Le 60e Régiment d'Infanterie de Ligne

1796-1815

Accès à la liste des Officiers, cadres d'Etat major, Sous officiers et soldats du 60e Régiment d'infanterie de ligne

Avertissement et remerciements : L'étude de ce Régiment, peu connu, nous a été suggérée par Mme Louisette Ford, qui s'est attachée à l'étude des soldats originaires de la commune de Vendeuvre-du-Poitou (86); parmi ces derniers figure François Pouvrasseau, Fusilier au 60e de ligne, qui a adressé à son oncle, habitant cette commune, trois lettres, expédiées depuis Raguse en Dalmatie (source : AD86 sous série 27 J famille Bacquet). Mme Ford a eu la gentillesse de partager avec nous le fruit de ses recherches; nous l'en remercions ici très chaleureusement !

/ Origines

Dans la "Monographie des régiments de l'armée française. 60e régiment d'infanterie" (Léoni P. (de), Illustration militaire, 6e année, numéros des 16 et 21 juillet 1866 - NOte pour la partie Empire, cet article est à lire avec beaucoup de prudence, car mentionnant des actions auxquelles le Régiment n'a apparemment pas pris part; un anecdote mentionnée en 1805, est en fait à rattacher au 76e de Ligne), nous pouvons lire : Le moment et le motif de la création du 60e de ligne sont indiqués par cet entrefilet de la Gazette de France du 11 janvier 1670 :
"Le roy, pour la sureté de ses vaisseaux, ayant résolu la levée de deux régiments, chacun de deux mille hommes, nommez le régiment Royal de la marine et de l'Amirauté, a fait le choix pour les commander de MM. de Lavardin et de Gacé".

Royal de la marine fut en effet créé pour le service de mer par ordonnance du 24 décembre 1669, et formé, au commencement de 1670, en Bretagne, par le Marquis de Lavardin, avec des Compagnies tirées des vieux corps et d'autres nouvelles.

Les circonstances le firent passer presque aussitôt après sa levée, au service de terre, où il est toujours resté depuis, malgré son nom.

Le Régiment servit tour à tour sous les ordres de Duquesne, du Comte de Tessé et du Roi après la prise d'Orsay et de Reinberg, le passage du Rhin et la soumission d'Utrecht et de Duisbourg, il fut placé sous les ordres de Turenne, et il participa, en 1673, à une partie de la conquète de l'Eléctorat de Brandebourg.

Royal de la marine fut ensuite envoyé dans le Milanais, puis en Allemagne où il concourut au siège de Kehl. Il fit la guerre de la succession d'Autriche, puis fut envoyé sur le Rhin après les désastres de l'armée de Bohême et de Bavière.

En 1754, nous le retrouvons au camp de Gray. Il s'embarqua avec le Duc de Richelieu, en 1756, pour l'expédition de Minorque, et se signala à la prise de Mahon.

En 1791, le 1er Bataillon passa à l'ile de Ré. Les cinq dernières Compagnies du 2e Bataillon se rendirent aux Sables d'Olonne au mois d'août de la même année. Ce Bataillon fut réuni à la Rochelle en avril 1792, et s'embarqua, le 14 juillet, pour aller à Saint-Domingue, d'où il n'est revenu qu'en 1794.

Le 1er Bataillon, qui avait occupé La Rochelle, les Sables d'Olonne et Niort pendant les premiers mois de 1792, quitta cette dernière ville le 13 juillet pour se rendre à la frontière de Champagne, menacée par les Prussiens. Les premiers troubles de la Vendée le firent rétrograder, et il revint occuper les Sables-d'Olonne.

En 1793, les Vendéens se présentèrent en force aux environs de cette dernière ville. Le Colonel Boulard marcha contre eux et leur livra combat, le 18 mars, auprès de Saint-Fulgent; mais il fut lâchement abandonné par les gardes nationales, et il fallut toute l'intrépidité de son Bataillon pour sauver l'artillerie.

Les débris du Corps se retirèrent à Marans. BOulard reprit bientôt l'offensive, et, le 7 avril, il força le poste de la Mothe-Achard, près des Sables.

Les deux Bataillons de Royal-Marine sont restés dans le Bas-Poitou jusqu'à l'entière pacificalion des provinces de l'Ouest, en 1795. Ils n'ont pas subi l'organisation de 1793. Ainsi, les 119e et 120e Demi-brigades n'ont pas été formées.

Le 1er batailon est entré, le 22 octobre 1796, dans la 20e de Ligne nouvelle, et le 2e a été versé, le 12 février 1796, dans la 23e.

/ Organisation de la 60e Demi-brigade de 2e formation en 1796

La 60e Demi-brigade de deuxième formation a été formée le 1er Germinal an 4 (21 mars 1796) en vertu de l'Arrêté du 18 Nivôse an 4 (8 janvier 1796), à partir des unités suivantes :

- Demi-brigade des Côtes-du-Nord

La Demi-brigade des Côtes-du-Nord a été formée des unités suivantes

- 1er Bataillon des Côtes-du-Nord

Formé le 22 septembre 1791, Chef Geslin. A combattu à l'Armée du Nord, l'Armée de Belgique, à la Bataille de Jemappes. Amalgamé lors de la première réorganisation dans la Demi-brigade des Côtes-du-Nord.

- 6e Bataillon des Fédérés nationaux

Formé le 29 juillet 1792; combat à l'Armée du Nord, en garnison à Dunkerque, Siège de Lille. Amalgamé lors de la première réorganisation dans la Demi-brigade des Côtes-du-Nord.

- 9e Bataillon de la Meurthe

Formé le 16 août 1792; Chef Thiery. Y figure Georges Mouton, alors Volontaire, Lieutenant puis Capitaine. Le Bataillon combat à l'Armée de Moselle. Amalgamé lors de la première réorganisation dans la Demi-brigade des Côtes-du-Nord.

- 4e Bataillon des Réserves (appelé également 4e Bataillon de Volontaires de Soissons, ainsi que 11e Bataillon de la Charente)

Formé le 6 septembre 1792, commandé par Jean-Baptiste Huché, alors Lieutenant-colonel en chef du Bataillon. Y figure également Henri Simon, Lieutenant-colonel en second du Bataillon, Pierre Dereix alors Capitaine.

Combat à l'Armée du Nord, en garnison à Douai, Armée de Hollande. Non amalgamé lors de la première réorganisation. Amalgamé lors de la deuxième réorganisation dans la 60e Demi-brigade de deuxième formation.

- Partie du 4e bataillon du Pas-de-Calais

Formé le 28 janvier 1792. A combattu à l'Armée de Belgique.

Non amalgamé lors de la première réorganisation. Toutefois certaines sources donnent le 4e Bataillon de vVolontaires du Pas-de-Calais comme étant amalgamé dans la 169e Demi-brigade de première formation, mais cet amalgame ne correspond pas à la composition de la 169e Demi-brigade.

Lors de la deuxième réorganisation, une partie du 4e Bataillon de Volontaires du Pas-de-Calais est incorporé dans la 60e Demi-brigade de deuxième formation (l'autre partie étant passée à la 21e Demi-brigade de deuxième formation).

/ Opérations de la 60e Demi-brigade, 1796-1803

- 1796, Armée du Nord, Général Beurnonville

En 1796, lors de la réorganisation de l'infanterie en Demi-brigades, la 60e entre dans la composition de l'Armée du Nord, où elle se signale à la bataille de Wurtzbourg.

Le 8 décembre 1796 (18 Frimaire an 5), Bonaparte écrit au Général Berthier, chef de l'État-major général de l'Armée d'Italie : "... La demi-brigade de la Sarthe sera incorporée avec la 60e demi-brigade de ligne" (Correspondance générale de Napoléon, t.1, lettre 1113).

- 1797, Armée de Sambre-et-Meuse, Général Hoche

En 1797, à l’Armée de Sambre-et-Meuse, elle contribue à la prise de Herborn, où le Chef de Bataillon Roussel, commandant provisoirement la demi-brigade, est nommé Chef de Brigade sur le champ de bataille par le Général Hoche.

Le 9 novembre 1797 (19 Brumaire an 6), le Général en chef Bonaparte écrit depuis son Quartier général de Milan, au Général Vignolle : "Vous préviendrez les 18e, 25e, 32e et 75e de bataille qu'elles sont destinées à être les premières pour partir pour l'armée d'Angleterre.
Vous donnerez le même ordre aux 4e, 60e, 43e et 51e de bataille ...
" (Correspondance de Napoléon, t.3, lettre 2334; correspondance générale, t.1, lettre 2202).

Le 31 décembre 1797 (11 Nivôse an 6), le Général de Division Paul Grenier écrit, depuis Mülheim, à la Régie nationale chargée de l’administration des pays conquis entre Meuse et Rhin : "J’ai reçu vos lettres du 4 Nivôse, relatives à des exactions commises, d’une part par un sous-officier de la 60e demi-brigade, de l’autre par un capitaine de la 108e ; aucun de ces corps ne faisant partie des troupes que je commande, je ne peux que renvoyer vos plaintes aux généraux qui ont droit d’en connaitre" (Papiers du Général Paul Grenier. XII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 84 page 186).

Le même jour, le Général Grenier écrit, depuis Mülheim, au Général Olivier : "Ci-joint, tu trouveras, mon cher Olivier, une plainte de la régie nationale pour faits passés dans l’étendue de ton commandement" (Papiers du Général Paul Grenier. XII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 84 page 187).

- Armée du Rhin, Général Moreau

En 1798, elle est à l’Armée du Rhin, à la prise d'Urloffen et au siège de Philipsbourg.

- Armés de Batavie, Général Brune

En 1799, selon l'Historique régimentaire, à l’Armée de Batavie, le Général en chef Brune la cite comme s'étant brillamment distinguée. Le Capitaine des Grenadiers Weller est mis à l’ordre à la bataille de Bergen le 19 septembre (la 60e est à la Réserve). la 60e prend part au combat de Zyp le 20 septembre. Le 3e Bataillon prend part aux batailles d'Alkmaar (2 octobre 1799) et de Castricum (6 octobre 1799).

Selon les Etats Militaires de l'an VIII (1799-1800), la 60e Demi-brigade est à l'Armée de l'Ouest. Elle est commandée par X (pas mentionné). Chefs du 1er Bataillon, Gonault; du 2e Bataillon, Lasalle, du 3e Bataillon, Benard.
Adjudants-majors, du 1er Bataillon X; du 2e Bataillon , du 3e Bataillon X.
Quartiers-maîtres-trésoriers, Azemar, Loisel.
Chirurgiens-majors : Roussel, Lavergne, Delcourt.
1er Bataillon : Capitaines CC. Larue, Grenadiers, Duval, Gendin, Desormeaux, Cauet, Dubois, Haura, Lecoq. Micard. Lieutenants Rousseau, Chapelain, Guignard, Chardot, Plessys, Lemenager, Achard, Banier, Baron. Sous-lieutenants Weller, Percevault, Recouvreur, Tribout, Lecocq l'aîné, Taupin, Pollet, Cabocel, Faisnel.
2e Bataillon : Capitaines Paty, Grenadiers, Legouazion, Boppe, Corbin, Chantepie, Couart, Dirmaud, Villaume, Desoblin. Lieutenants Vallon, Lecocq jeune, Hesse, Lorneste, Renaud, Hidrion, Melisse, Tierce. Sous-lieutenants Delalande, Bellanger, Pichot, René, Chabaud, Vautrin, Corsin, Remond, Dubier.
3e Bataillon : Capitaines Brionval, Grenadiers, Clouet, Bibat, Gondon, Rochard, Lamandée, Carrouge, Fromont, Ferey. Lieutenants Ducloux, Chabrolles, Vallé, Guillon, Vassort, Ravenet, Beault, Loidin, X. Sous-lieutenants Valette, Lejeune, Hallain, Biez, Legal, Aubier, Corbin, Bombardier.

Le 5 décembre 1799 (14 Frimaire an 8), Bonaparte écrit, depuis Paris, à Berthier pour lui annoncer que : "L’armée du Rhin sera renforcée sans délai : 1° par les 4e, 15e, 42e, 51e, 54e, et 60e demi-brigades et par deux autres demi-brigades extraites de l’armée française qui est en Batavie ; 2° par deux demi-brigades bataves ; 3° par le 21e régiment de cbasseurs qui est à Paris et par trois régiments de cavalerie extraits de l'armée française qui est en Batavie ; 4° par tous les bataillons de conscrits qu'il sera possible dy envoyer ; ces bataillons seront incorporés dans des demi-brigades au moment de leur arrivée ; 5° par tous les régiments de cavalerie qui se trouvent dans l’intérieur de la République et qu'il sera possible d'envoyer à l’armée du Rhin ; 6° par le 11e régiment de hussards qui sera équipé à cet effet le plus promptement possible" (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1912, t.3, lettre 3010).

Le 14 janvier 1800 (24 Nivôse an 8), Bonaparte écrit, depuis Paris, au Général Brune, commandant en chef l'Armée de l'Ouest : "… Je calcule que le 27 au soir vous serez arrivé à Angers ; n'y restez que les heures nécessaires pour mettre la 60e demi-brigade et les troupes que vous pourrez ôter de ce département, en marche pour le Morbihan, et portez-vous à Nantes. De là marchez dans le Morbihan, où vous trouverez la 22e et la 72e. Dissipez les rassemblements de Georges. Emparez-vous de ses canons, de ses magasins de blé (il en a une grande quantité sur le rivage, qu'il vend aux Anglais). Enfin commencez à faire sentir tout le poids et les horreurs de la guerre aux révoltés du Morbihan …" (Correspondance de Napoléon, t.6, lettre 4523 ; Correspondance générale de Napoléon, t.3, lettre 4872).

Le 16 février 1800 (27 Pluviôse an 8), Bonaparte écrit, depuis Paris, au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "Donnez l'ordre … au détachement de la 60e, qui se trouve à Dunkerque, de rejoindre sa demi-brigade à Rennes ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.3, lettre 4995).

- Armée d'Italie, Général Bonaparte

Alors que Georges Cadoudal a fait sa soumission, le 1er Consul Bonaparte décide de mobiliser une partie des forces dans l’Ouest pour sa nouvelle Armée de Réserve destinée à pénétrer en Italie où la situation militaire est préoccupante. Il écrit, depuis Paris, le 2 mars 1800 (11 Ventôse an 8), au Général Brune, commandant en chef l'Armée de l'Ouest : "J'ai reçu, Citoyen Général, votre lettre du 7. Ni votre aide de camp ni Georges ne sont encore arrivés. Vous avez 7,000 fusils; j'espère qu'en cet instant vous aurez complété le nombre que je vous ai demandé.
Les Russes sont, au moment actuel, en Pologne. Il sera décidé dans quinze jours si la campagne s'ouvrira ou non; et, en cas que nous devions la faire, j'ai de très-vastes projets. Une armée de réserve, que je vais former et dont je me réserverai le commandement et dans laquelle vous serez employé, doit être composée des 40e, 58e, 6e légère, 60e, 22e demi-brigades. Ces cinq demi-brigades sont à votre armée. Si les événements le permettent, faites-les partir dans la décade prochaine, en en formant deux divisions. Fournissez à chaque division six pièces d'artillerie. A l'une vous attacherez le 22e de chasseurs, et à l'autre le 2e de chasseurs. Dirigez-les sur Dijon. Faites-les marcher par division ; c'est le meilleur moyen pour qu'il n'y ait pas de désertion. Passez-en la revue et faîtes-moi connaître l'état de leurs besoins et leur nombre. Mettez leur solde à jour. Nantes doit pouvoir vous offrir quelques ressources en capotes, souliers, etc.
Faites commander les divisions ci-dessus par un très-bon général de brigade et un bon adjudant général.
Je fais partir de la 17e ou 14e division militaire la 24e légère, la 43e et la 96e, ainsi qu'une douzaine d'escadrons. Cette division part également primidi pour former l'armée de réserve.
Envoyez au ministre de la guerre l'ordre de route que vous donnerez à vos divisions, afin de savoir où les prendre pour les diriger sur les points précis qu’elles devront occuper
" (Correspondance de Napoléon, t.6, lettre 4631 ; Correspondance générale de Napoléon, t.3, lettre 5037).

Le 3 mars 1800 (12 Ventôse an 8), Bonaparte écrit, depuis Paris, au Général Berthier, inistre de la Guerre : "Vous voudrez bien donner l'ordre au général en chef Brune, citoyen ministre, de faire partir le plus tôt qu'il le pourra pour Dijon la 6e demi-brigade d'infanterie légère, la 22e et la 40e demi-brigade de ligne ainsi que la 60e et la 50e demi-brigade de ligne ; le 2e et le 21e de chasseurs. Il formera de ces corps deux divisions. Il attachera à chacune 6 pièces de canon avec l'artillerie nécessaire pour servir ces deux corps. Il fera commander chcun de ces corps par un général de brigade distingué et un adjudant général. Les 3 premères demi-brigades formeront la 2e division de l'armée de Réserve et les deux secondes la 3e division de cette armée. Il attachera à chacune de ces divisions un commissaire des guerres et un adjoint au commissaire des guerres" (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1911, t.2, lettre 1161 ; Correspondance générale de Napoléon, t.3, lettre 5039).

Le 8 mars 1800 (17 Ventôse an 8), le Premier Consul écrit, depuis depuis Paris, au Général Brune, commandant en chef l'Armée de l'Ouest : "... Les 6e et 60e doivent, comme vous l'avez vu, faire partie de l'armée de Réserve. Faites en sorte de mettre leur solde et leur habillement dans le meilleur état qu'il vous sera possible. Il faut qu’elles soient rendues à Dijon au 10 germinal ; ainsi vous voyez qu'il n’y a pas un instant à perdre" (Correspondance générale de Napoléon, t.3, lettre 5069).

Le 8 mars 1800 (17 ventôse an 8), depuis Paris, les consuls arrêtent : "Art. I. L'armée de réserve est composée de six divisions ...
... Troisième division : 19e légère, 58e et 60e de ligne ...
Art. II. Le ministre de la guerre donnera des ordres pour que ces corps soient mis de préférence dans les lieux où ils se trouvent, en état de faire la campagne.
Art. III. Le ministre de la guerre me remettra l'ordre de route que doit suivre, chacun de ces corps pour se rendre à Dijon et la ville où sera placé le quartier-général de chaque division
" (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1911, t.1, lettre 159).

