Le 59e Régiment d'Infanterie de Ligne
1789-1815
Avertissement et remerciements :
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Le 29 Fructidor an 13 (16 septembre 1805), le Général de Division Mahler écrit, depuis son Quartier général à Saint-Dizier, au Maréchal Berthier : "Monseigneur,
J'ai l'honneur de prévenir Votre Excellence que la division sous mes ordres est partie de Vitry ce matin à 3 heures et qu'elle est arrivée à Saint-Dizier à 10 heures 1/2; elle y prend le pain, la viande et l'eau-de-vie pour un jour. Les régiments sont cantonnés :
Le 25e léger à Ancerville, Sommelonne, Cerisannes, Cousancelles, Chamouilley.
Le 27e de Ligne à Cousances et Betancour.
Le 50e de ligne à Saint-Dizier.
Le 59e de ligne à Saint-Dizier, Villiers-en-Lieu, Chancenay.
J'ai aussi l'honneur de prévenir Votre Excellence que l'adjudant-commandant de ma division, qui est chargé des logements, s'étant imaginé que M. le Maréchal passerait à Vitry la revue de mes troupes, exigea qu'elles fussent le moins éparpillées possible et, à cet effet, fit loger dans Vitry-sur-Marne les 50e et 59e régiments et 400 hommes du 25e. Sur les représentations qui lui furent faites, que la ville ne pouvait supporter ce logement qu'en se servant des bâtiments militaires, et l'assurance qu'on lui donna qu'on les fournirait de paille fraiche, de bois et de lumière, il consentit à ce qu'on y logeât quelques cents hommes de chacun des deux régiments; lors de mon arrivée, l'adjoint d'état-major qui me précédait m'assura qu'on faisait les dispositions pour remplir les promesses qu'on avait faites à mon chef d'état-major ; mais à peine la troupe fut elle entrée dans ces bâtiments, que soit impossibilité de les tenir, ou toute autre cause, la troupe ne reçut plus rien et se trouva dans l'impossibilité de faire cuire ses vivres et de se reposer.
Les soldats du 50e régiment, instigués par quelques habitants et un peu par le vin (qui est à trop bon compte dans le pays), passèrent du murmure à l'insubordination, prirent leurs armes et furent s’établir sur la place, Aussitôt que j’en fus instruit, je m'y rendis avec le colonel Lamartinière et parvins, sans la moindre difficulté, à faire rentrer le soldat dans son quartier; je fis aussitôt venir le maire qui, tout en rejetant sur le sous-préfet le manque des objets promis, envoya à la caserne un peu de bois et de lumière, qui fit passer la nuit tranquillement.
Je restai moi-même éveillé, et puis assurer à Votre Excellence qu'il n'y a eu dans la ville aucun désordre et que la troupe n’a décessé de reconnaitre notre autorité.
Ce matin, lorsque le colonel Lamartinière, qui était logé chez le maire, demanda le certifient de bien-vivre de son régiment, il lui fut refusé; mais j'ai l'honneur d'assurer Votre Excellence que ce régiment ne méritait pas cet affront et que l'administration municipale de cette ville n'a pu le lui refuser que sur un fait qui n'était pas de sa compétence" (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 2, p. 89 - Notes au bas de la lettre : "En écrire au préfet sur la conduite du maire de Vitry. A. B." et "Il a été écrit au préfet du département de la Marne le 2 vendémiaire").
Le 3 Vendémiaire an 14 (25 septembre 1805), l'Adjudant commandant, E.-N. Lefol écrit, depuis Haguenau, au Général Marcognet : "Monsieur le Général,
Le général de division me charge de vous prévenir qu'en conséquence des ordres de M. le maréchal commandant en chef, la division partira d'Haguenau demain, 4 vendémiaire, à 3 heures précises du matin, pour aller cantonner, savoir :
L'état-major de la division et le vôtre à Selz ...
Les deux bataillons du 59e et le quartier général du général Labassée à Beinheim.
Veuillez bien donner vos ordres, en conséquence de ces dispositions, aux troupes que vous commandez" (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 2, p. 457).
L'ordre de marche pour la traversée du Rhin sur le pont de bateaux construit près de Lauterbourg, ordre distribué le 26 septembre, est ainsi rédigé : "La troupe marchera, la droite en tête et sur front de section s'il est possible. Dans le cas contraire, elle marchera par le flanc jusqu'à son arrivée sur la rive droite du Rhin, où les sections se formeront aussitôt ...
3e division, sous les ordres du général Malher.
1re brigade (général Marcognet).
1er bataillon du 25e léger.
2 pièces d'artillerie.
2e et 3e bataillons du 25e léger.
27e de ligne (2 bataillons).
2e brigade (général Labassée).
50e de ligne (2 bataillons).
6 pièces d'artillerie.
59e de ligne (2 bataillons).
Détachement de 12 hussards.
Détachement de 10 gendarmes ...
Les vivres, les subsistances et le personnel de l'administration. Les bagages, en commençant par l'état-major général et suivant l'ordre des divisions et des régiments comme ci-dessus. Les quatre dernières compagnies du 59e fermeront la marche, et serviront d'escorte aux bagages.
Les régiments ne laisseront que 12 hommes et 1 sergent pour escorter les voitures.
L'escadron de gendarmerie fermera la marche.
Un détachement de 20 hommes de la compagnie d'élite du 1er hussards, suivra partout le maréchal commandant en chef. Ce détachement sera relevé tous les cinq jours" (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 2, p. 464 ; E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 231 ; Bonnal H. : « La vie militaire du Maréchal Ney », Chapelot, Paris, 1910, tome 2, p. 81).
"6e Corps. Emplacements du 4 vendémiaire an 14 (26 septembre 1805).
Quartier général à Lauterbourg ...
3e division (Selz) aux ordres du général MALHER.
25e léger (1er et 2e bataillons). Motheren.
25e id. (3e bataillon). Münchhausen.
27e de ligne (Général MARCOGNET), Selz.
50e id. Nieder-Röderen, Bühl.
59e id. (Général LABASSÉE). Beinheim ..." (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 2, p. 463).
"Journée du 5 vendémiaire (27 septembre).
Quartier général : Carlsruhe.
L'armée a passé le Rhin près Lauterbourg. Le passage a commencé à 6 heures du matin pour les troupes et a été terminé à midi ...
3e division (Carlsruhe) ...
59e id. Mühlburg, Grünnwinkel ..." (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 2, p. 469 - Note : "A quitté ses cantonnements à 5 heures du matin, passé le Rhin vers 11 heures, et atteint Carlsruhe à 4 heures" Le général Malher au maréchal Ney, le 6 vendémiaire)).
Fin septembre 1805, les Divisions du 6e Corps commandé par le Maréchal Ney, sont organisées de la façon suivante :
1re Division (Général Dupont), avec les Généraux de Brigade Marchant et Rouyère, ayant sous leurs ordres, le premier, le 9e Léger, le second, les 32e et 96e de ligne; en tout 6 Bataillons à 9 Compagnies. Effectif de l'infanterie de la 1re Division : 5,140 hommes.
2e Division (Général Loison), avec les Généraux de Brigade Roguet et Villatte, ayant sous leurs ordres, le premier, le 6e Léger et le 39e de Ligne, le second, les 69e et 76e de Ligne; en tout, 8 Bataillons à 9 Compagnies. Effectif de l'infanterie de la 2e Division : 6,899 hommes.
3e Division (Général Malher), avec les Généraux de Brigade Marcognet et Labassée, ayant sous leurs ordres, le premier, le 25e Léger et le 27e de Ligne, le second, les 50e et 59e de ligne; en tout, 8 Bataillons à 9 Compagnies. Effectif de l'infanterie de la 3e Division : 7,069 hommes.
Brigade de cavalerie (Général de Division Tilly) composée du 10e Chasseurs, du 1er et du 3e Hussards, chacun à 3 Escadrons. Effectif: 1,071 hommes.
Artillerie composée de 13 Compagnies avec un effectif de 1,065 hommes.
Effectif du 6e Corps : 21,250 hommes (Bonnal H. : « La vie militaire du Maréchal Ney », Chapelot, Paris, 1910, tome 2, p. 56).
Composition de la Grande Armée au moment où elle a passé le Rhin pour la campagne d'Autriche.
6e corps d'armée au passage du Rhin dans les premiers jours de vendémiaire an XIV.
3e division.
59e de Ligne, 2 Bataillons, 1504 hommes (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 2, p. 158).
Le 11 Vendémiaire an 14 (3 octobre 1805), le Général de Division Malher écrit, depuis son Quartier général de Hedelfingen, au Maréchal d'Empire Ney, commandant le 6e Corps de la Grande Armée : "Monsieur le Maréchal,
J'ai l'honneur de vous rendre compte qu'en conséquence des ordres que m'a transmis votre chef d'état-major, je suis parti de Stuttgart à midi, et suis venu m'établir :
... Le 59e régiment et le général Labassée, à Wangen ...
J'ai ordonné que, dans chaque cantonnement, on se garde militairement, plutôt pour l'instruction de nos jeunes militaires, que pour la sûreté de la division, puisque je suis couvert par les autres divisions.
Ci-joint le croquis de la marche d'aujourd'hui ..." (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 2, p. 664).
Le 12 Vendémiaire an 14 (4 octobre 1805), le Général Malher écrit, depuis son Quartier général, à Göppingen, au Maréchal Ney : "En conséquence des ordres que vous m'avez transmis par le chef de l'état-major général, j'ai l'honneur de vous rendre compte que j'ai placé le 25e d'infanterie légère et le 2e bataillon du 27e à Göppingen, le 1er bataillon du 27e à Albershausen, le 50e régiment à Rechberghausen et Barlenbach, le 59e à Wangen et Oberwalden, l'escadron du 10e de chasseurs à Iebenhausen, le parc et les administrations ont parqué et bivouaqué en arrière de Göppingen.
Vous connaissez, Monsieur le Maréchal, la marche de ma division, toujours occupant les cantonnements qui· sont épuisés par les besoins des autres divisions, et· malgré notre activité, tous les soins de mon commissaire et les ordres de l'ordonnateur, nous ne pouvons à peine nous procurer des subsistances, particulièrement du pain. J'ai l'honneur de vous prier, Monsieur le Maréchal, de nous accorder votre protection particulière.
Agréez, Monsieur le Maréchal, l'assurance de mon respect et de mon attachement.
Mahler
J'ai l'honneur de joindre à la présente le tracé des cantonnements occupés par ma division" (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 2, p. 732).
Le 14 Vendémiaire an 14 (6 octobre 1805), le Général Malher écrit, depuis son Quartier général, à Giengen, au Maréchal Ney : "La division que je commande est partie de Göppingen à 6 heures du matin, hier 13 vendémiaire, et est arrivée à Giengen aujourd'hui 14, à 3 heures et demie du matin; les défilés que nous avons dû passer et surtout la rencontre des équipages, des dragons et des autres divisions nous ont tellement retardés qu'il nous a été impossible d'arriver plus tôt. Les 27e, 50e et 59e régiments sont bivouaqués en arrière de Hohe-Memmingen et le 25e léger en arrière de Saxenhausen; ce régiment est arrivé à son bivouac à 3 heures et demie du matin.
