Le 17ème Régiment d'Infanterie de Ligne

1800-1815

Accès à la liste des Officiers, cadres d'Etat major, Sous officiers et soldats du 17e de Ligne

Avertissement et remerciements : Cet article nous a été adressé par notre collègue du Bivouac, Didier Davin, que nous remercions tout particulièrement pour sa disponibilité et son érudition.

La 17e Demi-brigade d'infanterie de ligne a été formée lors du second amalgame avec la 33e Demi-brigade, la 178e Demi-brigade et la Demi-brigade d'Eure et Landes.

D'après l'état d'emplacement publié dans le Journal militaire du 10 vendémiaire an VII, la 17e Demi-brigade de ligne se trouvait, au 1er vendémiaire an VII (22 septembre 1798), à Mayence.

La demi brigade sert en Italie en 1799.

/ 1800-1805, la Batavie et la Belgique

D'après l'Emplacement des troupes de la République française à l'époque du 1er fructidor an 9, la 17e Demi-brigade d'infanterie de ligne se retrouve en Batavie, sous l’autorité du Chef de Brigade Trebout

D'après l'Etat militaire de l'an X (1802), la 17e Demi-brigade de ligne avait son 1er Bataillon à l'île de Gorée, le 2e Bataillon à l'île de Voorm, en Batavie.

Le Premier Consul prévoit alors de reprendre la Louisiane aux Espagnols et de confier l’expédition au Général Victor. Il écrit, depuis Paris, le 24 août 1802, au Général Berthier : "Je vous prie, Citoyen Ministre, de donner ordre aux trois bataillons de la 54e, aux deux bataillons de la 17e de ligne, à deux compagnies d'artillerie à pied du 7e régiment, qui se trouvent en Hollande, à deux escouades d'ouvriers d'artillerie, à une compagnie du bataillon du train d'artillerie, à un escadron de 150 dragons, de se tenir prêts à partir sous les ordres du capitaine général Victor. Ces troupes s'embarqueront à Dunkerque. Vous ne les ferez sortir de Hollande que lorsque tout sera prêt à Dunkerque, et qu'elles n'auront plus qu'à s'embarquer. Donnez des ordres en conséquence au général de division Rivaud, aux généraux de brigade Gareau, Gratien et Boivin, à l'adjudant commandant César Berthier, à des officiers d'artillerie et du génie, et à des administrateurs, ce qu'il en sera jugé nécessaire à un corps de troupes de la force ci-dessus.
Vous réunirez huit pièces de 4 avec un double approvisionnement, quatre de 8, quatre de 12, huit obusiers de 6 pouces, avec 2,500 fusils français et 500 étrangers, 600,000 cartouches et des outils de pionniers, à Dunkerque, où ils seront à la disposition du ministre de la marine, pour l'expédition aux ordres du général Victor
".

Toujours le 24 août 1802, depuis Paris, Bonaparte écrit également au Contre-amiral Decrès, Ministre de la Marine et des Colonies : "Le ministre de la guerre a ordre de tenir à votre disposition, à Dunkerque, cinq bataillons d'infanterie composés des 54e et 17e de ligne, deux compagnies d'artillerie, seize pièces de canon, 3,000 fusils, un général de division, trois généraux de brigade, pour être employés à l'expédition de la Louisiane. Je désirerais que cette expédition pût partir dans la première décade de vendémiaire, immédiatement après les vents de l'équinoxe, afin qu'elle pût encore profiter des bonnes mers".

Le 10 février 1803, Bonaparte écrit, depuis Paris, au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "Puisque les glaces retiennent l’expédition du général Victor, donnez-lui l’ordre de ne mener à la Louisiane que trois bataillons, savoir, un de la 17e de ligne et deux de la 54e et de les porter au complet de guerre. Vous placerez alors les détachements des 17e et 54e dans une petite garnison, à quinze ou vingt lieues du département où ils se recrutent".

Comme on le sait, cette expédition n’aura jamais lieu et la Louisiane sera vendue aux jeunes Etats Unis. Victor va finir par commander les troupes françaises en Batavie. Bonaparte écrit donc, depuis Saint-Cloud, le 6 juin 1803, au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "Je vous prie, Citoyen Ministre, de donner ordre au lieutenant général Victor de prendre le commandement des troupes françaises et bataves qui se trouvent en Hollande ; son titre sera seulement : général commandant en Hollande.
Il divisera son corps en trois brigades. La première sera destinée à la défense de Flessingue et de l'île de Walcheren ; la deuxième destinée à la défense des embouchures de la Meuse ; la troisième destinée à la défense du Texel.
La première sera commandée par le général Monnet, auquel vous ferez connaître que, Flessingue étant destiné à être un grand chantier de construction de la marine française, il doit correspondre directement avec vous et recevoir directement vos ordres. Le général Victor ne devra donc se mêler de la défense de Flessingue que sous le point de vue d'intérêt général et de supériorité de pouvoir militaire.
La première brigade sera composée des 41e et 71e de ligne ; la deuxième, des 17e et 35e de ligne ; la troisième, des 11e et 109e de ligne.
Le général Victor réunira à chacune trois bataillons bataves
".
Le 23 Août 1803, est fixée la composition des camps répartis sur les côtes de l’Empire en vue de l'invasion de l’Angleterre. Les troupes vont s’y exercer à s’embarquer et débarquer d’une immense flottille franco-hollandaise (batave). Napoléon écrit à Berthier le même jour, depuis le Camp de Bruges : "Le général Davout est nommé commandant en chef du camp de Bruges ...
Le camp de Bruges sera composé de trois divisions …
"

Mais la 17e de Ligne n’est pour le moment pas encore concernée.

L’Arrêté du 1er vendémiaire an XII (24 septembre 1803) rétablit la dénomination de Régiment d’infanterie, et le titre de Colonel remplace celui de Chef de Brigade.

C’est en novembre que Bonaparte affecte le nouveau 17e de Ligne au commandement de Davout. Le Régiment doit embarquer sur la flottille batave qui elle-même doit rallier les forces françaises principales. Il écrit à Berthier le 29 novembre : "... Faites connaitre au général Davout que le 7e régiment d’infanterie légère ne fera plus partie de son armée, mais que les 17e, 21e et 48e de Ligne en feront partie, que ces trous régiments doivent se réunir à Berg Op Zoom et Flessingue où ils s embarqueront à bord de la flottille batave. Chacun de ces 3 régiments fournira deux bataillons de 170 hommes. Ainsi son corps d’Armée au lieu de 12 régiments se trouvera porté à 14. Vous lui ferez connaitre que ces troupes devant s’embarquer sur la flottille batave et se trouvant sur le territoire de cette République, il aura la surveillance et le commandement dans l’ile de Walcheren pour tout ce qui est relatif aux mouvements de la flottille ... Le 17e de Ligne fera partie de la division du général Oudinot … Mais tous resteront à Berg Op Zoom et Flessingue pour fournir des garnisons à la flottille batave, et lors de la jonction aux rendez vous, chaque régiment rejoindra sa division".

En 1804, le Régiment a ses 4 Bataillons dispersés : deux premiers au Camp de Bruges et les deux derniers à Bruxelles. L’unité est toujours sous l’autorité du Colonel Conroux depuis 1803.

Année bien remplie puisque l'Empire est proclamé le 18 mai, 18 Maréchaux sont nommés le lendemain, dont Davout; le Décret de promulgation de la Légion d'Honneur parait le 11 juillet.

Le 2 décembre, le sacre a lieu à Paris et les Aigles et nouveaux drapeaux sont distribués le 5 décembre.

/ La campagne de 1805

Fusilier du 17e de Ligne, 1806
Fig A1 Fusilier du 17e de Ligne en 1806, d'après Suhr

Au début de 1805, l’armée est toujours positionnée sur les côtes et s’entraine inlassablement. Le 17e de Ligne a ses deux premiers Bataillons au camp de Bruges ; Colonel Conroux, Major Nagle, Chefs de Bataillons Koletzerath et Marechal. Et les 3e et 4e Bataillons à Bruxelles, Chefs de Bataillon Arbod et Mathivet.

Le 26 août 1805, l'Empereur écrit, du Camp de Boulogne : "Faites partir, le 10 au matin, la division de cavalerie légère que commandait le général Broussier; envoyez-la sur Spire par la quatrième route, de manière qu’elle ne gêne pas les trois grandes routes de l’armée. Les trois bataillons qui se rendront à Ambleteuse sont le 3e du 23e de ligne, les deux du 17e. Il suffit que ces corps soient rendus à Boulogne avant le 15 fructidor. Le 21e d’infanterie campera le plus près possible des vaisseaux. Les six bataillons destinés à Boulogne sont le 3e du 36e, le 3e du 45e, le 3e du 55e, le 3e du 46e, le 3e du 28e et le 3e du 65e ...".

Napoléon, comprenant que le débarquement en Angleterre ne se fera pas, fait partir sa Grande armée sur l’Europe centrale à la rencontre des Autrichiens et des Russes. Les Corps d’Armée sont sous la responsabilité des Maréchaux. Les deux premiers Bataillons du 17e de Ligne, à la Division Bisson, sont au 3e Corps de Davout.

La Division Bisson quitte le camp d'Ambleteuse le 29 août, se dirigeant sur Manheim par Cassel, Lille, Namur, Luxembourg et Deux-Ponts.

"Saint-Cloud, 16 septembre 1805
DÉCISIONS
Le ministre de la marine demande aussi :
1° Deux autres détachements de 45 hommes chacun pour former la garnison des frégates la Furieuse et la Libre à Flessingue. Le 1er bataillon colonial, qui est à Flessingue, pourrait fournir ces deux détachements.
2° Un autre détachement de 45 hommes pour former la garnison de la frégate la Milanaise qui est à Dunkerque. Prendre des hommes du 17e de ligne ...
".

Pendant ce temps, les 3es Bataillons des Régiments engagés du 3e Corps forment des réserves.

"Saint-Cloud, 21 septembre 1805
Il est nécessaire que tous les 3e bataillons du corps d'armée du maréchal Davout soient dirigés sur Mayence et Juliers, et sur d'autres places des 25e et 26e divisions militaires. Vous les ferez réunir par divisions, de telle sorte que tous les 3e bataillons dont les régiments, à l'armée active, composent ensemble un corps d'armée, soient dans la même division de la réserve. Vous en excepterez toutefois les 3e bataillons qui sont eux-mêmes à la réserve de Boulogne, tels celui du 13e d'infanterie légère, celui du 17e de ligne, ceux de des 48e et 108e qui sont nécessaires à Anvers, et celui du 25e de ligne qui est au camp des côtes. Ainsi, sur quatorze régiments dont se compose le corps d'armée du maréchal Davout, neuf 3e bataillons feront partie de la réserve de Mayence
".

Le 25 septembre, le 3e Corps passe le Rhin à Manheim.

Le 1er octobre, le 3e Corps est à Geislingen. Le 7 octobre, le 3e Corps franchit le Danube à Neubourg, dont il surprend le pont, et pénètre en Bavière.

Le 9, chassant devant lui le Corps de Kinmayer, le 3e Corps prend position à Aichah, Le 11, le 3e Corps se porte d'Aichach à Dachau : "dans cette position avantageuse, entre Augsbourg et Munich, Davout pouvait en trois ou quatre heures ou se reporter vers Augsbourg à Munich pour opposer avec Bernadotte et les Bavarois 60000 combattants aux Russes, ou se reporter vers Augsbourg pour seconder Napoléon dans ses opérations contre l'armée de Mack" (Ps enfermé dans Ulm).

Le 23 et le 24, reprenant sa marche en avant, le 3e Corps se porte sur l'Isar qu'il franchit à Fressingen où il séjourne le 24 et le 25.

L'Inn est franchi à Muhldorf, le 27, sous les boulets autrichiens. Les armées coalisées n'ont pas laissé subsister un seul pont, mais, partout, les soldats se jetant dans des barques, passent par gros détachements sous les balles et la mitraille et atteignent la rive opposée, la font évacuer et préparent le rétablissement des ponts que l'ennemi, dans la précipitation de sa retraite, a rarement détruits en entier. Les Austro-Russes battent en retraite sur Vienne. Le 3e Corps et la cavalerie de Murat les atteignent le 30, à Mersberg, et leur font 500 prisonniers.

Le lendemain, le 3e Corps se porte sur la Traun; l'ennemi a pris position à Lambach, moins pour livrer bataille que pour se donner le temps de sauver ses bagages.

Voltigeur du 17e de Ligne, 1806
Fig A2 Voltigeur du 17e de Ligne en 1806, d'après Bucquoy

L'arrière garde ennemie est en position à Lambach, où Koutousov s'est retranché derrière la Traun. Le premier contact de la campagne entre Français et Russes se déroule dans cette localité le 31 octobre. C'est l'avant-garde du 3ème corps de Davout qui essuie les premiers coups de feu de l'arrière-garde ennemie commandée par le Général autrichien Schustek. Après avoir résisté pendant près de cinq heures à toutes les attaques du Général Bisson, à la tête d'une Brigade de sa 1ère Division du 3ème Corps, la ligne d'infanterie russe est rompue par une charge impétueuse des Dragons et des Chasseurs. Le 30e Régiment ainsi que le 17e de Ligne ont chargé avec vigueur les Russes, et les ont forcé à la retraite, en leur enlevant 2 canons, 200 prisonniers et plusieurs chariots de farine.

Le Général Bisson étant blessé est remplacé par le Général Caffarelli à la tête de la Division.

"Ried, 2 novembre 1805 16e Bulletin de la Grande Armée.
Le prince Murat a continué sa marche en poursuivant l'ennemi l'épée dans les reins et est arrivé, le 9 (31 octobre), en avant de Lambach. Les généraux autrichiens, voyant que leurs troupes ne pouvaient plus tenir, ont fait avancer huit bataillons russes pour protéger leur retraite. Le 17e régiment d'infanterie de ligne, le 1er de chasseurs et le 8e de dragons chargèrent les Russes avec impétuosité et, après une vive fusillade, les mirent en désordre et les menèrent jusqu'à Lambach. On a fait 500 prisonniers, parmi lesquels sont une centaine de Russes. Le 10 (1er novembre), au matin, le prince Murat mande que le général Walther, avec sa division de cavalerie, a pris possession de Wels. La division de dragons du général Beaumont et la 1e division du corps d'armée du maréchal Davout, commandée par le général Bisson, ont pris position à Lambach. Le pont sur la Traun était coupé; le maréchal Davout y a fait substituer un pont de bateaux. L'ennemi a voulu défendre la rive gauche : le colonel Valterre, du 30e régiment, s'est jeté un des premiers dans un bateau et a passé la rivière. Le général Bisson, faisant ses dispositions de passage, a reçu une balle dans le bras. Une autre division du corps du maréchal Davout est en avant de Lambach sur le chemin de Steyer. Le reste de son corps d'armée est sur les hauteurs de Lambach
" (Panchoucke : « Oeuvres de Napoléon Bonaparte », 1821-1822, t. 3, p. 463; Correspondance de Napoléon, t.10, lettres 9445).

La Division Caffarelli se trouve, le 5 novembre, au combat de Steyer auquel elle assiste en réserve.

