Le 48e Régiment d'Infanterie de Ligne
1789-1815
Avertissement et remerciements :
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- Inspection de la 48e Demi-brigade de Ligne par le Général Schauenburg, le 28 Pluviôse an 8
"Revue d’inspection passée le 28 Pluviôse an 8
48e Demi-brigade.
Etat-major
Arnaud, Chef de Brigade du . ancien militaire qui présente beaucoup d’activité, annonce des moyens pour la place qu’il occupe ; le bon ensemble de ce corps parle d’ailleurs en faveur de son chef.
Serret, Chef de Bataillon du . Commande le 2e Bataillon ; cet Officier est connu à l’armée du Rhin par sa bravoure. Quant à ses talents de Chef de Bataillon, ils ne peuvent s’utiliser que sur un bon Chef de Brigade, et il parait être bien tombé à cet égard.
Planchant, Chef de Bataillon du . Commandant provisoirement le 3e Bataillon, cet Officier est un conducteur de conscrits placé depuis 8 mois à ce corps ; le chef en dit du bien.
Lepoutre, Chef de Bataillon du . Il est en mission ; c’est le 3e Chef de Bataillon de la Demi-brigade.
Noos, Adjudant-major du . Ce militaire connait parfaitement ses devoirs, il est même susceptible d’avancement.
Trambly, Adjudant-major du . Ce militaire connait passablement son métier, il a d’ailleurs une bonne conduite.
Lafontaine, Adjudant-major, du . Jeune militaire passablement instruit, parait s’occuper de son état, a d’ailleurs une bonne conduite.
Jacquet, Quartier-maitre, du . Connait parfaitement sa partie et est d’une conduite sans reproche.
Christophe, Quartier-maitre, du . Connait parfaitement sa partie ; il a une bonne conduite.
Ollagnie, Quartier-maitre, du . Homme de peu de moyens, et devient inutile au corps ; on dit qu’il se permet des propos sur ses chefs.
Jaillant, Adjudant sous-officier du . Connait parfaitement ses devoirs, susceptible d’avancement. Bonne conduite.
Perrier, Adjudant sous-officier du . Connait son métier, susceptible d’avancement, excellente conduite.
Guinard, Adjudant sous-officier du . Connait son état, susceptible d’avancement, bonne conduite.
Officiers ne pouvant faire campagne, remplacés par des surnuméraires.
Officiers infirmes Remplaçants
Rosselet, Capitaine, âgé de 55 ans, ne peut servir activement. Dourze, Capitaine de la même Demi-brigade, bien noté.
Gueidon, âgé de 38 ans, un bras de moins. Augier, Capitaine id. Très instruit. Id.
Mangin, Capitaine, 51 ans, ne peut servir activement. Maurin, Capitaine, très bien noté.
Lebau, Lieutenant, 50 ans, ne peut servir activement. Chavaud, Lieutenant, idem.
Mille, Lieutenant, 57 ans, ne peut servir activement. Tack, Lieutenant, idem.
Latruffe, Sous-lieutenant, 50 ans, ne peut servir activement. Pouthier, Sous-lieutenant, idem.
Joubert, Sous-lieutenant, 36 ans, boiteux. Cambois, Sous-lieutenant, idem.
Officiers supérieurs à la suite du corps.
Planchant, Chef de Bataillon, présent.
Administration
La 48e Demi-brigade était forte lors de la revue de 2380 présents sous les armes, y compris le premier Bataillon de la Charente qu’elle a reçu par incorporation.
L’effectif de la Demi-brigade est de 3064.
Leurs absents de 679.
Il y avait présents en Capitaines 27
En Lieutenants 31
En Sous-lieutenants 23
L’habillement est encore en général fort bon ; il y avait passé 1800 hommes en très bonnes capotes bleues, les autres en sarrau blancs et le reste composé du Bataillon de la Charente en bon habit-veste, culottes et guêtres. Les chapeaux sont encore très passables.
La buffleterie est encore très bien, il y avait environ 1800 hommes en banderoles blanches. Il manque aux présents sous les armes :
Fusils 350.
Baïonnettes 410.
Gibernes 367.
Sabres 109.
Plus de la moitié des Sergents de ce corps n’ont point de fusils. Je me propose de les faire armer.
Ce corps a son dépôt encore à Louvin, il y a des hommes à réformer et à désigner pour la récompense. Il s’y trouve encore des effets ; je suis informé que le Chef de Brigade a une ressource de plus de 2000 paires de culottes et autant de souliers ; il a aussi encore quelques choses de sa masse d’entretien.
La réorganisation en trois Bataillons de guerre n’y est pas conforme à mon instruction ainsi que les autres qui sont mises en pratique à cette armée ; je lui transmettrai les ordres nécessaires à cet égard.
Dans les observations que je fais au chef de l’état-major général sur la 48e, je lui dit que c’est un beau et solide corps, et que si ceux qui viennent aussi de la Hollande se ressemblent, il vaudra la peine de soigner leur organisation et instruction.
Résumé.
J’ai connu une idée avantageuse de ce corps, il parait y régner un bon esprit et de la subordination.
Les Officiers présentent beaucoup de ressources. Leur air décent, leur costumes, leurs manières de se présenter à la troupe annonce que le corps est bien conduit. J’ai également été satisfait des ressources que présentent les Sous-officiers.
Les Caporaux me paraissent être également bien choisis.
Les Compagnies de Grenadiers sans être très élevées sont bien composées, il en est de même de l’espèce d’hommes de cette Demi-brigade et l’on remarque que toutes les Compagnies sont encore formées d’hommes faits et surtout bien reposés.
Il parait qu’il règne encore de l’aisance dans toutes les classes d’hommes de ce corps.
L’armement est aux deux tiers en fort bon état et composé de bons fusils.
L’arriéré de solde de ce corps est de six décades" (Schauenburg (Général baron Alexis-Balthazar-Henri-Antoine de) : Registre particulier des revues. An VIII ; Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg: MS.0.492 ; document numérisé par la BNU à la demande conjointe de F. Berjaud, L. Claudel et D. Davin).
- Inspection du Général Schauenburg du 16 Ventôse an 10
Dans ses observations générales adressées au Ministre de la Guerre, le Général Schauenburg note au sujet de la solde que "La 48e n’a plus rien écrit sur ses registres, du moment où elle a eu de l’arriéré de solde, elle n’a conséquemment pas arrêté de compte …" (Schauenburg (Général baron Alexis-Balthazar-Henri-Antoine de) : « Revues d'inspection des corps d'infanterie stationnés dans le 10e arrondissement, passées dans le courant du deuxième trimestre de l'an dix » ; Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg: MS.0.493 ; document numérisé par la BNU à la demande conjointe de F. Berjaud, L. Claudel et D. Davin).
"48e demi-brigade.
Revue passée le 16 Ventôse 10. Emplacement Maestricht.
Contrôle des Officiers.
Etat-major.
Ant. Armand, Chef de Brigade, 52 ans, 23 ans de service. L’ancienneté de service du Chef de Brigade Armand, la manière distinguée dont il conduit la 48e Demi-brigade pendant toute la guerre, le bon état dans lequel j’ai trouvé ce corps, le solide esprit militaire qui y règne, depuis l’officier jusqu’au soldat sans exception ; sa bonne tenue, son exemplaire discipline, sa conduite envers les habitants, son degré d’instruction, tout y fait remarquer le zèle et les connaissances militaires de cet estimable Chef, qui réunit à ces qualités celle d’une bonne conduite, qui lui a toujours mérité une entière confiance de ce beau corps, à la tête duquel je désire, pour son bien et pour celui du service, qu’il puisse rester longtemps.
Chles. Glachant, Chef du 1er Bataillon, 45 ans, 23 ans de service. D’une bonne conduite et susceptible de s’instruire (note du chef).
Gervais Coutenet, Chef du 2e Bataillon, 50 ans, 13 ans de service. A fait la guerre avec autant de courage que de dévouement à son pays ; c’est un brave homme, il tient et conduit bien son bataillon, il s’est mérité par sa conduite l’estime de ses supérieurs, et la confiance de ses subordonnés.
Fois. Serret, Chef du 3e Bataillon, 47 ans, 30 ans de service. Les autres qualités militaires de cet ancien officier, qui a très bien servi, compensent son peu de connaissances aux premières obligations de l’éducation ; il conduit au reste fort bien son bataillon.
Fois. George, 4e Chef de Bataillon, 30 ans, 11 ans. A d’excellentes qualités, s’occupant sans relâche de son état, ayant de grandes connaissances militaires (note du chef). Cet officier réunit aux qualités citées par le chef une modestie qui prouve la bonne éducation, qu’il a reçue (note de l’inspecteur général).
Ml. Jacquet, Quartier maitre trésorier, 35 ans, 9 ans de services. A toutes les connaissances et les moyens nécessaires pour remplir parfaitement bien son état.
Jos. Noos, Adjudant major du 1er Bataillon, 33 ans, 11 ans de service. Ne laisse rien à désirer pour la conduite, a beaucoup acquis, et peut occuper un grade supérieur.
Joachim Trambly, Adjudant major du 2e Bataillon, absent, 39 ans, 19 ans de service. Remplit avec beaucoup de zèle les différentes parties de son service, et ne s’est jamais exposé au plus petit reproche (note du chef).
Jaqs. Lafontaine, Adjudant major du 3e Bataillon, absent, 31 ans, 11 ans de service. Bonne conduite et ne néglige rien pour se procurer les connaissances nécessaires à son état (note du chef).
Goubert, Delledeuille, Lepecq, Officiers de santé de 2e classe.
Voyez les Adjudants sous-officiers parmi les sous-officiers proposé au gouvernement à la page.
Compagnies
Capitaines.
1er Bataillon. Grenadiers, Gueret, 36 ans, 19 ans de service. Bon officier.
1ère Coste, 33 ans, 20 ans de service. Id.
2e Blanchemanche, 33 ans, 15 ans de service. Sa blessure le rend susceptible d’égards par rapport au retard de l’instruction.
3e Godefroy, 45 ans, 22 ans de service. Proposé pour la retraite.
4e Colas, 43 ans, 25 ans de service. Est à sa place.
5e Chantepie, 40 ans, 24 ans de service. A déjà été proposé pour la retraite.
6e Lainé, 35 ans, 16 ans de service. Très bon officier.
7e Guéroult, 39 ans, 10 ans de service. Id., chargé de l’habillement.
8e Tapin, 36 ans, 20 ans de service. Bonne conduite, mais n’a pas ce qu’il faut pour son grade.
2e Bataillon. Grenadiers. Hagron, 28 ans, 11 ans de service. Bon officier.
1ère Bosq, 43 ans, 19 ans de service. Id.
2e Robert, 34 ans, 11 ans de service. Id.
3e Richelme, 42 ans, 11 ans de service. Très mauvais officier, s’est marié d’une manière méprisable.
4e Maigre, 34 ans, 11 ans de service. Mauvais Capitaine.
5e Aubert, 42 ans, 19 ans de service. Bon officier.
6e Millon, 36 ans, 22 ans de service. Id.
7e Blouet, 42 ans, 19 ans de service. Id.
8e Mouret, 35 ans, 17 ans de service. Médiocre, fait ce qu’il peut.
3e Bataillon. Grenadiers, Drut, 44 ans, 27 ans de service. Mauvaise opinion et conduite.
1ère Castillon, 52 ans, 19 ans de service. Est très à sa place.
2e Dumas, 52 ans, 18 ans de service. Bon officier.
3e Brouet, 45 ans, 23 ans de service. Nul, et à charge au corps.
4e Duprey, 38 ans, 15 ans de service. Très bon officier.
5e Grouzet, 38 ans, 11 ans de service. Bon officier.
6e Turu, 48 ans, 11 ans de service. Id.
7e Christophe, 42 ans, 22 ans de service. Id., mais très mal accouplé.
8e Dourre, 36 ans, 11 ans de service. Id.
Lieutenants.
1er Bataillon. Grenadiers, Tacq, 32 ans, 13 ans de service. Peu instruit, mais a des moyens, bon officier.
1ère Chantrain, 31 ans, 11 ans de service. Bon officier.
2e Delvodre, 42 ans, 25 ans de service. Id.
3e Lemarchand, 37 ans, 17 ans de service. Id.
4e Mihel, 40 ans, 19 ans de service. Id.
5e Laratte, 37 ans, 19 ans de service. Id.
6e Daval, 36 ans, 11 ans de service. Très bon officier.
7e Lesage, 40 ans, 10 ans de service. Médiocre, promet de se corriger.
8e Buffenoire. N’est pas connu, ne faisant qu’arriver à l’époque de la revue.
2e Bataillon. Grenadiers. Nicaise, 31 ans, 11 ans de service. Bon officier.
1ère Larue, 43 ans, 11 ans de service. Sans instruction ni moyens, mais ayant bien fait la guerre, devrait être placé ailleurs.
2e Minet, 30 ans, 11 ans de service. Est à sa place.
3e Leperre, 27 ans, 11 ans de service. Bon soldat, conduite équivoque.
4e Guéroult, 43 ans, 11 ans de service. Peu de moyens pour l’état militaire. Bonne conduite.
5e Yves, 27 ans, 11 ans de service. A infiniment de moyens, mais est mal marié.
6e Poultier, 32 ans. Bon officier.
7e Jumblus, 34 ans, 18 ans de service. Quelques talents, conduite équivoque.
8e Cambois, 30 ans, 11 ans de service. Bon officier .
3e Bataillon. Grenadiers, Franclet, 29 ans, 11 ans de service. Bon militaire, a besoin d’être surveillé.
1ère Brun, 32 ans, 11 ans de service. Bon officier.
2e Larue, 46 ans, 11 ans de service. Point fait pour être officier, devrait sortir du service.
3e Blondelle, 32 ans, 11 ans de service. Mauvais officier.
4e Plendoux, 30 ans, 11 ans de service. Bon officier.
5e Henon, 40 ans, 22 ans de service. Homme nul, et encore mal accouplé.
6e Blain, 37 ans, 11 ans de service. Triste officier, sans intelligence et moyens.
7e Bertrand, 29 ans, 3 ans de service. Bon officier.
8e Corréard, 40 ans, 11 ans de service. Triste officier, pas fait pour l’état militaire.
Sous-lieutenant.
1er Bataillon. Grenadiers, Froussard, 29 ans, 11 ans de service. Bon officier.
1ère Jaillant, 39 ans, 16 ans de service. Id.
2e Champy. Envoyé par le gouvernement, n’a pas paru.
3e Jardin, 34 ans, 11 ans de service. A besoin de s’instruire.
4e Perreyve, 35 ans, 19 ans de service. Bon officier.
5e Grenon, 45 ans, 29 ans de service. A de bonne volonté, peu actif.
6e Galant, 33 ans, 10 ans de service. Mauvais officier.
7e Pageot, 29 ans, 6 ans de service. Bon officier.
8e Herault, 33 ans, 17 ans de service. Id.
2e Bataillon. Grenadiers. Lefevre, 25 ans, 10 ans de service. Bon officier.
1ère Castel, 35 ans, 11 ans de service. Id.
2e Perrier, 30 ans, 11 ans de service. Id.
3e Lefevre, 35 ans, 11 ans de service. Très mauvais sujet.
4e Laboulaye, 32 ans, 11 ans de service. Encore très neuf à ses devoirs.
5e Ninin, 27 ans, 10 ans de service. Bon officier.
6e Dubois, 26 ans, 11 ans de service. Bon officier.
7e Roche, 41 ans, 26 ans de service. Manque de délicatesse, mal marié, mal tenu.
8e Goubeau, 33 ans, 15 ans de service. Bon officier.
3e Bataillon. Grenadiers, Decottignies, 29 ans, 11 ans de service. Bon officier.
1ère Dubus, 31 ans, 11 ans de service. Id.
2e Delaunay, 27 ans, 11 ans de service. Id.
3e Arbonville, 36 ans, 11 ans de service. Peu fait pour être officier, sans conduite, ni instruction, ni volonté.
4e Arnaud, 22 ans, 11 ans de service. J'ai été très satisfait de ce jeune officier.
5e Bouley, 46 ans, 25 ans de service. Est assez à sa place.
6e Legros, 35 ans, 21 ans d service. N’est pas susceptible d’instruction.
7e Hebert, 50 ans, 11 ans de service. Triste officier, pas fait pour les armes.
8e Quinard, 35 ans, 19 ans de service. Bon officier.
Situation du personnel.
Officiers : Chef de Brigade 1, Chefs de Bataillons 4, Quartier maitre trésorier 1, Adjudants majors 3, Capitaines 27, Lieutenants 27, Sous-lieutenants 27, Chirurgiens 3, total 93 ; dont présents 66, détachés 1, à l’hôpital externe 1, en congé 25, total pareil 93.
Sous-officiers et soldats : Petit état-major 18, Sergents-majors 28, Sergents 113, Caporaux fourriers 28, Caporaux 215, Grenadiers 185, Fusiliers 1384, Tambours 55, Enfants de troupe 18, total 2044 hommes ; dont présents 1567, détachés 2, aux hôpitaux externes 27, à l’hôpital du lieu 0, en congé 514, total pareil 2044 hommes.
Cette Demi-brigade était composée à l’époque du 1er Vendémiaire an 9 de 2685 hommes, elle a reçu depuis 149.
Donc elle devrait être de 2834.
Mais elle a perdu : morts 57, désertés 68, réformés par l’inspecteur 71, réformés par d’autres généraux 267, rayés pour longue absence 312, passés à d’autres corps 10, faits officiers 5, total 790.
Elle reste donc dans l’effectif à 2044.
Si l’on en déduit encore les hommes proposés pour les Invalides, 1 ; ceux proposés pour les Vétérans, 1 ; ceux proposés pour la pension, 16 ; le huitième partant par congés absolus, 164 ; 282.
L’effectif ne sera que de 1762.
Or le complet de paix étant de 1961.
Il y aura donc un manque au complet de paix de 199.
Situation du matériel.
Habillement.
Habits. En service, 292 bons, aucun à réparer, 1710 hors de service. En magasin, 127 neufs, aucun hors de service. Total 2229. 2092 à remplacer par an.
Vestes. 292 bonnes, aucune à réparer, 1802 hors de service. En magasin, 49 neuves, aucune hors de service. Total 2143. 2092 à remplacer par an.
Culottes. En service, 1300 bonnes, aucune à réparer, 802 hors de service. En magasin, 84 neuves, aucune hors de service. Total 2186. 6276 à remplacer par an.
Chapeaux. En service, 64 bons, 400 à réparer, 1702 hors de service. En magasin, 64 bons, aucun hors de service. Total 2230. 2092 à remplacer par an.
Bonnets de police. En service, aucuns bons, 400 à réparer, 1000 hors de service. En magasin, 48 bons, aucun hors de service. Total 1448. Aucun à remplacer par an.
Equipement.
Gibernes. En service, 520 bonnes, 527 à réparer, aucune hors de service. En magasin, aucunes bonnes, aucune hors de service. Total 1047. 307 à remplacer par an.
