Le 106e Régiment d'Infanterie de Ligne

1796-1815

Avertissement et remerciements :

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/ 1798, Armée d'Helvétie

Le 12 juillet 1798 (24 messidor an 6), le Général Schauenburg écrit au Citoyen Perrin, chef de la 106e Demi-brigade : "Il a été présenté à ma signature, Citoyen chef, un congé délivré en vertu d'une lettre du Ministre de la guerre au citoyen Aubry, sergent, dont la démission a été acceptée. Vous savez que l'arrêté du 19 Fructidor n'était applicable qu'aux sous officiers des divisions de l'intérieur, et il faut que la religion du Ministre ait été surprise pour qu'il ait expédié l'ordre et délivré un congé absolu à un sous officier de la 106e qui fait partie de l'armée active.
Je vais lui écrire à ce sujet, et j'ai lieu de croire qu'il révoquera l'ordre qu'il a donné, sans doute parce qu'il ignorait que vous eussiez rejoint l'armée d'Helvétie
" (Force d’occupation : une armée au quotidien à l’époque du Directoire : les forces françaises en Suisse, juillet-août 1798 – BNUS, MS 475/720).

Le même 12 juillet 1798 (24 messidor an 6), le Général Schauenburg écrit au Citoyen Schérer, Ministre de la guerre : "Le conseil d'administration de la 106e 1/2 brigade à présenté à ma signature un congé absolu qu'il a délivré au citoyen Aubry, sergent, d'après votre lettre en date du 8 Messidor [26 juin 1798]. L’arrêté du 19 Fructidor [5 septembre 1797 ?] n'étant applicable qu'aux divisions de l'intérieur, vous avez sans doute cru que la 106e 1/2 brigade était encore dans ce cas. Mais comme elle fait aujourd'hui partie de l'armée de Suisse, j'ai cru devoir différer d'approuver le congé du citoyen Aubry et vous en rendre compte des motifs qui m'y engageaient, et j'écris en conséquence au conseil de cette demi-brigade" (Force d’occupation : une armée au quotidien à l’époque du Directoire : les forces françaises en Suisse, juillet-août 1798 – BNUS, MS 475/719).

Toujours le 12 juillet 1798 (24 messidor an 6), le Général Schauenburg écrit encore au Chef de la 106e Demi-brigade : "D'après les nouveaux renseignements que vous m'avez communiqués, Citoyen chef, sur la réclamation des musiciens Laucher, Musier et Colombet, je la regarde comme non avenue et vous voudrez bien, s'ils se permettaient de quitter le corps, les faire juger comme déserteurs.
P.S. Votre quartier mtre gral m'a présenté une demande de buffleterie, que j'ai renvoyée au commissaire des guerres Dufour, avec ordre de délivrer en proportion de ce qui reste dans le magasin
" (Force d’occupation : une armée au quotidien à l’époque du Directoire : les forces françaises en Suisse, juillet-août 1798 – BNUS, MS 475/721).

Le 13 juillet 1798 (25 Messidor an 6), le Général Schauenburg écrit : "Aux commandants des 44e 1/2 brigade, 103e 1/2 brigade et 106e 1/2 brigade et au chef de brigade du 7e régiment de chasseurs à cheval.
Vous ferez passer, Citoyen chef, à votre capitaine d'habillement à Berne une quittance signée de vous pour la somme de 2'400 # (pour chaque 1/2 brigade de ligne ci-contre et celle de 1'500# pour le régiment de chasseurs à cheval). Cet officier recevra des instructions sur 1'emploi qui doit en être fait
" (Force d’occupation : une armée au quotidien à l’époque du Directoire : les forces françaises en Suisse, juillet-août 1798 – BNUS, MS 475/728).

Le 20 juillet 1798 (2 Thermidor an 6), le Général Schauenburg écrit au Chef de la 106e : "Je vous renvoie onze congés et quatre certificats signés de moi. Je vous renvoie également toutes les pièces auxquelles il manque les formalités suivantes :
1) Les états doivent être faits triples, savoir deux pour le ministre et un pour moi ;
2) Les mémoires de proposition doivent être doubles, notamment ceux des hommes proposés aux invalides, qu'il est urgent d'expédier au Ministre de la guerre pour faciliter leur admission ;
3) Les certificats des officiers de santé doivent être inscrits au dos des congés et certifiés par le conseil d'administration. Vous voudrez bien ne pas les délivrer avant d'avoir fait faire cette inscription.
Après ces formalités remplies, vous me renverrez toutes les pièces le plus promptement possible.
Quant aux congés de réforme, je les ai également signés, quoique les certificats ne soient pas doubles et qu'ils ne soient pas inscrits en dos des congés. Vous voudrez bien réparer cette omission et m'envoyer aussi les certificats des camarades qui constatent les infirmités de Lambert, Thibie, Simon et Berger
" (Force d’occupation : une armée au quotidien à l’époque du Directoire : les forces françaises en Suisse, juillet-août 1798 – BNUS, MS 453/4).

Le 23 juillet 1798 (5 Thermidor an 6), le Général Schauenburg écrit au Citoyen Perrin, Chef de la 106e Demi-brigade, à Fribourg : "J'ai pris en considération, Citoyen chef, le repentir que témoigne le militaire Vitu [?] grenadier traduit devant le Conseil de guerre pour avoir manqué à son corps. Je donne ordre au commandant de la place de le mettre en liberté. Vous redemanderez en conséquence la plainte qui a dû être envoyée au rapporteur du Conseil de guerre.
Si cependant la détention qu'il a déjà subie n'est pas proportionnée à la faute, vous lui infligerez telle punition de discipline que vous jugerez convenable.
J'ai remis à votre capitaine d'habillement les congés présentés à ma signature
" (Force d’occupation : une armée au quotidien à l’époque du Directoire : les forces françaises en Suisse, juillet-août 1798 – BNUS, MS 475/786).

Le lendemain 24 juillet 1798 (6 Thermidor an 6), le Général Schauenburg écrit au commandant de la place de Berne : "Vous ferez mettre en liberté, Citoyen commandant, le nommé Vitu [?], grenadier de la 106e détenu au Conseil de guerre. J'ai eu égard au repentir qu'a témoigné ce militaire et l'ai renvoyé à la [mot illisible, suite ?] du corps" (Force d’occupation : une armée au quotidien à l’époque du Directoire : les forces françaises en Suisse, juillet-août 1798 – BNUS, MS 475/792).

Le 29 juillet 1798 (11 Thermidor an 6), le Général Schauenburg écrit au Citoyen Schérer, Ministre de la guerre : "Citoyen Ministre, j'ai reçu votre lettre du 5 de ce mois [23 juillet 1798], par laquelle vous m'informez que la 44e, 76e et la 106e ½ brigade de ligne, 5e et 20e légère n'ont point encore procédé à la nouvelle vérification des registres de matricule qui leur avait été ordonnée. J'avais cependant donné les ordres les plus précis pour l'exécution des dispositions prescrites par votre circulaire du 25 Ventôse dernier [15 mars 1798) mais je vous observe que de ces 5 corps, la 76e seule avait à cette époque deux bataillons à l'armée d'Helvétie. Les 44e et 106e n'y sont arrivées que dans le courant de messidor.
La 20e légère venue dans le même temps de l'armée de Mayence, est partie depuis un mois pour les dépts du Midi. Enfin la 5e légère n'est en Suisse que depuis un mois. Je vais néanmoins écrire de nouveau aux chefs de ces différents corps en leur ordonnant de procéder sans délai à une vérification qui intéresse aussi essentiellement la gloire et l'honneur de nos armées. Je leur prescrirai également de vous en adresser de suite le résultat
" (Force d’occupation : une armée au quotidien à l’époque du Directoire : les forces françaises en Suisse, juillet-août 1798 – BNUS, MS 475/813).

Le 30 juillet 1798 (12 Thermidor an 6), le Général Schauenburg adresse une "Circulaire aux chefs de la 44e, 76e et 106e ½ brigade et à celui de la 5e légère.
Le Ministre de la guerre vient de m'envoyer l'état des corps sous mes ordres qui n'ont pas encore satisfait à l'ordre qui leur a été donné de procéder à une nouvelle vérification des registres de matricule. J'ai vu avec surprise que la vôtre était de ce nombre. Je vous prie, Citoyen chef, de ne pas perdre de vue un objet aussi important puisqu'il a pour but de rechercher ceux de ces lâches émigrés, qui à l'aide de fausses inscriptions sur des registres de contrôle auraient pu obtenir leur rentrée sur le sol d'une patrie qu'ils ont si indignement trahie.
Vous voudrez bien, en m'accusant la réception de cette lettre, m'informer des dispositions que vous avez dû prendre pour remplir à cet égard les instructions du Gouvernement et me faire passer un double du compte que vous rendrez dans le plus court délai au Ministre de la guerre
" (Force d’occupation : une armée au quotidien à l’époque du Directoire : les forces françaises en Suisse, juillet-août 1798 – BNUS, MS 475/817).

Le 3 août 1798 (16 Thermidor an 6), le Général Schauenburg fait paraitre, depuis son Quartier-général à Berne, l'Ordre du jour suivant : "Le premier conseil de guerre de l'armée, séant à Zurich a dans sa séance du 9 thermidor [27 juillet 1798] condamné par contumace à la peine de mort le nommé Bertrand Berni, maréchal de logis en chef au 1er régiment d'artillerie légère, convaincu d'avoir frappé à coups de sabre ses officiers et en outre de désertion.
Même séance a condamné à la peine de cinq ans de fers le nommé Jean-Baptiste Birauet, tambour à la 106e convaincu de voies de fait envers ses supérieurs et d'avoir tenu des propos contre-révolutionnaires ...
L’adjudant-général, chef de l'état-major général Signé : Rheinwald
" (Force d’occupation : une armée au quotidien à l’époque du Directoire : les forces françaises en Suisse, juillet-août 1798 – BNUS, MS 482 p. 117-119).

Les 5-7 août 1798 (18-20 Thermidor an 6), le Général Schauenburg établit un "Règlement pour les services du camp
Service journalier
La division d'infanterie campée en avant de Berne sera partagée en deux brigades. Le plus ancien chef de bataillon des 14e et 44e demi-brigades sera chargé du service de la brigade de droite. Le plus ancien des 106e et 109e sera chargé du service de la brigade de gauche. Ces chefs de bataillon tiendront par conséquent un contrôle pour commander le service, conformément au titre 7 du règlement de campagne de 1792. Il leur sera fourni une table et les frais de bureau nécessaires et chacun d'eux est autorisé à prendre deux écrivains de leurs corps …
" (Force d’occupation : une armée au quotidien à l’époque du Directoire : les forces françaises en Suisse, juillet-août 1798 – BNUS, MS 482 p. 120-128 / 129-137).

/ 1799, Armée d'Italie

Le 18 janvier 1799 (29 Nivôse an 7), le Général de Division Grenier écrit au Général de Brigade Suchet, Chef de l’Etat-major général de l’Armée : "Je vous préviens, mon cher Général, que la 106e demi-brigade d’infanterie de ligne est arrivée à Chiari au lieu de la 44e ; l’officier de l’état-major qui a été chargé de l’établir dans ses cantonnements m’a rapporté que cette demi-brigade avait commis beaucoup d’excès en route, et que généralement, elle paraissait animée d’un mauvais esprit. Je vais la surveiller, et ferai connaitre au général en chef ce que j’aurai remarqué. Je vous préviens aussi que le payeur de la division vient de me communiquer une lettre à lui adressée par le payeur général de l’armée portant que la solde qui devait être payée du 20 au 25 de ce mois, conformément à l’ordre du jour du 19 courant, ne pourra l’être que du 10 au 15 Pluviôse prochain, parce que le citoyen Amelot lui mande que les fonds destinés au payement de la solde ne sont pas faits ; veuillez en prévenir le général en chef, afin qu’il avise aux moyens de les faire procurer.
N’oubliez pas de me faire parvenir le plus tôt possible les états de frais de table et de dépenses secrètes que je vous ai envoyé par le dernier courrier. Le bataillon de garnison de la 106e aura-t-il la même destination que devait avoir celui de la 44e ?
" (Papiers du Général Paul Grenier. XIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 86 page 190).

Le même jour, 18 janvier 1799 (29 Nivôse an 7), le Général de Division Grenier écrit également au Général en chef Joubert : "… La 106e demi-brigade d’infanterie de ligne est arrivée au lieu de la 44e à Chiari ; Cette demi-brigade ne jouit pas de la meilleure réputation. Je vais charger l’adjudant général Gareau de la surveiller. Je la rapprocherai sous peu de jours de Brescia et vous ferai connaitre ce qu’elle aura de défectueux.
Les bataillons de la garnison de la division que je commande sont organisés ; sous quelques jours, je vous enverrai le résultat de ce travail. J’y joindrai celui de la 106e qui, étant en marche, n’a pas encore été commencé
" (Papiers du Général Paul Grenier. XIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 86 page 190).

Le 27 janvier 1799 (8 pluviôse an 7), le Général de Division Grenier écrit à l’Adjudant général Gareau : "Les circonstances exigeant de nouvelles dispositions dans la répartition des troupes composant la division que je commande, je vous charge, citoyen général du commandement de la 1ère brigade, composée : de la 29e légère, 106e de bataille, bataillon de garnison de la 63e (uniquement destiné pour la garnison de Peschiera), une compagnie d’artillerie légère, un escadron du 9e régiment de chasseurs.
Cette brigade comprend dans son arrondissement les villages en avant de Peschiera jusqu’à la ligne autrichienne ; à sa droite les postes de la division Delmas et à sa gauche le lac de Garda, Peschiera pour son centre ; Castiglione, Montechiaro et autres villages sur la Chiese comme réserve.
J’écris au général Guillaume afin qu’ils vous fasse remettre les différentes instructions qu’il a reçu et donné, tant pour la défense de Peschiera que pour la surveillance des avant-postes et du lac de Garda ; vous y ferez en me les soumettant les changements que vous croirez nécessaires ; le but de la surveillance aux avant-postes en avant de Peschiera est d’être exactement informé des dessins et des mouvements de l’ennemi ; ces avant-postes occupent les villages de Saint-Georges, Castelnuovo, Sandra, Passengo et Lazise, ainsi que Cavalcaselle ; ces troupes sont trop disséminées pour exiger qu’elles combattent de pied ferme sur cette ligne en cas d’une attaque subite et imprévue ; elles ne doivent combattre partiellement qu’autant de temps qu’il leur sera nécessaire pour faire leur retraite avec sûreté sur Peschiera, si les forces de l’ennemi les empêchaient de s’arrêter à Castelnuovo et Cavalcaselle, quoi que ce premier village sous couvert d’une ligne de retranchements. Ces avant-postes continueront d’être commandés sous vos ordres et votre surveillance par le citoyen Balleydier, chef de la 29e demi-brigade l’infanterie légère ; la flottille du lac de Garda commandée par le citoyen Pons faisant partie de la défense de Peschiera et de votre commandement. Cet officier ainsi que le commandant de la place, les officiers d’artillerie et du génie qui y sont employés recevront ordre de correspondre avec vous. Ils continueront néanmoins ainsi que les chefs des corps à correspondre pour tous les détails avec le chef de l’état-major de la division et lui enverront directement leurs états de situation.
Vous établirez la 106e demi-brigade en seconde ligne sur la Chiese de manière à pouvoir rassembler en moins de deux heures ; cette réserve ayant pour but de soutenir et de renforcer aux avant-postes en cas d’attaque. Vous indiquerez comme premier point de rassemblement les hauteurs de Castiglione ; vous ferez à cet effet occuper cette commune par quelques compagnies d’infanterie, ce point intermédiaire entre vos avant-postes et votre réserve me paraît aussi très convenable pour l’établissement de votre artillerie et cavalerie, vous établirez de vos avant-postes à Peschiera et de là jusqu’à Montechiaro des signaux d’alarme qui puissent être vus ou entendus de tous vos cantonnements. A ces signaux toutes les troupes de la réserve doivent se mettre en marche pour se rendre au rassemblement indiqué, d’où vous les dirigeriez d’après les ordres que je donnerai étant nécessaire que vous me préveniez en moins de deux heures des mouvements hostiles de l’ennemi.
Dans le cas où vous seriez prévenu de la marche des ennemis avant qu’ils n’attaquent vos avant-postes et que vous le soyez assez à temps pour réunir toutes vos troupes, et pour m’en donner avis, vous vous porteriez alors à Castelnuovo et Cavalcaselle où je m’empresserai de venir pour rejoindre avec toutes les troupes disponibles. Cette position est assez avantageuse pour s’opposer pendant quelque temps aux efforts de l’ennemi s’il nous laisse le temps de la réunion.
Si l’armée française commençait les hostilités, vous recevriez des ordres en conséquence des dispositions du général en chef.
Vous aurez attention de correspondre journellement avec moi et d’avoir aussi des relations avec l’officier commandant les avant-postes de la division Delmas.
Les déboursés que vous serez dans le cas de faire pour dépenses secrètes vous seront remboursés par moi à votre première demande ; je vous invite à vous rendre sans délai à Peschiera, et de voir avant votre départ le commissaire des guerres Leorat pour vous assurer si les subsistances sont assurées sur la Chiese pour votre seconde ligne
" (Papiers du Général Paul Grenier. XIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 89 page 196).

Le 30 janvier 1799 (11 pluviôse an 7), le Général de Division Grenier écrit au Général en Chef de l’Armée : "J’ai reçu, mon général, votre lettre du 8 de ce mois, il ne me reste plus qu’un bataillon de paix fort d’environ 200 hommes, celui de la 24e étant parti le 6 de ce mois pour se rendre à Novare, et celui de la 106e ayant été dirigé sur Pavie ; à moins d’abandonner entièrement la rivière de Salo, les vallées et le château de Brescia, il m’est impossible de réunir plus de six bataillons, mais vous pouvez compter sur cette réunion dans le temps présent et sur un point quelconque de la division que je commande. En cas d’attaque imprévue de la part de l’ennemi et avant d’avoir reçu un ordre je porterai tout ce que j’ai de disponible sur les hauteurs entre Lonato et Castiglione ; si au contraire nous sommes prévenus par une déclaration de guerre, ou seulement 24 heures à l’avance je porterai ces six bataillons dans le camp de Castelnuovo où je compte bien pouvoir tenir jusqu’au moment où vous me ferez connaître vos ordres et la direction que vous voudrez donner à cette division ; dans le cas où cette marche n’entrerait pas dans vos dispositions veuillez me faire connaître vous intention afin que je puisse m’y conformer. Rien de nouveau dans cette partie ; toutes les dispositions des ennemis sont encore très défensives" (Papiers du Général Paul Grenier. XIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 90 page 199).

Le 5 février 1799 (17 pluviôse an 7), le Général de Division Grenier écrit au Chef de l’Etat-major général de l’Armée : "Ci-joint, vous trouverez, citoyen général, une lettre du chef de la 106e demi-brigade relative à plusieurs réclamations qui me paraissent fondées ; je vous invite à s’en prendre connaissance et à demander au ministre de la guerre la rentrée des différents détachements de cette demi-brigades restés l’armée d’Helvétie.
J’ai déjà donné les ordres nécessaires pour faire entrer aux bataillons de guerre les 48 hommes désignés par le dernier paragraphe de sa lettre
" (Papiers du Général Paul Grenier. XIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 92 page 202).

Le même 5 février 1799 (17 pluviôse an 7), le Général de Division Grenier écrit également au Chef de la 106e Demi-brigade : "Vous êtes autorisé, citoyen, à faire rentrer au bataillon de guerre les 48 fusiliers destinés à former le noyau du bataillon de conscrits, la réunion de ce corps devant se faire avec le bataillon de garnison où il se trouve un nombre suffisant d’officiers, sous-officiers et soldats pour surveiller l’instruction.
J’adresse dans le jour au chef de l’état-major général de l’armée les différentes réclamations que vous me faites avec invitation d’y faire droit
" (Papiers du Général Paul Grenier. XIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 92 page 202).

Le 9 février 1799 (21 pluviôse an 7), le Général de Division Grenier écrit au Chef de l’Etat-major général de l’Armée : "Par lettre ci-jointe, le chef de la 106e demi-brigade me rend compte, citoyen général, que le bataillon de garnison de cette demi-brigade est resté en Suisse, et que le général en chef de cette armée n’est pas disposé à le laisser partir.
Je vous invite en conséquence à demander ce bataillon au ministre afin de le rapprocher des deux bataillons de guerre
" (Papiers du Général Paul Grenier. XIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 92 page 202).

Le 11 février 1799 (23 pluviôse an 7), le Général de Division Grenier écrit à l’Adjudant général Garreau : "… il m’est parvenu des plaintes sur la conduite de la 106e demi-brigade dans ses cantonnements. Les officiers se sont permis de frapper des habitants à Montechiaro ; dites-leur que je j’en ferai des exemples qui sûrement rétabliront l’ordre, si ces plaintes se renouvelaient" (Papiers du Général Paul Grenier. XIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 93 page 204).

Le 21 février 1799 (3 Ventôse an 7), le Général de Division Grenier écrit au Chef de l’Etat-major général de l’Armée : "Avant de connaître citoyen général que la 106e demi-brigade enclavée dans l’armée d’Italie faisait encore partie de l’armée helvétique, j’ai envoyé le noyau de son bataillon de garnison à Pavie, pour y attendre ce qui était resté en Suisse ; aujourd’hui, le chef de l’état-major de l’armée d’Helvétie demande, comme vous le verrez par les copies ci-jointes, que cette partie du bataillon de garnison rentre en Suisse ; veuillez à cet égard prendre les dispositions que vous croirez convenables et me les faire connaître avant que je puisse en faire au chef de ce corps" (Papiers du Général Paul Grenier. XIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 95 page 208).

Le même 21 février 1799 (3 Ventôse an 7), le Général de Division Grenier écrit également au Chef de la 106e Demi-brigade : "J’ai envoyé au chef de l’état-major général de l’armée, citoyen, copies de l’ordre que vous avez reçu du général Mainoni et l’ai invité à prendre les dispositions qu’il croira convenables, aussitôt qu’il me les aura fait connaître je vous en ferai part" (Papiers du Général Paul Grenier. XIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 95 page 208).

Le 1er mars 1799 (11 Ventôse an 7), le Général de Division Grenier écrit au Chef de la 106e : "Je vous préviens, citoyen, que le chef de l’état-major de l’armée a donné l’ordre à la portion du bataillon de garnison de votre demi-brigade de partir le 12 du courant de Pavie pour se rendre en Helvétie" (Papiers du Général Paul Grenier. XIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 97 page 213).

Le 8 mars 1799 (18 Ventôse an 7), le Général de Division Grenier écrit au Général Gauthier, Inspecteur de l’Infanterie de l’Armée : "Je vous renvoie ci-joint, citoyen général, la délibération du conseil d’administration de la 106e demi-brigade, son exposé est aussi méchant que faux. Voici les faits. Lorsque le général en chef autorisa les généraux de division à organiser les bataillons de garnison, j’en ordonnai la formation, et pour remplir les dispositions du général en chef qui voulaient que les officiers les plus instruits fassent partie des bataillons de guerre et soient portés au complet, il fallait nécessairement les prendre sur les trois bataillons de la demi-brigade. Il résulte dans cette nouvelle organisation que l’ancien conseil d’administration se trouve dissous de fait sans que la dissolution en ait été ordonnée. Cependant, la loi du 25 Fructidor an 5, sur la formation des conseils d’administration, n’a pas été violée par cette disposition puisque j’ai invité les corps à choisir les nouveaux membres du conseil d’administration parmi les individus qui se trouvent au bataillon de garnison, tant dans la proportion des grades que dans le nombre.
Les différents corps de la division que je commande ont adopté cette disposition sans réclamation et le service y gagne ; les seuls capitaines de la 106e demi-brigade membres du conseil d’administration ont trouvé qu’il serait sans doute plus avantageux pour eux de se promener au bataillon de garnison que de faire la guerre, voilà ce qui les contrarie
(Papiers du Général Paul Grenier. XIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 100 page 219).

Le 16 mars 1799 (26 Ventôse an 7), le Général de Division Grenier écrit au Chef de l’Etat-major général de l’Armée d’Italie : "Par votre courrier du 24, vous m’adressez, citoyen général, la nouvelle organisation de la division que je dois commander, et vous me faites connaître les mutations qu’a ordonné le général en chef. Il en résulte que cette division sera formée de : deux bataillons de guerre de la 17e Demi-brigade légère, deux bataillons de la 24e de bataille, deux bataillons de la 106e, 2e légion helvétique, et du 2e bataillon de polonais, du 24e régiment de chasseurs, de deux compagnies d’artillerie légère, et d’une réserve de 6 bouches à feu ...
Je vous avoue que ces changements me peinent, et qu’il m’est désagréable de voir dissoudre cette division au moment d’entrer en campagne, d’autant plus que je crois avoir contribué à son organisation et à sa discipline ...
" (Papiers du Général Paul Grenier. XIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 104 page 227).

Le 16 mars 1799 (26 Ventôse an 7), le Général de Division Grenier écrit à l’Adjudant général Garreau : "Une nouvelle division s’organise, mon cher général, sous le nom de division du Tyrol ; elle sera commandée par le général Serrurier et occupera les avant-postes en avant de Peschiera, Montechiaro, Castiglione, Lonato et Desenzano ; ainsi vous serez relevé dans ces fameux postes ; ayez soin surtout qu’il ne nous arrive rien de désagréable dans ces derniers jours à Lazise et environs.
Par suite de cette nouvelle organisation, la 29e légère et la 63e quittent ma division ; pour relever la 29e dans la vallée de Sabbia, je suis obligé d’y envoyer la 106e, cette demi-brigade recevra donc aujourd’hui l’ordre de se rendre demain à Brescia pour se rendre le 28 dans la vallée de Sabbia ; si cependant vous étiez attaqué demain dans la matinée, vous arrêteriez son mouvement et disposeriez d’elle ...
" (Papiers du Général Paul Grenier. XIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 105 page 229).

Le 24 mars 1799 (4 Germinal an 7), le Général de Division Grenier écrit au Général en chef de l’Armée : "Je vous rends compte, Citoyen général, que la division que je commande a pris poste aujourd’hui à Saint-Georges. Les bataillons de guerre de la 106e n’ont encore pu rentrer de la vallée de Sabbia. Je vous réponds cependant que le 1er bataillon arrivera demain 5 au camp et le 2e le 6 au matin. J’ai des vivres assurés pour six jours, et mon parc d’artillerie et de réserve est en mesure, vous pouvez donc compter sur l’entier rassemblement dans la journée du 6" (Papiers du Général Paul Grenier. XIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 107 page 232).

Concernant le combat du 26 mars 1799, le Général de Division Grenier adresse le 27 mars 1799 (7 Germinal an 7) au Général en chef de l’Armée un premier rapport : "Vous voulez, Citoyen général, un rapport circonstancié des événements qui ont eu lieu dans la journée d’hier et des résultats des opérations de la division que je commande sur les différents points où la division a été portée ; il m’est difficile de remplir aux intentions, la première demande n’ayant pu recueillir encore tous les faits qui mériteraient d’être commis ; je me bornerais donc à vous faire connaître le résultat de la marche de la division et le détail des actions qui me sont connus.
Conformément aux ordres que vous m’avez donné, la division à mes ordres est partie de Saint-Georges le 6 germinal à deux heures du matin, afin d’arriver à Bussolengo de meilleure heure, et pour faciliter avec avantage l’attaque de ce point, je divisai ma division en deux colonnes, la première formant l’avant-garde aux ordres du général Kister ...
La 2e brigade composée d’un escadron du 24e régiment de chasseurs, de la 24e demi brigade bataille, de la 2e légion helvétique, du bataillon de la 106e demi brigade, de la 6e compagnie du 4e régiment d’artillerie légère, et de l’artillerie de position.
Cette seconde brigade était aux ordres de l’adjudant général Partouneaux.
Je dirigeai la 1ère brigade aux ordres du général Kister de Saint-Georges sur Zona pour se porter par la route de Vérone sur la gauche de Bussolengo, les avant-postes ennemis furent enveloppés à Zona et faits prisonniers ; le premier poste fut passé à la baïonnette par les éclaireurs commandés par le citoyen Rochefort, sous-lieutenant de la 3e compagnie de carabiniers, cet officier égorgea lui-même la première sentinelle afin d’empêcher qu’elle n’avertit de la marche.
Je dirigeai moi-même la 2e brigade aux ordres de l’adjudant général Partouneaux de Saint-Georges sur Palazzolo, évitant autant que possible les postes avancés des Autrichiens afin de leur dérober notre marche ; arrivé à Palazzolo la colonne du général Kister se joignit à nous, n’ayant pu, faute de chemin, continuer la route qu’il lui était indiquée ; la division réunie marcha donc sur une seule colonne et déboucha sur Bussolengo, une heure avant le jour ; là nous rencontrâmes l’ennemi ; six bataillons de Varadins avec 10 pièces de canon défendaient ce bourg ; malgré l’obscurité et avant l’arrivée de la 2e brigade, j’ordonnais au général Kister d’attaquer. Le 1er bataillon de la 17e légère commandé par le Citoyen Croisier entra à la course par la droite et le 2e bataillon aux ordres du citoyen Lévêque par la gauche ; je dirigeai en même temps le 2e bataillon de la légion polonaise sur la grande route entre Pastrengo et Bussolengo afin de couper toute retraite à l’ennemi pendant que ma seconde ligne avançait pour protéger l’attaque, mais l’ennemi ne nous attendit pas et fut forcé de nous abandonner environ 300 prisonniers en se repliant en désordre sur l’Adige qu’il remonta. Ces dispositions arrêtèrent environ une heure les troupes de cette division et en continuant à poursuivre l’ennemi arrivèrent à 7 heures à Pastrengo ; déjà la division aux ordres du général Delmas avait attaqué la droite de l’ennemi, qui par sa gauche débordait aussi la droite de la division Delmas ; j’ordonnai en conséquence au général Kister de diriger la 17e légère sur les bords de l’Adige afin de tourner la gauche de l’ennemi pendant que le 2e bataillon de la légion polonaise, la 2e légion helvétique et le bataillon de grenadiers de la 2e ligne soutenus de la 1ère et de la 6e compagnie du 4e régiment d’artillerie légère et du 24e régiment de chasseurs attaquaient l’ennemi en front sur son centre ; ce mouvement facilita l’attaque du général Delmas qui força avec tant d’impétuosité la droite de l’ennemi qu’il se décida à la retraite et nous abandonna plusieurs pièces de canon ; résistance opiniâtre de l’ennemi nous a fait perdre un nombre assez considérable de braves gens et d’excellents officiers ...
Je vous ferai connaître les détails et les faits héroïques qui sont en grand nombre aussitôt que je les aurai recueillis. La division a fait au-delà de 1200 prisonniers
" (Papiers du Général Paul Grenier. XIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 108 page 234).

En 1799, la 29e se replie sur la frontière génoise.

Le 20 août 1799 (3 Fructidor an 7), le Général de Division Grenier écrit au Général …lle ( ?) : "Ci-joint vous trouverez mon cher général l’état des situations des troupes qui composent cette division. Vous y verrez que la première brigade est composée d’un bataillon de la 17e légère, d’un bataillon de la 106e et de la 26e demi brigade de bataille ; la 2e est composée de la 104e et d’un bataillon de la 5e, ayant à Annecy en réserve le restant de la 17e légère.
La 1ère brigade a pour but de se lier par sa droite par la vallée de Bardonnèche avec la division de Briançon, elle coupe le Mont Charnu ( ?), le Grand et Petit Moûtiers ( ?) et est chargé de leur défense, elle longe sa gauche dans la vallée de Bessans et vient communiquer avec la 2e brigade par le Mont Iseran.
Cette 2e brigade est chargée de la défense du col du Mont du Petit-Saint-Bernard, du Fort Valaisan, du col de l’Allée Blanche, du col du Bonhomme et de tous le Faucigny, elle communique par le Mont Iseran à la brigade de droite et par sa gauche aux troupes qui défendent le Valais en Helvétie.
Le système de défense pour ces deux postes est celui indiqué par la nature du terrain, et les idées des généraux qui sont chargés de leur défense doivent toujours se rapprocher si ce n’est pour les dispositions au moins pour l’ensemble.
Le général Kister commandait sous mes ordres la brigade de droite et est encore à Saint-Jean-de-Maurienne.
Vous connaissez les besoins du soldat et ils sont partout les mêmes, on s’occupe cependant ici de l’habillement et l’équipement ...
" (Papiers du Général Paul Grenier. XIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 118 page 254).

Un extrait d'une lettre d'un des divers Généraux employés dans l’aile gauche, adressée au Général Grenier raconte : "Suse le 1er Vendémiaire an 8 (23 septembre 1799)
Le corps aux ordres du général Kister a été attaqué très vigoureusement à 6 heures du matin, mais quelque supérieur que fut l’ennemi qui avait 7 pièces de très gros calibre, et 7 mille hommes, sans compter une nuée de paysans qui débordaient le corps ennemi dont il venait d’être porté, la retraite s’est faite en ordre et n’a pu être entamées. Cette affaire qui a été chaude et qui a duré jusqu’à dix heures du soir, nous a couté quelques prisonniers, 60 à 80 blessés et des morts dont il ignore le nombre. La 106e a fait des prodiges de valeur, l’aide de camp Boyer et le général Kister ont habilement manœuvré. Quelques conscrits n’ont pas aussi bien fait leur devoir" (Papiers du général Paul Grenier. III Pièces se rapportant à l'armée d'Italie. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 190 pages 392 et suivantes).

Le 27 septembre 1799 (5 Vendémiaire an 8), le Général de Division Grenier écrit au Général en Chef Championnet : "Depuis l’affaire de Savigliano, je pressentais, mon cher général, que la division du général Duhesme serait attaquée du 4e au 5e jour complémentaire tant sur Pignerolle qu’à Savigliano entre Rivoli et Bussolin.
Comme l’ennemi pouvait se porter en deux parties, marcher de sa gauche à sa droite, et qu’il m’en fallait cinq pour suivre son mouvement, il m’était impossible d’envoyer des renforts au général Duhesme ; je lui écrivis en conséquence d’être sur ses gardes et de ne point recevoir le combat si l’ennemi se présentait avec des forces supérieures. L’ennemi retarda son attaque jusqu’au 1er vendémiaire ; Pignerolle, Giaveno et Aviglinico (Avigliana ?) furent attaqués à la pointe-du-jour avec des forces considérables et une artillerie nombreuse. Les généraux et les troupes prévenus étaient en mesure, les équipages avaient filé et rien ne gênait la marche des troupes, aussi ont-elles longtemps combattu avec avantage. Mais débordées sur les flancs par des nuées de paysans, la retraite fut ordonnée. Elle s’exécuta sous tous les points par échelons et dans le plus grand ordre. L’ennemi ne nous a pas fait 20 prisonniers et doit avoir perdu beaucoup de monde ; nous avons à regretter 60 ou 80 blessés ; toutes les colonnes, surtout celle de gauche, se sont parfaitement conduites en rétrogradant ; toutes les positions ont été défendues et la retraite de deux heures de chemins ne s’est faite quand douze heures. Cette colonne s’étant maintenue la nuit du 1er au 2 à Bussolin, d’où le général Duhesme, conformément aux ordres que je lui avait donnés, s’est retiré au col de l’Assiette et à Exiles, occupant en outre par sa droite le col de Fenestre pour rester en communication avec Fenestrelle et ayant fait retirer le général Kister avec sa brigade sur le Mont-Cenis ; le général Duhesme qui était de sa personne à cette colonne se loue beaucoup de la troupe, surtout du 3e bataillon de la 106e et du chef de bataillon Dunesme qui le commande ; il rend le compte le plus avantageux du général Kister, du citoyen Boyer aide de camp chef de bataillon, du citoyen Planta qui protégeait la retraite de la brigade, du général Lesuire et du citoyen Vivalda officier piémontais employé à mon état-major ; le général Duhesme demande le grade de chef de brigade pour son aide de camp le citoyen Boyer, je vous le recommande et vous prie de vous intéresser à lui, cet officier depuis 15 jours commandait l’avant-garde du général Kister.
Par suite de ses différents mouvements, l’aile gauche de l’armée se trouve toujours aux pieds des monts et reste maître des débouchés de la plaine ; je crois avoir rempli vos intentions en attirant sur ce corps d’armée les forces et l’attention de l’ennemi, sans recevoir d’engagement qui put nous compromettre. Aujourd’hui nous tâchons de deviner les intentions de l’ennemi. Et nous agirons en conséquence aussitôt que je serai sûr que l’ennemi n’a pas en vue d’attaquer nos frontières. Le général Duhesme restera sur l’entière défensive et je renforcerai la division de droite de la brigade du général Lesuire, afin de faire craindre à l’ennemi une opération sur le Piémont et dans ce cas je porterai mon quartier général dans les environs de Coni.
Je ne peux mieux vous faire connaître les rapports de Savigliano qu’en vous adressant copie du rapport du général Compans. Vous jugerez que cet officier général mérite d’être distingué, veuillez je vous prie renouveler au ministre de la guerre la demande de la confirmation de sa nomination au grade de général de brigade
(Papiers du Général Paul Grenier. XIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 157 page 335).

Le 1er octobre 1799 (9 Vendémiaire an 8), le Général de Division Grenier écrit, depuis Guillestre, au Général Duhesme : "J’ai reçu cette nuit, mon cher général, votre lettre du 7 de ce mois. Je prévoyais bien les difficultés que vous n’auriez pas manqué d’éprouver dans l’opération que vous projetiez sur Pignerol. Aussi vous en ai-je dissuadé par la lettre que le citoyen Vivalda doit vous avoir remise ...
Je quitterai Guillestre le 12 et mon quartier général sera le 14 à Demont ...
Votre division après ce mouvement se trouvera composé : d’un bataillon de la 28e légère, deux bataillons de la 26e de bataille, deux bataillons de la 74e, deux bataillons de la 88e, deux bataillons de la 92e, deux bataillons de la 99e, trois bataillons de la 104e, un bataillon de la 105e, un de la 106e, un de la 107e, et deux escadrons de hussards non compris quelques détachements isolés qui sont à Fenestrelle et les dépôts qui tiennent garnison Mont-Lion.
J’ai donné les ordres les plus pressants, mon cher général, pour faire arriver des subsistances à Briançon. J’écris également pour avoir de l’argent ; consolez et dites que cet état malheureux cessera bientôt, que tous les moyens sont employés pour obtenir quelques chefs.
Faites-moi connaître au juste ce que vous avez besoin en artillerie tant pour être en position que pour mouvoir au besoin, afin qu’elle soit mise à votre disposition avec les attelages nécessaires
" (Papiers du Général Paul Grenier. XIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 161 page 343).

Le 18 octobre 1799 (26 Vendémiaire an 8), le Général de Division Grenier écrit, depuis son Quartier général de Borgo San Dalmazzo, au Général de Division Duhesme : "Le général en chef désire, mon cher général, que vous réunissiez sur le champ toutes vos troupes disponibles entre Suze et Peyrouse à l’effet de former deux colonnes que vous mettrez de suite en marche, l’une sur Bussolin, et l’autre composée de la majeure partie de vos forces sur Pignerolle. Je pense donc, mon cher général, que cette dernière colonne pourra être composée de l’escadron du 10e hussards, de la 26e de bataille, du bataillon de la 106e, du bataillon de la 74e et de celui de la 107e.
La première pour attaquer Bussolin serait de la 104e 3e bataillon, et un bataillon de la 105e, et de ce que vous avez du 7e de chasseurs.
Le bataillon de la 88e formant par suite de ces dispositions la garnison de Fenestrelle qu’il ne faut pas dégarnir, si dans la marche de ces colonnes, nous n’éprouvez pas trop de résistance, vous tâcherez de vous emparer de Bussolin et de Pignerolle, cette dernière colonne passant dans ce cas jusqu’à Revel sous l’aile gauche du Pô où elle prendra position ; vous observeriez qu’il sera impossible à cette colonne de se faire suivre par de l’artillerie puisque si elle obligée de se retirer, elle ne pourrait le faire que par la vallée du Pô ; du côté de Bussolin, vous ferez des démonstrations, si vous ne rencontrerez trop de résistance, vous pousseriez cette colonne jusqu’à Rivoli où au moins le plus qu’il vous sera possible.
Vous pourrez faire garder le petit Saint-Bernard par le bataillon de conscrits qui est à Moutiers, et le Montcenis par celui qui est à Saint-Jean de Maurienne.
Vous observerez, mon cher général, que je ne vous parle pas de la 28e légère, de la 92e et 99e qui doivent être en route pour vous rejoindre
" (Papiers du Général Paul Grenier. XIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 176 page 375).

Le 25 octobre 1799, le Général Duhesme adresse, depuis Oulx, au Général Grenier, pour la 2e Division de l'aile gauche de l'Armée d’Italie, un Etat certifié et signé à Oulx le 3 Brumaire an 8 (25 octobre 1799) : "Etat des recettes et dépenses faites, d’après les ordres du Général de Division Duhesme, par le préposé à la recette des contributions de cette Division ...
10 vendémiaire an 8 106e demi-brigade d’infanterie de bataille pour avance à titre de prêt 1200 livres ...
" (Papiers du général Paul Grenier. II Pièces se rapportant à l'armée d'Italie. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 144 pages 301-302 (suite de la lettre du 25 octobre).

Le 5 novembre 1799 (14 Brumaire an 8), le Général de Division Duhesme écrit, depuis Venasca, au Général Grenier, commandant l’aile gauche de l’Armée : "Je vous préviens, mon cher général, que mon avant-garde est à Dronero et mon corps de bataille en avant de Venasca ; c’est tout ce que j’ai pu faire, les troupes sont éreintées.
... je vous croyais encore à Genola et rien ne m’étonna plus que de voir arriver par ce chemin une forte colonne qui commença une attaque très vigoureuse, en peu de temps les troupes que nous y avions porté furent mises en déroute.
Ce ne fut qu’en faisant des efforts incroyables et en me mettant à leur tête que je parvins à les rallier et à les décider à une charge qui éloigna l’ennemi du pont par lequel nous avions notre retraite et de plus l’ennemi avait pénétré sur la place avec de la cavalerie et de l’infanterie qu’il avait rangée en bataille et coupait la retraite à la 106e et partie de la 26e.
Mollard qui les commandait fait une charge, culbute l’ennemi et se fait un passage jusqu’à nous, alors nous rétablîmes le combat et primes une position qui nous couvrait la seule retraite que nous avions sur Lagnasco, route de Saluces, car l’ennemi étant à Votignasco nous avait aussi attaqué par cette route ; comme cela, nous avions toujours un pied dans Savigliano.
Nous tînmes jusqu’à la nuit, espérant toujours que nous serions secondés ; on vint alors me rapporter que l’ennemi avait envoyé un parti dans Saluces et un corps de troupes considérable à Villafalleto, je fis une fausse attaque sur cette route, et comme elle commençait à attirer l’attention de l’ennemi, je me retirais à la nuit close sur Lagnasco où je me reposais cinq heures et d’où j’ai marché par une marche de flanc sur Costigliole, j’y ai trouvé deux compagnie de la 63e que j’envoie à Dronero. Le général Kister a eu un cheval sous lui et mérite les plus grands éloges, je vous demanderai le grade de lieutenant pour son aide de camp qui a été blessé à l’affaire, on ne peut être mieux secondé que par un tel officier général. Je suis abimé de fatigue. Demain de grand matin je serai à Dronero. J’enverrai mon rapport.
Veuillez faire part de ma lettre au général en chef Championnet.
Tous les rapports s’accordent à dire que la colonne qui nous a attaqués était composé de sept régiments d’infanterie et quatre de cavalerie
" (Papiers du général Paul Grenier. III Pièces se rapportant à l'armée d'Italie. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 24 page 60).

