Le 102ème Régiment d'Infanterie de Ligne
1796-1815
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Avertissement et remerciements : La base de cet article nous
a été aimablement fournie par un de nos collègues, Giulio Centanni, que nous remercions vivement ici ! Un très grand merci également de la part de Giulio, mais aussi de la notre, à notre ami Sergueï, pour les nombreux documents qu'il a fourni et qui ont permis d'illustrer article. Article complété et enrichi par le duo D. Davin/F. Berjaud
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I/ Les origines du 102e
- Création du 102e sous l'Ancien Régime
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Le glorieux 102e Régiment d'infanterie de ligne a été créé durant la monarchie, en même temps que les 103e, 104e et 105e Régiments, conformément à la Loi du 28 Août 1791, mais son organisation n'a été achevée en fait que le 24 Janvier 1792 seulement, sur le pied de 2 Bataillons à 9 Compagnies dont une de Grenadiers. Le 1er Bataillon est constitué principalement d'éléments de la Garde nationale de Paris, tandis que le 2e Bataillon a été alimenté par des levées du Haut-Rhin.
Le Régiment est commandé par le Colonel Charton
Après une période de formation intensive, le Régiment connait son baptême du feu le 20 Septembre 1792, lors de la bataille de Valmy, où le 1er Bataillon se couvre de gloire en chargeant l'ennemi à la baïonnette.
Le 2e Bataillon est affecté à l'armée du Rhin et participe aux batailles de Mayence, Strasbourg et Landau.
En 1793, le Régiment passe sous le commandement du Colonel Michel Villot
Au cours de la première République, à partir de 1793, suite à la réorganisation de l'armée, le Régiment voit son 2e Bataillon intégré dans la 180e Demi-brigade de 1ère formation.
- La 102e Demi-brigade de première formation
Lors du premier amalgame, est créée la 102e Demi-brigade de première formation, formée des unités suivantes :
- 2e bataillon du 51e régiment d’infanterie (ci-devant La Sarre) ;
- 3e bataillon du Var ;
- 6e bataillon du Var.
La Demi-brigade est commandée par le Chef de Brigade Claude Louis Lebrun. Puis en 1794, elle passe sous le commandement du Chef de Brigade Barthelemy.
Affecté à l'Armée d'Italie, la 102e conquiert en 1794 Oneville, contribue positivement à la prise d'Ormea et participe en 1795 à la bataille de Loano.
Le 10 Avril 1796, le Décret du Conseil de 18 nivôse an IV ordonne une réorganisation complète de toutes les Demi-brigades afin de les fondre et les amalgamer au sein de 100 Demi-brigades d'infanterie de ligne et 30 Demi-brigade d'infanterie légère. La 102ème Demi-brigade de première formation est amalgamée dans la 69ème Demi-brigade de ligne, future 69e Régiment d'Infanterie de ligne.
- La 102e Demi-brigade de seconde formation
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Fig. 20 Exemples de cachets à sec de la 102e Demi-brigade de Ligne |
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Fig. 3 : Drapeau de la 102e Demi-brigade modèle 1796 |
Fig. 3bis : Drapeau de la 102e Demi-brigade, 1797 |
Dans les premiers jours de février 1796 parait une instruction du Directoire, relative à la réorganisation des Corps d'infanterie et de cavalerie. Chaque Demi-brigade d'infanterie doit désormais comprendre trois Bataillons, plus une Compagnie auxiliaire pour recevoir l'excédent des hommes et les divers ouvriers. Enfin il n'y aurait plus qu'un seul Conseil d'administration dans chaque Corps. Kleber prescrit aussitôt divers mouvements destinés à assurer l'exécution de ces dispositions nouvelles.
Ainsi, dès le 1er Mars 1796, est organisée la 102e Demi-brigade de seconde formation, issue de l'amalgame des :
- 59ème Demi-brigade de 1ère formation : elle même formée le 17 mai 1794, lors du 1er amalgame, du 1er Bataillon du 30e Régiment ci-devant du Perche (créé en 1775, du dédoublement de Dauphin); du 4e Bataillon des Volontaires de Paris dit des Sections-Réunies (créé le 3 septembre 1792); et du 7e Bataillon de Volontaires du Rhône-et-Loire (créé le 5 octobre 1792).
- 1er et 2e Bataillon de la 177ème Demi-brigade de 1ère formation (elle même formée, lors du 1er amalgame, du 1er Bataillon du 99ème Régiment d'infanterie ci-devant Royal-Deux-Ponts; du 1er Bataillon de Volontaires du Haut-Rhin; et du 3e Bataillon de Volontaires du Bas-Rhin). Les 1er et 2e Bataillons de la 177e Demi-brigade ont quitté la Division Championnet, et rejoint celle de Poncet, le 11 février 1796.
La nouvelle 102e Demi-brigade est sous le commandement du Chef de Brigade François Jalras.
En 1796, la Demi-brigade est affectée à l'Armée de Sambre et Meuse et prend part à la campagne en Allemagne, participant à la traversée du Rhin à Neuwied, aux batailles de Siegburg, Ehrenbreitstein, au siège de Cassel, et aux batailles du Limbourg, Altenkirchen et Kreuznach.
La Division Poncet, qui s'installe le 21 septembre 1796 dans les environs de Bonn, se rend, le 22, au camp de Breisig, et le 24, à celui de la Chartreuse, près de Coblenz ; le 25, elle occupe Metternich et les villages situés sur la rive gauche du Rhin, de Neuendorf à Sebastian ; le 28, la 99e et la 102e Demi-brigades quittent le camp de la Chartreuse et vont prendre position sur les hauteurs de Damscheid. Le 29, les 99e et 102e Demi-brigades vont camper sur les hauteurs en arrière de Schöneberg; l'Artillerie de position fut établie en arrière de Stromberg. Le 30, ces deux mêmes Demi-brigades se portent près de Bingen ; la 99e se place à droite de Weiler, et la 102e, à gauche de ce village; l'Artillerie de position, sur les hauteurs en arrière de Nieder-logelheim (Pajol (Cte de) : « Pajol, Général en chef », Firmin Didot, Paris, 1874, t. 1, p. 370).
Composition des 4 Divisions sous les ordres de Kléber le 30 septembre 1796 :
Division PONCET :
Brigade DAURIER :
3 Bataillons de la 73e Demi-brigade d'infanterie, 1,320 hommes.
3 Bataillons de la 99e Demi-brigade d’infanterie, 2,937 hommes.
3 Bataillons de la 102e Demi-brigade d’infanterie, 2,600 hommes (Pajol (Cte de) : « Pajol, Général en chef », Firmin Didot, Paris, 1874, t. 1, p. 371).
Le 1er octobre 1796, une partie de la Division Poncet franchit la Nahe; la 99e Demi-brigade vient au camp de Kempten, et la 102e va se poster près de Nieder-lngelheim, pour garder les débouchés et passages de ce village jusqu'au Rhin. Ces deux demi-brigades relevent la 108e, appartenant à la Division Hardy et ayant, jusqu'à ce moment, occupé seule ce poste important (Pajol (Cte de) : « Pajol, Général en chef », Firmin Didot, Paris, 1874, t. 1, p. 374).
Dans la matinée du 5 octobre, de forts détachements autrichiens ayant menacé la Selz, le Général Poncet se retire, conformément aux ordres de Kleber, et établit sa Division sur la rive gauche de la Nahe : la 99e Demi-brigade à Langen-Lonsheim, la 102e à Bretzenheim et en arrière de Kreuznach, avec des détachements à Staudernheim, Odernheim et Ebernburg; la 73e en arrière de Bretzenheim, et la 15e Légère sur les bords de la Nahe, depuis Kreuznach jusqu'au Rhin, fournissant des postes jusqu'à la Selz. La cavalerie et l'artillerie légère restent sur la rive droite de la Nahe pour éclairer la plaine en avant de Kempten (Pajol (Cte de) : « Pajol, Général en chef », Firmin Didot, Paris, 1874, t. 1, p. 375).
A partir de cette époque (25 octobre), les Deux divisions Daurier et Ligneville et le Corps des Flanqueurs de droite du Général Poncet, se trouvant à une trop grande distance de Kleber, constituent, en réalité, l'aile droite de l'Armée de Sambre-et-Meuse, et prennent le nom de Corps du Hundsrück. Kleber a toujours la surveillance de ces troupes et la direction de leurs opérations ; mais le Général Ligneville en est le véritable commandant en chef. Pour remplir efficacement le but qui lui était assigné, ce Général a partagé le Corps à ses ordres en cinq fractions, dont :
Avant-garde (Général de Brigade Hardy) :
Centre (Général de Brigade Daurier) :
2 Bataillons de la 5e Demi-brigade légère,
1 Bataillon de la 99e de Ligne,
102e Demi-brigade de Ligne,
2 Escadrons du 19e Chasseurs,
16e Régiment de Chasseurs,
1 Compagnie d'artillerie légère.
Avec ce Corps d'armée, et les Flanqueurs de droite que commande le Général Poncet, Ligneville se dispose, suivant l'ordre qu'il en a reçu de Kleber, à franchir la Nahe et 1'Alsenz, et à se porter vers la Selz (Pajol (Cte de) : « Pajol, Général en chef », Firmin Didot, Paris, 1874, t. 1, p. 394).
Le 17 frimaire an 5 (7 décembre 1796), le Général de Division Ligneville, commandant de l’aile droite de l’Armée, ordonne, depuis le Quartier général de Creutznach : "Ordre particulier pour l’aile droite
Comme il importe infiniment d’être toujours en mesure vis-à-vis de l’ennemi, et d’assurer par la force, et des positions respectables la conservation des postes que nous lui avons enlevés et d’y vivre, en même temps il importe aussi à mon cœur de procurer aux soldats un repos honorable pendant cette saison rigoureuse, que me suis arrêté aux dispositions suivantes qui auront leur effet très incessamment et du jour où j’en aurais l’ordre.
L’aile droite composée de la division Grenier et du corps du Hunsdruck sera formée sur deux lignes avec avant-garde, et réserve de cavalerie. L’avant-garde du corps du Hunsdruck commandé par le chef de brigade Souham sera composé de six bataillons d’infanterie légère, le 2e de Hussards et d’un régiment de chasseurs. Le quartier général sera à Esber Budesheim ou à Alsey.
La première ligne sera commandée par le général de brigade Daurier, le quartier général à Creutznach, sera composée des 73e, 102e, 99e Demi-brigades qui pourront être en très grande partie cantonnées tant derrière Bass Hass ( ?), que derrière la Basse Glamm ( ?) à partir de l’autree (?) ou Weisenheim avec des signaux tels que les troupes puissent être promptement rassemblés et toujours en mesure ..." (Papiers du général Paul Grenier. NAF 24304. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 20 pages 51-53).
Le 15 mars 1797 (25 Ventôse an 5), le Général de Division Paul Grenier écrit au Général Daurier : "Je ne connais rien, mon cher Daurier, à tous ces ordres qui se donnent de droite et de gauche. Je ne suis encore prévenu de rien et le 1er ordre que j’ai reçu portait que je relèverais le général Championnet dans toutes ses positions ; d’après ce que Championnet te mande, il parait que tout est encore changé quant au mouvement que Championnet t’engagerait à faire. Je n’y aurais vu aucun inconvénient si déjà la 102e n’avait relevé la 37e. Je présume que tu l’as mandé à Championnet en attendant qu’on veuille bien nous adresser des ordres ultérieurs" (Papiers du Général Paul Grenier. XII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 34 page 82).
Le 18 mai 1797 (29 floréal an 5), le Général chef de l’Etat-major général de l’Armée de Sambre et Meuse écrit, depuis le Quartier-général à Friedberg, au Général Grenier : "Je vous préviens, mon cher général que le général en chef par ses nouvelles dispositions, nécessitées par l’éloignement de quelques corps de troupes destinées à agir pour les sièges, vient d’arrêter l’organisation de l’armée de la manière suivante :
... La 4e division sous les ordres du général Championnet sera composée des :
11e régiment de Chasseurs à cheval;
24e demi-brigade d’infanterie légère;
78e, 92e, 102e demi-brigades d’infanterie de ligne.
Les généraux Legrand, Soult, Watrin, et l’adjduant général Daclon pour les fonctions de l’état-major, seront attachés à cette division ..." (Papiers du général Paul Grenier. NAF 24304. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 105 page 222).
L’Armée de Sambre-et-Meuse, destinée à conserver, jusqu'à la signature du traité de paix, l'immobilité la plus complète, tout en se tenant prête à marcher si des difficultés surgissent, est réorganisée par Hoche, le 20 mai, de la manière suivante :
4e Division. (Général CHAMPIONNET, commandant. Généraux de Brigade : LEGRAND, SOULT, SIMON.)
78e, 92e, 102e Demi-brigades de Ligne ; 6e Régiment de Chasseurs à cheval. Au 29 mai, cette Division appuie sa droite à Laubach, sa gauche à Lauterbach (Pajol (Cte de) : « Pajol, Général en chef », Firmin Didot, Paris, 1874, t. 2, p. 27).
Le 25 novembre 1797 (5 Frimaire an 6), le Général de Division Grenier écrit au Général Lefebvre : "L’emploi de chef de la 16e demi-brigade de ligne devient vacant, par la démission du citoyen Grandjean ; sachant combien vous vous intéressez au sort des militaires qui, par leur conduite, ont mérité l’estime de leurs chefs, je n’hésite pas, mon cher général, à vous proposer de le remplacer par le citoyen Beltz, chef de brigade à la suite de la 102e, actuellement commandant la place de Cologne. Vous connaissez sans doute cet officier ; avant le dernier embrigadement, il était chef de la 177e demi-brigade ; il a longtemps servi sous mes ordres et ceux du général Championnet qui l’estimait infiniment" (Papiers du Général Paul Grenier. XII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 78 page 174).
Le 29 novembre 1797 (9 Frimaire an 6), le Général de Division Grenier écrit au Général Lefebvre, commandant l’aile droite : "Je vous ai adressé le 5 de ce mois, mon cher général, la démission du citoyen Grandjean, chef de la 16e demi-brigade, ainsi qu’une lettre que cet officier vous adressait ...
Veuillez aussi le remplacer dans le commandement de la 16e demi-brigade par le citoyen Beltz, chef de brigade à la suite de la 102e, officier d’un mérite reconnu, actuellement commandant la place de Cologne" (Papiers du Général Paul Grenier. XII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 78 page 175).
Le 2 septembre 1798, le Général Ney arrive à l'Armée de Mayence; il trouve l'avant-garde composée comme il suit :
Commandant : le général de division Championnet.
Chef d'état-major : l'adjudant général Debilly.
Sous-chef : l'adjudant général Becker.
1re brigade, général Mercier, à Weilburg : 8e chasseurs; 10e demi-brigade d'infanterie légère ; 23e de ligne.
2e brigade, général Leval, à Hochst : 5e de hussards; 25e demi-brigade d'infanterie légère; 102e de ligne.
Artillerie, général Sorbier : 3e régiment d'artillerie légère.
Cavalerie, général Ney, à Hachenburg : 10e chasseurs à 4 escadrons de 2 compagnies ; 20e chasseurs à 4 escadrons de 2 compagnies; 23e chasseurs à 4 escadrons de 2 compagnies.
Par ordre du 2 septembre 1798, chaque Brigade de l'avant-garde doit constituer en quelques jours, au centre de ses cantonnements, un magasin contenant dix jours de farine, de sel, d'eau-de-vie, de foin ficelé et d'avoine, plus dix jours de viande sur pied. Ces subsistances doivent être conservées dans les bailliages à la disposition de l'armée, ainsi que les voitures avec attelages nécessaires à leur transport. La précaution est excellente pour le cas vraisemblable où les hostilités reprendraient brusquement.
Le général en chef Joubert, afin de développer les qualités manoeuvrières de son avant-garde, décide, au commencement de septembre, qu'elle sera réunie pour une durée de huit jours dans un camp d'instruction, près de Friedberg. La première grande manœuvre a lieu le 21 septembre. Le lendemain, la Division fait la petite guerre et est ensuite passée en revue par le Général en chef pour fêter l'anniversaire de la fondation de la République. Ce qu'on appelle « grande manœuvre » répond aux évolutions des trois armes en vue du combat, tandis que par « petite guerre » on entend une manœuvre des trois armes, à double action, avec cartouches à poudre. Il y a eu, au camp de Friedberg, en l'espace de huit jours, cinq grandes manœuvres, deux petites guerres et deux jours de repos. Le camp est levé le 28 septembre, et, ce jour-là, le Général en chef Joubert adresse, par la voie de l'ordre, ses félicitations aux troupes et à leurs chefs (Bonnal H. : « La vie militaire du Maréchal Ney », Chapelot, Paris, 1910, tome 1, p. 126).
En 1799, la 102e est affectée à l'Armée du Danube.
Le 20 avril 1799, Masséna partage l'Armée du Danube en aile droite, centre et aile gauche. L'aile droite comprend : - 3° la Division Thareau (1ère, 50e, 46e et 102e Demi-brigades de Ligne, et 6e Chasseurs à cheval), Quartier général à Winterthur, la droite à la Toss et la gauche à Kaiserstuhl, en seconde ligne derrière la Division Vandamme (Pajol (Cte de) : « Pajol, Général en chef », Firmin Didot, Paris, 1874, t. 2, p. 73).
Du 9 mai au 20 mai 1799, la Division Thareau (ancienne Vandamme ) fait un mouvement en arrière et à gauche. Sa 2e Brigade, commandée par le Général Gazan se porte : la 102e Demi-brigade légère, à Kaiserstuhl ; la 1re Légère, à Veyach et Fisibach, envoyant des détachements à Coblenz ; et le 4e Hussards , à Rheinfelden (Pajol (Cte de) : « Pajol, Général en chef », Firmin Didot, Paris, 1874, t. 2, p. 77).
La 102e participe à la campagne de Suisse et assite à la première bataille de Zurich. Après avoir pris position à Dietikon, où elle franchit la Limmat, elle se dirige vers Regensdorf et s'installe sur les hauteurs de Zurich. Le 25 juin, en bloquant la route du Winterthur, elle soutient les 10ème et 37ème Demi-brigades dans un combat acharné contre les forces russes, de 10h à tard dans la nuit.
Le 16 ou 17 août 1799, Ney se porte au camp de Bernau près de l'embouchure de l'Aar, où il reçoit de l'Adjudant général Defrance, Chef d'Etat-major de la 5e Division, le rapport suivant, daté de Brugg : "D'après ce que me marque le général Heudelet, mon général, l'ennemi vient d'établir deux ponts au petit Dettingen. Je vous informe en grande diligence qu'il est on ne peut plus important de réunir tous les moyens que vous avez de disponibles pour l'empêcher d'effectuer ses desseins de puissante diversion sur ce point, où il cherche à déboucher.
Les forces du général Heudelet (commandant la 5e division par intérim) pour s'opposer à l'ennemi consistent en neuf compagnies de grenadiers, quatre escadrons de chasseurs à cheval, une compagnie d'artillerie légère, un bataillon de la 102e demi-brigade, quelques restes des bataillons d'élite helvétiques.
J'ai pris sur moi de faire venir de Baden une demi-batterie d'artillerie légère, un bataillon de la 46e demi-brigade, la réserve de la division ayant marché, en entier, à la gauche.
Nous attendons avec la plus vive impatience l'arrivée du 17e régiment de dragons et du 3e bataillon de la 102e demi-brigade qui viennent de Frick.
Veuillez, mon général, prendre les mesures que vous jugerez les plus promptes et les plus efficaces pour aider le général Heudelet qui, dans ce moment, se trouve à Bölstein,
Salut fraternel" (Bonnal H. : « La vie militaire du Maréchal Ney », Chapelot, Paris, 1910, tome 1, p. 180).
Le 11 Vendémiaire an 8 (3 octobre 1799), le Sous-chef de l’état-major général Rheinvald écrit, depuis Zurich, au Général de Division Soult : "D'après de nouvelles dispositions du général en chef, votre division, citoyen général, sera composée comme suit : 67e demi-brigade, 53e, 102e, 17e régiments de dragons, 1ère compagnie d'artillerie légère, et chaque demi-brigade ses grenadiers.
Vous aurez sous vos ordres les généraux de brigade Drouet et Brunet, et l'adjudant général Saligny.
Vous aurez également sous vos ordres le général Gazan , dont le quartier général est à Schennis. Il commande les corps ci-après : les 84e, 36e, 25e légères, 94e, 44e, deux compagnies d'artillerie légère, 10e régiment de chasseurs, deux escadrons du 7e de hussards.
Les généraux de brigade de cette division sont : Laval, Molitor, Lapisse, chef de brigade de la 36e, faisant fonctions.
Le général Mortier, dont le quartier général est à Schwitz, sera encore sous vos ordres. Il commande les corps ci-après : la 108e, un bataillon de la 38e, la 50e, deux escadrons du 1er régiment de dragons" (« Mémoires du Maréchal-général Soult », tome 2, p. 319).
- Inspection de la 102e Demi-brigade de Ligne par le Général Schauenburg, le - an 8
"Revue d’inspection passée le - an - .
102e Demi-brigade.
Etat-major.
Jalras, Chef de Brigade, du 11 Messidor an 2. Très bon chef, fait prisonnier de guerre après avoir été blessé par les cosaques, dans le Muthenthal.
Moulin, Chef de Bataillon, du 13 octobre 1792. Depuis que le citoyen Moulin a remplacé le citoyen Jalras prisonnier de guerre, on a remarqué infiniment d’ordre et de tenue dans la Demi-brigade.
Jacob, Chef de Bataillon, du 13 octobre 1792. Cet Officier a besoin d’obtenir sa retraite, étant incapable de faire des services, moins encore celui de la guerre.
Maltzacher, Chef de Bataillon, du 16 Messidor an 3. Fort bon Officier, aimant l’ordre et la discipline.
Prevost, Chef de Bataillon, du 13 Vendémiaire an huit. Excellent Officier, actif et intelligent.
Fuzat, Adjudant-major, du 15 mars 1793. Bonnes mœurs, bonne conduite, excellent militaire, et bon instructeur.
Riva, Adjudant-major, du 26 Pluviôse 2e année. Bonne instruction, bonne conduite, bon Officier.
Boule, Adjudant-major, du 11 Fructidor an 5. Bonne conduite, instruit dans sa partie.
Orlieb, Quartier-maitre, du 14 Floréal an 2. Bon pour sa place, ayant infiniment de connaissances et d’ordre dans son bureau.
Désirez, Quartier-maitre Sous-lieutenant, du 24 Floréal an 3. Bonne conduite, susceptible d’accroissement, a besoin d’être stimulé.
Berchoud, Adjudant sous-officier, du 22 mai 1793. Bonne conduite, bonnes mœurs, instruit et susceptible d’avancement.
Tarette, Adjudant sous-officier, du 26 Floréal an 2. Médiocrement instruit, bonnes mœurs, ayant des moyens.
Legrand, Adjudant sous-officier, du 26 Floréal an 2. Instruit pour sa partie, conduite irréprochable, capable d’être Officier.
Officiers ne pouvant faire campagne, remplacés par des surnuméraires.
Officiers infirmes. Remplaçants du même corps.
Jacob, Chef de Bataillon. Infirme par suite de blessures, ne peut servir activement. Prevost, Chef de Bataillon, très bien noté.
Roedelsperger, Capitaine. Attaqué d’hernies des deux côtés. Nicaise, Capitaine, idem.
Dumont, Capitaine. Infirme, ne peut servir activement. 42e Demi-brigade. Bailly, Capitaine, idem.
Desthieux, Lieutenant. Au Dépôt, a perdu le bras droit. 67e id. Desmarais, Lieutenant, idem.
Raidon, Sous-lieutenant. Au Dépôt, estropié. 103e. Letang, Sous-lieutenant, idem.
Argentier, Sous-lieutenant. Agé, ne peut faire campagne. 103e. Souffron, Sous-lieutenant, idem.
Rouvier, Sous-lieutenant. Id. id. 12e Légère. Lavernière, Sous-lieutenant, idem.
Lefebvre, Sous-lieutenant. Id. id. 12e légère. Hautecoeur, Sous-lieutenant, idem.
Officiers supérieurs à la suite du Corps.
Jacob, Chef de Bataillon, au Dépôt.
Administration" (Schauenburg (Général baron Alexis-Balthazar-Henri-Antoine de) : Registre particulier des revues. An VIII ; Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg: MS.0.492 ; document numérisé par la BNU à la demande conjointe de F. Berjaud, L. Claudel et D. Davin).
L'année 1800 voit la 102e affectée à l'Armée du Rhin. Elle passe ensuite à l'Armée d'Italie.
Moreau écrit, de Biberach, au Premier Consul, une lettre que Carnot lui remet, le 14, à Lausanne : "… Le détachement que vous nous demandez nous dérange, mais nous ferons de notre mieux. Je tâcherai surtout de le cacher à l'armée et à l'ennemi. Je prends, à cet effet, le moins de troupe possible en ligne, d'autant que l'armée est trop éloignée …
Je vais réunir en Helvétie, avec la plus grande hâte, 20 bataillons et 20 escadrons, et les pièces d'artillerie que le Ministre nous demande. Ces troupes seront à la disposition du général Moncey …
Je prévois avoir une autre affaire demain, par Hiller, vers Memmingen, et c'est de là que je ferai partir les troupes que j'envoie en Helvétie. Je tire les autres de Strasbourg et de Brisach …" ; Carnot apporte aussi la situation suivante :
État de situation des troupes qui passent de l'armée du Rhin à l'armée de réserve.
102e Demi-brigade de ligne, 2,187 hommes, à Metz (De Cugnac (Cpt) : Campagne de l'Armée de Réserve en 1800, Paris, Chapelot, 1900, t.1, p. 353).
Le 14 mai 1800 (24 floréal an 8), Bonaparte fait écrire, depuis son Quartier général à Lausanne, au Général Dupont, Chef d'Etat-major de l'Armée de Réserve : "... Prévenez le général Moncey que, d'après l'arrêté des Consuls de la République, le général Moreau détache de son armée les troupes ci-après, qui seront aux ordres du général Moncey, savoir :
Un bataillon de la 102e demi-brigade …
Ces ... bataillons, déjà aux ordres du général Moncey, forment un corps de plus de 3,000 hommes ;
Deux bataillons de la 102e, venant de la division Vandamme ;
… Toutes ces troupes formeront une force d'environ 15,000 hommes d'infanterie, qui arriveront successivement et très-promptement ..." (Correspondance de Napoléon, t.6, lettre 4792; De Cugnac (Cpt) : Campagne de l'Armée de Réserve en 1800, Paris, Chapelot, 1900, t.1, p. 361).
Le 28 Floréal an 8 (18 mai 1800), Moncey, Lieutenant du Général en chef, commandant l'Helvétie, écrit, depuis Berne, au Général Berthier, Général en chef de l'Armée de Réserve : "... le général Moreau ne m'a pas encore annoncé la 91e de ligne, les deux bataillons de la 102e, portés sur l'état du Ministre ...
En dernière analyse, et toujours dans la supposition que j'ai faite, je pourrai avoir au pied du Gothard, le 4 ou le 5 prairial, les troupes dont l'état est ci-joint :
Division La Poype ...
1 bataillon de la 1re légère, fort de 800 hommes
1 – de la 102e légère, fort de 700 –
2 – de la 101e - - 700.
Cette force est, en partie au pied du Gothard, et y sera au plus tard au 1er ...
Il reste à m'envoyer encore des corps portés sur l'état du Ministre qui ne me sont point annoncés :
... 2 bataillons de la 102e ...
Sur ce rapport, je vous prie de me donner des ordres, qui ne pourront nécessairement être que conditionnels, et dont l'exécution sera subordonnée à l'arrivée des troupes ..." (De Cugnac (Cpt) : Campagne de l'Armée de Réserve en 1800, Paris, Chapelot, 1900, t.1, p. 365).
Selon un état de la "Force de l'Armée de réserve en Italie au 1er prairial an 8 (21 mai 1800", les 3 Bataillons de la 102e de Ligne, faisant partie de la "Colonne détachée de l'armée du Rhin pour renforcer l'armée de réserve", comptent 2182 hommes (De Cugnac (Cpt) : Campagne de l'Armée de Réserve en 1800, Paris, Chapelot, 1900, t.1, p. 679).
Il résulte de ces ordres qu'une partie la 102e se trouve sous les ordres du Général Bethencourt, avec lequel elle va passer le Simplon, l'autre partie faisant partie du Corps de Moncey.
- Passage du Simplon par Bethencourt
Le 6 Prairial an 8 (26 mai 1800), le Général de Brigade Bethencourt écrit, depuis Davedro, au Premier Consul de la République française : "Je reçois, à 8 heures du soir, votre lettre du 4 courant. Je vous ai rendu, dans le temps, compte des motifs qui m'avaient fait tenir à Viége, point où aboutissent tous les passages propres, pour l'ennemi, à couper le Simplon par le haut Valais. Je disposais alors seulement de 900 hommes pour couvrir une si conséquente étendue de pays. Aussitôt l'avis reçu que le troisième bataillon de la 44e était arrivé à Brieg, je me suis porté sur le Simplon, où, n'ayant pas trouvé d'accord dans les rapports que je recueillais à l'égard de la position de l'ennemi, je me suis déterminé à la reconnaître par moi-même.
Ce matin j'ai donc marché avec 200 hommes jusqu'à Davedro. Des reconnaissances faites dès l'arrivée m'ont appris que l'ennemi tient toujours ses anciennes positions ayant ses avant-postes au pont de Crevola. En conséquence de vos ordres, citoyen Consul, je fixe ici mon quartier général où je fais filer les deux bataillons de la 44e, forts d'environ 1200 hommes, et le premier de la 102e, s'élevant à peu près à 600 hommes.
Je vous observe, citoyen Consul, que depuis le Simplon jusqu'à Davedro des empêchements impossibles à lever s'opposent au passage, non pas seulement des pièces de 4, mais aussi des munitions de guerre à dos de mulets; car, citoyen Consul, il faut être combattant sous vos ordres pour oser franchir des obstacles que tout homme, sans manquer à l'honneur, pourrait redouter, vu que l'ennemi avait rompu les ponts et détruit les chemins sur les bords des précipices, que nous avons dépassés au moyen de cordes tendues, indépendamment des encombrements causés par la chute de quartiers de rochers.
Pour rendre à la troupe le chemin moins impraticable, je suis forcé d'ordonner qu'on travaille à détourner la rivière. De quelque célérité que j'use, il y a toute impossibilité que je me mette, avant le 9, en mesure d'attaquer l'ennemi, et de me faire suivre de la quantité de cartouches que vous ordonnez. Je ne prévois pas pouvoir, sans tourner l'ennemi, le débusquer des points retranchés qu'il occupe avec de l'artillerie, lorsque je n'en ai pas de mon côté. Ce n'est qu'en l'inquiétant sur ses derrières que je puis me promettre d'enlever ses positions. J'envoie, en conséquence, un officier qui connaît parfaitement la vallée de Saas, où j'ai trois compagnies de la 44e, Il se concertera avec le commandant des 1500 hommes qui doivent se trouver dans la vallée de Sesia, afin que le 10, à la pointe du jour, l'ennemi soit attaqué sur tous les points. Les distances et les mauvais chemins produisent ce retard.
Je rends compte au général Moncey de ces dispositions. Salut et respect" (De Cugnac (Cpt) : Campagne de l'Armée de Réserve en 1800, Paris, Chapelot, 1900, t.2, p. 132).
L'Adjudant général Foy écrit, le même 16 Prairial an 8 (5 juin 1800), depuis Altdorf, au Général Moncey : "... Je n'ai pas de nouvelles de la 102e, du bataillon de la 91e, ni du bataillon de la 12e légère. Je laisserai à Lucerne et Altdorf l'ordre pour tous ces corps de se diriger sur Bellinzona et de là sur Milan. Des 6 compagnies de la 101e que je devais trouver ici, trois ont été retenues à Lucerne pour le service de la place" (De Cugnac (Cpt) : Campagne de l'Armée de Réserve en 1800, Paris, Chapelot, 1900, t.2, p. 160 - Note : Vie militaire du général Foy, par Girod de l'Ain, pièces justificatives, n° 14, p, 309).
Dans une lettre datée de Pavie, le 3 Messidor an 8 (22 juin 1800), Quatremère Disjonval, Chef d'Etat-major de l'expédition du mont Simplon, écrit à Berthier, Général en chef de l'Armée de Réserve : "... C'est le 6 prairial que vous avez ordonné au général Bethencourt, chargé de conduire l'expédition par le Simplon, de commencer à en tenter 1e passage. La nature, pour ainsi dire, aux ordres du Premier Consul, même sur les lieux où elle domine avec le plus d'empire, avait pris soin d'aplanir cette année, deux mois plus tôt que d'ordinaire, un obstacle qui ajoute beaucoup aux difficultés de ces routes si étroites et si scabreuses, La neige était disparue de dessus les chemins, mais sa chute, en avalanches avait rompu les mêmes chemins en plusieurs endroits, et je me hâte de vous faire voir les Français conduits par un de ces éboulements à l'une des situations les plus extraordinaires qu'on puisse concevoir. Le général Bethencourt arrive avec environ 1000 hommes, tant de combat que de suite, à l'un de ces points où le passage n'est obtenu que par des pièces de bois dont une extrémité pose dans le rocher creusé, l'autre est supportée par une poutre en travers.
Cette espèce de pont avait été emporté par un éclat de roche parti de la plus grande élévation et qui avait tout entraîné dans un torrent, roulant au-dessous ses eaux avec le plus horrible fracas. Le général Bethencourt avait vos ordres: il déclara que nul obstacle ne devait arrêter, et aussitôt il fut résolu d'employer le moyen suivant.
Il ne restait de tout ce que l'art avait ici tenté pour vaincre la nature, que la rangée de trous dans lesquels avait été engagée l'une des extrémités de chaque pièce de bois. Un des volontaires les plus hardis s'offre à mettre les deux pieds dans les deux premiers trous, puis à tendre une corde à hauteur d'homme en marchant de cavité en cavité; et, lorsqu'il est parvenu à fixer la corde jusqu'à l'autre extrémité de l'intervalle entièrement vide au-dessus de l'abîme, c'est le général Bethencourt qui donne l'exemple de passer ainsi suspendu par les bras à une corde même très peu forte. Et c'est ainsi que 1000 Français ont franchi un intervalle d'environ 10 toises, chargés de leurs armes, chargés de leurs sacs.
On les avait vus se servir de leurs baïonnettes, employer des crochets, pour pouvoir gravir des montagnes dont l'escarpement semblait avoir banni à jamais les humains.
Je crois vous les présenter ici, citoyen Général, luttant contre les plus affreux périls dans une attitude nouvelle, et je les crois bien dignes de la postérité lorsqu'ils sont ainsi suspendus entre le ciel et le plus effroyable abîme, par l'unique espoir de vaincre, par l'unique envie de vous obéir ...
Je reviens à nos combattants. Il est temps de vous rappeler, citoyen Général, que c'étaient des détachements de la 102e et de la 44e demi-brigade, auxquels se joignaient quelques compagnies de l'infanterie helvétienne. Les noms du général, des officiers de son état-major tant Français qu'Helvétiens, qui ont donné l'exemple d'une telle audace, sont déjà gravés sur le roc qui leur avait refusé le passage. Ils trouveront là, sans doute, le plus beau temple de mémoire. Mais ils y ont trouvé de plus cette force d'élan qui leur a fait ensuite renverser, surprendre les postes autrichiens avec tant de bonheur. Ceux-ci dormaient, pour ainsi dire, appuyés sur cette barrière. Avec quelle stupeur ils ont vu arriver les Français sur leur front, sur leur flanc, et descendre le Simplon, lorsqu'ils les croyaient loin de pouvoir même le gravir !
... On avait dit que le Simplon, à peine praticable pour des hommes, ne le serait jamais pour des chevaux; et je l'ai passé la dernière fois suivi de 15 cavaliers montés, sans avoir été jamais contraint par une nécessité réelle de descendre de cheval.
On avait dit que le Simplon ne se prêterait jamais au passage de l'artillerie ainsi que des munitions, et le général Bethencourt a réussi à se faire suivre de deux pièces de 3, de quatre pièces de 4, de deux obusiers, et j'ai réussi, moi, à me faire suivre de deux pièces de 8" (De Cugnac (Cpt) : Campagne de l'Armée de Réserve en 1800, Paris, Chapelot, 1900, t.2, p. 134).
- Opérations de Moncey
Vers le 27 ou 28 mai 1800, le Corps de Moncey (Division Gardanne) comprend la 102e de Ligne, 3 Bataillons non arrivés (De Cugnac (Cpt) : Campagne de l'Armée de Réserve en 1800, Paris, Chapelot, 1900, t.2, p. 4).
Le 16 Prairial an 8 (5 juin 1800), Berthier, Général en chef de l'Armée de Réserve, écrit, depuis Milan, au Général Dupont : "Vous donnerez tous les ordres pour former la division du général Gardanne en la composant de tout ce qui arrivera de la 44e, 101e, 102e demi-brigades; elle se réunira à Milan; les détachements de ces corps passeront sous les ordres du général Gardanne à mesure qu'ils arriveront.
Donnez les ordres pour qu'il ait un commissaire des guerres, des agents des administrations, son artillerie composée de 6 pièces" (De Cugnac (Cpt) : Campagne de l'Armée de Réserve en 1800, Paris, Chapelot, 1900, t.2, p. 173). Mais au final, la 102e ne rejoint pas Gardanne.
Le 17 Prairial an 8 (6 juin 1800), Berthier, Général en chef de l'Armée de Réserve, écrit, depuis Milan, au Chef de l'Etat-major : "... Le général Gardanne partira avec toute la 44e, compris les grenadiers, et toute la 101e pour se rendre à Pavie et passer le Pô vis-à-vis Belgiojoso ..." (De Cugnac (Cpt) : Campagne de l'Armée de Réserve en 1800, Paris, Chapelot, 1900, t.2, p. 190). Mais, le "Journal de la campagne de l'armée de réserve, par l'adjudant-commandant Brossier" raconte : "17 prairial. – Dispositions prises par le général en chef. – Le 17, le général en chef fit les dispositions suivantes : le général Gardanne prit le commandement d'une division qui fut formée des 44e, 101e et l02e demi-brigades. La division Chambarlhac eut ordre de se rendre de Milan à Lodi et d'étendre sa ligne jusqu'à Casal, pour donner la main à la division Chabran, et le général Lapoype s'empara du blocus du château de Milan" (De Cugnac (Cpt) : Campagne de l'Armée de Réserve en 1800, Paris, Chapelot, 1900, t.2, p. 191).
Situation de la Réserve, 1re ligne, au 20 Prairial an 8 (9 juin 1800) :
102e de Bataille, 3 Bataillons, 2000 hommes; 441 hommes sont en Helvétie (De Cugnac (Cpt) : Campagne de l'Armée de Réserve en 1800, Paris, Chapelot, 1900, t.2, p. 535; De Cugnac (Cpt) : Campagne de l'Armée de Réserve en 1800, Paris, Chapelot, 1900, t.2, p. 543 avec indication : avait ordre de se rendre à Chambéry; est en réserve en Helvétie).
Autre Situation de la Première ligne de l'armée de réserve au 20 prairial an 8 (9 juin 1800).
Corps de troupes commandées par le Lieutenant général Moncey
102e de Ligne, 3 Bataillon, 2332 hommes (De Cugnac (Cpt) : Campagne de l'Armée de Réserve en 1800, Paris, Chapelot, 1900, t.2, p. 539 - Archives nationales, A. F. IV, registre, 1159).
Un État des troupes arrivées du Rhin sous les ordres du général Moncey (non daté) indique 1500 hommes de la 102e de Ligne (De Cugnac (Cpt) : Campagne de l'Armée de Réserve en 1800, Paris, Chapelot, 1900, t.2, p. 545).
Une situtation intitulée "Composition et force de l'armée à l'époque du 22 prairial an 8 (11 juin 1800)" indique que 2 Bataillons de la 102e, fort de 1200 hommes, envoyés par l'Armée du Rhin, n'est par encore arrivé (De Cugnac (Cpt) : Campagne de l'Armée de Réserve en 1800, Paris, Chapelot, 1900, t.2, p. 309 ; E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 85).
Moncey place quelques Bataillons sur le Tessin pour le défendre, face à l'ouest, contre une marche de Mélas tandis qu'il dirige le Général Lorge sur l'Oglio pour s'opposer à une offensive venant de l'est. La route du Saint-Gothard qui relie l'Armée de Réserve à Moreau est fort inquiétée par des partisans ennemis et n'est que très faiblement défendue.
Le 25 Prairial an 8 (14 juin 1800), Moncey, Lieutenant du Général en chef de l'armée, écrit, depuis Milan, au Général en chef Berthier : "L'adjudant général Foy me rend compte, le 19 prairial, d'Altdorf, que l'ennemi a un corps de 5,000 hommes, de Feldkirck à Coire ...
Le chef de la 1re ligne écrit, du 18 prairial, de la position d'Andeer, qu'il occupait à cette époque avec deux de ses bataillons, qu'il a été attaqué le 17; que l'affaire a duré tout le jour, et qu'enfin il est parvenu à repousser l'ennemi jusqu'à Thusis; il lui a fait quelques prisonniers, blessé et tué beaucoup de monde. Six de nos grenadiers ont été blessés, un officier tué.
L'ennemi a occupé Tavanaze avec ses avant-postes; Ilanz avec cinq compagnies; Thusis et Reichenau avec de fortes réserves. Il occupe, de plus, le Val-San-Pedro et Splongen; il pousse des patrouilles jusqu'au confluent de la Sernt et de la Lenth; de plus, les paysans de ces contrées sont armés.
D'après cet exposé, il est nécessaire que le Premier Consul prononce si les vallées de la Reuss, Urseren, Leventine et, par conséquent, le Gothard doivent être gardés, ou s'il faut, en en retirant les troupes, les abandonner. Dans le premier cas, il faut prononcer encore si c'est l'armée de réserve ou celle du Rhin qui doit être chargée de cette défensive; dans le second, il sera nécessaire de faire refluer sur les derrières l'immense quantité de munitions que le Ministre de la guerre fait arriver continuellement à Lucerne.
La position de l'ennemi, sa tentative indiquent assez qu'il est disposé à prendre la position du Gothard que nous abandonnerons et que déjà il aurait occupée, si je n'avais laissé des troupes en arrière pour la barrer; au reste, ces troupes sont peu nombreuses; elles se réduisent à un bataillon de la 29e, à un de la 101e, formant, les deux, une totalité de 1000 hommes, distribués sur tous les débouchés des vallées de la Reuss et Urseren.
Les deux bataillons de la 1re de ligne, qui, comme je vous l'ai dit, ont eu à soutenir, le 17, un combat, occupent les débouchés qui tombent sur Bellinzona et sont d'une force de 1200 hommes.
Déterminé par vos ordres pressants de pourvoir à la défense du Tessin, que l'ennemi menaçait de passer en jetant des ponts sur le Pô; de porter des forces entre Brescia et Crémone; d'en envoyer à Pizzighettone et Plaisance; d'en porter de suite de Buffalora; de laisser trois bataillons à Milan pour le blocus du château (126); ne pouvant remplir toutes vos intentions sans appeler deux bataillons sur quatre de mes derrières, ces deux bataillons de la 1re de ligne ont reçu l'ordre d'arriver promptement. Je désire que l'ennemi ne soit pas tenté de prendre les postes que nous aurons abandonnés.
Du 3e bataillon de la 91e, du 3e de la 12e légère, des deux de la 102e, annoncés déjà depuis longtemps, il n'en est pas question; arriveront-ils ? je l'ignore.
J'attends vos décisions avec la plus vive impatience; et dites-moi catégoriquement: Je veux qu'on garde le Gothard, qui comprend les vallées de la Reuss, Urseren et Leventine ; ou, je veux qu'on l'abandonne.
P.-S. – J'ai oublié de vous rappeler, dans le cours de mon rapport, que le général Moreau, par sa dépêche du 8 prairial, me mande qu'effectivement 5 ou 6,000 hommes sont dans les Grisons; que si ce corps s'augmente, alors il fera un détachement pour rappeler celui de l'ennemi.
Toutes ces circonstances réunies, Général, me font désirer un ordre impératif de votre part; car il n'est pas aimable d'être chargé de faire arriver de l'artillerie et des munitions de guerre par un pays qui doit être couvert et de savoir que le bruit propagé que les troupes que j'ai en arrière devraient être arrivées, se soutienne toujours" (De Cugnac (Cpt) : Campagne de l'Armée de Réserve en 1800, Paris, Chapelot, 1900, t.2, p. 356).
La "Situation de l'armée de réserve, le 25 prairial, avant la bataille de Marengo" indique :
Division Gilly, 1re de Ligne, 1800 hommes; 102e de Ligne, 1500 hommes; total 3300 hommes, devant la citadelle de Milan (De Cugnac (Cpt) : Campagne de l'Armée de Réserve en 1800, Paris, Chapelot, 1900, t.2, p. 372 - Cette situation existe aux Archives de la Guerre; elle n'est pas signée. Elle est reproduite dans le Journal de Brossier (exemplaire de la Bibliothèque du Ministère de la guerre, A. II, d. 147). Une autre situation parut dans la Relation de la bataille de Marengo, rédigée au Dépôt de la guerre et publiée en 1805. Elle ne diffère de celle-ci que par la forme et quelques détails pour certains effectifs. On l'a reproduite dans les Mémoires de Napoléon In Corresp. de Napoléon, t. XXX, p. 386).
La Situation de l'Armée de Réserve, le 25 Prairial an 8, indique :
Bonaparte, Premier Consul, commandant en personne.
Alexandre Berthier, Général en Chef.
Lieutenant général Victor, Division Gardanne, 102e de Ligne, 53 hommes.
Devant les places et en position sur les deux rives du Pô
Division Bethencourt, 102e de Ligne (Goiffon), 1 Bataillon, 695 hommes (De Cugnac (Cpt) : Campagne de l'Armée de Réserve en 1800, Paris, Chapelot, 1900, t.2, p. 548 - situation extraite de la Relation de la Bataille de Marengo, rédigée en 1805 au Ministère de la Guerre).
D'après un État de situation de l'armée de réserve à l'époque du 1er messidor an 8 (20 juin 1800), la 102e de Ligne, forte de 3 Bataillons et de 1500 hommes (Brigade Gilly), doit prendre position à Brescia (De Cugnac (Cpt) : Campagne de l'Armée de Réserve en 1800, Paris, Chapelot, 1900, t.2, p. 531).
Le 4 Messidor an 8 (23 juin 1800), à Milan, Bonaparte, Premier Consul de la République, arrête : "ART. 1er. – L'armée d'Italie sera composée des demi-brigades et régiments ci-après, savoir :
... Infanterie de ligne. – 1re, 2e, 3e, 10e, 11e, 22e, 24e, 26e, 28e, 29e, 30e, 34e, 40e, 41e, 43e, 44e, 58e, 59e, 60e, 67e, 68e, 70e, 71e, 72e, 74e, 78e, 91e, 96e, 97e, 99e, 101e, 105e, 106e, 107e, 102e ...
ART. 3. – Les dépôts des demi-brigades d'infanterie légère et de ligne, ainsi que des régiments des troupes à cheval et autres troupes qui restent à l'armée d'Italie, auront ordre de rejoindre l'armée.
ART. 4. – L'ordonnateur en chef et tous les agents des administrations qui ne seront pas jugés nécessaires pour le service de l'armée d'Italie retourneront à l'armée de réserve à Dijon.
ART. 5. – Le Ministre de la guerre est chargé de l'exécution du présent arrêté" (De Cugnac (Cpt) : Campagne de l'Armée de Réserve en 1800, Paris, Chapelot, 1900, t.2, p. 521).
Au 10 Frimaire an 9 (1er décembre 1800), l'Armée d'Italie sous le commandement de Brune, a la composition suivante :
- Aile gauche, Lieutenant général Moncey, commandant.
Division Boudet : 2 Compagnies d'artillerie à pied — 2 Compagnies de Sapeurs — 102e de Ligne — 101e de Ligne — 91e de Ligne — 60e de Ligne — 1ère Légère — 16 hommes Gendarmerie — 12e Hussards — 9e Chasseurs — 21e Chasseurs (E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 138).
La 102e prend part aux combats de Solferino, Cavriana et Monzambano.
Le 20 ventôse an 11 (11 mars 1803), le Général Travot écrit au Général de Division : "… Je ferai partir pour Alexandrie les troupes de la 102e aussitôt que les compagnies de la 97e que vous m’annoncez, me seront arrivées. Quelque soit la diminution que va opérer dans les forces de ce département cette disposition militaire, je ferai ce que je pourrai pour n’être pas forcé d’avoir recours à la garde nationale" (SHD 1 I 52-1 – Correspondance du général Travot, 15 févr. 1800-13 avril 1805).
Le 21 ventôse an 11 (12 mars 1803), le Général Travot écrit au Commissaire des Guerres de la Sésia : "Je vous préviens qu’il doit arriver demain matin à Cavaglia pour y tenir cantonnement, cinquante hommes de la 97e demi-brigade, venant d’Ivrée.
150 hommes de la même demi-brigade partant du même lieu arriveront le 25 du courant à Verceil pour y tenir garnison, en remplacement des troupes de la 102e à qui je donne ordre de partir le 26 pour se rendre à Alexandrie" (SHD 1 I 52-1 – Correspondance du général Travot, 15 févr. 1800-13 avril 1805).
Le 24 ventôse an 11 (15 mars 1803), le Général Travot écrit au Commandant de Verceil : "Vous voudrez bien, conformément aux dispositions arrêtées par le général de la division, donner aux troupes de la 102e demi-brigade d’infanterie, l’ordre de partir avec armes et bagages le 26 du courant pour se rendre à Alexandrie, où elles seront à la disposition du général Aubrée commandant le département de Marengo.
Cette troupes vous sera remplacée par 150 hommes de la 97e qui arriveront ici demain.
Si par l’effet de cette disposition, vous n’avez pas assez de monde pour le service de la place, tel qu’il est réglé aujourd’hui, vous supprimerez les postes qui ne seront pas d’absolue nécessité et aurez recours à la garde nationale" (SHD 1 I 52-1 – Correspondance du général Travot, 15 févr. 1800-13 avril 1805).
Le même 24 ventôse an 11 (15 mars 1803), le Général Travot écrit au Commandant de Marengo : "J’ai l’honneur de vous prévenir que conformément aux ordres du général commandant la division, tout ce que j’ai de la 102e demi-brigade partira d’ici le 26 du courant pour se rendre à Alexandrie" (SHD 1 I 52-1 – Correspondance du général Travot, 15 févr. 1800-13 avril 1805).
Le 26 ventôse an 11 (17 mars 1803), le Général Travot écrit au Général de la Division : "J’ai l’honneur de vous rendre compte que conformément à vos ordre, j’ai fait partir ce matin pour Alexandrie le bataillon de la 102e demi-brigade qui était en garnison à Verceil et qu’il m’est arrivé hier d’Ivrée pour le remplacer 149 hommes de la 97e. Ce détachement se trouvant insuffisant pour le service de la place, je fais rentrer ici celui qui est à Cavaglia, ce dernier n’est que de 42 hommes au lieu de 50 comme me l’avait annoncé le général Pouget" (SHD 1 I 52-1 – Correspondance du général Travot, 15 févr. 1800-13 avril 1805).
Le 9 mai 1803 (19 floréal an 11), Bonaparte écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "Je vous prie, citoyen ministre, de donner ordre qu'à dater du 15 prairial, les garnisons de la 27e division militaire soient disposées de la manière suivante, savoir : les 16e, 29e, 53e et 102e de ligne seront réunies à Alexandrie et casernées, soit dans la ville, soit dans la citadelle. Ces troupes, jointes au bataillon de sapeurs et d'artillerie, doivent pouvoir fournir le nombre de bras nécessaires pour pousser les fortifications d'Alexandrie avec la plus grande activité … Le 3e bataillon de sapeurs paraît inutile à Brescia ; on pourrait l'envoyer à Alexandrie pour activer par tous les moyens les travaux de cette place" (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1911, t.1, lettre 566 ; Correspondance générale de Napoléon, t.4, lettre 7627).
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Congé accordé à un Grenadier de la 102e de Ligne le 7 fructidor an 8 (7 septembre 1800) |
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Congé accordé à Pierre Couchet, Fusilier au 2e Bataillon, le 26 pluviôse an 9 (18 février 1801) |
II/ Le 102e Régiment d'Infanterie de ligne sous l'Empire
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Exemples de cachets à sec du 102e de Ligne |
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Fig. 18 Boutons de troupe |
Fig. 19 bouton d'Officier |
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Boutons du 102e de Ligne; Collection Davide Marino |
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Avec la proclamation du Consulat, puis de l'Empire, Napoléon commence une vaste réorganisation de l'Etat et des lois de la France, mais aussi de l'armée qui subit une nouvelle réforme militaire ; ainsi, en 1803 toutes les unités appelées Demi-brigades prennent le nom de Régiments (d'infanterie de ligne ou légère), y compris la 102e. De 1803 à 1815, le Régiment sera commandé par les Colonels François Jalras (1803), Pierre François Cattaneo (1805), Pierre Espert de Sibra (1806), Andr Maréchal (1812) et François Susbielle (1815).
L'Etat militaire de l'an XIII indique pour le 102e de Ligne 3 Bataillons à Alexandrie (23e Division Militaire), sous le Colonel Jalras et le Major Roy; Chefs de Bataillon Mouli, Prevost et Lecapitaine; Quartier maître trésorier Ortlieb; Adjudant majors Riva, Baume et Remier.
Le 14 Brumaire an 12 (6 novembre 1803), le Général Travot écrit : "Ecrit au colonel du 102e régiment d’infanterie à Casal de se rendre à Verceil avec son 1er bataillon sans passer par Trino pour éviter un jour de marche à sa troupe" (SHD 1 I 52-1 – Correspondance du général Travot, 15 févr. 1800-13 avril 1805).
Le 18 Brumaire an 12 (10 novembre 1803), le Général Travot écrit au Commandant d’armes de Verceil : "Vous donnerez ordre, citoyen commandant, ordre au chef du 102e régiment de former demain deux détachements de la force de vingt hommes chaque, que vous ferez partir le même jour, commandés chacun par un officier, l’un se rendra à Buronzo et l’autre à Saint-Germain, où ils resteront à la disposition de la douane. Vous aurez la complaisance de leur remettre les instructions nécessaires pour ce service, et recommanderez surtout à chaque chef de ne pas s’écarter de leur détachement" (SHD 1 I 52-1 – Correspondance du général Travot, 15 févr. 1800-13 avril 1805).
Le même 18 Brumaire an 12 (10 novembre 1803), le Général Travot écrit à l’Inspecteur des Douanes : "J’ai l’honneur de vous informer, citoyen, que d’après les ordres que je viens de donner, deux détachements de la force de vingt hommes chaque arriveront demain l’un à Buronzo et l’autre à Saint-Germain, où ils resteront à votre disposition" (SHD 1 I 52-1 – Correspondance du général Travot, 15 févr. 1800-13 avril 1805).
Le 18 Brumaire an 12 encore (10 novembre 1803), le Général Travot écrit au Général commandant la 27e Division : "J’ai l’honneur de vous rendre compte que d’après vos ordres, le 1er bataillon du 102e régiment est arrivé hier dans cette place, sa force officier compris est de [blanc].
J’ai jugé à propos de faire occuper comme ci-devant les communes de Buronzo et de Saint-Germain par deux détachements de vingt hommes chaque pour le service des douanes" (SHD 1 I 52-1 – Correspondance du général Travot, 15 févr. 1800-13 avril 1805).
Toujours le 18 Brumaire an 12 (10 novembre 1803), le Général Travot écrit également au Préfet de la Sesia : "J’ai l’honneur de vous prévenir que d’après les ordres que je viens de donner, deux détachements de la force de vingt hommes chaque doivent partir demain de cette place pour se rendre l’un à Buronzo et l’autre à Saint-Germain où ils tiendront garnison" (SHD 1 I 52-1 – Correspondance du général Travot, 15 févr. 1800-13 avril 1805).
Le 22 Brumaire an 12 (14 novembre 1803), le Général Travot écrit au Général commandant la 27e Division : "Le colonel du 102e régiment m’a rendu compte qu’en quittant le département de Marengo, il a laissé quatre détachements à la disposition des douanes, appartenant au bataillon qui forme cette garnison. Je vous prie, si vous le jugez convenable, d’ordonner qu’ils rentrent à leur corps" (SHD 1 I 52-1 – Correspondance du général Travot, 15 févr. 1800-13 avril 1805).
Le même 22 Brumaire an 12 (14 novembre 1803), le Général Travot écrit au Colonel du 102e Régiment : "Je vous préviens, citoyen, que je viens d’écrire au général commandant la 27e division pour lui demander la rentrée des quatre détachements que vous avez laissés dans le département de Marengo" (SHD 1 I 52-1 – Correspondance du général Travot, 15 févr. 1800-13 avril 1805).
Le 24 Brumaire an 12 (16 novembre 1803), le Général Travot écrit au Général commandant la 27e Division militaire : "Je vous adresse une plainte portée par le capitaine des grenadiers du 1er bataillon du 102e régiment, contre le nommé Pierre Marchaillier grenadier le 17 brumaire ainsi que le certificat des auxiliaires désignés pour l’écrouer …" (SHD 1 I 52-1 – Correspondance du général Travot, 15 févr. 1800-13 avril 1805).
Le 6 Frimaire an 12 (28 novembre 1803), le Général Travot écrit au Général commandant la 27e Division militaire : "J’ai l’honneur de vous adresser ci-jointe une lettre du colonel du 102e régiment et le procès-verbal d’arrestation du nommé Marchaillier, grenadier déserteur du 102e, dont je vous ai annoncé la désertion par ma lettre du 24 du mois passé, et que l’erreur d’un moment l’aura porté à l’oubli de ses devoirs les plus sacrés ; je me joins à lui pour vous demander s’il est encore temps de ne pas le livrer à toute la rigueur des lois, et vous prier de le remettre à la discipline du corps.
Je ne me ferai partir pour Turin qu’après en avoir reçu l’ordre de votre part" (SHD 1 I 52-1 – Correspondance du général Travot, 15 févr. 1800-13 avril 1805).
Le 20 Frimaire an 12 (12 décembre 1803), le Général Travot écrit au Commandant d’Armes de Verceil : "D’après des nouveaux ordres du ministre, citoyen commandant, le 102e régiment d’infanterie devant rentrer à Alexandrie, vous voudrez bien donner l’ordre au bataillon qui est dans cette place de partir de Verceil le 22 courant pour aller coucher le même jour à Casal et le 23 arriver à Alexandrie.
Vous donnerez aussi les ordres nécessaires pour que les détachements de Buronzo et Saint-Germain arrivent ici dans le jour de demain.
Je dois aussi vous prévenir qu’il m’arrivera le 22 courant en remplacement de cette troupe deux compagnies du 62e régiment" SHD 1 I 52-1 – Correspondance du général Travot, 15 févr. 1800-13 avril 1805).
Le même 20 Frimaire an 12 (12 décembre 1803), le Général Travot écrit au Commissaire des Guerres : "J’ai l’honneur de vous prévenir, citoyen, qu’en exécution des ordres du Ministre, le bataillon du 102e régiment, en garnison ici, part le 22 pour se rendre à Alexandrie, cette troupe sera remplacée par deux compagnies du 62e qui arriveront le même jour.
Les détachements de Buronzo et Saint-Germain rentreront demain à Verceil et ne seront par remplacés jusqu’à nouvel ordre ..." (SHD 1 I 52-1 – Correspondance du général Travot, 15 févr. 1800-13 avril 1805).
Le 21 Frimaire an 12 (13 décembre 1803), le Général Travot écrit au Chef de l’Etat-major général : "J’ai reçu, citoyen, vos lettres des 17 et 18 courant, et l’ordre de rejoindre la division du 18. Je ne manquerai pas de faire exécuter les dispositions qu’elles contiennent.
Le peu de troupes que vous mettez à ma disposition en remplacement du bataillon du 102e régiment ne me permettent pas de faire relever les détachements de Buronzo et de Saint-Germain, ils resteront sans troupes jusqu’à ce que vous me mettiez à même de leur en donner" (SHD 1 I 52-1 – Correspondance du général Travot, 15 févr. 1800-13 avril 1805).
Le 22 Frimaire an 12 (14 décembre 1803), le Général Travot écrit au Chef de l’Etat-major général : "Je vous préviens, citoyen, que le bataillon du 102e régiment, conformément aux ordres que j’ai reçus, est parti ce matin pour Alexandrie ...
P.S. Je n’ai pu exécuter auprès du conseil d’administration du 102e régiment les dispositions contenues dans l’ordre du 18 frimaire, à cause du prompt départ de ce corps. Je vous prie, si vous le jugez à propos, d’en prévenir le général commandant à Alexandrie" (SHD 1 I 52-1 – Correspondance du général Travot, 15 févr. 1800-13 avril 1805).
Le 1er février 1804 (11 Pluviôse an 12), Murat écrit, depuis Paris, à Bonaparte : "Deux places se trouvent vacantes dans le 2e régiment de la garde municipale de Paris, savoir : une lieutenance dans le second bataillon et une sous-lieutenance dans le premier. J'ai l'honneur de vous proposer, pour la place de lieutenant le citoyen Borie, lieutenant réformé, ayant appartenu à la 102e demi-brigade de ligne, et pour celle de sous-lieutenant, le citoyen Toussaint-Olivier, adjudant sous-officier dans le 12e régiment de chasseurs à cheval. Les renseignements que j'ai pris sur la conduite de ces deux militaires et l'état de leurs services, que je joins à mon rapport, m'ont convaincu qu'ils sont dignes de votre bienveillance" (Le Brethon Paul : « Lettres et documents pour servir à l'histoire de Joachim Murat, 1761-1815 », Plon, 1908-1914, t. 3, p. 16, lettre 1195).
Le 20 pluviôse an 12 (10 février 1804), le Général Travot écrit au Général commandant la 27e Division : "J’ai l’honneur de vous prévenir que conformément à vos instructions, j’ai donné ordre au deux capitaines du 102e régiment qui étaient membres de la commission militaire de rejoindre leur corps à Alexandrie, les trois autres membres partent aujourd’hui pour Ivrée ..." (SHD 1 I 52-1 – Correspondance du général Travot, 15 févr. 1800-13 avril 1805).
En 1805, le Régiment fait partie de l'Armée d'Italie.
Le 28 janvier 1805 (8 pluviôse an 13), l'Empereur écrit, depuis Paris, au Vice-Amiral Decrès : "Faites partir la frégate la Canonnière de Cherbourg, avec 260 hommes du 102e régiment, pour la Martinique, et chargée d'autant de poudre qu'il sera possible. Vous ferez aussi embarquer deux mortiers à grande portée à la Gomer, avec deux crapauds ..." (Correspondance de Napoléon, t.10, lettre 8292 ; Correspondance générale de Napoléon, t.5, lettre 9529).
Le 17 février 1805 (28 pluviôse an 13), l'Empereur écrit, depuis Paris, au Maréchal Berthier : "... Les quatre compagnies de grenadiers du 60e seront destinées à former la garde de l'Empereur à Alexandrie ; et les trois compagnies du 102e se rendront à Asti pour y former la garde de l'Empereur. Il faut que ces compagnies aient leurs bonnets et soient en bon état ; elles auront double paye pendant le temps qu'elles feront le service près de l'Empereur ..." (Correspondance de Napoléon, t.10, lettre 8332 ; Correspondance générale de Napoléon, t.5, lettre 9567).
Le 6 mars 1805 (15 ventôse an 13), à Paris, "On propose d’accorder à M. Cattaneo, colonel du 102e régiment, 500 francs par an « pour lui tenir lieu d’indemnité de représentation pendant le temps qu'il a commandé le bataillon des chasseurs corses »"; Napoléon répond "Approuvé" (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1912, t.3, lettre 3235).
27 mars 1805 (6 germinal an XIII), l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Maréchal Berthier : "Mon Cousin, vous ferez réunir, du 1er au 10 floréal, dans la plaine de Marengo, les corps dont l'état est ci-joint :
Les quatre bataillons du 23e de ligne, les quatre du 56e, les quatre du 60e ; trois bataillons du 14e léger, quatre du 5e de ligne, trois du 102e (note : la CGN donne 2 Bataillons).
Ils seront partagés en deux divisions ; une tiendra garnison à Alexandrie, l'autre à Tortone et environs ...
Mon intention n'est point que ces troupes soient campées ; elles seront baraquées dans les villages.
Comme les troupes du Piémont ont un traitement particulier, vous me ferez un rapport sur les gratifications qu'il faudra leur donner également ...
Vous recommanderez bien au maréchal Jourdan que ces mouvements n'aient point l'air de mouvements de guerre ..." (Correspondance de Napoléon, t.10, lettre 8491 ; Correspondance générale de Napoléon, t.5, lettre 9739).
Le 6 mai 1805 (16 floréal an 13), l'Empereur écrit, depuis Alexandrie, au Maréchal Berthier, Ministre de la Guerre, Major général des camps : "Mon cousin, vous donnerez des ordres pour ... que le 102e se rende à Gênes ... Faites connaître au général qui commande à Gênes que mon intention est bien positivement que le 102e soit réuni dans le faubourg de Gênes, et qu'il ne soit mis en mouvement qu'en cas de nécessité, afin que ce corps soit toujours en bon état, son instruction soignée, et qu'il soit capable de faire la guerre ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.5, lettre 9979).
