Le 106e Régiment d'Infanterie de Ligne

1796-1815

Avertissement et remerciements :

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/ 1798, Armée d'Helvétie

Le 12 juillet 1798 (24 messidor an 6), le Général Schauenburg écrit au Citoyen Perrin, chef de la 106e Demi-brigade : "Il a été présenté à ma signature, Citoyen chef, un congé délivré en vertu d'une lettre du Ministre de la guerre au citoyen Aubry, sergent, dont la démission a été acceptée. Vous savez que l'arrêté du 19 Fructidor n'était applicable qu'aux sous officiers des divisions de l'intérieur, et il faut que la religion du Ministre ait été surprise pour qu'il ait expédié l'ordre et délivré un congé absolu à un sous officier de la 106e qui fait partie de l'armée active.
Je vais lui écrire à ce sujet, et j'ai lieu de croire qu'il révoquera l'ordre qu'il a donné, sans doute parce qu'il ignorait que vous eussiez rejoint l'armée d'Helvétie" (Force d’occupation : une armée au quotidien à l’époque du Directoire : les forces françaises en Suisse, juillet-août 1798 – BNUS, MS 475/720).

Le même 12 juillet 1798 (24 messidor an 6), le Général Schauenburg écrit au Citoyen Schérer, Ministre de la guerre : "Le conseil d'administration de la 106e 1/2 brigade à présenté à ma signature un congé absolu qu'il a délivré au citoyen Aubry, sergent, d'après votre lettre en date du 8 Messidor [26 juin 1798]. L’arrêté du 19 Fructidor [5 septembre 1797 ?] n'étant applicable qu'aux divisions de l'intérieur, vous avez sans doute cru que la 106e 1/2 brigade était encore dans ce cas. Mais comme elle fait aujourd'hui partie de l'armée de Suisse, j'ai cru devoir différer d'approuver le congé du citoyen Aubry et vous en rendre compte des motifs qui m'y engageaient, et j'écris en conséquence au conseil de cette demi-brigade" (Force d’occupation : une armée au quotidien à l’époque du Directoire : les forces françaises en Suisse, juillet-août 1798 – BNUS, MS 475/719).

Toujours le 12 juillet 1798 (24 messidor an 6), le Général Schauenburg écrit encore au Chef de la 106e Demi-brigade : "D'après les nouveaux renseignements que vous m'avez communiqués, Citoyen chef, sur la réclamation des musiciens Laucher, Musier et Colombet, je la regarde comme non avenue et vous voudrez bien, s'ils se permettaient de quitter le corps, les faire juger comme déserteurs.
P.S. Votre quartier mtre gral m'a présenté une demande de buffleterie, que j'ai renvoyée au commissaire des guerres Dufour, avec ordre de délivrer en proportion de ce qui reste dans le magasin
" (Force d’occupation : une armée au quotidien à l’époque du Directoire : les forces françaises en Suisse, juillet-août 1798 – BNUS, MS 475/721).

Le 13 juillet 1798 (25 Messidor an 6), le Général Schauenburg écrit : "Aux commandants des 44e 1/2 brigade, 103e 1/2 brigade et 106e 1/2 brigade et au chef de brigade du 7e régiment de chasseurs à cheval.
Vous ferez passer, Citoyen chef, à votre capitaine d'habillement à Berne une quittance signée de vous pour la somme de 2'400 # (pour chaque 1/2 brigade de ligne ci-contre et celle de 1'500# pour le régiment de chasseurs à cheval). Cet officier recevra des instructions sur 1'emploi qui doit en être fait
" (Force d’occupation : une armée au quotidien à l’époque du Directoire : les forces françaises en Suisse, juillet-août 1798 – BNUS, MS 475/728).

Le 20 juillet 1798 (2 Thermidor an 6), le Général Schauenburg écrit au Chef de la 106e : "Je vous renvoie onze congés et quatre certificats signés de moi. Je vous renvoie également toutes les pièces auxquelles il manque les formalités suivantes :
1) Les états doivent être faits triples, savoir deux pour le ministre et un pour moi ;
2) Les mémoires de proposition doivent être doubles, notamment ceux des hommes proposés aux invalides, qu'il est urgent d'expédier au Ministre de la guerre pour faciliter leur admission ;
3) Les certificats des officiers de santé doivent être inscrits au dos des congés et certifiés par le conseil d'administration. Vous voudrez bien ne pas les délivrer avant d'avoir fait faire cette inscription.
Après ces formalités remplies, vous me renverrez toutes les pièces le plus promptement possible.
Quant aux congés de réforme, je les ai également signés, quoique les certificats ne soient pas doubles et qu'ils ne soient pas inscrits en dos des congés. Vous voudrez bien réparer cette omission et m'envoyer aussi les certificats des camarades qui constatent les infirmités de Lambert, Thibie, Simon et Berger
" (Force d’occupation : une armée au quotidien à l’époque du Directoire : les forces françaises en Suisse, juillet-août 1798 – BNUS, MS 453/4).

Le 23 juillet 1798 (5 Thermidor an 6), le Général Schauenburg écrit au Citoyen Perrin, Chef de la 106e Demi-brigade, à Fribourg : "J'ai pris en considération, Citoyen chef, le repentir que témoigne le militaire Vitu [?] grenadier traduit devant le Conseil de guerre pour avoir manqué à son corps. Je donne ordre au commandant de la place de le mettre en liberté. Vous redemanderez en conséquence la plainte qui a dû être envoyée au rapporteur du Conseil de guerre.
Si cependant la détention qu'il a déjà subie n'est pas proportionnée à la faute, vous lui infligerez telle punition de discipline que vous jugerez convenable.
J'ai remis à votre capitaine d'habillement les congés présentés à ma signature
" (Force d’occupation : une armée au quotidien à l’époque du Directoire : les forces françaises en Suisse, juillet-août 1798 – BNUS, MS 475/786).

Le lendemain 24 juillet 1798 (6 Thermidor an 6), le Général Schauenburg écrit au commandant de la place de Berne : "Vous ferez mettre en liberté, Citoyen commandant, le nommé Vitu [?], grenadier de la 106e détenu au Conseil de guerre. J'ai eu égard au repentir qu'a témoigné ce militaire et l'ai renvoyé à la [mot illisible, suite ?] du corps" (Force d’occupation : une armée au quotidien à l’époque du Directoire : les forces françaises en Suisse, juillet-août 1798 – BNUS, MS 475/792).

Le 29 juillet 1798 (11 Thermidor an 6), le Général Schauenburg écrit au Citoyen Schérer, Ministre de la guerre : "Citoyen Ministre, j'ai reçu votre lettre du 5 de ce mois [23 juillet 1798], par laquelle vous m'informez que la 44e, 76e et la 106e ½ brigade de ligne, 5e et 20e légère n'ont point encore procédé à la nouvelle vérification des registres de matricule qui leur avait été ordonnée. J'avais cependant donné les ordres les plus précis pour l'exécution des dispositions prescrites par votre circulaire du 25 Ventôse dernier [15 mars 1798) mais je vous observe que de ces 5 corps, la 76e seule avait à cette époque deux bataillons à l'armée d'Helvétie. Les 44e et 106e n'y sont arrivées que dans le courant de messidor.
La 20e légère venue dans le même temps de l'armée de Mayence, est partie depuis un mois pour les dépts du Midi. Enfin la 5e légère n'est en Suisse que depuis un mois. Je vais néanmoins écrire de nouveau aux chefs de ces différents corps en leur ordonnant de procéder sans délai à une vérification qui intéresse aussi essentiellement la gloire et l'honneur de nos armées. Je leur prescrirai également de vous en adresser de suite le résultat
" (Force d’occupation : une armée au quotidien à l’époque du Directoire : les forces françaises en Suisse, juillet-août 1798 – BNUS, MS 475/813).

Le 30 juillet 1798 (12 Thermidor an 6), le Général Schauenburg adresse une "Circulaire aux chefs de la 44e, 76e et 106e ½ brigade et à celui de la 5e légère.
Le Ministre de la guerre vient de m'envoyer l'état des corps sous mes ordres qui n'ont pas encore satisfait à l'ordre qui leur a été donné de procéder à une nouvelle vérification des registres de matricule. J'ai vu avec surprise que la vôtre était de ce nombre. Je vous prie, Citoyen chef, de ne pas perdre de vue un objet aussi important puisqu'il a pour but de rechercher ceux de ces lâches émigrés, qui à l'aide de fausses inscriptions sur des registres de contrôle auraient pu obtenir leur rentrée sur le sol d'une patrie qu'ils ont si indignement trahie.
Vous voudrez bien, en m'accusant la réception de cette lettre, m'informer des dispositions que vous avez dû prendre pour remplir à cet égard les instructions du Gouvernement et me faire passer un double du compte que vous rendrez dans le plus court délai au Ministre de la guerre
" (Force d’occupation : une armée au quotidien à l’époque du Directoire : les forces françaises en Suisse, juillet-août 1798 – BNUS, MS 475/817).

Le 3 août 1798 (16 Thermidor an 6), le Général Schauenburg fait paraitre, depuis son Quartier-général à Berne, l'Ordre du jour suivant : "Le premier conseil de guerre de l'armée, séant à Zurich a dans sa séance du 9 thermidor [27 juillet 1798] condamné par contumace à la peine de mort le nommé Bertrand Berni, maréchal de logis en chef au 1er régiment d'artillerie légère, convaincu d'avoir frappé à coups de sabre ses officiers et en outre de désertion.
Même séance a condamné à la peine de cinq ans de fers le nommé Jean-Baptiste Birauet, tambour à la 106e convaincu de voies de fait envers ses supérieurs et d'avoir tenu des propos contre-révolutionnaires ...
L’adjudant-général, chef de l'état-major général Signé : Rheinwald
" (Force d’occupation : une armée au quotidien à l’époque du Directoire : les forces françaises en Suisse, juillet-août 1798 – BNUS, MS 482 p. 117-119).

Les 5-7 août 1798 (18-20 Thermidor an 6), le Général Schauenburg établit un "Règlement pour les services du camp
Service journalier
La division d'infanterie campée en avant de Berne sera partagée en deux brigades. Le plus ancien chef de bataillon des 14e et 44e demi-brigades sera chargé du service de la brigade de droite. Le plus ancien des 106e et 109e sera chargé du service de la brigade de gauche. Ces chefs de bataillon tiendront par conséquent un contrôle pour commander le service, conformément au titre 7 du règlement de campagne de 1792. Il leur sera fourni une table et les frais de bureau nécessaires et chacun d'eux est autorisé à prendre deux écrivains de leurs corps …
" (Force d’occupation : une armée au quotidien à l’époque du Directoire : les forces françaises en Suisse, juillet-août 1798 – BNUS, MS 482 p. 120-128 / 129-137).

