Le 102ème Régiment d'Infanterie de Ligne

1796-1815

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Avertissement et remerciements : La base de cet article nous a été aimablement fournie par un de nos collègues, Giulio Centanni, que nous remercions vivement ici ! Un très grand merci également de la part de Giulio, mais aussi de la notre, à notre ami Sergueï, pour les nombreux documents qu'il a fourni et qui ont permis d'illustrer article. Article complété et enrichi par le duo D. Davin/F. Berjaud

I/ Les origines du 102e

- Création du 102e sous l'Ancien Régime

Fusilier d'infanterie de ligneGrenadier d'infanterie de ligne
Fig. 1 et 2 : Fusilier et Grenadier

Le glorieux 102e Régiment d'infanterie de ligne a été créé durant la monarchie, en même temps que les 103e, 104e et 105e Régiments, conformément à la Loi du 28 Août 1791, mais son organisation n'a été achevée en fait que le 24 Janvier 1792 seulement, sur le pied de 2 Bataillons à 9 Compagnies dont une de Grenadiers. Le 1er Bataillon est constitué principalement d'éléments de la Garde nationale de Paris, tandis que le 2e Bataillon a été alimenté par des levées du Haut-Rhin.

Après une période de formation intensive, le Régiment connait son baptême du feu le 20 Septembre 1792, lors de la bataille de Valmy, où le 1er Bataillon se couvre de gloire en chargeant l'ennemi à la baïonnette.

Le 2e Bataillon est affecté à l'armée du Rhin et participe aux batailles de Mayence, Strasbourg et Landau.

Au cours de la première République, à partir de 1793, suite à la réorganisation de l'armée, le Régiment voit son 2e Bataillon intégré dans la 180e Demi-brigade de 1ère formation.

- La 102e Demi-brigade de première formation

Lors du premier amalgame, est créée la 102e Demi-brigade de première formation, formée des unités suivantes :
- 2e bataillon du 51e régiment d’infanterie (ci-devant La Sarre) ;
- 3e bataillon du Var ;
- 6e bataillon du Var.

Affecté à l'Armée d'Italie, la 102e conquiert en 1794 Oneville, contribue positivement à la prise d'Ormea et participe en 1795 à la bataille de Loano.

- La 102e Demi-brigade de seconde formation

Cachet à sec 102e Demi-brigade de LigneCachet à sec 102e Demi-brigade de Ligne
Fig. 20 Exemples de cachets à sec de la 102e Demi-brigade de Ligne

 

Drapeau 102e Demi-brigade 1796
Drapeau 102e Demi-brigade 1797
Fig. 3 : Drapeau de la 102e Demi-brigade modèle 1796
Fig. 3bis : Drapeau de la 102e Demi-brigade, 1797

Le 10 Avril 1796, le Décret du Conseil de 18 nivôse an IV ordonne une réorganisation complète de toutes les Demi-brigades afin de les fondre et les amalgamer au sein de 100 Demi-brigades d'infanterie de ligne et 30 Demi-brigade d'infanterie légère. La 102ème Demi-brigade de première formation est amalgamée dans la 69ème Demi-brigade de ligne, future 69e Régiment d'Infanterie de ligne.

Mais, dès le 1er Mars 1796 il a été reconstitué une nouvelle 102ème Demi-brigade, issue de l'amalgame des :
- 59ème Demi-brigade de 1ère formation (elle même formée lors du 1er amalgame, du 1er Bataillon du 30ème Régiment ci-devant du Perche; du 4e Bataillon des Volontaires de Paris; et du 7e Bataillon de Volontaires du Rhône-et-Loire).
- 1er et 2e Bataillon de la 177ème Demi-brigade de 1ère formation (elle même formée, lors du 1er amalgame, du 1er Bataillon du 99ème Régiment d'infanterie ci-devant Royal-Deux-Ponts; du 1er Bataillon de Volontaires du Haut-Rhin; et du 3e Bataillon de Volontaires du Bas-Rhin).

En 1796, la Demi-brigade est affectée à l'Armée de Sambre et Meuse et prend part à la campagne en Allemagne, participant à la traversée du Rhin à Neuwied, aux batailles de Siegburg, Ehrenbreitstein, au siège de Cassel, et aux batailles du Limbourg, Altenkirchen et Kreuznach.

En 1799, affectée à l'Armée du Danube, elle participe à la campagne de Suisse et assite à la première bataille de Zurich. Après avoir pris position à Dietikon, où elle franchit la Limmat, elle se dirige vers Regensdorf et s'installe sur les hauteurs de Zurich. Le 25 juin, en bloquant la route du Winterthur, elle soutient les 10ème et 37ème Demi-brigades dans un combat acharné contre les forces russes, de 10h à tard dans la nuit.

L'année 1800 la voit affectée à l'Armée du Rhin. Elle passe ensuite à l'Armée d'Italie.

Le 14 mai 1800 (24 floréal an 8), Bonaparte fait écrire, depuis son Quartier général à Lausanne, au Général Dupont, Chef d'Etat-major de l'Armée de Réserve : "... Prévenez le général Moncey que, d'après l'arrêté des Consuls de la République, le général Moreau détache de son armée les troupes ci-après, qui seront aux ordres du général Moncey, savoir :
Un bataillon de la 102e demi-brigade …
Ces ... bataillons, déjà aux ordres du général Moncey, forment un corps de plus de 3,000 hommes ;
Deux bataillons de la 102e, venant de la division Vandamme ;
… Toutes ces troupes formeront une force d'environ 15,000 hommes d'infanterie, qui arriveront successivement et très-promptement ...
" (Correspondance de Napoléon, t.6, lettre 4792).

La 102e prend part aux combats de Solferino, Cavriana et Monzambano.

Le 9 mai 1803 (19 floréal an 11), Bonaparte écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "Je vous prie, citoyen ministre, de donner ordre qu'à dater du 15 prairial, les garnisons de la 27e division militaire soient disposées de la manière suivante, savoir : les 16e, 29e, 53e et 102e de ligne seront réunies à Alexandrie et casernées, soit dans la ville, soit dans la citadelle. Ces troupes, jointes au bataillon de sapeurs et d'artillerie, doivent pouvoir fournir le nombre de bras nécessaires pour pousser les fortifications d'Alexandrie avec la plus grande activité … Le 3e bataillon de sapeurs paraît inutile à Brescia ; on pourrait l'envoyer à Alexandrie pour activer par tous les moyens les travaux de cette place" (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1911, t.1, lettre 566 ; Correspondance générale de Napoléon, t.4, lettre 7627).

Cachet à sec 102e Demi-brigade de Ligne
Congé accordé à un Grenadier de la 102e de Ligne

II/ Le 102e Régiment d'Infanterie de ligne sous l'Empire

Cachet à sec 102e Demi-brigade de LigneCachet à sec 102e Demi-brigade de Ligne
Exemples de cachets à sec du 102e de Ligne

 

Bouton 102e Régiment d'Infanterie de LigneBouton 102e Régiment d'Infanterie de Ligne
Bouton 102e Régiment d'Infanterie de LigneBouton 102e Régiment d'Infanterie de Ligne
Fig. 18 Boutons de troupe
Fig. 19 bouton d'Officier

 

Voltigeur 102e Régiment d'Infanterie de LigneGrenadier 102e Régiment d'Infanterie de Ligne
Fig. 4 et 5: Votligeur et Grenadier

Avec la proclamation du Consulat, puis de l'Empire, Napoléon commence une vaste réorganisation de l'Etat et des lois de la France, mais aussi de l'armée qui subit une nouvelle réforme militaire ; ainsi, en 1803 toutes les unités appelées Demi-brigades prennent le nom de Régiments (d'infanterie de ligne ou légère), y compris la 102e. De 1803 à 1815, le Régiment sera commandé par les Colonels Jarlas (1803), Cattaneo (1805), Espert (1806), Maréchal (1812) et Susbielle (1815).

L'Etat militaire de l'an XIII indique pour le 102e de Ligne 3 Bataillons à Alexandrie (23e Division Militaire), sous le Colonel Jalras et le Major Roy; Chefs de Bataillon Mouli, Prevost et Lecapitaine; Quartier maître trésorier Ortlieb; Adjudant majors Riva, Baume et Remier.

En 1805, le Régiment fait partie de l'Armée d'Italie.

Le 28 janvier 1805 (8 pluviôse an 13), l'Empereur écrit, depuis Paris, au Vice-Amiral Decrès : "Faites partir la frégate la Canonnière de Cherbourg, avec 260 hommes du 102e régiment, pour la Martinique, et chargée d'autant de poudre qu'il sera possible. Vous ferez aussi embarquer deux mortiers à grande portée à la Gomer, avec deux crapauds ..." (Correspondance de Napoléon, t.10, lettre 8292 ; Correspondance générale de Napoléon, t.5, lettre 9529).

Le 17 février 1805 (28 pluviôse an 13), l'Empereur écrit, depuis Paris, au Maréchal Berthier : "... Les quatre compagnies de grenadiers du 60e seront destinées à former la garde de l'Empereur à Alexandrie ; et les trois compagnies du 102e se rendront à Asti pour y former la garde de l'Empereur. Il faut que ces compagnies aient leurs bonnets et soient en bon état ; elles auront double paye pendant le temps qu'elles feront le service près de l'Empereur ..." (Correspondance de Napoléon, t.10, lettre 8332 ; Correspondance générale de Napoléon, t.5, lettre 9567).

Le 6 mars 1805 (15 ventôse an 13), à Paris, "On propose d’accorder à M. Cattaneo, colonel du 102e régiment, 500 francs par an « pour lui tenir lieu d’indemnité de représentation pendant le temps qu'il a commandé le bataillon des chasseurs corses »"; Napoléon répond "Approuvé" (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1912, t.3, lettre 3235).

27 mars 1805 (6 germinal an XIII), l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Maréchal Berthier : "Mon Cousin, vous ferez réunir, du 1er au 10 floréal, dans la plaine de Marengo, les corps dont l'état est ci-joint :
Les quatre bataillons du 23e de ligne, les quatre du 56e, les quatre du 60e ; trois bataillons du 14e léger, quatre du 5e de ligne, trois du 102e (note : la CGN donne 2 Bataillons).
Ils seront partagés en deux divisions ; une tiendra garnison à Alexandrie, l'autre à Tortone et environs ...
Mon intention n'est point que ces troupes soient campées ; elles seront baraquées dans les villages.
Comme les troupes du Piémont ont un traitement particulier, vous me ferez un rapport sur les gratifications qu'il faudra leur donner également ...
Vous recommanderez bien au maréchal Jourdan que ces mouvements n'aient point l'air de mouvements de guerre ...
" (Correspondance de Napoléon, t.10, lettre 8491 ; Correspondance générale de Napoléon, t.5, lettre 9739).

Le 6 mai 1805 (16 floréal an 13), l'Empereur écrit, depuis Alexandrie, au Maréchal Berthier, Ministre de la Guerre, Major général des camps : "Mon cousin, vous donnerez des ordres pour ... que le 102e se rende à Gênes ... Faites connaître au général qui commande à Gênes que mon intention est bien positivement que le 102e soit réuni dans le faubourg de Gênes, et qu'il ne soit mis en mouvement qu'en cas de nécessité, afin que ce corps soit toujours en bon état, son instruction soignée, et qu'il soit capable de faire la guerre ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.5, lettre 9979).

Le 10 mai 1805 (20 floréal an 13), l'Empereur écrit, depuis Milan, au Maréchal Berthier, Ministre de la Guerre, Major général des Camps : "Mon cousin, vous donnerez ordre que le détachement du 14e d'infanterie légère qui est à bord de La Pomone et des bricks qui sont à Gênes soit remplacé par un détachement du 102e régiment composé du même nombre d'hommes. Mon intention est que ce détachement soit formé par de bonnes troupes et que les hommes ayant au moins cinq ans de service" (Correspondance générale de Napoléon, t.5, lettre 10014).

Drapeau 1804 102e Régiment d'Infanterie de Ligne
Fig. 6 : Drapeau du 102e, modèle 1804

Le 18 mai 1805 (28 floréal an 13), l'Empereur écrit, depuis Milan, au Vice-amiral Decrès : "Mon intention est que M. Jérôme Bonaparte prenne le commandement de la frégate la Pomone et des deux bricks qui se trouvent dans le port de Gênes. Il appareillera le plus tôt possible avec sa division et se rendra à Toulon, et croisera devant le port de Gênes pour y exercer ses équipages, amariner sa frégate et s'exercer soi-même aux manoeuvres. Autant que possible, il ne perdra pas Gênes de vue, de manière que, lorsque j'arriverai à Gênes, cette division soit dans le meilleur état.
Le ministre de la guerre fera exécuter sur-le-champ ledit ordre, en en instruisant le ministre de la marine. Tant que M. Jérôme Bonaparte commandera la frégate, il y aura, indépendamment de la garnison, une compagnie de grenadiers du 102e, complétée à 60 hommes, avec tous ses officiers ...
" (Correspondance de Napoléon, t.10, lettre 8753 ; Correspondance générale de Napoléon, t.5, lettre 10073).

