Le 96e Régiment d'Infanterie de Ligne
1789-1815
Avertissement et remerciements :
|
/ 1805
L'ordre de marche pour la traversée du Rhin sur le pont de bateaux construit près de Lauterbourg, ordre distribué le 26 septembre, est ainsi rédigé : "La troupe marchera, la droite en tête et sur front de section s'il est possible. Dans le cas contraire, elle marchera par le flanc jusqu'à son arrivée sur la rive droite du Rhin, où les sections se formeront aussitôt.
1re division, sous les ordres du général Dupont
1re brigade (général Rouyer).
9e léger,
1er hussards.
Le 1er escadron du 1er hussards.
1 compagnie de voltigeurs du 1er bataillon.
1 compagnie de carabiniers.
2 pièces d'artillerie (1 de 4 et 1 obusier).
8 compagnies du 1er bataillon.
Le 2e bataillon du 9e ayant ses voltigeurs à la queue du bataillon
3 escadrons du 1er hussards.
2e brigade (général Marchand).
32e de ligne (2 bataillons).
6 pièces d'artillerie (1 de 4, 4 de 8, 1 de 12).
96e de ligne (2 bataillons).
Détachement de 10 gendarmes ...
Les vivres, les subsistances et le personnel de l'administration. Les bagages, en commençant par l'état-major général et suivant l'ordre des divisions et des régiments comme ci-dessus. Les quatre dernières compagnies du 59e fermeront la marche, et serviront d'escorte aux bagages.
Les régiments ne laisseront que 12 hommes et 1 sergent pour escorter les voitures.
L'escadron de gendarmerie fermera la marche.
Un détachement de 20 hommes de la compagnie d'élite du 1er hussards, suivra partout le maréchal commandant en chef. Ce détachement sera relevé tous les cinq jours" (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 2, p. 464 ; E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 231 ; Bonnal H. : « La vie militaire du Maréchal Ney », Chapelot, Paris, 1910, tome 2, p. 81).
"6e Corps. Emplacements du 4 vendémiaire an 14 (26 septembre 1805).
Quartier général à Lauterbourg.
1re division (Hagenbach) aux ordres du général Dupont.
9e léger. Hagenbach.
32e de ligne, 96e id, Lagenkandel ..." (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 2, p. 463 - Note : A Lauterbourg, la Division avait trouvé l'artillerie qui lui était destinée d'après Journal des opérations militaires de la division Dupont).
"Journée du 5 vendémiaire (27 septembre).
Quartier général : Carlsruhe.
L'armée a passé le Rhin près Lauterbourg. Le passage a commencé à 6 heures du matin pour les troupes et a été terminé à midi.
1re division (Ettlingen) ...
96e id. Ettlingen ..." (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 2, p. 469 - Note : Journal des opérations militaires de la division Dupont.
"Le 5 vendémiaire (27 septembre), à 6 heures du matin, le pont de bateaux est terminé. Aussitôt, la division, en grande tenue, traverse le fleuve, aux cris de : « Vive l'Empereur ! » et par le plus beau temps du monde"; "Le même jour, elle arrive à Ettlingen, ville de l'Électorat de Bade").
"Journée du 6 vendémiaire (28 septembre).
Quartier général : Carlsruhe.
1re division.
9e léger, 1er bataillon du 32e. Neuenburg
2e id. 322. Arnbach
96e régiment de ligne. Salmbach, Waldennach ..." (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 2, p. 474).
"Journée du 7 vendémiaire (29 septembre).
Quartier général : Vaihingen.
1re division : Heimsheim ...
9e léger (1er bataillon). Heimsheim.
9e id. (2e id.). Malmsheim, Rutesheim.
32e id. Mülhausen.
96e id. Tiefenbronn ..." (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 2, p. 478).
Composition de la Grande Armée au moment où elle a passé le Rhin pour la campagne d'Autriche.
6e corps d'armée au passage du Rhin dans les premiers jours de vendémiaire an XIV.
1re division.
96e de Ligne, 2 Bataillons, 1721 hommes (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 2, p. 158).
Fin septembre 1805, les Divisions du 6e Corps commandé par le Maréchal Ney, sont organisées de la façon suivante :
1re Division (Général Dupont), avec les Généraux de Brigade Marchant et Rouyère, ayant sous leurs ordres, le premier, le 9e Léger, le second, les 32e et 96e de ligne; en tout 6 Bataillons à 9 Compagnies. Effectif de l'infanterie de la 1re Division : 5,140 hommes.
2e Division (Général Loison), avec les Généraux de Brigade Roguet et Villatte, ayant sous leurs ordres, le premier, le 6e Léger et le 39e de Ligne, le second, les 69e et 76e de Ligne; en tout, 8 Bataillons à 9 Compagnies. Effectif de l'infanterie de la 2e Division : 6,899 hommes.
3e Division (Général Malher), avec les Généraux de Brigade Marcognet et Labassée, ayant sous leurs ordres, le premier, le 25e Léger et le 27e de Ligne, le second, les 50e et 59e de ligne; en tout, 8 Bataillons à 9 Compagnies. Effectif de l'infanterie de la 3e Division : 7,069 hommes.
Brigade de cavalerie (Général de Division Tilly) composée du 10e Chasseurs, du 1er et du 3e Hussards, chacun à 3 Escadrons. Effectif: 1,071 hommes.
Artillerie composée de 13 Compagnies avec un effectif de 1,065 hommes.
Effectif du 6e Corps : 21,250 hommes (Bonnal H. : « La vie militaire du Maréchal Ney », Chapelot, Paris, 1910, tome 2, p. 56).
"6e CORPS D'ARMÉE.
Emplacements du 9 vendémiaire (1er octobre).
Quartier général : Stuttgart.
1re division (Stuttgart).
9e léger. Gaisburg, Gablenberg, Wangen.
32e id. 96e id, Stuttgart ..." (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 2, p. 492).
Le 3 octobre 1805, le 6e Corps est à Stuttgard; la 1re Division (Oberesslingen) est répartie : Le 9e léger, à Dezisau; le 32e de ligne, à Altbach, Zell et Aichschies; le 96e de ligne, à Oberesslingen (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 2, p. 663).
Le Général Dupont écrit, depuis Oberesslingen, le 11 Vendémiaire an 14 (3 octobre 1805), au Maréchal Ney : "La 1re division est établie dans les cantonnements suivants :
La 1re brigade. à Dezisau.
Le 32e régiment, à Alpach, Zell et Aichschies.
Le 96e id. à Oberesslingen ..." (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 2, p. 663).
Le 12 vendémiaire an XIV (4 octobre 1805), le Général Dupont écrit, depuis Klein-Süssen, au Maréchal Ney : "Monsieur le Maréchal,
La division est établie dans les cantonnements que vous avez fixés.
Ayant trouvé le village de Gross-Süssen occupé par le quartier général du prince Murat, j'ai, d'après votre autorisation, placé un bataillon du 96e régiment à Salach et j'en ai prévenu le général Loison.
J'ai l'honneur de vous saluer" (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 2, p. 731).
"6e CORPS D’ARMÉE.
Emplacements du 12 vendémiaire (4 octobre).
Quartier général : Göppingen.
1re division (Kleinsüssen).
9e léger. Donzdorf.
32e de ligne. Kleinsüssen.
96e id. Gingen et Salach" (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 2, p. 734).
"Dispositions de marche du 6e corps d'armée pour le 15 vendémiaire an 14 (7 octobre 1806).
Le corps d'armée devant prendre position, face au Danube, la droite vers Lauingen, la gauche vers Steinheim, il devra marcher la gauche en tête ...
Le parc d'artillerie partira à 5 heures 1/2 pour marcher entre la 2e et la 1re division, et s'établira en arrière de Dillingen.
Le parc des vivres suivra celui de l'artillerie.
L'escorte sera fournie par le 96e régiment d'infanterie qui marche en tête de la 1re division ..." (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 3, 1ère partie, p. 263).
Dans la nuit du 8 au 9 octobre 1805, la marche de la Division Dupont se fait dans les plus mauvaises conditions; une foule de trainards s'égarent dans la nuit ; ils ont une escarmouche près de Stotzingen avec des Cuirassiers et des Uhlans autrichiens, et sont recueillis, au petit jour, par quatre Compagnies du 96e et 50 hussards. A ce moment, le Corps d'armée se remet en marche pour remplir les intentions exprimées par l'Empereur dans son dernier ordre (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 3, 1ère partie, p. 21).
"Journal des opérations de la division Dupont.
Le 16 (8 oclohre), à 2 heures après-midi, la division se met en mouvement. Elle laisse Dillingen sur la gauche, passe par Lauingen, Gundelfingen, Brenz, Stotzingen ei arrive, à 3 heures du matin, à Bissingen.
A Stotzingen la route de traverse que la division suivait se croisait avec la route de Langenau. Une centaine de traineurs prend cette route et rencontre un poste ennemi en avant de ce village ; ils se réunissent aussitôt, engagent une fusillade et se retirent en bon ordre par Stetten, où ils se rallient à d'autres soldats à qui la fatigue n'avait pas permis de suivre. Des partis se présentent et cherchent à pénétrer dans le village. Les Français se défendent avec vigueur, les repoussent et se mettent en marche pour rejoindre la division.
4 compagnies du 96e régiment et 50 chevaux du 1er hussards, que le général, averti par la fusillade, envoyait sur ce point, les rencontrent à un quart de lieue dit camp. C'était à qui vanterait ses exploits de la nuit ; ils regrettaient tous de n'avoir pas eu à leur tête un officier pour diriger leurs mouvements, poursuivre l'ennemi qu'ils avaient mis en déroute et faire des prisonniers.
Le détachement des 4 compagnies et des 50 chevaux poursuit sa reconnaissance sur Stotzingen, d’où il déloge l'ennemi, à qui il tue 2 cuirassiers et fait 1 uhlan prisonnier.
Dans ce moment, le maréchal Ney arrive à la tête de la division Malher marchant sur Günzburg; il donne l'ordre au détachement de rentrer au camp, pour suivre le mouvement de la division qui part aussitôt pour Albeck" (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 3, 1ère partie, p. 310 - Note : Il y a 36 kilomètres environ du camp occupé le 15 vendémiaire par Dupont (entre Sonderheim et Deisenhofen) et le village de Bisssingen. Les deux dernières lieues de cette marche devaient se taire par de mauvais chemins sur en terrain accidenté).
- Combat d'Haslach
Le général Dupont met sa division en mouvement à 11 heures du matin ; le 9e Léger ouvre la marche; viennent ensuite le 32e et le 96e de Ligne. Au sortir du village de Haslach, on aperçut, en effet, les 25 mille hommes du prince Ferdinand, rangés en amphithéâtre sur les pentes du Michelsberg. Le général Dupont marchait en tête de la colonne, ayant auprès de lui le général Marchand, le colonel Barrois du 96e, et le capitaine du génie Desclos (E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 246).
Avant d'entrer à Haslach, étape de sa marche sur Ulm, Dupont apprend qu'une troupe autrichienne très nombreuse se montre sur les hauteurs au nord d'Ulm. Il dispose du 9e Léger (1763 présents), du 32e de Ligne (1662 présents) et du 96e de Ligne (1721 présents), soit six Bataillons ou 5146 hommes d'infanterie; les 15e et 17e Dragons (673 chevaux) et le 1er Hussards (373 chevaux:), dont la moitié se trouve dispersée en reconnaissances, forment sa cavalerie; il peut y avoir 250 Artilleurs et soldats du Train pour servir les onze pièces de sa Division (deux pièces de 12, six pièces de 8, deux pièces de 4, et un obusier) et les trois obusiers attachés à la cavalerie légère. Au total, patrouilles et détachements compris, il y a là 6400 hommes et quatorze bouches à feu. L'ennemi montre des forces très supérieures, et le Maréchal a prescrit de ne point risquer d'engagement dans ces conditions; mais peut-être le Général Dupont compte-t-il sur le renfort de 4500 Dragons à pied avec 10 bouches à feu, et espère-t-il que l'ennemi n'a pas plus de 10000 à 12000 hommes (ils sont en réalité bien plus nombreux, peut-être 23000 hommes qui veulent effectuer une percée vers le Nord-Ouest). Se retirer, c'est encourager l'ennemi à prendre l'offensive, lui révéler que la route de Noerdlingen est ouverte. Dupont accepte le combat.
La Division est établie à Haslach depuis peu de temps, ses postes viennent d'être placés quand l'ennemi attaque. La fusillade s'engage entre les Tirailleurs des deux partis, et presque aussitôt le canon entre en jeu. Nos treize bouches à feu tiennent tête à une artillerie supérieure, pendant que le 9e Léger (Colonel Meunier) se déploie en avant d'Haslach, sur la route d'Ulm, sous la direction du Général Rouyer. L'ennemi dirige vers notre droite des colonnes de cavalerie et d'infanterie, et en même temps menace notre gauche : il cherche à nous déborder des deux côtés. A ce moment, plusieurs de nos pièces sont démontées et renvoyées au parc. Des Uhlans qui veulent charger sur nos batteries sont repoussés par un Escadron du 17e Dragons.
Le Général Marchand déploie le 32e (Colonel Darricau)à la gauche du 9e Léger, et place le 96e (Colonel Barrois) en réserve, près d'Haslach; le 1er Hussards (Colonel Rouvillois) couvre sa gauche.
Se voyant près d'être tourné sur sa droite, le Général Dupont porte le 96e de ce côté, non loin du 9e, et le fait soutenir par une partie de l'artillerie. Le 96e Régiment appuie sa gauche au 9e Léger et étend sa droite le long du bois existant entre Haslach et Jungingen.
Sentant que s'il laisse aux colonnes autrichiennes le temps de se déployer, il sera rapidement écrasé par leur feu, il décide de les charger à la baïonnette. Il confie au 32e et au 1er de Hussards la garde du hameau de Haslach, position qu'il faut conserver à tout prix, puis courant en avant du 9e, il prévient le Colonel Meunier de son intention de charger la ligne ennemie. Plein de joie, le vaillant Colonel fait immédiatement les dispositions nécessaires. Au moment où les Autrichiens ouvrent le feu, le 9e Léger les aborde au pas de charge, la baïonnette baissée, sans tirer un coup de fusil; l'intrépide Dupont est à sa tête. « Ce régiment s'avance dans la plaine, marchant en bataille, et sans tirer, va droit au corps le plus avancé. Cette intrépidité ébranle l'ennemi, qui fait un mouvement pour s'appuyer au village de Jungingen (Journal de la division Dupont) ».
De son côté, le Colonel Barrois adresse au 96e une courte et fière harangue ; comme il s'y trouve beaucoup de nouveaux soldats, "Conscrits, leur dit-il gaiement, vous n'aurez pas peur ?" — "Colonel, s'écrie l'un d'eux, il n'y a plus de conscrits". Et tout le régiment applaudit. Alors, le 96e, conduit par le Général Marchand, vient charger à la droite du 9e Léger. Le choc est terrible; après une courte mêlée, la première ligne de l'ennemi jette ses armes à terre et se rend ; la seconde bat précipitamment en retraite. Nos quatre bataillons ont mis en déroute un ennemi quatre fois plus nombreux, et fait 2 000 prisonniers.
Pendant ce temps, les 15e et 17e Dragons chargent la cavalerie ennemie, malgré le feu meurtrier d'une batterie placée entre Jungingen et le petit bois au nord-est de ce village : "Le général Dupont donna l'ordre au général Sahuc de charger la cavalerie ennemie, qui dépassait de beaucoup sa droite. Le général Sahuc forma la sienne sur deux lignes, le 15e en première et le 17e en seconde. Dans ce moment, les chevau-légers de Rosenberg s'ébranlèrent pour charger un bataillon du 96e régiment d'infanterie qui venait de passer un chemin creux; le 15e régiment les chargea avec vigueur et les repoussa loin de notre infanterie, qu'ils voulaient entamer, et qui, dès ce moment, ne fut plus inquiétée ..." (Rapport du général Sahuc).
L'Archiduc se hâte de préparer une attaque nouvelle, et bientôt l'ennemi s'avance avec de plus grandes forces, de façon à déborder nos deux ailes en se jetant à la fois sur Jungingen et sur Haslach; il est soutenu par une nombreuse artillerie qui couvre de boulets ces deux villages.
Dans cette nouvelle crise, le général Dupont réitère la manœuvre qui lui a si bien réussi pour le premier choc. Il donne l'ordre de charger à la baïonnette, et ses deux Régiments, s'élançant sur les traces de leur vaillant Général, abordent la ligne ennemie sans tirer et y font de sanglantes trouées. "Nous marchons la baïonnette croisée, écrit le général Dupont. Le son retentissant des tambours qui battent la charge était couvert de temps en temps par les cris : En avant ! en avant ! et tout annonce une mêlée redoutable. Les feux ennemis continuent, mais la vue de nos baïonnettes opère son terrible effet au moment où elles vont agir. Les lignes de l'ennemi sont ouvertes sur plusieurs points, nos rangs y pénètrent, la confusion s'y jette, et tout alors cède et se retire précipitamment. Le terrain du combat est tout entier à nous; il n'y a plus d'ennemis que les prisonniers restés entre nos mains et qui vont rejoindre les premiers. Ils sont tous dirigés sur Haslach, où ils sont confiés à la garde du 32e régiment" (Mémoires inédits du général Dupont).
Mais pendant cette action, l'ennemi s'est établi dans le village de Jungingen, auquel est appuyée notre droite et dont la possession nous est indispensable. Nos bataillons victorieux se tournent de ce côté, et, après un furieux combat dans les rues et les maisons, emportent Jungingen. A peine ce résultat est-il obtenu qu'il leur faut faire face à une nouvelle ligne ennemie qui se présente entre Haslach et Jungingen. Le 9e Léger et le 96e de Ligne se reforment rapidement et se précipitent sur elle à la baïonnette. La mêlée est furieuse. L'ennemi, cinq fois supérieur en nombre, fait des efforts extraordinaires pour avoir raison de la prodigieuse ténacité des deux Régiments français; il est encore culbuté et obligé de battre en retraite. Mais dans leur marche en avant nos troupes sont débordées sur leurs ailes par des bataillons ennemis qui les chargent par derrière. "Ils nous suivaient de si près, dit le général Dupont, que, vainqueurs en front, il nous a fallu, faute de temps, faire une conversion entière et charger par le 3e rang, placé en tête" (Mémoires inédits du général Dupont). C'est en faisant ainsi front de tous côtés, avec un calme et une intrépidité admirables, que nos Bataillons repoussent toutes les attaques. Le village de Jungingen ayant été encore repris par l'ennemi, le 96e s'en empare de nouveau; cinq fois les Autrichiens parviennent à l'occuper, et ils en sont aussitôt délogés, nous abandonnant de nombreux prisonniers.
"Cependant l'ennemi, revenu de la première terreur que lui avait inspirée notre charge brillante, s'avance de nouveau avec de plus grandes forces. Alors il faut que les 9e et 96e régiments redoublent d'efforts et d'activité. C'est avec ces deux régiments seuls que nous avons eu pendant trois heures à disputer le terrain qui sépare Haslach de Jungingen. Ce dernier village a été pris et repris cinq fois; chaque fois nos bataillons y enfermaient l'ennemi qui s'y réfugiait, et y faisaient de nombreux prisonniers.
A peine avions-nous mis en déroute un corps autrichien sur la droite du village, que sur la gauche il s'en présentait un autre pour nous tourner. C'est en prenant sans cesse un nouveau front dans toutes les directions que nos bataillons faisaient face partout avec une rapidité et une bravoure admirables" (Journal de la division Dupont - In Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 3, 1ère partie, p. 46 à 50).
Dupont a résisté ainsi 3 heures; toutefois, sa gauche est submergée par le nombre; il doit donc se replier, tout encombattant toujours. Le 96e de Ligne, d'après Martinien, a 4 Officiers blessés. Ce combat a retardé les Autrichiens dans leur volonté de s'échapper d'Ulm.
Le rapport du Général Dupont sur l’affaire d'Haslach, expédié de Brenz, le 13 octobre 1805 (21 Vendémiaire an 14), au Maréchal Ney, raconte : "Je vais vous rendre le compte détaillé que je vous ai annoncé de la bataille d'Haslach.
En marchant (d'Albeck sur Ulm) d'après vos ordres, le 19 (11 octobre), à 11 heures du matin (ordres reçus deux heures plus tôt), j'ai appris que l'ennemi occupait Thalfingen, sur ma gauche, et que le poste d'Elchingen, à qui j'avais donné ordre de s'y porter, n'avait pu y pénétrer. Mes reconnaissances de droite m'ont également appris qu'elles avaient rencontré les patrouilles autrichiennes vers Dornstatt.
Ces renseignements me firent juger que l'ennemi s'attendait à une action en arrivant à Haslach Je n'ai eu que le temps (après avoir quitté Albeck) de me préparer au combat … Pendant que son artillerie jouait (tirait) sur le front de notre position, il (l'ennemi) a porté plusieurs colonnes d'infanterie sur notre droite, précédées d'un grand nombre d'escadrons … Le feu des tirailleurs était devenu très vif et nos postes avancés commençaient à se replier. L'ennemi, complètement à découvert, cherchait à nous déborder.
Le général Rouyer avait placé le 9e d'infanterie légère sur la route d'Ulm, en avant d'Haslach. Le général Marchand fait déployer de suite le 32e à gauche, et place le 96e en réserve. Le 1er régiment de hussards couvrait notre gauche …
Les progrès de l'ennemi sur notre flanc droit m'obligent à mettre sur-le-champ le 96e en ligne ; il va appuyer sa gauche au 9e léger et il prolonge sa droite le long du bois qui se trouve à droite (à l'ouest) d'Haslach.
La ligne autrichienne, déployée sur les hauteurs de Jungingen, s'étant avancée dans la plaine sous la protection d'une artillerie nombreuse, j'ai vu que le moment était arrivé de suppléer au nombre par l'audace ; vous savez Monsieur le Maréchal, quelle était notre infériorité, 5,000 Français avaient à combattre 25,000 Autrichiens (chiffre exagéré). Je préviens le colonel Meunier commandant le 9e léger que mon intention est de charger cette ligne qui gagnait du terrain. Aussitôt, il s'avance dans la plaine marchant en bataille, sans tirer, et va droit au corps le plus avancé. La fermeté étonnante de ce régiment arrêta l'ennemi qui fait ensuite un mouvement (en arrière) pour s'appuyer au village de Jungingen : le 9e régiment poursuit le sien, le 96e s'avance également au pas de charge et dans ce premier choc (moral) nous faisons 2,000 prisonniers.
Pendant ce temps, le colonel Darricau avec un bataillon du 32e tenait la position d'Haslach et résistait avec autant de fermeté que de talent aux efforts que faisait l'ennemi pour enfermer (déborder) notre gauche. C'est à la faveur de cette résistance que secondait avec une grande audace le colonel Rouvillois commandant le 1er de hussards, que l'aile droite (9e léger, 96e de ligne) a pu manœuvrer dans la plaine et décider le succès.
Le 2e bataillon du 32e commandé par M. Bouge, avait été porté par le général Marchand à la pointe du bois qui se trouvait sur notre droite (au Nord) pour l'empêcher d'être tourné …
Cependant l'ennemi revenu de sa première terreur … s'avançait de nouveau avec de plus grandes forces à la droite et à la gauche du village de Jungingen. Alors il a fallu que le 9e léger et le 96e de ligne redoublassent d'audace et d'activité. C'est sur ces deux seuls régiments que nous avons, pendant trois heures, disputé le terrain qui sépare Haslach de Jungingen. Ce (dernier) village a été pris et repris cinq fois, et chaque fois nos bataillons, en y enfermant l'ennemi, faisaient de nombreux prisonniers. A peine avions-nous mis en déroute un corps autrichien sur la droite (à l'Ouest) qu'il s'en présentait un autre sur la gauche (à l'Est) pour nous tourner. C'est en prenant sans cesse un nouveau front dans toutes les directions que nos bataillons faisaient face partout avec une rapidité admirable. Plusieurs fois un corps français chargeant un corps ennemi se trouva lui-même chargé et dut précipiter la retraite de l'ennemi qu'il avait devant lui avant de faire front en arrière et de marcher sur l'autre corps (ennemi). C'était une mêlée véritable que la succession rapide et terrible de tous ces chocs dont nous sommes enfin sortis victorieux.
Toutes les tentatives qu'a faites la cavalerie autrichienne ont été infructueuses ... et notre infanterie a acquis, en cette journée, une nouvelle confiance dans son arme opposée aux escadrons ennemis.
Notre artillerie, trop inférieure à celle de l'ennemi, a été démontée en partie ; plusieurs pièces ont eu leurs chevaux tués ...
Pendant le combat, la cavalerie ennemie s'est portée sur nos derrières et a enlevé des bagages et des objets de parc. Des partisans se sont môme avancés jusqu'à Albeck, où devait arriver la division de dragons à pied du général Baraguey d'Hilliers, qui ne s'y est pas trouvée ...
Les colonels Barrois, Darricau et Meunier se sont couverts de gloire ainsi que le colonel Rouvillois" (E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 246; Bonnal H. : « La vie militaire du Maréchal Ney », Chapelot, Paris, 1910, tome 2, p. 129).
