Le 85e Régiment d'Infanterie de Ligne
1789-1815
Avertissement et remerciements :
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- Inspection du Dépôt du 85e Régiment à Mayence par le Général Schauenburg, le 23 novembre 1807
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Bouton du 85e de Ligne - Collection Achille Verschoren, Historien. |
"Dépôt du 85e Régiment d’Infanterie de Ligne. Revue passée à Mayence le 23 novembre 1807.
Espèce d’hommes. Passable.
Habillement. Bon.
Equipement. Idem.
Armement. Idem.
Tenue. Bonne.
Discipline. - .
Maniement d’armes. Passable pour l’instruction qu’ils ont reçu.
Manœuvres. Bonnes.
Retenue. Point.
Ordinaire. Bien monté.
Pain. Bon.
Casernes et fournitures. Mauvaise, fournitures passables.
Conscrits. - .
Finances. Le Général de division Inspecteur général d’infanterie n’a pas arrêtée la comptabilité de l’an 13 en deniers et effets, ne l’ayant pas trouvée arrêtée par l’Inspecteur aux revues.
L’Inspecteur général a trouvé que les registres de comptabilité ne sont pas tenus avec ordre, qu’il y existre beaucoup d’irrégularités.
Les dépenses pour les frais de bureau sont très fortes.
Résumé.
Le Dépôt est commandé par le Capitaine Ambrossy qui n’a ni les moyens ni l’autorité de conduire le Dépôt ; la note qu’il donne au Quartier-maitre est renvoyée aux remarques que j’ai fait sur son administration. S. E. sera à même de voir combien il est préjudiciable qu’un Dépôt soit dirigé par la nuisible influence d’un Quartier-maitre qui fait tout ce qu’il veut puisque celui qui le commande n’a pas assez de connaissances administratives, et puis encore n’oserait pas se permettre de déplaire au Quartier-maitre qui en a une copieuse … ( ?) et qui je n’en doute pas a rédigé sa note lui-même ainsi que celle de l’Officier chargé de l’habillement. J’ai refusé à ce corps 5 hommes.
Ordre.
Le Général de division Schauenburg Inspecteur général d’Infanterie n’a pas arrêté définitivement pour l’an 13 les registres de comptabilité en deniers et effets du 85e Régiment d’Infanterie de Ligne, attendu qu’ils ne l’ont pas été par l’Inspecteur aux revues.
D’après l’examen qu’il en a fait il s’est aperçu que les sommes remises au Quartier-maitre étaient portées sur son journal sans indiquer de date ou à une époque bien différente à celle du registre de caisse, cette manière d’opérer prouve le peu d’ordre et de régularité dans ses opérations ainsi que le peu de surveillance du conseil d’administration.
L’Inspecteur général a trouvé que les frais de bureau sont excessives ils montent pour l’an 13 à la somme de deux mille huit cent six francs vingt-sept centimes, dans laquelle est comprise celle exorbitante de 288 frs pour l’achat de neuf registres de détail des Compagnies.
L’Inspecteur lui ordonne de mettre plus d’ordre et de régularité dans la tenue de ses registres et recommande au conseil d’administration d’être plus exact à surveiller cette partie de l’administration.
Les dépenses des Bataillons de guerre ne sont point détaillées au journal du Quartier-maitre, celui-ci s’est seulement borné à y porter celles de frais de bureau, les autres sont comprises en bloc sur les tableaux de trimestre et encore sans les désigner de celles du Dépôt, ce qui fait qu’on ne peut connaitre les dépenses des Bataillons de guerre, et aussi que celles portées sur le tableau présentent un total bien plus fort que l’arrêté du journal du Quartier-maitre" (Schauenburg (Général baron Alexis-Balthazar-Henri-Antoine de) : « Revues particulières d’inspection, ordonnée le 23 octobre 1807 » ; Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg: MS.0.491 ; document numérisé par la BNU à la demande conjointe de F. Berjaud, L. Claudel et D. Davin).
"Ordre donné à tous les corps sur la manière d’exercer les conscrits et pour l’administration.
Nota. Le présent ordre a été adressé à S. E. le Ministre de la guerre, le 20 novembre dernier ; lequel précèdera les autres donnés.
Les commandants des dépôts prescriront aux officiers et sous-officiers de s’appliquer à connaitre autant que les circonstances le permettront les facultés de l’homme qu’ils ont à instruire afin de les traiter en conséquence, ils leur recommanderont la patience, les brusqueries étant contraires aux succès de l’instruction.
Le premier objet auquel ils devront avoir attention, c’est d’inspirer aux recrues le goût de la propreté, pour y parvenir, il faut qu’il lui indique tous les moyens qui sont en usage dans la troupe pour entretenir et nettoyer avec ménagement toutes les parties de l’habillement et équipement, après la propreté du corps, si essentielle à la santé du soldat, vient l’entretien de ses armes dont il doit avoir le plus grand soin, à cet effet, il faut faire connaitre aux recrues toutes les parties de son armement et lui enseigner la manière de nettoyer et remonter son fusil.
Lorsque l’on sera à l’exercice l’instructeur entretiendra la recrue pendant l’intervalle de chaque repos, de ses devoirs envers les officiers et sous-officiers, et lui fera connaitre les nomes des généraux sous les ordres desquels se trouvera le corps, le nom des officiers de sa compagnie, et de ceux supérieurs en exigeant de lui qu’il les retiennent.
Le commandant de chaque dépôt fera pratiquer le règlement concernant le service intérieur, la police et la discipline de l’infanterie du 24 juin 1792 sur tout ce qui n’est pas contraire aux lois actuelles, aux localités et aux circonstances.
Ils assembleront au moins chaque semaine les officiers et sous-officiers pour les examiner sur les bases de la discipline, de la police, du service intérieur et sur celui de la place duquel il devra être donné connaissance aux conscrits à la fin de chaque exercice en classant les devoirs de chaque grade.
Ils feront aussi suivre par gradation le règlement concernant la manœuvre et l’exercice de l’infanterie du 1er août 1791, sans se permettre sous aucun prétexte quelconque la moindre innovation dans ses principes.
En surveillant la stricte exécution de l’ordre ci-dessus, ils exigeront que les officiers et sous-officiers , par leur conduite et leur application à remplir leur devoir, servent de modèle aux jeunes soldats pour l’éducation militaire de laquelle ils sont chargés.
Tous les officiers et sous-officiers devront se trouver aux exercices journaliers et y être employés en raison de leurs connaissances et moyens d’instruction, et ceux qui n’en auront pas suffisamment devront également s’y trouver pour en acquérir ou pouvoir y être utilisés à la volonté du chef.
L’on n’exercera jamais de grand matin, à moins que les circonstances ne l’exigent, afin de donner le temps au soldat de soigner toutes les parties de son vêtement et la propreté de la chambrée ; l’on préfèrera autant que possible les exercices de l’après midi attendu qu’elles empêchent le soldat de s’écarter trop loin de son quartier.
Conformément à l’article 20 du règlement concernant le service intérieur, tous les officiers devront se trouver à la garde journalière que fournira le corps quand même elle ne défilerait qu’au quartier ; les chefs n’en exempteront personne que pour objet de serves, ils exigeront qu’ils se présentent dans la tenue prescrite pour le journalier, et qu’ils ne se permettent aucun autre costume dans la journée, que celui qu’ils doivent avoir eu à la parade.
Administration.
Les membres du conseil d’administration devront se pénétrer du devoir de la plus exacte surveillance sur toutes les parties de l’administration qui leur est confiée, et les commandants des compagnies porteront toute l’attention nécessaire aux fournitures qui seront faites à leurs soldats, feront les représentations au conseil d’administration si elles étaient défectueuses et rendront compte à l’inspecteur général dans le cas où il ne serait pas fait droit à leurs réclamations.
Le premier dimanche de chaque mois, il sera fait lecture de l’arrêté du 19 Vendémiaire an 12 relatif à la désertion.
Il ne sera fait aux soldats et conscrits, et sous quelque prétexte que ce puisse être, aucune autre retenue que celles prescrites par les règlements.
On ne peut sous quelque prétexte que ce soit, et sans se rendre coupable d’un délit, se permettre de recevoir des hommes en remplacement des militaires qui sont sous les drapeaux sans l’autorisation formelle et préalable transmise par le directeur général de la conscription.
Il ne doit être délivré aucune espèce de congé si ce n’est sur des imprimés envoyés par le ministre. Aucun enrôlé volontaire ne doit être admis qu’après avoir contracté un engagement en présence d’un maire.
On ordonnera que cette formalité soit remplie sur le champ par les enrôlés volontaires qui ne s’y seraient pas conformés.