Le 10 mai 1805 (20 floréal an 13), l'Empereur écrit, depuis Milan, au Maréchal Berthier, Ministre de la Guerre, Major général des Camps : "Mon cousin, vous donnerez ordre que le détachement du 14e d'infanterie légère qui est à bord de La Pomone et des bricks qui sont à Gênes soit remplacé par un détachement du 102e régiment composé du même nombre d'hommes. Mon intention est que ce détachement soit formé par de bonnes troupes et que les hommes ayant au moins cinq ans de service" (Correspondance générale de Napoléon, t.5, lettre 10014).
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Fig. 6 : Drapeau du 102e, modèle 1804 |
Le 18 mai 1805 (28 floréal an 13), l'Empereur écrit, depuis Milan, au Vice-amiral Decrès : "Mon intention est que M. Jérôme Bonaparte prenne le commandement de la frégate la Pomone et des deux bricks qui se trouvent dans le port de Gênes. Il appareillera le plus tôt possible avec sa division et se rendra à Toulon, et croisera devant le port de Gênes pour y exercer ses équipages, amariner sa frégate et s'exercer soi-même aux manoeuvres. Autant que possible, il ne perdra pas Gênes de vue, de manière que, lorsque j'arriverai à Gênes, cette division soit dans le meilleur état.
Le ministre de la guerre fera exécuter sur-le-champ ledit ordre, en en instruisant le ministre de la marine. Tant que M. Jérôme Bonaparte commandera la frégate, il y aura, indépendamment de la garnison, une compagnie de grenadiers du 102e, complétée à 60 hommes, avec tous ses officiers ..." (Correspondance de Napoléon, t.10, lettre 8753 ; Correspondance générale de Napoléon, t.5, lettre 10073).
Le 5 juillet 1805 (16 messidor an 13), l'Empereur écrit, depuis Gênes, à Jérôme Bonaparte : "Mon Frère, votre division, composée de 3 frégates et de 2 bricks, doit être approvisionnée d'au moins trois mois de vivres et de trois ou quatre mois d'eau. Vos équipages seront complétés en matelots de Gênes. Il sera mis 50 hommes en sus sur chaque frégate, afin de les rendre susceptibles d'un plus haut degré de résistance. Ces 50 hommes seront fournis par l'infanterie. A cet effet, la compagnie du 102e que vous avez à bord de la Pomone sera portée à 100 hommes ...
Du moment que votre division sera en état, vous mettrez à la voile. Vous vous présenterez devant Bastia ; vous demanderez au général qui y commande 100 bons matelots, ayant au moins six ou sept ans de mer, et vous les répartirez sur votre division.
Vous recueillerez tous les renseignements que vous pourrez avoir sur la situation des Anglais aux îles de la Madeleine.
Après cela, vous naviguerez en côtoyant la Sardaigne, jusqu'aux trois quarts de la côte, de manière à ne point trop approcher de Cagliari. S'il y avait des corvettes, des bricks ou des transports anglais dans la rade de la Madeleine, vous les enlèveriez.
Vous vous rendrez de là devant Alger. Vous ferez remettre la lettre ci-jointe à mon chargé d'affaires, commissaire des relations commerciales, qui se rendra à votre bord. Le but de votre mission est de retirer tous les esclaves génois, italiens et français qui se trouvent dans les bagnes d'Alger. Si, cependant, cela éprouvait plus de difficultés que je ne pense, vous ne resterez pas plus de six jours à Alger, et vous opérerez, selon le temps, votre retour, soit sur Toulon, soit sur Gênes. Vous l'opérerez sur Gênes, si vous ramenez des esclaves génois, et vous les garderez deux jours après votre arrivée, pour les faire débarquer en pompe.
A Alger, vous ne débarquerez point, ni pour voir mon commissaire, ni pour voir le Dey, que vous enverrez complimenter. Ce ne serait que dans le cas où le Dey viendrait au bord de la mer que vous pourriez vous rendre auprès de lui dans votre canot" (Correspondance de Napoléon, t.11, lettres 8971 ; Correspondance générale de Napoléon, t.5, lettre 10382).
Le Tableau des Forces de l'Empire au 16 thermidor an XIII (4 août 1805) indique que le 102e de Ligne a ses 1er, 2e et 3e Bataillons à Gênes, etc., 28e Division militaire, pour 2025 hommes présents, 176 aux hôpitaux, total 2201 hommes (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 1 (annexes et Cartes), p. 3 et suivantes).
Le 4 août 1805 (d'après l'Expédition) ou le 6 août 1805 (18 thermidor an 13 - date de la minute, Archives nationales, AF IV 867, thermidor an XIII, n°74), l'Empereur écrit, depuis Pont-de-Briques, à Lebrun, Architrésorier de l'Empire, Gouverneur général des départements de Gênes, de Montenotte et des Apennins : "Mon cousin, le général Montchoisy est sans doute arrivé à Gênes. Recommandez-lui de tenir en haleine le 102e régiment et le bataillon du 20e, ainsi que le bataillon suisse qui est à La Spezia et de profiter des mois de septembre, d'octobre et de novembre pour faire manoeuvrer ces troupes, en réunissant 4 bataillons à la fois" (Correspondance générale de Napoléon, t.5, lettre 10521).
Le 17 Thermidor an 13 (5 août 1805), l'Empereur écrit, depuis le Camp de Boulogne, à Lebrun, Architrésorier de l’Empire : "Mon cousin, je vous prie de me faire connaitre l’arrivée à Gênes du 20e de ligne, du 3e d’infanterie légère et du 67e et le départ de ces régiments ainsi que du 102e. Faites-moi connaitre aussi les mesures qu’on pourrait prendre pour avoir à Gênes des vivres en grande abondance. Le Piémont en fournit peu, mais l’Italie en fournit. Ne serait-il pas possible avec les fonds de quelques négociants de Gênes de faire un approvisionnement de quatre à cinq mille quintaux de blé qu’on tirerait d’Italie ?" (Correspondance générale de Napoléon, t.15, lettre 359. S).
Le 23 août 1805 (5 fructidor an 13), Napoléon écrit depuis Pont-de-Briques au Maréchal Berthier, Ministre de la Guerre, Major général de la Grande Armée : "... Donnez ordre ... Au 102e de se rendre à Alexandrie ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.5, lettre 10637).
Le 6 Fructidor an 13 (24 août 1805), le Maréchal Berthier, Ministre de la Guerre, adresse, depuis Boulogne, un "Rapport à l'Empereur et Roi.
Sire,
J'ai l'honneur de rendre compte à Votre Majesté que, conformément à ses intentions ... :
Le 102e régiment d'infanterie partira de Gènes du 20 au 22 fructidor, et arrivera du 22 au 21 à Alexandrie ..." (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 1, p. 148).
Le "Bulletin des mouvements de troupes ordonnés par le Ministre le 5 Fructidor an XIII (Du 27 au 31 août 1805)" indique à la date du 6 Fructidor que le 102e de Ligne (2000 hommes) quitte Gênes les 20-22 Fructidor pour arriver à Alexandrie les 22-24 Fructidor (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 1, p. 443).
Le 27 août 1805 (9 fructidor an 13), l'Empereur écrit, depuis le Camp de Boulogne, à M. Lebrun : "… Le 102e régiment a dû partir ..." (Correspondance de Napoléon, t.11, lettres 9139 ; Correspondance générale de Napoléon, t.5, lettre 10676).
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Le 8 septembre 1805 (21 fructidor an XIII), l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Maréchal Berthier, Ministre de la Guerre, Major général de la Grande Armée : "Mon cousin, il résulte du grand état de mouvements que vous m'avez envoyé :
- que le 102e n'a des ordres que pour Alexandrie ; il faut lui donner l'ordre de se rendre à Brescia ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.5, lettre 10759).
Le 10 septembre 1805 (23 fructidor an 13), l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, à M. Lebrun : "… le 102e ne doit plus être à Gênes ... Il serait possible que dans le mois prochain les hostilités vinssent à commencer ..." (Correspondance de Napoléon, t.11, lettres 9191 ; Correspondance générale de Napoléon, t.5, lettre 10774).
Le 20 août 1805 (2 fructidor an 13), à Pont-de-Briques, "On propose de nommer le capitaine Jean Etienne Barré qui a rang de chef de bataillon au 102e, chef de bataillon au 62e"; l'Empereur répond : "J'adopterai cet arrêté; mais il faut que le ministre me présente en même temps un bon capitaine du 62e pour être comme chef de bataillon dans un autre corps, afin de donner de l'avancement au 62e qui a beaucoup d'anciens officiers et soldats" (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1911, t.1, lettre 651).
A l'ouverture des hostilités, vers le milieu du mois d'octobre, l'Armée d'Italie a été portée à 65000 hommes, sous le commandement du Maréchal Massena, commandant en chef. L'aile gauche de cette armée comprend la Division d'infanterie Duhesme, Brigades Goulus et Camus, treize Bataillons des 14e d'infanterie légère, 20e, 1er, 102e de ligne, trois escadrons du 25e de chasseurs à cheval, 7000 combattants et six bouches à feu ; la Division d'infanterie Serras, Brigades Gilli, Guillet, Mallet et Schild, seize bataillons des Carabiniers corses, 8e d'infanterie légère, 53e, 81e, 106e, 13e et 9e de ligne, quatre escadrons des Dragons de la Reine, 8000 combattants, six bouches à feu (Mémoires du Prince Eugène, t.1, page 277).
Le 102e participe au passage de l'Adige, et à la bataille de Caldiero (30 octobre 1805)
Le Général Hugo, alors Chef de Bataillon du 4e Bataillon du 20e de Ligne, raconte : "... à la bataille de Caldiero, le 8 brumaire ; bataille dans laquelle, forts d'environ 30,000 hommes, nous attaquâmes 80,000 Autrichiens retranchés sur la route de Vicence, en arrière du village que je viens de citer. A quatre heures après midi, notre armée étant repoussée sur presque tous les points, le 20e régiment, faisant partie de la brigade Herbin, division Duhesme, fut lancé dans la seule vue de retarder l'ennemi qui débouchait en force par Caldiero. Les 2e et 3e bataillons entrainés par le 102e régiment furent culbutés presque aussitôt qu'ils parurent ..." (« Mémoires du Général Hugo », Paris, 1823, t. 1, p. 113 et suivantes).
Le 102e est aux combats de Gradisca.
A la fin de décembre, et après sa formation, le 8e corps, ayant pour Général en chef Masséna comprend la Division Duhemne (9000 hommes des 14e et 25e d'infanterie légère, 1er, 20e, 102e de ligne) dans le cercle de Cilly (Mémoires du Prince Eugène, t.2, page 2).
De 1806 à 1808, le 102e est affecté à l'Armée de Naples.
Le 17 février 1806, l'Empereur écrit, depuis Paris, à Joseph, Lieutenant de l'Empereur, commandant en chef de l’Armée de Naples : "Mon frère, dans les états que vous m'avez envoyés vous ne parlez pas du 10e, 20e de ligne et 102e, du 14e d'infanterie légère, du 23e légère, des 7e, 23e, 24e, 29e et 30e de dragons, non plus que des dragons Napoléon et de la Reine, italiens.
Ces corps doivent avoir joint et avoir porté votre armée à 40 000 hommes. Faites en faire un état en règle bataillon par bataillon, compagnie par compagnie, escadron par escadron" (Du Casse A. : "Mémoires et correspondance politique et militaire du roi Joseph", 1853-1854, t. 2, p. 71 ; Du Casse : « Supplément à la correspondance de Napoléon 1er » ; Paris, Dentu, 1887, p. 34 (note : il mentionne par erreur le 12e Léger, et non le 14e); Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 11489).
Au 1er mai 1806, d'après les états de situation envoyés par le Prince Éugène, commandant en chef, la composition et la force des divers corps composant l'Armée dite d'Italie, dont le quartier général est à Milan, est la suivante :
Division DES DÉPÔTS DE L’ARMÉE DE NAPLES, comptant à l'armée d'Italie :
2e Division, Général de Brigade Valory (Bologne) ; 3e ou 4e Bataillon des 22e Léger, 20e, 29e, 52e, 62e, 101e, 102e de Ligne, 7,300 présents ; 4e Bataillon du 1er Régiment suisse, 150 hommes (Mantoue) ; 1er Bataillon du 32e Léger, 40 hommes (Mantoue) - Mémoires du Prince Eugène, t.2, page 268.
Dans la première quinzaine de juin, l'armée du Vice-roi comprend la Division des Dépôts, Généraux Pouchin (Forli), Valory (Bologne), Laplanche-Mortièrcs (Modène), 7500 fantassins des 1er, 14e, 22e et 23e Légers,·1er, 6e, 10e, 20e, 29e, 42e, 52e, 62e, 101e·et 102e de Ligne, du 4e Régiment suisse et du 32e Léger (1er Bataillon) (Mémoires du Prince Eugène, t.2, page 285).
Le 7 juin 1806, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Roi de Naples : "... Le 14e léger, le 1er léger, le 23e léger, le 1er de ligne, le 20e de ligne, les 29e de ligne, 42e et 102e, les Polonais, les Suisses, les Corses et quelques régiments de chasseurs et de dragons, seraient chargés de l'expédition de Sicile. Cela formerait 18,000 hommes, en y joignant le bataillon de grenadiers des deux régiments qui sont à Naples et ceux des quatre régiments italiens ..." (Du Casse A. : "Mémoires et correspondance politique et militaire du roi Joseph", 1853-1854, t. 2, p. 285 ; Correspondance de Napoléon, t.12, lettres 10329 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12252).
Le 17 juin 1806, Joseph écrit, depuis Naples, à Napoléon : "Sire, je reçois la lettre de Votre Majesté du 7. Elle porte l'armée à quarante-quatre mille hommes présents. Votre Majesté verra, par le résumé ci-joint, que le total des présents est de trente-huit mille deux cent trente-six. L'erreur vient de ce que la garnison d'Ancône et les régiments qui, d'après les ordres précédents de Votre Majesté, ont dû quitter l'armée, se trouvent compris dans le premier état ..."; voici ce résumé : "Dans le gouvernement de Naples, six mille cinq cent quarante-deux hommes et sept cent trente-deux chevaux répartis dans les 29e, 52e, 102e de ligne, 22e léger, 25e de chasseurs, 1re compagnie du 1er d'artillerie à cheval, 3e du 3e bataillon de sapeurs, 4e du 4e bataillon du train, et 3e compagnie du 10e régiment d'artillerie à cheval ..." (Du Casse A. : "Mémoires et correspondance politique et militaire du roi Joseph", 1853-1854, t. 2, p. 302).
Le 28 juin 1806, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Dejean, Ministre directeur de l'Administration de la Guerre : "Monsieur Dejean, faites-moi connaître pourquoi les majors des 23e d'infanterie légère, et des 1er, 20e, 62e et 102e de ligne faisant partie de l'armée de Naples ne sont pas à leurs dépôts dans le royaume d'ltalie" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 1, lettre 503 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12389).
Le 11 juillet 1806, Joseph écrit, depuis Naples, à Napoléon : "… J'ai nommé au commandement du 1er régiment de ma garde le colonel du 29e, Monserrat ; lieutenant- colonel, Donat, du 64e ; et le capitaine du 102e, Compère, major. Je prie Votre Majesté de me faire connaître si elle trouve bon que ces officiers acceptent ..." (Du Casse A. : "Mémoires et correspondance politique et militaire du roi Joseph", 1853-1854, t. 2, p. 360).
Le 21 juillet 1806, Joseph écrit, depuis Naples, à Napoléon : "… Je n'ai pas encore de nouvelles du corps du général Reynier ; depuis le départ du colonel Lebrun, il n'a pas pu parvenir à me faire connaître sa position ; j'ai déjà fait partir, pour aller à sa rencontre, le 52e, le 29e, le 102e, un bataillon napolitain, un bataillon corse. Demain, le 22e léger partira aussi avec deux régiments de cavalerie ; le maréchal Masséna commandera ce corps d'armée …" (Du Casse A. : "Mémoires et correspondance politique et militaire du roi Joseph", 1853-1854, t. 2, p. 396).
Le 28 juillet 1806, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, à Eugène, Vice-Roi d'Italie : "Mon fils ... Donnez l'ordre au général Charpentier de se rendre auprès des divisions de réserve des dépôts de l'armée de Naples ... Il formera un bataillon de six compagnies, de 100 hommes chacune du 22e d’infanterie légère ; un autre bataillon d'égale force, de six compagnies du 20e de ligne ; un troisième bataillon de quatre compagnies du 29e et de deux compagnies du 52e ; et un quatrième bataillon de trois compagnies du 62e et de trois compagnies du 102e. Ces quatre bataillons seront également mis sous les ordres d'un major intelligent et capable, et seront réunis sans délai à Imola ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12586).
Le 102e se distingue à Rocca-Gloriosa le 3 août 1806.
Le 6 août 1806, le Général de Division Mermet écrit, depuis Torre-Orsaya, à Masséna : "… Je me mis en marche le 3 à trois heures du matin, et je me portai sur Montano en passant par Cuccaro. Arrivé à Montano, où est l'embranchement entre les roules de Laurino et de Rocca-Gloriosa, je donnai ordre au chef de bataillon Gentile de se porter avec 400 Corses sur ce premier village, où je savais que se trouvait un parti de révoltés sous le commandement de Speranza, l'un des chefs, et qui est dudit pays ; je continuai ma marche sur Rocca- Gloriosa avec le reste de ma troupe.
Le chef de bataillon Gentile avait ordre de s'emparer de Laurino, et d'y mettre le feu s'il y éprouvait de la résistance. Il rencontra bientôt l'avant-garde des brigands, qu'il poussa dans le village. L'ennemi se défendit avec opiniâtreté pendant une heure ; il roulait de grosses pierres sur les assaillants, tirait des maisons, et faisait tout pour se maintenir. Le commandant Gentile le pressait de front, en même temps qu'il faisait filer à droite et à gauche deux colonnes pour se réunir au-delà du village et lui couper la retraite. Cette manœuvre, bien exécutée, força les brigands à sortir du village et à se sauver à la débandade : il y eut beaucoup de tués, tant dans l'action que dans la poursuite. Huit Corses furent tués, et trois ou quatre blessés. Le village fut brûlé en partie ; le commandant Gentile continua sa marche pour se porter sur Torre-Orsaya.
Pendant que cela se passait à Laurino, je m'avançais vers Rocca-Gloriosa. Arrivé sur un plateau qui en est à deux milles, et d'où l'on découvre très bien ce village, situé sur un rocher à pain de sucre, et dominé par un vieux château fort, je vis flotter le drapeau blanc sur ce château. D'après des renseignements que j'avais eus auparavant, je savais que Rocca-Stadali devait s'y trouver avec 700 hommes. Je fis aussitôt mes dispositions pour attaquer l'ennemi, à qui je voulais couper la retraite ...
La colonne du centre, composée du 102e régiment, ne fut point arrêtée par la résistance de l'ennemi ; elle s'avança toujours en faisant un feu très vif, et força les brigands à se retirer. Ils furent bientôt en pleine déroute ; on les poursuivit avec une très-grande ardeur : soit dans le village, soit au fort, soit dans la poursuite, ils ont eu au moins 200 hommes tués ; nous avons eu de notre côté 20 hommes tués ou blessés. Parmi les morts se trouve le capitaine Regnier, des voltigeurs du 2e bataillon du 102e. Nous avons perdu en lui un officier bien estimable, et qui est bien regretté de son régiment.
Le village fut livré aux flammes. A peine y était-il resté une centaine d'habitants, hommes ou femmes, qui furent respectés …
Le chef de bataillon Gentile, ayant employé plus de temps qu'on n'avait calculé à Laurino, ne put arriver de jour à Torre-Orsaya : il vint se camper à un mille de moi, entre ce pays et Rocca-Gloriosa. Il entra à Torre le 4 au matin, et le trouva évacué par les insurgés. Il devait, après avoir traversé ce pays, continuer sa marche vers Policastro, et se réunir à moi en route. Notre réunion eut lieu à trois milles de cette ville. Nous nous avançâmes dessus, précédés par les carabiniers corses et les voltigeurs du 102e. Arrivés sous les murs de la ville, que l'avant-garde avait déjà dépassés, nous aperçûmes à notre droite, derrière le promontoire, une escadre composée d'un vaisseau de ligne, 2 frégates, 3 bricks, et environ 20 chaloupes canonnières. Aussitôt que l'escadre eut entendu quelques coups de fusil tirés sur trois ou quatre brigands qui se trouvaient dans Policastro, quatre chaloupes canonnières manœuvrèrent pour venir tirer sur nous. Il n'y avait pas un habitant dans Policastro, pas un être vivant de qui on pût tirer le moindre renseignement sur la force et les dispositions de l'ennemi.
Dans cet état de choses, sachant que les brigands qui s'étaient sauvés s'étaient réfugiés sous la protection de la flotte, n'ayant pas de vivres et ne voyant pas de moyens d'en avoir à Policastro, je ne crus pas prudent de m'engager plus avant, d'autant plus que la route de cette ville à Sapri est sur le bord de la mer, adossée à la montagne ; que j'aurais eu à essuyer tout le feu des canonnières ennemies sans pouvoir y répondre, ce qui m'aurait fait perdre du monde ; que la bande de Rocca-Stadali n'aurait pas manqué de se jeter sur mes derrières, et que d'ailleurs j'ignorais parfaitement ce qui se passait à Sapri, que je crois bien défendue.
Je me décidai à venir prendre position à Torre-Orsaya, 1° pour avoir du pain, 2° pour contenir les brigands de la flotte, qui seraient revenus dans ce pays, 3° pour communiquer avec Torraca, et 4° pour faire rendre les armes aux insurgés dispersés, et les faire rentrer dans l'ordre. On m'en conduit aujourd'hui 150, des environs de Cuccaro ..." (Du Casse A. : "Mémoires et correspondance politique et militaire du roi Joseph", 1853-1854, t. 3, p. 116).
Le 20 août 1806, l'Empereur écrit, depuis Rambouillet, au Roi de Naples : "... Vous trouverez ci-joint la distribution que je voudrais faire de votre armée, afin que vous menaciez la Sicile et que vous soyez en mesure contre tout ..."(Du Casse A. : "Mémoires et correspondance politique et militaire du roi Joseph", 1853-1854, t. 3, p. 136 ; Correspondance de Napoléon, t.13, lettres 10673; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12752).
ANNEXE À LA PIÈCE PRÉCÉDENTE.
PROJET DE PLACEMENT DE L'ARMÉE DE NAPLES.
Avant-garde de l'armée de Sicile.
1re division. Reynier ... 2e division. Verdier ... 3e division. Réserve. Gardanne, général de division. 1er léger napolitain, les 101e et 102e, le 14e de chasseurs.
Ces trois divisions seraient sous les ordres d'un maréchal ... La 3e, à Cassano jusqu'aux confins de la Calabre ..." (Du Casse A. : "Mémoires et correspondance politique et militaire du roi Joseph", 1853-1854, t. 3, p. 138 ; Correspondance de Napoléon, t.13, lettres 10674 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12759).
Le Colonel Cattaneo décède à Cosenza, en Calabre, le 5 septembre 1806.
Le 12 septembre 1806, Joseph écrit, depuis Capo di Monte, à Napoléon : "… Nous avons toujours beaucoup de malades dans l'armée des Calabres. Je viens de recevoir la nouvelle de la mort du général Vintimille, du colonel Cataneo du 102e, et d'un de ses chefs de bataillon. Je regrette beaucoup cet officier ..." (Du Casse A. : "Mémoires et correspondance politique et militaire du roi Joseph", 1853-1854, t. 3, p. 198).
Le 18 septembre 1806, Joseph écrit, depuis Capo di Monte, à Napoléon : "… Le Cilento est apaisé. Le général Lamarque a bien servi ; il se loue particulièrement du lieutenant-colonel Capitaine, du 102e, que j'avais désigné pour entrer dans ma garde ; mais comme le 102e se trouve privé de ses trois chefs par la mort du colonel Catanéo et du lieutenant-colonel Prévost, je viens de faire donner l'ordre au lieutenant-colonel Capitaine de rejoindre son régiment, et d'en prendre le commandement. Si Votre Majesté juge à propos de le nommer colonel de ce corps, elle fera un bon choix ; dans le cas contraire, il entrerait dans ma garde, pour ne pas priver ce bon officier d'un avancement …" (Du Casse A. : "Mémoires et correspondance politique et militaire du roi Joseph", 1853-1854, t. 3, p. 209).
Le 21 septembre 1806, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Dejean, Ministre directeur l’Administration de la Guerre : "Monsieur Dejean, le 102e régiment de ligne est vacant par la mort du colonel Cattaneo. Présentez-moi quelqu'un pour le remplacer. Prenez parmi les majors qui se trouvent aux dépôts de l'armée de Naples celui qui est le mieux noté et le plus capable" (Brotonne (L. de) : « Dernières Lettres inédites de Napoléon 1er, collationnées sur les textes et publiées » ; Paris, 1903, t. 1, lettre 482; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 13044).
Le 22 septembre 1806, Eugène écrit à Napoléon : "Sire, Votre Majesté, par sa lettre du 17 septembre que j'ai reçue ce matin, m'ordonne de lui faire un projet sur le nouvel emplacement des deux divisions de dépots d'infanterie de l'armée de Naples. Je m'empresse, après avoir pris connaissance des localités, de lui proposer la répartition suivante. J'attendrai ses ordres avant d'ordonner les mouvements.
Première division, commandée par le général de brigade Pouchin, quartier général à Forli, ayant sous ses ordres le général de brigade Leguai, à Rimini : 1er et 14e d'infanterie légère à Rimini ; 23e d'infanterie légère, à Céséna ; 10e d'infanterie de ligne, à Ravenne ; 6e et 42e d’infanterie de ligne à Forli ; 2e d'infanterie de ligne, à Faënza. Deuxième division, commandée par le général de brigade Valori ; quartier général à Bologne, ayant sous ses ordres un général de brigade qui se tiendra à Ferrare : 20e d'infanterie de ligne, à Imola ; 22e d'infanterie légère, 62e et 102e d'infanterie de ligne, à Bologne ; 20e et 101e d'infanterie de ligne, à Ferrare ; 52e d'infanterie de ligne, à Rovigo.
Votre Majesté remarquera que, d'après son approbation, les mouvements auraient lieu dans le milieu d'octobre, et qu'alors la mauvaise saison est tout à fait passée pour Ferrare" (Mémoires du Prince Eugène, t.3, page 160).
Le 102e se distingue encore à Capestrenno, Terriolo et Brancaleone en 1806.
Le 12 janvier 1807, à Varsovie, à la "Proposition d'accorder un congé de six mois à M. Espert, colonel du 102e, armée de Naples", l'Empereur répond : "Refuser cette permission" (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1911, t.1, lettre 711). Il s'agit de Pierre Espert (à ne pas confondre avec Jean-Baptiste) qui sera nommé Baron de l'Empire le 12 novembre 1809 et Général de Brigade le 6 août 1811.
Le 24 janvier 1807, le Général de Division Grenier adresse une circulaire n°4 au 102e de Ligne à Mantoue : "Si dans le dépôt que vous commandez, monsieur, il existe des hommes invalides et hors d’état de servir, vous voudrez bien en faire dresser l’état en vous conformant pour ce travail aux instructions du général Schauenburg dont vous devez avoir copie ; vous joindrez à cet état les certificats exigés, et me l’adresserez dans le plus court délai ; après examen, je vous indiquerai le jour auquel je pourrai moi-même voir ces hommes, les admettre à la réforme ou les rejeter" (Papiers du Général Paul Grenier. XVI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 142 page 300).
Le même 24 janvier 1807, le Général de Division Grenier adresse une circulaire n°5 au 102e de Ligne à Mantoue : "Chargé du commandement des dépôts de l’armée de Naples, en remplacement du général Clausel, vous voudrez bien monsieur, correspondre à l’avenir avec moi pout tout ce qui est relatif à la discipline, l’instruction, armement et l’administration de votre corps. Vous aurez attention de m’adresser régulièrement tous les 1er, 8, 16 et 24 de chaque mois l’état double de votre situation, et indépendamment au 1er de chaque mois, un livret d’inspection" (Papiers du Général Paul Grenier. XVI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 142 page 301).
Toujours le 24 janvier 1807, le Général de Division Grenier écrit également au Général de Division Charpentier, Chef de l’Etat-major général de l’Armée : "Conformément à votre lettre du 19 de ce mois, j’ai ordonné, mon cher général, au général Pouchin de faire préparer le nécessaire pour opérer la réforme des hommes absolument invalides qui pourraient se trouver dans les corps sous ses ordres ; je me chargerai de ce travail pour les corps qui sont à Mantoue et pour le 22e d’infanterie légère qui est à Legnago, et que dans l’état d’emplacement joint à votre lettre du 16 de ce mois, on a placé à Peschiera. L’instruction du général Schauenburg est copié sur les instructions ministérielles du travail de l’inspection" (Papiers du Général Paul Grenier. XVI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 142 page 301).
Par ailleurs, le même 24 janvier 1807, le Général de Division Grenier expédie également un supplément à la lettre n°4 relative à la réforme : "Le général de division chef de l’état-major de l’armée devant arriver dans la journée du 25, il est à désirer que vous puissiez lui présenter les hommes susceptibles de la réforme avec les certificats qui constatent leurs infirmités. Veuillez les donc faire préparer de suite afin que tout le travail soit prêt pour demain midi" (Papiers du Général Paul Grenier. XVI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 142 page 301).
Puis, encore le 24 janvier 1807, le Général de Division Grenier écrit au Commandant du dépôt du 102e à Mantoue : "Vous trouverez ci-joint, monsieur, l’ordre de route pour un détachement d’un capitaine, un lieutenant, un sous-lieutenant et de
Pour le 20e 400 hommes sous-officiers compris.
Pour le 101e 500 hommes idem.
Pour le 102e 500 hommes idem.
Devant tous se rendre en vertu des ordres de Sa Majesté dans le royaume de Naples pour rejoindre les bataillons de guerre de votre régiment. Les sous-officiers et soldats de ce détachement devront être bien habillés, équipés et armés. Il leur sera fait avant leur départ une distribution de vingt cartouches par homme. Ce détachement sera pris et formé sur votre dépôt sans préjudice des compagnies de grenadiers et voltigeurs dont l’organisation a été précédemment ordonnée et qui continueront de rester au dépôt dans leur état de formation actuel.
Le général de division chef de l’état-major général de l’armée devant passer ce détachement en revue dans la journée du 25, vous vous occuperez de suite de son organisation et le tiendrez prêt au quartier de manière à être rassemblé dix minutes après la réception de l’ordre.
Vous aurez attention encore, monsieur, de ne laisser partir avec ce détachement que le nombre de sous-officiers strictement nécessaire pour le conduire jusqu’aux bataillons de guerre.
Dans le cas où les hommes qui doivent composer ce détachement manqueraient de fusils, d’équipement ou d’habillement, il leur serait fourni de suite en le prenant sur celui des grenadiers ou voltigeurs, le départ de ce détachement ne devant souffrir aucun retard et devant être complètement armé et habillé" (Papiers du Général Paul Grenier. XVI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 142 page 301).
Et ensuite, toujours le 24 janvier 1807, le Général de Division Grenier écrit encore au Général de Division Commandant d’armes à Mantoue : "J’ai l’honneur de vous prévenir, mon cher général, qu’en vertu des ordres de Sa Majesté que vient de me transmettre le chef de l’état-major général de l’armée, il doit partir le 27 de ce mois de Mantoue un détachement de chacun des corps désignés ci-après.
Du 20e de ligne, 1 capitaine, 1 lieutenant, 1 sous-lieutenant et 400 sous-officiers et soldats.
Du 101e de ligne, 1 capitaine, 1 lieutenant, 1 sous-lieutenant et 500 sous-officiers et soldats.
Du 102e de ligne, 1 capitaine, 1 lieutenant, 1 sous-lieutenant et 500 sous-officiers et soldats.
Les hommes de ce détachement seront munis chacun de 20 cartouches, comme je présume qu’il n’en existe pas aux corps, veuillez donner les ordres nécessaires pour qu’il leur en soit délivré dans le nombre ci-dessus.
Je vous prie également de faire prévenir de ce mouvement les autorités civiles et militaires qui sont chargées de pourvoir à la subsistance et au logement des troupes à Mantoue, San Benedetto, Novi, Carpi et Modène.
Ps. Le chef de l’état-major général de l’armée doit arriver demain pour passer la revue de ces troupes ; faites prévenir aussi le sous-inspecteur aux revues de leur dépôt afin qu’il en contrôle le nombre et qu’il soit disponible au besoin" (Papiers du Général Paul Grenier. XVI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 143 page 302).
Le 26 janvier 1807, le Général de Division Grenier écrit au Commandant du Dépôt du 102e à Mantoue : "Vous voudrez bien, monsieur, m’envoyer dans le plus court délai possible, l’état double des capotes restantes au corps que vous commandez, et qui proviennent de l’approvisionnement ordonné l’année dernière par M. le maréchal Masséna. Vous y joindre également, l’état double de celles qui sont nécessaires au complément de l’approvisionnement de cette année.
Cette mesure étant ordonnée par Son Excellence le Ministre directeur de l’Administration de la Guerre, vous veillerez monsieur, à la confection de ces états et répondrez de leur exactitude" (Papiers du Général Paul Grenier. XVI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 144 page 304).
"Paris le 28 janvier 1807.
Le Ministre Directeur de la Guerre à Monsieur le général Charpentier, chef d’état-major de l’Armée d’Italie, Milan.
J’ai reçu, général, avec votre lettre du 16 janvier, un état des quantités manquantes pour compléter l’approvisionnement des baudriers, de sabres, des dépôts de l’armée de Naples et des corps d’armée de Dalmatie et du Frioul. Vous m’annoncez qu’il n’existe point de ces effets au magasin d’Alexandrie, que les besoins sont urgents et que le pays n’offre point de ressources en ce genre.
Les baudriers et en général, les effets de grand équipement, sont des objets à la charge des corps, et il convient que les achats de cette espèce d’effet, soient faits à l’avenir immédiatement par leurs conseils d’administration. Je les autorise généralement à faire venir de France les baudriers qui leur manquent. Vous pourrez leur indiquer la maison Aquard à Lyon et la maison Delpont à Paris, comme capables de leur faire cette fourniture, elles sont présumées des troupes de ce genre, et ont assuré être en mesure d’y pourvoir. Je vous salue avec une considération distinguée. Signé Dejean.
Pour copie conforme le général de division chef de l’état-major général de l’armée, signé charpentier.
Noté en marge : reçu le 9, expédié le 11 février, au général Pouchin, aux dépôts du 22e léger, 20e, 52e, 62e, 101e et 102e de ligne" (Papiers du Général Paul Grenier. XVI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 26 page 64).
Le même jour, 2 février 1807, le Général de Division Grenier écrit au Général Chef de l’Etat-major général : "Je vous adresse ci-inclus, mon cher général, les états de situations des 20e, 52e, 62e, 101e, 102e régiments de ligne et 22e régiment d’infanterie légère, aussitôt que celles des corps sous les ordres de monsieur le général Pouchin me seront parvenues, je vous les enverrai.
J’ai remis celles des mêmes corps que je devais vous envoyer les 24 à monsieur le capitaine Delaune ; je présument qu’il vous les aura envoyés" (Papiers du Général Paul Grenier. XVI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 146 page 308).
Le 4 février 1807, le Général de Division Grenier écrit au Chef de l’Etat-major général : "J’ai l’honneur de vous adresser ci-joint, mon cher général, le travail du dépôt du 102e régiment pour les hommes de ce corps, que vous avez jugé susceptible de la réforme pure et simple, et pour ceux admissibles à la solde de retraite" (Papiers du Général Paul Grenier. XVI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 146 page 309).
Le même 4 février 1807, le Général de Division Grenier écrit au Chef de l’Etat-major général : "... Les livrets des 22e d’infanterie légère, 52e de ligne, 20e, 62e, 101e et 102e ont été remis depuis le 26 du mois passé à M. Delaune pour être rectifiés ; j’ignore s’il vous les a adressés" (Papiers du Général Paul Grenier. XVI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 146 page 309).
Le 12 février 1807, le Général de Division Grenier écrit au Général de Division Chef de l’Etat-major général : "J’ai l’honneur de vous adresser ci-inclus, mon cher général, les états de situations des 20e, 52e, 62e, 101e, 102e de ligne et 22e léger à l’époque du 8 février ..." (Papiers du Général Paul Grenier. XVI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 149 page 314).
Le 14 février 1807, le Général de Division Grenier écrit au chef du 102e de Ligne (lettre type) : "Ci-joint, vous trouverez monsieur, un ordre de route pour la compagnie de carabiniers et celle de voltigeurs du 3e bataillon du 22e régiment d’infanterie légère ; veuillez je vous prie tout disposer pour que rien ne manque à ces compagnies et qu’elles soient portées au complet voulu par les ordres de S. A. I. savoir, la compagnie de carabiniers à 100 hommes au moins et celle des voltigeurs à 140. Je vous engage aussi, monsieur, à profiter du peu de temps qui vous reste pour presser l’instruction de ces compagnies, soit en les habituant à la fatigue par des promenades militaires, soit en leur faisant faire l’exercice à feu et tirer à la cible ; il sera bon encore de leur donner une notion du service de campagne en leur faisant, après les exercices et même dans les promenades militaires, établir des gardes du camp, des grandes gardes, des postes avancés, leur faire faire des patrouilles et leur dire enfin ce qu’ils auront à faire dans ces différents cas ; si par le peu de temps qui vous reste, ces jeunes gens ne sont pas parfaitement instruits, ils auront au moins une idée de ce que l’on exigera d’eux et seront moins embarrassés" (Papiers du Général Paul Grenier. XVI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 149 page 315 - Note en marge : "Pour le départ des compagnies de grenadiers et de voltigeurs, savoir ... 1 de grenadiers et 1 de voltigeurs pour le 102e ...").
Le même 14 février 1807, le Général de Division Grenier écrit au Général de Division Mainoni : "Ci-joint, mon cher général, l’itinéraire des troupes partant de Mantoue ou passant dans cette ville et son arrondissement du 18 février au 4 mars inclus. Veuillez je vous prie, donner les ordres nécessaires pour leur assurer le logement et les subsistances ..." ; suit l'itinéraire du 102e qui, partant de Mantoue, doit être à Castellaro le 25 février, Legnago le 26, Montagnana le 27 et Monselice le 28 (Papiers du Général Paul Grenier. XVI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 150 page 316).
Le 14 février 1807, le Général de Division Grenier écrit également au Général de Division Chef de l’Etat-major général : "Conformément à votre lettre du 9 de ce mois, reçue le 13, j’ai adressé, mon cher général, les ordres de départ pour les compagnies de grenadiers et de voltigeurs des 20e, 62e, 101e, 102e de ligne et 22e d’infanterie légère aux chefs de ces corps, avec injonction de porter ces compagnies au complet voulu par S. A. I. et de les fournir de tout ce qui leur est nécessaire en armements, habillements et équipements. Ces compagnies partiront aussi instruites qu’elles peuvent l’être par le peu de temps qu’elles sont organisées ; j’ai engagé encore les chefs des corps à profiter des dix jours qui leurs restent pour les habituer à la fatigue, en leur faisant faire des promenades militaires, les exercices à feu et tirer à la cible. Après chaque exercice, on leur donnera aussi sur le terrain quelques notions du service en campagne, en leur faisant établir des gardes du camp, des grandes gardes, des postes avancés, faire des patrouilles et les reconnaitre, en leur apprenant enfin ce qu’ils auront à faire dans ces différents cas. Si par ces parties de détails et le peu de temps qui leur reste, ces jeunes gens ne sont pas très instruits, ils auront au moins une idée de que l’on exigera d’eux et seront moins embarrassés" (Papiers du Général Paul Grenier. XVI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 150 page 317).
Le Général de Division Grenier écrit le 15 février 1807, au Chef de l’Etat-major général de l’Armée : "J’ai l’honneur de vous prévenir, mon cher général, que MM. Thierry et Sixe, le 1er chef de bataillon au 62e régiment, le 2e au 102e, désignés par Son Altesse Impériale pour commander les bataillons d’élite du 4e régiment de la division Duhesme, sont tous deux à l’armée de Naples. Je vous renvoie en conséquence leurs commissions ..." (Papiers du Général Paul Grenier. XVI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 82 page 179).
Le 19 février 1807, le Général de Division Grenier écrit au Général de Division Charpentier : "Je vous adresse ci-joint, mon cher général, les états de situation au 16 février des 1er, 6e, 10e, 20e, 42e, 52e, 62e, 101e, 102e régiment de ligne, des 14e, 22e et 24e légers" (Papiers du Général Paul Grenier. XVI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 83 page 181).
Le 20 février 1807, le Général de Division Grenier écrit au Général Mainoni : "Les compagnies de grenadiers et de voltigeurs des dépôts des 20e, 62e, 101e et 102e régiments de ligne, qui devaient partir le 25 courant de cette place, n’en partiront que le 26 pour aller loger à Castel d’Ario le même jour, le 27 à Legnago et le 28 à Monselice. C’est par erreur que l’on avait désigné un gite entre Legnago et Monselice puisqu’il n’y a qu’une marche de l’une de ces places à l’autre. Veuillez mon cher général, en prévenir les autorités chargées du logement et des subsistances" (Papiers du Général Paul Grenier. XVI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 83 page 181).
Le 20 février 1807 encore, le Général de Division Grenier écrit au Chef de Bataillon du 20e de ligne Pregnon : "Ci- joint, vous trouverez, M., un ordre par lequel vous êtes désigné par S. A. I. pour commander le 2e bataillon du 4e régiment de grenadiers et de voltigeurs de la division Duhesme.
Je vous préviens que ces compagnies qui devaient partir le 25 de ce mois, n’en partiront que le 26 pour aller coucher le même jour à Castel d’Ario, le 27 à Legnago et le 28 à Monselice, la journée de Montagnana étant supprimée.
Comme les compagnies de grenadiers et de voltigeurs qui doivent former votre bataillon sont celles du bataillon de réserve que vous commandez aujourd’hui et celles du 3e bataillon du 102e régiment, également en garnison à Mantoue, votre bataillon se trouvera tout formé au moment du départ, qui devra avoir lieu le 26 à 7 heures du matin. Le major du 102e recevra l’ordre d’envoyer ses deux compagnies en avant de Saint-Georges sur la route de Castel d’Ario pour l’heure indiqué, conduisez celles du 20e pour la même heure" (Papiers du Général Paul Grenier. XVI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 84 page 182).
Toujours le 20 février 1807, le Général de Division Grenier écrit aussi au Major du 102e Régiment : "Je vous préviens, monsieur, que les compagnies de grenadiers et de voltigeurs du dépôt du 102e régiment que vous commandez, qui devaient partir de Mantoue le 25 de ce mois, n’en partiront que le 26 pour aller coucher le même jour à Castel d’Ario, le 27 à Legnago et le 28 à Monselice, la journée de Montagnana étant supprimée.
Vos deux compagnies devant avec les 4 du 20e former un bataillon et le commandement de ce bataillon ayant été confié à monsieur le chef de bataillon Pregnon du 20e, il doit réunir ce bataillon le 26 à 7 heures du matin en avant de Saint-Georges sur la route de Castel d’Ario. Veuillez donner des ordres pour que vos compagnies se trouvent sur ce point à l’heure indiquée ..." (Papiers du Général Paul Grenier. XVI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 84 page 182).
Le 26 février 1807, le Général de Division Grenier écrit au Général de Division Charpentier, chef de l’Etat-major général : "J’ai l’honneur de vous adresser, mon cher général, la situation des compagnies de grenadiers et de voltigeurs des 20e, 62e, 101e et 102e régiments de ligne au moment de leur départ ; il a été impossible d’obtenir le nombre d’homme suffisants pour compléter ces compagnies. Vous verrez d’ailleurs, qu’il en est noté un assez grand nombre aux hôpitaux qui seront envoyés à leurs compagnies fur et à mesure de leur sortie ; on a encore incorporé dans ces compagnies depuis le 20 de ce mois près de deux cents conscrits, au moment même de leur arrivée, ils ont été habillés et armés" (Papiers du Général Paul Grenier. XVI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 85 page 184).
Le 27 février 1807, le Général de Division Grenier écrit au Général Charpentier chef de l’Etat-major : "J’ai l’honneur de vous adresser ci-inclus, mon cher général, les états de situation du 24 courant des 20e, 52e, 62e, 101e, 102e de ligne, et 22e régiment d’infanterie légère, aussitôt que celles des corps aux ordres de monsieur le général Pouchin me seront parvenus, je vous les ferai passer" (Papiers du Général Paul Grenier. XVI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 85 page 185).
Le 3 mars 1807, le Général de Division Grenier, Gouverneur de Mantoue, écrit "Aux commandants des Dépôts des 20e, 62e, 101e, 102e régiments de ligne : Comme dessus en ajoutant invitation de faire connaitre au gouverneur s’ils ont reçu les effets de grand équipement annoncés par sa lettre du 16 février dernier", faisant référence à d'autres ordres, adressés au Major du 9e Chasseurs : "D’après la demande qui en est faite par l’ordre du jour du 23 février dernier, monsieur le major, vous être invité à mettre au dos de la situation que vous voudrez bien désormais adresser en double expédition les 1er, 8, 16 et 24 de chaque mois à monsieur le gouverneur de Mantoue, le nombre de conscrits reçus et à renvoyer à l’époque de l’envoi de ces situations" ; et à celui du 4e de Chasseurs : "Veuillez, je vous prie, la faire établir en conséquence et à date du 1er mars, et me les adresser promptement. Les livrets d’inspection du mois ne dispensant point de l’expédition de ces états de situation par huitaine" (Papiers du Général Paul Grenier. XVI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 33 page 78).
Le 5 mars 1807, l'Aide de camp du Général de Division Grenier, Delcambre, écrit au Général Charpentier : "J’ai l’honneur de vous adresser ci-joint les états de situation au 1er mars des 20e, 52e, 62e, 101e, 102e de ligne, 4e et 9e chasseurs à cheval, toutes revêtues de l’addition voulue par l’ordre du jour de l’armée du 23 février dernier ..." (Papiers du Général Paul Grenier. XVI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 33 page 79).
Le même 5 mars 1807, l'Aide de camp du Général de Division Grenier, Delcambre, écrit également au Général Charpentier : "J’ai l’honneur de vous adresser ci-joint les livrets d’inspection de février des 14e, 22e et 23e d’infanterie légère ; 1er, 6e, 10e, 20e, 42e, 62e, 101e, 102e de ligne, 4e et 9e chasseurs à cheval. Celui du 52e de ligne n’a point été fourni à cause de son déplacement. J’espère avoir l’honneur de vous l’expédier par le prochain courrier" (Papiers du Général Paul Grenier. XVI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 33 page 79).
Le 5 mars 1807 encore, l'Aide de camp du Général de Division Grenier, Delcambre, écrit aussi au Général Charpentier : "J’ai l’honneur de vous adresser, mon cher général, l’état en triple expédition de tout ce qui est dû à la 2e compagnie du 1er bataillon de sapeurs, 4e escadron du train d’artillerie, 2e artillerie, 13e compagnie d’ouvriers, 20e, 62e, 101e, 102e régiments de ligne, 4e et 9e chasseurs à cheval, tous de la garnison" (Papiers du Général Paul Grenier. XVI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 33 page 79).
A nouveau le 5 mars 1807, le Général de Division Grenier écrit églament au Général Charpentier : "J’ai l’honneur de vous adresser ci-joint, mon cher général, les états en triple expédition de tout ce qui est du à la 2e compagnie d’artillerie, bataillon de sapeurs, 4e bataillon bis du train d’artillerie, dépôt du 2e d’artillerie à pied, à la 13e compagnie d’ouvriers, au dépôt des 20e, 62e, 101e, 102e régiments de ligne, 4e et 9e chasseurs à cheval, tous de la garnison ; aussitôt que ceux des corps sous les ordres du général Pouchin, du 22e d’infanterie légère Legnago et du 52e qui était en route me seront parvenus, je vous les enverrai" (Papiers du Général Paul Grenier. XVI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 88 page 190).
Par ailleurs, toujours le 5 mars 1807, le Général de Division Grenier écrit au commandant du dépôt du 102e de Ligne : "Ci-joint, vous trouverez, M., copie d’un décret de Sa Majesté l’Empereur, en exécution duquel doivent être réformés ou incorporés dans les pionniers tous les conscrits impropres au service dans la ligne.
Chargé par Son Altesse Impériale le vice-roi de donner les ordres nécessaires pour l’exécution de ce décret aux conseils d’administration des bataillons et escadrons stationnés dans mon arrondissement ou sous mes ordres, je joins à la copie du décret impérial les dispositions que je crois nécessaires pour son exécution et des modèles des états à fournir pour obtenir l’uniformité dans ce travail.
Avant de remplir ces états, il sera bon de me faire connaître le nombre d’hommes que vous aurez à réformer ou à incorporer afin que je puisse les classer et les voir avant de terminer le travail" (Papiers du Général Paul Grenier. XVI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 88 page 190).
Puis, encore le 5 mars 1807, le Général de Division Grenier adresse ses instructions au Général de Brigade Pouchin, "commandant les dépôts des 20e, 52e, 62e, 101e, 102e de ligne, 22e et 23e légers, 9e et 4e chasseurs à cheval.
Disposition à suivre pour l’exécution du décret de sa majesté l’empereur relatif à la réforme des conscrits non valides donné à Varsovie le 6 janvier 1807.
1e Il sera dressé dans chaque corps un état des hommes à réformer à l’appui de cet état par l’article 1er du décret ; on joindra à l’appui de cet état le certificat que le conscrit pourrait avoir apporté de son département et un certificat double des officiers de santé du corps et des officiers, sous-officiers et soldats de la compagnie s’il y a lieu, constatant l’existence des infirmités, vice de conformation ou d’organisation au départ du conscrit de son département et reconnus à son arrivée au corps.
2e Un autre état des hommes à réformer pour les cas prévus par l’article 2 avec le certificat double voulu par l’article 1er mais motivé pour ceux du remplacement.
3e Un 3e état pour les cas prévus par l’article 3 du décret.
4e Un 4e état pour les hommes qui se trouveront dans les cas prévus par l’article 4.
5e Et un 5e état pour ceux qui se trouveront dans le cas prévu par l’article 5.
Chacun de ces états, signé par le conseil d’administration sera fait en quadruple expédition signée et arrêtée par le général chargé d’opérer cette réforme, un restant au corps, deux seront adressés par lui au général chef de l’état-major général de l’armée, avec les certificats voulus par les cas prévus par les articles 1 et 2, et le 4e restera entre ses mains.
Nota : le décret du 6 janvier ne portant pas d’effet rétroactif, le 3e état pour l’article 3 portant néant, cet état sera fait d’après le modèle numéro 2 et portera pour intitulé le cas prévus par l’article du décret" (Papiers du Général Paul Grenier. XVI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 88 page 190).
Le 9 mars 1807, le Général de Division Grenier écrit au Général de Division chef de l’Etat-major général : "J’ai l’honneur de vous adresser ci-joint les états de situation au 8 mars des 20e, 52e, 62e, 101e, 102e de ligne, 22e léger et 9e régiment de chasseurs à cheval, celle des corps aux ordres de M. le général Pouchin lui ayant été retournées pour y ajouter les conscrits reçus et a renvoyer ; aussitôt qu’elles me seront parvenues, je m’empresserai de vous les faire parvenir" (Papiers du Général Paul Grenier. XVI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 90 page 194).
Le 12 mars 1807, l'Empereur écrit, depuis Osterode, au Prince Eugène : "Mon Fils, voici le printemps qui approche ; il est nécessaire de faire des changements dans vos garnisons, sans quoi toute votre armée tombera malade. Mantoue, Ferrare, Porto-Legnago, Palmanova sont des lieux malsains. Il ne faut mettre dans ces garnisons que des Italiens plus accoutumés au pays. Je vois que les dépôts ... du 102e et du 62e sont à Mantoue ; passé le mois de mai, ils sont là fort mal.
Il faut préparer un nouveau secours pour l'armée de Naples, à pouvoir lui envoyer avant la grande chaleur, indépendamment des 4,700 hommes que vous avez fait partir dernièrement. Ce secours sera composé de la manière suivante : ... un second bataillon de 960 hommes, qui sera composé de 120 hommes du 102e de ligne, 120 hommes du 101e, 240 hommes du 62e, 120 hommes du 52e, 120 hommes du 29e, 240 hommes du 20e. Un officier par régiment sera également suffisant ...
Mon intention est ... que le 2e bataillon soit réuni à Ancône le 20 avril, et se dirige également sur Naples ...
Il faut avoir soin que ces détachements soient bien armés, bien habillés et bien équipés ..." (Mémoires du Prince Eugène, t.3, page 273 ; Correspondance de Napoléon, t.14, lettre 12013 ; Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 14581).
Encore le 12 mars 1807, le Général de Division Grenier écrit au Major du 102e de ligne : "L’intention de S. A. I. le prince vice-roi est, M. le Major, qu’il ne soit fait aucun mouvement dans les dépôts qu’en vertu d’un ordre de l’état-major général ; MM. les colonels doivent s’occuper de leurs bataillons de guerre et n’ont rien à ordonner à leurs bataillons de dépôt, je vous invite donc à n’obtempérer à aucun ordre s’il ne remplit les intentions de Son Altesse Impériale" (Papiers du Général Paul Grenier. XVI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 92 page 198).
Le 12 mars 1807 encore, le Général de Division Grenier écrit au Commandant du Dépôt du 102e de Ligne : "S. A. I. passera la revue des régiments de grenadiers et voltigeurs réunis à Padoue, vers le 15 du courant, vous voudrez bien MM. faire compléter de suite ce qui manque aux grenadiers et voltigeurs du régiment que vous commandez ...
102e de ligne : grenadiers, il manque 52 sabres complets ; voltigeurs, il manque 122 sabres complets.
Dans le cas où vous n’auriez pas d’effets en magasin, vous prendrez ceux qui servent aux hommes qui sont au dépôt ; vous vous attacherez particulièrement à l’armement.
Sous aucun prétexte il ne doit rester de sapeurs au dépôt ; dans le cas où il s’en trouverait, ils auront l’ordre de partir sans délai pour les grenadiers et carabiniers ...
Pour le 102e, l’ordre pour un chirurgien pour le 4e bataillon de grenadiers" (Papiers du Général Paul Grenier. XVI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 92 page 199).
Le 25 mars 1807, l'Empereur écrit, depuis Osterode, au Prince Eugène : "Mon Fils ... De tous ces arrangements, la division Duhesme souffrira beaucoup. Voici, je pense, comme vous pouvez la former : le 8e d'infanterie légère peut former un bataillon de six compagnies, les trois autres compagnies au dépôt ; le 18e peut en former autant, le 81e autant, le 102e autant ..." (Correspondance de Napoléon, t.14, lettre 12174 ; Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 14892).
Le 19 mars 1807, Delcambre écrit au Général Charpentier : "J’ai l’honneur de vous adresser ci-joint les états de situation au 15 mars des 1er, 6e, 10e, 20e, 52e, 62e, 101e, 102e de ligne, 14e, 22e léger et 9e de chasseurs à cheval. Je joins le rapport des mouvements de la place de Mantoue du 1er au 16. La situation de la garnison de cette dernière époque, le rapport journalier du 1er au 14 de la division aux ordres de monsieur le général Pouchin et enfin en double de la situation au 1er mars du 22e régiment d’infanterie légère, laquelle s’est égarée dans le temps" (Papiers du Général Paul Grenier. XVI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 35 page 83).
Toujours le 19 mars 1807, le Général de Division Grenier écrit au Commandant du Dépôt du 102e de Ligne : "L’intention de son altesse étant, monsieur, que les compagnies de grenadiers et voltigeurs puissent subvenir à leurs plus pressants besoins, vous voudrez bien avancer aux compagnies de votre régiment réunies à Padoue le quart et l’excédent des fonds de leur masse de linge et chaussure.
Vous ferez rejoindre sans délai les sous-officiers et caporaux qui peuvent encore manquer à ces compagnies, et accélérer autant que possible l’envoi des effets qui leur sont nécessaires en armement, grand et petit équipement.
Vous adresserez dans le plus court délai une note de ce que vous aurez envoyé à ces compagnies pour les compléter tant en hommes, qu’en effets et argent.
Vous aurez soin de remplacer aussi à ces compagnies tous les hommes qui seront envoyés par le général Dutruy à votre dépôt comme incapables de soutenir les fatigues de la guerre" (Papiers du Général Paul Grenier. XVI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 93 page 201).
Le 23 mars 1807, le Général de Division Grenier écrit au Général Charpentier : "J’ai l’honneur de vous adresser, mon cher général, le travail des hommes à réformer et à envoyer dans les pionniers en exécution du décret de Sa Majesté l’Empereur en date du 6 janvier dernier, pour les corps ci-après : 9e de chasseurs, 22e régiment d’infanterie légère, 20e, 52e, 62e, 101e et 102e régiment de ligne ...
le 102e, 5 hommes pour la réforme et 4 à envoyer dans les pionniers.
Ci-joint pour chacun des hommes réformés un certificat de l’officier de santé du corps, un autre de la compagnie et tous les certificats que ces hommes avaient de leurs communes ; les motifs de leur réforme sont bien analysés et vous pouvez être assuré de leur véracité.
Un seul homme se trouvant remplaçant est dans le cas de l’article 2 (pour le 9e de chasseurs) ; j’ai également joint aux états le certificat de l’officier de santé du corps, quant à ceux envoyés aux pionniers les certificats deviennent inutiles, je les ai donc gardés pour y avoir recours au besoin ainsi que les double de ceux délivrés pour les hommes réformés ...
Vous me manderez ce que vous en pensez lorsque les hommes désignés pour les pionniers seront dans le cas de partir. Il sera nécessaire de les réunir pour les faire marcher ensemble sous escorte, sans cela la majeure partie déserterait ..." (Papiers du Général Paul Grenier. XVI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 94 page 203).
Le 26 mars 1807, Delcambre écrit au Général Charpentier : "J’ai l’honneur de vous adresser ci-joint, les états de situations au 24 mars, des 1er, 6e, 10e, 20e, 52e, 62e, 101e, 102e régiments de ligne, 14e et 22e d’infanterie légère, et 9e chasseurs à cheval" (Papiers du Général Paul Grenier. XVI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 34 page 80).
Encore le 26 mars 1807, le Général de Division Grenier écrit au Chef de l’Etat-major général : "J’ai l’honneur de vous adresser ci-joint, mon cher général, les états d’effets de campements manquant au 20e, 52e, 62e, 101e, 102e ligne, 9e de chasseurs à cheval, et partie du 2e d’artillerie à pied, 13e compagnie d’ouvriers et 2e bataillon de pontonniers, conformément à votre lettre du 16 qui ne m’est parvenue que le 21 ..." (Papiers du Général Paul Grenier. XVI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 97 page 208).
Le 27 mars 1807, le Général de Division Grenier écrit aux Commandants des Dépôts, dont celui du 102e de Ligne : "Le major du 2e régiment d’infanterie légère italien désire, MM. les commandants, avoir quelques sous-officiers et caporaux instructeurs qui puissent l’aider à instruire le grand nombre de conscrits qui lui arrivent journellement. Comme votre dépôt n’en reçoit par ou au moins, un très petit nombre cette année, j’ai pensé que vous pourriez lui fournir quelques sujets capables de remplir son but. Son intention est de les gratifier d’une augmentation de paye pareille à celle qu’ils reçoivent à votre corps, pendant tout le temps qu’ils seront employés à l’instruction des conscrits de son régiment.
Cette mesure ayant pour but l’intérêt général, je ne peux que l’approuver et vous inviter à lui fournir quelques sujets, si vous en avez.
Il n’est pas besoin de vous dire de ne choisir que des hommes capables de remplir les fonctions auxquelles ils sont momentanément appelés. Veuillez, je vous prie, me faire connaître dans le jour les noms et le nombre de ceux que vous pensez fournir" (Papiers du Général Paul Grenier. XVI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 98 page 210).
Le 28 mars 1807, le Général de Division Grenier écrit au Major du 2e Régiment d’infanterie légère italien : "J’ai, ensuite de vos désirs, M. le major, demandé aux commandants des dépôt des 101e et 102e régiments de me désigner un nombre de sous-officiers et caporaux propres à vous servir pendant quelque temps à instruire les conscrits de votre régiment. Vous trouverez ci-joint les lettres de ces MM. avec la note des sous-officiers et caporaux qu’ils peuvent fournir ; veuillez donc vous entendre avec eux pour le nombre dont vous aurez besoin et pour choisir ceux qui vous conviendront" (Papiers du Général Paul Grenier. XVI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 98 page 211).
Le 30 mars 1807, le Général de Division Grenier écrit au Général Mainoni : "Je vous prie, mon cher général, de donner ordre aux dépôts des 20e, 52e, 62e, 101e, et 102e régiments, de prendre les armes demain à 10 heures du matin et de se rendre sur la place Virgile. Ces corps devront présenter à la revue que j’en passerai tous les hommes qui appartiennent à ces dépôts, et compris dans la dernière situation qui m’a été remise.
Les chefs me présenteront une note des pertes et gains que ces corps ont faits depuis, avec le détail des hommes qui, étant de service, ne seront pas sous les armes. Vous aurez la complaisance de m’envoyer aussi l’état des hommes qui seront de service du 30 au 31 pour chacun de ces corps, afin que je puisse m’assurer, si les détails qu’ils me présentent sont exacts" (Papiers du Général Paul Grenier. XVI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 99 page 212).
Le 31 mars 1807, le Général de Division Grenier écrit au Général Chef de l’Etat-major général : "Pour remplir, mon cher général, l’objet de votre lettre du 29, relative au détachement à envoyer l’armée de Naples, je viens de passer une revue de rigueur des dépôts en garnison à Mantoue. Il en résulte que les corps en prenant presque tous les ouvriers peuvent fournir le nombre d’hommes ci-après :
20e de ligne, 2 officiers, 4 sergents, 6 caporaux, 2 tambours, 298 fusiliers, total 300. Note : dans les 2 officiers du 20e est compris 1 chef de bataillon.
52e de ligne, 1 officier, 2 sergents, 4 caporaux 74 fusiliers, total 90.
62e de ligne, 2 officiers, 4 sergents, 6 caporaux, 2 tambours, 328 fusiliers, total 340. Note : les 2 officiers du 62e appartiennent à l’armée de Naples.
101e de ligne, 1 officier, 2 sergents, 4 caporaux, 1 tambour, 53 fusiliers, total 60.
102e de ligne, 1 officier, 2 sergents, 4 caporaux, 1 tambour, 73 fusiliers, total 80.
Je suppose que le 22e légère peut fournir 1 officier, 2 sergents, 4 caporaux, 1 tambour, 83 hommes, total 90.
Le détachement sera composé de 8 officiers, 16 sergents, 28 caporaux, 7 tambours, 909 fusiliers, total 960.
Vous remarquerez, mon cher général, que j’ai laissé les officiers en dehors et que j’ai complété le nombre de 960 hommes avec les tambours que vous pourrez ensuite défalquer, si vous le jugez à propos.
J’ai adressé par ordonnance expresse l’ordre au major du 22e d’infanterie légère à Legnago, de tout disposer pour faire partir au 1er avril un détachement d’un officier, 2 sergents, 4 caporaux et 113 chasseurs, mais vous ne devez pas compter sur plus de 90 hommes, ce corps étant pour sa force dans les mêmes proportions que 101e et 102e ; aussi ai-je beaucoup forcé sur les 20e et 62e pour obtenir le nombre d’hommes que vous me demandez. Si la lettre que vous annoncez m’avoir adressée le … ne m’était parvenue, j’aurais été à même de vous envoyer par l’officier d’état-major le nombre exact des hommes que ce régiment pourra fournir, mais je ne peux en être instruit que cette nuit ou demain matin, n’ayant antérieurement à votre dernière rien reçu qui soit relatif à ce mouvement. Vous pourrez laisser dans l’ordre de départ du 22e le nombre d’hommes en blanc, je le remplirai après la réponse que je recevrai du major, et vous en donnerai avis.
Les détachements seront armés, habillés et équipés, mais tous ne peuvent être coiffés, ce qui au reste est peu important puisque je suis instruit que les chefs de corps à l’armée de Naples peuvent se procurer facilement des coiffures dans le pays moyennant de l’argent qu’on leur envoie du dépôt.
J’ai dû pour obtenir le nombre d’hommes que je vous présente comprendre presque tous les ouvriers, les chefs de corps se désolent mais ils doivent obéir ; si vous pouvez diminuer pour les 52e, 101e et 102e les détachements de 10 à 12 hommes chaque sans augmenter les autres où j’ai également tout pris, ils vous en auront beaucoup d’obligations" (Papiers du Général Paul Grenier. XVI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 99 page 213).