Porte-gibernes. En service, 540 bons, 540 à réparer, aucun hors de service. En magasin, aucuns bons, aucun hors de service. Total 1080. 307 à remplacer par an.
Baudriers. En service, 267 bons, aucun à réparer, aucun hors de service. En magasin, aucuns bons, aucun hors de service. Total 267. 57 à remplacer par an.
Bretelles. En service, 14 bonnes, aucune à réparer, aucune hors de service. En magasin, aucunes bonnes, aucune hors de service. Total 14. 307 à remplacer par an.
Colliers de tambour. En service, 9 bons, 30 à réparer, aucun hors de service. En magasin, aucun bon, aucun hors de service. Total 39. 9 à remplacer par an.
Caisse de tambour. En service, 9 bonnes, 40 à réparer, aucune hors de service. En magasin, aucune bonne, aucune hors de service. Total 49. 9 à remplacer par an.
Armement.
Fusils. En service, 2030 bons, 352 à réparer, aucun hors de service. En magasin, aucuns bons, 352 hors de service. Total 2734. 307 à remplacer par an.
Baïonnettes. En service, 2082 bonnes, 300 à réparer, aucune hors de service. En magasin, 984 bonnes, 352 hors de service. Total 3718. 307 à remplacer par an.
Sabres. En service, 376 bons, aucun à réparer, aucun hors de service. En magasin, 332 bons, aucun hors de service. Total 708. 57 à remplacer par an.
Haches. En service, 6 bonnes, aucune à réparer, aucune hors de service. En magasin, aucune bonne, aucune hors de service. Total 6. 1 à remplacer par an.
Etoffes. Néant
Effets pour les recrues.
Chemises. En magasin, 263. Total 263.
Cols noirs. En magasin, 528. Total 528.
Bas. En magasin, 450. Total 450.
Souliers. En magasin, 400. Total 400.
Guêtres grises. En magasin, 132. Total 132.
Guêtres noires. En magasin, 464. Total 464.
Sacs de peau. En magasin, 45. Total 45.
Situation des finances.
Les masses étaient au 1er Vendémiaire an 9 de 55425,05.
Elles ont reçu depuis. Décomptes des revues, ou à-comptes reçus, 95474,70. Recettes extraordinaires, 2081,31. 97556,01.
Donc elles devraient être à 152981,06.
Dépenses sur les masses 54301,27.
Restant en caisse 98679,79.
Détail des masses.
Masse de linge et chaussure, 75221,78.
Masse d’entretien, 22542,72.
Masse de chauffage 1005,29.
Total pareil à l’avoir en caisse 98679,79.
Représentatif du restant en caisse.
Espèces en caisse et entre les mains du quartier maitre 40986,65.
Effets actifs représentant du numéraire 10000,00.
Sommes restantes à toucher sur les revues non décomptées 47693,14.
Total pareil à l’avoir en caisse 98679,79.
Sommes dues au corps.
Solde 128544,56.
Masses. De linge et chaussure 13499,20.
D’entretien 9413,00.
De chauffage 00,00.
Indemnités. De logement 3175,80.
De fourrage 1071,00.
Réparations des fourgons 00,00.
Total 155703,56.
Valeur en effets de petit équipement pour les recrues, restant en magasin 1961,60.
Redu à la masse de linge et chaussure par plusieurs soldats 00,00.
Nombre des hommes, qui n’ont pas leur masse complète - .
Masse d’économie.
Sommes provenant des hommes absents, avant et après le 1er Germinal an 8.
Versé dans la caisse de l’armée sur les reçus du payeur 3527,30.
Soldes. Des absents avant le 1er Germinal 8, et qui n’ont pas été remises au payeur 00,00.
Des absents rayés depuis le 1er Germinal 8, et qui ont été versées à la caisse d’entretien 4252,25.
Masses de linge et chaussure. Des hommes dont la solde a été remise au payeur, et qui ont été reversées à la masse d’entretien avant le 1er Germinal 8 590,70.
Des hommes rayés depuis le 1er Germinal 8, et versées à la masse d’entretien 428,37.
Total des sommes versées soit dans la caisse de l’armée, soit à la masse d’entretien 8798,62.
Observations.
1° Quant à la 2e ligne, qui ne présente rien, voyez à la 53e page 65 n°2.
2° Quant à la somme totale, qui pourrait être le quart, voyez page 37 à la 10e légère.
Nombre des hommes proposés pour la pension 17. Proposés aux vétérans 1. Proposés aux invalides 1. Réformés 71. Licenciés 0.
Nombre des hommes qui ont obtenu des brevets d’honneur 5. Hommes qui sont dans le cas d’en obtenir 3. Enfants admis à la solde des Officiers 10 ; Sous-officiers et soldats 8.
Sous-officiers proposés au gouvernement pour des emplois d’officiers.
3e Bataillon, 1ère Compagnie. Fois. Taulois, Sergent major aide vaguemestre, 29 ans, 11 ans de service. Bonne conduite et tenue, bonne instruction, susceptible d’avancement.
1er Bataillon, Etat-major. Nas. Robin, Adjudant sous-officier, 33 ans, 17 ans de service. Modèle de Sous-officier ; d’une conduite exemplaire, connaissant parfaitement bien son métier ; susceptible d’avancement.
2e Bataillon Etat-major. Fois. Couprié, id., 26 ans, 2 ans de service. Bonne instruction, excellente conduite, et bonne mise, quoique jeune encore, donnant beaucoup d’espérance, susceptible d’avancement.
3e Bataillon Etat-major. Pr. Lamarguete, id., 32 ans, 11 ans de service. Bonne instruction, bonne conduite, et bonne tenue, promettant beaucoup, susceptible d’avancement.
Résumé des détails de la Revue.
Esprit du corps. Ne peut être meilleur en tout point, depuis l’officier jusqu’au dernier soldat. Tout y est très uni, et il règne autant de confiance, que d’attachement envers les chefs.
Instruction. Des officiers. La théorie a été commencée par les soins du Chef de Brigade, mais elle ne pourra véritablement être entendue, que lorsqu’elle viendra à l’appui de la pratique. L’inspecteur a laissé les moyens pour réunir ces deux parties ensemble. Des sous-officiers. Mêmes observations. Les sous-officiers ont besoin d’être instruits correctement au maniement des armes du soldat, du caporal, et à celui de leur grade. Du soldat. A été établie par les soins du chef de bataillon ; elle est passablement commencée ; la position des hommes, celle de l’arme, sont assez bien ; il en est de même du maniement et d’une partie des premières évolutions.
Manœuvres. Ont été commencées et pratiquées jusqu’à l’école du bataillon. Le Chef de Brigade a chargé le 4e Chef de Bataillon George de développer l’instruction, en y ajoutant celle particulière, que je leur ai laissée. Ce chef est très en état de les mettre en exécution d’une manière satisfaisante. Les officiers supérieurs et en général tout le corps a la meilleure volonté de se livrer à cette partie, dont le commencement est passable.
Discipline. Exemplaire dans le service tant intérieur qu’extérieur ; une excellente conduite envers les habitants ; une union parfaite entre les officiers qui influe sensiblement sur le bien du soldat.
Tenue. Très propre, très régulière et descente dans le corps des officiers ; très régulière parmi les sous-officiers et soldats. La tenue de leur cheveux, le bon entretien de leurs vieux vêtements, tout fait remarquer une discipline solide, et une bonne administration intérieure. C’est de tous les corps de cet arrondissement, celui qui est le plus solidement conduit.
Habillement. Les habits, provenant de différents magasins, sont aussi mauvais en qualité, qu’en façon, et généralement trop petits. Les gilets sont sans manches et trop courts ; les culottes sont trop petites, de sorte qu’elle laissent une partie du ventre à découvert. Les guêtres reçues des magasins sont aussi économiquement façonnées, que mauvaises en qualité ; les souliers et chapeaux sont de bonne qualité.
Equipement. Très mauvais en général. La plupart des banderoles sont de mauvais cuir noir, les seules passables proviennent sont celle que le corps s’est procurées sur le champ de bataille. Il manque à l’effectif du pied de paix 900 gibernes, avec leurs banderoles.
Armement. Parfaitement bien tenu. Le procès-verbal dressé à cet égard, constate son bon état.
Casernes. Celle de Bois-le-Duc est assez bonne. Il y a cependant 6 chambres, dans lesquelles l’eau passe par la couverture. La caserne de Tongres est en mauvais état ; celle de Vicq est assez bonne, la couverture seule est à réparer, parce que l’eau tombe dans les chambres.
Chambrées. Sont bien tenues. Les chambrées de Tongres sont petites et les fenêtres si étroites, ce qui les rend sombres et malsaines.
Magasin. Est dans un local très grand, et bien commode.
Hôpitaux. Il n’en existe point à Maastricht ; les malades sont envoyés à Liège.
Prisons. Sont bien aérées et saines.
Salles de discipline. Sont bonnes.
Vivres. Le pain est ordinairement très bon ; il est arrivé cependant deux fois qu’il fut mauvais ; on doit en accuser plutôt les circonstances, que la mauvaise volonté du fournisseur.
Ordres laissés au Corps, concernant :
La comptabilité. Le registre de caisse et le journal général du quartier-maitre ont été trouvés tenus avec beaucoup de régularité. Néanmoins on n’a pu les arrêter définitivement, que jusqu’au 1er Nivôse an 9, attendu que les recettes de Pluviôse, Ventôse, Messidor et Fructidor de la même année n’ont pas été faites, et que par conséquent, le quartier maitre n’a pas établi lesdits registres, les recettes et les dépenses pour les trimestres de Nivôse et Messidor an 9 et Vendémiaire an 10. Cependant, d’après une lettre de l’inspecteur aux revues Villantroye, les situations des masses ont été établies sur le registre de caisse (seulement) comme si les extraits des revues eussent été acquittés, et ce pour faire connaitre positivement la situation des masses au 1er Nivôse 10. On n’a pas cru devoir intervertir l’ordre, en plaçant les trimestres de Germinal an 9 et Vendémiaire an 10 avant ceux de Nivôse et Messidor an 9, qui ne sont pas acquittés, et sur lesquels est du (voyez la situation des finances).
On ne pouvait pas non plus détailler sur le journal du quartier maitre les recettes et dépenses des trimestres non acquittées, parce qu’il aurait fallu supposer des recettes non inscrites sur le livre de caisse, dont les dépenses doivent toujours former les recettes du journal du quartier maitre.
Tous les autres registres sont bien tenus, et ont été arrêtés, jusqu’au 1er Nivôse 10.
Comptabilité des réparations d’armes. Voyez page 93.
Décompte de linge et chaussure. Voyez au même endroit.
L’instruction. L’inspecteur général a été satisfait du degré d’instruction, qui commence à s’installer parmi les sous-officiers et soldat ; et pour mieux en hâter les progrès, et l’établir d’une manière uniforme, on se conformera aux dispositions suivantes :
Le Chef de brigade continuera d’en laisser chargé particulièrement le 4e Chef de Bataillon Georges, lequel la dirigera de la manière prescrite ci-après (ce sont les mêmes ordres que ceux donné à la 36e.
Voyez page 107 ligne 6 jusqu’à la page 108 ligne 14).
Service de place. Voyez page 39.
Batteries de tambour. Voyez au même endroit.
Rapport du Tambour-major avec les Chefs de Bataillons. Voyez page 108.
Ecole d’écriture. Voyez page 39.
La tenue. Galons des sergents et caporaux. Voyez page 54.
Galons des caporaux fourriers. Voyez page 39.
L’habillement. Nouvelles dimensions prescrites pour les effets à confectionner. Voyez pages 54, 55, 39, 40.
Petit magasin d’effets de petit équipement. Voyez page 40.
L’équipement. Placement des gibernes et havresacs. Voyez page 40.
L’armement. Répartition des fusils en raison de tailles. Voyez page 40.
Marques particulières après les crosses, et bretelles particulières. Voyez page 69.
Eloges. L’inspecteur général a été très satisfait du costume régulier et militaire des officiers, du degré d’instruction des chefs, et d’une partie des officiers, qu’il a examinés. L’excellente tenue des armes, le costume régulier des sous-officiers et soldats, les utiles réparations faites à l’armement, à l’habillement et à l’équipement, font un éloge particulier des officiers, qui ont si bien secondé le Chef de Brigade Arnaud. Le bon état dans lequel l’inspecteur a trouvé ces objets tenus dans les compagnies, leur tenue aussi régulière que militaire, prouvent d’une manière bien satisfaisante, combien les Chefs de Bataillons et les commandants de Compagnies ont également concouru au soin et au zèle du Chef de Brigade.
Punitions. Vu l’inconduite et la négligence du Sous-lieutenant Lefebvre, cet officier sera de suite placé dans une Compagnie, dont le Capitaine soit plus que le citoyen Richelme, en état de la réprimer et de donner un meilleur exemple. Les deux officiers ci-dessus énoncés devront être admis journellement au peloton d’instruction, surveillés particulièrement par leur Chef de Bataillon, et punis autant de fois, qu’ils se permettront de réitérer leur inconduite et négligence. Le Capitaine de Grenadiers Drut sera également envoyé au peloton d’instruction, vu que l’inspecteur général n’a pas du tout été satisfait du résultat de l’examen, qu’il a fait de cet officier.
Extrait de la lettre d’envoi au Ministre de la guerre de la précédente revue, sous date du 19 Ventôse 10.
1° On fait remarquer, tant sur les notes, que par un état y joint, des femmes d’officiers, présentes au corps, combien il y a dans ce corps d’officiers mal mariés, et on réitère la demande exprimée dans la lettre d’envoi de la revue de la 103e.
2° On appuie une demande déjà faite par le conseil d’administration, pour qu’il lui soit remplacés 227 havresacs, qu’il a donnés à des hommes sortant des prisons de l’ennemi, attendu qu’il serait presque impossible de les faire payer par ces militaires.
3° On lui observe combien l’habillement et l’équipement de ce corps est incomplet. Il manque pour l’effectif de paix 900 gibernes avec les banderoles. La 48e n’a pas plus que les autres corps qu’on a vus, de fourreaux de baïonnettes ni de porte-baïonnettes, de sorte que le soldat est obligé d’accrocher sa baïonnette par un trou pratiqué dans la banderole.
4° On le prie de faire expédier le plus tôt possible les remplacements demandés sur l’état n°13, et d’indemniser par là en quelque sorte ce corps, des mauvaises fournitures en tout genre, qu’il a reçues à Constance le 19 Vendémiaire 9, à Strasbourg le 23 Frimaire, et à Mayence le 2 Nivôse suivant. On lui rappelle qu’il a déjà bien voulu répondre à ce corps, lorsqu’il s’est plaint des mauvais effets, que son extrême besoin lui avait fait seul accepter.
5° On lui demande de remplacer dans le conseil d’administration par les Capitaines Bosq et Castillon, les Capitaines Brouet et Godefroy, vu leur nullité complète" (Schauenburg (Général baron Alexis-Balthazar-Henri-Antoine de) : « Revues d'inspection des corps d'infanterie stationnés dans le 10e arrondissement, passées dans le courant du deuxième trimestre de l'an dix » ; Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg: MS.0.493 ; document numérisé par la BNU à la demande conjointe de F. Berjaud, L. Claudel et D. Davin).
Cette revue d'inspection est suivie d'un 1er tableau intitulé "Relevé sommaire, par Corps et par Grades, des Officiers des neufs Demi-brigades, stationnées dans le 10e arrondissement rédigé d’après les notes, portées sur le compte de chacun d’eux sur le contrôle, annexé au livret de revue, sous le n°2, pour servir à connaitre la composition du corps d’officier dans les dites Demi-brigades. Le Général Schauenburg l'accompagne d'observations :
"1° dans la rédaction de ce relevé, on a rangé dans la 1ère colonne des bons officiers, ceux qui ont assez d’instruction pour prétendre à l’avancement ; 2e ceux qui ne pouvant guère y prétendre, peuvent cependant bien remplir les fonctions de leur grade et sont à leur place.
2° On a compris dans la 2e colonne des médiocres 1. Ceux qui peut instruits, on cependant de la volonté et des moyens, et mènent une conduite régulière. 2. Ceux qui étant assez instruits, tiennent une conduite équivoque ; les uns et les autres peuvent par la suite devenir de bons officiers, si les premiers sont stimulés et les derniers surveillés.
3° On a désignés comme mauvais officiers 1. Ceux qui n’ayant aucune trace d’instruction ni des moyens d’en acquérir, et n’étant guère propres à l’état militaire, sont à la charge aux Corps. 2. Ceux qui menant une vie tout à fait déréglée et incorrigible, sont par leur conduite et le mauvais exemple, une véritable entrave au bien du service ; les uns et les autres n’ayant pas assez de service pour mériter une retraite quelconque.
4° Dans la 4e colonne, on a mis ceux qui ont été proposés à la retraite soit à la revue, soit antérieurement à cette époque.
5° Enfin, on a désigné comme susceptible de retraite 1. Ceux qui ont assez de services pour y prétendre, mais qui ne veulent pas la prendre. Le Gouvernement devrait les forcer à la prendre, vu leur impossibilité de servir encore davantage avec fruit. 2. Ceux qui pourraient être rangés dans la 3e classe des mauvais officiers et seraient à renvoyer, si leurs services ne méritaient quelque considération. L’Inspecteur a proposé au Gouvernement de leur donner le traitement de réforme, en attendant leur retraite, et de les remplacer par des officiers réformés en état de remplir leurs fonctions".
Ce qui donne pour la 48e de Ligne :
Etat-major : Chef de Brigade 1 bon; total 1. Chefs de Bataillon 4 bons, total 4 ; Quartier maitre 1 bon ; Adjudants major, 3 bons, total 3. Total général 9.
Compagnies : Capitaines, 19 bons, 2 médiocres, 3 mauvais, 2 proposés pour la retraite, 1 susceptible de retraite; total 27. Lieutenants 15 bons, 7 médiocres, 4 mauvais, 1 susceptible de retraite, total 27 ; Sous lieutenants, 18 bons, 3 médiocres, 5 mauvais, 1 susceptible de retraite, total 27 ; total général 81. Adjudants sous-officiers, 3 bons, total 3 (Schauenburg (Général baron Alexis-Balthazar-Henri-Antoine de) : « Revues d'inspection des corps d'infanterie stationnés dans le 10e arrondissement, passées dans le courant du deuxième trimestre de l'an dix » ; Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg: MS.0.493 ; document numérisé par la BNU à la demande conjointe de F. Berjaud, L. Claudel et D. Davin).