Dans la lettre suivante, écrite à sa jeune femme, le Général Dupont donne la physionomie de la bataille du 11 octobre : "Au Quartier Général à Brenz, le 21 vendémiaire.
… La bataille a commencé à midi et demi et a duré jusqu'à la nuit. Il n'y a jamais eu de victoire gagnée plus gaiement ; la bravoure de nos troupes était si grande, que l'action la plus violente semblait être un jeu. C'était avec des cris de joie et au pas de course, que nous faisions des colonnes entières prisonnières de guerre. Le colonel Meunier et son régiment se sont couverts de gloire ; il est entré le premier dans la plaine et a chargé l'ennemi avec tant d'audace que dans ce premier choc il y a eu deux mille prisonniers de faits. Le colonel Barrois et le 96e régiment ont toujours partagé les succès et les périls du 9e régiment, et le colonel Darricau et son régiment n'ont pas moins fait, dans leur position, que les deux autres. Je ne saurais à qui donner la préférence dans cette journée, parmi ces trois colonels ..." (E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 252).
Le "Journal des opérations militaires de la division Dupont" raconte : "… Le général Rouyer avait placé le 9e d'infanterie légère sur la route d'Ulm en avant d'Haslach ; le général Marchand fait déployer de suite le 32e à gauche et place le 96e en réserve. Le 1er régiment de hussards couvrait la gauche. C'est en reconnaissant la position de ce régiment que le capitaine du génie Desclos, qui accompagnait le général Dupont, a été tué d'un coup de canon. La perte de cet officier a été très sensible à toute la division.
Les progrès de l'ennemi sur notre flanc droit obligent le général à mettre sur-le-champ en ligne le 96e régiment : il se place à la droite du 9e; mais la ligne autrichienne se déployant sur les hauteurs de Jungingen et s'avançant dans la plaine sous la protection d'une artillerie nombreuse, le moment était arrivé de suppléer au nombre par l'audace; 5,000 Français arrivent à combattre 25,000 Autrichiens, les deux autres divisions n'attaquant pas sur la rive droite.
Le général Dupont prévient le colonel Meunier, commandant le 9e régiment, que son intention est de charger cette ligne qui gagnait du terrain. Aussitôt ce régiment s'avance dans la plaine, marchant en bataille, et sans tirer va droit au corps le plus avancé. Cette intrépidité ébranle l'ennemi, qui fait un mouvement pour s'appuyer au village de Jungingen; le 9e régiment poursuit le sien. Le 96e s'avance également au pas de charge, et dans ce premier choc, nous faisons 2,000 prisonniers de guerre.
La brigade de dragons, commandée par le général Sahuc, composée des 15e et 17e régiments, qui, la veille au soir, s'était réunie à la division, charge en même temps la cavalerie ennemie.
Pendant ce temps, le colonel Darricau avec un bataillon du 32e tenait la position d'Haslach, et résistait avec autant de fermeté que de talent à tous les efforts que faisait l'ennemi pour enfoncer notre gauche. C'est à la faveur de cette résistance, que secondait avec une grande audace le colonel Rouvillois, que l'aile droite a pu manœuvrer dans la plaine et décider le succès. Le second bataillon du 32e, commandé par M. Bouge, avait été porté par le général Marchand à la pointe du bois qui se trouvait sur notre droite, pour l'empêcher d'être tournée. Dans cette position essentielle, il remplissait ce but important en dirigeant son feu et ses mouvements à propos.
Cependant l'ennemi, revenu de la première terreur que lui avait inspirée notre charge brillante, s'avance de nouveau avec de plus grandes forces. Alors i1 faut que les 9e et 96e régiments redoublent d'efforts et d'activité. C'est avec ces deux régiments seuls que nous avons eu, pendant trois heures, à disputer le terrain qui sépare Haslach de Jungingen. Ce dernier village a été pris et repris cinq fois; chaque fois nos bataillons y enfermaient l'ennemi, qui s'y réfugiait, et y faisaient de nombreux prisonniers. A peine avions-nous mis en déroute un corps autrichien sur la droite du village que, sur la gauche, il s'en présentait un autre pour nous tourner. C'est en prenant sans cesse un nouveau front dans toutes les directions que nos bataillons faisaient face partout avec une rapidité et une bravoure admirables. Plusieurs fois, un corps français chargeant un corps ennemi se trouvait lui-même chargé; il fallait précipiter la défaite de l’ennemi que nous avions devant nous pour faire face en arrière et marcher sur l'autre à son tour. C'était une mêlée véritable que la succession rapide et terrible de tous ces chocs, dont la division est enfin sortie victorieuse" (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 3, 1ère partie, p. 506).
Dans son Rapport adressé à Murat, le Général de Division Bourcier écrit, le 30 Vendémiaire an XIV : "Le 19 vendémiaire an XIV (11 octobre 1805) ...
Le 17e régiment, qui suivait dans la plaine les mouvements de l'infanterie, resta longtemps exposé à un feu violent d'artillerie, qui lui fit perdre beaucoup de monde ; il a soutenu ce feu avec une constance digne des plus grands éloges. Ce fut quelques minutes après, que le général Dupont donna l'ordre au général Sahuc de charger la cavalerie ennemie, qui dépassait de beaucoup sa droite. Le général Sahuc forma la sienne sur deux lignes, le 15e en première et le 17e en seconde. Dans ce moment, les chevau-légers de Rosenberg s'ébranlèrent pour charger un bataillon du 96e régiment d'infanterie qui venait de passer un chemin creux ; le 15e régiment les chargea avec vigueur et les repoussa loin de notre infanterie qu'ils voulaient entamer et qui, dès ce moment, ne fut plus inquiétée ..." (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 3, 1ère partie, p. 521).
Lettre de M. le Lieutenant Général comte Dupont à M. le Comte D. "… En arrivant à Haslach, nous voyons l'exactitude de mes reconnaissances confirmée, et le spectacle le plus imposant se présente à nous. L'armée autrichienne, forte de 60,000 hommes et commandée par l'archiduc en personne, est sous les armes; elle forme ses lignes et se prépare à recevoir la bataille. L'erreur dont j'ai parlé faisait croire à l'ennemi que ma division était l'avant-garde de l'armée française qui la suivait et allait développer ses forces devant lui. La guerre offre peu d'exemples d'une semblable situation. Aussitôt que l'archiduc s'aperçoit que notre mouvement est suspendu à la vue de son ordre de bataille, il détache de sa position un grand corps d'infanterie et de cavalerie pour nous attaquer. Le moment était pressant. Il fallait choisir sans délibérer entre la retraite et le combat : je me détermine pour ce dernier parti. Nos dispositions furent aussi promptement faites que l'exigeait une telle circonstance. Le 32e régiment de ligne, commandé par le colonel Darricau, et le 1er régiment de hussards, sous les ordres du colonel Rouvillois, se forment devant Haslach, qui sert de pivot à tous nos mouvements; le 9e régiment d'infanterie légère, commandé par le colonel Meunier, et le 96e de ligne, par le colonel Barois; se déploient entre ce village et Jungingen; une brigade de dragons, formée des 15e et 17e régiments, sous les ordres du général Sahuc, est placée en seconde ligne. Les brigades d'infanterie étaient commandées par les généraux Rouyer et Marchand. En voyant la supériorité de l'ennemi et la vivacité de son feu, je reconnais que je ne puis soutenir avec avantage un combat de mousqueterie, et j'ordonne une charge à la baïonnette. Les 9e et 96e régiments exécutent cette attaque avec une brillante audace : son effet est décisif. La ligne ennemie est enfoncée et 2,000 prisonniers de guerre tombent dans nos mains.
Le courage de nos troupes, exalté par ce succès, en promettait de nouveaux. Le corps ennemi que nous avons à combattre nous oppose une grande supériorité et il reçoit des renforts qui réparent successivement ses pertes; mais la même manœuvre, employée contre lui dans toutes ses dispositions, est toujours victorieuse : à peine une de ses lignes est reformée qu'elle est attaquée à l'arme blanche, rompue et dispersée. L'infanterie n'a jamais plus agi dans un combat et n'a moins brûlé de cartouches; elle n'employait son feu que pour repousser les charges de la cavalerie ennemie, qui ont toutes échoué contre l'intrépidité de nos bataillons. Nous avons repris cinq fois le village de Jungingen, dont la possession était importante. Dans l'impossibilité de faire face partout avec des forces si inférieures, il fallait souvent l'abandonner pour fondre sur les lignes ennemies, et le reprendre de nouveau lorsqu'elles étaient repoussées. Le général Marchand, les colonels Meunier et Barois et l'adjudant-commandant Duhamel, chef de l'état-major, se sont particulièrement distingués dans ces différentes actions. De son côté, le 32e régiment, secondé par le 1er de hussards, a résisté avec la plus grande fermeté aux attaques dirigées contre Haslach. Après sept heures de combat, nous restons maîtres du champ de bataille : 4,000 prisonniers de guerre, des drapeaux et des canons sont pour nous le prix de la victoire" (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 3, 1ère partie, p. 511 : Brochure reproduite, avec peu de modifications, dans le Spectateur militaire de mars 1840).
Concernant le combat d'Haslach, le Général Dupont écrit au Général Sanson, depuis Paris, le 8 juin 1806 : "… C'est avec les quatre bataillons du 9e et du 96e que nous avons enfoncé. Successivement toutes les lignes ennemies qui se sont formées et reformées contre nous …
Un bataillon du 32e m'a été très utile pour contenir la cavalerie ennemie entre le bois qui est derrière Jungingen et ce village. L'autre bataillon et les deux escadrons du 1er de hussards ont tenu la position d'Haslach qui formait ma gauche avec la plus noble fermeté" (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 3, 1ère partie, p. 524).
De son côté, le Colonel Barrois signale dans l'Etat suivant les militaires du 96e qui se sont faits remarquer à l'affaire du 19 Vendémiaire :
"96e RÉGIMENT DE LIGNE (Bataillons de Guerre)
ÉTAT nominatif de MM. les officiers, sous-officiers et soldats desdits bataillons, qui se sont distingués à l'affaire du 19 vendémiaire an XIV.
NOMS GRADES OBSERVATIONS
Moulin. Chef de bataillon. A fait un bataillon autrichien prisonnier avec celui qu'il commandait à l'affaire.
Dutrieux Adjudant major. A résisté avec les cinq compagnies du 1er bataillon à deux charges de cavalerie et a enfoncé un régiment autrichien.
Dubois. Capitaine. S'était conduit précédemment avec distinction et l'a fait encore dans cette affaire. A déjà été blessé.
Prébois. id. A couru sur un capitaine autrichien qui était à la tête de sa compagnie et l'a ramené prisonnier.
Arnoux. id. S'est conduit d'une manière brillante dans cette affaire et y fut blessé.
Beausset. id. Officier très intelligent qui a contribué par son calme, sa présence d'esprit et sa bravoure, à faire remporter la victoire.
Theurel. id. Brave officier qui s'est montré plein de zèle et de bravoure.
Garnier id. A montré beaucoup de courage et de fermeté.
Pernot. id. S'est distingué par sa fermeté.
Lecellier. id. A soutenu avec sa compagnie une charge de cavalerie.
Bettancourt. id. Brave officier.
Duchateau. Lieutenant. Le capitaine de sa compagnie de grenadiers ayant été blessé au commencement de l'action, l'a commandée avec beaucoup d'intelligence.
Mercier. id. A, par son exemple, engagé sa compagnie à se battre avec une bravoure et un courage dignes d'éloges.
Gérard. id. Il a contribué au gain de cette journée.
Bobilier. id. Faisant les fonctions d'adjudant-major, a fait preuve de talents et de bravoure.
Renneson. id. A montré beaucoup de bravoure et de sang-froid.
Imbert. Capitaine. Brave et intelligent officier.
Iragues Sous-lieutenant. S'est montré intrépide pendant toute l'action.
Boyer. id. A pris, avec deux grenadiers, une pièce de canon.
Bichebois. Sergent-major. Portant le drapeau du 1er bataillon, n'a voulu le quitter quoiqu'ayant reçu deux blessures, et en a reçu une troisième.
Marcel. id. A montré beaucoup de sang-froid et a contribué à maintenir sa compagnie dans le bon ordre lorsqu'elle fut chargée par la cavalerie.
Gos. id. Prit le drapeau des mains de celui qui le portait et qui avait reçu trois blessures, et se porta en avant du bataillon.
Monerat. Sergent. A montré beaucoup de valeur et a excité constamment ses soldats au combat.
Gaillard. id. A montré beaucoup d'audace et de sang-froid et a excité par son exemple les grenadiers à tenir ferme.
Tromet. Sergent. S'est comporté d'une manière distinguée, en conduisant constamment ses soldats au feu.
Rheims. id. A sauté dans les rangs de l'ennemi pour y faire un capitaine prisonnier, dont les soldats se rendirent aussitôt.
Bauche. id. Après avoir reçu un biscayen, combattit jusqu'à ce que les forces lui manquèrent.
Mathey. Fusilier. Après avoir reçu une blessure à l'oreille, il resta néanmoins au combat, malgré l'invitation de ses camarades à se retirer.
Descartes. Sergent. A montré constamment de la valeur et de l'intrépidité et a excité ses grenadiers au calme et au combat.
Laronche. id. A montré beaucoup de courage et a excité ses soldats au combat et au calme dans les charges de la cavalerie.
Guittard. Grenadier. A sauté le premier sur une pièce de canon.
Vanderpolle, Petidant, Bucher, Pattu. Id. Tous ces grenadiers se sont conduits avec la plus grande bravoure et ont engagé leurs camarades à les imiter pendant l'action. Ils ont aussi précédemment, dans d'autres affaires, donné des preuves de courage.
Dechelotte. Caporal. A eu le bras emporté et a excité ses soldats au combat malgré sa blessure.
Bouquet. id. S'est montré avec un sang-froid et une bravoure exemplaires.
Barbier. Fusilier. Blessé au talon, il ne quitta sa compagnie qu'après avoir reçu une seconde blessure.
Cuy. id. S'est porté le premier sur 30 Autrichiens qui furent désarmés.
Berbigié. Sergent-major. Porte-drapeau du 2e bataillon, s'est conduit pendant toute l'action avec beaucoup de valeur et de sang-froid.
Cretey. Sergent. S'est conduit avec la plus grande bravoure et quoique blessé il resta au milieu des sapeurs qu'il commandait et dont plusieurs avaient été tués et les engagea au combat.
Poulain. Tambour-maître. A donné pendant toute l'action des preuves de courage et d'intrépidité.
Callaïs Fusilier, Picolot, Dujol, Lecoeur, Fiquemont, Baudet, Gibbons. id. Tous ces fusiliers ont été désignés par leurs capitaines et leurs camarades comme s'étant les mieux montrés dans cette affaire et dans toutes celles où ils s'étaient précédemment trouvés.
Castarat. id. A la tête de six de ses camarades, pris une pièce de canon sur un des chevaux de laquelle était monté un carabinier du 9e léger qu'un dragon de Latour emmenait prisonnier et qu'il tua.
Lemonté. Id, Messe, Renaux, Lejeune, Sacuier, Clerget id. Tous ces fusiliers ont été désignés par leurs capitaines et leurs camarades comme s'étant les mieux montrés dans cette affaire et dans toutes celles où ils s'étaient précédemment trouvés.
Certifié par le Colonel,
Signé : Barrois" (E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 287 – Archives Dupont).
"6e CORPS D’ARMÉE.
Journée du 20 vendémiaire an XIV (12 octobre 1805).
Quartier général: Gross-Küssendorf.
1re division : Brenz.
La division marchait sur Günzburg, lorsqu'elle reçut l'ordre de M. le maréchal Ney de rester sur la rive gauche du Danube et d'y prendre position. Elle se porta sur la Brenz et y prit les positions suivantes :
9e léger et 1er hussards : Sontheim.
32e de ligne : Brenz.
96e de ligne : Mödlingen.
Ces différentes positions sont entourées par des postes d'observation.
Les hussards sont particulièrement chargés d'éclairer la position du côté d'Ulm ..." (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 3, 2e partie, p. 621; E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 258).
Le 21 Vendémiaire an 14 (13 octobre 1805), le Lieutenant Girardet écrit, depuis Gmünd, au Général Dupont : "N'ayant reçu réponse à ma lettre datée de Herbrechtingen que ce matin, au moment que mes prisonniers étaient en route pour sortir de Aalen, je n'ai pas pu exécuter votre ordre de conduire mes prisonniers à Donauwörth, j'ai continué ma route jusqu'ici, dont je partirai demain matin pour Schörndorf et après-demain matin pour Stuttgard.
Mon Général, je suis on ne peut plus embarrassé, je marche de mon chef, ce qui m'inquiète beaucoup, mais j'ai cru être obligé de le faire dans les circonstances. Par ma lettre de Herbrechtingen, j'avais porté le nombre de prisonniers beaucoup plus haut qu'il ne se trouve à ce moment, n'en sachant pas le nombre, et aussi j'ai été obligé d'en laisser en route qui étaient dangereusement blessés, dont un officier.
A ce moment, il me reste un major et 14 ou 15 officiers et environ 780 prisonniers, dont une quarantaine de blessés et une grande partie à pied nu ; j'ai pour les escorter 140 hommes de trois régiments de la division, la plus grande partie chasseurs du 9e; j'ai aussi une trentaine de Français blessés, dont le capitaine des grenadiers Renfler, du 96e régiment. Je désire que mon colonel soit instruit de ma conduite, car je ne lui ai pas encore donné de mes nouvelles.
Je marche avec le plus grand ordre possible, je fais nourrir tout le monde par les villes où je loge et j'ai requis des voitures pour le transport de tous les blessés et pour les officiers prisonniers.
J'attends des ordres avec impatience" (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 3, 2e partie, p. 707).
- Premier combat d'Albeck, 15 octobre 1805
Le 15 octobre, la Division Dupont reçoit l'ordre de reprendre la position d'Albeck. Elle part de Brens à 6 heures du matin par la route de Langenau.
Le 9e Léger marche en tête, éclairé par un Escadron du 1er Régiment de Hussards ; le 32e de Ligne le suit immédiatement; vient ensuite l'Artillerie, escortée par un Demi-bataillon. Le 96e ferme la marche avec le 1er Régiment de Hussards. Il tombe une pluie incessante ; le temps est affreux et les chemins presque impraticables.
L'ennemi, qui entoure Dupont de tous côtés depuis le 13, est en forces à Herbrechtingen et Giengen. Il fait suivre le mouvement de ce dernier par deux Escadrons dans la matinée du 15, et tombe sur le flanc droit de sa colonne au moment où elle dépasse la bifurcation des chemins d'Albeck à Langenau et à Nerenstetten. Dupont, qui n'a pris aucune précaution pour se couvrir ou se renseigner de ce côté, est entièrement surpris et n'a que que 4 à 4500 hommes environ, dont bon nombre de trainards.
On fait force de marche, et bientôt le 9e et le 32e, dépassant la croisée des chemins de Neenstetten et de Langenau, prennent une position qui couvre Albeck, où le parc de la Division Loison est resté sans escorte ; une Brigade de Dragons vient d'y arriver et met pied à terre sans se douter du voisinage de l'ennemi.
Les éclaireurs de l'ennemi démasquent plusieurs Bataillons et Escadrons formant tête de colonne, et un feu violent d'artillerie et de mousqueterie ne tarde pas à assaillir les Français. Dupont se hâte de tirer de ses Bataillons des essaims de Tirailleurs qu'il pousse vers l'ennemi afin de contenir les premiers pelotons des Autrichiens. le 9e et le 32e se forment en bataille à gauche et à droite de la route, et les équipages continuent à filer sur Albeck. Il n'y a pas une minute à perdre, car l'ennemi s'avance résolument et sa cavalerie menace de couper la colonne des équipages. D'autre part, des pluies battantes ont mouillé les batteries des fusils, et il faut les flamber à poudre pour les mettre en état de tirer. Les soldats réparent leurs armes, sous le feu, avec célérité et sans le moindre émoi, et le combat s'engage aux dernières heures du jour.
L'artillerie a été placée en batterie, une partie sur la route et quelques pièces sur la gauche afin de prendre en écharpe les colonnes ennemies. Pendant que le 32e, commandé par le Colonel Darricau et dirigé par le Général Marchand, fait face aux Autrichiens et leur résiste victorieusement, avec l'appui du 1er Régiment de Hussards, le 9e Léger, placé à sa gauche, fait un changement de front à droite, de manière à se prolonger sur le flanc droit de l'ennemi. Pris à revers par ce mouvement hardi, le Général Werneck se hâte de replier son artillerie et de s'abriter derrière le bois auquel il appuyait sa droite.
A ce moment, le jour commençant à baisser, le 96e, qui sortait à peine de Langenau lorsque l'action s'était engagée, se présente sur le champ de bataille. Assailli par la cavalerie ennemie, il se forme en carré, repousse toutes les attaques, et vient se placer à la droite du 32e. Disposant de toutes ses forces, le Général Dupont ordonne une attaque générale à la baïonnette ; rien ne peut résister à l'impétuosité de ses soldats ; culbutés sur tous les points, sabrés par le 1er de Hussards qui lutte d'audace avec l'infanterie, les Autrichiens battent en retraite, nous laissant maîtres du terrain de la lutte. L'obscurité empêche de les poursuivre (E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 269).
Sur ces entrefaites, l'intervention de la 1re Division de Dragons, à l'approche de la nuit, achève de dégager notre infanterie. Cette Division a passé à Elchingen après la Garde; arrivée près du champ de bataille du Michelsberg, elle a appris qu'il ne reste rien à faire de ce côté, et elle a couru au canon de la Division Dupont (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 3, 1ère partie, p. 90).
"6e CORPS D'ARMEE.
Journée du 23 vendémiaire (15 octobre 1805).
Quartier général : Thalfingen.
1re division : Le soir à Albeck.
La division est partie de ses positions sur la Brenz à 8 heures du matin pour aller à Albeck. Deux escadrons ennemis sortant d'Hermaringen ont suivi le mouvement de la division (l'ennemi occupait aussi Giengen).
La division étant arrivée entre Langenau et Albeck, l'ennemi s'est présenté sur sa droite et l'a attaquée avec 8 à 10 pièces d'artillerie, de l'infanterie et de la cavalerie.
Les 32e et 96e régiments se sont, sur-le-champ, formés en colonne contre la cavalerie qui était la principale force. Le 9e léger a été placé sur les hauteurs à la gauche de la route et, par sa gauche, il a pris en flanc les batteries ennemies que son feu à bientôt mises en fuite.
L'obscurité de la nuit n'a pas permis de poursuivre l'ennemi ..." (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 3, 2e partie, p. 788).
"Journal des opérations militaires de la division Dupont.
Le 23 vendémiaire an XIV (15 octobre 1805).
Le 23, Sa Majesté ordonne au général Dupont de reprendre le position d'Albeck. ll se met en marche à 6 heur.es du matin; il envoie son commissaire des guerres avec un détachement à Lauingen pour faire des vivres. Le 9e régiment marchait en tête, éclairé par un escadron du 1er de hussards ; le 32e le suivait immédiatement. L'artillerie, escortée par un demi-bataillon, marchait ensuite ; le 96e et le 1er hussards fermaient la marche.
Au sortir du village de Langenau, la division est attaquée par le prince Ferdinand, qui marchait pour s'emparer d'Albeck et rétablir la communication avec le général Mack qui était resté dans Ulm.
Le 9e et le 32e régiment avaient déjà dépassé le point de la route où se trouve l'embranchement des chemins de Langenau et de Nerenstetten, lorsque les éclaireurs de l'ennemi se présentent et démasquent ses premiers bataillons et escadrons s'avançant vers Albeck ; ce poste était sans défense. Le parc de la seconde division s'y trouvait sans garde, et une brigade de dragons qui arrivait, venait de mettre pied à terre, ignorant le voisinage de l'ennemi, dont l'attaque subite semblait devoir causer le plus grand désordre ; il n'y avait pas une minute à perdre. La colonne des équipages était déjà en danger d'être coupée; nombre d'hommes isolés, que la fatigue de la marche et le temps affreux qui avait régné toute la journée avaient séparés de leurs corps, couraient pour se rallier et échapper à la charge de la cavalerie ennemie ; le moment était très pressant et l'infériorité de la division Dupont, forte à peine de 4,000 hommes, rendait le danger plus imminent encore.
On rassemble à la hâte des pelotons de tirailleurs pour contenir les premiers pelotons ennemis. Le 9e et le 32e régiment se forment rapidement face en arrière en bataille, sous le feu de l'artillerie autrichienne, à droite et à gauche de la route. Les équipages continuent de filer vers Albeck ; le soldat, affermi dans ses rangs, répare avec célérité, mais avec calme, son arme qui avait essuyé la pluie d'une journée entière. Le combat s'engage. Notre artillerie se place en batterie, une partie sur la route, le reste à gauche pour prendre l'ennemi à revers. Le 9e régiment, qui se trouvait à la gauche du 32e, fait un changement de front à droite, prolonge sa gauche au delà d'un ravin qui se trouve dans cet endroit et marche dans cette direction sur le flanc droit de l'ennemi; ce mouvement hardi produit un prompt effet; l'ennemi fait replier son artillerie et se retire derrière le bois auquel il appuyait par sa droite.