Le 1er avril 1807, le Général de Division Grenier écrit au Commandant des du 62e de Ligne : "Ensuite des dispositions ordonnées par S. A. I. le prince vice-roi, le dépôt que vous commandez, M., doit envoyer incessamment un détachement à l’armée de Naples pour rejoindre vos bataillons de guerre ; ce détachement sera composé comme il suit (chaque corps comme il est porté ci-contre à la lettre au chef de l’état-major général daté du 31 mars).
Veuillez, M. le …, tout disposer pour que ce détachement puisse se mettre en marche au premier avis, que son habillement, équipement et armement soit au complet, et qu’il ne soit composé que d’hommes valides, dussiez-vous, en cas exceptionnel, fournir vos ouvriers" (Papiers du Général Paul Grenier. XVI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 100 page 214).
Le même 1er avril 1807, le Général de Division Grenier écrit aussi à M. le Major du 102e de Ligne : "Le chef de l’état-major général de l’armée me mande, monsieur le major, qu’il manque à la compagnie de grenadiers et à celle de voltigeurs de votre régiment ensemble 230 sacs à toile dus aux hommes de nouvelle levée comme effet de première mise. Veuillez prendre les mesures nécessaires pour les leur faire parvenir comme aussi les épaulettes et pompons qui peuvent leur manquer" (Papiers du Général Paul Grenier. XVI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 100 page 215).
Le 2 avril 1807, le Général de Division Grenier écrit au Chef de l’Etat-major général : "Je vous ai mandé, mon cher général, par ma lettre du 31 avoir mis de la rigueur dans la répartition que j’ai faite aux différents corps pour les 960 hommes qui doivent se rendre à l’armée de Naples ; je vous ai dit que j’y avais compris tous les ouvriers et c’est la vérité, mais j’ai oublié de vous dire que j’y avais compris aussi tous les hommes revenus depuis quelque temps de l’armée de Naples et des voltigeurs. Les chefs des corps m’observent, avec raison, que si ces hommes avaient été propre au service, ils n’eussent pas été renvoyés au dépôt, que tous entreront aux hôpitaux à la première étape, et qu’alors le détachement éprouverait beaucoup de pertes en route ; il sera donc nécessaire s’il en est temps encore de réduire ce détachement au nombre ci-après.
22e léger : 1 officier, 2 sous-officiers, 4 caporaux, 1 tambour, 73 hommes, total 80. Note : C’est tout ce que peut fournir ce régiment à la rigueur.
20e de ligne : 2 officiers, 4 sous-officiers, 6 caporaux, 2 tambours, 248 fusiliers, total 260. Note : dont 1 chef de bataillon.
62e de ligne : 2 officiers, 4 sous-officiers, 6 caporaux, 2 tambours, 308 fusiliers, total 320. Note : les officiers appartiennent à l’armée de Naples.
52e de ligne : 1 officier, 2 sous-officiers, 4 caporaux, 64 fusiliers, total 70.
101e de ligne : 1 officier, 2 sous-officiers, 4 caporaux, 1 tambour, 47 fusiliers, total 54.
102e de ligne : 1 officier, 2 sous-officiers, 4 caporaux, 1 tambour, 43 fusiliers, total 50.
Totaux : 8 officiers, 16 sous-officiers, 28 caporaux, 7 tambours, 783 fusiliers, total 834.
J’avais encore l’espoir de voir arriver avant l’époque du départ quelques conscrits, mais les corps ont presque tous reçu, et ont en partie complété les voltigeurs au nombre de 140 hommes.
Ps. Je reçois à l’instant votre lettre du 28 relative à ce mouvement, elle me vient par Bologne, le départ du détachement étant fixée au 12, je pourrai peut-être le compléter d’ici à cette époque, comme je vous l’ai mandé par ma première, mais il faudrait pour cela que vous laissassiez le nombre en blanc dans les ordres de départ pour chaque détachement" (Papiers du Général Paul Grenier. XVI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 101 page 216).
Le même 2 avril 1807, le Général de Division Grenier écrit encore au Chef de l’Etat-major général : "J’ai fait connaître, mon cher général, aux commandants des dépôts des 20e, 62e, 101e et 102e les différents objets qu’ils doivent envoyer aux grenadiers et voltigeurs à Padoue, ensuite de votre lettre du 28 mars. Je vous avoue que je regarde les demandes de MM. les commandants des régiments de grenadiers et voltigeurs, si souvent réitérées, comme indiscrètes ; puisqu’ils connaissent mieux que personne la situation des finances des corps, ils devraient se contenter du nécessaire et ne pas écraser les dépôts. Vous verrez par l’un des états que je me suis fait remettre, il y a quelques jours, combien les dépôts ont déjà fait pour ces compagnies ; tous sont à peu près dans le même cas et toutes ces compagnies redoivent.
Les grenadiers et voltigeurs du 20e ont reçu à leur départ 48 sacs qui sont suffisants pour les distributions, les autres corps dans les mêmes proportions. La loi en accorde à la vérité un à chaque soldat comme effet de première mise, mais jusqu’à présent il en a été peu délivré et ceux qui l’ont été sont en pure perte, les soldats les vendent ou les perdent, et ce serait un surcroît de dépenses pour les masses générales qui sont très obérées, vu le peu de fonds que le gouvernement fait passer aux corps qui, comme vous le savez, sont très endettés et qui n’ont pu habiller leurs soldats qu’en faisant des efforts extraordinaires.
Les 144 bonnets d’oursin que l’on demande au 20e appartiennent aux compagnies de grenadiers des bataillons de guerre ; en les envoyant aux grenadiers à Padoue, on en privera ses premières compagnies sans pouvoir compléter celle de Padoue puisqu’il leur manquerait encore 46. Il vaut donc mieux que ces compagnies conservent leurs chapeaux jusqu’à ce que l’on puisse leur envoyer les shakos au complet. Si cependant l’intention de S. A. I. est que ces bonnets soient distribués et que les sacs à toile pour tous les corps soient fournis au complet, veuillez m’en écrire afin que j’en intime l’ordre obligatoire à tous les corps.
Plusieurs commandants des régiments de grenadiers ou voltigeurs renvoient aux dépôts des hommes qu’ils disent ne pas être propres aux compagnies sous leurs ordres ; aucun officier général ne signe ces renvois, il en résulte des mutations continuelles qui entraînent des frais et qui exigent des remplacements, et ce pour satisfaire quelquefois les caprices d’un individu ; veuillez, mon cher général, leur défendre ces sortes de mouvement et les prévenir que les dépôts ont reçu l’ordre de ne remplacer à ces compagnies que les hommes qui leur seraient envoyés ensuite d’une revue passée par un officier général, qui devra signer l’ordre du renvoi" (Papiers du Général Paul Grenier. XVI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 101 page 217).
Le 3 avril 1807, le Général Grenier écrit au Général Chef de l’Etat-major général : "J’ai l’honneur de vous adresser ci-joint les livrets d’inspection du mois de mars des 9e chasseurs à cheval, 14e et 22e d’infanterie légère, 1er, 6e, 10e, 20e, 52e, 62e, 101e, 102e régiments de ligne. J’y joint le rapport journalier du 14 au 28 mars de la division aux ordres de M. le général Pouchin, celui des mouvements survenus dans la place de Mantoue du 16 au 31 mars, et enfin ceux de la place de Ferrare" (Papiers du Général Paul Grenier. XVI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 34 page 80).
Le 7 avril 1807, Delcambre écrit au Major du 102e Régiment : "J’ai l’honneur de vous adresser ci-joint, M. le Major, un ordre de départ pour un armurier de votre régiment qui doit se rendre sans délai à Padoue ; veuillez je vous prie le remplir de ses noms et grades et les faire connaître à M. le gouverneur ainsi que l’époque de son départ, afin qu’il puisse en instruire le chef de l’état-major général de l’armée" (Papiers du Général Paul Grenier. XVI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 34 page 80).
Le même 7 avril 1807, le Général de Division Grenier écrit également au Général Mainoni : "J’ai l’honneur de vous prévenir, mon cher général, qu’il partira le 12 de ce mois un détachement de la garnison pour se rendre à l’armée de Naples composé ainsi qu’il suit.
286 du 20e de ligne : 2 officiers compris le chef de bataillon, 2 sergents, 4 caporaux, 2 tambours, 276 fusiliers.
74 du 52e de ligne : 1 officier, 2 sergents, 4 caporaux, 67 fusiliers.
360 du 62e de ligne : 2 officiers, 6 sergents, 8 caporaux, 2 tambours, 342 fusiliers.
61 du 101e de ligne : 1 officier, 2 sergents, 4 caporaux, 1 tambour, 53 fusiliers.
54 du 102e de ligne : 1 officier, 2 sergents, 4 caporaux, 1 tambour, 46 fusiliers.
Le chef de bataillon Maury prendra le commandement de ces détachements réunis pour les conduire à leur destination, chaque homme devra être pourvu de 20 cartouches.
Je vous préviens aussi qu’un détachement du 22e d’infanterie légère fort de 80 hommes arrivera le 10 de ce mois à Mantoue, y séjournera le 11 et en partira le 12, comme faisant partie du détachement que doit commander M. Maury. Je vous prie de vouloir bien vous assurer lors de son arrivée s’il est muni des 20 cartouches par homme et dans le cas contraire de leur en faire délivrer, comme aussi de prévenir le commandant de ce détachement qu’à dater du 12, il se trouvera sous les ordres de M. le chef de bataillon Maury qui lui fera connaître l’heure du départ et le lieu du rendez-vous.
Veuillez aussi, mon cher général, prévenir de ce mouvement le sous inspecteur aux revues et le commissaire des guerres, et donner les ordres nécessaires pour le logement et la subsistance de cette troupe à Mantoue, sans Benedetto, Carpi et Modène" (Papiers du Général Paul Grenier. XVI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 103 page 221).
Encore le 7 avril 1807, le Général de Division Grenier écrit par ailleurs au Chef de Bataillon Maury : "J’ai l’honneur de vous adresser ci-joint, monsieur, l’ordre général du départ des différents détachement de la garnison que vous êtes chargé de conduire à l’armée de Naples. Le détachement du 22e d’infanterie légère qui en fait partie arrivera le 10 de ce mois dans cette classe, y séjournera le 11 et se trouvera comme les autres détachements à dater du 12 sous vos ordres. Les différents chefs de corps sont prévenus que vous fixerez l’heure du départ de cette place et le lieu du rendez-vous. Vous aurez donc à vous entendre avec eux à ce sujet.
Veuillez remettre à votre arrivée à Ancône la lettre ci-incluse au général Tisson ; elle est relative à différents changements que j’ai été obligé de faire dans la composition de ces détachements, mais le nombre d’hommes fixé par le chef de l’état-major général de l’armée, et dont sans doute il aura eu connaissance, existe tel qu’il doit être" (Papiers du Général Paul Grenier. XVI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 104 page 222).
Puis, toujours le 7 avril 1807, le Général de Division Grenier écrit ensuite au Général Tisson à Ancône : "Le chef de l’état-major de l’armée vous sera sans doute donné connaissance, monsieur le général, du détachement de cette garnison destinée à se rendre à Ancône pour y recevoir de vous des ordres ultérieurs.
Ce détachement se compose avec celui du 22e d’infanterie légère, officiers compris, de 915 hommes. Je ferai partir le 12 ce nombre d’hommes et vous trouverez quelques différences dans sa composition, ayant été obligé d’en prendre un plus grand nombre dans un corps pour compenser ce qu’un autre pouvait fournir en moins ; le résultat est le même puisque le détachement existe en son entier, mais j’ai dû vous en donner avis afin que vous ne soyez pas induit en erreur. J’en préviens également le chef de l’état-major général de l’armée" (Papiers du Général Paul Grenier. XVI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 104 page 222).
Le 7 avril 1807 encore, le Général de Division Grenier écrit églament au Commandant du 102e de Ligne : "Les détachements que doivent fournir le … régiment pour l’armée de Naples est décidément fixé, monsieur … au nombre ci-après.
20e de ligne : 2 officiers, 2 sergents, 4 caporaux, 2 tambours, 276 fusiliers, total 286.
52e de ligne : 1 officier, 2 sergents, 4 caporaux, 67 fusiliers, total 74.
62e de ligne : 2 officiers, 6 sergents, 8 caporaux, 2 tambours, 342 fusiliers, total 360.
101e de ligne : 1 officier, 2 sergents, 4 caporaux, 1 tambour, 53 fusiliers, total 61.
102e de ligne : 1 officier, 2 sergents, 4 caporaux, 1 tambour, 46 fusiliers, total 54.
Vous voudrez bien donner tous vos soins à ce que ce détachement soit bien armé, habillé, équipé et pourvu de 20 cartouches par chaque homme, ce détachement partira le 12 de ce mois et sera du jour de son départ sous les ordres de M. Maury, chef de bataillon au 20e régiment, chargé de conduire ces détachements à leur destination ; il recevra en conséquence l’ordre de route pour tous les détachements de la garnison et fixera l’heure de départ et le lieu de rendez-vous" (Papiers du Général Paul Grenier. XVI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 104 page 222).
Enfin, le 7 avril 1807, le Général de Division Grenier écrit pour finir au Chef de l’Etat-major général :
"J’ai reçu, mon cher général, votre lettre du 2 de ce mois avec l’ordre de départ pour l’armée de Naples des différents détachements de la garnison. Ils partiront comme vous l’avez fixé le 12 de ce mois et complèteront le nombre d’hommes que vous avez demandés, à quelques changements près que j’ai été obligés de faire et que l’arrivée d’un petit détachement de conscrits m’a permis ; sans quoi j’aurais été fort embarrassé, ayant compris dans mon premier travail beaucoup d’hommes qui revenaient depuis peu de l’armée de Naples et que je croyais bien portants et capables de faire route. Le détachement sera composé ainsi qu’il suit.
22e d’infanterie légère : 1 officier, 2 sergents, 4 caporaux, 1 tambour, 72 fusiliers, total 80.
20e de ligne : 2 officiers, 2 sergents, 4 caporaux, 2 tambours, 276 fusiliers, total 286.
52e de ligne : 1 officier, 2 sergents, 4 caporaux, 67 fusiliers, total 74.
62e de ligne : 2 officiers, 6 sergents, 8 caporaux, 2 tambours, 342 fusiliers, total 360.
101e de ligne : 1 officier, 2 sergents, 4 caporaux, 1 tambour, 53 fusiliers, total 61.
102e de ligne : 1 officier, 2 sergents, 4 caporaux, 1 tambour, 46 fusiliers, total 54.
Ce qui donne en officiers, sous-officiers et soldats le nombre total de 915 hommes, portés dans votre tableau du 2 et dans l’ordre de départ que j’ai été obligé de changer. J’en donne avis au général Tisson à Ancône afin que cette différence dans la composition de ces détachements ne l’induise pas en erreur puisqu’en résultat, le nombre d’hommes est le même" (Papiers du Général Paul Grenier. XVI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 104 page 223).
Le 9 avril 1807, Delcambre écrit au Commandant du 102e Régiment : "J’ai l’honneur de vous adresser ci-joint, M. un ordre de départ pour un armurier de votre régiment qui doit se rendre sans délai à Padoue. Veuillez je vous prie le remplir de ses noms et grades et les faire connaître à M. le gouverneur, ainsi que l’époque de son départ, afin qu’il puisse en instruire le chef de l’état-major général de l’armée" (Papiers du Général Paul Grenier. XVI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 34 page 80).
Le 13 avril 1807, le Général de Division Grenier écrit au Général Charpentier : "J’ai l’honneur de vous prévenir, mon cher général, qu’en suite de votre lettre du 2 courant, j’ai ordonné qu’il soit envoyé à Padoue à la disposition du général Duhesme quatre armuriers. Ci-dessous, les noms des hommes désignés ...
102e de ligne, J. B. Gourdon, parti le 9" (Papiers du Général Paul Grenier. XVI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 105 page 225).
Le 17 avril 1807, le Général de Division Grenier écrit au Général Mainoni : "Je vous préviens, mon cher général, que les dépôts partis le 12 de ce mois pour l’armée de Naples rentrent aujourd’hui à Mantoue dans leurs corps respectifs ..." (Papiers du Général Paul Grenier. XVI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 106 page 227).
Le 4 mai 1807, Delcambre écrit au Général Chef de l’Etat-major général : "J’ai l’honneur de vous adresser ci-joint, les livrets d’inspection du mois d’avril des 9e chasseurs à cheval, 14e et 22e d’infanterie légère, 1er, 6e, 10e, 20e, 52e, 62e, 101e et 102e de ligne" (Papiers du Général Paul Grenier. XVI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 34 page 81).
Le même 4 mai 1807, le Général de Division Grenier écrit au Chef de l’Etat-major général : "J’ai l’honneur de vous adresser ci-joint, mon cher général, un état des douze caporaux désignés susceptibles de remplir les intentions de S. A. I. Le 20e régiment n’ayant sujet capable j’en ai désigné huit au 62e et 2 à chacun des 101e et 102e de ligne, afin de compléter le nombre voulu par votre lettre ..." (Papiers du Général Paul Grenier. XVI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 111 page 236).
Le 18 mai 1807, le Général de Division Grenier écrit de Mantoue, au Général Charpentier, chef de l’Etat-major général de l’armée d’Italie, à Milan : "Le seul cadre des voltigeurs du 3e bataillon du 101e régiment, mon cher général, est rentré des bataillons de guerre, celui des grenadiers n’a pu rentrer puisque la compagnie est passée en totalité dans la garde de Sa Majesté le roi de Naples. Il n’est rentré jusqu’à présent des cadres de ces compagnies dans les 52e et 102e ; sans doute que le général Pouchin vous fera connaitre ce qui sera dans le 20e, 62e et 22e légère qui étaient déjà partis de Mantoue lorsque je reçus votre lettre du 8 mai, lui en ayant donné connaissance afin qu’il puisse les mêmes renseignements pour les corps qui étaient antérieurement sous ses ordres ; si ce général m’adresse ces renseignements, je m’empresserai de vous les transmettre" (Papiers du Général Paul Grenier. XVI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 116 page 247).
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Fig. 9 : A droite, plaque de shako en cuivre, modèle 1806, donnée par C. Blondieau. Dimensions 120 x 110 ; au centre, plaque de shako modèle 1806 - Site de B. Malvaux. Plaque faisant dsormais partie de la Collection G. Centanni; à droite, plaque vendue en 2009, hauteur 122 mm
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Fig. 10 Shakos du 102e de Ligne |
Le 29 juillet 1807, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Prince Eugène : "Mon Fils, la division que j'ai à Ancône n'est pas suffisante ; mon intention est donc qu'il y ait à Ancône, sous les ordres du général de brigade qui y commande, un corps de troupes composé conformément à l'état ci-joint. Mettez sur-le-champ ces troupes en marche pour s'y rendre ...
Je n'ai pas besoin de vous dire que le bataillon provisoire d'Ancône doit être en bon état et bien armé. Vous le réunirez à Rimini, où le général Charpentier le passera en revue, et, quand vous serez assuré qu'il est en bon état, vous le dirigerez sur Ancône, toujours comme s il se rendait à Naples.
ANNEXE
ETAT DE LA DIVISION D'ANCÔNE
... 1 bataillon provisoire des dépôts composé de :
... 1 compagnie 102e régiment de ligne ..." (Mémoires du Prince Eugène, t.3, page 372 ; Correspondance de Napoléon, t.15, lettre 12950 ; Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 16065).
En 1807, le 102e prend part également au siège de Fiume-Freddo.
Le 12 janvier 1808 à Paris, l'Empereur est informé que "M. Espert, colonel du 102e à l'armée de Naples, demande un congé de six mois"; l'Empereur répond : "Refusé cette permission" (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1912, t.3, lettre 3781).
Le 24 janvier 1808, l'Empereur écrit, depuis Paris, à Joseph Napoléon, Roi de Naples : "Mon Frère … Dans l'état de situation de votre armée au 15 décembre, qui est le dernier état que j'aie, je vois que vous avez à Naples les 29e, 52e et 102e, et que ces trois régiments peuvent vous fournir les 1,400 hommes que je demande ..." (Du Casse A. : "Mémoires et correspondance politique et militaire du roi Joseph", 1853-1854, t. 4, p. 106 ; Correspondance de Napoléon, t.16, lettre 13480 ; Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 17062).
Le Vice-Roi ayant reçut de l’Empereur le 29 mars 1808 l’ordre de présenter un projet complet d'organisation de ses troupes par Divisions, lui adresse le 6 avril 1808 un mémoire qui est approuvé dans toutes ses parties. D'après ce projet, suivi presque de point en point, l'armée du Vice-Roi en Italie se trouve composée de 9 Divisions d'infanterie et de 4 de Cavalerie.
Infanterie ...
8e division (Miollis), généraux de brigade Herbin et Dumoulin, 12 bataillons des 4es bataillons des 14e, 22e et 23e léger, 1er, 6e, 10e, 20e, 29e, 52e, 62e, 101e et 102e de ligne, à Rome et à Ancône ...
Total pour l'infanterie : 100 bataillons à 800 hommes, dont 92 français et 8 italiens ; environ 80,000 hommes ... (Mémoires du Prince Eugène, t.4, page 8).
Le 20 mai 1808, l'Empereur écrit, depuis Bayonne, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, je reçois votre lettre du 13 mai relative aux anciens et nouveaux dépôts. Je conçois que les conscrits ont été dirigés sur les nouveaux dépôts ...
Le 1er reçoit 600 hommes, ... le 102e 600 ...
Les 4 compagnies des dépôts probablement incomplètes seraient insuffisantes pour un aussi grand nombre d'hommes et il faudra qu'elles se hâtent de diriger sur les 4es bataillons en proportion des effets d'habillements de l'ancien dépôt.
Mais comme je vois qu'une partie de l'armement sera aux anciens dépôts, faites-moi connaître ce que vous aurez fait là-dessus.
Ainsi donc les majors laisseront aux anciens dépôts d'Italie la quantité de fusils et d'habillement nécessaires pour les nouveaux conscrits et tout le reste, les papiers, les cadres des compagnies de dépôt, etc., ils les dirigeront sur les nouveaux dépôts afin de les sortir une fois pour toutes de premiers embarras" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 2, lettre 1908 ; Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18000).
Le même jour, 20 mai 1808, l'Empereur écrit, depuis Bayonne, au Prince Camille Borghèse, Gouverneur général des départements au-delà des Alpes, à Turin : "Les comptes que vous me rendez, en forme d'états, doivent être en petits carnets de la grandeur de quatre à six pouces, parce qu'alors je les garde sur ma table. Il faut distinguer sur vos états de situation les conscrits de 1809. Faites-moi connaître les mouvements qui se sont opérés dans vos dépôts. Vous devez avoir dans votre gouvernement : ... à Savone, celui du 102e ... Ces dépôts sont-ils arrivés dans votre gouvernement, ou sont-ils annoncés ? Faites-vous remettre par les majors l'état des effets d'habillement qu'ils ont aux anciens dépôts, la quantité de conscrits qu'ils ont à recevoir et celle qu'ils ont déjà reçue, le nombre de conscrits de 1899 arrivés aux nouveaux dépôts et ce qui y est attendu. Vous donnerez l'ordre que les corps qui auraient des conscrits à leur nouveau dépôt et des effets d'habillement à l'ancien fassent marcher des conscrits, en proportion de ces effets d'habillement, sur les anciens dépôts, pour y être habillés et incorporés dans les 4es bataillons" (Correspondance de Napoléon, t.17, lettre 13942 ; Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 17998).
Enfin, toujours le 20 mai 1808, l'Empereur écrit cette fois-ci, depuis Bayonne, à Eugène, Vice-Roi d'Italie : "Mon fils, je ne vois pas dans votre état de situation du 1er mai les conscrits que chaque corps doit recevoir sur 1809. Vous ne me parlez point encore de la nouvelle organisation. Vous avez déjà dû recevoir une grande quantité de conscrits, mais ils auront été dirigés sur leurs nouveaux dépôts ... Le 1er régiment de ligne a son dépôt à Marseille, le 5e à Turin, le 10e à Plaisance, le 20e à Verceil, le 29e à Asti, le 52e à Gênes, le 102e à Savonne, le 14e léger à Turin, … et le 23e de ligne à Mondovi. Ces 12 régiments ont trois bataillons à l’armée de Naples ; les 4es bataillons restent pour former la division de Rome et dans l'emplacement actuel des dépôts, les quatre compagnies de dépôt de ces régiments se rendront dans les nouveaux emplacements. Je suppose que l'organisation commence à être établie en Italie ; alors il faudrait avoir soin de correspondre avec le prince Borghèse pour que les conscrits au fur et à mesure de leur arrivée à leurs dépôts, se dirigeassent sur les anciens pour être habillés et joindre les 4es bataillons ..." (Mémoires du Prince Eugène, t.4, page 140 ; Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18002).
Le 12 juin 1808, l'Empereur écrit, depuis Bayonne, au Prince Camille Borghèse, Gouverneur général des départements au-delà des Alpes, à Turin : "Mon cousin, je reçois l'état que vous m'envoyez des conscrits de 1809 arrivés dans les 27e et 28e divisions militaires, montant à 9500 ... Vous avez envoyé 100 hollandais au 4e bataillon du 52e et vous avez envoyé 200 hommes au 4e bataillon du 101e, autant au 4e bataillon du 102e. Toutes les dispositions que vous avez prises me paraissent très bonnes …" (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18285).
Le 23 juin 1808, l'Empereur écrit, depuis Bayonne, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "... Donnez ordre que les cadres du 3e bataillon de nouvelle formation des 1er, 29e et 52e régiments de ligne et des 22e et 23e légère rejoignent leurs 4es bataillons dans le royaume d’Italie, en complétant les deux premiers bataillons de ces régiments de tous les hommes disponibles de ces 3es bataillons. Je ne donne pas le même ordre pour les 102e, 101e et 10e de ligne, ni pour les 20e et 62e parce que ces régiments restant à deux bataillons seront portés, moyennant le versement des hommes disponibles, à près de 1680 hommes, c'est-à-dire au complet de 840 hommes par bataillon, et les régiments à 3 bataillons seront à plus de 700 hommes par bataillon. Par ce moyen l'armée d'Italie sera augmentée de 5 bataillons et l’armée de Naples sera affaiblie des cadres de cinq bataillons ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18390).
Le 7 septembre 1808 (ou le 8 septembre selon L. de Brotonne et la CGN), l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Dejean, Ministre directeur de l'Administration de la Guerre, à Paris : "Le 52e a encore à son dépôt, dans la 28e division, 80 hommes habillés en paysans ; le 67e, 15 hommes ; le 101e, 200 ; le 102e, 240 ... Cela me paraît très-abusif. Faites-moi connaître pourquoi ces hommes n'ont pas sur-le-champ des culottes et vestes d'uniforme" (Correspondance de Napoléon, t.17, lettre 14298 ; Brotonne (L. de) : « Dernières Lettres inédites de Napoléon 1er, collationnées sur les textes et publiées » ; Paris, 1903, t. 1, lettre 772 ; Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18859).
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Fig. 11 Plaque de shako du 102e de Ligne, modèle 1810 |
Fig 12 : Shako et plaque de shako modèle 1810 |
Plaque de shako du 102e de Ligne, modèle 1810 |
Le 8 septembre 1808, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Prince Camille Borghèse, Gouverneur général des départements au-delà des Alpes, à Turin : "Mon cousin, je vois avec peine qu'il y ait encore des hommes habillés en paysans dans vos dépôts. Le 101e entre autres en a 200 et le 102e 240. Prenez des mesures sur-le-champ pour que cela cesse" (Brotonne (L. de) : « Dernières Lettres inédites de Napoléon 1er, collationnées sur les textes et publiées », Paris, 1903, t. 1, lettre 773 ; Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18854).
Le 13 septembre 1808, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, donnez ordre … au dépôt du 102e idem qui est à Savone, au dépôt du 106e idem qui est à Novare, de faire partir tout ce qu’ils ont de disponible pour renforcer leurs 4es bataillons en Italie. Ces détachements se mettront également en marche au 1er octobre. Vous me ferez connaître l'augmentation qu’éprouvera l'armée d'Italie par ce renfort" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 2, lettre 2288 ; Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18898).
Le 18 septembre 1808, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, à Murat, Roi de Naples : "Mon frère, j'ai reçu la situation de l'armée de Naples au 1er septembre. J'eusse désiré connaître le nombre et le numéro des bataillons qui se trouvent avec chaque régiment ainsi que leurs moyens pour être au complet effectif de 140 hommes par compagnie.
Je vois aussi que les corps ne sont pas réunis ... Pourquoi le 102e n'a-t-il pas ses trois bataillons réunis à Naples ? ..." (Brotonne (L. de) : « Dernières Lettres inédites de Napoléon 1er, collationnées sur les textes et publiées », Paris, 1903, t. 1, lettre 779; Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18954).
Le 1er octobre 1808, l'Empereur écrit, depuis Erfurt, au Prince Camille Borghèse, Gouverneur général des départements au-delà des Alpes, à Turin : "Mon cousin, je vois par la note qui était jointe à votre lettre du 20 septembre qu'il reste en état de partir : au dépôt du 102e 87 hommes.
Si ces hommes sont habillés et armés, faites-les partir afin que les 4es bataillons soient complets ; et que les cadres retournent aux dépôts pour recevoir les nouveaux conscrits qui vont leur arriver
" (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 19006).
En 1808, le 102e prend part à l'invasion de Capri (4-17 octobre 1808).
Le 3 octobre 1808, Murat adresse ses instructions au Général Lamarque, commandant l'expédition de Capri; il lui écrit : "J'ai résolu de faire l'expédition de Capri et je vous ai désigné pour en commander les forces de terre et de mer.
D'après tous les renseignements qui me sont parvenus, l'ile n'est défendue que par 600 hommes qui, disséminés sur différents points, en rendent les accès plus faciles et diminuent les chances de l'expédition. Capri est principalement abordable dans trois endroits différents, le cap de Carena, la Grande Marine et la Marine Mulo. Après avoir examiné les obstacles que présente l'attaque sur tous ces points, la possibilité de les vaincre, raisonné et réfléchi sur le meilleur système d'opérations, j'ai résolu d'attaquer sérieusement le cap de Carena et de diriger sur ce point l'élite des forces de l'expédition, tandis que deux fausses attaques feront voile sur la Grande-Marine et la Marine Mulo. Ces mouvements bien combinés peuvent faire même de ces fausses attaques des attaques réelles ; puisque, partout, elles offriront à l'ennemi des forces supérieures. Je mets à votre disposition une frégate, une corvette, seize canonnières portant du 24 et une bombarde pour celle de la Grande-Marine, et une division de six canonnières venant de Salerne, pour celle de la Marine Mulo.
Vous aurez sous vos ordres le général Destrés et l'adjudant-commandant Thomas ; vous chargerez ces deux officiers de l'attaque du cap Carena; l'adjudant-commandant Thomas marchera en tête du convoi avec les voltigeurs du 10e régiment, ceux du 52e et les grenadiers corses ; le général Destrés soutiendra ces mouvements avec les grenadiers du 10e régiment, les grenadiers du 52e, 30 canonniers et ouvriers, 20 sapeurs et mineurs munis des outils nécessaires pour abattre un mur ou établir des retranchements, etc., etc.
Vous ferez protéger cette expédition par la frégate, la corvette et seize canonnières portant du 24. Arrivé à la pointe de Carena vous ferez établir votre ligne, embosser la frégate, la corvette et les canonnières, et ferez diriger leurs feux sur le fortin et sur le mur qui se trouve au bas de la rampe qui conduit à Anacapri ; cependant protégé par le feu de notre marine, l'adjudant-commandant Thomas débarquera et marchera sur le mur qu'il escaladera avec les échelles que vous ferez embarquer à Naples. Le fortin n'a que trois pièces de canon, le feu sera plus vraisemblablement dirigé sur la Marine, on n'aura donc que très peu à souffrir de cette batterie ; d 'ailleurs c'est un coup de main à faire et c'est à la course qu'on doit arriver au pied du mur et quelques instants doivent suffire pour le franchir. Ce premier obstacle vaincu, le fortin se trouve tourné et l'on est maître de la route d'Anacapri. Cependant la réserve commandée par le général Destrés débarque et soutient les mouvements de l'avant-garde qui marchera sur Capri et s'emparera de la batterie située au haut de la rampe ; il fera observer la tour d'Orico et s'emparera des signaux de Monte Solaro. Maitre de cette position et de la batterie de la rampe, je regarde Capri comme conquis puisqu'on domine alors les deux ports et que l'on paralyse tous les mouvements de l'ennemi.
Le débarquement opéré, le mur franchi, et maître de la route d'Anacapri, le général Lamarque devra s’occuper à se maintenir dans cette position et à y établir une forte batterie, de manière à se conserver dans tous les cas sa communication avec le continent ; il se servira pour cela de ses sapeurs ; il fera transporter l’artillerie qu'il aura débarquée à Anacapri, pour s'en servir suivant les circonstances.
Maître d'Anacapri, de la partie de la rampe et du Monte Solaro, il dirigera ses opérations ultérieures d'après les mouvements de l'ennemi et les positions des deux autres expéditions.
L'adjudant-général Chavardès commandera l’attaque de la Marine-Grande, il aura sous ses ordres les voltigeurs de la 102e, 100 carabiniers napolitains, les grenadiers italiens, ceux d'Isembourg, 15 canonniers, 15 sapeurs et mineurs auxquels on devra donner des outils. Cette expédition sera escortée par huit canonnières portant du 24 et destinées principalement à protéger son débarquement. Le général Chavardès devra chercher à aborder la côte au nord de San Costanzo, à intercepter toute communication entre Anacapri et Capri et à serrer ce dernier endroit le plus près qu'il pourra et à s'en emparer, s'il est possible. La prise de Capri le rendrait maître de toute l'ile, le château excepté. Cependant son premier soin devra être de s'établir de manière à n'avoir rien à craindre de Capri. Le débarquement du général Chavardès assurerait nécessairement celui du général Montserrat.
Vous chargerez le général Montserrat des troupes de l'expédition de la Marine Mulo. Il aura sous ses ordres les grenadiers du 102e ou fusiliers d'élite, 100 carabiniers napolitains, 120 grenadiers suisses, 10 canonniers, 10 sapeurs et 200 hommes qui partiront de Salerne. Vous lui donnerez un adjoint, un officier du génie et un d'artillerie. Six canonnières protégeront son débarquement ; parvenu à prendre terre, il cherchera à s'établir à la Chartreuse, à observer et même à s’emparer de Capri ; maître de la Chartreuse ou ayant pris terre, Tragar et St-Michel sont obligés de se rendre ; de la Chartreuse il devra chercher à communiquer avec l'adjudant-général Chavardès.
Voilà, monsieur le général, l'ensemble de l'opération pour l'attaque de Capri, ainsi combinée et mettant autant que possible l’ensemble nécessaire dans les mouvements des trois attaques, on doit et l'on peut même se promettre un résultat sûr, puisque la réussite de l’une des trois attaques assure le succès des deux autres, puisque, comme je l 'ai déjà observé, on aura partout la supériorité sur un ennemi démoralisé et qui ne saurait attendre des braves accoutumés à vaincre. Je ne vous parlerai point ici d'obstacles, les Français n'en connaissent point, et je suis persuadé que vous allez en fournir de nouvelles preuves.
Si cependant le mauvais temps vous empêchait de débarquer, ou si des forces navales supérieures se montraient avant votre débarquement, vous auriez alors la faculté de prendre la détermination que votre sagesse vous dictera pour garantir votre expédition.
Sur ce, etc.
J. M.
Des ordres de détails avaient été donnés pour les vivres et les munitions" (Le Brethon Paul : « Lettres et documents pour servir à l'histoire de Joachim Murat, 1761-1815 », Plon, 1908-1914, t. 6, p. 325, lettre 3484).
Le 21 octobre 1808, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, les deux bataillons du 52e qui sont à l'armée de Naples, les trois bataillons du 102e, qui font également partie de cette armée, faisant en tout 3 500 hommes, partiront de Naples et se rendront à Rome, où ils seront à la disposition du vice-roi ..." (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 2, lettre 2389 ; Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 19087).
Le même jour, 21 octobre 1808, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, à Eugène, Vice-Roi d'Italie : "Mon fils, vous ne m'envoyez jamais les états de mon armée italienne. Je vous ai dit bien des fois qu'il me faut ces états tous les dix jours. Envoyez-m'en un sans délai. Mon armée d’Italie doit être prête à entrer en campagne au mois de mars. Sa composition sera la suivante : ...
4e division
29e de ligne 4 bataillons
52e idem 4 bataillons
102e idem 4 bataillons
12 bataillons ...
La division composée des 102e, 52e et 29e se réunira à Ancône, dans la Romagne et à Bologne. Il ne sera dorénavant fait aucun déplacement des troupes. Tout se préparera dans le silence. Les dépôts enverront de France, du Piémont et d'Italie aux 4es bataillon tout ce qu'ils ont de disponible. On les fera exercer tout l'hiver. Vous ferez passer une revue par le général Charpentier au 1er janvier, pour faire connaître la situation de l'armée, de l'habillement, de l'instruction. Pareille revue sera passée au 1er mars" (Mémoires du Prince Eugène, t.4, page 163 ; Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 19097).
Le 26 octobre 1808, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Lacuée, Directeur général des Revues et de la Conscription : "Les légions de réserve de Metz, Versailles et Grenoble, ont trop de bataillons, d'autant plus qu’elles manquent d'officiers. Je pense que ces 600 hommes pourront leur être donnés des conscrits de 1810 et qu'ils pourraient être dirigés : ... On donnera ... ceux de Grenoble aux 22e et 23e légers, et 62e et 102e de ligne" (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 19142).
Le 28 octobre 1808, Murat écrit, depuis Portici, au Général Lamarque, Chef de l’Etat-major : "... Donnez l'ordre au 52e et au 102e régiment de se tenir prêts à marcher ..." (Le Brethon Paul : « Lettres et documents pour servir à l'histoire de Joachim Murat, 1761-1815 », Plon, 1908-1914, t. 6, p. 373, lettre 3551).
Le 29 octobre 1808, Murat écrit au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "… Autorisé par l'Empereur et par les circonstances à croire possible l'expédition de la Sicile, et persuadé qu'elle ne pourrait être tentée dans des moments plus favorables, j'ai demandé à S. M. 8 000 hommes, et cependant tous les préparatifs se poursuivent ici avec la plus grande activité et je n'attends que l'arrivée de ce renfort pour me rendre de ma personne, en Calabre ; je vous prie de solliciter ce secours auprès de l'Empereur et de me faire connaître son itinéraire, parce que je mettrai d'ici des troupes en mouvement aussitôt que j'aurai la certitude qu'elles y seront remplacées. La tranquillité parfaite qui règne dans tout mon royaume et le bon esprit de mes peuples me permettent de dégarnir momentanément les provinces de Naples et des Terres de Labour.
Une division forte d'environ 8 000 hommes est chargée de la défense de la Calabre, mais cette division est insuffisante pour l'expédition de la Sicile. Je suis donc résolu d'organiser à Cozenza une 2e division que je ferai commander par le général Reynier.
Elle sera composée des 10e, 52e, 101e, 102e et du bataillon des chasseurs des montagnes ; j'y attacherai le 1er régiment de chasseurs à cheval napolitains, avec l'artillerie nécessaire. Les 10e et 101e régiments vont se mettre en route pour cette destination ; les 52e et 102e, aussitôt que j'aurai reçu l'avis de l'arrivée des troupes que je demande à S. M. ; en attendant j'ai ordonné à mon chef d'état-major de vous communiquer les autres divers mouvements que je viens d'ordonner ...
Le 3e bataillon du 102e, qui est à Gaëta, viendra rejoindre son corps à Naples ...
Par ces dispositions je réunis des corps disséminés depuis longtemps et je forme un corps d'armée d'environ 18000 hommes pour l'expédition de la Sicile ..." (Le Brethon Paul : « Lettres et documents pour servir à l'histoire de Joachim Murat, 1761-1815 », Plon, 1908-1914, t. 6, p. 374, lettre 3553).
Le 2 novembre 1808, Murat écrit au Ministre de la Guerre en France : "Monsieur le ministre, je reçois votre lettre du 24. Les mouvements ordonnés par l'Empereur seront exécutés pour l'époque prescrite ; je dois néanmoins vous observer que je ne pourrai diriger sur Rome que le 102e régiment d'infanterie légère (sic), parce que le 5e régiment de ligne ne se trouve pas à cette armée. Si vous aviez voulu entendre parler du 52e, veuillez me le faire connaître, je pourrais recevoir à temps une nouvelle décision de l'Empereur pour l'exécution de ses ordres avant le 1er décembre ; quant aux 25e et 26e régiments de cavalerie qui doivent sortir de mon royaume, je fais partir pour la Calabre et pour la Pouille, pour les relever, les 4e et 9e de chasseurs à cheval, et comme ces régiments ne pourront abandonner leur garnison respective qu'après avoir été remplacés, je crains qu'ils ne puissent être arrivés à leur destination que du 1er au 10 décembre, parce qu'ils se trouvent l'un dans le fond de la Calabre et l'autre dans la Pouille et les Abruzzes. Je charge mon chef d'état-major de vous adresser l'itinéraire de tous ces mouvements. Je ne dois pas dissimuler à l'Empereur combien je suis contrarié par la perte de ces corps, et vous le croirez facilement, parce que vous savez mon projet sur la Sicile et parce que réellement il me reste fort peu de monde dans mon royaume, mais les ordres de l'Empereur seront toujours sacrés pour moi" (Le Brethon Paul : « Lettres et documents pour servir à l'histoire de Joachim Murat, 1761-1815 », Plon, 1908-1914, t. 6, p. 384, lettre 3564).
Le 5 novembre 1808, Murat écrit, depuis Portici, au Général Lamarque : "Monsieur le chef de l'état-major, en faisant connaître ma satisfaction aux braves qui sous vos ordres ont conquis l'île de Capri, vous leur annoncerez que j'ai voulu leur en donner une preuve authentique. Vous préviendrez le colonel de la Garde royale que je donne six décorations de chevalier pour les six plus braves grenadiers qui ont fait l'expédition de Capri ; j'accorde la même récompense aux grenadiers Corses, aux carabiniers Napolitains, au 3e bataillon du 10e régiment d'infanterie ; vous les préviendrez que sur les six accordées à chaque détachement, la garde exceptée, deux sont destinées à deux officiers. J'en accorde trois aux grenadiers du 102e, trois à ceux du 52e, trois aux grenadiers Suisses, trois aux grenadiers Italiens, trois aux grenadiers du 20e, et 3 au détachement de Salerne ; une de ces trois doit être donnée à un officier de chaque détachement …" (Le Brethon Paul : « Lettres et documents pour servir à l'histoire de Joachim Murat, 1761-1815 », Plon, 1908-1914, t. 6, p. 389, lettre 3574).
Le 17 novembre 1808, l'Empereur écrit, depuis Burgos, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Ecrivez au roi des Deux-Siciles qu'il continue tous les préparatifs de l'expédition de Sicile ; que les moyens ne lui manqueront pas ; que le véritable moment est la fin de décembre ou le commencement de janvier : qu’il vous fasse connaître son plan, combien de bâtiments il a réunis, dans quel port il les réunira ; que cela ne doit pas l'empêcher de diriger sur Rome, où je les crois arrivés, le 52e et le 102e ; s'il en était autrement, envoyez-lui un ordre de route pour qu'ils s'y rendent directement ..." (Correspondance de Napoléon, t.18, lettre 14480 ; Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 19294).
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Fig. 13 Plaque de bonnet de Grenadiers du 102e de Ligne, dessin de Grammont, in La Giberne, 1903 |
Fig. 14 : Plaque de bonnet de Grenadiers, Collection particulière |
Le 19 novembre 1808, l'Empereur écrit, depuis Burgos, à Eugène, Vice-Roi d'Italie : "Mon fils, j'ai reçu votre lettre du 1er novembre. La division Serras et la division Broussier formant chacune 12 bataillons commencent à prendre figure. Les autres divisions me donnent lieu de faire les observations suivantes : pourquoi à la division Grenier, le 3e bataillons du 1er régiment de ligne n'a-t-il que 75 hommes ? Pourquoi à la division Le Marois, le 3e bataillon du 29e de ligne n'a-t-il que ce même nombre de 75 hommes ? Le 1er et le 2e bataillon du 52e, le 1er et 2e et 3e du 102e qui doivent être à Rome n’y sont pas portés ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 19331).
Le 19 novembre 1808, l'Empereur écrit, depuis Burgos, à Murat, Roi de Naples : "Mon frère, j'ai reçu votre lettre du 4. Les choses marchent grand train ici. Faîtes partir le 52e et le 102e pour Rome" (Le Brethon Paul : « Lettres et documents pour servir à l'histoire de Joachim Murat, 1761-1815 », Plon, 1908-1914, t. 6, p. 413, lettre 3608; Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 19336).
Le 20 novembre 1808, Murat écrit, depuis Portici, à Napoléon : "... J'attends toujours les ordres de votre ministre de la Guerre pour le mouvement des 52e et 102e régiments d'infanterie. Ces mouvements ne s'accorderont guère avec l'ordre que me donne Votre Majesté de menacer la Sicile par toute espèce d'opérations, et je crains surtout que celui de la Calabre n'y produise un très mauvais effet. C'était aujourd'hui, sans doute, le moment le plus favorable de chasser les Anglais de la Sicile.
J'ai la certitude que la Cour vient de faire embarquer tous ses effets et qu'il y a beaucoup de fermentation parmi le peuple. La prise de Capri a réveillé la nation ; on ne parle que de l'expédition de la Sicile ; c'est une espèce de croisade ; tout le monde veut en être. Des bataillons de gardes nationales m'adressent des pétitions pour marcher. Il est fâcheux, peut-être, que Votre Majesté ne veuille pas s'expliquer plus positivement à cet égard. On peut avoir à regretter d'avoir laissé échapper une si belle occasion ..." (Le Brethon Paul : « Lettres et documents pour servir à l'histoire de Joachim Murat, 1761-1815 », Plon, 1908-1914, t. 6, p. 415, lettre 3611).
Le 26 novembre 1808, l'Empereur écrit, depuis Aranda, au Général Clarke, Ministre de la Guerre, à Paris : "Monsieur le Général Clarke, je désire que vous ordonniez les dispositions suivantes :
1° Tenez la main à l'exécution de l'ordre que j'ai donné pour que le 52e et le 102e qui étaient à l'armée de Naples, rentrassent en Italie et fussent remplacés par les détachements que j'ai prescrits dans mon ordre ..." (Correspondance de Napoléon, t.18, lettre 14513 ; Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 19392).
Le même jour, 26 novembre 1808, l'Empereur écrit, depuis Aranda, à Eugène, Vice-Roi D'Italie : "Mon fils, le 52e et le 102e qui sont à l'armée de Naples, doivent déjà être rendu à Rome, et les 4es bataillons du 10e et du 62e doivent être en marche pour remplacer ces régiments à l'armée de Naples. Si ce mouvement n'avait pas eu lieu, écrivez-en au ministre de la Guerre, car c'est ma volonté. Vous ferez passer la revue de ces régiments et les préparerez à rendre un bon service ..." (Mémoires du Prince Eugène, t.4, page 245 ; Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 19396).
Le 1er décembre 1808, Murat écrit à Saliceti : "... Monsieur le ministre, ne faites pas payer aux 52e et 102e régiments d'infanterie et au 25e de chasseurs à cheval, les cinq premiers jours de décembre. Donnez des ordres en conséquence ..." (Le Brethon Paul : « Lettres et documents pour servir à l'histoire de Joachim Murat, 1761-1815 », Plon, 1908-1914, t. 6, p. 430, lettre 3631).
Murat écrit à l'Empereur, depuis Naples, le 1er décembre 1808 : "… Nous avons toujours en vue d'Ischia et de Capri un vaisseau, une frégate et un brick anglais et deux frégates et deux corvettes siciliennes. La tranquillité continue à être parfaite, ainsi que l'esprit public. Je ferai partir dans la huitaine, ainsi que Votre Majesté me l'ordonne, le 52e et le 102e régiments. Je suis d'autant plus fâché de leur départ qu'il serait possible que j'eusse bientôt les Anglais sur les bras. Les nouvelles reçues hier au soir et parties hier matin de Ponza nous annoncent une escadre anglaise et des troupes de débarquement dans la Méditerranée. Je désire de tout mon coeur qu'ils débarquent, parce que tout le monde paraît très disposé à bien les recevoir. Il serait bien temps qu'on leur fit perdre une fois pour toutes l'envie de venir troubler encore le continent …" (Le Brethon Paul : « Lettres et documents pour servir à l'histoire de Joachim Murat, 1761-1815 », Plon, 1908-1914, t. 6, p. 432, lettre 3633).
Le 6 décembre 1808, l'Empereur écrit, depuis Madrid, à Murat, Roi de Naples et des Deux-Siciles : "Mon frère, je reçois votre lettre du 10. Je ne conçois rien à toute ces intrigailleries italiennes ni à ces menaces d'expéditions d'Anglais en Italie. Cela est par trop bête. Mais ce qui m'étonne, c'est que vous vous croyiez autorisé par ces bruits ridicules pour ne pas exécuter mes ordres. Que le 52e et le 102e se rendent sans délai à Rome et ne retardez pas plus longtemps l'exécution des ordres que j'ai donnés à mon armée" (Brotonne (L. de) « Lettres inédites de Napoléon Ier », Paris, 1898, lettre 372; Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 19449 - Note : Lettre du 10 novembre ou du 1er décembre ?).
Le 7 décembre 1808, Murat écrit, depuis Naples, à Napoléon : "… Le 52e régiment de ligne est déjà parti depuis le 4 ; le 102e partira dans quelques jours ; le 25e de chasseurs est en route des Calabres et ne tardera pas à arriver, il suivra leurs mouvements. Je ne dois pas dissimuler à Votre Majesté que le départ de ces troupes produit un très mauvais effet et semble encourager les partisans des Anglais …" (Le Brethon Paul : « Lettres et documents pour servir à l'histoire de Joachim Murat, 1761-1815 », Plon, 1908-1914, t. 6, p. 439, lettre 3646).
Le 10 décembre 1808, Murat écrit au Général Lamarque, Chef de l’Etat-major général : "Monsieur le général, ordonnez les mouvements suivants :
... Lundi, je passerai la revue de la Garde, des compagnies d'élite, du 1er et 2e régiments d'infanterie légère, de la Tour d'Auvergne, du 20e régiment des Suisses et du 102e régiment en entier ..." (Le Brethon Paul : « Lettres et documents pour servir à l'histoire de Joachim Murat, 1761-1815 », Plon, 1908-1914, t. 6, p. 443, lettre 3652).
Le 14 décembre 1808, Murat écrit au Général Lamarque : "Monsieur le chef de l'état-major général, faites partir pour Rome le 102e régiment. Prévenez de ce départ les ministres de la Guerre de France et de Naples, les généraux Miollis et Charpentier et le commissaire général" (Le Brethon Paul : « Lettres et documents pour servir à l'histoire de Joachim Murat, 1761-1815 », Plon, 1908-1914, t. 6, p. 452, lettre 3664).
Le 18 décembre 1808, Murat écrit, depuis Naples, à Napoléon : "… Le 102e régiment de ligne est parti avant-hier pour Rome ; le 25e arrivera ici le 21 et continuera sa route pour les États Romains. Les Napolitains voient avec peine le départ de ces troupes ..." (Le Brethon Paul : « Lettres et documents pour servir à l'histoire de Joachim Murat, 1761-1815 », Plon, 1908-1914, t. 6, p. 458, lettre 3674).
Le 21 décembre 1808, Murat écrit au Colonel Dedon, commandant l’Artillerie : "Monsieur le colonel, j'ai reçu, avec votre lettre sans date, les états des armes venant de France et de celles délivrées de ma manufacture à l'armée française ; j'ai besoin que vous m'éclairiez sur un article qui m'a le plus frappé ; vous dites n'avoir donné au 102e régiment que 234 fusils neufs ; si je m'en rappelle bien, à la dernière revue, il m'a été rendu compte que ce régiment était tout armé à neuf et je m'en suis effectivement convaincu en en faisant une inspection. Je désire que vous m'adressiez un état de toutes les armes fabriquées depuis l'entrée de l'armée française, de celles qui ont été distribuées et de celles qui existent ; un 2e état de celles qui existaient, de celles qui ont été réparées, de celles qui ont été remises par les armées Française ou Napolitaine, et de celles réparées qui ont été distribuées" (Le Brethon Paul : « Lettres et documents pour servir à l'histoire de Joachim Murat, 1761-1815 », Plon, 1908-1914, t. 6, p. 462, lettre 3677).
Le 27 décembre 1808, Murat écrit, depuis Naples, à Napoléon : "… Les 52e et 102e régiments, ainsi que j'en ai déjà rendu compte à Votre Majesté, sont partis depuis longtemps et doivent être rendus à Rome ; les ordres de Votre Majesté à cet égard ont été parfaitement remplis, puisqu'ils prescrivaient ces mouvements dans le commencement du mois de décembre …" (Le Brethon Paul : « Lettres et documents pour servir à l'histoire de Joachim Murat, 1761-1815 », Plon, 1908-1914, t. 6, p. 469, lettre 3692).
En 1809, le Régiment réintègre donc les rangs de l'Armée de l'Italie.
Le 7 janvier 1809, l'Empereur écrit, depuis Valladolid, à Eugène, Vice-Roi d'Italie, à Milan : "Mon Fils ... Ecrivez au prince Borghese d'envoyer tout ce qu'il a de disponible du 112e, du 29e, du 52e et du 102e ..." (Correspondance de Napoléon, t.18, lettre 14661 ; Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 19714).
Le 8 janvier 1809, le Ministre de la Guerre du Royaume de Naples écrit au Colonels du 102e Régiment de ligne : "Je vous prie, monsieur le colonel, de m'adresser de suite la liste de tous les hommes qui ont déserté de votre régiment depuis son départ de Naples.
Plusieurs de ces déserteurs étant demeurés dans le Royaume de Naples, Sa Majesté a ordonné qu'ils fussent réunis pour être renvoyés à leur corps. Elle a également ordonné que tous les hommes qui sortiraient des hôpitaux fussent exactement dirigés sur leur régiment.
Sa Majesté a vu avec peine que ces déserteurs avaient cédé à de fausses idées et à l'espoir d'être reçus dans la garde royale, où aucun militaire français ne peut être admis sans l'autorisation de l'Empereur. Ils ont commis une faute sans doute, mais il s'en faut qu'ils soient aussi coupables que ceux qui désertent pour ne plus servir. Sa Majesté désire que vous ne fassiez pas juger les déserteurs qu'elle vous renverra et que vous ne voyez dans leur désertion qu'une erreur et non l'intention d'abandonner les Aigles de l'Empereur. Sa. Majesté espère que vous remplirez entièrement son désir" (Le Brethon Paul : « Lettres et documents pour servir à l'histoire de Joachim Murat, 1761-1815 », Plon, 1908-1914, t. 6, p. 493, lettre 3732.)
Le 10 janvier 1809, Murat écrit, de Naples, à Napoléon : "Instruit qu'après le départ des 52e et 102e régiments, quelques soldats appartenant à ces corps et restés dans les hôpitaux avaient conçu l'espoir d'entrer dans ma garde, j'ai pris de suite des mesures pour que ces militaires fussent dirigés sur leurs corps respectifs. J'adresse à Votre Majesté copie des lettres écrites en conséquence aux colonels des régiments dont il s'agit. Votre Majesté doit être bien persuadée qu'il n'entrera jamais dans ma garde aucun militaire français, sans son autorisation spéciale. Je sais que j'ai mal choisi mon temps pour demander à Votre Majesté quatre cents hommes à l'effet de la compléter" (Le Brethon Paul : « Lettres et documents pour servir à l'histoire de Joachim Murat, 1761-1815 », Plon, 1908-1914, t. 6, p. 493, lettre 3732).
Le 15 janvier 1809, l'Empereur écrit, depuis Valladolid, à Eugène Napoléon, Vice-Roi d'Italie, à Milan : "Mon Fils, les nouvelles que je reçois de tout côté me disent que l'Autriche remue ... réunissez à Padoue la division Grenier, que vous composerez de la manière suivante : le 1er, le 52e et le 102e de ligne ..." (Mémoires du Prince Eugène, t.4, page 315 ; Correspondance de Napoléon, t.18, lettre 14715 ; Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 19850).
Le 26 janvier 1809, au palais impérial des Tuileries, on soumet à l'Empereur une "Proposition d'autoriser M. Larroque, capitaine adjudant-major au 102e régiment d'infanterie, à passer au service de S. M. le roi de Naples"; ce dernier répond "Accordé" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 2, lettre 2716 - Non signée ; extraite du « Travail du ministre de la guerre avec l'Empereur, du 25 janvier 1809 »).
Dans une note datée du 5 avril 1809, le Général Grenier écrit : "Par lettre du 27 janvier dernier 1809. Le chef de l’état-major général de l’armée d’Italie a annoncé au général de division grenier que S. A. I. le prince vice-roi lui confiait le commandement d’une division composée des 1er, 52e, et 102e régiments de ligne ..." (Papiers du général Paul Grenier. V Papiers relatifs à l'armée d'Italie. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 37. Page 84).
Le 3 février 1809, on informe l'Empereur que "Le sieur D. Larroque, fourrier au 102e régiment d'infanterie de ligne, demande l'autorisation de passer dans le régiment des chasseurs vélites de la garde du roi des Deux-Siciles. Le colonel Larroque prend un vif intérêt à cette demande"; "Accordé", répond l'Empereur (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 2, lettre 2740 - Non signée ; extraite du « Travait du ministre de la guerre avec l'Empereur, du 1er février 1809 »).
Le 3 février 1809, le Général de Division Grenier écrit au Général Charpentier, Chef de l’Etat-major général de l’Armée d’Italie, à Milan : "J’ai reçu, mon cher général, votre lettre du 27 janvier dernier par laquelle vous m’annoncez que S. A. I. le prince vice-roi a dénié me confier le commandement d’une division composée des 1er, 52e, et 102e régiments de quatre bataillons chacun ; j’espère si l’occasion s’en présente justifier la confiance que S. A. I. veut bien me témoigner ...
Si vous avez des exemplaires du décret sur l’organisation de l’infanterie en cinq bataillons et de l’instruction ministérielle qui y est relative, vous m’obligerez de men adresser ; je ne connais cette organisation que par oui dire. J’aurais bien désiré que le régiment (102e) qui va à Ferrare ait pu être plus rapproché de moi, Vérone lui convenait bien mais je pense que cette ville est destinée à d’autres troupes ..." (Papiers du Général Paul Grenier. XVII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 108 page 232).
Le 5 février 1809, le Général de Division Grenier écrit au Général Pouchin, à Bologne : "J’ai reçu mon cher général votre lettre du 31 janvier dernier, vous savez combien j’aime à avoir des relations de service avec vous. Annoncez-moi je vous prie le jour de l’arrivée du 102e à Ferrare. Votre lettre me laisse douter s’il y arrivera le 17 de ce mois ..." (Papiers du Général Paul Grenier. XVII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 109 page 235).
Le 5 février 1809 justement, l'Empereur écrit, depuis Paris, à Borghèse, Gouverneur général des départements au-delà des Alpes : "Mon cousin, aussitôt que les hommes du 14e légère, du 23e, du 20e, du 6e, du 29e, du 52e, du 101e et du 102e seront habillés et armés, faites-les partir pour leurs 4es bataillons. Cela aura l’avantage que vos cadres pourront être rentrés pour recevoir la nouvelle conscription, et que ces hommes seront mieux instruits à leurs 4es bataillons" (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 19971).
Le 7 février 1809, le Général de Division Grenier écrit au Préfet du Mincio, à Mantoue : "J’ai l’honneur de vous prévenir M. Le préfet, qu’ensuite des ordres de S. A. I. le prince vice-roi, le 102e régiment de ligne fort de 2100 hommes arrivera le 20 courant à Casalmaggiore et Bozzolo pour y tenir garnison. Vous m’obligerez en invitant les podestats de ces communes à faire à l’avance les dispositions nécessaires pour l’établissement de ce corps qui, étant à quatre bataillons, doit en avoir deux à Casalmaggiore et les deux autres à Bozzolo" (Papiers du Général Paul Grenier. XVII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 111 page 238).
Le même 7 février 1809, le Général de Division Grenier écrit à l’Adjudant commandant Saint-Ange, à Mantoue : "Monsieur l’Adjudant commandant Saint-Ange préviendra le commissaire des guerres que le 102e régiment d’infanterie fort d’environ 2100 hommes composé de 4 bataillons, arrivera le 20 du courant à Casalmaggiore et Bozzolo pour rester stationné jusqu’à nouvel ordre. Il l’invitera à assurer dans ces deux endroits le logement et la subsistance de cette troupe.
2 bataillons à Casalmaggiore.
2 bataillon à Bozzolo" (Papiers du Général Paul Grenier. XVII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 111 page 238).
Le 8 février 1809, le Général de Division Grenier écrit au Général Pouchin, à Bologne : "... Comme je ne verrai le 102e régiment à Casalmaggiore et Bozzolo qu’à mon retour de Bologne, je vous prie mon cher général, de faire part au colonel de ce régiment, lors de son passage dans votre ville, des dispositions ordonnées par S. A. I. afin qu’il puisse sur-le-champ se mettre en mesure" (Papiers du Général Paul Grenier. XVII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 112 page 240).
Le même 8 février 1809, le Général de Division Grenier écrit également au Général Charpentier, à Milan : "Aussitôt après l’arrivée du 52e, je passerai, mon cher général, la revue de son armement et m’assurerai si tous les hommes sont pourvus de trois paires de souliers et de tous les effets de linge et chaussures exigés par les ordres de l’armée. J’irai voir ensuite le 1er régiment à Bologne vers le 20, et le 102e du 25 au 26 à Casalmaggiore et Bozzolo. Je ferai en sorte que ces régiments soient en bonne état lorsque S. A. I. daignera les voir. Vous aurez la complaisance de m’avertir de l’époque fixée afin que je puisse avoir l’honneur d’assister à la revue de S. A. I. Si ces corps doivent encore rester tranquilles quelque temps, je voudrais bien que S. A. I. les fit camper ; un mois réunis dans le camp de Montechiaro leur ferait plus de bien pour l’instruction et l’ensemble que 6 mois de garnison ; rigueurs de l’hiver sont à peu près passées envers le 15 mars, les plaines de Montechiaro sont ordinairement sèches et la saison belle" (Papiers du Général Paul Grenier. XVII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 112 page 240).
Toujours le 8 février 1809, le Général de Division Grenier écrit encore au Général Charpentier, à Milan : "Je pense mon cher général qu’il serait essentiel que le sous-inspecteur aux revues qui est à Vérone vint s’établir à Mantoue afin d’y surveiller les troupes composant ma division ; son éloignement, particulièrement du 102e, ne peut que nuire au service de ces troupes et confirmer des frais de voyage continuels. Voyez je vous prie s’il est possible d’opérer ce changement" (Papiers du Général Paul Grenier. XVII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 112 page 241).
Le 11 février 1809, le Général de Division Grenier écrit au Général Charpentier, à Milan : "... Par aperçu, le 52e régiment est dans la même position, il lui est dû près de 200000 francs par le royaume de Naples ; il lui manque 3000 paires de souliers, et sans moyens de faire confectionner ; je passerai la revue de ce régiment le 13 du courant ; je vous enverrai l’état de ses besoins en vous priant de les faire connaître à S. A. I. ; il est plus que probable que le 102e ne se trouvera pas en meilleur état" (Papiers du Général Paul Grenier. XVII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 112 page 242).
Le 13 février 1809, l'Empereur écrit, depuis Paris, à Borghèse, Gouverneur général des départements au-delà des Alpes : "Mon cousin ... je désirerais que vous me fissiez connaître quand le dépôt du 6e d’infanterie de ligne pourra envoyer au 4e bataillon 200 hommes ? Quand le dépôt du 20e pourra en envoyer 100 ? Quand celui du 29e pourra en envoyer 100 ? Quand celui du 112e pourra en envoyer 400, celui du 14e d’infanterie légère 100, celui du 23e d’infanterie légère 600, celui du 10e d’infanterie légère 100, celui du 52e 300, celui du 100e 400, enfin celui du 102e 300 ? Ce qui fera un total de 2400 hommes qui iraient renforcer les quatrièmes bataillons. Il faudrait que tous ces hommes bien armés, bien équipés, ayant souliers et capotes, fussent prêts à partir avant le commencement de mars. Prenez des renseignements et faites-moi connaître si tout cela peut s’exécuter avant le 1er mars ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20014).
Le 13 février 1809, l'Empereur donne l'ordre à Clarke de "compléter les douze demi-brigades du corps du général Oudinot" à l'aide de douze Bataillons de marche tirés des Dépôts. Napoléon écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la guerre : "Monsieur le général Clarke, le corps du général Oudinot, au lieu d’être partagé en trois divisions, ne le sera qu’en deux. À cet effet, la 3e demi-brigade légère et la 4e demi-brigade de ligne feront partie de la 1re division ; la 5e et la 6e demi-brigade de ligne feront partie de la 2e division. Le général Claparède commandera une de ces deux divisions. Comme il paraît que chaque corps ne pourra fournir que deux compagnies de fusiliers au grand complet, jusqu’à ce que la conscription de 1810 ait complété les cadres, chaque bataillon ne sera que de 560 hommes, chaque demi-brigade de 1 680 hommes, chaque division de 10 000 hommes, et le corps entier de 20 000 hommes. Lorsque les 5e et 6e compagnies de fusiliers pourront être envoyées, je verrai si je dois former une 3e division, ou laisser seulement le corps à deux divisions.
