Le 60e Régiment d'Infanterie de Ligne

1796-1815

Accès à la liste des Officiers, cadres d'Etat major, Sous officiers et soldats du 60e Régiment d'infanterie de ligne

Avertissement et remerciements : L'étude de ce Régiment, peu connu, nous a été suggérée par Mme Louisette Ford, qui s'est attachée à l'étude des soldats originaires de la commune de Vendeuvre-du-Poitou (86); parmi ces derniers figure François Pouvrasseau, Fusilier au 60e de ligne, qui a adressé à son oncle, habitant cette commune, trois lettres, expédiées depuis Raguse en Dalmatie (source : AD86 sous série 27 J famille Bacquet). Mme Ford a eu la gentillesse de partager avec nous le fruit de ses recherches; nous l'en remercions ici très chaleureusement !

/ Organisation de la 60e Demi-brigade de 2e formation en 1796

La 60e Demi-brigade de deuxième formation a été formée en 1796 (Arrêté du 18 Nivôse an 4) des unités suivantes :

- Demi-brigade des Côtes-du-Nord

La Demi-brigade des Côtes-du-Nord a été formée des unités suivantes

- 1er Bataillon des Côtes-du-Nord

Formé le 22 septembre 1791, Chef Geslin. A combattu à l'Armée du Nord, l'Armée de Belgique, à la Bataille de Jemappes. Amalgamé lors de la première réorganisation dans la Demi-brigade des Côtes-du-Nord.

- 6e Bataillon des Fédérés nationaux

Formé le 29 juillet 1792; combat à l'Armée du Nord, en garnison à Dunkerque, Siège de Lille. Amalgamé lors de la première réorganisation dans la Demi-brigade des Côtes-du-Nord.

- 9e Bataillon de la Meurthe

Formé le 16 août 1792; Chef Thiery. Y figure Georges Mouton, alors Volontaire, Lieutenant puis Capitaine. Le Bataillon combat à l'Armée de Moselle. Amalgamé lors de la première réorganisation dans la Demi-brigade des Côtes-du-Nord.

- 4e Bataillon des Réserves (appelé également 4e Bataillon de Volontaires de Soissons, ainsi que 11e Bataillon de la Charente)

Formé le 6 septembre 1792, commandé par Jean-Baptiste Huché, alors Lieutenant-colonel en chef du Bataillon. Y figure également Henri Simon, Lieutenant-colonel en second du Bataillon, Pierre Dereix alors Capitaine.

Combat à l'Armée du Nord, en garnison à Douai, Armée de Hollande. Non amalgamé lors de la première réorganisation. Amalgamé lors de la deuxième réorganisation dans la 60e Demi-brigade de deuxième formation.

- partie du 4e bataillon du Pas-de-Calais

Formé le 28 janvier 1792. A combattu à l'Armée de Belgique.

Non amalgamé lors de la première réorganisation. Toutefois certaines sources donnent le 4e Bataillon de vVolontaires du Pas-de-Calais comme étant amalgamé dans la 169e Demi-brigade de première formation, mais cet amalgame ne correspond pas à la composition de la 169e Demi-brigade.

Lors de la deuxième réorganisation, une partie du 4e Bataillon de Volontaires du Pas-de-Calais est incorporé dans la 60e Demi-brigade de deuxième formation (l'autre partie étant passée à la 21e Demi-brigade de deuxième formation).

/ Opérations de la 60e Demi-brigade, 1796-1803

- 1796, Armée du Nord, Général Beurnonville

En 1796, lors de la réorganisation de l'infanterie en Demi-brigades, la 60e entre dans la composition de l'Armée du Nord, où elle se signale à la bataille de Wurtzbourg.

Le 8 décembre 1796 (18 Frimaire an 5), Bonaparte écrit au Général Berthier, chef de l'État-major général de l'Armée d'Italie : "... La demi-brigade de la Sarthe sera incorporée avec la 60e demi-brigade de ligne" (Correspondance générale de Napoléon, t.1, lettre 1113).

- 1797, Armée de Sambre-et-Meuse, Général Hoche

En 1797, à l’Armée de Sambre-et-Meuse, elle contribue à la prise de Herborn, où le Chef de Bataillon Roussel, commandant provisoirement la demi-brigade, est nommé Chef de Brigade sur le champ de bataille par le Général Hoche.

Le 9 novembre 1797 (19 Brumaire an 6), le Général en chef Bonaparte écrit depuis son Quartier général de Milan, au Général Vignolle : "Vous préviendrez les 18e, 25e, 32e et 75e de bataille qu'elles sont destinées à être les premières pour partir pour l'armée d'Angleterre.
Vous donnerez le même ordre aux 4e, 60e, 43e et 51e de bataille ...
" (Correspondance de Napoléon, t.3, lettre 2334; correspondance générale, t.1, lettre 2202).

Le 31 décembre 1797 (11 Nivôse an 6), le Général de Division Paul Grenier écrit, depuis Mülheim, à la Régie nationale chargée de l’administration des pays conquis entre Meuse et Rhin : "J’ai reçu vos lettres du 4 Nivôse, relatives à des exactions commises, d’une part par un sous-officier de la 60e demi-brigade, de l’autre par un capitaine de la 108e ; aucun de ces corps ne faisant partie des troupes que je commande, je ne peux que renvoyer vos plaintes aux généraux qui ont droit d’en connaitre" (Papiers du Général Paul Grenier. XII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 84 page 186).

Le même jour, le Général Grenier écrit, depuis Mülheim, au Général Olivier : "Ci-joint, tu trouveras, mon cher Olivier, une plainte de la régie nationale pour faits passés dans l’étendue de ton commandement" (Papiers du Général Paul Grenier. XII. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 84 page 187).

- Armée du Rhin, Général Moreau

En 1798, elle est à l’Armée du Rhin, à la prise d'Urloffen et au siège de Philipsbourg.

- Armés de Batavie, Général Brune

En 1799, à l’Armée de Batavie, le Général en chef Brune la cite comme s'étant brillamment distinguée. Le Capitaine des Grenadiers Weller est mis à l’ordre à la bataille de Bergen. Le 3e Bataillon prend part aux batailles d'Alkmaar (2 octobre 1799) et de Castricum (6 octobre 1799).

Le 5 décembre 1799 (14 Frimaire an 8), Bonaparte écrit, depuis Paris, à Berthier pour lui annoncer que : "L’armée du Rhin sera renforcée sans délai : 1° par les 4e, 15e, 42e, 51e, 54e, et 60e demi-brigades et par deux autres demi-brigades extraites de l’armée française qui est en Batavie ; 2° par deux demi-brigades bataves ; 3° par le 21e régiment de cbasseurs qui est à Paris et par trois régiments de cavalerie extraits de l'armée française qui est en Batavie ; 4° par tous les bataillons de conscrits qu'il sera possible dy envoyer ; ces bataillons seront incorporés dans des demi-brigades au moment de leur arrivée ; 5° par tous les régiments de cavalerie qui se trouvent dans l’intérieur de la République et qu'il sera possible d'envoyer à l’armée du Rhin ; 6° par le 11e régiment de hussards qui sera équipé à cet effet le plus promptement possible" (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1912, t.3, lettre 3010).

