chasseurs et au 1er de hussards, et, s'il n'y a pas assez d'hommes, d'en faire venir du 6e de chasseurs et des autres, afin d'augmenter tout de suite de 600 chevaux la cavalerie de l'armée d'Italie. Quant aux Croates ainsi démontés, on les dirigera sur la Bourgogne et on verra ce qu'on en fera après" (Chuquet A. : « Inédits napoléoniens », Paris, 1913, t.1, lettre 1181).

Le 18 novembre 1813, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Duc de Feltre : "Le régiment croate doit arriver le 15 à Lyon. Il paraît qu'il a 6 à 700 chevaux. Donnez ordre au général Corbineau de se rendre à Lyon où il passera ce régiment en revue. Vous enverrez en même temps à Lyon 6 à 700 hussards et chasseurs que vous y dirigerez par la Saône ou du dépôt de Vienne. Ces hussards seront incorporés dans le 1er régiment de hussards et les chasseurs dans le 31e de chasseurs.
Le général Corbineau prendra ses mesures pour faire mettre pied à terre à ce régiment. Il commencera par faire partir d'abord tous les hommes à pied et, quand cette opération sera faite, il fera mettre pied à terre aux hommes montés, s'emparera de leurs chevaux, de leurs selles et de leurs armes, et s'en servira pour monter et armer les 600 hussards et chasseurs ci-dessus qu'il fera sur-le-champ partir pour Turin. Cela fera 600 hommes de cavalerie de renfort pour l'Italie.
Faites-moi un rapport sur le 1er de hussards et sur le 31e de chasseurs. Vous m'y ferez connaître où sont les dépôts de ces deux régiments et ce qu'ils ont à la Grande Armée, en Italie et en marche. Je suppose que chacun pourra avoir en tout 1200 hommes. Donnez ordre que tout ce qu'ils ont à la Grande Armée en parte sans délai et passe les Alpes pour se rendre en Italie. Si alors, ces régiments ainsi réunis n'avaient pas chacun 1200 hommes, il faudrait me proposer de tirer des dépôts les plus à proximité les hommes et les chevaux nécessaires pour les porter à cette force. Il sera, de plus, nécessaire d'envoyer deux autres régiments de cavalerie en Italie. On pourrait, à cet effet, tirer deux régiments bien complétés de l'armée d'Espagne ...
" (Chuquet A. : « Inédits napoléoniens », Paris, 1913, t.1, lettre 1189 ; Correspondance générale de Napoléon, t.14, lettre 37134).

Le même 18 novembre 1813, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Corbineau, Aide de camp de l'Eempereur, commandant par intérim la Gendarmerie d'élite : "Le ministre de la Guerre vous donnera une mission pour faire mettre pied à terre aux hussards croates qui sont à Lyon, et en donner les chevaux à d'autres hussards et chasseurs qui se mettront en marche pour l'Italie, afin d'augmenter ainsi à 600 hommes le 1er de hussards et le 31e qui sont dans ce pays. Il m'était impossible de me fier à ces Croates. Les chevaux pourront se reposer à Turin le temps nécessaire. Aussitôt que vous aurez fait votre opération, dirigez les Croates à pied sur les places de la Haute-Loire qu'aura désignées le ministre de la Guerre" (Correspondance générale de Napoléon, t.14, lettre 37136).

Napoléon écrit le 20 novembre 1813 : "Instructions pour le général d’Anthouard (envoyé en inspection en Italie)
… Un régiment croate (hussards) de 1300 hommes et 600 chevaux est à Lyon. Je donne ordre à Corbineau de leur faire mettre pied à terre et d'envoyer cette canaille sur la Loire, et de donner 300 chevaux à chacun des deux régiments 1er Hussards et 31e de chasseurs ... J’envoie à Milan tout ce qui appartient au 1er Hussards et 31e de Chasseurs ...
" (Mémoires du Prince Eugène, t.9, page 425 ; Correspondance de Napoléon, t. 26, 20928).

Le 24 novembre 1813, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, donnez ordre que tout ce qu'il y a de disponible du 31e de chasseurs et du 1er de hussards, à la Grande Armée, à l'armée d'Aragon, au dépôt et dans tout autre endroit, soit dirigé sur l'Italie. En conséquence, ces 2 régiments seront portés à 6 escadrons et au complet de 1 500 chevaux.
Donnez ordre que tout ce que le 19e de chasseurs a de disponible, soit à la Grande Armée, soit en Espagne, soit en France, soit dirigé sur Turin.
Présentez-moi toutes les mesures à prendre pour que ces 3 régiments aient chacun 1 500 hommes à cheval, et que leurs dépôts soient placés en Piémont, en Savoie, ou dans la 19e division militaire
" (Correspondance générale de Napoléon, t.14, lettre 37257).

Le 4 décembre 1813, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, je vous envoie un rapport du général Nansouty. Réitérez les ordres les plus positifs pour que tout ce qui appartient au 31e de chasseurs et au 1er de hussards se rende en Italie. Vous savez que mon intention est d'y réunir également le 19e de chasseurs, de sorte que j'aie en Italie le 19e et le 31e de chasseurs et le 1er de hussards ; que mon intention est de les porter chacun à 12 et 1 500 chevaux, en laissant subsister les escadrons qu'ils ont aujourd'hui. Portez une attention particulière sur ces régiments.
D'après le travail du général Nansouty, il paraît difficile de faire quelque chose de cette cavalerie du 3e corps. J'estime qu'avec les petits dépôts, cela doit faire environ 3 000 hommes. Je désirerais les faire venir de Coblence à l'armée d'Espagne, puisque ces régiments ont leurs dépôts de ce côté. Ils iraient d'abord à leurs dépôts, où ils se répareraient et se recomplèteraient.
Je les remplacerais à l'armée d'Espagne par 3 000 hommes qu'on tirerait de l'armée d'Espagne. Je suppose que 3000 hommes doivent faire 4 régiments de cavalerie. Les dépôts de ces régiments remonteraient vers le Nord.
Par ce moyen, les dépôts d'Espagne seraient vers le midi. Les 3 régiments italiens auraient leurs dépôts au-delà des Alpes ou sur le Rhône, et toute la cavalerie de la Grande Armée aurait ses dépôts sur la Meuse ou dans le Nord
" (Correspondance générale de Napoléon, t.14, lettre 37388).

Le 12 décembre 1813, l'Empereur écrit, depuis Paris, à Daru, Ministre directeur de l’Administration de la Guerre : "Monsieur le comte Daru, j'ai pris un décret pour la formation et les remontes de la cavalerie en 1814. Voilà déjà un mois de perdu, il ne faut plus perdre un jour. Faites partir dans la journée de demain la répartition des 15 000 chevaux entre les départements, et transmettez à tous les régiments vos ordres pour les marchés qu'ils ont à passer, notamment pour les 10 000 chevaux d'éclaireurs. Je vous renvoie les deux états qui doivent être joints au décret, des changements y sont nécessaires ...
2° dans l'état de répartition entre les corps parce que les 14e, 19e et 31e de chasseurs, ainsi que les 1er et 14e de hussards n'y sont pas compris, parce qu'il ne faut rien donner à l'artillerie et aux équipages militaires. Enfin parce qu'autant que possible il faut qu'aucun cheval ne passe les Alpes. Il faut donc donner les chevaux des 27e, 28e, 29e et 30e divisions militaires aux 1er et 14e de hussards, et aux 4e, 19e et 31e de chasseurs qui sont en Italie. Il faut donner également à ces régiments tous les chevaux de cavalerie légère qui proviendront des 7e, 8e et 19e divisions militaires. Enfin, il faut mieux étudier cette répartition pour que les chevaux ne fassent pas de marche inutile ...
Faites faire ces changements sans délai, et remettez-moi les états pour qu'ils puissent être joints au décret. Mais je désire que dans la journée de demain la répartition des 15 000 chevaux soit remise au ministre de l'Intérieur et transmise par lui dans les départements
" (Correspondance générale de Napoléon, t.14, lettre 37543)

Correspondance de Napoléon

"Paris, 12 décembre 1813.
Au général Clarke, duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris

Monsieur le Duc de Feltre, je vous envoie un décret pour la formation de la cavalerie en 1814. Beaucoup de régiments n'ont pas 600 hommes, vu que je ne comprends pas dans leur situation ce qui est au-delà du Rhin; il faut les compléter, savoir : les régiments de cuirassiers et de dragons à 550 hommes, et les régiments de cavalerie légère à 750 hommes, en choisissant des hommes qui aient déjà l'habitude du cheval. Présentez-moi un état de ce que chaque régiment a d'existant en France et de ce qui lui manque pour arriver à ce même nombre. Les régiments qui auraient plus d'hommes présents qu'il ne vient d'être réglé les conserveront, et vous ne leur donnerez rien. Vous verrez par mon décret que je supprime le 7e régiment de chevau-légers et que je le réunis au 8e de chevau-légers ; que je supprime le 13e de hussards et que je réorganise le 14e.
Mon intention est que le 1er et le 14e de hussards, les 4e, 19e et 31e de chasseurs aient chacun six escadrons, dont quatre de cavalerie légère et deux d'éclaireurs (donc armés de la lance - NDLA). Les quarante autres régiments de cavalerie légère auront chacun un escadron de 250 hommes, montés, armés et équipés en éclaireurs.
La remonte pour les chevaux d'éclaireurs ne doit être que de 1250 francs par cheval. Vous ferez une instruction pour leur équipement, qui sera le même que pour les éclaireurs de la Garde; comme les petits chevaux sont en grand nombre, les régiments s'en procureront facilement dans leurs départements; mais il faut veiller à ce qu'on n'en prenne pas au-dessous de la taille prescrite ...
Le dépôt du 31e de chasseurs, qui est à Vienne, pourra être rapproché et placé à Annecy en Savoie, ou même du côté de Pignerol
" (Correspondance de Napoléon, t. 26, 21000 ; Correspondance générale de Napoléon, t.14, lettre 37542 (avec la date du 13 décembre)).

