Le 31ème Régiment de Chasseurs à cheval

1811-1814

Accès à la liste des Officiers, cadres d'Etat major, Sous officiers et soldats du 31e Chasseurs

Avertissement et remerciements : Cet article nous a été adressé par notre collègue du Bivouac, Didier Davin, que nous remercions tout particulièrement pour sa disponibilité et son érudition.

I/ LES DEBUTS DU REGIMENT 1811- 1813

Officier 31e Chasseurs à cheval 1812
Fig. 1 Officier de la Compagnie d'élite du 31e Chasseurs à cheval, Espagne, 1812
Fig. 1bis Chasseur du 31e Chasseurs à cheval, Espagne, 1812

Le 7 septembre 1811, au palais de Compiègne, l'Empereur décide de créer un 31e Régiment de Chasseurs à cheval, par l'amagame des deux Régiments provisoires de cavalerie légère (1er Régiment : 4es Escadrons des 11e et 24e Chasseurs; 2e Régiment : 4es Escadrons du 12e Chasseurs et 5e Hussards) stationnés à cette époque en Vieille Castille à Penaranda, qui doivent ainsi constituer les 3 premiers Escadrons de cette nouvelle unité :
"Décret.
ART. 1er. — Les 4es escadrons du 5e régiment de hussards et des 11e, 12e et 24e de chasseurs, formant deux régiments provisoires de l'armée d'Espagne, qui composent la brigade de cavalerie aux ordres du général Vatier, seront réunis en un seul régiment, sous la dénomination de 31e régiment de chasseurs à cheval.
- ART. 2. — Les 5es escadrons du 5e hussards et des 11e, 12e et 24e de chasseurs deviendront 4es escadrons de ces régiments.
ART. 3. — Le 31e régiment de chasseurs sera composé comme les autres régiments de chasseurs. Il aura son dépôt à Niort.
ART. 4. — La formation du 31e régiment de chasseurs datera du 1er septembre 1811. Le général de division Vatier sera chargé de cette formation. Le major se rendra à Niort pour organiser le dépôt.
NAPOLéON
" (Commandant Margueron : "Campagne de Russie", première partie, tome III; Paris, Lavauzelle, 1897-1906).

Le 4e Escadron, comme dit dans le Décret, sera organisé à partir des 5es Escadrons des 11e, 12e, 24e Chasseurs et 5e Hussards. D'autres petits détachements de Chasseurs viendront rejoindre par la suite.

Le même 7 septembre 1811, l'Empereur écrit, depuis Compiègne, au Général Lacuée, Comte de Cessac, Ministre Directeur de l'Administration de la Guerre, à Paris : "Monsieur le Comte de Cessac, envoyez sur le champ 600 paires de bottes, 600 pantalons d'écurie, 600 chemises, cols et autres effets de linge et chaussure dans la même proportion à la brigade du général Wattier. Faites partir ces effets de Bayonne et faites-en la retenue sur la masse de linge et chaussure. Cette brigade fait partie de l'armée de Portugal. Elle est composée de quatre escadrons, savoir : du 4e escadron du 5e régiment d'hussards et des 4e escadrons des 11e, 12e et 24e de chasseurs, dont je viens de former un nouveau régiment sous le titre de 31e régiment de chasseurs. Veillez à ce que les dépôts fassent passer à ce nouveau régiment ce qui lui appartient, mais le départ des effets de linge et chaussures est très pressé" (Brotonne (L. de) : « Dernières Lettres inédites de Napoléon 1er, collationnées sur les textes et publiées », Paris, 1903, t. 2, lettre 1595; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 28558).

Le Dépôt du Régiment est alors à Niort. Et le Régiment en ligne compte environ 600 hommes, en ne comptant pas les détachés divers.

Le 20 novembre 1811, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke : "Monsieur le duc de Feltre, par votre lettre du 8, vous me faites connaître que 600 chevaux seront prêts à partir des dépôts de Saintes et de Niort au 15 novembre, et que 600 ou 700 autres seront prêts à partir le 30. Je désire que vous donniez les ordres suivants au général Defrance : 1° Former un régiment de marche de cavalerie légère et de dragons de l'armée du Nord, composé de tout ce que peuvent fournir les 14e et 31e régiments de chasseurs, le 1er de hussards et les lanciers de Berg ...
Ces trois régiments seront sous les ordres d'un général de brigade que désignera le général Defrance. Ils se mettront en marche le 1er décembre pour Bordeaux. Vous me ferez connaître le jour de l'arrivée de ces régiments dans cette ville afin que je donne des ordres pour leur destination ultérieure ...
" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 4, lettre 6391 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 29130).

Son premier Colonel, nommé le 11 Décembre 1811, est le Baron Desmichels, ex-Chasseurs à Cheval de la Garde Impériale.

Louis Alexis Desmichels

Né à Digne en 1779.
Cavalier au 13e Hussards en 1794, il passe en l'an 6 dans la compagnie des guides à cheval de l'Armée d'Italie et suit Bonaparte dans cette campagne puis en Egypte. Il passe brigadier.
De retour en France, les guides étant versés dans la Garde Consulaire, il est nommé maréchal des logis aux grenadiers à cheval de la Garde Consulaire, puis se distingue lors de la bataille de Marengo en 1800 et est promu comme sous-lieutenant dans les chasseurs à cheval de la Garde Consulaire le 26 Octobre 1800. Il est lieutenant en premier en Septembre 1804 et a été fait chevalier de la Légion d'Honneur en Juin 1804.
Il s'illustre à Ulm en Octobre 1805.A la tête de 30 chasseurs, fait mettre bas les armes à 300 fantassins. Après ce premier succès, il fond avec son peloton sur un gros bataillon, et prend à l'ennemi 400 hommes et 2 drapeaux. Puis repousse une charge de dragons autrichiens et s'empare de 25 pièces de canon, une caisse militaire et 150 prisonniers. Après cette action, le lieutenant Desmichels est nommé capitaine aux vélites, rattachés aux chasseurs à cheval de la Garde.
Il participe aux campagnes de Prusse et de Pologne de 1806-1807 et sera blessé à Eylau en Février 1807. A la suite, il est promu chef d'escadron. Il se bat avec son unité en Espagne en 1808 puis en Allemagne en 1809. Fait chevalier de l'Empire en mars 1810.
Nommé colonel pour prendre le premier régiment de cavalerie légère vacant en Octobre 1811, on lui confie le 31e Chasseurs à cheval en décembre 1811. On le voit de nouveau s'illustrer en Espagne 1812-1813 puis en Italie en 1814.
Il sert dans la campagne de 1815 comme colonel du 4e Chasseurs à cheval.
Mis en non activité après Waterloo, il reprend du service en 1821, fait la campagne d'Espagne de 1823 et est promu maréchal de camp.
Il prend ensuite le commandement de divers départements en métropole, puis est envoyé en Algérie, à Oran, en 1833 où il gagne ses galons de lieutenant général (général de division) en combattant puis négociant avec Abd El Kader …
De 1836 à sa mort en 1845, il occupera différents postes d'inspection en métropole.

Le 13 décembre 1811, Berthier écrit, depuis Paris, au Duc de Feltre : "... Du reste, le 113e régiment d'infanterie, le 34e léger, le 4e régiment d’infanterie de la légion de la Vistule, la légion de gendarmerie à cheval, le 1er régiment de hussards, le 31e régiment de chasseurs, les lanciers de Berg, le bataillon de Neuchâtel, tout ce qui appartient aux 2e et 4e régiments suisses, toutes les troupes de la garde impériale et généralement toutes les troupes de l'armée du Nord, maintenant stationnées dans les 6e et 7e gouvernements (à la seule exception des divisions Souham et Bonet) vont rentrer dans le 5e gouvernement ..." (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1911, t.2, lettre 1805).

