Le 106e Régiment d'Infanterie de Ligne

1796-1815

Avertissement et remerciements :

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/ 1798, Armée d'Helvétie

Le 12 juillet 1798 (24 messidor an 6), le Général Schauenburg écrit au Citoyen Perrin, chef de la 106e Demi-brigade : "Il a été présenté à ma signature, Citoyen chef, un congé délivré en vertu d'une lettre du Ministre de la guerre au citoyen Aubry, sergent, dont la démission a été acceptée. Vous savez que l'arrêté du 19 Fructidor n'était applicable qu'aux sous officiers des divisions de l'intérieur, et il faut que la religion du Ministre ait été surprise pour qu'il ait expédié l'ordre et délivré un congé absolu à un sous officier de la 106e qui fait partie de l'armée active.
Je vais lui écrire à ce sujet, et j'ai lieu de croire qu'il révoquera l'ordre qu'il a donné, sans doute parce qu'il ignorait que vous eussiez rejoint l'armée d'Helvétie
" (Force d’occupation : une armée au quotidien à l’époque du Directoire : les forces françaises en Suisse, juillet-août 1798 – BNUS, MS 475/720).

Le même 12 juillet 1798 (24 messidor an 6), le Général Schauenburg écrit au Citoyen Schérer, Ministre de la guerre : "Le conseil d'administration de la 106e 1/2 brigade à présenté à ma signature un congé absolu qu'il a délivré au citoyen Aubry, sergent, d'après votre lettre en date du 8 Messidor [26 juin 1798]. L’arrêté du 19 Fructidor [5 septembre 1797 ?] n'étant applicable qu'aux divisions de l'intérieur, vous avez sans doute cru que la 106e 1/2 brigade était encore dans ce cas. Mais comme elle fait aujourd'hui partie de l'armée de Suisse, j'ai cru devoir différer d'approuver le congé du citoyen Aubry et vous en rendre compte des motifs qui m'y engageaient, et j'écris en conséquence au conseil de cette demi-brigade" (Force d’occupation : une armée au quotidien à l’époque du Directoire : les forces françaises en Suisse, juillet-août 1798 – BNUS, MS 475/719).

Toujours le 12 juillet 1798 (24 messidor an 6), le Général Schauenburg écrit encore au Chef de la 106e Demi-brigade : "D'après les nouveaux renseignements que vous m'avez communiqués, Citoyen chef, sur la réclamation des musiciens Laucher, Musier et Colombet, je la regarde comme non avenue et vous voudrez bien, s'ils se permettaient de quitter le corps, les faire juger comme déserteurs.
P.S. Votre quartier mtre gral m'a présenté une demande de buffleterie, que j'ai renvoyée au commissaire des guerres Dufour, avec ordre de délivrer en proportion de ce qui reste dans le magasin
" (Force d’occupation : une armée au quotidien à l’époque du Directoire : les forces françaises en Suisse, juillet-août 1798 – BNUS, MS 475/721).

Le 13 juillet 1798 (25 Messidor an 6), le Général Schauenburg écrit : "Aux commandants des 44e 1/2 brigade, 103e 1/2 brigade et 106e 1/2 brigade et au chef de brigade du 7e régiment de chasseurs à cheval.
Vous ferez passer, Citoyen chef, à votre capitaine d'habillement à Berne une quittance signée de vous pour la somme de 2'400 # (pour chaque 1/2 brigade de ligne ci-contre et celle de 1'500# pour le régiment de chasseurs à cheval). Cet officier recevra des instructions sur 1'emploi qui doit en être fait
" (Force d’occupation : une armée au quotidien à l’époque du Directoire : les forces françaises en Suisse, juillet-août 1798 – BNUS, MS 475/728).

Le 20 juillet 1798 (2 Thermidor an 6), le Général Schauenburg écrit au Chef de la 106e : "Je vous renvoie onze congés et quatre certificats signés de moi. Je vous renvoie également toutes les pièces auxquelles il manque les formalités suivantes :
1) Les états doivent être faits triples, savoir deux pour le ministre et un pour moi ;
2) Les mémoires de proposition doivent être doubles, notamment ceux des hommes proposés aux invalides, qu'il est urgent d'expédier au Ministre de la guerre pour faciliter leur admission ;
3) Les certificats des officiers de santé doivent être inscrits au dos des congés et certifiés par le conseil d'administration. Vous voudrez bien ne pas les délivrer avant d'avoir fait faire cette inscription.
Après ces formalités remplies, vous me renverrez toutes les pièces le plus promptement possible.
Quant aux congés de réforme, je les ai également signés, quoique les certificats ne soient pas doubles et qu'ils ne soient pas inscrits en dos des congés. Vous voudrez bien réparer cette omission et m'envoyer aussi les certificats des camarades qui constatent les infirmités de Lambert, Thibie, Simon et Berger
" (Force d’occupation : une armée au quotidien à l’époque du Directoire : les forces françaises en Suisse, juillet-août 1798 – BNUS, MS 453/4).

Le 23 juillet 1798 (5 Thermidor an 6), le Général Schauenburg écrit au Citoyen Perrin, Chef de la 106e Demi-brigade, à Fribourg : "J'ai pris en considération, Citoyen chef, le repentir que témoigne le militaire Vitu [?] grenadier traduit devant le Conseil de guerre pour avoir manqué à son corps. Je donne ordre au commandant de la place de le mettre en liberté. Vous redemanderez en conséquence la plainte qui a dû être envoyée au rapporteur du Conseil de guerre.
Si cependant la détention qu'il a déjà subie n'est pas proportionnée à la faute, vous lui infligerez telle punition de discipline que vous jugerez convenable.
J'ai remis à votre capitaine d'habillement les congés présentés à ma signature
" (Force d’occupation : une armée au quotidien à l’époque du Directoire : les forces françaises en Suisse, juillet-août 1798 – BNUS, MS 475/786).

Le lendemain 24 juillet 1798 (6 Thermidor an 6), le Général Schauenburg écrit au commandant de la place de Berne : "Vous ferez mettre en liberté, Citoyen commandant, le nommé Vitu [?], grenadier de la 106e détenu au Conseil de guerre. J'ai eu égard au repentir qu'a témoigné ce militaire et l'ai renvoyé à la [mot illisible, suite ?] du corps" (Force d’occupation : une armée au quotidien à l’époque du Directoire : les forces françaises en Suisse, juillet-août 1798 – BNUS, MS 475/792).

Le 29 juillet 1798 (11 Thermidor an 6), le Général Schauenburg écrit au Citoyen Schérer, Ministre de la guerre : "Citoyen Ministre, j'ai reçu votre lettre du 5 de ce mois [23 juillet 1798], par laquelle vous m'informez que la 44e, 76e et la 106e ½ brigade de ligne, 5e et 20e légère n'ont point encore procédé à la nouvelle vérification des registres de matricule qui leur avait été ordonnée. J'avais cependant donné les ordres les plus précis pour l'exécution des dispositions prescrites par votre circulaire du 25 Ventôse dernier [15 mars 1798) mais je vous observe que de ces 5 corps, la 76e seule avait à cette époque deux bataillons à l'armée d'Helvétie. Les 44e et 106e n'y sont arrivées que dans le courant de messidor.
La 20e légère venue dans le même temps de l'armée de Mayence, est partie depuis un mois pour les dépts du Midi. Enfin la 5e légère n'est en Suisse que depuis un mois. Je vais néanmoins écrire de nouveau aux chefs de ces différents corps en leur ordonnant de procéder sans délai à une vérification qui intéresse aussi essentiellement la gloire et l'honneur de nos armées. Je leur prescrirai également de vous en adresser de suite le résultat
" (Force d’occupation : une armée au quotidien à l’époque du Directoire : les forces françaises en Suisse, juillet-août 1798 – BNUS, MS 475/813).

Le 30 juillet 1798 (12 Thermidor an 6), le Général Schauenburg adresse une "Circulaire aux chefs de la 44e, 76e et 106e ½ brigade et à celui de la 5e légère.
Le Ministre de la guerre vient de m'envoyer l'état des corps sous mes ordres qui n'ont pas encore satisfait à l'ordre qui leur a été donné de procéder à une nouvelle vérification des registres de matricule. J'ai vu avec surprise que la vôtre était de ce nombre. Je vous prie, Citoyen chef, de ne pas perdre de vue un objet aussi important puisqu'il a pour but de rechercher ceux de ces lâches émigrés, qui à l'aide de fausses inscriptions sur des registres de contrôle auraient pu obtenir leur rentrée sur le sol d'une patrie qu'ils ont si indignement trahie.
Vous voudrez bien, en m'accusant la réception de cette lettre, m'informer des dispositions que vous avez dû prendre pour remplir à cet égard les instructions du Gouvernement et me faire passer un double du compte que vous rendrez dans le plus court délai au Ministre de la guerre
" (Force d’occupation : une armée au quotidien à l’époque du Directoire : les forces françaises en Suisse, juillet-août 1798 – BNUS, MS 475/817).

Le 3 août 1798 (16 Thermidor an 6), le Général Schauenburg fait paraitre, depuis son Quartier-général à Berne, l'Ordre du jour suivant : "Le premier conseil de guerre de l'armée, séant à Zurich a dans sa séance du 9 thermidor [27 juillet 1798] condamné par contumace à la peine de mort le nommé Bertrand Berni, maréchal de logis en chef au 1er régiment d'artillerie légère, convaincu d'avoir frappé à coups de sabre ses officiers et en outre de désertion.
Même séance a condamné à la peine de cinq ans de fers le nommé Jean-Baptiste Birauet, tambour à la 106e convaincu de voies de fait envers ses supérieurs et d'avoir tenu des propos contre-révolutionnaires ...
L’adjudant-général, chef de l'état-major général Signé : Rheinwald
" (Force d’occupation : une armée au quotidien à l’époque du Directoire : les forces françaises en Suisse, juillet-août 1798 – BNUS, MS 482 p. 117-119).

Les 5-7 août 1798 (18-20 Thermidor an 6), le Général Schauenburg établit un "Règlement pour les services du camp
Service journalier
La division d'infanterie campée en avant de Berne sera partagée en deux brigades. Le plus ancien chef de bataillon des 14e et 44e demi-brigades sera chargé du service de la brigade de droite. Le plus ancien des 106e et 109e sera chargé du service de la brigade de gauche. Ces chefs de bataillon tiendront par conséquent un contrôle pour commander le service, conformément au titre 7 du règlement de campagne de 1792. Il leur sera fourni une table et les frais de bureau nécessaires et chacun d'eux est autorisé à prendre deux écrivains de leurs corps …
" (Force d’occupation : une armée au quotidien à l’époque du Directoire : les forces françaises en Suisse, juillet-août 1798 – BNUS, MS 482 p. 120-128 / 129-137).

/ 1799, Armée d'Italie

Le 18 janvier 1799 (29 Nivôse an 7), le Général de Division Grenier écrit au Général de Brigade Suchet, Chef de l’Etat-major général de l’Armée : "Je vous préviens, mon cher Général, que la 106e demi-brigade d’infanterie de ligne est arrivée à Chiari au lieu de la 44e ; l’officier de l’état-major qui a été chargé de l’établir dans ses cantonnements m’a rapporté que cette demi-brigade avait commis beaucoup d’excès en route, et que généralement, elle paraissait animée d’un mauvais esprit. Je vais la surveiller, et ferai connaitre au général en chef ce que j’aurai remarqué. Je vous préviens aussi que le payeur de la division vient de me communiquer une lettre à lui adressée par le payeur général de l’armée portant que la solde qui devait être payée du 20 au 25 de ce mois, conformément à l’ordre du jour du 19 courant, ne pourra l’être que du 10 au 15 Pluviôse prochain, parce que le citoyen Amelot lui mande que les fonds destinés au payement de la solde ne sont pas faits ; veuillez en prévenir le général en chef, afin qu’il avise aux moyens de les faire procurer.
N’oubliez pas de me faire parvenir le plus tôt possible les états de frais de table et de dépenses secrètes que je vous ai envoyé par le dernier courrier. Le bataillon de garnison de la 106e aura-t-il la même destination que devait avoir celui de la 44e ?
" (Papiers du Général Paul Grenier. XIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 86 page 190).

Le même jour, 18 janvier 1799 (29 Nivôse an 7), le Général de Division Grenier écrit également au Général en chef Joubert : "… La 106e demi-brigade d’infanterie de ligne est arrivée au lieu de la 44e à Chiari ; Cette demi-brigade ne jouit pas de la meilleure réputation. Je vais charger l’adjudant général Gareau de la surveiller. Je la rapprocherai sous peu de jours de Brescia et vous ferai connaitre ce qu’elle aura de défectueux.
Les bataillons de la garnison de la division que je commande sont organisés ; sous quelques jours, je vous enverrai le résultat de ce travail. J’y joindrai celui de la 106e qui, étant en marche, n’a pas encore été commencé
" (Papiers du Général Paul Grenier. XIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 86 page 190).

Le 27 janvier 1799 (8 pluviôse an 7), le Général de Division Grenier écrit à l’Adjudant général Gareau : "Les circonstances exigeant de nouvelles dispositions dans la répartition des troupes composant la division que je commande, je vous charge, citoyen général du commandement de la 1ère brigade, composée : de la 29e légère, 106e de bataille, bataillon de garnison de la 63e (uniquement destiné pour la garnison de Peschiera), une compagnie d’artillerie légère, un escadron du 9e régiment de chasseurs.
Cette brigade comprend dans son arrondissement les villages en avant de Peschiera jusqu’à la ligne autrichienne ; à sa droite les postes de la division Delmas et à sa gauche le lac de Garda, Peschiera pour son centre ; Castiglione, Montechiaro et autres villages sur la Chiese comme réserve.
J’écris au général Guillaume afin qu’ils vous fasse remettre les différentes instructions qu’il a reçu et donné, tant pour la défense de Peschiera que pour la surveillance des avant-postes et du lac de Garda ; vous y ferez en me les soumettant les changements que vous croirez nécessaires ; le but de la surveillance aux avant-postes en avant de Peschiera est d’être exactement informé des dessins et des mouvements de l’ennemi ; ces avant-postes occupent les villages de Saint-Georges, Castelnuovo, Sandra, Passengo et Lazise, ainsi que Cavalcaselle ; ces troupes sont trop disséminées pour exiger qu’elles combattent de pied ferme sur cette ligne en cas d’une attaque subite et imprévue ; elles ne doivent combattre partiellement qu’autant de temps qu’il leur sera nécessaire pour faire leur retraite avec sûreté sur Peschiera, si les forces de l’ennemi les empêchaient de s’arrêter à Castelnuovo et Cavalcaselle, quoi que ce premier village sous couvert d’une ligne de retranchements. Ces avant-postes continueront d’être commandés sous vos ordres et votre surveillance par le citoyen Balleydier, chef de la 29e demi-brigade l’infanterie légère ; la flottille du lac de Garda commandée par le citoyen Pons faisant partie de la défense de Peschiera et de votre commandement. Cet officier ainsi que le commandant de la place, les officiers d’artillerie et du génie qui y sont employés recevront ordre de correspondre avec vous. Ils continueront néanmoins ainsi que les chefs des corps à correspondre pour tous les détails avec le chef de l’état-major de la division et lui enverront directement leurs états de situation.
Vous établirez la 106e demi-brigade en seconde ligne sur la Chiese de manière à pouvoir rassembler en moins de deux heures ; cette réserve ayant pour but de soutenir et de renforcer aux avant-postes en cas d’attaque. Vous indiquerez comme premier point de rassemblement les hauteurs de Castiglione ; vous ferez à cet effet occuper cette commune par quelques compagnies d’infanterie, ce point intermédiaire entre vos avant-postes et votre réserve me paraît aussi très convenable pour l’établissement de votre artillerie et cavalerie, vous établirez de vos avant-postes à Peschiera et de là jusqu’à Montechiaro des signaux d’alarme qui puissent être vus ou entendus de tous vos cantonnements. A ces signaux toutes les troupes de la réserve doivent se mettre en marche pour se rendre au rassemblement indiqué, d’où vous les dirigeriez d’après les ordres que je donnerai étant nécessaire que vous me préveniez en moins de deux heures des mouvements hostiles de l’ennemi.
Dans le cas où vous seriez prévenu de la marche des ennemis avant qu’ils n’attaquent vos avant-postes et que vous le soyez assez à temps pour réunir toutes vos troupes, et pour m’en donner avis, vous vous porteriez alors à Castelnuovo et Cavalcaselle où je m’empresserai de venir pour rejoindre avec toutes les troupes disponibles. Cette position est assez avantageuse pour s’opposer pendant quelque temps aux efforts de l’ennemi s’il nous laisse le temps de la réunion.
Si l’armée française commençait les hostilités, vous recevriez des ordres en conséquence des dispositions du général en chef.
Vous aurez attention de correspondre journellement avec moi et d’avoir aussi des relations avec l’officier commandant les avant-postes de la division Delmas.
Les déboursés que vous serez dans le cas de faire pour dépenses secrètes vous seront remboursés par moi à votre première demande ; je vous invite à vous rendre sans délai à Peschiera, et de voir avant votre départ le commissaire des guerres Leorat pour vous assurer si les subsistances sont assurées sur la Chiese pour votre seconde ligne
" (Papiers du Général Paul Grenier. XIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 89 page 196).

Le 30 janvier 1799 (11 pluviôse an 7), le Général de Division Grenier écrit au Général en Chef de l’Armée : "J’ai reçu, mon général, votre lettre du 8 de ce mois, il ne me reste plus qu’un bataillon de paix fort d’environ 200 hommes, celui de la 24e étant parti le 6 de ce mois pour se rendre à Novare, et celui de la 106e ayant été dirigé sur Pavie ; à moins d’abandonner entièrement la rivière de Salo, les vallées et le château de Brescia, il m’est impossible de réunir plus de six bataillons, mais vous pouvez compter sur cette réunion dans le temps présent et sur un point quelconque de la division que je commande. En cas d’attaque imprévue de la part de l’ennemi et avant d’avoir reçu un ordre je porterai tout ce que j’ai de disponible sur les hauteurs entre Lonato et Castiglione ; si au contraire nous sommes prévenus par une déclaration de guerre, ou seulement 24 heures à l’avance je porterai ces six bataillons dans le camp de Castelnuovo où je compte bien pouvoir tenir jusqu’au moment où vous me ferez connaître vos ordres et la direction que vous voudrez donner à cette division ; dans le cas où cette marche n’entrerait pas dans vos dispositions veuillez me faire connaître vous intention afin que je puisse m’y conformer. Rien de nouveau dans cette partie ; toutes les dispositions des ennemis sont encore très défensives" (Papiers du Général Paul Grenier. XIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 90 page 199).

Le 5 février 1799 (17 pluviôse an 7), le Général de Division Grenier écrit au Chef de l’Etat-major général de l’Armée : "Ci-joint, vous trouverez, citoyen général, une lettre du chef de la 106e demi-brigade relative à plusieurs réclamations qui me paraissent fondées ; je vous invite à s’en prendre connaissance et à demander au ministre de la guerre la rentrée des différents détachements de cette demi-brigades restés l’armée d’Helvétie.
J’ai déjà donné les ordres nécessaires pour faire entrer aux bataillons de guerre les 48 hommes désignés par le dernier paragraphe de sa lettre
" (Papiers du Général Paul Grenier. XIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 92 page 202).

Le même 5 février 1799 (17 pluviôse an 7), le Général de Division Grenier écrit également au Chef de la 106e Demi-brigade : "Vous êtes autorisé, citoyen, à faire rentrer au bataillon de guerre les 48 fusiliers destinés à former le noyau du bataillon de conscrits, la réunion de ce corps devant se faire avec le bataillon de garnison où il se trouve un nombre suffisant d’officiers, sous-officiers et soldats pour surveiller l’instruction.
J’adresse dans le jour au chef de l’état-major général de l’armée les différentes réclamations que vous me faites avec invitation d’y faire droit
" (Papiers du Général Paul Grenier. XIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 92 page 202).

Le 9 février 1799 (21 pluviôse an 7), le Général de Division Grenier écrit au Chef de l’Etat-major général de l’Armée : "Par lettre ci-jointe, le chef de la 106e demi-brigade me rend compte, citoyen général, que le bataillon de garnison de cette demi-brigade est resté en Suisse, et que le général en chef de cette armée n’est pas disposé à le laisser partir.
Je vous invite en conséquence à demander ce bataillon au ministre afin de le rapprocher des deux bataillons de guerre
" (Papiers du Général Paul Grenier. XIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 92 page 202).

Le 11 février 1799 (23 pluviôse an 7), le Général de Division Grenier écrit à l’Adjudant général Garreau : "… il m’est parvenu des plaintes sur la conduite de la 106e demi-brigade dans ses cantonnements. Les officiers se sont permis de frapper des habitants à Montechiaro ; dites-leur que je j’en ferai des exemples qui sûrement rétabliront l’ordre, si ces plaintes se renouvelaient" (Papiers du Général Paul Grenier. XIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 93 page 204).

Le 21 février 1799 (3 Ventôse an 7), le Général de Division Grenier écrit au Chef de l’Etat-major général de l’Armée : "Avant de connaître citoyen général que la 106e demi-brigade enclavée dans l’armée d’Italie faisait encore partie de l’armée helvétique, j’ai envoyé le noyau de son bataillon de garnison à Pavie, pour y attendre ce qui était resté en Suisse ; aujourd’hui, le chef de l’état-major de l’armée d’Helvétie demande, comme vous le verrez par les copies ci-jointes, que cette partie du bataillon de garnison rentre en Suisse ; veuillez à cet égard prendre les dispositions que vous croirez convenables et me les faire connaître avant que je puisse en faire au chef de ce corps" (Papiers du Général Paul Grenier. XIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 95 page 208).

Le même 21 février 1799 (3 Ventôse an 7), le Général de Division Grenier écrit également au Chef de la 106e Demi-brigade : "J’ai envoyé au chef de l’état-major général de l’armée, citoyen, copies de l’ordre que vous avez reçu du général Mainoni et l’ai invité à prendre les dispositions qu’il croira convenables, aussitôt qu’il me les aura fait connaître je vous en ferai part" (Papiers du Général Paul Grenier. XIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 95 page 208).

Le 1er mars 1799 (11 Ventôse an 7), le Général de Division Grenier écrit au Chef de la 106e : "Je vous préviens, citoyen, que le chef de l’état-major de l’armée a donné l’ordre à la portion du bataillon de garnison de votre demi-brigade de partir le 12 du courant de Pavie pour se rendre en Helvétie" (Papiers du Général Paul Grenier. XIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 97 page 213).

Le 8 mars 1799 (18 Ventôse an 7), le Général de Division Grenier écrit au Général Gauthier, Inspecteur de l’Infanterie de l’Armée : "Je vous renvoie ci-joint, citoyen général, la délibération du conseil d’administration de la 106e demi-brigade, son exposé est aussi méchant que faux. Voici les faits. Lorsque le général en chef autorisa les généraux de division à organiser les bataillons de garnison, j’en ordonnai la formation, et pour remplir les dispositions du général en chef qui voulaient que les officiers les plus instruits fassent partie des bataillons de guerre et soient portés au complet, il fallait nécessairement les prendre sur les trois bataillons de la demi-brigade. Il résulte dans cette nouvelle organisation que l’ancien conseil d’administration se trouve dissous de fait sans que la dissolution en ait été ordonnée. Cependant, la loi du 25 Fructidor an 5, sur la formation des conseils d’administration, n’a pas été violée par cette disposition puisque j’ai invité les corps à choisir les nouveaux membres du conseil d’administration parmi les individus qui se trouvent au bataillon de garnison, tant dans la proportion des grades que dans le nombre.
Les différents corps de la division que je commande ont adopté cette disposition sans réclamation et le service y gagne ; les seuls capitaines de la 106e demi-brigade membres du conseil d’administration ont trouvé qu’il serait sans doute plus avantageux pour eux de se promener au bataillon de garnison que de faire la guerre, voilà ce qui les contrarie
(Papiers du Général Paul Grenier. XIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 100 page 219).

Le 16 mars 1799 (26 Ventôse an 7), le Général de Division Grenier écrit au Chef de l’Etat-major général de l’Armée d’Italie : "Par votre courrier du 24, vous m’adressez, citoyen général, la nouvelle organisation de la division que je dois commander, et vous me faites connaître les mutations qu’a ordonné le général en chef. Il en résulte que cette division sera formée de : deux bataillons de guerre de la 17e Demi-brigade légère, deux bataillons de la 24e de bataille, deux bataillons de la 106e, 2e légion helvétique, et du 2e bataillon de polonais, du 24e régiment de chasseurs, de deux compagnies d’artillerie légère, et d’une réserve de 6 bouches à feu ...
Je vous avoue que ces changements me peinent, et qu’il m’est désagréable de voir dissoudre cette division au moment d’entrer en campagne, d’autant plus que je crois avoir contribué à son organisation et à sa discipline ...
" (Papiers du Général Paul Grenier. XIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 104 page 227).

Le 16 mars 1799 (26 Ventôse an 7), le Général de Division Grenier écrit à l’Adjudant général Garreau : "Une nouvelle division s’organise, mon cher général, sous le nom de division du Tyrol ; elle sera commandée par le général Serrurier et occupera les avant-postes en avant de Peschiera, Montechiaro, Castiglione, Lonato et Desenzano ; ainsi vous serez relevé dans ces fameux postes ; ayez soin surtout qu’il ne nous arrive rien de désagréable dans ces derniers jours à Lazise et environs.
Par suite de cette nouvelle organisation, la 29e légère et la 63e quittent ma division ; pour relever la 29e dans la vallée de Sabbia, je suis obligé d’y envoyer la 106e, cette demi-brigade recevra donc aujourd’hui l’ordre de se rendre demain à Brescia pour se rendre le 28 dans la vallée de Sabbia ; si cependant vous étiez attaqué demain dans la matinée, vous arrêteriez son mouvement et disposeriez d’elle ...
" (Papiers du Général Paul Grenier. XIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 105 page 229).

Le 24 mars 1799 (4 Germinal an 7), le Général de Division Grenier écrit au Général en chef de l’Armée : "Je vous rends compte, Citoyen général, que la division que je commande a pris poste aujourd’hui à Saint-Georges. Les bataillons de guerre de la 106e n’ont encore pu rentrer de la vallée de Sabbia. Je vous réponds cependant que le 1er bataillon arrivera demain 5 au camp et le 2e le 6 au matin. J’ai des vivres assurés pour six jours, et mon parc d’artillerie et de réserve est en mesure, vous pouvez donc compter sur l’entier rassemblement dans la journée du 6" (Papiers du Général Paul Grenier. XIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 107 page 232).