L’intention de l’Empereur est que tout militaire qui reçoit son congé définitif soit pour ancienneté de service, soit pour cause de blessures reçues à l’armée, puisse rentrer dans ses foyers avec une tenue décente et qu’il doit par conséquent être pourvu d’un habit uniforme en bon état et de son sabre, s’il est sous-officier ou grenadier.
Si le corps a plus de huit musiciens (que les règlement accordent), ceux qui dépassent ce nombre devront être admis comme soldats, et s’ils l’avaient été seulement comme gagistes, ils devront de suite contracter un engagement militaire, s’ils s’y refusent et que le corps veuille les conserver, il est expressément défendu de les porter sur les revues de solde et de fournitures et ils seront mis entièrement à la charge des officiers, mais dans tous les cas, le total de la dépense de la musique ne doit pas excéder une journée de solde des officiers par mois.
Le présent ordre sera transmis de suite sur le registre des délibérations et lu aux officiers rassemblés.
Les commandants des dépôts restent responsables de son entière exécution" (Schauenburg (Général baron Alexis-Balthazar-Henri-Antoine de) : « Revues particulières d’inspection, ordonnée le 23 octobre 1807 » ; Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg: MS.0.491 ; document numérisé par la BNU à la demande conjointe de F. Berjaud, L. Claudel et D. Davin).
Le Général Schauenburg adresse au Ministre de la Guerre le résultat de sa revue le 6 janvier 1808, et aux Ministres Dejean et Lacuée le 8 janvier 1808; le résultat de la Revue est également adressé au Corps le 8 janvier 1808 (Schauenburg (Général baron Alexis-Balthazar-Henri-Antoine de) : « Revues particulières d’inspection, ordonnée le 23 octobre 1807 » ; Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg: MS.0.491 ; document numérisé par la BNU à la demande conjointe de F. Berjaud, L. Claudel et D. Davin).
/ 1810, Allemagne
La 3e Division (Général Gudin) de l'Armée d'Allemagne, quitte Marckt dans les premiers jours de février, pour se rendre par Straubing, Bayreuth, Hoff, Neustadt et Hall : le 85e à Hall, le 2 mars (Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 1, Lavauzelle, page 299).
Le 15 mars 1810, l'Empereur ordonne, depuis Paris : "Notre ministre de la guerre donnera les ordres ci-après :
ARMÉE D'ALLEMAGNE ...
Le grand quartier général, les grandes administrations, les parcs généraux d'artillerie et du génie, et tout ce qui appartient à l'état-major général de la Grande Armée, sont dissous à dater du 1er avril prochain.
Les états-majors et administrations, et tout ce qui tient à l’organisation des 2e et 4e corps et de la réserve générale de cavalerie, sont dissous conformément aux dispositions prescrites par des décrets des 7 et 18 février dernier.
En conséquence, l'armée qui restera en Allemagne sous le commandement du prince d’Eckmühl sera composée de la manière suivante, savoir :
... 3e division d'infanterie, commandée par le général Gudin, composée des 7e régiment d'infanterie légère, 12e, 21e, 25e et 85e régiments d'infanterie de ligne ..." (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 3, lettre 4105; Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 1, Lavauzelle, page 93).
Du 1er avril au 30 juin 1810, la 3e Division (Général Gudin) de l'Armée d'Allemagne à Magdebourg, Halbestadt, Brunswick et environs (Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 1, Lavauzelle, page 299).
Du 1er juillet au 30 septembre 1810, la 3e Division (Général Gudin) de l'Armée d'Allemagne est à Magdebourg et environs (Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 1, Lavauzelle, page 299).
Du 1er octobre au 31 décembre 1810, la 3e Division (Général Gudin) de l'Armée d'Allemagne a son Quartier général à Hanovre; les troupes sont réparties sur la ligne des douanes entre Brême et Rees (Rhin) et sur les côtes (Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 1, Lavauzelle, page 299).
Le 6 octobre 1810, l'Empereur adresse, depuis Fontainebleau, au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, à Paris, une Note sur l'organisation des armées; concernant l'Armée d'Allemagne, il écrit : "… 1er corps : le 7e d'infanterie légère formerait quatre bataillons ; le 13e, quatre ; le 15e, quatre (le 4e bataillon de ce régiment, étant en Espagne, serait remplacé par le 3e bataillon du 6e léger) ; le 33e d'infanterie légère, quatre ; le 12e de ligne, quatre ; le 17e, quatre ; le 21e quatre ; le 25e, trois (le 4e bataillon en Espagne) ; le 30e, quatre ; le 33e quatre ; le 48e, quatre ; le 57e, quatre ; le 61e, quatre ; le 85e, quatre ; le 108e, quatre ; le 111e, quatre ; total, 16 régiments formant 63 bataillons.
Ces 63 bataillons composeraient 4 divisions ; chaque division serait formée d'un régiment d'infanterie légère et de 3 régiments de ligne. Ce premier corps serait celui qui est actuellement en Allemagne, sous les ordres du prince d'Eckmühl ..." (Correspondance de Napoléon, t.21, lettre 17000 ; Correspondance générale de Napoléon, t.10, lettre 24816 ; Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 1, Lavauzelle, page 172).
Le 9 octobre 1810, le Ministre de la Guerre adresse son Rapport à l’Empereur : "Sire, j'ai l'honneur de soumettre à Votre Majesté, conformément à votre ordre du 4 de ce mois, un projet d'organisation de l'armée d'Allemagne.
Les trois divisions d'infanterie se trouvent déjà organisées, savoir :
... La 3e division, sous les ordres du général Gudin, se compose du 7e régiment d'infanterie légère, des 12e, 21e, 25e et 85e de ligne; des 3e et 9e compagnies du 7e d'artillerie à pied et des trois dernières compagnies du 1er bataillon principal du train; au total: 15 bataillons, 5 compagnies d'artillerie, 13.266 bommes et 850 chevaux du train ..." (Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 1, Lavauzelle, page 188).
Le 8 novembre 1810, l'Empereur écrit, depuis Fontainebleau, au Général Clarke : "Monsieur le due de Feltre, donnez des ordres pour qu'il soit formé un régiment de marche, qui sera composé des hommes disponibles des :
4e et 5e bataillons du 13e léger, jusqu'à concurrence de 500 hommes; Du 17e de ligne. 400; Du 30e – 30; Du 57e – 40; Du 61e – 30; Du 15e léger. 30; Du 48e 600; Du 108e 700; Des détachements du 12e de ligne. 6; Du 21e de ligne. 60; Du 85e – 30.
Ce régiment de marche, fort de 2.500 hommes, se réunira à Wesel, d'où il se rendra à Hambourg, quartier général de l'armée d'Allemagne. Là, il sera dissous, et les cadres des 4es et 5es bataillons rentreront en France, sans qu'il en soit rien retenu ..." (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 3, lettre 4797; Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 1, Lavauzelle, page 202).
Le 6 décembre 1810, le Prince d’Eckmühl écrit, depuis Paris, à l’Empereur : "Sire, en conformité des ordres que Votre Majesté m'a donnés par sa lettre du 5, j'ai l'honneur de lui transmettre un état de situation de son armée d'Allemagne, à l'époque du 20 octobre dernier. Les observations à la suite de cet état indiquent les troupes de diverses armes, qui, jusqu'à ce jour, ont eu ordre de rejoindre l'armée d'Allemagne, et qui n'y étaient pas arrivées au 20 novembre.
Situation de l'armée d'Allemagne à la date du 20 octobre 1810.
(Extrait.)
... 3e Division Général Gudin. Quartier général à Hanovre ..
25e, 85e. En route pour se rendre dans l'Oldenbourg ..." (Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 1, Lavauzelle, page 216).
/ 1810, Espagne
Concernant l'Espagne, l'Empereur écrit, le 7 janvier 1810, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, les quatre premiers bataillons auxiliaires qui sont à Versailles seront réduits à deux, composés de la manière suivante. Savoir :
1er bataillon (infanterie de ligne) ...
3e compagnie 1 [officier] 90 [soldats] du 3e de ligne
1 [officier] 60 [soldats] du 61e
1 [officier] 48 [soldats] du 85e de ligne
[Total ] 3 [officiers] 147 [soldats] ...
2e batailllon (infanterie légère) ...
Le comte de Lobau dressera procès-verbal de la formation de ces deux bataillons avant le 10 janvier ; les compagnies seront égalisées, leur chef de bataillon sera nommé pour commander chaque bataillon. Il sera également nommé à toutes les places d'officiers et de sous-officiers.