Le 8 novembre 1799 (17 Brumaire an 8), le Général de Division Duhesme, de l'Armée des Alpes, écrit depuis le Quartier général, à Demont au Général de Division Grenier : "Rapport de la journée du 13
Je partis de Saluces à la pointe du jour ; ma principale colonne composée de trois bataillons, une pièce et cinq à six hussards commandés par le général Kister se dirigeait sur Savigliano occupé dès la veille par le général Clément. Ma colonne de flanqueurs composée de quatre compagnies de la 28e demi-brigade, trois compagnies de grenadiers et 15 hussards commandés par mon aide de camp chef d’escadron Ordonneau devait tenir le Po en passant par Cardée et Moretta, tandis que mon aide de camp Boyer chef de bataillon, avec le bataillon de la 74e devez tenir l’intermédiaire passant par Monasterolo ; ces deux colonnes de flanqueurs devaient rejoindre la principale à Savigliano. Le canon que nous y entendions, nous faisait hâter notre marche, lorsqu’un détachement de dragons qui n’avait pu entrer dans Savigliano nous apprit que l’ennemi s’en était emparé de vie force. J’arrêtais sur-le-champ la colonne et envoyais dire à celles de flanqueurs de nous rejoindre. Je me portais ensuite de ma personne du côté du champ de bataille et jugeant que nous perdions du terrain, j’ordonnais au général Kister de faire une marche de flanc pour tâcher de gagner Votignasco.
Arrivé près du général Grenier je reçus de lui l’ordre de marcher sur Savigliano pour dégager, s’il était possible, le général Clément, que l’on croyait enveloppé. L’adjoint Deschamps me précéda et remis la colonne en marche sur Savigliano. J’arrivais de ma personne quand l’attaque a commencé, l’ennemi avait pris position avec six bataillons d’infanterie, 400 chevaux et six pièces, en avant de cette place derrière la Meyra. Mon aide de camp Boyer avec le bataillon de la 74e tenter de faire jonction, après avoir battu un corps assez considérable qui s’y opposait. Notre position devenait délicate, il fallait vaincre du côté de notre faiblesse.
Le général Kister s’avance donc avec audace, charge l’ennemi avec impétuosité, s’empare du pont, passe la Meyra, pénètre dans la ville ; et tandis que l’aide de camp Boyer allait couper la route de Cavallermaggiore, le chef de brigade Mollard à la tête de la 26e le poursuit avec vigueur sur la route de Bra ; cette colonne ennemie fut tellement mise en désordre qu’elle nous laissa 2 pièces de canons, 3 à 400 prisonniers et 4 ou 5 caissons.
J’espérais encore que l’armée se soutenait encore à Genova, les officiers que j’envoyais au général Grenier retournèrent en m’annonçant la rencontre d’une colonne ennemie ; à peine avais-je fait porter un bataillon qu’il revint en désordre auprès du pont de la Meyra, accablé par l’ennemi qui pénétrait avec rapidité de tous les côtés. Le point de notre retraite allait être emporté et s’en était fait de tout ce corps, mais ralliant moi-même ce bataillon je le reconduisis en avant et décidé à une charge qui fut assez heureuse pour repousser la colonne qui longeait entre les deux rivières ce qui donna le temps au général Kister d’accourir avec quelques compagnies de la 74e demi-brigade est de rétablir le combat. L’ennemi s’était réuni en force sur la place de Savigliano et avait coupé le bataillon de la 106e et partie de celui de la 26e ; leurs chefs Dunime ( ?) et Mollard que l’on sommait de se rendre, y répondent par une charge à la baïonnette qui leur ouvre un honorable passage jusqu’à nous, alors je prends position en arrière de la Meyra, tenant toujours cependant les faubourgs de la ville, l’ennemi arrêté déploie en vain une artillerie nombreuses, il ne peut nous empêcher de nous maintenir jusqu’à la nuit tombante.
Nous nous retirâmes presque sans être inquiétés sur Lagnasco. Je n’avais point de nouvelles de mon aide de camp Ordonneau ; mes ordonnances n’avaient pu pénétrer jusqu'à lui, il avait combattu et avait trompé dans ses marches plusieurs partis détachées pour couper nos derrières ; il était rentré sur les 4 heures du soir dans Saluces d’où il avait chassé quelques hussards autrichiens.
J’appris par des rapports certains que l’ennemi avait une forte colonne à Villafalette et ses avant-postes à Pomerolo, je fit reposer la troupe 4h00 à Vaniasco et je me diriger sur Castilione où j’arrivais le 14 à la pointe du jour, j’y restais quatre à cinq heures espérant recevoir des nouvelles de l’armée ; ayant appris là que nous n’étions plus à Busca et que mon aide de camp Ordonneau s’était rendu à Dronero, je pris le parti de me porter à Venasco parce que absolument dépourvu de cartouches, je devais éviter tout combat. Les troupes épuisées de faim et de fatigue et reposèrent à Venasco. Le lendemain on se mit en marche pour se rendre à Dronero, je précédais la colonne à peu près d’une heure, vous connaissez l’événement qui m’en a séparé, j’espère que le général Kister aura pu se retirer par le val de Vraceta à Château Dauphin et de là à Queyras
" (Papiers du général Paul Grenier. III Pièces se rapportant à l'armée d'Italie. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 37 page 86).

Le 13 novembre 1799 (22 Brumaire an 8), le Général de Division Duhesme écrit, depuis le Quartier général de Briançon, au Général de Division Grenier, commandant l’aile gauche de l’armée d’Italie à l’Arche : "Je vous prie, mon cher Général, de me dire quels seront les moyens de parvenir auprès du Général Championnet, ayant plusieurs demandes pressées à lui faire notamment un ordre pour pouvoir obtenir mes arriérés et mes frais de poste.
J’y enverrai mon aide de camp Boyer pour lequel je demande le grade de chef de brigade et le commandement d’une brigade.
Veuillez aussi m’autoriser et me donner les pouvoirs suffisants pour tirer des provisions de siège ; les malades désespèrent et je ferai donner à l’hôpital quelques pintes de vin. Rien ne fait pitié comme le dénuement de nos hôpitaux, le vin, l’huile et le riz y manquent absolument. Veuillez à cet égard presser le commissaire ordonnateur. Je verrai ce que la mesure de prendre sur les approvisionnements des habitants de Fenestrelle produira, et c’est d’après ce, que je réglerai ce qu’il faudra y envoyer de Briançon.
Vous savez que dans la mauvaise saison, la communication avec la vallée d’Oulx et Exilles est souvent interceptée pour les hommes, et toujours pour les chevaux et un corps conséquent y périrait de faim ; en moindre il serait enlevé sans qu’on pût y porter secours. Il faudra à cet égard bientôt décider la ligne que l’on tiendra l’hiver. L’ennemi a 1500 hommes à Aviliano, et 8 bouches à feu, sa garnison est de 6 mille hommes à Turin. On prétend qu’il a quatre mille hommes dans la vallée d’Aoste et vous savez qu’il n’y a que 200 hommes au Petit Saint-Bernard plus 200 conscrits du bataillon auxiliaire. Ce faible corps ne pourrait même s’opposer à un part. Que ferez vous du général Raoul qui est dans cette partie, il demande une autre destination.
J’ai recommandé au général Valette qui tient près de Suse que dans le cas où il serait forcé, un bataillon se retirerait sur Exilles avec lui qui est destiné au commandement de Briançon. Les 2 autres bataillons et les compagnies de la 105e demi-brigade sur Mont Cenis où sera Kister en ne faisant retirer qu’un bataillon par la vallée d’Oulx. Je compte sur les renforts qu’il serait facile de leur envoyer, et sur la réserve de 2 bataillons de la 106e demi-brigade. Au lieu que si on n’avait pas suffisamment de troupes au Mont Cenis, et on ne pourrait le secourir à temps puisque le Galibier est fermé et qu’il faut passer par Grenoble ...
" (Papiers du général Paul Grenier. III Pièces se rapportant à l'armée d'Italie. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 55 page 122).

Le 14 novembre 1799 (23 Brumaire an 8), le Général de Division Duhesme écrit, depuis le Quartier général de Briançon, au Général de Division Grenier, commandant l’aile gauche de l’Armée d’Italie : "Je vous adresse ci-joint, mon cher général, copie de la lettre du général Valette, sur ses observations que la Tarentaise n’est pas assez gardée. J’ai pris sur moi d’y envoyer deux bataillons de la 105e et de faire venir ici le bataillon de la 106e. Je pense que vous approuverez mes dispositions.
Je vous demanderai aussi celui de la 26e que je vous prierai de m’envoyer, ces deux bataillons seront destinés à garder Exilles et le Briançonnais. Veuillez bien me mander vos intentions à cet égard
" (Papiers du général Paul Grenier. III Pièces se rapportant à l'armée d'Italie. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 67 page 150).

Le 15 novembre 1799 (24 Brumaire an 8), le Général de Division Grenier écrit, depuis Guillestre, au général de Division Duhesme : "Les bataillons de la 26e et 106e demi-brigades sont partis ce matin de Guillestre, mon cher général, pour aller rejoindre à Briançon ..." (Papiers du Général Paul Grenier. XIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 208 page 445).

Le 20 novembre 1799 (29 Brumaire an 8), le Général de Division Grenier écrit, depuis Embrun, au Général de Division Duhesme : "J’ai reçu, mon cher général, votre lettre du 28. Je sens comme vous la difficulté qu’il y aura pour correspondre avec les troupes de la Maurienne et de la Tarentaise. Mais le général en chef ne pense pas comme nous, et il dit voir avec peine notre éloignement. Aussitôt que vous serez un peu rétabli et que vous pourrez (sic) au quartier général, je vous montrerai la lettre que j’ai reçu cette nuit et ma réponse.
En attendant, je crois que vous devez provisoirement établir l’organisation suivante. Deux bataillons de la 104e pour la Maurienne et Mont-Cenis, un autre bataillon de la 104e et celui de la 105e pour la Tarentaise, Petit Saint-Bernard, et Fort Valaisan. Avoir un tiers de ces troupes en première ligne, les deux autres cantonnés à proximité pour relever la première ligne toutes les décades, s’assurer de l’approvisionnement des monts et le faire compléter, s’occuper de l’organisation et de l’instruction des bataillons de conscrits qui sont dans cette partie, donner le commandement de chacune des vallées à des chefs de corps, telles que les citoyens Cluzel et Eyrische, et donner le commandement du tout au général Kister qui aurait avec lui l’adjudant général Garin chargé du détail. Les bataillons de la 26e et 106e resteraient dans le Briançonnais, gardant la vallée d’Oulx, celle de Queyras et la communication avec Fenestrelle. L’organisation des vallées de L’Arche et de Barcelonnette resterait telle qu’elle est aujourd’hui sous les ordres du général Brenier. Vous pourriez laisser le général Valette dans le Briançonnais, replacer Carpentier à Mont-Lion et vous établir à Embrun, chargé du commandement de toute cette partie en attendant que le général en chef vous permette d’aller dans vos foyers. Voilà ce que je vous propose, mon cher général, voyez si cela entre dans vos arrangements. Je pourrai alors m’établir à Grenoble pour être au centre des communications. Car je présume que votre intention n’est pas de vous éloigner avant d’avoir reçu l’autorisation que vous avez demandée au général en chef.
J’écris aujourd’hui encore au payeur pour qu’il envoie de l’argent à Chambéry. J’ai lieu de croire que cet envoi a été fait. Je vais rappeler encore à Viriville la demande que je lui ai faite de faire remplacer sans délai l’approvisionnement de Briançon ...
" (Papiers du Général Paul Grenier. XIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 218 page 465).

Le 5 décembre 1799 (14 Frimaire an 8), le Général de Division Grenier écrit, depuis Embrun, au Ministre de la Guerre : "J’ai reçu votre dépêche de 8 de ce mois par laquelle vous me prescrivez de rassembler les troupes formant la gauche de l’armée d’Italie au camp de Tournoux, si la position de Demont se trouve abandonnée ; lors de la réception de votre lettre, je pense que depuis le départ de votre courrier vous avez été prévenu par le général en chef de l’armée que l’aile gauche et dissoute ; et que la division du général Richepanse en ayant été détachée le 19 brumaire dernier pour se porter à Borgo San Dalmazzo afin de couvrir le col de Tende et les Alpes-Maritimes, les seules troupes aux ordres du général Duhesme couvrent aujourd’hui la frontière depuis les vallées de L’Arche et de Barcelonnette jusqu’au Petit Bernard inclusivement. Je joins sous ce pli le tableau de ces troupes et vous jugerez sans doute aux premier aperçu que les dispositions que vous me prescrivez ne peuvent recevoir leur entière exécution, en ce que les 7000 hommes qui composent cette division sont disséminés sur une étendue de plus de 30 lieues de terrain en ligne droite et que la majeure partie de ces troupes est essentiellement nécessaire à la défense des points qu’elles occupent ; que d’ailleurs la petite route de communication de la Tarentaise en Maurienne par le Mont Iseran et le col des Encombrés et de la Maurienne dans le Briançonnais par le Galibier sont fermés par les neiges et qu’il faut 15 jours pour faire arriver des troupes de cette partie jusqu’au camp de Tournoux après qu’elles auront été relevées par la demi-brigade venant d’Helvétie et que vous m’annoncez devoir arriver dans le Mont-Blanc.
Afin d’obvier à ce premier inconvénient et de remplir autant qu’il dépendra de moi les dispositions que vous m’avez présentées, je donne ordre au général Duhesme de diriger de suite la demi-brigade venant d’Helvétie sur Gap. Au moment où elle arrivera sur ce point, je tirerai de la vallée d’Oulx le bataillon de la 106e et je placerai ces quatre bataillons au camp de Tournoux, qui joints aux quatre qui occupent les vallées de L’Arche et de Barcelonnette formeront environ 4000 hommes.
Je ne crois pas, citoyen ministre, qu’il soit possible de faire un rassemblement plus considérable avec aussi peu de moyens et certes un pareil détachement ne peut sans danger s’avancer dans la vallée de Sture, encore moins entreprendre sur le blocus de Coni, si la division qui occupe le col de Tende n’arrive en même temps sur Borgo San Dalmazzo ; il m’est impossible encore de prévoir l’époque de ce rassemblement avant que je ne connaisse le jour auquel la demi-brigade venant du Mont-Blanc pourra arriver à Gap.
La marche et la réunion de ces troupes au camp de Tournoux n’éprouvera donc aucun obstacle ; il n’en est pas de même pour le transport et l’artillerie ; jusqu’à ce jour, nous avons à force de peine et de travaux conservé la communication du col de Vars libre pour les bêtes de somme, ce qui n’est arrivé en aucun temps, cette communication ayant toujours été fermée année commune au 20 novembre, mais qui peut répondre que d’un moment à l’autre elle ne devienne entièrement impraticable ? Dans cet état de choses, comment suffire à l’approvisionnement des munitions que je n’ai dû porter dans les vallées de L’Arche et de Barcelonnette qu’en proportion du nombre d’hommes qui devaient y stationner cet hiver. Si le moyen de transport existait, si toutes les parties du service n’étaient entièrement désorganisées, je pourrais peut-être encore parvenir à porter cet approvisionnement de munitions au double de ce qui existe en magasin à Tournoux. Je ferai tout ce qui dépendra de moi, mais je ne réponds pas de réussir ; en supposant que j’y parvienne et que cet obstacle soit entièrement levé, comment réunir au camp de Tournoux les subsistances et fourrages nécessaires pour ce rassemblement, lorsqu’en ce moment toutes les distributions manquent, que le soldat est en partie nourri chez l’habitant, et que les approvisionnements de siège de Briançon et de Mont-Lion sont pour ainsi dire épuisés, tant par ce qui se verse de la première place dans les magasins de Fenestrelle que par les consommations journalières des garnisons.
Une autre observation non moins importante est celle que je dois vous faire sur le passage des cols de la Madeleine et de Largentière. Ces cols ne sont jamais praticables dans cette saison, et lors du dernier séjour de l’armée dans les environs de Coni, toutes les munitions et subsistances arrivaient par le col de Tende, les premiers n’étaient déjà plus praticables et il a fallu 8 jours pour ramener l’artillerie depuis les Barricades jusqu’à Tournoux. Comment seront-ils dans 15 jours ?
Que tout réussisse au gré de mes désirs, que les troupes, les munitions, les subsistances, les moyens de transport soient réunis au camp de Tournoux, que ce petit corps passe les cols et arrive à la position de Gaiola ; qu’il pénètre même au débouché de la plaine, quel en sera le résultat ? Sans doute il livrera des combats, les munitions seront consommées sans espoir et sans moyen de pouvoir les remplacer puisque depuis Tournoux à Gaiola, il y a une distance de 12 lieues de Piémont et qu’il faut dans cette saison cinq et six jours aux convois d’artillerie pour en faire le trajet n’ayant pas les chevaux ou mulets nécessaires aux établissements des échelons. Si donc la majeure partie de l’armée ne débouche pas au même moment tant par la vallée du Tanaro, que par le col de Tende, cette opération manquera et l’armée ne lèvera pas le blocus de Coni.
Vous dissimuler tous ces obstacles, citoyen ministre, serait manquer à mon devoir. Je vous devais ces observations, et j’ai dû entrer dans tous les détails pour répondre à la confiance dont veulent bien m’honorer les Consuls de la République. Veuillez me faire connaître vos dispositions ultérieures. En les attendant, mes soins se porteront à faire arriver à Gap les trois bataillons venant du Mont-Blanc, d’où ils pourront être facilement dirigés sur le centre de l’armée, si vos premières dispositions sont changées, à faire augmenter l’approvisionnement des munitions à Tournoux, et à renouveler mes sollicitations pour réunir quelques subsistances. Jusqu’à présent, mes demandes pour cet objet essentiel ont été sans effet
" (Papiers du Général Paul Grenier. XIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 230 page 490).

Le 12 décembre 1799 (21 Frimaire an 8), le Général de Division Grenier écrit au Général de Brigade Valette : "… J’ai lieu de croire que les nouvelles qui se répandent à Briançon relativement à Coni, ne sont pas dénuées de fondements ; quelques autres circonstances que je rapproche me le font craindre ; je vous engage donc, citoyen général, à prendre les plus grandes précautions et à augmenter la garnison de Fenestrelle ; je ne regardais l’occupation de la vallée de l’Oulx utile que parce que cela nous facilitait, et couvrait votre communication avec Fenestrelle, je pense donc que vous en devez en retirer les troupes et les resserrer dans les environs du Mont Genève entre Ferrils, et Cézanne afin de maintenir notre communication avec Fenestrelle le plus longtemps que vous pourrez ; la retraite de ces troupes serait en dernier lieu sur le Mont Genève où vous devez établir quelques pièces d’artillerie. Vous n’avez pas de temps à perdre pour augmenter la garnison de Fenestrelle, vous devez porter cette garnison de 11 à 1200 hommes et y envoyer des bonnes troupes ; le bataillon de la 106e ou celui de la 26e peuvent fournir ce renfort, qu’il faut y faire marcher dès cette nuit ; ces troupes seront remplacées sous peu de jours par une demi-brigade que j’attends, je vous engage même d’y envoyer le bataillon de la 106e tout entier, de porter la garnison de Fenestrelle au nombre voulu ci-dessus et de retirer ensuite le restant de la 88e. Vous ferez sortir de cette place tous les officiers piémontais et les ferez remplacer par des français ..." (Papiers du Général Paul Grenier. XIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 239 page 510).

Le 29 septembre 1800, Bonaparte écrit, depuis Paris, à Carnot, Ministre de la Guerre : "… Vous donnerez l'ordre au général Saint-Hilaire, commandant la 8e division militaire, de faire rejoindre à l'armée d'Italie les détachements des 10e et 106e de ligne …, aussitôt que la garnison de Malte sera arrivée et dans le cas de faire du service ..." (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1911, t.2, lettre 1195 ; Correspondance générale de Napoléon, t.3, lettre 5669).

Le 2 mai 1803 (12 Floréal an 11 - note : La minute conservée aux Archives nationales (AF IV 865, Floréal an 11, no 15) est datée du 1er mai), le Premier Consul écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "Je vous prie, citoyen ministre, en conséquence de l'arrêté du 10 floréal, de donner ordre ... Au 2e bataillon de se rendre à Gênes pour être incorporé dans la 106e et porter cette·demi-brigade à 3 bataillons ...
Vous donnerez ordre que tous les chefs de bataillons, capitaines et autres officiers incorporés par l'arrêté du 10 floréal, continuent à être attachés aux demi-brigades. Quant aux chefs de brigade, quartiers maîtres et adjudants-majors, vous me ferez un rapport pour les employer le plus tôt possible, pour qu'il n'y ait personne de réformé par ce travail.
P.S. Ils attendront leur destination à la suite des corps où leurs 1ers bataillons seront incorporés
" (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1911, t.1, lettre 565 ; Correspondance générale de Napoléon, t.4, lettre 7618).

Le 28 avril 1804 (8 Floréal an 12), le Premier Consul écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Berthier : "Je vous prie, Citoyen Ministre, de faire faire une revue extraordinaire pour constater la situation, au 1er germinal, des 10e, 19e, 28e, 45e, 47e, 56e, 58e et 106e de ligne, et des 3e, 12e, 21e et 24e légers. On aura soin de mettre le nombre d'hommes de ces corps présents dans chaque ville où ils se trouvent, les malades aux hôpitaux, les absents et depuis quel temps, ceux inhabiles à porter les armes, le nombre de conscrits qu'ils ont reçus et qu'ils ont à recevoir sur l'an xi et l'an XII. Ces régiments sont les plus faibles de l'armée. Je désire savoir positivement dans quelle situation ils sont, afin de les faire recruter" (Correspondance de Napoléon, t.9, lettre 7728 ; Correspondance générale de Napoléon, t.4, lettre 8848).

Le 15 septembre 1804 (28 fructidor an 12), Bonaparte écrit depuis Cologne au Maréchal Berthier, Ministre de la Guerre, Major général des camps : "Mon Cousin, je désire avoir des renseignements sur M. Chartrand ancien capitaine du 4e régiment de ligne actuellement dans le 106e : connaître l'état de ses services, quelle habileté il a et s'il est propre à faire un chef de bataillon" (Correspondance générale, t.4, lettre 9217).

Le 27 mars 1805 (6 germinal an XIII), l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Maréchal Berthier : "Mon Cousin ... Je passerai en revue dans les dix premiers jours de prairial, dans la plaine de Lonato, les 22e et 23e légers, les 1er, 10e, 106e, 52e, 62e, 101e, 53e de ligne, et les trois régiments italiens. Le général Jourdan formera quatre divisions, chacune de trois régiments ; on les cantonnera sur la Chiese et le Mincio ... Vous me ferez connaître également ce qu'il sera nécessaire de donner aux troupes pendant le temps qu'elles seront cantonnées
Vous recommanderez bien au maréchal Jourdan que ces mouvements n'aient point l'air de mouvements de guerre. Il ne dégarnira Vérone, Peschiera et Mantoue qu'au moment de la revue. Il donnera seulement l'ordre de se mettre en marche au 62e qui est à Livourne, au 53e qui est à Rimini, au 22e qui est à Novare, au 23e qui est à Parme, et aux autres corps qui ont besoin de se rapprocher ...
" (Correspondance de Napoléon, t.10, lettre 8491 ; Correspondance générale de Napoléon, t.5, lettre 9739).

A l'ouverture des hostilités, vers le milieu du mois d'octobre, l'Armée d'Italie a été portée à 65000 hommes, sous le commandement du Maréchal Massena, commandant en chef. L'aile gauche de cette armée comprend la Division d'infanterie Duhesme, Brigades Goulus et Camus, treize Bataillons des 14e d'infanterie légère, 20e, 1er, 102e de ligne, trois escadrons du 25e de chasseurs à cheval, 7000 combattants et six bouches à feu ; la Division d'infanterie Serras, Brigades Gilli, Guillet, Mallet et Schild, seize bataillons des Carabiniers corses, 8e d'infanterie légère, 53e, 81e, 106e, 13e et 9e de ligne, quatre escadrons des Dragons de la Reine, 8000 combattants, six bouches à feu (Mémoires du Prince Eugène, t.1, page 277).

A la fin de décembre, et après sa formation, le 8e corps, ayant pour Général en chef Masséna comprend la Division Séras (6000 hommes des 8e d'infanterie légère, 13e, 53e, 106e de ligne et Bataillon de Pontonniers noirs), une Brigade à Laybach, une Brigade à Trieste (Mémoires du Prince Eugène, t.2, page 2).

Le 5 février 1806, on soumet à l'Empereur une "Avance demandée par le 106e régiment d’infanterie"; ce dernier répond : "Attendre les revues" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 1, lettre 283).

Le 21 février 1806, l'Empereur écrit, depuis Paris, à Eugène : "Dans votre état de situation, il n'est pas dit où est le 106e ... Il restera au général Miollis les 9e, 53e et 106e de ligne" (Mémoires du Prince Eugène, t.2, page 78 ; Correspondance de Napoléon, t.12, lettres 9865 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 11517).

Le 12 mars 1806, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Dejan, Ministre directeur de l'Administration de la Guerre : "Monsieur Dejean, mon intention est que les trois mille hommes formant la réserve des départements ci-dessous nommés marchent comme les autres et soient dirigés, savoir ceux du département : ... Du Lot … 106e de ligne ..." (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 1, lettre 329 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 11656).

Le 30 mars 1806, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Dejean, Ministre directeur de l'Administration de la Guerre : "Monsieur Dejean, voici une liste d'hommes du régiment de la garde de Paris qui ne peuvent pas rester à Paris. Donnez des ordres pour qu'ils en partent tous dans la semaine prochaine. Vous ferez faire le travail successivement et par corps. Ils partiront sous les ordres d'un officier, les uns pour joindre le 5e régiment de ligne, les autres le 56e, les autres le 106e. Vous aurez soin de faire envoyer leur signalement à la gendarmerie, pour qu'il n'en revienne aucun. Ils seront envoyés aux corps ci-dessus, sous prétexte que le service de Paris nuit à leur discipline. On aura soin qu'ils ne désertent pas en route et surtout que sous quelque prétexte que ce soit ils ne rentrent pas dans la capitale" (Brotonne (L. de) : « Dernières Lettres inédites de Napoléon 1er, collationnées sur les textes et publiées » ; Paris, 1903, t. 1, lettre 391 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 11795).

Au 1er mai 1806, d'après les états de situation envoyés par le Prince Éugène, commandant en chef, la composition et la force des divers corps composant l'Armée dite d'Italie, dont le quartier général est à Milan, est la suivante :
Troupes DANS LES ÉTATS VÉNITIENS. Général de Division Miollis; Général de Brigade Herbin ; 106e de Ligne, Colonel Roussel (3 Bataillons, 1er et 2e à Venise, 3e à Vicence, 2,389 hommes, 24 chevaux) - Mémoires du Prince Eugène, t.2, page 268.

Le 27 mai 1806, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Prince Eugène : "Mon Fils, j'ai lu avec attention vos états de revues. Se peut-il qu'il y ait encore dans les 53e, 106e, 13e et 60e, des hommes qui ne soient pas habillés ? J'imagine que les conscrits, s'ils n'ont pas des habits, ont au moins des culottes et des vestes d'ordonnance. Je vois que, dans l'armement, il manque beaucoup de fusils. Est-ce que les régiments qui sont en Istrie auraient des hommes sans fusils ? Si cela était, j'imagine que vous ne dormiriez pas que mes troupes d'Istrie ne soient parfaitement armées. Vous dites qu'il est dû aux 53e, 13e, 106e et 60e, pour la solde ; mais vous ne dites pas quels mois il est dû, non plus que pour la masse d'habillement. Du reste, les états me paraissent faits avec soin ; je les parcourrai avec plaisir. Mais il faut que dans l'état de juin on me donne des explications sur le nombre d'hommes qui sont, à chaque dépôt, à l'école de bataillon, sur le nombre d'hommes qui sont en habits de paysans, et sur le nombre d'hommes qui ne sont pas armés. Je me persuade que vous ne dormiriez pas si vous aviez en Istrie, en Dalmatie, même en Italie, des hommes qui ne fussent pas armés ou qui fussent encore en sarraux de toile. Il est de votre honneur que, vingt-quatre heures après leur arrivée, les conscrits aient la veste, la culotte, le chapeau. Il n'y a point d'excuse, les corps doivent y pourvoir ..." (Mémoires du Prince Eugène, t.2, page 408 ; Correspondance de Napoléon, t.12, lettres 10284 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12184).

Dans la première quinzaine de juin, l'armée du Vice-roi comprend la Division de Venise, Général Miollis (Quartier général à Venise), Généraux de Brigade Fririon et Herbin, 4,500 hommes présents des 53e et 106e de ligne (Mémoires du Prince Eugène, t.2, page 285).

Le 29 juillet 1806, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, à Eugène, Vice-Roi d'Italie : "... Donnez ordre à celui des 106e ou 53e régiments qui vous paraîtra le plus en état de former ces deux premiers bataillons à 1 000 hommes chacun, et envoyez-les dans le Frioul rejoindre le second corps d'armée ...
Ces six régiments formeront deux divisions, chacune de trois régiments, savoir : le 35e, le 106e ou le 53e qui remplacera le 11e qui est en Dalmatie, et le 13e qui remplacera le 18e d’infanterie légère, ce qui complétera la division Boudet ...
" (Mémoires du Prince Eugène, t.3, page 98 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12599).

Le 1er août 1806, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, à Eugène, Vice-Roi d'Italie : "... Vous continuerez à laisser sur l'Isonzo les deux divisions du 2e corps de la Grande Armée, l'une composée des 9e de ligne, 84e et 92e, l'autre des 106e, 53e et 13e.
Vous donnerez ordre que le 3e bataillon du 13e rentre également du côté de Trévise ou de Padoue, de manière que vous aurez au second corps de la Grande Armée trois bataillons du 9e, autant du 84e, autant du 92e ; deux bataillons du 106e, deux du 53e ...
" (Mémoires du Prince Eugène, t.3, page 105 ; Correspondance de Napoléon, t.13, lettres 10580 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12629).

Le 18 septembre 1806, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Prince Eugène : "… Vous commanderez en chef mon armée d'Italie, qui ne sera qu'une armée d'observation, vu que je suis bien avec l'Autriche ; mais il n'en faudra pas moins exercer une grande surveillance et user d'une grande prudence. Vous aurez sous vos ordres le corps du Frioul composé de 16,000 hommes d'infanterie ayant trente pièces de canon attelées ...
… La place de Mantoue, dans laquelle vous mettriez également 6 ou 7,000 hommes des dépôts, serait promptement approvisionnée. Tout votre corps du Frioul deviendrait ainsi disponible. Le 106e, le 3e d'infanterie légère et sept régiments que j'ai en Piémont, vous formeraient trois nouvelles divisions qui porteraient votre corps d'armée à 36,000 hommes d'infanterie ; ce qui, avec la cavalerie légère, les cuirassiers et les dépôts de cavalerie de l'armée de Naples, vous formerait une armée de près de 40,000 hommes, force imposante qui, vu les opérations ultérieures de l'Allemagne, contiendrait l'ennemi …
" (Mémoires du Prince Eugène, t.3, page 150 ; Correspondance de Napoléon, t.13, lettres 10809 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12972).

Le 23 septembre 1806, Napoléon adresse, depuis Saint-Cloud, ses "Instructions pour le vice-roi.
ORGANISATION DE L'ARMÉE D'ITALIE
Général en chef, le vice-roi;
Chef d'état-major général, le général Charpentier ; commandant en chef l'artillerie, le général Sorbier ; commandant en chef le génie, le général Lery; ordonnateur en chef, le sieur Joubert.
L'armée d'Italie sera composée de cinq divisions actives.
Ce corps, qui continuera à porter le nom de 2e corps de la Grande Armée, donnera ainsi une force de plus de 16,000 hommes ...
Pour l'administration et le commandement, ce corps doit faire en tout partie de l'armée d'Italie et sera sous les ordres du vice-roi ...
La 3e division sera composée du 3e régiment d'infanterie légère, du 106e régiment de ligne et du 37e régiment de ligne ...
Il est nécessaire que les généraux de division et de brigade qui doivent commander ces divisions le sachent, et qu'il y en ait un pour cet objet à Parme et un à Alexandrie ...
" (Mémoires du Prince Eugène, t.3, page 165 ; Correspondance de Napoléon, t.13, lettres 10871).

Le 4 novembre 1806, l'Empereur écrit, depuis Berlin, au Maréchal Berthier, Major général de la Grande Armée : "Mon cousin, envoyez par un courrier extraordinaire l'ordre au vice-roi d'Italie ... Vous donnerez l'ordre au 106e qui est à Venise de se rendre dans le Frioul où il sera attaché à une des deux divisions du corps du Frioul ..." (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 1, lettre 765 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 13442).

Le même jour, le Maréchal Berthier écrit au Prince Eugène : "L'Empereur, Monseigneur, me charge d'expédier à Votre·Altesse un officier de mon état-major pour lui porter les ordres suivants :
... L'intention de Sa Majesté est que vous ordonniez au 106e régiment d'infanterie, qui est à Venise, de se rendre dans le Frioul, où il sera attaché à une des deux divisions du corps du Frioul ...
" (Mémoires du Prince Eugène, t.3, page 189).

A cette époque, l'armée sous les ordres du Prince Eugène, modifiée depuis la création de l'Armée de Dalmatie de Marmont, et depuis la reconstitution du 2e Corps, est formée de la manière suivante :
... Corps d’armée du Frioul. Le général Baraguay d’Hilliers, commandant. 1re DIVISION, Séras, général de division. 2e DIVISION, Broussier, général de division ; Schiller, Herbin, Dessaix, Lacroix, généraux de brigade ; Blondeau et Cerise, adjudants commandants, chefs d'état major.
3 Bataillons du 35e de ligne, 2,200 hommes ; 2 Bataillons des 13e (1,500), 53e (1,800), 106e de ligne (1,900 hommes) ; 80 hommes d'Artillerie, et 80 du Génie. Total de la 1ère Division, 7,560 hommes (Mémoires du Prince Eugène, t.3, p.47).

1807

Le 16 janvier 1807, l'Empereur écrit, depuis Varsovie, au Prince Eugène : "Mon fils, je reçois votre lettre du 1er janvier et les états de situation de l’armée du 15 décembre ...
J'ai lu avec attention le rapport que vous me faites sur les corps. Je ne suis pas étonné que le 106e n'aille pas mieux, c'est la faute du colonel, il y a longtemps qu'il donne lieu à des plaintes, je vais m'en occuper ...
" (Mémoires du Prince Eugène, t.3, page 257 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 14084).

Le 24 janvier 1807 à minuit, le Prince Eugène écrit, depuis Milan, à Napoléon : "... je prendrai la respectueuse liberté de représenter à Votre Majesté que la ville de Venise est la plus détestable garnison pour refaire un corps. J'en ai fait, l'année dernière, la cruelle épreuve par le 53e et le 106e. Ces deux corps sont à peine remis depuis trois mois qu’ils sont cantonnés ..." (Mémoires du Prince Eugène, t.3, page 262).

Le 12 mars 1807, l'Empereur écrit, depuis Osterode, au Prince Eugène : "Mon Fils, voici le printemps qui approche ; il est nécessaire de faire des changements dans vos garnisons, sans quoi toute votre armée tombera malade. Mantoue, Ferrare, Porto-Legnago, Palmanova sont des lieux malsains. Il ne faut mettre dans ces garnisons que des Italiens plus accoutumés au pays. Je vois que les dépôts des 106e, 13e, 53e et 35e sont à Palmanova ...
En suivant l'état du 1er février ... On ne voit que le 106e, le 86e et le 53e qui aient à peu près reçu ce complet ...
" (Mémoires du Prince Eugène, t.3, page 273 ; Correspondance de Napoléon, t.14, lettre 12013 ; Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 14581).

Le 25 mars 1807, l'Empereur écrit, depuis Osterode, au Prince Eugène : "Mon Fils ... Le 53e et le 106e sont forts. Je crois que vous pourrez appeler les 3es bataillons à la division Seras, en ne composant ces bataillons que de huit compagnies et laissant au dépôt une compagnie par bataillon ; cela augmenterait la division Seras de près de 800 hommes ...
De tous ces arrangements, la division Duhesme souffrira beaucoup. Voici, je pense, comme vous pouvez la former : le 8e d'infanterie légère peut former un bataillon de six compagnies, les trois autres compagnies au dépôt ; le 18e peut en former autant, le 81e autant, le 102e autant ; ce qui ferait quatre beaux bataillons ; et, en place des compagnies d'élite que vous lui ôtez, vous prendriez dans les compagnies d'élite des régiments qui ont des dépôts en Piémont. Le 56e et le 2e d'infanterie légère, le 67e et le 93e, le 37e pourraient offrir huit belles compagnies en remplacement de celles du 81e, du 53e, du 86e, du 92e, du 106e. Cette division se trouverait encore forte de 6,000 hommes ...
" (Mémoires du Prince Eugène, t.3, page 285 ; Correspondance de Napoléon, t.14, lettre 12174 ; Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 14892).

Le 19 octobre 1807, l'Empereur écrit depuis Fontainebleau, à Eugène Napoléon, Vice-Roi d'Italie : "Mon Fils, le 2e corps de la Grande Armée, stationné dans le Frioul, doit être complété, chaque compagnie à un effectif de 140 hommes, ou à 1,260 hommes par bataillon. Le 13e de ligne a un effectif de 1,700 hommes ; il lui manque donc 700 hommes. Le 35e a un effectif de 2,500 hommes ; il lui manque donc 1,100 hommes. Le 53e a un effectif de 2,100 hommes ; il lui manque donc 300 hommes. Le 106e est au complet. La plupart des 3es bataillons de ces régiments peuvent offrir de quoi les compléter, de sorte que l'effectif de la division Seras, qui n'est que de 9,700 hommes, serait de 11,800 hommes. La division Broussier, qui est de 7,500 hommes, doit être de 10,800; les dépôts de ces régiments peuvent offrir à peu près ce complet …" (Mémoires du Prince Eugène, t.3, page 431 ; Correspondance de Napoléon, t.16, lettre 13273 ; Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 16569).

Le Vice-Roi ayant reçut de l’Empereur le 29 mars 1808 l’ordre de présenter un projet complet d'organisation de ses troupes par Divisions, lui adresse le 6 avril 1808 un mémoire qui est approuvé dans toutes ses parties. D'après ce projet, suivi presque de point en point, l'armée du Vice-Roi en Italie se trouve composée de 9 Divisions d'infanterie et de 4 de Cavalerie.
Infanterie ...
3e division (Seras), généraux de brigade Jalras et Dessaix, 12 bataillons des 35e, 53e et 106e de ligne, au camp d'Udine ...
Total pour l'infanterie : 100 bataillons à 800 hommes, dont 92 français et 8 italiens ; environ 80,000 hommes ... (Mémoires du Prince Eugène, t.4, page 8).

Le 25 juin 1808, l'Empereur écrit, depuis Bayonne, au Prince Eugène, Vice-Roi d'Italie : "Vous devez avoir reçu les instructions du ministre de la Guerre pour la nouvelle organisation de l’armée.
1re division :
Le 35e :
Il me tarde que le le 35e ait ses quatre bataillons à la division du Frioul, formant, à un effectif de 140 hommes chacun, 3 360 hommes. Ce régiment en a aujourd'hui : présents à la division 2847 hommes ; il en a à Rome 240 et au dépôt 526, ce qui fait 3 613 hommes ; ainsi, vous aurez donc de quoi compléter les 4 bataillons ; il restera encore 253 hommes au dépôt.
… Le 106e :
Je raisonne de la même manière pour le 106e. Ce régiment a 3 300 hommes. En ôtant 150 hommes pour le dépôt, il restera pour les 4 bataillons 3 150 hommes, c'est-à-dire près de 800 hommes par bataillon.
Ainsi, cette division sera composée d'un effectif de 9 400 hommes, c'est-à-dire près de 9000 hommes présents sous les armes ...
" (Mémoires du Prince Eugène, t.4, page 162 ; Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18406). La 2e Division est commandée par le Général Clauzel (Armée de Dalmatie); la 3e Division par le Général Grenier (il commandait précédemment la 4e).

"Milan le 14 juillet 1808, ordre de l’armée n°19 :
... Le général de brigade Quelord (Quelard, Queland ?) étant passé dans la division aux ordres du général Souham à Trévise, S. A. I. voulant donner un nouveau témoignage de confiance à l’adjudant-commandant Bastié (Barlié ?), sous-chef de son état-major général, vient de lui confier le commandement de la division des dépôts d’infanterie de l’armée d’Italie, tenant garnison à Milan, Come et Novare, et se composant des bataillons de dépôt des 9e, 13e, 35e, 42e, 53e, 84e, 92e et 106e de ligne et 1er d’infanterie légère, l’adjudant commandant Barlier résidera à Milan où, d’après les intentions du prince, général en chef, il continuera à exercer les fonctions de sous-chef d’état-major général de l’armée ; il passera ces troupes en revue au moins une fois par mois.
Le général de division chef de l’état-major général de l’armée d’Italie, signé charpentier.
Certifié conforme l’adjudant commandant Barlié ( ?)
" (Papiers du Général Paul Grenier. XVI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 63 page 141).

Le 17 juillet 1808, l'Empereur écrit, depuis Bayonne, à Eugène, Vice-Roi d'Italie : "Mon fils, je reçois votre lettre du 10, avec le projet de l'organisation de l’armée d’Italie qui me paraît bien ... Je remarque dans l’état que vous m’avez envoyé que le 4e bataillon du 53e est bien faible. Je vois que le 4e bataillon du 35e est à Cranglio, et celui du 106e à Serravalle, tout cela doint joindre le camp"(Mémoires du Prince Eugène, t.4, page 201 ; Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18599).

"Milan le 30 juillet 1808, ordre de l’armée n°22 :
Il est venu à la connaissance de S. A. I. le prince vice-roi, général en chef de l’armée d’Italie, que des militaires des corps français, italiens et napolitains, qui composent l’armée, se sont permis d’introduire en contrebande, des objets de privilège national ; trois soldats du 106e ont été arrêtés et remis à leur colonel le 3 juillet courant, avec 50 paquets de tabac, et trois mesures de sel étranger ...
L’adjudant commandant sous-chef de l’état-major général de l’armée d’Italie Barlié ( ?)
" (Papiers du Général Paul Grenier. XVI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 65 page 145).

Le 15 septembre 1808, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, à Eugène, Vice-Roi d'Italie : "Mon fils, faites partir du dépôt napolitain une centaine d'hommes pour recruter ce corps. Faites -moi connaître pourquoi les 4es bataillons des 35e, 53e, 106e, 9e et 84e n'ont pas des chefs de bataillon" (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18926).

Le 21 octobre 1808, l'Empereur, depuis Saint-Cloud, écrit à Eugène, Vice-Roi d'Italie : "Mon fils, vous ne m'envoyez jamais les états de mon armée italienne. Je vous ai dit bien des fois qu'il me faut ces états tous les dix jours. Envoyez-m'en un sans délai. Mon armée d’Italie doit être prête à entrer en campagne au mois de mars. Sa composition sera la suivante :
1re division
35e de ligne 4 bataillons
53e idem 4 bataillons
106e idem 4 bataillons
12 bataillons ...
" (Mémoires du Prince Eugène, t.4, page 163 ; Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 19097).

1809

Le 17 mars 1809, l’Empereur écrit, depuis Paris, au Prince Eugène : "… Je vous ai donné deux généraux de brigade de plus, le colonel Roussel, du 106e, que j'ai nommé général de brigade, et le général Valentin, qui arrive de Rome …" (Mémoires du Prince Eugène, t.4, page 386).