III/ UNIFORMES DU DEBUT DE L' UNITE

31e Chasseurs à cheval 1813
31e Chasseurs à cheval 1813 Bardin 31e Chasseurs à cheval H. Boisselier
Fig. 1ter Officier, Compagnie du centre du 31e Chasseurs à cheval, 1812
Fig. 2 Chasseurs du 31e Chasseurs à cheval, 1813, d'après Carle Vernet
Fig. 2bis Chasseur du 31e Chasseurs à cheval, 1813, d'après H. Boisselier

Pour uniformiser les tenues de ce régiment disparate, on lui délivrera des habits "à la kinski" vert distingué de chamois au collet et parements. Cet habit sera remplacé en 1813 par un habit du règlement Bardin à revers carrés entièrement fermés qui sera porté en Allemagne par les 4e et 5e escadrons (figure 2 uniforme Bardin porté en Allemagne). La coiffure est alors le schako noir orné simplement sur le devant d'une cocarde.

La compagnie d'Elite pour se différencier porte le shako rouge de même que la surculote rouge bordée de chamois sur les côtés et les épaulettes écarlates(figure 1 officier compagnie d'élite).

L'armement classique comporte le sabre et le mousqueton.

Figure 1 : Officier de la compagnie d'Elite en Espagne en 1813. Cet Officier porte une tenue à la Kinski (dessin D. Davin). On notera le pantalon de cheval et le shako rouge.

Figure 1bis : Cavalier des compagnies ordinaires du 31e chasseurs. En tenue à la kinski portée en Espagne à la formation du Régiment, d'après Martinet ; on notera l'absence de plaque au shako.

Figure 1ter : Officier, Compagnie du centre du 31e Chasseurs, vers 1812 . D'après Martinet. On remarquera l'habit "à la Kinski", le colback porté par beaucoup d'Officiers de cavalerie légère, le galonnage argent de la culotte et de la schabraque de drap et le port d'une seule épaulette.

Figure 2 : Tenue modèle Bardin portée par les escadronsen Allemagne en 1813. D'après Carle Vernet.

Figure 2bis : Tenue modèle Bardin portée par les Escadrons du Régiment en Allemagne en 1813. D'après H. Boisselier. On notera la présence d'une plaque modèle 1812 au shako et le port d'un pantalon de cheval large et basanédit"à la Lasalle". Les épaulières semblent plutôt avoir été portées en Italie sur l'habit à la polonaise.

IV/ LA CAMPAGNE D'ITALIE DES TROIS PREMIERS ESCADRONS 1813 -1814

31e Chasseurs à cheval 1813-1814
31e Chasseurs à cheval 1813 Roger Roux
Fig. 3 Uniformes à la Polonaise portés en Italie en 1814 par le 31e Chasseurs à cheval
Fig. 4 Compagnie de lanciers du 31e Chasseurs à cheval, d'après R. Roux

Le Prince Eugène, vice- Roi d'Italie, revenu d'Allemagne en Mai 1813, a organisé sur ordre de l'Empereur une nouvelle armée dite "Corps d'Observation de l'Adige", mêlant unités françaises et italiennes, pour inquiéter les Autrichiens sur leur flanc.

Le 20 juin 1813, Eugène écrit, depuis Milan, à Napoléon : "… J'ai reçu aujourd'hui des lettres du ministre de la guerre qui m'annoncent que Votre Majesté a destiné pour l'armée d'Italie le 1er de hussards et le 31e de chasseurs. Nous avions réellement besoin d'un renfort de cette arme dans l'armée, car il y avait bien peu de ressources ici en ce genre ..." (Mémoires du Prince Eugène, t.9, page 170).

Le 24 juin 1813, Eugène écrit, depuis Milan, à Napoléon : "Je désire bien que Votre Majesté veuille donner les ordres au duc de Feltre pour les deux régiments de cavalerie qui me sont annoncés, savoir : le 1er de hussards et le 31e de chasseurs ..." (Mémoires du Prince Eugène, t.9, page 174).

Le 26 juin 1813, Eugène écrit, depuis Milan, à Napoléon : "Sire, j'ai reçu le courrier que Votre Majesté m 'a expédié sous la date du 18. J'ai vu, par le décret qu'elle a pris, la nouvelle organisation qu'elle a donnée à l'armée d'Italie. Je vais m'occuper de suite de l'exécution de ses instructions, cela occasionnera quelques jours de retard, puisque les troupes étaient déjà en mouvement suivant l'organisation que j'avais eu l'honneur de lui soumettre.
Votre Majesté remarquera que, dans l'état de situation et d'organisation envoyé par Votre Majesté, il devrait y avoir 85,000 hommes ; mais, tous les bataillons qui sont à Toulon, Brest et Lorient devant être déduits de la force, au moins pour le moment, l'armée ne pourra compter, au 30 juillet, que 72,000 hommes. Je désirerais seulement que Votre Majesté maintint l'organisation de la cavalerie telle que je l'avais présentée dans le premier projet, ce qui pourra porter sa force à 6,000 hommes, savoir : 2600 à 2,800 de cavalerie italienne, 500 chevaux du 19e de chasseurs, 2 régiments français qui étaient annoncés, savoir : le 1er de hussards, le 31e de chasseurs, enfin deux régiments de cavalerie napolitaine ..."(Mémoires du Prince Eugène, t.9, page 177).

Le 28 juillet 1813, au matin, l'Empereur écrit, depuis Mayence, à Eugène Napoléon, Vice-Roi d'Italie, à Monza : "Mon Fils, je reçois votre lettre du 20. Je vous ai mandé hier que j'étais venu passer quelques jours à Mayence et que je serais de retour à Dresde dans les premiers jours d'août ...
Il est probable que les hostilités ne commenceront que le 16 ou le 17 août. Il est donc indispensable qu'au 10 août vous ayez votre quartier général à Udine, que toutes vos troupes y soient réunies, et que vous puissiez, le 11, vous mettre en marche pour Graetz. Le 1er de hussards et le 31e de chasseurs, qui reviennent d'Espagne, se complètent chacun a 1,200 hommes à Vienne en Dauphiné. Jusqu'à cette heure, je ne sache pas qu'il y ait une armée autrichienne à Graetz et Klagenfurt. Le passage du duc d'Otrante et celui du général Fresia doivent vous avoir donné des renseignements bien positifs là-dessus. Je désire que vous m'envoyiez le plus tôt possible un rapport qui me fasse connaître quelle est la position de votre armée au 1er août, infanterie, cavalerie et artillerie, et quelle en sera la situation au 10 août, ainsi que le lieu que chaque division et bataillon occupera à cette dernière époque ...
" (Mémoires du Prince Eugène, t.9, page 217 ; Correspondance de Napoléon, t. 25, 20311 ; Correspondance générale de Napoléon, t.14, lettre 35649).

Le 11 août 1813, l'Empereur écrit, depuis Dresde, à Eugène, Vice-Roi d'Italie, commandant en chef l'armée d'Italie : "Mon fils, je reçois votre lettre du 5 août, à laquelle était joint l'état de situation du corps d'observation d'Italie ... Ecrivez au ministre de la Guerre, et écrivez vous-même à Vienne pour qu'on active l'organisation du 31e de chasseurs ..." (Mémoires du Prince Eugène, t.9, page 229 ; Chuquet A. : Lettres de l'empereur Napoléon, du 1er août au 18 octobre 1813, non insérées dans la correspondance, p. 48 ; Correspondance générale de Napoléon, t.14, lettre 35823).

Le 17 août 1813, Eugène écrit, depuis Udine, à Clarke : "Monsieur le duc de Feltre, Sa Majesté, par lettre du 11 août, m'ordonne de vous écrire afin d'accélérer par tous les moyens possibles l'organisation qui se fait à Vienne et à Lyon des 1er hussards et 31e de chasseurs. L'empereur espérait qu'au premier septembre ces troupes seraient déjà entrées en Italie. Veuillez bien, afin de remplir les intentions de Sa Majesté, presser autant qu'il sera en votre pouvoir, l'organisation et la mise en mouvement de ces troupes …" (Mémoires du Prince Eugène, t.9, page 237).

Les premières hostilités commencent mi-Août en Carinthie, tandis que les Provinces Illyriennes se soulèvent.

Au début de la campagne, jusqu'au mois d'Octobre, Eugène couvre le Tyrol sur sa gauche et la Carniole sur sa droite entre Villach et Laybach. Venise est rapidement soumise à un siège.