Les sous-officiers et soldats seront effacés des contrôles de leurs corps et, à dater du 1er janvier 1810, l'existence de ces bataillons sera reconnue, et ils seront payés directement par te Trésor.
Il y aura trois tambours par compagnie.
Au fur et à mesure que les bataillons auxiliaires viendront à se former, au lieu de 12, les cadres seront resserrés, de manière que chaque bataillon soit porté au complet de 840 hommes.
Un colonel en second sera nommé inspecteur de tous les bataillons auxiliaires. Il sera chargé de rendre compte au ministre de leur formation et de veiller à ce que les différents détachements partent des lieux où ils se rassemblent, bien organisés et complets en officiers, sous-officiers et soldats.
Le 5e bataillon auxiliaire qui se réunit à Lyon en partira avec la formation provisoire qu’il aura reçue dans cette ville, et se rendra à Bayonne où il sera définitivement formé.
Faites-moi connaître pourquoi les corps ont envoyé aux bataillons auxiliaires des détachements dont la force est si peu proportionnée aux demandes qui leur ont été faites ; je désire savoir quand ils pourront envoyer le reste.
Aussitôt qu’un bataillon auxiliaire sera formé, présentez-moi un projet de décret pour lui donner une éxistence régulière.
Faites mettre à la dispositionn du comte Lobau une trentaine de jeunes gens de Fontainebleau, pour être placés dans ces bataillons.
Surtout ayez soin de mettre à Versailles un colonel en second qui veille à l’instruction
P.S : Vous dirigerez sur le second bataillon deux compagnies d'infanterie légère, faisant 300 hommes, pour compléter ce bataillon" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 3, lettre 3904 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 22808).
/ 1811, Allemagne
Du 1er janvier au 31 mars 1811, la 3e Division (Général Gudin) de l'Armée d'Allemagne a son Quartier général à Hanovre; les troupes entre Oldenbourg et Cuxhaven (Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 1, Lavauzelle, page 299).
Conformément à l'ordre de l'Empereur du 13 février 1811, une 4e Division est formée à l'Armée d'Allemagne le 1er avril 1811 avec les 57e, 85e et 108e de Ligne tirés des trois premières Divisions et le 33e Léger qui, réuni à Emden au mois de mars, se met en marche en avril pour se rendre à Brême, où il arrive le 7 du même mois (Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 1, Lavauzelle, page 299).
Napoléon écrit, le 13 février 1811, depuis Paris, au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, à Paris, pour lui préciser les modifications de l’Armée d’Allemagne : "Monsieur le Duc de Feltre, au 1er avril l'armée d'Allemagne sera composée de la manière suivante :
... 4e division : le général de division Dessaix, commandant ; les généraux Barbanègre et Friederichs, généraux de brigade. 33e léger ; 67e, 108e, 85e de ligne.
Chaque régiment, dans le courant de l'été, aura 4 bataillons ; ce qui fera 16 bataillons par division ou 12,000 hommes.
Chaque régiment aura également, dans le courant de l'été, 4 pièces de canon ; ce qui fera 16 pièces de canon par division ...
Les mouvements de l'armée d'Allemagne doivent se faire par Wesel, qui est le grand dépôt.
Ces ordres doivent être tenus secrets, et vous devez prescrire les différentes dispositions sans que personne ait connaissance de cette lettre. Vous m'apporterez vous-même la formation de l'armée en ses différentes parties, avec la désignation des officiers, pour que je l'approuve, et vous l'enverrez ensuite au prince d'Eckmühl, comme définitivement arrêtée ..." (Correspondance de Napoléon, t.21, lettre 17355 ; Correspondance générale de Napoléon, t.10, lettre 25918; Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 2, Lavauzelle, page 39).
Le 24 mars 1811, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Maréchal Davout, Prince d'Eckmühl, Commandant en chef l'Armée d'Allemagne, Gouverneur des villes hanséatiques, à Hambourg : "Mon Cousin ... Le 108e étant à Stettin, envoyez aussi le 85e avec le général Friederichs ... Le général Dessaix et son état-major se porteront à Stettin. Le 85e et le 108e auront avec eux leurs pièces de canon. Le général Dessaix aura en outre auprès de lui sa batterie d'artillerie légère et sa compagnie de sapeurs. Les deux batteries d'artillerie à pied resteront à Magdeburg ..." (Correspondance de Napoléon, t.21, lettre 17516 ; Correspondance générale de Napoléon, t.10, lettre 26380 ; Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 2, Lavauzelle, page 107).
En avril 1811, le 85e de Ligne est à Stettin (Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 1, Lavauzelle, page 294).
Le 2 avril 1811, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, à Paris : "Je vous renvoie l'état de situation de l'armée d'Allemagne ... J'ai ordonné aussi qu'il y eût à Stettin un autre régiment de la division Dessaix avec le général de brigade ; ce doit être le 85e et le général Friederichs ; mais la vraie garnison au mois d'août sera de cinq bataillons du grand-duché de Berg, avec six pièces d'artillerie. Quatre bataillons resteront à Stettin et un à Küstrin avec un bataillon du prince Primat ..." (Correspondance de Napoléon, t.22, lettre 17549 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 26479; Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 2, Lavauzelle, page 139).
Le 6 avril 1811, le Prince d'Eckmühl écrit, depuis Hambourg, à l'Empereur : "Sire, je reçois une lettre du ministre de la guerre de Votre Majesté en date du 1er avril, qui m'annonce qu'Elle a accordé au général Dessaix un congé de trois mois avec appointements, et que le général Souham a l'ordre de se rendre en poste à l'armée pour remplacer cet officier général. D'après vos ordres, Sire, le général Dessaix devait porter son quartier général à Stettin, où devait se réunir la brigade du général Frédérick, composée du 108e qui se trouve déjà rendu à Stettin et du 85e qui est en marche pour s'y rendre.
J'ai informé Votre Majesté que le général Dessaix devait partir le 10 avec les deux régiments westphaliens, qu'il est chargé de conduire jusqu'à Stettin.
Il n'est point vraisemblable que le général Souham soit rendu à Magdebourg à l'époque du départ du général Dessaix, qui, en conséquence de l'esprit de la lettre du ministre qui prescrit de ne le laisser partir qu'après l'arrivée du général Souham, suivra donc sa destination jusqu'à Stettin; et c'est de là seulement qu'une fois remplacé, il profitera du congé que lui a accordé Votre Majesté.
Cela me donne le temps de soumettre à Votre Majesté des observations qui me sont dictées par le bien de son service, et de connaître ses intentions si Elle prend mes observations en considération.
Je n'ai jamais servi avec aucun des deux généraux Dessaix et Souham; je ne puis avoir d'autre opinion sur leur compte que celle des autres.
Le général Dessaix m'est connu par ce que Votre Majesté a daigné m'en dire; tout ce que j'ai appris de lui, depuis qu'il est à Magdebourg, m'a confirmé les idées avantageuses que Votre Majesté m'en a données : il a une bonne réputation militaire, beaucoup d'esprit de conduite. J'étais sur son commandement sans inquiétude pour la suite, et il en a un très important par la position où il se trouve et par l'espèce de troupes qu'il commande.
Si Votre Majesté m'eût donné l'ordre de choisir un régiment d'élite dans chacune des trois divisions, j'eusse désigné le 57e, le 85e et le 108e. Ces régiments se trouvent faire partie de la division du général Dessaix, avec le 33e d'infanterie légère, qui passe pour être un très bon régiment. En donnant ce commandement au général Souham, ma situation d'esprit, vis-à-vis du général qui commandera cette troupe, ne sera pas la même, puisqu'il m'a été dépeint comme un homme fort difficile, et il a servi dans des armées où il y avait beaucoup d'indiscipline parmi les généraux.
Je dois soumettre à Votre Majesté mes impressions; elles me font désirer qu'Elle veuille bien laisser au général Dessaix son commandement. Je regarderai alors la tâche qu'elle m'a imposée comme beaucoup moins difficile.
J'ai déjà dans le corps d'armée des difficultés de ce genre à surmonter vis-à-vis, du reste, d'un bon officier. J'en ai déjà entretenu plusieurs fois Votre Majesté (je veux parler du général Morand); mais au moins, avec celui-là, je sais par expérience qu'il y a quelques ressources : c'est un enfant qui va très bien quand il est sous mes yeux. Je n'ai à m'en plaindre que quand il est éloigné.
J'ai le temps, Sire, de recevoir les ordres de Votre Majesté, si Elle veut bien prendre mes observations en considération, et cela sans que les ordres du ministre éprouvent le plus petit retard" (Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 2, Lavauzelle, page 163).
"DÉCRET DU 11 AVRIL 1811.
Titre 1er.