Concernant le combat du 26 mars 1799, le Général de Division Grenier adresse le 27 mars 1799 (7 Germinal an 7) au Général en chef de l’Armée un premier rapport : "Vous voulez, Citoyen général, un rapport circonstancié des événements qui ont eu lieu dans la journée d’hier et des résultats des opérations de la division que je commande sur les différents points où la division a été portée ; il m’est difficile de remplir aux intentions, la première demande n’ayant pu recueillir encore tous les faits qui mériteraient d’être commis ; je me bornerais donc à vous faire connaître le résultat de la marche de la division et le détail des actions qui me sont connus.
Conformément aux ordres que vous m’avez donné, la division à mes ordres est partie de Saint-Georges le 6 germinal à deux heures du matin, afin d’arriver à Bussolengo de meilleure heure, et pour faciliter avec avantage l’attaque de ce point, je divisai ma division en deux colonnes, la première formant l’avant-garde aux ordres du général Kister ...
La 2e brigade composée d’un escadron du 24e régiment de chasseurs, de la 24e demi brigade bataille, de la 2e légion helvétique, du bataillon de la 106e demi brigade, de la 6e compagnie du 4e régiment d’artillerie légère, et de l’artillerie de position.
Cette seconde brigade était aux ordres de l’adjudant général Partouneaux.
Je dirigeai la 1ère brigade aux ordres du général Kister de Saint-Georges sur Zona pour se porter par la route de Vérone sur la gauche de Bussolengo, les avant-postes ennemis furent enveloppés à Zona et faits prisonniers ; le premier poste fut passé à la baïonnette par les éclaireurs commandés par le citoyen Rochefort, sous-lieutenant de la 3e compagnie de carabiniers, cet officier égorgea lui-même la première sentinelle afin d’empêcher qu’elle n’avertit de la marche.
Je dirigeai moi-même la 2e brigade aux ordres de l’adjudant général Partouneaux de Saint-Georges sur Palazzolo, évitant autant que possible les postes avancés des Autrichiens afin de leur dérober notre marche ; arrivé à Palazzolo la colonne du général Kister se joignit à nous, n’ayant pu, faute de chemin, continuer la route qu’il lui était indiquée ; la division réunie marcha donc sur une seule colonne et déboucha sur Bussolengo, une heure avant le jour ; là nous rencontrâmes l’ennemi ; six bataillons de Varadins avec 10 pièces de canon défendaient ce bourg ; malgré l’obscurité et avant l’arrivée de la 2e brigade, j’ordonnais au général Kister d’attaquer. Le 1er bataillon de la 17e légère commandé par le Citoyen Croisier entra à la course par la droite et le 2e bataillon aux ordres du citoyen Lévêque par la gauche ; je dirigeai en même temps le 2e bataillon de la légion polonaise sur la grande route entre Pastrengo et Bussolengo afin de couper toute retraite à l’ennemi pendant que ma seconde ligne avançait pour protéger l’attaque, mais l’ennemi ne nous attendit pas et fut forcé de nous abandonner environ 300 prisonniers en se repliant en désordre sur l’Adige qu’il remonta. Ces dispositions arrêtèrent environ une heure les troupes de cette division et en continuant à poursuivre l’ennemi arrivèrent à 7 heures à Pastrengo ; déjà la division aux ordres du général Delmas avait attaqué la droite de l’ennemi, qui par sa gauche débordait aussi la droite de la division Delmas ; j’ordonnai en conséquence au général Kister de diriger la 17e légère sur les bords de l’Adige afin de tourner la gauche de l’ennemi pendant que le 2e bataillon de la légion polonaise, la 2e légion helvétique et le bataillon de grenadiers de la 2e ligne soutenus de la 1ère et de la 6e compagnie du 4e régiment d’artillerie légère et du 24e régiment de chasseurs attaquaient l’ennemi en front sur son centre ; ce mouvement facilita l’attaque du général Delmas qui força avec tant d’impétuosité la droite de l’ennemi qu’il se décida à la retraite et nous abandonna plusieurs pièces de canon ; résistance opiniâtre de l’ennemi nous a fait perdre un nombre assez considérable de braves gens et d’excellents officiers ...
Je vous ferai connaître les détails et les faits héroïques qui sont en grand nombre aussitôt que je les aurai recueillis. La division a fait au-delà de 1200 prisonniers
" (Papiers du Général Paul Grenier. XIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 108 page 234).

En 1799, la 29e se replie sur la frontière génoise.

Le 20 août 1799 (3 Fructidor an 7), le Général de Division Grenier écrit au Général …lle ( ?) : "Ci-joint vous trouverez mon cher général l’état des situations des troupes qui composent cette division. Vous y verrez que la première brigade est composée d’un bataillon de la 17e légère, d’un bataillon de la 106e et de la 26e demi brigade de bataille ; la 2e est composée de la 104e et d’un bataillon de la 5e, ayant à Annecy en réserve le restant de la 17e légère.
La 1ère brigade a pour but de se lier par sa droite par la vallée de Bardonnèche avec la division de Briançon, elle coupe le Mont Charnu ( ?), le Grand et Petit Moûtiers ( ?) et est chargé de leur défense, elle longe sa gauche dans la vallée de Bessans et vient communiquer avec la 2e brigade par le Mont Iseran.
Cette 2e brigade est chargée de la défense du col du Mont du Petit-Saint-Bernard, du Fort Valaisan, du col de l’Allée Blanche, du col du Bonhomme et de tous le Faucigny, elle communique par le Mont Iseran à la brigade de droite et par sa gauche aux troupes qui défendent le Valais en Helvétie.
Le système de défense pour ces deux postes est celui indiqué par la nature du terrain, et les idées des généraux qui sont chargés de leur défense doivent toujours se rapprocher si ce n’est pour les dispositions au moins pour l’ensemble.
Le général Kister commandait sous mes ordres la brigade de droite et est encore à Saint-Jean-de-Maurienne.
Vous connaissez les besoins du soldat et ils sont partout les mêmes, on s’occupe cependant ici de l’habillement et l’équipement ...
" (Papiers du Général Paul Grenier. XIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 118 page 254).

Un extrait d'une lettre d'un des divers Généraux employés dans l’aile gauche, adressée au Général Grenier raconte : "Suse le 1er Vendémiaire an 8 (23 septembre 1799)
Le corps aux ordres du général Kister a été attaqué très vigoureusement à 6 heures du matin, mais quelque supérieur que fut l’ennemi qui avait 7 pièces de très gros calibre, et 7 mille hommes, sans compter une nuée de paysans qui débordaient le corps ennemi dont il venait d’être porté, la retraite s’est faite en ordre et n’a pu être entamées. Cette affaire qui a été chaude et qui a duré jusqu’à dix heures du soir, nous a couté quelques prisonniers, 60 à 80 blessés et des morts dont il ignore le nombre. La 106e a fait des prodiges de valeur, l’aide de camp Boyer et le général Kister ont habilement manœuvré. Quelques conscrits n’ont pas aussi bien fait leur devoir" (Papiers du général Paul Grenier. III Pièces se rapportant à l'armée d'Italie. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 190 pages 392 et suivantes).

Le 27 septembre 1799 (5 Vendémiaire an 8), le Général de Division Grenier écrit au Général en Chef Championnet : "Depuis l’affaire de Savigliano, je pressentais, mon cher général, que la division du général Duhesme serait attaquée du 4e au 5e jour complémentaire tant sur Pignerolle qu’à Savigliano entre Rivoli et Bussolin.
Comme l’ennemi pouvait se porter en deux parties, marcher de sa gauche à sa droite, et qu’il m’en fallait cinq pour suivre son mouvement, il m’était impossible d’envoyer des renforts au général Duhesme ; je lui écrivis en conséquence d’être sur ses gardes et de ne point recevoir le combat si l’ennemi se présentait avec des forces supérieures. L’ennemi retarda son attaque jusqu’au 1er vendémiaire ; Pignerolle, Giaveno et Aviglinico (Avigliana ?) furent attaqués à la pointe-du-jour avec des forces considérables et une artillerie nombreuse. Les généraux et les troupes prévenus étaient en mesure, les équipages avaient filé et rien ne gênait la marche des troupes, aussi ont-elles longtemps combattu avec avantage. Mais débordées sur les flancs par des nuées de paysans, la retraite fut ordonnée. Elle s’exécuta sous tous les points par échelons et dans le plus grand ordre. L’ennemi ne nous a pas fait 20 prisonniers et doit avoir perdu beaucoup de monde ; nous avons à regretter 60 ou 80 blessés ; toutes les colonnes, surtout celle de gauche, se sont parfaitement conduites en rétrogradant ; toutes les positions ont été défendues et la retraite de deux heures de chemins ne s’est faite quand douze heures. Cette colonne s’étant maintenue la nuit du 1er au 2 à Bussolin, d’où le général Duhesme, conformément aux ordres que je lui avait donnés, s’est retiré au col de l’Assiette et à Exiles, occupant en outre par sa droite le col de Fenestre pour rester en communication avec Fenestrelle et ayant fait retirer le général Kister avec sa brigade sur le Mont-Cenis ; le général Duhesme qui était de sa personne à cette colonne se loue beaucoup de la troupe, surtout du 3e bataillon de la 106e et du chef de bataillon Dunesme qui le commande ; il rend le compte le plus avantageux du général Kister, du citoyen Boyer aide de camp chef de bataillon, du citoyen Planta qui protégeait la retraite de la brigade, du général Lesuire et du citoyen Vivalda officier piémontais employé à mon état-major ; le général Duhesme demande le grade de chef de brigade pour son aide de camp le citoyen Boyer, je vous le recommande et vous prie de vous intéresser à lui, cet officier depuis 15 jours commandait l’avant-garde du général Kister.
Par suite de ses différents mouvements, l’aile gauche de l’armée se trouve toujours aux pieds des monts et reste maître des débouchés de la plaine ; je crois avoir rempli vos intentions en attirant sur ce corps d’armée les forces et l’attention de l’ennemi, sans recevoir d’engagement qui put nous compromettre. Aujourd’hui nous tâchons de deviner les intentions de l’ennemi. Et nous agirons en conséquence aussitôt que je serai sûr que l’ennemi n’a pas en vue d’attaquer nos frontières. Le général Duhesme restera sur l’entière défensive et je renforcerai la division de droite de la brigade du général Lesuire, afin de faire craindre à l’ennemi une opération sur le Piémont et dans ce cas je porterai mon quartier général dans les environs de Coni.
Je ne peux mieux vous faire connaître les rapports de Savigliano qu’en vous adressant copie du rapport du général Compans. Vous jugerez que cet officier général mérite d’être distingué, veuillez je vous prie renouveler au ministre de la guerre la demande de la confirmation de sa nomination au grade de général de brigade
(Papiers du Général Paul Grenier. XIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 157 page 335).

Le 1er octobre 1799 (9 Vendémiaire an 8), le Général de Division Grenier écrit, depuis Guillestre, au Général Duhesme : "J’ai reçu cette nuit, mon cher général, votre lettre du 7 de ce mois. Je prévoyais bien les difficultés que vous n’auriez pas manqué d’éprouver dans l’opération que vous projetiez sur Pignerol. Aussi vous en ai-je dissuadé par la lettre que le citoyen Vivalda doit vous avoir remise ...
Je quitterai Guillestre le 12 et mon quartier général sera le 14 à Demont ...
Votre division après ce mouvement se trouvera composé : d’un bataillon de la 28e légère, deux bataillons de la 26e de bataille, deux bataillons de la 74e, deux bataillons de la 88e, deux bataillons de la 92e, deux bataillons de la 99e, trois bataillons de la 104e, un bataillon de la 105e, un de la 106e, un de la 107e, et deux escadrons de hussards non compris quelques détachements isolés qui sont à Fenestrelle et les dépôts qui tiennent garnison Mont-Lion.
J’ai donné les ordres les plus pressants, mon cher général, pour faire arriver des subsistances à Briançon. J’écris également pour avoir de l’argent ; consolez et dites que cet état malheureux cessera bientôt, que tous les moyens sont employés pour obtenir quelques chefs.
Faites-moi connaître au juste ce que vous avez besoin en artillerie tant pour être en position que pour mouvoir au besoin, afin qu’elle soit mise à votre disposition avec les attelages nécessaires
" (Papiers du Général Paul Grenier. XIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 161 page 343).

Le 18 octobre 1799 (26 Vendémiaire an 8), le Général de Division Grenier écrit, depuis son Quartier général de Borgo San Dalmazzo, au Général de Division Duhesme : "Le général en chef désire, mon cher général, que vous réunissiez sur le champ toutes vos troupes disponibles entre Suze et Peyrouse à l’effet de former deux colonnes que vous mettrez de suite en marche, l’une sur Bussolin, et l’autre composée de la majeure partie de vos forces sur Pignerolle. Je pense donc, mon cher général, que cette dernière colonne pourra être composée de l’escadron du 10e hussards, de la 26e de bataille, du bataillon de la 106e, du bataillon de la 74e et de celui de la 107e.
La première pour attaquer Bussolin serait de la 104e 3e bataillon, et un bataillon de la 105e, et de ce que vous avez du 7e de chasseurs.
Le bataillon de la 88e formant par suite de ces dispositions la garnison de Fenestrelle qu’il ne faut pas dégarnir, si dans la marche de ces colonnes, nous n’éprouvez pas trop de résistance, vous tâcherez de vous emparer de Bussolin et de Pignerolle, cette dernière colonne passant dans ce cas jusqu’à Revel sous l’aile gauche du Pô où elle prendra position ; vous observeriez qu’il sera impossible à cette colonne de se faire suivre par de l’artillerie puisque si elle obligée de se retirer, elle ne pourrait le faire que par la vallée du Pô ; du côté de Bussolin, vous ferez des démonstrations, si vous ne rencontrerez trop de résistance, vous pousseriez cette colonne jusqu’à Rivoli où au moins le plus qu’il vous sera possible.
Vous pourrez faire garder le petit Saint-Bernard par le bataillon de conscrits qui est à Moutiers, et le Montcenis par celui qui est à Saint-Jean de Maurienne.
Vous observerez, mon cher général, que je ne vous parle pas de la 28e légère, de la 92e et 99e qui doivent être en route pour vous rejoindre
" (Papiers du Général Paul Grenier. XIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 176 page 375).

Le 25 octobre 1799, le Général Duhesme adresse, depuis Oulx, au Général Grenier, pour la 2e Division de l'aile gauche de l'Armée d’Italie, un Etat certifié et signé à Oulx : "Etat des recettes et dépenses faites, d’après les ordres du Général de Division Duhesme, par le préposé à la recette des contributions de cette Division ...
10 vendémiaire an 8 106e demi-brigade d’infanterie de bataille pour avance à titre de prêt 1200 livres ... le 3 Brumaire an 8 (25 octobre 1799)
" (Papiers du général Paul Grenier. II Pièces se rapportant à l'armée d'Italie. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 144 pages 301-302 (suite de la lettre du 25 octobre).

Le 5 novembre 1799 (14 Brumaire an 8), le Général de Division Duhesme écrit, depuis Venasca, au Général Grenier, commandant l’aile gauche de l’Armée : "Je vous préviens, mon cher général, que mon avant-garde est à Dronero et mon corps de bataille en avant de Venasca ; c’est tout ce que j’ai pu faire, les troupes sont éreintées.
... je vous croyais encore à Genola et rien ne m’étonna plus que de voir arriver par ce chemin une forte colonne qui commença une attaque très vigoureuse, en peu de temps les troupes que nous y avions porté furent mises en déroute.
Ce ne fut qu’en faisant des efforts incroyables et en me mettant à leur tête que je parvins à les rallier et à les décider à une charge qui éloigna l’ennemi du pont par lequel nous avions notre retraite et de plus l’ennemi avait pénétré sur la place avec de la cavalerie et de l’infanterie qu’il avait rangée en bataille et coupait la retraite à la 106e et partie de la 26e.
Mollard qui les commandait fait une charge, culbute l’ennemi et se fait un passage jusqu’à nous, alors nous rétablîmes le combat et primes une position qui nous couvrait la seule retraite que nous avions sur Lagnasco, route de Saluces, car l’ennemi étant à Votignasco nous avait aussi attaqué par cette route ; comme cela, nous avions toujours un pied dans Savigliano.
Nous tînmes jusqu’à la nuit, espérant toujours que nous serions secondés ; on vint alors me rapporter que l’ennemi avait envoyé un parti dans Saluces et un corps de troupes considérable à Villafalleto, je fis une fausse attaque sur cette route, et comme elle commençait à attirer l’attention de l’ennemi, je me retirais à la nuit close sur Lagnasco où je me reposais cinq heures et d’où j’ai marché par une marche de flanc sur Costigliole, j’y ai trouvé deux compagnie de la 63e que j’envoie à Dronero. Le général Kister a eu un cheval sous lui et mérite les plus grands éloges, je vous demanderai le grade de lieutenant pour son aide de camp qui a été blessé à l’affaire, on ne peut être mieux secondé que par un tel officier général. Je suis abimé de fatigue. Demain de grand matin je serai à Dronero. J’enverrai mon rapport.
Veuillez faire part de ma lettre au général en chef Championnet.
Tous les rapports s’accordent à dire que la colonne qui nous a attaqués était composé de sept régiments d’infanterie et quatre de cavalerie
" (Papiers du général Paul Grenier. III Pièces se rapportant à l'armée d'Italie. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 24 page 60).

Le 8 novembre 1799 (17 Brumaire an 8), le Général de Division Duhesme, de l'Armée des Alpes, écrit depuis le Quartier général, à Demont au Général de Division Grenier : "Rapport de la journée du 13
Je partis de Saluces à la pointe du jour ; ma principale colonne composée de trois bataillons, une pièce et cinq à six hussards commandés par le général Kister se dirigeait sur Savigliano occupé dès la veille par le général Clément. Ma colonne de flanqueurs composée de quatre compagnies de la 28e demi-brigade, trois compagnies de grenadiers et 15 hussards commandés par mon aide de camp chef d’escadron Ordonneau devait tenir le Po en passant par Cardée et Moretta, tandis que mon aide de camp Boyer chef de bataillon, avec le bataillon de la 74e devez tenir l’intermédiaire passant par Monasterolo ; ces deux colonnes de flanqueurs devaient rejoindre la principale à Savigliano. Le canon que nous y entendions, nous faisait hâter notre marche, lorsqu’un détachement de dragons qui n’avait pu entrer dans Savigliano nous apprit que l’ennemi s’en était emparé de vie force. J’arrêtais sur-le-champ la colonne et envoyais dire à celles de flanqueurs de nous rejoindre. Je me portais ensuite de ma personne du côté du champ de bataille et jugeant que nous perdions du terrain, j’ordonnais au général Kister de faire une marche de flanc pour tâcher de gagner Votignasco.
Arrivé près du général Grenier je reçus de lui l’ordre de marcher sur Savigliano pour dégager, s’il était possible, le général Clément, que l’on croyait enveloppé. L’adjoint Deschamps me précéda et remis la colonne en marche sur Savigliano. J’arrivais de ma personne quand l’attaque a commencé, l’ennemi avait pris position avec six bataillons d’infanterie, 400 chevaux et six pièces, en avant de cette place derrière la Meyra. Mon aide de camp Boyer avec le bataillon de la 74e tenter de faire jonction, après avoir battu un corps assez considérable qui s’y opposait. Notre position devenait délicate, il fallait vaincre du côté de notre faiblesse.
Le général Kister s’avance donc avec audace, charge l’ennemi avec impétuosité, s’empare du pont, passe la Meyra, pénètre dans la ville ; et tandis que l’aide de camp Boyer allait couper la route de Cavallermaggiore, le chef de brigade Mollard à la tête de la 26e le poursuit avec vigueur sur la route de Bra ; cette colonne ennemie fut tellement mise en désordre qu’elle nous laissa 2 pièces de canons, 3 à 400 prisonniers et 4 ou 5 caissons.
J’espérais encore que l’armée se soutenait encore à Genova, les officiers que j’envoyais au général Grenier retournèrent en m’annonçant la rencontre d’une colonne ennemie ; à peine avais-je fait porter un bataillon qu’il revint en désordre auprès du pont de la Meyra, accablé par l’ennemi qui pénétrait avec rapidité de tous les côtés. Le point de notre retraite allait être emporté et s’en était fait de tout ce corps, mais ralliant moi-même ce bataillon je le reconduisis en avant et décidé à une charge qui fut assez heureuse pour repousser la colonne qui longeait entre les deux rivières ce qui donna le temps au général Kister d’accourir avec quelques compagnies de la 74e demi-brigade est de rétablir le combat. L’ennemi s’était réuni en force sur la place de Savigliano et avait coupé le bataillon de la 106e et partie de celui de la 26e ; leurs chefs Dunime ( ?) et Mollard que l’on sommait de se rendre, y répondent par une charge à la baïonnette qui leur ouvre un honorable passage jusqu’à nous, alors je prends position en arrière de la Meyra, tenant toujours cependant les faubourgs de la ville, l’ennemi arrêté déploie en vain une artillerie nombreuses, il ne peut nous empêcher de nous maintenir jusqu’à la nuit tombante.
Nous nous retirâmes presque sans être inquiétés sur Lagnasco. Je n’avais point de nouvelles de mon aide de camp Ordonneau ; mes ordonnances n’avaient pu pénétrer jusqu'à lui, il avait combattu et avait trompé dans ses marches plusieurs partis détachées pour couper nos derrières ; il était rentré sur les 4 heures du soir dans Saluces d’où il avait chassé quelques hussards autrichiens.
J’appris par des rapports certains que l’ennemi avait une forte colonne à Villafalette et ses avant-postes à Pomerolo, je fit reposer la troupe 4h00 à Vaniasco et je me diriger sur Castilione où j’arrivais le 14 à la pointe du jour, j’y restais quatre à cinq heures espérant recevoir des nouvelles de l’armée ; ayant appris là que nous n’étions plus à Busca et que mon aide de camp Ordonneau s’était rendu à Dronero, je pris le parti de me porter à Venasco parce que absolument dépourvu de cartouches, je devais éviter tout combat. Les troupes épuisées de faim et de fatigue et reposèrent à Venasco. Le lendemain on se mit en marche pour se rendre à Dronero, je précédais la colonne à peu près d’une heure, vous connaissez l’événement qui m’en a séparé, j’espère que le général Kister aura pu se retirer par le val de Vraceta à Château Dauphin et de là à Queyras
" (Papiers du général Paul Grenier. III Pièces se rapportant à l'armée d'Italie. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 37 page 86).

Le 13 novembre 1799 (22 Brumaire an 8), le Général de Division Duhesme écrit, depuis le Quartier général de Briançon, au Général de Division Grenier, commandant l’aile gauche de l’armée d’Italie à l’Arche : "Je vous prie, mon cher Général, de me dire quels seront les moyens de parvenir auprès du Général Championnet, ayant plusieurs demandes pressées à lui faire notamment un ordre pour pouvoir obtenir mes arriérés et mes frais de poste.
J’y enverrai mon aide de camp Boyer pour lequel je demande le grade de chef de brigade et le commandement d’une brigade.
Veuillez aussi m’autoriser et me donner les pouvoirs suffisants pour tirer des provisions de siège ; les malades désespèrent et je ferai donner à l’hôpital quelques pintes de vin. Rien ne fait pitié comme le dénuement de nos hôpitaux, le vin, l’huile et le riz y manquent absolument. Veuillez à cet égard presser le commissaire ordonnateur. Je verrai ce que la mesure de prendre sur les approvisionnements des habitants de Fenestrelle produira, et c’est d’après ce, que je réglerai ce qu’il faudra y envoyer de Briançon.
Vous savez que dans la mauvaise saison, la communication avec la vallée d’Oulx et Exilles est souvent interceptée pour les hommes, et toujours pour les chevaux et un corps conséquent y périrait de faim ; en moindre il serait enlevé sans qu’on pût y porter secours. Il faudra à cet égard bientôt décider la ligne que l’on tiendra l’hiver. L’ennemi a 1500 hommes à Aviliano, et 8 bouches à feu, sa garnison est de 6 mille hommes à Turin. On prétend qu’il a quatre mille hommes dans la vallée d’Aoste et vous savez qu’il n’y a que 200 hommes au Petit Saint-Bernard plus 200 conscrits du bataillon auxiliaire. Ce faible corps ne pourrait même s’opposer à un part. Que ferez vous du général Raoul qui est dans cette partie, il demande une autre destination.
J’ai recommandé au général Valette qui tient près de Suse que dans le cas où il serait forcé, un bataillon se retirerait sur Exilles avec lui qui est destiné au commandement de Briançon. Les 2 autres bataillons et les compagnies de la 105e demi-brigade sur Mont Cenis où sera Kister en ne faisant retirer qu’un bataillon par la vallée d’Oulx. Je compte sur les renforts qu’il serait facile de leur envoyer, et sur la réserve de 2 bataillons de la 106e demi-brigade. Au lieu que si on n’avait pas suffisamment de troupes au Mont Cenis, et on ne pourrait le secourir à temps puisque le Galibier est fermé et qu’il faut passer par Grenoble ...
" (Papiers du général Paul Grenier. III Pièces se rapportant à l'armée d'Italie. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 55 page 122).

Le 14 novembre 1799 (23 Brumaire an 8), le Général de Division Duhesme écrit, depuis le Quartier général de Briançon, au Général de Division Grenier, commandant l’aile gauche de l’Armée d’Italie : "Je vous adresse ci-joint, mon cher général, copie de la lettre du général Valette, sur ses observations que la Tarentaise n’est pas assez gardée. J’ai pris sur moi d’y envoyer deux bataillons de la 105e et de faire venir ici le bataillon de la 106e. Je pense que vous approuverez mes dispositions.
Je vous demanderai aussi celui de la 26e que je vous prierai de m’envoyer, ces deux bataillons seront destinés à garder Exilles et le Briançonnais. Veuillez bien me mander vos intentions à cet égard
" (Papiers du général Paul Grenier. III Pièces se rapportant à l'armée d'Italie. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 67 page 150).

Le 15 novembre 1799 (24 Brumaire an 8), le Général de Division Grenier écrit, depuis Guillestre, au général de Division Duhesme : "Les bataillons de la 26e et 106e demi-brigades sont partis ce matin de Guillestre, mon cher général, pour aller rejoindre à Briançon ..." (Papiers du Général Paul Grenier. XIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 208 page 445).