Le 14 janvier 1800 (24 Nivôse an 8), Bonaparte écrit, depuis Paris, au Général Brune, commandant en chef l'Armée de l'Ouest : "… Je calcule que le 27 au soir vous serez arrivé à Angers ; n'y restez que les heures nécessaires pour mettre la 60e demi-brigade et les troupes que vous pourrez ôter de ce département, en marche pour le Morbihan, et portez-vous à Nantes. De là marchez dans le Morbihan, où vous trouverez la 22e et la 72e. Dissipez les rassemblements de Georges. Emparez-vous de ses canons, de ses magasins de blé (il en a une grande quantité sur le rivage, qu'il vend aux Anglais). Enfin commencez à faire sentir tout le poids et les horreurs de la guerre aux révoltés du Morbihan …" (Correspondance de Napoléon, t.6, lettre 4523 ; Correspondance générale de Napoléon, t.3, lettre 4872).

Le 16 février 1800 (27 Pluviôse an 8), Bonaparte écrit, depuis Paris, au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "Donnez l'ordre … au détachement de la 60e, qui se trouve à Dunkerque, de rejoindre sa demi-brigade à Rennes ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.3, lettre 4995).

- Armée d'Italie, Général Bonaparte

Alors que Georges Cadoudal a fait sa soumission, le 1er Consul Bonaparte décide de mobiliser une partie des forces dans l’Ouest pour sa nouvelle Armée de Réserve destinée à pénétrer en Italie où la situation militaire est préoccupante. Il écrit, depuis Paris, le 2 mars 1800 (11 Ventôse an 8), au Général Brune, commandant en chef l'Armée de l'Ouest : "J'ai reçu, Citoyen Général, votre lettre du 7. Ni votre aide de camp ni Georges ne sont encore arrivés. Vous avez 7,000 fusils; j'espère qu'en cet instant vous aurez complété le nombre que je vous ai demandé.
Les Russes sont, au moment actuel, en Pologne. Il sera décidé dans quinze jours si la campagne s'ouvrira ou non; et, en cas que nous devions la faire, j'ai de très-vastes projets. Une armée de réserve, que je vais former et dont je me réserverai le commandement et dans laquelle vous serez employé, doit être composée des 40e, 58e, 6e légère, 60e, 22e demi-brigades. Ces cinq demi-brigades sont à votre armée. Si les événements le permettent, faites-les partir dans la décade prochaine, en en formant deux divisions. Fournissez à chaque division six pièces d'artillerie. A l'une vous attacherez le 22e de chasseurs, et à l'autre le 2e de chasseurs. Dirigez-les sur Dijon. Faites-les marcher par division ; c'est le meilleur moyen pour qu'il n'y ait pas de désertion. Passez-en la revue et faîtes-moi connaître l'état de leurs besoins et leur nombre. Mettez leur solde à jour. Nantes doit pouvoir vous offrir quelques ressources en capotes, souliers, etc.
Faites commander les divisions ci-dessus par un très-bon général de brigade et un bon adjudant général.
Je fais partir de la 17e ou 14e division militaire la 24e légère, la 43e et la 96e, ainsi qu'une douzaine d'escadrons. Cette division part également primidi pour former l'armée de réserve.
Envoyez au ministre de la guerre l'ordre de route que vous donnerez à vos divisions, afin de savoir où les prendre pour les diriger sur les points précis qu’elles devront occuper
" (Correspondance de Napoléon, t.6, lettre 4631 ; Correspondance générale de Napoléon, t.3, lettre 5037).

Le 3 mars 1800 (12 Ventôse an 8), Bonaparte écrit, depuis Paris, au Général Berthier, inistre de la Guerre : "Vous voudrez bien donner l'ordre au général en chef Brune, citoyen ministre, de faire partir le plus tôt qu'il le pourra pour Dijon la 6e demi-brigade d'infanterie légère, la 22e et la 40e demi-brigade de ligne ainsi que la 60e et la 50e demi-brigade de ligne ; le 2e et le 21e de chasseurs. Il formera de ces corps deux divisions. Il attachera à chacune 6 pièces de canon avec l'artillerie nécessaire pour servir ces deux corps. Il fera commander chcun de ces corps par un général de brigade distingué et un adjudant général. Les 3 premères demi-brigades formeront la 2e division de l'armée de Réserve et les deux secondes la 3e division de cette armée. Il attachera à chacune de ces divisions un commissaire des guerres et un adjoint au commissaire des guerres" (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1911, t.2, lettre 1161 ; Correspondance générale de Napoléon, t.3, lettre 5039).

Le 8 mars 1800 (17 Ventôse an 8), le Premier Consul écrit, depuis depuis Paris, au Général Brune, commandant en chef l'Armée de l'Ouest : "... Les 6e et 60e doivent, comme vous l'avez vu, faire partie de l'armée de Réserve. Faites en sorte de mettre leur solde et leur habillement dans le meilleur état qu'il vous sera possible. Il faut qu’elles soient rendues à Dijon au 10 germinal ; ainsi vous voyez qu'il n’y a pas un instant à perdre" (Correspondance générale de Napoléon, t.3, lettre 5069).

Le 8 mars 1800 (17 ventôse an 8), depuis Paris, les consuls arrêtent : "Art. I. L'armée de réserve est composée de six divisions ...
... Troisième division : 19e légère, 58e et 60e de ligne ...
Art. II. Le ministre de la guerre donnera des ordres pour que ces corps soient mis de préférence dans les lieux où ils se trouvent, en état de faire la campagne.
Art. III. Le ministre de la guerre me remettra l'ordre de route que doit suivre, chacun de ces corps pour se rendre à Dijon et la ville où sera placé le quartier-général de chaque division
" (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1911, t.1, lettre 159).

Le 12 Mars 1800 (21 Ventôse an 8), Bonaparte écrit, depuis Paris, au Général Moreau, qui commande l’Armée du Rhin. Moreau est directement intéressé car les Armée du Rhin et de Réserve doivent coordonner leurs actions : "Le ministre de la Guerre vous aura envoyé, citoyen général la proclamation et la création de l’Armée de Réserve ...
La 3e division part également de Nantes dans la décade ; elle est composée des 19e légère, 58e et 60e de ligne et six pièces d'artillerie ...
Toutes ces demi-brigades sont à 2500 hommes et seront, arrivées à Dijon, à 3,000 ...
" (Correspondance de Napoléon, t.6, lettre 4661 ; Correspondance générale de Napoléon, t.3, lettre 5095).

Le 20 mars 1800 (29 Ventôse an 8), le Premier Consul écrit, depuis Paris, au Général Brune, commandant en chef l'Armée de l'Ouest : "… Je ne conçois pas comment vous n'avez pas encore reçu du ministre de la guerre d'ordre pour la 19e légère. Si vous ne l'avez pas encore reçu, faites partir pour l'armée de réserve les deux bataillons de la 9e, et alors vous appliquerez à cette demi-brigade l'ordre que vous recevriez du ministre de la guerre pour la 19e. Cette demi-brigade, avec les 22e et 60e, formerait la 3e division ..." (Correspondance de Napoléon, t.6, lettre 4687 ; Correspondance générale de Napoléon, t.3, lettre 5128).

Le 22 mars 1800 (1er germinal an 8), Bonaparte écrit depuis Paris au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "... Le général Brune aura fourni de l'armée de l'ouest, pour l'armée de Réserve ... La 60e [de ligne] ...
Vous donnerez l'ordre au général Lefebvre de faire partir pour Dijon ... les dépôts ou détachements appartenant à ces différents corps qui pourraient se trouver dans les 14e, 15e, 17e divisions ...
" (Correspondance générale, t.3, lettre 5141).