Création d'un 6e bataillon à quatorze régiments de l'armée d'Allemagne.
ART. 1er. — Il sera formé un 6e bataillon aux 13e et 7e régiments d'infanterie légère et aux douze régiments d'infanterie de ligne qui font partie du corps de l'armée d'Allemagne.
ART. 2. — Ces sixièmes bataillons n'auront pas de compagnies de grenadiers ni de voltigeurs; ils ne seront composés que de six compagnies de fusiliers.
ART. 3. — Au 1er mai prochain, notre ministre de la guerre nous présentera la nomination des chefs de bataillon qui commanderont ces sixièmes bataillons.
Les colonels, qui commandent les bataillons de guerre qui sont en Allemagne, désigneront dans ces trois bataillons deux capitaines et deux lieutenants par bataillon. Il sera pris, en outre, sur tout le régiment, un adjudant-major.
Six sous-lieutenants seront pris, soit dans les vélites de notre Garde, soit dans notre école militaire de Saint-Cyr.
Notre ministre de la guerre fera désigner en outre 6 sergents-majors pris parmi les sergents en activité dans les trois bataillons de guerre; 24 sergents pris moitié dans les sergents en activité des bataillons de guerre et moitié parmi les caporaux et soldats desdits bataillons, et 48 caporaux, desquels 21 seront pris parmi les caporaux en activité et 24 parmi les soldats ayant au moins quatre ans de service dans les bataillons de guerre.
ART. 4. — Les ordres seront donnés pour que les cadres soient rendus aux dépôts au 1er juin, afin qu'ils soient prêts pour recevoir la conscription.
ART. 5. — Lorsque les sixièmes bataillons seront arrivés en ligne, les colonels en feront faire le tiercement avec les autres bataillons, de manière que les compagnies aient un égal nombre de vieux et de nouveaux soldats.
ART. 6. — Les régiments étant ainsi composés à six bataillons, il sera attaché à chaque régiment un major en second qui rejoindra les bataillons de guerre aussitôt que les quatrièmes bataillons y seront arrivés.
Les 1er et 2e bataillons, en bataille, seront commandés par le colonel; les 3e et 4e bataillons, en bataille, seront commandés par le major en second ..." (Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 2, Lavauzelle, page 173 - Ce décret est complété par celui du 23 avril 1811).
Le 12 avril 1811, le Prince d’Eckmühl écrit, depuis Hambourg, à l’Empereur : "Sire, j'ai reçu la lettre de Votre Majesté du 6 avril, avec l'état d'organisation de l'armée d'Allemagne en avril et en juin1; je le lui renverrai demain avec les observations qu'Elle me demande.
Les deux régiments westphaliens sont partis de Magdebourg le 10, le 7e de hussards le 11, et le 85e aujourd'hui, pour se rendre à Stettin. Tous ces mouvements et ceux que les Prussiens font eux-mêmes augmentent les bruits de guerre ..." (Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 2, Lavauzelle, page 179).
Le 19 avril 1811, l'Armée d'Allemagne est composée de trois Corps; le 1er est le Corps d'observation de l'Elbe, commandé par Davout. L'Empereur écrit en effet ce jour à au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, à Paris : "Monsieur le Duc de Feltre, l'armée d'Allemagne sera composée de trois corps :
1° Le corps d'observation de l'Elbe ;
2° Le corps d'observation du Rhin ;
3° Le corps d'observation d'Italie.
CORPS D'OBSERVATIONDE L'ELBE.
Le corps d'observation de l'Elbe sera commandé par le prince d'Eckmühl. Il sera composé de cinq divisions d'infanterie et formé de la manière suivante :
4e Division : 33e de ligne, quatre bataillons ; 57e, cinq ; 85e, cinq ; Portugais, trois ; total, 17 bataillons.
Cette 4e division sera commandée par le général (....) ...
ARTILLERIE. — Chaque régiment aura quatre pièces de régiment, ce qui fera douze pièces par division, à l'exception de la 5e, qui en aura seize ..." (Correspondance de Napoléon, t.22, lettre 17630 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 26753; Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 2, Lavauzelle, page 220).
"Décret du 23 avril 1811.
ART. 1er. — Il sera formé un sixième bataillon à chacun de nos 7e et 13e régiments d'infanterie légère; 12e, 17e, 21e, 30e, 33e, 48e, 57e, 61e, 85e, 108e et 111e de ligne.
Ces sixièmes bataillons seront organisés à notre armée d'Allemagne, où se trouvent les bataillons de guerre de ces régiments. Ils seront complétés avec des hommes tirés des dépôts indiqués à l'état joint au présent décret.
ART. 2. — Le cadre de chacun de ces sixièmes bataillons sera formé de la manière suivante :
Notre ministre de la guerre nous proposera le chef du bataillon.
Les trois bataillons de guerre du régiment fourniront chacun, au choix du colonel, un capitaine et un lieutenant, deux sergents-majors, dont un pris parmi les sergents-majors du bataillon et un parmi les sergents; 8 sergents, dont 4 pris parmi les sergents et 4 parmi les caporaux; 2 caporaux-fourriers, dont un pris parmi les fourriers et un parmi les caporaux, et 16 caporaux, dont 8 pris parmi les caporaux et 8 parmi les soldats susceptibles de le devenir.
Le colonel choisira également, parmi les lieutenants des trois bataillons, l'adjudant-major du 6e et parmi les sous-officiers les deux adjudants sous-officiers de ce bataillon.
Les sous-lieutenants de ce sixième bataillon seront tirés de notre école militaire de Saint-Cyr.
Les trois autres capitaines et les trois autres lieutenants, qui devront compléter le cadre de chaque 6e bataillon, seront tirés, soit de notre Garde, soit des cadres des officiers venant des îles, soit enfin du nombre des officiers en réforme.
Tous les officiers et sous-officiers pris dans les trois premiers bataillons de guerre, pour passer dans le 6e, seront remplacés au bataillon qu'ils quitteront.
ART. 3. — Les sixièmes bataillons n'auront jusqu'à nouvel ordre ni grenadiers ni voltigeurs; ils seront seuls composés de six compagnies de fusiliers portées à la même force que celle des autres bataillons.
ART. 4. — Le tiercement de ces bataillons avec les premiers s'opérera au 1er juillet prochain, de manière à ce que toutes les compagnies de fusiliers aient un nombre égal d'anciens et de nouveaux soldats.
ART. 5. — Notre ministre directeur de l'administration de la guerre prendra les mesures nécessaires pour que les anciens soldats et les conscrits, destinés à compléter ces régiments et qui seront tirés d'autres corps, soient pourvus, avant leur départ pour l'armée, de tous les effets d'habillement et d'équipement qui leur reviennent, et notre ministre de la guerre leur fera fournir ceux de l'armement.
ART. 6. — Notre ministre de la guerre les fera diriger sur l'armée par détachements, dont la conduite sera confiée à des officiers et sous-officiers tirés des corps qui les auront fournis et en nombre proportionné à la force de chaque détachement. Ces officiers et sous-officiers retourneront à leurs corps après avoir fait la remise des détachements.
ART. 7. — Les dispositions du décret du 11 de ce mois auxquelles il n'est pas dérogé par le présent recevront leur exécution" (Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 2, Lavauzelle, page 238 - Note : Ce Décret complète et modifie celui du 11 avril 1811).
Le 23 avril 1811, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, vous recevrez le décret par lequel j'ai réglé la formation des 6es bataillons de l'armée d'Allemagne. J'ai changé les éléments de cette formation. Vous verrez par l'état joint au décret que ces bataillons sont composés de trois manières :
1° Avec des conscrits fournis par les dépôts de leurs régiments.
2° Avec ce qu'on peut tirer d'anciens soldats des dépôts de l'armée d'Espagne.
3° Avec des conscrits tirés des dépôts de l'armée d'Espagne.
J'y ai ajouté, pour chaque 6e bataillon, un détachement de 150 conscrits tirés du régiment de Walcheren.
Donnez ordre que les détachements d'anciens soldats qui se trouvent dans les dépôts des régiments se mettent en marche du 1er au 10 mai. Les cadres doivent être formés en Allemagne dans le même délai, de sorte que dès leur arrivée, ces hommes formeront de petits bataillons de 3 à 400 hommes. Ces bataillons seront ensuite complétés par la conscription, tant pour les conscrits arrivant du dépôt du régiment, que pour ceux venant des autres dépôts qui fournissent à cette incorporation.