Le 12 Mars 1800 (21 Ventôse an 8), Bonaparte écrit, depuis Paris, au Général Moreau, qui commande l’Armée du Rhin. Moreau est directement intéressé car les Armée du Rhin et de Réserve doivent coordonner leurs actions : "Le ministre de la Guerre vous aura envoyé, citoyen général la proclamation et la création de l’Armée de Réserve ...
La 3e division part également de Nantes dans la décade ; elle est composée des 19e légère, 58e et 60e de ligne et six pièces d'artillerie ...
Toutes ces demi-brigades sont à 2500 hommes et seront, arrivées à Dijon, à 3,000 ...
" (Correspondance de Napoléon, t.6, lettre 4661 ; Correspondance générale de Napoléon, t.3, lettre 5095).

Le 20 mars 1800 (29 Ventôse an 8), le Premier Consul écrit, depuis Paris, au Général Brune, commandant en chef l'Armée de l'Ouest : "… Je ne conçois pas comment vous n'avez pas encore reçu du ministre de la guerre d'ordre pour la 19e légère. Si vous ne l'avez pas encore reçu, faites partir pour l'armée de réserve les deux bataillons de la 9e, et alors vous appliquerez à cette demi-brigade l'ordre que vous recevriez du ministre de la guerre pour la 19e. Cette demi-brigade, avec les 22e et 60e, formerait la 3e division ..." (Correspondance de Napoléon, t.6, lettre 4687 ; Correspondance générale de Napoléon, t.3, lettre 5128).

Le 22 mars 1800 (1er germinal an 8), Bonaparte écrit depuis Paris au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "... Le général Brune aura fourni de l'armée de l'ouest, pour l'armée de Réserve ... La 60e [de ligne] ...
Vous donnerez l'ordre au général Lefebvre de faire partir pour Dijon ... les dépôts ou détachements appartenant à ces différents corps qui pourraient se trouver dans les 14e, 15e, 17e divisions ...
" (Correspondance générale, t.3, lettre 5141).

Le 26 avril 1800 (6 floréal an 8), Bonaparte écrit depuis Paris au Général Berthier, Commandant en chef l'Armée de réserve, à Dijon : "... voici comment je vois votre armée : La division Loison, composée des 13e légère, 58e, 60e de ligne : 6 à 7,000 hommes ... Ces quatre divisions disponibles et prêtes à marcher au 10 floréal ... Ainsi, il me semble que, le 15 floréal, vous pourrez avoir à Genève, prêts à se porter où il sera nécessaire : ... les quatre premières divisions ..." (Oeuvres complètes de Napoléon, Stuttgart et Tubingue, 1822, t.4, p. 114 ; Correspondance de Napoléon, t.6, lettre 4732; Correspondance générale, t.3, lettre 5202; donnée dans "Extraits des mémoires inédits de Victor").

Le 15 mai 1800, le Premier Consul écrit, depuis Lausanne, au Général Berthier, commandant en chef l’Armée d’Italie : "Six cent hommes de la 60e, Citoyen Général, viennent d’arriver. La moitié de leurs armes est en mauvais état; j’estime qu’i1 leur en manque trois cents. Je désirerais que vous me fissiez connaître s’il n’y en a pas à Villeneuve; dans ce cas, il faudra leur accorder demain séjour à Villeneuve, pour avoir le temps d’en faire venir, de Genève, où je vais écrire pour qu’on en envoie de suite ..." (Oeuvres complètes de Napoléon, Stuttgart et Tubingue, 1822, t.4, p. 129 ; Correspondance de Napoléon, t.6, lettre 4802 ; Correspondance générale de Napoléon, t.3, lettre 5309).

Le 15 mai 1800 (25 Floréal an 8), le Premier Consul écrit, depuis Lausanne, au Général Guériot, Directeur du Parc d'artillerie : "Un détachement de 600 hommes, de la 60e demi-brigade, a besoin de 300 fusils ; faites-les partir en toute diligence sur un bateau pour Villeneuve, où il serait nécessaire qu’ils fussent arrivés demain dans la nuit.
Je crains que nous ne nous trouvions dans un grand embarras de cartouches : dès que vous en aurez 100 000 de faites, expédiez-les, cela ne comporte point de retard
" (Correspondance générale de Napoléon, t.3, lettre 5313).

La 60e n'a que des détachements sur le champ de bataille de Marengo (14 juin 1800), mais elle contribue puissamment au succès de la journée en tenant en échec, avec la Division Loison dont elle fait partie, les garnisons ennemies de Plaisance et de San-Giovano.

Elle assiste ensuite au passage du Mincio et à la bataille de Valeggio ou le Capitaine Bannier, avec 5 Compagnies de Grenadiers, attaque un fort détachement ennemi, l'enfonce, lui prend quatre canons et le poursuit à travers la ville en lui faisant 600 prisonniers.

Le 2 janvier 1801, la 60e Demi-brigade (Division Boudet) fait 780 prisonniers. Le surlendemain, à Serravale, le Chef de Bataillon Larue, avec le 3e Bataillonn poursuit l’ennemi dans une région montagneuse des plus difficiles, s'empart des hauteurs et fait 175 prisonniers. Suivi de deux soldats seulement, le Fourier Marminia ramène 60 prisonniers et reçoit un fusil d’honneur. Le mois suivant en Toscane, le Tambour Brismoutier mérite des baguettes d’honneur par l’intrépidité avec laquelle il a entraîné ses camarades en battant la charge en avant d'eux.

Le 13 février 1801 (24 Pluviôse an 9), le Premier Consul écrit, depuis Paris, au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "Je vous prie, citoyen ministre, d'expédier aux armées par des courriers extraordinaires le Moniteur de ce jour qui contient le traité de paix.
Donnez l'ordre au général Brune de renforcer le général Murat de 10 000 hommes d’infanterie, parmi lesquels les 60e et 86e demi-brigades et toutes les demi-brigades formées des dépôts de l'armée d'Orient, et de 2000 hommes de cavalerie ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.3, lettre 6008).

Le 23 juin 1801 (4 Messidor an 9), le Premier Consul écrit, dpeuis Paris, au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "Donnez l'ordre, citoyen ministre, que tous les grenadiers de la 60e demi-brigade qui sont dans la citadelle de Turin soient distribués trois à trois dans tous les corps de la République, hormis les cinq plus mauvais sujets reconnus pour auteurs de la rébellion qui seront retenus jusqu'à nouvel ordre dans la citadelle de Turin. Leurs noms vous seront envoyés pour être statué définitivement sur le sort de ces individus" (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1911, t.1, lettre 308 ; Correspondance générale de Napoléon, t.3, lettre 6342).

Le 24 juillet 1801 (5 Thermidor an 9), le Premier Consul écrit, depuis Paris, au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "Je vous prie, citoyen ministre, de m'envoyer l'état de situation exact de la garnison de Turin et de me faire connaître pourquoi l'ordre donné il y a quatre décades de répartir entre tous les corps de la République les deux compagnies de la 60e demi-brigade n’a pas été exécuté : envoyez-moi aussi toutes les pièces relatives à l'insurrection de Turin" (Correspondance générale de Napoléon, t.3, lettre 6375).

- Expédion de l'Île d'Elbe, Général Tharreau puis Général Wattrin

La même année, la 60e Demi-brigade prend part à l'expédition envoyée à l'île d'Elbe pour en chasser les Anglais. Le 14 septembre, les soldats Gaudrin, Monnet et Leclerc, entraînés par le Sergent-major Marminia, se jettent à la mer, le sabre aux dents, et s'emparent d'une chaloupe armée d'un canon, et montée par 20 hommes d'équipage. Ils ramènent la chaloupe avec 12 prisonniers qu'ils présentent au Général Watrin. Ces 4 braves reçoivent chacun un fusil d'honneur; c'est le 2e que Marminia reçoit dans la même année.

Le 7 octobre 1801 (15 vendémiaire an 10, date présumée), Bonaparte établit à Paris une "Note pour l'organisation des troupes coloniales : "Il sera formé deux demi-brigades légères et cinq demi-brigades de ligne pour le service des îles d'Amérique, sous les numéros 5e et 11e légères, et 7e, 86e, 89e, 82e et 66e de ligne. Les 5e et 11e légères, et les 7e, 86e, 89e, seront destinées pour le service de Saint-Domingue; la 82e, pour le service de la Martinique; la 66e, pour le service de la Guadeloupe ... La 89e sera composée de
La 89e actuelle 1,300 hommes.
La 77e 150
La 83e 164
La 60e 620
La 74e 360
2,594" (Correspondance de Napoléon, t.7, lettre 5785).

En 1802, la 60e Demi-brigade continue à occuper l'ile d'Elbe.

Le 20 janvier 1802 (30 Nivôse an 10), le Général de Division Grenier, qui vient de passer la révue de la 8e Demi-brigade, écrit, depuis Bruxelles, au Ministre de la Guerre : "J’ai l’honneur de vous adresser ci-joint, les états relatifs à la revue d’inspection de la 89e demi-brigade, consistant : ... 15° un état double pour le nommé L’Escrit caporal à la 60e demi-brigade en subsistance dans la 89e avec pièces à l’appui ; ce malheureux ne sachant à qui se réclamer, végète à l’hôpital de Bruxelles en attendant que son sort soit fixé ..." (Papiers du Général Paul Grenier. XV. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 71 page 154).

Le 21 mai 1802 (1er Prairial an 10), le Premier Consul écrit, depuis Paris, au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "... La 60e, qui est en Toscane, doit y rester jusqu'à nouvel ordre ... Donnez tous ces ordres de manière que les demi-brigades aient dix jours avant de partir, pour faire leurs préparatifs" (Correspondance générale de Napoléon, t.3, lettre 6896).

Le 27 mai 1802 (7 Prairial an 10), Bonaparte écrit, depuis La Malmaison, au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "Je vois, citoyen ministre, que sur l'état de l'emplacement des troupes du 5 prairial, les chefs de brigade de la 9e de ligne, ... 60e ... ne sont pas nommés. Cependant ces places ne sont pas vacantes …" (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1911, t.1, lettre 439 ; Correspondance générale de Napoléon, t.3, lettre 6917).

Le 23 novembre 1802 (2 Frimaire an 11), l'Empereur écrit depuis Saint-Cloud, au Contre-amiral Decrès, Ministre de la Marine et des Colonies :"Les cinq vaisseaux partis de Brest, Citoyen Ministre, savoir : l'Argonaute, l'Aigle, etc. se rendront, trois à Gênes, un en Corse, à Ajaccio, et l'autre dans la rade de Livourne ...
Le bâtiment de Livourne embarquera un bataillon de 600 hommes de la 60e de ligne ...
Mais il est nécessaire, pour n'éprouver aucun retard et pour empêcher la désertion, que ces vaisseaux partent de Brest munis des vivres nécessaires, de manière qu'arrivés à leur destination ils n'aient qu'à faire leur embarquement et à disparaître.
Je désirerais que ces trois convois pussent se réunir, car le général Leclerc attache une grande importance à ce qu'une certaine masse de forces lui arrive à la fois. J'imagine qu'il sera convenable de les faire réunir tous au détroit ...
" (Correspondance de Napoléon, t.8, lettre 6445 ; Correspondance générale de Napoléon, t.3, lettre 7303).

Le 23 novembre 1802 (2 Frimaire an 11), le Premier Consul écrit encore, depuis Saint-Cloud, au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "Je vous prie, Citoyen Ministre, de donner ordre au général Murat de faire connaître aux officiers de la légion polonaise qu'ils seront au service de la République ...
Donnez ordre également à ce général de compléter un bataillon de la 60e à 600 hommes, et de le tenir à Livourne prêt à s'embarquer sur un vaisseau de guerre qui viendra le prendre ...
" (Correspondance de Napoléon, t.8, lettre 6447 ; Correspondance générale de Napoléon, t.3, lettre 7296).

En 1803, la 60e est répartie entre les garnisons de Livourne et de Pise.

Le 5 janvier 1803, le Sergent-major Marminia est nommé Sous-lieutenant.

Le 28 janvier 1803 (8 pluviôse an 11), Bonaparte écrit depuis Paris au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "J'ai reçu, citoyen ministre, les deux états que vous m'avez envoyés, le 23 Nivôse, pour la répartition de l'excédent de la conscription ... Quant à l'artillerie, il faudrait lui fournir sur chaque excédent, à raison d'un 20e de l'excédent. C'est le seul moyen de lui donner les hommes qui aient les qualités requises.
Enfin, les corps qui ont été envoyés en Amérique depuis le 1er vendémiaire, tels que un bataillon de la 20e, un de la 25e de ligne, un de la 14e légère, un de la 60e de ligne, deux de la 110e, deux de la 89e ...
" (Correspondance générale, t.4, lettre 7447).

Par l'Arrêté du 12 Floréal an 11 (2 mai 1803) "relatif à l’organisation de plusieurs demi-brigades dans les colonies", le 3e Bataillon de la 60e Demi-brigade de Bataille doit entrer dans la formation de la nouvelle 89e Demi-brigade.

/ 60e Régiment d'infanterie de ligne

- Armée d'Italie, 1803-1805, Maréchal Jourdan, Maréchal Masséna

Le 24 septembre 1803, la 60e Demi-brigade est portée à 4 Bataillon par l'incorporation de la 97e et redevient le 60e Régiment d'Infanterie par l'Arrêté du 1er Vendémiaire an 12 (24 septembre 1803).

Entre 1803 et 1804, le Corps va occuper successivement Parme, Alexandrie et Brescia.

Le 24 avril 1804 (4 Floréal an 12), le Premier Consul écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Berthier, Ministre de la Guerre, Major général des Camps : "Donnez ordre, citoyen ministre … au 53e, qui est à Alexandrie, de remplacer à Parme le 60e qui se rendra à Alexandrie ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.4, lettre 8828).

Le 28 janvier 1805 (8 Pluviôse an 13), l'Empereur écrit, depuis Paris, au Maréchal Berthier, Ministre de la Guerre, Major général des camps : "Faites connaître au maréchal Jourdan que les mouvements des troupes autrichiennes sont trop exagérés ; que je n'ai aucune raison de supposer que la cour de Vienne ait fait aucune disposition générale tendant à prouver qu'elle veuille renouveler les hostilités ; que cependant j'ai cru devoir prendre des mesures pour l'approvisionnement des places ... que le 60e se rende également à Brescia ...
Ainsi le maréchal Jourdan aurait 3 divisions ... Recommandez au maréchal Jourdan que ce mouvement se fasse sans ostentation, sans provocation, sans proclamation et sous le titre de contre-cordon. Il donnera au général Gardanne le commandement de la rive droite de l'Adige et le titre de commandant de l'avant-garde du contre-cordon. Le général Gardanne dira aux généraux autrichiens que l'ordre a été donné de faire un contre-cordon, que si cependant on veut casser un cordon sans but, puisqu'il n'y a pas de peste en Italie, on n'établira pas de contre-cordon sur la rive droite de l'Adige. Vous ferez donner ordre que les mesures de police qui seront prises sur la rive droite par rapport à la rive gauche soient les mêmes que celles de la rive gauche par rapport à la rive droite ; leur commerce sera par là plus gêné que celui d'Italie
" (Correspondance générale de Napoléon, t.5, lettre 9527).

Le 17 février 1805 (28 Pluviôse an 13), l'Empereur écrit, depuis Paris, au Maréchal Berthier : "... Les quatre compagnies de grenadiers du 60e seront destinées à former la garde de l'Empereur à Alexandrie ... Il faut que ces compagnies aient leurs bonnets et soient en bon état ; elles auront double paye pendant le temps qu'elles feront le service près de l'Empereur ..." (Correspondance de Napoléon, t.10, lettre 8332 ; Correspondance générale de Napoléon, t.5, lettre 9567).

Le 19 mars 1805 (28 Ventôse an 13), l'Empereur écrit, depuis La Malmaison, au Maréchal Berthier, Ministre de la Guerre, Major général des camps : "... la 86e doit être composée, conformément à l'article 8, des 1er et 2e bataillons de la 86e, du 3e bataillon de la 71e, de la portion du 90e qui a été à Saint-Domingue, du 2e et du 3e de la 110e, et de ce qui compose le 89e, c'est-à-dire 2e et 3e bataillons de la 89e, du 3e bataillon de la 60e, 2e bataillon de la 74e, un détachement de la 70e, 3e bataillon de la 83e ..." (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 1, lettre 59 ; Correspondance générale de Napoléon, t.5, lettre 9702).

27 mars 1805 (6 germinal an XIII), l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Maréchal Berthier : "Mon Cousin, vous ferez réunir, du 1er au 10 floréal, dans la plaine de Marengo, les corps dont l'état est ci-joint :
Les quatre bataillons du 23e de ligne, les quatre du 56e, les quatre du 60e ; trois bataillons du 14e léger, quatre du 5e de ligne, trois du 102e (note : la CGN donne 2 Bataillons).
Ils seront partagés en deux divisions ; une tiendra garnison à Alexandrie, l'autre à Tortone et environs ...
Mon intention n'est point que ces troupes soient campées ; elles seront baraquées dans les villages.
Comme les troupes du Piémont ont un traitement particulier, vous me ferez un rapport sur les gratifications qu'il faudra leur donner également ...
Vous recommanderez bien au maréchal Jourdan que ces mouvements n'aient point l'air de mouvements de guerre ...
" (Correspondance de Napoléon, t.10, lettre 8491 ; Correspondance générale de Napoléon, t.5, lettre 9739).

Le 6 mai 1805 (16 Floréal an 13), l'Empereur écrit, depuis Alexandrie, au Maréchal Berthier, Ministre de la Guerre, Major général des camps : "Mon cousin, vous donnerez des ordres pour ... que le 23e et 60e de ligne restent à Alexandrie ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.5, lettre 9979).