Le 15 décembre 1811, Berthier écrit, depuis Paris, au Duc de Feltre : "L'Empereur se propose de faire revenir en France les chasseurs à cheval, les chevau-légers polonais et les dragons de sa garde, en sorte qu'il resterait en cavalerie à l'armée du Nord de l'Espagne les lanciers de Berg, la légion de gendarmerie à cheval, le 1er régiment de hussards et le 31e de chasseurs ; ce qui fera quatre régiments.
Mais auparavant Sa Majesté désire connaître quelle est la force de ces quatre régiments en y comprenant soit ce qui est aux escadrons de guerre en Espagne, soit ce qui est dans les régiments de marche, soit même ce qui est à leur dépôt, afin de pouvoir aviser aux moyens de les porter au plus haut nombre possible.
Cette question, pour la cavalerie de l'armée du Nord, se lie à celle de l'armée de Portugal, ... l’intention de l’Empereur serait que ces deux armées réunies pussent ensemble présenter 9000 chevaux, non à l’effectif, mais en bataille.
Je prie Votre Excellence de vouloir bien en conséquence me faire connaitre le plus tôt possible ce que ces régiments de cavalerie ont à leurs dépôts ou dans les régiments de marche qui ne sont pas encore arrivés à Bayonne, afin de me mettre à portée de présenter à l’Empereur le rapport que Sa Majesté me demande
" (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1911, t.2, lettre 1806).

Le 27 décembre 1811, à Paris, on informe l'Empereur que "Le général Watier propose de ne conserver à l'armée d'Espagne que trois escadrons du 31e régiment de chasseurs et de faire organiser au dépôt à Niort le 4e.
On prie Sa Majesté de faire connaître ses intentions à ce sujet
" ; "Il n'y a pas d'inconvénient à ce que le 4e escadron verse ses hommes dans les trois premiers et que le cadre vienne en France prendre des chevaux et des hommes, en amenant avec lui les hommes démontés", répond l'Empereur (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 4, lettre 6535).

Le 31 décembre 1811, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Maréchal Berthier, Major général de l'Armée d'Espagne, au sujet de la cavalerie de l'Armée du Nord : "... La cavalerie se trouverait composée du 1er de hussards, du 31e de chasseurs, des lanciers de Berg et des dragons Napoléon, ce qui, avec les gendarmes à cheval des quatre escadrons, ferait 3.000 hommes de cavalerie ..." (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 4, lettre 6573 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 29552).

Le 6 février 1812, à Paris, on informe l'Empereur que "Le marquis d'Almenara, ministre de S. M. C., demande que son fils, le sieur Hervas, capitaine au 31e régiment de chasseurs, obtienne la permission de passer au service d'Espagne"; "Accordé", répond l'Empereur (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 5, lettre 6749 - Non signée ; extraite du « Travail du ministre de la guerre avec S. M. l'Empereur et Roi daté du 5 février 1812 »).

Le 13 mars 1812, à Paris, on soumet à l'Empereur un "Congé de convalescence demandé pour le capitaine Mainville, du 31e régiment de chasseurs" ; "Accordé" répond Napoléon (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 5, lettre 6925).

Le régiment est à la cavalerie de l'Armée du Nord de l'Espagne avec 3 escadrons en Juin 1812. Il sert aux Arapiles le 22 Juillet 1812 puis le 23 Octobre participe à Villadrigo.

II/ 1813

Une partie du régiment formé en France est envoyé en Allemagne (4e et 5e escadrons) tandis que le gros de l'unité reste en Espagne. C'est ainsi que Desmichels s'illustre au combat de Sos près de Saragosse le 15 mai 1813 et le 21 Juin un escadron assistera à la bataille de Vitoria à la cavalerie de l'Armée du Nord.

En Allemagne en Juillet 1813, 5 corps de cavalerie ont été réorganisés par l'Empereur, les escadrons 4 et 5 du régiment font partie de la 6e Division de Cavalerie Légère du IIIe Corps de Cavalerie et sont mis sous le commandement du colonel Frin de Cormeré.

23 Août : Bataille de Gross-Beeren, le colonel Frin de Cormeré est mortellement blessé et le chef d'escadrons Girard dit Vieux est blessé. Ce qu'il reste du régiment assiste aux batailles de Wachau et de Leipzig pour le 4e escadron (les 16 et 18 Octobre).

Le 12 novembre 1813, à Saint-Cloud, "On propose de donner les chevaux des hussards croates au 1er de hussards à Lyon et au 31e de chasseurs à Vienne ainsi qu'aux dépôts de cavalerie légère de la 6e division militaire qui ont des hommes à pied"; l'Empereur répond : "Il serait plus convenable de donner tous ces chevaux au 31e de chasseurs et au 1er de hussards, et, s'il n'y a pas assez d'hommes, d'en faire venir du 6e de chasseurs et des autres, afin d'augmenter tout de suite de 600 chevaux la cavalerie de l'armée d'Italie. Quant aux Croates ainsi démontés, on les dirigera sur la Bourgogne et on verra ce qu'on en fera après" (Chuquet A. : « Inédits napoléoniens », Paris, 1913, t.1, lettre 1181).

Le 18 novembre 1813, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Duc de Feltre : "Le régiment croate doit arriver le 15 à Lyon. Il paraît qu'il a 6 à 700 chevaux. Donnez ordre au général Corbineau de se rendre à Lyon où il passera ce régiment en revue. Vous enverrez en même temps à Lyon 6 à 700 hussards et chasseurs que vous y dirigerez par la Saône ou du dépôt de Vienne. Ces hussards seront incorporés dans le 1er régiment de hussards et les chasseurs dans le 31e de chasseurs.
Le général Corbineau prendra ses mesures pour faire mettre pied à terre à ce régiment. Il commencera par faire partir d'abord tous les hommes à pied et, quand cette opération sera faite, il fera mettre pied à terre aux hommes montés, s'emparera de leurs chevaux, de leurs selles et de leurs armes, et s'en servira pour monter et armer les 600 hussards et chasseurs ci-dessus qu'il fera sur-le-champ partir pour Turin. Cela fera 600 hommes de cavalerie de renfort pour l'Italie.
Faites-moi un rapport sur le 1er de hussards et sur le 31e de chasseurs. Vous m'y ferez connaître où sont les dépôts de ces deux régiments et ce qu'ils ont à la Grande Armée, en Italie et en marche. Je suppose que chacun pourra avoir en tout 1200 hommes. Donnez ordre que tout ce qu'ils ont à la Grande Armée en parte sans délai et passe les Alpes pour se rendre en Italie. Si alors, ces régiments ainsi réunis n'avaient pas chacun 1200 hommes, il faudrait me proposer de tirer des dépôts les plus à proximité les hommes et les chevaux nécessaires pour les porter à cette force. Il sera, de plus, nécessaire d'envoyer deux autres régiments de cavalerie en Italie. On pourrait, à cet effet, tirer deux régiments bien complétés de l'armée d'Espagne ...
" (Chuquet A. : « Inédits napoléoniens », Paris, 1913, t.1, lettre 1189).