Le 26 avril 1800 (6 floréal an 8), Bonaparte écrit depuis Paris au Général Berthier, Commandant en chef l'Armée de réserve, à Dijon : "... voici comment je vois votre armée : La division Loison, composée des 13e légère, 58e, 60e de ligne : 6 à 7,000 hommes ... Ces quatre divisions disponibles et prêtes à marcher au 10 floréal ... Ainsi, il me semble que, le 15 floréal, vous pourrez avoir à Genève, prêts à se porter où il sera nécessaire : ... les quatre premières divisions ..." (Oeuvres complètes de Napoléon, Stuttgart et Tubingue, 1822, t.4, p. 114 ; Correspondance de Napoléon, t.6, lettre 4732; Correspondance générale, t.3, lettre 5202; donnée dans "Extraits des mémoires inédits de Victor").

Le 15 mai 1800, le Premier Consul écrit, depuis Lausanne, au Général Berthier, commandant en chef l’Armée d’Italie : "Six cent hommes de la 60e, Citoyen Général, viennent d’arriver. La moitié de leurs armes est en mauvais état; j’estime qu’i1 leur en manque trois cents. Je désirerais que vous me fissiez connaître s’il n’y en a pas à Villeneuve; dans ce cas, il faudra leur accorder demain séjour à Villeneuve, pour avoir le temps d’en faire venir, de Genève, où je vais écrire pour qu’on en envoie de suite ..." (Oeuvres complètes de Napoléon, Stuttgart et Tubingue, 1822, t.4, p. 129 ; Correspondance de Napoléon, t.6, lettre 4802 ; Correspondance générale de Napoléon, t.3, lettre 5309).

Le 15 mai 1800 (25 Floréal an 8), le Premier Consul écrit, depuis Lausanne, au Général Guériot, Directeur du Parc d'artillerie : "Un détachement de 600 hommes, de la 60e demi-brigade, a besoin de 300 fusils ; faites-les partir en toute diligence sur un bateau pour Villeneuve, où il serait nécessaire qu’ils fussent arrivés demain dans la nuit.
Je crains que nous ne nous trouvions dans un grand embarras de cartouches : dès que vous en aurez 100 000 de faites, expédiez-les, cela ne comporte point de retard
" (Correspondance générale de Napoléon, t.3, lettre 5313).

La 60e n'a que des détachements sur le champ de bataille de Marengo (14 juin 1800), mais elle contribue puissamment au succès de la journée en tenant en échec, avec la Division Loison dont elle fait partie, les garnisons ennemies de Plaisance et de San-Giovano.

Elle assiste ensuite au passage du Mincio et à la bataille de Valeggio ou le Capitaine Bannier, avec 5 Compagnies de Grenadiers, attaque un fort détachement ennemi, l'enfonce, lui prend quatre canons et le poursuit à travers la ville en lui faisant 600 prisonniers.

Le 2 janvier 1801, la 60e Demi-brigade (Division Boudet) fait 780 prisonniers. Le surlendemain, à Serravale, le Chef de Bataillon Larue, avec le 3e Bataillonn poursuit l’ennemi dans une région montagneuse des plus difficiles, s'empart des hauteurs et fait 175 prisonniers. Suivi de deux soldats seulement, le Fourier Marminia ramène 60 prisonniers et reçoit un fusil d’honneur. Le mois suivant en Toscane, le Tambour Brismoutier mérite des baguettes d’honneur par l’intrépidité avec laquelle il a entraîné ses camarades en battant la charge en avant d'eux.

Le 13 février 1801 (24 Pluviôse an 9), le Premier Consul écrit, depuis Paris, au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "Je vous prie, citoyen ministre, d'expédier aux armées par des courriers extraordinaires le Moniteur de ce jour qui contient le traité de paix.
Donnez l'ordre au général Brune de renforcer le général Murat de 10 000 hommes d’infanterie, parmi lesquels les 60e et 86e demi-brigades et toutes les demi-brigades formées des dépôts de l'armée d'Orient, et de 2000 hommes de cavalerie ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.3, lettre 6008).

23 juin 1801 (4 Messidor an 9), le Premier Consul écrit, dpeuis Paris, au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "Donnez l'ordre, citoyen ministre, que tous les grenadiers de la 60e demi-brigade qui sont dans la citadelle de Turin soient distribués trois à trois dans tous les corps de la République, hormis les cinq plus mauvais sujets reconnus pour auteurs de la rébellion qui seront retenus jusqu'à nouvel ordre dans la citadelle de Turin. Leurs noms vous seront envoyés pour être statué définitivement sur le sort de ces individus" (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1911, t.1, lettre 308 ; Correspondance générale de Napoléon, t.3, lettre 6342).

Le 24 juillet 1801 (5 Thermidor an 9), le Premier Consul écrit, depuis Paris, au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "Je vous prie, citoyen ministre, de m'envoyer l'état de situation exact de la garnison de Turin et de me faire connaître pourquoi l'ordre donné il y a quatre décades de répartir entre tous les corps de la République les deux compagnies de la 60e demi-brigade n’a pas été exécuté : envoyez-moi aussi toutes les pièces relatives à l'insurrection de Turin" (Correspondance générale de Napoléon, t.3, lettre 6375).

- Expédion de l'Île d'Elbe, Général Tharreau puis Général Wattrin

La même année, la 60e Demi-brigade prend part à l'expédition envoyée à l'île d'Elbe pour en chasser les Anglais. Le 14 septembre, les soldats Gaudrin, Monnet et Leclerc, entraînés par le Sergent-major Marminia, se jettent à la mer, le sabre aux dents, et s'emparent d'une chaloupe armée d'un canon, et montée par 20 hommes d'équipage. Ils ramènent la chaloupe avec 12 prisonniers qu'ils présentent au Général Watrin. Ces 4 braves reçoivent chacun un fusil d'honneur; c'est le 2e que Marminia reçoit dans la même année.

Le 7 octobre 1801 (15 vendémiaire an 10, date présumée), Bonaparte établit à Paris une "Note pour l'organisation des troupes coloniales : "Il sera formé deux demi-brigades légères et cinq demi-brigades de ligne pour le service des îles d'Amérique, sous les numéros 5e et 11e légères, et 7e, 86e, 89e, 82e et 66e de ligne. Les 5e et 11e légères, et les 7e, 86e, 89e, seront destinées pour le service de Saint-Domingue; la 82e, pour le service de la Martinique; la 66e, pour le service de la Guadeloupe ... La 89e sera composée de
La 89e actuelle 1,300 hommes.
La 77e 150
La 83e 164
La 60e 620
La 74e 360
2,594" (Correspondance de Napoléon, t.7, lettre 5785).

En 1802, la 60e Demi-brigade continue à occuper l'ile d'Elbe.

Le 20 janvier 1802 (30 Nivôse an 10), le Général de Division Grenier, qui vient de passer la révue de la 8e Demi-brigade, écrit, depuis Bruxelles, au Ministre de la Guerre : "J’ai l’honneur de vous adresser ci-joint, les états relatifs à la revue d’inspection de la 89e demi-brigade, consistant : ... 15° un état double pour le nommé L’Escrit caporal à la 60e demi-brigade en subsistance dans la 89e avec pièces à l’appui ; ce malheureux ne sachant à qui se réclamer, végète à l’hôpital de Bruxelles en attendant que son sort soit fixé ..." (Papiers du Général Paul Grenier. XV. 1768-1827, BNF, Paris. Doc 71 page 154).