Ci-joint le croquis de la marche du 13" (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 2, p. 846).
"Dispositions de marche du 6e corps d'armée pour le 15 vendémiaire an 14 (7 octobre 1806).
Le corps d'armée devant prendre position, face au Danube, la droite vers Lauingen, la gauche vers Steinheim, il devra marcher la gauche en tête ...
La 3e division marchera la première, la gauche en tête. Elle sera précédée par une avant-garde que composera le général Malher. La marche de la colonne sera ouverte par le 59e régiment, marchant par la gauche. La division partira à 6 heures du matin, se portera par la traverse directement sur Hermaringen et suivra, de là, la chaussée par Gundelfingen.
Elle bivouaquera sur les hauteurs, au delà de Dillingen, la gauche près de Steinheim. Ce dernier village sera occupé par cinq compagnies du 2e bataillon du 59e régiment.
Si le pont du Danube existait encore au delà de Steinheim, on placerait le reste de ce bataillon à la gauche du pont ..." (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 3, 1ère partie, p. 263).
Dans la nuit du 8 au 9 octobre 1805, le 59e de Ligne (Division Malher) occupe Gundelfingen, avec trois Compagnies à Lauingen et trois à Dillingen (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 3, 1ère partie, p. 21).
"Dispositions de marche du 6e corps d'armée pour le 16 vendémiaire an XIV (8 octobre 1805).
Le 16 vendémiaire an 14 (8 octobre 1805).
L'armée marchera aujourd'hui à 2 heures, la droite en tête.
… La 3e division sur les hauteurs à gauche de Brenz ; le 59e régiment à Gundeltingen. Ce régiment fournira 3 compagnies au pont de Lauingen et trois autres au pont de Dillingen, ces dernières seront relevées par les grenadiers de M. le maréchal Lannes et joindront les trois premières à Lauingen; lorsque les 6 compagnies auront été enfin relevées, elles joindront leur division qui marche sur Ulm par Albeck.
La 3e division établira en outre un bataillon d'infanterie légère à Stotzingen et Sontheim pour éclairer sur la route d'Ulm, la cavalerie de cette division restera avec ce bataillon pour communiquer avec la 1re division à Hausen …" (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 3, 1ère partie, p. 302).
"6e CORPS D’ARMEE.
Emplacement du 16 vendémiaire an 14 (8 octobre 1805)
(du 17 au matin).
… 3e division : Brenz.
La division sur les hauteurs à gauche de Brenz.
Le 59e Gundelfingen. Fournissant 3 compagnies au pont de Lauingen ; 3 compagnies à celui de Dillingen …" (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 3, 1ère partie, p. 307).
Le Régiment combat à Guntzbourg le 9 octobre 1805. La Division Malher, mise en marche à 9 heures du matin, dans le but de s'emparer des ponts de Leipheim, de Günzburg et de Reisenburg, forme trois colonnes : celle de droite (Adjudant-commandant Lefol, six Compagnies de Grenadiers, trois de Carabiniers, trois de Voltigeurs et vingt Chasseurs à cheval du 10e) prend le chemin de Leipheim à travers les marais, s'y égare, et, au milieu de la nuit, se retrouva à Riedhausen.
La colonne du centre (Général Malher, Général Marcognet, trois Bataillons du 25e Léger, un Bataillon du 27e de Ligne, deux Bataillons du 50e et quatre bouches à feu), laissant un Bataillon du 27e à Stotzingen, prend par Brenz, Sontheim et Riedhausen; arrivé aux bois qui bordent le Danube, Marcognet rencontre l'ennemi et le repousse dans l'ile. Une Compagnie de Voltigeurs et deux de Grenadiers, qui l'accompagnent, y font 200 prisonniers. Le 25e Léger suit le mouvement, puis le 27e passe dans l'ile à son tour, et le 50e reste seul sur la rive gauche. Le 27e amène avec lui une pièce de 8 et une pièce de 4 pour battre la rive droite. Le pont du grand bras a été rompu, de sorte qu'il faut se retirer dans les bois de la rive gauche après avoir subi des pertes considérables. Les 25e et 27e ont 6 Officiers tués et 26 blessés (Martinien. Tableau des officiers tués et blessés pendant les guerres de l'Empire. Paris, 1901).
La colonne de gauche (Général Labassée, 59e de Ligne) est plus heureuse : partie de Gündelfingen, elle trouve en aval de Günzbourg un pont dont on ignorait l'existence, et dont les madriers ont été retirés; elle le passe sur les poutrelles, malgré le feu d'artillerie et de mousqueterie de l'ennemi, enlève trois canons, fait 500 prisonniers et pénètre jusqu'à Günzbourg; mais elle est repoussée de la ville et doit prendre position en arrière sur la hauteur. Une pièce de 8 et un obusier ont préparé son passage. Trois Régiments de cavalerie autrichienne viennent charger le 59e dans cette position sans pouvoir l'entamer. Il a 12 Officiers hors de combat (Martinien).
Averti de ce succès, le Général Malher arrive dans la nuit avec la colonne du centre. Le 50e vient prendre position près du 59e; le 25e Léger et le 27e de Ligne restent sur la rive gauche (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 3, 1ère partie, p. 33 ; Bonnal H. : « La vie militaire du Maréchal Ney », Chapelot, Paris, 1910, tome 2, p. 122 - Note : ce dernier indique que les attaques ont commencé à 3 heures de l'après-midi).
L'armée autrichienne se déploie sur les hauteurs en arrière de Günzbourg, la droite à Liepach, la gauche à Reisensburg, tenant tous les ponts jusqu'à Leipheim. Dans la soirée, on ordonne de rétablir le pont de Günzbourg. Les Français laissent s'accomplir cette opération sans la troubler, mais aussitôt qu'elle est achevée, ils se précipitent sur le pont et s'établissent dans les petits bois à droite et à gauche du débouché. Les Autrichiens les accueillient avec un feu de mitraille et de mousqueterie terrible, qui fait subir des pertes sanglantes au 59e. Enfin les Français, passant le fleuve à côté du pont, prennent le dessus, et les défenseurs se retirent sur Günzbourg. La poussée est si considérable sous la porte de la ville, et l'accumulation de troupes si énorme, qu'elle suffit seule à arrêter les Français (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 3, 1ère partie, p. 168).
Dans son rapport au Maréchal Ney, daté du Quartier général de Günzburg, le 18 Vendémiaire an 14 (10 octobre 1805), le Général Malher écrit : "Monsieur le Maréchal,
En conséquence des ordres que vous m'avez donnés, je suis parti hier, à 9 heures, des cantonnements occupés par ma division et ai marché sur trois colonnes pour m'emparer des trois ponts existants sur le Danube, l'un à Leipheim, l'autre sur Günzburg et le troisième sur Reisensburg. J'ai dirigé mon avant-garde, rassemblée à Stotzingen et commandée par le colonel Lefol, mon chef d'état-major, sur le premier; le général Labassée, à la tête du 59e régiment et partant de Gundelfingen, s'est porté sur celui de Reisensburg; le général Mareognet, à la tête de sa brigade et du 50e régiment, s'est dirigé sur Günzburg; je suis resté à la tête de cette colonne. Vers les 3 heures, nous nous sommes trouvés tous trois à la même hauteur et en mesure d'attaquer, si le colonel Lefol avait pu vaincre les difficultés que lui opposait le marais qu'il devait traverser; mais son intrépidité et son intelligence se sont malheureusement trouvées en défaut, et après avoir perdu son cheval et risqué de voir périr plusieurs hommes de sa colonne, il a pris le parti de se retirer sur Riedhausen, d'où il est venu me rejoindre dans la nuit.
Le général Marcognet étant arrivé au débouché du bois, en face du pont sur Günzburg, porta avec tant de rapidité son avant-garde et ses éclaireurs en avant, qu'à peine avait-elle fait feu qu'elle fit prisonniers 200 Tyroliens, parmi lesquels 23 officiers, s'empara de deux pièces d'artillerie et d'un général-major, le baron d'Aspre, pris particulièrement par les éclaireurs du 50e régiment.
Aussitôt, le 25e régiment, traversant au pas de charge le gué du premier bras du Danube, s'empara de l'ile, se portant sur le pont du grand bras, et trouva une travée entièrement coupée, ce qui, sans ralentir son ardeur, l'exposa à un feu d'artillerie et de mousqueterie des plus terribles; l'espoir que nous avions de pouvoir raccommoder le pont me détermina à faire soutenir le 25e régiment par le 27e et placer en réserve derrière le pont le 50e régiment.
Ayant enfin pu reconnaître l'impossibilité de raccommoder le grand pont, je pris le parti de retirer mes troupes et de me contenter de garder la lisière du bois. Ces divers mouvements, faits sous le feu de plus de 20 pièces d'artillerie placées avec avantage, m'ont fait éprouver une perte assez considérable, mais tout en ayant à regretter la perte de quelques braves, cette action a donné la mesure de ce que Sa Majesté a lieu d'attendre de son armée ; chaque corps a déployé une bravoure et une fermeté au delà de tout éloge; nos jeunes militaires n'ont pu être distingués dans les rangs, et, à la vivacité de notre feu, l'ennemi, d'après les rapports des prisonniers, nous a cru toute l'armée; il nous a sans doute fait cet honneur, parce que lui-même y avait réuni la plus grande partie de la sienne.
Le général Marcognet a eu un cheval tué sous lui, et son aide de camp, le lieutenant Jorry, blessé, le colonel Cazals et le capitaine du génie Bouzet ont été légèrement blessés. Les chefs de bataillon Parent, Darné et Frappart, blessés.
A la gauche, le général Labassée, communiquant son impétuosité au 59e régiment, était plus heureux que nous; malgré le feu de trois pièces d'artillerie enfilant la chaussée, malgré les quatre régiments d'infanterie ennemie qui, des hauteurs, faisaient un feu terrible et croisé sur lui, il parvint au pont dont les madriers étaient ôtés et le franchit; parvint jusqu'aux pièces sur lesquelles les canonniers se firent tuer, prit 500 hommes, s'empara des hauteurs et poussa l'ennemi jusque dans la ville qui, à plusieurs reprises, paya cher l'envie qu'il avait d'en ressortir.
La cavalerie tenta sans succès de reprendre les hauteurs que couronnait le 59e régiment; à six reprises différentes, elle chargea jusque sur les baïonnettes; six fois elle fut reçue à moins de quinze pas, et, son front couvert de morts et de blessés, elle prit la sage résolution de se retirer.
Instruit du succès du général Labassée, je m'y rendis aussitôt et y portais toute ma division. A la pointe du jour, j'ai fait cerner la ville, l'ennemi n'y avait laissé que les blessés au nombre d'environ 300 et environ 150 trainards qui ont été pris.