Le 14 juillet 1805 (25 Messidor an 13), l'Empereur écrit, depuis Fontainebleau, au Maréchal Berthier, Ministre de la Guerre, Major général des camps : "Mon cousin ... Le général Chabot continuera à rester à Alexandrie chargé du commandement des 56e, 79e, 23e et 60e de ligne. Il se transportera fréquemment d'un point à l'autre pour veiller à leur instruction et à leur bonne tenue" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 1, lettre 130 ; Correspondance générale de Napoléon, t.5, lettre 10395).

A l'ouverture des hostilités, vers le milieu du mois d'octobre, l'Armée d'Italie a été portée à 65000 hommes, sous le commandement du Maréchal Massena, commandant en chef. Le centre de cette armée comprend la Division d'infanterie Molitor, Brigades Launay, Herbin et Valori, treize Bataillons des 23e, 19e, 5e et 60e de ligne, 7000 combattants et douze bouches à feu (Mémoires du Prince Eugène, t.1, page 277).

- Bataille de Caldiero

Le 30 octobre, le Maréchal Masséna se décide à attaquer et envoie au Général Molilor l'ordre suivant : "Le général Molitor se portera avec sa division sur les hauteurs de Codognola. Il longera la crète en se dirigeant sur sa droite pour prendre en flanc les redoutes de l'ennemi. Le général Molitor aura soin aussi de se faire éclairer sur sa gauche et de tenir ses troupes le plus réunies qu'il sera possible. Le général Molitor aura soin de me donner souvent de ses nouvelles à Vago et me fera prévenir du moment où il pourra commencer son attaque".

Le Général Molitor part aussitôt. Le 60e combat à Vago et à la bataille de Caldiéro (30 octobre 1805) où, conduit par Molitor lui même, il se couvre de gloire et prénètre par une embrasure dans la plus forte redoute des hauteurs de Colognola. Voici un extrait du rapport du Général Molitor fait au Maréchal Masséna après l'action : "J'envoyai l'ordre de me suivre au général de brigade Valory qui se trouvait, avec le 79e régiment, à l'extrême-droite de ma division et, sans attendre que les généraux de Launay et Valory aient effectué leur mouvement, je me portait avec les trois premiers bataillons du 60e régiment au-devant de la colonne autrichienne que ce mouvement exécuté avec résolution fit reculer dans les retranchements ...".

Dans cette bataille, le Régiment subit de grandes pertes et a 3 Officiers tués, et 7 blessés; les 3 Chefs de Bataillon sont mis hors de combat.

Le 60e se distingue encore pendant tout le reste de la campagne, et notamment près de Vicence, au Bacchiglione, au passage de la Brenta et vient occuper Laybach.

Le 11 décembre 1805 (20 Frimaire an 14), à Brünn, on informe l'Empereur que "Le général de division Clarke, gouverneur général de l’Autriche, désire avoir près de lui, en qualité d'aide-de-camp, M. Zaepffel, sous-lieutenant au 60e régiment"; "Il faut être lieutenant", répond Napoléon (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1911, t.2, lettre 1409 - Note : il s'agit de François-Louis Zaepffel qui devint Officier d’ordonnance de l’Empereur, puis Chef de Bataillon au 23e de Ligne, Colonel du 6e Léger, Baron de l'Empire le 26 octobre 1808 et Maréchal de camp le 3 juin 1825).

A la fin de décembre, et après sa formation, le 8e corps, ayant pour Général en chef Masséna comprend la Division Molitor (7000 hommes des 5e, 73e, 60e et 29e de ligne) dans le cercle de Marburg (Mémoires du Prince Eugène, t.2, page 2).

- Armée d’Italie, Prince Eugène, et de Dalmatie, Maréchal Marmont.

De 1806 à 1808, le 60e fait partie de l’Armée d’Italie (Prince Eugène) et détache en 1806 à l’Armée de Dalmatie (Maréchal Marmont) deux Bataillons qui prennent part à la défense de Raguse contre les Russes et les Monténégrins.

- Italie, 1806-1807

Le 21 février 1806, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Prince Eugène : "... Je vois que le 60e est à Venise, et son dépôt à Palmanova ; cela ne vaut rien ...
Faites-lui passer
[au Général Molitor] le 8e d'infanterie légère, et remplacez ce régiment dans l'Istrie par le 60e de ligne ...
Le général Seras aura dans l'Istrie le 13e et le 60e ...
" (Mémoires du Prince Eugène, t.2, page 78 ; Correspondance de Napoléon, t.12, lettres 9865 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 11517).

Le 14 mars 1806, Eugène écrit, depuis Milan, à Napoléon : "... J'ai appris ce matin, par le courrier de Venise, que, le 60e n'avait pu encore aller en·Istrie, à cause des vents contraires. Comme le 8e d'infànterie légère a été obligé de rentrer en Istrie, j'envoie l'ordre au 60e de débarquer à Venise et d'attendre de nouveau ; trois régiments, dont un à quatre bataillons, eussent été trop nombreux pour la province de l'Istrie …" (Mémoires du Prince Eugène, t.2, page 165).

Le 15 mars 1806, Eugène écrit, depuis Milan, à Napoléon : "Sire, j'ai l'honneur d'envoyer à Votre Majesté le seul renseignement qui me soit encore parvenu sur la marche du général Molitor ; je n'ai point reçu de nouvelles de lui depuis le départ de sa division de Zara. Ainsi que j'ai déjà eu l'honneur d'en rendre compte à Votre Majesté, le 8e d'infanterie légère n'a pu se rendre de l'Istrie en Dalmatie ; cependant, d'après les nouveaux renseignements qui me parviennent, on pourra, je crois, tenter d'embarquer ce régiment à Fianona, et le conduire à·Zara, toujours en dedans des îles ; dans ce cas, j'enverrai le 60e en Istrie. Je n'ai pas voulu tenter ce moyen avant l’approbation de Votre Majesté …" (Mémoires du Prince Eugène, t.2, page 167).

Le 21 mars 1806, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Prince Eugène : "Mon fils … J'approuve … que le 60e se rende de Monfalcone à Muggia ou à Capo d'Istria …" (Mémoires du Prince Eugène, t.2, page 177; Correspondance de Napoléon, t.12, lettres 10002 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 11741).

Le 21 mars 1806, Napoléon écrit encore, depuis Paris au Prince Eugène, Vice-Roi d'Italie : "Mon Fils ... Vous n'êtes pas assez instruit de ce qui se fait dans votre armée. Vous m'aviez dit que le 8e d'infanterie légère était parti, et depuis vous m'avez écrit qu'il ne l'était pas; le 60e de même ..." (Mémoires du Prince Eugène, t.2, page 181; Correspondance de Napoléon, t.12, lettres 10003 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 11742).

Le 23 mars 1806, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Prince Eugène : "Mon Fils … Je vois, par votre lettre du 16 mars, que le 60e est parti pour l'Istrie. Je vous ai envoyé un décret sur l'organisation militaire des provinces de l'Istrie. Je désire bien que les troupes ne soient pas mises dans des endroits malsains" (Mémoires du Prince Eugène, t.2, page 183; Correspondance de Napoléon, t.12, lettres 10011 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 11760).

Le 24 mars 1806, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Prince Eugène : "Mon Fils … Envoyez l'ordre au général Seras de tenir toutes ses forces bien réunies ; il ne faut pas qu'il les disperse dans ces îles ; ces détachements pourraient être pris isolément. Il suffit d'envoyer en Dalmatie quelques officiers pour y commander, et qui lèveront quelques compagnies pour y maintenir l'ordre. Ainsi la division du général Seras, composée des 13 et 60e de ligne … doit, sans faire de trop grands mouvements, se tenir en mesure de marcher sur Trieste, si les circonstances s'aggravent ..." (Mémoires du Prince Eugène, t.2, page 185 ; Correspondance de Napoléon, t.12, lettres 10014 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 11765).

Au 1er mai 1806, d'après les états de situation envoyés par le Prince Éugène, commandant en chef, la composition et la force des divers corps composant l'Armée dite d'Italie, dont le quartier général est à Milan, est la suivante :
Division d'Istrie. Quartier général à Capo-d'lstria.
Général de division Séras ; généraux de brigade Castella et Schilt ; 60e de Ligne, Colonel Cossard (4 Bataillons, 3 à Capo-d'Istria, le 4e à Isola, 3,791 hommes et 15 chevaux) - Mémoires du Prince Eugène, t.2, page 268.

Le 14 mai 1806, Eugène écrit, depuis Milan, au Major général : "… Les nouvelles de l'Istrie sont bien moins satisfaisantes : la dyssenterie fait de grands ravages dans la division du général Séras ; les 13e et 60e avaient, par les dernières lettres, jusqu'à 1,400 malades, soit à l'hopital, soit dans les casernes. J'espère cependant que ce fléau va cesser, car j'ai pris toutes les mesures en mon pouvoir : 1° la division va baraquer dans une belle situation, près Capo-d'Istria ; 2e j'ai fait distribuer tous les jours vin et vinaigre ; 3° j'ai envoyé le médecin en chef de l'armée, avec les officiers de santé nécessaires ; 4° j'ai envoyé en duplicata, par mer et par terre, un bon approvisionnement de pharmacie ; 5° et enfin, la paille étant fort rare (et même manquant) en Istrie, j'en ai fait partir de Legnago et de Mantoue 8,000 bottes …" (Mémoires du Prince Eugène, t.2, page 392).

Le 27 mai 1806, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Prince Eugène : "Mon Fils, j'ai lu avec attention vos états de revues. Se peut-il qu'il y ait encore dans les 53e, 106e, 13e et 60e, des hommes qui ne soient pas habillés ? J'imagine que les conscrits, s'ils n'ont pas des habits, ont au moins des culottes et des vestes d'ordonnance. Je vois que, dans l'armement, il manque beaucoup de fusils. Est-ce que les régiments qui sont en Istrie auraient des hommes sans fusils ? Si cela était, j'imagine que vous ne dormiriez pas que mes troupes d'Istrie ne soient parfaitement armées. Vous dites qu'il est dû aux 53e, 13e, 106e et 60e, pour la solde ; mais vous ne dites pas quels mois il est dû, non plus que pour la masse d'habillement. Du reste, les états me paraissent faits avec soin ; je les parcourrai avec plaisir. Mais il faut que dans l'état de juin on me donne des explications sur le nombre d'hommes qui sont, à chaque dépôt, à l'école de bataillon, sur le nombre d'hommes qui sont en habits de paysans, et sur le nombre d'hommes qui ne sont pas armés. Je me persuade que vous ne dormiriez pas si vous aviez en Istrie, en Dalmatie, même en Italie, des hommes qui ne fussent pas armés ou qui fussent encore en sarraux de toile. Il est de votre honneur que, vingt-quatre heures après leur arrivée, les conscrits aient la veste, la culotte, le chapeau. Il n'y a point d'excuse, les corps doivent y pourvoir ..." (Mémoires du Prince Eugène, t.2, page 408 ; Correspondance de Napoléon, t.12, lettres 10284 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12184).

Le même 27 mai 1806, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, à Joseph, Roi de Naples : "Mon frère, vous avez à Naples des détachements du 60e régiment de ligne. Renvoyez-les à leur corps. Cette manière de disséminer l'armée est funeste à la discipline et à l’ordre" (CDu Casse A. : "Mémoires et correspondance politique et militaire du roi Joseph", 1853-1854, t. 2, p. 254; orrespondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12187).

Le 6 juin 1806, Joseph écrit, depuis Naples, à Napoléon : "Sire, je reçois les lettres de Votre Majesté du 27. Je n'ai, ni à Naples ni dans l'armée, aucun détachement du 60e régiment ..." (Du Casse A. : "Mémoires et correspondance politique et militaire du roi Joseph", 1853-1854, t. 2, p. 284).

Dans la première quinzaine de juin, l'armée du Vice-roi comprend la Division d'lstrie, Général Séras (Quartier général à Capo-d'Istria) ; Généraux de Brigade Castella, et Schilt, 4,500 hommes présents des 13e et 60e de ligne, détachements du 23e de Chasseurs à cheval, d'Artillerie française et italienne, Génie, Train, Ouvriers (Mémoires du Prince Eugène, t.2, page 285).

Le 26 juin 1806, depuis Saint-Cloud, l'Empereur écrit à Eugène, Vice-Roi d'Italie : "Mon Fils ... Je vois avec peine que le 8e d'infanterie légère occupe toujours l'île de Cherso. Donnez donc l'ordre qu'il soit envoyé à Zara, et faites occuper l'île de Cherso par 400 hommes du 60e de ligne, qui est en Istrie ; mettez la plus grande rapidité dans ces mouvements …" (Mémoires du Prince Eugène, t.2, page 468 ; Correspondance de Napoléon, t.12, lettres 10418 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12378).

Le 29 juillet 1806, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, à Eugène, Vice-Roi d'Italie : "... Je vous ai déjà envoyé l'ordre de réunir les 3e et 4e bataillons du 11e et du 60e et le 3e bataillon du 8e d’infanterie légère dans des places au-delà de la Piave ..." (Mémoires du Prince Eugène, t.3, page 98 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12599).

Le 1er août 1806, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, à Eugène, Vice-Roi d'Italie : "Mon Fils ... Donnez ordre au 3e bataillon du 8e d'infanterie légère, aux 3es et 4es bataillons des 11e, 35e et 60e de ligne de se rendre à Trévise, Padoue et Vicence, comme je l'ai déjà ordonné. Mon intention est qu'il n'y ait aucun dépôt ni embarras entre la Piave et l'Isonzo ..." (Mémoires du Prince Eugène, t.3, page 105 ; Correspondance de Napoléon, t.13, lettres 10580 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12629).

Le 9 août 1806, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Prince Eugène : "Mon Fils ... Je vois avec peine, dans vos réponses à mes questions, l'ordre que vous avez donné au 3e bataillon du 6oe régiment de revenir ; comment pourra-t-il revenir par terre dans cette saison ? Vous êtes trop vif. Quand on fait partir des troupes, il faut les organiser ; vous devez sentir que le bataillon du 60e était mal placé là. Réunissez les deux bataillons et faites-les partir.
Prévenez le général Lemarois que, selon toutes les apparences, cette réserve de 6,000 hommes restera longtemps là
" (Mémoires du Prince Eugène, t.3, page 112 ; Correspondance de Napoléon, t.13, lettres 10628 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12686).

Le 8 décembre 1806 également, Napoléon écrit aussi, depuis Posen, à Eugène : "... Mon intention est que des 3es bataillons des régiments de l’Armée de Dalmatie qui sont à 4 bataillons, il soit formé une division qui sera réunie à Bassano. Le 3e bataillon du 11e de Ligne et du 79e formeront un régiment provisoire ; les 3e bataillons des 5e et 23e formeront un deuxième régiment, les 3e bataillons des 20e, 60e ou 62e formeront le 3e. Ces trois régiments, devant faire une force de 6,000 hommes, formeront ainsi une 6e division. Vous ne réunirez cette division qu'autant que chaque bataillon pourra partir de son dépôt, fort de 800 hommes, pour se rendre aux cantonnements de Bassano. Dans tous les cas, je ne souhaite pas que ce soit avant le 20 janvier. Vous préparerez l'artillerie pour cette nouvelle division ..." (Mémoires du Prince Eugène, t.3, page 222; Correspondance de Napoléon, t.14, lettres 11418 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 13785).

Le 12 mars 1807, l'Empereur écrit depuis Osterode, au Prince Eugène : "Mon Fils ... L’armée de Dalmatie ne paraît avoir besoin d'aucun renfort ; il y a aujourd'hui suffisamment de monde ; il faut donc s'étudier à donner à ses dépôts la plus grande consistance ; il faut que les 3es et 4es bataillons du 5e de ligne, du 79e, du 23e et du 60e puissent, moyennant la conscription de 1807, entrer, tous les huit bataillons, en ligne et former une division ..." (Mémoires du Prince Eugène, t.3, page 273 ; Correspondance de Napoléon, t.14, lettre 12013 ; Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 14581).

Le 25 mars 1807, l'Empereur écrit, depuis Osterode, au Prince Eugène : "Mon Fils ... … La division Clauzel doit être augmentée de 300 hommes du 5e de ligne, de 300 hommes du 23e, autant du 11e, autant du 79e. Je pense que vous devez appeler le 4e bataillon du 60e, qui, ayant 900 hommes, peut figurer en ligne ; mais vous laisserez au dépôt une 3e ou une 4e compagnie ; cela augmentera cette division de 1,500 hommes. Vous pourrez aussi augmenter la division Clauzel du 3e bataillon du 62e et du 3e bataillon du 20e, ce qui porterait cette division à dix bataillons. Avec les conscrits qui vous arrivent, cela devrait être possible ..." (Mémoires du Prince Eugène, t.3, page 285 ; Correspondance de Napoléon, t.14, lettre 12174 ; Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 14892).

Le 27 mars 1807, Eugène écrit à Napoléon : "Sire, j’ai reçu ce matin les dépêches de Votre Majesté, du 12 mars, j'ai de suite donné les ordres pour le départ de ces 1,700 hommes pour l'armée de Naples. Comme, dans dix à douze jours, je compte passer en revue la division Clausel et celle des grenadiers, je verrai en même temps les dépôts de la Dalmatie, afin de pouvoir rendre compte à Votre Majesté de l'époque à laquelle les 4es bataillons des 5e, 23e, 60e et 79e régiments pourraient rejoindre leur 3e bataillon. Quand cela se pourra, je prendrai les ordres de Votre Majesté, mais je lui demanderai l'autorisation de laisser en dépot les cadres de 2 compagnies sur chacun des 3e et 4e bataillons ..." (Mémoires du Prince Eugène, t.3, page 290).

Le 18 avril 1807, Eugène écrit, depuis Padoue, à Napoléon : "… La division Clausel, qui a beaucoup gagné depuis sa réunion, va être augmentée par un bataillon de 800 hommes du 8e d'infanterie légère et par un autre de même force du 18e d'infanterie légère ; les 4 bataillons des 5e, 11e, 60e et 79e ne peuvent absolument entrer en ligne ; presque aucun des officiers des dépôts ne sont susceptibles de faire campagne ; mais, comme ils ont de magnifiques compagnies de grenadiers, je les fais rejoindre la division Duhesme, pour que cette division de grenadiers puisse avoir 8 bataillons de 8 compagnies. Il faudrait que Votre Majesté eût la bonté de la renforcer des compagnies d'élite des dépôts existant en Piémont ; j'y joindrai également un fort bataillon de grenadiers et voltigeurs italiens ..." (Mémoires du Prince Eugène, t.3, page 298).

