Le 50e Régiment d'Infanterie de Ligne

1789-1815

Accès à la liste des Officiers, cadres d'Etat major, Sous officiers et soldats du 50e Régiment d'infanterie de ligne

Avertissement et remerciements :

- Inspection de la 50e Demi-brigade de Ligne par le Général Schauenburg, le - an 8

"Revue d’inspection passée le - an -
50e Demi-brigade.
Etat-major.
Hugues, Chef de Brigade, du - .
Frimard, Chef de Bataillon, du 1er septembre 1793. Bon officier, très instruit.
Moré, Chef de Bataillon, du 11 Floréal an 2. Bon Officier, très instruit.
Gengoult, Chef de Bataillon, du .
Labarthe, Adjudant-major, du 12 Vendémiaire an 3. Officier très instruit sur son état.
Herenbenger, Adjudant-major, du 16 Nivôse an 5. Très instruit sur son état, bon Officier.
Biolet, Adjudant-major, du 26 Pluviôse an 5. Très instruit sur son état, bon Officier.
Sigard, Quartier-maitre trésorier, du 29 Prairial an 2. Assez instruit sur son état, bon Officier.
Blanchot, Quartier-maitre trésorier, du 21 Messidor an 7. Assez instruit sur son état, bon Officier.
Debath, Adjudant sous-officier, du 30 Prairial an 7. Assez instruit, bonne conduite.
Lejeune, Adjudant sous-officier, du 17 Frimaire an 8. Bonne conduite.
Lambert, Adjudant sous-officier, du 21 Nivôse an 8. Très peu instruit sur son état, conduite passable.
Officiers ne pouvant faire campagne, remplacés par des surnuméraires.
Officiers infirmes.      Remplaçants.
Officiers supérieures à la suite du Corps.
Doubert, Chef de Bataillon, au Dépôt.
Administration
" (Schauenburg (Général baron Alexis-Balthazar-Henri-Antoine de) : Registre particulier des revues. An VIII ; Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg: MS.0.492 ; document numérisé par la BNU à la demande conjointe de F. Berjaud, L. Claudel et D. Davin).

- Inspection du Général Schauenburg du 30 Nivôse an 10

"50e demi-brigade.
Revue passée le 30 Nivôse 10. Emplacement Mayence.
Contrôle des Officiers.
Etat-major.
Je. Jos. Hugues, Chef de Brigade, 48 ans, 10 ans de services. J’ignore comment cet officier a fait la guerre, mais il me parait peu propre au grade qu’il occupe ; il est âgé, et n’a que 9 années de service.
Gabe. Juillet, Chef du 1er Bataillon, absent, 10 ans de services.
Je. Moré, Chef du 2e Bataillon, 50 ans, 30 ans de services. Officier instruit et à sa place.
Pre. Gengoult, Chef du 3e Bataillon, 35 ans, 18 ans de services. Jeune officier, instruit et très à sa place.
4e Chef de Bataillon vacant.
Fois. Sigard, Quartier maitre trésorier, 48 ans, 13 ans de services. A sa place.
Pre. Labarthe, Adjudant major du 1er Bataillon, 44 ans, 28 ans de services. A sa place.
Ant. Herrenberger, Adjudant major du 2e Bataillon, 36 ans, 16 ans de service. Id.
Je. Bte. Biolet, Adjudant major du 3e Bataillon, 34 ans, 16 ans de services. Id.
Ont tous les trois besoin d’être dirigés par un bon chef.
Chles. Jantet, Officier de santé de 2e classe, 36 ans, 11 ans de services. Absent.
Nas. Hoinard, Officier de santé de 2e classe, 35 ans, 10 ans de services. Ante. Fillot, Officier de santé de 2e classe, 30 ans, 6 ans de services. Ont satisfait ponctuellement à ce que je leur ai prescrit pour la visite des hommes.
Je. Bte. Lejeune, Adjudant sous-officier du 1er Bataillon. Assez ferme, conduite passable, passablement instruit.
Nas. Lambert, Adjudant sous-officier du 2e Bataillon. Assez instruit, bonne conduite, aimant la discipline, pourrait faire un bon Sous-lieutenant.
Fois. Michaux, Adjudant sous-officier du 3e Bataillon. Très instruit, de bonne conduite ; id.
Nas Gengoult, Adjudant sous-officier. Proposé pour Sous-lieutenant.
Compagnies
Capitaines.
1er Bataillon. Grenadiers, Mandrillon, 31 ans, 9 ans de service ; bien noté, a besoin de s’instruire, a du zèle.
1ère Rousselot, 39 ans, 17 ans de service ; très propre à son grade.
2e David, 40 ans, 24 ans de service ; passablement instruit.
3e Dagnié, 29 ans, 11 ans de service ; id., infirme d’un bras, C.
4e Lamoureux, 47 ans, 27 ans de service ; ancien militaire, bonne tournure, doit s’instruire.
5e Gérard, 35 ans, 19 ans de service ; id., id.
6e Hillac, 46 ans, 28 ans de service ; passablement instruit, bon ton de commandement.
7e Supery, 43 ans, 24 ans de service ; au courant de son instruction pour le peloton.
8e Vlalle, 34 ans, 27 ans de service ; instruit, a un bon ton de commandement.
2e Bataillon. Grenadiers. Joly, 34 ans, 10 ans de service ; bon officier, propre à son grade, C.
1ère Petelin, 35 ans, 11 ans de service ; passablement instruit.
2e Gauthier, 49 ans, 28 ans de service ; ancien militaire, passablement instruit, mauvaise conduite, blessé à la jambe.
3e Doguet, 55 ans, 18 ans de service ; ignorant, crapuleux, très mauvais sujet, estropié de la main droite par un coup de feu.
4e Alizé, 29 ans, 11 ans de service ; bon officier, C.
5e Gauthier, 39 ans, 8 ans de service ; estropié de la main droite, d’ailleurs mauvais officier, C.
6e vacant.
7e Milliere, 53 ans, 36 ans de service ; bon officier C.
8e Dupuy, 29 ans, 11 ans de service ; id., C.
3e Bataillon. Grenadiers, Rémont, 33 ans, 11 ans de service ; bon officier, C.
1ère Schneider, 38 ans, 11 ans de service ; bon officier, C.
2e Devaux, 27 ans, 10 ans de service ; id.
3e Duret, 59 ans, 33 ans de service ; triste et nul officier, prend sa retraite.
4e Conget, 47 ans, 16 ans de service ; insouciant et ignorant.
5e Maulmont, 30 ans, 11 ans de service ; est à sa place.
6e Pernotte, 34 ans, 17 ans de service ; très bon officier, instruit, a très bien fait la guerre, chargé de l’habillement.
7e Armanay, 47 ans, 26 ans de service ; infirme, propre aux invalides.
8e Daniel, 33 ans, 11 ans de service ; peu instruit, faible C.
Lieutenants.
1er Bataillon. Grenadiers, Déliot, 40 ans, 10 ans de service ; illettré, peu instruit, non susceptible d’avancement, C.
1ère Rovilloy, 52 ans, 30 ans de service ; est dans le cas de prendre sa retraite, C.
2e Vacant.
3e Dagnié, 40 ans, 25 ans de service ; non susceptible d’avancer, C.
4e Cordier, 43 ans, 22 ans de service ; triste, officier très peu instruit. C.
5e Trésel, 36 ans, 20 ans de service ; propre à être adjudant major. C.
6e Hellée, 33 ans, 15 ans de service ; passablement instruit. C.
7e Renaudin, 44 ans, 23 ans de service ; non susceptible d’avancer. C.
8e Brigand, 33 ans, 11 ans de service ; bon officier.
2e Bataillon. Grenadiers. Troupeau, 40 ans, 23 ans de service ; actif, a besoin d’instruction.
1ère Nivoi, 53 ans, 31 ans de service ; devra rester à la place qu’il est. C.
2e Chatillon, 35 ans, 15 ans de service ; très peu instruit, conduite suspecte, triste officier. C.
3e Delporte, 43 ans, 23 ans de service ; instruit.
4e Guidel, 45 ans, 10 ans de service ; bon officier. C.
5e Bintner, 45 ans, 23 ans de service ; id. C.
6e Campre, 44 ans, 29 ans de service ; peu propre à son grade, mauvaise santé. C.
7e Peichenez, 34 ans, 15 ans de service ; bon officier. C.
8e Vacant.
3e Bataillon. Grenadiers, Brèche, 35 ans, 17 ans de service ; est à sa place.
1ère Blanchot, 30 ans, 11 ans de service ; id.
2e Deschateaux, 37 ans, 17 ans de service ; triste et nul officier.
3e Pathieu, 30 ans, 13 ans de service ; très bon militaire.
4e Fayolle, 46 ans, 28 ans de service ; non instruit, pauvre officier. C.
5e Dislev, 30 ans, 10 ans de service ; médiocre officier. C.
6e Vacant.
7e Laroche, 44 ans, 30 ans de service ; on lui devrait donner la retraite. C.
8e Grandjean, 32 ans, 9 ans de service ; propre à être Adjudant major.
Sous-lieutenant.
1er Bataillon. Grenadiers, Douce, 43 ans, 25 ans de service ; bon officier. C.
1ère Donneve, 32 ans, 10 ans de service ; a des moyens s’il veut s’appliquer. C.
2e Brocard, 36 ans, 11 ans de service ; peu instruit, mauvaise éducation. C.
3e Cuinet, 30 ans, 10 ans de service ; id., bon officier, C.
4e Veisse, 35 ans, 17 ans de service ; peu instruit, C.
5e Delaulle, 30 ans, 11 ans de service ; pauvre officier, un peu sourd. C.
6e Faivre, 27 ans, 9 ans de service ; très bon officier, C.
7e Melin, 25 ans, 8 ans de service ; id. C.
8e Patenat, 28 ans, 11 ans de service ; bon officier. C.
2e Bataillon. Grenadiers. Jannot, 34 ans, 10 ans de service ; très bon officier. C.
1ère Bornat, 30 ans, 9 ans de service ; id. C.
2e Debatz, 28 ans, 10 ans de service ; bon officier. C.
3e Bertin, 31 ans, 15 ans de service ; id. C.
4e Berbain, 33 ans, 17 ans de service ; très bon officier. C.
5e Regnier, 29 ans, 10 ans de service ; passablement instruit.
6e Benoit, 33 ans, 11 ans de service ; donne de l’espérance pour l’instruction.
7e Bioret, 35 ans, 15 ans de service ; bon officier. C.
8e Paquet, 28 ans, 9 ans de service ; id. C.
3e Bataillon. Grenadiers, Robert, 32 ans, 11 ans de service ; bon officier. C.
1ère Graby, 34 ans, 10 ans de service ; id. C.
2e Hutin, 34 ans, 15 ans de service ; id. C.
3e Brasier, 31 ans, 9 ans de service ; id. C.
4e Chambellan, 31 ans, 10 ans de service ; assez bon officier. C.
5e Binet, 40 ans, 20 ans de service ; bon officier. C.
6e Beauchamp, 39 ans, 14 ans de services ; id. C.
7e Rusé, 33 ans, 14 ans de service ; bon officier. C.
8e Plumier, 50 ans, 22 ans de service ; peu instruit, illettré, bonne volonté, mais infirme. C.
Nota. La lettre C. indique que la note est celle du chef, pour les distinguer de celles de l’inspecteur général.
Situation du personnel.
Officiers : Chef de Brigade 1, Chefs de Bataillons 3, Quartier maitre trésorier 1, Adjudants majors 3, Capitaines 26, Lieutenants 24, Sous-lieutenants 27, Chirurgiens 3, total 88 ; dont présents sous les armes 62, détachés 1, en congé 25, total pareil 88.
Sous-officiers et soldats : Petit état-major 17, Sergents-majors 27, Sergents 107, Caporaux fourriers 26, Caporaux 205, Grenadiers 182, Fusiliers 1539, Tambours 54, total 2157 hommes ; dont présents sous les armes 1591, détachés 10, à l’hôpital du lieu 91, aux hôpitaux externes 1, en congé 459, détenus 5, total pareil 2157 hommes.
La Demi-brigade était composée à l’époque du 1er Vendémiaire an 9 de 2841 hommes, elle a reçu depuis 244 ; donc elle devrait être de 3085.
Mais elle a perdu : morts 54, désertés 110, réformés antérieurement à la revue 182, réformés à la revue 76, rayés par jugement 6, rayés par trop longue absence 470, passés à d’autres corps 30, faits officiers 0, total 928.
Elle reste donc a (sic) dans l’effectif à 2157.
Si l’on en déduit encore les hommes proposés aux Vétérans, 1 ; ceux proposés pour la pension, 31 ; le huitième partant par congé absolu, 263 ; 295.
L’effectif ne sera que de 1862.
Or le complet de paix étant de 1961.
Elle aura un manque au complet de 99 hommes.
Situation du matériel.
Habillement.
Habits. En service, 912 bons, 800 à réparer, 524 hors de service. En magasin, 7 neufs, aucun hors de service. Total 2243. 1491 à remplacer par an.
Vestes. 1664 bons, 572 à réparer, aucun hors de service. En magasin, 352 neufs, aucun hors de service. Total 2588. 1491 à remplacer par an.
Culottes. En service, 1664 bons, aucune à réparer, 572 hors de service. En magasin, 549 neuves, aucune hors de service. Total 2785. 4473 à remplacer par an.
Chapeaux. En service, 1351 bons, 882 à réparer, 3 hors de service. En magasin, 43 bons, aucun hors de service. Total 2179. 1491 à remplacer par an.
Bonnets de police. En service, 432 bons, 1004 à réparer, 800 hors de service. En magasin, aucuns bons, aucun hors de service. Total 2236. Aucun à remplacer par an.
Equipement.
Gibernes. En service, 460 bonnes, 661 à réparer, 972 hors de service. En magasin, 14 bonnes, aucune hors de service. Total 2107. 216 à remplacer par an.
Porte-gibernes. En service, 460 bons, 661 à réparer, 972 hors de service. En magasin, aucun bons, aucune hors de service. Total 2093. 216 à remplacer par an.
Baudriers. En service, 143 bons, 36 à réparer, 334 hors de service. En magasin, 244 bons, aucun hors de service. Total 757. 72 à remplacer par an.
Bretelles de fusil. En service, aucune bonne, 216 à réparer, 1877 hors de service. En magasin, 136 bonnes, aucune hors de service. Total 2229. 216 à remplacer par an.
Colliers de tambour. En service, 51 bons, aucun à réparer, 1 hors de service. En magasin, 2 bons, aucun hors de service. Total 54. 9 à remplacer par an.
Caisse de tambour. En service, 51 bonnes, aucune à réparer, 2 hors de service. En magasin, aucune bonne, aucune hors de service. Total 53. 9 à remplacer par an.
Armement.
Fusils. En service, 1941 bons, aucun à réparer, 169 hors de service. En magasin, aucun bon, aucun hors de service. Total 2110. 169 à remplacer par an.
Baïonnettes. En service, 1941 bonnes, aucune à réparer, 169 hors de service. En magasin, 56 bonnes, aucune hors de service. Total 2275. 169 à remplacer par an.
Sabres. En service, 415 bons, 12 à réparer, 118 hors de service. En magasin, 56 bons, aucun hors de service. Total 601. 62 à remplacer par an.
Etoffes.
Drap blanc. En magasin 100,51. Total 100,51.
Drap bleu. En magasin, 40, 99. Total 40,99.
Ecarlate. En magasin, - . Total - .
Tricot blanc. En magasin, 1325,74. Total 1325,74.
Serge. En magasin, 2090,74. Total 2090,74.
Toile. En magasin, 1910,76. Total 1910,76.
Gros boutons. En magasin, 40,4. Total 40,4.
Petits boutons. En magasin, - . Total - .
Effets pour les recrues.
Chemises. En magasin, 310. Total 310.
Cols noirs. En magasin, 260. Total 260.
Bas. En magasin, 192. Total 192.
Souliers. En magasin, 109. Total 109.
Guêtres grises. En magasin, 198. Total 198.
Sacs de toile. En magasin, 70. Total 70.
Sacs de peau. En magasin, 39. Total 39.
Cocardes. En magasin 1336. Total 1336.
Situation des finances.
Les masses étaient au 1er Vendémiaire an 9 de 58470,16.
Elles ont reçu depuis. Décomptes des recrues, ou à-comptes reçus, 593857,50. Recettes extraordinaires, 7729,72. 601587,22.
Donc elles devraient être de 660057,38.
Dépenses sur les masses 593123,07.
Restant en caisse au 30 Pluviôse an 10, 66934,31.
Détail de la situation des masses.
Masse de linge et chaussure, 37122,82.
Masse d’entretien, 19591,64.
Masse de chauffage 10219,85.
Total pareil à l’avoir en caisse 66934,31.
Représentatif du restant en caisse.
Espèces dans la caisse et entre les mains du quartier maitre -.
Effets actif, représentant du numéraire 698,81.
Sommes restantes à toucher sur les recrues non décomptées 66235,50.
Total pareil à l’avoir en caisse 66934,31.
Sommes dues au corps.
Solde 42963,15.
Masses. De linge et chaussure 37122,82.
D’entretien 19591,64.
De chauffage 10219,85.
Indemnités. De logement 2935,53.
De fourrage 935,00.
Réparations de fourgons 837,90.
Total 114605,89.
Valeur des effets de petit équipement destinés aux recrues et restant en magasin 2051,22.
Redu à la masse de linge et chaussure par plusieurs soldats 152,22.
Nombre des soldats, qui n’ont pas leur masse complète 1083.
Observation. La solde se trouve comprise par erreur dans les articles de recettes et dépenses des masses.
Masse d’économie.
Sommes provenant des hommes absents, avant et après le 1er Germinal an 8.
Versé dans la caisse de l’armée sur des reçus du payeur - .
Soldes. Des absents antérieurs au 1er Germinal 8 et qui n’ont point été remises au payeur 3817,89.
Des absents rayés depuis le 1er Germinal 8 et versées à la caisse d’entretien 3780,68.
Masses de linge et chaussure. Des hommes dont la solde a été remise au payeur et qui ont été reversées à la caisse d’entretien jusqu’au 1er Germinal 8 00,00.
Des hommes rayés depuis le 1er Germinal 8, et versées à la masse d’entretien 2612,74.
Total des sommes versées soit dans la caisse du payeur, soit dans la masse d’entretien 10212,31.
Observations.
1° Voyez l’observation 2, au même article de la 10e légère, page 37 ; la somme indiquée par le corps n’est pas la moitié de celle réellement restée en caisse, d’autant plus que la 50e a eu beaucoup de mutations pendant l’an 8.
2° De plus elle n’a pas obéi aux ordres du général en chef en ne versant pas le restant en caisse, entre les mains du payeur de l’armée.
Nombre des hommes proposés à la pension 32. Proposés aux vétérans 1. Proposés aux invalides aucun. Réformés 76. Licenciés aucun.
Nombre des hommes qui ont obtenu des brevets d’honneur 2. Susceptibles d’en obtenir aucun. Enfants de troupes admis à la solde des Officiers 5 ; Sous-officiers et soldats 2.
Sous-officiers proposés au gouvernement pour des emplois d’officiers.
-
Résumé des détails de la revue.
Esprit du corps. A de l’ensemble parmi les officiers, qui se conduisent avec honneur, et se font remarquer par leur envie de bien faire. Le corps des sergents et caporaux parait animé d’un bon esprit.
Celui du soldat est docile et dans de bons principes.
Instruction des officiers. A grand besoin d’être dirigée par quelqu’un capable d’en former la première base. L’inspecteur général a établi des moyens pour en réunir la partie pratique à la théorie, attendu que séparément, il se perd beaucoup de temps, et l’on n’apprend que fort difficilement.
Des Sous-officiers. Même observation. L’on devra leur démontrer le mécanisme des mouvements de l’école du peloton, ainsi que l’instruction du service de place.
Du soldat. Même observation. Après l’avoir instruit aux maniements d’armes, on devra lui démontrer dans un peloton sans armes les obligations dans le rang dans les différentes évolutions.
Manœuvres. On besoin d’être démontrées et pratiquées selon l’instruction laissée au corps.
Discipline. Passable dans les services, et dans la conduite envers l’habitant, le corps est en général docile. Le chef doit exiger plus de surveillance des officiers et sous-officiers à cet égard.
Tenue. Très propre et régulière dans le corps des officiers ; assez passable dans celui des sergents ; médiocre dans celui des caporaux et laissant tout à désirer dans celui des soldats, que la mauvaise qualité de son habillement dégoute de le bien tenir.
Habillement. Les habits provenant de différents magasins, sont tout à fait mauvais, en qualité et en forme, de plus vieux et rappés. Les chapeaux sont en lambeaux ; les guêtres sont aussi mauvais que les habits, tant que qualité qu’en forme ; la qualité des souliers est passable.
Equipement. En général très mauvais. La plupart des banderoles de gibernes sont trop étroites et d’anciens cuirs noirs, qu’on entretient de son mieux ; les baudriers sont inégaux et de mauvaise qualité.
Les gibernes et leurs coffres sont de tous les genres de grandeurs, et en général trop petits et mal faits ; le peu de buffleterie passable, est celle que le corps s’est procuré en Allemagne. Le gouvernement devrait établir des magasins à cet égard, et adopter des formes plus convenables, que celles d’aujourd’hui ; les havresacs sont aux 2/3 délabrés.
Armement. Est passablement soigné ; il existe dans ce corps plusieurs genres de fusils de différents modèles.
Casernes. Le 1er Bataillon est établi dans plusieurs maisons à grandes chambres ; le 2e est dans une vieille caserne à détruire ; le 3e a une caserne passable. Ces établissements ont l’inconvénient de forcer les soldats à un double emploi de son bois, ne pouvant cuire leur manger dans leurs fourneaux.
Chambrées. De différentes grandeurs, passables et mauvaises ; les fournitures sont vieilles et mauvaises, surtout les couvertes, qui sont vieille et rappées.
Magasins. Sont proprement tenus.
Hôpitaux. Le service se fait assez bien dans celui de Mayence ; mais il est établi dans une maison particulière trop petite, insalubre et mal distribuée.
Prisons. En très bon état, et le soldat ne s’en plaint pas.
Salle de discipline. Mauvaises, en raison des vieux bâtiments que le corps occupe.
Vivres. Le soldat se plaint de la mauvaise qualité des farines employées pour son pain ; il a été objecté à l’inspecteur que cette farine provenait encore des approvisionnements de siège. L’inspecteur général a communiqué la plaine au général commandant à Mayence.
Ordres laissés au Corps, concernant :
La comptabilité. Le registre de caisse et le journal du quartier-maitre trouvés en bon ordre, n’ont pu être arrêtés par l’inspecteur général, que jusqu’au 1er Messidor dernier, à cause de l’arriéré dû encore au corps.
Le registre des délibérations a été arrêté définitivement jusqu’au 1er Nivôse dernier. A l’avenir on y transcrira régulièrement et par ordre de dates les délibérations prises par le conseil, sans les confondre ni en omettre aucune, comme cela a eu lieu en Germinal et Floréal dernier.
Tous les autres registres ont été trouvés bien tenus, et ont été arrêtés par l’inspecteur général.
L’officier chargé de l’armement portera au bas de la récapitulation des armes réparées par compagnies pendant chaque trimestre, les résultats de ce relevé, conformément à l’arrêté du 8 Floréal 8. Instruction et manœuvres. Ecole d’écriture. Voyez même article à la 10e légère page 39. Instruction et manœuvres, service des places, surveillance des commandants de compagnies. Voyez au même endroit page 39. Batterie de tambours. Voyez au même endroit.
Le chef s’occupera de suite à égaliser les compagnies autant qu’il le pourra, en prenant de celles qui resteront trop fortes, des hommes des 2e et 3e rangs.
Il répartira aussi les officiers, sous-officiers caporaux, pour remplacer provisoirement ceux qui partent. Cette répartition se fera en raison du bien du service.
Tenue. Le chef exigera que les officiers soient costumés plus régulièrement hors du service ; et il se conformera à cet égard, à ce qui est prescrit par le règlement de police.
Une partie des caporaux et les deux tiers des soldats devront à l’avenir être tenus plus régulièrement ; les galons devront être conformes au règlement. Les musiciens se tiendront plus régulièrement et ne paraitront pas en bottes.
Habillement. La forme des nouveaux effets façonnés au corps ayant été trouvée très irrégulière dans toutes leurs parties, l’inspecteur général a ordonné d’observer à l’avenir les dimensions suivantes :
La mesure se prendra, l’homme ayant la position du genou en terre, pour régler la longueur de l’habit. La taille devra avoir 4 pouces d’un bouton à l’autre de largeur, et sera prise de la hauteur des hanches. Le collet sera de 2 pouces 4 lignes de hauteur pour les hommes du premier rang, et d’une ligne de moins pour chacun des deux derniers. Les revers devront avoir 3 pouces 11 lignes de largeur sur la poitrine, à la hauteur du 3e bouton, 2 pouces 6 lignes à la patte d’oie, et dans le bas 3 pouces. Il sera diminué 2 lignes de largeur, sur ceux des hommes des 2 derniers rangs. Les parements auront 3 pouces de hauteur.
Veste. La veste aura 3 pouces 6 lignes de basques en hauteur sur 5 pouces d’échancrure ; les poches seront cousues, le collet de 18 lignes de hauteur. Les vestes devront couvrir absolument les boutons du pont levis de la culotte.
Culotte. Les culottes devront bien emboiter les hanches, être bien fendues, et assez aisées pour que l’homme puisse mettre genou en terre.
Les guêtres. Voyez le même article à la 10e légère page 40.
Souliers. Voyez au même endroit.
Chapeaux. A l’avenir, on n’en admettra plus, à moins qu’ils n’aient la taille prescrite par l’arrêté du 9 Thermidor 8. C’est mal à propos que le conseil en a accepté 400, dont la qualité est aussi mauvaise, que la forme en est ridicule. Il y en a qui n’ont pas 3 pouces de profondeur pour la tête, et tout au plus 4 ½ pouces d’ailes.
Bonnets de police. Voyez le même article à la 10e légère, page 40.
Magasin de petit équipement pour les recrues et autres. Voyez au même endroit.
Le chef s’occupera de suite du remplacement des maitres tailleurs et guêtriers, lesquels ne connaissent pas leur état, et ont manqué tous les effets neufs. Le conseil n’admettra les remplaçants, qu’après avoir coupé devant lui plusieurs objets de modèles ; l’inspecteur général sera informé de l’époque de ce remplacement.
Equipement. Gibernes. Voyez le même article à la 10e légère page 40.
Havresacs. Voyez au même endroit.
Les sabres devront être pendus plus haut, de manière à ce que le haut de la poignée approche sans gêne le coude gauche dans la position du port d’armes.
Une partie des fourreaux de baïonnettes sont placés trop haut, ils devront être rapprochés de la giberne, ainsi qu’il est prescrit.
Armement. Répartition des armes. Voyez le même article à la 10e légère page 40. Remise à l’arsenal des armes superflues. Voyez au même endroit page 41.
Hommes congédiés par congés absolus, par récompense et réforme. Les congés absolus et de réforme ayant été signés par l’inspecteur général, le chef se conformera à leur égard à ce qui est prescrit dans l’arrêté des consuls du 8 Brumaire 8, et dans l’instruction du ministre du 15 Frimaire suivant.
Ceux pour la récompense ayant été également signés par l’inspecteur général, le chef se conformera à leur égard aux instructions par lui laissées.
Habillement des hommes congédiés par congé absolu, par réforme et récompense. Voyez le même article à la 10e légère page 41.
Les objets d’équipement et armement des hommes congédiés, rentreront en magasin, de quel grade que ces hommes soient, et de quelle manière qu’ils aient été congédiés ; à l’exception cependant, s’ils les avaient achetés à leurs dépens, ou si ces effets provenaient étant ramassés sur le champ de bataille.
Les hommes ayant droit aux congés absolus, et se trouvant dans ce moment en semestre, n’obtiendront leurs congés, que lorsqu’ils auront renvoyé au corps les sabres, qu’ils auront pu emporter, ou qu’ils en auront fait passer le montant fixé par les règlements.
Les frais de poste seront dans ces deux cas à la charge des individus et non à celle du corps.
Extrait de la lettre d’envoi au Ministre de la revue de la 50e sous date du 2 Pluviôse 10.
On se plaint de ce que parmi le peu d’officiers qui, en ce moment, sont au corps, plusieurs encore sont distraits des soins de leurs places, par leur admission dans les branches d’administration et les conseils de guerre.
On se plaint des rouleurs et vagabonds, que les corps sont obligés de recevoir.
On observe que dans la masse de chauffage de la 50e, il se trouve un excédent dans les dépenses de l’an 9 sur les recettes de 2290 frs ; lequel réuni à l’excédent de l’an 10 forme un total de 7955 frs 21 c. d’excédent pour 10 mois. Il provient de la cherté du bois, de la quantité de foyers de garde, et du double emploi, que le soldat est obligé de faire de son chauffage, ne pouvant cuire ans les fourneaux. On demande un supplément à cette masse
" (Schauenburg (Général baron Alexis-Balthazar-Henri-Antoine de) : « Revues d'inspection des corps d'infanterie stationnés dans le 10e arrondissement, passées dans le courant du deuxième trimestre de l'an dix » ; Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg: MS.0.493 ; document numérisé par la BNU à la demande conjointe de F. Berjaud, L. Claudel et D. Davin).

