Le 106e Régiment d'Infanterie de Ligne

1796-1815

Avertissement et remerciements :

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/ 1798, Armée d'Helvétie

Le 12 juillet 1798 (24 messidor an 6), le Général Schauenburg écrit au Citoyen Perrin, chef de la 106e Demi-brigade : "Il a été présenté à ma signature, Citoyen chef, un congé délivré en vertu d'une lettre du Ministre de la guerre au citoyen Aubry, sergent, dont la démission a été acceptée. Vous savez que l'arrêté du 19 Fructidor n'était applicable qu'aux sous officiers des divisions de l'intérieur, et il faut que la religion du Ministre ait été surprise pour qu'il ait expédié l'ordre et délivré un congé absolu à un sous officier de la 106e qui fait partie de l'armée active.
Je vais lui écrire à ce sujet, et j'ai lieu de croire qu'il révoquera l'ordre qu'il a donné, sans doute parce qu'il ignorait que vous eussiez rejoint l'armée d'Helvétie" (Force d’occupation : une armée au quotidien à l’époque du Directoire : les forces françaises en Suisse, juillet-août 1798 – BNUS, MS 475/720).

Le même 12 juillet 1798 (24 messidor an 6), le Général Schauenburg écrit au Citoyen Schérer, Ministre de la guerre : "Le conseil d'administration de la 106e 1/2 brigade à présenté à ma signature un congé absolu qu'il a délivré au citoyen Aubry, sergent, d'après votre lettre en date du 8 Messidor [26 juin 1798]. L’arrêté du 19 Fructidor [5 septembre 1797 ?] n'étant applicable qu'aux divisions de l'intérieur, vous avez sans doute cru que la 106e 1/2 brigade était encore dans ce cas. Mais comme elle fait aujourd'hui partie de l'armée de Suisse, j'ai cru devoir différer d'approuver le congé du citoyen Aubry et vous en rendre compte des motifs qui m'y engageaient, et j'écris en conséquence au conseil de cette demi-brigade" (Force d’occupation : une armée au quotidien à l’époque du Directoire : les forces françaises en Suisse, juillet-août 1798 – BNUS, MS 475/719).

Toujours le 12 juillet 1798 (24 messidor an 6), le Général Schauenburg écrit encore au Chef de la 106e Demi-brigade : "D'après les nouveaux renseignements que vous m'avez communiqués, Citoyen chef, sur la réclamation des musiciens Laucher, Musier et Colombet, je la regarde comme non avenue et vous voudrez bien, s'ils se permettaient de quitter le corps, les faire juger comme déserteurs.
P.S. Votre quartier mtre gral m'a présenté une demande de buffleterie, que j'ai renvoyée au commissaire des guerres Dufour, avec ordre de délivrer en proportion de ce qui reste dans le magasin
" (Force d’occupation : une armée au quotidien à l’époque du Directoire : les forces françaises en Suisse, juillet-août 1798 – BNUS, MS 475/721).

Le 13 juillet 1798 (25 Messidor an 6), le Général Schauenburg écrit : "Aux commandants des 44e 1/2 brigade, 103e 1/2 brigade et 106e 1/2 brigade et au chef de brigade du 7e régiment de chasseurs à cheval.
Vous ferez passer, Citoyen chef, à votre capitaine d'habillement à Berne une quittance signée de vous pour la somme de 2'400 # (pour chaque 1/2 brigade de ligne ci-contre et celle de 1'500# pour le régiment de chasseurs à cheval). Cet officier recevra des instructions sur 1'emploi qui doit en être fait
" (Force d’occupation : une armée au quotidien à l’époque du Directoire : les forces françaises en Suisse, juillet-août 1798 – BNUS, MS 475/728).

Le 20 juillet 1798 (2 Thermidor an 6), le Général Schauenburg écrit au Chef de la 106e : "Je vous renvoie onze congés et quatre certificats signés de moi. Je vous renvoie également toutes les pièces auxquelles il manque les formalités suivantes :
1) Les états doivent être faits triples, savoir deux pour le ministre et un pour moi ;
2) Les mémoires de proposition doivent être doubles, notamment ceux des hommes proposés aux invalides, qu'il est urgent d'expédier au Ministre de la guerre pour faciliter leur admission ;
3) Les certificats des officiers de santé doivent être inscrits au dos des congés et certifiés par le conseil d'administration. Vous voudrez bien ne pas les délivrer avant d'avoir fait faire cette inscription.
Après ces formalités remplies, vous me renverrez toutes les pièces le plus promptement possible.
Quant aux congés de réforme, je les ai également signés, quoique les certificats ne soient pas doubles et qu'ils ne soient pas inscrits en dos des congés. Vous voudrez bien réparer cette omission et m'envoyer aussi les certificats des camarades qui constatent les infirmités de Lambert, Thibie, Simon et Berger
" (Force d’occupation : une armée au quotidien à l’époque du Directoire : les forces françaises en Suisse, juillet-août 1798 – BNUS, MS 453/4).

Le 23 juillet 1798 (5 Thermidor an 6), le Général Schauenburg écrit au Citoyen Perrin, Chef de la 106e Demi-brigade, à Fribourg : "J'ai pris en considération, Citoyen chef, le repentir que témoigne le militaire Vitu [?] grenadier traduit devant le Conseil de guerre pour avoir manqué à son corps. Je donne ordre au commandant de la place de le mettre en liberté. Vous redemanderez en conséquence la plainte qui a dû être envoyée au rapporteur du Conseil de guerre.
Si cependant la détention qu'il a déjà subie n'est pas proportionnée à la faute, vous lui infligerez telle punition de discipline que vous jugerez convenable.
J'ai remis à votre capitaine d'habillement les congés présentés à ma signature
" (Force d’occupation : une armée au quotidien à l’époque du Directoire : les forces françaises en Suisse, juillet-août 1798 – BNUS, MS 475/786).

Le lendemain 24 juillet 1798 (6 Thermidor an 6), le Général Schauenburg écrit au commandant de la place de Berne : "Vous ferez mettre en liberté, Citoyen commandant, le nommé Vitu [?], grenadier de la 106e détenu au Conseil de guerre. J'ai eu égard au repentir qu'a témoigné ce militaire et l'ai renvoyé à la [mot illisible, suite ?] du corps" (Force d’occupation : une armée au quotidien à l’époque du Directoire : les forces françaises en Suisse, juillet-août 1798 – BNUS, MS 475/792).