La nuit qui survient à ce moment suspend la marche en avant de nos troupes et fait cesser le combat.
Le 96e régiment, qui sortait à peine du village de Langenau lorsque l'ennemi s'était présenté sur le flanc de la colonne, s'arrête aussitôt, se forme en carré contre la cavalerie qui vient l'envelopper et se remet en marche pour rejoindre les autres corps de la division, sans éprouver aucune perte.
Le colonel Barrois maintient pendant cette marche audacieuse et habile la plus grande sécurité dans les rangs de son régiment.
C'est particulièrement dans le 32e régiment que le feu de l'ennemi s'est fait sentir, ce régiment se trouvant exposé de front au feu des batteries autrichiennes. Le 1er régiment de hussards appuyait la droite du 32e et le carré du 96e. Les dragons étaient formés en seconde ligne, mais ils n'ont pas eu l'occasion de donner.
La division va reprendre son premier bivouac sur les hauteurs en avant d'Albeck.
La troupe a eu, pendant cette journée, à soutenir toutes les misères et les fatigues de la guerre réunies ; elle se trouvait sans vivres, l'ennemi ayant coupé la route de Gundelfingen et pris les convois que le commissaire des guerres dirigeait sur elle, et la pluie, la grêle et la neige n'ayant pas cessé un moment de tomber avec abondance, surtout au moment du combat, au point qu'aucun fusil ne pouvait faire feu. Le soldat aurait succombé si le signal du combat ne lui avait fait oublier ses fatigues et rendu toute sa gaieté" (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 3, 2e partie, p. 803).
- Deuxième combat d'Albeck
Le 16 octobre 1805, l'infanterie de Dupont prend position en avant d'Albeck, faisant face à Neenstetten, près de l'embranchement de la route de Langenau ; le 9e Léger occupe une hauteur à gauche près d'Osterstetten, les 96e et 32e à gauche de la route. Un Régiment de Dragons, soutenu par les Chasseurs à cheval de la Garde, éclaire le flanc droit de la Division Dupont et doit au besoin la protéger contre la cavalerie ennemie. Les autres Régiments de Dragons du Général Klein, ayant devant eux, en première ligne, le 1er de Hussards et les 13e et 21e Régiments de Chasseurs de la Brigade Fauconnet (5e Corps) s'étendent dans la plaine de Langenau, à droite du 96e, menaçant la cavalerie autrichienne. La Division de Grenadiers Oudinot, qui a reçu du Prince Murat l'ordre de se porter sur Langenau à l'appui de la Division Dupont, s'est placée en réserve entre Gottingen et Langenau (E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 272).
"6e CORPS D'ARMEE.
Journée du 24 vendémiaire (16 octobre 1805).
… Les 32e et 96e étaient en bataille faisant face à Nerenstetten, près de l'embranchement de la route de Langenau. Le 9e d'infanterie légère était sur la hauteur à gauche, les chasseurs de la Garde couvraient son flanc gauche, deux escadrons de dragons appuyaient son flanc droit. Les autres régiments de dragons s'étendaient dans la plaine à la droite du 96e, et le 1er régiment de hussards était également sur cette droite en première ligne ...
La retraite des Autrichiens s'est bientôt changée en déroute; le 1er régiment de hussards a fait des charges multipliées où des prisonniers ont été faits en foule; il n'a eu que quatre hommes blessés …
Le prince Murat a fait avancer le 9e léger qui s'est emparé d'Herbrechtingen, a poursuivi l'ennemi jusqu'à la hauteur de Bolheim et lui a fait 300 à 400 prisonniers ...
Le 1er hussards et le 9e léger ont occupé Herbrechtingen …" (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 3, 2e partie, p. 1194).
"Journal de marche de la division Dupont.
Le 24 vedémiaire an 14 (16 octobre 1805).
Le 24, l'Empereur ordonne au général Dupont d'attaquer l'archiduc Ferdinand, et le prince Murat arrive avec sa cavalerie pour décider plus promptement sa défaite. L'attaque était déjà commencée quand le Prince arrive. On lui rend compte que, d'après les ordres du maréchal Ney, il a été envoyé un officier parlementaire au général ennemi pour le prévenir de la capitulation d'Ulm et le sommer de se rendre; le feu avait été suspendu pour que le parlementaire pût remplir sa mission. L'aide de camp Morin revient et rapporte que c'est le général Werneck qui commande les Autrichiens sous les ordres de l'Archiduc; que ce général refuse de croire à la capitulation d'Ulm; qu'il lui a dit d'abord qu'il allait répondre à coups de canon, et ensuite, en le rappelant, que si on lui envoyait un officier autrichien, sortant d'Ulm, pour lui en certifier la reddition, il verrait ce qu'il aurait à faire.
L'ennemi avait profité du moment où l'on parlementait pour commencer son mouvement de retraite ; d'après la réponse du général Werneck, l'infanterie marche en avant, le 1er de hussards charge et fait beaucoup de prisonniers. La cavalerie du prince Murat se met à la poursuite. Un bataillon autrichien, laissé pour défendre le pont d'Anhausen, met bas les armes. L'ennemi laisse sur la route beaucoup d'hommes épuisés de fatigue. Cependant quelques pièces de canon qu'il avait placées sur les hauteurs d'Herbrechtingen, avec plusieurs bataillons d'infanterie de son arrière-garde, arrêtent un moment la cavalerie. Mais à la nuit, un bataillon du 9e arrive; il pénètre dans Herbrechtingen, fait 600 prisonniers et prend 40 caissons de munitions de guerre.
Les Autrichiens ont perdu dans cette journée 2,500 prisonniers et une centaine de morts, dont un général. Nous n'avons eu que quelques hommes blessés ..." (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 3, 2e partie, p. 1196).
La garnison et le général Mack finissent par capituler le 20 Octobre.
Le même jour, 20 octobre 1805 (28 vendémiaire an 14), au Quartier général impérial, à Elchingen, un ordre du jour est promulgué : "L'Empereur témoigne sa satisfaction au corps d'armée du prince Murat, à celui de MM. les maréchaux Ney, Lannes et Soult, ainsi qu'à celui du général Marmont et à la garde impériale, pour les marches qu'ils ont faites, pour la patience avec laquelle ils ont supporté les fatigues et les privations de toute espèce, qui ont valu les succès suivants.
Memmingen a capitulé entre les mains de M, le maréchal Soult, donné 5.000 prisonniers, 9 drapeaux, un grand nombre de canons et beaucoup de magasins.
Ulm a capitulé, ce qui a valu 28.000 prisonniers, 18 généraux, 50 pièces de canon attelées, 8.000 chevaux de cavalerie pour monter nos dragons à pied, et 40 drapeaux.
Le passage audacieux du pont d'Elchingen par le corps, d'armée du maréchal Ney, la prise de cette formidable position, ont valu 3.000 prisonniers, dont un général, et plusieurs pièces de canon.
Le combat de Langenau, de Neresheim et la capitulation de Nordlingen, par M. le prince Murat, ont valu 5 ou 6.000 prisonniers, 2.000 chevaux pour remonter nos dragons à pied, plusieurs drapeaux, un grand parc, quantité considérable de canons attelés, 3 lieutenants généraux et 7 généraux majors.
Au combat d'Elchingen, les 76e et 69e régiments d'infanterie et le 18e de dragons se sont successivement distingués.
Au combat d'Albeck, le 9e d'infanterie légère, le 32e et le 96e se sont couverts de gloire.
Aujourd'hui, à 3 heures après midi, la partie de l'armée autrichienne prisonnière dans Ulm, ayant à sa tête son général et chef, défile sur les glacis d'Ulm, devant l'Empereur.
Enfin, l'avant-garde du corps d'armée de Bavière a pris, entre l’Isar et l'Inn, plusieurs pièces de canon et beaucoup de bagages du corps d'armée du général Kienmayer.
Le résultat de tous ces événements glorieux est que l'armée autrichienne, forte de 100.000 hommes, est détruite 50.000 sont prisonniers, 80 drapeaux sont en notre pouvoir, presque toute l'artillerie ennemie et ses magasins.
L'Empereur fait connaître qu'il est content de son armée" (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 3, 2e partie, p. 952 ; E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 281; Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 1, lettre 202).
"Journal des marches de la réserve de cavalerie.
Le 30 vendémiaire an XIV (22 octobre 1805).
Le corps d'armée a quitté ses positions de Nuremberg pour marcher sur Ingolstadt.
Il est venu prendre position, savoir : les dragons en avant de Nuremberg dans les villages ; les carabiniers et les chasseurs de la Garde à Feucht où s'est établi le quartier du Prince. L'infanterie a occupé Münberg et les villages en avant …
Le corps d'armée a quitté ses positions pour se porter sur Neumarkt. Les carabiniers ont occupa en avant les villages de Winnberg et Sengenthal ; la division de dragons en arrière, ceux de Postbauer, Pölling, Loderbach. L'infanterie a occupé, savoir : le 96e régiment, Neumarkt ; le 32e, Wappersdorf et Mühlhausen, et le 9e d'infanterie légère, Berching. Le régiment des chasseurs de la Garde s'est établi à Neumarkt avec le quartier du Prince ..." (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 3, 2e partie, p. 1273).
Le 3 Brumaire au XIV (25 octobre 1805), le Corps d'armée doit se porter sur Ingolstadt, mais, d'après de nouveaux ordres du Prince, on change de direction et le Corps d'armée vient à Neustadt. Une Brigade de la Division Klein prend position à Mingliset. Le 1er Régiment de Hussards à Pföring, le 96e Régiment à Ettling, le 32e à Irnsing, le Régiment des Chasseurs de la Garde à Neustadt, où s'établit le Quartier général. La 1re Brigade de Dragons occupe Münchsmünster et Grielsheim, les Carabiniers Alensberg et le Régiment de Chasseurs à pied Seligstadt. Le Général Milhaud, avec ses deux Régiments de Chasseurs, arrive à Ingolstadt (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 3, 2e partie, p. 1279).
"Journal de la Réserve de cavalerie.
Le 3, le corps d'armée devait se porter sur Ingolstadt; mais, d'après de nouveaux ordres du prince, on a changé de direction et le corps d'armée est venu à Neustadt.
Une brigade de la division Klein a pris position à Mingstetten, le 1er régiment de hussards à Pföring, le 96e régiment à Ettling, le 32e à Irnting, le régiment des chasseurs de la Garde à Neustadt où s'établit le quartier général. La 1re brigade de dragons a occupé Munchmünster et Griesham, les carabiniers Abensberg, et le régiment de chasseurs à pied Seligstadt (1). Le général Milhaud, avec ses deux régiments de chasseurs, arriva à Ingolstadt" (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 4, p. 178 - Note (1) : Heiligenstadt ?).
Un "Etat des présents sous les armes au 6e corps d'armée le 4 brumaire" indique que le 96e Régiment d'infanterie de Ligne est à la 1ère Division, et que cette dernière est détachée avec le Prince Murat (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 1, p. 769).
Grande Armée à l'époque du 6 Brumaire an XIV (28 octobre 1805).
5e Corps d'Armée. Commandant en chef. Maréchal LANNES. 1re Division du 6e Corps. Général de Division. Dupont. 9e Légère; 32e de Ligne; 96e de Ligne. Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 4, p. 711 |
L'Adjudant commandant Duhamel écrit, depuis Birnbach, le 10 Brumaire an XIV, au Général Dupont (à son passage à Birnbach) : "J'ai établi le cantonnement du 9e régiment et de l'artillerie de l'avant-garde à Birnbach, donnant 76 maisons.
Je me rends à Lengham pour y établir le cantonnement du 96e régiment.
Je suis obligé d'employer tous les villages et hameaux qui se trouvent jusqu'à Griesbach, afin de pouvoir m'exempter de loger des troupes au delà de la ville, la journée se trouvant déjà assez forte.
Griesbach n'est pas plus fort en maisons que Birnbach. J'établirai votre quartier général à Griesbach.
P.-S. - Je ne donne point d'ordre de départ au 96e régiment" (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 4, p. 398).
La "Situation des éléments entrant dans la composition du corps d'armée aux ordres du maréchal Mortier" indique, à la date du 14 Brumaire an 14 (5 novembre 1805), pour la Division Dupont (1re du 6e Corps d'armée), que le 96e Régiment d’infanterie de ligne a 55 Officiers, 1197 hommes, total 1252 hommes ; 73 hommes prisonniers, 304 aux hôpitaux ou aux ambulances ; 37 hommes manquant à l’appel ; 137 hommes détachés en arrière, au Dépôt ou éclopés ; effectif, Officiers compris, 1823 hommes (Alombert P. C. : « Le Corps d’Armée aux ordres du Maréchal Mortier, combat de Dürrenstein », Paris, Berger-Levrault, 1897, p. 32; E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 295).
- Bataille de Dürenstein (Dürrenstein, Dürnstein), 11 novembre 1805
"A une lieue de Dürnstein, notre avant-garde signala les troupes du général Dupont, qui marchaient à notre secours" (Relation du Colonel Talandier).
Ces troupes avaient eu à combattre, entre Weissenkirchen et Wadstein, la plus grande partie de la colonne de Dokhtourow. Ce Général, en descendant des montagnes sur la rive du Danube, avait appris la présence de la Division Dupont près de Weissenkirchen. Laissant filer son avant-garde avec le Général Schmidt vers Dürrenstein, il avait cru devoir se porter avec le gros de ses forces contre ce nouvel adversaire et le contenir, afin que Miloradwitch et Schmidt pussent mener à bout leur action commune contre la Division Gazan.
Dupont avait établi sa Division au bivouac entre Spitz et Weissenkirchen. Mortier l'avait informé du succès obtenu dans la matinée par la Division Gazan, de sorte qu'il ne paraissait pas nécessaire de continuer la marche, déjà longue, faite dans cette journée. "Le général Dupont ordonne au 1er hussards et au 9e d'infanterie légère de s'établir à 2 lieues en avant de Spitz, à Weissenkirchen; il place le 32e entre Weissenkirchen et Spitz, et le 96e dans ce dernier village; il ordonne en même temps au 1er hussards de pousser des reconnaissances en avant pour se lier avec la division Gazan ...
Il était 4 heures du soir, le 1er régiment de hussards établissait ses postes en avant de Weissenkirchen; l'officier commandant la grand'garde vient avertir le colonel Rouvillois que les Russes descendent des montagnes et se forment dans la gorge. Ce colonel se porte aussitôt sur le terrain, reconnaît que 600 Russes ont déjà débouché des gorges, et que d'autres continuent à descendre; les hussards se mettent à tirailler; les Russes, dont toute l'attention se portait sur la division Gazan, ne répondent pas à leurfeu. Le colonel Rouvillois envoie à toute bride des officiers au général Dupont, au colonel Darricau et au colonel Meunier. Celui-ci marche à l'instant, joint l'ennemi et engage une fusillade très vive; les Russes ne sont pas ébranlés.
Le colonel Meunier détache sur les hauteurs le chef de bataillon Réjeaux avec quelques compagnies pour prendre l'ennemi en flanc ct inquiéter ceux qui continuaient à descendre. Le général Dupont arrive avec le 32e régiment; il le fait avancer pour relever le brave 96e qui avait épuisé ses cartouches et comptait déjà beaucoup de blessés. Le 96e était placé en réserve à Weissenkirchen.
Le 32e bat la charge, marche en avant à toute course; les Russes, de leur côté, s'avancent avec une pareille audace. Il était nuit; on se mêle; les soldats luttent corps à corps. On reste dans cette position aussi extraordinaire qu'effrayante pendant près d'une heure. Chaque parti croyait que l'autre voulait se rendre. Le Russe posait son arme à terre pour indiquer au Français ce qu'il avait à faire. Le Français, le croyant prisonnier, voulait le faire filer sur les derrières. Le Russe ramassait aussitôt son arme et cherchait à en frapper son adversaire. Les officiers, chacun de leur côté, s'efforçaient de faire cesser cette mêlée qui n'occasionnait qu'un massacre inutile. La confusion, l'obscurité, les cris empêchaient qu'on pût s'entendre.
Cependant le général Dupont, voulant en finir, ordonna au colonel du 32e d'arracher homme par homme les soldats du milieu des rangs ennemis, et de les réunir.
Dans ce moment éclate l'incendie du village de Loiben; les Russes y avaient mis le feu pour éclairer le combat. A la faveur de cet incendie, le colonel Darricau reforme son régiment; dans ses rangs se placent les hommes du 9e qui étaient restés dans la mêlée. Il fait faire un roulement et commencer le feu. Ce feu, exécuté à deux pas, est si violent et si meurtrier que les Russes n'ont pas le temps d'y riposter. Tout ce qui n'est pas tué ou pris se jette dans le Danube ou se sauve dans les montagnes à la faveur de l'obscurité. Aussitôt règne le plus grand silence. Le maréchal Mortier est dégagé. Il arrive par Dürnstein avec la division Gazan ...
Le 32e perdit dans cette heure de massacre 2 tués et 27 blessés ..." (Alombert P. C. : « Le Corps d’Armée aux ordres du Maréchal Mortier, combat de Dürrenstein », Paris, Berger-Levrault, 1897, p. 128 ; E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 311). Nul ne sait rédiger le récit d'un combat comme le général Dupont !
"LETTRE DU GÉNÉRAL DUPONT A MADAME DUPONT
Spitz, le 21 brumaire an XIV.
... Il n'est plus question maintenant des Autrichiens, mais des Russes. J'ai eu hier une première affaire avec eux et c'est encore un succès bien précieux pour ma division. Je puis t'en parler sans t'alarmer aujourd'hui, puisqu'il n'y a plus qu'à s'en féliciter. Au plaisir de battre l'ennemi, se joint pour moi celui d'avoir été assez utile au maréchal Mortier et au général de division Gazan, qui se trouvaient coupés par une colonne que j'ai dispersée. C'est à huit heures du soir que cette division a été dégagée. Les Russes sont d'autres soldats que les Autrichiens : cependant quoiqu'ils fussent plus nombreux du double que nous, ils nous ont cédé l'avantage. Ma division leur a pris deux drapeaux et fait trois à quatre cents prisonniers. Le combat a été de la plus grande chaleur. C'est le 9e régiment qui a le plus agi. Le 32e a eu de beaux moments. Le colonel Barrois n'a pu arriver à temps. Le colonel Meunier se porte bien. Le maréchal Mortier dit hautement que je l'ai sauvé. C'est à Weissenkirchen que cette affaire s'est passée.
Je t'écris à minuit. Je n'ai pas dormi depuis deux jours..." (E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 310).
En 1826, le Général Dupont fait paraitre, sous forme de lettre adressée à M. le Comte D ... , un petit opuscule dans lequel il rappelle la part prise par les troupes de sa Division aux opérations de la campagne de 1805. Il consacre les lignes suivantes au combat de Dürrenstein : "… Le colonel Meunier marche rapidement à l'ennemi avec son brave régiment, le 9e léger; l'intrépide 32e accourt pour le soutenir ; le 96e se porte dans les gorges des montagnes sur notre gauche, et la division batave est placée en réserve …" (Alombert P. C. : « Le Corps d’Armée aux ordres du Maréchal Mortier, combat de Dürrenstein », Paris, Berger-Levrault, 1897, p. 131).
Le 26 Brumaire an 14 (17 novembre 1805), le Maréchal Mortier écrit, depuis le Quartier général de Sonnberg, au Général Dupont, à Sonnberg : "M. le général Dupont enverra 4 compagnies du 96e régiment au château de Sonnberg ; elles y coucheront cette nuit et maintiendront le bon ordre dans le village" (Alombert P. C. : « Le Corps d’Armée aux ordres du Maréchal Mortier, combat de Dürrenstein », Paris, Berger-Levrault, 1897, p. 223).
Après avoir assigné aux Divisions Dupont et Gazan la garnison de Vienne pour s'y reposer, le premier soin de l'Empereur est de faire donner des ordres, afin que des renforts soient mis en route pour reconstituer les effectifs de ces deux Divisions et en réorganiser les Corps. Le 1er Frimaire an 14 (22 novembre 1805), le Major général écrit, depuis Brünn, à Gérard : "... Ordre au dépôt du 32e régiment d'infanterie de ligne, à celui du 96e, à celui du 9e régiment d'infanterie légère de faire partir sur-le-champ 200 hommes du dépôt, indépendamment des hommes qui ont été déjà demandés. Ces 200 hommes, que chacun de ces trois corps doit envoyer, partiront, soit que les conscrits soient habillés, soit qu'ils ne le soient pas, les 600 hommes seront réunis à Strasbourg et partiront de là pour se rendre à Braunau, me prévenir du jour de leur arrivée.
M. Gérard prendra connaissance par la copie ci-jointe de l'ordre que j'ai adressé à M. Denniée" (Alombert P. C. : « Le Corps d’Armée aux ordres du Maréchal Mortier, combat de Dürrenstein », Paris, Berger-Levrault, 1897, p. 240).
"Chemin que tiendra un détachement composé :
1° De 200 hommes du 9e régiment d'infanterie légère;
2° De 200 hommes du 32e régiment d'infanterie de ligne;
3° De 200 hommes du 96e régiment d'infanterie de ligne;
formant ensemble 600 hommes pour se rendre à Braunau.
Partira de Landau le 15 frimaire an 14 (6 décembre 1805) avec du pain pour 2 jours et ira loger à :
15 frimaire, Wissembourg;
16 Haguenau;
17 Strasbourg;
18 Bischofsheim ;
19-20 Rastadt (séjour) ;
21 Ettlingen;
22 Pforzheim;
23 Enzweihingen ;
23 Kannstadt ;
24 Plöchingen ;
25 frimaire, Geislingen ;
26-27 Ulm (séjour) ;
28 Gunzburg ;
29 Zusmarshausen ;
30 frimaire-1er nivôse, Augsburg (séjour);
2 Schwabhausen ;
3 Freisingen ;
4 Landshut;
5 Vilsbiburg ;
6 Eggenfelden ;
7 Braunau" (Alombert P. C. : « Le Corps d’Armée aux ordres du Maréchal Mortier, combat de Dürrenstein », Paris, Berger-Levrault, 1897, p. 240).
La "Situation des troupes composant 1er corps d'armée aux ordres de M. le maréchal Mortier", à l'époque du 1er Frimaire an 14 (22 novembre 1805), c'est-à-dire deux jours après l'entrée de ce Corps à Vienne donne les chiffres suivants :
Division du Général Dupont - Situation des troupes.
96e de ligne. Barrois. 51 Officiers et 1107 hommes présents. 7 Officiers et 245 hommes détachés à Nordlingen, Passau, escorte des prisonniers; pontonniers. 4 Officiers et 322 hommes aux hôpitaux ; 1 Officier et 87 hommes prisonniers de guerre ; Total 1824 hommes (Alombert P. C. : « Le Corps d’Armée aux ordres du Maréchal Mortier, combat de Dürrenstein », Paris, Berger-Levrault, 1897, p. 233).
Le 3 Frimaire an 14 (24 novembre 1805), le Maréchal Mortier écrit, depuis son Quartier général de Vienne, au Major général : "Monsieur le Maréchal,
… Ainsi que j'ai eu l'honneur de vous en prévenir par ma lettre du 27 brumaire, les divisions des généraux Dupont et Gazan sont arrivées le lendemain à Vienne, et, depuis ce moment, elles sont occupées à la garde des ponts, des établissements publics et font le service de la place qui exige journellement un nombre de 1,350 à 1,400 hommes. Voici les noms des casernes qu'occupent les dtfférents corps de ces divisions :
... Le 96e régiment à Getrait-Marckt ...
J'ai voulu voir par moi-même ces divers établissements. J'ai trouvé la fourniture dans un état pitoyable : la paille y était tachée et remplie de vermine, il n'y a que très peu de draps et de couvertes.
Je me suis empressé de faire à ce sujet des représentations à M. l'intendant général de l'armée, qui s'occupe de faire fournir à la troupe tout ce dont elle a besoin, mais il ne lui a pas encore été possible de pourvoir à tout ce qui est nécessaire ..." (Alombert P. C. : « Le Corps d’Armée aux ordres du Maréchal Mortier, combat de Dürrenstein », Paris, Berger-Levrault, 1897, p. 252).
Le Maréchal Berthier rend compte à l'Empereur, depuis le Quartier général de l'Empereur à Brünn, le 4 Frimaire an 14 (25 novembre 1805), des mesures qu'il a prescrites : "... Je donne aussi l'ordre aux dépôts du 9e régiment d'infanterie légère et des 32e et 96e régiments de ligne qui se trouvent à Landau de faire partir le 15 frimaire, chacun 200 hommes, pour se rendre à Braunau, où ces 600 hommes arriveront le 4 nivôse. J'ai fait connaître à M. le maréchal Lefebvre que ces 600 hommes doivent se mettre en marche, soit que les conscrits soient habillés, soit qu'ils ne le soient pas, attendu que rien ne doit retarder leur départ" (Alombert P. C. : « Le Corps d’Armée aux ordres du Maréchal Mortier, combat de Dürrenstein », Paris, Berger-Levrault, 1897, p. 242).
