Le 111ème Régiment d'Infanterie de Ligne
1800-1815

Avertissement et remerciements : Cet article nous a été aimablement fourni par notre collègue, Giulio Centanni, que nous remercions vivement ici ! Article complété et enrichi par le duo D. Davin/F. Berjaud.
Remerciements également à Serguei, Giovanni Casetta, Mario Citarelli et Alessandro Mella pour les photos qu’ils nous ont permis de publier

 

Bouton 111e de LigneBouton 111e de LigneBouton 111e de Ligne
Bouton 111e de Ligne
Bouton 111e de LigneBouton 111e de Ligne
Boutons du 111e (à droite, petit module)
Bouton du 111e
Bouton du 111e, petit module
Boutons de la collection Giovanni Casetta

Avant d'aborder l'histoire du glorieux 111e Régiment d'infanterie de ligne français, composé uniquement d'Italiens et surtout de Piemontais, il est nécessaire de rappeler brièvement les événements qui ont conduit à sa naissance et à sa constitution.

Par le décret du 23 juin 1800, à peine dix jours après la victorieuse bataille de Marengo, le Premier Consul Napoléon Bonaparte ordonne de former quatre Bataillons avec les soldats des anciens Régiments piémontais, afin de maintenir l'ordre dans les territoires conquis. Ces Bataillons, ayant leur quartier général à Turin, ont pris le nom des quatre plus anciens Régiments du Royaume de Sardaigne :
- Rgt Piémont, qui comprenait les soldats des Régiments du Piémont et de la Savoie;
- Rgt Monferrato, qui comprenait ceux des Régiments de Monferrato, Marina et Alessandria;
- Rgt Saluzzo, qui comprenait ceux des régiments Regina, Cuneo et Saluzzo;
- Rgt Aosta, qui comprenait ceux des régiments d'Aosta et des Cacciatori a piedi (Chasseurs à pied).

Les rangs se sont ensuite étoffés au cours des mois suivants afin de parvenir à un effectif d’environ 1000 hommes, dans le but de former une 1ère et une 2ème Demi-brigades de ligne piémontaises, constituées respectivement des Régiments Piémont et Monferrato pour la 1ère et Aoste et Saluzzo pour la 2e, avec le Quartier général situé à Mondovi.

Avec les Chasseurs à pied, complétés par un autre Bataillon, a finalement été créée la première Demi-brigade légère.

En février 1801, une nouvelle campagne de recrutement est lancée, et, le 26 août de la même année, les Demi-brigades sont intégrées dans l'armée française, qui a déjà atteint le nombre considérable de 110 Demi-brigades d'infanterie de ligne, et 30 d'infanterie légère; la 1ère Demi-brigade piémontaise devient 111ème de ligne ; et la 2e 112ème de ligne, tandis que la 1ère Demi-brigade légère devient 31e Demi-brigade légère.

Le 22 février 1802, la 111ème est transféréz de Mondovi à Turin où elle reçoit les recrues de la conscription obligatoire introduite cette année-là, qui prévoyait l'enrôlement de 30 000 hommes pour l'an 9 (1800-1801), et autant pour l'an 10 (1801-1802), plus 6000 hommes destinés à être incorporés, uniquement en cas de guerre, dans la Réserve départementale.

Le 29 avril 1802 (9 floréal an 10), Bonaparte écrit, depuis Paris, au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "J'ai parcouru avec attention, Citoyen Ministre, les quatre états relatifs à la conscription dans les différents départements :
... Le travail ne paraît pas avoir été fait avec méthode. Les 86 départements relatés dans l'état n° 1 font évaluer la conscription à 378,000 hommes. En y comprenant les 16 départements qui ne sont pas dans le n° 1, ils doivent passer 400,000, c'est-à-dire 200,000 hommes par chaque année. En jetant un coup d'oeil sur l'état des besoins, il résulte qu'en ôtant la 111e et la 112e, qui se recruteront en Piémont, il vous faut 63,000 hommes ...
" (Correspondance de Napoléon, t.7, lettre 6061 ; Correspondance générale de Napoléon, t.3, lettre 6868).

Le même jour, 29 avril 1802 (9 floréal an 10), Bonaparte écrit à nouveau, depuis Paris, au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "Je vous prie de donner l'ordre à la 111e demi-brigade de ligne de se rendre à Annecy dans la 7e division militaire pour y tenir garnison ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.3, lettre 6870). Elle est commandée alors par le Chef de Bataillon Gay.

Le 1er juillet 1802 (12 messidor an X), Bonaparte écrit, depuis La Malmaison, au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "… La 111e, qui est à Genève, est nue et dans le plus mauvais ordre. Il devient urgent de lui fournir tout ce dont elle peut avoir besoin ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.3, lettre 6974).

Une fois les effectifs nécessaires atteints, la Demi-brigade, sur ordre de Bonaparte expédié depuis La Malmaison, le 8 juillet 1802 (19 messidor an 10), à Berthier, Ministre de la Guerre, est transférée à Verdun (Correspondance générale de Napoléon, t.3, lettre 7007). Le même jour (8 juillet 1802 - 19 messidor an 10), Bonaparte écrit depuis Paris, au Général Dejean, Ministre directeur de l'Administration de la Guerre : "La 111e demi-brigade, Citoyen Ministre, qui est à Genève et qui va se rendre à Verdun, est dans l'état le plus pitoyable ..." (Correspondance de Napoléon, t.7, lettre 6178 ; Correspondance générale de Napoléon, t.3, lettre 7011; la même lettre est donnée dans Correspondance générale de Napoléon, t.4, lettre 7803, mais datée de Lilles le 8 juillet 1803 - 19 messidor an 11; erreur ?).

Le 23 novembre 1802 (2 frimaire an 11), Bonaparte écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "Je vous prie, citoyen ministre, de me faire connaître ... 2° si les trois demi-brigades piémontaises, savoir les 111e, 112e et la 31e légère, ont envoyé des officiers pour lever des recrues en Piémont ..." (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1911, t.1, lettre 497 ; Correspondance générale de Napoléon, t.3, lettre 7294).

Le 11 décembre 1802 (20 frimaire an 11), Bonaparte écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "Les renseignements que vous m'avez donnés, Citoyen Ministre, sur la situation de la conscription militaire dans la 27e division, ne sont rien moins que satisfaisants. Je vous prie de me faire un rapport détaillé sur un objet aussi important. Le règlement sur la conscription militaire dit que la 27e division militaire doit fournir 4,000 conscrits, dont 100 pour le 21e dragons, 100 pour le 26e chasseurs ; les 3,800 autres conscrits sont répartis entre les 111e, 112e, 31e légère et plusieurs autres demi-brigades.
Faites-moi connaître ... 2° Si les 111e, 112e, et 31e légère ont envoyé leurs officiers en recrutement ... Enfin où en est la conscription de ces départements ...
" (Correspondance de Napoléon, t.8, lettre 6485 ; Correspondance générale de Napoléon, t.3, lettre 7351).

Le 24 janvier 1803 (4 pluviôse an 11), Bonaparte écrit, depuis Paris, au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "On me rend compte du Piémont que les officiers des 31e légère, 111e et 112e [de ligne] ne sont pas encore arrivés en recrutement, ce qui porte un grand retard dans l'organisation des conscrits de ces départements" (Correspondance générale de Napoléon, t.4, lettre 7441).

Le 16 avril 1803 (26 germinal an 11), Bonaparte écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "Mon intention est, citoyen ministre, que tous les individus des 111e, 112e de ligne et 31e légère, qui veulent servir aux colonies de bonne volonté, soient dirigés sur le dépôt de Nantes" (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1911, t.1, lettre 552 ; Correspondance générale de Napoléon, t.4, lettre 7576).

La vie de la 112ème de ligne a été par contre très brêve. Un Bataillon formé est affecté à la 111ème de ligne, tandis que le reste des hommes va grossir les rangs de la 31ème légère. Le 112ème sera reconstitué plus tard, non pas avec des soldats du territoire italien mais avec des recrues de Belgique.

GIACOMO FRANCESCO (Jacques François) GAY

Il est né à Turin le 23 février 1759 et a commencé son service dans les rangs de l'armée du Roi de Sardaigne le 23 juillet 1775, avec le rang de Sous-lieutenant, puis il nommé Lieutenant le 28 mars 1777 et Capitaine le 15 août 1784. Le 5 mai 1791, il est transféré au Régiment des Pionniers et participe à la campagne de 1792 ainsi qu'aux suivantes, atteignant le grade de Major le 27 avril 1795. Le Piémont annexé à la France, Gay devient Chef de Bataillon adjoint à l'Etat-major du Général Victor, participant aux campagnes de 1798 et 1799. Le 16 octobre, il passe, toujours avec le même grade, à la 29ème Demi-brigade de Ligne. Il est nommé à la direction du service militaire topographique du Piémont le 1er octobre 1800 avec le grade de Chef de Brigade, et y reste jusqu'au 28 janvier 1802, date à laquelle il est nommé commandant de la 111ème Demi-brigade, qui devient par la suite le 111ème Régiment d'infanterie de ligne. Chevalier puis Officier de la Légion d'honneur, il est fait Baron de l'Empire et membre de la circonscription du département du Pô le 19 mars 1808. Il prend part aux campagnes de 1805 et 1806 avec le IIIe Corps d'armée, menant avec brio le 111e à Austerlitz et Auerstadt jusqu'au 29 octobre 1806, date à laquelle il remet le commandement du Régiment au Colonel Husson pour assumer la charge de Général de brigade et d'Inspecteur aux revues; et, le 19 novembre, celle d'Intendant de Kalisch en Pologne. Le 1er mars 1807, il devient Inspecteur aux revues du 1er Corps d'armée à Preussische-Hollande et assême cette fonction en 1807 et 1808. Il est ensuite détaché en Espagne avec le 1er Corps d'armée et le 7 octobre 1808 est envoyé à Baynne pour diriger le bureau central des revues et des décomptes de l'armée française en Espagne. Le 24 janvier 1811, il devient Inspecteur aux revues de la 29e Division militaire. Après la chute de l'Empire, il intègre l'armée sarde avec le grade de Colonel et devient ensuite Chef de la Division du Secrétariat de la Guerre (1815), puis Major général (1817), commandant de la Division de Gênes (1820), puis de Cuneo (1821). Et enfin, Gouverneur de la 2ème maison des Invalides (1822). Il décède à Aix en Savoie le 11 septembre 1826.

 

1803-1806

Drapeau du 111ème de Ligne, 1er Bataillon, modèle 1804 (ancienne collection Louis de Monaco)

Le projet d'envahir et de vaincre l'Angleterre, qui depuis toujours constituait pour Napoléon un problème épineux à son égard et le restera pendant toute la période de son règne et jusqu'à sa mort, l'amène à procéder à la concentration de troupes au nord de la France, attendant le bon moment pour l'invasion, près de Boulogne sur Mer dans la Manche. La 111ème est également appelée.

Le 16 juin 1803 (25 prairial an 11), Bonaparte écrit depuis Saint-Cloud au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "Je vous renvoie, Citoyen Ministre, les projets que vous aviez rédigés pour le camp de Saint-Omer. Voici définitivement les bases auxquelles je me suis arrêté :
Six camps seront formés, lesquels, destinés à ne composer qu'une seule armée, seront commandés par six lieutenants généraux commandant en chef. Ils auront chacun un parc d'artillerie commandé par un général d'artillerie et par un colonel diiecteur du parc. Les six parcs seront tous soumis à un général commandant en chef l'artillerie et à un général de brigade directeur général des parcs des six camps. Chacun de ces camps aura un ordonnateur, lequel correspondra avec un ordonnateur en chef des six camps.
Ces six camps seront : un en Hollande, un à Gand, un à Saint-Omer, un à Compiègne, un à Saint-Malo, un à Bayonne ...
Pour le camp de Compiègne, les 9e et 24e légères ; les 18e, 44e, 63e, 64e, 4e, 32e, 96e et 111e de ligne ; le 3e régiment de hussards ; le 10e de chasseurs ; les 1er, 3e, 8e et 9e de dragons ...
Chacune des demi-brigades ci-dessus ne fournira que ses 1er et 2e bataillons, lesquels seront complétés à 1,000 hommes. Il est donc nécessaire que ces corps soient prévenus sur-le-champ que leurs deux premiers bataillons doivent marcher vers la fin de l'été, afin qu'ils activent l'instruction, l'habillement, etc ...
" (Correspondance de Napoléon, t.8, lettre 6814).

Le 17 juillet 1803 (28 messidor an 11), le Premier Consul écrit, depuis Gand, à Dejean : "... Je désire que vous fassiez donner des bonnets de grenadiers aux grenadiers de la 111e demi-brigade" (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1911, t.1, lettre 583).

Le 10 août 1803 (22 thermidor an 11), Bonaparte écrit depuis Reims au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "... J'ai accordé ... aux 12e, 14e et 111e de ligne ... quinze jours de gratification ..." (Correspondance de Napoléon, t.8, lettre 7001; Correspondance générale, t.4, lettre 7924).

Le 16 août 1803 (28 thermidor an 11), Bonaparte écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Dejean, Ministre directeur de l'Administration de la Guerre : "… Je désire que vous fassiez donner des bonnets de grenadiers aux grenadiers de la 111e demi-brigade" (Correspondance de Napoléon, t.8, lettre 7010 ; Correspondance générale de Napoléon, t.4, lettre 7935).

Bonaparte écrit depuis Saint-Cloud, le 21 août 1803 (3 fructidor an XI) à Berthier, Ministre de la Guerre :
"... Ordre à la 111e de compléter ses deux premiers bataillons, chaque bataillon 750 hommes, et de se rendre à Bruges ; le 3e bataillon restera à Verdun ...
Les ordres doivent être expédiés sur-le-champ pour les corps auxquels on a désigné des chaloupes pour en fournir les garnisons
...
" (Correspondance de Napoléon, t.8, lettre 7022; Correspondance générale, t.4, lettre 7945).