Dans un deuxième tableau, intitulé "Situation générale du personnel, avec les mutations survenues depuis le 1er Vendémiaire 9", il est indiqué pour la 48e de Ligne : 1 Chef de Brigade, 4 Chefs de Bataillon, 1 Quartier maître, 3 Adjudants majors, 27 Capitaines, 27 Lieutenants, 27 Sous lieutenants, 3 Chirurgiens, total 93, dont 66 présents, 1 à l’hôpital du lieu, 1 à l’hôpital externe, 25 en congé. 18 au Petit Etat-major, 28 Sergents-majors, 113 Sergents, 28 Caporaux fourriers, 215 Caporaux, 185 Grenadiers, 1384 Fusiliers, 55Tambours, 18 Enfants, total 2044, dont 1501 présents, 2 détachés, 27 à l’hôpital externe, 514 en congé.
Concernant les mutations pour la 48e de Ligne, son effectif au 1er Vendémiaire était de 2685 hommes. Les recettes indiquent 95 recrues, 13 hommes venus d’autres corps, 41 rayés rentrés, total 149. L’effectif devrait donc être de 2834 hommes. Les pertes sont de 57 morts, 68 désertés, 71 réformés par l’inspecteur général, 267 réformés avant la revue, 0 rayé par jugement, 312 rayés pour longue absence, 10 passés à d’autres corps, 5 faits officiers, total 790 hommes. L’effectif reste donc à 2044 hommes. Si l’on déduit encore 16 proposés pour la pension, 1 pour les Vétérans, 1 pour les Invalides, 264 partant par congés absolus, total 282. L’effectif sera de 1762 hommes. Le complet de paix étant de 1961, il y a un manque au complet de 199 hommes (Schauenburg (Général baron Alexis-Balthazar-Henri-Antoine de) : « Revues d'inspection des corps d'infanterie stationnés dans le 10e arrondissement, passées dans le courant du deuxième trimestre de l'an dix » ; Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg: MS.0.493 ; document numérisé par la BNU à la demande conjointe de F. Berjaud, L. Claudel et D. Davin).
Un 3e tableau, intitulé "Suite du personnel, détail des présents, des hommes congédiés par récompense, par réforme et pour le huitième" donne pour la 48e de Ligne : Officiers : 1 Chef de Brigade, 3 Chefs de Bataillon, 1 Quartier maître, 1 Adjudant major, 23 Capitaines, 15 Lieutenants, 19 Sous lieutenants, 3 Chirurgiens, total 66 présents. Petit Etat-major : 3 Adjudants sous-officiers, 1 Tailleur, 1 Guêtrier, 1 Cordonnier, 1 Armurier, 1 Tambour-major, 1 Caporal-tambour, 8 Musiciens, total 17 présents. Sous-officiers et soldats : 20 Sergents-majors, 80 Sergents, 21 Caporaux fourriers, 163 Caporaux, 139 Grenadiers, 1003 Fusiliers, 40 Tambours, 18 Enfants, total 1501 présents. Total général Officiers compris : 1567 présents.
En ce qui concerne les hommes congédiés par récompense nationale, il y a pour la 48e de Ligne : Officiers : 1 Capitaine, 0 Lieutenant, 0 Sous-lieutenant, total 1. Sous-officiers et soldats : 0 Sergent-major, 3 Sergents, 0 Caporal fourrier, 3 Caporaux, 12 Grenadiers, Fusiliers ou Tambours, total 18. Par congés absolus, 7 sergents-majors, 33 sergents, 4 Caporaux fourriers, 36 Caporaux, 174 Grenadiers et Fusiliers, 10 Tambours, Total : 264. Par Réforme : 0 Sergents-majors, 0 Sergents, 0 Caporaux fourriers, 3 Caporaux, 68 Grenadiers, Fusiliers et Tambours, total 71. Total général 355 (Schauenburg (Général baron Alexis-Balthazar-Henri-Antoine de) : « Revues d'inspection des corps d'infanterie stationnés dans le 10e arrondissement, passées dans le courant du deuxième trimestre de l'an dix » ; Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg: MS.0.493 ; document numérisé par la BNU à la demande conjointe de F. Berjaud, L. Claudel et D. Davin).
Un 4e tableau établi la "Situation générale du matériel"; il indique, concernant l'habillement de la 48e de Ligne : Habits : 127 neuf, 392 bons, 0 à réparer, 1710 hors de service, total 2229 ; à remplacer par an 1363. Vestes : 49 neuves, 292 bonnes, 0 à réparer, 1802 hors de service, total 2143 ; à remplacer par an 1363. Culottes : 84 neuves, 1300 bonnes, 0 à réparer, 802 hors de service, total 2186 ; à remplacer par an : 4089. Chapeaux : 64 neufs, 64 bons, 400 à réparer, 1702 hors de service, total 2230 ; à remplacer par an 1363. Bonnets de police : 48 neufs, 0 bons, 400 à réparer, 1000 hors de service, total 1448 ; à remplacer par an : 0.
Gibernes : 0 neuves, 520 bonnes, 527 à réparer, 0 hors de service, total 1047 ; à remplacer par an 213. Porte-gibernes : 0 neufs, 540 bons, 540 à réparer, 0 hors de service, total 1080 ; à remplacer par an 213. Baudriers : 0 neufs, 267 bons, 0 à réparer, 0 hors de service, total 267 ; à remplacer par an : 63. Bretelles de fusils : 0 neuves, 14 bonnes, 0 à réparer, 0 hors de service, total 14 ; à remplacer par an 213. Colliers de tambours : 0 neuf, 9 bons, 30 à réparer, 0 hors de service, total 39 ; à remplacer par an : 9.
Concernant l’armement et caisses de tambour : Fusils : 0 neufs, 2030 bons, 352 réparés, 352 à réparer, 0 hors de service, total 2734 ; à remplacer 0. Baïonnettes : 984 neuves, 2082 bons, 352 réparées, 300 à réparer, 0 hors de service, total 3718 ; à remplacer 0. Sabres : 332 neufs, 376 bons, 0 réparés, 0 à réparer, 0 hors de service, total 708 ; à remplacer par an : 57. Caisses de tambour : 0 neuve, 9 bonnes, 40 à réparer, 0 hors de service, total 49 ; à remplacer par an : 9.
Concernant les étoffes et les effets pour les recrues, il est noté pour la 48e de Ligne : drap blanc, - ; drap bleu, - ; drap noir - ; écarlate, - ; tricot blanc ou bleu, - ; serge, - ; toile, - ; gros boutons, - ; petits boutons, - ; chemises 263 ; cols noirs, 528 ; bas, 450 ; souliers 400 ; guêtres grises, 132 ; guêtres noires, 462 ; sacs de toile, - ; sacs de peau, 40 ; cocardes, - ; pompons, - (Schauenburg (Général baron Alexis-Balthazar-Henri-Antoine de) : « Revues d'inspection des corps d'infanterie stationnés dans le 10e arrondissement, passées dans le courant du deuxième trimestre de l'an dix » ; Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg: MS.0.493 ; document numérisé par la BNU à la demande conjointe de F. Berjaud, L. Claudel et D. Davin).
Un 5e tableau intitulé « Situation générale des finances » indique pour la 48e de Ligne :
Situation des masses au 1er Vendémiaire an 9 : 55425,05.
Reçu depuis ce temps : décompte des revues, ou à-comptes reçus, 95474,70 ; recettes extraordinaires, 2081,31 ; total des recettes, 97556,01.
Les masses devraient être à 152981,06. Dépenses sur les masses, 54301,27. Restant en caisse au 30 Pluviôse 10 : 98679,79.
Détail de la situation des masses : de linge et chaussure, 75221,78 ; d’entretien, 22452,72 ; de chauffage, 1005,29 ; total pareil à l’avoir en caisse, 98679,79.
Représentatif de l’avoir en caisse : espèces en caisse ou entre les mains du Quartier maitre, 40986,65 ; effets actifs représentant du numéraire, 10000,00 ; somme à toucher sur les revues, non décomptées, 47693,14 ; total pareil à l’avoir en caisse, 98679,79 (Schauenburg (Général baron Alexis-Balthazar-Henri-Antoine de) : « Revues d'inspection des corps d'infanterie stationnés dans le 10e arrondissement, passées dans le courant du deuxième trimestre de l'an dix » ; Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg: MS.0.493 ; document numérisé par la BNU à la demande conjointe de F. Berjaud, L. Claudel et D. Davin).
Un 6e tableau intitulé « Suite des finances » indique pour la 48e de Ligne :
Sommes dues au corps : Solde, 128544,56. Masse de linge et chaussure : 13499,20. Masse d’entretien : 9413,00. Masse de chauffage : -. Indemnité de logement : 3175,80. Indemnité de fourrages : 1071,00. Pour réparation des fourgons : -.
Total des sommes dues aux corps : 153703,56.
Valeur des effets de petit équipement en magasin : 1961,60.
Reçu à ma masse de linge et chaussure du soldat : -.
Nombre des soldats qui n’ont pas leur masse complète : - (Schauenburg (Général baron Alexis-Balthazar-Henri-Antoine de) : « Revues d'inspection des corps d'infanterie stationnés dans le 10e arrondissement, passées dans le courant du deuxième trimestre de l'an dix » ; Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg: MS.0.493 ; document numérisé par la BNU à la demande conjointe de F. Berjaud, L. Claudel et D. Davin).
Un 7e tableau intitulé « Masse d’économie, sommes provenant des finances, hommes absents et rayés soit avant, soit après le 1er Germinal an 8 » indique pour la 48e de Ligne :
Versé dans la caisse de l’armée sur des reçus du payeur : 3527,30.
Restant de la solde des absents antérieure au 1er Germinal 8 et qui n’a pas été remise au payeur : -.
Masse de linge et chaussure des mêmes hommes, dont la solde a été remise au payeur, et qui a été reversée à la caisse d’entretien jusqu’au 1er Germinal 8 : 590,70.
Solde d’absence des hommes rayés depuis le 1er Germinal 8 et qui a été versée à la caisse d’entretien : 4252,25.
Masse de linge et chaussures des mêmes hommes pendant le même temps et versée à la caisse d’entretien : 428,37.
Totaux des sommes dues aux absents, et versées soit dans la caisse de l’armée, soit à la masse d’entretien : 8798,62.
Observations : Les mutations ayant été à peu près les mêmes dans tous les corps de l’armée, la colonne des totaux devrait présenter des sommes à peu près égales. En les comparant les unes avec les autres, on peut juger du plus ou moins d’ordre que chaque corps a mis dans cette partie de la comptabilité ... (Schauenburg (Général baron Alexis-Balthazar-Henri-Antoine de) : « Revues d'inspection des corps d'infanterie stationnés dans le 10e arrondissement, passées dans le courant du deuxième trimestre de l'an dix » ; Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg: MS.0.493 ; document numérisé par la BNU à la demande conjointe de F. Berjaud, L. Claudel et D. Davin).
Le "Résumé général du détail des revues" indique : Esprit des Corps. Des officiers. L’esprit des officiers est très bon dans les 10e légère, 50e, 53e, 103e, 48e et 94e ; il laisse quelque chose à désirer pour l’ensemble dans la 36e ; le zèle des chefs pour le bien du service est quelques fois entravé par des intrigues et des tracasseries dans les 110e et 100e. Des Sous-officiers et soldats. L’esprit des Sous-officiers et soldats est bon et docile partout.
Instruction des officiers. La partie théorique a été commencée dans les 36e, 48e et 94e ; elle est peu connue dans les 10e légère, 50e, 53e, 103e et 100e ; elle ne l’est pas du tout dans la 110e. Tous les corps ont besoin de réunir cette partie à la pratique et d’établir leur instruction de nouveau d’après les principes que je leur ai démontrés.
Des Sous-officiers. Mêmes observations. Les Sous-officiers ont partout grand besoin d’être instruits aux maniements d’armes du soldat, et à ceux de leur grade, ainsi qu’aux mécanismes des mouvements de l’école du peloton.
Du soldat. Est commencée et passablement avancée dans les 10e légère, 36e et 48e ; elle n’est guères ou pas du tout connue dans les 50e, 53e, 103e, 110e et 100e. La 94e l’a commencée mais sur de faux principes.
Manœuvres. Ont été commencées jusqu’à l’école du bataillon dans les 36e et 48e ; elles sont peu connues dans les 10e légère, 50e, 53e, 103e et 100e. La 94e les a commencée, mais elles devront être reprises d’après les principes démontrés par l’inspecteur. Elles sont tout à fait inconnues dans la 110e.
Discipline. Est exemplaire dans la 48e, tant dans le service intérieur que dans la conduite envers les habitants, et par la parfaite union qui y règne ; elle est très bonne dans la 10e légère, 53e, 36e, 94e et 100e ; elle est passable dans la 103e ; elle a besoin d’être mieux établie et surveillée dans la 100e et 50e.
Tenue. Des Officiers. Celles des Officiers est très bonne et régulière dans les 10e légère, 50e, 53e, 36e, 48e et 94e ; elle pourrait être plus régulière dans la 103e ; dans la 100e, une partie des Officiers est bien tenue, l’autre ne l’est que médiocrement. Et dans la 110e, la tenue des Officiers est passable, lorsqu’ils sont en service, mais fort mauvaise, quand ils ne sont pas sous les armes.
Des Sous-officiers et soldats. Celles des Sous-officiers et soldats est fort bonne et régulière dans les 10e légère, 48e et 94e ; elle est passable dans les 36e et 100e ; elle pourrait être plus régulière dans la 103e ; elle est tout à fait mauvaise dans la 50e et 110e, où les habits des soldats présentent un abandon total, excusable cependant par leur trop mauvaise qualité, qui dégoute le soldat du soin de les tenir bien tenus.
Habillement.
1° La qualité.
Habits. Les habits sont bons dans les 10e légère et 103e ; ils sont passables pour les deux tiers dans la 94e ; ils sont mauvais dans les 50e, 100e, 48e, 53e, 36e ; ils sont très mauvais et de vrais haillons dans la 100e.
Vestes. Les vestes sont bonnes dans les 10e légère et 50e ; elles sont passables dans la 94e pour les deux tiers ; elles sont mauvaises dans la 53e, 48e, 36e et 103e ; très mauvaises dans la 110e.
Culottes. Les culottes sont bonnes dans les 10e légère et 50e ; mauvaises dans les 53e, 103e, 36e, 48e, 94e et 100e ; très mauvaises dans la 110e.
Chapeaux. Les chapeaux sont bons dans la 10e légère, 53e et 48e ; passables dans la 36e ; médiocres dans les 103e et 94e, mauvais dans la 50e, hideux dans la 110e.
Guêtres. Les guêtres sont bonnes dans les 10e et 100e, passables dans la 94e, mauvaises dans la 50e, 36e, 48e, 100e, moitié passables et moitié haillons dans la 110e.
Souliers. Les souliers sont bons, quant à leur qualité, dans la 10e, 50e, 53e, 103e ; passables dans les 36e, 110e ; mauvais dans la 94e et 100e.
Bonnets de police. Il n’y a que la 50e, 110e et 100e, qui aient le complet en bonnets de police ; mais la 50e et 100e n’ont de passables que pour les deux tiers ; ceux de la 110e sont mauvais tout à fait. La 94e en a de bons pour les deux tiers. Les 53e, 36e et 48e n’en ont que pour une partie de leur troupe, et ce qu’ils ont est mauvais ; les 10e et 103e en maquent totalement.
2° La façon.
Tirés des magasins. Les effets provenant des différents magasins se font remarquer par l’esprit d’économie qui anime les fournisseurs ; les habits sont courts, petits et trop étroits sur la poitrine, les vestes trop courtes, et les culottes également courtes ne montent pas assez haut et laissent une partie du bas-ventre à découvert ; les guêtres sont mal faites, et les chapeaux ridicules par leur petitesse.
Façonnés aux corps. Les effets faits aux corps n’en sont pas mieux faits, et pêchent par un autre côté : les collets des habits sont trop hauts, leurs basques trop longues, et trop échancrées ; il y en a qui dépassent les mollets ; les effets fournis aux soldats par les commandants de compagnies sont irrégulièrement faits, surtout les souliers qui sont trop pointus, façonnés trop légèrement et à la maitre de danse. Les chapeaux, que les hommes s’achètent eux-mêmes, ont les ailes trop longues.
Equipement.
Baudriers et banderoles. La 10e légère est le seul corps où l’équipement est bon, parce qu’il est neuf. Il est généralement mauvais dans les 8 autres corps. Les baudriers et banderoles sont de mauvais cuirs noirs, qu’on entretient de son mieux. Les seules passables sont celles que les corps ont ramassées sur le champ de bataille.
Gibernes, fourreaux de baïonnettes. Les gibernes sont de toutes formes et grandeurs, la plupart trop grandes pour la cavalerie, et trop petite pour l’infanterie. Beaucoup de corps n’ont pas de fourreaux de baïonnettes ni de porte-baïonnettes, et le soldat est obligé de faire un trou dans la banderole pour attacher sa baïonnette.
Havresacs. Les havresacs sont dans tous les 9 corps extrêmement délabrés.
Armement.
Fusils. Les fusils sont en assez bon état dans la 10e légère et 48e. Ils sont passables dans les 50e, 53e, 103e et 110e, mais ils sont de différentes grandeurs et modèles ; dans la 110e, il y en avait qui avaient des clous, au lieu de vis ; ils sont tout à fait mauvais dans les 36e, 94e et 100e, où ils présentent un assemblage de toutes les grandeurs, modèles et calibres.
Sabres. Les sabres sont au complet dans les 10e légère, 50e, 103e, 110e et 48e ; il en manque un tiers dans la 53e ; il en manque deux tiers dans les 36e, 94e et 100e. Ils sont en bon état dans la 10e légère, 110e et 48e, la 50e, 53e, 36e, 103e et 94e ; ils sont très mauvais dans la 100e.
Casernes.
Casernés. Sont casernés : 1 Bataillon de la 10e légère, les 3 Bataillons de la 50e, 1 Bataillon de la 53e, 2 Bataillons de la 103e, 2 Bataillons de la 36e, les 3 Bataillons de la 48e, ceux de la 94e et ceux de la 100e ; en tout 18 Bataillons.
Cantonnés. Sont cantonnés : 2 Bataillons de la 10e légère, 2 Bataillons de la 53e, 1 Bataillon de la 103e, les 3 Bataillons de la 110, et un Bataillon de la 36e ; en tout, 9 Bataillons.
Etat des casernes. Sont passables : les casernes d’un Bataillon de la 50e à Mayence, celles de la 36e à Maestricht, celles de la 48e à Bois-le-Duc et Vicq, celles des 94e et 100e à Namur et Liège ; en tout 10 Bataillons.
Sont mauvaises : les casernes de 2 Bataillon de la 50e à Mayence, d’un Bataillon de la 53e à Coblence, de deux Bataillons de la 103e à Cologne, d’un Bataillon de la 48e à Tongres, et d’un Bataillon de la 94e à Liège, et 1 Bataillon de la 10e à Mayence ; en tout, 8 Bataillons.
Cantonnements. Sont bien dans leurs cantonnements une partie de la 10e légère et la 110e. Sont mal tenus dans leurs cantonnements une partie de la 10e légère et 2 Bataillons de la 53e.