Le Général Séras évacue Campo-Formio le 12 au matin, et s'établit sur la rive droite de la rivière, ayant le 106e de Ligne à la tête de pont en avant de Valvasone, ouvrage à peine ébauché (Mémoires du Prince Eugène, t.5, page 12).

Le 16, à huit heures du matin, le Général Séras commence son mouvement. La Brigade Garreau à droite, la Division Sévéroli à gauche, avec le 106e de Ligne en réserve, marchent à l'ennemi (Mémoires du Prince Eugène, t.5, page 18).

Le 22 avril 1809, au Quartier général à Vicence est établi l'ordre de l’Armée : "A compter de ce jour, l’armée d’Italie divisée en trois corps d’armée organisés de la manière suivante par S. A. I. le prince Eugène, général en chef ...
Centre :
Le corps du centre aux ordres du général Grenier, se compose des :
... 35e, 53e, 106e, 79e idem ...
" (Papiers du Général Paul Grenier. XVII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 125 page 265).

Le 106e Régiment de ligne, à partir du 24, continue seul à occuper Vicence (Mémoires du Prince Eugène, t.5, page 35).

Le 28 avril, toutes les forces dont le Prince Vice-Roi a le commandement en chef se trouvent concentrées sur l'Adige; le Général Macdonald est arrivé la veille. Eugène met alors à exécution le projet d'organisation en trois Corps et une réserve, projet adopté déjà en principe depuis le 23 avril et que nous donnons ci-dessous :
2° - Centre, général Grenier commandant. Division Abbée, les Bataillons des 1er, 52e, 102e de Ligne et 8e Léger ; Division Séras, 10 Bataillons des 35e, 53e, 106e, 79e de Ligne, 4 Escadrons du 6e de Hussards (Mémoires du Prince Eugène, t.5, page 45).

Cette armée, reconstituée et prête ou à tenir tête à l'ennemi sur l'Adige ou à reprendre l'offensive, occupe le 28 avril les positions suivantes :
Centre : le 6e de Hussards et la Division Séras, à Caldiero, ayant un Régiment sous le général Bonfanti à Illasi ; la Division Abbée, un Régiment en avant de Caldiero, un autre en arrière et un troisième à Saint-Martin (Mémoires du Prince Eugène, t.5, page 45).

Le 28 mai toujours, à dix-heures du matin, Napoléon écrit depuis Ebersdorf, à Eugène Napoléon, vice-roi d'Italie, à Bruck : "Mon Fils, je vous renvoie votre aide de camp. Je désirerais avoir l'état de situation de votre corps d'armée.
Je suppose que la division Durutte est composée de deux bataillons du 22e, de quatre bataillons du 23e, et de quatre bataillons du 62e. Je suppose que ces dix bataillons forment au moins 6,000 hommes présents sous les armes. Je suppose que la division Seras est composée d'un bataillon du 35e, de trois bataillons du 53e, de quatre bataillons du 106e et de deux bataillons du 79e; je la suppose également de 6,000 hommes. Je ne sais ce que c'est que la 3e division; je suppose que c'est une division italienne qui est avec le 112e, et qu'elle est également de 6,000 hommes. Je suppose que la division Pacthod vous a rejoint avec la division Grouchy. La division Pacthod doit être composée de deux bataillons du 8e léger, de quatre bataillons du 52e, de quatre bataillons du 102e et de quatre bataillons du 1er de ligne, que je suppose former 6,000 hommes. Sans comprendre le corps détaché du général Macdonald, vous devriez avoir aujourd'hui à Bruck 24,000 hommes d'infanterie, 4,000 hommes de cavalerie et 2,000 hommes de la garde; ce qui ferait 80,000 hommes et soixante pièces de canon. Le général Macdonald, que je suppose sur le point d'arriver à Graz, vous renforcera de 15,000 hommes. Ainsi votre arrivée me renforce de 45,000 hommes, non compris le corps du général Marmont
" (Mémoires du Prince Eugène, t.5, page 240 ; Correspondance de Napoléon, t.19, lettre 15266 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 21083).

Le 106e prend part à la bataille de Raab. La ferme de Kismegyer est environnée d'une double enceinte de murailles crénelées, et le terrain coupé qu'elle a en avant d'elle en rend l'approche difficile. Le Général de Brigade Roussel doit l'attaquer de front pendant que le Général Séras, qui l'a débordé, l'attaquera sur la droite. Les efforts des deux Généraux sont sans effet; en vain ; 36 Officiers et 649 soldats prodiguent leur sang et sont mis hors de combat. Le Général, ralliant alors sur la droite les troupes du Général Roussel, rassemble toutes les troupes disponibles de sa Division et les lance comme un torrent sur la ferme. Les portes sont enfoncées à coups de hache, et on y pénètre enfin, passant au fil de l’épée tout ce qui ose encore résister ; puis les Grenadiers du 106e y mettent le feu, et tout ce qui n'est pas tué devient la proie des flammes (Mémoires du Prince Eugène, t.5, page 274).

Le 20 juin 1809, Eugène écrit, depuis Gonyo, à Napoléon : "Sire, Votre Majesté aura sans doute remarqué dans le dernier état de situation de son armée d'ltalie, la faiblesse de quelques régiments. Je lui demanderais de réduire à 2 bataillons le 23e léger, le 1er de ligne, 53e, 106e et 42e, et de réduire les 3e et 4e bataillons du 60e de ligne en un seul bataillon. Je demande·la même autorisation pour les 1er et 3e italiens, et, si Votre Majesté l'approuvait, j'enverrais à Klagenfurth par Capuvar, OEdenburg et le Simmering, tous les cadres des bataillons fondus pour y attendre et recevoir tous les détachements, et tous les sortis d'hôpitaux venant d'Italie …" (Mémoires du Prince Eugène, t.5, page 421).

Le 16 juillet 1809, au Quartier général à Presbourg, "Son Altesse Impériale le prince vice-roi d’Italie, général en chef, donne l’ordre du jour de l’organisation de l’armée d’Italie, arrêtée par S. M. l’Empereur le 15 courant, savoir.
... 4e division, général Pacthod, 1er, 52e, 106e, 112e de ligne ...
" (Papiers du Général Paul Grenier. XVII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 137 page 290).

Le 25 septembre 1809, le Général de Division Grenier écrit au Général Pacthod à Bruck : "Le général Vignolles m’annonce, mon cher général, par lettre du 23 de ce mois, qu’en suite de la réquisition autorisée par S. A. I. le comité de Visselbourg doit fournir une quantité de 3810 aunes de drap qui sont destinées pour votre division, et qu’en conséquence vous devez activer la rentrée par tous les moyens possibles ; veuillez je vous prie vous en occuper et me faire connaitre le résultat de vos démarches ; ces réquisitions ayant eu lieu avant mon arrivée au corps d’armée, je ne connais ni la répartition faite ni la quantité et couleurs demandées ... Envoyez-moi votre rapport sur la plainte que je vous laissais hier contre les individus du 106e d’une part, et du 112e de l’autre. Joignez-y cette plainte et la lettre par laquelle le général Vignolle m’en a fait l’envoi" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 66 page 145).

Le 27 septembre 1809, le Général de Division Grenier écrit, depuis Oedembourg, au Général Vignolle à Eisenstadt : "Au reçu de votre lettre du 26, mon cher général, relative aux boulangeries existant dans les corps des divisions Durutte et Pacthod, j’en ai demandé l’état aux généraux de division ; je m’empresserai de vous le transmettre aussitôt qu’il me sera parvenu. J’ai reçu l’avis de votre circulaire aux colonels, relativement au mauvais état dans lequel se trouve l’habillement des corps ; malheureusement, les 1er, 52e, 106e, 102e régiments et le 4e bataillon du 1er d’infanterie légère sont dans le nombre de ceux qui n’ont que des pantalons de toiles et ils n’auront de culottes ou pantalons de drap que sur les fournitures que leur fera faire S. A. I., attendu que l’éloignement des dépôts renvoie ce qu’ils en attendent à des termes très éloignés" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 67 page 148).

Le 29 septembre 1809, le Général de Division Grenier écrit, depuis Oedembourg, au Général Vignolles, à Eisenstadt : "… Vous trouverez aussi sous ce plis, le rapport du général Pacthod et les lettres des colonels des 106e et 112e régiments sur la plainte portée par le comitat de Visselbourg ; vous verrez combien peu on doit ajouter de foi à de pareilles insinuations. J’ai vu moi-même l’officier du 112e ; il n’a pu obtenir les grains qu’il était chargé de faire transporter à Bruck pour la subsistance de la division, qu’en faisant arrêter le bourgmestre qui, se voyant au milieu des soldat, a eu peur et s’est alors déterminé à fournir. Au reste, l’observation du général Pacthod est juste ; ces faits ont eu lieu le 26 juillet ; comment se fait il qu’on s’en plaint que 2 mois après" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 68 page 150).

Le 30 septembre 1809, le Général de Division Grenier écrit, depuis Oedembourg, à S. A. I. le Prince Vice-Roi, Général en chef à Vienne : "Monseigneur, j’ai l’honneur d’adresser à V. A. I. les lettres cachetées de MM. les colonels et officier supérieurs des divisions sous mes ordres, pour la présentation des militaires jugés dignes d’obtenir les décorations de la Toison d’or, comme commandants et chevaliers des régiments.
Ces lettres sont au nombre de
Division Pacthod : 4 pour le 1er de ligne ; 1 pour le 52e, 1 pour le 106e, 3 pour le 112e, ces lettre renferment sans doute celles de M. les officiers supérieurs ...
" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 70 page 154).

1810

Le 6 mars 1810, le Général de Division Grenier écrit, depuis Bologne, au Ministre de la Guerre, à Milan : "Le préfet du département de Crostolo, par sa dépêche du 3 de ce mois, m’annonce que pour remplir les dispositions qui lui ont été présentées par S. E. le ministre de l’intérieur de licencier et dissoudre les compagnies soldées de la garde nationale, il a du rappeler les différents détachements de ces compagnies qui étaient cantonnés dans les montagnes du département, et qu’en conséquence, il a chargé les capitaines commandant de la gendarmerie à veiller à la tranquillité et à la sureté des toutes sur les points d’où il retirait la garde nationale ; mais que le commandant lui a fait connaitre les dangers auxquels se trouvaient exposés les gendarmes isolés, et l’a prévenu qu’il allait au contraire les concentrer par brigade, afin de ne pas les laisser à la merci des assassins, ne pouvant nullement se fier à la garde nationale sédentaire des communes par différentes causes qu’il … le préfet me demande par suite de pourvoir à la sureté et à la tranquillité de ce département en envoyant à Reggio un fort détachement de troupes de ligne. V. E. aura sans doute déjà été prévenue par mon prédécesseur qu’il n’existait dans ce moment dans la 4e division qu’un seul régiment d’infanterie, le 106e régiment, qui est déjà trop disséminé dans le département du Reno pour pouvoir même en détacher une faible partie ; deux régiments de dragons, dont un à Modène, l’autre à Reggio, peu propres aux services des colonnes mobiles par la nature des … et que l’on exposerait indubitablement, si l’on voulait les disséminer par petits cantonnements ; il m’est donc impossible de déférer à la demande du préfet du département du Crostolo, et j’en rends compte par courrier à S. A. I. le Prince Vice-Roi, afin que si elle le jugeait elle destine un régiment d’infanterie qui pourrait être placé avantageusement par bataillons à Reggio, la Mirandola et Cento" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 91 page 196).

Le même 6 mars 1810, le Général de Division Grenier écrit, depuis Bologne, au 106e Régiment : "Envoyez à Milan huit mémoires de proposition pour des emplois vaquant dans le 106e régiment" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 92 page 197).

Le 8 mars 1810, le Général de Division Grenier ordonne, depuis Bologne : "Demain 9 mars à midi, il sera établi des postes par le 106e régiment dans les lieux ci-après :
1 officier, 2 sergents, 3 caporaux et 25 fusiliers à San Lazzaro.
Détachement du 106e régiment non compris ceux qui existaient avant le 8. Pour Imola, 3 officiers, 4 sergents, 6 caporaux, 1 tambour et 112 fusiliers.
A Vergato, 1 sergent, 2 caporaux et 18 fusiliers
" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 95 page 204).

Le même 8 mars 1810, le Général de Division Grenier écrit, depuis Bologne, au 106e Régiment : "J’ai ordonné à 1 sergent, 2 caporaux et 18 fusiliers du 106e régiment de partir aujourd’hui 8 mars pour Vergato, où le commandant du détachement, à son arrivée, se présentera à M. le vice-préfet qui lui fera connaitre la destination du détachement ; le sergent commandant déferrera en conséquence à ses demandes ; chaque homme sera muni de 50 cartouches. Les individus du détachement recevront ½ de viande et une ration de vin en gratification. Il sera donné des bons en règle et M. le vice-préfet indiquera les communes qui devront fournir cette fourniture au moyen de cette disposition. La plus grande discipline sera observée par le détachement, et toutes vexations envers les habitants sera punie avec la dernière vigueur" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 96 page 206).

Toujours le 8 mars 1810, le Général de Division Grenier écrit également, depuis Bologne, au Vice-préfet de Vergato : "Je vous envois, M. le vice-préfet, un détachement de 18 hommes commandé par un sergent et deux caporaux. Je ne puis vous envoyer un plus grand nombre d’hommes dans ce moment, attendu que le 10 de ce mois, je me propose de détenir les bandes de brigands qui se trouvent dans la plaine du département ; aussitôt que le but sera rempli, je prendrai d’autres mesures pour votre district, en attendant il conviendra que dans les journées du 10, 11, 12, 13, 14 et 15, vous fassiez faire par la garde nationale la mieux composée et le peu de soldats que je vous envoie, des perquisitions pour arrêter les brigands qui pourraient s’échapper dans la plaine et se diriger vers les montagnes, comme aussi d’arrêter tous les étrangers qui n’appartiennent pas aux communes de vos cantons, les conscrits déserteurs et autres. Les soldats employés à ces différentes courses devront recevoir par jour une demie livre de viande et une ration de vin en gratification afin d’éviter qu’ils ne commettent des désordres et des vexations envers les habitants, les distributions seront faites sur des bons en règle et j’espère obtenir que le gouvernement tiendra compte de ces fournitures" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 97 page 207).

Le Général de Division Grenier écrit ensuite, encore le 8 mars 1810, depuis Bologne, au Vice-préfet d’Imola : "Par l’instruction que je donne au capitaine commandant le détachement que j’envoie à Imola, qui doit décacheter devant vous et vous communiquer, vous verrez M. le Vice-préfet combien j’ai à cœur de détruire et de déraciner entièrement le brigandage dans le département. C’est à vous à présent de seconder mes intentions par tous vos moyens savoir : 1° d’augmenter la troupe de ligne de ce que vous aurez de braves gens parmi la garde nationale et les possédants ; 2° d’engager les syndics et les curés à donner de bons renseignements et à découvrir la retraite des brigands ; 3° d’indiquer aux commandants des détachements la meilleure direction en leur donnant des guides surs ; 4° de faire garder et visiter toutes les barques qui sont sur les rivières et les canaux afin que les brigands ne puissent s’échapper. 5° de faire mettre en mouvement la garde nationale dans les cantons des montagnes et faire arrêter tout ce qui serait reconnu être étrangers aux communes de ces cantons.
Le commandant ayant ordre de faire conduire à Imola tous les individus qui seront arrêtés, vous aurez M. le Vice-préfet, à les faire connaitre et ceux qui seront reconnus dans leur commune comme d’honnêtes gens pourront être par vous mis en liberté, sous votre responsabilité.
Je dois vous prévenir que la force armée du Rubicon surveillera ce … dans tout le cours du Senio, et que j’ai chargé le commandant militaire d’envoyer à Imola toutes les personnes qui seraient arrêtées en voulant passer dans ce département. Vous aurez les mêmes mesures à prendre envers les … que pour ceux indiqués ci-dessus par l’instruction qui vous a été communiquée, vous verrez que les troupes doivent recevoir demi-livre de viande et une ration de vin en gratification et délivrés sur des bons en règle dans les communes que vous indiquerez.
J’espère obtenir que le gouvernement en tiendra compte, vous devez donner vos ordres en conséquence ; sans cette mesure le soldat ne pourrait soutenir la fatigue à laquelle il va se mettre et il en résulterait nécessairement des désordres et des vexations pour les habitants, que je veux éviter, et que j’ai défendu très expressément. Comme les troupes resteront plusieurs jours en campagne, profitez de leur présence pour rétablir l’ordre, s’assurer si les communes ont des armes, qui leur ont été données, arrêter les conscrits déserteurs qui pourrait être cachés, et s’assurer de tous les individus étrangers qui seront dans les communes.
Dans le cas où des brigands seraient tués, dans les combats et dans la chasse qu’on va leur donner, il sera bon de les faire connaître de suite, en donner avis avec le nom, dans toutes les communes, afin de faire voir que le crime ne reste pas impuni, et forcer par ce moyen les malintentionnés à rentrer dans le … et le devoir, c’est le moment où les propriétaires, les syndicats, les curés et enfin tous les fonctionnaires doivent reprendre leur autorité pour ne plus la laisser échapper.
Persuadé M. le vice-préfet que vous concourrez de toute vos moyens à l’exécution des dispositions que je vous prescris, je vous prie encore de ne négliger aucun des moyens qui pourraient faire arriver au but que je me propose, et de les faire connaître au capitaine commandant qui agira en tout de concert avec vous
" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 97 page 207).

S'en suit un ordre du Général de Division Grenier daté de Bologne le 8 mars 1810, adressé au 106e de Ligne : "Il est ordonné à un capitaine, 2 lieutenants ou sous-lieutenants, 4 sergents, 6 caporaux, 1 tambour et 112 fusiliers de partir aujourd’hui 8 mars pour se rendre à Imola. Chaque homme de ce détachement sera muni de 50 cartouches. Arrivé à Castel San Pietro, le capitaine commandant le détachement laissera un sergent, 1 caporal et 13 hommes pour renforcer le poste qui y est déjà établi dès ce moment. Le poste de Castel San Pietro se trouvera sous ses ordres. Les instructions du capitaine commandant sur la mission qui doit remplir réunies au présent ordre ne seront ouvertes qu’à Imola, chez le vice-préfet de ce district et en sa présence elles lui seront communiquées" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 97 page 208).

En parallèle, le Général de Division Grenier écrit, toujours le 8 mars 1810, depuis Bologne, au Colonel du 29e Régiment de Dragon à Modène : "Instructions.
L’objet de la mission du capitaine commandant le détachement du 106e régiment envoyé à Imola étant à la recherche des brigands qui ravagent la plaine de ce district, cet officier prendra près de M. le vice-préfet tous les renseignements qui pourront lui indiquer la marche des brigands, leurs habitudes et les lieux où ils se tiennent, il se concertera avec le vice-préfet sur les meilleures mesures à prendre pour arrêter et détruire le brigandage dans cette partie, en commençant ses opérations dès demain, afin de les faire commencer avec celle prises à Bologne et qui commenceront le 10 ; il serait à désirer que les détachements soient renforcée par la garde nationale ; le 9 au matin tous les ponts sur la grande route entre Castel San Pietro et Imola, et tous les passages qui conduisent vers la plaine et vers la montagne devront être soigneusement gardés et conformément battus par des patrouilles de nuit et du jour afin d’empêcher que les brigands poursuivis dans la plaine ne puissent gagner la montagne. L’officier et 25 hommes, avec 40 ou 50 hommes de la garde nationale doivent suffire pour ce débouché ; les postes correspondront continuellement avec Imola et Castel San Pietro dont le détachement établira deux postes sur Le Sillaro, l’un sur la route qui de ce ruisseau fuit la … de la Sanlarra ( ?) et l’autre à l’embouchure de la Sellustra dans le Sillaro sur la route de Dozza ; les postes pourront être de 12 à 15 hommes dont moitié garde nationale ; aussitôt que les différents postes seront établies, ils recevront pour consigne d’arrêter tout individu venant des vallées et des directions du Pô, les vagabonds, gens suspects et homme déguisés en prêtre, femmes, juifs, ou bouchers, marchands de volaille ou supposés tels pécheurs et autres ; ils seront poursuivis et feront feu sur ceux qui chercheront à fuir, jusqu’à ce qu’ils les aient atteints ; tous ceux qui seront arrêtés seront conduits et gardés avec soin dans les communes les plus voisines et quand ils seront au nombre de 10 à 12, ils seront transférés à Imola chez M. le vice-préfet où ils pourront se faire réclamer par leurs communes et de leur autorités respectives, et après avoir été reconnus par M. le vice-préfet comme non suspects de brigandage ou d’autres délits, ils pourront être mis en liberté mais sur responsabilité.
Le 9 un officier et 20 hommes avec autant de plus de garde nationale se dirigera sur Bagnara en même temps que le capitaine se portera sur Modène avec le gros de sa troupe, faisant marcher sur sa gauche et dans la direction de Centa Luppo ( ?) un sous-officier intelligent avec 10 hommes et au moins 15 de la garde nationale, laissant à Imola son tambour et les hommes les plus faibles ; en partant d’Imola dans les différentes directions, tous les chemins, sentiers, canaux, enfin toutes les communication devront être balayés, toutes les maisons et cassines isolées visitées et fouillé, les propriétaires et les bons citoyens à s’armer pour poursuivre les brigands, et si on les rencontre les attaquer avec vigueur et à la baïonnette sans s’amuser à la fusillade qui fait perdre trop de temps et blesse des braves soldats inutilement. Les détachements suivront d’ailleurs pour les hommes non armés qu’ils rencontreront les dispositions ordonnées pour les postes fixes établis entre Castel San Pietro et Imola, d’autant plus que l’usage des brigands et de jeter leurs armes quand ils sont poursuivis et de joindre des travailleurs à la campagne ; les guides que donnera M. le vice-préfet et la guerre nationale qui marchera avec les détachements doivent connaître les brigands et leur allure et par suite contribuer à les faire prendre ou à les détruire.
Les détachements en marchant dans les différentes directions se tiendront militairement et seront toujours à même de se secourir ; toutes les fois qu’ils entendront des coups de fusil, ils enverront de petits pelotons dans la direction des feux, tâcheront d’arriver sur les derrière des brigands et de les envelopper, si les brigands se retirent dans une maison, elle devra être cernée avec soin et attaquée de manière à ce qu’ils ne puissent s’en échapper personne ; à la nuit, les détachement feront établir des postes et se garderont de toute surprise en faisant de fréquentes patrouilles de l’un à l’autre et en gardant tous les chemins et sentiers ; le détachement qui sera sur Centaluppo ( ?) duquel ce rapprochement envers un petit du Gne ( ?) du capitaine après s’être bien assuré qu’il n’a pas laissé de brigands derrière lui s’établir à l’embranchement des chemins qui viennent de Castel Gaitto ( ?) et observera le passage du Sillaro.
Le lendemain 10, l’officiers envoyé par Bagnara, continuera sa marche en descendant le Sanlerno ( ?), prendra des renseignements à Sainte-Agathe et toutes les précautions indiquées pour le 9 afin d’atteindre les brigands et de les détruire ; il laissera un bon poste à Sainte-Agathe, continuera de défendre le Senterno ( ?) et le Sisco, il passera le premier ruisseau et viendra s’établir à La Vervola vis-à-vis Bassia ( ?) à l’embouchure du Zaniolo ( ?) dans le Ca de Princaro ( ?).
Le capitaine se portera en même temps sur Massa Lombarda, faisant éclairer par sa droite la rive gauche du Santevao ( ?) afin de rester en communication avec le parti de Bagnana ; il se portera ensuite par le chemin du Navlo ( ?) su la Corvalno ( ?) et se trouvera ainsi à hauteur de Lavervola ( ?).
Pendant cette marche, le détachement de gauche battra le pays entre le Sillaro et le Corvalia ( ?), et sur le soir prendra poste à La Dello ( ?), gardant le pont des s’emparant des barques qui se trouvent sur le Sillaro dans les environs.
Il est possible que la marche des brigands et les moyens qu’ils ont de se cacher nécessitent d’autres dispositions ; le capitaine prendra à cet égard avec le vice-préfet, son objet étant de détruire les brigands dans la plaine de ces districts et d’empêcher que des brigands se jettent dans les montagnes, et de ce moment elles recevront l’ordre d’arrêter tout individu qui se présenteront sans passeport, les vagabonds, gens suspects, hommes déguisés en femmes ou en prêtres, juifs, bouchers, marchands de volailles ou supposés tels, pêcheurs et les individus arrêtés seront conduits et escortés avec soin dans les communes les plus voisines jusqu’à ce qu’ils aient été réclamés et reconnus par les autorités de leur commune respective ; ceux qui se diront appartenir au département du Reno seront conduits sous bonne garde à M. le vice-préfet du Cento pour la partie basse du Panaro et Funo, la partie supérieure aux podestats ou aux syndics de Castel Franco qui après les avoir reconnus ou fait connaître par l’autorité de droit pourront les faire remettre en liberté sous leur responsabilité.
La colonne mobile ne devant rentrer qu’après avoir arrêté et détruit les brigandages, les postes et patrouilles qui seront établis sur les confins du département du Panaro devront être maintenus de jours et de nuit dans la plus grande surveillance jusqu’au moment où je vous préviendrai que je fais rentrer la colonne mobile.
Outre ces dispositions pour les confins du département du Panaro, vous garderez soigneusement encore tous les lieux sur la grande route de Modène jusqu’à Castel Franco et faire des patrouilles fréquentes pour arrêter les brigands ou gens sans aveux qui chercheraient à gagner les montagnes ; je pense que 50 hommes des dragons suffiront encore pour ce service, n’ayant pas affecté de troupes dans le département du Reno et ayant comme de points important le village de Crevalcone, Nonantola et Panzano, vous enverrez le 9 après-midi et afin qu’ils rejoignent que le soir dans chacun de ces endroits un détachement de 30 dragons dont 10 à cheval et 20 à pied, chaque détachement commandé par un officier, un maréchal des logis et deux brigadiers. Les commandants des détachements en arrière prendront des renseignements précis sur les lieux, où se tiennent les brigands, iront sur leur trace et occuperont tous les passages qui conduisent aux Panaro d’une part, vers Canto et Fiscate d’une autre et enfin vers San Gionetta et Castel Franco ; ils feront des patrouilles continuelles et communiqueront avec les troupes d’infanterie qui se trouvent sur ces différents points ; si les patrouilles entendent des coups de fusil, elles feront parvenir de suite le gros du détachement où se tiendra l’officier et se dirigeront vers le point où ils auront entendu des coups de fusil, arrêteront les individus qui paraîtraient vouloir fuir et combattre ceux qui seraient armés et qui opposeraient quelque défense au lieu de se laisser arrêter ; les détachements devront en conséquence avoir leurs armes en état et être munis de cartouches ainsi que toute les troupes qui forment la ….
Lorsque les colonnes mobiles rentreront, les détachements recevront également l’ordre de rentrer.
Je désire que les troupes en détachement et … le colonne ( ?) reçoivent chaque jour dans les villages demi-livre de viande et une ration de vin en gratification sur des bons en règle que je ferai valoir près du gouvernement et dont le montant sera remboursé ; au moyen de ce, les troupes vivront dans la plus grande discipline et je punirai sévèrement celles qui molesteront les habitants paisibles ; communiquez ce paragraphe au préfet, n’en ayant pas parler dans la lettre que j’eue l’honneur de lui écrire.
Par suite de ces dispositions, vous aurez M. le colonel, environ 200 hommes en campagne pendant 7 ou 8 jours, mais il vaut mieux fatiguer pendant 8 jours que de l’être continuellement.
Il est bon aussi que dans les communes, les citoyens honnêtes soient invités à concourir à cette opération qui tend à leur profit.
Qu’ils accuseront à ce que déterminera le préfet, je me charge de ceux du Reno
" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 98 page 209).

Encore le 8 mars 1810, le Général de Division Grenier ordonne aussi, depuis Bologne : "Demain 9 mars à midi précis, il partira de Bologne des détachements pour être établis dans la journée aux postes ci-après.
1 officier, 2 sergents, 3 caporaux et 20 fusiliers à San Lazaro par la porte Maggiore.
1 officier, 2 sergents, 3 caporaux et 20 fusiliers à Castenaso par la porte St Vitale.
1 officier, 2 sergents, 3 caporaux et 20 fusiliers à Quarto Inferiore par la porte St Donato.
1 officier, 2 sergents, 3 caporaux et 20 fusiliers à Cadriano par là-même porte.
1 officier, 2 sergents, 3 caporaux et 20 fusiliers à Molici Novi ( ?) par la porte Galliera.
1 officier, 2 sergents, 3 caporaux et 20 fusiliers à Castagnolo Minore même porte.
1 officier, 2 sergents, 3 caporaux et 20 fusiliers à Trebbo par la porte Lame.
1 officier, 2 sergents, 3 caporaux et 20 fusiliers à Macunas ( ?) par même porte.
Total 8 officiers, 16 sergents, 24 caporaux et 160 fusiliers.
Les commandants de détachements, en arrivant à leur destination, feront occuper et garder soigneusement tous les débouchés qui conduisent à leur poste respectif, reconnaîtront toute les … et communications qui conduisent aux postes voisins établis des patrouilles et entre chaque et seront continuellement en relation entre eux de manière à ce que dès le 9 au soir, tout individu sans passeport, homme suspecté venant des vallées et de directions du Pô, les vagabonds, gens déguisés en prêtres ou en juifs, bouchers, marchands de volailles, ou supposés tels, pêcheurs et autres qui voudraient passer à leur poste ou entre leurs postes soient arrêtés ; ils poursuivront et feront feu sur ceux qui chercheraient à fuir jusqu’à ce qu’ils les aient atteints ; tout ceux qui seront arrêtés seront conduits dans les communes les plus voisines et transférés, lorsqu’ils seront au nombre de 10 ou 12, à la préfecture à Bologne où ils pourront être réclamés de leur commune et de leurs autorités respectives.
Comme il est probable que dans le nombre de ceux qui seront arrêtés, il se trouve des brigands qui auraient cherché à se soustraire aux poursuites dirigées contre eux sur d’autres points, il faudra les conduire avec précaution afin qu’ils ne s’échappent, particulièrement ceux qui au moment de se voir arrêtés, ont cherché à fuir auprès de marais et sentiers détournés, il conviendra même de les faire lier avec des cordes pour plus de sûreté.
Les postes de San … étant sur la grande route d’Imola s’établira en relation avec celui de San Nicolò qui sera renforcé, ces deux postes feront de fréquentes patrouilles entre eux et s’assureront que personne ne passe la grande route pour se jeter dans la montagne. Le poste de San Nicolò établira en conséquence un poste intermédiaire qui poussera des patrouilles sur la Centona à la Chiesa Paderna, en même temps le poste de San Nicolò établira encore un poste intermédiaire entre lui et celui de Castel San Pietro qui doit être renforcé par les détachements d’Imola, les postes entre eux devront être en communication permanente et éclairer fréquemment les rives du … et tous les chemins qui viennent aboutir à la grande route entre San Nicolò et Castel San Pietro, et enfin d’obtenir un résultat, les renforts de ces postes partiront de Bologne demain à la pointe du jour dans le nombre et la force qui sera indiquée, de Castel dei Britti recevront des communications de San Lazzaro et San Nicolò et de Castel San Pietro. Il y sera également établi un poste qui fera des patrouilles fréquentes dans les différentes directions et dans celle de Dozza pour arrêter toute personne qui viendrait de la grande route malgré la surveillance des postes qui seront établis ; les commandants des postes inviteront les syndics des communes voisines à mettre sous les armes la garde nationale sur laquelle on pourra compter et doubleront ainsi le nombre d’hommes de chaque poste ; il leur demanderont aussi les renseignements les plus précis sur la communication et la nature des passages, afin de pouvoir exercer la plus grande surveillance.
Chaque commandant de poste recevra une instruction de tout ce qui est détaillé dans la présente par les soins d’un chef de patrouille du 106e régiment qui sera désigné par le colonel, qui aura la surveillance supérieure de tous les postes depuis Castel San Pietro exclusivement. Si cette distance était trop forte, le colonel désignerait un capitaine pour la surveillance des trois derniers postes de gauche.
Les instructions qui seront données aux officiers commandants les postes seront cachetées et ne seront ouvertes que lorsqu’ils seront arrivés à leur destination. On fera observer aux commandants des postes de Trebbo et de Malcossa ( ?) qu’ils ont à surveiller le passage du Reno, d’autant plus qu’il existe entre les deux points plusieurs gens que les brigands ont l’habitude de fréquenter ; pour aller à Anzola et San Giovanni ou pour en revenir entre les postes, il est nécessaire encore d’en établir sur la grande route de Modène et de renforcer ceux qui y sont déjà ; en conséquence un officier et 30 hommes seront envoyés à Castel Franco, un officier et 20 hommes à Sanggina à la …, un officier et 25 hommes à Anzola pour garder le pont du Lavano ( ?) sur la grande route, un officier et 50 hommes à Moliero ( ?) sur le pont du Reno, ces postes feront par sa droite une relation immédiate avec celui de Musuppa ( ?) et détacher à sa gauche un poste de 25 hommes à Zaloga ( ?) sur le pont de Lavico ( ?), chemin qui conduit à Bazzano, ayant 10 hommes à ses Cezdole ( ?) pour la garde du pont sur Reno ; sur la même route tous les postes correspondront entre eux de manière à ce que personne ne puisse venir des directions de Cento, de San Giovanni, de Sala, de Lonzuza ( ?), Sanvozo ( ?) et enfin toutes les directions du Pô pour traverser la grande route et se diriger vers les montagnes.
Les instructions pour les postes seront les mêmes que pour ceux aux environs de Bologne et sur la route d’Imola. La seule différence est que les patrouilles et reconnaissances se dirigent de différents postes vers Sala, Saverna ( ?) et Caldevan ( ?) pour les postes de Reno et d’Anzola, pour ceux de Sanggia ( ?), Castelonlo ( ?) et enfin ceux de Castel Franco vers Manzolino et San Giovanni, le canal dit Mazuza ( ?) et vers Pasano ( ?) où on trouvera un poste de Zoloya ( ?) sur la gauche avec un poste qui doit être à Spilamberto sur le Panaro, il détachera un poste à Piumazzo pour être en relation avec Castel Franco et observer la route entre la Samoggia et le Panaro de Bazzano ; il fera parcourir tous les chemins qui viennent de la grande route se trouvant entre la Samoggia et le Reno.
Les hommes qui seront arrêtés entre Castel Franco et Samoggia seront conduits à Castel Franco au podestat et ceux entre Samoggia et Bologne à la préfecture ; on agira à leur égard comme il est dit d’autre part pour les postes sur la route d’Imola et en avant de Bologne
" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 100 page 215).

Le 9 mars 1810, le Général de Division Grenier adresse, depuis Bologne, ses instructions pour le commandant de la Gendarmerie chargé de la direction des colonnes mobiles : "La nuit du 9 au 10 de ce mois, il sera formé quatre colonnes mobiles, chacune composée de 10 gendarmes dont 4 à cheval, 2 ou 3 gardes … quelques employés des finances s’il y en a, et de 3 sergents, 6 caporaux, et 40 hommes d’élite du 106e régiment. Chaque colonne sera commandée par un officier de gendarmerie qui sera secondé par un officier de grenadiers ou de voltigeurs du 106e régiment.
Le 10 à 2 heures du matin, les colonnes sortiront de la ville, la première commandée par M. … se dirigera par San Lazaro sur Castel Guelfo, elle observera de marcher immédiatement, s’éclairant à droite et à gauche, fouilleront toutes les cassines, les maisons isolées et prenant des renseignements chez le syndic, propriétaires et le curé sur les repères des brigands et les lieux où il serait possible de les rencontrer. Le commandant de cette colonne agira suivant la nature des renseignements qui lui auront été donnés, si dans cette direction ou dans le voisinage, il y avait des brigands, il ferait toutes les dispositions et les attaquerait de suite vivement, son objet étant de les détruire, il continuera sa route sur Castel Guelfo et détachera au passage de la Ventola une petite colonne de 25 ou 20 hommes sur les Medicina ; les deux colonnes continueront les marches avec les précautions indiquées afin de ne pas laisser passer de brigands en arrière des colonnes.
La colonne mobile arrivé à Castel Guelfo, le commandant ira aux renseignements et laissera reposer les troupes quelques heures ; il marchera ensuite sur plusieurs colonnes et …, conservant néanmoins au centre la moitié de ses forces pour se porter où besoin sera ; il fera éclairer le Villano et s’informera ainsi des détachements venant d’Imola dirigés sur le ruisseau et sur le Carrachio … il tâchera de faire aux commandants de ces détachements qu’il est en marche afin que ceux-ci poussent vigoureusement les brigands qui pourraient être entre ce … et San Carrichio, et suivant sa marche après s’être assuré qu’il ne reste plus de brigands dans les lieux de Castel San Pietro.
Il se dirigera toujours avec les mêmes précautions vers la vallée de San Nicolò d’Argenta faisant porter par sa droite la partie du canton de Lago qui se trouve entre le Salero et le Zamok.
Il est encore prévenu qu’un détachement du 106e régiment envoyé à Imola doit arriver dans la journée de demain 10 à Larussala ; il s’assurera de son arrivée dans la journée de demain et se mettra en communication avec lui et gardera les passages de la Goverena et de Saponino qui conduisent à San Giacomo d’Argenta et Pô et au pont du Pô du Primone dont il s’emparera et fera garder les barques si déjà elle ne le sont pas de détachements de la force armée du Bas Pô, cette colonne s’arrêtera dans les maisons de San Nicolò d’Argenta, à moins qu’elle ne soit engagée avec les brigands et que dans ce cas on ne devra pas perdre de vue et toujours poursuivre. Le commandant de cette colonne devra faire garder encore le passage de la Gardena aux chemins qui vont de Lenazzo à Porto-Nova.
La seconde colonne commandée par M. … se mettra en mouvement immédiatement après la première et se dirigera sur Budrio suivant les mêmes précautions indiquées pour la marche de la première colonne, … de Castel … le commandant détachera une colonne de 12 à 15 hommes qui fera suivre la route qui conduit à Medicina ; arrivée au pont de Guiana, cette petite colonne descendra le ruisseau en suivant le chemin de la … après avoir fait halte une … d’heures à Santa Maria Ingarda à hauteur de Budrio, de manière être en marche en même temps que la première colonne arrivée au pont de Villa Fontana sur la que ordonna, il sera alpes et se mettra en relation avec le poste de la première colonne qui fera place au chemin qui vient de Porto-Nova au passage de la Quaderna.
Le commandant de la seconde colonne arrêtera le gros de ses troupes Vedrana après s’être assuré de n’avoir pas laissé de brigands derrière lui.
La troisième colonne commandée par M. … partira de Bologne immédiatement après la seconde colonne, marchera avec les précautions indiquées pour la première afin de ne pas laisser de brigands derrière lui, il s’arrêtera à Cupo d’Argine et se mettra en relation avec la seconde colonne et enverra des reconnaissances le long de la digue et du côté de Ventivollio qui devra se trouver gardé par un détachement de San Giorgio.
Les brigands qui seront tués dans les combats devront être de suite reconnus par les autorités les plus voisines
" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 102 page 218).

Le 9 mars 1810 encore, le Général de Division Grenier ordonne au 106e Régiment, depuis Bologne : "Il est ordonné à un détachement du 106e régiment composé d’un capitaine, 3 lieutenants ou sous-lieutenant, 6 sergents, 10 caporaux et 120 fusiliers de partir aujourd’hui 9 mars de Bologne pour aller tenir garnison à Budrio, Medicina, Minerbio et Malalbergo dans les proportions ci-après. Le capitaine commandant avec 4 sergents, 2 caporaux et 30 fusiliers à Budrio. A Medicina, 1 officier, 2 sergents, 3 caporaux et 30 fusiliers. A Minerbio, 1 officier, 1 sergent, 3 caporaux et 30 fusiliers. A Malalbergo 1 officier, 2 sergents, 2 caporaux et 30 fusiliers. Chaque homme de ce détachement sera muni de 50 cartouches. Le capitaine commandant décachettera les instructions ci-jointes à son arrivée à Budrio en présence du délégué du préfet au du podestat en lui donnant communication ; il enverra de suite à tous ses postes les instructions, basées sur celles qu’il a reçu pour lui, afin que dès cette nuit, les dispositions en soient rigoureusement suivies.
Il est ordonné à un détachement du 106e régiment composé de 2 capitaines, 7 lieutenants ou sous-lieutenants, 16 sergents, 25 caporaux et 293 fusiliers de partir aujourd’hui 9 mars pour aller tenir garnison à Cento et San Giovanni. Le capitaine commandant de ce détachement s’établira à Cento et le moins entier à San Giovanni et pour éviter une seconde colonne, on dirigera en partant de Bologne de suite les troupes qui doivent rester à San Giovanni et environ dans les proportions ci-après.
A Vitale 1 officier, 1 sergent, 1 caporal et 16 fusiliers.
Longana 1 officier, 2 caporaux, et 20 fusiliers.
A Convento, 1 sergent, 1 caporal et 12 fusiliers. Ces trois postes pour la surveillance de l’affaire
A Martigna ( ?) et Sanono ( ?) 1 officier, 2 serent, 3 caporaux et 35 fusiliers.
A Bartola ( ?) et Caslayola ( ?), 1 officier, 2 sergents, 3 caporaux et 30 fusiliers.
A San Gionai ( ?) et Rela ( ?) 1 officier, 1 sergent, 3 caporaux et 30 fusiliers.
L’officier capitaine à Saint Giovanni ayant la surveillance de tous les postes rendant compte au capitaine de Cento ; les autres postes feront occuper la rive au restant du détachement, à Cento où le chef du bataillon commande détachera les instructions jointes au présent ordre en présence du M. le vice-préfet de Cento, à 9 heures en donnera communication après quoi le dit capitaine enverra une instruction basée sur celle qu’il a reçu à chaque commandant de poste et qui devra parvenir à tous les postes dans la nuit. Chaque soldat et sous-officier sera muni de 50 cartouches.
L’instruction pour le chef de bataillon du 106e régiment commandant les détachements du Cento et de San Giovanni, décachettera en présence de M. le vice-préfet du Cento, l’objet de la mission du chef de bataillon commandant de Cento et de Gioani étant établi sur le point de la ligne qui va lui être déterminé, une chaine de postes et de patrouilles qui se mettent en même d’arrêter les brigands poursuivis par les colonnes mobiles chercheront à s’enfuir dans la direction du Pô d’une part, et dans celle du Panaro route de Bologne à Modène dont ils pourraient facilement gagner les montagne, faire venir des détachements dans les lieux ci-après à San Vitale, Langona et Bonlovento. Trois postes d’officiers à Longona : 1 officier, 2 sergents, 4 caporaux et 48 soldats à Martignone et Saverno, l’officier à Savorno ; 1 officier, 2 sergents, 3 caporaux et 35 fusiliers à San Barlato et Castagnola, l’officier à Castagnola ; 1 officier, 2 sergents, 3 caporaux et 30 soldats à San Gionni et Sala, l’officier à San Giovanni ; 1 officier, 1 sergent, 3 caporaux et 30 fusiliers à Prial de Cento, Angile et San Giorgio. L’officier à San Giovae détachera un poste de 12 hommes à Benticoglio. 1 officier, 3 sergents, 4 caporaux et 50 soldats à Massemalie et Sant Pietre in Casale. 1 officier, 2 sergents, 2 caporaux et 30 soldats à la … de Galiza et sur le pont du Reno qui conduit à San Augastino et dans la direction de Terrarre à Casa San Vescazo, à Casa San Proffero et à San Vincenzo, 2 officiers, 4 sergents, 6 caporaux et 70 soldats.
8 officiers, 16 sergents, 25 caporaux et 293 soldats.
Le commandant du détachement gardera près de lui 1 sergent, 2 caporaux et 12 hommes, une ordonnance de chaque poste destinée pour être envoyé où besoin sera, aussitôt que les postes seront établis toutes les communications seront reconnus, les chemins, sentiers, canaux, ponts et barques gardés afin que personne ne puisse passer.
Il est ordonné à un détachement du 106e régiment composé d’un officier, 2 sergents, 3 caporaux, 1 tambour et 20 fusiliers de partir sur le champ pour se rendre à Guiglia Ce… di Montetortore, passant par Bassana … il s’établira dans la commune de Guiglia et la protègera de concert avec la garde nationale contre les attaques des brigands qu’il poursuivra et détruira s’ils se présentant, chaque homme aura 50 cartouches
" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 105 page 224).