Le 28 août 1803 (10 fructidor an 11), Bonaparte écrit depuis Saint-Cloud au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "Je vous envoie, citoyen ministre, les dispositions que j'ai arrêtées pour l'organisation de quatre camps faisant partie des six qui vont être formés sur les côtes de l'Océan.
... Camp de Bruges
Le général Davout est nommé commandant en chef du camp de Bruges.
... La 2e division sera commandée par le général Durutte ayant à ses ordres les généraux de brigade :
Heudelet,
Reille.
Cette division sera composée de :
21e légère,
33e de ligne,
108e id.,
111e id.
Le général Davout établira son quartier à Bruges et partira le seize fructidor ...
" (Correspondance générale, t.4, lettre 7972).

La 111e va rester là jusqu'à l'été 1805, partageant ses journées entre formation continue au débarquement et travail de routine.

Le 12 septembre 1803 (25 fructidor an 11), Bonaparte écrit depuis La Malmaison au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "Dans la deuxième division militaire, citoyen ministre, les 12e et 111e demi-brigade de ligne ... doivent seuls jouir de la gratification ...
Cette gratification n'est accordée qu'aux seuls individus de ces corps qui ont passé la revue du Premier Consul ...
" (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1911, t.1, lettre 589 ; Correspondance générale, t.4, lettre 8020).

Le 21 mai 1804 (1er prairial an 12), Bonaparte écrit depuis Saint-Cloud au Maréchal Berthier "Mon Cousin ... dans l'état de situation de l'armée des côtes ... Je vois ... Le 111e est à 1,350 hommes ; son dépôt peut bien lui fournir 300 hommes ..." (Correspondance de Napoléon, t.9, lettre 7765; Correspondance générale, t.4, lettre 8875).

La menace croissante des forces de la troisième coalition et la difficulté de pouvoir effectuer le débarquement tant souhaité, amènent Napoléon, devenu Empereur, à modifier ses plans.

Suivant un calendrier très serré, l'armée est transférée à marches forcées et en un laps de temps très court de la Manche au Rhin. Après une série de manœuvres et de contre-manœuvres habiles, elle parvient à arrêter la progression des alliés à Ulm où, le 20 octobre, toute l'armée autrichienne du Général Karl Mack, forte de vingt-cinq mille hommes, est vaincue.

Le 111ème n'a pas pris part à cette action, étant stationné à Dachau près de Munich ; mais à la reprise de la marche vers Vienne, le Régiment est incorporé dans l'avant-garde du 3ème Corps d'armée de Davout.

Le 14 novembre 1805, le Régiment entre triomphalement dans la capitale des Habsbourg puis se positionne peu de temps après sur la route de Brno. Le 29 novembre, sur ordre de l'Empereur, il se dirige vers le nord pour aller renforcer les faibles forces de la droite française dispersées parmi les villages de Telnitz et Sokolnitz. À cette occasion, le Régiment parcourt 110 kilomètres en 36 heures.

Le 2 décembre, le soleil d'Austerlitz se lève et le 111ème Régiment, rattaché à la Brigade Lochet, se bat farouchement avant de conquérir puis de garder Sokolnitz. La ville est pris et perdu à plusieurs reprises, tandis que les Tirailleurs du Pô tentent de garder Telnitz. Les combats très durs se terminent victorieusement vers 16 heures.

Les pertes du Régiment sont énormes: 138 morts et blessés, 68 hommes prisonniers, sur un total de 1300 hommes engagés.

Le Général Friant, homme peu enclin à louer ses soldats et fermement convaincu des aptitudes militaires médiocres des Italiens, doit changer d'avis, et, au cours des jours qui ont suivi le combat, il emploie des mots exaltants dans ses rapports officiels au Maréchal Davout au sujet des Piémontais du 111ème, qui ont résisté longtemps dans des conditions extrêmes.

La paix de Presbourg, stipulée à Bratislava le 26 décembre 1805, met fin à la guerre, mais la paix va être de courte durée.

Le 22 juin 1806, l'Empereur écrit depuis Saint-Cloud au Général Dejean, Ministre directeur de l'Administration de la Guerre : "Monsieur Dejean, je vous envoie un travail sur l'emplacement que doit occuper la Grande Armée au moment de sa rentrée en France. Vous me proposerez une meilleure répartition, à peu près dans les mêmes divisions, si vous y entrevoyez quelque économie pour le service, soit pour les lits, soit pour le fourrage, soit pour le casernement.
...
3e corps du maréchal Davout
16e et 24e division
Anvers le 111e léger
(note : comprendre de Ligne) à Charleroi et Cambrai ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 11352).

Le 11 juillet 1806, l'Empereur écrit depuis Saint-Cloud, au Maréchal Berthier, Major général de la Grande Armée : "Mon Cousin … La division du général Broussier est composée de 9,000 hommes qui se composent de détachements des 6e, 9e, 15e et 25e d'infanterie légère (la CGN parle des 9e, 15e et 25e de Ligne), 76e, 21e, 27e, 30e, 33e, 39e, 51e, 59e, 61e, 69e, 12e, 85e et 111e de ligne : ordonnez que cette division soit dissoute et que ces détachements se dirigent à l'heure même, du lieu où ils se trouvent, par la route la plus courte, pour se rendre à leurs bataillons de guerre de l'armée …" (Correspondance de Napoléon, t.12, lettres 10478 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12461).

Le 22 septembre 1806, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Lacuée : "… Vous mettrez dans les 31e et 111e des Piémontais …" (Correspondance de Napoléon, t.13, lettres 10861 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 13075).

Le 28 septembre, l'Empereur écrit, depuis Mayence, au Général Lorges, Commandant de la 26e Division Militaire : "Vous ferez partir demain en une seule colonne sous les ordres de l’adjudant commandant Levasseur :
30 cuirassiers du 9e
100 hommes du 27e [de ligne]
210 hommes du 30e
120 hommes du 33e
140 hommes du 51e
180 hommes du 61e
80 hommes du 85e
180 hommes du 111e
Chaque homme sera muni de 50 cartouches, cette colonne qui sera au moins de 1 000 hommes se dirigera sur Würzburg et marchera en bon ordre. Chaque soldat devra avoir deux paires de souliers dans son sac.
Cette colonne sera rangée demain matin à 7 heures du matin en avant de Kassel.
L'adjudant commandant Levasseur recevra de nouveaux ordres à Würzburg sur la destination de sa colonne
" (Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 13120).

Plaque de shako 111e de Ligne
Plaque de shako 111e de Ligne
Plaques de shako du 111e, modèle 1806; celle de droite a été trouvée à Mojaïsk

Le 8 octobre 1806, la Prusse déclare de nouveau la guerre à la France et déjà, à l'aube du 14, le 3e Corps d'armée de Davout et ses trois Divisions, la 1ère Gudin, la 2e Friant et la 3e Morand, se mettent en marche en se positionnant sur le flanc des Prussiens vers Auerstadt, tandis que l'Empereur, avec le gros des troupes, les engage frontalement à Iéna.

La combat est ardu, et la majeure partie des forces ennemies se dirigent droit sur Davout. Mais ce jour-là, ses Divisions font des miracles, manœuvrant avec précision comme sur un terrain de parade. Finalement, après de nombreuses charges furieuses et infructueuses menées également par Blucher lui-même, l'ennemi succombe face à la supériorité tactique des Français, et voit son armée complètement démantelée.

La Grande Armée, avec le 111ème ligne de ligne, entre dans Leipzig puis dans Berlin. L'Empereur accorde au 3e Corps, en raison de sa conduite héroïque au cours de la bataille d'Auerstadt, et avec lui au 111e ligne, l'honneur d'entrer le premier dans la capitale ennemie, en tant que garde d'honneur de l'empereur lui-même.

Après avoir traversé la ville de Berlin, le 111ème bivouaque quelques jours à quelques kilomètres de la ville, où il reçoit, le 28 octobre, une visite d'inspection de l'Empereur lui-même. Ce jour-là, Napoléon accorde 10 croix de la Légion d’honneur, 4 promotions de Capitaine, 2 de Lieutenant et 9 de Sous-lieutenant. Le Colonel Gay, qui a également été promu Général de Brigade, le même jour, passe le commandement du Régiment au Colonel Husson, du 108e Régiment de ligne.

PIERRE ANTOINE HUSSON

Il est né le 21 mai 1769 à Grenoble. Il a commencé sa carrière le 1er juin 1787 en tant que soldat du 75e Régiment d'infanterie (Régiment de Monsieur) dont il a pris congé le 22 mai 1788. La révolution éclate; il entre comme Volontaire au 1er Bataillon de l'Isère et devient Sergent le 6 Novembre 1791, puis Sous-lieutenant le 20 décembre 1792, Adjduant-major le 22 juillet 1793 et ??Capitaine le 6 septembre 1795 dans l'Armée d'Italie. En Egypte, il obtient le grade de Chef de Bataillon et, à son retour en France, il est affecté au 3e Corps d'Armée dans le 108ème Régiment de Ligne avec lequel il combat en 1805 et 1806. Il devient Colonel commandant du 111ème de Ligne le 29 octobre 1806, succédant à Gay, et avec ce Régiment, il fait les campagnes de 1807, 1808 et 1809. Le 6 août 1811, il fut nommé Général de Brigade et est envoyé prendre le commandement de la place de Groningue. Il est ensuite chargé du commandement de la 1re Brigade de la 2e Division du 10e Corps d'armée. En 1814, il est capturé à Gdansk avec toute la garnison, avant de rentrer en France à la fin de 1814, alors que Napoléon est déjà en exil. Au cours des cent jours, il combat avec l'Empereur à Waterloo. Néanmoins, lors de la Restauration, il est nommé Inspecteur de l'infanterie en 1816. Il est admis à la retraite avec le grade de Lieutenant général le 7 décembre 1824. Décédé le 4 mai 1833 à Paris.

Quelques jours de repos et le Régiment est de nouveau prêt à partir en direction du fleuve Oder. La campagne de Pologne est sur le point de commencer.

1807

Après avoir atteint Posen sur la Vistule, les soldats commencent à affronter les rigueurs du climat et les privations causées par la pénurie de nourriture. Au cours de cette période, ils sont obligés de manger de tout pour survivre : chevaux morts, pommes de terre pourries, biscuits moisis, bacon rance et même des bougies et des sacs à dos en cuir. Les brochettes de souris constituent un mets délicat qui toutefois entraine épidémies et maladies qui vont par la suite toucher les rangs du Régiment. L'état désastreux des routes, véritables mares de boue, et les attaques continuelles et soudaines des Cosaques, donnent un aperçu de ce que va être cette campagne.

Un autre mouvement amène les soldats à se battre près de Pultusk et de Golymin (26 décembre 1806).

Le 11 janvier 1807, l'Empereur écrit, depuis Varsovie, au Général Clarke : "... Le 111e régiment et beaucoup de régiments ont leur habillement à Berlin, où on le leur retient. Voyez à donner des ordres pour qu'il parte ..." (Correspondance de Napoléon, t.14, lettre 11608 ; Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 14008).

Le 15 janvier 1807, l'Empereur écrit, depuis Varsovie, au Maréchal Berthier, Ministre de la Guerre, Major général de la Grande Armée : "Donnez ordre qu'il soit délivré :
au 13e legère 96 capotes
... au 111e 40 ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 14057).

Puis le 8 février, près du village d’Eylau, où se déroule, avec de nombreux retournements de situation, l’une des batailles les plus incertaines et les plus sanglantes de cette période ; dans cette tourmente de neige et de plomb, l'armée perd pas moins de dix mille hommes.

Le 111ème n'a pas pris part à cette bataille car, isolé à 60 kms de distance, il est attaqué le 12 février par un fort contingent russe près du village de Mieszyniec et ce n'est qu'après un dur combat qu'il réussit à se dégager, obligeant l'ennemi à se retirer. A cette occasion encore, Napoléon cite, dans une lettre datée du 21 février à Liebstadt, et adressée au Général de Division Savary, l'héroïque Régiment du Maréchal Davout qui, seul et sans lignes de couverture, a réussi pendant 15 jours à résister aux assauts de forces ennemies supérieures, leur imposant leur respect et sauvegardant les lignes de communication avec Varsovie. Dans cette lettre, Napoléon se réfère précisément au 111e de Ligne.

Le 6 mars 1807, l'Empereur écrit, depuis Osterode, à Daru, Intendant général de la Grande Armée : "Monsieur Daru, faites une circulaire à tous les commissaires des guerres, pour leur faire connaître les points sur lesquels ils doivent diriger les hommes isolés des différents corps d’armée, ainsi que les bagages et effets desdits corps. Vous y joindrez l'état des corps qui composent chaque corps d'armée, conformément au tableau ci-joint ...
3e corps
... 111e de ligne ... Dépôts à Thorn ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 14497).

Le 20 mars 1807, l'Empereur écrit, depuis Osterode, au Général Lcuée "… Mettez aussi bon nombre de Piémontais dans les tirailleurs du Pô, le 31e léger et le 111e de ligne : ces régiments doivent toujours être composés de Piémontais …" (Correspondance de Napoléon, t.14, lettre 12096 ; Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 14775).

Le 31 mars, depuis Osterode, Napoléon décide d'accorder 18 aigles d'honneur, dont neuf aux Officiers, et neuf aux Sous officiers et soldats, aux Régiments qui se sont distingués à Eylau. Il écrit au Maréchal Berthier : "Vous enverrez à chaque maréchal ce qui, dans les dispositions suivantes, concerne son corps d'armée, et sans que l'un connaisse ce qui regarde l'autre. 1° Il est accordé aux régiments dont l'état suit 18 aigles de la Légion d'honneur, dont 9 aux officiers et 9 aux sous-officiers et soldats qui se sont fait remarquer par leur courage et leur bonne conduite, depuis le commencement de la guerre de la quatrième coalition : … 111e d'infanterie de ligne ...
Du moment que les maréchaux auront reçu ma décision, ils ordonneront à chaque général de division de réunir chez lui les colonels et chefs de bataillon de chaque régiment, ainsi que les généraux, de brigade, et de dresser un procès-verbal qui constate les individus qui méritent le mieux la décoration. Ce procès-verbal sera envoyé au maréchal commandant le corps d'armée, qui le transmettra, avec ses observations, au major général. Tous ces procès-verbaux devront être arrivés avant le 6 avril. Le 7, le major général me les soumettra …
" (Correspondance de Napoléon, t.14, lettre 12240 ; Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 145013).