Le 8, la 1ère Division assiste, mais sans être engagée, au combat de Mariazell, où le Corps de Krefeld est presque entièrement détruit.

Du 9 au 15 novembre, le 3e Corps est porté sur Modling et de là sur Vienne où il fait son entrée à la suite des Corps de Lannes et de Murat.

"Château de Schönbrunn, 14 novembre 1805
ORDRE DU JOUR
Sa Majesté témoigne sa satisfaction au 17e régiment de ligne et au 30e qui au combat de Lambach, ont tenu tête à l'arrière-garde russe, l'ont entamée et lui ont fait 400 prisonniers.
L'Empereur témoigne également sa satisfaction aux grenadiers d'Oudinot qui, au combat d'Amstetten, ont repoussé de leurs belles et formidables positions les corps russes et autrichiens et ont fait 1.500 prisonniers, dont 600 russes.
Sa Majesté est satisfaite des ler, 16e et 22e régiments de chasseurs, 9e et 10e régiments de hussards, pour leur bonne conduite dans toutes les charges qui ont eu lieu depuis l'Inn jusqu'aux portes de Vienne et pour les 800 prisonniers russes faits à Stein
".

Le 1er décembre, l’armée française se trouve en présence de l'armée austro-russe, Napoléon prend position, ce jour même, entre Brunn et Austerlitz, la gauche appuyée aux montagnes de Moravie, la droite aux villages de Sokolnitz et de Telnitz. Il laisse ainsi, entre la droite et les étangs de Satschau et de Menitz, un espace à peine gardé qui doit donner à l'ennemi la tentation de s'y engager. Si cette opération réussit, en effet, elle aura pour conséquence de le couper de la route de Vienne. Mais elle n'est possible qu'à la condition de dégarnir le plateau de Pratzen, clef de la position occupée par les alliés, et Napoléon se propose de l'aborder alors directement avec le Corps de Soult, soutenu au besoin par toute la Garde.

Le plateau de Pratzen conquis, l'armée austro-russe sera coupée en deux et la gauche, acculée aux étangs, est infailliblement perdue.
ENCADRE LE 17E DE Ligne à Austerlitz (à compléter)

Le 26 décembre , le Colonel Lanusse vient prendre la tête du Régiment. Deux jours avant, le Colonel Conroux a été promu Général de Brigade.

Le 22 février, le 3e Corps se met en marche sur six colonnes pour rentrer en France et va rester sous Mayence.

/ La campagne de 1806

a/ La campagne des 1er et 2e Bataillons

Sous-officier de Voltigeurs du 17e de Ligne, 1807-1808
Fig A2bis Sous-officier de Voltigeur du 17e de Ligne, 1807-1808, d'après Suhr

En juin 1806, le 3e Corps occupe Mayence et ses environs jusqu'à la campagne de Prusse. Aux ordres du Colonel Lanusse, le 17e de Ligne (deux Bataillons) est à la Brigade Brouart, 1ère Division Morand, avec le 30e de Ligne.

Dans le courant de septembre, la Prusse, cédant aux instances de l'Angleterre et de la Russie, se décide à entrer dans la quatrième coalition; elle mobilise son armée et s'établit sur les frontières de la bohème et de la Franconie. La guerre est imminente.

Une partie de l'armée française est cantonnée dans les environs de Mayence, l'autre sur les deux rives de l'Inn. L'Empereur, laissant deux Corps manoeuvrer sur le Rhin, la concentre tout entière sur le Mein à Bamberg. Partageant son armée en trois groupes, il la dirige sur Bayreuth, Kronck et Cobourg, têtes des défilés de la forêt de Thuringe, dans l'intention de franchir ces montagnes par le sud et l'est et de gagner par la vallée de la Saale, l'Elbe et l'Oder.

Le 25 septembre, la 1ère Division se met en marche de Nordlingen, et, passant par Gusenhausen, Nuremberg, Erlangen et Forscheim, vient cantonner le 2 octobre près de Bamberg.

Le 4 octobre, tout le 3e Corps est concentré à Bamberg; il doit former avec le 1er Corps (Maréchal Bernadotte) le centre de la Grande Armée. Le 5, Davout passe à Bamberg la revue de son Corps d'armée, et donne lecture de la proclamation de l'Empereur qui dit : "l'inimitié d'un grand peuple est plus terrible que les tempêtes de l'océan". Le Maréchal Davout commente ensuite la proclamation impériale et ajoute : "les Prussiens comptent sur leur cavalerie, eh, bien ! faites quelques répétitions de formation de carrés, ce sont vos carrés qui feront perdre à cette cavalerie sa réputation"

Le 8 octobre, le centre s'ébranle pour franchir le Frankenwald; le 3e Corps suit, à un jour de marche, le 1er Corps. La 1ère Division va cantonner à Lichtenfelds. Le 9, tandis que le 1er Corps culbute à Schleitz l'avant-garde du Prince de Hohenlohe, la 1ère Division passe le Mein et va cantonner à Kronach. Le 10, elle est à Saalberg. Le 11, le 3e Corps est à Mittel Polnitz; la 1ère Division cantonne à Auma. Le 12, le 3e Corps est à Gera où notre centre et notre droite se trouvent réunis presque sur les derrières de l'Armée prussienne.

Le 13, Davout entre à Naumbourg, enlève des magasins considérables et un équipage de pont.

L'armée française est apparue sur la rive orientale de la Saale. Grâce aux habiles dispositions de l'Empereur, les positions de l'armée prussienne ont été tournées par leur gauche. Cette armée, déjà ébranlée par les combats de Schleiz et de Saafeld, décide de se retirer vers le centre de la monarchie.

Pour effectuer sa retraite, elle se partage en deux groupes, le premier sous le Prince de Hohenlohe, se concentre dans les environs de Erfurt; le second, placé sous le commandement du Duc de Brunswick et en tête duquel marche le Roi, se dirige vers Leipzig.

Mais il n'en est plus temps. Une des moitiés de cette armée est attaquée et taillée en pièces à Iéna par Napoléon; l'autre moitié, que le Duc de Brunswick conduit lui-même et avec laquelle marche le Roi de Prusse, tente de se faire jour par Naumbourg (14 octobre).

Davout occupe le débouché de Naumbourg depuis la veille. Avec son seul Corps d'armée, il livre bataille vers Auerstaedt. Bernadotte est en effet parti de Naumbourg le matin même et malgré les instances de Davout, va rester inactif entre les deux batailles toute la journée.

Le Général Morand, dans son rapport, raconte les exploits de sa division : "La 1ère Division arrive au pas de course et se place à la gauche de la Division Gudin. Dès que la 1ère Division fut sur le terrain, Mr le Maréchal alla avec le Général Morand se mettre à sa tête. La Division marchait sur la gauche du plateau d'Hassenhausen, en colonne par division, à distance de peloton, puis en colonne à grande distance; le Général Brouard, avec le 30e suivait le mouvement de la Brigade du Général Debilly, de manière à présenter des têtes de colonnes vis-à-vis les intervalles de la 1ère ligne. La 1ère Division avait à peine passé la grande route pour se porter sur le plateau, à gauche d'Hassenhausen, au devant de la 2ème Division prussienne (Division Hartensleben et Brigade Orange) qu'elle fut assaillie par la cavalerie de cette Division, renforcée d'un autre corps nombreux de cavalerie, à la tête duquel était le Prince Guillaume de Prusse. Ce prince chargea à différentes fois la Division Morand, mais tous les corps, formés en carrés, le reçurent avec sang-froid au cris de : Vive l'Empereur. Mr le Maréchal, pendant ces charges, se portait tantôt dans un carré, tantôt dans un autre, et il fut partout témoin de cette rare intrépidité des troupes; pas un seul carré ne fut entamé. Enfin, le Prince Guillaume, après avoir été blessé, se replia avec sa cavalerie derrière l'infanterie... La victoire semblait pencher du côté des Français, la Division Gudin, quoique très affaiblie se défendait encore avec avantage dans le village d'Hassenhausen; la Division Friant à droite se préparait à tourner l'ennemi. La droite de la Division Morand commença à gagner du terrain, le 61e commandé par le général de Billy et le Colonel Nicolas avançait à la tête du ravin qui conduit à Rehehausen; il était défendu par une nombreuse infanterie prussienne, soutenue par un grand nombre de bouches à feu. Le choc fut terrible, on était à portée de pistolet, la mitraille ouvrait les rangs qui, aussitôt se resserraient; chaque mouvement du 61e était dessiné sur le terrain par les braves qu'il y laissait. Enfin, l'audace et l'intrépidité l'emportèrent, l'ennemi renversé et en désordre abandonne ses canons. En même temps, le 51ème sous les ordres du Colonel Baille, quoique foudroyé par l'artillerie prussienne, reçut avec intrépidité une nouvelle charge de cavalerie combinée avec une attaque d'infanterie. Le 2e Bataillon du 30ème, ayant à sa tête le général Brouard et le Colonel Valterre, s'élança sur une batterie et repoussa une forte colonne qui débouchait dans le ravin par le chemin qui, situé à droite d'Hassenhausen, mène à Rehehausen. Pendant que tous les efforts de l'ennemi ne pouvaient arrêter la marche des Français sur Rehehausen, les Chasseurs de Weimar, le Bataillon d'Oswald, les Régiments des gardes et une partie de la réserve arrivaient sur Sommersdorf, sur les hauteurs qui bordent la rive gauche de l'Ilm, faisant filer trois compagnies auprès du vallon, le long de la rivière. Le Roi voulait, par un dernier effort, enfoncer l'aile gauche de la Division, où il s'était aperçu qu'il n'y avait, non plus qu'à la 3ème Division, pas un détachement de cavalerie; il espérait tourner ainsi l'infanterie qui s'avançait sur Rehehausen. La garde de ces hauteurs était confiée au 30ème Régiment et au 1er Bataillon du 17ème; Mr le Maréchal s'aperçut de ce mouvement de l'ennemi et y fit porter le Général Morand; celui-ci se fit précéder de l'artillerie à pied de sa division et va se placer à la tête du 30ème. Rien ne résiste aux efforts combinés de ce régiment et du 1er Bataillon du 17ème, et de l'artillerie; les Régiments des gardes prussiennes sont foudroyés, ainsi que la plus grande partie de la 1ère Division de la réserve prussienne dont ils faisaient partie. Le Général Morand gagne toujours du terrain, les hauteurs de l'Iln sont balayées et il finit par s'établir à l'extrémité du plateau en face du vallon où est le moulin d'Emsen, sur un contrefort qui domine tous les environs et il y fait placer son artillerie et de là, il déborde et prend en flanc l'armée prussienne".

A3 Officier de Grenadiers du 17e de Ligne, 1806
Fig A3 Officier de Grenadiers du 17e de Ligne, 1806, d'après les frères Suhr

"Devinant les intentions du roi de Prusse, le maréchal Davoust envoya le général Morand, avec l'artillerie à pied de sa division, sur la hauteur de Sonnendorf, afin de flanquer les colonnes qui attaquaient Rehausen. Déjà le 30e régiment et le 1er bataillon du 17e avaient été dirigés vers le même point. Le général Morand se mit à la tête du 30e, et repoussa jusqu'au pied de l'escarpement les deux colonnes prussiennes qui avaient déjà gravi les hauteurs, et qui furent foudroyées. Gagnant toujours du terrain Morand atteignit l'extrémité du plateau en face du vallon d'Emsel-Mühl, disposa son' artillerie sur un contrefort qui dominait tous les environs, et, de ce point inexpugnable, cette batterie prit en flanc l'armée prussienne et mit le désordre dans ses rangs" (France militaire : histoire des armées françaises de terre et de mer de 1792 à 1837. Tome 4).

Auerstaedt a coûté aux divisions de Davout 7000 hommes tués ou blessés, soit près du tiers de l'effectif engagé; mais elles ont mis 9 à 10000 Prussiens hors de combat et leur ont pris 3000 prisonniers, 115 pièces de canon et tous leurs bagages. L’armée prussienne entre Iena et Auerstaedt est écrasée et en fuite . Les places fortes vont tomber les unes après les autres.

Le 25 octobre, Davout, à la tête du 3e Corps, fait son entrée à Berlin; les magistrats lui offrent les clés de la ville, il les refuse, disant qu'elles appartiennent à plus grand que lui. Il ne laisse qu'un régiment pour faire la police dans la ville, et va s'établir à une lieue en avant, dans la forte position de Frederichsfeld, la droite à la Sprée, la gauche appuyée à des bois, et fait construire des baraques en planches pour abriter ses troupes.

"Le 25 à neuf heures et demie du matin, la division fit son entrée triomphante. Deux jours plus tard, Napoléon entre lui même à Berlin et le lendemain, 28 octobre, il passe sous les murs de la place, la revue du 3e Corps. A l'issue de cette revue, réunissant autour de lui les Généraux, les Officiers et les Sous officiers, il leur adresse les paroles suivantes : "Je vous exprime toute ma satisfaction pour la belle conduite que vous avez tenue à la bataille du 14; j'ai perdu des braves, je les regrette comme mes propres enfants; mais enfin ils sont morts au champ d'honneur, en vrais soldats. Les résultats que vous voyez aujourd'hui, c'est à la valeur du 3e Corps que je les dois. Dites à vos soldats que je suis content d'eux. - Sire, répondit le Maréchal, le 3e Corps sera pour vous et toujours, ce que fut pour César la 10ème Légion".

Le 3e Corps prend la direction de Francfort sur l'Oder. Le 1er novembre, il entre à Francfort où il rétablit le pont brûlé par l'ennemi.

Le 6 novembre, le 3e Corps, renforcé de cinq Brigades de cavalerie, forme l'avant garde de la Grande Armée; il quitte Francfort et se dirige par Mesteritz sur Posen où il arrive le 10. Du 10 au 15, il séjourne à Posen et pousse des partis sur la Vistule.

Le 15, le 3e Corps est à Cnossen. Du 18 au 20, il cantonne dans les environs de Sempolno. Le 23, marche sur Varsovie, par Klodawa et Kutno. L'armée russe approche, la campagne de Pologne va commencer.

Le 30 novembre, le 3e Corps entre à Varsovie. Les Russes l'ont évacué à son approche et se sont établis entre l'Ukra et la Narew, au nombre de 95000. Le 2 décembre, le pont incendié n'ayant pas été réparé, le 17e de Ligne et le 30e passent la Vistule dans des barques et s'établissent dans Praga que les Russes viennent d'abandonner. Les premières troupes polonaises sont levées sur place.

Le 10 décembre, le 3e Corps passe la Narew. Du 10 au 22, il séjourne au camp sur la rive droite de la Narew vis à vis Okunin, les Russes établis dans une ile triangulaire au confluent de l'Oukra et de la Narew nous inquiètent beaucoup; cette ile leur est enlevée, dans la journée du 18 à la suite d'un brillant combat et quelques fortifications y sont élevées.

