Le 81e Régiment d'Infanterie de Ligne

1789-1815

Avertissement et remerciements :

Le 2 Germinal an 13 (23 mars 1805), à La Malmaison, "Le ministre de la guerre rend compte de l’arrivée à Sion (Valais), du 9e régiment d'infanterie de ligne et de la présence dans le Valais d'une compagnie du 81e régiment de ligne qui pourrait rentrer à son corps à Besançon après l'arrivée du 9e régiment à Sion"; l'Empereur répond : "Comme je me trouverai à Turin dans le temps que le 9e de ligne arrivera dans le Valais, je me déciderai probablement à donner l'ordre de le faire venir à Milan. Il faut donc toujours laisser dans le Valais la compagnie du 81e" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 1, lettre 68).

Le Tableau des Forces de l'Empire au 16 thermidor an XIII (4 août 1805) indique que le 81e de Ligne a ses 1er, 2e et 3e Bataillons à Besançon, 6e Division militaires. 1191 hommes sont présents, 42 sont détachés ou en recrutement, 81 aux hôpitaux, total 1314 hommes; par ailleurs, le Régiment a au Bataillon d'élite, Armées des Côtes, Avant-garde, 744 hommes présents, 41 aux hôpitaux, total 785 hommes (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 1 (annexes et Cartes), p. 3 et suivantes).

Le 21 Fructidor an XIII [8 septembre 1805), l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Maréchal Berthier, Ministre de la Guerre, Major général de la Grande Armée : "Mon cousin, il résulte du grand état de mouvements que vous m'avez envoyé :
… - que le 81e n'a des ordres que pour Sion ; il faut lui en donner pour Côme … ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.5, lettre 10759).

Le Général de Brigade, Chef de l'Etat-major général du 5e Corps d'armée, écrit, le 4 vendémiaire an 14 (26 septembre 1805), depuis Rastatt, au Maréchal Berthier : "... Le 1er vendémiaire, la division de grenadiers, aux ordres de M. le général Oudinot, occupait Strasbourg et les cantonnements dont le détail suit : 1re brigade aux ordres du général LAPLANCHE-MORTIÈRES.
Bataillon d'élite du 13e régiment de ligne. Strasbourg.
Id. 58e id, Strasbourg.
Id. 9e id. Strasbourg.
Id. 81e id. Strasbourg ...
" (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 2, p. 394).

Le Rapport du Général Compans au Maréchal Berthier indique qu'à la date du 3 Vendémiaire (25 septembre), "toute la division commandée par ce général, ainsi que celle de cavalerie et 12 bouches à feu, sont parties de Strasbourg à 3 heures du matin, ont passé le Rhin sur le pont de Kehl et ont marché, par diverses routes, pour aller occuper, le soir, les cantonnements dont le détail suit :
1re brigade aux ordres du général LAPLANCHE-MORTIÈRES.
Bataillons des 9e et 81e de ligne. Bühl.
Id. 13e et 58e id. Steinbach ...
" (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 2, p. 404).

Le Rapport du Général Compans au Maréchal Berthier indique : "Le 4 (26 septembre), à 2 heures du matin, la 4e compagnie du 2e bataillon de sapeurs et le bataillon d'élite du 9e régiment de ligne ont eu ordre de partir de Bühl et de se diriger sur Freudenstadt, à l'effet d'occuper ce poste, dans le cas où il ne le serait pas par l'ennemi, et de l'enlever, dans le cas où il ne le serait que par des forces inférieures.
A la même heure, un escadron du 9e de hussards est parti en reconnaissance sur la route de Rastatt à Ettlingen.
A 6 heures du matin, le reste du corps d'armée s'est mis en mouvement, s'est dirigé sur Rastatt et a pris ses cantonnements ainsi qu'il suit :
1re brigade aux ordres du général LAPLANCHE-MORTIERES.
Bataillon du 13e de ligne. Rastatt.
Id. 58e id. Rastatt.
Id. 81e id. Muggensturm ...
" (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 2, p. 404).

Composition de la Grande Armée au moment où elle a passé le Rhin pour la campagne d'Autriche.
5e corps d'armée au passage du Rhin dans les premiers jours de vendémiaire an XIV.
1re division. (Grenadiers et voltigeurs).
2e régiment d'élite. Bataillon du 9e id. 662 hommes.
du 81e id. 692 hommes (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 2, p. 158).

A l'ouverture des hostilités, vers le milieu du mois d'octobre, l'Armée d'Italie a été portée à 65000 hommes, sous le commandement du Maréchal Massena, commandant en chef. L'aile gauche de cette armée comprend la Division d'infanterie Duhesme, Brigades Goulus et Camus, treize Bataillons des 14e d'infanterie légère, 20e, 1er, 102e de ligne, trois escadrons du 25e de chasseurs à cheval, 7000 combattants et six bouches à feu ; la Division d'infanterie Serras, Brigades Gilli, Guillet, Mallet et Schild, seize bataillons des Carabiniers corses, 8e d'infanterie légère, 53e, 81e, 106e, 13e et 9e de ligne, quatre escadrons des Dragons de la Reine, 8000 combattants, six bouches à feu (Mémoires du Prince Eugène, t.1, page 277).

"5e CORPS D'ARMÉE.
Rapport du 10 au 11 vendémiaire an XIV (2 au 3 octobre).
Le corps d'armée a quitté le 10 (2 octobre), à 10 heures du matin, ses cantonnements de la veille pour prendre les suivants :
Division de grenadiers.
Id. 81e. OEffingen ...
" (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 2, p. 625).

Le 26 octobre 1805, le Bataillon du 81e comprend 19 Officiers et 697 hommes (Situation des divisions composant le 5e corps de la Grande Armée à l'époque du 4 brumaire an XIV (26 octobre 1805) in Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 4, p. 755).

La "Situation des troupes composant le 5e corps de la Grande Armée, à l'époque du 15 brumaire an XIV (6 novembre 1805)" indique : État-major général. - Quartier général à Neumarkt.
Maréchal d'Empire commandant en chef. LANNES ...
Division de Grenadiers aux ordres du Général de Division Oudinot.
1ère Brigade Mortières.
81e de Ligne. 21 Officiers et 663 hommes prêts à combattre ; 35 hommes détachés sur les derrières ; 50 hommes aux hôpitaux ; 6 hommes perdus depuis le 1er Vendémiaire (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 1, p. 764).

Le 27 décembre 1805 (6 Nivôse an 14), l'Empereur écrit, depuis Schoenbrunn, Maréchal Berthier : "… Les grenadiers de la division Oudinot, à l'exception des bataillons des 9e, 13e et 81e de ligne, rentreront sous les ordres du maréchal Mortier ; à cet effet, ils partiront de Vienne et prendront la route de Stockerau, Freystadt et Linz, où ils passeront le Danube, et feront l'arrière-garde du maréchal Mortier …
Le 8e corps, aux ordres du maréchal Masséna, recevra l'ordre de retourner en Italie. Il mettra en marche tous ses dragons pour rejoindre l'armée de Naples, ainsi qu'une de ses trois divisions d'infanterie à son choix ; immédiatement après, le maréchal Masséna se rendra à l'armée de Naples, dont il prendra le commandement. Le général de brigade Mortières, à la tête des 9e, 13e et 81e bataillons de grenadiers, partira dimanche, 8 Nivôse, pour se rendre en Italie par Gratz …
" (Correspondance de Napoléon, t.11, lettres 9627 ; Correspondance générale de Napoléon, t.5, lettre 11226).

/ 1806

Le 15 février 1806, Eugène écrit, depuis Milan, à Napoléon : "… J'ai donné ordre au général Séras d'envoyer le 81e au général Molitor …" (Mémoires du Prince Eugène, t.2, page 72).