Toujours le 9 mars 1810, le Général de Division Grenier écrit, depuis Bologne, au Commandant de la Gendarmerie : "Je fais partir à l’instant 1 officier et 25 hommes pour Guglio" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 105 page 226).

Le 9 mars 1810, le Général de Division Grenier adresse, depuis Bologne, ses instructions pour le Capitaine commandant le détachement de Budrio : "La mission du Capitaine commandant le détachement de Budrio ayant pour but d’empêcher au moyen d’une chaine de poste qui sera établie depuis Castel Guelfo passant à Medicina et Budrio jusqu’à la grande route de Malalbergo à Bologne que les brigands qui pourraient se trouver dans les vallées du Pô et … ce fleuve et Budrio et Medicina, ne remontent les torrent et … pour traverser la grande route d’Imola à Bologne et ensuite gagner les cantons des montagnes.
Il établira en conséquence et comme le porte son ordre 1 officier, 2 sergents, 3 caporaux et 30 fusiliers à Medicina dont l’officier détachera 1 sergent et 11 hommes à Castel Guelfo, de concert avec le délégué politique de Budrio ; il augmentera ce poste d’un pareil nombre d’hommes choisi de la garde nationale et de plus, s’il est possible il en fera autant à Minerbio, Budrio et environs de Malalbergo, en faisant connaitre aux propriétaires et syndics et aux curés, à tous les gens bien intentionnés, que le brigandage doit cesser, que le général a ordonné que les troupes ne rentreront que lorsque tous les brigands seraient détruits ou arrêtés, et l’ordre rétabli, qu’il est de leur intérêt de donner des renseignements exacts sur les repaires des brigands, leur nombre, leurs chefs, et leurs habitudes, en suite faire connaitre que dès cette nuit, des colonnes mobiles composées de troupes d’élite, se mettront en mouvement pour poursuivre les brigands, les attaquer, les détruire partout où elles les rencontreront et que la … de bon détachement, est pour ainsi dire à poste fixe, pour arrêter les brigands qui chercheraient à s’enfuir ou à se soustraire aux poursuites dirigées contre eux, devant aussi au besoin renforcer les colonnes mobiles dans le cas où elles rencontreraient les brigands dans les environs de ces postes.
Le commandant du détachement est prévenu qu’il y a un poste du même régiment d’un officier et 20 hommes à Malalbergo, un autre à Sant Martino in Argine 1 officier 24 fusiliers, et un 3e à Capo d’Argine sur la route de Malalbergo, que ces différents postes se trouvent sous ses ordres, il en fera prévenir les commandant afin qu’ils se mettent en relation avec lui et lui adressent les rapports. Le poste de Malalbergo, par la réunion des deux détachements, se trouvant fort de 55 hommes ont pour objet de garder le pont de Malalbergo et le passage, il sera prévenu qu’il y a un fort poste à San Vincenzo avec lequel il devra communiquer par des patrouilles, et surveillera également tous le cours du Reno en descendant ; et enverra un fort poste occuper les deux ponts qui se trouvent sur le Reno, en y allant de Minerbio vers Maddalena et Stroggetto ( ?) ; le poste de Minerbio communiquera sur ce point par de fréquentes patrouilles et se mettra aussi en relation avec le poste de San Martin in Argine afin de connaitre tous les mouvements que pourraient faire les brigands dans cette partie, et en donner avis aux colonnes mobiles afin qu’ils soient attaqués et détruits, le poste de Minerbio se mettra en relation également avec celui de Budrio d’une part, et Malalbergo de l’autre. Comme il devra surveiller la digue qui couvre le chemin qui traverse cette route pour aller à Bentivoglio, les postes de Budrio et de Capo d’Argine devront aussi être envoyés dans cette partie, et dans la même direction, d’autant plus que le chemin et très fréquenté des brigands, les postes en patrouilles, auront pour ordre général d’arrêter tout individu sans passeport, vagabonds, gens suspects, hommes déguisés en femmes, prêtres, bouchers marchands de volailles, juifs, pécheurs et autres, ils poursuivront et feront feu sur ceux qui chercheront à fuir, jusqu’à ce qu’ils les aient atteint, feront conduire ceux qui seront arrêtés dans les communes les plus voisines, soit à Minerbio, ou à Budrio, au délégué politique de la préfecture qui les fera reconnaitre par les communes et les autorités dont ils se réclament, et pourra les mettre en liberté, sous sa responsabilité. Comme les brigands ont l’habitude de jeter leurs armes lorsqu’ils sont poursuivis, il est probable qu’il s’en trouvera parmi les individus qui seront arrêtés, ils devront en conséquence toujours être conduits, sous bonne garde, et même liés, lorsqu’ils auront cherché à fuir, au moment de se voir arrêtés ; les postes ont encore pour règle général, s’ils entendent des coups de fusils, d’envoyer des patrouilles dans la direction des feux si ceux qui les commandent sont à portée ; ils doivent chercher à envelopper les brigands ou les attirer dans leur poste ; on évitera avec eux toute longue fusillade, pour ne pas perdre du temps, les troupes doivent courir sur les brigands à coup de baïonnette.
Les troupes seront prévenues qu’elles ne rentreront en garnison que lorsque les brigands seront détruits ; que pour éviter de plus longues fatigues, chacun doit y apporter le zèle qu’attend le général et servir avec autant de bienveillance que de force et d’énergie.
Les troupes auront en gratification une ½ de viande et une ration de vin par jour dans les communes que le délégué de la préfecture désignera, les distributions se feront sur des bons en règle au moyen de ce, la plus sévère discipline sera observée avec les habitants tranquilles ; le général punirait très sévèrement celui qui contreviendrait à cet ordre. Le commandant rendra compte tous les jours au général de ce qu’il apprendra d’intéressant
" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 105 page 226).

Le 9 mars 1810, le Général de Division Grenier écrit, depuis Bologne, au Colonel du 106e Régiment, à Bologne : "Je vous préviens, M. le colonel, que les colonnes mobiles, composées chacune de 1 officier, 3 sergents, 6 caporaux et 40 fusiliers de votre régiment, sortiront de la ville en suivant plusieurs directions, à 2 heures du matin. Les 3 premières colonnes, commandées par des officiers de gendarmes que les votre devront seconder de tout leurs moyens, la 4e colonne devra avoir deux officiers de votre régiment dont l’un commandera la colonne, le maréchal des logis de gendarmerie qui sera attaché à cette colonne est, dit-on, très intelligent et connait parfaitement le pays.
Faites, je vous prie, connaitre mes intentions à vos officiers, dites que j’attends la destruction des brigands de leur zèle et de leur énergie que je les prie de communiquer aux braves gens qu’ils commandent
" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 108 page 229).

Le 10 mars 1810, le Général de Division Grenier écrit au Colonel du 106e Régiment, à Bologne : "Ci-joint, vous trouverez M. le colonel, l’instruction pour le chef de bataillon commandant les détachements de Cento et de San Giovanni, avec une lettre pour M. le vice-préfet de …
Je ferai encore l’instruction pour le capitaine commandant les détachements de Budrio, Minerbio, Medicina, et Malalbergo. Les ordres de mouvement ont été déjà remis.
Cette nuit à une heure partiront les colonnes mobiles ; vous en recevrez l’ordre dans la journée
" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 115 page 244).

Le 12 mars 1810, le Général de Division Grenier écrit aussi, depuis Bologne, au Chef d’Escadron Bortolli, commandant la Gendarmerie, à Bologne : "D’après différents rapports qui me sont parvenus, et l’augmentation que vous avez reçue, M. le commandant, d’un assez grand nombre de gendarmes, il sera nécessaire de poursuivre par des nouvelles colonnes mobiles les brigands qui paraissent s’être retirés dans la montagne pour rejoindre ceux qui y existaient déjà. Je pense donc qu’il conviendra de doubler les 4 colonnes qui dans ce moment parcourent la plaine, et d’en former 9 ainsi composées : 1 officier de gendarmerie (ou à défaut 1 officier de ligne), de huit gendarmes, y compris 1 maréchal-des-logis ou brigadier, 1 sergent, 3caporaux. Quelques colonnes se trouveront avec 2 sergents, d’autres avec 4 caporaux et 16 grenadiers ou voltigeurs. Ce qui composera chaque colonne de 30 hommes, non compris l’officier et les guides ; de ses 9 colonnes, 4 devront rester dans la plaine et tenir la même direction que les 4 premières en battant constamment toute la partie du département du Reno qui se trouve entre le Senio et le Panaro d’une part, et de l’autre depuis le Reno et le Pô di Primaro jusqu’à la grande route depuis Imola à Bologne, et de Bologne à Modène. Il importe que le doublement des colonnes se fasse de manière à ce que les habitants de la plaine de s’en aperçoivent pas, et que les colonnes qui seront dirigées vers la montagne, ne quittent la plaine que de nuit, afin que les brigands ne puissent être prévenus de leur marche.
Je pense qu’une colonne devrait être dirigée de Castel San Pietro par la rive droite du Sillaro, en remontant cette rivière et marchant sur Sassoleone, Castel del Rio, pour attaquer les brigands qui se trouvent dans cette partie, et qui ont assailli les douanes de Brancasdoli et de Doccia. Deux autres colonnes seront dirigées vers le Monte Armato, l’une par la route de Castel de Britti, l’autre par les routes qui conduisent de San Nicolò sur Vedriano, direction que paraît avoir tenu Baschieri et sa bande, la 4e colonne sera dirigée par Pianoro ensuite le chemin de Monterenzio, et enveloppera de cette manière les brigands qui se trouveraient dans les cantons de Castel San Pietro, Loyano ( ?), Fontana, attendu qu’il importe de ne pas laisser pénétrer les brigands dans les cantons du Sasso, Vergato, Castiglione, d’où ils pourront se réunir à ceux qui sont dans les cantons de Montetortore et de la Porretta. La cinquième colonne devra arriver par les chemins les plus courts, dans les cantons de Montetortore, y poursuivre les brigands dans toute la direction, et partout où ils se retireront ; cette colonne se mettra en communication avec Vergato où il y a un poste du 106e régiment. Les colonnes devront avoir pour but essentiel de ne pas quitter les brigands une fois qu’ils les auront atteints et de les poursuivre toujours avec la plus grande vigueur. Elles se conformeront du reste à tout ce qui a été prescrit par les instructions données aux premières colonnes de la plaine. Ils ne rentreront que lorsqu’ils auront arrêté ou détruit les brigands. Vous voudrez bien M. le commandant, donner les instructions en conséquence et me tenir informé, deux fois par jour, des résultats de toutes les colonnes.
Je désire que les colonnes mobiles dépassent la grande route de Bologne à Imola, et entrent dans les montagnes la nuit du 13 au 14 du courant. Je vous préviens encore que je ferai partir d’Imola une compagnie d’élite de 50 hommes du 53e régiment, qui entrera dans le canton de Fontana, en prenant la direction de Riolo, et Grosignano, et continuera de mettre à cette colonne des guides ou au moins 2 gendarmes. Par l’ordre que j’ai donné que les troupes des colonnes mobiles recevront la gratification, une demi-livre de viande et une ration de vin pendant que pendant que l’on comprenne la gendarmerie et les guides puisque ce service entraine des fatigues extraordinaires
" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 109 page 231).

Le 13 mars 1810, le Général de Division Grenier écrit, depuis Bologne, au Capitaine Grossetête, du 106e Régiment : "M. le capitaine Grossetête réunira son détachement au reçu du présent ordre et se dirigera sur castel san Pietro, où il recevra de nouvelles instructions de M. le chef de bataillon Maurie.
Il préviendra les communes par où il passera qu’il est remplacé dans le canton de Lugo par un détachement du 53ee régiment qui arrivera le 15 à Massa Lombarda ; il engagera les syndics et propriétaires de donner aux différents détachements des troupes de ligne à Imola, Castel San Pietro, les renseignements les plus prompts lorsqu’ils auront quelques avis de la marche des brigands
" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 110 page 233).

Le 13 mars 1810, le Général de Division Grenier adresse, depuis Bologne, ses instructions au Commandant du Bataillon du 53e Régiment, à Imola : "Le chef de bataillon du 53e régiment, qui avec le 2e bataillon, doit tenir garnison à Imola, a pour objet de maintenir la tranquillité dans ce district et de purger les brigands et de les détruire partout où ils pourront se trouver. Il se concertera à cet effet avec le vice-préfet, afin de ne pas faire faire de marches inutiles à la troupe.
A son arrivée à Imola, il enverra le 15 à la pointe du jour une compagnie de fusiliers à Massa Lombarda dans le canton de Lugo. Le commandant de cette compagnie aura pour objet, de concert avec la garde nationale et la gendarmerie, de faire de fréquentes patrouilles dans le canton dans la direction de Conselice, de la Vezzola, et sur le Pô de Primaro.
Une autre compagnie ou détachement de fusiliers sera placé dans les environs du pont de la Silustra sur la grande route de Bologne à Imola, pour la garde de ce pont et des chemins environnants, qui conduisent d’une part à Cantalupo et de l’autre à Dozza. Le vice-préfet indiquera le village, où la compagnie qui ne devra pas être moins de 60 hommes sera établie. Il est probable que ce sera à l’une ou l’autre maison près du pont. Cette compagnie fera des patrouilles sur Cantalupo d’une part, et de l’autre sur Dozza, et se tiendra en relation avec le poste du 106e régiment établi à Castel Sans Pietro. Les deux autres compagnies de fusiliers et les compagnies de grenadiers tiendront garnison à Imola pour porter des détachements où besoin sera.
La compagnie de voltigeurs partira d’Imola le 15 avant le jour et marchera dans deux directions. La 1ère par Torrano, Croare, et Casale en remontant le Santerno par la rive gauche, et la 2e par Bergullo, Mazzolana et Riolo entre le Santerno et le Senio, sur Trossignano. Ces deux détachements ont pour but de poursuivre, attaquer et détruire les brigands dans le canton de Fontana, dans toutes les directions et partout où ils pourront se trouver ; dans les communes où il y aura de la garde nationale, elle sera invitée à marcher avec les détachements, et à indiquer les repères des brigands.
Les maisons et Cassines isolées seront fouillées et les armes prises et déposées sur reçu chez les syndics des communes, ainsi que les hommes qui seront arrêtés. L’établissement de cette compagnie sera à Fontana, chef-lieu du canton, ayant un officier avec 30 fusiliers au moins à Trosignano. Si cette compagnie rencontre des brigands, elle restera sur leur trace, les attaquera et poursuivra par tout le … la compagnie, sera prévenu que des troupes du 106e régiment seront le 15 vers Monteranzio. Il tâchera de se mettre en relation avec elle ; toutes les fois que deux détachements marcheront à la poursuite des brigands, ils ne devront pas être moins de 50 hommes afin d’être toujours supérieurs ou au moins égales aux brigands.
Les compagnies établies dans les lieux indiqués vivront de leur solde, de la masse d’ordinaire toutes les fois qu’elles ne marcheront pas contre les brigands, les hommes recevront dans les communes qui seront indiquées par le vice-préfet une demi-livre de viande et une ration de vin en gratification. Cette fourniture sera faite sur des bons en règle, au moyen de ce, les troupes observeront la plus grande discipline. Les commandants des détachements en seront personnellement responsables. Chaque homme sera fourni de 40 ou 50 cartouches. Le chef de bataillon devra recevoir tous les soirs les rapports de ses détachements pour me les faire parvenir de suite
" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 110 page 233).

Le 14 mars 1810, le Général de Division Grenier écrit, depuis Bologne, à S. A. I. le Prince Eugène Napoléon, Vice-Roi d’Italie : "... Dans les différents petits combats qui ont eu lieu avec les brigands, le 106e régiment a eu plusieurs hommes tués, 1 officier et quelques hommes blessé. J’ai à me louer tout particulièrement de la garde nationale de Budrio et des détachement du 106e régiment qui, le 13, ont enveloppé Baschieri et sa bande" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 110 page 234).

Le même 14 mars 1810, le Général de Division Grenier écrit, depuis Bologne, au Chef d’état-major Vignolle, à Milan : "Ci-joint, mon cher général, un rapport à S. A. I. Veuillez, je vous prie, le mettre sous ses yeux et lui faire parvenir à Paris, si S. A. I. était déjà partie de Milan, comme on me l’annonce ici. Vous verrez par le rapport que j’ai gardé ici le 53e régiment en en détachant un bataillon à Imola. Cette disposition est nécessaire pour rendre la tranquilité à ce payx et il faudrait, comme je le mande à S. A. I. un autre régiment pour Reggio, Modène, La Mirandole et Cento, attendu que n’ayant pas de troupes sur ce point, les brigands poursuivis d’un département se réfugient dans un autre et exercent ainsi impunément leurs ravages. Je prie S. A. I. de prendre mes observations en très grande considération, attendu qu’après le 15 avril, lorsque la campagne sera couverte, il sera impossible de donner la chasse à ces coquins qui auront mille moyens de se cacher et tiendront encore la terreur dans le pays jusqu’à l’hiver prochain.
Je désire conserver le 53e régiment au moins jusqu’au 15 avril. Je vais envoyer un bataillon du 106e à Modène, en attendant que S. A. I. défère à ma demande en envoyant encore un régiment qui serait destiné pour Reggio, Modène, Cento et La Mirandola.
La prise et la mort du fameux Baschieri est assez intéressante pour avoir cru devoir faire connaitre à S. A. I. par le moyen d’une estafette extraordinaire
" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 111 page 235).

S'en suit la lettre, suivante, datée de Bologne le 14 mars 1810, écrite par le Général de Division Grenier écrit : "Je m’empresse d’annoncer à Votre Excellence par estafette que l’assassin Baschieri a terminé le 13 au soir sa carrière, ainsi que ses fameux complices Zarri dit Baciulla et Patello, enveloppés par des détachements du 106e régiment et de la brave garde nationale de Budrio, ils ont vendu chèrement leurs vies. Le commandant du détachement a été blessé grièvement. Un sergent et un soldat mortellement blessés ; 1 capitaine de la garde nationale a été tué, un officier et plusieurs ont été blessés. J’espère, si je continue à être bien seconde, mettre bientôt fin aux brigandages" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 111 page 235).

Encore le 14 mars 1810, le Général de Division Grenier écrit, depuis Bologne, aux habitants du Reno : "Le crime ne reste jamais impuni. L’assassin Baschieri et ses fameux compagnons n’ont pu se soustraire aux poursuites dirigées contre eux. Ils n’existent plus. La brave garde nationale de Budrio et des détachements du 106e régiment en ont fait hier justice.
Bientôt quelques autres scélérats qui infectent encore ces contrées, éprouveront le même sort. Les colonnes mobiles ne rentreront qu’après leur entière destruction. Il appartient aux curés, aux syndics et aux habitants des communes d’y contribuer efficacement, tant en ne souffrant pas qu’il leur soit donné asile, qu’en indiquant leurs repaires aux colonnes mobiles qui les poursuivent. Je me ferai un devoir de faire connaitre à S. A. I. le Prince Vice-Roi du royaume ceux de ses fonctionnaires ou habitants qui auront rendu des services et bien mérité de leurs concitoyens ; mais je poursuivrai aussi avec la dernière vigueur et traduirai devant une commission militaire comme complice des brigands, ceux qui les aideront, qui leur donneront des moyens de subsistance, ou qui n’indiqueraient pas leurs retraites, lorsqu’ils en auront connaissance
" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 113 page 239).

Le 15 mars 1810, le Général de Division Grenier écrit, depuis Bologne, au Préfet Bologne : "Désirant monsieur le préfet, que les prix accordés par le gouvernement par chaque tête de brigands, soient payés dans le plus court délai possible, afin d’encourager les troupes à poursuivre les autres bandits avec plus de vigueur encore, je vous prie d’ordonner que la somme des 6000 francs qui, comme vous m’avez fait l’honneur de me le dire, forment le montant des prix accordés pour les trois brigands, soient payés à la garde nationale de Budrio et l’autre moitiés … 3000 francs entre les mains du colonel du 106e régiment, monsieur Bertrand, pour être répartis par lui aux détachements de troupes de ligne qui y ont droit, je pense que c’est le seul moyen de contenter les uns et les autres" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 111 page 236).

Le 16 mars 1810, le Général de Division Grenier écrit, depuis Bologne, au Commandant Maurier (Maury ?) du 106e Régiment : "Votre rapport de ce jour, monsieur le commandant, qui devait m’être apporté par un paysan de Cristoforo, avec le paquet de cartouches en fer blanc et les 3 chapeaux, m’a été remis par un postillon de San Nicolò sans les objets ni les renseignements que le paysan aurait pu me donner. Tâchez de savoir si le poste de Castel Britti a vu les brigands cessant de diriger des colonnes contre eux. Il serait essentiel d’être bien informé de la direction qu’ils ont tenue, afin de ne pas faire courir trop inutilement ; tenez moi exactement informé de tout ce qui parviendra à votre connaissance" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 109 page 232).

Le même 16 mars 1810, le Général de Division Grenier écrit, depuis Bologne, au Commandant Vernai (Vernant ?), du 106e Régiment, à Cento : "D’après vos différents rapports, M. le commandant, ceux du vice-préfet, et du capitaine Gauthier, je juge que la bande de Gozza se trouve toujours les environs de Massumatico. Il convient de la débusquer et de la détruire s’il est possible. Pour cela, il vous faut réunir une partie de vos troupes de San Giovanni, Bonconvento, Longara et San Vitule, les diriger de manière à ce que vous formiez une chaine assez forte autour des repaires des brigands pour qu’ils ne puissent s’en échapper, et ensuite de les traquer comme des loups. J’ose croire que vous serez mieux secondé dans ce moment que dans le commencement, la mort de Baschieri et de plusieurs de ses compagnons doit donner du courage aux bons soldats et imprimer la terreur chez les méchants. Vous inviterez M. Gauthier à vous seconder de tous ses moyens" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 112 page 238).

Puis, encore le 16 mars 1810, le Général de Division Grenier écrit, depuis Bologne, au Colonel du 106e Régiment : "Je vous préviens, M. le colonel, que de concert avec M. le préfet, j’ai déterminé que le prix accordé pour les brigands serait partagé entre la garde nationale et les détachements de votre régiment qui ont concouru à l’expédition du Budrio le 13 de ce mois. Le montant du prix pour les trois brigands étant de 6000 francs, M. le préfet vous fera payer 3000 francs que je vous prie de faire distribuer aux détachements de votre régiment qui ont pris part à l’affaire en en faisant connaitre la répartition par l’ordre du jour de votre régiment.
Les autres 3000 francs seront payés par ordre du préfet à la garde nationale de Budrio.
Ci-joint l’état de service de M. le chef de bataillon Vernier
" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 112 page 238).

Le 17 mars 1810, le Général de Division Grenier écrit, depuis Bologne, au Colonel du 53e Régiment : "D’après les dispositions arrêtées par M. le général de division comte Grenier, il est ordonné au colonel du 53e régiment de faire partir un de ses bataillons demain 18 mars, de Bologne, pour aller occuper les postes ci-après.
L’état-major à Budrio, avec la compagnie de grenadiers qui formera une colonne mobile d’un sergent, deux caporaux et 20 grenadiers, à la disposition d’un officier de gendarmerie.
La compagnie de voltigeurs à Castel Guelfo, ayant un poste d’un sergent, un caporal, et 12 hommes à Medicina et fournissant une colonne mobile d’un sergent, 2 caporaux et 20 voltigeurs à la disposition d’un officier de gendarmerie.
La 1ère compagnie de fusiliers à Minerbio, ayant un poste d’un sergent, 1 caporal et 12 hommes à Baricella.
La 2e compagnie à Mezzolara, avec un poste d’un sergent, 1 caporal, et 14 fusiliers à San Martino in Argine.
La 3e compagnie à Castenaso, ayant un poste d’un sergent et 8 hommes à Cadriano, et un caporal et 8 hommes à Quarto Inferiore.
La 4e compagnie à Castel de Britti, ayant un officier et 18 hommes à San Lazaro.
Ces différents détachements ont pour objet de maintenir la tranquillité dans les arrondissements qu’ils occupent, de donner la chasse aux brigands partout où ils pourront les rencontrer, les détruire ou les arrêter, ils recevront d’ailleurs et se feront remettre par les commandants des détachements du 106e qu’ils rencontreront, copie des instructions qui leur ont été données et qui serviront de consigne générale.
Chaque homme devra être pourvu de 40 à 50 cartouches.
Le chef de bataillon détaché à Budrio est prévenu que les officiers de gendarmerie enverront chercher les colonnes mobiles à Budrio et Castel Guelfo.
Le colonel du 53e régiment donnera également ordre au chef de bataillon qui est à Imola, d’envoyer une compagnie de fusiliers de son bataillon à Castel San Pietro. Cette compagnie correspondra avec lui à Imola, et aura un officier et 20 hommes à San Nicolò, les détachements recevront également copie des instructions données aux détachements du 106e et s’y conformeront. Il résulte de ces dispositions que le chef de bataillon qui est à Imola, à la surveillance des postes sur la grande route, depuis Imola jusqu’à San Nicolò inclusivement.
Outre toutes ces dispositions, il sera encore formé trois colonnes mobiles, composées de grenadiers et de voltigeurs du 53e régiment pris sur les compagnies qui restent à Bologne, chacune d’un sergent, 2 caporaux, 20 grenadiers ou voltigeurs, qui seront mis à la disposition de la gendarmerie dans les points ci-après.
La 1ère colonne à Loiano.
La 2e colonne à Monte Armato.
La 3e colonne à Vedriano ; s’il faut des officiers à ces colonnes mobiles, le commandant de la gendarmerie les demandera.
Il sera de plus envoyé par le 53e régiment du bataillon qui est à Bologne, 1 officier, 1 sous-officier, 2 caporaux et 16 fusiliers à Capo d’Argine.
1 lieutenant, 1 sergent, 2 caporaux et 18 hommes à poste fixe à Loiano.
1 sergent, 1 caporal et 13 hommes à Pianoro, sous les ordres du liueutenant qui va à Loinao.
1 sergent, 1 caporal et 12 hommes à Molini Nuovi.
1 sergent, 1 caporal et 15 hommes à Castagnolo Minore.
1 lieutenant ou sous-lieutenant, 1 sergent, 2 caporaux et 20 hommes à Trebbo.
Les 3 derniers détachements seront sous les ordres de l’officier qui sera à Trebbo ; les instructions sur leur service seront consignées par les détachements du 106e régiment qui sont sur les différents points.
Les colonnes mobiles et les différents détachements devront également partir de Bologne le 18 mars
" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 113 page 240).

Le même 17 mars 1810, le Général de Division Grenier écrit, depuis Bologne, au Lieutenant-colonel Borfollan ( ?), commandant la 2e Légion de Gendarmerie royale, à Bologne : "J’ai l’honneur de vous prévenir M. que pour régulariser le service et y établir une marche invariable, je viens d’ordonner à un bataillon du 53e régiment de partir demain 18 de Bologne pour aller occuper la plaine en avant de Bologne, entre la route qui conduit à Malalbergo et le Corvalue ( ?) ; il doit relever tous les détachements du 106e qui sont dans cette direction et mettre à la disposition des commandants des colonnes mobiles qui s’y trouvent cinq autres colonnes composées chacune d’un sergent, 2 caporaux et 20 grenadiers ou voltigeurs, l’une de ces colonnes attendra qu’elle soit appelée par la gendarmerie à Budrio, l’autre à Castel Guelfo. Vous donnerez en conséquence l’ordre aux commandant des colonnes de les envoyer chercher et de renvoyer à Bologne tous les hommes qui sont dans ce moment du 106e.
Il partira également demain 18 trois autres colonnes mobiles du 53e régiment pour les montagnes ; elles seront dirigées, la 1ère à Loiano, la 2e au Monte Armato, la 3e à Vedriano ; veuillez en donner aussi avis aux commandants des colonnes que vous avez dans ces directions afin qu’ils les envoient chercher et renvoyer de suite à Bologne les hommes qu’ils ont du 106e régiment qui reçoivent une autre destination ; ces colonnes seront de la même force que celles ci-dessus.
J’ai cru devoir organiser en même temps tous les services de Cento et de San Giovanni, et j’ai disposé un bataillon du 106e. L’état-major sera à Saint Georges.
Ce bataillon tiendra aussi à votre disposition pour le 20 de ce mois à San Giorgio une colonne mobile d’1 sergent, 2 caporaux, et 20 hommes, grenadiers ou voltigeurs, une autre à Cento d’égal nombre, afin de pouvoir parcourir cette plaine en tous sens.
Outre cette disposition, le 106e régiment enverra le 20 trois colonnes mobiles dans les montagnes en arrière de la grande route.
L’une à Guiglia ; l’autre à Sasso, et la 3e à Vergato.
Ces colonnes sont de la même force que les autres, et les commandants que vous désignerez les enverront chercher dans les points indiqués en observant de renvoyer les hommes qui se trouvent à la colonne mobile qui a marché vers le Monte Tortone il y a quelques jours ; si vous n’avez pas assez d’officiers pour en mettre un à chaque colonne, vous demanderez des officiers aux colonnes au chef de bataillon du régiment dont les colonnes sont parties.
Par suite de ces dispositions, vous aurez 4 colonnes mobiles dans la plaine et 6 dans la montagne, non compris le détachement que j’ai envoyé Mirola dans le canton de la Fontana. Pour plus d’intelligence, ci-après, le tableau des colonnes mobiles.
Du 53e régiment, dans la plaine de Bologne, colonnes mobiles composées de 1 sergent, 2 caporaux et 20 grenadiers ou voltigeurs à Castel Guelfo ; 1 sergent, 2 caporaux et 20 grenadiers ou voltigeurs à Budrio ; 1 sergent, 2 caporaux et 20 grenadiers ou voltigeurs à Vedriano. Dans les montagnes en arrière de la route d’Imola, 1 sergent, 2 caporaux et 20 grenadiers ou voltigeurs à Monte Armato ; 1 sergent, 2 caporaux et 20 grenadiers ou voltigeurs à Loiano.
Du 106e dans les plaines à la gauche de Bologne, 1 sergent, 2 caporaux et 20 grenadiers ou voltigeurs à San Giorgio ; 1 sergent, 2 caporaux et 20 grenadiers ou voltigeurs à Cento. Dans les montagnes en arrière de la grande route de Modène, 1 sergent, 2 caporaux et 20 grenadiers ou voltigeurs à Sasso ; 1 sergent, 2 caporaux et 20 grenadiers ou voltigeurs à Vergato ; 1 sergent, 2 caporaux et 20 grenadiers ou voltigeurs à Guiglia au Monte Tortone.
Je répète que les détachements du 53e régiment partiront demain 18 pour les différents points et ceux du 106e le 20 ; il faut donc qu’aux lieux indiqués, les commandants de gendarmerie les envoient chercher et renvoient de suite tous les hommes du 106e qui sont avec eux dans ce moment. Cette exactitude est nécessaire pour que chaque régiment soit à son poste, et que le 106e puisse organiser un bataillon pour Modène qui devra y arriver le 22.
Je pense qu’en mettant 6 gendarmes à chaque colonne, non compris le commandant, les colonnes seront d’une force suffisante pour attaquer et détruire les brigands partout où elles les rencontreront ; il conviendra de nommer des officiers qui devront prendre le commandement de 3 colonnes dans chaque partie de montagnes, afin qu’ils puissent donner des directions et faire agir les colonnes de concert si les circonstances exigent, c’est vous vous donnerez les instructions que vous les aurez reçues du 8 au 9 et vous préviendrez toutes les colonnes que je ne veux pas que le 30 de ce mois, il y ait un brigand dans le département du Reno ; dans le cas contraire, elles n’auraient pas fait leur devoir.
En en mettant que 6 gendarmes à chaque colonne, je vous réserve les moyens d’en envoyer 11, 12 ou 15 à Modène où ils devront être arrivés le 23. Mon intention de faire partir le même jour ou au plus tard le 24 de cette ville, deux colonnes mobiles très fortes pour détruire les brigands qui sont des les montagnes de ce département.
P.S. Les commandants des colonnes de la plaine recevront de vous, comme ceux de la montagne, tous les ordres, mais ils devront aussi correspondre avec les chefs de bataillon qui seront à Budrio et Cento, afin que ces derniers sachent où les trouver s’ils avaient des ordres à leur faire partir
" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 117 page 248).

Le 18 mars 1810, le Général de Division Grenier écrit, depuis Bologne, au Chef de l’Etat-major du Royaume d’Italie, Comte Vignolle : "Le 53e régiment attendait son dépôt il y a quelques jours ; il parait qu’ensuite de nouvelles dispositions, son arrivée est retardée ; le bien du service exige cette réunion qui peut être ne pourra pas avoir lieu dans deux mois ; je vous demande, mon cher général, la même faveur pour le 106e régiment. Vous rendrez bien service à ces corps" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 119 page 251).

Le même 18 mars 1810, le Général de Division Grenier écrit encore, depuis Bologne, au Chef de l’Etat-major du Royaume d’Italie, Comte Vignolle : "Je vous donne avis, mon cher général, que j’envoie le 22 de ce mois, un bataillon du 106e régiment à Modène pour donner la chasse aux brigands qui sont dans le département. J’espère que là, comme dans le Reno, il n’en existera plus au premier avril, mais il faudrait, pour assurer la tranquillité de ces départements, pouvoir pendant un mois ou 6 semaines occuper ces pays par de gros cantonnements ; sans cette mesure, les brigands dispersés aujourd’hui se réuniront 15 jours après et recommenceront leurs brigandages avec toute sécurité parce que les troupes ne pourront pas continuer le métier que je leur fait faire, attendu qu’elles font journellement 15 à 20 milles dans toutes les directions, il faudrait donc environ 4 bataillons à Reggio, 1 à Modène, 1 à Cento, 1 dans le canton de Vergato et de la Poretta, 1 dans le canton de Loiano et de Castiglione, 1 à Imola, 1 autre à Budrio, 1 à Minerbio et deux à Bologne, fournissant le service extraordinaire dans ce moment. Je considère le brigandage comme détruit, mais il se relèvera, aussitôt que les troupes rentreront ; et alors, les coquins tiendront encore la campagne toute l’année, ce que l’on empêchera au moyen des gros cantonnements ; les brigands divisés et n’ayant plus de moyens de vivre, il se livreront aux travaux de la campagne et rentreront peu à peu dans l’ordre. Il faut être sur les lieux pour juger de ce qui se passe, il est plus que temps de mettre un terme aux désordres qui règnent dans ce pays" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 119 page 251).

Toujours le 18 mars 1810, le Général de Division Grenier écrit également, depuis Bologne, au Ministre de la Guerre du Royaume d’Italie : "J’ai l’honneur d’adresser à Votre Excellence l’état nominatif des hommes de la garde nationale de Budrio qui, avec les détachements du 106e régiment de ligne, ont tué Baschieri et ses compagnons.
Je prie Votre Excellence de demander pour la femme et les enfants du nommé Cattoli Luigi, la pension que le souverain accorde ; cet acte de justice sera un grand encouragement pour la garde nationale
" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 119 page 252).

Le 20 mars 1810, le Général de Division Grenier écrit, depuis Bologne, au Colonel du 29e Régiment de Dragons, à Modène : "Votre lettre du 17 relative au service du théâtre monsieur le colonel, ne m’est pas parvenue que le 18. Par conséquent, 24 heures après que le service a été fourni. En effet, monsieur le préfet du Panaro m’a écrit à ce sujet. Je lui ai répondu que l’autorité civile étant chargée de la police du théâtre, elle requerrait du commandement militaire la garde qu’elle jugerait nécessaire, que la garde se fournissait ordinairement par l’infanterie de ligne et à son défaut, par de la cavalerie, à moins qu’il n’existe dans la place une garde nationale soldée mise à la disposition du commandant de la place pour tout service militaire qui, dans ce cas, ferait le service du théâtre avant la cavalerie. Je supposais que monsieur le préfet vous communiquant cette lettre, tout s’arrangerait sans difficultés ; aujourd’hui le préfet me mande que malgré cette communication qui vous a été faire, vous avez fait établir un poste au théâtre sans réquisitions avant l’ouverture, je suis fâché de cette démarche qui est entièrement arbitraire et … nécessairement improuvée par S. A. à … connaissance de la quelle cette affaire à déjà a été portée ( ???), vous ne devez … avoir tord envers l’autorité civile et pour avoir le droit pour vous il faut suivre strictement les règlements qui déterminent les démarcations entre elles et l’autorité militaire.
Je désire que ces altercations cessent, vous en trouverez le moyen dans l’arrivée du bataillon du 106e régiment
" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 121 page 256).

Le même 20 mars 1810, le Général de Division Grenier écrit aussi, depuis Bologne, au Général Chef de l’Etat-major général du Royaume d’Italie : "Ci-joint, vous trouverez, mon cher général, une demande de 300 sabres pour le 106e régiment ; veuillez, je vous prie, en ordonner la fourniture.
Je doute que cette demande soit dans les formes voulues ; je vous la transmets telle que je l’ai reçue
" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 121 page 256).

Toujours le 20 mars 1810, le Général de Division Grenier écrit encore, depuis Bologne, au Général Roize, commandant le département du Crostolo, à Reggio : "Je vous préviens, monsieur le général, que j’envoie le 22 de ce mois un bataillon du 106e régiment à Modène qui, dès le 24, formera deux colonnes mobiles pour aller à la poursuite des brigands qui infestent les cantons montueux de ce département ; il conviendra donc de garder soigneusement tous les passages qui, dans cette direction, existent, du département du Panaro, dans celui du Crostolo, afin d’empêcher que ces coquins ne puissent s’y jeter ; entendez-vous à cet égard avec monsieur le préfet et le commandant de la gendarmerie et employez pour ce service qui doit au plus durer 10 jours, une soixantaine de dragons à pied, n’ayant pas les moyens de vous envoyer de l’infanterie dans ce moment" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 122 page 257).

Le 22 mars 1810, le Général de Division Grenier écrit, depuis Bologne, au Colonel Avice, commandant le département du Panaro : "L’arrivée d’un bataillon du 106e régiment à Modène, donnant à M. le commandant du département la facilité d’y exciter ici les brigandages, il fera, d’après les dispositions suivantes, mettre les troupes en mouvement et commenceront les opérations, le 24 courant vers les 8 heures du soir. Une compagnie de fusiliers sera placée à Sassuolo fournissant un poste mêlé de garde nationale du lieu sur la Secchia dans la direction de San Michele et autre dans la direction de Maranello, ces postes feront des fréquentes patrouilles sur ces différents points. Une autre compagnie de fusilier établie à Gazzano communiquant par des patrouilles avec celles dirigées de Sassuolo vers Maranello, cette compagnie aura un poste à San Venanzio qui fera des patrouilles sur Levizzano. Une troisième compagnie sera placée à Vignola, ayant un poste à Levizzano qui communiquera par des patrouilles avec celui de Venzano ( ?) et aura un autre poste dans la direction de Muzano ( ?).
Les postes que les compagnies détacheront, devont être au moins de 15 à 20 hommes et les plus importants seront commandés par des officiers, chacun de ces postes devant être renforcé de 7 à 8 hommes de la garde nationale. Ces compagnies se mettront en route immédiatement après le départ des colonnes mobiles dont il sera parlé ci -après.
La 4e compagnie de fusiliers restera en garnison à Modène, ainsi que les compagnies d’élite après qu’il aura été pris sur ces dernières, trois colonnes mobiles ainsi qu’il suit.
La première d’un officier, 2 sergents, 3 caporaux et 20 grenadiers ou voltigeurs. La 2e un officier, 1 sergent, 3 caporaux et 20 grenadiers ou voltigeurs. La 3e un officier, 1 sergent, 3 caporaux et 20 grenadiers ou voltigeurs. Total 3 officiers, 4 sergents, 9 caporaux, 60 grenadiers ou voltigeurs.
Il sera ajouté à chacune de ces colonnes mobiles six ou 8 gendarmes, quatre au sous-préposé des finances et trois ou quatre guides bien armés, et connaissant parfaitement le pays, de sorte que chaque colonne sera d’environ 35 hommes et par conséquent plus forte qu’aucune des bandes des brigands. Monsieur le colonel Avice s’entendra pour cette opération avec M. le préfet et le commandant de la gendarmerie ; il pourra joindre à chacune des colonnes deux ou trois dragons à cheval pour donner la nouvelle de l’une ou l’autre.
La première colonne devra partir le 24 au soir et à la nuit de manière à arriver à Sassuolo, de là à San Michele et jusqu’à Marento de Monferrato ( ?) avant le jour, afin de tenir tous les débouchés avant que les brigands ne soient prévenus de la marche.
La marche de la 2e colonne devra être exécutée de manière à ce qu’elle arrive à Gorzano au moment où la première arrivera à Monferrato et la troisième devra arriver à la même heure à Castelnuovo ; les colonnes mobiles se reposeront en attendant que les compagnies soit arrivées aux postes fixes qui leur sont assignés (ce que l’on peut encore déterminer par l’heure du départ et les chemins qu’elles auront à parcourir) ; alors les colonnes mobiles se mettront en mouvement, la première se divisera, laissant une petite colonne de 15 à 16 hommes à Monferrato et dans les environs pour poursuivre et arrêter les brigands qui seront poursuivis par la deuxième colonne partant de Gorzano dans la direction de Montebaranzone, Monferrato ( ?), Montordone ( ?), Pigneto, Vorca, San Mania ( ?), Montagnana, Campo d’Alloglio et Gambola qui devront être fortifiés.
L’autre partie de la première colonne se portera rapidement par Liyannano ( ?), Panzano, et San Dalmazio pour arrêter ce qui pourrait fuir de ce côté, soit venant de Montagnana, soit de Levizzano ou de Castelvetro.
La troisième colonne commencera à fouiller dès Castelnuovo, suivra la trace des brigands qui sont dans les environs, les poussera vivement et si elle ne peut les atteindre et les tuer, tâchera de les jeter sur Levizzano, Vignola pour les combattre de concert avec les postes qui seront placés sur ces points et qui devront y être arrivés, ne rencontrant par les traces des brigands, il continuera sa marche sur Denzano et Vilatello ( ?) d’où elle se trouvera en communication avec la partie de la première colonne qui sera dans les environs de San Dalmazio.
Les commandants des colonnes seront prévenus qu’une colonne mobile passera le 25 à la pointe du jour du département du Reno dans celui du Panaro pour tomber sur les brigands qui pourraient être du côté de Sassuolo, Gardano ( ?), Genialo ( ?), Rescoro ( ?), Semese ( ?), Castagnello ( ?) et de manière à les envelopper et occuper ensuite Montorse ( ?) et Parvallo ( ?) pour couper toute retraite à ceux poursuivis par la 3e colonne, jusqu’à ce que cette dernière soit elle-même arrivée dans cette partie. Cette colonne concourra avec les autres à la destruction des brigands et empêchera qu’ils ne gagnent les hautes montagnes, jusqu’au 28 inclusivement, elle recevra jusqu’à ce jour des ordres du chef de bataillon Maurie et rentrera le 29 dans le département du Reno.
M. le chef de bataillon Maurie aura le commandement de toutes les troupes qui seront dans les montagnes du Panaro, recevra des instructions de M. le commandant du département et lui rendra compte de ses opérations en même temps qu’il m’informera directement de ce qui se passera de plus important, il enverra les mêmes aussi à M. le préfet du Panaro.
L’objet des colonnes mobiles étant de détruire les brigands partout où elles les rencontreront, elles les poursuivront avec la dernière vigueur et ne devront plus les perdre de vue ; une fois qu’elles les auront atteints, elles devront empêcher que les brigands ne gagnent les hautes montagnes et pour cela, elles chercheront à les pousser dans les directions de Vignola, Gazzano et Sassuolo pour les faire tomber dans les postes qui y sont établis. Les colonnes mobiles ne devront pas s’amuser à la fusillade ; elles doivent courir sur les brigands à la baïonnette pour ne pas leur laisser le temps de recharger leurs armes. Elles arrêteront aussi, ainsi que les postes fixes, tous les gens suspects, vagabonds et déguisés ; on s’attachera particulièrement à ceux qui chercheront à fuir ou à éviter les postes et on les conduira dans les principales communes pour être reconnus et traduits devant l’autorité que désignera M. le préfet.
Les colonnes marcheront et s’éclaireront militairement, et éviteront toute surprise ; chaque homme sera muni de 40 à 50 cartouches. Chaque homme aura en gratification dans les communes que désignera M. le préfet une demi-livre de viande de six onces et une ration de vin d’une demi-bouteille par jour. Ces fournitures seront faites sur des bons en règle ; au moyen de cette gratification, les troupes ayant suffisamment de quoi vivre, les commandants des détachements feront observer la plus sévère discipline et seront personnellement responsables de tout désordre.
La présente instruction sera communiquée à M. le préfet et au commandant de la gendarmerie pour que les meilleures mesures soient prises pour conduire au but qu’on se propose, mais le plus grand secret doit être observé, et la marche des troupes doit être connue que lorsqu’elles seront déjà à leur destination.
Il est entendu que les officiers de gendarmerie, s’il en a autres marchant de … employés dans les colonnes feront leurs rapports journaliers aux autorités compétentes et au lieutenant-colonel de la gendarmerie à Bologne.
Les postes établis du côté de Finale et sur le Panaro devront être maintenus jusqu’au premier du mois et la gendarmerie avec la garde nationale doit suffire pour arrêter les déserteurs et réguler ceux qu’ils trouveront dans cette partie et du côté de Mirandola
" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 123 page 260).