Le 21 mai 1802 (1er Prairial an 10), le Premier Consul écrit, depuis Paris, au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "... La 60e, qui est en Toscane, doit y rester jusqu'à nouvel ordre ... Donnez tous ces ordres de manière que les demi-brigades aient dix jours avant de partir, pour faire leurs préparatifs" (Correspondance générale de Napoléon, t.3, lettre 6896).

Le 27 mai 1802 (7 Prairial an 10), Bonaparte écrit, depuis La Malmaison, au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "Je vois, citoyen ministre, que sur l'état de l'emplacement des troupes du 5 prairial, les chefs de brigade de la 9e de ligne, ... 60e ... ne sont pas nommés. Cependant ces places ne sont pas vacantes …" (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1911, t.1, lettre 439 ; Correspondance générale de Napoléon, t.3, lettre 6917).

Le 23 novembre 1802 (2 Frimaire an 11), l'Empereur écrit depuis Saint-Cloud, au Contre-amiral Decrès, Ministre de la Marine et des Colonies :"Les cinq vaisseaux partis de Brest, Citoyen Ministre, savoir : l'Argonaute, l'Aigle, etc. se rendront, trois à Gênes, un en Corse, à Ajaccio, et l'autre dans la rade de Livourne ...
Le bâtiment de Livourne embarquera un bataillon de 600 hommes de la 60e de ligne ...
Mais il est nécessaire, pour n'éprouver aucun retard et pour empêcher la désertion, que ces vaisseaux partent de Brest munis des vivres nécessaires, de manière qu'arrivés à leur destination ils n'aient qu'à faire leur embarquement et à disparaître.
Je désirerais que ces trois convois pussent se réunir, car le général Leclerc attache une grande importance à ce qu'une certaine masse de forces lui arrive à la fois. J'imagine qu'il sera convenable de les faire réunir tous au détroit ...
" (Correspondance de Napoléon, t.8, lettre 6445 ; Correspondance générale de Napoléon, t.3, lettre 7303).

Le 23 novembre 1802 (2 Frimaire an 11), le Premier Consul écrit encore, depuis Saint-Cloud, au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "Je vous prie, Citoyen Ministre, de donner ordre au général Murat de faire connaître aux officiers de la légion polonaise qu'ils seront au service de la République ...
Donnez ordre également à ce général de compléter un bataillon de la 60e à 600 hommes, et de le tenir à Livourne prêt à s'embarquer sur un vaisseau de guerre qui viendra le prendre ...
" (Correspondance de Napoléon, t.8, lettre 6447 ; Correspondance générale de Napoléon, t.3, lettre 7296).

En 1803, la 60e est répartie entre les garnisons de Livourne et de Pise.

Le 5 janvier 1803, le Sergent-major Marminia est nommé Sous-lieutenant.

Le 28 janvier 1803 (8 pluviôse an 11), Bonaparte écrit depuis Paris au Général Berthier, Ministre de la Guerre : "J'ai reçu, citoyen ministre, les deux états que vous m'avez envoyés, le 23 Nivôse, pour la répartition de l'excédent de la conscription ... Quant à l'artillerie, il faudrait lui fournir sur chaque excédent, à raison d'un 20e de l'excédent. C'est le seul moyen de lui donner les hommes qui aient les qualités requises.
Enfin, les corps qui ont été envoyés en Amérique depuis le 1er vendémiaire, tels que un bataillon de la 20e, un de la 25e de ligne, un de la 14e légère, un de la 60e de ligne, deux de la 110e, deux de la 89e ...
" (Correspondance générale, t.4, lettre 7447).

Par l'Arrêté du 12 Floréal an 11 (2 mai 1803) "relatif à l’organisation de plusieurs demi-brigades dans les colonies", le 3e Bataillon de la 60e Demi-brigade de Bataille doit entrer dans la formation de la nouvelle 89e Demi-brigade.

/ 60e Régiment d'infanterie de ligne

- Armée d'Italie, 1803-1805, Maréchal Jourdan, Maréchal Masséna

Le 24 septembre 1803, la 60e Demi-brigade est portée à 4 Bataillon par l'incorporation de la 97e et redevient le 60e Régiment d'Infanterie par l'Arrêté du 1er Vendémiaire an 12 (24 septembre 1803).

Entre 1803 et 1804, le Corps va occuper successivement Parme, Alexandrie et Brescia.

Le 24 avril 1804 (4 Floréal an 12), le Premier Consul écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Berthier, Ministre de la Guerre, Major général des Camps : "Donnez ordre, citoyen ministre … au 53e, qui est à Alexandrie, de remplacer à Parme le 60e qui se rendra à Alexandrie ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.4, lettre 8828).

Le 28 janvier 1805 (8 Pluviôse an 13), l'Empereur écrit, depuis Paris, au Maréchal Berthier, Ministre de la Guerre, Major général des camps : "Faites connaître au maréchal Jourdan que les mouvements des troupes autrichiennes sont trop exagérés ; que je n'ai aucune raison de supposer que la cour de Vienne ait fait aucune disposition générale tendant à prouver qu'elle veuille renouveler les hostilités ; que cependant j'ai cru devoir prendre des mesures pour l'approvisionnement des places ... que le 60e se rende également à Brescia ...
Ainsi le maréchal Jourdan aurait 3 divisions ... Recommandez au maréchal Jourdan que ce mouvement se fasse sans ostentation, sans provocation, sans proclamation et sous le titre de contre-cordon. Il donnera au général Gardanne le commandement de la rive droite de l'Adige et le titre de commandant de l'avant-garde du contre-cordon. Le général Gardanne dira aux généraux autrichiens que l'ordre a été donné de faire un contre-cordon, que si cependant on veut casser un cordon sans but, puisqu'il n'y a pas de peste en Italie, on n'établira pas de contre-cordon sur la rive droite de l'Adige. Vous ferez donner ordre que les mesures de police qui seront prises sur la rive droite par rapport à la rive gauche soient les mêmes que celles de la rive gauche par rapport à la rive droite ; leur commerce sera par là plus gêné que celui d'Italie
" (Correspondance générale de Napoléon, t.5, lettre 9527).

Le 17 février 1805 (28 Pluviôse an 13), l'Empereur écrit, depuis Paris, au Maréchal Berthier : "... Les quatre compagnies de grenadiers du 60e seront destinées à former la garde de l'Empereur à Alexandrie ... Il faut que ces compagnies aient leurs bonnets et soient en bon état ; elles auront double paye pendant le temps qu'elles feront le service près de l'Empereur ..." (Correspondance de Napoléon, t.10, lettre 8332 ; Correspondance générale de Napoléon, t.5, lettre 9567).

Le 19 mars 1805 (28 Ventôse an 13), l'Empereur écrit, depuis La Malmaison, au Maréchal Berthier, Ministre de la Guerre, Major général des camps : "... la 86e doit être composée, conformément à l'article 8, des 1er et 2e bataillons de la 86e, du 3e bataillon de la 71e, de la portion du 90e qui a été à Saint-Domingue, du 2e et du 3e de la 110e, et de ce qui compose le 89e, c'est-à-dire 2e et 3e bataillons de la 89e, du 3e bataillon de la 60e, 2e bataillon de la 74e, un détachement de la 70e, 3e bataillon de la 83e ..." (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 1, lettre 59 ; Correspondance générale de Napoléon, t.5, lettre 9702).