Le 21 février 1806, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Prince Eugène : "... Le général Laplanche-Mortière, avec quatre bataillons d'élite, doit vous arriver ; faites rejoindre son corps à chacun de ces bataillons ; ce sont les 9e, 13e et 81e de ligne. Je vois que le 9e est à Vérone et que son dépôt est à Legnago. Réunissez les corps ; sans cela il n'y a point d'ordre. Vous le savez, vous qui avez été chef de corps ...
Vous ne me dites pas où est le dépôt du 8e d'infanterie légère, non plus que du 13e et du 81e de ligne
Je ne vois pas, dans votre état, qui commande l'artillerie et le génie du corps du général Molitor en Dalmatie. J'estime qu'il lui faut au moins quatre compagnies d'artillerie au grand complet de guerre, c'est-à-dire à 100 hommes, un colonel d'artillerie directeur, un lieutenant-colonel sous-directeur, une demi-compagnie d'ouvriers. Je ne vois pas non plus combien il a de pièces de canon. Ces états sont très-mal faits. Envoyez-lui deux compagnies de sapeurs au grand complet de guerre et quatre capitaines en second d'artillerie ; indépendamment de cela, envoyez-lui deux compagnies d'artillerie italienne au grand complet de guerre. Il me paraît qu'il n'a point de cavalerie ; je crois qu'il ne lui en faut pas beaucoup, mais il lui en faut un peu. Envoyez-lui un petit régiment de chasseurs. J'approuve fort que vous lui ayez envoyé le 81e ; faites-lui passer, de plus, un bataillon d'élite. Faites-lui passer le 8e d'infanterie légère, et remplacez ce régiment dans l'Istrie par le 60e de ligne ; de sorte que le général Molitor aura le 8e d'infanterie légère, les 5e, 23e, 79e et 81e de ligne, quatre compagnies d'artillerie française, deux de sapeurs, une demi-compagnie d'ouvriers, douze pièces d'artillerie, deux compagnies d'artillerie italienne, un régiment de chasseurs ; ce qui, avec les conscrits que vous lui enverrez le plus tôt possible, ayant soin de les habiller et de les armer auparavant, portera son corps à 15,000 hommes …
" (Mémoires du Prince Eugène, t.2, page 78 ; Correspondance de Napoléon, t.12, lettres 9865 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 11517).

Le Général Molitor sent l'importance de s'emparer des bouches du Cattaro avant l'expiration du délai de quarante jours, fixé pour sa remise ; mais à chaque pas il a un nouvel obstacle à vaincre. Cependant il parvient, en assez peu de temps, à mettre les établissements de la côte, ceux du moins qu'il a pu atteindre avec ses troupes, à l'abri d'un coup de main. Malgré d'immenses difficultés de transport, les points les plus importants et les plus exposés se trouvent, au commencement de mars, à peu près garantis. Le 81e de Ligne est destiné à la garde de Traw et de Spalatro ; comme il se trouve encore en marche, on laisse quelques Compagnies d'un autre Régiment dans ces positions (Mémoires du Prince Eugène, t.2, page 286).

L’Empereur se préoccupe de ses forces en Dalmatie. Il écrit, depuis Paris, à Eugène le 13 mars 1806 : "Mon Fils, j'ai reçu l'état de situation que vous m'avez envoyé ... Le 79e a 800 hommes à son dépôt, le 81e en a 400 ; faites passer la revue de ces dépôts, et, du moment qu'il y aura 150 hommes prêts à partir, faites-les marcher ..." (Mémoires du Prince Eugène, t.2, page 157 ; Correspondance de Napoléon, t.12, lettres 9966 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 11674).

A la question du 13 mars 1806, posée par l'Empereur et adressée à Eugène Napoléon : "Le 79e a 800 hommes à son dépôt, le 81e en a 400 ; pourquoi les laisser aussi forts ?"; le Vice-Roi répond, le 29 mars 1806 : "La confection de l'habillement est très en retard pour le 79e. Le 81e avait son bataillon d'élite à la Grande Armée ; il est revenu dans un grand dénuement ; on lui a donné tous les effets confectionnés et il faut du temps maintenant pour faire de nouvelles confections pour les conscrits qui viennent d'arriver." (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 1, lettre 331).

Le 29 avril 1806, le vaisseau russe l'Asie, de soixante-quatorze canons, deux bricks, un chébeck, une corvette, deux tartanes et plusieurs autres légers bâtiments, commandés par l'Amiral Bielly, se présentent dans la rade de Lézina. L'île du même nom est occupée par une petite garnison française. On attend l'apparition d'un convoi annoncé de Venise, et portant des munitions et de l'artillerie. Arrêté par des vents contraires, ce convoi se trouve encore à cinquante milles en mer. La garnison de Lézina vient d'être renforcée ; elle est composée du 1er Bataillon du 23e de Ligne et d'un détachement du 81e ; le Capitaine Guiard, officier de mérite du 23e, la commande ; deux pièces de neuf, et deux de quatorze, tirées d'un bâtiment, forment toute l'artillerie ; le port est sans défense, le château, espèce de grosse tour, avec une simple enceinte de muraille, situé sur le sommet d'une hauteur qui domine la place de Lézina, n'est pas armé. L'ennemi ouvre le feu de tous ses bâtiments le 29 avril, le continue le 30 et essaye un débarquement. Il est repoussé. Du 1er au 2 mai, il établit une batterie sur un écueil situé à l'entrée du port. Le 2, les Russes, après avoir fait jouer toutes leurs bouches à feu, jettent trois cents hommes d'infanterie de marine à terre. Cette colonne marche droit sur l'église grecque ; mais, reçue à la baïonnette par les Compagnies de Grenadiers et de Voltigeurs du Capitaine Guiard, elle est culbutée et laisse sur le champ de bataille trente tués, onze blessés et soixante-seize prisonniers. L'Amiral russe, furieux de cet échec, s'en venge en faisant pleuvoir sur la ville une grêle de projectiles, et en continuant jusqu'au 6 cette canonnade (Mémoires du Prince Eugène, t.2, page 303).

Le 30 avril 1806, Eugène écrit, depuis Milan, à Napoléon : "… Le général Molitor me raconte, en me parlant de la prise de Curzola, que la garnison, forte de deux cent vingt hommes du 81e régiment, a fait la défense la plus vigoureuse, et qu'après avoir soutenu les attaques réitérées de l'ennemi pendant trois jours, et après avoir consumé toutes ses munitions, elle s'est retirée dans l'île. Une partie a capitulé, une autre partie s'est sauvée dans les barques …" (Mémoires du Prince Eugène, t.2, page 265).

Au 1er mai 1806, d'après les états de situation envoyés par le Prince Éugène, commandant en chef, la composition et la force des divers corps composant l'Armée dite d'Italie, dont le quartier général est à Milan, est la suivante :
Division de Dalmatie. Quartier général à Zara : Général de Division Molitor
Généraux de Brigade Delgorgue, Guillet.
Infanterie de ligne : 5e, colonel Teste, 3175 hommes, 28 chevaux (4 bataillons à Marasca) ; 23e, colonel Deriot, 2896 hommes, 20 chevaux (4 bataillons à Spalatro) ; 79e, colonel Godart, 2789 hommes, 24 chevaux (4 bataillons à Sébénico) ; 81e colonel Bonté, homines, 22 chevaux (4 bataillons Traw) ; 5e escadron du 19e de chasseurs (84 hommes, 88 chevaux à Zara) - Mémoires du Prince Eugène, t.2, page 268.

Le 6 mai 1806, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Prince Eugène : "… Instruisez-moi si les 220 hommes du 81e qui ont été perdus à Curzola sont du bataillon d'élite. J'éprouverais une grande peine que de si braves soldats aient été exposés dans cette île éloignée" (Mémoires du Prince Eugène, t.2, page 371 ; Correspondance de Napoléon, t.12, lettres 10194 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12058).