Ainsi les 3es Bataillons des Régiments de la Division Dupont (9e Léger, 32e, 96e), qui jouent le rôle de Dépôts, doivent envoyer chacun 200 hommes à Braunau, d'où ils rejoindront leurs Corps (Alombert P. C. : « Le Corps d’Armée aux ordres du Maréchal Mortier, combat de Dürrenstein », Paris, Berger-Levrault, 1897, p. 244).
Le 9 Frimaire an 14 (30 novembre 1805), le Général Dupont écrit, depuis Vienne, au Général Marchand : "Je vous préviens, Général, que demain à midi, je passerai la revue des 32e et 96e. Ces régiments seront formés devant leurs casernes.
Donnez l'ordre que les armes soient dans le meilleur état et que les régiments se complètent en cartouches, à 50 par homme, dans le jour.
Prévenez MM. les colonels de tenir leurs troupes prêtes à prendre les armes, sans toutefois la consigner" (Alombert P. C. : « Le Corps d’Armée aux ordres du Maréchal Mortier, combat de Dürrenstein », Paris, Berger-Levrault, 1897, p. 279).
Au 15 Frimaire (6 décembre 1805), époque à laquelle les détachements doivent être mis en route, les effectifs des 3es Bataillons et Dépôts sont les suivants :
Division Dupont :
3e Bataillon du 96e régiment d'infanterie de ligne. 11 Officiers et 749 hommes ; 17 Officiers et 334 hommes détachés (ce Bataillon a envoyé des Officiers et 300 hommes à l’Armée du Nord, Division de Juliers) ; 46 hommes aux hôpitaux ; total 1157 hommes (Alombert P. C. : « Le Corps d’Armée aux ordres du Maréchal Mortier, combat de Dürrenstein », Paris, Berger-Levrault, 1897, p. 242).
Le 17 Frimaire an 14 (8 décembre 1805), le Général Dutaillis écrit, depuis le Quartier général de l'Etat-major général du 6e Corps, à Salzburg, au Général de Division Dupont : "Un mot, mon cher Général, pour nous rappeler à votre souvenir et vous dire que nous arrivons ici.
Nous avons des détachements de vos 3 régiments, sitôt qu'ils seront ici nous les dirigerons sur Vienne.
Ceux des 32e et 96e sont arrivés, mais celui du 9e n'arrivera qu’après-demain et nous voulons vous envoyer le tout. Prévenez-en Meunier et Barrois, qui m'ont écrit, et faites-leur mille amitiés de ma part.
On nous parle d'une grande bataille devant Olmütz. Nous enrageons de n'y avoir pas été. Nous attendons avec impatience le moment où nous serons remis en ligne avec la Grande Armée.
Si l'empereur de Russie est aussi entêté qu'on nous le dit, il faut que nous le suivions en Pologne.
Je vous fais mon compliment de la belle affaire de votre division, lorsqu’elle a débloqué la division Gazan. Avec de pareilles troupes, on est invincible et si nous avions été assez heureux pour être réunis, le 6e corps aurait fait parler de lui bien autrement.
Je n'ai que le temps de vous embrasser vous, Rouyer et Marchand et vous savez que c'est de tout mon cœur.
Nous nous portons tous à merveille.
Donnez-moi de vos nouvelles.
Mille amitiés à Hulin. On me dit qu'il commande à Vienne" (Alombert P. C. : « Le Corps d’Armée aux ordres du Maréchal Mortier, combat de Dürrenstein », Paris, Berger-Levrault, 1897, p. 270).
Le «Tableau de la répartition des 12,000 conscrits provenant des 5 dernières années » soumis par le Major général à l'Empereur le 3 nivôse an 14 (24 décembre 1805) propose d'affecter aux Corps des Divisions Dupont et Gazan un certain nombre de ces conscrits. Le Major général écrit, depuis le Quartier de l'Empereur à Schoenbrunn, le 3 Nivôse an 14 (24 décembre 1805) : "J'ai l'honneur de proposer à l'Empereur de répartir, suivant le tableau que je soumets à S. M., les 12,000 conscrits provenant des réserves des 5 dernières années, non appelés par le décret impérial du 2e jour complémentaire dernier.
Cette répartition est établie en faveur des régiments les plus faibles, de ceux enfin qui ont le plus souffert et qui ont le plus besoin de renforts pour être au niveau de l'effectif des autres corps.
Je propose à S. M. de faire diriger provisoirement tous ces conscrits sur Strasbourg, à l'exception de 1,300 qui seraient dirigés sur Alexandrie, pour être distribués de là dans les dépôts des corps suivant le nombre déterminé pour chacun des régiments désignés dans le tableau.
Je demande les ordres de S. M.". L’Extrait du tableau de répartition indique : 96e de ligne. 2 Bataillons, 1,660 hommes. 749 hommes au Bataillon de Dépôt le 15 Frimaire. Total 2409 hommes ; 200 conscrits destinés au Régiment. Non compris 88 prisonniers de guerre (Alombert P. C. : « Le Corps d’Armée aux ordres du Maréchal Mortier, combat de Dürrenstein », Paris, Berger-Levrault, 1897, p. 249).
Le 7 Nivôse an 14 (28 décembre 1805), le Général Dupont écrit, depuis Vienne, aux Généraux Rouyer et Marchand : "La division se réunira demain à 10 heures du matin sur le terrain où elle a passé la revue de l'Inspecteur, sur l’esplanade en face du palais, et partira de suite pour se rendre à Burkersdorf.
Les régiments marcheront dans leur ordre de bataille, le 1er régiment de hussards en tête. L'artillerie suivra le 96e régiment, qui fournira 25 hommes de garde et un officier.
Le pain et la viande seront pas avant de partir jusqu'au 10, inclusivement" (Alombert P. C. : « Le Corps d’Armée aux ordres du Maréchal Mortier, combat de Dürrenstein », Paris, Berger-Levrault, 1897, p. 298 ; E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 324).
/ 1806
Le 24 janvier 1806, Napoléon écrit depuis Strasbourg au Maréchal Lefebvre : "Mon Cousin, la division Dupont, composée du 9e d'infanterie légère, des 32e et 96e de ligne, va se rendre à Darmstadt. Mon intention est que, du moment qu'elle sera arrivée, elle y reçoive, des 3es bataillons des régiments qui la composent, le nombre de conscrits nécessaire pour la porter au grand complet de guerre, c'est-à-dire à 2,000 hommes par régiment; je suppose qu'il manque au complet de chacun 400 hommes. Donnez donc des ordres en conséquence. écrivez à ce général pour qu'il vous envoie son état de situation, et faites que les conscrits que vous lui enverrez arrivent à Darmstadt en même temps que lui. Cependant tenez secrète le plus possible la marche du général Dupont sur Darmstadt ..." (Correspondance de Napoléon, t.11, lettres 9705 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 11331; E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 326).
Le même jour, l'Empereur écrit, depuis Strasbourg, au Général Dupont, à Augsbourg : "Partez aussitôt que possible avec votre division, et rendez-vous dans le pays de Darmstadt où vous cantonnerez. Marchez en marche de guerre, avec votre artillerie et tout ce qui vous est nécessaire pour faire campagne. Arrivé à Darmstadt, vous tirerez, du dépôt du 1er de hussards et des 3es bataillons des régiments qui composent votre division, de quoi vous mettre au grand complet de guerre, de sorte que votre division soit de 6,000 hommes. Vous ne ferez point partie du corps du maréchal Augereau, mais vous serez sous ses ordres, excepté pour les mouvements militaires, et vous attendrez là un ordre ultérieur. Ne fatiguez point vos troupes par des marches forcées, mais ne vous arrêtez point que vous ne soyez arrivé, et prenez le chemin le plus court" (Correspondance de Napoléon, t.11, lettres 9706 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 11326).
Le 7 mars 1806, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Maréchal Augereau : "… Dirigez la division Dupont, composée des 9e, 32e et 96e régiments, sur Dusseldorf. Le général Dupont recevra là des ordres qui lui seront portés par un de mes aides de camp. Faites-moi connaître par un courrier le jour où ce général arrivera à Dusseldorf avec sa division ; le départ de ces 10,000 hommes débarrassera d'autant vos environs …" (Correspondance de Napoléon, t.12, lettres 9938 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 11614).
Les trois Régiments de la Division sont disséminés dans les États du Grand-Duc de Berg ; le 9e Léger occupe le Duché de Clèves, le 32e est à Liège, et le 96e reste à Düsseldorf (E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 332).
Le 22 juin 1806, l'Empereur écrit depuis Saint-Cloud au Général Dejean, Ministre directeur de l'Administration de la Guerre : "Monsieur Dejean, je vous envoie un travail sur l'emplacement que doit occuper la Grande Armée au moment de sa rentrée en France. Vous me proposerez une meilleure répartition, à peu près dans les mêmes divisions, si vous y entrevoyez quelque économie pour le service, soit pour les lits, soit pour le fourrage, soit pour le casernement.
... 6e corps du maréchal Ney
6e et 5e divisions militaires
… Landau 96e de ligne ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 11352).
Le 24 juin 1806, Murat écrit au Comte de Nesselrode : "A monsieur le comte de Nesselrode, ministre de l'Intérieur
Monsieur le ministre, je vous préviens que le 32e régiment de ligne étant appelé à Paris, je donne au colonel du 96e l'ordre de faire remplacer les détachements qui sont à Essen et Werden par des détachements de son corps et d'égale force que les premiers. Je lui ordonne en même temps de retirer les divers cantonnements de son régiment et de le concentrer tout à fait à Düsseldorf" (Le Brethon Paul : « Lettres et documents pour servir à l'histoire de Joachim Murat, 1761-1815 », Plon, 1908-1914, t. 4, p. 243, lettre 2370).
Le même 24 juin 1806, Murat écrit, depuis Neuilly, au Colonel Barrois : "A monsieur le colonel du 96e régiment de ligne.
Monsieur le colonel, aussitôt après le départ du 32e régiment de ligne, vous retirerez les divers cantonnements de votre régiment et vous le concentrerez à Düsseldorf, à l'exception des détachements que vous enverrez à Essen et Werden. Ces détachements devront être d'égale force que ceux du 32e qui en seront retirés" (Le Brethon Paul : « Lettres et documents pour servir à l'histoire de Joachim Murat, 1761-1815 », Plon, 1908-1914, t. 4, p. 244, lettre 2372).
Encore le 24 juin 1806, Murat écrit au Colonel Darricau : "A monsieur le colonel du 32e régiment de ligne.
Monsieur le colonel, vous allez incessamment recevoir, ou vous avez déjà reçu, l'ordre de vous rendre à Paris pour y tenir garnison. Vous ferez relever de suite les détachements du 32e de ligne qui sont à Essen et Werden, par des détachements d'égale force du 96e" (Le Brethon Paul : « Lettres et documents pour servir à l'histoire de Joachim Murat, 1761-1815 », Plon, 1908-1914, t. 4, p. 245, lettre 2373).
Le 8 juillet 1806, Murat écrit à Agar : "Monsieur Agar, je reçois votre dépêche du 4 juin, il est plus que surprenant que vous vous soyez permis d'empêcher l'exécution des ordres que j'avais donnés, de faire relever les détachements d'Essen et de Werden par des détachements de même force, et que vous ayez pu faire consentir le colonel Darricau à une entière évacuation, quand vous saviez que j'avais refusé formellement, il y a deux mois, l'arrangement qui vient d'être conclu et sur votre avis et par votre influence. De quel droit vous êtes vous immiscé dans une affaire tout à fait étrangère à vos fonctions ? et le soin que j'avais pris de ne vous donner aucun avis à cet égard, ne devait-il pas vous avertir que vous ne deviez pas vous en mêler ? Je suis on ne peut pas plus mécontent de votre conduite dans cette circonstance. L'Empereur en est furieux ; vous me faites perdre un pays que j'étais sur le point d'obtenir, et c'est un affront pour nos armes. Vous saviez que j'avais pu consentir à laisser nos soldats prisonniers plutôt que d'évacuer, et vous de votre autorité, de votre propre influence, vous tranchez la question et vous prenez sur vous de décider une affaire qui occupe depuis quatre mois Sa Majesté. J'espère que ce sera la dernière fois que vous vous mêlerez de ce qui ne vous regarde pas. Que ne vous occupez-vous de préférence à m'envoyer les différents rapports que j'attends depuis longtemps. Je ne conçois pas comment les députés du commerce qui ont été nommés, ne sont pas encore arrivés. Que le commerce cesse donc de se plaindre, si je n'obtiens rien pour lui. Faites-les partir au reçu de ma lettre ainsi que le sieur Dupreuil.
Le général Beaumont va recevoir l'ordre de se rendre à Düsseldorf, je le nommerai commandant de ma Principauté. Il logera aux écuries, en attendant que le logement qu'occupait le général Künckel soit en état de le recevoir. Il est chargé d'écrire à Mr le général Blücher que je n'ai point approuvé l'arrangement qui a été conclu entre le colonel Darricau et le colonel … pour l'évacuation d'Essen et Werden et qu'il a l'ordre d'y renvoyer le même détachement, s'il ne donne pas lui-même l'ordre d'en sortir aux troupes qui pourraient s'y trouver; que l'intention de l'Empereur est que le pays en litige reste sans troupes, jusqu'à la fin des négociations entamées à cet égard. Pourquoi ne m'avez-vous pas envoyé la convention qui a été faite pour l'évacuation ?
La Princesse Caroline ne tardera point à arriver, je désire que vous fassiez donner des ordres pour que Benrath soit en état de la recevoir" (Le Brethon Paul : « Lettres et documents pour servir à l'histoire de Joachim Murat, 1761-1815 », Plon, 1908-1914, t. 4, p. 251, lettre 2388).
Le 11 juillet 1806, l'Empereur adresse, toujours depuis Saint-Cloud, une deuxième lettre à Berthier, dans laquelle il écrit : "Mon intention étant de compléter les compagnies des bataillons de la Grande Armée à 140 hommes par compagnie, officiers compris, je vous ai ordonné par une lettre de ce jour de dissoudre le corps de réserve de Lefebvre en faisant rejoindre chaque détachement de son corps d'armée.
Mon intention est également que vous donniez l'ordre aux différents dépôts d'envoyer à leur corps le nombre d'hommes porté dans l'état ci-joint. Tous ces détachements qui partiront du camp de Boulogne seront passés en revue par le maréchal Brune qui s'assurera s'ils sont munis de tout le nécessaire. Ils seront commandés par un adjudant commandant nommé par le maréchal ...
ANNEXE
état des hommes que les dépôts des régiments désignés ci-après feront partir pour rejoindre les bataillons de guerre à la Grande Armée
Le dépôt ... du 96e [fera partir un détachement de] 300 [hommes] …" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 1, lettre 519 (ne donne pas l’annexe) ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12462).
Le 12 juillet 1806, Murat écrit à Napoléon : "Sire, j'ai eu l'honneur d'informer Votre Majesté de la désertion qui se manifestait dans mon régiment de Berg, et de vous en exposer les causes. Je viens de recevoir de nouvelles plaintes à ce sujet, et il paraît que les désertions deviennent de jour en jour plus fréquentes. Votre Majesté a eu la bonté de me dire qu'Elle daignera remédier à ce mal, dont la cause est la comparaison trop rapprochée de la situation du soldat français avec celle de mes troupes, en éloignant le 96e régiment et en le faisant partir pour Cologne. Sur un simple consentement verbal de Votre Majesté, je ne me suis pas cru autorisé à faire effectuer ce mouvement et je la supplie de vouloir bien donner des ordres à ce sujet à son ministre de la Guerre.
Qu'il me soit permis en mème temps de solliciter de V. M. de nouveaux ordres pour la prompte réparation des casernes de Wesel. On m'informe et il n'est que trop vrai que les habitants de cette ville ne pouvant plus supporter le fardeau des logements, abandonnent leurs maisons pour aller s'établir ailleurs. Un pareil état de choses ne pourrait subsister plus longtemps sans entraîner les résultats les plus malheureux, et j'ose espérer que Votre Majesté daignera prendre cet objet en très grande considération, etc." (Le Brethon Paul : « Lettres et documents pour servir à l'histoire de Joachim Murat, 1761-1815 », Plon, 1908-1914, t. 4, p. 261, lettre 2398).
Le 23 juillet 1806, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Dejean, Ministre directeur de l'Administration de la Guerre : "Monsieur Dejean, donnez ordre que le général Dupont réunisse à Cologne le 9e régiment d'infanterie légère, les 32e et 96e, ainsi que le 1er d'hussards et son artillerie. Il pourra s'étendre pour sa commodité depuis Cologne jusqu'à Coblence. Il passera la revue de sa division, se remettra en état de marche et attendra de nouveaux ordres. Ses troupes recevront les vivres de campagne et seront traitées sur le pied de guerre ..." (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 1, lettre 550 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12563).
Le 26 juillet 1806, l'Empereur écrit, depuis Benrath, à Napoléon : "Sire ... Je prends la liberté de joindre à cette demande celle qui vous a été adressée par le sieur Vandermaesen, adjudant-major au 96e régiment, d'une place gratuite au lycée de Moulins pour son fils, âgé de neuf ans. Cette faveur de Votre Majesté serait la récompense des services de ce brave officier. Il en est digne par son zèle et son dévouement" (Le Brethon Paul : « Lettres et documents pour servir à l'histoire de Joachim Murat, 1761-1815 », Plon, 1908-1914, t. 4, p. 277, lettre 2420).
"J'ai été hier deux fois au château de Benrath, écrit le Général Dupont le 27 juillet 1806; la première, pour chercher le prince, qui est venu voir la manœuvre du 96e régiment ; la seconde, pour dîner. Je n'ai pas profité de l'offre qu'il m'avait faite de loger chez lui, pour ne pas gêner les personnes de sa Cour. J'ai pris d'aujourd'hui un logement à Dûsseldorf, et j'ai quitté le triste séjour de l'auberge ... On dit que les Prussiens se renforcent dans le comté de la Marck; cela nous touche et s'ils ont réellement 20000 hommes à Munster, nous pourrions bien aller demander compte de leurs intentions secrètes. — Le 32e régiment vient à Cologne. Bien de nouveau encore pour les autres régiments..." (E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 332).
Le 1er août 1806, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Rapp, commandant la 5e Division militaire, à Srasbourg : "J'ai reçu votre lettre avec le livret, qui y était joint, des trois colonnes que vous avez fait partir pour la Grande Armée, se montant à 4,200 hommes d'infanterie et 2,000 chevaux. Je désire que vous me fassiez connaître, par un livret pareil, ce qui reste aux dépôts en officiers, sous-officiers et soldats, et en chevaux, et ce qui leur manque pour qu'ils fournissent un plus grand nombre de troupes et de chevaux.
J'ai confronté votre livret avec mes états de situation ; j'y vois,
… Que les 57e, 88e et 96e n'ont rien fourni ..." (Correspondance de Napoléon, t.13, lettres 10579 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12634).
Le 4 août 1806, Murat écrit à Dejean, Ministre directeur : "Monsieur le ministre, tous les mouvements que vous avez ordonnés par vos lettres des 25 et 29 juillet ont eu lieu. La division Dupont se trouve réunie à Cologne et aux environs, et l'artillerie et le bataillon du train sont en route de Wesel pour Augsbourg. Dès que son itinéraire me sera parvenu, je l'adresserai à Vôtre Excellence ..." (Le Brethon Paul : « Lettres et documents pour servir à l'histoire de Joachim Murat, 1761-1815 », Plon, 1908-1914, t. 4, p. 286, lettre 2438).
A l'époque du 22 septembre 1806, la Division Dupont a ses deux Brigades commandées par les Généraux Rouyer et Legendre. La situation de ses Régiments présente les effectifs suivants :
9e Léger (Colonel Meunier), 3 Bataillons, 44 Officiers, 2210 hommes présents.
32e de Ligne (Colonel Darricau), 2 Bataillons, 57 Officiers, 2141 hommes présents.
96e de Ligne (Colonel Barrois), 2 Bataillons, 57 Officiers, 2184 hommes présents.
Total : 7 Bataillons, 178 Officiers, 6535 hommes (E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 333).
Au moment où le Général Dupont reçoit l’ordre de quitter Cologne pour se rendre à Würzburg, sa Division occupe les emplacements ci-après : 1er de Hussards, à Coblentz ; 9e d'Infanterie légère, à Bonn; 32e et 96e de Ligne, et Artillerie, à Cologne. Ces corps se mettent en marche le 23 septembre et font la route jusqu'à Würzburg en dix jours, ainsi qu'il suit :
23 septembre 1806. — Départ du 1er Régiment de Hussards, de Coblenz pour Boppard ; du 9e d'Infanterie légère, de Bonn à Andernach ; des 32e et 96e et de l'Artillerie, de Cologne à Bonn.
24 septembre 1806. — Départ du 1er de Hussards, de Boppard à Bacharach ; du 9e d'Infanterie légère, d'Andernach à Coblenz ; du 96e pour Sinzig ; du 32e et de l’Artillerie pour Andernach.
25 septembre 1806. Le 1er Régiment de Hussards se rend de Bacharach à Bingen ; le 9e d'Infanterie légère à Bacharach ; le 96e de Ligne à Coblenz ; le 32e de Ligne, à Kapellen, Rhens, Spay, Ober et Nieder-Spay ; l'Artillerie à Boppard.
26 septembre 1806. Le 1er Régiment de Hussards arrive à Mayence ; le 9e d'Infanterie légère à Bingen et en avant ; le 32e à Bacharach et en avant ; le 96e à Saint-Goar ; l'Artillerie à Bacharach.
27 septembre 1806. Le 1er Régiment de Hussards séjourne à Mayence ; le 9e et le 32e y arrivent avec l'Artillerie ; le 96e reste en arrière dans les villages de Nieder-Ingelheim, Ober-Ingelheim, Wackernheim, etc.
28 septembre 1806. Le 1er Régiment de Hussards se rend à Offenbach ; le 9e, le 32e et l'Artillerie à Francfort ; le 96e à Höchst et villages voisins.
29 septembre 1806. Le 1er de Hussards, le 9e, le 32e et l'Artillerie à Aschaffenburg ; le 96e à Seligenstadt.
30 septembre 1806. Le 1er Régiment de Hussards à Trennfurt et villages voisins ; le 9e à Esselbach et villages voisins ; le 32e à Bischbrunn et Steinmarck ; le 96e à Bessenbach et villages voisins ; l'Artillerie bivouaque à Rohrbrunn.
1er octobre 1806. Le 1er Régiment de Hussards à Hettstadt, etc. ; le 9e à Uttingen et villages voisins ; le 32e à Reimlingen et autres villages ; le 96e à Esselbach et villages voisins ; l'Artillerie à Lengfurt à 2 lieues en arrière.
2 octobre 1806. L'état-major général à Würzburg ; le 1er Régiment de Hussards à Thüngersheim ; le 9e et l'Artillerie à Veitshöchheim ; le 32e à Versbach ; le 96e, un Bataillon à la citadelle de Würzburg et l'autre à Unter-Dürrbach.
3 octobre 1806. Le 1er Régiment de Hussards est détaché de la Division. Séjour à Würzburg (E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 334 - Note : Ces renseignements sur les mouvements de la Division Dupont sont tirés en partie du Journal des Marches et Cantonnements de cette Division pendant les campagnes de 1806 et 1807, se trouvant dans les papiers du Général Dupont, mis à disposition M. le Comte Dupont, son petit-fils, et qui n'existe pas aux Archives de la guerre).
L'Ordre de la Division, du 2 octobre, assigne les cantonnements pour le lendemain, savoir : "La division sera cantonnée demain ainsi qu'il suit :
... Le 96e : un bataillon à la citadelle de Würzburg, l'autre à Versbach ...
MM. les colonels enverront demain l'état des objets d'armement qu'ils ont reçus des magasins de Mayence, ainsi que des objets d'ambulance.
Le général de division,
Signé : Dupont.
MM. les colonels rendront compte de leur position dans leurs cantonnements et des ressources qui s'y trouvent" (E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 338).
La Division part pour Deltelbach, petit bourg de 350 feux. Elle marcha le 5 sur Burgelbrach ; sa marche est retardée au village de Schwarzenau, sur le Main, n'ayant pu traverser cette rivière qu'à l'aide d'un grand bac susceptible de recevoir deux voilures. Le 9e Léger cantonne à Burgelbrach, le 32e à Gehag, et le 96e à Burgenheim. Le 1er Régiment de Hussards est resté à Würzburg, par ordre du Major général, pour servir auprès de l'Empereur jusqu'à l'arrivée de sa Garde à cheval. De Würzburg, le 5 octobre, l'Empereur informe le Maréchal Bernadotte qu'il attache la Division Dupont à son Corps d'armée; la Division Dupont devient ainsi 1re Division du 1er Corps d'armée (E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 339).
La Division Dupont se rend, le 6 octobre, à Bamberg. Le 9e Régiment cantonne dans le faubourg, le 32e dans les villages en arrière sur la droite, et le 96e sur la gauche (E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 340).
Un Ordre de la Division Dupont, en date du 6 octobre, indique comment doivent marcher les Corps qui la composent, savoir :
"Bamberg.
La division marchera désormais dans l'ordre suivant :
Les différents corps suivront habituellement dans la marche leur ordre de bataille.
La 1re brigade sera suivie immédiatement par son artillerie composée de 2 pièces de 6 et un obusier.