27 mars 1805 (6 germinal an XIII), l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Maréchal Berthier : "Mon Cousin, vous ferez réunir, du 1er au 10 floréal, dans la plaine de Marengo, les corps dont l'état est ci-joint :
Les quatre bataillons du 23e de ligne, les quatre du 56e, les quatre du 60e ; trois bataillons du 14e léger, quatre du 5e de ligne, trois du 102e (note : la CGN donne 2 Bataillons).
Ils seront partagés en deux divisions ; une tiendra garnison à Alexandrie, l'autre à Tortone et environs ...
Mon intention n'est point que ces troupes soient campées ; elles seront baraquées dans les villages.
Comme les troupes du Piémont ont un traitement particulier, vous me ferez un rapport sur les gratifications qu'il faudra leur donner également ...
Vous recommanderez bien au maréchal Jourdan que ces mouvements n'aient point l'air de mouvements de guerre ...
" (Correspondance de Napoléon, t.10, lettre 8491 ; Correspondance générale de Napoléon, t.5, lettre 9739).

Le 6 mai 1805 (16 Floréal an 13), l'Empereur écrit, depuis Alexandrie, au Maréchal Berthier, Ministre de la Guerre, Major général des camps : "Mon cousin, vous donnerez des ordres pour ... que le 23e et 60e de ligne restent à Alexandrie ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.5, lettre 9979).

Le 14 juillet 1805 (25 Messidor an 13), l'Empereur écrit, depuis Fontainebleau, au Maréchal Berthier, Ministre de la Guerre, Major général des camps : "Mon cousin ... Le général Chabot continuera à rester à Alexandrie chargé du commandement des 56e, 79e, 23e et 60e de ligne. Il se transportera fréquemment d'un point à l'autre pour veiller à leur instruction et à leur bonne tenue" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 1, lettre 130 ; Correspondance générale de Napoléon, t.5, lettre 10395).

Le 60e (Division Molitor) combat à Vago et à la bataille de Caldiéro (30 octobre 1805) où, conduit par Molitor lui même, il se couvre de gloire et prénètre par une embrasure dans la plus forte redoute des hauteurs de Colognola. Dans cette bataille, le Régiment subit de grandes pertes et a 3 Officiers tués, et 7 blessés; les 3 Chefs de Bataillon sont mis hors de combat.

Le 60e se distingue encore pendant tout le reste de la campagne, et notamment près de Vicence, au Bacchiglione, au passage de la Brenta et vient occuper Laybach.

Le 11 décembre 1805 (20 Frimaire an 14), à Brünn, on informe l'Empereur que "Le général de division Clarke, gouverneur général de l’Autriche, désire avoir près de lui, en qualité d'aide-de-camp, M. Zaepffel, sous-lieutenant au 60e régiment"; "Il faut être lieutenant", répond Napoléon (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1911, t.2, lettre 1409 - Note : il s'agit de François-Louis Zaepffel qui devint Officier d’ordonnance de l’Empereur, puis Chef de Bataillon au 23e de Ligne, Colonel du 6e Léger, Baron de l'Empire le 26 octobre 1808 et Maréchal de camp le 3 juin 1825).

- Armée d’Italie, Prince Eugène, et de Dalmatie, Maréchal Marmont.

De 1806 à 1808, le 60e fait partie de l’Armée d’Italie (Prince Eugène) et détache en 1806 à l’Armée de Dalmatie (Maréchal Marmont) deux Bataillons qui prennent part à la défense de Raguse contre les Russes et les Monténégrins.

Le 21 février 1806, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Prince Eugène : "... Je vois que le 60e est à Venise, et son dépôt à Palmanova ; cela ne vaut rien ...
Faites-lui passer
[au Général Molitor] le 8e d'infanterie légère, et remplacez ce régiment dans l'Istrie par le 60e de ligne ...
Le général Seras aura dans l'Istrie le 13e et le 60e ...
" (Correspondance de Napoléon, t.12, lettres 9865 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 11517).

Le 21 mars 1806, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Prince Eugène : "Mon fils … J'approuve … que le 60e se rende de Monfalcone à Muggia ou à Capo d'Istria …" (Correspondance de Napoléon, t.12, lettres 10002 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 11741).

Le 21 mars 1806, Napoléon écrit depuis Paris au Prince Eugène, Vice-Roi d'Italie : "Mon Fils ... Vous n'êtes pas assez instruit de ce qui se fait dans votre armée. Vous m'aviez dit que le 8e d'infanterie légère était parti, et depuis vous m'avez écrit qu'il ne l'était pas; le 60e de même ..." (Correspondance de Napoléon, t.12, lettres 10003 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 11742).

Le 23 mars 1806, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Prince Eugène : "Mon Fils … Je vois, par votre lettre du 16 mars, que le 60e est parti pour l'Istrie. Je vous ai envoyé un décret sur l'organisation militaire des provinces de l'Istrie. Je désire bien que les troupes ne soient pas mises dans des endroits malsains" (Correspondance de Napoléon, t.12, lettres 10011 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 11760).

Le 24 mars 1806, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Prince Eugène : "Mon Fils … Envoyez l'ordre au général Seras de tenir toutes ses forces bien réunies ; il ne faut pas qu'il les disperse dans ces îles ; ces détachements pourraient être pris isolément. Il suffit d'envoyer en Dalmatie quelques officiers pour y commander, et qui lèveront quelques compagnies pour y maintenir l'ordre. Ainsi la division du général Seras, composée des 13 et 60e de ligne … doit, sans faire de trop grands mouvements, se tenir en mesure de marcher sur Trieste, si les circonstances s'aggravent ..." (Correspondance de Napoléon, t.12, lettres 10014 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 11765).

Le 27 mai 1806, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Prince Eugène : "Mon Fils, j'ai lu avec attention vos états de revues. Se peut-il qu'il y ait encore dans les 53e, 106e, 13e et 60e, des hommes qui ne soient pas habillés ? J'imagine que les conscrits, s'ils n'ont pas des habits, ont au moins des culottes et des vestes d'ordonnance. Je vois que, dans l'armement, il manque beaucoup de fusils. Est-ce que les régiments qui sont en Istrie auraient des hommes sans fusils ? Si cela était, j'imagine que vous ne dormiriez pas que mes troupes d'Istrie ne soient parfaitement armées. Vous dites qu'il est dû aux 53e, 13e, 106e et 60e, pour la solde ; mais vous ne dites pas quels mois il est dû, non plus que pour la masse d'habillement. Du reste, les états me paraissent faits avec soin ; je les parcourrai avec plaisir. Mais il faut que dans l'état de juin on me donne des explications sur le nombre d'hommes qui sont, à chaque dépôt, à l'école de bataillon, sur le nombre d'hommes qui sont en habits de paysans, et sur le nombre d'hommes qui ne sont pas armés. Je me persuade que vous ne dormiriez pas si vous aviez en Istrie, en Dalmatie, même en Italie, des hommes qui ne fussent pas armés ou qui fussent encore en sarraux de toile. Il est de votre honneur que, vingt-quatre heures après leur arrivée, les conscrits aient la veste, la culotte, le chapeau. Il n'y a point d'excuse, les corps doivent y pourvoir ..." (Correspondance de Napoléon, t.12, lettres 10284 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12184).

Le même 27 mai 1806, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, à Joseph, Roi de Naples : "Mon frère, vous avez à Naples des détachements du 60e régiment de ligne. Renvoyez-les à leur corps. Cette manière de disséminer l'armée est funeste à la discipline et à l’ordre" (Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12187).