Le 29 juillet 1798 (11 Thermidor an 6), le Général Schauenburg écrit au Citoyen Schérer, Ministre de la guerre : "Citoyen Ministre, j'ai reçu votre lettre du 5 de ce mois [23 juillet 1798], par laquelle vous m'informez que la 44e, 76e et la 106e ½ brigade de ligne, 5e et 20e légère n'ont point encore procédé à la nouvelle vérification des registres de matricule qui leur avait été ordonnée. J'avais cependant donné les ordres les plus précis pour l'exécution des dispositions prescrites par votre circulaire du 25 Ventôse dernier [15 mars 1798) mais je vous observe que de ces 5 corps, la 76e seule avait à cette époque deux bataillons à l'armée d'Helvétie. Les 44e et 106e n'y sont arrivées que dans le courant de messidor.
La 20e légère venue dans le même temps de l'armée de Mayence, est partie depuis un mois pour les dépts du Midi. Enfin la 5e légère n'est en Suisse que depuis un mois. Je vais néanmoins écrire de nouveau aux chefs de ces différents corps en leur ordonnant de procéder sans délai à une vérification qui intéresse aussi essentiellement la gloire et l'honneur de nos armées. Je leur prescrirai également de vous en adresser de suite le résultat
" (Force d’occupation : une armée au quotidien à l’époque du Directoire : les forces françaises en Suisse, juillet-août 1798 – BNUS, MS 475/813).

Le 30 juillet 1798 (12 Thermidor an 6), le Général Schauenburg adresse une "Circulaire aux chefs de la 44e, 76e et 106e ½ brigade et à celui de la 5e légère.
Le Ministre de la guerre vient de m'envoyer l'état des corps sous mes ordres qui n'ont pas encore satisfait à l'ordre qui leur a été donné de procéder à une nouvelle vérification des registres de matricule. J'ai vu avec surprise que la vôtre était de ce nombre. Je vous prie, Citoyen chef, de ne pas perdre de vue un objet aussi important puisqu'il a pour but de rechercher ceux de ces lâches émigrés, qui à l'aide de fausses inscriptions sur des registres de contrôle auraient pu obtenir leur rentrée sur le sol d'une patrie qu'ils ont si indignement trahie.
Vous voudrez bien, en m'accusant la réception de cette lettre, m'informer des dispositions que vous avez dû prendre pour remplir à cet égard les instructions du Gouvernement et me faire passer un double du compte que vous rendrez dans le plus court délai au Ministre de la guerre
" (Force d’occupation : une armée au quotidien à l’époque du Directoire : les forces françaises en Suisse, juillet-août 1798 – BNUS, MS 475/817).

Le 3 août 1798 (16 Thermidor an 6), le Général Schauenburg fait paraitre, depuis son Quartier-général à Berne, l'Ordre du jour suivant : "Le premier conseil de guerre de l'armée, séant à Zurich a dans sa séance du 9 thermidor [27 juillet 1798] condamné par contumace à la peine de mort le nommé Bertrand Berni, maréchal de logis en chef au 1er régiment d'artillerie légère, convaincu d'avoir frappé à coups de sabre ses officiers et en outre de désertion.
Même séance a condamné à la peine de cinq ans de fers le nommé Jean-Baptiste Birauet, tambour à la 106e convaincu de voies de fait envers ses supérieurs et d'avoir tenu des propos contre-révolutionnaires ...
L’adjudant-général, chef de l'état-major général Signé : Rheinwald
" (Force d’occupation : une armée au quotidien à l’époque du Directoire : les forces françaises en Suisse, juillet-août 1798 – BNUS, MS 482 p. 117-119).

Les 5-7 août 1798 (18-20 Thermidor an 6), le Général Schauenburg établit un "Règlement pour les services du camp
Service journalier
La division d'infanterie campée en avant de Berne sera partagée en deux brigades. Le plus ancien chef de bataillon des 14e et 44e demi-brigades sera chargé du service de la brigade de droite. Le plus ancien des 106e et 109e sera chargé du service de la brigade de gauche. Ces chefs de bataillon tiendront par conséquent un contrôle pour commander le service, conformément au titre 7 du règlement de campagne de 1792. Il leur sera fourni une table et les frais de bureau nécessaires et chacun d'eux est autorisé à prendre deux écrivains de leurs corps …
" (Force d’occupation : une armée au quotidien à l’époque du Directoire : les forces françaises en Suisse, juillet-août 1798 – BNUS, MS 482 p. 120-128 / 129-137).

/ 1799, Armée d'Italie

Un extrait d'une lettre d'un des divers Généraux employés dans l’aile gauche, adressée au Général Grenier raconte : "Suse le 1er Vendémiaire an 8 (23 septembre 1799)
Le corps aux ordres du général Kister a été attaqué très vigoureusement à 6 heures du matin, mais quelque supérieur que fut l’ennemi qui avait 7 pièces de très gros calibre, et 7 mille hommes, sans compter une nuée de paysans qui débordaient le corps ennemi dont il venait d’être porté, la retraite s’est faite en ordre et n’a pu être entamées. Cette affaire qui a été chaude et qui a duré jusqu’à dix heures du soir, nous a couté quelques prisonniers, 60 à 80 blessés et des morts dont il ignore le nombre. La 106e a fait des prodiges de valeur, l’aide de camp Boyer et le général Kister ont habilement manœuvré. Quelques conscrits n’ont pas aussi bien fait leur devoir" (Papiers du général Paul Grenier. III Pièces se rapportant à l'armée d'Italie. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 190 pages 392 et suivantes).

Le 25 octobre 1799, le Général Duhesme adresse, depuis Oulx, au Général Grenier, pour la 2e Division de l'aile gauche de l'Armée d’Italie, un Etat certifié et signé à Oulx : "Etat des recettes et dépenses faites, d’après les ordres du Général de Division Duhesme, par le préposé à la recette des contributions de cette Division ...
10 vendémiaire an 8 106e demi-brigade d’infanterie de bataille pour avance à titre de prêt 1200 livres ... le 3 Brumaire an 8 (25 octobre 1799)
" (Papiers du général Paul Grenier. II Pièces se rapportant à l'armée d'Italie. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 144 pages 301-302 (suite de la lettre du 25 octobre).