... Le 12e bataillon sera composé de deux compagnies du 64e, de deux du 102e, et de deux du 103e.
Ces douze bataillons de marche seront réunis du 1er au 15 mars à Strasbourg.
Vous donnerez ordre que chacune de ces compagnies soient complétées à 140 hommes.
Donnez ordre que les dépôts fournissent à chaque homme une capote et 3 paires de souliers, dont deux dans le sac et une aux pieds.
Si les dépôts ne pouvaient compléter ces compagnies, ils en enverront toujours les cadres, avec tout ce qu’ils ont de disponible, et vous ferez connaître ce qui manquerait, afin que je le fasse tirer des conscrits de ma Garde.
Vous donnerez ordre que tous les détachements de ma Garde qui doivent partir de Paris, pour porter les compagnies de grenadiers et de voltigeurs au grand complet, soient prêts à partir le 15 pour se rendre à Strasbourg. Ils seront formés en bataillons de marche. Vous prescrirez aux différents commandants de ma Garde d’en passer la revue, de n’envoyer que des hommes qui sachent faire l’exercice à feu, et de les faire habiller de l’uniforme d’infanterie légère, avec les boutons des régiments où ils doivent entrer ; on me les présentera à la parade du 16, et ils partiront le 17.
J’ai donné ordre au corps du général Oudinot de se réunir à Augsbourg.
Si le général Claparède est encore à Paris, donnez-lui l’ordre de se rendre à Strasbourg pour y attendre ces détachements, et exécuter les ordres qui lui seront donnés. Il sera chargé de mener cette colonne.
Par ce moyen, il y aura entre Strasbourg et Augsbourg de quoi compléter les 12 brigades du corps du général Oudinot, à 12 compagnies chacune, c’est-à-dire à 20 000 hommes. Comme il y aura 12 demi-brigades, il faudra 36 chefs de bataillon et adjudants-majors. Présentez-moi la nomination de ceux qui manquent, et vous les dirigerez sur Strasbourg, pour de là rejoindre le corps. Il faudra 12 majors, le corps en a huit ; c’est quatre à envoyer. Il faut 6 généraux de brigade ; faites-moi connaître ceux qu’il faudrait envoyer.
Il faut à chaque division 18 pièces de canon, c’est-à-dire 36 pour les 2 divisions. Le corps en a 18 ; faites-moi connaître la situation du parc de l’armée du Rhin, et s’il peut fournir les 18 autres pièces.
Ainsi, à la fin de mars, j’aurai au corps du général Oudinot 20 000 hommes, 36 pièces de canon avec caissons et double approvisionnement, un général de brigade d’artillerie, deux compagnies de sapeurs, une compagnie de pontonniers, un colonel du génie, trois officiers du génie, 6 000 outils attelés, 40 caissons d’infanterie, 20 par division, la division de cuirassiers Espagne, et la brigade de cavalerie légère composée de 3 régiments que j’ai attachés à ce corps. Ce qui fera un corps de près de 30 000 hommes.
Il faut qu’il y ait un commissaire des guerres par division, et deux adjoints, et les chefs de service nécessaires. L’armée du Rhin a en personnel de quoi organiser tout cela ..." (E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 2, lettre 2767 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20016).
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Fig. 17 Plaque de giberne de Chasseurs - Site de B. Malvaux |
Le même jour, 13 février 1809, l'Empereur écrit, depuis Paris, à Eugène Napoléon, Vice-Roi d'Italie, à Milan : "Mon Fils ... Il résulte des états du prince Borghese, du 15 janvier, que le 6e de ligne peut fournir 300 hommes ; ... le 102e, 300 hommes. Je ne sais pas pourquoi ces hommes ne sont pas mis en marche et ne vont pas renforcer la division Miollis, dont les cadres sont bien faibles ... Je pense que la division Miollis, qui va être considérablement accrue par les conscrits qui partent de la 27e et de la 28e division militaire, peut désormais occuper Ancône ..." (Mémoires du Prince Eugène, t.4, page 331; Correspondance de Napoléon, t.18, lettre 14773 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20024).
Enfin, toujours le 13 février 1809, au Palais des Tuileries, "On propose à Sa Majesté de nommer à l'emploi de 3e porte-aigle, au 102e régiment d'infanterie, le sieur Sellier, fusilier, qui a fait les campagnes et a été blessé en l'an X"; "Approuvé", répond l'Empereur (E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 2, lettre 2773 - Non signée; extraite du « Travail du ministre de la guerre avec l'Empereur, du 18 janvier 1809 »).
Le 18 février 1809, le Général de Division Grenier écrit à l’Adjudant-major chargé du logement pour le 102e Régiment, à Casalmaggiore : "Le podestat de Casalmaggiore m’ayant représenté monsieur, que cette commune n’était pas suffisante pour l’établissement des deux bataillons du 102e qui doivent y loger, je les autorisé tacitement de se concerter avec le colonel du régiment pour loger un bataillon à Sabbioneta qui, selon le dire du podestat, ne devait être éloigné que de 3 milles de Casalmaggiore ; mais d’après les renseignements qui me sont parvenus, Sabbioneta est une commune très pauvre où le soldat serait mal et de plus éloignée de quatre à cinq milles de Casalmaggiore. En conséquence, vous formerez l’établissements des deux bataillons à Casalmaggiore jusqu’à ce que le colonel ait eu des renseignements positifs sur la commune de Sabbioneta et soit convaincu que quelques compagnies y seraient bien sans être trop éloignées de Casalmaggiore. Vous aurez à réserver à Casalmaggiore le logement de l’officier général qui y arrivera incessamment" (Papiers du Général Paul Grenier. XVII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 115 page 246).
Le même 18 février 1809, le Général de Division Grenier écrit au Général Teste: "Le 102e régiment d’infanterie faisant monsieur le général partie de la brigade sous vos ordres, vous pourrez établir votre quartier général soit à Bozzolo, soit à Casal Maggiore, afin d’être à portée de suivre l’instruction de ce régiment. J’ai chargé le général Pouchin de faire connaitre au colonel du 102e lors de son passage à Bologne les différents ordres que S. A. I. a donnés pour accélerer le complément de toutes les parties de l’habillement, équipement et armement. Je vous prie de vous assurer de leur exécution et de voir si les compagnies lors de l’organisation du régiment en 5 bataillons ont été égalisées et si elles ont reçu autant que possible un pareil nombre de vieux soldats ; les mauvaises armes que pouvait avoir ce régiment ont du être réformées et remplacées, assurez vous si cette disposition a eu lieu et faites moi connaitre ce qui peut manquer à ce régiment pour entrer en campagne ; aussitôt que vous aurez eu la complaisance de m’instruire de ces différentes parties, j’irai voir ce régiment ; je pense que ce sera du 24 au 25 courant. Je désire que pour cette revue, le colonel fasse préparer un livret dans la forme de ceux d’inspection présentant sommairement la situation du régiment, l’état des hommes hors d’état d’entrer en campagne, le tableau de l’instruction, l’état des emplois d’officiers vacants et à quel …, la situation de l’habillement armement et équipement, tant en service qu’en magasin, et enfin la situation des finances en faisant connaitre les sommes dues et par quel gouvernement" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 2 page 15).
Le 19 février 1809, le Général de Division Grenier écrit au Général Charpentier, à Milan : "... Je pars demain matin pour Bologne, j’y resterai le 21 et serai de retour le 22, le 24 ou le 25 ; j’irai à Casal Maggiore voir le 102e régiment, je vous enverrai pour ce corps les mêmes détails comme aussi pour le 1er, quoique le général Pouchin m’aie mandé vous avoir fait connaitre la situation …" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 3 page 17).
Dans une note datée du 5 avril 1809, le Général Grenier écrit : "... Le 52e arriva ensuite d’un ordre du chef de l’état-major général le 9 février à Mantoue, et le 102e le 20 du même mois à Casal Maggiore et Bozzolo ..." (Papiers du général Paul Grenier. V Papiers relatifs à l'armée d'Italie. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 37. Page 84).
Le 24 février 1809, le Général de Division Grenier écrit au Commissaire des Guerres … (illisible) : "J’ai l’honneur de vous prévenir, M. le commissaire, que je passerai la revue du 102e de ligne stationné à Bozzolo et Casalmaggiore, dimanche 26 vers 10 heures du matin, cette revue aura lieu entre ces deux cantonnements distants l’un de l’autre de dix milles, ce qui occasionne à la troupe une marche de 5 mille pour se rendre au lieu de rassemblement et 5 autres pour rentrer. Cette considération m’a déterminé à accorder à ce régiment une double ration de vin par hommes qui devra être distribuée au lieu de la revue.
Cette double ration comptera comme simple pour le 25 et 26. Ce régiment est fort de 2200 hommes.
Veuillez donner vos ordres en conséquence" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 5 page 21).
Le 24 février 1809, le Général de Division Grenier écrit au Général Charpentier, à Milan : "Quoique le général Pouchin et moi vous ayons déjà fait connaitre, mon cher général, la situation du régiment de ligne, je ne vous en envoie pas moins un résumé sommaire de la revue que j’en ai passé le 21 de ce mois, ce mode me paraissant le plus simple et embrassant en même temps les différentes parties du service, je l’emploierai également pour le 102e que je verrai réuni le 26 du courant entre Casalmaggiore et Bozzolo. Ne manquez pas au moins de me tenir informé à l’avance du départ de S. A. de Milan et de son arrivée présumée à Mantoue" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 5 page 21).
Dans une note datée du 5 avril 1809, le Général Grenier écrit : "... Le général de division passa la revue du 52e régiment le 18 février, celle du 1er de ligne le 21 à Bologne, et celle du 102e le 26 à Rivarolo ..." (Papiers du général Paul Grenier. V Papiers relatifs à l'armée d'Italie. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 37. Page 84).
Le 26 février 1809, le Général de Division Grenier écrit au Général Teste, à Bozzolo : "En rentrant chez moi, mon cher général, j’ai trouvé une lettre du général Charpentier qui m’annonce que Son Altesse Impériale partira de Milan mardi soir et sera rendue à Bozzolo mercredi 28 à 9 heures du matin. Elle y passera en revue le 102e régiment. Veuillez en conséquence le réunir dans la journée de mardi en doublant les logements de Bozzolo et Saint-Martin. Il serait à désirer que Son Altesse Impériale puisse voir le régiment à Bozzolo même, attendu que c’est là que sont les chevaux de poste ; si cependant cela n’est pas possible, on le fera conduire en voiture jusqu’à l’emplacement que vous avez reconnu. Je vous annonce en même temps que le 1er de ligne arrivera le 7 du mois prochain à Vérone, ainsi ne formez par d’établissement trop fixe à Bozzolo puisqu’il y aura nécessairement quelques changements dans l’organisation des brigades. Je serai mercredi vers 7 heures du matin à Bozzolo" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 6 page 23).
Le 3 mars 1809, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Comte d'Hunebourg, Ministre de la Guerre, à Paris : "Monsieur le Général Clarke, je vous envoie le projet de formation d’une réserve de régiments provisoires, sur lequel je désire que vous me fassiez un rapport. Faites-moi connaître si je n'ai rien oublié et s'il y a des changements qu'il soit convenable de faire pour épargner des marches aux troupes. Enfin présentez-moi des états qui m'apprennent si les 5es bataillons pourront fournir ces quatre, trois ou deux compagnies pour concourir à ladite formation. Les 10,000 hommes de réserve que forme ma Garde sont destinés à compléter les 5es bataillons et à les mettre à même de fournir les hommes nécessaires. Il faut donc qu'une colonne des états que vous ferez dresser indique le nombre d'hommes qui leur manquera, après avoir épuisé tout leur monde ; cette colonne sera la colonne de distribution des 10,000 hommes de la Garde. Il ne vous échappera pas que, par ce moyen, j'aurai 6,000 hommes à la Rochelle, 3,000 en Bretagne, 9,000 à Paris, 5,000 au camp de Boulogne, 2,500 pour la défense de l'Escaut, 2,500 pour garder Wesel, 5,000 à Strasbourg, 2,500 à Metz et 10,000 Français en Italie; total, 45,500 hommes.
NAPOLÉON
Annexe
PROJET DE FORMATION D'UN CORPS DE RÉSERVE
1
Il sera formé une réserve de seize régiments provisoires composée des compagnies des cinquièmes bataillons qui seront complétés avec les conscrits de 1810;
2
... 2e régiment provisoire :
Le 2e régiment provisoire sera composé de 4 bataillons des 32e de ligne, 58e, 121e, 122e, chaque bataillon de 4 compagnies, chaque compagnie de 200 hommes, formant un présent sous les armes de 3 200 hommes.
... 14e régiment provisoire :
Le 14e régiment sera composé de 3 bataillons formés de la manière suivante :
1er bataillon : 2 compagnies du 5e bataillon du 52e, 2 compagnies du 5e bataillon du 101e, 2 compagnies du 5e bataillon du 102e.
Ce bataillon se réunira d’abord à Gênes, et sera prêt à se rendre à Alexandrie au 1er ordre ..." (Correspondance de Napoléon, t.18, lettre 14838 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20195).
Le 4 mars 1809, le Général de Division Grenier écrit au Général Charpentier, à Milan : "Mon intention est, mon cher général, de diriger le 4e bataillon du 1er d’infanterie légère aussitôt après son arrivée ici à Legnago pour être sous la surveillance du général Teste avec le 102e régiment.
Mandez-moi si S. A. I. autorise ce mouvement qui devient nécessaire par le peu de facilité que j’ai à loger ce bataillon ici et qu’étant à Vicence il se trouverait naturellement à sa place" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 9 page 30).
Le même 4 mars 1809, Eugène écrit, depuis Milan, à Napoléon : "Sire, j’ai l’honneur de rendre compte à Votre Majesté que je suis revenu hier de Mantoue. J’ai passé en revue les divers régiments de la division Grenier. J'ai été fort content du 102e de ligne, moins content du 1er de ligne, et très-mécontent du 52e. Tous ces trois corps, et particulièrement le 1er et·le 52e, ont besoin de toute la sollicitude de Votre Majesté. Leurs habillement et équipement sont dans un état affreux, si j'en excepte le 102e. Beaucoup de soldats n'ont que deux chemises et deux mauvaises paires de souliers ; des habits, vestes et culottes qui ont déjà dépassé leur temps ; mais il n'y a pas d'argent en caisse ni d'étoffes en magasin. J'ai trouvé dans le 52e des habits et des vestes qui, quoique à la moitié de leur temps, ont déjà besoin d'être remplacées. Dans ce même régiment, j'ai trouvé des soldats avec plus de 100 francs de masse, ayant besoin de chemises et de souliers, et n'ayant pourtant reçu, depuis six ans qu'ils sont au corps, aucun décompte en argent. Les officiers généraux qui ont eu ces corps dans leurs divisions sont bien coupables d'avoir souffert de pareils abus. Je promets à Votre Majesté d'y remédier promptement, et, dans cinq jours, tous les comptes seront réglés pour ce qui est écriture ; mais il est essentiel, pour le point de finances, que Votre Majesté veuille bien accorder à ces corps des secours extraordinaires, soit en argent, soit en effets. Une des principales causes de l'arriéré de ces régiments est l'absence de fonds où ils sont restés pendant leur séjour à l'armée de Naples. Je joins ici le relevé que j'en ai fait faire. Je connaissais leur situation depuis leur arrivée à Rome, et j'ai, en conséquence, écrit au ministre-directeur pour lui faire connaître que, quand même ces corps recevraient demain toutes les sommes qui leur sont dues, ce qui est bien loin d'être réel, avant qu'ils eussent fait des marchés et reçu des étoffes, il se passerait plusieurs mois. J'engageais donc le ministre-directeur à faire à tous ces corps revenant de l'armée de Naples (car le 29e a, dit-on, les mêmes besoins) une avance extraordinaire de fonds ou d'étoffes et de fonds pour les confectionner, et je lui proposais de retenir ces sommes à ces corps à mesure qu'il rentrerait des à-compte sur les arriérés de Naples. Il est bien instant que Votre Majesté veuille bien donner des ordres à ce sujet, et je lui réponds du zèle que je mettrai à les exécuter" (Mémoires du Prince Eugène, t.4, page 359).
Le 5 mars 1809, le Général de Division Grenier écrit au Général Charpentier, à Milan : "191 conscrits sont arrivés au 1er de ligne ; je saurai demain si les 150 que vous m’annoncez pour le 102e sont arrivés ou s’ils ont été oubliés ..." (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 10 page 32).
Dans une note datée du 5 avril 1809, le Général Grenier écrit : "... Le 102e est parti de Bozzolo le 6 mars a pour se rendre à Vicence où il est arrivé le 10 ..." (Papiers du général Paul Grenier. V Papiers relatifs à l'armée d'Italie. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 37. Page 84).
Le 13 mars 1809, Murat écrit à l'Inspecteur aux revues Ferraud : "Monsieur l'inspecteur, je vous prie de me faire connaître ce que m'ont coûté pour un mois, sur six l'un dans l'autre, les 52e, 102e régiments de ligne, 28e de dragons, 9e de chasseurs, 3e italien, 25e de chasseurs à cheval ; j'ai besoin de connaître cette dépense, afin de la diminuer du budget général du ministère de la Guerre" (Le Brethon Paul : « Lettres et documents pour servir à l'histoire de Joachim Murat, 1761-1815 », Plon, 1908-1914, t. 7, p. 83, lettre 3866).
Le 14 mars 1809, le Général de Division Grenier écrit au Général Teste, à Vicence : "La lenteur des postes et peut-être aussi leur négligence me fait apercevoir que notre correspondance s’est entièrement retardée. Les circonstances exigent que nous puissions communiquer sans ce délai ; il est essentiel d’établir une correspondance de Vérone à Vicence ; comme nous n’avons pas de cavalerie disponible et que les villages de Vérone à Vicence sont assez multipliés, je me suis déterminé à l’établir au moyen de l’infanterie et j’ai chargé le colonel Saint-Martin de prendre des postes jusqu’à Villanova ou San Bonifacio inclusivement. Vous mon cher général, établissez les pour le 102e depuis Vicence jusqu’à Parazola inclusivement, de manière à ce que chaque poste soit au plus de trois ou 4 milles l’un de l’autre. Ces postes devront avoir des petits livrets dans lesquels seront inscrites les dépêches, l’heure de l’arrivée et celle du départ ; il sera toujours donné des reçus d’un poste à l’autre, ils ne devront se charger que d’avoir des dépêches consignées , de celles du colonel du 102e et de celles du commandant de Vérone, et du colonel Saint-Martin, de celles de mon chef d’état-major, bien entendu toujours contresignées. Si d’autres dépêches leur sont remises, ils ne l’emporteront qu’au moment qu’ils auront reçu des paquets des personnes mentionnées, à moins de circonstances imprévues" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 19 page 52).
Le 16 mars 1809, Napoléon écrit, depuis Paris, à Eugène Napoléon, Vice-Roi d'Italie, à Milan : "Mon Fils ... le 102e recevra 200 hommes ...
J'ai ordonné que le briquet fût supprimé dans la compagnie de grenadiers et de voltigeurs et qu'on y substituât des outils ... Mon intention est d'étendre cette mesure à toute l'armée et de supprimer ainsi une arme aussi inutile que le briquet" (Mémoires du Prince Eugène, t.4, page 376 ; Correspondance de Napoléon, t.18, lettre 14908 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20400).
Le même jour, 17 mars 1809, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, donnez ordre au prince Borghèse de faire partir le 25 du mois 100 hommes du 29e de ligne pour Milan d'où ils rejoindront les bataillons de guerre ; de faire partir 400 hommes du 23e léger pour Florence ; de faire partir de Gênes 300 hommes du 52e pour rejoindre les bataillons de guerre à Milan ; et 200 hommes du 102e également pour Milan d'où ils rejoindront les bataillons de guerre" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 2, lettre 2959; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20414).
Le 22 mars 1809, le Général de Division Charpentier, chef de l’Etat-major général, écrit, depuis Milan, au Général de Division Grenier à Vicence : "Il est dans l’intention de son Altesse impériale, mon cher général, que le 28 du courant, les troupes de votre division commencent l’exécution du mouvement ci-après indiqué :
Le 4e bataillon du 1er régiment d’infanterie légère, qui est à Feltre, ira s’établir à Spilimbergo, sur la rive droite du Tagliamento.
Le 102e de ligne qui est à Vicence ira s’établir à Pordenone.
Le 1er de ligne qui est à Vérone occupera Sacile.
Et le 52e de ligne qui est à Bassano et Cittadella ira prendre cantonnement à Conegliano.
L’artillerie et les sapeurs iront occuper Sacile où devra pareillement se rendre le 4e escadron des Dragons Napoléon.
S. A. I. vous laisse le soin de régler vous-même la marche de ces troupes, et de faire prévenir de leur mouvement et de leur force les autorités chargées de la subsistance et du logement. Le 28 du courant, votre quartier général devra être établi à Sacile.
Comme les troupes du général Barbou doivent remplacer les vôtres dans leurs cantonnements de Cittadella, Bassano et Feltre, je vous prie de lui faire connaître l’époque à laquelle vous les aurez évacués, aussitôt que vous aurez arrêté vos itinéraires. Le général Barbou est à Trévise.
J’ai l’honneur de vous saluer avec amitié" (Papiers du général Paul Grenier. V Papiers relatifs à l'armée d'Italie. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 32. Page 74).
Cette lettre est suivie de l'annotation suivante : " ... Le 102e régiment partira de Vicence le 28, logera le même jour à Cittadella, le 29 à Cornuda, le 30 à Conegliano, destination".
Le 24 mars 1809, le Général de Division Grenier écrit, depuis Vicence, au Colonel du 102e Régiment : "Ci-joint, vous trouverez, M. le colonel, l’ordre aux officiers de santé en chef de l’hôpital militaire de Vicence, de faire la contre visite des hommes portés à l’état que vous m’avez adressé ; veuillez leur faire parvenir cet ordre et faire demander l’heure à laquelle ces hommes devront être conduits devant eux" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 20 page 54).
"Ordre à MM. les médecins chefs de l’hôpital de Vicence le 24 mars 1809.
Vu l’état des hommes du 102e régiment présenté par le colonel de ce corps sur les certificats du chirurgien major du régiment comme hors d’état de pouvoir continuer leurs services, il est ordonné à MM. les médecins et chirurgien major en chef de l’hôpital militaire de Vicence de procéder à une contre visite des blessures et infirmités de ces hommes et d’en constater l’état par des certificats ; cette visite devra avoir lieu dans la journée de demain. MM. les officiers de santé en chef en fixeront l’heure" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 21 page 55).
Toujours le 24 mars 1809, le Général de Division Grenier écrit également au Général Charpentier, à Milan : "J’ai reçu ce matin vers les 3 heures, mon cher général, votre lettre du 22 courant. Le mouvement qui m’est prescrit sera exécuté à l’époque fixée.
... le 102e [sera] le 30 mars à Conegliano....
les corps sous mes ordres ont environ 20 cartouches par homme ; je viens d’en demander au colonel Pellegrin pour les compléter à 50 ; faites en sorte que l’approvisionnement outre celles que porte le soldat, soit au moins d’un caisson de cartouches par bataillon ... Je reviens encore à la charge pour l’ambulance, les matériels et le personnel des administrations. S. A. I. doit peu compter au moins dans cette division sur le service du caisson d’ambulance attaché à chaque corps, ces caissons ne sont pas faits et ne le seront pas d’ici à 12 jours. Les régiments n’ont pas encore de chevaux et n’en trouvent pas et si le matériel des équipages des vivres n’est pas en mesure au moins de marcher, on doit craindre des désordres et des vexations même dans le royaume d’Italie jusqu’à notre sortie. Attachera-t-on un bureau de poste à la division ? Nous donnera-t-on des fourgons et des chevaux pour les trainer ? Répondez, je vous prie à ces questions d’une manière positive. Vous m’aviez promis aussi un second adjoint à l’état-major, vous tardez bien à me l’envoyer" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 21 page 56).
Le 25 mars 1809, le Général Grenier adresse une Circulaire au Colonel du 102e de ligne à Vicence : "S. A. I. voulant donner de l’avancement dans les troupes italiennes à des sous-officiers méritants des corps français, me charge, monsieur le colonel devra donner les noms de 4 sergents majors ou sergents propres à l’emploi de sous-lieutenant ; je vous prie de donner toute votre attention au choix que vous ferez et de ne désigner que des sous-officiers de bonne volonté" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 22 page 58).
Le 26 mars 1809, le Général de Division Charpentier, chef de l’état-major général, écrit depuis Milan, au Général de Division Grenier à Sacile : "Voici, mon cher général, la composition et l’emplacement de l’armée au 1er avril prochain :
3e division : Général de division Grenier à Sacile, généraux de brigade Teste, Abbé, colonel Gifflengua ; capitaine du génie Tournade.
1er d’infanterie de ligne, 52e idem, 102e idem, 4e bataillon du 1er léger, 2e compagnie du 1er bataillon de sapeurs, 13e compagnie du 2e régiment d’artillerie à pied, 3e compagnie du 4e régiment d’artillerie à cheval, à Sacile et environs ..." (Papiers du général Paul Grenier. V Papiers relatifs à l'armée d'Italie. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 34. Page 78).
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Fig. 21 Portrait d'un Chirurgien du 102e de Ligne (Catalogue B. Malvaux de 2009) |
Le 27 mars 1809, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke ... Il y a en congé onze officiers des 35e, 53e et 66e ; il y en a onze des 9e de ligne, 84e et 92e ; deux du 1er léger et des 52e et 102e ; et sept des 8e et 18e légers et des 5e, 11e et 23e de ligne et des 60e, 79e et 81e. Donnez ordre que tous ces officiers en congé rejoignent leur corps sans délai. Cela peut se mettre à l'ordre de la gendarmerie sans en faire un article de journaux" (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20563).
Le 27 mars 1809, le Général de Division Grenier, depuis Vicence, ordonne : "Monsieur Debellocy, sous-lieutenant au 102e, partira de Vicence et se rendra à Thiene, s’assurera dans cet endroit des différents chemins qui conduisent de ce point sur Roveredo et Trente, suivra celui de Schio d’où il remontera le val Malongo, passera à col pour arriver à Pieve ou Piazza et de là sur Roveredo ; si de Schio il se trouvait un autre débouché qui conduise sur Trente qui offrit plus de facilités il alors prendre cette direction. Son objet est de savoir si les routes qui conduisent de Schio à Trente ou à Roveredo sont praticables dans toutes les saisons et particulièrement dans ce moment pour l’infanterie et même s’il serait possible de faire passer des troupes à cheval. Cet officier aura attention de remarquer tous les passages, de faire des notes de ses observations et de déterminer les journées de marche et les lieux de station pour les troupes qui pourraient être dirigées sur ces points. Arrivé à Roveredo ou à Trente, monsieur Debellocy reviendra par Bassano en descendant la valle de la Brenta ; il se rendra de suite à mon quartier général à Sacile et me donnera un rapport par écrit sur le sujet de sa mission" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 22 page 58).
Le 31 mars 1809, le Général de Division Grenier écrit, depuis Sacile, Général Charpentier : "Votre lettre du 22 mars, mon cher général, par laquelle vous m’invitez au nom de Son Altesse Impériale, à envoyer reconnaitre les chemins qui conduisent de Thiene et Schio sur Roveredo ou Trente ne m’est parvenues que par le courrier du 27 à Vicence à 3 heures après-midi ; une demie heure après, j’ai fait partir un officier pour cette mission en lui donnant les renseignements qui pouvaient le diriger ; aussitôt après son retour, je vous enverrai son rapport.
Dites-moi, mon cher général, s’il ne convient pas de rembourser à l’officier qui a été chargé de cette mission, la dépense qu’il aura été dans le cas de faire en route, il me semble que l’on ne peut pas exiger qu’un officier fasse de pareilles courses à ses dépens" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 22 page 58).
Le 2 avril 1809, Murat écrit au Commissaire général d’Arcambal : "Monsieur le commissaire général, je vous prie de me faire connaître ce que coûtaient par mois les 25e, 102e, 62e et 23e légère, 3e régiment italien, 28e régiment de dragons, 9e et 25e régiments de chasseurs, le détachement de chasseurs napolitains, deux bataillons d'infanterie légère napolitaine, une compagnie de cent canonniers français, un bataillon de la Tour d'Auvergne, en un mot tous les officiers généraux sans troupes, et toutes les troupes sorties du Royaume depuis le mois d'Octobre. Vous comprendrez dans cet état généralement toute espèce de dépense relative à ces corps" (Le Brethon Paul : « Lettres et documents pour servir à l'histoire de Joachim Murat, 1761-1815 », Plon, 1908-1914, t. 7, p. 130, lettre 3945).
Dans une note datée du 5 avril 1809, le Général Grenier écrit : "... Ensuite des ordres de S. A. I. transmis par le chef de l’état-major général en date du 22 mars, la division a commencé les 27 et 28 dudit mois les mouvements suivants, savoir :
... Le 102e partie de Vicence le 28 est arrivé à Conegliano le 30 mars ..." (Papiers du général Paul Grenier. V Papiers relatifs à l'armée d'Italie. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 37. Page 84).
Le 1er avril 1809 à Sacile, le Général de Division Grenier met à l'Ordre du jour de la Division : "Les troupes de la division sont prévenues que monsieur le général Abbé y est employé dans son grade. Il prendra à dater de ce jour le commandement de la 2e brigade qui se compose provisoirement des 1er et 102e régiments de ligne et de la 13e compagnie du 2e bataillon d’artillerie à pied. La division étant encore incomplète et sa réserve n’étant pas formée, la composition des brigades subira sous peu de temps d’autres changements" (Papiers du Général Paul Grenier. XVII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 120 page 255).
Le 1er avril 1809, le Général de Division Grenier écrit au Général Charpentier : "Le général Teste ayant besoin d’un 2e aide de camp a fait choix de M. Bourgeois, lieutenant au 102e régiment, et vient d’en faire la demande à S. E. le ministre de la Guerre. Je vous prie, mon cher général, de demander à S. A. I. l’autorisation d’employer provisoirement cet officier près du général Teste, en attendant la réponse du ministre" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 24 page 61).
Le même 1er avril 1809, le Général de Division Grenier écrit encore, depuis Sacile, au Général Charpentier : "L’officier que j’ai envoyé en conformité de votre lettre du 22 mars, reconnaitre les chemins de Thiene et Schio jusqu’à Trente, vient de rentrer, mon cher général, et a rempli sa mission avec autant de diligence que de zèle puisqu’il est parti à Vicence le 27 à 4 heures du soir et arrive ici à l’instant (9 heures du matin) ; il résulte de ses observations que dans ce moment la route de Schio n’est pas praticable sur Roveredo mais bien sur Trente où il a été ; ce chemin passe de Schio à San Pietro Valastego, Pediscala et Casotto d’où il y a encore 18 milles jusqu’à Thiene passant par Lavaron. Le chemin est très mauvais mais cependant praticable à présent et en toute saison pour l’infanterie ; la cavalerie légère éprouverait plus de difficultés, elle peut néanmoins passer en mettant souvent pied à terre et conduisant les chevaux en main.
On a remarqué que l’on pouvait aller de Vicence à Trente par Thiene et Schio en 3 jours sans trop faitguer la troupe savoir : de Vicence à Schio, 15 milles ; de Schio à Pediscala et Casotto, 16 milles ; de Casotto à Trente, 18 milles.
On pourrait obtenir de soldats bon marcheurs d’aller à Trente de Vicence en deux jours, mas alors, il ne faut pas passer par Schio ; les troupes se dirigeraient de Vicence sur Pediscala directement en passant par Thiene, feraient environ 21 à 22 milles très forts et le lendemain autant pour arriver à Trente.
On observe que pour les gites des troupes, on doit employer les églises et emporter des vivres depuis Vicence jusqu’à Trente. Tout ce pays parait fort tranquille ; les autrichiens se sont rapprochés dans le Tyrol des frontières de la Bavière et s’amusent à dire des sottises" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 24 page 61).
Dans une troisime lettre, elle aussi datée de Sacile le 1er avril 1809, le Général de Division Grenier écritaussi au Général Charpentier : "Les hommes arrivés au 1er, 52e et 102e régiments dans les derniers jours de mars, sont tellement infectés de la gale, que les chefs de ces corps on dû, à leur arrivée les faire entrer de suite à l’infirmerie afin de ne pas empoisonner les compagnies ; il en résulte que ceux du 1er de ligne sont restés à Vérone au nombre de 340, environ 200 du 102e à Vicence, et 150 du 52e à Mantoue ; ces derniers rentreront à leur régiment le 4 avril, leur départ de Mantoue m’est annoncé ; ceux du 102e rejoindront le corps le 11 et ceux du 1er de ligne du 12 au 14. Si le traitement de ces hommes n’avais pas été commencé, je ne l’eus pas permis dans ce moment, mais une fois dans les remèdes il faut le laisser finir" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 24 page 62).
Le 4 avril 1809, le Général de Division Grenier écrit, depuis Sacile, au Général Charpentier : "J’ai l’honneur de vous adresser ci-joint mon cher général, le travail que j’ai fait pour les hommes du 1er de ligne incapables d’entrer en campagne ...
Je m’occupe en ce moment du travail du 52e et de celui du 102e ; aussitôt qu’il sera terminé, je vous l’enverrai" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 25 page 63).
Le même 4 avril 1809, le Général de Division Grenier écrit encore, depuis Sacile, au Général Charpentier : "Comme je vous l’ai annoncé, mon cher général, aucun des corps de ma division n’est en mesure pour les caissons qu’ils ont du se procurer ...
Le caisson du 102e est fait, mais on ne peut trouver de chevaux, même en payant au-dessus des prix alloués ...
Je vais presser autant qu’il dépendra de moi la confection des caissons et l’achat des chevaux ; il faut convenir que les sommes allouées sont bien faibles, surtout dans un moment où tous les corps doivent se pourvoir de cet attirail ; et les chefs des corps craignent que le Ministre directeur ne voudra pas leur passer ce que les caissons et les chevaux couteront en plus que le prix alloué ..." (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 25 page 64).
Toujours le 4 avril 1809, le Général de Division Grenier écrit, depuis Sacile, au Général Abbé : "Je suis informé, monsieur le général, que les 1er et 102e régiments de ligne ne sont pas encore pourvus des caissons qu’ils doivent se procurer ensuite des ordres de Son Altesse Impériale qui leur ont été transmis le 15 du mois dernier, les retards que l’on a apporté dans l’exécution de ces ordres peuvent devenir très préjudiciables au service de ces régiments. Je vous prie en conséquence d’ordonner à messieurs les colonels de ces régiments de se pourvoir d’aujourd’hui au 17 de ce mois du caisson et des chevaux et de tout l’attirail voulu par la lettre ministérielle ; ce terme est de rigueur, voulant voir moi-même ces caissons le 18" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 25 page 64).
Le même 4 avril 1809, le Général de Division Grenier écrit enfin, depuis Sacile, à S. A. I. le Prince Vice-Roi : "J’ai l’honneur de mettre sous les yeux de Votre Altesse Impériale la situation des 1er, 52e et 102e de ligne à l’époque du 1er de ce mois ..." (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 26 page 65).
Le 4 avril 1809, Murat écrit au Général Clarke : "Monsieur le ministre, je vous prie de mettre sous les yeux de l'Empereur la demande que fait madame Grandfils de recevoir à mon service son mari, sous-lieutenant au 102e régiment d'infanterie de ligne. Ayant le plus grand besoin d'officiers, je vous serai obligé d'en obtenir l'autorisation de l'Empereur" (Le Brethon Paul : « Lettres et documents pour servir à l'histoire de Joachim Murat, 1761-1815 », Plon, 1908-1914, t. 7, p. 132, lettre 3948).
Le 5 avril 1809, le Général de Division Grenier écrit, depuis Sacile, au Général Charpentier : "Vous avez du voir, mon cher général, par les états de situations qui vous ont été adressés que le 1er, 52e et 102e qui composent ma division ont encore des hommes éparpillés dans le royaume de Naples et même en Espagne ; que les 52e et 102e comprennent toujours comme absents sans congés les hommes restés dans le royaume de Naples ou désertés du corps au moment de leur départ de ce royaume ; ne conviendrait-il pas de faire cesser ces abus et d’ordonner que tous ces hommes soient rayés des contrôles. Je vous prie d’en faire la demande à Son Altesse Impériale" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 26 page 65).
Le 6 avril 1809, le Général de Division Grenier écrit, depuis Sacile, au Colonel du 102e Régiment : "Je vous prie, monsieur le colonel, de réunir le 7 à Conegliano tous les hommes de votre régiment reconnus par les certificats de contre visite hors d’état d’entrer en campagne ; je les verrai le 8 vers les 10 heures du matin et les classerait, soit pour la vétérance, soit pour la retraite ou la réforme" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 26 page 66).
Le 7 avril 1809, le Général de Division Grenier écrit, depuis Sacile, au Général Charpentier : "J’ai l’honneur de vous adresser ci-joint, mon cher général, l’état de 12 sous-officiers méritants et susceptibles d’être promus au grade de sous-lieutenant dans les troupes italiennes.
Vous verrez que conformément à votre désir, j’ai fait placer au nombre de ceux du 102e le sieur Bertrand Raoul" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 27 page 67).
Le 11 avril 1809, le Général de Division Grenier écrit, depuis Codroipo, au Général Abbé : "Mon cher général, vous voudrez bien attendre à Valvasone le 102e régiment et aussitôt son arrivée, le diriger sur la tête de pont du Tagliamento où vous lui ferez prendre les positions les plus avantageuses. Vous placerez également les 6 pièces d’artillerie de position qui font partie de votre brigade et vous réunirez à la compagnie d’artillerie celle de sapeur qui dans cette circonstance ne vous sera pas inutile.
L’objet que vous avez à remplir dans cet emplacement est de protéger les mouvements des divisions qui seront et agiront en avant de vous et d’assurer un mouvement rétrograde, s’il devient nécessaire.
Vous donnerez des ordres sévères pour que la route en avant et en arrière et sur le pont soit toujours parfaitement libre, que rien n’embarrasse les passages, et que surtout on ne laisse passer le Tagliamento pour aller vers Valvasone à aucun soldat des divisions agissantes à moins qu’il ne soit blessé, et dans ce cas, il trouvera des secours dans la tête de pont même, car je vais ordonner qu’il y soit placé un fourgon pour les 1ers appareils avec quelques voitures, autant sur la rive droite et enfin l’ambulance à Valvasone.
Je vais également donner ordre aux équipages de la division de se replier sur Pordenone afin de ne pas avoir d’embarras, je vous prie en conséquence de laisser un officier intelligent pour faire débloquer tout ce qui ne devra pas rester à Valvasone ce qui doit y sont : les équipages des vivres s’ils ont du pain, l’ambulance, les équipages du quartier général et la réserve d’artillerie ou caissons d’infanterie (cartouches), tous les équipages des corps seront renvoyés à Pordenone et devront se parquer en arrière de cette ville sans obstruer la route ; là ils attendrons de nouveaux ordres ; le 102e arrivé à la tête de pont devra y faire la soupe, je donne ordre au commissaire des guerres d’y faire conduire du vin" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 27 page 68).
Le 13 avril 1809, le Général de Division Charpentier, chef d’état-major général, écrit, depuis Valvasone, au Général de Division Grenier : "Je vous préviens, mon cher général, que S. A. I. vient d’ordonner que l’armée prendrait position sur de ligne et en arrière de la Livenza ... La division Grenier à Sacile ... Pour exécuter ce mouvement en ce qui vous concerne, mon cher général, vous partirez à une heure du matin ..." (Papiers du général Paul Grenier. V Papiers relatifs à l'armée d'Italie. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 39. Page 88).
Le même 13 avril 1809, le Général de Division Grenier, depuis Valvasone, établit l’ordre de marche suivant : "La division prendra les armes à minuit précis, on n’augmentera ni ne diminuera les deux ; la division faisant une marche en arrière marchera par sa gauche, savoir un bataillon du 102e, l’artillerie à pied, les sapeurs, le 102e, les 2 bataillons du 52e ; cette brigade commandée par le général Abbé partira de son camp à minuit ½ et se dirigera par les chemins qui sont en arrière de la brigade sur la route de Pordenone, sans traverser Valvasone ; lorsqu’elle sera arrivée, elle attendra la brigade du général Teste qui la suivra immédiatement en marchant également par la gauche et traversant la ville.
La division ainsi réunie sera mise en mouvement et dirigée sur Sacile, il sera fait une halte avant d’arriver à Pordenone afin de traverser la ville sans s’y arrêter.
La brigade aux ordres du général Pagès partira de ses cantonnements à minuit ½, se dirigera par le plus court chemin sur la route qui conduit à Pordenone, y attendra la division et la suivra immédiatement.
Le général de division indiquera à MM. les généraux de brigade Pagès, Teste et Abbé, avant qu’ils n’arrivent à Sacile, les positions que leurs brigades devront occuper.
Les caissons de cartouches d’infanterie suivront le mouvement de la compagnie d’artillerie à pied, le général Abbé est prié de s’assurer s’ils sont réunis" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 27 page 69).
Le 14 avril 1809, le Général de Division Grenier établit l’ordre d’emplacement et composition de division pour le jour même : "La division se composera aujourd’hui des troupes ci-après et sera partagée en trois brigades, savoir :
... La compagnie de sapeurs, l’artillerie à pied, 2 bataillons du 18e d’infanterie légère, 102e en entier, général Abbé.
La brigade du général Teste prendra position en arrière de San Giovanni del Tempio, appuyant sa gauche à la grande route de Sacile, et prolongeant sa droite dans la direction qui lui sera indiquée par un officier d’ordonnance du général de division ; cette brigade aura son escadron de dragons Napoléon et 2 bataillons en avant du château ou maison ruinée du village de San Giovanni del Tempio avec deux pièces d’artillerie légère, ce détachement aura à se garder sur Vigonovo, et par sa droite sur Tamai, entre Fontana Fredda et Brugnera, la seconde ligne de la brigade se gardera par sa droite sur Caserra, hameau que le général Teste peut faire occuper avec une compagnie de voltigeurs et quelques dragons pour communiquer avec la division Seras qui prendra position à Brugnera ; il placera le restant de son artillerie de manière à défendre San Giovanni del Tempio.
La brigade du général abbé s’établira également en arrière de San Giovanni del Tempio, appuyant sa droite à la route de Sacile à la même hauteur que la première brigade et prolongeant sa gauche dans la direction d’une maison de campagne qui se trouve à mi-côte entre Polcenigo et Ronche que l’on nomme Longon, on voit à côté de cette maison un grand arbuste.
Cette brigade aura deux bataillons en première ligne avec deux pièces d’artillerie, elle communiquera avec les troupes qui sont à Talmasson et occupera, si Vigonovo n’est pas trop loin, ce point par une ou deux compagnies de voltigeurs ; cette première ligne se liera parfaitement avec la première ligne de la première brigade.
Le général Abbé placera à la gauche de sa seconde ligne les quatre autres pièces qui lui restent et fera parquer ses munitions et recharges en arrière de la chapelle qui se trouve derrière sa brigade ; en plaçant son artillerie à cette gauche, on a pour but de défendre la route qui vient de Vigonovo à Sacile ; le général Abbé s’éclairera par sa gauche et communiquera avec la division Broussier dont la tête et à Polcenigo.
La compagnie de sapeurs, après avoir fait les ouvertures nécessaires pour les communications des brigades et réparé le petit pont qui conduit de San Giovanni del Tempio, viendra bivouaquer à la tête du faubourg de Sacile, pouvant d’un moment à l’autre être appelée à des travaux" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 27 page 69).
La situation de la 3e Division de l’Armée d’Italie, sous le Général de Division Grenier, à Sacile, le 15 avril 1809, et plus spécifiquement celle du 102e de Ligne, signée par le Colonel Gifflenga, est la suivante : "... 102e régiment d’infanterie de ligne, colonel Espert, au camp devant Sacile :
Etat major : 13 Officiers, 15 hommes présents ; 4 Officiers et 1 homme, détachés dans l’arrondissement de l’armée à Vicence ; 1 Officier détaché hors de l’Armée à Naples, 2 hommes à l’hôpital. Total 36 hommes et Officiers
1er Bataillon Tronquoy : 16 Officiers, 642 hommes présents, 7 hommes détachés dans l’arrondissement de l’armée à Cività-Vecchia, 1 homme détaché hors de l’Armée ; 1 Officier et 56 hommes aux hôpitaux ; 21 manquants à l’appel ; 5 hommes détachés sans solde. Total 749 hommes et Officiers (y compris un enfant de troupe).
2e Bataillon Collard : 13 Officiers, 627 hommes présents, 2 Officiers et 14 hommes détachés dans l’arrondissement de l’armée à Naples à Trévise, 69 hommes aux hôpitaux, 26 hommes manquant à l’appel ; 5 hommes détachés sans solde. Total : 756 hommes et Officiers.
3e Bataillon Louis : 14 Officiers, 601 hommes présents, 2 Officiers et 7 hommes détachés à l’Etat-major, 1 Officier et 54 hommes aux hôpitaux ; 49 hommes manquant à l’appel ; 1 homme détaché hors de l’Armée ; 2 hommes détachés, absents sans solde. Total : 731 hommes et Officiers (y compris un enfant de troupe).
4e Bataillon Sicre : 17 Officiers, 682 hommes présents, 6 hommes détachés dans l’arrondissement de l’armée à Vicence, 47 hommes aux hôpitaux, hommes manquant à l’appel. Total : 752 hommes et Officiers.
A la suite : 2 hommes aux hôpitaux ; 1 homme détaché sans solde. Total : 3
Observation : Il y a une erreur dans la situation du Régiment ..." (Papiers du général Paul Grenier. V Papiers relatifs à l'armée d'Italie. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 42. Page 93).
Le 15 avril 1809 à 9 heures ½ du soir, le Général de Division Grenier établit, depuis Sacile, l’ordre de bataille : "La division se mettra en mouvement demain à la pointe du jour pour marcher à l’ennemi, avant le jour, le général Teste réunira sa brigade en avant du défilé de San Giovanni del Tempio et la portera en trois colonnes en arrière du ruisseau de Fontana Fredda ; sa brigade du bataillon du 11e de ligne, d’un bataillon du 1er régiment de ligne et du 52e d’infanterie avec l’escadron napoléon. Le général Teste enverra après avoir organisé sa brigade, le bataillon du 8e d’infanterie légère à Sacile où il sera employé à la disposition du colonel d’artillerie Faure.
La brigade aux ordres du général Abbé qui se compose de deux bataillons du 18e d’infanterie légère et du 102e régiment avec les quatre pièces de l’artillerie à pied seulement se formera en avant du village de San Giovanni del Tempio aussitôt que celle du général Teste lui aura fait de la place, elle formera la deuxième ligne et suivra tous les mouvements de la première. Un détachement de 40 sapeurs avec 4 officiers marchera avec cette brigade. Les deux pièces de 12 de cette brigade seront envoyées à Sacile pour être déplacées, elles seront la disposition du colonel d’artillerie Faure.
Les trois autres bataillons du 1er de ligne formeront demain la réserve de la division ; ils seront employés par le général de division où il les croira nécessaires ; ils resteront provisoirement dans leur emplacement actuel. MM. les généraux de brigade Abbé et Teste donneront tous les ordres nécessaires pour l’exécution de celui-ci. Le général de division leur recommande encore que leurs brigades soient formées et prêtes à donner à la pointe du jour, attendu que l’ennemi n’est pas loin. Les ordres subséquents seront donnés par le général de division sur le terrain. Il conviendra que MM. les généraux de brigade se pourvoient de guides qui connaissent bien tous les débouchés qui de Talmasson et Fontana Fredda conduisent à la plaine de Roveredo.
L’ambulance sera placée à Sacile, le commissaire des guerres se pourvoira de tous les moyens de transport qui seront nécessaires.
La réserve d’artillerie et des voitures utiles partiront à la pointe du jour pour se porter en arrière de Sacile et fournira de là les munitions dont on aura besoin ; le restant de la compagnie de sapeurs viendra à Sacile et sera aux ordres de M. le colonel Faure" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 29 page 71).
Le 102e prend part à la bataille de Sacile. Dans son rapport daté de Neustadt le 3 juin 1809, et adressé au Général Grenier, le Colonel du 102e, Pierre Espert de Sibra (frère de Jean-Baptiste Espert de Latour, rappelons le) raconte : "L’armée ennemie, ayant envahi sans déclaration de guerre, une partie des provinces d’Italie, nos troupes, qui se trouvaient encore dispersées dans leurs cantonnements, se réunirent à la hâte et se portèrent sur les bords du Tagliamento. Nous séjournâmes jusqu’au 15 avril, et nous allâmes ensuite prendre position sous les murs de Sacile, où notre prince, général en chef, prit alors des dispositions pour attaquer l’ennemi, qui venait sur nous, enorgueillit de quelques succès qu’il avait obtenus le 15 sur le 35e régiment formant l’arrière-garde. Le 16, nos dispositions prises, la droite de notre armée fit un mouvement, et l’affaire s’engagea jusqu’à la gauche de notre ligne. Nous eûmes d’abord quelques avantages, qu’ils reprirent ensuite, et que nous reprîmes de nouveau. Enfin, sur les quatre heures après midi, nous semblions triompher ; l’ennemi cependant très supérieur en force, et particulièrement en cavalerie, pouvait rafraîchir ses troupes en les faisant remplacer successivement par ses régiments qui n’avaient pas encore donné, obtint alors des succès assez rapides ; nos divisions, qui pour occuper le terrain nécessaire pour faire face à l’ennemi, se trouvaient à une trop grande distance les unes des autres, et ne purent apercevoir facilement leurs mouvements respectifs.
Ce fut une des causes principales de notre désavantage ; nous fûmes tournés sur notre gauche par la cavalerie ennemie, qui coupa notre retraite sur le petit village de Porcia en avant duquel nous étions aux prises avec l’infanterie, notre division y faisait des prodiges de valeur ; soutenus par l’artillerie, nous allions enfoncer quelques bataillons hongrois ; déjà même leurs tirailleurs se retiraient en désordre ; tout à coup le mouvement de la cavalerie est aperçu ; il fallait se retirer, ou courir les risques de se voir envelopper totalement. Notre première brigade se trouvait déjà fort engagée, le 102e régiment était à la gauche, et dut soutenir tout l’effort de l’infanterie et de la cavalerie ennemies pour protéger la retraite des 1er et 52e régiments, qui se battaient depuis le matin, le 3e bataillon duquel je pris le commandement, à la mort de son braves commandant, se trouva enveloppé par la cavalerie, et fit de grands efforts pour se dégager, et joindre les deux autres dans la prairie où ils attendaient en bataille la rentrée des tirailleurs. La cavalerie ennemie, n’osa pas s’engager dans les chemins qui conduisent du village de Ronco aux plaines de Sacile. Nous opérâmes notre retraite dans le plus grand ordre, et en colonne serrée jusque sous les murs de la ville, que l’ennemi occupait, ce qui nous obligea de faire un mouvement sur notre gauche ; afin de gagner le pont établi sur la Livenza, et ensuite San-Fiori di Sopra, où nous prîmes quelque repos ; après avoir rafraîchi à Conegliano, nous prîmes une position derrière la Piave.
Messieurs les officiers du régiment ont tous fait leur devoir dans cette affaire, comme l’a très bien remarqué M. le général de brigade Abbé.
MM. Collard, chef de bataillon, Deslandes adjudant major capitaine, Roberjot, Delaisses, Hommes ( ?), capitaines, Tarelle, Lagros, Grandfils, Michelée, lieutenants, se sont particulièrement distingués.
Les sieurs Olivier, Vigneron, sergents, est les nommés Gillet Luc, Londet, Langlois, Toquet, voltigeurs et Lambert grenadier, se sont faits remarquer par bravoure dans cette affaire et j’ai l’honneur de demander la croix d’officiers pour MM. Collard et Roberjot, et celle de légionnaire pour tous les autres militaires.
Le régiment a perdu aussi dans l’affaire du 16 et dans celles qui ont eu lieu ensuite 7 officiers, dont le chef de bataillon, 14 ont été blessés et trois faits prisonniers, total 24.
128 sous-officiers et soldats ont été blessés et 45 tués, et 221 ont été faits prisonniers de guerre sur le champ de bataille et dans la retraite du 17.
Le régiment a donc perdu dans différentes affaires 632 hommes" (Papiers du général Paul Grenier. V Papiers relatifs à l'armée d'Italie. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 120. Page 249).
De son côté, le Général Grenier écrit, dans son rapport sur la bataille de Sacile (non daté) : "La division aux ordres du général Grenier se composait le 15 avril des 1er, 52e et 102e régiment d’infanterie de ligne, des 3e et 4e bataillons du 18e d’infanterie légère et du 4e bataillon du 11e, du 4e escadron des Dragons Napoléon, de la 5e compagnie du 4e régiment d’artillerie à cheval, d’une compagnie d’artillerie à pied (13e du 2e) et d’une compagnie de sapeurs (2e compagnie du 1er bataillon). Les deux compagnies d’artillerie servirent 12 bouches à feu.
Cette division occupait le 15 les points ci-après :
Le 1er régiment d’infanterie de ligne, détaché momentanément sous les ordres du général Pagès, était à Fontanafredda en avant et en arrière de ce village, pour soutenir au besoin l’avant-garde qui était à Pordenone, et faciliter les communications par se droite entre la division Seras qui était à Tamai et par sa gauche avec la division Broussier qui était à Vigonovo.
La brigade du général Teste, qui à cause de l’absence du 1er régiment, se trouvait composée du 4e bataillon du 11e et des 4 bataillons du 52e avec l’escadron Napoléon et la compagnie d’artillerie légère, était placée en avant de Sacile, appuyant sa gauche à la grande route et couvrant par sa droite la route qui de Fontanafredda arrivait à Sacile par le pont de vois, ayant en avant de San Giovanni del Tempio le bataillon 11e, l’escadron Napoléon et 2 pièces d’artillerie.
La brigade aux ordres du général Abbé se composait des 3e et 4e bataillons du 18e d’infanterie légère, du 102e régiment et de la compagnie d’artillerie à pied, appuyait sa droite à la grande route et prolongeant sa gauche vers les montagnes, se trouvant par cette position même en 2e ligne de la division Broussier qui était à Vigonovo ; le général Abbé avait aussi porté en avant de San Giovanni del Tempio un bataillon du 18e d’infanterie légère à la gauche du bataillon du 11e, la compagnie d’artillerie à pied était à la gauche de sa brigade.
Dans cette position, la division reçut l’ordre le 15 au soir de se réunir et de se porter sur les hauteurs entre Fontanafredda et Vigonovo, et de se préparer à combattre ; le général Grenier fut prévenu que la droite commandée par le général Séras soutenu par la division italienne commandée par le général Severoli, devait se porter de Tomai sur Porcia en même temps que la division Barbou viendrait s’établir à Fontanafredda pour servir de de 2e ligne. Il fut encore recommandé au général Grenier de ne faire hors de la position indiquée ci-dessus aucun mouvement offensif avant que la division Séras ne se soit emparée de Porcia et ne se trouvât prête à déboucher dans la plaine de Roveredo ou de marcher sur Pordenone.
Les troupes de la division se mirent en mouvement de leurs positions respectives à 3 heures du matin, et à 5 heures au lever du soleil, occupèrent celles indiquées par S. A. I. Les dispositions d’attaques furent faites mais subordonnées aux mouvements de la division Séras, elles ne commencèrent à avoir d’exécution que vers les 11 heures du matin, où la fusillade commença à se faire entendre ; encore durent elles être changées puisqu’au lieu d’attendre comme l’ordre le portait que cette division déboucha de Porcia, la division Grenier reçut l’ordre d’attaquer Porcia par la gauche, cet ordre fut exécuté à l’instant la tête de la colonne composée du 1er de ligne se porta en échelons par bataillons sur Porcia et soutenues par la brigade du général Teste chassa 3 fois l’ennemi de ses positions et fit un très grand nombre de prisonniers. L’ennemi multipliant ses efforts pour rester maitre de sa position présenta bientôt huit bouches à feu et plusieurs escadrons de cavalerie et la majeure partie de l’infanterie qui jusqu’alors avait combattu la division du général Séras, cette division ayant commencé un mouvement rétrograde ; il fallût donc renforcer la 1ère ligne de toute la brigade du général Teste, ayant en 3e ligne les 2 bataillons du 18e d’infanterie légère et 2 bataillons du 102e sous les ordres du général Abbé. Alors commença un combat extrêmement vif et malgré la supériorité des forces ennemies, malgré sa cavalerie nombreuse, harcelée de tous les points la division ne fit pas un pas rétrograde. C’est dans cette circonstance que le général Teste fut blessé. Notre infanterie fit des prodiges de valeur puisque non seulement elle reçut plusieurs charges de cavalerie sans s’ébranler, mais la chargea elle-même à plusieurs reprises avec le plus grand succès ; les efforts de l’ennemi se dirigeaient presque entièrement sur le 1er de ligne, et ce régiment, malgré sa bravoure exemplaire, la bonne conduite et les talents qu’a déployé le colonel Saint-Martin, le courage de tous les officiers, sous-officiers et soldats, eût fini par succomber au grand nombre s’il n’eût été soutenu par le 52e de ligne qui, formé en carré par le chef de bataillon Grosbon commandant ce régiment, fit un tel mal à l’ennemi que plus de 80 chevaux furent comptés sur le champ de bataille ; cette manœuvre donna le temps au 1er de ligne et au bataillon du 11e qui aussi était fortement engagé de se reformer pour faire face.
Pendant toute cette action, la seule compagnie d’artillerie légère donne ; son feu eût un succès prodigieux et fit à l’ennemi beaucoup de mal ; le capitaine se conduisit avec sa valeur ordinaire et fut parfaitement secondé par le lieutenant Baudin. Cette compagnie usa presque toutes ses munitions et singulièrement protégée par notre infanterie, elle ne fit aucune perte, évènement d’autant plus extraordinaire qu’elle avait à combattre une artillerie au moins double en nombre.
Les efforts de l’ennemi constamment répétés par des troupes fraîches avaient été jusqu’alors impuissants et quoique la division se trouva pour ainsi dire débordée de toute part et que l’ennemi inquiétait déjà la 3e ligne sur ses flancs, elle n’en combattait pas moins avec beaucoup de valeurs, lorsque le général de division reçut l’ordre réitéré de faire sa retraite ; déjà il avait observé qu’elle deviendrait extrêmement difficile, si ce mouvement était trop précipitée, et il ordonna qu’il se ferait par échelons, la deuxième et troisième ligne faisant face et combattant constamment l’ennemi ; le mouvement de l’artillerie suivit celui de l’infanterie soutenu par le quatrième escadron des dragons napoléon qui pendant tout le combat avait montré autant d'audace que de valeur et chargé l’ennemi à plusieurs reprises.
La retraite s’exécuta ainsi jusqu’à Fontanafredda dans le meilleur ordre et se fut probablement continué de même, si notre cavalerie ramenée par celle de l’ennemi ne se fut jetée sur Fontanafredda et obstruée tous les passages ; jusque-là, la division n’avait éprouvé de perte que celle occasionnée par le feu de l’ennemi ; elle avait à regretter près de 300 morts et environ 800 blessés ; le colonel Saint-Martin, quatre officiers et environ quatre-vingt sous-officiers et soldats des différents corps étaient seuls au pouvoir de l’ennemi. Cette faute ( ?) fit commettre mais ce mouvement de cavalerie précipitée sur Fontanafredda coupa toutes les colonnes, et y mit le désordre, la brigade Abbé séparée du restant de la division, même quelques détachements de la 1ère ligne furent obligés de gagner la droite de Fontanafredda, partie vint sur Sacile par le pont de bois, l’autre se dirigea sur Brugnera en suivant la division Barbou et celle de Séras. La 1ère brigade dirigée par le colonel Gifflengua depuis le moment où le général Teste avait été blessé vint reprendre position en avant de Sacile et San Giovanni del Tempio ; le général de division espérait se maintenir la nuit dans cette position, lorsque l’ennemi qui poursuivait une partie de la division Broussier par Vigonovo déboucha en même temps qu’elle sur Sacile. Ces troupes ne pouvant plus faire face entraînèrent la 1ère brigade de la division ; la confusion se mit dans les rangs, une terreur panique s’empara des esprits et dès ce moment il ne fut pas plus possible d’arrêter ce mouvement désordonné qu’il serait possible d’arrêter un torrent dans son cours. Les troupes traversèrent Sacile pêle-mêle, et arrivèrent dans cette confusion jusqu’à San Cassano, elle se reposèrent quelques heures en arrière de ce village et débouchèrent le lendemain vers les 8 heures du matin sur la Piave ; là les divisions furent reformées, et celle du général Grenier eut l’ordre de se porter sur la ville en arrière de Trévise. C’est dans ce mouvement rétrograde dans Sacile et sur Brugnera qu’environ 600 hommes de la division sont tombés au pouvoir de l’ennemi, seul fruit de sa victoire puisque de son aveu il a perdu devant la division plus de 3000 hommes.
Cette bataille quoique perdue a donné à l’ennemi une nouvelle preuve de la valeur des soldats français, les actions d’éclat se sont multipliées et méritent d’être citées. Le général de division a à se louer particulièrement de Mrs les généraux de brigade Reste et Abbé, du colonel chef d’état-major Gifflengua, qui par leurs bonnes dispositions, leur calme et leur talent ont souvent déjoué les manœuvres de l’ennemi ; du capitaine du génie Tournadre, de MM. Delcambre et Descrujirch ses aides de camp. Le général de division croit aussi devoir rendre justice au zèle et à l’activité de M. le commissaire des guerres Astruc qui pendant toute la journée a donné ses soins aux blessés. Les officiers de santé de la division n’ont rien laissé à désirer, tous les blessés ont été pensés et sont restés avec ceux tombés au pouvoir de l’ennemi faute de transports" (Papiers du général Paul Grenier. V Papiers relatifs à l'armée d'Italie. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 141. Page 294).
Le 21 avril 1809, le Général de Division Charpentier, chef de l’état-major général écrit, depuis le Quartier général à Vicence, au Général de Division Grenier à Vicence : "Au lieu de vous rendre à San Bonifacio et Villanova, ainsi que vous en avez reçu l’ordre, mon cher général, vous établirez votre division à Caldiero et cantonnements voisins ..." (Papiers du général Paul Grenier. V Papiers relatifs à l'armée d'Italie. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 54. Page 117).
Le 22 avril 1809, au Quartier général à Vicence est établi l'ordre de l’Armée : "A compter de ce jour, l’armée d’Italie divisée en trois corps d’armée organisés de la manière suivante par S. A. I. le prince Eugène, général en chef ...
Centre :
Le corps du centre aux ordres du général Grenier, se compose des :
... 2e division Seras : 52e régiment de ligne, 102e idem ..." (Papiers du Général Paul Grenier. XVII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 125 page 265)
Le 22 avril 1809, le Général de Division Grenier, ordonne, depuis Caldiero : "La division se mettra en mouvement demain à 6h00 du matin et sera dirigée sur Vérone, marchant par sa gauche dans l’ordre suivant:
52e
L’artillerie à pied
1er de ligne trois bataillons
Artillerie légère quatre pièces
Sapeurs
Un bataillon du 1er de ligne
102e
11e
Artillerie légère deux pièces
Dragons
8e léger.
La division sera formée sur la grande route et marchera après dans le plus grand ordre ; l’artillerie et les sapeurs se tiendront prêts à Saint-Martin et prendront le rang qui leur est indiqué, lorsque la division passera.
Le général de division a remarqué aujourd’hui dans plusieurs corps qu’il n’avait pas été porté un égal soin des armes, plusieurs sont couvertes de rouille et n’ont même pas été essuyée, les baïonnettes sont enduites de sang et de graisse parce qu’au lieu de servir à combattre l’ennemi, on s’en sert pour porter la viande, les baguettes de fusils reçoivent la même destination ou servent à porter le pain ; ainsi se dégradent les armes et ceux qui les portent pour cet usage.
Le soldat n’a rien fait pour sa propreté et il s’en trouve qui ne se sont pas lavés depuis 8 jours. Il est temps de rétablir l’ordre dans toutes les parties et il en rend les chefs personnellement responsables" (Papiers du général Paul Grenier. V Papiers relatifs à l'armée d'Italie. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 55. Page 119; Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 35 page 83).
Le 23 avril 1809, le Général de Division Grenier écrit, depuis Vérone, à S. A. I. : "Je viens de recevoir l’ordre de l’armée N° en date de ce jour, il est particulièrement relatif au commissaire de la guerre employé dans la division que j’ai l’honneur de commander, et j’ai vu avec peine que ce fonctionnaire y était mal traité sans l’avoir mérité. Si j’avais été interpelé avant la rédaction de cet ordre du jour, il m’eut été facile de prouver que le commissaire des guerres n’a fait que son devoir en demandant à la municipalité de Vicence douze mille rations de pain pour les troupes sous mes ordres puisque cette demande n’a été faite que sous mes observations sur le nombre de troupes à nourrir à Vicence et qui alors faisaient partie de mon commandement. V. A. I. me permettra seulement de les nombrer et alors seulement je la prie de payer des torts du commissaire des guerres.