Le 18 avril 1807, l'Empereur écrit, depuis Finkenstein, à M. Lacuée : "… Dans le 31e, le 111e et le 26e de chasseurs, mettez des Piémontais …"(Correspondance de Napoléon, t.15, lettre 12401 ; Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 15312).

Le 21 avril 1807, l'Empereur écrit, depuis Finkenstein, au Maréchal Kellermann, commandant un Corps de réserve de Gardes nationales : "Mon cousin, dans l'état de situation de votre armée de réserve au 15 avril, je trouve ...
Que le 44e avait 462 hommes ; pourquoi n'en enverriez-vous pas 300 hommes ...
Je suppose que si vous ne les avez pas fait partir, c'est qu'ils n'étaient pas habillés. Mais moyennant l'autorisation que je vous ai donnée de les envoyer non habillés dans les régiments provisoires et de garnison, je pense que vous les avez mis en route ...
Je vois que de Mayence vous pourriez faire partir :
... du 111e 500 ...
Je suppose donc que tout cela sera parti ; si ce ne l'était pas, faites-le parti sans délai ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 15379).

Le 10 mai, après diffrentes marches de mouvement, le Régiment atteint Doringen où il reçoit un contingent de 480 nouvelles recrues en provenance de Turin.

Le 21 mai 1807, l'Empereur écrit, depuis Finkenstein, au Général Lacuée, Directeur général des Revues et de la Conscription : "J’ai reçu les états de situation que je vous avais demandés. Les 20000 hommes de la réserve doivent être distribués de la manière suivante :
12000 hommes à l'infanterie de ligne et légère conformément au tableau ci-joint.
… Répartition de 12 000 hommes de la réserve de 1808 entre les corps ci-après de l'infanterie de ligne et de l'infanterie légère.
INFANTERIE DE LIGNE
CORPS NOMBRE DES CONSCRITS
... 111e 150 ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 15681).

D'autres marches et des manœuvres d’entraînement occupent tout le mois de mai, mais arrive alors l’ordre de marcher en direction de la forteresse de Koenigsberg, afin d'assiéger la ville. Mais, alors il atteint sa nouvelle destination, le Régiment est immédiatement envoyé à Friedland où une nouvelle grande bataille doit avoir lieu. Bataille qui s’est avérée être l’une des plus sanglantes de l’ère napoléonienne et où l’armée russe a subi une lourde défaite.

Le 111ème Régiment, toutefois, arrive sur les lieux au moment où la bataille s'achève. Peu de temps après, un armistice a conduit à la cessation des hostilités, et des négociations sont entamées en vue de la conclusion du traité de paix de Tilsit. Toute la Division est donc envoyée à Barfolens où la construction d'un véritable camp stable a été commencée, et où les soldats peuvent finalement se rétablir, grâce à de la nourriture et des vêtements provenant des voitures françaises mais également de matériels récupérés sur l'armée russe.

Le 111e est approvisionné en tissu vert foncé, destiné à l’origine aux uniformes de l’infanterie russe, mais avec lequel les soldats vont tailler de nouveaux uniformes, remplaçant ceux qui sont désormais trop usés. Tous les autres Régiments, à la vue de ces uniformes verts, baptisent les soldats du 111ème "les lézards du 3ème corps d'armée".

Le 28 juin, les troupes sont choisies pour être examinées par les deux Rmpereurs et encore invitées à faire la démonstration au Tsar Alexandre de leur talent dans les manœuvres militaires.

Le 7 juillet, le traité de paix de Tilsit est signé, et le 3e Corps d'armée, alors que toute l'armée rentre au pays, est chargé de garantir la stabilité du nouvel État du Grand-Duché de Varsovie.

Le 18 juillet 1807, l'Empereur écrit, depuis Dresde, au Général Dejean : "Monsieur Dejean, vous avez eu tort d'envoyer à Chambéry le dépôt du 111e régiment. Je vous l'ai dit, et je vous le répète, je ne veux point changer les dépôts, parce que tous ces changements me coûtent beaucoup d'argent ... les dépôts, il ne faut jamais les changer, si ce n'est une fois pour toutes à la paix générale ou à une occasion importante" (Correspondance de Napoléon, t.15, lettre 12916 ; Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 16027).

À la fin de l'année, le Régiment reçut encore de nouvelles recrues et, le 31 décembre 1807, il compte dans ses rangs 62 Officiers et 2270 soldats.

1808

- Espagne

En 1808, commence la campagne d'Espagne à laquelle le 111e prend part de manière limitée, puisque, alors que la majeure partie du Régiment demeure en garnison en Pologne, se limitant à de courts déplacements tactiques, au Quartier général du Régiment est organisé un 4e Bataillon avec 700 recrues provenant des départements du Taro et du Po.

Ce bataillon, intégré dans le Corps du Maréchal Moncey, au sein du 6ème Régiment provisoire, Brigade Lefranc, 2e Division Gobert, est envoyé en Espagne, à Vittoria, puis à Madrid, où le célèbre "dos de majo", il participe aux affrontements avec la population à la porte de S. Bernardino, théâtre de l'un des combats les plus sanglants de cette campagne.

Les soldats du 111ème ont été impliqués dans des épisodes d'une extrême cruauté, subis mais aussi infligés à des civils en représailles, une succession d'actes de violence et de crimes horribles qui ont caractérisé toute la campagne en Espagne.

Par ailleurs, dans une lettre adressée à Berthier le 17 novembre 1808, l'Empereur écrit : "Mon Cousin ... Les 45 hommes du 111e seront incorporés dans le 95e ..." (Picard et Tuetey : Correspondance inédite de Napoléon 1er, conservée aux Archives de la guerre. T. II. 1808-1809. 2465; Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 19288).

Le 2 janvier 1809, l'Empereur écrit, depuis Astorga, à Joseph Napoléon, Roi d'Espagne, à La Florida : "Mon Frère ... Il y a à Aranda le général Trelliard avec un bataillon du 111e et 2,000 hommes des dépôts de cavalerie, plus les 3es bataillons des 43e et 51e d'infanterie, le bataillon d'Irlandais et Prussiens, le bataillon de Westphalie, le 3e bataillon du 5e d'infanterie légère ; tout cela sous les ordres du général Trelliard" (Correspondance de Napoléon, t.18, lettre 14641 ; Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 19674 qui donne le 118e à la place du 111e).

Le Bataillon, envoyé dans la péninsule ibérique, disparait rapidement, avec le passage des vétérans dans les rangs du 116ème Régiment de Ligne de nouvelle formation.

- Pologne

Entre-temps, en Pologne, le reste du Régiment poursuit ses activités de routine en se partageant entre missions de police et de contrôle, et entraînements aux manœuvres militaires.

Le 12 janvier 1808, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le Général Clarke, vous donnerez les ordres pour la formation d'une division qui portera le titre de division de réserve, et qui se réunira à Orléans. Cette division sera composée conformément au tableau ci-joint ... Vous donnerez l'ordre qu'avant de faire partir les compagnies qui doivent former la division de réserve d'Orléans on complète tout ce que les corps doivent fournir aux douze régiments provisoires du corps d'observation des côtes de l'Océan. Le général de division Verdier commandera cette division de réserve. Le général Schramm y sera employé
P. S. Les ordres seront donnés sur-le-champ pour la formation de cette division, et elle se mettra en marche au 1er février. Vous aurez soin de lui faire fournir des capotes et de veiller à ce que les hommes soient bien habillés.
COMPOSITION DE LA RÉSERVE D'INFANTERIE QUI SE RÉUNIT À ORLÉANS
Cette division sera composée de trois brigades ; chaque brigade de deux régiments provisoires ; chaque régiment de trois bataillons ; chaque bataillon de quatre compagnies ; chaque compagnie de 150 hommes : total 10 800 hommes.
... Le 16e régiment provisoire sera ainsi composé :
2e bataillon
une compagnie de 150 hommes du 111e régiment de ligne
une du 12e régiment de ligne
une du 64e régiment de ligne
une du 32e régiment de ligne ...
" (Correspondance de Napoléon, t.16, lettre 13448 ; Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 16987).

Le 22 février 1808, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le Général Clarke, vous devez avoir reçu mon décret pour la nouvelle organisation de l'armée. Je me suis hâté de vous l'envoyer, ainsi que les différents tableaux, afin que vous puissiez donner tous les ordres préparatoires. Mon intention est cependant qu'aucun dépôt ne se mette en marche pour sa nouvelle destination, et qu'aucun embrigadement ne soit fait qu'en conséquence d'une instruction que vous donnerez aux généraux chargés de ce travail, et qui, avant d'être expédiée, sera mise sous mes yeux. Voici quelles sont mes vues ; je vous les fais connaître afin que cela vous serve pour la rédaction de cette instruction.
3e Corps de la Grande Armée. Vous chargerez le maréchal Davout de faire l'opération pour son corps d'armée. Il y a dans ce corps d'armée des régiments qui ont deux bataillons et d'autres qui en ont trois ... Le 12e de ligne a deux bataillons au 3e corps ; il n'y a pas de difficulté pour le former à trois bataillons. Il en est de même des 25e, 48e, 65e, 85e, 108e et 111e. Tous ces régiments, ayant un effectif de plus de 2,000 hommes, auront l'effectif de leurs cadres rempli à raison de 140 hommes par compagnie ...
" (Correspondance de Napoléon, t.16, lettre 13593 ; Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 171260).

Le 28 février 1808, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Lacuée, Directeur général des Revues et de la Conscription : "... Les Piémontais dans le 31e et 111e et 26e chasseurs et 21e dragons ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 17302).

Le 1er mars 1808, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Lacuée, Directeur général des Revues et de la Conscription : "... Je voudrais d'ailleurs que vos états fussent classés par armée ; ... que le Piémont fût aux 31e, 32e, 37e légères et au 111e de·ligne ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 17312).

Le 17 mars 1808, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Maréchal Berthier, Major général de l'Armée : "Voulant donner une preuve de notre satisfaction aux officiers et soldats de notre Grande Armée pour les services qu'ils nous ont rendus, nous avons accordé et accordons par la présente en gratification aux corps d'infanterie dont l'énumération suit la somme de 6 340 000 francs. Notre intention est que vous fassiez connaître aux conseils d'admnistration desdits corps que cette somme doit être distribuée entre les officiers et soldats qui se trouvaient aux batailles d'Ulm, d'Austerlitz, d'Iéna, d'Eylau et de Friedland entendant que ceux qui se sont trouvés à trois de ces batailles recevront deux jours de solde en gratification et que ceux qui ne se sont trouvés qu'à une ou deux de ces batailles ne reçoivent qu'un jour de solde ; ceux qui auraient été blessés, soit à trois, soit à une seule de ces batailles recevront trois jours de gratification au lieu de deux. Lorsque ce travail sera ainsi proposé par le conseil d'administration on donnera autant de jours et de mois qu'il sera possible avec la somme qui aura été assignée au corps. Les colonels ni les majors ne sont pas compris dans la distribution de ces gratifications qui s'arrêtera au grade de chef de bataillon ou d'escadron inclusivement ... ANNEXE :
... 3e corps
111e id. 80 000 ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 17415).

Le 20 mai 1808, l'Empereur écrit, depuis Bayonne, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, je reçois votre lettre du 13 mai relative aux anciens et nouveaux dépôts. Je conçois que les conscrits ont été dirigés sur les nouveaux dépôts ... Je pense qu'il serait convenable d’en faire de même, et qu'ainsi de suite il faudrait diriger les magasins ... du 111e de Mayence sur Spire ...
Aucun de ces mouvements n'est bien considérable et moyennant cette mesure les conseils d’admistration et les magasins seront établis à demeure. Les 4 compagnies qui formeront le dépôt recevront les conscrits de leur corps, et au fur et à mesure qu'ils auront 60 hommes armés, habillés, sachant tenir leurs fusils, prêts à partir, vous m'en rendrez compte dans des états particuliers pour que je les envoie à celui des 4 bataillons de guerre qui en a besoin ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18000).

En mai 1808, le Dépôt du Régiment est transféré de Mayence à Spire et, en juillet, les Bataillons occupent les positions suivantes :
- le 1er Bataillon, 17 Officiers et 725 soldats, détachés à Wloclawek;
- le 2e Bataillon, 18 Officiers et 733 soldats, détachés à Brzesc;
- le 3ème Bataillon, 19 Officiers et 759 soldats, détachés à Lubraniec.

Le 6 juillet 1808, l'Empereur écrit, depuis Bayonne, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, il sera formé trois brigades composées de régiments de marche, sous les ordres du maréchal Kellermann. La 1re brigade se réunira à Wesel, la 2e à Mayence et la 3e à Strasbourg ...
La 2e brigade qui se réunira à Mayence sera composée des 3e et 6e régiments de marche, composés chacun de détachements des 3e et 6e corps de la Grande Armée qui ont besoin d'être renforcés pour être portés au complet.
... La 2e brigade qui se réunira à Mayence sera composée des 3e et 6e régiments de marche, composés chacun de détachements des 3e et 6e corps de la Grande Armée qui ont besoin d'être renforcés pour être portés au complet.
Le 3e régiment de marche sera composé de 2 bataillons :
... 2e bataillon : 3 compagnies du 61e de ligne
3 compagnies du 85e de ligne
et 3 compagnies du 111e
... Cette brigade se réunira à Mayence.
" (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18486).

