Historique de la 27e demi-brigade et du 27e régiment d’infanterie légère

sous le Directoire, le Concordat, le Consulat et le Premier Empire

(1796-1814)

Avertissement : Cet historique a été réalisé par Mr Jacques Sales, qui nous a autorisé à le mettre en ligne et à le compléter, au fur et à mesure de nos découvertes collectives. Nous l'en remercions chaleureusement !

Note : Déposé par le Colonel (H) Jacques SALES chez Maître F. LE ROY -19, rue Saint Sauveur 27000 EVREUX – France déposé le 18.9.2006, n°F9VAI69. Édition : 18 novembre 2017.

Préambule : Cette étude est faite dans le but de faciliter mes recherches généalogiques sur mes arrière-arrière grands- parents, de même patronyme. Elle est loin d’être complète et je pense qu’il y a des points qui peuvent prêter à contradiction. Faite dans un but totalement désintéressé, je souhaite qu’elle reste dans cet esprit. Elle est bien sûr inachevée et je pense qu'elle le restera ... Vous trouverez en (vert) les références généalogiques de la famille Sales. Et en (violet) des camarades de régiment de JB Sales et les officiers tués ou blessés et quelques chasseurs.

-- Parcours du 1er Bataillon du 27e Régiment d’infanterie légère, Avril 1803 – mai 1814.
-- Parcours de J. B. Sales, incorporé, pour rejoindre le Régiment en Batavie.

1ère partie : La 27e Demi-brigade de 1796 à 1803

- 1796-1800 Création. La Demi-brigade combat en Italie puis rejoint les Pays-bas. Elle fera campagne en Allemagne et reviendra aux Pays-bas.
- 1800-1803 (1er Mai) Le régiment avec ses trois Bataillons (1er, 2e, 3e dit de Dépôt), son Colonel et ses emblèmes (aigles).
En Batavie, au Hanovre, en Bavière, en Autriche, en Moravie, en Franconie, en Saxe, en Pologne.

/ 1796-1800, Création et premières campagnes

Création de la 27e Demi-brigade d’infanterie légère à partir du 25 mai 1796 à Nice et jusqu’au 4 janvier 1797, et ce à partir d’unités de volontaires :
- 4e bis Demi-brigade d’infanterie légère (Allobroges) (1796).
- 15e Demi-brigade d’infanterie légère de première formation (octobre 1796).
- 1er Bataillon de Tirailleurs des Alpes (1796).
- 11e Demi-brigade provisoire (décembre 1796).
- Grenadiers du 1er Bataillon des Gravilliers (janvier 1797).
- 2e Bataillon de la 52e Demi-brigade d’infanterie de ligne.

Le Colonel est Joseph Marie Des(s)Aix (son frère Louis Charles Antoine est plus connu 1768-1800 mort à la bataille de Marengo). Malgré son opposition au coup d’état de Bonaparte du 18 brumaire an VIII (9 novembre 1799), le Premier Consul lui conservera son commandement de la 27e Demi-brigade, mais l’enverra avec son unité pour les guerres d’Italie en Hollande.

- La Demi-brigade combat en Italie puis rejoint les Pays-Bas.

Le 14 avril 1796, elle est cantonnée à Calissano (Gênes); elle reçoit l’ordre de se porter sur Giovetti. La redoute sera prise, le Chef de Brigade Desaix sera blessé légèrement à la tête. Le combat se poursuivit vers St-Jean-de-Maramassa. Défendu par deux canons et six cents piémontais avec le commandant Dupas et son 3e Bataillon. Les Capitaines Menne et Forestier furent blessés, le Lieutenant Besançon tué.

- Bataille de Montenotte

Lettre de Bonaparte au Général Serrurier (11 avril 1796) : "Je vous préviens, Général, que l’ennemi a attaqué hier avec des forces supérieures les postes de Voltri, qui, après la défense la plus vive et la plus honorable, se sont retirés sur Savone. L’ennemi a continué son audace et s’est montré à Monte-Legino avec des forces encore plus considérables. Depuis huit heures du matin, on se bat et la brave résistance de nos troupes l’a forcé à la retraite sur Montenotte. Je suis décidé à attaquer moi-même. En conséquence, le général Menard part ce soir de Calibona et de Quiliano, avec 4 000 hommes, pour donner sur Montenotte. Les généraux Joubert et Dommartin partent de Saint-Jacques avec 5 000 hommes, pour se réunir aux troupes du général Ménard. En même temps, le général Augereau doit se mettre en mouvement à minuit, avec 6 000 hommes, sur Mallare, et de là sur Cairo, pour tourner et attaquer l’ennemi qui pourrait avoir dirigé ses forces sur Montenotte et Sassello. Le général Laharpe avec l’avant-garde, montant à environ 7 000 hommes, marchera sur les hauteurs de Montenotte. Le général Rusca doit tenir la Solta, Spinarda] et défendre Bardinetto et Melogno. Il aura à ses ordres un bataillon de la 84e demi-brigade qui est à Melogno, indépendamment de deux demi-brigades qu’il a déjà. Ce général est à vos ordres, et vous lui donnerez les renforts que vous jugerez nécessaires".

Le 16 avril, la Demi-brigade rejoint Montezelemo, puis Rocca-Ciglie et Ceva. Elle passe à Nuova, et successivement à Alba Morra, Cravanza, San-Stefno, Acqui, Bosco, Castel Novo, Cornaille arrive sur les rives du Pô. La traversée du fleuve se prépare à Plaisance. Les unités résisteront aux attaques de la cavalerie autrichienne. Ceux-ci seront poursuivis jusqu’à Pizzighettone.

- Bataille de Lodi (10 mai 1796).

La 4e Demi-brigade de bataille dépassa successivement Passeriano, Palma-Nova, Trevigliano, et arriva le 24 devant le fort de la Chiusa (le verrou). L'ennemi était retranché avec soin, et le poste réputé imprenable; elle l'attaqua néanmoins avec un Bataillon de la 27e légère; elle s'élança à travers les rochers, escalada des hauteurs qui paraissaient inaccessibles. La Division, de son côté, essaya de faire une diversion, et ne recueillit que des sarcasmes. Les Impériaux, qui s'amusaient de ses efforts, daignaient à peine répondre à son feu. Mais tout-à-coup, descendant avec fracas des blocs de rochers, ils lèvent la tête et voient le danger qui les menace : ils ne se déconcertent pas cependant; loin de là, ils s'emportent, veulent venger par les flammes une si audacieuse agression. Une forêt épaisse ceint la montagne, ils y mettent le feu. Mais la Division arrive au pas de charge. Le Sous-lieutenant Larousse prend son élan, les troupes le suivent, et le fort est emporté. Enlevée d'assaut, la garnison devait passer par les armes; mais le soldat, aussi humain que brave, se borne à la constituer prisonnière.

Le Capitaine Dubuis est fait prisonnier. Le 20 mai, la Demi-brigade arrive à Malleo. La Demi-brigade restera jusqu’au 21 mai à Pavie. Le 22, l’unité sera à Milan. Puis elle passera à Cassano, Betala (Barbada), Brescia et le 29 mai s’installera à Salo et Gazano. Les Carabiniers sont à Bussoleno. L’ennemi est au-delà de l’Adige.

- Disposition des troupes entre l’Adige et Salo (1er juin 1796).

Lettre de Bonaparte à Masséna : "Aussitôt que le général de division Sauret sera arrivé, le général Masséna lui donnera le commandement de la 27e demi-brigade légère, de la 29e légère, de celle des Allobroges et de la 11e de Bataille, lesquelles sont à Salo et sous Peschiera".

Bataille entre les Autrichiens commandés par le prince Charles. Les Français aux ordres de Bonaparte. L’armée autrichienne est mise en déroute. La Demi-brigade (850 hommes) quittera Milan le 17 juin 1796 (Division aux ordres du Général Rusca, piémontais proche de Bonaparte) avec la 29e Division du Général Sauret Rocca-d’Anfo (6 août 1796).

Le 29 juillet, les Autrichiens attaquent la position de Salo avec 18000 hommes. La résistance fut farouche mais les Officiers Marion, Voisin, Savoye, Tournier blessés furent faits prisonniers. Quatre cents hommes de la 27e qui étaient dans les environs arrivèrent avec le Chef de Bataillon Zinty pour les secourir, mais ils durent se retrancher dans château Martinengo. Les renforts arriveront et les Autrichiens se retireront. Le Chef de Brigade Desaix sera de nouveau blessé ainsi que les Lieutenants Frapperon et Denneville. Le Lieutenant Paulin sera tué. L’unité se regroupa sur Dezenzano.

Le 1er août, la Demi-brigade sera à Brescia puis reviendra le lendemain à Salo. Trois cent autrichiens dont deux cent Hussards seront faits prisonniers. Les Officiers Cottet, Bocquet, et Marion sont faits prisonniers. Le 11 août, la Demi-brigade partit pour Rocca d’Anfo. L’action de deux Chasseurs (Chénier et Malfroi) qui coupèrent les cordes du pont-levis entraina la prise de la forteresse et de 1000 hommes. Le 2 septembre, la Demi-brigade est à Storo elle passera à Thion, Riva, Torbole, Mori. Soixante hommes furent blessés dont les Officiers Torlez, Guerrier, Donnet. Mais dix hommes dont les Capitaines Deveyle, Viviand, et les frères Sergents-majors Périer et quelques hommes réussirent à prendre la redoute. Le 5 septembre, la Demi-brigade entre à Trente. Le Capitaine Dessaix qui commandait des Carabiniers fût blessé à la prise de Lavis. Deux mille autrichiens seront faits prisonniers. Le 6 septembre, l’unité est à Saint-Michel puis à Torbole et Bassano.

La 27e et la 4e sont vraiment amalgamées.

Dans la défense de ces positions, le Capitaine Sicard sera tué, le Capitaine Devesle est tué en franchissant le Lavis.

La Demi-brigade doit se replier sur Mori. Mais se replia jusqu’à Corona et Monte-Baldo.

Le 1er novembre, la 27e est dans la Division du général Vaudois au niveau de Trente. Suite aux attaques des Autrichiens par le Nord, la Division se replie en débandade, puis bénéficiant d’un appui français venu de Vérone, elle se stabilise au Niveau de Monte Baldo et du verrou (chiusa) du plateau de Rivoli. Bonaparte s’adresse à la Division Vaudois : "Soldats, je ne suis pas content de vous …". Ils répondirent : "Mettez nous à l’avant-garde …". Vaudois avait perdu beaucoup d’hommes et la Division n’avait plus que 6 000 hommes. "Vaudois, nullement propre à commander une division" (Maréchal Marmont). La 27e, aux ordres de Fiorella, est établie à Busso et garde la sortie des défilés de l’Adige. Les troupes autrichiennes bloquées dans la vallée de l’Adige Bonaparte battra ceux venus par Montebello à Caldiero et Arcole (12-16 novembre). La 27e qui ne participe pas est à Bussolengo avec 1343 hommes. La 27e rejoint alors la Romagne et Ferrare.

En décembre 1796, les grenadiers et quatre compagnies de la 27e demi-brigade participent à l’expédition d’Irlande aux ordres de Grouchy. Au dernier moment, en raison de la place restante sur les vaisseaux, 2000 hommes de la 27e seront embarqués. Ils sont aux ordres du général irlandais O’Shée. Après divers incidents et naufrages, cela se solde par un aller-retour sans débarquer.

- 1797.

Le 14 janvier 1797, la Demi-brigade est à Legnago.

- Combat de Bassano (24 janvier 1797).

La Demi-brigade poursuit l’ennemi et un combat violant s’engage à Bassano. Le Capitaine Michel est tué.

- Tagliamento (16 mars 1797 - 26 ventôse an V).

Le 11 thermidor an IV, le général Desaix est blessé à la tête des ses troupes pendant la retraite de Salo. Le lendemain, il pénétra dans cette ville, s'empara de deux pièces de canon, de deux drapeaux et de 200 Autrichiens, poursuivit l'ennemi et délivra le Général Guieux et 300 Français. Il se rendit maître de Rocca-d'Anfo le 19, et de Stora le 23. Le 1er fructidor, il reçut une blessure en s'emparant d'une redoute armée de deux canons; il courut de grands dangers le 19, dans une reconnaissance sur l'Adige. Le 22, il prit San-Michaeli; le 1er jour complémentaire, le Général Vaubois lui ordonna de tenir jusqu'à la dernière extrémité au plateau de Rivoli. Il fit ses dispositions en conséquence; mais, cerné par des forces supérieures, couvert de blessures, il tomba au pouvoir des Autrichiens, qui le conduisirent en Hongrie. Après une captivité de sept mois, il revint en Italie à la suite d'un échange.

Le 22 mars, le Frioul est atteint le fort de Chiusa et après quelques combats la paix s’instaure.

Le 14 juin 1797 (26 prairial an V), la 27e est dans la Brigade Duphot, avec la 20e dans la 2e Division de l’Armée d’Italie, au ordre de Bonaparte. En Août, Bonaparte est à Milan. La 27e est à Porto-Legnaga, elle reçoit l’ordre de se rendre à Salo. Un Bataillon à Peschiera. En novembre, la 27e est à Coni.

- 1798-1799.

Au premier vendémiaire An VII (11 septembre 1798), elle est à l’Armée d’Italie (Journal militaire, 1798-1799) dans la Division Meynier. Le 15 nivôse an VII, le journal militaire indique que le Régiment est à l’Armée de Rome.

La 27e Demi-brigade est composée ainsi :
- 4e Bataillon des Chasseurs de montagne
- 15e Demi-brigade
- 15e Bataillon de Chasseurs - 2e Bataillon des Bouches du Rhône. - 1er et 2e Bataillons des Allobroges. - 9e Bataillon du District de Lille. - 3 Bataillons de la 52e. - 2e du 26e Régiment.
- 2e du Vaucluse. - 5e des Bouches du Rhône. - 1er Provisoire - 4e Bataillon de l’Ariège. - 4e des Pyrénées orientales. - 1er des Tirailleurs des Alpes. - Compagnie des Grenadiers du 1er Bataillon de Gravilliers de Paris. - 4e Demi-brigade des Allobroges.

Le 25 germinal an IV (7 juin 1799) ... Le Chef de Brigade est Jean-Baptiste Brunet.

Au 1er vendémiaire An VIII (12 septembre 1799), elle est dite à l’Armée d’Angleterre (Journal militaire, 1799-1800).

Elle se rendra successivement à Nimègue, Berg-op-Zoom, Rotterdam.

- 1800.

La Demi-brigade est incorporée dans l’Armée du Rhin (et Moselle), au 2e Corps du Général de Division Moreau (provisoirement Lecourbe), 2e Division Richepanse.

Le Colonel Dessaix passe à l’Etat-major de la Division, il sera nommé Général le 29 août 1803.

La Brigade est commandée par le Général de Brigade Drouet.

La Demi-brigade a trois bataillons.

La 27e doit se rendre en Batavie (ordre du 22 mars). Aux ordres du Général Augereau puis du Général Victor, les unités s’installent dans un camp entre Maëstricht et Breda.

Les Bataillons sont commandés respectivement par les Chefs de Bataillon Derbez, Latour, Roccassera, Dupas. Les Adjudants-majors sont Barbier, Blanc, Expert. Les Quartiers-maîtres trésorier Larchier, Villard, Manuel.

Le 19 septembre, la Demi-brigade quitte Rotterdam pour entrer en campagne et commencer la troisième guerre contre la maison d’Autriche. Itinéraire : Gauda, Utrecht, Nimègue, Düsseldorf, Solingen, Eberjel, Mühleim, Köln (Cologne), Bonn, Koblentz (Coblence), Remagen, Andernach, Neuwied. Le 6 novembre, la 27e est à Mainz (Mayence), le 10 à Kassel, le 14 à Frankfürt (Francfort), à Aschaffenburg du 16 au 22 décembre. Des combats se déroulent entre Nürnberg (Nuremberg) et Bamberg, mais la 27e Demi-brigade n’y participe pas. Le 23 décembre, elle est à Salsminsterburg (Fulde), puis à Nedhof.

L’ennemi, commandé par Albini, attaque le 31 décembre. La Demi-brigade met l’adversaire en fuite.

- 1801

Les villages de Krönenburg et Offen sont occupés. Puis Rokemburg, Hesse-Hambourg, Fréderikdorf, Friedberg, Obvilistadt, Rökemberg d’où le régiment part le 8 avril pour Mainz. Puis Kassel, Nassau, Limburg, Montabour, Köblentz, Neuwied, Düsseldorf, Lintz, Siburg, Eberfelt, Cleves, Delle, Kikerkues, puis enfin La Haye. Bonaparte demande que les Demi-brigades légères soient composées de deux ou trois Bataillons, de 5 Compagnies, avec au maximum 72 hommes chacune (soit environ 1100 hommes pour trois Bataillons).

Du 8 mai au 30 octobre, la Demi-brigade reste à La Haye.

En été, elle passe de 800 hommes à 1500 grâce à un apport de volontaires brabançons et de conscrits de France. Le 1er octobre, elle est à Berg-op-Zoom, puis Flessingue pour rejoindre l’île de Saint-Domingue. Compte tenu de l’apparente faiblesse de la 27e (400 hommes étaient à l’hôpital avec des fièvres) cela ne se fera pas; il ne restait que 800 hommes valides. D’après le Capitaine Laugier, Officier au 3e Bataillon (ses cahiers), le Chef de Brigade n’était pas favorable au départ. La 27e sera remplacée par la 7e de ligne. Celle-ci forte de 2 000 hommes, à l’embarquement, n’aurait plus eu, dix huit mois après, que 84 hommes valides et entre les mains des anglais.

En novembre 1801, la 27e rejoindra Breda et Bois-le-duc, où elle restera jusqu’au 31 octobre 1802. Le 3e Bataillon s’installera à Mordick ente Amsterdam et Rotterdam.

- 1802

Par Décret du 18 thermidor an X (6 août 1802), le Tarn doit fournir 486 conscrits à la 27e Demi-brigade d’infanterie légère.

"Les conscrits n'ont pas besoin de passer plus de huit jours au dépôt ! Passée la période d'instruction, on les verse dans les régiments, où ils vont se mêler aux soldats aguerris pour apprendre «sur le tas». Le soldat napoléonien n'a rien d'un soldat de caserne; c'est un combattant improvisé, comme celui de la Révolution, formé directement sur le théâtre des opérations" (écrit Napoléon).

Le Général Victor Perrin (futur Maréchal Victor) commande les troupes de Hollande, à la place du Général Augereau.

La 27e Demi-brigade est à Breda (ouest de Tilburg).

La Demi-brigade en fin d’année, qui avait 400 hommes en congés, 500 sur les rangs, est ainsi portée à 1500 avec les nouveaux conscrits du Tarn (il doit s’agir des 486 prévus dans le Décret).

Note : La compétence du Caporal, de culte israélite du nom de Raphaël David, d’Avignon, est signalée lors de son avancement comme Sous-officier, dans les Cahiers du Capitaine Laugier.

- 1803.

- Nimègue, prise du Hanovre.

L’unité envoyée sera le Corps d’armée du Général Mortier, avec comme Chef d’Etat-major Victor-Léopold Berthier et le Général Frère.

- 1ère Division du Général Montrichard (6000 hommes). - 27e (2 Bataillons) et 48e Régiment d’infanterie légère. - 76e et 100e de ligne.

Fournier Jean, de Labruguière (Tarn), né le 17 mars 1781, rejoindra la Demi-brigade le 1er mars 1803 (11 ventôse an XI).

Citation, lettre de Napoléon : "Saint-Cloud, 18 avril 1803
Au général Berthier, ministre de la guerre.
Donnez ordre, Citoyen Ministre, au général Montrichard de réunir à Nimègue, sous le commandement du général de brigade Frère, les deux bataillons de la 48e, les deux bataillons de la 100e, les deux bataillons de la 27e légère, et les six escadrons de cavalerie qui sont sous ses ordres, avec une division de huit pièces d'artillerie attelée, avec les cartouches et approvisionnements de guerre nécessaires pour cette colonne. Vous me ferez connaître le jour où ces troupes seront réunies à Nimègue et seront prêtes à partir au premier ordre.
Il est indispensable que cette réunion se fasse sans bruit et sans ostentation
".

3 mai : ordre de Bonaparte à Mortier, tous deux alors à Paris : "prendre le Hanovre".

Le 7 mai, Mortier arrive à Nimègue.

Le Bataillon de Dépôt (3e) de la 27e Légère reste à Breda, et ne participe pas à l’intervention.

Les hommes aptes du 3e bataillon complètent les 1er et 2e.

"13 mai 1800 : tenez-vous prêt à Nimègue pour le Hanovre" (Napoléon à Mortier).

Les troupes campent entre Harlem et Nimègue.

17 mai : ordre du Général Mortier : "… aucune femme hormis les réglementaires vivandières et blanchisseuses ne suivront la troupe … ".

23 mai : les Français sont à Koerwen.

Jean Paul Mo(au)rel de Lapomarède, né le 22 août 1783 à Castres, rejoindra la 27e, le 24 mai 1803 (4 prairial An XI). Nous le retrouverons tout au long de cet historique.

- Le 30 mai, la 27e Demi-brigade est au Hanovre.

A titre de reconnaissance, 5 armes d’honneur sont remises (à trois Sergents et à deux Caporaux).

La Demi-brigade est formée de trois Bataillons (dont le 3e de Dépôt et de recrutement qui n’est que de 100 hommes … toujours à Breda en Batavie). Elle est dans la Division du Général Drouet du 1er Corps d’armée du Maréchal Mortier. Le chef de Corps est le Colonel Brunet puis le Colonel Chanotet.

Le 1er juin, Drouet, avec la 27e, charge les Hanovriens à Börstel. Ceux-ci capitulent le 3 juin. Le 5 juin, les Français entrent dans la ville de Hanovre. Les forteresses de Hameln et Nienburg sont occupées. Les Hanovriens se retirent derrière l’Elbe.

Fin juin, la Division Drouet va à la rencontre de l’armée du Hanovre pour lui demander sa capitulation totale, ce après que les Britanniques eurent refusé le compromis de Napoléon. Les prisonniers hanovriens doivent être regroupés à Ösnabrück.

Lettre de Napoléon, au Général Berthier, Ministre de la guerre, Lille, 9 juillet 1803 : "j' ai été surpris avec raison que les 3e bataillons ne soient pas à Hanovre. Le général Mortier doit savoir moins que le Gouvernement s'ils devaient y aller ou non. Après la capitulation, j'avais ordonné qu'ils y allassent, car ces 4 000 hommes devaient y être utiles; s'ils ne l'ont pas reçu, donnez-leur l'ordre de se rendre en toute diligence à Hanovre".

Le Bataillon (3e) de Dépôt de la 27e passe de Breda à Berg-op-Zoom (sud de Rotterdam). Il quittera cette ville le 3 juillet, passe par Zwot, Hardenberg, Meppen, Haselune, Kakemburg, Ösnabrück, avant d’atteindre Lüneburg.

Août 1803, de Napoléon à Mortier : "Les conscrits de la réserve des ans IX et X marchent à force pour renforcer vos corps. Il en part près de 400 pour chacune de vos demi-brigades, ce qui vous fera près de 6 000 hommes ; armez-les et habillez-les".

Note : Le Corps d’armée doit, outre l’occupation, imposer le blocus aux marchandises anglaises.

En marge, mais combien capital, Napoléon décide de contrôler les richesses minières du massif du Harz (Hartz), elles sont la grande richesse de l’Angleterre. Le massif est à la fois sur le Hanovre, le Brunswick, le Anhaltbernburg. Les usines frappent les pièces et ont des réserves d’argent.

Lors d’une entrevue personnelle, le Premier Consul, Napoléon Bonaparte, donne pour mission, à « Héron de Villefosse », ingénieur des mines, d’administrer ces mines. Il est nommé « commissaire extraordinaire du gouvernement » en résidence à Clausthal (Klausthal) (texte de 1805). Le massif étant isolé, il y aura « protection accordée par l’Empereur aux mines du Harz ». (A vérifier : qui faisait la protection ? Les hommes détachés de la 27e Légère ?). Après la conquête du Hanovre, le Premier Consul souhaitait développer l'exploitation des mines du Harz. Si Héron de Villefosse fut choisi c’est en raison de sa bonne connaissance de la langue allemande. Napoléon Bonaparte lui donna lui-même des instructions précises, et il alla alors rejoindre sa nouvelle résidence de Klausthal en 1803 comme Commissaire du gouvernement.

Le 24 septembre 1803, les Demi-brigades prennent le nom de Régiments et sont au nombre de 26 pour l’infanterie légère. Leur composition est similaire à l’infanterie de ligne. Chaque bataillon est composé de trois à neuf Compagnies. La première est celle des Carabiniers et la dernière celle des Voltigeurs. Les autres sont composées de Chasseurs, dits à pied.

2e partie : le 27e Léger de 1803 à 1814

- 1803-1807 Création au 1er mai du Régiment à partir de la Demi-brigade.
- 1808-1811 : Les 1er et 2e Bataillons partent pour l’Espagne avec le Colonel du Régiment et les aigles (emblèmes). Le 3e Bataillon de Dépôt a été modifié (voir 3e partie). Un 4e Bataillon verra le jour en Espagne.
Ces bataillons feront campagne successivement au Pays basque (espagnol), en Cantabrie, en Galice, au Portugal, en Estrémadure, en Andalousie, puis dans le sud-ouest de la France.
-1811-1814 Les 2e, 3e, 4e Bataillons perdront successivement leurs cadres pour les campagnes de l’Est de la France. Les hommes seront versés dans les 3e, puis 2e Bataillons. En 1814 il ne restera plus que le 1er Bataillon en Espagne, les autres ayant réapparus en Allemagne.

/ 1803-1807. La 27e Demi-brigade devient 27e Régiment - Premières campagnes.

- Le 1er octobre 1803, la Demi-brigade devient effectivement 27e Régiment d’infanterie légère.

Le 5 octobre 1803, le 27e Régiment d’infanterie légère, aux ordres du Colonel Dessaix, passe au commandement de Jean-Baptiste Charnotet. Pendant ce temps, les nouveaux conscrits sont à Bréda (Batavie). Le 15 juillet 1803, ils arrivent du Tarn (deuxième contingent de ce département), de la Franche Comté, du Piémont, d’Orléans, de Paris. Le 31 octobre le Capitaine Jérôme Laugier (du 3e Bataillon) les accompagne par Hardenburg, Meppen, Diephale, Haselune, Kakembruck, Niembourg sur Wesser.

Ils arrivent à Lüneburg (sud de Hamburg) où se trouvent les Etats-majors de la Division de Drouet, de la Brigade de Desaix, et du Colonel Charnotet du 27e. S’y trouvent également deux Bataillons du Régiment. Le 2e (Capitaine Derbez Latour) et le 3e Bataillon de Dépôt (Capitaine Albertini). Le 1er Bataillon est à Winsen, sur l’Elbe près de Hamburg (Capitaine Delonge).

Jean-Baptiste Sales (de Lautrec) arrive au 27e Léger le 13 novembre 1803 (21 brumaire an XII). Il rejoindra le 1er Bataillon et la 6e Compagnie (n°1804 au Registre du Corps), en remplacement de Joseph Daubatz, de Lautrec, né le 3 août 1782. Daubatz a épousé Marie Carensou le 7 ventôse an X (26 février 1802). Jean-Baptiste a indiqué qu’il est né en septembre 1781 pour correspondre à cette classe d’âge (né le 31 mars 1783). Il mesure 171 cm, visage « plein », front couvert, yeux roux, nez et bouches petits, cheveux châtains. Il est d’une famille de paysans. Le plus ancien connu est Sales Barthélemy mort à St Clément de Lautrec le 17 juillet 1694, fils de Guilhaume et de Priour Guilhemette.

Le tirage au sort du Conscrit

De nombreux hommes du 27e sont détachés aux transports réunis de l’Armée du Hanovre (ce qui ne sera pas le cas de J. B. Sales).

Le très jeune Frederic(k) Meyer (n°1797), né à Lüneburg au Hanovre le 18 décembre 1787, subjugué par les soldats, âgé de moins de 16 ans, s’engagera le 6 brumaire de l’an XII (29 octobre 1803). Il fera toutes les campagnes du Régiment et sera fait prisonnier de guerre le 8 mars 1813 en Espagne, étant alors au 2e Bataillon (probablement dans l’échec de la tentative de prise du poste de Béjar dans le León, en Espagne).