/ 1799, Armée d'Italie

Le 18 janvier 1799 (29 Nivôse an 7), le Général de Division Grenier écrit au Général de Brigade Suchet, Chef de l’Etat-major général de l’Armée : "Je vous préviens, mon cher Général, que la 106e demi-brigade d’infanterie de ligne est arrivée à Chiari au lieu de la 44e ; l’officier de l’état-major qui a été chargé de l’établir dans ses cantonnements m’a rapporté que cette demi-brigade avait commis beaucoup d’excès en route, et que généralement, elle paraissait animée d’un mauvais esprit. Je vais la surveiller, et ferai connaitre au général en chef ce que j’aurai remarqué. Je vous préviens aussi que le payeur de la division vient de me communiquer une lettre à lui adressée par le payeur général de l’armée portant que la solde qui devait être payée du 20 au 25 de ce mois, conformément à l’ordre du jour du 19 courant, ne pourra l’être que du 10 au 15 Pluviôse prochain, parce que le citoyen Amelot lui mande que les fonds destinés au payement de la solde ne sont pas faits ; veuillez en prévenir le général en chef, afin qu’il avise aux moyens de les faire procurer.
N’oubliez pas de me faire parvenir le plus tôt possible les états de frais de table et de dépenses secrètes que je vous ai envoyé par le dernier courrier. Le bataillon de garnison de la 106e aura-t-il la même destination que devait avoir celui de la 44e ?
" (Papiers du Général Paul Grenier. XIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 86 page 190).

Le même jour, 18 janvier 1799 (29 Nivôse an 7), le Général de Division Grenier écrit également au Général en chef Joubert : "… La 106e demi-brigade d’infanterie de ligne est arrivée au lieu de la 44e à Chiari ; Cette demi-brigade ne jouit pas de la meilleure réputation. Je vais charger l’adjudant général Gareau de la surveiller. Je la rapprocherai sous peu de jours de Brescia et vous ferai connaitre ce qu’elle aura de défectueux.
Les bataillons de la garnison de la division que je commande sont organisés ; sous quelques jours, je vous enverrai le résultat de ce travail. J’y joindrai celui de la 106e qui, étant en marche, n’a pas encore été commencé
" (Papiers du Général Paul Grenier. XIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 86 page 190).

Le 27 janvier 1799 (8 pluviôse an 7), le Général de Division Grenier écrit à l’Adjudant général Gareau : "Les circonstances exigeant de nouvelles dispositions dans la répartition des troupes composant la division que je commande, je vous charge, citoyen général du commandement de la 1ère brigade, composée : de la 29e légère, 106e de bataille, bataillon de garnison de la 63e (uniquement destiné pour la garnison de Peschiera), une compagnie d’artillerie légère, un escadron du 9e régiment de chasseurs.
Cette brigade comprend dans son arrondissement les villages en avant de Peschiera jusqu’à la ligne autrichienne ; à sa droite les postes de la division Delmas et à sa gauche le lac de Garda, Peschiera pour son centre ; Castiglione, Montechiaro et autres villages sur la Chiese comme réserve.
J’écris au général Guillaume afin qu’ils vous fasse remettre les différentes instructions qu’il a reçu et donné, tant pour la défense de Peschiera que pour la surveillance des avant-postes et du lac de Garda ; vous y ferez en me les soumettant les changements que vous croirez nécessaires ; le but de la surveillance aux avant-postes en avant de Peschiera est d’être exactement informé des dessins et des mouvements de l’ennemi ; ces avant-postes occupent les villages de Saint-Georges, Castelnuovo, Sandra, Passengo et Lazise, ainsi que Cavalcaselle ; ces troupes sont trop disséminées pour exiger qu’elles combattent de pied ferme sur cette ligne en cas d’une attaque subite et imprévue ; elles ne doivent combattre partiellement qu’autant de temps qu’il leur sera nécessaire pour faire leur retraite avec sûreté sur Peschiera, si les forces de l’ennemi les empêchaient de s’arrêter à Castelnuovo et Cavalcaselle, quoi que ce premier village sous couvert d’une ligne de retranchements. Ces avant-postes continueront d’être commandés sous vos ordres et votre surveillance par le citoyen Balleydier, chef de la 29e demi-brigade l’infanterie légère ; la flottille du lac de Garda commandée par le citoyen Pons faisant partie de la défense de Peschiera et de votre commandement. Cet officier ainsi que le commandant de la place, les officiers d’artillerie et du génie qui y sont employés recevront ordre de correspondre avec vous. Ils continueront néanmoins ainsi que les chefs des corps à correspondre pour tous les détails avec le chef de l’état-major de la division et lui enverront directement leurs états de situation.
Vous établirez la 106e demi-brigade en seconde ligne sur la Chiese de manière à pouvoir rassembler en moins de deux heures ; cette réserve ayant pour but de soutenir et de renforcer aux avant-postes en cas d’attaque. Vous indiquerez comme premier point de rassemblement les hauteurs de Castiglione ; vous ferez à cet effet occuper cette commune par quelques compagnies d’infanterie, ce point intermédiaire entre vos avant-postes et votre réserve me paraît aussi très convenable pour l’établissement de votre artillerie et cavalerie, vous établirez de vos avant-postes à Peschiera et de là jusqu’à Montechiaro des signaux d’alarme qui puissent être vus ou entendus de tous vos cantonnements. A ces signaux toutes les troupes de la réserve doivent se mettre en marche pour se rendre au rassemblement indiqué, d’où vous les dirigeriez d’après les ordres que je donnerai étant nécessaire que vous me préveniez en moins de deux heures des mouvements hostiles de l’ennemi.
Dans le cas où vous seriez prévenu de la marche des ennemis avant qu’ils n’attaquent vos avant-postes et que vous le soyez assez à temps pour réunir toutes vos troupes, et pour m’en donner avis, vous vous porteriez alors à Castelnuovo et Cavalcaselle où je m’empresserai de venir pour rejoindre avec toutes les troupes disponibles. Cette position est assez avantageuse pour s’opposer pendant quelque temps aux efforts de l’ennemi s’il nous laisse le temps de la réunion.
Si l’armée française commençait les hostilités, vous recevriez des ordres en conséquence des dispositions du général en chef.
Vous aurez attention de correspondre journellement avec moi et d’avoir aussi des relations avec l’officier commandant les avant-postes de la division Delmas.
Les déboursés que vous serez dans le cas de faire pour dépenses secrètes vous seront remboursés par moi à votre première demande ; je vous invite à vous rendre sans délai à Peschiera, et de voir avant votre départ le commissaire des guerres Leorat pour vous assurer si les subsistances sont assurées sur la Chiese pour votre seconde ligne
" (Papiers du Général Paul Grenier. XIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 89 page 196).

Le 30 janvier 1799 (11 pluviôse an 7), le Général de Division Grenier écrit au Général en Chef de l’Armée : "J’ai reçu, mon général, votre lettre du 8 de ce mois, il ne me reste plus qu’un bataillon de paix fort d’environ 200 hommes, celui de la 24e étant parti le 6 de ce mois pour se rendre à Novare, et celui de la 106e ayant été dirigé sur Pavie ; à moins d’abandonner entièrement la rivière de Salo, les vallées et le château de Brescia, il m’est impossible de réunir plus de six bataillons, mais vous pouvez compter sur cette réunion dans le temps présent et sur un point quelconque de la division que je commande. En cas d’attaque imprévue de la part de l’ennemi et avant d’avoir reçu un ordre je porterai tout ce que j’ai de disponible sur les hauteurs entre Lonato et Castiglione ; si au contraire nous sommes prévenus par une déclaration de guerre, ou seulement 24 heures à l’avance je porterai ces six bataillons dans le camp de Castelnuovo où je compte bien pouvoir tenir jusqu’au moment où vous me ferez connaître vos ordres et la direction que vous voudrez donner à cette division ; dans le cas où cette marche n’entrerait pas dans vos dispositions veuillez me faire connaître vous intention afin que je puisse m’y conformer. Rien de nouveau dans cette partie ; toutes les dispositions des ennemis sont encore très défensives" (Papiers du Général Paul Grenier. XIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 90 page 199).

Le 5 février 1799 (17 pluviôse an 7), le Général de Division Grenier écrit au Chef de l’Etat-major général de l’Armée : "Ci-joint, vous trouverez, citoyen général, une lettre du chef de la 106e demi-brigade relative à plusieurs réclamations qui me paraissent fondées ; je vous invite à s’en prendre connaissance et à demander au ministre de la guerre la rentrée des différents détachements de cette demi-brigades restés l’armée d’Helvétie.
J’ai déjà donné les ordres nécessaires pour faire entrer aux bataillons de guerre les 48 hommes désignés par le dernier paragraphe de sa lettre
" (Papiers du Général Paul Grenier. XIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 92 page 202).

Le même 5 février 1799 (17 pluviôse an 7), le Général de Division Grenier écrit également au Chef de la 106e Demi-brigade : "Vous êtes autorisé, citoyen, à faire rentrer au bataillon de guerre les 48 fusiliers destinés à former le noyau du bataillon de conscrits, la réunion de ce corps devant se faire avec le bataillon de garnison où il se trouve un nombre suffisant d’officiers, sous-officiers et soldats pour surveiller l’instruction.
J’adresse dans le jour au chef de l’état-major général de l’armée les différentes réclamations que vous me faites avec invitation d’y faire droit
" (Papiers du Général Paul Grenier. XIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 92 page 202).

Le 9 février 1799 (21 pluviôse an 7), le Général de Division Grenier écrit au Chef de l’Etat-major général de l’Armée : "Par lettre ci-jointe, le chef de la 106e demi-brigade me rend compte, citoyen général, que le bataillon de garnison de cette demi-brigade est resté en Suisse, et que le général en chef de cette armée n’est pas disposé à le laisser partir.
Je vous invite en conséquence à demander ce bataillon au ministre afin de le rapprocher des deux bataillons de guerre
" (Papiers du Général Paul Grenier. XIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 92 page 202).

Le 11 février 1799 (23 pluviôse an 7), le Général de Division Grenier écrit à l’Adjudant général Garreau : "… il m’est parvenu des plaintes sur la conduite de la 106e demi-brigade dans ses cantonnements. Les officiers se sont permis de frapper des habitants à Montechiaro ; dites-leur que je j’en ferai des exemples qui sûrement rétabliront l’ordre, si ces plaintes se renouvelaient" (Papiers du Général Paul Grenier. XIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 93 page 204).

Le 21 février 1799 (3 Ventôse an 7), le Général de Division Grenier écrit au Chef de l’Etat-major général de l’Armée : "Avant de connaître citoyen général que la 106e demi-brigade enclavée dans l’armée d’Italie faisait encore partie de l’armée helvétique, j’ai envoyé le noyau de son bataillon de garnison à Pavie, pour y attendre ce qui était resté en Suisse ; aujourd’hui, le chef de l’état-major de l’armée d’Helvétie demande, comme vous le verrez par les copies ci-jointes, que cette partie du bataillon de garnison rentre en Suisse ; veuillez à cet égard prendre les dispositions que vous croirez convenables et me les faire connaître avant que je puisse en faire au chef de ce corps" (Papiers du Général Paul Grenier. XIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 95 page 208).

Le même 21 février 1799 (3 Ventôse an 7), le Général de Division Grenier écrit également au Chef de la 106e Demi-brigade : "J’ai envoyé au chef de l’état-major général de l’armée, citoyen, copies de l’ordre que vous avez reçu du général Mainoni et l’ai invité à prendre les dispositions qu’il croira convenables, aussitôt qu’il me les aura fait connaître je vous en ferai part" (Papiers du Général Paul Grenier. XIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 95 page 208).