Le 9 mai 1806, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Prince Eugène : "Mon Fils, je vous envoie un décret pour faire payer la solde aux corps du général Marmont. Prenez de l'argent où vous voudrez, mais il faut que, quarante-huit heures après que vous aurez reçu mon décret, les fonds soient envoyés aux payeurs, pour que la solde soit sur-le-champ mise au courant. Je vous recommande les bataillons d'élite des 81e, 13e et 9e de ligne. Je serais bien fâché que ces braves gens, qui se sont tant distingués, souffrissent de l'arriéré de leur solde. Faites faire un décompte particulier de ce qui leur est dû, et envoyez-leur l'argent par la voie la plus prompte. Vous leur ferez connaître l'intérêt que je leur porte pour les services qu'ils m'ont rendus, les témoignages d'amour qu'ils m'ont donnés et la bravoure qu'ils ont montrée. Écrivez aux chefs des bataillons de vous en envoyer un état particulier. Recommandez aux généraux qui commandent en Istrie et en Dalmatie de ne pas exposer sans fruit ces braves grenadiers, de mettre de préférence en avant les soldats des basses compagnies, et de garder ces hommes éprouvés pour des réserves" (Mémoires du Prince Eugène, t.2, page 382 ; Correspondance de Napoléon, t.12, lettres 10221 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12090).

Le 16 mai 1806, le Prince Eugéne écrit, depuis Milan, à Napoléon : "Sire, j'ai reçu les ordres de Votre Majesté et son décret qui ordonne le payement de tout ce qui est dû au 2e corps de la grande armée et aux bataillons d'élite des 9e, 13e et 81e régiments.
J'ai la certitude que ces deux derniers corps sont au courant, et j'ai fait partir ce soir 500,000 fr. en poste pour Udine. Par le moyen de cette somme et des 200,000 francs que vient de toucher le payeur du corps d'armée du général Marmont, les troupes qui la composent seront payées, j'espère, y compris le mois de mai. Je n'ai pu prendre cette somme de 500,000 francs que sur les fonds provenant du vif-argent ; il ne restera par conséquent, que 600,000 fr. environ, qui seront nécessaires aux besoins de l'armée.
On copie, en ce moment, les états détaillés demandés par Votre Majesté. Ces états rendront compte de toutes les sommes versées au payeur de l'armée depuis le 1er janvier
" (Mémoires du Prince Eugène, t.2, page 395).

Le 14 juin, le Général Molitor mande au Prince Eugène : "Le général Lauriston me prie de faire parvenir à Votre Altesse Impériale, par courrier extraordinaire, la dépêche ci-jointe.
J'ai fait placer à Lesina 400 hommes du 81e régiment ; le reste de ce corps, qui n'est pas de 700 hommes, à Spalatro, Sign et Marcaska.
Presque tout ce qu'il y a de soldats en état d'entrer en campagne dans le 81e régiment d'infanterie légère occupe le Quarnero ; le surplus, composé de recrues non habillées, forme la garnison de Zara avec le dépôt des 79e et 81e régiments, et fournit des détachements à Knin et Sebenico.
Il ne me reste alors en ligne que le 79e régiment, corps bien composé à la vérité, mais il a 55 hommes par compagnie à l'hôpital. Ce régiment forme en ce moment l'unique réserve en Dalmatie, il occupe Dernis et Almissa ; le bataillon de Dernis se jetterait au besoin dans Zara où il n'y a que des recrues. Il a paru depuis dix jours vers le Quarnero 9 bâtiments russes, dont 5 vaisseaux de ligne ou frégates ; ils se sont dirigés sur Trieste, dont ils auront sans doute trouvé le port fermé.
Le vaisseau l'Asie est toujours devant Curzola·avec quelques petits bâtiments ; notre flottille est réduite à peu de chose et sert assez mal. J'ai fait armer la petite chaloupe prise sur les Russes à Lesina ; elle est montée par le capitaine de voltigeurs du 81e (Dizien), très-brave officier, connaissant et aimant passionnément la marine. Il a été reconnaître l'ennemi jusqu'à Curzola, et il a pris à vue du vaisseau l'Asie un bâtiment chargé d'approvisionnements pour les Russes. M. Delagrange, secrétaire de l'ambassade française à Vienne, est passé hier ici, portant au général Lauriston l'avis de l'évacuation prochaine de Cattaro par les Russes. Rien ne démontre encore les projets ultérieurs des ennemis dans l'Adriatique. Il y a quelque temps que je n'ai reçu de nouvelles de l’armée servienne ; le nouveau gouverneur de la Bosnie, vizir Mehemet-Pacha, vient de m'écrire une lettre très-amicale. Je reçois à l'instant du général autrichien de Bellegarde la lettre dont copie est ci-jointe. Je vais l'adresser de suite au général Lauriston. Je pense qu'il faudra encore de l'artillerie. Je fais disposer pour lui tout ce qui est possible ; mais il nous faudra encore une compagnie d'artillerie au moins, et deux compagnies ne seraient pas de trop ...
" (Mémoires du Prince Eugène, t.2, page 328).

Dans le courant du mois de juin, l'armée du Vice-roi est réorganisée; concernant l'Armée de Dalmatie, commandée par le Général Marmont (Quartier général à Zara), la 1ère Division, Général Molitor (Quartier général à Zara) ; Généraux de brigade Jalras, Guillet, Gily (à Spalatro) et Launay, est forte de 14 Bataillons des 8e Léger, 60e, 79e et 81e de Ligne, 1er Escadron du 19e de Chasseurs, 2 Compagnies de Sapeurs, deux d'Artillerie à pied du 2e Régiment français, 2 du 1er Régiment italien, détachements d'Artillerie et du Train (9,000 présents, cent chevaux). Les cadres du 8e Léger, des 3e et 4e Bataillons des 79e et 81e, ont ordre de se réunir à Padoue, pour former la Brigade de la Division de réserve de l'Armée de Dalmatie, et les 3e et 4e Bataillons du 60e, doivent se réunir à Trévise, pour former la 1re Brigade de cette même Division de réserve. La 2e Brigade doit se former à Vicence, des 3e et 4e Bataillons de deux régiments en marche pour le Frioul (Mémoires du Prince Eugène, t.2, page 283).

Molitor se porte enfin au secours de Lauriston; le 25 juin 1806, il écrit, depuis Marcaska, au Prince Eugène : "Monseigneur, j'ai reçu à Zara, le 20 de ce mois, la nouvelle que le général Lauriston, forcé de céder à des forces supérieures, s'était tout à fait retiré dans Raguse, où il est bloqué par terre et par mer. Je me suis mis en marche à l'instant même pour dégager le général Lauriston, et j'arrive ce matin à Marcaska. Je suis suivi par le 79e régiment, deux compagnies de voltigeurs du 81e et le dépôt du bataillon grec. Je serais arrivé ce soir à Stagno, si un malheureux vent contraire n'avait arrêté la plus grande partie du convoi à un mille de ce port ; mais j'espère que demain je pourrai continuer ma route.
Un officier du 5e régiment est parvenu à sortir de Raguse par mer et me remet ici la lettre ci-jointe pour Votre Altesse Impériale. Le général Lauriston ne me témoigne aucune inquiétude sur sa position présente : il a des vivres pour deux mois, mais il insiste pour qu'il ne soit point pris de demi-mesures et pour que l'on vienne à son secours en force ; le général Lauriston m'annonce la malheureuse nouvelle que le général Delgorgue a été tué.
Le général Launay, qui est à Stagno avec deux cent cinquante hommes du 23e régiment, m'écrit que l'ennemi s'avance sur lui et me demande du secours ; il m'annonce que les Russes et Monténégrins ont violé le territoire des Turcs, que ceux-ci, armés en petit nombre pour garder leur neutralité, ont été repoussés et qu'une caravane a été massacrée. Le général Launay peut tenir quinze jours à Stagno ; il évalue la force de l'ennemi à·douze mille hommes.
Les renforts que je porte dans l'État de Raguse se montent à seize cents hommes en tout ; et, pour les réunir, il m'a fallu dégarnir toute la Dalmatie. J'ai laissé à Zara et Sebenico les recrues du 8e régiment (la partie combattante de ce corps est dans le Quarnero) ; le 81e, qui a fourni quatre cents hommes à Lesina (et qui, par la maladie, se trouvent déjà réduits à deux cent quatre-vingts), cent hommes à Brazza, n'a pas quatre cents hommes en état de marcher, tant à Spalaro qu'à Marcaska ; j'ai trouvé le surplus de ce régiment dans les hôpitaux ou malades à la chambre.
Attaquer l'ennemi sans certitude de succès serait peut-être comprometre le sort de cette province ; cependant, Monseigneur, je ne vois pas d'autre parti à prendre, puisque le 18e régiment ne peut être ici avant le 22 du mois prochain. Ainsi, à moins d'impossibilité absolue, j'attaquerai vigoureusement aussitôt que toutes mes forces seront réunies à Stagno, ce qui arrivera sous peu de jours, si les vents ne me contrarient pas trop.
Je ferai en sorte d'en prévenir le général Lauriston afin qu'il me seconde de son côté, et alors, Monseigneur, j'ai grande espérance que tout ce qui se trouvera entre lui et moi sera maltraité. Votre Altesse Impériale est sans doute informée de la barbarie des ennemis envers nos prisonniers et blessés : les chefs de ces barbares payent un sequin par tête qui leur est apportée ; et voilà les brigands que les Russes prennent pour auxiliaires et qu'ils voudraient vomir parmi nous ! Quelle leçon pour l'Europe civilisée ! …
" (Mémoires du Prince Eugène, t.2, page 339).