Lors d’une inspection du Général Berthier (futur Prince de Wagram et futur Maréchal), il est remarqué sur le compte-rendu d'inspection du 27e Régiment d'infanterie légère, qu’il faut exécuter les ordres relatifs à la comptabilité et à l'attribution de gratifications. Les troupes du 1er Corps (dit Armée du Hanovre) sont aussi en garnison dans des villes comme Sycke, Nordheim (principauté de Göttingen), Sublingen, Diephaz. Une place forte, Hameln, restera la seule conservée après le départ des troupes du Hanovre en juin 1805.

Une unité importante est installée à Ösnabrück, elle a la garde des troupes hanovriennes. Un hôpital se trouve dans cette ville, ainsi qu’un autre à Hamburg.

- 1804. Occupation du Hanovre. Nouvelles structures de l’infanterie légère.

L’arrêté du 22 ventôse an XII (13 mars 1804) impose des Voltigeurs dans la «légère». La 1ère Compagnie des Bataillons est composée de Carabiniers, la 3e ou 6e de Voltigeurs. Ces derniers, de petite taille, peuvent être déplacés en croupe par les troupes à cheval. Cette explication est le prétexte à incorporer ceux réformés, en raison de leur petite taille (ancienne limite 1,60m).

Le 12 mai 1804, le nombre de Régiments devait être ramené à 15, de trois Bataillons chacun. Ils resteront formés de six Compagnies : la 1ère de Carabiniers, 4 de Chasseurs, la 6e de Voltigeurs.

Chaque Régiment aura un effectif de 1379 hommes, Officiers compris. En fait, certains Bataillons resteront avec 9 Compagnies, et le 27e sera souvent proche des 2 000 hommes, voire même des 3000 à la fin de l’Empire. Les Conscrits des Ans XI et XII seront du département de Marengo (558 hommes). La 6e Compagnie du 1er Bataillon restera de Chasseurs et non de Voltigeurs.

Les festivités pour « la remise des Aigles » du mois de mai à Lüneburg seront grandioses. Le Régiment recevra 14 Légions d’honneur à distribuer aux non-officiers.

Le jeune RANGE Louis, né en Batavie le 6 novembre 1788, engagé volontaire au Régiment le 16 juin 1804, est renvoyé car trop jeune (15 ans et demi).

Le 17 juin 1804, Bernadotte remplace Mortier à la tête de l’Armée du Hanovre.

Le 15 juillet 1804, le Maréchal Mortier (à la fois efficace sur le plan militaire, mais désavoué pour un emprunt financier au bénéfice de l’état français, au Hanovre) sera remplacé provisoirement par le Général Dessolles qui commande la Division d’Ösnabrück. Puis, par le Maréchal Bernadotte. Un poste de contrôle de douane est ouvert à Meppen, le 29 août.

Le 1er Bataillon du 27e est en principe à Winsen.

En août 1804, le 3e Bataillon passera de Lüneburg à Lauenburg. Le Major est Ronzier. Le Quartier-maître est Chamatier, instructeur des nouveaux conscrits du département de Marengo. Les 1er et 2e Bataillons restent respectivement à Winsen et Lüneburg (J. B. Sales est au 1er).

La composition des Régiments de l'infanterie légère a changé au cours de l’Empire. Fin 1804, chaque Régiment a théoriquement 2 ou 3 Bataillons de Guerre et un Bataillon de Dépôt. Chaque Bataillon de guerre a 9 Compagnies, la 1ère est celle des Carabiniers et la 9e celle des Voltigeurs ; les 7 autres sont donc des Compagnies où les hommes y sont dénommés Chasseurs. Le Bataillon de Dépôt, aux ordres d’un Major, n'a que quelques Compagnies de Chasseurs. En septembre 1808, le 3e Bataillon sera dissout et ses Compagnies compléteront les deux premiers. En février 1808, les Régiments seront dotés d'un Bataillon de guerre supplémentaire mais les Bataillons seront composés alors de 6 Compagnies : la 1ère de Carabiniers, la 6e de Voltigeurs et les 4 autres de Chasseurs. Sur la fin de l'Empire on augmentera le nombre des bataillons tout en diminuant les effectifs de ceux-ci (nécessité oblige), mais on dissoudra aussi certains bataillons pour en renforcer d'autres ! Donc tout est affaire de Régiment. C'est un peu plus complexe pour les Compagnies d'élite détachées. Elles ont été rattachées, à la va-vite, à divers Régiments provisoires, ou brigades, en fonction des impératifs opérationnels. Certaines, entre 1805 et 1809, étaient dans la "Réserve" de la fameuse "Division Oudinot".

Au Sénat en décembre 1804 : Charnotet, colonel du 27e d'infanterie légère, demande, à titre de gratification, des bonnets à poil pour les Carabiniers. "Accordé avec plaisir aux carabiniers de la 27e. Qu'ils soient toujours dignes de ceux que j’ai connus" (Napoléon).

Tout le Régiment ne portera pas ces coiffures : seules les Compagnies de Carabiniers du Régiment (une seule par Bataillon) auront le privilège de les porter, avec un plumet, des cordons, des raquettes écarlates, de même qu'ils portent aussi des épaulettes écarlates. Cette coiffure (appelée aussi bonnet d'oursin) est donnée aux Compagnies ou unités "d'élite" (comme les Grenadiers et les Chasseurs de la Garde Impériale, par exemple). Les Carabiniers composent une des Compagnies d'élite d'un Bataillon d'infanterie légère, comme les Voltigeurs, mais ces derniers portent le shako avec le collet (col) de l'habit couleur chamois et le plumet chamois et vert. Les autres Compagnies d'un Bataillon d’infanterie légère (les Chasseurs) portent le shako depuis 1800. Les modèles de shako ont varié entre 1800 et 1815.

Carabiniers, Chasseurs, Voltigeurs et Officiers d'Infanterie légère

Rappelons que peuvent porter le bonnet d'oursin dans l’infanterie de ligne - dite, la ligne - (selon les moyens financiers du Régiment ou du gouvernement qui les offre) les Compagnies de Grenadiers, les Compagnies de Carabiniers, les Sapeurs régimentaires, les Compagnies d'élite de Dragons. Les Carabiniers portent le bonnet d'oursin, sans plaque sur le devant de la coiffe à la différence des Grenadiers. Le Régiment a trois aigles (modèle Picot). Il a 2326 hommes.

- 1805

André Leroy (N°722), né le 3 juin 1780 à Saint-Marcel-Vernon dans l’Eure est décédé le 6 janvier 1805 de mort subite ; "on présume que c’est de froid" (texte du registre du corps).

Le 21 janvier 1805, le Chasseur Pierre Favier (n°24), né le 6 novembre 1775 à Marseille, engagé volontaire, déclaré né le 12 novembre 1777, part en retraite. Il avait été blessé à la jambe gauche le 30 floréal An II à l’ "affaire de la Monge" (19 juillet 1794). Il bénéficiera d’un mariage dit de "Napoléon" le 22 avril 1810 à Marseille avec mademoiselle Marie Ricard; il est alors douanier. L’épouse, nécessiteuse, mais bien sous tout rapports, bénéficiera d’une dote de 600 francs de l’état comme 6000 jeunes femmes qui épouseront des militaires (mariage n°1072).

Le 20 mars, Bernadotte est à Utrecht.

En 1805, l’infanterie légère passera à 32 régiments. Les grandes unités deviendront alors des Corps d’armée. C'est une création de Napoléon Bonaparte, qui l'utilisa pour la première fois, lors de la campagne d'Autriche en 1805, au sein de la Grande Armée. Il regroupa les Divisions de celle-ci en unités interarmes commandées par ses Maréchaux. Ces groupements étaient suffisamment petits pour vivre sur le pays, s'ils empruntaient des itinéraires différents. Ils s'affranchissaient ainsi de la nécessité d'une logistique et cela leur permettait une grande mobilité. Séparés de moins d'une journée de marche, ils pouvaient se concentrer sur un point décisif très rapidement. Ce concept de décentralisation des forces, puis de concentration, fut validé par les très belles victoires d'Austerlitz en 1805, puis d'Iéna.

En juin 1805, le Régiment, au sein du 1er Corps d’armée, quitte la ville de Lüneburg et ses environs, où il aura passé dix huit mois, pour s’installer dans un terrain à l’est de la ville.

Le contingent prélevé par Bernadotte pour les transports de l’Armée du Hanovre reviendra en mai 1806 au Régiment. Il ne participera donc pas aux campagnes d’Autriche et de Saxe, ni à Austerlitz.

Ce n’est pas le cas de J. B. Sales, qui sera dans ces campagnes et donc pas dans ce contingent.

Le 15 juillet 1805, le Régiment prend ses cantonnements autour de Lüneburg. Le 3e Bataillon occupera l’est de l’Elbe, Molln et Lauenburg, puis de nouveau le Régiment regagnera Lüneburg. Le 15 thermidor An XIII, le Régiment est au camp de Lüneburg (43 détachés, 103 hôpitaux, 2330 présents). En cette année, 21 hommes ont déserté.

Un certain nombre de soldats de ce Corps d’armée auront des enfants, soit avec des compagnes arrivés avec eux, soit avec des allemandes. Parmi eux, on trouve des naissances dans la paroisse de Saint-Ludwig à Hildesheim ou de Lüneburg près de Hanovre. Pour le 27e léger :
- le 8 octobre 1804, à Lüneburg, Maria Leonora Bouquet, fille de Nicolas, de la Lozère; le parrain est Léonard Thomas de la Haute-Vienne.
- le 8 novembre, à Lüneburg, prénom illisible, de Jacques Laforge, des Pyrénées-Orientales; parrain Jean-Baptiste Isnard.
- le 17 février 1805, à Lüneburg, Jean-Baptiste, de Jean Barbier; parrain Charnotet Jean- Baptiste, Colonel du 27e.

Le 15 août, le 1er Corps d’armée se rassemble et le Régiment quitte de nouveau Lüneburg. Après quatre jours de marche, le Régiment arrive à Österode (ville minière du Harz). Le Corps d’armée est au complet. Deux jours après, il est à Göttingen. Il prend l’itinéraire : Münden (Hann-münden), Kassel, Butzbach, Friedberg, Rokemberg, passe près de Frankfürt et arrive à Hanau.

Seule la forteresse de Hameln est conservée par les forces françaises ; quelques détachements isolés aident au fonctionnement des arrières et des liaisons.

Opérations de l'Armée du Hanovre, 1er Corps de Mortier puis de Bernadotte
Conquête du Hanovre et occupation Mai 1803 - juin 1805
Traversée de l'Allemagne été 1805
Campagne de Bavière contre les Autrichiens, Septembre-Octobre 1805

Deux courriers de Napoléon, au Maréchal Berthier :
"Camp de Boulogne, 23 août 1805.
Écrivez au maréchal Bernadotte que, ne sachant point où en veut venir l'Autriche avec tous les mouvements qu'elle fait, j'ai trouvé convenable qu'il réunisse à Göttingen le 27e d'infanterie légère, les 95e, 8e et 94e de ligne, quatre régiments de chasseurs et de hussards, et vingt-quatre pièces attelées, avec double approvisionnement; qu'il fasse venir toutes les troupes qu'il a à Osnabrück, où il suffit qu'il ait 25 hommes de cavalerie; que cela formera un corps de 10 000 hommes, qu'il fera commander par un général de division et deux généraux de brigade, et qui, réuni à Göttingen, se portera partout où il sera nécessaire; qu'il fasse confectionner à Göttingen 100 000 rations de biscuit, mais qu'il ne démasque pas encore ce mouvement; qu’il gagne quatre jours, de manière qu'au premier courrier qu’il recevra il puisse, en trois jours, avoir tout son corps réuni à Göttingen. Il recevra un courrier dans deux jours
".

"Camp de Boulogne, 26 août 1805 (8 fructidor an XIII).
Mon Cousin, préparez des ordres pour le général Marmont et pour le maréchal Bernadotte.
Le général Marmont se mettra en marche avec tout son corps fort de 20 000 hommes, tout son matériel d'artillerie et le plus d'approvisionnements de guerre qu'il pourra emporter. Il se rendra à Mayence : il lui faut quatorze jours de marche. Cet ordre sera expédié le 9, après m'en avoir demandé l'autorisation à dix heures du soir; il arrivera le 12; le général Marmont partira le 14 et sera arrivé à Mayence le 28. Il marchera à la fois, par trois routes, de manière que tout son corps soit réuni à Mayence avant le 30 fructidor. Il fera verser la solde dans les caisses des quartiers-maîtres de son corps jusqu'au 1er brumaire.
Vous me présenterez également le 9, à dix heures du soir les ordres pour le maréchal Bernadotte. Vous lui ordonnerez de se réunir à Göttingen. Le courrier ne sera pas arrivé avant le 14. Le maréchal Bernadotte partira le 15 ; il lui faut quatre jours de marche pour se réunir à Göttingen. Recommandez-lui de lever le plus de chevaux d'équipages et de fournir à son corps d'armée le plus d'approvisionnements de guerre et d'artillerie qu'il pourra
".

- Campagne de Bavière (3e coalition)

- Septembre 1805, déplacement du Hanovre à la Bavière.

Lettre de septembre de Napoléon au Maréchal Bernadotte, commandant le 1er Corps de la Grande Armée : "Monsieur le Maréchal, l'Empereur vous ordonne de partir, avec votre corps d'armée, pour vous rendre à Würzburg, et de combiner votre marche de manière à y être arrivé du 1er au 2 vendémiaire (23 septembre 1805)".

Le Corps autrichien ennemi se trouve alors entre Frankfürt et Mayence.

Le 13 septembre, la Division se dirige vers Würtzburg, délaissant les Autrichiens. L’armée française du Hanovre et celle du Prince de Bavière forment un effectif de plus de 42000 hommes.

Note sur les mouvements de la Grande Armée (de la main de Napoléon) An XIV, prévisions Bernadotte : 28 septembre Würzburg; 6 octobre Anspach; 9 octobre Nürnberg; 16 octobre Ratisbonne.

"Saint-Cloud, 22 septembre 1805, au maréchal Bernadotte.
Mon Cousin, j'ai reçu votre lettre du 1er vendémiaire (23 septembre), datée de Windecken. D'après mes calculs, vous deviez être ce jour-là à Würzburg
".

Le 27e est le 26 à Anspach, le 28 à Weissenburg, l’armée hollandaise rejoindra le 1er Corps avec ses 15 000 hommes.

Pour sa part, Napoléon arrive, depuis Boulogne, avec les autres Corps d’armée (du 2e au 7e) par le nord de la Forêt Noire, il se dirige vers Ulm.

Le 27e Régiment d’infanterie légère passe près de Nüremberg (Nürnberg) vers le 25 septembre 1805 (résidence de la famille de Marie Burgschmidt).

Il faut éviter cette ville libre et impériale qui a le statut de « Reichstadt » (ville d’Empire), ancien Burgraviat, pour des raisons de neutralité.

Le régiment atteint Eichstätt. Il passe le Danube à Ingolstadt. Les deux autres Divisions se portent vers Münich. Le 10 octobre, le 1er Corps de Bernadotte est à Pfaffen-Hoffen, l’avant-garde à Reicherhausen. Ce Corps d’armée ne participe pas à la victoire de la bataille d’Ulm. La ville capitulera le 20 octobre 1806. Exceptionnelle victoire des français.

Correspondances de Napoléon : "Le maréchal Bernadotte est arrivé à Munich le 12 octobre, à 6 heures du matin; il a fait 800 prisonniers et s'est mis à la poursuite de l'ennemi. Le prince Ferdinand se trouvait à Munich. Il parait que ce prince avait abandonné son armée de l'Iller".

Les réquisitions

"Au maréchal Bernadotte. Camp impérial d’Augsbourg, 30 vendémiaire an XIV (22 octobre 1805).
Mon Cousin, j’apprends que les ennemis ont sommé Passau. Je vous ai écrit, il y a plus de dix jours, de faire renforcer ce poste. Dites au général Deroy d’y faire filer des troupes, et faites tout ce qui est en votre pouvoir pour que la citadelle de Passau ne nous échappe pas. Il serait malheureux qu’après l’avoir conservée si longtemps nous la perdions dans un moment où elle nous sera si utile. Je serai probablement après-demain à Munich. Vous aurez su le résultat du combat de Nuremberg, où le prince Murat est arrivé à temps pour défaire entièrement l’archiduc Ferdinand, qui ne s’est échappé qu’avec très peu de monde ; les 500 chariots qu’il emmenait ont été pris
".

Le 21 octobre 1805, entre Fürth et Nürnberg, prise de 16 000 hommes par les unités de Murat.

Toute la ville de Nürnberg a été témoin de la bravoure des français. Un grand nombre de déserteurs et de fuyards des débris de l'armée autrichienne remplissent la province de Franconie, où ils commettent beaucoup de désordres. Tous les bagages de l'ennemi ont été pris (Napoléon).

Lapomarède, du 3e Bataillon, 7e Compagnie (de Castres) est nommé Caporal le 21 octobre.

Le Corps d'armée du Maréchal Bernadotte quitte Munich le 26 octobre.

Le 27e Léger ne semble pas avoir été à Nürnberg, mais il est passé à 40 kms.

Le 26 octobre, le 1er Corps occupe Sprenglbuch et Standheim. L’avant-garde est formée par le 27e Léger; elle arrive à Wasserburg. Le 28 octobre, le 2e Bataillon et les Carabiniers montent à l’assaut d’un fortin. Une méprise, entre eux, facilite la fuite des défenseurs autrichiens.

- Campagne d’Autriche de 1805 :

Forteresse Hauhenwerfen Göllingen, débouché de Lüegpass (photo auteur 2007)

Les trois Divisions entrent sans combat, fin octobre, dans Salzburg.

Le Régiment fait quelques centaines de prisonniers. Il reste six jours près de cette ville. Le Maréchal Bernadotte est arrivé le 30 octobre, à dix heures du matin, à Salzburg. L'Électeur en était parti depuis plusieurs jours. Un Corps de 6 000 hommes s'était retiré précipitamment la veille. Bernadotte est maître de Salzburg.

Batailles de Halm (Alm-Golling an der Saltzach) (1er novembre). Combat des défilés de Gölling et de Lüeg-Pass.

Le Sous-lieutenant Arnoux sera blessé.

Bulletin 16 de la Grande Armée du 2 janvier 1805 : "Au moment de son arrivée à Salzburg, le maréchal Bernadotte avait détaché le général Kellermann à la tête de son avant-garde pour poursuivre une colonne ennemie qui se retirait par le chemin de la Carinthie. Elle s'était mise à couvert derrière le fort de Lüeg-Pass dans le défilé de Gölling. Quelque forte que fût sa position, les carabiniers du 27e régiment d'infanterie légère l'attaquèrent avec impétuosité. Le général Werler fit tourner le fort, par le capitaine Campocasso, par des chemins presque impraticables. 500 hommes, dont 3 officiers, ont été faits prisonniers. La colonne ennemie, forte de 3 000 hommes, a été éparpillée dans les sommités. On y a trouvé une si grande quantité d'armes qu'on espère ramasser encore beaucoup de prisonniers. Le général Kellermann donne des éloges à la conduite du chef de bataillon Dherbez-Latour. Le général Werlé a eu son habit criblé de balles".

Pierre Moreaux, de la Meuse, sera fait Sergent le 9 brumaire an XIV pour une action d’éclat. Après avoir enfoncé la porte du fort de Lüeg-Pass, il entre le premier. Pierre Moreaux décédera en 1813 à l’hopital de Bayonne de suite de blessures.

Le 1er Corps prendra Lünbach, Linz, Ybbs et Melk. La retraite des Austro-Hongrois est générale. Ils passent entre les rivières Traum et Enns. Le 13 novembre, les Français sont à Vienne.

Le 1er Corps de Bernadotte quitte Melk, longe le Danube, arrive à Mautern. Bernadotte fait établir un pont de bateaux et passe le fleuve le 13 novembre. Le lendemain les troupes sont à Krems. Le Régiment arrive à Saint-Paulen, le 12 novembre. Le 15, le 27e est à Hollanbrun. Le 17, il arrive à Znaim en Moravie puis rejoint Budoy et Gross Meseritsch. Le 28, il est à Iglau.

Le 20 novembre, Napoléon installe son Etat-major à Brünn près d’Austerlitz, face à l’armée russe. Bernadotte reçoit l’ordre de poursuivre les forces russes, qui reculent.

Le 22, il est à Zwittau. Le 27, Bernadotte est à Iglau. Il y fait prisonnier 350 Dragons du Régiment «La Tour», et des Cuirassiers d’Höhenlohe. Puis, la Division de Drouet (27e) se rend à Deutschbrod. Bernadotte et son Corps d’armée bivouaquent, le 30, derrière Brünn.

1er Corps de Bernadotte (27e Léger)
Campagne Autriche-Moravie (Austerlitz), Nov 1805-Janv 1806

Le 1er décembre, ce corps d’armée forme le centre, avec sur son aile droite la Division Drouet. Le Régiment passe la rivière Jirzokowitz en offensive et se rend au coeur du dispositif (plateau de Pratzen). Il passe le pont de Girzikowitz.

Le Carabinier René Paumier (N° 352), né le 4 avril 1775 à Rosiers dans le Maine-et-Loire, est "porte-Aigle". Il regagnera ses foyers en juin 1814.

Austerlitz (2 décembre) : 2 Officiers blessés, un Officier tué (Moravie en Tchéquie actuelle).

J. B. Sales est Chasseur à la 6e Compagnie du 1er Bataillon du 27e Léger.

Ordre de Napoléon : "M. le maréchal Bernadotte, avec ses deux divisions d'infanterie, se portera, à sept heures du matin, sur la même position qu'occupe la division du général Caffarelli, hormis que sa gauche sera à hauteur derrière le Santon, et y restera en colonne par régiment".

La cavalerie russe attaque le 3e Bataillon du 27e par le front des Carabiniers et par le flan gauche. Puis les russes reviennent avec leur infanterie, devant les baïonnettes du 27e léger. Premier échec de la cavalerie russe. L’infanterie russe se réfugie en désordre dans le village.

"Bernadotte a détaché la division Drouet (colonel Gérard) pour contrer l'infanterie russe. C’est la première fois que ces deux corps d’élite se rencontrent".

30e Bulletin de la Grande Armée : "Les Français s'élancent, enfoncent la cavalerie russe. Une deuxième charge de cavalerie commandée par le prince Repnine s'effectue. Le colonel Morland est tué. Arrivent en renfort les grenadiers à cheval d'Ordener. La mêlée est impressionnante. La cavalerie française parvient à disperser et à refouler les chevaliers-gardes d'Alexandre, faisant un illustre prisonnier, le prince Repnine en personne, que le général Rapp, le crâne entouré d’un pansement, présentera lui-même à Napoléon. Le 27e et toute la division Drouet (94e et 95e de ligne) culbutent ceux de la garde russe. La cavalerie russe interviendra mais elle sera prise en tenaille par la division Drouet et la cavalerie de Bessières. Pendant ce temps, les trois régiments de la division Drouet refoulent l'infanterie russe, privée de la protection de la cavalerie, sur Krenovice et Austerlitz".

Le 27e occupe alors Krenowitz.

L’Empereur invitera personnellement, avant l’attaque le 27e léger à battre les Russes pour soutenir la réputation acquise en Italie (écrits du Médecin Dumas, témoin. Carnet de la sabretache).

Le Général de Brigade Maison ordonne au 1er Bataillon du 27e de poursuivre l’ennemi. Onze canons sont saisis, ainsi que des centaines de prisonniers blessés. Le Corps reste en réserve jusqu’à la fin de la bataille.

Ecrits élogieux du Chirurgien Jérôme Dumas, du 28e Léger, sur l’action du 27e Léger. Il rapporte les propos de l’Empereur : "J’ai très distinctement entendu cet hommage puisque j’étais dans le cercle : … 27e d’infanterie légère soutenez la réputation que vous avez déjà mérité en Italie … Allez la gloire vous appelle".

Ordre au Maréchal Bernadotte de poursuivre l'ennemi sur la route d'Austerlitz à Göeding.

"Soldats, je suis content de vous. Je vous ramènerai en France. Là, vous serez l'objet de mes plus tendres sollicitudes. Mon peuple vous reverra avec joie et il vous suffira de dire : j'étais à la bataille d'Austerlitz pour que l'on vous réponde : voilà un brave !" (Napoléon).

Le très bon comportement de la 2e Division Drouet est signalé, unité à laquelle appartient le 27e Léger.

Ecrits élogieux du Chirurgien Jérôme Dumas du 28e Léger sur l’action du 27e Léger

Les pertes à Austerlitz, pour le 27e sont d’un Officier, de sept Sous-officiers et hommes, tués ou blessés mortellement. D’après une autre source, certainement plus proche de la vérité, compte tenu du rôle du Régiment, 50 combattants, tous grades confondus, furent mis hors de combat.

Le Sous-lieutenant Vittet Maurice (né à Alby sur Chéran en 1776) a été tué d’un coup de feu à la poitrine ; les Sous-lieutenants Moreno-Petit et Paccard blessés.

Après Austerlitz, le 1er Corps de Bernadotte occupera la Bohême. Le Régiment sera entre Haute-Autriche et Moravie, dans les environs de Tabor, à Noël.

Le 22 décembre, les unités du 1er Corps sont entre Wittingau, Neuhaus, Gratzen (au sud de l’actuel Budweiss). Puis le retour se fait par l’Autriche et Neubourg, puis Linz le 9 janvier.

Le Régiment passe à Iglau (Moravie-Bohême) et à la mi-janvier se trouve à Budweiss (Moldavie). Il a un effectif de 79 Officiers et de 1927 hommes et Sous-officiers.

Le Chasseur Jean-Baptiste Poncin, du 1er Bataillon du 27e Léger, décèdera le 16 janvier 1806 à l’hôpital militaire de Budweis. Il était entré le 1er janvier pour une fièvre adynamique (typhus). Il est noté originaire de Vitry (Meuse). Numéro 703/118 au registre de l’unité ; il est né le 17 octobre 1767 à Stenay (?) dans la Meuse, bien décédé à Budweiss, Caporal dégradé, présent à Austerlitz.

- 1806 : Séjour en Bavière, puis campagnes de Saxe et de Prusse.

Le 27e Léger entre à Fürth le 24 février 1806

Le Régiment (colonel Charnotet) appartient toujours à la 2e Division (Général Drouet d’Erlon) du 1er Corps de Bernadotte. Il repasse en Autriche par Neubourg et Linz, entre en Bavière à Passau (12 février), continue sur Straubing et Ratisbonne, vers la Franconie (Franken).

Le Dépôt de Hameln, aux ordres du Capitaine Voirin, est fort de 3 Officiers et 187 hommes. La forteresse de Hameln sera cédée, par un accord, aux prussiens en avril. Un Dépôt se trouve à Bruges.

Du 8 au 15 février, Bernardotte (1er Corps d'armée) est à Eichstätt. Le 23 février, il est à Schwabach ; des blessés sont à l’hôpital de Gostenhof.

Vers le 13 février, conception théorique de l’enfant qui s’appellera Henri Charles Joseph Sales.

Le 15 février, les Etats-majors du 1er Corps d’armée et de sa 2e Division sont à Eichstätt; ils y resteront jusqu’à fin février. L’itinéraire du 1er Corps est donc Eischstätt, Titting (Dutting) Roth, Schwabach, Nürenberg.

Le 27e Léger passe bien à Dutting (Titting) (SHD C2474).

Le Régiment a trois Bataillons ; l’effectif présent est de 2448 hommes. 250 sont toujours dans la forteresse d’Hameln au Hanovre. 240 à Coblence (Köblentz) (Dépôt), 43 font du recrutement dans le département de Marengo. 16 sont dits « en équipage » et 84 dans les hôpitaux.

Lettre de Napoléon au Maréchal Bernadotte : "Mon Cousin, j'ai reçu votre lettre d'Anspach du 21 février. Faites insensiblement enlever les armes de Prusse, et faites-les remplacer partout par celles de Bavière; mais faites cela avec toute la décence possible. N'oubliez pas de dire, dans toutes les circonstances, toute sorte de bien du roi de Prusse; mais faites entendre, dans vos conversations, que le sort d'Anspach est irrévocablement fixé et que cette province appartient pour jamais à la Bavière. Nourrissez votre armée avec le produit des contributions ordinaires; payez votre solde, si cela est possible".