Cette revue d'inspection est suivie d'un 1er tableau intitulé "Relevé sommaire, par Corps et par Grades, des Officiers des neufs Demi-brigades, stationnées dans le 10e arrondissement rédigé d’après les notes, portées sur le compte de chacun d’eux sur le contrôle, annexé au livret de revue, sous le n°2, pour servir à connaitre la composition du corps d’officier dans les dites Demi-brigades. Le Général Schauenburg l'accompagne d'observations :
"1° dans la rédaction de ce relevé, on a rangé dans la 1ère colonne des bons officiers, ceux qui ont assez d’instruction pour prétendre à l’avancement ; 2e ceux qui ne pouvant guère y prétendre, peuvent cependant bien remplir les fonctions de leur grade et sont à leur place.
2° On a compris dans la 2e colonne des médiocres 1. Ceux qui peut instruits, on cependant de la volonté et des moyens, et mènent une conduite régulière. 2. Ceux qui étant assez instruits, tiennent une conduite équivoque ; les uns et les autres peuvent par la suite devenir de bons officiers, si les premiers sont stimulés et les derniers surveillés.
3° On a désignés comme mauvais officiers 1. Ceux qui n’ayant aucune trace d’instruction ni des moyens d’en acquérir, et n’étant guère propres à l’état militaire, sont à la charge aux Corps. 2. Ceux qui menant une vie tout à fait déréglée et incorrigible, sont par leur conduite et le mauvais exemple, une véritable entrave au bien du service ; les uns et les autres n’ayant pas assez de service pour mériter une retraite quelconque.
4° Dans la 4e colonne, on a mis ceux qui ont été proposés à la retraite soit à la revue, soit antérieurement à cette époque.
5° Enfin, on a désigné comme susceptible de retraite 1. Ceux qui ont assez de services pour y prétendre, mais qui ne veulent pas la prendre. Le Gouvernement devrait les forcer à la prendre, vu leur impossibilité de servir encore davantage avec fruit. 2. Ceux qui pourraient être rangés dans la 3e classe des mauvais officiers et seraient à renvoyer, si leurs services ne méritaient quelque considération. L’Inspecteur a proposé au Gouvernement de leur donner le traitement de réforme, en attendant leur retraite, et de les remplacer par des officiers réformés en état de remplir leurs fonctions
".
Ce qui donne pour la 50e de Ligne :
Etat-major : Chef de Brigade 1 médiocre ; total 1. Chefs de Bataillon 3 bons, total 3 ; Quartier maitre 1 bon ; Adjudants major : 3 bons, total 3. Total général 8.
Compagnies : Capitaines, 16 bons, 3 médiocres, 1 mauvais, 1 proposé pour la retraite, 5 susceptibles de retraite; total 26. Lieutenants 11 bons, 6 médiocres, 4 mauvais, 3 susceptibles de retraite, total 24 ; Sous lieutenants, 23 bons, 3 médiocres, 1 susceptible de retraite, total 27 ; total général 77. Adjudants sous-officiers, 3 bons, 1 médiocre, total 4 (Schauenburg (Général baron Alexis-Balthazar-Henri-Antoine de) : « Revues d'inspection des corps d'infanterie stationnés dans le 10e arrondissement, passées dans le courant du deuxième trimestre de l'an dix » ; Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg: MS.0.493 ; document numérisé par la BNU à la demande conjointe de F. Berjaud, L. Claudel et D. Davin).

Dans un deuxième tableau, intitulé "Situation générale du personnel, avec les mutations survenues depuis le 1er Vendémiaire 9", il est indiqué pour la 50e de Ligne : 1 Chef de Brigade, 3 Chefs de Bataillon, 1 Quartier maître, 3 Adjudants majors, 26 Capitaines, 24 Lieutenants, 27 Sous lieutenants, 3 Chirurgiens, total 88, dont 62 présents, 1 détaché, 25 en congé. 17 au Petit Etat-major, 27 Sergents-majors, 107 Sergents, 26 Caporaux fourriers, 205 Caporaux, 182 Grenadiers, 1539 Fusiliers, 54 Tambours, 13 Enfants, total 2157, dont 1591 présents, 10 détachés, 91 à l’hôpital du lieu, 1 à l’hôpital externe, 459 en congé, 5 détenus.
Concernant les mutations pour la 50e de Ligne, son effectif au 1er Vendémiaire était de 2841 hommes. Les recettes indiquent 154 recrues, 29 hommes venus d’autres corps, 61 rayés rentrés, total 244. L’effectif devrait donc être de 3085 hommes. Les pertes sont de 54 morts, 110 désertés, 76 réformés par l’inspecteur général, 182 réformés avant la revue, 6 rayés par jugement, 470 rayés pour longue absence, 30 passés à d’autres corps, aucun fait officier, total 928 hommes. L’effectif reste donc à 2157 hommes. Si l’on déduit encore 31 proposés pour la pension, 1 proposé aux Vétérans, 263 partant par congés absolus, total 295. L’effectif ne sera que de 1862 hommes. Or le complet de paix étant de 1961, il y a un manque au complet de 99 hommes (Schauenburg (Général baron Alexis-Balthazar-Henri-Antoine de) : « Revues d'inspection des corps d'infanterie stationnés dans le 10e arrondissement, passées dans le courant du deuxième trimestre de l'an dix » ; Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg: MS.0.493 ; document numérisé par la BNU à la demande conjointe de F. Berjaud, L. Claudel et D. Davin).

Un 3e tableau, intitulé "Suite du personnel, détail des présents, des hommes congédiés par récompense, par réforme et pour le huitième" donne pour la 50e de Ligne : Officiers : 1 Chef de Brigade, 2 Chefs de Bataillon, 1 Quartier maître, 3 Adjudants majors, 18 Capitaines, 18 Lieutenants, 17 Sous lieutenants, 2 Chirurgiens, total 62 présents. Petit Etat-major : 2 Adjudants sous-officiers, 1 Tailleur, 1 Guêtrier, 1 Cordonnier, 1 Armurier, 1 Tambour-major, 0 Caporal-tambour, 7 Musiciens, total 14 présents. Sous-officiers et soldats : 22 Sergents-majors, 87 Sergents, 23 Caporaux fourriers, 160 Caporaux, 141 Grenadiers, 1103 Fusiliers, 41 Tambours, 0 Enfants, total 1591 présents. Total général Officiers compris : 1653 présents.
En ce qui concerne les hommes congédiés par récompense nationale, il y a pour la 50e de Ligne : Officiers : 1 Capitaine, 0 Lieutenants, 0 Sous-lieutenants, total 1. Sous-officiers et soldats : 0 Sergents-majors, 3 Sergents, 0 Caporaux fourriers, 7 Caporaux, 22 Grenadiers, Fusiliers ou Tambours, total 32. Par congés absolus, 3 sergents-majors, 32 sergents, 2 Caporaux fourriers, 31 Caporaux, 195 Grenadiers et Fusiliers, 0 Tambours, Total : 263. Par Réforme : 0 Sergents-majors, 0 Sergent, 0 Caporaux fourriers, 3 Caporaux, 73 Grenadiers, Fusiliers et Tambours, total 76. Total général 371 (Schauenburg (Général baron Alexis-Balthazar-Henri-Antoine de) : « Revues d'inspection des corps d'infanterie stationnés dans le 10e arrondissement, passées dans le courant du deuxième trimestre de l'an dix » ; Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg: MS.0.493 ; document numérisé par la BNU à la demande conjointe de F. Berjaud, L. Claudel et D. Davin).

Un 4e tableau établi la "Situation générale du matériel"; il indique, concernant l'habillement de la 50e de Ligne : Habits : 7 neufs, 912 bons, 800 à réparer, 524 hors de service, total 2243 ; à remplacer par an 1491. Vestes : 352 neuves, 1664 bonnes, 572 à réparer, 0 hors de service, total 2588 ; à remplacer par an 1491. Culottes : 549 neuves, 1664 bonnes, 0 à réparer, 572 hors de service, total 2785 ; à remplacer par an : 4473. Chapeaux : 43 neufs, 1351 bons, 882 à réparer, 3 hors de service, total 2279 ; à remplacer par an 1491. Bonnets de police : 0 neufs, 432 bons, 1004 à réparer, 800 hors de service, total 2236 ; à remplacer par an : 0.
Gibernes : 14 neuves, 460 bonnes, 661 à réparer, 972 hors de service, total 2107 ; à remplacer par an 216. Porte-gibernes : 0 neufs, 460 bons, 661 à réparer, 972 hors de service, total 2093 ; à remplacer par an 216. Baudriers : 244 neufs, 143 bons, 36 à réparer, 334 hors de service, total 757 ; à remplacer par an : 72. Bretelles de fusils : 136 neuves, 0 bonnes, 216 à réparer, 1877 hors de service, total 2229 ; à remplacer par an 216. Colliers de tambours : 2 neufs, 51 bons, 0 à réparer, 1 hors de service, total 54 ; à remplacer par an : 9.
Concernant l’armement et caisses de tambour : Fusils : 0 neufs, 1941 bons, 0 réparés, 0 à réparer, 169 hors de service, total 2110 ; à remplacer 169. Baïonnettes : 165 neuves, 1941 bons, 0 réparées, 0 à réparer, 169 hors de service, total 2275 ; à remplacer 169. Sabres : 56 neufs, 415 bons, 0 réparés, 12 à réparer, 118 hors de service, total 601 ; à remplacer par an : 62. Caisses de tambour : 0 neuves, 51 bonnes, 0 à réparer, 2 hors de service, total 53 ; à remplacer par an : 9.
Concernant les étoffes et les effets pour les recrues, il est noté pour la 50e de Ligne : drap blanc, 100,51 ; drap bleu, 40, 99 ; drap noir - ; écarlate, - ; tricot blanc ou bleu, 1325,74 ; serge, 2090, 74 ; toile, 1910,76 ; gros boutons, 40,4 ; petits boutons, - ; chemises 310 ; cols noirs, 260 ; bas, 192 ; souliers 109 ; guêtres grises, 198 ; guêtres noires, - ; sacs de toile, 70 ; sacs de peau, 39 ; cocardes, 1336 ; pompons, - (Schauenburg (Général baron Alexis-Balthazar-Henri-Antoine de) : « Revues d'inspection des corps d'infanterie stationnés dans le 10e arrondissement, passées dans le courant du deuxième trimestre de l'an dix » ; Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg: MS.0.493 ; document numérisé par la BNU à la demande conjointe de F. Berjaud, L. Claudel et D. Davin).

Un 5e tableau intitulé « Situation générale des finances » indique pour la 50e de Ligne :
Situation des masses au 1er Vendémiaire an 9 : 58470,16.
Reçu depuis ce temps : décompte des revues, ou à-comptes reçus, 593857,50 ; recettes extraordinaires, 7729,72 ; total des recettes, 601587,22.
Les masses devraient être à 660057,38. Dépenses sur les masses, 593123,07. Restant en caisse au 30 Pluviôse 10 : 66934,31.
Détail de la situation des masses : de linge et chaussure, 137122,82 ; d’entretien, 16591,64 ; de chauffage, 10219,85 ; total pareil à l’avoir en caisse, 66934, 31.
Représentatif de l’avoir en caisse : espèces en caisse ou entre les mains du Quartier maitre, - ; effets actifs représentant du numéraire, 698,81 ; somme à toucher sur les revues, non décomptées, 66235,50 ; total pareil à l’avoir en caisse, 66934,31.
Observation : la solde a été comprise par erreur dans les masses, articles recettes et dépenses (Schauenburg (Général baron Alexis-Balthazar-Henri-Antoine de) : « Revues d'inspection des corps d'infanterie stationnés dans le 10e arrondissement, passées dans le courant du deuxième trimestre de l'an dix » ; Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg: MS.0.493 ; document numérisé par la BNU à la demande conjointe de F. Berjaud, L. Claudel et D. Davin).

Un 6e tableau intitulé « Suite des finances » indique pour la 50e de Ligne :
Sommes dues au corps : Solde, 42963,15. Masse de linge et chaussure : 37122,82. Masse d’entretien : 19591,64. Masse de chauffage : 10219,85. Indemnité de logement : 2935,53. Indemnité de fourrages : 935. Pour réparation des fourgons : 837,90.
Total des sommes dues aux corps : 114605,89.
Valeur des effets de petit équipement en magasin : 2051,2.
Reçu à ma masse de linge et chaussure du soldat : 152,22.
Nombre des soldats qui n’ont pas leur masse complète : 1083 (Schauenburg (Général baron Alexis-Balthazar-Henri-Antoine de) : « Revues d'inspection des corps d'infanterie stationnés dans le 10e arrondissement, passées dans le courant du deuxième trimestre de l'an dix » ; Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg: MS.0.493 ; document numérisé par la BNU à la demande conjointe de F. Berjaud, L. Claudel et D. Davin).

Un 7e tableau intitulé « Masse d’économie, sommes provenant des finances, hommes absents et rayés soit avant, soit après le 1er Germinal an 8 » indique pour la 50e de Ligne :
Versé dans la caisse de l’armée sur des reçus du payeur : -
Restant de la solde des absents antérieure au 1er Germinal 8 et qui n’a pas été remise au payeur : 3817,89.
Masse de linge et chaussure des mêmes hommes, dont la solde a été remise au payeur, et qui a été reversée à la caisse d’entretien jusqu’au 1er Germinal 8 : -.
Solde d’absence des hommes rayés depuis le 1er Germinal 8 et qui a été versée à la caisse d’entretien : 3781,68.
Masse de linge et chaussures des mêmes hommes pendant le même temps et versée à la caisse d’entretien : 2612,74.
Totaux des sommes dues aux absents, et versées soit dans la caisse de l’armée, soit à la masse d’entretien : 10212,31.
Observations : Les mutations ayant été à peu près les mêmes dans tous les corps de l’armée, la colonne des totaux devrait présenter des sommes à peu près égales. En les comparant les unes avec les autres, on peut juger du plus ou moins d’ordre que chaque corps a mis dans cette partie de la comptabilité ... (Schauenburg (Général baron Alexis-Balthazar-Henri-Antoine de) : « Revues d'inspection des corps d'infanterie stationnés dans le 10e arrondissement, passées dans le courant du deuxième trimestre de l'an dix » ; Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg: MS.0.493 ; document numérisé par la BNU à la demande conjointe de F. Berjaud, L. Claudel et D. Davin).

Le "Résumé général du détail des revues" indique : Esprit des Corps. Des officiers. L’esprit des officiers est très bon dans les 10e légère, 50e, 53e, 103e, 48e et 94e ; il laisse quelque chose à désirer pour l’ensemble dans la 36e ; le zèle des chefs pour le bien du service est quelques fois entravé par des intrigues et des tracasseries dans les 110e et 100e. Des Sous-officiers et soldats. L’esprit des Sous-officiers et soldats est bon et docile partout.
Instruction des officiers. La partie théorique a été commencée dans les 36e, 48e et 94e ; elle est peu connue dans les 10e légère, 50e, 53e, 103e et 100e ; elle ne l’est pas du tout dans la 110e. Tous les corps ont besoin de réunir cette partie à la pratique et d’établir leur instruction de nouveau d’après les principes que je leur ai démontrés.
Des Sous-officiers. Mêmes observations. Les Sous-officiers ont partout grand besoin d’être instruits aux maniements d’armes du soldat, et à ceux de leur grade, ainsi qu’aux mécanismes des mouvements de l’école du peloton.
Du soldat. Est commencée et passablement avancée dans les 10e légère, 36e et 48e ; elle n’est guères ou pas du tout connue dans les 50e, 53e, 103e, 110e et 100e. La 94e l’a commencée mais sur de faux principes.
Manœuvres. Ont été commencées jusqu’à l’école du bataillon dans les 36e et 48e ; elles sont peu connues dans les 10e légère, 50e, 53e, 103e et 100e. La 94e les a commencée, mais elles devront être reprises d’après les principes démontrés par l’inspecteur. Elles sont tout à fait inconnues dans la 110e.
Discipline. Est exemplaire dans la 48e, tant dans le service intérieur que dans la conduite envers les habitants, et par la parfaite union qui y règne ; elle est très bonne dans la 10e légère, 53e, 36e, 94e et 100e ; elle est passable dans la 103e ; elle a besoin d’être mieux établie et surveillée dans la 100e et 50e.
Tenue. Des Officiers. Celles des Officiers est très bonne et régulière dans les 10e légère, 50e, 53e, 36e, 48e et 94e ; elle pourrait être plus régulière dans la 103e ; dans la 100e, une partie des Officiers est bien tenue, l’autre ne l’est que médiocrement. Et dans la 110e, la tenue des Officiers est passable, lorsqu’ils sont en service, mais fort mauvaise, quand ils ne sont pas sous les armes.
Des Sous-officiers et soldats. Celles des Sous-officiers et soldats est fort bonne et régulière dans les 10e légère, 48e et 94e ; elle est passable dans les 36e et 100e ; elle pourrait être plus régulière dans la 103e ; elle est tout à fait mauvaise dans la 50e et 110e, où les habits des soldats présentent un abandon total, excusable cependant par leur trop mauvaise qualité, qui dégoute le soldat du soin de les tenir bien tenus.
Habillement.
1° La qualité.
Habits. Les habits sont bons dans les 10e légère et 103e ; ils sont passables pour les deux tiers dans la 94e ; ils sont mauvais dans les 50e, 100e, 48e, 53e, 36e ; ils sont très mauvais et de vrais haillons dans la 100e.
Vestes. Les vestes sont bonnes dans les 10e légère et 50e ; elles sont passables dans la 94e pour les deux tiers ; elles sont mauvaises dans la 53e, 48e, 36e et 103e ; très mauvaises dans la 110e.
Culottes. Les culottes sont bonnes dans les 10e légère et 50e ; mauvaises dans les 53e, 103e, 36e, 48e, 94e et 100e ; très mauvaises dans la 110e.
Chapeaux. Les chapeaux sont bons dans la 10e légère, 53e et 48e ; passables dans la 36e ; médiocres dans les 103e et 94e, mauvais dans la 50e, hideux dans la 110e.
Guêtres. Les guêtres sont bonnes dans les 10e et 100e, passables dans la 94e, mauvaises dans la 50e, 36e, 48e, 100e, moitié passables et moitié haillons dans la 110e.
Souliers. Les souliers sont bons, quant à leur qualité, dans la 10e, 50e, 53e, 103e ; passables dans les 36e, 110e ; mauvais dans la 94e et 100e.
Bonnets de police. Il n’y a que la 50e, 110e et 100e, qui aient le complet en bonnets de police ; mais la 50e et 100e n’ont de passables que pour les deux tiers ; ceux de la 110e sont mauvais tout à fait. La 94e en a de bons pour les deux tiers. Les 53e, 36e et 48e n’en ont que pour une partie de leur troupe, et ce qu’ils ont est mauvais ; les 10e et 103e en maquent totalement.
2° La façon.
Tirés des magasins. Les effets provenant des différents magasins se font remarquer par l’esprit d’économie qui anime les fournisseurs ; les habits sont courts, petits et trop étroits sur la poitrine, les vestes trop courtes, et les culottes également courtes ne montent pas assez haut et laissent une partie du bas-ventre à découvert ; les guêtres sont mal faites, et les chapeaux ridicules par leur petitesse.
Façonnés aux corps. Les effets faits aux corps n’en sont pas mieux faits, et pêchent par un autre côté : les collets des habits sont trop hauts, leurs basques trop longues, et trop échancrées ; il y en a qui dépassent les mollets ; les effets fournis aux soldats par les commandants de compagnies sont irrégulièrement faits, surtout les souliers qui sont trop pointus, façonnés trop légèrement et à la maitre de danse. Les chapeaux, que les hommes s’achètent eux-mêmes, ont les ailes trop longues.
Equipement.
Baudriers et banderoles. La 10e légère est le seul corps où l’équipement est bon, parce qu’il est neuf. Il est généralement mauvais dans les 8 autres corps. Les baudriers et banderoles sont de mauvais cuirs noirs, qu’on entretient de son mieux. Les seules passables sont celles que les corps ont ramassées sur le champ de bataille.
Gibernes, fourreaux de baïonnettes. Les gibernes sont de toutes formes et grandeurs, la plupart trop grandes pour la cavalerie, et trop petite pour l’infanterie. Beaucoup de corps n’ont pas de fourreaux de baïonnettes ni de porte-baïonnettes, et le soldat est obligé de faire un trou dans la banderole pour attacher sa baïonnette.
Havresacs. Les havresacs sont dans tous les 9 corps extrêmement délabrés.
Armement.
Fusils. Les fusils sont en assez bon état dans la 10e légère et 48e. Ils sont passables dans les 50e, 53e, 103e et 110e, mais ils sont de différentes grandeurs et modèles ; dans la 110e, il y en avait qui avaient des clous, au lieu de vis ; ils sont tout à fait mauvais dans les 36e, 94e et 100e, où ils présentent un assemblage de toutes les grandeurs, modèles et calibres.
Sabres. Les sabres sont au complet dans les 10e légère, 50e, 103e, 110e et 48e ; il en manque un tiers dans la 53e ; il en manque deux tiers dans les 36e, 94e et 100e. Ils sont en bon état dans la 10e légère, 110e et 48e, la 50e, 53e, 36e, 103e et 94e ; ils sont très mauvais dans la 100e.
Casernes.
Casernés. Sont casernés : 1 Bataillon de la 10e légère, les 3 Bataillons de la 50e, 1 Bataillon de la 53e, 2 Bataillons de la 103e, 2 Bataillons de la 36e, les 3 Bataillons de la 48e, ceux de la 94e et ceux de la 100e ; en tout 18 Bataillons.
Cantonnés. Sont cantonnés : 2 Bataillons de la 10e légère, 2 Bataillons de la 53e, 1 Bataillon de la 103e, les 3 Bataillons de la 110, et un Bataillon de la 36e ; en tout, 9 Bataillons.
Etat des casernes. Sont passables : les casernes d’un Bataillon de la 50e à Mayence, celles de la 36e à Maestricht, celles de la 48e à Bois-le-Duc et Vicq, celles des 94e et 100e à Namur et Liège ; en tout 10 Bataillons.
Sont mauvaises : les casernes de 2 Bataillon de la 50e à Mayence, d’un Bataillon de la 53e à Coblence, de deux Bataillons de la 103e à Cologne, d’un Bataillon de la 48e à Tongres, et d’un Bataillon de la 94e à Liège, et 1 Bataillon de la 10e à Mayence ; en tout, 8 Bataillons.
Cantonnements. Sont bien dans leurs cantonnements une partie de la 10e légère et la 110e. Sont mal tenus dans leurs cantonnements une partie de la 10e légère et 2 Bataillons de la 53e.
Chambrées.
Trop grandes. Une partie des casernes a des chambrées trop grandes, comme celles de la 10e légère et d’un bataillon de la 50e à Mayence, celles de la 53e à Coblence, de la 103e à Cologne, et celles d’un Bataillon à Liège.
Trop petites. D’autres au contraire renferment des chambres extrêmement petites, comme sont celles d’une caserne à Coblence, d’une caserne à Cologne, de la caserne de la 48e à Tongres, et d’un Bataillon de la 94e à Liège.
Fournitures. Les fournitures sont fort mauvaises dans les casernes des 50e, 103e et 100e.
Magasins. Sont partout placés dans des locaux commodes et tenus en règle.
Hôpitaux. Il n’existe dans l’arrondissement que ceux de Mayence, de Trèves, d’Aix-la-Chapelle et de Liège. Dans quelques corps, les malades sont obligés de faire plus de 20 lieues et par des chemins détestables pour aller à l’hôpital le plus voisin. Cela fait périr sans secours ceux qui sont vraiment malades, et facilite singulièrement les menées de ceux qui ont l’habitude de rouler les hôpitaux.
L’hôpital de Mayence est assez bien servi, mais il est établi dans une maison particulière trop petite, insalubre et mal distribuée. Celui de Liège est bien administré.
Prisons. Sont assez bien tenues à Mayence, Coblence, Cologne et Maestricht ; elles sont fort mauvaises à Liège et Namur. Dans les cantonnements, on se sert des prisons des communes.
Salles de discipline. Celles des 50e et 53e à Mayence et Coblence sont malsaines et humides ; elles sont dans un bon état dans les autres corps.
Vivres. Le pain est bon dans les 10e légère, 53e, 48e, 94e, 100e. Il a été mauvais, mais il est devenu meilleur dans la 103e, 110e ; il n’est pas assez cuit dans la 36e ; il est fait de très mauvaises farines dans la 50e à Mayence
" (Schauenburg (Général baron Alexis-Balthazar-Henri-Antoine de) : « Revues d'inspection des corps d'infanterie stationnés dans le 10e arrondissement, passées dans le courant du deuxième trimestre de l'an dix » ; Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg: MS.0.493 ; document numérisé par la BNU à la demande conjointe de F. Berjaud, L. Claudel et D. Davin).