La 2e aura 4 pièces de 6 qui marcheront immédiatement après le 32e avec leurs caissons de munitions et les hommes nécessaires pour les servir.
Le reste de l'artillerie formera la réserve et marchera après le 96e ..." (E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 343).
/ 1807
Le 11 janvier 1807, le Colonel du 96e Régiment d'Infanterie, Commandant de la Légion d'honneur, écrit, depuis klusiowo, au Général Dupont : "Mon Général,
J'ai l'honneur de vous adresser les états demandés par le Chef de votre Etat-Major. J'y ai ajouté une demande en faveur du capitaine Dubois. L'officier que j'ai envoyé à Varsovie n'est point encore revenu : j'attendais qu'il fût de retour pour vous en prévenir et vous témoigner la vive reconnaissance dont vos bontés m'ont pénétré. Quel que soit le succès de votre demande, mon général, l'obligation en est la même, et le souvenir m'en sera toujours présent. Je suis glorieux d'avoir pu mériter votre estime, et ma reconnaissance, qui ne peut s'exprimer, égale mon entier dévouement et mon attachement respectueux.
Barrois" (E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 465).
Les troupes du 1er Corps d'armée restent pendant douze jours dans leurs cantonnements provisoires : la 1re Division ayant son Quartier général à Szumsk (9e Léger à Krinowloga, 32e de ligne à Dzierzowo, 96e de Ligne à Kilki et environs); la 2e Division détachée à Thorn ; la 3e Division, Quartier général à Szrensk (27e Léger à Mlawa et environs, le 94e de Ligne à Soldau et environs, le 95e de ligne à Szrensk et environs); le Grand Parc (Colonel Navelet) à Podgorz, rive gauche de la Vistule (E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 464).
"Le 20, on se mit à sa poursuite (de l'ennemi), et on sut, par les reconnaissances, qu'il était effectivement dans cette ville. Pendant la marche, quelques partis de cavalerie ennemie se montrèrent sur les flancs et à la queue de la colonne, mais ils furent éloignés par des tirailleurs du 96e régiment de ligne qui leur tuèrent plusieurs hommes. A une lieue de Holland, le 18e de dragons, qui précédait l'infanterie, rencontra un régiment de dragons prussiens, le chargea, le poursuivit jusqu'aux portes de la ville, et lui fit 60 prisonniers. Pendant ce temps, le général Dupont avait fait déployer l'infanterie sur le plateau qui domine celle ville et prescrivait des dispositions d'attaque, lorsqu'on vint lui rendre compte que l'ennemi continuait sa retraite.
Un bataillon d'infanterie légère (9e régiment) et un du 96e logèrent dans la ville. Les autres troupes bivouaquèrent en avant" (Journal des marches et cantonnements de la division Dupont, Archives Dupont - In E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 467).
"Ordre de mouvement.
Le général Dupont partira demain, 21 du courant, à 10 heures précises du matin, avec le 96e régiment, un bataillon du 32e, un bataillon du 9e et la Brigade de dragons pour se rendre à Elbing, passant par Preuss-Marck. Il y arrivera serré et de manière à pouvoir surprendre la ville où, suivant les rapports, il doit se trouver 7 à 800 hommes d'infanterie, et un ou deux escadrons de cavalerie.
Le général Dupont laissera à Holland le colonel Darricau avec un bataillon de son Régiment ; deux compagnies de ce bataillon seront placées l'une à Marienfelde et l'autre à Steegen.
Le général Dupont laissera aux ordres du général Tilly le colonel Meunier, un bataillon du 9e et deux pièces d'artillerie.
Le général Tilly partira de ses cantonnements à 9 heures précises du matin, avec la division de cavalerie légère et les troupes que lui laisse le général Dupont. Il se dirigera sur Mühlhausen et, après avoir fait reconnaître si l'ennemi occupe cette ville, il y fera entrer l'infanterie dans le cas où l'ennemi ne fût pas en état d'y opposer une grande résistance.
La cavalerie légère sera cantonnée à Herrendorf, Schönfeld, Sumpf, et villages environnants.
Le 2e de hussards sera placé en 2e ligne pour pouvoir faire ferrer ses chevaux.
Les généraux Dupont et Tilly communiqueront ensemble par des détachements afin de pouvoir se secourir mutuellement.
Le Prince suivra l'un ou l'autre mouvement ; mais il ordonne aux deux généraux de correspondre entre eux toutes les heures et de se prévenir mutuellement de ce qu'ils apprendront de l'ennemi.
Les compagnies du 9e restées en arrière rentreront à leur régiment.
Le général Tilly arrivé à Mühlhausen enverra de fortes reconnaissances sur la route de Braunsberg, Mehlsack et Wormditt.
Tous les soldats malades et les chevaux éclopés seront envoyés à Holland.
Le général Dupont donnera les ordres au colonel Meunier pour la rentrée des compagnies.
J. Bernadotte" (E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 468).
Le lendemain, ayant appris que l'ennemi s'était porté sur Mühlhausen, le Maréchal Bernadotte prescrit au Général Dupont de laisser le 9e Léger en entier, à Holland, à la disposition du Général Tilly. "Vous marcherez, écrit le Prince, avec le 96e régiment et un bataillon du 32e, et votre brigade de dragons. Vous donnerez l'ordre au colonel Darricau d'établir un service de surveillance ; il se servira, au besoin, des hommes qui restent icy avec les chevaux éclopés" (E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 468).
"GRANDE ARMÉE
1er Corps
Au Quartier Général à Elbing, le 23 janvier 1807.
Etat-Major Général.
Ordre de Mouvement pour le 24 janvier 1807.
Le Général Dupont fera partir demain 24 janvier le bataillon du 9e régiment qui est à Braunsberg, et se dirigera sur Mühlhausen.
Le bataillon qui est à Mühlhausen sera dirigé sur Neuendorf et environs près de Holland.
Le bataillon du 32e et celui du 96e, qui sont entre Elbing et Holland, seront cantonnés près de Holland sur la route de Mohrungen ...
Le Général Tilly fera suivre par le 5e de chasseurs le mouvement du bataillon qui part de Braunsberg. Ce régiment se repliera sur Mühlhausen avec ce bataillon ...
Mouvements du 25.
Le Général Dupont concentrera sa Division entre Holland et Mohrungen exclusivement. Il mettra le plus de monde qu'il sera possible dans les villages près de Mohrungen ...
Les généraux Tilly et Dupont donneront des ordres pour éclairer les débouchés de la Passarge ...
Le quartier général du Maréchal Prince de Ponte-Corvo sera demain à Holland, et le 25 à Mohrungen ; c'est là qu'on lui adressera les Rapports.
MM. les Généraux donneront toutes les instructions de détail ; ils sont prévenus que tous ces mouvements sont commandés par ceux de l'ennemi qui a levé ses quartiers d'hiver et a inquiété la marche du Maréchal Ney ...
Le Maréchal Prince de Ponte-Corvo,
Bernadotte" (E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 473).
Le 24 janvier 1807, à 5 heures du soir, de Holland, le Maréchal Bernadotte envoie au Général Dupont l'ordre de partir d'Elbing le lendemain, à 4 heures du matin, et de se trouver à Holland avant 10 heures. L'Ordre est ainsi conçu : "Une reconnaissance du 2e d'hussards s'est portée sur Wormditt. Elle a appris du baillif qu'un corps de 8 000 Russes se trouvait à 4 lieues au delà de cette ville.
Cette reconnaissance a trouvé, à son retour, sur les bords de la Passarge, un détachement de 40 chevaux, hussards noirs et Cosaques ; elle les a vivement chargés et a fait quelques prisonniers dont le commandant du détachement.
M. le Maréchal Ney me marque, d'un autre côté, que les Russes se sont emparés de Passenheim et d'Ortelsburg.
Je pense, mon cher Général, que, d'après ces renseignements, nous n'avons point de temps à perdre pour nous réunir ; en conséquence, je désire que vous partiez d'Elbing à 4 heures et que vous soyez arrivé au plus tard demain matin à 10 heures à Holland, avec toutes les troupes que vous avez dans cette première ville, et je vous engage à recommander bien expressément de marcher en bon ordre, et de se bien garder dans les cantonnements ...
Ordonnez au colonel du 96e de partir d'Elbing avant son bataillon et de réunir toutes les compagnies qu'il a cantonnées dans les villages, et de désigner un rendez-vous général, afin qu'on marche ensemble et dans le plus grand ordre, et toujours comme en présence de l'ennemi.
Je vous répète qu'il n'y a pas un moment à perdre.
Je ne doute pas que les armes ne soient en bon état, que chaque soldat ait les 5o cartouches, et que chaque régiment ait son caisson avec lui.
J'ai l'honneur de vous saluer avec amitié.
J. Bernadotte" (E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 478).
- Combat de Mohrüngen
"Pendant ce temps, le général Dupont, qui débouchait de la route de Preussich-Holland avec les 32e et 96e régiments, reçu l’ordre de se diriger de Wiese sur Georgenthal, afin de tourner la droite de l’ennemi" (Bernadotte à l'Empereur, 26 janvier 1807 - Cazalas E. : « Mémoires du Général Bennigsen », tome 1, page 151 et suivantes).
Au moment d'engager le combat, le Maréchal Bernadotte envoie son premier Aide de camp à la rencontre du Général Dupont, pour lui dire de se hâter et de déboucher par Wiese sur Georgenthal, de manière à tomber sur le flanc droit de l'ennemi en menaçant de le tourner. — La 1re Division a pris les armes à Elbing, à deux heures du matin, et, sans se reposer, sans manger, ces admirables soldats ont fourni une marche de douze lieues, par de très mauvais chemins, où l'artillerie a peine à avancer. Il est trois heures du soir, lorsque le Général Dupont se présente à Neuhof, à trois quarts de lieue de Mohrungen, avec un Bataillon du 9e Léger (Commandant Rameau), le 32e de Ligne, le 96e, et la cavalerie légère (2e de Hussards et 5e de Chasseurs).
Le Journal de la Division mentionne ainsi cet engagement : "Dans la nuit du 24 au 25, les 9e léger, 32e et 96e de ligne prirent les armes et se mirent immédiatement en route. A trois heures du soir, ils avaient fait 12 lieues et se mettaient en bataille sur le plateau en avant du village de Neuhof, distant d'environ trois quarts de lieue de Mohrungen. Les deux autres divisions, qui avaient précédé celle du général Dupont, étaient en position à droite de cette ville. Dans ce même moment, l'avant-garde de l'armée russe, forte d'environ 10000 hommes, débouchait et se formait en avant du village de Georgenthal. Des tirailleurs furent envoyés de part et d'autre et bientôt l'affaire devint générale et sur toute la ligne. Ce village, vivement défendu par l'ennemi, fut enlevé à la baïonnette par un bataillon du 9e d'infanterie légère. Ce premier choc ébranla l'ennemi et le força à la retraite, après une heure de combat dans lequel il perdit quelques centaines d'hommes tués ou faits prisonniers. Notre perte fut légère. Pendant que l'on se battait, les Cosaques parvinrent à tourner la ville de Mohrungen, y pénétrèrent et s'emparèrent d'une partie des équipages. Le général Pacthod avait fait la faute de ne pas y laisser une garde suffisante. — Malgré ce succès, le prince de Ponte-Corvo, qui savait que l'armée russe et le corps prussien étaient en mouvement, prit la sage résolution de battre en retraite sur Thorn, pour donner le temps à l'Empereur, qui était à Varsovie, de savoir ce qui se passait et de secourir le 1er corps d'armée" (Journal des marches et cantonnements de la division Dupont, Archives Dupont - In E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 484).
Le Prince de Ponte-Corvo rend compte du combat de Mohrungen par le rapport suivant, daté de Mohrungen, le 26 janvier 1807 : "Pendant ce temps, le Général Dupont, qui débouchait de la route de Rolland avec les 32e et 96e régiments, eut l'ordre de se diriger de Wiese sur Georgenthal, afin de tourner la droite de l'ennemi. Il arriva à ce village en même temps que les troupes de l'attaque de front. Un bataillon du 32e s'y précipita le premier (1) ; l'ennemi fut horriblement maltraité. Tout ce qui se trouvait dans le village fut tué ; on ne fit de prisonniers que ceux qui se cachèrent dans les maisons. L'ennemi fut encore poursuivi jusqu'à une demi-lieue au delà de Georgenthal. La nuit nous empêcha d'aller plus loin ; toutes les troupes bivouaquèrent en avant du village ..." (Note : Il y a là une erreur ; le village de Georgenthal fut enlevé par le bataillon du 9e léger du commandant Rameau, qui fut blessé. Comme le marque le Précis historique des campagnes du 1er corps, c'est à l'attaque qui suivit la prise du village et à la poursuite des Russes, que le 32e se distingua (Voir aussi le Journal des marches de la division Dupont). Pourtant le Ggénéral Girod (De l'Ain), alors Sous-lieutenant au 9e Léger, dit que ce Bataillon fut peu engagé - E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 485).
Les troupes victorieuses prennent position sur le champ de bataille : le 27e Léger bivouaque en avant de Georgenthal, à gauche de la route de Liebsladt, et à droite de cette même route, s'établit le 9e Léger, ayant en avant de lui des postes de cavalerie légère; le 32e et le 96e occupent Georgenthal, avec les 2e et 4e Régiments de Hussards et le 18e de Dragons; un Bataillon du 8e de Ligne et le 94e se placent en arrière de Georgenthal ; un Escadron de cavalerie légère et deux Compagnies d'infanterie s'installent à Wiese pour surveiller la route de Rolland (E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 484).
Le 55e Bulletin de la Grande armée, daté de Varsovie, le 29 janvier 1807, raconte : "Voici les détails du combat de Mohrungen :
Le maréchal prince de Ponte-Corvo arriva à Mohrungen avec la division Drouet, le 25 de ce mois, à onze heures du matin, au moment où le général de brigade Pacthod était attaqué par l'ennemi.
Le maréchal prince de Ponte-Corvo fit attaquer sur-le-champ le village de Pfarrersfeldchen par un bataillon du 9e d'infanterie légère. Ce village était défendu par trois bataillons russes, que l'ennemi fit soutenir par trois autres bataillons. Le prince de Ponte-Corvo fit aussi marcher deux autres bataillons pour appuyer celui du 9e. La mêlée fut très-vive; l'aigle du 9e régiment d'infanterie légère fut enlevée par l'ennemi ; mais, à l'aspect de cet affront dont ce brave régiment allait être couvert pour toujours, et que ni la victoire ni la gloire acquise dans cent combats n'auraient lavé, les soldats, animés d'une ardeur inconcevable, se précipitent sur l'ennemi, le mettent en déroute et ressaisissent leur aigle.
Cependant la ligne française, composée du 8e de ligne, du 27e d'infanterie légère et du 94e, était formée. Elle aborde la ligne russe, qui avait pris position sur un rideau. La fusillade devient vive et à bout portant.
A l'instant même le général Dupont débouchait de la route de Holland avec les 32e et 96e régiments. Il tourna la droite de l'ennemi. Un bataillon du 32e régiment se précipita sur les Russes avec l'impétuosité ordinaire à ce corps ; il les mit en désordre et leur tua beaucoup de monde. Il ne fit de prisonniers que les hommes qui étaient dans les maisons. L'ennemi a été poursuivi pendant deux lieues. La nuit a empêché de continuer la poursuite. Les comtes Pahlen et Galitzin commandaient les Russes. Ils ont perdu 300 hommes faits prisonniers, 1,200 hommes laissés sur le champ de bataille et plusieurs obusiers. Nous avons eu 100 hommes tués et 400 blessés.
Le général de brigade Laplanche s'est fait distinguer. Le 19e de dragons a fait une belle charge sur l'infanterie russe. Ce qui est à remarquer, ce n'est pas seulement la bonne conduite des soldats et l'habileté des généraux, mais la rapidité avec laquelle les corps ont levé leurs cantonnements et fait une marche de nuit très-forte pour toutes autres troupes, sans qu'il manquât un seul homme sur le champ de bataille. Voilà ce qui distingue éminemment des soldats qui ne sont mus que par l'honneur …" (Panckoucke : « Oeuvres de Napoléon Bonaparte », 1821-1822, t. 4, p. 160 ; Correspondance de Napoléon, t.14, lettre 11737).
Le 29 janvier 1807, le Général Dupont écrit, depuis Lobau, à son épouse :
"Le 32e s'est aussi bien distingué dans l'affaire de Mohrungen dont je t'ai parlé. Le 96e et son colonel méritent toujours les mêmes éloges ..." (E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 495).
"29 janvier 1807 . — Le 29, les troupes (1re Division) se dirigèrent sur Löbau. Le 9e léger occupa Rosenthal, le 32e< Kazanitz, et le 96e/strong> avec l'état-major de la Division s'établirent à Bischwald. A peine arrivé, on entendit une fusillade au village de Grabau, qui était gardé par un escadron du 4e régiment de hussards, et 2 compagnies du 9e d'infanterie légère, commandés par le général de brigade Cambacérès. Le général Dupont fit aussitôt prendre les armes à sa Division et marcha rapidement sur Grabau. Chemin faisant, il apprit que deux régiments de hussards noirs et une centaine de Cosaques avaient tenté d'enlever les troupes qui se trouvaient dans ce village ; mais à l'approche de cette cavalerie, les deux compagnies du 9e léger et l'escadron du 4e de hussards avaient eu le temps de prendre une bonne position et de former le carré. Le feu de l'infanterie, fait à propos, déconcerta l'ennemi et l'obligea à se retirer sur-le-champ, en laissant sur le terrain plusieurs morts, dont un colonel et un capitaine, et quelques blessés. Les Français eurent à regretter un capitaine de hussards tué, et quelques hommes faits prisonniers. On admira le courage, le sang-froid et la bravoure que ce détachement montra dans cette circonstance difficile : il en reçut des éloges du Prince" (Journal des marches et cantonnements de la division Dupont, Archives Dupont - In E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 496).
"30 janvier (1/2 lieue). — Le lendemain, à sept heures du matin, la Division (1re) se rendit sur le plateau de la petite ville de Löbau, à une demi-lieue de Bischwald. Le 9e Régiment prit position en arrière de la ville et fut chargé de la défendre; le 32e et le 96e se mirent en bataille en avant, à la droite de la Division Drouet. La 3e Division fut placée en réserve. Toute la journée se passa dans cette position à attendre l'ennemi, mais il ne parut pas, et à la nuit tombante les régiments établirent leurs bivouacs. Le quartier général de la Division et le 9e léger occupèrent Bischwald.
Les renseignements parvenus au prince de Ponte-Corvo lui ayant fait connaître que plusieurs colonnes d'infanterie ennemie se dirigeaient par notre droite et notre gauche sur Thorn, S. A. fit lever le camp le 31, à 5 heures du matin, et continuer le mouvement de retraite" (Journal des marches et cantonnements de la division Dupont, Archives Dupont - In E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 497).
"31 janvier (9 lieues). — Nos régiments (1re Division) formèrent de nouveau l'arrière-garde. A une petite distance de Löbau, on aperçut sur les hauteurs à droite de la route environ quatre escadrons de hussards ennemis qui observaient nos mouvements. Quelques instants après ils inquiétèrent l'arrière-garde par des tirailleurs et ralentirent la marche, qui fut également retardée par les Divisions Drouet et Rivaud et les équipages qui nous précédaient. Il était sept heures du soir lorsque la division put prendre position. L'état-major et le 9e léger s'établirent à Scramawo ; le 32e et le 96e bivouaquèrent dans deux villages voisins (Journal des marches et cantonnements de la division Dupont, Archives Dupont - In E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 499).
"5 février (6 lieues). — Le 5, la division (1re) se rendit à Löbau. L'état-major et le 9e léger s'établirent de nouveau à Bischwald, le 32e à knzanitz et le 96e à Ratzone. Les habitants assurèrent que 1200 hussards noirs et quelques centaines de Cosaques avaient occupé ces villages pendant plusieurs jours, et qu'ils en étaient partis peu de temps avant l'arrivée de nos troupes ; ils ajoutèrent que l'ennemi était en pleine retraite" (Journal des marches et cantonnements de la division Dupont, Archives Dupont - In E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 507).
"7 février (7 lieues). — On sut par les habitants, les officiers prisonniers, et les rapports des reconnaissances, que l'ennemi se retirait sur Mohrungen. Dès le lendemain matin, on se dirigea sur cette ville ; mais pendant la route on fut informé que le maréchal Ney avait battu l'ennemi le 5 à Mohrungen, lui avait pris 3000 hommes et 20 pièces de canon, et qu'il était à sa poursuite. La division arriva à 2 heures du soir ; l'état-major et le 96e régiment cantonnèrent au village de Wiese, le 9e léger et le 32e de ligne s'établirent dans celui de Georgenthal. Les habitants rapportèrent que le général en chef Benningsen et le prince Bagration avaient logé à Wiese pendant 7 jours avec beaucoup d'infanterie et de cavalerie russes (Journal des marches et cantonnements de la division Dupont, Archives Dupont - In E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 510).
Le 8 février, la marche du 1er Corps continue vers le Nord; le Quartier général est à Reichertswalde. Les troupes de la 1ère Division occupent les emplacements suivants : le 9e Léger à Krückehnen ; le 32e et le 96e à Reichwalde et Pfeifferswalde (E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 513).
"11 février (4 lieues). — Les Régiments (1re Divon) bivouaquèrent au village de Palauen, et se dirigèrent le lendemain 11 sur Eylau. A une petite distance de cette ville, le chef d'état-major du 1er corps fit connaître au général Dupont les cantonnements qui étaient assignés à la Division. Ils furent répartis ainsi qu'il suit :
L'état-major de la Division à Althof.
Le 96e de ligne à Althof et à Strobehnen.
Le 9e d'infanterie légère à Possmahlen, Wogau et Waldkeim.
Le 32e d'infanterie légère à Leissen, Jöhken, et Grawentien.
Le quartier général du Prince de Ponte-Corvo, à Goercken.
Arrivés à Eylau, nous sûmes que l'ennemi, qui en avait été chassé le 7 au soir par l'avant-garde commandée par le prince Murat, avait attaqué l'armée française le 8 à 6 heures du matin, au moment où elle allait se mettre de nouveau à sa poursuite. Le choc fut terrible. On se battit pendant 12 heures avec une égale opiniâtreté, et la nuit seule mit fin au combat. La victoire ne resta aux Français que parce que l'ennemi se relira pendant la nuit. La perte de celui-ci fut portée à 20000 hommes, celle de l'armée française à 15000. Le champ de bataille était jonché de cadavres. Plusieurs régiments furent défaits en entier, d'autres réduits à moitié. L'Empereur passa la revue des corps d'armée, les réorganisa et fit de nombreuses promotions dans tous les grades.
12 février. — Dans la nuit du 12 au 13, un incendie éclata à Althof où se trouvait le quartier général de la Division. La violence du vent fut telle qu'en quelques instants la moitié du village fut entièrement brûlée ; plusieurs hommes et chevaux périrent dans cet incendie. La Division y perdit ses ambulances.
La Division conserva les mêmes cantonnements le 12 et le 13 février" (Journal des marches et cantonnements de la division Dupont, Archives Dupont - In E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 518).
"14 février (4 lieues). — Le 14, à 4 heures du matin, elle (1r e Division) alla prendre position au village de Soeben, d'où elle partit à 3 heures du soir pour se rendre à Kreutzburg. L'état-major, le 9e léger et le 32e logèrent dans la ville; le 96e s'établit en arrière du village de Porschkam. Nous apprîmes alors que l'armée se retirait sur la rive gauche de la Passarge, pour y attendre des renforts et se reposer. Les troupes aux ordres du général Dupont se dirigèrent dès le lendemain sur Mühlhausen, où elles arrivèrent le 23" (Journal des marches et cantonnements de la division Dupont, Archives Dupont - In E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 522).
Le 15 février, le Maréchal Bernadotte fait savoir au Général Dupont que le Colonel Barrois, du 96e, est nommé Général de Brigade (E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 520).
Le 21 février 1807, le Général Dupont fait entrer dans Wormditt le 32e et le 96e de ligne; le 9e Léger occupe Bornitt et Kleefeldt avec un Bataillon, Heinrickau et Komainen avec l'autre Bataillon (E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 526).
Les Régiments de Dupont, prévenus dans la nuit, se trouvent réunis le 26, au point du jour. Les effectifs, très réduits, ne dépassent pas, au total, 6000 hommes, y compris la cavalerie légère.
Pour diviser l'attention de l'ennemi, le Général forme ses troupes en deux colonnes : celle de droite, composée du 9e Léger et du 5e de Chasseurs, est placée sous les ordres du Général Labruyère ; elle doit longer la Passarge et déboucher par Pettelkau. La colonne de gauche, la plus importante, conduite par le Général Dupont en personne, et par le Général Barrois, est formée des 24e, 32e et 96e Régiments de ligne, et des 2e et 4e de Hussards ; elle s'avance par la route de Mühlhausen et débouche par Rautenberg.
En sortant de Braunsberg dans la direction du Sud, on rencontre un ravin profond, au delà duquel sont les villages de Zagern, à gauche, et de Slangendorf, à droite. L'ennemi a mis dans Zagern un détachement important, mais le gros de ses forces est en arrière de Stangendorf, barrant la route.