Le 1er mars 1799 (11 Ventôse an 7), le Général de Division Grenier écrit au Chef de la 106e : "Je vous préviens, citoyen, que le chef de l’état-major de l’armée a donné l’ordre à la portion du bataillon de garnison de votre demi-brigade de partir le 12 du courant de Pavie pour se rendre en Helvétie" (Papiers du Général Paul Grenier. XIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 97 page 213).

Le 8 mars 1799 (18 Ventôse an 7), le Général de Division Grenier écrit au Général Gauthier, Inspecteur de l’Infanterie de l’Armée : "Je vous renvoie ci-joint, citoyen général, la délibération du conseil d’administration de la 106e demi-brigade, son exposé est aussi méchant que faux. Voici les faits. Lorsque le général en chef autorisa les généraux de division à organiser les bataillons de garnison, j’en ordonnai la formation, et pour remplir les dispositions du général en chef qui voulaient que les officiers les plus instruits fassent partie des bataillons de guerre et soient portés au complet, il fallait nécessairement les prendre sur les trois bataillons de la demi-brigade. Il résulte dans cette nouvelle organisation que l’ancien conseil d’administration se trouve dissous de fait sans que la dissolution en ait été ordonnée. Cependant, la loi du 25 Fructidor an 5, sur la formation des conseils d’administration, n’a pas été violée par cette disposition puisque j’ai invité les corps à choisir les nouveaux membres du conseil d’administration parmi les individus qui se trouvent au bataillon de garnison, tant dans la proportion des grades que dans le nombre.
Les différents corps de la division que je commande ont adopté cette disposition sans réclamation et le service y gagne ; les seuls capitaines de la 106e demi-brigade membres du conseil d’administration ont trouvé qu’il serait sans doute plus avantageux pour eux de se promener au bataillon de garnison que de faire la guerre, voilà ce qui les contrarie
(Papiers du Général Paul Grenier. XIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 100 page 219).

Le 16 mars 1799 (26 Ventôse an 7), le Général de Division Grenier écrit au Chef de l’Etat-major général de l’Armée d’Italie : "Par votre courrier du 24, vous m’adressez, citoyen général, la nouvelle organisation de la division que je dois commander, et vous me faites connaître les mutations qu’a ordonné le général en chef. Il en résulte que cette division sera formée de : deux bataillons de guerre de la 17e Demi-brigade légère, deux bataillons de la 24e de bataille, deux bataillons de la 106e, 2e légion helvétique, et du 2e bataillon de polonais, du 24e régiment de chasseurs, de deux compagnies d’artillerie légère, et d’une réserve de 6 bouches à feu ...
Je vous avoue que ces changements me peinent, et qu’il m’est désagréable de voir dissoudre cette division au moment d’entrer en campagne, d’autant plus que je crois avoir contribué à son organisation et à sa discipline ...
" (Papiers du Général Paul Grenier. XIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 104 page 227).

Le 16 mars 1799 (26 Ventôse an 7), le Général de Division Grenier écrit à l’Adjudant général Garreau : "Une nouvelle division s’organise, mon cher général, sous le nom de division du Tyrol ; elle sera commandée par le général Serrurier et occupera les avant-postes en avant de Peschiera, Montechiaro, Castiglione, Lonato et Desenzano ; ainsi vous serez relevé dans ces fameux postes ; ayez soin surtout qu’il ne nous arrive rien de désagréable dans ces derniers jours à Lazise et environs.
Par suite de cette nouvelle organisation, la 29e légère et la 63e quittent ma division ; pour relever la 29e dans la vallée de Sabbia, je suis obligé d’y envoyer la 106e, cette demi-brigade recevra donc aujourd’hui l’ordre de se rendre demain à Brescia pour se rendre le 28 dans la vallée de Sabbia ; si cependant vous étiez attaqué demain dans la matinée, vous arrêteriez son mouvement et disposeriez d’elle ...
" (Papiers du Général Paul Grenier. XIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 105 page 229).

Le 24 mars 1799 (4 Germinal an 7), le Général de Division Grenier écrit au Général en chef de l’Armée : "Je vous rends compte, Citoyen général, que la division que je commande a pris poste aujourd’hui à Saint-Georges. Les bataillons de guerre de la 106e n’ont encore pu rentrer de la vallée de Sabbia. Je vous réponds cependant que le 1er bataillon arrivera demain 5 au camp et le 2e le 6 au matin. J’ai des vivres assurés pour six jours, et mon parc d’artillerie et de réserve est en mesure, vous pouvez donc compter sur l’entier rassemblement dans la journée du 6" (Papiers du Général Paul Grenier. XIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 107 page 232).

Concernant le combat du 26 mars 1799, le Général de Division Grenier adresse le 27 mars 1799 (7 Germinal an 7) au Général en chef de l’Armée un premier rapport : "Vous voulez, Citoyen général, un rapport circonstancié des événements qui ont eu lieu dans la journée d’hier et des résultats des opérations de la division que je commande sur les différents points où la division a été portée ; il m’est difficile de remplir aux intentions, la première demande n’ayant pu recueillir encore tous les faits qui mériteraient d’être commis ; je me bornerais donc à vous faire connaître le résultat de la marche de la division et le détail des actions qui me sont connus.
Conformément aux ordres que vous m’avez donné, la division à mes ordres est partie de Saint-Georges le 6 germinal à deux heures du matin, afin d’arriver à Bussolengo de meilleure heure, et pour faciliter avec avantage l’attaque de ce point, je divisai ma division en deux colonnes, la première formant l’avant-garde aux ordres du général Kister ...
La 2e brigade composée d’un escadron du 24e régiment de chasseurs, de la 24e demi brigade bataille, de la 2e légion helvétique, du bataillon de la 106e demi brigade, de la 6e compagnie du 4e régiment d’artillerie légère, et de l’artillerie de position.
Cette seconde brigade était aux ordres de l’adjudant général Partouneaux.
Je dirigeai la 1ère brigade aux ordres du général Kister de Saint-Georges sur Zona pour se porter par la route de Vérone sur la gauche de Bussolengo, les avant-postes ennemis furent enveloppés à Zona et faits prisonniers ; le premier poste fut passé à la baïonnette par les éclaireurs commandés par le citoyen Rochefort, sous-lieutenant de la 3e compagnie de carabiniers, cet officier égorgea lui-même la première sentinelle afin d’empêcher qu’elle n’avertit de la marche.
Je dirigeai moi-même la 2e brigade aux ordres de l’adjudant général Partouneaux de Saint-Georges sur Palazzolo, évitant autant que possible les postes avancés des Autrichiens afin de leur dérober notre marche ; arrivé à Palazzolo la colonne du général Kister se joignit à nous, n’ayant pu, faute de chemin, continuer la route qu’il lui était indiquée ; la division réunie marcha donc sur une seule colonne et déboucha sur Bussolengo, une heure avant le jour ; là nous rencontrâmes l’ennemi ; six bataillons de Varadins avec 10 pièces de canon défendaient ce bourg ; malgré l’obscurité et avant l’arrivée de la 2e brigade, j’ordonnais au général Kister d’attaquer. Le 1er bataillon de la 17e légère commandé par le Citoyen Croisier entra à la course par la droite et le 2e bataillon aux ordres du citoyen Lévêque par la gauche ; je dirigeai en même temps le 2e bataillon de la légion polonaise sur la grande route entre Pastrengo et Bussolengo afin de couper toute retraite à l’ennemi pendant que ma seconde ligne avançait pour protéger l’attaque, mais l’ennemi ne nous attendit pas et fut forcé de nous abandonner environ 300 prisonniers en se repliant en désordre sur l’Adige qu’il remonta. Ces dispositions arrêtèrent environ une heure les troupes de cette division et en continuant à poursuivre l’ennemi arrivèrent à 7 heures à Pastrengo ; déjà la division aux ordres du général Delmas avait attaqué la droite de l’ennemi, qui par sa gauche débordait aussi la droite de la division Delmas ; j’ordonnai en conséquence au général Kister de diriger la 17e légère sur les bords de l’Adige afin de tourner la gauche de l’ennemi pendant que le 2e bataillon de la légion polonaise, la 2e légion helvétique et le bataillon de grenadiers de la 2e ligne soutenus de la 1ère et de la 6e compagnie du 4e régiment d’artillerie légère et du 24e régiment de chasseurs attaquaient l’ennemi en front sur son centre ; ce mouvement facilita l’attaque du général Delmas qui força avec tant d’impétuosité la droite de l’ennemi qu’il se décida à la retraite et nous abandonna plusieurs pièces de canon ; résistance opiniâtre de l’ennemi nous a fait perdre un nombre assez considérable de braves gens et d’excellents officiers ...
Je vous ferai connaître les détails et les faits héroïques qui sont en grand nombre aussitôt que je les aurai recueillis. La division a fait au-delà de 1200 prisonniers
" (Papiers du Général Paul Grenier. XIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 108 page 234).

En 1799, la 29e se replie sur la frontière génoise.

Le 20 août 1799 (3 Fructidor an 7), le Général de Division Grenier écrit au Général …lle ( ?) : "Ci-joint vous trouverez mon cher général l’état des situations des troupes qui composent cette division. Vous y verrez que la première brigade est composée d’un bataillon de la 17e légère, d’un bataillon de la 106e et de la 26e demi brigade de bataille ; la 2e est composée de la 104e et d’un bataillon de la 5e, ayant à Annecy en réserve le restant de la 17e légère.
La 1ère brigade a pour but de se lier par sa droite par la vallée de Bardonnèche avec la division de Briançon, elle coupe le Mont Charnu ( ?), le Grand et Petit Moûtiers ( ?) et est chargé de leur défense, elle longe sa gauche dans la vallée de Bessans et vient communiquer avec la 2e brigade par le Mont Iseran.
Cette 2e brigade est chargée de la défense du col du Mont du Petit-Saint-Bernard, du Fort Valaisan, du col de l’Allée Blanche, du col du Bonhomme et de tous le Faucigny, elle communique par le Mont Iseran à la brigade de droite et par sa gauche aux troupes qui défendent le Valais en Helvétie.
Le système de défense pour ces deux postes est celui indiqué par la nature du terrain, et les idées des généraux qui sont chargés de leur défense doivent toujours se rapprocher si ce n’est pour les dispositions au moins pour l’ensemble.
Le général Kister commandait sous mes ordres la brigade de droite et est encore à Saint-Jean-de-Maurienne.
Vous connaissez les besoins du soldat et ils sont partout les mêmes, on s’occupe cependant ici de l’habillement et l’équipement ...
" (Papiers du Général Paul Grenier. XIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 118 page 254).