Début Octobre 1813, les 3 premiers escadrons du régiment sont envoyés de l'armée de Catalogne renforcer l'armée d'Italie du Prince Eugène qui fait face aux Autrichiens et bientôt aux Napolitains de Murat. Le dépôt est porté à Vienne (Isère) et on y dispatche les chevaux pris aux Hussards croates dissouts: chevaux qui passent ensuite en Italie pour monter le Régiment. Le 31e Chasseurs à cheval fait brigade avec le 4e Chasseurs italien sous le commandement du Général Bonnemain. Les Escadrons arrivent en Italie dans la deuxième moitié du mois.

Le 10 octobre 1813, à … du soir, le Général Baron Bonnemain écrit, depuis San Martino : "Mon général, le colonel Desmichels a trouvé l’ennemi cavalerie et infanterie au-delà de Vago. On a combattu assez longtemps. En vous quittant je m’y suis porté d’abord pour être à même de connaître plus promptement le résultat de cette reconnaissance, et ensuite parce que j’ai appris à peu de distance de là ce qui s’est passé. Nous avons repris l’offensive à l’ennemi et l’ennemi est rentré en toute hâte à Caldiero. La nuit ne nous a pas permis de le poursuivre plus loin. Nous avons eu un tué et quelques blessés, l’ennemi a beaucoup souffert.
J’attends pour vous rendre un compte détaillé le rapport du colonel Desmichels. J’ai pensé que vous seriez aise d’avoir à l’avance connaissance de ce qui s’est passé
" (Papiers du général Paul Grenier. VIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 273 page 557).

Le 12 octobre 1813, le Général de Brigade Baron Bonnemain écrit, depuis San Martino, au Génréal Comte Grenier : "L’ennemi a attaqué ce matin les avants postes que j’avais sur le canal de Vago. Il n’a pu malgré sa très grande supériorité en nombre et celle de sa position faire reculer que mes vedettes. 50 chevaux et une compagnie de voltigeurs l’ont fait déployer trois bataillons, plus de 200 chevaux et quatre pièces d’artillerie dont trois ont tiré une cinquantaine de coups.
Quatre compagnies du 53e régiment d’infanterie dont le commandement a été donné au chef de bataillon Moreau, 80 chevaux du 31e chasseurs commandés par le capitaine Charpentier, 30 chevaux du 4e chasseurs italien commandés par M. Borelli et Gamberage, et un obusier dirigé par le lieutenant Lerebores que j’ai tous fait avancer de San Martino pour soutenir la première ligne, ont suffi pour forcer l’ennemi dans la position formidable qu’il avait prise à Vago, et le mettre dans le plus grand désordre. C’est dans cet état qu’il a été obligé de rentrer à Caldiero.
Nous lui avons fait une vingtaine de prisonniers : il a eu une cinquantaine de tués dont un grand nombre de coups de sabres et de baïonnettes. Le nombre de ces blessés doit être très considérable : les routes sont teintes de sang.
Tous ont rivalisé : infanterie, cavalerie et artillerie ont montré la plus grande valeur. On n’entendait qu’un cri, celui de vive l’empereur, en forçant le village de Vago. M. le chef de bataillon Moreau s’est particulièrement distingué.
J’attends les rapports de MM. les colonels Grobon et Desmichel et de M. le chef d’escadron Duboy pour vous faire connaître, M. le comte, les noms de ceux qui se sont fait remarquer, et vous prier de les recommander à la bienveillance de Son Altesse Impériale
" (Papiers du général Paul Grenier. VIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 284 page 583).

Le 21 octobre 1813, le Général de Division Chef de l’état-major général Comte de l’Empire Vignolle, écrit, depuis le Quartier général à Gradisca, au Général Grenier : "... Le général de brigade Bonnemain part demain à la pointe du jour pour vous rejoindre avec le 31e régiment de chasseurs à cheval, il sera demain à Codroipo et ira prendre vos ordres à Valvasone ..." (Papiers du Général Paul Grenier. IX. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 22 page 55).

Le 22 octobre 1813, à 7 heures du matin, le Général de Division Palombini écrit, depuis Conegliano, à S. A. I. le Prince Vice-Roi : "Monseigneur ... J’ai appris que deux cents chevaux du 31e séjournaient à Treviso. J’ai envoyé mon aide de camp Molinari pour leur porter l’ordre de se mettre en marche ce matin pour leur destination. Si les circonstances l’exigeaient, je tirerais parti de leur passage pour pousser une forte reconnaissance jusqu’à Ceneda, en appuyant l’infanterie par un détachement de cavalerie, l’ennemi ayant des hussards sur ce point et les 40 chasseurs qui me restent du 3e italien étant beaucoup trop fatigués pour agir efficacement même contre une force égale à la leur ..." (Papiers du Général Paul Grenier. IX. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 37 page 85).

Le même 22 octobre 1813, le Général de Division Grenier écrit, depuis le Quartier-général à Pordenone, au Général de Brigade Bonnemains : "Je reçois à l’instant la lettre que vous m’avez fait l’honneur de m’écrire en date de ce jour de Codroipo ; la brigade de cavalerie que vous commandez devant suivre le mouvement du corps d’armée sous mes ordres, vous voudrez bien l’établir demain 23 à Pordenone et arriver le 24 à Conegliano où vous rejoindra le 4e de chasseurs.
L’escadron du 31e n’avait pas dépassé Conegliano. Il serait inutile de le faire arriver jusqu’à Pordenone puisqu’il pourrait en séjournant à Conegliano vous attendre …
" (Papiers du Général Paul Grenier. XXI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 3 page 18).

Le 24 octobre 1813 le Général de Division Palombini écrit, depuis Castel Franco au Général Grenier : "J’ai reçu votre lettre de ce jour. Je suis entré à Castel Franco à quatre heures du soir. L’ennemi était déjà dans cette commune. Mon avant-garde de cavalerie forte de 40 chevaux (chasseurs et gendarmes compris) a été chargée par 80 hussards, et mise dans la plus complète déroute ; de sorte que ce qui me reste ne signifie plus rien puisqu’il manque beaucoup d’hommes et de chevaux. L’officier qui commandait les gendarmes a été pris avec 16 chasseurs ou gendarmes. Les hussards qui poursuivaient nos cavaliers ont été coupés : ils sont tous égarés ; mais je ne puis en tirer parti car je n’ai personnes pour les faire poursuivre à leur tour.
L’ennemi occupe Bassano en force ; il a des détachements à Citadella ; ses avants postes sont en présence des miens sur la route de Citadella et de Bassano.
Il est déjà fort tard et d’après ces renseignements je juge qu’il ne me convient plus de marcher de nuit sur Bassano ; d’ailleurs, mon général, je ne puis rien faire isolément si l’on ne me donne pas au moins 200 chevaux, car je ne puis ni m’éclairer, ni me garder, ni correspondre avec de l’infanterie, qui d’ailleurs craint beaucoup la cavalerie et qui doit traverser des pays plats contre un ennemi qui a beaucoup de chevaux ; je vous prie donc, mon général, de m’en envoyer quelques-uns si vous voulez que j’agisse. Au reste, mon général, je crois qu’il convient de réunir des forces et marcher sur tout ce qui se trouve campé en arrière de Bassano.
Trois prisonniers croates qu’on me conduit à l’instant, confirment les renseignements que j’avais reçus. Les régiments Jelachitz et Bianchi avec le régiment de hussards Frimont sont à Bassano. Ils ont détaché peu de monde à Citadella.
L’alarme est au comble à Vicence ; on y répand des bruits très inquiétants. On dit que le général Gifflenga a été forcé, que les Allemands descendent par Brescia, et bien d’autres choses que leur trop d’extravagance démentit
" (Papiers du Général Paul Grenier. IX. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 43 page 97).

Le 25 octobre 1813, le Général de Division Grenier écrit, depuis Spresiano, au Vice-Roi : "Monseigneur, j’ai reçu ce matin à une heure de M. le général Palombini le rapport dont V. A. trouvera ci-joint copie ; elle verra par son contenu que je suis obligé de diriger la 2e division et le 31e de chasseurs sur Bassano ; je leur ferai prendre en conséquence aujourd’hui position entre Postuma et Castelfranco tant pour soutenir la brigade italienne qui y est que pour arriver de bonne heure le 26 sur Bassano que j’attaquerai avec la 2e division, la brigade italienne et la cavalerie qui sera avec le général Bonnemains ..." (Papiers du Général Paul Grenier. XXI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 8 page 29).

le 26 octobre 1813, le Général de Division Chef de l’état-major général Comte de l’Empire Vignolle, écrit, Du Quartier général à Valvasone, au Général Grenier : "... Le général Mermet a annoncé que le 31e régiment de chasseurs avait plusieurs emplois d’officiers vacants pour le remplacement desquels il doit être envoyé des mémoires de proposition en faveur des militaires de ce corps les plus susceptibles d’avancement ; lorsque ces mémoires me seront parvenus, je m’empresserai de les mettre sous les yeux de Son Altesse Impériale, et les nominations suivront de près" (Papiers du Général Paul Grenier. IX. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 54 page 119).