Napoléon écrit le 29 novembre 1813 : "Instructions pour le général d’Anthouard (envoyé en inspection en Italie)
… Un régiment croate (hussards) de 1300 hommes et 600 chevaux est à Lyon. Je done ordre à Corbineau de leur faire mettre pied à terre et d'envoyer cette canaille sur la Loire, et de donner 300 chevaux à chacun des deux régiments 1er Hussards et 31e de chasseurs. J’envoie à Milan tout ce qui appartient au 1er Hussards et 31e de Chasseurs ...
"

Correspondance de Napoléon

Paris, 12 décembre 1813.
Au général Clarke, duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris

Monsieur le Duc de Feltre, je vous envoie un décret pour la formation de la cavalerie en 1814. Beaucoup de régiments n'ont pas 600 hommes, vu que je ne comprends pas dans leur situation ce qui est au-delà du Rhin; il faut les compléter, savoir : les régiments de cuirassiers et de dragons à 550 hommes, et les régiments de cavalerie légère à 750 hommes, en choisissant des hommes qui aient déjà l'habitude du cheval. Présentez-moi un état de ce que chaque régiment a d'existant en France et de ce qui lui manque pour arriver à ce même nombre. Les régiments qui auraient plus d'hommes présents qu'il ne vient d'être réglé les conserveront, et vous ne leur donnerez rien. Vous verrez par mon décret que je supprime le 7e régiment de chevau-légers et que je le réunis au 8e de chevau-légers ; que je supprime le 13e de hussards et que je réorganise le 14e.
Mon intention est que le 1er et le 14e de hussards, les 4e, 19e et 31e de chasseurs aient chacun six escadrons, dont quatre de cavalerie légère et deux d'éclaireurs (donc armés de la lance - NDLA). Les quarante autres régiments de cavalerie légère auront chacun un escadron de 250 hommes, montés, armés et équipés en éclaireurs.
La remonte pour les chevaux d'éclaireurs ne doit être que de 1250 francs par cheval. Vous ferez une instruction pour leur équipement, qui sera le même que pour les éclaireurs de la Garde; comme les petits chevaux sont en grand nombre, les régiments s'en procureront facilement dans leurs départements; mais il faut veiller à ce qu'on n'en prenne pas au-dessous de la taille prescrite.

III/ UNIFORMES DU DEBUT DE L' UNITE

31e Chasseurs à cheval 1813
31e Chasseurs à cheval 1813 Bardin 31e Chasseurs à cheval H. Boisselier
Fig. 1ter Officier, Compagnie du centre du 31e Chasseurs à cheval, 1812
Fig. 2 Chasseurs du 31e Chasseurs à cheval, 1813, d'après Carle Vernet
Fig. 2bis Chasseur du 31e Chasseurs à cheval, 1813, d'après H. Boisselier

Pour uniformiser les tenues de ce régiment disparate, on lui délivrera des habits "à la kinski" vert distingué de chamois au collet et parements. Cet habit sera remplacé en 1813 par un habit du règlement Bardin à revers carrés entièrement fermés qui sera porté en Allemagne par les 4e et 5e escadrons (figure 2 uniforme Bardin porté en Allemagne). La coiffure est alors le schako noir orné simplement sur le devant d'une cocarde.

La compagnie d'Elite pour se différencier porte le shako rouge de même que la surculote rouge bordée de chamois sur les côtés et les épaulettes écarlates(figure 1 officier compagnie d'élite).

L'armement classique comporte le sabre et le mousqueton.

Figure 1 : Officier de la compagnie d'Elite en Espagne en 1813. Cet Officier porte une tenue à la Kinski (dessin D. Davin). On notera le pantalon de cheval et le shako rouge.

Figure 1bis : Cavalier des compagnies ordinaires du 31e chasseurs. En tenue à la kinski portée en Espagne à la formation du Régiment, d'après Martinet ; on notera l'absence de plaque au shako.

Figure 1ter : Officier, Compagnie du centre du 31e Chasseurs, vers 1812 . D'après Martinet. On remarquera l'habit "à la Kinski", le colback porté par beaucoup d'Officiers de cavalerie légère, le galonnage argent de la culotte et de la schabraque de drap et le port d'une seule épaulette.

Figure 2 : Tenue modèle Bardin portée par les escadronsen Allemagne en 1813. D'après Carle Vernet.

Figure 2bis : Tenue modèle Bardin portée par les Escadrons du Régiment en Allemagne en 1813. D'après H. Boisselier. On notera la présence d'une plaque modèle 1812 au shako et le port d'un pantalon de cheval large et basanédit"à la Lasalle". Les épaulières semblent plutôt avoir été portées en Italie sur l'habit à la polonaise.

IV/ LA CAMPAGNE D'ITALIE DES TROIS PREMIERS ESCADRONS 1813 -1814

31e Chasseurs à cheval 1813-1814
31e Chasseurs à cheval 1813 Roger Roux
Fig. 3 Uniformes à la Polonaise portés en Italie en 1814 par le 31e Chasseurs à cheval
Fig. 4 Compagnie de lanciers du 31e Chasseurs à cheval, d'après R. Roux

Le Prince Eugène, vice- Roi d'Italie, revenu d'Allemagne en Mai 1813, a organisé sur ordre de l'Empereur une nouvelle armée dite "Corps d'Observation de l'Adige", mêlant unités françaises et italiennes, pour inquiéter les Autrichiens sur leur flanc. Les premières hostilités commencent en Août en Carinthie, tandis que les Provinces Illyriennes se soulèvent.

Au début de la campagne, jusqu'au mois d'Octobre, Eugène couvre le Tyrol sur sa gauche et la Carniole sur sa droite entre Villach et Laybach. Venise est rapidement soumise à un siège.

Début Octobre 1813, les 3 premiers escadrons du régiment sont envoyés de l'armée de Catalogne renforcer l'armée d'Italie du Prince Eugène qui fait face aux Autrichiens et bientôt aux Napolitains de Murat. Le dépôt est porté à Vienne (Isère) et on y dispatche les chevaux pris aux Hussards croates dissouts: chevaux qui passent ensuite en Italie pour monter le Régiment. Le 31e Chasseurs à cheval fait brigade avec le 4e Chasseurs italien sous le commandement du Général Bonnemain. Les Escadrons arrivent en Italie dans la deuxième moitié du mois.

Le 10 octobre 1813, à … du soir, le Général Baron Bonnemain écrit, depuis San Martino : "Mon général, le colonel Desmichels a trouvé l’ennemi cavalerie et infanterie au-delà de Vago. On a combattu assez longtemps. En vous quittant je m’y suis porté d’abord pour être à même de connaître plus promptement le résultat de cette reconnaissance, et ensuite parce que j’ai appris à peu de distance de là ce qui s’est passé. Nous avons repris l’offensive à l’ennemi et l’ennemi est rentré en toute hâte à Caldiero. La nuit ne nous a pas permis de le poursuivre plus loin. Nous avons eu un tué et quelques blessés, l’ennemi a beaucoup souffert.
J’attends pour vous rendre un compte détaillé le rapport du colonel Desmichels. J’ai pensé que vous seriez aise d’avoir à l’avance connaissance de ce qui s’est passé
" (Papiers du général Paul Grenier. VIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 273 page 557).

Le 12 octobre 1813, le Général de Brigade Baron Bonnemain écrit, depuis San Martino, au Génréal Comte Grenier : "L’ennemi a attaqué ce matin les avants postes que j’avais sur le canal de Vago. Il n’a pu malgré sa très grande supériorité en nombre et celle de sa position faire reculer que mes vedettes. 50 chevaux et une compagnie de voltigeurs l’ont fait déployer trois bataillons, plus de 200 chevaux et quatre pièces d’artillerie dont trois ont tiré une cinquantaine de coups.
Quatre compagnies du 53e régiment d’infanterie dont le commandement a été donné au chef de bataillon Moreau, 80 chevaux du 31e chasseurs commandés par le capitaine Charpentier, 30 chevaux du 4e chasseurs italien commandés par M. Borelli et Gamberage, et un obusier dirigé par le lieutenant Lerebores que j’ai tous fait avancer de San Martino pour soutenir la première ligne, ont suffi pour forcer l’ennemi dans la position formidable qu’il avait prise à Vago, et le mettre dans le plus grand désordre. C’est dans cet état qu’il a été obligé de rentrer à Caldiero.
Nous lui avons fait une vingtaine de prisonniers : il a eu une cinquantaine de tués dont un grand nombre de coups de sabres et de baïonnettes. Le nombre de ces blessés doit être très considérable : les routes sont teintes de sang.
Tous ont rivalisé : infanterie, cavalerie et artillerie ont montré la plus grande valeur. On n’entendait qu’un cri, celui de vive l’empereur, en forçant le village de Vago. M. le chef de bataillon Moreau s’est particulièrement distingué.
J’attends les rapports de MM. les colonels Grobon et Desmichel et de M. le chef d’escadron Duboy pour vous faire connaître, M. le comte, les noms de ceux qui se sont fait remarquer, et vous prier de les recommander à la bienveillance de Son Altesse Impériale
" (Papiers du général Paul Grenier. VIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 284 page 583).