Chambrées.
Trop grandes. Une partie des casernes a des chambrées trop grandes, comme celles de la 10e légère et d’un bataillon de la 50e à Mayence, celles de la 53e à Coblence, de la 103e à Cologne, et celles d’un Bataillon à Liège.
Trop petites. D’autres au contraire renferment des chambres extrêmement petites, comme sont celles d’une caserne à Coblence, d’une caserne à Cologne, de la caserne de la 48e à Tongres, et d’un Bataillon de la 94e à Liège.
Fournitures. Les fournitures sont fort mauvaises dans les casernes des 50e, 103e et 100e.
Magasins. Sont partout placés dans des locaux commodes et tenus en règle.
Hôpitaux. Il n’existe dans l’arrondissement que ceux de Mayence, de Trèves, d’Aix-la-Chapelle et de Liège. Dans quelques corps, les malades sont obligés de faire plus de 20 lieues et par des chemins détestables pour aller à l’hôpital le plus voisin. Cela fait périr sans secours ceux qui sont vraiment malades, et facilite singulièrement les menées de ceux qui ont l’habitude de rouler les hôpitaux.
L’hôpital de Mayence est assez bien servi, mais il est établi dans une maison particulière trop petite, insalubre et mal distribuée. Celui de Liège est bien administré.
Prisons. Sont assez bien tenues à Mayence, Coblence, Cologne et Maestricht ; elles sont fort mauvaises à Liège et Namur. Dans les cantonnements, on se sert des prisons des communes.
Salles de discipline. Celles des 50e et 53e à Mayence et Coblence sont malsaines et humides ; elles sont dans un bon état dans les autres corps.
Vivres. Le pain est bon dans les 10e légère, 53e, 48e, 94e, 100e. Il a été mauvais, mais il est devenu meilleur dans la 103e, 110e ; il n’est pas assez cuit dans la 36e ; il est fait de très mauvaises farines dans la 50e à Mayence" (Schauenburg (Général baron Alexis-Balthazar-Henri-Antoine de) : « Revues d'inspection des corps d'infanterie stationnés dans le 10e arrondissement, passées dans le courant du deuxième trimestre de l'an dix » ; Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg: MS.0.493 ; document numérisé par la BNU à la demande conjointe de F. Berjaud, L. Claudel et D. Davin).
Le "Relevé des Ordres laissés aux Corps" indique : "La comptabilité. Les registres de caisse, et les journaux généraux des Quartier-maitres ont été trouvés dans tous les corps tenus avec ordre et conformes au mode de comptabilité établi par le règlement du 8 Floréal 8. Néanmoins, ils n’ont pu être arrêtés définitivement par l’inspecteur général, que jusqu’à une époque bien antérieure à celle de la revue, à cause de l’arriéré, que tous les corps ont à réclamer, et qui est détaillé dans la situation des finances.
Ce même arriéré a encore occasionné que, quoique les dispositions de l’arrêté du 8 Floréal 8 soient claires, précises et bien connues de tous les Quartier-maitres, chacun d’eux a opéré d’une manière différente dans la tenue de sa comptabilité. Celui, par exemple, de la 48e pour ne pas intervertir les trimestres, a cessé d’inscrire sur les registres de caisse, et sur son journal toute dépense ou recette, du moment où l’arriéré a commencé. Celui de la 94e au contraire, pour être toujours au courant des finances de sa demi-brigade, a inscrit les recettes et dépense à fur et mesure qu’elles ont été faites, et a confondu les trimestres et même les années ; d’autres enfin, comme celui de la 100e, ont opéré comme si le paiement des sommes dues au corps était effectué.
On a enjoint au conseil d’administration de la 50e de faire transcrire sur son registre toutes les délibérations qu’ils prend selon l’ordre des dates, et de ne plus les confondre à l’avenir. Voyez page 54.
On a rappelé aux conseils d’administration des 10e, 53e, 103e, 110e et 36e, l’obligation de faire transcrire sur leurs registres, les arrêtés faits à la fin de chaque trimestre de toute espèce de comptabilité en effets et deniers.
On a enjoint aux officiers chargés de l’habillement dans tous les 9 corps, de se conformer à l’avenir plus strictement aux dispositions du règlement, pour ce qui concerne la comptabilité des réparations d’armes. Voyez page 93.
On a ordonné aux conseils des 103e, 110e, 36e, 48e et 100e de surveiller plus exactement l’exécution des dispositions du règlement, relatives à l’administration des compagnies, telles que la tenue du registre de détail des compagnies, celles des livrets particuliers des hommes, la vérification et le décompte de la masse de linge et chaussure. V. p. 80, 93.
On a défendu aux chefs des 10e et 100e de souffrir aucune retenue, à faire aux soldats, autres que celles prescrites par la loi. Voyez page 41.
L’instruction. L’inspecteur général a donné à tous les Corps, et fait inscrire sur leurs livrets, à chacun selon ses besoins particuliers, ses ordres pour établir d’une manière solide leur instruction, pour réunir la théorie à la pratique, et pour parvenir ainsi à des résultats prompts, réguliers et certains. Ces ordres sont inscrits le plus en détail sur les livrets de revue des 36e page 107, 48e page 121, 94e page 135, 100e page 149.
Il a été enjoint aux chefs de tous les corps de mettre en pratique l’instruction, qu’il leur a laissée, sur le service des places. Voyez page 39.
Il a été ordonné aux officiers chargés des différentes parties d’administration (le Quartier-maitre excepté), de faire le service intérieur de leurs compagnies, et de prendre les armes avec elles, toutes les fois qu’elle ne seront pas détachées de l’état-major. Voyez page 108.
Il a défendu tout batterie de tambours, autres que celles prescrites par le règlement ; les tambours seront particulièrement instruits à la cadence de 90 pas à la minute. Voyez page 39.
Il a établi dans tous les corps une école d’écriture. Voyez page 39.
La tenue. L’inspecteur général a ordonné aux officiers de la 10e légère, de se munir de hausse-cols, et de baudriers. Voyez page 39.
Il a ordonné aux officiers des 10e légère, 50e, 53e, 103e, 110e, 36e, 94e et 100e de porter des épaulettes sur lesquelles sont distingués les différents grades. Il a ordonné aux officiers des mêmes corps, de se munir de surtouts uniformes.
Il a ordonné aux officiers des 110e, 84e et 100e d’avoir des chapeaux, qui soient plus réguliers, pas si grands, et retroussés conformément au règlement.
Il a ordonné à ceux des 53e, 103e, 36e et 100e d’observer ce qu’il leur a montré pour le placement des chapeaux, étant de service.
Les officiers des 50e et 110e seront tenus à se costumer plus régulièrement hors du service.
De même, les Caporaux et soldats des 50e et 110e devront être tenus plus régulièrement.
Il est ordonné aux Caporaux fourriers de porter les galons de laine des Caporaux, dans les 10e, 53e, 110e, 36e et 48e. Voyez page 39.
Les galons des Sous-officiers et Caporaux devront être plus conformes au règlement ; 50e, 53e, 110e, 48e. Voyez page 54.
Les Chefs des 110e et 36e observeront, que les cheveux des soldats soient arrangés conformément au règlement. Voyez p. 94.
Le Chef de la 94e ne souffrira plus sous les armes des chapeaux qui excédent la grandeur désignée par la loi. Voyez page 136.
Il est enjoint aux Chefs des 94e et 100e d’observer que les soldats changent de pied leurs souliers. Voyez page 36.
Les Chefs des 50e, 110e et 100e auront soin, que les musiciens soient costumés plus conformément au règlement. Au lieu de bottes, ils devront avoir des guêtres, sous les armes ; les brides en or, pour tenir leurs épaulettes, devront leur être ôtées. Voyez pages 54, 95 et 150.
L’habillement. L’inspecteur général a rappelé au conseil d’administration de la 100e l’obligation que lui impose le règlement, de constater de la manière la plus exacte, par un procès-verbal, transcrit sur son registre de délibérations, la qualité des recettes qu’il fait, en effets de tous genres.
La façon des nouveaux effets, faits par les corps, ayant été trouvée totalement manquée, l’inspecteur général prescrit à tous les corps les dimensions qu’elles auront à suivre dans la confection de leurs habits, vestes, culottes et souliers, et dans l’achat des chapeaux. Voyez les détails pages 39, 40, 54, 55.
L’inspecteur général a enjoint aux Chefs de corps, qui n’ont pas de bonnets de police, de tâcher de s’en procurer, soit en employant les vieux habits en magasin, soit en en trouvant sur la coupe des effets neufs.
Afin d’éviter le désordre, qui a subsisté jusqu’ici dans tous les corps, des effets mauvais et irréguliers, fournis aux soldats par les commandants des compagnies, l’inspecteur général a établi partout un petit magasin d’effets d’équipement, au moyen duquel il a défendu aux commandants des compagnies de procurer désormais, aucun effet d’habillement quelconque aux soldats, à moins qu’ils ne le tirent du petit magasin. Voyez l’organisation de ce magasin pages 40 et 151.
L’équipement. L’inspecteur général a donné à tous les corps les ordres pour que les gibernes et havresacs soient placés d’une manière plus régulière et convenable. V. page 40.
Il a montré à la 50e comment devront être placés les sabres et les fourreaux de baïonnettes. Voyez page 55.
Il a ordonné aux Chefs des 94e et 100e de réunir les bretelles éparses dans les compagnies, et d’en donner les blanches aux Grenadiers. V. page 136.
L’armement. Il a été ordonné aux Chefs de tous les corps, de répartir leurs fusils en raison des tailles. Voyez page 40.
Il leur a été défendu de souffrir aux armes aucunes marques particulières telles que coupures aux crosses, clous, etc., ni des bretelles particulières. Voyez page 63.
Il a été ordonné aux Chefs de tous les corps de remettre à l’arsenal le plus voisin, tous les fusils qu’ils ont en magasins, et qui excédent le nombre de 50, qu’ils garderont pour les remplacements ; ils garderont aussi les sabres. Voyez page 40.
Il a été enjoint au Chef de la 110e de faire mieux soigner dorénavant son armement. Voyez page 95.
Hommes congédiés. L’inspecteur général a prescrit, pour ce qui concerne le vêtement des hommes congédiés, les mesures suivantes.
Les hommes partant avec récompense resteront vêtus tels qu’ils sont. Ceux réforment purement et simplement échangeront leurs habits neufs contre de vieux, mais qui soient cependant réparés. Quant à ceux qui partent par congés absolus, on se conformera, à leur égard, à la lettre du ministre du 21 Pluviôse dernier. Voyez p. 41, 56, 95, 151.
Le tiercement. Il a été prescrit à tous les corps de procéder à la nouvelle organisation de paix, et au tiercement, tel qu’il a été ordonné par le ministre. Voyez page 41.
Il a été de même prescrit aux Chefs des corps, d’égaliser les compagnies, et de répartir entre elles les Officiers, Sous-officiers et Caporaux, en raison du bien du service. Voyez page 54.
Eloges et Récompenses. (…) L’inspecteur général a été très satisfait de l’excellent état dans lequel il a trouvé la 48e Demi-brigade. C’est le corps le plus solidement conduit, parmi tous ceux qui se trouvent dans son arrondissement. Voyez page 122 ...
Punitions. (…) Vu l’inconduite du Sous-lieutenant Lefebvre, de la 48e, l’inspecteur général l’a fait passer à une autre Compagnie, où il sera mieux surveillé par son Capitaine. Voyez page 122.
Les Capitaines Drut, et Richelieu, ainsi que le susdit Sous-lieutenant Lefebvre, seront tenus de fréquenter journellement le peloton d’instruction, vu que l’inspecteur n’a pas été satisfait du tout de leur instruction. Le Capitaine Richelieu sera en outre surveillé particulièrement. V. au même endroit" (Schauenburg (Général baron Alexis-Balthazar-Henri-Antoine de) : « Revues d'inspection des corps d'infanterie stationnés dans le 10e arrondissement, passées dans le courant du deuxième trimestre de l'an dix » ; Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg: MS.0.493 ; document numérisé par la BNU à la demande conjointe de F. Berjaud, L. Claudel et D. Davin).
Le "Sommaire des propositions contenues dans les lettre d’envois au Ministre" indique : "… 8. On demande de remplacer dans le Conseil d’administration de la 48e les Capitaines Brouet et Godefroy par les Capitaines Bosa et Castillon. V. page 123" (Schauenburg (Général baron Alexis-Balthazar-Henri-Antoine de) : « Revues d'inspection des corps d'infanterie stationnés dans le 10e arrondissement, passées dans le courant du deuxième trimestre de l'an dix » ; Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg: MS.0.493 ; document numérisé par la BNU à la demande conjointe de F. Berjaud, L. Claudel et D. Davin).
Le Général Schauenburg a également envoyé une "Circulaire aux Chefs des Corps, contenant l’instruction des manœuvres, pour les revues de l’an XI.
En vous adressant citoyen chef, mon instruction concernant les manœuvres et le service des places, j’ai trouvé nécessaire d’y ajouter le mode d’exécution ci-après, attendu que vous êtes maintenant à même d’entrer dans tous les détails nécessaires sur cet objet.
Le 4e chef ou celui des autres chefs de bataillon que vous aurez choisi à son défaut de capacité, devra lui-même instruire les officiers avec lesquels il établira les différentes gradation de l’école du soldat faisant une attention particulière de ne jamais passer à une autre instruction sans avoir parfaitement assuré la précédente, de bien établir leur aplomb dans le rang, et de suivre ponctuellement le règlement de 91 pour tout ce qui concerne cette partie de l’instruction particulière, attendu qu’elle ne laisse presque rien à désirer pour sa perfection.
Afin de la conduire avec ensemble, le même chef qui aura tenu l’instruction des officiers s’occupera de celle des sous-officier, l’instruction des officiers devant être tenues le matin, et dans un endroit écarté. Celle des sous-officier l’après-midi en présence de tous les officiers.
Les officiers devront être munis de gibernes et de fusils de soldat pour tout ce qui concerne l’instruction des maniements d’armes, et le chef de brigade ne saurait mettre assez d’attention à lier la pratique avec la théorie, afin de ne plus retomber dans l’ancienne erreur relative à leurs instructions, qui autrefois croyaient que lorsqu’ils savaient occuper leurs places dans quelques manœuvres et surtout prononcer les commandements, dispensé de ne plus rien apprendre, et certes leur loyer est bien loin d’être rempli à cet égard, il est essentiel qu’ils connaissent tous les moyens d’exécution, les fautes qu’ils peuvent commettre, et les conséquences que les fautes peuvent avoir, cela redoublera leur zèle à s’occuper de l’instruction et a ne plus la regarder comme une chose presque indifférente.
Aussitôt que l’instruction précédente aura été transmise aux officiers et sous-officiers d’une manière à être assuré de son ensemble, le chef de brigade la divisera par bataillon sous la direction de leurs chefs lesquels pourront être remplacés par des officiers immédiatement après leurs grades, soit pour motif d’infirmité ou de moyens nécessaires en observant tous les égards dus aux grades et à l’ancienneté du service ; cette mesure sera aussi observée pour l’instruction des compagnies qui ne devra être confiée qu’aux officiers assez instruits pour la transmettre. Après avoir fait répéter par section d’abord aux compagnies de chaque bataillon ce qui vient d’être demandé ci-dessus, l’on passera à l’école du peloton, laquelle se tiendra le matin pour les officiers, et l’après-midi pour les sous-officiers. Ce genre d’instruction tenu pendant une heure chaque fois ne devra pas empêcher celles des compagnies.
L’officier chargé de l’instruction ne devra pas omettre cette poursuite dans la 6e leçon concernant le maniement d’armes des sous-officiers et caporaux, les officiers devront aussi être instruits à exécuter ce qui est prescrit dans la même leçon relativement au maniement de l’épée.
Le chef de brigade se munira de suite d’un fanion par bataillon pour remplacer le drapeau dans les exercices journaliers, la perche de ce fanion devrait être d’un bois léger, avoir neuf pieds de hauteurs y compris la lance et le sabot, l’étoffe de ce fanion sera suffisamment grande ayant deux pieds de chaque côté. Les sous-officiers porteurs de ce fanion devront être choisis par le chef de brigade, et le porter sous les armes ainsi qu’il est dit dans l’instruction de l’inspecteur général. Cette manière renfermant les moyens les plus corrects pour tous les genres d’alignements, le général inspecteur prévient le chef qu’il ne souffrira d’autre fanion que celui qui représente le drapeau.
Aussitôt que l’école du peloton sera bien entendue par les officiers et sous-officiers, l’on en formera une division, de laquelle tous les officiers en composeront le cadre alternativement.
Cette marche sera suivie pour l’instruction des compagnies qui devront aussi être réunies par division en plaçant les pelotons dans l’ordre de bataille.
L’on placera en faisceaux les armes pour toutes les instructions auxquelles elles ne sont pas nécessaires, afin d’éviter la fatigue du port d’arme et d’empêcher de faire contracter de fausses positions pendant les explications dans les différentes instructions.
L’on exécutera dans tous les jours sans fusils, les évolutions de détail avec la division, en observant de les classer d’une manière successive, l’on commandera pour les conversions de pied ferme, pour les déboîtements et remboitements en bataille, ensuite celle en marchant pour les changements de direction en colonnes, les officiers et sous-officiers formant les cadres devront en même temps être instruits à au ton de commandement régulier et bien partagé entre l’avertissement et l’exécution, aussitôt que l’instruction de la division sera établie, on la terminera chaque fois par la réunion du bataillon, en observant pour sa formation ce qui a été prescrit dans l’instruction du général inspecteur afin d’habituer chacun à sa place de bataille et à se former rapidement et avec ordre. Les officiers et sous-officiers devront être prévenus qu’ils seront particulièrement observés par l’inspecteur général sur toute leurs différentes obligations, que cet examen se fera avec le calme de l’expérience, sans jamais s’écarter de la considération due au grade et au service rendu.
Lorsque l’on passera à l’école du bataillon, l’on éprouvera l’avantage d’avoir pratiqué presque tous les genres d’évolutions avec la division, l’on s’occupera de suite de pratiquer les mouvements successifs ainsi qu’ils sont indiqués dans l’instruction du général inspecteur.
Le chef de brigade devra lui-même tenir trois fois par semaine au moins l’instruction suivante, faisant former trois pelotons de 8 files chacun, composés d’officiers et complétés par des sous-officiers, ces trois pelotons représenteront ceux du drapeau de chaque bataillon, ils seront encadrés d’après la formation indiquée dans l’ordonnance, mais dirigés pour les mouvements suivants par leurs chefs de bataillon respectifs et d’abord placés à six pas les uns des autres.
La première instruction devrait être la marche en bataille, le chef désignera le bataillon d’alignement alternativement, en observant à cet égard les principes indiqués dans l’instruction de l’inspecteur. Voir page 70 et suivante.