En août, le Régiment reçoit l'ordre de se diriger vers la frontière autrichienne.

Le 29 août 1808, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, je vois que dans sa situation actuelle le corps du général Oudinot n'a que 8794 hommes, tandis qu'il devrait être de 11200 hommes ; il lui manque donc 2500 hommes. Je désire que vous donniez les ordres suivants aux bataillons de guerre.
Nombre d’hommes à fournir
... Du 30e de ligne, de fournir audit corps 30 grenadiers, 15 voltigeurs
... Au 111e de ligne 40 40
... Ces hommes seront fournis sur-le-champ, en les choisissant aux bataillons de guerre de la Grande Armée, ce qui complétera ces compagnies à 140 hommes chacune ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18779).

Le 4 septembre 1808, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "… … Les 4es bataillons du 3e corps qui doivent rejoindre l'armée cet hiver, sont ceux des ... 12e, 21e, 25e 30e, 33e, 48e, 61e, 65e, 85e, 108e et 111e ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18825).

En octobre, il est intégré à la nouvelle Armée du Rhin.

Le 21 décembre 1808, l'Empereur écrit, depuis Madrid, au Général Clarke, Ministre de la Guerre, à Paris "… Mon intention est que les premières opérations pour la conscription commencent au 15 janvier, et que les conscrits soient en pleine marche au 15 février. On aura soin que tous les conscrits d'au delà des Alpes soient envoyés dans le Nord, dans l'Ouest et sur le Rhin, et spécialement au 31e léger, au 111e de ligne, au 26e de chasseurs, au 21e de dragons et aux tirailleurs du Pô …" (Correspondance de Napoléon, t.18, lettre 14601 ; Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 19591).

1809

Reonstitution du 111e de Ligne en 1809

Les premiers mois de l'année se déroulent sereinement pour les soldats cantonnés dans les campements allemands.

Le 13 février 1809, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la guerre : "Monsieur le général Clarke, voulant compléter mon armée du Rhin, mon intention est que ... Les 1er, 2e, et 3e bataillons du 15e léger ont besoin de 800 hommes pour les compléter ; ils paraîtront à ma revue le 16, et partiront de Paris le 17 pour Mayence. Le dépôt du 33e de ligne fera partir pour Mayence 200 hommes ; le dépôt du 48e, 200 hommes ; celui du 108e, 300 hommes ; et celui du 111e, 60 hommes. Ces détachements fourniront 1 560 hommes composant ensemble un bataillon de marche sous le titre de 2e bataillon de marche de l’armée du Rhin ...
Ces bataillons de marche se réuniront à Mayence le plus tôt possible. On n’y mettra que le nombre d’officiers et de sous-officiers nécessaires pour conduire les hommes. Vous me ferez connaître le jour de leur arrivée à Mayence, et je donnerai des ordres pour leur direction sur l’armée du Rhin ... Les 33e, 48e, 108e, et 111e de ligne tiendront prêtes à partir pour la même destination autant de compagnies de fusiliers qu’ils pourront, à 140 hommes chacune ...
Les compagnies destinées aux 4es bataillons doivent être préparées sans aucun retard, pour que j’ordonne leur départ
" (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20015).

Le 25 février 1809, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke ... Le 30e tiendra prête une compagnie ; le 33e, une compagnie, le 61e, une compagnie, le 85e, une compagnie et le 111e, 3 compagnies.
Toutes ces compagnies se réuniront à Mayence, à l'exception de celles du 7e régiment d'infanterie légère, qui resteront à Huningue.
Aussitôt qu'elles seront rendues à Mayence, elles formeront deux bataillons de marche, l'un de 7, et l'autre de 6 compagnies, sous le nom de 1er et 2e bataillons de marche des 4es bataillons de l'armée du Rhin.
Vous me ferez connaître quand ces différentes compagnies seront en état de se mettre en route ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20127).

Déjà en mars, les soldats commencent à percevoir les premiers signes d'un nouveau conflit avec l'Autriche.

Le 3 mars 1809, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Comte d'Hunebourg, Ministre de la Guerre, à Paris et lui prescrit d'étudier la formation d'un Corps de Réserve en utilisant les 5e Bataillons en tout ou en partie : "Monsieur le Général Clarke, je vous envoie le projet de formation d’une réserve de régiments provisoires, sur lequel je désire que vous me fassiez un rapport. Faites-moi connaître si je n'ai rien oublié et s'il y a des changements qu'il soit convenable de faire pour épargner des marches aux troupes. Enfin présentez-moi des états qui m'apprennent si les 5es bataillons pourront fournir ces quatre, trois ou deux compagnies pour concourir à ladite formation. Les 10,000 hommes de réserve que forme ma Garde sont destinés à compléter les 5es bataillons et à les mettre à même de fournir les hommes nécessaires. Il faut donc qu'une colonne des états que vous ferez dresser indique le nombre d'hommes qui leur manquera, après avoir épuisé tout leur monde ; cette colonne sera la colonne de distribution des 10,000 hommes de la Garde. Il ne vous échappera pas que, par ce moyen, j'aurai 6,000 hommes à la Rochelle, 3,000 en Bretagne, 9,000 à Paris, 5,000 au camp de Boulogne, 2,500 pour la défense de l'Escaut, 2,500 pour garder Wesel, 5,000 à Strasbourg, 2,500 à Metz et 10,000 Français en Italie; total, 45,500 hommes.
NAPOLÉON
Annexe
PROJET DE FORMATION D'UN CORPS DE RÉSERVE
1
Il sera formé une réserve de seize régiments provisoires composée des compagnies des cinquièmes bataillons qui seront complétés avec les conscrits de 1810; 2
... 9e régiment provisoire :
Le 9e régiment provisoire sera composé de 3 bataillons formés de 3 compagnies des 5es bataillons des 27e, 30e, 33e, 61e, 111e, 40e. Il se réunira à Mayence ...
" (Correspondance de Napoléon, t.18, lettre 14838 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20195).

Le 3 mars 1809 encore, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, donnez l'ordre qu'une ou deux compagnies de fusiliers complétées à 140 hommes des quatrièmes bataillons des 12e, 25e, 33e, 61e, 65e, 22e, 85e, 111e, et 5e légère, partent sans délai pour Strasbourg.
On formera de ces compagnies autant de bataillons de marche qu'il y aura de fois six compagnies, en ayant soin de mettre ensemble les compagnies des régiments qui appartiennent à l'armée du Rhin.
On appellera ces bataillons, bataillons de marche des quatrièmes bataillons de l'armée du Rhin ; ainsi il y aura à Strasbourg trois espèces de bataillons de marche : les bataillons de marche du corps d'Oudinot, les bataillons de marche de l'année du Rhin, les bataillons de marche des 4es bataillons de l'armée du Rhin.
Je crois avoir compris dans ce nombre toutes les compagnies des quatrièmes bataillons qui ont leurs grenadiers et voltigeurs à l'armée du Rhin ; s'il m'était échappé quelque corps, faites-le-moi connaître
" (Picard et Tuetey : Correspondance inédite de Napoléon 1er, conservée aux Archives de la guerre. T. II. 1808-1809. 2849; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20196).

Le 9 mars 1809, depuis Paris, l'Empereur écrit au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, les deux compagnies du 10e d'infanterie légère, du 3e de ligne, du 57e, du 62e et du 22e formant dix compagnies seront réunies en un bataillon de marche qui portera le titre de bataillon de marche des 4es bataillons de la division Saint-Hilaire.
Les deux compagnies du 12e, du 30e, 61e, 65e, 85e, 105e et 111e formeront un second bataillon de marche qui portera le titre de bataillon de marche du 4e bataillon de l'armée du Rhin.
Faites-moi connaître le plus tôt possible le nombre d'officiers, sous-officiers et soldats que les corps pourront fournir à ces compagnies afin de pourvoir à les compléter. Ces 2 bataillons se rendront à Strasbourg
" (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20308 - La minute (Archives nationales, AF IV 879, mars 1809, n° 146), qui est la dictée, est datée à posteriori de Rambouillet le 11 mars).

Le 21 mars 1809, l'Empereur écrit, depuis La Malmaison, à Alexandre, Prince de Neuchâtel, Major général de l'Armée d'Allemagne, à Paris : "Mon Cousin, donnez ordre au général sénateur Demont de se rendre à Würzburg pour être employé au corps du duc d'Auerstaedt. Faites connaître au duc d'Auerstaedt que je désire qu'il mette sous les ordres de ce général une réserve qui serait composée des 4es bataillons du 30e, du 61e, du 65e, du 33e, du 111e, du 12e et du 85e de ligne ; ce qui fait sept bataillons. Ces sept bataillons ne sont encore qu'à 500 hommes ; ils ne forment donc qu'une force de 3,500 hommes ; mais ils vont bientôt recevoir une compagnie qui leur produira une augmentation de 1,100 hommes. Les 4es bataillons des 48e, 108e, 25e de ligne et 13e léger ne doivent pas tarder à partir de Boulogne ; ce qui portera le nombre des 4es bataillons à onze ; on pourrait y joindre ceux des 7e léger, 17e et 21e de ligne ; ce qui ferait quatorze bataillons. Cette réserve paraît nécessaire ; les divisions restant composées de cinq régiments, et chaque régiment ayant un complet de 2,500 hommes, les divisions seraient de plus de 12,000 hommes ; si l'on y laissait les 4es bataillons, elles seraient de 14 à 15,000 hommes ; ce qui est beaucoup trop fort pour une division. La formation des 4es bataillons n'est pas encore terminée ; il sera bon de les avoir sous la main et en dépôt pour être réunis. Il y a aussi un avantage à cette mesure, c'est qu'un régiment qui a trois bataillons en ligne et un bataillon à la division de réserve, qui peut ne pas se trouver compromis le même jour, peut trouver dans ce bataillon des ressources pour réparer ses pertes. Je désire donc que le corps du duc d'Auerstaedt soit composé de la manière suivante : des divisions Morand, Gudin, Friant et d'une quatrième division formée des kes bataillons de chacune des trois premières divisions. Chacune de ces trois premières divisions doit avoir trois généraux de brigade, un pour l'infanterie légère, et les deux autres commandant deux régiments de ligne ou six bataillons. La division du général Demont devra avoir trois généraux de brigade : un, commandant les 4es bataillons de la 1re division ; un, commandant les 4es bataillons de la 9e division, et un, commandant les 4es bataillons de la 3e division. Deux ou trois bataillons de la même division seront réunis sous le commandement d'un major. Les 4es bataillons des 13e léger, 17e et 30e de ligne seront réunis sous un major de l'un de ces trois régiments. Les 4es bataillons des 61e et 65e seront commandés par un major de l'un de ces deux régiments. Par cette formation, tous les avantages se trouvent réunis ; et le duc d'Auerstaedt aura quatre généraux de division, douze généraux de brigade, quatre adjudants commandants, et soixante pièces de canon, à raison de quinze pièces par division, indépendamment de l'artillerie attachée à la cavalerie, et des généraux et adjudants commandants attachés à son état-major" (Correspondance de Napoléon, t.18, lettre 14934 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20469).

Le 23 mars 1809, l'Empereur écrit, depuis La Malmaison, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, j'ai signé le décret sur la composition des 17 demi-brigades provisoires de réserve ...
il ne reste plus qu'à pourvoir à la formation des 5es et 6es compagnies des 4es bataillons afin de compléter ces 4es bataillons en Allemagne. Voici les dispositions que je me propose de prendre à cet égard :
Je désire que les 5es et 6es compagnies des 4es batai1lons du 30e, 31e, 33e, 111e, 12e, 85e, 7e d'infanterie légère, 10e, 3e, 22e, 57e et 105e se forment le plus tôt possible au complet de 140 hommes. Ces compagnies seront dirigées sur Strasbourg, où on les formera en bataillons de marche. On fera autant de bataillons de marche qu'il y a de divisions à l'armée ...
Le 2e bataillon sera composé des 2 compagnies des 33e, 111e régiment et portera le nom de bataillon de marche des 4es bataillons de la division Friant ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20514). Le Décret sur la création des 17 Demi-brigades de 2520 hommes chacune a été signé le même jour (voir Saski, Campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche, Paris, Berger-Levrault et cie, 1899, t. 1, p. 550-554).

Le même jour, 23 mars 1809, l'Empereur écrit encore, depuis La Malmaison, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, il manque pour compléter les 4 divisions de l'armée du Rhin 1550 hommes.
... Un 2e bataillon portant le nom de bataillon de marche de la division Friant sera composé de 100 hommes du 15e léger, de 100 hommes du 33e, destinés au 4e bataillon et de 100 hommes du 111e destinés au 4e bataillon ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20515).

Le 30 mars 1809, l'Empereur adresse, depuis Paris, à Berthier, Major général, ses instructions, pour la campagne à venir, suivies d'un Etat de la Composition des Divisions et Brigades des différents Corps de la Grande Armée. Le 111e de Ligne doit faire partie du 3e Corps d'Armée commandé par le Maréchal Duc d'Auerstadt; 2e Division Friant, 3e Brigade Gautier. Le 4e Bataillon doit quant à lui faire partie de la 2e Brigade de la 4e Division Demont du 3e Corps (Correspondance de Napoléon, t.18, lettre 14975 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20619).

Le Régiment est envoyé à Bayreuth, mais à peine en vue de la ville de Hahnbach, il se trouve face à quatre Bataillons d'infanterie autrichiens avec plus d'un millier de cavaliers alignés en formation de combat. L'affrontement est très violent, mais le 111ème Régiment résiste jusqu'au soir. Le lendemain matin, les Autrichiens se sont retirés et, pendant que les soldats assistent les blessés, une Compagnie de Voltigeurs est envoyée pour venir en aide au 1er Régiment de Chasseurs à cheval attaqué à Amberg.