Le 23 décembre, le Maréchal Davout reçoit l'ordre d'enlever sous les yeux de l'Empereur, la ligne de l'Oukra. Toutes les Compagnies de Voltigeurs de la Division Morand sont répandues sur le rive droite avec ordre de tirer d'une rive à l'autre à travers les touffes de bois pour écarter les postes ennemis. Vers 3 heures et demie de l'après midi, la 1ère Division passe un pont établi la veille et se concentre dans l'ile conquise le 18; protégée par les Voltigeurs, elle prend toutes les dispositions pour franchir l'autre bras qu'elle traverse sous un feu très vif des tirailleurs ennemis embusqués sur l'autre rive.

Caporal fourrier de Fusiliers du 17e de Ligne vers 1807
Fig A4 Caporal fourrier de Fusiliers du 17e de Ligne vers 1807

"Pendant le passage de l'Infanterie, deux barques furent amenées pour établir un pont sur lequel l'artillerie et la cavalerie purent passer. Le Colonel Guyardet, du 13e, avec un bataillon de son régiment, eut ordre de se porter en avant et le Colonel Lanusse, à la tête du 17e, de reconnaitre le village de Czarnowo et de s'en emparer s'il y avait possibilité. Le Colonel Lanusse se précipita sur ce village, repoussa l'ennemi et se rendit maître de ses batteries, mais il fut bientôt forcé de se replier, l'ennemi étant revenu avec des troupes fraîches, le débordant et se portant sur ses derrières. Le 17e fit sa retraite à la tête du bois où l'ennemi n'osa pas le poursuivre. Le Général Brouard, à la tête du 30e, se porta jusqu'au pied des retranchements ennemis pour favoriser le ralliement de ce régiment; dans ce moment, le Général Brouard fut blessé d'un coup de biscaïen à la tête" (Rapport du Maréchal Davout).

Pendant ce temps, le reste de la Division, avec le Général Petit, effectue le passage de la rivière et s'empare des hauteurs; quatre fois les Russes reviennent à la charge avec des troupes fraîches, toujours ils sont repoussés. "Voyant le succès de l'attaque, j'envoyai l'ordre au Général Morand d'attaquer Czarnowo vers minuit; cet officier général fit de très bonnes dispositions, l'ennemi lui laissa le champ de bataille couvert de ses morts, le village et six pièces de canon, après une affaire extrêmement vive" (Rapport du Maréchal Davout).

Ce sont les 17e et 30e qui sont chargés de cette attaque; dans l'épaisseur de la nuit, ils ne sont guidés que par le feu des canons et les lueurs de la mousqueterie ennemie. Le 1er Bataillon du 30e, pénétrant dans le ravin qui protège le village de Czarnowo, le tourne par la droite, tandis que le 2e Bataillon attaque par le centre et le 17e par la gauche; l'ennemi, obligé d'évacuer le village, essaye de se rallier sur le plateau et de tenter un retour offensif; les deux Bataillons du 30e soutiennent ses efforts, donnent le temps aux autres échelons de se former en avant du village et contraignent la Division russe de Tolstoï à battre en retraite.

"Pour l'attaque, le général Morand forma sa première ligne en trois échelons d'un bataillon chacun, marchant l'aile droite en avant; d'abord le 1er bataillon du 30e de ligne, puis le 2e du même régiment, et le 2e bataillon du 17e. Cette ligne était suivie à courte distance de deux autres, qui se composaient : la première, du 2e bataillon du 13e de ligne et de la cavalerie légère de Marulaz; la seconde du 1er bataillon du 17e de ligne et des six escadrons de dragons de Latour-Maubourg. Les deuxième et troisième lignes se conformaient aux mouvements du centre et marchaient droit sur le village. Les 51e et 61e régiments venaient enfin, formant la réserve générale, tandis que, sur la gauche, les compagnies de voltigeurs du 17e et du 30e, qui avaient passé la Narew les premières et s'étaient avancées en chassant devant elles les postes ennemis qui tenaient les bois, flanquaient vers l'Ouest la marche des différentes lignes" (Journal des opérations du 3e corps d'armée ; Plan du passage de l'Ukra et du combat de Czarnowo, par les officiers du génie du 3e corps d'armée, situation G.).

Le 24 décembre, Davout continue sa marche en avant, et sans donner le temps à l'ennemi de s'affermir dans une nouvelle position, l'attaque à Nasielck. La Division Morand, très éprouvée la veille, est laissée en réserve et ne prend aucune part à ce combat.

Les jours suivants, Davout, poursuit l'armée russe, la suit pas à pas, malgré un temps affreux et des pluies torrentielles qui ont transformé le sol de la Pologne en une boue épaisse dans laquelle on ne peut marcher qu'avec une extrême difficulté; les colonnes mettent deux ou trois heures pour faire une lieue; l'artillerie et les bagages doivent rester en arrière, vu l'impossibilité de les faire avancer dans ces chemins devenus impraticables.

Le 25 décembre, le 3e Corps entre à Strezedoczin d'où il déloge l'arrière garde russe.

Le 3e Corps se porte le 26 sur Golymin où il vient se heurter contre l'armée de Benningsen. Le Maréchal Davout, arrivant par la route de Pultusk, est chargé de l'attaquer à droite, tandis que le Corps d'Augereau attaque à gauche. Le premier a à lutter contre les Divisions Sacken et Gallitzin, le second contre la Division Doctoroff. Les Russes combattent jusqu'à la nuit, mais, presque enveloppés dans Golymin, ils effectuent leur retraite sur Makow. La Division Morand (avec le 30e) est en tête du 3e Corps.

"Trois lignes d'Infanterie très considérables s'apercevaient entre Golymin et le bois en avant, qui était rempli de tirailleurs russes; le Général Morand les fit attaquer et parvint après une vive résistance, à se rendre maître du bois, vers les trois heures de l'après midi. A peine sa division était formée en avant du bois qu'il fut attaqué avec la plus grande vivacité et successivement par les lignes reconnues qui jetèrent leur sac pour charger à la baïonnette. Ces attaques de l'ennemi furent extrèmement vives et réitérées et toutes sans succès; enfin, il se retira, abandonnant une pièce de canon et laissant beaucoup de morts sur le champ de bataille. La perte de la 1ère Division est de : 8 officiers et 214 tués ou blessés. Les chefs et les corps de la Division se sont montrés dans cette occasion comme dans toutes les autres, rivaux de courage et de gloire" (Rapport du Général Morand).

Tambour-major en 1807
Fig B1 Tambour-major en 1807, d'après H. Boisselier

"Pendant ce combat, le 2e bataillon du 13e léger et les 30e et 17e de ligne, de la brigade Brouard, s'étaient formés en trois colonnes par échelons de division, et, précédés par les voltigeurs, s'étaient portés à l'attaque du bois. Voyant le mouvement se dessiner, Galitzin avait mis à la disposition du prince Chtcherbatov, en outre du régiment d'infanterie de Kostroma, le 2e bataillon de grenadiers de Tauride, le 1er bataillon d'infanterie du Dnieper, et deux escadrons de dragons de Pskov, en sorte que le bois était occupé par au moins trois ou quatre bataillons. L'infanterie russe fit preuve d'une grande ténacité et repoussa plusieurs tentatives des bataillons du général Brouard. Même, vers 4 heures, elle déposa ses sacs et contre-attaqua énergiquement à la baïonnette. Reçue par une fusillade terrible, elle se replia en désordre et, suivie sur ses talons par la ligne française, dut abandonner le bois et se retirer sur Golymin" (Revue d'histoire rédigée à l'état-major de l'armée, Section historique; 1911/02 (PART2,N122). ) Source : Journal des opérations du 3e corps; Davout à Berthier, Czarnowo, 26 décembre 1806 ; Cazalas, loc. cit., t. I, p. 111.).

Napoléon décide de s'arrêter et de prendre ses quartiers d'hiver.

Le 30 décembre, le 3e Corps vient établir ses cantonnements dans l'angle formé par le Bug et la Narew; son quartier général est à Pultusk et ses avants postes s'étendent jusqu'à Brok sur le Bug, jusqu'à Ostrolenka sur la Narew.

b /La campagne de 1806 des 3e et 4e Bataillons

Pendant que se déroulaient ces évènements en Prusse et Pologne, les 3e et 4e Bataillons étaient montés en seconde ligne avec le Major Nagles au 1er Corps de Réserve.

"Saint-Cloud, 22 septembre 1806
Au général Lacuée
Je vais appeler une réserve. Il faut que le décret soit prêt. Voici comment je veux la distribuer :
200 hommes, à raison de deux hommes d'élite par département, pour les régiments de carabiniers. 600 hommes, à raison de six hommes d'élite par département, pour les douze régiments de cuirassiers. 600 hommes d'élite pour les huit régiments d'artillerie à pied. 2,000 hommes d'élite pour les quatre régiments d'artillerie de la marine. --------- 3,400 hommes d'élite.
Il restera 26,400 hommes que je veux distribuer de la manière suivante : 6,000 hommes entre les quatorze 3e et 4e bataillons qui sont au camp de Boulogne, et depuis la Somme jusqu'à l'Escaut, y compris Anvers; 2,000 entre les quatre régiments qui sont en Bretagne; 2,000 entre les quatre régiments qui sont à l'île d'Oléron et dans la 12e division militaire; 4,000 entre les six régiments qui sont à Paris, et 12,400 entre les quarante régiments appartenant à la Grande Armée qui sont sur le Rhin. En faisant la répartition de ces hommes, vous consulterez le besoin de chaque corps. Vous considérerez moins la situation générale des régiments que celle de leurs 3e bataillons et ce qu'ils reçoivent de la conscription de 1806. Ce sont de nouvelles réserves que je forme. Peu importe la quantité d'hommes qu'ils ont à la Grande Armée; plus ils en auront et plus ils en perdront. Mais ce qui m'importe, c'est que j'aie à Boulogne, en Bretagne et à ma réserve sur le Rhin un grand nombre d'hommes
".

Au début octobre, les 3e et 4e Bataillons se retrouvent à Anvers : 29 Officiers et 297 hommes pour le 3e Bataillon, et 18 Officiers et 271 hommes pour le 4e. Ils sont aux ordres du major Nagle.

Le Maréchal Brune devient Gouverneur général des villes Hanséatiques en décembre 1806.

"Posen, 12 décembre 1806
Au général Clarke
Six bataillons, formant 6 ou 7,000 hommes, formés des compagnies des 3e bataillons des corps et organisés en bataillons provisoires, arriveront à Magdeburg du 1er au 6. Ce sera une belle réserve que vous aurez sur vos derrières. Mais cette réserve, je le vois à la promptitude avec laquelle elle a été organisée, sera nue et composée de paysans. Écrivez à Magdeburg, à l'intendant, pour que ces conscrits soient habillés et équipés par ses soins. Je lui donne carte blanche. Il faut qu'ils soient habillés de l'uniforme de leur régiment, qu'ils aient des schakos et des capotes. Il peut s'entendre avec M. Villemanzy pour prendre les draps nécessaires à Leipzig ou à Magdeburg, en les portant à compte de la contribution imposée sur cette province. Qu'il fasse ce qu'il veut; mais le principal est que ces hommes soient habillés et équipés le plus promptement possible, c'est-à-dire douze à quinze jours après leur arrivée. Écrivez-en dans ce sens à M. Daru a reçu des ordres pour agir en conséquence. Mais l'administration marche si lentement, que je ne serais pas étonné que les ordres n'arrivassent que très-tard. On m'a dit du bien de l'intendant de Magdeburg; c'est un homme consommé dans l'administration; je m'en rapporte à ce qu'il fera. Recommandez à Magdeburg que l'on fasse peu servir ces bataillons, et qu'on emploie tout leur temps à leur instruction. J'imagine qu'ils viendront bien armés. Si cependant cela n'était pas, on complétera leur armement et leur équipement
".

C'est le Général Carra Saint Cyr qui commande la province de Magdebourg.

/ La campagne de 1807

Voltigeur, 1807
Fig B2 Voltigeur, 1807, d'après Suhr

Napoléon supposait que l'hiver se passerait sans de nouveaux combats. Mais Bennigsen, qui a pris le commandement de l'armée russe, lance une offensive en plein hiver. Le 15 janvier, l'armée russe s'avance sans être aperçue et traverse l'Alle et la Passarge.

L'armée russe attaque le 26 à Mohrungen le Corps du Maréchal Bernadotte.

Les cantonnements de l'armée française sont alors levés et tous les Corps manoeuvrent pour se porter sur le flanc gauche des Russes. Le 3e Corps forme l'aile marchante.

Le 3 février, on aperçoit l'ennemi en position sur les hauteurs de Joukowo. Le Maréchal Davout doit attaquer la gauche russe à revers, mais Benningsen, se voyant presque tourné et menacé d'être coupé de Koenigsberg, se replie afin de sauver ses communications.

Le 4, le 3e Corps arrive à Guttstadt. Le 6, le Maréchal Davout, remontant avec la Division Morand la rive droite de l'Alle, arrive sur Heilsberg, pénètre dans la ville après avoir bousculé l'arrière-garde russe, s'empare des magasins et fait un grand nombre de prisonniers. La Division Morand perd dans ce combat 2 Officiers et 14 Sous officiers et soldats tués, 7 Officiers et 92 soldats blessés. Le même jour, les Russes sont également battus à Hoff.

Benningsen se concentre finalement à Eylau le 7. Ce jour là, le 3e Corps est réuni au complet à Hartenstein où l'Empereur, prévoyant que le lendemain, il aura à faire face à toute l'armée russe, envoie dans la soirée l'ordre au Maréchal Davout de se porter dès le matin sur Eylau. Napoléon attaque Bennigsen et le force à lui abandonner le village après un combat acharné qui se prolonge dans la nuit.

Parti de Hartenstein la nuit, Davout se trouve de bonne heure en mesure d'agir sur la gauche des Russes. La Division Morand, qui marche en tête, leur enlève Serpallen au moment où leur droite se jette sur notre centre, vers Eylau, avec la prétention de nous couper.

"Rapport du Général Morand.
Le Général Morand arrive sur la position de Serpallen, il eut ordre d'attaquer l'ennemi, en conséquence la 1ère Brigade de sa Division, sous les ordres du général Ricard, se porta en avant. Le 30e marcha sur la gauche de Serpallent, le 13e et le 2e Bataillon du 17e passèrent au milieu et sur la droite du même village; toute la Brigade vint se porter en avant; le 1er Bataillon du 17e avait ordre de se placer sur la droite, en échelon de réserve. La compagnie d'artillerie légère, commandée par le Capitaine Beauvisage soutint ce mouvement qui s'exécuta avec une grande impétuosité, sous le feu d'une artillerie formidable que les Russes avaient placée sur les hauteurs, à 200 toises. La 2e Brigade (Général d'Hormières) était en réserve. Tandis que la Division Friant, droite du corps d'armée, s'emparait de Klein Sausgarten, la 1ère Division soutenait, à la gauche, avec la plus grande intrépidité, les attaques de l'ennemi, en avant du village de Serpallen. Il avait réuni des forces très considérables, il s'était porté sur la Division du général Saint Hilaire et sur celle du général Morand. Mr le Maréchal fit aussitôt entrer en ligne le premier Bataillon du 17e Régiment qui remplaça le 13e d'Infanterie légère qui avait essuyé de grandes pertes et que l'on mit en réserve. Le 30e et le 17e Régiments avaient à leur gauche un bataillon du 10e Régiment d'Infanterie légère de la Divison St Hilaire et, à leur droite, à quelque distance, les deux lignes du 61e Régiment
".