Le 28 juin, Napoléon est toujours persuadé que les Bouches de Cattaro pourront être prises. Il écrit, depuis Saint-Cloud, à Eugène : "Mon Fils, voici mes dispositions générales pour Raguse et les bouches de Cattaro. Le général Molitor, ayant sous ses ordres le 8e d'infanterie légère, les 79e et 81e, occupera toute la Dalmatie. Il tiendra à Stagno deux bataillons du 8e, forts de 1,500 hommes, un bataillon du 79e complété à 800 hommes, et une compagnie d'artillerie complétée à 100 hommes. Cette colonne, forte de 2,400 hommes, avec un officier du génie pour faire tous les plans, croquis et reconnaissances, sera sous les ordres du général Guillet. C'est une réserve qui, suivant les événements, pourra ou retourner en Dalmatie ou se porter sur Raguse, et venir ainsi au secours des points attaqués. Une seconde colonne, composée d'un bataillon du 81e et d'un bataillon du 79e, tous deux complétés à 700 hommes chacun, se tiendra du côté de Macarsca, toujours prête à partir et à marcher au secours, soit de Raguse, soit de tout autre point attaqué. Un général de brigade avec deux bataillons du 5e de ligne et deux bataillons du 23e de ligne, trois compagnies d'artillerie et des officiers du génie, occupera Raguse. Les deux premiers bataillons du 23e et deux bataillons du 5e, le bataillon brescian, le 3e bataillon du 4e régiment italien, le bataillon de ma garde italienne, que vous expédierez, trois compagnies d'artillerie, une de sapeurs, commandés par les généraux Delegorgue et Delzons, prendront possession des bouches de Cattaro, sous les ordres du général Lauriston …
Ainsi donc on doit distinguer deux choses, l'état défensif et l'état offensif …
ÉTAT DÉFENSIF.
… Le général Lauriston, avec deux bataillons de chacun des 5e et 23e régiments de ligne formant au moins 2,400 hommes, trois compagnies d'artillerie formant 300 hommes, les chasseurs d'Orient, une compagnie de sapeurs italiens de 100 hommes, le bataillon brescian, le 3e bataillon du 4e régiment italien, et un bataillon de ma garde royale, le tout composant une force de plus de 5,000 hommes, et deux généraux de brigade, occupera les places et se tiendra en force sur les débouchés des Monténégrins, prêt à les attaquer …
ÉTAT OFFENSIF.
… un corps de 7,000 hommes de troupes entrera par plusieurs colonnes sur le territoire des Monténégrins, préviendra le pacha de Scutari, arrivera à Cettigne, et s'emparera du pays. On lèvera parmi les catholiques un bataillon, et on complétera, autant qu'il sera possible, le bataillon des chasseurs d'Orient …
Je vois que la 3e compagnie du 1er bataillon de sapeurs italiens, partie de Venise, n'est que de 68 hommes : faites-la compléter à 100 hommes ; que les 13e et 15e compagnies du 1er régiment d'artillerie italien ne sont que de 121 hommes : faites compléter ces deux compagnies à 200 hommes, en y envoyant 80 hommes …
Donnez ordre au général Molitor d'envoyer la 6e compagnie du 3e bataillon de sapeurs français à Raguse …
Je vous répète ce que je vous ai déjà dit, mettez tous vos soins à tenir au complet les 5e et 23e régiments de ligne et les troupes italiennes qui se trouvent en Albanie …
Si vous jugez à propos de laisser le bataillon dalmate en Albanie, vous en êtes le maître
" (Mémoires du Prince Eugène, t.2, page 471).

Le 7 juillet 1806, depuis Saint-Cloud, l'Empereur écrit au Prince Eugène : "Mon Fils, donnez ordre au général Marmont de se rendre en Dalmatie. Il prendra le titre de commandant en chef de mon armée de Dalmatie. Son premier soin sera de dégager le général Lauriston. Il partira vingt-quatre heures au plus tard après en avoir reçu l'ordre, afin d'être rendu à Zara le plus tôt possible. J'ai vu avec peine que le général Molitor n'a fait aucune des choses que j'avais ordonnées. Faites-moi connaître pourquoi, au lieu de réunir 4,000 hommes sur la Narenta pour soutenir le général Lauriston, il a laissé ses troupes disséminées. Quel que soit le nombre des malades dans mes troupes qui sont en Dalmatie, je ne puis concevoir que le 8e d'infanterie légère, les 5e, 23e, 79e et 81e régiments d'infanterie de ligne, ayant ensemble un effectif de plus de 15,000 hommes en Dalmatie, ne puissent pas offrir 8 à 9,000 hommes en ligne ..." (Correspondance de Napoléon, t.12, lettres 10461 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12443).

Le 9 juillet 1806, Napoléon écrit depuis Saint-Cloud, à Eugène, Vice-Roi d'Italie : "Mon Fils, j'ai nommé le général Marmont commandant de mon armée de Dalmatie. Il sera sans doute parti pour Zara. Il est bien nécessaire que les 3e et 4e bataillons du 60e, le 3e du 18e d'infanterie légère, et les 3es et 4es bataillons des régiments que le général Marmont aura emmenés, soient formés en une division de réserve, qui portera le nom de division de réserve de Dalmatie. Vous y réunirez les dépôts du 8e d'infanterie légère, des 5e, 23e, 79e et 81e de ligne. Tous ces détachements seront divisés en trois brigades à Padoue, Vicence et Trévise, sous les ordres des majors et sous l'inspection d'un général de brigade, qui s'occupera sans relâche de former et d'organiser ces dépôts, et de tout préparer pour l'arrivée des conscrits. Par ce moyen, vous pourrez exercer une grande surveillance sur l'administration et l'instruction de ces dépôts. Faites-y diriger tous les malades et tout ce qu'il y aurait en arrière appartenant à ces corps. Lorsque les circonstances le permettront, faites venir les cadres des 3es et 4es bataillons des 5e et 23e de ligne, et ceux du 8e léger et des 79e et 81e de ligne. Je n'ai pas besoin de vous faire sentir l'importance de ces mesures, car il faut tout préparer pour que ces huit ou neuf corps aient des moyens de se refaire des pertes qu'ils éprouveront par les maladies et par l'ennemi" (Mémoires du Prince Eugène, t.3, page 65 ; Correspondance de Napoléon, t.12, lettres 10474 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12458).

Marmont raconte : "... A mon arrivée à Zara, j'appris que le siège de Raguse était levé. Molitor avait dégagé Lauriston. Après avoir rassemblé tout ce qu'il avait de disponible, c'est-à-dire deux régiments, les 81e et 79e, deux excellents corps, et quelques centaines de Pandours, milice employée dans ce pays, fait tout ce que la prévoyance la plus minutieuse lui avait suggéré pour faciliter son entreprise, pourvu ses troupes de vivres, de moyens de pansement et de nombreux chevaux de bât, dont la Dalmatie est fort riche, afin d'assurer la conservation et le transport des blessés, Molitor entra en opération. Il exagéra ses forces et les annonça très-supérieures à ce qu'elles étaient réellement. Parti de Stagno en cheminant d'abord du camp sur le bord de la mer, il se porta, avant d'arriver au val d'Ombla, sur les crêtes qui le contournent, et, les suivant constamment, il déboucha dans la plaine de rochers qui forme le plateau de San Sergio" (Mémoires de Marmont, tome 2, pages 381).