Le Général Labruyère arrive devant Zagern à deux heures ; il attaque le village et l'enlève sous une fusillade très vive ; le 9e Léger, conduit par le vaillant Colonel Meunier, y montre sa bravoure accoutumée et prend deux pièces de canon. L'ennemi est rejeté vers Braunsberg, au delà du ravin.
De son côté, le Général Dupont, ayant chassé les avant postes ennemis de Wittenberg, fait ses dispositifs pour aborder la position de Stangendorf. Le 32e de ligne se déploie à droite de la route, pendant que le 96e se porte rapidement sur le village ; le 24e, formé en colonne, reste en seconde ligne et suit le mouvement. Le 2e et le 4e de hussards manœuvrent de façon à se trouver tantôt sur les ailes, tantôt dans l'intervalle des Régiments, suivant la disposition du terrain. Quoique l'ennemi occupe, sur les hauteurs en arrière de Stangendorf, une position très avantageuse, il ne peut résister à l'impétuosité de l'attaque du Général Dupont. Le 24e s'illustre dans cette rude affaire; à la vue des progrès des Russes, l'intrépide Colonel Sémélé lance son Régiment à la baïonnette; celui-ci charge avec une rare vigueur, et compromet la retraite de l'adversaire en le tournant sur sa droite. A la faveur de ce précieux concours, la position nous reste. L'ennemi, culbuté et vigoureusement mené, se replie précipitamment au delà du ravin et prend une nouvelle position adossée aux portes et aux murailles mêmes de la ville. Il se reforme aussitôt sur ces nouvelles positions en arrière et dans la ville même, où il tient avec une ténacité et un courage remarquables.
Le temps est affreux; des tourbillons d'une neige épaisse fouettent les soldats au visage et leur cachent l'ennemi qui, abrité derrière les murs et clôtures des jardins, dirige un feu très vif sur les assaillants ; on ne distingue pas au delà de vingt pas. Mais rien ne peut arrêter les soldats de Dupont ; profitant de quelques éclaircies, ils s'élancent à la baïonnette, enfoncent Russes et Prussiens et pénètrent dans Braunsberg, en même temps que le colonel Meunier et le 9e Léger y arrivent sur la droite. Fantassins et cavaliers, rivalisant de courage et d'entrain, se jettent dans les rues pêle-mêle avec les fuyards dont ils massacrent un grand nombre. L'ennemi se précipite vers le pont et franchit la Passarge dans un désordre inexprimable. On le poursuit jusqu'à Rasiedelburg. Entrainé par sa bouillante ardeur, le 24e s'attache aux pas du vaincu et ne s'arrête que quand l'ordre formel lui en est donné. Il laisse entre nos mains 1500 prisonniers, 9 pièces de canon et un drapeau (E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 529).
Le Journal de la 1re Division décrit ainsi le combat de Braunsberg : "26 février (8 lieues). — Mühlhausen et quelques villages voisins avaient été désignés à la Division pour ses cantonnements définitifs, mais la ville de Braunsberg, qui se trouvait à l'extrême gauche de l'armée, était occupée par 5000 Prussiens et 6000 Russes, et il devenait important de s'en emparer. Le général Dupont fut chargé de cette glorieuse mission.
En conséquence, il réunit sa Division le 26 février à 5 heures du matin et marcha sur Braunsberg. Pendant la route, on aperçut plusieurs patrouilles qui se replièrent successivement. A une demi-lieue de la ville, le général fit arrêter la colonne, examina le plus loin possible le terrain qui le séparait de la ville, et prescrivit toutes les dispositions d'attaque. Une grande partie de la Division se déploya ; le reste continua à inarcher en colonne. Peu après, les tirailleurs rencontrèrent les avant-postes ennemis ; la fusillade se fit entendre et ne tarda pas à devenir générale. Après un combat très vif de plusieurs heures, le général ordonna une charge à la baïonnette. L'aide de camp Barbarin fut chargé par le général Dupont de donner cet ordre et d'en suivre l'exécution ; il entra un des premiers dans la ville. Les régiments marchèrent à l'ennemi avec une brillante audace, prirent ou tournèrent les ouvrages qui défendaient les approches de la ville, et y pénétrèrent pêle-mêle avec les Russes et les Prussiens, qui fuirent dans le plus grand désordre, en laissant au pouvoir des Français 1500 prisonniers, 9 pièces de canon et un drapeau. La nouvelle de ce succès, obtenu peu de temps après la bataille d'Eylau, fut accueillie avec enthousiasme par toute l'armée, et produisit un effet sublime sur son moral.
On s'établit à Braunsberg. Le 9e léger logea dans le faubourg sur la rive droite de la Passarge, le 32e et le 96e dans la ville sur la rive gauche, et le 24e de ligne, qui était venu renforcer la Division quelques jours auparavant, fut envoyé à Frauenburg, à 2 lieues de Braunsberg" (Journal des marches et cantonnements de la division Dupont, Archives Dupont - In E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 535).
Le Général Dupont rend compte du combat de Braunsberg au Prince de Ponte-Corvo, par le rapport suivant :
"Monseigneur,
Je me suis, d'après vos ordres, porté hier sur Braunsberg pour m'emparer de cette ville. Elle était défendue par un corps de 8 à 10 mille hommes dont 3 mille Russes.
Nous avons marché sur deux colonnes. Le 9e d'infanterie légère et le 5e de chasseurs à cheval se sont dirigés par Pettelkau ; les autres troupes par Rautenberg. A deux heures après-midi, le général Labruyère qui commandait la colonne de droite, a trouvé l'ennemi à Zagern et l'a fait replier jusqu'au delà du ravin qui se trouve en avant de ce village. Le feu de la mousqueterie a été très vif, et le 9e régiment y a montré sa bravoure ordinaire et brillante. Pendant ce temps l'avant-garde de la colonne de gauche chassait les avant-postes ennemis de Wittenberg. Les troupes ont débouché hors du bois, et nous avons marché à l'ennemi, qui avait sa droite près du village de Stangendorf, et sa gauche au bois ; son artillerie avait une position favorable sur la hauteur.
Le 32e régiment s'est déployé à droite de la route. Le 96e s'est porté rapidement sur le village de Stangendorf où l'ennemi allait entrer. Le général Barrois a manœuvré avec habileté sur ce point. Le 24e suivit au centre et en colonne le mouvement des deux autres régiments. Le 2e et le 4e de hussards manœuvraient tantôt sur les ailes, tantôt dans l'intervalle des régiments.
C'est dans cet ordre que nous nous sommes emparés de la position de l'ennemi et que nous l'avons replié jusqu'au ravin profond qui couvre la ville, et où il a pris une nouvelle position. Nous avons alors formé des colonnes d'attaque et marché au pas de charge Le succès a été prompt, et ce mouvement a fait taire l'artillerie et la mousqueterie ennemies. Le ravin a été passé rapidement et nous nous sommes trouvés aux portes de la ville où le combat a recommencé contre les troupes qui arrivaient de la rive droite de la Passarge au secours de la ville. La vivacité du feu n'a pas suspendu longtemps l'impétuosité de l'attaque. Les bataillons se sont précipités sur l'ennemi et se sont emparés des portes de Braunsberg. Les rues de la ville ont été jonchées de morts, particulièrement des Russes, et dans la poursuite on a fait beaucoup de prisonniers. Leur nombre est de 1500 à 2000, y compris les blessés. Neuf pièces de canon, dont 3 russes, et un drapeau, sont aussi restés en notre pouvoir.
Le 24e régiment a rivalisé avec les autres corps de la Division, et mérité la même réputation d'audace et de fermeté. Le colonel Sémélé s'est beaucoup distingué.
Le chef de bataillon Bouge a parfaitement conduit le 32e et acquis de nouveaux droits au grade que j'ai demandé pour lui.
Le colonel Meunier a mérité des éloges ; et le général Barrois a justifié la confiance de l'Empereur, dans son nouveau grade.
Beaucoup d'officiers et de soldats ont mérité d'être cités, et je vous adresserai pour eux des demandes particulières.
Je suis bien flatté, Monseigneur, de la persuasion où je suis que Votre Altesse, instruira l'Empereur des nouvelles preuves de dévouement et de courage qu'a données ma division dans cette
glorieuse affaire" (E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 530).
Le Maréchal Bernadotte adresse au Major général le rapport suivant : "À Holland, ce 27 février 1807.
A S. A. S. le Prince de Neuchâtel, Major Gal de l'Armée,
Prince, j'ai l'honneur de vous transmettre les détails de la prise de Braunsberg.
Le Gal Dupont, que j'avais chargé de s'emparer de cette ville, s'y est porté avec sa Division et la cavalerie légère ; il a marché sur deux colonnes. Le 9e d'infanterie légère et le 5e de chasseurs à cheval se sont dirigés par Pettelkau ; les autres troupes par Rautenberg. A deux heures après midi, le Gal Labruyère, qui commandait la colonne de droite, a trouvé l'ennemi à Zagern et l'a fait replier jusqu'au delà du ravin qui se trouve en avant de ce village. Le 9e régiment a déployé dans cette circonstance, sa bravoure ordinaire.
Au même instant, l'avant-garde de la colonne de gauche chassait les avant-postes ennemis de Wittenberg.
Bientôt, toute la division a débouché hors du bois, et a marché à l'ennemi qui avait sa droite appuyée au village de Stangendorf, et son artillerie favorablement placée sur les hauteurs.
Le 32e s'est déployé à la droite de la route, et le 96e s'est porté rapidement sur le village de Stangendorf. Le 24e suivait au centre et en colonne. Les 2e et 4e régiments de hussards manœuvraient pour seconder les mouvements de toute la ligne.
L'ennemi a été, de suite, chassé de sa première position et a été contraint de se replier jusqu'au ravin profond qui couvre la ville de Braunsberg où il a pris une nouvelle position.
Alors le Gal Dupont a formé ses colonnes d'attaque, et l'on a marché au pas de charge. Le succès a été prompt et le mouvement rapide de nos troupes a fait taire l'artillerie et la mousqueterie ennemies. Le ravin a été passé et l'on est arrivé aux portes de la ville où le combat a recommencé contre les troupes ennemies renforcées de quelques bataillons arrivant de la rive droite. L'ennemi a fait ici un feu très vif et très nourri; mais rien n'a ralenti l'impétuosité de l'attaque. Nos bataillons se sont précipités dans la ville, et ont tout culbuté, à la baïonnette. Un grand nombre de morts, et surtout de Russes, est resté sur la place. En poursuivant le reste, on a fait beaucoup de prisonniers : leur nombre est d'environ 2000, y compris les blessés. Un drapeau et 9 pièces de canon, dont 3 russes, sont aussi restés en notre pouvoir. Le 9e régt d'infanterie légère a pris deux de ses pièces ; un escadron du 2e de hussards en a ramené trois, en chassant l'ennemi jusqu'à Einsiedelkrug. Le 24e régiment d'infanterie a pris un drapeau. Le 32e a aussi pris deux pièces. Le Gal Dupont se loue particulièrement de la conduite du 24e de ligne. Ce corps, nouvellement arrivé au corps d'armée, a rivalisé avec tous les autres régiments de la Division.
Le Gal Dupont cite parmi ceux qui se sont le plus distingués, le Gal Barrois, le Gal Lahoussaye commandant la division de cavalerie légère, M. Meunier, commandant le 9e léger; M. Sémélé, colonel du 24e ; M. Bouge, chef de bataillon au 32e et M. Hubinet, chef d'escadron au 2e de hussards.
Je ne vous reparlerai point, M. le Duc, du Gal Dupont ; il a confirmé dans cette nouvelle occasion l'opinion que tous les militaires ont déjà de ses talents et de son intrépidité.
Je renouvelle à Votre Altesse ...
J. Bernadotte.
P. S. — Les prisonniers et les canons seront demain ici ; je les dirigerai de suite sur le quartier impérial" (E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 532).
Dans ses Mémoires, le Général Dupont donne, sur le combat de Braunsberg, des détails pleins d'intérêt : "A peine la division est-elle établie dans ses cantonnements sur la Passarge, qu'elle reçoit l'ordre de reprendre les armes et de marcher sur Braunsberg.
L'ennemi, devançant notre marche, s'était emparé de cette ville, située sur la Passarge ; elle formait la gauche de notre ligne, et sa possession nous devenait indispensable ; il fallait l'enlever avec d'autant plus de promptitude à l'ennemi, qu'elle lui donnait une position offensive et qu'il semblait tirer avantage de notre mouvement rétrograde.
Le 25, dans la nuit, je donne à mes quatre régiments l'ordre de se trouver le lendemain matin sur un point indiqué pour la réunion de tous les corps. Ils y arrivent tous avec une précision admirable, malgré l'éloignement et le peu de temps qui leur avait été donné.
Le corps ennemi qui occupait Braunsberg était fort d'environ 10 000 hommes, et composé de Russes et de Prussiens. Ses postes avancés se replient à notre approche. L'ennemi a pris une position favorable en avant de la ville avec ses forces principales. Il a garni de troupes les clôtures des jardins sur sa droite, pour se prémunir contre toute attaque de flanc, et son front est couvert par un large ravin. Une artillerie nombreuse appuie sa ligne. Ma division formait deux corps. La droite, sous les ordres du général Labruyère, se porte sur Braunsberg par la route qui longe la Passarge. Le corps principal, composé de mes trois régiments d'infanterie de ligne (32e, 24e et 96e) et du 4e de hussards, s'avance directement sur la ville. Le combat s'engage par le corps de droite. Le 9e léger, qui le compose en grande partie, gagne du terrain, fait une charge heureuse et enlève à l'ennemi deux pièces de canon.
Depuis quelque temps, le feu de l'artillerie et des rangs régnait sur le point principal, lorsque nos escadrons exécutant plusieurs charges avec succès, menacent les lignes de l'ennemi.
J'ordonne en ce moment au 32e et au 96e d'aborder sa première ligne ; ce mouvement l'oblige à se replier en franchissant le ravin qu'il défend encore avec opiniâtreté mais en vain.
Les ennemis forment aussitôt une nouvelle disposition plus rapprochée de la ville ; le combat recommence ; presque adossés aux murailles de Braunsberg, les Russes et les Prussiens nous opposent, avec la supériorité du nombre, l'appui du terrain. Nos deux corps, quoique séparés, marchaient de concert, et cette séparation même les secondait mutuellement ; leurs progrès inquiétaient davantage l'ennemi sur ses derrières et lui donnaient des craintes sur sa retraite. La saison était rigoureuse, la terre couverte de neige, et, dans le moment où l'action se ranime avec plus de vivacité, les flocons d'une neige épaisse nous enveloppent de son nuage. A vingt pas de distance les corps ne pouvaient plus s'apercevoir. Nous profitons cependant de quelques éclaircies, et notre première ligne marchant, la baïonnette en avant, refoule successivement l'ennemi qui se reforme, et elle est secondée par des attaques dirigées sur les barrières et murs de clôture, d'où partait contre nous un feu des plus vifs ; mais la neige obscurcissait quelquefois tellement nos mouvements, qu'ils devenaient tout à fait incertains. Je fus moi-même obligé de tenir de ma propre main le guide qui me conduisait vers la porte de la ville, dans la peur que s'échappant sous les balles qu'il entendait, il ne nous fît perdre notre direction.
Nos efforts sont enfin couronnés de succès ; nous arrivons sous les murs de Braunsberg ; l'ennemi, repoussé de toutes parts, s'y jette précipitamment et opère sa retraite sur la rive droite de la Passarge. Le brave colonel Meunier, à la tête de sa 9e légère, le poursuit de près et lui fait essuyer de nouvelles pertes. Je le fais en même temps presser dans la ville avec rapidité par la colonne principale ; elle enlève le pont, nos escadrons pénètrent pêle-mêle dans la ville avec les Russes et les Prussiens qui fuient dans le plus grand désordre en laissant au pouvoir des Français 1500 prisonniers, 9 bouches à feu et plusieurs drapeaux.
La prise de Braunsberg n'a pas seulement été un fait remarquable par le triomphe du petit nombre sur un corps beaucoup plus considérable ; il faut la considérer dans ses résultats. Cette action a fait une impression d'autant plus vive que la bataille d'Eylau en avait fait une plus terrible. La nouvelle en fut accueillie avec enthousiasme par toute l'armée et produisit un effet remarquable sur son moral. La confiance et la joie avaient passé dans tous les rangs. Napoléon donna alors de hautes marques de l'importance qu'il attachait à ce succès rendu plus éclatant par les circonstances présentes.
La possession de Braunsberg assurait nos quartiers d'hiver et nous conservait un vaste territoire au delà de la Vistule, avantage que nous aurions perdu si la Passarge nous avait été enlevée ; nous n'eussions pu alors faire le siège de Danzig, place si importante pour le succès de la nouvelle campagne. Le combat de Braunsberg maintenait ainsi notre position sur la rive droite de la Vistule, nous donnait des moyens de subsistance plus abondants, et la faculté d'assiéger et de prendre Danzig" (Mémoires inédits du général Dupont, Archives Dupont - In E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 533).
Le 64e Bulletin de la Grande Armée daté de Osterode, le 2 mars 1807, raconte : "… Voici quelques détails sur le combat de Braunsberg.
Le général Dupont marcha à l'ennemi sur deux colonnes. Le général Bruyère, qui commandait la colonne de droite, rencontra l'ennemi à Zagern, et le poussa sur le ravin qui se trouve en avant de ce village. La colonne de gauche poussa l'ennemi sur Wittenberg, et toute la division ne tarda pas à déboucherhors du bois. L'ennemi, chassé de sa première position, fut obligé de se replier sur le ravin qui couvre la ville de Braunsberg ; il a d'abord tenu ferme, mais le général Dupont a marché à lui, l'a culbuté au pas de charge, et est entré avec lui dans la ville, qui a été jonchée de cadavres russes.
Le 9e d'infanterie légère, le 32e, le 96e de ligne, qui composent cette division, se sont distingués. Les généraux Barrois, Lahoussaye, le colonel Sémélé, du 24e de ligne, le colonel Meunier, du 9e d'infanterie légère, le chef de bataillon Bouge, du 32e de ligne, et le chef d'escadron Hubinet, du 9e de hussards, ont mérité des éloges particuliers …" (Panchoucke : « Oeuvres de Napoléon Bonaparte », 1821-1822, t. 4, p. 183 ; Correspondance de Napoléon, t.14, lettre 11917).
Le 6 mars 1807, l'Empereur écrit, depuis Osterode, à Daru, Intendant général de la Grande Armée : "Monsieur Daru, faites une circulaire à tous les commissaires des guerres, pour leur faire connaître les points sur lesquels ils doivent diriger les hommes isolés des différents corps d’armée, ainsi que les bagages et effets desdits corps. Vous y joindrez l'état des corps qui composent chaque corps d'armée, conformément au tableau ci-joint ...
1er corps
... 96e de ligne ...
Dépôts à à Schwetz ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 14497).
Le 22 mars 1807, l'Empereur écrit, depuis Osterode, au Maréchal Kellermann, commandant un Corps de réserve de Gardes nationales : "Mon cousin, mon intention est de compléter les compagnies de grenadiers et de voltigeurs de la division Oudinot à un effectif de 150 hommes. Je désire en conséquence que vous fassiez réunir, conformément au tableau ci-joint, différents détachements d'hommes. De 5 pieds 4 pouces pour les grenadiers et de 4 pieds 11 pouces ou 5 pieds bien constitués pour les voltigeurs. Ces détachements peuvent partir sans sous-officiers, en désignant les meilleurs sujets pour en faire les fonctions pendant la route. Après en avoir passé la revue et avoir pourvu à ce que leur habillement et armement soient parfaitement en état, vous les ferez conduire par des officiers d'état-major, pour Thorn ...
96e de ligne 56 [Pour les grenadiers] 47 [Pour les voltigeurs] ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 14811).
Le 31 mars, depuis Osterode, Napoléon décide d'accorder 18 aigles d'honneur, dont neuf aux Officiers, et neuf aux Sous officiers et soldats, aux Régiments qui se sont distingués à Eylau. Il écrit au Maréchal Berthier : "Vous enverrez à chaque maréchal ce qui, dans les dispositions suivantes, concerne son corps d'armée, et sans que l'un connaisse ce qui regarde l'autre. 1° Il est accordé aux régiments dont l'état suit 18 aigles de la Légion d'honneur, dont 9 aux officiers et 9 aux sous-officiers et soldats qui se sont fait remarquer par leur courage et leur bonne conduite, depuis le commencement de la guerre de la quatrième coalition : … 96e ... d'infanterie de ligne ...
Du moment que les maréchaux auront reçu ma décision, ils ordonneront à chaque général de division de réunir chez lui les colonels et chefs de bataillon de chaque régiment, ainsi que les généraux, de brigade, et de dresser un procès-verbal qui constate les individus qui méritent le mieux la décoration. Ce procès-verbal sera envoyé au maréchal commandant le corps d'armée, qui le transmettra, avec ses observations, au major général. Tous ces procès-verbaux devront être arrivés avant le 6 avril. Le 7, le major général me les soumettra …" (Correspondance de Napoléon, t.14, lettre 12240 ; Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 145013).
Le 1er avril 1807, le Général Dupont écrit, depuis Braunsberg, à son épouse : "… Tu ne savais pas que M. Barrois était nommé Gal de Brigade. Je te l'ai écrit plusieurs fois. Que de lettres perdues ! Il reste avec moi dans son nouveau grade. Le colonel Darricau a été nommé aussi Gal de Brigade, et il a quitté la Division. J'avais demandé Le même grade pour le colonel Meunier, mais il n'a pas été nommé …" (E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 544).
A la date du 3 avril 1807, la 1re Division du 1er Corps de la Grande Armée a, en présents sous les armes, les effectifs suivants :
Le Général de Division Dupont, commandant :
... Le Général Barrois.
32e d'Infanterie de ligne, 1543 hommes dont 51 Officiers.
96e d’Infanterie de ligne, 1627 hommes, dont 57 Officiers ... (Archives Dupont - In E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 543).
Le 21 avril 1807, l'Empereur écrit, depuis Finkenstein, au Général Lacuée "Du moment que la campagne sera engagée et que j'aurai vu de quel côté les Anglais portent leurs efforts, mon intention est de faire suivre leurs mouvements. Les Anglais ne peuvent mettre en jeu qu’une expédition de 25,000 hommes, puisqu'ils en ont une de 20,000 en Sicile. Je doute même qu'ils fassent un si grand effort. S'ils se décident à venir dans la Baltique, mon intention est de tirer des divisions des camps de Boulogne, de Pontivy, de Saint-Lô et de Napoléon, et de les diriger sur le Rhin. Comme je n'ai de situation de l'intérieur sous les yeux que la situation de février, grâce à la négligence des bureaux de la guerre, je vous prie de me faire connaître l'état de situation actuelle et si je puis compter sur la formation de ces divisions, conformément au tableau ci-joint. Ce sera vers la fin de mai que ce mouvement pourrait avoir lieu, étant dans la croyance que la conscription de 1808 et la formation de ces divisions rétabliront les choses, dans un mois, à peu près dans le même état où elles sont aujourd hui.
ÉTAT DES QUATRE DIVISIONS A FORMER.
… QUATRIÈME DIVISION A TIRER DU CAMP DE NAPOLÉON.
Cette division sera composée de deux bataillons du 82e, deux du 66e et deux du 96e ; chaque bataillon de 4 compagnies, comme ceux du camp de Boulogne ; ce qui fera 6 bataillons, plus un bataillon pareil du 31e léger. Total, 7 bataillons. Ils formeront deux brigades. La force de cette division sera de 4 à 5,000 hommes, 4,480 hommes ..." (Correspondance de Napoléon, t.15, lettre 12435 ; Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 15381).
Le même 21 avril 1807, l'Empereur écrit, depuis Finkenstein, au Maréchal Kellermann, commandant un Corps de réserve de Gardes nationales : "Mon cousin, dans l'état de situation de votre armée de réserve au 15 avril, je trouve ...
Que le 44e avait 462 hommes ; pourquoi n'en enverriez-vous pas 300 hommes ...
Je suppose que si vous ne les avez pas fait partir, c'est qu'ils n'étaient pas habillés. Mais moyennant l'autorisation que je vous ai donnée de les envoyer non habillés dans les régiments provisoires et de garnison, je pense que vous les avez mis en route ...
Je vois, par le même état, que vous pourriez faire partir également de Strasbourg :
du 3e régiment de ligne 500 hommes.
… du 96e idem 250 ...
Je suppose donc que tout cela sera parti ; si ce ne l'était pas, faites-le parti sans délai ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 15379).
Le 22 avril 1807, le Général Dupont écrit, depuis Braunsberg, à son épouse : "... J'ai reçu « La Braunsberg». Ma flûte, qui dormait depuis six mois, a été aussitôt montée pour cet air brillant et vif. J'ai donné la partition à la musique du 96e régiment, et je vais entendre au premier moment cette composition dans toutes ses parties. On en a fait une marche militaire qui sera jouée souvent, comme tu le penses bien. Qui sait si elle ne nous mènera pas un jour à la victoire? Je la ferai jouer bien sûrement quand nous repasserons le Rhin. Ce moment ne sera peut-être pas toujours reculé dans l'avenir : il y a des négociations à Varsovie. M. de Talleyrand a des conférences journalières avec M. de Saint-Vincent, envoyé de Vienne ..." (E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 545).