L'action du 59e régiment est une des plus glorieuses de l'histoire militaire, mais ce régiment a éprouvé une perte bien sensible pour lui, dans la personne de son colonel, M. Lacuée. Le lieutenant-colonel Silbermann en a aussitôt pris le commandement. Je vous prie, Monsieur le Maréchal, d'obtenir de Sa Majesté qu'il soit nommé colonel; il s'est conduit avec une intelligence et une bravoure dont on voit peu d'exemples. Son second, M. Savary. mérite également les bontés de notre souverain. Il fait la guerre avec une intelligence, une activité et une bravoure dignes des plus grands éloges.
J'aurai l'honneur de vous adresser l'état des officiers ou soldats qui se sont plus particulièrement distingués et pour lesquels j'aurai l'honneur de vous prier de solliciter de l'avancement ou la décoration.
Je ne dois point omettre, Monsieur le Maréchal, les éloges qui sont dus à M. Caron, cher d'escadron commandant mon artillerie qui, avec quatre pièces de cation, a si bien su diriger son feu qu'il faisait tête à vingt.
Je recommande aussi à vos bontés particulières mon aide de camp Deboutard, lieutenant depuis huit ans, à qui Sa Majesté promit le grade de capitaine pour cette année et qui, dans l'affaire d'hier, a rempli son devoir comme un brave et digne officier.
Je n'ai aussi que des éloges à donner à M. de la Gennetière pour lequel j'aurai l'honneur de vous demander la décoration.
Agréez, Monsieur le Maréchal, l'asurance de mon respect et de mon attachement" (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 3, 1ère partie, p. 374; cité partiellement par Bonnal H. : « La vie militaire du Maréchal Ney », Chapelot, Paris, 1910, tome 2, p. 122).
"Extrait du « Mémorial de campagne, d'Antoine de Lafarelle, capitaine du Génie.
Je fis part au général Malher, qui n'avait point été précisément blessé, mais qui avait reçu au bras un éclat de bois, des deux reconnaissances que j'avais faites.
Ce rapport, qui était le seul véritable parmi tous ceux qu'il avait reçus, ainsi qu'il eut la bonté de me le dire, était d'autant plus important qu'il expliquait le peu de succès qu'avait eu son attaque, malgré la bravoure de sa troupe. Enfin, nous étions à discourir sur toutes les circonstances de cette journée, lorsque le général Labassée arriva et annonça qu'il s'était emparé d'un pont qui est à l'extrémité de Günzburg, et qu'après une affaire très chaude, il a débusqué l'ennemi de sa position formidable, et qu'il se trouve aux portes de la ville.
L'on révoque en doute que ce soit d'un des ponts de Günzburg qu'il se soit emparé, par la raison que la carte qui, à la vérité, était le seul témoignage qu'on pût mettre en avant, mais qui avait son degré d'autorité, ne désignait que l'existence d'un seul pont. Le général Labassée soutient que c'est réellement d'un pont de Günzburg qu'il s'est emparé.
J'affirme de mon côté, que, durant que j'ai fait ma seconde reconnaissance, j'ai effectivement entendu une très forte fusillade à la gauche de Günzburg. Enfin, on se décide à aller sur les lieux.
Nous laissons nos chevaux en arrière, et, à travers les marais affreux, nous arrivons au bivouac du 50e régiment. Le général me dit de marcher en tête d'une compagnie et d'aller faire réparer le pont. Je me mets en marche et j'arrive au lieu indiqué. Les sapeurs du régiment avaient commencé l'opération, mais d'une manière très imparfaite. Je fais rassembler les planches dont nous pouvions avoir besoin et je me mets à l'œuvre. Dans moins d'une heure le pont fut réparé. Le général Malher, accompagné du général Labassée, arrive et nous allons visiter la position dont il s'est emparé. Notre étonnement s'accroit à chaque pas, car on ne conçoit pas comment, avec une poignée de monde, il a pu s'emparer d'un pont où sur une si longue étendue il n'existait que des longerons, et débusquer l'ennemi d'une hauteur formidable d'où, par un chemin en ligne directe, il enfilait avec son artillerie le pont et l'avenue qui y conduit. Ajoutez à cela que l'ennemi était pourvu de cavalerie et qu'elle a chargé jusqu'à sept fois. Le 59e régiment, qui s'est immortalisé dans cette journée, a eu le malheur de perdre son colonel, le jeune et intéressant Lacuée, l'un des officiers les plus distingués de l'armée.
Arrivés au point où nos troupes avaient pris position, il n'y avait plus à douter que nous fussions sous les murs de Günzburg. Nous entendions très distinctement le bruit des convois d'artillerie et des bagages qui s'éloignaient; enfin, si nous eussions eu de la cavalerie, il n'y avait rien de plus aisé que de s'emparer de ce convoi, car il parait que la terreur était dans l'âme de nos ennemis et qu'ils avaient perdu la tête. Faute de ce moyen, il a fallu nous résoudre à attendre conseil du lendemain" (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 3, 1ère partie, p. 378 - Note : Publié par M. le Capitaine de Cazeneuve, dans le Carnet de la Sabretache, 1902).
Le Général Seroux, commandant en chef l'Artillerie, écrit, depuis le Quartier général, à Medlingen, le 18 vendémiaire an 14 (10 octobre 1805), au Général Songis, Premier Inspecteur du Corps impérial de l'Artillerie : "Mon Général,
La 3e division a fait hier soir un mouvement et une attaque sur Günzburg. L'ennemi l'a évacué ce matin en se retirant sur Ulm. Nous avons pris un général-major, 700 hommes, 3 bouches à feu (2 pièces de 7 et 1 obusier). L'armée regrette particulièrement le colonel Lacuée, du 59e régiment d'infanterie, tué d'une balle ..." (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 3, 1ère partie, p. 382).
Le "Journal des opérations de l'artillerie depuis le 5 vendémiaire, jour du passage du Rhin, jusqu'au 30 inclus (27 septembre au 22 octobre 1805)" indique : "AFFAIRE DE GÜNZBURG ...
Enfin, à la nuit close, vers 7 h. 1/2, le 59e régiment, avec 1 pièce de 8 et 1 obusier, attaqua le pont de gauche; il culbuta dans le fleuve une foule d'ennemis qui se précipitaient pour le passer, et, à l'aide de solives qui n'étaient pas coupées, des soldats gagnèrent la rive droite et s'y maintinrent. Les deux pièces étaient placées dans la direction de la route pour l'enfiler, et, tandis que la batterie attirait sur elle le feu de l'ennemi, le 59e défilait des deux côtés pour aller attaquer ..." (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 3, 1ère partie, p. 383).
Un Bulletin, daté d'Augsburg, le 21 Vendémiaire an 14 (13 octobre 1805) raconte : "… L'affaire de Wertingen a eu lieu le 8 octobre, et le lendemain, 9 octobre, celle du pont de Günzburg a confirmé ce premier avantage et montré jusqu'à quel point les projets des Autrichiens étaient découverts. Dans cette dernière affaire, où M. l'archiduc Ferdinand s'est trouvé en personne à la tête d'un corps de 12,000 bommes venus d'Ulm, deux régiments, le 27e et le 59e, après avoir repoussé sur la rive gauche du fleuve l'attaque très vive de M. l'archiduc Ferdinand contre une des divisions de M. le maréchal Ney, ont passé le pont pêle-mêle avec les Autrichiens, se sont maintenus sur la rive droite, après un combat à la baïonnette, ont tué et blessé un grand nombre d'ennemis, pris 1500 hommes (parmi lesquels se trouve M. le général baron d'Aspre) et 11 pièces de canon ..." (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 3, 2e partie, p. 715).
"6e CORPS D'ARMEE.
Emplacements du 17 vendémiaire an XIV (9 octobre 1805).
… 3e division : Riedhausen.
La division a marché sur trois colonnes pour s'emparer des ponts de Leipheim et de Günzburg ...
La colonne de gauche (le 59e régiment), aux ordres du général Labassée, marcha de Gundelfingen en colonne, et malgré le feu croisé d'une artillerie considérable et celui de plusieurs régiments d'infanterie ennemie, arrive au pont du Danube que traverse la chaussée de Günzburg à Dillingen, le passe sur les poutrelles, les madriers ayant été enlevés, arrive jusqu'aux canons, en prend trois, fait 500 prisonniers et repousse l'ennemi jusque dans la ville.
Le 59e régiment fut ensuite formé en bataille sur la hauteur qui est en arrière et à droite de la ville. Là, il reçoit et repousse six charges de trois régiments de cavalerie ennemie qui occupaient la plaine et se maintient toute la nuit dans sa position.
Dans la nuit, le général Malher avait dirigé ses troupes sur la colonne de gauche. Le 50e régiment passa le Danube pour soutenir le 59e, et la 1re brigade fut placée en réserve en arrière du pont.
Le 18, à la pointe du jour, la division entra dans la ville d'où l'ennemi s'était retiré pendant la nuit, y fit 450 prisonniers et prit position en arrière de la Günz, la droite à la ville, la gauche se prolongeant parallèlement à la rivière …" (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 3, 1ère partie, p. 387).
Le Maréchal Ney écrit, depuis Medlingen, le 17 Vendémiaire an XIV (9 octobre 1805), au Maréchal Berthier : "… Le mouvement, dont M, le Maréchal a rendu compte hier au Ministre, a eu lieu; la 3e division s'est emparé, après un combat fort vif, du pont de Reisensburg. Elle a fait 800 à 000 prisonniers, parmi lesquels se trouve un général-major; le baron d'Aspre ; nous avons eu environ 300 hommes tués ou blessés.
Le colonel Lacuée est tué.
Le colonel Cazals et trois chefs de bataillon ont été blessés ; le général Marcognet a eu un cheval tué sous lui ; tout le monde s'est conduit avec beaucoup de distinction …" (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 3, 1ère partie, p. 391).
Le 4e BULLETIN DE LA GRANDE ARMÉE, daté d'Augsbourg, le 19 Vendémiaire an 14 (11 octobre 1805), raconte : "Le combat de Wertingen a été suivi, à vingt-quatre heures de distance, du combat de Günzburg. Le maréchal Ney a fait marcher son corps d'armée : la division Loison sur Langenau, et la division Malher sur Günzburg. L'ennemi, qui a voulu s'opposer à cette marche, a été culbuté partout. C'est en vain que le prince Ferdinand est accouru en personne pour défendre Günzburg. Le général Malher l'a fait attaquer par le 59e régiment. Le combat est devenu opiniâtre, corps à corps. Le colonel Lacuée a été tué à la tête de son régiment, qui, malgré la plus vigoureuse résistance, a emporté le pont de vive force ; les pièces de canon qui le défendaient ont été enlevées, et la belle position de Günzburg est restée en notre pouvoir. Les trois attaques de l'ennemi sont devenues inutiles ; il s'est retiré avec précipitation ; la réserve du prince Murat arrivait à Burgau et coupait l'ennemi dans la nuit …" (Panckoucke : « Oeuvres de Napoléon Bonaparte », 1821-1822, t. 3, p. 433 ; Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 3, 1ère partie, p. 555 ; Correspondance de Napoléon, t.11, lettres 9370).
"Relation du combat de Gunsbourg.