Le 21 octobre 1813, le Général de Division Chef de l’état-major général Comte de l’Empire Vignolle, écrit, depuis le Quartier général à Gradisca, au Général Grenier : "... Le général de brigade Bonnemain part demain à la pointe du jour pour vous rejoindre avec le 31e régiment de chasseurs à cheval, il sera demain à Codroipo et ira prendre vos ordres à Valvasone ..." (Papiers du Général Paul Grenier. IX. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 22 page 55).

Le 22 octobre 1813, à 7 heures du matin, le Général de Division Palombini écrit, depuis Conegliano, à S. A. I. le Prince Vice-Roi : "Monseigneur ... J’ai appris que deux cents chevaux du 31e séjournaient à Treviso. J’ai envoyé mon aide de camp Molinari pour leur porter l’ordre de se mettre en marche ce matin pour leur destination. Si les circonstances l’exigeaient, je tirerais parti de leur passage pour pousser une forte reconnaissance jusqu’à Ceneda, en appuyant l’infanterie par un détachement de cavalerie, l’ennemi ayant des hussards sur ce point et les 40 chasseurs qui me restent du 3e italien étant beaucoup trop fatigués pour agir efficacement même contre une force égale à la leur ..." (Papiers du Général Paul Grenier. IX. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 37 page 85).

Le 24 octobre 1813 le Général de Division Palombini écrit, depuis Castel Franco au Général Grenier : "J’ai reçu votre lettre de ce jour. Je suis entré à Castel Franco à quatre heures du soir. L’ennemi était déjà dans cette commune. Mon avant-garde de cavalerie forte de 40 chevaux (chasseurs et gendarmes compris) a été chargée par 80 hussards, et mise dans la plus complète déroute ; de sorte que ce qui me reste ne signifie plus rien puisqu’il manque beaucoup d’hommes et de chevaux. L’officier qui commandait les gendarmes a été pris avec 16 chasseurs ou gendarmes. Les hussards qui poursuivaient nos cavaliers ont été coupés : ils sont tous égarés ; mais je ne puis en tirer parti car je n’ai personnes pour les faire poursuivre à leur tour.
L’ennemi occupe Bassano en force ; il a des détachements à Citadella ; ses avants postes sont en présence des miens sur la route de Citadella et de Bassano.
Il est déjà fort tard et d’après ces renseignements je juge qu’il ne me convient plus de marcher de nuit sur Bassano ; d’ailleurs, mon général, je ne puis rien faire isolément si l’on ne me donne pas au moins 200 chevaux, car je ne puis ni m’éclairer, ni me garder, ni correspondre avec de l’infanterie, qui d’ailleurs craint beaucoup la cavalerie et qui doit traverser des pays plats contre un ennemi qui a beaucoup de chevaux ; je vous prie donc, mon général, de m’en envoyer quelques-uns si vous voulez que j’agisse. Au reste, mon général, je crois qu’il convient de réunir des forces et marcher sur tout ce qui se trouve campé en arrière de Bassano.
Trois prisonniers croates qu’on me conduit à l’instant, confirment les renseignements que j’avais reçus. Les régiments Jelachitz et Bianchi avec le régiment de hussards Frimont sont à Bassano. Ils ont détaché peu de monde à Citadella.
L’alarme est au comble à Vicence ; on y répand des bruits très inquiétants. On dit que le général Gifflenga a été forcé, que les Allemands descendent par Brescia, et bien d’autres choses que leur trop d’extravagance démentit
" (Papiers du Général Paul Grenier. IX. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 43 page 97).

le 26 octobre 1813, le Général de Division Chef de l’état-major général Comte de l’Empire Vignolle, écrit, Du Quartier général à Valvasone, au Général Grenier : "... Le général Mermet a annoncé que le 31e régiment de chasseurs avait plusieurs emplois d’officiers vacants pour le remplacement desquels il doit être envoyé des mémoires de proposition en faveur des militaires de ce corps les plus susceptibles d’avancement ; lorsque ces mémoires me seront parvenus, je m’empresserai de les mettre sous les yeux de Son Altesse Impériale, et les nominations suivront de près" (Papiers du Général Paul Grenier. IX. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 54 page 119).

Le 27 octobre 1813, l'Adjudant Boulanger écrit, depuis Bessega (sic - Bessica) au Colonel Desmichels, commandant le 31e Régiment de Chasseurs, à Rossano (?) : "Mon colonel, j’ai l’honneur de vous prévenir que ce matin, voulant m’assurer si les postes ennemis que j’ai chassés hier au soir, avaient repris leurs anciennes positions, je poussai une reconnaissance sur Cassone, ordonnant au brigadier de mon avant-garde de partir au galop et de charger vigoureusement le poste de cavalerie ou d’infanterie qu’il rencontrerait, sans cependant trop s’avancer. Effectivement, il chargea rapidement un petit poste qui était à cheval, et le repoussa sur le grand poste de cavalerie et d’infanterie qui se sauva de suite en désordre. Mais comme ce poste était à l’embranchement de deux routes, et que je ne savais laquelle des deux suivait la majeure partie, je fis former mon peloton et faire halte, tandis que je me portais moi-même sur celle qu’avait suivie mon avant-garde pour m’assurer de ce qui se passait, lorsque je découvris une quinzaine de fantassins à ma gauche qui se sauvaient à toute hâte. Etant séparés de moi par un fossé très large, et s’apercevant que je ne pouvais le passer, ils tirèrent et ma jument fut blessée d’une balle dans le ventre. J’ai pris le cheval du chasseur Cerlet que je vous renvoie, monté sur un cheval du régiment qui a été trouvé ce matin blessé d’un coup de sabre.
Je vous prie, mon colonel, de me renvoyer ce chasseur ou un autre en sa place.
Le 3e régiment d’infanterie italienne vient de passer ici. Le colonel m’a fait appeler et m’a dit que j’appartenais à un bon régiment ; qu’il souhaitait que toute la cavalerie nous ressemble.
J’ai très peu de cartouches, et l’infanterie ne peut m’en céder. Ps. La ferrure est en très mauvais état ; j’ai déjà fait ferrer 10 chevaux à neuf, mais le maréchal est très cher
" (Papiers du général Paul Grenier. VIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 236 page 483).

Le 28 Octobre, le Prince Eugène décide de replier son armée derrière la Piave.

Le même 28 octobre 1813, à 3 heures après-midi, le Général Baron Bonnemain écrit, depuis Ramon, au Génral Comte Grenier : "J’étais à Bessega (Bessica) quand vos derniers ordres transmis par M. le chef d’état-major me sont parvenus. J’ai en conséquence placé un escadron à Rosa avec ordre d’envoyer un peloton aux avant-postes du général Schmitz et de garder par Cartiglione les rives de la Brenta. J’ai laissé un autre escadron avec les deux compagnies de voltigeurs à Bessega et je suis venu à Ramon où je m’établis avec le reste du 31e chasseurs, plaçant le détachement du 4e italien à Poggiana.
J’ai trouvé ici M. le général Galimberti avec sa brigade ; il attend M. le général Palombini et me dit qu’il doit passer la nuit dans ce village. Il y est déjà établi. Je crains que M. le chef d’état-major ait commis une erreur, d’autant mieux qu’il n’y a personne à Loria. Je n’ai pourtant pas voulu y retourner, puisque Ramon m’était désigné.
J’ai l’honneur de vous faire conduire, mon général, un prisonnier autrichien qu’un parti que j’ai envoyé, pendant que j’étais à Bessega, sur une maison de campagne de Casoni qui est à droite de Bessega, m’a ramené ; il donne quelques détails assez intéressants.
Je vous prie, mon général, de vouloir bien par la première occasion ou estafette, faire parvenir au quartier-général de Son Altesse Impériale, la lettre ci-jointe pour M. le général Mermet ...
" (Papiers du Général Paul Grenier. IX. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 69 page 149).