Dans les jours qui suivent, il reçoit l'ordre de se diriger vers Regensburg (Ratisbonne), mais dès son arrivée, le Régiment est contraint de se replier en raison des nombreuses troupes de l'Archiduc Charles qui menacent la ville.

Des combats sanglants ont lieu à Heusen et à Tengen, qui vont aboutir aux batailles victorieuses d'Abensberg et d'Eckmul. Le Maréchal Davout, principal architecte de ce succès, est récompensé par l'octroi du titre de Prince.

Après le combat de Landshut et la retraite de l'Archiduc Charles, le 111ème Régiment participe à la reconquête de Ratisbonne, puis marche sur la rive gauche du Danube jusqu'à l'entrée de Vienne le 13 mai.

Mais l'Archiduc Charles se montre obstiné, se retirant au-delà du fleuve et rassemblant ses troupes dans la plaine de Wagram, tandis que les Français occupent l'île Lobau, qui constitue une véritable forteresse destinée à accueillir des milliers de soldats.

Le 10 juin 1809, l'Empereur, qui vient de décider d'une importante levée de Conscrits, sur la classe 1810, mais aussi sur les classes 1806 à 1809, afin de compenser les pertes du début de la campagne, et renforcer l'Armée, écrit depuis Schönbrunn au Général Clarke pour lui donner le détail de cette opération particulièrement complexe; lettre accompagnée de 3 Etats différents très détaillés. Concernant le 111e de Ligne, l'Empereur ordonne : "... Les 3 mille hommes qui étaient réservés pour le dépôt de Strasbourg seront distribués de la manière suivante :
700 hommes à la division Saint-Hilaire indépendamment de ceux accordés dans le travail de M. Lacuée,
1100 hommes à la division Friant, aussi indépendamment de ceux accordés dans le travail de M. Lacuée
et 1200 hommes au corps du duc de Rivoli,
total 3000 hommes, le tout conformément au tableau C ...
". L'Etat C qui suit cette lettre indique que 115 hommes doivent être dirigés sur le Dépôt du 111e de Ligne, et que 115 hommes doivent être envoyés par le Dépôt aux Bataillons de guerre à la Division Friant. Enfin l'annexe intitulée "Répartition des 40 000 conscrits de l'appel supplémentaire de 1810" indique, concernant la Division Friant, composée de 5 Régiments dont le 111e de Ligne : "On n’avait proposé que 282 conscrits pour compléter les compagnies que ces 5 régiments ont aux demi-brigades provisoires, on leur en donne 1295", dont 380 pour le 33e. Cette même annexe donne également la composition de la 10e Demi-brigade provisoire : 27e de ligne qui reçoit 40 hommes; 30e id. 40; 33e id. complété à la Division Friant; 61e id. qui reçoit 250 hommes; 111e id.; 40e id. qui reçoit 110 hommes; au total donc, 440 hommes. Il est par ailleurs précisé que l'on doit porter "les 18 compagnies à 2520 hommes" (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 21182).

Lors de la l'importante et décisive bataille de Wagram, les 5 et 6 juillet 1809, le 111ème Régiment sous le commandement du Maréchal Davout, est longuement engagé dans des affrontements à la droite de l'armée près du village de Glinzendorf. Au cours de ces moments d'une extrême tension, les soldats voit soudain apparaitre Napoléon en personne, venu dans l'intention d'étudier les positions et d'installer une batterie d'artillerie pour soutenir ces braves soldats. Les hommes l'accueillent avec des cris de joie.

Une fois de plus, les troupes françaises sortent victorieuses de cette bataille et, à la suite de l'armistice signé à Vienne, le 111ème Régiment est envoyé occuper Brunn où il reçoit 380 nouvelles recrues pour remplacer les soldats tombés au combat.

Le 15 juillet 1809, Napoléon écrit au Général Clarke : "Mon intention est de supprimer (...) la 10e demi-brigade provisoire. Ainsi, les compagnies des (...) 111e (...) qui en font partie, se rendront sans délai à Vienne" (Picard et Tuetey : Correspondance inédite de Napoléon 1er, conservée aux Archives de la guerre. T. III. 3308; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 21511).

Le 30 juillet 1809, l'Empereur écrit, depuis Schönbrunn, au Maréchal Berthier, Major général de l'armée d'Allemagne : "... Avez-vous des nouvelles ... d'un détachement de 6 ou 700 hommes des 33e, 111e et 15e léger qui doivent arriver du 1er au 2 août à Vienne ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 21656).

1810-1811

Plaque de shako du 111e de Ligne, modèle 1810Plaque de shako du 111e de Ligne, modèle 1810
Plaque de shako du 111e de Ligne, modèle 1810
Plaque de shako du 111e de Ligne, modèle 1810
Plaque de shako du 111e de Ligne, modèle 1810 (Collection Giovanni Casetta)
Plaque de shako du 111e de Ligne, modèle 1810
Plaque de shako du 111e de Ligne, modèle 1810, trouvée à Smolensk

Les années 1810 et 1811 sont deux années de calme relatif, et le Régiment consacre ses journées à des entraînements intensifs et épuisants. Les seules remarques notables concernent la visite de la nouvelle Impératrice Marie-Louise qui s'était rendue en France en 1810 pour son mariage avec Napoléon.

Concernant l'Espagne, l'Empereur écrit, le 7 janvier 1810, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, les quatre premiers bataillons auxiliaires qui sont à Versailles seront réduits à deux, composés de la manière suivante. Savoir :
1er bataillon (infanterie de ligne) ...
6e compagnie 2 [officiers] 147 [soldats] du 111e 18 [soldats] du 21e
2 [officiers] 165 [soldats]
2e batailllon (infanterie légère) ...
Le comte de Lobau dressera procès-verbal de la formation de ces deux bataillons avant le 10 janvier ; les compagnies seront égalisées, leur chef de bataillon sera nommé pour commander chaque bataillon. Il sera également nommé à toutes les places d'officiers et de sous-officiers.
Les sous-officiers et soldats seront effacés des contrôles de leurs corps et, à dater du 1er janvier 1810, l'existence de ces bataillons sera reconnue, et ils seront payés directement par te Trésor. Il y aura trois tambours par compagnie.
Au fur et à mesure que les bataillons auxiliaires viendront à se former, au lieu de 12, les cadres seront resserrés, de manière que chaque bataillon soit porté au complet de 840 hommes.
Un colonel en second sera nommé inspecteur de tous les bataillons auxiliaires. Il sera chargé de rendre compte au ministre de leur formation et de veiller à ce que les différents détachements partent des lieux où ils se rassemblent, bien organisés et complets en officiers, sous-officiers et soldats.
Le 5e bataillon auxiliaire qui se réunit à Lyon en partira avec la formation provisoire qu’il aura reçue dans cette ville, et se rendra à Bayonne où il sera définitivement formé.
Faites-moi connaître pourquoi les corps ont envoyé aux bataillons auxiliaires des détachements dont la force est si peu proportionnée aux demandes qui leur ont été faites ; je désire savoir quand ils pourront envoyer le reste.
Aussitôt qu’un bataillon auxiliaire sera formé, présentez-moi un projet de décret pour lui donner une éxistence régulière.
Faites mettre à la dispositionn du comte Lobau une trentaine de jeunes gens de Fontainebleau, pour être placés dans ces bataillons.
Surtout ayez soin de mettre à Versailles un colonel en second qui veille à l’instruction
P.S : Vous dirigerez sur le second bataillon deux compagnies d'infanterie légère, faisant 300 hommes, pour compléter ce bataillon
" (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 22808).

Le 20 janvier 1810, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Maréchal Berthier, Major général de l'Armée d'Espagne : "Mon cousin, cinq bataillons auxiliaires sont organisés à Versailles. Je désire qu'ils partent bientôt. Pressez le ministre de la Guerre pour pourvoir aux places vacantes. Vous en ferez passer la revue le 22 par un de vos aides de camp ; et sur le compte qu'il vous rendra, vous ferez fournir par le ministre de la Guerre tout ce qui serait nécessaire à ce bataillon. Vous en passerez vous-même la revue le 28, afin qu'il puisse partir le 1er février.
Vous me ferez connaître quand ces bataillons auxiliaires, les quatre régiments de marche et les vingt escadrons de gendarmerie pourront se mettre en mouvement pour se rendre à Bayonne
" (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 22911).

Le 22 janvier 1810, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Maréchal Berthier, Major général de l'Armée d'Espagne : "Mon cousin, donnez ordre aux quatre régiments de marche de partir le 1er février pour se diriger sur Bayonne où se réunit la 3e division du 8e corps. Donnez ordre aux cinq bataillons auxiliaires qui sont organisés à Versailles de partir également le 1er février. Vous les ferez marcher à petite journée. Il sera donné à ces cinq bataillons auxiliaires et aux quatre régiments de marche deux paires de souliers par homme à Bavonne ou à Bordeaux, selon que les souliers seront dans l'une ou l'autre de ces villes" (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 22933).

Le 23 septembre 1810, l'EMpereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "... Renouvelez vos instructions au directeur de la Conscription sur le classement des conscrits et réitérez-lui que le 111e doit être composé de Piémontais et qu'aucun Français ne doit y entrer ; que mon intention est même que les officiers soient piémontais, à l'exception du colonel et de deux officiers ... Cela ne souffre aucune espèce d'exception. Donnez des instructions pour qu'il n'y ait aucune altération dans ce principe ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.10, lettre 24650).

Le 6 octobre 1810, l'Empereur adresse, depuis Fontainebleau, au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, à Paris, une Note sur l'organisation des armées; concernant l'Armée d'Allemagne, il écrit : "… 1er corps : le 7e d'infanterie légère formerait quatre bataillons ; le 13e, quatre ; le 15e, quatre (le 4e bataillon de ce régiment, étant en Espagne, serait remplacé par le 3e bataillon du 6e léger) ; le 33e d'infanterie légère, quatre ; le 12e de ligne, quatre ; le 17e, quatre ; le 21e quatre ; le 25e, trois (le 4e bataillon en Espagne) ; le 30e, quatre ; le 33e quatre ; le 48e, quatre ; le 57e, quatre ; le 61e, quatre ; le 85e, quatre ; le 108e, quatre ; le 111e, quatre ; total, 16 régiments formant 63 bataillons.
Ces 63 bataillons composeraient 4 divisions ; chaque division serait formée d'un régiment d'infanterie légère et de 3 régiments de ligne. Ce premier corps serait celui qui est actuellement en Allemagne, sous les ordres du prince d'Eckmühl ...
" (Correspondance de Napoléon, t.21, lettre 17000 ; Correspondance générale de Napoléon, t.10, lettre 24816).

Le 19 août 1810, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre ...Le 4e bataillon du 43e de ligne sera complété également à 900 hommes, moyennant 100 hommes du 43e ; 200 du 18e ; 100 du 3e ; 100 du 111e ; 150 du 57e ; 150 du 105e ; 200 du 17e ; total 1000 hommes. Ce bataillon se formera également à Tours ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.10, lettre 24356).

le 3 février 1811, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, j'ai lu attentivement les états de la conscription ... Je sens bien cependant que ... les Piémontais et les Génois ne peuvent pas être envoyés dans les mêmes corps, hormis dans le 111e, qu'ils ne peuvent pas être envoyés en Italie ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.10, lettre 25833).

Le 13 février 1811, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, à Paris : "Monsieur le Duc de Feltre, au 1er avril l'armée d'Allemagne sera composée de la manière suivante :
... 2e division : le général de division Friant, commandant ; les généraux Grandeau et Duppelin, généraux de brigade. 2e d'infanterie légère ; 43e, 48e, 111e de ligne.
... Chaque régiment, dans le courant de l'été, aura 4 bataillons ; ce qui fera 16 bataillons par division ou 12,000 hommes.
Chaque régiment aura également, dans le courant de l'été, 4 pièces de canon ; ce qui fera 16 pièces de canon par division ...
Les mouvements de l'armée d'Allemagne doivent se faire par Wesel, qui est le grand dépôt.
Ces ordres doivent être tenus secrets, et vous devez prescrire les différentes dispositions sans que personne ait connaissance de cette lettre. Vous m'apporterez vous-même la formation de l'armée en ses différentes parties, avec la désignation des officiers, pour que je l'approuve, et vous l'enverrez ensuite au prince d'Eckmühl, comme définitivement arrêtée ...
" (Correspondance de Napoléon, t.21, lettre 17328 ; Correspondance générale de Napoléon, t.10, lettre 25918).

Le 3 mars 1811, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Maréchal Davout, Prince d'Eckmühl, commandant l'Armée d'Allemagne, à Hambourg : "Mon Cousin, vous trouverez ci-joint copie de la lettre que j'écris au ministre de la guerre et de celle que j'écris au roi de Saxe. Ces lettres sont secrètes et ne sont que pour vous. Vous y verrez que je veux avoir 9,000 hommes à Danzig. Envoyez à Stettin un très-beau régiment de la division Friant et un général de brigade français qui servira à surveiller Liebert et à savoir ce qui se fait. Vous pourrez même y envoyer la compagnie d'artillerie légère de la division Friant, avec ses pièces. Je vous préviens que je ne veux pas que ce soit le 111e, mais un de vos beaux régiments ..." (Correspondance de Napoléon, t.21, lettre 17415).

Le 7 mars 1811, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre ... Donnez ordre que ce qu'il y a de disponible au 5e bataillon du 112e soit versé dans les 3 premiers bataillons. Même ordre pour les 111e, 108e, 106e et 105e ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.10, lettre 26122).

Le 25 mars 1811, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Maréchal Davout, Prince d'Eckmühl, commandant l'Armée d'Allemagne, à Hambourg : "Mon Cousin, je reçois votre lettre du 20 mars. Le partage que vous faites de vos seize régiments en quatre divisions ne me paraît pas convenable. Le 33e léger et le 111e ne peuvent pas être ensemble ; ce serait deux régiments étrangers dans la même division ..." (Correspondance de Napoléon, t.21, lettre 17521).