Le prince Ferdinand voyant sa droite tournée et le Danube passé à Donauvert avait concentré ses forces aux environs d’Ulm et défendait avec quatre régiment le pont de Gunsbourg.
Gunsbourg est une ville impériale située sur le Danube au point où il reçoit la Gunz, quatre chaussées y aboutissent, elle est située sur une hauteur et a une simple enveloppe ; la division Malher composée des 25e légère, 27e de ligne, 50e et 59e régiment fut chargée d’attaquer les ponts de Gunsbourg ; les 3 premiers corps marchèrent sur celui qui est le plus près de la ville, ils parvinrent à le forcer mais ils furent culbutés et perdirent du monde.
A huit heures du soir, le 59e attaqua celui de Reisenburg, le colonel Lacuée marcha avec quatre compagnies et se servant de quelques traverses que l’ennemi avait laissées il passa sous le feu de plus de 20 pièces de canon ; trois qui tirèrent à mitraille à la tête de pont furent enlevées dans le moment.
Ayant réuni tout son corps il poursuivit les Autrichiens qui firent avancer leurs réserves, il parvint jusqu’à la hauteur ; là il fut blessé d’une balle à la cuisse, mais il continua à combattre et à amener son régiment qui fit des prodiges de valeur, une heure après il reçut une balle dans la poitrine qui lui perça le cœur. Les sapeurs le portèrent sur le pont et il expira après avoir dit le régiment a fait son devoir je meurs content.
A 5 heures du matin, les Autrichiens évacuèrent Gunsbourg ; on y fit transporter le corps de Lacuée et il fut inhumé avec pompe. Le prince Murat, le maréchal Ney portèrent le coin du drap mortuaire, les soldats le pleurèrent et plus d’un brave envia son sort" (Archives Nationales, Fonds Lamarque (1760-1869), 566 AP/12, folio 13).
Le 10 octobre 1805, Ney écrit, de Günzburg, à l’Empereur : "La division du général Malher (3e) a fait merveille hier. Généraux et soldats, tous se sont couverts de gloire à l'attaque de Günzburg. Le 59e a ouvert la marche et a, de suite, enlevé le pont (erreur). L'estimable colonel Lacuée a été tué ..." (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 3, 1ère partie, p. 459 ; E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 244 ; Bonnal H. : « La vie militaire du Maréchal Ney », Chapelot, Paris, 1910, tome 2, p. 127).
Le même 18 Vendémiaire an 14 (10 octobre 1805), le Général Malher écrit, depuis le Quartier général, à Günzburg, au Maréchal Ney : "Monsieur le Maréchal,
L'ennemi a évacué Günzburg, je viens d'en prendre possession, j'en couronne les hauteurs par la division, j'en fais réparer les deux ponts, je vais pousser une reconnaissance sur Leipheim; tous les renseignements portent que l'armée entière était ici hier avec l'archiduc Ferdinand, le général Mack et tout l'état-major. La perte de l'ennemi est on ne peut plus conséquente, nous avons ramassé une centaine de traînards; il y a dans la ville deux ou trois cents blessés que je fais faire évacuer sur les derrières; il y a aussi des magasins, je vais les mettre en sûreté, et m'occuper de vous faire un rapport détaillé. J'ai à regretter beaucoup de braves gens ; mais j'ai aussi des rapports bien satisfaisants à vous faire. Tous les régiments se sont couverts de gloire et particulièrement le 59e régiment.
Je m'empresse de vous faire parvenir mes renseignements, si, comme je n'en doute pas, mes camarades battent l'ennemi; si le général Gazan était ici, nous pourrions avantageusement bombarder ses derrières.
Agréez, Monsieur le Maréchal, l'assurance de mon respect" (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 3, 1ère partie, p. 451).
"6e CORPS D'ARMEE.
Journée du 18 vendémiaire (10 octobre).
… 3e division : Günzburg.
A 9 heures du matin, la division a quitté sa position qu'elle avait prise à la pointe du jour, en arrière de la Günz, et a occupé les cantonnements suivants :
Le 25e léger et l'escadron de hussards à Leipheim.
Le 27e régiment à Bubisheim.
Le 50e à Reisensburg.
Le 59e à Günzburg.
Le parc de la division, en arrière de la ville ..." (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 3, 1ère partie, p. 457).
L'ordre de mouvement du 6e Corps, pour le 11 octobre, est suivi d'un supplément qui porte : "La 3e division (général Malher) partira, à 8 heures du matin, de Günzburg et se dirigera sur Ulm, par Leipheim, où elle recevra de nouveaux ordres; elle laissera un bataillon du 59e à Günzburg ..." (Bonnal H. : « La vie militaire du Maréchal Ney », Chapelot, Paris, 1910, tome 2, p. 129).
L'ordre du jour du 6e Corps d'Armée, daté du Quartier général de Günzburg, le 20 Vendémiaire an 14 (12 octobre 1805), déclare : "Le maréchal commandant en chef s'empresse de prévenir l'armée, qu'hier, 19, la 1re division, commandée par le général Dupont, a eu une affaire glorieuse et qu'il a fait à l'ennemi de 6,000 à 7,000 prisonniers.
Les régiments de cette division se sont couverts de gloire, ainsi que les 59e, 50e, 27e de ligne, 25e d'infanterie légère, l'avaient fait le 17, à l'attaque mémorable du pont de Günzburg"; cet ordre du jour est signé par le Général Du Taillis, Chef de l’Etat-major général (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 3, 2e partie, p. 616; E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 258 – Archives Dupont).
Ney établit les "Cantonnements que le 6e corps d'armée pourra prendre dans le cas seulement où l’ennemi ne serait pas en force sur le front de l'Iller; dans le cas où il serait en force, il occupera la position déterminée dans l'ordre du mouvement du 20.
Au quartier général, à Günzburg, le 20 vendémiaire an XIV (12 octobre 1805) ...
3e division.
25e léger à Nersingen.
27e de ligne à Strass.
50e id, 59e id à Falheim.
Rassemblement en arrière de Falheim.
Rassemblement général des trois divisions : Falheim ..." (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 3, 2e partie, p. 625).
"ORDRE DU JOUR.
Au quartier général impérial à Augsburg, le 21vendémiaire an 14 (13 octobre 1805).
... L'Empereur témoigne sa satisfaction aux troupes qui ont donné au combat de Günzburg et spécialement au 59e régiment de ligne.
La prise du pont et du poste important de Günzburg, que défendait l'armée autrichienne, celle d'un général major et de 1.000 prisonniers avec six pièces de canon, attestent la bravoure des troupes de la division Mahler ..." (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 1, lettre 199; donné partiellement par Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1912, t.4, lettre 5350).
- Premier combat d'Albeck, 15 octobre 1805
15 octobre. La Division Malher se porte sur le Michelsberg. Le 25e Léger commence l'attaque au pas de charge. Ses trois bataillons, en une seule colonne, filent à gauche des redoutes; le 3e bataillon, ayant dépassé la première redoute, l'attaque par la gorge, tandis que les deux autres abordent l'ouvrage principal de front et à revers.
Le 27e de Ligne fait un mouvement analogue à droite des redoutes, et la 2e brigade (50e et 59e) reste en réserve, mais dès que l'on aperçoit l'ennemi en déroute se retirer précipitamment dans la place, le 50e se lance à sa poursuite ; après un moment d'hésitation, il parvient devant les remparts au moment où l'ennemi ferme la Porte des Dames ; écrasé par la mitraille et la mousqueterie sous les murs d'Ulm, puis assailli par des forces très supérieures, il est battu à son tour, rejeté sur le cimetière, puis obligé de se réfugier près du 59e, sur le Michelsberg (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 3, 1ère partie, p. 88).
"6e CORPS D'ARMEE.
Journée du 23 vendémiaire (15 octobre 1805).
Quartier général : Thalfingen.
... 3e division. - A 7 heures du matin, la division a quitté sa position en avant des bois d'Elchingen pour se diriger sur la route d'Albeck à Ulm.
Comme elle exécutait ce mouvement, Sa Majesté l'empereur Napoléon s'est porté à sa tête et a ordonné de la porter sur Jungingen.
Arrivée à la hauteur d'Haslach, elle a rencontré l'ennemi posté sur les hauteurs en avant du Spitzberg.
Elle s'est mise en bataille à droite et à gauche de la grande route en avant du hameau, et soutenue par les chasseurs à cheval de la Garde impériale, ses tirailleurs ont dépisté l'ennemi et l'ont forcé de rentrer derrière ses retranchements.
La division a ensuite changé de direction à droite, ayant M. le maréchal Ney à sa droite; elle s'est portée vers Jungingen et s'est mise en bataille, la droite en avant de ce village et la gauche vers la route d'Albeck à Ulm. Après y avoir resté un quart d'heure, elle a fait un nouveau mouvement par sa droite et s'est portée jusqu'à la grande route de Stuttgard à Ulm, à la hauteur du village de Lehr. (La division a passé sur le front de la division Suchet, qui était en bataille en avant de Jungingen.)
Elle a de suite continué sa marche par un demi-quart de conversion à gauche et a suivi la grande route dans la direction du Michelsberg où elle a trouvé l'ennemi rangé en bataille, derrière des retranchements seulement ébauchés.
Le 25e d'infanterie légère a commencé l'attaque au pas de charge ; les trois bataillons ont passé sur une seule colonne à la gauche des retranchements.
Le 3e bataillon ayant dépassé la première redoute, l'attaqua par la gorge, tandis que les deux premiers bataillons attaquaient l'ouvrage principal de front et de revers.
Le 27e de ligne suivit le même mouvement, mais plus à droite et la 2e brigade forma la réserve.
L'ennemi ne put résister à ce mouvement, exécuté avec la plus grande vigueur. Il a abandonné précipitamment sa position et s'est retiré en désordre jusque dans la ville, laissant un grand nombre de prisonniers.
Les troupes l'ont poursuivi jusqu'aux fossés de la place, dans toute l'étendue du front du Michelsberg.
Le 50e régiment a marché si rapidement à la poursuite de l'ennemi qu'il est entré avec lui dans les ouvrages élevés en avant de la porte de Stuttgard (Porte des Dames) où il a fait prisonnières les troupes qui les défendaient (au nombre de 800 hommes et 20 officiers).
Mais ayant été ensuite attaqué dans cette position par des forces infiniment supérieures, il a été forcé d'abandonner une partie de ses avantages et s'est retiré d'abord sur le cimetière (avec 360 hommes, dont plusieurs officiers, faits prisonniers), ensuite sur le 59e régiment, qui avait été laissé en réserve sur la hauteur du Michelsberg.
La division a pris position sur le Michelsberg, la droite au ravin venant de Lehr, la gauche à celui qui se trouve entre les deux routes de Nuremberg et de Stuttgard, ayant ses avant-postes dans les jardins qui sont en avant et occupant par des compagnies d'éclaireurs la blanchisserie d'Ober-Bleiche ..." (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 3, 2e partie, p. 788).