Les 29, 30 et 31 Octobre, le général Grenier stationne devant Bassano avec la brigade de cavalerie Bonnemains et un bataillon des 7e et 92e de Ligne à Bessica. Le poste de Cassoni est repris aux Autrichiens, puis la ville même de Bassano. Ce n'est qu'une action de retardement, mais le régiment combat avec brio. L'Armée d'Italie continue son lent recul.

Le 4 Novembre, le Quartier Général est à Vérone et l'Adige constitue désormais le nouveau rempart. La brigade Bonnemains à l'arrière garde détruit les ponts derrière elle.

Le 6 Novembre, Eugène réorganise son armée affaiblie. La brigade Bonnemains avec les 3 escadrons du 31e Chasseurs à cheval est désormais à l'Avant-garde.

Ce même 6 novembre 1813, à 5 heures du matin, le Général Bonnemain écrit, depuis San Martino, au Général Grenier : "Ce n’est que fort tard que nous avons pu exécuter notre mouvement d’hier, à cause du temps qu’il a fallu pour rompre les ponts. M. le capitaine du génie a dû vous rendre compte hier de ses opérations et de toute la peine que ses sapeurs ont eues.
L’ennemi n’a point paru derrière nous ; il n’avait pas encore non plus paru hier à Illazi.
J’ai placé ici d’après vos ordres mes deux régiments de chasseurs ...
Vous savez, mon général, dans quel état est le 4e italien ; vous savez aussi combien le 31e aurait besoin de s’organiser. Quelques temps de tranquillité leur seraient bien nécessaire et leur donneraient les moyens de continuer la campagne avec grand avantage ; cette position d’ailleurs, qui ne convient qu’à l’infanterie, ne nécessite pas beaucoup de cavalerie. Tous ces motifs m’ont déterminé, mon général, à vous prier de la placer, s’il est possible, de manière à ce qu’ils puissent desseller leurs chevaux et s’occuper de leurs réparations etc. etc.
Je n’ai pas besoin de vous dire, mon général, combien les chevaux et les harnachements ont souffert des pluies continuelles que nous avons eues.
Ps. ... Il y n’y a point de grains ici pour les chevaux. Ce n’est qu’avec beaucoup de peine que nous avons eu cette nuit un peu de viande. Je vous prie de me dire comment nous vivrons, si je dois rester
" (Papiers du Général Paul Grenier. IX. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 106 page 225).

Eugène prévoit de lancer des contre-offensives le long de l'Adige pour retarder le déploiement de l'ennemi.

Le 11 Novembre, ayant appris que les Autrichiens avaient passé l'Alpone et s'avançaient vers Caldiero, Eugène resserre alors ses forces sur Vérone. Une première reconnaissance du 31e Chasseurs à cheval s'était opposée à l'ennemi le 10 Novembre. Le Vice-Roi décide de chasser les Autrichiens de cette position.

Le 14 novembre 1813, le Général Quesnel reçoit depuis Vérone les instructions suivantes : "Vous trouverez ci-joint mon cher général les dispositions arrêtées pour le mouvement que devra faire la 1ère lieutenance demain 15 novembre … Je donne aussi l’ordre au général Bonnemain de faire partir avec votre 2e brigade les 100 chevaux du 31e régiment qui doivent marcher avec votre division ; une fois en marche vous pourrez leur donner la direction nécessaire pour la plus grosse portion que je crois nécessaire à votre 1ère brigade" (Papiers du Général Paul Grenier. IX. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 137 page 287).

Le Général Grenier écrit également, depuis Vérone, le 14 novembre 1813, au Général Bonnemain : "Vous trouverez ci-joint mon cher général les dispositions arrêtées pour le mouvement de demain 15, Son Altesse Impériale a apporté quelques changements dans les heures fixées pour le départ afin de donner le temps à la division Quesnel de manœuvrer sur la droite de l’ennemi ...
Vous ferez partir avec la deuxième brigade de la division Quesnel qui doit coucher à Saint-Martin les 100 chevaux du 31e de chasseurs que vous devez mettre à la disposition de ce général, et ferez suivre en même temps les deux pièces d’artillerie légère que vous avez à Saint-Martin et qui appartiennent à cette division.
Votre brigade sera à cheval à huit heures du matin pour se porter en arrière de Vago à hauteur de la division Marcognet
" (Papiers du Général Paul Grenier. IX. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 138 page 289).

"Dispositions d’attaque pour le 15 novembre.
La première division aux ordres de M. le général Quesnel se mettra en marche dans l’ordre ci-après : la première brigade partira le 15 novembre à 7 heures du matin pour se diriger par le chemin le plus court de Montorio sur Illasi, soit par Lavagno, soit par Marulise ; elle sera dirigée par M. le général Quesnel. Il sera attaché à cette brigade 100 chevaux du 31e de chasseurs qui la rejoindront sur Lavagno dans la direction qu’indiquera M. le général Quesnel.
La seconde brigade de cette division partira à 7 heures précise du matin pour se rendre à Saint-Martin et suivre de là la route qui conduit à Colognola ; un peloton de 25 chasseurs pris sur l’escadron mis à la disposition du général Quesnel marchera avec cette brigade ...
La brigade de cavalerie aux ordres de M. le général Bonnemain se mettre en mouvement avec la première ligne du général Marcognet et fournira quelques pelotons pour soutenir les tirailleurs de cette division, manœuvrera à sa hauteur est aussitôt que l’ennemi sera forcé dans la position de Caldiero, elle débouchera rapidement au-delà de cette position avec les pelotons de tirailleurs et les compagnies d’élite que M. le général Marcognet aura disposées pour faire tête de colonne ...
" (Papiers du Général Paul Grenier. IX. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 141 page 295).

Le 15 Novembre, le Régiment s'illustre avec son Colonel à la prise de Caldiero, en soutenant vigoureusement les fantassins et l'artillerie puis en poursuivant l'ennemi qui doit se replier derrière l'Alpone.