Le 24 mars 1810, le Général de Division Grenier écrit, depuis Bologne, au Colonel du 29e Dragons, à Modène : "J’ai reçu hier soir, M. le colonel, votre lettre du même jour sur l’affaire qui a eu lieu près Denzano et San Dalmazio entre une colonne mobile composée de gendarmerie et de garde nationale, et les brigands. Je désire beaucoup que la compagnie de voltigeurs que vous avez fait partir hier n’ai pas dépassé Sassuolo ; sans cela, les brigands gagneront les hautes montagnes et c’est ce que je voulais éviter, comme vous avez pu le voir par mes instructions et par la marche que je fais faire à une colonne mobile qui doit arriver demain à la pointe du jour du département du Reno dans celui du Panaro dans la partie supérieure. Dites bien à M. le chef de bataillon Maurie qui est un bon officier que j’attends de lui qu’il détruira ces brigands, qu’il leur donnera une chasse tellement forte et continuelle que ceux qui pourraient lui échapper n’aient pas envie de revenir.
Tous ceux qui seront pris combattant seront traduits à une commission militaire ; vous m’en enverrez de suite les noms avec le rapport de la prise, et en même temps, une indication des officiers qui pourront composer cette commission. Je vous renverrai le tout de suite avec l’ordre de les faire juger dans les 24 heures ; j’écrirai à M. le préfet pour les autres afin que la justice se fasse de suite
" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 128 page 270).

Le 24 mars 1810, le Général de Division Grenier écrit, depuis Bologne, au Chef de Bataillon (Maurie) du 106e, à Modène : "J’ai reçu, monsieur, les différents rapports que vous m’avez adressés et par lesquels je voie que les troupes sous vos ordres servent avec autant de zèle que d’activité ; je vous prie d’en témoigner particulièrement ma satisfaction à la compagnie stationnée à Massa Lombarde. Je vous renvoie ci-joint les pièces qui étaient avec votre lettre du 23 ; c’est en effet au vice-préfet à déterminer sous la responsabilité si tel ou tel individu doit être envoyé à Bologne ; il est probable que par la lecture de ce rapport, il jugera qu’il a été trompé et qu’il prendra envers les prévenus toutes les précautions qui par suite restent à sa charge.
Le syndic de la commune de Dozza m’informe que la bande de Ravanelli et celle de Bernayonzi ( ?) se trouvent souvent dans les près à 2 ou 3 milles de Dozza et qu’il est peut être possible de les surprendre ; tâchez d’avoir des informations exactes à cet égard et placer en attendant demain au soir 1 officier intelligent et 20 hommes à Dozza.
Si vous recevez quelque avis, faites arriver des détachements de Trassignano ( ?), Fontanelice ( ?), Monte Armato, Castel de Britti, Settefonti, et Vedriano, pays que parcourent les colonnes mobiles de votre régiment, ainsi que des postes de San Nicolò, et de Paratello ( ?) ; dans toutes les directions, pour marcher contre ces coquins et les tuer partout où on les rencontrera, prenez vos mesures de manière à ce que toutes les colonnes entourent les bois
" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 130 page 273).

Le 24 mars 1810 encore, le Général de Division Grenier écrit ensuite, depuis Bologne, au Colonel du 106e, à Modène : "Il convient, monsieur le colonel, de faire renforcer le poste de Bazzano d’1 officier et 20 hommes afin que ce point, l’on puisse occuper Savignano et Guiglia et les passages pour empêcher les brigands qui vont être poursuivis dans le Panaro, de se rejeter dans le département du Reno.
Je vous prie de donner vos ordres en conséquence à l’officier qui commande dans cette partie, en lui envoyant en même temps le restant à lui-même.
De fréquentes patrouilles devront remonter le Panaro jusqu’au-delà de la de Guiglia (sic) ; elles devront être doublées par la garde nationale
" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 131 page 275).

Puis, toujours le 24 mars 1810, le Général de Division Grenier écrit également, depuis Bologne, au Chef de Bataillon Vernier, du 106e, à San Giorgio : "Rien n’empêche, monsieur, que nous ne retiriez des gommes de Massumatico pour les placer ailleurs, lorsque le bien du service n’en souffre pas et que le soldat en est mieux ; le syndic d’Altedo et … me demande un détachement, m’assurant que c’était un passage assez fréquenté des brigands ; si ce village n’est pas trop loin, envoyez-y un petit détachement. Il ne sera donc pas possible de prendre ce coquin de Gazza ; on m’assure qu’il est parvenu à passer le Pô. Il passe pour être le plus bête des brigands, et c’est lui qui se cache le mieux, puisque presque tous les autres sont pris.
Ps. Votre projet sur la garde nationale serait bon, mais il faudrait faire envoyer tous ces gens là, ce qui coute beaucoup d’armes en les mettant dans des mains peu sures. Je pense donc qu’il faut se borner à envoyer un tiers de détachements de ligne
" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 131 page 275).

Le 25 mars 1810, le Général de Division Grenier écrit, depuis Bologne, à Eugène Napoléon, Vice-Roi d’Italie : "… Le 106e occuperait Bologne et environs et le 53e Imola et Faenza …" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 132 page 277).

Le 26 mars 1810, le Général de Division Grenier écrit, depuis Bologne, au Chef de Bataillon Vernier, du 106e Régiment, à San Giorgio : "Ayant, monsieur, arrêté avec monsieur le préfet du département du Reno, de faire faire, le 29 et le 30 de ce mois une perlustration générale dans tout le département, afin de retirer, s’il est possible, les racines du brigandage, vous êtes chargé de cette opération dans les cantons qui composent le district de Cento, et qui sont les canton de Cento et de San Giovanni in Persiceto, rendez-vous en conséquence près du vice-préfet de Cento pour convenir de la répartition des troupes dans toutes les communes de ces deux cantons ; vous pourrez en vertu de mes ordres donner ceux nécessaires aux détachements de dragons qui sont à Crevalcore, Nonantola, et Panzano, pour les communes qu’ils occupaient, ainsi qu’aux détachements de votre régiment qui sont à Castel Franco et Anzola, quoiqu’ils ne seraient pas de votre bataillon.
Les dispositions convenues sont qu’au même jour, à la même heure, et au même moment (qui seront fixés par monsieur le préfet pour tout le département), les détachements qui seront dans les communes de concert avec la garde nationale, et sur la conduite de syndic ou délégué politique, feront des recherches dans toutes les communes et maisons qui en dépendent, arrêteront tous les brigands, vagabonds, conscrits réfractaires et étrangers à leur commune qui pourraient s’y trouver d’où ils seront conduits et gardés au chef-lieu de canton. Il est convenu que dans le cas où des brigands seraient rencontrés, et qu’ils chercheraient à fuir, le tocsin serait sonné pour avertir les communes voisines afin de pouvoir les arrêter ; il est entendu que tout receleur le sera également ; j’ai quelque espoir que Gozza et quelques-uns de sa bande tomberont en votre pouvoir ; peut être que les déserteurs ou brigands amnistiés dont vous me parlez pourraient donner quelques renseignements sur ses retraites habituelles ; j’ai aussi quelques dire que Minelli, l’un des farouches compagnon de Baschieri, est caché à Manzolino, il sera bien important de l’avoir. Je laisse à votre zèle à suppléer à toutes les dispositions locales. Nota : Pour cette opération, les colonnes mobiles seront … le 28 et employées comme les autres troupes ; elles seront réorganisées le 31, époque à laquelle tout rentrera … l’ordre actuel, la gendarmerie sera répartie par son chef sur les points les plus importants
" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 134 page 281).

Le même 26 mars 1810, le Général de Division Grenier écrit ensuite, depuis Bologne, au Chef d’Escadron Borsoti, commandant la 2e Légion de Gendarmerie, à Bologne : "Ayant arrêté avec M. le préfet, monsieur, de faire faire, les nuit du 28 au 29 et 30 de ce mois une perlustration générale dans tout le département, afin d’extirper s’il est possible, les racines du brigandage, je vous préviens, M. que les colonnes mobiles devront y contribuer dans les cantons ci-après et seront en conséquence des le 27 au soir, et pour le 28, à la disposition des officiers supérieurs chargés de la répartition des troupes dans les différents cantons. Savoir : la colonne mobile de Castel Guelfo, Vedriano et Monte Armato à la disposition de monsieur Martin, chef de bataillon du 53e régiment. Stationné à Imola, il est chargé de leur adresser des ordres.
Celle de Loiano à la disposition du capitaine que j’y envoie ; les deux colonnes mobiles de la plaine de Cento à la disposition du chef de bataillon Vernier qui est à San Giorgio.
Celles de Vergato qui sera à Vergato et celle de Sasso, à la disposition de l’officier qui y sera ; et celle de Monte Tortore à son retour, à la disposition de l’officier qui y sera envoyé.
Celle de Budrio à la disposition du capitaine commandant et qui sera chargé de la perlustration du canton de Bologne. Les gendarmes employés à ces colonnes seront envoyés pour le terme de ces perlustration dans tous les chefs-lieux de canton, afin d’agir de concert avec les délégués politiques partout où besoin sera ; le 31, les colonnes mobiles seront réorganisées dans le même ordre qu’elles le sont aujourd’hui.
Veuillez, je vous prie, donnes les ordres nécessaires en conséquence des miens et envoyer en même temps des gendarmes dans le canton de Bazzano, où il n’y a point de colonnes mobiles. Par l’ordre ci-joint, je charge M. le capitaine Bramani de la perlustration du canton de Bologne (extra-muros). Laissez-lui également un nombre de gendarmes ; vous savez, M., combien il importe que le secret soit observé dans de pareils opérations. Veuillez, je vous prie, le recommander aux gendarmes, et leur faire connaitre en même temps, combien il importe qu’ils marchent de concert avec les autorités civiles et militaires pour le succès de cette perlustration
" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 135 page 284).

Instruction envoyée le 26 mars 1810 par le Général de Division Grenier : "La même à Vergato pour l’officier commandant la troupe. Avec un détachement de 50 hommes qui est à Vergato et qui sera à votre disposition pour la colonne mobile ; vous vous concerterez avec M. le vice-préfet de Vergato pour la répartition des troupes dans toutes les communes pendant la journée du 28. La gendarmerie de la colonne mobile sera réunie à Vergato pour agir où besoin sera, de concert avec l’autorité civile et vous.
La même à Bazzano, à l’officier commandant la troupe. Les troupes que vous aurez pour cette opération sont le détachement que vous commandez maintenant, plus 20 hommes que M. le colonel du 106e régiment devra vous envoyer demain.
La même à M. l’officier commandant à Montetortore. Je vous charge de cette opération dans le canton de Montetortore, où vous vous rendrez demain avec un détachement de 50 hommes ; vous aurez en outre à votre disposition un détachement de 15 ou 20 hommes qui est à Guiglia et la colonne mobile qui se trouvera le 28 au soir dans les environs de Montese.
La même à M. l’officier commandant à Sasso. Je vous charge de cette opération dans le canton de Sasso où vous vous rendrez demain avec un détachement de 30 hommes auxquels vous réunirez une colonne mobile qui s’y trouvera à votre disposition ; vous concerterez avec le délégué politique de ce canton
" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 137 page 287).

Toujours le 26 mars 1810, le Général de Division Grenier écrit ensuite, depuis Bologne, au Colonel du 106e Régiment : "Ci-joint, vous trouverez, monsieur le colonel, quatre instructions que vous remettrez à des officiers intelligents pour en suivre l’exécution et commander les détachements qui devront partir demain. La 1ère pour Vergato aura 50 hommes. La 2e pour Sasso aura 30 hommes. La 3e pour Montetortore 150 hommes. Et la 4e pour Bazzano aura 20 hommes.
Le 31 de ce mois, ces détachements rentreront à Bologne ; j’ai envoyé des ordres divers à M. le chef de bataillon Vernier pour cette opération ; il donnera pour ces trois jours des ordres aux postes de Castel Franco et d’Anzola. Veuillez je vous prie, en faire prévenir les commandants
" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 138 page 289).

Le 29 mars 1810, le Général de Division Grenier écrit, depuis Bologne, au Colonel Avice, du 29e Régiment de Dragons, commandant le département du Panaro, à Modène : "... Comme je vous l’ai mandé par ma lettre du 27, recommandez à M. Maurie de pousser des colonnes mobiles jusqu’à Sestola, en ayant soin d’établir des troupes par échelons et des garder les rives du Panaro par des détachements assez forts pour ne pas craindre de surprises.
Engagez M. le préfet à avoir des espions dans la montagne pour connaitre les habitudes des brigands et les maisons qui les recèlent ; tous les habitants convaincus de leur donner asile, doivent être arrêtés, mais la gendarmerie doit constater ces arrestations, et les causes, par des procès-verbaux pour être avec les individus remis à l’autorité compétente
" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 139 page 291).

Le 30 mars 1810, le Général de Division Grenier écrit, depuis Bologne, au Prince Eugène Napoléon, Vice-Roi d’Italie : "J’ai l’honneur de mettre sous les yeux de Votre Altesse Impériale des demandes en faveur de monsieur ... Lambert Henry, capitaine au 106e régiment ..." (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 139 page 291).

Le même 30 mars 1810, le Général de Division Grenier écrit aussi, depuis Bologne, au Chef de Bataillon Maurie du 106e Régiment, à Sassuolo : "J’ai reçu monsieur le rapport que vous m’avez adressé de Sassuolo, le 29 courant, quoique vos troupes se trouvent bien disséminées par le projet que vous m’avez adressé ; je pense qu’il peut être mis à exécution pendant quelques jours, mais il faudra porter la compagnie de grenadiers du côté de San Dalmazzo pour être plus au centre de vos opérations, et peut-être même jusqu’à Pavolo (Pavullo ?) ; la compagnie de fusiliers restée à Modène y est réunie pour établir quelques postes vers la Mirandola, pays où se tiennent des déserteurs qui deviennent aussi des brigands ; mais vos deux compagnies d’élite et trois compagnies de fusiliers doivent vous suffire tant les postes à établir que pour les colonnes mobiles, d’autant plus que le commandant de la gendarmerie va envoyer dans le département quelques gardes de plus, et que j’invite le colonel du 29e de dragons à faire garder Sassuolo, Spilamberto, Vignola et Marano ; il convient donc que vous ayez deux colonnes mobiles, l’une à Sestola, l’autre à P… et la 3e à Gorzano ; il serait peut-être utile d’en former une 4e sur Brandola, afin de pouvoir suivre les brigands dans toutes les directions. J’écris à M. le préfet du département de profiter de la présence des troupes pour faire arrêter les déserteurs et conscrits réfractaires qui se trouvent dans les montagnes ; on ne doit pas se dissimuler que s’ils ne sont pas brigands ouvertement, ils sont au moins en connivence avec eux, puisqu’ils jouissent de leur protection" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 139 page 292).

Le 31 mars 1810, le Général de Division Grenier écrit, depuis Bologne, au Colonel Avice, du 29e Régiment de Dragons, commandant le département du Panaro, à Modène : "Ci-joint, vous trouverez, M. le colonel, une lettre que j’adresse au chef de bataillon Maurie et dont je vous prie de prendre connaissance ; vous donnerez les ordres nécessaires en conséquence ; vous verrez que j’adopte le projet qui m’a été soumis et que pour faciliter les opérations de l’infanterie, il est bon que vous fassiez occuper par des dragons les postes de Sassuolo, Spilamberto, Vignola et Marano.
Vous pourrez en raison de ce service, retirer les détachements que vous avez à Crevalcore et Nonantola. Il emporte de finir avec les brigands qui sont dans le département du Panaro, attendu que je serai peut-être obligé de retirer les troupes que j’y ai envoyé, et ce sous dix ou douze jours au plus tard ; alors, tout le service restera encore à la charge de votre régiment.
Vous trouverez aussi sous ce pli une lettre du préfet du Panaro, avec ses projets de perlustration dans les environs de la Mirandola ; vous êtes sur les lieux, employé à cette opération ; quand vous l’aurez concerté avec le préfet, la compagnie du 106e régiment, qui est à Modène, quelques gardes nationales et de dragons ; je pense que c’est tout ce qu’il faut ; mais il est nécessaire de suivre cette opération en même temps que celle du … Je vous envoie la lettre que j’écris au préfet du Panaro ; prenez en connaissance, et la lui envoyer après l’avoir cachetée
" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 140 page 293).

Le 1er avril 1810, le Général de Division Grenier écrit, depuis Bologne, au Préfet du Bas-Pô, à Ferrare : "En suite des instructions de Son Excellence le Ministre du Trésor du Royaume d’Italie, j’ai l’honneur de vous prévenir, monsieur le préfet, que j’enverrai le 8 de ce mois à Ferrare un détachement du 106e régiment pour recevoir et ramener du 9 au 10 à Bologne, un convoi de 200000 francs que la caisse du département du Bas-Pô doit faire verser à celle de Bologne ; je vous prie de donner les ordres nécessaires pour que cette somme soit remise et apportée de Ferrare à l’époque fixée afin de ne pas faire éprouver de retard à ce détachement" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 141 page 296).

Le 1er avril 1810, le Général de Division Grenier écrit, depuis Bologne, au Général Vignolle, Chef de l’Etat-major général, à Milan : "… Par suite, le 106e ayant un bataillon dans les montagnes de Modène, et devant fournir à lui seul tous les postes sur les frontières de la Toscane et garder les passages entre le Bas-Pô et le Reno, se trouvera entièrement disséminé sans pouvoir s’occuper ni de réparations, ni d’instruction ; tel est l’état de choses et vous concevez qu’envoyer un bataillon du 9e de ligne à Modène, jusqu’au 14 avril seulement, c’est le fatiguer de marcher et contre marcher qui ne mèneraient à rien …" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 142 page 298).

Le 3 avril 1810, le Général de Division Grenier écrit, depuis Bologne, au Général de Brigade Pouchin, commandant le département du Reno : "J’ai chargé le chef de l’état-major de la 2e division de vous adresser, mon cher général, l’état des troupes stationnées dans le département du Reno, et les postes que j’ai cru devoir faite établir pour le maintien de la tranquillité publique ; les mesures de circonstance que j’ai été dans le cas de prendre dès mon arrivée ici cessent demain ; vous recevrez, à date du 5, tous les rapports, tant ceux des postes des troupes de ligne que de la gendarmerie et correspondrez pour tout genre de service dans le département avec M. le préfet ; vous me rendrez compte de vos opérations en me faisant connaitre tout ce qui arrivera d’important ; vous remarquerez par la distribution des postes que tout un bataillon du 106e régiment est employé, que l’autre étant nécessaire au service de la place, escortes, etc. et devant dans 15 jours relever celui détaché, il est impossible de déférer aux demandes de troupes que l’on pourra vous faire ; dans des circonstances urgentes seulement des détachements pourront se prendre sur la garnison, mais ils ne devront pas être employés à poste fixe, et devront rentrer dans le terme de deux ou trois jours, mon intention étant d’envoyer incessamment le 53e régiment, à l’exception du bataillon qui est à Imola, et que j’y maintiendrai dans le département du Rubicon, je n’ai pas fait comprendre le régiment dans l’état des troupes italiennes celui du Reno, quoiqu’il soit possible que je le conserve jusqu’au 10" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 144 page 302).

Le 4 avril 1810, le Général de Division Grenier écrit, depuis Bologne, au Général Vignolle, Chef de l’Etat-major : "... A dater de demain 5, le 106e régiment distribué sur les points principaux dans le département, et le bataillon qui est à Imola, 4 compagnies, je ferai rentrer le restant, à l’exception du bataillon qui est à Imola et qui sera employé dans le Reno, que lorsque j’aurai la … que le Bataillon du 9e me restera jusqu’à la fin du mois ..." (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 146 page 305).

Le 10 avril 1810, le Général de Division Grenier écrit, depuis Bologne, au Général Pouchin : "... Le département du Panaro est inquiété dans ses cantons montueux par deux bandes de brigands connues sous la dénomination l’une des Cemini, l’autre de Casalotte ; un bataillon du 106e et un du 9e de ligne sont à leur poursuite, on espère que ces bandes seront détruites d’ici au 15 de ce mois …" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 149 page 312).

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Le 17 avril 1811, l'Empereur écrit, depuis Paris, à Eugène Napoléon, Vice-Roi d'Italie, à Paris : "Mon Fils, vous donnerez des ordres pour réunir sans délai, et sans attendre les ordres de mon ministre de la guerre, un corps d'armée entre Vérone, Trente et Bolzano ; ce corps sera composé de quatre divisions ...
La 2e division sera composée de sept régiments d'élite. Chaque régiment d'élite sera formé de deux bataillons : le 1er bataillon sera composé de quatre compagnies de voltigeurs et le 2e bataillon de quatre compagnies de grenadiers. Chaque régiment aura les caissons, la compagnie d'artillerie et les moyens de transport attachés au régiment, hormis qu'il n’y aura que deux caissons d'infanterie, et deux de transport au lieu (le quatre. Ces régiments seront ainsi composés, savoir : 1er régiment d'élite : 1er bataillon, quatre compagnies de voltigeurs complétées à 150 hommes ; 2e bataillon, quatre compagnies de grenadiers complétées à 150 hommes ; total, 1,200 hommes, du 9e de ligne ; 2e régiment d'élite : deux bataillons du 13e, 1,200 hommes ; 3e régiment d'élite : deux bataillons du 29e, 1,200 hommes ; 4e régiment d'élite : deux bataillons du 35e, 1,200 hommes ; 5e régiment d'élite : deux bataillons du 53e, 1,200 hommes ; 6e régiment d'élite : deux bataillons du 106e, 1,200 hommes ; 7e régiment d'élite : deux bataillons du 112e, 1,200 hommes ; total, 8,600 hommes et quatorze pièces de canon. Il y sera en outre attaché douze pièces d'artillerie de ligne ...
Chaque division formera trois brigades, à l'exception de la première qui n'en formera que deux ...
Donnez sans délai des ordres pour que tous ces régiments se tiennent prêts et que les compagnies d'élite soient complétées. Vous laisserez accroire aux colonels qu'ils doivent eux-mêmes commander ces régiments d'élite, afin que la composition en soit bien faite ; mais, en réalité, vous ne ferez marcher que quatre colonels et trois majors. Chaque bataillon d'élite sera commandé par un chef de bataillon : ainsi, sur les quatre chefs de bataillon, deux marcheront ; vous choisirez les meilleurs officiers. Présentez-moi l'organisation après que vous aurez donné les ordres préparatoires pour ce qui vous regarde, afin de ne pas perdre un moment et qu'au 1er mai tout cela se puisse mettre en marche pour Vérone ; étudiez cette organisation ; présentez-moi les généraux de division, les généraux de brigade, les états-majors, les administrations, les commissaires de guerre, les officiers du génie et d'artillerie, et tout ce qui est nécessaire pour compléter cette organisation en détail et telle que je puisse ainsi l'envoyer toute faite au ministre de la guerre. Je désire l'avoir demain soir. Faites transporter 200,000 rations de biscuit à Vérone afin de pouvoir remplir les caissons ; ces biscuits serviront à l'armée. Donnez tous les ordres pour que l'artillerie puisse également se diriger sur Vérone et être prête au 1er mai, de sorte qu'au 15 mai le corps d'armée puisse déboucher sur Trente ...
Ainsi le corps d'armée sera donc composé de 34,000 hommes d'infanterie, de 6,000 hommes de cavalerie et de près de quatre-vingts pièces de canon, indépendamment de la garde royale ; ce qui le portera de 40 à 50,000. Il faut que tout cela puisse se mettre en marche et, s'il est nécessaire, entrer en Allemagne le 15 mai ...
" (Mémoires du Prince Eugène, t. 7, p. 145 ; Correspondance de Napoléon, t.22, lettre 17623 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 26719).

Le 19 avril 1811, l'Empereur écrit, depuis Paris, à Eugène Napoléon, Vice-Roi d'Italie, à Paris : "Mon Fils, je n’approuve pas l'organisation que vous m’avez présentée, je vous en envoie une nouvelle ...
Je pense aussi qu'il faut emmener tout ce qu'on pourra de Dalmatie ; ce ne sont pas des troupes assez sûres pour les laisser sur les derrières. En envoyant les huit bataillons de deux régiments, vous devez compléter ces bataillons en prenant dans les autres, s'il est nécessaire ; rien que ces huit bataillons doivent vous faire 6,000 hommes.
Par cette nouvelle organisation vous verrez que votre corps d’armée se trouvera composé de plus de 40,000 hommes d'infanterie, y compris la garde, de 8,000 hommes de cavalerie et de plus de 140 pièces de canon. Je vous ai déjà mandé de faire faire du biscuit à Mantoue, afin de remplir tous les caissons, qu'on n'ouvrira plus que devant l'ennemi.
Il est important que chaque homme ait deux paires de souliers neuves dans le sac et une aux pieds, et qu'on puisse délivrer à Vérone, Trente et Bolzano, au moment du départ, trente cartouches par homme, Ces cartouches doivent être réunies dans les dépôts d’artillerie de ces places et n'être données qu'au départ.
Annexe
Corps d'Observation de l'Italie ...
Deuxième division
La deuxième division se réunira à Vérone elle sera commandée par le général Broussier.
Elle sera composée de trois brigades.
Les quatre généraux de brigade seront les généraux Alméras, Roussel, Mallet et Digonnet ...
La première brigade sera composée de deux régiments d'élite tirés du 9e régiment et du 13e de ligne.
La deuxième, de deux régiments d'élite tirés du 29e et du 112e régiments.
Et la 4e brigade, de deux régiments d'élite tirés du 35e et du 106e.
Chaque régiment d'élite sera composé de 2 bataillons d'élite.
Le 1er bataillon sera formé de 4 compagnies de grenadiers et le 2nd de 4 compagnies de voltigeurs.
Les compagnies seront complétées à 150 hommes ce qui portera chaque bataillon à 600 hommes, le régiment à 1200 hommes, la brigade à 2 400 hommes et la division à 9600 hommes.
Le régiment d'élite du 9e sera commandé par un colonel, celui du 13e par un major, celui du 29e par un major, celui du 112e par un colonel, celui du 52e par un major, celui du 53e par un colonel, celui du 35e par un major, celui du 106e par un colonel.
Les huit compagnies de canonniers de ces régiments marcheront avec les régiments d'élite et comme de raison n'emmèneront avec elles que deux caissons de cartouches et deux caissons de transport, elles mènent deux pièces ce qui fera 16 pièces de régiment.
Il y aura en outre une batterie de ligne, tirée de l'artillerie que j'ai en Italie et composée de deux divisions d'artillerie, savoir, une d'artillerie à cheval, composée de deux obusiers et de 4 pièces de canon, et une d'artillerie à pied, composée de 2 obusiers et de 6 pièces de canon.
Total de l'artillerie de la division 30 pièces de canon.
Une compagnie de sapeurs avec son caisson d'outils attelé sera également attachée à cette division.
Les deux régiments d'élite seront formés sans délai et complétés de vieux soldats.
Pour commander les deux bataillons du régiment d'élite, le colonel désignera les deux meilleurs des quatre chefs de bataillon du régiment ...
Le vice-roi commandera ...
Le corps d'armée doit se réunir sur l'Adige, l'Oglio et le Mincio
" (Mémoires du Prince Eugène, t. 7, p. 152 (ne donne pas l’annexe) ; Correspondance de Napoléon, t.22, lettre 17633 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 26764).

Le 7 septembre 1811, Eugène écrit, depuis Milan, à Napoléon : "Sire, j'ai l'honneur d'adresser à Votre Majesté l'état de situation de son armée d'Italie au 1er de ce mois. Les deux camps d'Udine et de Montechiaro, que Votre Majesté a bien voulu autoriser, seront formés au 15 septembre. Celui de Montechiaro aura les 9e, 84e, 92e, 106e régiments de ligne et le régiment espagnol, le 8e de chasseurs, le 6e de hussards, les 2e et 3e de chasseurs italiens, et 4 régiments de dragons ; le général Broussier commandant l'infanterie et le général Fresia la cavalerie ... Chaque régiment aura son artillerie régimentaire, et il y aura à chaque camp 12 pièces d'artillerie pour les grandes manœuvres. Ces camps se lèveront au 30 octobre" (Mémoires du Prince Eugène, t. 7, p. 187).

Le 8 novembre 1811, Eugène écrit, depuis Milan, à Napoléon : "Sire, Votre Majesté m'avait ordonné de voir toutes les troupes composant l'armée d'Italie, et de lui faire un rapport sur ma revue. Aussitôt mon inspection terminée, j'ai fait rédiger les deux livrets ci-joints, qui feront connaître à Votre Majesté la situation exacte de ces troupes sous tous les rapports.
J'ai commencé l'exposé par des tableaux dont l'explication vient après. J'ai été généralement bien satisfait des troupes. Le camp leur a fait du bien, surtout aux officiers ; il serait à désirer que Votre Majesté voulût bien accorder la réunion de ces troupes aux camps pendant trois mois de chaque année, car un mois, six semaines ne suffiront pas. J'ai une seule réclamation à faire à Votre Majesté. On fait bien de défendre dans les corps tout ce qui est luxe ; mais, suivant moi, on a poussé cela trop loin. Trois circulaires du ministre-directeur, du 21 février 1811, du 28 mars 1811 et du 10 septembre dito, contiennent la défense expresse des plumets aux grenadiers et aux voltigeurs. Comme il existe aussi une autre lettre du ministère qui suspend tout achat de bonnets d’oursin pour les grenadiers, il s'ensuit : 1° qu'il y a une bigarrure désagréable et peu convenable ; 2° qu'on ne distingue plus les grenadiers des compagnies du centre, et je l'ai jugé par moi-même. Les grenadiers du 106e ont suivi strictement les ordres du ministre, ils n'ont donc plus que le shako, mais tout uni, et le pompon rouge. On a bien permis une houppette, mais cela ne signifie rien ; car, à la première pluie, la houppette est bientôt au niveau du pompon. Les compagnies du centre ont les mêmes shakos, ont des pompons orange, rouge ; etc. Il s'ensuit qu'à cent pas on ne distingue pas les grenadiers. Votre Majesté sait mieux que moi l'effet moral que produit soit sur l'ennemi, soit chez nous-mêmes, la vue d'hommes d'élite. Je demande donc à Votre Majesté, ou de décider que tous les grenadiers auront des bonnets à poil, ou, si elle veut qu'ils aient des shakos, d'autoriser le plumet rouge pour les grenadiers, et le vert pour les voltigeurs
" Mémoires du Prince Eugène, t. 7, p. 216).

Le 15 décembre 1811, Eugène écrit, depuis Milan, à Napoléon : "Sire, j'ai l'honneur d'adresser à Votre Majesté le rapport sur l’incorporation dans les régiments à l'armée du 6e bataillon du 20e de ligne. Votre Majesté y verra 670 hommes qui ont été incorporés : savoir, 222 dans le 9e de ligne, 229 dans le 92e, et 219 dans le 106e. L'espèce d'hommes est généralement fort belle, bien habillée et bien armée. On a remarqué pourtant que le drap des habits et des bonnets de police était inférieur à celui des autres corps de l'armée ; quelques vestes et culottes, et particulièrement les shakos, peuvent difficilement aller au terme de leur durée, les effets de petit équipement provenant des dépôts des conscrits réfractaires de Toulon sont inférieurs à ceux des autres corps de l'armée ..." (Mémoires du Prince Eugène, t. 7, p. 231).

Le 16 décembre 1811, l'Empereur écrit, depuis Paris, à Eugène Napoléon, Vice-Roi d'Italie, à Milan : "Mon Fils, voici l'organisation que je désirerais donner au corps d'observation d'Italie.
La 1re division du corps d'observation d'Italie se réunira à Trente et à Bolzano. Elle sera composée (je fixerai le jour) de deux bataillons du 8e d'infanterie légère, de quatre bataillons du 84e, de quatre bataillons du 92e, de quatre bataillons du 106e et de deux bataillons croates ; total, seize bataillons. Cette division portera le n° 13, ayant décidé de donner un numéro général à toutes les divisions de la Grande Armée ...
On laisserait en Italie les régiments suivants :
RÉGIMENTS FRANÇAIS. — 22e d'infanterie légère, six bataillons ; 6e de ligne, trois ; 14e léger, trois ; 112e de ligne, cinq ; 13e, cinq ; 23e, deux ; les 5es bataillons des six régiments français composant les 13e et 14e divisions, six bataillons ; 10e de ligne, deux bataillons ; 20e, deux ; 7e, un ; 12e, un ; 1er léger, deux ; 3e, un ; 67e de ligne, un ; régiment illyrien, un ; 52e de ligne, cinq ; 102e, deux ; ce qui ferait en deçà des Alpes quarante-huit bataillons français, formant 30,000 hommes d'infanterie, lesquels seront complétés par la levée de la conscription qui va être faite, celle de 1812 ...
Faites-moi connaître si du 1er au 10 janvier les trois divisions du corps d'observation pourront être réunies, la 1re à Trente et à Bolzano, la 2e à Brescia et la 3e à Vérone, et la cavalerie aux environs, avec toute l'artillerie bien attelée, double approvisionnement de caissons, compagnies du train du génie et au moins 6,000 outils attelés, afin qu'en février ce corps puisse se mettre en campagne ...
" (Mémoires du Prince Eugène, t. 7, p. 233 ; Correspondance de Napoléon, t.23, lettre 18340; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 29370).

1812

Le 9 février 1812, l'Empereur écrit, depuis Paris, à Eugène Napoléon, Vice-Roi d'Italie, à Milan : "Mon fils, je vois par le rapport du général Vignolle, du 2 février, que, moyennant les incorporations des bataillons de la Méditerranée, le 84e, le 9e, le 106e et le 92e se trouvent au grand complet ; le 8e et le 18e d'infanterie légère doivent se trouver au grand complet par l'incorporation du 7e bataillon. Les Croates et les Espagnols sont au grand complet ; je n'ai donc plus de sollicitude que pour le 35e et le 57e. Faites-moi connaître si vous avez reçu le 5e bataillon du 62e qui doit vous fournir 3 à 400 hommes à incorporer. J'ai dirigé de l'île d'Elbe sur l'Italie les 5e bataillons du 14e·d'infanterie légère et du 6e de ligne. Je l'ai fait suivre par quatre compagnies de marches, tirées également des bataillons de la Méditerranée qui sont à l'île d'Elbe ; enfin je suppose que vous avez pris toutes les mesures nécessaires pour porter les troupes italiennes au grand complet. Ayez soin de faire passer une revue générale par les inspecteurs aux revues du 11 au 16, afin de bien savoir l'état des troupes qui partent, et d'arrêter à cette époque l'effectif de chaque compagnie, de chaque bataillon et chaque corps. Tout le reste pourrait entrer dans l'effectif du 6e bataillon, hormis ce qui se trouve aux hôpitaux de Bolzano, de Vérone, de Brescia et environs. Vous devez avoir reçu du prince de Neufchâtel l'ordre de commencer votre mouvement du 16 au 20. Je vous ai fait connaître que vous pouviez ne le commencer que du 20 au 22, cela est indifférent ; il suffit que le mouvement soit secret et s'opère ensuite avec rapidité une fois qu'il sera commencé. Il faut surtout que j'en sois prévenu, et que je connaisse à l'avance le moment où votre première colonne de troupes passera le Brenner, pour que je puisse régler tous les autres mouvements en conséquence" (Mémoires du Prince Eugène, t. 7, p. 305 ; Correspondance générale de Napoléon, t.12, lettre 29954).

Le 7 mars 1812, le Prince Eugène adresse à l'Empereur d'un état de situation exacte des troupes qui restent en Italie. Voici le résumé de la force destinée à protéger le Royaume :
Palmanova. Le général Walter, avec trois Bataillons de Dépôts des 13e, 106e de ligne et 3e léger italiens. Total : 650 hommes (Mémoires du Prince Eugène, t. 8, p. 120).

Le 8 juillet 1812, l'Empereur écrit, depuis Vilna, au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, à Paris : "Monsieur le Duc de Feltre ... Le 5e bataillon du 13e de ligne français est à Palmanova ; donnez ordre qu'il se rende à Udine. Palmanova est très-malsain : les troupes italiennes y suffiront ; d'ailleurs, ce bataillon pourra toujours, en cas d'événement, se jeter dans Palmanova. Donnez le même ordre pour le 106e, qui est à Venise : qu'il se rende à Udine, ce qui formera dans cette ville une 2e demi-brigade provisoire. Un major en prendra le commandement. Ces deux bataillons seront toujours à même de se jeter de là dans Palmanova ou dans Venise, selon les circonstances, et en attendant ils seront en bon air. Venise aura suffisamment de troupes, puisqu'il restera 4,000 hommes de garnison indépendamment de ce que vous retirerez ; mais par là vous sauverez bien des hommes" (Correspondance de Napoléon, t.24, lettre 18928 ; Correspondance générale de Napoléon, t.12, lettre 31153).

Sur cette journée du 26 juillet, le Prince Eugène écrit, le 31 juillet 1812, depuis Souraj, à Napoléon : "... Le 26, le roi de Naples reçut l'ordre de continuer son mouvement sur Witebsk, et moi de marcher avec une division pour soutenir le mouvement de la cavalerie. Je me rendis avant le jour chez le roi de Naples, et nous convînmes ensemble de l'heure à laquelle Je mouvement commencerait.
Je donnai ordre à la 13e division de suivre la cavalerie, à la 14e et à la garde de marcher à la suite de la 13e division, mais par échelon et à une heure de distance. La route traversait un pays boisé, et le 8efut bientôt engagé pour ouvrir le chemin que l'ennemi disputait avec de l'infanterie. Vers dix heures du matin, le 8e régiment, après avoir chassé du bois tous les tirailleurs de l'ennemi, le rencontra formé et tenant une position avantageuse sur un plateau d'une- assez belle élévation, protégé par une artillerie nombreuse, ayant devant lui un ravin profond, et sa gauche appuyée à une forêt tellement épaisse, qu'il était impossible à des masses, sans la rompre, de la pénétrer. C'était le corps du général Ostermann, fort de deux divisions d'infanterie, qui occupait cette position ; alors j'ordonnai au général Delzons, commandant la 13e division, de se former pour l'attaque, le régiment croate et le 84e sur la gauche de la route, le premier déployé, le second en colonne par division. Un bataillon de voltigeurs et le 92e régiment furent placés sur la droite en échelon par bataillon. L'attaque commença ; elle fut vive, et l'ennemi fut abordé avec intrépidité ; les Croates et le 84e firent plier les bataillons qui leur étaient opposés. Le général Huard, qui commandait cette attaque, y déploya autant de valeur que de capacité. Sur la droite, les voltigeurs et le 92e éprouvèrent une plus grande résistance : ils avaient à pénétrer la forêt, à déboucher et à se former sous le feu de l'ennemi, qui avait placé à sa gauche ses principales forces ; ce ne fut pas sans des efforts multipliés que le général Roussel put parvenir à prendre position au débouché du bois et à en chasser l'ennemi ; il fallait la valeur des troupes et l'opiniâtreté du général qui commandait pour réussir dans une attaque aussi difficile.
Cependant le centre et la gauche, qui ne pouvaient voir la lenteur des progrès de la droite disputés dans la forêt, poursuivirent leurs succès un moment peut-être avec trop d'ardeur ; la cavalerie et l'artillerie, pressées de déboucher, suivirent les premiers avantages du centre et de la gauche et s'engagèrent précipitamment dans le reste du défilé qu'il fallait encore parcourir pour pouvoir se déployer, et l'ennemi, qui voyait sa gauche se maintenir, fit porter sa réserve sur sa droite où il se sentait plus vivement pressé. Les Croates et le 84e furent à leur tour poussés et débordés ; la cavalerie fît un mouvement rétrograde, et l'artillerie allait se trouver compromise, lorsque le roi de Naples, avec sa valeur brillante et la promptitude de l'éclair, détermina une charge de cavalerie vigoureuse qui arrêta l'ennemi. Le chef de bataillon Ricard, avec une compagnie de carabiniers du 8e se précipite à la tête des pièces ; le chef de bataillon Dumas et le capitaine Bonardelle, avec une intrépidité rare, maintiennent le plus grand ordre dans la colonne d'artillerie. Pendant ce temps-là, le général Roussel débouche de la forêt, charge l'ennemi avec le 92e en colonne et se rend maître de la position. Les Croates et le 84e, soutenus de deux bataillons du 106e régiment tenu en réserve jusqu'à ce moment, reprennent leurs premiers avantages. C'est alors que tout fut rétabli et que nous restâmes maîtres du terrain que l'ennemi avait fortement disputé.
Après quelques moments de repos pour rallier les troupes et reformer les colonnes, l'ennemi fut de nouveau poursuivi et forcé promptement dans toutes les positions qu'il chercha encore à défendre ; il fut ainsi ramené jusqu'à deux lieues de Witebsk, où la 13e division prit position vers neuf heures du soir. La 14e se plaça sur la route en seconde ligne, avec ordre d'éclairer par des postes les bords de la Dwina. La garde se plaça également en arrière à droite de la 13e division ...
" (Mémoires du Prince Eugène, t. 7, p. 433).