Le 5 novembre 1799 (14 Brumaire an 8), le Général de Division Duhesme écrit, depuis Venasca, au Général Grenier, commandant l’aile gauche de l’Armée : "Je vous préviens, mon cher général, que mon avant-garde est à Dronero et mon corps de bataille en avant de Venasca ; c’est tout ce que j’ai pu faire, les troupes sont éreintées.
... je vous croyais encore à Genola et rien ne m’étonna plus que de voir arriver par ce chemin une forte colonne qui commença une attaque très vigoureuse, en peu de temps les troupes que nous y avions porté furent mises en déroute.
Ce ne fut qu’en faisant des efforts incroyables et en me mettant à leur tête que je parvins à les rallier et à les décider à une charge qui éloigna l’ennemi du pont par lequel nous avions notre retraite et de plus l’ennemi avait pénétré sur la place avec de la cavalerie et de l’infanterie qu’il avait rangée en bataille et coupait la retraite à la 106e et partie de la 26e.
Mollard qui les commandait fait une charge, culbute l’ennemi et se fait un passage jusqu’à nous, alors nous rétablîmes le combat et primes une position qui nous couvrait la seule retraite que nous avions sur Lagnasco, route de Saluces, car l’ennemi étant à Votignasco nous avait aussi attaqué par cette route ; comme cela, nous avions toujours un pied dans Savigliano.
Nous tînmes jusqu’à la nuit, espérant toujours que nous serions secondés ; on vint alors me rapporter que l’ennemi avait envoyé un parti dans Saluces et un corps de troupes considérable à Villafalleto, je fis une fausse attaque sur cette route, et comme elle commençait à attirer l’attention de l’ennemi, je me retirais à la nuit close sur Lagnasco où je me reposais cinq heures et d’où j’ai marché par une marche de flanc sur Costigliole, j’y ai trouvé deux compagnie de la 63e que j’envoie à Dronero. Le général Kister a eu un cheval sous lui et mérite les plus grands éloges, je vous demanderai le grade de lieutenant pour son aide de camp qui a été blessé à l’affaire, on ne peut être mieux secondé que par un tel officier général. Je suis abimé de fatigue. Demain de grand matin je serai à Dronero. J’enverrai mon rapport.
Veuillez faire part de ma lettre au général en chef Championnet.
Tous les rapports s’accordent à dire que la colonne qui nous a attaqués était composé de sept régiments d’infanterie et quatre de cavalerie
" (Papiers du général Paul Grenier. III Pièces se rapportant à l'armée d'Italie. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 24 page 60).

Le 8 novembre 1799 (17 Brumaire an 8), le Général de Division Duhesme, de l'Armée des Alpes, écrit depuis le Quartier général, à Demont au Général de Division Grenier : "Rapport de la journée du 13
Je partis de Saluces à la pointe du jour ; ma principale colonne composée de trois bataillons, une pièce et cinq à six hussards commandés par le général Kister se dirigeait sur Savigliano occupé dès la veille par le général Clément. Ma colonne de flanqueurs composée de quatre compagnies de la 28e demi-brigade, trois compagnies de grenadiers et 15 hussards commandés par mon aide de camp chef d’escadron Ordonneau devait tenir le Po en passant par Cardée et Moretta, tandis que mon aide de camp Boyer chef de bataillon, avec le bataillon de la 74e devez tenir l’intermédiaire passant par Monasterolo ; ces deux colonnes de flanqueurs devaient rejoindre la principale à Savigliano. Le canon que nous y entendions, nous faisait hâter notre marche, lorsqu’un détachement de dragons qui n’avait pu entrer dans Savigliano nous apprit que l’ennemi s’en était emparé de vie force. J’arrêtais sur-le-champ la colonne et envoyais dire à celles de flanqueurs de nous rejoindre. Je me portais ensuite de ma personne du côté du champ de bataille et jugeant que nous perdions du terrain, j’ordonnais au général Kister de faire une marche de flanc pour tâcher de gagner Votignasco.
Arrivé près du général Grenier je reçus de lui l’ordre de marcher sur Savigliano pour dégager, s’il était possible, le général Clément, que l’on croyait enveloppé. L’adjoint Deschamps me précéda et remis la colonne en marche sur Savigliano. J’arrivais de ma personne quand l’attaque a commencé, l’ennemi avait pris position avec six bataillons d’infanterie, 400 chevaux et six pièces, en avant de cette place derrière la Meyra. Mon aide de camp Boyer avec le bataillon de la 74e tenter de faire jonction, après avoir battu un corps assez considérable qui s’y opposait. Notre position devenait délicate, il fallait vaincre du côté de notre faiblesse.
Le général Kister s’avance donc avec audace, charge l’ennemi avec impétuosité, s’empare du pont, passe la Meyra, pénètre dans la ville ; et tandis que l’aide de camp Boyer allait couper la route de Cavallermaggiore, le chef de brigade Mollard à la tête de la 26e le poursuit avec vigueur sur la route de Bra ; cette colonne ennemie fut tellement mise en désordre qu’elle nous laissa 2 pièces de canons, 3 à 400 prisonniers et 4 ou 5 caissons.
J’espérais encore que l’armée se soutenait encore à Genova, les officiers que j’envoyais au général Grenier retournèrent en m’annonçant la rencontre d’une colonne ennemie ; à peine avais-je fait porter un bataillon qu’il revint en désordre auprès du pont de la Meyra, accablé par l’ennemi qui pénétrait avec rapidité de tous les côtés. Le point de notre retraite allait être emporté et s’en était fait de tout ce corps, mais ralliant moi-même ce bataillon je le reconduisis en avant et décidé à une charge qui fut assez heureuse pour repousser la colonne qui longeait entre les deux rivières ce qui donna le temps au général Kister d’accourir avec quelques compagnies de la 74e demi-brigade est de rétablir le combat. L’ennemi s’était réuni en force sur la place de Savigliano et avait coupé le bataillon de la 106e et partie de celui de la 26e ; leurs chefs Dunime ( ?) et Mollard que l’on sommait de se rendre, y répondent par une charge à la baïonnette qui leur ouvre un honorable passage jusqu’à nous, alors je prends position en arrière de la Meyra, tenant toujours cependant les faubourgs de la ville, l’ennemi arrêté déploie en vain une artillerie nombreuses, il ne peut nous empêcher de nous maintenir jusqu’à la nuit tombante.
Nous nous retirâmes presque sans être inquiétés sur Lagnasco. Je n’avais point de nouvelles de mon aide de camp Ordonneau ; mes ordonnances n’avaient pu pénétrer jusqu'à lui, il avait combattu et avait trompé dans ses marches plusieurs partis détachées pour couper nos derrières ; il était rentré sur les 4 heures du soir dans Saluces d’où il avait chassé quelques hussards autrichiens.
J’appris par des rapports certains que l’ennemi avait une forte colonne à Villafalette et ses avant-postes à Pomerolo, je fit reposer la troupe 4h00 à Vaniasco et je me diriger sur Castilione où j’arrivais le 14 à la pointe du jour, j’y restais quatre à cinq heures espérant recevoir des nouvelles de l’armée ; ayant appris là que nous n’étions plus à Busca et que mon aide de camp Ordonneau s’était rendu à Dronero, je pris le parti de me porter à Venasco parce que absolument dépourvu de cartouches, je devais éviter tout combat. Les troupes épuisées de faim et de fatigue et reposèrent à Venasco. Le lendemain on se mit en marche pour se rendre à Dronero, je précédais la colonne à peu près d’une heure, vous connaissez l’événement qui m’en a séparé, j’espère que le général Kister aura pu se retirer par le val de Vraceta à Château Dauphin et de là à Queyras
" (Papiers du général Paul Grenier. III Pièces se rapportant à l'armée d'Italie. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 37 page 86).