Le "Relevé des Ordres laissés aux Corps" indique : "La comptabilité. Les registres de caisse, et les journaux généraux des Quartier-maitres ont été trouvés dans tous les corps tenus avec ordre et conformes au mode de comptabilité établi par le règlement du 8 Floréal 8. Néanmoins, ils n’ont pu être arrêtés définitivement par l’inspecteur général, que jusqu’à une époque bien antérieure à celle de la revue, à cause de l’arriéré, que tous les corps ont à réclamer, et qui est détaillé dans la situation des finances.
Ce même arriéré a encore occasionné que, quoique les dispositions de l’arrêté du 8 Floréal 8 soient claires, précises et bien connues de tous les Quartier-maitres, chacun d’eux a opéré d’une manière différente dans la tenue de sa comptabilité. Celui, par exemple, de la 48e pour ne pas intervertir les trimestres, a cessé d’inscrire sur les registres de caisse, et sur son journal toute dépense ou recette, du moment où l’arriéré a commencé. Celui de la 94e au contraire, pour être toujours au courant des finances de sa demi-brigade, a inscrit les recettes et dépense à fur et mesure qu’elles ont été faites, et a confondu les trimestres et même les années ; d’autres enfin, comme celui de la 100e, ont opéré comme si le paiement des sommes dues au corps était effectué.
On a enjoint au conseil d’administration de la 50e de faire transcrire sur son registre toutes les délibérations qu’ils prend selon l’ordre des dates, et de ne plus les confondre à l’avenir. Voyez page 54. On a rappelé aux conseils d’administration des 10e, 53e, 103e, 110e et 36e, l’obligation de faire transcrire sur leurs registres, les arrêtés faits à la fin de chaque trimestre de toute espèce de comptabilité en effets et deniers.
On a enjoint aux officiers chargés de l’habillement dans tous les 9 corps, de se conformer à l’avenir plus strictement aux dispositions du règlement, pour ce qui concerne la comptabilité des réparations d’armes. Voyez page 93.
On a ordonné aux conseils des 103e, 110e, 36e, 48e et 100e de surveiller plus exactement l’exécution des dispositions du règlement, relatives à l’administration des compagnies, telles que la tenue du registre de détail des compagnies, celles des livrets particuliers des hommes, la vérification et le décompte de la masse de linge et chaussure. V. p. 80, 93.
On a défendu aux chefs des 10e et 100e de souffrir aucune retenue, à faire aux soldats, autres que celles prescrites par la loi. Voyez page 41.
L’instruction. L’inspecteur général a donné à tous les Corps, et fait inscrire sur leurs livrets, à chacun selon ses besoins particuliers, ses ordres pour établir d’une manière solide leur instruction, pour réunir la théorie à la pratique, et pour parvenir ainsi à des résultats prompts, réguliers et certains. Ces ordres sont inscrits le plus en détail sur les livrets de revue des 36e page 107, 48e page 121, 94e page 135, 100e page 149.
Il a été enjoint aux chefs de tous les corps de mettre en pratique l’instruction, qu’il leur a laissée, sur le service des places. Voyez page 39.
Il a été ordonné aux officiers chargés des différentes parties d’administration (le Quartier-maitre excepté), de faire le service intérieur de leurs compagnies, et de prendre les armes avec elles, toutes les fois qu’elle ne seront pas détachées de l’état-major. Voyez page 108.
Il a défendu tout batterie de tambours, autres que celles prescrites par le règlement ; les tambours seront particulièrement instruits à la cadence de 90 pas à la minute. Voyez page 39.
Il a établi dans tous les corps une école d’écriture. Voyez page 39.
La tenue. L’inspecteur général a ordonné aux officiers de la 10e légère, de se munir de hausse-cols, et de baudriers. Voyez page 39.
Il a ordonné aux officiers des 10e légère, 50e, 53e, 103e, 110e, 36e, 94e et 100e de porter des épaulettes sur lesquelles sont distingués les différents grades. Il a ordonné aux officiers des mêmes corps, de se munir de surtouts uniformes.
Il a ordonné aux officiers des 110e, 84e et 100e d’avoir des chapeaux, qui soient plus réguliers, pas si grands, et retroussés conformément au règlement.
Il a ordonné à ceux des 53e, 103e, 36e et 100e d’observer ce qu’il leur a montré pour le placement des chapeaux, étant de service.
Les officiers des 50e et 110e seront tenus à se costumer plus régulièrement hors du service.
De même, les Caporaux et soldats des 50e et 110e devront être tenus plus régulièrement.
Il est ordonné aux Caporaux fourriers de porter les galons de laine des Caporaux, dans les 10e, 53e, 110e, 36e et 48e. Voyez page 39.
Les galons des Sous-officiers et Caporaux devront être plus conformes au règlement ; 50e, 53e, 110e, 48e. Voyez page 54.
Les Chefs des 110e et 36e observeront, que les cheveux des soldats soient arrangés conformément au règlement. Voyez p. 94.
Le Chef de la 94e ne souffrira plus sous les armes des chapeaux qui excédent la grandeur désignée par la loi. Voyez page 136.
Il est enjoint aux Chefs des 94e et 100e d’observer que les soldats changent de pied leurs souliers. Voyez page 36.
Les Chefs des 50e, 110e et 100e auront soin, que les musiciens soient costumés plus conformément au règlement. Au lieu de bottes, ils devront avoir des guêtres, sous les armes ; les brides en or, pour tenir leurs épaulettes, devront leur être ôtées. Voyez pages 54, 95 et 150.
L’habillement. L’inspecteur général a rappelé au conseil d’administration de la 100e l’obligation que lui impose le règlement, de constater de la manière la plus exacte, par un procès-verbal, transcrit sur son registre de délibérations, la qualité des recettes qu’il fait, en effets de tous genres.
La façon des nouveaux effets, faits par les corps, ayant été trouvée totalement manquée, l’inspecteur général prescrit à tous les corps les dimensions qu’elles auront à suivre dans la confection de leurs habits, vestes, culottes et souliers, et dans l’achat des chapeaux. Voyez les détails pages 39, 40, 54, 55.
L’inspecteur général a enjoint aux Chefs de corps, qui n’ont pas de bonnets de police, de tâcher de s’en procurer, soit en employant les vieux habits en magasin, soit en en trouvant sur la coupe des effets neufs.
Afin d’éviter le désordre, qui a subsisté jusqu’ici dans tous les corps, des effets mauvais et irréguliers, fournis aux soldats par les commandants des compagnies, l’inspecteur général a établi partout un petit magasin d’effets d’équipement, au moyen duquel il a défendu aux commandants des compagnies de procurer désormais, aucun effet d’habillement quelconque aux soldats, à moins qu’ils ne le tirent du petit magasin. Voyez l’organisation de ce magasin pages 40 et 151.
L’équipement. L’inspecteur général a donné à tous les corps les ordres pour que les gibernes et havresacs soient placés d’une manière plus régulière et convenable. V. page 40.
Il a montré à la 50e comment devront être placés les sabres et les fourreaux de baïonnettes. Voyez page 55.
Il a ordonné aux Chefs des 94e et 100e de réunir les bretelles éparses dans les compagnies, et d’en donner les blanches aux Grenadiers. V. page 136.
L’armement. Il a été ordonné aux Chefs de tous les corps, de répartir leurs fusils en raison des tailles. Voyez page 40.
Il leur a été défendu de souffrir aux armes aucunes marques particulières telles que coupures aux crosses, clous, etc., ni des bretelles particulières. Voyez page 63.
Il a été ordonné aux Chefs de tous les corps de remettre à l’arsenal le plus voisin, tous les fusils qu’ils ont en magasins, et qui excédent le nombre de 50, qu’ils garderont pour les remplacements ; ils garderont aussi les sabres. Voyez page 40.
Il a été enjoint au Chef de la 110e de faire mieux soigner dorénavant son armement. Voyez page 95.
Hommes congédiés. L’inspecteur général a prescrit, pour ce qui concerne le vêtement des hommes congédiés, les mesures suivantes.
Les hommes partant avec récompense resteront vêtus tels qu’ils sont. Ceux réforment purement et simplement échangeront leurs habits neufs contre de vieux, mais qui soient cependant réparés. Quant à ceux qui partent par congés absolus, on se conformera, à leur égard, à la lettre du ministre du 21 Pluviôse dernier. Voyez p. 41, 56, 95, 151.
Le tiercement. Il a été prescrit à tous les corps de procéder à la nouvelle organisation de paix, et au tiercement, tel qu’il a été ordonné par le ministre. Voyez page 41.
Il a été de même prescrit aux Chefs des corps, d’égaliser les compagnies, et de répartir entre elles les Officiers, Sous-officiers et Caporaux, en raison du bien du service. Voyez page 54
" (Schauenburg (Général baron Alexis-Balthazar-Henri-Antoine de) : « Revues d'inspection des corps d'infanterie stationnés dans le 10e arrondissement, passées dans le courant du deuxième trimestre de l'an dix » ; Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg: MS.0.493 ; document numérisé par la BNU à la demande conjointe de F. Berjaud, L. Claudel et D. Davin).

Le "Sommaire des propositions contenues dans les lettre d’envois au Ministre" indique :
"1. On demande l’avancement au grade de Chef de Bataillon, de l’Adjudant major Schwiter, de la 103e, et son placement dans la 50e. Voyez page 82 ..."(Schauenburg (Général baron Alexis-Balthazar-Henri-Antoine de) : « Revues d'inspection des corps d'infanterie stationnés dans le 10e arrondissement, passées dans le courant du deuxième trimestre de l'an dix » ; Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg: MS.0.493 ; document numérisé par la BNU à la demande conjointe de F. Berjaud, L. Claudel et D. Davin).

Le Général Schauenburg a également envoyé une "Circulaire aux Chefs des Corps, contenant l’instruction des manœuvres, pour les revues de l’an XI.
En vous adressant citoyen chef, mon instruction concernant les manœuvres et le service des places, j’ai trouvé nécessaire d’y ajouter le mode d’exécution ci-après, attendu que vous êtes maintenant à même d’entrer dans tous les détails nécessaires sur cet objet.
Le 4e chef ou celui des autres chefs de bataillon que vous aurez choisi à son défaut de capacité, devra lui-même instruire les officiers avec lesquels il établira les différentes gradation de l’école du soldat faisant une attention particulière de ne jamais passer à une autre instruction sans avoir parfaitement assuré la précédente, de bien établir leur aplomb dans le rang, et de suivre ponctuellement le règlement de 91 pour tout ce qui concerne cette partie de l’instruction particulière, attendu qu’elle ne laisse presque rien à désirer pour sa perfection.
Afin de la conduire avec ensemble, le même chef qui aura tenu l’instruction des officiers s’occupera de celle des sous-officier, l’instruction des officiers devant être tenues le matin, et dans un endroit écarté. Celle des sous-officier l’après-midi en présence de tous les officiers.
Les officiers devront être munis de gibernes et de fusils de soldat pour tout ce qui concerne l’instruction des maniements d’armes, et le chef de brigade ne saurait mettre assez d’attention à lier la pratique avec la théorie, afin de ne plus retomber dans l’ancienne erreur relative à leurs instructions, qui autrefois croyaient que lorsqu’ils savaient occuper leurs places dans quelques manœuvres et surtout prononcer les commandements, dispensé de ne plus rien apprendre, et certes leur loyer est bien loin d’être rempli à cet égard, il est essentiel qu’ils connaissent tous les moyens d’exécution, les fautes qu’ils peuvent commettre, et les conséquences que les fautes peuvent avoir, cela redoublera leur zèle à s’occuper de l’instruction et a ne plus la regarder comme une chose presque indifférente. Aussitôt que l’instruction précédente aura été transmise aux officiers et sous-officiers d’une manière à être assuré de son ensemble, le chef de brigade la divisera par bataillon sous la direction de leurs chefs lesquels pourront être remplacés par des officiers immédiatement après leurs grades, soit pour motif d’infirmité ou de moyens nécessaires en observant tous les égards dus aux grades et à l’ancienneté du service ; cette mesure sera aussi observée pour l’instruction des compagnies qui ne devra être confiée qu’aux officiers assez instruits pour la transmettre. Après avoir fait répéter par section d’abord aux compagnies de chaque bataillon ce qui vient d’être demandé ci-dessus, l’on passera à l’école du peloton, laquelle se tiendra le matin pour les officiers, et l’après-midi pour les sous-officiers. Ce genre d’instruction tenu pendant une heure chaque fois ne devra pas empêcher celles des compagnies.
L’officier chargé de l’instruction ne devra pas omettre cette poursuite dans la 6e leçon concernant le maniement d’armes des sous-officiers et caporaux, les officiers devront aussi être instruits à exécuter ce qui est prescrit dans la même leçon relativement au maniement de l’épée.
Le chef de brigade se munira de suite d’un fanion par bataillon pour remplacer le drapeau dans les exercices journaliers, la perche de ce fanion devrait être d’un bois léger, avoir neuf pieds de hauteurs y compris la lance et le sabot, l’étoffe de ce fanion sera suffisamment grande ayant deux pieds de chaque côté. Les sous-officiers porteurs de ce fanion devront être choisis par le chef de brigade, et le porter sous les armes ainsi qu’il est dit dans l’instruction de l’inspecteur général. Cette manière renfermant les moyens les plus corrects pour tous les genres d’alignements, le général inspecteur prévient le chef qu’il ne souffrira d’autre fanion que celui qui représente le drapeau.
Aussitôt que l’école du peloton sera bien entendue par les officiers et sous-officiers, l’on en formera une division, de laquelle tous les officiers en composeront le cadre alternativement.
Cette marche sera suivie pour l’instruction des compagnies qui devront aussi être réunies par division en plaçant les pelotons dans l’ordre de bataille.
L’on placera en faisceaux les armes pour toutes les instructions auxquelles elles ne sont pas nécessaires, afin d’éviter la fatigue du port d’arme et d’empêcher de faire contracter de fausses positions pendant les explications dans les différentes instructions.
L’on exécutera dans tous les jours sans fusils, les évolutions de détail avec la division, en observant de les classer d’une manière successive, l’on commandera pour les conversions de pied ferme, pour les déboîtements et remboitements en bataille, ensuite celle en marchant pour les changements de direction en colonnes, les officiers et sous-officiers formant les cadres devront en même temps être instruits à au ton de commandement régulier et bien partagé entre l’avertissement et l’exécution, aussitôt que l’instruction de la division sera établie, on la terminera chaque fois par la réunion du bataillon, en observant pour sa formation ce qui a été prescrit dans l’instruction du général inspecteur afin d’habituer chacun à sa place de bataille et à se former rapidement et avec ordre. Les officiers et sous-officiers devront être prévenus qu’ils seront particulièrement observés par l’inspecteur général sur toute leurs différentes obligations, que cet examen se fera avec le calme de l’expérience, sans jamais s’écarter de la considération due au grade et au service rendu.
Lorsque l’on passera à l’école du bataillon, l’on éprouvera l’avantage d’avoir pratiqué presque tous les genres d’évolutions avec la division, l’on s’occupera de suite de pratiquer les mouvements successifs ainsi qu’ils sont indiqués dans l’instruction du général inspecteur.
Le chef de brigade devra lui-même tenir trois fois par semaine au moins l’instruction suivante, faisant former trois pelotons de 8 files chacun, composés d’officiers et complétés par des sous-officiers, ces trois pelotons représenteront ceux du drapeau de chaque bataillon, ils seront encadrés d’après la formation indiquée dans l’ordonnance, mais dirigés pour les mouvements suivants par leurs chefs de bataillon respectifs et d’abord placés à six pas les uns des autres.
La première instruction devrait être la marche en bataille, le chef désignera le bataillon d’alignement alternativement, en observant à cet égard les principes indiqués dans l’instruction de l’inspecteur. Voir page 70 et suivante.
Lorsque l’on aura exécuté l’ensemble de la marche, l’exactitude nécessaire sur le prolongement donné, et enfin déterminée la longueur du pas, l’on éloignera insensiblement les pelotons jusqu’à leurs distances respectives. Les chefs de bataillon observant d’augmenter leur ton de commandement en raison du front qu’ils tiendront, le chef de brigade prononçant les siens en forme d’avertissement, afin qu’ils puissent être transmis à la fois aux différents chefs qui de leur côté devront les enlever avec une égale précision. La pratique de ces exercices leur fera trouver les moyens nécessaires à son exécution. Aussitôt que cette instruction aura été entendue l’on la répètera par bataillon en faisant aussi exécuter les maniements d’armes, les feux, etc. Cette partie amenée à l’ensemble nécessaire, le chef de brigade fera exécuter par bataillon les premières instructions d’ensemble, pour les manœuvres, passant ensuite à l’instruction de la réunion de la demi-brigade.
Le chefs de brigade fera former des classes qui seront confiées à des adjudants ou autres officiers instruits pour exercer les officiers, sous-officiers et soldats retardés par des motifs d’absence ou de négligence. Toutes les fois que l’on prendra les armes, tous les militaires, depuis l’officier jusqu’au soldat, devront avoir les chapeaux placés conformément au règlement de police intérieure, ainsi que tout le reste de leur ajustement. L’inspecteur démontrera pendant les instructions qu’il tiendra lui-même lors de son séjour à chaque corps les avantages d’une tenue régulière.
Les sous-officiers et soldats devront toutes les fois qu’ils prendront les armes, même pour les exercices journaliers, être chaussés de leurs souliers uniformes, l’on observera même, de les faire changer de pied, ces deux objets sont aussi avantageux à l’aplomb de l’homme qu’à la conservation de la chaussure.
Le général inspecteur recommande au chef de brigade d’observer que dans la marche de flanc par pelotons et divisions, les hommes du premier rang couvrant leurs chefs de files tiennent leurs distances prescrites, et que les hommes des second et troisième fassent rang et observent légèrement le …, il en résultera non seulement une grande régularité dans cette marche, mais encore l’avantage de se trouver aligné au commandement de la halte et à celui de front que les seconds et troisièmes rangs trouvent leurs distances. Les commandants de pelotons ou de divisions devront toujours mettre l’intervalle nécessaire à redresser quelque hommes entre halte et front, attendu que si les deux principes sont observés ils n’auront plus rien à redresser après le commandement de front.
Le chef de brigade ne saurait mettre assez d’importance à la ponctuelles exécution des mouvements successifs indiqués dans l’instruction du général inspecteur. Il devra les considérer comme les principes fondamentaux de tous les genres de formation.
Le chef de brigade fera exécuter au moins deux fois la semaine l’instruction de l’inspecteur général pour le service des places, et pour le mieux démontrer, il fera former des postes de différents nombres et grades avec lesquels il parcourra successivement les obligations de chaque grade dans ce genre de services, il exigera qu’il soit fait des extraits en assez grand nombre pour que chaque officier et sous-officier et caporal puisse connaître ce qui le concerne lorsqu’il est de services.
Le chef de brigade préviendra les officiers et sous-officiers que le général inspecteur fera tout ce qui dépendra de lui pour employer utilement le temps qu’il passera avec eux lors de sa revue, ainsi que pour tout ce qui pourra contribuer au bien-être de la demi-brigade
" (Schauenburg (Général baron Alexis-Balthazar-Henri-Antoine de) : « Revues d'inspection des corps d'infanterie stationnés dans le 10e arrondissement, passées dans le courant du deuxième trimestre de l'an dix » ; Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg: MS.0.493 ; document numérisé par la BNU à la demande conjointe de F. Berjaud, L. Claudel et D. Davin).

Le "Bulletin des mouvements de troupes ordonnés par le Ministre pour la garde des camps (Du 1er au 20 septembre 1805)" indique :
Camp d’Etaples.
3e Bataillon du 50e, 352 hommes, y compris 41 aux hôpitaux, 1 en jugement. Départ de Lille le 14 Fructidor, arrivée à Etaples le 17 Fructidor (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 1, p. 447).

Le 29 Fructidor an 13 (16 septembre 1805), le Général de Division Mahler écrit, depuis son Quartier général à Saint-Dizier, au Maréchal Berthier : "Monseigneur,
J'ai l'honneur de prévenir Votre Excellence que la division sous mes ordres est partie de Vitry ce matin à 3 heures et qu'elle est arrivée à Saint-Dizier à 10 heures 1/2; elle y prend le pain, la viande et l'eau-de-vie pour un jour. Les régiments sont cantonnés :
Le 25e léger à Ancerville, Sommelonne, Cerisannes, Cousancelles, Chamouilley.
Le 27e de Ligne à Cousances et Betancour.
Le 50e de ligne à Saint-Dizier.
Le 59e de ligne à Saint-Dizier, Villiers-en-Lieu, Chancenay.
J'ai aussi l'honneur de prévenir Votre Excellence que l'adjudant-commandant de ma division, qui est chargé des logements, s'étant imaginé que M. le Maréchal passerait à Vitry la revue de mes troupes, exigea qu'elles fussent le moins éparpillées possible et, à cet effet, fit loger dans Vitry-sur-Marne les 50e et 59e régiments et 400 hommes du 25e. Sur les représentations qui lui furent faites, que la ville ne pouvait supporter ce logement qu'en se servant des bâtiments militaires, et l'assurance qu'on lui donna qu'on les fournirait de paille fraiche, de bois et de lumière, il consentit à ce qu'on y logeât quelques cents hommes de chacun des deux régiments; lors de mon arrivée, l'adjoint d'état-major qui me précédait m'assura qu'on faisait les dispositions pour remplir les promesses qu'on avait faites à mon chef d'état-major ; mais à peine la troupe fut elle entrée dans ces bâtiments, que soit impossibilité de les tenir, ou toute autre cause, la troupe ne reçut plus rien et se trouva dans l'impossibilité de faire cuire ses vivres et de se reposer.
Les soldats du 50e régiment, instigués par quelques habitants et un peu par le vin (qui est à trop bon compte dans le pays), passèrent du murmure à l'insubordination, prirent leurs armes et furent s’établir sur la place, Aussitôt que j’en fus instruit, je m'y rendis avec le colonel Lamartinière et parvins, sans la moindre difficulté, à faire rentrer le soldat dans son quartier; je fis aussitôt venir le maire qui, tout en rejetant sur le sous-préfet le manque des objets promis, envoya à la caserne un peu de bois et de lumière, qui fit passer la nuit tranquillement.
Je restai moi-même éveillé, et puis assurer à Votre Excellence qu'il n'y a eu dans la ville aucun désordre et que la troupe n’a décessé de reconnaitre notre autorité.
Ce matin, lorsque le colonel Lamartinière, qui était logé chez le maire, demanda le certifient de bien-vivre de son régiment, il lui fut refusé; mais j'ai l'honneur d'assurer Votre Excellence que ce régiment ne méritait pas cet affront et que l'administration municipale de cette ville n'a pu le lui refuser que sur un fait qui n'était pas de sa compétence
" (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 2, p. 89 - Notes au bas de la lettre : "En écrire au préfet sur la conduite du maire de Vitry. A. B." et "Il a été écrit au préfet du département de la Marne le 2 vendémiaire").

Le 21 septembre 1805 (4e jour complémentaire an 13), l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Maréchal Berthier : "… Quant aux 3es bataillons des régiments qui composent le corps d'armée du maréchal Ney, vous leur enjoindrez de se rendre à Mayence pour y faire partie de la réserve ; cependant vous n'y comprendrez pas le 3e bataillon du 50e, qui fait partie de la réserve de Boulogne ..." (Correspondance de Napoléon, t.11, lettres 9248 ; Correspondance générale de Napoléon, t.5, lettre 10851).

Le 3 Vendémiaire an 14 (25 septembre 1805), l'Adjudant commandant, E.-N. Lefol écrit, depuis Haguenau, au Général Marcognet : "Monsieur le Général,
Le général de division me charge de vous prévenir qu'en conséquence des ordres de M. le maréchal commandant en chef, la division partira d'Haguenau demain, 4 vendémiaire, à 3 heures précises du matin, pour aller cantonner, savoir :
L'état-major de la division et le vôtre à Selz ...
Les deux bataillons du 50e à Nieder-Roderen et Bühl ...
Veuillez bien donner vos ordres, en conséquence de ces dispositions, aux troupes que vous commandez
" (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 2, p. 457).