Le 25 Vendémiaire an 14 (17 octobre 1805), le Général de Division Malher écrit, depuis son Quartier général au bivouac sous Ulm, au Maréchal d'empire Ney : "Monsieur le Maréchal,
En conséquence des dispositions que vous avez ordonnées pour le 23, ma division se mit en mouvement à 6 heures du matin, pour se porter sur Albeck et former la deuxième ligne de la seconde division; mais, par un de ces hasarda très communs à la guerre, le guide nous dirigea sur Haslach au lieu d'Albeck; m'apercevant, à la présence des vedettes ennemies, que nous étions trop avancés, je me disposais à reprendre ma direction lorsque Sa Majesté arriva avec toute sa Garde à cheval. Lui ayant rendu compte du mouvement que j'allais faire, Elle m'ordonna de prendre position où je me trouvais; je déployai aussitôt ma 1re brigade en appuyant sa droite au bois de Jungingen et sa gauche au village de Haslach ; je plaçai la brigade du général Labassée en seconde ligne, couvrant son flanc gauche par un carré flanqué d'artillerie et éclairant les bouquets de bois qui se trouvaient dans la plaine.
L'Empereur envoya ses chasseurs à cheval en avant de ma première ligne et ses grenadiers à cheval à la droite de ma seconde.
Mes voltigeurs éclairèrent le ravin qui existe entre le Michelsberg et le Spitzberg.
Vous arrivâtes et m'ordonnâtes de longer le bois de Jungingen me dirigeant sur le clocher; ce mouvement fut exécuté sans obstacles ; vous me le fîtes continuer ensuite sur la direction de Lehr; parvenu à la grande route de Stuttgard, je changeai de direction à gauche et, suivant cette grande route, j'arrivai au pied du Spitzberg. Le général Marcognet, à la tête du 25e régiment dont il forma trois colonnes, marchant en échelons. et moi, à la tête du 27e n'en formant qu'une pour réserve, longeâmes par notre droite cette montagne avec tant de rapidité que l'ennemi ne put que tirer quelques coups de canon et jeter, sans succès, quelques obus. Toute l'infanterie qui défendait les retranchements mit bas les armes, se voyant tournée, et la brigade se trouva au versant de cette montagne sans avoir éprouvé d'autre perte que celle de l'aide de camp du général Marcognet, M. Jorry, qui fut blessé au genou en aidant son général à la gravir.
Vous fûtes témoin, Monsieur le Maréchal, de l'ardeur et de la vivacité des troupes à exécuter ce mouvement; je dois rendre justice aux régiments qui l'ont exécuté. Aucun homme n'est resté en arrière et souvent le général Marcognet et moi avons été obligés de modérer leur impétuosité afin de ne point arriver décousus.
Parvenus au revers de cette montagne, le général Marcognet voyant du désordre sur le glacis de la place, et toujours empressé à vaincre, déploya ses trois colonnes et, au pas de charge, se porta dans les jardins qui bordent la plaine qui est au pied du glacis; l'ennemi faisait filer sur la route de Biberach un corps de cavalerie qui longea le feu du 25e régiment et dut beaucoup souffrir. Le 27e régiment, que je voulais tenir en réserve dans les retranchements du Spitzberg, emporté par sa valeur, s'élança à la suite du 25e régiment et facilita le général Marcognet à étendre sa droite et à garder les issues de la place depuis la Blau jusques à la route de Stuttgard; ce mouvement et la vue des colonnes de dragons qui se portaient sur Söflingen arrêta le mouvement de retraite de l'ennemi.
Tandis que la brigade de droite exécutait ces manœuvres, M. Caron gravissait, avec son artillerie de 4, la montagne et se trouva comme par magie en batterie sur la sommité et en état de faire tête à celle de la place.
Le général Labassée reçut de vous l'ordre de placer le 59e régiment en réserve à la gauche de la route de Stuttgard, et de porter le 50e régiment sur la porte qui y conduit.
D'après le rapport qui m'en a été fait, M. le colonel Lamartinière l'exécuta avec tant de célérité qu'il parvint dans les retranchements et fit mettre bas les armes à tous ceux qui y étaient; mais leur nombre surpassant de beaucoup les assaillants, ils furent enveloppés et obligés de se retirer en laissant quelques officiers et soldats prisonniers de guerre qui, trop avancés, ne purent se retirer à leurs régiments.
Il ne m'appartient pas de décider si c'est à la hardiesse de ces mouvements que nous devons les succès subséquents de cette affaire, mais je ne dois pas omettre de vous désigner les officiers, sous-officiers et soldats qui s'y sont le mieux conduits. Le choix parmi tant de braves est difficile ; aussi ne m'en rapporterai-je, pour les corps, qu'aux rapports de MM. les colonels et, pour l'état-major de ma division, à ce que j'ai vu et remarqué de mes yeux.
Je ne vous parlerai point des généraux Marcognet et Labassée; ils ont été partout où se sont portés les corps de leurs brigades et c'est assez dire que leur présence a contribué à nos succès.
M. Lefos, mon chef d'état-major, ne m'a quitté que pour diriger les troupes que la voix du général Marcognet ou la mienne ne pouvaient atteindre; c'est, sans contredit, un des premiers et des plus braves officiers de son rang, il mérite vos bontés particulières et la faveur de notre auguste souverain. J'ai l'honneur de vous prier de lui accorder l'une et d'intercéder pour l'autre.
M. Caron, mon commandant d'artillerie, a dirigé son arme avec une sagacité et une intelligence qui justifient la réputation qu'il s'est acquise. Tous les officiers d'état-major ou aides de camp, pour lesquels j'ai sollicité de l'avancement ou la croix à l'affaire de Günzburg, ont prouvé dans cette journée qu'ils mériteraient plus d'une fois que vous daignassiez vous intéresser à eux; je vous prie donc d'assurer Sa Majesté que ce sera une (mot sauté dans le texte) que de leur accorder ce que j'ai demandé pour eux ainsi que pour ceux portés aux états ci-joints.
Si les troupes que j'ai l'honneur de commander ont rempli votre attente et les vœux de Sa Majesté, croyez, Monsieur le Maréchal, que, dans toute occasion, elles s'empresseront de prouver le respect et le dévouement sans bornes qu'elles ont pour notre souverain et l'attachement qu'elles vous portent. Je me flatte que mes sentiments vous sont assez connus. Croyez, je vous prie, qu'ils sont inviolables" (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 3, 2e partie, p. 791).
Le 59e de Ligne, fort de 2 Bataillons, fait partie des troupes présentes à la reddition de cette place et à la sortie de la garnison autrichienne, prisonnière de guerre (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 3, 2e partie, p. 977 In : Bugeaud à Mlle de la Piconnerie. Linz, le 16 brumaire. - D'Ideville, Le Maréchal Bugeaud, t. 1, p. 73).
"6e CORPS D’ARMEE.
Journée du 29 vendémiaire (21 octobre 1806).
... 3e division. - ... Les 50e et 59e à Ulm ..." (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 3, 2e partie, p. 1008).
Le futur Général Duc de Fezensac, alors Sous-lieutenant au 59e de Ligne, a écrit dans ses Souvenirs, au sujet de la manœuvre d'Ulm : "... Le régiment marchait jour et nuit, et j'ai vu, pour la première fois dans cette campagne, dormir en marchant ...
On arrivait à la position que l'on devait occuper, sans avoir rien mangé et sans y trouver de vivres.
Le mauvais temps rendit nos souffrances plus cruelles encore. Il tombait une pluie froide ... Le 16 octobre, en particulier ... personne ne resta à son poste. On ne trouvait plus ni grand'garde, ni factionnaire ; l'artillerie, même, n'était pas gardée, chacun avait cherché à s'abriter" (Bonnal H. : « La vie militaire du Maréchal Ney », Chapelot, Paris, 1910, tome 2, p. 188).
Un "Etat de situation des différents détachements envoyés par les bataillons de dépôt et qui doivent être arrivés à Spire le 18 brumaire et en partir le 19", signé par l'Adjudant commandant Petiet, indique, pour la 3e Division du 6e Corps d'Armée, que le détachement du 59e Régiment d'Infanterie de Ligne n'est pas arrivé; il devait arriver le 20 Vendémiaire (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 3, 2e partie, p. 1170).
Un "Etat des présents sous les armes au 6e corps d'armée le 4 brumaire" indique que le 59e de Ligne est à la 3e Division; sa force est de 55 Officiers, 1566 Sous-officiers et soldats présents ; total 1621 (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 1, p. 769).
. Grande Armée à l'époque du 6 Brumaire an XIV (28 octobre 1805).
5e Corps d'Armée. Commandant en chef. Maréchal LANNES. 3e Division du 6e Corps. Général de Division. Malher 25e Légère; 27e de Ligne; 50e de Ligne; 59e de Ligne. Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 4, p. 711 |
Le Maréchal Ney lance, le 30 dans la journée, l’ordre de mouvement pour le 9 Brumaire (31 octobre) : "... Le 59e régiment partira de très bonne heure de Buchloc et réglera sa marche de manière à arriver, le même jour, à Schongau. Ce régiment sera provisoirement aux ordres du général Marcognet ..." (Bonnal H. : « La vie militaire du Maréchal Ney », Chapelot, Paris, 1910, tome 2, p. 196).
Le 3 novembre, les troupes du 6e corps sont cantonnées en profondeur, l'avant-garde (Brigade Roguet : 69e et 76e, avec le 10e chasseurs), à Mittenwald, le gros (Division Malher) entre Kaltenbrunn (1 Bataillon du 25e Léger), Partenkirch (2 Bataillons du 25e Léger et 27e de Ligne de la Brigade Marcognet) et Garmischgau (Brigade Labassée : 50e et 59e de Ligne, avec le 3e hussards) (Bonnal H. : « La vie militaire du Maréchal Ney », Chapelot, Paris, 1910, tome 2, p. 200).
Le 16 Frimaire an 14 (7 décembre 1805), le Général Lamarque écrit, depuis Weissenhorn, au Général Lacuée, Conseiller d’Etat, à Paris : "Mon général, je vais rouvrir une plaie encore douloureuse mais vous êtes militaire. Vous être Français, et je suis sûr que vous trouverez dans ma lettre des motifs de consolation.
Au retour d’une campagne très pénible dans le Tyrol, nous avons été cantonnés aux environs de Gunsbourg, ou voici le désir de voir un champ de bataille français m’y appelait, j’en étais repoussé par le souvenir du pauvre Gérard ; vous savez que nous avons été élevés, pour ainsi dire ensemble, que tous deux officiers de grenadiers sous les ordres du général de Latour d’Auvergne nous nous liâmes d’une amitié que rien n’a altérée.
Le passage de Sa Majesté l’Impératrice ayant fait réunir toutes nos troupes entre Leijahen et Gunsbourg je n’ai pas pu me dispenser d’y paraitre à la tête de ma brigade ; j’ai rencontré plusieurs officiers et soldats blessés du 59e régiment, entre autres le capitaine Villars qui a reçu 3 coups de feu, six coups de sabre et sept à huit coups de baïonnette ; ils m’ont fait parcourir toutes les positions où l’on s’est battu, je les ai dessinées à la hâte, et je vous les envoie avec une relation que je crois exacte.