Dans les journaux locaux et l’Abeille du Nord : "Il est venu d’Eichstätdt un corps de 3000 français dans les environs de Hilpoltstein, d’Allersberg et de Neumarck. Ceux qui ont arrivés à Hipoltsein et à Allersberg, consistent en de la cavalerie détachée du corps de Bernadotte. Ils ont été envoyés là pour soulager le Pays d’EIchstädt. Le 20 février, des troupes de Bernadotte cantonneraient depuis 15 jours à Allersberg".

Le 21 février, donc, le Maréchal Bernadotte installe son poste de commandement à Ansbach (40 kms de Nürnberg). Il y restera 7 mois. Le 24, le Régiment est à Fürth. Le 2 mars, la Division est à (Vach) au nord de Fürth, à une lieue de Nürnberg (ville, notée, comme la résidence d’origine de Marie Burgschmidt). Il est confirmé que ce patronyme qui paraît courant n’est localisé qu’à et autour de Nürnberg et qu’il est très peu répandu.

La 1ère Division du Général Dupont de l’Etang garde les ponts sur le Rhin entre Köblentz et Krefeld.

Au début du mois de mai, le Régiment est à Schwabach. Le 1er juin, l’infirmerie du Régiment est à Genpratain. Les billets font état d’habitation dans les quartiers de Tafelhof et de Gostenhof.

La Division prendra Nürnberg fin juillet 1806. Après plusieurs années de combats, les soldats « soufflent »; ils pensaient, comme promis, rentrer en France, mais il n’en est rien. Nombreux sont ceux qui désertent « localement ».

Le Chasseur Françis Tharisien (N° 707), né le 30 mai 1779 à Paris, engagé volontaire, sera hospitalisé à Nürnberg le 29 juillet 1806 où il décédera le 19 septembre de fièvre.

François Blaquière (N° 1339), né en 1785 à Lisle Gaillac dans le Tarn, et Jean-Pierre Raissiguier (n° 1341), né en 1781 à Castres (Tarn), déserteront le 21 août 1806, alors que le Régiment est « aux petits soins » des habitants de Franconie … ont il vécu le parfait amour ? Pas pour longtemps pour Raissinger … il sera blessé le 6 novembre au siège de Lübeck. (Où est l’erreur le concernant ?).

Dans un courrier de Schwabach, du 31 juillet 1806, le Colonel Chardonet, commandant le 27e Léger, ordonne au Chef de Bataillon Vivien, du 3e Bataillon, de modifier ses cantonnements pour le 2 août. Les Voltigeurs se rendront à Lauf (an der Pegnitz). La 1ère Compagnie dans les villages autour de Neukirchen am Sand, la 2e autour de Hersbrück. Il n’est pas fait état des autres Compagnies. Vivien devra réunir son Bataillon sur deux points une fois par semaine et faire l’instruction. Si des Dragons du Maréchal Soult sont déjà en place, respecter leurs positions.

Dans un courrier de Nuremberg du 14 septembre, le Colonel Charnotet ordonne au Chef de Bataillon Vivien, commandant le 3e Bataillon, de faire un état des personnes hors d'état de faire la campagne et de les réunir pour se rendre au Dépôt pour le 16 septembre. Il devra laisser les meilleures armes à ceux qui restent. Les cadres du Bataillon se rendront à Anspach et seront sous les ordres du Major Combel. Vivien devra, avec son Etat-major (Mouret, Allaire, Laugier, Capitaines et Sous-lieutenants). Tous les autres Officiers restent pour remplacer les absents, les Compagnies de Voltigeurs et de Carabiniers restent aussi, elles seront réunies au 1er et 2e Bataillons. Ceux non répertoriées inaptes resteront dans leurs cantonnements jusqu’à nouvel ordre.

Le 1er Bataillon du 27e léger est commandé par le Chef de Bataillon Joseph Vivien (736 hommes), il est à Nürnberg, ainsi que le 2e commandé par le Chef de Bataillon Desbestatour (630 hommes). Le 3e, aux ordres du Chef de Bataillon Comminer ( ?) est à Hersbrück, Herspeuch (495 hommes). Le Dépôt à Aix-la-chapelle (Aachen - 25e Division militaire) a un effectif de 252 hommes, il attends les recrues de Marengo (département italien) (SHDus180610, C2474).

Le Major est Ronzler, le Quartier-maître trésorier Charratier.

Le 18 septembre 1806, la 2e Division est à Fürth, aux ordres du Général de Division Drouet d’Erlon, il est assisté des deux Généraux de Brigade Dumoulin et Frère.

Parade d’un Régiment d’infanterie légère (tableau Gasthaus Alte Küche Nürnberg 2006).

Lettre de l’Empereur de Saint-Cloud à son Ministre Berthier, 5 septembre 1806 : "Mon Cousin, les nouvelles circonstances de l'Europe me portent à penser sérieusement à la situation de mes armées. J'ai déjà levé 50,000 hommes de la conscription de 1806, qui s'opère avec facilité, et ils sont en marche. Mon intention est de faire marcher, sous peu de jours, les 30,000 hommes de la réserve. Les six régiments du maréchal Bernadotte ont chacun trois bataillons. Donnez ordre qu'ils renvoient à leurs dépôts les cadres des 3e bataillons avec les majors, après avoir complété les deux premiers bataillons à 140 hommes par compagnie. L'existence de ces cadres est nécessaire pour recevoir les nouveaux conscrits que je vais lever".

Les deux Bataillons de guerre, après regroupement, seront commandés respectivement par les Chefs de Bataillon Vivien et Derbez-Latour, les deux à Nürnberg ; et le 3e à Hersbruch, aux ordres de Comminet, sera dissout. Le Capitaine Laugier prend la 6e Compagnie du 2e bataillon; en septembre, il est à 48 kms au nord de Nuremberg sur la Pegnitz (Velden ?). Le 19 septembre, Bernadotte est à Bayreuth et Cobourg. Le Régiment passe le mois de septembre au nord de Nürnberg (Hersbrück, Velden, Auerbach sur la Pegnitz). Le 20 septembre, Bernadotte se trouve entre Bamberg et Kronach, face à Saalburg. Le 27e est dans la Division du Général Drouet.

Mayence, 29 septembre 1806 : "Au maréchal Berthier. Mon Cousin, mon intention a été de réunir le 1er corps de la Grande Armée à Nuremberg. Cependant j'ai vérifié sur mes minutes, et il est vrai que je vous ai écrit à Bamberg. En conséquence donnez ordre au corps du maréchal Ney de presser sa marche pour être réuni le 3 octobre à Nuremberg, au lieu d'Anspach. Donnez ordre à toutes les divisions de cavalerie, qui sont restées en arrière, de continuer leur marche pour prendre leurs positions depuis Würzburg jusqu'à Lichtenfels. Napoléon".

- Déclenchement de l’offensive vers la Saxe.

Les Français à Leipzig; peinture de C. G. H. Geissler.

Le 1er octobre, le Régiment est aux environs de Förcheim entre Nürnberg et Bamberg. Il s’installe au nord de Bamberg, du côté de Kronach. Il y forme l’avant-garde de l’armée face à la menace de la Prusse. Napoléon prend les devants et déclenche l’offensive vers le nord.

Itinéraire : traversée du Frankenland (Franconie), Kronach, Labenstein, Saalburg,

"Würzburg, 5 octobre 1806. Napoléon au maréchal Bernadotte.
Je n'ai laissé votre corps d'armée qu'à deux divisions, parce je voulais vous donner l'armée bavaroise; mais, d'après le désir que vous m'avez manifesté de ne plus avoir ce corps sous vos ordres, j'en ai disposé autrement, et j'ai ordonné que la division Dupont, forte de 7 500 hommes présents sous les armes, avec huit pièces de canon, passât sous votre commandement. Cette division sera le 6 à Bamberg. Vous lui ferez connaître la position qu'elle doit occuper en la cantonnant sans délai près Lichtenfels et Kronach
".

Le 1er Corps comprend six Régiments d’infanterie, dont le 27e léger, et quatre de cavalerie. Le 8 octobre, Murat est à Saalfeld. Le 27e dégage la ville avec l’aide de cavaliers et de l’artillerie.

- Combat à Schleiz (9 octobre - un Officier tué, nombreuses pertes du 27e Léger).

Engagement du 27e Léger (2 Compagnies et 1er Bataillon).

Le 1er Corps du Maréchal Bernadotte est engagé. Sa 3e Division d’infanterie est commandée par le Général Drouet d’Erlon (5 978 hommes). Dans cette Division, la 1ère Brigade (Généraux Maison et Frère) se trouve le 27e Léger, aux ordres du Colonel Chanotet (1er et 2e Bataillons engagés).

Juste avant la tombée de la nuit, quatre Compagnies d’infanterie légère françaises sont attaquées, dans une vaste plaine, par un Régiment de Hussards prussiens. Dès lors, les Français se forment en carrés, ils repoussent l’attaque et tuent, par l’intermédiaire de feux de mousqueterie, 200 cavaliers prussiens. Le Maréchal Murat allait être fait prisonnier ou tué, la 1ère Compagnie de Voltigeurs du 27e le dégage (Bulletin de la Grande Armée).

Note : normalement la 1ère était composée de Carabiniers.

A l’entrée du village, le Capitaine Campocasso (héros d’Italie et de Lüeg-pass) est tué, 200 prussiens sont faits prisonniers par le Régiment.

Cette première bataille se termine à l’avantage des Français. Les Prusso-Saxons déplorent la perte de 400 soldats tués, 300 prisonniers et trois canons perdus.

9 octobre : Bernadotte enlève le pont de Saalburg face à un millier de Prussiens.

Bulletin de la Grande Armée : "Après avoir franchi la Saale à Saalburg, Bernadotte et la cavalerie de Murat engagent le premier combat de la campagne de 1806 contre un petit corps prussien de 6000 hommes, du corps de Hohenhole, commandé par Tauenzien. Ce corps est écrasé à Schleiz par deux brigades de la division Drouet et grâce à la tenue de la brigade du général Maison. Le prince Louis de Prusse (neveu de Frédéric le Grand) est tué par le maréchal des logis du 10e régiment de hussards, nommé Guindey. Ce hussard, qu’il blessa, le somma de se rendre, en vain, avant de le tuer d’un coup de sabre".

Note : "La symphonie héroïque pour un héros", de Beethoven, en est le thème.

Le Régiment se déplace de Auma à Géra.

"Hier 11 octobre 1806, en passant à Gera (près Iéna) devant le 27e régiment d'infanterie légère, l'Empereur a chargé le colonel de témoigner sa satisfaction à ce régiment sur sa bonne conduite.
Dans tous ces combats, nous n'avons à regretter aucun officier de marque; le plus élevé en grade est le capitaine Campocasso, 27e d'infanterie légère, brave et loyal officier. Nous n'avons eu que 40 tués et 60 blessés
" (Bulletin de la Grande Armée).

Le 12, Bernadotte s’installe à Zeitz et Drouet à Minwish, à 3 lieues de là, sur la route de Naumburg.

- Iéna (14 octobre 1806).

Bien que parfois cité, le 27e, dans le Corps du Maréchal Bernadotte, n’était qu’en marge des combats d’Iéna, d’Auerstaed et d’Hassenhaussen, au grand dam de Napoléon qui en a fait reproche au Maréchal. Il l’accuse de s’être tenu à l’écart. Le 1er Corps de Bernadotte est en flanc-garde à l’est d’Iéna (Itinéraire Crossen, Naumbourg).

- Combat de Halle (17 octobre 1806 - un Officier et de nombreux soldats tués).

Lancées à la poursuite de l’armée prussienne en déroute, les troupes de Bernadotte attaquent Halle que défendent 20 000 Prussiens. La vigueur de l’offensive de la Division Dupont démoralise l’adversaire qui se replie après avoir perdu le quart de ses effectifs. Le Corps du Prince de Würtemberg est battu.

La Division Tilly vient à l’appui de Drouet qui doit traverser la Saale au pont de Halle. Le 27e, au sein de la Division Drouet, soutenu par la Division Rivaud, continue son mouvement offensif, bat la charge et attaque les Prussiens à la baïonnette. Ces derniers le somment de se rendre. Mais les deux autres Régiments (94e et 95e) chargent à leur tour. Les deux mille Prussiens se rendent (Régiment de Tergost). La rive droite de la Saale est ouverte jusqu’à Magdeburg. Le Capitaine Therme et l’Adjudant-major du 2e Bataillon sont tués.

Le Grand-duc de Berg (Maréchal Murat) est arrivé à Halberstadt le 19. Le 20, il a inondé toute la plaine de Magdebourg par sa cavalerie. Les troupes ennemies, les détachements isolés, les hommes perdus, seront pris au moment où ils se présenteront pour entrer dans la place.

Dans le même temps, le 19, Davout traverse Quedlinburg (même territoire que Hoym), il se dirige sur Grappenstadt (n.l), et l’Elbe. Le 20 octobre, Bernadotte est à Alsleben. Sa cavalerie à Ascherleben. La Division Rivaud y arrive dans la journée. Le 21, Bernadotte occupe Güsten, Stassfurt puis Egeln. La 3e Division (avec le 27e Léger) est à Gnölbzig le 20 octobre et se porte sur München-Nienburg (24 kms). L’ennemi est aux ordres du Major Tschammer, le Roi de Prusse s’est retiré sur Magdeburg. Murat occupe Halberstadt avec 2000 cavaliers et 200 hommes de l’infanterie (unité à déterminer).

A l’arrivée des avant-gardes françaises, dont le 27e Léger, l’abbesse de Quedlinburg (Princesse de Suède) demande une "sauvegarde" pour la protection des domaines princiers de Quedlinburg au premier Général qui arrive (lettre de son intendant Motzer du 19). Il en est de même pour les Duchesses de Saxe-Gotha et d’Anhalt, filles de l’Electeur de Hesse (lettre du 21 de Talleyrand à Napoléon).

Une unité française est chargée de protéger ces états contre la Prusse et les brigands déserteurs prussiens.

Le Chasseur Jean-Baptiste Sales est affecté pour un temps à la maison princière de Hoym.

Le reste du Régiment progresse et campe entre le Hanovre et le Brandebourg, dans la région de Perleberg (130 kms au nord-ouest de Berlin).

Le 22 octobre, Drouet est à Barby, le 25 à Brandenburg.

Note : Le 27 octobre, Napoléon entre dans Berlin. Magdebourg est assiégé par le Maréchal Ney.

Itinéraire du 1er Corps : Lac de Havel, Kremmen, Oranienburg, Grandsee, Fürstenberg, Neu-Brandeburg, Waren, Alt Schwerin, Schewerin (accrochage avec l’arrière-garde des Prussiens de Blücher à Gadebuch).

Le Régiment en plaine, est formé en deux carrés avec ses deux Bataillons. Il bloque les Dragons prussiens. Les deux Compagnies de Voltigeurs sortent des carrés pour protéger le Maréchal Bernadotte qui allait être pris. Bernadotte, ayant reproché la lenteur des troupes d’infanterie quelques instants avant, fait amende honorable.

- Lübeck (6 novembre - 3 O fficiers tués, 12 Officiers blessés, ainsi que de très nombreux hommes).

Le 4 novembre, le Corps d’armée prit position à Grevismühlen; le Prince de Ponte-Corvo (Bernadotte) culbuta l'arrière-garde; mais il ne put entamer ce Corps, parce qu'il n'avait que 600 hommes de cavalerie et que celle de l'ennemi était beaucoup plus forte. Le Général Watier a fait dans cette affaire de très belles charges, soutenu par les Généraux Pacthod et Maison, avec le 27e Régiment d'infanterie légère et le 8e de Ligne. "Le général Drouet, à la tête du 27e régiment d'infanterie légère et des 94e et 95e régiments, aborda les batteries avec ce sang-froid, cette intrépidité, qui appartient aux troupes françaises. Les portes sont aussitôt enfoncées, les bastions escaladés, l'ennemi mis en fuite, et le corps du prince de Ponte-Corvo entre par la porte de la Trave" (Bulletin de la Grande Armée).

Le 27e paie un très lourd tribut à Lübeck. Le Régiment a 150 hommes hors de combat dont les deux tiers vont mourir.

Un Capitaine des Carabiniers et deux Lieutenants sont tués (Capitaine Marion; Lieutenants Michel et Bourillon). Le Chef de Bataillon d’Herbez-Latour, les Capitaines Pautirer, Garcin,Maurin, Lapique, Durande, Lézy et les Lieutenants Abraham, Godefroy, Denneville, Mullon, Ronde sont blessés.

Les Prussiens et les deux Régiments suédois sont faits prisonniers.

Lasalle Jean (n°421), né le 28 mai 1778 à Anglet, fils de Pierre et de Catherine Irigoyen, ancien Caporal ayant renoncé à son grade, est tué d’un coup de feu à Lübeck. Il avait participé aux campagnes des ans VII à XIV et à Austerlitz.

Le Caporal Lapomarède (de Castres) est blessé d’un coup de biscaïen (boulet) au bras droit, il est nommé Sergent le 25 novembre 1806.

Le Corps d’armée s’installe entre le Lauenburg (Hanovre) et le Mecklemburg. Deux Compagnies du 1er Bataillon sont à Zarenti, puis vont à Travenmüde dans le Schleswig- Holstein. Le 7 novembre, la Division de Drouet est à Schwartau. Le 27e, qui marche en tête, rencontre les arrières-gardes prussiennes à une demi-lieue de Lübeck. La Division y fait 1 500 prisonniers. Le 6 novembre, près de Ratkau, un Chasseur du 27e capture le Général Blücher, isolé dans un chemin de traverse, qui essaie de l’intimider par des paroles. Ce Gascon ne se laisse pas intimider et le conduit à son Colonel Charnotet. Blücher sera libéré peu de temps après en échange du Général Victor, prisonnier. La présence de Blücher sera décisive en 1815 à Waterloo et le Prince Guillaume de Brünswick. Le 13 novembre, le 2e Bataillon est à Berlin. Il se porte sur Frankfürt-am-Oder.

Le 15 novembre, le 1er Corps d’armée est à Lübeck. La 3e Division a son Etat-major à Boitzenburg. Le 27e Léger a son 1er Bataillon à Wittenburg (832 hommes), le 2e aux environs (739 hommes). Les hôpitaux de la région hébergent 298 hommes. Le Dépôt dispose de 438 hommes à Aix-la-chapelle; deux Officiers et 137 hommes sont à Wesel près de Hameln.

Dès le 15 octobre 1806, par Décret impérial de Iéna, l’Empereur taxera les états de l’Electeur de Saxe, les Duchés et Principautés qui ont participé à la guerre aux côtés des Prussiens, pour un total de 159 millions de francs. Les Princes de Anhalt (Bernburg, Quelinburg, Hoym), neutres, ne paieront point de contribution.

- Siège de Magdeburg (20 octobre – 11 novembre 1806)

Le Général Kleist et la garnison de Magdeburg (25 000 hommes) sont assiégés à partir du 20 octobre 1806 par Soult, puis par Ney qui ne dispose que de 18 000 soldats. Le 4 novembre, la garnison fait une tentative de sortie, et finit par capituler pour éviter un bombardement de la ville.

13 novembre 1806 : naissance de Heinrich Bernard Carl Joseph Sales, enfant du « sauvegarde » (Jean-Baptiste) Joseph Sales, dit Lasalle, du 27e Bataillon d’infanterie légère, 6e Compagnie, et de Marie (Elena) Burgschmidt de Nürnberg (Nuremberg), dite Porschmidt, à Hoym (à 40 km de Magdeburg). Il sera baptisé le 17 dans la maison princière (Archives presbytériennes). Les témoins seront l’Intendant suédois de la maison princière, les administrateurs, leur fille et épouse. Quelques temps avant est né dans cette même pièce la Princesse Adélaïde von Anhalt-Bernburg. Après avoir vécu, en Allemagne puis à Lautrec, il sera incorporé en 1828 soldat, Brigadier, puis Maréchal des logis jusqu’en 1836 au 11e Dragons (Stenay, Toul) puis au 6e Hussard. Il vivra à Agen (menuisier), s’y mariera deux fois. Il décédera à Bayonne en 1889, à l’âge de 83 ans, chez son frère Jean-Pierre. Il était veuf d’une troisième épouse, Marie Lacombe (non identifiée). Marie (Lena, Barbara) Burgschmidt est née le 27 mai 1782 à Nürnberg, fille de Georg Jacob et de Maria MagdaLena Wolf. Confirmation dans une paroisse luthérienne en 1796 à Nürnberg (Maria Barbara). Elle suivra désormais le Régiment, certainement comme blanchisseuse, parmi les femmes « autorisées » du 1er Corps.

Acte de naissance et de baptême de Henri Charles Joseph SALES, à Hoym (AnhaltBernburg) les 13 et 17 novembre 1806. Fils du Sauvegarde Joseph Lasalle du 27e Bataillon d’infanterie légère et de Marie Burgschmidt de Nürnberg.
Il fera carrière au 11e Dragons puis au 6e Hussards sans connaitre sa vraie date de naissance.
Son frère Pierre sera à la conquête de l’Algérie en 1841, de même le frère Jacques qui sera dans la marine …
(1) surnom de Jean-Baptiste Joseph Sales né en 1783 à Lautrec canton de Castres.
(2) Cammerath est un intendant de la maison princière, il est suédois.
(3) Amtmann et Amtstratin sont des titres d’ "officiels".
(4) Cet enfant vivra 83 ans il décédera à Bayonne en 1889 chez son frère. Il aura été soldat au 11e Régiment de Dragons (1827). Il ne saura jamais sa ville et date de naissance dont l’acte est ci-dessus.

- Campagne de Pologne.

Note : Après l’Autriche et la Prusse, battues, il reste dans la coalition la Russie et l’Angleterre avec toutes leurs forces intactes. C’est pourquoi Napoléon marche sur la Pologne, pour la «libérer» des russes. Ceux-ci arrivent avec 60 000 hommes sur Varsovie, et 40 000 suivent à quelques jours.

Après Frankfürt-am-Oder, le Régiment se dirige sur Posen (Poznan). L’Empereur est présent.

Le Capitaine Lapigue commande les Carabiniers d’un des Bataillons.

Le Régiment passe à Guesna, puis à Thorn (Torun) sur la Vistule, le 6 décembre.

"Noël se passe avec du pain et de l’eau, même pour les officiers" (Cahiers du Capitaine Laugier).

Planques Jean Chrysotome, Carabinier, de Lauragais (24 ans), est décédé le 2 février 1807, à l’hôpital de Thorn.

Le Capitaine Collet de Lille est présent au Régiment. Le 29 décembre, le Régiment est à Mlawa.

Le 1er Corps de Bernadotte prend le poste russe de Biezn sur la rivière Ukra (Wkra), puis va à Ciechanow. Trop éloigné, le Régiment ne participe pas aux combats de Golymin et Pultusk en Pologne (26 décembre 1806). Le Corps d’armée de Bernadotte est en flanc-garde au Nord.

Le Régiment appartient au 1er Corps d’armée de Bernadotte, 3e Division du Général Drouet (aidé des Généraux Werlé et Frère). Il est aux ordres du Colonel Chardotet (deux Bataillons). Son effectif est de 53 Officiers, 1264 Sous-officiers et hommes de troupe. Les détachés sont 130 (seraient- ils à Hoym ?). Dans les divers hôpitaux, on en compte 350. Le 3e Bataillon est celui de Dépôt. Un détachement de 1 Officier et 102 hommes du Dépôt d’Aix-la Chapelle, a franchi le Rhin à Mayence le 3 novembre. Il rejoindra les Bataillons de combat avant la campagne de Pologne. Le 30 novembre, 79 hommes sont détachés à Stettin (Szczecin) à cette époque en Prusse. Le 29 décembre, le 1er Corps occupe Chorzellen, Soldau, Mlawa.

Note : on trouve par ailleurs le 1er Bataillon d’élite, formé des Compagnies d’élite des 27e Léger, 94e et 95e de Ligne, et le 2e Bataillon formé avec celles des 8e, 45e, 54e de Ligne. Ces deux Bataillons constituent le 1er Régiment (provisoire) de la Brigade Ruffin, du Corps (dit de Réserve) du Général Oudinot (voir 3e partie).

Les Français à Leipzig en 1806 (Fusilier de l’infanterie de ligne, cantinière et enfant).

- 1807.

Le 11 janvier, le Régiment part pour la Grande Pologne, vers la forteresse de Graudenz (Grudziadz). Le 2e Bataillon en avant-garde, près de Christburg (Dzierzgon), est attaqué par une unité qui fait une sortie hors de la citadelle. Le Bataillon fait 200 prisonniers. Le 17, il est à Christburg.

- Combat de Mohrungen (Vistule) - 25 janvier 1807 (3 officiers blessés)

Alors que l’armée française a pris ses quartiers d’hiver, Bennigsen décide de prendre l’offensive. Après avoir battu Ney, qui s’est aventuré imprudemment à Heilsberg (18 janvier), les Russes s’en prennent à Bernadotte et à l’aile gauche de la Grande Armée à Mohrungen. Bernadotte perd ses bagages, mais parvient à échapper à un ennemi très supérieur en nombre.

Les renforts russes, 50 000 hommes avec Buxhovden et 30 000 de la Garde impériale russe, étant arrivés, Bennigsen dispose alors de 140 000 hommes en Pologne et se résout à passer à l'offensive en attaquant le Corps du Maréchal Bernadotte, situé au nord du dispositif français et après l'avoir défait, à s'engager dans les arrières des Français.

Cependant, Bernadotte réagit promptement en prenant l'offensive à Mohrungen, le 25 janvier 1807, ce qui permet de dégager son Corps d'armée, face à des forces deux fois supérieures en nombre. Le 27e, formé en ligne sur ordre de Bernadotte, attaque les Russes sur les hauteurs de Mohrungen.

Les hommes ne font feu qu’à bout portant. Ils sèment l’effroi chez les Russes qui cèdent. Bien que blessé à la gorge, le Maréchal Bernadotte donne ses ordres en direct. Les Russes ont 2 000 hommes hors de combat, contre 800 chez les Français. Le Régiment s’installe dans un village nommé Strasburg.

Note : Le soldat Jean-Baptiste Jacquier de Moutiers (Doubs), arrivé au 27e Léger le 13 novembre 1803 (n° 1806 au Registre du Corps), soldat du 1er Bataillon, 7e Compagnie, sera blessé à la main à Morhungen. Les Sous-lieutenants Barh, Martin, Paccard seront blessés.

Le petit Dépôt du Régiment est à Thorn (ville de Pologne), le grand Dépôt à Aix-la-chapelle.

- Bataille d’Eylau (Bragationsk) - 8 février 1807.

Le 1er Corps de Bernadotte n’y participe pas. En mars, il s’installe sur la basse Passarge, de son embouchure jusqu’à Spanden. Il occupe Braunsberg, Saalfeld et Preussich-holland. Il est face aux Prussiens de Lestocq.

Le 14 avril 1807, il est remis 18 légions d’honneur aux hommes du Régiment, dont une au Sergent Lasalle (non identifié sur le registre, s’agit-il du surnom de Sales ?).

Le 6 mai, le Régiment est à la prise de l’île de Holm qui est le verrou de Dantzig. La mission de prendre l’île est confiée à la Division Drouet. Plus de 1500 Russes, 200 Prussiens et 30 pièces seront pris. Le 24 mai, la Division occupe Dantzig. Le 27 mai, Napoléon entre dans Dantzig (Gdansk), pris par le Maréchal Lefebvre (4e Corps) soutenu par Mortier (8e Corps).

Le Régiment passe aux ordres du Colonel Clément Jean Etienne Lacoste (30 mars).

Le 14 mai 1807, le Chasseur Joseph Fontaine, originaire de Bruxelles, est condamné pour désertion à 12 ans de boulets; on en retrouve cependant au Régiment en 1810, originaire de Bruxelles et un autre qui sera prisonnier de guerre le 15 mars 1807.

- Spanden (5 juin). Combat de la rivière Passarge (deux Officiers blessés).

L’ordre fut donné au 27e Léger de se maintenir jusqu’à la dernière extrémité, et de périr même, pour maintenir le passage de la tête de pont.

Le 5 juin, l'armée russe se mit en mouvement. Ses Divisions de droite attaquèrent la tête de pont de Spanden, que le Général Frère défendait avec le 27e Régiment d'infanterie légère. Douze Régiments russes et prussiens firent de vains efforts ; sept fois ils les renouvelèrent, et sept fois ils furent repoussés par le 27e. Cependant, le Prince de Ponte-Corvo avait réuni son Corps d'armée; mais, avant qu'il pût déboucher, une seule charge du 17e de Dragons, faite immédiatement après le septième assaut donné à la tête de pont, avait forcé l'ennemi à abandonner le champ de bataille et à battre en retraite. Ainsi, pendant tout un jour, deux Divisions ont attaqué sans succès un Régiment qui, à la vérité, était retranché (Bulletin 78 de la Grande Armée du 12 juin).