Le 5 juillet 1805 (16 messidor an 13), l'Empereur écrit, depuis Gênes, à Jérôme Bonaparte : "Mon Frère, votre division, composée de 3 frégates et de 2 bricks, doit être approvisionnée d'au moins trois mois de vivres et de trois ou quatre mois d'eau. Vos équipages seront complétés en matelots de Gênes. Il sera mis 50 hommes en sus sur chaque frégate, afin de les rendre susceptibles d'un plus haut degré de résistance. Ces 50 hommes seront fournis par l'infanterie. A cet effet, la compagnie du 102e que vous avez à bord de la Pomone sera portée à 100 hommes ...
Du moment que votre division sera en état, vous mettrez à la voile. Vous vous présenterez devant Bastia ; vous demanderez au général qui y commande 100 bons matelots, ayant au moins six ou sept ans de mer, et vous les répartirez sur votre division.
Vous recueillerez tous les renseignements que vous pourrez avoir sur la situation des Anglais aux îles de la Madeleine.
Après cela, vous naviguerez en côtoyant la Sardaigne, jusqu'aux trois quarts de la côte, de manière à ne point trop approcher de Cagliari. S'il y avait des corvettes, des bricks ou des transports anglais dans la rade de la Madeleine, vous les enlèveriez.
Vous vous rendrez de là devant Alger. Vous ferez remettre la lettre ci-jointe à mon chargé d'affaires, commissaire des relations commerciales, qui se rendra à votre bord. Le but de votre mission est de retirer tous les esclaves génois, italiens et français qui se trouvent dans les bagnes d'Alger. Si, cependant, cela éprouvait plus de difficultés que je ne pense, vous ne resterez pas plus de six jours à Alger, et vous opérerez, selon le temps, votre retour, soit sur Toulon, soit sur Gênes. Vous l'opérerez sur Gênes, si vous ramenez des esclaves génois, et vous les garderez deux jours après votre arrivée, pour les faire débarquer en pompe.
A Alger, vous ne débarquerez point, ni pour voir mon commissaire, ni pour voir le Dey, que vous enverrez complimenter. Ce ne serait que dans le cas où le Dey viendrait au bord de la mer que vous pourriez vous rendre auprès de lui dans votre canot
" (Correspondance de Napoléon, t.11, lettres 8971 ; Correspondance générale de Napoléon, t.5, lettre 10382).

Le 4 août 1805 (d'après l'Expédition) ou le 6 août 1805 (18 thermidor an 13 - date de la minute, Archives nationales, AF IV 867, thermidor an XIII, n°74), l'Empereur écrit, depuis Pont-de-Briques, à Lebrun, Architrésorier de l'Empire, Gouverneur général des départements de Gênes, de Montenotte et des Apennins : "Mon cousin, le général Montchoisy est sans doute arrivé à Gênes. Recommandez-lui de tenir en haleine le 102e régiment et le bataillon du 20e, ainsi que le bataillon suisse qui est à La Spezia et de profiter des mois de septembre, d'octobre et de novembre pour faire manoeuvrer ces troupes, en réunissant 4 bataillons à la fois" (Correspondance générale de Napoléon, t.5, lettre 10521).

Le 23 août 1805 (5 fructidor an 13), Napoléon écrit depuis Pont-de-Briques au Maréchal Berthier, Ministre de la Guerre, Major général de la Grande Armée : "... Donnez ordre ... Au 102e de se rendre à Alexandrie ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.5, lettre 10637).

Le 27 août 1805 (9 fructidor an 13), l'Empereur écrit, depuis le Camp de Boulogne, à M. Lebrun : "… Le 102e régiment a dû partir ..." (Correspondance de Napoléon, t.11, lettres 9139 ; Correspondance générale de Napoléon, t.5, lettre 10676).

Sergent de Grenadier 102e Régiment, 1804Sergent de Grenadiers 102e Régiment d'Infanterie de Ligne Espagne
Fig. 7 : Sergent de Grenadiers en 1804, d'après H. Knötel (à gauche); Sergent de Grenadiers en Espagne, d'après H. Feist (à droite) ; Fig. 8 : détail de la fourche d'après Margerand

Le 8 septembre 1805 (21 fructidor an XIII), l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Maréchal Berthier, Ministre de la Guerre, Major général de la Grande Armée : "Mon cousin, il résulte du grand état de mouvements que vous m'avez envoyé :
- que le 102e n'a des ordres que pour Alexandrie ; il faut lui donner l'ordre de se rendre à Brescia ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.5, lettre 10759).

Le 10 septembre 1805 (23 fructidor an 13), l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, à M. Lebrun : "… le 102e ne doit plus être à Gênes ... Il serait possible que dans le mois prochain les hostilités vinssent à commencer ..." (Correspondance de Napoléon, t.11, lettres 9191 ; Correspondance générale de Napoléon, t.5, lettre 10774).

Le 20 août 1805 (2 fructidor an 13), à Pont-de-Briques, "On propose de nommer le capitaine Jean Etienne Barré qui a rang de chef de bataillon au 102e, chef de bataillon au 62"; l'Empereur répond : "J'adopterai cet arrêté; mais il faut que le ministre me présente en même temps un bon capitaine du 62e pour être comme chef de bataillon dans un autre corps, afin de donner de l'avancement au 62e qui a beaucoup d'anciens officiers et soldats" (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1911, t.1, lettre 651).

Le 102e participe au passage de l'Adige, à la bataille de Caldiero (30 octobre 1805) et aux combats de Gradisca.

De 1806 à 1808, le 102e est affecté à l'Armée de Naples.

Le 17 février 1806, l'Empereur écrit, depuis Paris, à Joseph, Lieutenant de l'Empereur, commandant en chef de l’Armée de Naples : "Mon frère, dans les états que vous m'avez envoyés vous ne parlez pas du 10e, 20e de ligne et 102e, du 14e d'infanterie légère, du 23e légère, des 7e, 23e, 24e, 29e et 30e de dragons, non plus que des dragons Napoléon et de la Reine, italiens.
Ces corps doivent avoir joint et avoir porté votre armée à 40 000 hommes. Faites en faire un état en règle bataillon par bataillon, compagnie par compagnie, escadron par escadron
" (Du Casse : « Supplément à la correspondance de Napoléon 1er » ; Paris, Dentu, 1887, p. 34 (note : il mentionne par erreur le 12e Léger, et non le 14e); Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 11489).

Le 7 juin 1806, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Roi de Naples : "... Le 14e léger, le 1er léger, le 23e léger, le 1er de ligne, le 20e de ligne, les 29e de ligne, 42e et 102e, les Polonais, les Suisses, les Corses et quelques régiments de chasseurs et de dragons, seraient chargés de l'expédition de Sicile. Cela formerait 18,000 hommes, en y joignant le bataillon de grenadiers des deux régiments qui sont à Naples et ceux des quatre régiments italiens ..." (Correspondance de Napoléon, t.12, lettres 10329 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12252).

Le 28 juin 1806, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Dejean, Ministre directeur de l'Administration de la Guerre : "Monsieur Dejean, faites-moi connaître pourquoi les majors des 23e d'infanterie légère, et des 1er, 20e, 62e et 102e de ligne faisant partie de l'armée de Naples ne sont pas à leurs dépôts dans le royaume d'ltalie" (Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12389).

Le 28 juillet 1806, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, à Eugène, Vice-Roi d'Italie : "Mon fils ... Donnez l'ordre au général Charpentier de se rendre auprès des divisions de réserve des dépôts de l'armée de Naples ... Il formera un bataillon de six compagnies, de 100 hommes chacune du 22e d’infanterie légère ; un autre bataillon d'égale force, de six compagnies du 20e de ligne ; un troisième bataillon de quatre compagnies du 29e et de deux compagnies du 52e ; et un quatrième bataillon de trois compagnies du 62e et de trois compagnies du 102e. Ces quatre bataillons seront également mis sous les ordres d'un major intelligent et capable, et seront réunis sans délai à Imola ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12586).

Le 102e se distingue à Rocca-Gloriosa le 3 août 1806.

Le 20 août 1806, l'Empereur écrit, depuis Rambouillet, au Roi de Naples : "... Vous trouverez ci-joint la distribution que je voudrais faire de votre armée, afin que vous menaciez la Sicile et que vous soyez en mesure contre tout ...
ANNEXE À LA PIÈCE PRÉCÉDENTE.
PROJET DE PLACEMENT DE L'ARMÉE DE NAPLES.
Avant-garde de l'armée de Sicile.
1re division. Reynier ... 2e division. Verdier ... 3e division. Réserve. Gardanne, général de division. 1er léger napolitain, les 101e et 102e, le 14e de chasseurs.
Ces trois divisions seraient sous les ordres d'un maréchal ... La 3e, à Cassano jusqu'aux confins de la Calabre ...
" (Correspondance de Napoléon, t.13, lettres 10674 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12759).

Le Colonel Cattaneo décède à Cosenza, en Calabre, le 5 septembre 1806.

Le 21 septembre 1806, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Dejean, Ministre directeur l’Administration de la Guerre : "Monsieur Dejean, le 102e régiment de ligne est vacant par la mort du colonel Cattaneo. Présentez-moi quelqu'un pour le remplacer. Prenez parmi les majors qui se trouvent aux dépôts de l'armée de Naples celui qui est le mieux noté et le plus capable" (Brotonne (L. de) : « Dernières Lettres inédites de Napoléon 1er, collationnées sur les textes et publiées » ; Paris, 1903, t. 1, lettre 482; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 13044).

Le 102e se distingue encore à Capestrenno, Terriolo et Brancaleone en 1806.

Le 12 janvier 1807, à Varsovie, à la "Proposition d'accorder un congé de six mois à M. Espert, colonel du 102e, armée de Naples", l'Empereur répond : "Refuser cette permission" (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1911, t.1, lettre 711). Il s'agit de Pierre Espert (à ne pas confondre avec Jean-Baptiste) qui sera nommé Baron de l'Empire le 12 novembre 1809 et Général de Brigade le 6 août 1811.

Le 12 mars 1807, l'Empereur écrit, depuis Osterode, au Prince Eugène : "Mon Fils, voici le printemps qui approche ; il est nécessaire de faire des changements dans vos garnisons, sans quoi toute votre armée tombera malade. Mantoue, Ferrare, Porto-Legnago, Palmanova sont des lieux malsains. Il ne faut mettre dans ces garnisons que des Italiens plus accoutumés au pays. Je vois que les dépôts ... du 102e et du 62e sont à Mantoue ; passé le mois de mai, ils sont là fort mal.
Il faut préparer un nouveau secours pour l'armée de Naples, à pouvoir lui envoyer avant la grande chaleur, indépendamment des 4,700 hommes que vous avez fait partir dernièrement. Ce secours sera composé de la manière suivante : ... un second bataillon de 960 hommes, qui sera composé de 120 hommes du 102e de ligne, 120 hommes du 101e, 240 hommes du 62e, 120 hommes du 52e, 120 hommes du 29e, 240 hommes du 20e. Un officier par régiment sera également suffisant ...
Mon intention est ... que le 2e bataillon soit réuni à Ancône le 20 avril, et se dirige également sur Naples ...
Il faut avoir soin que ces détachements soient bien armés, bien habillés et bien équipés ...
" (Correspondance de Napoléon, t.14, lettre 12013 ; Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 14581).

Le 25 mars 1807, l'Empereur écrit, depuis Osterode, au Prince Eugène : "Mon Fils ... De tous ces arrangements, la division Duhesme souffrira beaucoup. Voici, je pense, comme vous pouvez la former : le 8e d'infanterie légère peut former un bataillon de six compagnies, les trois autres compagnies au dépôt ; le 18e peut en former autant, le 81e autant, le 102e autant ..." (Correspondance de Napoléon, t.14, lettre 12174 ; Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 14892).

Plaque de shako 1806 102e Régiment d'Infanterie de Ligne
Plaque de shako 1806 102e Régiment d'Infanterie de Ligne Plaque de shako 1806 102e Régiment d'Infanterie de Ligne
Fig. 9 : A droite, plaque de shako en cuivre, modèle 1806, donnée par C. Blondieau. Dimensions 120 x 110 ; au centre, plaque de shako modèle 1806 - Site de B. Malvaux. Plaque faisant désormais partie de la Collection G. Centanni; à droite, plaque vendue en 2009, hauteur 122 mm
shako 1806 102e Régiment d'Infanterie de Ligne
shako 1806 102e Régiment d'Infanterie de Ligne
shako 1806 102e Régiment d'Infanterie de Ligne
Fig. 10 Shakos du 102e de Ligne

Le 29 juillet 1807, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Prince Eugène : "Mon Fils, la division que j'ai à Ancône n'est pas suffisante ; mon intention est donc qu'il y ait à Ancône, sous les ordres du général de brigade qui y commande, un corps de troupes composé conformément à l'état ci-joint. Mettez sur-le-champ ces troupes en marche pour s'y rendre ... Je n'ai pas besoin de vous dire que le bataillon provisoire d'Ancône doit être en bon état et bien armé. Vous le réunirez à Rimini, où le général Charpentier le passera en revue, et, quand vous serez assuré qu'il est en bon état, vous le dirigerez sur Ancône, toujours comme s il se rendait à Naples. ANNEXE
ETAT DE LA DIVISION D'ANCÔNE
... 1 bataillon provisoire des dépôts composé de :
... 1 compagnie 102e régiment de ligne ...
" (Correspondance de Napoléon, t.15, lettre 12950 ; Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 16065).