Un extrait d'une lettre d'un des divers Généraux employés dans l’aile gauche, adressée au Général Grenier raconte : "Suse le 1er Vendémiaire an 8 (23 septembre 1799)
Le corps aux ordres du général Kister a été attaqué très vigoureusement à 6 heures du matin, mais quelque supérieur que fut l’ennemi qui avait 7 pièces de très gros calibre, et 7 mille hommes, sans compter une nuée de paysans qui débordaient le corps ennemi dont il venait d’être porté, la retraite s’est faite en ordre et n’a pu être entamées. Cette affaire qui a été chaude et qui a duré jusqu’à dix heures du soir, nous a couté quelques prisonniers, 60 à 80 blessés et des morts dont il ignore le nombre. La 106e a fait des prodiges de valeur, l’aide de camp Boyer et le général Kister ont habilement manœuvré. Quelques conscrits n’ont pas aussi bien fait leur devoir" (Papiers du général Paul Grenier. III Pièces se rapportant à l'armée d'Italie. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 190 pages 392 et suivantes).

Le 27 septembre 1799 (5 Vendémiaire an 8), le Général de Division Grenier écrit au Général en Chef Championnet : "Depuis l’affaire de Savigliano, je pressentais, mon cher général, que la division du général Duhesme serait attaquée du 4e au 5e jour complémentaire tant sur Pignerolle qu’à Savigliano entre Rivoli et Bussolin.
Comme l’ennemi pouvait se porter en deux parties, marcher de sa gauche à sa droite, et qu’il m’en fallait cinq pour suivre son mouvement, il m’était impossible d’envoyer des renforts au général Duhesme ; je lui écrivis en conséquence d’être sur ses gardes et de ne point recevoir le combat si l’ennemi se présentait avec des forces supérieures. L’ennemi retarda son attaque jusqu’au 1er vendémiaire ; Pignerolle, Giaveno et Aviglinico (Avigliana ?) furent attaqués à la pointe-du-jour avec des forces considérables et une artillerie nombreuse. Les généraux et les troupes prévenus étaient en mesure, les équipages avaient filé et rien ne gênait la marche des troupes, aussi ont-elles longtemps combattu avec avantage. Mais débordées sur les flancs par des nuées de paysans, la retraite fut ordonnée. Elle s’exécuta sous tous les points par échelons et dans le plus grand ordre. L’ennemi ne nous a pas fait 20 prisonniers et doit avoir perdu beaucoup de monde ; nous avons à regretter 60 ou 80 blessés ; toutes les colonnes, surtout celle de gauche, se sont parfaitement conduites en rétrogradant ; toutes les positions ont été défendues et la retraite de deux heures de chemins ne s’est faite quand douze heures. Cette colonne s’étant maintenue la nuit du 1er au 2 à Bussolin, d’où le général Duhesme, conformément aux ordres que je lui avait donnés, s’est retiré au col de l’Assiette et à Exiles, occupant en outre par sa droite le col de Fenestre pour rester en communication avec Fenestrelle et ayant fait retirer le général Kister avec sa brigade sur le Mont-Cenis ; le général Duhesme qui était de sa personne à cette colonne se loue beaucoup de la troupe, surtout du 3e bataillon de la 106e et du chef de bataillon Dunesme qui le commande ; il rend le compte le plus avantageux du général Kister, du citoyen Boyer aide de camp chef de bataillon, du citoyen Planta qui protégeait la retraite de la brigade, du général Lesuire et du citoyen Vivalda officier piémontais employé à mon état-major ; le général Duhesme demande le grade de chef de brigade pour son aide de camp le citoyen Boyer, je vous le recommande et vous prie de vous intéresser à lui, cet officier depuis 15 jours commandait l’avant-garde du général Kister.
Par suite de ses différents mouvements, l’aile gauche de l’armée se trouve toujours aux pieds des monts et reste maître des débouchés de la plaine ; je crois avoir rempli vos intentions en attirant sur ce corps d’armée les forces et l’attention de l’ennemi, sans recevoir d’engagement qui put nous compromettre. Aujourd’hui nous tâchons de deviner les intentions de l’ennemi. Et nous agirons en conséquence aussitôt que je serai sûr que l’ennemi n’a pas en vue d’attaquer nos frontières. Le général Duhesme restera sur l’entière défensive et je renforcerai la division de droite de la brigade du général Lesuire, afin de faire craindre à l’ennemi une opération sur le Piémont et dans ce cas je porterai mon quartier général dans les environs de Coni.
Je ne peux mieux vous faire connaître les rapports de Savigliano qu’en vous adressant copie du rapport du général Compans. Vous jugerez que cet officier général mérite d’être distingué, veuillez je vous prie renouveler au ministre de la guerre la demande de la confirmation de sa nomination au grade de général de brigade
(Papiers du Général Paul Grenier. XIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 157 page 335).

Le 1er octobre 1799 (9 Vendémiaire an 8), le Général de Division Grenier écrit, depuis Guillestre, au Général Duhesme : "J’ai reçu cette nuit, mon cher général, votre lettre du 7 de ce mois. Je prévoyais bien les difficultés que vous n’auriez pas manqué d’éprouver dans l’opération que vous projetiez sur Pignerol. Aussi vous en ai-je dissuadé par la lettre que le citoyen Vivalda doit vous avoir remise ...
Je quitterai Guillestre le 12 et mon quartier général sera le 14 à Demont ...
Votre division après ce mouvement se trouvera composé : d’un bataillon de la 28e légère, deux bataillons de la 26e de bataille, deux bataillons de la 74e, deux bataillons de la 88e, deux bataillons de la 92e, deux bataillons de la 99e, trois bataillons de la 104e, un bataillon de la 105e, un de la 106e, un de la 107e, et deux escadrons de hussards non compris quelques détachements isolés qui sont à Fenestrelle et les dépôts qui tiennent garnison Mont-Lion.
J’ai donné les ordres les plus pressants, mon cher général, pour faire arriver des subsistances à Briançon. J’écris également pour avoir de l’argent ; consolez et dites que cet état malheureux cessera bientôt, que tous les moyens sont employés pour obtenir quelques chefs.
Faites-moi connaître au juste ce que vous avez besoin en artillerie tant pour être en position que pour mouvoir au besoin, afin qu’elle soit mise à votre disposition avec les attelages nécessaires
" (Papiers du Général Paul Grenier. XIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 161 page 343).

Le 18 octobre 1799 (26 Vendémiaire an 8), le Général de Division Grenier écrit, depuis son Quartier général de Borgo San Dalmazzo, au Général de Division Duhesme : "Le général en chef désire, mon cher général, que vous réunissiez sur le champ toutes vos troupes disponibles entre Suze et Peyrouse à l’effet de former deux colonnes que vous mettrez de suite en marche, l’une sur Bussolin, et l’autre composée de la majeure partie de vos forces sur Pignerolle. Je pense donc, mon cher général, que cette dernière colonne pourra être composée de l’escadron du 10e hussards, de la 26e de bataille, du bataillon de la 106e, du bataillon de la 74e et de celui de la 107e.
La première pour attaquer Bussolin serait de la 104e 3e bataillon, et un bataillon de la 105e, et de ce que vous avez du 7e de chasseurs.
Le bataillon de la 88e formant par suite de ces dispositions la garnison de Fenestrelle qu’il ne faut pas dégarnir, si dans la marche de ces colonnes, nous n’éprouvez pas trop de résistance, vous tâcherez de vous emparer de Bussolin et de Pignerolle, cette dernière colonne passant dans ce cas jusqu’à Revel sous l’aile gauche du Pô où elle prendra position ; vous observeriez qu’il sera impossible à cette colonne de se faire suivre par de l’artillerie puisque si elle obligée de se retirer, elle ne pourrait le faire que par la vallée du Pô ; du côté de Bussolin, vous ferez des démonstrations, si vous ne rencontrerez trop de résistance, vous pousseriez cette colonne jusqu’à Rivoli où au moins le plus qu’il vous sera possible.
Vous pourrez faire garder le petit Saint-Bernard par le bataillon de conscrits qui est à Moutiers, et le Montcenis par celui qui est à Saint-Jean de Maurienne.
Vous observerez, mon cher général, que je ne vous parle pas de la 28e légère, de la 92e et 99e qui doivent être en route pour vous rejoindre
" (Papiers du Général Paul Grenier. XIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 176 page 375).

Le 25 octobre 1799, le Général Duhesme adresse, depuis Oulx, au Général Grenier, pour la 2e Division de l'aile gauche de l'Armée d’Italie, un Etat certifié et signé à Oulx : "Etat des recettes et dépenses faites, d’après les ordres du Général de Division Duhesme, par le préposé à la recette des contributions de cette Division ...
10 vendémiaire an 8 106e demi-brigade d’infanterie de bataille pour avance à titre de prêt 1200 livres ... le 3 Brumaire an 8 (25 octobre 1799)
" (Papiers du général Paul Grenier. II Pièces se rapportant à l'armée d'Italie. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 144 pages 301-302 (suite de la lettre du 25 octobre).

Le 5 novembre 1799 (14 Brumaire an 8), le Général de Division Duhesme écrit, depuis Venasca, au Général Grenier, commandant l’aile gauche de l’Armée : "Je vous préviens, mon cher général, que mon avant-garde est à Dronero et mon corps de bataille en avant de Venasca ; c’est tout ce que j’ai pu faire, les troupes sont éreintées.
... je vous croyais encore à Genola et rien ne m’étonna plus que de voir arriver par ce chemin une forte colonne qui commença une attaque très vigoureuse, en peu de temps les troupes que nous y avions porté furent mises en déroute.
Ce ne fut qu’en faisant des efforts incroyables et en me mettant à leur tête que je parvins à les rallier et à les décider à une charge qui éloigna l’ennemi du pont par lequel nous avions notre retraite et de plus l’ennemi avait pénétré sur la place avec de la cavalerie et de l’infanterie qu’il avait rangée en bataille et coupait la retraite à la 106e et partie de la 26e.
Mollard qui les commandait fait une charge, culbute l’ennemi et se fait un passage jusqu’à nous, alors nous rétablîmes le combat et primes une position qui nous couvrait la seule retraite que nous avions sur Lagnasco, route de Saluces, car l’ennemi étant à Votignasco nous avait aussi attaqué par cette route ; comme cela, nous avions toujours un pied dans Savigliano.
Nous tînmes jusqu’à la nuit, espérant toujours que nous serions secondés ; on vint alors me rapporter que l’ennemi avait envoyé un parti dans Saluces et un corps de troupes considérable à Villafalleto, je fis une fausse attaque sur cette route, et comme elle commençait à attirer l’attention de l’ennemi, je me retirais à la nuit close sur Lagnasco où je me reposais cinq heures et d’où j’ai marché par une marche de flanc sur Costigliole, j’y ai trouvé deux compagnie de la 63e que j’envoie à Dronero. Le général Kister a eu un cheval sous lui et mérite les plus grands éloges, je vous demanderai le grade de lieutenant pour son aide de camp qui a été blessé à l’affaire, on ne peut être mieux secondé que par un tel officier général. Je suis abimé de fatigue. Demain de grand matin je serai à Dronero. J’enverrai mon rapport.
Veuillez faire part de ma lettre au général en chef Championnet.
Tous les rapports s’accordent à dire que la colonne qui nous a attaqués était composé de sept régiments d’infanterie et quatre de cavalerie
" (Papiers du général Paul Grenier. III Pièces se rapportant à l'armée d'Italie. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 24 page 60).