Ce n’est pas tout ; ayant suivi partout les traces de votre pauvre Gérard, je n’ai rencontré sur sa tombe aucune marque distinctive ; j’ai couru chez le curé, chez le bourgmestre et je lui ai reproché cet abandon ; ils m’ont répondu qu’ils avaient bien reçu l’ordre du prince Murat et du maréchal Ney de décorer ce tombeau, mais qu’il n’y avait aucun dessinateur, aucun artiste et qu’ils ne savaient comment s’y prendre. J’ai crayonné le modèle d’un monument que vous trouverez ci-joint, et dans ce moment on y travaille sous l’inspection du général de division Desjardins qui m’a promis de ne pas laisser perdre un moment pour le terminer.
Ainsi le pauvre Gérard aura reçu un tribut digne de lui puisqu’il vient des mains de l’amitié. Ainsi les Français qui aiment à s’attendrir sur la jeunesse, les vertus, les talents, et le courage moissonnés par le fer ennemi sauront où ils doivent aller verser des larmes.
Je vous avoue que ce devoir que j’ai rempli a satisfait mon cœur, il y a cinq ans que Gérard et moi nous en acquittâmes envers notre ancien commandant. Ainsi, la race des braves disparait chaque jour, mais ils laissent leur souvenir, et quand un rayon de gloire éclaire leurs derniers moments, ils bénissent leur sort. Agréez mon général, les assurances de mon respect et de mon attachement, et soyez sûr que j’ai besoin d’exalter ma tête, pour ne pas pleurer comme un enfant. Antoine, que j’ai vu il y a quelques jours à Bregens, est bien" (Archives Nationales, Fonds Lamarque (1760-1869), 566 AP/12, folio 13).
Dans son Rapport à Son Excellence le Ministre de la guerre, Major général, le Maréchal Ney écrit, depuis Inspruck, le 7 Frimaire an XIV (28 novembre 1805) : "Monsieur le Maréchal, je dois rendre à Votre Excellence un compte détaillé des opérations qui ont eu lieu depuis la prise de Leutasch, de Scharnitz et d'Inspruck.
Aussitôt que j'eus reçu des rapports un peu authentiques sur la position de l'ennemi, je pris toutes les mesures que la faiblesse de mes moyens pouvait me permettre de prendre, pour envelopper successivement les corps isolés qui couvraient les principales communications du Vorarlberg et du Tyrol.
Pour mieux juger ces mesures, il faut reprendre de plus haut l'ensemble des opérations.
Lorsque je reçus l'ordre de porter le corps d'armée dans le Tyrol, je n'avais à ma disposition que les
69e de ligne, 76e de ligne de la 2e division;
25e léger, 27e de ligne, 50e id, 59e id de la 3e division ;
150 chevaux du 3e de hussards et du 10e de chasseurs, quelque artillerie commandée par le général Leroux, formant, en tout, 8,000 hommes …
Le 22 brumaire (13 novembre), les rapports annonçaient que l'archiduc Jean tenait le Brenner, et que les troupes du Vorarlberg cherchaient à se réunir à lui; je sentis alors l'importance de prévenir cette jonction, et j'ordonnai à la 2e division de se porter sur Sterzing et d'attaquer le Brenner, le 24 (l5 novembre), si l'ennemi y restait.
Les 50e, 59e de ligne, 3e de hussards et un bataillon du 25e léger remontèrent la vallée de l'Inn pour se diriger, par Nauders, sur Schldanders (haut Adige), afin de chercher à couper toute retraite au prince de Rohan, qui fut sommé de mettre bas les armes.
Je fus informé que le général Saint-Julien avait évacué le Brenner, le 23 (14 novembre), et qu'après s'être réuni, à Muhlbach, aux corps de l'archiduc Jean et du général Ihler, il se retirait, par Bruneckën, sur Klagenfurt, à marches forcées, afin de ne pas être coupé. Les nouveaux renseignements que je reçus à Muhlbach, le 24 (15 novembre), me firent juger que les divisions du Vorarlberg cherchaient à prendre la même direction et qu'elles tomberaient en notre pouvoir si elles nous trouvaient en possession du point important de Botzen, où se réunissent les trois grandes vallées (de la Drave, de l’Adige, de l'Inn) et toutes les communications de la Carinthie, de l’Italie et du Vorarlberg. J'ordonnai, en conséquence, au général Loison de s'y porter avec la brigade Roguet et la cavalerie légère du colonel Colbert. Je fis marcher sur-le-champ le général Vonderweidt sur Brixen avec le 25e et le 27e et ne tardai point à diriger sur le même point le général Malher et le 59e qui reçut (à cet effet) ordre de redescendre la vallée de l'Inn (jusqu'à Innsbruck, et de là, vers Brixen). Par ces dispositions, je portais toutes les troupes disponibles sur le point important, et je les soutenais successivement par tous les moyens que je pouvais réunir. Le 50e fut détaché (de Telfs) pour remonter la vallée de l'Inn, harceler l'ennemi et compléter son investissement du côté de Meran (haut Adige). Le colonel Lamartière (du 50e) entra, le 24 (15 novembre), à Landeck, au moment où l'ennemi en sortait; il prit 40 hommes, 6 pièces de canon et beaucoup de bagages. Son détachement marcha successivement jusqu'à Schlanders, où il était déjà le 27 brumaire (18 novembre).
Ce mouvement du 50e devait être d'abord soutenu par le 59e, mais je m'étais décidé à porter ce régiment (par Innsbruck) sur Brixen.
Au lieu de suivre mes instructions et de poster 6 bataillons à Botzen, le général Loison n'y conduisit, le 26 (17 novembre), qu'un bataillon du 76e, les grenadiers de sa division et un détachement du 25e. Cette petite troupe fut encore dispersée (morcelée) à Morinzing, Saint-Colman, Gries, Signumdseron, Botzen et Cardann, quoique ce général fût informé de l'arrivée de l'avant-garde ennemie à Terlan (Vilpian) et des efforts qu'il faisait pour déboucher.
Le prince de Rohan ayant concerté son mouvement avec les Tyroliens fit attaquer nos avant-postes, le 27 (18 novembre), à 3 heures de l'après-midi, et les repoussa jusqu'au pont de l'Adige. L'ennemi se déployant alors à droite et à gauche, chercha à tourner les troupes qui le défendaient. Malgré leur fermeté, ces troupes, assaillies par les habitants mêmes de la ville (de Botzen) et par des forces supérieures, furent forcées d'abandonner leur poste; elles se retirèrent avec ordre, reçurent à la baïonnette plusieurs charges de cavalerie, tuèrent beaucoup de monde et vinrent prendre position en arrière de Botzen. Au même instant, toute la vallée jusqu'à Teuchs parut couverte de feux et de paysans armés. Ce mouvement inattendu, opéré sur les derrières de nos troupes, décida un mouvement rétrograde.
Le bataillon du 76e, qui a déjà fait avec distinction la guerre des montagnes dans les Grisons, déploya une grande fermeté.
Attaqués de toutes parts, nos soldats ont marché sur les Tyroliens avec audace, les ont dispersés et se sont retirés jusqu'à Kolman et Klausen, sans autre perte que celle d'un capitaine, de 18 hommes tués et de 50 blessés. L'ennemi a laissé environ 200 tués ou blessés sur le champ de bataille.
Le prince de Rohan a profité de ce moment favorable pour filer sur Lavis, où il a passé la nuit.
J'arrivai, le 28 (19 novembre), à Brixen, et donnai de suite l'ordre de se porter sur Botzen, le lendemain, à 6 heures du matin. Les paysans, au nombre de 1,200, commençaient à tirailler avec la tête de la colonne, près de Kolman, lorsqu'on parvint à leur faire entendre le langage de la raison et à les renvoyer dans leurs foyers. Nous arrivâmes, le soir même, à Botzen" (Bonnal H. : « La vie militaire du Maréchal Ney », Chapelot, Paris, 1910, tome 2, p. 224).
/ 1806
Le Général Duc de Fézensac qui, en 1805, était Sous-lieutenant au 59e de Ligne (6e Corps, 3e Division, 2e Brigade), parle, dans ses Souvenirs, du temps passé par lui à Salzburg, à Augsbourg et dans la Souabe méridionale. "A la fin de mars 1806, l'armée rentrait en France, lorsque l'attitude menaçante de la Prusse décida l'Empereur à la laisser en Allemagne. On vivait aux frais de ses hôtes et à peu près à discrétion. Il eut mieux valu donner aux soldats des rations, aux officiers, des frais de table, et acquitter exactement la solde, ce qu'on ne faisait point. Par ce moyen, on eut pu réunir les troupes dans un plus petit espace, pour le plus grand bien de la discipline et de l'instruction. Les soldats mangeaient donc chez leurs hôtes, et avec quelles exigences quand on connaît les Français, leur gourmandise, leur goût pour le vin et le dédain qu'ils ont toujours témoigné aux étrangers. La dépense pour l'habillement n'était pas plus payée que la solde, afin que l'armée, en rentrant en France, y trouvât des économies et des habillements neufs. En attendant, le soldat n'était pas vêtu, et l'on répondait aux réclamations des chefs de corps qu'ils devaient y pourvoir le mieux possible. Voici ce que nous finies à cet égard. Dans les commencements, l'habitant donnait au soldat, par jour, une petite bouteille de vin du pays. Les capitaines en demandèrent la valeur en argent, à la condition que les habitants ne donneraient plus de vin. L'argent fut employé à acheter des pantalons, mais les soldats n'y perdirent rien. Quelques-uns, assez tapageurs, se faisaient craindre de leurs hôtes, mais les autres, très bons enfants, travaillaient aux champs, faisaient la moisson, dansaient avec les filles, et le paysan, le soir, leur donnait à boire. Nous avions donc, à la fois, l'argent et le vin. Les officiers, trop éloignés des soldats, ne pouvaient réprimer les abus; d'ailleurs, la plupart d'entre eux donnaient l'exemple de l'exigence et de l'indiscrétion...
On pense bien que la galanterie ne fut point oubliée et qu'avec un aussi long séjour elle devait même jouer un grand rôle. On peut dire que presque dans chaque logement il y avait une intrigue amoureuse... On craignait et l'on désirait notre départ tout à la fois. On le craignait parce que beaucoup d'entre nous se faisaient aimer d'amour ou d'amitié..., et que nous apportions, dans ces intérieurs froids, un mouvement, une gaité, une animation inconnus jusqu'alors et auxquels les femmes surtout paraissaient fort sensibles. On désirait notre départ parce que les habitants ne se sentaient plus maîtres chez eux, que nous avions émancipé leurs femmes.... et que le pays ne pouvait plus supporter des charges aussi lourdes et aussi longtemps prolongées" (Bonnal H. : « La vie militaire du Maréchal Ney », Chapelot, Paris, 1910, tome 2, p. 252).