En 1811 se déroule le transfert des registres du Colonel Husson, promu Général de Brigade, au nouveau commandant, le Colonel Juillet, avec le déplacement du siège du Régiment à Hambourg.

GABRIEL JUILLET

Il est né à Dijon le 27 juin 1764 au sein d'une famille de notables de la ville. Engagé le 4 septembre 1792, il devient Capitaine puis Lieutenant-colonel en second du 6e Bataillon de Volontaires de Saône-et-Loire. Il sert dans l'Armée du Rhin en 1792 et 1793 avec le même grade. En 1794, il devient Chef de Bataillon dans la 169ème Demi-brigade et est envoyé à l'Armée de la Moselle, puis à celle de Sambre et Meuse jusqu'à ce qu'il devienne Aide de camp du Général Duhesme (futur commandant de la Jeune Garde à Waterloo) en décembre de la même année. En juillet 1799, il reprend sa fonction de Chef de Bataillon à la 3e Demi-brigade puis à 50e en septembre 1800. Il sert également dans les Armées du Danube, d'Helvetie et du Rhin. à l'arrivée de l'Empire, en 1805, il fait partie du la 6e Corps de la Grande Armeé avec Ney et en novembre de la même année, il est blessé au Tyrol. En mai 1806, il est nommé Major du 8ème Régiment d'infanterie, puis Colonel en second en avril 1811. Le 7 septembre 1811, il est nommé Colonel du 111ème Régiment de Ligne, un an exactement avant la bataille de la Moskowa, et avec cette unité, il participe à la campagne de Russie. Lors de la retraite, le 3 novembre 1812 à Wjazma, il est blessé d'un coup de feu à l'avant-bras gauche. Le 10 décembre suivant, il meurt à Wilna des conséquences de cette blessure et aussi en raison des difficultés et les fatigues de la terrible marche. Il avait été nommé Chevalier puis Officier de la Légion d'honneur respectivement les 14 juin et 10 octobre 1804.

 

Signature du Colonel Juillet (1er avril 1812)

Le 1er avril 1811, est décrétée la formation d'un nouveau 4e Bataillon et un nouveau 6e Bataillon (destiné à former les recrues au Dépôt).

Le 19 avril 1811, l'Armée d'Allemagne est composée de trois Corps; le 1er est le Corps d'observation de l'Elbe, commandé par Davout. L'Empereur écrit en effet ce jour à au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, à Paris : "Monsieur le Duc de Feltre, l'armée d'Allemagne sera composée de trois corps :
1° Le corps d'observation de l'Elbe ;
2° Le corps d'observation du Rhin ;
3° Le corps d'observation d'Italie.
CORPS D'OBSERVATIONDE L'ELBE.
Le corps d'observation de l'Elbe sera commandé par le prince d'Eckmühl. Il sera composé de cinq divisions d'infanterie et formé de la manière suivante :
... 5e Division : 25e de ligne, cinq bataillons ; 61e, cinq ; 108e, cinq ; 111e, cinq ; total, 20 bataillons.
Cette 5e division sera commandée par le général Compans ...
ARTILLERIE. — Chaque régiment aura quatre pièces de régiment, ce qui fera douze pièces par division, à l'exception de la 5e, qui en aura seize ...
" (Correspondance de Napoléon, t.22, lettre 17630 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 26753).

Le 20 avril 1811, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Maréchal Davout, commandant le Corps d'Observation de l'Elbe et Gouverneur général des villes hanséatiques : "Mon cousin, je vous envoie un décret que vous ne recevrez que dans quelques jours par le ministre, par lequel j'attache un major en second à vos 15 régiments d'infanterie. Il est indispensable que vous me proposiez sur-le-champ la nomination de ces majors en second pris parmi les meilleurs chefs de bataillon qui seront remplacés par des capitaines, ceux-ci par des lieutenants et successivement. Ayez soin de faire de bons choix. Vous sentez combien il est nécessaire que les régiments que vous avez qui vont être de cinq bataillons en ligne aient un major en second qui commande le 3e et le 4e bataillon. Le colonel en commandera 2 ou 3 selon les circonstances.
Je vous ai mandé que j'avais créé un 6e bataillon à vos régiments. Formez-en les cadres chez vous ; car je compte envoyer 10000 hommes des dépôts en Allemagne, de sorte que ces 6es bataillons seront formés avant les 4es bataillons. Je ne comprends pas le 33e léger dans tous ces calculs. En réalité vous allez avoir d'ici au 1er juin 30 bataillons de renfort. Vous en avez 48, cela fera 78 bataillons ou plus de 60000 hommes d'infanterie sans les arrières, ce qui vous fera cinq belles divisions de 15 bataillons chacune.
ANNEXE
Au Palais des Tuileries le 20 avril 1811,
Napoléon, Empereur des Français, etc., etc., etc.
Nous avons décrété et décrétons,
Art. 1er
Il est créé des emplois de major en second dans chacun des 7e, 13e et 15e régiments d'infanterie légère et des 17e, 30e, 57e, 61e, 33e, 48e, 108e, 111e, 12e, 21e, 25e et 85e de ligne qui font partie de l'armée d'Allemagne.
Art. 2
Lorsque ces régiments auront 4 bataillons en ligne, le colonel commandera le 1er et le 2e, et le major en second commandera le 3e et le 4e.
Art. 3
Notre ministre de la Guerre est chargé de l'exécution du présent décret
" (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 26780).

Le 111ème reçoit 1200 recrues piémontaises pour commencer l'organisation du 4ème Bataillon, et du 6ème Bataillon de formation.

Le 23 avril 1811, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, vous recevrez le décret par lequel j'ai réglé la formation des 6es bataillons de l'armée d'Allemagne. J'ai changé les éléments de cette formation. Vous verrez par l'état joint au décret que ces bataillons sont composés de trois manières :
1° Avec des conscrits fournis par les dépôts de leurs régiments.
2° Avec ce qu'on peut tirer d'anciens soldats des dépôts de l'armée d'Espagne.
3° Avec des conscrits tirés des dépôts de l'armée d'Espagne.
J'y ai ajouté, pour chaque 6e bataillon, un détachement de 150 conscrits tirés du régiment de Walcheren.
Donnez ordre que les détachements d'anciens soldats qui se trouvent dans les dépôts des régiments se mettent en marche du 1er au 10 mai. Les cadres doivent être formés en Allemagne dans le même délai, de sorte que dès leur arrivée, ces hommes formeront de petits bataillons de 3 à 400 hommes. Ces bataillons seront ensuite complétés par la conscription, tant pour les conscrits arrivant du dépôt du régiment, que pour ceux venant des autres dépôts qui fournissent à cette incorporation.
Quant aux détachements à prendre dans l'île de Walcheren, vous donnerez les ordres suivants : la 2e compagnie de chaque 5e bataillon composée d'un capitaine, de 2 lieutenants, 2 sous-lieutenants, 1 sergent-major, 4 sergents, 1 caporal fourrier, 8 caporaux et 2 tambours, doit se mettre en marche du 1er au 10 mai pour l'île de Walcheren. À son arrivée, le général commandant dans l'île y incorporera 150 hommes choisis parmi les conscrits les plus sûrs et de la meilleure volonté. Vous aurez soin de faire envoyer d'avance au régiment de Walcheren des boutons de ces 2 régiments, afin que le changement d'uniforme des conscrits puisse être préparé sans frais.
Aussitôt que ces détachements bien habillés, bien équipés et bien armés se trouveront formés, le général commandant l'île de Walcheren les passera lui-même en revue avant leur départ. Un inspecteur aux revues en dressera les contrôles et aura soin d'y inscrire les noms, prénom et signalement, afin que si ces hommes désertent, on puisse les faire poursuivre dans leurs familles par des garnisaires. Il ne partira de l'île de Walcheren que deux détachements par semaine. Ces détachements remonteront par eau jusqu'à Willemstad et Berg-op-Zoom, d'où ils rejoindront les bataillons de guerre en traversant la Hollande. Il y aura quelques brigades de gendarmerie pour observer leur passage ...
ANNEXE
Etat indiquant les éléments de la formation des 6es bataillons des régiments de l’Armée d’Allemagne

Régiments qui forment les 6e bataillons

Conscrits du régiment

Supplément de 150 conscrits à tirer du régiment de Walcheren (ce supplément ne compte que pour 50

Suppléments à tirer d'autres régiments

Total de ce que 6e bataillons aura

Conscrits que le régiment reçoit et hommes disponibles
Conscrits pour compléter les bataillons suisses
Conscrits du 4e bataillon A
Reste pour le 6e bat. B
Numéros du régiment d'où on les tire
Anciens soldats C
Conscrits D
Total
111e de ligne
800
400
50
Le 69e
50
50
100
726

Le 32e

60

60

120

Le 58e

28

28

56

A : Ces conscrits partiront le 1er juillet 1811 de leur dépôt pour les 6es bataillons en Allemagne.
B : Ces 1500 conscrits partiront de Walcheren par compagnie, dirigés sur le dépôt en France pour le 5e bataillon. Elles commenceront à partir le 15 mai.
C : Ces conscrits partiront dès le 10 mai pour l'Allemagne.
D : Ces conscrits partiront le 1er juin de leur dépôt
" (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 26814".

Le 30 avril 1811, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, vous trouverez ci-joint une lettre du prince d'Eckmühl qui vous fera connaître qu'il a dirigé sur France les cadres des 6es bataillons. Le prince d'Eckmühl paraît désirer que ces cadres aillent à leurs dépôts où il pense qu'ils seraient mieux formés, mais je trouve la plupart des dépôts trop éloignés pour adopter cette idée. Envoyez au-devant de ces cadres un officier d 'état-major qui les fera arrêter moitié à Wesel et moitié à Münster, et faites diriger sur ces 2 places les conscrits qui doivent remplir ces cadres. Par exemple, le 7e d'infanterie légère dont le dépôt est à Huningue pourrait se servir du Rhin jusqu'à Wesel pour envoyer ses conscrits lorsqu'ils seront habillés et armés selon 1'ordre que vous leur donnerez à la fin de mai. Il en est de même ... du 111e qui est à Spire. Ainsi le Rhin pourra servir au mouvement des dépôts sur les cadres des 6es bataillons. Ainsi le Rhin pourra servir au mouvement des dépôts sur les cadres des 6es bataillons" (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre).

Le 24 mai 1811, l'Empereur écrit, en effet, depuis Caen, au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, à Paris : "Je vous envoie cinq états pour vous servir de direction dans un rapport que vous me ferez au 15 juin, pour donner une nouvelle organisation, au 1er juillet, aux différents corps d'observation.
CORPS D'OBSERVATION DE L'ELBE. — Ce corps restera à quatre divisions jusqu'au 1er juillet. A cette époque, il sera formé à cinq divisions. Les 4es et 6es bataillons s'y réuniront dans les lieux indiqués, de sorte qu'au commencement d'août l'organisation soit complète, et que ce corps ait acquis toute la consistance qu'on peut en attendre ...
Je n'ai pas besoin de vous dire que vous ne devez donner aucun ordre, faire aucun mouvement en conséquence de ces états, mais que vous devez vous borner à me faire un rapport général au 15 juin, époque à laquelle vous me demanderez en même temps mes ordres.
En attendant, toutes les dispositions nécessaires pour porter au complet le corps d'observation de l'Elbe, tel qu'il a été arrêté, doivent avoir lieu.
N°1
Le ministre de la Guerre trouvera dans ces notes ce qui est relatif à l’organisation et mouvement du corps d’observation de l’Elbe au mois de juillet. Elles serviront de matière à un rapport qu’il devra me faire pour le 20 juin.
NOTE.
CORPS D'OBSERVATIONDE L'ELBE.
Le corps d'observation de l'Elbe doit être composé de cinq divisions. Il restera à quatre divisions jusqu'au 1er août et ne sera composé de cinq divisions qu'à cette époque, à laquelle les 6es et 4es bataillons auront rejoint.
Je vous ai déjà fait connaître que la composition de ces divisions doit être faite de la manière suivante ... :
Division Compans. — 61e, cinq ; 111e, cinq ; 25e, cinq ; 57e, cinq ; total, 20 bataillons ...
Chaque division aurait quatre brigades, et chaque brigade se composerait de cinq bataillons ; quatre généraux de brigade seraient-attachés à chaque division ; les cinq divisions formeraient en tout vingt brigades et quatre-vingt-dix-huit bataillons ...
" (Correspondance de Napoléon, t.22, lettre 17247 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27150).

Le 14 juin 1811, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, donnez ordre de faire réunir à Walcheren en 4 détachements les 11 compagnies des 5es bataillons des régiments de l'armée d'Allemagne qui sont dans l'île de Walcheren, savoir :
... 2e détachement les compagnies du 33e, du 48e et du 111e
... Le général Gilly passera la revue de ces détachements et complétera les compagnies qui les composent à 150 hommes en prenant les meilleurs sujets des 1er et 2e bataillons du régiment de Walcheren. Tous les malades seront effacés du contrôle des compagnies et rentreront dans les cadres du régiment de Walcheren. Ces détachements s'embarqueront à Veere pour se rendre à Willemstadt ou à Gertruydenberg.
... Le 2e détachement partira le 22 ou le 23.
... Vous aurez soin d'ordonner que les contrôles de ces compagnies soient faits en ordre avec le lieu de naissance et le signalement bien spécifiés. Ces détachements ne débarqueront qu'à Gertruydenberg. De là, ils passeront le Rhin à Gorcum et seront dirigés par la gauche du Rhin sur le quartier général de la division du corps d'observation de l'Elbe dont font partie les régiments auxquels ils appartiennent. À leur arrivée, ces bataillons seront dissous ; les cadres rentreront en France ; les hommes seront incorporés par égale partie dans les 3 bataillons de guerre du régiment.
Vous donnerez l'ordre aux cadres des 6es compagnies du 6e bataillon du 13e léger, 17e de ligne, 30e de Ligne, 61e, 33e de ligne, 48e, 111e, 7e d'infanterie légère, 12e, 21e, 57e, 85e et 108e de se rendre dans l'île de Walcheren pour recevoir chacun 150 hommes, ce qui fera l'emploi de 1 950 hommes, tous ces hommes seront habillés par le dépôt du régiment de Walcheren. On aura soin de placer dans ces compagnies les hommes qui sont déjà depuis longtemps dans le régiment de Walcheren et dont on peut être le plus sûr. On ne mettra de nouveaux conscrits que dans les cadres d'infanterie légère pour ne pas défaire les habits. Ces 13 compagnies devront être prêtes à partir du 20 au 30 juillet pour se rendre en Allemagne.
... Donnez ordre aux commandants de la gendarmerie dans les 25e, 17e et 24e divisions militaires d'envoyer des officiers pour suivre ces détachements, de prendre toutes les dispositions convenables et de redoubler de surveillance pour prévenir la désertion. Si ces mesures réussissent, mon intention est de compléter de cette manière les bataillons de guerre du corps d'observation de l'Elbe, de sorte qu'au 1er· août, tous ces bataillons de guerre soient portés au-delà du complet de 840 hommes, les malades non compris
" (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27312).