L'ordre de marche pour la traversée du Rhin sur le pont de bateaux construit près de Lauterbourg, ordre distribué le 26 septembre, est ainsi rédigé : "La troupe marchera, la droite en tête et sur front de section s'il est possible. Dans le cas contraire, elle marchera par le flanc jusqu'à son arrivée sur la rive droite du Rhin, où les sections se formeront aussitôt ...
3e division, sous les ordres du général Malher.
1re brigade (général Marcognet).
1er bataillon du 25e léger.
2 pièces d'artillerie.
2e et 3e bataillons du 25e léger.
27e de ligne (2 bataillons).
2e brigade (général Labassée).
50e de ligne (2 bataillons).
6 pièces d'artillerie.
59e de ligne (2 bataillons).
Détachement de 12 hussards.
Détachement de 10 gendarmes ...
Les vivres, les subsistances et le personnel de l'administration. Les bagages, en commençant par l'état-major général et suivant l'ordre des divisions et des régiments comme ci-dessus. Les quatre dernières compagnies du 59e fermeront la marche, et serviront d'escorte aux bagages.
Les régiments ne laisseront que 12 hommes et 1 sergent pour escorter les voitures.
L'escadron de gendarmerie fermera la marche.
Un détachement de 20 hommes de la compagnie d'élite du 1er hussards, suivra partout le maréchal commandant en chef. Ce détachement sera relevé tous les cinq jours
" (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 2, p. 464 ; E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 231 ; Bonnal H. : « La vie militaire du Maréchal Ney », Chapelot, Paris, 1910, tome 2, p. 81).

"6e Corps. Emplacements du 4 vendémiaire an 14 (26 septembre 1805).
Quartier général à Lauterbourg ...
3e division (Selz) aux ordres du général MALHER.
25e léger (1er et 2e bataillons). Motheren.
25e id. (3e bataillon). Münchhausen.
27e de ligne (Général MARCOGNET), Selz.
50e id. Nieder-Röderen, Bühl.
59e id. (Général LABASSÉE). Beinheim ...
" (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 2, p. 463).

"Journée du 5 vendémiaire (27 septembre).
Quartier général : Carlsruhe.
L'armée a passé le Rhin près Lauterbourg. Le passage a commencé à 6 heures du matin pour les troupes et a été terminé à midi ...
3e division (Carlsruhe) ...
27e et 50e de ligne. Carlsruhe ...
" (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 2, p. 469).

Fin septembre 1805, les Divisions du 6e Corps commandé par le Maréchal Ney, sont organisées de la façon suivante :
1re Division (Général Dupont), avec les Généraux de Brigade Marchant et Rouyère, ayant sous leurs ordres, le premier, le 9e Léger, le second, les 32e et 96e de ligne; en tout 6 Bataillons à 9 Compagnies. Effectif de l'infanterie de la 1re Division : 5,140 hommes.
2e Division (Général Loison), avec les Généraux de Brigade Roguet et Villatte, ayant sous leurs ordres, le premier, le 6e Léger et le 39e de Ligne, le second, les 69e et 76e de Ligne; en tout, 8 Bataillons à 9 Compagnies. Effectif de l'infanterie de la 2e Division : 6,899 hommes.
3e Division (Général Malher), avec les Généraux de Brigade Marcognet et Labassée, ayant sous leurs ordres, le premier, le 25e Léger et le 27e de Ligne, le second, les 50e et 59e de ligne; en tout, 8 Bataillons à 9 Compagnies. Effectif de l'infanterie de la 3e Division : 7,069 hommes.
Brigade de cavalerie (Général de Division Tilly) composée du 10e Chasseurs, du 1er et du 3e Hussards, chacun à 3 Escadrons. Effectif: 1,071 hommes.
Artillerie composée de 13 Compagnies avec un effectif de 1,065 hommes.
Effectif du 6e Corps : 21,250 hommes (Bonnal H. : « La vie militaire du Maréchal Ney », Chapelot, Paris, 1910, tome 2, p. 56).

Composition de la Grande Armée au moment où elle a passé le Rhin pour la campagne d'Autriche.
6e corps d'armée au passage du Rhin dans les premiers jours de vendémiaire an XIV.
3e division.
50e de Ligne, 2 Bataillons, 1714 hommes (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 2, p. 158).

Le 11 Vendémiaire an 14 (3 octobre 1805), le Général de Division Malher écrit, depuis son Quartier général de Hedelfingen, au Maréchal d'Empire Ney, commandant le 6e Corps de la Grande Armée : "Monsieur le Maréchal,
J'ai l'honneur de vous rendre compte qu'en conséquence des ordres que m'a transmis votre chef d'état-major, je suis parti de Stuttgart à midi, et suis venu m'établir :
... Le 50e régiment, mon état-major, le parc et les administrations, à Hedelfingen ...
J'ai ordonné que, dans chaque cantonnement, on se garde militairement, plutôt pour l'instruction de nos jeunes militaires, que pour la sûreté de la division, puisque je suis couvert par les autres divisions.
Ci-joint le croquis de la marche d'aujourd'hui ...
" (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 2, p. 664).

Le 12 Vendémiaire an 14 (4 octobre 1805), le Général Malher écrit, depuis son Quartier général, à Göppingen, au Maréchal Ney : "En conséquence des ordres que vous m'avez transmis par le chef de l'état-major général, j'ai l'honneur de vous rendre compte que j'ai placé le 25e d'infanterie légère et le 2e bataillon du 27e à Göppingen, le 1er bataillon du 27e à Albershausen, le 50e régiment à Rechberghausen et Barlenbach, le 59e à Wangen et Oberwalden, l'escadron du 10e de chasseurs à Iebenhausen, le parc et les administrations ont parqué et bivouaqué en arrière de Göppingen.
Vous connaissez, Monsieur le Maréchal, la marche de ma division, toujours occupant les cantonnements qui· sont épuisés par les besoins des autres divisions, et· malgré notre activité, tous les soins de mon commissaire et les ordres de l'ordonnateur, nous ne pouvons à peine nous procurer des subsistances, particulièrement du pain. J'ai l'honneur de vous prier, Monsieur le Maréchal, de nous accorder votre protection particulière.
Agréez, Monsieur le Maréchal, l'assurance de mon respect et de mon attachement.
Mahler
J'ai l'honneur de joindre à la présente le tracé des cantonnements occupés par ma division
" (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 2, p. 732).

Le 14 Vendémiaire an 14 (6 octobre 1805), le Général Malher écrit, depuis son Quartier général, à Giengen, au Maréchal Ney : "La division que je commande est partie de Göppingen à 6 heures du matin, hier 13 vendémiaire, et est arrivée à Giengen aujourd'hui 14, à 3 heures et demie du matin; les défilés que nous avons dû passer et surtout la rencontre des équipages, des dragons et des autres divisions nous ont tellement retardés qu'il nous a été impossible d'arriver plus tôt. Les 27e, 50e et 59e régiments sont bivouaqués en arrière de Hohe-Memmingen et le 25e léger en arrière de Saxenhausen; ce régiment est arrivé à son bivouac à 3 heures et demie du matin.
Ci-joint le croquis de la marche du 13
" (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 2, p. 846).

Le Régiment combat à Guntzbourg le 9 octobre 1805. La Division Malher, mise en marche à 9 heures du matin, dans le but de s'emparer des ponts de Leipheim, de Günzburg et de Reisenburg, forme trois colonnes : celle de droite (Adjudant-commandant Lefol, six Compagnies de Grenadiers, trois de Carabiniers, trois de Voltigeurs et vingt Chasseurs à cheval du 10e) prend le chemin de Leipheim à travers les marais, s'y égare, et, au milieu de la nuit, se retrouva à Riedhausen.
La colonne du centre (Général Malher, Général Marcognet, trois Bataillons du 25e Léger, un Bataillon du 27e de Ligne, deux Bataillons du 50e et quatre bouches à feu), laissant un Bataillon du 27e à Stotzingen, prend par Brenz, Sontheim et Riedhausen; arrivé aux bois qui bordent le Danube, Marcognet rencontre l'ennemi et le repousse dans l'ile. Une Compagnie de Voltigeurs et deux de Grenadiers, qui l'accompagnent, y font 200 prisonniers. Le 25e Léger suit le mouvement, puis le 27e passe dans l'ile à son tour, et le 50e reste seul sur la rive gauche. Le 27e amène avec lui une pièce de 8 et une pièce de 4 pour battre la rive droite. Le pont du grand bras a été rompu, de sorte qu'il faut se retirer dans les bois de la rive gauche après avoir subi des pertes considérables. Les 25e et 27e ont 6 Officiers tués et 26 blessés (Martinien. Tableau des officiers tués et blessés pendant les guerres de l'Empire. Paris, 1901).
La colonne de gauche (Général Labassée, 59e de Ligne) est plus heureuse : partie de Gündelfingen, elle trouve en aval de Günzbourg un pont dont on ignorait l'existence, et dont les madriers ont été retirés; elle le passe sur les poutrelles, malgré le feu d'artillerie et de mousqueterie de l'ennemi, enlève trois canons, fait 500 prisonniers et pénètre jusqu'à Günzbourg; mais elle est repoussée de la ville et doit prendre position en arrière sur la hauteur. Une pièce de 8 et un obusier ont préparé son passage. Trois Régiments de cavalerie autrichienne viennent charger le 59e dans cette position sans pouvoir l'entamer. Il a 12 Officiers hors de combat (Martinien).
Averti de ce succès, le Général Malher arrive dans la nuit avec la colonne du centre. Le 50e vient prendre position près du 59e; le 25e Léger et le 27e de Ligne restent sur la rive gauche (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 3, 1ère partie, p. 33 ; Bonnal H. : « La vie militaire du Maréchal Ney », Chapelot, Paris, 1910, tome 2, p. 122 - Note : ce dernier indique que les attaques ont commencé à 3 heures de l'après-midi).

Dans son rapport au Maréchal Ney, daté du Quartier général de Günzburg, le 18 Vendémiaire an 14 (10 octobre 1805), le Général Malher écrit : "Monsieur le Maréchal,
En conséquence des ordres que vous m'avez donnés, je suis parti hier, à 9 heures, des cantonnements occupés par ma division et ai marché sur trois colonnes pour m'emparer des trois ponts existants sur le Danube, l'un à Leipheim, l'autre sur Günzburg et le troisième sur Reisensburg. J'ai dirigé mon avant-garde, rassemblée à Stotzingen et commandée par le colonel Lefol, mon chef d'état-major, sur le premier; le général Labassée, à la tête du 59e régiment et partant de Gundelfingen, s'est porté sur celui de Reisensburg; le général Mareognet, à la tête de sa brigade et du 50e régiment, s'est dirigé sur Günzburg; je suis resté à la tête de cette colonne. Vers les 3 heures, nous nous sommes trouvés tous trois à la même hauteur et en mesure d'attaquer, si le colonel Lefol avait pu vaincre les difficultés que lui opposait le marais qu'il devait traverser; mais son intrépidité et son intelligence se sont malheureusement trouvées en défaut, et après avoir perdu son cheval et risqué de voir périr plusieurs hommes de sa colonne, il a pris le parti de se retirer sur Riedhausen, d'où il est venu me rejoindre dans la nuit.
Le général Marcognet étant arrivé au débouché du bois, en face du pont sur Günzburg, porta avec tant de rapidité son avant-garde et ses éclaireurs en avant, qu'à peine avait-elle fait feu qu'elle fit prisonniers 200 Tyroliens, parmi lesquels 23 officiers, s'empara de deux pièces d'artillerie et d'un général-major, le baron d'Aspre, pris particulièrement par les éclaireurs du 50e régiment.
Aussitôt, le 25e régiment, traversant au pas de charge le gué du premier bras du Danube, s'empara de l'ile, se portant sur le pont du grand bras, et trouva une travée entièrement coupée, ce qui, sans ralentir son ardeur, l'exposa à un feu d'artillerie et de mousqueterie des plus terribles; l'espoir que nous avions de pouvoir raccommoder le pont me détermina à faire soutenir le 25e régiment par le 27e et placer en réserve derrière le pont le 50e régiment.
Ayant enfin pu reconnaître l'impossibilité de raccommoder le grand pont, je pris le parti de retirer mes troupes et de me contenter de garder la lisière du bois. Ces divers mouvements, faits sous le feu de plus de 20 pièces d'artillerie placées avec avantage, m'ont fait éprouver une perte assez considérable, mais tout en ayant à regretter la perte de quelques braves, cette action a donné la mesure de ce que Sa Majesté a lieu d'attendre de son armée ; chaque corps a déployé une bravoure et une fermeté au delà de tout éloge; nos jeunes militaires n'ont pu être distingués dans les rangs, et, à la vivacité de notre feu, l'ennemi, d'après les rapports des prisonniers, nous a cru toute l'armée; il nous a sans doute fait cet honneur, parce que lui-même y avait réuni la plus grande partie de la sienne.
Le général Marcognet a eu un cheval tué sous lui, et son aide de camp, le lieutenant Jorry, blessé, le colonel Cazals et le capitaine du génie Bouzet ont été légèrement blessés. Les chefs de bataillon Parent, Darné et Frappart, blessés.
A la gauche, le général Labassée, communiquant son impétuosité au 59e régiment, était plus heureux que nous; malgré le feu de trois pièces d'artillerie enfilant la chaussée, malgré les quatre régiments d'infanterie ennemie qui, des hauteurs, faisaient un feu terrible et croisé sur lui, il parvint au pont dont les madriers étaient ôtés et le franchit; parvint jusqu'aux pièces sur lesquelles les canonniers se firent tuer, prit 500 hommes, s'empara des hauteurs et poussa l'ennemi jusque dans la ville qui, à plusieurs reprises, paya cher l'envie qu'il avait d'en ressortir.
La cavalerie tenta sans succès de reprendre les hauteurs que couronnait le 59e régiment; à six reprises différentes, elle chargea jusque sur les baïonnettes; six fois elle fut reçue à moins de quinze pas, et, son front couvert de morts et de blessés, elle prit la sage résolution de se retirer.
Instruit du succès du général Labassée, je m'y rendis aussitôt et y portais toute ma division. A la pointe du jour, j'ai fait cerner la ville, l'ennemi n'y avait laissé que les blessés au nombre d'environ 300 et environ 150 trainards qui ont été pris.
L'action du 59e régiment est une des plus glorieuses de l'histoire militaire, mais ce régiment a éprouvé une perte bien sensible pour lui, dans la personne de son colonel, M. Lacuée. Le lieutenant-colonel Silbermann en a aussitôt pris le commandement. Je vous prie, Monsieur le Maréchal, d'obtenir de Sa Majesté qu'il soit nommé colonel; il s'est conduit avec une intelligence et une bravoure dont on voit peu d'exemples. Son second, M. Savary. mérite également les bontés de notre souverain. Il fait la guerre avec une intelligence, une activité et une bravoure dignes des plus grands éloges.
J'aurai l'honneur de vous adresser l'état des officiers ou soldats qui se sont plus particulièrement distingués et pour lesquels j'aurai l'honneur de vous prier de solliciter de l'avancement ou la décoration.
Je ne dois point omettre, Monsieur le Maréchal, les éloges qui sont dus à M. Caron, cher d'escadron commandant mon artillerie qui, avec quatre pièces de cation, a si bien su diriger son feu qu'il faisait tête à vingt.
Je recommande aussi à vos bontés particulières mon aide de camp Deboutard, lieutenant depuis huit ans, à qui Sa Majesté promit le grade de capitaine pour cette année et qui, dans l'affaire d'hier, a rempli son devoir comme un brave et digne officier.
Je n'ai aussi que des éloges à donner à M. de la Gennetière pour lequel j'aurai l'honneur de vous demander la décoration.
Agréez, Monsieur le Maréchal, l'asurance de mon respect et de mon attachement
" (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 3, 1ère partie, p. 374).

"Extrait du « Mémorial de campagne, d'Antoine de Lafarelle, capitaine du Génie.
Je fis part au général Malher, qui n'avait point été précisément blessé, mais qui avait reçu au bras un éclat de bois, des deux reconnaissances que j'avais faites.
Ce rapport, qui était le seul véritable parmi tous ceux qu'il avait reçus, ainsi qu'il eut la bonté de me le dire, était d'autant plus important qu'il expliquait le peu de succès qu'avait eu son attaque, malgré la bravoure de sa troupe. Enfin, nous étions à discourir sur toutes les circonstances de cette journée, lorsque le général Labassée arriva et annonça qu'il s'était emparé d'un pont qui est à l'extrémité de Günzburg, et qu'après une affaire très chaude, il a débusqué l'ennemi de sa position formidable, et qu'il se trouve aux portes de la ville.
L'on révoque en doute que ce soit d'un des ponts de Günzburg qu'il se soit emparé, par la raison que la carte qui, à la vérité, était le seul témoignage qu'on pût mettre en avant, mais qui avait son degré d'autorité, ne désignait que l'existence d'un seul pont. Le général Labassée soutient que c'est réellement d'un pont de Günzburg qu'il s'est emparé.
J'affirme de mon côté, que, durant que j'ai fait ma seconde reconnaissance, j'ai effectivement entendu une très forte fusillade à la gauche de Günzburg. Enfin, on se décide à aller sur les lieux.
Nous laissons nos chevaux en arrière, et, à travers les marais affreux, nous arrivons au bivouac du 50e régiment. Le général me dit de marcher en tête d'une compagnie et d'aller faire réparer le pont. Je me mets en marche et j'arrive au lieu indiqué. Les sapeurs du régiment avaient commencé l'opération, mais d'une manière très imparfaite. Je fais rassembler les planches dont nous pouvions avoir besoin et je me mets à l'œuvre. Dans moins d'une heure le pont fut réparé. Le général Malher, accompagné du général Labassée, arrive et nous allons visiter la position dont il s'est emparé. Notre étonnement s'accroit à chaque pas, car on ne conçoit pas comment, avec une poignée de monde, il a pu s'emparer d'un pont où sur une si longue étendue il n'existait que des longerons, et débusquer l'ennemi d'une hauteur formidable d'où, par un chemin en ligne directe, il enfilait avec son artillerie le pont et l'avenue qui y conduit. Ajoutez à cela que l'ennemi était pourvu de cavalerie et qu'elle a chargé jusqu'à sept fois. Le 59e régiment, qui s'est immortalisé dans cette journée, a eu le malheur de perdre son colonel, le jeune et intéressant Lacuée, l'un des officiers les plus distingués de l'armée.
Arrivés au point où nos troupes avaient pris position, il n'y avait plus à douter que nous fussions sous les murs de Günzburg. Nous entendions très distinctement le bruit des convois d'artillerie et des bagages qui s'éloignaient; enfin, si nous eussions eu de la cavalerie, il n'y avait rien de plus aisé que de s'emparer de ce convoi, car il parait que la terreur était dans l'âme de nos ennemis et qu'ils avaient perdu la tête. Faute de ce moyen, il a fallu nous résoudre à attendre conseil du lendemain
" (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 3, 1ère partie, p. 378 - Note : Publié par M. le Capitaine de Cazeneuve, dans le Carnet de la Sabretache, 1902).

"6e CORPS D'ARMEE.
Emplacements du 17 vendémiaire an XIV (9 octobre 1805).
… 3e division : Riedhausen.
La division a marché sur trois colonnes pour s'emparer des ponts de Leipheim et de Günzburg.
La colonne de droite, aux ordres de l'adjudant-commandant Lefol, était composée de 6 compagnies de grenadiers, 3 de carabiniers, 3 de voltigeurs et 20 chasseurs du 10e à cheval. (Elle laisse un bataillon du 27e de ligne à Stotzingen.) La colonne se dirigea sur Leipheim à travers des marais qui se sont trouvés impraticables; alors elle changea de direction à gauche et repassa en avant du village de Riedhausen, où elle arriva vers minuit.
La colonne du centre, commandée par le général Marcognet (où se trouvait le général Malher), était composée de 3 bataillons du 25e léger, d’un bataillon du 27e, des deux bataillons du 50e et de 4 pièces d'artillerie. Elle marche de Brenz sur Günzburg par Sontheim et Riedhausen. Arrivée au bois qui se trouve à une petite distance du Danube, près de Günzburg, au débouché dudit bois, le général Marcognet attaque l'ennemi posté en avant du pont, le repousse dans l'ile. Une compagnie de voltigeurs, soutenue par deux compagnies de grenadiers, pénètre dans l'ile, malgré le feu de l'ennemi, fait 200 prisonniers, dont 23 officiers. Le 25e léger et les quatre pièces d'artillerie soutiennent ce mouvement. Le bataillon du 27e étant arrivé, le 25e passe dans l'ile. Le 27e suit le mouvement et le 50e resta en réserve derrière le pont. (Note de l'artillerie : Une pièce de 8 et une pièce de 4 passèrent dans l'ile pour battre sur la rive droite.)
Le 25e régiment, arrivant dans l'île, se porta sur le pont du grand bras du fleuve et l'aurait emporté malgré le feu d’artillerie et de mousqueterie, mais le pont avait été rompu dans une étendue considérable. Le général Marcognet ayant reconnu l'impossibilité de le réparer, ordonna la retraite qui se fit en échelons, et plaça ses troupes dans le bois, le 50e couvrit la retraite ...
Dans la nuit, le général Malher avait dirigé ses troupes sur la colonne de gauche. Le 50e régiment passa le Danube pour soutenir le 59e, et la 1re brigade fut placée en réserve en arrière du pont.
Le 18, à la pointe du jour, la division entra dans la ville d'où l'ennemi s'était retiré pendant la nuit, y fit 450 prisonniers et prit position en arrière de la Günz, la droite à la ville, la gauche se prolongeant parallèlement à la rivière …
" (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 3, 1ère partie, p. 387).

"Relation du combat de Gunsbourg.
Le prince Ferdinand voyant sa droite tournée et le Danube passé à Donauvert avait concentré ses forces aux environs d’Ulm et défendait avec quatre régiment le pont de Gunsbourg.
Gunsbourg est une ville impériale située sur le Danube au point où il reçoit la Gunz, quatre chaussées y aboutissent, elle est située sur une hauteur et a une simple enveloppe ; la division Malher composée des 25e légère, 27e de ligne, 50e et 59e régiment fut chargée d’attaquer les ponts de Gunsbourg ; les 3 premiers corps marchèrent sur celui qui est le plus près de la ville, ils parvinrent à le forcer mais ils furent culbutés et perdirent du monde.
A huit heures du soir, le 59e attaqua celui de Reisenburg, le colonel Lacuée marcha avec quatre compagnies et se servant de quelques traverses que l’ennemi avait laissées il passa sous le feu de plus de 20 pièces de canon ; trois qui tirèrent à mitraille à la tête de pont furent enlevées dans le moment.
Ayant réuni tout son corps il poursuivit les Autrichiens qui firent avancer leurs réserves, il parvint jusqu’à la hauteur ; là il fut blessé d’une balle à la cuisse, mais il continua à combattre et à amener son régiment qui fit des prodiges de valeur, une heure après il reçut une balle dans la poitrine qui lui perça le cœur. Les sapeurs le portèrent sur le pont et il expira après avoir dit le régiment a fait son devoir je meurs content.
A 5 heures du matin, les Autrichiens évacuèrent Gunsbourg ; on y fit transporter le corps de Lacuée et il fut inhumé avec pompe. Le prince Murat, le maréchal Ney portèrent le coin du drap mortuaire, les soldats le pleurèrent et plus d’un brave envia son sort
" (Archives Nationales, Fonds Lamarque (1760-1869), 566 AP/12, folio 13).

"6e CORPS D'ARMEE.
Journée du 18 vendémiaire (10 octobre).
… 3e division : Günzburg.
A 9 heures du matin, la division a quitté sa position qu'elle avait prise à la pointe du jour, en arrière de la Günz, et a occupé les cantonnements suivants :
Le 25e léger et l'escadron de hussards à Leipheim.
Le 27e régiment à Bubisheim.
Le 50e à Reisensburg.
Le 59e à Günzburg.
Le parc de la division, en arrière de la ville ...
" (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 3, 1ère partie, p. 457).

L'ordre du jour du 6e Corps d'Armée, daté du Quartier général de Günzburg, le 20 Vendémiaire an 14 (12 octobre 1805), déclare : "Le maréchal commandant en chef s'empresse de prévenir l'armée, qu'hier, 19, la 1re division, commandée par le général Dupont, a eu une affaire glorieuse et qu'il a fait à l'ennemi de 6,000 à 7,000 prisonniers.
Les régiments de cette division se sont couverts de gloire, ainsi que les 59e, 50e, 27e de ligne, 25e d'infanterie légère, l'avaient fait le 17, à l'attaque mémorable du pont de Günzburg
"; cet ordre du jour est signé par le Général Du Taillis, Chef de l’Etat-major général (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 3, 2e partie, p. 616; E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 258 – Archives Dupont).

Ney établit les "Cantonnements que le 6e corps d'armée pourra prendre dans le cas seulement où l’ennemi ne serait pas en force sur le front de l'Iller; dans le cas où il serait en force, il occupera la position déterminée dans l'ordre du mouvement du 20.
Au quartier général, à Günzburg, le 20 vendémiaire an XIV (12 octobre 1805) ...
3e division.
25e léger à Nersingen.
27e de ligne à Strass.
50e id, 59e id à Falheim.
Rassemblement en arrière de Falheim.
Rassemblement général des trois divisions : Falheim ...
" (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 3, 2e partie, p. 625).

14 octobre 1805. Les attaques du 6e et du 5e Corps sont poussées au-delà de Michelsberg et jusqu'au Corps de place avec une telle impétuosité que le 17e Léger, du 5e Corps, et le 50e de Ligne, du 6e Corps, qui combattent côte à côte, vont donner contre la porte de Stuttgard, où ils perdent un assez grand nombre de tués, de blessés et de prisonniers, et parmi ceux-ci le Colonel du 17e Léger, ainsi que deux Chefs de Bataillon du 50e de Ligne (Bonnal H. : « La vie militaire du Maréchal Ney », Chapelot, Paris, 1910, tome 2, p. 175).

- Premier combat d'Albeck, 15 octobre 1805

15 octobre. La Division Malher se porte sur le Michelsberg. Le 25e Léger commence l'attaque au pas de charge. Ses trois bataillons, en une seule colonne, filent à gauche des redoutes; le 3e bataillon, ayant dépassé la première redoute, l'attaque par la gorge, tandis que les deux autres abordent l'ouvrage principal de front et à revers.
Le 27e de Ligne fait un mouvement analogue à droite des redoutes, et la 2e brigade (50e et 59e) reste en réserve, mais dès que l'on aperçoit l'ennemi en déroute se retirer précipitamment dans la place, le 50e se lance à sa poursuite ; après un moment d'hésitation, il parvient devant les remparts au moment où l'ennemi ferme la Porte des Dames ; écrasé par la mitraille et la mousqueterie sous les murs d'Ulm, puis assailli par des forces très supérieures, il est battu à son tour, rejeté sur le cimetière, puis obligé de se réfugier près du 59e, sur le Michelsberg (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 3, 1ère partie, p. 88).