Le 20 novembre 1799 (29 Brumaire an 8), le Général de Division Grenier écrit, depuis Embrun, au Général de Division Duhesme : "J’ai reçu, mon cher général, votre lettre du 28. Je sens comme vous la difficulté qu’il y aura pour correspondre avec les troupes de la Maurienne et de la Tarentaise. Mais le général en chef ne pense pas comme nous, et il dit voir avec peine notre éloignement. Aussitôt que vous serez un peu rétabli et que vous pourrez (sic) au quartier général, je vous montrerai la lettre que j’ai reçu cette nuit et ma réponse.
En attendant, je crois que vous devez provisoirement établir l’organisation suivante. Deux bataillons de la 104e pour la Maurienne et Mont-Cenis, un autre bataillon de la 104e et celui de la 105e pour la Tarentaise, Petit Saint-Bernard, et Fort Valaisan. Avoir un tiers de ces troupes en première ligne, les deux autres cantonnés à proximité pour relever la première ligne toutes les décades, s’assurer de l’approvisionnement des monts et le faire compléter, s’occuper de l’organisation et de l’instruction des bataillons de conscrits qui sont dans cette partie, donner le commandement de chacune des vallées à des chefs de corps, telles que les citoyens Cluzel et Eyrische, et donner le commandement du tout au général Kister qui aurait avec lui l’adjudant général Garin chargé du détail. Les bataillons de la 26e et 106e resteraient dans le Briançonnais, gardant la vallée d’Oulx, celle de Queyras et la communication avec Fenestrelle. L’organisation des vallées de L’Arche et de Barcelonnette resterait telle qu’elle est aujourd’hui sous les ordres du général Brenier. Vous pourriez laisser le général Valette dans le Briançonnais, replacer Carpentier à Mont-Lion et vous établir à Embrun, chargé du commandement de toute cette partie en attendant que le général en chef vous permette d’aller dans vos foyers. Voilà ce que je vous propose, mon cher général, voyez si cela entre dans vos arrangements. Je pourrai alors m’établir à Grenoble pour être au centre des communications. Car je présume que votre intention n’est pas de vous éloigner avant d’avoir reçu l’autorisation que vous avez demandée au général en chef.
J’écris aujourd’hui encore au payeur pour qu’il envoie de l’argent à Chambéry. J’ai lieu de croire que cet envoi a été fait. Je vais rappeler encore à Viriville la demande que je lui ai faite de faire remplacer sans délai l’approvisionnement de Briançon ...
" (Papiers du Général Paul Grenier. XIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 218 page 465).

Le 5 décembre 1799 (14 Frimaire an 8), le Général de Division Grenier écrit, depuis Embrun, au Ministre de la Guerre : "J’ai reçu votre dépêche de 8 de ce mois par laquelle vous me prescrivez de rassembler les troupes formant la gauche de l’armée d’Italie au camp de Tournoux, si la position de Demont se trouve abandonnée ; lors de la réception de votre lettre, je pense que depuis le départ de votre courrier vous avez été prévenu par le général en chef de l’armée que l’aile gauche et dissoute ; et que la division du général Richepanse en ayant été détachée le 19 brumaire dernier pour se porter à Borgo San Dalmazzo afin de couvrir le col de Tende et les Alpes-Maritimes, les seules troupes aux ordres du général Duhesme couvrent aujourd’hui la frontière depuis les vallées de L’Arche et de Barcelonnette jusqu’au Petit Bernard inclusivement. Je joins sous ce pli le tableau de ces troupes et vous jugerez sans doute aux premier aperçu que les dispositions que vous me prescrivez ne peuvent recevoir leur entière exécution, en ce que les 7000 hommes qui composent cette division sont disséminés sur une étendue de plus de 30 lieues de terrain en ligne droite et que la majeure partie de ces troupes est essentiellement nécessaire à la défense des points qu’elles occupent ; que d’ailleurs la petite route de communication de la Tarentaise en Maurienne par le Mont Iseran et le col des Encombrés et de la Maurienne dans le Briançonnais par le Galibier sont fermés par les neiges et qu’il faut 15 jours pour faire arriver des troupes de cette partie jusqu’au camp de Tournoux après qu’elles auront été relevées par la demi-brigade venant d’Helvétie et que vous m’annoncez devoir arriver dans le Mont-Blanc.
Afin d’obvier à ce premier inconvénient et de remplir autant qu’il dépendra de moi les dispositions que vous m’avez présentées, je donne ordre au général Duhesme de diriger de suite la demi-brigade venant d’Helvétie sur Gap. Au moment où elle arrivera sur ce point, je tirerai de la vallée d’Oulx le bataillon de la 106e et je placerai ces quatre bataillons au camp de Tournoux, qui joints aux quatre qui occupent les vallées de L’Arche et de Barcelonnette formeront environ 4000 hommes.
Je ne crois pas, citoyen ministre, qu’il soit possible de faire un rassemblement plus considérable avec aussi peu de moyens et certes un pareil détachement ne peut sans danger s’avancer dans la vallée de Sture, encore moins entreprendre sur le blocus de Coni, si la division qui occupe le col de Tende n’arrive en même temps sur Borgo San Dalmazzo ; il m’est impossible encore de prévoir l’époque de ce rassemblement avant que je ne connaisse le jour auquel la demi-brigade venant du Mont-Blanc pourra arriver à Gap.
La marche et la réunion de ces troupes au camp de Tournoux n’éprouvera donc aucun obstacle ; il n’en est pas de même pour le transport et l’artillerie ; jusqu’à ce jour, nous avons à force de peine et de travaux conservé la communication du col de Vars libre pour les bêtes de somme, ce qui n’est arrivé en aucun temps, cette communication ayant toujours été fermée année commune au 20 novembre, mais qui peut répondre que d’un moment à l’autre elle ne devienne entièrement impraticable ? Dans cet état de choses, comment suffire à l’approvisionnement des munitions que je n’ai dû porter dans les vallées de L’Arche et de Barcelonnette qu’en proportion du nombre d’hommes qui devaient y stationner cet hiver. Si le moyen de transport existait, si toutes les parties du service n’étaient entièrement désorganisées, je pourrais peut-être encore parvenir à porter cet approvisionnement de munitions au double de ce qui existe en magasin à Tournoux. Je ferai tout ce qui dépendra de moi, mais je ne réponds pas de réussir ; en supposant que j’y parvienne et que cet obstacle soit entièrement levé, comment réunir au camp de Tournoux les subsistances et fourrages nécessaires pour ce rassemblement, lorsqu’en ce moment toutes les distributions manquent, que le soldat est en partie nourri chez l’habitant, et que les approvisionnements de siège de Briançon et de Mont-Lion sont pour ainsi dire épuisés, tant par ce qui se verse de la première place dans les magasins de Fenestrelle que par les consommations journalières des garnisons.
Une autre observation non moins importante est celle que je dois vous faire sur le passage des cols de la Madeleine et de Largentière. Ces cols ne sont jamais praticables dans cette saison, et lors du dernier séjour de l’armée dans les environs de Coni, toutes les munitions et subsistances arrivaient par le col de Tende, les premiers n’étaient déjà plus praticables et il a fallu 8 jours pour ramener l’artillerie depuis les Barricades jusqu’à Tournoux. Comment seront-ils dans 15 jours ?
Que tout réussisse au gré de mes désirs, que les troupes, les munitions, les subsistances, les moyens de transport soient réunis au camp de Tournoux, que ce petit corps passe les cols et arrive à la position de Gaiola ; qu’il pénètre même au débouché de la plaine, quel en sera le résultat ? Sans doute il livrera des combats, les munitions seront consommées sans espoir et sans moyen de pouvoir les remplacer puisque depuis Tournoux à Gaiola, il y a une distance de 12 lieues de Piémont et qu’il faut dans cette saison cinq et six jours aux convois d’artillerie pour en faire le trajet n’ayant pas les chevaux ou mulets nécessaires aux établissements des échelons. Si donc la majeure partie de l’armée ne débouche pas au même moment tant par la vallée du Tanaro, que par le col de Tende, cette opération manquera et l’armée ne lèvera pas le blocus de Coni.
Vous dissimuler tous ces obstacles, citoyen ministre, serait manquer à mon devoir. Je vous devais ces observations, et j’ai dû entrer dans tous les détails pour répondre à la confiance dont veulent bien m’honorer les Consuls de la République. Veuillez me faire connaître vos dispositions ultérieures. En les attendant, mes soins se porteront à faire arriver à Gap les trois bataillons venant du Mont-Blanc, d’où ils pourront être facilement dirigés sur le centre de l’armée, si vos premières dispositions sont changées, à faire augmenter l’approvisionnement des munitions à Tournoux, et à renouveler mes sollicitations pour réunir quelques subsistances. Jusqu’à présent, mes demandes pour cet objet essentiel ont été sans effet
" (Papiers du Général Paul Grenier. XIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 230 page 490).

Le 12 décembre 1799 (21 Frimaire an 8), le Général de Division Grenier écrit au Général de Brigade Valette : "… J’ai lieu de croire que les nouvelles qui se répandent à Briançon relativement à Coni, ne sont pas dénuées de fondements ; quelques autres circonstances que je rapproche me le font craindre ; je vous engage donc, citoyen général, à prendre les plus grandes précautions et à augmenter la garnison de Fenestrelle ; je ne regardais l’occupation de la vallée de l’Oulx utile que parce que cela nous facilitait, et couvrait votre communication avec Fenestrelle, je pense donc que vous en devez en retirer les troupes et les resserrer dans les environs du Mont Genève entre Ferrils, et Cézanne afin de maintenir notre communication avec Fenestrelle le plus longtemps que vous pourrez ; la retraite de ces troupes serait en dernier lieu sur le Mont Genève où vous devez établir quelques pièces d’artillerie. Vous n’avez pas de temps à perdre pour augmenter la garnison de Fenestrelle, vous devez porter cette garnison de 11 à 1200 hommes et y envoyer des bonnes troupes ; le bataillon de la 106e ou celui de la 26e peuvent fournir ce renfort, qu’il faut y faire marcher dès cette nuit ; ces troupes seront remplacées sous peu de jours par une demi-brigade que j’attends, je vous engage même d’y envoyer le bataillon de la 106e tout entier, de porter la garnison de Fenestrelle au nombre voulu ci-dessus et de retirer ensuite le restant de la 88e. Vous ferez sortir de cette place tous les officiers piémontais et les ferez remplacer par des français ..." (Papiers du Général Paul Grenier. XIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 239 page 510).

Le 29 septembre 1800, Bonaparte écrit, depuis Paris, à Carnot, Ministre de la Guerre : "… Vous donnerez l'ordre au général Saint-Hilaire, commandant la 8e division militaire, de faire rejoindre à l'armée d'Italie les détachements des 10e et 106e de ligne …, aussitôt que la garnison de Malte sera arrivée et dans le cas de faire du service ..." (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1911, t.2, lettre 1195 ; Correspondance générale de Napoléon, t.3, lettre 5669).

Le 2 mai 1803 (12 Floréal an 11 - note : La minute conservée aux Archives nationales (AF IV 865, Floréal an 11, no 15) est datée du 1er mai), le Premier Consul écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "Je vous prie, citoyen ministre, en conséquence de l'arrêté du 10 floréal, de donner ordre ... Au 2e bataillon de se rendre à Gênes pour être incorporé dans la 106e et porter cette·demi-brigade à 3 bataillons ...
Vous donnerez ordre que tous les chefs de bataillons, capitaines et autres officiers incorporés par l'arrêté du 10 floréal, continuent à être attachés aux demi-brigades. Quant aux chefs de brigade, quartiers maîtres et adjudants-majors, vous me ferez un rapport pour les employer le plus tôt possible, pour qu'il n'y ait personne de réformé par ce travail.
P.S. Ils attendront leur destination à la suite des corps où leurs 1ers bataillons seront incorporés
" (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1911, t.1, lettre 565 ; Correspondance générale de Napoléon, t.4, lettre 7618).

Le 28 avril 1804 (8 Floréal an 12), le Premier Consul écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Berthier : "Je vous prie, Citoyen Ministre, de faire faire une revue extraordinaire pour constater la situation, au 1er germinal, des 10e, 19e, 28e, 45e, 47e, 56e, 58e et 106e de ligne, et des 3e, 12e, 21e et 24e légers. On aura soin de mettre le nombre d'hommes de ces corps présents dans chaque ville où ils se trouvent, les malades aux hôpitaux, les absents et depuis quel temps, ceux inhabiles à porter les armes, le nombre de conscrits qu'ils ont reçus et qu'ils ont à recevoir sur l'an xi et l'an XII. Ces régiments sont les plus faibles de l'armée. Je désire savoir positivement dans quelle situation ils sont, afin de les faire recruter" (Correspondance de Napoléon, t.9, lettre 7728 ; Correspondance générale de Napoléon, t.4, lettre 8848).

Le 15 septembre 1804 (28 fructidor an 12), Bonaparte écrit depuis Cologne au Maréchal Berthier, Ministre de la Guerre, Major général des camps : "Mon Cousin, je désire avoir des renseignements sur M. Chartrand ancien capitaine du 4e régiment de ligne actuellement dans le 106e : connaître l'état de ses services, quelle habileté il a et s'il est propre à faire un chef de bataillon" (Correspondance générale, t.4, lettre 9217).

Le 27 mars 1805 (6 germinal an XIII), l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Maréchal Berthier : "Mon Cousin ... Je passerai en revue dans les dix premiers jours de prairial, dans la plaine de Lonato, les 22e et 23e légers, les 1er, 10e, 106e, 52e, 62e, 101e, 53e de ligne, et les trois régiments italiens. Le général Jourdan formera quatre divisions, chacune de trois régiments ; on les cantonnera sur la Chiese et le Mincio ... Vous me ferez connaître également ce qu'il sera nécessaire de donner aux troupes pendant le temps qu'elles seront cantonnées
Vous recommanderez bien au maréchal Jourdan que ces mouvements n'aient point l'air de mouvements de guerre. Il ne dégarnira Vérone, Peschiera et Mantoue qu'au moment de la revue. Il donnera seulement l'ordre de se mettre en marche au 62e qui est à Livourne, au 53e qui est à Rimini, au 22e qui est à Novare, au 23e qui est à Parme, et aux autres corps qui ont besoin de se rapprocher ...
" (Correspondance de Napoléon, t.10, lettre 8491 ; Correspondance générale de Napoléon, t.5, lettre 9739).

A l'ouverture des hostilités, vers le milieu du mois d'octobre, l'Armée d'Italie a été portée à 65000 hommes, sous le commandement du Maréchal Massena, commandant en chef. L'aile gauche de cette armée comprend la Division d'infanterie Duhesme, Brigades Goulus et Camus, treize Bataillons des 14e d'infanterie légère, 20e, 1er, 102e de ligne, trois escadrons du 25e de chasseurs à cheval, 7000 combattants et six bouches à feu ; la Division d'infanterie Serras, Brigades Gilli, Guillet, Mallet et Schild, seize bataillons des Carabiniers corses, 8e d'infanterie légère, 53e, 81e, 106e, 13e et 9e de ligne, quatre escadrons des Dragons de la Reine, 8000 combattants, six bouches à feu (Mémoires du Prince Eugène, t.1, page 277).

A la fin de décembre, et après sa formation, le 8e corps, ayant pour Général en chef Masséna comprend la Division Séras (6000 hommes des 8e d'infanterie légère, 13e, 53e, 106e de ligne et Bataillon de Pontonniers noirs), une Brigade à Laybach, une Brigade à Trieste (Mémoires du Prince Eugène, t.2, page 2).

Le 5 février 1806, on soumet à l'Empereur une "Avance demandée par le 106e régiment d’infanterie"; ce dernier répond : "Attendre les revues" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 1, lettre 283).

Le 21 février 1806, l'Empereur écrit, depuis Paris, à Eugène : "Dans votre état de situation, il n'est pas dit où est le 106e ... Il restera au général Miollis les 9e, 53e et 106e de ligne" (Mémoires du Prince Eugène, t.2, page 78 ; Correspondance de Napoléon, t.12, lettres 9865 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 11517).

Le 12 mars 1806, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Dejan, Ministre directeur de l'Administration de la Guerre : "Monsieur Dejean, mon intention est que les trois mille hommes formant la réserve des départements ci-dessous nommés marchent comme les autres et soient dirigés, savoir ceux du département : ... Du Lot … 106e de ligne ..." (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 1, lettre 329 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 11656).

Le 30 mars 1806, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Dejean, Ministre directeur de l'Administration de la Guerre : "Monsieur Dejean, voici une liste d'hommes du régiment de la garde de Paris qui ne peuvent pas rester à Paris. Donnez des ordres pour qu'ils en partent tous dans la semaine prochaine. Vous ferez faire le travail successivement et par corps. Ils partiront sous les ordres d'un officier, les uns pour joindre le 5e régiment de ligne, les autres le 56e, les autres le 106e. Vous aurez soin de faire envoyer leur signalement à la gendarmerie, pour qu'il n'en revienne aucun. Ils seront envoyés aux corps ci-dessus, sous prétexte que le service de Paris nuit à leur discipline. On aura soin qu'ils ne désertent pas en route et surtout que sous quelque prétexte que ce soit ils ne rentrent pas dans la capitale" (Brotonne (L. de) : « Dernières Lettres inédites de Napoléon 1er, collationnées sur les textes et publiées » ; Paris, 1903, t. 1, lettre 391 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 11795).

Au 1er mai 1806, d'après les états de situation envoyés par le Prince Éugène, commandant en chef, la composition et la force des divers corps composant l'Armée dite d'Italie, dont le quartier général est à Milan, est la suivante :
Troupes DANS LES ÉTATS VÉNITIENS. Général de Division Miollis; Général de Brigade Herbin ; 106e de Ligne, Colonel Roussel (3 Bataillons, 1er et 2e à Venise, 3e à Vicence, 2,389 hommes, 24 chevaux) - Mémoires du Prince Eugène, t.2, page 268.

Le 27 mai 1806, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Prince Eugène : "Mon Fils, j'ai lu avec attention vos états de revues. Se peut-il qu'il y ait encore dans les 53e, 106e, 13e et 60e, des hommes qui ne soient pas habillés ? J'imagine que les conscrits, s'ils n'ont pas des habits, ont au moins des culottes et des vestes d'ordonnance. Je vois que, dans l'armement, il manque beaucoup de fusils. Est-ce que les régiments qui sont en Istrie auraient des hommes sans fusils ? Si cela était, j'imagine que vous ne dormiriez pas que mes troupes d'Istrie ne soient parfaitement armées. Vous dites qu'il est dû aux 53e, 13e, 106e et 60e, pour la solde ; mais vous ne dites pas quels mois il est dû, non plus que pour la masse d'habillement. Du reste, les états me paraissent faits avec soin ; je les parcourrai avec plaisir. Mais il faut que dans l'état de juin on me donne des explications sur le nombre d'hommes qui sont, à chaque dépôt, à l'école de bataillon, sur le nombre d'hommes qui sont en habits de paysans, et sur le nombre d'hommes qui ne sont pas armés. Je me persuade que vous ne dormiriez pas si vous aviez en Istrie, en Dalmatie, même en Italie, des hommes qui ne fussent pas armés ou qui fussent encore en sarraux de toile. Il est de votre honneur que, vingt-quatre heures après leur arrivée, les conscrits aient la veste, la culotte, le chapeau. Il n'y a point d'excuse, les corps doivent y pourvoir ..." (Mémoires du Prince Eugène, t.2, page 408 ; Correspondance de Napoléon, t.12, lettres 10284 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12184).

Dans la première quinzaine de juin, l'armée du Vice-roi comprend la Division de Venise, Général Miollis (Quartier général à Venise), Généraux de Brigade Fririon et Herbin, 4,500 hommes présents des 53e et 106e de ligne (Mémoires du Prince Eugène, t.2, page 285).

Le 29 juillet 1806, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, à Eugène, Vice-Roi d'Italie : "... Donnez ordre à celui des 106e ou 53e régiments qui vous paraîtra le plus en état de former ces deux premiers bataillons à 1 000 hommes chacun, et envoyez-les dans le Frioul rejoindre le second corps d'armée ...
Ces six régiments formeront deux divisions, chacune de trois régiments, savoir : le 35e, le 106e ou le 53e qui remplacera le 11e qui est en Dalmatie, et le 13e qui remplacera le 18e d’infanterie légère, ce qui complétera la division Boudet ...
" (Mémoires du Prince Eugène, t.3, page 98 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12599).

Le 1er août 1806, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, à Eugène, Vice-Roi d'Italie : "... Vous continuerez à laisser sur l'Isonzo les deux divisions du 2e corps de la Grande Armée, l'une composée des 9e de ligne, 84e et 92e, l'autre des 106e, 53e et 13e.
Vous donnerez ordre que le 3e bataillon du 13e rentre également du côté de Trévise ou de Padoue, de manière que vous aurez au second corps de la Grande Armée trois bataillons du 9e, autant du 84e, autant du 92e ; deux bataillons du 106e, deux du 53e ...
" (Mémoires du Prince Eugène, t.3, page 105 ; Correspondance de Napoléon, t.13, lettres 10580 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12629).

Le 18 septembre 1806, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Prince Eugène : "… Vous commanderez en chef mon armée d'Italie, qui ne sera qu'une armée d'observation, vu que je suis bien avec l'Autriche ; mais il n'en faudra pas moins exercer une grande surveillance et user d'une grande prudence. Vous aurez sous vos ordres le corps du Frioul composé de 16,000 hommes d'infanterie ayant trente pièces de canon attelées ...
… La place de Mantoue, dans laquelle vous mettriez également 6 ou 7,000 hommes des dépôts, serait promptement approvisionnée. Tout votre corps du Frioul deviendrait ainsi disponible. Le 106e, le 3e d'infanterie légère et sept régiments que j'ai en Piémont, vous formeraient trois nouvelles divisions qui porteraient votre corps d'armée à 36,000 hommes d'infanterie ; ce qui, avec la cavalerie légère, les cuirassiers et les dépôts de cavalerie de l'armée de Naples, vous formerait une armée de près de 40,000 hommes, force imposante qui, vu les opérations ultérieures de l'Allemagne, contiendrait l'ennemi …
" (Mémoires du Prince Eugène, t.3, page 150 ; Correspondance de Napoléon, t.13, lettres 10809 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12972).

Le 23 septembre 1806, Napoléon adresse, depuis Saint-Cloud, ses "Instructions pour le vice-roi.
ORGANISATION DE L'ARMÉE D'ITALIE
Général en chef, le vice-roi;
Chef d'état-major général, le général Charpentier ; commandant en chef l'artillerie, le général Sorbier ; commandant en chef le génie, le général Lery; ordonnateur en chef, le sieur Joubert.
L'armée d'Italie sera composée de cinq divisions actives.
Ce corps, qui continuera à porter le nom de 2e corps de la Grande Armée, donnera ainsi une force de plus de 16,000 hommes ...
Pour l'administration et le commandement, ce corps doit faire en tout partie de l'armée d'Italie et sera sous les ordres du vice-roi ...
La 3e division sera composée du 3e régiment d'infanterie légère, du 106e régiment de ligne et du 37e régiment de ligne ...
Il est nécessaire que les généraux de division et de brigade qui doivent commander ces divisions le sachent, et qu'il y en ait un pour cet objet à Parme et un à Alexandrie ...
" (Mémoires du Prince Eugène, t.3, page 165 ; Correspondance de Napoléon, t.13, lettres 10871).

Le 4 novembre 1806, l'Empereur écrit, depuis Berlin, au Maréchal Berthier, Major général de la Grande Armée : "Mon cousin, envoyez par un courrier extraordinaire l'ordre au vice-roi d'Italie ... Vous donnerez l'ordre au 106e qui est à Venise de se rendre dans le Frioul où il sera attaché à une des deux divisions du corps du Frioul ..." (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 1, lettre 765 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 13442).

Le même jour, le Maréchal Berthier écrit au Prince Eugène : "L'Empereur, Monseigneur, me charge d'expédier à Votre·Altesse un officier de mon état-major pour lui porter les ordres suivants :
... L'intention de Sa Majesté est que vous ordonniez au 106e régiment d'infanterie, qui est à Venise, de se rendre dans le Frioul, où il sera attaché à une des deux divisions du corps du Frioul ...
" (Mémoires du Prince Eugène, t.3, page 189).

A cette époque, l'armée sous les ordres du Prince Eugène, modifiée depuis la création de l'Armée de Dalmatie de Marmont, et depuis la reconstitution du 2e Corps, est formée de la manière suivante :
... Corps d’armée du Frioul. Le général Baraguay d’Hilliers, commandant. 1re DIVISION, Séras, général de division. 2e DIVISION, Broussier, général de division ; Schiller, Herbin, Dessaix, Lacroix, généraux de brigade ; Blondeau et Cerise, adjudants commandants, chefs d'état major.
3 Bataillons du 35e de ligne, 2,200 hommes ; 2 Bataillons des 13e (1,500), 53e (1,800), 106e de ligne (1,900 hommes) ; 80 hommes d'Artillerie, et 80 du Génie. Total de la 1ère Division, 7,560 hommes (Mémoires du Prince Eugène, t.3, p.47).

1807

Le 16 janvier 1807, l'Empereur écrit, depuis Varsovie, au Prince Eugène : "Mon fils, je reçois votre lettre du 1er janvier et les états de situation de l’armée du 15 décembre ...
J'ai lu avec attention le rapport que vous me faites sur les corps. Je ne suis pas étonné que le 106e n'aille pas mieux, c'est la faute du colonel, il y a longtemps qu'il donne lieu à des plaintes, je vais m'en occuper ...
" (Mémoires du Prince Eugène, t.3, page 257 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 14084).

Le 24 janvier 1807 à minuit, le Prince Eugène écrit, depuis Milan, à Napoléon : "... je prendrai la respectueuse liberté de représenter à Votre Majesté que la ville de Venise est la plus détestable garnison pour refaire un corps. J'en ai fait, l'année dernière, la cruelle épreuve par le 53e et le 106e. Ces deux corps sont à peine remis depuis trois mois qu’ils sont cantonnés ..." (Mémoires du Prince Eugène, t.3, page 262).

Le 12 mars 1807, l'Empereur écrit, depuis Osterode, au Prince Eugène : "Mon Fils, voici le printemps qui approche ; il est nécessaire de faire des changements dans vos garnisons, sans quoi toute votre armée tombera malade. Mantoue, Ferrare, Porto-Legnago, Palmanova sont des lieux malsains. Il ne faut mettre dans ces garnisons que des Italiens plus accoutumés au pays. Je vois que les dépôts des 106e, 13e, 53e et 35e sont à Palmanova ...
En suivant l'état du 1er février ... On ne voit que le 106e, le 86e et le 53e qui aient à peu près reçu ce complet ...
" (Mémoires du Prince Eugène, t.3, page 273 ; Correspondance de Napoléon, t.14, lettre 12013 ; Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 14581).