En 1807, le 102e prend part également au siège de Fiume-Freddo.

Le 12 janvier 1808 à Paris, l'Empereur est informé que "M. Espert, colonel du 102e à l'armée de Naples, demande un congé de six mois"; l'Empereur répond : "Refusé cette permission" (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1912, t.3, lettre 3781).

Le 24 janvier 1808, l'Empereur écrit, depuis Paris, à Joseph Napoléon, Roi de Naples : "Mon Frère … Dans l'état de situation de votre armée au 15 décembre, qui est le dernier état que j'aie, je vois que vous avez à Naples les 29e, 52e et 102e, et que ces trois régiments peuvent vous fournir les 1,400 hommes que je demande ..." (Correspondance de Napoléon, t.16, lettre 13480 ; Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 17062).

Le 20 mai 1808, l'Empereur écrit, depuis Bayonne, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, je reçois votre lettre du 13 mai relative aux anciens et nouveaux dépôts. Je conçois que les conscrits ont été dirigés sur les nouveaux dépôts ... Le 1er reçoit 600 hommes, ... le 102e 600 ...
Les 4 compagnies des dépôts probablement incomplètes seraient insuffisantes pour un aussi grand nombre d'hommes et il faudra qu'elles se hâtent de diriger sur les 4es bataillons en proportion des effets d'habillements de l'ancien dépôt.
Mais comme je vois qu'une partie de l'armement sera aux anciens dépôts, faites-moi connaître ce que vous aurez fait là-dessus.
Ainsi donc les majors laisseront aux anciens dépôts d'Italie la quantité de fusils et d'habillement nécessaires pour les nouveaux conscrits et tout le reste, les papiers, les cadres des compagnies de dépôt, etc., ils les dirigeront sur les nouveaux dépôts afin de les sortir une fois pour toutes de premiers embarras
" (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18000).

Le même jour, 20 mai 1808, l'Empereur écrit, depuis Bayonne, au Prince Camille Borghèse, Gouverneur général des départements au-delà des Alpes, à Turin : "Les comptes que vous me rendez, en forme d'états, doivent être en petits carnets de la grandeur de quatre à six pouces, parce qu'alors je les garde sur ma table. Il faut distinguer sur vos états de situation les conscrits de 1809. Faites-moi connaître les mouvements qui se sont opérés dans vos dépôts. Vous devez avoir dans votre gouvernement : ... à Savone, celui du 102e ... Ces dépôts sont-ils arrivés dans votre gouvernement, ou sont-ils annoncés ? Faites-vous remettre par les majors l'état des effets d'habillement qu'ils ont aux anciens dépôts, la quantité de conscrits qu'ils ont à recevoir et celle qu'ils ont déjà reçue, le nombre de conscrits de 1899 arrivés aux nouveaux dépôts et ce qui y est attendu. Vous donnerez l'ordre que les corps qui auraient des conscrits à leur nouveau dépôt et des effets d'habillement à l'ancien fassent marcher des conscrits, en proportion de ces effets d'habillement, sur les anciens dépôts, pour y être habillés et incorporés dans les 4es bataillons" (Correspondance de Napoléon, t.17, lettre 13942 ; Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 17998).

Enfin, toujours le 20 mai 1808, l'Empereur écrit cette fois-ci, depuis Bayonne, à Eugène, Vice-Roi d'Italie : "Mon fils, je ne vois pas dans votre état de situation du 1er mai les conscrits que chaque corps doit recevoir sur 1809. Vous ne me parlez point encore de la nouvelle organisation. Vous avez déjà dû recevoir une grande quantité de conscrits, mais ils auront été dirigés sur leurs nouveaux dépôts ... Le 1er régiment de ligne a son dépôt à Marseille, le 5e à Turin, le 10e à Plaisance, le 20e à Verceil, le 29e à Asti, le 52e à Gênes, le 102e à Savonne, le 14e léger à Turin, … et le 23e de ligne à Mondovi. Ces 12 régiments ont trois bataillons à l’armée de Naples ; les 4es bataillons restent pour former la division de Rome et dans l'emplacement actuel des dépôts, les quatre compagnies de dépôt de ces régiments se rendront dans les nouveaux emplacements. Je suppose que l'organisation commence à être établie en Italie ; alors il faudrait avoir soin de correspondre avec le prince Borghèse pour que les conscrits au fur et à mesure de leur arrivée à leurs dépôts, se dirigeassent sur les anciens pour être habillés et joindre les 4es bataillons ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18002).

Le 12 juin 1808, l'Empereur écrit, depuis Bayonne, au Prince Camille Borghèse, Gouverneur général des départements au-delà des Alpes, à Turin : "Mon cousin, je reçois l'état que vous m'envoyez des conscrits de 1809 arrivés dans les 27e et 28e divisions militaires, montant à 9500 ... Vous avez envoyé 100 hollandais au 4e bataillon du 52e et vous avez envoyé 200 hommes au 4e bataillon du 101e, autant au 4e bataillon du 102e. Toutes les dispositions que vous avez prises me paraissent très bonnes …" (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18285).

Le 23 juin 1808, l'Empereur écrit, depuis Bayonne, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "... Donnez ordre que les cadres du 3e bataillon de nouvelle formation des 1er, 29e et 52e régiments de ligne et des 22e et 23e légère rejoignent leurs 4es bataillons dans le royaume d’Italie, en complétant les deux premiers bataillons de ces régiments de tous les hommes disponibles de ces 3es bataillons. Je ne donne pas le même ordre pour les 102e, 101e et 10e de ligne, ni pour les 20e et 62e parce que ces régiments restant à deux bataillons seront portés, moyennant le versement des hommes disponibles, à près de 1680 hommes, c'est-à-dire au complet de 840 hommes par bataillon, et les régiments à 3 bataillons seront à plus de 700 hommes par bataillon. Par ce moyen l'armée d'Italie sera augmentée de 5 bataillons et l’armée de Naples sera affaiblie des cadres de cinq bataillons ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18390).

Le 7 septembre 1808 (ou le 8 septembre selon L. de Brotonne et la CGN), l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Dejean, Ministre directeur de l'Administration de la Guerre, à Paris : "Le 52e a encore à son dépôt, dans la 28e division, 80 hommes habillés en paysans ; le 67e, 15 hommes ; le 101e, 200 ; le 102e, 240 ... Cela me paraît très-abusif. Faites-moi connaître pourquoi ces hommes n'ont pas sur-le-champ des culottes et vestes d'uniforme" (Correspondance de Napoléon, t.17, lettre 14298 ; Brotonne (L. de) : « Dernières Lettres inédites de Napoléon 1er, collationnées sur les textes et publiées » ; Paris, 1903, t. 1, lettre 772 ; Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18859).

Plaque de shako 1810 102e Régiment d'Infanterie de Ligne
shako 1810 102e Régiment d'Infanterie de Ligne
Fig. 11 Plaque de shako du 102e de Ligne, modèle 1810
Fig 12 : Shako et plaque de shako modèle 1810

Le 8 septembre 1808, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Prince Camille Borghèse, Gouverneur général des départements au-delà des Alpes, à Turin : "Mon cousin, je vois avec peine qu'il y ait encore des hommes habillés en paysans dans vos dépôts. Le 101e entre autres en a 200 et le 102e 240. Prenez des mesures sur-le-champ pour que cela cesse" (Brotonne (L. de) : « Dernières Lettres inédites de Napoléon 1er, collationnées sur les textes et publiées », Paris, 1903, t. 1, lettre 773 ; Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18854).

Le 13 septembre 1808, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, donnez ordre … au dépôt du 102e idem qui est à Savone, au dépôt du 106e idem qui est à Novare, de faire partir tout ce qu’ils ont de disponible pour renforcer leurs 4es bataillons en Italie. Ces détachements se mettront également en marche au 1er octobre. Vous me ferez connaître l'augmentation qu’éprouvera l'armée d'Italie par ce renfort" (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18898).

Le 18 septembre 1808, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, à Murat, Roi de Naples : "Mon frère, j'ai reçu la situation de l'armée de Naples au 1er septembre. J'eusse désiré connaître le nombre et le numéro des bataillons qui se trouvent avec chaque régiment ainsi que leurs moyens pour être au complet effectif de 140 hommes par compagnie.
Je vois aussi que les corps ne sont pas réunis ... Pourquoi le 102e n'a-t-il pas ses trois bataillons réunis à Naples ? ...
" (Brotonne (L. de) : « Dernières Lettres inédites de Napoléon 1er, collationnées sur les textes et publiées », Paris, 1903, t. 1, lettre 779; Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18954).

Le 1er octobre 1808, l'Empereur écrit, depuis Erfurt, au Prince Camille Borghèse, Gouverneur général des départements au-delà des Alpes, à Turin : "Mon cousin, je vois par la note qui était jointe à votre lettre du 20 septembre qu'il reste en état de partir : au dépôt du 102e 87 hommes.
Si ces hommes sont habillés et armés, faites-les partir afin que les 4es bataillons soient complets ; et que les cadres retournent aux dépôts pour recevoir les nouveaux conscrits qui vont leur arriver
" (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 19006).

En 1808, le 102e prend part à l'invasion de Capri (4-17 octobre 1808).

Le 21 octobre 1808, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, les deux bataillons du 52e qui sont à l'armée de Naples, les trois bataillons du 102e, qui font également partie de cette armée, faisant en tout 3 500 hommes, partiront de Naples et se rendront à Rome, où ils seront à la disposition du vice-roi ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 19087).

Le même jour, 21 octobre 1808, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, à Eugène, Vice-Roi d'Italie : "Mon fils, vous ne m'envoyez jamais les états de mon armée italienne. Je vous ai dit bien des fois qu'il me faut ces états tous les dix jours. Envoyez-m'en un sans délai. Mon armée d’Italie doit être prête à entrer en campagne au mois de mars. Sa composition sera la suivante : ...
4e division
29e de ligne 4 bataillons
52e idem 4 bataillons
102e idem 4 bataillons
12 bataillons ...
La division composée des 102e, 52e et 29e se réunira à Ancône, dans la Romagne et à Bologne. Il ne sera dorénavant fait aucun déplacement des troupes. Tout se préparera dans le silence. Les dépôts enverront de France, du Piémont et d'Italie aux 4es bataillon tout ce qu'ils ont de disponible. On les fera exercer tout l'hiver. Vous ferez passer une revue par le général Charpentier au 1er janvier, pour faire connaître la situation de l'armée, de l'habillement, de l'instruction. Pareille revue sera passée au 1er mars
" (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 19097).

Le 26 octobre 1808, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Lacuée, Directeur général des Revues et de la Conscription : "Les légions de réserve de Metz, Versailles et Grenoble, ont trop de bataillons, d'autant plus qu’elles manquent d'officiers. Je pense que ces 600 hommes pourront leur être donnés des conscrits de 1810 et qu'ils pourraient être dirigés : ... On donnera ... ceux de Grenoble aux 22e et 23e légers, et 62e et 102e de ligne" (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 19142).

Le 17 novembre 1808, l'Empereur écrit, depuis Burgos, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Ecrivez au roi des Deux-Siciles qu'il continue tous les préparatifs de l'expédition de Sicile ; que les moyens ne lui manqueront pas ; que le véritable moment est la fin de décembre ou le commencement de janvier : qu’il vous fasse connaître son plan, combien de bâtiments il a réunis, dans quel port il les réunira ; que cela ne doit pas l'empêcher de diriger sur Rome, où je les crois arrivés, le 52e et le 102e ; s'il en était autrement, envoyez-lui un ordre de route pour qu'ils s'y rendent directement ..." (Correspondance de Napoléon, t.18, lettre 14480 ; Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 19294).