Le 28 juillet 1806, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Prince Eugène, Vice-Roi d'Italie : "Mon Fils … Le général Marmont fera les dispositions qu'il jugera nécessaires ; mais recommandez-lui bien de laisser les 3es et 4es bataillons des 5e et 23e à Raguse, car il est inutile de traîner loin de la France des corps sans soldats. Aussitôt qu'il le pourra, il renverra en Italie les cadres des 3es et 4es bataillons. Si cela pouvait se faire avant l'arrivée des Anglais, ce serait un grand bien …
Ne réunissez à Cattaro que le moins possible des 5e et 23e ; mais placez-y les 8e et 18e d'infanterie légère et le 11e de ligne, ce qui formera six bataillons qui doivent faire 5,000 hommes ; et, pour compléter 6,000 hommes, ajoutez-y le 60e. Laissez les bataillons des 5e et 23e à Stagno et à Raguse, d'où ils pourront se porter sur Cattaro au premier événement …
Après que les grandes chaleurs seront passées et que le général Marmont aura rassemblé tous ses moyens et organisé ses forces, avec 12,000 hommes il tombera sur les Monténégrins pour leur rendre les barbaries qu'ils ont faites ; il tâchera de prendre l'évêque ; et, en attendant, il dissimulera autant qu'il pourra. Tant que ces brigands n'auront pas reçu une bonne leçon, ils seront toujours prêts à se déclarer contre nous. Le général Marmont peut employer le général Molitor, le général Guillet et les autres généraux à ces opérations. Il peut laisser pour la garde de la Dalmatie le 81e.
Ainsi le général Marmont a sous ses ordres, en troupes italiennes, un bataillon de la Garde, un bataillon brescian et un autre bataillon ; ce qui, avec les canonniers italiens, ne fait pas loin de 2,400 hommes. Il a, en troupes françaises, les 5e, 23e et 79e, qui sont à Raguse et qui forment, à ce qu'il paraît, 4,500 hommes, le 81e, et les hôpitaux et détachements de ces régiments, qui doivent former un bon nombre de troupes. Il a enfin les 8e et 18e d'infanterie légère et les 11e et 60e de ligne ...
Faites-moi connaître où se trouvent les 3es bataillons du 11e et du 60e, les 3e bataillons des 8e et 18e légers, et si les ordres que j'ai donnés pour la formation des réserves en Dalmatie sont déjà exécutés ...
" (Mémoires du Prince Eugène, t.3, page 93 ; Correspondance de Napoléon, t.13, lettres 10557 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12585).

Le 1er août 1806, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, à Eugène, Vice-Roi d'Italie : "Mon Fils ... Tous les individus sortant des hôpitaux en deçà de l'Isonzo doivent se rendre à leurs dépôts, et, en attendant que vous en ayez un pour les 5e, 23e, 79e et 81e régiments, vous en formerez un provisoire. Je donnerai ensuite des ordres pour que ces individus se rendent en Dalmatie, si cela entre dans nos projets ; mais aucun mouvement d'hommes isolés ne doit avoir lieu d'Italie sur l'Istrie sans un ordre positif. Veillez à ce que cela soit ainsi, car j'apprends avec peine qu'un grand nombre d'hommes isolés traversent tous les jours la Croatie pour se rendre en Dalmatie … et 79e ..." (Mémoires du Prince Eugène, t.3, page 105 ; Correspondance de Napoléon, t.13, lettres 10580 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12629).

Le 2 août 1806, le Prince Eugène écrit, depuis Monza, au Général Marmont : "Je reçois, monsieur le général en chef Marmont, plusieurs lettres de Sa Majesté. Je transcris littéralement tout ce qui vous concerne :
« Mon intention n'est pas qu'on évacue Raguse. Écrivez au général Marmont qu'il en fasse fortifier les hauteurs ; qu'il organise son gouvernement et laisse son commerce libre ; c'est dans ce sens que j'entends reconnaître son indépendance. Qu'il fasse arborer à Stagno un drapeau italien ; c'est un point qui dépend aujourd'hui de la Dalmatie. Donnez-lui l'ordre de faire construire sur les tours de Raguse les batteries nécessaires et de faire construire au fort de Santa-Croce une redoute en maçonnerie fermée. Il faut également construire dans l'ile de Calamata un fort ou redoute. Les Anglais peuvent s'y présenter : il faut être dans le cas de les y recevoir. Le général Marmont fera les dispositions qu'il croira nécessaires ; mais recommandez- lui de laisser les troisième et quatrième bataillons des 5e et 23e à Raguse ; car il est inutile de trainer loin de la France des corps sans soldats. Aussitôt qu'il le pourra, il renverra en Italie les cadres des troisième et quatrième bataillons. Si cela pouvait se faire avant l'arrivée des Anglais, ce serait un grand bien. Écrivez au général Marmont qu'il doit faire occuper les bouches de Cattaro par le général Lauriston, le général Delzons et deux autres généraux de brigade, par les troupes italiennes que j'ai envoyées et par des troupes françaises, de manière qu'il y ait aux bouches de Cattaro six ou sept mille hommes sous les armes. Ne réunissez à Cattaro que le moins possible des 5e et 23e régiments ; mais placez-y les 8e et 18e d'infanterie légère et le 11e de ligne, ce qui formera six bataillons qui doivent faire cinq mille hommes ; et, pour compléter six mille hommes, ajoutez-y le 60e régiment. Laissez les bataillons des 5e et 23e à Stagno et à Raguse, d'où ils pourront se porter sur Cattaro au premier événement. Après que les grandes chaleurs seront passées et que le général Marmont aura rassemblé tous ses moyens et organisé ses forces, avec douze mille hommes, il tombera sur les Monténégrins pour leur rendre les barbaries qu'ils ont faites. Il tâchera de prendre l'évêque, et, en attendant, il dissimulera autant qu'il pourra. Tant que ces brigands n'auront pas reçu une bonne leçon, ils seront toujours prêts à se déclarer contre nous. Le général Marmont peut employer le général Molitor, le général Guillet et ses autres généraux à cette opération. Il peut laisser pour la garde de la Dalmatie le 81e. Ainsi le général Marmont a sous ses ordres, en troupes italiennes, deux bataillons de la garde, un bataillon brescian et un autre bataillon qui y sera envoyé, ce qui, avec les canonniers italiens, ne fait pas loin de deux mille quatre cents hommes. Il a, en troupes françaises, les 5e, 23e et 79e, qui sont à Raguse, et qui forment, à ce qu'il parait, quatre mille cinq cents hommes ; le 81e et les hôpitaux et détachements de ces régiments, qui doivent former un bon nombre de troupes. Il a enfin les 8e et 18e d'infanterie légère, et les 11e et 60e de ligne. Je pense qu'il faut que le général Marmont, après avoir bien vu Zara, doit établir son quartier général à Spalatro, faire occuper la presqu'île de Sabioncello, et se mettre en possession de tous les forts des bouches de Cattaro. Il doit dissimuler avec l'évêque de Monténégro ; et, vers le 15 ou le 20 septembre, lorsque la saison aura fraîchi, qu'il aura bien pris ses précautions et endormi ses ennemis, il réunira douze à quinze mille hommes propres à la guerre des montagnes, avec quelques pièces sur affûts de traineaux, et écrasera les Monténégrins.
L'article du traité relatif à Raguse dit que j'en reconnais l’indépendance, mais non que je dois l'évacuer. Des quatre généraux de division qu'a le général Marmont, il placera Lauriston à Cattaro et Molitor à Raguse, et leur formera à (chacun une belle division. Il tiendra une réserve à Stagno, fera travailler aux retranchements de la presqu'île et au fort qui doit défendre Santa-Croce, ainsi qu'à la fortification du Vieux Raguse et à des redoutes sur les hauteurs de Raguse. Demandez les plans des ports et des pays de Raguse ».
Sa Majesté s'étant expliquée dans le plus grand détail, je me borne à vous recommander l'exécution de tous ses ordres, ci–dessus transcrits
" (Mémoires de Marmont, tome 3, page 73).