Le 7 septembre 1812, à six heures du matin, dès qu'il entend le signal donné par le canon du général Sorbier, le Prince Eugène lance la Division Delzons sur Borodino, tandis qu'avec les Divisions Broussier, Gérard et Morand et la Garde italienne, il se tient prêt à franchir la Kolocza sur quatre ponts jetés à l'instant même. Le Général Plauzonne, s'étant mis à la tête du 106e Régiment, enlève Borodino, le dépasse et force le pont du cours d'eau pour marcher droit sur Gorki. Des forces considérables occupent cette dernière position ; l'ennemi n'a pas de peine à arrêter le 106e, qui se trouva un instant très-compromis. Le Général Plauzonne est tué. Le 92e Régiment, voyant le danger que coure le 106e, franchit la Kolocza, et, se portant à son secours, l'aide à contenir les efforts des Russes. Ces deux braves Régiments rentrent en bon ordre dans Borodino (Mémoires du Prince Eugène, t. 8, p. 5).

Le 24 octobre 1812 au matin commence la bataille de Malo-Jaroslawetz, si glorieuse pour les troupes du Vice-Roi et pour le Vice-Roi lui-même. Le Prince rend compte de cette sanglante affaire dans le rapport suivant, adressé à l'Empereur, daté du 26 octobre, surlendemain de l'action : "… Il y eut alors un mouvement rétrograde dans le centre de la ville. Je confiai au général Guilleminot, mon chef d'état-major, le commandement des troupes dans cette partie de la ville. Ce Général forme aussitôt deux bataillons en colonne, marche à l'ennemi, et rétablit le combat. Tourné par sa droite et sa gauche, il se maintint près d'une église jusqu'à ce qu'un bataillon du 106e, tournant l'ennemi par sa droite, fût parvenu à le dégager ..." (Mémoires du Prince Eugène, t. 8, p. 17).

Le 12 novembre 1812, le Général de Division Grenier écrit au Général Vignolle, à Milan : "Pour éviter l’encombrement qui aurait lieu à Vérone par l’arrivée le 14 des 4e bataillons des 1er et 3e légers, par celle des 800 hommes qui viennent de l’Ile d’Elbe et des 360 que vous m’envoyez des 53e et 106e régiments que je suppose devoir arriver le même jour, j’ai donné l’ordre au bataillon du 3e léger, faisant partie de la 3e brigade, d’aller cantonner à Castel Nuovo jusqu’au 20, jour du départ de la première colonne. J’ai fait donner les avis nécessaires pour y assurer le pain et le logement ..." (Papiers du Général Paul Grenier. XX. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 19 page 49).

L'aigle du Régiment est supposée avoir été détruite entre le 17 et le 20 novembre 1812, sur ordre du Prince Eugène. En réalité, elle n'a été qu'enterrée et a été retrouvée par des paysans ; elle est aujourd'hui en collection privée.

Le 18 novembre 1812, le Général de Division Grenier écrit au Général Vignolle, à Milan : "... Les 180 hommes du 106e ont été incorporés hier dans le 6e de ligne. Il y aura peu de réclamations et le général de brigade Le Sénécal m’a rendu de cette incorporation un compte aussi avantageux que de celle qui a eu lieu dans le 112e régiment ..." (Papiers du Général Paul Grenier. XX. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 25 page 62).

1813

Le 10 janvier 1813, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, il sera formé un 6e bataillon au dépôt du 9e de ligne.
Idem du 35e, 53e, 84e, 92e et 106e. Vous nommerez sur-le-champ les chefs de bataillon. Les officiers et sous-officiers formant les cadres seront nommés sur-le-champ au dépôt ...
Les officiers et sous-officiers formant les cadres seront nommés au dépôt, et l'on prendra ce qui serait nécessaire dans les cadres des bataillons qui se trouvent actuellement au-delà des Alpes ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.13, lettre 32254).

le 17 janvier 1813, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Peltre, il ne faut rien prendre de la conscription 1813 dans les 40 régiments dont l'état suit, savoir : ... 106e ... Total, 40 régiments.
Il faut au contraire leur donner, sur l'appel des 100 000 hommes, de quoi porter leur dépôt à 2500 hommes afin de compléter les 5e et 6e bataillons et ce qu'ils ont en France. Il suffira, pour les 5 derniers, de les porter à 2000 ...
Il faut donc, après que le corps d'observation de l'Elbe, le corps d'observation d'Italie et les 2 corps d'observation du Rhin seront partis, pouvoir former un corps de réserve avec ce qui existe dans les 40 dépôts ci-dessus désignés, avec ce qu'ils reçoivent de la conscription de 1813 et ce qu'ils vont recevoir sur la levée des 100 000 hommes.
Ce corps de réserve serait composé de 120 bataillons fournis par les 40 régiments ci-dessus. Il faut y ajouter un bataillon de marche des 8e et 18e légers ; un autre du 3e et du 105e ; d'autres bataillons de marche, formés de 2 compagnies tirées des 34 dépôts de la Grande Armée ; plus 5 bataillons de marche de la 32e division militaire. Cela ferait donc environ 150 bataillons ou une réserve de 120 000 hommes qui partirait avec les cadres des 5e et 6e bataillons et avec les cadres qui reviennent de la Grande Armée.
P.S. Je vous prie d'observer que cette lettre dérange quelque chose à l'approuvé que j'ai donné, dans mes lettres précédentes, aux dispositions faites par les bureaux pour compléter les régiments provisoires et différents corps.
Aussitôt que le chef de division aura terminé, il m'apportera ce travail
" (Correspondance générale de Napoléon, t.13, lettre 32318).

- Frontière de l'Espagne

Le 21 janvier 1813, l'Empereur écrit, depuis Fontainebleau, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, j'approuve qu'il soit formé une nouvelle division de réserve de Bayonne, que cette division soit composée ... du 4e du 106e ...
Ces hommes ne devront pas entrer en Espagne, mais garder Bayonne, Pau, la vallée d'Aran, Irun, la Bidassoa, et s'il est nécessaire, aller jusqu'à Saint-Sébastien. Ils sont destinés à mettre nos frontières à l'abri de toute inquiétude, et cela jusqu'au mois de mai. Au mois de mai, il sera formé une autre division de réserve de Bayonne du même nombre de bataillons et à peu près des mêmes régiments dont vous ferez revenir d'autres cadres.
Lorsque cette réserve sera formée, ces 9 bataillons pourront entrer en Espagne pour rejoindre leurs régiments ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.13, lettre 32373).

- Allemagne

Le 30 janvier 1813, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Duc de Feltre : "... Donnez l'ordre que les compagnies du 9e, du 35e, du 53e, du 106e, forment un bataillon de 4 compagnies et se rendent à Glogau, où elles seront incorporées dans leurs 1er bataillons au 4e corps de la Grande Armée ..." (Chuquet A. : « Inédits napoléoniens », Paris, 1913, t.1, lettre 734 ; Correspondance générale de Napoléon, t.13, lettre 32545).

Le 1er février 1813, Eugène écrit, depuis Posen, à Napoléon : "Sire, j'ai reçu hier les ordres de Votre Majesté du 25 janvier, et j'ai l'honneur de répondre aux différentes demandes que sa lettre contient.
... Quant à la compagnie du 5e bataillon du 126e régiment, qui faisait partie du bataillon …, les hommes de ce régiment qui restaient à la 12e division ayant été incorporés dans le 106e régiment, j'ai ordonné au duc de Castiglione de faire diriger cette compagnie du 126e sur Glogau, pour y rejoindre les cadres du 106e régiment au 4e corps, et y être incorporée ; le cadre de cette compagnie sera envoyé au dépôt du régiment en France ...
" (Mémoires du Prince Eugène, t. 8, p. 305).

Le 8 mai 1813, l'Empereur écrit, depuis Nossen, au Maréchal Berthier, Major-général de la Grande Armée : "Mon cousin, cinq cadres de bataillon de la division Durutte sont arrivés à Ulm. Ils doivent y attendre 3 600 recrues venant d'Italie. Ces 3 600 recrues tardent d'arriver par défaut d'habillement ; mais 3 200 recrues formant deux bataillons de marche arrivent à Augsbourg le 17 mai. Ils étaient destinés à compléter le corps du général Bertrand. Mon intention est que vous donniez l'ordre à ces cinq cadres de bataillon de se rendre à Augsbourg où ils seront arrivés le 15 ou le 16. Vous donnerez l'ordre que les 3 200 hommes sans destination et appartenant au 9e de ligne, 35e, 53e, 84e, 92e et 106e régiments soient incorporés dans quatre de ces cinq cadres de bataillon, ce qui les portera à leur grand complet. Ces bataillons se mettront en marche, sur-le-champ et se dirigeront sur Dresde par la route la plus courte. Les officiers et sous-officiers qui ont amené les conscrits retourneront en Italie. Il restera donc encore un cadre de bataillon à compléter. Donnez l'ordre au général Vignolle de diriger sans délai 700 hommes pris parmi les conscrits des quatre années sur ce cadre qui les attendra à Augsbourg. Vous donnerez l'ordre au général Reynier de faire partir sur-le-champ de sa division, cinq cadres de bataillon bien complets, en officiers et surtout en sous-officiers et vous les dirigerez sur Augsbourg. Vous ferez connaître au général Vignolle que les 3 600 hommes qui avaient été destinés au 5 premiers cadres le seront à ceux-ci ; mais que mon intention est qu'au lieu de conscrits des 4 années on prenne des hommes de la conscription des 6 années, et que ce soit tous des Italiens c'est-à-dire des conscrits des départements du Piémont, de Gênes, de Parme, de Toscane et des départements romains. Instruisez le ministre de la Guerre de ces dispositions. Le résultat de cette mesure sera que quelques régiments du 12e corps seront moins complets. J'y pourvoirai d'une autre manière en y incorporant les compagnies de l'ancienne armée d'Italie qui se trouvent dans la place de Glogau, lorsque cette place sera débloquée ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.13, lettre 34167).

Le 9 juin 1813, l'Empereur écrit, depuis Görlitz, à Berthier : "... Donnez ordre que tout ce qui se trouve à Glogau des 9e, 3e, 53e, 84e, 92e et 106e régiments, au-dessus du cadre d'une compagnie, en officiers et sous-officiers, soit réuni et envoyé en Italie. Je me réserve de statuer ultérieurement sur ce qui est relatif à ces six compagnies. Donnez le même ordre pour les quatre compagnies italiennes ; tout ce qu'elles ont en officiers et sous-officiers au-dessus des cadres, doit être envoyé en Italie" (Chuquet A. : « Inédits napoléoniens », Paris, 1913, t.1, lettre 923 ; Correspondance générale de Napoléon, t.13, lettre 34543).

Le 16 juin 1813, l'Empereur écrit, depuis Dresde, au Maréchal Berthier, Major général de la Grande Armée : "Mon cousin ... Donnez ordre au général Lauriston d'envoyer à Glogau pour y tenir garnison le 151e régiment. Donnez ordre que la compagnie du 84e et celles des 92e, 106e, 9e de ligne, 35e de ligne et 53e, qui sont à Glogau, soient incorporées dans ce régiment, hormis les cadres qui retourneront sur-le-champ en Italie ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.13, lettre 34696).

Le 18 juin 1813, l'Empereur écrit, depuis Dresde, au Maréchal Berthier, Major-général de la Grande Armée : "Mon cousin, donnez ordre que la compagnie du 59e faisant partie du 2e bataillon de garnison à Magdebourg, se rende au 3e corps pour être incorporée dans son bataillon. Ses officiers et sous-officiers retourneront au dépôt. Donnez ordre que la compagnie du 24e de ligne faisant partie du même bataillon soit incorporée dans le bataillon du 12e de ligne qui est à Magdebourg ou à Wittenberg. Celle du 81e le sera dans le 17e, celle du 9e dans le 30e, celle du 35e dans le 33e, celle du 15e dans le 57e et celle du 106e dans le 61e. Cette incorporation aura lieu à Magdebourg ou à Wittenberg ou chacun de ces régiments a un bataillon. Les cadres, officiers, sous-officiers et tambours retourneront en Italie. Donnez avis de cette mesure au ministre de la Guerre"(Correspondance générale de Napoléon, t.13, lettre 34803).

Le 24 juin 1813, l'Empereur écrit, depuis Dresde, à Berthier : "Donnez ordre que les majors des 9e, 35e, 53e, 84e, 92e et 106e qui étaient venus à l'armée, retournent en Italie" (Chuquet A. : « Inédits napoléoniens », Paris, 1913, t.1, lettre 1041 ; Correspondance générale de Napoléon, t.13, lettre 34955).

- Italie

Le 21 janvier 1813, l'Empereur écrit, depuis Fontainbleau, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre ... J’ai examiné le projet de mouvement que vous avez préparé pour les 3 divisions françaises du Corps d’Observation d’Italie. Il en résulte que la 1re division sera réunie le 22 à Vérone, et la 2e à y sera réunie le 23.
Je pense en conséquence que vous pouvez retarder le départ ... De même pour le détachement du 106e, de même pour le 4e bataillon du 10e de ligne. Au lieu de le faire partir le 16 vous pourrez ne le faire partir que le 20 ...
En général, rectifiez votre travail et faite partir les troupes le plus tard possible de leurs dépôts, mais de manière ç obtenir le résultat suivant : que la 1re division soit réunie à Vérone le 22, la 2e le 25, et 3e le 30 ...
Recommandez au Général Vignolle, qu’aussitôt que la 1re division qui doit arriver à Vérone le 22, s’y trouvera réunie, il la fasse mettre en marche pour Trente, Roveredo et Brixen, où elle prendra ses cantonnements jusqu’à nouvel ordre.
La 2e division prendra ses cantonnements à Vérone.
La 3e division pourrait tout entière être réunie à Mantoue.
Vous donnerez ordre que la division Italienne soit réunie à Brescia ; de sorte que ces 4 divisions puissent s’il est nécessaire partir avant le 10 mars pour entrer en Allemagne ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.13, lettre 32377).

Le 5 février 1813, depuis Paris, au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la guerre, à Paris : "Monsieur le Duc de Feltre, je n'approuve pas la formation des cinquante demi-brigades provisoires, formant cent cinquante bataillons, pour la garde de l'intérieur ; voici de quelle manière ce travail doit être fait ...
ITALIE.
Il sera formé, pour l'Italie, quatre demi-brigades, ainsi qu'il suit : 31e demi-brigade, les 6es bataillons du 9e, du 35e et du 53e ; 32e demi-brigade, les 6es bataillons du 54e, du 92e et du 106e ; 33e demi-brigade, les 6es bataillons du 112e, du 13e de ligne et le bataillon du 8e léger qui revient d'Espagne ; 34e demi-brigade, les 6es bataillons du 8e léger, du 18e et du 36e.
Il sera formé, en outre, six bataillons de garnison : deux pour Palmanova, deux pour Venise, un pour Ancône, un pour Livourne ; total, six.
Ces troupes seront mêlées avec vingt-quatre bataillons italiens, de manière à former deux belles divisions, qui pourront surveiller, l’une les provinces illyriennes, Venise et le Tyrol ; l’autre, Ancône, la Toscane et Rome.
Cette organisation sera l'objet d'un travail particulier ...
" (Correspondance de Napoléon, t. 24, 19538 ; Correspondance générale de Napoléon, t.13, lettre 32615).

Le 4 mars 1813, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, avez-vous envoyé quelqu'un à Augsbourg pour former les seconds bataillons des 9e de ligne, 35e, 53e, 84e, 92e et 106e.
Je vois que le 9e n'a fait partir que 500, le 35e que 400, le 53e que 700, le 84e que 500, le 92e que 500, le 106e que 700. Cela ne sera pas suffisant pour compléter les seconds bataillons. Je pense donc qu'il est convenable que vous donniez l'ordre qu'au lieu de garder les cadres de 6 compagnies on ne garde que les cadres de 4 et que ces 4 cadres avec les 2 que le 1er bataillon a laissé à Glogau forment le 2nd bataillon. Les 2 autres cadres du 2nd bataillon iront en Italie ou avec les 4 cadres du 1er bataillon, on reformera le 1er bataillon ; ainsi ces corps auraient en Italie leurs 1er, 3e, 4e, 5e et 6e bataillons. Il y a à Bamberg un détachement des garnisons de vaisseau, qui attend ces cadres.
Il serait convenable que ces 6 bataillons se réunissent et forment une division afin de ne pas marcher isolément. Comme Augsbourg est sur la route d'Italie, envoyez un officier pour présider à la formation de ces bataillons et les réunir en s'écartant un peu d'Augsbourg afin de ne pas être sur la route que doit suivre le corps d'observation d'Italie
" (Correspondance générale de Napoléon, t.13, lettre 32989).

Le 6 mars 1813, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, à Paris : "Monsieur le Duc de Feltre, le 4c corps de la Grande Armée sera supprimé et réuni au corps d'observation d'Italie. En conséquence, les 2es bataillons des 9e, 35e, 53e, 106e, 84e et 92e régiments, qui s'organisent à Augsburg, y attendront le passage du général Bertrand. Ces six bataillons formeront une brigade.
Vous donnerez ordre à trois majors de ces régiments de partir d'Italie en poste pour aller prendre le commandement chacun de deux bataillons.
Les six bataillons formeront donc trois régiments provisoires de la manière suivante : ... 44e régiment provisoire, le 2e bataillon du 53e et le 2e bataillon du 106e ...
Le général Bertrand placera cette brigade dans sa division la plus faible ; ce qui portera le nombre de ses bataillons de 51 à 57.
Tout ce que le 4e corps a dans Glogau sera inscrit comme garnison de Glogau.
Les colonels de ces six régiments se rendront à leurs dépôts en Italie, ainsi que les majors en second, s'il y en a encore.
Toutes les administrations, états-majors d'artillerie et du génie et officiers d'état-major qui appartiennent au 4e corps d'armée, seront attachés au corps d'observation d'Italie
" (Correspondance de Napoléon, t. 25, 19670 ; Correspondance générale de Napoléon, t.13, lettre 33040).

Le même 6 mars 1815, l'Empereur écrit encore, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, j’ai examiné le travail que vous m’avez présenté le 28 févier dernier relativement à la formation des 34 demi-brigades provisoires ...
Le 9e, le 5e, le 53e, le 84e, le 92e et le 106e qui sont en Italie, garderont tous leurs bataillons en Italie hormis leur second bataillon qui s’organise à Augsbourg.
En conséquence, le 1er bataillon sera complété par 2 compagnies qui seront créées du 5e bataillon, pour équivaloir aux 2e compagnies restées à Glogau. Le 3e et le 4e bataillons se formeront également en Italie, ce qui fera 3 bataillons par régiment ou 18 bataillons pour l’Italie ...
Vous remarquerez que le 8e et le 18e n’auront que leur second bataillon à Glogau. Cela exigera l’envoi d’un nombre beaucoup plus considérable de conscrits en Italie, afin de compléter les 18 bataillons que fourniront les 9e, 35e, 53e 84e, 82e (Note : la copie porte en marge que le nombre 92 est écrit au crayon) et 106e régiments ; mais ces 18 bataillons réorganiseront ces régiments et seront une véritable ressource pour la fin de la campagne, en même temps qu’ils formeront une colonne mobile pour l’Italie
" (Correspondance générale de Napoléon, t.13, lettre 33036).

Le 17 mars 1813, l'Empereur écrit, depuis Trianon, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre ... La 2e division du corps d'observation d'Italie sera commandée par le général Pacthod ...
Les six bataillons de l'ancien 4e corps, qui forment aujourd'hui les 43e, 44e et 45e régiments provisoires, seront réunis aux divisions du corps d'observation d'Italie de la manière suivante :
... Le 44e régiment provisoire, formé du 53e et du 106e, sera réuni à la 2e division, et la portera à 16 bataillons ... Au total, cette mesure portera le corps d'observation d'Italie à 58 bataillons, en comptant la division italienne de 13 bataillons
" (Correspondance générale de Napoléon, t.13, lettre 33267).

Le 11 juin 1813, l’Empereur écrit, depuis Dresde, à Eugène, Vice-Roi d’Italie : "Mon fils, je reçois votre lettre du 31 mai ...
Je vois, par l'état que vous joignez à votre lettre, qu'en complétant les 4 bataillons des 6 régiments, il n'y aurait pas d'hommes à donner aux 5 bataillons de la division Durutte, que j'envoie en Italie. Mon intention est de compléter à 500 hommes les 5 bataillons de cette division. Mettez-y de préférence des Romains, des Toscans et des Piémontais ; tenez ces bataillons à Trente. Formez-en une brigade sous les ordres d'un général de brigade où d'un colonel ; selon les circonstances, j'ordonnerai de les compléter à 800 hommes en y mettant des Romains et des Toscans, et de les diriger sur Dresde. Si ces bataillons doivent rester en Italie, une brigade de 2,500 hommes vous sera utile.
J'écris au ministre de la guerre de tirer des différents dépôts en Toscane et à Rome et de tout ce qui est disponible en France pour compléter votre corps. Faites un état de ce qu'il faut pour compléter les 24 bataillons, en calculant le déficit de la conscription. Il faut que chaque régiment ait au grand complet 3,360 hommes, sans compter les officiers et sous-officiers. On doit compter de plus ce qu'il faut pour les bataillons de la division Durutte. Par ce moyen, les 4 bataillons seront complets, et vous aurez un peu de monde pour les 5es bataillons de garnison.
Je vois que le 9e régiment a 3,200 hommes ; le 35e, 3,680 hommes ; le 53e, 2,674 hommes ; le 84e, 3,750 hommes ; le 92e, 3,550 hommes ; le 106e, 3,500 hommes. Je vois d'après l'état des 6 régiments que le 53e est le plus faible et qu'il a besoin de recevoir 600 hommes. J'estime que si le ministre de la guerre envoie des dépôts des départements au-delà des Alpes 3 à 4,000 conscrits, cela fera le compte.
Quant aux shakos, prenez des mesures pour qu'ils soient fournis au 15 juillet. Augmentez le prix, s'il est nécessaire. Envoyez-moi l'état des bataillons des 27e, 28e et 29e divisions militaires. Je crois que la 27e et la 28e division militaire ont chacune 3 brigades provisoires, ce qui doit faire 9 bataillons. Le 29e doit en fournir un, celui du 112e, et il y a à Rome un bataillon du 14e léger et un du 6e de ligne. Vous aurez ainsi sous la main les 6 régiments d'Italie de 24 bataillons, 5 bataillons de la division Durutte, 6 bataillons de la 27e et de la 28e division militaire, de la 29e, et de Rome 6 bataillons. Total, 41 bataillons qui sont déjà en deçà des Alpes
" (Mémoires du Prince Eugène, t.9, page 153 ; Correspondance générale de Napoléon, t.13, lettre 34604).

Le 15 juin 1813, l'Empereur écrit, depuis Dresde, au Duc de Feltre : "J'approuve que vous donniez des aigles aux 9e, 35e, 53e, 84e, 92e et 106e. Vous les leur enverrez en Italie ..." (Chuquet A. : « Inédits napoléoniens », Paris, 1913, t.1, lettre 970 ; Correspondance générale de Napoléon, t.13, lettre 34662).

Le 18 juin 1813, l'Empereur écrit, depuis Dresde, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, vous recevrez un décret que j'ai pris pour l'organisation du d'observation de Vérone, qui prend le titre de corps observation d’Italie. J’ai formé ses 7 divisions, et j'ai réglé sa cavalerie et son artillerie ...
Il faut que vous trouviez une dizaine de bataillons dans les cadres revenant d'Espagne, que vous ferez compléter pour former une réserve qui se réunirait à Turin ; car voulant pousser cette armée vers Laybach, pour imposer à l'Autriche, il faut avoir indépendamment des 5es bataillons ou bataillons de dépôt, une division sur l'Adige, pour mettre à l'abri de tout événement Mantoue, Venise et Alexandrie. Il est indispensable que le roi de Naples fasse partir, dans les premiers jours de juillet, ses 8 bataillons, sa batterie d'artillerie à pied, et sa batterie d'artillerie à cheval, ainsi que son régiment de 1 000 chevaux ; s'il pouvait en envoyer davantage, cela ne serait que mieux.
Vous verrez que je n'ai pas compris dans l'organisation du corps d'observation d'Italie les régiments croates, ni les régiments étrangers. Si cependant, l'Autriche cessait de nous donner des inquiétudes, je ferais venir ce corps en Allemagne, et alors il serait autrement organisé ; d'abord il n'aurait point de division italienne, parce que je préfèrerais laisser les troupes italiennes en Italie, pour se bien former. Je laisserais la plupart des demi-brigades provisoires en Bretagne et en Provence, et je ferais venir sous le commandement du général Grenier, 3 divisions faisant 42 bataillons, savoir :
le 9e de ligne 3 bataillons; le 35e id. 3 bataillons; le 84e id. 3; le 92e id. 3; le 53e id. 3; le 106e id. 3; total 18 bataillons
le 42e 2 bataillons; le 102e 2 bataillons; les 6 bataillons de la division Durutte 6 bataillons; bataillons croates 2; bataillons dalmates 2; la 28e demi-brigade provisoire 3 bataillons; la 29e idem 3 bataillons; la 30e idem 4 bataillons
parce que tous les bataillons qui composent ces demi-brigades ont leurs régiments à l’armée ; cela ferait ainsi 42 bataillons ou 3 divisions de 14 bataillons chacune.
Ce corps partirait de Vérone, fort de 34000 hommes d’infanterie, avec 2 batteries d’artillerie à cheval ou 12 pièces; 6 batteries de division ou 48 pièces; et 2 batteries de réserve ou 16 pièces; total 76 pièces françaises.
Il aurait un corps des équipages militaires, avec ses 40 caissons. Sa cavalerie serait d’un régiment italien de 1000 hommes, et d’un régiment français de la même force ; cela ferait en tout, un corps d’une quarantaine de mille hommes, tandis que l’armée italienne et tous les autres bataillons resteraient en Italie
" (Correspondance générale de Napoléon, t.13, lettre 34819).

Le même 18 juin 1813, l'Empereur écrit aussi, depuis Dresde, à Eugène Napoléon, Vice-Roi d'Italie, à Milan : "Mon Fils, je vous envoie un décret que je viens de rendre. Le ministre de la guerre vous l'expédiera, mais je vous le communique directement pour que vous le mettiez sur-le-champ en exécution. Vous verrez que le corps d'observation de Vérone prend le titre de corps d'observation d'Italie. Il ne vous échappera point que j'ai formé la 7e division, ou division de réserve, de six bataillons qui sont en Bretagne et de huit bataillons napolitains, c'est-à-dire de bataillons fort éloignés. J'ai placé dans les quatre premières divisions les bataillons qui sont en Provence, mais je les ai répartis de manière qu'au 1er juillet vous pourrez avoir vos six divisions, sinon à quatorze bataillons, au moins à onze ou douze chacune. Des divisions de douze bataillons suffisent à la rigueur pour faire la guerre en Italie, puisque cela fait un effectif de plus de 8,000 hommes présents sous les armes. D'ailleurs, il importe surtout que les Autrichiens voient le plus grand nombre de divisions qu'il est possible : ce nombre est la première chose dont ils seront instruits, et cela donne en outre les moyens d'organiser convenablement l'état-major, l'artillerie et le génie.
Il faudra commencer par mettre une batterie d'artillerie à pied à chaque division ; ensuite on organisera une batterie de réserve et une batterie d’artillerie à cheval ; ensuite la seconde batterie à pied de chaque division, les autres batteries à cheval et la seconde batterie de réserve.
On n'a pas besoin en Italie d'équipages militaires ; je m'en suis toujours passé ; il vous suffira d'avoir une compagnie avec ses quarante caissons pour vos ambulances. Vous pourrez, à cet effet, arrêter tout ce qui n'a pas passé Vérone ; vous écrirez à Turin et à Florence pour savoir ce qui y reste et ce qu'on pourra y organiser. Vous organiserez également une ou deux compagnies pour le royaume d'Italie. Le général Grenier, que je crois en Italie, prendra d'abord le commandement. Je vais penser à vous envoyer deux autres lieutenants généraux, afin que vous ayez deux généraux supérieurs pour commander deux corps séparés. Je vous ai envoyé le général Peyri. Il est bien important d'avoir le général Palombini ; je réitère l'ordre qu'il se rende en Italie. Je suppose que le général Pino pourra commander la garde. Le général d'Anthouard pourra commander l'artillerie. Si toute cette armée se trouve telle que je l'ai organisée par mon décret, elle vous donnerait un effectif de 75,000 hommes d'infanterie et de 5,000 hommes de cavalerie, et avec 5,000 hommes d'artillerie et du génie ce serait une armée de 85,000 hommes. Je mande au ministre de la guerre de compléter en France huit ou dix bataillons, qui vous seront également envoyés ; car il m'est revenu beaucoup de cadres d'Espagne et j'ai encore beaucoup d'hommes dans les dépôts. Le plus faible dans tout cela, c'est la cavalerie. J'ai envoyé en Italie le général Guyon, que vous connaissez et qui a l'habitude de servir sous vos ordres, pour commander une partie de la cavalerie. Je vous enverrai un général de division de cavalerie. J'ai aussi demandé au ministre de la guerre de voir à vous composer un second régiment français de 1,000 hommes de cavalerie. Je n'ai pas compris dans l'organisation de ce corps les régiments croates ni les régiments étrangers.
Si cependant l'Autriche cessait de nous donner des inquiétudes et que ce corps dût venir en Allemagne, il en serait autrement. D'abord il n'aurait point de division italienne, parce que je préférerais de laisser les troupes italiennes en Italie pour bien se former. Je laisserais la plupart des demi-brigades provisoires en Provence et en Bretagne, et je ferais seulement venir, sous le commandement du général Grenier, trois divisions fortes de quarante-deux bataillons, savoir : le 9e de ligne, trois bataillons ; le 35e, trois ; le 84e, trois ; le 92e, trois ; le 53e, trois ; le 106e, trois ; le 42e, deux ; le 102e, deux ; les six bataillons de la division Durutte ; deux bataillons croates ; deux bataillons dalmates ; la 28e demi-brigade provisoire, trois bataillons ; la 29e, trois ; la 30e, quatre ; parce que tous les détachements qui composent ces demi-brigades ont des bataillons à l'armée. Cela ferait ainsi quarante-deux bataillons, trois divisions à quatorze bataillons chacune. Ce corps partirait de Vérone, fort de 34,000 hommes d'infanterie. Son artillerie serait alors de deux batteries d'artillerie à cheval françaises ou douze pièces, six batteries de division françaises ou quarante-huit pièces, et deux batteries de réserve ou seize pièces, total soixante et seize pièces françaises. Il aurait une compagnie des équipages militaires avec ses quarante caissons. La cavalerie serait d'un régiment de cavalerie italienne de 1,000 hommes et d 'un régiment français aussi de 1,000 hommes. Cela ferait en tout un corps d'une quarantaine de mille hommes, et vous auriez en Italie l'armée italienne et tous les autres bataillons.
J'ai donné ordre que les six cadres des compagnies qui étaient à Glogau, ainsi que ce qui appartient à la garde italienne, partent pour se rendre en Italie
" (Mémoires du Prince Eugène, t.9, page 165 ; Correspondance de Napoléon, t. 25, 20152 ; Correspondance générale de Napoléon, t.13, lettre 34833).

Voici le Décret en question, qui fait connaître l'organisation de l'armée du Prince Eugène, comme la veut à cette époque l'Empereur :
ART. 1er. - Le Corps d'observation de Vérone prendra le titre de Corps d'observation d'Italie.
ART. 2. - Ce Corps sera composé de 4 Divisions françaises, 2 Divisions italiennes et 1 Division française-napolitaine. Total, 7 Divisions.
ART. 3. - Les 7 Divisions seront formées ainsi qu'il suit : PREMIÈRE DIVISION (française). - 9e de ligne, 4 Bataillons ; 35e de ligne, 4 Bataillons ; 28e Demi-brigade provisoire, 3 Bataillons ; 23e Demi-brigade provisoire, 3 Bataillons. Total, 14 Bataillons.
DEUXIÈME DIVISION (française). – 84e de ligne,4 Bataillons ; 92e de ligne, 4 Bataillons ; 30e Demi-brigade provisoire, 4 Bataillons. Bataillons pris dans les cadres revenant d'Espagne, non encore attachés à un Corps d'armée et se trouvant dans les 7e, 8e, 6e, 19e, 27e, 28e, 29e ou 30e Divisions militaires, 2 Bataillons. Total, 14 Bataillons.
TROISIÈME DIVISION (française). – 53e de ligne, 4 Bataillons ; 106e de ligne, 4 Bataillons ; 29e Demi-brigade provisoire, 3 Bataillons ; 24e Demi-brigade provisoire, 3 Bataillons. Total, 14 Bataillons.
QUATRIÈME DIVISION (française). – 36e léger, 2 Bataillons ; 42e de ligne, 2 Bataillons ; 102e de ligne, 2 Bataillons ; 31e Demi-brigade provisoire, 4 Bataillons ; 25e Demi-brigade provisoire, 3 Bataillons, plus 1 Bataillon pris dans les cadres revenant d'Espagne, non encore attachés à un Corps d'Armée et se trouvant dans les 7e, 8e, 6e, 19e, 27e, 28e, 29e et 30e Divisions militaires. Total, 14 Bataillons.
CINQUIÈME DIVISION (italienne). - Troupes du Royaume d'Italie : 12 Bataillons.
SIXIÈME DIVISION (italienne). - Garde italienne, 6 Bataillons ; troupes de ligne italiennes, 6 Bataillons. Total, 12 Bataillons.
SEPTIÈME DIVISION OU DIVISION DE RÉSERVE (française-napolitaine). – 47e, 2 Bataillons ; 86e, 2 Bataillons ; 122e, 2 Bataillons ; infanterie napolitaine, 8 Bataillons. Total, 14 Bataillons. Total général, 62 Bataillons français, 24 Bataillons italiens, 8 Bataillons napolitains, 94 Bataillons (Mémoires du Prince Eugène, t.9, page 110).

Le 28 juin 1813, à Dresde, l'Empereur décrète que : "Le sieur Jean-Baptiste Maret, élève du Lycée de Dijon, est nommé sous-lieutenant au 106e régiment d'infanterie de ligne" (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1912, t.4, lettre 6008).

Le 15 juillet, Eugène n'a encore que 72 Bataillons incomplets, en Italie ou en route pour s'y rendre, et 12 Escadrons de cavalerie. II répartit ce cadre en trois Lieutenances et une Réserve. Voici le tableau complet de cette formation, tette qu'elle résulte de la situation établie par l'Etat-major général : ÉTAT-MAJOR GÉNÉRAL. S. A. I. LE PRINCE VICE-ROI D'ITALIE, général en chef ...
DEUXIÈME LIEUTENANCE (vacante) ...
QUATRIÈME DIVISION. - Le Général Baron MARCOGNET. Position : Udine et Palmanova, 53e de ligne, 4 Bataillons ; 106e de ligne, 4 bataillons ; 29e Demi-brigade provisoire, 3 Bataillons. Force, 7,189 hommes et 20 bouches à feu, dont 4 régimentaires (Mémoires du Prince Eugène, t.9, page 114).

Le 29 juillet 1813, le Général de Division Grenier écrit au Général Schild, commandant le département du Passariano : "Par les rapports de la 2e division sous mes ordres, je vois qu’un détachement de 30 hommes, commandé par un sergent, a été mis, depuis un mois environ, à la disposition du commandant de la gendarmerie de ce département pour concourir à une réquisition qui a dû être faite ; le bien du service exige aujourd’hui que ce détachement soit renvoyé à son régiment et ce, au plus tard, le 1er août prochain. Si les circonstances nécessitent par la suite qu’un nouveau détachement soit donné à la gendarmerie, je m’empresserai, sur votre demande, de le faire fournir, mais seulement pour le temps de la perquisition, et non pour être établi à poste fixe avec les brigades et servir à leur correspondance entre elles, comme cela s’est fait pour le détachement du 106e. Il me semble d’ailleurs que ces sortes de détachement peuvent se prendre sur les troupes stationnées, comme garnisons, dans le département, et que les 13e de ligne français et 3e léger italien sont susceptibles de fournir à ce service" (Papiers du Général Paul Grenier. XX. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 87 page 186).

Le même 29 juillet 1813, le Général de Division Grenier écrit au Général Baron Marcognet, à Udine : "Je viens d’inviter M. le général Schild de vouloir bien faire rentrer pour le 1er août, le détachement du 106e régiment qui concoure en ce moment au service de la gendarmerie de ce département ; je pense que cette disposition ne souffrira aucune difficulté et si, contre mon attente, ce détachement n’était pas rentré au régiment à l’époque fixée, vous lui en donnerez l’ordre directement" (Papiers du Général Paul Grenier. XX. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 87 page 186).

Le 4 août 1813, le Général de Division Grenier écrit au Général Schild, commandant le département du Passariano, à Udine : "J’ai l’honneur de vous transmettre un état qui vient de m’être adressé par M. le général Baron Marcognet, de 11 hommes du 106e régiment de ligne, désertés d’Udine le 2 de ce mois au soir. Je pense que le signalement de ces hommes a déjà été directement adressé au commandant de la gendarmerie. Cependant, pour plus de sureté, je vous prie de lui envoyer, le plus promptement possible, copie de l’état qui est ci-joint et de lui donner l’ordre de prendre les mesures nécessaires pour l’arrestation de ces déserteurs. Ils n’ont pu parvenir à aller encore bien loin et je ne doute pas que si les différentes brigades sont averties à temps, on ne les rattrape à Trévise ou dans les environs. Je vous prie donc général, de ne pas perdre un moment pour en informer le commandant de la gendarmerie afin qu’il envoie de suite sur leurs traces" (Papiers du Général Paul Grenier. XX. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 91 page 193).

Le 5 août 1813, le Général de Division Grenier écrit au Général de Division Vignolle, à Milan : "L’officier duquel vous trouverez ci-joint une lettre, à son arrivée au 53e régiment de ligne, pour lequel il a été désigné, n’a trouvé aucun emploi de capitaine vacant dans ce corps et est en ce moment à la suite. Je pense qu’on pourrait le placer avantageusement dans le 106e où il manque plusieurs capitaines. Je vous prie donc de lui faire obtenir ce changement" (Papiers du Général Paul Grenier. XX. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 91 page 193).

Le 6 août 1813, le Général de Division Grenier écrit au Général de Division Marcognet, à Udine : "S. A. I. le Prince Vice-Roi désirant connaitre exactement la situation de l’habillement et équipement du 106e régiment sur lesquels Elle n’a pas reçu du colonel les renseignements demandés, paraissant même à cet égard inquiète et mécontente, veut que vous vous assuriez de la véritable situation de ce régiment et dans le plus grand détail en ce qui a rapport à la lettre du général Vignolle au colonel du 106e et dont vous trouverez ci-joint copie. Les shakos, gibernes, porte-gibernes, baudriers et havresacs pour lesquels ce régiment et le 53e sont encore en arriérés doivent aussi fixer votre attention et la lettre du général Vignolle au colonel vous servira de base et d’instruction pour la vérification que vous allez faire.
Conformément aux dispositions de cette lettre, vous ferez intervenir le sous-inspecteur aux revues dans ce travail, qu’il faut faire de suite, vous aurez la complaisance de me l’adresser aussitôt terminé afin que je puisse le transmettre au général Vignolle
" (Papiers du Général Paul Grenier. XX. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 91 page 193).

Le même 6 août 1813, le Général de Division Grenier écrit au Général de Division Comte Vignolle, à Milan : "Conformément à votre lettre, je viens, mon cher général, de charger le général Marcognet de vérifier la situation de l’habillement et de l’équipement du 106e régiment, en lui prescrivant de suivre pour base de son travail les dispositions et renseignements de votre lettre au colonel du 106e régiment et dont je lui ai transmis copie.
Aussitôt que ce travail m’aura été remis, je m’empresserai de vous le faire parvenir. En attendant, je peux vous donner les détails suivants, comme exacts au 26 juillet.
Le régiment avait 1924 hommes complètement habillés, 777 restaient à pourvoir, ce qui doit être terminé du 15 au 20 août, mais sans boutons.
2000 shakos existaient au régiment, on espère le complément du 10 au 15.
1827 hommes sont complètement équipés, 880 sont à pourvoir en gibernes, porte-gibernes et bretelles de fusils, quoique le manquant des gibernes soit de 1845. Ces objets doivent être fournis par les soins du Ministre Directeur ; au 26 juillet, l’expédition n’en était pas annoncée. Il manquait à la même époque 871 havresacs et 625 baudriers et sabres.
Sans doute que depuis le 26 juillet, les confections doivent avoir augmenté, mais j’en ignore encore les détails
" (Papiers du Général Paul Grenier. XX. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 91 page 194).

Le 7 août 1813, le Général de Division Grenier écrit au Général de Division Marcognet, à Udine : "J’ai reçu cette nuit la lettre ci-jointe par laquelle vous verrez, mon cher général, qu’il ne faut pas donner de suite à la lettre que je vous écrivis hier ensuite des ordres de S. A. I. Je suis bien aise que le colonel du 106e soit aussi complètement justifié ; vous pouvez lui donner copie de la lettre ci-joint du général Vignolle pour sa satisfaction particulière" (Papiers du Général Paul Grenier. XX. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 92 page 195).

Le même 7 août 1813, le Général de Division Grenier écrit au Général Vignolle, à Milan : "Conformément à votre lettre du 4, je viens, mon cher général, de prescrire au général Marcognet de regarder comme non avenue celle qui le chargeait de la vérification de l’habillement et équipement du 106e régiment ; je l’ai même engagé de donner copie de votre dernière au colonel du 106e, pour la satisfaction de cet officier supérieur …" (Papiers du Général Paul Grenier. XX. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 92 page 195).

Le 10 août 1813, le Général de Division Grenier écrit au Général de Division Comte Vignolle, Chef de l’Etat-major général de l’Armée d’Italie, à Udine : "J’ai l’honneur de vous prévenir, mon cher général, que M. Perdrics, lieutenant au 20e régiment de ligne, n’ayant pas trouvé de place de son grade vacante dans ce corps, je l’ai provisoirement mis dans le 106e, en attendant que vous en ayez référé à S. A. I. le Prince Vice-Roi, et que vous m’ayez fait connaitre sa décision à l’égard de cet officier" (Papiers du Général Paul Grenier. XX. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 92 page 196).

Le même 10 août 1813, le Général de Division Grenier écrit au Colonel du 106e de Ligne, à Udine : "Pour l’inviter à recevoir provisoirement M. Perdrics dans son régiment jusqu’à la décision de S. A. I. le Prince Vice-Roi à l’égard de cet officier" (Papiers du Général Paul Grenier. XX. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 92 page 196).

Le 12 août 1813, le Général de Division Grenier écrit au Général Vignolle, à Udine : "… Si je ne reçois pas d’autre ordre de mouvement d’ici au 14, je compte établir 2 ou 3 bataillons en avant de Gorizia et faire arriver ici 2 bataillons du 53e pour donner Commons au 106e" (Papiers du Général Paul Grenier. XX. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 93 page 197).

Le même 12 août 1813, le Général de Division Grenier écrit au Général de Division Marcognet, à Udine : "Sur la demande que j’en ai faite à S. A. I. le général Schild a reçu l’ordre de choisir dans le dépôt du 13e de ligne à Palmanova 400 hommes armés, habillés et équipés, pour les diriger ensuite sur le 53e régiment ; aussitôt que leur départ de Palma me sera annoncé, j’enverrai le sous-inspecteur aux revues à Cormons pour procéder à l’incorporation de ces hommes et de constater par procès-verbal leur remise, l’armement, l’habillement, équipement et effets de linge et chaussures dont ces hommes seront porteurs.
J’espère que ce régiment recevra encore de son dépôt environ 160 hommes ; aussitôt que le colonel du 53e connaitra ce qui peut manquer au détachement du 13e et à celui venant de son dépôt soit en havresac, ou autres objets d’équipement et d’armement, il prendra dans ses magasins ce qui sera nécessaire pour les compléter. Le restant pourra être déposé à Palma au lieu d’être renvoyé au dépôt, mais il sera nécessaire que ces différents effets soient bien encaissés et le contenu constaté par procès-verbal d’un commissaire des guerres.
Il pourrait encore s’entendre avec d’autres régiments pour céder les sacs et les shakos qui lui resteront, je crois même que le 106e s’en arrangerait
" (Papiers du Général Paul Grenier. XX. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 93 page 198).