Le 25 mars 1807, l'Empereur écrit, depuis Osterode, au Prince Eugène : "Mon Fils ... Le 53e et le 106e sont forts. Je crois que vous pourrez appeler les 3es bataillons à la division Seras, en ne composant ces bataillons que de huit compagnies et laissant au dépôt une compagnie par bataillon ; cela augmenterait la division Seras de près de 800 hommes ...
De tous ces arrangements, la division Duhesme souffrira beaucoup. Voici, je pense, comme vous pouvez la former : le 8e d'infanterie légère peut former un bataillon de six compagnies, les trois autres compagnies au dépôt ; le 18e peut en former autant, le 81e autant, le 102e autant ; ce qui ferait quatre beaux bataillons ; et, en place des compagnies d'élite que vous lui ôtez, vous prendriez dans les compagnies d'élite des régiments qui ont des dépôts en Piémont. Le 56e et le 2e d'infanterie légère, le 67e et le 93e, le 37e pourraient offrir huit belles compagnies en remplacement de celles du 81e, du 53e, du 86e, du 92e, du 106e. Cette division se trouverait encore forte de 6,000 hommes ...
" (Mémoires du Prince Eugène, t.3, page 285 ; Correspondance de Napoléon, t.14, lettre 12174 ; Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 14892).

Le 19 octobre 1807, l'Empereur écrit depuis Fontainebleau, à Eugène Napoléon, Vice-Roi d'Italie : "Mon Fils, le 2e corps de la Grande Armée, stationné dans le Frioul, doit être complété, chaque compagnie à un effectif de 140 hommes, ou à 1,260 hommes par bataillon. Le 13e de ligne a un effectif de 1,700 hommes ; il lui manque donc 700 hommes. Le 35e a un effectif de 2,500 hommes ; il lui manque donc 1,100 hommes. Le 53e a un effectif de 2,100 hommes ; il lui manque donc 300 hommes. Le 106e est au complet. La plupart des 3es bataillons de ces régiments peuvent offrir de quoi les compléter, de sorte que l'effectif de la division Seras, qui n'est que de 9,700 hommes, serait de 11,800 hommes. La division Broussier, qui est de 7,500 hommes, doit être de 10,800; les dépôts de ces régiments peuvent offrir à peu près ce complet …" (Mémoires du Prince Eugène, t.3, page 431 ; Correspondance de Napoléon, t.16, lettre 13273 ; Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 16569).

"Milan le 14 juillet 1808, ordre de l’armée n°19 :
... Le général de brigade Quelord (Quelard, Queland ?) étant passé dans la division aux ordres du général Souham à Trévise, S. A. I. voulant donner un nouveau témoignage de confiance à l’adjudant-commandant Bastié (Barlié ?), sous-chef de son état-major général, vient de lui confier le commandement de la division des dépôts d’infanterie de l’armée d’Italie, tenant garnison à Milan, Come et Novare, et se composant des bataillons de dépôt des 9e, 13e, 35e, 42e, 53e, 84e, 92e et 106e de ligne et 1er d’infanterie légère, l’adjudant commandant Barlier résidera à Milan où, d’après les intentions du prince, général en chef, il continuera à exercer les fonctions de sous-chef d’état-major général de l’armée ; il passera ces troupes en revue au moins une fois par mois.
Le général de division chef de l’état-major général de l’armée d’Italie, signé charpentier.
Certifié conforme l’adjudant commandant Barlié ( ?)
" (Papiers du Général Paul Grenier. XVI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 63 page 141).

"Milan le 30 juillet 1808, ordre de l’armée n°22 :
Il est venu à la connaissance de S. A. I. le prince vice-roi, général en chef de l’armée d’Italie, que des militaires des corps français, italiens et napolitains, qui composent l’armée, se sont permis d’introduire en contrebande, des objets de privilège national ; trois soldats du 106e ont été arrêtés et remis à leur colonel le 3 juillet courant, avec 50 paquets de tabac, et trois mesures de sel étranger ...
L’adjudant commandant sous-chef de l’état-major général de l’armée d’Italie Barlié ( ?)
" (Papiers du Général Paul Grenier. XVI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 65 page 145).

1809

Le 22 avril 1809, au Quartier général à Vicence est établi l'ordre de l’Armée : "A compter de ce jour, l’armée d’Italie divisée en trois corps d’armée organisés de la manière suivante par S. A. I. le prince Eugène, général en chef ...
Centre :
Le corps du centre aux ordres du général Grenier, se compose des :
... 35e, 53e, 106e, 79e idem ...
" (Papiers du Général Paul Grenier. XVII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 125 page 265).

Le 16 juillet 1809, au Quartier général à Presbourg, "Son Altesse Impériale le prince vice-roi d’Italie, général en chef, donne l’ordre du jour de l’organisation de l’armée d’Italie, arrêtée par S. M. l’Empereur le 15 courant, savoir.
... 4e division, général Pacthod, 1er, 52e, 106e, 112e de ligne ...
" (Papiers du Général Paul Grenier. XVII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 137 page 290).

Le 25 septembre 1809, le Général de Division Grenier écrit au Général Pacthod à Bruck : "Le général Vignolles m’annonce, mon cher général, par lettre du 23 de ce mois, qu’en suite de la réquisition autorisée par S. A. I. le comité de Visselbourg doit fournir une quantité de 3810 aunes de drap qui sont destinées pour votre division, et qu’en conséquence vous devez activer la rentrée par tous les moyens possibles ; veuillez je vous prie vous en occuper et me faire connaitre le résultat de vos démarches ; ces réquisitions ayant eu lieu avant mon arrivée au corps d’armée, je ne connais ni la répartition faite ni la quantité et couleurs demandées ... Envoyez-moi votre rapport sur la plainte que je vous laissais hier contre les individus du 106e d’une part, et du 112e de l’autre. Joignez-y cette plainte et la lettre par laquelle le général Vignolle m’en a fait l’envoi" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 66 page 145).

Le 27 septembre 1809, le Général de Division Grenier écrit, depuis Oedembourg, au Général Vignolle à Eisenstadt : "Au reçu de votre lettre du 26, mon cher général, relative aux boulangeries existant dans les corps des divisions Durutte et Pacthod, j’en ai demandé l’état aux généraux de division ; je m’empresserai de vous le transmettre aussitôt qu’il me sera parvenu. J’ai reçu l’avis de votre circulaire aux colonels, relativement au mauvais état dans lequel se trouve l’habillement des corps ; malheureusement, les 1er, 52e, 106e, 102e régiments et le 4e bataillon du 1er d’infanterie légère sont dans le nombre de ceux qui n’ont que des pantalons de toiles et ils n’auront de culottes ou pantalons de drap que sur les fournitures que leur fera faire S. A. I., attendu que l’éloignement des dépôts renvoie ce qu’ils en attendent à des termes très éloignés" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 67 page 148).

Le 29 septembre 1809, le Général de Division Grenier écrit, depuis Oedembourg, au Général Vignolles, à Eisenstadt : "… Vous trouverez aussi sous ce plis, le rapport du général Pacthod et les lettres des colonels des 106e et 112e régiments sur la plainte portée par le comitat de Visselbourg ; vous verrez combien peu on doit ajouter de foi à de pareilles insinuations. J’ai vu moi-même l’officier du 112e ; il n’a pu obtenir les grains qu’il était chargé de faire transporter à Bruck pour la subsistance de la division, qu’en faisant arrêter le bourgmestre qui, se voyant au milieu des soldat, a eu peur et s’est alors déterminé à fournir. Au reste, l’observation du général Pacthod est juste ; ces faits ont eu lieu le 26 juillet ; comment se fait il qu’on s’en plaint que 2 mois après" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 68 page 150).

Le 30 septembre 1809, le Général de Division Grenier écrit, depuis Oedembourg, à S. A. I. le Prince Vice-Roi, Général en chef à Vienne : "Monseigneur, j’ai l’honneur d’adresser à V. A. I. les lettres cachetées de MM. les colonels et officier supérieurs des divisions sous mes ordres, pour la présentation des militaires jugés dignes d’obtenir les décorations de la Toison d’or, comme commandants et chevaliers des régiments.
Ces lettres sont au nombre de
Division Pacthod : 4 pour le 1er de ligne ; 1 pour le 52e, 1 pour le 106e, 3 pour le 112e, ces lettre renferment sans doute celles de M. les officiers supérieurs ...
" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 70 page 154).

1810

Le 6 mars 1810, le Général de Division Grenier écrit, depuis Bologne, au Ministre de la Guerre, à Milan : "Le préfet du département de Crostolo, par sa dépêche du 3 de ce mois, m’annonce que pour remplir les dispositions qui lui ont été présentées par S. E. le ministre de l’intérieur de licencier et dissoudre les compagnies soldées de la garde nationale, il a du rappeler les différents détachements de ces compagnies qui étaient cantonnés dans les montagnes du département, et qu’en conséquence, il a chargé les capitaines commandant de la gendarmerie à veiller à la tranquillité et à la sureté des toutes sur les points d’où il retirait la garde nationale ; mais que le commandant lui a fait connaitre les dangers auxquels se trouvaient exposés les gendarmes isolés, et l’a prévenu qu’il allait au contraire les concentrer par brigade, afin de ne pas les laisser à la merci des assassins, ne pouvant nullement se fier à la garde nationale sédentaire des communes par différentes causes qu’il … le préfet me demande par suite de pourvoir à la sureté et à la tranquillité de ce département en envoyant à Reggio un fort détachement de troupes de ligne. V. E. aura sans doute déjà été prévenue par mon prédécesseur qu’il n’existait dans ce moment dans la 4e division qu’un seul régiment d’infanterie, le 106e régiment, qui est déjà trop disséminé dans le département du Reno pour pouvoir même en détacher une faible partie ; deux régiments de dragons, dont un à Modène, l’autre à Reggio, peu propres aux services des colonnes mobiles par la nature des … et que l’on exposerait indubitablement, si l’on voulait les disséminer par petits cantonnements ; il m’est donc impossible de déférer à la demande du préfet du département du Crostolo, et j’en rends compte par courrier à S. A. I. le Prince Vice-Roi, afin que si elle le jugeait elle destine un régiment d’infanterie qui pourrait être placé avantageusement par bataillons à Reggio, la Mirandola et Cento" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 91 page 196).

Le même 6 mars 1810, le Général de Division Grenier écrit, depuis Bologne, au 106e Régiment : "Envoyez à Milan huit mémoires de proposition pour des emplois vaquant dans le 106e régiment" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 92 page 197).

Le 8 mars 1810, le Général de Division Grenier ordonne, depuis Bologne : "Demain 9 mars à midi, il sera établi des postes par le 106e régiment dans les lieux ci-après :
1 officier, 2 sergents, 3 caporaux et 25 fusiliers à San Lazzaro.
Détachement du 106e régiment non compris ceux qui existaient avant le 8. Pour Imola, 3 officiers, 4 sergents, 6 caporaux, 1 tambour et 112 fusiliers.
A Vergato, 1 sergent, 2 caporaux et 18 fusiliers
" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 95 page 204).

Le même 8 mars 1810, le Général de Division Grenier écrit, depuis Bologne, au 106e Régiment : "J’ai ordonné à 1 sergent, 2 caporaux et 18 fusiliers du 106e régiment de partir aujourd’hui 8 mars pour Vergato, où le commandant du détachement, à son arrivée, se présentera à M. le vice-préfet qui lui fera connaitre la destination du détachement ; le sergent commandant déferrera en conséquence à ses demandes ; chaque homme sera muni de 50 cartouches. Les individus du détachement recevront ½ de viande et une ration de vin en gratification. Il sera donné des bons en règle et M. le vice-préfet indiquera les communes qui devront fournir cette fourniture au moyen de cette disposition. La plus grande discipline sera observée par le détachement, et toutes vexations envers les habitants sera punie avec la dernière vigueur" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 96 page 206).

Toujours le 8 mars 1810, le Général de Division Grenier écrit également, depuis Bologne, au Vice-préfet de Vergato : "Je vous envois, M. le vice-préfet, un détachement de 18 hommes commandé par un sergent et deux caporaux. Je ne puis vous envoyer un plus grand nombre d’hommes dans ce moment, attendu que le 10 de ce mois, je me propose de détenir les bandes de brigands qui se trouvent dans la plaine du département ; aussitôt que le but sera rempli, je prendrai d’autres mesures pour votre district, en attendant il conviendra que dans les journées du 10, 11, 12, 13, 14 et 15, vous fassiez faire par la garde nationale la mieux composée et le peu de soldats que je vous envoie, des perquisitions pour arrêter les brigands qui pourraient s’échapper dans la plaine et se diriger vers les montagnes, comme aussi d’arrêter tous les étrangers qui n’appartiennent pas aux communes de vos cantons, les conscrits déserteurs et autres. Les soldats employés à ces différentes courses devront recevoir par jour une demie livre de viande et une ration de vin en gratification afin d’éviter qu’ils ne commettent des désordres et des vexations envers les habitants, les distributions seront faites sur des bons en règle et j’espère obtenir que le gouvernement tiendra compte de ces fournitures" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 97 page 207).

Le Général de Division Grenier écrit ensuite, encore le 8 mars 1810, depuis Bologne, au Vice-préfet d’Imola : "Par l’instruction que je donne au capitaine commandant le détachement que j’envoie à Imola, qui doit décacheter devant vous et vous communiquer, vous verrez M. le Vice-préfet combien j’ai à cœur de détruire et de déraciner entièrement le brigandage dans le département. C’est à vous à présent de seconder mes intentions par tous vos moyens savoir : 1° d’augmenter la troupe de ligne de ce que vous aurez de braves gens parmi la garde nationale et les possédants ; 2° d’engager les syndics et les curés à donner de bons renseignements et à découvrir la retraite des brigands ; 3° d’indiquer aux commandants des détachements la meilleure direction en leur donnant des guides surs ; 4° de faire garder et visiter toutes les barques qui sont sur les rivières et les canaux afin que les brigands ne puissent s’échapper. 5° de faire mettre en mouvement la garde nationale dans les cantons des montagnes et faire arrêter tout ce qui serait reconnu être étrangers aux communes de ces cantons.
Le commandant ayant ordre de faire conduire à Imola tous les individus qui seront arrêtés, vous aurez M. le Vice-préfet, à les faire connaitre et ceux qui seront reconnus dans leur commune comme d’honnêtes gens pourront être par vous mis en liberté, sous votre responsabilité.
Je dois vous prévenir que la force armée du Rubicon surveillera ce … dans tout le cours du Senio, et que j’ai chargé le commandant militaire d’envoyer à Imola toutes les personnes qui seraient arrêtées en voulant passer dans ce département. Vous aurez les mêmes mesures à prendre envers les … que pour ceux indiqués ci-dessus par l’instruction qui vous a été communiquée, vous verrez que les troupes doivent recevoir demi-livre de viande et une ration de vin en gratification et délivrés sur des bons en règle dans les communes que vous indiquerez.
J’espère obtenir que le gouvernement en tiendra compte, vous devez donner vos ordres en conséquence ; sans cette mesure le soldat ne pourrait soutenir la fatigue à laquelle il va se mettre et il en résulterait nécessairement des désordres et des vexations pour les habitants, que je veux éviter, et que j’ai défendu très expressément. Comme les troupes resteront plusieurs jours en campagne, profitez de leur présence pour rétablir l’ordre, s’assurer si les communes ont des armes, qui leur ont été données, arrêter les conscrits déserteurs qui pourrait être cachés, et s’assurer de tous les individus étrangers qui seront dans les communes.
Dans le cas où des brigands seraient tués, dans les combats et dans la chasse qu’on va leur donner, il sera bon de les faire connaître de suite, en donner avis avec le nom, dans toutes les communes, afin de faire voir que le crime ne reste pas impuni, et forcer par ce moyen les malintentionnés à rentrer dans le … et le devoir, c’est le moment où les propriétaires, les syndicats, les curés et enfin tous les fonctionnaires doivent reprendre leur autorité pour ne plus la laisser échapper.
Persuadé M. le vice-préfet que vous concourrez de toute vos moyens à l’exécution des dispositions que je vous prescris, je vous prie encore de ne négliger aucun des moyens qui pourraient faire arriver au but que je me propose, et de les faire connaître au capitaine commandant qui agira en tout de concert avec vous
" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 97 page 207).

S'en suit un ordre du Général de Division Grenier daté de Bologne le 8 mars 1810, adressé au 106e de Ligne : "Il est ordonné à un capitaine, 2 lieutenants ou sous-lieutenants, 4 sergents, 6 caporaux, 1 tambour et 112 fusiliers de partir aujourd’hui 8 mars pour se rendre à Imola. Chaque homme de ce détachement sera muni de 50 cartouches. Arrivé à Castel San Pietro, le capitaine commandant le détachement laissera un sergent, 1 caporal et 13 hommes pour renforcer le poste qui y est déjà établi dès ce moment. Le poste de Castel San Pietro se trouvera sous ses ordres. Les instructions du capitaine commandant sur la mission qui doit remplir réunies au présent ordre ne seront ouvertes qu’à Imola, chez le vice-préfet de ce district et en sa présence elles lui seront communiquées" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 97 page 208).

En parallèle, le Général de Division Grenier écrit, toujours le 8 mars 1810, depuis Bologne, au Colonel du 29e Régiment de Dragon à Modène : "Instructions.
L’objet de la mission du capitaine commandant le détachement du 106e régiment envoyé à Imola étant à la recherche des brigands qui ravagent la plaine de ce district, cet officier prendra près de M. le vice-préfet tous les renseignements qui pourront lui indiquer la marche des brigands, leurs habitudes et les lieux où ils se tiennent, il se concertera avec le vice-préfet sur les meilleures mesures à prendre pour arrêter et détruire le brigandage dans cette partie, en commençant ses opérations dès demain, afin de les faire commencer avec celle prises à Bologne et qui commenceront le 10 ; il serait à désirer que les détachements soient renforcée par la garde nationale ; le 9 au matin tous les ponts sur la grande route entre Castel San Pietro et Imola, et tous les passages qui conduisent vers la plaine et vers la montagne devront être soigneusement gardés et conformément battus par des patrouilles de nuit et du jour afin d’empêcher que les brigands poursuivis dans la plaine ne puissent gagner la montagne. L’officier et 25 hommes, avec 40 ou 50 hommes de la garde nationale doivent suffire pour ce débouché ; les postes correspondront continuellement avec Imola et Castel San Pietro dont le détachement établira deux postes sur Le Sillaro, l’un sur la route qui de ce ruisseau fuit la … de la Sanlarra ( ?) et l’autre à l’embouchure de la Sellustra dans le Sillaro sur la route de Dozza ; les postes pourront être de 12 à 15 hommes dont moitié garde nationale ; aussitôt que les différents postes seront établies, ils recevront pour consigne d’arrêter tout individu venant des vallées et des directions du Pô, les vagabonds, gens suspects et homme déguisés en prêtre, femmes, juifs, ou bouchers, marchands de volaille ou supposés tels pécheurs et autres ; ils seront poursuivis et feront feu sur ceux qui chercheront à fuir, jusqu’à ce qu’ils les aient atteints ; tous ceux qui seront arrêtés seront conduits et gardés avec soin dans les communes les plus voisines et quand ils seront au nombre de 10 à 12, ils seront transférés à Imola chez M. le vice-préfet où ils pourront se faire réclamer par leurs communes et de leur autorités respectives, et après avoir été reconnus par M. le vice-préfet comme non suspects de brigandage ou d’autres délits, ils pourront être mis en liberté mais sur responsabilité.
Le 9 un officier et 20 hommes avec autant de plus de garde nationale se dirigera sur Bagnara en même temps que le capitaine se portera sur Modène avec le gros de sa troupe, faisant marcher sur sa gauche et dans la direction de Centa Luppo ( ?) un sous-officier intelligent avec 10 hommes et au moins 15 de la garde nationale, laissant à Imola son tambour et les hommes les plus faibles ; en partant d’Imola dans les différentes directions, tous les chemins, sentiers, canaux, enfin toutes les communication devront être balayés, toutes les maisons et cassines isolées visitées et fouillé, les propriétaires et les bons citoyens à s’armer pour poursuivre les brigands, et si on les rencontre les attaquer avec vigueur et à la baïonnette sans s’amuser à la fusillade qui fait perdre trop de temps et blesse des braves soldats inutilement. Les détachements suivront d’ailleurs pour les hommes non armés qu’ils rencontreront les dispositions ordonnées pour les postes fixes établis entre Castel San Pietro et Imola, d’autant plus que l’usage des brigands et de jeter leurs armes quand ils sont poursuivis et de joindre des travailleurs à la campagne ; les guides que donnera M. le vice-préfet et la guerre nationale qui marchera avec les détachements doivent connaître les brigands et leur allure et par suite contribuer à les faire prendre ou à les détruire.
Les détachements en marchant dans les différentes directions se tiendront militairement et seront toujours à même de se secourir ; toutes les fois qu’ils entendront des coups de fusil, ils enverront de petits pelotons dans la direction des feux, tâcheront d’arriver sur les derrière des brigands et de les envelopper, si les brigands se retirent dans une maison, elle devra être cernée avec soin et attaquée de manière à ce qu’ils ne puissent s’en échapper personne ; à la nuit, les détachement feront établir des postes et se garderont de toute surprise en faisant de fréquentes patrouilles de l’un à l’autre et en gardant tous les chemins et sentiers ; le détachement qui sera sur Centaluppo ( ?) duquel ce rapprochement envers un petit du Gne ( ?) du capitaine après s’être bien assuré qu’il n’a pas laissé de brigands derrière lui s’établir à l’embranchement des chemins qui viennent de Castel Gaitto ( ?) et observera le passage du Sillaro.
Le lendemain 10, l’officiers envoyé par Bagnara, continuera sa marche en descendant le Sanlerno ( ?), prendra des renseignements à Sainte-Agathe et toutes les précautions indiquées pour le 9 afin d’atteindre les brigands et de les détruire ; il laissera un bon poste à Sainte-Agathe, continuera de défendre le Senterno ( ?) et le Sisco, il passera le premier ruisseau et viendra s’établir à La Vervola vis-à-vis Bassia ( ?) à l’embouchure du Zaniolo ( ?) dans le Ca de Princaro ( ?).
Le capitaine se portera en même temps sur Massa Lombarda, faisant éclairer par sa droite la rive gauche du Santevao ( ?) afin de rester en communication avec le parti de Bagnana ; il se portera ensuite par le chemin du Navlo ( ?) su la Corvalno ( ?) et se trouvera ainsi à hauteur de Lavervola ( ?).
Pendant cette marche, le détachement de gauche battra le pays entre le Sillaro et le Corvalia ( ?), et sur le soir prendra poste à La Dello ( ?), gardant le pont des s’emparant des barques qui se trouvent sur le Sillaro dans les environs.
Il est possible que la marche des brigands et les moyens qu’ils ont de se cacher nécessitent d’autres dispositions ; le capitaine prendra à cet égard avec le vice-préfet, son objet étant de détruire les brigands dans la plaine de ces districts et d’empêcher que des brigands se jettent dans les montagnes, et de ce moment elles recevront l’ordre d’arrêter tout individu qui se présenteront sans passeport, les vagabonds, gens suspects, hommes déguisés en femmes ou en prêtres, juifs, bouchers, marchands de volailles ou supposés tels, pêcheurs et les individus arrêtés seront conduits et escortés avec soin dans les communes les plus voisines jusqu’à ce qu’ils aient été réclamés et reconnus par les autorités de leur commune respective ; ceux qui se diront appartenir au département du Reno seront conduits sous bonne garde à M. le vice-préfet du Cento pour la partie basse du Panaro et Funo, la partie supérieure aux podestats ou aux syndics de Castel Franco qui après les avoir reconnus ou fait connaître par l’autorité de droit pourront les faire remettre en liberté sous leur responsabilité.
La colonne mobile ne devant rentrer qu’après avoir arrêté et détruit les brigandages, les postes et patrouilles qui seront établis sur les confins du département du Panaro devront être maintenus de jours et de nuit dans la plus grande surveillance jusqu’au moment où je vous préviendrai que je fais rentrer la colonne mobile.
Outre ces dispositions pour les confins du département du Panaro, vous garderez soigneusement encore tous les lieux sur la grande route de Modène jusqu’à Castel Franco et faire des patrouilles fréquentes pour arrêter les brigands ou gens sans aveux qui chercheraient à gagner les montagnes ; je pense que 50 hommes des dragons suffiront encore pour ce service, n’ayant pas affecté de troupes dans le département du Reno et ayant comme de points important le village de Crevalcone, Nonantola et Panzano, vous enverrez le 9 après-midi et afin qu’ils rejoignent que le soir dans chacun de ces endroits un détachement de 30 dragons dont 10 à cheval et 20 à pied, chaque détachement commandé par un officier, un maréchal des logis et deux brigadiers. Les commandants des détachements en arrière prendront des renseignements précis sur les lieux, où se tiennent les brigands, iront sur leur trace et occuperont tous les passages qui conduisent aux Panaro d’une part, vers Canto et Fiscate d’une autre et enfin vers San Gionetta et Castel Franco ; ils feront des patrouilles continuelles et communiqueront avec les troupes d’infanterie qui se trouvent sur ces différents points ; si les patrouilles entendent des coups de fusil, elles feront parvenir de suite le gros du détachement où se tiendra l’officier et se dirigeront vers le point où ils auront entendu des coups de fusil, arrêteront les individus qui paraîtraient vouloir fuir et combattre ceux qui seraient armés et qui opposeraient quelque défense au lieu de se laisser arrêter ; les détachements devront en conséquence avoir leurs armes en état et être munis de cartouches ainsi que toute les troupes qui forment la ….
Lorsque les colonnes mobiles rentreront, les détachements recevront également l’ordre de rentrer.
Je désire que les troupes en détachement et … le colonne ( ?) reçoivent chaque jour dans les villages demi-livre de viande et une ration de vin en gratification sur des bons en règle que je ferai valoir près du gouvernement et dont le montant sera remboursé ; au moyen de ce, les troupes vivront dans la plus grande discipline et je punirai sévèrement celles qui molesteront les habitants paisibles ; communiquez ce paragraphe au préfet, n’en ayant pas parler dans la lettre que j’eue l’honneur de lui écrire.
Par suite de ces dispositions, vous aurez M. le colonel, environ 200 hommes en campagne pendant 7 ou 8 jours, mais il vaut mieux fatiguer pendant 8 jours que de l’être continuellement.
Il est bon aussi que dans les communes, les citoyens honnêtes soient invités à concourir à cette opération qui tend à leur profit.
Qu’ils accuseront à ce que déterminera le préfet, je me charge de ceux du Reno
" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 98 page 209).