Le 22 juin 1806, l'Empereur écrit depuis Saint-Cloud au Général Dejean, Ministre directeur de l'Administration de la Guerre : "Monsieur Dejean, je vous envoie un travail sur l'emplacement que doit occuper la Grande Armée au moment de sa rentrée en France. Vous me proposerez une meilleure répartition, à peu près dans les mêmes divisions, si vous y entrevoyez quelque économie pour le service, soit pour les lits, soit pour le fourrage, soit pour le casernement.
... 6e corps du maréchal Ney
6e et 5e divisions militaires
… Luxembourg 59e de ligne Luxembourg ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 11352).
Le 11 juillet 1806, l'Empereur écrit depuis Saint-Cloud, au Maréchal Berthier, Major général de la Grande Armée : "Mon Cousin … La division du général Broussier est composée de 9,000 hommes qui se composent de détachements des 6e, 9e, 15e et 25e d'infanterie légère (la CGN et l’original parlent des 9e, 15e et 25e de Ligne), 76e, 21e, 27e, 30e, 33e, 39e, 51e, 59e, 61e, 69e, 12e, 85e et 111e de ligne : ordonnez que cette division soit dissoute et que ces détachements se dirigent à l'heure même, du lieu où ils se trouvent, par la route la plus courte, pour se rendre à leurs bataillons de guerre de l'armée. Le 9e d'infanterie légère se dirigera sur Wesel, et le 15e d'infanterie légère sur Paris ..." (Correspondance de Napoléon, t.12, lettres 10478 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12461).
Le 5 septembre 1806, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au général Dejean, Ministre Directeur de l'Administration de la Guerre : "Monsieur Dejean, je vous envoie une note des changements que je désire faire dans la répartition des 50000 conscrits de la conscription de 1806. Faites-la imprimer sans délai et envoyez-moi cette seconde édition.
Nap
ANNEXE
En lisant avec attention la répartition des 50 000 conscrits de la conscription de 1806 entre les différents corps, on est porté à désirer quelques changements ; comme la conscription n’a pas encore été mise en mouvement, il est encore temps de le faire sans produire de contre-mouvements ...
Le département du Nord ne fournira rien au 5e de ligne et les 449 hommes qu'il devait fournir à ce régiment seront donnés, savoir : 249 hommes au 59e et 200 hommes au 51e de ligne ..." (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 1, lettre 627 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12873).
Le Supplément à l’ordre de marche du 9 octobre indique : "… Le parc d'artillerie, qui est à Bayreuth, en partira demain, 10, pour se rendre à Munchberg. La compagnie du 59e, qui y est attachée, y restera jusqu'à nouvel ordre" (Bonnal H. : « La vie militaire du Maréchal Ney », Chapelot, Paris, 1910, tome 2, p. 272).
/ 1807
/ 1808
Le 5 décembre 1808, l'Empereur écrit, depuis Chamartin, au Général Lacuée, Directeur des Revues et de la Conscription militaire, à Paris : "... Le corps d'Oudinot ne serait plus alors composé que des compagnies de grenadiers et voltigeurs des régiments ci-après, savoir : 6e, 9e, 16e, 25e, 27e, 17e, 21e, 24e, 26e, 28e d'infanterie légère ; 8e, 95e, 96e, 4e, 18e, 40e. 64e, 88e, 27e, 39e, 45e, 59e, 69e, 76e, 24e, 54e, 63e, 94e d'infanterie de ligne.
Mon intention serait que les compagnies restant des 4es bataillons de ces corps y fussent réunies ; ce qui compléterait vingt-huit bataillons. J'y joindrais les 4es bataillons des 46e, 28e, 50e, 75e, 100e et 103e ; ce qui porterait ce corps à trente-quatre bataillons, qui, à 840 hommes chacun, feraient près de 30,000 hommes.
Pour compléter le nombre de 30,000 hommes, j'y réunirais les bataillons des tirailleurs du Pô et des tirailleurs corses ; j'en formerais trois divisions de douze bataillons chacune ; ce qui ferait un beau corps qui pourrait, si cela était nécessaire, renforcer l'armée du Rhin et la porter à 140,000 hommes ..." (Correspondance de Napoléon, t.18, lettre 14535 ; Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 19446 ; Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, p. 21).
L'"ÉTAT de répartition des dépôts d'infanterie dans les garnisons" indique que le 59e de Ligne fait partie du 3e Arrondissement; 3e Division militaire. Luxembourg (Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, p. 478).
Le 13 février 1809, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la guerre : "Monsieur le général Clarke, le corps du général Oudinot, au lieu d’être partagé en trois divisions, ne le sera qu’en deux. À cet effet, la 3e demi-brigade légère et la 4e demi-brigade de ligne feront partie de la 1re division ; la 5e et la 6e demi-brigade de ligne feront partie de la 2e division. Le général Claparède commandera une de ces deux divisions. Comme il paraît que chaque corps ne pourra fournir que deux compagnies de fusiliers au grand complet, jusqu’à ce que la conscription de 1810 ait complété les cadres, chaque bataillon ne sera que de 560 hommes, chaque demi-brigade de 1 680 hommes, chaque division de 10 000 hommes, et le corps entier de 20 000 hommes. Lorsque les 5e et 6e compagnies de fusiliers pourront être envoyées, je verrai si je dois former une 3e division, ou laisser seulement le corps à deux divisions.
... Le 8e bataillon sera composé de deux compagnies du 59e, de deux du 69e, et de deux du 76e ...
Ces douze bataillons de marche seront réunis du 1er au 15 mars à Strasbourg.
Vous donnerez ordre que chacune de ces compagnies soient complétées à 140 hommes.
Donnez ordre que les dépôts fournissent à chaque homme une capote et 3 paires de souliers, dont deux dans le sac et une aux pieds.
Si les dépôts ne pouvaient compléter ces compagnies, ils en enverront toujours les cadres, avec tout ce qu’ils ont de disponible, et vous ferez connaître ce qui manquerait, afin que je le fasse tirer des conscrits de ma Garde.
Vous donnerez ordre que tous les détachements de ma Garde qui doivent partir de Paris, pour porter les compagnies de grenadiers et de voltigeurs au grand complet, soient prêts à partir le 15 pour se rendre à Strasbourg. Ils seront formés en bataillons de marche. Vous prescrirez aux différents commandants de ma Garde d’en passer la revue, de n’envoyer que des hommes qui sachent faire l’exercice à feu, et de les faire habiller de l’uniforme d’infanterie légère, avec les boutons des régiments où ils doivent entrer ; on me les présentera à la parade du 16, et ils partiront le 17.
J’ai donné ordre au corps du général Oudinot de se réunir à Augsbourg.
Si le général Claparède est encore à Paris, donnez-lui l’ordre de se rendre à Strasbourg186 pour y attendre ces détachements, et exécuter les ordres qui lui seront donnés. Il sera chargé de mener cette colonne.
Par ce moyen, il y aura entre Strasbourg et Augsbourg de quoi compléter les 12 brigades du corps du général Oudinot, à 12 compagnies chacune, c’est-à-dire à 20 000 hommes. Comme il y aura 12 demi-brigades, il faudra 36 chefs de bataillon et adjudants-majors. Présentez-moi la nomination de ceux qui manquent, et vous les dirigerez sur Strasbourg, pour de là rejoindre le corps. Il faudra 12 majors, le corps en a huit ; c’est quatre à envoyer. Il faut 6 généraux de brigade ; faites-moi connaître ceux qu’il faudrait envoyer.
Il faut à chaque division 18 pièces de canon, c’est-à-dire 36 pour les 2 divisions. Le corps en a 18 ; faites-moi connaître la situation du parc de l’armée du Rhin, et s’il peut fournir les 18 autres pièces.
Ainsi, à la fin de mars, j’aurai au corps du général Oudinot 20 000 hommes, 36 pièces de canon avec caissons et double approvisionnement, un général de brigade d’artillerie, deux compagnies de sapeurs, une compagnie de pontonniers, un colonel du génie, trois officiers du génie, 6 000 outils attelés, 40 caissons d’infanterie, 20 par division, la division de cuirassiers Espagne, et la brigade de cavalerie légère composée de 3 régiments que j’ai attachés à ce corps. Ce qui fera un corps de près de 30 000 hommes.
Il faut qu’il y ait un commissaire des guerres par division, et deux adjoints, et les chefs de service nécessaires. L’armée du Rhin a en personnel de quoi organiser tout cela ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20016 ; Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, p. 61).
Le 15 février 1809, le Ministre de la Guerre adresse son rapport à l'Empereur : "J'ai l'honneur de rendre compte à l'Empereur qu'en exécution des dispositions prescrites par sa lettre du 13 de ce mois, je viens de donner l'ordre à M. le général Oudinot de ne former provisoirement qu'à deux divisions, au lieu de trois, le corps d'armée qu'il commande. Ces deux divisions seront composées, ainsi que Sa Majesté l'a ordonné, de la manière suivante, savoir :
1re division.
1re 1/2 brigade d'infanterie légère ; 3e id. ; 1?e de ligne ; 2e id. ; 3e id. ; 4e id.
2e division.
2e 1/2 brigade d'infanterie légère ; 4e id. ; 5e id de ligne ; 6e id. ; 7e id. ; 8e id.
Le général de division Claparède commandera l'une de ces divisions.
J'ai prévenu le général Oudinot que les 4es bataillons qui doivent composer son corps ne pouvant fournir en ce moment que deux compagnies de fusiliers au grand complet, chacun de ces bataillons sous ses ordres ne sera provisoirement composé que de la compagnie de grenadiers , de la compagnie de voltigeurs et des deux premières compagnies de fusiliers formant 560 hommes par bataillon, 1,680 hommes par demi-brigade, 10,000 hommes par division et 20,000 pour le corps entier.
J'ai expédié les ordres pour faire diriger sur Strasbourg les 1re et 2e compagnies de fusiliers de tous ces 4es bataillons complétées à 140 hommes chacune et munies d'une capote et de trois paires de souliers par homme. Huit de ces 4es bataillons avaient encore leurs compagnies de grenadiers et de voltigeurs dans l'intérieur et je leur ai pareillement donné l'ordre de se rendre à Strasbourg, ce sont celles des 24e de ligne qui est à Lyon, 16e légère qui est à Mâcon, 28e, 46e, 50e, 75e qui sont à Boulogne, 100e et 103e qui sont à Metz.
Toutes ces compagnies, à leur arrivée à Strasbourg, y seront réunies formées en 12 bataillons de marche de la manière prescrite par Sa Majesté et mises sous le commandement du général de division Claparède qui se trouvait à Paris et qui a l'ordre de se rendre à Strasbourg où il attendra de nouveaux ordres.
Je joins ici l'état de ces compagnies indiquant les époques de leur arrivée à Strasbourg et leur formation en bataillons de marche.
Dans le cas où les dépôts ne pourraient en ce moment compléter à 140 hommes chacune de ces compagnies, j'ai ordonné qu'on en fit néanmoins partir les cadres avec tous les soldats disponibles au dépôt et qu'on me fit connaître sans aucun délai ce qui pourrait leur manquer, j'aurai l'honneur d'en rendre compte à Sa Majesté à mesure que les rapports me parviendront.