Le 27 octobre 1813, l'Adjudant Boulanger écrit, depuis Bessega (sic - Bessica) au Colonel Desmichels, commandant le 31e Régiment de Chasseurs, à Rossano (?) : "Mon colonel, j’ai l’honneur de vous prévenir que ce matin, voulant m’assurer si les postes ennemis que j’ai chassés hier au soir, avaient repris leurs anciennes positions, je poussai une reconnaissance sur Cassone, ordonnant au brigadier de mon avant-garde de partir au galop et de charger vigoureusement le poste de cavalerie ou d’infanterie qu’il rencontrerait, sans cependant trop s’avancer. Effectivement, il chargea rapidement un petit poste qui était à cheval, et le repoussa sur le grand poste de cavalerie et d’infanterie qui se sauva de suite en désordre. Mais comme ce poste était à l’embranchement de deux routes, et que je ne savais laquelle des deux suivait la majeure partie, je fis former mon peloton et faire halte, tandis que je me portais moi-même sur celle qu’avait suivie mon avant-garde pour m’assurer de ce qui se passait, lorsque je découvris une quinzaine de fantassins à ma gauche qui se sauvaient à toute hâte. Etant séparés de moi par un fossé très large, et s’apercevant que je ne pouvais le passer, ils tirèrent et ma jument fut blessée d’une balle dans le ventre. J’ai pris le cheval du chasseur Cerlet que je vous renvoie, monté sur un cheval du régiment qui a été trouvé ce matin blessé d’un coup de sabre.
Je vous prie, mon colonel, de me renvoyer ce chasseur ou un autre en sa place.
Le 3e régiment d’infanterie italienne vient de passer ici. Le colonel m’a fait appeler et m’a dit que j’appartenais à un bon régiment ; qu’il souhaitait que toute la cavalerie nous ressemble.
J’ai très peu de cartouches, et l’infanterie ne peut m’en céder. Ps. La ferrure est en très mauvais état ; j’ai déjà fait ferrer 10 chevaux à neuf, mais le maréchal est très cher
" (Papiers du général Paul Grenier. VIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 236 page 483).

Le 28 Octobre, le Prince Eugène décide de replier son armée derrière la Piave.

Le même 28 octobre 1813, à 3 heures après-midi, le Général Baron Bonnemain écrit, depuis Ramon, au Génral Comte Grenier : "J’étais à Bessega (Bessica) quand vos derniers ordres transmis par M. le chef d’état-major me sont parvenus. J’ai en conséquence placé un escadron à Rosa avec ordre d’envoyer un peloton aux avant-postes du général Schmitz et de garder par Cartiglione les rives de la Brenta. J’ai laissé un autre escadron avec les deux compagnies de voltigeurs à Bessega et je suis venu à Ramon où je m’établis avec le reste du 31e chasseurs, plaçant le détachement du 4e italien à Poggiana.
J’ai trouvé ici M. le général Galimberti avec sa brigade ; il attend M. le général Palombini et me dit qu’il doit passer la nuit dans ce village. Il y est déjà établi. Je crains que M. le chef d’état-major ait commis une erreur, d’autant mieux qu’il n’y a personne à Loria. Je n’ai pourtant pas voulu y retourner, puisque Ramon m’était désigné.
J’ai l’honneur de vous faire conduire, mon général, un prisonnier autrichien qu’un parti que j’ai envoyé, pendant que j’étais à Bessega, sur une maison de campagne de Casoni qui est à droite de Bessega, m’a ramené ; il donne quelques détails assez intéressants.
Je vous prie, mon général, de vouloir bien par la première occasion ou estafette, faire parvenir au quartier-général de Son Altesse Impériale, la lettre ci-jointe pour M. le général Mermet ...
" (Papiers du Général Paul Grenier. IX. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 69 page 149).

Les 29, 30 et 31 Octobre, le général Grenier stationne devant Bassano avec la brigade de cavalerie Bonnemains et un bataillon des 7e et 92e de Ligne à Bessica. Le poste de Cassoni est repris aux Autrichiens, puis la ville même de Bassano. Ce n'est qu'une action de retardement, mais le régiment combat avec brio. L'Armée d'Italie continue son lent recul.

Le 4 Novembre, le Quartier Général est à Vérone et l'Adige constitue désormais le nouveau rempart. La brigade Bonnemains à l'arrière garde détruit les ponts derrière elle.

Le 6 Novembre, Eugène réorganise son armée affaiblie. La brigade Bonnemains avec les 3 escadrons du 31e Chasseurs à cheval est désormais à l'Avant-garde.

Ce même 6 novembre 1813, à 5 heures du matin, le Général Bonnemain écrit, depuis San Martino, au Général Grenier : "Ce n’est que fort tard que nous avons pu exécuter notre mouvement d’hier, à cause du temps qu’il a fallu pour rompre les ponts. M. le capitaine du génie a dû vous rendre compte hier de ses opérations et de toute la peine que ses sapeurs ont eues.
L’ennemi n’a point paru derrière nous ; il n’avait pas encore non plus paru hier à Illazi.
J’ai placé ici d’après vos ordres mes deux régiments de chasseurs ...
Vous savez, mon général, dans quel état est le 4e italien ; vous savez aussi combien le 31e aurait besoin de s’organiser. Quelques temps de tranquillité leur seraient bien nécessaire et leur donneraient les moyens de continuer la campagne avec grand avantage ; cette position d’ailleurs, qui ne convient qu’à l’infanterie, ne nécessite pas beaucoup de cavalerie. Tous ces motifs m’ont déterminé, mon général, à vous prier de la placer, s’il est possible, de manière à ce qu’ils puissent desseller leurs chevaux et s’occuper de leurs réparations etc. etc.
Je n’ai pas besoin de vous dire, mon général, combien les chevaux et les harnachements ont souffert des pluies continuelles que nous avons eues.
Ps. ... Il y n’y a point de grains ici pour les chevaux. Ce n’est qu’avec beaucoup de peine que nous avons eu cette nuit un peu de viande. Je vous prie de me dire comment nous vivrons, si je dois rester
" (Papiers du Général Paul Grenier. IX. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 106 page 225).

Eugène prévoit de lancer des contre-offensives le long de l'Adige pour retarder le déploiement de l'ennemi.

Le 10 novembre, tandis qu'un parti de 500 hommes, moitié Autrichiens, moitié Anglais, jeté sur la côte, à l'embouchure de la Piave, par un vaisseau anglais, s'empare du fort de Cortelazzo et de la redoute de Cavalino, près de Venise, une colonne ennemie marche de Villanova sur Caldiero. Le Colonel Desmichels, du 31e de Chasseurs à cheval, reçoit l'ordre de se porter en reconnaissance du côté de Caldiero avec 200 chevaux de son Régiment et un Bataillon d'infanterie. Il échange quelques coups de feu près de Vago avec une reconnaissance autrichienne.

Le 11 Novembre, ayant appris que les Autrichiens ont passé l'Alpone et s'avancent vers Caldiero, Eugène resserre ses forces sur Vérone. Le Vice-Roi décide de chasser les Autrichiens de cette position.

Le 12 novembre, un détachement de 2 Escadrons et de 3 Bataillons, soutenus par 4 bouches à feu, attaquent, à Vago, les avant-postes du général Bonnemains. La grand'garde se défend en s'abritant derrière le canal, ce qui donna le temps à 4 Compagnies du 53e de ligne, appuyées par deux Escadrons et un obusier, de déboucher de Saint-Martin et de repousser la colonne ennemie en lui faisant une vingtaine de prisonniers (Mémoires du Prince Eugène, t.9, page 412).

Le 14 novembre 1813, le Général Quesnel reçoit depuis Vérone les instructions suivantes : "Vous trouverez ci-joint mon cher général les dispositions arrêtées pour le mouvement que devra faire la 1ère lieutenance demain 15 novembre … Je donne aussi l’ordre au général Bonnemain de faire partir avec votre 2e brigade les 100 chevaux du 31e régiment qui doivent marcher avec votre division ; une fois en marche vous pourrez leur donner la direction nécessaire pour la plus grosse portion que je crois nécessaire à votre 1ère brigade" (Papiers du Général Paul Grenier. IX. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 137 page 287).

Le Général Grenier écrit également, depuis Vérone, le 14 novembre 1813, au Général Bonnemain : "Vous trouverez ci-joint mon cher général les dispositions arrêtées pour le mouvement de demain 15, Son Altesse Impériale a apporté quelques changements dans les heures fixées pour le départ afin de donner le temps à la division Quesnel de manœuvrer sur la droite de l’ennemi ...
Vous ferez partir avec la deuxième brigade de la division Quesnel qui doit coucher à Saint-Martin les 100 chevaux du 31e de chasseurs que vous devez mettre à la disposition de ce général, et ferez suivre en même temps les deux pièces d’artillerie légère que vous avez à Saint-Martin et qui appartiennent à cette division.
Votre brigade sera à cheval à huit heures du matin pour se porter en arrière de Vago à hauteur de la division Marcognet
" (Papiers du Général Paul Grenier. IX. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 138 page 289).