"Dans la campagne de Pologne, le général Georges Frère, fut chargé de défendre le passage important du pont de Spanden, sur la Passarge ; sept fois la droite des alliés, forte de dix mille hommes, marcha sur les retranchements, et sept fois elle en fut repoussée par le général Frère qui n'avait avec lui que le 27e régiment d'infanterie légère et quatre pièces de canon. Cette glorieuse défense qui coûta à l'ennemi plus de mille hommes, eut lieu le 5 juin 1807 et fut un des plus brillants faits d'armes de la campagne. Le général Frère reçut l'année suivante le titre de comte de l'Empire, la croix de commandeur, le grade de général de division et un commandement en Espagne" (Wikipédia).

Bernadotte, blessé, cède le 1er Corps au Général Dupont.

Le Chasseur Igounet (1er Bataillon 6ème Compagnie, comme Sales J. B.), né en 1780 ( ?) à Saux (Graulhet ?) dans le Tarn, sera blessé à la redoute de Spanden le 5 juin. Il se noiera le 20 août 1807 dans le chavirage d’une barque en traversant l’Oder près d’Oderberg.

Le Capitaine Moulet sera blessé.

Le 7 juillet 1807, le Préfet du département de Marengo (Italie) Jules Robert adressera aux maires un placard relatif au combat de Spanden où "le 27e régiment d’infanterie légère a repoussé, sept fois, douze régiments russes qui voulaient s’emparer des ouvrages qui défendaient le pont de cette ville". Il a suivi : "Pères de famille de Marengo, félicitez-vous de la nouvelle gloire que vos enfants viennent d’acquérir …".

Ce Régiment avait reçu en l’An XII 550 piémontais.

Le 1er Corps d’armée passe au Maréchal Victor, qui est fait prisonnier, il est échangé contre Blücher.

Le Régiment est divisé en deux unités :
- le Régiment proprement dit, qui garde l’appellation 27e.
- les Compagnies d’élite (Carabiniers et Voltigeurs), lesquelles sont mises à la disposition de la Division du Général Oudinot dite "les Grenadiers réunis du Général Oudinot". Ces Compagnies d’élite (voir partie 3) sont dans des unités particulières, à savoir :
Au 10 janvier 1807. 1ère Brigade Ruffin, 1er Régiment, 1er Bataillon Trahier : 1ère Compagnie (Carabiniers du 27e); 2e Compagnie (Voltigeurs du 27e).
Au 1er juin 1807, le 1er Régiment de cette Division comprend à la 1ère Brigade Ruffin : le 1er Bataillon (Chef de Bataillon Launier) avec dans sa 6e Compagnie, issue du 27e Léger : 3 Officiers, 73 Carabiniers; le 2e Bataillon (Chef de Bataillon Broyer) dispose, dans sa 6e Compagnie, du 27e Léger avec 3 Officiers, 76 Voltigeurs.

- Friedland (14 juin). Enclave de Kaliningrad, de nos jours Pravdinsk (1 Officier tué, 4 Officiers blessés, 10 blessés).

Le 27e Léger est à la Brigade Frère, Division Villatte. Le 1er Corps d’armée est passé de Bernadotte à Victor. L’ensemble de l’artillerie creuse de terribles sillons dans les rangs des maigres bataillons russes. La deuxième attaque française approche, les Russes serrent les rangs, et comme un seul homme, les troupes du Général Victor ainsi que celles des Divisions de Dragon Lahoussaye et Latour-Maubourg se jettent sur le centre droit russe. L’avant-garde du Général Markov prend les devants et décide subitement de débuter un repli stratégique.

Outre le Régiment ci-dessus cité, les Carabiniers détachés aux Grenadiers sont dans le 1er Provisoire de la Brigade Ruffin du Corps d’Oudinot. La bataille de Friedland est terminée. Les pertes russes sont énormes : probablement 12000 hommes et 80 canons. Mais Napoléon a perdu 8 000 soldats.

Le Sous-lieutenant Dollé est tué. Le Capitaine Gastinet et les Lieutenants et Sous-lieutenants Boissier et Villabrun blesssés ; (Entre autres) : le Sous-officier Jean Prost de Verneuil (Cher), né le 24 décembre 1792, ex-Allobroges, sera blessé.

Le 12 juillet 1807, Napoléon écrit, depuis Königsberg :"Le corps de M. le maréchal Bernadotte, aux ordres du général Victor, sera dirigé en droite ligne sur Spandau, où il tiendra garnison sur les Etats de Prusse, à la droite de l’Elbe, et où il sera à portée de la Poméranie suédoise, c’est à dire de Prenzlow et de Pasewalk".

Le Chasseur Pierre Lasalle (n° 434), né le 8 mars 1771 à Castets (Landes), fis de Jean et de Marie Carrère, sera admis à l’hôpital le 29 juillet 1807. Il sera rayé des contrôles quelques mois plus tard.

Incorporation du soldat Philibert-Flore Carel, né à Troyes le 7 mai 1789; Caporal fourrier dès le 21 juin, il se distinguera à la campagne de Prusse. Nommé à la campagne d’Autriche Sergent le 1er juin 1809, Sous-lieutenant le 14 du même mois, il quittera le Régiment. Blessé à Volhynie en Ukraine. Il sera nommé Général en 1846. Il décèdera en 1859.

Le 20 août 1807, le Régiment traverse l’Oder à Aberberg.

Le 11 novembre 1807, Napoléon écrit, depuis Fontainebleau : "Le quatrième commandement comprendra les pays situés entre l’Oder et l’Elbe. Le maréchal Victor aura ce commandement. Il y aura là le 1er corps et les trois divisions de grosse cavalerie".

- 1808.

Trois correspondances de l’Empereur :

1) Le 12 janvier 1808 : "Le maréchal Kellermann a 6 000 hommes qui attendent des récompenses militaires; je désirerais savoir ce qui s'oppose à ce que l'on se débarrasse de ces hommes (en leur donnant satisfaction). Je vois dans les états de situation des gouvernements militaires que vous portez des détachements sans dire à quel corps ils appartiennent. J'ai dissout, je crois, tous les régiments provisoires, de sorte que je ne sais pas par quelle raison ces détachements se trouvent là. Je vois bien pourquoi le bataillon du 17e s'y trouve, c'est pour la garnison de Hameln (sud-ouest de Hanovre); c'est un corps entier; le 44e également; mais je ne vois pas pourquoi il y a 258 hommes du 27e léger. Le pays de Hanau (banlieue-est de Frankfurt) étant dans le commandement du maréchal Kellermann, il y fait des changements de troupes qu'il tire de l'armée de réserve".

2) Le 29 janvier 1808 : "Le ministre de la guerre prie l’Empereur de se prononcer sur l’offre de démission faite par le sieur H… qui a abandonné son poste alors que le 27e léger était sous Heilsberg (un Heilsberg est localisé près de Iéna). Réponse : le faire arrêter et juger par une commission comme lâche" (rapporté par Bretonne).

3) Le 22 février. "… Quant au 1er corps, les 8e et 32e de ligne, les 45e, 54e, 63e, 94e, 95e et 96e, les 9e et 27e légers garderont tout leur monde; mais si le 24e a actuellement vingt-sept compagnies à l'armée, il gardera quatre bataillons pleins et renverra les cadres des trois dernières compagnies du 3e bataillon actuel au dépôt".

"Saint-Cloud, 24 mars 1808. Au maréchal Berthier. Mon Cousin, donnez l’ordre aux maréchaux Victor, Soult, Davout et Mortier de se préparer, au premier ordre qu’ils recevront, à faire camper leurs corps par divisions, et de vous faire connaître le lieu où sera tracé le camp de chaque division, en vous en envoyant le croquis, afin qu’à la réception de leurs projets j’en ordonne la mise à exécution. On ne doit point camper sans mon ordre ; mais il est probable que je l’enverrai avant le mois de mai ; en attendant, on doit tout préparer. Les trois divisions du 1er corps camperont en Prusse".

Note de l’Empereur du 20 mai : "Le 27e léger est au 1er corps de la grande armée avec 2243 hommes et 157 détachés, malades soit 2500" ; "FAUX, (Napoléon), cela fait 2400 ( !)". En théorie, les Régiments devraient avoir 2520 hommes avec des Compagnies à 140, soit 18 en 3 ou 4 Bataillons (certainement 3 + 1 de Dépôt) (Correspondance de Napoléon). Le Décret du 18 février 1808 modifiera les structures de l’Infanterie.

Avant ce décret, le 27e disposait de 2 Bataillons de combat à 8 Compagnies (par l’absorption du 3e en 1806) et d’un nouveau Bataillon de Dépôt peu à peu monté en puissance à 8 ou 10 Compagnies. De plus, il faut ajouter les Compagnies à la disposition des Grenadiers Réunis d’Oudinot.

Le 1er Bataillon sera formé de 6 Compagnies en trois divisions (sous regroupement tactique) :
- 1ère division : Compagnie de Carabiniers et 3e compagnie (anciennes Compagnies du 1er Bataillon, Carabiniers (2e ?) et 3e Compagnie).
- 2ième division : 1ère Compagnie et 4e Compagnies (anciennes 1ère et 4e du 1er Bataillon).
- 3ième division : 2e et Compagnie de Voltigeurs (anciennes 5e du 1er Bataillon et Compagnie de voltigeurs du 1er).
Le 2e Bataillon de même :
- 1ère division : Carabiniers et 3e du 2e Bataillon, même appellations.
- 2e division : 1ère et 4e issues des 3e et 4e du 2e Bataillon ancien.
- 3e division : 2e et Compagnies de Voltigeurs issues des 5e et Voltigeurs du 2e bataillon.
Le 3ème Bataillon de même :
- 1ère division : Carabiniers et 3e Compagnie, ces Compagnies sont issues de la 3e Compagnie de Grenadiers (6e du 1er ou/et Grenadiers d’Oudinot ?) et de la 8e du 2e Bataillon.
- 2e division : 1ère et 4e Compagnies, issues de la 6e du 2e Bataillon et de la 7e du 1er Bataillon.
- 3e division : 2e Compagnie et Compagnie de Voltigeurs, issues de la 7e Compagnie du 2e Bataillon et des Voltigeurs (nouvelle unité).
Le 4e Bataillon sera formé avec la 3e de Carabiniers (du 3e Bataillon ?), quatre Compagnies du 3e Bataillon, et la 3e Compagnie de Voltigeurs (ex-3e Bataillon ?).
Le 5e Bataillon sera formé avec les trois dernières Compagnies du 3e Bataillon.

Cette formation a été difficile à mettre sur pied (voir les annexes), d’autant qu’un Bataillon, appelé parfois 4e, est en Espagne au Corps d’Observation des Côtes de l’Océan (voir deuxième partie).

L’effectif des 1er et 2e Bataillons étaient de 2383, cet effectif servira en fait à créer les nouveaux 1er, 2e et 3e Bataillon (2383).

Le 3 mars 1808, le soldat Jean Gérard, de la 1ère Compagnie du 2e Bataillon (27ans et demie), né à Auxerre de Bourgogne, est tué d’un coup de sabre par un de ses camarades lors d’une rixe ; il est le 5e du mois; il est enterré par ses camarades à Keller près de Lindow-Mark (Brandeburg), (registre paroisse protestante de Keller) (source Genemil).

L’essentiel du 27e est toujours en Prusse, hormis le Dépôt principal.

Le couple Jean-Baptiste Sales et son épouse Marie née Burgschmidt restera en Allemagne. A signaler que Sales étant porté à la 6e Compagnie du 1er Bataillon du 27e, celle-ci est qualifiée de 3e de Carabiniers. Les Carabiniers ne rejoindront point l’Espagne en août 1808.

Il en est de même du Sergent Lapomarède de Castres.

/ Campagne d’Espagne de 1808 à 1813.

Le 2 août, l’Empereur à Bordeaux apprend le désastre de la capitulation de Baïlen, en Espagne le 28 Juillet 1808 (voir deuxième partie). Il a, à la même date, donné des ordres pour qu’un certain nombre de Régiments rejoignent l’Espagne. Il lance alors de nouveaux ordres :
Ordres de déplacement pour les 1er et 2e Bataillons.
5 août : ordre au 1er Corps (Maréchal Victor) de partir d’Allemagne en Espagne, à marche forcée.

Seuls les premiers Bataillons du 27e partent avec le Colonel et les emblèmes (Aigles). La campagne d’Espagne, à partir du mois d’août, concerne les seuls premiers Bataillons qui sont à Bayonne en septembre 1808, arrivant de Pologne.

Note : ainsi le 27e comprend trois formations (I à III) hormis les Dépôts.
a) En Espagne :
- (I) : les 1er et 2e Bataillons commandés par le Colonel Lacoste, Brigade Rignoux, Division Villatte, du 1er Corps d’armée du Maréchal Victor, arrivé en septembre 1808 en provenance de Pologne. Le commandant du 1er Bataillon est L’église, celui du 2e Paris. Un nouveau Bataillon de Dépôt (le 3e) est créé dans le sud-ouest de la France, aux ordres de Segond. Le Major est Autrand, le Quartier-maître trésorier Godefroy.
- (II) : le 5e Bataillon (créé à partir des cadres et nouveaux conscrits de l’ex 3e Bataillon de Dépôt) appartient au 8e Régiment provisoire de la 2e Brigade du Général François Bernard Dufour. Cette unité sera en Espagne dès le début de janvier 1808 (avec le 7e Régiment provisoire et le Bataillon Irlandais). Ce 8e Régiment sera dans la 2e Division du Général Nicolas Gobert, du Corps d’Observation des Côtes de l’Océan du maréchal Moncey, (COCO) (Voir 3e partie).

b) en Allemagne :
- (III) : les Carabiniers et Voltigeurs du 27e du Corps d’Oudinot restent en Prusse dans l’Armée d’Allemagne, aux ordres du Chef de Bataillon Legros (4e partie). Les conscrits arrivent de la Vienne (classe 1809).

Composition de l’Armée d’Espagne :
"Article 1er - Le 1er corps sera commandé par le maréchal Victor et composé des trois divisions d'infanterie qui forment aujourd'hui le 1er corps de la Grande Armée, qui prendra le nom de 1er corps de l'Armée d'Espagne, et de la division de cavalerie légère attachée au même corps, composée de quatre régiments et commandée par le général de brigade Beaumont".

Les Bataillons désignés recevront l’ordre de rejoindre Mayence. Ils seront transportés jusqu’à Köblenz par des chariots du train des équipages. De Köblenz (Coblence) ils rejoindront directement le sud-ouest de la France à pied, faute de transport. Le 14 septembre 1808 il arrive à Nancy où une grande fête est organisée, d'autant que c’est un enfant du pays qui le commande (Colonel Villatte). Le Régiment passe par Sauveterre-de-Guyenne où il reçoit un accueil triomphal. Le 26 septembre, le Régiment passe à Bayonne après 1100km en 11 jours.

- Premiers combats en Espagne

- Durango (Biscaye - 31 octobre 1808), 5 Officiers blessés, un Officier tué

Sans attendre l’arrivée de l’Empereur, Lefebvre attaque et bat le Général espagnol de souche irlandaise, Blake, à Durango, le 31 octobre 1808, en le contraignant à se replier sur Santander.

Le Lieutenant Debira (né le 23 août 1770 à Clermont-Ferrand), blessé à Durango, décèdera le 23 novembre à Mondragon; seront blessés le Capitaine adjudant-major Savoye, et les Sous-lieutenants Bauquis, Bernard, Renard, Roustan.

- Valmaseda (Biscaye - 5 novembre)

Le Lieutenant Martin et le Sous-lieutenant Vivien seront blessés.

- Sandupe (Guenès en Biscaye - 7 novembre)

Le Lieutenant Desjardins sera blessé.

Le Chasseur Barthélemy Morand, né en 1784 dans le département de Marengo, engagé pour remplacement, n° 2237 au registre du Corps du 1er Bataillon, 6e Compagnie, est blessé au corps d’un coup de fusil, le 7 novembre 1808 à Sandupe. Il sera affecté le 1er mars 1810 à la 13e Compagnie de Canonniers vétérans, à La Spezzia. Les soldats d’origine italienne doivent rejoindre leur pays en 1810.

Le 4 novembre, l’Empereur est à Vitoria. Le 27e léger est toujours dans la Division Villatte.

Le Maréchal Victor, Duc de Dantzig, voulant se battre sous les yeux de Napoléon, près de Burgos, délaisse la Division du Général Villatte qui reçoit le choc des forces du Général anglais Blake.

Lettre du Prince Alexandre, Major général, du 6 novembre 1808, au Maréchal Victor, commandant le 1er Corps à Osma, suite aux combats de la Division Villatte (27e Léger) : "J’ai mis sous les yeux de l’Empereur, votre lettre du 6, que votre aide de camp a dit avoir écrite à midi. Sa Majesté, Monsieur le Maréchal, a été très mécontente de ce que, au lieu d’avoir soutenu le général Villatte, vous l’ayez laissé aux prises avec l’ennemi, faute, d’autant plus grave que vous saviez que le maréchal Lefebvre avait commis celle de laisser exposée une division de votre corps d’armée en reployant ses deux autres divisions sur Bilbao. Vous saviez, Monsieur le Maréchal, que cette division était exposée à Valmaseda, puisque le général la Bruyère avait communiqué avec elle le 5 au matin. Comment, au lieu de vous porter en personne, à la tête de vos troupes, secourir une de vos divisions, avez-vous laissé cette opération importante à un général de brigade, qui n’avait pas votre confiance et qui n’avait avec lui que le tiers de vos forces ? Comment, après que vous ayez eu la nouvelle que pendant la journée du 5 la division du général Villatte se fusillait, avez-vous pu, au lieu de marcher à son secours, supposer gratuitement que ce général était victorieux ? Sa Majesté demande depuis quand la fusillade et l’attaque sont une preuve de la retraite de l’ennemi. Cependant, Monsieur le Duc, les instructions de Monsieur le Maréchal Jourdan étaient précises, de ne vous porter sur Miranda que quand vous seriez assuré que l’ennemi était en retraite ; au lieu de cela, M. le Maréchal, vous êtes parti lorsque vous aviez la preuve certaine que l’ennemi se battait (…) Le premier principe de la guerre veut que dans le doute du succès on se porte au secours d’un de ses corps attaqués, puisque de là peut dépendre son salut. Dans l’autre supposition, votre mouvement ne pouvait avoir d’inconvénient puisque votre instruction, de vous porter sur Miranda, n’était qu’hypothétique et qu’ainsi sa non-exécution ne pouvait influer sur aucun projet du général en chef. Voici ce qui est arrivé, Monsieur le Maréchal : la colonne devant laquelle le général la Bruyère s’est ployé a trouvé le général Villatte, qui, attaqué de front et en queue, n’a dû son salut qu’à son intrépidité et après avoir fait un grand carnage de l’ennemi ; de son côté, il a un peu perdu, et s’est retiré sur Bilbao, deux lieues en avant de cette ville, le 5 au soir".

Bulletin de l’Armée d’Espagne : "Dans la journée du 7, l'ennemi renforcé de nouvelles troupes arrivées de Saint-Ander (Santander), avait couronné les hauteurs de Guenès (Sandupe). Le maréchal duc de Dantzick marcha à eux et perça leur centre. Les cinquante-huitième et trente-deuxième se sont distingués. Si ces événements se fussent passés en plaine, pas un ennemi n'eût échappé, mais les montagnes de Saint-Ander et de Bilbao sont presque inaccessibles. Le duc de Dantzick poursuivit toute la journée l'ennemi dans les gorges de Valmaseda. Dans ces dernières affaires, l'ennemi a perdu en hommes tués, blessés et prisonniers, plus de trois mille cinq cents à quatre mille hommes. Le duc de Dantzick se loue particulièrement du général de division Leval, du général de division Sébastiani, du général hollandais Chassey, du colonel Lacoste, du vingt-septième régiment d'infanterie légère, du colonel Bacon, du soixante-troisième d'infanterie de ligne, et des colonels des régiments de Bade et de Nassau, auxquels S. M. a accordé des récompenses. L'armée est abondamment pourvue de vivres; le temps est très-beau. Nos colonnes marchent en combinant leurs mouvements. On croit que le quartier-général part cette nuit de Vitoria".

Le 8 novembre, la ville de Burgos est reprise.

Deuxième bulletin de l'Armée d'Espagne, daté de Burgos, le 12 novembre 1808 : "Le duc de Dantzick est entré dans Valmaseda en poursuivant l'ennemi. Dans la journée du 8, le général Sébastiani découvrit sur une montagne très élevée, à la droite de Valmaseda, l'arrière-garde des insurgés; il marcha sur-le-champ à eux, les culbuta, et fit une centaine de prisonniers".

Note : Le Caporal Constant, d’Angers, arrivé au 27e Léger le 13 novembre 1803, hospitalisé à Saint-Sébastien le 8 novembre 1808, y décèdera de fièvre le 18 décembre 1808. Il était au 1er Bataillon, 2e Compagnie (n°1801 au Registre du corps).

- Espinosa de los monteros (10 novembre), 3 Officiers blessés.

A 40km de Balmaseda, dans la montgne, l’armée de Blake est en fuite, la Division Villatte en avant-garde, rencontre les Espagnols vers Edesa. Blake est à Espinosa avec 6 Divisions. La Brigade Pacthod (celle du 27e) attaque l’aile gauche sur les hauteurs de la Quintana. L’ennemi est bousculé vers le pont d’Espinosa. Les 6 canons de l’ennemi furent pris par le 27e Léger. Le Chef de bataillon Vivian y est blessé, ainsi que les Sous-lieutenants Pottier et Verdilhac. L’ennemi perdra 3000 hommes contre 1100.

Le 24 novembre, le Baron Etienne-Martin de Beurnonville, né à la Ferté-sur-Aube (Haute-Marne) le 11 juillet 1789, est nommé Lieutenant. Entré le 15 décembre 1806 à l’école militaire de Fontainebleau, il arrive à 16 ans et demi comme Sous-lieutenant au 27e Léger dans la Division Villate du 1er Corps de Bernadotte où il fait la campagne de Prusse. Il participe avec le 27e aux combats de Durango, Balmaseda, Espinosa, Somo-Sierra, à la prise de Madrid, aux batailles d’Uclès et de Medelin. En 1814, il se ralliera aux Bourbons et décédera le 30 juillet 1876.

1er Corps d’armée du Maréchal Victor. Dont la Division du Général Villatte, avec le 27e Régiment d’infanterie légère. Campagne d’Espagne, septembre 1808 à mars 1809.

- Somosierra, le 30 novembre.

Le Maréchal Victor arrive devant le défilé avec son Corps d’armée. Là, 13000 espagnols le défendent. Napoléon, sur place, fait donner les Chevaux-légers polonais, puis engage l’infanterie qui ira jusqu’à Buitrago, village sur la Lozoya. La Division Villatte est au centre du dispositif et des combats.

- Prise de Madrid (3 décembre - 5 Officiers blessés).

Les Lieutenants Arnoux et Cochet, et les Sous-lieutenants Lambinet, Abraham et Terrien.

Après les brèches provoquées par l’artillerie dans les murailles du Rétiro, la Division Villatte s’y engouffre, entre par la porte d’Alcala et va jusqu’au Prado. Les combats de rue seront meurtriers.

Note : le Chasseur Pierre Perrien, de Teiller (Tarn), 1er Bataillon, 5e compagnie (n°1802 au registre du corps) sera blessé d’un coup de feu le 3 décembre à Madrid. Il sera de nouveau blessé le 14 janvier 1809 à Uclés. Il quittera le Régiment en janvier 1810.

Le Capitaine Dargacies Vital de Toulouse né le 18 septembre 1768 décède à l’hôpital de Madrid le 16 février 1809 de ses blessures.

Le 13 décembre 1808, le 3e Bulletin de l'Armée d'Espagne raconte : "L'armée de Galice, qui est en fuite de Bilbao, est poursuivie par le maréchal duc de Bellune, dans la direction d'Espinosa, par le maréchal duc de Dantzick. Dans la direction de Villarcayo, c’est le maréchal duc de Dalmatie, qui assure la poursuite en contournant Reynosa. Des évènements importants doivent avoir lieu. Le général Milhaud, avec sa division de cavalerie, est entré à Palencia, et a poussé des détachements sur les débouchés de Reynosa, à la poursuite d'un parc d'artillerie de l'armée de Galice. L'armée de Galice, battue aux combats de Durango, de Sandupe (Guénès), de Valmaseda, a péri ou a été dispersée à la bataille d'Espinosa. Cette armée était composée de l'infanterie de l'ancienne armée espagnole qui était au Portugal et en Galice, et qui a quitté Porto à la fin de juin, et aussi, des milices de la Galice, des Asturies et de la Vieille-Castille. Aux combats de Durango, de Guénès, de Valmaseda, d'Espinosa, nous n'avons perdu que quatre-vingts hommes tués et trois cents blessés, aucun homme de marque. On a brisé trente mille fusils et on en a pris en magasin à Reynosa"(OEuvre Napoléon Bonaparte, tome IV). Le 26 décembre 1808, d’après Alexis Brandont cite les Mémoires du Roi Joseph, le 27e léger, mal reçu dans les villages du sud de Madrid aurait passé les villageois de Chinchon et de Colmenar de Oreja par les armes, avant d’incendier ces localités. Le Régiment de Dragons de la 3e Brigade de Digeon y aurait aussi participé

- 1809, nouveaux combats en Espagne.

Note : seules les actions du Corps d’armée du Maréchal Victor sont relatées.

Le Corps d’armée du Maréchal Victor est à Tolède. Le 13 janvier, il monte sur Ocaña à la rencontre des anglo-espagnols.

Le 13 janvier à Uclés, au sud-est de Madrid, le Régiment combat (le Capitaine Chevallier est blessé). La Division Villatte marche droit sur l’ennemi, dans les rochers, à la baïonnette. Les Espagnols sont en déroute. 6 000 se rendent, 6 000 sont tués ou blessés. Les débris de l’armée d’Andalousie du Général espagnol Venegas (laissé pour mort) sont alors anéantis.

Le 15 janvier 1809, depuis Valladolid, l'Empereur écrit à Jérôme Napoléon, Roi de Westphalie, à Cassel : "Mon Frère, quand vous lirez cette lettre, je serai arrivé à Paris. Les armées espagnoles sont détruites, l'armée anglaise battue. Les mouvements de l'Autriche sont inexplicables. Faites-moi connaître la quantité de troupes dont vous pouvez disposer. Votre contingent doit être de 25 000 hommes; il est fort important de le compléter. Vous sentez que, si la guerre se portait sur votre territoire ou qu'on éprouvât un échec, les conséquences en seraient funestes pour votre royaume. Je vous ai demandé deux régiments pour mon armée d'Espagne, ce qui m'en rendrait deux français disponibles".

Le 22 janvier, Joseph Bonaparte entre de nouveau à Madrid. En février 1809, le Corps d’armée du Maréchal Victor reçoit l’ordre de descendre le Tage et de traverser la Haute Extrémadure en coordination avec le Maréchal Soult. Il doit se rendre vers Talavera de la Reina, puis aller vers Mérida sur le Guadiana. Il doit aider le Maréchal Soult dans sa tentative de reconquête du Portugal, sinon ordre lui est donné de rejoindre l’Andalousie.

Le 27e Léger appartient toujours à la Division du Général Villatte, Brigade Rignoux. Il prend part aux combats d’Amarante, du pont d’Almaras. Les franchissements se font à Talavera, Alzobispo et Almaraz du 15 au 17 mars.

Le 1er Corps du Maréchal Victor bat les Espagnols à Messa d’Ibor. Le 17 mars, la Division Villatte se fait remarquer en faisant plier les Espagnols qui remontent l’Ibor. Le Corps d’armée retourne de nouveau sur les bords du Guadiana et le 20 mars arrive à Trujillo.