Le 8 novembre 1799 (17 Brumaire an 8), le Général de Division Duhesme, de l'Armée des Alpes, écrit depuis le Quartier général, à Demont au Général de Division Grenier : "Rapport de la journée du 13
Je partis de Saluces à la pointe du jour ; ma principale colonne composée de trois bataillons, une pièce et cinq à six hussards commandés par le général Kister se dirigeait sur Savigliano occupé dès la veille par le général Clément. Ma colonne de flanqueurs composée de quatre compagnies de la 28e demi-brigade, trois compagnies de grenadiers et 15 hussards commandés par mon aide de camp chef d’escadron Ordonneau devait tenir le Po en passant par Cardée et Moretta, tandis que mon aide de camp Boyer chef de bataillon, avec le bataillon de la 74e devez tenir l’intermédiaire passant par Monasterolo ; ces deux colonnes de flanqueurs devaient rejoindre la principale à Savigliano. Le canon que nous y entendions, nous faisait hâter notre marche, lorsqu’un détachement de dragons qui n’avait pu entrer dans Savigliano nous apprit que l’ennemi s’en était emparé de vie force. J’arrêtais sur-le-champ la colonne et envoyais dire à celles de flanqueurs de nous rejoindre. Je me portais ensuite de ma personne du côté du champ de bataille et jugeant que nous perdions du terrain, j’ordonnais au général Kister de faire une marche de flanc pour tâcher de gagner Votignasco.
Arrivé près du général Grenier je reçus de lui l’ordre de marcher sur Savigliano pour dégager, s’il était possible, le général Clément, que l’on croyait enveloppé. L’adjoint Deschamps me précéda et remis la colonne en marche sur Savigliano. J’arrivais de ma personne quand l’attaque a commencé, l’ennemi avait pris position avec six bataillons d’infanterie, 400 chevaux et six pièces, en avant de cette place derrière la Meyra. Mon aide de camp Boyer avec le bataillon de la 74e tenter de faire jonction, après avoir battu un corps assez considérable qui s’y opposait. Notre position devenait délicate, il fallait vaincre du côté de notre faiblesse.
Le général Kister s’avance donc avec audace, charge l’ennemi avec impétuosité, s’empare du pont, passe la Meyra, pénètre dans la ville ; et tandis que l’aide de camp Boyer allait couper la route de Cavallermaggiore, le chef de brigade Mollard à la tête de la 26e le poursuit avec vigueur sur la route de Bra ; cette colonne ennemie fut tellement mise en désordre qu’elle nous laissa 2 pièces de canons, 3 à 400 prisonniers et 4 ou 5 caissons.
J’espérais encore que l’armée se soutenait encore à Genova, les officiers que j’envoyais au général Grenier retournèrent en m’annonçant la rencontre d’une colonne ennemie ; à peine avais-je fait porter un bataillon qu’il revint en désordre auprès du pont de la Meyra, accablé par l’ennemi qui pénétrait avec rapidité de tous les côtés. Le point de notre retraite allait être emporté et s’en était fait de tout ce corps, mais ralliant moi-même ce bataillon je le reconduisis en avant et décidé à une charge qui fut assez heureuse pour repousser la colonne qui longeait entre les deux rivières ce qui donna le temps au général Kister d’accourir avec quelques compagnies de la 74e demi-brigade est de rétablir le combat. L’ennemi s’était réuni en force sur la place de Savigliano et avait coupé le bataillon de la 106e et partie de celui de la 26e ; leurs chefs Dunime ( ?) et Mollard que l’on sommait de se rendre, y répondent par une charge à la baïonnette qui leur ouvre un honorable passage jusqu’à nous, alors je prends position en arrière de la Meyra, tenant toujours cependant les faubourgs de la ville, l’ennemi arrêté déploie en vain une artillerie nombreuses, il ne peut nous empêcher de nous maintenir jusqu’à la nuit tombante.
Nous nous retirâmes presque sans être inquiétés sur Lagnasco. Je n’avais point de nouvelles de mon aide de camp Ordonneau ; mes ordonnances n’avaient pu pénétrer jusqu'à lui, il avait combattu et avait trompé dans ses marches plusieurs partis détachées pour couper nos derrières ; il était rentré sur les 4 heures du soir dans Saluces d’où il avait chassé quelques hussards autrichiens.
J’appris par des rapports certains que l’ennemi avait une forte colonne à Villafalette et ses avant-postes à Pomerolo, je fit reposer la troupe 4h00 à Vaniasco et je me diriger sur Castilione où j’arrivais le 14 à la pointe du jour, j’y restais quatre à cinq heures espérant recevoir des nouvelles de l’armée ; ayant appris là que nous n’étions plus à Busca et que mon aide de camp Ordonneau s’était rendu à Dronero, je pris le parti de me porter à Venasco parce que absolument dépourvu de cartouches, je devais éviter tout combat. Les troupes épuisées de faim et de fatigue et reposèrent à Venasco. Le lendemain on se mit en marche pour se rendre à Dronero, je précédais la colonne à peu près d’une heure, vous connaissez l’événement qui m’en a séparé, j’espère que le général Kister aura pu se retirer par le val de Vraceta à Château Dauphin et de là à Queyras
" (Papiers du général Paul Grenier. III Pièces se rapportant à l'armée d'Italie. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 37 page 86).

Le 13 novembre 1799 (22 Brumaire an 8), le Général de Division Duhesme écrit, depuis le Quartier général de Briançon, au Général de Division Grenier, commandant l’aile gauche de l’armée d’Italie à l’Arche : "Je vous prie, mon cher Général, de me dire quels seront les moyens de parvenir auprès du Général Championnet, ayant plusieurs demandes pressées à lui faire notamment un ordre pour pouvoir obtenir mes arriérés et mes frais de poste.
J’y enverrai mon aide de camp Boyer pour lequel je demande le grade de chef de brigade et le commandement d’une brigade.
Veuillez aussi m’autoriser et me donner les pouvoirs suffisants pour tirer des provisions de siège ; les malades désespèrent et je ferai donner à l’hôpital quelques pintes de vin. Rien ne fait pitié comme le dénuement de nos hôpitaux, le vin, l’huile et le riz y manquent absolument. Veuillez à cet égard presser le commissaire ordonnateur. Je verrai ce que la mesure de prendre sur les approvisionnements des habitants de Fenestrelle produira, et c’est d’après ce, que je réglerai ce qu’il faudra y envoyer de Briançon.
Vous savez que dans la mauvaise saison, la communication avec la vallée d’Oulx et Exilles est souvent interceptée pour les hommes, et toujours pour les chevaux et un corps conséquent y périrait de faim ; en moindre il serait enlevé sans qu’on pût y porter secours. Il faudra à cet égard bientôt décider la ligne que l’on tiendra l’hiver. L’ennemi a 1500 hommes à Aviliano, et 8 bouches à feu, sa garnison est de 6 mille hommes à Turin. On prétend qu’il a quatre mille hommes dans la vallée d’Aoste et vous savez qu’il n’y a que 200 hommes au Petit Saint-Bernard plus 200 conscrits du bataillon auxiliaire. Ce faible corps ne pourrait même s’opposer à un part. Que ferez vous du général Raoul qui est dans cette partie, il demande une autre destination.
J’ai recommandé au général Valette qui tient près de Suse que dans le cas où il serait forcé, un bataillon se retirerait sur Exilles avec lui qui est destiné au commandement de Briançon. Les 2 autres bataillons et les compagnies de la 105e demi-brigade sur Mont Cenis où sera Kister en ne faisant retirer qu’un bataillon par la vallée d’Oulx. Je compte sur les renforts qu’il serait facile de leur envoyer, et sur la réserve de 2 bataillons de la 106e demi-brigade. Au lieu que si on n’avait pas suffisamment de troupes au Mont Cenis, et on ne pourrait le secourir à temps puisque le Galibier est fermé et qu’il faut passer par Grenoble ...
" (Papiers du général Paul Grenier. III Pièces se rapportant à l'armée d'Italie. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 55 page 122).

Le 14 novembre 1799 (23 Brumaire an 8), le Général de Division Duhesme écrit, depuis le Quartier général de Briançon, au Général de Division Grenier, commandant l’aile gauche de l’Armée d’Italie : "Je vous adresse ci-joint, mon cher général, copie de la lettre du général Valette, sur ses observations que la Tarentaise n’est pas assez gardée. J’ai pris sur moi d’y envoyer deux bataillons de la 105e et de faire venir ici le bataillon de la 106e. Je pense que vous approuverez mes dispositions.
Je vous demanderai aussi celui de la 26e que je vous prierai de m’envoyer, ces deux bataillons seront destinés à garder Exilles et le Briançonnais. Veuillez bien me mander vos intentions à cet égard
" (Papiers du général Paul Grenier. III Pièces se rapportant à l'armée d'Italie. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 67 page 150).

Le 15 novembre 1799 (24 Brumaire an 8), le Général de Division Grenier écrit, depuis Guillestre, au général de Division Duhesme : "Les bataillons de la 26e et 106e demi-brigades sont partis ce matin de Guillestre, mon cher général, pour aller rejoindre à Briançon ..." (Papiers du Général Paul Grenier. XIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 208 page 445).

Le 20 novembre 1799 (29 Brumaire an 8), le Général de Division Grenier écrit, depuis Embrun, au Général de Division Duhesme : "J’ai reçu, mon cher général, votre lettre du 28. Je sens comme vous la difficulté qu’il y aura pour correspondre avec les troupes de la Maurienne et de la Tarentaise. Mais le général en chef ne pense pas comme nous, et il dit voir avec peine notre éloignement. Aussitôt que vous serez un peu rétabli et que vous pourrez (sic) au quartier général, je vous montrerai la lettre que j’ai reçu cette nuit et ma réponse.
En attendant, je crois que vous devez provisoirement établir l’organisation suivante. Deux bataillons de la 104e pour la Maurienne et Mont-Cenis, un autre bataillon de la 104e et celui de la 105e pour la Tarentaise, Petit Saint-Bernard, et Fort Valaisan. Avoir un tiers de ces troupes en première ligne, les deux autres cantonnés à proximité pour relever la première ligne toutes les décades, s’assurer de l’approvisionnement des monts et le faire compléter, s’occuper de l’organisation et de l’instruction des bataillons de conscrits qui sont dans cette partie, donner le commandement de chacune des vallées à des chefs de corps, telles que les citoyens Cluzel et Eyrische, et donner le commandement du tout au général Kister qui aurait avec lui l’adjudant général Garin chargé du détail. Les bataillons de la 26e et 106e resteraient dans le Briançonnais, gardant la vallée d’Oulx, celle de Queyras et la communication avec Fenestrelle. L’organisation des vallées de L’Arche et de Barcelonnette resterait telle qu’elle est aujourd’hui sous les ordres du général Brenier. Vous pourriez laisser le général Valette dans le Briançonnais, replacer Carpentier à Mont-Lion et vous établir à Embrun, chargé du commandement de toute cette partie en attendant que le général en chef vous permette d’aller dans vos foyers. Voilà ce que je vous propose, mon cher général, voyez si cela entre dans vos arrangements. Je pourrai alors m’établir à Grenoble pour être au centre des communications. Car je présume que votre intention n’est pas de vous éloigner avant d’avoir reçu l’autorisation que vous avez demandée au général en chef.
J’écris aujourd’hui encore au payeur pour qu’il envoie de l’argent à Chambéry. J’ai lieu de croire que cet envoi a été fait. Je vais rappeler encore à Viriville la demande que je lui ai faite de faire remplacer sans délai l’approvisionnement de Briançon ...
" (Papiers du Général Paul Grenier. XIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 218 page 465).