Le 13 novembre 1799 (22 Brumaire an 8), le Général de Division Duhesme écrit, depuis le Quartier général de Briançon, au Général de Division Grenier, commandant l’aile gauche de l’armée d’Italie à l’Arche : "Je vous prie, mon cher Général, de me dire quels seront les moyens de parvenir auprès du Général Championnet, ayant plusieurs demandes pressées à lui faire notamment un ordre pour pouvoir obtenir mes arriérés et mes frais de poste.
J’y enverrai mon aide de camp Boyer pour lequel je demande le grade de chef de brigade et le commandement d’une brigade.
Veuillez aussi m’autoriser et me donner les pouvoirs suffisants pour tirer des provisions de siège ; les malades désespèrent et je ferai donner à l’hôpital quelques pintes de vin. Rien ne fait pitié comme le dénuement de nos hôpitaux, le vin, l’huile et le riz y manquent absolument. Veuillez à cet égard presser le commissaire ordonnateur. Je verrai ce que la mesure de prendre sur les approvisionnements des habitants de Fenestrelle produira, et c’est d’après ce, que je réglerai ce qu’il faudra y envoyer de Briançon.
Vous savez que dans la mauvaise saison, la communication avec la vallée d’Oulx et Exilles est souvent interceptée pour les hommes, et toujours pour les chevaux et un corps conséquent y périrait de faim ; en moindre il serait enlevé sans qu’on pût y porter secours. Il faudra à cet égard bientôt décider la ligne que l’on tiendra l’hiver. L’ennemi a 1500 hommes à Aviliano, et 8 bouches à feu, sa garnison est de 6 mille hommes à Turin. On prétend qu’il a quatre mille hommes dans la vallée d’Aoste et vous savez qu’il n’y a que 200 hommes au Petit Saint-Bernard plus 200 conscrits du bataillon auxiliaire. Ce faible corps ne pourrait même s’opposer à un part. Que ferez vous du général Raoul qui est dans cette partie, il demande une autre destination.
J’ai recommandé au général Valette qui tient près de Suse que dans le cas où il serait forcé, un bataillon se retirerait sur Exilles avec lui qui est destiné au commandement de Briançon. Les 2 autres bataillons et les compagnies de la 105e demi-brigade sur Mont Cenis où sera Kister en ne faisant retirer qu’un bataillon par la vallée d’Oulx. Je compte sur les renforts qu’il serait facile de leur envoyer, et sur la réserve de 2 bataillons de la 106e demi-brigade. Au lieu que si on n’avait pas suffisamment de troupes au Mont Cenis, et on ne pourrait le secourir à temps puisque le Galibier est fermé et qu’il faut passer par Grenoble ...
" (Papiers du général Paul Grenier. III Pièces se rapportant à l'armée d'Italie. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 55 page 122).

Le 14 novembre 1799 (23 Brumaire an 8), le Général de Division Duhesme écrit, depuis le Quartier général de Briançon, au Général de Division Grenier, commandant l’aile gauche de l’Armée d’Italie : "Je vous adresse ci-joint, mon cher général, copie de la lettre du général Valette, sur ses observations que la Tarentaise n’est pas assez gardée. J’ai pris sur moi d’y envoyer deux bataillons de la 105e et de faire venir ici le bataillon de la 106e. Je pense que vous approuverez mes dispositions.
Je vous demanderai aussi celui de la 26e que je vous prierai de m’envoyer, ces deux bataillons seront destinés à garder Exilles et le Briançonnais. Veuillez bien me mander vos intentions à cet égard
" (Papiers du général Paul Grenier. III Pièces se rapportant à l'armée d'Italie. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 67 page 150).

Le 29 septembre 1800 (onaparte écrit, depuis Paris, à Carnot, Ministre de la Guerre : "… Vous donnerez l'ordre au général Saint-Hilaire, commandant la 8e division militaire, de faire rejoindre à l'armée d'Italie les détachements des 10e et 106e de ligne …, aussitôt que la garnison de Malte sera arrivée et dans le cas de faire du service ..." (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1911, t.2, lettre 1195 ; Correspondance générale de Napoléon, t.3, lettre 5669).