"Dispositions d’attaque pour le 15 novembre.
La première division aux ordres de M. le général Quesnel se mettra en marche dans l’ordre ci-après : la première brigade partira le 15 novembre à 7 heures du matin pour se diriger par le chemin le plus court de Montorio sur Illasi, soit par Lavagno, soit par Marulise ; elle sera dirigée par M. le général Quesnel. Il sera attaché à cette brigade 100 chevaux du 31e de chasseurs qui la rejoindront sur Lavagno dans la direction qu’indiquera M. le général Quesnel.
La seconde brigade de cette division partira à 7 heures précise du matin pour se rendre à Saint-Martin et suivre de là la route qui conduit à Colognola ; un peloton de 25 chasseurs pris sur l’escadron mis à la disposition du général Quesnel marchera avec cette brigade ...
La brigade de cavalerie aux ordres de M. le général Bonnemain se mettre en mouvement avec la première ligne du général Marcognet et fournira quelques pelotons pour soutenir les tirailleurs de cette division, manœuvrera à sa hauteur est aussitôt que l’ennemi sera forcé dans la position de Caldiero, elle débouchera rapidement au-delà de cette position avec les pelotons de tirailleurs et les compagnies d’élite que M. le général Marcognet aura disposées pour faire tête de colonne ...
" (Papiers du Général Paul Grenier. IX. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 141 page 295).

Le 15 novembre, à 10 heures du matin, la Brigade Jeanin replie les postes ennemis jusqu'à la gauche de la porte de Caldiero. Le 53e de ligne, conduit par son brave Colonel Grobon, enlève cette position par une brusque attaque, dépasse le mamelon enlevé situé à la droite de la route, se rabat sur ce mamelon et le prend à revers, contribuant, avec un peloton du 31e de Chasseurs à cheval, à s'emparer du retranchement qui couvre ce point en faisant prisonnier tout ce qui s'y trouve. Pendant ce temps-là les voltigeurs de la colonne du Général Mermet tournent cette position … Caldiero est prise. Le 31e Chasseurs poursuit l'ennemi qui doit se replier derrière l'Alpone. Cette brillante journée coûte à l'ennemi 1,500 tués ou blessés, 900 prisonniers et 2 canons ; et à l'armée du vice-roi 500 soldats. Le Prince Eugène cite particulièrement les Généraux Jeanin et Bonnemains et surtout le Colonel Grobon, du 53e, auquel ce brillant fait d'armes vaut quelques jours plus tard le grade de Général de Brigade ; le Colonel Desmichels, du 31e de Chasseurs, et plusieurs autres officiers de tout grade (Mémoires du Prince Eugène, t.9, page 413).

Après la bataille, le 15 novembre 1813, Eugène écrit, depuis Caldiero, à Clarke : "… Nous avons trouvé l'ennemi occupant les hauteurs de Caldiero, au nombre d'environ 10,000 hommes. JI a été attaqué franchement, et, malgré sa vive résistance, le village d'Ilasi, celui de Colognola et les mamelons de Caldiero ont été successivement emportés aux cris de Vive l'Empereur ! L'ennemi, poursuivi dans la plaine, a été rejeté jusqu'au-delà du torrent de 1'Alpon, et dans le défilé notre artillerie lui a fait beaucoup de mal. Il a eu plus de 1,500 hommes tués ou blessés, et 900 prisonniers sont restés en notre pouvoir. Les généraux et les ·troupes se sont parfaitement conduits. Je dois citer plus particulièrement les 42e, 53e et 102e régiments de ligne, ainsi que le 31e de chasseurs.
En attendant que les rapports des généraux me mettent à même de vous faire connaître les braves qui se sont distingués, je dois nommer le général de brigade Jeanin, le colonel Grobon et le lieutenant Charbonnier, du 31e de chasseurs. Notre perte est modérée comparativement à celle de l'ennemi ; nous n'avons eu qu'environ 500 hommes hors de combat ; malheureusement il s'y trouve au moins 30 officiers, parmi lesquels il y a déjà, à ma connaissance, 6 officiers supérieurs ; mais la journée coûte certainement à l'ennemi de 2,200 à 2,400 hommes
" (Mémoires du Prince Eugène, t.9, page 451).

Le 15 novembre 1813 au soir, après la bataille, le Général de Brigade Baron Bonnemain adresse, depuis Caldiero, son Rapport au Lieutenant général Comte Grenier, commandant le 1er Corps : "La brigade de cavalerie que je commande, composée du 31e régiment de chasseurs à cheval et du 4e chasseurs italien, ayant presque toujours agi sous les yeux de votre excellence dans la journée mémorable du 15 ce mois, je ne crois pas devoir vous donner aucuns détails. Je me bornerai à rappeler à Votre Excellence qu’au moment où mes pelotons de tirailleurs, de concert avec les voltigeurs de la division d’infanterie, s’engagèrent près de Caldiero, je partais à gauche et parvins, malgré les difficultés du terrain, et le feu de l’ennemi, à placer la batterie d’artillerie légère du capitaine Faure en la faisant soutenir par mes escadrons, à demie portée de fusil des lignes ennemies qui occupaient les hauteurs entre Colognola et la grande route, que cette artillerie y servit si utilement et fit tant de mal à l’ennemi qu’il ne put tenir ses positions, ce qui facilita le mouvement de nos colonnes de gauche sur Colognola et permit de déboucher par le grand chemin de Villanova.
Vous avez vu, mon général, avec quelle intrépidité ce dernier mouvement fut exécuté par toutes les troupes ; je crois cependant que celle des 31e chasseurs et 4e italien se firent remarquer.
Pendant que je me portais avec ma colonne sur le grand chemin, un peloton du 31e régiment de chasseurs, commandé par M. Charbonnier, monta de front dans les retranchements ennemis et deux autres peloton du même régiment, commandés par le lieutenant Couget les tournèrent. Ces mouvements hardis étonnèrent l’ennemi et produisirent le plus beau résultat.
Je continuai ensuite la marche vers le pont de Villanova, chassant l’ennemi de toutes les positions qu’il voulut prendre jusque dans les ouvrages qu’il avait établi sur l’Alpon. Il s’engagea alors une canonnade des plus vives dans laquelle la batterie du capitaine Faure rendit de grands services, comme elle l’avait fait toute la journée. Une autre batterie que Votre Excellence m’envoya et que je déplaçais à gauche dans la direction de Soave produisit aussi le meilleur effet. Ma brigade qui éclairait et protégeait ces batteries reçut pendant plusieurs heures la canonnade la plus vive de la part de l’ennemi avec le sang-froid et le calme qui ferait honneur à de vieux soldats. Je passais devant le 4e italien au moment où un boulet emporta la cuisse d’un chasseur de ce régiment. Tous crièrent Vive l’empereur, Vive le roi, avec un enthousiasme admirable.
Je ne puis assez faire l’éloge des corps qui ont combattu sous mes ordres dans cette journée ; ils ont montré ce qu’on peut attendre de troupes aussi dévouées.
Je citerai particulièrement la grande bravoure et l’élan du colonel Desmichels, commandant le 31e chasseurs à cheval, et du chef d’escadron Duboy, commandant le 4e italien. Ces deux officiers supérieurs, qui se sont faits remarquer dans toutes les occasions de cette campagne, ont les droits les plus signalé aux bontés de l’Empereur.
Mm. Martin capitaine, Autric capitaine, Charbonnier capitaine, Couget lieutenant, Audibert sous-lieutenant, Schreiner sous-lieutenant, Boulanger sous-lieutenant, Rabert maréchal des logis, Labarthe maréchal des logis, Boutard brigadier, Richard brigadier, Guet chasseur, tous du 31e régiment de chasseurs à cheval ...
Tous ces militaires qui se sont conduits avec la plus grande bravoure ont mérité des récompenses. Je vous prie très instamment, mon général, de les recommander à la haute bienveillance de Son Altesse Impériale, ainsi que mes aides de camp, MM. Grombaud de Seréville et Olivier, qui aux attaques de Cassoni, de Vago, à Bassano et enfin à Caldiero, se sont conduits avec une rare intrépidité.
M. Frion, chirurgien major du 31e chasseurs à cheval, a rendu dans toutes les affaires les plus grands services ; je l’ai vu en première ligne donner des secours aux militaires de tous les corps
" (Papiers du Général Paul Grenier. IX. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 139 page 291).