Le même 14 juin 1811, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Maréchal Davout, Commandant en chef du Corps d'Observation de l'Elbe, et Gouverneur général des villes hanséatiques : "Mon cousin, les cadres des 2es compagnies des 5es bataillons des 12e, 17e, 21e, 30e, 33e, 48e, 57e, 61e, 85e, 108e et 111e régiments sont depuis six semaines dans l'île de Walcheren. Ils s'y sont complétés avec des conscrits et partent en 4 détachements. Ayez soin de faire incorporer les détachements de chaque régiment par égales parties dans les trois bataillons de guerre, de manière qu'il y ait de ces recrues dans chaque compagnie, mais sans retirer d'un régiment pour mettre dans un autre. Ces compagnies s'embarqueront à Veere et arriveront par mer jusqu'à Gorcum. Faites-moi connaître s'il y a de la désertion en route. Aussitôt qu'elles seront sur le territoire de votre commandement, veillez à ce qu'il y ait des détachements de cavalerie et de gendarmerie qui les côtoient et empêchent la désertion. Si cela réussit, mon intention est de vous en envoyer ainsi jusqu'à la concurrence de 3 à 4000, ce qui portera au 1er août le complet de vos bataillons de guerre au-delà de 840 hommes, non compris les malades. Il n'y aurait pas même d'inconvénient à porter ce complet à 900 ou à 1 000. Ces conscrits sont tous de très beaux hommes de 23 à 24 ans, et, si on les soigne, ils feront d'excellents soldats. Les affaires du Nord paraissent moins pressantes. J'ai pris le parti de faire revenir les cadres des 6es bataillons aux dépôts, où ces bataillons seront mieux formés ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27316).

Le 18 juin 1811, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Je reçois votre lettre du 18, bureau de mouvement. Je vois que le cadre de la 2e compagnie du 5e bataillon du 19e léger arrive à Flessingue le 26 juin et que le cadre de la 6e compagnie du 6e bataillon du même régiment y arrive le 27. Demandez au général Gilly quand ces compagnies seront prêtes à partir ...
Les 6es compagnies des 5es bataillons des 85e, 57e et 111e se tiendront prêtes à partir le 30 juin ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27340).

Arrivent ensuite 279 recrues néerlandaises qui doivent bientôt être transférées dans d'autres Régiments hollandais pour des raisons évidentes de malentendus linguistiques.

En juillet 1811, le 111e est sous les ordres du Colonel Gabriel Juillet, Major en second Montiglio; 1er Bataillon Chef de Bataillon Richieri; 2e Bataillon Chef de Bataillon Guisiana; 3e Bataillon Chef de Bataillon Bastiani; 4e Bataillon Chef de Bataillon Datillier; 6e Bataillon Chef de Bataillon Barrauan. Le Régiment est au Corps de Davout; 1e, 2e et 3e Bataillons à Magdebourg; 4e et 5e de Dépot à Spire.

En août 1811 a également lieu une réorganisation globale de l'Armée de l'Elbe (Davout). Le Régiment fait partie de la 5e Division (Compans), avec les 21e, 25e, 62e et 69e de Ligne.

1812

L'année 1812 est marquée par la célèbre campagne de Russie qui, selon de nombreuses sources faisant autorité, marque le début du déclin de Napoléon.

Le 2 janvier 1812, l'Empereur écrit au Général Lacuée, Comte de Cessac, Ministre directeur de l’Administration de la Guerre, à Paris : "Monsieur le Comte de Cessac, je vous envoie pour votre gouverne l’organisation de la Grande Armée. Le corps de l’Elbe formera deux corps. Il est nécessaire d’envoyer un ordonnateur à chaque corps et tout le personnel d’administration qui est indispensable. Présentez-moi un projet d’organisation. Comme je n’ai pas encore organisé en deux corps le corps d’observation de l’Elbe, envoyez-y tout double.
NOTE SUR L’ORGANISATION DE LA GRANDE ARMÉE.
La Grande Armée sera partagée en quatre corps : le corps d’observation de l’Elbe en fera deux; le corps d’observation de l’Océan en fera un ; le corps d’observation d’Italie en fera un autre.
La Grande Armée sera organisée en 15 divisions d’infanterie.
... 5e division : 25e de ligne, 5 bataillons; 57e de ligne, 5 bataillons; 61e de ligne, 5 bataillons; 111e de ligne, 5 bataillons; total, 20 bataillons ...
".

L’exacerbation des relations entre Napoléon et le Tsar Alexandre fait que toutes les Divisions françaises situées dans les territoires européens se dirigent, dès les premiers mois de l’année, vers l’est; et avec elles, le 111ème Régiment également, envoyé à Rostock avec l’ensemble du 3e Corps d'armée dont il fait partie.

Le 2 avril 1812, Napoléon décide également, pour renforcer sa Grande Armée, de former 4 Demi-brigades de marche à partir de détachements des 5ème bataillons (Dépôts) de Régiments déjà mobilisés. Chaque Demi-brigade à 3 Bataillons de 6 Compagnies chacun. Les Demi-brigades doivent se former le long du Rhin, avant d’être envoyées vers l’Est. Il écrit à Clarke ses instructions et la composition de ces nouvelles unités :
- 2ème Demi-brigade de marche.
3e Bat : 2 Cies du 57e de Ligne à Strasbourg, 2 Cies du 61e de Ligne à Worms, 2 Cies du 111e de Ligne à Spire ...
Cette Demi-brigade se réunira à Cologne.

En marchant par étapes forcées, le Régiment parvient à Georgenburg où, le 15 juin, toute la 5e Division est passée en revue par l'Empereur, qui se dit ravi de voir les Bataillons du 111e qui, en ce jour, déployent 85 Officiers et 4157 soldats sous les armes.

En juin, la Grande Armée, qui compte plus de 600 000 hommes répartis entre la Garde impériale, les douze Corps d'armée, dont un autrichien, et les quatre Corps de réserve de cavalerie, franchit la frontière du Niémen et entre en territoire russe.

Le 111ème Régiment d’infanterie franchit la frontière le 25 juin et arrive au 1er Corps d’armée commandé par le Marechal Davout, 5ème Division sous le Général de Division Compans, 4ème Brigade commandée par le Général de Brigade Longchamps.

À son arrivée dans la ville de Minsk le 8 juillet, le Régiment a déjà perdu 1300 soldats, dont beaucoup sont hospitalisés ou laissés à l'arrière dans des postes de garde, de sorte que le Colonel Gabriel Juillet dispose de cinq Bataillons :
- 1er Bataillon, 667 hommes aux ordres du Chef de Bataillon Michele Richieri;
- 2e Bataillon, 645 hommes, commandés par Carlo Guisiana;
- 3e Bataillon, composé de 518 hommes commandés par Luigi Bastioni;
- 4e Bataillon, composé de 539 hommes commandés par Detillier;
- 5ème Bataillon, 675 hommes commandés par Barrauan.

Le commandant en second est le Major Federico Montiglio.

Le 19, le régiment atteint Mohilev où se déroule le premier combat acharné de la campagne, puis poursuit sa marche, passant par Orcha, traversant le Dniepr, puis se dirigeant sur Smolensk.

Les Russes continuent de se retirer sur Moscou, à l'exception de petits actes de guérilla déclenchés par les Cosaques, obligeant l'armée de Napoléon à s'affaiblir chaque jour davantage à cause de la maladie et des difficultés rencontrées.

Fusilier du 111e de Ligne en 1812
Fusilier du 111e de Ligne en 1812 (reconstitution par M. Citarelli)

Le 6 septembre, après des mois de vaines poursuites à la recherche de la grande bataille décisive pour vaincre l'ennemi, Napoléon trouve l'armée russe déployée à Borodino et donne ordre à la Division Compans d'attaquer le redoute fortifiée de Schwardino.

Le 111ème parvient, avec d'autres Régiments à conquérir cette redoute, mais avec de grandes pertes. Une charge, exécutée sur le flanc de la formation, par la cavalerie russe de la Division Glutchow, provoque 300 morts supplémentaires.

Finalement, la nuit arrive et tous les Régiments l'utilisent pour rassembler les blessés et se préparer pour la nouvelle bataille du lendemain, au cours de laquelle le 111ème est engagé dans l'attaque de la grande redoute de Bagration, le point le plus fortifié du côté russe.

Encore des pertes considérables pour le Régiment qui, malgré tout, continueà attaquer l'ennemi jusqu'à 8 heures du soir. Et puis encore une fois le même scénario, la nuit pour sauver les blessés et se préparer pour le troisième jour de la bataille; mais à l'aube, les soldats voient que l'ennemi a disparu pendant la nuit.

Juste le temps de se réorganiser et l'armée reprend la poursuite des Russes en direction de Moscou où le 111ème entre le 15 septembre avec des rangs considérablement réduits : 1er Bataillon, 262 hommes; 2ème Bataillon 365; 3ème Bataillon 360; 4ème Bataillon 351; et 5ème Bataillon 309. Soit une force totale de 1647 hommes, Officiers et soldats compris. 2155 hommes manquent à l'appel.

Les jours suivants, un contingent de 280 nouvelles recrues arrive au 111ème. L’hiver approche et il se passe plus d’un mois sans que l'on parvienne à une paix avec le Tsar Alexandre.

Napoléon ordonne le départ, prévu pour le 19 octobre. Pendant la retraite, le 111ème est employé pour prêter main forte aux Régiments napolitains et italiens du Prince Eugène à Malojaroslawets, qui combattent courageusement contre des troupes ennemies nombreuses. Les marches exténuantes, les épreuves, la faim, les maladies et les attaques continues des Cosaques et des paysans russes, causent des milliers de morts chaque jour. Les blessés deviennent un lourd fardeau pour la grande marée humaine qui avance, et ils sont abandonnés le long des routes ou pire encore, dévorés par les survivants qui tentent désespérément de survivre.

Le Colonel commandant du 111ème Régiment décède également à Wilnius des suites de ses blessures reçues lors des combats vers Moscou.

Au cours de la nuit, les températures chutent de plus de 30 degrés en dessous de zéro, ce qui provoque la mort en masse à cause du gel. Des milliers d'hommes meurent également au cours de la traversée de la Bérésina. Désormais sans forces, sans armes ni défense, ils ne réagissent plus aux attaques des Russes, et finissebt noyés ou écrasés par la foule, paniquée et animée par l'instinct de survie.

1813

De la Grande Armée, partie avec plus de 600 000 soldats, il ne reste plus, au gué du Niémen, qu'une mince file de survivants dont on ne distingue plus les Régiments d'origines. Certaines sources parlent d'environ 50 000 survivants, d'autres de 30 000. Les disparus et les morts sont si nombreux, qu'aujourd'hui encore, de temps en temps, resurgissent des cimetières improvisés contenant les corps de ceux qui sont morts sur le sol russe.

L'armée du royaume d'Italie compte à peine 2000 survivants, tandis que le 111e Régiment revient avec seulement 200 hommes sous le commandement du Major Montiglio. Ils sont transférés de Thorn à Posen où ils rejoignent les restes des 25e, 57e et 61e Régiments pour former le troisième Bataillon d'un Régiment provisoire, composé d'autres restes du 1er Corps.

Après avoir gardé les premiers Bataillons sur le front Est et y avoir versé tous les survivants, Napoléon reconstitue les seconds Bataillons des Régiments de son armée détruite en Russie : "Fontainebleau, 27 janvier 1813.
A Eugène Napoléon, vice-roi d’Italie, commandant en chef la Grande Armée, à Posen.
Mon Fils, le ministre de la guerre vous a écrit pour vous faire connaître que les détachements de conscrits de chacun des vingt-huit régiments de la Grande Armée qui doivent se rendre à Erfurt, où ils trouveront les cadres des 2e bataillons, ce qui complétera ces vingt-huit bataillons, partent de France les premiers ...
Avant le 1er mars, les bataillons du 30e et du 33e et celui du 61e et celui du 111e, celui du 85e celui du 18e et celui du 57e seront arrivés, ce qui fera sept bataillons. Ordonnez à un des généraux de brigade du 1er corps de prendre sous son commandement ces sept bataillons et de se porter à Wittenberg, où ils pourront être arrivés du 1er au 5 mars ...
".

Mais arrivé à Francfort sur l’Oder le 12 février 1813, le Régiment est reconstitué grâce aux nouveaux recrutements et atteint bientôt la force de 3098 soldats organisés en quatre Bataillons de guerre et un de Dépot, avec un nouveau commandant, le Colonel Holtz qui, lors d'une grande cérémonie, restitue l'Aigle au Régiment, sauvée pendant la campagne de la Russie.