Plaque de bonnet de grenadiers 102e Régiment d'Infanterie de Ligne
Plaque de bonnet de grenadiers 1806 102e Régiment d'Infanterie de Ligne
Fig. 13 Plaque de bonnet de Grenadiers du 102e de Ligne, dessin de Grammont, in La Giberne, 1903
Fig. 14 : Plaque de bonnet de Grenadiers, Collection particulière

Le 19 novembre 1808, l'Empereur écrit, depuis Burgos, à Eugène, Vice-Roi d'Italie : "Mon fils, j'ai reçu votre lettre du 1er novembre. La division Serras et la division Broussier formant chacune 12 bataillons commencent à prendre figure. Les autres divisions me donnent lieu de faire les observations suivantes : pourquoi à la division Grenier, le 3e bataillons du 1er régiment de ligne n'a-t-il que 75 hommes ? Pourquoi à la division Le Marois, le 3e bataillon du 29e de ligne n'a-t-il que ce même nombre de 75 hommes ? Le 1er et le 2e bataillon du 52e, le 1er et 2e et 3e du 102e qui doivent être à Rome n’y sont pas portés ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 19331).

Le 19 novembre 1808, l'Empereur écrit, depuis Burgos, à Murat, Roi de Naples : "Mon frère, j'ai reçu votre lettre du 4. Les choses marchent grand train ici. Faîtes partir le 52e et le 102e pour Rome" (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 19336).

Le 26 novembre 1808, l'Empereur écrit, depuis Aranda, au Général Clarke, Ministre de la Guerre, à Paris : "Monsieur le Général Clarke, je désire que vous ordonniez les dispositions suivantes :
1° Tenez la main à l'exécution de l'ordre que j'ai donné pour que le 52e et le 102e qui étaient à l'armée de Naples, rentrassent en Italie et fussent remplacés par les détachements que j'ai prescrits dans mon ordre ...
" (Correspondance de Napoléon, t.18, lettre 14513 ; Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 19392).

Le même jour, 26 novembre 1808, l'Empereur écrit, depuis Aranda, à Eugène, Vice-Roi D'Italie : "Mon fils, le 52e et le 102e qui sont à l'armée de Naples, doivent déjà être rendu à Rome, et les 4es bataillons du 10e et du 62e doivent être en marche pour remplacer ces régiments à l'armée de Naples. Si ce mouvement n'avait pas eu lieu, écrivez-en au ministre de la Guerre, car c'est ma volonté. Vous ferez passer la revue de ces régiments et les préparerez à rendre un bon service ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 19396).

Le 6 décembre 1808, l'Empereur écrit, depuis Madrid, à Murat, Roi de Naples et des Deux-Siciles : "Mon frère, je reçois votre lettre du 10. Je ne conçois rien à toute ces intrigailleries italiennes ni à ces menaces d'expéditions d'Anglais en Italie. Cela est par trop bête. Mais ce qui m'étonne, c'est que vous vous croyiez autorisé par ces bruits ridicules pour ne pas exécuter mes ordres. Que le 52e et le 102e se rendent sans délai à Rome et ne retardez pas plus longtemps l'exécution des ordres que j'ai donnés à mon armée" (Brotonne (L. de) « Lettres inédites de Napoléon Ier », Paris, 1898, lettre 372; Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 19449).

En 1809, le Régiment réintègre donc les rangs de l'Armée de l'Italie.

Le 7 janvier 1809, l'Empereur écrit, depuis Valladolid, à Eugène, Vice-Roi d'Italie, à Milan : "Mon Fils ... Ecrivez au prince Borghese d'envoyer tout ce qu'il a de disponible du 112e, du 29e, du 52e et du 102e ..." (Correspondance de Napoléon, t.18, lettre 14661 ; Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 19714).

Le 15 janvier 1809, l'Empereur écrit, depuis Valladolid, à Eugène Napoléon, Vice-Roi d'Italie, à Milan : "Mon Fils, les nouvelles que je reçois de tout côté me disent que l'Autriche remue ... réunissez à Padoue la division Grenier, que vous composerez de la manière suivante : le 1er, le 52e et le 102e de ligne ..." (Correspondance de Napoléon, t.18, lettre 14715 ; Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 19850).

Le 5 février 1809, l'Empereur écrit, depuis Paris, à Borghèse, Gouverneur général des départements au-delà des Alpes : "Mon cousin, aussitôt que les hommes du 14e légère, du 23e, du 20e, du 6e, du 29e, du 52e, du 101e et du 102e seront habillés et armés, faites-les partir pour leurs 4es bataillons. Cela aura l’avantage que vos cadres pourront être rentrés pour recevoir la nouvelle conscription, et que ces hommes seront mieux instruits à leurs 4es bataillons" (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 19971).

Le 13 février 1809, l'Empereur écrit, depuis Paris, à Borghèse, Gouverneur général des départements au-delà des Alpes : "Mon cousin ... je désirerais que vous me fissiez connaître quand le dépôt du 6e d’infanterie de ligne pourra envoyer au 4e bataillon 200 hommes ? Quand le dépôt du 20e pourra en envoyer 100 ? Quand celui du 29e pourra en envoyer 100 ? Quand celui du 112e pourra en envoyer 400, celui du 14e d’infanterie légère 100, celui du 23e d’infanterie légère 600, celui du 10e d’infanterie légère 100, celui du 52e 300, celui du 100e 400, enfin celui du 102e 300 ? Ce qui fera un total de 2400 hommes qui iraient renforcer les quatrièmes bataillons. Il faudrait que tous ces hommes bien armés, bien équipés, ayant souliers et capotes, fussent prêts à partir avant le commencement de mars. Prenez des renseignements et faites-moi connaître si tout cela peut s’exécuter avant le 1er mars ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20014).

Plaque de shako 1812 Officier 102e Régiment d'Infanterie de Ligne
Plaque de shako 1812 Officier 102e Régiment d'Infanterie de LignePlaque de shako 1812 Officier 102e Régiment d'Infanterie de LignePlaque de shako 1812 Officier 102e Régiment d'Infanterie de Ligne
Fig. 15 Plaque de shako d'Officier de Fusillers du 102ème Régiment d'Infanterie de ligne, modèle 1812 - site de B. Malvaux.
Fig. 16 Plaques de shako d'Officiers, modèle 1812
A gauche, plaque donnée par C. Blondieau (plaque de la Collection Charrié)

Le 13 février 1809, l'Empereur donne l'ordre à Clarke de "compléter les douze demi-brigades du corps du général Oudinot" à l'aide de douze Bataillons de marche tirés des Dépôts. Napoléon écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la guerre : "Monsieur le général Clarke, le corps du général Oudinot, au lieu d’être partagé en trois divisions, ne le sera qu’en deux. À cet effet, la 3e demi-brigade légère et la 4e demi-brigade de ligne feront partie de la 1re division ; la 5e et la 6e demi-brigade de ligne feront partie de la 2e division. Le général Claparède commandera une de ces deux divisions. Comme il paraît que chaque corps ne pourra fournir que deux compagnies de fusiliers au grand complet, jusqu’à ce que la conscription de 1810 ait complété les cadres, chaque bataillon ne sera que de 560 hommes, chaque demi-brigade de 1 680 hommes, chaque division de 10 000 hommes, et le corps entier de 20 000 hommes. Lorsque les 5e et 6e compagnies de fusiliers pourront être envoyées, je verrai si je dois former une 3e division, ou laisser seulement le corps à deux divisions.
... Le 12e bataillon sera composé de deux compagnies du 64e, de deux du 102e, et de deux du 103e.
Ces douze bataillons de marche seront réunis du 1er au 15 mars à Strasbourg.
Vous donnerez ordre que chacune de ces compagnies soient complétées à 140 hommes.
Donnez ordre que les dépôts fournissent à chaque homme une capote et 3 paires de souliers, dont deux dans le sac et une aux pieds.
Si les dépôts ne pouvaient compléter ces compagnies, ils en enverront toujours les cadres, avec tout ce qu’ils ont de disponible, et vous ferez connaître ce qui manquerait, afin que je le fasse tirer des conscrits de ma Garde.
Vous donnerez ordre que tous les détachements de ma Garde qui doivent partir de Paris, pour porter les compagnies de grenadiers et de voltigeurs au grand complet, soient prêts à partir le 15 pour se rendre à Strasbourg. Ils seront formés en bataillons de marche. Vous prescrirez aux différents commandants de ma Garde d’en passer la revue, de n’envoyer que des hommes qui sachent faire l’exercice à feu, et de les faire habiller de l’uniforme d’infanterie légère, avec les boutons des régiments où ils doivent entrer ; on me les présentera à la parade du 16, et ils partiront le 17. J’ai donné ordre au corps du général Oudinot de se réunir à Augsbourg.
Si le général Claparède est encore à Paris, donnez-lui l’ordre de se rendre à Strasbourg pour y attendre ces détachements, et exécuter les ordres qui lui seront donnés. Il sera chargé de mener cette colonne.
Par ce moyen, il y aura entre Strasbourg et Augsbourg de quoi compléter les 12 brigades du corps du général Oudinot, à 12 compagnies chacune, c’est-à-dire à 20 000 hommes. Comme il y aura 12 demi-brigades, il faudra 36 chefs de bataillon et adjudants-majors. Présentez-moi la nomination de ceux qui manquent, et vous les dirigerez sur Strasbourg, pour de là rejoindre le corps. Il faudra 12 majors, le corps en a huit ; c’est quatre à envoyer. Il faut 6 généraux de brigade ; faites-moi connaître ceux qu’il faudrait envoyer.
Il faut à chaque division 18 pièces de canon, c’est-à-dire 36 pour les 2 divisions. Le corps en a 18 ; faites-moi connaître la situation du parc de l’armée du Rhin, et s’il peut fournir les 18 autres pièces.
Ainsi, à la fin de mars, j’aurai au corps du général Oudinot 20 000 hommes, 36 pièces de canon avec caissons et double approvisionnement, un général de brigade d’artillerie, deux compagnies de sapeurs, une compagnie de pontonniers, un colonel du génie, trois officiers du génie, 6 000 outils attelés, 40 caissons d’infanterie, 20 par division, la division de cuirassiers Espagne, et la brigade de cavalerie légère composée de 3 régiments que j’ai attachés à ce corps. Ce qui fera un corps de près de 30 000 hommes.
Il faut qu’il y ait un commissaire des guerres par division, et deux adjoints, et les chefs de service nécessaires. L’armée du Rhin a en personnel de quoi organiser tout cela ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20016).

Plaque de giberne de Chasseurs 102e Régiment d'Infanterie de Ligne
Fig. 17 Plaque de giberne de Chasseurs - Site de B. Malvaux

Le même jour, 13 février 1809, l'Empereur écrit, depuis Paris, à Eugène Napoléon, Vice-Roi d'Italie, à Milan : "Mon Fils ... Il résulte des états du prince Borghese, du 15 janvier, que le 6e de ligne peut fournir 300 hommes ; ... le 102e, 300 hommes. Je ne sais pas pourquoi ces hommes ne sont pas mis en marche et ne vont pas renforcer la division Miollis, dont les cadres sont bien faibles ... Je pense que la division Miollis, qui va être considérablement accrue par les conscrits qui partent de la 27e et de la 28e division militaire, peut désormais occuper Ancône ..." (Correspondance de Napoléon, t.18, lettre 14773 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20024).

Le 3 mars 1809, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Comte d'Hunebourg, Ministre de la Guerre, à Paris : "Monsieur le Général Clarke, je vous envoie le projet de formation d’une réserve de régiments provisoires, sur lequel je désire que vous me fassiez un rapport. Faites-moi connaître si je n'ai rien oublié et s'il y a des changements qu'il soit convenable de faire pour épargner des marches aux troupes. Enfin présentez-moi des états qui m'apprennent si les 5es bataillons pourront fournir ces quatre, trois ou deux compagnies pour concourir à ladite formation. Les 10,000 hommes de réserve que forme ma Garde sont destinés à compléter les 5es bataillons et à les mettre à même de fournir les hommes nécessaires. Il faut donc qu'une colonne des états que vous ferez dresser indique le nombre d'hommes qui leur manquera, après avoir épuisé tout leur monde ; cette colonne sera la colonne de distribution des 10,000 hommes de la Garde. Il ne vous échappera pas que, par ce moyen, j'aurai 6,000 hommes à la Rochelle, 3,000 en Bretagne, 9,000 à Paris, 5,000 au camp de Boulogne, 2,500 pour la défense de l'Escaut, 2,500 pour garder Wesel, 5,000 à Strasbourg, 2,500 à Metz et 10,000 Français en Italie; total, 45,500 hommes.
NAPOLÉON
Annexe
PROJET DE FORMATION D'UN CORPS DE RÉSERVE
1
Il sera formé une réserve de seize régiments provisoires composée des compagnies des cinquièmes bataillons qui seront complétés avec les conscrits de 1810;
2
... 2e régiment provisoire :
Le 2e régiment provisoire sera composé de 4 bataillons des 32e de ligne, 58e, 121e, 122e, chaque bataillon de 4 compagnies, chaque compagnie de 200 hommes, formant un présent sous les armes de 3 200 hommes.
... 14e régiment provisoire :
Le 14e régiment sera composé de 3 bataillons formés de la manière suivante :
1er bataillon : 2 compagnies du 5e bataillon du 52e, 2 compagnies du 5e bataillon du 101e, 2 compagnies du 5e bataillon du 102e.
Ce bataillon se réunira d’abord à Gênes, et sera prêt à se rendre à Alexandrie au 1er ordre ...
" (Correspondance de Napoléon, t.18, lettre 14838 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20195).