Le 15 novembre 1813 au soir, après la bataille, le Général de Brigade Baron Bonnemain adresse, depuis Caldiero, son Rapport au Lieutenant général Comte Grenier, commandant le 1er Corps : "La brigade de cavalerie que je commande, composée du 31e régiment de chasseurs à cheval et du 4e chasseurs italien, ayant presque toujours agi sous les yeux de votre excellence dans la journée mémorable du 15 ce mois, je ne crois pas devoir vous donner aucuns détails. Je me bornerai à rappeler à Votre Excellence qu’au moment où mes pelotons de tirailleurs, de concert avec les voltigeurs de la division d’infanterie, s’engagèrent près de Caldiero, je partais à gauche et parvins, malgré les difficultés du terrain, et le feu de l’ennemi, à placer la batterie d’artillerie légère du capitaine Faure en la faisant soutenir par mes escadrons, à demie portée de fusil des lignes ennemies qui occupaient les hauteurs entre Colognola et la grande route, que cette artillerie y servit si utilement et fit tant de mal à l’ennemi qu’il ne put tenir ses positions, ce qui facilita le mouvement de nos colonnes de gauche sur Colognola et permit de déboucher par le grand chemin de Villanova.
Vous avez vu, mon général, avec quelle intrépidité ce dernier mouvement fut exécuté par toutes les troupes ; je crois cependant que celle des 31e chasseurs et 4e italien se firent remarquer.
Pendant que je me portais avec ma colonne sur le grand chemin, un peloton du 31e régiment de chasseurs, commandé par M. Charbonnier, monta de front dans les retranchements ennemis et deux autres peloton du même régiment, commandés par le lieutenant Couget les tournèrent. Ces mouvements hardis étonnèrent l’ennemi et produisirent le plus beau résultat.
Je continuai ensuite la marche vers le pont de Villanova, chassant l’ennemi de toutes les positions qu’il voulut prendre jusque dans les ouvrages qu’il avait établi sur l’Alpon. Il s’engagea alors une canonnade des plus vives dans laquelle la batterie du capitaine Faure rendit de grands services, comme elle l’avait fait toute la journée. Une autre batterie que Votre Excellence m’envoya et que je déplaçais à gauche dans la direction de Soave produisit aussi le meilleur effet. Ma brigade qui éclairait et protégeait ces batteries reçut pendant plusieurs heures la canonnade la plus vive de la part de l’ennemi avec le sang-froid et le calme qui ferait honneur à de vieux soldats. Je passais devant le 4e italien au moment où un boulet emporta la cuisse d’un chasseur de ce régiment. Tous crièrent Vive l’empereur, Vive le roi, avec un enthousiasme admirable.
Je ne puis assez faire l’éloge des corps qui ont combattu sous mes ordres dans cette journée ; ils ont montré ce qu’on peut attendre de troupes aussi dévouées.
Je citerai particulièrement la grande bravoure et l’élan du colonel Desmichels, commandant le 31e chasseurs à cheval, et du chef d’escadron Duboy, commandant le 4e italien. Ces deux officiers supérieurs, qui se sont faits remarquer dans toutes les occasions de cette campagne, ont les droits les plus signalé aux bontés de l’Empereur.
Mm. Martin capitaine, Autric capitaine, Charbonnier capitaine, Couget lieutenant, Audibert sous-lieutenant, Schreiner sous-lieutenant, Boulanger sous-lieutenant, Rabert maréchal des logis, Labarthe maréchal des logis, Boutard brigadier, Richard brigadier, Guet chasseur, tous du 31e régiment de chasseurs à cheval ...
Tous ces militaires qui se sont conduits avec la plus grande bravoure ont mérité des récompenses. Je vous prie très instamment, mon général, de les recommander à la haute bienveillance de Son Altesse Impériale, ainsi que mes aides de camp, MM. Grombaud de Seréville et Olivier, qui aux attaques de Cassoni, de Vago, à Bassano et enfin à Caldiero, se sont conduits avec une rare intrépidité.
M. Frion, chirurgien major du 31e chasseurs à cheval, a rendu dans toutes les affaires les plus grands services ; je l’ai vu en première ligne donner des secours aux militaires de tous les corps
" (Papiers du Général Paul Grenier. IX. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 139 page 291).

Dans son rapport du 18 novembre 1813, adressé au Lieutenant-général Grenier, depuis Veronette, le Général de Division Baron Quesnel écrit: "Rapport des mouvements et des opérations faites par la 1ère division dans la journée du 15 novembre
Armée d’Observation d’Italie, 1ère Lieutenance, 1ère Division
1ère brigade commandée provisoirement par M. le colonel Tissot du 92e régiment
La 1ère brigade composée de deux bataillons de la 30e demi-brigade (1er léger et 10e de ligne), des trois bataillons du 92e régiment de ligne, et de 60 chasseurs à cheval du 31e régiment, partit de Lavagno où j’avais rejoint cette brigade, le 15 à 7 heures du matin pour marcher sur Illasi que l’ennemi occupait avec à peu près 250 hommes. Les deux bataillons de la 30e demi-brigade avait ordre de tourner le village d’Illasi et le château, un bataillon par la droite et l’autre par la gauche, tandis que l’avant-garde de ces deux bataillons et des chasseurs à cheval soutenus par le 92e attaquèrent de front le village ; cette opération se fit avec autant d’impétuosité que de succès, dans un instant on fut maitre du village et bientôt après des hauteurs d’Illasi. Le 1er bataillon d’infanterie légère fit une centaine de prisonniers, dont trois officiers du régiment de Chatlair, le détachement de chasseurs en sabra quelques-uns et une compagnie du 2e bataillon du 92e en prit 10. L’ennemi ne se défendit point au château d’Illasi, il se retira fort en désordre sur Colognola, suivi avec vigueur par les tirailleurs du 1er légers. La brigade étant réunie sur les hauteurs d’Illasi, je m’aperçus qu’une forte canonnade et fusillade était engagée à Colognola entre l’ennemi est la 2e brigade la division et que ce premier défendait avec opiniâtreté cette forte position. Je crus alors qu’il était important de faire attaquer le village de Colognola par-derrière pour l’en chasser, afin de faciliter par ce mouvement les opérations de la seconde brigade. Le 1er léger et le 10e reçurent ordre d’attaquer l’ennemi qui se trouvait à la droite de Colognola et furent suivis par le 92e régiment ; la marche se fit par la crète de la montagne et bientôt l’ennemi qui s’aperçut du mouvement de la 1ère brigade commença à s’ébranler, ce qui facilita à la seconde la prise des positions de Colognola.
La 1ère brigade arriva à temps pour faire des prisonniers et les tirailleurs de l’une et l’autre brigade poursuivirent vivement l’ennemi, jusqu’au-delà du mont Bisson (dans ce moment je reçus un petit billet de M. le lieutenant général comte Grenier pour faire attaquer Colognola par deux bataillons, mais alors le mouvement de la brigade était totalement prononcé). Le 1er bataillon du 92e régiment donna dans une embuscade de l’ennemi, qui ne se montra pour faire son feu, que lorsque l’on était à brûle pourpoint, les grenadiers de ce bataillon se précipitèrent sur lui, tuèrent 14 hommes et mirent le reste en fuite. Le capitaine Hérisson se distingua par l’exemple et l’impulsion qu’il donna à ses grenadiers. Toutes les positions de Colognola et celles en arrière étant prises, la 1ère brigade descendit vers le mont Bisson où elle se réunit ; une heure après, elle se remit en mouvement pour aller occuper les auteurs de Soave ; elle avait peu de distance à parcourir, mais les routes été si mauvaises qu’on resta près de 7 heures en marche, avant que la queue de la colonne fût arrivée à Soave. Les soldats étaient exténués de fatigue, beaucoup étaient nu pied, quelques-uns avaient perdu leurs shakos et même leurs armes dans des fossés profonds et plein d’eau, dans lesquels ils étaient tombés. L’ennemi couronnait en force toutes les hauteurs en arrière de Soave et était maître du château. Je jugeai qu’il était impossible de l’attaquer dans ces positions pendant la nuit et je fis entrer en ville la 1ère brigade, elle fut placée dans la rue qui traverse la ville et j’ordonnai toutes les mesures de précaution que commandait la prudence afin d’être en mesure contre toute entreprise de la part de l’ennemi.
Le 16 à 5 heures du matin, la brigade se mit en marche ayant deux compagnies du 3e bataillon du 92e en arrière garde, elle se dirigea d’abord vers la grande route qui conduit à Villanova, elle prit ensuite une traverse à sa droite qui conduisait au mont Bisson ; les chemins étaient très mauvais, ce qui retarda considérablement le mouvement. L’ennemi alors descendit du château, et l’arrière garde fut attaquée, le capitaine Gaudin qui la commandait, tomba mort, ainsi qu’un caporal de voltigeurs. Une section de voltigeurs chargea l’ennemi à la baïonnette, lui tua quelques hommes et le fit rentrer en ville, d’où il ne ressortit plus. Nous arrivâmes au mont Bisson à 8 heures du matin, le 1er léger et le 10e de ligne prirent position, et trois bataillons du 92e se portèrent au château et sur les hauteurs de Illasi.
Le 17 la brigade s’est mise en marche pour rentrer à Veronette.
2e brigade aux ordres de M. le général de brigade baron Soulier.
La 2e brigade partit de Saint-Martin le 15 à 7 heures du matin, composée de 2 bataillons du 42e, trois du 84e, 25 chasseurs à cheval du 31e, et trois pièces d’artillerie à cheval de la batterie de M. le capitaine Faure. Cette brigade arriva à 8 heures aux avant-postes de gauche de la division de M. le général Marcognet. M. le général Soulier fit des dispositions pour l’attaque de la position du village de Colognola ; à 9 heures sa colonne fut entièrement réunie et voyant la première brigade arriver sur Illasi il commença son opération. Cinq compagnies de voltigeurs des 42e et 84e de ligne attaquèrent cette position par la droite et par la gauche et furent soutenues et renforcées par les deux bataillons du 42e de ligne, le 84e était en réserve en colonne serrée par division et à cheval sur la route. Au moment où l’affaire était sérieusement engagée, M. le général Soulier reçu l’ordre de ralentir l’attaque, les ordres furent donnés en conséquence. L’ennemi s’apercevant de ce mouvement crut sans doute que c’était l’effet de la crainte que sa forte position inspirait, il s’élança par la gauche de ses retranchements et positions, alors M. le général Soulier crut devoir donner suite à l’attaque, il repoussa cet élan avec une compagnie du 42e et deux du 84e, il fit tirer quelques coups de canon et d’obusiers sur divers retranchements, d’où partaient des feux qui lui faisaient beaucoup de mal, l’ennemi s’élança de nouveaux par sa droite, pour tomber sur l’artillerie, le 1er bataillon du 84e le culbuta, lui fit environ 20 prisonniers, lui tua et blessa beaucoup de monde.
Ce mouvement et le feu vif de l’artillerie ainsi que le mouvement que faisait la première brigade qui arrivait en arrière de Colognola, avait ébranlé l’opiniâtreté de l’ennemi. M. le général Soulier jugea ce moment favorable pour attaquer avec vigueur et enlever la position, il ordonna au 1er bataillon du 84e de poursuivre les avantages et les fit soutenir par le second bataillon, il dirigea sur la droite de la position le 42e au pas de charge ; ce mouvement exécuté avec la plus grande bravoure et le plus parfait ensemble, joint au feu de la 1ère brigade qui s’était engagée déjà sur les positions à la droite et en arrière de Colognola, obligea l’ennemi à la retraite sur ses retranchements supérieurs, où il fut suivi de très près et obligé de les abandonner. Pendant cette opération, une colonne de 400 hommes ennemie intermédiaire entre Caldiero et Colognola, voyant cette dernière position au moment d’être enlevée, se portait à la course à son secours ; mais le troisième bataillon du 84e fut dirigé à sa rencontre et une pièce de six placée par les ordres de M. le général Soulier à deux tiers de portée ralentit ce mouvement et donna le temps à ce troisième bataillon d’arriver et força cette colonne à se jeter en désordre dans la vallée qui conduit au mont Bisson ; enfin à midi et demi on fut en possession entière de la position de Colognola.
L’ennemi y a perdu beaucoup de monde en tués et blessés, plusieurs maisons en étaient remplies. Le nombre des prisonniers fait par la seconde brigade s’élève à 120 hommes.
M. le général Soulier se loue beaucoup de la bonne conduite des deux régiments qui composent sa brigade ; ils méritent les plus grands éloges, leurs chefs aussi s’y sont particulièrement distingués, l’artillerie a très bien dirigé son feu et son tir a été des plus juste.
M. Labordes capitaine aide de camp de M. le général Soulier s’est distingué en chargeant l’ennemi à la tête des voltigeurs, il a vu son cheval tué sous lui ; cet officier a déployé dans toutes circonstances et particulièrement dans cette affaire une activité, un zèle et une bravoure exemplaires.
La seconde brigade ayant été remplacée dans les positions de Colognola par deux bataillons de la division Rouyer, elle a quitté ses positions à deux heures après midi. Arrivée en arrière des troupes qui combattaient à Villanova, elle reçut ordre de M. le lieutenant général comte Grenier de se porter sur Soave et entrer en communication avec la 1ère brigade. A 7 heures et demie du soir M. le général Soulier est arrivé à la ferme San Martino près Soave, où il a pris position, en me rendant compte de son arrivée.
Le 16, la 2e brigade est venue prendre position à Colognola, le 17 elle est rentrée à Veronette
" (Papiers du Général Paul Grenier. IX. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 152 page 317).