Le 2 mai 1803 (12 Floréal an 11 - note : La minute conservée aux Archives nationales (AF IV 865, Floréal an 11, no 15) est datée du 1er mai), le Premier Consul écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "Je vous prie, citoyen ministre, en conséquence de l'arrêté du 10 floréal, de donner ordre ... Au 2e bataillon de se rendre à Gênes pour être incorporé dans la 106e et porter cette·demi-brigade à 3 bataillons ...
Vous donnerez ordre que tous les chefs de bataillons, capitaines et autres officiers incorporés par l'arrêté du 10 floréal, continuent à être attachés aux demi-brigades. Quant aux chefs de brigade, quartiers maîtres et adjudants-majors, vous me ferez un rapport pour les employer le plus tôt possible, pour qu'il n'y ait personne de réformé par ce travail.
P.S. Ils attendront leur destination à la suite des corps où leurs 1ers bataillons seront incorporés
" (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1911, t.1, lettre 565 ; Correspondance générale de Napoléon, t.4, lettre 7618).

Le 28 avril 1804 (8 Floréal an 12), le Premier Consul écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Berthier : "Je vous prie, Citoyen Ministre, de faire faire une revue extraordinaire pour constater la situation, au 1er germinal, des 10e, 19e, 28e, 45e, 47e, 56e, 58e et 106e de ligne, et des 3e, 12e, 21e et 24e légers. On aura soin de mettre le nombre d'hommes de ces corps présents dans chaque ville où ils se trouvent, les malades aux hôpitaux, les absents et depuis quel temps, ceux inhabiles à porter les armes, le nombre de conscrits qu'ils ont reçus et qu'ils ont à recevoir sur l'an xi et l'an XII. Ces régiments sont les plus faibles de l'armée. Je désire savoir positivement dans quelle situation ils sont, afin de les faire recruter" (Correspondance de Napoléon, t.9, lettre 7728 ; Correspondance générale de Napoléon, t.4, lettre 8848).

Le 15 septembre 1804 (28 fructidor an 12), Bonaparte écrit depuis Cologne au Maréchal Berthier, Ministre de la Guerre, Major général des camps : "Mon Cousin, je désire avoir des renseignements sur M. Chartrand ancien capitaine du 4e régiment de ligne actuellement dans le 106e : connaître l'état de ses services, quelle habileté il a et s'il est propre à faire un chef de bataillon" (Correspondance générale, t.4, lettre 9217).

Le 27 mars 1805 (6 germinal an XIII), l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Maréchal Berthier : "Mon Cousin ... Je passerai en revue dans les dix premiers jours de prairial, dans la plaine de Lonato, les 22e et 23e légers, les 1er, 10e, 106e, 52e, 62e, 101e, 53e de ligne, et les trois régiments italiens. Le général Jourdan formera quatre divisions, chacune de trois régiments ; on les cantonnera sur la Chiese et le Mincio ... Vous me ferez connaître également ce qu'il sera nécessaire de donner aux troupes pendant le temps qu'elles seront cantonnées
Vous recommanderez bien au maréchal Jourdan que ces mouvements n'aient point l'air de mouvements de guerre. Il ne dégarnira Vérone, Peschiera et Mantoue qu'au moment de la revue. Il donnera seulement l'ordre de se mettre en marche au 62e qui est à Livourne, au 53e qui est à Rimini, au 22e qui est à Novare, au 23e qui est à Parme, et aux autres corps qui ont besoin de se rapprocher ...
" (Correspondance de Napoléon, t.10, lettre 8491 ; Correspondance générale de Napoléon, t.5, lettre 9739).

Le 5 février 1806, on soumet à l'Empereur une "Avance demandée par le 106e régiment d’infanterie"; ce dernier répond : "Attendre les revues" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 1, lettre 283).

Le 21 février 1806, l'Empereur écrit, depuis Paris, à Eugène : "Dans votre état de situation, il n'est pas dit où est le 106e ... Il restera au général Miollis les 9e, 53e et 106e de ligne" (Correspondance de Napoléon, t.12, lettres 9865 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 11517).

Le 12 mars 1806, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Dejan, Ministre directeur de l'Administration de la Guerre : "Monsieur Dejean, mon intention est que les trois mille hommes formant la réserve des départements ci-dessous nommés marchent comme les autres et soient dirigés, savoir ceux du département : ... Du Lot … 106e de ligne ..." (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 1, lettre 329 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 11656).

Le 30 mars 1806, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Dejean, Ministre directeur de l'Administration de la Guerre : "Monsieur Dejean, voici une liste d'hommes du régiment de la garde de Paris qui ne peuvent pas rester à Paris. Donnez des ordres pour qu'ils en partent tous dans la semaine prochaine. Vous ferez faire le travail successivement et par corps. Ils partiront sous les ordres d'un officier, les uns pour joindre le 5e régiment de ligne, les autres le 56e, les autres le 106e. Vous aurez soin de faire envoyer leur signalement à la gendarmerie, pour qu'il n'en revienne aucun. Ils seront envoyés aux corps ci-dessus, sous prétexte que le service de Paris nuit à leur discipline. On aura soin qu'ils ne désertent pas en route et surtout que sous quelque prétexte que ce soit ils ne rentrent pas dans la capitale" (Brotonne (L. de) : « Dernières Lettres inédites de Napoléon 1er, collationnées sur les textes et publiées » ; Paris, 1903, t. 1, lettre 391 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 11795).

Le 27 mai 1806, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Prince Eugène : "Mon Fils, j'ai lu avec attention vos états de revues. Se peut-il qu'il y ait encore dans les 53e, 106e, 13e et 60e, des hommes qui ne soient pas habillés ? J'imagine que les conscrits, s'ils n'ont pas des habits, ont au moins des culottes et des vestes d'ordonnance. Je vois que, dans l'armement, il manque beaucoup de fusils. Est-ce que les régiments qui sont en Istrie auraient des hommes sans fusils ? Si cela était, j'imagine que vous ne dormiriez pas que mes troupes d'Istrie ne soient parfaitement armées. Vous dites qu'il est dû aux 53e, 13e, 106e et 60e, pour la solde ; mais vous ne dites pas quels mois il est dû, non plus que pour la masse d'habillement. Du reste, les états me paraissent faits avec soin ; je les parcourrai avec plaisir. Mais il faut que dans l'état de juin on me donne des explications sur le nombre d'hommes qui sont, à chaque dépôt, à l'école de bataillon, sur le nombre d'hommes qui sont en habits de paysans, et sur le nombre d'hommes qui ne sont pas armés. Je me persuade que vous ne dormiriez pas si vous aviez en Istrie, en Dalmatie, même en Italie, des hommes qui ne fussent pas armés ou qui fussent encore en sarraux de toile. Il est de votre honneur que, vingt-quatre heures après leur arrivée, les conscrits aient la veste, la culotte, le chapeau. Il n'y a point d'excuse, les corps doivent y pourvoir ..." (Correspondance de Napoléon, t.12, lettres 10284 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12184).