Dans son rapport du 18 novembre 1813, adressé au Lieutenant-général Grenier, depuis Veronette, le Général de Division Baron Quesnel écrit: "Rapport des mouvements et des opérations faites par la 1ère division dans la journée du 15 novembre
Armée d’Observation d’Italie, 1ère Lieutenance, 1ère Division
1ère brigade commandée provisoirement par M. le colonel Tissot du 92e régiment
La 1ère brigade composée de deux bataillons de la 30e demi-brigade (1er léger et 10e de ligne), des trois bataillons du 92e régiment de ligne, et de 60 chasseurs à cheval du 31e régiment, partit de Lavagno où j’avais rejoint cette brigade, le 15 à 7 heures du matin pour marcher sur Illasi que l’ennemi occupait avec à peu près 250 hommes. Les deux bataillons de la 30e demi-brigade avait ordre de tourner le village d’Illasi et le château, un bataillon par la droite et l’autre par la gauche, tandis que l’avant-garde de ces deux bataillons et des chasseurs à cheval soutenus par le 92e attaquèrent de front le village ; cette opération se fit avec autant d’impétuosité que de succès, dans un instant on fut maitre du village et bientôt après des hauteurs d’Illasi. Le 1er bataillon d’infanterie légère fit une centaine de prisonniers, dont trois officiers du régiment de Chatlair, le détachement de chasseurs en sabra quelques-uns et une compagnie du 2e bataillon du 92e en prit 10. L’ennemi ne se défendit point au château d’Illasi, il se retira fort en désordre sur Colognola, suivi avec vigueur par les tirailleurs du 1er légers. La brigade étant réunie sur les hauteurs d’Illasi, je m’aperçus qu’une forte canonnade et fusillade était engagée à Colognola entre l’ennemi est la 2e brigade la division et que ce premier défendait avec opiniâtreté cette forte position. Je crus alors qu’il était important de faire attaquer le village de Colognola par-derrière pour l’en chasser, afin de faciliter par ce mouvement les opérations de la seconde brigade. Le 1er léger et le 10e reçurent ordre d’attaquer l’ennemi qui se trouvait à la droite de Colognola et furent suivis par le 92e régiment ; la marche se fit par la crète de la montagne et bientôt l’ennemi qui s’aperçut du mouvement de la 1ère brigade commença à s’ébranler, ce qui facilita à la seconde la prise des positions de Colognola.
La 1ère brigade arriva à temps pour faire des prisonniers et les tirailleurs de l’une et l’autre brigade poursuivirent vivement l’ennemi, jusqu’au-delà du mont Bisson (dans ce moment je reçus un petit billet de M. le lieutenant général comte Grenier pour faire attaquer Colognola par deux bataillons, mais alors le mouvement de la brigade était totalement prononcé). Le 1er bataillon du 92e régiment donna dans une embuscade de l’ennemi, qui ne se montra pour faire son feu, que lorsque l’on était à brûle pourpoint, les grenadiers de ce bataillon se précipitèrent sur lui, tuèrent 14 hommes et mirent le reste en fuite. Le capitaine Hérisson se distingua par l’exemple et l’impulsion qu’il donna à ses grenadiers. Toutes les positions de Colognola et celles en arrière étant prises, la 1ère brigade descendit vers le mont Bisson où elle se réunit ; une heure après, elle se remit en mouvement pour aller occuper les auteurs de Soave ; elle avait peu de distance à parcourir, mais les routes été si mauvaises qu’on resta près de 7 heures en marche, avant que la queue de la colonne fût arrivée à Soave. Les soldats étaient exténués de fatigue, beaucoup étaient nu pied, quelques-uns avaient perdu leurs shakos et même leurs armes dans des fossés profonds et plein d’eau, dans lesquels ils étaient tombés. L’ennemi couronnait en force toutes les hauteurs en arrière de Soave et était maître du château. Je jugeai qu’il était impossible de l’attaquer dans ces positions pendant la nuit et je fis entrer en ville la 1ère brigade, elle fut placée dans la rue qui traverse la ville et j’ordonnai toutes les mesures de précaution que commandait la prudence afin d’être en mesure contre toute entreprise de la part de l’ennemi.
Le 16 à 5 heures du matin, la brigade se mit en marche ayant deux compagnies du 3e bataillon du 92e en arrière garde, elle se dirigea d’abord vers la grande route qui conduit à Villanova, elle prit ensuite une traverse à sa droite qui conduisait au mont Bisson ; les chemins étaient très mauvais, ce qui retarda considérablement le mouvement. L’ennemi alors descendit du château, et l’arrière garde fut attaquée, le capitaine Gaudin qui la commandait, tomba mort, ainsi qu’un caporal de voltigeurs. Une section de voltigeurs chargea l’ennemi à la baïonnette, lui tua quelques hommes et le fit rentrer en ville, d’où il ne ressortit plus. Nous arrivâmes au mont Bisson à 8 heures du matin, le 1er léger et le 10e de ligne prirent position, et trois bataillons du 92e se portèrent au château et sur les hauteurs de Illasi.
Le 17 la brigade s’est mise en marche pour rentrer à Veronette.
2e brigade aux ordres de M. le général de brigade baron Soulier.
La 2e brigade partit de Saint-Martin le 15 à 7 heures du matin, composée de 2 bataillons du 42e, trois du 84e, 25 chasseurs à cheval du 31e, et trois pièces d’artillerie à cheval de la batterie de M. le capitaine Faure. Cette brigade arriva à 8 heures aux avant-postes de gauche de la division de M. le général Marcognet. M. le général Soulier fit des dispositions pour l’attaque de la position du village de Colognola ; à 9 heures sa colonne fut entièrement réunie et voyant la première brigade arriver sur Illasi il commença son opération. Cinq compagnies de voltigeurs des 42e et 84e de ligne attaquèrent cette position par la droite et par la gauche et furent soutenues et renforcées par les deux bataillons du 42e de ligne, le 84e était en réserve en colonne serrée par division et à cheval sur la route. Au moment où l’affaire était sérieusement engagée, M. le général Soulier reçu l’ordre de ralentir l’attaque, les ordres furent donnés en conséquence. L’ennemi s’apercevant de ce mouvement crut sans doute que c’était l’effet de la crainte que sa forte position inspirait, il s’élança par la gauche de ses retranchements et positions, alors M. le général Soulier crut devoir donner suite à l’attaque, il repoussa cet élan avec une compagnie du 42e et deux du 84e, il fit tirer quelques coups de canon et d’obusiers sur divers retranchements, d’où partaient des feux qui lui faisaient beaucoup de mal, l’ennemi s’élança de nouveaux par sa droite, pour tomber sur l’artillerie, le 1er bataillon du 84e le culbuta, lui fit environ 20 prisonniers, lui tua et blessa beaucoup de monde.
Ce mouvement et le feu vif de l’artillerie ainsi que le mouvement que faisait la première brigade qui arrivait en arrière de Colognola, avait ébranlé l’opiniâtreté de l’ennemi. M. le général Soulier jugea ce moment favorable pour attaquer avec vigueur et enlever la position, il ordonna au 1er bataillon du 84e de poursuivre les avantages et les fit soutenir par le second bataillon, il dirigea sur la droite de la position le 42e au pas de charge ; ce mouvement exécuté avec la plus grande bravoure et le plus parfait ensemble, joint au feu de la 1ère brigade qui s’était engagée déjà sur les positions à la droite et en arrière de Colognola, obligea l’ennemi à la retraite sur ses retranchements supérieurs, où il fut suivi de très près et obligé de les abandonner. Pendant cette opération, une colonne de 400 hommes ennemie intermédiaire entre Caldiero et Colognola, voyant cette dernière position au moment d’être enlevée, se portait à la course à son secours ; mais le troisième bataillon du 84e fut dirigé à sa rencontre et une pièce de six placée par les ordres de M. le général Soulier à deux tiers de portée ralentit ce mouvement et donna le temps à ce troisième bataillon d’arriver et força cette colonne à se jeter en désordre dans la vallée qui conduit au mont Bisson ; enfin à midi et demi on fut en possession entière de la position de Colognola.
L’ennemi y a perdu beaucoup de monde en tués et blessés, plusieurs maisons en étaient remplies. Le nombre des prisonniers fait par la seconde brigade s’élève à 120 hommes.
M. le général Soulier se loue beaucoup de la bonne conduite des deux régiments qui composent sa brigade ; ils méritent les plus grands éloges, leurs chefs aussi s’y sont particulièrement distingués, l’artillerie a très bien dirigé son feu et son tir a été des plus juste.
M. Labordes capitaine aide de camp de M. le général Soulier s’est distingué en chargeant l’ennemi à la tête des voltigeurs, il a vu son cheval tué sous lui ; cet officier a déployé dans toutes circonstances et particulièrement dans cette affaire une activité, un zèle et une bravoure exemplaires.
La seconde brigade ayant été remplacée dans les positions de Colognola par deux bataillons de la division Rouyer, elle a quitté ses positions à deux heures après midi. Arrivée en arrière des troupes qui combattaient à Villanova, elle reçut ordre de M. le lieutenant général comte Grenier de se porter sur Soave et entrer en communication avec la 1ère brigade. A 7 heures et demie du soir M. le général Soulier est arrivé à la ferme San Martino près Soave, où il a pris position, en me rendant compte de son arrivée.
Le 16, la 2e brigade est venue prendre position à Colognola, le 17 elle est rentrée à Veronette
" (Papiers du Général Paul Grenier. IX. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 152 page 317).

10 croix de la Légion d'Honneur seront gagnées par le Régiment.

Le 16 novembre 1813, le Général de Division chef d’état-major général Comte de l’Empire Vignolle adresse, depuis le Quartier général à Caldiero, au Général Grenier, les "Dispositions arrêtées par Son Altesse Impériale le Prince Vice-Roi.
Le but de Son Altesse Impériale le Prince Vice-Roi étant rempli, c'est-à-dire de chasser l’ennemi de la position de Caldiero et le rejeter au-delà de l’Alpone, les divisions qui ont été employées à cette expédition, reprendront leurs anciennes positions, sauf les changements nécessités par les circonstances...
A six heures précises du matin, demain 17, la cavalerie se mettra en mouvement pour dépasser Vérone et prendre ses positions, la brigade de M. le général Bonnemain à Zevio et Saint-Jean Lopato, les dragons de la reine à Casa Davide ...
" (Papiers du Général Paul Grenier. IX. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 147 page 307).

Dès le 19, l'ennemi réoccupe ses emplacements.

Le 31e Chasseurs reçoit, dans le même temps, des renforts de France pour être porté à plus de 1000 cavalierset mettre au complet les 3 escadrons.