Le 5 décembre 1799 (14 Frimaire an 8), le Général de Division Grenier écrit, depuis Embrun, au Ministre de la Guerre : "J’ai reçu votre dépêche de 8 de ce mois par laquelle vous me prescrivez de rassembler les troupes formant la gauche de l’armée d’Italie au camp de Tournoux, si la position de Demont se trouve abandonnée ; lors de la réception de votre lettre, je pense que depuis le départ de votre courrier vous avez été prévenu par le général en chef de l’armée que l’aile gauche et dissoute ; et que la division du général Richepanse en ayant été détachée le 19 brumaire dernier pour se porter à Borgo San Dalmazzo afin de couvrir le col de Tende et les Alpes-Maritimes, les seules troupes aux ordres du général Duhesme couvrent aujourd’hui la frontière depuis les vallées de L’Arche et de Barcelonnette jusqu’au Petit Bernard inclusivement. Je joins sous ce pli le tableau de ces troupes et vous jugerez sans doute aux premier aperçu que les dispositions que vous me prescrivez ne peuvent recevoir leur entière exécution, en ce que les 7000 hommes qui composent cette division sont disséminés sur une étendue de plus de 30 lieues de terrain en ligne droite et que la majeure partie de ces troupes est essentiellement nécessaire à la défense des points qu’elles occupent ; que d’ailleurs la petite route de communication de la Tarentaise en Maurienne par le Mont Iseran et le col des Encombrés et de la Maurienne dans le Briançonnais par le Galibier sont fermés par les neiges et qu’il faut 15 jours pour faire arriver des troupes de cette partie jusqu’au camp de Tournoux après qu’elles auront été relevées par la demi-brigade venant d’Helvétie et que vous m’annoncez devoir arriver dans le Mont-Blanc.
Afin d’obvier à ce premier inconvénient et de remplir autant qu’il dépendra de moi les dispositions que vous m’avez présentées, je donne ordre au général Duhesme de diriger de suite la demi-brigade venant d’Helvétie sur Gap. Au moment où elle arrivera sur ce point, je tirerai de la vallée d’Oulx le bataillon de la 106e et je placerai ces quatre bataillons au camp de Tournoux, qui joints aux quatre qui occupent les vallées de L’Arche et de Barcelonnette formeront environ 4000 hommes.
Je ne crois pas, citoyen ministre, qu’il soit possible de faire un rassemblement plus considérable avec aussi peu de moyens et certes un pareil détachement ne peut sans danger s’avancer dans la vallée de Sture, encore moins entreprendre sur le blocus de Coni, si la division qui occupe le col de Tende n’arrive en même temps sur Borgo San Dalmazzo ; il m’est impossible encore de prévoir l’époque de ce rassemblement avant que je ne connaisse le jour auquel la demi-brigade venant du Mont-Blanc pourra arriver à Gap.
La marche et la réunion de ces troupes au camp de Tournoux n’éprouvera donc aucun obstacle ; il n’en est pas de même pour le transport et l’artillerie ; jusqu’à ce jour, nous avons à force de peine et de travaux conservé la communication du col de Vars libre pour les bêtes de somme, ce qui n’est arrivé en aucun temps, cette communication ayant toujours été fermée année commune au 20 novembre, mais qui peut répondre que d’un moment à l’autre elle ne devienne entièrement impraticable ? Dans cet état de choses, comment suffire à l’approvisionnement des munitions que je n’ai dû porter dans les vallées de L’Arche et de Barcelonnette qu’en proportion du nombre d’hommes qui devaient y stationner cet hiver. Si le moyen de transport existait, si toutes les parties du service n’étaient entièrement désorganisées, je pourrais peut-être encore parvenir à porter cet approvisionnement de munitions au double de ce qui existe en magasin à Tournoux. Je ferai tout ce qui dépendra de moi, mais je ne réponds pas de réussir ; en supposant que j’y parvienne et que cet obstacle soit entièrement levé, comment réunir au camp de Tournoux les subsistances et fourrages nécessaires pour ce rassemblement, lorsqu’en ce moment toutes les distributions manquent, que le soldat est en partie nourri chez l’habitant, et que les approvisionnements de siège de Briançon et de Mont-Lion sont pour ainsi dire épuisés, tant par ce qui se verse de la première place dans les magasins de Fenestrelle que par les consommations journalières des garnisons.
Une autre observation non moins importante est celle que je dois vous faire sur le passage des cols de la Madeleine et de Largentière. Ces cols ne sont jamais praticables dans cette saison, et lors du dernier séjour de l’armée dans les environs de Coni, toutes les munitions et subsistances arrivaient par le col de Tende, les premiers n’étaient déjà plus praticables et il a fallu 8 jours pour ramener l’artillerie depuis les Barricades jusqu’à Tournoux. Comment seront-ils dans 15 jours ?
Que tout réussisse au gré de mes désirs, que les troupes, les munitions, les subsistances, les moyens de transport soient réunis au camp de Tournoux, que ce petit corps passe les cols et arrive à la position de Gaiola ; qu’il pénètre même au débouché de la plaine, quel en sera le résultat ? Sans doute il livrera des combats, les munitions seront consommées sans espoir et sans moyen de pouvoir les remplacer puisque depuis Tournoux à Gaiola, il y a une distance de 12 lieues de Piémont et qu’il faut dans cette saison cinq et six jours aux convois d’artillerie pour en faire le trajet n’ayant pas les chevaux ou mulets nécessaires aux établissements des échelons. Si donc la majeure partie de l’armée ne débouche pas au même moment tant par la vallée du Tanaro, que par le col de Tende, cette opération manquera et l’armée ne lèvera pas le blocus de Coni.
Vous dissimuler tous ces obstacles, citoyen ministre, serait manquer à mon devoir. Je vous devais ces observations, et j’ai dû entrer dans tous les détails pour répondre à la confiance dont veulent bien m’honorer les Consuls de la République. Veuillez me faire connaître vos dispositions ultérieures. En les attendant, mes soins se porteront à faire arriver à Gap les trois bataillons venant du Mont-Blanc, d’où ils pourront être facilement dirigés sur le centre de l’armée, si vos premières dispositions sont changées, à faire augmenter l’approvisionnement des munitions à Tournoux, et à renouveler mes sollicitations pour réunir quelques subsistances. Jusqu’à présent, mes demandes pour cet objet essentiel ont été sans effet
" (Papiers du Général Paul Grenier. XIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 230 page 490).

Le 12 décembre 1799 (21 Frimaire an 8), le Général de Division Grenier écrit au Général de Brigade Valette : "… J’ai lieu de croire que les nouvelles qui se répandent à Briançon relativement à Coni, ne sont pas dénuées de fondements ; quelques autres circonstances que je rapproche me le font craindre ; je vous engage donc, citoyen général, à prendre les plus grandes précautions et à augmenter la garnison de Fenestrelle ; je ne regardais l’occupation de la vallée de l’Oulx utile que parce que cela nous facilitait, et couvrait votre communication avec Fenestrelle, je pense donc que vous en devez en retirer les troupes et les resserrer dans les environs du Mont Genève entre Ferrils, et Cézanne afin de maintenir notre communication avec Fenestrelle le plus longtemps que vous pourrez ; la retraite de ces troupes serait en dernier lieu sur le Mont Genève où vous devez établir quelques pièces d’artillerie. Vous n’avez pas de temps à perdre pour augmenter la garnison de Fenestrelle, vous devez porter cette garnison de 11 à 1200 hommes et y envoyer des bonnes troupes ; le bataillon de la 106e ou celui de la 26e peuvent fournir ce renfort, qu’il faut y faire marcher dès cette nuit ; ces troupes seront remplacées sous peu de jours par une demi-brigade que j’attends, je vous engage même d’y envoyer le bataillon de la 106e tout entier, de porter la garnison de Fenestrelle au nombre voulu ci-dessus et de retirer ensuite le restant de la 88e. Vous ferez sortir de cette place tous les officiers piémontais et les ferez remplacer par des français ..." (Papiers du Général Paul Grenier. XIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 239 page 510).

Le 29 septembre 1800, Bonaparte écrit, depuis Paris, à Carnot, Ministre de la Guerre : "… Vous donnerez l'ordre au général Saint-Hilaire, commandant la 8e division militaire, de faire rejoindre à l'armée d'Italie les détachements des 10e et 106e de ligne …, aussitôt que la garnison de Malte sera arrivée et dans le cas de faire du service ..." (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1911, t.2, lettre 1195 ; Correspondance générale de Napoléon, t.3, lettre 5669).

Le 2 mai 1803 (12 Floréal an 11 - note : La minute conservée aux Archives nationales (AF IV 865, Floréal an 11, no 15) est datée du 1er mai), le Premier Consul écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "Je vous prie, citoyen ministre, en conséquence de l'arrêté du 10 floréal, de donner ordre ... Au 2e bataillon de se rendre à Gênes pour être incorporé dans la 106e et porter cette·demi-brigade à 3 bataillons ...
Vous donnerez ordre que tous les chefs de bataillons, capitaines et autres officiers incorporés par l'arrêté du 10 floréal, continuent à être attachés aux demi-brigades. Quant aux chefs de brigade, quartiers maîtres et adjudants-majors, vous me ferez un rapport pour les employer le plus tôt possible, pour qu'il n'y ait personne de réformé par ce travail.
P.S. Ils attendront leur destination à la suite des corps où leurs 1ers bataillons seront incorporés
" (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1911, t.1, lettre 565 ; Correspondance générale de Napoléon, t.4, lettre 7618).

Le 28 avril 1804 (8 Floréal an 12), le Premier Consul écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Berthier : "Je vous prie, Citoyen Ministre, de faire faire une revue extraordinaire pour constater la situation, au 1er germinal, des 10e, 19e, 28e, 45e, 47e, 56e, 58e et 106e de ligne, et des 3e, 12e, 21e et 24e légers. On aura soin de mettre le nombre d'hommes de ces corps présents dans chaque ville où ils se trouvent, les malades aux hôpitaux, les absents et depuis quel temps, ceux inhabiles à porter les armes, le nombre de conscrits qu'ils ont reçus et qu'ils ont à recevoir sur l'an xi et l'an XII. Ces régiments sont les plus faibles de l'armée. Je désire savoir positivement dans quelle situation ils sont, afin de les faire recruter" (Correspondance de Napoléon, t.9, lettre 7728 ; Correspondance générale de Napoléon, t.4, lettre 8848).

Le 15 septembre 1804 (28 fructidor an 12), Bonaparte écrit depuis Cologne au Maréchal Berthier, Ministre de la Guerre, Major général des camps : "Mon Cousin, je désire avoir des renseignements sur M. Chartrand ancien capitaine du 4e régiment de ligne actuellement dans le 106e : connaître l'état de ses services, quelle habileté il a et s'il est propre à faire un chef de bataillon" (Correspondance générale, t.4, lettre 9217).