Le 28 mars, le 27e Léger participe à la victoire de Medelin. Ce même jour, le Maréchal Victor regroupe ses troupes à Medelin, après le combat de Mérida. Le Régiment est en réserve au sein de la Division Villatte, mais il doit intervenir pour porter assistance à la Division Leval (cette Division est formée d’un Régiment hollandais, d’un de Bade, d’un de Nassau, et des Bataillons de Hesse Darmstadt, du Prince Primat de Francfort et d’un Bataillon de Paris. Les Allemands trahiront en 1814).

L’armée espagnole est mise en déroute (12 000 Espagnols tués, 8 000 prisonniers, l’armée française a 4 000 hommes mis hors service). Pour venger 62 camarades prisonniers égorgés, les Français feront un horrible carnage. "Les blessés espagnols sont achevés à la baïonnette".

Joseph Graeff, n°1245, né en 1784 à Malines, département des Deux-Nethes, fils de Jean-Paul et de Elie Vandenbrück, volontaire du 2e Bataillon, 6e Compagnie, a fait les campagnes de l’an XI à XIV dont Austerlitz. Tué au combat le 28 mars 1809 à Médelin, Espagne.

Le Maréchal Victor, par prudence, reste entre le Tage et le Guadiana en Haute-Estrémadure, car les Espagnols, les Portugais et les Anglais se réorganisent. De plus, les arrières ne sont pas assurés dans les provinces de León et de Castille; seule une Division française est en place. Le Maréchal Soult reste isolé à Porto.

Le 10 avril 1809, Napoléon, depuis Paris, écrit à Joseph Napoléon, Roi d’Espagne, à Madrid : "Mon Frère, je reçois votre lettre du 2 avril, avec la nouvelle de la victoire du maréchal Victor" (Medelin).

Le 14 avril, le Chasseur (1er Bataillon 3e Compagnie) Giraud François, fils d’Antoine et de Marie Puyferrier, né le 22 août 1789 à Adriers (Vienne), décède de fièvre à l’hôpital de Madrid.

Le 14 mai, les Français combattent avec succès à Alcantara contre les Anglais.

Le 27e léger (3 Bataillons) est dans la Brigade du Général Cassagne (Division Villatte) avec le 63e de ligne. Début juillet, les Bataillons sont commandés respectivement par Léglise, Paris, Segond. 3e Division, 1ère Brigade du 1er Corps.

Le 4e est à l’Armée d’Allemagne, au 2e Corps aux ordres de Legros.

Un 5e Bataillon en création à Gand et Bruges en remplacement de celui défait à Baïlen (1808). Il entre dans la 8e Demi-brigade provisoire. Ils sont tous les trois à Almaraz.

Le 27 Juin, après avoir éloigné la menace du nord (Soult), Wellington s'attaque à celle de l'est (Victor). Il entre en Espagne et marche sur Madrid. Victor, dont le Corps d'armée est affaibli par les prélèvements effectués pour protéger Madrid, bat en retraite sur Talavera; ses communications avec Soult deviennent aléatoires (Site de Mr Jean Dif).

En juillet 1809, un Dépôt existe toujours à Bruges.

Le Colonel Lacoste a pour Major Autrand et pour Quartier-maître Godefroy.

Le 7 juillet 1809, un accrochage provoque deux morts et quinze blessés dans les rangs du 27e Léger.

Le Chasseur Gabriel Lourié, né en 1774 à Haute Cours dans la Marne (n°945), 1er Bataillon 7e compagnie, est présumé prisonnier le 1er juillet, en raison de sa disparition.

Les troupes coalisées arrivent vers l’Extrémadure. Le 1er Corps d’armée du Maréchal Victor se porte près de Talavera de la Reina (à l’ouest de Tolède) début juillet 1809. Le 27e est dans la 1ère Brigade du Général Cassagne de la 3e Division de Villatte. Les 3 premiers Bataillons présents sont aux ordres des Chefs de Bataillon suivants : 1er Léglise, 2e Paris, 3e Segond. Le 22 juillet, Victor évacue Talavera.

Des combats ont lieu à Alcabon (nord-est de Tolède) le 26 juillet contre les troupes espagnoles de Villaviciosa qui sont défaites (le 27e léger déplore la mort d’un Officier et 7 hommes blessés).

Des combats à Cazalegos opposent Victor aux Espagnols et Portugais le 27 juillet. Le 27e Régiment tente la prise d’un mamelon avec les Divisions Ruffin et Lapisse, le 4e Corps est présent.

Selon Vigo-Roussillon, la marche vers Talavera fut très pénible; le Corps d'armée mourait de faim; on manquait de pain qu'il fallait cuire soi-même; on progressait sous le soleil ardent du milieu de journée; plusieurs soldats moururent d'insolation et autres maladies.

- Bataille de Talavera (27-28 juillet 1809)

La Division Villatte (avec le 27e Léger) intervient par un ravin qu’elle réussit à reprendre pendant la nuit. L’artillerie anglaise, renforcée sur le mamelon, cause de lourdes pertes dans les rangs français. Le lendemain, le Roi Joseph Bonaparte décide de ramener les troupes vers Madrid. Le Corps d’armée se retire sur Cazalegas (sur l’Albreche).

L’armée française, clamant la victoire, a perdu 7 000 hommes, dont 2 000 blessés et 1 000 prisonniers (cf Lorblanchès). Les soldats espagnols alliés aux anglais ont déserté en grand nombre. L’herbe sèche a pris feu et de nombreux blessés périssent ainsi. Les Français évacuent 6 000 blessés. En même temps, les troupes anglaises se retirent sur le Portugal. Les Espagnols, quant à eux, se sont comportés en piètres soldats. Le Général Wellesley est fait, après cette bataille, Vicomte de Wellington.

Après la bataille, le Général espagnol Cuesta, vieillard débile et prétentieux, vaniteux et sans talent mais cruel, fait décimer les Régiments qui ont fui le 27; 50 soldats sont fusillés. Les soldats anglais sont écoeurés par le comportement de leurs alliés qui traitent les blessés avec la plus grande indifférence. Non contentes de ravager leur pays, les bandes espagnoles s'emparent aussi manu militari des convois de ravitaillement de l'armée anglaise. Pour Napier, il faut chercher là les racines du comportement futur de ses compatriotes à Badajoz et à Saint-Sébastien (Site Jean Dif).

De Schönbrunn, Napoléon écrit, le 3 octobre 1809, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Il est bien singulier que, lorsque je suis certain qu'on a perdu 15 pièces de canon à la bataille de Talavera, on élève encore des doutes là-dessus. J'ai la certitude que 15 pièces de canon ont été prises, tant par mes renseignements secrets venus d'Angleterre que par les lettres de l'armée qui ont été ouvertes.
Témoignez mon extrême mécontentement au général Sénarmont de ce qu'il n'en a pas fait le rapport au roi et ne vous a pas envoyé une note détaillée de ses pertes. Celles qu'il annonce dans ses rapports sont réduites; elles sont peu considérables. Ordonnez-lui de faire une enquête pour établir le nombre de pièces d'artillerie que chaque division avait avant et après la bataille, et de faire enfin connaître la vérité, que je veux et dois savoir. On tient le roi dans l'obscurité sur tout; il répète sans cesse qu'il n'a point perdu de canons, tandis que le maréchal Jourdan avoue la perte de plusieurs. Faites sentir au roi qu'il est trompé
".

Le Lieutenant Lecocq Jean-Jacques (né en 1773) est tué, les Capitaines Moulet, Mouret, Chevallier blessés. Les Sous-lieutenants Barth (Porte-aigle, né le 11 novembre 1770), Champion, Jandry, Levêque blessés.

Le Chasseur Billiot (te) Pierre, né le 3 mai 1780 à Jully dans l’Yonne (n°2739), est blessé au cou à Talavera. Il sera porté prisonnier le 15 août 1809.

Simultanément, les cantinières et leurs enfants doivent quitter les unités en raison des nombreuses exactions.

Le 11 août, les combats d’Almonacid, contre les troupes du Général Vénégas (qui avait survécu à sa blessure reçue à Uclés) donnent au Maréchal Victor une belle victoire.

Le Chasseur Jean Bianchi du département de Marengo (département de l’Empire), n°2560 au registre du Corps, du 1er Bataillon, 4e Compagnie, blessé par un coup de feu au bras droit Madrid le 3 décembre 1808, est porté, dans le registre, présumé prisonnier, le 15 août 1809.

Le Chasseur Charles Cagioli, n°2886, département de Gênes, est prisonnier le 15 août 1809.

Le Chasseur Pierre Mamour, né en 1774 à Chambourg, Indre et Loire, n° 2861, de la 8e Compagnie du 3e Bataillon, est fait prisonnier le 25 août 1809.

1er Corps du Maréchal Victor, dont le 27e Régiment d’infanterie légère. Campagnes :
- de Nouvelle Castille, de février à novembre 1809.
- d’Andalousie, de janvier 1810 à août 1812 (Siège de Cadix).

Le Roi Joseph demande que chaque Régiment du 1er Corps lui fournisse 20 hommes pour sa Garde. Ceux-ci seront incorporés dans le 1er Régiment de Grenadiers ou le 1er Tirailleurs-voltigeurs.

Le 6 novembre 1809, le soldat Jean-Baptiste SALES est rayé des contrôles du Régiment pour longue absence (aucune explication). La Compagnie (la 6e du 1er Bataillon) est en Espagne, elle vient de livrer les combats qui précèdent. Il est très probable (grâce à des données d’état civil de la naissance de ses enfants nés en Allemagne) qu’il soit resté en Allemagne et soit avec le contingent du 4e Bataillon aux Grenadiers réunis d’Oudinot (voir 3e partie). Son épouse apparaîtra aussi dans leur foyer à Lautrec, à la fin de la guerre, sans être taxés ni l’un ni l’autre, de désertion. Elle décédera le 15 août 1840 à Lautrec.

En novembre, les avant-gardes d’une nouvelle armée anglaise arrivent par l’Andalousie. Le 1er Corps français est envoyé sur Aranjuez. Le Maréchal Victor prend position sur le Tage. Il chasse l’armée espagnole et les coalisés dans la plaine d’Ocaña (19 novembre). Les coalisés se retirent au Portugal.

Pendant ce temps, Wellington prépare sa sortie du Portugal vers la Castille et la Galice, avec un nouveau Corps anglo-hanovrien.

En 1809, Napoléon ayant de nouveau besoin sur le front Est Europe de troupes de qualité, prélèvera certains meilleurs soldats qui rejoindront les Carabiniers et Voltigeurs restés en Allemagne. Ils auront fait un aller-retour Allemagne-Espagne.

C’est le cas des frères SCHMITZ. Jules et Joseph SCHMITZ, de Norroy en Moselle, nés à Metzerlach (parents François et Catherine Lanio), soldats de l’an 2 qui auront fait toutes les campagnes de cette date à Friedland en passant par Austerlitz. Nommés Sergents, ils seront blessés à Valmaseda 1808 et à Uclés 1809. Ils seront renvoyés sur l’Est. Prisonniers à Dresde en 1813, ils rentreront chez eux en Août 1814. Ils reprendront du service pour les 100 jours avec le 13e Léger. On ignore leur devenir.

- 1810.

Le 11 janvier, l’armée française prend la route de l’Andalousie. Elle est composée des 1er et 5e Corps des Maréchaux Victor et Mortier, ainsi que du 4e du Général Sebastiani..

Le Maréchal Victor est chargé de l’aile droite. Il se dirige sur Almaden où il bat les troupes espagnoles qui s’opposent à sa progression le 27 janvier, puis débouche sur Cordoue..

Le 29 janvier, le Sous-lieutenant Forgeron est tué, le Capitaine Moulet blessé à Médina-Sidonia.

Le 28 janvier, le Maréchal Victor s’installe à Carmona, sur la route de Séville. Le 3 février, il prend Séville. La marche se poursuit sur la ville de Cadix, laquelle a été renforcée par les Anglais, à partir de leur place de Gibraltar. Le Maréchal Victor installe ses trois Divisions et prend alors le fort de Matagorda (23 avril).

Le siège de Cadix durera dix huit mois, du 5 février 1810 au 24 août 1812. De nombreux hommes du 27e Léger y laisseront la vie.

En 1810, l’Andalousie est pratiquement occupée, hormis l’île de León et la cité de Cadix (défendues par 15 000 Espagnols et 7 000 Anglo-portugais). Quelques débarquements d’Anglais et d’Espagnols ont lieu sur les côtes mais ceux-ci sont repoussés. Une sortie des assiégés le 28 septembre est un échec (repoussés par les troupes du Maréchal Victor).

Une guérilla s’installe dans les montagnes du fait des brigands dénommés "Serranos".

Le 15 mai, les troupes du Maréchal Victor prennent part à la libération de quelques prisonniers sur des pontons proches de Cadix. Certains ont été pris à Baylen, les autres dans diverses provinces.

En 1810, des Conscrits étaient recrutés pour ce Régiment dans le département du Finistère.

Ainsi, le Chasseur Delande Gilles, né à Saint Denis (Brest), se verra attribuer en 1857 la médaille de Sainte-Hélène alors qu’il réside à "Le Tourneur" dans le Calvados.

- Participation à la campagne du Portugal

Des Compagnies des 4e et 5e Bataillons dissouts du 27e sont à la disposition de la nouvelle expédition au Portugal. On retrouve un Bataillon du 27e Léger, au sein d’une Brigade avec les 9e et 16e Légers. Cette Brigade est dans la 3e Division (5588 hommes), laquelle est dans le 9e Corps d’armée du Général Drouet, comte d’Erlon (ancien Chef de corps du 27e Léger).

Le Carabinier Bourgeot Louis (n° 1089) d’Eure et Loire, né à Porvillier le 18 février 1771, sera tué au Portugal le 1er avril 1810.

Le 9 juillet 1810, des brigands blessent le Lieutenant Llobet à Ximenés; et le 1er décembre, le Lieutenant Soyhier au combat de Celerico (au Portugal).

- 1811

Une partie du 1er Corps du Maréchal Victor est occupée pour le blocus de Cadix. Les quatre premiers Bataillons du Régiment sont en Espagne. Le 5e a son Dépôt à Bruges 16e Division (Dépôt jusqu’en janvier 1814).

- Medina-Sidonia (28 janvier), à l’est de Cadix (1 Officier tué, 1 homme blessé).

Depuis la zone montagneuse dite Serranía de Ronda, des guérilleros font des incursions répétées sur le littoral proche de Jerez, raflent le bétail et volent les impôts destinés aux français, parfois avec la complicité manifeste des autorités locales, comme à Medina-Sidonia. Se détachent, notamment, les bandes fournies de Andrès Ortiz de Zarate, "El Pastor" ; et de Pedro Zaldivia, dit "Palmetín" (un ancien berger de la chartreuse de Jerez qui fut parmi les premiers à prendre le maquis en 1810).

L’armée hispano-britannique se met en route le 28 février pour dégager Cadix et l’Andalousie. Le 5 mars, elle essaye d’enlever les défenses de Santi-Petri, mais les Voltigeurs du 27e de la Division du Général Villate les culbutent, les alliés perdent 300 hommes. Le gros des troupes coalisées continue vers Chiclana où se trouve le Quartier-général du Maréchal Victor. Par prudence, Victor demande à Villate de laisser un chemin de repli aux coalisés vers l’île León.

- Bataille de Chiclana-Barrosa, (5 mars 1811) près de Cadix.

Les troupes françaises du Maréchal Victor ont un effectif de 10 700 français. La 3e Division (Villatte) comprend les 27e Léger, 94e et 95e de Ligne.

"Lorsqu'il atteint les collines de Barrosa, le 5 mars, peu après le lever du jour, le général espagnol La Peña est informé que la division Villatte se tient en travers de la route de Cadix. Sans tenir compte de la fatigue de ses hommes, après 14 heures de marche, La Peña ordonne au général Lardizabal de continuer sa marche en avant. Villatte repousse la première attaque avant de se retirer au nord de l'Almanza, lorsqu'il est menacé, sur son arrière, par une force sortant de Cadix et emmenée par le général Zayas. Vers midi, La Peña - inconscient de la menace que représentent Leval et Ruffin - ordonne à son unité de rejoindre le corps principal de l'armée, laissant seulement, sur la colline, une arrière-garde de cinq bataillons espagnols et d'un bataillon britannique. La bataille de Chiclana est meurtrière, parce que l'on s'y bat de part et d’autre avec l'acharnement le plus vif : les soldats français y font des exploits et se couvrent de gloire" (Andrew Jakson).

Les coalisés fuient vers l’île León, perdant 3 500 hommes, alors que les Français en déplorent 2 500. Le 27e Régiment léger déplorera le Lieutenant Gelot Jean René (né le 25 août 1770 à Mortagne sur Sèvre) et le Sous-lieutenant Menard Louis (né en 1787), tous deux tués. Le Chef de Bataillon Paris Esprit-Louis (né en 1764), blessé, décédera le 13 mars. Les Lieutenants Montagnac (Adjudant-major), Leautier, Roustan, Vincent, Taurines, seront blessés, Bralet François (né à Chaumont, fils de maçon). Un soldat sera tué et six autres blessés.

Dans une lettre datée du 29 mars 1811, Napoléon demande que le Bataillon du 27e qui est à Madrid passe à l’Armée dite du "Midi". Face aux difficultés en effectifs, Napoléon fait "valser" les Bataillons du 27e Léger. Un Bataillon (le 2e) passera au 9e Corps puis reviendra au 1er Corps après Fuentes de Oñoro. Le 1er restera au siège de Cadix.

Ordre de bataille

Français (Maréchal Victor) - 10.700 hommes Alliés (Sir Thomas Graham) - 8.217 hommes

1ère Division (Ruffin) - 9e Léger - 24e, 96e Ligne - Grenadiers combinés

Brigade Dilke - 1er, 2e, 3e Footguards - 95e
2e Division (Leval) – 1er et 2e bat 8e, 45e, 54e Ligne - Grenadiers combinés Brigade Wheatley - 28e, 67e, 87e
3e Division (Villatte) - 27e Léger - 94e, 95e ligne Browne - 9e, 28e, 82e
Cavalerie - 1er et 2e Dragons Bernard - 95e, 47e, 20e portugais

En mai 1811, le 27e est dans la 1ère Division du Général Villate, le Chef d’Etat-major est l’Adjudant commandant Hantz. Il est intégré dans le 1er Corps du Maréchal Victor (Armée du Sud de l’Espagne du Maréchal Soult).

Cantinière de l’infanterie légère après la bataille de Chiclana.

Des Compagnies des 4e et 5e Bataillons du 27e sont intégrées dans le 34e issu du désastre de Baïlen et d’autres sections isolées sont mises à la disposition de des places comme par exemple la Garde du Roi Joseph (voir 2e partie).

Une 4e Division, formée des Grenadiers et Voltigeurs des Régiments des trois divisions de l’armée de Soult apparait sur les documents, mais certainement non réalisée ou très temporairement.

Pendant le siège de Cadix, un hôpital de campagne fonctionnera à San Lucar de Barrameda sur le Guadalquivir. Prenu Jean-Barthélemy, né à Mogoglio (Italie), décédera le 27 novembre 1810.

A San Lucar, le Colonel Autié, commandant d’armes de la place et du 8e de Ligne est tué. Vigo-Roussillon, du 2e Bataillon du 8e, est blessé, et il est fait prisonnier de guerre par les Anglais.

- Bataille de Fuentes de Oñoro (du 3 au 5 mai 1811) - un Officier tué, deux hommes blessés

Après avoir évacué le Portugal, Masséna dispose ses troupes sur la frontière espagnole en avril 1811. Le siège d’Almeida par les Anglais le décide à reprendre l’offensive pour dégager la ville. Le 3 mai 1811, son armée se heurte à Wellington, retranché sur les hauteurs de Fuentes de Oñoro. Après quelques combats sans résultat, Masséna découvre le point faible du dispositif ennemi, le secteur de Pozo-Velho, au sud du champ de bataille, où les Anglais sont peu nombreux et n’ont pas de protection naturelle. Au matin du 5 mai 1811, les Anglais sont enfoncés, mais les Lieutenants de Masséna répugnent à poursuivre l’attaque. Les deux armées restent face à face sans résultat décisif jusqu’au 10 mai, date à laquelle la garnison d’Almeida parvient à rejoindre les lignes françaises. Les pertes diverses aux combats de Fuentes de Oñoro s’élèvent à près de 2 000 hommes de chaque côté.

Nota : Fuentes de Oñoro se trouve sur la frontière du Portugal. Par certaines sources, la participation du 27e Léger est donnée pour un Bataillon de 667 hommes au sein de la Division Conroux du 9e Corps de Drouet d’Erlon. Ce 2e Bataillon était, peu avant, au siège de Cadix et aux combats de Chiclana. Il porte parfois l’appellation de 4e Bataillon.

Le Sous-lieutenant (nommé le 31 mai 1809) Jean Prost (né en 1772), ancien des Allobroges, déjà cité comme blessé à Friedland, est tué le 5 mai 1811. Le Capitiane Roccasera est blessé, ainsi que le Lieutenant Perret.

Jean Joseph Raynau, soldat du 27e Léger, né déclaré (pas trouvé ?) le 16 février 1780 à Puy-laurens, canton de Lavaud, fils de Pierre et de Marguerite Lagasse (?), incorporé à l'An X, a fait les campagnes de l'an XII à Austerlitz et d'Espagne. Blessé d'un coup de feu le 3 août 1808 à l'entrée dans Madrid, et d'un autre à la cuisse à la bataille de Talaveyra le 18 juillet 1809. Parti le 4 janvier 1811 à la Gendarmerie (Arras ?). Il sera médaillé de Sainte-Hélène en 1857; il résidait alors à Montredon Labessonnié, arrondissement de Castres.

Pendant cette période, des hommes du 27e décèdent à Salamanque, comme Garrone Ange Marie, italien, né à Coni (Cuneo), du 4e Bataillon, entré à l’hôpital le 28 mai 1811, il décédera le 16 juin de la typhoïde.

- Siège de Badajoz (juin 1811).

"Le capitaine Jourdion du 27e léger, commandant du fort de Badajoz, n'avait pour garnison qu'environ 150 hommes. Ce brave fit pleuvoir sur les assaillants une grêle de balles et de projectiles creux et les repoussa ... Wellington, prévoyant que la soumission d'une place aussi vaillamment défendue, exigerait beaucoup de temps, informé d'ailleurs de la marche du duc de Raguse ... se décida à lever le siège" (Mémoires militaires du maréchal JOURDAN, p. 347-348 et passim.).

Le 18 juin 1811, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, j'ai ordonné que les détachements du 2e léger, du 4e et du 12e qui sont arrivés à Bayonne le 7 juin fussent formés en bataillon de marche pour escorter un trésor. Ce trésor devait partir le 15 juin ; mais depuis, en ayant retardé le départ, je pense convenable que vous écriviez au major général de donner l'ordre au général Monthyon de tenir au 1er juillet prêt à partir un régiment de marche et fort de 3 bataillons, composé de la manière suivante :
1er bataillon (infanterie légère)
Du 9e léger 100 hommes, 12e 200, 16e 80, 21e 80, 27e 95, 28e 75
Total 660 ...
Le général Monthyon passera la revue de ces 3 bataillons au 1er juillet. Le général Avy en prendra le commandement, les fera camper, les exercera et les tiendra en haleine et prêts à marcher du 1er au 10 juillet, selon les ordres que j'en donnerai, pour escorter un trésor
" (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27338).

Le 24 juin 1811, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Dumas, Directeur des Revues et de la Conscription : "Monsieur le comte Dumas, proposez-moi un projet de décret pour la levée et la répartition de la réserve de la conscription. J'évalue à 25 000 hommes ce qu'il y a de disponible sur la conscription de France ...
Voici les bases de la répartition ...
Complétez les bataillons dont les cadres sont à Bayonne. Savoir : ... 27e léger ...
Total 12 bataillons. Pour ces 12 bataillons vous dirigerez sur Bayonne de quoi compléter leurs 4es bataillons ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27432).

Le 4 août, le Sous-lieutenant Tourasse en convoi est blessé.

Le 1er septembre, le 4e Bataillon verse ses hommes dans les trois premiers, les cadres rejoindront Bayonne pour le 1er octobre et seront le 19 novembre au Dépôt de Bruges.

- 1812

Les Anglo-Portugais prennent le "verrou" de Ciudad Rodrigo le 8 janvier; ils y perdent 600 hommes. Ils ouvrent ainsi le chemin de la Vieille Castille et de Madrid.

Le Maréchal Victor quitte le 1er Corps pour la campagne de Russie le 9 février 1812.

Napoléon, en difficulté dans le nord de l’Europe, retire d’Espagne sa Garde, les Polonais, la moitié de ses Dragons et certains 4e Bataillons. Le 6 avril, prise de Badajoz par les Anglais qui perdent 5 000 hommes. Les Français évacuent la ville avec une perte de 1 350 hommes. Les assiégeants, furieux, saccagent la ville et restent incontrôlés par le Maréchal Wellington jusqu’au 11 avril.

Le Maréchal Soult est désigné comme commandant des troupes, mais ses moyens son trop faibles pour prendre Cadix. Le 27e y déplore de nombreuses pertes. Suite aux menaces qui arrivent, les Français, en désordre, abandonnent Madrid. Le Roi Joseph Bonaparte se réfugie à Valence. Le 12 août les Anglais pénètrent dans Madrid.

Le 17 mai, le Lieutenant Roustan est blessé lors d’une reconnaissance.

Le 1er Corps lève le siège de Cadix, abandonnant tout espoir de libérer les prisonniers des pontons.

La défaite des Arapiles (Salamanque), Maréchal Marmont, subie par les Français (22 juillet), affecte aussi les positions des Français. Ces derniers auront ainsi abandonné le siège de Cadix, l’Andalousie, les Asturies, le León et la Nouvelle Castille.

Le Sergent-major François Albin Brigonet est né en 1790 à Andelot dans la Haute-Marne. Certainement engagé à 18 ans, il est au couvent-hôpital de Osuna (Andalousie); il cache son livret militaire, l’inventaire de ses affaires et une lettre de juillet 1811 sur une poutre (dans les annexes). Ce document sera retrouvé 200 ans plus tard lors de travaux. Une récente recherche fait apparaitre que Brigonet est décédé de dysenterie le 29 novembre 1812 à l’hôpital de Castellon de la Plana (Valence) où il était entré le 31 octobre 1812 (acte de décès pour la commune de Charimont, mal orthographiée, elle n’existe pas, acte classé). "Le 27e n’abandonne pas ses blessés ou ses malades". Le couvent de Osuna a été converti en hôpital début août 1812 et les troupes de Ballesteros occuperont la ville le 2 septembre.

De même, le Carabinier Bourgilleau François de Ballols (Mayenne) décèdera le 4 février 1812 à San Lucar.

Le 14 août, le Lieutenant Faré est blessé lors de l’évacuation de Madrid.

Le 25 août, les Anglais poursuivent les Français qui prennent la route de Séville, puis de Cordoue.

Le Général espagnol Ballesteros harcèle les Français tout en revenant sous la protection des Anglais à Gilbraltar. L’arrière-garde du 1er Corps est alors à Carmona (40 kilomètres de Séville). Le Général Conroux protège les déplacements en tenant les hauteurs de Bornos. Le Général bouscule les espagnols jusqu’à la Sierra de Xérès (1 500 espagnols hors de combat contre 400 français). Vexé d’être sous le commandement de Wellington, le Général espagnol Ballesteros traîne les pieds pour continuer ses attaques sur les Français. Il est destitué de son commandement. Le 1er Corps fait mouvement sur Grenade puis sur Baza (100km à l’est de Grenade) et fin septembre atteint Yecla (entre Albacete et Alicante). Par la suite il se rend à Almansa (70 km au sud-est d’Albacete).

Les Français ayant remporté quelques petits succès, comme au siège de Burgos et grâce au Général Decaen, sur les Espagnols en Catalogne, le Roi Joseph revient le 3 novembre dans la capitale.

Le Général Cafarelli lève le blocus de Santoña en Cantabrie.

Marmont se retire du Tage pour le Duro, avec mission de défendre le nord de la péninsule.

En novembre, les trois armées se regroupent. Soult revient sur le Tage, Joseph sur Madrid, les Anglo-Portugais sont chassés jusqu’à Ciudad Rodrigo. Les armées françaises sont alors à Alba de Tormes (Salamanca - des boutons d’uniformes se trouvent au musée, 27e Léger et 69e de Ligne …).

Bouton en étain provenant d’Andalousie, fortement rogné, on y voit cependant le cor qui l’entoure.