10 croix de la Légion d'Honneur seront gagnées par le Régiment.

Le 16 novembre 1813, le Général de Division chef d’état-major général Comte de l’Empire Vignolle adresse, depuis le Quartier général à Caldiero, au Général Grenier, les "Dispositions arrêtées par Son Altesse Impériale le Prince Vice-Roi.
Le but de Son Altesse Impériale le Prince Vice-Roi étant rempli, c'est-à-dire de chasser l’ennemi de la position de Caldiero et le rejeter au-delà de l’Alpone, les divisions qui ont été employées à cette expédition, reprendront leurs anciennes positions, sauf les changements nécessités par les circonstances...
A six heures précises du matin, demain 17, la cavalerie se mettra en mouvement pour dépasser Vérone et prendre ses positions, la brigade de M. le général Bonnemain à Zevio et Saint-Jean Lopato, les dragons de la reine à Casa Davide ...
" (Papiers du Général Paul Grenier. IX. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 147 page 307).

Dès le 19, l'ennemi réoccupe ses emplacements.

Le 31e Chasseurs reçoit, dans le même temps, des renforts de France pour être porté à plus de 1000 cavalierset mettre au complet les 3 escadrons.

Des ateliers sont établis à Vérone pour rééquiper les hommes qui portent alors une tenue "à la polonaise" en même temps que doit être formé un escadron de lanciers. Les mémoires d'Hippolithe d'Espinchal, nommé récemment Major au Régiment nous apprennent :
"le Vice-roi pensa que nous avions besoin de repos et nous envoya en cantonnements sur la rive droite de l'Adige, à quelques lieues de Vérone, ... nous eûmes aussi la visite du général Bonnemains, envoyé par le Vice-roi pour faire reconnaître, à la satisfaction générale du régiment, le brave capitaine Jouanet, de la compagnie d'élite, comme chef d'escadron, et organiser un escadron de lanciers choisi parmi les plus braves et meilleurs sujets du régiment.
Cette émulation, sans être nécessaire, produisit cependant un grand encouragement et servit de véhicule aux chasseurs qui, outre une haute paye, porteraient avec orgueil un galon de laine sur la manche.
Le commandement en fut donné au capitaine Couget, brave et intrépide militaire".

Le 23 décembre 1813, le Général de Division Mermet, commandant la cavalerie, adresse, depuis Isola Porcarizza les "Dispositions ordonnées par S. A. I. pour la cavalerie de l’Armée, qui auront leur exécution le 24 ...
2e brigade Le 31e régiment de chasseurs à cheval continuera d’occuper Santa-Maria et Zevio. Ce régiment fournira comme par le passé les 100 hommes qui sont aux avant-postes et qui doivent être relevés tous les trois jours. Ce régiment se liera par des postes de correspondance avec Ronco et se gardera par la gauche dans la direction de Verone en occupant les postes qui lui ont été assignés …
" (Papiers du Général Paul Grenier. X. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 83 page 177).

Fin Décembre, les positions n'ont guère évoluées en Haute Italie. L'Armée d'Eugène est toujours derrière l'Adige en deux Lieutenances qui correspondent à deux masses de manœuvre: une adossée à Mantoue et une autour de Vérone. Les 3 escadrons du 31e Chasseurs à cheval sont à la division de cavalerie du général Mermet, brigade Bonnemains. Mais plus au Sud, les troupes napolitaines de Murat remontent la péninsule, en ayant changé d'alliance …

8 Janvier : Affaire de Goito (le colonel à la suite Chevalier est tué).

Le 13 janvier 1814 à midi, le Général Mermet écrit, depuis San Giovani Lupatoto, au Lieutenant général Comte Grenier à Isola Porcarizza : "La pénurie des fourrages ne permettant pas aux corps de cavalerie d’occuper plus longtemps le même emplacement, j’ai l’honneur de vous prévenir que conformément aux dispositions arrêtées par S. A. I. le Prince Vice-roi qui m’ont été communiqués ce matin ...
La 2e brigade composée des 31e chasseurs et 4e italien occupera Isola della Scala et environs, elle fournira 100 chevaux de Roverchiaretta à Ronco, et Isola Porcarizza, elle laissera une compagnie à Zevio, une à Lupatoto, une à Vérone et une à Saint-Michel ...
Les divers détachements seront relevés tous les huit jours ...
" (Papiers du Général Paul Grenier. X. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 120 page 251).