Portrait supposé du Major Nagle du 17e de Ligne en habit blanc vers 1807-1808. Collections Musée de l'Empéri. On notera les épaulettes de Major.

Après avoir ainsi rétabli l'équilibre et permis à Napoléon de reprendre l'offensive au centre, Davout continue à se rabattre de plus en plus, à l'aide de ses deux autres Divisions, sur le flanc gauche des Russes. La division, avec les autres du Corps, doit ensuite contenir de furieuses contre-attaques russes au prix d’énormes pertes : 2926 hommes atteints par le feu, parmi lesquels 28 Officiers tués et 77 blessés, 247 hommes tués et 2574 de blessés.

Jusqu'au 16 février, la 1ère Division bivouaque dans les environs de Kopsten; le 16, les Russes s'étant retirés, toute l'armée fait un mouvement rétrograde pour rentrer dans ses cantonnements le long de la Passarge.

Les pertes ont été énormes pour l'Empereur ; il appelle ses secondes lignes pour venir en renfort. Il écrit, depuis Osterode, le 24 février 1807 au Maréchal Kellermann : "Mon Cousin, j'ai besoin de troupes. Je suppose que vous avez fait partir les 5e, 6e, 7e et 8e régiments provisoires; ce qui me mettra à même d'appeler à l'armée les quatre premiers, et de les incorporer dans les cadres. Écrivez au gouverneur de Cassel pour qu'il renvoie le régiment de Paris et le régiment italien à Berlin. La grande quantité de conscrits qui vous arrivent vous mettra à même de lui envoyer des forces, lorsqu'il en aura besoin. Redoublez de zèle pour habiller, armer et équiper les conscrits, pour réparer les pertes de l'armée ... Aussitôt que les 3e bataillons des 17e et 21e régiments de ligne seront à 1,000 hommes, formez-les à six compagnies, chacune de 150 hommes, et dirigez-les sur Berlin".

Le 1er mars 1807, le 3e Corps établit ses cantonnements entre Hohenstein sur la Passarge, et Allenstein sur l'Alle. La 1ère Division, placée en tête, occupe les environs d'Allenstein. Elle va y rester jusqu’au mois de mai, harcelée régulièrement par des raids de cosaques. De nouvelles troupes polonaises viendront s’y adosser. Les renforts arrivent.

L'Empereur se préoccupe de ses troupes. Il écrit, depuis Osterode, le 4 mars 1807, à 5 heures du soir, au Maréchal Davout, à Liebstadt : "Mon Cousin, je vous ai fait connaître aujourd'hui dans quelle situation étaient les divers corps d'armée. Ayant laissé une de vos divisions à Allenstein, il est convenable que vous ralliiez tous les autres détachements de vos deux autres divisions près de vous, sans quoi vous vous trouveriez affaibli de tous les côtés. Vous avez laissé deux régiments de cavalerie légère à Napiwoden. Il faut que le général Morand fournisse l'infanterie nécessaire pour les soutenir, afin que vos deux divisions soient ralliées. Vous devez avoir reçu deux convois de pain d'Elbing, dont un qui était destiné pour le quartier général et que j'ai ordonné qu'on vous laisse. Je suppose que, dans la journée, le maréchal Soult aura repris ses cantonnements. Mon intention est de vous donner l'ordre de vous placer à Saalfeld, où vous serez à portée de recevoir des vivres de Marienburg. Faites-moi connaître votre état de situation".

Et depuis Osterode, le 11 mars 1807, toujours au Maréchal Davout : "Je reçois votre lettre du 11 mars. Il faut d'abord que vos troupes aient régulièrement ration complète de pain et de viande, et de l'eau-de-vie tous les deux jours ...
Douze régiments provisoires sont en marche; quatre arriveront avant dix jours. Il y a des détachements de tous les corps. Le 17e et le 2le ne tarderont pas à recevoir leurs 3e bataillons forts de 1,000 hommes. Mais il faut rétablir la discipline. Mettez votre gendarmerie sur les derrières, afin que des hommes, sous prétexte d'être malades, ne passent pas la Vistule
".

Tambour de Voltigeurs du 17e de Ligne, 1808
Fig B3 Tambour de Voltigeurs, 1808, d'après Carl.

Le 15 mars 1807, l'Empereur écrit, depuis Osterode, au Général Dejean : "Monsieur Dejean, faites-vous rendre compte pourquoi il manque tant d'officiers aux corps de réserve.
Par exemple, il n'y a au 17e de ligne, camp de Boulogne, que 14 officiers présents; il doit y en avoir 20 ou 30 dans un bataillon; il manque donc la moitié des officiers dans ce bataillon
".

Le 13 mai, les Cosaques et une colonne d'infanterie attaquent Allenstein; ils sont repoussés avec perte par les troupes de la 1ère Division. Après cette attaque et pour mieux préserver la ville, on démolit le faubourg et on construit sur son emplacement des redoutes et divers retranchements.

Le 4 juin, Bennigsen attaque le Corps du Maréchal Ney à Guttstadt et l'oblige à reculer jusqu'à Aussendorf. Le 5 juin, la Division Morand quitte ses cantonnements et fait une reconnaissance sur Bergfreid. Le 7 juin, le 3e Corps tout entier prend position à Joukow et à Alt Schönenberg pour soutenir le Maréchal Ney qui devant des forces considérables a du exécuter un mouvement rétrograde à Deppen.

Le 9 juin, la 1ère Division, précédée de quelques milliers de soldats, portant chacun, outre les armes, une fascine, traverse la Passarge et les marais que cette rivière forme sur ses bords. Le 10 juin, la 1ère Division arrive à Altrirck en avant de Guttstadt.

Le 11 juin, le 3e Corps se présente à Grossendorf. Bennigsen, dont les projets on échoué, est dans une situation périlleuse. Il s'est replié sur Heilsberg, où il a fait exécuter des travaux de défense considérables, et y soutient un violent combat. L'apparition du Corps de Davout sur son flanc gauche l'oblige à quitter la position, après avoir perdu sa ligne de retraite directe sur Koenigsberg. Pour la retrouver, et donc sauver Koenigsberg, il entreprend alors de descendre à toute vitesse la rive droite de l'Alle pour venir repasser sur la rive gauche à Friedland.

Le 12 juin, le 3e Corps se met en marche sur Eylau. Le 14, les Corps de Davout, de Soult et de Murat se portent devant Koenigsberg pour en faire l'investissement. Ce jour là, le 30e se trouve à la 2e Brigade L'Huillier de la 1ère Division Morand du 3ème Corps de Davout. En route, le 3e Corps et la cavalerie de Murat reçoivent l'ordre de se diriger sur Wehlau, une grande bataille venant de s'engager à Friedland, afin d'être à portée de recommencer le lendemain si le succès était indécis.

Le 15, le Maréchal Davout continue sa marche sur Friedland, lorsqu'il apprend la grande victoire remportée la veille; il se dirige sur Tapiau dans l'espoir de couper la retraite de l'armée russe.

Quelques jours après la bataille, et pendant les négociations en vue de la paix, les armées françaises et russes se concentrent autour de Tilsitt; l'Empereur Napoléon et le Tsar Alexandre prennent plaisir, à faire parader réciproquement leurs troupes.

Du 19 au 20 juin, le 3e Corps cantonne à une demie lieue de Tilsitt. Des baraques en bois y sont construites et un camp régulier y est installé.

Le 8 juillet, la paix est signée à Tilsitt.

Après la signature de la paix, le 3e Corps est chargé de l'occupation du Grand-Duché de Varsovie dont le Maréchal Davout est nommé Gouverneur.

En Août 1807, la 1ère Division campe près de Varsovie.

/ 1808

sapeur du 17e de Ligne 3e ou 4e bataillon fin 1806 debut 1807
Fig B4 Sapeur en habit blanc du 17e de Ligne, 3e ou 4e Bataillon, fin 1806, début 1807

En Août 1808, tandis que Napoléon transfère des troupes vers l'Espagne, Davout doit replier ses forces et porter son QG à Breslau. On augmente son commandement de la Silésie et le renforce de la Division Oudinot, d’une Division de Dragons et d’une de Cuirassiers. Des Régiments de marche doivent le rejoindre.

La 1ère Division est portée au camp de Brieg.

Mais, en Octobre 1808, devant les mauvaises conditions climatiques, l’état des baraques qui laissent passer l'eau et le froid et créent des maladies, Davout évacue ses cantonnements. Il écrit à Berthier le 8 octobre 1808:"... J'ai du faire lever les camps aux troupes sous mes ordres et les faire cantonner ...
Elles le sont dans l’ordre suivant : 1er division ; Deux régiments de la 1er division commandée par le général Morand : le 17e et le 30e de Ligne, tiennet garnison à Neisse où se trouve également l'artillerie de cette division ...
".

/ Da campagne de 1809

Au début de 1809,alors que Napoléon s’est occupé de la situation militaire en Espagne, l’Autriche continue son réarmement. L’Empereur n’ est pas dupe ; il réorganise ses forces, levant la conscription de 1810 pour former de nouveaux bataillons, stimulant l'organisation des contingents alliés allemands, hollandais et polonais. Le corps du maréchal Davout, sous le nom d'Armée du Rhin, avait passé l'Hiver 1808-1809 en Prusse. Il va devenir le 3e Corps d’une nouvelle armée d'Allemagne.

Le 17e de Ligne avait ses quatre Bataillons à la 1ère Division Morand de l’Armée du Rhin, avec le 30e de Ligne et le 13e Léger.

Napoléon écrit d’Espagne : "Benavente, 1er janvier 1809.
Je reçois les états de situation au 15 novembre. Voici mes observations pour l’armée du Rhin. Vous portez au 13è léger 384 hommes, qui arriveront à Hanovre le 6 janvier ; vous affectez ces hommes au 4è bataillon. Je suppose que ces 384 hommes sont le détachement du régiment de marche formé à Louvain ; mon intention n’est pas qu’il compte au 4è bataillon ; il faut qu’il soit réparti dans les trois premiers bataillons, qui sont encore loin du complet. Les cadres de ces détachements doivent retourner à Ostende, y recevoir les conscrits et former le 4è bataillon, qui devra partir quand j’en donnerai l’ordre. Le 17è de ligne a déjà ses quatre bataillons à l’armée du Rhin. Il faut faire partir les grenadiers et voltigeurs de ce corps, qui sont à la réserve de Boulogne, et les incorporer dans les compagnies d’élite de ces bataillons. Les officiers et sous-officiers rentreront au dépôt pour recevoir les conscrits de l’année. Par ce moyen, le 17è aurait donc à l’armée du Rhin 3,000 hommes ; il lui manquerait encore 300 hommes, car mon intention est qu’au mois de mars toute mon armée du Rhin ait 840 hommes par bataillon et quatre bataillons par régiment, hormis le 15e leger qui n’en aura que trois
".

Le 13 février 1809, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la guerre : "Monsieur le général Clarke, voulant compléter mon armée du Rhin, mon intention est que le dépôt du 13e léger fasse partir pour Mayence 500 hommes nécessaires pour compléter les trois premiers bataillons ; le dépôt du 17e de ligne, 300 hommes ; le dépôt du 30e de ligne, 200 hommes ; le dépôt du 61e, 200 hommes ; le dépôt du 75e, 300 hommes. Ces détachements formant 1 500 hommes se réuniront le plus tôt possible à Mayence ... Ces bataillons de marche se réuniront à Mayence le plus tôt possible. On n’y mettra que le nombre d’officiers et de sous-officiers nécessaires pour conduire les hommes. Vous me ferez connaître le jour de leur arrivée à Mayence, et je donnerai des ordres pour leur direction sur l’armée du Rhin …".

En mars, le Régiment compte 2836 hommes et reçoit 300 hommes au sein du 1er Bataillon de marche.

Une réserve est faite avec les 4es Bataillons.

Tambour de Fusiliers, habit blanc, vers 1807, d'après les frères Suhr
Fig B5 Tambour de Fusiliers, habit blanc, vers 1807, d'après les frères Suhr.

Le 21 mars 1809, l'Empereur écrit, depuis La Malmaison, à Alexandre, Prince de Neuchâtel, Major général de l'Armée d'Allemagne, à Paris : "Mon Cousin, donnez ordre au général sénateur Demont de se rendre à Würzburg pour être employé au corps du duc d'Auerstaedt. Faites connaître au duc d'Auerstaedt que je désire qu'il mette sous les ordres de ce général une réserve qui serait composée des 4es bataillons du 30e, du 61e, du 65e, du 33e, du 111e, du 12e et du 85e de ligne ; ce qui fait sept bataillons. Ces sept bataillons ne sont encore qu'à 500 hommes ; ils ne forment donc qu'une force de 3,500 hommes ; mais ils vont bientôt recevoir une compagnie qui leur produira une augmentation de 1,100 hommes. Les 4es bataillons des 48e, 108e, 25e de ligne et 13e léger ne doivent pas tarder à partir de Boulogne ; ce qui portera le nombre des 4es bataillons à onze ; on pourrait y joindre ceux des 7e léger, 17e et 21e de ligne ; ce qui ferait quatorze bataillons. Cette réserve paraît nécessaire ; les divisions restant composées de cinq régiments, et chaque régiment ayant un complet de 2,500 hommes, les divisions seraient de plus de 12,000 hommes ; si l'on y laissait les 4es bataillons, elles seraient de 14 à 15,000 hommes ; ce qui est beaucoup trop fort pour une division. La formation des 4es bataillons n'est pas encore terminée ; il sera bon de les avoir sous la main et en dépôt pour être réunis. Il y a aussi un avantage à cette mesure, c'est qu'un régiment qui a trois bataillons en ligne et un bataillon à la division de réserve, qui peut ne pas se trouver compromis le même jour, peut trouver dans ce bataillon des ressources pour réparer ses pertes. Je désire donc que le corps du duc d'Auerstaedt soit composé de la manière suivante : des divisions Morand, Gudin, Friant et d'une quatrième division formée des 4es bataillons de chacune des trois premières divisions. Chacune de ces trois premières divisions doit avoir trois généraux de brigade, un pour l'infanterie légère, et les deux autres commandant deux régiments de ligne ou six bataillons. La division du général Demont devra avoir trois généraux de brigade : un, commandant les 4es bataillons de la 1re division ; un, commandant les 4es bataillons de la 9e division, et un, commandant les 4es bataillons de la 3e division. Deux ou trois bataillons de la même division seront réunis sous le commandement d'un major. Les 4es bataillons des 13e léger, 17e et 30e de ligne seront réunis sous un major de l'un de ces trois régiments. Les 4es bataillons des 61e et 65e seront commandés par un major de l'un de ces deux régiments. Par cette formation, tous les avantages se trouvent réunis ; et le duc d'Auerstaedt aura quatre généraux de division, douze généraux de brigade, quatre adjudants commandants, et soixante pièces de canon, à raison de quinze pièces par division, indépendamment de l'artillerie attachée à la cavalerie, et des généraux et adjudants commandants attachés à son état-major" (Correspondance de Napoléon, t.18, lettre 14934 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20469).