Le 16 mars 1809, Napoléon écrit, depuis Paris, à Eugène Napoléon, Vice-Roi d'Italie, à Milan : "Mon Fils ... le 102e recevra 200 hommes ...
J'ai ordonné que le briquet fût supprimé dans la compagnie de grenadiers et de voltigeurs et qu'on y substituât des outils ... Mon intention est d'étendre cette mesure à toute l'armée et de supprimer ainsi une arme aussi inutile que le briquet
" (Correspondance de Napoléon, t.18, lettre 14908 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20400).

Le même jour, 17 mars 1809, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, donnez ordre au prince Borghèse de faire partir le 25 du mois 100 hommes du 29e de ligne pour Milan d'où ils rejoindront les bataillons de guerre ; de faire partir 400 hommes du 23e léger pour Florence ; de faire partir de Gênes 300 hommes du 52e pour rejoindre les bataillons de guerre à Milan ; et 200 hommes du 102e également pour Milan d'où ils rejoindront les bataillons de guerre" (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20414).

Plaque de giberne de Chasseurs 102e Régiment d'Infanterie de Ligne
Fig. 21 Portrait d'un Chirurgien du 102e de Ligne (Catalogue B. Malvaux de 2009)

Le 27 mars 1809, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke ... Il y a en congé onze officiers des 35e, 53e et 66e ; il y en a onze des 9e de ligne, 84e et 92e ; deux du 1er léger et des 52e et 102e ; et sept des 8e et 18e légers et des 5e, 11e et 23e de ligne et des 60e, 79e et 81e. Donnez ordre que tous ces officiers en congé rejoignent leur corps sans délai. Cela peut se mettre à l'ordre de la gendarmerie sans en faire un article de journaux" (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20563).

Le 102e participe aux batailles de Sacile, Soave et Malborghetto.

Le 28 mai 1809 à dix-heures du matin, l'Empereur écrit, depuis Ebersdorf, à Eugène Napoléon, vice-roi d'Italie, à Bruck : "Mon Fils, je vous renvoie votre aide de camp. Je désirerais avoir l'état de situation de votre corps d'armée.
Je suppose que la division Durutte est composée de deux bataillons du 22e, de quatre bataillons du 23e, et de quatre bataillons du 62e. Je suppose que ces dix bataillons forment au moins 6,000 hommes présents sous les armes. Je suppose que la division Seras est composée d'un bataillon du 35e, de trois bataillons du 53e, de quatre bataillons du 106e et de deux bataillons du 79e; je la suppose également de 6,000 hommes. Je ne sais ce que c'est que la 3e division; je suppose que c'est une division italienne qui est avec le 112e, et qu'elle est également de 6,000 hommes. Je suppose que la division Pacthod vous a rejoint avec la division Grouchy. La division Pacthod doit être composée de deux bataillons du 8e léger, de quatre bataillons du 52e, de quatre bataillons du 102e et de quatre bataillons du 1er de ligne, que je suppose former 6,000 hommes. Sans comprendre le corps détaché du général Macdonald, vous devriez avoir aujourd'hui à Bruck 24,000 hommes d'infanterie, 4,000 hommes de cavalerie et 2,000 hommes de la garde; ce qui ferait 80,000 hommes et soixante pièces de canon. Le général Macdonald, que je suppose sur le point d'arriver à Graz, vous renforcera de 15,000 hommes. Ainsi votre arrivée me renforce de 45,000 hommes, non compris le corps du général Marmont
" (Correspondance de Napoléon, t.19, lettre 15266 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 21083).

Le 10 juin 1809, l'Empereur, qui vient de décider d'une importante levée de Conscrits, sur la classe 1810, mais aussi sur les classes 1806 à 1809, afin de compenser les pertes du début de la campagne, et renforcer l'Armée, écrit depuis Schönbrunn au Général Clarke pour lui donner le détail de cette opération particulièrement complexe; lettre accompagnée de 3 Etats différents très détaillés. Par ailleurs, une annexe intitulée "Répartition des 40 000 conscrits de l'appel supplémentaire de 1810" donne la composition de la 15e Demi-brigade provisoire : 52e de ligne; 101e id. qui reçoit 120 hommes; 102e id. qui en reçoit 70; 22e léger; 3e id.; 29e de ligne qui reçoit 90 hommes; 14e léger qui en reçoit 150; 6e de ligne; 10e id.; 20e id.; au total donc, 430 hommes. Il est par ailleurs précisé que l'on doit porter "les 20 compagnies à 2800 hommes" (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 21182).

Le 102e combat ensuite à la bataille de Raab et la grande bataille de Wagram.

Le 15 juillet 1809, l'Empereur écrit, depuis Schoenbrunn, au Prince Camille Borghèse, Gouverneur général des départements au delà des Alpes, à Turin : "Mon Cousin, faites partir pour Vienne un bataillon de marche, qui portera le titre de Bataillon de marche de la 27e division militaire, qui sera composé de 140 hommes du 5e bataillon du 2e de ligne, de 140 hommes du 5e bataillon du 29e, de 140 hommes du 5e bataillon du 37e, de 140 hommes du 5e bataillon du 93e, de 140 hommes du 5e bataillon du 112e et de 140 hommes du 5e bataillon du 23e ; ce qui formera un bataillon de marche de 840 hommes. Faites partir également pour Vienne la 5e et la 3e compagnie de pionniers ; ce qui fera 500 pionniers. Faites partir un second bataillon de marche, qui portera le titre de Bataillon de marche de la 28e division militaire, qui sera composé de tout ce que le 3e léger, les 52e, 67e et 102e peuvent fournir. Faites partir les pontonniers qui sont à Valence et à Plaisance. Vous dirigerez d'abord tout cela sur Osoppo. Que cela forme une seule colonne et marche ensemble" (Correspondance de Napoléon, t.19, lettre 15536 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 21509).

Le 25 septembre 1809, l'Empereur écrit, depuis Schönbrunn, au Général Lacuée, Directeur général des Revue et de la Conscription : "J’ai jugé à propos d’appeler 36 000 conscrits des cinq classes antérieures à 1810 au lieu de 30 000. Je trouve qu’en général, au lieu de 80 000 hommes par conscription, nous aurions dû en appeler 120 000. Vous trouverez dans le rapport de Clarke des notes de la nouvelle levée des 36 000. Vous avez toujours oublié un principe que nous ne devons jamais perdre de vue. Ainsi, il faut envoyer ... au 26e, au 82e et au 102e des hommes du Poitou et du limousin ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 22179).

Le 22 décembre 1809, l'Empereur écrit, depuis Trianon, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, le 1er d’infanterie légère et le 42e ont leurs dépôts en Italie et leurs régiments en Catalogne. Il faut les recruter. Faites-moi connaître ce qu’on pourrait faire partir de ces 2 régiments. Ces détachements se réuniraient aux 3e léger, 7e de ligne, 93e, 2e, 56e, 37e et 102e. Les détachements de ces 9 régiments formeraient un régiment de marche qui serait dirigé sur Perpignan ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 22695).

Le 2 mars 1810, l'Empereur écrit, depuis Paris, à Borghèse, Gouverneur général des départements au-delà des Alpes : "Mon cousin, quand on a dirigé le 23e léger sur Mondovi, le 102e sur Savone, le 52e à Gênes, c'est pour les envoyer où sont leurs dépôts ; mais vous pouvez placer les bataillons selon que vous le jugerez le plus convenable pour le bien du service, surtout pour bien garder les côtes et maintenir la tranquillité dans le pays" (Correspondance générale de Napoléon, t.10, lettre 23234).

Les positions du 102e de Ligne en septembre 1810 dans la 28e Division Militaire sont les suivantes : Colonel Espert; Quartier-maître Ortlieb; Major Maréchal; 1er Bataillon Muller à Gênes; 2e Batailllon Rennier à Oneille; 3e Bataillon Schielle à Acquiet Savone; 4e Bataillon Sicre à Savone; 5e Bataillon, Dépôt à Savone.

Le 27 septembre 1810, l'Empereur écrit, depuis Fontainebleau, au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, à Paris "Monsieur le Duc de Feltre, mon intention est de former à Avignon une division de l'armée de Catalogne, composée de deux bataillons du 67e, de deux bataillons du 16e de ligne et de deux bataillons du 3e léger.
Donnez ordre au 102e de former son 2e et son 3e bataillon à 840 hommes chacun, et de les mettre en marche de Savone et de Port-Maurice, commandés par le colonel, pour se rendre à Avignon.
Ces huit bataillons, complétés à 840 hommes, feront près de 7,000 hommes ...
Remettez-moi un état qui me fasse connaître la situation ... des huit bataillons actuellement en marche, afin que je voie la quantité de troupes qui vont renforcer l'armée de Catalogne. Si le régiment de marche destiné à cette armée est assez fort, il faut en former deux régiments
" (Correspondance de Napoléon, t.21, lettre 16943 ; Correspondance générale de Napoléon, t.10, lettre 24670).

Le 6 octobre 1810, l'Empereur adresse, depuis Fontainebleau, au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, à Paris, une Note sur l'organisation des armées; concernant l'Armée d'Italie, il écrit : "… Cette armée se composerait de 10 divisions, dont 7 françaises et 3 italiennes, et composées, savoir :
... 7e division française, 13e de ligne ayant quatre bataillons ; 84e, quatre ; 102e, quatre ; trois bataillons suisses à Naples : 15 bataillons ...
" (Correspondance de Napoléon, t.21, lettre 17000 ; Correspondance générale de Napoléon, t.10, lettre 24816).

Le 10 Octobre 1810, l'Empereur écrit, depuis Fontainebleau, au Général Clarke, Ministre de la Guerre à Paris :"Monsieur le Duc de Feltre, le 16e de ligne arrive à Avignon le 25 octobre. Mon intention est que le 3e bataillon de ce régiment fasse partie de la division. Les deux premiers bataillons forment 1,700 hommes présents sous les armes. Vous donnerez ordre que le détachement de ce régiment qui vient de Toulon s'y réunisse ; ce qui fera 2,000 hommes, c'est-à-dire trois beaux bataillons. Vous donnerez le même ordre pour le détachement du 67e qui fait partie du 3e bataillon du régiment de marche de l’armée de Catalogne ; ce détachement se réunira au 67e, qui par ce moyen gardera aussi ses trois bataillons. Le 3e léger gardera également ses trois bataillons et recevra le détachement qui fait partie du 3e bataillon du régiment de marche de l'armée de Catalogne. Prenez des mesures pour que ces trois détachements du 3e léger, du 67e et du 16e de ligne, qui font partie du régiment de marche de l'armée de Catalogne, se réunissent à Avignon ou à Nîmes à leurs bataillons ; de sorte que la division qui se réunit à Avignon sera composée de trois bataillons du 16e de ligne, de trois bataillons du 67e, de trois bataillons du 3e d'infanterie légère et de deux bataillons du 102e.
Nommez un général de brigade, de ceux qui sont à Perpignan, pour prendre le commandement de cette division, qui sera sous les ordres directs du général Baraguey d'Hilliers. Aussitôt que les 67e, 16e et 3e léger seront arrivés en Catalogne, ils seront rejoints par leurs 4es bataillons. Donnez ordre que les bataillons du 3e léger s'embarquent sur la Saône à Châlons ; ce sera une dépense de plus, mais on gagnera huit jours ; et, moyennant leur embarquement sur la Saône et le Rhône, ces bataillons pourront arriver à Perpignan en même temps que le régiment de marche de Catalogne. Ainsi-toutes ces troupes, formant une masse de 15,000 hommes, pourront entrer à la fois sur Gerona. Il serait bon qu'il y eût à Perpignan quelques paires de souliers à leur donner à leur passage. Il faudrait aussi qu'on leur préparât quelques pièces de canon des dépôts du train et de l'artillerie de l'armée de Catalogne. On doit pouvoir organiser une petite division d'artillerie pour cette division. Quant au régiment de marche de l'armée de Catalogne, je n'ai pas besoin de vous dire qu'aussitôt qu'il sera arrivé en Catalogne il doit être dissous, et que chaque détachement doit rejoindre son régiment
" (Correspondance de Napoléon, t.21, lettre 17024 ; Correspondance générale de Napoléon, t.10, lettre 24867).

Le 21 novembre 1810, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, envoyez des officiers et prenez des mesures pour que le duc de Tarente ne fasse pas ce qu'il a déjà fait, c'est-à-dire ne dégarnisse pas toutes nos frontières et ne les livre pas sans défense au brigandage. Mettez spécialement sous les ordres du général Baraguey d'Hilliers les seize bataillons composés du 3e régiment d'infanterie légère, du 16e de ligne, du 67e, du 102e, etc., afin que les scènes qui ont eu lieu il y a un mois ne se renouvellent plus" (Correspondance de Napoléon, t.21, lettre 17147 ; Correspondance générale de Napoléon, t.10, lettre 25293).