Le 6 mai 1807, l'Empereur écrit, depuis Finkenstein, au Prince Eugène, Vice-Roi d'Italie : "Mon fils … Je remarque dans votre état de situation au 1er avril que la division Clauzel n'a que cinq bataillons. Je pense que vous devez y mettre le 4e bataillon du 60e, le 4e du 23e, le 4e du 79e, le 4e du 11e, le 4e du 5e ; ce qui ferait dix bataillons. Vous pourriez les composer de sept compagnies chacun, et alors il resterait quatre compagnies aux dépôts. Avec ce qui existe aux dépôts et avec la conscription qui va vous arriver, ces dix bataillons vous formeront bientôt une division de 7 à 8,000 hommes …" (Mémoires du Prince Eugène, t.3, page 307 ; Correspondance de Napoléon, t.15, lettre 12543 ; Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 15550).

De son côté, le 6 mai 1807, le Prince Eugène écrit, depuis Milan, à Napoléon : "Sire, j'ai exécuté les ordres de Votre Majesté, en écrivant au général Marmont de renvoyer le restant du cadre du 2e bataillon du 81e en Italie, et de compléter avant le 1er bataillon à l'effectif de 1,000 à 1,100 hommes.
Ce régiment a été longtemps éparpillé ; j'aurais besoin de quelques semaines de réunion avec son dépôt ; il pourrait aussi, deux mois après son arrivée, avoir deux beaux bataillons de guerre, ce qui compléterait la division qui se forme à Vérone à quatre beaux régiments, savoir : le 1er d'infanterie légère, les 112e, 81e et 42e de ligne. Je remplacerai de suite ce déficjt à l'armée de Dalmatie par l'envoi de 800 hommes du 60e régiment et 500 hommes aux chasseurs brescians, ou bien une colonne de 1,500 à 1,600 hommes, composée des détachements de tous les corps qui sont en Dalmatie.
Si Votre Majesté approuvait cette idée, l'armée d'Italie y gagnerait, et l'armée de Dalmatie, en ne perdant que le cadre et la force d'un bataillon, renforcerait tous les autres. J'attends vos ordres
" (Mémoires du Prince Eugène, t.3, page 306).

Le 26 juin 1807, le Général de Division Grenier écrit au Préfet du Bas-Pô : "Le détachement commandé par M. le major Bellotti ayant été remplacé le 25 de ce mois, M. le préfet, par un autre détachement de 160 hommes du 60e régiment venant de Chioggia et sous les ordres du gouverneur Miollis ; S. A. I. a jugé à propos de faire rentrer celui commandé par M. Bellotti, je ne peux rien changer à cette disposition suprême et je dois maintenir les ordres que j’ai donné à cet officier supérieur ; je pense d’ailleurs, M. le préfet, que le détachement qui le remplace étant même plus nombreux remplira le même but et rassurera vos administrés contre les tentatives de l’ennemi. Si, contre toute attente, ces forces ne suffisaient pas, veuillez au moindre de ses mouvements, m’en donner connaissance, je ferai tout ce qui dépendra de moi pour assurer la tranquillité dans cette partie de votre département" (Papiers du Général Paul Grenier. XVII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 4 page 19).

Le 28 juin 1807, le Général de Division Grenier écrit au Général Charpentier : "J’ai l’honneur de vous adresser ci-joint, mon cher général, une lettre que le préfet du Bas-Pô m’adressé hier ; vous verrez qu’il a des craintes sur la conduite ultérieure des Anglais à l’embouchure du Pô où ils ont tenté de nouveaux débarquements ; je lui ai répondu qu’il devait être arrivé le 25 de ce mois un détachement de 160 hommes du 60e régiment à Rovigo et que ce détachement devait être suffisant pour s’opposer aux tentatives de l’ennemi" (Papiers du Général Paul Grenier. XVII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 4 page 19).

Le 5 septembre 1807, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, à Eugène, Vice-Roi d'Italie : "Mon fils, je reçois la lettre par laquelle vous m'instruisez que vous allez passer la revue de la division Clauzel, afin de la porter à 5 000 hommes. Mon intention serait que cette division fût portée à 9 ou 10 000 hommes. En effet, les huit régiments français qui sont en Dalmatie ont un présent sous les armes de [ ... ] 000 hommes et forment seize bataillons. La division Clauzel a, selon le dernier état du 15 août, 4540 hommes et le dépôt des huit régiments se compose de 5 000 hommes. La division Duhesme a 1 000 hommes, appartenant à cinq de ces régiments. Je pense donc qu'il faut ainsi organiser la division Clauzel, savoir :
60e 1400 ...
... La division serait donc composée de deux bataillons de six compagnies chacune, formant 2 400 hommes ; de cinq bataillons de sept compagnies chacune, 7 000 ; et d'un bataillon de trois compagnies, 600 hommes. Total, 10 000 hommes.
Vous enverrez aussi 300 Brescians et 300 hommes de la garde royale, pour marcher avec la division Clauzel, de manière que cette division marcherait forte de 10 à 11 000 hommes, ce qui, joint à l'armée française de Dalmatie, formerait plus de 25 000 hommes ; mais, il faut que ces hommes soient bien armés, bien équipés, et qu'ils aient déjà la meilleure instruction.
Si donc les 6 000 hommes qui sont aux dépôts ne vous paraissent pas suffisamment instruits et ne sont pas entièrement habillés au 1er octobre, selon l'ordre que j'en donnerai, pour aller renforcer le corps du général Marmont, vous ferez partir la division Clauzel dans la situation où elle se trouve actuellement, c'est-à-dire formant 5 000 hommes, mais organisée de manière qu'il n'y ait que trois compagnies par régiment à 200 hommes chaque compagnie. Vous en sentez l'importance ; il faut que ces compagnies, arrivant à leurs Corps en Dalmatie, puissent verser dans ces corps ce qu'ils ont au-dessus de 100 hommes. Dans ce cas, vous préparerez sur-le-champ trois autres compagnies que vous ferez partir un mois ou six semaines après, de sorte que jusqu'au 1er janvier vous ayez envoyé en Dalmatie les 10 000 hommes qui m'y paraissent nécessaires
" (Mémoires du Prince Eugène, t.3, page 398 ; Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 16293).

Le 16 septembre 1807, l'Empereur écrit, depuis Rambouillet, à Eugène Napoléon, Vice-roi d'Italie : "Mon Fils, je reçois votre lettre du 11 à minuit. Je vois que la division Clauzel est composée de 5,482 hommes ; mais je ne vois pas de combien de compagnies chaque bataillon est composé. C'est à cela que vous devez porter votre principal soin. Je consens qu'il ne parte du 8e léger que 517 hommes ; mais je ne voudrais pas que ces 517 hommes formassent six compagnies, je voudrais qu'ils n'en formassent que trois. Même observation pour ... le 60e ... Au total, mon intention est que la division Clauzel soit toute composée de compagnies de 200 hommes, afin qu'elle puisse les incorporer en Dalmatie" (Mémoires du Prince Eugène, t.3, page 409 ; Correspondance de Napoléon, t.16, lettre 13165 ; Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 16389).

Le 1er octobre 1807, l'Empereur écrit, depuis Fontainebleau, à Eugène Napoléon, Vice-Roi d'Italie : "Mon fils, je reçois votre lettre du 22, par laquelle vous me faites connaître que la division Clausel est de plus de 5,500 hommes.
... Vous ferez partir quatre compagnies pour le 11e; trois pour le 23e; quatre pour le 60e; trois pour le 79e; et deux pour le 81e; de manière que chaque compagnie sera de 200 à 450 hommes. Mon intention est que ces compagnies, arrivées à Zara, soient incorporées dans les deux premiers bataillons, et que les cadres reviennent à l’armée. Le général de division, les deux généraux de brigade, marcheront avec cette division, pour inspecter son passage ; mais, quand elle sera arrivée en Dalmatie et incorporée, tout cela rentrera en Italie. Cette division doit être considérée comme une division de renfort
" (Mémoires du Prince Eugène, t.3, page 420 ; Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 16450).

- Dalmatie, 1806-1807

Dans le courant du mois de juin, l'armée du Vice-roi est réorganisée; concernant l'Armée de Dalmatie, commandée par le Général Marmont (Quartier général à Zara), la 1ère Division, Général Molitor (Quartier général à Zara) ; Généraux de brigade Jalcas, Guillet, Gily (à Spalatro) et Launay, est forte de 14 Bataillons des 8e Léger, 60e, 79e et 81e de ligne, 1er Escadron du 19e de Chasseurs, 2 Compagnies de Sapeurs, deux d'Artillerie à pied du 2e Régiment français, 2 du 1er Régiment italien, détachements d'Artillerie et du Train (9,000 présents, cent chevaux). Les 3e et 4e Bataillons du 60e doivent se réunir à Trévise pour former la 1ère Brigade de la Division de réserve de l'Armée de Dalmatie (Mémoires du Prince Eugène, t.2, page 283).

Le 2 juillet 1806, Eugène écrit, depuis Varèze, à Marmont : "Vous aurez sans doute été prévenu que le général Lauriston, attaqué par des forces supérieures, a cru devoir se renfermer dans Raguse. Le général Molitor marche pour tourner l'ennemi, et j'envoie de l’Istrie par mer le 60e régiment. En conséquence, vous voudrez bien envoyer en Istrie le 18e régiment d'infanterie légère, en gardant son dépôt et les hommes qui ne sont point à l'école de bataillon à Pardenone, où se trouve en ce moment le régiment. Aussitôt que les événements deviendront plus tranquilles de ce côté, ce régiment vous rentrera probablement.
Je rends compte du présent ordre à Sa Majesté
" (Mémoires de Marmont, tome 2, page 405).

Le 3 juillet 1806, Eugène écrit, depuis Monza, à Napoléon : "... Votre Majesté ne trouvera pas mauvais, j'espère, l'envoi du 60e régiment et d'une compagnie d'artillerie. Les besoins du général Molitor étaient pressants et ne demandaient surtout aucun retard ..." (Mémoires du Prince Eugène, t.3, page 53).

Le 6 juillet 1806, Eugène écrit, depuis Monza, à Napoléon : "Sire, je n'ai pas encore reçu d'autres nouvelles de la Dalmatie que celles que j’ai eu l’honneur de vous adresser. Le peu de monde que Molitor a emmené me laisse quelques doutes de réussite dans son expédition. Il a laissé les places et les îles gardées, et je ne conçois pas comment il n'a pu emmener 4 à 5, 000 hommes. J'espère que le 60e arrivera assez à temps pour lui former une bonne réserve conjointement avec le bataillon brescian ..." (Mémoires du Prince Eugène, t.3, page 59).

Le 7 juillet 1806, depuis Saint-Cloud, l'Empereur écrit au Prince Eugène : "Mon Fils, donnez ordre au général Marmont de se rendre en Dalmatie. Il prendra le titre de commandant en chef de mon armée de Dalmatie. ... J'ai vu avec peine que le général Molitor n'a fait aucune des choses que j'avais ordonnées. Faites-moi connaître pourquoi, au lieu de réunir 4,000 hommes sur la Narenta pour soutenir le général Lauriston, il a laissé ses troupes disséminées. Quel que soit le nombre des malades dans mes troupes qui sont en Dalmatie, je ne puis concevoir que le 8e d'infanterie légère, les 5e, 23e, 79e et 81e régiments d'infanterie de ligne, ayant ensemble un effectif de plus de 15,000 hommes en Dalmatie, ne puissent pas offrir 8 à 9,000 hommes en ligne. Indépendamment de ces forces, le général Marmont aura avec lui les deux bataillons du 18e régiment d'infanterie légère, le bataillon brescian, celui de ma Garde italienne et le 60e régiment de ligne. Il suffit de tenir en Istrie le 13e régiment. Cependant il est important de ne pas envoyer en Dalmatie les quatre bataillons du 60e, mais seulement ses deux premiers, complétés à raison de 1,000 hommes par bataillon ; les cadres des 3e et 4e bataillons pourront rester où ils sont, afin de rassembler tout ce qui sortira de l'hôpital et les conscrits. Laissez le général Marmonl maître d'emmener quatre autres bataillons de sa division, en ayant soin qu'ils soient pris parmi les premiers bataillons des corps et complétés à raison de : 1,000 hommes chacun. Cependant mon intention est que, si, au moment où ces corps seront arrivés à mi-chemin de leur destination, on était instruit que Raguse a été dégagée, le général Marmont renvoie ce qui serait inutile, pour ne pas avoir trop de troupes en Dalmatie" (Mémoires du Prince Eugène, t.3, page 60 ; Correspondance de Napoléon, t.12, lettres 10461 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12443).

Le 9 juillet 1806, Napoléon écrit depuis Saint-Cloud, à Eugène, Vice-Roi d'Italie : "Mon Fils, j'ai nommé le général Marmont commandant de mon armée de Dalmatie. Il sera sans doute parti pour Zara. Il est bien nécessaire que les 3e et 4e bataillons du 60e, le 3e du 18e d'infanterie légère, et les 3es et 4es bataillons des régiments que le général Marmont aura emmenés, soient formés en une division de réserve, qui portera le nom de division de réserve de Dalmatie. Vous y réunirez les dépôts du 8e d'infanterie légère, des 5e, 23e, 79e et 81e de ligne. Tous ces détachements seront divisés en trois brigades à Padoue, Vicence et Trévise, sous les ordres des majors et sous l'inspection d'un général de brigade, qui s'occupera sans relâche de former et d'organiser ces dépôts, et de tout préparer pour l'arrivée des conscrits. Par ce moyen, vous pourrez exercer une grande surveillance sur l'administration et l'instruction de ces dépôts. Faites-y diriger tous les malades et tout ce qu'il y aurait en arrière appartenant à ces corps. Lorsque les circonstances le permettront, faites venir les cadres des 3es et 4es bataillons des 5e et 23e de ligne, et ceux du 8e léger et des 79e et 81e de ligne. Je n'ai pas besoin de vous faire sentir l'importance de ces mesures, car il faut tout préparer pour que ces huit ou neuf corps aient des moyens de se refaire des pertes qu'ils éprouveront par les maladies et par l'ennemi" (Mémoires du Prince Eugène, t.3, page 65 ; Correspondance de Napoléon, t.12, lettres 10474 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12458).

Le 12 juillet 1806, le Prince Eugène écrit, depuis Monza, au Général Marmont : "Je m'empresse de vous adresser, monsieur le général Marmont, avec une lettre de Sa Majesté, la copie d’un décret qui vous nomme général en chef de l'armée de Dalmatie. L'intention de Sa Majesté est que vous partiez vingt-quatre heures après la réception de sa lettre. Votre premier soin sera de dégager le général Lauriston. Vous vous ferez suivre par deux bons bataillons de guerre du 18e régiment d'infanterie légère, et, si vous le jugez convenable, par deux bataillons d'un autre régiment. Je dis si vous le jugez convenable, car vous allez avoir à Zara le 60e régiment, qui est porté à trois bataillons, mais qui, d'après les ordres de Sa Majesté, doit être réduit à deux bataillons de guerre, et les troisième et quatrième bataillons doivent être renvoyés en Istrie. Le troisième bataillon de dépôt du 18e régiment d'infanterie légère reviendra dans le Frioul. Vous emmènerez avec vous votre chef d'état-major, votre général d'artillerie, votre commissaire ordonnateur en chef. Il y a en Dalmatie un général du génie, mais vous ferez bien d'emmener le colonel qui commande en ce moment le génie du deuxième corps sous vos ordres, et deux officiers du génie. Vous pourrez emmener, si vous le jugez nécessaire, deux officiers supérieurs d'artillerie et quatre capitaines en second ; vous pouvez emmener une compagnie de canonniers au grand complet et six ou huit pièces de campagne. Je vous engage à les prendre des calibres de six, et obus de cinq pouces six lignes. Ce sont les calibres que vous trouverez en Dalmatie. Vous emmènerez vos différents chefs de service, et surtout ce qui concerne les hôpitaux et beaucoup d'infirmiers. Il faut que les troupes que vous emmènerez aient, s'il est possible, trois paires de souliers par homme ; le cuir et la toile manquent en Dalmatie. Sa Majesté désire que vous pressiez le plus possible ce mouvement. Vous allez donc avoir, en sus de ce que le général Molitor avait en Dalmatie, deux bons bataillons de guerre du 60e régiment, deux bataillons de guerre du 18e léger, un des chasseurs brescians, deux bataillons de la garde italienne, qui sont en marche, et enfin , si vous le jugez convenable, deux autres bataillons. Cependant l'intention bien formelle de Sa Majesté est que, lors de votre arrivée à Zara, si vous apprenez que Raguse a été dégagé par le général Molitor, alors vous devez renvoyer ces deux derniers bataillons. Vous verrez, d'après la copie des instructions que vous enverra l'état-major général, et que j'avais donnée par ordre de l'Empereur, que les deux bataillons de la garde et les chasseurs brescians sont destinés pour le corps d'armée du général Lauriston. Sa Majesté ne me dit pas que vous devez emmener des généraux, parce qu'elle sait qu'il y en a beaucoup en Dalmatie ; cependant vous pouvez emmener avec vous un général de division ou un général de brigade, suivant que vous le jugerez convenable. Sa Majesté ayant nommé le général Lauriston gouverneur de l'Albanie et de Raguse, et ne m'en parlant pas dans sa dernière lettre, il continue à ne pas faire partie de l'armée de Dalmatie. Cependant, pour le bien du service, il est indispensable que vous correspondiez ensemble.
Vous voudrez bien me faire envoyer, avant votre départ, par votre chef d'état-major, l'état de situation bien détaillé du corps d'armée que vous laissez dans le Frioul.
Le chef d'état-major général vous adressera la situation des troupes en Dalmatie
" (Mémoires de Marmont, tome 2, page 406).