Encore le 8 mars 1810, le Général de Division Grenier ordonne aussi, depuis Bologne : "Demain 9 mars à midi précis, il partira de Bologne des détachements pour être établis dans la journée aux postes ci-après.
1 officier, 2 sergents, 3 caporaux et 20 fusiliers à San Lazaro par la porte Maggiore.
1 officier, 2 sergents, 3 caporaux et 20 fusiliers à Castenaso par la porte St Vitale.
1 officier, 2 sergents, 3 caporaux et 20 fusiliers à Quarto Inferiore par la porte St Donato.
1 officier, 2 sergents, 3 caporaux et 20 fusiliers à Cadriano par là-même porte.
1 officier, 2 sergents, 3 caporaux et 20 fusiliers à Molici Novi ( ?) par la porte Galliera.
1 officier, 2 sergents, 3 caporaux et 20 fusiliers à Castagnolo Minore même porte.
1 officier, 2 sergents, 3 caporaux et 20 fusiliers à Trebbo par la porte Lame.
1 officier, 2 sergents, 3 caporaux et 20 fusiliers à Macunas ( ?) par même porte.
Total 8 officiers, 16 sergents, 24 caporaux et 160 fusiliers.
Les commandants de détachements, en arrivant à leur destination, feront occuper et garder soigneusement tous les débouchés qui conduisent à leur poste respectif, reconnaîtront toute les … et communications qui conduisent aux postes voisins établis des patrouilles et entre chaque et seront continuellement en relation entre eux de manière à ce que dès le 9 au soir, tout individu sans passeport, homme suspecté venant des vallées et de directions du Pô, les vagabonds, gens déguisés en prêtres ou en juifs, bouchers, marchands de volailles, ou supposés tels, pêcheurs et autres qui voudraient passer à leur poste ou entre leurs postes soient arrêtés ; ils poursuivront et feront feu sur ceux qui chercheraient à fuir jusqu’à ce qu’ils les aient atteints ; tout ceux qui seront arrêtés seront conduits dans les communes les plus voisines et transférés, lorsqu’ils seront au nombre de 10 ou 12, à la préfecture à Bologne où ils pourront être réclamés de leur commune et de leurs autorités respectives.
Comme il est probable que dans le nombre de ceux qui seront arrêtés, il se trouve des brigands qui auraient cherché à se soustraire aux poursuites dirigées contre eux sur d’autres points, il faudra les conduire avec précaution afin qu’ils ne s’échappent, particulièrement ceux qui au moment de se voir arrêtés, ont cherché à fuir auprès de marais et sentiers détournés, il conviendra même de les faire lier avec des cordes pour plus de sûreté.
Les postes de San … étant sur la grande route d’Imola s’établira en relation avec celui de San Nicolò qui sera renforcé, ces deux postes feront de fréquentes patrouilles entre eux et s’assureront que personne ne passe la grande route pour se jeter dans la montagne. Le poste de San Nicolò établira en conséquence un poste intermédiaire qui poussera des patrouilles sur la Centona à la Chiesa Paderna, en même temps le poste de San Nicolò établira encore un poste intermédiaire entre lui et celui de Castel San Pietro qui doit être renforcé par les détachements d’Imola, les postes entre eux devront être en communication permanente et éclairer fréquemment les rives du … et tous les chemins qui viennent aboutir à la grande route entre San Nicolò et Castel San Pietro, et enfin d’obtenir un résultat, les renforts de ces postes partiront de Bologne demain à la pointe du jour dans le nombre et la force qui sera indiquée, de Castel dei Britti recevront des communications de San Lazzaro et San Nicolò et de Castel San Pietro. Il y sera également établi un poste qui fera des patrouilles fréquentes dans les différentes directions et dans celle de Dozza pour arrêter toute personne qui viendrait de la grande route malgré la surveillance des postes qui seront établis ; les commandants des postes inviteront les syndics des communes voisines à mettre sous les armes la garde nationale sur laquelle on pourra compter et doubleront ainsi le nombre d’hommes de chaque poste ; il leur demanderont aussi les renseignements les plus précis sur la communication et la nature des passages, afin de pouvoir exercer la plus grande surveillance.
Chaque commandant de poste recevra une instruction de tout ce qui est détaillé dans la présente par les soins d’un chef de patrouille du 106e régiment qui sera désigné par le colonel, qui aura la surveillance supérieure de tous les postes depuis Castel San Pietro exclusivement. Si cette distance était trop forte, le colonel désignerait un capitaine pour la surveillance des trois derniers postes de gauche.
Les instructions qui seront données aux officiers commandants les postes seront cachetées et ne seront ouvertes que lorsqu’ils seront arrivés à leur destination. On fera observer aux commandants des postes de Trebbo et de Malcossa ( ?) qu’ils ont à surveiller le passage du Reno, d’autant plus qu’il existe entre les deux points plusieurs gens que les brigands ont l’habitude de fréquenter ; pour aller à Anzola et San Giovanni ou pour en revenir entre les postes, il est nécessaire encore d’en établir sur la grande route de Modène et de renforcer ceux qui y sont déjà ; en conséquence un officier et 30 hommes seront envoyés à Castel Franco, un officier et 20 hommes à Sanggina à la …, un officier et 25 hommes à Anzola pour garder le pont du Lavano ( ?) sur la grande route, un officier et 50 hommes à Moliero ( ?) sur le pont du Reno, ces postes feront par sa droite une relation immédiate avec celui de Musuppa ( ?) et détacher à sa gauche un poste de 25 hommes à Zaloga ( ?) sur le pont de Lavico ( ?), chemin qui conduit à Bazzano, ayant 10 hommes à ses Cezdole ( ?) pour la garde du pont sur Reno ; sur la même route tous les postes correspondront entre eux de manière à ce que personne ne puisse venir des directions de Cento, de San Giovanni, de Sala, de Lonzuza ( ?), Sanvozo ( ?) et enfin toutes les directions du Pô pour traverser la grande route et se diriger vers les montagnes.
Les instructions pour les postes seront les mêmes que pour ceux aux environs de Bologne et sur la route d’Imola. La seule différence est que les patrouilles et reconnaissances se dirigent de différents postes vers Sala, Saverna ( ?) et Caldevan ( ?) pour les postes de Reno et d’Anzola, pour ceux de Sanggia ( ?), Castelonlo ( ?) et enfin ceux de Castel Franco vers Manzolino et San Giovanni, le canal dit Mazuza ( ?) et vers Pasano ( ?) où on trouvera un poste de Zoloya ( ?) sur la gauche avec un poste qui doit être à Spilamberto sur le Panaro, il détachera un poste à Piumazzo pour être en relation avec Castel Franco et observer la route entre la Samoggia et le Panaro de Bazzano ; il fera parcourir tous les chemins qui viennent de la grande route se trouvant entre la Samoggia et le Reno.
Les hommes qui seront arrêtés entre Castel Franco et Samoggia seront conduits à Castel Franco au podestat et ceux entre Samoggia et Bologne à la préfecture ; on agira à leur égard comme il est dit d’autre part pour les postes sur la route d’Imola et en avant de Bologne
" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 100 page 215).

Le 9 mars 1810, le Général de Division Grenier adresse, depuis Bologne, ses instructions pour le commandant de la Gendarmerie chargé de la direction des colonnes mobiles : "La nuit du 9 au 10 de ce mois, il sera formé quatre colonnes mobiles, chacune composée de 10 gendarmes dont 4 à cheval, 2 ou 3 gardes … quelques employés des finances s’il y en a, et de 3 sergents, 6 caporaux, et 40 hommes d’élite du 106e régiment. Chaque colonne sera commandée par un officier de gendarmerie qui sera secondé par un officier de grenadiers ou de voltigeurs du 106e régiment.
Le 10 à 2 heures du matin, les colonnes sortiront de la ville, la première commandée par M. … se dirigera par San Lazaro sur Castel Guelfo, elle observera de marcher immédiatement, s’éclairant à droite et à gauche, fouilleront toutes les cassines, les maisons isolées et prenant des renseignements chez le syndic, propriétaires et le curé sur les repères des brigands et les lieux où il serait possible de les rencontrer. Le commandant de cette colonne agira suivant la nature des renseignements qui lui auront été donnés, si dans cette direction ou dans le voisinage, il y avait des brigands, il ferait toutes les dispositions et les attaquerait de suite vivement, son objet étant de les détruire, il continuera sa route sur Castel Guelfo et détachera au passage de la Ventola une petite colonne de 25 ou 20 hommes sur les Medicina ; les deux colonnes continueront les marches avec les précautions indiquées afin de ne pas laisser passer de brigands en arrière des colonnes.
La colonne mobile arrivé à Castel Guelfo, le commandant ira aux renseignements et laissera reposer les troupes quelques heures ; il marchera ensuite sur plusieurs colonnes et …, conservant néanmoins au centre la moitié de ses forces pour se porter où besoin sera ; il fera éclairer le Villano et s’informera ainsi des détachements venant d’Imola dirigés sur le ruisseau et sur le Carrachio … il tâchera de faire aux commandants de ces détachements qu’il est en marche afin que ceux-ci poussent vigoureusement les brigands qui pourraient être entre ce … et San Carrichio, et suivant sa marche après s’être assuré qu’il ne reste plus de brigands dans les lieux de Castel San Pietro.
Il se dirigera toujours avec les mêmes précautions vers la vallée de San Nicolò d’Argenta faisant porter par sa droite la partie du canton de Lago qui se trouve entre le Salero et le Zamok.
Il est encore prévenu qu’un détachement du 106e régiment envoyé à Imola doit arriver dans la journée de demain 10 à Larussala ; il s’assurera de son arrivée dans la journée de demain et se mettra en communication avec lui et gardera les passages de la Goverena et de Saponino qui conduisent à San Giacomo d’Argenta et Pô et au pont du Pô du Primone dont il s’emparera et fera garder les barques si déjà elle ne le sont pas de détachements de la force armée du Bas Pô, cette colonne s’arrêtera dans les maisons de San Nicolò d’Argenta, à moins qu’elle ne soit engagée avec les brigands et que dans ce cas on ne devra pas perdre de vue et toujours poursuivre. Le commandant de cette colonne devra faire garder encore le passage de la Gardena aux chemins qui vont de Lenazzo à Porto-Nova.
La seconde colonne commandée par M. … se mettra en mouvement immédiatement après la première et se dirigera sur Budrio suivant les mêmes précautions indiquées pour la marche de la première colonne, … de Castel … le commandant détachera une colonne de 12 à 15 hommes qui fera suivre la route qui conduit à Medicina ; arrivée au pont de Guiana, cette petite colonne descendra le ruisseau en suivant le chemin de la … après avoir fait halte une … d’heures à Santa Maria Ingarda à hauteur de Budrio, de manière être en marche en même temps que la première colonne arrivée au pont de Villa Fontana sur la que ordonna, il sera alpes et se mettra en relation avec le poste de la première colonne qui fera place au chemin qui vient de Porto-Nova au passage de la Quaderna.
Le commandant de la seconde colonne arrêtera le gros de ses troupes Vedrana après s’être assuré de n’avoir pas laissé de brigands derrière lui.
La troisième colonne commandée par M. … partira de Bologne immédiatement après la seconde colonne, marchera avec les précautions indiquées pour la première afin de ne pas laisser de brigands derrière lui, il s’arrêtera à Cupo d’Argine et se mettra en relation avec la seconde colonne et enverra des reconnaissances le long de la digue et du côté de Ventivollio qui devra se trouver gardé par un détachement de San Giorgio.
Les brigands qui seront tués dans les combats devront être de suite reconnus par les autorités les plus voisines
" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 102 page 218).

Le 9 mars 1810 encore, le Général de Division Grenier ordonne au 106e Régiment, depuis Bologne : "Il est ordonné à un détachement du 106e régiment composé d’un capitaine, 3 lieutenants ou sous-lieutenant, 6 sergents, 10 caporaux et 120 fusiliers de partir aujourd’hui 9 mars de Bologne pour aller tenir garnison à Budrio, Medicina, Minerbio et Malalbergo dans les proportions ci-après. Le capitaine commandant avec 4 sergents, 2 caporaux et 30 fusiliers à Budrio. A Medicina, 1 officier, 2 sergents, 3 caporaux et 30 fusiliers. A Minerbio, 1 officier, 1 sergent, 3 caporaux et 30 fusiliers. A Malalbergo 1 officier, 2 sergents, 2 caporaux et 30 fusiliers. Chaque homme de ce détachement sera muni de 50 cartouches. Le capitaine commandant décachettera les instructions ci-jointes à son arrivée à Budrio en présence du délégué du préfet au du podestat en lui donnant communication ; il enverra de suite à tous ses postes les instructions, basées sur celles qu’il a reçu pour lui, afin que dès cette nuit, les dispositions en soient rigoureusement suivies.
Il est ordonné à un détachement du 106e régiment composé de 2 capitaines, 7 lieutenants ou sous-lieutenants, 16 sergents, 25 caporaux et 293 fusiliers de partir aujourd’hui 9 mars pour aller tenir garnison à Cento et San Giovanni. Le capitaine commandant de ce détachement s’établira à Cento et le moins entier à San Giovanni et pour éviter une seconde colonne, on dirigera en partant de Bologne de suite les troupes qui doivent rester à San Giovanni et environ dans les proportions ci-après.
A Vitale 1 officier, 1 sergent, 1 caporal et 16 fusiliers.
Longana 1 officier, 2 caporaux, et 20 fusiliers.
A Convento, 1 sergent, 1 caporal et 12 fusiliers. Ces trois postes pour la surveillance de l’affaire
A Martigna ( ?) et Sanono ( ?) 1 officier, 2 serent, 3 caporaux et 35 fusiliers.
A Bartola ( ?) et Caslayola ( ?), 1 officier, 2 sergents, 3 caporaux et 30 fusiliers.
A San Gionai ( ?) et Rela ( ?) 1 officier, 1 sergent, 3 caporaux et 30 fusiliers.
L’officier capitaine à Saint Giovanni ayant la surveillance de tous les postes rendant compte au capitaine de Cento ; les autres postes feront occuper la rive au restant du détachement, à Cento où le chef du bataillon commande détachera les instructions jointes au présent ordre en présence du M. le vice-préfet de Cento, à 9 heures en donnera communication après quoi le dit capitaine enverra une instruction basée sur celle qu’il a reçu à chaque commandant de poste et qui devra parvenir à tous les postes dans la nuit. Chaque soldat et sous-officier sera muni de 50 cartouches.
L’instruction pour le chef de bataillon du 106e régiment commandant les détachements du Cento et de San Giovanni, décachettera en présence de M. le vice-préfet du Cento, l’objet de la mission du chef de bataillon commandant de Cento et de Gioani étant établi sur le point de la ligne qui va lui être déterminé, une chaine de postes et de patrouilles qui se mettent en même d’arrêter les brigands poursuivis par les colonnes mobiles chercheront à s’enfuir dans la direction du Pô d’une part, et dans celle du Panaro route de Bologne à Modène dont ils pourraient facilement gagner les montagne, faire venir des détachements dans les lieux ci-après à San Vitale, Langona et Bonlovento. Trois postes d’officiers à Longona : 1 officier, 2 sergents, 4 caporaux et 48 soldats à Martignone et Saverno, l’officier à Savorno ; 1 officier, 2 sergents, 3 caporaux et 35 fusiliers à San Barlato et Castagnola, l’officier à Castagnola ; 1 officier, 2 sergents, 3 caporaux et 30 soldats à San Gionni et Sala, l’officier à San Giovanni ; 1 officier, 1 sergent, 3 caporaux et 30 fusiliers à Prial de Cento, Angile et San Giorgio. L’officier à San Giovae détachera un poste de 12 hommes à Benticoglio. 1 officier, 3 sergents, 4 caporaux et 50 soldats à Massemalie et Sant Pietre in Casale. 1 officier, 2 sergents, 2 caporaux et 30 soldats à la … de Galiza et sur le pont du Reno qui conduit à San Augastino et dans la direction de Terrarre à Casa San Vescazo, à Casa San Proffero et à San Vincenzo, 2 officiers, 4 sergents, 6 caporaux et 70 soldats.
8 officiers, 16 sergents, 25 caporaux et 293 soldats.
Le commandant du détachement gardera près de lui 1 sergent, 2 caporaux et 12 hommes, une ordonnance de chaque poste destinée pour être envoyé où besoin sera, aussitôt que les postes seront établis toutes les communications seront reconnus, les chemins, sentiers, canaux, ponts et barques gardés afin que personne ne puisse passer.
Il est ordonné à un détachement du 106e régiment composé d’un officier, 2 sergents, 3 caporaux, 1 tambour et 20 fusiliers de partir sur le champ pour se rendre à Guiglia Ce… di Montetortore, passant par Bassana … il s’établira dans la commune de Guiglia et la protègera de concert avec la garde nationale contre les attaques des brigands qu’il poursuivra et détruira s’ils se présentant, chaque homme aura 50 cartouches
" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 105 page 224).

Toujours le 9 mars 1810, le Général de Division Grenier écrit, depuis Bologne, au Commandant de la Gendarmerie : "Je fais partir à l’instant 1 officier et 25 hommes pour Guglio" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 105 page 226).

Le 9 mars 1810, le Général de Division Grenier adresse, depuis Bologne, ses instructions pour le Capitaine commandant le détachement de Budrio : "La mission du Capitaine commandant le détachement de Budrio ayant pour but d’empêcher au moyen d’une chaine de poste qui sera établie depuis Castel Guelfo passant à Medicina et Budrio jusqu’à la grande route de Malalbergo à Bologne que les brigands qui pourraient se trouver dans les vallées du Pô et … ce fleuve et Budrio et Medicina, ne remontent les torrent et … pour traverser la grande route d’Imola à Bologne et ensuite gagner les cantons des montagnes.
Il établira en conséquence et comme le porte son ordre 1 officier, 2 sergents, 3 caporaux et 30 fusiliers à Medicina dont l’officier détachera 1 sergent et 11 hommes à Castel Guelfo, de concert avec le délégué politique de Budrio ; il augmentera ce poste d’un pareil nombre d’hommes choisi de la garde nationale et de plus, s’il est possible il en fera autant à Minerbio, Budrio et environs de Malalbergo, en faisant connaitre aux propriétaires et syndics et aux curés, à tous les gens bien intentionnés, que le brigandage doit cesser, que le général a ordonné que les troupes ne rentreront que lorsque tous les brigands seraient détruits ou arrêtés, et l’ordre rétabli, qu’il est de leur intérêt de donner des renseignements exacts sur les repaires des brigands, leur nombre, leurs chefs, et leurs habitudes, en suite faire connaitre que dès cette nuit, des colonnes mobiles composées de troupes d’élite, se mettront en mouvement pour poursuivre les brigands, les attaquer, les détruire partout où elles les rencontreront et que la … de bon détachement, est pour ainsi dire à poste fixe, pour arrêter les brigands qui chercheraient à s’enfuir ou à se soustraire aux poursuites dirigées contre eux, devant aussi au besoin renforcer les colonnes mobiles dans le cas où elles rencontreraient les brigands dans les environs de ces postes.
Le commandant du détachement est prévenu qu’il y a un poste du même régiment d’un officier et 20 hommes à Malalbergo, un autre à Sant Martino in Argine 1 officier 24 fusiliers, et un 3e à Capo d’Argine sur la route de Malalbergo, que ces différents postes se trouvent sous ses ordres, il en fera prévenir les commandant afin qu’ils se mettent en relation avec lui et lui adressent les rapports. Le poste de Malalbergo, par la réunion des deux détachements, se trouvant fort de 55 hommes ont pour objet de garder le pont de Malalbergo et le passage, il sera prévenu qu’il y a un fort poste à San Vincenzo avec lequel il devra communiquer par des patrouilles, et surveillera également tous le cours du Reno en descendant ; et enverra un fort poste occuper les deux ponts qui se trouvent sur le Reno, en y allant de Minerbio vers Maddalena et Stroggetto ( ?) ; le poste de Minerbio communiquera sur ce point par de fréquentes patrouilles et se mettra aussi en relation avec le poste de San Martin in Argine afin de connaitre tous les mouvements que pourraient faire les brigands dans cette partie, et en donner avis aux colonnes mobiles afin qu’ils soient attaqués et détruits, le poste de Minerbio se mettra en relation également avec celui de Budrio d’une part, et Malalbergo de l’autre. Comme il devra surveiller la digue qui couvre le chemin qui traverse cette route pour aller à Bentivoglio, les postes de Budrio et de Capo d’Argine devront aussi être envoyés dans cette partie, et dans la même direction, d’autant plus que le chemin et très fréquenté des brigands, les postes en patrouilles, auront pour ordre général d’arrêter tout individu sans passeport, vagabonds, gens suspects, hommes déguisés en femmes, prêtres, bouchers marchands de volailles, juifs, pécheurs et autres, ils poursuivront et feront feu sur ceux qui chercheront à fuir, jusqu’à ce qu’ils les aient atteint, feront conduire ceux qui seront arrêtés dans les communes les plus voisines, soit à Minerbio, ou à Budrio, au délégué politique de la préfecture qui les fera reconnaitre par les communes et les autorités dont ils se réclament, et pourra les mettre en liberté, sous sa responsabilité. Comme les brigands ont l’habitude de jeter leurs armes lorsqu’ils sont poursuivis, il est probable qu’il s’en trouvera parmi les individus qui seront arrêtés, ils devront en conséquence toujours être conduits, sous bonne garde, et même liés, lorsqu’ils auront cherché à fuir, au moment de se voir arrêtés ; les postes ont encore pour règle général, s’ils entendent des coups de fusils, d’envoyer des patrouilles dans la direction des feux si ceux qui les commandent sont à portée ; ils doivent chercher à envelopper les brigands ou les attirer dans leur poste ; on évitera avec eux toute longue fusillade, pour ne pas perdre du temps, les troupes doivent courir sur les brigands à coup de baïonnette.
Les troupes seront prévenues qu’elles ne rentreront en garnison que lorsque les brigands seront détruits ; que pour éviter de plus longues fatigues, chacun doit y apporter le zèle qu’attend le général et servir avec autant de bienveillance que de force et d’énergie.
Les troupes auront en gratification une ½ de viande et une ration de vin par jour dans les communes que le délégué de la préfecture désignera, les distributions se feront sur des bons en règle au moyen de ce, la plus sévère discipline sera observée avec les habitants tranquilles ; le général punirait très sévèrement celui qui contreviendrait à cet ordre. Le commandant rendra compte tous les jours au général de ce qu’il apprendra d’intéressant
" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 105 page 226).

Le 9 mars 1810, le Général de Division Grenier écrit, depuis Bologne, au Colonel du 106e Régiment, à Bologne : "Je vous préviens, M. le colonel, que les colonnes mobiles, composées chacune de 1 officier, 3 sergents, 6 caporaux et 40 fusiliers de votre régiment, sortiront de la ville en suivant plusieurs directions, à 2 heures du matin. Les 3 premières colonnes, commandées par des officiers de gendarmes que les votre devront seconder de tout leurs moyens, la 4e colonne devra avoir deux officiers de votre régiment dont l’un commandera la colonne, le maréchal des logis de gendarmerie qui sera attaché à cette colonne est, dit-on, très intelligent et connait parfaitement le pays.
Faites, je vous prie, connaitre mes intentions à vos officiers, dites que j’attends la destruction des brigands de leur zèle et de leur énergie que je les prie de communiquer aux braves gens qu’ils commandent
" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 108 page 229).

Le 10 mars 1810, le Général de Division Grenier écrit au Colonel du 106e Régiment, à Bologne : "Ci-joint, vous trouverez M. le colonel, l’instruction pour le chef de bataillon commandant les détachements de Cento et de San Giovanni, avec une lettre pour M. le vice-préfet de …
Je ferai encore l’instruction pour le capitaine commandant les détachements de Budrio, Minerbio, Medicina, et Malalbergo. Les ordres de mouvement ont été déjà remis.
Cette nuit à une heure partiront les colonnes mobiles ; vous en recevrez l’ordre dans la journée
" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 115 page 244).

Le 12 mars 1810, le Général de Division Grenier écrit aussi, depuis Bologne, au Chef d’Escadron Bortolli, commandant la Gendarmerie, à Bologne : "D’après différents rapports qui me sont parvenus, et l’augmentation que vous avez reçue, M. le commandant, d’un assez grand nombre de gendarmes, il sera nécessaire de poursuivre par des nouvelles colonnes mobiles les brigands qui paraissent s’être retirés dans la montagne pour rejoindre ceux qui y existaient déjà. Je pense donc qu’il conviendra de doubler les 4 colonnes qui dans ce moment parcourent la plaine, et d’en former 9 ainsi composées : 1 officier de gendarmerie (ou à défaut 1 officier de ligne), de huit gendarmes, y compris 1 maréchal-des-logis ou brigadier, 1 sergent, 3caporaux. Quelques colonnes se trouveront avec 2 sergents, d’autres avec 4 caporaux et 16 grenadiers ou voltigeurs. Ce qui composera chaque colonne de 30 hommes, non compris l’officier et les guides ; de ses 9 colonnes, 4 devront rester dans la plaine et tenir la même direction que les 4 premières en battant constamment toute la partie du département du Reno qui se trouve entre le Senio et le Panaro d’une part, et de l’autre depuis le Reno et le Pô di Primaro jusqu’à la grande route depuis Imola à Bologne, et de Bologne à Modène. Il importe que le doublement des colonnes se fasse de manière à ce que les habitants de la plaine de s’en aperçoivent pas, et que les colonnes qui seront dirigées vers la montagne, ne quittent la plaine que de nuit, afin que les brigands ne puissent être prévenus de leur marche.
Je pense qu’une colonne devrait être dirigée de Castel San Pietro par la rive droite du Sillaro, en remontant cette rivière et marchant sur Sassoleone, Castel del Rio, pour attaquer les brigands qui se trouvent dans cette partie, et qui ont assailli les douanes de Brancasdoli et de Doccia. Deux autres colonnes seront dirigées vers le Monte Armato, l’une par la route de Castel de Britti, l’autre par les routes qui conduisent de San Nicolò sur Vedriano, direction que paraît avoir tenu Baschieri et sa bande, la 4e colonne sera dirigée par Pianoro ensuite le chemin de Monterenzio, et enveloppera de cette manière les brigands qui se trouveraient dans les cantons de Castel San Pietro, Loyano ( ?), Fontana, attendu qu’il importe de ne pas laisser pénétrer les brigands dans les cantons du Sasso, Vergato, Castiglione, d’où ils pourront se réunir à ceux qui sont dans les cantons de Montetortore et de la Porretta. La cinquième colonne devra arriver par les chemins les plus courts, dans les cantons de Montetortore, y poursuivre les brigands dans toute la direction, et partout où ils se retireront ; cette colonne se mettra en communication avec Vergato où il y a un poste du 106e régiment. Les colonnes devront avoir pour but essentiel de ne pas quitter les brigands une fois qu’ils les auront atteints et de les poursuivre toujours avec la plus grande vigueur. Elles se conformeront du reste à tout ce qui a été prescrit par les instructions données aux premières colonnes de la plaine. Ils ne rentreront que lorsqu’ils auront arrêté ou détruit les brigands. Vous voudrez bien M. le commandant, donner les instructions en conséquence et me tenir informé, deux fois par jour, des résultats de toutes les colonnes.
Je désire que les colonnes mobiles dépassent la grande route de Bologne à Imola, et entrent dans les montagnes la nuit du 13 au 14 du courant. Je vous préviens encore que je ferai partir d’Imola une compagnie d’élite de 50 hommes du 53e régiment, qui entrera dans le canton de Fontana, en prenant la direction de Riolo, et Grosignano, et continuera de mettre à cette colonne des guides ou au moins 2 gendarmes. Par l’ordre que j’ai donné que les troupes des colonnes mobiles recevront la gratification, une demi-livre de viande et une ration de vin pendant que pendant que l’on comprenne la gendarmerie et les guides puisque ce service entraine des fatigues extraordinaires
" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 109 page 231).