Lorsque l’on aura exécuté l’ensemble de la marche, l’exactitude nécessaire sur le prolongement donné, et enfin déterminée la longueur du pas, l’on éloignera insensiblement les pelotons jusqu’à leurs distances respectives. Les chefs de bataillon observant d’augmenter leur ton de commandement en raison du front qu’ils tiendront, le chef de brigade prononçant les siens en forme d’avertissement, afin qu’ils puissent être transmis à la fois aux différents chefs qui de leur côté devront les enlever avec une égale précision. La pratique de ces exercices leur fera trouver les moyens nécessaires à son exécution. Aussitôt que cette instruction aura été entendue l’on la répètera par bataillon en faisant aussi exécuter les maniements d’armes, les feux, etc. Cette partie amenée à l’ensemble nécessaire, le chef de brigade fera exécuter par bataillon les premières instructions d’ensemble, pour les manœuvres, passant ensuite à l’instruction de la réunion de la demi-brigade.
Le chefs de brigade fera former des classes qui seront confiées à des adjudants ou autres officiers instruits pour exercer les officiers, sous-officiers et soldats retardés par des motifs d’absence ou de négligence. Toutes les fois que l’on prendra les armes, tous les militaires, depuis l’officier jusqu’au soldat, devront avoir les chapeaux placés conformément au règlement de police intérieure, ainsi que tout le reste de leur ajustement. L’inspecteur démontrera pendant les instructions qu’il tiendra lui-même lors de son séjour à chaque corps les avantages d’une tenue régulière.
Les sous-officiers et soldats devront toutes les fois qu’ils prendront les armes, même pour les exercices journaliers, être chaussés de leurs souliers uniformes, l’on observera même, de les faire changer de pied, ces deux objets sont aussi avantageux à l’aplomb de l’homme qu’à la conservation de la chaussure.
Le général inspecteur recommande au chef de brigade d’observer que dans la marche de flanc par pelotons et divisions, les hommes du premier rang couvrant leurs chefs de files tiennent leurs distances prescrites, et que les hommes des second et troisième fassent rang et observent légèrement le …, il en résultera non seulement une grande régularité dans cette marche, mais encore l’avantage de se trouver aligné au commandement de la halte et à celui de front que les seconds et troisièmes rangs trouvent leurs distances. Les commandants de pelotons ou de divisions devront toujours mettre l’intervalle nécessaire à redresser quelque hommes entre halte et front, attendu que si les deux principes sont observés ils n’auront plus rien à redresser après le commandement de front.
Le chef de brigade ne saurait mettre assez d’importance à la ponctuelles exécution des mouvements successifs indiqués dans l’instruction du général inspecteur. Il devra les considérer comme les principes fondamentaux de tous les genres de formation.
Le chef de brigade fera exécuter au moins deux fois la semaine l’instruction de l’inspecteur général pour le service des places, et pour le mieux démontrer, il fera former des postes de différents nombres et grades avec lesquels il parcourra successivement les obligations de chaque grade dans ce genre de services, il exigera qu’il soit fait des extraits en assez grand nombre pour que chaque officier et sous-officier et caporal puisse connaître ce qui le concerne lorsqu’il est de services.
Le chef de brigade préviendra les officiers et sous-officiers que le général inspecteur fera tout ce qui dépendra de lui pour employer utilement le temps qu’il passera avec eux lors de sa revue, ainsi que pour tout ce qui pourra contribuer au bien-être de la demi-brigade" (Schauenburg (Général baron Alexis-Balthazar-Henri-Antoine de) : « Revues d'inspection des corps d'infanterie stationnés dans le 10e arrondissement, passées dans le courant du deuxième trimestre de l'an dix » ; Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg: MS.0.493 ; document numérisé par la BNU à la demande conjointe de F. Berjaud, L. Claudel et D. Davin).
Le 21 septembre 1805 (4e jour complémentaire an 13), l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Maréchal Berthier : "… Il est nécessaire que tous les 3es bataillons du corps d'armée du maréchal Davout soient dirigés sur Mayence et Juliers, et sur d'autres places des 25e et 26e divisions militaires. Vous les ferez réunir par divisions, de telle sorte que tous les 3es bataillons dont les régiments, à l'armée active, composent ensemble un corps d'armée, soient dans la même division de la réserve. Vous en excepterez toutefois les 3es bataillons qui sont eux-mêmes à la réserve de Boulogne, tels que celui du 13e d'infanterie légère, celui du 17e de ligne, ceux des 48e et 108e qui sont nécessaires à Anvers, et celui du 25e de ligne qui est au camp des côtes ..." (Correspondance de Napoléon, t.11, lettres 9248 ; Correspondance générale de Napoléon, t.5, lettre 10851).
"3e CORPS D'ARMÉE.
Journée du 5 vendémiaire (27 septembre 1805).
Quartier général : Mannheim.
... 2e division : Quartier général, Mannheim.
Passe le Rhin et prend position :
33e et 48e, Neckarhausen.
108e et 111e, Seckenheim.
(Le 15e d'infanterie légère n'a pas rejoint ..." (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 2, p. 577).
Composition de la Grande Armée au moment où elle a passé le Rhin pour la campagne d'Autriche.
3e corps d'armée au passage du Rhin dans les premiers jours de vendémiaire an XIV.
2e division.
48e id, 2 Bataillons, 1,522 hommes (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 2, p. 158).
Le 10 octobre 1805 (18 Vendémiaire an 14), Davout écrit, depuis Aichach, au Ministre de la Guerre, Major général : "… Je demande à Votre Excellence de vouloir bien m'adresser ses ordres pour le colonel Cassine du 48e régiment, qui vient d'y être remplacé, afin que cet officier supérieur puisse en se retirant quitter l'armée avec honneur" (Mazade C. (de) : « Correspondance du Maréchal Davout, prince d'Eckmühl : ses commandements, son ministère, 1801-1815 », t. 1, p. 163, lettre 104).
Le même 18 Vendémiaire an 14 (10 octobre 1805), depuis Aichach, le Maréchal Davout écrit au Maréchal Berthier : "… J'invite Votre Excellence à vouloir bien adresser ses ordres au colonel Cassive, du 48e régiment, qui vient d'y être remplacé, pour que cet officier supérieur puisse, en se retirant, quitter l'armée avec honneur" (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 3, 1ère partie, p. 48).
Le 25 Vendémiaire an 14 (17 octobre 1805), le Général Friant écrit, depuis Dachau, au Général Kister : "Mon cher Général,
J'ai reçu vos deux dépêches d'hier 24 (16 octobre). M. le maréchal est dans ce moment-ci à Munich. J'attends son retour pour prendre ses ordres et vous envoyer les munitions et pierres à feu qui vous sont nécessaires; mais, mon cher Général, il n'est pas possible que toutes les cartouches soient entièrement avariées. Le même rapport que le vôtre m'a été fait sur les 48e et 111e régiments d'après l'inspection que j'en ai fait passer. Il n'y a de cartouches avariées par les pluies dans ces deux corps que la moitié au plus. Ordonnez, je vous prie, qu'on passe de suite l'inspection des sacs et des gibernes, et que toutes celles qui se trouveront avariées définitivement, qu'on en fasse des paquets de dix pour pouvoir les échanger au premier ordre. Vous ordonnerez également qu'on fasse des paquets de dix des bonnes qui vous resteront et mandez-moi au juste et par corps la quantité de cartouches à échanger qui vous seront nécessaires, à raison de trois par homme. Le 33e doit avoir ses trois pierres par hommes garnies en plomb ..." (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 3, 2e partie, p. 887).
Le 20 octobre 1805 (28 Vendémiaire an 14), le Maréchal Bernadotte écrit, depuis son quartier général à Munich, au Maréchal Davout : "Je fais partir aujourd'hui pour Freising, mon cher maréchal, mon corps de réserve bavarois ; vous m'obligeriez beaucoup de vouloir bien faire serrer sur moi une partie de votre corps d'armée, de manière que, ce soir, vous puissiez être à portée de m'appuyer dans le cas, peu probable, où je serais attaqué par l'ennemi.
Vous seriez bien bon, et je vous serais bien reconnaissant, mon cher maréchal, si vous vouliez me faire connaitre les villages que vous occuperez" ; Davout note en marge de cette lettre : "Lui donner connaissance que sur sa lettre je fais porter aujourd'hui le 111e, le 48e et le général Friant sur la route de Munich à Freysing, sa gauche à Garching, avec l'ordre de se porter sur Freysing dans le cas où l'ennemi y attaquerait les Bavarois, avec qui le général Friant se tiendra en communication" et "Du reste, le mouvement que toute l'armée fait demain entre dans ses vues. Le prier de faire évacuer ce soir, s'il le peut, les villages depuis Garching jusqu'aux portes de Munich ainsi que Mosuch" (Blocqueville A. (de) : « Le Maréchal Davout, prince d'Eckmühl, raconté par les siens et par lui-même », 1879-1880, t. 2, p. 363).
Le même 28 Vendémiaire an 14 (20 octobre 1805), le Maréchal Davout écrit, depuis Dachau, au Maréchal Bernadotte : "Je vous préviens que, d'après votre lettre, je donne l'ordre aux 111e et 48e régiments de se porter sur la route de Munich à Freising, la gauche à Garching, avec ordre de se porter sur Freising dans le cas où l'ennemi y attaquerait les Bavarois; le général de division Friant, qui se rend de sa personne à Moosach, doit avoir des communications fréquentes avec Freising.
Le mouvement que mon corps d'armée fera demain et duquel je joins ici un extrait, vous fera connaitre que j'ai été au-devant de vos désirs.
Je vous prie de donner les ordres nécessaires, afin que les villages situés sur la rive gauche de l'Isar soient évacués dès ce soir.
Croyez, mon cher Maréchal, que vous me trouverez toujours disposé à vous seconder de tous mes moyens" (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 3, 2e partie, p. 995).
"Journal de marche de la division Friant.
Le 28 vendémiaire an XIV (20 octobre 1805).
(Erreur de date probablement. Ce mouvement a du se faire le 19.)
... La 2e division quitta ses cantonnements à 2 heures après-midi, et vint établir sa droite à Moosach, sa gauche à Garching sur la route de Munich à Freising, l'Isar sur son front; elle occupa les villages de Fröttmaning, Freymann, Hochmuting et envoya le 48e régiment à Munich ..." (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 3, 2e partie, p. 997).
La "Situation des troupes composant le 3e corps de la Grande Armée à l'époque du 1er brumaire an XIV (23 octobre 1805)" indique que le 48e Régiment d’Infanterie e Ligne, Colonel Barbanègre, est à la 2e Division Friant; il compte 62 Officiers et 1460 hommes présents sous les armes. Absents avec solde : 23 hommes détachés. Absents sans solde : 169 hommes aux hôpitaux. Total 1714 hommes et 9 chevaux (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 3, 2e partie, p. 1091).
Grande Armée à l'époque du 6 brumaire an XIV (28 octobre 1805). Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 4, p. 711 |
Le 8 Brumaire an 14 (30 octobre 1805), le Maréchal Davout écrit, depuis le Quartier général d'Altheim, au Général Friant : "Je désire, mon cher général, que vous vous portiez en avant avec votre division le plus loin qu'il vous sera possible, sur la route de Ried. Dans tous les cas, prenez position au moins à une lieue en avant d'Altheim et partez demain, à 5 heures du matin, pour vous rendre à Ried. Je vous recommande de ne pas trainer de bagages après vous, les intentions de Sa Majesté étant positives à cet égard.
Quant aux subsistances, donnez au soldat de la viande et enfin ce que vous pourrez vous procurer, ne pouvant rien vous promettre.
Envoyez-moi ce soir un de vos officiers à Ried, pour me faire connaitre votre position.
Amitié. Le Maréchal, Davout" (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 4, p. 317 - Note : Sur l'original au crayon derrière et formé de la main du Général Friant : Les 15e et 48e à Imolkam; le 33e à Polling et 1 bataillon du 111e ; le 111e à Graham).
"Journal de la division Friant.
De Burghausen à Polling, le 8 brumaire an 14.
… Nous traversons deux autres ruisseaux sur des ponts en bois et ensuite l'Ach, petite rivière sur la droite de laquelle est Altheim. Ce bourg est assez considérable; il y a église, cimetière muré, belles auberges, relais de poste; plusieurs routes y aboutissent, et M. le Maréchal y fixa son quartier général ..... Nous le traversons et suivons la route de Lambach, par Ried, Haag, etc., et remontons jusqu'à Polling la rive droite du Pollinger·. Le général Friant eut son quartier général à Polling, gros village baigné par la susdite petite rivière, qui y fait tourner· plusieurs moulins. Les 15e et 33e bivouaquèrent dans les bois à droite de la route en avant de Polling, le 111e et le 48e dans les bois sur les hauteurs dont le pied est baigné par la susdite petite rivière. La cavalerie légère, l'artillerie cantonnèrent à Graham et Kirchain" (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 4, p. 318).
"3e CORPS D'ARMÉE.
Journée du 9 brumaire an XIV.
… 2e division : Gaspoltshofen.
Prend à peu près la position qu'occupait l'avant-garde à la hauteur de Gaspoltshofen. La droite et la gauche appuyées aux hauteurs couronnées de bois et à cheval sur la route. Le 15e occupe Jeding, le 33e dans le bois à droite de la route. Le 111e à gauche en sortant de Jeding; le 48e sur la hauteur à droite à 800 mètres du chemin et à cheval sur celui qui conduit à Schwanenstadt ..." (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 4, p. 349).
"Journal de la division Friant.
De Polling à Gaspoltshofen, le 9 brumaire an 14.
Nous partîmes avec ordre d'aller prendre position sur la rive gauche de la Traun, en arrière de Haag. Nous arrivâmes à nos bivouacs à 5 heures du soir, et les quittâmes deux heures après par un temps affreux, ayant la neige et la pluie moitié gelée dans la figure. Nous marchons sur Ieding où le 17e de ligne, le 1er de chasseurs à cheval et la 7e compagnie du 2e bataillon de sapeurs eurent ce même jour une brillante affaire contre les Autrichiens qui furent forcés, perdirent beaucoup de monde et 500 prisonniers; le reste se sauva par la fuite, et laissa le champ de bataille couvert de fusils, sabres, gibernes. Le brave capitaine de sapeurs Boissy y fut blessé assez grièvement à la jambe; plusieurs maisons furent brûlées, les autres pillées et dévastées; les blessés y étaient encore à notre arrivée, le 15e d'infanterie légère s'y logea, le 33e bivouaqua dans les bois à droite de la route, le 48e à Altenhof, à cheval de la route de Schwanenstadt, le 111e sur les hauteurs boisées, en sortant d'Imling et à gauche, le général de division eut son quartier général à Gastpoltshofen, gros village à mi-côte des hauteurs médiocres en arrière d'Ieding, à 1/4 de lieue du chemin à gauche; le pied de ces hauteurs est baigné par un ruisseau que l'on passe sur un pont en bois avant d'entrer à Ieding et que nous eûmes sur notre droite depuis Groming …" (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 4, p. 350).
Le 14 Brumaire an 14 (5 novembre 1805), le Général Friant écrit au Capitaine adjoint Bonnaire, attaché a l'Etat-major de la 2e Division : "Il est ordonné au capitaine Bonnaire de partir de suite pour Sierning pour le pain et pour les souliers. Dans le cas où il ne trouverait pas de voitures pour amener le pain à Sierninghofen, il le fera prendre par le 48e, avant 5e heures du matin; quant aux souliers, il les fera apporter n'importe comment et les fera déposer chez le commissaire des guerres attaché à la division" (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 4, p. 524).
"Journal de la division Friant
De Neuhaus à Stenhoff, le 18 brumaire an XIV.
Le corps d'armée continue sa marche pénible à travers les hautes montagnes de la Styrie ... ; il joint à Maria-Zell la grande route de Leoben à Vienne par Türnitz, Saint-Polten, et la 1re division établit ses bivouacs dans le vallon étroit de la Traisen, en arrière et près la petite ville de Türnitz, où le Maréchal et le général Caffarelli avaient leur quartier général, et qui était couverte par l'avant-garde; la partie du vallon où était la 1re division était oblongue et avait un petit diamètre de 200 mètres environ. La 2e division, réduite à trois régiments d'infanterie (le 111e était à la garde du parc depuis Steyer et le 108e était à l’avant-garde), bivouaqua en colonne dans le même vallon, en arrière de la 1re; le Général, son état-major et un bataillon du 48e régiment logèrent au village de Gstettenhof, où se trouve une verrerie considérable, que nos sauvegardes ne purent garantir d'abord du pillage et qui fut réduite en cendres, deux jours après notre départ, par le détachement même du 21e régiment de ligne, que nous avions laissé pour protéger cette propriété, dont le directeur avait fait les plus grands sacrifices pour nous, et avec la meilleure volonté …" (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 4, p. 653).
"3e CORPS D'ARMÉE.
Journée du 19 brumaire an XIV.
… 2e division : Traisen.
Le 15e à droite de la route de Vienne par Altenmarckt, à 600 mètres de cette route, à 1 lieue et demie de Lilienfeld.
Le 33e entre la route et la rivière.
Le 48e sur la route de Saint-Pölten près Wilhelmsburg.
Le 111e était encore à la garde du parc ..." (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 4, p. 674).
"Journal de la division Friant.
De Stenhoff à Traisen, le 19 Brumaire an 14.
La 2e division part avec ordre de prendre position en avant de la petite ville de Traisen, à cheval sur la route de Saint-Pölten, en prolongeant toutefois sa droite vers Rainfeld et se couvrant ainsi d'un gros ruisseau ou petite rivière qui se jette dans la Traisen près le petit village de Saint-Jean et en face de celui de Traisen où notre quartier général s'établit, et qui se trouve à trois quarts de lieue en avant de la petite ville du même nom. Un bataillon du 48e régiment reste au quartier général et l'autre se porte à la hauteur de Wilhelmsburg sur la route de Saint-Pölten; le 33e régiment occupa Saint-Jean et Wiesenfeld, séparés par un gros ruisseau sur lequel est un pont en bois; et le 15e d'infanterie légère occupa Rainfeld près l'embouchure dans le Golsen d'un gros ruisseau qui couvrait son flanc droit; ladite petite rivière de Golsen, qui était sur notre front, avait un pont en bois assez grand, sur le centre à peu près de la ligne des 33e et 15e régiments.
La neige, la pluie et la gelée rendirent cette journée bien fatigante; la 1re division, dont le quartier général est à Lilienfeld, avec celui de M. le Maréchal et de la 3e division, alla s'établir à Zell, sa gauche à notre droite et ayant sur son front le même gros ruisseau qui couvre le flanc droit du 15e d'infanterie légère; la 3e division bivouaque près de Faschinsgraben …
On distribue aux troupes beaucoup de vin" (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 4, p. 676).