Le 13 juillet 1806, Eugène écrit, depuis Monza, à Napoléon : "Sire, j'ai reçu il y a deux heures un courrier du général Molitor ; sa lettre est de Stagno, du 3 juillet. Je me hâte de la faire copier et de la mettre sous les yeux de Votre Majésté, ainsi que la correspondance de ce général avec le général Bellegarde. Il paraît, d'après cette lettre, que le général Molitor n'avait pas encore connaissance des mouvements du général Gilly avec le 60e régiment, ni de la réunion du 3e léger à Zara. Dans le cas où il ne réussirait pas dans son expédition, ces deux corps et les chasseurs brescians, qui ont dù arriver aujourd'hui à Sébénico, lui formeront un puissant renfort avant l'arrivée de six forts bataillons du corps du général Marmont et des deux bataillons de la garde. J'ai engagé Je général Marmont, à faire presser les mouvements des troupes qui le suivent, et j'espère qu'elles arriveront à temps. J'attends que le général Marmont m'ait envoyé l'état des troupes et du personnel qu'il laissera dans le Frioul, pour que j'en ordonne le placement en une division d'infanterie et de cavalerie ; dans tous les cas, comme le général Marmont emmènera le général Vignolle et le général Boudet, il ne restera pas de généraux de division, et je n'ai sous mes ordres aucun général à y envoyer. J'ai fait connaître au général Marmont, par courrier extraordinaire, la situation du général Molitor" (Mémoires du Prince Eugène, t.3, page 74).

Le 28 juillet 1806, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Prince Eugène, Vice-Roi d'Italie : "Mon Fils ... Ne réunissez à Cattaro que le moins possible des 5e et 23e ; mais placez-y les 8e et 18e d'infanterie légère et le 11e de ligne, ce qui formera six bataillons qui doivent faire 5,000 hommes ; et, pour compléter 6,000 hommes, ajoutez-y le 60e ...
Après que les grandes chaleurs seront passées et que le général Marmont aura rassemblé tous ses moyens et organisé ses forces, avec 12,000 hommes il tombera sur les Monténégrins pour leur rendre les barbaries qu'ils ont faites ; il tâchera de prendre l'évêque ; et, en attendant, il dissimulera autant qu'il pourra. Tant que ces brigands n'auront pas reçu une bonne leçon, ils seront toujours prêts à se déclarer contre nous. Le général Marmont peut employer le général Molitor, le général Guillet et les autres généraux à ces opérations. Il peut laisser pour la garde de la Dalmatie le 81e.
Ainsi le général Marmont a sous ses ordres, en troupes italiennes, un bataillon de la Garde, un bataillon brescian et un autre bataillon ; ce qui, avec les canonniers italiens, ne fait pas loin de 2,400 hommes. Il a, en troupes françaises, les 5e, 23e et 79e, qui sont à Raguse et qui forment, à ce qu'il paraît, 4,500 hommes, le 81e, et les hôpitaux et détachements de ces régiments, qui doivent former un bon nombre de troupes. Il a enfin les 8e et 18e d'infanterie légère et les 11e et 60e de ligne ...
Faites-moi connaître où se trouvent les 3es bataillons du 11e et du 60e, les 3e bataillons des 8e et 18e légers, et si les ordres que j'ai donnés pour la formation des réserves en Dalmatie sont déjà exécutés ...
" (Mémoires du Prince Eugène, t.3, page 93 ; Correspondance de Napoléon, t.13, lettres 10557 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12585).

Le 29 juillet 1806, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Prince Eugène : "Mon Fils, je reçois votre lettre du 22 juillet. Mon intention est que le général Marmont garde les deux bataillons du 18e, les deux bataillons du 11e et du 60e ..." (Mémoires du Prince Eugène, t.3, page 99 ; Correspondance de Napoléon, t.13, lettres 10563 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12598).

Le 2 août 1806, le Prince Eugène écrit, depuis Monza, au Général Marmont : "Je reçois, monsieur le général en chef Marmont, plusieurs lettres de Sa Majesté. Je transcris littéralement tout ce qui vous concerne :
« Mon intention n'est pas qu'on évacue Raguse. Écrivez au général Marmont qu'il en fasse fortifier les hauteurs ; qu'il organise son gouvernement et laisse son commerce libre ; c'est dans ce sens que j'entends reconnaître son indépendance. Qu'il fasse arborer à Stagno un drapeau italien ; c'est un point qui dépend aujourd'hui de la Dalmatie. Donnez-lui l'ordre de faire construire sur les tours de Raguse les batteries nécessaires et de faire construire au fort de Santa-Croce une redoute en maçonnerie fermée. Il faut également construire dans l'ile de Calamata un fort ou redoute. Les Anglais peuvent s'y présenter : il faut être dans le cas de les y recevoir. Le général Marmont fera les dispositions qu'il croira nécessaires ; mais recommandez- lui de laisser les troisième et quatrième bataillons des 5e et 23e à Raguse ; car il est inutile de trainer loin de la France des corps sans soldats. Aussitôt qu'il le pourra, il renverra en Italie les cadres des troisième et quatrième bataillons. Si cela pouvait se faire avant l'arrivée des Anglais, ce serait un grand bien. Écrivez au général Marmont qu'il doit faire occuper les bouches de Cattaro par le général Lauriston, le général Delzons et deux autres généraux de brigade, par les troupes italiennes que j'ai envoyées et par des troupes françaises, de manière qu'il y ait aux bouches de Cattaro six ou sept mille hommes sous les armes. Ne réunissez à Cattaro que le moins possible des 5e et 23e régiments ; mais placez-y les 8e et 18e d'infanterie légère et le 11e de ligne, ce qui formera six bataillons qui doivent faire cinq mille hommes ; et, pour compléter six mille hommes, ajoutez-y le 60e régiment. Laissez les bataillons des 5e et 23e à Stagno et à Raguse, d'où ils pourront se porter sur Cattaro au premier événement. Après que les grandes chaleurs seront passées et que le général Marmont aura rassemblé tous ses moyens et organisé ses forces, avec douze mille hommes, il tombera sur les Monténégrins pour leur rendre les barbaries qu'ils ont faites. Il tâchera de prendre l'évêque, et, en attendant, il dissimulera autant qu'il pourra. Tant que ces brigands n'auront pas reçu une bonne leçon, ils seront toujours prêts à se déclarer contre nous. Le général Marmont peut employer le général Molitor, le général Guillet et ses autres généraux à cette opération. Il peut laisser pour la garde de la Dalmatie le 81e. Ainsi le général Marmont a sous ses ordres, en troupes italiennes, deux bataillons de la garde, un bataillon brescian et un autre bataillon qui y sera envoyé, ce qui, avec les canonniers italiens, ne fait pas loin de deux mille quatre cents hommes. Il a, en troupes françaises, les 5e, 23e et 79e, qui sont à Raguse, et qui forment, à ce qu'il parait, quatre mille cinq cents hommes ; le 81e et les hôpitaux et détachements de ces régiments, qui doivent former un bon nombre de troupes. Il a enfin les 8e et 18e d'infanterie légère, et les 11e et 60e de ligne. Je pense qu'il faut que le général Marmont, après avoir bien vu Zara, doit établir son quartier général à Spalatro, faire occuper la presqu'île de Sabioncello, et se mettre en possession de tous les forts des bouches de Cattaro. Il doit dissimuler avec l'évêque de Monténégro ; et, vers le 15 ou le 20 septembre, lorsque la saison aura fraîchi, qu'il aura bien pris ses précautions et endormi ses ennemis, il réunira douze à quinze mille hommes propres à la guerre des montagnes, avec quelques pièces sur affûts de traineaux, et écrasera les Monténégrins.
L'article du traité relatif à Raguse dit que j'en reconnais l’indépendance, mais non que je dois l'évacuer. Des quatre généraux de division qu'a le général Marmont, il placera Lauriston à Cattaro et Molitor à Raguse, et leur formera à (chacun une belle division. Il tiendra une réserve à Stagno, fera travailler aux retranchements de la presqu'île et au fort qui doit défendre Santa-Croce, ainsi qu'à la fortification du Vieux Raguse et à des redoutes sur les hauteurs de Raguse. Demandez les plans des ports et des pays de Raguse ».
Sa Majesté s'étant expliquée dans le plus grand détail, je me borne à vous recommander l'exécution de tous ses ordres, ci–dessus transcrits
" (Mémoires de Marmont, tome 3, page 73).

Le 10 août 1806, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, à Eugène, Vice-Roi d'Italie : "Mon fils, vous trouverez ci-joint le décret sur la conscription de l’armée qui rejoindra en octobre. Vous ferez le relevé des conscrits destinés aux corps de l’armée de Naples et vous chargerez le général Charpentier de s'assurer que tout est prêt pour que du moment que les conscrits arriveront ils soient habillés.
Vous ferez faire également le dépouillement de ce que j'envoie pour les corps de Dalmatie et les autres corps de l'armée d'Italie. Vous verrez par les états que ces corps reçoivent beaucoup de monde, que le 23e de ligne reçoit 960 hommes, le 35e, 500, le 53e, 700, le 60e, 1100, le 79e, 1100. Veuillez vous assurer que les major et chefs de bataillons, les cadres des 3es et 4es bataillons de ces régiments sont aux dépôst en Italie et prêts à recevoir ce grand nombre de conscrits
" (Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12693).

Le 30 août 1806, Napoléon écrit, depuis Saint-Cloud, à Eugène : "… Il faut faire faire dans les hôpitaux un dépouillement des malades appartenant aux corps qui sont en Dalmatie. Les 5e, 23e, 60e, 79e, 81e, etc. sont portés comme ayant 500 malades ; ils en ont, je crois, dans le pays, plus de 15 ou 1,800, sans compter ce qu'ils ont en Dalmatie.
Je ne vois que les 3es et bataillons des 5e, 23e, 60e et 79e. Ceux des 8e, 18e et 81e ne vont pas tarder d'arriver à Vicence. Mais il est très-nécessaire que vous écriviez au général Marmont que tous les malades appartenant aux 3es et 4es bataillons des 5e et 23e, qui sont en Dalmatie, ne doivent pas rejoindre les dépôts de leurs régiments en Italie (ce que je déteste le plus, c'est cette navette de troupes), mais rejoindre les bataillons de guerre à Raguse, par eau et jamais par terre. A cet effet, le général Marmont doit établir, comme je l'avais fait à l'armée d'Italie, et il doit s'en souvenir, des petits dépôts de convalescence, aérés et sains, où il dirigera tout ce qui sortira des hôpitaux de Dalmatie, pour, de là, les envoyer par détachements d'une centaine d'hommes à Cattaro et à Raguse, par eau. Si je déteste ces mouvements d'hommes isolés dans l'intérieur, à plus forte raison lorsqu'il faut passer sur le territoire autrichien. Ce n'est qu'en s'occupant sans cesse de ces petits soins qu'on empêche la destruction d'une armée …
" (Mémoires du Prince Eugène, t.3, page 129 ; Correspondance de Napoléon, t.13, lettres 10709 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12817).

Dans ses Mémoire, le Maréchal Marmont raconte : "... Je donnai des instructions détaillées au général Lauriston pour tous les cas qu'il me fut possible de prévoir ; je fixai les limites de son arrondissement jusques et y compris Stagno, Curzola et Sabioncello, et je lui laissai trois beaux régiments formant quatre mille cinq cents hommes, les 23e, 60e et 79e. Je me mis en route le 1er novembre, après m'être fait devancer par les autres troupes, composées des 5e et 11e de ligne, 18e léger, et de la garde italienne. J’inspectai en passant les travaux de Stagno, ainsi que ceux de Curzola, et je me rendis à Spalatro, point central où j'établis mon quartier général ..." (Mémoires de Marmont, tome 3, page 22).

Le 8 décembre 1806, l'Empereur écrit, depuis Posen, au Général Dejean : "Monsieur Dejean ... Le colonel du 60e est malade ; faites-le rester au bataillon de dépôt, et remplacez-le par le major dans le commandement des deux bataillons de guerre ..." (Correspondance de Napoléon, t.14, lettres 11414 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 13780).

Le 25 décembre 1806, Eugène écrit, depuis Vérone, à Napoléon : "Sire, je reçois la lettre que Votre Majesté m'a fait l’honneur de m’écrire le 11 décembre relativement à l'avis à faire donner au général Marmont des dispositions que j'ai faites, et pour que, de son côté, il puisse, quinze jours après qu'il en aura été prévenu, avoir son corps réuni aux environs de Zara, mais pas plus tôt. Lorsque Votre Majesté m'a fait l'honneur de m'adresser ses instructions, elle m'a chargé d'instruire le général Marmont de ce qu'il aurait à faire en cas d'événement, et d'avoir un chiffre pour la correspondance avec ce général et le général Lauriston. C'est de cette manière que j'ai prévenu le général Marmont de ce qu'il doit faire. Il m'a écrit dernièrement en chiffres pour me faire connaître ses dispositions, et j'en ai rendu compte à Votre Majesté en date d'Udine. Le général Marmont a 7 à 8,000 hommes disponibles et qui, dans ce moment, sont cantonnés dans les meilleurs endroits de la Dalmatie, à 2, 3 et 4 journées de Zara. Les corps disponibles sont les 8e et 18e d'infanterie légère, les 11e et 60e d'infanterie de ligne, 2 escadrons de chasseurs, 1 compagnie d'artflleric et la garde royale. Il laisse dans l'État de Raguse, sous les ordres du général Lauriston, les 23e et 79e de ligne ; le 81e est placé à Spalatro et les îles, et le 5e est à Zara. Je n'ai pas fait part au général Marmont de mes dispositions ; il sait seulement que, si Votre Majesté l'ordonne, l'armée d'Italie passera l'Isonzo, et qu'alors il prendra part à ce mouvement en se portant sur la Croatie, suivant les ordres et instructions que Votre Majeslé lui fera parvenir quinze jours d'avance. J'aurai l'honneur d'observer à Votre Majesté que si le général Marmont fait un mouvement hors de la Dalmatie, il sera nécessaire de désigner le général qui devra le remplacer ..." (Mémoires du Prince Eugène, t.3, page 231).

Le 13 mai 1807, François Pouvrasseau (écrit aussi Pauvrasseau et Prauvrasseau sur les documents militaires), soldat à la 7e Compagnie du 2e Bataillon du 60e Régiment d'infanterie de ligne (Armée de Dalmatie), écrit, depuis Raguse, à M. Maille, Notaire restant à Vandeuvre, département de la Vienne, pour remettre à son oncle, Pierre Bacquet : "Mon cher oncle, c’est pour faire réponse à la votre en date du 18 Novembre par laquelle que j’apprends que vous jouissez d’une parfaite santé.
Quant à moi, Dieu merci, je me porte bien. Je souhaite de tout mon cœur que la présente vous trouve de même. Mais quant à l’argent que vous m’avez envoyé que je n’ai reçu que les 12 francs que vous m’avez envoyé le 28 vendémiaire an 14. Je les ai reçus voilà aux environs de 10 jours, mais quant aux autres 12 francs, il fait point mention. Voilà que nous sommes séparés, deux bataillons d’un côté et deux bataillons de l’autre, voilà ce qui occasionne beaucoup que l’on ne peut point toucher l’argent facilement. Nous sommes au moins toujours au moins deux cent lieues l’un de l’autre.
Mon cher oncle pour des nouvelles de la paix l’on n’entend rien dire du tout mais nous croyons qu’au premier jours que nous allons recommencer avec les Monténégrins cette nation qui sont pire que des sauvages, mais voilà une chose pas belle mais les turcs sont avec nous ils se rassemblent tous les jours pour leur si faire la guerre nous avons même déjà des troupes françaises qui sont dans la Turquie et même les voltigeurs de notre bataillon ils y sont déjà mais les turcs se rassemblent tous les jours pour faire la guerre aussi avec nous contre les Russes. Mais je vous dirai que dans le pays là où nous sommes je vous dirai que la livre de pain se vend au moins 9# de franc la livre de viande se vend 10# franc le vin trois verres ordinaires 8# de franc. Tout est hors de prix en ce pays. Nous ne sommes jamais payés mais c’est un pays bien malheureux. Mais ça bien surpris quand l’on m’a dit que mon cousin ... vous voudrez bien avoir la bonté de me dire dans quel régiment qu’il rentrait (?) cela me ferait bien plaisir. Quant à mon cousin Rousseau, il se porte bien, il est détaché à environ 6 lieues de moi, il se porte bien.
Mais j’espère que vous me marquez ce qui a de nouveau au pays voir si tous les denrées sont si chers qu’au pays s’ils sont aussi chers que dans le pays que nous occupons bien autre chose à vous marquer que pour le présent sinon que vous ferez bien mes compliments à mes oncles, tantes, cousins, cousines et à tous ceux qui vous parleront de moi. Je suis pour la vie votre neveu François Pauvrassaux. Vous ferez bien mes compliments à Renaux Roy et à mon cousin Rosiniol et à toute la famille.
Bien mes compliments à ma grand-mère et je l’embrasse de tout mon cœur
" (Communication de Mme L. Ford, source AD86 sous série 27 J famille Bacquet - lettre transcrite en respectant l'expression de son auteur, l'orthographe toutefois corrigée).

- Italie, 1808

Le 20 janvier 1808, l'Empereur écrit, depuis Paris, à Eugène, Vice-Roi d'Italie : "Mon fils ... La division de grenadiers de Toscane est toute composée de grenadiers et de voltigeurs de l'armée de Naples ; mais celle de l'Adriatique a des compagnies d'élite du 5e de ligne, du 23e, du 81e, du 60e, du 11e. Ces régiments appartiennent à l'armée de Dalmatie ; il faut donner l'ordre que cela revienne dans les Etats de Venise. Les armées de Naples et d'Italie doivent seules composer la division de Rome ; mon intention étant de former une division de sept bataillons, de quatre compagnies chacun, et chaque compagnie de 140 à 150 hommes, savoir : ... 5e bataillon, quatre compagnies de grenadiers et voltigeurs du 60e ... Ces 7 bataillons de grenadiers et de voltigeurs formeront un effectif de 3 400 hommes. Le général Souham prendra le commandement de cette division qui se réunira à Trévise. Chacun des sept bataillons sera commandé par un chef de bataillon ; deux majors commanderont l'un 3 bataillons, l'autre quatre, sous les ordres du général de division. Il faut que cette division soit formée et prête à partir pour l'armée de Dalmatie du 1er au 10 mars. Vous m'en ferez faire l'état corps par corps, après avoir retiré des dépôts tout ce qui est dans le cas de servir ; ... donnez les ordres nécessaires pour que ... on réunisse les compagnies de grenadiers et de voltigeurs des dépôts de l'armée de Dalmatie. Elles seront réunies sous les ordres du général Souham, au 1er février ; elles se formeront insensiblement, de manière du 1er au 5 mars [sic], elles soient prêtes à partir. Vous me ferez connaître ce qu'il restera aux dépôts après la formation de ces détachements ..." (Mémoires du Prince Eugène, t.4, page 41 ; Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 17048).