Le 26 juin 1806, depuis Saint-Cloud, l'Empereur écrit à Eugène, Vice-Roi d'Italie : "Mon Fils ... Je vois avec peine que le 8e d'infanterie légère occupe toujours l'île de Cherso. Donnez donc l'ordre qu'il soit envoyé à Zara, et faites occuper l'île de Cherso par 400 hommes du 60e de ligne, qui est en Istrie ; mettez la plus grande rapidité dans ces mouvements …" (Correspondance de Napoléon, t.12, lettres 10418 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12378).

Le 7 juillet 1806, depuis Saint-Cloud, l'Empereur écrit au Prince Eugène : "Mon Fils, donnez ordre au général Marmont de se rendre en Dalmatie. Il prendra le titre de commandant en chef de mon armée de Dalmatie. ... J'ai vu avec peine que le général Molitor n'a fait aucune des choses que j'avais ordonnées. Faites-moi connaître pourquoi, au lieu de réunir 4,000 hommes sur la Narenta pour soutenir le général Lauriston, il a laissé ses troupes disséminées. Quel que soit le nombre des malades dans mes troupes qui sont en Dalmatie, je ne puis concevoir que le 8e d'infanterie légère, les 5e, 23e, 79e et 81e régiments d'infanterie de ligne, ayant ensemble un effectif de plus de 15,000 hommes en Dalmatie, ne puissent pas offrir 8 à 9,000 hommes en ligne. Indépendamment de ces forces, le général Marmont aura avec lui les deux bataillons du 18e régiment d'infanterie légère, le bataillon brescian, celui de ma Garde italienne et le 60e régiment de ligne. Il suffit de tenir en Istrie le 13e régiment. Cependant il est important de ne pas envoyer en Dalmatie les quatre bataillons du 60e, mais seulement ses deux premiers, complétés à raison de 1,000 hommes par bataillon ; les cadres des 3e et 4e bataillons pourront rester où ils sont, afin de rassembler tout ce qui sortira de l'hôpital et les conscrits. Laissez le général Marmonl maître d'emmener quatre autres bataillons de sa division, en ayant soin qu'ils soient pris parmi les premiers bataillons des corps et complétés à raison de : 1,000 hommes chacun. Cependant mon intention est que, si, au moment où ces corps seront arrivés à mi-chemin de leur destination, on était instruit que Raguse a été dégagée, le général Marmont renvoie ce qui serait inutile, pour ne pas avoir trop de troupes en Dalmatie" (Correspondance de Napoléon, t.12, lettres 10461 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12443).

Le 9 juillet 1806, Napoléon écrit depuis Saint-Cloud, à Eugène, Vice-Roi d'Italie : "Mon Fils, j'ai nommé le général Marmont commandant de mon armée de Dalmatie. Il sera sans doute parti pour Zara. Il est bien nécessaire que les 3e et 4e bataillons du 60e, le 3e du 18e d'infanterie légère, et les 3es et 4es bataillons des régiments que le général Marmont aura emmenés, soient formés en une division de réserve, qui portera le nom de division de réserve de Dalmatie. Vous y réunirez les dépôts du 8e d'infanterie légère, des 5e, 23e, 79e et 81e de ligne. Tous ces détachements seront divisés en trois brigades à Padoue, Vicence et Trévise, sous les ordres des majors et sous l'inspection d'un général de brigade, qui s'occupera sans relâche de former et d'organiser ces dépôts, et de tout préparer pour l'arrivée des conscrits. Par ce moyen, vous pourrez exercer une grande surveillance sur l'administration et l'instruction de ces dépôts. Faites-y diriger tous les malades et tout ce qu'il y aurait en arrière appartenant à ces corps. Lorsque les circonstances le permettront, faites venir les cadres des 3es et 4es bataillons des 5e et 23e de ligne, et ceux du 8e léger et des 79e et 81e de ligne. Je n'ai pas besoin de vous faire sentir l'importance de ces mesures, car il faut tout préparer pour que ces huit ou neuf corps aient des moyens de se refaire des pertes qu'ils éprouveront par les maladies et par l'ennemi" (Correspondance de Napoléon, t.12, lettres 10474 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12458).

Le 28 juillet 1806, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Prince Eugène, Vice-Roi d'Italie : "Mon Fils ... Ne réunissez à Cattaro que le moins possible des 5e et 23e ; mais placez-y les 8e et 18e d'infanterie légère et le 11e de ligne, ce qui formera six bataillons qui doivent faire 5,000 hommes ; et, pour compléter 6,000 hommes, ajoutez-y le 60e ...
Après que les grandes chaleurs seront passées et que le général Marmont aura rassemblé tous ses moyens et organisé ses forces, avec 12,000 hommes il tombera sur les Monténégrins pour leur rendre les barbaries qu'ils ont faites ; il tâchera de prendre l'évêque ; et, en attendant, il dissimulera autant qu'il pourra. Tant que ces brigands n'auront pas reçu une bonne leçon, ils seront toujours prêts à se déclarer contre nous. Le général Marmont peut employer le général Molitor, le général Guillet et les autres généraux à ces opérations. Il peut laisser pour la garde de la Dalmatie le 81e.
Ainsi le général Marmont a sous ses ordres, en troupes italiennes, un bataillon de la Garde, un bataillon brescian et un autre bataillon ; ce qui, avec les canonniers italiens, ne fait pas loin de 2,400 hommes. Il a, en troupes françaises, les 5e, 23e et 79e, qui sont à Raguse et qui forment, à ce qu'il paraît, 4,500 hommes, le 81e, et les hôpitaux et détachements de ces régiments, qui doivent former un bon nombre de troupes. Il a enfin les 8e et 18e d'infanterie légère et les 11e et 60e de ligne ...
Faites-moi connaître où se trouvent les 3es bataillons du 11e et du 60e, les 3e bataillons des 8e et 18e légers, et si les ordres que j'ai donnés pour la formation des réserves en Dalmatie sont déjà exécutés ...
" (Correspondance de Napoléon, t.13, lettres 10557 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12585).

Le 29 juillet 1806, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Prince Eugène : "Mon Fils, je reçois votre lettre du 22 juillet. Mon intention est que le général Marmont garde les deux bataillons du 18e, les deux bataillons du 11e et du 60e ..." (Correspondance de Napoléon, t.13, lettres 10563 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12598).

Le 29 juillet 1806, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, à Eugène, Vice-Roi d'Italie : "... Je vous ai déjà envoyé l'ordre de réunir les 3e et 4e bataillons du 11e et du 60e et le 3e bataillon du 8e d’infanterie légère dans des places au-delà de la Piave ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12599).

Le 1er août 1806, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, à Eugène, Vice-Roi d'Italie : "Mon Fils ... Donnez ordre au 3e bataillon du 8e d'infanterie légère, aux 3es et 4es bataillons des 11e, 35e et 60e de ligne de se rendre à Trévise, Padoue et Vicence, comme je l'ai déjà ordonné. Mon intention est qu'il n'y ait aucun dépôt ni embarras entre la Piave et l'Isonzo ..." (Correspondance de Napoléon, t.13, lettres 10580 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12629).

Le 10 août 1806, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, à Eugène, Vice-Roi d'Italie : "Mon fils, vous trouverez ci-joint le décret sur la conscription de l’armée qui rejoindra en octobre. Vous ferez le relevé des conscrits destinés aux corps de l’armée de Naples et vous chargerez le général Charpentier de s'assurer que tout est prêt pour que du moment que les conscrits arriveront ils soient habillés.
Vous ferez faire également le dépouillement de ce que j'envoie pour les corps de Dalmatie et les autres corps de l'armée d'Italie. Vous verrez par les états que ces corps reçoivent beaucoup de monde, que le 23e de ligne reçoit 960 hommes, le 35e, 500, le 53e, 700, le 60e, 1100, le 79e, 1100. Veuillez vous assurer que les major et chefs de bataillons, les cadres des 3es et 4es bataillons de ces régiments sont aux dépôst en Italie et prêts à recevoir ce grand nombre de conscrits
" (Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12693).