Le 30 août 1806, Napoléon écrit, depuis Saint-Cloud, à Eugène : "… Il faut faire faire dans les hôpitaux un dépouillement des malades appartenant aux corps qui sont en Dalmatie. Les 5e, 23e, 60e, 79e, 81e, etc. sont portés comme ayant 500 malades ; ils en ont, je crois, dans le pays, plus de 15 ou 1,800, sans compter ce qu'ils ont en Dalmatie.
Je ne vois que les 3es et bataillons des 5e, 23e, 60e et 79e. Ceux des 8e, 18e et 81e ne vont pas tarder d'arriver à Vicence. Mais il est très-nécessaire que vous écriviez au général Marmont que tous les malades appartenant aux 3es et 4es bataillons des 5e et 23e, qui sont en Dalmatie, ne doivent pas rejoindre les dépôts de leurs régiments en Italie (ce que je déteste le plus, c'est cette navette de troupes), mais rejoindre les bataillons de guerre à Raguse, par eau et jamais par terre. A cet effet, le général Marmont doit établir, comme je l'avais fait à l'armée d'Italie, et il doit s'en souvenir, des petits dépôts de convalescence, aérés et sains, où il dirigera tout ce qui sortira des hôpitaux de Dalmatie, pour, de là, les envoyer par détachements d'une centaine d'hommes à Cattaro et à Raguse, par eau. Si je déteste ces mouvements d'hommes isolés dans l'intérieur, à plus forte raison lorsqu'il faut passer sur le territoire autrichien. Ce n'est qu'en s'occupant sans cesse de ces petits soins qu'on empêche la destruction d'une armée …
" (Mémoires du Prince Eugène, t.3, page 129 ; Correspondance de Napoléon, t.13, lettres 10709 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12817).

Le 4 septembre 1806, l'Empereur écrit depuis Saint-Cloud, au Général Dejean, Ministre Directeur de l'Administration de la Guerre : "Monsieur Dejean, je vous envoie des revues du général Charpentier qui sont très importantes. Vous verrez qu'un grand nombre d'hommes de l'armée de Dalmatie qui sont aux dépôts à Vicence sont encore habillés en bourgeois. Depuis la revue passée par le général Schauenburg, il y a beaucoup de monde rentré des hôpitaux, hors d'état de service. J’attends avec quelque empressement la revue de ce général, pour savoir les corps qu’il a inspectés, le nombre d'hommes qu'il a proposés pour la retraite ou la réforme, s’ils sont partis, et si l'on a nommé à toutes les places vacantes.
Vous verrez dans le livret de la revue des dépôts de l'armée de Dalmatie que les dépôts du 8e et 18e d’infanterie légère, et les 5e, 11e, 23e, 79e et 81e de ligne n'ont point leurs majors ; que sur huit régiments il manque quatre troisièmes chefs de bataillon, cinq quartiers-maîtres et cinq adjudants-majors aux dépôts. Écrivez au général Marmont pour lui faire sentir l’importance de renvoyer les cadres des 3es et 4es bataillons de ses régiments, les majors et les 3es et 4es chefs de bataillon aux dépôts en Italie puisque c'est là qu'on va confectionner l’habillement et habiller les corps. Si cependant, vu les circonstances où se trouve l’armée de Dalmatie, les officiers et les chefs ouvriers tardaient à arriver, vous vous entendrez avec le vice-roi pour la réception des draps que vous enverrez aux dépôts des régiments pour les confectionner et les distribuer aux conscrits à mesure qu'ils arriveront ...
" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 1, lettre 623; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12863).

/ 1807

Le 25 mars 1807, l'Empereur écrit, depuis Osterode, au Prince Eugène : "Mon Fils ... De tous ces arrangements, la division Duhesme souffrira beaucoup. Voici, je pense, comme vous pouvez la former : le 8e d'infanterie légère peut former un bataillon de six compagnies, les trois autres compagnies au dépôt ; le 18e peut en former autant, le 81e autant, le 102e autant ...
Le 56e et le 2e d'infanterie légère, le 67e et le 93e, le 37e pourraient offrir huit belles compagnies en remplacement de celles du 81e, du 53e, du 86e, du 92e, du 106e. Cette division se trouverait encore forte de 6,000 hommes ...
" (Correspondance de Napoléon, t.14, lettre 12174 ; Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 14892 - Il faut sans doute lire 2e de Ligne).

Le 30 mars 1807, l'Empereur écrit depuis Osterode, au Maréchal Berthier : "… En faisant part de ces dispositions au conseiller d'état Lacuée, pour lui seul, vous lui ferez connaître qu'il faut qu'il envoie assez de conscrits en Italie pour que les régiments qui y restent, savoir : les 13e, 35e, 53e, 106e, 9e, 84e et 92e de ligne, soient à leur effectif du grand complet de 140 hommes par compagnie, de sorte que ces régiments fassent 23 bataillons et aient à l'effectif 27 à 28,000 hommes et plus de 25,000 présents sous les armes ; pour que le 18e léger et les 5e, 11e, 23e, 60e, 79e, et 81e de ligne, formant 13 bataillons, aient leur grand complet de 140 hommes par compagnie, de sorte que, indépendamment de ce qui est en Dalmatie et en Allemagne, ces 13 bataillons puissent former une division à l'effectif de 20,000 hommes; qu'enfin les quatorze dépôts de l'armée de Naples qui sont en Italie puissent former une division à l'effectif de 17 à 18,000 hommes, c'est-à-dire 140 hommes par compagnie ..." (Correspondance de Napoléon, t.14, lettre 12232 ; Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 14992).

Le 3 avril 1807, l'Empereur écrit, depuis Finkenstein, à Eugène, Vice-Roi d'Italie : "Mon fils, je reçois votre état de situation du 2 mars, avec vos lettres du 8 …
Je vois que le 81e, qui est en Dalmatie, n'a que 500 présents à chacun de ses bataillons ; écrivez au général Marmont de réunir tous les hommes disponibles du 2e bataillon au 1er, et même les malades, ce qui fera un beau bataillon de 1000 présents et de 1200 à l'effectif, et de renvoyer en Italie le cadre du second bataillon
" (Mémoires du Prince Eugène, t.3, page 296 ; Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 15068 - Note : La minute (Archives nationales, AF IV 875, avril 1807, n° 22) est datée du 2 avril).

Le 6 mai 1807, l'Empereur écrit, depuis Finkenstein, au Prince Eugènre, Vice-Roi d'Italie : "Mon fils ... Vous pouvez et vous devez considérablement augmenter la division Duhesme. Les 8e, 18e et 3e légers pourraient fournir chacun un petit bataillon de six compagnies, formant un effectif de 720 hommes ; le 81e pourrait fournir dans la même proportion. Les dépôts du royaume de Naples qui vous fournissent deux compagnies pourraient vous en fournir quatre ; ceux qui vous en fournissent quatre pourraient vous en fournir six ; et par ce moyen vous pourrez augmenter cette division jusqu'à 8 ou 10,000 hommes ..." (Mémoires du Prince Eugène, t.3, page 307 ; Correspondance de Napoléon, t.15, lettre 12543 ; Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 15550).

De son côté, le 6 mai 1807, le Prince Eugène écrit, depuis Milan, à Napoléon : "Sire, j'ai exécuté les ordres de Votre Majesté, en écrivant au général Marmont de renvoyer le restant du cadre du 2e bataillon du 81e en Italie, et de compléter avant le 1er bataillon à l'effectif de 1,000 à 1,100 hommes.
Ce régiment a été longtemps éparpillé ; j'aurais besoin de quelques semaines de réunion avec son dépôt ; il pourrait aussi, deux mois après son arrivée, avoir deux beaux bataillons de guerre, ce qui compléterait la division qui se forme à Vérone à quatre beaux régiments, savoir : le 1er d'infanterie légère, les 112e, 81e et 42e de ligne. Je remplacerai de suite ce déficjt à l'armée de Dalmatie par l'envoi de 800 hommes du 60e régiment et 500 hommes aux chasseurs brescians, ou bien une colonne de 1,500 à 1,600 hommes, composée des détachements de tous les corps qui sont en Dalmatie.
Si Votre Majesté approuvait cette idée, l'armée d'Italie y gagnerait, et l'armée de Dalmatie, en ne perdant que le cadre et la force d'un bataillon, renforcerait tous les autres. J'attends vos ordres
" (Mémoires du Prince Eugène, t.3, page 306).