Le 13 mars 1810, le Général de Division Grenier écrit, depuis Bologne, au Capitaine Grossetête, du 106e Régiment : "M. le capitaine Grossetête réunira son détachement au reçu du présent ordre et se dirigera sur castel san Pietro, où il recevra de nouvelles instructions de M. le chef de bataillon Maurie.
Il préviendra les communes par où il passera qu’il est remplacé dans le canton de Lugo par un détachement du 53ee régiment qui arrivera le 15 à Massa Lombarda ; il engagera les syndics et propriétaires de donner aux différents détachements des troupes de ligne à Imola, Castel San Pietro, les renseignements les plus prompts lorsqu’ils auront quelques avis de la marche des brigands
" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 110 page 233).

Le 13 mars 1810, le Général de Division Grenier adresse, depuis Bologne, ses instructions au Commandant du Bataillon du 53e Régiment, à Imola : "Le chef de bataillon du 53e régiment, qui avec le 2e bataillon, doit tenir garnison à Imola, a pour objet de maintenir la tranquillité dans ce district et de purger les brigands et de les détruire partout où ils pourront se trouver. Il se concertera à cet effet avec le vice-préfet, afin de ne pas faire faire de marches inutiles à la troupe.
A son arrivée à Imola, il enverra le 15 à la pointe du jour une compagnie de fusiliers à Massa Lombarda dans le canton de Lugo. Le commandant de cette compagnie aura pour objet, de concert avec la garde nationale et la gendarmerie, de faire de fréquentes patrouilles dans le canton dans la direction de Conselice, de la Vezzola, et sur le Pô de Primaro.
Une autre compagnie ou détachement de fusiliers sera placé dans les environs du pont de la Silustra sur la grande route de Bologne à Imola, pour la garde de ce pont et des chemins environnants, qui conduisent d’une part à Cantalupo et de l’autre à Dozza. Le vice-préfet indiquera le village, où la compagnie qui ne devra pas être moins de 60 hommes sera établie. Il est probable que ce sera à l’une ou l’autre maison près du pont. Cette compagnie fera des patrouilles sur Cantalupo d’une part, et de l’autre sur Dozza, et se tiendra en relation avec le poste du 106e régiment établi à Castel Sans Pietro. Les deux autres compagnies de fusiliers et les compagnies de grenadiers tiendront garnison à Imola pour porter des détachements où besoin sera.
La compagnie de voltigeurs partira d’Imola le 15 avant le jour et marchera dans deux directions. La 1ère par Torrano, Croare, et Casale en remontant le Santerno par la rive gauche, et la 2e par Bergullo, Mazzolana et Riolo entre le Santerno et le Senio, sur Trossignano. Ces deux détachements ont pour but de poursuivre, attaquer et détruire les brigands dans le canton de Fontana, dans toutes les directions et partout où ils pourront se trouver ; dans les communes où il y aura de la garde nationale, elle sera invitée à marcher avec les détachements, et à indiquer les repères des brigands.
Les maisons et Cassines isolées seront fouillées et les armes prises et déposées sur reçu chez les syndics des communes, ainsi que les hommes qui seront arrêtés. L’établissement de cette compagnie sera à Fontana, chef-lieu du canton, ayant un officier avec 30 fusiliers au moins à Trosignano. Si cette compagnie rencontre des brigands, elle restera sur leur trace, les attaquera et poursuivra par tout le … la compagnie, sera prévenu que des troupes du 106e régiment seront le 15 vers Monteranzio. Il tâchera de se mettre en relation avec elle ; toutes les fois que deux détachements marcheront à la poursuite des brigands, ils ne devront pas être moins de 50 hommes afin d’être toujours supérieurs ou au moins égales aux brigands.
Les compagnies établies dans les lieux indiqués vivront de leur solde, de la masse d’ordinaire toutes les fois qu’elles ne marcheront pas contre les brigands, les hommes recevront dans les communes qui seront indiquées par le vice-préfet une demi-livre de viande et une ration de vin en gratification. Cette fourniture sera faite sur des bons en règle, au moyen de ce, les troupes observeront la plus grande discipline. Les commandants des détachements en seront personnellement responsables. Chaque homme sera fourni de 40 ou 50 cartouches. Le chef de bataillon devra recevoir tous les soirs les rapports de ses détachements pour me les faire parvenir de suite
" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 110 page 233).

Le 14 mars 1810, le Général de Division Grenier écrit, depuis Bologne, à S. A. I. le Prince Eugène Napoléon, Vice-Roi d’Italie : "... Dans les différents petits combats qui ont eu lieu avec les brigands, le 106e régiment a eu plusieurs hommes tués, 1 officier et quelques hommes blessé. J’ai à me louer tout particulièrement de la garde nationale de Budrio et des détachement du 106e régiment qui, le 13, ont enveloppé Baschieri et sa bande" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 110 page 234).

Le même 14 mars 1810, le Général de Division Grenier écrit, depuis Bologne, au Chef d’état-major Vignolle, à Milan : "Ci-joint, mon cher général, un rapport à S. A. I. Veuillez, je vous prie, le mettre sous ses yeux et lui faire parvenir à Paris, si S. A. I. était déjà partie de Milan, comme on me l’annonce ici. Vous verrez par le rapport que j’ai gardé ici le 53e régiment en en détachant un bataillon à Imola. Cette disposition est nécessaire pour rendre la tranquilité à ce payx et il faudrait, comme je le mande à S. A. I. un autre régiment pour Reggio, Modène, La Mirandole et Cento, attendu que n’ayant pas de troupes sur ce point, les brigands poursuivis d’un département se réfugient dans un autre et exercent ainsi impunément leurs ravages. Je prie S. A. I. de prendre mes observations en très grande considération, attendu qu’après le 15 avril, lorsque la campagne sera couverte, il sera impossible de donner la chasse à ces coquins qui auront mille moyens de se cacher et tiendront encore la terreur dans le pays jusqu’à l’hiver prochain.
Je désire conserver le 53e régiment au moins jusqu’au 15 avril. Je vais envoyer un bataillon du 106e à Modène, en attendant que S. A. I. défère à ma demande en envoyant encore un régiment qui serait destiné pour Reggio, Modène, Cento et La Mirandola.
La prise et la mort du fameux Baschieri est assez intéressante pour avoir cru devoir faire connaitre à S. A. I. par le moyen d’une estafette extraordinaire
" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 111 page 235).

S'en suit la lettre, suivante, datée de Bologne le 14 mars 1810, écrite par le Général de Division Grenier écrit : "Je m’empresse d’annoncer à Votre Excellence par estafette que l’assassin Baschieri a terminé le 13 au soir sa carrière, ainsi que ses fameux complices Zarri dit Baciulla et Patello, enveloppés par des détachements du 106e régiment et de la brave garde nationale de Budrio, ils ont vendu chèrement leurs vies. Le commandant du détachement a été blessé grièvement. Un sergent et un soldat mortellement blessés ; 1 capitaine de la garde nationale a été tué, un officier et plusieurs ont été blessés. J’espère, si je continue à être bien seconde, mettre bientôt fin aux brigandages" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 111 page 235).

Encore le 14 mars 1810, le Général de Division Grenier écrit, depuis Bologne, aux habitants du Reno : "Le crime ne reste jamais impuni. L’assassin Baschieri et ses fameux compagnons n’ont pu se soustraire aux poursuites dirigées contre eux. Ils n’existent plus. La brave garde nationale de Budrio et des détachements du 106e régiment en ont fait hier justice.
Bientôt quelques autres scélérats qui infectent encore ces contrées, éprouveront le même sort. Les colonnes mobiles ne rentreront qu’après leur entière destruction. Il appartient aux curés, aux syndics et aux habitants des communes d’y contribuer efficacement, tant en ne souffrant pas qu’il leur soit donné asile, qu’en indiquant leurs repaires aux colonnes mobiles qui les poursuivent. Je me ferai un devoir de faire connaitre à S. A. I. le Prince Vice-Roi du royaume ceux de ses fonctionnaires ou habitants qui auront rendu des services et bien mérité de leurs concitoyens ; mais je poursuivrai aussi avec la dernière vigueur et traduirai devant une commission militaire comme complice des brigands, ceux qui les aideront, qui leur donneront des moyens de subsistance, ou qui n’indiqueraient pas leurs retraites, lorsqu’ils en auront connaissance
" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 113 page 239).

Le 15 mars 1810, le Général de Division Grenier écrit, depuis Bologne, au Préfet Bologne : "Désirant monsieur le préfet, que les prix accordés par le gouvernement par chaque tête de brigands, soient payés dans le plus court délai possible, afin d’encourager les troupes à poursuivre les autres bandits avec plus de vigueur encore, je vous prie d’ordonner que la somme des 6000 francs qui, comme vous m’avez fait l’honneur de me le dire, forment le montant des prix accordés pour les trois brigands, soient payés à la garde nationale de Budrio et l’autre moitiés … 3000 francs entre les mains du colonel du 106e régiment, monsieur Bertrand, pour être répartis par lui aux détachements de troupes de ligne qui y ont droit, je pense que c’est le seul moyen de contenter les uns et les autres" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 111 page 236).

Le 16 mars 1810, le Général de Division Grenier écrit, depuis Bologne, au Commandant Maurier (Maury ?) du 106e Régiment : "Votre rapport de ce jour, monsieur le commandant, qui devait m’être apporté par un paysan de Cristoforo, avec le paquet de cartouches en fer blanc et les 3 chapeaux, m’a été remis par un postillon de San Nicolò sans les objets ni les renseignements que le paysan aurait pu me donner. Tâchez de savoir si le poste de Castel Britti a vu les brigands cessant de diriger des colonnes contre eux. Il serait essentiel d’être bien informé de la direction qu’ils ont tenue, afin de ne pas faire courir trop inutilement ; tenez moi exactement informé de tout ce qui parviendra à votre connaissance" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 109 page 232).

Le même 16 mars 1810, le Général de Division Grenier écrit, depuis Bologne, au Commandant Vernai (Vernant ?), du 106e Régiment, à Cento : "D’après vos différents rapports, M. le commandant, ceux du vice-préfet, et du capitaine Gauthier, je juge que la bande de Gozza se trouve toujours les environs de Massumatico. Il convient de la débusquer et de la détruire s’il est possible. Pour cela, il vous faut réunir une partie de vos troupes de San Giovanni, Bonconvento, Longara et San Vitule, les diriger de manière à ce que vous formiez une chaine assez forte autour des repaires des brigands pour qu’ils ne puissent s’en échapper, et ensuite de les traquer comme des loups. J’ose croire que vous serez mieux secondé dans ce moment que dans le commencement, la mort de Baschieri et de plusieurs de ses compagnons doit donner du courage aux bons soldats et imprimer la terreur chez les méchants. Vous inviterez M. Gauthier à vous seconder de tous ses moyens" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 112 page 238).

Puis, encore le 16 mars 1810, le Général de Division Grenier écrit, depuis Bologne, au Colonel du 106e Régiment : "Je vous préviens, M. le colonel, que de concert avec M. le préfet, j’ai déterminé que le prix accordé pour les brigands serait partagé entre la garde nationale et les détachements de votre régiment qui ont concouru à l’expédition du Budrio le 13 de ce mois. Le montant du prix pour les trois brigands étant de 6000 francs, M. le préfet vous fera payer 3000 francs que je vous prie de faire distribuer aux détachements de votre régiment qui ont pris part à l’affaire en en faisant connaitre la répartition par l’ordre du jour de votre régiment.
Les autres 3000 francs seront payés par ordre du préfet à la garde nationale de Budrio.
Ci-joint l’état de service de M. le chef de bataillon Vernier
" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 112 page 238).

Le 17 mars 1810, le Général de Division Grenier écrit, depuis Bologne, au Colonel du 53e Régiment : "D’après les dispositions arrêtées par M. le général de division comte Grenier, il est ordonné au colonel du 53e régiment de faire partir un de ses bataillons demain 18 mars, de Bologne, pour aller occuper les postes ci-après.
L’état-major à Budrio, avec la compagnie de grenadiers qui formera une colonne mobile d’un sergent, deux caporaux et 20 grenadiers, à la disposition d’un officier de gendarmerie.
La compagnie de voltigeurs à Castel Guelfo, ayant un poste d’un sergent, un caporal, et 12 hommes à Medicina et fournissant une colonne mobile d’un sergent, 2 caporaux et 20 voltigeurs à la disposition d’un officier de gendarmerie.
La 1ère compagnie de fusiliers à Minerbio, ayant un poste d’un sergent, 1 caporal et 12 hommes à Baricella.
La 2e compagnie à Mezzolara, avec un poste d’un sergent, 1 caporal, et 14 fusiliers à San Martino in Argine.
La 3e compagnie à Castenaso, ayant un poste d’un sergent et 8 hommes à Cadriano, et un caporal et 8 hommes à Quarto Inferiore.
La 4e compagnie à Castel de Britti, ayant un officier et 18 hommes à San Lazaro.
Ces différents détachements ont pour objet de maintenir la tranquillité dans les arrondissements qu’ils occupent, de donner la chasse aux brigands partout où ils pourront les rencontrer, les détruire ou les arrêter, ils recevront d’ailleurs et se feront remettre par les commandants des détachements du 106e qu’ils rencontreront, copie des instructions qui leur ont été données et qui serviront de consigne générale.
Chaque homme devra être pourvu de 40 à 50 cartouches.
Le chef de bataillon détaché à Budrio est prévenu que les officiers de gendarmerie enverront chercher les colonnes mobiles à Budrio et Castel Guelfo.
Le colonel du 53e régiment donnera également ordre au chef de bataillon qui est à Imola, d’envoyer une compagnie de fusiliers de son bataillon à Castel San Pietro. Cette compagnie correspondra avec lui à Imola, et aura un officier et 20 hommes à San Nicolò, les détachements recevront également copie des instructions données aux détachements du 106e et s’y conformeront. Il résulte de ces dispositions que le chef de bataillon qui est à Imola, à la surveillance des postes sur la grande route, depuis Imola jusqu’à San Nicolò inclusivement.
Outre toutes ces dispositions, il sera encore formé trois colonnes mobiles, composées de grenadiers et de voltigeurs du 53e régiment pris sur les compagnies qui restent à Bologne, chacune d’un sergent, 2 caporaux, 20 grenadiers ou voltigeurs, qui seront mis à la disposition de la gendarmerie dans les points ci-après.
La 1ère colonne à Loiano.
La 2e colonne à Monte Armato.
La 3e colonne à Vedriano ; s’il faut des officiers à ces colonnes mobiles, le commandant de la gendarmerie les demandera.
Il sera de plus envoyé par le 53e régiment du bataillon qui est à Bologne, 1 officier, 1 sous-officier, 2 caporaux et 16 fusiliers à Capo d’Argine.
1 lieutenant, 1 sergent, 2 caporaux et 18 hommes à poste fixe à Loiano.
1 sergent, 1 caporal et 13 hommes à Pianoro, sous les ordres du liueutenant qui va à Loinao.
1 sergent, 1 caporal et 12 hommes à Molini Nuovi.
1 sergent, 1 caporal et 15 hommes à Castagnolo Minore.
1 lieutenant ou sous-lieutenant, 1 sergent, 2 caporaux et 20 hommes à Trebbo.
Les 3 derniers détachements seront sous les ordres de l’officier qui sera à Trebbo ; les instructions sur leur service seront consignées par les détachements du 106e régiment qui sont sur les différents points.
Les colonnes mobiles et les différents détachements devront également partir de Bologne le 18 mars
" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 113 page 240).

Le même 17 mars 1810, le Général de Division Grenier écrit, depuis Bologne, au Lieutenant-colonel Borfollan ( ?), commandant la 2e Légion de Gendarmerie royale, à Bologne : "J’ai l’honneur de vous prévenir M. que pour régulariser le service et y établir une marche invariable, je viens d’ordonner à un bataillon du 53e régiment de partir demain 18 de Bologne pour aller occuper la plaine en avant de Bologne, entre la route qui conduit à Malalbergo et le Corvalue ( ?) ; il doit relever tous les détachements du 106e qui sont dans cette direction et mettre à la disposition des commandants des colonnes mobiles qui s’y trouvent cinq autres colonnes composées chacune d’un sergent, 2 caporaux et 20 grenadiers ou voltigeurs, l’une de ces colonnes attendra qu’elle soit appelée par la gendarmerie à Budrio, l’autre à Castel Guelfo. Vous donnerez en conséquence l’ordre aux commandant des colonnes de les envoyer chercher et de renvoyer à Bologne tous les hommes qui sont dans ce moment du 106e.
Il partira également demain 18 trois autres colonnes mobiles du 53e régiment pour les montagnes ; elles seront dirigées, la 1ère à Loiano, la 2e au Monte Armato, la 3e à Vedriano ; veuillez en donner aussi avis aux commandants des colonnes que vous avez dans ces directions afin qu’ils les envoient chercher et renvoyer de suite à Bologne les hommes qu’ils ont du 106e régiment qui reçoivent une autre destination ; ces colonnes seront de la même force que celles ci-dessus.
J’ai cru devoir organiser en même temps tous les services de Cento et de San Giovanni, et j’ai disposé un bataillon du 106e. L’état-major sera à Saint Georges.
Ce bataillon tiendra aussi à votre disposition pour le 20 de ce mois à San Giorgio une colonne mobile d’1 sergent, 2 caporaux, et 20 hommes, grenadiers ou voltigeurs, une autre à Cento d’égal nombre, afin de pouvoir parcourir cette plaine en tous sens.
Outre cette disposition, le 106e régiment enverra le 20 trois colonnes mobiles dans les montagnes en arrière de la grande route.
L’une à Guiglia ; l’autre à Sasso, et la 3e à Vergato.
Ces colonnes sont de la même force que les autres, et les commandants que vous désignerez les enverront chercher dans les points indiqués en observant de renvoyer les hommes qui se trouvent à la colonne mobile qui a marché vers le Monte Tortone il y a quelques jours ; si vous n’avez pas assez d’officiers pour en mettre un à chaque colonne, vous demanderez des officiers aux colonnes au chef de bataillon du régiment dont les colonnes sont parties.
Par suite de ces dispositions, vous aurez 4 colonnes mobiles dans la plaine et 6 dans la montagne, non compris le détachement que j’ai envoyé Mirola dans le canton de la Fontana. Pour plus d’intelligence, ci-après, le tableau des colonnes mobiles.
Du 53e régiment, dans la plaine de Bologne, colonnes mobiles composées de 1 sergent, 2 caporaux et 20 grenadiers ou voltigeurs à Castel Guelfo ; 1 sergent, 2 caporaux et 20 grenadiers ou voltigeurs à Budrio ; 1 sergent, 2 caporaux et 20 grenadiers ou voltigeurs à Vedriano. Dans les montagnes en arrière de la route d’Imola, 1 sergent, 2 caporaux et 20 grenadiers ou voltigeurs à Monte Armato ; 1 sergent, 2 caporaux et 20 grenadiers ou voltigeurs à Loiano.
Du 106e dans les plaines à la gauche de Bologne, 1 sergent, 2 caporaux et 20 grenadiers ou voltigeurs à San Giorgio ; 1 sergent, 2 caporaux et 20 grenadiers ou voltigeurs à Cento. Dans les montagnes en arrière de la grande route de Modène, 1 sergent, 2 caporaux et 20 grenadiers ou voltigeurs à Sasso ; 1 sergent, 2 caporaux et 20 grenadiers ou voltigeurs à Vergato ; 1 sergent, 2 caporaux et 20 grenadiers ou voltigeurs à Guiglia au Monte Tortone.
Je répète que les détachements du 53e régiment partiront demain 18 pour les différents points et ceux du 106e le 20 ; il faut donc qu’aux lieux indiqués, les commandants de gendarmerie les envoient chercher et renvoient de suite tous les hommes du 106e qui sont avec eux dans ce moment. Cette exactitude est nécessaire pour que chaque régiment soit à son poste, et que le 106e puisse organiser un bataillon pour Modène qui devra y arriver le 22.
Je pense qu’en mettant 6 gendarmes à chaque colonne, non compris le commandant, les colonnes seront d’une force suffisante pour attaquer et détruire les brigands partout où elles les rencontreront ; il conviendra de nommer des officiers qui devront prendre le commandement de 3 colonnes dans chaque partie de montagnes, afin qu’ils puissent donner des directions et faire agir les colonnes de concert si les circonstances exigent, c’est vous vous donnerez les instructions que vous les aurez reçues du 8 au 9 et vous préviendrez toutes les colonnes que je ne veux pas que le 30 de ce mois, il y ait un brigand dans le département du Reno ; dans le cas contraire, elles n’auraient pas fait leur devoir.
En en mettant que 6 gendarmes à chaque colonne, je vous réserve les moyens d’en envoyer 11, 12 ou 15 à Modène où ils devront être arrivés le 23. Mon intention de faire partir le même jour ou au plus tard le 24 de cette ville, deux colonnes mobiles très fortes pour détruire les brigands qui sont des les montagnes de ce département.
P.S. Les commandants des colonnes de la plaine recevront de vous, comme ceux de la montagne, tous les ordres, mais ils devront aussi correspondre avec les chefs de bataillon qui seront à Budrio et Cento, afin que ces derniers sachent où les trouver s’ils avaient des ordres à leur faire partir
" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 117 page 248).

Le 18 mars 1810, le Général de Division Grenier écrit, depuis Bologne, au Chef de l’Etat-major du Royaume d’Italie, Comte Vignolle : "Le 53e régiment attendait son dépôt il y a quelques jours ; il parait qu’ensuite de nouvelles dispositions, son arrivée est retardée ; le bien du service exige cette réunion qui peut être ne pourra pas avoir lieu dans deux mois ; je vous demande, mon cher général, la même faveur pour le 106e régiment. Vous rendrez bien service à ces corps" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 119 page 251).

Le même 18 mars 1810, le Général de Division Grenier écrit encore, depuis Bologne, au Chef de l’Etat-major du Royaume d’Italie, Comte Vignolle : "Je vous donne avis, mon cher général, que j’envoie le 22 de ce mois, un bataillon du 106e régiment à Modène pour donner la chasse aux brigands qui sont dans le département. J’espère que là, comme dans le Reno, il n’en existera plus au premier avril, mais il faudrait, pour assurer la tranquillité de ces départements, pouvoir pendant un mois ou 6 semaines occuper ces pays par de gros cantonnements ; sans cette mesure, les brigands dispersés aujourd’hui se réuniront 15 jours après et recommenceront leurs brigandages avec toute sécurité parce que les troupes ne pourront pas continuer le métier que je leur fait faire, attendu qu’elles font journellement 15 à 20 milles dans toutes les directions, il faudrait donc environ 4 bataillons à Reggio, 1 à Modène, 1 à Cento, 1 dans le canton de Vergato et de la Poretta, 1 dans le canton de Loiano et de Castiglione, 1 à Imola, 1 autre à Budrio, 1 à Minerbio et deux à Bologne, fournissant le service extraordinaire dans ce moment. Je considère le brigandage comme détruit, mais il se relèvera, aussitôt que les troupes rentreront ; et alors, les coquins tiendront encore la campagne toute l’année, ce que l’on empêchera au moyen des gros cantonnements ; les brigands divisés et n’ayant plus de moyens de vivre, il se livreront aux travaux de la campagne et rentreront peu à peu dans l’ordre. Il faut être sur les lieux pour juger de ce qui se passe, il est plus que temps de mettre un terme aux désordres qui règnent dans ce pays" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 119 page 251).

Toujours le 18 mars 1810, le Général de Division Grenier écrit également, depuis Bologne, au Ministre de la Guerre du Royaume d’Italie : "J’ai l’honneur d’adresser à Votre Excellence l’état nominatif des hommes de la garde nationale de Budrio qui, avec les détachements du 106e régiment de ligne, ont tué Baschieri et ses compagnons.
Je prie Votre Excellence de demander pour la femme et les enfants du nommé Cattoli Luigi, la pension que le souverain accorde ; cet acte de justice sera un grand encouragement pour la garde nationale
" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 119 page 252).

Le 20 mars 1810, le Général de Division Grenier écrit, depuis Bologne, au Colonel du 29e Régiment de Dragons, à Modène : "Votre lettre du 17 relative au service du théâtre monsieur le colonel, ne m’est pas parvenue que le 18. Par conséquent, 24 heures après que le service a été fourni. En effet, monsieur le préfet du Panaro m’a écrit à ce sujet. Je lui ai répondu que l’autorité civile étant chargée de la police du théâtre, elle requerrait du commandement militaire la garde qu’elle jugerait nécessaire, que la garde se fournissait ordinairement par l’infanterie de ligne et à son défaut, par de la cavalerie, à moins qu’il n’existe dans la place une garde nationale soldée mise à la disposition du commandant de la place pour tout service militaire qui, dans ce cas, ferait le service du théâtre avant la cavalerie. Je supposais que monsieur le préfet vous communiquant cette lettre, tout s’arrangerait sans difficultés ; aujourd’hui le préfet me mande que malgré cette communication qui vous a été faire, vous avez fait établir un poste au théâtre sans réquisitions avant l’ouverture, je suis fâché de cette démarche qui est entièrement arbitraire et … nécessairement improuvée par S. A. à … connaissance de la quelle cette affaire à déjà a été portée ( ???), vous ne devez … avoir tord envers l’autorité civile et pour avoir le droit pour vous il faut suivre strictement les règlements qui déterminent les démarcations entre elles et l’autorité militaire.
Je désire que ces altercations cessent, vous en trouverez le moyen dans l’arrivée du bataillon du 106e régiment
" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 121 page 256).