- 1811

- Italie

Le 2 janvier 1811, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Prince Camille Borghèse, Gouverneur général des départements au delà des Alpes, à Turin : "Mon Cousin ... Il est convenable que la compagnie d'artillerie du 102e qui est à Gênes se rende à Savone" (Correspondance de Napoléon, t.21, lettre 17262).

Le 7 mars 1811, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre ... Tous les hommes en congé appartenant aux 2 bataillons du 102e qui sont en Catalogne doivent rejoindre les 1er et 4e bataillons qui sont à Savone ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.10, lettre 26122).

Le 11 septembre 1811, l'Empereur écrit, depuis Compiègne, au Prince Camille Borghèse, Gouverneur Général des départements français au delà des Alpes, à Turin : "Le 4e bataillon du 102e régiment étant arrivé à Savone, vous pouvez ordonner au détachement du 52e régiment qui se trouve dans cette place de retourner à Gênes ..." (Brotonne (L. de) : « Lettres inédites de Napoléon 1er », Paris, 1898, lettre 914 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 28584).

Le 13 septembre 1811, l'Empereur écrit, depuis Compiègne, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre ... Le 1er bataillon du 102e se plaint de ses hommes, qu'il prétend faibles et hors d'état de faire la guerre. Donnez ordre qu'il en soit passé une revue et qu'on s'assure si ces plaintes sont fondées. C'est un bataillon qu'il faut soigner, tant pour l'habillement que pour les officiers ; car il pourrait faire partie d'une réserve pour la Catalogne ..." (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 4, lettre 6169 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 28639).

Le 16 décembre 1811, l'Empereur écrit, depuis Paris, à Eugène Napoléon, Vice-Roi d'Italie, à Milan : "Mon Fils, voici l'organisation que je désirerais donner au corps d'observation d'Italie ...
On laisserait en Italie les régiments suivants :
RÉGIMENTS FRANÇAIS. — 22e d'infanterie légère, six bataillons ; 6e de ligne, trois ; 14e léger, trois ; 112e de ligne, cinq ; 13e, cinq ; 23e, deux ; les 5es bataillons des six régiments français composant les 13e et 14e divisions, six bataillons ; 10e de ligne, deux bataillons ; 20e, deux ; 7e, un ; 12e, un ; 1er léger, deux ; 3e, un ; 67e de ligne, un ; régiment illyrien, un ; 52e de ligne, cinq ; 102e, deux ; ce qui ferait en deçà des Alpes quarante-huit bataillons français, formant 30,000 hommes d'infanterie, lesquels seront complétés par la levée de la conscription qui va être faite, celle de 1812 ...
" (Correspondance de Napoléon, t.23, lettre 18340; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 29370).

- Espagne

Le 10 mars 1811, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, à Paris : "Monsieur le Duc de Feltre, je vous renvoie les lettres du général Baraguey d'Hilliers. Il n'est pas encore temps de lui faire connaître les changements que j'ai faits dans la Catalogne, puisqu'il ne serait pas convenable que le duc de Tarente les apprît d'une manière indirecte. Mais il faut lui envoyer un officier et lui mander qu'aussitôt que le général Quesnel sera arrivé à Puycerda et cherchera à prendre le fort d'Urgel, cela attirera d'autant l'ennemi de ce côté ; qu'il faudrait occuper les positions d'Olot et de Vich, et reconnaître les autres positions qu'il y aurait à occuper pour se maintenir réellement en communication avec Barcelone ; que l'ennemi va être serré de très-près du côté de Tarragone et inquiété du côté d'Urgel; qu'il faudrait l'empêcher de s'établir entre Puycerda ou la vallée du Sègre et la vallée de Girone ; qu'il paraît nécessaire d'occuper Olot, Ripoll et Vich, et d'avoir entre Barcelone et le château de Hostalrich un ou deux points crénelés et fortifiés, du côté de Granollers, situé au point de réunion du chemin de Vich et de celui de Hostalrich ; que, si le général Baraguey d'Hilliers fait occuper Granollers et Vich, il se trouvera en communication avec Barcelone; qu'alors des mouvements combinés seront concertés avec la garnison, et qu'il sera inutile d'envoyer le 102e à Barcelone, puisque cela fera le même effet ; mais que cela ne peut avoir lieu qu'autant qu'arrivé à Vich et à Granollers on remuera sur-le-champ de la terre, qu'on crénellera des maisons, qu'on placera quelques pièces de canon, et qu'enfin, par ces précautions, on se mettra tout à fait à l'abri des miquelets et des bandes ennemies ; qu'il a de l'artillerie et des sapeurs qu'il peut employer sur-le-champ ; que la mission de l'officier que vous lui envoyez est de rapporter son opinion sur ce plan, sur la manière de remplir le but, d'empêcher l'ennemi de s'établir entre la Cerdagne et Girone, sur le projet d'occuper Olot, et enfin sur celui de se placer à Vich et à Granollers de manière à communiquer avec Barcelone avec des détachements de 2 à 300 hommes; bien entendu que les colonnes placées à Vich et à Granollers feraient des sorties combinées avec celles de la garnison de Barcelone toutes les fois que l'ennemi se présenterait ; que ces opérations deviendront faciles, la division Quesnel étant à Puycerda, Tarragone se trouvant cernée, et l'armée rentrant en Catalogne (car je ne la considère pas comme étant en Catalogne, en ce moment qu'elle est à Lérida, au-delà des montagnes), et que toutes ces dispositions vont faciliter beaucoup la soumission du pays ; mais que, pour arrivera ce résultat, il faut se fortifier de manière que des détachements de 50 ou 60 hommes, en ayant du canon, soient à l'abri de toute attaque, ce qui a été fait dans l'intérieur de l'Espagne et a partout réussi;; que ce projet est plus avantageux que celui de renforcer Barcelone, d’autant plus que la garnison de Barcelone pourra occuper des points intermédiaires en avant de cette place" (Correspondance de Napoléon, t.21, lettre 17448 ; Correspondance générale de Napoléon, t.10, lettre 26171).

Le 6 décembre 1811, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke : "Monsieur le duc de Feltre, donnez ordre à la demi-brigade que commande le major Verset, et qui est composée des bataillons du 8e léger, 18e léger et 23e de ligne, de se rendre à Perpignan ...
Donnez le même ordre au premier bataillon du 102e.
Tous les hommes que ces bataillons ont embarqués à bord de l'escadre ou ailleurs seront sur-le-champ débarqués et réunis à leurs bataillons. Ces sept bataillons doivent former un total de 5.000 hommes de renfort. Donnez ordre qu'ils ne partent que lorsque tout ce qui est embarqué aura rejoint ...
" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 4, lettre 6460 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 29283).

- France

Carte des Iles d'Hyères

Napoléon évolue dans les dispositions pour défendre les côtes de Provence. Il écrit : "Paris le 11 Avril 1811.
Au général Clarke,
Monsieur le duc de Feltre, dans un décret que j’ai pris dernièrement, j’ai ordonné que le 4eme bataillon du 22e Léger verserait ses hommes disponibles dans le 5e bataillon et que le cadre de ce bataillon se rendrait en Corse ou il se recruterait par des conscrits de la Méditerranée. Considérant aujourd’hui les dangers attendus de la navigation en Corse et la situation des croisières ennemies, je préfère que le cadre de ce 4e bataillon se rende dans les iles d’Hyères où il sera rejoint par 900 hommes du dépôt du fort Lamalgue. J’ai donné le même ordre pour le 6e bataillon de ce régiment ; vous recevrez le décret que j'ai pris à cet effet. Vous verrez, dans le même décret, que le 5e bataillon du 102e se réunira dans l'île Sainte-Marguerite, où il sera complété par 500 conscrits du dépôt du fort Lamalgue. Vous verrez que par là je donne de l'emploi à 2 300 conscrits réfractaires …
Ces mesures sont urgentes …
" (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 26620).

Le même 11 avril 1811, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Vice-Amiral Decrès, Ministre de la Marine : "Le transport des conscrits réfractaires en Corse me paraissant devenir trop dangereux, j'ai ordonné que le cadre du 6e bataillon du 22e léger, au lieu d'aller en Corse de Nice, se rendît dans l'île de Porquerolles. Il y sera rendu, j'espère, le 25 avril.
A compter du 25 avril, vous pourrez diriger les conscrits par bac sur Hyères. Le 4e bataillon du même régiment qui devrait se former dans l'Ischia se rendra le 25 à Port-Cros. Ce sera dans l'emploi de 1800 conscrits.
Le 6e bataillon du 102e sera rendu le 25 à Sainte-Marguerite. Vous y enverrez de fort Lamalgue 500 conscrits par le cabotage ; cela fait l'emploi de 2300 conscrits.
Par ce moyen, la grande chance que je cours de perdre mes gabarres et mes hommes n'existera plus ; il ne sera fait d'envoi de conscrits en Corse qu'après le mois de septembre.
Je vous laisse maître de vous concerter avec le ministre de la Guerre pour me faire le transport des 500 conscrits que la marine doit conduire à Civitavecchia, qu'après l'équinoxe, s'il y a lieu
" Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 26627).

Le 13 avril 1811, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Lacuée, Ministre de l'Administration de la Guerre : "Monsieur le comte de Cessac, je reçois votre lettre. Il faut que vous fournissiez des effets d'habillement aux hommes du 6e bataillon du 22e léger et du 5e bataillon du 1er de ligne. Il faut également que vous en fournissiez aux hommes que le 5e bataillon du 102e doit recevoir. Je n'ai ôté aucun conscrit, ni au 102e, ni au 1er de ligne, parce que les cadres de ces régiments ont besoin de conscrits pour se compléter et se mettre en état d'entrer en campagne" (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 26661).

Le 18 avril 1811, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Peltre ...
Cela étant, il y aurait dans les îles d'Hyères, les 4e et 6e bataillons du 22e régiment d'infanterie légère, de 900 hommes chacun, faisant 1800 hommes ...
Dans l'île Sainte-Marguerite, le 5e bataillon du 102e, 500 hommes ...
Voilà donc l'emploi de 6 400 hommes. Il faudra une partie de l'été pour avoir ce nombre d'hommes. Les conseils d'administration et l'habillement se tiendraient à Toulon ...
Quant au 5e bataillon du 102e, comme il est fort loin et que ses recrues doivent aller aux îles Sainte-Marguerite par mer, on profitera de toutes les occasions favorables qui se présenteront pour les faire passer.
Vous aurez soin que le dépôt soit tenu en règle à Toulon ; que les conscrits y soient toisés, classés, habillés et équipés, et que les différents mouvements se fassent avec ordre, par mer, sur les îles d'Hyères, au cap Cépet et autres points. Si le nombre des conscrits réfractaires est de plus de 6000 hommes, on pourra en être embarrassé. On en rendra compte alors, et je donnerai des ordres ultérieurs.
Le passage en Corse n'est pas tout à fait interdit ; il pourra se présenter des moments dans l'été où le passage pourra avoir lieu. Après l'équinoxe d'automne, tous les transports se feront par mer ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 26730).

Dans la foulée, l'Empereur écrit, le même jour, 18 avril 1811, depuis Paris, au Vice-Amiral Ddcrès, Ministre de la Marine : "Je reçois votre rapport du 17. Le décret relatif au 4e bataillon du 22e régiment à placer à l'île de Porquerolles ; au 6e bataillon du même régiment à placer à Port-Cros, au 5e bataillon du 102e à placer à l'île Sainte-Marguerite, enfin au 5e bataillon du 1er de ligne à placer au château d'If et à l'île de Pomègue, doit être exécuté sans délai ... Les cadres des 3e et 4e bataillons seront envoyés aux iles d'Hyères et à Pomègue si 500 hommes du 102e peuvent tenir au château d'If ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 26742).

Le 4 mai 1811, l'Empereur écrit depuis Saint-Cloud, à son Chambellan, M. de Montaigu, à Paris : "... vous irez à Toulon; vous m'écrirez tous les jours, en me rendant compte des mouvements de l'arsenal, des mouvements de l'escadre et du dépôt du fort Lamalgue ... Quand vous aurez passé quinze jours à Toulon et que vous serez instruit que le 5e bataillon du 102e, qui doit recevoir des conscrits à l'île Sainte-Marguerite, a reçu ces conscrits ; vous irez le voir ..." (Correspondance de Napoléon, t.22, lettre 17697 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 26980).