Le Vice-Roi ayant reçut de l’Empereur le 29 mars 1808 l’ordre de présenter un projet complet d'organisation de ses troupes par Divisions, lui adresse le 6 avril 1808 un mémoire qui est approuvé dans toutes ses parties. D'après ce projet, suivi presque de point en point, l'armée du Vice-Roi en Italie se trouve composée de 9 Divisions d'infanterie et de 4 de Cavalerie.
Infanterie : 1re division (Clausel), généraux de brigade Delzons et Launay, 12 bataillons des 8e léger, 25e, 60e et 79e de ligne, à Raguse et à Cattaro ...
7e division (Lauriston), général de brigade D'Azémar, 8 bataillons des 8e et 18e léger, 5e, 11e, 23e, 60e, 79e et 81e de ligne (dépôts), à Trévise et Padoue ...
Total pour l'infanterie : 100 bataillons à 800 hommes, dont 92 français et 8 italiens ; environ 80,000 hommes ... (Mémoires du Prince Eugène, t.4, page 8).

Le 10 juillet 1808 (ou le 19 ?), Eugène écrit, depuis Forli, à Napoléon : "… Quant à moi, je m'occupe sans relâche de l'exécution des ordres de Votre Majesté. Les camps se forment ... La division Souham (4e division) s'organise bien. Ses conscrits sont en marche de toutes parts, et, sauf le 8e léger, le 23e de ligne et le 60e, presque tous les bataillons de cette division seront, au 1er septembre, de 700 et plus. Avant ce temps sûrement les conscrits des trois régiments ci-dessus seront arrivés ..." (Mémoires du Prince Eugène, t.4, page 197).

- Dalmatie, 1808

Le Vice-Roi ayant reçut de l’Empereur le 29 mars 1808 l’ordre de présenter un projet complet d'organisation de ses troupes par Divisions, lui adresse le 6 avril 1808 un mémoire qui est approuvé dans toutes ses parties. D'après ce projet, suivi presque de point en point, l'armée du Vice-Roi en Italie se trouve composée de 9 Divisions d'infanterie et de 4 de Cavalerie.
Infanterie : 1re division (Clausel), généraux de brigade Delzons et Launay, 12 bataillons des 8e léger, 25e, 60e et 79e de ligne, à Raguse et à Cattaro ...
7e division (Lauriston), général de brigade D'Azémar, 8 bataillons des 8e et 18e léger, 5e, 11e, 23e, 60e, 79e et 81e de ligne (dépôts), à Trévise et Padoue ...
Total pour l'infanterie : 100 bataillons à 800 hommes, dont 92 français et 8 italiens ; environ 80,000 hommes ... (Mémoires du Prince Eugène, t.4, page 8).

Le 25 juin 1808, l'Empereur écrit, depuis Bayonne, au Prince Eugène, Vice-Roi d'Italie : "Vous devez avoir reçu les instructions du ministre de la Guerre pour la nouvelle organisation de l’armée.
... Quatrièmes bataillons de l'armée de Dalmatie :
Les huit quatrièmes bataillons de l'armée de Dalmatie ont déjà leurs compagnies de grenadiers et de voltigeurs réunies à Trévise. Il faut compléter sans délai les 4es bataillons. Ils ont au dépôt en Italie 3 800 hommes ; ils ont 2 900 présents à la division Souham, ce qui fait 6 700 hommes, qu'ils ont en Italie, mais ils ont beaucoup d'hommes dans la 72e division militaire. Les huit bataillons à 840 hommes forment 6 700 hommes.
Il est donc très urgent que vous défassiez ces 1er, 2e et 3e régiments d'élite qui sont sous les ordres de Souham, en laissant subsister les corps qui les composent, mais en en formant trois régiments provisoires à 4 bataillons ... Le 3e régiment sera composé d’un bataillon de chacun des 60e, 79e et 81e, ce qui fera également 2 520 hommes ...
Formez-les sans délai ; vous le pouvez ; afin de défaire le chapitre intitulé : dépôts de Dalmatie, qui est inutile.
Tout cela doit être réuni ; vous renverrez en France l'inutile au complet des 4es bataillons. Cette division sera très belle. Il me tarde de la voir formée afin que Souham ait le temps de la réunir et de la connaître ...
Ainsi, il faut mettre de l'ensemble dans l'armée d'Italie ...
La 4e division serait composée des 8 quatrièmes bataillons de l'armée de Dalmatie, de 4 bataillons du 13e de ligne, formant 8 000 hommes présents sous les armes, 500 aux hôpitaux ; total 8500 hommes, effectif ...
" (Mémoires du Prince Eugène, t.4, page 162 ; Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 18406).

Dans ses Mémoires, le Maréchal Marmont raconte : "... La première chose à faire était d'assurer l'approvisionnement des places destinées à être gardées et défendues : en Albanie : Cattaro, Castelnuovo et Raguse ; en Dalmatie : Zara, Klissa, Knin, et le fort San Nicolo de Sebenico. Tout étant disposé pour évacuer les autres postes, on ouvrit les remparts qui les défendaient. Les pièces de gros calibre, retirées d'avance des batteries de mer ouvertes, furent mises en sûreté.
Le 60e régiment tout entier, un bataillon d'infanterie légère italienne, le quatrième bataillon de la légion dalmate, et tout ce qui n'était pas valide dans l'armée, renforcés d’un nombre convenable de canonniers et de sapeurs, furent destinés à former toutes ces garnisons. La modicité des garnisons, dont la force suffisait cependant à l'indispensable, rendit les approvisionnements suffisants pour six ou huit mois, ce qui, en présence des événements probables, me donnait beaucoup de sécurité. J'avais prévu, de longue main, l'époque où j'irais chercher la guerre, si la guerre ne venait pas me chercher ...
" (Mémoires de Marmont, tome 3, page 131).

- 1809, Dalmatie

En 1809, les deux premiers Bataillons combattent sur les frontières de la Dalmatie.

Le 14 janvier 1809, l'Empereur écrit, depuis Valladolid, à Eugène Napoléon, Vice-Roi d'Italie, à Milan : "Mon Fils, vous enverrez de ma part l'ordre suivant au général Marmont … Si les Autrichiens portaient des forces considérables sur l'Isonzo et la Dalmatie, l'intention de l'Empereur est que son armée de la Dalmatie soit disposée de la manière suivante : Le quartier général à Zara avec toute l'artillerie de campagne, le 8e, le 18e d'infanterie légère, le 5e, le 11e et le 81e de ligne, les cavaliers et les vélites royaux, s'ils ne sont pas déjà passés en Italie, le 23e, le 60e et le 79e, formant, avec le peu de cavalerie qu'il y a, l'artillerie et les sapeurs, en tout 17,000 hommes ..." (Mémoires du Prince Eugène, t.4, page 311 ; Correspondance de Napoléon, t.18, lettre 14706 ; Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 19833).

Le 27 janvier 1809, le Prince Eugène écrit, depuis Milan, au Général Marmont : "Je m'empresse de vous annoncer, monsieur le général Marmont, que les affaires d'Espagne sont terminées. Sa Majesté va se rendre bientôt à Paris, et sa garde ainsi qu'une partie de ses troupes rétrogradent déjà en ce moment. Je vous envoie les derniers journaux et les bulletins.
L'Empereur m'écrit de son quartier général de Valladolid, en date du 14 janvier, et me charge de vous envoyer les instructions suivantes : « La maison d'Autriche fait des mouvements. Le parti de l'impératrice paraît vouloir la guerre ; nous sommes toujours au mieux avec la Russie, qui, probablement, ferait cause commune avec nous.
Si les Autrichiens portaient des forces considérables entre l'Isonzo et la Dalmatie, l'intention de Sa Majesté est que son armée de Dalmatie soit disposée de la manière suivante :
Le quartier général à Zara avec toute l'artillerie de campagne. Les 8e et 18e d'infanterie légère, les 5e et 11e de ligne pour la première division ; les 23e, 60e, 79e, 81e pour la deuxième division, formant, avec les escadrons de cavalerie, l'artillerie et les sapeurs, un total de dix-sept mille hommes.
Les dispositions pour le reste de la Dalmatie et de l'Albanie seront les suivantes :
Tous les hôpitaux, que l'armée peut avoir, concentrés à Zara. On laisserait à Cattaro deux officiers du génie, une escouade de quinze sapeurs, une compagnie d'artillerie italienne, une compagnie d'artillerie française, le premier bataillon du 3e léger italien, qui va être porté à huit cent quarante hommes par les renforts qu'on va lui envoyer par mer, et les chasseurs d'Orient, ce qui fait environ douze cents hommes. Un général de brigade commandera à Cattaro. Il devra former un bataillon de Bocquais des plus fidèles pour aider à la défense du pays.
On laisserait à Raguse un général de brigade, une compagnie d'artillerie française, une compagnie d'artillerie italienne, un bataillon français, le quatrième bataillon du régiment dalmate, deux officiers du génie, et une escouade de quinze sapeurs, ce qui fera à Raguse un total de quatorze à quinze cents hommes.
Il suffira de laisser à Castelnuovo deux cents hommes pour la défense du fort. Il faut s'occuper avec soin d'approvisionner ce fort, Cattaro et Raguse pour six ou huit mois de vivres. Il faudra y réunir également les poudres, boulets et munitions en quantité suffisante pour la défense de ces places pendant le même temps.
Avec le reste de votre armée, c'est-à-dire avec plus de seize mille hommes, vous prendrez position sur la frontière pour obliger les Autrichiens à vous opposer d'égales forces, et vous manœuvrerez de manière à opérer votre jonction avec l'armée d'Italie.
En cas d'échec, vous vous retirerez sur le camp retranché de Zara, derrière lequel vous devez pouvoir tenir un an. Il faut donc, à cet effet, réunir dans cette place une quantité considérable de biscuit, farines, bois, etc., et la munir de poudres, boulets, et tout ce qui sera nécessaire à sa défense.
Dans le cas contraire, c'est-à-dire dans celui de l'offensive, vous devriez laisser à Zara une compagnie de chacun de vos régiments, composée des hommes malingres et éclopés, mais commandés par de bons officiers ; vous laisseriez en outre un régiment pour la garnison de Zara, et, avec le reste, vous prendriez part aux opérations de la campagne. Bien entendu que ce régiment assisterait aux batailles qui seraient données avant la jonction, laquelle une fois opérée, ce régiment rétrograderait pour venir assurer la défense de Zara et de la province.
Vous laisseriez dès le commencement, à Zara, trois compagnies d'artillerie, un officier supérieur avec quatre officiers du génie, et une compagnie de sapeurs. L'officier général qui resterait en Dalmatie doit organiser, de son côté, un bataillon composé de gens du pays les plus fidèles. L'instruction à donner aux commandants de Zara, Cattaro et de Raguse doit être de défendre le pays autant que possible, mais de se restreindre à la défense des places du moment qu'il y aurait un débarquement et que l'ennemi se présenterait trop en forces. Si les bouches de Cattaro, Raguse et Zara étaient bloquées, ils devraient correspondre avec Ancône et Venise par mer, et ils pourraient être assurés qu'avant huit mois ils seraient dégagés. Il est donc indispensable de munir ces places de poudres, boulets, biscuits, farines et autres approvisionnements. L'intention de Sa Majesté est que les troupes ne soient pas disséminées : elles ne doivent occuper que la pointe de Cattaro, Castelnuovo, Raguse et Zara. Dans le cas où l'armée de Dalmatie se porterait en Allemagne, il faut préparer des mines pour faire sauter les châteaux fermés qu'il peut y avoir dans le pays, et qui donneraient de la peine à reprendre quand l'armée rentrera. Les gardes nationales seront suffisantes pour garder la côte pendant tout le temps que l'armée marchera contre l'ennemi, dont les forces, occupées ailleurs, ne pourront d'ailleurs rien tenter de ce côté.
Ceci est une instruction générale qui doit servir dans tous les temps, quand vous ne recevriez point d'ordre toutes les fois que les courriers seraient interceptés, et que vous verriez les Autrichiens se mettre en hostilité, chose cependant qu'on a peine à croire. Sa Majesté a vu, par vos derniers états, qu'il y a à Raguse et Cattaro quatorze mille quintaux de blé, ce qui fait des vivres pour quatre mille hommes pendant plus d'un an. Cet approvisionnement est suffisant. Celui de Spalatro et de Sebenico serait porté sur Zara, ce qui ferait cinq mille quintaux à Zara, c'est-à-dire pour cinq mille hommes pendant cent jours, plus le biscuit, qui rendrait cet approvisionnement suffisant ; mais il faut avoir soin que ce blé soit converti en farine, afin de n'éprouver aucun embarras ni obstacle dans les derniers moments. A tout événement, ce serait une bonne opération de réunir à Zara dix mille quintaux de blé, en faisant en sorte cependant que les fournisseurs soient chargés de la conservation, et que cela ne se garde pas
" Mémoires de Marmont, tome 3, page 189).

Le 31 mars 1809, François Pouvrasseau écrit, depuis Raguse, à son oncle, Pierre Bacquet : "Mon cher oncle, je réponds à votre lettre en date du 26 février dans laquelle m’a fait un grand plaisir d’apprendre que vous jouissiez d’une parfaite santé. Tant qu’à moi je me porte bien pour le présent, grâce à Dieu. Je vous souhaite que la présente vous trouve de même ainsi que toute la famille. Au sujet de la reconnaissance que je vous ai envoyée vous ne m’en parlez pas. Si vous l’avez retiré je vous prie de me le marquer dans la prochaine lettre que vous m’enverrez et de faire passer un peu d’argent et faites faire ma reconnaissance de blessure parce que on le touche de suite. A présent que nous revenons en Piémont faire la guerre aux Autrichiens, voilà deux mois que nous la faisons au Monténégro mais nous sommes obligés de rétrograder. Mais je n’ai pas rien attrapé aucun mal si ce n’est que mon cousin Rousseau qui a été blessé à une jambe d’un coup de balle. Mais il va mieux à présent. Il a été en voiture tout le long de la route. Voilà 2 jours qu’il est rentré au bataillon, mais il a été encore bien plus touché de se voir abandonné de son père vu qu’il a (écrit ?) ma lettre de lui-même ne pas lui marquer s’il se porte bien ou non il est déjà à l’hospice. Ceci le fera pas sortir plus vite. Il m’a fort rien dit quand j’ai été le voir à l’hôpital que son père le reconnaissait plus que ceux qui sont à la maison, pour avoir sauvé son frère. Voilà la récompense qu’on lui fait.
Cependant il aurait bien besoin d’un peu d’argent pour le soulager, il vous prie d’en parler à son père car il prend peine de lui en parler lui-même. Il vous fait bien des compliments en vous embrassant de tout son cœur. Il vous prie de donner la lecture de la présente à son père, Louis Rousseau. Il est (...) qui est bien reconnaissant de sa (sœur ?). Il se porte bien. Il vous fait mil compliments et à sa sœur.
Réponse de suite la présente reçue.
Mon adresse est à François Pauvrassat
Du 60e régiment d’infanterie de ligne en Garnison à Raguse, 2e bataillon, 1ère Compagnie à Raguse.
Je vous prie de faire faire mes lettres aux mains parce que je peux les lire moi-même.
Signé : Pauvrassau, fusilier
" (Communication de Mme L. Ford, source AD86 sous série 27 J famille Bacquet - lettre transcrite en respectant l'expression de son auteur, l'orthographe toutefois corrigée).

Dans ses Mémoires, le Maréchal Marmont raconte : "... Le 18 (mai), au matin, l'ennemi avait évacué Grachaz. Il opérait sa retraite sur Gospich, où tout annonçait qu'il avait l'intention de résister. Je passai le 18 et le 19 à Grachaz. Pendant ces deux journées, un convoi de vivres et de munitions, escorté par une partie de la garnison de Zara, me rejoignit, ainsi que tout ce qui était resté en arrière. Je renvoyai les hommes du 60e avec des prisonniers, en faisant mes adieux à la Dalmatie ..." (Mémoires de Marmont, tome 3, page 146).

Le 12 août, le Sergent Treille avec 10 Voltigeurs passe la Salonnne à la nage, enlève deux canons qu’il retourne aussitôt contre l’ennemi qu'il met en déroute.

- 1809, Armée d'Italie et Campagne d'Autriche

Les deux autres Bataillons reviennent à l’Armée d’Italie.

Le 9 mars 1809, le Général de Division Grenier écrit au Major du 1er de Ligne napolitain, à Mantoue : "Vous voudrez M. le major faire conduire au bureau de la place le nommé Louis Artiset Chopire (Chopin ?) soldat au 60e régiment que vous avez engagé à entrer dans votre corps à l’époque où il sortit de l’hôpital de Mantoue pour rejoindre le 60e régiment ; vous lui ferez donner l’habillement et les effets dont il était porteur lorsque vous le reçûtes dans le 1er de ligne napolitain et le ferez rayer des contrôles ; je regrette d’avoir trop souvent à vous reprochez des infractions aux lois et règlements militaires, infractions qui ne peuvent que vous compromettre. Je donne avis de cette disposition à M. l’intendant militaire ..." (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 13 page 39).

Le même 9 mars 1809, le Général de Division Grenier écrit ensuite à l’Intendant militaire napolitain Olivier, à Mantoue : "Je vous préviens M. l’intendant militaire que je viens de donner ordre au major du 1er de ligne napolitain de faire rayer des contrôles de son régiment le nommé Louis Artifet Chopir ; veuillez bien surveiller cette disposition et veiller à l’avenir que des français ou autres appartenant à des corps ne soient point admis dans ceux napolitains dont la police de l’administration vous est confiée" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 13 page 40).