Le même 20 mars 1810, le Général de Division Grenier écrit aussi, depuis Bologne, au Général Chef de l’Etat-major général du Royaume d’Italie : "Ci-joint, vous trouverez, mon cher général, une demande de 300 sabres pour le 106e régiment ; veuillez, je vous prie, en ordonner la fourniture.
Je doute que cette demande soit dans les formes voulues ; je vous la transmets telle que je l’ai reçue
" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 121 page 256).

Toujours le 20 mars 1810, le Général de Division Grenier écrit encore, depuis Bologne, au Général Roize, commandant le département du Crostolo, à Reggio : "Je vous préviens, monsieur le général, que j’envoie le 22 de ce mois un bataillon du 106e régiment à Modène qui, dès le 24, formera deux colonnes mobiles pour aller à la poursuite des brigands qui infestent les cantons montueux de ce département ; il conviendra donc de garder soigneusement tous les passages qui, dans cette direction, existent, du département du Panaro, dans celui du Crostolo, afin d’empêcher que ces coquins ne puissent s’y jeter ; entendez-vous à cet égard avec monsieur le préfet et le commandant de la gendarmerie et employez pour ce service qui doit au plus durer 10 jours, une soixantaine de dragons à pied, n’ayant pas les moyens de vous envoyer de l’infanterie dans ce moment" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 122 page 257).

Le 22 mars 1810, le Général de Division Grenier écrit, depuis Bologne, au Colonel Avice, commandant le département du Panaro : "L’arrivée d’un bataillon du 106e régiment à Modène, donnant à M. le commandant du département la facilité d’y exciter ici les brigandages, il fera, d’après les dispositions suivantes, mettre les troupes en mouvement et commenceront les opérations, le 24 courant vers les 8 heures du soir. Une compagnie de fusiliers sera placée à Sassuolo fournissant un poste mêlé de garde nationale du lieu sur la Secchia dans la direction de San Michele et autre dans la direction de Maranello, ces postes feront des fréquentes patrouilles sur ces différents points. Une autre compagnie de fusilier établie à Gazzano communiquant par des patrouilles avec celles dirigées de Sassuolo vers Maranello, cette compagnie aura un poste à San Venanzio qui fera des patrouilles sur Levizzano. Une troisième compagnie sera placée à Vignola, ayant un poste à Levizzano qui communiquera par des patrouilles avec celui de Venzano ( ?) et aura un autre poste dans la direction de Muzano ( ?).
Les postes que les compagnies détacheront, devont être au moins de 15 à 20 hommes et les plus importants seront commandés par des officiers, chacun de ces postes devant être renforcé de 7 à 8 hommes de la garde nationale. Ces compagnies se mettront en route immédiatement après le départ des colonnes mobiles dont il sera parlé ci -après.
La 4e compagnie de fusiliers restera en garnison à Modène, ainsi que les compagnies d’élite après qu’il aura été pris sur ces dernières, trois colonnes mobiles ainsi qu’il suit.
La première d’un officier, 2 sergents, 3 caporaux et 20 grenadiers ou voltigeurs. La 2e un officier, 1 sergent, 3 caporaux et 20 grenadiers ou voltigeurs. La 3e un officier, 1 sergent, 3 caporaux et 20 grenadiers ou voltigeurs. Total 3 officiers, 4 sergents, 9 caporaux, 60 grenadiers ou voltigeurs.
Il sera ajouté à chacune de ces colonnes mobiles six ou 8 gendarmes, quatre au sous-préposé des finances et trois ou quatre guides bien armés, et connaissant parfaitement le pays, de sorte que chaque colonne sera d’environ 35 hommes et par conséquent plus forte qu’aucune des bandes des brigands. Monsieur le colonel Avice s’entendra pour cette opération avec M. le préfet et le commandant de la gendarmerie ; il pourra joindre à chacune des colonnes deux ou trois dragons à cheval pour donner la nouvelle de l’une ou l’autre.
La première colonne devra partir le 24 au soir et à la nuit de manière à arriver à Sassuolo, de là à San Michele et jusqu’à Marento de Monferrato ( ?) avant le jour, afin de tenir tous les débouchés avant que les brigands ne soient prévenus de la marche.
La marche de la 2e colonne devra être exécutée de manière à ce qu’elle arrive à Gorzano au moment où la première arrivera à Monferrato et la troisième devra arriver à la même heure à Castelnuovo ; les colonnes mobiles se reposeront en attendant que les compagnies soit arrivées aux postes fixes qui leur sont assignés (ce que l’on peut encore déterminer par l’heure du départ et les chemins qu’elles auront à parcourir) ; alors les colonnes mobiles se mettront en mouvement, la première se divisera, laissant une petite colonne de 15 à 16 hommes à Monferrato et dans les environs pour poursuivre et arrêter les brigands qui seront poursuivis par la deuxième colonne partant de Gorzano dans la direction de Montebaranzone, Monferrato ( ?), Montordone ( ?), Pigneto, Vorca, San Mania ( ?), Montagnana, Campo d’Alloglio et Gambola qui devront être fortifiés.
L’autre partie de la première colonne se portera rapidement par Liyannano ( ?), Panzano, et San Dalmazio pour arrêter ce qui pourrait fuir de ce côté, soit venant de Montagnana, soit de Levizzano ou de Castelvetro.
La troisième colonne commencera à fouiller dès Castelnuovo, suivra la trace des brigands qui sont dans les environs, les poussera vivement et si elle ne peut les atteindre et les tuer, tâchera de les jeter sur Levizzano, Vignola pour les combattre de concert avec les postes qui seront placés sur ces points et qui devront y être arrivés, ne rencontrant par les traces des brigands, il continuera sa marche sur Denzano et Vilatello ( ?) d’où elle se trouvera en communication avec la partie de la première colonne qui sera dans les environs de San Dalmazio.
Les commandants des colonnes seront prévenus qu’une colonne mobile passera le 25 à la pointe du jour du département du Reno dans celui du Panaro pour tomber sur les brigands qui pourraient être du côté de Sassuolo, Gardano ( ?), Genialo ( ?), Rescoro ( ?), Semese ( ?), Castagnello ( ?) et de manière à les envelopper et occuper ensuite Montorse ( ?) et Parvallo ( ?) pour couper toute retraite à ceux poursuivis par la 3e colonne, jusqu’à ce que cette dernière soit elle-même arrivée dans cette partie. Cette colonne concourra avec les autres à la destruction des brigands et empêchera qu’ils ne gagnent les hautes montagnes, jusqu’au 28 inclusivement, elle recevra jusqu’à ce jour des ordres du chef de bataillon Maurie et rentrera le 29 dans le département du Reno.
M. le chef de bataillon Maurie aura le commandement de toutes les troupes qui seront dans les montagnes du Panaro, recevra des instructions de M. le commandant du département et lui rendra compte de ses opérations en même temps qu’il m’informera directement de ce qui se passera de plus important, il enverra les mêmes aussi à M. le préfet du Panaro.
L’objet des colonnes mobiles étant de détruire les brigands partout où elles les rencontreront, elles les poursuivront avec la dernière vigueur et ne devront plus les perdre de vue ; une fois qu’elles les auront atteints, elles devront empêcher que les brigands ne gagnent les hautes montagnes et pour cela, elles chercheront à les pousser dans les directions de Vignola, Gazzano et Sassuolo pour les faire tomber dans les postes qui y sont établis. Les colonnes mobiles ne devront pas s’amuser à la fusillade ; elles doivent courir sur les brigands à la baïonnette pour ne pas leur laisser le temps de recharger leurs armes. Elles arrêteront aussi, ainsi que les postes fixes, tous les gens suspects, vagabonds et déguisés ; on s’attachera particulièrement à ceux qui chercheront à fuir ou à éviter les postes et on les conduira dans les principales communes pour être reconnus et traduits devant l’autorité que désignera M. le préfet.
Les colonnes marcheront et s’éclaireront militairement, et éviteront toute surprise ; chaque homme sera muni de 40 à 50 cartouches. Chaque homme aura en gratification dans les communes que désignera M. le préfet une demi-livre de viande de six onces et une ration de vin d’une demi-bouteille par jour. Ces fournitures seront faites sur des bons en règle ; au moyen de cette gratification, les troupes ayant suffisamment de quoi vivre, les commandants des détachements feront observer la plus sévère discipline et seront personnellement responsables de tout désordre.
La présente instruction sera communiquée à M. le préfet et au commandant de la gendarmerie pour que les meilleures mesures soient prises pour conduire au but qu’on se propose, mais le plus grand secret doit être observé, et la marche des troupes doit être connue que lorsqu’elles seront déjà à leur destination.
Il est entendu que les officiers de gendarmerie, s’il en a autres marchant de … employés dans les colonnes feront leurs rapports journaliers aux autorités compétentes et au lieutenant-colonel de la gendarmerie à Bologne.
Les postes établis du côté de Finale et sur le Panaro devront être maintenus jusqu’au premier du mois et la gendarmerie avec la garde nationale doit suffire pour arrêter les déserteurs et réguler ceux qu’ils trouveront dans cette partie et du côté de Mirandola
" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 123 page 260).

Le 24 mars 1810, le Général de Division Grenier écrit, depuis Bologne, au Colonel du 29e Dragons, à Modène : "J’ai reçu hier soir, M. le colonel, votre lettre du même jour sur l’affaire qui a eu lieu près Denzano et San Dalmazio entre une colonne mobile composée de gendarmerie et de garde nationale, et les brigands. Je désire beaucoup que la compagnie de voltigeurs que vous avez fait partir hier n’ai pas dépassé Sassuolo ; sans cela, les brigands gagneront les hautes montagnes et c’est ce que je voulais éviter, comme vous avez pu le voir par mes instructions et par la marche que je fais faire à une colonne mobile qui doit arriver demain à la pointe du jour du département du Reno dans celui du Panaro dans la partie supérieure. Dites bien à M. le chef de bataillon Maurie qui est un bon officier que j’attends de lui qu’il détruira ces brigands, qu’il leur donnera une chasse tellement forte et continuelle que ceux qui pourraient lui échapper n’aient pas envie de revenir.
Tous ceux qui seront pris combattant seront traduits à une commission militaire ; vous m’en enverrez de suite les noms avec le rapport de la prise, et en même temps, une indication des officiers qui pourront composer cette commission. Je vous renverrai le tout de suite avec l’ordre de les faire juger dans les 24 heures ; j’écrirai à M. le préfet pour les autres afin que la justice se fasse de suite
" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 128 page 270).

Le 24 mars 1810, le Général de Division Grenier écrit, depuis Bologne, au Chef de Bataillon (Maurie) du 106e, à Modène : "J’ai reçu, monsieur, les différents rapports que vous m’avez adressés et par lesquels je voie que les troupes sous vos ordres servent avec autant de zèle que d’activité ; je vous prie d’en témoigner particulièrement ma satisfaction à la compagnie stationnée à Massa Lombarde. Je vous renvoie ci-joint les pièces qui étaient avec votre lettre du 23 ; c’est en effet au vice-préfet à déterminer sous la responsabilité si tel ou tel individu doit être envoyé à Bologne ; il est probable que par la lecture de ce rapport, il jugera qu’il a été trompé et qu’il prendra envers les prévenus toutes les précautions qui par suite restent à sa charge.
Le syndic de la commune de Dozza m’informe que la bande de Ravanelli et celle de Bernayonzi ( ?) se trouvent souvent dans les près à 2 ou 3 milles de Dozza et qu’il est peut être possible de les surprendre ; tâchez d’avoir des informations exactes à cet égard et placer en attendant demain au soir 1 officier intelligent et 20 hommes à Dozza.
Si vous recevez quelque avis, faites arriver des détachements de Trassignano ( ?), Fontanelice ( ?), Monte Armato, Castel de Britti, Settefonti, et Vedriano, pays que parcourent les colonnes mobiles de votre régiment, ainsi que des postes de San Nicolò, et de Paratello ( ?) ; dans toutes les directions, pour marcher contre ces coquins et les tuer partout où on les rencontrera, prenez vos mesures de manière à ce que toutes les colonnes entourent les bois
" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 130 page 273).

Le 24 mars 1810 encore, le Général de Division Grenier écrit ensuite, depuis Bologne, au Colonel du 106e, à Modène : "Il convient, monsieur le colonel, de faire renforcer le poste de Bazzano d’1 officier et 20 hommes afin que ce point, l’on puisse occuper Savignano et Guiglia et les passages pour empêcher les brigands qui vont être poursuivis dans le Panaro, de se rejeter dans le département du Reno.
Je vous prie de donner vos ordres en conséquence à l’officier qui commande dans cette partie, en lui envoyant en même temps le restant à lui-même.
De fréquentes patrouilles devront remonter le Panaro jusqu’au-delà de la de Guiglia (sic) ; elles devront être doublées par la garde nationale
" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 131 page 275).

Puis, toujours le 24 mars 1810, le Général de Division Grenier écrit également, depuis Bologne, au Chef de Bataillon Vernier, du 106e, à San Giorgio : "Rien n’empêche, monsieur, que nous ne retiriez des gommes de Massumatico pour les placer ailleurs, lorsque le bien du service n’en souffre pas et que le soldat en est mieux ; le syndic d’Altedo et … me demande un détachement, m’assurant que c’était un passage assez fréquenté des brigands ; si ce village n’est pas trop loin, envoyez-y un petit détachement. Il ne sera donc pas possible de prendre ce coquin de Gazza ; on m’assure qu’il est parvenu à passer le Pô. Il passe pour être le plus bête des brigands, et c’est lui qui se cache le mieux, puisque presque tous les autres sont pris.
Ps. Votre projet sur la garde nationale serait bon, mais il faudrait faire envoyer tous ces gens là, ce qui coute beaucoup d’armes en les mettant dans des mains peu sures. Je pense donc qu’il faut se borner à envoyer un tiers de détachements de ligne
" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 131 page 275).

Le 25 mars 1810, le Général de Division Grenier écrit, depuis Bologne, à Eugène Napoléon, Vice-Roi d’Italie : "… Le 106e occuperait Bologne et environs et le 53e Imola et Faenza …" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 132 page 277).

Le 26 mars 1810, le Général de Division Grenier écrit, depuis Bologne, au Chef de Bataillon Vernier, du 106e Régiment, à San Giorgio : "Ayant, monsieur, arrêté avec monsieur le préfet du département du Reno, de faire faire, le 29 et le 30 de ce mois une perlustration générale dans tout le département, afin de retirer, s’il est possible, les racines du brigandage, vous êtes chargé de cette opération dans les cantons qui composent le district de Cento, et qui sont les canton de Cento et de San Giovanni in Persiceto, rendez-vous en conséquence près du vice-préfet de Cento pour convenir de la répartition des troupes dans toutes les communes de ces deux cantons ; vous pourrez en vertu de mes ordres donner ceux nécessaires aux détachements de dragons qui sont à Crevalcore, Nonantola, et Panzano, pour les communes qu’ils occupaient, ainsi qu’aux détachements de votre régiment qui sont à Castel Franco et Anzola, quoiqu’ils ne seraient pas de votre bataillon.
Les dispositions convenues sont qu’au même jour, à la même heure, et au même moment (qui seront fixés par monsieur le préfet pour tout le département), les détachements qui seront dans les communes de concert avec la garde nationale, et sur la conduite de syndic ou délégué politique, feront des recherches dans toutes les communes et maisons qui en dépendent, arrêteront tous les brigands, vagabonds, conscrits réfractaires et étrangers à leur commune qui pourraient s’y trouver d’où ils seront conduits et gardés au chef-lieu de canton. Il est convenu que dans le cas où des brigands seraient rencontrés, et qu’ils chercheraient à fuir, le tocsin serait sonné pour avertir les communes voisines afin de pouvoir les arrêter ; il est entendu que tout receleur le sera également ; j’ai quelque espoir que Gozza et quelques-uns de sa bande tomberont en votre pouvoir ; peut être que les déserteurs ou brigands amnistiés dont vous me parlez pourraient donner quelques renseignements sur ses retraites habituelles ; j’ai aussi quelques dire que Minelli, l’un des farouches compagnon de Baschieri, est caché à Manzolino, il sera bien important de l’avoir. Je laisse à votre zèle à suppléer à toutes les dispositions locales. Nota : Pour cette opération, les colonnes mobiles seront … le 28 et employées comme les autres troupes ; elles seront réorganisées le 31, époque à laquelle tout rentrera … l’ordre actuel, la gendarmerie sera répartie par son chef sur les points les plus importants
" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 134 page 281).

Le même 26 mars 1810, le Général de Division Grenier écrit ensuite, depuis Bologne, au Chef d’Escadron Borsoti, commandant la 2e Légion de Gendarmerie, à Bologne : "Ayant arrêté avec M. le préfet, monsieur, de faire faire, les nuit du 28 au 29 et 30 de ce mois une perlustration générale dans tout le département, afin d’extirper s’il est possible, les racines du brigandage, je vous préviens, M. que les colonnes mobiles devront y contribuer dans les cantons ci-après et seront en conséquence des le 27 au soir, et pour le 28, à la disposition des officiers supérieurs chargés de la répartition des troupes dans les différents cantons. Savoir : la colonne mobile de Castel Guelfo, Vedriano et Monte Armato à la disposition de monsieur Martin, chef de bataillon du 53e régiment. Stationné à Imola, il est chargé de leur adresser des ordres.
Celle de Loiano à la disposition du capitaine que j’y envoie ; les deux colonnes mobiles de la plaine de Cento à la disposition du chef de bataillon Vernier qui est à San Giorgio.
Celles de Vergato qui sera à Vergato et celle de Sasso, à la disposition de l’officier qui y sera ; et celle de Monte Tortore à son retour, à la disposition de l’officier qui y sera envoyé.
Celle de Budrio à la disposition du capitaine commandant et qui sera chargé de la perlustration du canton de Bologne. Les gendarmes employés à ces colonnes seront envoyés pour le terme de ces perlustration dans tous les chefs-lieux de canton, afin d’agir de concert avec les délégués politiques partout où besoin sera ; le 31, les colonnes mobiles seront réorganisées dans le même ordre qu’elles le sont aujourd’hui.
Veuillez, je vous prie, donnes les ordres nécessaires en conséquence des miens et envoyer en même temps des gendarmes dans le canton de Bazzano, où il n’y a point de colonnes mobiles. Par l’ordre ci-joint, je charge M. le capitaine Bramani de la perlustration du canton de Bologne (extra-muros). Laissez-lui également un nombre de gendarmes ; vous savez, M., combien il importe que le secret soit observé dans de pareils opérations. Veuillez, je vous prie, le recommander aux gendarmes, et leur faire connaitre en même temps, combien il importe qu’ils marchent de concert avec les autorités civiles et militaires pour le succès de cette perlustration
" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 135 page 284).

Instruction envoyée le 26 mars 1810 par le Général de Division Grenier : "La même à Vergato pour l’officier commandant la troupe. Avec un détachement de 50 hommes qui est à Vergato et qui sera à votre disposition pour la colonne mobile ; vous vous concerterez avec M. le vice-préfet de Vergato pour la répartition des troupes dans toutes les communes pendant la journée du 28. La gendarmerie de la colonne mobile sera réunie à Vergato pour agir où besoin sera, de concert avec l’autorité civile et vous.
La même à Bazzano, à l’officier commandant la troupe. Les troupes que vous aurez pour cette opération sont le détachement que vous commandez maintenant, plus 20 hommes que M. le colonel du 106e régiment devra vous envoyer demain.
La même à M. l’officier commandant à Montetortore. Je vous charge de cette opération dans le canton de Montetortore, où vous vous rendrez demain avec un détachement de 50 hommes ; vous aurez en outre à votre disposition un détachement de 15 ou 20 hommes qui est à Guiglia et la colonne mobile qui se trouvera le 28 au soir dans les environs de Montese.
La même à M. l’officier commandant à Sasso. Je vous charge de cette opération dans le canton de Sasso où vous vous rendrez demain avec un détachement de 30 hommes auxquels vous réunirez une colonne mobile qui s’y trouvera à votre disposition ; vous concerterez avec le délégué politique de ce canton
" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 137 page 287).

Toujours le 26 mars 1810, le Général de Division Grenier écrit ensuite, depuis Bologne, au Colonel du 106e Régiment : "Ci-joint, vous trouverez, monsieur le colonel, quatre instructions que vous remettrez à des officiers intelligents pour en suivre l’exécution et commander les détachements qui devront partir demain. La 1ère pour Vergato aura 50 hommes. La 2e pour Sasso aura 30 hommes. La 3e pour Montetortore 150 hommes. Et la 4e pour Bazzano aura 20 hommes.
Le 31 de ce mois, ces détachements rentreront à Bologne ; j’ai envoyé des ordres divers à M. le chef de bataillon Vernier pour cette opération ; il donnera pour ces trois jours des ordres aux postes de Castel Franco et d’Anzola. Veuillez je vous prie, en faire prévenir les commandants
" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 138 page 289).

Le 29 mars 1810, le Général de Division Grenier écrit, depuis Bologne, au Colonel Avice, du 29e Régiment de Dragons, commandant le département du Panaro, à Modène : "... Comme je vous l’ai mandé par ma lettre du 27, recommandez à M. Maurie de pousser des colonnes mobiles jusqu’à Sestola, en ayant soin d’établir des troupes par échelons et des garder les rives du Panaro par des détachements assez forts pour ne pas craindre de surprises.
Engagez M. le préfet à avoir des espions dans la montagne pour connaitre les habitudes des brigands et les maisons qui les recèlent ; tous les habitants convaincus de leur donner asile, doivent être arrêtés, mais la gendarmerie doit constater ces arrestations, et les causes, par des procès-verbaux pour être avec les individus remis à l’autorité compétente
" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 139 page 291).

Le 30 mars 1810, le Général de Division Grenier écrit, depuis Bologne, au Prince Eugène Napoléon, Vice-Roi d’Italie : "J’ai l’honneur de mettre sous les yeux de Votre Altesse Impériale des demandes en faveur de monsieur ... Lambert Henry, capitaine au 106e régiment ..." (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 139 page 291).

Le même 30 mars 1810, le Général de Division Grenier écrit aussi, depuis Bologne, au Chef de Bataillon Maurie du 106e Régiment, à Sassuolo : "J’ai reçu monsieur le rapport que vous m’avez adressé de Sassuolo, le 29 courant, quoique vos troupes se trouvent bien disséminées par le projet que vous m’avez adressé ; je pense qu’il peut être mis à exécution pendant quelques jours, mais il faudra porter la compagnie de grenadiers du côté de San Dalmazzo pour être plus au centre de vos opérations, et peut-être même jusqu’à Pavolo (Pavullo ?) ; la compagnie de fusiliers restée à Modène y est réunie pour établir quelques postes vers la Mirandola, pays où se tiennent des déserteurs qui deviennent aussi des brigands ; mais vos deux compagnies d’élite et trois compagnies de fusiliers doivent vous suffire tant les postes à établir que pour les colonnes mobiles, d’autant plus que le commandant de la gendarmerie va envoyer dans le département quelques gardes de plus, et que j’invite le colonel du 29e de dragons à faire garder Sassuolo, Spilamberto, Vignola et Marano ; il convient donc que vous ayez deux colonnes mobiles, l’une à Sestola, l’autre à P… et la 3e à Gorzano ; il serait peut-être utile d’en former une 4e sur Brandola, afin de pouvoir suivre les brigands dans toutes les directions. J’écris à M. le préfet du département de profiter de la présence des troupes pour faire arrêter les déserteurs et conscrits réfractaires qui se trouvent dans les montagnes ; on ne doit pas se dissimuler que s’ils ne sont pas brigands ouvertement, ils sont au moins en connivence avec eux, puisqu’ils jouissent de leur protection" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 139 page 292).

Le 31 mars 1810, le Général de Division Grenier écrit, depuis Bologne, au Colonel Avice, du 29e Régiment de Dragons, commandant le département du Panaro, à Modène : "Ci-joint, vous trouverez, M. le colonel, une lettre que j’adresse au chef de bataillon Maurie et dont je vous prie de prendre connaissance ; vous donnerez les ordres nécessaires en conséquence ; vous verrez que j’adopte le projet qui m’a été soumis et que pour faciliter les opérations de l’infanterie, il est bon que vous fassiez occuper par des dragons les postes de Sassuolo, Spilamberto, Vignola et Marano.
Vous pourrez en raison de ce service, retirer les détachements que vous avez à Crevalcore et Nonantola. Il emporte de finir avec les brigands qui sont dans le département du Panaro, attendu que je serai peut-être obligé de retirer les troupes que j’y ai envoyé, et ce sous dix ou douze jours au plus tard ; alors, tout le service restera encore à la charge de votre régiment.
Vous trouverez aussi sous ce pli une lettre du préfet du Panaro, avec ses projets de perlustration dans les environs de la Mirandola ; vous êtes sur les lieux, employé à cette opération ; quand vous l’aurez concerté avec le préfet, la compagnie du 106e régiment, qui est à Modène, quelques gardes nationales et de dragons ; je pense que c’est tout ce qu’il faut ; mais il est nécessaire de suivre cette opération en même temps que celle du … Je vous envoie la lettre que j’écris au préfet du Panaro ; prenez en connaissance, et la lui envoyer après l’avoir cachetée
" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 140 page 293).

Le 1er avril 1810, le Général de Division Grenier écrit, depuis Bologne, au Préfet du Bas-Pô, à Ferrare : "En suite des instructions de Son Excellence le Ministre du Trésor du Royaume d’Italie, j’ai l’honneur de vous prévenir, monsieur le préfet, que j’enverrai le 8 de ce mois à Ferrare un détachement du 106e régiment pour recevoir et ramener du 9 au 10 à Bologne, un convoi de 200000 francs que la caisse du département du Bas-Pô doit faire verser à celle de Bologne ; je vous prie de donner les ordres nécessaires pour que cette somme soit remise et apportée de Ferrare à l’époque fixée afin de ne pas faire éprouver de retard à ce détachement" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 141 page 296).

Le 1er avril 1810, le Général de Division Grenier écrit, depuis Bologne, au Général Vignolle, Chef de l’Etat-major général, à Milan : "… Par suite, le 106e ayant un bataillon dans les montagnes de Modène, et devant fournir à lui seul tous les postes sur les frontières de la Toscane et garder les passages entre le Bas-Pô et le Reno, se trouvera entièrement disséminé sans pouvoir s’occuper ni de réparations, ni d’instruction ; tel est l’état de choses et vous concevez qu’envoyer un bataillon du 9e de ligne à Modène, jusqu’au 14 avril seulement, c’est le fatiguer de marcher et contre marcher qui ne mèneraient à rien …" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 142 page 298).