Le 27 mars 1805 (6 germinal an XIII), l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Maréchal Berthier : "Mon Cousin ... Je passerai en revue dans les dix premiers jours de prairial, dans la plaine de Lonato, les 22e et 23e légers, les 1er, 10e, 106e, 52e, 62e, 101e, 53e de ligne, et les trois régiments italiens. Le général Jourdan formera quatre divisions, chacune de trois régiments ; on les cantonnera sur la Chiese et le Mincio ... Vous me ferez connaître également ce qu'il sera nécessaire de donner aux troupes pendant le temps qu'elles seront cantonnées
Vous recommanderez bien au maréchal Jourdan que ces mouvements n'aient point l'air de mouvements de guerre. Il ne dégarnira Vérone, Peschiera et Mantoue qu'au moment de la revue. Il donnera seulement l'ordre de se mettre en marche au 62e qui est à Livourne, au 53e qui est à Rimini, au 22e qui est à Novare, au 23e qui est à Parme, et aux autres corps qui ont besoin de se rapprocher ...
" (Correspondance de Napoléon, t.10, lettre 8491 ; Correspondance générale de Napoléon, t.5, lettre 9739).

Le 5 février 1806, on soumet à l'Empereur une "Avance demandée par le 106e régiment d’infanterie"; ce dernier répond : "Attendre les revues" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 1, lettre 283).

Le 21 février 1806, l'Empereur écrit, depuis Paris, à Eugène : "Dans votre état de situation, il n'est pas dit où est le 106e ... Il restera au général Miollis les 9e, 53e et 106e de ligne" (Correspondance de Napoléon, t.12, lettres 9865 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 11517).

Le 12 mars 1806, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Dejan, Ministre directeur de l'Administration de la Guerre : "Monsieur Dejean, mon intention est que les trois mille hommes formant la réserve des départements ci-dessous nommés marchent comme les autres et soient dirigés, savoir ceux du département : ... Du Lot … 106e de ligne ..." (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 1, lettre 329 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 11656).

Le 30 mars 1806, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Dejean, Ministre directeur de l'Administration de la Guerre : "Monsieur Dejean, voici une liste d'hommes du régiment de la garde de Paris qui ne peuvent pas rester à Paris. Donnez des ordres pour qu'ils en partent tous dans la semaine prochaine. Vous ferez faire le travail successivement et par corps. Ils partiront sous les ordres d'un officier, les uns pour joindre le 5e régiment de ligne, les autres le 56e, les autres le 106e. Vous aurez soin de faire envoyer leur signalement à la gendarmerie, pour qu'il n'en revienne aucun. Ils seront envoyés aux corps ci-dessus, sous prétexte que le service de Paris nuit à leur discipline. On aura soin qu'ils ne désertent pas en route et surtout que sous quelque prétexte que ce soit ils ne rentrent pas dans la capitale" (Brotonne (L. de) : « Dernières Lettres inédites de Napoléon 1er, collationnées sur les textes et publiées » ; Paris, 1903, t. 1, lettre 391 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 11795).

Le 27 mai 1806, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Prince Eugène : "Mon Fils, j'ai lu avec attention vos états de revues. Se peut-il qu'il y ait encore dans les 53e, 106e, 13e et 60e, des hommes qui ne soient pas habillés ? J'imagine que les conscrits, s'ils n'ont pas des habits, ont au moins des culottes et des vestes d'ordonnance. Je vois que, dans l'armement, il manque beaucoup de fusils. Est-ce que les régiments qui sont en Istrie auraient des hommes sans fusils ? Si cela était, j'imagine que vous ne dormiriez pas que mes troupes d'Istrie ne soient parfaitement armées. Vous dites qu'il est dû aux 53e, 13e, 106e et 60e, pour la solde ; mais vous ne dites pas quels mois il est dû, non plus que pour la masse d'habillement. Du reste, les états me paraissent faits avec soin ; je les parcourrai avec plaisir. Mais il faut que dans l'état de juin on me donne des explications sur le nombre d'hommes qui sont, à chaque dépôt, à l'école de bataillon, sur le nombre d'hommes qui sont en habits de paysans, et sur le nombre d'hommes qui ne sont pas armés. Je me persuade que vous ne dormiriez pas si vous aviez en Istrie, en Dalmatie, même en Italie, des hommes qui ne fussent pas armés ou qui fussent encore en sarraux de toile. Il est de votre honneur que, vingt-quatre heures après leur arrivée, les conscrits aient la veste, la culotte, le chapeau. Il n'y a point d'excuse, les corps doivent y pourvoir ..." (Correspondance de Napoléon, t.12, lettres 10284 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12184).

Le 29 juillet 1806, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, à Eugène, Vice-Roi d'Italie : "... Donnez ordre à celui des 106e ou 53e régiments qui vous paraîtra le plus en état de former ces deux premiers bataillons à 1 000 hommes chacun, et envoyez-les dans le Frioul rejoindre le second corps d'armée ...
Ces six régiments formeront deux divisions, chacune de trois régiments, savoir : le 35e, le 106e ou le 53e qui remplacera le 11e qui est en Dalmatie, et le 13e qui remplacera le 18e d’infanterie légère, ce qui complétera la division Boudet ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12599).

Le 1er août 1806, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, à Eugène, Vice-Roi d'Italie : "... Vous continuerez à laisser sur l'Isonzo les deux divisions du 2e corps de la Grande Armée, l'une composée des 9e de ligne, 84e et 92e, l'autre des 106e, 53e et 13e.
Vous donnerez ordre que le 3e bataillon du 13e rentre également du côté de Trévise ou de Padoue, de manière que vous aurez au second corps de la Grande Armée trois bataillons du 9e, autant du 84e, autant du 92e ; deux bataillons du 106e, deux du 53e ...
" (Correspondance de Napoléon, t.13, lettres 10580 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12629).

Le 18 septembre 1806, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Prince Eugène : "… Vous commanderez en chef mon armée d'Italie, qui ne sera qu'une armée d'observation, vu que je suis bien avec l'Autriche ; mais il n'en faudra pas moins exercer une grande surveillance et user d'une grande prudence. Vous aurez sous vos ordres le corps du Frioul composé de 16,000 hommes d'infanterie ayant trente pièces de canon attelées ...
… La place de Mantoue, dans laquelle vous mettriez également 6 ou 7,000 hommes des dépôts, serait promptement approvisionnée. Tout votre corps du Frioul deviendrait ainsi disponible. Le 106e, le 3e d'infanterie légère et sept régiments que j'ai en Piémont, vous formeraient trois nouvelles divisions qui porteraient votre corps d'armée à 36,000 hommes d'infanterie ; ce qui, avec la cavalerie légère, les cuirassiers et les dépôts de cavalerie de l'armée de Naples, vous formerait une armée de près de 40,000 hommes, force imposante qui, vu les opérations ultérieures de l'Allemagne, contiendrait l'ennemi …
" (Correspondance de Napoléon, t.13, lettres 10809 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12972).

Le 23 septembre 1806, Napoléon adresse, depuis Saint-Cloud, ses "Instructions pour le vice-roi.
ORGANISATION DE L'ARMÉE D'ITALIE
Général en chef, le vice-roi;
Chef d'état-major général, le général Charpentier ; commandant en chef l'artillerie, le général Sorbier ; commandant en chef le génie, le général Lery; ordonnateur en chef, le sieur Joubert.
L'armée d'Italie sera composée de cinq divisions actives.
Ce corps, qui continuera à porter le nom de 2e corps de la Grande Armée, donnera ainsi une force de plus de 16,000 hommes ...
Pour l'administration et le commandement, ce corps doit faire en tout partie de l'armée d'Italie et sera sous les ordres du vice-roi ...
La 3e division sera composée du 3e régiment d'infanterie légère, du 106e régiment de ligne et du 37e régiment de ligne ...
Il est nécessaire que les généraux de division et de brigade qui doivent commander ces divisions le sachent, et qu'il y en ait un pour cet objet à Parme et un à Alexandrie ...
" (Correspondance de Napoléon, t.13, lettres 10871).

Le 4 novembre 1806, l'Empereur écrit, depuis Berlin, au Maréchal Berthier, Major général de la Grande Armée : "Mon cousin, envoyez par un courrier extraordinaire l'ordre au vice-roi d'Italie ... Vous donnerez l'ordre au 106e qui est à Venise de se rendre dans le Frioul où il sera attaché à une des deux divisions du corps du Frioul ..." (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 1, lettre 765 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 13442).

1812

Le 8 juillet 1812, l'Empereur écrit, depuis Vilna, au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, à Paris : "Monsieur le Duc de Feltre ... Le 5e bataillon du 13e de ligne français est à Palmanova ; donnez ordre qu'il se rende à Udine. Palmanova est très-malsain : les troupes italiennes y suffiront ; d'ailleurs, ce bataillon pourra toujours, en cas d'événement, se jeter dans Palmanova. Donnez le même ordre pour le 106e, qui est à Venise : qu'il se rende à Udine, ce qui formera dans cette ville une 2e demi-brigade provisoire. Un major en prendra le commandement. Ces deux bataillons seront toujours à même de se jeter de là dans Palmanova ou dans Venise, selon les circonstances, et en attendant ils seront en bon air. Venise aura suffisamment de troupes, puisqu'il restera 4,000 hommes de garnison indépendamment de ce que vous retirerez ; mais par là vous sauverez bien des hommes" (Correspondance de Napoléon, t.24, lettre 18928 ; Correspondance générale de Napoléon, t.12, lettre 31153).

1813

- Italie

Le 8 septembre 1813, le Général Grenier écrit, depuis Saint-Jean, au Prince Eugène : "Je reçois à 11h15 avant midi la lettre que V. A. I. m’a fait l’honneur de m’écrire hier 7. Je suis extrêmement surpris que V. A. n’ait encore reçu aucune de mes lettres ; j’ai écrit du champ de bataille de Feistritz à 6 heures du soir, la lettre a été remise à un capitaine de voltigeurs du 106e nommé Martinet ; une 2de lettre a été adressée à V. A. de Saint-Jean, elle a été remise à un officier de sa garde royale qui m’avait été envoyé par le général Lecchi. Par cette dernière je faisais connaître à V. A. que j’avais poursuivi l’ennemi l’épée dans les reins jusqu’ici jusqu’à 8 du soir. Enfin j’ai eu l’honneur d’écrire hier matin à Votre Altesse et ai remis moi-même à Kirchenten ma lettre à un officier d’infanterie légère qui commandait un détachement de 200 hommes que j’envoyais au Leobel pour communiquer avec la division Marcognet, l’ennemi ayant abandonné cette position la nuit du 6 au 7 à minuit. Par cette lettre je faisais connaître à V. A. la position des troupes.
Aujourd’hui à 7 h du matin j’ai encore écrit à V. A. pour lui faire connaître par quels chemins l’ennemi s’était retiré, les ordres que j’avais donnés pour la démolition des ouvrages de Feistritz, ayant en cela prévu ses intentions.
Le 5 il n’y avait plus de munitions d’artillerie à Tarvis, un caisson de ceux consommés à Rosseck n’a pu être chargé, au reste nous avons consommé peu de munitions d’artillerie, mais considérablement de cartouches d’infanterie. J’ai donné les ordres nécessaires pour les prompts remplacements
" (Papiers du Général Paul Grenier. XI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 13 page 37).