Vers 10 heures, le gros de la Division Friant débouche par le chemin de Rebeschowitz. La Brigade Lochet (48e et 111e, environ 1,200 hommes) vient en tête ; le 48e, sans plus attendre, prend le pas de charge, enlève la colline au Sud-Ouest de Sokolnitz, s'empare des six pièces de canon qui sont en batterie, prend deux drapeaux, et pénètre dans le village ; il commence alors un combat acharné pour chasser les Russes de maison en maison.
L'ennemi, ébranlé d’abord par ce choc inattendu, se ressaisit et fait quelques dispositions pour reconquérir l'extrémité du village. Il entoure le 48e de nombreux essaims de tirailleurs, et dirige sur la gauche de ce Régiment (sans doute par le passage qui se trouve dans l'angle rentrant du village) une assez forte colonne.
Le Général Friant ordonne alors au 111e, qu'il a conservé en bataille à quelque distance, de dégager le Général Lochet. Ce Régiment charge les masses ennemies et les Tirailleurs répandus dans la plaine, et les rejette dans le village, en leur prenant deux pièces de canon. Mais bientôt les Russes reprennent l'offensive et chassent le 111e des dernières maisons. Le 48e reste isolé pendant trois quarts d'heures dans l'extrémité sud de Sokolnitz, où le Général Lochet se maintient par des prodiges de valeur. "Aucun officier n’est beau comme lui dans un combat", dit le Général Friant (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Teissèdre, 2002, t. 5, p. 167).
Le moment paraît venu au Maréchal Davout d'engager la Brigade Kister : le 15e Léger est engagé sur le ponceau à l'angle Nord-Ouest de Sokolnitz ; il en chasse un Corps russe plus nombreux que lui et pénètre dans le village, pêle-mêle avec l'ennemi. Le 33e débouche par le chemin qui conduit au château et s'engage dans la petite plaine entre le village et le château.
Przibiszewski envoie à deux reprises des troupes fraîches qui forcent les nôtres à se replier ; mais le 15e Léger et le 33e reprennent deux fois l'avantage. Le 111e revient à la charge, mais il est repoussé une seconde fois. Enfin les Russes parviennent à refouler le 15e Léger au-delà du ruisseau ; mis en désordre, ce Régiment se réfugie sur la hauteur au Nord. Le 33e, que ce mouvement a découvert, est attaqué dans son flanc droit et rejeté aussi sur la colline.
Le combat prend alors un caractère un peu différent : tandis que le 48e lutte avec acharnement pour se maintenir à la pointe Sud de Sokolnitz, le 33e, le 15e léger, le 111e et sans doute aussi le 108e et la Brigade Merle, se reforment au Nord du ruisseau. Les Russes, épuisés et mis en désordre par ce combat prolongé, n'attaquent pas avec vigueur. Tout se réduit, pendant une demi-heure au moins, à une fusillade.
D'ailleurs, Langeron a été averti que Napoléon attaque Pratzen, et il va voir lui-même ce qui se passe sur le plateau. La 2e colonne russe reste sans chef, et toutes ses unités se sont engagées.
Bientôt (vers midi et demi) Davout juge ses troupes en état de reprendre l'offensive ; il prend ses dispositions pour utiliser tous ses Bataillons dans un effort commun, et il donne le signal : le 15e Léger, dirigé par le Général Friant, est porté en avant ; puis c'est le tour du 33e, que Friant porte à l'extrême droite (il était à la gauche) pour tomber dans le flanc gauche de l'ennemi. Le reste de la Division, ainsi que les troupes du Général Merle, se lance à l'attaque en même temps ; la droite et la gauche enveloppent le village et le château de Sokolnitz et menacent de couper complètement la cohue de plus en plus informe des Russes.
Telle est la situation dans Sokolnitz quand Langeron y reparaît, consterné du spectacle auquel il vient d'assister sur les hauteurs de Pratzen (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Teissèdre, 2002, t. 5, p. 168).
Le même 2 décembre 1805 (11 Frimaire an 14), Davout écrit, depuis Menitz, au Ministre de la Guerre, Major général : Monsieur le Maréchal, j'ai l'honneur de rendre compte à Votre Excellence que ce matin, à cinq heures, la division Friant s'est mise en marche de ses positions de Raygern, conformément aux ordres que vous m'avez transmis de la part de Sa Majesté ; ayant eu connaissance pendant le mouvement que le 3e régiment de ligne était attaqué à Telnité, j'y ai dirigé cette division. Le village, que le 3e régiment avait été obligé de quitter après la plus belle résistance, a été attaqué et emporté par le général Heudelet, à la tête du 108e régiment et de quelques compagnies du 15e régiment d'infanterie légère ; mais des forces supérieures de l'ennemi l'ont repris de nouveau.
L'ennemi a manœuvré pour m'envelopper en débouchant avec de l'artillerie par Sokolnitz, que j'ai fait attaquer tout de suite par les cinq régiments de la division par échelons. Ce village a été pris et repris plusieurs fois, et l'ennemi a fini par y laisser 12 à 15 pièces de canon ; des la première attaque, trois pièces avaient été prises et emmenées par nous.
J'ai eu à combattre pendant la grande majorité de la journée sur mon front et sur mes flancs des colonnes extrêmement fortes.
Tous les corps ont manœuvré avec sang-froid, sous un feu très-vif, et se sont mêlés plusieurs fois avec l'ennemi ; ils ont beaucoup souffert.
Je dois le plus grand éloge de tous les généraux et colonels ; tous ont eu des chevaux tués ou blessés ; le général Friant en a eu quatre.
Je dois aussi citer avec éloge l'adjudant-commandant Marès, qui a fort bien servi et qui a été blessé.
Mon chef d'état-major, le général Daultanne, officier très distingué, a été très-utile ; il a continuellement rallié les corps et a montré le plus grand calme.
L'adjudant-commandant Hervo l'a parfaitement secondé.
Dans l'après-midi, la division Friant s'est portée sur Melnitz pour tourner quelques bataillons et escadrons qui se battaient contre des troupes du 4e corps d'armée ; ces corps ennemis, n'ayant plus d'issue, ont été en partie jetés dans le lac par les troupes du 4e corps.
Il y a eu dans la journée plusieurs drapeaux pris par le 48e et le 108e régiment.
Le général Bourcier, avec la division de dragons sous ses ordres, a parfaitement couvert ma droite et maintenu l'ennemi par ses manœuvres et plusieurs charges.
Je ferai connaitre à Votre Excellence les officiers et soldats qui se sont plus particulièrement distingués.
Il n'y a eu que 500 à 600 Russes pris ; une perfidie d'un de leurs colonels, qui avait mis bas les armes et qui les a reprises contre le 108e régiment, a excité l'indignation et la fureur des soldats.
La plaine, les villages et les maisons sont jonchés de morts" (Mazade C. (de) : « Correspondance du Maréchal Davout, prince d'Eckmühl : ses commandements, son ministère, 1801-1815 », t. 1, p. 192, lettre 123).
Vers midi, le Général Friant, voyant ses Régiments de gauche rejetés en arrière du ruisseau de Sokolnitz, juge nécessaire de frapper un coup décisif. Il concentre ses efforts sur la pointe du village. Ayant retiré son 33e de son extrême gauche, il l’amène entre le 15e Léger et le 111e de Ligne, puis, ralliant le 15e, il le lance sur le pont et le débouché nord-ouest de Sokolnitz, tandis que le 33e, conversant à gauche, tombe dans le flanc de l’ennemi qui défend ce saillant. A cette vue, les autres Bataillons battent la charge. Le 48e, qui tient toujours dans l’angle sud de Sokolnitz, regagne du terrain, soutenu à gauche par le 111e, le 3e et le 108e. Il semble que les Tirailleurs du Pô ont attaqués à ce moment le château de Sokolnitz. Enfin, le 26e Léger se porte en avant le long du Goldbach ( ?) : "La victoire, dit le Colonel Pouget, se déclara pour les Français au centre des deux armées. Ceux des Russes qui étaient opposés au 26e en eurent avis les premiers, et se retirèrent aussitôt, laissant ce régiment maitre du champ de bataille ainsi que (de) leurs blessés et prisonniers" (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Teissèdre, 2002, t. 5, p. 205-206).
Au moment où Thiébault pénètre dans Sokolnitz, la Brigade de droite de Vandamme (46e et 57e) vient s’engager à ses côtés contre Olsoufiev, mais ne peut l’empêcher de se replier vers Telnitz et Aujezd.
Le 36e, poursuivant les Russes dans le village de Sokolnitz, y rejoint le 48e de la Division Friant. Les Russes qui combattent dans la plaine, viennent d’être culbutés par le 15e Léger, le 33e, le 108e, le 3e et le 111e, contre les murs du parc. Le 36e et le 48e se précipitent dans le parc et le château, en chasse l’ennemi et le poursuit sur la colline au nord-ouest. Le Général Thiébault, qui conduit le 36e, est blessé à l’attaque des hauteurs.
Les Généraux Saint-Hilaire et Legrand, voyant les Russes repoussés au nord-ouest de Sokolnitz, se disposent à leur couper toute retraite de ce côté. Le 10e Léger, le 43e et le 14e sont dirigés sur Kobelnitz ; la Brigade Levasseur les suit depuis quelques temps déjà ; l’Empereur a appelé de ce côté une partie des Grenadiers Oudinot, qui arrivent dans la direction opposée.
Le 36e et le 48e restent seuls sur la hauteur au nord-ouest de Sokolnitz.
Les Russes tentent de s’échapper vers le nord.
Przibiszewski, avec les Généraux Selekhov et Stryck, et 3000 hommes, bat en retraite suivant la crête qui sépare le vallon de Maxdorf et du Goldbach. Il est talonné par le 36e et le 48e (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Teissèdre, 2002, t. 5, p. 207-208).
Après avoir repris Sokolnitz de concert avec le 36e, la Division Friant (moins le 48e) s’arrête quelque temps sur la colline entre Sokolnitz et Telnitz pour s’y reposer (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Teissèdre, 2002, t. 5, p. 216).
Le 3 décembre 1805 (12 Frimaire an 14), le Général de Division Friant écrit au Maréchal Davout : "J'ai l'honneur de vous adresser quelques détails sur la part que les troupes mes ordres ont eue au succès de la glorieuse journée d'hier. C'est sous vos yeux, Monsieur le Maréchal, qu'elles ont combattu ; vous avez été témoin de leur bravoure et de leur intrépidité, vous avez pu juger de ce que la division entière a exécuté d'après vos ordres ; les détails que je vais avoir l'honneur de vous donner pourront, je l'espère, vous mettre à même de connaitre ce que chaque régiment a fait de particulier, quel courage chacun d'eux déploya, et combien ils ont mérité la bienveillance de Sa Majesté et la vôtre.
En conséquence de vos ordres, la division avait été divisée en trois brigades la première, composée du 108e régiment et des voltigeurs du 15e, était aux ordres du général Heudelet ; la seconde, composée du 48e et du 111e, était à ceux du général Lochet ; le général Kister commandait le 15e et le 33e de ligne ; dans cet ordre, elle marchait par échelons se dirigeant sur Telnitz, lorsque, arrivée à la hauteur de Bobeschowitz, il lui fut ordonné de se porter sur Sokolnitz, dans le même ordre de marche qui avait été disposé. La brigade du général Heudelet força alors le pas ; elle joignit Sokolnitz, qu'elle trouva occupé par l'ennemi ; bientôt elle battit la charge, se précipita dans le village en faisant un carnage affreux de tout ce qui se trouva devant elle ; l’ennemi, très en force, soutint la charge. On continua de part et d'autre de combattre avec beaucoup d'acharnement ; mais comme le général Heudelet commençait à s'établir dans les premières maisons, une décharge qu'un régiment de la division du général Legrand fit malheureusement sur ses troupes, qu'il prit pour l'ennemi, le força à se jeter dans le petit bois qui se trouve à la gauche du village, après avoir longtemps soutenu le feu et les efforts d'un corps de 5,000 à 6,000 Russes, et leur avoir pris deux drapeaux, et pris et repris plusieurs pièces de canon ou caissons.
L'ennemi, toutefois, s'était déjà rendu maître des hauteurs en arrière de Sokolnitz, lorsque la brigade du général Lochet arrive au pas de charge ; le 48e marche à lui, l'attaque à la baïonnette, le culbute, et parvient à s'emparer des premières maisons de l'extrême droite du village. Il fait des progrès étonnants en raison de sa force, car il doit attaquer chaque maison particulièrement, et il s'en empare tour à tour ; il prend également deux drapeaux et plusieurs pièces de canon ou caissons ; mais l'ennemi le déborde tout à coup sur la gauche, le cerne même par de nombreux tirailleurs.
Le 111e régiment, qui était resté en bataille à quelque distance en arrière, se porte aussitôt en avant ; il charge avec vigueur un gros ramas de gens s'avançant sans ordre, sans chefs, et jetant des clameurs horribles ; il les repousse, puis il attaque un corps nombreux qui marchait pour couper les communications de la brigade Lochet avec celle du général Kister, qui arrivait et se déployait sur la gauche.
Les 15e et 33e, à peine arrivés et déployés, marchent à l'ennemi ; rien ne résiste à leur vigoureuse attaque ; le 15e le dirige sur le pont, en chasse un corps dix fois plus nombreux que lui, pénètre dans Sokolnitz, pêle-mêle avec les Russes, en immolant à la baïonnette tout ce qui prétend s'opposer à lui.
Cependant l'ennemi recevait à chaque instant de nombreux renforts de sa droite ; il parvient encore à réunir ses troupes éparses et battues, il les ramène au combat du village dans la plaine et sur les hauteurs ; deux fois de suite elles y sont repoussées, deux fois il les ramène à la charge et parvient à nous obliger nous-mêmes à un mouvement rétrograde.
Le 15e avait été obligé de se retirer jusque sur les hauteurs qui étaient précédemment à sa gauche ; le 33e, qui se trouve par ce mouvement découvert et débordé sur son flanc, doit faire également un mouvement rétrograde.
Je crus qu'il fallait alors frapper un coup décisif. Je ralliai le 15e et le fis marcher de nouveau en avant. Je ralliai ensuite le 33e, lui fis faire un changement de front et l'élevai sur le flanc gauche de l'ennemi ; de là il marcha aux Russes avec fureur, la baïonnette croisée, les renversant et en faisant un carnage affreux. De toutes parts on battit la charge. L'ennemi, pour cette fois, est mis en déroute sans retour et sans qu'il lui soit donné un seul moment de reprise. Il se sauve dans le plus grand désordre du côté du lac. Le village, les hauteurs sont emportés. Bientôt nous sommes maitres du champ de bataille. Vingt pièces ou obusiers tombent en notre pouvoir, avec un grand nombre de prisonniers. L'ennemi, en se retirant, abandonne ses bagages, jette son butin et ses armes pour se sauver avec plus de vitesse. La terre demeure jonchée de morts et de blessés, qui sont abandonnés à la merci de nos braves troupes.
Dirai-je ici que si les corps de la droite ont fait plusieurs milliers de prisonniers et pris de l'artillerie, la gloire doit en grande partie en rejaillir sur la division, puisque c'est elle qui a forcé l'ennemi à la retraite après plusieurs heures de combat et trois charges des plus opiniâtres ? Beaucoup de Russes, comme je l'ai déjà dit, avaient abandonné leurs armes.
Quoi qu'il en soit, généraux, officiers et soldats, tous donnèrent dans la bataille des preuves de la plus brillante bravoure chacun à l'envi combattait, pour ainsi dire, corps à corps contre plusieurs ennemis ; tout le monde brûlait de se signaler par quelque fait extraordinaire, et, il faut le dire, dans cette journée à jamais célèbre, il y a eu plus d'une action qui mériterait d'être citée.
Si je devais ici, Monsieur le Maréchal, vous rendre compte de tous les braves qui ont donné de grandes preuves de courage, je devrais vous dénommer tous les hommes de la division qui ont combattu, car tous ont fait des merveilles et méritent d'être cités comme valeureux. Artilleurs, cavaliers, fantassins, tous ont également bien mérité ; à chacun d'eux il est dû des éloges.
Je dois cependant distinguer d'une manière particulière le brave et intrépide général Heudelet, dont vous connaissez l'extrême bravoure et les grands talents militaires ; le général Lochet, qu'on ne saurait trop louer pour son sang-froid et sa belle manière de commander les troupes ; aucun officier n'est beau comme lui dans le combat. Le général Kister, digne ami de grade de ses deux collègues, s'est montré officier général consommé par sa sagesse, son courage et ses connaissances approfondies dans l'art de la guerre.
Le général Lochet a eu son cheval tué sous lui, le général Kister en a eu un également ; tous les trois généraux de brigade ont eu leurs habitsa criblés de balles.
MM. les généraux m'ont rendu le compte le plus avantageux de MM. les colonels et lieutenants-colonels des régiments à leurs ordres.
Ils m'en ont également rendu un très-honorable de MM.les officiers de leur état-major.
Je me plais, d'après eux, à vous citer avec éloge le major Geither, dont qui que ce soit ne surpasse la valeur ce brave officier supérieur, après avoir eu an cheval tué sous lui, a été malheureusement blessé ; le colonel Saint-Raymond, toujours sage dans les conseils et intrépide dans les combats, se faisant toujours remarquer.
Le colonel Barbanègre, qui a voulu dans ce jour de gloire montrer au 48e combien il est digne de l'honneur de le commander.
Que ne doit-on pas dire de l'intrépide Higonnet, qui semble ne rechercher que l'occasion de se signaler et de se couvrir de gloire en se montrant tour à tour chef et soldat, et du colonel Gay, qui, donnant l'exemple du courage le plus bouillant et de l'expérience consommée, a voulu se montrer en tout digne d'être cité au rang des premiers braves ? MM. Chevalier et Lamaire sont bien en tous points les dignes lieutenants du colonel Higonnet. MM. les chefs de bataillon Legrand, Cartier, du 33e ; Lacombe, du 48e ; Dulong, du 15e, déjà mutilé d'un bras et toujours plus brave ; Guigue et Guinand, du 111e, doivent avoir de grands éloges pour les succès auxquels ils ont puissamment coopéré ; MM. Cartier, Lacombe et Guigue out été blessés ...
Ci-joint, Monsieur le Maréchal, l'état de la force de la division au moment du combat et la perte qu'elle a essuyée dans la bataille, un second état des officiers, sous-officiers et soldats qui se sont distingués et qui ne sont pas portés dans le présent rapport, et les rapports de MM. les généraux et colonels sur la journée du 11, comme vous m'avez fait l'honneur de me les demander" (Mazade C. (de) : « Correspondance du Maréchal Davout, prince d'Eckmühl : ses commandements, son ministère, 1801-1815 », t. 1, p. 214, lettre 130).
Dans son rapport, plus complet, daté du 6 décembre 1805 (15 Frimaire an 14), Davout écrit, depuis Lundenbourg, au Ministre de la Guerre, Major général : "Monsieur le Maréchal, j'ai eu l'honneur de rendre compte à Votre Excellence, dès le 11 au soir, de ma marche pour me rendre, avec la division Friant et celle de dragons du général Bourcier, sur les points qui m'avaient été assignés par Sa Majesté. J'ai mis sous vos yeux le précis des événements qui eut eu lieu dans la partie soumise à mon commandement pendant la mémorable journée du 11. J'ai cité particulièrement quelques officiers recommandables par leurs services.