3e division ...
4 bataillons du 102e de ligne ...
La division faisait alors partie de mon commandement, son commissaire des guerres était absent, j’ai crû devoir charger mon commissaire des guerres de s’en occuper.
Je crois par cette explication disculper mon commissaire des guerres des torts que l’on lui reproche, et si quelqu’un en a, c’est à moi sans contredit. J’ajouterai à présent que dans le cas où il aurait commandé 12000 rations pour le service de ma division seulement, il eut été bien loin d’être répréhensible puisque la municipalité distribuait sur des bons visés de lui peut prouver les consommations et que s’il a été demandé des rations en plus, bien loin de laisser le service en souffrance, les rations qui restaient se trouvaient déjà en avance pour les autres divisions, ce qui est bien différent et le serait davantage encore si les 12000 rations demandées avaient été versées dans les mains des préposés de ma division et qu’ils en eussent faits eux-mêmes la distribution" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 36 page 85).
Le 26 avril 1809, le Général de Division Grenier ordonne, depuis Caldiero : "... Lors de l’arrivée du 6e régiment de hussards, le colonel chef de l’état-major lui indiquera l’emplacement qu’il devra occuper. La cavalerie du général Abbé pourra être provisoirement portée en avant du 102e à hauteur du 8e d’infanterie légère ; ce général est prévenu que la division de cavalerie légère sera placée à sa droite et en arrière pour être portée où besoins sera …" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 38 page 89).
Le 28 avril, toutes les forces dont le Prince Vice-Roi a le commandement en chef se trouvent concentrées sur l'Adige; le Général Macdonald est arrivé la veille. Eugène met alors à exécution le projet d'organisation en trois Corps et une réserve, projet adopté déjà en principe depuis le 23 avril et que nous donnons ci-dessous :
2° - Centre, général Grenier commandant. Division Abbée, les Bataillons des 1er, 52e, 102e de Ligne et 8e Léger ; Division Séras, 10 Bataillons des 35e, 53e, 106e, 79e de Ligne, 4 Escadrons du 6e de Hussards (Mémoires du Prince Eugène, t.5, page 45).
Cette armée, reconstituée et prête ou à tenir tête à l'ennemi sur l'Adige ou à reprendre l'offensive, occupe le 28 avril les positions suivantes :
Centre : le 6e de Hussards et la Division Séras, à Caldiero, ayant un Régiment sous le général Bonfanti à Illasi ; la Division Abbée, un Régiment en avant de Caldiero, un autre en arrière et un troisième à Saint-Martin (Mémoires du Prince Eugène, t.5, page 45).
Bataille de Caldiero / Soave (27 au 30 avril 1809).
"Ordre de mouvement pour le 29 avril.
Le corps du centre fera à midi précise le mouvement ci-après. La division Seras portera une brigade en avant de sa position pour attaquer Soave et se dirigera par le chemin qui conduit à ce village au bas et à la droit du mont Bisson, pour déboucher sur les routes qui viennent de Soave aboutir à la grande route, il aura à cette brigade un escadron du 6e de hussards et un du 6e de chasseurs, 2e pièces d’artillerie légère …
Le général Abbé attaquera à Soave de front par la gauche et débouchera par les chemins qui conduisent de San Vittore à ce village ; le général Abbé laissera deux bataillons du 102e à la position de San Vittore pour observer l’ennemi dans la vallée de Cassano et l’empêcher de se porter sur Soave ...
Le général Abbé est prévenu que la division italienne attaquera à la même heure l’ennemi à San Cassano et qu’alors il cherche à se retirer sur Soave, il faut donc que les 2 bataillons du 102e qui seront placés sur les hauteurs de San Vittore leur coupent toute retraite et fassent des prisonniers" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 39 page 91).
Le 10 mai 1809, on informe l'Empereur que "Le lieutenant Grandfils, du 102e régiment d'infanterie, demande l'autorisation de passer au service de S. M. le roi de Naples" ; "Accordé", répond l'Empereur (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 3, lettre 3158 - Sans date ; extraite du « Travail du ministre directeur de l'administration de la guerre avec S. M. l'Empereur et Roi, daté du 10 mai 1809 »).
Le 102e combat ensuite à Malborghetto où il contribue à prendre l'une des principale tour du fort et seconde le 62e de Ligne dans cette action (Mémoires du Prince Eugène, t.5, page 107).
Le 17 mai 1809, Eugène écrit, depuis Malborghetto, à Napoléon : "… le général Grenier, commandant des deux divisions, qui a tout dirigé sous mes ordres, a montré un sang-froid et un zèle qui ont dû contribuer beaucoup au succès de cette entreprise. Voyant dans un endroit un moment d'indécision, il s'y lança avec deux compagnies de grenadiers, et tout fut entraîné. Les compagnies de grenadiers et de voltigeurs du 62e, du 52e, du 102e et du 1er de ligne se sont particulièrement distingués. Parmi les officiers qui ont montré le plus d'intrépidité, je dois citer le chef de bataillon Colas, du 102e, le lieutenant Bourgeois, du 102e, le capitaine des grenadiers du 102e, et plusieurs autres dont je ferai connaître successivement les noms …" (Mémoires du Prince Eugène, t.5, page 207).
Dans son rapport daté de Tarvis le 18 mai 1809, le Général Durutte écrit, au sujet de la journée du 17 mai, au Général Grenier, commandant le centre de l’Armée d’Italie : "... Généralement toutes les troupes se sont conduites avec une bravoure et une énergie peu commune. La difficulté de cette attaque ne peut être bien conçue que par ceux qui comme vous M. le Général y ont été présents. Vous l’avez soutenue à la tête du 52e régiment. Ce corps s’est aussi fort bien conduit ; j’ai vu beaucoup de soldats arriver aux retranchements ennemis aussi vite que ceux du 62e et 102e régiment ..." (Papiers du général Paul Grenier. V Papiers relatifs à l'armée d'Italie. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 86. Page 181).
De son côté, toujours au sujet de la journée du le Général de Division Pacthod, commandant la 2e Division du Corps du centre, écrit, de son quartier général à Arnoldstein le 18 mai 1809, au Général Grenier : "... Je demande ... la décoration pour Mrs ... Roustand lieutenant au 102e ... officiers qui se sont distingués dans cette journée ..." (Papiers du général Paul Grenier. V Papiers relatifs à l'armée d'Italie. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 88. Page 185).
Le 20 mai 1809, depuis le Quartier général à Villach, le Général de Division Charpentier, chef de l’état-major général, expédie un "Ordre des mouvements pour demain 21 mai.
… le général Grouchy prendra demain le commandement de la division d’infanterie Pacthod, qui laissera jusqu’à nouvel ordre, le 102e régiment à Klagenfurt ..." (Papiers du général Paul Grenier. V Papiers relatifs à l'armée d'Italie. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 93. Page 195; Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 53 page 120).
"Ordre de mouvement pour le 22 mai 1809.
… La division Durutte partira demain à 10 heures précises de Klagenfurt, prendra la route de St-Viet et ira prendre position sur le Gark à 2 lieues en avant de St-Viet. Le général Durutte comprendra dans sa division le 102e régiment. Avant le départ, le général Durutte s’assurera que ses troupes soeint pourvues de vivres pour jusqu’au 23 inclus ..." (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 54 page 122).
Le 25 mai 1809, le 102e Régiment est placé en réserve avec le Général Dessaix (Mémoires du Prince Eugène, t.5, page 128). Il se distingue à Saint-Michel.
Le 25 mai, Eugène écrit, depuis Villach, à Napoléon : "... le lieutenant Bourgeois, du 102e, qui, avec 4 chasseurs à cheval et 7 à 8 hommes à pied, a fait mettre bas les armes à 600 hommes ..." (Mémoires du Prince Eugène, t.5, page 228).
"Kaisberg le 25 mai 1809. Mouvement pour le 26 mai.
… Le général Durutte est prévenu que le 102e régiment ne pourra partir des positions qu’il occuper que longtemps après la division, que le colonel de ce régiment reçoit l’ordre direct de suivre la division, et qu’il s’établira demain à Leoben où il restera jusqu’à ce qu’il soit relevé par la division Baraguey d’Hilliers ou par la garde royale ; il est prévenu cependant qu’il pourra rejoindre la division le soir même ..." (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 58 page 129).
L'Ordre de l’Armée rédigé au Quartier général à Leoben le 26 mai 1809, indique, concernant la journée du 25 mai 1809 : "S. A. I. a fait connaitre à l’empereur les officiers et soldats qui se sont particulièrement distingués dans cette journée ; elle cite notamment les généraux Seras, Roussel, Valentin, les colonels Trieve et Lacroix, l’adjudant commandant Forestier, le capitaine Aimé adjudant major du 9e de chasseurs, le lieutenant Bourgeois du 102e, le lieutenant Frant du 62e et le maréchal des logis Rigonaille du 6e de chasseurs …" (Papiers du Général Paul Grenier. XVII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 135 page 285).
Le 28 mai 1809 à dix-heures du matin, l'Empereur écrit, depuis Ebersdorf, à Eugène Napoléon, vice-roi d'Italie, à Bruck : "Mon Fils, je vous renvoie votre aide de camp. Je désirerais avoir l'état de situation de votre corps d'armée.
Je suppose que la division Durutte est composée de deux bataillons du 22e, de quatre bataillons du 23e, et de quatre bataillons du 62e. Je suppose que ces dix bataillons forment au moins 6,000 hommes présents sous les armes. Je suppose que la division Seras est composée d'un bataillon du 35e, de trois bataillons du 53e, de quatre bataillons du 106e et de deux bataillons du 79e; je la suppose également de 6,000 hommes. Je ne sais ce que c'est que la 3e division; je suppose que c'est une division italienne qui est avec le 112e, et qu'elle est également de 6,000 hommes. Je suppose que la division Pacthod vous a rejoint avec la division Grouchy. La division Pacthod doit être composée de deux bataillons du 8e léger, de quatre bataillons du 52e, de quatre bataillons du 102e et de quatre bataillons du 1er de ligne, que je suppose former 6,000 hommes. Sans comprendre le corps détaché du général Macdonald, vous devriez avoir aujourd'hui à Bruck 24,000 hommes d'infanterie, 4,000 hommes de cavalerie et 2,000 hommes de la garde; ce qui ferait 80,000 hommes et soixante pièces de canon. Le général Macdonald, que je suppose sur le point d'arriver à Graz, vous renforcera de 15,000 hommes. Ainsi votre arrivée me renforce de 45,000 hommes, non compris le corps du général Marmont" (Mémoires du Prince Eugène, t.5, page 240 ; Correspondance de Napoléon, t.19, lettre 15266 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 21083).
Le 2 juin 1809, le Général de Division Charpentier, chef de l’état-major général, écrit, depuis le quartier général à Neustadt, au Général de Division Grenier, commandant le centre de l’armée : "Je vous adresse ci-joint mon cher général 25 lettres d’avis de membres de la légion d’honneur pour les nommés ci-dessous ...
Roustand lieutenant au 102e régiment de ligne membre de la légion ..." (Papiers du général Paul Grenier. V Papiers relatifs à l'armée d'Italie. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 117. Page 243).
Le 10 juin 1809, l'Empereur, qui vient de décider d'une importante levée de Conscrits, sur la classe 1810, mais aussi sur les classes 1806 à 1809, afin de compenser les pertes du début de la campagne, et renforcer l'Armée, écrit depuis Schönbrunn au Général Clarke pour lui donner le détail de cette opération particulièrement complexe; lettre accompagnée de 3 Etats différents très détaillés. Par ailleurs, une annexe intitulée "Répartition des 40 000 conscrits de l'appel supplémentaire de 1810" donne la composition de la 15e Demi-brigade provisoire : 52e de ligne; 101e id. qui reçoit 120 hommes; 102e id. qui en reçoit 70; 22e léger; 3e id.; 29e de ligne qui reçoit 90 hommes; 14e léger qui en reçoit 150; 6e de ligne; 10e id.; 20e id.; au total donc, 430 hommes. Il est par ailleurs précisé que l'on doit porter "les 20 compagnies à 2800 hommes" (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 21182).
Le 102e prend part ensuite à la bataille de Raab. Le Général Durutte appelle pour le soutenir le 102e, laissé en réserve au bas de la position. Ce Régiment, ayant déjà passé le ruisseau, est bientôt en mesure de le seconder. L'artillerie de cette Division attend avec calme les masses que l'ennemi dirige contre elle, et fait une décharge à mitraille si à propos, qu'elles paraissent chanceler un instant ; mais elles reprennnent leur audace et se jettent avec impétuosité sur la Division Durutte, qu'elles parviennent à culbuter. Cette Division abandonne la droite de Szabadhegy au même moment où le Général Sévéroli se voit aussi repoussé. Le Colonel du 102e, Expert, a été blessé (Mémoires du Prince Eugène, t.5, page 274).
Le 15 juin 1809, Eugène, depuis le camp sous Raab, écrit au Ministre : "… Nous avons eu plus de 2,000 hommes hors de combat, parmi lesquels nous avons à regretter ... le colonel Espert, du 102e, qui a été grièvement blessé …" (Mémoires du Prince Eugène, t.5, page 380).
Dans son rapport daté de Sabatheds (sic) le 15 juin 1809, et adressé au Général de Division Grenier, commandant le centre de l’armée d’Italie, le Général de Division Durutte raconte au sujet de la bataille du 14 juin : "Je vous parlerai peu des dispositions qui ont été faites hier au commencement de la bataille de Raab ; je vous rappellerai seulement que ma division marchait sur deux colonnes et sur deux lignes vers l’ennemi qui occupait une position à gauche de Kesmagar ainsi que ce village et celui de Sabathiye.
Aussitôt que nous fûmes arrivés à portée de fusil de l’ennemi, j’ordonnai conformément à vos ordres aux généraux Valentin et Dessaix, d’attaquer l’ennemi avec la première ligne et de conserver l’autre en en réserve. La première ligne du général Valentin était le 23e régiment d’infanterie légère, celle du général Dessaix était composée de deux bataillons du 60e régiment et le premier bataillon du 62e ; quatre pièces d’artillerie faisant faisaient feu devant elles. Ces deux attaques furent dirigées avec vigueur, mais l’ennemi envoyant sans cesse des bataillons frais on eut beaucoup à souffrir ; cependant il fut repoussé jusqu’à Sabathegs, ce village défendu par un ruisseau et des bocages fut pris et repris trois fois. La seconde ligne du général Dessaix composée seulement du 2e et 3e bataillon du 62e régiment et de la compagnie de grenadiers et des voltigeurs du 4e marche au secours de la première ligne. Malgré ce renfort l’ennemi repoussait nos troupes lorsque je marchai avec le 2e et 3e bataillon du 102e régiment sur ce village ; nous le reprîmes une quatrième fois et l’ennemi fut en déroute. J’ose vous assurer que si dans ce moment j’avais eu un régiment de cavalerie à mes ordres la division aurait indubitablement pris 3 à 4000 prisonniers ; ce défaut de cavalerie ne nous a pas permis de tirer tous les avantages que nous aurions dû avoir de cette victoire.
Le village de Kesmagar a tenu pendant toute la journée ; les ennemis étaient fortifiés dans l’abbaye qui s’y trouve ; je l’ai fait attaquer par un bataillon du 23e régiment que j’avais rallié à la fin du combat ; on n’a pu s’en rendre entièrement maitre que quand j’ai envoyé la 7e compagnie du 3e bataillon de sapeurs qui abattit une muraille, et entrant dans cette abbaye força l’ennemi à se rendre. On a fait dans ce village beaucoup de prisonniers, mais comme la division Séras y avait aussi beaucoup de monde, je ne m’occupais pas de ce point, et j’en retirai même de suite les troupes pour les porter sur Sabathegs où le combat paraissait encore douteux ; je sais cependant que mes troupes y ont pris 4 à 500 prisonniers, et dans la mêlée M. le sous-lieutenant Bertrand du 62e régiment a pris un drapeau. Le caporal Déramé du 102e régiment dit avoir tué celui qui portait ce drapeau ; il paraît qu’il se trompe puisque M. Bertrand a encore le sabre d’un officier qui cherchait à défendre ce drapeau et qu’il a blessé et désarmé. Je crois que le drapeau dont parle le brave caporal Déramé est un drapeau qui a été pris et repris dans la mêlée de Sabathegs.
Le Fourier Mougin du 4e bataillon du 62e régiment a pris aussi une pièce de trois. Je ne puis dire la quantité de prisonniers qu’on a pu faire, on était trop occupé pour y faire grande attention ; on les dirigeait sur les derrières sans y faire grande attention.
Je n’ai généralement qu’à me louer de tous les officiers de ma division, on peut dire qu’ils se sont prodigués pour soutenir le courage des troupes. Les pertes que j’ai faites le prouveront plus que tout ce que je pourrais dire.
Le général Valentin a été touché d’une balle morte et son cheval a été tué. Ce général se loue beaucoup de son aide de camp M. Francoul ; j’avais demandé pour lui la décoration après l’affaire de Saint-Michel, et j’ai l’honneur de vous prier de faire de nouveau la même demande. Dans le cours de cette journée, le général Valentin a montré beaucoup de bravoure et de sang-froid.
Le général Dessaix a eu un cheval tué ainsi que son aide de camp, on demande pour lui le grade de chef de bataillon. Deux officiers de mon état-major ont eu leurs chevaux tués à mes côtés, M. Bertrand et M. Franc.
J’ai été extrêmement satisfait du zèle de tous les officiers de mon état-major : je vous prie de demander la décoration pour M. l’adjudant commandant contamines. Cet officier a reçu un coup de biscayen au genou qui ne lui a fait qu’une contusion. Je vous prie aussi de demander le grade de capitaine pour monsieur Gauglet, mon aide de camp.
M. Franck pour qui j’ai déjà demandé le grade de capitaine après l’affaire de Malborghette et de Saint-Michel, a reçu à la vérité la croix ; mais il y a 12 années qu’il est officier et il me semble qu’il est temps de le faire capitaine ; vous avez pu juger plusieurs fois de ses moyens.
Voici la note des pertes que ma division à faites et des officiers et soldats qui se sont distingués ...
102e régiment de ligne
Ce régiment formait la seconde ligne de la brigade Valentin, lorsque l’ennemi repoussai pour la seconde fois le 23e régiment qui s’était emparé de Sabathegs. Je fis marcher en avant le 1er bataillon ; le colonel Espert le conduisit lui-même et fut blessé au bras. Ce bataillon se joignit au 23e régiment ; les deux autres bataillons furent placés très près de ce village en réserve, et lorsque l’ennemi repoussa de nouveaux nos troupes, ces deux bataillons marchèrent en avant et mirent l’ennemi en déroute qui dès lors ne fit que fuir devant nous.
Deux chefs de bataillon ont été blessés, savoir MM. Gauche et Fière, de plus l’adjudant major Deslandes ; deux capitaine, savoir MM. Hemmes et Remier ; trois lieutenants savoir MM. Grandfils, Keller et Garnier ; deux sous-lieutenants savoir MM. Gaudet et Roustan.
10 morts, de ce nombre est un adjudant.
168 sous-officiers et soldats blessés.
Le colonel Espert et le chef de bataillon Fiere se sont distingués ...
Le résultat de cette journée pour la division du général Durutte est : Un drapeau de pris, et deux pièces de canon.
Environ 400 hommes fait prisonniers dans les environs de Kesmagar. On ne peut apprécier le nombre des prisonniers fait à Sabathegs, ils ont été envoyés à fur et à mesure sur les derrières et dirigés sur le quartier général.
Les pertes sont : 6 officiers tués et 102 sous-officiers ou soldats.
34 officiers blessés et 889 sous-officiers et soldats.
50 hommes dont on ignore le sort et un prisonnier" (Papiers du général Paul Grenier. V Papiers relatifs à l'armée d'Italie. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 138. Page 287).
Le 16 juin 1809, le Général de Division Durutte écrit, depuis son Quartier général à Saabaadhegy, à Son Altesse Impériale le Prince Eugène napoléon de France, Lieutenant de l’Empereur pour le commandement de ses armées d’Italie : "… le général Séras se maintenant sur le plateau de l’église, la 1ère ligne de la division Durutte fut encore portée en avant et serait dès ce moment restée maître de la position de Saabaadhegy si la division du général Baraguey d’Hilliers ne s’était repliée jusque dans la plaine ; ce mouvement donna encore les moyens à l’ennemi de faire de nouveaux efforts sur mon front, il y porta ses dernières troupes fraîches et l’attaqua avec une ardeur telle que je ne l’avais remarqué depuis longtemps parmi ses troupes ; je n’avais jusqu’alors engagé comme je l’ai dit d’autre part qu’une partie de la seconde ligne de la division Durutte, réservant bien précieusement deux bataillons du 102e et un bataillon du 62e pour faire le dernier effort et aussitôt que je vis notre première ligne plier pour la 3e fois je lançais ma dernière réserve qui fut parfaitement secondée par un bataillon du 112e (division Severoli) en même temps que j’avais ordonné au général Séras de porter sur la droite de ce mouvement un bataillon du 106e. Ce dernier effort fut couronné de tout le succès possible ; nous restâmes maitre de la position et l’ennemi enfoncé de toute part n’osa plus revenir à la charge, d’autant plus que V. A. I. faisait marcher dans le même moment une partie de sa réserve, qui vint se mettre en bataille sur les hauteurs de Saabaadhegy à la gauche de mes troupes ; le corps du centre a fait dans cette journée des prodiges de valeur, trois fois ramené par des troupes deux fois plus nombreuses que lui, il les culbuta la 4e fois d’une manière si vigoureuse qu’elles furent bientôt dans une déroute complète et que si j’avais eu à ma disposition 5 à 600 chevaux, je pouvais espérer présenter à V. A. I. de 3 à 4000 prisonniers. Cependant le corps du centre a fait dans l’action 1500 prisonniers, pris trois pièces de canons et deux drapeaux ; votre altesse impériale a été témoin des efforts que ce corps a dû faire puisqu’elle-même a été trop longtemps exposée au feu de l’ennemi ; elle a vu le dévouement des officiers généraux, des officiers supérieurs et particuliers, enfin elle a pu juger de la valeur des soldats, puisque le corps du centre composé de 18 bataillons avec une division du corps du général Baraguey d’Hilliers de 10 bataillons ont enfoncé, battu et dispersé aux cris de vive l’empereur les troupes autrichiennes fortes d’après tous les rapports de 35 à 40000 hommes.
Cette bataille a coûté cher au corps du centre, nous avons à regretter beaucoup de braves gens, 23 officiers sont restés sur le champ d’honneur ... 103 ont été blessées, 377 sous-officiers ou soldats tués et 2015 blessés, 176 hommes sont égarés, mais j’espère qu’ils rentreront encore, présumant que ce sont de ceux qui se sont jetés en arrière au commencement de la bataille. L’ennemi ne nous a fait que trois prisonniers.
Parmi les officiers supérieurs blessés sont ...
Dans le 102e, M. le colonel Espert, grièvement ; les chef de bataillon Gauchée et Sicker ..." (Papiers du général Paul Grenier. V Papiers relatifs à l'armée d'Italie. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 146 et 228. Page 303 et page 465).
La Division Séras et le Colonel Espert de Sibra sont cités dans le 19e bulletin daté de Vienne le 16 Juin 1809 : "L'anniversaire de la bataille de Marengo a été célébré par la victoire de Raab que la droite de l'armée, commandée par le vice-roi, a remportée sur les corps réunis de l'archiduc Jean et de l'archiduc Palatin.
Depuis la bataille de la Piave, le vice-roi a poursuivi l'archiduc Jean l'épée dans les reins.
L'armée autrichienne espérait se cantonner aux sources de la Raab, entre Saint-Gothard et Cormond.
Le 5 Juin, le vice-roi partit de Neustadt et porta son quartier-général à oedenbourg, en Hongrie.
Le 7, il continua son mouvement et arriva à Guns. Le général Lauriston avec son corps d'observation, le rejoignit sur sa gauche.
Le 8, le général Montbrun, avec sa division de cavalerie légère, força le passage de la Raabnitz auprès de Sovenyhaga, culbuta trois cents cavaliers de l'insurrection hongroise et les rejeta sur Raab.
Le 9, le vice-roi se posta sur Sarvar. La cavalerie du général Grouchy rencontra l'arrière-garde ennemie à Vasvar et fit quelques prisonniers.
Le 10, le général Macdonald, venant de Gratz, arriva à Cormond.
Le 11, le général de division Grenier rencontra à Karako une colonne de flanqueurs ennemis qui défendaient le pont, et passa la rivière de vive force. Le général Debroc, avec le 9e de hussards, a fait, une belle charge sur un bataillon de quatre cents hommes, dont trois cents ont été faits prisonniers.
Le 12, l'armée déboucha par le pont de Merse sur Papa. Le vice-roi aperçut d'une hauteur toute l'armée ennemie en bataille. Le général de division Montbrun, général de cavalerie et officier d'une grande espérance, déboucha dans la plaine, attaqua et culbuta la cavalerie ennemie, après avoir fait plusieurs manoeuvres précises et vigoureuses.
L'ennemi avait déjà commençé sa retraite.
Le vice-roi passa la nuit à Papa.
Le 13, à cinq heures du matin, l'armée se mit en marche pour se porter sur la Raab. Notre cavalerie et la cavalerie autrichienne se montrèrent au village de Szanak. L'ennemi fut culbuté et on lui fit quatre cents prisonniers.
L'archiduc Jean ayant fait sa jonction avec l'archiduc Palatin près de Raab, prit position sur de belles hauteurs, la droite appuyée à Raab, ville fortifiée, et la gauche couvrant le chemin de Comorn, autre place forte de la Hongrie.
Le 14, à onze heures du matin, le vice-roi range son armée en bataille, et avec trente-cinq mille hommes en attaque cinquante mille. L'ardeur de nos troupes est encore augmentée par le souvenir de la victoire mémorable qui a consacré cette journée. Tous les soldats poussent des cris de joie à la vue de l'armée ennemie, qui était sur trois lignes et composée de vingt à vingt-cinq mille hommes, restes de cette superbe armée d'Italie, qui naguères se croyait déjà maîtresse de toute l'Italie; de dix mille hommes commandés par le général Haddick, et formés des réserves des places fortes de Hongrie; de cinq à six mille hommes composés des débris réunis du corps de Jellachich et des autres colonnes du Tyrol, échappées aux mouvements de l'armée par les gorges de la Carinthie; enfin de douze à quinze mille hommes de l'insurrection hongroise, cavalerie et infanterie.
Le vice-roi plaça son armée, la cavalerie du général Montbrun, la brigade du général Colbert et la cavalerie du général Grouchy sur sa droite; le corps du général Grenier, formant deux échelons, dont la division du général Séras formait l'échelon de droite en avant; une division italienne, commandée par le général Baraguay-d'Hilliers, formant le troisième échelon, et la division du général Puthod en réserve. Le général Lauriston avec son corps d'observation, soutenu par le général Sahuc, formait l'extrême gauche, et observait la place de Raab.
A deux heures après-midi, la canonnade s'engagea. A trois heures, le premier, le second et le troisième échelons en vinrent aux mains. La fusillade devint vive; la première ligne de l'ennemi fut culbutée, mais la seconde ligne arrêta un instant l'impétuosité de notre premier échelon qui fut aussitôt renforcé et la culbuta.
Alors la réserve de l'ennemi se présenta. Le vice-roi qui suivait tous les mouvements de l'ennemi, marcha, de son côté avec sa réserve : la belle position des Autrichiens fut enlevée, et à quatre heures, la victoire était décidée. L'ennemi en pleine déroute, se serait difficilement rallié, si un défilé ne s'était opposé aux mouvements de notre cavalerie. Trois mille hommes faits prisonniers, six pièces de canon et quatre drapeaux sont les trophées de cette journée. L'ennemi a laissé sur le champ de bataille trois mille morts, parmi lesquels on a trouvé un général-major. Notre perte s'est élevée à neuf cents tués ou blessés. Au nombre des premiers, se trouve le colonel Thierry du 23e régiment d'infanterie légère, et parmi les derniers, le général de brigade Valentin et le colonel Espert.
Le vice-roi fait une mention particulière des généraux Grenier, Montbrun, Sérac et Danthouars. La division italienne Sevaroli a montré beaucoup de précision et de sang-froid. Plusieurs généraux ont eu leurs chevaux tués; quatre aides-de-camp du vice-roi ont été légèrement atteints. Ce prince a été constamment au milieu de la plus grande mêlée. L'artillerie commandée par le général Sorbier a soutenu sa réputation.
Le champ de bataille de Raab avait été dès longtemps reconnu par l'ennemi, car il annonçait fort à l'avance qu'il tiendrait dans cette belle position.
Le 15, il a été vivement poursuivi sur la route de Comorn et de Pest.
Les habitants du pays sont tranquilles et ne prennent aucune part à la guerre. La proclamation de l'empereur a mis de l'agitation dans les esprits. On sait que la nation hongroise a toujours désiré son indépendance. La partie de l'insurrection qui se trouve à l'armée avait déjà été levée par la dernière diète; elle est sous les armes et elle obéit".
La "Situation des troupes composant le corps du centre au 1er juillet 1809" indique : "... 2e division M. le général Durutte ...
1ère brigade M. le général Valentin ...
102e de ligne à Zamohy : 43 officiers et 1627 hommes présents, 9 chevaux d’officiers ; 15 officiers, 166 hommes et 14 chevaux détachés à Klagenfurt et Raab ; 17 officiers et 74 hommes aux hôpitaux ; 2 officiers et 212 hommes prisonniers de guerre, 81 hommes en jugement ou égarés ; total : 2937 hommes et 23 chevaux ..." (Papiers du général Paul Grenier. V Papiers relatifs à l'armée d'Italie. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 177. Page 364).
Le 102e est ensuite de la grande bataille de Wagram.
Le 14 juillet 1809, l'Empereur écrit, depuis Schoenbrunn, à Alexandre, Prince de Neuchâtel, Major général de l'Armée d'Allemagne, à Schönbrunn: "Mon Cousin, l'armée d'Italie sera organisée de la manière suivante :
1re division, commandée par le général Broussier, les 9e, 84e et 92e.
2e division, commandée par le général Lamarque, les 13e, 29e, 32e et 53e.
3e division, commandée par le général Durutte, les 23e léger, 62e et 102e.
4e division, commandée par le général Pacthod, les 1er de ligne, 52e, 106e et 112e ;
Division Severoli, tous les Italiens.
Les 4es bataillons du 1er léger et du 42e, avec le parc, au quartier général.
Deux brigades de cavalerie légère, composées chacune de deux régiments ; un des cinq régiments continuera à rester avec la brigade Thiry.
Enfin, les deux divisions de dragons des généraux Grouchy et Pully.
Les 3es et 4es bataillons des régiments de l'armée de Dalmatie rejoindront le maréchal Marmont.
Vous donnerez ordre que le maréchal Macdonald, avec deux divisions et une brigade de cavalerie légère, se porte sur Graetz ; que la division Severoli se porte sur Klagenfurt. Vous donnerez ordre que les deux autres divisions, une brigade de cavalerie légère et les deux divisions de dragons restent jusqu'à nouvel ordre sur la March" (Correspondance de Napoléon, t.19, lettre 15522 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 21494).
Le 15 juillet 1809, l'Empereur écrit, depuis Schoenbrunn, au Prince Camille Borghèse, Gouverneur général des départements au delà des Alpes, à Turin : "Mon Cousin, faites partir pour Vienne un bataillon de marche, qui portera le titre de Bataillon de marche de la 27e division militaire, qui sera composé de 140 hommes du 5e bataillon du 2e de ligne, de 140 hommes du 5e bataillon du 29e, de 140 hommes du 5e bataillon du 37e, de 140 hommes du 5e bataillon du 93e, de 140 hommes du 5e bataillon du 112e et de 140 hommes du 5e bataillon du 23e ; ce qui formera un bataillon de marche de 840 hommes. Faites partir également pour Vienne la 5e et la 3e compagnie de pionniers ; ce qui fera 500 pionniers. Faites partir un second bataillon de marche, qui portera le titre de Bataillon de marche de la 28e division militaire, qui sera composé de tout ce que le 3e léger, les 52e, 67e et 102e peuvent fournir. Faites partir les pontonniers qui sont à Valence et à Plaisance. Vous dirigerez d'abord tout cela sur Osoppo. Que cela forme une seule colonne et marche ensemble" (Correspondance de Napoléon, t.19, lettre 15536 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 21509).
Le 16 juillet 1809, au Quartier général à Presbourg, "Son Altesse Impériale le prince vice-roi d’Italie, général en chef, donne l’ordre du jour de l’organisation de l’armée d’Italie, arrêtée par S. M. l’Empereur le 15 courant, savoir.
... 3e division, général Durutte, 23e léger, 62e, 102e de ligne ..." (Papiers du Général Paul Grenier. XVII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 137 page 290).
Le 14 septembre 1809, à Schönbrunn, on informe l'Empereur que "Le prince Eugène sollicite de l'Empereur un secours extraordinaire de 30.000 francs, pour les régiments de l'armée d'Italie"; Napoléon répond : "Il sera accordé aux 52e, 29e, 1er de ligne, 102e, 62e, qui viennent de l'armée de Naples, 30000 francs à compte sur leurs masses de ce que leur doit le roi de Naples, Cette somme sera employée à mettre dans le meilleur état l'administration de ces corps" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 3, lettre 3569).
Le 16 septembre 1809, Murat écrit à Berthier, Prince de Neufchâtel : "Mon Cousin, le sieur Grandfils, lieutenant au 102e régiment de ligne, m'a demandé plusieurs fois de passer à mon service. C'est un militaire auquel j'ai toujours porté de l'intérêt et que je verrais avec plaisir parmi mes troupes. Je vous serai donc très obligé d'en faire la demande à l'Empereur, et d'en obtenir l'autorisation dont cet officier a besoin pour prendre du service dans mes États" (Le Brethon Paul : « Lettres et documents pour servir à l'histoire de Joachim Murat, 1761-1815 », Plon, 1908-1914, t. 9, p. 14, lettre 4503).
Le 25 septembre 1809, l'Empereur écrit, depuis Schönbrunn, au Général Lacuée, Directeur général des Revue et de la Conscription : "J’ai jugé à propos d’appeler 36 000 conscrits des cinq classes antérieures à 1810 au lieu de 30 000. Je trouve qu’en général, au lieu de 80 000 hommes par conscription, nous aurions dû en appeler 120 000. Vous trouverez dans le rapport de Clarke des notes de la nouvelle levée des 36 000. Vous avez toujours oublié un principe que nous ne devons jamais perdre de vue. Ainsi, il faut envoyer ... au 26e, au 82e et au 102e des hommes du Poitou et du limousin ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 22179).
Le 27 septembre 1809, le Général de Division Grenier écrit, depuis Oedembourg, au Général Vignolle à Eisenstadt : "Au reçu de votre lettre du 26, mon cher général, relative aux boulangeries existant dans les corps des divisions Durutte et Pacthod, j’en ai demandé l’état aux généraux de division ; je m’empresserai de vous le transmettre aussitôt qu’il me sera parvenu. J’ai reçu l’avis de votre circulaire aux colonels, relativement au mauvais état dans lequel se trouve l’habillement des corps ; malheureusement, les 1er, 52e, 106e, 102e régiments et le 4e bataillon du 1er d’infanterie légère sont dans le nombre de ceux qui n’ont que des pantalons de toiles et ils n’auront de culottes ou pantalons de drap que sur les fournitures que leur fera faire S. A. I., attendu que l’éloignement des dépôts renvoie ce qu’ils en attendent à des termes très éloignés" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 67 page 148).
Le 30 septembre 1809, le Général de Division Grenier écrit, depuis Oedembourg, à S. A. I. le Prince Vice-Roi, Général en chef à Vienne : "Monseigneur, j’ai l’honneur d’adresser à V. A. I. les lettres cachetées de MM. les colonels et officier supérieurs des divisions sous mes ordres, pour la présentation des militaires jugés dignes d’obtenir les décorations de la Toison d’or, comme commandants et chevaliers des régiments.
Ces lettres sont au nombre de ...
Division Durutte : 1 pour le 4e bataillon du 1er d’infanterie légère, 5 pour le 23e léger, 5 pour le 62e, 4 pour le 102e ..." (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 70 page 154).
Le 4 octobre 1809, Murat écrit, depuis Portici, à Daure : "Monsieur le ministre, je vous envoie les papiers du sieur Grandfils, lieutenant au 102e régiment d'infanterie de ligne française et qui a obtenu de l'Empereur l'autorisation de passer à mon service. Vous lui ferez connaitre que je l'ai nommé capitaine dans le régiment de la garde de Naples ..." (Le Brethon Paul : « Lettres et documents pour servir à l'histoire de Joachim Murat, 1761-1815 », Plon, 1908-1914, t. 9, p. 43, lettre 4552).
Suite à une réquisition de draps ordonnée le 17 septembre 1809 par le Prince Eugène, Vice-Roi d’Italie, Général en chef, l’Adjudant commandant chef de l’état-major, le Baron Forestier, en adresse le 21 octobre 1809, depuis Adembourg, au Général de Division Comte Grenier le procès verbal suivant : "Moi soussigné adjudant commandant, baron de l’empire, chef de l’état-major du corps d’armée commandé par M. le général de division comte Grenier, certifie que le comitat d’Adembourg a fait verser entre les mains de M. Frank capitaine du 62e régiment d’infanterie, chargé par le général Grenier de la surveillance du magasin, à compte de la réquisition de 7160 aunes de drap, faite par le général comte Vignolle, chef de l’état-major général de l’armée d’Italie, en vertu des ordres de son altesse impériale le prince vice-roi général en chef, la quantité de 5191 aunes de drap de diverses couleurs, pour laquelle quantité le présent servira de décharge, et annule par suite tous les récépissés provisoires du capitaine Frank qui devront m’être remis.
Le comitat demeurant néanmoins chargé de remplir la réquisition entière des 7160 aunes, il fera verser de suite dans les magasins de l’intendance générale à Oedenbourg le complément de cette réquisition, montant à 1969 aunes ; laquelle quantité servira de remplacement d’une autre pareille quantité prise en vertu des ordres du général comte Vignolle, chef de l’état-major général de l’armée d’Italie, dans les magasins de l’intendant général, savoir : 1431 aunes de drap de capotes pour le 102e régiment et 538 de drap blanc pour le 52e régiment" (Papiers du général Paul Grenier. V Papiers relatifs à l'armée d'Italie. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 198. Page 405).
Quatre jours plus tard, le 25 octobre 1809, l’Adjudant commandant Baron Forestier, chef d’état-major du Corps du Général Grenier, adresse depuis Oedembourg un "Etat pour servir à constater la recette des draps de réquisition du 17 septembre 1809, faite par Son Altesse Impériale le prince Eugène Napoléon de France, Vice-Roi d’Italie, général en chef, et l’emploi des dits draps.
Recettes.
Du comitat d’Oedembourg 5191 aunes
De Wisselbourg 3710
De Günz 1600
Total 10501
La copie du récépissé de 5191 aunes que j’ai faite au comitat d’Oedembourg et que j’ai envoyée au chef de l’état-major général indique que ce comitat reste chargé de verser 1969 aunes dans le magasin de l’intendance générale.
Distributions
... Au 102e régiment d’infanterie de ligne 779 aunes, 1 pièce justificative
... Total égal 10501 aunes, 22 pièces justificatives
Certifié le présent état de distribution des draps conforme aux pièces justificatives qui m’ont été remises par M. Frank officier au 62e et M. Bernard chef de l’état-major de la division Pacthod, lesquelles pièces justificatives au nombre de 22 ont été envoyées à M. le général comte Vignolle chef de l’état-major général" (Papiers du général Paul Grenier. V Papiers relatifs à l'armée d'Italie. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 199. Page 407).
Le 27 octobre 1809, le Général de Division Grenier écrit au Prince Eugène, à Villach : "V. A. I. a fait frapper le 17 septembre dernier une réquisition de draps montant à la quantité de 7160 aunes pour le comitat d’Oedembourg, 3710 aunes pour celui de Visselbourg, 1600 aunes pour celui de Guntz formant ensemble le total de 12470. La rentrée de ces draps a eu lieu à l’exception de 1969 aunes que le comitat d’Oedembourg devait en déduction de la quantité qui a été demandée verser dans les magasins de l’intendant général en remplacement d’un pareille quantité enlevée par les ordres de V. A. savoir 1431 aunes pour le 102e régiment, et 538 pour le 52e ; ce qui réduit la quantité de draps reçus du comitat d’Oedembourg à 5191 aunes, et la totalité des trois réquisitions à 10501 aunes qui ont été distribuées selon les répartitions que m’a adressées le général Vignolle. J’ai chargé mon chef d’état-major de lui en adresser les récépissés de tous les corps avec le bordereau pour V. A. I. ; elle remarquera que le bataillon des transports italien n’est point venu prendre les 100 aunes qui lui étaient destinées ; j’ai du le faire verser dans les magasins de M. l’ordonnateur Boinod. L’intendant général Daru a fait demander copie des récépissés des corps, j’ai cru devoir m’y refuser puisque les réquisitions n’émanaient pas de lui et qu’il appartient à V. A. I. de déterminer si le Ministre directeur de l’Administration de la Guerre doit connaitre les quantités que les corps ont reçu" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 78 page 169).
Le 4 novembre 1809, le Général Durutte écrit, depuis Gleisdorf, au Général Grenier : "J’arriverai demain matin à Gratz avec mon artillerie légère, mon artillerie de ligne, le 23e régiment et le 102e ..." (Papiers du général Paul Grenier. V Papiers relatifs à l'armée d'Italie. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 205. Page 419).
Le 10 décembre 1809, le Général Grenier écrit, depuis Graz, au Maréchal Macdonald, à Graz : "J’ai l’honneur de prévenir votre excellence qu’en conformité de ses ordres, le mouvement des deux divisions d’infanterie de mon commandement commencera le 15 de ce mois ainsi qu’il suit :
Division Durutte.
... Le 102e partant de Marbourg le 15 arrivera à Villach le 21 en passant par Mehrenberg, Volkermarkt et Clagenfurt ...
Demain matin, je ferai connaître au général Vignolle le mouvement des deux divisions avec l’itinéraire détaillé, je prie V. E. de faire donner les ordres nécessaires pour que les troupes soit fournies de logement en logement des voitures de troupes, je pense qu’il en faudra par bataillon" (Papiers du général Paul Grenier. V Papiers relatifs à l'armée d'Italie. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 207. Page 423).
Entre le 11 décembre et le 27 décembre, le Général Durutte écrit au Général de Division Grenier : "... Gangler est dans la vallée de la Gail avec le 1er bataillon du 102e ..." (Papiers du général Paul Grenier. V Papiers relatifs à l'armée d'Italie. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 213. Page 435).
Le 22 décembre 1809, l'Empereur écrit, depuis Trianon, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, le 1er d’infanterie légère et le 42e ont leurs dépôts en Italie et leurs régiments en Catalogne. Il faut les recruter. Faites-moi connaître ce qu’on pourrait faire partir de ces 2 régiments. Ces détachements se réuniraient aux 3e léger, 7e de ligne, 93e, 2e, 56e, 37e et 102e. Les détachements de ces 9 régiments formeraient un régiment de marche qui serait dirigé sur Perpignan ..." (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 3, lettre 3844 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 22695).
Le 2 janvier 1810, le général Durutte écrit, depuis Villach, au Général Grenier : "J’ai l’honneur de vous envoyer copie d’une lettre que j’ai reçue hier au soir du général Vignolle par laquelle il me prescrit d’envoyer deux bataillons à Lientz et un à Sachsenbourg ...
Le désarmement est ordonné dans la vallée de la Drau et dans le Gailtal et environs. Les habitants doivent porter leurs fusils chez leur bailli respectif d’où ils seront ensuite transférés à Villach. J’ai fait déclarer dans toutes les communes que s’ils n’exécutaient cette mesure de bonne volonté, je pourrais les y forcer. Je ne puis encore savoir à quoi ils se déterminerons. Je fais agir les curés et les principaux propriétaires. Si les marques de douceur et de persuasion ne rendissent pas, il faudra absolument leur tenir parole, mais dans ce cas, je n’ai peut-être pas assez de troupes. Au lieu de faire venir le 102e, je préfèrerais que vous m’envoyiez le 42e. Ma division serait alors rassemblée à mon artillerie près que je ne pourrais nourrir ici, car la disette des fourrages est extrême.
Je vais envoyer le général Gareau à Mautern, pour accélérer le désarmement de cette contrée ; aussitôt que cela sera fait, je ferai rentrer les deux bataillons du 102e qui sont dans le Gailtal dans les environs de Villach, et j’en enverrai un à Spital ..." (Papiers du général Paul Grenier. V Papiers relatifs à l'armée d'Italie. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 219. Page 447).
Le 2 mars 1810, l'Empereur écrit, depuis Paris, à Borghèse, Gouverneur général des départements au-delà des Alpes : "Mon cousin, quand on a dirigé le 23e léger sur Mondovi, le 102e sur Savone, le 52e à Gênes, c'est pour les envoyer où sont leurs dépôts ; mais vous pouvez placer les bataillons selon que vous le jugerez le plus convenable pour le bien du service, surtout pour bien garder les côtes et maintenir la tranquillité dans le pays" (Correspondance générale de Napoléon, t.10, lettre 23234).
Les positions du 102e de Ligne en septembre 1810 dans la 28e Division Militaire sont les suivantes : Colonel Espert; Quartier-maître Ortlieb; Major Maréchal; 1er Bataillon Muller à Gênes; 2e Batailllon Rennier à Oneille; 3e Bataillon Schielle à Acquiet Savone; 4e Bataillon Sicre à Savone; 5e Bataillon, Dépôt à Savone.
Le 27 septembre 1810, l'Empereur écrit, depuis Fontainebleau, au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, à Paris "Monsieur le Duc de Feltre, mon intention est de former à Avignon une division de l'armée de Catalogne, composée de deux bataillons du 67e, de deux bataillons du 16e de ligne et de deux bataillons du 3e léger.
Donnez ordre au 102e de former son 2e et son 3e bataillon à 840 hommes chacun, et de les mettre en marche de Savone et de Port-Maurice, commandés par le colonel, pour se rendre à Avignon.
Ces huit bataillons, complétés à 840 hommes, feront près de 7,000 hommes ...
Remettez-moi un état qui me fasse connaître la situation ... des huit bataillons actuellement en marche, afin que je voie la quantité de troupes qui vont renforcer l'armée de Catalogne. Si le régiment de marche destiné à cette armée est assez fort, il faut en former deux régiments" (Correspondance de Napoléon, t.21, lettre 16943 ; Correspondance générale de Napoléon, t.10, lettre 24670).
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Encrier de campagne du 102e de Ligne |
Le 6 octobre 1810, l'Empereur adresse, depuis Fontainebleau, au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, à Paris, une Note sur l'organisation des armées; concernant l'Armée d'Italie, il écrit : "… Cette armée se composerait de 10 divisions, dont 7 françaises et 3 italiennes, et composées, savoir :
... 7e division française, 13e de ligne ayant quatre bataillons ; 84e, quatre ; 102e, quatre ; trois bataillons suisses à Naples : 15 bataillons ..." (Correspondance de Napoléon, t.21, lettre 17000 ; Correspondance générale de Napoléon, t.10, lettre 24816).
Le 10 Octobre 1810, l'Empereur écrit, depuis Fontainebleau, au Général Clarke, Ministre de la Guerre à Paris :"Monsieur le Duc de Feltre, le 16e de ligne arrive à Avignon le 25 octobre. Mon intention est que le 3e bataillon de ce régiment fasse partie de la division. Les deux premiers bataillons forment 1,700 hommes présents sous les armes. Vous donnerez ordre que le détachement de ce régiment qui vient de Toulon s'y réunisse ; ce qui fera 2,000 hommes, c'est-à-dire trois beaux bataillons. Vous donnerez le même ordre pour le détachement du 67e qui fait partie du 3e bataillon du régiment de marche de l’armée de Catalogne ; ce détachement se réunira au 67e, qui par ce moyen gardera aussi ses trois bataillons. Le 3e léger gardera également ses trois bataillons et recevra le détachement qui fait partie du 3e bataillon du régiment de marche de l'armée de Catalogne. Prenez des mesures pour que ces trois détachements du 3e léger, du 67e et du 16e de ligne, qui font partie du régiment de marche de l'armée de Catalogne, se réunissent à Avignon ou à Nîmes à leurs bataillons ; de sorte que la division qui se réunit à Avignon sera composée de trois bataillons du 16e de ligne, de trois bataillons du 67e, de trois bataillons du 3e d'infanterie légère et de deux bataillons du 102e.
Nommez un général de brigade, de ceux qui sont à Perpignan, pour prendre le commandement de cette division, qui sera sous les ordres directs du général Baraguey d'Hilliers. Aussitôt que les 67e, 16e et 3e léger seront arrivés en Catalogne, ils seront rejoints par leurs 4es bataillons. Donnez ordre que les bataillons du 3e léger s'embarquent sur la Saône à Châlons ; ce sera une dépense de plus, mais on gagnera huit jours ; et, moyennant leur embarquement sur la Saône et le Rhône, ces bataillons pourront arriver à Perpignan en même temps que le régiment de marche de Catalogne. Ainsi-toutes ces troupes, formant une masse de 15,000 hommes, pourront entrer à la fois sur Gerona. Il serait bon qu'il y eût à Perpignan quelques paires de souliers à leur donner à leur passage. Il faudrait aussi qu'on leur préparât quelques pièces de canon des dépôts du train et de l'artillerie de l'armée de Catalogne. On doit pouvoir organiser une petite division d'artillerie pour cette division. Quant au régiment de marche de l'armée de Catalogne, je n'ai pas besoin de vous dire qu'aussitôt qu'il sera arrivé en Catalogne il doit être dissous, et que chaque détachement doit rejoindre son régiment" (Correspondance de Napoléon, t.21, lettre 17024 ; Correspondance générale de Napoléon, t.10, lettre 24867).
Le 21 novembre 1810, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, envoyez des officiers et prenez des mesures pour que le duc de Tarente ne fasse pas ce qu'il a déjà fait, c'est-à-dire ne dégarnisse pas toutes nos frontières et ne les livre pas sans défense au brigandage. Mettez spécialement sous les ordres du général Baraguey d'Hilliers les seize bataillons composés du 3e régiment d'infanterie légère, du 16e de ligne, du 67e, du 102e, etc., afin que les scènes qui ont eu lieu il y a un mois ne se renouvellent plus" (Correspondance de Napoléon, t.21, lettre 17147 ; Correspondance générale de Napoléon, t.10, lettre 25293).
Vers le 15 décembre 1810, "Le général Grenier, chef de l'état-major de l'armée de Naples, appuie la demande faite par le sieur d'Esplan, sous-officier au 102e régiment, d'être autorisé à passer au service de Naples"; "Accordé", répond l'Empereur (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 3, lettre 4914 - Sans signature ni date ; renvoyées aux bureaux le 15 décembre ; extraites du « Travail du ministre de la guerre avec l'Empereur et Roi, du 12 décembre 1810 »).
- 1811
- Italie
Le 2 janvier 1811, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Prince Camille Borghèse, Gouverneur général des départements au delà des Alpes, à Turin : "Mon Cousin ... Il est convenable que la compagnie d'artillerie du 102e qui est à Gênes se rende à Savone" (Correspondance de Napoléon, t.21, lettre 17262).
Le 7 mars 1811, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre ... Tous les hommes en congé appartenant aux 2 bataillons du 102e qui sont en Catalogne doivent rejoindre les 1er et 4e bataillons qui sont à Savone ..." (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 4, lettre 5136 ; Correspondance générale de Napoléon, t.10, lettre 26122).
Le 26 avril 1811, à Saint-Cloud, "Sa Majesté est priée de faire connaître ses intentions sur la demande que fait le sieur Desplan, sous-officier au 102e régiment de ligne, de quitter ce corps pour passer au service de Naples" ; "Approuvé", répond l'Empereur (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 4, lettre 5396 - Non signée ; extraite du « Travail du ministre de la guerre avec S. M. l’Empereur et Roi, daté du 24 avril 1811 »).
Le 2 août 1811, le Général de Division Grenier écrit au Comte Dumas, à Paris : "D’après votre lettre du 3 juin dernier relative au nommé Louis Herkeins, natif de Saint-Trond (Meuse inférieure) déserteur du 102e régiment d’infanterie de ligne, j’ai fait la réclamation de cet individu.
Le Ministre de la Guerre du Royaume de Naples m’a répondu le 20 du mois dernier que plusieurs fois, il a été inutilement écrit au colonel du 2e de ligne napolitain, lequel lui a toujours répondu qu’il a fait faire les recherches les plus scrupuleuses sans pouvoir découvrir le déserteur ci-dessus, et que s’il existe dans son régiment, c’est sous un autre nom" (Papiers du Général Paul Grenier. XIX. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 33 page 80).
Le 11 septembre 1811, l'Empereur écrit, depuis Compiègne, au Prince Camille Borghèse, Gouverneur Général des départements français au delà des Alpes, à Turin : "Le 4e bataillon du 102e régiment étant arrivé à Savone, vous pouvez ordonner au détachement du 52e régiment qui se trouve dans cette place de retourner à Gênes ..." (Brotonne (L. de) : « Lettres inédites de Napoléon 1er », Paris, 1898, lettre 914 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 28584).
Le 13 septembre 1811, l'Empereur écrit, depuis Compiègne, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre ... Le 1er bataillon du 102e se plaint de ses hommes, qu'il prétend faibles et hors d'état de faire la guerre. Donnez ordre qu'il en soit passé une revue et qu'on s'assure si ces plaintes sont fondées. C'est un bataillon qu'il faut soigner, tant pour l'habillement que pour les officiers ; car il pourrait faire partie d'une réserve pour la Catalogne ..." (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 4, lettre 6169 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 28639).
Le 16 décembre 1811, l'Empereur écrit, depuis Paris, à Eugène Napoléon, Vice-Roi d'Italie, à Milan : "Mon Fils, voici l'organisation que je désirerais donner au corps d'observation d'Italie ...
On laisserait en Italie les régiments suivants :
RÉGIMENTS FRANÇAIS. — 22e d'infanterie légère, six bataillons ; 6e de ligne, trois ; 14e léger, trois ; 112e de ligne, cinq ; 13e, cinq ; 23e, deux ; les 5es bataillons des six régiments français composant les 13e et 14e divisions, six bataillons ; 10e de ligne, deux bataillons ; 20e, deux ; 7e, un ; 12e, un ; 1er léger, deux ; 3e, un ; 67e de ligne, un ; régiment illyrien, un ; 52e de ligne, cinq ; 102e, deux ; ce qui ferait en deçà des Alpes quarante-huit bataillons français, formant 30,000 hommes d'infanterie, lesquels seront complétés par la levée de la conscription qui va être faite, celle de 1812 ..." (Mémoires du Prince Eugène, t. 7, p. 233 ; Correspondance de Napoléon, t.23, lettre 18340; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 29370).
- Espagne
Le 9 mars 1811, Napoléon écrit, depuis Paris, à Clarke : "… La garnison de Barcelone sera augmentée du 102e régiment de ligne, et de tous les détachements appartenant au 93e et aux autres régiments qui sont à Barcelone, et portée ainsi à 8 mille hommes …" (Du Casse A. : "Mémoires et correspondance politique et militaire du roi Joseph", 1853-1854, t. 7, p. 472).
Le 10 mars 1811, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, à Paris : "Monsieur le Duc de Feltre, je vous renvoie les lettres du général Baraguey d'Hilliers. Il n'est pas encore temps de lui faire connaître les changements que j'ai faits dans la Catalogne, puisqu'il ne serait pas convenable que le duc de Tarente les apprît d'une manière indirecte. Mais il faut lui envoyer un officier et lui mander qu'aussitôt que le général Quesnel sera arrivé à Puycerda et cherchera à prendre le fort d'Urgel, cela attirera d'autant l'ennemi de ce côté ; qu'il faudrait occuper les positions d'Olot et de Vich, et reconnaître les autres positions qu'il y aurait à occuper pour se maintenir réellement en communication avec Barcelone ; que l'ennemi va être serré de très-près du côté de Tarragone et inquiété du côté d'Urgel; qu'il faudrait l'empêcher de s'établir entre Puycerda ou la vallée du Sègre et la vallée de Girone ; qu'il paraît nécessaire d'occuper Olot, Ripoll et Vich, et d'avoir entre Barcelone et le château de Hostalrich un ou deux points crénelés et fortifiés, du côté de Granollers, situé au point de réunion du chemin de Vich et de celui de Hostalrich ; que, si le général Baraguey d'Hilliers fait occuper Granollers et Vich, il se trouvera en communication avec Barcelone; qu'alors des mouvements combinés seront concertés avec la garnison, et qu'il sera inutile d'envoyer le 102e à Barcelone, puisque cela fera le même effet ; mais que cela ne peut avoir lieu qu'autant qu'arrivé à Vich et à Granollers on remuera sur-le-champ de la terre, qu'on crénellera des maisons, qu'on placera quelques pièces de canon, et qu'enfin, par ces précautions, on se mettra tout à fait à l'abri des miquelets et des bandes ennemies ; qu'il a de l'artillerie et des sapeurs qu'il peut employer sur-le-champ ; que la mission de l'officier que vous lui envoyez est de rapporter son opinion sur ce plan, sur la manière de remplir le but, d'empêcher l'ennemi de s'établir entre la Cerdagne et Girone, sur le projet d'occuper Olot, et enfin sur celui de se placer à Vich et à Granollers de manière à communiquer avec Barcelone avec des détachements de 2 à 300 hommes; bien entendu que les colonnes placées à Vich et à Granollers feraient des sorties combinées avec celles de la garnison de Barcelone toutes les fois que l'ennemi se présenterait ; que ces opérations deviendront faciles, la division Quesnel étant à Puycerda, Tarragone se trouvant cernée, et l'armée rentrant en Catalogne (car je ne la considère pas comme étant en Catalogne, en ce moment qu'elle est à Lérida, au-delà des montagnes), et que toutes ces dispositions vont faciliter beaucoup la soumission du pays ; mais que, pour arrivera ce résultat, il faut se fortifier de manière que des détachements de 50 ou 60 hommes, en ayant du canon, soient à l'abri de toute attaque, ce qui a été fait dans l'intérieur de l'Espagne et a partout réussi;; que ce projet est plus avantageux que celui de renforcer Barcelone, d’autant plus que la garnison de Barcelone pourra occuper des points intermédiaires en avant de cette place" (Du Casse A. : "Mémoires et correspondance politique et militaire du roi Joseph", 1853-1854, t. 7, p. 476 ; Correspondance de Napoléon, t.21, lettre 17448 ; Correspondance générale de Napoléon, t.10, lettre 26171).
Le même 10 mars 1811, l'Empereur écrit encore, depuis Paris, au Général Clarke : "Monsieur le duc de Feltre ... Donnez ordre que le 4e bataillon du 112e verse dans le 102e tous les hommes qu'il a disponibles, et que ce cadre du 112e se rende ensuite à Lyon ..." (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 4, lettre 5165).
Le 6 décembre 1811, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke : "Monsieur le duc de Feltre, donnez ordre à la demi-brigade que commande le major Verset, et qui est composée des bataillons du 8e léger, 18e léger et 23e de ligne, de se rendre à Perpignan ...
Donnez le même ordre au premier bataillon du 102e.
Tous les hommes que ces bataillons ont embarqués à bord de l'escadre ou ailleurs seront sur-le-champ débarqués et réunis à leurs bataillons. Ces sept bataillons doivent former un total de 5.000 hommes de renfort. Donnez ordre qu'ils ne partent que lorsque tout ce qui est embarqué aura rejoint ..." (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 4, lettre 6460 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 29283).
- France
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Carte des Iles d'Hyères
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Napoléon évolue dans les dispositions pour défendre les côtes de Provence. Il écrit : "Paris le 11 Avril 1811.
Au général Clarke,
Monsieur le duc de Feltre, dans un décret que j’ai pris dernièrement, j’ai ordonné que le 4eme bataillon du 22e Léger verserait ses hommes disponibles dans le 5e bataillon et que le cadre de ce bataillon se rendrait en Corse ou il se recruterait par des conscrits de la Méditerranée. Considérant aujourd’hui les dangers attendus de la navigation en Corse et la situation des croisières ennemies, je préfère que le cadre de ce 4e bataillon se rende dans les iles d’Hyères où il sera rejoint par 900 hommes du dépôt du fort Lamalgue. J’ai donné le même ordre pour le 6e bataillon de ce régiment ; vous recevrez le décret que j'ai pris à cet effet. Vous verrez, dans le même décret, que le 5e bataillon du 102e se réunira dans l'île Sainte-Marguerite, où il sera complété par 500 conscrits du dépôt du fort Lamalgue. Vous verrez que par là je donne de l'emploi à 2 300 conscrits réfractaires …
Ces mesures sont urgentes …" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 4, lettre 5313 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 26620).
Le même 11 avril 1811, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Vice-Amiral Decrès, Ministre de la Marine : "Le transport des conscrits réfractaires en Corse me paraissant devenir trop dangereux, j'ai ordonné que le cadre du 6e bataillon du 22e léger, au lieu d'aller en Corse de Nice, se rendît dans l'île de Porquerolles. Il y sera rendu, j'espère, le 25 avril.
A compter du 25 avril, vous pourrez diriger les conscrits par bac sur Hyères. Le 4e bataillon du même régiment qui devrait se former dans l'Ischia se rendra le 25 à Port-Cros. Ce sera dans l'emploi de 1800 conscrits.
Le 6e bataillon du 102e sera rendu le 25 à Sainte-Marguerite. Vous y enverrez de fort Lamalgue 500 conscrits par le cabotage ; cela fait l'emploi de 2300 conscrits.
Par ce moyen, la grande chance que je cours de perdre mes gabarres et mes hommes n'existera plus ; il ne sera fait d'envoi de conscrits en Corse qu'après le mois de septembre.
Je vous laisse maître de vous concerter avec le ministre de la Guerre pour me faire le transport des 500 conscrits que la marine doit conduire à Civitavecchia, qu'après l'équinoxe, s'il y a lieu" Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 26627).
Le 13 avril 1811, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Lacuée, Ministre de l'Administration de la Guerre : "Monsieur le comte de Cessac, je reçois votre lettre. Il faut que vous fournissiez des effets d'habillement aux hommes du 6e bataillon du 22e léger et du 5e bataillon du 1er de ligne. Il faut également que vous en fournissiez aux hommes que le 5e bataillon du 102e doit recevoir. Je n'ai ôté aucun conscrit, ni au 102e, ni au 1er de ligne, parce que les cadres de ces régiments ont besoin de conscrits pour se compléter et se mettre en état d'entrer en campagne" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 4, lettre 5326; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 26661).
Le 18 avril 1811, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Peltre ...
Cela étant, il y aurait dans les îles d'Hyères, les 4e et 6e bataillons du 22e régiment d'infanterie légère, de 900 hommes chacun, faisant 1800 hommes ...
Dans l'île Sainte-Marguerite, le 5e bataillon du 102e, 500 hommes ...
Voilà donc l'emploi de 6 400 hommes. Il faudra une partie de l'été pour avoir ce nombre d'hommes. Les conseils d'administration et l'habillement se tiendraient à Toulon ...
Quant au 5e bataillon du 102e, comme il est fort loin et que ses recrues doivent aller aux îles Sainte-Marguerite par mer, on profitera de toutes les occasions favorables qui se présenteront pour les faire passer.
Vous aurez soin que le dépôt soit tenu en règle à Toulon ; que les conscrits y soient toisés, classés, habillés et équipés, et que les différents mouvements se fassent avec ordre, par mer, sur les îles d'Hyères, au cap Cépet et autres points. Si le nombre des conscrits réfractaires est de plus de 6000 hommes, on pourra en être embarrassé. On en rendra compte alors, et je donnerai des ordres ultérieurs.
Le passage en Corse n'est pas tout à fait interdit ; il pourra se présenter des moments dans l'été où le passage pourra avoir lieu. Après l'équinoxe d'automne, tous les transports se feront par mer ..." (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 4, lettre 5351 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 26730).
Dans la foulée, l'Empereur écrit, le même jour, 18 avril 1811, depuis Paris, au Vice-Amiral Ddcrès, Ministre de la Marine : "Je reçois votre rapport du 17. Le décret relatif au 4e bataillon du 22e régiment à placer à l'île de Porquerolles ; au 6e bataillon du même régiment à placer à Port-Cros, au 5e bataillon du 102e à placer à l'île Sainte-Marguerite, enfin au 5e bataillon du 1er de ligne à placer au château d'If et à l'île de Pomègue, doit être exécuté sans délai ... Les cadres des 3e et 4e bataillons seront envoyés aux iles d'Hyères et à Pomègue si 500 hommes du 102e peuvent tenir au château d'If ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 26742).