"6e CORPS D'ARMEE.
Journée du 23 vendémiaire (15 octobre 1805).
Quartier général : Thalfingen.
... 3e division. - A 7 heures du matin, la division a quitté sa position en avant des bois d'Elchingen pour se diriger sur la route d'Albeck à Ulm.
Comme elle exécutait ce mouvement, Sa Majesté l'empereur Napoléon s'est porté à sa tête et a ordonné de la porter sur Jungingen.
Arrivée à la hauteur d'Haslach, elle a rencontré l'ennemi posté sur les hauteurs en avant du Spitzberg.
Elle s'est mise en bataille à droite et à gauche de la grande route en avant du hameau, et soutenue par les chasseurs à cheval de la Garde impériale, ses tirailleurs ont dépisté l'ennemi et l'ont forcé de rentrer derrière ses retranchements.
La division a ensuite changé de direction à droite, ayant M. le maréchal Ney à sa droite; elle s'est portée vers Jungingen et s'est mise en bataille, la droite en avant de ce village et la gauche vers la route d'Albeck à Ulm. Après y avoir resté un quart d'heure, elle a fait un nouveau mouvement par sa droite et s'est portée jusqu'à la grande route de Stuttgard à Ulm, à la hauteur du village de Lehr. (La division a passé sur le front de la division Suchet, qui était en bataille en avant de Jungingen.)
Elle a de suite continué sa marche par un demi-quart de conversion à gauche et a suivi la grande route dans la direction du Michelsberg où elle a trouvé l'ennemi rangé en bataille, derrière des retranchements seulement ébauchés.
Le 25e d'infanterie légère a commencé l'attaque au pas de charge ; les trois bataillons ont passé sur une seule colonne à la gauche des retranchements.
Le 3e bataillon ayant dépassé la première redoute, l'attaqua par la gorge, tandis que les deux premiers bataillons attaquaient l'ouvrage principal de front et de revers.
Le 27e de ligne suivit le même mouvement, mais plus à droite et la 2e brigade forma la réserve.
L'ennemi ne put résister à ce mouvement, exécuté avec la plus grande vigueur. Il a abandonné précipitamment sa position et s'est retiré en désordre jusque dans la ville, laissant un grand nombre de prisonniers.
Les troupes l'ont poursuivi jusqu'aux fossés de la place, dans toute l'étendue du front du Michelsberg.
Le 50e régiment a marché si rapidement à la poursuite de l'ennemi qu'il est entré avec lui dans les ouvrages élevés en avant de la porte de Stuttgard (Porte des Dames) où il a fait prisonnières les troupes qui les défendaient (au nombre de 800 hommes et 20 officiers).
Mais ayant été ensuite attaqué dans cette position par des forces infiniment supérieures, il a été forcé d'abandonner une partie de ses avantages et s'est retiré d'abord sur le cimetière (avec 360 hommes, dont plusieurs officiers, faits prisonniers), ensuite sur le 59e régiment, qui avait été laissé en réserve sur la hauteur du Michelsberg.
La division a pris position sur le Michelsberg, la droite au ravin venant de Lehr, la gauche à celui qui se trouve entre les deux routes de Nuremberg et de Stuttgard, ayant ses avant-postes dans les jardins qui sont en avant et occupant par des compagnies d'éclaireurs la blanchisserie d'Ober-Bleiche ...
" (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 3, 2e partie, p. 788).

Le 25 Vendémiaire an 14 (17 octobre 1805), le Général de Division Malher écrit, depuis son Quartier général au bivouac sous Ulm, au Maréchal d'empire Ney : "Monsieur le Maréchal,
En conséquence des dispositions que vous avez ordonnées pour le 23, ma division se mit en mouvement à 6 heures du matin, pour se porter sur Albeck et former la deuxième ligne de la seconde division; mais, par un de ces hasarda très communs à la guerre, le guide nous dirigea sur Haslach au lieu d'Albeck; m'apercevant, à la présence des vedettes ennemies, que nous étions trop avancés, je me disposais à reprendre ma direction lorsque Sa Majesté arriva avec toute sa Garde à cheval. Lui ayant rendu compte du mouvement que j'allais faire, Elle m'ordonna de prendre position où je me trouvais; je déployai aussitôt ma 1re brigade en appuyant sa droite au bois de Jungingen et sa gauche au village de Haslach ; je plaçai la brigade du général Labassée en seconde ligne, couvrant son flanc gauche par un carré flanqué d'artillerie et éclairant les bouquets de bois qui se trouvaient dans la plaine.
L'Empereur envoya ses chasseurs à cheval en avant de ma première ligne et ses grenadiers à cheval à la droite de ma seconde.
Mes voltigeurs éclairèrent le ravin qui existe entre le Michelsberg et le Spitzberg.
Vous arrivâtes et m'ordonnâtes de longer le bois de Jungingen me dirigeant sur le clocher; ce mouvement fut exécuté sans obstacles ; vous me le fîtes continuer ensuite sur la direction de Lehr; parvenu à la grande route de Stuttgard, je changeai de direction à gauche et, suivant cette grande route, j'arrivai au pied du Spitzberg. Le général Marcognet, à la tête du 25e régiment dont il forma trois colonnes, marchant en échelons. et moi, à la tête du 27e n'en formant qu'une pour réserve, longeâmes par notre droite cette montagne avec tant de rapidité que l'ennemi ne put que tirer quelques coups de canon et jeter, sans succès, quelques obus. Toute l'infanterie qui défendait les retranchements mit bas les armes, se voyant tournée, et la brigade se trouva au versant de cette montagne sans avoir éprouvé d'autre perte que celle de l'aide de camp du général Marcognet, M. Jorry, qui fut blessé au genou en aidant son général à la gravir.
Vous fûtes témoin, Monsieur le Maréchal, de l'ardeur et de la vivacité des troupes à exécuter ce mouvement; je dois rendre justice aux régiments qui l'ont exécuté. Aucun homme n'est resté en arrière et souvent le général Marcognet et moi avons été obligés de modérer leur impétuosité afin de ne point arriver décousus.
Parvenus au revers de cette montagne, le général Marcognet voyant du désordre sur le glacis de la place, et toujours empressé à vaincre, déploya ses trois colonnes et, au pas de charge, se porta dans les jardins qui bordent la plaine qui est au pied du glacis; l'ennemi faisait filer sur la route de Biberach un corps de cavalerie qui longea le feu du 25e régiment et dut beaucoup souffrir. Le 27e régiment, que je voulais tenir en réserve dans les retranchements du Spitzberg, emporté par sa valeur, s'élança à la suite du 25e régiment et facilita le général Marcognet à étendre sa droite et à garder les issues de la place depuis la Blau jusques à la route de Stuttgard; ce mouvement et la vue des colonnes de dragons qui se portaient sur Söflingen arrêta le mouvement de retraite de l'ennemi.
Tandis que la brigade de droite exécutait ces manœuvres, M. Caron gravissait, avec son artillerie de 4, la montagne et se trouva comme par magie en batterie sur la sommité et en état de faire tête à celle de la place.
Le général Labassée reçut de vous l'ordre de placer le 59e régiment en réserve à la gauche de la route de Stuttgard, et de porter le 50e régiment sur la porte qui y conduit.
D'après le rapport qui m'en a été fait, M. le colonel Lamartinière l'exécuta avec tant de célérité qu'il parvint dans les retranchements et fit mettre bas les armes à tous ceux qui y étaient; mais leur nombre surpassant de beaucoup les assaillants, ils furent enveloppés et obligés de se retirer en laissant quelques officiers et soldats prisonniers de guerre qui, trop avancés, ne purent se retirer à leurs régiments.
Il ne m'appartient pas de décider si c'est à la hardiesse de ces mouvements que nous devons les succès subséquents de cette affaire, mais je ne dois pas omettre de vous désigner les officiers, sous-officiers et soldats qui s'y sont le mieux conduits. Le choix parmi tant de braves est difficile ; aussi ne m'en rapporterai-je, pour les corps, qu'aux rapports de MM. les colonels et, pour l'état-major de ma division, à ce que j'ai vu et remarqué de mes yeux.
Je ne vous parlerai point des généraux Marcognet et Labassée; ils ont été partout où se sont portés les corps de leurs brigades et c'est assez dire que leur présence a contribué à nos succès.
M. Lefos, mon chef d'état-major, ne m'a quitté que pour diriger les troupes que la voix du général Marcognet ou la mienne ne pouvaient atteindre; c'est, sans contredit, un des premiers et des plus braves officiers de son rang, il mérite vos bontés particulières et la faveur de notre auguste souverain. J'ai l'honneur de vous prier de lui accorder l'une et d'intercéder pour l'autre.
M. Caron, mon commandant d'artillerie, a dirigé son arme avec une sagacité et une intelligence qui justifient la réputation qu'il s'est acquise. Tous les officiers d'état-major ou aides de camp, pour lesquels j'ai sollicité de l'avancement ou la croix à l'affaire de Günzburg, ont prouvé dans cette journée qu'ils mériteraient plus d'une fois que vous daignassiez vous intéresser à eux; je vous prie donc d'assurer Sa Majesté que ce sera une (mot sauté dans le texte) que de leur accorder ce que j'ai demandé pour eux ainsi que pour ceux portés aux états ci-joints.
Si les troupes que j'ai l'honneur de commander ont rempli votre attente et les vœux de Sa Majesté, croyez, Monsieur le Maréchal, que, dans toute occasion, elles s'empresseront de prouver le respect et le dévouement sans bornes qu'elles ont pour notre souverain et l'attachement qu'elles vous portent. Je me flatte que mes sentiments vous sont assez connus. Croyez, je vous prie, qu'ils sont inviolables
" (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 3, 2e partie, p. 791).

Dans son rapport sur l'attaque d'Ulm, le 23 Vendémiaire an 14, le Colonel Lamartinière, du 50e Régiment, raconte : "Lorsque l'armée a paru sur les hauteurs d'Ulm, j'ai eu l'ordre de M. le maréchal Ney d'étendre le régiment derrière les baies à mi-côte sur la droite de la grande route. A peine le 1er bataillon y était-il établi, que M. le Maréchal m'a ordonné d'aller au pas de charge forcer la porte d'Ulm.
Pour que cela se fit sans perte de temps, j'ai commencé le mouvement par le 2e bataillon, qui alors se trouvait le plus rapproché du point d'attaque, marchant la droite en tête, et j'ai aussitôt fait rompre le 1er par la gauche et suivre en colonne.
M. Lamour, aide de camp de M. le Maréchal, marchait en avant.
Le régiment a franchi la chaussée dans presque toute sa longueur avec autant de rapidité que de bravoure sous le feu de l'artillerie et de la mousqueterie, tant de front que sur les deux flancs; mais à portée de pistolet, quelques tirailleurs, qui venaient de faire les approches un peu auparavant, ayant crié qu'il existait un pont sur la chaussée et que ce pont était coupé, les troupes se sont arrêtées tout à coup et repliées.
L'ennemi avait cependant fui de la porte en abandonnant son artillerie.
Je suis parvenu à suspendre ce mouvement rétrograde, et j'ai rallié le régiment sous la grande chaussée et celle latérale venant de la gauche. Je me suis aperçu que l'effet de la grande pluie sur les armes, dont pas une ne faisait feu, avait beaucoup diminué de la confiance du soldat; alors, j'ai ordonné la répartition des compagnies dans toutes les petites maisons voisines en recommandant aux officiers de faire décharger et recharger les armes.
Pendant qu'on se disposait à exécuter cet ordre, les Autrichiens ont fait une sortie.
Voyant en même temps que le 17e régiment d'infanterie légère s'avançait sur notre gauche : Allons, mes amis, ai-je dit aux soldats, voici du renfort; voudriez-vous qu'un autre corps eût la gloire de la journée; chargeons à la baïonnette, les fusils autrichiens ne sont pas plus secs que les nôtres. Nous nous sommes aussitôt précipités sur l'ennemi, avons fait sauter un cheval de frise et sommes devenus maîtres de deux pièces de canon et d'un drapeau.
Nous avons dès l'instant même rejeté sur nos derrières 360 prisonniers et avons fait fuir tout ce qui bordait le bastion et le chemin couvert sur notre droite.
Mais la porte de la ville venait d'être refermée: il n'y avait aucun moyen de l'enfoncer, et nous souffrions beaucoup du feu de la mousqueterie et des pierriers lancés de la tour et de la galerie couverte qui règne sur le rempart au corps de la place.
J'ai alors pensé que le plus expéditif était de se jeter sur la droite dans le bastion; ce mouvement aurait eu un plein succès si notre attaque avait été soutenue. J'y ai fait mettre bas les armes à tout un bataillon, mais l'ennemi, voyant le petit nombre d'hommes dont j'étais suivi, s'est réarmé et a marché sur moi la baïonnette croisée. Un cri d'épouvante jeté par un soldat du 17e, blessé à l'instant même, a rendu nuls tous mes efforts pour que l'on fit volte-face. Tout s'est replié. Resté des derniers avec M. Barreau, adjudant sous-officier, et M. Dupuy, capitaine, j'ai failli être pris. M. Dupuy a combattu corps à corps et a enfin été saisi couvert de douze coups de sabre dont l'un lui a coupé un doigt, et deux coups de baïonnette ; tous les Autrichiens refluaient du bastion sur la chaussée, ont coupé et enveloppé sous la voûte cent-vingt-sept hommes du régiment, parmi lesquels MM. Juillet et Braun, chefs de bataillon, six autres officiers et la presque totalité de ma première compagnie de grenadiers.
MM. JUILLET et BRAUN, chefs de bataillon, ont montré, tant à l'attaque d'Ulm qu'à celle de Günzburg, une telle intrépidité que je crois devoir recommander le premier pour l'avancement (il est en grade depuis 1792), et le second pour la décoration d'officier de la Légion d'honneur.
Par leur valeur, leurs talents, leur ancienneté de grade et les services qu'ils ont rendu :
MM. HERRENBERGER, capitaine adjudant-major, JOLY, capitaine de grenadiers, DUPUY, capitaine, couvert de 14 blessures, tous déjà membres de la Légion d'honneur, ont acquis tous les titres possibles à un grade supérieur.
Je demande le grade de sous-lieutenant pour MM. BARDET et BARREAU, adjudants sous-officiers, et CUINET, sergent de grenadiers, qui se sont singulièrement distingués, et la décoration de la Légion d'honneur pour :
MM. BIOLET, adjudant-major;
COUGET, capitaine qui continue de servir quoique ayant plus de 30 ans de service ;
SAINT-SUSPERY, capitaine, ayant plus de 30 ans de service;
JANOD, lieutenant de grenadiers, blessé et prisonnier;
DELAULLE, lieutenant de grenadiers, blessé et prisonnier ;
BERTIN, lieutenant blessé;
GIRARD, sous-lieutenant, blessé ;
LAMBERT, sous-lieutenant, blessé ;
GUILLAUME, sergent-major;
GUIBOUT, tambour ;
LEJEUNE, fusilier.
Les prisonniers ayant été pour la plupart dépouillés, je désire qu'il soit fait à Sa Majesté la demande d'une gratification pour chacun d'eux.
Le Colonel du 50e régiment,
LAMARTINIÈRE
" (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 3, 2e partie, p. 795).

"Etat des militaires qui se sont distingués à la journée du 23 vendémiaire an XIV.
LAMARTINIERE, colonel.
JUILLET et BRAUN, chefs de bataillon au 50e régiment, pris dans la place.
DUPUiS, capitaine au 50e régiment, est entré, avec sa compagnie, dans la demi-lune, il y a fait grand nombre de prisonniers, et a reçu 14 blessures. Je prie Son Excellence le ministre de la guerre de présenter cet officier brave et instruit pour l'emploi de chef de bataillon.
JANOD, lieutenant, blessé dans le retranchement.
JOLY, capitaine de grenadiers, pris dans la place.
GENGOULT, sous-lieutenant, pris dans la place.
DOGUET, sous-lieutenant, pris dans la place.
SAVARIN, capitaine, blessé.
BERTIN, lieutenant, blessé.
LAMBERT, sous-lieutenant, blessé.
CUINET, sergent de grenadiers.
BARDEY, adjudant sous-officier.
BARBEAU, adjudant sous-officier.
HERRENBERGER, adjudant-major ...
" (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 3, 2e partie, p. 794).

Le 50e de Ligne, fort de 2 Bataillons, fait partie des troupes présentes à la reddition de cette place et à la sortie de la garnison autrichienne, prisonnière de guerre (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 3, 2e partie, p. 977 In : Bugeaud à Mlle de la Piconnerie. Linz, le 16 brumaire. - D'Ideville, Le Maréchal Bugeaud, t. 1, p. 73).

"6e CORPS D’ARMEE.
Journée du 29 vendémiaire (21 octobre 1806).
... 3e division. - ... Les 50e et 59e à Ulm ...
" (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 3, 2e partie, p. 1008).

Un "Etat de situation des différents détachements envoyés par les bataillons de dépôt et qui doivent être arrivés à Spire le 18 brumaire et en partir le 19", signé par l'Adjudant commandant Petiet, indique, pour la 3e Division du 6e Corps d'Armée, que le détachement du 50e Régiment d'Infanterie de Ligne, fort de 41 hommes, Officiers compris, est arrivé le 26 Vendémiaire (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 3, 2e partie, p. 1170).

Un "Etat des présents sous les armes au 6e corps d'armée le 4 brumaire" indique que le 50e de Ligne est à la 3e Division; sa force est de 61 Officiers, 1486 Sous-officiers et soldats présents ; total 1547 (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 1, p. 769).

Grande Armée à l'époque du 6 Brumaire an XIV (28 octobre 1805).
5e Corps d'Armée.
Commandant en chef. Maréchal LANNES.
3e Division du 6e Corps.
Général de Division. Malher
25e Légère;
27e de Ligne;
50e de Ligne;
59e de Ligne.

Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 4, p. 711

Le Maréchal Ney lance, le 30 dans la journée, l’ordre de mouvement pour le 9 Brumaire (31 octobre) : "... Le 27e et le 50e régiment, formant provisoirement la brigade du général Labassée, partiront de Landsberg, à 8 heures du matin, et viendront s'établir, à Diessen et environs, route de Weilheim, sur la partie méridionale du lac Ammer ...
Le quartier général de la 3e division sera à Diessen et celui de l'armée (6e corps) à Weissenprun ...
" (Bonnal H. : « La vie militaire du Maréchal Ney », Chapelot, Paris, 1910, tome 2, p. 196).

Le 3 novembre, les troupes du 6e corps sont cantonnées en profondeur, l'avant-garde (Brigade Roguet : 69e et 76e, avec le 10e chasseurs), à Mittenwald, le gros (Division Malher) entre Kaltenbrunn (1 Bataillon du 25e Léger), Partenkirch (2 Bataillons du 25e Léger et 27e de Ligne de la Brigade Marcognet) et Garmischgau (Brigade Labassée : 50e et 59e de Ligne, avec le 3e hussards) (Bonnal H. : « La vie militaire du Maréchal Ney », Chapelot, Paris, 1910, tome 2, p. 200).

Dans son Rapport à Son Excellence le Ministre de la guerre, Major général, le Maréchal Ney écrit, depuis Inspruck, le 7 Frimaire an XIV (28 novembre 1805) : "Monsieur le Maréchal, je dois rendre à Votre Excellence un compte détaillé des opérations qui ont eu lieu depuis la prise de Leutasch, de Scharnitz et d'Inspruck.
Aussitôt que j'eus reçu des rapports un peu authentiques sur la position de l'ennemi, je pris toutes les mesures que la faiblesse de mes moyens pouvait me permettre de prendre, pour envelopper successivement les corps isolés qui couvraient les principales communications du Vorarlberg et du Tyrol.
Pour mieux juger ces mesures, il faut reprendre de plus haut l'ensemble des opérations.
Lorsque je reçus l'ordre de porter le corps d'armée dans le Tyrol, je n'avais à ma disposition que les
69e de ligne, 76e de ligne de la 2e division;
25e léger, 27e de ligne, 50e id, 59e id de la 3e division ;
150 chevaux du 3e de hussards et du 10e de chasseurs, quelque artillerie commandée par le général Leroux, formant, en tout, 8,000 hommes …
Le 22 brumaire (13 novembre), les rapports annonçaient que l'archiduc Jean tenait le Brenner, et que les troupes du Vorarlberg cherchaient à se réunir à lui; je sentis alors l'importance de prévenir cette jonction, et j'ordonnai à la 2e division de se porter sur Sterzing et d'attaquer le Brenner, le 24 (l5 novembre), si l'ennemi y restait.
Les 50e, 59e de ligne, 3e de hussards et un bataillon du 25e léger remontèrent la vallée de l'Inn pour se diriger, par Nauders, sur Schldanders (haut Adige), afin de chercher à couper toute retraite au prince de Rohan, qui fut sommé de mettre bas les armes.
Je fus informé que le général Saint-Julien avait évacué le Brenner, le 23 (14 novembre), et qu'après s'être réuni, à Muhlbach, aux corps de l'archiduc Jean et du général Ihler, il se retirait, par Bruneckën, sur Klagenfurt, à marches forcées, afin de ne pas être coupé. Les nouveaux renseignements que je reçus à Muhlbach, le 24 (15 novembre), me firent juger que les divisions du Vorarlberg cherchaient à prendre la même direction et qu'elles tomberaient en notre pouvoir si elles nous trouvaient en possession du point important de Botzen, où se réunissent les trois grandes vallées (de la Drave, de l’Adige, de l'Inn) et toutes les communications de la Carinthie, de l’Italie et du Vorarlberg. J'ordonnai, en conséquence, au général Loison de s'y porter avec la brigade Roguet et la cavalerie légère du colonel Colbert. Je fis marcher sur-le-champ le général Vonderweidt sur Brixen avec le 25e et le 27e et ne tardai point à diriger sur le même point le général Malher et le 59e qui reçut (à cet effet) ordre de redescendre la vallée de l'Inn (jusqu'à Innsbruck, et de là, vers Brixen). Par ces dispositions, je portais toutes les troupes disponibles sur le point important, et je les soutenais successivement par tous les moyens que je pouvais réunir. Le 50e fut détaché (de Telfs) pour remonter la vallée de l'Inn, harceler l'ennemi et compléter son investissement du côté de Meran (haut Adige). Le colonel Lamartière (du 50e) entra, le 24 (15 novembre), à Landeck, au moment où l'ennemi en sortait; il prit 40 hommes, 6 pièces de canon et beaucoup de bagages. Son détachement marcha successivement jusqu'à Schlanders, où il était déjà le 27 brumaire (18 novembre).
Ce mouvement du 50e devait être d'abord soutenu par le 59e, mais je m'étais décidé à porter ce régiment (par Innsbruck) sur Brixen.
Au lieu de suivre mes instructions et de poster 6 bataillons à Botzen, le général Loison n'y conduisit, le 26 (17 novembre), qu'un bataillon du 76e, les grenadiers de sa division et un détachement du 25e. Cette petite troupe fut encore dispersée (morcelée) à Morinzing, Saint-Colman, Gries, Signumdseron, Botzen et Cardann, quoique ce général fût informé de l'arrivée de l'avant-garde ennemie à Terlan (Vilpian) et des efforts qu'il faisait pour déboucher.
Le prince de Rohan ayant concerté son mouvement avec les Tyroliens fit attaquer nos avant-postes, le 27 (18 novembre), à 3 heures de l'après-midi, et les repoussa jusqu'au pont de l'Adige. L'ennemi se déployant alors à droite et à gauche, chercha à tourner les troupes qui le défendaient. Malgré leur fermeté, ces troupes, assaillies par les habitants mêmes de la ville (de Botzen) et par des forces supérieures, furent forcées d'abandonner leur poste; elles se retirèrent avec ordre, reçurent à la baïonnette plusieurs charges de cavalerie, tuèrent beaucoup de monde et vinrent prendre position en arrière de Botzen. Au même instant, toute la vallée jusqu'à Teuchs parut couverte de feux et de paysans armés. Ce mouvement inattendu, opéré sur les derrières de nos troupes, décida un mouvement rétrograde. Le bataillon du 76e, qui a déjà fait avec distinction la guerre des montagnes dans les Grisons, déploya une grande fermeté.
Attaqués de toutes parts, nos soldats ont marché sur les Tyroliens avec audace, les ont dispersés et se sont retirés jusqu'à Kolman et Klausen, sans autre perte que celle d'un capitaine, de 18 hommes tués et de 50 blessés. L'ennemi a laissé environ 200 tués ou blessés sur le champ de bataille.
Le prince de Rohan a profité de ce moment favorable pour filer sur Lavis, où il a passé la nuit.
J'arrivai, le 28 (19 novembre), à Brixen, et donnai de suite l'ordre de se porter sur Botzen, le lendemain, à 6 heures du matin. Les paysans, au nombre de 1,200, commençaient à tirailler avec la tête de la colonne, près de Kolman, lorsqu'on parvint à leur faire entendre le langage de la raison et à les renvoyer dans leurs foyers. Nous arrivâmes, le soir même, à Botzen
" (Bonnal H. : « La vie militaire du Maréchal Ney », Chapelot, Paris, 1910, tome 2, p. 224).

/ 1806

Le 22 juin 1806, l'Empereur écrit depuis Saint-Cloud au Général Dejean, Ministre directeur de l'Administration de la Guerre : "Monsieur Dejean, je vous envoie un travail sur l'emplacement que doit occuper la Grande Armée au moment de sa rentrée en France. Vous me proposerez une meilleure répartition, à peu près dans les mêmes divisions, si vous y entrevoyez quelque économie pour le service, soit pour les lits, soit pour le fourrage, soit pour le casernement.
... 6e corps du maréchal Ney
6e et 5e divisions militaires
… Boulogne 50e de ligne Auxonne ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 11352).

Le 11 juillet 1806, l'Empereur adresse, toujours depuis Saint-Cloud, une deuxième lettre à Berthier, dans laquelle il écrit : "Mon intention étant de compléter les compagnies des bataillons de la Grande Armée à 140 hommes par compagnie, officiers compris, je vous ai ordonné par une lettre de ce jour de dissoudre le corps de réserve de Lefebvre en faisant rejoindre chaque détachement de son corps d'armée.
Mon intention est également que vous donniez l'ordre aux différents dépôts d'envoyer à leur corps le nombre d'hommes porté dans l'état ci-joint. Tous ces détachements qui partiront du camp de Boulogne seront passés en revue par le maréchal Brune qui s'assurera s'ils sont munis de tout le nécessaire. Ils seront commandés par un adjudant commandant nommé par le maréchal ...
ANNEXE
état des hommes que les dépôts des régiments désignés ci-après feront partir pour rejoindre les bataillons de guerre à la Grande Armée
Le dépôt ... du 50e [fera partir un détachement de] 120 [hommes] …
" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 1, lettre 519 (ne donne pas l’annexe) ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12462).