En avril, les hostilités reprennent avec l’Autriche. Le 17e Régiment a ses trois premiers Bataillons à la 1ère Division Morand du 3e Corps de Davout et son 4e Bataillon à la 4e Division de réserve Demont à Anspach.

Espérant surprendre les Français qu'il voit disséminés en Allemagne, l'Archiduc Charles franchit sans déclaration de guerre préalable, le 9 avril, l'Inn qui servait de frontière à la Bavière, notre alliée, tandis qu'une insurrection éclate au Tyrol et une offensive débute le lendemain sur l'Italie. Il donne rendez-vous vers Ratisbonne à son aile droite, qui vient de la Bohème, sous les ordres de Bellegarde. Mais tous ces mouvements se font trop lentement.

Napoléon arrive à Donauwerth le 17. A cette date, Davout a pu réunir toutes ses troupes à Ratisbonne; la Division Morand occupe Stadt am Hof, faubourg de Ratisbonne sur la rive gauche du Danube où par sa superbe contenance elle arrête les Autrichiens de Bellegarde et échange avec eux une vive canonnade. Les deux parties dont se compose l'armée française, la première à Ratisbonne, sous Davout, la seconde à Augsbourg, sous Masséna, sont beaucoup trop éloignées l'une de l'autre et pourraient être écrasées successivement par les forces autrichiennes ; aussi l'Empereur prescrit à Davout de faire un mouvement rétrograde et de se porter sur Neustadt sur le plateau d'Abensberg.

Le 18 avril, tout le Corps d'Armée passe sur la rive droite du Danube ; la 1ère Division, en position en avant de Ratisbonne, protège le passage; puis passe à son tour, laissant un de ses Régiment, le 65e, pour défendre la ville, et couvrir les derrières du Corps de Davout.

Grenadier, fusilier et voltigeur du 17e de Ligne 1809
Fig C1, C2, C3 Grenadier, Fusilier et Voltigeur du 17e de Ligne en 1809

Le 19, Davout remonte le Danube, se portant par Abach et Ober Saal sur Abensberg où il doit opérer sa jonction avec le Corps du maréchal Lefebvre. Il marche en trois colonnes; celle de droite, comprenant la grosse artillerie et les bagages, longe le Danube; celle du centre est formée par les Divisions Gudin et Friant; celle de gauche comprend les Divisions Morand et Saint Hilaire. En route, Davout rencontre le Prince Charles marchant vers Ratisbonne. Les Divisions Friant et Saint Hilaire sont attaquées à Tengen par le Corps de Hohenzollern; les Divisions en tête déjà rendues à leur destination, ne prennent qu'une faible part à ce combat. La Division Morand y perd quelques hommes seulement.

"LE GENERAL MORAND AU DUC D'AUERSTAEDT.
Au bivouac en avant d'Ober-Feking, le 19 avril 1809, à 11 heures du soir.
Monsieur le Maréchal,
Ma division s'est mise en marche à la pointe du jour pour se porter à Abensberg par la route de Teugen; au moment d'arriver dans ce village, on reconnut les vedettes de l'ennemi à la tête des bois. Ma division reçut l'ordre de V. E. de gagner en toute hâte la tête du défilé d'Unter-Saal, qu'occupait depuis la veille le 1er bataillon du 30e régiment. Vers 1 heure, on entendit une forte canonnade et fusillade sur les points que la division venait de quitter. V. E. me donna l'ordre de garder le défilé d'Ober-Feling ainsi que les routes d'Abensberg et de Neustadt.
Vers 4 heures, j'ai reçu l'ordre de me porter, soutenu par la division Gudin vers Abensberg et de communiquer avec le maréchal Lefebvre, ce qui fut exécuté sans résistance de la part de l'ennemi. Le général Gudin s'étant porté vers Abensberg, je m'avançai sur la route de Rohr en faisant précéder ma division par la brigade de cavalerie du général Jacquinot et flanquer sa gauche par le 17e régiment qui rencontra l'ennemi à trois quarts de lieue en avant d'Ober-Feking et le força de se former devant lui. Ce mouvement, que la nuit suspendit, a dû servir à dégager les divisions qui se battaient sur Teugen.
Le 17e régiment eut dans cette affaire 13 hommes tués et 29 blessés. Le général Lacour était à la tête de ce régiment.
Signé Comte MORAND
" (source : Revue militaire rédigée à l'état-major de l'armée. Archives historiques; 1900/01 (A2,VOL2,N10)-1900/12 (A2,VOL2,N21)).

Le 20, l'Archiduc prend position et attend les Corps de son aile gauche qu'il a dirigés vers la ligne de l'Abens. Napoléon va profiter de leur séparation et les faire attaquer avec vigueur par toutes les troupes dont il dispose, en laissant Davout avec Friant et Gudin seulement en présence de l'Archiduc. Au matin, les Divisions Gudin et Morand et les Cuirassiers de Saint-Sulpice, ont été distraits du Corps de Davout, et placés momentanément sous les ordres du Maréchal Lannes; elles vont prendre une part des plus actives à la bataille d'Abensberg. Morand, en effet, suit la grande route qui mène à Landshut par Rohr. Les Autrichiens sont en position à Rohr, sous le commandement du Général Thierry, avec trois Bataillons et de l'Artillerie.

Extrait du rapport du Général Morand sur la bataille d'Abensberg :
"Le 20 avril 1809, la division Morand est placée sous les ordres du Maréchal Duc de Montebello; elle suit la route de Rohr. Le 13e Léger attaque l'ennemi, lui fait un grand nombre de prisonniers, prend deux pièces et un drapeau. L'ennemi est chassé de toutes ses positions sans pouvoir se rallier jusqu'au village de Rohr, où il fait quelque résistance. Le 13e Léger et le 17eme, soutenus par les cuirassiers, manœuvrent sur la droite, tandis que le 30e attaque de front et tourne la gauche. Tout le corps ennemi fut pris : général (Thierry), canons, bagages et drapeaux. On arrive sans trouver d'autre résistance jusqu'au village de Pessing, derrière lequel on aperçut une ligne de 15 à 20000 hommes en bataille qui bientôt s'ébranlant par sa gauche cherche à tourner la droite de la division. La première brigade se précipite sur le flanc de cette colonne et la met en pleine déroute. Le général Lhuillier avec sa brigade, 30e et 61e, seconde cette attaque avec autant de sang-froid que d'habileté".

Le résultat de cette journée, dite d'Abensberg, est de séparer du Prince Charles son aile gauche et de la rejeter sur Landshut.

Pendant la nuit, les Autrichiens, sous le commandement de Hiller, effectuent leur retraite sur Landshut.

1809 : Le 17e de Ligne à l'assaut du pont de Landshut avec Mouton, par Hersent
1809 : Le 17e de Ligne à l'assaut du pont de Landshut avec Mouton, par Hersent

Le 21, dès la pointe du jour, Napoléon, laissant pour le relier à Davout une partie des troupes qui ont combattu le 20, se lance avec le reste sur Landshut. Lannes prend la route de Rottembourg. Napoléon, impatient d'atteindre les Autrichiens, marche en tête de la Division Morand, précédée par la cavalerie légère et les Cuirassiers de Saint-Sulpice. Arrivé au village d'Altdorf, d'où on domine Landshut, on aperçoit autour de la ville une inextricable confusion. L'Empereur, sans attendre l'arrivée de Masséna qui menace de prendre les Autrichiens à revers, donne l'ordre d'attaquer immédiatement. La cavalerie autrichienne est bousculée par les Cuirassiers; le faubourg de Schigenthal et les deux premiers ponts établis sur les canaux de l'Iser sont enlevés par le 13e Léger et le 17e qu'appuient les autres Régiments de la Division. L'ennemi sort pour arrêter ce mouvement, mais, au milieu d'une grêle de balles, le 17e se précipite sur le pont en flammes, toute la Division le suit. La ville est enlevée. Tous les bagages, 30 pièces de canon et les équipages de pont restent entre nos mains.

Le 22, l'Archiduc Charles battant en retraite, est venu s'établir sur les hauteurs avoisinant Eckmühl poursuivi par les autres Divisions de Davout. Les deux Divisions Morand et Gudin paraissent à midi en face d'Eckmühl. Davout, aidé des Wurtembergeois, chasse les Autrichiens, qui, ayant réussi à se réemparer de Ratisbonne, peuvent franchir le Danube.

Dès le matin du 23, Napoléon les poursuit, l’épée dans les reins. L'Archiduc lui oppose sa cavalerie pour favoriser l'écoulement de l'armée autrichienne à travers Ratisbonne. Néanmoins, des corps entiers y sont encore entassés lorsqu'arrivent les Divisions de Davout et de Lannes, parties dès l'aube. A notre approche, la ville ferme ses portes. Malgré l'existence d'un mur d'enceinte, Napoléon donne, comme à Landshut, l'ordre immédiat de l'attaque. Lannes, avec les deux Divisions Morand et Gudin, doit attaquer à droite, Davout à gauche. On canonne la muraille et le 85e, de la Division Gudin, enlevé par le Maréchal Lannes, qui porte lui même une échelle, s'élance sur les brêches et fraie le chemin au reste des deux Corps d'armée qui trouvent encore 8000 prisonniers à capturer dans Ratisbonne.

L'Armée autrichienne est coupée en deux tronçons rejetés sur les deux rives du Danube; sur la rive droite, Hiller et l'Archiduc Louis poursuivis par Masséna et Bessières; sur la rive gauche, l'Archiduc Charles, auquel est opposé Davout et Oudinot.

La Division Morand retrouve le 3e Corps de Davout avec les trois premiers Bataillons du 17e de Ligne, tandis que le 4e Bataillon est à la Division Demont avec Lannes.

Le 5 mai, le 3e Corps entre à Lintz où il reste jusqu'au 10; il met la ville en état de défense et organise une tête de pont.

Parallèlement, le 3 mai, la Division de Réserve, sous le Général Demont, et donc le 4e Bataillon du 17e de Ligne, prend part à la bataille de Ebersberg.

Napoléon arrive à Vienne le 9 mai. Le 3e Corps va rester en surveillance sur les arrières de Vienne.

Le 21, Napoléon passe le Danube, en face d'Aspern et d'Essling, avec les Corps de Lannes (et donc le 4e Bataillon du 17e de Ligne dans la Division Demont) et de Masséna.

Tandis que se livre la bataille d'Aspern, et Essling, le 3e Corps rejoint, laissant la Division Morand à Vienne. Mais les ponts sur le Danube se rompent. Les Divisions Gudin et Friant n'ont pas eu le temps de passer. Par prudence, Napoléon se décide à ramener ses troupes en arrière et à se fortifier dans l'île Lobau.

Après la bataille d'Essling et la mort de Lannes, la Division Demont repart sous le commandement de Davout qui occupe la rive droite du Danube, la 1ère Division est entre Saint-Polten et Vienne, la Division Gudin fait le siège de Fresbourg, les deux autres Divisions sont au camp d'Ebersdorf.

L’Artillerie régimentaire du 17e de Ligne, 1809-1812

Le 24 mai 1809 (2 jours après Essling), Napoléon donne l'ordre de fournir 2 pièces de calibre trois autrichiennes et 2 caissons à chaque Régiment de Davout et au 5e Léger et au 19e de Ligne. La mesure fut étendue à d’autres Corps d’armée.
Le 9 juin 1809, un Décret organise cette Artillerie régimentaire.
Davout se plaint de la disparité des canons de cette artillerie, car les prises autrichiennes sont insuffisantes et l'on y trouve des pièces prussiennes ou piémontaises qu'il faut repeindre et pour lesquelles les pièces manquent. Le 18 octobre, l’Empereur décide que les forces en Allemagne conserveront leur artillerie régimentaire.
Le 11 février 1811, l’artillerie régimentaire est réactivée dans les Régiments du Corps d’observation de l’Elbe. Quatre pièces furent perçues par les unités concernées. Cette mesure fut ensuite étendue à toute la Grande Armée qui se préparait à entrer en Russie. De fait, chaque Régiment réceptionna deux pièces, accompagnées d’une forge et de caissons.
Davout écrit à Napoléon le 13 avril 1811 : "... Votre Majesté me demande si toutes les compagnies d’artillerie des régiments sont formées ; Elles le sont pour ce qui concerne le personnel ; Quant au matériel, il ne manque que les deux pièces d’augmentation. Il a fallu les chercher à Wesel ; Elles sont en route. Les régiments ont complété l’achat de leurs chevaux d’artillerie …".
La Compagnie d’artillerie régimentaire est divisée en trois escouades (pour deux pièces) ou cinq escouades (pour quatre pièces). La première ou les deux premières sert les pièces, les autres s’occupant du transport. La Compagnie est placée sous le commandement d’un Capitaine, un Lieutenant et un Sous-lieutenant pour cinq escouades, et d’un Lieutenant et un Sous-lieutenant pour trois escouades. Un Sergent dirige chaque escouade. Les Officiers sont montés et la Compagnie comporte un Tambour. L’escouade qui sert les pièces est composée de Canonniers et d’Ouvriers, et celle assurant le transport des canons, de Conducteurs. Chaque pièce ou voiture est attelée de quatre chevaux munis du harnachement de l’artillerie française.

Le 4 juillet 1809 au soir, les divers Corps d'armée viennent se masser dans l'île Lobau. Le passage du Danube s'exécute cette nuit même, au milieu d'un orage épouvantable. Le 3e Corps passe à la suite du Corps de Masséna et s'établit sur la rive droite. A la droite de l’Armée française, il est formé sur deux lignes : la première ligne se compose des Divisions Gudin et Friant, la seconde des Divisions Puthod et Morand.

L'idée générale de Napoléon est, à gauche, de contenir l'ennemi et d'agir avec sa droite en conversant sur son centre de façon à détacher les Autrichiens de la route de Vienne qu'ils occupent encore, pour les rejeter sur les routes de la Moravie ou de la Bohême. C'est pourquoi il accumule ses forces principales sur son centre autour de Raschdorf pour être à même de répondre aux imprévus de la bataille et charge Davout, qu'il renforce des trois Corps de cavalerie Montbrun, Grouchy et Espagne, du mouvement de sa droite. En outre, à ses trois Divisions ordinaires se trouve adjointe la Division Puthod (ex Division Demont). Le 17e a donc ses 4 Bataillons en ligne : les trois premiers avec Morand et le 4e avec Puthod.

La gauche ennemie, objectif de Davout, est formée du Corps de Bellegarde; elle occupe les hauteurs de Markgraff Neusiedel. Une première attaque échoue, alors que le centre français a dû se replier. Le lendemain 6 juillet, les Autrichiens contre-attaquent sur Davout qui réussit à tenir. Puis il repart à l’offensive avec ses Divisions sur les hauteurs, disputées avec acharnement par l'ennemi. Il réussit à s’en emparer et à s’y maintenir.

Pendant ce temps, Massena contient l’offensive ennemi sur la gauche, tandis qu’au centre, l’intervention de la grande batterie d’artillerie et la colonne de l’Armée d’Italie menée par Mac Donald enfonce les lignes autrichiennes. La bataille est gagnée à un prix élevé. La Division Morand a eu à Wagram 209 hommes tués et 1149 blessés. Pour le 17e de Ligne, le Colonel Oudet succombe à ses blessures, de même que les Capitaines Gauthier, Lauverjat, Rouyer, Perot, Marin, Viellard, Davout.