Aux approches de la belle saison, Napoléon s'occupe de faire sortir ses troupes de leurs cantonnements, pour les camper, système qui, en les installant plus sainement, permet de les tenir rassemblées et de les exercer plus facilement, au grand avantage de l'instruction et de la discipline. Il devient aussi plus aisé de les nourrir. En outre, une armée campée n'a pas besoin de s'éclairer aussi loin que si elle était disséminée dans des cantonnements, et l'on peut ainsi éviter la guerre de postes avec les troupes légères de l'ennemi. Mais ne voulant point placer son armée en cordon, l'Empereur arrête qu'elle campera par Division. Il fait reconnaître le pays et désigne les emplacements des différents camps. Le 10 mai, le Prince de Ponte-Corvo reçoit l'ordre d'établir son Corps d'armée par Division, ainsi qu'il suit :
Division Dupont.
Le 96e — cantonné à Pettelkau et environs (E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 546).
Le 21 mai 1807, l'Empereur écrit, depuis Finkenstein, au Général Lacuée, Directeur général des Revues et de la Conscription : "J’ai reçu les états de situation que je vous avais demandés. Les 20000 hommes de la réserve doivent être distribués de la manière suivante :
12000 hommes à l'infanterie de ligne et légère conformément au tableau ci-joint.
… Répartition de 12 000 hommes de la réserve de 1808 entre les corps ci-après de l'infanterie de ligne et de l'infanterie légère.
INFANTERIE DE LIGNE
CORPS NOMBRE DES CONSCRITS
... 96e 100 ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 15681).
Composition du 1er Corps du Maréchal Bernadotte (puis Victor) au 30 mai 1807 :
1ère Division Général Dupont, 9e léger, 24e (3 Bataillons), 32e et 96e de ligne, 9 Bataillons, 6845 hommes
2e Division Lapisse : 16e Léger, 45e, 8e et 54e de Ligne, 8 Bataillons, 5971 hommes.
3e division Vilatte : 27e Léger, 63e, 94e et 95e de ligne, 8 Bataillons, 5489 hommes.
Artillerie, Génie et Gendarmerie : 36 pièces, 1678 hommes
Cavalerie légère, Général Beaumont : 2e et 4e Hussards, 5e Chasseurs, 9 Escadrons, 1236 hommes
4e Division de Dragons, Général Lahoussaye (puis Sahuc) : 17e, 27e, 18e, et 19e Régiments, 12 Escadrons, 1840 hommes (Cazalas E. : « Mémoires du Général Bennigsen », tome 2, page 302).
Le 2 juin 1807, le Général Maison écrit, depuis le Quartier Général à Schlobitten, au Général de Division Dupont, à Braunsberg : "Sa Majesté l'Empereur voulant, mon cher Général, que toutes les troupes soient campées, et la prise de Danzig rendant notre position plus assurée sur la gauche, l'intention du prince est que vous fassiez camper à Zagern les deux bataillons du 24e régiment, et que le bataillon du 96e, qui est actuellement à Zagern, aille camper en arrière de Pettelkau, dans une position près de la lisière du bois, que vous aurez fait reconnaître auparavant.
Le 24e de ligne ne laissera à Frauenburg qu'un détachement de 200 hommes, pris parmi les hommes malingres ou convalescents ..." (E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 547).
Le 4, l'ennemi engage une canonnade assez vive sur Braunsberg et sur la tête de pont de Spanden, et il dessine, sur ce dernier point, une attaque qui est repoussée. En rendant compte des événements de la journée au Major Général, le Prince de Ponte-Corvo cite, comme s'étant distingués, les 63e et 96e de Ligne, le 27e Léger et le 27e de Dragons (E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 550).
Le même 4 juin 1807, Bernadotte écrit à Berthier : "L’ennemi s’est présenté ce matin à 4 heures devant Peltelkau et Zagern ; 300 hommes d'Infanterie sont descendus sur le bord de la Passarge, vis-à-vis de ce premier village et ont fait mine de vouloir y établir un pont ; 3 compagnies du 96e régiment les en ont chassés par un feu de mousqueterie bien nourri ... Mais alors l'ennemi a démasqué 2 pièces du canon, il a tiré à mitraille sur les compagnies du 96e et leur a blessé 4 hommes.
Le colonel de ce régiment a fait avancer 2 bouches à feu, la canonnade s'est engagée sur ce point ainsi qu'à Zagern ; l'ennemi a montré sur cette ligne 6 pièces d'artillerie et environ 3.000 hommes, dont 1500 hommes de cavalerie ... Nos postes depuis Borkeradorf (Borchertsdorf) jusqu'à Spanden ont tous été inquiétés ...
À 8 heures du matin, 2 colonnes, composées d'infanterie et de cavalerie et soutenues par de l'artillerie, ont débouché de la route du Mehlsack à Spanden et de celle qui conduit de Wormditt également à Spanden ...
La colonne venant de Mehlsack s'est mise en bataille en arrière et à gauche du village de Wusen, l'autre a pris position à la crête des bois de Stegmansdorf et de Klein-Dammeran ; on a évalué leur force à 4000 ou 5000 hommes … L’ennemi a canonné la tête de pont (de Spandau), avec 10 pièces et 19 obusiers ... Vers les 11 heures, il s'est retiré ...
Il me semble que toutes ces démonstrations de l’ennemi tendent à cacher un grand mouvement. Je me tiens en mesure à tout événement, et j'ose assurer V. A. que toutes les troupes que je commande sont bien disposées à faire leur devoir. J'ai concentré la 4e division de dragons entre la Passarge et Muhlhausen, et les 6 bataillons du camp d'Ebersbach sont prêts à se porter partout où besoin sera". On assure que les Russes marchent sur Heilsberg, et que leurs réserves et les magasins ont passé la Prégel pour suivre le mouvement que l'armée fait en avant" (Cazalas E. : « Mémoires du Général Bennigsen », tome 2, page 129).
Au 5 juin 1807, la situation du 1er Corps de la Grande Armée est la suivante :
1re Division : Général Dupont. Quartier général à Braunsberg.
9e Régiment d'infanterie légère. 1947 hommes.
24e Régiment de Ligne. 1910 »
32e Régiment de Ligne 1755 »
96e Régiment de Ligne 1997 »
Total 7609 ... (E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 548).
Le 10 juin, Victor ordonne une reconnaissance générale dans le but de se rendre compte si l'ennemi est encore en forces sur le front du 1er Corps. Dans la soirée du 10 juin, il fait écrire par le Chef de l'État-Major Général, le Général Maison, depuis son Quartier Général à Schlobitten, au Général Dupont, Commandant la 1re Division : "L'intention du Général en chef, mon cher Général, est que vous exécutiez, demain 11, à 2 heures du matin, le mouvement ci-après indiqué :
Vous placerez à Braunsberg le 24e Régiment de ligne, 120 chevaux des trois régiments de cavalerie légère, et deux pièces de canon : cette cavalerie sera commandée par le colonel Boudinhon.
Le général Labruyère restera à Braunsberg.
Le 32e Régiment viendra s'établir au camp de Petlelkau avec le bataillon du 96e Régiment, et le 9e d'infanterie légère remplacera au camp de Zagern le 24e de ligne ...
Dans le cas où il serait nécessaire de laisser Braunsberg isolé, vous laisseriez des instructions pour la défense de cette ville à l'Officier général que vous en chargeriez avec le petit corps qui y est formé pour y rester au besoin ..." (E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 562).
L'Armée française se retrouve devant Friedland, le 14 Juin 1807, jour anniversaire de Marengo. Les Russes vont se trouver pris dans une nasse, l'Alle dans leur dos. Ils vont y perdre 18.000 hommes. Le 1er Corps, gardé longtemps en réserve, donne partiellement. Un Bataillon du 9e Léger, jeté en tirailleurs dans le ravin, le franchit, et, s'élevant sur le plateau, prend à revers une batterie qui dirige son feu sur le 6e corps. Le Général Dupont fait soutenir le Colonel Meunier par des Bataillons du 32e et du 96e, qui refoulent les Russes, pendant que le 24e Régiment, se glissant le long de l'étang, débouche bientôt sur la route de Königsberg, à la porte même de Friedland. Ainsi coupé de l'aile droite de l'armée par la Division Dupont, et voyant le Maréchal Ney et le Général Marchand s'avancer rapidement par la route d'Eylau, le Prince Bagration se préoccupe de sauver les débris de ses Divisions et de faire repasser son artillerie sur la rive droite de l'Alle; les ponts sont incendiés par les obus de Sénarmont et aussi par les Russes eux-mêmes, qui, pour arrêter les vainqueurs, ont mis le feu à des matières combustibles disposées à l'avance sur les ponts (E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 575).
Un "ETAT de MM. les officiers, sous-officiers et soldats des Corps de la 1re Division du 1er Corps d'Armée, tués et blessés à l'affaire de Friedland, le 14 juin 1807" donne pour le 96e Régiment d'infanterie de Ligne 3 Sous-officier et soldat tué. En Blessés, le Capitaines Gourdon et Garnier ; Lieutenant Dumontier ; Sous-lieutenant Vilmorin ; 89 Sous-officiers et soldats. Total : 3 tués, 93 blessés. Total 96 (E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 577).
Par Décret impérial du 13 juillet 1807, 400 aigles d'argent sont accordées au 1er Corps de la Grande Armée. Elles sont ainsi réparties pour la 1re Division :
96e Régiment d'infanterie de Ligne 15 Officiers, 15 soldats ... (E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 588).
- Inspection du Dépôt du 96e Régiment à Landau par le Général Schauenburg, le 9 décembre 1807
"Dépôt du 96e Régiment d’Infanterie de Ligne. Revue passée à Landau le 9 décembre 1807.
Espèce d’hommes. Passable.
Habillement. Bon.
Equipement. Idem.
Armement. Idem.
Tenue. Passable.
Discipline. Idem.
Maniement d’armes. Passable.
Manœuvres. Idem.
Retenue. Déclaré ne pas en avoir.
Ordinaire. Bon.
Pain. Idem.
Casernes et fournitures. Bonnes.
Conscrits. Assez bien traités.
Finances. Les registres sont tenus conformément aux règlements.
Résumé.
M. le Major Goumart n’était pas présent à ma revue, je n’ai pas été à même de pouvoir vérifier la note avantageuse qu’il donne à son Chef de Bataillon Moulet, attendu qu’il n’y avait qu’une classe d’une vingtaine de files sur laquelle sa tactique ne pouvait pas se développer. L’ordre que j’ai laissé à ce corps ne s’accorde pas du tout avec les grands éloges que donne le Major à M. le Quartier-maitre. Je ne puis garantir Votre E. pour les notes sur les autres Officiers, ne m’étant pas assez connus.
Ordre.
Le Général de division Schauenburg, Inspecteur général d’Infanterie après avoir examiné les registres de comptabilité en deniers et effets du 96e Régiment d’Infanterie de Ligne, et les ayant trouvés tenus conformément aux règlements et arrêtés par l’Inspecteur aux revues, les a arrêtés définitivement pour l’an 13.
L’Inspecteur général témoigne au commandant du Dépôt et aux membres du conseil son peu de satisfaction sur les dépenses de réparations à l’armement et sur celles de frais de bureau qui se montent à une somme considérable de 3151 frs 35 c. pour l’année. Il doit rappeler aux membres du conseil d’administration que son premier devoir est de mettre la plus grande économie dans ses dépenses ; en conséquence, il leur ordonne de surveiller l’emploi des fonds à la disposition du Quartier-maitre et de porter tous les soins sur toutes les parties de l’administration" (Schauenburg (Général baron Alexis-Balthazar-Henri-Antoine de) : « Revues particulières d’inspection, ordonnée le 23 octobre 1807 » ; Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg: MS.0.491 ; document numérisé par la BNU à la demande conjointe de F. Berjaud, L. Claudel et D. Davin).
"Ordre donné à tous les corps sur la manière d’exercer les conscrits et pour l’administration.
Nota. Le présent ordre a été adressé à S. E. le Ministre de la guerre, le 20 novembre dernier ; lequel précèdera les autres donnés.
Les commandants des dépôts prescriront aux officiers et sous-officiers de s’appliquer à connaitre autant que les circonstances le permettront les facultés de l’homme qu’ils ont à instruire afin de les traiter en conséquence, ils leur recommanderont la patience, les brusqueries étant contraires aux succès de l’instruction.
Le premier objet auquel ils devront avoir attention, c’est d’inspirer aux recrues le goût de la propreté, pour y parvenir, il faut qu’il lui indique tous les moyens qui sont en usage dans la troupe pour entretenir et nettoyer avec ménagement toutes les parties de l’habillement et équipement, après la propreté du corps, si essentielle à la santé du soldat, vient l’entretien de ses armes dont il doit avoir le plus grand soin, à cet effet, il faut faire connaitre aux recrues toutes les parties de son armement et lui enseigner la manière de nettoyer et remonter son fusil.
Lorsque l’on sera à l’exercice l’instructeur entretiendra la recrue pendant l’intervalle de chaque repos, de ses devoirs envers les officiers et sous-officiers, et lui fera connaitre les nomes des généraux sous les ordres desquels se trouvera le corps, le nom des officiers de sa compagnie, et de ceux supérieurs en exigeant de lui qu’il les retiennent.
Le commandant de chaque dépôt fera pratiquer le règlement concernant le service intérieur, la police et la discipline de l’infanterie du 24 juin 1792 sur tout ce qui n’est pas contraire aux lois actuelles, aux localités et aux circonstances.
Ils assembleront au moins chaque semaine les officiers et sous-officiers pour les examiner sur les bases de la discipline, de la police, du service intérieur et sur celui de la place duquel il devra être donné connaissance aux conscrits à la fin de chaque exercice en classant les devoirs de chaque grade.
Ils feront aussi suivre par gradation le règlement concernant la manœuvre et l’exercice de l’infanterie du 1er août 1791, sans se permettre sous aucun prétexte quelconque la moindre innovation dans ses principes.
En surveillant la stricte exécution de l’ordre ci-dessus, ils exigeront que les officiers et sous-officiers , par leur conduite et leur application à remplir leur devoir, servent de modèle aux jeunes soldats pour l’éducation militaire de laquelle ils sont chargés.
Tous les officiers et sous-officiers devront se trouver aux exercices journaliers et y être employés en raison de leurs connaissances et moyens d’instruction, et ceux qui n’en auront pas suffisamment devront également s’y trouver pour en acquérir ou pouvoir y être utilisés à la volonté du chef.
L’on n’exercera jamais de grand matin, à moins que les circonstances ne l’exigent, afin de donner le temps au soldat de soigner toutes les parties de son vêtement et la propreté de la chambrée ; l’on préfèrera autant que possible les exercices de l’après midi attendu qu’elles empêchent le soldat de s’écarter trop loin de son quartier.
Conformément à l’article 20 du règlement concernant le service intérieur, tous les officiers devront se trouver à la garde journalière que fournira le corps quand même elle ne défilerait qu’au quartier ; les chefs n’en exempteront personne que pour objet de serves, ils exigeront qu’ils se présentent dans la tenue prescrite pour le journalier, et qu’ils ne se permettent aucun autre costume dans la journée, que celui qu’ils doivent avoir eu à la parade.
Administration.
Les membres du conseil d’administration devront se pénétrer du devoir de la plus exacte surveillance sur toutes les parties de l’administration qui leur est confiée, et les commandants des compagnies porteront toute l’attention nécessaire aux fournitures qui seront faites à leurs soldats, feront les représentations au conseil d’administration si elles étaient défectueuses et rendront compte à l’inspecteur général dans le cas où il ne serait pas fait droit à leurs réclamations.
Le premier dimanche de chaque mois, il sera fait lecture de l’arrêté du 19 Vendémiaire an 12 relatif à la désertion.
Il ne sera fait aux soldats et conscrits, et sous quelque prétexte que ce puisse être, aucune autre retenue que celles prescrites par les règlements.
On ne peut sous quelque prétexte que ce soit, et sans se rendre coupable d’un délit, se permettre de recevoir des hommes en remplacement des militaires qui sont sous les drapeaux sans l’autorisation formelle et préalable transmise par le directeur général de la conscription.
Il ne doit être délivré aucune espèce de congé si ce n’est sur des imprimés envoyés par le ministre. Aucun enrôlé volontaire ne doit être admis qu’après avoir contracté un engagement en présence d’un maire.
On ordonnera que cette formalité soit remplie sur le champ par les enrôlés volontaires qui ne s’y seraient pas conformés.
L’intention de l’Empereur est que tout militaire qui reçoit son congé définitif soit pour ancienneté de service, soit pour cause de blessures reçues à l’armée, puisse rentrer dans ses foyers avec une tenue décente et qu’il doit par conséquent être pourvu d’un habit uniforme en bon état et de son sabre, s’il est sous-officier ou grenadier.
Si le corps a plus de huit musiciens (que les règlement accordent), ceux qui dépassent ce nombre devront être admis comme soldats, et s’ils l’avaient été seulement comme gagistes, ils devront de suite contracter un engagement militaire, s’ils s’y refusent et que le corps veuille les conserver, il est expressément défendu de les porter sur les revues de solde et de fournitures et ils seront mis entièrement à la charge des officiers, mais dans tous les cas, le total de la dépense de la musique ne doit pas excéder une journée de solde des officiers par mois.
Le présent ordre sera transmis de suite sur le registre des délibérations et lu aux officiers rassemblés.
Les commandants des dépôts restent responsables de son entière exécution" (Schauenburg (Général baron Alexis-Balthazar-Henri-Antoine de) : « Revues particulières d’inspection, ordonnée le 23 octobre 1807 » ; Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg: MS.0.491 ; document numérisé par la BNU à la demande conjointe de F. Berjaud, L. Claudel et D. Davin).
Le Général Schauenburg adresse au Ministre Dejean et au Ministre Lacuée le résultat de sa revue le 2 janvier 1808 et au Ministre de la Guerre le 6 janvier 1808; le résultat de la Revue est également adressé au Corps le 6 janvier 1808 (Schauenburg (Général baron Alexis-Balthazar-Henri-Antoine de) : « Revues particulières d’inspection, ordonnée le 23 octobre 1807 » ; Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg: MS.0.491 ; document numérisé par la BNU à la demande conjointe de F. Berjaud, L. Claudel et D. Davin).
Le 5 décembre 1808, l'Empereur écrit, depuis Chamartin, au Général Lacuée, Directeur des Revues et de la Conscription militaire, à Paris : "... Le corps d'Oudinot ne serait plus alors composé que des compagnies de grenadiers et voltigeurs des régiments ci-après, savoir : 6e, 9e, 16e, 25e, 27e, 17e, 21e, 24e, 26e, 28e d'infanterie légère ; 8e, 95e, 96e, 4e, 18e, 40e. 64e, 88e, 27e, 39e, 45e, 59e, 69e, 76e, 24e, 54e, 63e, 94e d'infanterie de ligne.
Mon intention serait que les compagnies restant des 4es bataillons de ces corps y fussent réunies ; ce qui compléterait vingt-huit bataillons. J'y joindrais les 4es bataillons des 46e, 28e, 50e, 75e, 100e et 103e ; ce qui porterait ce corps à trente-quatre bataillons, qui, à 840 hommes chacun, feraient près de 30,000 hommes.
Pour compléter le nombre de 30,000 hommes, j'y réunirais les bataillons des tirailleurs du Pô et des tirailleurs corses ; j'en formerais trois divisions de douze bataillons chacune ; ce qui ferait un beau corps qui pourrait, si cela était nécessaire, renforcer l'armée du Rhin et la porter à 140,000 hommes ..." (Correspondance de Napoléon, t.18, lettre 14535 ; Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 19446 ; Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, p. 21).
L'"ÉTAT de répartition des dépôts d'infanterie dans les garnisons" indique que le 96e de Ligne fait partie du 3e Arrondissement; 3e Division militaire. Thionville (Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, p. 478).
Le 13 février 1809, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la guerre : "Monsieur le général Clarke, le corps du général Oudinot, au lieu d’être partagé en trois divisions, ne le sera qu’en deux. À cet effet, la 3e demi-brigade légère et la 4e demi-brigade de ligne feront partie de la 1re division ; la 5e et la 6e demi-brigade de ligne feront partie de la 2e division. Le général Claparède commandera une de ces deux divisions. Comme il paraît que chaque corps ne pourra fournir que deux compagnies de fusiliers au grand complet, jusqu’à ce que la conscription de 1810 ait complété les cadres, chaque bataillon ne sera que de 560 hommes, chaque demi-brigade de 1 680 hommes, chaque division de 10 000 hommes, et le corps entier de 20 000 hommes. Lorsque les 5e et 6e compagnies de fusiliers pourront être envoyées, je verrai si je dois former une 3e division, ou laisser seulement le corps à deux divisions.
... Le 3e bataillon de marche sera composé des 1re et 2e compagnies de fusiliers du 94e qui est à Wesel, des 1re et 2e compagnies du 95e qui est Cologne, et des 1re et 2e compagnies du 96e qui est à Thionville ...
Ces douze bataillons de marche seront réunis du 1er au 15 mars à Strasbourg.
Vous donnerez ordre que chacune de ces compagnies soient complétées à 140 hommes.
Donnez ordre que les dépôts fournissent à chaque homme une capote et 3 paires de souliers, dont deux dans le sac et une aux pieds.
Si les dépôts ne pouvaient compléter ces compagnies, ils en enverront toujours les cadres, avec tout ce qu’ils ont de disponible, et vous ferez connaître ce qui manquerait, afin que je le fasse tirer des conscrits de ma Garde.
Vous donnerez ordre que tous les détachements de ma Garde qui doivent partir de Paris, pour porter les compagnies de grenadiers et de voltigeurs au grand complet, soient prêts à partir le 15 pour se rendre à Strasbourg. Ils seront formés en bataillons de marche. Vous prescrirez aux différents commandants de ma Garde d’en passer la revue, de n’envoyer que des hommes qui sachent faire l’exercice à feu, et de les faire habiller de l’uniforme d’infanterie légère, avec les boutons des régiments où ils doivent entrer ; on me les présentera à la parade du 16, et ils partiront le 17.
J’ai donné ordre au corps du général Oudinot de se réunir à Augsbourg.
Si le général Claparède est encore à Paris, donnez-lui l’ordre de se rendre à Strasbourg pour y attendre ces détachements, et exécuter les ordres qui lui seront donnés. Il sera chargé de mener cette colonne.
Par ce moyen, il y aura entre Strasbourg et Augsbourg de quoi compléter les 12 brigades du corps du général Oudinot, à 12 compagnies chacune, c’est-à-dire à 20 000 hommes. Comme il y aura 12 demi-brigades, il faudra 36 chefs de bataillon et adjudants-majors. Présentez-moi la nomination de ceux qui manquent, et vous les dirigerez sur Strasbourg, pour de là rejoindre le corps. Il faudra 12 majors, le corps en a huit ; c’est quatre à envoyer. Il faut 6 généraux de brigade ; faites-moi connaître ceux qu’il faudrait envoyer.
Il faut à chaque division 18 pièces de canon, c’est-à-dire 36 pour les 2 divisions. Le corps en a 18 ; faites-moi connaître la situation du parc de l’armée du Rhin, et s’il peut fournir les 18 autres pièces.
Ainsi, à la fin de mars, j’aurai au corps du général Oudinot 20 000 hommes, 36 pièces de canon avec caissons et double approvisionnement, un général de brigade d’artillerie, deux compagnies de sapeurs, une compagnie de pontonniers, un colonel du génie, trois officiers du génie, 6 000 outils attelés, 40 caissons d’infanterie, 20 par division, la division de cuirassiers Espagne, et la brigade de cavalerie légère composée de 3 régiments que j’ai attachés à ce corps. Ce qui fera un corps de près de 30 000 hommes.
Il faut qu’il y ait un commissaire des guerres par division, et deux adjoints, et les chefs de service nécessaires. L’armée du Rhin a en personnel de quoi organiser tout cela ..." (E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 2, lettre 2767 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20016 ; Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, p. 61).
Le 15 février 1809, le Ministre de la Guerre adresse son rapport à l'Empereur : "J'ai l'honneur de rendre compte à l'Empereur qu'en exécution des dispositions prescrites par sa lettre du 13 de ce mois, je viens de donner l'ordre à M. le général Oudinot de ne former provisoirement qu'à deux divisions, au lieu de trois, le corps d'armée qu'il commande. Ces deux divisions seront composées, ainsi que Sa Majesté l'a ordonné, de la manière suivante, savoir :
1re division.
1re 1/2 brigade d'infanterie légère ; 3e id. ; 1?e de ligne ; 2e id. ; 3e id. ; 4e id.
2e division.
2e 1/2 brigade d'infanterie légère ; 4e id. ; 5e id de ligne ; 6e id. ; 7e id. ; 8e id.
Le général de division Claparède commandera l'une de ces divisions.
J'ai prévenu le général Oudinot que les 4es bataillons qui doivent composer son corps ne pouvant fournir en ce moment que deux compagnies de fusiliers au grand complet, chacun de ces bataillons sous ses ordres ne sera provisoirement composé que de la compagnie de grenadiers , de la compagnie de voltigeurs et des deux premières compagnies de fusiliers formant 560 hommes par bataillon, 1,680 hommes par demi-brigade, 10,000 hommes par division et 20,000 pour le corps entier.