Les détachements de la garde impériale destinés à porter les compagnies de grenadiers et de voltigeurs au grand complet partiront de Paris le 17 février formés en 2 bataillons de marche, l'un d'infanterie légère fort de 643 hommes, l'autre d'infanterie de ligne fort de 814 hommes, en tout 1,457 hommes, ils arriveront le 9 mars à Strasbourg. Ces deux bataillons seront présentés à Sa Majesté demain, 16 , à la parade.
Je donne des ordres pour compléter à 6 le nombre des généraux de brigade du corps du général Oudinot, celui des majors à 12 , celui des chefs de bataillon et adjudants-majors à 36. J'ordonne en même temps des dispositions pour compléter à 36 pièces le nombre des bouches à feu du corps du général Oudinot, savoir 18 par division, et pour organiser son administration à raison d'un commissaire des guerres par division et deux adjoints avec les chefs de service nécessaires pris dans l'administration de l'armée du Rhin ...
Au moyen de ces dispositions, il y aura entre Augsbourg et Strasbourg de quoi compléter les 12 1/2 brigades de ce corps d'armée à 12 compagnies chacune et ce corps aura ainsi, vers la fin de mars, 20,000 hommes d'infanterie, 36 pièces de canon avec caissons et double approvisionnement, un général de brigade d'artillerie , une compagnie de pontonniers, un colonel et trois officiers du génie, deux compagnies de sapeurs, 6,000 outils sur des voitures attelées, 40 caissons d'infanterie dont 20 par division, la division de cuirassiers du général Espagne, la brigade de cavalerie légère, ce qui fera un corps de près de 30,000 hommes" (Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, p. 65). Cette lettre est suivie d'un "État des bataillons de marche destinés à rejoindre le corps du général Oudinot et qui sont dirigés sur Strasbourg" qui indique : 8e Bataillon de marche du Corps du Général Oudinot, 1ère et 2e Compagnies de Fusiliers des 59e, 69e et 76e de Ligne; chacune à 280 hommes; celles du 59e doivent partir de Luxembourg le 27 février, pour arriver le 6 mars à Strasbourg.
Napoléon décide également la création de 16 Régiments provisoires. L'Empereur écrit, le 3 mars 1809, depuis Paris, au Général Clarke, Comte d'Hunebourg, Ministre de la Guerre, à Paris : "Monsieur le Général Clarke, je vous envoie le projet de formation d’une réserve de régiments provisoires, sur lequel je désire que vous me fassiez un rapport. Faites-moi connaître si je n'ai rien oublié et s'il y a des changements qu'il soit convenable de faire pour épargner des marches aux troupes. Enfin présentez-moi des états qui m'apprennent si les 5es bataillons pourront fournir ces quatre, trois ou deux compagnies pour concourir à ladite formation. Les 10,000 hommes de réserve que forme ma Garde sont destinés à compléter les 5es bataillons et à les mettre à même de fournir les hommes nécessaires. Il faut donc qu'une colonne des états que vous ferez dresser indique le nombre d'hommes qui leur manquera, après avoir épuisé tout leur monde ; cette colonne sera la colonne de distribution des 10,000 hommes de la Garde. Il ne vous échappera pas que, par ce moyen, j'aurai 6,000 hommes à la Rochelle, 3,000 en Bretagne, 9,000 à Paris, 5,000 au camp de Boulogne, 2,500 pour la défense de l'Escaut, 2,500 pour garder Wesel, 5,000 à Strasbourg, 2,500 à Metz et 10,000 Français en Italie; total, 45,500 hommes.
NAPOLÉON
Annexe
PROJET DE FORMATION D'UN CORPS DE RÉSERVE
1
Il sera formé une réserve de seize régiments provisoires composée des compagnies des cinquièmes bataillons qui seront complétés avec les conscrits de 1810;
2
... Le 12e régiment sera composé de 3 bataillons formés de 3 compagnies des 5es bataillons des 59e, 69e, 100e, 103e, 76e et 105e. Il se réunira à Metz ..." (Correspondance de Napoléon, t.18, lettre 14838 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20195 ; Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, p. 188). L'"ÉTAT de situation, d'itinéraire et d'emplacement du corps de réserve de l'armée du Rhin. Feuille nº 2" indique :
Corps de Réserve de l’Armée du Rhin, Général Oudinot.
Quartier général du Corps du Général Oudinot : Augsbourg (du 5 au 16 mars).
2e DIVISION : Général Tharreau.
6e 1/2 brigade de ligne. Augsbourg et les environs (du 5 au 16 mars 1809).
59e de Ligne, 4e Bataillon : Grenadiers et Voltigeurs, 197 hommes ; Conscrits de la Garde, 86 hommes ; 1re et 2e Compagnies de Fusiliers, 280 hommes.
69e de Ligne, 4e Bataillon : Grenadiers et Voltigeurs, 204 hommes ; Conscrits de la Garde, 81 hommes ; 1re et 2e Compagnies de Fusiliers, 280 hommes.
76e de Ligne, 4e Bataillon : Grenadiers et Voltigeurs, 136 hommes ; Conscrits de la Garde, 147 hommes ; 1re et 2e Compagnies de Fusiliers, 280 hommes (Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, Annexe 9).
L'"ÉTAT de situation, d'itinéraire et d'emplacement des renforts pour l’Armée du Rhin" indique :
Corps de Réserve, Général Oudinot.
8e bataillon de marche.
59e de Ligne, 1re et 2e Compagnies de Fusiliers du 4e Bataillon, 280 demandés, 201 mis en marche ; 69e de Ligne, 1re et 2e Compagnies de Fusiliers du 4e Bataillon, 280 demandés, 170 mis en marche. Itinéraire : Haguenau le 5. Strasbourg le 6. Strasbourg le 15. Biberach le 16. Hornberg le 17. Rottweil le 18. Bahlingen le 19. Riedlingen le 20. Ehingen le 21. Ulm le 22. Günzbourg le 23. Zusmarshausen le 24. Augsbourg le 25 (Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, Annexe 13).
Le 8 mars 1809, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, je reçois votre lettre du 6 avec l'état qui y est joint. Je vois que la force des 12 bataillons de marche du corps du général Oudinot est de 6 300 hommes et qu'il manque 3 000 hommes pour les compléter. Ces 3 000 hommes seront fournis par ma Garde ...
Vous donnerez des ordres pour la formation d'un bataillon provisoire qui sera composé :
de 250 hommes du 32e
150 hommes du 58e
300 hommes du 121e
300 hommes du 122e
Total 1 000 hommes et qui portera le nom de bataillon de marche d'Oudinot n°1
Ces 1 000 hommes seront distribués entre les régiments suivants
... 50 hommes au 59e ...
Les détachements de ma Garde partiront habillés. Vous enverrez à cet effet au conseil d'administration les numéros de régiments où ils doivent être incorporés, afin qu'on fasse faire leur uniforme, et qu'on y mette les boutons de ces régiments. Par ce moyen, le corps du général Oudinot recevra un renfort de 8 300 hommes, et il manquera peu de choses à son complet, en présents sous les armes. Quand le corps du général d'Oudinot aura reçu ces 8 000 hommes, vous me ferez connaître ce qui pourrait manquer au complet des compagnies, et s'il y a moyen de le tirer de quelques dépôts, où se trouveraient des conscrits des 4 années antérieures à 1810" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 2, lettre 2899 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20291 ; Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, p. 210).
Le 9 mars 1809, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, je vous envoie un état que j'ai fait dresser du corps du général Oudinot. Faites-le rectifier, s'il y a des erreurs ... " (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 2, lettre 2907 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20307; Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, p. 213).
Situation de la Division Oudinot au 9 mars 1809 (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20309; Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, p. 214) :
Divisions |
Brigades |
1/2 Brigades |
Bataillons |
Présents |
Détachements tirés des conscrits de la Garde |
Compagnies de fusiliers formant les 12 premières compagnies de marche |
Détachement formant le 13e bataillon de marche |
Totaux
|
Manque au complet de 560 par brigade |
Excédent sur le complet |
|
| Par bataillon
|
Par 1/2 brigade
|
||||||||||
2e division général Tharreau |
2e brigade le général |
6e 1/2 brigade d'inf. de ligne Major Courtois | 59e de ligne |
197 |
86 |
201 170 148 |
50 |
534 535 511 |
1580 |
26 |
|
Le 11 mars 1809, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, j'ai vu hier les détachements des 32e, 58e et 121e formant un bataillon n°13 destiné pour les 63e, 27e, 39e, 59e, 69e, 76e, 100e et 103e. Faites partir ces 600 hommes pour Strasbourg ..." (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 2, lettre 2916 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20330 ; Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, p. 226). Rappelons que ces renforts sont destinés au Corps de réserve du Général Oudinot, à Augsbourg.
"Décret.
Au palais des Tuileries, le 23 mars 1809.
Art. 1er. - Il sera formé dix-sept demi-brigades provisoires de réserve, composées principalement de deux ou trois compagnies tirées des cinquièmes bataillons de nos régiments d'infanterie.
Art. 2. Chaque demi-brigade sera commandée par un colonel en second ; chaque bataillon par un chef de bataillon. Il y aura un adjudant-major par demi-brigade.
Art. 3. Les dix-sept demi-brigades seront organisées de la manière suivante :
... 13e demi-brigade.
1er bataillon.
2 compagnies du 59e de ligne.
2 compagnies du 69e de ligne.
2 compagnies du 76e de ligne.
840 hommes.
2e bataillon.
2 compagnies du 100e de ligne.
2 compagnies du 103e de ligne.
2 compagnies du 105e de ligne.
840 hommes.
3e bataillon.
2 compagnies du 6e léger.
2 compagnies du 24e léger.
2 compagnies du 25e léger.
840 hommes.
4e bataillon.
2 compagnies du 26e de ligne.
2 compagnies du 16e de ligne.
2 compagnies du 96e de ligne.
840 hommes.
Cette demi-brigade se réunira à Metz ..." (Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, p 550).
Le 10 avril, les 5e et 6e Compagnies du 4e Bataillon (280 hommes) quittent le Dépôt de Luxembourg; elles doivent être rendues le 17 avril à Strasbourg pour faire partie du 8e Bataillon de marche (d'après le "MOUVEMENT des 5e et 6e compagnies des 4es bataillons appartenant à l'armée du Rhin et au corps de réserve de l'armée du Rhin, pour se rendre à Strasbourg, où elles seront formées en bataillons de marche et envoyées de là en Allemagne pour y rejoindre leurs corps" - In Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, p. 419).
/ 1812
Le 28 août 1812, le Général Rivaud de La Raffinière écrit au Ministre de la Guerre : "J’ai l’honneur d’adresser à V. Ex. des pièces concernant le nommé Juteau Jean, ex fusilier au 7e bataillon du 59e régiment de ligne, appelé dans les vétérans, conformément à son ordre du 6 juillet et que je joins ici. V. Ex. verra par les pièces que j’ai l’honneur de lui transmettre, que le nommé Juteau Jean est hors d’état de faire un service quelconque" (SHD 1 I 50-1– Correspondance du Rivaud de La Raffinière, 16 juillet 1812-30 janvier 1813).
/ Uniformes
/ Drapeaux