Après Wagram, Napoléon réorganise ses forces. Les 4es Bataillons des Régiments sont renvoyés sur leurs Dépôts, tandis que les 5es Bataillons ont envoyé des Conscrits aux 3 Bataillons des Régiments restés en ligne.

Napoléon écrit, depuis Schönbrunn, le 15 juillet 1809, au Général Clarke, Comte d'Hunebourg, Ministre de la Guerre, à Paris : "Monsieur le général Clarke, vous recevrez un décret relatif au recrutement de l'armée, dans lequel vous verrez les mesures que j'ai prescrites ...
Je préfère donc que les 5e bataillons se rendent en droite ligne aux bataillons de guerre. J'ai renvoyé aux dépôts, il y a un mois, les cadres des 4e bataillons de la division Saint-Hilaire. J'ai renvoyé, il y a peu de jours, les cadres des 4es bataillons du corps du duc d'Auerstaedt, ainsi que ceux des régiments qui avaient leurs 4e bataillons à l'armée, tels que les 4e, 18e, 24e de ligne et 26e léger; de sorte qu'il n'y a plus à l'armée que des corps ayant trois bataillons
".

En septembre, la Division est passée en revue par l'Empereur sur le champ de bataille d'Austerlitz.

En novembre, les trois Bataillons actifs du 17e de Ligne, avec toute la 1ère Division, cantonnent entre Willembourg et Mautern.

/ 1810-1811

A partir du 5 février 1810, la Division Morand quitte Salzbourg pour se rendre à Bayreuth où elle arrive du 24 février au 2 mars. La Division Morand demeure à Bayreuth et ses environs en avril et mai.

Le 1er juin, elle reçoit l'ordre de se rendre dans les villes hanséatiques pour renforcer la Division Molitor; elle se met en marche du 19 au 22 juin.

A partir du 13 juillet jusqu'à fin novembre, la Division Morand s'établit à Hambourg et à Lubeck.

Les 4es Bataillons des Régiments de Davout doivent rejoindre. Le Corps de Davout est désormais numéroté 1er de l’Armée d’Allemagne.

Le 6 octobre 1810, l'Empereur adresse, depuis Fontainebleau, au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, à Paris, une Note sur l'organisation des armées; concernant l'Armée d'Allemagne, il écrit : "… 1er corps : le 7e d'infanterie légère formerait quatre bataillons ; le 13e, quatre ; le 15e, quatre (le 4e bataillon de ce régiment, étant en Espagne, serait remplacé par le 3e bataillon du 6e léger) ; le 33e d'infanterie légère, quatre ; le 12e de ligne, quatre ; le 17e, quatre ; le 21e quatre ; le 25e, trois (le 4e bataillon en Espagne) ; le 30e, quatre ; le 33e quatre ; le 48e, quatre ; le 57e, quatre ; le 61e, quatre ; le 85e, quatre ; le 108e, quatre ; le 111e, quatre ; total, 16 régiments formant 63 bataillons.
Ces 63 bataillons composeraient 4 divisions ; chaque division serait formée d'un régiment d'infanterie légère et de 3 régiments de ligne. Ce premier corps serait celui qui est actuellement en Allemagne, sous les ordres du prince d'Eckmühl ...
" (Correspondance de Napoléon, t.21, lettre 17000 ; Correspondance générale de Napoléon, t.10, lettre 24816).

Le 13 février 1811, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, à Paris : "Monsieur le Duc de Feltre, au 1er avril l'armée d'Allemagne sera composée de la manière suivante :
1re division : le général de division Morand, commandant ; les généraux Dalton et Lhuillier, généraux de brigade. 13e d'infanterie légère ; 17e, 30e, 61e de ligne.
... Chaque régiment, dans le courant de l'été, aura 4 bataillons ; ce qui fera 16 bataillons par division ou 12,000 hommes.
Chaque régiment aura également, dans le courant de l'été, 4 pièces de canon ; ce qui fera 16 pièces de canon par division ...
Les mouvements de l'armée d'Allemagne doivent se faire par Wesel, qui est le grand dépôt.
Ces ordres doivent être tenus secrets, et vous devez prescrire les différentes dispositions sans que personne ait connaissance de cette lettre. Vous m'apporterez vous-même la formation de l'armée en ses différentes parties, avec la désignation des officiers, pour que je l'approuve, et vous l'enverrez ensuite au prince d'Eckmühl, comme définitivement arrêtée ...
" (Correspondance de Napoléon, t.21, lettre 17355 ; Correspondance générale de Napoléon, t.10, lettre 25918).

Un ordre du 12 avril 1811 crée un 6e Bataillon dans 25 Régiments, dont le 17e de Ligne, et ajoute un Major en second à leur Etat-major. Le 6e Bataillon est composé de 6 Compagnies de Fusiliers et doit se former au Dépôt. Le 5e Bataillon reste celui de Dépôt.

Le 19 avril, le 1er Corps de Davout est renommé Corps d’Observation de l’Elbe. Davout gouverne en même temps les villes Hanséatiques. Napoléon écrit à Clarke le même jour : "Monsieur le Duc de Feltre, l'armée d'Allemagne sera composée de trois corps :
1° Le corps d'observation de l'Elbe ;
2° Le corps d'observation du Rhin ;
3° Le corps d'observation d'Italie.
CORPS D'OBSERVATIONDE L'ELBE.
Le corps d'observation de l'Elbe sera commandé par le prince d'Eckmühl. Il sera composé de cinq divisions d'infanterie et formé de la manière suivante :
1re DIVISION : 13e léger, cinq bataillons ; 17e de ligne, cinq ; 30e, cinq ; 127e, deux ; total, 17 bataillons.
Le général Morand commandera cette 1re division. Chaque régiment formera une brigade ...
ARTILLERIE. — Chaque régiment aura quatre pièces de régiment, ce qui fera douze pièces par division, à l'exception de la 5e, qui en aura seize ...
" (Correspondance de Napoléon, t.22, lettre 17630 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 26753).

Et le lendemain, il écrit à Davout : "Mon cousin, je vous envoie un décret que vous ne recevrez que dans quelques jours par le ministre, par lequel j'attache un major en second à vos 15 régiments d'infanterie. Il est indispensable que vous me proposiez sur-le-champ la nomination de ces majors en second pris parmi les meilleurs chefs de bataillon qui seront remplacés par des capitaines, ceux-ci par des lieutenants et successivement. Ayez soin de faire de bons choix. Vous sentez combien il est nécessaire que les régiments que vous avez qui vont être de cinq bataillons en ligne aient un major en second qui commande le 3e et le 4e bataillon. Le colonel en commandera 2 ou 3 selon les circonstances.
Je vous ai mandé que j'avais créé un 6e bataillon à vos régiments. Formez-en les cadres chez vous ; car je compte envoyer 10000 hommes des dépôts en Allemagne, de sorte que ces 6es bataillons seront formés avant les 4es bataillons.. En réalité vous allez avoir d'ici au 1er juin 30 bataillons de renfort. Vous en avez 48, cela fera 78 bataillons ou plus de 60000 hommes d'infanterie sans les arrières, ce qui vous fera cinq belles divisions de 15 bataillons chacune ...
".

Le 23 avril 1811, Napoléon précise au Général Clarke, Ministre de la Guerre, la manière de remplir les effectifs des 6es Bataillons : "Monsieur le duc de Feltre, vous recevrez le décret par lequel j'ai réglé la formation des 6es bataillons de l'armée d'Allemagne. J'ai changé les éléments de cette formation. Vous verrez par l'état joint au décret que ces bataillons sont composés de trois manières :
1° Avec des conscrits fournis par les dépôts de leurs régiments.
2° Avec ce qu'on peut tirer d'anciens soldats des dépôts de l'armée d'Espagne.
3° Avec des conscrits tirés des dépôts de l'armée d'Espagne.
J'y ai ajouté, pour chaque 6e bataillon, un détachement de 150 conscrits tirés du régiment de Walcheren
".

Le 30 avril, Napoléon décide de former les 6es bataillons moitié à Wesel, moitié à Munster, puis de les envoyer en août à leurs Régiments en Allemagne.

Le 24 mai 1811, il écrit à Clarke de former le Corps d’Observation de l’Elbe de Davout à 5 Divisions quand les 4e et 6e bataillons auront rejoint leurs Régiments respectifs. "Je vous envoie cinq états pour vous servir de direction dans un rapport que vous me ferez au 15 juin, pour donner une nouvelle organisation, au 1er juillet, aux différents corps d'observation.
CORPS D'OBSERVATION DE L'ELBE. — Ce corps restera à quatre divisions jusqu'au 1er juillet. A cette époque, il sera formé à cinq divisions. Les 4es et 6es bataillons s'y réuniront dans les lieux indiqués, de sorte qu'au commencement d'août l'organisation soit complète, et que ce corps ait acquis toute la consistance qu'on peut en attendre ...
Je n'ai pas besoin de vous dire que vous ne devez donner aucun ordre, faire aucun mouvement en conséquence de ces états, mais que vous devez vous borner à me faire un rapport général au 15 juin, époque à laquelle vous me demanderez en même temps mes ordres.
En attendant, toutes les dispositions nécessaires pour porter au complet le corps d'observation de l'Elbe, tel qu'il a été arrêté, doivent avoir lieu.
N°1
Le ministre de la Guerre trouvera dans ces notes ce qui est relatif à l’organisation et mouvement du corps d’observation de l’Elbe au mois de juillet. Elles serviront de matière à un rapport qu’il devra me faire pour le 20 juin.
NOTE.
CORPS D'OBSERVATIONDE L'ELBE.
Le corps d'observation de l'Elbe doit être composé de cinq divisions. Il restera à quatre divisions jusqu'au 1er août et ne sera composé de cinq divisions qu'à cette époque, à laquelle les 6es et 4es bataillons auront rejoint.
Je vous ai déjà fait connaître que la composition de ces divisions doit être faite de la manière suivante :
Division Morand. — 13e léger, cinq bataillons ; 17e de ligne, cinq ; 30e, cinq ; total, 15 bataillons ...
Chaque division aurait quatre brigades, et chaque brigade se composerait de cinq bataillons ; quatre généraux de brigade seraient-attachés à chaque division ; les cinq divisions formeraient en tout vingt brigades et quatre-vingt-dix-huit bataillons ...
On procédera de la manière suivante : au 1er juillet, les 4es bataillons, complétés de tous les conscrits destinés aux 6es bataillons, se mettront en marche pour se diriger sur les quatre points suivants : ceux de la 1re division, sur Wesel ... Les cadres des 6es bataillons, qui sont actuellement à Wesel et à Munster, se rendront dans ces différentes places, et par ce moyen il y aura à Wesel les 4e et 6e bataillons du 13e léger, les 17e, 30e et 61e de ligne ; total, huit bataillons ...
Un général de brigade, de ceux qui sont destinés pour l'armée d'Allemagne, sera attaché à chacun de ces quatre camps, et chargé de surveiller la formation et l'instruction des bataillons qui doivent les composer. Vous nommerez ces quatre généraux. Ils devront se rendre, aussitôt, chacun dans les dépôts qui fournissent au camp dont il est chargé ; ils feront la revue des 4es bataillons, vérifieront l'état de l'habillement, feront la revue des officiers à réformer et dresseront l'état des places vacantes pour les 4es et 6es bataillons.
Ces généraux correspondront à cet effet avec le général Compans, que vous chargerez de suivre cette organisation ...
" (Correspondance de Napoléon, t.22, lettre 17247 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27150).

En juin, les renforts venus du Régiment de Walcheren (Conscrits réfractaires) encadrés provisoirement par des éléments des Dépôts des 5es Bataillons (voir correspondance du 23 avril) doivent rejoindre les trois premiers Bataillons pour y être versés, pendant que les 6es Bataillons partent finalement aux Dépôts de leurs Régiments respectifs.

Napoléon écrit le 14 juin : "Monsieur le duc de Feltre, donnez ordre de faire réunir à Walcheren en 4 détachements les 11 compagnies des 5es bataillons des régiments de l'armée d'Allemagne qui sont dans l'île de Walcheren, savoir :
1er détachement les compagnies du 17e, 30e et 61e régiments ...
Le général Gilly passera la revue de ces détachements et complétera les compagnies qui les composent à 150 hommes en prenant les meilleurs sujets des 1er et 2e bataillons du régiment de Walcheren. Tous les malades seront effacés du contrôle des compagnies et rentreront dans les cadres du régiment de Walcheren. Ces détachements s'embarqueront à Veere pour se rendre à Willemstadt ou à Gertruydenberg.
Le 1er détachement partira le 20 ou le 21 juin ...
Vous aurez soin d'ordonner que les contrôles de ces compagnies soient faits en ordre avec le lieu de naissance et le signalement bien spécifiés. Ces détachements ne débarqueront qu'à Gertruydenberg. De là, ils passeront le Rhin à Gorcum et seront dirigés par la gauche du Rhin sur le quartier général de la division du corps d'observation de l'Elbe dont font partie les régiments auxquels ils appartiennent. À leur arrivée, ces bataillons seront dissous ; les cadres rentreront en France ; les hommes seront incorporés par égale partie dans les 3 bataillons de guerre du régiment.
Vous donnerez l'ordre aux cadres des 6es compagnies du 6e bataillon du 13e léger, 17e de ligne, 30e de Ligne, 61e, 33e de ligne, 48e, 111e, 7e d'infanterie légère, 12e, 21e, 57e, 85e et 108e de se rendre dans l'île de Walcheren pour recevoir chacun 150 hommes, ce qui fera l'emploi de 1 950 hommes, tous ces hommes seront habillés par le dépôt du régiment de Walcheren. On aura soin de placer dans ces compagnies les hommes qui sont déjà depuis longtemps dans le régiment de Walcheren et dont on peut être le plus sûr. On ne mettra de nouveaux conscrits que dans les cadres d'infanterie légère pour ne pas défaire les habits. Ces 13 compagnies devront être prêtes à partir du 20 au 30 juillet pour se rendre en Allemagne.
... Donnez ordre aux commandants de la gendarmerie dans les 25e, 17e et 24e divisions militaires d'envoyer des officiers pour suivre ces détachements, de prendre toutes les dispositions convenables et de redoubler de surveillance pour prévenir la désertion. Si ces mesures réussissent, mon intention est de compléter de cette manière les bataillons de guerre du corps d'observation de l'Elbe, de sorte qu'au ler août, tous ces bataillons de guerre soient portés au-delà du complet de 840 hommes, les malades non compris
" (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27312).