Des ateliers sont établis à Vérone pour rééquiper les hommes qui portent alors une tenue "à la polonaise" en même temps que doit être formé un escadron de lanciers. Les mémoires d'Hippolithe d'Espinchal, nommé récemment Major au Régiment nous apprennent :
"le Vice-roi pensa que nous avions besoin de repos et nous envoya en cantonnements sur la rive droite de l'Adige, à quelques lieues de Vérone, ... nous eûmes aussi la visite du général Bonnemains, envoyé par le Vice-roi pour faire reconnaître, à la satisfaction générale du régiment, le brave capitaine Jouanet, de la compagnie d'élite, comme chef d'escadron, et organiser un escadron de lanciers choisi parmi les plus braves et meilleurs sujets du régiment.
Cette émulation, sans être nécessaire, produisit cependant un grand encouragement et servit de véhicule aux chasseurs qui, outre une haute paye, porteraient avec orgueil un galon de laine sur la manche.
Le commandement en fut donné au capitaine Couget, brave et intrépide militaire".

Le 23 décembre 1813, le Général de Division Mermet, commandant la cavalerie, adresse, depuis Isola Porcarizza les "Dispositions ordonnées par S. A. I. pour la cavalerie de l’Armée, qui auront leur exécution le 24 ...
2e brigade Le 31e régiment de chasseurs à cheval continuera d’occuper Santa-Maria et Zevio. Ce régiment fournira comme par le passé les 100 hommes qui sont aux avant-postes et qui doivent être relevés tous les trois jours. Ce régiment se liera par des postes de correspondance avec Ronco et se gardera par la gauche dans la direction de Verone en occupant les postes qui lui ont été assignés …
" (Papiers du Général Paul Grenier. X. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 83 page 177).

Vers la fin du mois, les troupes italiennes qui étaient en Espagne étant rentrées et les divers corps de l'armée ayant reçu un assez grand nombre de conscrits, armés, habillés, équipés, et assez bien instruits au dépôt d'Alexandrie, le Prince Vice-Roi réorganise son armée en 6 Divisions de la manière suivante :
... CAVALERIE. - Général MERMET. Général de Brigade, Rambourg, 3e Chasseurs italien, 4 Escadrons ; 19e Chasseurs français, 2 Escadrons. Général de Brigade, Bonnemains, 4e Chasseurs italien, 2 Escadrons ; 31e Chasseurs français, 3 Escadrons et demi. Général de Brigade Perremond, 1er Hussards français, 4 Escadrons ; Dragons de la réserve, 3 Escadrons. Force, 3,010 hommes, et 6 bouches à feu. (Mémoires du Prince Eugène, t.9, page 441).

Fin Décembre, les positions n'ont guère évoluées en Haute Italie. L'Armée d'Eugène est toujours derrière l'Adige en deux Lieutenances qui correspondent à deux masses de manœuvre: une adossée à Mantoue et une autour de Vérone. Les 3 escadrons du 31e Chasseurs à cheval sont à la division de cavalerie du général Mermet, brigade Bonnemains. Mais plus au Sud, les troupes napolitaines de Murat remontent la péninsule, en ayant changé d'alliance …

8 Janvier : Affaire de Goito (le colonel à la suite Chevalier est tué).

Le 13 janvier 1814 à midi, le Général Mermet écrit, depuis San Giovani Lupatoto, au Lieutenant général Comte Grenier à Isola Porcarizza : "La pénurie des fourrages ne permettant pas aux corps de cavalerie d’occuper plus longtemps le même emplacement, j’ai l’honneur de vous prévenir que conformément aux dispositions arrêtées par S. A. I. le Prince Vice-roi qui m’ont été communiqués ce matin ...
La 2e brigade composée des 31e chasseurs et 4e italien occupera Isola della Scala et environs, elle fournira 100 chevaux de Roverchiaretta à Ronco, et Isola Porcarizza, elle laissera une compagnie à Zevio, une à Lupatoto, une à Vérone et une à Saint-Michel ...
Les divers détachements seront relevés tous les huit jours ...
" (Papiers du Général Paul Grenier. X. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 120 page 251).

Le régiment est alors envoyé aux environs de Mantoue et reçoit de nouveaux renforts. Il y a à présent une compagnie d'Elite et une de lanciers bien équipés, de 125 hommes chacune.

Fin Janvier, Eugène, sur de la trahison de Murat, décide de se replier sur le Mincio. Dès le 5, l'Armée est déployée le long du fleuve avec des têtes de pont à Goïto et Mozembano. Eugène une fois de plus se porte aux devant des Autrichiens pour les forcer à reculer.

Les 4 et 6 Février, ont lieu les premières escarmouches sur le Mincio. Ce que le Vice- Roi ne sait pas, c'est que les Autrichiens ont décidé eux aussi de passer le Mincio dans l'autre sens. Les deux armées vont donc intriquer leurs mouvements.

Dans un Rapport rédigé par Tascher de la Pagerie, Aide de camp du Prince Eugène, destiné à Napoléon, on peut lire : "Le prince vice-roi a· opéré son mouvement de Vérone sur Mantoue le 4 février à huit heures du matin. Son Altesse Impériale sortit de Vérone avec l'arrière-garde ; l'ennemi pénétrait déjà dans Veronette par le château San-Felice. Ce poste n'était que faiblement gardé et ne fit pas grande résistance ; les troupes se replièrent pour se joindre, sur la grande place, à la colonne qui venait de la porte de Vicence. A neuf heures du matin, les premières troupes autrichiennes entrèrent dans Vérone ; à-onze heures, l'avant-garde traversait la ville et se portait sur Villafranca. L'arrière-garde française opéra son mouvement sans avoir été nullement inquiétée, et prit position à Villafranca. Vers les cinq heures du soir, le général ennemi, pensant qu'on ne gardait que faiblement ce poste, voulut s'en rendre maître. 4 bataillons d'infanterie et 3 escadrons furent chargés d'attaquer la ville. Le général Bonnemain a réuni 2 bataillons et sa brigade de cavalerie ; l'ennemi fut culbuté et poursuivi pendant une lieue et demie. Un escadron du 31e de chasseurs fit une belle charge : l'ennemi prit position, notre arrière-garde revint à sa position, on fit 40 à 50 prisonniers, parmi lesquels un officier ..." (Mémoires du Prince Eugène, t.10, page 26).

Le 5 févier 1814, le Général Porson écrit, depuis Turin, au Général Vignolle : "Mon général, le général de division Gratien ayant été chargé de faire diriger sur l'armée d'Italie tous les hommes provenant de la conscription de 1808 à 18l4 au fur et à mesure qu'ils seraient habillés, équipés et armés, le prince gouverneur avait lieu de penser que l'on aurait exécuté cette disposition envers ceux qui appartiennent au 31e régiment ; mais, puisque cela n'a pas été fait, Son Altesse Impériale vient d'ordonner au général Despinois de les faire partir d'Alexandrie, le 7 du courant, pour Plaisance, sous la conduite d'un certain nombre d'officiers et de sous-officiers ..." (Mémoires du Prince Eugène, t.10, page 73).

Le 8 février 1814 au matin, l’Armée du Prince Eugène commence son mouvement. La colonne du centre, formée par la Division Quesnel (de la 2e Lieutenance), ayant une avant-garde aux ordres du Général Bonnemains, avant-garde composée du 31e de Chasseurs à cheval, de 2 Bataillons et de 4 canons, débouche par le pont de Goito, sous la direction spéciale du Prince lui-même. La colonne, débouchant de Goito, se trouve tout à coup, et à peu de distance de cette ville, en présence des premiers postes de la Division Merville en opération sur Pozzolo. La Brigade d'avant-garde Bonnemains franchit les ponts des canaux autour de Villabona. Le 31e de Chasseurs s'étend dans la plaine entre Marengo et Mazimbona, au pied du rideau des hauteurs qui dominent le Mincio de Valeggio à Mazimbona. Les postes ennemis sont enlevés, près de 500 Autrichiens faits prisonniers par quelques pelotons de Chasseurs.

Le Général Bonnemains, qui revient de Belvédère après avoir enlevé un convoi d'équipages, se trouve bientôt en face de la droite de la ligne ennemie. Il déploie ses deux Bataillons, les couvre par ses 4 pièces et oppose le 31e de Chasseurs à la cavalerie autrichienne qui s'avance vers Remelli. Le combat s'engage; le Général Merville essaie de menacer les 2 Bataillons du Général Bonnemains. Le 31e de Chasseurs fait un changement de front pour prendre en flanc l'ennemi, qui se retire. Dix-huit bouches à feu ne tardent pas à ouvrir leur feu contre le Général Bonnemains, qui se trouve dans une position critique, lorsque la Division Rouyer arrive pour soutenir la Division Quesnel. La ligne du Vice-Roi a pour appui la Brigade de Cavalerie Perreymond à gauche, l'avant-garde du Général Bonnemains à droite.