Le 24 mai 1811, l'Empereur écrit, depuis Caen, au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, à Paris : "... ÉTAT DES FORCES QUI SERONT EN FRANCE ET EN Italie AU 1er SEPTEMBRE 1811 ...
28e DIVISION MILITAIRE.
Il y aura cinq bataillons du 52e, hormis les compagnies d'élite, trois bataillons du 102e. On formera des cinq bataillons du 67e, du 101e et du 3e léger, une demi-brigade de 1,500 hommes. Il y aura en outre deux bataillons du 10e de ligne (le 6e et le 7e),
Ces bataillons, complétés au moyen de la conscription, feront un total de 8,000 hommes, sans compter les troupes de la marine ...
" (Correspondance de Napoléon, t.22, lettre 17247 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27150).

Le 6 juin 1811, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, à Paris : "Monsieur le Duc de Feltre, les deux bataillons du train d'artillerie, en Italie, ont besoin de 600 hommes, puisqu'ils reçoivent 1,200 chevaux ...
Vous donnerez ordre que le 5e bataillon du 102e, qui est dans l'ile Sainte-Marguerite où il reçoit des conscrits réfractaires du dépôt de Toulon, choisisse également 50 hommes des plus sûrs et qui n'appartiennent pas aux départements de la Provence ; que ces 50 hommes soient envoyés par mer à Gênes, et là débarqués et dirigés par terre sur Vérone, où ils seront incorporés dans le 7e bataillon du train ...
Vous prescrirez les mesures convenables pour que ces hommes soient envoyés avec des sergents et officiers, et embarqués de manière à être surveillés
" (Correspondance de Napoléon, t.22, lettre 17775 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27228).

Le 10 juin 1811, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, à Paris : "Le 5e bataillon du 102e, qui est à l'île Sainte-Marguerite, manque de fusils. On se plaint qu'au fort Sainte-Marguerite les affûts sont pourris" (Correspondance de Napoléon, t.22, lettre 17790 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27258).

Le 24 juin 1811, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Dumas, Directeur des Revues et de la Conscription : "Monsieur le comte Dumas, j'ai lu avec intérêt le compte que vous m'avez rendu des déserteurs réfractaires au 1er juin ... Je relève ici par aperçu le nombre d'hommes dont j'ai disposé :
... 2e régiment de la Méditerranée (à Toulon)
... Le 5e bataillon du 102e doit prendre 560 conscrits à l'île Sainte-Marguerite. 560
... Vérifiez cet aperçu et remettez-moi un travail complet à cet égard
" (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27431).

Le 4 juillet 1811, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, je désire que le colonel ou le major du 102e parte de Savone pour aller passer la revue du 5e bataillon de ce régiment qui est à l'île Sainte-Marguerite, inspecter en détail ce bataillon, et s'il pense qu'on pourrait se fier à ces conscrits et qu'ils ne déserteraient pas, les diriger sur Savone. Il serait important de les ôter de l'île Sainte-Marguerite où vont arriver les bataillons du 8e et 18e légers et du 23e de ligne ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27521).

Le 13 juillet 1811, l'Empereur écrit, depuis Trianon, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre ... La garnison de La Médée à Gênes sera fournie par le 102e ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27612).

Le 17 juillet 1811, l'Empereur écrit, depuis Trianon, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Peltre ... Les 2es compagnies des 5es bataillons des 5e, 11e, 23e, 60e, 81e, 79e, 1er de ligne, 62e, 102e, 10e, 20e, 101e, 29e, 9e, 35e, 53e, 13e, 106e, 16e et 67e formant 20 compagnies se réuniront à Toulon et seront destinées à monter les 16 vaisseaux qui sont en rade de Toulon et les premiers qui seront mis à l'eau ...
Vous donnerez ordre que toutes ces compagnies soient composées d'officiers, sous-officiers et soldats de l'ancienne France ; que tous les officiers, sergents, caporaux et fourriers aient au moins 4 ans de service, et que les soldats aient au moins un an de service et soient à l'école de bataillon. Vous recommanderez qu'on porte un soin particulier à la formation de ces compagnies, à les maintenir au complet ; qu'on y mette des officiers de choix, hommes d'ordre et d'honneur qui puissent être utiles à bord des vaisseaux
" (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27681).

Le même 17 juillet 1811, l'Empereur écrit encore, depuis Trianon, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Peltre, donnez ordre qu'à l'arrivée du 102e à Toulon, il en soit passé la revue ; et vous me rendrez compte de sa situation, habillement, armement, et instruction.
Recommandez au commandant de pousser l'instruction de ce régiment avec la plus grande activité
" (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1911, t.3, lettre 4658; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27682).

Le 1er août 1811, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Peltre ... Faites passer la revue du 5e bataillon du 102e qui est à l'île Sainte-Marguerite et faites-moi connaître si ces hommes sont habillés et de quels départements ils sont ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27915).

Le 15 août 1811, l'Empereur écrit, depuis Rambouillet, au Général Lacuée : "Monsieur le comte de Cessac, faites-moi un rapport qui me fasse connaître s'il a été pourvu et par qui à l'habillement de tous les cadres qui ont été à Toulon, à l'île de Ré et à Belle-Ile pour y prendre des conscrits réfractaires ?
Il y a à Toulon le 2e régiment de la Méditerranée qui peut lui-même fournir à cet habillement. Il y a le 22e d'infanterie légère et le 102e qui peuvent également y fournir eux-mêmes ...
En me rendant compte des mesures que vous avez prises, faites-moi connaître quand vous êtes fondé à penser que tous ces cadres seront habillés et équipés
" (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 28178).

Le 19 août 1811, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, à Borghèse, Gouverneur général des départements au-delà des Alpes : "Mon cousin ... Au prince gouverneur général de Turin, j’ai donné ordre que le 5e bataillon du 102e qui était aux îles Sainte Marguerite se rendît à Savone : donnez ordre qu’il soit incorporé dans le 4e bataillon pour le compléter à 840 hommes ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 28234).

Le 22 août 1811, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke : "Monsieur le duc de Feltre, donnez les ordres suivants pour la répartition des compagnies destinées à former les garnisons de vaisseaux ...
DIVISION DE GÊNES
Les 2es compagnies du 5e bataillon des 52e et 102e seront complétées et réunies à Gênes, pour tenir garnison, savoir la compagnie du 52e sur l'Agamemnon, et celle du 102e sur les frégates la Médée et la Galatée ...
" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 4, lettre 6042 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 28292).

Le 23 août 1811, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Lacuée, Ministre directeur de l'Administration de la Guerre : "Monsieur le comte de Cessac, je réponds à votre rapport du 21, relatif à l'habillement des conscrits réfractaires. Je vois dans les états qui y sont joints que ... Le 1er de ligne, qui a son dépôt à Marseille, le 102e, qui a son 5e bataillon à l'île Sainte-Marguerite, sont portés comme habillés par l'administration de la guerre. Ce sont les dépôts de ces régiments qui les ont habillés. J'entends par habiller avoir fait confectionner les effets et pourvu à tous les détails. Je vous renvoie votre travail pour que vous mettiez ces états en règle" (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1911, t.3, lettre 4718; Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 4, lettre 6059 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 28335).

Le 28 août 1811, l'Empereur écrit, depuis Trianon, à Borghèse, Gouverneur général des départements au-delà des Alpes : "Mon cousin, je reçois votre lettre du 23 août. Faites compléter le 4e bataillon du 102e par tout ce qu'il y a de disponible au 5e bataillon. Faites-moi connaître votre opinion sur les conscrits de l'île de Sainte-Marguerite ; ont-ils déserté ? ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 28403).

Le 13 septembre 1811, l'Empereur écrit, depuis Compiègne, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre ... L'emploi de chef de bataillon du 1er bataillon du 102e qui est à Toulon, est vacant. Il est bien important d’y nommer quelqu'un ; un M. Schwartz, qui avait été nommé, n'a pas rejoint depuis quatre mois ; faites-en nommer un autre ..." (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 4, lettre 6169 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 28639).

- 1812

LES DEMI-BRIGADES PROVISOIRES DE JANVIER 1812

Dans la vaste réorganisation que Napoléon coordonne pour la Grande Armée qui va entrer en Russie, de nombreuses unités dites provisoires vont être levées, formées de détachements de divers Régiments : Bataillons de marche, Demi-brigades de marche, Bataillons de marche de tel ou tel Corps. Parfois versées dans leurs unités d’origine ou organisées en Divisions de Réserve.

Les Demi-brigades provisoires en 1812 sont formées à partir des 4ème Bataillons disponibles des Régiments d’infanterie. Elles vont peu à peu gagner l’Allemagne (ou l’Espagne ou l’Italie), remplacées sur leurs lieux de formation par les Cohortes de Gardes Nationales. Elles sont commandées par des Majors. On y réunit soit des Bataillons d’infanterie de Ligne, soit des Régiments d’infanterie légère entre eux, pour que les unités soient homogènes. Elles seront incorporées dans la seconde Ligne de l’Armée tandis que la force principale franchira le Niémen. Les 2e, 3e, 4e et 5e DB provisoires serviront sur la frontière espagnole et les 14e, 15e et 16e en Italie.

15e DB provisoire à Alexandrie : 4e du 1er Léger, 4e du 3e Léger, détachements des 7e, 101e et 102e de Ligne

Le 24 décembre 1812, à Paris, l'Empereur est informé que "89 hommes du 52e et 43 hommes du 102e débarqués à Toulon, partent pour Berlin"; il répond de "Les arrêter à Mayence" (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1911, t.2, lettre 2647).

- 1813

Le 5 Février 1813, l'Empereur écrit au Général Clarke : "Monsieur le Duc de Feltre ...
PIÉMONT. — 27e ET 28e DIVISIONS.
Il sera formé, pour la défense du Piémont, d’Alexandrie et de Gènes, une division composée de trois demi-brigades, qu’on organisera sous les nos 28, 29 et 30, savoir : 28e demi-brigade, les bataillons des 7e, 52e et 67e; 29e demi-brigade, les bataillons des 101e, 20e et 42e qui viennent d’Espagne; 30e demi-brigade, les 6e bataillons du 42e et du 102e et le bataillon du 102e qui vient d’Espagne ...
".

De 1813 à 1814, les 3e et 6e Bataillons demeurent en Italie, luttant contre les Autrichiens à Tarvis, Villach et Bassano, tandis que le 4e Bataillon suit la Grande Armée en Allemagne et participe aux batailles de Bautzen et Leipzig.

- 1814, Italie

Au début 1814, le Prince Eugène a replié ses troupes derrière l’Adige, face aux forces autrichiennes. Les 3e et 6e Bataillons du 102e de Ligne sont à la 4e Division Marcognet, Brigade De Conchy, Lieutenance du Général Verdier.

Pendant ce temps, les Napolitains de Murat ont marché sur Rome, avec ambiguïté : alliés ou ennemis ? Quelques troupes françaises se sont retranchées dans le château Saint-Ange, les autres ont évacué vers la Toscane. Les Napolitains occupent bientôt Modène, Ferrare et Bologne.

Eugène doit évacuer la ligne de l’Adige début février pour se placer derrière le Mincio. Le 8 février, les Autrichiens passent le fleuve tandis qu’Eugène fait de même. La Division Marcognet est en réserve à l’arrière.

Eugène réussit à repousser l’ennemi, stabilisant la situation, mais plus au Sud, les évènements défavorables s’enchainent. Le 15 février, la guerre est officielle avec les Napolitains. Les Austro-anglais ont pris Livourne le 19 février, Florence a été évacuée. Les troupes de Murat progressent en Toscane. Gênes, Parme et Plaisance sont menacées.

Le Général Grenier est détaché le 4 mars avec une partie de ses troupes pour la rive droite du Pô ; il réussit provisoirement à contenir les Austro-napolitains et à reprendre Parme. Les Compagnies d’Elite du 102e s’illustrent à la reprise de la ville.

Le 5 avril 1814, les Anglais débarquent à Livourne de nouvelles forces venues de Sicile. Le 102e de Ligne envoie des renforts pour Arenzano, Voltri et Sestri. Les Français luttent pied à pied en reculant sur Gênes. Mais l’arrière pays et la ville même entrent en rébellion ouverte. Le Capitaine Boucicot est blessé le 14 avril.

Pendant ce temps, en France, l'Empereur a officiellement abdiqué le 6 avril et Eugène a signé un armistice le 16 avec les Autrichiens.

La garnison ne peut que capituler le 21 et abandonner les fortifications.

Le 9 mai, l'Armée d'Italie rentre en France.

- La Restauration

A la Première Restauration, le 102e de Ligne devient 83e de Ligne. Le nouveau Régiment est formé à Marseille, par le Lieutenant général Grenier, en septembre, avec les 7 Bataillons du 102e de Ligne, le 5e Bataillon du 118e de Ligne et le 3e Bataillon du 7e Tirailleurs de la Garde. Il comporte 3 Bataillons et le cadre d'un 4ème.