Le 29 juillet 1806, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, à Eugène, Vice-Roi d'Italie : "... Donnez ordre à celui des 106e ou 53e régiments qui vous paraîtra le plus en état de former ces deux premiers bataillons à 1 000 hommes chacun, et envoyez-les dans le Frioul rejoindre le second corps d'armée ...
Ces six régiments formeront deux divisions, chacune de trois régiments, savoir : le 35e, le 106e ou le 53e qui remplacera le 11e qui est en Dalmatie, et le 13e qui remplacera le 18e d’infanterie légère, ce qui complétera la division Boudet ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12599).

Le 1er août 1806, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, à Eugène, Vice-Roi d'Italie : "... Vous continuerez à laisser sur l'Isonzo les deux divisions du 2e corps de la Grande Armée, l'une composée des 9e de ligne, 84e et 92e, l'autre des 106e, 53e et 13e.
Vous donnerez ordre que le 3e bataillon du 13e rentre également du côté de Trévise ou de Padoue, de manière que vous aurez au second corps de la Grande Armée trois bataillons du 9e, autant du 84e, autant du 92e ; deux bataillons du 106e, deux du 53e ...
" (Correspondance de Napoléon, t.13, lettres 10580 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12629).

Le 18 septembre 1806, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Prince Eugène : "… Vous commanderez en chef mon armée d'Italie, qui ne sera qu'une armée d'observation, vu que je suis bien avec l'Autriche ; mais il n'en faudra pas moins exercer une grande surveillance et user d'une grande prudence. Vous aurez sous vos ordres le corps du Frioul composé de 16,000 hommes d'infanterie ayant trente pièces de canon attelées ...
… La place de Mantoue, dans laquelle vous mettriez également 6 ou 7,000 hommes des dépôts, serait promptement approvisionnée. Tout votre corps du Frioul deviendrait ainsi disponible. Le 106e, le 3e d'infanterie légère et sept régiments que j'ai en Piémont, vous formeraient trois nouvelles divisions qui porteraient votre corps d'armée à 36,000 hommes d'infanterie ; ce qui, avec la cavalerie légère, les cuirassiers et les dépôts de cavalerie de l'armée de Naples, vous formerait une armée de près de 40,000 hommes, force imposante qui, vu les opérations ultérieures de l'Allemagne, contiendrait l'ennemi …
" (Correspondance de Napoléon, t.13, lettres 10809 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12972).

Le 23 septembre 1806, Napoléon adresse, depuis Saint-Cloud, ses "Instructions pour le vice-roi.
ORGANISATION DE L'ARMÉE D'ITALIE
Général en chef, le vice-roi;
Chef d'état-major général, le général Charpentier ; commandant en chef l'artillerie, le général Sorbier ; commandant en chef le génie, le général Lery; ordonnateur en chef, le sieur Joubert.
L'armée d'Italie sera composée de cinq divisions actives.
Ce corps, qui continuera à porter le nom de 2e corps de la Grande Armée, donnera ainsi une force de plus de 16,000 hommes ...
Pour l'administration et le commandement, ce corps doit faire en tout partie de l'armée d'Italie et sera sous les ordres du vice-roi ...
La 3e division sera composée du 3e régiment d'infanterie légère, du 106e régiment de ligne et du 37e régiment de ligne ...
Il est nécessaire que les généraux de division et de brigade qui doivent commander ces divisions le sachent, et qu'il y en ait un pour cet objet à Parme et un à Alexandrie ...
" (Correspondance de Napoléon, t.13, lettres 10871).

Le 4 novembre 1806, l'Empereur écrit, depuis Berlin, au Maréchal Berthier, Major général de la Grande Armée : "Mon cousin, envoyez par un courrier extraordinaire l'ordre au vice-roi d'Italie ... Vous donnerez l'ordre au 106e qui est à Venise de se rendre dans le Frioul où il sera attaché à une des deux divisions du corps du Frioul ..." (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 1, lettre 765 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 13442).

1812

Le 8 juillet 1812, l'Empereur écrit, depuis Vilna, au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, à Paris : "Monsieur le Duc de Feltre ... Le 5e bataillon du 13e de ligne français est à Palmanova ; donnez ordre qu'il se rende à Udine. Palmanova est très-malsain : les troupes italiennes y suffiront ; d'ailleurs, ce bataillon pourra toujours, en cas d'événement, se jeter dans Palmanova. Donnez le même ordre pour le 106e, qui est à Venise : qu'il se rende à Udine, ce qui formera dans cette ville une 2e demi-brigade provisoire. Un major en prendra le commandement. Ces deux bataillons seront toujours à même de se jeter de là dans Palmanova ou dans Venise, selon les circonstances, et en attendant ils seront en bon air. Venise aura suffisamment de troupes, puisqu'il restera 4,000 hommes de garnison indépendamment de ce que vous retirerez ; mais par là vous sauverez bien des hommes" (Correspondance de Napoléon, t.24, lettre 18928 ; Correspondance générale de Napoléon, t.12, lettre 31153).