Le 30 août 1806, Napoléon écrit, depuis Saint-Cloud, à Eugène : "… Il faut faire faire dans les hôpitaux un dépouillement des malades appartenant aux corps qui sont en Dalmatie. Les 5e, 23e, 60e, 79e, 81e, etc. sont portés comme ayant 500 malades ; ils en ont, je crois, dans le pays, plus de 15 ou 1,800, sans compter ce qu'ils ont en Dalmatie.
Je ne vois que les 3es et bataillons des 5e, 23e, 60e et 79e. Ceux des 8e, 18e et 81e ne vont pas tarder d'arriver à Vicence. Mais il est très-nécessaire que vous écriviez au général Marmont que tous les malades appartenant aux 3es et 4es bataillons des 5e et 23e, qui sont en Dalmatie, ne doivent pas rejoindre les dépôts de leurs régiments en Italie (ce que je déteste le plus, c'est cette navette de troupes), mais rejoindre les bataillons de guerre à Raguse, par eau et jamais par terre. A cet effet, le général Marmont doit établir, comme je l'avais fait à l'armée d'Italie, et il doit s'en souvenir, des petits dépôts de convalescence, aérés et sains, où il dirigera tout ce qui sortira des hôpitaux de Dalmatie, pour, de là, les envoyer par détachements d'une centaine d'hommes à Cattaro et à Raguse, par eau. Si je déteste ces mouvements d'hommes isolés dans l'intérieur, à plus forte raison lorsqu'il faut passer sur le territoire autrichien. Ce n'est qu'en s'occupant sans cesse de ces petits soins qu'on empêche la destruction d'une armée …
" (Correspondance de Napoléon, t.13, lettres 10709 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12817).

Le 8 décembre 1806, l'Empereur écrit, depuis Posen, au Général Dejean : "Monsieur Dejean ... Le colonel du 60e est malade ; faites-le rester au bataillon de dépôt, et remplacez-le par le major dans le commandement des deux bataillons de guerre ..." (Correspondance de Napoléon, t.14, lettres 11414 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 13780).

Le 8 décembre 1806 également, Napoléon écrit aussi, depuis Posen, à Eugène : "... Mon intention est que des 3es bataillons des régiments de l’Armée de Dalmatie qui sont à 4 bataillons, il soit formé une division qui sera réunie à Bassano. Le 3e bataillon du 11e de Ligne et du 79e formeront un régiment provisoire ; les 3e bataillons des 5e et 23e formeront un deuxième régiment, les 3e bataillons des 20e, 60e ou 62e formeront le 3e. Ces trois régiments, devant faire une force de 6,000 hommes, formeront ainsi une 6e division. Vous ne réunirez cette division qu'autant que chaque bataillon pourra partir de son dépôt, fort de 800 hommes, pour se rendre aux cantonnements de Bassano. Dans tous les cas, je ne souhaite pas que ce soit avant le 20 janvier. Vous préparerez l'artillerie pour cette nouvelle division ..." (Correspondance de Napoléon, t.14, lettres 11418 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 13785).

Le 13 mai 1807, François Pouvrasseau (écrit aussi Pauvrasseau et Prauvrasseau sur les documents militaires), soldat à la 7e Compagnie du 2e Bataillon du 60e Régiment d'infanterie de ligne (Armée de Dalmatie), écrit, depuis Raguse, à M. Maille, Notaire restant à Vandeuvre, département de la Vienne, pour remettre à son oncle, Pierre Bacquet : "Mon cher oncle, c’est pour faire réponse à la votre en date du 18 Novembre par laquelle que j’apprends que vous jouissez d’une parfaite santé.
Quant à moi, Dieu merci, je me porte bien. Je souhaite de tout mon cœur que la présente vous trouve de même. Mais quant à l’argent que vous m’avez envoyé que je n’ai reçu que les 12 francs que vous m’avez envoyé le 28 vendémiaire an 14. Je les ai reçus voilà aux environs de 10 jours, mais quant aux autres 12 francs, il fait point mention. Voilà que nous sommes séparés, deux bataillons d’un côté et deux bataillons de l’autre, voilà ce qui occasionne beaucoup que l’on ne peut point toucher l’argent facilement. Nous sommes au moins toujours au moins deux cent lieues l’un de l’autre.
Mon cher oncle pour des nouvelles de la paix l’on n’entend rien dire du tout mais nous croyons qu’au premier jours que nous allons recommencer avec les Monténégrins cette nation qui sont pire que des sauvages, mais voilà une chose pas belle mais les turcs sont avec nous ils se rassemblent tous les jours pour leur si faire la guerre nous avons même déjà des troupes françaises qui sont dans la Turquie et même les voltigeurs de notre bataillon ils y sont déjà mais les turcs se rassemblent tous les jours pour faire la guerre aussi avec nous contre les Russes. Mais je vous dirai que dans le pays là où nous sommes je vous dirai que la livre de pain se vend au moins 9# de franc la livre de viande se vend 10# franc le vin trois verres ordinaires 8# de franc. Tout est hors de prix en ce pays. Nous ne sommes jamais payés mais c’est un pays bien malheureux. Mais ça bien surpris quand l’on m’a dit que mon cousin ... vous voudrez bien avoir la bonté de me dire dans quel régiment qu’il rentrait (?) cela me ferait bien plaisir. Quant à mon cousin Rousseau, il se porte bien, il est détaché à environ 6 lieues de moi, il se porte bien.
Mais j’espère que vous me marquez ce qui a de nouveau au pays voir si tous les denrées sont si chers qu’au pays s’ils sont aussi chers que dans le pays que nous occupons bien autre chose à vous marquer que pour le présent sinon que vous ferez bien mes compliments à mes oncles, tantes, cousins, cousines et à tous ceux qui vous parleront de moi. Je suis pour la vie votre neveu François Pauvrassaux. Vous ferez bien mes compliments à Renaux Roy et à mon cousin Rosiniol et à toute la famille.
Bien mes compliments à ma grand-mère et je l’embrasse de tout mon cœur
" (Communication de Mme L. Ford, source AD86 sous série 27 J famille Bacquet - lettre transcrite en respectant l'expression de son auteur, l'orthographe toutefois corrigée).

En 1809, les deux premiers Bataillons combattent sur les frontières de la Dalmatie.