Quant aux détachements à prendre dans l'île de Walcheren, vous donnerez les ordres suivants : la 2e compagnie de chaque 5e bataillon composée d'un capitaine, de 2 lieutenants, 2 sous-lieutenants, 1 sergent-major, 4 sergents, 1 caporal fourrier, 8 caporaux et 2 tambours, doit se mettre en marche du 1er au 10 mai pour l'île de Walcheren. À son arrivée, le général commandant dans l'île y incorporera 150 hommes choisis parmi les conscrits les plus sûrs et de la meilleure volonté. Vous aurez soin de faire envoyer d'avance au régiment de Walcheren des boutons de ces 2 régiments, afin que le changement d'uniforme des conscrits puisse être préparé sans frais.
Aussitôt que ces détachements bien habillés, bien équipés et bien armés se trouveront formés, le général commandant l'île de Walcheren les passera lui-même en revue avant leur départ. Un inspecteur aux revues en dressera les contrôles et aura soin d'y inscrire les noms, prénom et signalement, afin que si ces hommes désertent, on puisse les faire poursuivre dans leurs familles par des garnisaires. Il ne partira de l'île de Walcheren que deux détachements par semaine. Ces détachements remonteront par eau jusqu'à Willemstad et Berg-op-Zoom, d'où ils rejoindront les bataillons de guerre en traversant la Hollande. Il y aura quelques brigades de gendarmerie pour observer leur passage ...
ANNEXE
Etat indiquant les éléments de la formation des 6es bataillons des régiments de l’Armée d’Allemagne
Régiments qui forment les 6e bataillons |
Conscrits du régiment |
Supplément de 150 conscrits à tirer du régiment de Walcheren (ce supplément ne compte que pour 50 |
Suppléments à tirer d'autres régiments |
Total de ce que 6e bataillons aura |
||||||
Conscrits que le régiment reçoit et hommes disponibles |
Conscrits pour compléter les bataillons suisses |
Conscrits du 4e bataillon A |
Reste pour le 6e bat. B |
Numéros du régiment d'où on les tire |
Anciens soldats C |
Conscrits D |
Total |
|||
85e de ligne | 1200 | 800 |
400 |
50
|
Le 64e |
73 |
73146 |
150 |
726 |
|
Le 65e |
65 |
65 |
130 |
A : Ces conscrits partiront le 1er juillet 1811 de leur dépôt pour les 6es bataillons en Allemagne.
B : Ces 1500 conscrits partiront de Walcheren par compagnie, dirigés sur le dépôt en France pour le 5e bataillon. Elles commenceront à partir le 15 mai.
C : Ces conscrits partiront dès le 10 mai pour l'Allemagne.
D : Ces conscrits partiront le 1er juin de leur dépôt" (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 26814; ce tableau est donné par Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 2, Lavauzelle, page 239).
Le 24 mai 1811, l'Empereur écrit, en effet, depuis Caen, au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, à Paris : "Je vous envoie cinq états pour vous servir de direction dans un rapport que vous me ferez au 15 juin, pour donner une nouvelle organisation, au 1er juillet, aux différents corps d'observation.
CORPS D'OBSERVATION DE L'ELBE. — Ce corps restera à quatre divisions jusqu'au 1er juillet. A cette époque, il sera formé à cinq divisions. Les 4es et 6es bataillons s'y réuniront dans les lieux indiqués, de sorte qu'au commencement d'août l'organisation soit complète, et que ce corps ait acquis toute la consistance qu'on peut en attendre ...
Je n'ai pas besoin de vous dire que vous ne devez donner aucun ordre, faire aucun mouvement en conséquence de ces états, mais que vous devez vous borner à me faire un rapport général au 15 juin, époque à laquelle vous me demanderez en même temps mes ordres.
En attendant, toutes les dispositions nécessaires pour porter au complet le corps d'observation de l'Elbe, tel qu'il a été arrêté, doivent avoir lieu.
N°1
Le ministre de la Guerre trouvera dans ces notes ce qui est relatif à l’organisation et mouvement du corps d’observation de l’Elbe au mois de juillet. Elles serviront de matière à un rapport qu’il devra me faire pour le 20 juin.
NOTE.
CORPS D'OBSERVATIONDE L'ELBE.
Le corps d'observation de l'Elbe doit être composé de cinq divisions. Il restera à quatre divisions jusqu'au 1er août et ne sera composé de cinq divisions qu'à cette époque, à laquelle les 6es et 4es bataillons auront rejoint.
Je vous ai déjà fait connaître que la composition de ces divisions doit être faite de la manière suivante ... :
Division Dessaix. — 33e léger, quatre ; 85e de ligne, cinq ; 108e, cinq ; total, 15 bataillons ...
Chaque division aurait quatre brigades, et chaque brigade se composerait de cinq bataillons ; quatre généraux de brigade seraient-attachés à chaque division ; les cinq divisions formeraient en tout vingt brigades et quatre-vingt-dix-huit bataillons ...
On procédera de la manière suivante : au 1er juillet, les 4es bataillons, complétés de tous les conscrits destinés aux 6es bataillons, se mettront en marche pour se diriger sur les quatre points suivants : ceux de la 1re division, sur Wesel ; ceux de la 2e, sur Cologne ; ceux de la 3e, sur Düsseldorf, et ceux de la 4e, sur Aix-la-Chapelle. Les cadres des 6es bataillons, qui sont actuellement à Wesel et à Munster, se rendront dans ces différentes places, et par ce moyen il y aura à Wesel les 4e et 6e bataillons du 13e léger, les 17e, 30e et 61e de ligne ; total, huit bataillons ; à Cologne, le 6e bataillon du 15e léger, les 4e et 6e bataillons des 33e, 48e et 11e de ligne ; total, sept bataillons ; à Düsseldorf, les 4e et 6e bataillons du 7e léger, des 12e et 21e de ligne, et le 6e du 25e de ligne ; total, sept bataillons ; à Aix-la-Chapelle, les 4e et 6e bataillons des 57e, 85e et 108e ; total, six bataillons ..." (Correspondance de Napoléon, t.22, lettre 17247 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27150; Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 2, Lavauzelle, page 333).
Le 12 juin 1811, le Ministre directeur de l'Administration de la Guerre écrit, depuis Paris, au Duc de Feltre, Ministre de la Guerre : "Monsieur le Duc, toutes les mesures que j'avais à prendre pour l'exécution du décret du 22 avril sont prises depuis longtemps. Les conseils d'administration des régiments ont dû organiser leurs équipages respectifs avec célérité, et je vois en effet par des correspondances qu'ils ont maintenant ou qu'ils sont près de recevoir, par les marchés qu'ils ont passés, tout ce qu'ils doivent se procurer.
Pour vous mettre à même, Monsieur le Duc, de voir d'un coup d'oeil le résultat des dispositions que j'ai faites à cet égard, j'ai l'honneur d'adresser ci-joint à Votre Excellence un état, par corps d'armée, des régiments qu'elle m'a désignés elle-même comme devant être pourvus d'équipages. Cet état indique la composition de ces équipages en raison du nombre des bataillons de guerre de chaque corps, sauf quelques exceptions ordonnées par l'Empereur lui-même.
État nominatif des régiments d'infanterie qui ont reçu ordre de se pourvoir d'équipages en exécution du décret du 22 avril 1811.
Corps d'observation de l'Elbe"
RÉGIMENTS |
Bataillons de guerre |
OBSERVATIONS. |
85e de ligne * |
5 |
D'après un décret du 11 février 1811, les seize régiments désignés par l'astérisque ont été pourvus de chevaux, selles et harnais, pour les pièces et voitures ci-après : 1° 4 pièces d'artillerie; 6 caissons de munitions à canon; 4 - à cartouches; 1 forge de campagne; --- 15 voitures d'artillerie (75 chevaux). 2° 1 caisson d'ambulance; 1 - de comptabilité; 4 - des vivres ; --- 6 caissons d'administration (24 chevaux). Il leur a été donné en outre les moyens de se pourvoir des chevaux, selles et harnais, pour un caisson de munitions à cartouches et d'un caisson des vivres pour un 5e bataillon de guerre. Les 127e, 128e et 129e, ainsi que le corps de Portugais, ont été exceptés, jusqu'à nouvel ordre, de ceux qui de vaient avoir des équipages à leur suite, par une lettre de Sa Majesté en date du 2 mai dernier. L'Empereur a décidé aussi que le 33e de légère n'aurait que les équipages déterminés par le décret du 11 février. |
(Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 2, Lavauzelle, page 362).