Le 5 septembre 1806, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Dejean, Ministre directeur de l'Administration de la Guerre : "... Donnez ordre à un capitaine, un lieutenant, un sous-lieutenant, un sergent-major, un caporal-fourrier, 4 sergents, 8 caporaux et à 300 hommes du 9e bataillon du 25e de ligne de partir de Boulogne pour rejoindre les deux premiers bataillons de guerre en Allemagne.
Donnez le même ordre à un pareil détachement du 3e bataillon du 36e, à un pareil détachement du 43e, à un pareil détachement du 55e, à un pareil détachement du 28e de ligne, à un pareil détachement du 50e, à un pareil détachement du 75e, et à un détachement du 45e organisé de la même manière, mais de 450 hommes ...
" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 1, lettre 625 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12872).

/ 1807

Vers la mi-janvier 1807, le 6e Corps a la composition suivante :
Avant-garde, sous le Général Colbert, avec le 3e Hussards, le 10e Chasseurs, 6 Bataillons d'élite et 1 Compagnie d'artillerie légère.
2e Division (Général Marchand) : Brigade Bélair (6e Léger, 39e de Ligne) ; Brigade Marcognet (69e et 76e de Ligne).
3e Division (Général Gardanne) : Brigade Roguet (25e Léger et 27e de Ligne) ; Brigade Labassée (50e et 59e de Ligne).
Les six Bataillons d'élite du 6e Corps sont commandés par des chefs choisis et ont pour les diriger le Colonel Lamartinière (Bonnal H. : « La vie militaire du Maréchal Ney », Chapelot, Paris, 1910, tome 2, p. 353).

Le 14 janvier 1807, le Maréchal Ney fait partir de Bartenstein pour Varsovie le Colonel Jomini, son premier Aide de camp, porteur d'un rapport qu'il doit remettre au Major général. Jomini atteint le Grand Quartier-général de Varsovie, le 18 janvier (distance de 250 kilomètres parcourue à raison de 60 kilomètres par jour) : "J'ai reçu hier (le 13), à 4 heures du matin, à Heilsberg, la lettre de Votre Altesse, datée de Varsovie, le 4 de ce mois.
Par mes dispositions du 9, je voulais diriger une forte reconnaissance sur Koenigsberg, pour m'assurer si l'ennemi avait définitivement évacué cette ville; mais de nouveaux renseignements m'y ont fait renoncer; ainsi, les deux premiers bataillons de voltigeurs occupent, depuis hier, la rive gauche de la Zain depuis Langheim et Leunenburg. Le 3e hussards est à Kaltwangen, le 1er bataillon de grenadiers, à Schippenbeil; ces troupes sont aux ordres du colonel Lamartinière établi à Kaltwangen.
Le 10e chasseurs à cheval, à Bartenstein et sur la route de-Preussisch-Eylau.
La 25e légère sera demain à Bischofstein, et le 27e de ligne à Seeburg, commandés par le général Roguet.
Le général Marcognet continuera d'occuper Passenheim et Bischoffsburg avec les 69e et 76e de ligne.
Le 3e bataillon de voltigeurs est placé à Buckgarben jusqu'à Bartenstein, occupant tous les débouchés sur la rive gauche de l'Alle, qui communiquent avec Domnau et Preussisch-Eylau.
Le 1er bataillon de grenadiers est à Bartenstein, le 3e à Heilsberg.
Le 50e régiment est à Guttstadt, et le 59e, en seconde ligne, entre Allenstein, Klingerswald et Nosberg.
Le 6e d'infanterie légère occupe Liebstadt et Mohrungen.
Le 39e de ligne, Liebemühl et Osterode ...
" (Bonnal H. : « La vie militaire du Maréchal Ney », Chapelot, Paris, 1910, tome 2, p. 354).

Le 22 janvier 1807, à 6 heures du soir, le Maréchal Ney écrit, depuis Allenstein, au Ministre de la Guerre : "J'ai l'honneur de vous rendre compte que le mouvement rétrograde de mon corps d'armée a commencé le 20 ... Demain, à quatre heures du matin, le surplus des voltigeurs et grenadiers, le 10e de chasseurs, une compagnie d'artillerie légère et le 50e régiment partiront de Guttstadt pour venir prendre position â Allenstein ...
Le 20, mes colonnes ont été suivies par de la cavalerie russe et prussienne et aussi par quelque peu d'infanterie qui était portée sur des traîneaux. Le soir et pendant la nuit, cette cavalerie est venue insulter presque en même temps toutes les différentes positions occupées par nos troupes ; mais elle n'a approché de mes régiments d'infanterie qu'avec une grande circonspection. Elle a laissé quelques hommes et quelques chevaux blessés. Un escadron du 3e régiment de hussards, s'étant abandonné à trop d'impétuosité dans une charge, a été vivement ramené jusque sur l'infanterie et, a perdu quelques hommes ...
" (Cazalas E. : « Mémoires du Général Bennigsen », tome 1, page 138 ; Bonnal H. : « La vie militaire du Maréchal Ney », Chapelot, Paris, 1910, tome 2, p. 373).

"Nouvelles dispositions pour l’emplacement du 6e Corps, en conséquence du mouvement prononcé de l'ennemi sur le Corps d'armée du prince de Ponte-Corvo, et dans le but de couvrir la droite du 1er Corps et de lui laisser le temps de reprendre l'offensive.
Hohenstein, le 23 janvier 1807, à onze heures du soir.
L'ennemi paraissant diriger ses forces sur le Corps d'armée du prince de Ponte-Corvo, il est essentiel de couvrir sa droite et de lui laisser le temps de reprendre l'offensive.
En conséquence, les dispositions suivantes seront exécutées les 24 et 25 du courant ...
Les 50e et 59e de ligne resteront à Hohenstein. ) Le Général Labassée ...
" (E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 475).

Le Maréchal Ney se porte immédiatement sur Liebstadt ; il franchit la Passarge à Deppen, dans la matinée du 5 février, et arrive à Waltersdorf où il trouve le général Lasalle, dont la cavalerie couvre très efficacement sa droite. Il ne tarde pas à y être attaqué par l'avant-garde du Général L'Estocq, venant de Mohrungen dans l'intention de gagner Liebstadt par Alt-Reichau et Waltersdorf, pour de là se porter sur Wormditt et rejoindre l'armée russe par la route d'Elbing à Eylau et Kônigsberg. L'infanterie du Maréchal Ney aborde très vigoureusement l'ennemi qui est culbuté sur tous les points et poursuivi au pas de charge jusqu'à Alt-Reichau; les 20e et 26e régiments de dragons de la Division Klein se distinguent dans cette action. A Alt-Reichau, le Maréchal charge le général Roguet de continuer la poursuite avec sa Brigade jusqu'à Mohrungen ; il laisse le 50e régiment pour garder les prisonniers, et, faisant un crochet sur la droite, se dirige sur Liebstadt avec le reste de son Corps d'armée. Le Général Roguet doit rejoindre sa Division à Liebstadt, en passant par Hermenau et Worckallen. Ce combat coûte aux Prussiens 3000 prisonniers, un millier de morts et de blessés, un drapeau, 2 pièces de canon, beaucoup de caissons et une grande quantité de bagages. Le Général L'Estocq, rejeté de la route de Liebstadt, se porte, à gauche, sur Holland ; il compte faire sa jonction avec les Russes, soit par Wormditt, soit par Mühlhausen et Rraunsberg. Il lui reste environ 8000 hommes (E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 506).

Le Maréchal Ney adresse, de Liebstadt, le 5 février 1807 à 11 heures du soir, un Rapport au Ministre de la Guerre : "… L'attaque de mon infanterie a été vigoureuse ; l'ennemi a été culbuté de toutes les positions au pas de charge jusqu’à Alt-Reichau.Là, j’ai fait serrer la brigade de dragons, composée des 20e et 26e régiments de la division du général Klein ; l'ennemi, voulant faire un dernier effort pour couvrir sa retraite, avait fait avancer quelques bataillons de grenadiers et présentait au combat une force de 5000 à 6000 hommes d'infanterie et 2000 de cavalerie.
J'ordonnai de marcher à l'ennemi en débordant sa gauche ; les dragons chargèrent après qu'une vive fusillade eut ébranlé l'ennemi et tout ce corps fut mis dans une déroute complète.
Le général Roguet poursuivit seul avec sa brigade les débris de l'ennemi. Le reste de mon corps d'armée changea de direction à droite à Alt-Reichau, pour se diriger sur Liebstadt.
Je laissai à Alt-Reichau le 50e régiment pour y garder les prisonniers ...
" (Cazalas E. : « Mémoires du Général Bennigsen », tome 2, page 249 ; Bonnal H. : « La vie militaire du Maréchal Ney », Chapelot, Paris, 1910, tome 2, p. 393).

Le 8 février 1807, à 6 heures du soir, le Maréchal Ney adresse, depuis Althof, un rapport écrit au crayon, au Major général : "J'ai poussé, cet après-midi, le corps du général prussien Lestocq jusqu'à Schloditten, où il a pris position et paraît avoir fait sa jonction avec la droite des Russes.
La 1re brigade de la division Marchand (6e léger, 39e, général Belair) occupe Schloditten, mais n'y demeurera que jusqu'à 2 heures du matin, si l'ennemi reste en présence;
La 2e brigade de cette division (69e et 76e, général Marcognet) reste en avant d'Althof.
La 2e brigade de la division Gardanne (50e et 59e, général Labassée) est placée en arrière de ce village.
La 1re brigade (25e léger, 27e de ligne, général Roguet) est restée à Pompicken, où l'ennemi avait laissé un corps de flanqueurs assez considérable comprenant de l'infanterie, de la cavalerie et du canon. Cette brigade rejoindra, cette nuit, et s'établira à Drangsitten.
La cavalerie légère du général Lassalle ainsi que la brigade de dragons (20e et 26e régiments), en arrière d'Althof, où je resterai également.
Nous avons pris deux pièces de canon à l'ennemi et fait quelques prisonniers.
J'attends les ordres de Votre Altesse sur la position que je devrai prendre demain, en cas de bataille contre les Russes.
P.-S. La brigade Roguet rentre à l'instant
" (Bonnal H. : « La vie militaire du Maréchal Ney », Chapelot, Paris, 1910, tome 2, p. 398).

Un 2e rapport, rédigé le 9, mais daté du 8, sans doute écrit par le Chef d'Etat-major de Ney, le Général Dutaillis, raconte : "Le 6e corps, aux ordres du maréchal Ney, se dirigeait sur Kreuzburg lorsqu'il rencontra, en avant de Pompicken, un corps prussien qui parut vouloir faire résistance.
Les dispositions de Monsieur le Maréchal lui firent abandonner ce projet. Il effectua sa retraite, par Leissen, Graventien, cherchant à brûler le pont sur le ruisseau qui passe près de Drangsitten, traversa Althof, y laissant quelques fantassins qui se cachèrent dans les maisons, de sorte que le maréchal, se portant sur ce village avec son état-major et n'étant précédé que de quelques tirailleurs (éclaireurs) de son escorte, fut assailli d'une grêle de balles qui interrompirent quelques instants sa marche. A l'arrivée d'une pièce de canon, l'ennemi évacua de suite (le village) et fit sa retraite sur Schloditten.
Le 6e léger et le 39e de ligne (1re brigade de la 1re division) traversant rapidement le village (d'Althof) purent prendre position en avant de Schloditten, entre ce village et la route de Koenigsberg, le 6e à la droite du 39e, le 1er bataillon du 6e et le 2e du 39e formant des crochets (défensifs), l'un face à Eylau, l'autre, à Schloditten.
Les autres troupes furent disposées de la manière suivante :
La 2e brigade (69e et 76e) de la 1re division, en arrière de Schloditten, en partie couverte par la cavalerie du général Lasalle, placée à la gauche du village et à quelque distance.
Les 50e et 59e (2e brigade de la 2e division) en arrière de la 2e brigade de la 1re division, le premier ayant la gauche appuyée à un bois, et ses deux bataillons étant de part et d'autre du chemin de Hoff à Schloditten. Les 25e léger et 27e de ligne (1re brigade de la 2e division) ainsi que les dragons, en réserve derrière Althof avec quelques piquets de cavalerie en observation à Graventien et Drangsitten.
Cette position fut prise à la tombée de la nuit. On tira plusieurs coups de canon dans la direction d'Eylau, ignorant si l'ennemi l'occupait encore, et dans celle de Anklappen et de Kuschitten.
Trois colonnes russes, profitant de la nuit, vinrent attaquer le 39e et le 6e léger; celle de gauche, principalement, réitéra plusieurs fois ses attaques, sans succès, sur le 6e léger, qui ne répondit à la dernière qu'à bout portant. La contenance ferme de ces régiments fit abandonner à l'ennemi le projet d'une nouvelle attaque. Les Russes se retirèrent en désordre, laissant un grand nombre de tués et de blessés sur le champ de bataille
" (H. Bonnal : "La vie militaire du Maréchal Ney", t.2).

Le 8 février, tard dans la soirée, mais avant minuit, le Maréchal Ney écrit, au crayon, l'ordre de mouvement du 6e Corps pour la journée du lendemain, ordre ainsi rédigé : "Ordre de mouvement du 9 février :
Le général Colbert, avec le 3e de hussards, le 10e de chasseurs et le 2e bataillon du 6e (léger), en position à Pompicken et Schlautienen, route de Landsberg à Kreuzburg.
Le 1er bataillon du 6e et le 39e, à Schloditten;
Les 69e et 76e, a Althof ;
Le 25e léger, à Lampasch, route de Donmau ; le 27e, à Kuschitten ;
Le 50e et le 59e, à Eylau;
Les dragons (20e et 26e régiments), à Kuschitten, envoyant des reconnaissances sur Donmau et sur Königsberg ;
Quartier général, à Eylau;
P.-S. La troupe se tiendra prête à marcher demain, à 6 heures du matin
" (Bonnal H. : « La vie militaire du Maréchal Ney », Chapelot, Paris, 1910, tome 2, p. 401).

Le Maréchal Ney dit, dans son Ordre du jour du 22 février 1807, concernant les dispositions générales pour le 23 : "Par suite des ordres de Sa Majesté, le 6e corps occupera Guttstadt et Allenstein, placera son parc, ses magasins et ses ambulances dans un point intermédiaire d'Allenstein à Osterode. La troupe sera cantonnée de manière à pouvoir se réunir en deux marches à Osterode, point de rassemblement général de la Grande Armée. En conséquence...
La 2e brigade, les 50e et 59e partiront d'Arensdorf pour aller coucher à Guttstadt et de là à Allenstein. Le 50e occupera Unter et Ober-Kapkeim, Süssenthal et Spiegelberg ; le 59e, Digitten et Allenstein Les brigades, d'après les ordres du général Gardanne, prendront leurs directions particulières vers Osterode, si ce mouvement devenait nécessaire ; cette division communiquera par sa droite avec le corps du maréchal Davout à Hohenstein ...
" (Cazalas E. : « Mémoires du Général Bennigsen », tome 1, page 270).

Le 3 mars 1807, le Maréchal Ney adresse, depuis Guttstadt, son Rapport au Ministre de la Guerre : "Conformément aux dispositions que j'avais arrêtées hier pour la marche de mon corps d'armée sur Guttstadt, le général Roguet s’est mis en mouvement à 5 heures précises du matin, parlant d’Heilingenthal et d'Ankenau pour se diriger sur Queetz, qui n'a été que faiblement défendu par les cosaques. Le 25e d'infanterie légère a changé de direction à gauche pour s'emparer de Lingnau et de Neuendorf, tandis que le 27e de ligne continuait rapidement sa marche sur Glottau et Guttstadt au travers d'une nuée de cosaques. Le 25e, après avoir exécuté son mouvement et pris position, a été entièrement cerné par les cosaques. Ce régiment a essayé plusieurs charges sans s'ébranler et sans éprouver aucune perte ; bientôt l'ennemi s'est borné à le tenir bloqué Pendant ce temps-là, les régiments commençaient à se déployer sur la hauteur en arrière de Guttstadt, tandis que le 27e se dirigeait sur Schmolainen qu'aurait dû occuper le 6e légère qui, par un malentendu, n'est arrivé qu'à trois heures de l'après-midi.
Cependant l'ennemi montrait environ 3.000 hommes de cavalerie sur les hauteurs d'Altkirch et indépendamment de cela deux bataillons d'infanterie russe et plusieurs escadrons de cavalerie s'avançaient sur le 27e. Ce régiment, après un assez long feu de 2 rangs et une vive canonnade, a poussé l'ennemi jusqu'à la seconde position de Schmolainen, défendue par 6 pièces de canon, 4 bataillons et 1200 chevaux. Le général Colbert venait de déboucher sur Neuendorf avec le 39e de ligne et le 10e de chasseurs ; il avait ordre de s'emparer d'Altkirch, de dégager le 25e et de le faire serrer sur lui. Son mouvement était appuyé par les dragons du général Grouchy. Cette attaque a eu le succès que j'en attendais, l'ennemi s'est replié.
Certain alors qu'il n'y avait que de la cavalerie sur les hauteurs d'Altkirch, j'ai fait serrer les 50e et 59e sur le 27e, flanqué par la cavalerie légère du général Lasalle, pour forcer l'ennemi dans sa position de Schmolainen. Le 27e a marché avec une grande résolution sans tirer an coup de fusil, sous un leu très vif de mousqueterie et la mitraille de ses pièces de canon ; la hauteur a été franchie avec rapidité. Arrivé sur le plateau, ce régiment a commencé à son tour un feu de rangs bien nourri qui a jeté l'ennemi dans la plus grande déroute ; son infanterie jetait les fusils et les gibernes pour se sauver plus vite dans les bois qui se trouvent dans la direction de Peterswalde où il y avait une réserve. La cavalerie légère du général Lasalle n'a jamais pu charger à cause de la difficulté des chemins et de la vitesse avec laquelle mon infanterie poursuivait l'ennemi. La cavalerie russe faisait l'arrière-garde pour sauver l'artillerie, elle e extrêmement souffert ; la terre est jonchée de cadavres et de chevaux ; elle a été poursuivie jusqu'à Zechern, Peterswalde et Gronau ...
A 4 heures de l'après-midi, l'ennemi a disparu, se jetant dans les forêts de Freymarkt.
… Cc n'est point exagérer que de porter sa perte à 1.200 hommes ; nous avons quelques officiers d'infanterie russe et de cosaques prisonniers avec une centaine d'hommes, sans compter ceux qu'on ramasse de tous les côtés …Notre perte se réduit à 50 ou 60 hommes tués ou blessés des 27e et 25e régiments ...
Nous avons trouvé ici 16000 rations de pain et 200 sacs d'avoine ; cette prise a fait grand plaisir, c'est une première récompense des efforts de la troupe ...
" (Cazalas E. : « Mémoires du Général Bennigsen », tome 2, page 260 ; Bonnal H. : « La vie militaire du Maréchal Ney », Chapelot, Paris, 1910, tome 2, p. 431).

Concernant les combats du 4 mars 1807, Bennigsen déclare : "… Le maréchal Ney, comme on le voit par son rapport, avait sur les deux points de Zechern et de Peterswalde seulement les 50e, 27e et 59e régiments de ligne avec deux compagnies de voltigeurs du 25e léger. Toutes ces troupes, comme on le verra ensuite par des pièces authentiques, n’étaient même pas concentrées et montaient à cette époque tout au plus à 4000 hommes…". Les pièces authentiques auxquelles Bennigsen fait allusion n’ont pas été retrouvées. Au 15 mars, les effectifs des Régiments mentionnés étaient de 1760 hommes pour le 50e, 1625 pour le 27e, 1704 pour le 59e (Cazalas E. : « Mémoires du Général Bennigsen », tome 1, page 295).

Le 5 mars 1807, le Maréchal Ney écrit, depuis Guttstadt, au Ministre de la Guerre : "J'ai l'honneur de rendre compte à Votre Altesse que l'ennemi continue d'occuper avec environ 40.000 hommes d'infanterie et cavalerie la position de Launau ; mais je ne puis distinguer ce qu'il y a vers Heilsberg, quoique les fumées des bivouacs annoncent la présence d'une réserve. Les avant-postes bordent la forêt, de la route de Launau à Freymarkt, jusque vis-à-vis de Peterswalde et de Zechern. Les sentinelles de part et d'autre et les vedettes à cheval sont à demi-portée de pistolet. Je puis écraser toute cette troupe à coups de mitraille ; mais j'ai défendu de tirer un coup de canon ni de fusil, parce que si le maréchal Soult appuyait mon attaque sur Launau, je ne crois pas que l'ennemi puisse sauver ni infanterie ni canons.
Hier, l'ennemi, sentant combien sa position était critique et croyant que je n'avais à Zechern que quelques compagnies d'infanterie, commença, dès 7 heures du matin, l'attaque de ce poste avec une grande impétuosité et fut repoussé avec grandes pertes. La fusillade continua sans cesse ; il manœuvra par sa droite et faisait mine de vouloir pénétrer dans la forêt entre Zechern et Peterswalde, pour couper la retraite au 50e régiment, mais les deux compagnies de voltigeurs et les deux de carabiniers du 25e léger et le 27e de ligne, soutenu par le 59e, donnèrent si brusquement sur la colonne d'infanterie russe qui a osé sortir un instant de la forêt, secondée par une nuée de cosaques que l'ennemi se retira dans un désordre affreux.
Une affaire générale allait s'engager et je n'étais pas en mesure de soutenir mes troupes, tandis que l'ennemi continuait à renforcer les siennes. J'ordonnai à mes réserves de rester dans les positions défensives et de se borner à un feu de file soutenu par le canon.
L'ennemi, manœuvrant très mal, vint sept à huit fois dans le plus grand désordre et avec des cris affreux jusqu'à quinze pas devant mes bataillons ; mais il trouva partout la mort et tant de fermeté, particulièrement dans le 50e régiment, qu'il se retira en désordre, laissant la terre jonchée de cadavres.
Vers 3 heures de l'après-midi, le feu cessa vis-à-vis de Peterswalde et l'ennemi commença à réunir tous ses moyens pour attaquer Zechern ; il fut constamment repoussé. Enfin, à 7 heures et demie du soir, il vint encore faire une attaque, aussi infructueuse que les précédentes. Un bataillon du 59e vint renforcer le 50e, qui était épuisé de fatigue et avait perdu beaucoup de monde en blessés et tués. Enfin, à 10 heures et demie du soir, l'ennemi monta pour la dernière fois à 'assaut, parvint à gravir la hauteur et à pénétrer jusqu'à quarante pas du 50e régiment. Le général Labassée avait fait retirer toutes les sentinelles et tendu ce piège à l'ennemi. Le feu de deux rangs commença aussitôt et les bataillons russes ont été culbutés en laissant la terre jonchée de leurs morts. Toute la nuit se passa tranquillement.
Ce matin, nos soldats ont fait un trait de générosité et d'humanité qui mérite d'être cité. Il restait sur le champ de bataille plusieurs blessés russes. Tant qu'on avait des moyens d'évacuation, on y mettait un Russe et deux autres soldats français blessés. Au grand jour, il restait encore 15 soldats russes blessés. Après avoir été pansés, ils reçurent de nos soldats quelques pommes de terre et furent portés sur la ligne des sentinelles russes, en leur criant qu'on leur rendait des blessés, parce qu'on manquait de moyens d'évacuation, afin que ces malheureux ne soient pas tués, étant sans défense, dans le cas où la bataille recommencerait. Des officiers russes sont venus recevoir les blessés et ont témoigné la plus grande reconnaissance pour ce procédé des soldats français, en leur disant : « Braves Français, il est fâcheux que deux nations aussi dignes de s'admirer pour leur valeur, soient obligées do s'entrégorger ; espérons la paix. »
La perte de l'ennemi pendant la journée d'hier a été au moins de 2.000 tués ou blessés. De notre côté, nous avons eu environ cent cinquante tués et blessés au 50e régiment ; douze au 59e ; quatre-vingts au 27e de ligne et vingt, aux compagnies de voltigeurs et de carabiniers du 25e léger.
Voici les dispositions que j'ai prises ce matin pour me concentrer davantage et être en mesure de repousser toute agression de la part de l'ennemi.
Le 59e est venu remplacer le 50e, que j'ai placé en seconde ligne derrière Zechern et Peterswalde ;
Le 6e d'infanterie légère est venu prendre position à la tête du bois pour remplir l'intervalle de Zechern à Peterswalde.Le 76e a remplacé ce régiment à Schmolainen ;
Le 27e de ligne à Peterswalde ;
Le 25e d'infanterie légère à Mawern, Rosenbeck et Gronau, soutenu par le 39e à Altkirch ;
Le 69e, à Guttstadt ;
La cavalerie légère du général Lasalle à Zechern et Peterswalde ; il y a aussi deux régiments de dragons dans ce dernier endroit ; les deux autres sont en réserve à Schmotainen ;
Les 3e hussards et 10e chasseurs à Mawern, Rosenbeck et Gronau, communiquant avec les troupes du maréchal Soult à Benern.
J'attends les ordres de Sa Majesté et la troupe est prête à marcher à l'ennemi
" (Cazalas E. : « Mémoires du Général Bennigsen », tome 1, page 298; Bonnal H. : « La vie militaire du Maréchal Ney », Chapelot, Paris, 1910, tome 2, p. 434).

Le 6 mars 1807, l'Empereur écrit, depuis Osterode, à Daru, Intendant général de la Grande Armée : "Monsieur Daru, faites une circulaire à tous les commissaires des guerres, pour leur faire connaître les points sur lesquels ils doivent diriger les hommes isolés des différents corps d’armée, ainsi que les bagages et effets desdits corps. Vous y joindrez l'état des corps qui composent chaque corps d'armée, conformément au tableau ci-joint ...
6e corps
... 50e de ligne ...
Dépôts à Fordon ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 14497).