Le 4 mai 1811, l'Empereur écrit depuis Saint-Cloud, à son Chambellan, M. de Montaigu, à Paris : "... vous irez à Toulon; vous m'écrirez tous les jours, en me rendant compte des mouvements de l'arsenal, des mouvements de l'escadre et du dépôt du fort Lamalgue ... Quand vous aurez passé quinze jours à Toulon et que vous serez instruit que le 5e bataillon du 102e, qui doit recevoir des conscrits à l'île Sainte-Marguerite, a reçu ces conscrits ; vous irez le voir ..." (Correspondance de Napoléon, t.22, lettre 17697 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 26980).
Le 24 mai 1811, l'Empereur écrit, depuis Caen, au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, à Paris : "... ÉTAT DES FORCES QUI SERONT EN FRANCE ET EN Italie AU 1er SEPTEMBRE 1811 ...
28e DIVISION MILITAIRE.
Il y aura cinq bataillons du 52e, hormis les compagnies d'élite, trois bataillons du 102e. On formera des cinq bataillons du 67e, du 101e et du 3e léger, une demi-brigade de 1,500 hommes. Il y aura en outre deux bataillons du 10e de ligne (le 6e et le 7e),
Ces bataillons, complétés au moyen de la conscription, feront un total de 8,000 hommes, sans compter les troupes de la marine ..." (Correspondance de Napoléon, t.22, lettre 17247 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27150).
Le 6 juin 1811, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, à Paris : "Monsieur le Duc de Feltre, les deux bataillons du train d'artillerie, en Italie, ont besoin de 600 hommes, puisqu'ils reçoivent 1,200 chevaux ...
Vous donnerez ordre que le 5e bataillon du 102e, qui est dans l'ile Sainte-Marguerite où il reçoit des conscrits réfractaires du dépôt de Toulon, choisisse également 50 hommes des plus sûrs et qui n'appartiennent pas aux départements de la Provence ; que ces 50 hommes soient envoyés par mer à Gênes, et là débarqués et dirigés par terre sur Vérone, où ils seront incorporés dans le 7e bataillon du train ...
Vous prescrirez les mesures convenables pour que ces hommes soient envoyés avec des sergents et officiers, et embarqués de manière à être surveillés" (Correspondance de Napoléon, t.22, lettre 17775 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27228).
Le 10 juin 1811, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, à Paris : "Le 5e bataillon du 102e, qui est à l'île Sainte-Marguerite, manque de fusils. On se plaint qu'au fort Sainte-Marguerite les affûts sont pourris" (Correspondance de Napoléon, t.22, lettre 17790 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27258).
Le 24 juin 1811, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Dumas, Directeur des Revues et de la Conscription : "Monsieur le comte Dumas, j'ai lu avec intérêt le compte que vous m'avez rendu des déserteurs réfractaires au 1er juin ... Je relève ici par aperçu le nombre d'hommes dont j'ai disposé :
... 2e régiment de la Méditerranée (à Toulon)
... Le 5e bataillon du 102e doit prendre 560 conscrits à l'île Sainte-Marguerite. 560
... Vérifiez cet aperçu et remettez-moi un travail complet à cet égard" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 4, lettre 5677 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27431).
Le 4 juillet 1811, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, je désire que le colonel ou le major du 102e parte de Savone pour aller passer la revue du 5e bataillon de ce régiment qui est à l'île Sainte-Marguerite, inspecter en détail ce bataillon, et s'il pense qu'on pourrait se fier à ces conscrits et qu'ils ne déserteraient pas, les diriger sur Savone. Il serait important de les ôter de l'île Sainte-Marguerite où vont arriver les bataillons du 8e et 18e légers et du 23e de ligne ..." (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 4, lettre 5734 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27521).
Le 13 juillet 1811, l'Empereur écrit, depuis Trianon, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre ... La garnison de La Médée à Gênes sera fournie par le 102e ..." (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 4, lettre 5772; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27612).
Le 17 juillet 1811, l'Empereur écrit, depuis Trianon, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Peltre ... Les 2es compagnies des 5es bataillons des 5e, 11e, 23e, 60e, 81e, 79e, 1er de ligne, 62e, 102e, 10e, 20e, 101e, 29e, 9e, 35e, 53e, 13e, 106e, 16e et 67e formant 20 compagnies se réuniront à Toulon et seront destinées à monter les 16 vaisseaux qui sont en rade de Toulon et les premiers qui seront mis à l'eau ...
Vous donnerez ordre que toutes ces compagnies soient composées d'officiers, sous-officiers et soldats de l'ancienne France ; que tous les officiers, sergents, caporaux et fourriers aient au moins 4 ans de service, et que les soldats aient au moins un an de service et soient à l'école de bataillon. Vous recommanderez qu'on porte un soin particulier à la formation de ces compagnies, à les maintenir au complet ; qu'on y mette des officiers de choix, hommes d'ordre et d'honneur qui puissent être utiles à bord des vaisseaux" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 4, lettre 5796 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27681).
Le même 17 juillet 1811, l'Empereur écrit encore, depuis Trianon, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Peltre, donnez ordre qu'à l'arrivée du 102e à Toulon, il en soit passé la revue ; et vous me rendrez compte de sa situation, habillement, armement, et instruction.
Recommandez au commandant de pousser l'instruction de ce régiment avec la plus grande activité" (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1911, t.3, lettre 4658; Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 4, lettre 5795 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27682).
Le 1er août 1811, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Peltre ... Faites passer la revue du 5e bataillon du 102e qui est à l'île Sainte-Marguerite et faites-moi connaître si ces hommes sont habillés et de quels départements ils sont ..." (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 4, lettre 5890 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27915).
Le 15 août 1811, l'Empereur écrit, depuis Rambouillet, au Général Lacuée : "Monsieur le comte de Cessac, faites-moi un rapport qui me fasse connaître s'il a été pourvu et par qui à l'habillement de tous les cadres qui ont été à Toulon, à l'île de Ré et à Belle-Ile pour y prendre des conscrits réfractaires ?
Il y a à Toulon le 2e régiment de la Méditerranée qui peut lui-même fournir à cet habillement. Il y a le 22e d'infanterie légère et le 102e qui peuvent également y fournir eux-mêmes ...
En me rendant compte des mesures que vous avez prises, faites-moi connaître quand vous êtes fondé à penser que tous ces cadres seront habillés et équipés" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 4, lettre 5996 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 28178).
Le 19 août 1811, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, à Borghèse, Gouverneur général des départements au-delà des Alpes : "Mon cousin ... Au prince gouverneur général de Turin, j’ai donné ordre que le 5e bataillon du 102e qui était aux îles Sainte Marguerite se rendît à Savone : donnez ordre qu’il soit incorporé dans le 4e bataillon pour le compléter à 840 hommes ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 28234).
Le 22 août 1811, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke : "Monsieur le duc de Feltre, donnez les ordres suivants pour la répartition des compagnies destinées à former les garnisons de vaisseaux ...
DIVISION DE GÊNES
Les 2es compagnies du 5e bataillon des 52e et 102e seront complétées et réunies à Gênes, pour tenir garnison, savoir la compagnie du 52e sur l'Agamemnon, et celle du 102e sur les frégates la Médée et la Galatée ..." (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 4, lettre 6042 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 28292).
Le 23 août 1811, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Lacuée, Ministre directeur de l'Administration de la Guerre : "Monsieur le comte de Cessac, je réponds à votre rapport du 21, relatif à l'habillement des conscrits réfractaires. Je vois dans les états qui y sont joints que ... Le 1er de ligne, qui a son dépôt à Marseille, le 102e, qui a son 5e bataillon à l'île Sainte-Marguerite, sont portés comme habillés par l'administration de la guerre. Ce sont les dépôts de ces régiments qui les ont habillés. J'entends par habiller avoir fait confectionner les effets et pourvu à tous les détails. Je vous renvoie votre travail pour que vous mettiez ces états en règle" (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1911, t.3, lettre 4718; Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 4, lettre 6059 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 28335).
Le 28 août 1811, l'Empereur écrit, depuis Trianon, à Borghèse, Gouverneur général des départements au-delà des Alpes : "Mon cousin, je reçois votre lettre du 23 août. Faites compléter le 4e bataillon du 102e par tout ce qu'il y a de disponible au 5e bataillon. Faites-moi connaître votre opinion sur les conscrits de l'île de Sainte-Marguerite ; ont-ils déserté ? ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 28403).
Le 13 septembre 1811, l'Empereur écrit, depuis Compiègne, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre ... L'emploi de chef de bataillon du 1er bataillon du 102e qui est à Toulon, est vacant. Il est bien important d’y nommer quelqu'un ; un M. Schwartz, qui avait été nommé, n'a pas rejoint depuis quatre mois ; faites-en nommer un autre ..." (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 4, lettre 6169 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 28639).
Le 22 novembre 1811, le Général de Division Grenier écrit au Duc de Feltre, à Paris : "Le conseil d’administration du 102e régiment m’a adressé, en date du 9 de ce mois, conformément aux ordres de V. E. du 23 octobre dernier, les signalements de 14 militaires de ce régiment, supposés restés dans ce Royaume, et que V. E. me charge de faire rechercher. En examinant ces signalements, j’ai remarqué par les indications données que 4 de ces militaires devaient être partis pour l’Espagne avant la sortie du 102e régiment de ce Royaume ; je renvoie en conséquence au conseil d’administration les signalements de ces quatre individus qui sont :
Masse (Louis Auguste), à la suite de la Reine d’Espagne.
Aulard (Louis), Bru (Alexandre Jacques), à la suite du général Maurice-Mathieu.
Et Valentin (Thomas), à la suite du colonel des gardes d’Espagne (le capitaine).
Je ferai rechercher les dix autres et rendrai compte à V. E. du résultat de mes réclamations" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 196 page 412).
Le même 22 novembre 1811, le Général de Division Grenier écrit au Conseil d’administration du 102e Régiment d’Infanterie de ligne, à Savone : "J’ai reçu avec votre lettre du 9 de ce mois les 14 signalements que vous m’avez adressés en vertu des ordres de S. E. le Ministre de la Guerre, pour faire dans ce royaume les recherches des militaires de votre régiment, qu’ils désignent. Je vous renvoie ceux des nommés Masse, Aulard, Bru et Valentin, qui d’après les indications que vous donnez, ont dû quitter le royaume de Naples pour aller en Espagne à la suite des personnes auxquelles ils étaient attachés, avant la sortie de votre régiment de ce royaume, ce dont vous auriez dû vous rappeler et faire connaitre à S. E. le Ministre de la Guerre, que je vais en informer. Je ferai faire les recherches des dix autres et vous donnerai avis du résultat (Papiers du Général Paul Grenier. XIX. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 75 page 163).
- 1812
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Fig. 15 Plaque de shako d'Officier de Fusillers du 102ème Régiment d'Infanterie de ligne, modèle 1812 - site de B. Malvaux. |
Fig. 16 Plaques de shako d'Officiers, modèle 1812 A gauche, plaque donnée par C. Blondieau (plaque de la Collection Charrié) |
- Russie
LES DEMI-BRIGADES PROVISOIRES DE JANVIER 1812 Dans la vaste réorganisation que Napoléon coordonne pour la Grande Armée qui va entrer en Russie, de nombreuses unités dites provisoires vont être levées, formées de détachements de divers Régiments : Bataillons de marche, Demi-brigades de marche, Bataillons de marche de tel ou tel Corps. Parfois versées dans leurs unités d’origine ou organisées en Divisions de Réserve. Les Demi-brigades provisoires en 1812 sont formées à partir des 4ème Bataillons disponibles des Régiments d’infanterie. Elles vont peu à peu gagner l’Allemagne (ou l’Espagne ou l’Italie), remplacées sur leurs lieux de formation par les Cohortes de Gardes Nationales. Elles sont commandées par des Majors. On y réunit soit des Bataillons d’infanterie de Ligne, soit des Régiments d’infanterie légère entre eux, pour que les unités soient homogènes. Elles seront incorporées dans la seconde Ligne de l’Armée tandis que la force principale franchira le Niémen. Les 2e, 3e, 4e et 5e DB provisoires serviront sur la frontière espagnole et les 14e, 15e et 16e en Italie. 15e DB provisoire à Alexandrie : 4e du 1er Léger, 4e du 3e Léger, détachements des 7e, 101e et 102e de Ligne |
Le 2 avril 1812, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, à Berthier : "... 14e DEMI-BRIGADE. Le 6e bataillon du 10e, le 6e bataillon du 20e, le 4e bataillon du 67e et le 4e bataillon du 102e formeront à Alexandrie la 14e demi-brigade ...
Par ces dispositions, toutes les côtes de l'Empire seront suffisamment pourvues, en attendant la formation des cohortes de gardes nationales. Il devient pressant que les cadres de ces bataillons soient complets en officiers ; qu'ils aient leurs chefs de bataillon, et que vous nommiez les 15 majors en second qui devront commander ces demi-brigades. Vous ferez partir le 15 avril ces majors en 2nd pour visiter les dépôts qui fournissent aux demi-brigades.
Vous aurez soin de prévenir le ministre de l'Administration de la guerre afin qu'il donne des ordres, et prenne des mesures pour que l'habillement ne manque pas.
Vous autoriserez les majors en 2nd à faire partir le 30 avril les 4es bataillons à 600 hommes. Les 200 autres hommes viendront un mois après ...
Ces demi-brigades ne doivent rien déranger à la comptabilité. Les bataillons qui les composent doivent correspondre avec leurs dépôts pour l'administration ...
Annexe
Formation des demi-brigades provisoires, de l'Intérieur et des côtes
14e demi-brigade à Alexandrie
1er bataillon : 6e bataillon du 10e de ligne (dépôt à Plaisance) : 378 conscrits de l’Aveyron, 200 des Basses-Alpes, 257 du Vaucluse ; total 835 ; 135 conscrits de 1812 non employés dans cette organisation.
2e bataillon : 6e bataillon du 20e de ligne (dépôt à Verceil) : 627 conscrits du Gard, 180 de la Lozère ; total 807 ; 107 conscrits de 1812 non employés dans cette organisation.
3e bataillon : 4e bataillon du 67e de ligne (dépôt à Gênes) : 919 conscrits de l’Ardèche ; total 919 ; 219 conscrits de 1812 non employés dans cette organisation.
4e bataillon : 4e bataillon du 102e de ligne (dépôt à Savone) : 625 conscrits de l’Aveyron ; total 625 ; manque 75 ..." (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 5, lettre 7057 (extrait d’un ordre de l’Empereur daté de Saint-Cloud le 2 avril 1812) ; Correspondance générale de Napoléon, t.12, lettre 30370 (intégrale)).
Le 30 avril 1812, Napoléon écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke : "Monsieur le duc de Feltre ... Les 14e et 15e demi-brigades provisoires s'organisent à Alexandrie. Je n'approuve point le versement des 75 hommes du 101e dans le 102e ..." (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 5, lettre 7186 ; Correspondance générale de Napoléon, t.12, lettre 30538).
Quelques jours plus tard, Napoléon renforce ses Divisions de réserve; il écrit, le 18 mai 1812, depuis Dresde, au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, à Paris : "Monsieur le Duc de Feltre, je reçois le travail qui était joint à votre lettre du 11 mai. Voici quelles sont mes intentions définitives, donnez des ordres pour leur prompte exécution ...
Brigades d’Espagne, d’Alexandrie et de Toulon
Je passe à votre état n° 5. Je ne vois aucun avantage à ôter des conscrits du 10e de ligne pour les mettre dans le 67e. Ceci s'applique également aux conscrits du 20e et du 102e. Il me semble que ces 5es bataillons, restant en Italie, doivent offrir des ressources pour les garnisons et les colonnes mobiles ...
La 15e demi-brigade sera formée ainsi qu'il suit : 1er bataillon, le 4e bataillon du 1er d'infanterie légère ; 2e bataillon, le 4e bataillon du 3e léger ; 3e bataillon, deux compagnies du 3e bataillon du 7e, deux compagnies du 5e bataillon du 102e, deux compagnies du 5e bataillon du 101e.
Ainsi la brigade d'Alexandrie se composera de deux demi-brigades ou sept bataillons ..." (Correspondance de Napoléon, t.23, lettre 18701 ; Correspondance générale de Napoléon, t.12, lettre 30633).
- Espagne
Le 20 janvier 1812, l'Empereur adressé, depuis Paris, au Maréchal Berthier, Major général expédiant les ordres de Sa Majesté, des notes de travail dictées au Général Mathieu Dumas, relatives au recrutement et à l'organisation de l'armée : "... Le bataillon du 23e de ligne, qui a 500 hommes, celui du 102e, qui a 700 hommes, celui du 18e léger et du 8e de ligne sont tous entrés en Catalogne.
Mais tous les régiments en Catalogne étant faibles, on peut sur trois bataillons en prendre le cadre d'un bataillon ..." (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 4, lettre 6664 ; Correspondance générale de Napoléon, t.12, lettre 29799).
Le 26 janvier 1812, l'Empereur, à Paris, dicte des notes sur les divisions de troupes de ligne, adressées au Maréchal Berthier, Major général : "... L'armée de Catalogne se compose des 8e léger, 18e léger, 5e de ligne, 11e de ligne, 81e id., 60e id., 79e id., 23e id., 3e léger, 67e de ligne, 102e de ligne.
Tous ces corps sont à trois ou à deux bataillons. Je crois qu'il n'y en a plus à quatre bataillons, puisque le 3e léger, les 67e et 16e de ligne ont envoyé leurs 4es bataillons à leurs dépôts.
C'est ce qu'il est instant de vérifier, et l'on ne manquera pas de comprendre dans le compte à me rendre les six bataillons qui formaient à Toulon des demi-brigades provisoires, lesquels sont entrés en Catalogne.
Je pense qu'il sera facile de se procurer et de réunir à Perpignan quatre ou six cadres, et de diriger sur eux les conscrits des Landes et des Basses-Pyrénées et autres départements voisins ; et, dans le même temps, les cadres certainement existants au 1er mars parmi les huit bataillons portés au projet recevraient les conscrits de Perpignan et autres, de sorte que, supposant huit bataillons, on en mettra quatre à Perpignan et quatre dans les Basses-Pyrénées.
Ceux qui seraient à leurs propres dépôts s'habilleraient, s'équiperaient par les moyens qui leur appartiennent.
Mais les quatre ou six bataillons réunis à Perpignan ayant leur dépôt en Italie ou ailleurs, l'administration de la guerre sera chargée de les faire habiller et équiper à Perpignan.
Ces neuf bataillons, portés sur l'état comme étant aux Pyrénées, doivent être placés en trois lignes, savoir :
1° Ceux dont les 3es bataillons ont reçu l'ordre de rentrer. Il faut rechercher quand ils ont dû partir, d'après les ordres qu'ils ont reçus, soit du major général, soit du ministre de la guerre, pour bien calculer si l'on peut y compter ;
2° Ceux qui ont quatre compagnies de leur 5e bataillon à leur dépôt ceux-là ont des ressources en officiers et sous-officiers ;
3° Enfin, ceux qui n'ont que deux compagnies à leur dépôt et sont sans ressources.
Ainsi, voulant avoir neuf à dix bataillons pour les Pyrénées, je ne pense pas qu'on puisse en avoir plus de quatre.
Ces quatre bataillons pourront, en l'absence des cadres des 3es bataillons, s'ils tardent à rentrer, être formés par les compagnies des 5es.
Quant aux quatre ou cinq autres, on peut y pourvoir en faisant venir quatre ou cinq cadres de Catalogne, c'est-à-dire de Girone à Perpignan ..." (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 4, lettre 6693 ; Correspondance générale de Napoléon, t.12, lettre 29851).
Trois compagnies de chasseurs avaient été envoyées en Mai 1812 renforcer l'Armée de Catalogne au sein d'un 5e régiment provisoire.
- France
Le 6 février 1812, l'Empereur, à Paris, dicte au Général Mathieu Dumas, Conseiller d’Etat, Directeur général des Revues et de la Conscription, sur les Divisions de défense et la répartition : "... Division de Toulon.
... J'ai observé que le 102e ne peut recevoir 1.100 hommes, puisque le 4e, à Savone, est fort de 400 hommes ; le 5e est de 300, ce qui ferait 1.800 hommes, tandis que, le complet est de 1.300. On peut donc lui donner 500 hommes de moins ..."(Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 4, lettre 6747 ; Correspondance générale de Napoléon, t.12, lettre 29917).
Le 14 novembre 1812 le Ministre Directeur de l’Administration de la Guerre, Ministre d’Etat, écrit, depuis Paris (Administration de la Guerre, Bureau des étapes, convois, etc.) au Général Comte Grenier, commandant la 35e Division d’infanterie de la Grande Armée, à Vérone : "Général, S. E. le Ministre de la guerre m’a informé qu’il avait donné à la compagnie d’artillerie du 102e régiment de ligne, l’ordre de partir de port Maurice le 20 de ce mois et de se rendre à Vérone le 8 décembre suivant, d’où elle rejoindra le 4e bataillon de ce régiment, faisant partie de la 3e brigade de la division que vous commandez.
Cette compagnie n’ayant aucun matériel, et le 13e régiment de ligne, qui est à Udine, devant lui remettre à Vérone, sauf remplacement, les 10 pièces et voitures d’artillerie qui sont à la suite de ce corps, j’ai décidé que les chevaux, selles et harnais, formant l’attelage de ces pièces et voitures, lui seraient remis, en même temps, sauf aussi à pourvoir à leur remplacement.
Les ordres ont été donnés pour que ces équipages arrivent au plus tard à Vérone le 8 décembre prochain et j’ai chargé M. le commissaire des guerres de cette place de procéder le même jour, à la remise des 50 chevaux, des 20 selles et des 50 harnais qui doivent être à la disposition du 13e régiment de ligne, pour l’attelage des 10 voitures d’artillerie dont il s’agit.
Je désire, général, que vous veillez à ce que cette remise soit effectuée avec exactitude" (Papiers du général Paul Grenier. VIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 18 page 47).
Le 24 décembre 1812, à Paris, l'Empereur est informé que "89 hommes du 52e et 43 hommes du 102e débarqués à Toulon, partent pour Berlin"; il répond de "Les arrêter à Mayence" (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1911, t.2, lettre 2647).
- Italie
Le 7 février 1812, le Général de Division Grenier écrit au Directeur général des Revues et de la Conscription, à Paris : "J’ai reçu la lettre que vous m’avez fait l’honneur de m’écrire le 4 janvier au sujet du nommé Joachim Franc, réclamé par le 102e régiment. J’avais déjà pris, à l’égard de ce jeune homme, des dispositions dans le sens de celles contenues dans votre lettre, en lui accordant la permission d’aller dans sa famille à Piombino, y attendre votre décision" (Papiers du Général Paul Grenier. XIX. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 89 page 192).
Le 7 mars 1812, le Prince Eugène adresse à l'Empereur d'un état de situation exacte des troupes qui restent en Italie. Voici le résumé de la force destinée à protéger le Royaume :
Cinquième Division d'observation, entre Gênes et Alexandrie. Général de Division Montchoisi ; Adjudant commandant; Fausson Monteluppo Chef d'Etat-major ; pas de Généraux de Brigade; un Bataillon du 10e de Ligne (550 hommes) ; un du 20e (520) ; quatre du 52e (2,560) ; deux du 102e (550) ; deux pièces régimentaires. Total: 8 Bataillons, 4,180 hommes.
1900 hommes des 1er, 3e, 19e Léger, 7e, 10e, 20e, 31e, 42e, 52e, 67e, 101, 102e de Ligne, répandus dans les vingt-sept et vingt-huit Divisions Militaires territoriales (Mémoires du Prince Eugène, t. 8, p. 120).
Le 15 mars 1812, le Général de Division Grenier écrit à Joachim Franc, à Piombino : "M. le Directeur général des Revues et de la Conscription militaire m’a prévenu, monsieur, qu’il avait écrit au conseil d’administration du 102e régiment de ligne de suspendre toutes poursuites contre vous jusqu’à de nouveaux ordres de sa part. De mon côté, j’ai informé M. le Directeur général que je vous avais autorisé à vous rendre à Piombino, chez vos parents ; pour lors, n’ayant plus à me mêler de cette affaire, qui ne regarde actuellement que M. le Comte Dumas, c’est donc à lui que vous devez adresser votre demande d’attendre ses ordres ultérieurs à Piombino" (Papiers du Général Paul Grenier. XIX. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 95 page 204).
Le 20 avril 1812, le Général de Division Grenier écrit au Conseil d’Administration du 102e Régiment de ligne, à Savone : "J’ai l’honneur de vous adresser ci-joint copie d’une lettre de M. le conseiller d’état, directeur général des revues et de la conscription militaire, en date du 14 janvier, par laquelle il m’invite à suspendre l’incorporation du Sr Joachim Franc, que vous avez réclamé comme appartenant au régiment que vous administrez, jusqu’à ce qu’il m’ait fait connaitre la nouvelle décision qu’il aura prise à l’égard de ce jeune homme" (Papiers du Général Paul Grenier. XIX. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 101 page 216).
Le 31 mai 1812, le Général de Division Grenier écrit au Conseil d’administration du 102e Régiment de ligne, à Savone : "M. le Directeur général de la conscription militaire vient de m’adresser la lettre ci-jointe, relativement au sieur Joachim Franc. Je m’empresse de vous la transmettre, afin que vous puissiez vous conformer aux dispositions qu’elle contient" (Papiers du Général Paul Grenier. XIX. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 107 page 228).
Le 8 octobre 1812, Napoléon écrit, depuis Moscou, au Général Clarke : "Monsieur le duc de Feltre ... La 35e division de la Grande Armée, commandée par le général Grenier, qui se réunit à Vérone, sera complétée d’une 4e brigade (italienne).
La 3e brigade française sera composée de la 14e et de la 15e demi-brigade provisoire.
La 15e demi-brigade provisoire sera composée du 4e bataillon du 3e Léger, du 4e bataillon du 102e, d'un bataillon de 3 compagnies du 5e régiment illyrien, et de 3 compagnies du régiment suisse qui est à Turin.
A cet effet, on répartira dans le 102e tout ce qu'il y aurait au 5e bataillon, et même, s'il était nécessaire, on prendrait dans le 7e et le 101e ce qui serait disponible pour compléter ce bataillon du 102e à 900 hommes.
Par ces dispositions, le corps du général Grenier sera porté de 18 bataillons à 24 ou à 21.600 hommes d'infanterie, ce qui, avec 1.000 de cavalerie, l'artillerie et les sapeurs, formera une colonne de près de 24.000 hommes.
Les divisions actives des 27e et 28e divisions militaires seront pour le printemps prochain composées de la manière suivante :
1re DIVISION ACTIVE.
... 2e brigade.
20e demi-brigade :
1er bataillon (2 compagnies du 5e bataillon du 10e ; 2 compagnies du 5e bataillon du 20e ; 2 compagnies du 5e bataillon du 67e). 900
2e bataillon (4e bataillon du 101e). 900.
3e bataillon (2 compagnies du 5e bataillon du 101e ; 2 compagnies du 102e). 800
85e cohorte (1 bataillon). 800
Total 3400
TOTAL de la 1re division. 6.600
RÉCAPITULATION.
1re division. 6.600 hommes
2e division. 8.600 –
Ce serait donc. 15.200 hommes actifs, prêts à se porter sur Gênes ou sur un point quelconque de l'Italie qui serait attaqué. Il faudra donner, en conséquence, des hommes de la conscription de cette année à tous ces régiments" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 5, lettre 7598 ; Correspondance générale de Napoléon, t.12, lettre 31875).
"Grande Armée Impériale, 35e Division
Situation de la 35e Division de la Grande Armée à l’époque à laquelle les Brigades ont été mises en marche pour se rendre à leur destination
Etat-major de la Division : Général de Division Comte Grenier, commandant ; Aides de camp : Decruejouls, Bourgeois, Capitaines ...
Situation des troupes :
... 3e Brigade commandée par le Général Meunier :
... 102e de Ligne, 4e Bataillon Perrathon : 19 Officiers, 1011 hommes, 8 chevaux d’Officiers, 56 chevaux de trait ; destination Ratisbonne. 18 hommes aux hôpitaux ; total : 19 Officiers, 1029 hommes, total : 1048 hommes ; 8 chevaux d’officiers, 56 chevaux de trait, total : 64 chevaux. 2 pièces de 3, 3 caissons de munitions de 3, 1 caisson d’infanterie, 1 forge de campagne. ...
Observations : Ces bataillons quoique composés de jeunes gens sont beaux et bien tenus. Leur instruction est assez avancée ... Le matériel de la compagnie du 102e quoique porté au présent état ne rejoindra que dans le courant de décembre ; on a adressé au Ministre de la Guerre le 29 des mémoires de proposition pour tous les emplois vacants ..." (Papiers du Général Paul Grenier. X. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 152 page 318).
Le 29 décembre 1812, le Général de Division Grenier écrit, depuis Nuremberg, au Général Chef de l’Etat-major général du 11e Corps de la Grande Armée, à Berlin : "... J’ai dû, à mon départ de Vérone, laisser plusieurs détachements en arrière pour recevoir des effets d’habillement et attendre l’artillerie régimentaire des 14e léger et du bataillon du 102e de ligne.
Ces détachements forment trois colonnes de marche qui rejoindront successivement la division …" (Papiers du Général Paul Grenier. XX. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 42 page 96).
- 1813
- Italie
De 1813 à 1814, les 3e et 6e Bataillons demeurent en Italie.
Le 10 janvier 1813, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre ...Il sera formé un 6e bataillon au 112e, au 52e, au 101e, au 7e de ligne, au 42e, au 67e, au 102e. Vous nommerez sur-le-champ les chefs de bataillon.
Les officiers et sous-officiers formant les cadres seront nommés au dépôt, et l'on prendra ce qui serait nécessaire dans les cadres des bataillons qui se trouvent actuellement au-delà des Alpes ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.13, lettre 32254).
Le 15 janvier 1813, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, à Paris : "Monsieur le Duc de Feltre, j'examine le travail que votre chef de division Gérard m'a apporté ...
CORPS D'OBSERVATION D'ITALIE ...
3e division ... Je ne veux pas du 6e bataillon du 102e ...
J’approuve tout ce que vous prenez dans les corps pour compléter ces régiments, tel que cela est porté au travail" (Correspondance de Napoléon, t. 24, 19450 ; Correspondance générale de Napoléon, t.13, lettre 32295).
Toujours le 15 janvier 1813, l'Empereur ordonne, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "CORPS D'OBSERVATION D'ITALIE ...
3e DIVISION
Il ne faut pas compter sur le 6e bataillon du 52e. Il [ne] faut ordonner que 4 cadres de compagnie du 52e, du 101e, 102e. On complétera ces bataillons à 6 compagnies ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.13, lettre 32294 - L’expédition porte en en-tête : « Note écrite sous la dictée de Sa Majesté l’Empereur le 15 janvier 1813 »).
Le 30 janvier 1813, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Duc de Feltre : "... Vous donnerez l'ordre que les compagnies des 7e de ligne, 10e, 13e, 20e, 42e, 62e, 67e, 101e et 102e (total 9 compagnies) forment un bataillon sous le titre de bataillon du corps d'observation d’Italie. Ce bataillon partira du 15 au 20 février ; il se rendra à Bamberg, où il restera jusqu'à nouvel ordre, attendant le passage du corps d'observation d'Italie, dans le courant de mars, et alors il sera incorporé dans les différents régiments ; les cadres rentreront à leurs dépôts ..." (Chuquet A. : « Inédits napoléoniens », Paris, 1913, t.1, lettre 734 ; Correspondance générale de Napoléon, t.13, lettre 32545).
Le 5 février 1813, depuis Paris, au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la guerre, à Paris : "Monsieur le Duc de Feltre, je n'approuve pas la formation des cinquante demi-brigades provisoires, formant cent cinquante bataillons, pour la garde de l'intérieur ; voici de quelle manière ce travail doit être fait ...
PIÉMONT — 27e ET 28e DIVISION.
Il sera formé, pour la défense du Piémont, d'Alexandrie et de Gênes, une division composée de trois demi-brigades, qu'on organisera sous les nos 28, 29 et 30, savoir : 28e demi-brigade, les bataillons des 7e, 52e et 67e ; 29e demi-brigade, les bataillons des 101e, 20e et 42e, qui viennent d'Espagne ; 30e demi-brigade, les 6es bataillons du 42e et du 102e, et le bataillon du 102e qui vient d'Espagne ..." (Correspondance de Napoléon, t. 24, 19538 ; Correspondance générale de Napoléon, t.13, lettre 32615).
Le 23 février 1813, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, je réponds à votre rapport du 21 février, bureau du mouvement des troupes ...
Les 20e, 67e et 102e, s'ils ont 600 hommes pourront fournir probablement chacun 200 hommes. J'approuve donc que vous en formiez un bataillon de marche et que vous le dirigiez sur Vérone où les hommes qui le composeront seront incorporés dans les bataillons les plus faibles du corps d'observation d'Italie, afin de les compléter ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.13, lettre 32851).
Le 26 février 1813, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la guerre, à Paris : "… Quant aux 2500 hommes à retenir sur l'infanterie, il est nécessaire que vous consultiez votre bureau d'infanterie, pour savoir si le détail de la répartition est conforme à mes demandes pour la formation des demi-brigades provisoires qui doivent servir à la défense des côtes. Je suppose que vous avez reçu mes ordres pour cette formation, et que vous allez m'en présenter le travail. Il me semble que c'est trop de 1200 hommes :
... au 102e retirez-en 600 ...
Assurez-vous bien que cette répartition est conforme à mes ordres, fournira ce qui est nécessaire pour former les demi-brigades provisoires et complètera tous les cadres dont vous avez ordonné le retour d'Espagne" (Correspondance générale de Napoléon, t.13, lettre 32871).
Le 6 mars 1813, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, j’ai examiné le travail que vous m’avez présenté le 28 févier dernier relativement à la formation des 34 demi-brigades provisoires ...
Vous devez faire les changements suivants à la 29e demi-brigade : ôter le 4e bataillon du 20e, et mettre en place le 6e bataillon du 42e, de sorte que cette brigade sera composée : du 6e bataillon du 101e, du 6e bataillon du 42e, et du 3e bataillon du 42e ; et que la 30e sera composée du 4e bataillon du 20e, du 6e bataillon du 102e, et du 3e bataillon du 102e ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.13, lettre 33036).
Le 18 juin 1813, l'Empereur écrit, depuis Dresde, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, vous recevrez un décret que j'ai pris pour l'organisation du d'observation de Vérone, qui prend le titre de corps observation d’Italie. J’ai formé ses 7 divisions, et j'ai réglé sa cavalerie et son artillerie ...
Il faut que vous trouviez une dizaine de bataillons dans les cadres revenant d'Espagne, que vous ferez compléter pour former une réserve qui se réunirait à Turin ; car voulant pousser cette armée vers Laybach, pour imposer à l'Autriche, il faut avoir indépendamment des 5es bataillons ou bataillons de dépôt, une division sur l'Adige, pour mettre à l'abri de tout événement Mantoue, Venise et Alexandrie. Il est indispensable que le roi de Naples fasse partir, dans les premiers jours de juillet, ses 8 bataillons, sa batterie d'artillerie à pied, et sa batterie d'artillerie à cheval, ainsi que son régiment de 1 000 chevaux ; s'il pouvait en envoyer davantage, cela ne serait que mieux.
Vous verrez que je n'ai pas compris dans l'organisation du corps d'observation d'Italie les régiments croates, ni les régiments étrangers. Si cependant, l'Autriche cessait de nous donner des inquiétudes, je ferais venir ce corps en Allemagne, et alors il serait autrement organisé ; d'abord il n'aurait point de division italienne, parce que je préfèrerais laisser les troupes italiennes en Italie, pour se bien former. Je laisserais la plupart des demi-brigades provisoires en Bretagne et en Provence, et je ferais venir sous le commandement du général Grenier, 3 divisions faisant 42 bataillons, savoir :
le 9e de ligne 3 bataillons; le 35e id. 3 bataillons; le 84e id. 3; le 92e id. 3; le 53e id. 3; le 106e id. 3; total 18 bataillons
le 42e 2 bataillons; le 102e 2 bataillons; les 6 bataillons de la division Durutte 6 bataillons; bataillons croates 2; bataillons dalmates 2; la 28e demi-brigade provisoire 3 bataillons; la 29e idem 3 bataillons; la 30e idem 4 bataillons
parce que tous les bataillons qui composent ces demi-brigades ont leurs régiments à l’armée ; cela ferait ainsi 42 bataillons ou 3 divisions de 14 bataillons chacune.
Ce corps partirait de Vérone, fort de 34000 hommes d’infanterie, avec 2 batteries d’artillerie à cheval ou 12 pièces; 6 batteries de division ou 48 pièces; et 2 batteries de réserve ou 16 pièces; total 76 pièces françaises.
Il aurait un corps des équipages militaires, avec ses 40 caissons. Sa cavalerie serait d’un régiment italien de 1000 hommes, et d’un régiment français de la même force ; cela ferait en tout, un corps d’une quarantaine de mille hommes, tandis que l’armée italienne et tous les autres bataillons resteraient en Italie" (Correspondance générale de Napoléon, t.13, lettre 34819).
Le même 18 juin 1813, l'Empereur écrit aussi, depuis Dresde, à Eugène Napoléon, Vice-Roi d'Italie, à Milan : "Mon Fils, je vous envoie un décret que je viens de rendre. Le ministre de la guerre vous l'expédiera, mais je vous le communique directement pour que vous le mettiez sur-le-champ en exécution. Vous verrez que le corps d'observation de Vérone prend le titre de corps d'observation d'Italie. Il ne vous échappera point que j'ai formé la 7e division, ou division de réserve, de six bataillons qui sont en Bretagne et de huit bataillons napolitains, c'est-à-dire de bataillons fort éloignés. J'ai placé dans les quatre premières divisions les bataillons qui sont en Provence, mais je les ai répartis de manière qu'au 1er juillet vous pourrez avoir vos six divisions, sinon à quatorze bataillons, au moins à onze ou douze chacune. Des divisions de douze bataillons suffisent à la rigueur pour faire la guerre en Italie, puisque cela fait un effectif de plus de 8,000 hommes présents sous les armes. D'ailleurs, il importe surtout que les Autrichiens voient le plus grand nombre de divisions qu'il est possible : ce nombre est la première chose dont ils seront instruits, et cela donne en outre les moyens d'organiser convenablement l'état-major, l'artillerie et le génie.
Il faudra commencer par mettre une batterie d'artillerie à pied à chaque division ; ensuite on organisera une batterie de réserve et une batterie d’artillerie à cheval ; ensuite la seconde batterie à pied de chaque division, les autres batteries à cheval et la seconde batterie de réserve.
On n'a pas besoin en Italie d'équipages militaires ; je m'en suis toujours passé ; il vous suffira d'avoir une compagnie avec ses quarante caissons pour vos ambulances. Vous pourrez, à cet effet, arrêter tout ce qui n'a pas passé Vérone ; vous écrirez à Turin et à Florence pour savoir ce qui y reste et ce qu'on pourra y organiser. Vous organiserez également une ou deux compagnies pour le royaume d'Italie.
Le général Grenier, que je crois en Italie, prendra d'abord le commandement. Je vais penser à vous envoyer deux autres lieutenants généraux, afin que vous ayez deux généraux supérieurs pour commander deux corps séparés. Je vous ai envoyé le général Peyri. Il est bien important d'avoir le général Palombini ; je réitère l'ordre qu'il se rende en Italie. Je suppose que le général Pino pourra commander la garde. Le général d'Anthouard pourra commander l'artillerie. Si toute cette armée se trouve telle que je l'ai organisée par mon décret, elle vous donnerait un effectif de 75,000 hommes d'infanterie et de 5,000 hommes de cavalerie, et avec 5,000 hommes d'artillerie et du génie ce serait une armée de 85,000 hommes. Je mande au ministre de la guerre de compléter en France huit ou dix bataillons, qui vous seront également envoyés ; car il m'est revenu beaucoup de cadres d'Espagne et j'ai encore beaucoup d'hommes dans les dépôts. Le plus faible dans tout cela, c'est la cavalerie. J'ai envoyé en Italie le général Guyon, que vous connaissez et qui a l'habitude de servir sous vos ordres, pour commander une partie de la cavalerie. Je vous enverrai un général de division de cavalerie. J'ai aussi demandé au ministre de la guerre de voir à vous composer un second régiment français de 1,000 hommes de cavalerie. Je n'ai pas compris dans l'organisation de ce corps les régiments croates ni les régiments étrangers.
Si cependant l'Autriche cessait de nous donner des inquiétudes et que ce corps dût venir en Allemagne, il en serait autrement. D'abord il n'aurait point de division italienne, parce que je préférerais de laisser les troupes italiennes en Italie pour bien se former. Je laisserais la plupart des demi-brigades provisoires en Provence et en Bretagne, et je ferais seulement venir, sous le commandement du général Grenier, trois divisions fortes de quarante-deux bataillons, savoir : le 9e de ligne, trois bataillons ; le 35e, trois ; le 84e, trois ; le 92e, trois ; le 53e, trois ; le 106e, trois ; le 42e, deux ; le 102e, deux ; les six bataillons de la division Durutte ; deux bataillons croates ; deux bataillons dalmates ; la 28e demi-brigade provisoire, trois bataillons ; la 29e, trois ; la 30e, quatre ; parce que tous les détachements qui composent ces demi-brigades ont des bataillons à l'armée. Cela ferait ainsi quarante-deux bataillons, trois divisions à quatorze bataillons chacune. Ce corps partirait de Vérone, fort de 34,000 hommes d'infanterie. Son artillerie serait alors de deux batteries d'artillerie à cheval françaises ou douze pièces, six batteries de division françaises ou quarante-huit pièces, et deux batteries de réserve ou seize pièces, total soixante et seize pièces françaises. Il aurait une compagnie des équipages militaires avec ses quarante caissons. La cavalerie serait d'un régiment de cavalerie italienne de 1,000 hommes et d'un régiment français aussi de 1,000 hommes. Cela ferait en tout un corps d'une quarantaine de mille hommes, et vous auriez en Italie l'armée italienne et tous les autres bataillons.
J'ai donné ordre que les six cadres des compagnies qui étaient à Glogau, ainsi que ce qui appartient à la garde italienne, partent pour se rendre en Italie" (Mémoires du Prince Eugène, t.9, page 165 ; Correspondance de Napoléon, t. 25, 20152 ; Correspondance générale de Napoléon, t.13, lettre 34833).
Voici le Décret en question, qui fait connaître l'organisation de l'armée du Prince Eugène, comme la veut à cette époque l'Empereur :
ART. 1er. - Le Corps d'observation de Vérone prendra le titre de Corps d'observation d'Italie.
ART. 2. - Ce Corps sera composé de 4 Divisions françaises, 2 Divisions italiennes et 1 Division française-napolitaine. Total, 7 Divisions.
ART. 3. - Les 7 Divisions seront formées ainsi qu'il suit :
PREMIÈRE DIVISION (française). - 9e de ligne, 4 Bataillons ; 35e de ligne, 4 Bataillons ; 28e Demi-brigade provisoire, 3 Bataillons ; 23e Demi-brigade provisoire, 3 Bataillons. Total, 14 Bataillons.
DEUXIÈME DIVISION (française). – 84e de ligne,4 Bataillons ; 92e de ligne, 4 Bataillons ; 30e Demi-brigade provisoire, 4 Bataillons. Bataillons pris dans les cadres revenant d'Espagne, non encore attachés à un Corps d'armée et se trouvant dans les 7e, 8e, 6e, 19e, 27e, 28e, 29e ou 30e Divisions militaires, 2 Bataillons. Total, 14 Bataillons.
TROISIÈME DIVISION (française). – 53e de ligne, 4 Bataillons ; 106e de ligne, 4 Bataillons ; 29e Demi-brigade provisoire, 3 Bataillons ; 24e Demi-brigade provisoire, 3 Bataillons. Total, 14 Bataillons.
QUATRIÈME DIVISION (française). – 36e léger, 2 Bataillons ; 42e de ligne, 2 Bataillons ; 102e de ligne, 2 Bataillons ; 31e Demi-brigade provisoire, 4 Bataillons ; 25e Demi-brigade provisoire, 3 Bataillons, plus 1 Bataillon pris dans les cadres revenant d'Espagne, non encore attachés à un Corps d'Armée et se trouvant dans les 7e, 8e, 6e, 19e, 27e, 28e, 29e et 30e Divisions militaires. Total, 14 Bataillons.
CINQUIÈME DIVISION (italienne). - Troupes du Royaume d'Italie : 12 Bataillons.
SIXIÈME DIVISION (italienne). - Garde italienne, 6 Bataillons ; troupes de ligne italiennes, 6 Bataillons. Total, 12 Bataillons.
SEPTIÈME DIVISION OU DIVISION DE RÉSERVE (française-napolitaine). – 47e, 2 Bataillons ; 86e, 2 Bataillons ; 122e, 2 Bataillons ; infanterie napolitaine, 8 Bataillons. Total, 14 Bataillons. Total général, 62 Bataillons français, 24 Bataillons italiens, 8 Bataillons napolitains, 94 Bataillons (Mémoires du Prince Eugène, t.9, page 110).
Le 23 juin 1813, le Général de Division Grenier écrit, depuis Vérone, au Général Vignolle, Chef de l’Etat-major général, à Milan : "J’ai reçu hier au soir votre lettre du 21 ... Vous savez que le cantonnement de Vérone ne comporte que 6500 hommes au plus, l’artillerie et le train peuvent être évalués à 2400, de sorte que l’on ne peut plus loger au-delà de 4000 hommes. Il y a ici de petits dépôts ou hommes isolés environ 400 ; du 35e léger près de 800 ; et autant et plus du 137e ; ce qui, réuni, donne plus de 2000 hommes. Les 2 bataillons du 84e sont environ de 1500 hommes, de sorte qu’il ne reste de logement disponible à Vérone que pour un bataillon au plus. Cependant, dans la note placée à la colonne d’observation de la 48e division, vous annoncez que les cadres de 5 régiments de cette division doivent arriver à Vérone le 29 de ce mois. Comment sera-t-il possible de les loger et comment logera t’on les troupes que vous m’annoncez pour la 47e division ? Je comptais déjà vous proposer de placer ailleurs le 137e régiment et le bataillon du 35e léger afin de réunir en entier ici le 84e et les 2 bataillons du 42e en mettant à Villafranca et Polveggiano les 2 bataillons du 102e, si S. A. n’en a pas disposé. La 2e brigade pourrait être cantonnée entre Vicence et Vérone, surtout si Vicence n’était pas occupé par la division italienne, et qui cependant conviendrait beaucoup …" (Papiers du Général Paul Grenier. XX. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 85 page 181).
Le 15 juillet, Eugène n'a encore que 72 Bataillons incomplets, en Italie ou en route pour s'y rendre, et 12 Escadrons de cavalerie. II répartit ce cadre en trois Lieutenances et une Réserve. Voici le tableau complet de cette formation, tette qu'elle résulte de la situation établie par l'Etat-major général :
ÉTAT-MAJOR GÉNÉRAL. S. A. I. LE PRINCE VICE-ROI D'ITALIE, général en chef ...
PREMIÈRE LIEUTENANCE. - Le Lieutenant général Comte GRENIER, commandant, ayant pour Chef d'Etat-major l'Adjudant-commandant BAZIN DE FONTENELLE ...
TROISIÈME DIVISION. - Le Général Baron GRATIEN ; le Chef d'Escadron CASTEL-LABOLBENE, faisant fonction de Chef d'Etat-major. Position : Vicence, Bassano et Castel-Franco, 35e léger, 2 Bataillons ; 36e léger, 2 Bataillons ; 42e de ligne, 2 Bataillons ; 102e de ligne, 2 Bataillons ; 31e Demi-brigade provisoire, 3 Bataillons. Force, 8,200 hommes, et 16 bouches à feu (Mémoires du Prince Eugène, t.9, page 114).
Le 9 août 1813, le Général de Division Grenier écrit au Major du 102e Régiment de Ligne, à Savone : "En réponse à la lettre que vous m’avez adressé le 29 juillet dernier et par laquelle vous manifestez le désir de servir de nouveau sous mes ordres, je vous préviens, M. le major, que je viens de demander pour vous à S. A. I. le Prince Vice-Roi le commandement de l’une des demi-brigades de l’armée d’Italie. J’ignore s’il s’en trouve dont le commandement soit vacant en ce moment, mais aussitôt que je connaitrai la décision de S. A. I. à votre égard, je m’empresserai de vous en faire part" (Papiers du Général Paul Grenier. XX. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 92 page 196).
Une "Situation des hommes présents seulement au 20 septembre 1813, époque de la formation du 2e corps, exception faite de la division de réserve du Tyrol", certifiée par l'Adjudant commandant chef de l’Etat-major général du second Corps d’armée Basin de Fontenelle, indique pour le 102e de Ligne : 3e Division, 1ère Brigade : Etat-major, 8 Officiers, 9 Sous-officiers et Soldats, total 17; 3e Bataillon, 15 Officiers, 718 Sous-officiers et Soldats, total 733 ; 6e Bataillon, 13 Officiers, 702 Sous-officiers et Soldats, total 715 (Papiers du général Paul Grenier. VIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 163 page 334).
Le 22 septembre 1813, le Général de Division Grenier écrit au Général Gratien, à Pegau ou Békau : "Mon cher général, pour mettre plus d’ensemble et réunir autant que possible le corps, je vous prie d’envoyer à Feistritz aux ordres du général Schmidt tout ce que vous avez du 35e d’infanterie légère avec le colonel, formant en tout, officiers compris, 576 hommes. Le général Schmidt reçoit l’ordre de vous envoyer en place le bataillon du 102e qui est avec lui et qu’il est nécessaire de réunir à celui resté près de vous sous les ordres du major ..." (Papiers du Général Paul Grenier. XX. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 104 page 219).
Le même 22 septembre 1813, le Général de Division Grenier écrit au Général Schmidt, à Vindrisch Feistritz : "Je viens de donner l’ordre au général Gratien de vous envoyer tout ce qu’il y a du 35e d’infanterie légère ; vous lui enverrez en retour ce que vous avez du 102e et vous donnerez l’ordre au 133e régiment ou à ses débris de se rendre sur les hauteurs en arrière de Thorl où ce détachement s’établira près du parc de réserve pour lui servir de garde. Vous enverrez le chef de bataillon chez moi ; je désire lui parler.
J’ai besoin de connaitre toutes les pertes que les corps ont faites, dans la vallée du Gail. Veuillez en demander l’état au 133e, 102e et 35e léger, enfin à tous les corps qui y ont coopéré et qui, dans ce moment, se trouvent sous vos ordres ou doivent y arriver" (Papiers du Général Paul Grenier. XX. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 104 page 219).
Le 23 septembre 1813, le Général de Division commandant la 3e Division du 2e Corps, le Baron Gratien, expédie, depuis son Quartier-général à Békau, des "Notes sur la 3e Division adressées à S. E. le Lieutenant général Comte Grenier, Commandant en chef le 2e Corps.
Lorsque le général Gratien a pris le commandement de cette division, il s’en fallait beaucoup qu’elle fut organisée, et elle ne l’est point encore. L’on peut même assurer, qu’elle l’est encore moins dans ce moment, vu que par les différents mouvements qui ont eu lieu, et les différents ordres que le général a reçus, il se trouve une partie des deux brigades détachées, sous les ordres de M. le général Schmitz, et de l’opération de laquelle le général n’a aucun renseignements, m. le général Schmitz ne faisant pas partie de la division, mais faisant partie de celle de M. le général Rouyer.
Il existe plusieurs corps appartenant à la division, dans lesquels il n’y a aucun sous-lieutenant. Il manque dans les 2 bataillons du 102e, sept cents et tant de gibernes.
Les divers régiments qui ont fourni leur contingent, n’ont point encore fourni leurs shakos, ni leurs habits, ni les bretelles de fusil, ni aucun des autres objets qu’ils devaient verser.
Son Altesse Impériale le Prince Vice-Roi a ordonné qu’il serait formé des compagnies d’élite dans les 6e bataillons. Une lettre nouvellement adressée aux conseils d’administration des corps dicte, que S. M. l’Empereur n’admet point cette organisation. Doit-on laisser subsister ces compagnies dans ces bataillons, dans une armée qui n’est en grande partie composée que de 6e bataillons ? Et dans ce cas, les grenadiers et voltigeurs, doivent ils recevoir le sol de haute-paye, accordé aux compagnies d’élite ?
Des officiers sont partis pour Udine, pour s’y procurer des souliers, et recevoir différents effets d’habillement versés par les corps qui ont fourni des hommes, mais ces effets ne sont point encore arrivés ...
L’artillerie de la division est composée de seize bouches à feu ; 26 caissons de munitions et 12 caissons d’infanterie. Mais il n’y a sur la ligne que huit bouches à feu, 8 caissons de munitions et 8 caissons d’infanterie ; le reste est en réserve, ou sert à armer le camp de Tarvis.
Il a été demandé aujourd’hui à chaque bataillon, un état positif du présent sous les armes, des officiers et soldats pris, tués ou blessés, dans les dernières affaires qui ont eu lieu à Saint-Hermager. Cet état doit faite également mention des hommes qui, rentrés depuis sans armes au bataillon, ont été renvoyés, d’après les ordres de M. le général Verdier, à Osoppo pour s’y réarmer. J’aurai l’honneur de faire passer ces états à M. le chef d’état-major du corps d’armée, lorsqu’ils me seront parvenus.
Il n’existe point d’armuriers dans les bataillons ; par conséquent, on se trouve dans l’impossibilité de réparer les armes. L’on garde soigneusement celles des hommes allant aux hôpitaux, pour donner aux hommes sous les drapeaux, et qui pourraient en avoir de mauvaises. Il serait peut-être à désirer, qu’il fut indiqué un point où l’on put verser les armes à réparer, et où l’on pourrait s’en procurer d’autres.
Il n’existe point de chef d’état-major à la division ; il n’existe aucun adjoint. J’ai prié M. le général de division comte Vignolle, de proposer au grade d’adjudant-commandant, M. le chef d’escadron Castet-la-Boulbène, mon premier aide de camp, qui a toutes les qualités nécessaires. M. le général comte Vignolle a promis de le faire ; mais S. A. I. n’a point encore pris de décision à cet égard. Je prie Son Excellence le lieutenant général comte Grenier de vouloir bien s’intéresser à cet objet.
Il est indispensable qu’il y ait au moins un adjoint, n’ayant aucun officier pour porter les ordres, et n’ayant que deux aides de camp, dont le premier fait le service de chef d’état-major" (Papiers du général Paul Grenier. VIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 175 page 360).
Le même 23 septembre 1813, le Général de Division Grenier écrit au Prince Eugène, à Laybach : "… J’ai reçu à une heure après-midi la lettre que V. A. I. m’a fait l’honneur de m’écrire de St-Marin. En conservant sa ligne d’opération sur Laybach, Elle pourra faire couvrir la route qui de Rathmannsdorf ( ?) conduit à Fulinino ( ?) par quelques partis.
Le 35e léger a perdu réellement dans la vallée du Gail plus de 250 hommes ; le 102e, 134 ; le 133e, 200. Ceux rentrés et non compris dans la perte ont été envoyés à Osopo pour être réarmés ; ils étaient partis avant mon départ ; j’ignore en quel nombre, mais il parait qu’il peut être parti de 3 à 400 hommes" (Papiers du Général Paul Grenier. XX. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 105 page 221).
Le 24 septembre 1813, le Général de Division commandant la 3e Division, le Baron Gratien, adresse, depuis le Camp de Bekau, au Général Comte Grenier, commandant en chef le 2e Corps, un "Rapport du 23 au 24 septembre 1813", dans lequel il décrit la situation du 102e de Ligne, et plus particulièrement du 6e Bataillon : "... Le rapport du 6e bataillon du 102e régiment de ligne, arrivé hier de Feistritz, porte dans sa situation, 16 officiers, 392 hommes présents sous les armes ; il a eu 1 homme tué, 28 blessés ; 1 officier et 127 hommes de troupe prisonniers ; 162 hommes qui étaient rentrés sans armes, ont été se réarmer à Osoppo. 163 hommes sont rentrés à leur bataillon avec leurs armes. La force des présents sous les armes de ce bataillon, est comprise dans la force de la 1ère brigade ; mais il faut observer, que dans la force des présents du 102e, portée à 1143 hommes, il faut déduire 168 hommes, qui ont été se réarmer à Osoppo" (Papiers du général Paul Grenier. VIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 177 page 365).
Le même 24 septembre 1813 à 8 heures du soir, le Général de Division Grenier écrit, depuis Arnoldstein, au Prince Eugène : "Monseigneur, j’ai reçu en revenant de Feistritz le duplicata de la lettre que V. A. I. daigna m’écrire et m’envoyer par un maréchal des logis de gendarmerie, je lui en ai remis la réponse ce matin à 11 heures et ce soir, j’ai eu l’honneur de lui en envoyer le duplicata.
J’ai reçu également par l’estafette la lettre de Votre Altesse en date du 22 au matin écrite de St Marcin ( ?) ; l’état des pertes éprouvées par les 35e léger, 102e et 133e de ligne est exact à peu de choses près mais déjà, tous les hommes sans armes ont été envoyés à Osoppo avant mon arrivée ici, comme j’ai eu l’honneur de l’annoncer à V. A. J’ai depuis réuni les 2 bataillons du 102e et il ne me restera à envoyer à Palmanova que celui du 133e qui est entièrement désorganisé puisqu’il ne lui reste pas 70 hommes armés ; je le ferai partir sous 2 ou 3 jours, lorsque je pourrai trouver à le remplacer à Oberthol où il est chargé de garder le parc d’approvisionnement de 1ère ligne …" (Papiers du Général Paul Grenier. XX. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 107 page 225).
Un "Relevé numérique d’après les feuillets d’appel des présents sous les armes ou de service dans l’arrondissement du 2e corps au 25 septembre 1813", certifiée le 26 septembre 1813 à Arnoldstein par l'Adjudant commandant chef de l’Etat-major général du second Corps d’armée Basin de Fontenelle, indique pour le 102e de Ligne : 3e Division, 1ère Brigade : 3e Bataillon, 75 Sous-officiers et Caporaux, 635 soldats, total 710 présents ; aux hôpitaux, 121 pour cause de maladie, 5 pour cause de blessure; 6e Bataillon 60 Sous-officiers et Caporaux, 333 soldats, total : 393 présents ; aux hôpitaux, 123 pour cause de maladie, 25 pour cause de blessure (Papiers du général Paul Grenier. VIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 189 page 389).
Le 29 septembre 1813, le Général de Division Grenier écrit à l’Adjudant-commandant Montfalcon, faisant fonction de Général de Brigade, à Pégau : "M’étant déterminé, mon cher général, à envoyer à Tarvis un bataillon de la brigade Campi, vous donnerez l’ordre aux 2 compagnies du 102e de s’arrêter, cette nuit, l’une au parc de réserve placé sur ses hauteurs en arrière d’Oberthol pour garder ce parc, et l’autre dans la batterie de Gogau pour garder cette batterie ; vous préviendrez de cette décision monsieur le général Gratien" (Papiers du Général Paul Grenier. XX. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 119 page 254).
Le même 29 septembre 1813 à 3 heures après-midi, le Général de Division Grenier écrit au Prince Eugène : "L’ennemi a en effet forcé les postes de Pontebba, ce qui prouve que les chemins ne sont donc pas impraticables, malgré tout ce que l’on a pu faire en abattis et en coupures ; j’y fais porter le bataillon du 53e tout entier …" (Papiers du Général Paul Grenier. XX. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 120 page 255).
Encore le 29 septembre 1813, le Général de Division Grenier écrit aussi au Général Gratien, à Feistritz : "Je suis convenu avec M. Talion des postes qu’il fera établir ce soir par les 4 bataillons qui lui resteront après vous avoir le bataillon du 36e seulement. Je viens de lui écrire de ne pas envoyer à Tarvis les 2 compagnies du 102e mais bien l’une à Oberthorl pour garder le parc et l’autre à Gogau pour garder la batterie. J’ai envoyé à Tarvis le bataillon du 133e pour le service de cette place, d’après ce il est important que fous fassiez garder la rive gauche du terrain de la Glaylitz par le bataillon du 42e depuis le pont qui est sur ce torrent après Arnoldstein jusqu’à son confluent ; il conviendrait aussi d’avoir 3 compagnies à Drasschitz, deux à Hohenthurn, et l’autre au pont ; il y a de Draschitz à Hohenthurn des chemins qui conduisent sur ce torrent et sur le Gail, il est important de les occuper …" (Papiers du Général Paul Grenier. XX. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 120 page 255).
Le 29 septembre 1813, le Général de Division Grenier écrit au Major Pasqualis, à Tarvis : "M. l’adjudant-commandant Barin de Fontenelle, mon chef d’état-major vous a déjà prévenu des dispositions prises pour repousser l’ennemi de la vallée de La Pontebba et le forcer à repasser les montagnes. J’ai cru devoir y faire quelques changements et ce qui concerne les qui devront se rendre à Tarvis ; ils resteront l’une à Oberthorl pour garder le parc de réserve que j’y ai ; l’autre à Gogau pour garder cette batterie. Mais vous aurez à Tarvis en place de ces deux compagnies un bataillon du 92e régiment qui y arrivera cette nuit venant de Vutzen ; au moyen de ce renfort, le bataillon du 53e sera placé tout entier à Pontebba et celui du 10e aura trois compagnies à Malborghetto et 2 à Okovitz. Le bataillon du 92e aura 2 compagnies à Sassinitz, les 4 autres compagnies de ce bataillon avec celui du 133e fourniront la garnison de Tarvis et seront chargés de la garde des batteries (excepté Gogau) des magasins et parcs que vous avez sous votre surveillance, le poste de Sassinitz étant dépendant de la garnison de Tarvis devra s’il a besoin d’être soutenu l’être par les troupes de la garnison qui sera assez forte puisque vous n’aurez plus à vous occuper de celui de Gogau que pour le surveiller. Comme dans la situation où vous êtes, vous ne pouvez monter à cheval, je donne le commandement de toute la ligne des postes des montagnes depuis Tarvis jusqu’à Pontebba à M. le chef de bataillon Merdier qui devra s’établir à Malborghetto après avoir remis le commandement de son bataillon à un capitaine. Il vous fera passer tous ses rapports, que vous m’adresserez de suite en original après en avoir pris connaissance pour ordonner les 1ères dispositions que vous jugerez nécessaires d’après leur contenu. Si, en attendant que le 92e puisse arriver, ce qui vous reste à Tarvis n’étant pas suffisant pour vos gardes, il faut y employer cette nuit les sapeurs. Ci-joint, l’ordre que vous remettrez à M. le chef de bataillon Merdier …" (Papiers du Général Paul Grenier. XX. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 120 page 255).
Puis, encore le 29 septembre 1813, le Général de Division Grenier écrit une seconde fois au Major Pasqualis, à Tarvis : "M. l’adjudant-commandant Bazin de Fontenelle, mon chef d’état-major vous a déjà prévenu des dispositions prises pour repousser l’ennemi de la vallée de La Pontebba et le forcer à repasser les montagnes. J’ai cru devoir y faire quelques changements et ce qui concerne les 2 compagnies du 102e qui devront se rendre à Tarvis ; ils resteront l’une à Oberthorl pour garder le parc de réserve que j’y ai ; l’autre à Gogau pour garder cette batterie ..." (Papiers du Général Paul Grenier. XX. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 120 page 255).
Encore le 29 septembre 1813, le Général de Division Grenier écrit une troisème fois au Commandant Pasqualis à Tarvis : "Je reçois à l’instant l’avis que le 2e bataillon du 92e est parti de Vurtzen à 6 heures du soir pour se rendre à Tarvis ; il y sera donc au plus tard à 2 heures du matin ; laissez le reposer jusqu’à la pointe du jour, ensuite établissez le ; si à 5 heures du matin, vous n’aviez pas la nouvelle que Pontebba est occupé par nos troupes, il faudrait que tout ce qui sera disponible du 10e à Malborghetto et à Ugovitz partit sans attendre que ses postes fussent relevés pour aller renforcer le bataillon du 53e. Vous enverriez dans ceux 2 compagnies du 92e à Malborghetto, deux à Ugoritz, et deux à Sassinitz pour garder ces débouchés, et vous resterait pour la garde des Batteries, des parcs et des magasins le bataillon du 133e ; la compagnie de voltigeurs du 35e qui vous arrivera aussi cette nuit, et les sapeurs dont les travaux seront suspendus. Je pense que dans la circonstance, vous auriez assez de monde jusqu’à l’opération sur Pontebba terminée, puisque vous n’avez rien à craindre du côté de Feistritz et que la batterie de Gogau sera occupée par une compagnie du 102e. Si au contraire, l’ennemi a évacué Pontebba comme je le présume, la disposition que j’ai précédemment prescrite sera maintenue. C'est-à-dire que le 53e sera à Pontebba, le 10e à Malborghetto et Ugovitz ; le 92e à Tarvis, ayant 2 compagnies à Sassinitz. Le 133e à Tarvis, ainsi que la compagnie de voltigeurs du 35e que vous laisseriez sans faire de service, ayant alors à sa disposition pour la porter sur un autre point, ou la renvoyer à son régiment. Veuillez, je vous prie, communiquer la présente au chef de bataillon Merdier, pour qu’il exécute la partie qui le concerne, et qu’il se mette à la tête de la portion du 10e qui marchera s’il est nécessaire, pour renforcer le bataillon du 53e. Je veux demain de bonne heure, recevoir l’avis que l’ennemi a été jeté de l’autre côté de la montagne. Il est entendu que si le bataillon du 92e était obligé par les circonstances, d’occuper les postes indiqués, il faudrait lui donner toutes les instructions relatives à ce poste.