Extrait du Moniteur Universel : "Marseille le 30 décembre 1814.
Hier, ont été faits solennellement dans cette ville , la remise et la bénédiction des drapeaux accordés par S. M. aux 58e (ex 62e) et 83e (ex 102e) régiments de Ligne qui en forment la garnison.
A midi, les deux régiments étant rangés en bataille sur le Cours, Mr le maréchal Prince d’Essling, commandant la 8e Division Militaire, arriva suivi d’ un brillant cortège …
Alors son Excellence le Prince d’Essling présenta successivement aux colonels du 58e et du 83e les drapeaux dont S. M. honorait les régiments. Les deux officiers les reçurent un genou en terre.
Les deux colonels passèrent alors devant la ligne, portant leurs drapeaux qui furent reçus par ces braves aux cris mille fois répétés de «Vive le Roi ! ...
".

Le Régiment reprend son numéro au retour de Napoléon en 1815. Le 6 mai, les hommes du 3e Bataillon sont versés pour compléter les deux premiers et il est prévu de former au nouveau Dépôt de Chaumont 3 autres Bataillons.

Les deux Bataillons vont faire campagne au Corps d'Observation du Jura sous le Général Lecourbe. Le 102e se distingue dans les affrontements de Dannemarie, Valdieu et Belfort.

Les deux premiers bataillons seront licenciés à Belfort le 3 août 1815 et le reste du régiment à Niort le 12 septembre.

Les vétérans qui ont accepté cette décision sont alors versés dans la 38ème Légion départementale qui prend le nom de Légion des Landes.

III/ Uniformes et drapeaux

Au cours des divers processus de réformes, les uniformes et les drapeaux ont eux aussi subi de nombreuses variations ; nous donnerons quelques exemples d'uniformes et drapeaux de la période républicaine, pour ensuite continuer avec les uniformes et les drapeaux de l'Empire (Figure 1 à Figure 7).

A/ Uniformes

Plaque de giberne de Chasseurs 102e Régiment d'Infanterie de Ligne
Fig. 22 Certificat de blessures accordé à Nicolas Cazeaux en date du 15 février 1809

Une vieille tradition remontant à Louis XIV (plus précisément à la prise de Mons par les Grenadiers de Dauphin infanterie) faisait qu'héritière du Régiment du Perche, devenu 59e de Ligne Royal, lui même frère du Régiment Dauphin, la 102e Demi-brigade faisait porter, en parade, et sans doutes en campagne aussi, à ses Sous-officiers de Grenadiers des fourches à deux pointes et deux crocs. Le 102e de Ligne garde cette tradition sous l'Empire. Cette curieuse fourche, portée par le Grenadier du document 7, pourrait à première vue, sembler être une invention pure et simple, mais son utilisation est confirmée par plusieurs témoiganges, pour la plupart des sources contemporaines, y compris celui du Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, qui en mentionne bien l'utilisation au 102ème, comme on peut le voir dans le court extrait de l'article tiré de J. Margerand - Armement et Equipement de l'infanterie française du XVIe au XXe siècle (Fig. 8) : "Le 28 mars 1816, le Ministre de la Guerre Duc de Feltre adressait la lettre suivante au Président du Comité Central d'Artillerie : "Le 1er avril 1691, les grenadiers du régiment du Dauphin, au siège de Mons, armés de fourches, emportèrent d'assaut un ouvrage à corne défendu par des Autrichiens qu'ils firent prisonniers. Louis XIV voulant perpétuer une action aussi gloireuse, permit aux sergents de grenadiers du régiment du Dauphin de porter ces fourches au lieu de mousquets.
Le 102e régiment étant issu du régiment du Dauphin, ses grenadiers ont continué à porter cette arme juqu'à aujourd'hui. Nous devons contribuer à préserver de l'oubli ce fait d'armes dont la tradition s'est conservée dans le régiment pendant plus d'un siècle, malgré les troubles de la Révolution".
Cet armement, porté par les sous-officiers du 102e régiment d'infanterie pendant la Révolution et l'Empire devait être rappelé ici. Ces fourches sont conservées actuellement au musée de l'Armée continuateur de l'ancien Musée d'Artillerie.
Il y a quelques erreurs dans la lettre du Duc de Feltre; ce ne sont pas les grenadiers du Dauphin qui étaient armées de fourches mais les défenseurs de l'ouvrage à corne. De plus, les sergents à cette époque étaient armés soit de la hallebarde, soit du fusil, mais pas à coup sûr du mousquet, qui était l'armement du mousquetaire. Mais l'on peut s'en rapporter au témoignage du Ministre de la Guerre sur le port de la fourche au 102e
".

Le couvre-chef a également subi de nombreux changements. En fait, au début, le bicorne de feutre noir avait été adopté pour les Fusiliers (Fig. 1) et les Voltigeurs, et le bonnet à poils en fourrure d'ours (bonnet d'ourson) pour les Grenadiers (Fig. 5) et les Sapeurs.

Avec la réforme de 1806, l'Infanterie adopte une première version de shakos dotés d'une plaque en laiton estampé en forme de losange, frappé en relief de l’aigle impériale posée sur le fuseau de Jupiter étincelant, le poitrail de l'aigle est marqué du N impérial, en partie basse le chiffre "102" est estampé en relief (Fig. 9). Shakos distribués dès le printemps 1806. Les documents en Fig. 10 montrent cette plaque montée sur un shako.

Mais Napoléon cherchait toujours des améliorations qui pourraient donner davantage de prestige à son armée et bientôt fut adoptée une nouvelle plaque en losange plus facile à lire, qui ne comportait que le seul numéro du Régiment (Fig. 11 et Fig.12), tandis que le bonnet à poils était maintenu mais augmentait en taille. En ce qui concerne la plaque apposée sur le bonnet, il existe un dessin paru dans "La Giberne" de 1903, repris ensuite dans le supplément du "Carnet de la Sabretache" n°26 de 1975 (Fig. 13). Et grâce à l'amabilité d'un très cher ami collectionneur, qui en possède rare exemplaire, nous pouvons la présenter au lecteur (Fig. 14).

Mais la vie des uniformes napoléoniens fut très troublée et un nouveau Décret de 1812 introduisit une nouvelle réforme, conçue par le Colonel Etienne-Alexandre Bardin, commandant du Régiment des Pupilles de la Garde impériale, lequel depuis 1811, avait été chargé de former une Commission d'étude pour améliorer la portabilité et l'utilisation des uniformes. Même les plaques de Shako ont subi un nouveau changement, et l'aigle impériale qui était auparavant contenue dans le losange, est désormais agrandie et placée au-dessus du numéro du Régiment (Fig. 15). Ici, il s'agit d'une plaque d'Officier de Fusiliers, en laiton doré; et finement estampée de l'aigle impériale posée sur un soubassement sur lequel est rapporté le chiffre "102" en laiton ciselé et doré. Les extrémitées du soubassement sont décorées d'une tête de lion. Hauteur 13,5 cm, largeur 11,5 cm.

L'exemple précédent est une plaque d'Officier, à fusion unique; à côté, nous présentons d'autres exemplaires, très rares, avec les chiffres appliqués en relief, entre lesquels on peut entrevoir d'autres petits trous, qui probablement correspondent à une numérotation antérieure, ce qui peut s'expliquer par le fait que les Officiers étaient souvent transférés d'un Régiment à un autre selon les besoins ou après une promotion (Fig. 16), situation notable également pour des plaques troupe, nous dit C. Blondieau (photo en N et B - plaque de la Collection Charrié).

Il a été récemment vendu par B. Malvaux, marchand et expert bien connu de souvenirs napoléoniens, une plaque de giberne de Chasseurs du 102e Régiment, très spéciale, datant probablement de la première période de l'Empire (Fig. 17). En laiton estampé en relief (H 7,8 cm, largeur 10 cm), elle représente l'aigle impériale couronnée au centre d'un grand cor de chasse surmontant le chiffre "102". De part et d'autre, un trou est aménagé pour la fixation à la giberne.

Les boutons ont eux aussi subi de nombreuses modifications par rapport aux premières versions avec un numéro central et dans les grandes lignes la légende "République française" ou seulement "RF", remplacé ensuite par la légende "demi-brigade", pour lesquels nous n'avons pour l'instant pas de documents disponibles, jusqu'à la version impériale qui ne comporte que le numéro du Régiment entouré d'un anneau se terminant par deux fleurons. Voici pour la troupe une version en alliage de bronze à fusion unique, qui existait en trois dimensions, 11/12 mm pour la veste, 16/17 mm pour les poignets et les poches et 22/23 mm pour la veste (Fig. 18); et la version Officier dorée avec fond en bois ou en alliage avec les mêmes dimensions (Fig. 19).

Avec la permission d'un ami russe, nous pouvons également présenter à nos lecteurs deux cachets à sec de la 102ème Demi-Brigade (Fig. 20).

Terminons avec une peinture sur ivoire de belle qualité présentée dans un écrin en maroquin rouge, cuir de Russie ; cette miniature est le portrait d'un Chirurgien du 102e Régiment de ligne rigade (Fig. 21). Et pour finir, voici un magnifique document original daté du 15 Février 1809, époque où le Régiment faisait partie de l'Armée d'Italie. Les Officiers et Sous-officiers témoignent auprès du Conseil d'Administration du Régiment que le soldat Nicolas Cazeaux du 102e de ligne, 4e Bataillon, 1ère Compagnie, a été blessé de trois coup de sabres, par deux ou trois bandits, près de Forlì, dans l'exercice de ses fonctions de garde de l'entrepôt de poudre. Les blessures reçues lors de l'attaque du 10 janvier 1809 ne lui permettent plus de fournir un service actif. Plusieurs signatures, y compris un Lieutenant et deux Capitaines du Régiment figurent sur ce document (Fig. 22).

B/ Drapeaux

En 1796, la 102e Demi-brigade de Ligne reçoit trois drapeaux à la disposition de couleurs spécifique à son numéro (Fig. 3).

En Italie, en 1797, à sa propre initiative, elle se procure trois drapeaux, variantes du modèle "armée d’Italie" mis au point par Bonaparte pour ses troupes. Sans doute, pour ressembler à ses homologues qui étaient très fiers des emblèmes délivrés par leur Général en chef, en juillet. Deux de ces drapeaux (ceux des second et troisième Bataillons) seront pris à Paris par les Prussiens en 1815 (Fig. 3bis).

En 1804, le 102e de Ligne "impérial" reçoit trois Aigles et drapeaux modèle Chaillot (Fig. 6).

Le 8 avril 1809, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Maréchal Berthier, Major général de l'Armée d'Allemagne : "... j'approuve que tous les corps renverront leurs aigles en France hormis une qu'ils garderont. En attendant qu'ils aient des enseignes, vous les autoriserez à faire faire pour chaque bataillon des enseignes très-simples, sans devise et le tiers de celles qu'ils avaient autrefois. Ces enseignes sont pour leur servir de ralliement ; elles n'auront aucune décoration de bronze, elles porteront seulement le numéro du régiment et du bataillon. Quant au corps du général Oudinot, il faut que chaque bataillon fasse faire un petit drapeau d'un simple morceau de serge tricolore, portant d'un côté le numéro de la demi-brigade et de l'autre le numéro du bataillon, comme, par exemple, 4e bataillon du 6e d'infanterie légère d'un coté, et de l'autre 1re demi-brigade légère, etc. Il faut faire pour cela très-peu de dépense. J'en ferai faire de très-belles, que je donnerai moi-même aussitôt que possible" (Correspondance de Napoléon, t.18, lettre 15030 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20750).

En 1812, il n'y a plus qu’une seule Aigle en service. Le drapeau modèle 1812 portant "Wagram" ne sera jamais arboré en campagne et restera au dépôt.

Affecté au Corps d’Observation du Jura, le 102e de Ligne (ainsi que le 6e et le 52e de Ligne) ne reçut son Aigle que le 24 juin 1815, soit 6 jours après Waterloo. Le Général Lecourbe, alors au courant de la défaite, éleva cependant, devant le Régiment, son emblème en criant : "L’Empereur a besoin de nous, Vive l’Empereur !".

Le Sous-inspecteur aux Revues Chevillard, dans un rapport du 12 juillet 1815, à Belfort, précisera que la remise des Aigles ne put avoir lieu dans les mêmes circonstances pour les autres régiments sous les ordres de Lecourbe.

L’Aigle et le nouveau drapeau donnés au Régiment ne furent pas remis aux autorités royales pour être détruits.

IV/ Sources

- Site de Bertrand Malvaux, sur lequel se trouvent quelques plaques du 102ème.

- Wikiwand - "Le 102e régiment d'infanterie" qui donne une liste de livres à consulter.

- Histoire de l'Infanterie en France de Victor Louis Jean François Belhomme

- Nos 144 Régiments de ligne par émile Ferdinand Mugnot de Lyden

- Armement et équipement de l'infanterie française du XVIe au XXe siècle - Margerand

- Aigles et Shakos du Premier Empire - Blondieau

- Les coiffures de l'armeè francaise - Margerand

- Histoire du 102e Régiment d'infanterie (1792-1896), lieutenant Lacolle, édition du 1896.

- Site Mémoires des Hommes.

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