Le 31 mars 1809, François Pouvrasseau écrit, depuis Raguse, à son oncle, Pierre Bacquet : "Mon cher oncle, je réponds à votre lettre en date du 26 février dans laquelle m’a fait un grand plaisir d’apprendre que vous jouissiez d’une parfaite santé. Tant qu’à moi je me porte bien pour le présent, grâce à Dieu. Je vous souhaite que la présente vous trouve de même ainsi que toute la famille. Au sujet de la reconnaissance que je vous ai envoyée vous ne m’en parlez pas. Si vous l’avez retiré je vous prie de me le marquer dans la prochaine lettre que vous m’enverrez et de faire passer un peu d’argent et faites faire ma reconnaissance de blessure parce que on le touche de suite. A présent que nous revenons en Piémont faire la guerre aux Autrichiens, voilà deux mois que nous la faisons au Monténégro mais nous sommes obligés de rétrograder. Mais je n’ai pas rien attrapé aucun mal si ce n’est que mon cousin Rousseau qui a été blessé à une jambe d’un coup de balle. Mais il va mieux à présent. Il a été en voiture tout le long de la route. Voilà 2 jours qu’il est rentré au bataillon, mais il a été encore bien plus touché de se voir abandonné de son père vu qu’il a (écrit ?) ma lettre de lui-même ne pas lui marquer s’il se porte bien ou non il est déjà à l’hospice. Ceci le fera pas sortir plus vite. Il m’a fort rien dit quand j’ai été le voir à l’hôpital que son père le reconnaissait plus que ceux qui sont à la maison, pour avoir sauvé son frère. Voilà la récompense qu’on lui fait.
Cependant il aurait bien besoin d’un peu d’argent pour le soulager, il vous prie d’en parler à son père car il prend peine de lui en parler lui-même. Il vous fait bien des compliments en vous embrassant de tout son cœur. Il vous prie de donner la lecture de la présente à son père, Louis Rousseau. Il est (...) qui est bien reconnaissant de sa (sœur ?). Il se porte bien. Il vous fait mil compliments et à sa sœur.
Réponse de suite la présente reçue.
Mon adresse est à François Pauvrassat
Du 60e régiment d’infanterie de ligne en Garnison à Raguse, 2e bataillon, 1ère Compagnie à Raguse.
Je vous prie de faire faire mes lettres aux mains parce que je peux les lire moi-même.
Signé : Pauvrassau, fusilier
" (Communication de Mme L. Ford, source AD86 sous série 27 J famille Bacquet - lettre transcrite en respectant l'expression de son auteur, l'orthographe toutefois corrigée).

Le 12 août, le Sergent Treille avec 10 Voltigeurs passe la Salonnne à la nage, enlève deux canons qu’il retourne aussitôt contre l’ennemi qu'il met en déroute.

Les deux autres Bataillons reviennent à l’Armée d’Italie et se trouvent au passage du Tagliamento et au combat de Saint-Daniel. Ils se distinguent au combat de Tarvis où ils font plus de 100 prisonniers, dont trois Officiers. A la bataille de Raab, le 14 juin 1809, le 60e a 14 Officiers et plus de 100 hommes tués ou blessés.

Après la capitulation de Raab, l’Armée d’Italie sous les ordres de Macdonald rejoint la Grande Armée et le 60e prend une part glorieuse à la bataille de Wagram.

Dans cette mémorable campagne, l’Armée d’Italie a forcé plusieurs passages de rivières en présence de l’ennemi, livré deux batailles rangées et de nombreux combats, fait 3700 prisonniers dont trois Généraux, prit 12 drapeaux, 200 bouches à feu et des approvisionnements considérables. Le 60e peut être fier d’avoir compté dans cette armée.

Sans doute le 25 janvier 1810, François Pouvrasseau écrit "à Monsieur Maille, maire demeurant à Vendeuvre, Département de la Vienne pour faire tenir à Monsieur Pierre Bacquet, résidant aux Segault, poste restante à Poitiers.
Raguse ce 25 janvier
Mon cher oncle, je vous écris ces deux mots pour m’informer de l’état de votre santé, tant qu’à moi, je me porte bien, grâce à Dieu. Je souhaite que la présente vous trouve de même en bonne santé.
Cher oncle, je suis bien surpris de ne pas avoir de réponse de la dernière lettre que je vous ai écrit depuis tant de temps. Je ne sais pas si ce mot que je vous ai demandé de l’argent, rapport que j’en aurais grand besoin car il y a longtemps que nous avons été payés. Voilà six mois qui nous sont dus sans savoir quand nous seront payés. Nous avons été bloqués pendant des mois dans Raguse par les brigands vu que nous avions la guerre avec les autrichiens, mais à présent que les brigands se sont retirés dans les villages ( ?), nous marchons nuit et jour après les brigands pour les prendre. Nous sommes bien fatigués de marcher dans ce mauvais pays car il y fait fort cher à vivre. Le pain y vaut six sous l’once et le vin y vaut douze sous la bouteille. Les autres denrées sont à proportion.
Cher oncle, je vous prie de me marquer si vous avez reçu des nouvelles de votre enfant et si mes cousins sont tranquilles et de me marquer si y fait cher à vivre au pays. Rien autre chose à vous marquer pour le présent, je finis ma lettre en vous embrassant de tout mon cœur et je suis pour la vie votre neveux François.
Signé : Pauvrassaux, fusilier
Je vous prie de faire bien mes compliments à mes oncles et tantes, cousins et cousines et à tous ceux qui s’informeront de moi et vous n’oublierez pas de faire mes compliments à Renaud ROI aussi qu’à sa famille, aussi Charles Rociniol et à sa famille.
Mon adresse est à François Pauvrassaux, soldat au 60e régiment, 2e bataillon 1ère compagnie en garnison à Raguse, armée de Dalmatie.
Mon cousin Rousseau fait bien des compliments à son père et à sa mère et aussi que sa famille qu’il les embrasse de tout son cœur
" (Communication de Mme L. Ford, source AD86 sous série 27 J famille Bacquet - lettre transcrite en respectant l'expression de son auteur, l'orthographe toutefois corrigée. Pierre Bacquet habite au lieu dit les Chézeault qui existe encore de nos jours; François parle du fils de Pierre Bacquet et Jeanne Forest, Denis Bacquet, né le 9 octobre 1789 et décédé le 10 mai 1807 à l'hôpital de Marinburg, décès dont François n'était pas au courant; lorsqu'il parle de la "tranquillité" de ses cousins, il fait sans doute allusion à leur absence d'incorporation).

A la fin de 1810, le 4e Bataillon du 60e se trouve en Espagne, tandis que les autres sont à Toulon et à Genève.

- Armée de Catalogne

Vers la fin de 1811, les trois premiers Bataillons rejoignent le 4e en Catalogne. Pendant l’année 1812, le 60e prend part au blocus de Figuières ; à la prise de Tarragone.

Au siège de Valence, il se distingue avec le 20e, son camarade de Brigade.

Au passage du Douero, le Lieutenant Rose franchit à la nage la rivière très large et très profonde en face de Tordesillas et, suivi de quelques hommes, aborde la rive opposée et met en fuite l’ennemi.

Le 60e prend part aux combats de Tordesillas et de Garrigna.

Le 2 novembre 1812, le Capitaine Bombardier à la tête de 4 Compagnies de Grenadiers, escalade une hauteur presque inaccessible d'où l'ennemi commande l’entrée d’un défilé qu'une des colonnes doit franchir.

En 1813, les trois premiers Bataillons restent à l’Armée de Catalogne, tandis que le 4e Bataillon est dirigé sur l’Allemagne, où il fait la campagne de Saxe. Il s’y distingue à la défense de Dresde et partage, à la reddition de cette place, le sort de la garnison décimée par la disette et le typhus. Les Officiers sont conduits en captivité en Hongrie et les soldats en Bohême.

En 1814, les trois Bataillons restés en Espagne rentrent en France et prennent part aux opérations du Maréchal Soult sur la Garonne contre les forces coalisées des Anglais, des Espagnols et des Portugais sous les ordres de Wellington.

Après la déchéance de l’Empereur, les Régiments d’infanterie sont réduits à 80 et le 60e devient le 56e jusqu’au retour de l’île d’Elbe.

En 1815, le Régiment reprend son numéro pendant les cent-jours.

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