La situation du 27e Régiment en été 1812 est la suivante :
- l’essentiel du Régiment, composé des 1er (623 h), 2e (593 h) et 3e (586 h) Bataillons, se trouve à la 3e Division de l’Armée du Midi (Général Gazan) en Espagne, Division Villatte, Brigade Rignoux.
- à Madrid, en Espagne, Armée du Centre (134 h).
- à Bayonne, un petit Dépôt de 2 hommes.
- en Pologne, 4e Bataillon à la 31e Division du 11e Corps d’armée (830 h) et un détachement rejoignant de 98 hommes.
- en Espagne, le 5e Bataillon avec 2 Compagnies (195 hommes) au 3e Gouvernement de Pampelune. - à Bruges, 2 Compagnies de Dépôt (218 hommes).
Le total s’élève à 3288 hommes, Officiers compris.

- 1813

Le Régiment est aux ordres du Colonel Pierre François Deschamps (blessé en 1813). Le 27e est dans l’Armée du sud, Général Gazan, 3e Division Villatte, Brigade Rignoux avec le 63e de ligne.

Les troupes du 27e Léger engagées à Vitoria seront d’un effectif de 1166 hommes.

D’après un courrier de l’Inspecteur aux Revues du 7 avril 1813, les 1ère et 2e Compagnies du 5e Bataillon sont en Espagne. La 3e est en marche du Dépôt vers Wessel. La 4e aura la même destination dès que les Conscrits auront rejoint le Dépôt.

Le 1er mars 1813, le 3e Bataillon est versé dans les deux premiers.

Les Bataillons se replient et rentrent par la Castille sous les attaques des guérilleros.

Le Capitaine Terrien sera blessé le 5 avril 1813 à Gomara (près de Soria en Castille).

Les cadres de ce 3e Bataillon quitteront Bayonne le 23 mars pour être à Bruges le 19 mai.

Le 1er avril, les cadres du 2e Bataillon quitteront l’Espagne, à Bayonne le 23 avril, ils seront à Bruges le 9 juin.

Ces deux Bataillons seront aux ordres en Allemagne du Maréchal Gouvion Saint-Cyr.

- Bataille de Vitoria (21 juin 1813)

"Faisant retraite dans un grand désordre, encombrés de milliers de civils et de chariots chargés des fruits de leurs pillages, les Français doivent faire face, à Vitoria, le 21 juin 1813, à leurs poursuivants. Les 57 000 hommes de l’armée impériale affrontent 78 000 adversaires commandés par Wellington, dont 25 000 Espagnols et 10 000 Portugais. La division Villatte est sur l’aile gauche. Les divisions Gazan, Reille et Drouet d’Erlon se font bousculer et perdent le contrôle de la grande route, vers Irun et la France, ce qui contraint les Français à se replier par de mauvais chemins vers Pampelune. Le désastre est évité par la cupidité des soldats alliés qui se jettent sur le convoi pour piller au lieu de pourchasser les Français".

Le Général Joseph Hugo aurait eu l’idée de monter avec les Régiments de Bade et de Francfort, le 27e Léger et un Bataillon de Mineurs une attaque de nuit pour aller assassiner le Duc de Wellington. Cette idée n’a pas été retenue.

Le 1er Bataillon perdra dans cette "déroute" deux caissons d’ambulance et de comptabilité et tous les documents registres (pv du Général Villatte).

- Col de Maya, (village d’Ortiz ) 30 juillet

Le 25 juillet 1813, un violent accrochage a lieu sous l'impulsion des troupes françaises du Général Maransin. Ce Général, sous les ordres de Conroux, veut reprendre le col de Maya, en Navarre espagnole, défendu par deux Brigades anglaises commandées par le Général Stewart. Les 71e et 92e Régiment d'infanterie anglais subissent l'attaque dans le défilé et doivent se réfugier sur la crête, mais la Brigade du Major général Barnes arrive à point nommé pour éviter la défaite. Le Feldmaréchal Wellington veut absolument pousser son avantage. Le Maréchal Soult ordonne le 30 juillet le repli. Le 27ie a de lourdes pertes. Le Capitaine Cécire est blessé.

La Division du Général Abbé (27e) reste sur Urdax.

Le 27e sera en attente sur les crêtes de l’Atchiola (Lesaka) il y rencontrera les anglais (rapport Gazan).

Repli du 1er Corps d’armée d’Espagne aux ordres du Maréchal Soult.
1er Corps, dont les 1er et 3e Baaillons du 27e Léger, d’août 1812 à décembre 1812.
2e Bataillon du 27e Léger, mars 1810 – décembre 1812.
1er, 2e, 3e Bataillons du 27e Léger dans l’Armée du sud du Général Gazan.

Le détachement du 27e Léger qui est à Pampelune se retire le 28 juillet. Au cours de cette action, le Lieutenant Hénon Etienne (né en 1779) est blessé ; il décèdera le 29 septembre. Quant au Sous-lieutenant Guichardot, il est tué sur le coup.

Le 22 août 1813, le Chef de Bataillon Jullian Jean Noël (né en 1778) est tué lors d’un déplacement en colonne en Espagne.

- Combat d’Irun (31 juillet 1813)

Les dernières forces françaises en Espagne livrent un combat d’arrière-garde à Irun avant de se replier sur la Bidassoa.

Août 1813 : contre-attaque sur les collines de San Marcial près d’Irun.

Le 31 août, Wellington attaque la 3e Division du Général Abbé, entre Aïnhoa et Urdax et inflige aux Français des pertes estimées à 600 hommes.

Le Sous-lieutenant Daniel du 1er Bataillon est tué et le Sous-lieutenant Cassard blessé le 31 août en traversant la Bidassoa.

- Combats sur Le fleuve frontalier Bidassoa.

Le 7 octobre 1813, la Division du Général Abbé est à Urdax (forges) et au Mondarrain. Le 27e est dans la 3e Division d’Abbé, Brigade du Général Boivin (lequel sera destitué de son grade pour son incompétence), Armée de Drouet.

L’enjeu des gués et du pont de Vera-de-Bidassoa entraine de nombreuses pertes de part et d’autres.

Le 9 octobre, le Lieutenant Simonin est blessé près de Sare.

Le 16 et le 17 octobre, le Régiment aura 6 morts et 26 blessés.

- Batailles de la Nivelle et de la Nive

Le 27e Léger est sur les hauteurs d’Aïnhoa et de Pinodetta, bataille dite aussi d’Espelette. La Division est à 6 300 hommes (200 de pertes). Le Général Stewart submerge les avant-postes du Général Abbé et se rend maître d’Aïnhoa. Puis il prend les redoutes d’Ordosgoïta. Abbé tente en vain de résister. La Brigade se replie sur Espelette et tient le pont de Cambo. Le 10 novembre, relevé par le Général Foy, le Général Abbé gagne les hauteurs de la ville de Bayonne qu’il doit protéger.

Le 10 novembre, au combats de la Nivelle, le 27e Léger aura, pour les Officiers, deux Sous-lieutenants tués (Lhuilliet et Mouille); le Colonel Deschamps sera blessé, comme le Capitaine Levesque.

Le Général Conroux (4e Division) est mortellement blessé à Sare le 10 novembre (son destin était lié au 27e, il avait commandé la 2e Brigade). Il décède dans l’hôpital de l’église du Saint-Esprit à Bayonne (une plaque commémorative se trouve dans l’église St-Etienne).

"Les camps occupés par les 5e et 27e légers (brigade Remond), assaillis par une nuée de tirailleurs ennemis, se défendent longtemps avec autant d'avantage que de bravoure; mais à l'aspect de fortes masses qui s'apprêtent déborder nos deux régiments, le général Abbé, après avoir tenu jusqu'à midi dans ses positions avancées, donne l'ordre de la retraite. Les 5e et 27e légers, repliés sur la deuxième brigade, se placent sous la protection d'une demi-batterie en arrière de la forge d'Urdax. Cette usine et les points environnants servent d'avant-postes à la division Abbé : sa droite se rattache par une ferme crénelée aux positions de Sarre, et sa gauche reste, avant l'action, appuyée au Mondarrain". Le Général Remond est tué. La Brigade essaie de tenir de Sare au Mondarrain. La Brigade garde les ouvrages dits de la Patte d’oie, la maison fortifiée de Rodeloze, les pièces étant de la Sypière et sur la butte du Polygone. Les unités se retirent. Le 27e Léger défend les ouvrages de la Patte d’Oie, puis l’évacuent ainsi que les positions de Chastel et d’Aurole. Ils rejoignent la vieille route de Cugnaux. Le 27e protégera 20 fantassins qui récupéreront un canon, pour le positionner.

Départ de Pampelune en juillet 1813

- Bataille de St Pierre d’Irube.

Elle se déroule du 9 au 13 décembre de la Nive. La Division a des pertes qui s’élèvent à 1280 hommes. La Brigade (27e Léger, 63e et 64e de Ligne) est aux ordres du général Baurot. La Division du Général Abbé est sur les hauteurs de Bayonne à Mouguerre.

Le Régiment déplorera, entre autres, le 12 décembre, la blessure mortelle du Lieutenant Desmarets (décès le 16), et le 13 décembre la mort du Lieutenant Dubois, les blessures du Chef de Bataillon Moullet, des Capitaines Avy et Levesque, ainsi que celle du Lieutenant Marty.

A cette date, le Maréchal Wellington renvoie les Espagnols en raison des saccages commis.

Défense en vain des lignes de la Nivelle en novembre 1813.

- 1814, Combats dans le Sud-Ouest

Le 23 février, le Sous-lieutenant Laubmeister sera tué devant Bayonne.

Le 1er Bataillon et certainement le 3e Bataillon du 27e participent à la défense de Bayonne. Le 1er Bataillon est dans la citadelle pendant le long blocus de l’hiver et du printemps. Intégré à la 1ère Brigade du Général Beuret, il participe au contrôle du premier secteur (ouest). Au 1er mars 1814, il est aux ordres du commandant Moullet et composé de 19 Officiers et de 670 hommes. Ils y resteront jusqu’à la capitulation générale.

Le 2e Bataillon est engagé dans les Landes puis le Béarn. Il subit des pertes à Dax, Orthez …

L’Armée de Soult continue son repli et après plusieurs batailles (Bayonne, Orthez), subit de lourdes pertes à Toulouse, le 10 avril (3 000 hommes). Le Colonel Labarbère, de la Brigade du Général Dauture (aux ordres du Général Harispe) avec le 34e (hommes du 27e, voir chapitre suivant) défend la redoute de Caraman. Ainsi Soult arrive à protéger l’essentiel de ses troupes qui font leur jonction, un peu tard, avec les 14 000 hommes du Maréchal Suchet. Le Bataillon du 27e engagé dans la bataille au sud de Toulouse défendra d’arrache pied le bastion dit de la "patte-d’oie" prés de la maison Rodeloze. Puis successivement les retranchements de Chastel et d’Aurole (route de Cugnaux). Il s’en fallait de peu que la bataille de Toulouse se transforme en vraie victoire pour les Français …

Sortie des assiégés de Bayonne à trois heures du matin le 14 avril 1814 (Gravure anglaise).

- Les alliés entrent dans Paris le 31 mars, l’ensemble de l’Armée capitule.

Napoléon abdique le 6 avril. Les Maréchaux Soult et Suchet, dans le sud-ouest, cessent de combattre le 14 avril ; ils se replient sur Castelsarrasin.

54 places fortes résistent toujours en France. Des troupes de la citadelle de Bayonne effectuent une sortie le 14 avril. Une attaque de diversion de la Division du Général Abbé, hors de la citadelle, avec plusieurs Régiments, causera de lourdes pertes aux Anglais. 600 morts côté anglais dont 200 prisonniers et, côté français, 110 morts et 800 blessés. Le 1er Bataillon du 27e assumera la garde de la citadelle pendant cette sortie. Le Régiment ne capitule qu’en mai 1814. Une convention d’armistice est signée localement le 5 mai 1814 avec les Anglais dans le Sud-Ouest.

Le 1er Bataillon quittera Bayonne le 3 juillet 1814 et sera à Aire le 17 août 1814.

Le 27e ne capitulera que le 5 mai à Bayonne, un mois après l’Armistice.

Les Armées des Pyrénées (dont l’ex 2e Bataillon) et de Catalogne seront regroupées dans une Armée Royale du Midi à Carcassonne, par un acte du 29 avril 1814. Les Tarnais (ceux qui restent …) sont de retour chez eux …

Le 27e Régiment d’Infanterie légère sera dissout. L’ordonnance royale du 12 mai 1814 recréera le 13e Léger avec :
- l’ex 13e Léger en entier.
- le 2e Bataillon de l’ex 21e Léger. - les 1er, 5e et 6e Bataillons de l’ex 27e Léger (5e et 6e des Dépôts).
- les 1er, 3e et 5e Bataillons de l’ex 28e Léger.

D’après les Archives de la commune de Corbarieu (Tarn et Garonne), deux détachements des 5e et 27e Régiments d’Infanterie légère sont hébergés du 1er au 15 juin 1814.

Nota : les Bataillons 2, 3, 4 du 27e ne sont pas localisés. Le 13e Régiment d’Infanterie légère du Colonel P.Gougeon, sera à Waterloo en 1815 avec les anciens du 27e durant les Cent Jours.

Fanion du 27e Régiment d’infanterie légère

3e partie

- 1810 5e Bataillon de Dépôt transformé en unité de combat.
Pays basque, Castille, Madrid, Andalousie …

Dans cette partie sont traitées les activités d’un Bataillon du 27e Régiment d’Infanterie légère, créé fin 1807, qui n’a pas eu le même destin que les trois premiers Bataillons.

/ 1808. Préparation de la guerre d’Espagne (5e Bataillon).

Note : fin 1807 et au début de 1808, l’armée française est en difficulté au Portugal, pays auquel elle doit faire appliquer le blocus envers l’Angleterre. Dans l’immédiat les deux premiers Bataillons de combat du 27e Léger restent en Allemagne et en Prusse jusqu’en septembre 1808.

Prévenant, l’Empereur fait préparer à Metz et Nancy deux Brigades d’infanterie provisoires. Elles ont pour ossature des hommes issus des Bataillons de Dépôt (3e Bataillon en général). Le 27e Léger est "taxé" et il forme, avec certains hommes et nouvelles recrues, un Bataillon qui sera inclus dans le 8e Régiment provisoire d’infanterie. Il est créé à Nancy. Le Décret du 5 novembre 1807 crée des Régiments provisoires dont le 7e et le 8e. On les retrouve plus tard dans un 33e et ensuite dans un 34e d’infanterie légère.

Face aux difficultés du Portugal, Napoléon décide en grande urgence d’envoyer, en un premier temps, des unités vers l’Espagne.

Après avoir créé le Corps d’Observation de la Gironde (C.O.G) sur Bordeaux, il lance le Corps d’Observation des Côtes de l’Océan (C.O.C.O) dont le commandement est donné au Maréchal Moncey.

Dans sa correspondance de décembre 1807, Napoléon intègre ces Brigades provisoires dans ce nouveau corps. Des hommes du 27e Léger se trouvent ainsi dans le Corps d’Observation des Côtes de l’Océan (dans le 8e et le 7e, ce dernier commandé par le Major Claude Marcel d’Eslon).

Les deux premières Compagnies du 8e provisoire reçoivent l’ordre de quitter Metz et Nancy le 15 novembre pour être à Bordeaux fin novembre. L’Empereur exige que la 2e Brigade soit le 10 janvier 1808 à Vitoria en Espagne. Des hommes du 3e Bataillon partent le 5 novembre 1807 du Bataillon de Dépôt.

Le Général Moncey reçoit l’ordre d’être pour le 10 février à Burgos, avec sa 1ère Division à Vitoria et la 2e à Aranda de Duero.

Le Capitaine Amblard, de la Division Dufour, ex 28e Léger, écrit : "... A Burgos, nous restâmes quelques jours. On forma des régiments provisoires commandés par des gros majors sortant des dépôts de leurs régiments, dont la plupart ne connaissaient guère le métier de la guerre. Nous en fûmes les victimes, nos soldats étaient tous conscrits et les nouveaux chefs exigeaient que les officiers les fissent manoeuvrer comme des anciens soldats, chose impossible que par quelque temps de repos. Ils tyrannisaient les officiers et les soldats sans que cela produisit beaucoup d'effet. Si le zèle, qu'ils mettaient à vouloir nous obliger à faire, en si peu de temps, de nos conscrits des anciens soldats, s'était maintenu devant l'ennemi, je ne les blâmerais pas, mais, là, ils n'avaient point cette audace et cette fermeté qui caractérisent les vrais militaires. Sans les anciens officiers qui soutenaient les attaques des ennemis, on aurait succombé avant la capitulation de Bailain, et si on avait voulu suivre nos conseils, nous n'aurions pas été faits prisonniers. Cela aurait évité des grands malheurs". Des chasseurs retardés, du 3e Bataillon du 27e Léger, apparaissent entre Limoges, Bordeaux et Bayonne en mars et avril 1808. Ils doivent appartenir à ce Régiment provisoire de la 2e Brigade du Général Gobert, au sein du 8e provisoire avec le 7e et les Irlandais (voir lettre du soldat Pierre Jonkheere du 3e bataillon du 27e Léger, dans les annexes).

Ces hommes forment le 5e Bataillon d’un Régiment provisoire, intégré dans le Corps d’Observation des Côtes de l’Océan (C.O.C.O), commandé par le Général Moncey. A la date du 1er janvier, la 4e Brigade du Général Dufour (le Général Bertrand n’est pas arrivé) comprend le 7e (1872 hommes), le 8e (1921 hommes) et le Bataillon irlandais (654 hommes). Cette Brigade (2e) est dans la Division du Général Gobert. Le Bataillon du 27e Léger comprend 8 Officiers, 382 hommes, 6 sont absents et deux dans les hôpitaux. Le 17 janvier, à Vitoria, le tableau d’effectif donne un total de 382 hommes. Dans le 8e, on trouve trois autres Bataillons des 21e, 25e, 26e Légers. Il est commandé par le Major Peschery Henri Martin.

Le 23 mars, suite à l’insurrection populaire d’Aranjuez, Murat entre dans Madrid.

Le 2 mai, une colonne d’infanterie arrive par la porte de Fuencarral pour soutenir les soldats français isolés dans Madrid et en particulier les cavaliers de Murat. Humiliation et répression sont de règle dans la capitale madrilène. Dans la ville, un Officier du 27e Léger, le Lieutenant adjudant-major Marcou est blessé ainsi que plusieurs soldats. Le Bataillon fait partie du 8e provisoire. Cet épisode est connu sous le nom de "dos de mayo" (immortalisé par les tableaux de Goya).

Peu de temps après, le C.O.C.O est envoyé vers Valence (1ère et 3e Divisions). En un premier temps, le 29 juin, il échoue et se retire sur Almanza et Albacete.

Le 3 mai 1808, fusillade du Principe Pio à Madrid (Goya - La répression).

Un peu plus tard, le Général Moncey réduira les insurgés des environs de Valence avec sa 1ère Division (dont le Bataillon de Westphalie). La 1ère Division restera près de Valence. La 2e (avec des hommes du 27e Léger) est alors à Madrid (Escorial), elle partira pour aider le Général Dupont de l’Etang en difficulté en Andalousie. Un Bataillon reste à Madridejos, un a à Manzanarés, à Puerto-del-Rey.

/ En juillet, l’armée française subira l’humiliation de la bataille de Baylen (Baïlen).

Le Général Gobert (2e Division du COCO), en provenance de Madrid, arrive à Baïlen par la localité de La Caroline avec 1 500 hommes (des hommes du 27e Léger sont dans le 8e provisoire).

Les troupes de Gobert sont le 3 juillet à Valdemoro, le 4 à Ocaña, le 5 à Tembleque, le 6 à Madridejos, le 7 à Villaharta, le 8 à Manzanarès où elles séjournent. Elles comprennent le 7e et 8e provisoires, le 8e de Cuirassiers et 6 pièces d’artillerie. Le 8e reste sur la route d’Andujar. La Brigade Dufour le 16 juillet a deux Bataillons du 7e à Baylen et deux à Linaharés. Le 8e est échelonné de Madrejos à la Caroline avec le reste de l’artillerie de la Division. Les troupes se postent sur les défilés de la Sierra Morena et sur Santa-Helena. Le Général Gobert attaque, alors que seulement un tiers de sa Brigade a rejoint. Il est blessé mortellement en portant secours à Dupont de l’Etang, à Baïlen, lequel était en mauvaise passe avec son unité en revenant d’Andalousie. Le Général Dufour commande la Brigade dans laquelle se trouve le 8e provisoire. Il est commandé par le Major Peschery, assisté des Chefs de Bataillon Leblanc et Gleize. A la mort de Gobert, le Général Dufour prend le commandement de la Division et déplace ses troupes de la position de Baïlen, pour les poster sur les localités de La Caroline et de Santa-Helena. Il tient ainsi les défilés.

La Brigade passe alors aux ordres du Général Lefranc.

La Brigade Dufour est de 5 700 hommes. Le 8e Régiment provisoire qui est de quatre Bataillons (1 921 hommes) n’est pas totalement engagé.

Le 18 juillet, Vedel est à La Caroline, réorganisant avec Dufour les postes de la Sierra-Morena et s’éclairant vers Linarès (des troupes sont en avant en éclaireurs).

Le Général Gobert est tué à Baylen, le Général Dufour prend le commandement de sa Division.

Vedel revient à Baylen et suit la Division Dufour (ex Gobert) vers La Caroline. Dupont lui reproche de ne pas avoir respecté ses ordres de tenir le carrefour de Baylen. Outre le fait qu’un risque réel de rupture de la ligne de repli par les gorges existait alors, on remarquera que Dupont avait dû prévoir d’amorcer son repli le 17, maintenant ainsi un écart d’une marche entre chacune de ses Divisions conformément aux usages des armées napoléoniennes. D’autre part, le Général Dufour, pourtant le premier à avoir abandonné son poste sans même laisser de garnison à Baylen ou au bac de Mengibar, n’est pas incriminé dans les relations ni même durant le procès (procès de Dupont de l’Etang).

Malgré des combats victorieux des Généraux Vedel et Dufour, hors de danger avec leurs unités, ceux-ci reçoivent l’ordre formel de se livrer avec leurs troupes, dans le cadre d’un texte de capitulation, dans lequel le Général Dupont les avait inclus. Certains se rendent, dont le Général Dufour. Le Major d’Elson, commandant le 7e, sera fait prisonnier. Des soldats du 27e se rendent.

5e Bataillon du 27e :
- 1807-1808 : le Bataillon est au Corps d’Observation des Côtes de l’Océan (Maréchal Moncey). Il appartient à la Division du Général Gobert (tué) puis du Général Dufour. Les hommes du 27e sont dans le 8e Régiment provisoire (Cdt Henri Martin Peschery).
- Défaite de Baïlen, 18 juillet 1808 (les prisonniers iront vers Cadix).
- Retour sur la Vielle Castille, 1810 et 1811, au sein du 34e Régiment léger.

Certains, en désobéissant, s’échappent avec une partie du C.O.C.O (comme le commandant Sainte-Eglise qui occupe Madriejos), puis ils se regroupent dans la région de San-Clemente avant de rejoindre Madrid. "Le malheur fut plus complet que ne le supposait Savary, car les deux bataillons du 8e provisoire détachés à Manzanarés et au Puerto del Rey se laissèrent ramener par les espagnols, ou tout au moins le bataillon de Manzanarés, que commandait le chef de bataillon Berthet …." (Capitulation Baylen Lt-col Clerc). Le commandant du 8e Provisoire Peschery, rejoindra Madrid. Il sera affecté au 118e de ligne qui regroupe les débris de Baïlen. Puis Colonel au 64e, Blessé à Ocana, il décède à Aranjuez le 3 décembre 1809. Sans le savoir Napoléon le fait Officier de la légion d’Honneur le 17.

De nombreux soldats et des cantinières furent déportés sur les pontons de Cadix et sur l’île Cabrera aux Baléares.

Capitulation de Baïlen le 20 juillet 1808

A son retour en France, le Général Dupont de l’Etang qui avait capitulé déclara qu’il n’avait reçu que 1 000 hommes au titre de la Brigade Gobert, faisant porter à ce Général, tué au combat, une grande part de la défaite. En 1809, le Général Dufour est détenu sur le ponton "la Vieille Castille"; en automne, il est mis au Château Bellver (Palma de Majorque). Il sera par la suite déporté en Angleterre, prisonnier à Chesterfield. Il servira de nouveau en 1815.

Parmi les anciens du Bataillon de Dépôt (3e), ayant formé le 5e Bataillon du 27e, mis à la disposition du 8e Provisoire, certains sont faits prisonniers.

Le Sous-lieutenant Simonin de Vermondans, Claude François Félicien Cesar, né à Ornans (Doubs) le 6 février 1789, mis à la disposition du 8e Provisoire, est fait prisonnier à Baylen; il rentre en France le 19 mai 1810.

Pierre Maurice, d’Anvers, département des Deux-Nèthes (n° 973 au 27e Léger) est au 8e Provisoire, 2e Bataillon, 1ère Compagnie quand il est fait prisonnier le 19 juillet 1808 à Baïlen. Il rentre en France le 4 juillet 1814.

Il en est de même du Sergent Dehon Nicolas Louis, né le 4 mars 1778, qui rentrera chez lui en 1814.

Jean Dreuilhe, né le 17 avril 1780 à Larroque (Tarn), aussi au 8e Régiment provisoire, ne sera pas fait prisonnier. Il a certainement réussi à ne pas se rendre malgré les ordres. Il rejoindra son unité le 16 septembre 1808, mais sera fait prisonnier, plus tard, le 5 mars 1811 en Espagne. Pas d’indication sur son retour en France.

Combats de Baïlen.

Les pièces d’Alhumbert François Joseph, né le 30 juillet 1758 à Lyon, font apparaitre qu’il a été fait prisonnier par les Anglais le 15 juillet 1808 sans indication sur la localisation; il venait d’intégrer le 1er juillet le 8e Régiment provisoire. Ancien du 2e Bataillon des Bouches du Rhône du 1er décembre 1791, il est à cette date nommé Sous-lieutenant; Capitaine au 27e Léger le 4 mars 1807, prisonnier comme nous l’avons vu, il s’évade le 15 mai 1810 (LH du 23 janvier 1811, n°mat 18463). Blessé à la jambe gauche et atteint d’ophtalmie, il est à la retraite le 26 juin 1823.

Le registre fait apparaître un certain nombre de soldats détachés au 8e qui n’ont pas été faits prisonniers et qui rejoindront le 27e le 16 septembre 1809.

Le 30 septembre 1808, la France est contrainte de signer la convention de Cintra et d’évacuer le Portugal.

Après Baïlen, le 8e Régiment provisoire est refondu dans deux Régiments d’infanterie légère, les 33e et 34e. Ce qui reste de ce Régiment sera dissout en 1809. Certains rejoindront la Garde du Roi Joseph à Madrid (12 janvier 1809).

Un 5e Bataillon reverra le jour en Juillet 1809 à Gand (trois Compagnies) et Bruges (une Compagnie 16e Division militaire). Le Dépôt est à Bruges, les Conscrits viennent du Finistère. Ce Bataillon sera dans la 8e Demie-brigade provisoire.

Un autre 33e sera de nouveau créé, en 1810, avec des Hollandais, dans l’Europe du nord (il sera d’ailleurs à Eylau). Le Colonel de Margnerye à sa tête, sera tué plus tard à la bataille de Krasnoë lors de la campagne de Russie, le 17 novembre 1812. Le Régiment sera anéanti, il ne restera que 77 hommes sur 2200. Reformé le 13 mars 1813, le Régiment sera à Hamburg et Mäesrtich (40e Division, 13e Corps). En avril 1814, il rejoindra le 68e de Ligne. A priori rien ne permet de penser que les hommes du 27e de cet ex 5e Bataillon puissent en être.

/ 1811

Un 34e Régiment d’infanterie légère est formé le 1er janvier 1810, en Espagne. Il recevra des hommes du 27e Léger (formés en un nouveau Bataillon). Le Régiment finira la campagne d’Espagne, aux ordres du Colonel Perot, dans la 2e Division du Général Vandermassessen, et ce dans l’Armée du Nord de l’Espagne (Général Caffarelli).

Le 1er janvier 1810, l’Adjudant Lapomarède, réformé en 1809 après Wagram (3e chapitre), réapparaît au 4e Bataillon du 27ème Léger dans le 34e Régiment.