Le régiment est alors envoyé aux environs de Mantoue et reçoit de nouveaux renforts. Il y a à présent une compagnie d'Elite et une de lanciers bien équipés, de 125 hommes chacune.

Fin Janvier, Eugène, sur de la trahison de Murat, décide de se replier sur le Mincio. Dès le 5, l'Armée est déployée le long du fleuve avec des têtes de pont à Goïto et Mozembano. Eugène une fois de plus se porte aux devant des Autrichiens pour les forcer à reculer.

Les 4 et 6 Février, ont lieu les premières escarmouches sur le Mincio. Ce que le Vice- Roi ne sait pas, c'est que les Autrichiens ont décidé eux aussi de passer le Mincio dans l'autre sens. Les deux armées vont donc intriquer leurs mouvements.

Le 8 Février au cours de cette bataille complexe, le régiment a de nombreuses pertes: 5 officiers et 70 tués, 11 officiers et 190 blessés, en chargeant plusieurs fois. Si l'issue du combat revient à Eugène, celui-ci n'est pas décisif. Avec ses troupes affaiblies, il se replie et repousse une nouvelle tentative autrichienne le lendemain.

"Le prince, dirigeant lui-même la division du général Marcognet, fut un moment exposé au danger d'être pris ou tué, sans un détachement de 25 lanciers du 31e Chasseurs formant son escorte.
Le chef, nommé Path, ne balança pas à se sacrifier pour le sauver; . . . 8 hommes furent tués, 9 blessés, et le prince parvint à se dégager de plus de 300 Hongrois dont il était entouré".

Eugène établit son QG à Volta et réorganise les 30.000 hommes qui lui restent.

Le 10 Mars, le Vice-Roi oblige les Autrichiens à se replier derrière l'Adige, autour de Vérone. Mais plus au Sud, la Toscane est perdue et Gênes est sous la pression.

12 Mars : Combat de Monzembano. Le 22, un détachement du régiment fait 215 prisonniers.

Le 11 Avril, Eugène apprend la chute de Paris et l'abdication de l'Empereur.

Après l'armistice, le 31e Chasseurs à cheval rentre en France et passe par Aix en Provence, Avignon et Cavaillon, Nîmes, puis Montpellier et ses environs. Il est dissous le 12 Mai 1814 et les hommes versés dans le 14e Régiment de Chasseurs à Cheval.

D'après un "Bordereau des corps et détachements de l’armée d’Italie pour servir à la répartition définitive du résidu des fonds provenant de la gratification accordée par S. A. I. le Prince Eugène, calculée à raison d’environ 10 jours de solde pour chaque grade, et pour les hommes présents seulement, d’après les états adressés par les corps ; cette répartition est faite conformément aux intentions de son excellence le comte Grenier", il est prévu pour les 1er, 2e, 3e, 5e et 6e escadrons du 31e Chasseurs à cheval :

Présents sous les armes
Somme revenant à chaque corps pour
Total
Officiers
Sous-officiers et soldats
Officiers
Sous-officiers et soldats
46
741
1050
2450
3500

"En deux mandats l’un de 157 Frcs et l’autre de 3343 Frcs délivré à M. le Lieutenant Chevalier"; ce tableau a été certifié par le Chevalier de Saint-Charles, Inspecteur aux Revues de l’Armée d’Italie, à Manosque, le 20 juin 1814 (Papiers du Général Paul Grenier. X. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 133 page 278).

V/ UNIFORMES DU REGIMENT EN ITALIE

31e Chasseurs à cheval 1813 d'apr. Knötel
Trompette 31e Chasseurs à cheval 1813-1814
Fig. 5 Compagnie de lanciers du 31e Chasseurs à cheval, 1813, d'après H. Knötel
Fig. 6 Trompette de la Compagnie de lanciers du 31e Chasseurs à cheval, 1813, d'après le Manuscrit de Marckolsheim

L'uniforme porté est alors copié sur celui des lanciers polonais mais de fond vert distingué de chamois au collet, parements et passepoils de la kurtka avec shapska de fond chamois. La compagnie d'Elite et les lanciers prennent le pantalon rouge à bande chamois. Cette tenue polonaise a vraisemblablement été adoptée en Espagne par Desmichels vers le milieu de 1813 avant de partir pour l'Italie (Figure 3, 4 et 5).

Une ceinture "à la polonaise" distingue les compagnies: rouge pour la compagnie d'Elite, verte et chamois pour les lanciers, chamois pour les compagnies du centre qui portent des nids d'hirondelles vert et chamois en guise d'épaulettes. Ils sont armés d'une carabine, d'un sabre et de deux pistolets.

Les officiers supérieurs ont leur marques de grade en argent et la schapska bordé d'argent. Ceinture en reseau or et argent de même que les garnitures de la giberne.

Schabraque de moutons blanc festonnée de chamois et portemanteau vert avec galon chamois et vraisemblablement numéro 31.

Ps Certaines représentations donnent une plaque rayonnante à la schapska mais nous pensons qu'elle en était dépourvue.

La flamme de la lance pour la compagnie ou l'escadron de chasseurs-lanciers est soit rouge et blanche comme les polonais soit plus vraisemblablement chamois et blanche.

Figure 3 : Uniformes à la Polonaise portés en Italie en 1814 par le 31e Chasseurs à cheval. Avec répartitiondes distinctives selon les compagnies.

Figure 4 : Compagnie de lanciers du 31e Chasseurs à cheval. Dessin de Roger Roux. On notera les chevronsd'ancienneté sur la manche.

Figure 5 : Compagnie de lanciers du 31e Chasseurs à cheval, fin 1813. D'après H. Knoetel. On notera les variantes au niveau de la culotte par rapport au dessin de Roux. La ceinture verte et chamois est bien décrite dans les mémoires d'Espinchal.

Figure 6 : Trompette de chasseurs lanciers, tenue à la polonaise, Italie, fin 1813-1814. D'après le manuscrit de Marckolsheim. La tenue est galonnée de blanc aux revers, parements et collet et le galon forme des boutonnières sur les revers. On notera la plaque de la schapska à centre cuivre et rayons de métal blanc.

VI/ LA CAMPAGNE D'UN DETACHEMENT DU 31E CHASSEURS A CHEVAL A L'ARMEE DE LYON, FEVRIER-MARS 1814

Fin décembre 1813, l'Empereur accepte que le Dépôt du 31e Chasseur soit transféré d'Annecy à Vienne (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1912, t.4, lettre 6337).

En prenant le commandement de l'Armée de Lyon en Janvier 1814, le maréchal Augereau peut constater qu'il n'a quasiment aucune troupe. Il se replie sur Valence et réquisitionne les fonds de tous les dépôts pour se constituer une armée. C'est ainsi que le 21 Février, 90 cavaliers des 4e et 31e Chasseur à cheval des dépôts de Vienne vont rejoindre Lyon où ils forment avec d'autres détachements des 13e Cuirassiers, 1e , 4e et 12e Hussards, la cavalerie mise sous le commandement du général Digeon.

Ils vont servir lors des combats pour repousser les Autrichiens. Au 15 mars, 23 hommes du 31e Chasseur à cheval sont détachés à la division du général Marchand et 48 hommes sont détachés à la division du général Bardet.

VII/ SOURCES

- Mémoire d'Hyppolithe d'Espinchal.

- Quintin : Dictionnaire des colonels de Napoléon

- Martinien

- Dessins de Boisselier, Knötel, Vallet, Manuscrit de Marckolsheim …

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