J'ai expédié les ordres pour faire diriger sur Strasbourg les 1re et 2e compagnies de fusiliers de tous ces 4es bataillons complétées à 140 hommes chacune et munies d'une capote et de trois paires de souliers par homme. Huit de ces 4es bataillons avaient encore leurs compagnies de grenadiers et de voltigeurs dans l'intérieur et je leur ai pareillement donné l'ordre de se rendre à Strasbourg, ce sont celles des 24e de ligne qui est à Lyon, 16e légère qui est à Mâcon, 28e, 46e, 50e, 75e qui sont à Boulogne, 100e et 103e qui sont à Metz.
Toutes ces compagnies, à leur arrivée à Strasbourg, y seront réunies formées en 12 bataillons de marche de la manière prescrite par Sa Majesté et mises sous le commandement du général de division Claparède qui se trouvait à Paris et qui a l'ordre de se rendre à Strasbourg où il attendra de nouveaux ordres.
Je joins ici l'état de ces compagnies indiquant les époques de leur arrivée à Strasbourg et leur formation en bataillons de marche.
Dans le cas où les dépôts ne pourraient en ce moment compléter à 140 hommes chacune de ces compagnies, j'ai ordonné qu'on en fit néanmoins partir les cadres avec tous les soldats disponibles au dépôt et qu'on me fit connaître sans aucun délai ce qui pourrait leur manquer, j'aurai l'honneur d'en rendre compte à Sa Majesté à mesure que les rapports me parviendront.
Les détachements de la garde impériale destinés à porter les compagnies de grenadiers et de voltigeurs au grand complet partiront de Paris le 17 février formés en 2 bataillons de marche, l'un d'infanterie légère fort de 643 hommes, l'autre d'infanterie de ligne fort de 814 hommes, en tout 1,457 hommes, ils arriveront le 9 mars à Strasbourg. Ces deux bataillons seront présentés à Sa Majesté demain, 16 , à la parade.
Je donne des ordres pour compléter à 6 le nombre des généraux de brigade du corps du général Oudinot, celui des majors à 12 , celui des chefs de bataillon et adjudants-majors à 36. J'ordonne en même temps des dispositions pour compléter à 36 pièces le nombre des bouches à feu du corps du général Oudinot, savoir 18 par division, et pour organiser son administration à raison d'un commissaire des guerres par division et deux adjoints avec les chefs de service nécessaires pris dans l'administration de l'armée du Rhin ...
Au moyen de ces dispositions, il y aura entre Augsbourg et Strasbourg de quoi compléter les 12 1/2 brigades de ce corps d'armée à 12 compagnies chacune et ce corps aura ainsi, vers la fin de mars, 20,000 hommes d'infanterie, 36 pièces de canon avec caissons et double approvisionnement, un général de brigade d'artillerie , une compagnie de pontonniers, un colonel et trois officiers du génie, deux compagnies de sapeurs, 6,000 outils sur des voitures attelées, 40 caissons d'infanterie dont 20 par division, la division de cuirassiers du général Espagne, la brigade de cavalerie légère, ce qui fera un corps de près de 30,000 hommes" (Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, p. 65). Cette lettre est suivie d'un "État des bataillons de marche destinés à rejoindre le corps du général Oudinot et qui sont dirigés sur Strasbourg" qui indique : 3e Bataillon de marche du Corps du Général Oudinot, 1ère et 2e Compagnies de Fusiliers des 94e, 95e et 96e de Ligne, chacune à 280 hommes; celles du 96e doit partir de Thionville le 1er mars, pour arriver le 17 mars à Strasbourg.
L'"ÉTAT de situation, d'itinéraire et d'emplacement du corps de réserve de l'armée du Rhin. Feuille nº 2" indique :
Corps de Réserve de l’Armée du Rhin, Général Oudinot.
Quartier général du Corps du Général Oudinot : Augsbourg (du 5 au 16 mars).
1re DIVISION : Général Claparède.
2e 1/2 brigade de ligne. Augsbourg et les environs (du 5 au 16 mars 1809).
94e de Ligne, 4e Bataillon : Grenadiers et Voltigeurs, 281 hommes ; Conscrits de la Garde, 4 hommes ; 1re et 2e Compagnie de Fusiliers, 280 hommes.
95e de Ligne, 4e Bataillon : Grenadiers et Voltigeurs, 287 hommes ; Conscrits de la Garde, 28 hommes ; 1re et 2e Compagnies de Fusiliers, 280 hommes.
96e de Ligne, 4e Bataillon : Grenadiers et Voltigeurs, 180 hommes ; Conscrits de la Garde, 109 hommes ; 1re et 2e Compagnies de Fusiliers, 280 hommes (Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, Annexe 9).
L'"ÉTAT de situation, d'itinéraire et d'emplacement des renforts pour l’Armée du Rhin" indique :
Corps de Réserve, Général Oudinot.
3e bataillon de marche.
96e de Ligne, 1re et 2e Compagnies de Fusiliers du 4e Bataillon, 280 demandés, 60 mis en route. Itinéraire : Niederbronn le 5. Haguenau le 6. Strasbourg le 7. Biberach le 19. Hornberg le 20. Rottweil le 21. Bahlingen le 22. Riedlingen le 23. Ehingen le 24. Ulm le 25. Günzbourg le 26. Zusmarshausen le 27. Augsbourg le 28 (Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, Annexe 13).
Le 8 mars 1809, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, je reçois votre lettre du 6 avec l'état qui y est joint. Je vois que la force des 12 bataillons de marche du corps du général Oudinot est de 6 300 hommes et qu'il manque 3 000 hommes pour les compléter. Ces 3 000 hommes seront fournis par ma Garde. J'ai déjà donné une destination aux premiers 600 hommes qui se sont trouvés prêts. Donnez ordre que les 1600 hommes qui vont être disponibles après ceux-là soient habillés de l'uniforme des régiments ci-après, dans lesquels ils seront incorporés, savoir :
... pour les 2 compagnies du 96e de ligne 100 hommes ...
Les détachements de ma Garde partiront habillés. Vous enverrez à cet effet au conseil d'administration les numéros de régiments où ils doivent être incorporés, afin qu'on fasse faire leur uniforme, et qu'on y mette les boutons de ces régiments. Par ce moyen, le corps du général Oudinot recevra un renfort de 8300 hommes, et il manquera peu de choses à son complet, en présents sous les armes. Quand le corps du général d'Oudinot aura reçu ces 8000 hommes, vous me ferez connaître ce qui pourrait manquer au complet des compagnies, et s'il y a moyen de le tirer de quelques dépôts, où se trouveraient des conscrits des 4 années antérieures à 1810" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 2, lettre 2899; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20291 ; Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, p. 210).
Le 9 mars 1809, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, je vous envoie un état que j'ai fait dresser du corps du général Oudinot. Faites-le rectifier, s'il y a des erreurs, et faites vérifier s'il manque effectivement ... 100 hommes au 96e ... Proposez-moi les moyens de les compléter ..." (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 2, lettre 2907 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20307; Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, p. 213).
Situation de la Division Oudinot au 9 mars 1809 (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20309; Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, p. 214) :
Divisions |
Brigades |
1/2 Brigades |
Bataillons |
Présents |
Détachements tirés des conscrits de la Garde |
Compagnies de fusiliers formant les 12 premières compagnies de marche |
Détachement formant le 13e bataillon de marche |
Totaux
|
Manque au complet de 560 par brigade |
Excédent sur le complet |
||
| Par bataillon
|
Par 1/2 brigade
|
|||||||||||
1ère division général Claparède |
2e brigade le général |
2e ½ brigade d’infanterie de ligne Major Coquereau | 94e de ligne |
281 |
4 |
64 |
154 104 60 |
499 511 441 |
1451 |
61 |
|
|
Le 12 mars 1809, le Ministre de la Guerre adresse, depuis Paris, son Rapport à l'Empereur : "J'ai l'honneur d'adresser à S. M. le projet de formation d'un corps de réserve.
Ce projet porte à 54,000 hommes cette réserve au lieu de 45,500 hommes.
La différence en plus qui existe entre le projet de formation présenté à S. M. et l'aperçu qu'elle a bien voulu donner provient de 2,500 hommes du 9e régiment provisoire qui doit se former à Mayence et qui a été oublié dans l'aperçu donné à S. M. , ci 2,500 hommes.
2,800 hommes du régiment provisoire qui peut être formé des 5es bataillons pareillement oubliés, savoir les 6e, 16e, 24e, 25e, 26e léger, 22e, 45e, 54e, 57e et 96e de ligne, ci 2,800 -£800 hommes du 5e bataillon du 5e léger pour le port de Cherbourg, ci 800 –
800 hommes du 5e bataillon du 16e de ligne pour le port de Toulon, ci 800 -.
Et 1,600 hommes en plus provenant des 13e, 14e, 15e et 16e régiments provisoires qui présentent 11,600 Français en Italie, au lieu de 10,000 portés dans l'aperçu, ci 1,600.
Au total 8,500 hommes ..." (Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, p. 191).
Le 13 mars 1809 à minuit, l'Empereur écrit, depuis Rambouillet, au Général Clarke, Comte d'Hunebourg, Ministre de la Guerre, à Paris : "Monsieur le Général Clarke, je reçois votre travail du 12 mars sur la formation d'un corps de réserve, composé des 5es bataillons de l'armée. Je vous le renvoie pour que vous y fassiez faire quelques changements que je vais vous indiquer ...
Il faut faire ces changements sur votre état qui, d'ailleurs, me paraît bien conçu ...
Il y a déjà à Metz le 12e régiment, qui devient le 13e, par suite des changements faits pour la formation de la brigade de Pontivy. Le nouveau régiment sera alors le 14e ; ces deux régiments formeront une brigade. Il me semble que ce 14e régiment pourra être composé de la manière suivante : 1er bataillon, deux compagniesdu 25e léger, deux compagnies du 6e léger, deux compagnies du 24e léger ; 2e bataillon, deux compagnies du 26e léger, deux du 16e léger, deux du 32e léger ; 3e bataillon, deux compagnies du 96e de ligne, deux du 22e de ligne, deux du 54e, deux du 15e de ligne. Il manque deux compagnies pour le 2e bataillon ; on prendra les deux compagnies du 32e léger qui sont à Toulon.
Ainsi une brigade composée de deux régiments et forte de 5,000 hommes se réunira à Pontivy ...
Quant à la formation de cette réserve, rien ne presse. Il me paraît qu'il est d'abord nécessaire d'achever de compléter les bataillons de guerre qui sont en Allemagne et les 4es bataillons qui doivent les rejoindre ..." (Correspondance de Napoléon, t.18, lettre 14891 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20343; Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, p. 193).
"Décret.
Au palais des Tuileries, le 23 mars 1809.
Art. 1er. - Il sera formé dix-sept demi-brigades provisoires de réserve, composées principalement de deux ou trois compagnies tirées des cinquièmes bataillons de nos régiments d'infanterie.
Art. 2. Chaque demi-brigade sera commandée par un colonel en second ; chaque bataillon par un chef de bataillon. Il y aura un adjudant-major par demi-brigade.
Art. 3. Les dix-sept demi-brigades seront organisées de la manière suivante :
... 13e demi-brigade.
1er bataillon.
2 compagnies du 59e de ligne.
2 compagnies du 69e de ligne.
2 compagnies du 76e de ligne.
840 hommes.
2e bataillon.
2 compagnies du 100e de ligne.
2 compagnies du 103e de ligne.
2 compagnies du 105e de ligne.
840 hommes.
3e bataillon.
2 compagnies du 6e léger.
2 compagnies du 24e léger.
2 compagnies du 25e léger.
840 hommes.
4e bataillon.
2 compagnies du 26e de ligne.
2 compagnies du 16e de ligne.
2 compagnies du 96e de ligne.
840 hommes.
Cette demi-brigade se réunira à Metz ..." (Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, p 550).
La "Suite des Troupes en marche, Nº 6, 2e supplément" indique que le Bataillon de marche formé à Paris, composé d'un détachement du 58e Régiment d'infanterie de ligne, 50 hommes; un détachement du 121e Régiment d'infanterie de ligne, 50 hommes ; d'un détachement du 2e Régiment d'infanterie légère, 50 hommes; un détachement du 4e Régiment d'infanterie légère, 50 hommes; un détachement du 12e Régiment d'infanterie légère, 50 hommes; un détachement du 15e Régiment d'infanterie légère, 50 hommes; un détachement du 122e Régiment d'infanterie de ligne, 200 hommes, est parti de Paris le 21 mars pour être rendu le 9 avril à Strasbourg. Les hommes des 58e, 121e de Ligne, des 2e, 4e, 12e et 15e d'Infanterie légère sont destinés à être incorporés dans les 16e, 26e Légère et 96e de Ligne, au Corps du Général Oudinot (Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, Annexe 13ter).
Le 10 avril, les 5e et 6e Compagnies du 4e Bataillon (280 hommes) quittent le Dépôt de Thionville; elles doivent être rendues le 16 avril à Strasbourg pour faire partie du 3e Bataillon de marche (d'après le "MOUVEMENT des 5e et 6e compagnies des 4es bataillons appartenant à l'armée du Rhin et au corps de réserve de l'armée du Rhin, pour se rendre à Strasbourg, où elles seront formées en bataillons de marche et envoyées de là en Allemagne pour y rejoindre leurs corps" - In Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, p. 419).
Le 23 avril 1811, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, vous recevrez le décret par lequel j'ai réglé la formation des 6es bataillons de l'armée d'Allemagne. J'ai changé les éléments de cette formation. Vous verrez par l'état joint au décret que ces bataillons sont composés de trois manières :
1° Avec des conscrits fournis par les dépôts de leurs régiments.
2° Avec ce qu'on peut tirer d'anciens soldats des dépôts de l'armée d'Espagne.
3° Avec des conscrits tirés des dépôts de l'armée d'Espagne.
J'y ai ajouté, pour chaque 6e bataillon, un détachement de 150 conscrits tirés du régiment de Walcheren.
Donnez ordre que les détachements d'anciens soldats qui se trouvent dans les dépôts des régiments se mettent en marche du 1er au 10 mai. Les cadres doivent être formés en Allemagne dans le même délai, de sorte que dès leur arrivée, ces hommes formeront de petits bataillons de 3 à 400 hommes. Ces bataillons seront ensuite complétés par la conscription, tant pour les conscrits arrivant du dépôt du régiment, que pour ceux venant des autres dépôts qui fournissent à cette incorporation.
Quant aux détachements à prendre dans l'île de Walcheren, vous donnerez les ordres suivants : la 2e compagnie de chaque 5e bataillon composée d'un capitaine, de 2 lieutenants, 2 sous-lieutenants, 1 sergent-major, 4 sergents, 1 caporal fourrier, 8 caporaux et 2 tambours, doit se mettre en marche du 1er au 10 mai pour l'île de Walcheren. À son arrivée, le général commandant dans l'île y incorporera 150 hommes choisis parmi les conscrits les plus sûrs et de la meilleure volonté. Vous aurez soin de faire envoyer d'avance au régiment de Walcheren des boutons de ces 2 régiments, afin que le changement d'uniforme des conscrits puisse être préparé sans frais.
Aussitôt que ces détachements bien habillés, bien équipés et bien armés se trouveront formés, le général commandant l'île de Walcheren les passera lui-même en revue avant leur départ. Un inspecteur aux revues en dressera les contrôles et aura soin d'y inscrire les noms, prénom et signalement, afin que si ces hommes désertent, on puisse les faire poursuivre dans leurs familles par des garnisaires. Il ne partira de l'île de Walcheren que deux détachements par semaine. Ces détachements remonteront par eau jusqu'à Willemstad et Berg-op-Zoom, d'où ils rejoindront les bataillons de guerre en traversant la Hollande. Il y aura quelques brigades de gendarmerie pour observer leur passage ...
ANNEXE
Etat indiquant les éléments de la formation des 6es bataillons des régiments de l’Armée d’Allemagne
Régiments qui forment les 6e bataillons |
Conscrits du régiment |
Supplément de 150 conscrits à tirer du régiment de Walcheren (ce supplément ne compte que pour 50 |
Suppléments à tirer d'autres régiments |
Total de ce que 6e bataillons aura |
||||||
Conscrits que le régiment reçoit et hommes disponibles |
Conscrits pour compléter les bataillons suisses |
Conscrits du 4e bataillon A |
Reste pour le 6e bat. B |
Numéros du régiment d'où on les tire |
Anciens soldats C |
Conscrits D |
Total |
|||
61e de ligne |
1200 | 100 |
800 |
300 |
50
|
Le 96e |
62 |
63 |
125 |
726 |
Le 100e |
62 |
3 |
125 |
|||||||
Le 63e |
63 |
63 |
126 |
|||||||
A : Ces conscrits partiront le 1er juillet 1811 de leur dépôt pour les 6es bataillons en Allemagne.
B : Ces 1500 conscrits partiront de Walcheren par compagnie, dirigés sur le dépôt en France pour le 5e bataillon. Elles commenceront à partir le 15 mai.
C : Ces conscrits partiront dès le 10 mai pour l'Allemagne.
D : Ces conscrits partiront le 1er juin de leur dépôt" (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 26814; ce tableau est donné par Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 2, Lavauzelle, page 239).
Le 1er janvier 1812, le 96e Régiment d'Infanterie de ligne a son Dépôt à Thionville (Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 1, Lavauzelle, page 14).
Le 8 mars 1812, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke : "Monsieur le duc de Feltre ... Donnez ordre que 30 hommes du 39e, 80 hommes du 40e, 100 hommes du 103e, 120 hommes du 88e, 80 hommes du 76e, 40 hommes du 96e, 30 hommes du 100e, formant un total de près de 500 hommes, se rendent à Wesel et soient formés en bataillon de marche du 3e corps, 2e bataillon ; ce bataillon est destiné à être incorporé dans le 72e ; il se rendra à Magdeburg ..." (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 5, lettre 6899 ; Correspondance générale de Napoléon, t.12, lettre 30153 ; Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 4, Lavauzelle, page 392).
Le 13 mars 1812, le Major général écrit, depuis Paris, à l'Empereur : "Sire, le ministre de la guerre vient de m'annoncer qu'il a donné des ordres pour faire former à Wesel les bataillons de marche ci-après, qui seront tous composés seulement d'anciens soldats ou conscrits de 1811, tirés des dépôts dont les bataillons de guerre sont en Espagne ...
2e bataillon de marche du 3e corps :
Détachement du 76e de ligne, 80, à. Wesel le 25 mars.
du 88e - , 120, id. le 25 mars.
du 39e - , 30, id. le 26 mars.
du 40e - , 80, id. le 26 mars.
du 96e - , 40, id. le 27 mars.
du 100e - , 30, id. le 27 mars.
du 103e - , 100, id. le 27 mars.
Total, 480 hommes.
Ce bataillon doit être réuni, le 27 mars, à Wesel; il pourrait s'y reposer le 28 et en partir le 29 pour se diriger sur Magdebourg·, d'où le duc d'Elchingen le ferait pareillement arriver au 3e corps pour être incorporé dans le 72e régiment de ligne.
Je prie Votre Majesté de me faire connaitre si Elle m'autorise à expédier les ordres de mouvement à ces bataillons de marche. Le ministre de la guerre m'annonce qu'en ordonnant leur formation, il a donné les ordres les plus précis pour que les divers détachements fussent complètement habillés, armés et équipés, et munis de leurs livrets entièrement à jour, afin qu'ils puissent partir de Wesel en bon état.
ALEXANDRE.
Décision de l'Empereur : Les faire séjourner trois jours sur le Rhin; ne les faire partir que quand ils seront bien réunis.
Paris, le 14 mars 1812.
NAPOLEON" (Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 4, Lavauzelle, page 395).
Clarke écrit à Victor, depuis Paris, le 28 juin 1812 (AG) : "J'ai reçu la lettre par laquelle Votre Excellence me fait part que Son Altesse Sérénissime le prince de Neufchâtel désire connaître la marche des 10e, 11e et 12e demi-brigades provisoires sur Berlin, ainsi que la réunion des huit escadrons de dragons qui doivent former un régiment provisoire de cette arme à Hanovre.
J'ai fait connaître à Son Altesse Sérénissime le prince de Neufchâtel par une lettre en date du 11 juin, que les 10e, 11e et 12e demi-brigades provisoires faisant partie de la 3e division de la réserve ont eu l'ordre de continuer leur marche de Wesel sur Berlin, où elles arriveront, savoir :
La 10e, composée des 4es bataillons du 27e, 63e, 76e et 96e de ligne, forts ensemble d'environ 2.670 hommes, vers le 16 juillet.
Le général de brigade Cavaignac dirige le mouvement de ces trois demi-brigades ..." (Fabry G. : « Campagne de Russie (1812) – (11 août – 19 août), Paris, Gougy, 1903, Annexes p. 90).
Le 30 juin 1812, Victor écrit, depuis Berlin, à Michaud (A G) : "Son altesse sérénissime le prince major général me donne avis par une lettre du 22 de ce mois que le ministre a donné ordre à la 10e demi-brigade composée des 4e bataillons des 27e, 63e,76e, 96e régiments, forte de 2.670 hommes, de partir pour arriver le 22 juin à Wesel; à la 12e demi-brigade, composée des 4e bataillons des 123e, 124e et 125e régiments, forts de 2.050 hommes et du 3e bataillon du 129e fort de 660 hommes, de partir aussi pour Wesel où ils arriveront le 4 juillet, et à la 11e demi-brigade provisoire composée des 4es bataillons, des 27e léger et 50e de ligne et d'un bataillon de six compagnies des 36e, 51e et 55e régiments formant ensemble 2.150 hommes de partir pour arriver le 6 juillet à Wesel où le cadre du 3e bataillon du 2e régiment de,la Méditerranée arrivera le même jour, et prendra les conscrits des 36e, 51e et 55e régiments. De Wesel ces trois demi-brigades se rendront directement à Berlin.
Je vous prie, monsieur le général, de diriger ces trois sur brigades, Berlin après leur avoir fait prendre un jour de repos à leur passage à Magdebourg" (Fabry G. : « Campagne de Russie (1812) – (11 août – 19 août), Paris, Gougy, 1903, Annexes p. 95).
Le 13 juillet 1812, Berthier écrit, depuis Vilna, à Clarke (A G) : "... Le général Cavaignac expose que le 4e bataillon du 96e régiment d'infanterie est dépourvu d'officiers et de sous-officiers, qu’il n’a que deux capitaines, dont un hors d'état de faire campagne, et cinq sous-lieutenants, dont un est officier-payeur. J'invite votre excellence à prendre des mesures pour qu'il soit pourvu au prompt remplacement des emplois vacants dans ce bataillon. Il est urgent que votre excellence veuille bien statuer sur les propositions qui lui ont été faites à cet égard" (Fabry G. : « Campagne de Russie (1812) – (11 août – 19 août), Paris, Gougy, 1903, Annexes p. 122).
Kerner écrit au Prince Royal de Wurtemberg, de Falkovitschi, le 29 juillet (A W) : "… le 26, entre Ostrovno et Vitebsk, il se produisit entre l'arrièré-garde de Barclay et une division de l'armée italienne un violent combat après lequel les Russes furent obligés de se retirer avec perte de quelque artillerie que l'on estime à vingt pièces. Nous traversâmes le champ de bataille ; à en juger par les traces, des deux côtés 6.000 à 8.000 hommes ont perdu la vie. La perte des chevaux est particulièrement grande, parce que le terrain exigeait beaucoup d'attaques de cavalerie ; le 8e régiment de chasseurs et un régiment de hulans prussiens ont beaucoup souffert jusqu'à ce que l'infanterie des 84e, 96e et 106e régiments du IVe corps et quelque artillerie soient venus à leur secours …" (Fabry G. : « Campagne de Russie (1812) – Supplément (24 juin – 10 août), Paris, Gougy, 1903, p. 339).
Situation du 11e Corps, 31e Division (1er septembre), 2e Brigade : 10e Demi-brigade, Major Suaux : Etat-major (1 Officier, 3 chevaux) ; 4e Bataillon du 27e de ; 4e Bataillon du 63e de Ligne Ligne (15 Officiers, 691 hommes, 5 chevaux d’Officiers) ; 4e Bataillon du 76e de Ligne (20 Officiers, 415 hommes, 5 chevaux d’Officiers) ; 4e Bataillon du 96e de Ligne (11 Officiers, 646 hommes, 4 chevaux d’Officiers) (Fabry G. : « Campagne de Russie (1812) – (11 août – 19 août), Paris, Gougy, 1903, Annexes p. 334).
/ Uniformes
Le 10 juin 1806, Murat écrit à Agar, Ministre des Finances : "… Mon intention est d'adopter pour mes troupes l'uniforme des tambours et sapeurs du 96e régiment en garnison à Düsseldorf, avec boutons blancs ; faites connaître ma détermination au ministre de l'Intérieur, afin que les remplacements en habillement se fassent de cette manière …" (Le Brethon Paul : « Lettres et documents pour servir à l'histoire de Joachim Murat, 1761-1815 », Plon, 1908-1914, t. 4, p. 225, lettre 2352).