Le 34e, avec les Compagnies détachées du 27e Léger (anciennes du 8e) est dans la 1ère Brigade de la 1ère Division du Général Girard, 5e Corps de Mortier de l’Armée du sud de l’Espagne (Corps d’armée de Soult) (voir 1ère partie). Ce 34e sera aux combats suivants : Tordesillas, Molina, Villafranca, Reigo-de-Ambroso, Ponte-de-Ponte. 1812 : Ciudad-Rodrigo, Sauria et Sedano. 1813 : Pampelune, Saint-Jean-Pied-de-Port.

Lapomaréde (de Castres) de nouveau blessé d’un coup de feu à la jambe droite, sera nommé Sous-lieutenant. Il rejoindra la Grande Armée en Allemagne.

Deux Compagnies soit 195 hommes du 27e se trouvent en 1812 en Espagne; jeunes recrues, ils arrivent du Dépôt de Bruges et gardent l’appellation 5e Bataillon au 3e Gouvernement de Pampelune (dénomination des commandements régionaux). Le Général Moncey (C.O.C.O) se verra attribué la garde de Pampelune.

La garnison française tombera en juillet 1813 lors de la retraite de l’Armée d’Espagne. Aux ordres du Roi Joseph Bonaparte, on trouve, à Madrid, 135 hommes du 27e de l’Armée du Centre. L’unité restante rejoindra Bayonne et St Etienne de Baïgorry.

A cette même date, Napoléon prélèvera des troupes du Sud-Ouest pour le front de l’Est.

1814 : St Etienne-de-Baïgorry, Helete, Orthez et Toulouse.

Le 34e Léger aux ordres du Colonel Labardère, Brigade Dauture, Division Harispe, se retrouve aux batailles d’Orthez et de Toulouse, où il défend chèrement la redoute de Carama. A Toulouse, il est associé, dans les combats, au 2e Bataillon du 27e Léger arrivé par Bayonne (1ère partie).

Il capitulera dans les mêmes conditions que le reste de l’Armée du Maréchal Soult.

4e partie

- 1806-1814 Création d’un Bataillon mis à la disposition du Corps d’élite dit "Grenadiers réunis d’Oudinot" (créé avec les Grenadiers des Régiments de ligne, Carabiniers et Voltigeurs des Régiments légers).
Allemagne, Autriche, Pologne, Russie, France.
- 1811-1814 Retour des cadres des Bataillons d’Espagne avec de jeunes conscrits.

Dans cette partie, il sera traité des hommes du 27e Régiment d’infanterie légère qui n’ont pas rejoint l’Espagne. Ceux-ci appartenaient aux Carabiniers et Voltigeurs détachés pour renforcer l’Armée du Rhin. Ainsi que ceux envoyés en Compagnies organiques vers l’Est.

Une importante participation de Compagnies d’élites du 27e léger se retrouve dans les Régiments "provisoires" d’infanterie dits des "Grenadiers réunis" ou "Grenadiers d’Oudinot".

En 1812, certains cadres de qualités des Bataillons rapatriés d’urgence d’Espagne encadreront de nouveaux Bataillons et rejoindront l’Allemagne.

/ Armée du nord de l’Europe.

- 1806.

Le 5 décembre, des Compagnies d’élite des Régiments d’infanterie sont détachées pour la création de Bataillons dans des Régiments provisoires des Brigades Ruffin et Dupas. Elles participent à la création de la Division des Grenadiers Réunis (Maréchal Oudinot). Le 27e Léger n’est pas encore "taxé". Oudinot quitte Berlin avec ses premiers Grenadiers le 15 décembre.

- 1807.

Le 10 janvier 1807, deux Compagnies du 27e Léger sont intégrées. Elles seront actives à la bataille de Heilsberg (14 juin 1807). Dans la même Division des Grenadiers, 1ère Brigade Ruffin, 1er Régiment. La 6e Compagnie du 1er Bataillon (commandant Launier) est celle des Carabiniers du 27e Léger. La 6e Compagnie du 2e Bataillon (commandant Broyer) est celle des Voltigeurs. Le Régiment disposera d’une Aigle (mentions Austerlitz, Iéna, Friedland). Les Compagnies sont formées de 80 hommes d’élite pris dans les Régiments.

Le 3 mai, les Grenadiers sont envoyés pour appuyer le 10e Corps de Lannes sur Dantzig. Oudinot ira de succès en succès, prenant même une corvette anglaise, la "Dauntless".

Dans une lettre du 14 mai 1807, l’Empereur note : Un convoi de soixante voiles a paru devant Danzig et a commencé à débarquer, sous la protection du petit fort de Weichselmünde, les troupes qu'il a à bord. Je m'attendais à cette expédition et j'y ai envoyé la division Oudinot. Cette unité se trouve sur la rive gauche de la Vistule. Face à la menace des russes sur son flanc gauche la division décide de rompre le combat. Dans l’attaque suivante les russes et les prussiens perdront 1500 hommes soit le tiers de la garnison de Dantzig. La forteresse capitulera le 22 mai.

- Friedland (14 juin 1807).

Dés le 14, la Brigade Ruffin est engagée à Posthenen, épicentre de la bataille. Oudinot reçut l’ordre de tenir à tous prix. Les Grenadiers sont décimés. Sur 7000 Grenadiers, il en restait 3000 valides, mais la victoire fût totale.

- 1808.

Le Corps du Général Oudinot est dans l’Armée du Rhin. L’Empereur modifie sa composition; dans une lettre datée du 5 décembre, il écrit : "Le corps d'Oudinot ne serait plus alors composé que des compagnies de grenadiers (ou plutôt carabiniers) et voltigeurs des régiments ci- après à savoir : 6e, 9e, 16e, 25e, 27e, 17e, 21e, 24e, 26e, 28e d'infanterie légère ...".

Le brassage des unités au gré des besoins rend difficile le suivi du Bataillon ou des Compagnies détachées du Régiment d’origine. Les trois premiers Bataillons du 27e Léger sont dans la Péninsule Ibérique.

Trois Compagnies (Carabiniers et Voltigeurs) restent en Allemagne dans le Corps d’Oudinot.

Le Décret du 31 mars donne l’organisation suivante : la 1ère Division du Général Claparède dispose de la 1ère Brigade. Celle-ci est composée de deux Demi-brigades, dont la 2e dispose, entre autres, de 3 Compagnies issues du 27e Léger (233/152/164 hommes soit un total de 549).

Le Sergent La Pomarède (de Castres) restera dans cette unité.

Les quinze premiers jours d’octobre 1808, l’Empereur recevra à Erfurt le Tsar Alexandre 1er, le Corps d’Oudinot participera à la parade.

Le 10 octobre 1808, la Grande Armée est dissoute.

- 1809. Bavière (cinquième coalition).

La menace Autrichienne se précise tant envers les territoires allemands que vers l’Italie, la Russie l’approuve, l’Angleterre menace les côtes françaises. Le conflit en Espagne et au Portugal s’embourbe.

L’armée française, en Allemagne, même en comptant les garnisons de Prusse, n’est forte que de 100 000 hommes. Elle est appuyée par les troupes de la Confédération du Rhin.

Les Bataillons d’infanterie du Corps d’armée d’Oudinot sont formés avec les troupes d’élite (Grenadiers, Carabiniers et Voltigeurs dont les Régiments sont en Espagne. Ils passent l’hiver de 1808 à 1809 en Thuringe et à Bayreuth. Installés à Hanau, ils se déplaceront en mars vers Augsburg. Hanau est aussi un lieu de regroupement des "éclopés" qui sont remis en condition.

L’Empereur (qui est à Valladolid en Espagne) décide de renforcer ce Corps d’élite des Grenadiers dits d’Oudinot. Dés le 2 décembre 1808, il demande la création de Bataillons de marche formés à partir des Conscrits qui rejoignent les Dépôts. Ainsi, le Dépôt de Bruges, qui a le qualificatif de 4e Bataillon du 27e Léger, fournira deux Compagnies de Chasseurs de 140 hommes chacune. Partant de Bruges le 10 mars, elles rejoindront Strasbourg le 2 mai. Là, associées à d’autres Compagnies, elles forment le 9e Bataillon de marche des 4e Bataillons de l’Armée de Réserve. Ils rejoindront le 2e Corps de la Réserve des Grenadiers d’Oudinot le 15 avril à Augsburg. En passant par la Forêt Noire et Ulm.

Nous trouvons déjà en place les Compagnies composées des anciens Grenadiers et Voltigeurs du 27e qui étaient déjà dans cette réserve, gardant les ponts sur les axes Ansbach, Nürnberg, Augsbourg. La Réserve d’Oudinot est en garde sur la rive gauche de la Lech. Il est rappelé que les deux Bataillons de combat du 27e sont en Espagne.

Les jeunes Conscrits Chasseurs arrivant et les Grenadiers et Voltigeurs sont regroupés pour former un Bataillon à quatre Compagnies. Il manque 100 hommes pour arriver aux 560 ; aussi l’Empereur, qui arrive de Paris, fait compléter ce Bataillon par 100 Conscrits de la Garde Impériale. Ces quatre Compagnies forment ainsi un Bataillon de la 3e Demi-brigade légère. Elle est aux ordres du Major Brayer, au sein de la Brigade Conroux et de la Division Claparède (l’une des deux Divisions d’infanterie du Corps de la Réserve). En fait ce sera la 1ère Division du Général Tharreau. Le Général Claparède commandera la 2e.

Le 9e Bataillon de marche est dissout.

Simultanément, l’Empereur demande la création de nouveaux Régiments dits provisoires avec les Conscrits de la réserve 1809. Ainsi le Dépôt de Bruges du 27e Léger devra fournir trois Compagnies de Chasseurs (440 hommes) pour la formation d’un 7e Régiment provisoire à Gand puis Wessel (parfois noté 8e Provisoire).

Le soldat Jonquet Michel, fils de Michel et de Marie Larue, né vers 1789 à Croisilles dans l’Orne, meurt de fièvre, le 19 novembre 1809, à l’hôpital de Gand (Escaut). Il appartient à ce 1er Régiment provisoire (1er Bataillon).

L’annonce de la cinquième coalition contre la France est faite le 9 avril. Les Autrichiens franchissent l’Inn pour entrer en Bavière le 8 avril, assez timidement. L’Empereur a rejoint l’Allemagne; il sera à Donauwerth le 17 avril. Il demande à Oudinot de se porter d’Augsburg à Pfaffenhofen.

"La marche forcée" : la vie d’un soldat, par Hyppolite Bellangé (Collection de l'auteur).
Carabinier d’un Régiment d’infanterie légère et cantinière.

Le Général Oudinot culbute les Autrichiens le 18 avril à Pfaffenhoffen, 300 de la Division du Général autrichien Hiller sont faits prisonniers. Le Général Oudinot poursuit 3000 hommes d’infanterie qui ont quitté Pfaffenhofen. Il fait de nouveau 260 prisonniers. Le 20 avril, les Divisions Tharreau et Claparède reçoivent l’ordre de se rendre à Geisenfeld et Neustadt.

Le 21, Napoléon bat les Autrichiens à Eckmühl. Après la bataille d’Eckmühl, qui voit une forte participation de la cavalerie française, les Autrichiens reculent et repassent le Danube.

Le 22 avril, les Grenadiers d’Oudinot sont appelés à soutenir le Corps du Maréchal Davout à Longquaid. Ils prennent ainsi la ville de Ratisbonne (Regensburg).

- Nouvelle campagne d’Autriche (1809).

- Combats de Neumark, 22 avril.

Le 23 avril, le Duc de Montebello, le Maréchal Lannes, prend avec les Divisions d’Oudinot la ville de Ratisbonne. Ces Divisions se dirigent vers Salzburg en avant-garde de la Grande Armée.

Le 27, Oudinot reçoit l’ordre de former l’avant-garde de la Grande Armée jusqu’à Vienne.

Les Grenadiers arrivent à Müldorf et Neumarkt. Le 28, ils sont à Burghausen. Le 3 mai, les Divisions Claparède et Tharreau sont dans le 4e Corps de Masséna, à Wells. Oudinot reçoit alors l’ordre de se porter sur Steyer. La Division Thareau étant bloquée sur la rive gauche du Danube, c’est la Division Claparède qui enlèvera Ebersberg. Elle y perdra entre autres 27 Officiers (tués).

Le 2 mai, Oudinot prend Ried (15000 uhlans prisonniers), le 3 Ebersberg, la Division Claparède en ayant de grandes pertes sauvera une situation difficile, l’horreur de Ebersberg est célèbre. Le 4 mai, la Division Tharreau reçoit 560 jeunes recrues qui seront associées aux Grenadiers expérimentés.

Le 7 mai, le Corps d’armée de Masséna est à Amstetten qu’occupe alors Oudinot. Ce dernier est, le 9 mai, dans les faubourgs de la capitale à Sieghardskirchen et Diendorf. Le 10, Lannes marche sur Vienne, la tête de la colonne est formée de la Division Tharreau, les Carabiniers du 27e Léger sont en avant-garde. Claparède entre par Mariahilf. Les français sont accueillis au canon. Napoléon contourne Vienne et entre à Schönbrunn. Non sans difficultés, les Grenadiers entrent dans Vienne le 11. Ils occupent Vienne le 13. Le 12 mai, à 11h, Vienne capitule. Masséna occupe Léopoldstadt. L’armée autrichienne se regroupe en Moravie.

L’Empereur prendra des dispositions sur la rive gauche et dans l’île Lobau pour une éventuelle bataille contre les Autrichiens.

L’Empereur est prévenu qu’en Saxe, un Prussien nommé Schill fait régner la terreur et est entré dans Hall.

Le 19 mai, les Divisions Claparède et Thareau occupent Vienne. A la même date, le Maréchal Bernadotte entre en Moravie.

- Bataille d’Essling et d’Aspern (21 – 22 mai 1809).

Le 4e Bataillon du 27e Léger, toujours dans la Division de Claparède. Il aura entre autres le Capitaine Chevallier blessé, ainsi que le Lieutenant adjudant major Dollé.

Napoléon trouve tous les ponts sur le Danube détruits par les Autrichiens repliés sur la rive nord. Décidé à les attaquer, il franchit le fleuve à 6 kms au sud-est de Vienne et fait occuper l’île Lobau, le 18 mai. Les pontonniers construisent en hâte un pont, que franchit Masséna, le 20 mai, pour occuper les villages d’Essling et d’Aspern.

L’Archiduc Charles, qui a 95 000 hommes, voit les 24 000 français coupés de leurs arrières.

Le pont de bateaux est disloqué, l’Archiduc attaque le 21 mai, en début d’après-midi. Masséna défend Aspern, Lannes tient Essling et les 7 000 cavaliers de Bessières battent la campagne entre ces deux villages. Toute la bataille tient dans les incessantes réparations et destructions du pont et dans l’acheminement des renforts. A trois heures du matin, le 22 mai, grâce aux efforts des pontonniers, les forces françaises autour d’Essling ont été doublées en effectif et ce, grâce à la traversée de la Garde, de la cavalerie et du Corps d’Oudinot qui est au centre. Ils auront franchis les ponts dans la nuit. Sans attendre le reste de l’armée, Napoléon donne le signal de l’offensive contre le centre de l’armée autrichienne. L’ennemi est enfoncé, l’Archiduc Charles parvient à regrouper ses forces et contre-attaque alors qu’une nouvelle rupture du pont empêche la traversée des forces de Davout. L’unité d’Oudinot se battra entre Essling et Hirschstetten.

Déplacement du Corps d’armée du Général Oudinot. Trois Compagnies de Carabiniers et de Voltigeurs du 27e Régiment d’infanterie légère sont dans la 1ère Brigade de la Division du Général Claparède.

A deux heures de l’après-midi, écrasées sous le feu de l’artillerie ennemie, les troupes françaises reçoivent enfin l’ordre de repli, qui s’effectue en bon ordre grâce à une charge de la Jeune Garde qui maintient l’adversaire à distance. Lannes est mortellement blessé. Les Autrichiens ont perdu 23 000 hommes, les Français 21 000 hommes. L’échec est largement dû à la méconnaissance des crues du Danube et au mépris qu’a toujours témoigné l’Empereur pour la météorologie. Les historiens anglo-saxons donnent à cette bataille le nom d’Aspern. Au cours de la bataille, les Grenadiers d’Oudinot avaient enregistré de telles pertes qu’ils furent mis sous les ordres de Dorsenne dans la Garde Impériale. Le 24 et le 25, les Grenadiers resteront dans l’île Lobau.

- Bataille de Wagram (4 – 6 juillet 1809).

Installé à Vienne sur la rive droite du Danube, Napoléon tente de franchir le fleuve pour livrer bataille aux Autrichiens établis sur l’autre rive.

Après l’échec d’Essling-Aspern (21 – 22 mai 1809), il concentre son armée aux alentours et dans l’île. Le 4 juillet, à 21 heures, profitant d’un violent orage, la Grande Armée franchit le bras nord du Danube sur trois ponts jetés sur le versant est de l’île Lobau, alors que l’Archiduc Charles l’attend par les trois ponts du nord qui débouchent sur Essling et Aspern. La première unité à traverser est composée de 1500 Voltigeurs des Grenadiers d’Oudinot.

Le 5, l’armée française affronte sans résultat les Autrichiens disposés en équerre dans la plaine et sur le plateau de Wagram, Napoléon n’ayant pas prévu ce dispositif. Le 6, ayant révisé son plan de bataille, l’empereur fait procéder à une intense préparation d’artillerie, puis lance l’attaque sur Wagram, à la charnière du dispositif en équerre. Coupée en deux, l’armée autrichienne est en difficulté, mais la cavalerie française, épuisée, est incapable de la poursuivre.

Dans la nuit du 6 au 7, l’armée autrichienne se replie, laissant 18 000 prisonniers, 4 000 tués. Les Français déplorent 6 000 blessés et 2 600 tués dont le Général de cavalerie Lasalle. Victoire difficile, Wagram termine la guerre de 1809, mais témoigne de l’inquiétante faiblesse d’une Grande Armée composée pour moitié d’étrangers et de jeunes conscrits.

Le Corps d’Oudinot aura une grande part de la victoire. Après avoir passé de l’île Lobau à la rive gauche du Danube, profitant d’un violent orage, et encerclé le château de Schesengan, puis chassé les Autrichiens du village de Rutzendorf. Oudinot se sera vu adjoindre à ses Corps de Voltigeurs et Grenadiers, l’Armée d’Italie. Alors que la bataille semblait perdue, Napoléon attaquera le centre autrichien avec l’appui de Macdonald et les troupes de choc d’Oudinot. Dans ce combat, le Bataillon du 27e aura 7 Officiers blessés.

Le Lieutenant Leroy est tué sur le champ de bataille; le Lieutenant Rouanet décèdera de ses blessures le 12 août. Parmi les blessés, nous trouvons le Chef de Bataillon Legros, les Capitaines Traginié, Gastinel, Léry, Roccasera, les Lieutenants Soyier (Adjudant major), Blanzet, Dollé, Schitz, les Sous-lieutenants Dénat, Faré, Maurice, Prost, Traynier, Popon.

Le 6, le Sergent Lapomarède (de Castres) est blessé à la cuisse gauche d’un coup de feu.

Les Autrichiens signent la capitulation à Zaïm le 12 juillet. Le Corps du Général Oudinot occupe Spitz. Il est fait Maréchal et Duc de Reggio pour sa bravoure. L’armistice est ratifié le 14 octobre à Vienne.

Dans une lettre du 15 juillet, Napoléon s’étonne que le 4e Bataillon du 27e Léger ait 800 hommes, et qu’ils soient au Corps d’Oudinot (4e Division militaire d’Augsbourg) et que ce soit trop. Il estime que les deux autres Bataillons qui sont en Espagne doivent être dégarnis et qu’il faut les renforcer avec ceux de ce 4e.

Lettre de Napoléon à Jérôme. Schönbrunn, 17 juillet 1809 : "J'ai vu de vous un ordre du jour qui vous rend la risée de toute l'Allemagne, de l'Autriche et de la France. N'avez-vous donc aucun ami tout autour de vous qui vous dise quelques vérités ? Vous êtes roi et frère de l'Empereur : qualités ridicules à la guerre. Il faut être soldat, et puis soldat, et encore soldat; il ne faut avoir ni ministre, ni corps diplomatique, ni pompe; il faut bivouaquer à son avant-garde, être nuit et jour à cheval, marcher avec l'avant-garde pour avoir des nouvelles ou bien rester dans son sérail.
Vous faites la guerre comme un satrape. Est-ce de moi, bon Dieu ! que vous avez appris cela ? De moi qui, avec une armée de 200 000 hommes, suis à la tête de mes tirailleurs, ne permettant pas même à Champagny de me suivre et le laissant à Munich ou à Vienne ?
".

L’Empereur retourne à Paris, il y arrive le 26 octobre.

Le Sergent Lapomarède (de Castres) partira en retraite et sera réformé le 19 novembre 1809. Nous le retrouverons cependant en Espagne en 1810 !!! (voir 1ère partie).

Le soldat Jean-Baptiste SALES est rayé des contrôles du Régiment en novembre 1809 (pour longue absence). Il est Beckenbracht (ce serait un vieux mot en dialecte franken qui voudrait dire tonnelier) à Possenheim près de Würtzburg en Haute-Franconie. Son épouse Marie Burgschmidt y aura un enfant mort-né le 14 mai 1809.

- 1810.

Musiciens 27e Léger 1809-1810
Fig. 1 Musiciens du 27e Léger vers 1809-1810

En janvier, le Maréchal Oudinot occupe Breda et Berg-op-Zoom.

Le 17 juillet 1810, dans son courrier de Rambouillet, Napoléon indique que le Dépôt du 27e Léger est à Bruges. Celui-ci doit envoyer 150 hommes au 4e Bataillon du 27e Léger qui est à Nantes, pour protéger la Bretagne.

En août, Napoléon fait occuper toutes les côtes allemandes de la Hollande au Holstein pour éviter la contrebande anglaise.

- 1811.

En avril, l’Empereur renforce l’armée de l’Est.

Les cadres du 4e Bataillon sont arrivés à Bruges le 19 novembre. Il a été dissout en Espagne, les hommes versés dans les trois premiers. Ce 4e Bataillon sera reformé.

- 1812.

Napoléon fait acheminer en janvier les Corps de la Grande Armée vers l’Elbe, l’Oder puis la Vistule.

Les cadres du 4e Bataillon (reformé) instruiront de nouvelles recrues au 1er trimestre. Le Bataillon partira le 3 mai pour le camp de Boulogne. Le 16 juin il part pour Munster (Wesphalie) ; il y arrive le 11 juillet pour être intégré à la Grande Armée.

En mars, le nouveau Corps d’Oudinot entre à Berlin.

Le soldat Sales Jean-Baptiste et son épouse sont rentrés à Lautrec dans le Tarn.

Les Compagnies détachées du 27e Léger sont incluses dans le 11e Régiment provisoire de la 2e Brigade du Général Schobert, 31e Division du Général Lagrange, 11e Corps du Maréchal Augereau.

- Campagne de Russie (6e coalition).

Campagne de Russie 1812.
Armée française vers Moscou : de juin 1812 au 14 septembre 1812.
Retraite de l’Armée française : de septembre à décembre 1812.

Au début de la campagne, le 11e Corps assure l’arrière-garde, entre Vistule et Oder, en Pologne. Napoléon lui demande alors de se porter vers Smolensk, pour protéger la retraite de la Grande Armée.

Le 4e Bataillon du 27e Régiment d’infanterie légère appartient au 11e Régiment provisoire, 2e Brigade du Général Schobert, 31e Division du Général Lagrange, 11e Corps d’armée du Maréchal Augereau. Il sera plus tard dans le 10e Régiment provisoire, 1ère Brigade de Labassée de la même Division. Le Dépôt de ce Bataillon est à Bruges.

Sapeurs 27e Léger 1809-1810
Fig. 2 Sapeur du 27e Léger vers 1809-1810

La campagne commence le 24 juin 1812. Napoléon a mis 640 000 hommes en mouvement pour cette lutte colossale. La Garde impériale, les unités des Maréchaux Murat, Davout, Oudinot, Ney soit 200 000 hommes, forment le centre et franchiront le Niémen à Kowno. Sur leur gauche vers Tilsitt, se trouvera le Maréchal Macdonald au Corps duquel sont joints 20 000 Prussiens ; à droite, le Prince Eugène avec des Italiens et des Bavarois; plus à droite, à Grodno, Jérôme, Roi de Westphalie, avec des Polonais, des Westphaliens, des Saxons; à l’extrême droite, 30 000 Autrichiens partis de Gallicie, sous Schwartzenberg, vers Brezesc; l’arrière-garde avec le Maréchal Victor est entre l’Oder et la Vistule; la réserve, avec le Maréchal Augereau, entre l’Elbe et l’Oder. Un des graves inconvénients de cette distribution, c’était la faiblesse des ailes, formées presque exclusivement d’étrangers. Les Russes n’ont guère alors plus de 220 000 hommes en ligne, formant deux armées qui gardent les deux voies par lesquelles on pénètre dans le coeur de la Russie. A Wilma se trouve Barclay de Tolly avec 160 000 hommes, couvrant la route de Witepsk et Moscou; entre Minsk et Bobruisk, Bagration avec 60 000 hommes couvre la route de Mohilew, Smolensk et Moscou. Le 24 juin, la Grande Armée passe le Niémen, le 28 les troupes françaises occupent Wilna que l’ennemi nous abandonne. Napoléon quitte Moscou le 19 octobre. Il veut d’abord suivre une nouvelle route et gagner Smolensk par Kalouga. Mais Eugène est arrêté à Malo Jaroslawetz par toute l’armée de Kutusof le 25 octobre (l’opinion publique irritée de ces continuelles retraites, conseillées par Barclay de Tolly, un Allemand, avait obligé le Tzar à donner le commandement en chef à Kutusof, un vrai Russe, disposé à la résistance - Site histofig.com).

L’Empereur comprend que de ce côté, il lui faudra disputer sa retraite par un combat de chaque jour. Il se détourne au nord et reprend la route déjà suivie à l’aller et dévastée de Mojaïsk. Là, Kutusof n’est plus en tête, mais en queue, harcelant avec ses cosaques (Platof), les troupes françaises qui sont épuisées; de Wiasma à Smolensk, c’est un combat de chaque jour. Davout est à l’arrière-garde. Le 6 novembre la neige commence à tomber (Site histofig.com).

Le Corps du Maréchal Augereau est envoyé début novembre vers Elnia à la rencontre du russe Orlow. Le 9, ce dernier attaque le Corps d’Augereau où se trouvent des hommes du 27e léger. Ne pouvant résister à l’artillerie russe les troupes françaises se replient.

A Smolensk (8 novembre), Ney prend le commandement de l’arrière-garde. Napoléon a divisé son armée en quatre corps qui se suivent à une journée de distance. Kutusof s’est de nouveau porté en avant. A Krasnoé, il essaye, en trois journées, d’arrêter successivement Eugène, Davout et Ney; ce dernier ne parvient à rejoindre l’armée, avec les débris de son corps, qu’en passant la nuit le Dniepr et en faisant un immense détour sur l’autre rive en pays perdu (18-21 novembre). L’armée passe le Dniepr à Orcha. On connaît alors toute l’horreur de la situation. Serrées de près par Kutusof, les troupes françaises vont se heurter sur la Bérézina à deux autres armées russes. La campagne de Russie, qui a coûté à la France 300 000 hommes, s’achève par une immense déroute à travers la Lithuanie, la Prusse, le Brandebourg et la Saxe (Site sur la Russie Giotstar.com).

Les hommes du 27e n’ayant pas participé aux combats de Smolensk, de la Moskowa et de la Bérézina, sont relativement épargnés. La campagne d’Allemagne les attend, elle sera plus sévère pour eux. En décembre, 700 hommes du 27e sont en garnison à Glogau (Silésie, Pologne).

Note : le grand Dépôt est à Bruges, avec deux Compagnies.

Défaite de Krasnoë 17 novembre 1812 ; le 33e Léger sera anéanti

- 1813. Allemagne, campagne de Saxe.

Tambour 27e Léger 1809-1810
Fig. 3 Tambour du 27e Léger vers 1809-1810

Le 11e Corps d’armée du Maréchal Augereau se voit confier la garde de Berlin avec 6 000 hommes ; les Français, sous la poussée, abandonnent la ligne de la Vistule.