Le 14 juin 1811, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Maréchal Davout, Commandant en chef du Corps d'Observation de l'Elbe, et Gouverneur général des villes hanséatiques : "Mon cousin, les cadres des 2es compagnies des 5es bataillons des 12e, 17e, 21e, 30e, 33e, 48e, 57e, 61e, 85e, 108e et 111e régiments sont depuis six semaines dans l'île de Walcheren. Ils s'y sont complétés avec des conscrits et partent en 4 détachements. Ayez soin de faire incorporer les détachements de chaque régiment par égales parties dans les trois bataillons de guerre, de manière qu'il y ait de ces recrues dans chaque compagnie, mais sans retirer d'un régiment pour mettre dans un autre. Ces compagnies s'embarqueront à Veere et arriveront par mer jusqu'à Gorcum. Faites-moi connaître s'il y a de la désertion en route. Aussitôt qu'elles seront sur le territoire de votre commandement, veillez à ce qu'il y ait des détachements de cavalerie et de gendarmerie qui les côtoient et empêchent la désertion. Si cela réussit, mon intention est de vous en envoyer ainsi jusqu'à la concurrence de 3 à 4000, ce qui portera au 1er août le complet de vos bataillons de guerre au-delà de 840 hommes, non compris les malades. Il n'y aurait pas même d'inconvénient à porter ce complet à 900 ou à 1 000. Ces conscrits sont tous de très beaux hommes de 23 à 24 ans, et, si on les soigne, ils feront d'excellents soldats. Les affaires du Nord paraissent moins pressantes. J'ai pris le parti de faire revenir les cadres des 6es bataillons aux dépôts, où ces bataillons seront mieux formés ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27316).

Le 7 juillet 1811, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, donnez ordre que les compagnies des 17e, 108e, 12e, 48e, 21e, 30e, 33e et 61e de ligne, complétées par des conscrits réfractaires de l'île de Walcheren formant 8 compagnies ou 1200 hommes, partent de l'île de Walcheren du 15 au 20 juillet pour se rendre à Hambourg. Ces 1200 hommes seront incorporés à Hambourg dans les différents régiments. Les compagnies des 85e, 57e et 111e partiront du 25 au 30 juillet et les 4 compagnies des 7e et 13e légers au plus tard le 10 août. Ainsi ces 2250 hommes seront arrivés en Allemagne dans le courant du mois d'août, ce qui avec les 1600 hommes des 11 premières compagnies et les 1800 hommes des deux bataillons des îles de Gorée et Schouwen fera un renfort de 5600 hommes. Il ne manquera donc plus pour les régiments de l'armée d'Allemagne que 3 000 hommes pour être portés au grand complet" (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27568).

Le 17 juillet 1811, l'Empereur écrit, depuis Trianon, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Peltre ... Donnez ordre que la 2e compagnie des 5es bataillons des 19e, 72e, 2e, 18e, 56e, 37e, 93e, 108e, 48e, 33e, 30e, 12e, 21e, 25e, 85e, 17e, 57e et 61e se forment à Anvers, et tiennent garnison à bord des 15 vaisseaux de ligne français qui sont dans 1'Escaut et des 2 vaisseaux hollandais ; la 18e compagnie sera destinée au premier vaisseau qui sera mis à 1'eau cette année ...
Vous donnerez ordre que toutes ces compagnies soient composées d'officiers, sous-officiers et soldats de l'ancienne France ; que tous les officiers, sergents, caporaux et fourriers aient au moins 4 ans de service, et que les soldats aient au moins un an de service et soient à l'école de bataillon. Vous recommanderez qu'on porte un soin particulier à la formation de ces compagnies, à les maintenir au complet ; qu'on y mette des officiers de choix, hommes d'ordre et d'honneur qui puissent être utiles à bord des vaisseaux
" (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27681).

Le 31 juillet 1811, l'Empereur écrit depuis Saint-Cloud au Général Clarke : "Monsieur le duc de Feltre, la 6e compagnie du 6e bataillon des 17e, 30e, 33e et 61e ont dû partir le 17 juillet de l'île de Walcheren, et successivement les autres cadres des 15 compagnies appartenant au corps de l'Elbe remplies par des conscrits réfractaires. Ces compagnies sont-elles parties le 17, le 20 et le 28 juillet ? Faites-moi connaître ce qui en est ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27895).

Le 2 août 1811, Davout se plaint à Clarke de la mauvaise qualité de ses renforts et de leurs équipements. Il lui écrit, depuis Hambourg : "Monseigneur, par votre lettre du 11 juillet vous m’avez annoncé la marche de 15 compagnies dont treize 6eme compagnies des 6eme bataillons des 12, 17, 21, 30, 33, 48, 57, 61, 85, 108e et 111e régiments de la Ligne.
J’ai l’honneur de rendre compte à votre Excellence de l’arrivée à Lingen des deux premiers détachements de ces troupes
Le premier, composé des compagnies des 61e, 17e, 30e et 33e régiments est arrivé le 28 juillet ; Le lendemain, elles ont été dirigées sur leurs corps respectifs.
74 déserteurs, 43 ont désertés à Reyssen.
Il parait que la remise de ces compagnies s’est faite avec beaucoup de négligence. Les conscrits n’ont pas de livrets ; les officiers des cadres ont été obligés de les recevoir sans signalement et beaucoup de ces conscrits ne savent même pas de quel département ils sont.
Ils arrivent tous sans capotes et sans bonnets de police ; les habits sont trop étroits et de mauvais draps ; vestes et culottes sont trop courtes ; beaucoup de gibernes sont mauvaises et vieilles ainsi que les porte-gibernes ; la majeure partie des souliers sont usés.
Les officiers se plaignent qu’on leur a donné des hommes sortant des hôpitaux et qu on enlève aux conscrits leurs vestes et leurs culottes pour leur en donner de vieilles ; Leur armement aussi est en mauvais état …
".

Le 14 août 1811, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke : "Monsieur le duc de Feltre ... Donnez ordre aux dépôts des 12e de ligne, 7e et 13e légers, 57e, 48e, 108e, 21e, 30e, 33e, 61e, 111e, 85e, et 17e de ligne de faire partir pour les bataillons de guerre tout ce qu'ils ont de disponible au 5e bataillon, en hommes habillés et en état de faire la guerre. Toutefois, ils ne feront pas partir moins de 60 hommes à la fois ; ceux qui ne les auront pas attendront qu'ils les aient, avant de rien faire partir ...
Je trouve, qu'en général, tous ces régiments ont beaucoup d'hommes, sous le titre d'administration, d'instructeurs d'ateliers, d'enfants de troupe, puisque je vois que chacun de ces régiments a près de 160 hommes. Ces régiments ont 380 hommes qui attendent leur retraite; il faut la leur donner. Je vois qu'il y a 680 hommes à réformer ; je suppose que ce sont des conscrits, il faut recommander qu'on soit sévère
" (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 28158).

/ 1812, la campagne de Russie

Au début de 1812, la confrontation avec la Russie semble prévisible ; aussi l’Armée d’Allemagne est renforcée.

Le 2 janvier 1812, l'Empereur écrit au Général Lacuée, Comte de Cessac, Ministre directeur de l’Administration de la Guerre, à Paris : "Monsieur le Comte de Cessac, je vous envoie pour votre gouverne l’organisation de la Grande Armée. Le corps de l’Elbe formera deux corps. Il est nécessaire d’envoyer un ordonnateur à chaque corps et tout le personnel d’administration qui est indispensable. Présentez-moi un projet d’organisation. Comme je n’ai pas encore organisé en deux corps le corps d’observation de l’Elbe, envoyez-y tout double.
NOTE SUR L’ORGANISATION DE LA GRANDE ARMÉE.
La Grande Armée sera partagée en quatre corps : le corps d’observation de l’Elbe en fera deux; le corps d’observation de l’Océan en fera un ; le corps d’observation d’Italie en fera un autre.
La Grande Armée sera organisée en 15 divisions d’infanterie.
1re division : 13e léger, 5 bataillon; 17e de ligne, 5 bataillons; 30e de ligne, 5 bataillons; régiment badois (celui qui est à Danzig), 2 bataillons; total, 17 bataillons ...
".

En février 1812, le Corps d’Observation de l’Elbe devient 1er Corps de la Grande Armée ; le 17e de Ligne avec ses 5 bataillons : 1, 2, 3 ,4, 6 est à la 1ère Division Morand avec à sa tête le Colonel Vasserot. Le 5e Bataillon de Dépôt est à Lille.

Du 1er au 15 mars, le 1er Corps est concentré entre l'Elbe et l'Oder.

En avril, le 1er Corps est porté sur la Vistule.

Les Demi-brigades de marche, Avril 1812

Le 2 avril 1812, Napoléon décide, pour renforcer sa Grande Armée, de former 4 Demi-brigades de marche à partir de détachements des 5es Bataillons (Dépôts) de Régiments déjà mobilisés. Chaque Demi-brigade à 3 Bataillons de 6 Compagnies chacun. Les Demi-brigades doivent se former le long du Rhin, avant d’être envoyées vers l’Est. Il écrit à Clarke ses instructions et la composition de ces nouvelles unités.
- 1ère Demi-brigade de marche. 1er Bataillon : 3 Compagnies du 5e bat du 7e Léger à Huningue et 3 Compagnies du 5e bat du 33e Léger à Givet ; 2e Bat : 3 Cies du 13e Léger à Ostende, et 3cies du 15e Léger à Paris ; 3e Bat : 2 Cies du 17e de Ligne à Lille, 2 Cies du 25e de Ligne à Landrecies, 2 Cies du 12e de Ligne à Mézières. Cette Demi-brigade se réunira à Cologne.
"... Les détachements se mettront en route du 15 au 25 avril, forts de 160 hommes par compagnie, tous habillés, bien armés et ayant trois paires de souliers. Vous nommerez un major en second pour commander chaque demi brigade ...".
Ces 4 Demi-brigades vont être regroupées dans une Division de Réserve, mise aux ordres du Général Lagrange. Saint-Cloud, 9 avril 1812 : "Au général Clarke, duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris. Monsieur le Duc de Feltre, donnez ordre au général de division Lagrange, inspecteur général de gendarmerie, de partir le 15 pour aller prendre le commandement de la 1ere division de réserve de la Grande Armée, composée des quatre demi-brigades de marche qui se réunissent à Cologne. Ce général correspondra avec les majors en second que vous devez sans délai désigner pour commander ces quatre demi-brigades. Il se rendra d’abord dans la 16e division militaire, où sont la plus grande partie des dépôts de la Grande Armée, pour les inspecter et faire accélérer les départs. Je suppose que vous avez donné des ordres pour que les compagnies des 5e bataillons qui doivent faire partie de la division de réserve se rendent à Cologne. Ceux qui sont sur le Rhin iront par eau. Ces demi-brigades pourront être réunies à Cologne, à Bonn, à Aix-la-Chapelle, et même à Düsseldorf. Je désirerais que dans les quinze premiers jours de mai cette division pût passer le Rhin et se rendre à Magdeburg. Recommandez bien qu’aucun homme ne parte que bien armé, bien habillé et bien équipé et en bon état. Il vaut mieux tarder quelques jours de plus, si cela est nécessaire. Chaque compagnie doit être forte de 150 hommes, le cadre non compris. Aucun homme ne doit partir s’il n’est depuis au moins quinze jours au corps et s’il n’est habillé depuis huit jours. Occupez-vous de l’organisation de ces demi-brigades; il est nécessaire qu’elles aient de bons majors en second. Assurez-vous que les cadres des 5emes bataillons qui doivent former les seize demi-brigades provisoires sont complets. S’il y avait des places vacantes il faudrait y nommer sur-le-champ".
Le 30 avril, Napoléon écrit à Clarke : "... Faites moi connaitre quand elle (la division) sera réunie à Cologne et quand elle pourra commencer son mouvement sur Magdebourg ...". Et le même jour, il commande à Berthier d’envoyer un de ses Aides de camp faire un rapport sur cette Division. Et que le 10 mai, elle commence son mouvement sur Berlin.
Le 8 mai, Napoléon envoie son propre Aide de camp : "Saint-Cloud, 8 mai 1812 Au général Lebrun, duc de Plaisance, aide de camp de l’empereur, à Paris Monsieur le Duc de Plaisance, vous partirez dans la journée de demain. Rendez-vous à Aix-la-Chapelle, à Cologne et à Düsseldorf. Vous verrez la situation de la 1e division de la réserve, son habillement, l’instruction des hommes, le nombre d’officiers qui manque à chaque régiment. Faites-moi connaître si cette division a ordre de se mettre en marche sur Magdeburg".
Quelques jours plus tard, il renforce cette Division de réserve : "Dresde, 18 mai 1812. Au général Clarke, duc de Feltre, ministre de la guerre, à Paris Monsieur le Duc de Feltre, je reçois le travail qui était joint à votre lettre du 11 mai. Voici quelles sont mes intentions définitives, donnez des ordres pour leur prompte exécution. La 1e division de la réserve, commandée par le général Lagrange, qui se réunit à Coblentz, Düsseldorf et Aix-la-Chapelle, sera composée de la 1re demi-brigade de marche forte de trois bataillons, des 2e, 3e et 4e demi-brigades de marche fortes également de trois bataillons, et des 6e bataillons des 19e, 37e, 56e 93e, 46e, qui sont à Wesel et à Strasbourg; total, dix-sept bataillons. Vous donnerez l’ordre que ces dix-sept bataillons se portent sur Magdeburg. Vous me ferez connaître leur ordre de marche et le jour où chacun de ces bataillons arrivera à sa destination, afin que je donne les ordres ultérieurs. Ces dix-sept bataillons, formant près de 14,000 hommes, seront destinés à tenir provisoirement garnison à Magdeburg, Spandau et Berlin; ce qui me permettra de disposer du 9e corps. Je n’ai donc rien à changer à la formation proposée dans votre état n°1, qui me parait bien entendu".
Le 19 mai, à Berthier, il réitère l’ordre que la Division se rende à Magdebourg et de lui donner 32 Sous-lieutenants tirés de Saint-Cyr. La 1ère Division de Réserve sous Lagrange va être rattachée au 9e Corps du maréchal Victor.

Du 6 au 22 juin, le 1er Corps se porte de la Vistule sur le Niémen. Le 18 juin, il est entièrement réuni à Gumbinen où l'Empereur le passe en revue: il continue ensuite sa marche sur Witkowyski et arrive, le 22, dans les grands bois, vis à vis Kowno, sous le commandement personnel de l'Empereur, au centre de l'Armée.

Le 23 juin, le Maréchal Davout, ayant sous ses ordres le Général Eblé, est chargé de faire jeter les ponts, de commander le passage et de passer le premier avec son Corps d'armée. Dans la soirée, le général Eblé trouve à une lieue au dessus de Kowno, un point de passage favorable. Les Compagnies de Voltigeurs de la Division Morand traversent le fleuve dans des barques, dissipant les Cosaques qui s'enfuient à leur approche, n'échangeant que quelques coups de pistolet, s'installent sur le rive droite et protègent l'établissement des ponts. Pendant la nuit, les ponts sont jetés, la Division Morand franchit le fleuve.

Le lendemain 24, par un soleil resplendissant, l'Armée entière franchit le Niémen sur les trois ponts de bateaux. "Le Corps de Davout se distinguait par l'ordre et l'ensemble qui régnaient dans ses divisions; l'exacte tenue de ses soldats, le soin avec lequel ils étaient approvisionnés, celui qu'on mettait à leur faire ménager et conserver leurs vivres que le soldat imprévoyant se plait à gaspiller, enfin la force de ses divisions, heureux résultats de cette sévère discipline; tout les faisait reconnaitre et citer au milieu de toute l'armée" (Ségur).