CHARLES HENRI HOLTZ

Il est né à Versailles le 25 février 1778 et s'est enrôlé le 12 mars 1792 en tant que timonier du navire "Patriot". Il est ensuite devenu Enseigne du navire "Franklin" le 4 avril 1796. En Egypte, il devient Lieutenant de la Légion Nautique. Il passe ensuite Aide de camp du Général Friant le 11 mars 1801, puis Capitaine le 5 mai 1801. Sa carrière se poursuit également sous l'Empire, atteignant le grade de Chef de Bataillon le 23 mars 1809, grade avec lequel il passe au 7e Régiment d'infanterie légère le 17 juillet 1809. Il est promu à un grade supérieur le 3 avril 1811 et, le 6 novembre de la même année, il passe dans la Garde en tant que Chef de Bataillon des Flanqueurs. Le 7 mars 1813, il est nommé colonel en second, et est chargé de commander le 14e Régiment provisoire à Wurzburg. Le 1er avril 1813, il devient Colonel du 111ème Régiment de Ligne. Il meurt à Hambourg le 25 janvier 1814 à la suite de graves blessures reçues au cours des combats. Il avait été nommé Chevalier de la Légion d'honneur le 14 mars 1806, puis Officier de la Légion d'honneur le 7 juillet 1807. De 1792 à sa mort, il avait pratiquement servi dans presque toutes les campagnes de la République et de l'Empire. Il était présent en égypte, où il a été blessé dans les deux batailles d'Aboukir, son cheval a été tué sous lui à Austerlitz, il a participé aux affrontements d'Auerstadt, de Heidelberg, d'Eylau, d'Eckmul, de Regensburg, d'Ebersdorf et de Wagram. Il était également en Russie en 1812.

L'armée est reconstituée et réorganisée et l'ancien 1er Corps d'armée est rebaptisé 13e Corps d'armée sous le commandement du Maréchal Davout. Il comprend notamment la 40e Division, où font Brigade les 111e et 61e Régiments de ligne.

Bientôt une nouvelle guerre se prépare contre les alliés en Saxe et les Divisions sont employes dans les combats de Lutzen, de Bautzen et au cours de la grande bataille de Dresde, puis encore à Boitzenbourg et à Messow.

Le Régiment atteint ensuite la ville de Molln où il demeure retranché, et subit de nombreuses attaques et pertes.

La situation se dégrade peu de temps après. Napoléon, jusque-là, était resté invaincu sur les champs de bataille ; ses ennemis désormais cherchent à éviter la confrontation directe avec le grand génie militaire, dirigeant leur attention sur les Divisions commandées par ses Généraux qui souvent ne se montrent pas à la hauteur de l'Empereur. L'armée, affaiblie, subit la grande défaite de Leipzig et le 13e Corps d'armée, coupé du gros des forces, doit se réparer derrière les murs de la ville de Hambourg. Le 111ème est chargé d'occuper le fort St. George, un ouvrage militaire avancé sur le périmètre des fortifications. En bref, la ville est assiégée par une force de 60 000 hommes. Le Maréchal Davout ne peut leur opposer que 30 000 hommes de différentes nationalités, chargés de défendre un périmètre de plus de 40 kilomètres.

Fatigués, déçus, malades et minés, les Italiens sont restés fidèles à la cause impériale jusqu'à la fin, contrairement aux Hollandais et aux Allemands qui ont quitté la ville à la fin du blocus. Napoléon lui-même témoignera de cette fidélité, et une fois en exil, il louera la fidélité des Italiens dans ses mémoires.

L'ensemble du district de Saint George est confié au 111ème Régiment; il comprend le faubourg de Saint George, la ligne de Hamm, la dent et les digues de l'Elbe et de Billewerda, ainsi que les deux redoutes construites sur les îles de Wilhelmsburg et de Moorwerder.

1814

Dans la nuit du 1er au 2 janvier, l'ennemi attaque lourdement l'île de Moorwerder, mais est rejeté. Mais les assauts se répètent les uns après les autres et, au cours de l'un d'eux, le Colonel Holtz, commandant du Régiment, trouve la mort. Le commandement est alors assuré par intérim par le Chef de Battaillon Bastioni. Sur l'ensemble du front défensif, la fureur des assiégeants éclate, mais les défenseurs font preuve d'un grand courage et d'une grande résistance tout en perdant une centaine de soldats, mais sans rien céder.

Les charges intenses se poursuivent également les jours suivants, mais sans résultat. Du 24 février au 18 mars, il y a en moyenne deux alarmes par jour, jusqu'à l'attaque générale du 18 mars, qui échoue encore comme toutes les précédentes. Dès lors, les alliés décident de préserver la vie de milliers de leurs soldats, attendant que les conditions difficiles du blocus, le manque de vivres et de nourriture et les épidémies agissent et contraignent les défenseurs à se rendre. Mais, contre toute attente, au début du dégel, la garnison de Davout passe même à l'offensive dans le but d'élargir le front offensif de l'ennemi et remporte également des succès notables.

Le 25 avril, la nouvelle de l'abdication de Napoléon à Fontainebleau vient mettre un terme à cette belle résistance ; le drapeau blanc est hissé sur la place forte. Le 111ème Régiment demeure dans la ville jusqu'au 25 mai, date à laquelle la ville est remise aux Généraux du Roi de France Louis XVIII.

Le même jour, la garnison de Hambourg évacue la ville en France et atteint la ville de Longwy le 28, lieu fondamental pour l'avenir du Régiment. Les soldats ont la possibilité de choisir de quitter l'armée de manière permanente ou de rejoindre les nouveaux rangs du Roi de France. Les Italiens, tous en bloc, fidèles aux idéaux napoléoniens, partent, à l’exception d’une centaine d’Officiers et Sous-officiers qui acceptent de rester au service de Louis XVIII.

Le 1er août, 2259 hommes du 111ème sont partis pour l'Italie où ils arrivent le 26 du même mois.

1815

L'Arrêté royal du 12 mai 1814 conserve sur pied 90 régiments de ligne. Le 111e prend le n°90. Les 1er et 4e Bataillons du 111e sont versés au 76e de ligne. Les 2e, 3e, 5e Bataillons et le Dépôt forment le 90e.

Les soldats rentrés en Italie, après avoir été félicités pour leurs actes par les Généraux de la moitié de l'Europe, et même par leurs adversaires, se voient méprisés dans leurs villes par la population touchée par un fort courant anti-napoléonien; et même détestée par les autorités de la Savoie. Mais lorsque parvient la nouvelle de la fuite de Napoléon de l'ile d'Elbe, beaucoup de ces Italiens reviennent sous les drapeaux qui avaient porté la victoire dans toute l'Europe.

Aux Cent-jours, un Décret du 20 avril 1815 rend au Régiment le n°111, qui dès le mois de mars, est rallié à l'Empereur.

Le 111e est intégré dans le 4ème Corps d'armée du Général Gérard, sous le commandement du brave Colonel Baron Sauset.

LOUIS ANTOINE SAUSET

Il est né à Arzillières (Marne) le 5 avril 1773. Il s'est enrôlé le 4 septembre 1791 en tant que volontaire dans le 3e Bataillon de son département, devenant Sous-lieutenant le 10 janvier 1793 et Lieutenant onze jours plus tard. Le 1er mars, lors de la bataille de Haalldenowen, couvert de blessures, il est capturé par l'ennemi, mais avec une grande force, il réussit à résister à cette épreuve et est heureusement libéré grâce à un échange de prisonniers. Le 17 mai 1800, il est promu Capitaine au 1er Bataillon de la 66e Demi-brigade; passe avec son Bataillon et avec le même grade à la 63e Demi-brigade devenue 63e Régiment d'infanterie, où tous les Officiers sont ses amis. Ce Régiment se couvre de gloire à Eylau le 8 février 1807, où il perd un tiers de son effectif. Ce jour-là, le Colonel Lacuée est décédé avec 11 autres Officiers et plus de 400 hommes. Ce jour-là également, le Régiment obtient dix-huit Croix de la Légion d'honneur et Sauset figure parmi ceux nommés nouveaux Chevaliers le 14 avril 1807. Suite à sa nomination à la tête du 1er Bataillon de la Garde municipale de Paris à compter du 14 avril 1807, il peut enfin jouir d'une période de repos méritée. Mais son esprit d'aventure sur les champs de bataille le met mal à l'aise dans la monotonie de la ville, et il obtient finalement le 27 avril 1811 sa nomination au grade de Major et est envoyé pour commander le Dépôt du 18e Régiment de ligne. Il est ensuite nommé le 21 février 1813 pour prendre le commandement du 21e Régiment provisoire, puis est nommé Colonel du 18e Régiment de Ligne, à la tête duquel il participe à la campagne de Saxe, obtenant la croix d'Officier de la Légion d'honneur le 10 août 1813. Le 22 janvier 1814, il entre dans la Garde impériale avec le grade de Major du 16e Régiment des Tirailleurs grenadiers de la Jeune Garde. Le 26 février 1814, il est fait Baron de l'empire. Après la première abdication de l'Empereur, Sauset est réintégré dans les rangs 18e Régiment d'infanterie en tant que Colonel à la suite; puis du 22e Régiment le 27 novembre 1814. Le 4 décembre 1814, il est nommé Chevalier de l'ordre de Saint-Louis. Mais Napoléon, le 1er mars 1815, après avoir fui l'Elbe, débarque à Cannes et entre dans Paris le 20. Le 25 avril, tous les Régiments ont repris leur ancienne numérotation et le 90ème Régiment royal est redevenu le 111ème Régiment de ligne; Sauset en reçoit le commandement, rejoignant l'unité à Longwy. Grâce à l'activité frénétique de son nouveau Colonel, le 111ème Régiment est déjà prêt le 27 mai à participer à la nouvelle campagne avec un effectif de 45 Officiers et 1070 hommes sous les armes. L'ordre de départ arrive le 6 juin et le 13, le Régiment atteint Rocroy, le 14 Florennes, à deux kilomètres de Philippeville, où il est affecté à la Brigade du Général Hulot au sein de la 14e Division du 4e Corps d'armée de Gérard. Le 111ème combat intensément à Ligny et à Wavre et, après la défaite de Waterloo, suit les vicissitudes de l'armée impériale qui est dissoute. Sauset, comme tous les Officiers impériaux, est mis en demi-solde et s'installeà Vitry-le-François pour y vivre avec ses parents, sa femme et sa fille. Plus tard, il déménage avec sa famille à Bruxelles, où nombre d'Officiers napoléoniens ont déménagé, mais il est retournà Paris en 1817 pour défendre sa position auprès du Ministre de la Guerre, qui l'avait radié des rôles de l'armée. Impliqué dans un complot organisé par d'anciens camarades d'armes, il est arrêté, jugé et acquitté le 16 juillet 1821. Après d'autres vicissitudes douloureuses, dont une peine de cinq ans d'emprisonnement à l'initiative du Général Donmanget, le Colonel Sauset vit en subissant constamment, comme tant d'autres anciens combattants, les persécutions aveugles de la Restauration. Sous le gouvernement de Charles X, il réussit à se faire réhabiliter en reprenant le grade de Colonel, obtenant ainsi un revenu pour vivre dans la dignité. A la chute de la monarchie bourbonienne, le 11 août 1830, le gouvernement provisoire nomme Sauset commandant de la place d'Arras et, le 7 octobre, Colonel du 11e Régiment d'infanterie. Finalement, le 1er mai 1831, le Roi Louis Philippe d'Orléans le nomme Commandant de la Légion d'Honneur. Mais la vie aventureuse de Sauset n'est pas encore arrivée à son épilogue. Il est appelé à se battre à nouveau contre Abd el Kader à Tamezougra, puis est nommé Gouverneur d'Oran avant de rentrer chez lui et d'obtenir sa mise en disponibilté le 31 mars 1835. Sauset termine son existence mouvementée à 63 ans à Champigny sur Seine, où il est décédé le 15 juin 1836.

Le Régiment combattit victorieusement le 16 juin 1815 à Ligny et le 18 à Wavre contre les Prussiens. Mais la défaite de Waterloo rend ces victoires infructueuses et cette fois, la deuxième chute de l'Empire amène le Régiment à sa dissolution définitive.

Les soldats italiens conservaient cependant le souvenir d'une aventure glorieuse et dramatique et une réputation comparable à celle de la Vieille Garde; la conscience de leur valeur, gagnée par le sacrifice de nombreux braves, les rendait encore plus fiers d'avoir servi dans la 111e Régiment d'infanterie de ligne.

- Aigles et drapeaux du 111e de Ligne

Le 111e reçoit en 1804 trois Aigles et drapeaux modèle Chaillot (voir photo drapeau collection Prince de Monaco). Une Aigle est aujourd hui conservée au Musée de l'Armée à Paris.

En 1812, il n y a plus qu’une Aigle en service. Une nouvelle étoffe modèle 1812 est distribuée portant inscrit : AUSTERLITZ IENA EYLAU ECKMUHL WAGRAM. L’ Aigle et le drapeau survivent à la retraite de Russie et se trouvent au Dépôt du Régiment à Spire le 9 mai 1813. Le Colonel conservera le drapeau 1812 jusqu’au début 1815 où il le détruira.

En 1815, le Régiment reçoit une nouvelle Aigle et un nouveau drapeau modèle 1815 qui ne seront pas remis aux autorités royales à la seconde Restauration.

Bibliographie

- "Il 111e di linea dal 1800 al 1814 – Fasti e vicende di un reggimento italiano al servizio francese". Monographie du Lieutenant-colonnel des Bersaglieri Eugenio De Rossi – Edition 1995.

- "Il volo dell'aquila piemontese. Storia e gloria di un reggimento piemontese sotto Napoleone I. Il 111° RGT fanteria di Linea - I tre paletti" – de Federico Molinaro, 2013.

- "Le 111e de Ligne en Russie", de Alain Pigeard, Tradition Magazine N°208, Février 2005.

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