A 9 heures et demie du soir, ps : à l’instant je reçois votre lettre qui m’annonce que l’ennemi s’est retiré. On exécutera en conséquence les dispositions que j’ai prescrites et je retiens ici la compagnie de voltigeurs du 35e pour la renvoyer à son régiment" (Papiers du Général Paul Grenier. XX. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 121 page 258).
Le 2 octobre 1813, le Général de Division Grenier écrit, depuis Arnoldstein, à l’Adjudant-commandant Montfalcon, faisant fonction de Général de Brigade : "Mon chef d’état-major m’a communiqué, M. l’adjudant commandant, vos rapports du 2 et celui de ce jour. Je juge, d’après ce et d’autres renseignements qui me sont parvenus, que l’ennemi craignant d’être attaqué sur Feistritz se renforce sur sa droite et cherche à défendre en même temps le pont de Arnoldstein si on tentait de la forcer, mais comme d’un autre côté, il pourrait avoir aussi des vues hostiles, il faut toujours être en mesure, en conséquence vous porterez demain matin les 2 bataillons du 102e régiment en 2e ligne derrière les bataillons des 131e et 132e, de manière à pouvoir les porter rapidement là où il sera nécessaire. Je pense que votre camp sera bien. Votre gauche à hauteur de la petite chapelle où il y a un poste du quartier général et votre droite dans la direction du chemin qui, de la montagne, conduit à votre camp de Pégau poussant des postes par la gauche sur le chemin d’Arnoldstein au pont et vers la rive droite du torrent de la Gailitz. Les bataillons des 131e et 132e ne feront aucun mouvement et tous leurs postes resteront comme vous les avez placés hier. Veuillez je vous prie reconnaitre aujourd’hui l’emplacement de ce camp qu’il ne faut pas faire voir à l’ennemi ; vous pourrez donc le placer au pied de la montagne couvert par la crête. Vous choisirez aussi un emplacement convenable pour vos 4 bouches à feu. Je désirerais que l’on pût en placer deux avec le bataillon du 132e mais loin derrière l’ennemi, afin de répondre aux siennes s’il voulait en faire usage. Le général Rouyer enverra demain matin un bataillon occuper la 1ère ligne des camps du 102e. Il ne faut encore pas détruire ces baraques, mais on pourra emporter la paille et les planches qui ont servi aux camps de 2de ligne et des bataillons des 131e et 132e près de Bégau où, je pense que vous resterez de votre personne, à moins que vous ne trouviez une maison plus rapprochée de vos troupes. L’ennemi fait courir le bruit à vos avant-postes qu’il doit y avoir un armistice. Cela pourrait arriver, mais reconnaissez bien qu’on ne s’y laisse pas tromper" (Papiers du Général Paul Grenier. XX. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 129 page 274).
Le 3 octobre 1813, le Général de Division Grenier écrit, depuis Arnoldstein, au Général de Division Gratien, à Draschitz : "Je n’ai point encore reçu votre rapport de ce jour, mais ceux de cette nuit de l’adjudant commandant Montfalcon m’annoncent qu’environ un bataillon avec 2 pièces de canon avait remonté hier la rive gauche du Gail, venant de Federahann et que ce bataillon avait pris position dans les bois en arrière du pont d’Arnoldstein sans montrer son artillerie ; d’autre renseignements me disent que l’ennemi a amené d’autres artillerie devant nous, probablement que vous en avez connaissance. Tous ces mouvements m’annoncent par des projets le bien possible et indiquent que l’ennemi craint un passage du Gail ; néanmoins, j’ai donné l’ordre à l’adjudant-commandant Montfalcon de faire faire un changement de front aux 2 bataillons du 102e régiment en les mettant en 2e ligne des bataillons des 131e et 132e, couvrant plus particulièrement Arnoldstein. Je lui ai prescrit aussi de choisir un emplacement pour son artillerie, mais dans le cas où vous jugeriez avec besoin de 2 pièces de plus, vous pourrez les faire venir puisque 2 lui suffiront dans la position qu’il doit défendre. Je suppose que l’ennemi est informé de nos préparatifs de pont à Feistritz et que ces travaux lui donnent de l’inquiétude ; faite continuer de travailler mais plus lentement, quoique que je présume qu’ils ne vous serviront pas. Si on discontinuait de travailler particulièrement aux bois, les paysans en avertiront bientôt l’ennemi et il faut faire croire à des projets offensifs, donner le même avis pour le fer et le bruit qu’on faisait courir depuis l’armistice" (Papiers du Général Paul Grenier. XX. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 130 page 275).
Un Ordre de mouvement (sans doute du 4 octobre 1813 car confirmé par un autre ordre du même jour) indique : "... Aussitôt l’arrivée du bataillon du 102e à Tarvis il relèvera tous les postes du 92e et du 133e. Ce dernier bataillon se rendra de suite à Ukovitz 2 tiers et un tiers à Saffinitz tout ce qui appartiendra au 92e sera relevé sur ces différents points et partira aussitôt pour se rendre à Pless, de sorte qu’il y aura sous le commandement de M. Merdier, le bataillon du 10e, celui du 53e et enfin celui du 133e ..." (Papiers du Général Paul Grenier. XI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 95 page 208).
Le 5 octobre 1813, le Lieutenant-général Comte Grenier adresse, depuis Tarvis, les ordres suivants : "La 3e division aux ordres de monsieur le général Gratien après avoir effectué son mouvement rétrograde de Feistritz et d’Unter-Thörl, ira demain 6 octobre occuper les positions suivantes :
... Les 2 bataillons du 42e et les 2 bataillons du 102e formant la brigade de l’adjudant commandant Montfalcon prendront position sur le plateau à droite de Tarvis, ayant sur leur front la route qui conduit de Tarvis à Pless et Coyroretto ( ?).
La batterie d’artillerie attachée à cette brigade ayant un caisson par pièce, sera mise en position sur le même plateau ...
Au moyen de ces dispositions la division de M. le général Gratien sera placé le 7 octobre ainsi qu’il suit :
La brigade de l’adjudant commandant Montfalcon composée du 42e et 102e régiments et une batterie d’artillerie sur le plateau à droite de Tarvis et en arrière de la route de Pless ...
Le quartier général du général Gratien sera à Malborghetto, celui du général Piat à Pontebba et celui de M. Montfalcon à Tarvis.
M. le général Gratien donnera tous les ordres nécessaires en conséquence ..." (Papiers du Général Paul Grenier. XI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 41 page 93).
Sans doute le 5 ou le 6 octobre, le Général Grenier prépare des "Notes à exécuter ...
N°3 – Exécuté – la garde des batteries parcs de voitures etc. devant nécessairement se fournir par les troupes qui sont dans les camps, la garde du quartier général du corps d’armée se composera demain d’une compagnie de grenadiers et de deux compagnies de fusiliers du 42e régiment qui seront alternativement fournies et relevées par le 102e non compris les gardes particulières de MM. les généraux qui auront aussi leur quartier général à Tarvis. M. le chef de bataillon Gama commandant du quartier général en aura la police supérieure et sera secondé dans ce service par le détachement de gendarmerie aux ordres de M. le lieutenant Guyot ..." (Papiers du Général Paul Grenier. XI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 93 page 204 - Note : l'ordre est donné le 6 octobre 1813 aux 42e et 102e).
Le 6 octobre 1813, le Lieutenant-général Comte Grenier ordonne, depuis Tarvis : "... Donner ordre à M. l’adjudant commandant Montfalcon de faire fournir le service du quartier général par une compagnie de grenadiers et une de fusiliers dans sa brigade, se service devra alterner entre les 42e et 102e régiments et être relevé toutes les 24 heures au moment de la diane. Les compagnies ne seront point logées dans les maisons, elles seront établies dans des granges, la compagnie de grenadiers le plus près possible du quartier général et la compagnie de fusiliers près des magasins.
Outre ce service la brigade de M. Montfalcon devra établir un fort poste dans les montagnes à gauche de Tarvis pour garder et défendre tous les sentiers et petits chemins qui conduisent de Tarvis à Feistritz et Vorderberg dans le Gailthal ...
Envoyer à MM. les généraux le mot d’ordre à dater du 7. Faire connaître que mon intention est que le soldat ait toujours dans son sac huit onces de riz ..." (Papiers du Général Paul Grenier. XI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 43 page 97).
Le 7 octobre, un engagement sérieux a lieu à Saffnitz. Le Général Grenier manoeuvrant devant l'armée autrichienne, se voit obligé à un mouvement rétrogade et est attaqué par 9 bataillons et quatre pièces de canon à Saffnitz qui est gardé par trois Bataillons des 42e, 102e et 131e. Quoique bien inférieurs en nombre, les Français résistent à cette attaque avec une grande vigueur, et repoussent les Autrichiens au-delà des montagnes avec une perte de six cents hommes tués et quatre-vings prisonniers; les trois Bataillons français ont cent hommes hors de combat (Mémoires du Prince Eugène, t.9, page 271).
Le 8 octobre 1813 à 2 heures du matin, le Général de Division Grenier écrit, depuis Pontebba, au Prince Eugène : "Hier à 7 heures du matin, l’ennemi fort de 4000 hommes a attaqué le faible bataillon du 131e qui occupait le débouché des montagnes sur Tarvis. Mais prévenu dès la veille, j’avais fait mes dispositions pour le recevoir. Le bataillon du 131e a soutenu le 1er choc avec un courage rare et a donné le temps aux bataillons du 42e et 102e d’arriver jusqu’à midi. Le succès était balancé, et je devais craindre que bientôt mes troupes succomberaient au nombre supérieur qui les attaquait. Mais lancées une 2e fois, elles poussèrent l’ennemi avec tant de vigueur qu’il fut obligé d’abandonner le champ de bataille. Il fut poursuivi jusqu’à la nuit et l’on fit 80 prisonniers, sans compter un grand nombre de blessés, qui furent laissés, faute de transports. Notre feu a été tellement meurtrier que tous les prisonniers s’accordent à dire que l’ennemi doit avoir de 5 à 600 blessés en plus de 150 morts ? Je ne crois pas que nous ayons 200 hommes hors de combat, tant tués que blessés ou prisonniers …" (Papiers du Général Paul Grenier. XX. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 138 page 292).
L'Ordre du jour, établi au Quartier général de l'Armée d’observation d’Italie, à Gradisca, par le Général de Division Chef de l’Etat major général Comte de l’Empire Vignolle, le 9 octobre 1813, et adressé au Lieutenant général Comte Grenier, raconte : "Le 7 du courant à 7 heures du matin, un corps de quatre à cinq mille autrichiens ayant attaqué, dans les positions du corps de gauche, aux environs de Tarvis, le 2e bataillon du 131e régiment d’infanterie de ligne, ce dernier a soutenu leur premier choc, avec un rare courage, et a par sa fermeté donné le temps aux 3e et 6e bataillons des 42e et 102e régiments d’arriver. Ces bataillons ainsi réunis, quoiqu’en force inférieure, ont attaqué à leur tour l’ennemi avec tant de vigueur, qu’ils l’ont obligé d’abandonner le champ de bataille, après lui avoir tué cent cinquante hommes et fait quatre-vingt prisonniers, non compris un grand nombre de blessés ; tous les prisonniers s’accordent à dire que le nombre des blessés de l’ennemi doit être au moins de cinq à six cents, non compris ceux restés en notre pouvoir.
Notre perte à cette affaire dans laquelle les bataillons du 42e, 102e et 131e régiment ont tenu une conduite digne d’éloges, pour laquelle S. A. I. le Prince Vice-Roi leur en témoigne satisfaction, est de cent cinquante hommes hors de combat, tant tués que blessés" (Papiers du général Paul Grenier. VIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 261 page 533).
Le 9 octobre 1813, à 11h30 du matin, le Général de Division Baron Gratien écrit, depuis Chiusa, au Lieutenant général Comte Grenier : "Mon général, j’ai l’honneur de vous rendre compte qu’après avoir établi ma division sur plusieurs lignes entre Dogna et Chiusa, j’ai appris dans ce dernier endroit par l’officier de sapeurs partis de Tarvis, avec la mission de rompre les chemins et les ponts qui conduisent de Tarvis à la Chiusa, qu’ils étaient encore praticables pour de l’infanterie ; qu’il avait été poursuivi hier, et un pays ayant annoncé que les Autrichiens étaient maintenant à deux heures environ de chemin de la Chiusa, et le torrent étant parfaitement viable, j’ai cru devoir, après avoir laissé le 102e régiment sur ma position forte, pour garder le défilé de Pontebba, devoir porter le reste de ma division vis-à-vis le défilé du chemin de Tarvis, pour y recevoir l’ennemi, dans le cas où il voudrait déboucher ; et par là conserver les communications avec la 2e division, en empêchant l’ennemi de s’emparer de l’important défilé de la Chiusa. C’est dans ce dernier endroit que je vous prie de vouloir bien m’adresser vos ordres. Agréez, je vous prie, mon général, les assurances de ma respectueuse considération" (Papiers du général Paul Grenier. VIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 264 page 539).
Le 19 octobre 1813, le Général de Division Baron Gratien écrit, depuis Gemona au Général Comte Grenier, Lieutenant-général, commandant le 2e Corps de l’armée : "J’ai l’honneur de rendre compte à Votre Excellence, que la reconnaissance revenue de Predintis, n’a rien vu de nouveau. Différents détachements partent successivement de Gemona étant mis à la disposition de différents administrateurs, mais je n’en suis nullement prévenu, et j’ignore même le lieu où je pourrai leur envoyer des ordres en cas de besoin.
Par exemple … un détachement du 102e composé d’un officier et de 50 hommes est parti hier pour Spilemberg à la disposition de M. le commissaire des guerres Martin, un autre détachement est parti avec le secrétaire général de la Sous-préfecture et j’ignore où il est.
J’ai l’honneur de vous prévenir que les différents détachements qui devaient partir de Palmanova et qui devaient rejoindre leur corps le 15 ne sont point encore arrivés aujourd’hui 19, de manière qu’avant peu ma division sera totalement fondue.
Je vous prie de vouloir bien donner les ordres pour que lorsqu’on aura besoin de détachements, l’on veuille bien s’adresser à moi, afin que je puisse au moins savoir où les reprendre en cas de besoin.
Le pain manutentionné à Gemona n’est point aussi bon que celui d’Osopo, les soldats se plaignent que celui de Gemona n’a pas le poids.
Votre Excellence a eu la bonté de me promettre un jour de biscuit pour donner un jour d’avance à la troupe, cette livraison n’a pas été faite" (Papiers du Général Paul Grenier. IX. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 4 page 19).
Le même 19 octobre 1813, à Gemona sont établis les "Cantonnement du 2e corps d’armée proposé à S. A. I. le Prince Vice-Roi ...
3e Division, Général Gratien, quartier général à St Daniel ...
Un bataillon du 102e à Magiano et Farla.
Le second bataillon du 102e à Sussans et St Thomaso ..." (Papiers du Général Paul Grenier. IX. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 7 page 22).
Le même 19 octobre 1813 encore, depuis Gemona, l'ordre de mouvement est donné : "Le mauvais temps continuant d’une manière à faire craindre des maladies, la dégradation de l’habillement et de l’armement, Son Excellence M. le lieutenant général comte Grenier s’est déterminé sur l’approbation de S. A. I. le Prince Vice-Roi, à faire cantonner demain 20 du courant le corps de gauche sous ses ordres dans les emplacements ci-après, savoir :
Un bataillon du 102e à Majano et Farla, l’autre bataillon à Sussans et Saint-Tomaso ;
Les distributions de toute nature seront faites aujourd’hui dans les divisions pour demain, afin de donner le temps de déterminer les lieux, où elles seront faites à l’avenir pour chaque cantonnement" (Papiers du Général Paul Grenier. XI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 53 page 119).
Le "Relevé de l’appel des hommes présents sous les armes dans le 2e corps à l’époque du vingt octobre 1813" établi d'après les feuilles d'appel du Corps, et signé par Bazin de Fontenelle indique : "2e division ... 102e idem : 30 officiers, 1108 hommes ; total 1138 ..." (Papiers du Général Paul Grenier. IX. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 9 page 29).
Ce même 20 octobre 1813 Gradisca le Général de Division Chef de l’état-major général de l’armée, Comte de l’Empire Vignolle, écrit au Lieutenant-général Comte Grenier, à Gemona : "En réponse à la lettre que vous m’avez fait l’honneur de m’écrire en date d’hier, j’ai l’honneur de vous adresser ci-joint, copie de la lettre de M. le général Valterre commandant supérieur de Palmanova, par laquelle vous verrez que les hommes appartenant aux régiments des 2de et 3e divisions sont partis de cette place le 14 de ce mois pour Udine et être le 15 à Gemona. Je ne puis concevoir pourquoi ils ne sont pas arrivés. Quant le détachement du 102e sera en état de rejoindre, j’aurai l’honneur de vous en prévenir ..." (Papiers du Général Paul Grenier. IX. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 19 page 49).
Le 21 octobre 1813, le Général de Division Grenier écrit, depuis Gemona, au Général Vignolle : "Mon cher général, je vous en prie, faites partir de suite de Palmanova les hommes appartenant au 102e en quelque état qu’ils soient, ce sont particulièrement ceux-là que je réclame ; dirigez-les sur Pordenone où ils devront arriver demain …" (Papiers du Général Paul Grenier. XX. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 154 page 324).
Le même 21 octobre 1813, le Général de Division Chef de l’état-major général Comte de l’Empire Vignolle, répond, depuis le Quartier général à Gradisca, au Général Grenier : "... Le détachement du 102e régiment que vous réclamez partira demain de Palmanova et vous arrivera dans la journée à Valvasone ..." (Papiers du Général Paul Grenier. IX. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 22 page 55).
Le 22 octobre 1813 à 2 heures du matin, le Général de Division Chef de l’Etat-major, le Général Comte de l’Empire Vignolle, écrit, depuis le Quartier-général à Gradisca au Général Grenier : "... Le détachement du 102e régiment sera aujourd’hui à Valvasone, d’où en vertu de vos ordres, il sera dirigé demain sur son régiment" (Papiers du Général Paul Grenier. IX. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 39 page 89).
Le 26 octobre 1813, le Général de Division Baron Gratien écrit, depuis Biadene, au Général Grenier, commandant le 2e Corps de l'Armée d'Italie : "... les 200 hommes du 102e sont arrivés sans avoir pris de cartouches à Palmanova. La négligence que les soldats ont mis à la conservation des cartouches, et j’ai honte de le dire, le peu d’attention qu’ont eu MM. les officiers, sont causes qu’il en a fallu remplacer une certaine quantité, quoique toutes les cartouches aient été complétées à Osoppo. Je prie Votre Excellence, de vouloir bien me marquer, où est dans ce moment le grand-parc, pour que je puisse me remplacer. Je crois qu’il est indispensable de faire payer aux corps les cartouches perdues" (Papiers du Général Paul Grenier. IX. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 60 page 131).
Un état du 2e corps d’observation, 3e Division (Rapport du 29 au 29 octobre 1813) indique pour le 42e de ligne : 3e Bataillon, 17 Officiers, 679 hommes, total 696 ; 6e Bataillon, 21 Officiers, 622 hommes, total 643 (Papiers du Général Paul Grenier. IX. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 74 page 159).
Le 29 octobre 1813, l'Adjudant-commandant Montfalcon écrit, depuis Saint-Zenon au Lieutenant général Comte Grenier : "… J’ai reçu à cinq heures moins un quart l’avis de M. le général Bonnemain, qu’il avait l’ordre d’attaquer Casoni aujourd’hui à 5 heures après-midi, et de me prévenir de coopérer à cette attaque. J’ai en conséquence de suite fait marcher deux compagnies d’élite du 42e avec 25 chevaux pour coopérer à cette attaque ; une compagnie du 102e doit se porter à la lisière du bois du côté de Casoni, y prendre position et établir des postes de communication avec les troupes de M. le génral Bonnemain dès qu’elles seront établies à Cassoni" (Papiers du Général Paul Grenier. IX. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 80 page 171).
Le 31 octobre 1813, le Général Grenier ordonne, depuis Bassano "... Ordre à M. le général Gratien de pousser demain une reconnaissance avec sa 2e brigade et deux pièces d’artillerie sur Cismon route de Primolano, d’en chasser l’ennemi et de s’y établir jusqu’à la nuit, de profiter de la journée pour chasser l’ennemi de Cismon en annonçant que toute l’armée descend dans le Tyrol et en ordonnant dans les villages de paysans des vivres, cependant M. le général Gratien emmènera avec cette brigade la compagnie de sapeurs attachée à sa division pour couper les ponts qui se trouvent en avant de Cismon et en arrière, et après que cette opération sera faite, il quittera Cismon à dix heures du soir pour revenir prendre sa position de Solagna où il laissera le bataillon du 53e avec deux bouches à feu pour le recevoir au besoin s’il était forcé de se replier dans la journée sur ce point.
D’après ces dispositions la reconnaissance qui marchera sur Cismon avec le général Gratien ne se composera que des deux bataillons du 42e, deux du 102e, deux bouches à feu dont un obusier, la compagnie de sapeurs et le 4e de chasseurs.
L’on aura soin de s’échelonner en marchant, de faire marcher les bouches à feu, la 1ère entre les bataillons du 42e et la 2e entre les bataillons du 102e ..." (Papiers du Général Paul Grenier. XI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 76 page 168 - En note : Expédié).
Le 5 novembre 1813, le Général de Division Grenier écrit, depuis Vérone, au Général de Division Marcognet : "Le général Vignole vous a sans doute informé de la nouvelle organisation de l’armée de laquelle il résulte que la 1ère et 4e composent la 1ère Lce et que je reprends le commandement qui m’était confié au moment où nous sommes entrés en campagne.
Je me revois avec plaisir au milieu de mes anciens camarades et j’aurais une véritable satisfaction d’apprendre que vous éprouviez le même sentiment.
L’intention de S. A. I. est que votre division soit composée ainsi qu’il suit :
1ère brigade
3 bataillons du 53e régiment formés des quatre existants
2 bataillons du 102e
Une batterie d’artillerie.
2e brigade
2 bataillons (20e et 101e) de la demi-brigade provisoire
2 bataillons du 106e formés des 3 existants
2 bataillons (un du 131e et un du 132e commandés par le major Turin)
1 batterie d’artillerie.
Votre division ayant séjour demain 6 à Legnago, vous lui ferez exécuter le 7 le mouvement ci-après :
La portion de la 2e brigade qui est dans ce moment avec vous (106e) demi-brigade provisoire et la batterie d’artillerie ira le dit jour prendre position à Ronco, ayant pour objet de garder la rive droite de l’Adige et d’empêcher un passage si l’ennemi voulait le tenter sur ce point ou dans les environs ; la cavalerie du général Mermet aura des postes à Roverchiara à droite de cette brigade et à Zevio à sa gauche. Ils devront faire connaitre au général commandant la brigade tout ce qu’il se passera d’important sur la ligne.
Avec le restant de votre division, vous coucherez le 7 à Vallese pour arriver le 8 à Vérone. Le 9, vous enverrez le bataillon du 67e à Bussolengo rejoindre la 2e division dont il fait partie. Le 53e régiment ira de très grand matin à St-Michel où se trouve en ce moment le 4e bataillon, y relèvera les bataillons du 131e, 132e et 102e qui partiront aussitôt pour rejoindre le même jour savoir les 1ers la 2e brigade à Ronco et ceux du 102e pour venir occuper Vérone sur la rive droite et fournir les gardes des batteries et autres postes ; à moins de nouvelles disposition de S. A. I., il n’y aura rien de changé dans votre mouvement des 7 et 8 ; peut-être aura-t-on à rectifier celui du 9, mais comme vous serez le 8 à Vérone, vous serez prévenu des changements qui pourront avoir lieu" (Papiers du Général Paul Grenier. XXI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 19 page 50).
Le 6 novembre 1813, à 5 heures du matin, le Général Bonnemain écrit, depuis San Martino, au Général Grenier : "Ce n’est que fort tard que nous avons pu exécuter notre mouvement d’hier, à cause du temps qu’il a fallu pour rompre les ponts. M. le capitaine du génie a dû vous rendre compte hier de ses opérations et de toute la peine que ses sapeurs ont eues.
L’ennemi n’a point paru derrière nous ; il n’avait pas encore non plus paru hier à Illazi ...
M. le major du 102e m’a mandé que les 4e bataillons désignés dans votre ordre étaient à San Michele. Je l’ai chargé d’envoyer un demi-bataillon à Montorio ; cela a été exécuté de suite. L’officier qui commande ce demi-bataillon me rend compte qu’il a pris position au château de Montonrio, attendu que c’est l’emplacement le plus convenable pour la défense ; mais comme il ne s’agit point de défendre ce point, et que j’avais donné pour instruction de se borner à éclairer les différentes gorges, je les lui ai réitérés. Je vais y envoyer ce matin un détachement de chasseurs à cheval pour y faire ce service conjointement avec l’infanterie ...
Ps. ... Ce n’est qu’avec beaucoup de peine que nous avons eu cette nuit un peu de viande. Je vous prie de me dire comment nous vivrons, si je dois rester" (Papiers du Général Paul Grenier. IX. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 106 page 225).
Le 7 novembre 1813 à minuit, le Général de Division chef de l’Etat-major général Comte de l’Empire Vignolle, écrit depuis Vérone, au Lieutenant-général Comte Grenier : "J’ai l’honneur de vous adresser ci-jointe une copie des dispositions générales qu’a arrêté Son Altesse Impériale le Prince Vice-Roi pour la reconnaissance qu’Elle se propose de faire sur Roveredo et opérations successives, s’il y a lieu. M. le général Schmitz est prévenu qu’il doit se rendre demain près de vous pour savoir où il doit prendre les deux bataillons du 102e régiment d’infanterie ; je vous prie en conséquence de l’en informer" (Papiers du Général Paul Grenier. IX. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 107 page 227).
"Dispositions générales arrêtées par S. A. I. le Prince Vice-Roi", adressées par le Général de Division Chef de l’Etat-major Comte de l’Empire Vignolle, depuis le Quartier-général à Vérone, le 7 novembre 1813 : "Demain 8 novembre à 11 heures du matin, M. le général de brigade Schmitz se rendra à Grezzana dans la Valpantena avec les deux bataillons de la 28e demi-brigade provisoire et les deux bataillons du 102e régiment de ligne, que M. le lieutenant général comte Grenier mettra à la disposition du général Schmitz.
M. le général Rouyer partira demain un peu avant midi avec le reste de sa division, en prenant la grande route de Trente. Il placera le 9e d’infanterie de ligne à Negarine et San Pietro, le 35e régiment de ligne à Pescantina, où il établira lui-même son quartier général. Il n’emmènera avec lui que six pièces d’artillerie légère avec deux caissons par pièce et six caissons d’infanterie. Il veillera à ce que, par les soins de son commandant d’artillerie, la colonne qui est avec le général Schmitz et qui doit agir dans les montagnes, ait à dos de mulets ou de chevaux des cartouches en suffisante quantité.
Demain 8 du courant, M. le général Verdier fera descendre un des pontons à Bussolengo pour faire passer sur la rive gauche de l’Adige les quatre bataillons du 1er régiment étranger. M. le général Verdier portera lui-même son quartier-général sur la rive gauche, après avoir expédié tous les ordres qui concernent M. le général Palombini. M. le général aura soin de faire réparer demain les coupures en avant de Rivoli et de la Chiusa.
M. le général enverra demain à Parona sur la route de Trente le colonel du 1er régiment d’hussards avec les deux premiers escadrons de son régiment.
Après-demain 9 du courant, les troupes de la 2e lieutenance se mettront en marche dans la direction suivante.
Une colonne de droite, commandée par M. le général Schmitz, et composée des quatre bataillons ci-dessus, remontera le Valpantena en se dirigeant par Lugo sur Erbezzo, chassant tous les partis ennemis qui pourraient être dans cette vallée. Le lendemain 10, cette colonne passera la montagne et redescendra sur Ala, en cherchant à tourner cette ville, et ne se rapprochant de la grande route que pour appuyer la colonne principale, si celle-ci était engagée ; et opérer sur le flanc de l’ennemi.
Le 9e régiment d’infanterie de ligne former également une colonne qui sera intermédiaire entre la colonne principale sur la grande route, et la colonne du général Schmitz. Le colonel du 9e régiment se dirigerait donc, le premier jour par St-Anna sur le Fosse, et le jour suivant 10, sur Ala, marchant à hauteur de la colonne principale et appuyant sur le flanc gauche de l’ennemi ; s’il entendait un engagement sérieux, sur la grande route.
La colonne principale se formerait à la pointe du jour entre Volargne et la Chiusa et déboucherait de la Chiusa dans l’ordre suivant.
Trois compagnies de voltigeurs du 35e régiment.
Quatre compagnies de voltigeurs des quatre bataillons italiens.
Un peloton d’hussards, sous les ordres du colonel Figié.
Cette avant-garde serait suivie des quatre bataillons italiens et de deux pièces d’artillerie légère italienne, commandés par le général Galimberti.
Viendraient ensuite les quatre bataillons du 1er régiment étranger, avec trois pièces d’artillerie légère française.
Enfin, les trois bataillons du 35e régiment, avec les trois autres pièces d’artillerie légère.
Chaque pièce ne devra être suivie que d’un caisson, les seconds caissons formeraient un petit parc en arrière des divisions ; les deux escadrons marcheraient en avant du 1er régiment étranger, et se formeraient à droite ou à gauche de la route, suivant que le terrain le permettrait.
Le premier jour, la colonne principale se porterait sur Peri, le jour d’après sur Ala et Serravalle ; les dispositions seraient données sur le terrain, suivant les lieux où l’ennemi présenterait de la résistance.
Enfin, le général Palombini partira de sa position de Rivoli le même jour 9, pour remonter l’Adige par la rive droite, marchant à peu près à hauteur des troupes qui suivront la grande route, et poussant devant lui tous les petits corps que l’ennemi a dans cette partie.
M. le général Palombini marcherait sur deux colonnes ; celle qu’il commanderait serait de cinq bataillons avec deux pièces d’artillerie légère et l’escadron de dragons. Cette colonne se porterait par Brentino et Mama sur Avio et par Pileante sur Mori.
Le général Palombini cherchera à s’emparer des bacs qui existent sur la rivière, pour établir sa communication avec la grande route. Il est probable que les deux pièces d’artillerie ne pourront pas aller plus loin que sur le torrent en face de Serravalle ; mais la colonne principale s’avançant sur Roveredo, le général Palombini devrait suivre sa route par Mori sur Sacco ; enfin, il opérera sur l’ennemi par la rive droite de la même manière que les troupes qui sont sur la rive gauche, en suivant, autant que possible, la colonne principale.
La deuxième colonne du général Palombini déboucherait de la Corona par le Monte Baldo sur Brentonico, d’où elle se réunirait avec le généra Palombini sur Mori. Ce général aurait soin que les troupes soient suivies par des cartouches en quantité suffisante. Le reste de l’artillerie de la 5e division restera en position à Rivoli avec une garde. De même que l’artillerie restante de la division Rouyer se placera en arrière de Vérone.
Son Altesse Impériale se portera de sa personne avec cette expédition ; pendant ce temps, M. le lieutenant général comte Grenier commandera toute la ligne de l’Adige et les troupes qui y sont employées.
M. le général Gifflenga sera prévenu du mouvement que fait la 2e lieutenance avec 15 mille hommes sur Roveredo. Suivant toutes les probabilités, Son Altesse Impériale sera le 9 à Peri, le 10 à Serravalle, le 11 à Cogliano. Ce mouvement doit faire repasser tous les partis que l’ennemi a jeté vers le Haut-Chiese.
Son Altesse Impériale ordonne au général Gifflenga de repousser tous les partis qui peuvent être venus par les vals Trompia et Camonica, et le déboucher lui-même sur Rocca d’Anfo ou Bagolino sur l’ennemi pour chercher à couper quelque parti. Le général Gifflenga pourrait en avant de Condino prendre une très bonne position qui existe à Narder, route de Tione ; de là, il peut jeter des partis sur Tione et à sa droite sur Riva. Dans cette position de Narder, il couvre entièrement les vals Trompia et Sabia. Il menacerait aussi de couper les partis qui s’aventureraient dans le val Camonica" (Papiers du Général Paul Grenier. IX. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 108 page 229).
Le 8 novembre 1813, le Général de Division Grenier écrit, depuis Vérone, à 7 heures du matin, au Général de Brigade Bonnemains, à Saint-Martin : "S. A. voulant faire une sorte de reconnaissance sur Roveredo a désigné les 2 bataillons du 102e régiment pour faire partie de cette expédition. Je vous prie en conséquence de faire remettre l’ordre ci-joint au major Vauthier commandant ces 2 bataillons et de faire relever avant son départ tous les postes que ce corps pourrait avoir sur votre ligne. Vous aurez pendant l’absence de S. A. I. à redoubler de surveillance ; il faudra constamment avoir des postes en course, tant sur Illasi que sur Soave et Villanova pour connaitre les approches de l’ennemi et les positions qu’il pourrait vouloir prendre" (Papiers du Général Paul Grenier. XXI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 19 page 51).
Le 12 novembre 1813, le Général de Division chef de l’état-major général comte d’Empire Vignolle adresse, depuis le Quartier général à Vérone, au Lieutenant-général Grenier les "Dispositions arrêtées par Son Altesse Impériale le Prince Vice-roi le 12 novembre 1813.
Demain, 13 du courant, le général Rouyer, après avoir fait manger la soupe à ses troupes, c'est-à-dire vers 8 heures du matin, viendra occuper l’emplacement suivant :
Le 35e régiment logera dans Veronette.
Le 1er régiment étranger dans les faubourgs de la porte Saint-Georges.
La brigade du général Schmitz occupera les villages de Quizan, Avezzo et Parona, en ayant soin de laisser ce dernier endroit pour les bataillons les plus éloignés.
Le 102e régiment d’infanterie rentrera dans Vérone pour rejoindre la division.
Le 1er régiment de hussards logera dans Vérone sur la rive droite où il recevra de nouveaux ordres.
Demain le général Palombini fera passer avant le jour, sur la rive gauche de l’Adige, deux bons bataillons, pour garder le défilé de La Chiusa. Pendant l’expédition qui se prépare sur un autre point, le général Palombini demeure spécialement chargé par Son Altesse de présenter à l’ennemi la meilleure défense sur les deux rives de l’Adige ; il placera s’il le croit nécessaire, de l’artillerie à La Chiusa. Il devra avoir soin de placer un poste au village de Saint-Georges qui est sur la hauteur, pour défendre l’arrivée à Volargne par les montagnes. Dans tous les cas sur l’une comme sur l’autre rive, les troupes auraient leur retraite assurée sur Vérone d’où l’armée ne s’éloignera pas en avant, de plus d’une forte journée.
Le général Rouyer sera prévenu de laisser deux bataillons de ses troupes à La Chiusa jusqu’à ce que le général Palombini y fasse arriver les siennes, ce que devra dans tous les cas, s’il est possible, être terminée avant dix heures du matin.
Demain à dix heures, le pont de bateaux, à Portone, sera replié. Tous les bateaux en seront descendus à Vérone à l’exception d’un pont volant qui sera remonté à Gayon un peu au-dessus de Volargne, ce qui en fera deux dans cette position, puisqu’il y en existe déjà un.
Ordre au général Mermet de venir demain soir coucher à Tombetta et Tomba près Vérone, avec les deux régiments de la brigade Perrymond, ainsi que son artillerie. Il laissera les bagages et tous les embarras dans leurs cantonnements actuels. Il sera prévenu de la rentrée sous ses ordres des 200 hussard qui étaient avec le général Rouyer.
Demain le général Lecchi fera venir à Santa Luccia près Vérone, la cavalerie, et les six pièces d’artillerie légère de la garde.
La cavalerie et l’artillerie tant du général Mermet que du général Lecchi, devront porter avait elles, leur fourrage pour la nuit.
M. le lieutenant général comte Grenier est prévenu que Son Altesse Impériale veut faire un mouvement en avant sur l’ennemi. Les dispositions préparatoires ci-dessus lui seront communiquées à cet effet.
L’intention de Son Altesse et que demain 13 dans l’après-midi, tout ce qui est de la division Marcognet aille coucher à Saint-Michel et Saint-Martin, et qu’une brigade la division Quesnel aille coucher à Montorio. Son Altesse désire également que l’artillerie légère du général Quesnel et l’artillerie du général Marcognet qui sera employée, sortent de Vérone, afin d’éviter l’encombrement dans le jour suivant" (Papiers du Général Paul Grenier. IX. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 126 page 265).
Après la bataille, le 15 novembre 1813, Eugène écrit, depuis Caldiero, à Clarke : "… Nous avons trouvé l'ennemi occupant les hauteurs de Caldiero, au nombre d'environ 10,000 hommes. JI a été attaqué franchement, et, malgré sa vive résistance, le village d'Ilasi, celui de Colognola et les mamelons de Caldiero ont été successivement emportés aux cris de Vive l'Empereur ! L'ennemi, poursuivi dans la plaine, a été rejeté jusqu'au-delà du torrent de 1'Alpon, et dans le défilé notre artillerie lui a fait beaucoup de mal. Il a eu plus de 1,500 hommes tués ou blessés, et 900 prisonniers sont restés en notre pouvoir. Les généraux et les ·troupes se sont parfaitement conduits. Je dois citer plus particulièrement les 42e, 53e et 102e régiments de ligne, ainsi que le 31e de chasseurs.
En attendant que les rapports des généraux me mettent à même de vous faire connaître les braves qui se sont distingués, je dois nommer le général de brigade Jeanin, le colonel Grobon et le lieutenant Charbonnier, du 31e de chasseurs. Notre perte est modérée comparativement à celle de l'ennemi ; nous n'avons eu qu'environ 500 hommes hors de combat ; malheureusement il s'y trouve au moins 30 officiers, parmi lesquels il y a déjà, à ma connaissance, 6 officiers supérieurs ; mais la journée coûte certainement à l'ennemi de 2,200 à 2,400 hommes" (Mémoires du Prince Eugène, t.9, page 451).
Le 18 novembre 1813, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, à Borghèse, Gouverneur général des départements au-delà des Alpes : "Mon cousin, vous trouverez ci-joint un ordre que je viens de signer ; tenez la main à son exécution, et correspondez avec moi là-dessus.
7 600 hommes ont été dirigés également sur Alexandrie et Turin pour les 1er, 7e, 10e, 20e, 42e, 67e, 101e, 102e, 25e léger et 3e léger. Les dépôts sont dans les 27e et 28e divisions militaires ; ils doivent équiper ces hommes. Sont-ils arrivés ? Les armes sont-elles arrivées, ainsi que les habits ?
Tenez ces 7 600 hommes à la disposition du vice-roi ...
L'armée d'Italie recevra donc un renfort de 4 200 hommes affectés aux 6 régiments, 7 600 hommes affectés aux autres régiments, et 3 000 pris sur les 4 000 du 156e. Total 16 000 hommes ...
Vous verrez les divers développements de ces dispositions dans les articles 4 et 5 de mon décret.
Ainsi, la 1re division de l'armée de réserve comprendra les 12 bataillons des régiments qui sont à l'armée d'Italie ; ce qui avec le 6e bataillon du 13e de ligne, fera 13 bataillons : vous réunirez cette division à Alexandrie, Plaisance ou Turin.
La 2e division sera composée comme le porte l'article 5.
Il faut reformer les bataillons qui doivent revenir de la Grande Armée et donc il n'arrivera que peu de chose : ce sont des cadres à refaire. Le 112e se reformera à Florence, ainsi que le 6e du 35e léger.
Écrivez au vice-roi pour que le dépôt du 137e revienne à Alexandrie, s'il n'y est pas déjà.
Ces bataillons formeront la 2e division.
Enfin, les 5e bataillons, comme il est dit en l'article 6, formeront la 3e division.
Sur la conscription des 300 000 hommes, j'ordonne qu'on lève en Dauphiné, en Provence et dans le Lyonnais les 30 000 conscrits nécessaires pour compléter ces trois divisions. La levée se fera dans le cours de ce mois-ci ; et il est probable que tout sera arrivé dans le courant de décembre. Ainsi en janvier, vous aurez une armée de réserve de 30 000 hommes à Turin, Alexandrie et Plaisance. Exagérez tous les nombres ; dites qu'on aura 100 000 hommes.
Correspondez avec le vice-roi et avec la grande-duchesse, et occupez-vous avec activité de ces formations ...
Je n'ai compris l'Italie française pour aucune levée ni dans les 300 000 hommes, ni dans la conscription de 1815. Dites cela aux préfets ; écrivez-le à la grande-duchesse et au général Miollis : tous les hommes qui arriveront sont des Français" (Correspondance générale de Napoléon, t.14, lettre 37116).
Le 18 novembre, la Brigade Jeanin, à Vago, est attaquée par des forces supérieures ; elle les contient ; le Général Marcognet, voyant que l'ennemi se porte dans la direction de Montorio, et craignant une attaque de flanc, fait replier ses troupes sur Saint-Martin.
Le 18 novembre 1813 à minuit, le Général de Division Baron Marcognet écrit, depuis Saint-Michel au Lieutenant-général comte Grenier : "Ainsi que j’ai déjà eu l’honneur de vous en rendre compte, dès ce soir, je prends position conformément à vos ordres, c'est-à-dire couvrant Saint-Martin par un bataillon du 102e ayant l’autre bataillon du même régiment à Le Ferrazze ..." (Papiers du Général Paul Grenier. IX. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 186 page 385).
Le jour suivant, les Autrichiens se portent avec vigueur sur ce dernier point. Le Vice-Roi, à cette nouvelle, fait replier le Général Marcognet sur Saint-Michel ; mais alors, 6 Bataillons des 20e, 53e, 101e et 102e de ligne, soutenus le soir par 2 du 1er étranger, aux ordres du Général Darnaud, soutiennent la lutte sans désavantage toute la journée, et contraignent, le soir venu, l'ennemi à abandonner son projet. Ces deux affaires coûtent 1,200 hommes aux Autrichiens, plus 200 prisonniers (Mémoires du Prince Eugène, t.9, page 416).
Le 19 novembre 1813, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Lacuée, Ministre directeur de l'Administration de la Guerre : "Monsieur le comte de Cessac, je suppose que vous avez pourvu à l'habillement de la conscription des 120 000 hommes qui se lève en exécution du sénatus-consulte du 9 octobre 1813. Le sénatus-consulte du 12 novembre met 300 000 hommes à ma disposition, mon intention est d'en lever 170 000, à l'habillement desquels il faut que vous pourvoyiez. Ils seront fournis de la manière suivante : 40 000 par les départements qui envoient à l'armée des Pyrénées. Ces 40 000 hommes formeront 4 divisions, une à Bordeaux, une à Montauban, une à Toulouse et une à Montpellier. Ils seront habillés par quatre ateliers placés les uns à Bordeaux et les autres à Toulouse. Comme par le décret qui a passé aujourd'hui au Conseil d'État ces 40 000 hommes seront rendus avant le 20 novembre à leur destination, il faut établir sur-le-champ ces quatre ateliers qui fourniront chacun 10 000 habits d'ici à cette époque. Si vous préfériez que cette réunion eût lieu à Nîmes où partout ailleurs, je le laisse à votre disposition. Ces ateliers seront formés comme ceux que j'avais établis en 1808 à Bordeaux. Les 12 régiments qui ont leur dépôt dans la 11e division militaire recevront leur contingent de la conscription de 1815 et rien de la levée des 300 000 hommes. Présentez-moi un décret pour la formation de ces quatre ateliers. Il est important que dans le courant du mois de décembre, ils fournissent le nombre d'habits, de schakos, de sacs, etc., qui sera nécessaire. Cela formera une dépense de 5 à 6 millions à peu près. Il faut prendre des moyens expéditifs pour lever les difficultés et les embarras. Il est présumable que les Anglais recommenceront la campagne en février, cette saison leur étant favorable. Il faut donc que cette armée de réserve soit en état d'agir d'ici au mois de janvier. J'ai ordonné aujourd'hui la levée de 30 000 hommes sur la conscription des 300 000 dans les 7e, 8e et 19e divisions militaires. J'y ai joint les départements de l'Ain, de l'Allier et de la Haute-Saône. Ces 30 000 hommes seront dirigés sur Turin et Alexandrie. Ils formeront trois divisions. La première sera réunie à Alexandrie.
... La 2e division sera composée :
... du du 6e bataillon du 102e rég. d'infanterie de ligne ...
enfin la 3e division sera répartie entre les 27e, 28e, 29e divisions militaires. Elle sera formée :
des 5es bataillons des 1er, 7e, 20e, 42e, 156e, 137e de ligne, du 3e léger, du 10e, 67e, 101e, 102e, 52e, 35e et du 112e de ligne
Ces hommes seront habillés à leurs dépôts ou ailleurs. Il faut réunir des moyens pour qu'ils le soient dans les 15 premiers jours de janvier. Ces 30 000 hommes sont indépendants des 18 000 qui sont fournis par la conscription levée dans les départements situés au-delà des Alpes, et qui sont destinés à recruter l'armée d'Italie. Le reste des 300 000 hommes ne sera pas encore levé, mais il le sera plus tard. Comme cette dernière conscription sera disséminée entre les dépôts placés en deçà des Alpes, il est nécessaire que les bataillons qui doivent recevoir des hommes soient approvisionnés. Je ne sais si je vous ai écrit relativement à une disposition particulière sur la conscription des 120 000 hommes, j'ai ordonné que 11 500 fussent envoyés sur Mayence pour être répartis entre les 13e et 23e régiments etc., et les bataillons d'autres régiments qui font partie du 4e corps, mais dont les dépôts sont en Italie. Mon intention est que ces 11 500 hommes soient habillés par nous. Je suppose que ces hommes seront rendus à leur destination avant le 15 octobre, il faut que vous pourvoyiez à leur habillement, et que vous adressiez les dispositions que vous aurez prises auprès des commandants des corps qui doivent recevoir ces hommes. J'ai ordonné encore que 5 000 hommes seraient accordés au 11e corps pour être distribués dans les bataillons dont les dépôts se trouvent au-delà des Alpes. J'ai ordonné que ces hommes seraient fournis par les dépôts placés en deçà des Alpes ; il est donc nécessaire que ces dépôts aient ce qui est nécessaire pour armer les hommes destinés à aller aux bataillons du 11e ·corps à qui ils doivent appartenir. Faites-moi connaître si je puis compter sur la prompte exécution de ces ordres" (Correspondance générale de Napoléon, t.14, lettre 37163 - Note : La même lettre est envoyée à Clarke : minute, Archives nationales, AF IV 904, novembre 1813, n° 261).
Le 20 novembre 1813, le Général de Division Baron Marcognet écrit, depuis Vérone, à 4 heures et demie du soir au Lieutenant-général Comte Grenier : "J’ai l’honneur de vous adresser, ci-joint, les états nominatifs par Corps et par grades des militaires de la 4e division qui, par leur conduite dans cette campagne, et notamment dans la journée du 15 de ce mois, ont le plus mérité de faire partie de la légion d’honneur ... Je ne sais pourquoi dans le nombre des états ci-joints, M. le général Deconchy n’a point compris les 131e et 132e bataillon ; il doit aussi m’adresser celui du 102e ; je m’empresserai de vous les soumettre aussitôt qu’ils me seront parvenus ..." (Papiers du Général Paul Grenier. IX. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 168 page 349).
Le 23 novembre 1813, le Général de Division Grenier expédie, depuis Vérone, l’ordre suivant : "Un parti ennemi qui parait établi à Rovigo entre le bas Adige et le Pô ayant attaqué hier 22 un poste du 19e de chasseurs qui occupait Badia ; l’intention de S. A. I. le Prince Vice-Roi commandant en chef l’armée, est de faire agir contre ce parti. Elle a en conséquence ordonné qu’il serait formé un corps d’environ 1200 hommes d’infanterie et 200 chevaux pour cette expédition, et a désigné à cet effet les bataillons des 20e et 101e de la brigade du général de Conchy, les deux compagnies de voltigeurs du 102e et 200 chevaux du 3e de chasseurs commandés par le colonel de ce régiment pour agir sous les ordres de ce général ; ces troupes devant être réunies aujourd’hui à San Pietro du Legnago où se rendra également le général de Conchy. M. le général Marcognet donnera à cet officier général les instructions suivantes.
M. le général de Conchy partira demain 24 à la pointe du jour avec les troupes désignées ci-dessus pour se porter sur Baruchella, Giacciano et Trecenta en suivant le chemin qui de Villa Bartolomea se réunit à la digue des Valli en évitant d’approcher l’Adige pour ne pas faire connaitre son mouvement ; arrivé sur ces différents points, M. le général de Conchy tâchera de se procurer des renseignements positifs tant sur les forces de l’ennemi que sur les points qu’il peut occuper et agira en conséquence sur Rovigo après avoir fait chasser l’ennemi de Badia ; dans ce mouvement, M. le général de Conchy doit fortement observer sa droite sur la route qui de Rovigo conduit à Ferrare par Ponte du Lago Scuro que l’on doit nécessairement supposer être occupé par l’ennemi.
M. le général de Conchy sera prévenu qu’en même temps qu’il agira sur le centre entre le bas Adige et le Pô, l’adjudant commandant Montfalcon doit diriger une colonne de 200 hommes d’infanterie avec un détachement du 19e de chasseurs par Villa Bartolomea le long de l’Adige sur Carpi et Castagnaro pour couvrir sa gauche. M. le général de Conchy s’entendra donc à cet effet avec l’adjudant commandant Montfalcon pour le concert de ses opérations. Cependant, il observera que la colonne de la garnison de Legnago ne devra en aucune manière dépasser Badia afin d’avoir sa retraite assurée sur Legnago si les circonstances l’y forçaient ; pour cela il est essentiel que la majeure partie de cette colonne prenne poste à Castagnaro et Carpi et que de simples reconnaissances agissent de ce point sur Badia.
M. le général de Conchy sera encore prévenu que M. le général Pino reçoit l’ordre de faire agir le major Merdier qui commande une colonne composée d’un bataillon du 42e, d’un du 1er étranger, et de 60 chevaux sur Ferrare pour en chasser les partis ennemis, de les faire suivre dans toutes les directions et particulièrement sur Ponte di Lago Scuro où l’on doit croire que l’ennemi cherchera à passer le Pô pour s’appuyer à l’Adige et rester en communication avec son armée ; dans cette supposition, le major Merdier reçoit l’ordre d’appuyer constamment sur l’ennemi et de mettre en communication avec le général de Conchy pour l’ensemble des opérations entre le Pô et le Bas-Adige. Ce général donnera au major Merdier les avis qu’il jugera les plus avantageux dans cette circonstance mais il ne pourra compter sur la coopération du colonel de ce major que vers le 26, vu son éloignement actuel. Dans tous ses mouvements, M. le général de Conchy devra avoir attention de bien s’échelonner et de faire garder soigneusement les passages des ponts qu’il laissera derrière lui ; s’il rencontrait des forces supérieures qui ne lui permissent pas d’agir sur Rovigo, ce général prendrait position en arrière du canal de Castagnaro entre le Sartaro et l’Adige ; il est bon qu’il soit instruit que jusqu’à présent, les rapports parvenus à S. A. I. sur les forces de l’ennemi débarquées à Valano n’annoncent qu’un corps de 2000 hommes environ, dont moitié s’est porté sur Ferrare et moitié sur Rovigo. Si cet état de choses est le même, M. le général de Conchy aura beaucoup d’avantage sur ces partis.
Dans le cas où, cependant, cette expédition, l’ennemi tenterait un passage sérieux entre Vérone et Legnago, et qu’il fut tel que M. le général de Conchy ne puisse rejoindre la division, il se replierait sur l’avis qu’il en recevrait du général Marcognet sur Ostiglia direction de Mantoue en même temps que la colonne fournie par la garnison de Legnago rentrerait dans cette place.
M. le général Marcognet aura soin de faire approvisionner de munitions la colonne du général de Conchy, soit par Legnago, soit par son parc de réserve, les troupes devront avoir des vivres à l’avance et pour la suite s’alimenteront dans le pays qu’elles parcourront.
Le général de Conchy établira des postes de correspondance entre sa colonne et fera au moins deux rapports par jour au général Marcognet qui les fera parvenir sans retard au lieutenant général par la correspondance de San Giovanni Lupatoto ; M. le général Marcognet s’entendra à cet effet avec M. le général Mermet.
Si à la réception de la présente, le colonel du 3e chasseurs n’avait pas encore reçu les ordres du général Mermet pour marcher de sa personne avec 200 chevaux sous les ordres du général de Conchy, le général Marcognet le lui donnerait en vertu de ceux de S. A. I." (Papiers du Général Paul Grenier. XXI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 24 page 60).
Le 24 novembre 1813, l'Empereur écrit, depuis Paris, à Daru, Ministre directeur de l’Administration de la Guerre : "Monsieur le comte Daru, je reçois une lettre du prince Borghèse du 20, dans laquelle il me fait connaître que le 4e régiment d'artillerie, le 1er bataillon de sapeurs et le 3e idem ont ce qu'il leur faut pour leur habillement mais que le 1er léger, le 7e de ligne, le 20e, le 42e, le 52e, le 67e, le 101e et le 102e, qui reçoivent chacun 700 conscrits n'ont pas de quoi en habiller 400 ; moins la doublure et le drap pour les capotes ; que le 13e de ligne, le 9e, le 35e , le 53e, le 84e, le 92e et le 106e qui sont arrivés à Alexandrie et ont chacun 700 hommes à recevoir n'ont rien ...
Il n'était non plus rien arrivé pour l'habillement des 700 hommes du 3e léger et du 10e de ligne. Je désire que vous me fassiez un rapport sur cet objet important. Voilà 15.000 hommes qui arriveront avant le 15 décembre et pour l'habillement desquels il n'y a aucune disposition. Cependant il est nécessaire que ces 15.000 puissent au 15 de ce mois renforcer l'armée. Faites-moi connaître tout ce que vous avez envoyé et toutes les dispositions que vous avez prises pour compléter l'habillement de ces 15.000 hommes ...
Le 112e recevra des hommes en Toscane, le 6e de ligne et le 14e léger reçoivent des conscrits à Rome. Faites-moi connaître toutes les dispositions déjà prises pour l'équipement de ces hommes. Consultez vos bureaux pour savoir si le Piémont fournit tout ce qui est nécessaire pour les équipements et pour suppléer sur le champ aux mesures qui n'auraient pas été prises. Dans ce cas proposez-moi l'établissement d'une commission présidée par le prince Borghèse et composée du préfet du Pô et de l'ordonnateur. Cette commission sera chargée de prendre sur le champ toutes les mesures, mais elle aura besoin d'argent. Faites-moi connaître les fonds que vous pouvez mettre à sa disposition et si vous avez sur octobre et novembre les crédits suffisants pour faire face à ces dépenses, et si le Piémont, pouvant faire face à tout, vous expédiez des ordonnances, prévenez-m’en ; je les ferai payer. Il faut charger le général Miollis et la grande-duchesse de faire habiller ce qui arrive à Rome et en Toscane" (Correspondance générale de Napoléon, t.14, lettre 37262).
Le même 24 novembre 1813, l'Empereur écrit, depuis Paris, à Borghèse, Gouverneur général des départements au-delà des Alpes : "Mon cousin, je reçois votre lettre avec l'état qui y est joint. Vous ne me dites pas si les bataillons des 9e de ligne, 35e, 53e, 84e, 92e et 106e avaient ramené avec eux leurs dépôts, c'est-à-dire les maîtres tailleurs, quartiers-maîtres, majors et tout le matériel qu'ils pouvaient avoir aux dépôts.
Je vois que vous n'avez que 1 500 fusils. Écrivez au vice-roi qu'il vous en fasse passer, à Alexandrie, 4 000 de ceux qu'il a à Mantoue. J'ai ordonné au ministre de la Marine de vous en envoyer 10 000 par mer à Gênes. Ecrivez à Toulon qu'on vous instruise du moment où ils partiront.
Je vois que plusieurs bataillons ont déjà 400 habits, mais que les 6 dépôts de l'armée d'Italie n'ont rien : mon intention est que vous pourvoyiez à tout. Réunissez près de vous le préfet de Turin, qui est un homme habile, votre ordonnateur et les majors de tous les corps. Prenez, dans les 24 heures, les mesures nécessaires pour que tous les hommes qui arrivent au 4e d'artillerie, au 1er de sapeurs, au 3e de sapeurs, au 1er léger, au 7e de ligne, 20e, 42e, 52e, 101e, 102e, 9e de ligne, 35e, 53e, 84e, 92e et 106e soient habillés sur-le-champ de pied en cap, et qu'il ne leur manque absolument rien.
Toutes les dispositions que vous ferez seront approuvées. Tous les fonds que vous emploierez pour cet objet seront pris sur les centimes que doivent payer vos départements en conséquence de mon décret du 11 novembre dernier.
Mettez en réquisition tous les tailleurs du pays, de sorte qu'au 15 décembre au plus tard ces hommes soient habillés ...
Vous me rendez compte du procès-verbal de la séance que vous tiendrez et des mesures que vous aurez prises. Vous sentez l’importance dont il est, que ces 15 000 hommes soient armés, habillés et équipés dans le plus court délai. Vous devez pourvoir à tout. La seule chose à laquelle vous ne pourrez pas pourvoir vous-même, c'est les armes ; mais j'espère que cela ne vous manquera pas ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.14, lettre 37251).
Le 27 novembre 1813 à 6 heures du soir, le Général Deconchy écrit, depuis Fratta : "... je reçois à l’instant une lettre du chef d’escadron Hubert qui m’annonce que le commandant de Badia lui rend compte que l’ennemi a établi des batteries à Masi et qu’il occupe une petite île en face de Badia et qu’il y a jeté du monde. J’irai demain à Badia, j’y serai de bonne heure, en attendant j’envoie l’ordre aux deux compagnies de voltigeurs de s’y rendre de suite. Elles sont à Trecenta où elles ne sont plus absolument nécessaires. Ce renfort mettra le commandant à même de se défendre en cas d’attaque, car ce ne peut être dans tous les cas que pour chasser ce poste, et l’on ne peut y employer de grandes forces.
Il n’y a personne à Rovigo, il y a 50 chevaux à Boara et un fort piquet d’infanterie. Il n’y a point de pont, il n’y a qu’un bac. J’irai de ce côté après-demain lorsque j’aurais rassuré le poste de Badia ..." (Papiers du Général Paul Grenier. IX. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 181 page 375). Ces deux Compagnies sont du 102e.
Le 28 novembre 1813, le Général Deconchy écrit, depuis Badia, au Général de Division Marcognet, commandant la 4e Division, à Isola Porcarizza : "... Comme je vous l’ai mandé par ma lettre d’hier soir, je me suis porté sur Lendinara ce matin pour me rapprocher de Badia dont le commandant a eu des inquiétudes pour la sûreté de son poste qui n’étaient que 200 hommes d’infanterie et 50 chevaux, et je suis venu moi-même à Badia pour connaître l’état des choses avant que de me porter sur Rovigo et Laboara, et assurer ma communication de manière à n’avoir rien à craindre. J’ai reconnu en effet que l’ennemi avait placé deux pièces de canon en batterie, qu’il occupait une île, qui est presque en face de Badia, où j’ai aperçu quelques barques. J’ai renforcé ce poste de deux compagnies de voltigeurs du 102e et je me propose de prendre demain la direction de Rovigo ..." (Papiers du Général Paul Grenier. IX. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 184 page 381).
Le même 28 novembre 1813, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, j'ai reçu la répartition entre les corps des 160 000 conscrits qui est jointe au décret du 20 novembre, et je l'ai lue avec attention ...
Le 102e a 1 bataillon au 4e corps pour lequel il faut 500 hommes ...
Ainsi il faut pour les bataillons du 3e léger, du 14e léger, du 22 léger, et des 6e de ligne, 10e de ligne, 20e de ligne, 102e et 112e de ligne, qui sont au 11e corps 5 000 hommes qui seront pris dans les dépôts des 16e et 25e divisions militaires
Aussitôt que ces hommes seront habillés et équipés, ils seront dirigés sur le 11e corps. On choisira des dépôts de régiments qui n'ont pas de bataillons à la Grande Armée. Faites-moi connaître dans quels corps on prendra ces 5000 hommes" (Correspondance générale de Napoléon, t.14, lettre 37316).
Le 1er décembre 1813, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "... Le 101e a son 4e bataillon qui vient de la Grande Armée ; donnez ordre au vice-roi de former son 7e bataillon. Donnez-lui ordre également de former le 7e bataillon du 102e ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.14, lettre 37340).
Le 2 décembre 1813, le Général ... (pas de nom, mais sans doute Marcognet) écrit au Lieutenant-général Comte Grenier : "… j’ai dirigé deux compagnies du 6e bataillon du 102e régiment sur Persacco pour y être momentanément sous les ordres de M. le colonel Sevret ..." (Papiers du Général Paul Grenier. IX. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 201 page 415).
Le même 2 décembre 1813, l'Empereur écrit, depuis Paris, à Eugène, Vice-Roi d'Italie, commandant en chef l'Armée d'Italie : "Mon fils, je reçois votre lettre du 25 novembre. Je vois avec plaisir que vous avez déjà formé vos 6es bataillons pour les 6 régiments qui sont dans le royaume d'Italie ...
Les autres régiments qui ont deux bataillons peuvent sans difficulté recevoir 700 hommes, mais vous devez remarquer que sur ces 700 hommes, 100 seront à réformer, plus de 50 seront malades ; qu'ainsi il n'en restera guère que 500 et que vous aurez à peine ce qui est nécessaire pour compléter tous vos régiments. Mais vous êtes parfaitement le maître de verser d'un bataillon dans un autre, pourvu que ce soit par un ordre du jour qui soit envoyé au ministre, et qui contienne tous les renseignements de détail nécessaires aux bureaux. Tous les régiments qui fournissent à l'armée d'Italie ont leurs cadres au-delà des Alpes, soit en Piémont, soit à Gênes ; ils ont leurs cadres de 5es bataillons complets.
Le 1er de ligne et le 7e ont à leurs dépôts leur 4e bataillon, qui doit faire partie de l'armée de réserve. Le 10e y a son 6e bataillon, le 101e son 4e bataillon, le 102e son 4e bataillon, le 151e, le 132e, le 133e n'y ont rien ; le 137e a son 4e bataillon, le 156e a son 2e bataillon.
Je vous ai destiné en outre, sur la conscription de 1815, 30 000 hommes. Il est nécessaire d'avoir des cadres pour pouvoir renfermer ces 30 000 hommes. J'approuve donc tout à fait que vous formiez autant de cadres qu'il vous sera possible ...
Le 102e a 2 bataillons à votre armée ; vous devez former le 7e bataillon qui se rendra à Savone pour y recevoir 1 200 hommes de la conscription des 300 000 hommes ..." (Mémoires du Prince Eugène, t.9, page 470 ; Correspondance générale de Napoléon, t.14, lettre 37347).
Le 3 décembre 1813, le Colonel Sevret, du 106e de Ligne, écrit, depuis Ronco, au Général de Division Baron de Marcognet : "... Les deux compagnies du 102e régiment, que vous avez eu la bonté d’envoyer à Persacco, ne consistent qu’en 141 hommes et quatre officiers, elles garnissent la ligne de postes, mais elles ne peuvent opposer assez de résistance, pour empêcher l’ennemi de passer, partout où il voudra le tenter sérieusement, avant que des secours soient arrivés.
J’ai envoyé une compagnie du 132e, forte de 40 hommes, pour observer le point de Breda et communiquer avec moi par ses postes de droite, ainsi qu’avec les deux compagnies du 102e par la gauche ..."(Papiers du Général Paul Grenier. IX. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 204 page 421).
Le 5 décembre 1813, le Général de Division Baron de Marcognet écrit, depuis Isola Porcarizza, au Lieutenant-général Comte Grenier : "... Le 8e bataillon du 6e régiment de ligne est arrivé à Oppeano où il a remplacé pour le logement le bataillon du 102e, parti pour Castagnaro ..." (Papiers du Général Paul Grenier. X. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 1 page 13).
Le même 5 décembre 1813, le Général de Division Grenier écrit, depuis Vérone, au Général de Division Marcognet : "L’intention de S. A. I. le prince vice-roi étant que vous portiez toute votre division sur le Bas-Adige a ordonné que la brigade Schmidt (division Rouyer) partirait à minuit de Vérone pour aller relever vos postes sur la ligne de l’Adige à Isola Porcarizza ; vous voudrez donc bien donner à ce général avant votre départ tous les renseignements nécessaires tant par les emplacements à occuper par l’infanterie et l’artillerie que sur les travaux faits et encore à faire d’après ce que nous sommes convenus, lui faisant en même temps connaitre les motifs qui les ont déterminés, et en chargeant le colonel du 106e de donner de pareils renseignements et plus particulièrement sur les localités à l’officier supérieur que cet officier général chargera du commandement de sa première ligne.