Le 3 avril 1810, le Général de Division Grenier écrit, depuis Bologne, au Général de Brigade Pouchin, commandant le département du Reno : "J’ai chargé le chef de l’état-major de la 2e division de vous adresser, mon cher général, l’état des troupes stationnées dans le département du Reno, et les postes que j’ai cru devoir faite établir pour le maintien de la tranquillité publique ; les mesures de circonstance que j’ai été dans le cas de prendre dès mon arrivée ici cessent demain ; vous recevrez, à date du 5, tous les rapports, tant ceux des postes des troupes de ligne que de la gendarmerie et correspondrez pour tout genre de service dans le département avec M. le préfet ; vous me rendrez compte de vos opérations en me faisant connaitre tout ce qui arrivera d’important ; vous remarquerez par la distribution des postes que tout un bataillon du 106e régiment est employé, que l’autre étant nécessaire au service de la place, escortes, etc. et devant dans 15 jours relever celui détaché, il est impossible de déférer aux demandes de troupes que l’on pourra vous faire ; dans des circonstances urgentes seulement des détachements pourront se prendre sur la garnison, mais ils ne devront pas être employés à poste fixe, et devront rentrer dans le terme de deux ou trois jours, mon intention étant d’envoyer incessamment le 53e régiment, à l’exception du bataillon qui est à Imola, et que j’y maintiendrai dans le département du Rubicon, je n’ai pas fait comprendre le régiment dans l’état des troupes italiennes celui du Reno, quoiqu’il soit possible que je le conserve jusqu’au 10" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 144 page 302).

Le 4 avril 1810, le Général de Division Grenier écrit, depuis Bologne, au Général Vignolle, Chef de l’Etat-major : "... A dater de demain 5, le 106e régiment distribué sur les points principaux dans le département, et le bataillon qui est à Imola, 4 compagnies, je ferai rentrer le restant, à l’exception du bataillon qui est à Imola et qui sera employé dans le Reno, que lorsque j’aurai la … que le Bataillon du 9e me restera jusqu’à la fin du mois ..." (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 146 page 305).

Le 10 avril 1810, le Général de Division Grenier écrit, depuis Bologne, au Général Pouchin : "... Le département du Panaro est inquiété dans ses cantons montueux par deux bandes de brigands connues sous la dénomination l’une des Cemini, l’autre de Casalotte ; un bataillon du 106e et un du 9e de ligne sont à leur poursuite, on espère que ces bandes seront détruites d’in au 15 de ce mois …" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 149 page 312).

1812

Le 8 juillet 1812, l'Empereur écrit, depuis Vilna, au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, à Paris : "Monsieur le Duc de Feltre ... Le 5e bataillon du 13e de ligne français est à Palmanova ; donnez ordre qu'il se rende à Udine. Palmanova est très-malsain : les troupes italiennes y suffiront ; d'ailleurs, ce bataillon pourra toujours, en cas d'événement, se jeter dans Palmanova. Donnez le même ordre pour le 106e, qui est à Venise : qu'il se rende à Udine, ce qui formera dans cette ville une 2e demi-brigade provisoire. Un major en prendra le commandement. Ces deux bataillons seront toujours à même de se jeter de là dans Palmanova ou dans Venise, selon les circonstances, et en attendant ils seront en bon air. Venise aura suffisamment de troupes, puisqu'il restera 4,000 hommes de garnison indépendamment de ce que vous retirerez ; mais par là vous sauverez bien des hommes" (Correspondance de Napoléon, t.24, lettre 18928 ; Correspondance générale de Napoléon, t.12, lettre 31153).

1813

Le 10 janvier 1813, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, il sera formé un 6e bataillon au dépôt du 9e de ligne.
Idem du 35e, 53e, 84e, 92e et 106e. Vous nommerez sur-le-champ les chefs de bataillon. Les officiers et sous-officiers formant les cadres seront nommés sur-le-champ au dépôt ...
Les officiers et sous-officiers formant les cadres seront nommés au dépôt, et l'on prendra ce qui serait nécessaire dans les cadres des bataillons qui se trouvent actuellement au-delà des Alpes ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.13, lettre 32254).

le 17 janvier 1813, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Peltre, il ne faut rien prendre de la conscription 1813 dans les 40 régiments dont l'état suit, savoir : ... 106e ... Total, 40 régiments.
Il faut au contraire leur donner, sur l'appel des 100 000 hommes, de quoi porter leur dépôt à 2500 hommes afin de compléter les 5e et 6e bataillons et ce qu'ils ont en France. Il suffira, pour les 5 derniers, de les porter à 2000 ...
Il faut donc, après que le corps d'observation de l'Elbe, le corps d'observation d'Italie et les 2 corps d'observation du Rhin seront partis, pouvoir former un corps de réserve avec ce qui existe dans les 40 dépôts ci-dessus désignés, avec ce qu'ils reçoivent de la conscription de 1813 et ce qu'ils vont recevoir sur la levée des 100 000 hommes.
Ce corps de réserve serait composé de 120 bataillons fournis par les 40 régiments ci-dessus. Il faut y ajouter un bataillon de marche des 8e et 18e légers ; un autre du 3e et du 105e ; d'autres bataillons de marche, formés de 2 compagnies tirées des 34 dépôts de la Grande Armée ; plus 5 bataillons de marche de la 32e division militaire. Cela ferait donc environ 150 bataillons ou une réserve de 120 000 hommes qui partirait avec les cadres des 5e et 6e bataillons et avec les cadres qui reviennent de la Grande Armée.
P.S. Je vous prie d'observer que cette lettre dérange quelque chose à l'approuvé que j'ai donné, dans mes lettres précédentes, aux dispositions faites par les bureaux pour compléter les régiments provisoires et différents corps.
Aussitôt que le chef de division aura terminé, il m'apportera ce travail
" (Correspondance générale de Napoléon, t.13, lettre 32318).

- Frontière de l'Espagne

Le 21 janvier 1813, l'Empereur écrit, depuis Fontainebleau, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, j'approuve qu'il soit formé une nouvelle division de réserve de Bayonne, que cette division soit composée ... du 4e du 106e ...
Ces hommes ne devront pas entrer en Espagne, mais garder Bayonne, Pau, la vallée d'Aran, Irun, la Bidassoa, et s'il est nécessaire, aller jusqu'à Saint-Sébastien. Ils sont destinés à mettre nos frontières à l'abri de toute inquiétude, et cela jusqu'au mois de mai. Au mois de mai, il sera formé une autre division de réserve de Bayonne du même nombre de bataillons et à peu près des mêmes régiments dont vous ferez revenir d'autres cadres.
Lorsque cette réserve sera formée, ces 9 bataillons pourront entrer en Espagne pour rejoindre leurs régiments ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.13, lettre 32373).

- Allemagne

Le 30 janvier 1813, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Duc de Feltre : "... Donnez l'ordre que les compagnies du 9e, du 35e, du 53e, du 106e, forment un bataillon de 4 compagnies et se rendent à Glogau, où elles seront incorporées dans leurs 1er bataillons au 4e corps de la Grande Armée ..." (Chuquet A. : « Inédits napoléoniens », Paris, 1913, t.1, lettre 734 ; Correspondance générale de Napoléon, t.13, lettre 32545).

- Italie

Le 21 janvier 1813, l'Empereur écrit, depuis Fontainbleau, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre ... J’ai examiné le projet de mouvement que vous avez préparé pour les 3 divisions françaises du Corps d’Observation d’Italie. Il en résulte que la 1re division sera réunie le 22 à Vérone, et la 2e à y sera réunie le 23.
Je pense en conséquence que vous pouvez retarder le départ ... De même pour le détachement du 106e, de même pour le 4e bataillon du 10e de ligne. Au lieu de le faire partir le 16 vous pourrez ne le faire partir que le 20 ...
En général, rectifiez votre travail et faite partir les troupes le plus tard possible de leurs dépôts, mais de manière ç obtenir le résultat suivant : que la 1re division soit réunie à Vérone le 22, la 2e le 25, et 3e le 30 ...
Recommandez au Général Vignolle, qu’aussitôt que la 1re division qui doit arriver à Vérone le 22, s’y trouvera réunie, il la fasse mettre en marche pour Trente, Roveredo et Brixen, où elle prendra ses cantonnements jusqu’à nouvel ordre.
La 2e division prendra ses cantonnements à Vérone.
La 3e division pourrait tout entière être réunie à Mantoue.
Vous donnerez ordre que la division Italienne soit réunie à Brescia ; de sorte que ces 4 divisions puissent s’il est nécessaire partir avant le 10 mars pour entrer en Allemagne ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.13, lettre 32377).

Le 5 février 1813, depuis Paris, au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la guerre, à Paris : "Monsieur le Duc de Feltre, je n'approuve pas la formation des cinquante demi-brigades provisoires, formant cent cinquante bataillons, pour la garde de l'intérieur ; voici de quelle manière ce travail doit être fait ...
ITALIE.
Il sera formé, pour l'Italie, quatre demi-brigades, ainsi qu'il suit : 31e demi-brigade, les 6es bataillons du 9e, du 35e et du 53e ; 32e demi-brigade, les 6es bataillons du 54e, du 92e et du 106e ; 33e demi-brigade, les 6es bataillons du 112e, du 13e de ligne et le bataillon du 8e léger qui revient d'Espagne ; 34e demi-brigade, les 6es bataillons du 8e léger, du 18e et du 36e.
Il sera formé, en outre, six bataillons de garnison : deux pour Palmanova, deux pour Venise, un pour Ancône, un pour Livourne ; total, six.
Ces troupes seront mêlées avec vingt-quatre bataillons italiens, de manière à former deux belles divisions, qui pourront surveiller, l’une les provinces illyriennes, Venise et le Tyrol ; l’autre, Ancône, la Toscane et Rome.
Cette organisation sera l'objet d'un travail particulier ...
" (Correspondance de Napoléon, t. 24, 19538 ; Correspondance générale de Napoléon, t.13, lettre 32615).

Le 4 mars 1813, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, avez-vous envoyé quelqu'un à Augsbourg pour former les seconds bataillons des 9e de ligne, 35e, 53e, 84e, 92e et 106e.
Je vois que le 9e n'a fait partir que 500, le 35e que 400, le 53e que 700, le 84e que 500, le 92e que 500, le 106e que 700. Cela ne sera pas suffisant pour compléter les seconds bataillons. Je pense donc qu'il est convenable que vous donniez l'ordre qu'au lieu de garder les cadres de 6 compagnies on ne garde que les cadres de 4 et que ces 4 cadres avec les 2 que le 1er bataillon a laissé à Glogau forment le 2nd bataillon. Les 2 autres cadres du 2nd bataillon iront en Italie ou avec les 4 cadres du 1er bataillon, on reformera le 1er bataillon ; ainsi ces corps auraient en Italie leurs 1er, 3e, 4e, 5e et 6e bataillons. Il y a à Bamberg un détachement des garnisons de vaisseau, qui attend ces cadres.
Il serait convenable que ces 6 bataillons se réunissent et forment une division afin de ne pas marcher isolément. Comme Augsbourg est sur la route d'Italie, envoyez un officier pour présider à la formation de ces bataillons et les réunir en s'écartant un peu d'Augsbourg afin de ne pas être sur la route que doit suivre le corps d'observation d'Italie
" (Correspondance générale de Napoléon, t.13, lettre 32989).

Le 6 mars 1813, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, à Paris : "Monsieur le Duc de Feltre, le 4c corps de la Grande Armée sera supprimé et réuni au corps d'observation d'Italie. En conséquence, les 2es bataillons des 9e, 35e, 53e, 106e, 84e et 92e régiments, qui s'organisent à Augsburg, y attendront le passage du général Bertrand. Ces six bataillons formeront une brigade.
Vous donnerez ordre à trois majors de ces régiments de partir d'Italie en poste pour aller prendre le commandement chacun de deux bataillons.
Les six bataillons formeront donc trois régiments provisoires de la manière suivante : ... 44e régiment provisoire, le 2e bataillon du 53e et le 2e bataillon du 106e ...
Le général Bertrand placera cette brigade dans sa division la plus faible ; ce qui portera le nombre de ses bataillons de 51 à 57.
Tout ce que le 4e corps a dans Glogau sera inscrit comme garnison de Glogau.
Les colonels de ces six régiments se rendront à leurs dépôts en Italie, ainsi que les majors en second, s'il y en a encore.
Toutes les administrations, états-majors d'artillerie et du génie et officiers d'état-major qui appartiennent au 4e corps d'armée, seront attachés au corps d'observation d'Italie
" (Correspondance de Napoléon, t. 25, 19670 ; Correspondance générale de Napoléon, t.13, lettre 33040).

Le même 6 mars 1815, l'Empereur écrit encore, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, j’ai examiné le travail que vous m’avez présenté le 28 févier dernier relativement à la formation des 34 demi-brigades provisoires ...
Le 9e, le 5e, le 53e, le 84e, le 92e et le 106e qui sont en Italie, garderont tous leurs bataillons en Italie hormis leur second bataillon qui s’organise à Augsbourg.
En conséquence, le 1er bataillon sera complété par 2 compagnies qui seront créées du 5e bataillon, pour équivaloir aux 2e compagnies restées à Glogau. Le 3e et le 4e bataillons se formeront également en Italie, ce qui fera 3 bataillons par régiment ou 18 bataillons pour l’Italie ...
Vous remarquerez que le 8e et le 18e n’auront que leur second bataillon à Glogau. Cela exigera l’envoi d’un nombre beaucoup plus considérable de conscrits en Italie, afin de compléter les 18 bataillons que fourniront les 9e, 35e, 53e 84e, 82e (Note : la copie porte en marge que le nombre 92 est écrit au crayon) et 106e régiments ; mais ces 18 bataillons réorganiseront ces régiments et seront une véritable ressource pour la fin de la campagne, en même temps qu’ils formeront une colonne mobile pour l’Italie
" (Correspondance générale de Napoléon, t.13, lettre 33036).

Le 17 mars 1813, l'Empereur écrit, depuis Trianon, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Peltre ... La 2e division du corps d'observation d'Italie sera commandée par le général Pacthod ...
Les six bataillons de l'ancien 4e corps, qui forment aujourd'hui les 43e, 44e et 45e régiments provisoires, seront réunis aux divisions du corps d'observation d'Italie de la manière suivante :
... Le 44e régiment provisoire, formé du 53e et du 106e, sera réuni à la 2e division, et la portera à 16 bataillons ... Au total, cette mesure portera le corps d'observation d'Italie à 58 bataillons, en comptant la division italienne de 13 bataillons
" (Correspondance générale de Napoléon, t.13, lettre 33267).

Le 8 septembre 1813, le Général Grenier écrit, depuis Saint-Jean, au Prince Eugène : "Je reçois à 11h15 avant midi la lettre que V. A. I. m’a fait l’honneur de m’écrire hier 7. Je suis extrêmement surpris que V. A. n’ait encore reçu aucune de mes lettres ; j’ai écrit du champ de bataille de Feistritz à 6 heures du soir, la lettre a été remise à un capitaine de voltigeurs du 106e nommé Martinet ; une 2de lettre a été adressée à V. A. de Saint-Jean, elle a été remise à un officier de sa garde royale qui m’avait été envoyé par le général Lecchi. Par cette dernière je faisais connaître à V. A. que j’avais poursuivi l’ennemi l’épée dans les reins jusqu’ici jusqu’à 8 du soir. Enfin j’ai eu l’honneur d’écrire hier matin à Votre Altesse et ai remis moi-même à Kirchenten ma lettre à un officier d’infanterie légère qui commandait un détachement de 200 hommes que j’envoyais au Leobel pour communiquer avec la division Marcognet, l’ennemi ayant abandonné cette position la nuit du 6 au 7 à minuit. Par cette lettre je faisais connaître à V. A. la position des troupes.
Aujourd’hui à 7 h du matin j’ai encore écrit à V. A. pour lui faire connaître par quels chemins l’ennemi s’était retiré, les ordres que j’avais donnés pour la démolition des ouvrages de Feistritz, ayant en cela prévu ses intentions.
Le 5 il n’y avait plus de munitions d’artillerie à Tarvis, un caisson de ceux consommés à Rosseck n’a pu être chargé, au reste nous avons consommé peu de munitions d’artillerie, mais considérablement de cartouches d’infanterie. J’ai donné les ordres nécessaires pour les prompts remplacements
" (Papiers du Général Paul Grenier. XI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 13 page 37).

Le 13 septembre 1813, une lettre est adressée, depuis Laybach au Général Marcognet, à Zchlza (par le Général Grenier ?) : "Mon cher général comme je vous l’ai dit ce matin, l’intention de S. A est que vous fassiez toutes les dispositions nécessaires pour que les 3 bataillons du 53e et celui du 112e suffisent pour la défense du pont de Czerniere au moins pendant 48 heures et que les 2 autres bataillons de la 29e demi-brigade avec tout le 106e régiment soient portés demain matin savoir, le 106e sur la route de Carlstadt avec une demie batterie d’artillerie en arrière de la ligne occupée en événement par la garde royale italienne ; et les 2 bataillons de la 29e passant à Kaltenbrunn dont il faut rétablir le pont cette nuit à Dobruina passant par Vissovick pour de là continuer leur mouvement sur Cipagloa en ayant soin de marcher constamment à hauteur de la colonne, suivra la grande route ; 1 heure au départ de Dobruina sera déterminée par un avis particulier ce soir encore ou demain matin ; cette colonne devra avoir soin de s’éclairer sur la gauche vers la Save et dans toutes les directions, son objet étant de déborder la droite de la position de l’ennemi qui doit être à Saint-Marin ; si le général Dupeyroux reste au pont de Czeniere le général Gamin pourra être chargé de la direction de cette colonne et vous marcheriez avec celle du 106e pour être plus à portée de recevoir les ordres que j’aurais à vous transmettre de la part de S. A. le Vice-Roi.
… S. A. désire conserver le pont de Czerniere par tous les moyens possibles ; cependant si l’ennemi parvenait à repousser le 53e et que l’on eut pas le temps de le replier il faut en défendre le passage avec l’artillerie et enfin y mettre le feu à la dernière extrémité et lorsque l’on aura employé vraiment tous les moyens possibles pour le conserver. Donnez donc, mon cher général, vos instructions en conséquence
" (Papiers du Général Paul Grenier. XI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 2 page 15).

Le 15 septembre 1813 à 10 heures 30 du soir, le Général Grenier écrit, depuis Laybach (destinataire non indiqué : au Général Marcognet ?) : "... 11h et un quart je donne ordre au général Janin de mettre le 106e toute entier en mouvement demain à 7 h du matin au plus tard, ainsi vous aurez toute votre division réunie (moins cependant un bataillon que vous laisserez au pont) pour agir offensivement contre l’ennemi et l’attaquer avec vigueur ..." (Papiers du Général Paul Grenier. XI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 17 page 45).

Le même 15 septembre 1813, le Génréal Grenier ordonne : "Monsieur le général Janin fera prendre les armes demain 16 septembre à 7 heures du matin au 106e régiment et le conduira au pont de Czernuze où ce général recevra des ordres ultérieurs du général Marcognet ; le poste de Kaltenbrunn suivra le mouvement du régiment ; celui qui est chez moi y restera où sera relevé par un autre comme le voudra le colonel" (Papiers du Général Paul Grenier. XI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 22 page 55).

Le 16 septembre 1813, le Général Grenier écrit, depuis Laybach (au Général Marcognet - non précisé sur le document) : "... Demain à deux heures du matin vous vous mettrez en route avec la 29e demi-brigade, pour réunir au 106e, venir occuper la position en arrière de Saint-Marin, qui était occupée par la garde royale le jour où vous fîtes votre reconnaissance sur Veichselbourg.
Comme l’intention de S. A. I. et que vous teniez avec ces sept bataillons, pendant quelques jours la position indiquée, il convient de bien reconnaître le pays et prendre cependant à l’avance les dispositions suivantes, que vous pourriez ensuite rectifier.
A la pointe du jour les troupes seront établies ainsi qu’il suit :
A la position en arrière de Saint-Marin, cinq bataillons sur deux lignes, gardant fortement la grande route de Veichselbourg, et à l’embranchement d’Auersberg, se liant par la gauche avec un bataillon qui devra être sur les hauteurs en avant de Dobruina.
Le 7e bataillon serait placé avec la majeure partie de l’artillerie à Augnig, et dans le cas où S. A. I. laisserait à ce village des bataillons de la garde, alors ce 7e bataillon pourrait faire partie de votre seconde ligne.
Pour que le bataillon qui sera placé à Dobruina ne puisse être inquiété sur ses derrières, il faudra placer en arrière de lui à environ trois quarts de lieue les deux pièces d’artillerie du 106e régiment, avec deux compagnies du même corps pour les garder. M. le général Janin connait particulièrement le point sur lequel ces deux pièces devront être établies …
" (Papiers du Général Paul Grenier. XI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 24 page 59).

Le 17 septembre 1813, à 9 heures du soir, le Général Grenier écrit, depuis Laybach au Colonel Grobon du 53e Régiment : "M. le colonel, ensuite des intentions de S. A. I. le Prince Vice-Roi, le régiment que vous commandez doit être relevé cette nuit et demain matin au pont de Czernuze et ses avant-postes ... Aussitôt que vous serez relevé, vous mettrez votre régiment en mouvement et vous vous porterez sur les hauteurs en avant de Dobruina, où vous trouverez un bataillon du 67e et un autre du 106e régiment. Vous ferez relever de suite ces deux bataillons, qui devront sans tarder rejoindre M. le général de division Marcognet, à la position en arrière de Saint-Marin sur la route de Carlstadt, et que le chef de bataillon du 67e connaît déjà; vous trouverez à moitié chemin de Laybach à Dobruina, deux bouches à feu d’une des batteries de la division, et gardées par une ou deux compagnies du 106e, vous les ferez relever par votre artillerie régimentaire, et lui laisserez la garde nécessaire.
Vous donnerez ordre au détachement d’artillerie de rejoindre M. le général Marcognet et aux compagnies du 106e leur régiment ...
" (Papiers du Général Paul Grenier. XI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 26 page 63).

Encore le 17 septembre 1813, à 9 heures du soir, le Lieutenant-général Comte Grenier écrit, depuis Laybach (pas de destinataire indiqué, sans doute le Général Marcognet) : "Mon cher général je vous préviens ce que tous les ordres sont donnés pour que le 53e régiment soit relevé à la pointe du jour au pont de Czernuze ; mais Son Altesse Impériale veut qu’il occupe la position de Dobruina ; je dirige en conséquence ce régiment sur ce point et je donne l’ordre au colonel Grosbon de vous envoyer de suite les bataillons du 67e et 106e régiment que vous placerez en arrière de votre 2e ligne. Son altesse s’est particulièrement déterminée à cette disposition parce qu’en revenant à Laybach on a entendu des coups de fusil dans la direction de Dobruina et qu’il importe pour votre gauche que ce point soit fortement occupé ; tâchez d’établir une bonne communication du petit château où est le général Janin sur Dobruina, le 53e devra même placer s’il est possible un fort poste intermédiairement entre votre gauche et sa position.
J’ai chargé le colonel Grosbon de donner ordre à votre batterie d’artillerie de vous rejoindre, ainsi qu’aux deux pièces que vous avez dû envoyer en arrière de Dobruina. Débarrassez-vous de vos caissons de vivres qui sont trop près de votre ligne, vous pourriez également envoyer au premier village en arrière de vous votre réserve d’artillerie
" (Papiers du Général Paul Grenier. XI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 29 page 69).

Le 20 septembre 1813, le Lieutenant-général Comte Grenier écrit, depuis Laybach, au Général Marcognet : "Mon cher général, j’ai reçu votre rapport de ce jour ; comme je vous l’ai annoncé hier la division italienne arrive aujourd’hui à Laschitz et doit se porter demain sur Obergurck à hauteur de Veichselbourg, il faut donc vous mettre vous-mêmes en mesure de marcher demain et d’attaquer l’ennemi devant vous s’il ne quitte pas sa position par suite du mouvement de la division italienne ; l’intention de S. A. I. est que vous fassiez attaquer ce soir vers 4 heures le poste de Veiskirck et que vous vous en rendiez maître en ayant soin de le conserver afin de faire craindre à l’ennemi pour sa gauche ...
Il est probable que le Prince se rendra demain à votre position, faites tous vos préparatifs pour l’attaque qui je pense offre quelque facilité par le ravin où est monté dernièrement la compagnie de voltigeurs du 106e pour reconnaître l’ennemi ...
" (Papiers du Général Paul Grenier. XI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 35 page 81).

Le 20 octobre 1813, depuis le Quartier général à Gemona, est donné l'ordre de mouvement suivant : "... La division aux ordres de M. le Général Rouyer fournira à la garnison d’Osoppo un détachement de 120 hommes pris sur ceux les plus faibles et les moins bons marcheurs, dont les propositions ci-après savoir :
30 hommes du 7e de lignes
30 hommes du 52e de ligne
et 60 hommes du 35e de ligne
total 120.
Ces détachements seront conduits par des officiers de chaque corps au commandant de la place d’Osoppo pour faire partie de sa garnison et être provisoirement mis en subsistance dans le bataillon de dépôt du 106e régiment. Ces hommes s’en feront donner récépissés écrits qu’ils rapporteront à M. le général de division pour être transmis par lui au lieutenant général, afin d’en constater le versement à S. A. I.
Il est entendu que d’après cette disposition aucun officier ou sous-officier ne doit faire partie de la force de ces détachements puisqu’ils doivent rentrer à leur corps après remise faite ...
Il sera donné avis au commandant d’Osoppo du détachement qui doit être fourni comme supplément à sa garnison par la 2e division ainsi que des formalités à remplir pour l’exécution de cette disposition ...
" (Papiers du Général Paul Grenier. XI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 54 page 124).

Le même 20 octobre 1813, est donné, depuis le Quartier général à Gemona, l' "Ordre de mouvement pour le 21
La deuxième division aux ordres de M. Le général Rouyer ira cantonner demain à Saint-Daniel et environs ...
La division aux ordres de M. le général Gratien fournira à la garnison d’Osoppo un détachement de 120 hommes pris sur ceux les plus faibles et les moins bons marcheurs dans la proportion ci-après : savoir 30 hommes du 7e de ligne, 30 hommes du 52e et 60 hommes du 35e.
Ces détachements seront conduits par des officiers de chaque corps au commandant de la place d’Osoppo pour faire partie de sa garnison et être provisoirement mis en subsistance dans le bataillon de dépôt du 106e régiment. Les officiers et sous-officiers chargés de la conduite et remises de ces hommes s’en feront donner récépissé qu’ils rapporteront à M. le général de division pour être transmis par lui au lieutenant général afin d’en constater le versement à S A. I.
Il est entendu que d’après cette disposition aucun officiers ou sous-officiers ne doit faire partie de la force de ces détachements, puisqu’ils doivent rentrer à leur corps après remise faite ...
" (Papiers du Général Paul Grenier. XI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 57 page 130).

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