Le 16 août 1813, le Général de Division Grenier écrit au Général de Division Vignolle, à Udine : "Je n’ai reçu que ce matin à 2 heures et demie, mon cher général, votre lettre du 15 de ce mois ; j’ai expédié aussitôt les ordres de mouvement pour la 4e division ...
Le 106e régiment sera demain à Gorizia et Salcano ...
" (Papiers du Général Paul Grenier. XX. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 96 page 203).

Le 17 août 1813, le Général de Division Grenier écrit au Général de Division Vignolle, à Udine : "En conformité de votre lettre du 16, je viens de prescrire au général Marcognet de faire partir de suite un officier du 53e pour aller chercher au dépôt du 13e de ligne les 400 gibernes et porte-giberne qui doivent lui être fournies par ce dépôt, à charge pour les conseils d’administration respectifs de s’entendre pour le remboursement ou la restitution. Je voudrais bien qu’une pareille mesure puisse être prise pour le 106e régiment auquel il en manque encore près de 800 …" (Papiers du Général Paul Grenier. XX. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 97 page 205).

Le 8 septembre 1813, le Général Grenier écrit, depuis Saint-Jean, au Prince Eugène : "Je reçois à 11h15 avant midi la lettre que V. A. I. m’a fait l’honneur de m’écrire hier 7. Je suis extrêmement surpris que V. A. n’ait encore reçu aucune de mes lettres ; j’ai écrit du champ de bataille de Feistritz à 6 heures du soir, la lettre a été remise à un capitaine de voltigeurs du 106e nommé Martinet ; une 2de lettre a été adressée à V. A. de Saint-Jean, elle a été remise à un officier de sa garde royale qui m’avait été envoyé par le général Lecchi. Par cette dernière je faisais connaître à V. A. que j’avais poursuivi l’ennemi l’épée dans les reins jusqu’ici jusqu’à 8 du soir. Enfin j’ai eu l’honneur d’écrire hier matin à Votre Altesse et ai remis moi-même à Kirchenten ma lettre à un officier d’infanterie légère qui commandait un détachement de 200 hommes que j’envoyais au Leobel pour communiquer avec la division Marcognet, l’ennemi ayant abandonné cette position la nuit du 6 au 7 à minuit. Par cette lettre je faisais connaître à V. A. la position des troupes.
Aujourd’hui à 7 h du matin j’ai encore écrit à V. A. pour lui faire connaître par quels chemins l’ennemi s’était retiré, les ordres que j’avais donnés pour la démolition des ouvrages de Feistritz, ayant en cela prévu ses intentions.
Le 5 il n’y avait plus de munitions d’artillerie à Tarvis, un caisson de ceux consommés à Rosseck n’a pu être chargé, au reste nous avons consommé peu de munitions d’artillerie, mais considérablement de cartouches d’infanterie. J’ai donné les ordres nécessaires pour les prompts remplacements
" (Papiers du Général Paul Grenier. XI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 13 page 37).

Le 13 septembre 1813, une lettre est adressée, depuis Laybach au Général Marcognet, à Zchlza (par le Général Grenier ?) : "Mon cher général comme je vous l’ai dit ce matin, l’intention de S. A est que vous fassiez toutes les dispositions nécessaires pour que les 3 bataillons du 53e et celui du 112e suffisent pour la défense du pont de Czerniere au moins pendant 48 heures et que les 2 autres bataillons de la 29e demi-brigade avec tout le 106e régiment soient portés demain matin savoir, le 106e sur la route de Carlstadt avec une demie batterie d’artillerie en arrière de la ligne occupée en événement par la garde royale italienne ; et les 2 bataillons de la 29e passant à Kaltenbrunn dont il faut rétablir le pont cette nuit à Dobruina passant par Vissovick pour de là continuer leur mouvement sur Cipagloa en ayant soin de marcher constamment à hauteur de la colonne, suivra la grande route ; 1 heure au départ de Dobruina sera déterminée par un avis particulier ce soir encore ou demain matin ; cette colonne devra avoir soin de s’éclairer sur la gauche vers la Save et dans toutes les directions, son objet étant de déborder la droite de la position de l’ennemi qui doit être à Saint-Marin ; si le général Dupeyroux reste au pont de Czeniere le général Gamin pourra être chargé de la direction de cette colonne et vous marcheriez avec celle du 106e pour être plus à portée de recevoir les ordres que j’aurais à vous transmettre de la part de S. A. le Vice-Roi.
… S. A. désire conserver le pont de Czerniere par tous les moyens possibles ; cependant si l’ennemi parvenait à repousser le 53e et que l’on eut pas le temps de le replier il faut en défendre le passage avec l’artillerie et enfin y mettre le feu à la dernière extrémité et lorsque l’on aura employé vraiment tous les moyens possibles pour le conserver. Donnez donc, mon cher général, vos instructions en conséquence
" (Papiers du Général Paul Grenier. XI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 2 page 15).

Le 15 septembre 1813 à 10 heures 30 du soir, le Général Grenier écrit, depuis Laybach (destinataire non indiqué : au Général Marcognet ?) : "... 11h et un quart je donne ordre au général Janin de mettre le 106e toute entier en mouvement demain à 7 h du matin au plus tard, ainsi vous aurez toute votre division réunie (moins cependant un bataillon que vous laisserez au pont) pour agir offensivement contre l’ennemi et l’attaquer avec vigueur ..." (Papiers du Général Paul Grenier. XI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 17 page 45).

Le même 15 septembre 1813, le Génréal Grenier ordonne : "Monsieur le général Janin fera prendre les armes demain 16 septembre à 7 heures du matin au 106e régiment et le conduira au pont de Czernuze où ce général recevra des ordres ultérieurs du général Marcognet ; le poste de Kaltenbrunn suivra le mouvement du régiment ; celui qui est chez moi y restera où sera relevé par un autre comme le voudra le colonel" (Papiers du Général Paul Grenier. XI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 22 page 55).

Le 16 septembre 1813, le Général Grenier écrit, depuis Laybach (au Général Marcognet - non précisé sur le document) : "... Demain à deux heures du matin vous vous mettrez en route avec la 29e demi-brigade, pour réunir au 106e, venir occuper la position en arrière de Saint-Marin, qui était occupée par la garde royale le jour où vous fîtes votre reconnaissance sur Veichselbourg.
Comme l’intention de S. A. I. et que vous teniez avec ces sept bataillons, pendant quelques jours la position indiquée, il convient de bien reconnaître le pays et prendre cependant à l’avance les dispositions suivantes, que vous pourriez ensuite rectifier.
A la pointe du jour les troupes seront établies ainsi qu’il suit :
A la position en arrière de Saint-Marin, cinq bataillons sur deux lignes, gardant fortement la grande route de Veichselbourg, et à l’embranchement d’Auersberg, se liant par la gauche avec un bataillon qui devra être sur les hauteurs en avant de Dobruina.
Le 7e bataillon serait placé avec la majeure partie de l’artillerie à Augnig, et dans le cas où S. A. I. laisserait à ce village des bataillons de la garde, alors ce 7e bataillon pourrait faire partie de votre seconde ligne.
Pour que le bataillon qui sera placé à Dobruina ne puisse être inquiété sur ses derrières, il faudra placer en arrière de lui à environ trois quarts de lieue les deux pièces d’artillerie du 106e régiment, avec deux compagnies du même corps pour les garder. M. le général Janin connait particulièrement le point sur lequel ces deux pièces devront être établies …
" (Papiers du Général Paul Grenier. XI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 24 page 59).

Le 17 septembre 1813, à 9 heures du soir, le Général Grenier écrit, depuis Laybach au Colonel Grobon du 53e Régiment : "M. le colonel, ensuite des intentions de S. A. I. le Prince Vice-Roi, le régiment que vous commandez doit être relevé cette nuit et demain matin au pont de Czernuze et ses avant-postes ... Aussitôt que vous serez relevé, vous mettrez votre régiment en mouvement et vous vous porterez sur les hauteurs en avant de Dobruina, où vous trouverez un bataillon du 67e et un autre du 106e régiment. Vous ferez relever de suite ces deux bataillons, qui devront sans tarder rejoindre M. le général de division Marcognet, à la position en arrière de Saint-Marin sur la route de Carlstadt, et que le chef de bataillon du 67e connaît déjà; vous trouverez à moitié chemin de Laybach à Dobruina, deux bouches à feu d’une des batteries de la division, et gardées par une ou deux compagnies du 106e, vous les ferez relever par votre artillerie régimentaire, et lui laisserez la garde nécessaire.
Vous donnerez ordre au détachement d’artillerie de rejoindre M. le général Marcognet et aux compagnies du 106e leur régiment ...
" (Papiers du Général Paul Grenier. XI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 26 page 63).

Encore le 17 septembre 1813, à 9 heures du soir, le Lieutenant-général Comte Grenier écrit, depuis Laybach (pas de destinataire indiqué, sans doute le Général Marcognet) : "Mon cher général je vous préviens ce que tous les ordres sont donnés pour que le 53e régiment soit relevé à la pointe du jour au pont de Czernuze ; mais Son Altesse Impériale veut qu’il occupe la position de Dobruina ; je dirige en conséquence ce régiment sur ce point et je donne l’ordre au colonel Grosbon de vous envoyer de suite les bataillons du 67e et 106e régiment que vous placerez en arrière de votre 2e ligne. Son altesse s’est particulièrement déterminée à cette disposition parce qu’en revenant à Laybach on a entendu des coups de fusil dans la direction de Dobruina et qu’il importe pour votre gauche que ce point soit fortement occupé ; tâchez d’établir une bonne communication du petit château où est le général Janin sur Dobruina, le 53e devra même placer s’il est possible un fort poste intermédiairement entre votre gauche et sa position.
J’ai chargé le colonel Grosbon de donner ordre à votre batterie d’artillerie de vous rejoindre, ainsi qu’aux deux pièces que vous avez dû envoyer en arrière de Dobruina. Débarrassez-vous de vos caissons de vivres qui sont trop près de votre ligne, vous pourriez également envoyer au premier village en arrière de vous votre réserve d’artillerie
" (Papiers du Général Paul Grenier. XI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 29 page 69).

Le 20 septembre 1813, le Lieutenant-général Comte Grenier écrit, depuis Laybach, au Général Marcognet : "Mon cher général, j’ai reçu votre rapport de ce jour ; comme je vous l’ai annoncé hier la division italienne arrive aujourd’hui à Laschitz et doit se porter demain sur Obergurck à hauteur de Veichselbourg, il faut donc vous mettre vous-mêmes en mesure de marcher demain et d’attaquer l’ennemi devant vous s’il ne quitte pas sa position par suite du mouvement de la division italienne ; l’intention de S. A. I. est que vous fassiez attaquer ce soir vers 4 heures le poste de Veiskirck et que vous vous en rendiez maître en ayant soin de le conserver afin de faire craindre à l’ennemi pour sa gauche ...
Il est probable que le Prince se rendra demain à votre position, faites tous vos préparatifs pour l’attaque qui je pense offre quelque facilité par le ravin où est monté dernièrement la compagnie de voltigeurs du 106e pour reconnaître l’ennemi ...
" (Papiers du Général Paul Grenier. XI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 35 page 81).

Le 20 octobre 1813, depuis le Quartier général à Gemona, est donné l'ordre de mouvement suivant : "... La division aux ordres de M. le Général Rouyer fournira à la garnison d’Osoppo un détachement de 120 hommes pris sur ceux les plus faibles et les moins bons marcheurs, dont les propositions ci-après savoir :
30 hommes du 7e de lignes
30 hommes du 52e de ligne
et 60 hommes du 35e de ligne
total 120.
Ces détachements seront conduits par des officiers de chaque corps au commandant de la place d’Osoppo pour faire partie de sa garnison et être provisoirement mis en subsistance dans le bataillon de dépôt du 106e régiment. Ces hommes s’en feront donner récépissés écrits qu’ils rapporteront à M. le général de division pour être transmis par lui au lieutenant général, afin d’en constater le versement à S. A. I.
Il est entendu que d’après cette disposition aucun officier ou sous-officier ne doit faire partie de la force de ces détachements puisqu’ils doivent rentrer à leur corps après remise faite ...
Il sera donné avis au commandant d’Osoppo du détachement qui doit être fourni comme supplément à sa garnison par la 2e division ainsi que des formalités à remplir pour l’exécution de cette disposition ...
" (Papiers du Général Paul Grenier. XI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 54 page 124).

Le même 20 octobre 1813, est donné, depuis le Quartier général à Gemona, l' "Ordre de mouvement pour le 21
La deuxième division aux ordres de M. Le général Rouyer ira cantonner demain à Saint-Daniel et environs ...
La division aux ordres de M. le général Gratien fournira à la garnison d’Osoppo un détachement de 120 hommes pris sur ceux les plus faibles et les moins bons marcheurs dans la proportion ci-après : savoir 30 hommes du 7e de ligne, 30 hommes du 52e et 60 hommes du 35e.
Ces détachements seront conduits par des officiers de chaque corps au commandant de la place d’Osoppo pour faire partie de sa garnison et être provisoirement mis en subsistance dans le bataillon de dépôt du 106e régiment. Les officiers et sous-officiers chargés de la conduite et remises de ces hommes s’en feront donner récépissé qu’ils rapporteront à M. le général de division pour être transmis par lui au lieutenant général afin d’en constater le versement à S A. I.
Il est entendu que d’après cette disposition aucun officiers ou sous-officiers ne doit faire partie de la force de ces détachements, puisqu’ils doivent rentrer à leur corps après remise faite ...
" (Papiers du Général Paul Grenier. XI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 57 page 130).

Le 5 novembre 1813, le Général de Division Grenier écrit, depuis Vérone, au Général de Division Marcognet : "Le général Vignole vous a sans doute informé de la nouvelle organisation de l’armée de laquelle il résulte que la 1ère et 4e composent la 1ère Lce et que je reprends le commandement qui m’était confié au moment où nous sommes entrés en campagne.
Je me revois avec plaisir au milieu de mes anciens camarades et j’aurais une véritable satisfaction d’apprendre que vous éprouviez le même sentiment.
L’intention de S. A. I. est que votre division soit composée ainsi qu’il suit :
1ère brigade
3 bataillons du 53e régiment formés des quatre existants
2 bataillons du 102e
Une batterie d’artillerie.
2e brigade
2 bataillons (20e et 101e) de la demi-brigade provisoire
2 bataillons du 106e formés des 3 existants
2 bataillons (un du 131e et un du 132e commandés par le major Turin)
1 batterie d’artillerie.
Votre division ayant séjour demain 6 à Legnago, vous lui ferez exécuter le 7 le mouvement ci-après :
La portion de la 2e brigade qui est dans ce moment avec vous (106e) demi-brigade provisoire et la batterie d’artillerie ira le dit jour prendre position à Ronco, ayant pour objet de garder la rive droite de l’Adige et d’empêcher un passage si l’ennemi voulait le tenter sur ce point ou dans les environs ; la cavalerie du général Mermet aura des postes à Roverchiara à droite de cette brigade et à Zevio à sa gauche. Ils devront faire connaitre au général commandant la brigade tout ce qu’il se passera d’important sur la ligne.
Avec le restant de votre division, vous coucherez le 7 à Vallese pour arriver le 8 à Vérone. Le 9, vous enverrez le bataillon du 67e à Bussolengo rejoindre la 2e division dont il fait partie. Le 53e régiment ira de très grand matin à St-Michel où se trouve en ce moment le 4e bataillon, y relèvera les bataillons du 131e, 132e et 102e qui partiront aussitôt pour rejoindre le même jour savoir les 1ers la 2e brigade à Ronco et ceux du 102e pour venir occuper Vérone sur la rive droite et fournir les gardes des batteries et autres postes ; à moins de nouvelles disposition de S. A. I., il n’y aura rien de changé dans votre mouvement des 7 et 8 ; peut-être aura-t-on à rectifier celui du 9, mais comme vous serez le 8 à Vérone, vous serez prévenu des changements qui pourront avoir lieu
" (Papiers du Général Paul Grenier. XXI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 19 page 50).

Le 9 novembre 1813, le Général de Division Grenier écrit, depuis Vérone, à 9 heures et demie du soir, au Vice-Roi : "… Le rapport de la brigade du général de Conchy établie à Ronco annonce que l’ennemi a paru hier sur la rive gauche de l’Adige dans la direction de Ronco ; qu’il a fait 6 hommes prisonniers de la compagnie de voltigeurs du 106e régiment chargés de protéger la destruction de la redoute établie sur la rive gauche en face de Ronco …" (Papiers du Général Paul Grenier. XXI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 20 page 52).

Le 18 novembre 1813, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, à Borghèse, Gouverneur général des départements au-delà des Alpes : "Mon cousin, vous trouverez ci-joint un ordre que je viens de signer ; tenez la main à son exécution, et correspondez avec moi là-dessus.
Les 9e de ligne, 35e, 53e, 84e, 92e et 106e doivent avoir envoyé les cadres de leurs 4es bataillons à Alexandrie ; je suppose qu'ils y ont aussi envoyé leurs ouvriers et leurs dépôts.
Les 4 200 conscrits doivent être arrivés.
Donnez de plus au 92e 800 conscrits qui étaient destinés au 156e, ce qui fera 5 000 hommes, et vous les tiendrez à la disposition du vice-roi pour recruter ces régiments.
1re question : ces 5 000 hommes sont-ils arrivés ?
2e question : les draps sont-ils arrivés ainsi que tout ce qui leur est nécessaire ?
3e question : les majors, les dépôts et les ouvriers sont-ils arrivés ?
Si les ouvriers ne sont pas arrivés, pourvoyez-y en faisant faire les habits par des tailleurs du pays, et activez l'équipement. Si les draps ne sont pas arrivés, levez toutes les difficultés, et tirez des draps du pays ...
L'armée d'Italie recevra donc un renfort de 4 200 hommes affectés aux 6 régiments, 7 600 hommes affectés aux autres régiments, et 3 000 pris sur les 4 000 du 156e. Total 16 000 hommes ...
Le vice-roi doit envoyer des cadres pour un 6e bataillon des 9e, 53e, 50e, 92e et 106e.
Vous verrez les divers développements de ces dispositions dans les articles 4 et 5 de mon décret.
Ainsi, la 1re division de l'armée de réserve comprendra les 12 bataillons des régiments qui sont à l'armée d'Italie ; ce qui avec le 6e bataillon du 13e de ligne, fera 13 bataillons : vous réunirez cette division à Alexandrie, Plaisance ou Turin.
La 2e division sera composée comme le porte l'article 5.
Il faut reformer les bataillons qui doivent revenir de la Grande Armée et donc il n'arrivera que peu de chose : ce sont des cadres à refaire. Le 112e se reformera à Florence, ainsi que le 6e du 35e léger. Écrivez au vice-roi pour que le dépôt du 137e revienne à Alexandrie, s'il n'y est pas déjà.
Ces bataillons formeront la 2e division.
Enfin, les 5e bataillons, comme il est dit en l'article 6, formeront la 3e division.
Sur la conscription des 300 000 hommes, j'ordonne qu'on lève en Dauphiné, en Provence et dans le Lyonnais les 30 000 conscrits nécessaires pour compléter ces trois divisions. La levée se fera dans le cours de ce mois-ci ; et il est probable que tout sera arrivé dans le courant de décembre. Ainsi en janvier, vous aurez une armée de réserve de 30 000 hommes à Turin, Alexandrie et Plaisance. Exagérez tous les nombres ; dites qu'on aura 100 000 hommes.
Correspondez avec le vice-roi et avec la grande-duchesse, et occupez-vous avec activité de ces formations ...
Je n'ai compris l'Italie française pour aucune levée ni dans les 300 000 hommes, ni dans la conscription de 1815. Dites cela aux préfets ; écrivez-le à la grande-duchesse et au général Miollis : tous les hommes qui arriveront sont des Français
" (Correspondance générale de Napoléon, t.14, lettre 37116).

Le 19 novembre 1813, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Lacuée, Ministre directeur de l'Administration de la Guerre : "Monsieur le comte de Cessac, je suppose que vous avez pourvu à l'habillement de la conscription des 120 000 hommes qui se lève en exécution du sénatus-consulte du 9 octobre 1813. Le sénatus-consulte du 12 novembre met 300 000 hommes à ma disposition, mon intention est d'en lever 170 000, à l'habillement desquels il faut que vous pourvoyiez. Ils seront fournis de la manière suivante : 40 000 par les départements qui envoient à l'armée des Pyrénées. Ces 40 000 hommes formeront 4 divisions, une à Bordeaux, une à Montauban, une à Toulouse et une à Montpellier. Ils seront habillés par quatre ateliers placés les uns à Bordeaux et les autres à Toulouse. Comme par le décret qui a passé aujourd'hui au Conseil d'État ces 40 000 hommes seront rendus avant le 20 novembre à leur destination, il faut établir sur-le-champ ces quatre ateliers qui fourniront chacun 10 000 habits d'ici à cette époque. Si vous préfériez que cette réunion eût lieu à Nîmes où partout ailleurs, je le laisse à votre disposition. Ces ateliers seront formés comme ceux que j'avais établis en 1808 à Bordeaux. Les 12 régiments qui ont leur dépôt dans la 11e division militaire recevront leur contingent de la conscription de 1815 et rien de la levée des 300 000 hommes. Présentez-moi un décret pour la formation de ces quatre ateliers. Il est important que dans le courant du mois de décembre, ils fournissent le nombre d'habits, de schakos, de sacs, etc., qui sera nécessaire. Cela formera une dépense de 5 à 6 millions à peu près. Il faut prendre des moyens expéditifs pour lever les difficultés et les embarras. Il est présumable que les Anglais recommenceront la campagne en février, cette saison leur étant favorable. Il faut donc que cette armée de réserve soit en état d'agir d'ici au mois de janvier. J'ai ordonné aujourd'hui la levée de 30 000 hommes sur la conscription des 300 000 dans les 7e, 8e et 19e divisions militaires. J'y ai joint les départements de l'Ain, de l'Allier et de la Haute-Saône. Ces 30 000 hommes seront dirigés sur Turin et Alexandrie. Ils formeront trois divisions. La première sera réunie à Alexandrie.
Elle sera composée de 13 bataillons savoir :
... des 4e et 6e bataillon du 106e de ligne
Ces régiments ont leurs dépôts à l'armée d'Italie ...
Ces hommes seront habillés à leurs dépôts ou ailleurs. Il faut réunir des moyens pour qu'ils le soient dans les 15 premiers jours de janvier. Ces 30 000 hommes sont indépendants des 18 000 qui sont fournis par la conscription levée dans les départements situés au-delà des Alpes, et qui sont destinés à recruter l'armée d'Italie. Le reste des 300 000 hommes ne sera pas encore levé, mais il le sera plus tard. Comme cette dernière conscription sera disséminée entre les dépôts placés en deçà des Alpes, il est nécessaire que les bataillons qui doivent recevoir des hommes soient approvisionnés. Je ne sais si je vous ai écrit relativement à une disposition particulière sur la conscription des 120 000 hommes, j'ai ordonné que 11 500 fussent envoyés sur Mayence pour être répartis entre les 13e et 23e régiments etc., et les bataillons d'autres régiments qui font partie du 4e corps, mais dont les dépôts sont en Italie. Mon intention est que ces 11 500 hommes soient habillés par nous. Je suppose que ces hommes seront rendus à leur destination avant le 15 octobre, il faut que vous pourvoyiez à leur habillement, et que vous adressiez les dispositions que vous aurez prises auprès des commandants des corps qui doivent recevoir ces hommes. J'ai ordonné encore que 5 000 hommes seraient accordés au 11e corps pour être distribués dans les bataillons dont les dépôts se trouvent au-delà des Alpes. J'ai ordonné que ces hommes seraient fournis par les dépôts placés en deçà des Alpes ; il est donc nécessaire que ces dépôts aient ce qui est nécessaire pour armer les hommes destinés à aller aux bataillons du 11e corps à qui ils doivent appartenir. Faites-moi connaître si je puis compter sur la prompte exécution de ces ordres
" (Correspondance générale de Napoléon, t.14, lettre 37163 - Note : La même lettre est envoyée à Clarke : minute, Archives nationales, AF IV 904, novembre 1813, n° 261).

Le 22 novembre 1813, Eugène écrit, depuis Vérone, à Clarke : "Je vous ai déjà fait connaître, monsieur le duc de Feltre, les mesures que j'ai concertées avec le prince Camille, pour l'incorporation dans plusieurs cadres de bataillons de l'armée d'Italie des 5,600 conscrits des classes antérieures à 1814, qui sont destinés à recruter les 9e, 10e, 13e, 35e, 53e, 84e, 92e et 106e régiments d'infanterie de ligne. Il résultera de leur exécution que tous ces corps, à l'exception du 13e régiment, auront reçu le contingent qui leur est assigné, et que les conscrits destinés à ce dernier corps qui, n'ayant en Italie que son bataillon de dépôt renfermé dans Palmanova, ne peut envoyer de cadre à Alexandrie, seront donnés au 9e régiment qui, vu sa faiblesse, a envoyé deux cadres de bataillon à Alexandrie pour se recompléter ..." (Mémoires du Prince Eugène, t.9, page 462).

Le 24 novembre 1813, l'Empereur écrit, depuis Paris, à Daru, Ministre directeur de l’Administration de la Guerre : "Monsieur le comte Daru, je reçois une lettre du prince Borghèse du 20, dans laquelle il me fait connaître que le 4e régiment d'artillerie, le 1er bataillon de sapeurs et le 3e idem ont ce qu'il leur faut pour leur habillement mais que le 1er léger, le 7e de ligne, le 20e, le 42e, le 52e, le 67e, le 101e et le 102e, qui reçoivent chacun 700 conscrits n'ont pas de quoi en habiller 400 ; moins la doublure et le drap pour les capotes ; que le 13e de ligne, le 9e, le 35e , le 53e, le 84e, le 92e et le 106e qui sont arrivés à Alexandrie et ont chacun 700 hommes à recevoir n'ont rien ...
Il n'était non plus rien arrivé pour l'habillement des 700 hommes du 3e léger et du 10e de ligne. Je désire que vous me fassiez un rapport sur cet objet important. Voilà 15.000 hommes qui arriveront avant le 15 décembre et pour l'habillement desquels il n'y a aucune disposition. Cependant il est nécessaire que ces 15.000 puissent au 15 de ce mois renforcer l'armée. Faites-moi connaître tout ce que vous avez envoyé et toutes les dispositions que vous avez prises pour compléter l'habillement de ces 15.000 hommes ...
Le 112e recevra des hommes en Toscane, le 6e de ligne et le 14e léger reçoivent des conscrits à Rome. Faites-moi connaître toutes les dispositions déjà prises pour l'équipement de ces hommes. Consultez vos bureaux pour savoir si le Piémont fournit tout ce qui est nécessaire pour les équipements et pour suppléer sur le champ aux mesures qui n'auraient pas été prises. Dans ce cas proposez-moi l'établissement d'une commission présidée par le prince Borghèse et composée du préfet du Pô et de l'ordonnateur. Cette commission sera chargée de prendre sur le champ toutes les mesures, mais elle aura besoin d'argent. Faites-moi connaître les fonds que vous pouvez mettre à sa disposition et si vous avez sur octobre et novembre les crédits suffisants pour faire face à ces dépenses, et si le Piémont, pouvant faire face à tout, vous expédiez des ordonnances, prévenez-m’en ; je les ferai payer. Il faut charger le général Miollis et la grande-duchesse de faire habiller ce qui arrive à Rome et en Toscane
" (Correspondance générale de Napoléon, t.14, lettre 37262).

Le même 24 novembre 1813, l'Empereur écrit, depuis Paris, à Borghèse, Gouverneur général des départements au-delà des Alpes : "Mon cousin, je reçois votre lettre avec l'état qui y est joint. Vous ne me dites pas si les bataillons des 9e de ligne, 35e, 53e, 84e, 92e et 106e avaient ramené avec eux leurs dépôts, c'est-à-dire les maîtres tailleurs, quartiers-maîtres, majors et tout le matériel qu'ils pouvaient avoir aux dépôts.
Je vois que vous n'avez que 1 500 fusils. Écrivez au vice-roi qu'il vous en fasse passer, à Alexandrie, 4 000 de ceux qu'il a à Mantoue. J'ai ordonné au ministre de la Marine de vous en envoyer 10 000 par mer à Gênes. Ecrivez à Toulon qu'on vous instruise du moment où ils partiront.
Je vois que plusieurs bataillons ont déjà 400 habits, mais que les 6 dépôts de l'armée d'Italie n'ont rien : mon intention est que vous pourvoyiez à tout. Réunissez près de vous le préfet de Turin, qui est un homme habile, votre ordonnateur et les majors de tous les corps. Prenez, dans les 24 heures, les mesures nécessaires pour que tous les hommes qui arrivent au 4e d'artillerie, au 1er de sapeurs, au 3e de sapeurs, au 1er léger, au 7e de ligne, 20e, 42e, 52e, 101e, 102e, 9e de ligne, 35e, 53e, 84e, 92e et 106e soient habillés sur-le-champ de pied en cap, et qu'il ne leur manque absolument rien.
Toutes les dispositions que vous ferez seront approuvées. Tous les fonds que vous emploierez pour cet objet seront pris sur les centimes que doivent payer vos départements en conséquence de mon décret du 11 novembre dernier.
Mettez en réquisition tous les tailleurs du pays, de sorte qu'au 15 décembre au plus tard ces hommes soient habillés ...
Vous me rendez compte du procès-verbal de la séance que vous tiendrez et des mesures que vous aurez prises. Vous sentez l’importance dont il est, que ces 15 000 hommes soient armés, habillés et équipés dans le plus court délai. Vous devez pourvoir à tout. La seule chose à laquelle vous ne pourrez pas pourvoir vous-même, c'est les armes ; mais j'espère que cela ne vous manquera pas ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.14, lettre 37251).

Le 27 novembre, le Général Deconchy occupe Fratta et Villanova, envoyant des reconnaissances sur Rovigo. Il ne tarde pas à être informé qu'une colonne autrichienne assez forte, formée de troupes détachées au blocus de Venise, parait vouloir passer l'Adige à Boara, entre Rovigo et Borgo-Forte. Il se met en marche le 29 au matin pour combattre ce corps, mais il trouve l'ennemi tellement en force à Boara, qu'il doit se replier (Mémoires du Prince Eugène, t.9, page 436).

Le 29 novembre 1813, le Général de Division Grenier écrit, depuis Vérone, au Général de Division Marcognet : "J’ai reçu hier au soir votre lettre du 28 avec le rapport du colonel du 106e ; entendez vous avec le général Mermet relativement au fourrage et dans tous les cas, prenez les mesures que vous jugerez nécessaires pour que vos chevaux n’en manquent pas" (Papiers du Général Paul Grenier. XXI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 25 page 63).

Le 30 novembre, le Général Deconchy est obligé de battre en retraite sur Trecenta pour y attendre les renforts et l'artillerie qu'il a fait demander au Vice-Roi (Mémoires du Prince Eugène, t.9, page 436).

Le 30 novembre 1813, le Général de Division Grenier écrit, depuis Vérone, à 4 heures du soir, au Général Marcognet : "J’ai reçu avec votre lettre de ce matin 8 h le rapport du général de Conchy en date du 29. Je me suis empressé de le communiquer à S. A. I. qui a vu avec peine que le général de Conchy n’était pas arrivé dès le 28 au soir à Rovigo et à Boara où il aurait probablement empêché l’ennemi de passer puisqu’il ne pouvait savoir combien il pouvait y avoir de troupes entre Rovigo et Boara. S. A. a été également peinée de savoir que ce général avait rétrogradé sur Rindinara étant en mesure sur Rovigo sans avoir vu l’ennemi. Depuis 8 jours, les rapports des paysans sur les mouvements de l’ennemi se sont multipliés et contredits en tous sens. On doit cependant supposer que les renseignements que le général de Conchy donne sont exacts mais il doit cependant s’en assurer et pour cela l’intention de S. A. est que vous fassiez partir au reçu de la présente un bataillon du 106e pour arriver demain de bon matin à Castagnaro pour être à la disposition du général de Conchy. Vous ferez, mon cher général, remplacer le bataillon sur votre ligne par un bataillon de votre 1ère brigade si vous le jugez nécessaire. Au moyen de cette disposition, le général de Conchy aura plus de dix huit cent hommes d’infanterie et plus de 200 de cavalerie pour agir. Les 2 pièces régimentaires de 6 qui doivent être à Castagnaro sont aussi à ses ordres, ainsi que le caisson d’infanterie qui est avec ; fournissez-lui en outre les munitions dont il pourrait avoir besoin. Si l’ennemi a réellement l’intention de se porter sur le Pô, il ne peut le faire que par un mouvement de flanc donc le général de Conchy doit en profiter. Il doit bien se pénétrer que Rovigo est le point important de la communication que l’ennemi parait vouloir établir ; il faut donc l’en empêcher s’il est possible et le forcer à repasser l’Adige, et ensuite, je le répète encore, détruire les ponts volants et bacs au moyen du canon. Il est impossible de supposer que l’on puisse l’entendre autrement. Le général de Conchy ne doit avoir sur le Pô que des partis pour communiquer avec le major Merdier ; son objet n’est pas du tout de repasser sur la rive droite de ce fleuve mais bien d’empêcher l’ennemi de s’établir entre l’Adige et le Pô. Veuillez, je vous prie, lui donner vos instructions en conséquence" (Papiers du Général Paul Grenier. XXI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 32 page 76).

Le même 30 novembre 1813, le Général de Division Grenier écrit également, depuis Vérone, à l’Adjudant-commandant Montfalcon : "L’intention de S. A. I. est, M. l’adjudant-commandant, que les pièces d’artillerie légères avec leurs caissons de munitions et d’infanterie qui ont été envoyées à Castagnaro soient à la disposition de M. le général de Conchy pour lui servir où il le jugera nécessaire. Veuillez, je vous prie, les envoyer à Castagnaro, si elles n’y sont pas déjà. Un bataillon du 106e reçoit l’ordre de se rendre demain à Castagnaro où il devra arriver de très bonne heure. Prévenez M. le général de Conchy de l’avis que je vous donne relativement à l’artillerie que vous pourriez mettre sous l’escorte du bataillon du 106e pour plus de sureté" (Papiers du Général Paul Grenier. XXI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 32 page 76).

Dès qu'il a reçu le 1er un Bataillon du 106e et 2 canons, le Général Deconchy décide de se placer entre le Général Nugent, repoussé de Ferrare par le Major Merdier, et les troupes du blocus de Venise qui, de Boara, marchent vers le sud sur Crespino, pour rallier cette colonne Nugent. Le 1er décembre, il s'avance sur Rovigo et Boara. L'ennemi y a déjà passé le fleuve (Mémoires du Prince Eugène, t.9, page 436).

Le 1er décembre 1813, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, vous avez dû donner ordre au vice-roi de former le cadre du 6e bataillon, et de compléter le 4e bataillon des 9e, 35e, 53e, 84e, 82e et 106e régiments, qui doivent former la 1re division de l'armée de réserve à Alexandrie. On y réunira le 6e bataillon du 13e de ligne, ce qui portera cette division à 13 bataillons ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.14, lettre 37340).

Le 2 décembre, le Général Deconchy, ne trouvant pas la colonne autrichienne, se rabat sur Fratta au sud-ouest (Mémoires du Prince Eugène, t.9, page 436).

Le 2 décembre 1813, l'Empereur écrit, depuis Paris, à Eugène, Vice-Roi d'Italie, commandant en chef l'Armée d'Italie : "Mon fils, je reçois votre lettre du 25 novembre. Je vois avec plaisir que vous avez déjà formé vos 6es bataillons pour les 6 régiments qui sont dans le royaume d'Italie ...
Les autres régiments qui ont deux bataillons peuvent sans difficulté recevoir 700 hommes, mais vous devez remarquer que sur ces 700 hommes, 100 seront à réformer, plus de 50 seront malades ; qu'ainsi il n'en restera guère que 500 et que vous aurez à peine ce qui est nécessaire pour compléter tous vos régiments. Mais vous êtes parfaitement le maître de verser d'un bataillon dans un autre, pourvu que ce soit par un ordre du jour qui soit envoyé au ministre, et qui contienne tous les renseignements de détail nécessaires aux bureaux. Tous les régiments qui fournissent à l'armée d'Italie ont leurs cadres au-delà des Alpes, soit en Piémont, soit à Gênes ; ils ont leurs cadres de 5es bataillons complets.
Je vous ai destiné en outre, sur la conscription de 1815, 30 000 hommes. Il est nécessaire d'avoir des cadres pour pouvoir renfermer ces 30 000 hommes. J'approuve donc tout à fait que vous formiez autant de cadres qu'il vous sera possible. Ainsi le 9e, le 35e, le 53e, le 84e, le 82e et le 106e devant former un 6e bataillon que vous avez déjà fourni, paraissent devoir être épuisés. Cependant, si vous croyez que ces régiments puissent former un 7e bataillon, mandez-le moi, il recevrait de la conscription de 1815. Le 1er de ligne n'a qu'un bataillon à votre armée ; mais son dépôt est à Marseille : c'est un compte à part ...
" (Mémoires du Prince Eugène, t.9, page 470 ; Correspondance générale de Napoléon, t.14, lettre 37347).

Le 3 décembre, passant par Villanova et par Costa, et remontant sur Rovigo, le Général Deconchy joint le Corps du Général autrichien Marschall. Quoiqu'il n'ait avec lui que 2 Bataillons et 2 escadrons, le Général Deconchy attaque et enlève successivement trois des Bataillons qui défendent l'Adigetto. Il s'empare ensuite de la ville de Rovigo, et chasse son adversaire qu'il contraint à repasser l'Adige, affaibli de 400 tués ou blessés et de 900 prisonniers. Malheureusement, la colonne Deconchy n'est guère plus considérable en nombre que la colonne des prisonniers faits à l'ennemi. Cela rend la position du Général assez difficile et l'engage à se replier le soir sur Fratta et Villanova. Le Prince Eugène témoigne toute sa satisfaction au Général Deconchy et à ses braves troupes, ainsi qu'au Colonel Rambourg du 3e de Chasseurs à cheval italien (Mémoires du Prince Eugène, t.9, page 436)

Le 5 décembre 1813, le Général de Division Grenier écrit, depuis Vérone, au Général de Division Marcognet : "L’intention de S. A. I. le prince vice-roi étant que vous portiez toute votre division sur le Bas-Adige a ordonné que la brigade Schmidt (division Rouyer) partirait à minuit de Vérone pour aller relever vos postes sur la ligne de l’Adige à Isola Porcarizza ; vous voudrez donc bien donner à ce général avant votre départ tous les renseignements nécessaires tant par les emplacements à occuper par l’infanterie et l’artillerie que sur les travaux faits et encore à faire d’après ce que nous sommes convenus, lui faisant en même temps connaitre les motifs qui les ont déterminés, et en chargeant le colonel du 106e de donner de pareils renseignements et plus particulièrement sur les localités à l’officier supérieur que cet officier général chargera du commandement de sa première ligne.
Fur et à mesure que vos troupes seront relevées, il conviendra pour dérober le mouvement à l’ennemi de les faire filer en arrière de la digue sur le canal de Busse à hauteur de Roverchiara d’où elles partiront pour arriver demain à Legnago avec l’artillerie qui est en première ligne. Si elle peut être relevée avant le jour. Dans le cas contraire, elle ne fera son mouvement que dans la nuit du 6 au 7 et alors, vous laisserez le bataillon du 132e pour lui servir d’escorte.
Le bataillon du 7e de ligne arrivé hier à Ronco, faisant partie de la brigade du général Schmidt, pourra relever cette nuit les deux bataillons du 53e qui sont à Roverchiara et Roverchiaretta.
Vous mettrez en conséquence en mouvement votre 1ère colonne commandée par le général Jannin et composée du 53e, du bataillon du 102e, de celui du 6e, des sapeurs et de l’artillerie que vous avez en 2e ligne. Elle ira coucher à Castagnaro et villa Bartolomea. Votre 2e colonne commandée par le colonel Sevret composée d’un bataillon de son régiment, des bataillons des 131e et 132e, des compagnies de chasseurs du 3e de chasseurs restées sur la ligne de l’Adige et enfin de l’artillerie régimentaire ( ?). La 2e brigade, si elle est relevée (voyez le paragraphe d’autre part) ira coucher à Legnago. Veuillez, je vous prie, en donner avis au général Montfalcon. Vous ferez également arriver à Legnago votre réserve d’artillerie et vous établirez votre quartier général à Villa Bartolomea pour être plus rapproché du général de Conchy.
Vous connaissez, mon cher général, toute l’importance de la mission que S. A. I. daigne vous confier ; vous savez que vous avez pour objet de couvrir la droite de l’armée et de rejeter sur la rive gauche de l’Adige tous les corps ennemis qui s’y trouvent en ce moment entre ce fleuve et le Pô, comme après de l’empêcher par tous les moyens possibles de revenir sur la rive droite ; nous en avons conféré ensemble hier et vous êtes bien pénétré de ce que vous aurez à faire. Les instructions que je vous ai chargé de transmettre en différentes fois au général de Conchy, serviront encore de base à vos opérations mais avec plus de développement puisque vous aurez toute votre division et le 3e régiment de chasseurs en entier à votre disposition. Vos colonnes arriveront sans doute le 7 à hauteur de celles du général de Conchy ; dès lors, vous devrez diriger ses opérations en raison de ce que vous ferez sur votre front et sur votre gauche.
Je pense qu’il sera avantageux de faire manœuvrer ce général et sur Polesella lorsque vous vous porterez sur Rovigo et Boara, les renseignements que vous aurez sur les lieux vous mettront à même d’en juger ; on a fait ici des rapports exagérés sur les forces de l’ennemi et ce qui me le prouve est le mouvement rétrograde le hindinare ( ?) lors même que le général de Conchy était déjà revenu sur Ferrata. Emparez vous de la communication principale de l’ennemi, faites un établissement à Longo, que le général Jannin avec quelques bataillons et de l’artillerie en face de Boara ; mais ne faites arriver cette dernière sur ce point que lorsque vous aurez fait établir de bonnes batteries et que les banquettes de la digue seront en état d’y recevoir de l’infanterie ; dans une nuit, ces travaux doivent être achevés et si l’ennemi a sur ce point trois pièces de canon, opposez lui en six pour éteindre son feu et détruire ses moyens de passage ; il ne faut surtout rien négliger pour atteindre ce but, qui me permettra ensuite de diriger de forts partis sur Crespino et menacer l’ennemi sur la rive droite du Pô en même temps que vous vous mettrez en communication avec le fort de Caravelle sur le Bas-Adige.
Vous aurez attention, mon cher général, de ne pas étendre les postes de la garnison de Legnago au-delà de la Badia, afin que dans toutes les circonstances, ils puissent rentrer dans cette place sans être compromis ; ces postes serviront encore à couvrir l’échelon d’artillerie que vous serez dans le cas de laisser avec une escorte à Castagnaro, si comme je le pense, vous jugez que vous avez trop grand nombre de pièces, un échelon de réserve en munitions sera également bien placé à Castagnaro.
Vous ferez enfin tout ce qu’il dépendra pour remplir les intentions de S. A. I. qui dans cette occasion vous donne une nouvelle marque de sa confiance ; ayez seulement soin de me tenir bien au courant de vos opérations et donnez-moi de vos nouvelles au moins une fois le jour
" (Papiers du Général Paul Grenier. XXI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 27 page 66).