Le 14 juin 1811, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, donnez ordre de faire réunir à Walcheren en 4 détachements les 11 compagnies des 5es bataillons des régiments de l'armée d'Allemagne qui sont dans l'île de Walcheren, savoir :
... 4e détachement les compagnies du 57e, 85e et 108e
... Le général Gilly passera la revue de ces détachements et complétera les compagnies qui les composent à 150 hommes en prenant les meilleurs sujets des 1er et 2e bataillons du régiment de Walcheren. Tous les malades seront effacés du contrôle des compagnies et rentreront dans les cadres du régiment de Walcheren. Ces détachements s'embarqueront à Veere pour se rendre à Willemstadt ou à Gertruydenberg.
... Le 4e détachement partira le 26 ou le 27.
Vous aurez soin d'ordonner que les contrôles de ces compagnies soient faits en ordre avec le lieu de naissance et le signalement bien spécifiés. Ces détachements ne débarqueront qu'à Gertruydenberg. De là, ils passeront le Rhin à Gorcum et seront dirigés par la gauche du Rhin sur le quartier général de la division du corps d'observation de l'Elbe dont font partie les régiments auxquels ils appartiennent. À leur arrivée, ces bataillons seront dissous ; les cadres rentreront en France ; les hommes seront incorporés par égale partie dans les 3 bataillons de guerre du régiment.
Vous donnerez l'ordre aux cadres des 6es compagnies du 6e bataillon du 13e léger, 17e de ligne, 30e de Ligne, 61e, 33e de ligne, 48e, 111e, 7e d'infanterie légère, 12e, 21e, 57e, 85e et 108e de se rendre dans l'île de Walcheren pour recevoir chacun 150 hommes, ce qui fera l'emploi de 1 950 hommes, tous ces hommes seront habillés par le dépôt du régiment de Walcheren. On aura soin de placer dans ces compagnies les hommes qui sont déjà depuis longtemps dans le régiment de Walcheren et dont on peut être le plus sûr. On ne mettra de nouveaux conscrits que dans les cadres d'infanterie légère pour ne pas défaire les habits. Ces 13 compagnies devront être prêtes à partir du 20 au 30 juillet pour se rendre en Allemagne.
... Donnez ordre aux commandants de la gendarmerie dans les 25e, 17e et 24e divisions militaires d'envoyer des officiers pour suivre ces détachements, de prendre toutes les dispositions convenables et de redoubler de surveillance pour prévenir la désertion. Si ces mesures réussissent, mon intention est de compléter de cette manière les bataillons de guerre du corps d'observation de l'Elbe, de sorte qu'au 1er août, tous ces bataillons de guerre soient portés au-delà du complet de 840 hommes, les malades non compris" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 4, lettre 5608 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27312; Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 2, Lavauzelle, page 364).
Le 4 juillet 1811, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, donnez ordre que les 4e et 6e bataillons du 13e léger reçoivent tout ce qui est disponible dans le 5e bataillon et se complètent chacun à 700 hommes. Donnez le même ordre pour les 17e léger, 7e léger et les 30e, 33e, 48e, 12e, 21e, 85e, 108e, 61e, 111e et 57e de ligne. Les 6es bataillons du 15e léger et du 25e de ligne seront complétés à 840 hommes. Ces 28 quatrièmes et 6es bataillons se mettront en marche du 15 au 25 juillet, parfaitement habillés et équipés et se dirigeront sur Wesel et de là sur leurs régiments respectifs dans la 32e division militaire. Les 2 bataillons de chaque régiment marcheront sur une seule colonne. Vous enverrez un officier général à Wesel afin qu'à leur passage par cette ville, chacun de ces bataillons soit passé en revue et que l'on constate leur bon état, l'état de leur habillement, équipement, leur nombre, les places vacantes, etc. Les 2 bataillons du 7e léger s'embarqueront sur le Rhin à Huningue ; les bataillons qui sont à Strasbourg, Mayence, Spire s'embarqueront sur le Rhin jusqu'à Wesel. Le général Compans pourrait être chargé de passer cette revue : il devra être rendu le 25 juillet à Wesel ..." (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 4, lettre 5731 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27526; Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 3, Lavauzelle, page 24).
Le 7 juillet 1811, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, donnez ordre que les compagnies des 17e, 108e, 12e, 48e, 21e, 30e, 33e et 61e de ligne, complétées par des conscrits réfractaires de l'île de Walcheren formant 8 compagnies ou 1200 hommes, partent de l'île de Walcheren du 15 au 20 juillet pour se rendre à Hambourg. Ces 1200 hommes seront incorporés à Hambourg dans les différents régiments. Les compagnies des 85e, 57e et 111e partiront du 25 au 30 juillet et les 4 compagnies des 7e et 13e légers au plus tard le 10 août. Ainsi ces 2250 hommes seront arrivés en Allemagne dans le courant du mois d'août, ce qui avec les 1600 hommes des 11 premières compagnies et les 1800 hommes des deux bataillons des îles de Gorée et Schouwen fera un renfort de 5600 hommes. Il ne manquera donc plus pour les régiments de l'armée d'Allemagne que 3 000 hommes pour être portés au grand complet" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 4, lettre 5750 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27568 ; Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 3, Lavauzelle, page 34).
Le 8 juillet 1811, le Prince d'Eckhmül écrit, depuis Hambourg, à l'Empereur : "Votre Majesté m'ayant fait connaître, par sa lettre du 7 mai, qu'Elle désirait savoir combien avaient d'années de service les capitaines, lieutenants et sous-lieutenants de l'armée d'Allemagne, ainsi que les sergents et caporaux, j'ai l'honneur de lui adresser le travail que j'ai fait faire pour remplir ses intentions. Il est fait par régiment. Elle verra que tous les cadres sont composés de vieux militaires ayant plus ou moins d'années de service" (Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 3, Lavauzelle, page 37). Le tableau qui accompagne cette lettre, intitulé « Armée d’Allemagne, Etat sommaire des Officiers et Sous-officiers, indiquant le nombre de leurs années de service en juillet 1811 », donne pour le 85e de Ligne : 1 Colonel, 20 ans ; 2 Chefs de Bataillon 20 ans, 1 Chef de Bataillon 19 ans ; 1 Adjudant-major 27 ans, 1 Adjudant-major 18 ans, 1 Adjudant-major 7 ans ; 1 Officier payeur 19 ans ; 1 Officier porte-aigle 19 ans ; 1 Capitaine 30 ans, 1 Capitaine 27 ans, 1 Capitaine 28 ans, 1 Capitaine 22 ans, 6 Capitaines 20 ans, 3 Capitaines 19 ans, 1 Capitaine 9 ans ; 1 Lieutenant 20 ans, 2 Lieutenants 19 ans, 1 Lieutenant 18 ans, 2 Lieutenants 17 ans, 1 Lieutenant 15 ans, 1 Lieutenant 12 ans, 1 Lieutenant 8 ans, 3 Lieutenants 7 ans, 2 Lieutenants 4 ans ; 1 Sous-lieutenant 19 ans, 1 Sous-lieutenant 18 ans, 1 Sous-lieutenant 17 ans, 1 Sous-lieutenant 13 ans, 1 Sous-lieutenant 10 ans, 3 Sous-lieutenants 9 ans, 2 Sous-lieutenants 8 ans, 1 Sous-lieutenant 7 ans, 5 Sous-lieutenants 4 ans, 1 Sous-lieutenant 2 ans ; 2 Adjudants sous-officier 13 ans, 1 Adjudant sous-officier 9 ans, 1 Adjudant sous-officier 8 ans, 1 Adjudant sous-officier 7 ans, 1 Adjudant sous-officier 6 ans ; 1 Tambour-major 8 ans ; 1 Sergent-major 18 ans, 2 Sergents-majors 9 ans, 4 Sergents-majors 8 ans, 5 Sergents-majors 7 ans, 4 Sergents-majors 6 ans, 3 Sergents-majors 5 ans ; 1 Sous-officier porte-aigle 20 ans, 1 Sous-officier porte-aigle 18 ans ; 1 Sergent 22 ans, 1 Sergent 20 ans, 12 Sergents 19 ans, 6 Sergents 18 ans, 1 Sergent 17 ans, 2 Sergents 14 ans, 1 Sergent 13 ans, 4 Sergents 12 ans, 8 Sergents 11 ans, 3 Sergents 10 ans, 10 Sergents 9 ans, 12 Sergents 8 ans, 4 Sergents 7 ans, 2 Sergents 6 ans, 5 Sergents 5 ans, 1 Sergent 4 ans, 2 Sergents 3 ans, 1 Sergent 2 ans ; 1 Fourrier 9 ans, 2 Fourriers 7 ans, 2 Fourriers 6 ans, 8 Fourriers 5 ans, 1 Fourrier 4 ans, 2 Fourriers 3 ans, 3 Fourriers 2 ans ; 1 Caporal 20 ans, 1 Caporal 19 ans, 2 Caporaux 18 ans, 2 Caporaux 17 ans, 2 Caporaux 12 ans, 3 Caporaux 11 ans, 3 Caporaux 10 ans, 9 Caporaux 9 ans, 24 Caporaux 8 ans, 27 Caporaux 7 ans, 16 Caporaux 6 ans, 15 Caporaux 5 ans, 15 Caporaux 4 ans, 13 Caporaux 3 ans, 13 Caporaux 2 ans, 1 Caporal 1 an.