1813

- Italie

Le 8 septembre 1813, le Général Grenier écrit, depuis Saint-Jean, au Prince Eugène : "Je reçois à 11h15 avant midi la lettre que V. A. I. m’a fait l’honneur de m’écrire hier 7. Je suis extrêmement surpris que V. A. n’ait encore reçu aucune de mes lettres ; j’ai écrit du champ de bataille de Feistritz à 6 heures du soir, la lettre a été remise à un capitaine de voltigeurs du 106e nommé Martinet ; une 2de lettre a été adressée à V. A. de Saint-Jean, elle a été remise à un officier de sa garde royale qui m’avait été envoyé par le général Lecchi. Par cette dernière je faisais connaître à V. A. que j’avais poursuivi l’ennemi l’épée dans les reins jusqu’ici jusqu’à 8 du soir. Enfin j’ai eu l’honneur d’écrire hier matin à Votre Altesse et ai remis moi-même à Kirchenten ma lettre à un officier d’infanterie légère qui commandait un détachement de 200 hommes que j’envoyais au Leobel pour communiquer avec la division Marcognet, l’ennemi ayant abandonné cette position la nuit du 6 au 7 à minuit. Par cette lettre je faisais connaître à V. A. la position des troupes.
Aujourd’hui à 7 h du matin j’ai encore écrit à V. A. pour lui faire connaître par quels chemins l’ennemi s’était retiré, les ordres que j’avais donnés pour la démolition des ouvrages de Feistritz, ayant en cela prévu ses intentions.
Le 5 il n’y avait plus de munitions d’artillerie à Tarvis, un caisson de ceux consommés à Rosseck n’a pu être chargé, au reste nous avons consommé peu de munitions d’artillerie, mais considérablement de cartouches d’infanterie. J’ai donné les ordres nécessaires pour les prompts remplacements
" (Papiers du Général Paul Grenier. XI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 13 page 37).

Le 13 septembre 1813, une lettre est adressée, depuis Laybach au Général Marcognet, à Zchlza (par le Général Grenier ?) : "Mon cher général comme je vous l’ai dit ce matin, l’intention de S. A est que vous fassiez toutes les dispositions nécessaires pour que les 3 bataillons du 53e et celui du 112e suffisent pour la défense du pont de Czerniere au moins pendant 48 heures et que les 2 autres bataillons de la 29e demi-brigade avec tout le 106e régiment soient portés demain matin savoir, le 106e sur la route de Carlstadt avec une demie batterie d’artillerie en arrière de la ligne occupée en événement par la garde royale italienne ; et les 2 bataillons de la 29e passant à Kaltenbrunn dont il faut rétablir le pont cette nuit à Dobruina passant par Vissovick pour de là continuer leur mouvement sur Cipagloa en ayant soin de marcher constamment à hauteur de la colonne, suivra la grande route ; 1 heure au départ de Dobruina sera déterminée par un avis particulier ce soir encore ou demain matin ; cette colonne devra avoir soin de s’éclairer sur la gauche vers la Save et dans toutes les directions, son objet étant de déborder la droite de la position de l’ennemi qui doit être à Saint-Marin ; si le général Dupeyroux reste au pont de Czeniere le général Gamin pourra être chargé de la direction de cette colonne et vous marcheriez avec celle du 106e pour être plus à portée de recevoir les ordres que j’aurais à vous transmettre de la part de S. A. le Vice-Roi.
… S. A. désire conserver le pont de Czerniere par tous les moyens possibles ; cependant si l’ennemi parvenait à repousser le 53e et que l’on eut pas le temps de le replier il faut en défendre le passage avec l’artillerie et enfin y mettre le feu à la dernière extrémité et lorsque l’on aura employé vraiment tous les moyens possibles pour le conserver. Donnez donc, mon cher général, vos instructions en conséquence
" (Papiers du Général Paul Grenier. XI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 2 page 15).

Le 15 septembre 1813 à 10 heures 30 du soir, le Général Grenier écrit, depuis Laybach (destinataire non indiqué : au Général Marcognet ?) : "... 11h et un quart je donne ordre au général Janin de mettre le 106e toute entier en mouvement demain à 7 h du matin au plus tard, ainsi vous aurez toute votre division réunie (moins cependant un bataillon que vous laisserez au pont) pour agir offensivement contre l’ennemi et l’attaquer avec vigueur ..." (Papiers du Général Paul Grenier. XI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 17 page 45).

Le même 15 septembre 1813, le Génréal Grenier ordonne : "Monsieur le général Janin fera prendre les armes demain 16 septembre à 7 heures du matin au 106e régiment et le conduira au pont de Czernuze où ce général recevra des ordres ultérieurs du général Marcognet ; le poste de Kaltenbrunn suivra le mouvement du régiment ; celui qui est chez moi y restera où sera relevé par un autre comme le voudra le colonel" (Papiers du Général Paul Grenier. XI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 22 page 55).

Le 16 septembre 1813, le Général Grenier écrit, depuis Laybach (au Général Marcognet - non précisé sur le document) : "... Demain à deux heures du matin vous vous mettrez en route avec la 29e demi-brigade, pour réunir au 106e, venir occuper la position en arrière de Saint-Marin, qui était occupée par la garde royale le jour où vous fîtes votre reconnaissance sur Veichselbourg.
Comme l’intention de S. A. I. et que vous teniez avec ces sept bataillons, pendant quelques jours la position indiquée, il convient de bien reconnaître le pays et prendre cependant à l’avance les dispositions suivantes, que vous pourriez ensuite rectifier.
A la pointe du jour les troupes seront établies ainsi qu’il suit :
A la position en arrière de Saint-Marin, cinq bataillons sur deux lignes, gardant fortement la grande route de Veichselbourg, et à l’embranchement d’Auersberg, se liant par la gauche avec un bataillon qui devra être sur les hauteurs en avant de Dobruina.
Le 7e bataillon serait placé avec la majeure partie de l’artillerie à Augnig, et dans le cas où S. A. I. laisserait à ce village des bataillons de la garde, alors ce 7e bataillon pourrait faire partie de votre seconde ligne.
Pour que le bataillon qui sera placé à Dobruina ne puisse être inquiété sur ses derrières, il faudra placer en arrière de lui à environ trois quarts de lieue les deux pièces d’artillerie du 106e régiment, avec deux compagnies du même corps pour les garder. M. le général Janin connait particulièrement le point sur lequel ces deux pièces devront être établies …
" (Papiers du Général Paul Grenier. XI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 24 page 59).