Le 28, le 1er Corps, suivant à une lieue de distance la cavalerie de Murat, entre à Wilna, que l'armée de Barclay de Tolly vient d'évacuer pour se retirer sur le camp retranché de Drissa. Le temps est affreux, des orages épouvantables sillonnant le pays, les voitures n'avancent que péniblement dans des chemins défoncés, une grande mortalité sévit sur les chevaux, les vivres se font rares et bon nombre de traînards ou de maraudeurs ont quitté les colonnes; pour tous ces motifs, l'Empereur décide de s'arrêter quelques jours à Wilna.

Les trois Divisions Morand, Gudin et Friant restent à Wilna, pendant que les autres divisions poursuivent les Russes de Bagration, puis le rejoignent à Witepsk.

Le 11 août, l'armée quitte ses cantonnements pour remonter le Dnieper par sa rive gauche et tourner par leur gauche les armées de Bagration et de Barclay de Tolly qui ont pu opérer leur jonction dans les environs de Smolensk. Le 11, les Divisions Morand, Friant, Gudin se rendent de Babinowiczi à Rassasna où elles traversent le Dnieper sur quatre ponts préparés à l'avance et se réunissent aux deux autres Divisions du 1er Corps d'armée.

Napoléon marche sur Smolensk où il espère une bataille contre l’armée russe.

- Smolensk

Le 17 août, l'armée se présente sous les murs de Smolensk. Barclay de Tolly occupe la vieille ville sur la rive gauche du Dnieper, ainsi que la ville neuve construite sur la rive droite et les hauteurs qui la dominent ; l'armée de Bagration est formée à quelque distance en amont, prête à défendre le passage au cas où les Français, négligeant Smolensk, tenteraient de franchir la rivière dans ces parages où elle est facilement guéable.

Les Divisions de Davout ont reçu l'ordre de donner l'assaut à la pointe du jour.

Dans l'après-midi, Napoléon, ayant sous la main 180000 hommes, ordonne une attaque de la partie sud de Smolensk par les trois Corps d'armée Poniatowski, Ney et Davout. Il dispose ses troupes autour de la place de la manière suivante : à gauche, Ney, au centre les cinq Divisions de Davout, à droite Poniatowski; à l'extrême droite, la cavalerie.

Le 1er Corps a pour objectif les faubourgs de Mitislaw et de Roslaw; faubourgs séparés en deux par la route de Mohilew. "Une grande route séparant ces deux faubourgs et descendant sur la ville, allait aboutir à la porte de Malakreskia. Le Maréchal dirigea d'abord la Division Morand sur cette route pour s'en emparer, isoler en y pénétrant les deux faubourgs l'un de l'autre et rendre plus facile l'attaque de front dont ils allaient être l'objet" (Thiers – Histoire du Consulat et de l'Empire).

Les Russes sont rejetés dans l’enceinte de la ville et la défendent un temps. Pendant la nuit, les Russes, jugeant ce rempart insuffisant, évacuent la place et repassent sur la rive droite du Dnieper, en détruisant le pont et en incendiant la ville.

Le 19, les Corps de Davout et de Ney traversent le Dnieper sur le pont de Smolensk qui a été rétabli la nuit précédente, pour surveiller les mouvements de retraite de l'armée russe.

Le 20, les Russes, pour assurer leur retraite sur Moscou qu'ils ont failli se voir couper à Smolensk, soutiennent un combat acharné à Valoutina contre Ney et Murat, et se dérobent de nouveau à une bataille générale.

Le 21 août, toute la cavalerie de Murat et les cinq Divisions du 1er Corps, formant l'avant-garde de la Grande Armée, prennent la direction de Moscou, poussant devant elle l'armée russe.

Les Russes semblent vouloir accepter le combat à Wiazma, le 28. Mais là encore ils s'échappent.

Le 31, l'armée française est à Ghjat. Les Russes fuient toujours; l'armée, affaiblie par des marches forcées, sous un soleil torride, a besoin de repos. Napoléon décide de s'arrêter quelques jours à Ghjat, d'autant plus que subitement, le temps est devenu pluvieux. Les routes détrempées se sont transformées en de vrais bourbiers, les étapes sont fatigantes, la vie au bivouac des plus pénibles, l'humeur et la discipline de l'armée s'en ressentent et les maraudages prennent des proportions inquiétantes.

Le 4 septembre, la cavalerie de Murat et le 1er Corps se remettent en marche.

Le 5 au soir, on débouche dans la plaine de Borodino où l'armée, pleine de joie, aperçoit les Russes rangés en position sur les hauteurs de Semenoffskoïe, entre Borodino et Lutitza. l'Empereur fait enlever un de leurs postes avancés, la redoute et le mamelon de Schwardino, par la Division Compans, du Corps de Davout.

- Borodino

Capitaine Joseph Vidal, en 1813

 

/ Les uniformes du 17e de Ligne

a/ La période 1805-1807

Les premiers shakos sont distribués début 1806 alors que les textes officiels prévoient une mise en service en 1807. Ils sont encore sans jugulaires, assez rustiques, avec visière agrafée et la cocarde et le plumet sont portés sur le côté gauche. La plaque porte une Aigle sur un soubassement en demi-cercle préfigurant le modèle adopté en 1812 alors que la plaque aurait dû être losangique.

D’après le Bourgeois de Hambourg, les Fusiliers semblent galonner leur shako en haut de blanc, de même qu’ils portent des cordons et raquettes bancs. Les Voltigeurs, créés en septembre 1805, le galonnent de jaune avec cordon et raquettes jaunes.

De nouveaux shakos du modèle 1806 et avec des jugulaires seront mis en service fin 1807 et 1808. Le plumet et la cocarde sont recentrés et la plaque devient peu à peu losangique, avec des variantes vraisemblables selon les bataillons; puisqu'on connait diverses versions de plaques. Une inspection du début 1808 précise que les deux premiers Bataillons vont recevoir plus d’un millier de shakos du dernier modèle.

Les Grenadiers portent encore le bonnet d’oursin noir mais sans plaque.

Figure A1 : Fusilier du 17e de Ligne, fin 1806 (d'après Suhr) : On notera le shako avec visière agrafée, cocarde portée sur le côté et le galonnage blanc. La marmite portée sur le sac commune à plusieurs hommes. Le bidon métallique en guise de gourde. Et le sabre briquet toujours porté par les Fusiliers.

Figure A2 : Voltigeur du 17e de Ligne, 1806. On remarquera le shako à visière agrafée, sans jugulaires, son galonnage et son cordon et raquettes jaunes ainsi que le pompon carotte porté sur le coté gauche. Le collet est chamois, distinctive des Voltigeurs. Ce collet chamois va disparaitre au début pour les Voltigeurs avec l'habit blanc, pour réapparaitre ensuite. Peut être selon les Bataillons ?

Figure A2bis : Sous-officier de Voltigeurs, 1807-1808, et shako nouveau modèle, en tenue de route avec le pantalon brun.

Figure A3 : Officier de Grenadiers, fin 1806 (d'après les frères Suhr). On notera le bonnet d'oursin sans plaque et le cordon doré porté détressé. Le sabre est porté à la place d'une épée. Distinctives de grade classiques dorées.

Figure A4: Caporal fourrier de Fusiliers en tenue de route vers 1807, vu par les frères Suhr. On note le nouveau shako avec jugulaires repliées au dessus de la visière désormais fixe. La plaque de shako reste à soubassement. La cocarde a été recentrée. On notera le galonnage doré au shako que l’on voit chez les Fourriers de certains Régiments. Les galons de grade de Caporal et le galon de Fourrier en haut de la manche. Le pantalon de route marron. La Compagnie est désignée par le pompon sur le shako. On remarquera aussi les étoiles rouges sur les retroussis.

b/ La période de l'habit blanc, 1806-1808

En avril 1806, Napoléon décide d’habiller son infanterie en habits blancs avec des distinctives de couleurs par séries déterminées en juillet.

Seuls quelques Régiments doivent commencer le changement de tenues à la fin de l’année. Le 17e de Ligne en fait partie.

La couleur distinctive de sa série est l’écarlate, qu’il doit porter au collet, revers et parements, passepoilés de blanc ; les poches en travers et les retroussis blancs sont passepoilés d’écarlate. Les boutons restent en laiton ; le gilet et la culotte restent blancs. Les pattes de parements ont été rajoutées : elles sont écarlates passepoilées de blanc./p>

Un uniforme qui va durer un peu, car dès juin 1807, Napoléon prévoit de revenir à l’habit bleu comme avant. Mais on usera les habits neufs délivrés réglementairement pendant deux ans.

Le Bourgeois de Hambourg a pu observer des éléments du 17e de Ligne soit ceux des 3e et 4e Bataillons, fin 1806, début 1807, portant selon les Compagnies, soit des tenues blanches, soit des tenues bleues. Vu les circonstances, ce furent les 3e et 4e Bataillons, ainsi que les Conscrits, placés en seconde ligne, qui furent dotés du nouvel uniforme. Les 1er et 2e Bataillons étant pris par les opérations militaires à cette période.

La collection Carl nous montre le Régiment, tout au moins certains de ses éléments, toujours en habit blanc en 1808, et reproduit les perfectionnements qui se sont fait sentir au Régiment comme les nouveaux shakos attribués début 1808 avec la plaque losangique. Nous pensons que seuls les 3e et 4e Bataillons ont été habillés de blanc fin 1806-début 1807 et que la tête de colonne a suivi dans la période de calme après Tilsitt, mais que les deux premiers Bataillons sont restés habillés en bleu.

Il est possible que la tête de colonne (Tambours, Sapeurs et Musiciens) ait utilisé d’ailleurs ses habits blancs plus longtemps que prévu, débordant sur 1809. Et ait adopté aussi les retroussis entièrement écarlates pour se distinguer de ceux de la troupe qui les avaient blancs passepoilés d’écarlate

Figure B1 : Tambour-major en 1807-1808. On notera son habit largement galonné d’or et son plumet tricolore sortant de plumes tricolores. Le chapeau est garni aussi d'un plumetis blanc. Galons dorés de Sergent-major. Notre ami se nomme Nicolas Mouginé.

Figure B2 : Voltigeur, 1807, d'après Suhr. On notera l’habit blanc distingué d'écarlate et des pattes de parements à 3 boutons entièrement écarlates, ce qui semble être une marque du Régiment à ce moment. Le shako archaique et son galonnage. Le cordon et raquettes jaunes.

Figure B3 : Tambour de Voltigeurs, 1808, dessin de Feist modifié d’après Carl. Un Tambour de Voltigeurs peut sembler drôle, puisque normalement, il n’y a que des Cornets comme Musiciens de Compagnies. Mais certains Régiments refusèrent d’utiliser les Cornets. C’est le cas encore en 1808 pour le 17e de Ligne d'après un rapport d’inspection du Général Lacour. Le Régiment n'aura des Cornets qu’à partir de 1810 !

Trois détails intéressants : le nouveau shako avec des jugulaires et sa plaque losangique et des retroussis entièrement écarlates (ils devraient être blancs passepoilés d écarlate), cordon et épaulettes utilisant le vert et le jaune. Les retroussis entièrement écarlates semblent distinguer la tête de colonne. Ils sont ici ornés de cors de chasse jaunes. Le cerclage des tambours est peint en rouge et blanc. Il n'y a pas de galonnage particulier au collet, revers et parements.

Figure B4 : Sapeur, habit blanc, 1807 d’après les frères Suhr. On notera le bonnet d’oursin des Compagnies de Grenadiers, le tablier de cuir naturel ; la hache et le port de la barbe, et des haches croisées écarlates portées comme insigne en haut des manches, de même qu’un chevron d’ancienneté. Les retroussis sont sans doute entièrement écarlates.

Figure B5 : Tambour de Fusiliers, habit blanc, vers 1807, d'après les frères Suhr. On notera la plaque de shako du modèle plus précoce que celle du Tambour de Voltigeurs (voir fig B3) et des pattes d’épaules entièrement écarlates passepoilées de blanc.

Figures C1 Grenadier, C2 Fusilier et C3 Voltigeur en 1809 : Au moment de la campagne de 1809, les Grenadiers des 1er et 2e Bataillons ont encore leurs bonnets d'oursin tandis que ceux des 3e et 4e Bataillons sont en shakos. Après Wagram, tous les Grenadiers prendront le shako.

La tenue est revenue de fond bleu, peut être la tête de colonne est elle restée en blanc plus longtemps ? Les Grenadiers portent encore ici le bonnet d'oursin sans plaque, avec cordons, raquettes et plumet écarlates. Les plaques de schako des Fusiliers et Voltigeurs sont de cuivre et losangiques. Les distinctives des Fusiliers et Voltigeurs sont assez classiques. On notera les pattes de parements entièrement écarlates.

Figure C4 : Musique régimentaire du 17e de Ligne en 1808-1809. Ce dessin de Maurice Toussaint paru dans la Giberne de 1901, montre la Musique du 17e de Ligne. Donné pour 1806, la tournure des uniformes et l’influence polonaise tendraient plutôt à le dater de la période de tranquillité où le Régiment stationnait en Pologne soit entre la mi-1808 et le début 1809. Par contre, les coloris nous semblent curieux. Ne connaissant pour le moment aucune source qui confirme cette tenue, nous la donnons à titre informatif.

/ Les drapeaux du 17e de Ligne, 1800-1815.

Flamme d'esponton de Porte Aigle, de fond rouge, broderies jaunes, capturée en fin 1812
Flamme d'esponton de Porte Aigle, de fond rouge, broderies jaunes, capturée en fin 1812 Fanion du 17e de Ligne conservé au Musée de Moscou (image fond SEHRI)

En 1800, le Régiment arbore 3 drapeaux républicains du modèle Chaillot, remis en fin 1799. Les trois précédents ayant été capturés à la Trebbia par les Russes le 19 juin 1799.

Le Régiment reçoit 4 drapeaux et Aigles modèle Chaillot en décembre 1804, portés à chaque Bataillon par un Sous-officier méritant du rang de Sergent-major.

A Eylau, une des Aigles et son drapeau sont gravement menacés. Le Sergent fourrier Locqueneux, tombé blessé, a la force de ramper jusqu’au drapeau dont le porteur vient d’être tué, et de le cacher sous son corps pendant la mêlée. Le soir, aidé par le Chef de Bataillon Mallet, il le rapporte au Régiment.

A partir de 1809, il n’y a plus qu’une Aigle au Régiment, portée par un Officier, assisté de deux Sous-officiers porte-Aigle.

En 1812, cet Aigle en mauvais état est toujours en service alors que doit être délivré une nouvelle étoffe du modèle 1812 portant inscrit : AUSTERLITZ IENA EYLAU ECKMUHL ESSLING WAGRAM ; Aigle et drapeau font la campagne de Russie et en reviennent. On les retrouve à Dresde en novembre 1813 où ils échappent à la reddition.

Une flamme d’esponton de Porte Aigle a été capturée par les Russe à la fin 1812, peut être avec un fanion de Bataillon.

À la première Restauration, de nouveaux drapeaux royaux sont délivrés, remplacés aux Cent Jours par le dernier modèle impérial.

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