Le 26 juillet 1811, le Ministre de la Guerre adresse un rapport à l'Empereur : "Sire, j'ai eu l'honneur de rendre compte à Votre Majesté, par un rapport du 11 de ce mois, des ordres que j'avais donnés pour le mouvement des 4es et 6es bataillons destinés à rejoindre leurs régiments, employés au corps d'observation de l'Elbe.
J'ai en même temps informé Votre Majesté que j'avais ordonné à M. le maréchal prince d'Eckmuhl de former la 5e division de son corps d'armée, conformément aux ordres que Votre Majesté m'avait précédemment donnés à ce sujet.
M. le maréchal prince d'Eckmühl vient de me faire connaître que, d'après les intentions de Votre Majesté, il a donné les ordres nécessaires pour que les 4es et 6es bataillons fussent dirigés, à leur arrivée à Osnabrück, par la route la plus courte, sur leurs corps respectifs.
Il a joint à sa lettre le tableau de l'emplacement actuel des régiments d'infanterie du corps d'observation de l'Elbe, formés en cinq divisions ainsi qu'il suit, savoir :
... A Hanovre; il sera transféré à Magdebourg. 3e division, gal Gudin.
Le Clerc. 7e léger, à Hanovre; il ira à Magdebourg lorsque le 33e léger ira à Stettin;
Boyer. 12e de ligne, à Magdebourg;
Desailly. 21e - à Magdebourg; 129e - à Osnabrück.
A Stettin. 4e division, gal Dessaix.
A Stettin. 4e division, gal Dessaix.
Barbanègre. 33e léger, à Magdebourg; ira à Stettin lorsqu'on aura réponse du gouvernement prussien;
Friederichs. 85e de ligne, àStettin;
Le Guay 108e — à Stettin ...
M. le maréchal prince d'Eckmühl annonce que pour faire faire le moins de mouvements possible, il laisse provisoirement le 111e dans le Mecklembourg, jusqu'à l'arrivée du général Compans; que le 33e régiment d'infanterie légère doit aller à Stettin; mais comme il s'y trouve déjà trois régiments alliés, avec les 85e et 108e de ligne français, il croit devoir attendre que ces régiments alliés aient une destination, alors il enverra le 33e léger à Stettin et le 7e léger le remplacera à Magdebourg ...
M. le maréchal prince d'Eckmuhl me fait remarquer que, par la disposition actuelle des troupes, il lui sera facile de réunir chaque division quand il le jugera nécessaire.
J'ai cru devoir mettre ces détails sous les yeux de Votre Majesté" (Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 3, Lavauzelle, page 86).
Le 8 août 1811, le Prince d'Eckmühl écrit, depuis Hambourg, à l'Empereur : "Sire, j'ai l'honneur de rendre compte à Votre Majesté que les 4es et 6es bataillons des dix régiments de l'armée ont déjà été passés en revue par le général Compans, à leur passage à Wesel.
J'ai l'honneur de mettre sous les yeux de Votre Majesté le résultat de ces revues.
Elle pourra remarquer qu'en général l'instruction est aussi avancée qu'on peut le désirer, et qu'à l'exception des bataillons du 111e régiment, du 7e d'infanterie légère, les officiers des autres corps méritent des éloges.
Les chefs des bataillons des 7e légère et 111e régiment prétendent n'avoir reçu leurs conscrits que depuis un mois ou six semaines.
L'habillement est généralement bien confectionné, mais les draps sont d'une qualité très médiocre ; beaucoup de vestes et de culottes sont trop courtes et d'une mauvaise étoffe.
Les capotes sont d'un bon drap, mais en général trop courtes.
L'équipement est au complet et bien tenu, et la majeure partie des gibernes est d'un cuir trop mince. Il manque au 85e régiment 277 gibernes et 297 bretelles de fusil. Au 48e régiment il manque 162 sabres et 83 au 7e d'infanterie légère.
J'ai déjà écrit au ministre de la guerre pour demander des sabres pour compléter l'armement des trois premiers bataillons de guerre, et je vais lui adresser une nouvelle demande pour les 4es et 6es bataillons.
Il n'y a aucune observation à faire sur les fusils, qui sont au complet et très bien entretenus.
Les effets de linge et chaussure sont complets et de bonne qualité, seulement quelques sacs à peau sont mal coupés ; chaque soldat a une paire de souliers aux pieds et deux paires dans le sac.
Tous les hommes ont leur livret tenu en règle, leurs comptes sont arrêtés au 1er juillet.
D'après cette analyse, Votre Majesté remarquera que ces 4es et 6es bataillons sont dans une situation satisfaisante ; et au moyen des ordres que je vais donner pour leur instruction, j'espère qu'au 1er octobre on ne s'apercevra pas qu'il y ait des recrues dans les corps de l'armée.
Il ne manque donc à peu près que les effets de campement, et j'ai donné des ordres pour que les cinq bataillons de chaque régiment en soient pourvus sous un mois" (Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 3, Lavauzelle, page 105).
Le 16 août 1811, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Prince d'Eckmühl, à Hambourg : "Mon Cousin, je vous envoie une lettre d'un soldat de la garnison de Stettin. Il dit qu'il y a beaucoup de malades; j'ai cru que Stettin était en bon air. Damm, au contraire, est malsain. Faites vérifier cela. Ayez bien soin que mes troupes soient placées dans des lieux où elles n'aient point à craindre de maladies. Il vaut mieux donner la bataille la plus sanglante que de mettre ses troupes dans un lieu malsain. Souvenez-vous de ce qui est arrivé à la division Morand, après la bataille de Wagram" (Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 3, Lavauzelle, page 120).
Le Prince d'Eckmuhl fait immédiatement procéder à une enquête : le Général Liébert, Gouverneur de Stettin, lui adresse, à ce sujet, un rapport rendant compte de la situation sanitaire de la place et faisant connaître que l'auteur de la plainte en question est un Sous-lieutenant du 85e de Ligne, qui, dans une lettre écrite à son père, a cru devoir exagérer le nombre des malades, dans le simple but d'intéresser ses parents à son sort (Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 3, Lavauzelle, page 121).
"Rapport du général Liébert, gouverneur de Stettin, au prince d'Eckmuhl.
Stettin, le 25 août 1811.
J'ai l'honneur de répondre à la lettre que Votre Altesse m'a fait celui de m'écrire, le 20 de ce mois, à laquelle était jointe copie de celle adressée, le 28 juillet, par le sieur Loubers à son père, premier conseiller à la Cour impériale de Toulouse.
Il ne m'a point été difficile de connaître l'individu en question : il est sous-lieutenant au 85e régiment, jeune homme et sortant de l'école il y a deux ans, servant bien et promettant de faire un bon officier. M. le colonel Pial m'a déclaré en être fort content. Mais il parait que ce jeune homme, avec une tête du midi, a voulu faire de l'esprit et se rendre intéressant à sa famille; on ne peut lui supposer d'autres sentiments, d'après ce que m'en a dit M. le colonel Piat, qui, néanmoins, m'a promis de le surveiller exactement dans toutes ses actions et propos, ainsi que je le lui ai bien recommandé. Je n'ai confié qu'à ce colonel la conduite peu mesurée du sieur Loubers, qui ignore et ignorera que l'on connaît sa correspondance avec son père.
Cependant, Monseigneur, quoique les assertions insérées dans la lettre du sieur Loubers soient fausses et mensongères, dans le sens surtout où elles sont rapportées, je vais, en ayant l'honneur de répondre aux questions contenues dans la lettre de Votre Altesse susdatée et provoquées par l'inconsidération de ce jeune officier, entrer dans les détails que peut désirer Votre Altesse.