Le 14 mai 1807, le Général Chabot écrit, depuis Alexandrie, au Chef de Bataillon Galoyer, du 93e Régiment : "Vous voudrez bien vous rendre dans le plus bref délai à Verceil pour y remplir momentanément les fonctions de commandant du département, et d’officier général près le Conseil de recrutement de ce département.
Pour vous mettre à même de remplir avec exactitude votre mission, je vous joins ici 2 exemplaires des décrets et instructions relatives à la levée de la conscription de 1808. Vous veillerez avec sévérité aux dispositions qu’elles renferment. Vous correspondrez pendant votre mission, directement avec moi, et me rendrez un compte exacte du résultat de vos opérations.
Vous voudrez bien m’informer si le Major du 81e, qui doit faire partie du Conseil, est rendu
" (Papiers du Général Chabot, « Registre de Correspondance, 1er janvier 1807-31 octobre 1808 », Cote 8 F. 18, Archives des Deux-Sèvres).

Le 18 mai 1807, le Prince Eugène écrit, depuis Milan, à Napoléon : "... Ainsi que Votre Majesté me l'ordonne, la division Clausel sera augmentée ; elle sera, j'espère, à la mi-juin, de 8,000 hommes ; celle du général Dubesme sera toujours tenue complète à 6,000 hommes. Comme c'est une division d'élite, on ne peut guère y joindre d'autres troupes ; mais la division de Vérone sera elle-même facilement portée à 8,000 hommes, car je vais y ajouter les 3es bataillons des 20e et 62e de ligne, et le 3e bataillon de 6 compagnies du 3e d'infanterie légère, ce qui, joint aux 1er d'infanterie de ligne, et 42e, 112e et 81e (si Votre Majesté me l'accorde en entier), fera une superbe division de 10 bataillons. J'attends que Votre Majesté veuille bien y désigner un bon général pour la commander.
Il y en a quatre qui m'ont déjà fait soumettre des demandes d'être employés activement ; ce sont les généraux : L ... , dans ses terres ; Chabot, commandant la réserve ; Grenier, gouverneur de Mantoue ; Miollis, gouverneur à Venise.
Je me borne à les désigner à Votre Majesté, parce que je suis d'avance sùr qu'elle voudra bien en désigner un solide
" (Mémoires du Prince Eugène, t.3, page 314).

Le 31 mai 1807, le Prince Eugène écrit, depuis Vérone, à Napoléon : "Sire, les pluies continuelles m'avaient empêché, lors de mon dernier voyage à Venise, de voir en détail la division Clausel. Je viens, ces jours-ci, de la passer en revue et de la faire manœuvrer. Elle va fort bien, et j'en ai été très-content pour le peu de temps qu'elle est réunie ; car Votre Majesté se rappellera qu'elle n'est formée que des 3es bataillons de l'armée de Dalmatie. A la fin de juin, je la complèterai à huit bataillons en y envoyant le 3e du 81e, qui, par le retour des prisonniers de Curzola, pourra former un beau bataillon de 800 hommes. Enfin je puis assurer à Votre Majesté que cette division sera bien forte de 8,000 hommes au 1er juillet ..." (Mémoires du Prince Eugène, t.3, page 317).

Le 13 juillet 1807, Eugène écrit, depuis Milan, à Napoléon : "Sire, j'ai l'honneur d'adresser à Votre Majesté l'état de situation de son armée d'Italie, à l'époque du 1er juillet. Le 81e régiment n'a pu encore former le 8e bataillon de la division Clausel, parce qu'on n'a pas renvoyé des Abruzzes la garnison de Curzola, qui y avait été débarquée. Ce détachement, reste de 7 compagnies, est fort de 280 hommes. Il a besoin de tout, et le retard de sa rentrée au dépôt a dérangé l'organisation des 2e et 3e bataillons. Le général Marmont m'a renvoyé le cadre du 2e bataillon, moins les grenadiers et voltigeurs : le total de ce cadre est de 42 hommes, tous incapables de servir ..." (Mémoires du Prince Eugène, t.3, page 369).

A Paris, le 17 août 1807, "Le ministre de l'administration de la guerre soumet à l'Empereur une demande du colonel commandant le 81e régiment de ligne, en garnison à Zara, tendant à obtenir que les sept compagnies de ce régiment, retenues dans le royaume de Naples, soient réunies à leur dépôt à Venise"; "Renvoyé au ministre de la guerre pour donner ordre à ce bataillon de rentrer", répond Napoléon (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 1, lettre 1253).

La "Situation de la division sous les ordres du général de division César Berthier, au 28 août 1807" indique : "... 81e de ligne, détachement, Rolland capitaine, 293 hommes, 10 chevaux. Doit partir le 1er septembre" (Du Casse A. : "Mémoires et correspondance politique et militaire du roi Joseph", 1853-1854, t. 3, p. 464).

Des renforts sont envoyés en Dalmatie : la Division Clausel. Napoléon écrit donc au prince Eugène, depuis Saint-Cloud, le 5 septembre 1807 : "A Eugène Napoléon, vice-roi d'Italie
Mon fils, je reçois la lettre par laquelle vous m’instruisez que vous allez passer la revue de la division Clausel, afin de la porter à 5,000 hommes.
Mon intention serait que cette division fût portée à 9 ou 10,000 hommes. En effet, les huit régiments français qui sont en Dalmatie ont un présent sous les armes de l0,000 hommes et forment seize bataillons.
La division Clausel a, selon le dernier état du 15 août, 4,540 hommes, et le dépôt des huit régiments se compose de 5,000 hommes. La division Duhesme (division d’Ancône) à 1,000 hommes, appartenant à cinq de ces régiments.
Je pense donc qu'il faut ainsi organiser la division Clausel, savoir : 8e léger, six compagnies de 200 hommes chacune, 1,200 hommes. Il ne restera plus, au dépôt que les 6e, 7e et 8e compagnies. Les grenadiers et voltigeurs feront partie des six compagnies qui marchent ; 18e léger (même composition) 1,200; 5e de ligne (faire marcher sept compagnies de 200 hommes), 3,400; 23e, sept compagnies de 200 hommes, 4,400; 11e, sept compagnies de 200 hommes, 1,400; 79e, 1,400; 60e, 1,400; 81e, trois compagnies de 200 hommes, 600. Total, 10,000 hommes.
La division serait donc composée de deux bataillons de six compagnies chacune, formant 2,400 hommes de cinq bataillons de sept compagnies chacune, 7,000; et d’un bataillon de trois compagnies, 600 hommes. Total, 10,000 hommes.
Vous enverrez aussi 300 Brescians et 500 hommes de la garde royale, pour marcher avec la division Clausel, de manière que cette division marcherait forte de 10 à 11,000 hommes, ce qui, joint à l’armée française de Dalmatie, formerait plus de 25,000 hommes ; mais il faut que ces hommes soient bien armés, bien équipés, et qu'ils aient déjà la meilleure instruction. Si donc les 6,000 hommes qui sont aux dépôts ne vous paraissent pas suffisamment instruits et ne sont pas habillés au 1er octobre, selon l'ordre que j'en donnerai, pour aller renforcer le corps du général Marmont, vous ferez partir la division Clausel dans la situation où elle se trouve actuellement, c'est-à-dire formant 5,000 hommes, mais organisée de manière qu'il n'y ait que trois compagnies par régiment : 1,200 hommes chaque compagnie. Vous en sentez l’importance ; il faut que ces compagnies, arrivant à leurs corps en Dalmatie, puissent verser dans ces corps ce qu'ils ont au-dessus de 100 hommes. Dans ce cas, vous préparerez sur-le-champ trois autres compagnies que vous ferez partir un mois ou six semaines après, de sorte qu'au 1er janvier vous ayez envoyé en Dalmatie les 10,000 hommes qui m’y paraissent nécessaires
" (Mémoires du Prince Eugène, t.3, page 398 ; Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 16293).