Pour satisfaire aux demandes que m'a faites Votre Excellence par sa lettre d'hier, je vais entrer dans quelques détails sur la part que le corps d'armée à mes ordres a eue à la bataille du 11.
J'avais fait former la division Friant en trois brigades.
La 1re, composée du 108e régiment de ligne et des compagnies de voltigeurs du 15e régiment d'infanterie légère, était aux ordres du général Heudelet.
La 2e, composée du 15e régiment d'infanterie légère et du 33e de ligne, était aux ordres du général Kister.
La 3e, forte des 48e et 111e était commandée par le général Lochet.
La division marcha dans cet ordre. J'avais prescrit au général Friant de faire porter la brigade du général Heudelet sur Turas, d'où elle devait chasser l'ennemi, et de la diriger ensuite sur Sokolnitz ; les deux autres brigades avaient ordre de suivre par échelons pour soutenir le mouvement.
Ayant eu connaissance pendant la marche que le 3e régiment d'infanterie de ligne du 4e corps d'armée était vivement attaqué à Telnitz, j'ordonnai au général Friant d'y porter sur-le-champ sa division.
La brigade du général Heudelet fut chargée de l'attaque du village, que le 3e régiment de ligne, après la plus belle résistance, avait été contraint d'abandonner.
Le général Heudelet fit emporter le village ; mais après les plus grands efforts pour s'y maintenir, des forces infiniment supérieures le contraignirent à l'évacuer.
Le général Bourcier, à qui j'avais fait prendre position pour observer les mouvements de l'ennemi et le contenir sur ma droite, fit exécuter à sa première ligne une charge sur l'ennemi qui se présentait en avant du village et le força à rétrograder.
L'ennemi manœuvrant ensuite pour m'envelopper et débouchant avec de l'artillerie par Sokolnitz, je le fis attaquer à l'instant par les cinq régiments de la division Friant disposés par échelons ; le village fut pris et repris plusieurs fois. Enfin, l'ennemi, malgré la supériorité du nombre et ses efforts sur tous les points de l'attaque, finit par laisser en notre pouvoir environ 20 bouches à feu et 4 drapeaux ; deux de ceux-ci ont été pris par le 48e régiment, et les autres par le 108e. J'ai l'honneur de les adresser à Votre Excellence.
Les cinq régiments de la division Friant, beaucoup affaiblis par les marches forcées et vraiment extraordinaires qu'ils venaient de faire, ne comptaient pas 4,000 baïonnettes au moment où elles se présentèrent à l'ennemi ; cependant ils surent faire tête, et même prendre et retenir l'avantage pendant toute l'action, à des forces infiniment supérieures ; s'ils cédèrent quelque fois au nombre, ce ne fut que pour les réattaquer avec plus de vigueur : toujours ils furent prompts à se rallier sous le feu le plus vif, et ils montrèrent constamment le plus grand calme dans les moments même les plus difficiles, mais ils ont beaucoup souffert.
Dans l'après-midi, la division Friant marcha sur Menitz, pour tourner quelques bataillons et escadrons qui étaient aux prises avec les troupes du 4e corps d'armée, qui les culbutèrent en grande partie dans le lac.
Je dois les plus grands éloges au général de division Friant, qui a eu dans cette journée quatre chevaux tués ou blessés sous lui ;
Aux généraux de brigade Heudelet, Kister et Lochet, qui comme lui ont eu leurs chevaux tués ou blessés et leurs habits criblés de balles, et qui, pendant toute l'action, n'ont cessé de déployer le zèle et les talents qui les caractérisent.
Je me plais à rendre un témoignage éclatant de la conduite du 15e régiment d'infanterie légère et de son chef, M. le major Geillier ; cet officier, blessé dans l'action, fut remplacé dans le commandement par le chef de bataillon Dulong, officier non moins distingué.
Le 33e régiment d'infanterie de ligne et son colonel, M. Saint-Raymond ;
Le 48e régiment et son colonel, M. Barbanègre ;
Le 108e régiment et son colonel, M. Higonnet ;
Le 111e régiment et son colonel, M. Gay, méritent le même témoignage.
Les chefs de bataillon Cartier, du 33e régiment, Lacombe, du 48e, et Guigue, du 111e, ont été blessés ...
J'ai l'honneur d'adresser à Votre Excellence une ampliation de mon rapport du 11, un état présentant les pertes de la division Friant dans cette journée, un état nominatif des officiers, sous-officiers et soldats qui se sont particulièrement distingués dans cette division.
Je m'empresserai de lui transmettre incessamment les faits particuliers que je pourrai recueillir, ainsi que les noms des militaires qui se sont emparés des drapeaux ; d'après les rapports qui ont été faits, il a dû en être pris 6 ; mais deux soldats n'y attachant aucun prix parce qu'il n'existait que les bâtons, ont dû en briser deux et les jeter" (Mazade C. (de) : « Correspondance du Maréchal Davout, prince d'Eckmühl : ses commandements, son ministère, 1801-1815 », t. 1, p. 199, lettre 126).
Un second rapport, plus complet, est adressé à l’Empereur, depuis Presbourg, le 26 décembre 1805 (5 Nivôse an 14), par Davout qui écrit : "Sire, Votre Majesté m'a ordonné, par sa lettre du 22 de ce mois, de lui adresser un rapport plus circonstancié de tout ce qu'ont fait les troupes que je commandais le jour de la bataille d'Austerlitz.
J'ai l'honneur de rendre compte à Votre Majesté que le 11, entre cinq heures et demie et six heures du matin, je fis partir la division Priant de l'abbaye de Raygern ; cette division était formée en 3 brigades marchant par échelons.
La 1re était composée du 1er régiment de dragons détaché momentanément depuis quelques jours de la division Klein, des 2 compagnies de voltigeurs du 15e régiment d'infanterie légère et du 108e régiment d'infanterie de ligne ; elle était commandée par le général Heudelet.
La 2e, aux ordres du général Kister, était composée du reste du 15e régiment d'infanterie légère et du 33e de ligne.
La 3e, commandée par le général Lochet, était formée des 48e et 111e régiments.
La division des dragons du général Bourcier marchait sur la droite ; elle était composée des 15e, 17e, 18e, 19e et 27e régiments.
Ces troupes marchèrent d'abord sur Turas ; je leur fis prendre ensuite la direction de Sokolnitz, conformément aux ordres que j'en avais. Pendant cette marche, vers huit heures, un officier du général Margaron vint me donner connaissance que le 3e régiment d'infanterie de ligne de la division Legrand était vivement attaqué à Telnitz ; cet officier ajouta que le général Margaron croyait pouvoir donner le temps au général Legrand d'arriver avec sa division à Sokolnitz, ayant pour défendre ce débouché de l'artillerie légère et quelques troupes ; Sokolnitz d'ailleurs n'était pas encore attaqué à cette époque.
Sur ces renseignements, je fis marcher la division Friant sur Telnitz, et j'ordonnai au 1er régiment de dragons commandé par le général Ménard d'exécuter ce mouvement avec beaucoup de rapidité, et d'empêcher l'ennemi qui s'était emparé de Telnitz de déboucher de ce village ; le 3e régiment de ligne, après avoir perdu beaucoup de monde, en faisant la plus belle défense, avait été obligé de se replier.
Sur ces entrefaites, le général Heudelet, arrivé avec sa brigade à hauteur de Telnitz, s'y précipita à la tête de ses troupes. L'ennemi extrêmement nombreux opposa la plus forte résistance ; il fut cependant contraint de céder à l'intrépidité des troupes et aux bonnes dispositions du général Heudelet ; à neuf heures et demie le village était en notre pouvoir, le champ de bataille, les rues et les maisons étaient jonchés de morts ; trois pièces de canon furent ramenées par nos troupes, deux autres, faute de chevaux, furent laissées en arrière du village.
Le 108e, qui fut presque toujours mêlé avec l'ennemi, lui enleva deux drapeaux, et sut conserver les siens, à force de traits particuliers de valeur.
Les Russes culbutés, épouvantés et dans le plus grand désordre, étaient sur le point de mettre bas les armes, et parlementaient déjà, lorsque le 26e régiment d'infanterie légère, qui faisait partie de la division Legrand formée sur notre gauche et en arrière de Sokolnitz, vint se placer derrière le ruisseau en avant duquel combattait le 108e régiment ; le brouillard ne lui permettant pas de reconnaitre nos troupes, ce régiment engagea un feu très-vif qui fit beaucoup souffrir la brigade du général Heudelet ; les Russes reprirent les armes, et à l'aide de nouvelles troupes ils se rendirent de nouveau maitres du village.
Dans le même temps que l'ennemi débouchait de Sokolnitz, la division Friant était séparée de la division Legrand ; il n'y avait pas un moment à perdre. Le général Heudelet avait rallié ses troupes près de Telnitz, et gardait le débouché, pendant que le général Bourcier, un peu plus sur la droite, par des charges faites très à propos, empêchait l'ennemi de se porter en avant du village.
Dans cet instant surtout la division des dragons eut beaucoup à souffrir de la mousqueterie et de l'artilleriede l'ennemi, dont elle se trouvait à très-petite portée.
Le général Lochet, à la tête du 48e régiment, se porta contre les Russes qui se formaient sur les hauteurs en avant de Sokolnitz ; le général Friant fit appuyer ce mouvement par la brigade du général Kister et par le 111e régiment. Les Russes furent culbutés et poursuivis dans le village, qui fut emporté ; 6 pièces de canon, qui furent mises aussitôt hors de service, et 2 drapeaux, furent enlevés par le 48e régiment ; mais l'ennemi renouvelait ses troupes, réattaqua Sokolnitz et parvint à repousser le 111e qui tenait la gauche du village ; le 48e fut alors livré à lui-même dans Sokolnitz pendant près de trois quarts d'heure. Le général Lochet, qui était resté à sa tête, eut à soutenir le combat dans les rues, dans les grandes et dans les maisons.
Cependant, pour dégager ce régiment, le général Friant se porta sur Sokolnitz avec la brigade du général Kister et parvint à repousser un moment l'ennemi ; il jeta aussitôt dans le village le 15e régiment d'infanterie légère ; ce régiment, composé en grande partie de conscrits, s'y couvrit de gloire, mais ne put encore débarrasser le 48e ; il fut lui-même repoussé, ainsi que le 33e régiment, après avoir opposé l'un et l'autre la plus vive résistance. Cette brigade fut aussitôt ralliée et ramenée au combat.
Le 111e parfaitement rallié venait de faire une nouvelle charge, qui, bien que des plus vigoureuses, fut néanmoins sans succès ; il perdit même du terrain, mais dans le meilleur ordre.
L'ennemi se porta alors sur la brigade du général Kister, qu'il déborda par sa gauche ; le général Friant fit faire très à propos un changement de front au 33e régiment, et toutes ces trois brigades parfaitement ralliées eurent ordre de se précipiter sur l'ennemi, qui, cette fois, fut enfoncé et laissa la plaine couverte de ses morts.
Sur ces entrefaites, le 36e régiment, faisant partie du 4e corps d'armée, arriva par la partie gauche de Sokolnitz et contribua à dégager le 48e ; ces deux régiments, soutenus par les tirailleurs de la division Friant, poursuivirent l'ennemi et l'acculèrent sur des lacs, après lui avoir fait éprouver la plus grande perte.
Pendant ce mouvement, les troupes de la division Legrand parurent sur les crêtes en arrière ; un des régiments de cette division et le 8e régiment de hussards arrivèrent à portée de l'ennemi, dont la colonne entière mit bas les armes, après quelques coups de fusil. La glace du lac sur lequel cette colonne fut jetée venait d'être rompue par les chevaux des officiers qui s'étaient sauvés ; d'ailleurs l'arrivée des troupes françaises de l'autre côté de ce lac ôtait à l'ennemi tout espoir de salut.
Ce fut à ce moment que s'engagea une forte canonnade sur les hauteurs au delà de Telnitz. Des divisions du corps du maréchal Soult marchaient par Sokolnitz pour se porter de ce côté ; la division Friant suivit ce mouvement en longeant ce ruisseau et se dirigeant sur Menitz. A la hauteur de Telnitz, la brigade du général Heudelet atteignit une forte colonne qui se retirait dans le plus grand désordre et fit sur elle, tout en la poursuivant, un feu très-vif de mousqueterie et d'artillerie, qui lui tua encore beaucoup de monde ; cette brigade se trouvait alors en potence avec des troupes du maréchal Soult ; elle eut avec elles le spectacle des Russes se submergeant dans le lac, par leur précipitation à s'échapper. Ces divisions traversèrent Menitz et furent prendre position à une lieue en avant sur le chemin de Neuhof.
Il fut fait dans le jour par les troupes à mes ordres 1,000 prisonniers, indépendamment de la colonne qui mit bas les armes, succès auquel le 48e eut tant de part.
Je dois aux troupes de la division Friant la justice de dire que ceux des blessés qui ne purent pas eux-mêmes se retirer du combat ne reçurent des soins qu'après la bataille.
La grande intrépidité que déployèrent les troupes dans cette journée est due à l'exemple des officiers généraux, qui furent constamment au milieu du feu le plus vif et y perdirent tous des chevaux ; le général Friant en perdit quatre, le général Lochet deux, et les généraux Kister et Heudelet un ; presque tous les colonels furent dans le même cas ; trois chefs de bataillon furent blessés, ainsi que le major commandant le 15e régiment d'infanterie légère, qui eut aussi son cheval tué.
L'adjudant commandant Marès reçut une blessure grave à la cuisse et perdit aussi des chevaux.
Le général Daultanne, mon chef d'état-major, officier très distingué, rendit de grands services pendant la bataille.
L'adjudant commandant Hervo, sous-chef de mon état-major, le seconda parfaitement.
Mes aides de camp dont les chevaux n'avaient pu joindre se réunirent aux bataillons d'infanterie. Le colonel Bourke, mon premier aide de camp, marcha avec la brigade du général Heudelet et se fit distinguer par cet officier général.
Le chef d'escadrons Vigé, du 2e régiment de chasseurs à cheval, fut tué.
J'adresse à Son Excellence le ministre de la guerre les détails relatifs aux faits individuels que j'ai pu recueillir.
J'ai l'honneur de faire observer à Votre Majesté que la division Friant n'était forte, au commencement de l'action, que de 3,300 et quelques hommes, sa marche de Vienne, sans faire de halte, ayant forcé la moitié de son monde à rester en arrière ; la plupart de ces hommes rejoignirent le 11 au soir, et les autres le lendemain.
Ce qui prouvera à Votre Majesté encore mieux que tous les rapports combien cette division eut d'efforts à faire pendant toute la bataille, c'est qu'elle y perdit environ 1,400 hommes, parmi lesquels on compte 17 officiers morts et 57 blessés, 207 sous-officiers ou soldats tués et 963 blessés ; le surplus fait prisonnier a été rendu depuis.
La division Bourcier eut 35 hommes tués et 41 blessés ; elle compte de plus 65 chevaux tués et 35 blessés.
Le 19e régiment de dragons eut à lui seul, dans ce nombre, 21 hommes tués et 12 blessés, avec 22 chevaux tués et 15 blessés.
Dans un moment où l'ennemi avait repris l'avantage sur la gauche de la division Friant, ce régiment fut chargé d'aller courir et garder le passage d'un défilé important ; il passa le défilé avec beaucoup d'ordre, quoique exposé à la fusillade et au canon de l'ennemi.
La division du général Klein arriva le jour de la bataille à Raygern, où elle resta en position avec le 25e régiment de dragons, de la division Bourcier, qui avait été laissé pour arrêter les partis qui auraient paru sur ce point ; ces divisions devinrent inutiles, aucun parti ne s'étant présenté.
Si je n'ai point eu l'honneur d'adresser plus tôt un rapport à Votre Majesté, Sire, c'est que j'ai voulu recueillir les faits dont j'avais été témoin, de la bouche même des officiers généraux, pour pouvoir, avec plus de certitude, vous en garantir la véracité et l'authenticité" (Mazade C. (de) : « Correspondance du Maréchal Davout, prince d'Eckmühl : ses commandements, son ministère, 1801-1815 », t. 1, p. 201, lettre 127 ; Blocqueville A. (de) : « Le Maréchal Davout, prince d'Eckmühl, raconté par les siens et par lui-même », 1879-1880, t. 2, p. 439).
Le Maréchal Davout écrit aussi, depuis Presbourg, sans doute le même jour de décembre 1805, au Ministre de la Guerre, Major général : "Monsieur le Maréchal, lorsque Votre Excellence m'adressa l'ordre de me porter à marches forcées sur Brünn avec les divisions Friant et Gudin et ma cavalerie légère, la première de ces divisions était cantonnée sous les murs de Vienne, l'autre venait d'occuper Presbourg, où je me trouvais de ma personne au moment où vos ordres parvinrent à Vienne, le 8 au soir ; la brigade de cavalerie légère, commandée par le général Vialannes, occupait des postes sur la rive droite du Danube, vis-à-vis Presbourg ...
La division Friant se mit en marche dans la nuit du 8 au 9, et vint prendre position le 10 à sept heures du soir à l'abbaye de Raygern, c'est-à-dire à plus de trente-six lieues du point de son départ.
Une marche aussi extraordinaire affaiblit tellement la division, qu'au moment où elle se rendait sur le terrain que Votre Excellence lui avait assigné, au jour de la bataille, elle ne comptait pas 3,300 combattants.
Quelque célérité que l'on eût apportée dans l'expédition des ordres, l'éloignement de la division Gudin, de la cavalerie légère du général Vialannes, et de la grande majorité de la division de dragons du général Klein, ne leur permit pas d’arriver assez à temps pour prendre part à l'action.
Le seul 1er régiment de dragons put rallier la division du général Friant avec le détachement du général Heudelet, et l'on combattit avec ces troupes.
La division du général Bourcier prit position avec la division Friant le 10 au soir, à Raygern.
Avant de la porter sur le terrain, je fis former la division Friant en trois brigades :
La 1re, composée du 108e régiment de ligne et des compagnies des voltigeurs du 15e régiment d'infanterie légère, et aux ordres du général Heudelet.
La 2e, composée du 15e régiment d'infanterie légère et du 33e régiment de ligne, fut commandée par le général Kister.
Enfin la 3e, composée des 48e et 111e de ligne, le fut par le général Lochet.
J'avais prescrit au général Friant de faire porter la brigade du général Heudelet sur Turas, d'où elle devait chasser l'ennemi, de la diriger ensuite sur Sokolnitz ; les deux autres brigades avaient ordre de suivre par échelons.
La division de dragons du général Bourcier suivait celle du général Friant pour être à portée de la soutenir.