Le 65e Bulletin de la Grande Armée, daté de Osterode, le 10 mars 1807, raconte : "… Ayant été instruit, le 1er mars, que l'ennemi, encouragé par la position qu'avait prise l'armée, faisait voir des postes tout le long de la rive droite de la Passarge, l'Empereur ordonna aux maréchaux Soult et Ney de faire des reconnaissances en avant pour repousser l'ennemi. Le maréchal Ney marcha sur Guttstadt. Le maréchal Soult passa la Passarge à Wormditt. L'ennemi fit aussitôt un mouvement général et se mit en retraite sur Koenigsberg. Ses postes, qui s'étaient retirés en toute hâte, furent poursuivis à huit lieues. Voyant ensuite que les Français ne faisaient plus de mouvements, et s'apercevant que ce n'étaient que des avant-gardes qui avaient quitté leurs régiments, deux régiments de grenadiers russes se rapprochèrent et se portèrent de nuit sur le cantonnement de Zechern. Le 50e régiment les reçut à bout portant ; le 27e et le 39e se comportèrent de même. Dans ces petits combats, les Russes ont eu un millier d'hommes blessés, tués ou prisonniers …" (Panckoucke : « Œuvres de Napoléon Bonaparte », 1821-1822, t. 4, p. 185 ; Correspondance de Napoléon, t.14, lettre 11985).

Le 15 mars 1807, l'Empereur écrit, depuis Osterode, au Général Dejean : "Monsieur Dejean, faites-vous rendre compte pourquoi il manque tant d'officiers aux corps de réserve.
Par exemple, il n'y a au 17e de ligne, camp de Boulogne, que 14 officiers présents; il doit y en avoir 20 ou 30 dans un bataillon; il manque donc la moitié des officiers dans ce bataillon.
Le 19e n'a que 18 officiers ; le 25e n'en a que 19 ; le 36e n'en a que 12 ; le 43e n'en a que 14 ; le 50e n'en a que 15 ; le 55e n'en a que 14 ; de sorte que l'on peut dire qu'il manque à peu près la moitié des officiers.
On peut dire la même chose du 26e et du 46e.
C'est encore bien pis au corps du maréchal Kellermann ; il n'y a guère que le tiers des officiers présent
" (Correspondance de Napoléon, t.14, lettre 12039 ; Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 14648 ; E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 2, p. 8).

Le 18 mars 1807, l'Empereur écrit encore, depuis Osterode, au Général Lacuée, Directeur général des Revues et de la Conscription : "En conséquence des derniers états de situation que vous m'avez remis, il résulte ...
Que le 17e, 19e, 25e, 28e, 35e de ligne, 43e, 46e, 48e, 50e, 55e, 108e et 13e légère auraient un effectif de 15 500 hommes et qu'il manquerait 4 800 hommes pour que ces bataillons fussent au complet effectif de 1 260 hommes par bataillon
Voici comment j'arrive à ce résultat ...
Faites-moi connaître l'état de situation au 15 mars de tous les 3es ou 4es bataillons de l'armée, effectif.
Mettez à côté ce qu'ils devaient recevoir de 1806 et 1807 et réserve ; ce qui était reçu aux corps au 15 mars et faisant partie de leur situation, en ajoutant à la situation au 15 mars ce qui leur reste à recevoir de la conscription, ils auront, dans le courant de l'été, la force qu'il faut que ces bataillons aient. Par la différence de cette situation au complet effectif de 1 260 hommes, on aura ce qu'il est nécessaire de leur donner encore de la conscription de 1806. Il faut cependant faire attention qu’il a des bataillons qui ont leurs compagnies de grenadiers et de voltigeurs à la Grande Armée
" (Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 14727).

Le 31 mars, depuis Osterode, Napoléon décide d'accorder 18 aigles d'honneur, dont neuf aux Officiers, et neuf aux Sous officiers et soldats, aux Régiments qui se sont distingués à Eylau. Il écrit au Maréchal Berthier : "Vous enverrez à chaque maréchal ce qui, dans les dispositions suivantes, concerne son corps d'armée, et sans que l'un connaisse ce qui regarde l'autre. 1° Il est accordé aux régiments dont l'état suit 18 aigles de la Légion d'honneur, dont 9 aux officiers et 9 aux sous-officiers et soldats qui se sont fait remarquer par leur courage et leur bonne conduite, depuis le commencement de la guerre de la quatrième coalition : … 50e ... d'infanterie de ligne ...
Du moment que les maréchaux auront reçu ma décision, ils ordonneront à chaque général de division de réunir chez lui les colonels et chefs de bataillon de chaque régiment, ainsi que les généraux, de brigade, et de dresser un procès-verbal qui constate les individus qui méritent le mieux la décoration. Ce procès-verbal sera envoyé au maréchal commandant le corps d'armée, qui le transmettra, avec ses observations, au major général. Tous ces procès-verbaux devront être arrivés avant le 6 avril. Le 7, le major général me les soumettra …
" (Correspondance de Napoléon, t.14, lettre 12240 ; Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 145013).

Le 7 avril 1807, l'Empereur écrit, depuis Finkenstein, au Maréchal Berthier, Ministre de la Guerre, Major général de la Grande Armée : "Mon cousin, le 31e d'infanterie légère doit être arrivé au corps du maréchal Ney. Vous donnerez ordre au maréchal de renvoyer les compagnies de grenadiers et voltigeurs des 25e et 50e régiments au corps du général Oudinot.
Le maréchal Ney donnera le commandement de cette 3e division à un général de brigade et commencera à la former
" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 1, lettre 1019; Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 15154 - Ce sera Jean Antoine Brun. À Friedland (14 juin), la 3e division ne sera encore constituée que du 31e d'infanterie légère, colonel Méjan).

Le 16 avril 1807, à Finkenstein, "Pour combler, dans la 7e demi-brigade de grenadiers, le vide résultant de l'absence de la compagnie de grenadiers et de la compagnie de voltigeurs du 3e bataillon du 50e régiment, restées à Boulogne, le maréchal Berthier propose de faire venir de Juliers les compagnies de grenadiers et voltigeurs du 3e bataillon du 21e de ligne"; "Approuvé" répond Napoléon (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 1, lettre 1035).

Selon un "Etat sommaire des Hommes du 6e Corps d’Armée prêts à combattre", daté de Guttstadt, le 25 avril 1807, le 50e de Ligne, à la 2e Division, compte 1550 hommes (Cazalas E. : « Mémoires du Général Bennigsen », tome 2, page 155).

Selon un "Etat dressé en conséquence des dispositions de la lettre de S. E. le Maréchal Ney en date du 26 avril courant", le 50e Régiment d'infanterie de ligne a, à cette date, 78 hommes rayés des contrôles, absents depuis trois mois sans autorisation; aucun homme absent depuis moins de trois mois et rayés provisoirement; aucun homme reconnu déserteur et jugé par contumace; aucun homme prisonniers de guerre (Cazalas E. : « Mémoires du Général Bennigsen », tome 2, page 57).

Le 30 avril 1807, l'Empereur écrit, depuis Finkenstein, au Général Dejean, Ministre directeur de l'Administration de la Guerre : "Monsieur Dejean, j'ai fait sur les états de situation suivantes au 1er avril les observations suivantes :
Je vois dans l'état de situation au camp de Boulogne au 8 mars ... que les 28e, 36e, 46e, 50e, 55e, 75e doivent être aussi dans le cas d'envoyer des détachements à la Grande Armée. Mais, ayez soin que l'on envoie les conscrits les plus anciens et qui sont déjà à l’école de bataillon.
J'ai ordonné que l'on conservât toujours pour la défense de Boulogne 600 hommes de chacun de ces bataillons, et que l'on fît partir ce qui excède ce nombre ; mais ce serait très mal entendre cet ordre que de faire partir les hommes qui arrivent ; ce sont au contraire, les plus instruits qu'il faut nous envoyer. Ainsi, non seulement avant que les conscrits soient habillés, mais même lorsqu'on est prévenu qu'ils vont arriver, il faut aussitôt prendre parmi les hommes les plus instruits ceux qui se trouveront surpasser le nombre de 600, et en former de bons détachements pour la Grande Armée ...
" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 1, lettre 1080 ; Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 15472).

Le 8 mai 1807, le Maréchal Ney écrit, depuis Guttstadt, au Ministre de la Guerre : "… Je fais tracer aujourd’hui les positions que les régiments occuperont d’ici à quelques jours.
Les corps baraqueront séparément, mais assez rapprochés pour présenter des masses en cas d'attaque. Cette disposition est plus convenable au terrain que j'ai à défendre. Les divisions forment des échelons entre elles, couvrent les principales communications de Liebstadt et Deppen et peuvent se réunir très promptement dans les positions défensives indiquées pour chacune d'elles.
Voici l'emplacement des campements par régiment :
... 2e division.
1ère brigade, le général Roguet, à Scharnick.
25e légère, sur les hauteurs en avant de Linguenau, occupant Beiswalde et se liant avec le 76e.
2e brigade, le général Labassée, à Glottau.
50e de ligne, sur les hauteurs à gauche de Glottau ;
59e de ligne, sur les hauteurs de Knopen, fournissant les postes sur l'Alle depuis Bergfried, où il se lie avec les troupes du 3e corps d'armée, jusqu'à Guttstadt exclusivement ...
" (Cazalas E. : « Mémoires du Général Bennigsen », tome 2, page 69).

Composition du 6e Corps du Maréchal Ney au 31 mai 1807 :
1ère Division, Général Marchand : 6e Léger, 69e, 39e et 76e de Ligne, 10 Bataillons, 6673 hommes.
2e Division Bisson : 25e Léger (3 Bataillons), 27e, 50e et 59e de Ligne, 9 Bataillons, 6448 hommes.
3e Division, Général N. : En formation ; 1510 hommes.
Artillerie, Génie et Gendarmerie, 24 pièces, 1331 hommes.
Cavalerie légère, Général Colbert : 3e Hussards, 10e et 15e Chasseurs : 9 Escadrons, 935 hommes (Cazalas E. : « Mémoires du Général Bennigsen », tome 2, page 302).

Les Russes de Bennigsen reprennent l'offensive le 5 Juin. C'est le 6e Corps de Ney qui est frappé en premier.

Bennigsen dans ses Mémoires, raconte : "vous avez vu par la répartition des troupes du corps du maréchal Ney dans le rapport qu'il fit en date du 8 mai au Ministre de la guerre, qu'il n'avait qu'une brigade de sa division au-dessus de Guttstadt, savoir ; le 50e régiment de ligne à Glottau et le 59e à Knopen, qui fournissait les postes sur la rive gauche de l'Alle de Bergfried jusqu'à Guttstadt. Au moment où le prince Bagration commença son attaque, cette brigade accourut au secours de la division et ne laissa que quelques postes sur la rivière pour servir d'avertissement sur ses derrières. Le prince Gortchakov profita de cette circonstance et marcha droit sur Guttstadt, où était resté le 1er bataillon du 31e régiment, fort à peu près de 1.000 hommes et place sur la rive droite de l'Alle ; un détachement du corps du prince Gortchakov qui était resté dans la forêt, entre Stolzhagen et la ville, fit des démonstrations contre ce bataillon pour l'arrêter. Le prince Gortchakov se fit devancer par le général-major Rachmanov avec un détachement qui, dès son arrivée, attaqua la ville. Le général-major Krétov était chargé d'occuper la porte du côté du faubourg de Kossen. Le tout fut si bien exécuté qu'au bout d'un moment la ville fut prise ; l'ennemi y perdit, outre les tués et les blessés, en prisonniers, 3 capitaines, 3 lieutenants, 5 sous-lieutenants et 450 soldats. On trouva en outre dans la ville quelques équipages, du bétail, du pain, de l'eau-de-vie et autres vivres" (Cazalas E. : « Mémoires du Général Bennigsen », tome 2, page 140).

Dans le rapport du Maréchal Ney, adressé de Deppen à l’Empereur, le 6 juin 1807 à 4 heures du soir, il est dit : "… Ma perte se réduit à peu de monde ; j'estime qu'elle est moitié moins qu'hier, mais plusieurs généraux et officiers supérieurs ont été blessés, entre autres, le général Dutaillis, chef de mon état-major, qui a eu le bras droit emporté ; j'espère qu'il n'en mourra point ; il s'est rendu à Osterode ; le général Marcognet blessé ; le colonel Frappart, du 50e, blessé ; le chef de bataillon Gnober, du 25e léger, blessé, et beaucoup d'autres dont le rapport ne m'est pas parvenu ; l'adjudant-commandant Mallcrot, sous-chef de l'état-major, mortellement blessé. Tous les généraux, colonels et officiers ont rivalisé de bravoure et de vigueur dans une affaire aussi chaude ..." (Bonnal H. : « La vie militaire du Maréchal Ney », Chapelot, Paris, 1910, tome 2, p. 460).

/ 1809

L'"ÉTAT de répartition des dépôts d'infanterie dans les garnisons" indique que le 50e de Ligne fait partie du 2e Arrondissement; 16e Division militaire. Cambrai (Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, p. 478).

Le 5 décembre 1808, l'Empereur écrit, depuis Chamartin, au Général Lacuée, Directeur des Revues et de la Conscription militaire, à Paris : "... Le corps d'Oudinot ne serait plus alors composé que des compagnies de grenadiers et voltigeurs des régiments ci-après, savoir : 6e, 9e, 16e, 25e, 27e, 17e, 21e, 24e, 26e, 28e d'infanterie légère ; 8e, 95e, 96e, 4e, 18e, 40e, 64e, 88e, 27e, 39e, 45e, 59e, 69e, 76e, 24e, 54e, 63e, 94e d'infanterie de ligne.
Mon intention serait que les compagnies restant des 4es bataillons de ces corps y fussent réunies ; ce qui compléterait vingt-huit bataillons. J'y joindrais les 4es bataillons des 46e, 28e, 50e, 75e, 100e et 103e ; ce qui porterait ce corps à trente-quatre bataillons, qui, à 840 hommes chacun, feraient près de 30,000 hommes.
Pour compléter le nombre de 30,000 hommes, j'y réunirais les bataillons des tirailleurs du Pô et des tirailleurs corses ; j'en formerais trois divisions de douze bataillons chacune ; ce qui ferait un beau corps qui pourrait, si cela était nécessaire, renforcer l'armée du Rhin et la porter à 140,000 hommes ...
" (Correspondance de Napoléon, t.18, lettre 14535 ; Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 19446 ; Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, p. 21).

Le Décret du 1er janvier 1809 sur la suppression des 5 Légions de réserve indique : "... Art. 5. Le 5e bataillon de la 4e légion qui est à Soria sera incorporé dans le 50e de ligne. Cette incorporation aura lieu aussitôt qu'il sera possible de faire sortir ce bataillon de Soria. En attendant, il portera le nom de bataillon supplémentaire du 50e de ligne. La comptabilité en sera arrêtée au 1er janvier 1809 ..." (Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, p. 504).

Le 13 février 1809, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la guerre : "Monsieur le général Clarke, le corps du général Oudinot, au lieu d’être partagé en trois divisions, ne le sera qu’en deux. À cet effet, la 3e demi-brigade légère et la 4e demi-brigade de ligne feront partie de la 1re division ; la 5e et la 6e demi-brigade de ligne feront partie de la 2e division. Le général Claparède commandera une de ces deux divisions. Comme il paraît que chaque corps ne pourra fournir que deux compagnies de fusiliers au grand complet, jusqu’à ce que la conscription de 1810 ait complété les cadres, chaque bataillon ne sera que de 560 hommes, chaque demi-brigade de 1 680 hommes, chaque division de 10 000 hommes, et le corps entier de 20 000 hommes. Lorsque les 5e et 6e compagnies de fusiliers pourront être envoyées, je verrai si je dois former une 3e division, ou laisser seulement le corps à deux divisions.
... Le 7e bataillon sera composé de deux compagnies du 27e, de deux du 39e et de deux du 50e ...
Ces douze bataillons de marche seront réunis du 1er au 15 mars à Strasbourg.
Vous donnerez ordre que chacune de ces compagnies soient complétées à 140 hommes.
Donnez ordre que les dépôts fournissent à chaque homme une capote et 3 paires de souliers, dont deux dans le sac et une aux pieds.
Si les dépôts ne pouvaient compléter ces compagnies, ils en enverront toujours les cadres, avec tout ce qu’ils ont de disponible, et vous ferez connaître ce qui manquerait, afin que je le fasse tirer des conscrits de ma Garde.
Vous donnerez ordre que tous les détachements de ma Garde qui doivent partir de Paris, pour porter les compagnies de grenadiers et de voltigeurs au grand complet, soient prêts à partir le 15 pour se rendre à Strasbourg. Ils seront formés en bataillons de marche. Vous prescrirez aux différents commandants de ma Garde d’en passer la revue, de n’envoyer que des hommes qui sachent faire l’exercice à feu, et de les faire habiller de l’uniforme d’infanterie légère, avec les boutons des régiments où ils doivent entrer ; on me les présentera à la parade du 16, et ils partiront le 17.
J’ai donné ordre au corps du général Oudinot de se réunir à Augsbourg.
Si le général Claparède est encore à Paris, donnez-lui l’ordre de se rendre à Strasbourg pour y attendre ces détachements, et exécuter les ordres qui lui seront donnés. Il sera chargé de mener cette colonne.
Par ce moyen, il y aura entre Strasbourg et Augsbourg de quoi compléter les 12 brigades du corps du général Oudinot, à 12 compagnies chacune, c’est-à-dire à 20 000 hommes. Comme il y aura 12 demi-brigades, il faudra 36 chefs de bataillon et adjudants-majors. Présentez-moi la nomination de ceux qui manquent, et vous les dirigerez sur Strasbourg, pour de là rejoindre le corps. Il faudra 12 majors, le corps en a huit ; c’est quatre à envoyer. Il faut 6 généraux de brigade ; faites-moi connaître ceux qu’il faudrait envoyer.
Il faut à chaque division 18 pièces de canon, c’est-à-dire 36 pour les 2 divisions. Le corps en a 18 ; faites-moi connaître la situation du parc de l’armée du Rhin, et s’il peut fournir les 18 autres pièces.
Ainsi, à la fin de mars, j’aurai au corps du général Oudinot 20 000 hommes, 36 pièces de canon avec caissons et double approvisionnement, un général de brigade d’artillerie, deux compagnies de sapeurs, une compagnie de pontonniers, un colonel du génie, trois officiers du génie, 6 000 outils attelés, 40 caissons d’infanterie, 20 par division, la division de cuirassiers Espagne, et la brigade de cavalerie légère composée de 3 régiments que j’ai attachés à ce corps. Ce qui fera un corps de près de 30 000 hommes.
Il faut qu’il y ait un commissaire des guerres par division, et deux adjoints, et les chefs de service nécessaires. L’armée du Rhin a en personnel de quoi organiser tout cela ...
" (E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 2, lettre 2767 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20016 ; Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, p. 61).

Le 15 février 1809, le Ministre de la Guerre adresse son rapport à l'Empereur : "J'ai l'honneur de rendre compte à l'Empereur qu'en exécution des dispositions prescrites par sa lettre du 13 de ce mois, je viens de donner l'ordre à M. le général Oudinot de ne former provisoirement qu'à deux divisions, au lieu de trois, le corps d'armée qu'il commande. Ces deux divisions seront composées, ainsi que Sa Majesté l'a ordonné, de la manière suivante, savoir :
1re division.
1re 1/2 brigade d'infanterie légère ; 3e id. ; 1?e de ligne ; 2e id. ; 3e id. ; 4e id.
2e division.
2e 1/2 brigade d'infanterie légère ; 4e id. ; 5e id de ligne ; 6e id. ; 7e id. ; 8e id.
Le général de division Claparède commandera l'une de ces divisions.
J'ai prévenu le général Oudinot que les 4es bataillons qui doivent composer son corps ne pouvant fournir en ce moment que deux compagnies de fusiliers au grand complet, chacun de ces bataillons sous ses ordres ne sera provisoirement composé que de la compagnie de grenadiers , de la compagnie de voltigeurs et des deux premières compagnies de fusiliers formant 560 hommes par bataillon, 1,680 hommes par demi-brigade, 10,000 hommes par division et 20,000 pour le corps entier.
J'ai expédié les ordres pour faire diriger sur Strasbourg les 1re et 2e compagnies de fusiliers de tous ces 4es bataillons complétées à 140 hommes chacune et munies d'une capote et de trois paires de souliers par homme. Huit de ces 4es bataillons avaient encore leurs compagnies de grenadiers et de voltigeurs dans l'intérieur et je leur ai pareillement donné l'ordre de se rendre à Strasbourg, ce sont celles des 24e de ligne qui est à Lyon, 16e légère qui est à Mâcon, 28e, 46e, 50e, 75e qui sont à Boulogne, 100e et 103e qui sont à Metz.
Toutes ces compagnies, à leur arrivée à Strasbourg, y seront réunies formées en 12 bataillons de marche de la manière prescrite par Sa Majesté et mises sous le commandement du général de division Claparède qui se trouvait à Paris et qui a l'ordre de se rendre à Strasbourg où il attendra de nouveaux ordres.
Je joins ici l'état de ces compagnies indiquant les époques de leur arrivée à Strasbourg et leur formation en bataillons de marche.
Dans le cas où les dépôts ne pourraient en ce moment compléter à 140 hommes chacune de ces compagnies, j'ai ordonné qu'on en fit néanmoins partir les cadres avec tous les soldats disponibles au dépôt et qu'on me fit connaître sans aucun délai ce qui pourrait leur manquer, j'aurai l'honneur d'en rendre compte à Sa Majesté à mesure que les rapports me parviendront.
Les détachements de la garde impériale destinés à porter les compagnies de grenadiers et de voltigeurs au grand complet partiront de Paris le 17 février formés en 2 bataillons de marche, l'un d'infanterie légère fort de 643 hommes, l'autre d'infanterie de ligne fort de 814 hommes, en tout 1,457 hommes, ils arriveront le 9 mars à Strasbourg. Ces deux bataillons seront présentés à Sa Majesté demain, 16 , à la parade.
Je donne des ordres pour compléter à 6 le nombre des généraux de brigade du corps du général Oudinot, celui des majors à 12 , celui des chefs de bataillon et adjudants-majors à 36. J'ordonne en même temps des dispositions pour compléter à 36 pièces le nombre des bouches à feu du corps du général Oudinot, savoir 18 par division, et pour organiser son administration à raison d'un commissaire des guerres par division et deux adjoints avec les chefs de service nécessaires pris dans l'administration de l'armée du Rhin ...
Au moyen de ces dispositions, il y aura entre Augsbourg et Strasbourg de quoi compléter les 12 1/2 brigades de ce corps d'armée à 12 compagnies chacune et ce corps aura ainsi, vers la fin de mars, 20,000 hommes d'infanterie, 36 pièces de canon avec caissons et double approvisionnement, un général de brigade d'artillerie , une compagnie de pontonniers, un colonel et trois officiers du génie, deux compagnies de sapeurs, 6,000 outils sur des voitures attelées, 40 caissons d'infanterie dont 20 par division, la division de cuirassiers du général Espagne, la brigade de cavalerie légère, ce qui fera un corps de près de 30,000 hommes
" (Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, p. 65). Cette lettre est suivie d'un "État des bataillons de marche destinés à rejoindre le corps du général Oudinot et qui sont dirigés sur Strasbourg" qui indique : 7e Bataillon de marche du Corps du Général Oudinot, 1ère et 2e Compagnies de Fusiliers des 27e et 39e de Ligne; Grenadiers, Voltigeurs, 1re et 2e Compagnies de Fusiliers du 50e de Ligne; chacune à 280 hommes; celles du 50e doivent partir de Landau le 21 février, pour arriver le 18 mars à Strasbourg.

L'"ÉTAT de situation, d'itinéraire et d'emplacement du corps de réserve de l'armée du Rhin. Feuille nº 2" indique :
Corps de Réserve de l’Armée du Rhin, Général Oudinot.
Quartier général du Corps du Général Oudinot : Augsbourg (du 5 au 16 mars).
2e DIVISION : Général Tharreau.
5e 1/2 brigade de ligne. Augsbourg et les environs (du 5 au 16 mars 1809).
27e de Ligne, 4e Bataillon : Grenadiers et Voltigeurs, 244 hommes ; Conscrits de la Garde, 39 hommes ; 1re et 2e Compagnies de Fusiliers, 280 homems.
39e de Ligne, 4e Bataillon : Grenadiers et Voltigeurs, 222 hommes ; Conscrits de la Garde, 64 hommes ; 1re et 2e Compagnies de Fusiliers, 280 hommes.
50e de ligne. Pour mémoire (Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, Annexe 9).

L'"ÉTAT de situation, d'itinéraire et d'emplacement des renforts pour l’Armée du Rhin" indique :
Corps de Réserve, Général Oudinot.
7e bataillon de marche.
50e de Ligne. Pour mémoire (Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, Annexe 13).

Le 9 mars 1809, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, je vous envoie un état que j'ai fait dresser du corps du général Oudinot. Faites-le rectifier, s'il y a des erreurs ... " (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 2, lettre 2907 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20307; Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, p. 213).

Situation de la Division Oudinot au 9 mars 1809 (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20309; Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, p. 214) :

Divisions

Brigades

1/2 Brigades

Bataillons

Présents
Situation des grenadiers et voltigeurs réunis

Détachements tirés des conscrits de la Garde

Compagnies de fusiliers formant les 12 premières compagnies de marche

Détachement formant le 13e bataillon de marche

Totaux

Manque au complet de 560 par brigade

Excédent sur le complet

Par bataillon

Par 1/2 brigade

2e division général Tharreau

2e brigade le général

5e 1/2 brigade d'inf. de ligne Major Clouard

27e de ligne

39e de ligne

50e de ligne

244

222

39

64

143

169

100

100

526

551



1077

34

9





Le 12 mars 1809, l'Empereur écrit, depuis Rambouillet, au Général Clarke, Ministre de la Guerre, à Paris : "Monsieur le Général Clarke ... Le corps d'Oudinot doit être composé de douze demi-brigades, chacune forte de trois bataillons, ce qui devrait faire trente-six bataillons ; mais il y en a quatre, savoir : le bataillon du 28e, celui du 46e, celui du 50e et celui du 75e, qui ne pourront passer le Rhin que lorsqu'il aura été pourvu à la défense des côtes. Resteraient donc trente-deux bataillons ..." (Correspondance de Napoléon, t.18, lettre 14887 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20337; Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, p. 238).