Sous la menace, le 3 mars, l’armée française quitte un Berlin hostile qui est occupé par les Cosaques le 4 mars. Le 11e Corps passe à Wittenberg et Dessau. Les Français ne peuvent tenir la ligne de l’Elbe, de Dresde à Magdeburg. Les places fortes sont pourtant maintenues, dont celle de Magdeburg, avec la 31e Division du Général Lagrange.

Les cadres des 2e et 3e Bataillons arriveront également d’Espagne par Bruges en mai et juin. Ils seront en juillet à Mayence aux ordres du Maréchal Gouvion Saint Cyr.

Il y aura donc à cette date trois Bataillons du 27e (2, 3, 4) à la Grande Armée avec de très jeunes Conscrits.

Début avril, la 31e Division est sur le plateau de Nedlitz, à l’Est de Magdeburg. Elle en chasse les alliés. Les Français tiennent quelques places fortes, mais de nombreuses capitulent, comme Thorn ou Spandau.

Le 5 avril, le Capitaine Denat est blessé à l’affaire de Wehelitz ; comme le capitaine Vivien du 4e Bataillon intégré dans la 11e Demi-brigade du 11e Corps de Macdonald à l’affaire de Walden, ces localités sont en Prusse.

Le 25 avril, la 31e Division est à Eisleben à l’Ouest de Halle, elle occupe Ascherleben, Quedlinburg, puis Celle et Brunswick. Début mai, le 11e Corps est à Merseburg, au sud de Halle.

Napoléon quitte Paris et revient sur le théâtre des opérations avec de nouvelles unités, formées en toute hâte, composées de jeunes Conscrits.

D’après un courrier de l’Inspecteur aux revues du 7 avril 1813, les 1ère et 2e compagnies du 5e Bataillon sont en Espagne. La 3e est en marche du Dépôt vers Wessel. La 4e aura la même destination dès que les Conscrits auront rejoint le Dépôt.

Notre Lapomarède (de Castres) qui réapparaît en Espagne comme Officier en 1810, revient en 1813 aux unités du Régiment en Allemagne. Quelques temps après il est affecté comme Lieutenant au 1er Régiment de Grenadiers à pied de la Garde Impériale.

- Bataille de Lützen (2 mai 1813).

Pendant que Napoléon débouche de Wiessenfeld sur la Saale, le Prince Eugène arrive de Merseburg. Le 11e Corps du Maréchal Macdonald attaque cette ville et l’enlève après une vive résistance, puis marche sur Lützen et Leipzig. Mais à ce moment, l’armée des alliés se concentre à Pegau et attaque le Maréchal Ney. Le 11e Corps est d’abord chargé d’appuyer le Corps de Laurison vers Leipzig. L’ennemi fait de grands progrès et le Maréchal Ney abandonne beaucoup de terrain.

Le Lieutenant Vienet est mortellement blessé et le Capitaine Tragnié est blessé.

Le Corps de Macdonald reçoit l’ordre de marcher aux canons. Il s’arrête face à l’ennemi à Bautzen et reste en sa présence pendant plusieurs jours. Il attend le reste de l’armée.

La Division Gérard du 11e Corps et le 1er Corps de cavalerie, pour appuyer le mouvement du 5e Corps, se sont avancés de Markranstaedt à Schönau et se sont établis au sud de ce village. Le reste du 11e Corps s’est placé entre Lausen et Markranstaedt.

Le Lieutenant Lahonte est blessé le 7 mai 1813 à Naussen en escortant un convoi.

A partir du 11 mai, les Français passent sur la rive droite de l’Elbe. Ney avec plusieurs Corps d’armée marche vers le nord, pour faire croire à une attaque sur Berlin.

L’armée principale est dirigée par Napoléon, avec les 4e,6e,11e et 12e Corps d’infanterie, la Garde impériale et le 1er de cavalerie (120 000 hommes). Le 11e Corps est aux ordres du Maréchal de Tarente (Macdonald), la 31e Division est à ceux du Général Gérard. Ils bousculent les alliés à Göedau.

- En Saxe : Bataille de Bautzen (20-21 mai 1813) et de Würschen (21 mai 1813) à l’est de Dresde.

Au lendemain de l’éclatante victoire de Bautzen, Ney bouscule Barclay et ses Russes et malmène les Prussiens de Blücher (le même qui fut fait prisonnier à Lübeck, et libéré sur parole …). Le 21 mai 1813 : à Würschen, sans parvenir toutefois à les anéantir ou à contrarier leur retraite. Vainqueur des Russo-Prussiens de Wittgenstein à Lützen, le 2 mai 1813, Napoléon les poursuit et arrive à leur contact, le 19 mai, à proximité de Bautzen, à 60 km à l’est de Dresde. L’Empereur cherche à fixer l’ennemi le long de la Spree en attendant que Ney les prenne à revers par le sud et les encercle. Mais ce dernier, qui a mal interprété les ordres, dispose ses corps d’armée face à l’est et non au sud. Le 20 mai à midi, le gros de l’armée française attaque sur la Spree et franchit le fleuve sur des ponts provisoires. Le 11e mène l’assaut sur Bautzen, sans réussir. Le 6e de Marmont passe la Sprée, protégé par le feu de 60 pièces et refoule le prince Eugène de Würtemberg. La division du général Compas pénètre alors à revers dans Bautzen, évacué par les Russes. Le 11e corps peut alors avancer. Le 21, Ney perd du temps à prendre Preilitz, laissant à l’ennemi le loisir de se replier, sauvant l’essentiel de son artillerie. Bautzen est une indéniable victoire de Napoléon, mais la maladresse et la lenteur de Ney l’ont empêché de la transformer en triomphe puisque les adversaires n’ont pu être détruits. Il y a eu environ 20 000 victimes de part et d’autre. Epuisés, manquant de cavalerie, les français ne peuvent poursuivre les Russo-Prussiens qui font retraite vers la Silésie. Un armistice clôt provisoirement les opérations, le 4 juin.

Lors de ces combats de Würschen, l’unité comprenant les hommes du 27e subira des pertes importantes. Le Sous-lieutenant Dufresnoy sera tué. Le Capitaine Charles, les Lieutenants Bernard, Thiria, les Sous-lieutenants Delaseiglière, Ernault, Laoute, Orange, Mortier seront blessés.

- Combats de Gieshübel, Dresde, Grieffenberg, Elsen, Dohna.

La 31e Division a peu donné pendant cette bataille, le Maréchal Macdonald écrit : "le 11ème corps est encore assez fort à cause que la 11ème division qui ne s’est pas trouvée en avant …".

Lors du combat de Gieshübel, le 22 août 1813, en Saxe, le détachement du 27e Léger est fortement touché. Parmi les Officiers, on déplore le Capitaine Boucher tué, les Capitaines Jandry, Leautier blessés, ainsi que les Lieutenants Montagnac, Guilhaumon, Domergue et les Sous-lieutenants Grammont, Armand et Ten dit Mons.

- Bataille de la Katzbach (26 août 1813).

Macdonald est contraint de livrer bataille à l’armée russo-prussienne de Blücher près de la rivière Katzbach. Les deux armées sont de force comparable, 101 000 hommes chez Macdonald pour 105 000 chez l’ennemi. Mais le Maréchal français échoue dans sa manoeuvre pour tourner l’adversaire sur la gauche et ses colonnes sont attaquées entre les collines de Janowitz et un affluent de la Katzbach, la Ness. Sous une pluie battante qui empêche l’usage des armes à feu, les Français se font étriller, perdant 15 000 hommes contre 4 000 chez l’ennemi.

- Dresde, en Saxe (26-27 août).

Le 26 août, l’armée autrichienne de Schwarzenberg attaque Dresde, défendue par le seul corps de Saint-Cyr. Mais Napoléon n’est pas surpris et intervient avec trois corps supplémentaires. Le lendemain, face à des forces ennemies deux fois supérieures aux siennes, il prend l’initiative. Il envoie Victor et Murat tourner l’aile gauche de l’armée autrichienne, pendant qu’il concentre les feux de son artillerie sur son centre. Il renforce même ce bombardement en cours de journée avec l’artillerie de la garde (32 pièces).

Si Napoléon remporte un succès éclatant à Dresde, les 26 et 27 août 1813, il ne peut l’exploiter pour écraser l’ennemi, Oudinot s’étant fait battre à Gross Beeren (23 août), Macdonald à la Katzbach (le 26 août), Vandamme à Kulm (30 août).

Le Caporal Fourrier (Grenadier) Alary Barthélémy, né à Mazamet (Tarn) le 15 août 1784, sera tué au champ d’honneur à Dresde. Incorporé en l’an 12 (1804), il aura fait toutes les campagnes dont Austerlitz.

Le Sous-lieutenant Collin est blessé.

Ces trois victoires Bautzen, Lützen, Dresde ont fortement éprouvé les troupes françaises. Le Prince autrichien (nouveau dans la coalition) se présente avec 230 000 hommes frais, par la Bohême. Il faut ajouter les Suédois commandés par Bernadotte, lequel s’oppose ainsi, les armes à la main, à celui qui lui avait offert le trône de Suède

Les hommes du 27e Léger seront engagés dans les combats de Grieffenberg, Elsen, Dohna.

Le 31 août 1813, le Lieutenant Ausset et les Sous-lieutenants Cantalet et Mortier seront blessés à Grieffenberg.

Les Capitaines Llobet, Thévenin, et le Lieutenant Lacarrière le seront à Elsen (Saxe), le 5 septembre.

Le 8 septembre à Dohna, le Lieutenant Domergue sera blessé et il décédera le 26 septembre.

Les Sous-lieutenants Ten dit Mons et Boursier y seront blessés.

- Bataille de Leipzig (16 au 19 octobre).

L’Empereur se retire sur Leipzig avec 150 000 hommes face aux 300 000 alliés. La "bataille des nations" voit, de plus, la trahison des Saxons et des Wurtembergeois. Les Français se retirent mais le pont de repli est détruit par erreur et 20 000 hommes restent prisonniers. Les coalisés en perdront 60 000 !

Le 4 novembre Napoléon repasse le Rhin avec 40 000 hommes.

- Défense de Dresde.

Le 14 septembre, le Sous-lieutenant Lebrun est blessé. Le 17 octobre, c’est le sous-lieutenant Duchesne.

Le 4 novembre, les Capitaines Caussin et Heuching seront blessés, comme le Lieutenant Clerc et le Sous-lieutenant Grammont. Le Capitaine Terrien, blessé le 9 novembre, décèdera le lendemain.

La capitulation de la ville sera effective le 12 novembre.

Note : le Sergent Joseph Viancyn, de Moutiers (Doubs) arrivé le 13 décembre 1803 (n° 1805 au Registre du Corps), soldat au 1er Bataillon, 6e Compagnie, sera Caporal au 3e puis Sergent. Il sera fait prisonnier à Dresde le 12 novembre 1813 et libéré le 3 août 1814.

Le 29 novembre, le Général Rapp capitule à Dantzig (Gdansk) où il est retranché depuis onze mois avec le 10e Corps. Les épidémies le forcent à se rendre. Les alliés acceptent que ces hommes rentrent en France avec leur artillerie, sauvée de Russie. Les Russes s’y opposent et ils sont acheminés, prisonniers, en Ukraine. A son retour en France, sous Louis XVIII, le Général sera honoré (24 blessures au combat !). Les hommes du 27e restent au 11e Régiment provisoire, à la 3e Division du Baron Ledru des Essarts, 11e Corps de Macdonald. Ils seront nombreux à être faits prisonniers. La Division comporte trois Régiments de Westphaliens passés à l’ennemi.

Le 10 décembre, les Bataillons du 27e, aux ordres du Maréchal Gouvion Saint-Cyr sont faits prisonniers en violation de la capitulation de Dresde. Le Corps d’armée était le 14e et la Division (43e) aux ordres du Général Claparéde. Ils ne seront libérés qu’en été 1814 après la défaite.

- 1814.

Un 6e Bataillon est formé le 1er février ; il est parti aussitôt pour tenir garnison à Ypres, il s’est rendu au Dépôt après reddition de cette place. Au début de l’année, le Dépôt, qui était passé de Bruges à Béthune, passera en raison de l’avance des alliés à Aire (Ardennes).

Un 4e Bataillon du 27e Léger fait partie de la Brigade du Général Auguste Fournier, Division Lagrange, 6e Corps d’armée de Marmont, Armée de Champagne. Les alliés passent le Rhin avant le 1er janvier. Les hommes du 27e sont engagés dans les combats de Lille et de Courtais.

Le Chasseur Vilain Constant, de la 2e Compagnie du 5e Bataillon du 27e Léger, âgé de 22 ans, de Clary (Nord), est entré à l’hôpital de Dunkerque suite à une blessure le 6 février. Il décèdera le 26 mars 1814.

- La bataille de la Rothière (1er février 1814).

Installé entre l’Aube et la Marne, Napoléon tente, à la fin janvier 1814, d’empêcher la jonction des armées de Silésie, commandée par Blücher, et de Bohême sous les ordres de Schwarzenberg. L’Empereur marche sur Brienne pour y attaquer Blücher, mais ce dernier, prévenu, se replie sur Trannes et y fait sa jonction avec Schwarzenberg. L’Empereur, ignorant que l’ennemi s’est regroupé, poursuit Blücher. Ce dernier, sûr de sa supériorité numérique, prend l’offensive et attaque les Français, le 1er février 1814, à La Rothière. Profitant du nombre, il attaque au centre et ordonne un mouvement enveloppant aux ailes. Si l’Empereur supporte le choc au centre, Marmont, à l’aile gauche, est vaincu et l’armée française doit se replier pour ne pas être submergée, perdant 6 000 hommes dont 2 000 prisonniers et 60 canons.

Les troupes se replient sur Troyes mais les alliés arrivent avec 220 000 hommes.

Le Maréchal Marmont subira une lourde défaite à Laon (9-10 mars 1814).

Les armées autrichienne, prussienne et russe, sont réunies sous le commandement du Maréchal Karl Philipp de Schwarzenberg ; mais le Tsar Alexandre (accompagné de ses stratèges) surveillait les opérations en arrière-plan. Les alliés avaient 100 000 hommes à leur disposition. Napoléon laisse son frère Joseph Bonaparte défendre Paris avec 20 000 soldats réguliers, sous le commandement du Maréchal Auguste Marmont. Il ajoute 30 000 Gardes Nationaux dirigés par les Maréchaux Bon Adrien Jeannot de Moncey et Edouard Mortier.

Les derniers soubresauts auxquels ont participé quelques hommes du 27e :

A Courtai, le 7 mars, le Capitaine Cécire sera blessé de même que les Sous-lieutenants Manante et Simonet le 31 mars. Le Lieutenant adjudant-major Lacarrière est blessé près de Lille.

A l’aile gauche du corps français, la Brigade Sécrétant et la Division Boyer de Rebeval étaient vigoureusement attaquées et forcées de reculer. Dans ce moment, le Duc de Raguse (Maréchal Marmont), qui tenait encore au centre dans la position du télégraphe, tenta un dernier effort pour chasser l’ennemi du village de Belleville. Réunissant autour de lui une poignée d’hommes qui lui restaient, avec les Généraux Ricards, Meynadier, Boudin, Pelleport, il se précipita sur les Russes. Le Maréchal fut atteint d’une balle qui lui fit une forte contusion, les Généraux Ricard et Pelleport furent blessés, mais les Russes furent enfoncés. Belleville fut repris, et le Général Lagrange réoccupa en avant sa première position.

Les alliés entrent dans Paris le 31 mars, la défense est bien vaine, seuls quelques hommes de ces débris des Compagnies du 27e sont encore en état de combattre (Site : marsouin 18).

4 Avril : Napoléon abdique.

24 Avril : Capitulation générale.

De 1804 à 1814, le 27e Régiment d’infanterie légère a eu 22 Officiers tués au combat, 8 sont morts de leurs blessures, 137 Officiers blessés. Les statistiques ne comptent pas les hommes de troupe. Il est raisonnable d’estimer les pertes en hommes à 3 000 blessés ou tués, le renouvellement par les Conscrits gardant au Régiment un effectif d’environ 3 000 hommes.

Il se verra attribué 3 sabres et 2 fusils d’honneur, au titre de récompenses.

Les premiers Bataillons auront effectué de 1804 à 1814 plus de 18 000 kilomètres à pied. Les Compagnies de Carabiniers et de Voltigeurs, qui ne sont pas allées en Espagne sont, elles, arrivées près de Moscou.

De nombreux hommes du 27e Léger reprendront du service en 1815 lors des 100 jours. Pour la majorité dans les rangs du 15e d’Infanterie légère.

Le Lieutenant Lapomarède sera en Belgique pour les cent jours en 1815 dans la Garde Imperiale. Il sera nommé sous la Restauration Capitaine et quittera l’armée en 1833. Le Carabinier Lelièvre Mathurin, né le 13 octobre 1778 à Chammes dans la Mayenne, qui a fait campagne avec la 2e Compagnie du 2e Bataillon se verra attribuer en 1858 la médaille de Sainte-Hélène. Il fallait être en vie en 1857. Il a plus de 80 ans. Entré en service en 1806, il a fait les campagnes de Prusse et d’Espagne. Il a été blessé d’un éclat d’obus à la poitrine, plus tard une balle l’a traversé, et enfin il est blessé à la main. Après 1813 il est Gendarme, en 1828 il devient Garde-champêtre. En 1858 ... il a encore des enfants à charge … à 82 ans ; il ne peut plus travailler ! Il décède le 24 juin 1860.

Pas de données concernant Jean-Baptiste SALES pour une reprise pour les 100 jours. Marie Lena Barbara Burgschmidt née le 27 mai 1782 à Nürnberg (Wöhrd) décédera à Albi le 15 août 1840. Son mari Jean Baptiste Sales décédera le 15 décembre 1844 à Agen (indigent de la ville de Lautrec, il cultivera la terre d’une ferme, propriété de l’hôtel Dieu). Ils ont eu au moins huit enfants connus, dont quatre décès en bas âge ou jeunes. Les autres feront des militaires : Charles, Sous-officiers de cavalerie; Jacques la Marine, Jean-Pierre l’artillerie. Les autres décèderont à 42 ans, 24 ans.

5e partie : Les tenues du 27e Léger

Les tenues de la troupe du 27e Léger suivent l’évolution générale de l’infanterie légère (voir figure 4) : Tenue de fond bleu, revers en pointe, collet et pattes de parements écarlates, le tout passepoilée de blanc. Boutons blancs, culotte bleue, demi guêtres etc ...

Les Carabiniers se sont vu attribuer un bonnet d’oursin avec cordon et plumet écarlates en récompense au début 1805 ; ils vont le garder jusqu‘en 1810. Les Chasseurs portent le shako dont la plaque suit les évolutions du règlement et de la mode ; pas de plaque jusqu’en 1806, plaque losangique en 1805, plaque fantaisie avec un soubassement en demi-cercle vers 1809, préfigurant le modèle 1812.

L’apparition des Voltigeurs fait apparaitre la distinctive jaune chamois au collet, aux épaulettes, ornements de retroussis (voir figure 5).

La seule grande originalité uniformologique du Régiment réside dans sa tête de colonne (d’après les collections alsaciennes). Les Sapeurs, Musiciens régimentaires et Musiciens de Compagnies (Tambours et Fifres) et le Tambour-major prennent une tenue de fond bleu céleste distingué de cramoisi, comme on les représente en 1809-1810. Voir figures 1, 2 et 3. Les Sapeurs, en tant que membres des Compagnies de Carabiniers, ont le bonnet d’oursin.

La date d’apparition de ces tenues reste discutée. C’est vraisemblablement le Colonel Lacoste qui en a pris l’initiative avant le départ du Régiment pour l’Espagne, soit au cours de l’année 1808. La mesure devenant pleinement effective en 1809, en commençant par les fractions du Régiment restées pour la campagne contre l'Autriche la même année, comme on pu alors les observer.

Les Musiciens galonnent leur uniforme de blanc ou argent, tandis que les Tambours utilisent un galon fantaisie.

Quoiqu’ il en soit, ces tenues ne survivent pas à l’Espagne et au règlement Bardin de 1812.

6e partie : Les Aaigles et drapeaux du 27e Léger

En 1804, le Régiment reçoit trois Aigle et trois drapeaux modèle Picot pour ses trois Bataillons.

Depuis mars 1807, en théorie, les Régiments d’infanterie légère doivent renvoyer leurs Aigles et drapeaux à leur Dépôt.

Le 26 mars 1807, à Osterode, est établi par l'Empereur l'ordre suivant : "Sa Majesté ordonne que les régiments d'infanterie légère n'auront pas d'’Aigles à l'armée, et que les Aigles de ces régiments seront envoyées aux dépôts, cette arme ne devant pas avoir d'Aigle devant l'ennemi" (Correspondance de Napoléon, t.14, lettre 12183). Le 27e les déposera sans doute avant de partir pour l’Espagne.

En 1812, il n’y a plus, selon les instructions de l’Empereur, qu’une seule Aigle en service au Dépôt.

Un nouveau drapeau modèle 1812 est accordée la même année, portant le nom des batailles livrées sous les yeux de l’Empereur par des éléments du Régiment soit : AUSTERLITZ IENA FRIEDLAND ESSLING WAGRAM. L’étoffe reste au Dépôt de Bruges.

Comme pour tout Régiment, l’utilisation de fanions de Compagnies et de fanions de Bataillons vient apporter des insignes de ralliement en campagne.

7e partie : Sources

1) Service Historique de la Défense Terre (SHD-T)

a) Contrôle des troupes du 27e Régiment d’infanterie légère, cote 22YC 199, relevé des troupes incorporées jusqu’en juin 1806, le volume suivant n’est pas consultable. Mis à jour en 1816. Du 11e 1828-1836 JCBJ Sales, maréchal des logis 35YC-436.

b) Dossier des pensions : cote 2Yf 1801-1817

c) Femmes militaires et cantinières : cote Xr 48 et 49

d) Femmes aux armées, cote Yi

e) Grande Armée du Hanovre en cote 2C, C194-C600 situation de l’armée du Hanovre (non consulté, a disparu aux Archives ?) 2C 602 Batavie.

f) Position des unités 1802-1804 Armée du Hanovre, livres reliés (armoire du couloir).

g) C2-474 1ier CA de Bernadotte et troupes restées au Hanovre (Hameln) 1805-1807.

h) cotes administratives 27e léger : Xb614-615 (Pv de 1818)

i) cotes administratives Etat-civil (Non vues encore)
-Xz 8 état civil de la GA n°8 lettres M Az
-Xz19 et sous dossier 19 état civil armée du Hanovre
-Xz 20 et sous dossiers 69 1°CA n°253 1°CA ambulance
-Xz 56 n°507 état civil du 27e léger. j) C2-474, C8-424-70, C8-436-031 (à revoir).

2) Les cahiers du capitaine Jérome-Roland Laugier du 27e Régiment d’Infanterie légère (1791-1807), édités à Aix en Provence chez Remondet-Aubin, édité en 1893.

3) Victoires, conquêtes, désastres, revers et guerres civiles des français de 1792 à 1815, écrits par une société de militaires et de gens de lettres (1817).

4) Les deux officiers cités, dans l’annexe, proviennent du site : steph77 les soldats du Tarn.

5) Décret du 10 thermidor an X dans le journal militaire an X pages 786 à 815.

6) « L’armée du Hanovre », « Les mines et usines », « occupation du district minier par les troupes françaises à partir de juillet 1803, rapport du conseil des ministres du 9 pluviôse an XII (30.1.1804), sur la partie financière des Mines du Harz » Journal des mines an XII p395-405 et 437-446.

7) Les sites internet sur l’Empereur dont celui de Monsieur Ouvrard, le Bivouac …

8) Livres d’Adolphe Thiers Histoire du Consulat et de l’Empire.

8) Les Français en Espagne (1808-1814) par Just Jean Etienne Roy.

9) Mémoires pour servir à l’histoire de France sous la dictée de Napoléon à St Hélène. Tome IV. Rapport historique sur la 27ième demi-brigade.

10) Les revues : « tradition magazine », « consulat et empire » …

11) Carnets de la sabretache. Journal de la division de grenadiers d’Oudinot.

12) Billets de logement des quartiers de Nürnberg : Gosthof et Tafelhof.

13) Campagnes de 1813-1814 d’Edouard Lapène.

14) Mémoires du Roi Joseph (Albert Ducasse).

15) Victor Hugo raconté par un témoin de sa vie (Adèle Hugo). 16) Histoire du duc de Wellinton (Alexis Brialmont).

17) La campagne d’Allemagne 1805 Alombert et Colin.

18) Général Grouchy et l’Irlande en 1796 par Alphonse Fréderic Emmanuel Grouchy

19) Rapports historiques des régiments de l’Armée d’Italie pendant la campagne de 1796-1797 publié par G.FABRY SHEMA 1905.

20) Napoléon à Bordeaux Rousselot 1909 BNF

21) Campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche commandant Saski chez Berger Levrault 1899 3 tomes.

22) SHD Tableaux Officiers blessés ou tués sous l’Empire d’Aristide Martinien

23) Officiers tués en Espagne par Jorge Planas Campos de Madrid.

Remerciements :

Hervé Morel, d’Agen, et Pierre Roussel, d’Albi, qui m’ont permis de cerner le couple Sales Burgschmidt et d’obtenir des extraits d’une extrême importance pour remonter le fil d’Ariane (Association FGW47 ? Fil d’Ariane et 81).

Detlef Haas, à Hoym, dans le Anhaltbernburg.

Lena Freedman à Brême pour ses recherches sur le Hanovre.

Barbara Salmon de Nürnberg, descendante d’un cavalier de l’Empire resté en Franconie

Le traducteur d’une lettre en flamand par l’intermédiaire de Mary-Anne P.

Les « Yahoo-groupes » dont Genemil et leurs participants : Jean-Paul Stril et Bernard Sonneck.

Le SHD-T à Vincennes, les Archives départementales du Tarn, du Lot-et-Garonne, et les Archives de Bayonne. Ancestramil.

Et tous les autres, ceux qui ont déposé des données sur Internet (trop nombreux pour être tous cités).

Les cartographes et éditeurs pour les fonds de carte.

Mon épouse Dany qui m’a « supporté », soutenu, corrigé et encouragé.

Un peu de poésie …

Te souviens-tu, disait un capitaine Au vétéran qui mendiait son pain,
Te souviens-tu, qu'autrefois dans la plaine Tu détournas un sabre de mon sein ?
Sous les drapeaux d'une mère chérie Tous deux jadis nous avons combattu.
Je m'en souviens, car je te dois la vie : Mais, toi, soldat, dis-moi, t'en souviens-tu ?
Te souviens-tu de ces jours trop rapides Où le Français acquit tant de renom ?
Te souviens-tu que sur les Pyramides, Chacun de nous osa graver son nom ?
Maigre les vents, malgré la terre et l'onde. On vit flotter, après l'avoir vaincu.
Notre étendard sur le berceau du monde : Dis-moi, soldat, dis-moi, t'en souviens-tu ?
Te souviens-tu que les preux d'Iralle Ont vainement combattu contre nous ?
Te souviens-tu que les preux d'Ibêrie Devant nos chefs ont plié les genoux ?
Te souviens-tu qu'aux champs de l'Allemagne, Nos bataillons arrivant Impromptu.
En quatre Jours ont fait une campagne : Dis-moi, soldat, dis-moi, t'en souviens-tu ?
Te souviens-tu de ces plaines glacées Où le Français, abordant en vainqueur,
Vit sur son front les neiges amassées Glacer son corps sans refroidir son coeur ?
Souvent alors, au milieu des alarmes, Nos pleurs coulaient, mais notre oeil abattu.
Brillait encor lorsqu'on volait aux armes : Dis-moi, soldat, dis-moi, t'en souviens-tu?
Te souviens-tu qu'un jour notre patrie, Vivante encor descendit au cercueil,
Et que l'on vit, dans Lutèce flétrie. Des étrangers marcher avec orgueil ?
Grave en ton coeur ce jour pour le maudire. Et quand Bellone enfin aura paru.
Qu'un chef jamais n'ait besoin de te dire : Dis-moi, soldat, dis-moi, t'en souviens-tu ?
Te souviens-tu ... Mais ici ma voix tremble Car Je n'ai plus de noble souvenir :
Viens-t'en, l'ami, nous pleurerons ensemble En attendant un meilleur avenir.
Mais si la mort, planant sur ma chaumière, Me rappelait au repos qui m'est dû,
Tu fermeras doucement ma paupière En me disant : Soldat, t'en souviens-tu ?
Emile Debraux (1817).

Retour