Le 8 décembre 1813, Eugène écrit, depuis Vérone, à Clarke : "J'ai reçu, monsieur le duc de Feltre, vos huit dépêches des 21, 23, 25, 28 et 30 novembre dernier, et joint à la première les lettres de service pour l'adjudant commandant Ramel, à qui elles seront remises lorsqu'il sera arrivé au quartier général.
Vos sept autres lettres sont relatives :
... 7° Au décret de l'Empereur du 19 novembre qui a arrêté la formation de l'armée de réserve d'Italie, et par suite duquel les 9e, 35e, 53e, 84e, 92e, et 106e régiments d'infanterie de ligne fournissent deux cadres du bataillon (les 4e et 6e), ce dernier de nouvelle formation. Ainsi que vous le désirez, l'état de la composition de ces cadres vous sera adressé demain et presque immédiatement celui nominatif des officiers que l'on aura pu trouver dans les corps pour concourir à la formation des 11 bataillons désignés dans votre lettre comme devant composer la 2e division de l'armée de réserve dont il s'agit : tous les bataillons employés à l'armée sont appelés à y concourir ...
Les ordres et instructions sont donnés en conséquence, et vous serez tenu au courant du résultat
" (Mémoires du Prince Eugène, t.9, page 481).

Le 11décembre 1813, Eugène écrit, depuis Vérone, à Napoléon : "Sire, j’ai reçu la lettre dont Votre Majesté m'a honoré, en date du 2 décembre. Elle me demande si je puis encore former un 7e bataillon dans les 6 anciens régiments de l'armée d'Italie et si je puis le faire pour les régiments qui ont leurs dépôts au-delà des Alpes. Je répondrai à la première question que les 6 régiments de l'armée d'Italie ont été entièrement épuisés par la formation des cadres du 6e bataillon. J'ai même dû, pour plusieurs d'entre eux, tels que les 59e, 53e, 84e et 106e, prendre dans d'autres corps. Ainsi, Votre Majesté ne peut pas compter qu'ils puissent fournir un 7e bataillon. A la seconde question, je répondrai que j'ai reçu les ordres du duc de Feltre pour envoyer aux dépôts des corps en Piémont près de 80 officiers qui sont destinés à compléter les cadres qui reviennent de la Grande-Armée. Je pense que c'est la même demande que me fait Votre Majesté ; car, s'il me fallait, indépendamment de cela, fournir un autre cadre de bataillon, les bataillons uniques que j'ai à l'armée n'y pourraient entièrement suffire, d'autant plus que, ces bataillons uniques allant être portés à 1,000 et 1,200 hommes, nous avons même besoin que Votre Majesté veuille bien nous accorder un officier de plus par compagnie pour ce cas seulement …" (Mémoires du Prince Eugène, t.9, page 485).

Le 12 décembre 1813, le Général de Division Grenier écrit, depuis Vérone, au Général Marcognet : "J’ai reçu, mon cher général, votre lettre du 11 courant à 6 heures du soir. J’en ai fait connaître le contenu à S. A. I. le Prince Vice-roi dont les intentions … est de garder la ligne du Castagnaro et de la défendre avec ténacité contre toutes les entreprises de l’ennemi, lors même qu’il présenterait des forces supérieures. Elle prescrit en conséquence les dispositions suivantes, que vous mettrez de suite à exécution.
Il sera mis la plus grande … possible dans le Castagnaro au moyen de la prise d’eau de l’Adige qui sera retranchée et bien défendue, il sera établi de bonnes batteries dans les différents points de passage, particulièrement au pont de Castagnaro. La digue de la rive gauche de ce canal sera détruite en plusieurs endroits, afin que le surplus des eaux qu’il contiendra puisse se déverser dans les terres entre l’Adigette et le canal blanc.
Badia sera conservé comme avant-poste, il sera fait sur la digue de l’Adigette et aussi loin que l’on le pourra la même opération que sur le Castagnaro avec cette différence que les coupures peuvent et doivent se faire sur les deux rives.
On s’assurera si les mêmes moyens peuvent être employés sur le canal blanc au-dessus de Canda ; ce village devra en conséquence être également conservé comme avant-poste des troupes qui seront à Trecenta. La ligne du Castagnaro depuis Trecenta inclusivement jusqu’à l’Adige sera sous les ordres du général Jannin.
La droite de Trecenta commandé par le colonel Lambourg sera composée d’un bataillon du 6e de ligne, de celui du 131e, et de cent chasseurs du 3e régiment italien. Avec une pièce régimentaire du 106e.
Son centre et sa gauche sur Castagnaro et la Rosta ayant des postes à Baruchella et Mena, se composera des deux bataillons du 106e régiment et du bataillon du 36e léger qui sera fournie par la garnison de Legnago, de deux bouches à feu de l’artillerie de position, et la 2e de la 1ère régimentaire, de cent chevaux du 3e chasseurs et de la compagnie de sapeurs.
Le restant de votre division et du 3e chasseurs formera votre 2e brigade aux ordres du général de Conchy, s’établira à villa Bartolomea.
Dans le cas où le général Mermet me préviendrait que l’ennemi a exécuté un passage sur la digue, vous vous posteriez avec votre 2e brigade sur Cerea où vous recevriez de nouveaux ordres et dans ce cas seulement la brigade restée sur le Castagnaro devra recevoir de vous l’ordre de venir à Cerea pour échelonner votre mouvement ; il est entendu que le bataillon du 36e léger serait dirigé sur Legnago, à moins que l’ennemi ne soit pas en force sur Badia, ce qui permettrait à ce bataillon de se maintenir encore au pont de Trecenta au moins 24 heures avant de rentrer dans la place.
Le poste de Trecenta ayant le double but d’assurer la droite de la ligne sur Castagnaro et de couvrir la communication sur Mantoue, le colonel Lambourg doit recevoir du général Jannin les instructions en conséquence ; cet officier supérieur fera fermer toutes les écluses de Soave, Massa et particulièrement celle de Ficarolo. S’il était attaqué dans son poste de Trecenta par des forces tellement supérieures qu’il fut obligé de l’abandonner, il se replierait par la digue du Tartaro ou par l’Argine dell Tigre ( ?) défendant le terrain pied à pied et prenant position en arrière de la digue dite l’Argine dell Argella en avant de Brigantine, en même temps qu’il ferait faire des coupures de distance en distance sur la rive droite du Tartaro pour inonder le pays qu’il laisserait en arrière de lui ; s’il ne pouvait se maintenir sur la digue de l’Arguilla, il continuerait son mouvement, défendant toujours le pays et contournant continuant d’ouvrir les digues du Tartaro jusqu’à hauteur du canal d’Ostiglia, ce dernier point étant susceptible d’une bonne défense le colonel Lambourg s’y maintiendra le plus longtemps possible et s’il était encore forcé de se retirer, il viendrait s’établir dans les ouvrages de la tête du pont de Governolo. Toutes ces manœuvres deviendraient nécessairement dépendantes des mouvements du général Jannin qui ne quitterait le Castagnaro qu’autant qu’il serait forcé par des forces supérieures ou qu’il soit rappelé sur Cerea par son général de division.
Veuillez, mon cher général, donner tous les ordres nécessaires pour la stricte exécution des dispositions prescrites par la présente et m’en rendre compte
" (Papiers du Général Paul Grenier. XXI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 29 page 70).

Le 17 décembre 1813, le Général de Division Grenier écrit, depuis Vérone, au Général de Division Comte Vignolle : "Les bataillons des 131e et 132e régiments n’ayant qu’un tambour pour chaque bataillon, je vous prie de demander à S. A. qu’il soit fourni à chacun d’eux 4 tambours, et un tambour maitre, pris dans les 9e, 35e, 84e, 92e et 106e régiments qui seront les plus instruits et qui par leur conduite seraient susceptibles de cet avancement" (Papiers du Général Paul Grenier. XXI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 31 page 75 et page 77).

Le 20 décembre 1813, le Général Deconchy écrit, depuis Castagnaro, au Général Grenier : "… J’ai fait faire cette nuit un mouvement au 1er bataillon du 106e ; je n’ai laissé qu’une compagnie de voltigeurs à Baruchella, les deux autres compagnies avec le commandant de ce bataillon sont venues à Mena et j’ai tiré de ce dernier poste deux compagnies qui sont placées intermédiairement de Mena à Castagnaro. Cette disposition tient d’avantage les troupes de la ligne et pourra mieux faciliter la retraite des postes avancés en cas d’attaque. Cependant elle a toujours des inconvénients très graves" (Papiers du Général Paul Grenier. X. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 62 page 135).

Le 23 décembre 1813, le Général Deconchy écrit, depuis Castagnaro, au Général Grenier : "Monsieur le général … Le 1er bataillon du 106e est rentré à Castagnaro. J’ai placé la compagnie de voltigeurs à un quart de mille en avant de la coupure de la digue, elle pousse des postes vers Mena sans cependant les éloigner trop …" (Papiers du Général Paul Grenier. X. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 77 page 165).

Le 25 décembre 1813, à 4 heures du matin, le Chef de Bataillon Duguaz (?) écrit, depuis Castagnaro, à l’Adjudant-commandant Montfalcon, commandant supérieur de Legnago : "La journée du 24 est bien glorieuse pour les 2 bataillons du 106e et celui du 36e.
L’ennemi avait conçu le projet d’enlever la position de Castagnaro, et à cet effet, il avait employé trois mille hommes d’infanterie et deux escadrons de cavalerie.
Sa première attaque a été dirigée sur le pont de Castagnaro à six heures du matin, et il croyait qu’avec deux cent hommes d’infanterie, et 50 chevaux, il lui serait facile de s’en emparer ; mais, malgré une forte fusillade de deux heures, il a dû céder à une charge vigoureuse que je lui ai faite jusqu’à Villa Caona.
L’ennemi voyant ses efforts impuissants sur ce point, a dirigé une seconde attaque sur la droite de Castagnaro. Son feu a été très meurtrier, et malgré sa grande supériorité, le brave 106e régiment a résisté à toutes ces attaques depuis les dix heures du matin jusqu’à six heures du soir.
Je vous avoue que c’est avec regret que je n’ai pu partager et les dangers et la gloire de ces deux bataillons, ma position était trop importante pour ne déplacer un seul de mes pelotons.
L’ennemi a eu, pendant toute la journée, trois bataillons d’engagés, et n’a pu, à sa honte, gagner un pouce de terrain.
Notre perte peut s’évaluer à 150 hommes en tués et blessés. Celle de l’ennemi est double de la notre. D’après le rapport de prisonniers, ils ont perdu des officers supérieurs.
M. le général Marcognet est venu nous faire une courte visite ; aussi il aurait bien mieux valu qu’il eut fait marcher un ou deux bataillons sur Castagnaro.
M. le général Deconchy est d’une humeur massacrante, sur la conduite de son patron, je crois qu’il jouit d’une bien petite confiance.
Excusez-moi, mon colonel, cette digression. Je ne suis que l’écho de ces tristes vérités.
M. le colonel du 106e a reçu une forte contusion au pied, par un coup de balle
" (Papiers du Général Paul Grenier. X. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 93 page 197).

Le même 25 décembre 1813, à 8 heures du soir, le Général de Division Grenier écrit, depuis Legnago, au Vice-Roi : "Je rentre à l’instant de Castagnaro. J’y ai vu le champ de bataille des troupes du général Marcognet. Le 106e s’est couvert de gloire et le 36e léger a fait très bien sur le point qui lui était confié. Outre la reconnaissance du matin, l’ennemi a fait trois fortes attaques qui ont été repoussées avec une telle vigueur qu’à 10 heures du soir, l’ennemi a fait sa retraite sur Badia. Il a laissé de faibles postes sur Baruchetta. Je pense que pour tenir la position de Castagnaro qui est tellement mauvaise, il faut au moins 5 bataillons et 3 en réserve à Villa Bartolomea qui est une excellente ligne. J’ai en conséquence rapproché les troupes de la division qui était à Angiari. Je compte faire partir après demain le bataillon du 101e qui est à San Pietro di Legnago pour Castagnaro. Le poste d’Angiari a été relevé par les troupes du général Schmidt. Ci-joints les rapports des généraux Marcognet et de Conchy. On regrette beaucoup le capitaine de voltigeurs Martinet qui a été tué ; le colonel du 106e a une forte contusion qui le retiendra pour plusieurs jours à la chambre. J’ai vu quelques prisonniers du régiment Archiduc Charles et de Gradiscaner. Je n’en ai pas vu de Jellachich mais plusieurs habitants de Massa m’ont dit que l’ennemi avait au moins 3000 hommes ; on assure que plusieurs officiers supérieurs ont été tués ou blessés" (Papiers du Général Paul Grenier. XXI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 35 page 83).

Le 26 décembre 1813, Eugène écrit, depuis Vérone, à Clarke : "Monsieur le duc de Feltre, je m'empresse de vous informer qu'avant-hier l'ennemi a fait un mouvement sur notre flanc droit, avec environ 3,000 hommes, dans l'intention de s'emparer de la position de Castagnaro, dont i1 reconnaissait pour lui l'importance. Mais son attaque a été fort bien soutenue par le général Deconchy, qui était établi sur ce canal avec 2 bataillons du 106e et 1 bataillon du 36e léger. Au premier signal, le général Marcognet avait fait avancer au soutien de ses troupes, 4 bataillons qui n'ont point été engagés : l'ennemi ayant toujours été repoussé par celles du général Deconchy, dans ses attaques qu'il a répétées jusqu'à trois fois. Enfin, il a renoncé à son projet, et s'est retiré en désordre sur Boara ; on évalue sa perte au moins à 400 hommes tués ou blessés.
Les paysans ont rapporté avoir vu parmi les derniers plusieurs officiers supérieurs. Nous avons fait aussi plusieurs prisonniers. De notre côté, nous avons eu 50 hommes tués et une centaine de blessés. Cette journée fait beaucoup d'honneur aux troupes qui ont été engagés, officiers et soldats ; tout a été fort tranquille sur le reste de la ligne
" (Mémoires du Prince Eugène, t.9, page 502).

Vers la fin du mois, les troupes italiennes qui étaient en Espagne étant rentrées et les divers corps de l'armée ayant reçu un assez grand nombre de conscrits, armés, habillés, équipés, et assez bien instruits au dépôt d'Alexandrie, le Prince Vice-Roi réorganise son armée en 6 Divisions de la manière suivante :
PREMIÈRE LIEUTENANCE. -·Le lieutenant général GRENIER ...
QUATRIÈME DIVISION. - Général Marcognet. Général de Brigade, Jeanin, 29e Demi-brigade provisoire, 6e de Ligne, 1 Bataillon ; 20e de Ligne, 1 Bataillon ; 101e de Ligne, 1 Bataillon ; 31e Demi-brigade provisoire, 131e de Ligne, 1 Bataillon ; 132e de ligne, 1 bataillon. Général de brigade Deconchy, 36e Léger, 1 Bataillon ; 102e de ligne, 2 Bataillons ; 106e de ligne, 2 Bataillons. Force, 6,257 hommes, et 12 bouches à feu (Mémoires du Prince Eugène, t.9, page 441).

Le 2 janvier 1814, le Général de Division Grenier écrit, depuis Isola Porcarizza, au Vice-Roi : "Le général de Conchy a poussé le 31 décembre une reconnaissance sur Mena où l’ennemi a établi un poste. La compagnie de grenadiers du 20e et une compagnie de voltigeurs du 106e, et 20 chasseurs à cheval, ont été chargés de reconnaitre l’ennemi et de le déposter, ce qui a été fait avec beaucoup de résolution. L’ennemi a été forcé de quitter Mena et été poursuivi au-delà. L’ennemi a eu plusieurs hommes tués et blessés ; on lui a fait trois prisonniers.
Nous avons eu 5 blessés dont un officier du 20e. La reconnaissance a été suivie à son retour et l’ennemi a repris son poste.
Les prisonniers (on ne dit pas de quel régiment) annoncent que ce poste est de deux compagnies, que deux autres compagnies sont à Baruchella avec 60 chevaux et qu’ils ont trois bataillons en arrière du canal en troisième ligne, mais qu’ils n’ont pas d’artillerie …
" (Papiers du Général Paul Grenier. XXI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 39 page 90).

Le 3 janvier 1814, le Général de Division Grenier écrit, depuis Isola Porcarizza, au Général Vignolle : "Vous trouverez ci-joint un brevet et une décoration de la légion d’honneur envoyés au chef de bataillon mort Audry 106e régiment, légionnaire depuis 1809, et pour lequel il avait été demandé une croix d’officier. MM. les généraux de Conchy, Marcognet, ainsi que le colonel du 106e régiment, demandent que cette décoration soit accordée au Sr Dumas, sergent de grenadiers au même régiment. Cité honorablement dans plusieurs affaires, vous trouverez ci-joint la demande et service du Sr Dumas. Veuillez mettre ces différentes pièces sous les yeux de S. A. I. le Prince Vice-Roi" (Papiers du Général Paul Grenier. XXI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 40 page 92).

Le 5 janvier 1814, le Général de Division Grenier écrit, depuis Isola Porcarizza, au Général Comte Vignolle : "Vous trouverez ci-joint, mon cher général, les renseignements que vous m’avez demandés par votre lettre du 28 décembre dernier sur le capitaine Roussel du 106e régiment, qui a demandé de l’avancement à S. A. I. le Prince Vice-Roi" (Papiers du Général Paul Grenier. XXI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 44 page 100).

Le 17 janvier 1814, le Général de Division Grenier écrit, depuis Isola Porcarizza, au Général Comte Vignolle : "... Il serait bien à désirer pour les 6e, 106e, 131e et 132e de ligne, ainsi que pour le 36e léger fussent en route, tous ces bataillons sont extrêmement faibles ..." (Papiers du Général Paul Grenier. XXI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 47 page 107).

Le 22 janvier 1814, le Général de Division Grenier écrit, depuis Isola Porcarizza, au Général Marcognet : "… J’ai fait connaitre hier à S. A. I. la position affligeant dans laquelle se trouvait votre division relativement aux fourrages et l’ai prévenue que si ce service ne pouvait être assuré, je serais obligé de vous autoriser à retirer l’artillerie placée à Castagnaro, ce que je ferai effectivement, si mes demandes n’obtiennent pas de résultats satisfaisants. Je pense qu’il suffirait dans cette saison de laisser les deux pièces régimentaires du 106e" (Papiers du Général Paul Grenier. XXI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 51 page 114).

Le 22 janvier 1814, le Général de Division Grenier écrit, depuis Isola Porcarizza, au Prince Vice-Roi : "... Si Votre Altesse le trouve bon, je ne laisserai à Castagnaro que l’artillerie régimentaire du 106e et ferai retirer le reste" (Papiers du Général Paul Grenier. XXI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 51 page 115).

Le 23 janvier 1814, le Général de Division Grenier écrit, depuis Isola Porcarizza, au Général Baron Marcognet : "... S. A. I. désire que l’on conserve au moins une demi-batterie d’artillerie à Castagnaro. Je pense que les intentions de S. A. I. seront remplies, si un obusier y reste avec les deux pièces régimentaires du 106e. Cependant, ne faites retirer les autres bouches à feu qu’autant que le manque absolu de fourrage vous y forcerait ..." (Papiers du Général Paul Grenier. XXI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 52 page 116).

Le 23 janvier 1814, le Général de Division Grenier écrit, depuis Isola Porcarizza, au Vice-Roi : "… Nous avons eu deux hommes blessés dans le petit engagement qui a eu lieu hier ; l’un du 101e, a eu le talon emporté d’un boulet ; l’autre, du 106e, a reçu une balle dans la poitrine …" (Papiers du Général Paul Grenier. XXI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 52 page 117).

Le 27 janvier 1814, le Général de Division Grenier écrit, depuis Isola Porcarizza, au Général Marcognet : "... Si ce qui appartient au 106e et 131e pouvait arriver bientôt, vous auriez bientôt huit mille hommes d’infanterie …" (Papiers du Général Paul Grenier. XXI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 54 page 120).

Le 9 février 1814, le Général de Division Grenier écrit, depuis Goito, au Général Marcognet : "L’intention de S. A. I. est que votre division aille prendre position aujourd’hui à Volta en s’établissant en avant de ce pays, et faisant face au Mincio. Comme les hauteurs de Volta sont assez difficiles, vous n’y établirez d’abord que votre 2e brigade avec les 2 pièces régimentaires du 106e. La majeure partie de cette brigade sera placée au revers de la montagne dans la direction de Monzambano ; le 106e à cheval sur la route de la montagne, pourra se lier par sa droite avec la 1ère brigade que vous établirez à cheval sur le chemin qui de Pozzolo passant au pied de la colline de Volta, va par Cereta sur San Giacomo et Guidizzolo. Cette 1ère devra avoir avec elle sa batterie d’artillerie. Vous aurez à vous garder vers le Mincio, surtout votre front, et avoir des postes en arrière pour vous garder des partis de cavalerie que l’ennemi pourrait avoir dans les environs et sur nos derrières. Vous marcherez dans le plus grand ordre et prêt à combattre, attendu qu’il est impossible que l’ennemi occupe la Volta …" (Papiers du Général Paul Grenier. XXI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 57 page 127).

Le 24 février 1814, Porson écrit, depuis Turin, à Vignolle : "… On nous annonce que le maréchal Augereau, après avoir emporté les retranchements de l'ennemi à Montluel, où il a fait 1,000 prisonniers et pris 8 pièces de canon, marche sur Genève ; d'après ce mouvement, Chambéry serait évacué ; mais, comme cette nouvelle n'est pas officielle, quoique répandue de toutes parts, je ne puis vous la donner pour certaine ; mais tout le monde y croit. La confirmation des succès obtenus par le maréchal Augereau venant d'arriver au moment· que je finissais cette lettre, je continue pour vous annoncer, mon général, que je transmets les ordres du prince Camille pour que les détachements ci-après, appartenant aux bataillons de guerre de l'armée d'Italie, rejoignent leurs corps en passant par Plaisance, où ils pourront être retenus, si Son Altesse Impériale le prince vice-roi veut les laisser au général Gratien pour renforcer sa division.
Au mont Cenis et dans la Maurienne : 9e de ligne, 339 hommes : 53e, 202. - A Fenestrelle, 84e, 180 ; 106e, 158 ; 35e, 146 ...
" (Mémoires du Prince Eugène, t.10, page 190).

Le 25 février 1814, le Général de Division Grenier écrit, depuis Plaisance, au Chef de Bataillon d’Esebeck : "Toutes les troupes sous mes ordres se portant aujourd’hui vers midi sur la Stura, vous donnerez l’ordre aux détachements de chasseurs et de dragons que vous avez encore avec vous de se diriger vers une heure après-midi sur Podenzano ou ils se réuniront à la division Severoli, qui marche sur ce point. Il en sera de même de la compagnie de voltigeurs du 106e, son bataillon faisant partie de la division Severoli ..." (Papiers du Général Paul Grenier. XXI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 62 page 136).

Le 26 février 1814, le Général de Division Grenier écrit, depuis Borgo San Domenico, au Général Gratien, à Plaisance : "J’ai reçu, mon cher général, votre lettre de ce jour, avec les différents imprimés que vous m’avez adressés. J’enverrai à Plaisance, demain ou après-demain, les hommes du 106e que le chef de division a pris en plus du nombre fixé …" (Papiers du Général Paul Grenier. XXI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 62 page 137).

Dans son Rapport au Vice-Roi, en date du 4 mars 1814, le Général Grenier écrit : "… le général Jeanin manœuvrait pendant ce temps sur la Parma et dirigeait les compagnies d'élite du 102e vers les murs du Jardin-Impérial. Déjà le lieutenant Dussert, qui les commandait, avait, avec le cornet Lafitteau et quelques voltigeurs, escaladé les remparts dans cette partie, lorsqu'un jeune homme de Parme, dont le nom n'est pas connu, vint ouvrir la porte du jardin dont il avait secrètement conservé une clef, et facilita ainsi à ces compagnies l'entrée de la ville dans cette partie. A leur droite trois compagnies de grenadiers de la division de réserve, 92e, 106e et 7e italien, dirigées par le capitaine Boniotti, aide-de-camp du général Severoli, que je voulus faire concourir à la prise de Parme, étaient parvenues à escalader le rempart ; toutes ces colonnes débouchant sur différents points dans la ville, et celle de droite étant parvenue à la porte Saint-Michel au moment où la réserve de l'ennemi faisait les plus grands efforts pour y rentrer, afin de protéger la retraite des troupes du général Gober qui n'avaient pas eu le temps d'en sortir, ce qui y était encore fut fait prisonnier et mit bas les armes …
Les compagnies d'élite de la division de réserve ont eu 3 tués et 9 blessés, les compagnies des 92e et l06e étaient au feu pour la première fois, ces compagnies ne sont formées que depuis vingt jours ...
" (Mémoires du Prince Eugène, t.10, page 146).

/ La Restauration

Par l'Ordonnance royale du 12 mai 1814, le 106e Régiment doit prendre désormais le n°87.

Le 25 mai 1814, le Général de Division Grenier écrit au Général Dumuy, commandant la 8e Division militaire, à Marseille : "Je viens de recevoir de S. E. le Ministre de la Guerre l’ordre de mettre en route, outre le 9e régiment de ligne, encore le 35e à la disposition de M. le maréchal Prince d’Essling, pour l’expédition de Corse. J’avais prévu cet ordre et j’en avais écrit dans le temps à M. le maréchal. Vous pouvez donc disposer entièrement de ces deux régiments ; j’en ai déjà prévenu M. le général de division Rouyer. Comme S. E. le Ministre de la Guerre base la force de ces deux régiments sur d’anciennes situations et qu’il n’en défalque pas la désertion qui a eu lieu, il est probable qu’un 3e régiment sera nécessaire pour compléter les 4000 hommes qui doivent être envoyés en Corse. Je désigne à cet effet le 106e régiment qui est stationné dans les Basses-Alpes et je le dirigerai à votre première demande, en attendant, les ordres du Ministre, sur le point que vous m’indiquerez" (Papiers du Général Paul Grenier. XXI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 93 page 199).

Le même 25 mai 1814, le Général de Division Grenier écrit ensuite au Ministre de la Guerre, à Paris : "Je reçois à l’instant la lettre de V. E. en date du 15 de ce mois, par laquelle Elle me prévient de mettre avec le 9e régiment de ligne encore le 35e à la disposition de M. le maréchal Prince d’Essling, pour l’expédition de Corse. J’avais prévu cette disposition et avais écrit conséquemment à M. le maréchal. Aujourd’hui, j’en préviens particulièrement le général Comte Dumuy, et comme il est que ces deux régiments ne suffiront pas pour compléter les 4000 hommes qui doivent, selon les ordres de S. M., être envoyés dans cette ile, je mande au général Dumuy qu’en attendant les ordres ultérieurs de V. E., je tiendrai prêt le 106e régiment qui, faisant partie de la 4e division, est stationné dans les Basses-Alpes et que je le lui enverrai à sa première demande" (Papiers du Général Paul Grenier. XXI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 93 page 199).

Le 1er juin 1814, le Général de Division Grenier écrit au Ministre de la Guerre, à Paris : "... En réponse à la lettre de V. E. en date du 15 mai, je lui ai fait connaitre que les 9e et 35e de ligne ne suffiraient pas pour compléter les 4000 hommes qui, d’après les ordres du Roi, doivent se rendre en Corse, et qu’en attendant les ordres ultérieurs de V. E., je mettrai à la disposition du général Dumuy le 106e régiment pour s’en servir au 1er ordre de V. E. ; je reçois à l’instant une lettre de ce général en date du 28, qui m’invite à diriger ce régiment sur Marseille. Je le ferai partir en conséquence de Digne le 4 de ce mois, présumant que les ordres de V. E. relativement à ce régiment parviendront au maréchal Prince d’Essling ou au général Dumuy avant son arrivée à Marseille" (Papiers du Général Paul Grenier. XXI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 94 page 201).

Le 2 juin 1814, le Général de Division Grenier écrit au Général Verdier, à Gap : "… J’envoie au Ministre de la Guerre la demande du Major du 42e relative au passage du Sr Leroi, adjudant sous-officier au 106e régiment, dans le 42e. Je n’ai plus le droit de l’autoriser …" (Papiers du Général Paul Grenier. XXI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 95 page 202).

Le même 15 juin 1814, le Général de Division Grenier écrit, depuis Manosque, au Ministre de la Guerre, Bureau du mouvement des troupes, à Paris : "... Le 106e régiment de ligne se trouvant placé à Dignes et environs et les 9e et 35e de ligne ayant déjà intérieurement été mis à la disposition du Prince d’Essling ou du général Dumuy, l’armée d’Italie se trouvera entièrement dissoute le 21 de ce mois, le 1er étranger commençant son mouvement le 20. J’ai en conséquence prévenu les différents corps qui restent stationnés dans les 7e et 8e divisions militaires qu’ils aient à correspondre désormais avec les généraux commandant ces divisions et en ai informé MM. les généraux Marchand et Dumuy ..." (Papiers du Général Paul Grenier. XXI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 3 page 17).

Le 18 juin 1814, le Général de Division Grenier écrit au Colonel du 106e Régiment de Ligne, à Digne : "J’ai reçu, mon cher colonel, votre lettre du 17. Rien n’empêche que vous accordiez des congés absolus aux sous-officiers qui ont pris naissance dans des pays cédés par le traité de paix.
Vous pouvez également autoriser MM. les officiers hollandais à se retirer dans leur pays, en recevant au préalable la démission de leurs emplois.
Jusqu’à présent, les seuls journaux m’ont fait connaitre que je devais être chargé d’un travail d’inspection, je n’ai reçu à cet égard aucun avis officiel ; j’ignore si votre régiment fera partie de l’arrondissement que j’aurais à parcourir, vous devez croire que je le reverrai toujours avec plaisir et que je me rappellerai que vous en êtes le colonel
" (Papiers du Général Paul Grenier. XXII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 4 page 19).

Le 16 juillet 1814, le Général de Division Grenier rédige l'autorisation suivante : "M. Bertrand, ancien colonel du 106e régiment de ligne, retiré à Marseille par suite de ses blessures, en attendant les ordres de S. E. le Ministre de la Guerre pour sa destination ultérieure, nous ayant demandé à rejoindre le 106e régiment pour concourir à la formation de ce régiment et y rester à la suite jusque ce qu’il ait été statué sur son sort, l’autorisons à se rendre à Digne près du 106e régiment et y attendre l’inspecteur général chargé de son organisation" (Papiers du Général Paul Grenier. XXII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 20 page 52).

Le 24 juillet 1814, le Général de Division Grenier écrit au Lieutenant de Gendarmerie Nicas, à Apt : "Que j’ai reçu sa lettre du 21 courant relative au Sr Victor Darrier dont le remplaçant a abandonné ses drapeaux.
Que c’est l’autorité judiciaire qui, seule, peut en connaitre, que je lui conseille de faire constater la désertion du remplaçant à la mairie du pays où il s’est retiré et de prendre ensuite une feuille de route soit pour le 6e de ligne à Avignon, soit pour le 106e à Digne, après quoi il (Darrier) demandera que sa convention soit déclarée nulle, faute d’en avoir rempli les engagements
" (Papiers du Général Paul Grenier. XXII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 28 page 67).

/ Les Cent-Jours

Le 1er Mars 1815, l'Empereur est de retour. A cette époque, le Major Dauger du 87e est à Antibes et commande le Régiment en l'absence du Colonel lorsqu'a lieu le débarquement de Napoléon. Comme on peut le voir dans sa relation, il fait arrêter le Capitaine Bertrand qui précède les Grenadiers envoyés par l'Empereur en cette ville; et il encourage le Colonel Cuneo d'Ornano, Commandant d'armes, à la résistance. Aussi, le Gouverneur d'Antibes (absent dans la journée du 1er mars), le Maréchal de camp Baron Corsin, estiment que Dauger a montré, en cette circonstance, "une fermeté et une prudence exemplaires", et le Maire et les Adjoints de la ville attestent qu'il a repoussé avec indignation le premier émissaire de Bonaparte, qu'il a tenu une "conduite brillante" et que, durant les Cent Jours, son attachement au Roi lui "causa une foule de désagréments". Quoi qu'il en soit, Dauger a, dans la pièce suivante, relaté d'une façon assez vive et intéressante ce qu'il a fait le 1er mars : "Rapport de ce qui s’est passe à Antibes le 1er mars 1815.
Le 1er mars, vers midi et demi, un militaire portant l'uniforme de voltigeur (et que j'ai su depuis se nommer Bertrand) se présenta chez moi. Je commandais alors le régiment en l'absence du colonel. Voyant cet inconnu très ému, mouillé de sueur et couvert de poussière, je lui dis : « Monsieur, qu'avez-vous ? » Il me répondit : « Monsieur le major, je voudrais vous parler en particulier ». Ne sachant ce qu'il avait à me dire, je priai les personnes qui étaient alors chez moi de passer dans une autre pièce. Aussitôt l'inconnu s'approche de moi et me dit : « Monsieur le major, je viens vous offrir votre fortune. » Une telle proposition, faite par un homme que je n'avais jamais vu, m'étonna, et je lui dis vivement : « Qui êtes-vous ? Monsieur, que voulez-vous ? Et d'où venez-vous ? ». Ces questions l'interdirent et, voyant qu'il ne pouvait y répondre, je lui dis de s'expliquer clairement. Il me répondit : « Je suis officier dans la garde impériale ». Sans lui donner le temps d'achever : « Je ne connais, lui dis-je, que la garde royale ». — « L'Empereur est ici près, reprit-il, et si vous voulez, votre fortune est faite ». Il me présenta alors six proclamations en me disant : « Faites-les connaître en les faisant publier et vous pourrez prétendre à tout ». Je jetai les yeux sur la première qui se présenta. Mais voyant que ces infâmes proclamations tendaient à détrôner le roi, à détruire l'auguste maison des Bourbons et à jeter la France dans tous les maux de la guerre civile, je lui dis : « Monsieur, comment, sans me connaître, venez-vous me faire de pareilles propositions ? Je suis sans fortune, mais toujours imbu des bons principes et ne m'écartant jamais du sentier de l'honneur. Je ne connais que mon serment ; j'ai juré fidélité à mon roi, et je le servirai jusqu'à la mort. Je vous constitue mon prisonnier. » A ces mots, il tombe dans un fauteuil en s'écriant : « Je suis perdu ». J'appelai mon planton et, devant cet officier, je lui donnai cette consigne : « Vous vous opposerez à ce qu'il ne soit fait aucune insulte à cet officier ; mais je vous ordonne de faire feu sur lui, s'il cherche à se sauver. » Après avoir pris les premières mesures, je fis prier M. le colonel Cuneo d'Ornano, commandant de la place, d'avoir la complaisance de passer chez moi pour prendre communication de pièces de la plus grande importance. Il se rendit à mon invitation et s'en retourna chez lui sans rien décider. Je fis alors prier M. le maire de passer chez moi pour prendre connaissance de ces mêmes pièces. M. le maire vint de suite, accompagné de M. Olivier, adjoint. Je leur remis les six proclamations, et après qu'ils en eurent pris connaissance, je demandai au maire s'il pouvait me répondre de l'esprit des habitants, Il me demanda aussi si je pouvais répondre de ma troupe. Je lui en donnai l'assurance. Les troupes étant à l'exercice hors de la ville, je donnai l'ordre de les faire rentrer de suite et de faire garnir les armes de pierres à feu. J'obtins ensuite du commandant de la place que les pont-levis fussent levés ; je fis doubler les postes, garnir de troupes les remparts, et les quatre compagnies d'élite furent placées en ordre de bataille sur la place où j'avais placé le drapeau.
A 6 heures du soir, un officier vint sommer les autorités civiles et militaires de se rendre près de son général. Je demandai à cet officier le nom de son général, mais il ne voulut pas me le dire. Je le fis arrêter et conduire en prison ; il en fut de même d'un chirurgien déguisé qui appartenait au parti qui venait de débarquer.
A 11 heures du soir nous reçûmes une dépêche envoyée, nous disait-on, par le général en chef. Il fut décidé qu'on garderait la dépêche sans la décacheter et par conséquent sans réponse, mais qu'on l'enverrait de suite à M. le maréchal prince d'Essling, gouverneur de la division.
M. le maréchal de camp Corsin qui était absent, arriva le 2 mars vers 2 heures du matin et donna de suite les ordres qu'il jugea convenables.
Je puis assurer et je jure sur l’honneur que dans cette circonstance, les officiers, sous-officiers et soldats du 87e régiment ont parfaitement bien rempli leurs devoirs et montré le plus grand dévouement à Sa Majesté Louis XVIII et à son auguste famille.
Sur le rapport qui en fut fait à Sa Majesté, elle rendit une ordonnance en date du 15 mars, portant que la garnison d'Antibes avait bien mérité du roi et de la patrie, et qu'il lui serait décerné des récompenses nationales.
Le 87e régiment a été le dernier qui ait arboré le drapeau tricolore ; ce qui eut lieu le 12 avril, quarante-deux jours après cette malheureuse affaire, en vertu de l'ordre du maréchal Masséna.
Le drapeau donné par le roi fut soigneusement conservé par le major qui l'emporta avec lui au dépôt du corps alors à Aix, et le renvoya au régiment ltorsqu'il apprit l'heureux retour de Sa Majesté dans sa capitale.
Le Major du 87e régiment,
Chevalier Dauger
" (Chuquet A., « Lettres de 1815, Première Série », Paris, 1911 ; p. 11).

Dans son Rapport au Ministre de l’Intérieur, le Préfet des Basses-Alpes raconte : "Rapport des circonstances que j’ai pu recueillir sur le passage de la troupe de l’ile d'Elbe, depuis Séranon jusque Digne, d'où il ne m'est parvenu encore aucun détail jusques aujourd'hui sept Mars à une heure après-midi.
… Arrivée le même jour, 3, à 7 heures du soir, à Barrême, la tête de la colonne s'est emparée du commandant de la brigade de gendarmerie qui joint au défaut de l'ivrognerie un esprit très borné ; on lui a fait quitter la cocarde blanche pour prendre la cocarde tricolore, et on lui a fait écrire, ainsi qu'on l'avait exigé du commandant de la brigade de Castellane, une dépêche à l'adresse du capitaine, à Digne, pour lui donner avis de l'arrivée de la troupe et de sa force …
La gendarmerie du chef-lieu — qui avait été dispersée depuis la veille, 3, à la réception de la dépêche de M. le préfet du Var, sur toutes les lignes du département pour réunir les brigades au chef-lieu, comme première mesure de précaution, ainsi que pour faire apporter du magasin de Sisteron trois mille cartouches requises par le général — nous manquant à l'instant où nous en aurions eu le plus grand besoin, lorsque nous venions d'acquérir la certitude de l'arrivée très prochaine de la colonne comme ayant pris sa direction à travers le département, nous agitâmes la première question : de savoir si les 132 hommes du 87e de ligne, dépourvus de cartouches, pouvaient nous être de quelque utilité. Mais, en ce moment, le général nous ayant avoué que l'on ne pouvait y donner aucune confiance, j'ai reconnu la sincérité de cet aveu en apprenant depuis que, quelques jours auparavant, des soldats ayant osé crier : vive l’Empereur et ayant été condamnés à subir la prison, l'on n'avait pas jugé prudent de faire exécuter cet ordre parce que tous les autres déclarèrent qu'ils voulaient partager la punition. Il fut, en conséquence, décidé que la caisse du receveur général serait transportée à Valensole, sous l’escorte et la protection de ce détachement de ligne, pour soustraire l'une à la déprédation de la troupe de l’ile d'Elbe et les autres à la défection …
Le maréchal de camp commandant du département avait dès le matin suivi sur la route de Mézel le détachement du 87e qui protégeait la caisse du receveur général sur la route de Valensole …
" (Chuquet A., « Lettres de 1815, Première Série », Paris, 1911 ; p. 18).

Le Décret du 22 avril 1815 rend aux anciens Régiments d'Infanterie de ligne les numéros qu'ils ont perdu sous la 1ère Restauration. Ainsi, le 87e de la Restauration redevient le 106e.

Le 16 mai 1815, l’Empereur écrit, depuis Paris, au Maréchal Davout, Ministre de la Guerre : "Mon cousin, je reçois votre rapport du 14 mai ...
Quant aux dépôts d’infanterie, voici mes observations :
... 25e division : donnez ordre que les 3e et 4e bataillons du 14e léger ; que les 3e et 4e du 9e de ligne les 3e et 4e du 35e idem, qui se recrutent dans la Haute-Marne, la Côte-d’Or et l’Aube, soient complétés à 1200 par régiment. Ces 6 bataillons feront partie du corps de réserve, et attachez chaque régiment à une des 3 divisions. Réunissez tous leurs dépôts à Melun, Provins et Corbeil.
Mais il faudra donner ordre qu’ils laissassent à Toulon, pour attendre les bataillons de guerre, tout ce qu’ils ont de disponible, afin que les bataillons de guerre qu’ils ont au corps du Var fussent portés à 1200 hommes par régiment.
Ecrivez au général Clauzel de presser la formation de ces 3e et 4e bataillons. Comme les militaires de l’Aube, de la Côte-d’Or et de la Haute-Marne se dirigent actuellement sur Toulon, changez cette direction et appelez-les désormais pour la garde sur Paris. Lorsqu’ensuite le dépôt du 9e de ligne, 14e léger, 35e et 106e sera à Melun, Provins et Corbeil on leur fournira des moyens de recrutement.
Un grand nombre d'hommes destinés à rejoindre ces dépôts doivent être sur les routes ; s'ils rencontrent les dépôts dans leur marche, ils reviendront avec. S'ils ne les rencontrent pas, écrivez à Toulon pour qu'a leur arrivée on prenne des mesures pour leur habillement et leur incorporation dans d'autres corps ...
" (Correspondance de Napoléon, t. 27, 21909 ; Correspondance générale de Napoléon, t.15, lettre 39639).

/ Uniformes

Le 8 novembre 1811, Eugène écrit, depuis Milan, à Napoléon : "... J'ai une seule réclamation à faire à Votre Majesté. On fait bien de défendre dans les corps tout ce qui est luxe ; mais, suivant moi, on a poussé cela trop loin. Trois circulaires du ministre-directeur, du 21 février 1811, du 28 mars 1811 et du 10 septembre dito, contiennent la défense expresse des plumets aux grenadiers et aux voltigeurs. Comme il existe aussi une autre lettre du ministère qui suspend tout achat de bonnets d’oursin pour les grenadiers, il s'ensuit : 1° qu'il y a une bigarrure désagréable et peu convenable ; 2° qu'on ne distingue plus les grenadiers des compagnies du centre, et je l'ai jugé par moi-même. Les grenadiers du 106e ont suivi strictement les ordres du ministre, ils n'ont donc plus que le shako, mais tout uni, et le pompon rouge. On a bien permis une houppette, mais cela ne signifie rien ; car, à la première pluie, la houppette est bientôt au niveau du pompon. Les compagnies du centre ont les mêmes shakos, ont des pompons orange, rouge ; etc. Il s'ensuit qu'à cent pas on ne distingue pas les grenadiers. Votre Majesté sait mieux que moi l'effet moral que produit soit sur l'ennemi, soit chez nous-mêmes, la vue d'hommes d'élite. Je demande donc à Votre Majesté, ou de décider que tous les grenadiers auront des bonnets à poil, ou, si elle veut qu'ils aient des shakos, d'autoriser le plumet rouge pour les grenadiers, et le vert pour les voltigeurs" (Mémoires du Prince Eugène, t. 7, p. 216).

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