Le 17 septembre 1813, à 9 heures du soir, le Général Grenier écrit, depuis Laybach au Colonel Grobon du 53e Régiment : "M. le colonel, ensuite des intentions de S. A. I. le Prince Vice-Roi, le régiment que vous commandez doit être relevé cette nuit et demain matin au pont de Czernuze et ses avant-postes ... Aussitôt que vous serez relevé, vous mettrez votre régiment en mouvement et vous vous porterez sur les hauteurs en avant de Dobruina, où vous trouverez un bataillon du 67e et un autre du 106e régiment. Vous ferez relever de suite ces deux bataillons, qui devront sans tarder rejoindre M. le général de division Marcognet, à la position en arrière de Saint-Marin sur la route de Carlstadt, et que le chef de bataillon du 67e connaît déjà; vous trouverez à moitié chemin de Laybach à Dobruina, deux bouches à feu d’une des batteries de la division, et gardées par une ou deux compagnies du 106e, vous les ferez relever par votre artillerie régimentaire, et lui laisserez la garde nécessaire.
Vous donnerez ordre au détachement d’artillerie de rejoindre M. le général Marcognet et aux compagnies du 106e leur régiment ...
" (Papiers du Général Paul Grenier. XI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 26 page 63).

Encore le 17 septembre 1813, à 9 heures du soir, le Lieutenant-général Comte Grenier écrit, depuis Laybach (pas de destinataire indiqué, sans doute le Général Marcognet) : "Mon cher général je vous préviens ce que tous les ordres sont donnés pour que le 53e régiment soit relevé à la pointe du jour au pont de Czernuze ; mais Son Altesse Impériale veut qu’il occupe la position de Dobruina ; je dirige en conséquence ce régiment sur ce point et je donne l’ordre au colonel Grosbon de vous envoyer de suite les bataillons du 67e et 106e régiment que vous placerez en arrière de votre 2e ligne. Son altesse s’est particulièrement déterminée à cette disposition parce qu’en revenant à Laybach on a entendu des coups de fusil dans la direction de Dobruina et qu’il importe pour votre gauche que ce point soit fortement occupé ; tâchez d’établir une bonne communication du petit château où est le général Janin sur Dobruina, le 53e devra même placer s’il est possible un fort poste intermédiairement entre votre gauche et sa position.
J’ai chargé le colonel Grosbon de donner ordre à votre batterie d’artillerie de vous rejoindre, ainsi qu’aux deux pièces que vous avez dû envoyer en arrière de Dobruina. Débarrassez-vous de vos caissons de vivres qui sont trop près de votre ligne, vous pourriez également envoyer au premier village en arrière de vous votre réserve d’artillerie
" (Papiers du Général Paul Grenier. XI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 29 page 69).

Le 20 septembre 1813, le Lieutenant-général Comte Grenier écrit, depuis Laybach, au Général Marcognet : "Mon cher général, j’ai reçu votre rapport de ce jour ; comme je vous l’ai annoncé hier la division italienne arrive aujourd’hui à Laschitz et doit se porter demain sur Obergurck à hauteur de Veichselbourg, il faut donc vous mettre vous-mêmes en mesure de marcher demain et d’attaquer l’ennemi devant vous s’il ne quitte pas sa position par suite du mouvement de la division italienne ; l’intention de S. A. I. est que vous fassiez attaquer ce soir vers 4 heures le poste de Veiskirck et que vous vous en rendiez maître en ayant soin de le conserver afin de faire craindre à l’ennemi pour sa gauche ...
Il est probable que le Prince se rendra demain à votre position, faites tous vos préparatifs pour l’attaque qui je pense offre quelque facilité par le ravin où est monté dernièrement la compagnie de voltigeurs du 106e pour reconnaître l’ennemi ...
" (Papiers du Général Paul Grenier. XI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 35 page 81).

Le 20 octobre 1813, depuis le Quartier général à Gemona, est donné l'ordre de mouvement suivant : "... La division aux ordres de M. le Général Rouyer fournira à la garnison d’Osoppo un détachement de 120 hommes pris sur ceux les plus faibles et les moins bons marcheurs, dont les propositions ci-après savoir :
30 hommes du 7e de lignes
30 hommes du 52e de ligne
et 60 hommes du 35e de ligne
total 120.
Ces détachements seront conduits par des officiers de chaque corps au commandant de la place d’Osoppo pour faire partie de sa garnison et être provisoirement mis en subsistance dans le bataillon de dépôt du 106e régiment. Ces hommes s’en feront donner récépissés écrits qu’ils rapporteront à M. le général de division pour être transmis par lui au lieutenant général, afin d’en constater le versement à S. A. I.
Il est entendu que d’après cette disposition aucun officier ou sous-officier ne doit faire partie de la force de ces détachements puisqu’ils doivent rentrer à leur corps après remise faite ...
Il sera donné avis au commandant d’Osoppo du détachement qui doit être fourni comme supplément à sa garnison par la 2e division ainsi que des formalités à remplir pour l’exécution de cette disposition ...
" (Papiers du Général Paul Grenier. XI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 54 page 124).

Le même 20 octobre 1813, est donné, depuis le Quartier général à Gemona, l' "Ordre de mouvement pour le 21
La deuxième division aux ordres de M. Le général Rouyer ira cantonner demain à Saint-Daniel et environs ...
La division aux ordres de M. le général Gratien fournira à la garnison d’Osoppo un détachement de 120 hommes pris sur ceux les plus faibles et les moins bons marcheurs dans la proportion ci-après : savoir 30 hommes du 7e de ligne, 30 hommes du 52e et 60 hommes du 35e.
Ces détachements seront conduits par des officiers de chaque corps au commandant de la place d’Osoppo pour faire partie de sa garnison et être provisoirement mis en subsistance dans le bataillon de dépôt du 106e régiment. Les officiers et sous-officiers chargés de la conduite et remises de ces hommes s’en feront donner récépissé qu’ils rapporteront à M. le général de division pour être transmis par lui au lieutenant général afin d’en constater le versement à S A. I.
Il est entendu que d’après cette disposition aucun officiers ou sous-officiers ne doit faire partie de la force de ces détachements, puisqu’ils doivent rentrer à leur corps après remise faite ...
" (Papiers du Général Paul Grenier. XI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 57 page 130).

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