Le 13 septembre 1813, une lettre est adressée, depuis Laybach au Général Marcognet, à Zchlza (par le Général Grenier ?) : "Mon cher général comme je vous l’ai dit ce matin, l’intention de S. A est que vous fassiez toutes les dispositions nécessaires pour que les 3 bataillons du 53e et celui du 112e suffisent pour la défense du pont de Czerniere au moins pendant 48 heures et que les 2 autres bataillons de la 29e demi-brigade avec tout le 106e régiment soient portés demain matin savoir, le 106e sur la route de Carlstadt avec une demie batterie d’artillerie en arrière de la ligne occupée en événement par la garde royale italienne ; et les 2 bataillons de la 29e passant à Kaltenbrunn dont il faut rétablir le pont cette nuit à Dobruina passant par Vissovick pour de là continuer leur mouvement sur Cipagloa en ayant soin de marcher constamment à hauteur de la colonne, suivra la grande route ; 1 heure au départ de Dobruina sera déterminée par un avis particulier ce soir encore ou demain matin ; cette colonne devra avoir soin de s’éclairer sur la gauche vers la Save et dans toutes les directions, son objet étant de déborder la droite de la position de l’ennemi qui doit être à Saint-Marin ; si le général Dupeyroux reste au pont de Czeniere le général Gamin pourra être chargé de la direction de cette colonne et vous marcheriez avec celle du 106e pour être plus à portée de recevoir les ordres que j’aurais à vous transmettre de la part de S. A. le Vice-Roi.
… S. A. désire conserver le pont de Czerniere par tous les moyens possibles ; cependant si l’ennemi parvenait à repousser le 53e et que l’on eut pas le temps de le replier il faut en défendre le passage avec l’artillerie et enfin y mettre le feu à la dernière extrémité et lorsque l’on aura employé vraiment tous les moyens possibles pour le conserver. Donnez donc, mon cher général, vos instructions en conséquence
" (Papiers du Général Paul Grenier. XI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 2 page 15).

Le 15 septembre 1813 à 10 heures 30 du soir, le Général Grenier écrit, depuis Laybach (destinataire non indiqué : au Général Marcognet ?) : "... 11h et un quart je donne ordre au général Janin de mettre le 106e toute entier en mouvement demain à 7 h du matin au plus tard, ainsi vous aurez toute votre division réunie (moins cependant un bataillon que vous laisserez au pont) pour agir offensivement contre l’ennemi et l’attaquer avec vigueur ..." (Papiers du Général Paul Grenier. XI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 17 page 45).

Le même 15 septembre 1813, le Génréal Grenier ordonne : "Monsieur le général Janin fera prendre les armes demain 16 septembre à 7 heures du matin au 106e régiment et le conduira au pont de Czernuze où ce général recevra des ordres ultérieurs du général Marcognet ; le poste de Kaltenbrunn suivra le mouvement du régiment ; celui qui est chez moi y restera où sera relevé par un autre comme le voudra le colonel" (Papiers du Général Paul Grenier. XI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 22 page 55).

Le 16 septembre 1813, le Général Grenier écrit, depuis Laybach (au Général Marcognet - non précisé sur le document) : "... Demain à deux heures du matin vous vous mettrez en route avec la 29e demi-brigade, pour réunir au 106e, venir occuper la position en arrière de Saint-Marin, qui était occupée par la garde royale le jour où vous fîtes votre reconnaissance sur Veichselbourg.
Comme l’intention de S. A. I. et que vous teniez avec ces sept bataillons, pendant quelques jours la position indiquée, il convient de bien reconnaître le pays et prendre cependant à l’avance les dispositions suivantes, que vous pourriez ensuite rectifier.
A la pointe du jour les troupes seront établies ainsi qu’il suit :
A la position en arrière de Saint-Marin, cinq bataillons sur deux lignes, gardant fortement la grande route de Veichselbourg, et à l’embranchement d’Auersberg, se liant par la gauche avec un bataillon qui devra être sur les hauteurs en avant de Dobruina.
Le 7e bataillon serait placé avec la majeure partie de l’artillerie à Augnig, et dans le cas où S. A. I. laisserait à ce village des bataillons de la garde, alors ce 7e bataillon pourrait faire partie de votre seconde ligne.
Pour que le bataillon qui sera placé à Dobruina ne puisse être inquiété sur ses derrières, il faudra placer en arrière de lui à environ trois quarts de lieue les deux pièces d’artillerie du 106e régiment, avec deux compagnies du même corps pour les garder. M. le général Janin connait particulièrement le point sur lequel ces deux pièces devront être établies …
" (Papiers du Général Paul Grenier. XI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 24 page 59).

Le 17 septembre 1813, à 9 heures du soir, le Général Grenier écrit, depuis Laybach au Colonel Grobon du 53e Régiment : "M. le colonel, ensuite des intentions de S. A. I. le Prince Vice-Roi, le régiment que vous commandez doit être relevé cette nuit et demain matin au pont de Czernuze et ses avant-postes ... Aussitôt que vous serez relevé, vous mettrez votre régiment en mouvement et vous vous porterez sur les hauteurs en avant de Dobruina, où vous trouverez un bataillon du 67e et un autre du 106e régiment. Vous ferez relever de suite ces deux bataillons, qui devront sans tarder rejoindre M. le général de division Marcognet, à la position en arrière de Saint-Marin sur la route de Carlstadt, et que le chef de bataillon du 67e connaît déjà; vous trouverez à moitié chemin de Laybach à Dobruina, deux bouches à feu d’une des batteries de la division, et gardées par une ou deux compagnies du 106e, vous les ferez relever par votre artillerie régimentaire, et lui laisserez la garde nécessaire.
Vous donnerez ordre au détachement d’artillerie de rejoindre M. le général Marcognet et aux compagnies du 106e leur régiment ...
" (Papiers du Général Paul Grenier. XI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 26 page 63).

Encore le 17 septembre 1813, à 9 heures du soir, le Lieutenant-général Comte Grenier écrit, depuis Laybach (pas de destinataire indiqué, sans doute le Général Marcognet) : "Mon cher général je vous préviens ce que tous les ordres sont donnés pour que le 53e régiment soit relevé à la pointe du jour au pont de Czernuze ; mais Son Altesse Impériale veut qu’il occupe la position de Dobruina ; je dirige en conséquence ce régiment sur ce point et je donne l’ordre au colonel Grosbon de vous envoyer de suite les bataillons du 67e et 106e régiment que vous placerez en arrière de votre 2e ligne. Son altesse s’est particulièrement déterminée à cette disposition parce qu’en revenant à Laybach on a entendu des coups de fusil dans la direction de Dobruina et qu’il importe pour votre gauche que ce point soit fortement occupé ; tâchez d’établir une bonne communication du petit château où est le général Janin sur Dobruina, le 53e devra même placer s’il est possible un fort poste intermédiairement entre votre gauche et sa position.
J’ai chargé le colonel Grosbon de donner ordre à votre batterie d’artillerie de vous rejoindre, ainsi qu’aux deux pièces que vous avez dû envoyer en arrière de Dobruina. Débarrassez-vous de vos caissons de vivres qui sont trop près de votre ligne, vous pourriez également envoyer au premier village en arrière de vous votre réserve d’artillerie
" (Papiers du Général Paul Grenier. XI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 29 page 69).

Le 20 septembre 1813, le Lieutenant-général Comte Grenier écrit, depuis Laybach, au Général Marcognet : "Mon cher général, j’ai reçu votre rapport de ce jour ; comme je vous l’ai annoncé hier la division italienne arrive aujourd’hui à Laschitz et doit se porter demain sur Obergurck à hauteur de Veichselbourg, il faut donc vous mettre vous-mêmes en mesure de marcher demain et d’attaquer l’ennemi devant vous s’il ne quitte pas sa position par suite du mouvement de la division italienne ; l’intention de S. A. I. est que vous fassiez attaquer ce soir vers 4 heures le poste de Veiskirck et que vous vous en rendiez maître en ayant soin de le conserver afin de faire craindre à l’ennemi pour sa gauche ...
Il est probable que le Prince se rendra demain à votre position, faites tous vos préparatifs pour l’attaque qui je pense offre quelque facilité par le ravin où est monté dernièrement la compagnie de voltigeurs du 106e pour reconnaître l’ennemi ...
" (Papiers du Général Paul Grenier. XI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 35 page 81).

Le 20 octobre 1813, depuis le Quartier général à Gemona, est donné l'ordre de mouvement suivant : "... La division aux ordres de M. le Général Rouyer fournira à la garnison d’Osoppo un détachement de 120 hommes pris sur ceux les plus faibles et les moins bons marcheurs, dont les propositions ci-après savoir :
30 hommes du 7e de lignes
30 hommes du 52e de ligne
et 60 hommes du 35e de ligne
total 120.
Ces détachements seront conduits par des officiers de chaque corps au commandant de la place d’Osoppo pour faire partie de sa garnison et être provisoirement mis en subsistance dans le bataillon de dépôt du 106e régiment. Ces hommes s’en feront donner récépissés écrits qu’ils rapporteront à M. le général de division pour être transmis par lui au lieutenant général, afin d’en constater le versement à S. A. I.
Il est entendu que d’après cette disposition aucun officier ou sous-officier ne doit faire partie de la force de ces détachements puisqu’ils doivent rentrer à leur corps après remise faite ...
Il sera donné avis au commandant d’Osoppo du détachement qui doit être fourni comme supplément à sa garnison par la 2e division ainsi que des formalités à remplir pour l’exécution de cette disposition ...
" (Papiers du Général Paul Grenier. XI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 54 page 124).

Le même 20 octobre 1813, est donné, depuis le Quartier général à Gemona, l' "Ordre de mouvement pour le 21
La deuxième division aux ordres de M. Le général Rouyer ira cantonner demain à Saint-Daniel et environs ...
La division aux ordres de M. le général Gratien fournira à la garnison d’Osoppo un détachement de 120 hommes pris sur ceux les plus faibles et les moins bons marcheurs dans la proportion ci-après : savoir 30 hommes du 7e de ligne, 30 hommes du 52e et 60 hommes du 35e.
Ces détachements seront conduits par des officiers de chaque corps au commandant de la place d’Osoppo pour faire partie de sa garnison et être provisoirement mis en subsistance dans le bataillon de dépôt du 106e régiment. Les officiers et sous-officiers chargés de la conduite et remises de ces hommes s’en feront donner récépissé qu’ils rapporteront à M. le général de division pour être transmis par lui au lieutenant général afin d’en constater le versement à S A. I.
Il est entendu que d’après cette disposition aucun officiers ou sous-officiers ne doit faire partie de la force de ces détachements, puisqu’ils doivent rentrer à leur corps après remise faite ...
" (Papiers du Général Paul Grenier. XI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 57 page 130).

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