Et enfin, toujours le 9 mars 1809, le Général de Division Grenier écrit au Commandant d’armes, à Mantoue : "Je vous préviens M. le commandant d’armes, que je viens de donner ordre au commandant du 1er de ligne napolitain de faire conduire au bureau de la place le nommé Artifet Chopir (Louis). Vous lui ferez délivrer par le commissaire des guerres une feuille de route pour rejoindre son corps à Venise" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 13 page 40).

Le 17 mars 1809, Napoléon écrit depuis Paris à Eugène Napoléon, Vice-roi d'Italie, à Milan : "Mon Fils, dans le premier état de situation que vous m'enverrez, faîtes mettre à la division Barbou le nom des majors qui commandent les régiments. Il manque là un général de brigade. Cette division doit avoir vingt-quatre pièces de canon, six par brigade; vous en savez la raison, c'est pour que, si elle se réunissait à l'armée de Dalmatie, elle pût lui en fournir. La 1re brigade, composée des 8e et 18e légers, doit avoir plus de 3,200 hommes sous les armes; il faut avoir soin que les régiments aient leur major, commandant deux bataillons. La 2e brigade ne sera que de 2,700 hommes. La 3e, composée des 23e et 60e, doit être de 3,000 hommes; la 4e, de 3,000 hommes; ce qui fera, pour la division, 12,000 hommes" (Mémoires du Prince Eugène, t.4, page 384 ; Correspondance de Napoléon, t.18, lettre 14917 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20431).

Le 25 mars 1809, Eugène écrit, depuis Milan, à Napoléon : "Sire, j’ai l'honneur d'adresser à Votre Majesté l'état de situation de son armée d'Italie au 15 mars 1809. Ce ne sera que dans celle du 1er avril que Votre Majesté verra la formation des deux divisions italiennes, ainsi que les changements qu'elle avait ordonnés des emplacements des diverses divisions. Je dois rendre compte à Votre Majesté que je ne ferai former la division Rarbou qu'à 3 brigades, puisque le 3e bataillon du 11e de ligne n'est jamais revenu de Dalmatie. Ainsi la 1re brigade sera composée de 4 bataillons de 8e et 18e léger ; la seconde, de 5 bataillons, dont 2 du 5e, 1 du 11e et 2 du 23e ; la 3e demi-brigade, de 6 bataillons, savoir : 2 du 60e, 2 du 79e, et 2 du 87e …" (Mémoires du Prince Eugène, t.4, page 407).

Le 18 avril 1809 au soir, Eugène donne ses ordres pour prolonger la retraite jusqu'à l'Adige, en abandonpant la Piave ; mais avant, il pourvoit à la garnison de Venise, où, dès le 14, a été envoyé le Général Caffarelli avec mission de visiter les travaux et prendre les mesures convenables en cas de siége. Le Général Barbou se met en marche avec sa Division pour se rendre dans cette place avec les 3e et 4e bataillons des 5e, 23e, 60e et 81e régiments de ligne français, le 7e de ligne italien et le 4e escadron des chasseurs royaux, troupes qui doivent en former la garnison et mettre la place en état de défense (Mémoires du Prince Eugène, t.5, page 34).

Le 28 avril, toutes les forces dont le Prince Vice-Roi a le commandement en chef se trouvent concentrées sur l'Adige; le Général Macdonald est arrivé la veille. Eugène met alors à exécution le projet d'organisation en trois Corps et une réserve, projet adopté déjà en principe depuis le 23 avril et que nous donnons ci-dessous :
Les garnisons occupent : Venise, 15 Bataillons des 23e, 60e, 81e de Ligne français, 3e léger, 5e et 7e de Ligne italiens et les Dalmates, plus 4 Dépôts (Mémoires du Prince Eugène, t.5, page 45).

Pour faciliter le passage de la Brenta et seconder les opérations, le Général Durutte reçoit l'ordre le 3 mai de se porter sur Mestre, de débloquer Venise, et de prendre à la garnison de cette place deux Bataillons des 23e et 60e régiments de ligne français, du 7e de Ligne italien et du Régiment Dalmate, complétés chacun à 600 hommes, de réunir ces troupes à sa Division et de s'avancer rapidement sur Trévise (Mémoires du Prince Eugène, t.5, page 63).

Les deux Bataillons se trouvent au passage du Tagliamento et au combat de Saint-Daniel.

Le Prince Eugène ordonne au Général Grenier d'envoyer les 2 Bataillons du 60e Régiment de Ligne (Division Durutte) pour établir la communication par la vallée de Predel avec la Division Séras, et pour suivre un Corps perdu autrichien, qui, à travers les gorges, cherche à se réfugier dans le fort de Predel. Ces deux bataillons font dans leur marche plus de 100 prisonniers, dont 3 officiers, rejettent plusieurs postes sur la route de Tarvis, et s'emparent du village et des mines de Predel (Mémoires du Prince Eugène, t.5, page 98).

Le 16 mai 1809, à Flitschel, les deux Bataillons du 60e, qui ont suivi le mouvement de la Brigade Bonfanti, reçoivent l'ordre d'aborder le front de l'ennemi, tandis que les voltigeurs et les Dalmates le déborderont par la droite. Ces dispositions étant faites, le Général Bonfanti commande la charge ; l'ennemi, pressé de toutes parts, se détermine alors à évacuer ses ouvrages en avant de Flitschel ; ils sont à l'instant occupés, et la Brigade opère ainsi sa jonction avec le Général Fontanelli, qui établit aussitôt sa Division sur les hauteurs, en avant et en arrière, se liant par sa gauche aux troupes du Général Dessaix (Mémoires du Prince Eugène, t.5, page 103).

Le 17 mai 1809, le Major Grenier du 60e Régiment, écrit, depuis Tarvisio, au Général de Division Grenier, commandant le centre de l’Armée d'Italie : "J’ai l’honneur de vous rendre compte que j’ai exécuté les ordres que j’avais reçus de monsieur le général Baraguey d’Hilliers, et que je viens de rentrer ici de ma personne et mes deux bataillons bivouaqués à la droite de Tarvisio. Je ne sais de qui je dois recevoir des ordres maintenant, voulez-vous avoir la bonté de me dire si je continue à faire partie de la division Durutte ?
J’ai rencontré le bataillon de voltigeurs qui avait été sous mes ordres, j’ai pensé qu’il convenait de le faire rentrer à sa division ; je crois qu’il l’a jointe maintenant
" (Papiers du général PaulGrenier. V Papiers relatifs à l'armée d'Italie. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 85. Page 179).

Les deux Bataillons se distinguent au combat de Tarvis le 17 mai. Le Général Daraguey-d'Hilliers ordonne au Général Fontanelli de pénétrer avec 4 Bataillons par la rive droite du Gailtizbach dans le bois de Flitschel, de le longer avec 3 Bataillons, d'attaquer les communications des lignes ennemies avec Veissenfels, de s'emparer des hauteurs qui dominent ce bourg et de s'y établir. Ce mouvement tourne les lignes de Tarvis et oblige l'ennemi à les évacuer ; mais l'Archiduc, ayant pénétré ce dessein, tire de sa droite cinq Bataillons qu'il oppose au Général Fontanelli et le force à concentrer sa Division. Déjà le Général repasse le Gailtizbach pour reprendre ses anciennes positions, lorsque le Vice-Roi arrive sur le champ de bataille. Après avoir reconnu les ouvrages de l'ennemi, jugeant qu'une attaque sur le front de la ligne serait incertaine, le Prince décide de les tourner. Il prescrit à cet effet au Général Fontanelli de porter sa Division sur le flanc gauche des Autrichiens, et de se jeter rapidement sur les derrières, afin de leur couper la retraite de Veissenfels ; au Général Dessaix de menacer leur front avec l'avant-garde et de seconder les mouvements du Général Fontanelli. Ce dernier, ayant terminé ses dispositions, fait battre la charge ; le 1er Régiment de Ligne italien se précipite dans la plaine et s'empare de l'ouvrage élevé sur le front de la principale redoute de l’ennemi. Suivi par le 3e de Ligne italien, il s'élance ensuite sur cette redoute, et en moins de 10 minutes s'en rend maître ainsi que d'une pièce de 6 et d'un obusier qui la défendent ; les deux Bataillons du 60e, passant par le premier redan, viennent se placer à la gauche du 1er de Ligne. L'ennemi, qui s'est aperçu du mouvement du Général Fontanelli, veut se renforcer vers ce point, et pour cela il fait opérer un à gauche à une partie de sa ligne ; mais les troupes qui ont été culbutées par la Division Fontanelli, se rejetant en désordre sur les Corps qui s'avancent pour les soutenir, les rompent et les entraînent dans leur déroute. Pendant que ceci a lieu, les Divisions Durutte et Paclhod, qui, à mesure qu'elles arrivent de Malborghetto, se forment malgré le feu vif de l'artillerie ennemie, se dirigent sur la grande route de Villach et inquiètent les Autrichiens sur leur droite. Bientôt le feu de 6 pièces, qui ont servi à l'attaque de Malborghetto, leur annonce la prise de ce fort et achève de les ébranler. En ce moment, le général Dessaix, après avoir franchi tous les obstacles tombe sur le centre de leur ligne, y jette le désordre, et rend leur déroute complète. Cependant le Prince Eugène s'est aperçu que l'ennemi tient encore quelques Bataillons sur les hauteurs de Veissenfels ; l'ordre est donné au Général Fontanelli de se porter sur sa droite avec les Dalmates, les Voltigeurs et le 112e Régiment de Ligne sur ce point et de déloger ces bataillons. Ce Général les attaque, les culbute dans la vallée, et les oblige à se jeter sur la route de Laybach. La poursuite dure jusqu'à la nuit. L'ennemi perd dans ce combat 18 pièces avec leurs caissons, plus de 400 morts, et 2,000 prisonniers, dont un Colonel, un Major, et 26 Officiers de différents grades. La perte de 1'armée franco-italienne ne s'élève pas au delà de 80 morts et 250 à 500 blessés (Mémoires du Prince Eugène, t.5, page 107). Les deux Bataillons du 60e ont eux-même fait plus de 100 prisonniers, dont trois Officiers.

Après le beau combat de Tarvis, les deux Bataillons du 60e reçoivent l'ordre de se porter à marche forcée sur le fort de Predel pour y seconder les opérations de la Division Séras, arrêtée depuis trois jours devant ce fort. Le Général Séras l'a fait canonner toute la journée du 17, la sommation faite au commandant a été rejetée ; le Prince lui donne l'ordre de l'enlever d'assaut. Le Général Séras part à cet effet d'Ober-Pret le 18, à trois heures du matin, s'établit sur la route de Predel, appuyant sa gauche au mamelon qui domine le village. En débouchant sur le fort, quatre Compagnies de Voltigeurs et le 4e Bataillon du 1er Léger français doivent se porter à l'angle rentrant de la route, et gravir la colline qui domine la gauche, pendant que les Grenadiers réunis de sa Dvision se logeront sur la hauteur qui flanque sa droite en longeant le ravin aboutissant au blockhaus élevé sur la grande route. Ce mouvement s'exécute sous le canon dans le plus grand ordre et avec le plus heureux ensemble. Une pièce de 6, placée à l'angle de la route, protége les troupes et tire sur le fort jusqu'à 9 heures du matin. Les approches étant faites et le fort se trouvant entièrement cerné, le Général Séras, pour éviter les suites d'un assaut, fait encore offrir au commandant une capitulation honorable ; mais elle n’est point acceptée. A 10 heures, il donna l'ordre à un Bataillon du 53e Régiment de gravir la montagne qui couvrait la gauche, et à un·Bataillon du 35e de déboucher par l'angle de la route aussitôt que celui du 53e sera descendu sur les ouvrages de l'ennemi. A 5 heures, le signal de l'assaut est donné, les troupes s'avancent sur la grande route en colonnes serrées par division. La charge est battue, les Sapeurs, qui ont été répartis dans les différentes colonnes d'attaque, coupent les palissades. En moins de vingt minutes, tous les ouvrages de l'ennemi sont enlevés. Les deux Bataillons du 60e, placés sur la route de Tarvis, se sont en même temps précipités sur le fort. Toute la garnison est passée au fil de l'épée, et un seul Officier et 8 hommes sont épargnés. Les troupes qui défendaient le blockhaus, loin d'être intimidées par la scène de carnage qui vient de se passer sous leurs yeux, continuent à opposer à celles du Général Séras la plus vive résistance. En vain les Grenadiers leur offrent ils la vie, ils répondent à leur sommation par un feu roulant, qui ôte tout espoir de les voir venir à composition. Ne pouvant parvenir à s'y loger, les Grenadiers de la Division Seras y mettent le feu, et tout ce qui s'y trouve est brûlé sans qu'un seul homme puisse échapper. On trouve dans le fort 8 canons. Après ce coup de main, la division Séras marcha sur Tarvis (Mémoires du Prince Eugène, t.5, page 112).

Le 17 mai 1809, Eugène écrit, depuis Tarvis, à Napoléon : "… Les généraux Fontanelli et Bonfanti se sont distingués ; le major Grenier, du 60e de ligne, et le colonel Zucchi, du 1er de ligne italien, méritent des éloges …" (Mémoires du Prince Eugène, t.5, page 209).

Le 19 mai, Eugène écrit, depuis Villach, à Napoléon : "Sire, j’avais ordonné ainsi que j’ai eu l’honneur de rendre compte à Votre Majesté, que le fort de Predel fût attaqué hier. Cet ordre a été exécuté hier dans l'après-midi. Voici les dispositions que j'avais faites pour cette affaire. J'avais envoyé le major Grenier du 60e régiment avec deux bataillons de ce régiment, un bataillon de voltigeurs, et deux pièces de canon, sur la route de Predel, avec l'ordre d'attaquer le fort par derrière aussitôt son arrivée, tandis que le général Séras, que j'avais fait prévenir de la marche de ces troupes, attaquerait de front, au moment même où il entendrait commencer l'attaque de l'autre coté. Ces ordres ont été exécutés avec un ensemble parfait et une grande rapidité. En moins d'un quart d'heure, les troupes de Sa Majésté étaient maîtresses du fort : aucun de ses défenseurs n'a pu éviter la mort. Les hommes qu'on a trouvés dans les palissades y ont été égorgés ; ceux qui s'étaient rétirés dans les blockhaus qui servaient de réduit au fort ont été la proie des flammes, ou chassés par le feu de leur dernier asile, sont venus tomber sous les baïonnettes. Nous y avons trouvé 10 pièces de canon, desquelles deux seulement avaient pu tirer sur nous, tant notre marche avait été rapide. Cette prise ne coûte pas à Votre Majesté plus de 150 hommes hors de combat. L'ennemi, qui s'était retiré dans le blockhaus, formé de très-grosses pièces de bois, où nos coups de fusil ne pouvaient pas atteindre, et d'où il tirait sur nous, nous a forcés à y mettre le feu. L'incendie, qui en est résulté, n'a été fatal à aucun des nôtres, mais il a fait sauter les magasins ennemis, et, le fort étant situé absolument sur la route, l'explosion a longtemps suspendu la marche de la division Séras, qui n'a pu venir coucher qu'à 5 milles en arrière de Tarvis, et éprouvera encore probablement quelques retards au passage de l’artillerie, des équipages et des dragons, qui étaient restés dans les vallées du Natisone et de l'Isonzo …" (Mémoires du Prince Eugène, t.5, page 214).

Dans l'Ordre de l’Armée, daté du Quartier général à Villach le 20 mai 1809, on lit : "… Le 18 s’est également signalé par la prise du fort de mont Predel, la division Seras et les bataillons du 60e aux ordre du major Grenier le remportèrent avec non moins de vigueur que les troupes du centre …" (Papiers du Général Paul Grenier. XVII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 131 page 279).

Ce même 20 mai 1809, les deux Bataillons du 60e sont chargés d'ouvrir, par la vallée de Krainburg, les communications avec l'aile droite, et de manœuvrer sur le flanc droit du Corps du Général Grenier. Ils se rendent le même jour à Asling (Mémoires du Prince Eugène, t.5, page 121).

Le 21 mai 1809, les deux Bataillons du 60e se rendent à Krainburg, où ils communiquent avec un piquet de Dragons de la Division Lamarque (Mémoires du Prince Eugène, t.5, page 123).

Les deux Bataillons du 60e reçoivent l'ordre, le 22 mai 1809, de rétrograder sur Klagenfurth; ils bivouaquent le même jour à Neumark, et sont portés sur Saint-Veit, pour y attendre le grand parc d'artillerie et la caisse de l'armée (Mémoires du Prince Eugène, t.5, page 124).

Le 60e prend part à la bataille de Raab, le 14 juin 1809.

Le Général de Brigade Valentin attaquae, avec le 23e Léger (Division Durutte), le village de Kismegyer, et le Général Durutte se porte avec 3 Bataillons (2 du 60e et 1 du 62e) entre ce village et celui de Szahadhegy, sur lequel marche la Division Sévéroli. En débouchant sur ce dernier village, le Général Baraguey-d’Hilliers fait former ses troupes en colonnes d'attaque et marche droit à l'ennemi. Les Autrichiens, embusqués en arrière des retranchements naturels qui couvrent Szabadhegy, et soutenus par leur artillerie, arrêtent alors par leur feu la marche de la 1re brigade de la Division Sévéroli. Fiers de cet avantage, ils se jettent sur les 3 Bataillons de la Division Durutte parvenus à se loger sur la droite du village, et les contraignent à se replier ; ce que voyant le Général Grenier fait avancer 2 Bataillons du 62e, qui sont à sa réserve ; la 2e Brigade de la Division Sévéroli se porte aussitôt en avant avec la plus grande intrépidité. La charge est battue, les 2 Divisions se rallient, suivent l'impulsion de leur gauche ; l'ennemi déconcerté regagne le village avec précipitation (Mémoires du Prince Eugène, t.5, page 274).

Le 60e a 14 Officiers et plus de 100 hommes tués ou blessés.

Après la capitulation de Raab, l’Armée d’Italie sous les ordres de Macdonald rejoint la Grande Armée.