Il est vrai qu'il y a des malades militaires aux hôpitaux à Stettin, et j'en ai successivement rendu compte à Votre Altesse, mais la quantité n'est point au delà de la proportion résultant nécessairement de la garnison considérable qui se trouve dans la place; d'un autre côté, la saison et les chaleurs de cette année ont provoqué ces maladies, qui ne sont d'ailleurs que des fièvres simples et ne présentent aucun caractère de malignité ni dangereux. Les ordres du jour de Votre Altesse, les instructions et avis donnés par MM. les officiers de santé ou chefs de l'armée prouvent malheureusement que ce n'est point à Stettin seul où le nombre des malades ait augmenté depuis environ deux mois. Je dirai néanmoins que, eu égard aux soins donnés à la troupe, à la bonne qualité des subsistances, le nombre de malades ne serait pas si considérable, si ce n'était le tribut que tous les nouveaux arrivants dans la place sont obligés de payer, quelques précautions que l'on puisse prendre. Je l'ai moi-même éprouvé chèrement.
Comme j'ai eu l'honneur d'en informer Votre Altesse, l'hôpital principal de cette place contient 800 malades; depuis qu'il est à ce nombre, j'y ai annexé un autre établissement pouvant en contenir 150, et en ce moment j'en fais établir un autre qui en contiendra 490. Ainsi, au moyen de ces deux derniers établissements, il y aura place, au besoin, pour 1.400 malades, outre un grand local, que j'ai destiné pour les hôpitaux régimentaires, qui peut en contenir de 250 à 300. Avant l'occupation de chaque local, je me suis assuré de sa salubrité par les rapports des officiers de santé chargés du service, et je crois, dans la circonstance, n'avoir rien négligé. Soldat depuis quarante ans, je porte mes camarades dans mon coeur.
Les maladies ne sont que légères; rien de pestilentiel; fièvres simples et peu de mortalités, encore celles qui ont lieu les aurait-on dans tout autre pays et dans toute saison.
Le 31 juillet, par conséquent trois jours après la lettre du sieur Loubers, il n'y avait que 634 hommes à l'hôpital. C'est donc à tort qu'il a écrit qu'on ne pouvait plus en recevoir, puisque le local principal en contient 800. Depuis cette époque, le nombre a augmenté et se trouve aujourd'hui de 1.043, dont 341 Français et 662 alliés. Il serait à désirer qu'il y en eût beaucoup moins; mais, d'après les causes que j'ai indiquées d'autre part, ce nombre n'est point extraordinaire si l'on considère la force de la garnison. Votre Altesse remarquera sans doute une différence dans le nombre des malades, qui est tel que, quoique les Français soient environ 6.000 hommes, ils n'ont que moitié à peu près de malades des alliés, qui ne sont que 4.000. Plusieurs causes peuvent y contribuer : 1° les alliés viennent de pays montagneux; 2° leurs ordinaires ne sont pas, en général, aussi réglés que les nôtres, et, sous ce rapport, le soldat français vit mieux que le soldat allié. J'en ai fait plusieurs fois l'observation à MM. les colonels et les ai fortement engagés à faire faire ordinaire à leur troupe, en leur disant que, dans le cas où leurs hôtes manqueraient de bois de chauffage, de m'en rendre compte, que je ferais faire des distributions lorsqu'il serait nécessaire. Du reste, la surveillance pour la santé du soldat est active; le service de l'hôpital se fait bien, et je ne puis que me louer de tous ceux qui en sont chargés.
Enfin, le sieur Loubers a donc eu tort d'écrire, le 28 juillet, ce qu'il a écrit; il trompait ses parents en leur disant que la nourriture était mauvaise, la chose étant absolument fausse. Souvent je consulte, je demande à MM. les colonels et commandants de troupes si les denrées données en distributions sont de bonne qualité : tous m'ont répondu et me répondent affirmativement. M. le général de division Dessaix n'épargne pas les mêmes questions, et il obtient les mêmes résultats que moi. Mes instructions pour le service des vivres portent positivement que, lorsque des denrées présentées à la distribution ne seront pas ce qu'elles doivent être, ere sera suspendue et que compte devra m'en être rendu sur-le-champ.
A l'égard de la bière, je suis d'avis qu'elle n'est pas et ne peut être bonne, et cet inconvénient est reconnu par la circulaire de MM. les officiers de santé en chef de l'armée du 11 de ce mois, lesquels reconnaissent en même temps que les usages du pays ne permettent pas de l'avoir meilleure. Mais cette bière n'est pas plus mauvaise que celle que l'on vend chez les marchands pour la boisson des habitants. La faculté a d'ailleurs été donnée aux corps d'abandonner la bière et de recevoir de l'eau-de-vie du pays en remplacement; ils ont préféré s'en tenir à la bière.
Les exercices de troupes ne sont point forcés et ne sont absolument que ce qu'ils peuvent être dans la saison où nous sommes.
Quant à l'article de la lettre de Votre Altesse concernant le fort de Damm, j'ai l'honneur de l'assurer que je n'ai remarqué dans aucun temps que cette garnison eût plus de malades que celle de Stettin, proportion gardée. Ce fort, quoique adossé à la prairie qui se trouve entre lui et Stettin, est rapproché des bois qui, en général, sont très sains; seulement, l'eau de pompe y est mauvaise; mais celle de la petite rivière qui la traverse est très bonne, d'après l'analyse que j'en ai fait faire au mois de mai dernier.
Voilà, Monseigneur, tous les renseignements que je puis donner à Votre Altesse, d'après la demande qu'elle m'en a faite le 20 de ce mois.
J'ai l'honneur de la prier, en même temps, d'accueillir mes remerciements de l'opinion favorable qu'Elle a de moi, pour les soins qu'Elle veut bien se persuader que je donne à la santé des soldats de l'Empereur; ce devoir sera toujours sacré pour moi et l'objet de ma sollicitude particulière" (Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 3, Lavauzelle, page 120).
TABLEAU A de répartition dans les régiments d'infanterie du corps d'observation de l'Elbe des conscrits réfractaires et condamnés graciés, qui se rassemblent à Wesel et à Strasbourg (22 août 1811).
Désignation des Corps | Force après l’arrivée des détachements de Walcheren, Gorée et Schouwen, et des 4es et 6es Bataillons | Manquant au complet de 4200, c’est-à-dire 140 hommes par Compagnie | Conscrits. Wesel : 2250 | Conscrits. Strasbourg : 4500 | Conscrits. Graciés : 626 | Effectif après l’incorporation | Observations |
85e de Ligne | 4200 | 300 | 40 | 4540 |
Le 30 août 1811, le Prince d'Eckmühl écrit, depuis Hambourg, à l'Empereur : "Sire, je m'empresse de satisfaire à la demande que Votre Majesté me fait par sa lettre du 25 de ce mois, pour connaître l'emplacement des cinq divisions du corps d'observation de l'Elbe et les lieux où sont les brigades et les bataillons ...
4e division, commandée par M. le général de division comte Dessaix :
1re brigade, général Barbanègre, 33e légère, 4 bataillons, à Magdebourg.
2e brigade, général Friederichs, 85e de ligne, 5 bataillons ; 3e brigade, général Leguay, 108e de ligne, 5 bataillons ; à Stettin.
Cette division doit être en entier à Stettin. Le 33e léger est resté à Magdebourg, en attendant que les régiments de Bade, de Berg et de Hesse-Darmstadt aient quitté Stettin ..." (Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 3, Lavauzelle, page 149).
Corps d'observation de l'Elbe, 1er septembre 1811.
4e Division, Général Dessaix, à Stettin : 33e Léger, 3 Bataillons; 57e de Ligne, 3 Bataillons; 85e de Ligne, 3 Bataillons; 108e de Ligne, 3 Bataillons (Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 1, Lavauzelle, page 306).
Corps d'observation de l'Elbe, 15 septembre 1811.
4e Division, Général Dessaix, à Stettin : 33e Léger, 4 Bataillons; 85e de Ligne, 5 Bataillons; 108e de Ligne, 5 Bataillons (Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 1, Lavauzelle, page 306).
Le "TABLEAU DE L'EMPLACEMENT DES TROUPES FRANÇAISES, WESTPHALIENNES, SAXONNES, POLONAISES, PRUSSIENNES ET RUSSES A L'ÉPOQUE DU 25 NOVEMBRE 1811" indique pour la 4e Division du Corps d'Observation de l'Elbe, que le 85e de Ligne a ses 5 Bataillons à Custrin (Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 3, Lavauzelle, page 329).
/ 1812, Russie
Le 1er janvier 1812, le 85e Régiment d'Infanterie de ligne a son Dépôt à Coblentz (Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 1, Lavauzelle, page 14).
1er Corps d’Observation de l’Elbe, 31 janvier 1812
4e Division, Général Dessaix.
33e Légers, 4 Bataillons ; 85e de Ligne, 5 Bataillons ; 108e de Ligne, 5 Bataillons ; Hesse-Damrstadt, 2 Bataillons ; Artillerie, Génie et Train (Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 1, Lavauzelle, page 310).
/ Uniformes