Fur et à mesure que vos troupes seront relevées, il conviendra pour dérober le mouvement à l’ennemi de les faire filer en arrière de la digue sur le canal de Busse à hauteur de Roverchiara d’où elles partiront pour arriver demain à Legnago avec l’artillerie qui est en première ligne. Si elle peut être relevée avant le jour. Dans le cas contraire, elle ne fera son mouvement que dans la nuit du 6 au 7 et alors, vous laisserez le bataillon du 132e pour lui servir d’escorte.
Le bataillon du 7e de ligne arrivé hier à Ronco, faisant partie de la brigade du général Schmidt, pourra relever cette nuit les deux bataillons du 53e qui sont à Roverchiara et Roverchiaretta.
Vous mettrez en conséquence en mouvement votre 1ère colonne commandée par le général Jannin et composée du 53e, du bataillon du 102e, de celui du 6e, des sapeurs et de l’artillerie que vous avez en 2e ligne. Elle ira coucher à Castagnaro et villa Bartolomea. Votre 2e colonne commandée par le colonel Sevret composée d’un bataillon de son régiment, des bataillons des 131e et 132e, des compagnies de chasseurs du 3e de chasseurs restées sur la ligne de l’Adige et enfin de l’artillerie régimentaire ( ?). La 2e brigade, si elle est relevée (voyez le paragraphe d’autre part) ira coucher à Legnago. Veuillez, je vous prie, en donner avis au général Montfalcon. Vous ferez également arriver à Legnago votre réserve d’artillerie et vous établirez votre quartier général à Villa Bartolomea pour être plus rapproché du général de Conchy.
Vous connaissez, mon cher général, toute l’importance de la mission que S. A. I. daigne vous confier ; vous savez que vous avez pour objet de couvrir la droite de l’armée et de rejeter sur la rive gauche de l’Adige tous les corps ennemis qui s’y trouvent en ce moment entre ce fleuve et le Pô, comme après de l’empêcher par tous les moyens possibles de revenir sur la rive droite ; nous en avons conféré ensemble hier et vous êtes bien pénétré de ce que vous aurez à faire. Les instructions que je vous ai chargé de transmettre en différentes fois au général de Conchy, serviront encore de base à vos opérations mais avec plus de développement puisque vous aurez toute votre division et le 3e régiment de chasseurs en entier à votre disposition. Vos colonnes arriveront sans doute le 7 à hauteur de celles du général de Conchy ; dès lors, vous devrez diriger ses opérations en raison de ce que vous ferez sur votre front et sur votre gauche.
Je pense qu’il sera avantageux de faire manœuvrer ce général et sur Polesella lorsque vous vous porterez sur Rovigo et Boara, les renseignements que vous aurez sur les lieux vous mettront à même d’en juger ; on a fait ici des rapports exagérés sur les forces de l’ennemi et ce qui me le prouve est le mouvement rétrograde le hindinare ( ?) lors même que le général de Conchy était déjà revenu sur Ferrata. Emparez vous de la communication principale de l’ennemi, faites un établissement à Longo, que le général Jannin avec quelques bataillons et de l’artillerie en face de Boara ; mais ne faites arriver cette dernière sur ce point que lorsque vous aurez fait établir de bonnes batteries et que les banquettes de la digue seront en état d’y recevoir de l’infanterie ; dans une nuit, ces travaux doivent être achevés et si l’ennemi a sur ce point trois pièces de canon, opposez lui en six pour éteindre son feu et détruire ses moyens de passage ; il ne faut surtout rien négliger pour atteindre ce but, qui me permettra ensuite de diriger de forts partis sur Crespino et menacer l’ennemi sur la rive droite du Pô en même temps que vous vous mettrez en communication avec le fort de Caravelle sur le Bas-Adige.
Vous aurez attention, mon cher général, de ne pas étendre les postes de la garnison de Legnago au-delà de la Badia, afin que dans toutes les circonstances, ils puissent rentrer dans cette place sans être compromis ; ces postes serviront encore à couvrir l’échelon d’artillerie que vous serez dans le cas de laisser avec une escorte à Castagnaro, si comme je le pense, vous jugez que vous avez trop grand nombre de pièces, un échelon de réserve en munitions sera également bien placé à Castagnaro.
Vous ferez enfin tout ce qu’il dépendra pour remplir les intentions de S. A. I. qui dans cette occasion vous donne une nouvelle marque de sa confiance ; ayez seulement soin de me tenir bien au courant de vos opérations et donnez-moi de vos nouvelles au moins une fois le jour" (Papiers du Général Paul Grenier. XXI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 27 page 66).
Le 7 décembre 1813, le Général de Division Baron de Marcognet écrit, depuis Lendinara, au Lieutenant-général Comte Grenier : "Ainsi que j’ai eu l’honneur de vous en rendre compte par mon rapport d’hier soir, les troupes que j’ai amenées avec moi ayant marché toute la journée et une grande partie de la nuit sont arrivées avant le jour à Badia, mais extrêmement fatiguées ; l’artillerie surtout, ayant été très inquiétée, quoique de nuit, après avoir passé le pont de Castagnaro, par les postes et batterie ennemis, d’outre Adige, s’étant fortement jetée dans un chemin impraticable n’a pu arriver à Badia, sur les midi, qu’en doublant les attelages et à force de travaux.
Sur les dix heures, ayant entendu qu’on se tiraillait assez fortement sur l’Adige, à hauteur de Lendinara (c’était un poste de 180 hommes que le chef de bataillon Pigeard, du 106e avec deux compagnies enlevait malgré le secours d’un bac qui se trouvait en face) j’ai fait de suite porter la colonne, infanterie et cavalerie, du général Jeanin à Lendinara, et peu après celle du colonel Sevret prit la même direction, on ne put y arriver que sur les 1 heure de l’après-midi. L’artillerie était dans l’impossibilité de rejoindre les colonnes avant 4 heures du soir, dès lors, j’ai reconnu que je ne pouvais me porter aujourd’hui sur Rovigo, et me suis déterminé à prendre position entre la Adigetto et l’Adige ayant ma droite à Fratta, le général Deconchy avec le bataillon du 20e et 80 chevaux, en avant ; à Costa, le bataillon du 101e avec 60 chevaux, sous les ordres de M. le colonel Rambourg ; à Villanova un bataillon du 102e avec un détachement de cavalerie, le 1er bataillon du 106e que j’ai trouvé ici, qui aussi se porter sur ce point ; la gauche passant par Carazolo et Villa di Cavazzana appuie à l’Adige.
J’ai placé la colonne du colonel Sevret en réserve à Villa della Rosa ...
Demain de bonne heure je marcherai à l’ennemi avec l’espoir que l’ensemble des mouvements, quoi que subordonné à la nature du terrain et à l’état actuel des chemins, produira le résultat que désire Son Altesse. Les renseignements ci-joints que me donne M. le colonel du génie San Fermon, procureront d’ailleurs à Son Altesse les notions qu’il est à propos qu’elle ait sur ce qui peut survenir.
M. le général Deconchy est très persuadé que sans mon arrivée, il serait attaqué demain le matin, ce qui peut le faire présumer, c’est que M. le général Jeanin rentrant d’une reconnaissance qu’il a poussée jusque sur l’Adige, m’assure que je n’irai pas loin sans rencontrer l’ennemi ; je pense comme lui, mais quelques soient les intentions de l’ennemi, je le reconnaîtrai, je jugerai de ses forces et intentions, et je ferai conséquemment tout ce que de droit" (Papiers du Général Paul Grenier. X. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 10 page 31).
Le 11 décembre 1813, le Général de Division Baron de Marcognet écrit, depuis Castagnaro, à 6 heures moins quart de l’après-midi, au Lieutenant-général Comte Grenier : "Ainsi que j’ai eu l’honneur de vous en prévenir, conformément aux dispositions de votre lettre du 9 décembre, 7 heures du soir, les troupes que j’avais avec moi à Badia et environs, en deux colonnes, se sont reportées sur le Castagnaro qu’elles ont passé ce matin au point-du-jour, au pied de Mena et de Baruchella (les troupes de M. le général Deconchy étaient dès la veille, a Trecenta), en sorte qu’en ce moment, ma division est en position en arrière de Castagnaro, la droite à Trecenta et la gauche à Villa Bartolomea, répartie ainsi qu’il suit, savoir, les troupes de M. le général Deconchy (1er bataillon du 106e, les bataillons des 20e et 101e régiments, et le 3e de chasseurs italiens moins les trois compagnies qui m’ont suivi en partant d’Isola Porcarizza) à Trecenta et Giacciano.
Les bataillons du 102e régiment et deux compagnies du 3e de chasseurs italiens, à Baruchella d’estra ; le bataillon du 131e à Mena, celui du 132e, le 2e du 106e, une compagnie de cavalerie et 2 pièces de 6 à Castagnaro ; où se trouve la compagnie de sapeurs pour les travaux à faire et déjà commencés ; le bataillon du 6e de ligne à Carpi ; le 53e régiment avec toute l’artillerie de la division, moins deux pièces placées au pont de la Rosta à Villa Bartolomea. Tel est mon cher général l’emplacement occupé par ma division ; cet emplacement n’est autre qu’un défilé vers Ostiglia et Legnago dans lequel elle se trouve déployée, couverte par un canal sans eau, ayant en arrière d’elle un marais et des communications extrêmement difficiles en cette saison ; celles en arrière de M. le général Deconchy, ne sont guère meilleures puisqu’il m’a renvoyé son artillerie.
L’ennemi par l’occupation de la rive gauche de l’Adige qui le rend maître de la digue de droite de cette rivière, en ce moment, l’unique bonne route de la Polesine, peut seul trouver des positions sur l’Adigetto et le Castagnaro.
L’ennemi ayant à Boara un pont solide couvert par des ouvrages armée qui le rend maître des grandes communications de la Polesine, on ne peut plus se dissimuler, en raison de ses forces, des localités et de la nature du terrain, qu’il est en ce moment libre de tous ses mouvements entre l’Adige et le Pô.
Cette digression, mon général vous paraîtra peut-être hasardée, mais je ne la fais à autres fins que de vous faire connaître ma pensée et manière de voir sur l’état de chose actuel dans cette partie -ci.
Deux batteries par mon ordre avaient été construites sur la rive gauche du Castagnaro pour couvrir le pont de la Rosta, et m’assurer ce passage en cas d’événements, mais par l’emplacement de ces batteries, et la facilité que l’ennemi aurait à s’en approcher, au moyen de la écartée du canal, de ce côté-là, l’artillerie étant évidemment en danger, j’ai ordonné la construction d’une autre batterie sur cette rive ci du canal, laquelle aura le même effet que le premier et sera à l’abri d’un coup de main.
Aujourd’hui, toute la journée pour procurer aux trainards, s’il s’en trouve, la facilité de rentrer sur tous les points de la ligne. Je laisse le Castagnaro dans son état présent, mais ce soir, je fais lever toutes les écluses adaptées au pont de la Rosta ; la différence du niveau des eaux au-dessus et au-dessous des écluses étant d’environ six pieds, cette opération pourra momentanément donner de trois à quatre pieds d’eau dans le canal.
Pour submerger le pays, il n’a pas été nécessaire de couper les digues, il est déjà tellement aquatique que tous les chemins bas sont, au moins en partie, impraticables ; j’ai fait couper quelques ponts sur le Adigetto ; il en est que je n’ai pas pu faire rompre, parce qu’il eut fallu beaucoup de temps et de poudre. Et Badia, ayant reconnu la possibilité de lâcher plusieurs moulins, et par cela de donner quelques inquiétudes à l’ennemi pour son pont de Boara, hier le soir, j’en ai fait détacher, en même temps, dix, ce qui est a donné à l’ennemi une alerte sur toute la rive gauche de l’Adige et produit de sa part une fusillade infructueuses, sur la 1ère compagnie du 1er bataillon de sapeurs à laquelle une compagnie de voltigeurs du 106e placée le long de l’Adige à droite a répondu de manière à écarter les postes en face de ces moulins. Cette opération en causant de l’inquiétude à l’ennemi a produit l’effet que je désirais.
Ma division ne pouvant se procurer le pain dans le pays, il serait à désirer qu’on pût le prendre à Legnago.
Je ne sais point encore jusqu’où l’ennemi a suivi le mouvement, mais je ne tarderai point à le savoir.
Par les états ci-joints, mon général, vous pourrez reconnaître que les pertes des corps dans la reconnaissance du 8 sur Rovigo et Boara ne sont point aussi fortes qu’on le présumait d’abord" (Papiers du Général Paul Grenier. X. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 22 page 55).
Le 18 décembre 1813, le Général de Division Baron de Marcognet écrit, depuis Villa Bartolomea, au Lieutenant-général Comte Grenier : "... Ce matin, le mouvement ordonné par votre lettre du 16 courant, a eu lieu ; c'est-à-dire que quatre compagnies de voltigeurs des 101e, 102e et 132e ont pris poste à Carpi ; le 4e bataillon du 20e en entier à Villa Bartolomea ; les bataillons du 102e à Legnago ; ceux des 101e et 132e à San Pietro de Legnago, fournissant trois compagnies à Anghiari. J’ai laissé à Vigo l’escadron du 3e régiment de chasseurs italiens.
Demain le matin, la réserve d’artillerie se rendra à Cercea" (Papiers du Général Paul Grenier. X. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 49 page 109).
Le 20 décembre 1813, le Général de Division Baron de Marcognet, écrit, depuis Villa Bartolomea, au Lieutenant-général Comte Grenier : "… A Legnano, on ne veut donner ni pain ni viande aux bataillons du 102e qui y sont d’ailleurs fort mal par le manque de paille" (Papiers du Général Paul Grenier. X. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 63 page 137).
Le 20 décembre 1813, le Général de Division Grenier écrit, depuis Vérone, au Général de Division Baron de Marcognet : "L’intention de S. A. I. est que vous veniez demain 21 avec la brigade de votre division que vous avez en 2e ligne occuper Roverchiaretta et Roverchiara ainsi que les postes sur les ponts du Bussè ; le bataillon du 7e régiment qui est aujourd’hui sur ce point devant se replier sur Ronco lorsque vos troupes l’auront relevé. Vous établirez en conséquence cette brigade de la manière suivante : la 29e demi-brigade (20e et 101e) sous les ordres du major Baudoin a Roverchiaretta et Roverchiara détachant 2 compagnies à Angiari ; le 2e bataillon du 132e en réserve à Roverchiara et les deux bataillons du 102e à Minella et San Pietro di Morubio en 2e ligne, fournissant tous les postes sur les ponts et batteries établis sur le Bussè ; vous établirez six bouches à feu en batterie tant à Roverchiaretta qu’à Roverchiara. Le restant de votre artillerie qui ne sera pas avec la brigade du général de Conchy sera placé en arrière des ponts du Bussè pour le défendre ou être porté où besoin sera. Votre réserve de munitions viendra à Isola Porcarizza où je compte établir mon quartier général ; vous vous établirez à Roverchiara, vos voitures de vivres et autres fourgons de la division pourront être à Brenzone. La droite de la brigade du général Schmitz appuiera Bomba Suzama et reste chargée de la défense de l’Adige depuis ce point jusqu’à Zevio. Au moyen de ces dispositions, la ligne de l’Adige entre Legnago et Vérone sera bien gardée et pourra être défendue …" (Papiers du Général Paul Grenier. XXI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 33 page 79).
Le 23 décembre 1813, le Général de Division Grenier écrit, depuis Vérone, au Général Marcognet : "… Je ne connais pas … pourquoi vous avez envoyé deux bataillons du 102e à Roverchiara ; vous ne deviez faire bouger votre 2e brigade de 2e ligne que sur un avis du général Mermet annonçant le passage de l’ennemi et bien surement, il n’a pas confié son plan et son exécution et ses dispositions à un capitaine ; de pareils mouvements peuvent singulièrement compromettre les dispositions du général en chef et le Prince l’a vu avec peine ; j’envoie à Legnago l’ordre d’y renvoyer demain matin ces deux bataillons afin de conserver toujours cette brigade disponible" (Papiers du Général Paul Grenier. XXI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 34 page 81).
Le même 23 décembre 1813, le Général de Division Grenier écrit ensuite, depuis Vérone, au Général Mermet : "Je vous prie de faire parvenir de suite l’incluse au général Marcognet et faire remettre l’ordre ci-joint aux deux bataillons du 102e régiment, arrivés aujourd’hui à Roverchiara. Si, comme je le présume, l’ennemi ne fait pas de dispositions sérieuses d’attaque sur la ligne de l’Adige, annonçant un passage dans les 24 heures, sans doute que le général Marcognet m’aura fait connaitre le mouvement du 102e et les motifs qui l’y ont déterminé. S. A. I. le désapprouve" Papiers du Général Paul Grenier. XXI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 35 page 82).
Toujours le 23 décembre 1813, le Général de Division Grenier écrit une seconde fois, depuis Vérone, au Général Marcognet : "Il est ordonné aux deux bataillons du 102e régiment de partir demain 24 avant le point du jour de Roverchiara et Roverchiaretta pour se rendre à Legnago par le canal Bussè ; le major commandant lesdits bataillons rendra compte de son mouvement à son général de division, le baron Marcognet" (Papiers du Général Paul Grenier. XXI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 35 page 82).
Le 25 décembre 1813, à 4 heures du matin, le Général de Division Grenier écrit, depuis Isola Porcarizza, au Général de Division Baron Marcognet : "Je viens de recevoir votre lettre et le rapport du général de Conchy ; je vois avec plaisir que le général s’est maintenu dans sa position et je m’empresse d’en rendre compte à S. A. I. Il faut soutenir de nouveaux efforts et si l’ennemi attaque Castagnaro ce matin, envoyez de suite le 102e régiment. Il ne faut pas hésiter un instant ; il faut également y envoyer deux autres bouches à feu. Ce renfort donnera le moyen aux troupes qui ont combattu hier de se reposer un peu. Je pense que vous avez fait arriver des munitions de votre réserve qui devrait être complétée. Il faut la rapprocher ; j’écris aussi à l’adjudant-commandant Montfalcon de vous envoyer des munitions. Vous auriez bien d’y envoyer chercher de suite ; le bataillon du 132e vous suffira sans doute pour garder Villa Bartolomea en cas de nouvelle attaque ; si vous pensiez le contraire, faites arriver de suite le reste du 101e à San Pietro di Legnago en ne laissant que ce qui est à Angiari. J’espère être chez vous sur les 10 heures du matin. Nous irons voir le général de Conchy à Castagnaro" (Papiers du Général Paul Grenier. XXI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 35 page 83).
Le 25 décembre 1813, à 5 heures du matin, le Général de Division Grenier écrit, depuis Isola Porcarizza, au Vice-Roi : "Votre Altesse Impériale verra par le rapport du général de Conchy au général Marcognet, qu’il s’est maintenu à Castagnaro, malgré les efforts de l’ennemi pour l’en débusquer. Mais il craint d’être attaqué encore fortement aujourd’hui. Le général Marcognet a déjà envoyé en soutien le bataillon du 20e et a fait partir sur le champ de Legnago les deux bataillons du 102e pour Villa Bartolomea. Je lui ai prescrit cette nuit de les porter à Castagnaro au premier avis d’une nouvelle attaque de l’ennemi. J’ai en même temps chargé le général Jannin de faire relever le 101e à Angiari afin de rendre ce bataillon encore disponible" (Papiers du Général Paul Grenier. XXI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 35 page 83).
Vers la fin du mois, les troupes italiennes qui étaient en Espagne étant rentrées et les divers corps de l'armée ayant reçu un assez grand nombre de conscrits, armés, habillés, équipés, et assez bien instruits au dépôt d'Alexandrie, le Prince Vice-Roi réorganise son armée en 6 Divisions de la manière suivante :
PREMIÈRE LIEUTENANCE. -·Le lieutenant général GRENIER ...
QUATRIÈME DIVISION. - Général Marcognet. Général de Brigade, Jeanin, 29e Demi-brigade provisoire, 6e de Ligne, 1 Bataillon ; 20e de Ligne, 1 Bataillon ; 101e de Ligne, 1 Bataillon ; 31e Demi-brigade provisoire, 131e de Ligne, 1 Bataillon ; 132e de ligne, 1 bataillon. Général de brigade Deconchy, 36e Léger, 1 Bataillon ; 102e de ligne, 2 Bataillons ; 106e de ligne, 2 Bataillons. Force, 6,257 hommes, et 12 bouches à feu (Mémoires du Prince Eugène, t.9, page 441).
- Allemagne
Le 27 janvier 1813, le Général de Division Grenier écrit au Général Meunier, à Nauen : "J’ai reçu hier seulement, mon cher général, votre lettre du 23. Depuis, le 102e régiment et le bataillon illyrien ont dû vous rejoindre et de nouveaux cantonnements vous ont été désignés pour ces deux bataillons. Placez votre brigade le mieux qui vous sera possible et adressez-moi ensuite, ou au chef de l’état-major de la division, l’état de vos cantonnements. Votre correspondance avec nous doit être adressée à Berlin au colonel du 112e qui est en charge de nous faire parvenir vos dépêches, mais il faut alors établir un poste de correspondance par de l’infanterie jusque près de Spandau et avoir 4 hommes à cheval du train du 102e dans cette dernière ville en les tenant réunis pour faire le service jusqu’à Berlin. Vous pouvez également vous servir de la poste en mettant les dépêches sous bande et les contresignant avec l’indication Service Militaire, mais ce moyen sera lent et on ne doit s’en servir que pour les choses qui ne sont pas pressées ...
Je vous ai fait adresser hier l’autorisation pour l’organisation définitive des compagnies d’élite qui vous manquent ainsi que pour les nominations des sous-officiers et caporaux ; cette disposition ne regarde pas le bataillon illyrien que j’aurais voulu voir à Spandau" (Papiers du Général Paul Grenier. XX. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 46 page 104).
Le 4e Bataillon suit la Grande Armée en Allemagne et participe aux batailles de Bautzen et Leipzig.
L’ordre de formation et de réorganisation de l’armée arrêté par l’Empereur le 7 novembre 1813, indique : "ARTICLE PREMIER.
L'armée sera organisée de la manière suivante :
Le onzième corps, commandé par le duc de Tarente, sera composé de la trente et unième et de la trente-cinquième division …
ART. 2.
Tous ces corps seront successivement portés à quatre divisions.
ONZIÈME CORPS D'ARMÉE.
ART. 3.
La trente et unième division sera formée avec les bataillons ci-après désignés ...
Quatrième bataillon du 102e id. ..." (Mémoires du Maréchal Marmont, tome 6, page 105 et page 415).
Le 18 novembre 1813, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, le 11e corps est composé :
du 3e bataillon du 5e de ligne, du 3e bataillon du 11e de ligne, ces 2 corps ont leur dépôt en France;
du 3e bataillon du 3e léger, du 3e bataillon du 14e léger, des 1er et 2e bataillons du 22e léger, du 3e bataillon du 6e de ligne, du 4e bataillon du 10e de ligne, du 6e bataillon du 20e de ligne, du 4e bataillon du 102e de ligne, des 1er et 2e bataillons du 112e de ligne.
Ces dix derniers bataillons ont leur dépôt en Italie ; il est donc nécessaire qu'il leur soit fourni de France 5000 hommes pour les compléter. Or, le 11e corps se dirigeant du côté de Wesel, ce sont les dépôts qui sont dans la 16e division militaire qu'il faudrait charger de fournir et d'habiller ces 5000 hommes.
Ces régiments renvoient 10 bataillons en Italie ; mais tous resteront en Italie, hormis le 4e du 5e de ligne et le 6e du 10e qui sont les seuls qui pourront revenir lorsqu'ils auront été formés de nouveau à leur dépôt, ce qui portera alors cette division à 14 bataillons" (Correspondance générale de Napoléon, t.14, lettre 37125).
Le 4 décembre 1813, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Peltre, mon intention est de réunir les bataillons qui sont à la Grande Armée et qui ont leurs dépôts en Italie, pour en former des régiments, afin de simplifier l'administration et de donner plus d'ensemble à ces bataillons.
En conséquence :
... 2° Il sera formé, au 4e corps, un 107e régiment. Ce régiment sera composé :
Du 3e bataillon du 6e régiment de ligne qui deviendra le 1er du 107e
Du 4e bataillon du 10e régiment de ligne qui deviendra le 2e du 107e
Du 6e bataillon du 20e régiment de ligne qui deviendra le 3e du 107e
Enfin, du 4e bataillon du 102e régiment de ligne qui deviendra le 4e du 107e
On formera à ce régiment un 5e bataillon, qui sera placé à Maëstricht ...
Présentez-moi un projet de décret pour opérer tous ces changements. Vous l'accompagnerez d'un état qui me fera bien connaître l'opération, la nouvelle situation des régiments, et la direction à donner en conséquence aux conscrits sur les nouveaux régiments" (Correspondance générale de Napoléon, t.14, lettre 37385).
Le 20 décembre 1813, à Paris, l'Empereur écrit à Berthier : "Le 19e d'infanterie légère et le 107e seront formés au 11e corps. En conséquence, le 1er bataillon du 35e léger et le 4e du 1er léger se rendront au 11e corps. Les bataillons du 6e, du 10e, du 20e et du 102e se rendront également au 11e corps, et vous chargerez le duc de Tarente de faire former ces deux régiments à son corps d'armée. Instruisez de cette décision le ministre de la guerre" (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1912, t.4, lettre 6311 ; Correspondance générale de Napoléon, t.14, lettre 37608).
- 1814, Italie
Au début 1814, le Prince Eugène a replié ses troupes derrière l’Adige, face aux forces autrichiennes. Les 3e et 6e Bataillons du 102e de Ligne sont à la 4e Division Marcognet, Brigade De Conchy, Lieutenance du Général Verdier.
Le 9 janvier 1814, le Général de Division Grenier écrit, depuis Isola Porcarizza, au Général Marcognet : "On vient de me dire, mon cher général, que des patrouilles autrichiennes avaient paru dans les villages de Lasaleone et Dasalogna à la tête des vallées le 7 du courant ; quoique cela ne soit pas très inquiétant, il importe de savoir la vérité. Envoyez donc un officier intelligent sur les lieux pour connaitre la vérité et établissez dans chacun de ces villages une compagnie d’infanterie (du 102e) pour empêcher ces sortes d’excursions et couvrir l’établissement des galleux à Cerea. Faites-moi connaitre ce que vous aurez appris relativement à ces prétendues patrouilles et qu’elle serait la direction qu’elles auraient prises" (Papiers du Général Paul Grenier. XXI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 46 page 104).
Le Général de Division Baron de Marcognet, commandant la 4e Division, écrit, dans son "Rapport du 13 au 14 janvier 1814
... M. le Major de Vautier, devant, d’après ce que m’a mandé M. le chef d’état-major de la lieutenance, passer au commandement du 84e régiment ; il serait à désirer qu’il fût remplacé au commandement des bataillons du 102e, par M. le Major Olivet, du 137e régiment" (Papiers du Général Paul Grenier. X. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 131 page 273).
Le 15 janvier 1814, le Général de Division Grenier écrit, depuis Isola Porcarizza, au Général Marcognet : "... Le major Olivet est parti pour son dépôt. J’espère que S. A. I. fera un bon choix pour le 102e régiment ..." (Papiers du Général Paul Grenier. XXI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 46 page 105).
Le 22 janvier 1814, le Général de Division Grenier écrit, depuis Isola Porcarizza, au Général Marcognet : "… Si le bataillon du 131e reste à San Pietro di Legnago, il pourra avoir des postes à Casaleone et Aselogna. Vous retirerez alors les 2 compagnies du 102e" (Papiers du Général Paul Grenier. XXI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 51 page 114).
Le même 22 janvier 1814, le Général de Division Grenier écrit encore, depuis Isola Porcarizza, au Général Marcognet : "Je vous envoie les pièces appartenant au capitaine Arnaud du 102e. Les détachements qui arrivent pour ce régiment sont sans doute commandés par les capitaines du même corps. Rien n’empêche le major Vautier de garder l’un deux aux bataillons de guerre et de renvoyer ou placer au dépôt le capitaine Arnaud ; il y est suffisamment autorisé même par la présente" (Papiers du Général Paul Grenier. XXI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 51 page 115).
Le 27 janvier 1814, le Général de Division Grenier écrit, depuis Isola Porcarizza, au Général Marcognet : "... On a encore retenu à Brescia 200 hommes du 102e régiment. S. A. I. m’a promis de les faire rentrer ; il doivent être en marche maintenant ..." (Papiers du Général Paul Grenier. XXI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 54 page 120).
Pendant ce temps, les Napolitains de Murat ont marché sur Rome, avec ambiguïté : alliés ou ennemis ? Quelques troupes françaises se sont retranchées dans le château Saint-Ange, les autres ont évacué vers la Toscane. Les Napolitains occupent bientôt Modène, Ferrare et Bologne.
Eugène doit évacuer la ligne de l’Adige début février pour se placer derrière le Mincio. Le 8 février, les Autrichiens passent le fleuve tandis qu’Eugène fait de même. La Division Marcognet est en réserve à l’arrière.
Eugène réussit à repousser l’ennemi, stabilisant la situation, mais plus au Sud, les évènements défavorables s’enchainent. Le 15 février, la guerre est officielle avec les Napolitains. Les Austro-anglais ont pris Livourne le 19 février, Florence a été évacuée. Les troupes de Murat progressent en Toscane. Gênes, Parme et Plaisance sont menacées.
Le Général Grenier est détaché avec une partie de ses troupes pour la rive droite du Pô ; il réussit provisoirement à contenir les Austro-napolitains et à reprendre Parme. Les Compagnies d’Elite du 102e s’illustrent à la reprise de la ville.
Dans son Rapport au Vice-Roi, en date du 4 mars 1814, le Général Grenier écrit : "… le général Jeanin manœuvrait pendant ce temps sur la Parma et dirigeait les compagnies d'élite du 102e vers les murs du Jardin-Impérial. Déjà le lieutenant Dussert, qui les commandait, avait, avec le cornet Lafitteau et quelques voltigeurs, escaladé les remparts dans cette partie, lorsqu'un jeune homme de Parme, dont le nom n'est pas connu, vint ouvrir la porte du jardin dont il avait secrètement conservé une clef, et facilita ainsi à ces compagnies l'entrée de la ville dans cette partie. A leur droite trois compagnies de grenadiers de la division de réserve, 92e, 106e et 7e italien, dirigées par le capitaine Boniotti, aide-de-camp du général Severoli, que je voulus faire concourir à la prise de Parme, étaient parvenues à escalader le rempart ; toutes ces colonnes débouchant sur différents points dans la ville, et celle de droite étant parvenue à la porte Saint-Michel au moment où la réserve de l'ennemi faisait les plus grands efforts pour y rentrer, afin de protéger la retraite des troupes du général Gober qui n'avaient pas eu le temps d'en sortir, ce qui y était encore fut fait prisonnier et mit bas les armes …" (Mémoires du Prince Eugène, t.10, page 146).
Le 5 avril 1814, les Anglais débarquent à Livourne de nouvelles forces venues de Sicile. Le 102e de Ligne envoie des renforts pour Arenzano, Voltri et Sestri. Les Français luttent pied à pied en reculant sur Gênes. Mais l’arrière pays et la ville même entrent en rébellion ouverte. Le Capitaine Boucicot est blessé le 14 avril.
Pendant ce temps, en France, l'Empereur a officiellement abdiqué le 6 avril et Eugène a signé un armistice le 16 avec les Autrichiens.
La garnison ne peut que capituler le 21 et abandonner les fortifications.
Le 9 mai, l'Armée d'Italie rentre en France.
D'après un "Bordereau des corps et détachements de l’armée d’Italie pour servir à la répartition définitive du résidu des fonds provenant de la gratification accordée par S. A. I. le Prince Eugène, calculée à raison d’environ 10 jours de solde pour chaque grade, et pour les hommes présents seulement, d’après les états adressés par les corps ; cette répartition est faite conformément aux intentions de son excellence le comte Grenier", il est prévu pour les 3e et 6e Bataillons du 102e de Ligne :
Présents sous les armes |
Somme revenant à chaque corps pour |
Total |
||
Officiers |
Sous-officiers et soldats |
Officiers |
Sous-officiers et soldats |
|
44 |
608 |
1000 |
1500 |
2500 |
Ce tableau a été certifié par le Chevalier de Saint-Charles, Inspecteur aux Revues de l’Armée d’Italie, à Manosque, le 20 juin 1814 (Papiers du Général Paul Grenier. X. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 133 page 278).
- La Restauration
Le 21 juin 1814, le Général de Division Grenier écrit au Lieutenant général Comte Dumuy, à Marseille : "J’ai l’honneur de vous adresser l’état des corps stationnés dans la 8e division militaire dont la nouvelle organisation m’est confiée, l’intention de S. E. le Ministre de la Guerre étant que cette organisation s’opère pour le 62e et 102e régiment à Marseille et pour les 16e, 52e, 101e de ligne et 14e d’infanterie légère à Toulon. Je vous prie de donner les ordres pour que les différentes portions de ces corps qui pourraient être détachées soient réunies aux lieux désignés pour l’organisation ; si l’un ou l’autre de ces régiments tenait garnison sur un autre point et qu’il fut nécessaire de l’y laisser (Antibes par exemple), il suffirait d’y diriger et d’y réunir tout ce qui appartiendrait à ce régiment en même temps que les bataillons destinés à y être incorporés. Veuillez, je vous prie, mon général, me faire adresser les situations exactes de ces différents corps et me faire connaitre en même temps l’époque présumée de l’arrivée des bataillons ou dépôt qui doivent subir l’incorporation" (Papiers du Général Paul Grenier. XXII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 5 page 22).
Le 5 juillet 1814, le Général de Division Grenier écrit au Sous-inspecteur aux Revue Sirodot, adjoint à l’Inspection générale du 9e arrondissement, à Aix : "… Vous commencerez votre tournée par Marseille où vous trouverez les 62e et 102e régiment, de là vous vous rendrez à Toulon et Antibes où se trouvent stationnés les autres corps. J’arriverai à Toulon vers le 15 de ce mois, si à cette époque, le 14e régiment qui est à Antibes était en mesure de terminer son opération vous m’en donneriez avis et je commencerai par ce régiment" (Papiers du Général Paul Grenier. XXII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 13 page 38).
Le 14 juillet 1814, le Général de Division Grenier écrit au Ministre de la Guerre, Bureau de l’Inspection : "J’ai l’honneur d’informer V. E. que je me rends aujourd’hui à Marseille pour y préparer le travail d’organisation des 62e et 102e régiment que je ne compte cependant entreprendre qu’à mon retour de Toulon, où je serai du 16 au 17 ..." (Papiers du Général Paul Grenier. XXII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 19 page 50).
Le 15 juillet 1814, le Général de Division Grenier écrit, depuis Marseille, au Général Dejean, commandant la place de Marseille : "J’ai l’honneur de vous prévenir que je verrai demain 16 du courant à 6 heures du matin les hommes proposés pour la réforme, les vétérans, invalides et retraite, du 102e régiment et des détachements qui doivent concourir à l’organisation prochaine de ce corps ; la même opération aura lieu pour le 62e régiment ledit jour à six heures du soir" (Papiers du Général Paul Grenier. XXII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 20 page 51).
Le 16 juillet 1814, le Général de Division Grenier : "Ecrit au commissaire des guerres de la place de Marseille de désigner deux officiers de santé pour faire la contre-visite des officiers et des sous-officiers et soldats des 62e, 102e de ligne et différents corps que ces deux régiments reçoivent par incorporation, proposés pour la retraite, les vétérans, la réforme, etc." (Papiers du Général Paul Grenier. XXII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 26 page 63).
Le 22 juillet 1814, le Général de Division Grenier écrit au Ministre de la Guerre, Bureau de l’Inspection : "J’ai l’honneur d’adresser à V. E. réception des différentes demandes contenues dans sa lettre du 14 du courant.
Les seules numérotées 6353 (28 juin) et 6593 (1er juillet) relatives à Pierre Lacatte du 118e régiment et à Charles Marchant du 62e, étant du ressort de mon inspection, je vais m’occuper d’y faire droit s’il y a lieu ..." (Papiers du Général Paul Grenier. XXII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 26 page 64).
Avec la Restauration, le 102e de Ligne devient 83e de Ligne.
Le 2 septembre 1814, le Général de Division Grenier écrit au Commandant d’armes, à Marseille : "Pour le prévenir que je passerai demain matin entre 9 et 10 heures la revue d’organisation du 102e, du 118e et du 3e bataillon du 7e de tirailleurs qui doivent concourir à cette organisation"(Papiers du Général Paul Grenier. XXI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 108 page 229).
Le nouveau Régiment est formé à Marseille, par le Lieutenant général Grenier, en septembre, avec les 7 Bataillons du 102e de Ligne, le 5e Bataillon du 118e de Ligne et le 3e Bataillon du 7e Tirailleurs de la Garde. Il comporte 3 Bataillons et le cadre d'un 4ème.
Le 9 septembre 1814, le Général de Division Grenier écrit à M. Wattringues, maire, à Saint-Omer : "Que la lettre qu’il m’a écrite en faveur de M. Wattringues, son fils, capitaine dans l’ex 102e m’est parvenue après l’organisation de ce régiment, et que cet officier n’a pu être conservé en activité en raison de son peu d’ancienneté de grade" (Papiers du Général Paul Grenier. XXI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 112 page 236).
Le 12 septembre 1814, le Général de Division Grenier écrit au Ministre de la Guerre : "J’ai l’honneur d’adresser à V. E. un exposé de la situation où se trouve l’administration du dépôt du 118e régiment, à l’époque de son incorporation dans le nouveau 83e organisé à Marseille.
V. E. verra, par cet exposé, et par le rapport ci-joint, qui m’a été fait par le sous-inspecteur aux revues Sirodot, adjoint à l’inspection générale, que l’administration du 118e est dans un tel désordre qu’il devient indispensable maintenant plus que jamais, d’y apporter un prompt remède.
MM. les sous inspecteurs aux revues Regnier et Sirodot m’ont demandé de charger exclusivement du soin de l’épurement de cette administration le sous-inspecteur Brus, retiré chez lui à Aix sans aucune fonction, mais je n’ai pas cru pouvoir autoriser cette mesure, ne connaissant point les intentions de V. E. à l’égard de ce fonctionnaire qui, d’ailleurs, pourrait à chaque instant recevoir une destination.
J’ai dû retenir à Marseille les membres du conseil d’administration et tous les officiers comptables de ce régiment quoiqu’en en non activité ou proposés pour la retraite et la vétérance. Mais je n’ai pu, sans les ordres de V. E., autoriser le payement de leur solde entière que jusqu’au 1er octobre prochain. Il sera donc nécessaire, tant pour cet objet que pour le choix d’un sous-inspecteur qui devra être chargé de l’examen des comptes, que V. E. veuille bien donner des instructions Adhoc, à l’inspection aux revues et au général commandant la division, sous la surveillance desquels je vais mettre l’administration et la comptabilité du 118e régiment, aussitôt que ma mission sera entièrement remplie, ce qui aura lieu dans 5 à 6 jours" (Papiers du Général Paul Grenier. XXI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 112 page 237).
Le 19 septembre 1814, le Général de Division Grenier écrit au Ministre de la Guerre : "V. E., par sa lettre du 30 août dernier, me fait l’honneur de me prévenir, que les Princes de la famille royale avaient l’intention de voir les régiments dans leurs garnisons. Elle m’engage en même temps de redoubler d’activité pour que les régiments que j’ai été chargés d’organiser fussent en état d’être passés en revue par LL AA RR. Je m’empresse de faire connaitre à V. E. que le travail qui m’était confié est entièrement terminé, et que j’ai lieu de croire que les Princes seront satisfaits de l’ensemble de la tenue, de la discipline et du bon esprit qui anime les corps dont l’organisation m’a été confiée.
L’armement est en bon état, l’habillement et l’équipement laisseront peu de choses à désirer, particulièrement dans les 16e, 58e et 83e. Les 48e et 82e seront moins bien parce que ces corps ont perdu tous leurs magasins à Gênes et qu’il ne leur a été fait depuis aucun remplacement. Néanmoins, les colonels m’ont promis de faire tous les efforts pour que leurs régiments soient dans une tenue convenable.
La solde courante se paie depuis quelque temps avec exactitude et parait être assurée.
Les officiers, sous-officiers et soldats qui d’après l’organisation, ne font plus partie des corps, ont été envoyés dans leurs foyers. J’avais suivi cette marche dès le commencement de mon inspection.
Mes opérations étant terminées, j’ai l’honneur de prévenir V. E. que je partirai de Marseille le 20 du courant pour me rendre à Sarrelouis, département de la Moselle, lieu de mon domicile" (Papiers du Général Paul Grenier. XXI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 113 page 239).
Le 19 septembre 1814, le Général de Division Grenier écrit aux Membres du Conseil d’Administration du 82e Régiment : "J’ai l’honneur de vous envoyer copie d’une lettre de S. E. le Ministre de la Guerre, portant une décision sur le traitement que doivent avoir et le rang que doivent prendre les capitaines de grenadiers non conservés à leurs compagnies, par suite de la nouvelle organisation.
Veuillez, messieurs, donner connaissance de cette disposition du Ministre de la Guerre à ceux qu’elle concerne, et veillez à son exécution. L’organisation qui m’était confiée étant terminée, vous correspondrez désormais pour tout ce qui est relatif au travail de l’inspection directement avec S. E. le Ministre de la Guerre, ainsi qu’avec le général commandant la division militaire" (Papiers du Général Paul Grenier. XXI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 114 page 241).
Le même 19 septembre 1814, le Général de Division Grenier écrit encore au Ministre de la Guerre : "... A la dissolution du 3e bataillon de vétérans, il restait en magasin, après avoir laissé à la 22e compagnie tout ce qui lui était nécessaire, pour les remplacements de 1814, un excédent de 46 mètres de drap bleu, 20 mètres de drap blanc, 6 de rouge, et 870 mètres de tricot blanc.
J’ai réparti ces étoffes aux divers corps de la garnison suivant leurs besoins, savoir :
... 300 mètres de tricot au 58e régiment.
Et 400 au 83e.
Au moyen de cette mesure, les corps seront pourvus des objets d’habillement de première nécessité..." (Papiers du Général Paul Grenier. XXI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 118 page 249).
Le 20 septembre 1814, le Général de Division Grenier écrit au Général Dumuy : "L’organisation des 58e et 83e régiments étant entièrement consommée, et le travail de mon inspection se terminant par celui de ces régiments, je quitterai incessamment la 8e division militaire. Je crois devoir, avant mon départ, vous faire connaitre, M. le Comte, plusieurs dispositions qui n’ont pu avoir encore leur exécution que je vous prie de surveiller en temps et lieu en ayant en même temps l’attention d’en rendre compte à S. E. le Ministre de la Guerre ...
J’ai laissé aux régiments que je viens d’organiser des ordres relatifs à la discipline, la tenue, etc. J’en ai adressé copie à M. le général Dejean avec invitation de tenir la main à leur exécution après vous en avoir donné communication" (Papiers du Général Paul Grenier. XXI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 113 page 238).
Le même 20 septembre 1814, le Général de Division Grenier écrit ensuite au Maréchal de Camp Dejean : "J’ai l’honneur de vous adresser ci-joint une expédition de l’ordre que j’ai donné au 58e régiment de ligne sur différentes parties du service. Cet ordre sera commun au 83e régiment à quelques légères différences près. Je vous prie de tenir la main à son exécution dans l’un et l’autre de ces corps, après en avoir donné communication à M. le lieutenant-général Dumuy et punir ceux qui contreviendraient au susdit ordre et dans ce cas en rendre compte à S. E. le Ministre de la Guerre"(Papiers du Général Paul Grenier. XXI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 114 page 240).
Toujours le 20 septembre 1814, le Général de Division Grenier écrit ensuite au Conseil d’Administration de la 22e Compagnie de Vétérans : "Messieurs, j’ai remarqué que par vos états d’habillement et la situation de vos magasins, qu’en vous laissant de quoi habiller au complet la 22e compagnie de vétérans que vous administrez, il vous restait au magasin un excédent de 46 mètres de drap bleu, 20 idem de drap blanc, 6 idem de rouge, et 870 mètres de tricot blanc.
Les circonstances exigeant de ne pas laisser en magasin des matières qui peuvent en ce moment être utilisées à votre avantage pour les intérêts du gouvernement, j’ai décidé que vous feriez la remise ci-après ...
3° Des 400 autres mètres de tricot au 83e.
Ces remises seront faites à ces corps sur récépissés des conseils d’administration pour être portés en dépenses à votre masse d’habillement. Comme il vous manque les cadis, la toile de doublure, les agrafes et portes agrafes nécessaires à la confection de votre habillement, je prescris au conseil d’administration du 83e régiment de vous délivrer sur votre récépissé pour être imputé à la charge de votre usage d’habillement 96 mètres de cadis, 410 mètres toile de doublure et 1728 agrafes et portes agrafes ; le 83e régiment pourra encore vous fournir 122 houppettes ou pompons, si la forme et la couleur vous conviennent, et qu’elles soient celles aux vétérans. Je préviens les différents conseils d'administration de recevoir de vous et de vous remettre les différentes matières énoncées dans la présente selon la répartition que je viens de prescrire" (Papiers du Général Paul Grenier. XXI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 115 page 242).
Encore le 20 septembre 1814, le Général de Division Grenier écrit par ailleurs au Conseil d’Administration du 83e Régiment : "La 22e compagnie de vétérans ayant un excédent de tricot blanc, je viens de lui prescrire de vous délivrer sur récépissé à décharge de la masse d’habillement 400 mètres de ce tricot pour être imputable à celle de votre régiment. Cette compagnie ayant d’un autre côté besoin de plusieurs articles pour confectionner son habillement, vous mettrez à sa disposition sur son récépissé 96 mètres de cadis blanc, 450 mètres de toile doublure et 1728 agrafes et portes agrafes, les quelles quantités seront à décharge de votre masse d’habillement imputable à celle de la 22e compagnie de vétérans.
Je préviens encore le conseil d’administration de cette compagnie que vous pourrez lui fournir 122 houppettes ou pompons, si la forme et la couleur sont celles adoptées pour la compagnie" (Papiers du Général Paul Grenier. XXI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 115 page 243).
Par ailleurs, encore le 20 septembre 1814, le Général de Division Grenier écrit au Ministre de la Guerre : "En terminant l’inspection générale dont j’ai été chargé pour la réorganisation des troupes dans les places de Toulon et de Marseille, je crois en faire qu’une justice en témoignant toute ma satisfaction du zèle, de la conduite et de l’attachement qu’ont montré MM. les colonels des 16e, 48e, 58e, 82e et 83e régiments de ligne à la personne sacrée de notre auguste Roi, et j’ose prier Votre Excellence de daigner être mon interprète auprès de Sa Majesté, pour obtenir qu’ils soient nommés chevaliers de l’ordre royal et militaire de Saint-Louis (à l’exception du colonel de la Mothe du 16e régiment qui est déjà honoré).
Je prierai aussi Votre Excellence de solliciter des bontés du Roi la même faveur pour deux autres officiers supérieurs dignes à tous égards de la bienveillance paternelle de Sa Majesté.
Suivent les nomes des colonels et officiers supérieurs que j’ai l’honneur de proposer ...
Maréchal, colonel du 83e régiment.
Marthe, major au 83e régiment ..." (Papiers du Général Paul Grenier. XXI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 118 page 248).
Puis, encore le 20 septembre 1814, le Général de Division Grenier écrit aussi au Ministre de la Guerre : "Le travail d’inspection et d’organisation du 83e régiment venant d’être terminé, je m’empresse d’avoir l’honneur de l’adresser à V.E.
Ce travail se compose 1° des états d’inspection générale des divers corps qui ont concouru à l’organisation de ce régiment.
2° de ceux relatifs à cette organisation.
Par le procès-verbal qui en fait partie, V. E. verra qu’à l’époque de cette organisation, le 83e régiment, déduction faite des réformés, proposés pour la retraite, les vétérances, etc. était fort de 1028 sous-officiers et soldats, plus 81 officiers, ensemble 1109. Déduisant de ce nombre ceux partant par congés absolus et illimités, il reste 938 hommes, non compris environ 30 prisonniers de guerre rentrés depuis l’organisation.
Je joins aux états d’inspection de chaque corps un bordereau par lequel V. E. pourra facilement connaitre au 1er coup d’œil le nombre d’hommes réformés ou proposés pour la retraite, les invalides, les vétérans, et l’indemnité une fois payée. Beaucoup de ces derniers auraient pu prétendre à la solde de retraite, en raison de la gravité de leurs blessures, mais je suis entré dans les intérêts de l’état en en diminuant le plus grand nombre par ce moyen, dont les hommes même m’ont paru se contenter.
J’ai agi dans le 83e comme dans tous les autres corps dépendant de mon inspection, d’après les intentions que V. E. m’a fait connaitre, en proposant pour la retraite des officiers qui avaient moins de 30 ans révolus de service.
De même que pour les autres régiments, j’ai renvoyé dans leurs foyers pour y attendre les ordres ultérieurs de V. E. tous les non compris dans le nouveau cadre du 83e. Les seuls sous-officiers et soldats proposés pour les vétérans et les invalides y resteront en subsistance.
J’ai comme pour le 58e, remis au conseil d’administration du 83e régiment les certificats et pièces d’après lesquels j’ai délivré des congés absolus et illimité ; la même justice a été rendue à qui de droit.
L’habillement du 83e est dans un bon état, au moyen des versements que j’ai prescrits à son magasin, de 400 mètres de tricot blanc faisant partie de l’excédent qui se trouvait à celui du 3e bataillon de vétérans lors de sa dissolution. Ce régiment, malgré les demandes qu’il fait, n’aura strictement besoin de rien pour les remplacements de 1814, à moins cependant qu’il reçoive des incorporations.
V. E. trouvera aussi avec le travail dont il s’agit, les états de proposition pour admissions ou avancements dans la légion d’honneur. Je les recommande aux bontés de V. E. Le 83e régiment est animé du meilleur esprit, il est aussi bien commandé et bien administré, il mérite enfin que les bontés fraternelles du Roi le dédommage de la privation de faveurs où il a été pendant son long séjour en Espagne" (Papiers du Général Paul Grenier. XXI. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 121 page 254).
Extrait du Moniteur Universel : "Marseille le 30 décembre 1814.
Hier, ont été faits solennellement dans cette ville , la remise et la bénédiction des drapeaux accordés par S. M. aux 58e (ex 62e) et 83e (ex 102e) régiments de Ligne qui en forment la garnison.
A midi, les deux régiments étant rangés en bataille sur le Cours, Mr le maréchal Prince d’Essling, commandant la 8e Division Militaire, arriva suivi d’ un brillant cortège …
Alors son Excellence le Prince d’Essling présenta successivement aux colonels du 58e et du 83e les drapeaux dont S. M. honorait les régiments. Les deux officiers les reçurent un genou en terre.
Les deux colonels passèrent alors devant la ligne, portant leurs drapeaux qui furent reçus par ces braves aux cris mille fois répétés de «Vive le Roi ! ...".
Fin mars 1815, un "Projet de répartition des militaires rappelés aux drapeaux en sept dépôts généraux où ils seraient armés, habillés et instruits. Fin mars 1815". Le 83e de Ligne (ex 102e) à Marseille fait partie de la 19e Division militaire; il doit être fourni par le Département du Rhône, et son Dépôt doit être établi à Dijon (Chuquet A. : « Inédits napoléoniens », Paris, 1913, t.2, lettre 2972).
Le Régiment reprend son numéro avec le retour de Napoléon en 1815. Le 6 mai, les hommes du 3e Bataillon sont versés pour compléter les deux premiers et il est prévu de former au nouveau Dépôt de Chaumont 3 autres Bataillons.
Les deux Bataillons vont faire campagne au Corps d'Observation du Jura sous le Général Lecourbe.
Le 16 mai 1815, l’Empereur écrit, depuis Paris, au Maréchal Davout, Ministre de la Guerre : "Mon cousin, je reçois votre rapport du 14 mai ...
Quant aux dépôts d’infanterie, voici mes observations :
... 18e division : donnez ordre que le dépôt du 6e de ligne qui est à Avignon et du 62e qui est à Marseille, se rendent l’un dans la 18e division afin de se placer entre les départements qui les recrutent et leurs bataillons de guerre. Le 102e qui a 3 bataillons n’a que 600 hommes ; cependant il se recrute dans le département du Doubs. Il devrait avoir beaucoup de monde : donnez ordre que les conscrits du Doubs n’aillent plus du côté de Marseille, mais se réunissent à Chaumont et renforcent les bataillons de guerre ..." (Correspondance de Napoléon, t. 27, 21909 ; Correspondance générale de Napoléon, t.15, lettre 39639).
Le 102e se distingue dans les affrontements de Dannemarie, Valdieu et Belfort.
Les deux premiers bataillons seront licenciés à Belfort le 3 août 1815 et le reste du régiment à Niort le 12 septembre.
Les vétérans qui ont accepté cette décision sont alors versés dans la 38ème Légion départementale qui prend le nom de Légion des Landes.
III/ Uniformes et drapeaux
Au cours des divers processus de réformes, les uniformes et les drapeaux ont eux aussi subi de nombreuses variations ; nous donnerons quelques exemples d'uniformes et drapeaux de la période républicaine, pour ensuite continuer avec les uniformes et les drapeaux de l'Empire (Figure 1 à Figure 7).
A/ Uniformes
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Fig. 22 Certificat de blessures accordé à Nicolas Cazeaux en date du 15 février 1809 |
Une vieille tradition remontant à Louis XIV (plus précisément à la prise de Mons par les Grenadiers de Dauphin infanterie) faisait qu'héritière du Régiment du Perche, devenu 59e de Ligne Royal, lui même frère du Régiment Dauphin, la 102e Demi-brigade faisait porter, en parade, et sans doutes en campagne aussi, à ses Sous-officiers de Grenadiers des fourches à deux pointes et deux crocs. Le 102e de Ligne garde cette tradition sous l'Empire. Cette curieuse fourche, portée par le Grenadier du document 7, pourrait à première vue, sembler être une invention pure et simple, mais son utilisation est confirmée par plusieurs témoiganges, pour la plupart des sources contemporaines, y compris celui du Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, qui en mentionne bien l'utilisation au 102ème, comme on peut le voir dans le court extrait de l'article tiré de J. Margerand - Armement et Equipement de l'infanterie française du XVIe au XXe siècle (Fig. 8) : "Le 28 mars 1816, le Ministre de la Guerre Duc de Feltre adressait la lettre suivante au Président du Comité Central d'Artillerie : "Le 1er avril 1691, les grenadiers du régiment du Dauphin, au siège de Mons, armés de fourches, emportèrent d'assaut un ouvrage à corne défendu par des Autrichiens qu'ils firent prisonniers. Louis XIV voulant perpétuer une action aussi gloireuse, permit aux sergents de grenadiers du régiment du Dauphin de porter ces fourches au lieu de mousquets.
Le 102e régiment étant issu du régiment du Dauphin, ses grenadiers ont continué à porter cette arme juqu'à aujourd'hui. Nous devons contribuer à préserver de l'oubli ce fait d'armes dont la tradition s'est conservée dans le régiment pendant plus d'un siècle, malgré les troubles de la Révolution".
Cet armement, porté par les sous-officiers du 102e régiment d'infanterie pendant la Révolution et l'Empire devait être rappelé ici. Ces fourches sont conservées actuellement au musée de l'Armée continuateur de l'ancien Musée d'Artillerie.
Il y a quelques erreurs dans la lettre du Duc de Feltre; ce ne sont pas les grenadiers du Dauphin qui étaient armées de fourches mais les défenseurs de l'ouvrage à corne. De plus, les sergents à cette époque étaient armés soit de la hallebarde, soit du fusil, mais pas à coup sûr du mousquet, qui était l'armement du mousquetaire. Mais l'on peut s'en rapporter au témoignage du Ministre de la Guerre sur le port de la fourche au 102e".
Le couvre-chef a également subi de nombreux changements. En fait, au début, le bicorne de feutre noir avait été adopté pour les Fusiliers (Fig. 1) et les Voltigeurs, et le bonnet à poils en fourrure d'ours (bonnet d'ourson) pour les Grenadiers (Fig. 5) et les Sapeurs.
Avec la réforme de 1806, l'Infanterie adopte une première version de shakos dotés d'une plaque en laiton estampé en forme de losange, frappé en relief de l’aigle impériale posée sur le fuseau de Jupiter étincelant, le poitrail de l'aigle est marqué du N impérial, en partie basse le chiffre "102" est estampé en relief (Fig. 9). Shakos distribués dès le printemps 1806. Les documents en Fig. 10 montrent cette plaque montée sur un shako.
Mais Napoléon cherchait toujours des améliorations qui pourraient donner davantage de prestige à son armée et bientôt fut adoptée une nouvelle plaque en losange plus facile à lire, qui ne comportait que le seul numéro du Régiment (Fig. 11 et Fig.12), tandis que le bonnet à poils était maintenu mais augmentait en taille. En ce qui concerne la plaque apposée sur le bonnet, il existe un dessin paru dans "La Giberne" de 1903, repris ensuite dans le supplément du "Carnet de la Sabretache" n°26 de 1975 (Fig. 13). Et grâce à l'amabilité d'un très cher ami collectionneur, qui en possède rare exemplaire, nous pouvons la présenter au lecteur (Fig. 14).
Mais la vie des uniformes napoléoniens fut très troublée et un nouveau Décret de 1812 introduisit une nouvelle réforme, conçue par le Colonel Etienne-Alexandre Bardin, commandant du Régiment des Pupilles de la Garde impériale, lequel depuis 1811, avait été chargé de former une Commission d'étude pour améliorer la portabilité et l'utilisation des uniformes. Même les plaques de Shako ont subi un nouveau changement, et l'aigle impériale qui était auparavant contenue dans le losange, est désormais agrandie et placée au-dessus du numéro du Régiment (Fig. 15). Ici, il s'agit d'une plaque d'Officier de Fusiliers, en laiton doré; et finement estampée de l'aigle impériale posée sur un soubassement sur lequel est rapporté le chiffre "102" en laiton ciselé et doré. Les extrémitées du soubassement sont décorées d'une tête de lion. Hauteur 13,5 cm, largeur 11,5 cm.
L'exemple précédent est une plaque d'Officier, à fusion unique; à côté, nous présentons d'autres exemplaires, très rares, avec les chiffres appliqués en relief, entre lesquels on peut entrevoir d'autres petits trous, qui probablement correspondent à une numérotation antérieure, ce qui peut s'expliquer par le fait que les Officiers étaient souvent transférés d'un Régiment à un autre selon les besoins ou après une promotion (Fig. 16), situation notable également pour des plaques troupe, nous dit C. Blondieau (photo en N et B - plaque de la Collection Charrié).
Il a été récemment vendu par B. Malvaux, marchand et expert bien connu de souvenirs napoléoniens, une plaque de giberne de Chasseurs du 102e Régiment, très spéciale, datant probablement de la première période de l'Empire (Fig. 17). En laiton estampé en relief (H 7,8 cm, largeur 10 cm), elle représente l'aigle impériale couronnée au centre d'un grand cor de chasse surmontant le chiffre "102". De part et d'autre, un trou est aménagé pour la fixation à la giberne.
Les boutons ont eux aussi subi de nombreuses modifications par rapport aux premières versions avec un numéro central et dans les grandes lignes la légende "République française" ou seulement "RF", remplacé ensuite par la légende "demi-brigade", pour lesquels nous n'avons pour l'instant pas de documents disponibles, jusqu'à la version impériale qui ne comporte que le numéro du Régiment entouré d'un anneau se terminant par deux fleurons. Voici pour la troupe une version en alliage de bronze à fusion unique, qui existait en trois dimensions, 11/12 mm pour la veste, 16/17 mm pour les poignets et les poches et 22/23 mm pour la veste (Fig. 18); et la version Officier dorée avec fond en bois ou en alliage avec les mêmes dimensions (Fig. 19).
Avec la permission d'un ami russe, nous pouvons également présenter à nos lecteurs deux cachets à sec de la 102ème Demi-Brigade (Fig. 20).
Terminons avec une peinture sur ivoire de belle qualité présentée dans un écrin en maroquin rouge, cuir de Russie ; cette miniature est le portrait d'un Chirurgien du 102e Régiment de ligne rigade (Fig. 21). Et pour finir, voici un magnifique document original daté du 15 Février 1809, époque où le Régiment faisait partie de l'Armée d'Italie. Les Officiers et Sous-officiers témoignent auprès du Conseil d'Administration du Régiment que le soldat Nicolas Cazeaux du 102e de ligne, 4e Bataillon, 1ère Compagnie, a été blessé de trois coup de sabres, par deux ou trois bandits, près de Forlì, dans l'exercice de ses fonctions de garde de l'entrepôt de poudre. Les blessures reçues lors de l'attaque du 10 janvier 1809 ne lui permettent plus de fournir un service actif. Plusieurs signatures, y compris un Lieutenant et deux Capitaines du Régiment figurent sur ce document (Fig. 22).
B/ Drapeaux
En 1796, la 102e Demi-brigade de Ligne reçoit trois drapeaux à la disposition de couleurs spécifique à son numéro (Fig. 3).
En Italie, en 1797, à sa propre initiative, elle se procure trois drapeaux, variantes du modèle "armée d’Italie" mis au point par Bonaparte pour ses troupes. Sans doute, pour ressembler à ses homologues qui étaient très fiers des emblèmes délivrés par leur Général en chef, en juillet. Deux de ces drapeaux (ceux des second et troisième Bataillons) seront pris à Paris par les Prussiens en 1815 (Fig. 3bis).
En 1804, le 102e de Ligne "impérial" reçoit trois Aigles et drapeaux modèle Chaillot (Fig. 6).
Le 8 avril 1809, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Maréchal Berthier, Major général de l'Armée d'Allemagne : "... j'approuve que tous les corps renverront leurs aigles en France hormis une qu'ils garderont. En attendant qu'ils aient des enseignes, vous les autoriserez à faire faire pour chaque bataillon des enseignes très-simples, sans devise et le tiers de celles qu'ils avaient autrefois. Ces enseignes sont pour leur servir de ralliement ; elles n'auront aucune décoration de bronze, elles porteront seulement le numéro du régiment et du bataillon. Quant au corps du général Oudinot, il faut que chaque bataillon fasse faire un petit drapeau d'un simple morceau de serge tricolore, portant d'un côté le numéro de la demi-brigade et de l'autre le numéro du bataillon, comme, par exemple, 4e bataillon du 6e d'infanterie légère d'un coté, et de l'autre 1re demi-brigade légère, etc. Il faut faire pour cela très-peu de dépense. J'en ferai faire de très-belles, que je donnerai moi-même aussitôt que possible" (Correspondance de Napoléon, t.18, lettre 15030 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20750).
Le 28 juin 1809, depuis Schönbrunn, Napoléon ordonne : "Article 1er. Les 1er et 2e porte-aigles de chaque régiment seront armés d'un esponton formant une espèce de lance de cinq pieds, auquel sera attachée une banderole, qui sera rouge pour le premier porte-aigle, blanche pour le second. D'un côté sera le nom du régiment, de l'autre le nom de l'Empereur.
Art. 2. Ces espontons seront fournis par le ministre de la guerre mais, en attendant, les régiments seront autorisés à s'en procurer. Cet esponton sera une espèce de lance dont on se servira comme d'une baïonnette. Les banderoles blanche et rouge serviront à marquer le lieu où se trouve l'aigle.
Art. 3. Le premier et le second porte-aigles porteront, indépendamment de l'esponton, une paire de pistolets, qui seront dans un étui, sur la poitrine, à gauche, à la manière des Orientaux" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 3, lettre 3281).
En 1812, il n'y a plus qu’une seule Aigle en service. Le drapeau modèle 1812 portant "Wagram" ne sera jamais arboré en campagne et restera au dépôt.
Affecté au Corps d’Observation du Jura, le 102e de Ligne (ainsi que le 6e et le 52e de Ligne) ne reçut son Aigle que le 24 juin 1815, soit 6 jours après Waterloo. Le Général Lecourbe, alors au courant de la défaite, éleva cependant, devant le Régiment, son emblème en criant : "L’Empereur a besoin de nous, Vive l’Empereur !".
Le Sous-inspecteur aux Revues Chevillard, dans un rapport du 12 juillet 1815, à Belfort, précisera que la remise des Aigles ne put avoir lieu dans les mêmes circonstances pour les autres régiments sous les ordres de Lecourbe.
L’Aigle et le nouveau drapeau donnés au Régiment ne furent pas remis aux autorités royales pour être détruits.
IV/ Sources
- Site de Bertrand Malvaux, sur lequel se trouvent quelques plaques du 102ème.
- Wikiwand - "Le 102e régiment d'infanterie" qui donne une liste de livres à consulter.
- Histoire de l'Infanterie en France de Victor Louis Jean François Belhomme
- Nos 144 Régiments de ligne par émile Ferdinand Mugnot de Lyden
- Armement et équipement de l'infanterie française du XVIe au XXe siècle - Margerand
- Aigles et Shakos du Premier Empire - Blondieau
- Les coiffures de l'armée francaise - Margerand
- Histoire du 102e Régiment d'infanterie (1792-1896), lieutenant Lacolle, édition du 1896.
- Site Mémoires des Hommes.