Le 20 juin 1809, Eugène écrit, depuis Gonyo, à Napoléon : "Sire, Votre Majesté aura sans doute remarqué dans le dernier état de situation de son armée d'ltalie, la faiblesse de quelques régiments. Je lui demanderais de réduire à 2 bataillons le 23e léger, le 1er de ligne, 53e, 106e et 42e, et de réduire les 3e et 4e bataillons du 60e de ligne en un seul bataillon. Je demande·la même autorisation pour les 1er et 3e italiens, et, si Votre Majesté l'approuvait, j'enverrais à Klagenfurth par Capuvar, OEdenburg et le Simmering, tous les cadres des bataillons fondus pour y attendre et recevoir tous les détachements, et tous les sortis d'hôpitaux venant d'Italie …" (Mémoires du Prince Eugène, t.5, page 421).

Le même 20 juin 1809, le Général de Division Grenier écrit, depuis Gonyo : "Ci-joint, vous trouverez monsieur l’intendant général, une réclamation du major du 60e régiment de ligne, tendant à obtenir en espèces de la paiement de la solde de MM. les officiers des bataillons qu’il commande, pour le mois d’avril, puisque cette somme devait leur être payée avant de partir de l’Italie ; comme il ne m’appartient pas de prononcer sur de pareilles questions, je vous prie de vouloir bien de répondre et me faire connaitre à quoi MM. les officiers doivent s’attendre" (Papiers du Général Paul Grenier. XVIII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 65 page 143).

Le 60e prend une part glorieuse à la bataille de Wagram.

Dans cette mémorable campagne, l’Armée d’Italie a forcé plusieurs passages de rivières en présence de l’ennemi, livré deux batailles rangées et de nombreux combats, fait 3700 prisonniers dont trois Généraux, prit 12 drapeaux, 200 bouches à feu et des approvisionnements considérables. Le 60e peut être fier d’avoir compté dans cette armée.

Le 16 juillet 1809, au Quartier général à Presbourg, "Son Altesse Impériale le prince vice-roi d’Italie, général en chef, donne l’ordre du jour de l’organisation de l’armée d’Italie, arrêtée par S. M. l’Empereur le 15 courant, savoir.
... Les 8e et 18e légers, 23e et 60e de ligne ne font plus partie de l’armée d’Italie car ces régiments sont partis hier pour se diriger sur le corps de S. E. le duc de Raguse dont le quartier-général est à Kamenburg
" (Papiers du Général Paul Grenier. XVII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 137 page 290).

Sans doute le 25 janvier 1810, François Pouvrasseau écrit "à Monsieur Maille, maire demeurant à Vendeuvre, Département de la Vienne pour faire tenir à Monsieur Pierre Bacquet, résidant aux Segault, poste restante à Poitiers.
Raguse ce 25 janvier
Mon cher oncle, je vous écris ces deux mots pour m’informer de l’état de votre santé, tant qu’à moi, je me porte bien, grâce à Dieu. Je souhaite que la présente vous trouve de même en bonne santé.
Cher oncle, je suis bien surpris de ne pas avoir de réponse de la dernière lettre que je vous ai écrit depuis tant de temps. Je ne sais pas si ce mot que je vous ai demandé de l’argent, rapport que j’en aurais grand besoin car il y a longtemps que nous avons été payés. Voilà six mois qui nous sont dus sans savoir quand nous seront payés. Nous avons été bloqués pendant des mois dans Raguse par les brigands vu que nous avions la guerre avec les autrichiens, mais à présent que les brigands se sont retirés dans les villages ( ?), nous marchons nuit et jour après les brigands pour les prendre. Nous sommes bien fatigués de marcher dans ce mauvais pays car il y fait fort cher à vivre. Le pain y vaut six sous l’once et le vin y vaut douze sous la bouteille. Les autres denrées sont à proportion.
Cher oncle, je vous prie de me marquer si vous avez reçu des nouvelles de votre enfant et si mes cousins sont tranquilles et de me marquer si y fait cher à vivre au pays. Rien autre chose à vous marquer pour le présent, je finis ma lettre en vous embrassant de tout mon cœur et je suis pour la vie votre neveux François.
Signé : Pauvrassaux, fusilier
Je vous prie de faire bien mes compliments à mes oncles et tantes, cousins et cousines et à tous ceux qui s’informeront de moi et vous n’oublierez pas de faire mes compliments à Renaud ROI aussi qu’à sa famille, aussi Charles Rociniol et à sa famille.
Mon adresse est à François Pauvrassaux, soldat au 60e régiment, 2e bataillon 1ère compagnie en garnison à Raguse, armée de Dalmatie.
Mon cousin Rousseau fait bien des compliments à son père et à sa mère et aussi que sa famille qu’il les embrasse de tout son cœur
" (Communication de Mme L. Ford, source AD86 sous série 27 J famille Bacquet - lettre transcrite en respectant l'expression de son auteur, l'orthographe toutefois corrigée. Pierre Bacquet habite au lieu dit les Chézeault qui existe encore de nos jours; François parle du fils de Pierre Bacquet et Jeanne Forest, Denis Bacquet, né le 9 octobre 1789 et décédé le 10 mai 1807 à l'hôpital de Marinburg, décès dont François n'était pas au courant; lorsqu'il parle de la "tranquillité" de ses cousins, il fait sans doute allusion à leur absence d'incorporation).

A la fin de 1810, le 4e Bataillon du 60e se trouve en Espagne, tandis que les autres sont à Toulon et à Genève.

- Armée de Catalogne, 1810-1812

En décembre 1810, la Brigade du Général Gareau, qui a été organisée fin août en tant que colonne d'observation, se compose des 4e Bataillons des 8e Léger, 60e et 79e de Ligne et de quelques pièces de canon. En mars 1811, son effectif est doublé, et le 1er avril, le Corps d'observation prend le nom de Division de Cerdagne; le 4e Bataillon du 60e forme un Régiment provisoire avec les Bataillons du 8e Léger et du 79e de Ligne.

Vers la fin de 1811, les trois premiers Bataillons rejoignent le 4e en Catalogne. Pendant l’année 1812, le 60e prend part au blocus de Figuières ; à la prise de Tarragone.

Au siège de Valence, il se distingue avec le 20e, son camarade de Brigade.

Au passage du Douero, le Lieutenant Rose franchit à la nage la rivière très large et très profonde en face de Tordesillas et, suivi de quelques hommes, aborde la rive opposée et met en fuite l’ennemi.

Le 60e prend part aux combats de Tordesillas et de Garrigna.

Le 2 novembre 1812, le Capitaine Bombardier à la tête de 4 Compagnies de Grenadiers, escalade une hauteur presque inaccessible d'où l'ennemi commande l’entrée d’un défilé qu'une des colonnes doit franchir.

- 1813, sur deux fronts

En 1813, les trois premiers Bataillons restent à l’Armée de Catalogne, tandis que le 4e Bataillon est dirigé sur l’Allemagne.

- 1813 en Allemagne

- Création de la 26e Demi-brigade provisoire

Le 5 février 1813, depuis Paris, au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la guerre, à Paris : "Monsieur le Duc de Feltre, je n'approuve pas la formation des cinquante demi-brigades provisoires, formant cent cinquante bataillons, pour la garde de l'intérieur ; voici de quelle manière ce travail doit être fait ...
TOULON.
Il sera formé, pour la défense de Toulon, trois demi-brigades provisoires, sous les numéros 25, 26 et 27 ; elles seront composées ainsi qu'il suit : ... 26e demi-brigade, les bataillons des 5e, 11e et 60e de ligne ...
" (Correspondance de Napoléon, t. 24, 19538 ; Correspondance générale de Napoléon, t.13, lettre 32615).

Le 28 juillet 1813, l'Empereur écrit, depuis Mayence, au Maréchal Berthier, Major-général de la Grande Armée : "... Le 18e léger et le 60e ne fourniront plus de bataillons, l'un à la 19e demi-brigade et l'autre à la 26e ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.14, lettre 35638).

Le 4 août 1813, l'Empereur, depuis Dresde, ordonne : "TITRE PREMIER. — Formation d'un XIVe corps.
Article premier. — Il sera formé un XIVe corps d'armée sous les ordres du maréchal comte Gouvion Saint-Cyr.
Art. 2. — Le quartier général du XIVe corps se réunira à Freyberg le 7 du présent mois ...
Art. 4. — L'ordonnateur et toutes les administrations du corps de Bavière seront attachés en la même qualité au XIVe corps et s'y rendront en poste, de manière à être arrivés le 7 prochain à Freyberg.
Art. 5. — Le maréchal Saint-Cyr proposera un général de brigade ou un adjudant commandant pour faire les fonctions de chef d'état-major.
Art. 7. — Le XIVe corps sera composé :
De la 42e division qui sera rendue le 7 à Freyberg ; de la 43e division qui sera rendue le 8 à Chemnitz ; de la 44e division qui sera rendue le 8 à Auma ; de la 45e division qui sera rendue le 8 à Schleiz.
Art. 7. — Les quatre divisions du XIVe corps seront composées de la manière suivante :
... 45e division
6e léger, 3e bataillon.
26e demi-brigade provisoire : 5e de ligne, 3e bataillon; 11e de ligne, 3e bataillon.
Commandé par un major : 8e de ligne, 3e bataillon; 28e de ligne, 4e bataillon.
Commandé par un major : 32e de ligne, 4e bataillon ; 58e de ligne, 4e bataillon.
27e demi-brigade : 81e de ligne, 6e bataillon; 79e de 1igne, 3e bataillon.
18e demi-brigade : 34e de ligne, 3e bataillon; 69e de ligne, 3e bataillon.
60e de ligne, 4e bataillon.
12 bataillons ...
Art. 8. — Le maréchal Saint-Cyr enverra tous les ordres convenables pour opérer leur réunion à Freyberg et à Chemnitz avant le 15 août ...
Art. 20. — Notre major général fera toutes les dispositions nécessaires pour l'exécution du présent ordre
" (Chuquet A. : Lettres de l'empereur Napoléon, du 1er août au 18 octobre 1813, non insérées dans la correspondance, p. 9).

Le 4e Bataillon fait la campagne de Saxe. Il s’y distingue à la défense de Dresde et partage, à la reddition de cette place, le sort de la garnison décimée par la disette et le typhus. Les Officiers sont conduits en captivité en Hongrie et les soldats en Bohême.

Le 28 novembre 1813, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la guerre, à Paris : "Monsieur le Duc de Feltre ...Il sera formé un nouveau corps d'armée qui prendra le n° 7, et qui sera composé de trente-six bataillons ou de trois divisions, formées ainsi qu'il suit : 1re division : 12e léger, 3e et 4e bataillons ; 8e de ligne, 2e et 3e bataillons ; 24e de ligne, 2e et 3e bataillons ; 27e de ligne, 2e et 3e bataillons ; 28e de ligne, 2e et 4e bataillons ; 34e de ligne, 3e et bataillons ; total, 12 bataillons ; 2e division : 27e léger, 2e, 3e et 4e bataillons ; 45e de ligne, 2e et 3e bataillons ; 58e de ligne, 2e, 3e et 4e bataillons ; 64e de ligne, 3e et 4e bataillons ; 81e de ligne, 6e bataillon ; 60e de ligne, 4e bataillon ; total, 12 bataillons ; 3e division : 75e de ligne, 2e et 3e bataillons ; 76e de ligne, 2e et 3e bataillons ; 79e de ligne, 3e et 4e bataillons ; 88e de ligne, 2e et 3e bataillons ; 94e de ligne, 3e bataillon ; 100e de ligne, 2e, 3e et 4e bataillons ; total, 12 bataillons. En tout pour le 7e corps, 36 bataillons. Les administrations, l'artillerie et le génie qui étaient attachés au 14e corps le seront au 7e corps.
Les dépôts enverront à leurs bataillons respectifs les détachements nécessaires pour les porter au complet ; et ceux des bataillons dénommés ci-dessus, qui se trouvent dans les dépôts, se rendront sans délai à Strasbourg, où ce corps se formera ...
Le 7e corps, formé comme il a été dit ci-dessus, sera de trente-six bataillons ...
RÉCAPITULATION.— ... 7e corps, trente-six ...
Tous ces bataillons doivent se trouver complétés moyennant l'appel de la moitié des 300,000 hommes, ou si cela ne suffisait pas, moyennant un supplément sur la conscription de 1815.
II faudra me renvoyer cet état quand vous l'aurez corrigé, et comme la répartition des 160,000 hommes est déjà faite, la répartition des 140,000 hommes, que j’appelle sur la levée des 300,000 pour l'armée du Rhin, doit servir à compléter tous ses bataillons. Il n'y a, d'ailleurs, que l'état en cent colonnes qui puisse bien déterminer cela. Les cadres qui ne pourraient pas être remplis le seront sur la conscription de 1815.
NAPOLÉON.
P. S. On égalisera par la suite tous les corps, chacun à trois divisions de quatorze bataillons, ou quarante-deux bataillons par corps, ce qui, multiplié par huit, fait trois cent trente-six bataillons ou vingt-quatre divisions ; mais c'est une opération de détail qui se fera plus tard
" (Correspondance de Napoléon, t. 26, 20943 ; Correspondance générale de Napoléon, t.14, lettre 37291).

Le 14 décembre 1813, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, donnez ordre que les 2 500 hommes du Piémont que j'ai destinés, à Orléans, au 113e régiment, partent de Grenoble, de Toulon, de Genève, de Marseille et de Chambéry, savoir :
Par ce moyen, le 113e aura de quoi compléter ses trois bataillons.
... Le 60e de ligne enverra les 150 hommes du Pô ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.14, lettre 37548).

Le 16 décembre 1813, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, les 88e, 75e, 79e, 45e, 60e, 81e et le 27e léger ont dirigé en tout 1800 hommes sur Strasbourg, lesquels arriveront depuis le 21 jusqu'au 30 décembre. Cette opération avait été faite dans l'espérance de l'arrivée du 14e corps, et pour en compléter les bataillons. Depuis, le 14e corps n'arrivant point, j'ai ordonné, il est vrai, la formation de 5es bataillons dans ces régiments ; mais ces 5es bataillons doivent se former au dépôt.
Mon intention est donc que le détachement du 27e léger, dirigé sur Strasbourg, soit incorporé dans le 1er bataillon du 11e léger ; que celui du 60e soit incorporé dans le 4e de ligne ...
Successivement, les autres détachements qui étaient destinés pour le 14e corps seront incorporés dans les 12 premiers bataillons du 2e corps qui, par ce moyen, se trouveront sur-le-champ au complet de 8 à 900 hommes.
Faites-moi connaître les autres détachements que les régiments qui étaient destinés pour le 14e corps ont dirigés sur Strasbourg, et proposez-moi leur incorporation dans ces 12 bataillons.
Tout cela sera d'autant plus à propos que les régiments du 2e corps n'ont pas reçu autant de conscrits qu'il faudrait pour avoir leurs troisièmes bataillons bien complets à l'armée, indépendamment de leurs 5es.
Donnez ordre que les cadres retournent sans délai à leurs dépôts
" (Correspondance générale de Napoléon, t.14, lettre 37571).

Le 18 décembre 1813, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre ...
La division de réserve de Genève sera composée du : 18e léger, 1 bataillon ; 8e léger, 2 bataillons ; 5e de ligne, 1 bataillon ; 60e de ligne, 2 bataillons ; 79e de ligne, 2 bataillons ; 81e de ligne, 2 bataillons ; 11e de ligne, 1 bataillon ; 23e de ligne, 1 bataillon
Total 12 bataillons ...
Je me dépêche de vous envoyer ces décisions parce que l'expédition des ordres qu'elles exigent est urgente.
ANNEXE
... ÉTAT B
Formation de la brigade de réserve de Genève
2 bataillons du 8e léger ; 1 bataillon du 18e léger ; 1 bataillon du 32e léger ; 1 bataillon du 5e de ligne ; 1 bataillon du 11e de ligne ; 1 bataillon du 23e de ligne ; 2 bataillons du 60e de ligne ; 2 bataillons du 79e de ligne ; 2 bataillons du 81e de ligne ; 1 bataillon du 16e de ligne ; 1 bataillon du 145e de ligne
15 bataillons ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.14, lettre 37606).

Le 21 décembre 1813, l’Empereur écrit, depuis Paris : "ORDRES.
... La brigade dite de réserve, qui se réunit à Genève, sera composée ainsi qu'il suit, savoir : 8e léger, deux bataillons ; 18e, un ; 32e, un ; 5e de ligne, un ; 11e, un ; 23e, un ; 60e, deux ; 79e, deux ; 81e, deux ; 16e, un ; 145e, un ; total, quinze bataillons ...
" (Correspondance de Napoléon, t. 26, 21024).

- 1813 en Espagne

- 1814

En 1814, les trois Bataillons restés en Espagne rentrent en France et prennent part aux opérations du Maréchal Soult sur la Garonne contre les forces coalisées des Anglais, des Espagnols et des Portugais sous les ordres de Wellington.

Armée de Lyon

Le 5 janvier 1814, l'Empereur depuis Paris, ordonne : "Le maréchal duc de Castiglione est nommé commandant en chef de l'armée de Lyon. Il aura le commandement de la ville, de la garde nationale de la ville ainsi que des 19e et 7e divisions militaires.
L'armée de Lyon sera composée : 1° d'une division de troupes de ligne, formée des bataillons ci-après :
... 4e bataillon du 5e infanterie de ligne ...
7e bataillon du 60e id ...
" (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1912, t.4, lettre 6360).

Le 20 janvier, le Général Marchand prend le commandement des troupes qu'il trouve en position, partie à Chapareillan, sur la rive droite de l'Isère, partie à Pont-Charra, en arrière de Montmeillan, sur la rive gauche. Le fort Barraux est armé, en bon état, et sa garnison comprend 1 Officier, 1 Sous-officier, 2 Caporaux, 1 Tambour et 55 soldats, de chacun des 5e, 11e, 23e, 60e, 79e, 81e de ligne, 8e et 18e Léger, ainsi qu'un Bataillon du 60e.

Après la déchéance de l’Empereur, les Régiments d’infanterie sont réduits à 80 et le 60e devient le 56e jusqu’au retour de l’île d’Elbe.

- 1815

En 1815, le Régiment reprend son numéro pendant les cent-jours.

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