Le Rapport rédigé par Tascher de la Pagerie, Aide de camp du Prince Eugène, et destiné à Napoléonn raconte : "… le 1er régiment de hussards français fut culbuté et perdit du monde ; le régiment italien des dragons de la reine le sauva d'une perte entière. Le prince engagea une seconde division d’infanterie pour soutenir celle qui était engagée. Les masses ennemies furent renvoyées ; on en vint plusieurs fois à la baïonnette ; 5 bataillons de grenadiers autrichiens, tenant la gauche de l'ennemi, s'avancèrent bravement pour tourner la droite de la division qui était engagée ; mais, reçus presqu'à bout portant par 2 bataillons, ils furent culbutés, laissant près de 100 hommes tués ou blessés. Le 31e de chasseurs à cheval fit une belle charge contre les bataillons de grenadiers ; deux mirent bas les armes. Une charge, que l'ennemi fit contre ce régiment, ne lui permit de conduire prisonnier qu'un des bataillons" (Mémoires du Prince Eugène, t.10, page 29).

L'ennemi, voyant se dessiner l'attaque de Pozzolo, essaie une diversion en faisant avancer contre l'aile droite du Prince quelques Bataillons de Grenadiers en carré. Le 31e de Chasseurs prend la charge, et, quoiqu'il n'ait pas de succès, il peut se replier derrière les deux Bataillons du Général Bonnemains sans éprouver de pertes sensibles, se reformer et exécuter une nouvelle charge des plus heureuses contre 5 Escadrons autrichiens qui viennent soutenir les Grenadiers. Eugène s'est porté à son aile droite; il ordonne une troisième charge sur l'infanterie ennemie. Cette infanterie culbutée est poursuivie jusque vers Querni. Le Général Merville, voyant ses deux ailes enfoncées, bat en retraite (Mémoires du Prince Eugène, t.10, page 13).

Au cours de cette bataille complexe, le Régiment a de nombreuses pertes: 5 Officiers et 70 tués, 11 Officiers et 190 blessés, en chargeant plusieurs fois. Si l'issue du combat revient à Eugène, celui-ci n'est pas décisif. Avec ses troupes affaiblies, il se replie et repousse une nouvelle tentative autrichienne le lendemain.

"Le prince, dirigeant lui-même la division du général Marcognet, fut un moment exposé au danger d'être pris ou tué, sans un détachement de 25 lanciers du 31e Chasseurs formant son escorte.
Le chef, nommé Path, ne balança pas à se sacrifier pour le sauver; . . . 8 hommes furent tués, 9 blessés, et le prince parvint à se dégager de plus de 300 Hongrois dont il était entouré
".

Le 9 févier 1814, Eugène écrit, depuis Goito, à Clarke : "… Dans une seule charge du 31e de chasseurs, un carré de grenadiers a été écharpé ..."(Mémoires du Prince Eugène, t.10, page 78).

Eugène établit son QG à Volta et réorganise les 30.000 hommes qui lui restent.

Le 10 Mars, le Vice-Roi oblige les Autrichiens à se replier derrière l'Adige, autour de Vérone. Mais plus au Sud, la Toscane est perdue et Gênes est sous la pression.

12 Mars : Combat de Monzembano. Le 22, un détachement du régiment fait 215 prisonniers.

Le 11 Avril, Eugène apprend la chute de Paris et l'abdication de l'Empereur.

Après l'armistice, le 31e Chasseurs à cheval rentre en France et passe par Aix en Provence, Avignon et Cavaillon, Nîmes, puis Montpellier et ses environs. Il est dissous le 12 Mai 1814 et les hommes versés dans le 14e Régiment de Chasseurs à Cheval.

Le 10 juin 1814, le Général de Division Grenier écrit au Ministre de la Guerre, à Paris : "J’ai l’honneur de rendre compte à V. E. que M. le général Gentil Saint Alphonse, commandant par intérim la cavalerie de l’armée, a fait remettre par le 14e régiment de hussards 200 chevaux au 19e régiment de chasseurs à cheval et 28 au 31e. Par ce moyen, ces deux régiments ont pu monter les hommes qu’ils avaient à pied, mesure qui m’avait été proposée par le général Mermet et que j’ai autorisé dans le temps, le régiment de hussards n’ayant pas les hommes nécessaires pour les soigner ..." (Papiers du Général Paul Grenier. XXI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 97 page 207).

Le 13 juin 1814, le Général de Division Grenier écrit au Général Gentil Saint-Alphonse, à Avignon : "… Je vous ai fait adresser cette nuit l’ordre de départ pour le 31e de chasseurs ..." (Papiers du Général Paul Grenier. XXI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 97 page 207).

D'après un "Bordereau des corps et détachements de l’armée d’Italie pour servir à la répartition définitive du résidu des fonds provenant de la gratification accordée par S. A. I. le Prince Eugène, calculée à raison d’environ 10 jours de solde pour chaque grade, et pour les hommes présents seulement, d’après les états adressés par les corps ; cette répartition est faite conformément aux intentions de son excellence le comte Grenier", il est prévu pour les 1er, 2e, 3e, 5e et 6e escadrons du 31e Chasseurs à cheval :

Présents sous les armes
Somme revenant à chaque corps pour
Total
Officiers
Sous-officiers et soldats
Officiers
Sous-officiers et soldats
46
741
1050
2450
3500

"En deux mandats l’un de 157 Frcs et l’autre de 3343 Frcs délivré à M. le Lieutenant Chevalier"; ce tableau a été certifié par le Chevalier de Saint-Charles, Inspecteur aux Revues de l’Armée d’Italie, à Manosque, le 20 juin 1814 (Papiers du Général Paul Grenier. X. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 133 page 278).

V/ UNIFORMES DU REGIMENT EN ITALIE

31e Chasseurs à cheval 1813 d'apr. Knötel
Trompette 31e Chasseurs à cheval 1813-1814
Fig. 5 Compagnie de lanciers du 31e Chasseurs à cheval, 1813, d'après H. Knötel
Fig. 6 Trompette de la Compagnie de lanciers du 31e Chasseurs à cheval, 1813, d'après le Manuscrit de Marckolsheim

L'uniforme porté est alors copié sur celui des lanciers polonais mais de fond vert distingué de chamois au collet, parements et passepoils de la kurtka avec shapska de fond chamois. La compagnie d'Elite et les lanciers prennent le pantalon rouge à bande chamois. Cette tenue polonaise a vraisemblablement été adoptée en Espagne par Desmichels vers le milieu de 1813 avant de partir pour l'Italie (Figure 3, 4 et 5).

Une ceinture "à la polonaise" distingue les compagnies: rouge pour la compagnie d'Elite, verte et chamois pour les lanciers, chamois pour les compagnies du centre qui portent des nids d'hirondelles vert et chamois en guise d'épaulettes. Ils sont armés d'une carabine, d'un sabre et de deux pistolets.

Les officiers supérieurs ont leur marques de grade en argent et la schapska bordé d'argent. Ceinture en reseau or et argent de même que les garnitures de la giberne.

Schabraque de moutons blanc festonnée de chamois et portemanteau vert avec galon chamois et vraisemblablement numéro 31.

Ps Certaines représentations donnent une plaque rayonnante à la schapska mais nous pensons qu'elle en était dépourvue.

La flamme de la lance pour la compagnie ou l'escadron de chasseurs-lanciers est soit rouge et blanche comme les polonais soit plus vraisemblablement chamois et blanche.

Figure 3 : Uniformes à la Polonaise portés en Italie en 1814 par le 31e Chasseurs à cheval. Avec répartitiondes distinctives selon les compagnies.

Figure 4 : Compagnie de lanciers du 31e Chasseurs à cheval. Dessin de Roger Roux. On notera les chevronsd'ancienneté sur la manche.

Figure 5 : Compagnie de lanciers du 31e Chasseurs à cheval, fin 1813. D'après H. Knoetel. On notera les variantes au niveau de la culotte par rapport au dessin de Roux. La ceinture verte et chamois est bien décrite dans les mémoires d'Espinchal.

Figure 6 : Trompette de chasseurs lanciers, tenue à la polonaise, Italie, fin 1813-1814. D'après le manuscrit de Marckolsheim. La tenue est galonnée de blanc aux revers, parements et collet et le galon forme des boutonnières sur les revers. On notera la plaque de la schapska à centre cuivre et rayons de métal blanc.

VI/ LA CAMPAGNE D'UN DETACHEMENT DU 31E CHASSEURS A CHEVAL A L'ARMEE DE LYON, FEVRIER-MARS 1814

Fin décembre 1813, l'Empereur accepte que le Dépôt du 31e Chasseur soit transféré d'Annecy à Vienne (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1912, t.4, lettre 6337).

En prenant le commandement de l'Armée de Lyon en Janvier 1814, le maréchal Augereau peut constater qu'il n'a quasiment aucune troupe. Il se replie sur Valence et réquisitionne les fonds de tous les dépôts pour se constituer une armée. C'est ainsi que le 21 Février, 90 cavaliers des 4e et 31e Chasseur à cheval des dépôts de Vienne vont rejoindre Lyon où ils forment avec d'autres détachements des 13e Cuirassiers, 1e , 4e et 12e Hussards, la cavalerie mise sous le commandement du général Digeon.

Ils vont servir lors des combats pour repousser les Autrichiens. Au 15 mars, 23 hommes du 31e Chasseur à cheval sont détachés à la division du général Marchand et 48 hommes sont détachés à la division du général Bardet.

VII/ SOURCES

- Mémoire d'Hyppolithe d'Espinchal.

- Quintin : Dictionnaire des colonels de Napoléon

- Martinien

- Dessins de Boisselier, Knötel, Vallet, Manuscrit de Marckolsheim …

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