Le 1er octobre 1807, l'Empereur écrit, depuis Fontainebleau, à Eugène Napoléon, Vice-Roi d'Italie : "Mon fils, je reçois votre lettre du 22, par laquelle vous me faites connaître que la division Clausel est de plus de 5,500 hommes.
... Vous ferez partir quatre compagnies pour le 11e; trois pour le 23e; quatre pour le 60e; trois pour le 79e; et deux pour le 81e; de manière que chaque compagnie sera de 200 à 450 hommes. Mon intention est que ces compagnies, arrivées à Zara, soient incorporées dans les deux premiers bataillons, et que les cadres reviennent à l’armée. Le général de division, les deux généraux de brigade, marcheront avec cette division, pour inspecter son passage ; mais, quand elle sera arrivée en Dalmatie et incorporée, tout cela rentrera en Italie. Cette division doit être considérée comme une division de renfort
" (Mémoires du Prince Eugène, t.3, page 420 ; Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 16450).

Le 27 octobre 1807, le Prince Eugène écrit, depuis Monza, à Napoléon : "Sire, j'ai l'honneur de rendre compte à Votre Majesté qu'il existe à Corfou quatre compagnies du 2e bataillon du 81e, fait prisonnier à Curzola. Je prie Votre Majesté de permettre que ces hommes rentrent aux dépôts pour y servir à former les deux derniers bataillons, et rétablir la comptabilité de ce corps, qui a beaucoup souffert en Dalmatie. J'envoie à Votre Majesté une lettre du général Lemarois, par laquelle il demande à occuper un petit pays qui se trouve entre les Apennins et la mer, et qui n'est pas compris dans les ordres de Votre Majesté" (Mémoires du Prince Eugène, t.3, page 445).

/ 1809

L'"ÉTAT de répartition des dépôts d'infanterie dans les garnisons" indique que le 81e de Ligne fait partie du 1er Arrondissement; 7e Division militaire, Chambéry (Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, p. 478).

"Décret.
Au palais des Tuileries, le 23 mars 1809.
Art. 1er. - Il sera formé dix-sept demi-brigades provisoires de réserve, composées principalement de deux ou trois compagnies tirées des cinquièmes bataillons de nos régiments d'infanterie.
Art. 2. Chaque demi-brigade sera commandée par un colonel en second ; chaque bataillon par un chef de bataillon. Il y aura un adjudant-major par demi-brigade.
Art. 3. Les dix-sept demi-brigades seront organisées de la manière suivante :
... 17e demi-brigade.
1er bataillon.
2 compagnies du 8e léger.
2 compagnies du 18e léger.
2 compagnies du 5e de ligne.
840 hommes.
2e bataillon.
2 compagnies du 7e de ligne.
2 compagnies du 11e de ligne.
2 compagnies du 23e de ligne.
840 hommes.
3e bataillon.
2 compagnies du 60e de ligne.
2 compagnies du 79e de ligne.
2 compagnies du 81e de ligne.
840 hommes.
Cette demi-brigade se réunira à Alexandrie ...
Art. 4.- Ces demi-brigades provisoires n'auront aucune comptabilité ni administration particulière. Les compagnies qui les composent seront considérées seulement comme détachées de leur corps. Chaque bataillon aura, sous la surveillance du colonel en second, l'administration de la masse de linge et de chaussure
" (Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, p 550).

Le 6 octobre 1810, l'Empereur adresse, depuis Fontainebleau, au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, à Paris, une Note sur l'organisation des armées; concernant l'Armée d'Italie, il écrit : "… Cette armée se composerait de 10 divisions, dont 7 françaises et 3 italiennes, et composées, savoir :
... 2e division française, 18e d'infanterie légère ayant quatre bataillons ; 60e de ligne, quatre ; 79e, quatre ; 81e, quatre : 16 bataillons ...
" (Correspondance de Napoléon, t.21, lettre 17000 ; Correspondance générale de Napoléon, t.10, lettre 24816; Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 1, Lavauzelle, page 172).

Le 4 mai 1811, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Duroc, Duc de Frioul, Grand Maréchal du Palais, à Paris : "Monsieur le Duc de Frioul, je vous renvoie vos états sur la situation des corps de la Jeune Garde. Je ne sais pas si ce qui est porté dans la colonne que j'ai indiquée (A) est ordonné ou seulement projeté. Cela est nécessaire à dire. Il faut en outre distinguer, dans la colonne de ce qui est en Espagne, ce qui est présent sous les armes de ce qui est malade ou prisonnier.
J'ai ordonné aux 5e, 79e, 11e, 81e, 60e, 10e et 20e régiments de ligne de diriger chacun 200 hommes sur la Garde, ce qui fait 1,400 hommes ; je crois avoir, en outre, demandé 100 hommes aux 8e, l8e et 23e d'infanterie légère, ce qui fait un total de 1,700 hommes ; j'en ai en outre demandé deux par bataillon à chaque régiment de ligne, ce qui fait 1,000 hommes ; j'ai donc demandé 2,700 hommes à l'armée pour la Garde ...
" (Correspondance de Napoléon, t.22, lettre 17692 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 26973 ; Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 2, Lavauzelle, page 283)

Le 1er janvier 1812, le 81e Régiment d'Infanterie de ligne a son Dépôt à Chambéry (Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 1, Lavauzelle, page 14).

Situation du 4e Corps au 25 juin 1812, 13e Division : 81e de Ligne, Colonel Pégot, 1er, 2e, 3e, 4e Bataillons, Artillerie ; 84 Officiers, 2.708 hommes, 4 chevaux d’Officiers, 69 chevaux de trait (Fabry G. : « Campagne de Russie (1812) – (11 août – 19 août), Paris, Gougy, 1903, Annexes p. 280).

Le 8 juillet 1812, l'Empereur écrit, depuis Vilna, au Général Clarke : "Monsieur le duc de Feltre, la 16e demi-brigade provisoire a deux compagnies du 5e bataillon du 16e de ligne. Mon intention est que ces deux compagnies versent tout ce qu'elles ont de disponible dans le 3e bataillon de leur régiment, que le 5e bataillon verse également dans le 3e bataillon tout ce qu'il a de disponible, et, par ce moyen, ce 3e bataillon du 16e de ligne se trouvera au complet de 700 hommes. Le 62e a deux compagnies du 5e bataillon à la 16e demi-brigade. Mon intention est que ces deux compagnies donnent tout ce qu'elles ont de disponible au 4e bataillon ; que le 5e bataillon fournisse également au 4e bataillon ce qu’il a de disponible, et, par ce moyen, le 4e bataillon du 62e sera composé de 700 ou 800 hommes. La 16e demi-brigade provisoire se trouvera composée de la manière suivante :
1er bataillon : le 3e du 16e de ligne ;
2e bataillon : le 4e du 62e de ligne ;
3e bataillon : deux compagnies du 60e de ligne, deux compagnies du 81e de ligne, deux compagnies du 1er de ligne.
Vous ordonnerez que cette demi-brigade se forme sans délai à Marseille. A cet effet, les deux compagnies du 16e et du 62e, qui font partie du 2e bataillon actuel de la 16e demi-brigade, seront incorporées dans leur 3e et 4e bataillon avec tout ce qui est disponible au dépôt. Les 2es compagnies du 32e de ligne se rendront en Illyrie pour recruter les deux bataillons de ce régiment qui s'y trouvent ; elles seront remplacées dans la nouvelle formation de la 16e demi-brigade par deux compagnies du 1er de ligne, ce qui complète cette demi-brigade à trois bataillons, comme il a été dit ci-dessus. Quand ces trois bataillons seront bien formés en septembre, le ministre de la guerre pourra les diriger sur Bayonne pour de là aller renforcer la réserve de Bayonne ...
" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 5, lettre 7416 ; Correspondance générale de Napoléon, t.12, lettre 31158).

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