Le 15 mars 1809, le Général Oudinot écrit, depuis Augsbourg, au Major général : "Monseigneur,
J'ai eu l'honneur d'envoyer hier à V. A., par un officier de mon état-major, ainsi que m'en avait donné l'ordre M. le Maréchal duc d'Auerstaedt, l'état de l'artillerie, l'état des emplois vacants, dans les compagnies de grenadiers et de voltigeurs, et ceux des états-majors du corps sous mes ordres.
Je joins à cette lettre, pour me conformer à celle de V. A. en date du 8 mars, un état de situation, l'état des officiers supérieurs présents ou annoncés pour commander les demi-brigades et bataillons, et un dernier état des inspecteurs aux revues et commissaires des guerres. Il m'est annoncé une compagnie de sapeurs, et une de pontonniers, dix-huit bouches à feu avec le personnel nécessaire.
Je suis prévenu que les quatrièmes bataillons des 28e, 46e, 50e et 75e ne m'arriveront pas, et ont reçu l'ordre de rétrograder sur Boulogne ...
" (Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, p. 276).

"Décret.
Au palais des Tuileries, le 23 mars 1809.
Art. 1er. - Il sera formé dix-sept demi-brigades provisoires de réserve, composées principalement de deux ou trois compagnies tirées des cinquièmes bataillons de nos régiments d'infanterie.
Art. 2. Chaque demi-brigade sera commandée par un colonel en second ; chaque bataillon par un chef de bataillon. Il y aura un adjudant-major par demi-brigade.
Art. 3. Les dix-sept demi-brigades seront organisées de la manière suivante :
... 7e demi-brigade.
1er bataillon.
3e compagnies du 44e de ligne.
3e compagnies du 46e de ligne.
840 hommes.
2e bataillon.
3e compagnies du 50e de ligne.
3e compagnies du 51e de ligne.
840 hommes.
3e bataillon.
3e compagnies du 55e de ligne.
3e compagnies du 75e de ligne.
Cette demi -brigade se réunira à Saint-Omer ...
" (Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, p 550 - Note : Chaque Compagnie à 150 hommes).

Le 23 mars 1809, l'Empereur écrit, depuis La Malmaison, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, j'ai signé le décret sur la composition des 17 demi-brigades provisoires de réserve ...
Vous donnerez ordre que la 7e demi-brigade provisoire commence également à se réunir à Saint-Omer. À cet effet, deux compagnies du 44e, du 46e, du 50e, du 51e, du 55e et du 75e seront mises en marche au 1er avril pour Saint-Omer, où elles formeront le fonds des 3 bataillons de la 7e demi-brigade de la même manière, et ainsi qu'il vient d'être dit pour la formation de la 6e....
Le 4e bataillon du 75e enverra à Saint-Denis les cadres de sa 5e et 6e compagnie qui y recevront 300 conscrits de la Garde, et par ce moyen le dépôt sera dispensé de fournir les 289 hommes qu'il devait envoyer. Aussitôt que la 7e demi-brigade aura 1000 hommes réunis à Saint-Omer, le général commandant la division devra faire partir pour Paris les cadres des compagnies du 75e et le 4e bataillon du 46e ...
" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 2, lettre 2992 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20514; Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, p. 199). Le Décret sur la création des 17 Demi-brigades de 2520 hommes chacune a été signé le même jour (voir Saski, Campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche, Paris, Berger-Levrault et cie, 1899, t. 1, p. 550-554).

Le 5 avril 1809, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, donnez ordre par le télégraphe, et réitérez-le par la poste, pour que les 4es bataillons des 38e, 75e, et 50e partent du camp de Boulogne pour Saint-Denis ; les 5e et 6e compagnies doivent déjà en être parties ..." (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 3, lettre 3079 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20711; ; Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 2, p. 5).

Des événements inattendus ayant jeté l'alarme à Cassel (un complot du Baron Doernberg, commandant le Régiment des Chasseurs de la Garde du Roi de Westphalie), dont la nouvelle parvient au Quartier impérial, à Burghausen, le 29 avril; mais sans doute aussi la nécessité de possèder des forces suffisantes pour empêcher les Autrichiens de faire quelques tentatives sur les derrières de l'armée, décident l'Empereur à créer un Corps de réserve sur le Rhin.

Le 29 avril 1809, l'Empereur écrit, depuis Burghausen, à Alexandre Berthier, Prince de Neuchâtel, Major général de l'Armée d'Allemagne, à Burghausen : "Mon Cousin, mon intention est de former dans le comté de Hanau un corps d'observation qui sera commandé par le duc de Valmy, qui aura sous ses ordres les généraux de division Rivaud et Beaumont, le général de brigade Boyer et deux autres généraux de brigade que nommera le ministre de la guerre. Ce corps sera composé, 1° de trois régiments provisoires de dragons, les plus en état des six qui se forment à Strasbourg, au choix du général Beaumont, qui partira avec ces trois régiments ; 2° des 4es bataillons des 75e, 36e, 46e et 50e qui sont à Paris et qui reçoivent l'ordre de se porter sur Mayence ; 3° des demi-brigades provisoires de réserve qui se réunissent à Mayence, à Metz et à Sedan, formant 8,000 hommes; 40 de douze pièces d'artillerie qui seront organisées à Mayence. Tout cela formera un corps de 14,000 hommes, qui portera le nom de corps d'observation de l'Elbe. Donnez les ordres directement pour ce qui fait partie de l'armée ... Pour les troupes qui sont dans l'intérieur de la France, transmettez les ordres au ministre de ia guerre. Recommandez au duc de Valmy de porter, aussitôt que possible, son quartier général à Hanau, d'y réunir ses troupes, et surtout de les faire donner ensemble et de ne pas les éparpiller ; enfin de faire grand bruit de la formation de son corps et de répandre qu'il est de 50,000 hommes, avec lesquels il devra se porter partout où il serait nécessaire" (Correspondance de Napoléon, t.18, lettre 15136 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20921; Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 3, p. 75).

La situation du "Corps d'observation de l'Elbe commandé par M. le maréchal duc de Valmy" datée du 29 avril 1809, indique : 4e Bataillon du 50e de Ligne, 16 Officiers, 710 hommes (Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 3, p. 76).

Le 8 mai 1809, le Ministre de la Guerre, Comte d'Hunebourg, adresse un Rapport à l'Empereur : "… Je donne de mon côté des ordres pour faire arriver en poste, à Hanau, les 6e et 13e demi-brigades provisoires de réserve, qui sont à Sedan et à Metz, ainsi que les 4es bataillons des 36e et 50e régiments, en ce moment en marche pour se rendre à Mayence, et les 4es bataillons des 25e et 28e régiments de ligne venant de Boulogne, qui se dirigeaient sur Strasbourg.
J'ai autorisé M. le maréchal duc de Valmy, en attendant de nouveaux ordres de S. M., à faire diriger également sur Hanau le régiment de chasseurs du grand-duché de Berg, qui est à Strasbourg. Au moyen de ces dispositions, M. le maréchal duc de Valmy pourra former un corps d'armée d'environ 15,000 hommes, dont 2,000 de cavalerie.
Les trois régiments provisoires de dragons, aux ordres du général Beaumont, doivent être rendus en ce moment à Hanau avec 6 pièces d'artillerie attelées, et réunis au régiment d'infanterie du grand-duché de Berg, composé de 1,600 hommes, et à la 10e demi-brigade provisoire de réserve qui était à Mayence. 240 chevaux d'artillerie sont en ce moment réunis à Mayence, pour le service de 12 bouches à feu qui doivent être attachées à ce corps d'armée et qui seront prêtes.
Ces pièces seront servies par un détachement de 60 hommes du 5e régiment d'artillerie à pied et par un détachement de 6o hommes montés, du 6e régiment d'artillerie à cheval, qui se rendent à cet effet de Metz à Mayence.
Enfin, j'ai autorisé M. le maréchal duc de Valmy, à faire réunir sur-le-champ à Mayence les gardes nationales des départements composant les 5e et 26e divisions militaires, employées précédemment sous ses ordres, excepté cependant les gardes nationales du département de la Roër, qui devront se réunir à Wesel, pour renforcer cette garnison quand cela sera nécessaire.
Je demande les ordres de l'Empereur sur ces dispositions que je soumets à l'approbation de S. M.
" (Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 3, p. 311).

Le 17 mai 1809, l'Empereur écrit, depuis Schönbrunn, au Général Clarke : "Monsieur le général Clarke ... Le corps d'observation de l'Elbe fait partie de l'armée d'Allemagne ; donnez ordre au duc de Valmy de ne pas disposer d'un seul bataillon sans mon ordre, si ce n'est pour la défense de Mayence ou de mes frontières.
Toutes les troupes françaises ne seraient pas suffisantes au roi de Westphalie.
L'idée que la Prusse nous dédare la guerre est une folie. Ce cas arrivant au fait, je sais comment je veux marcher et quelles dispositions j'ai à faire. Ne vous occupez jamais de l'Allemagne, et, dans des cas imprévus, ne prenez de mesures que pour mes frontières.
Je n'approuve pas que le bataillon du 19e soit parti en poste de Boulogne ; il devait marcher à petites journées.
La garde nationale de Mayence et Strasbourg me paraissent parfaitement inutiles. Toutefois, régularisez cette opération : un bataillon à Wesel, un à Mayence et un à Strasbourg paraîtraient suffisants
" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 3, lettre 3175 ; Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 3, p. 312).

Le Major général adresse, le même jour, 17 mai 1809, depuis Schönbrunn, au Duc de Valmy, les instructions de détails qui suivent : "L'Empereur, Monsieur le Duc, a vu par la correspondance de son ministre de la guerre que, sur l'avis un peu précipité que vous avez donné à ce ministre que la Prusse nous déclarait la guerre, il s'était empressé de diriger toutes les troupes sur Hanau. Voici, Monsieur le Maréchal, les intentions de l'Empereur.
Le 1er régiment provisoire de chasseurs, le régiment de chevau-légers chasseurs du grand-duché de Berg, se dirigeront sans le moindre délai du point où ils se trouvent sur Augsbourg.
Les deux régiments de conscrits de la garde qui sont à Metz se dirigeront également de suite sur Augsbourg ; expédiez les ordres à ces troupes qui se trouvent dans votre commandement.
Vous devez avoir à Hanau, Monsieur le Duc, un régiment provisoire de dragons et 12 pièces d'artillerie, la demi-brigade de Sedan, celle de Metz, celle de Mayence et celle de Wesel. Ces 4 demi-brigades doivent s'augmenter sans cesse et feront un corps de 8,000 hommes. Vous devez encore avoir, Monsieur le Duc, les 4mes bataillons des 25e, 28e, 36e, 19e, 50e et 75e régiments, ce qui fait six 4es bataillons à 800 hommes chacun. Écrivez sur-le-champ pour que l'on complète ces bataillons qui vous feront un corps de 12 à 13 mille hommes.
L'intention de S. M., Monsieur le Duc (et elle me charge de vous· recommander de vous y conformer exactement), est que, sous quelque prétexte que ce soit, les troupes ne sortent pas du comté de Hanau, et que s'il arrivait quelque chose d'extraordinaire, vous envoyiez à l'Empereur un courrier pour prendre ses ordres.
L'intention de S. M. est aussi que le 4e bataillon du 19e régiment, celui du 25e, celui du 28e soient sous les ordres du général de brigade Lameth, que le bataillon du 36e, celui du 50e et celui du 75e soient sous les ordres du général de brigade Clément, et qu'enfin ces deux brigades soient directement sous les vôtres. L'Empereur ordonne que la 5e et la 9e demi-brigades soient sous le commandement du général de brigade Taupin, que la 10e et la 13e soient sous le commandement du général Duverger, et que ces deux brigades soient sous celui du général de division Rivaud.
Le corps d'observation de l'Elbe, Monsieur le Duc, fait partie de l'armée d'Allemagne ; je dois vous réitérer que l'intention de S. M. est que vous ne disposiez de rien sans avoir préalablement pris ses ordres, soit par courrier extraordinaire, soit autrement.
Le roi de Westphalie a, indépendamment de ses troupes, la division hollandaise, ce qui est plus que suffisant pour se mettre à l'abri de tout événement.
Je vous prie, Monsieur le Maréchal, de me faire connaître par le retour de l'officier que je vous envoie le mouvement de toutes les troupes
" (Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 3, p. 313).

ÉTAT des troupes annoncées devant faire partie du Corps d'armée d'observation de l'Elbe, avec indication de leur arrivée â Mayence et à Hanau, savoir :
50e Régiment de ligne, 4e Bataillon : 830 hommes. Arrivée à Mayence le 17 mai.
"Ces différentes troupes ont été annoncées, elles sont en marche pour Mayence où elles séjourneront et se rendront le surlendemain à Hanau.
Certifié véritable par moi général de brigade, chef d'état-major général.
Hanau, le 17 mai 1809
Signé : Boyer
" (Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 3, p. 405).

Emplacement de l'armée, au 20 mai 1809 au matin.
Corps d'observation de l'Elbe : Maréchal Duc de Valmy.
5e, 9e, 10e, 13e Demi-brigades provisoires de réserve ; 4es Bataillons des 19e, 25e, 28e, 36e, 50e, 75e de Ligne. 6e Régiment provisoire de Dragons. Se réunit à Hanau … (Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 3, p. 388).

Le 15 mars 1810, l'Empereur ordonne, depuis Paris : "Notre ministre de la guerre donnera les ordres ci-après :
... ARMÉES DU NORD ET DE BRABANT ...
Les états-majors, les administrations, et tout ce qui tient à l'organisation des armées du Nord et de Brabant sont dissous, à dater du 5 avril prochain, pas avant ...
... la 7e demi-brigade provisoire, composée de trois bataillons formés de détachements des 44e, 46e, 50e, 51e, 55e et 75e régiments d'infanterie de ligne, seront dirigés sur Paris ...
" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 3, lettre 4105; Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 1, Lavauzelle, page 93).

Le 23 avril 1811, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, vous recevrez le décret par lequel j'ai réglé la formation des 6es bataillons de l'armée d'Allemagne. J'ai changé les éléments de cette formation. Vous verrez par l'état joint au décret que ces bataillons sont composés de trois manières :
1° Avec des conscrits fournis par les dépôts de leurs régiments.
2° Avec ce qu'on peut tirer d'anciens soldats des dépôts de l'armée d'Espagne.
3° Avec des conscrits tirés des dépôts de l'armée d'Espagne.
J'y ai ajouté, pour chaque 6e bataillon, un détachement de 150 conscrits tirés du régiment de Walcheren.
Donnez ordre que les détachements d'anciens soldats qui se trouvent dans les dépôts des régiments se mettent en marche du 1er au 10 mai. Les cadres doivent être formés en Allemagne dans le même délai, de sorte que dès leur arrivée, ces hommes formeront de petits bataillons de 3 à 400 hommes. Ces bataillons seront ensuite complétés par la conscription, tant pour les conscrits arrivant du dépôt du régiment, que pour ceux venant des autres dépôts qui fournissent à cette incorporation.
Quant aux détachements à prendre dans l'île de Walcheren, vous donnerez les ordres suivants : la 2e compagnie de chaque 5e bataillon composée d'un capitaine, de 2 lieutenants, 2 sous-lieutenants, 1 sergent-major, 4 sergents, 1 caporal fourrier, 8 caporaux et 2 tambours, doit se mettre en marche du 1er au 10 mai pour l'île de Walcheren. À son arrivée, le général commandant dans l'île y incorporera 150 hommes choisis parmi les conscrits les plus sûrs et de la meilleure volonté. Vous aurez soin de faire envoyer d'avance au régiment de Walcheren des boutons de ces 2 régiments, afin que le changement d'uniforme des conscrits puisse être préparé sans frais.
Aussitôt que ces détachements bien habillés, bien équipés et bien armés se trouveront formés, le général commandant l'île de Walcheren les passera lui-même en revue avant leur départ. Un inspecteur aux revues en dressera les contrôles et aura soin d'y inscrire les noms, prénom et signalement, afin que si ces hommes désertent, on puisse les faire poursuivre dans leurs familles par des garnisaires. Il ne partira de l'île de Walcheren que deux détachements par semaine. Ces détachements remonteront par eau jusqu'à Willemstad et Berg-op-Zoom, d'où ils rejoindront les bataillons de guerre en traversant la Hollande. Il y aura quelques brigades de gendarmerie pour observer leur passage ...
ANNEXE
Etat indiquant les éléments de la formation des 6es bataillons des régiments de l’Armée d’Allemagne

Régiments qui forment les 6e bataillons

Conscrits du régiment

Supplément de 150 conscrits à tirer du régiment de Walcheren (ce supplément ne compte que pour 50

Suppléments à tirer d'autres régiments

Total de ce que 6e bataillons aura

Conscrits que le régiment reçoit et hommes disponibles
Conscrits pour compléter les bataillons suisses
Conscrits du 4e bataillon A
Reste pour le 6e bat. B
Numéros du régiment d'où on les tire
Anciens soldats C
Conscrits D
Total
30e de ligne
1240
200
800
200
50

Le 50e

70

70

140

726

Le 54e

65

65

130

Le 59e

53

653

106

Le 75e

50

50

100

A : Ces conscrits partiront le 1er juillet 1811 de leur dépôt pour les 6es bataillons en Allemagne.
B : Ces 1500 conscrits partiront de Walcheren par compagnie, dirigés sur le dépôt en France pour le 5e bataillon. Elles commenceront à partir le 15 mai.
C : Ces conscrits partiront dès le 10 mai pour l'Allemagne.
D : Ces conscrits partiront le 1er juin de leur dépôt
" (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 26814; ce tableau est donné par Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 2, Lavauzelle, page 239).

Le 1er janvier 1812, le 50e Régiment d'Infanterie de ligne a son Dépôt à Cambrai (Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 1, Lavauzelle, page 14).

Le 8 mars 1812, à Paris, l'Empereur ordonne : "Monsieur le duc de Feltre ... Donnez ordre que 100 hommes du 65e, 60 hommes du 28e de ligne, 120 hommes du 43e, 40 hommes du 50e, ce qui fait un total de 330 hommes, se rendent à Wesel, et qu'ils y soient formés en un 1er bataillon de marche du 3e corps. Ces 320 hommes se dirigeront de Wesel sur Magdeburg où ils seront incorporés dans le 46e. On ne mettra dans ce bataillon que le nombre d'officiers nécessaires pour conduire ces hommes ..." (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 5, lettre 6899 ; Correspondance générale de Napoléon, t.12, lettre 30153 ; Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 4, Lavauzelle, page 392).

Le 13 mars 1812, le Major général écrit, depuis Paris, à l'Empereur : "Sire, le ministre de la guerre vient de m'annoncer qu'il a donné des ordres pour faire former à Wesel les bataillons de marche ci-après, qui seront tous composés seulement d'anciens soldats ou conscrits de 1811, tirés des dépôts dont les bataillons de guerre sont en Espagne ...
1er bataillon de marche du 3e corps :
Détachement du 65e de ligne, 100, à Wesel le 28 mars.
- du 50e id., 40, id. le 30 mars.
du 28e id., 60, id. le 3 avril.
du 43e id., 120, id. le 3 avril.
Total, 520 hommes.
Ce bataillon doit être réuni le 3 avril à Wesel; il pourrait s'y reposer le 4 et en partir le 5 pour se diriger sur Magdebourg, d'où M. le maréchal duc d'Elchingen le ferait arriver au 3e corps pour être incorporé dans le 46e régiment de ligne ...
Je prie Votre Majesté de me faire connaitre si Elle m'autorise à expédier les ordres de mouvement à ces bataillons de marche. Le ministre de la guerre m'annonce qu'en ordonnant leur formation, il a donné les ordres les plus précis pour que les divers détachements fussent complètement habillés, armés et équipés, et munis de leurs livrets entièrement à jour, afin qu'ils puissent partir de Wesel en bon état.
ALEXANDRE.
Décision de l'Empereur : Les faire séjourner trois jours sur le Rhin; ne les faire partir que quand ils seront bien réunis.
Paris, le 14 mars 1812.
NAPOLEON
" (Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 4, Lavauzelle, page 395).

Clarke écrit à Victor, depuis Paris, le 28 juin 1812 (AG) : "J'ai reçu la lettre par laquelle Votre Excellence me fait part que Son Altesse Sérénissime le prince de Neufchâtel désire connaître la marche des 10e, 11e et 12e demi-brigades provisoires sur Berlin, ainsi que la réunion des huit escadrons de dragons qui doivent former un régiment provisoire de cette arme à Hanovre.
J'ai fait connaître à Son Altesse Sérénissime le prince de Neufchâtel par une lettre en date du 11 juin, que les 10e, 11e et 12e demi-brigades provisoires faisant partie de la 3e division de la réserve ont eu l'ordre de continuer leur marche de Wesel sur Berlin, où elles arriveront, savoir :
... la 11e, composée des 4es bataillons du 27e léger et 50e de ligne, et du 3e bataillon du 2e régiment de la Méditerranée, complété avec les conscrits fournis par les dépôts des 36e, 51e et 55e de ligne, ces trois bataillons, forts ensemble d'environ 2.150 hommes, vers le 30 juillet.
Le général de brigade Cavaignac dirige le mouvement de ces trois demi-brigades ...
" (Fabry G. : « Campagne de Russie (1812) – (11 août – 19 août), Paris, Gougy, 1903, Annexes p. 90).

Le 30 juin 1812, Victor écrit, depuis Berlin, à Michaud (A G) : "Son altesse sérénissime le prince major général me donne avis par une lettre du 22 de ce mois que le ministre a donné ordre à la 10e demi-brigade composée des 4e bataillons des 27e, 63e,76e, 96e régiments, forte de 2.670 hommes, de partir pour arriver le 22 juin à Wesel; à la 12e demi-brigade, composée des 4e bataillons des 123e, 124e et 125e régiments, forts de 2.050 hommes et du 3e bataillon du 129e fort de 660 hommes, de partir aussi pour Wesel où ils arriveront le 4 juillet, et à la 11e demi-brigade provisoire composée des 4es bataillons, des 27e léger et 50e de ligne et d'un bataillon de six compagnies des 36e, 51e et 55e régiments formant ensemble 2.150 hommes de partir pour arriver le 6 juillet à Wesel où le cadre du 3e bataillon du 2e régiment de,la Méditerranée arrivera le même jour, et prendra les conscrits des 36e, 51e et 55e régiments. De Wesel ces trois demi-brigades se rendront directement à Berlin.
Je vous prie, monsieur le général, de diriger ces trois sur brigades, Berlin après leur avoir fait prendre un jour de repos à leur passage à Magdebourg
" (Fabry G. : « Campagne de Russie (1812) – (11 août – 19 août), Paris, Gougy, 1903, Annexes p. 95).

Le 15 juillet 1812, Kellermann écrit, depuis Mayence, à Clarke (AG) : "Monsieur le duc, le général comte Milhaud, commandant la 25e division militaire sous mes ordres, a dû rendre compte directement à votre excellence pour plus de célérité, et comme je le lui ai prescrit, des mouvements qui s'opéraient dans sa division et lui adresser les situations des corps et des détachements qui passaient le Rhin pour se rendre à l'armée, afin que votre excellence fût, exactement et à temps, informée du départ des troupes et de l'arrivée et versement des détachements dans les cadres qui devaient les recevoir.
Je prie votre excellence de me faire connaître si elle reçoit ces différents avis avec exactitude.
Elle a dû être informée du départ de Wesel le 9 pour Berlin : 1° du 4e bataillon du 50e régiment fort de 19 officiers et 552 sous-officiers et soldats et du 4e bataillon du 27e d'infanterie légère fort de 16 officiers et 786 sous-officiers et soldats ; 2e du départ de Wesel le 10 pour Berlin, du 3e bataillon du 2e régiment de la Méditerranée fort de 21 officiers et 720 sous-officiers et soldats.
Il est arrivé aujourd'hui à Mayence un détachement du 75e régiment fort de 47 fusiliers destinés au 4e bataillon du 50e régiment (1er bataillon de la 11e demi-brigade de la 3e division de réserve) qui a fait route jusqu'à Maestricht avec le bataillon avec lequel il devait être incorporé. Je le ferai partir de Mayence avec les autres détachements d'infanterie pour rejoindre à Spandau le 4e bataillon du 50e ainsi que votre excellence me l'a mandé par sa lettre du 26 juin ...
" (Fabry G. : « Campagne de Russie (1812) – (11 août – 19 août), Paris, Gougy, 1903, Annexes p. 127).

Le 16 août 1812, le Général Rivaud de La Raffinière écrit au Duc de Feltre, Ministre de la Guerre : "Conformément à l’ordre que m’en donne Votre Excellence par sa lettre du 11 juillet dernier, j’ai l’honneur de lui rendre compte que j’ai fait visiter par le général Brouard le nommé Guillaume Guillot, ex-grenadier à la ci-devant 50e demi-brigade ; il résulte de l’examen fait en présence du général par les officiers de santé que cet homme est incapable de faire aucun service militaire, mais qu’il peut encore pourvoir à sa subsistance par son travail ; ci-joint le certificat des officiers de santé" (SHD 1 I 50-1– Correspondance du Rivaud de La Raffinière, 16 juillet 1812-30 janvier 1813).

Situation du 11e Corps, 31e Division (1er septembre), 2e Brigade : 11e Demi-brigade, Major Van Ommeren : Etat major (1 Officier, 3 chevaux) ; 4e Bataillon du 50e de Ligne (19 Officiers, 549 hommes, 5 chevaux d’Officiers) ; 4e Bataillon du 27e Léger (18 Officiers, 685 hommes, 5 chevaux d’Officiers) (Fabry G. : « Campagne de Russie (1812) – (11 août – 19 août), Paris, Gougy, 1903, Annexes p. 334).

/ Uniformes

Dans sa revue d'inspection en date du 30 Nivôse an 10, le Général Schauenburd note que "La plupart des banderoles de gibernes sont trop étroites et d’anciens cuirs noirs" et les "musiciens se tiendront plus régulièrement et ne paraitront pas en bottes" (Schauenburg (Général baron Alexis-Balthazar-Henri-Antoine de) : « Revues d'inspection des corps d'infanterie stationnés dans le 10e arrondissement, passées dans le courant du deuxième trimestre de l'an dix » ; Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg: MS.0.493 ; document numérisé par la BNU à la demande conjointe de F. Berjaud, L. Claudel et D. Davin).

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