Ayant appris pendant la marche que le 3e régiment d'infanterie de ligne du 4e corps d'armée était vivement attaqué à Telnitz, j'ordonnai au général Friant d'y faire porter sur-le-champ sa division.
Le général Heudelet fut chargé d'attaquer avec sa brigade le village de Telnitz, que le 3e régiment de ligne, après la plus belle résistance, avait été contraint d'abandonner.
Les compagnies de voltigeurs du 15e régiment d'infanterie légère et le 108e de ligne se précipitèrent dans le village, sans avoir égard à 5,000 à 6,000 Russes ou Autrichiens qui l'occupaient et le défendaient avec acharnement.
Après plusieurs charges, pendant lesquelles le 108e enleva à l'ennemi deux drapeaux et prit et reprit plusieurs pièces de canon, cette brigade fut contrainte de céder au grand nombre ; elle fut en outre forcée à ce mouvement rétrograde par le feu que dirigea malheureusement sur elle un des régiments de la division Legrand, dont elle eut beaucoup à souffrir.
Dans ces chocs réitérés, un corps russe considérable, après avoir mis bas les armes, eut la perfidie de les reprendre contre le 108e régiment, lorsque celui-ci ne le considérait plus que comme prisonnier.
Ce fut à Telnitz que le chef de bataillon Chevalier, qui avait passé le premier un pont à la tête du 108e, fut enveloppé avec sa troupe par un très-grand nombre d'ennemis, sous l'effort desquels lui et les siens n'eussent pas manqué de succomber, si le chef de bataillon Lamaire, du même régiment, ne fut parvenu à se faire jour et à les débarrasser après l'action la plus sanglante.
L'ennemi se présentant en avant du village de Telnitz, le général Bourcier ; qui avait été chargé d'en observer les mouvements et de le contenir sur ma droite, fit exécuter une charge à sa première ligne, composée des 15e, 17e et 27e régiments de dragons ; cette charge, faite avec le plus grand ordre, força l'ennemi à se retirer précipitamment derrière un fossé que ne pouvait franchir notre cavalerie.
Dans cet instant surtout, la division de dragons eut beaucoup à souffrir de la mousqueterie et de l'artillerie de l’ennemi, dont elle se trouvait à très-petite portée.
L'ennemi, manœuvrant pour m'envelopper, déboucha avec de l'artillerie par Sokolnitz ; je le fis attaquer par les cinq régiments de la division Friant disposés par échelons.
La brigade du général Lochet fut présentée la première à cette attaque ; le 48e régiment, qui en tenait la tête, chargea à la baïonnette, parvint à s'emparer des premières maisons à l'extrême droite du village, et fit bientôt des progrès rapides, chassant l'ennemi de maisons en maisons.
Le 48e régiment, après avoir enlevé deux drapeaux, s'être rendu maitre de plusieurs pièces de canon, était débordé et allait être cerné dans Sokolnitz, lorsque le 111e régiment, qui avait été laissé en bataille à quelque distance de là, eut ordre de s'ébranler et de marcher sur une nuée de Russes qui s'avançait pour occuper la communication avec la brigade du général Kister ; ce régiment fournit sa charge avec le plus grand courage, et après avoir chassé l'ennemi de ta plaine bien au-delà du village, il s'y engagea à l'extrémité gauche, culbutant tout ce qui s'opposait à lui, et prit deux pièces de canon.
La brigade du général Kister, arrivée sur le terrain, se déploya et marcha à l'ennemi avec la même bravoure que celles qui la précédaient, et eut les mêmes avantages.
Le 15e régiment d'infanterie légère fut dirigé sur le pont en avant de Sokolnitz, en chassa un corps russe infiniment plus nombreux que lui, et pénétra pêle-mêle avec lui dans le village.
Cependant l'ennemi recevait de nombreux renforts de sa droite ; à l'aide de ces secours, il parvint à rallier ses troupes dispersées et à les reporter au combat ; deux fois même il força les nôtres à se replier. Par son mouvement rétrograde, le 15e régiment d'infanterie légère laissa un moment à découvert l'aile gauche du 33e de ligne, qui dut se retirer pour n'être pas débordé ; mais, le 15e bientôt rallié et ramené au combat, le 33e, par un changement de front, se trouva à son tour en mesure de prendre l'ennemi en flanc ; l'accord de ces deux régiments à marcher aux Russes, la baïonnette croisée, ne laissa plus à ces derniers l'espoir de reprendre un seul instant l'avantage. Le succès devint alors complet pour toutes les troupes de la division Friant ; toutes les positions furent emportées, et l'ennemi laissa avec ses armes et ses bagages une vingtaine de bouches à feu et beaucoup de prisonniers. Le champ de bataille était partout jonché de morts et de blessés.
Après la vigoureuse attaque de Telnitz, le 108e régiment, malgré les pertes considérables qu'il y avait faites, ne continua pas moins à combattre avec les autres corps de la division pendant tout le reste de la journée ...
Sans vouloir atténuer le mérite des trophées que se sont élevés en ce jour de gloire les divisions des autres corps d'armée, la division Friant croit avoir de justes droits à partager l'honneur d'avoir forcé à se rendre prisonnière une colonne de plusieurs milliers de Russes, qu'elle battit pendant tout le jour et qui fut recueillie par les troupes du 4e corps. Le 48e régiment, par exemple, se trouvait seul au milieu d'un corps ennemi, lorsque la colonne entière mit bas les armes.
Tout étant terminé sur les points d'attaque de la division Friant, je la fis porter vers les trois heures de l'après-midi sur le village de Melnitz, afin de couper la retraite à quatre bataillons et escadrons qui étaient aux prises avec les troupes du 4e corps d'armée ; celles-ci les culbutèrent en grande partie dans le lac.
Je rends avec un vif plaisir aux braves de la division Friant la justice de dire qu'ils ne comptèrent pas les ennemis à la glorieuse journée d'Austerlitz ; ceux qui franchirent un trajet de trente-six lieues en moins de trente-six heures surent aussi se multiplier sur le champ de bataille, pour faire tête et même l'emporter sur un ennemi cinq ou six fois plus nombreux et qui s'était flatté de la victoire. Si cette faible division eut près de 1,400 hommes hors de combat, elle en fit perdre des milliers à l'ennemi.
Je ne passerai pas sous silence la conduite du 1er régiment de dragons, qui combattit d'une manière distinguée avec la brigade du général Heudelet.
Je dois les plus grands éloges au général de division Friant, qui eut pendant l'action quatre chevaux tués ou blessés sous lui ; aux généraux de brigade Heudelet, Kister et Lochet : les deux derniers eurent chacun un cheval tué sous eux. Tous les trois eurent leurs habits criblés de balles et n'ont cessé de déployer pendant toute la bataille le zèle éclairé et les talents qui les caractérisent" (Mazade C. (de) : « Correspondance du Maréchal Davout, prince d'Eckmühl : ses commandements, son ministère, 1801-1815 », t. 1, p. 219, lettre 131).
Et, le 27 décembre 1805 (6 Nivôse an 14), Davout écrit, depuis Presbourg, au Ministre de la Guerre, Major général : "Monsieur le Maréchal, j'ai l'honneur d'adresser à Votre Excellence un duplicata du rapport direct que j'ai dû faire à Sa Majesté, pour satisfaire à sa lettre du 22 du mois dernier, j'ajoute ici à ce rapport les faits détaillés que j'ai recueillis concernant les corps et les individus qui se sont le plus particulièrement distingués à la mémorable journée d'Austerlitz ; je prie Votre Excellence de vouloir bien les mettre sous les yeux de Sa Majesté et de solliciter sa bienveillance en faveur de ces braves.
(Voyez le rapport précédent fait à Sa Majesté l'Empereur.)
... Je dois citer ... le 48e et son colonel, M. Barbanègre ... MM. les chefs de bataillon Cartier, du 33e régiment, Lacombe, du 48e, et Guigue, du 111e, furent blessés ...
M. Galichet, à la tête de deux compagnies du 48e régiment, repoussa avec la plus grande valeur une attaque de l'ennemi sur les derrières de Sokolnitz.
Entre autres traits de bravoure qui illustrèrent la journée d'Austerlitz, j'aurai l'honneur de mettre sous les yeux de Votre Excellence ceux ci-après :
Dans le 48e régiment de ligne :
Ce régiment contribua puissamment à faire mettre bas les armes à une forte colonne ennemie ; il prit deux drapeaux russes et plusieurs pièces de canon ..." (Mazade C. (de) : « Correspondance du Maréchal Davout, prince d'Eckmühl : ses commandements, son ministère, 1801-1815 », t. 1, p. 208, lettre 128).
"Note au Ministre de la Guere sur l'un des évènements de la bataille d'Austerlitz
Neubourg, 13 mars 1806.
Pour remplir les intentions de Votre Excellence, qui désire que je lui envoie une relation exacte de ce qui s'est passé, lorsque le colonel Franceschi s'est emparé d'une partie des Russes faits prisonniers, à l'extrémité de notre droite, j'ai réuni chez moi le général Friant, le colonel du 48e et quelques officiers de ce régiment, afin de vous faire connaître l'exacte vérité.
Je vous garantis le narré ci-dessous :
Vers les deux heures et demie, après des attaques successives sur Sokolnitz par la division Friant, et en particulier par le 48e, les Russes occupaient le parc ainsi que le château ; le 48e était maitre de la presque totalité du village de Sokolnitz, le feu et l'attaque contre les Russes continuaient à être vifs ; le reste de la division Friant soutenait un combat opiniâtre contre plusieurs bataillons russes, qui étaient sur la hauteur en avant de Sokolnitz. Alors le 36e, venant de Pratzen, fit sa jonction avec le 48e par l'extrémité du village de Sokolnitz, et de concert avec ce régiment et les tirailleurs de la division Friant, ils poursuivirent les ennemis la baïonnette dans les reins, les chassèrent du parc et du château, et les acculèrent sur les lacs qui se trouvent entre Sokolnitz et Kobelnitz.
Quelques instants auparavant, les Russes qui étaient dans la plaine et qui combattaient les 15e d'infanterie légère, 33e, 108e et 111e de ligne, furent, après une très-grande résistance et perte, culbutés contre les murs du parc.
C'est dans cette circonstance que le 48e et le 36e se sont précipités dans le château et le parc, et en ont chassé les ennemis.
Par la position des troupes du général Saint-Hilaire, celles aux ordres du maréchal Duroc et celles du général Legrand, les têtes de colonnes de cette dernière division descendaient les hauteurs de Turas.
Toute retraite se trouvant coupée à cette colonne ennemie, qui était cernée de toutes parts, elle mit bas les armes sur tous les points.
Il est notoire que ces Russes étaient prisonniers de guerre, lorsque quelques hussards du 8e parurent, plus occupés de prendre des chevaux que du reste.
C'est ainsi qu'une partie de cette colonne mit bas les armes devant le 10e régiment d'infanterie légère et les troupes du maréchal Duroc, une autre partie devant le 48e et le 36e.
Ces prisonniers furent dirigés sur Brünn, sous l'escorte de quelques hommes d'infanterie et de cavalerie.
La division Friant se porta sur Ménitz pour suivre et protéger le mouvement général qui s'opérait sur les lacs, où les ennemis éprouvèrent une si grande perte.
D'après ce rapport, qui est de la plus grande vérité, Votre Excellence sera à même de voir que le 8e régiment de hussards n'a eu aucune part à cette action, et qu'il n'a pu tout au plus que s'emparer d'une colonne déjà désarmée et faite prisonnière, qui était hors de toute défense et dont il n'a pu recevoir aucun coup de fusil.
Les personnes qui connaissent le terrain et qui savent combien il est escarpé et à pic seront convaincues qu'il était peu favorable aux charges de la cavalerie" (Mazade C. (de) : « Correspondance du Maréchal Davout, prince d'Eckmühl : ses commandements, son ministère, 1801-1815 », t. 1, p. 212, lettre 129).
Le 28 Frimaire an 14 (19 décembre 1805), le Maréchal Davout est surpris de voir à Marchegg des cantonnements désignés par le Major général pour le 3e Corps d'armée occupés déjà par le Général Beaumont. Il écrit à celui-ci une lettre fort discourtoise, Beaumont se retranche derrière les ordres qu'il a reçus de Murat et il répond à Davout sur le même ton. La garde du Général Beaumont et le 48e de Ligne ont même failli en venir aux mains. Le Maréchal Davout écrit alors une lettre d'excuses et d'explications à Murat. Malgré tout, ce dernier écrit, depuis Vienne, le 30 Frimaire an 14 (21 décembre 1805), à l'Empereur : "Il est extrêmement pénible d'avoir à entretenir Votre Majesté d'une scène assez scandaleuse qui vient d'avoir lieu dans le quartier général du général Beaumont. Je ne me permettrai aucune réflexion à cet égard. Votre Majesté en jetant les yeux sur la correspondance de Messieurs les généraux Beaumont et Davout sera affligée de voir que d'une affaire personnelle il ait pu en résulter une qui a failli compromettre la discipline de l'armée, je dirai même armer les armes les unes contre les autres. Je prie Votre Majesté de nous faire désigner nos différents cantonnements, semblables scènes ont failli avoir lieu sur la rive droite" (Le Brethon Paul : « Lettres et documents pour servir à l'histoire de Joachim Murat, 1761-1815 », Plon, 1908-1914, t. 4, p. 166, lettre 2264).
/ 1806
Le 22 juin 1806, l'Empereur écrit depuis Saint-Cloud au Général Dejean, Ministre directeur de l'Administration de la Guerre : "Monsieur Dejean, je vous envoie un travail sur l'emplacement que doit occuper la Grande Armée au moment de sa rentrée en France. Vous me proposerez une meilleure répartition, à peu près dans les mêmes divisions, si vous y entrevoyez quelque économie pour le service, soit pour les lits, soit pour le fourrage, soit pour le casernement.
... 3e corps du maréchal Davout
16e et 24e division
… Anvers le 48e léger (note : comprendre de Ligne) à Anvers ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 11352).
Le 11 juillet 1806, l'Empereur adresse, toujours depuis Saint-Cloud, une deuxième lettre à Berthier, dans laquelle il écrit : "Mon intention étant de compléter les compagnies des bataillons de la Grande Armée à 140 hommes par compagnie, officiers compris, je vous ai ordonné par une lettre de ce jour de dissoudre le corps de réserve de Lefebvre en faisant rejoindre chaque détachement de son corps d'armée.
Mon intention est également que vous donniez l'ordre aux différents dépôts d'envoyer à leur corps le nombre d'hommes porté dans l'état ci-joint. Tous ces détachements qui partiront du camp de Boulogne seront passés en revue par le maréchal Brune qui s'assurera s'ils sont munis de tout le nécessaire. Ils seront commandés par un adjudant commandant nommé par le maréchal ...
ANNEXE
état des hommes que les dépôts des régiments désignés ci-après feront partir pour rejoindre les bataillons de guerre à la Grande Armée
Le dépôt ... du 48e [fera partir un détachement de] 460 [hommes] …" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 1, lettre 519 (ne donne pas l’annexe) ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12462).
Le 5 septembre 1806, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Dejean, Ministre directeur de l'Administration de la Guerre : "... Donnez ordre à un capitaine, un lieutenant, deux sous-lieutenants, un sergent-major, quatre sergents, un caporal-fourrier et huit caporaux, et à 400 hommes du 3e bataillon du 13e légère de partir sans délai pour rejoindre leur corps en Allemagne. A son arrivé, ce détachement sera incorporé dans les deux bataillons de guerre.
Donnez ordre à un détachement du 3e bataillon du 48e également composé de 400 hommes et organisé de même, de rejoindre en Allemagne ses deux premiers bataillons de guerre. À son arrivée, il y sera incorporé ..." (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 1, lettre 625 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12872).
/ 1807
Le 15 janvier 1807, l'Empereur écrit, depuis Varsovie, au Maréchal Berthier, Ministre de la Guerre, Major général de la Grande Armée : "Donnez ordre que sur les 1500 capotes que j'ai destinées au corps du maréchal Augereau et qui devaient être délivrées aujourd'hui :
... Donnez ordre qu'il soit délivré :
au 13e légère 96 capotes
au 48e 107 ...
Donnez ordre qu'il soit délivré des magasins de Varsovie 20 paires de souliers au 7e d'infanterie légère ...
107 au 48e id ..." (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 1, lettre 881 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 14057).
7 février 1807, "Il n'était pas encore jour quand la cavalerie légère et la tête de l'infanterie du général Friant rencontrèrent en avant de Serpallen les cosaques qui au premier coup de fusil se replièrent. Le jour commençait à paraître lorsque la 2e division était en bataille sur la hauteur en deçà de Serpallen occupant ce village avec quelques compagnies du 48e régiment ..." (J. opér. 3e corps - Cazalas E. : « Mémoires du Général Bennigsen », tome 1, page 217).
"Un gros corps de cavalerie se présenta aussitôt sur la droite. Le général Lochet à la tête du 33e régiment, accompagné du général Marulaz et suivi du reste de la division Friant, s'avança dans la direction de Klein-Sausgarten. Il repoussa cette cavalerie, mais elle tut bientôt secourue par un corps de 8.000 10.000 hommes d'infanterie russe ... L'engagement fut long et extrêmement meurtrier. Cependant l'ennemi, malgré la supériorité du nombre, fut obligé de céder ... mais il soutint son mouvement rétrograde d'une nombreuse artillerie, qui démonta 2 de nos pièces de 4 et dont les régiments de la 2e division eurent beaucoup à souffrir ...
Le général Friant souffrait beaucoup du feu de l'artillerie ennemie. Il eut ordre de faire attaquer ... par le général Lochet ... le village de Klein-Sausgarten. Cette attaque réussit d'abord ; mais le général Lochet ne put s'y maintenir plus d'une demi-heure. Attaqué sur la droite du village par une colonne d'environ 4000 à 5.000 hommes, il fut obligé de se replier sur le gros de la division. Pendant ce mouvement, la cavalerie vint fondre sur le 33e et le 48e régiment ; mais elle ne put les entrainer ....
Pendant que cette cavalerie russe était repoussée avec perte et se retirait en désordre, le corps d'infanterie, qui avait forcé le général Lochet à se retirer de Klein-Sausgarten, s'était renforcé de 2.000 hommes et continuait à gagner du terrain. Il attaqua avec acharnement les 33e et 48e qui soutinrent le choc des Russes, qu'ils forcèrent encore à la retraite ... Le général Friant occupa enfin Klein-Sausgarten" (J. opér. 3e corps - Cazalas E. : « Mémoires du Général Bennigsen », tome 1, page 217).
"Le 48e eut ordre d'attaquer Auklappen, ce qu'il exécuta avec la plus grande bravoure ; il y prit même du canon ; mais des forces supérieures l'obligèrent à se replier, ce qu'il fit par ordre et exécuta avec beaucoup de calme". Le hameau est d'ailleurs bientôt repris par le Général Guuthier (J. 3e corps - Cazalas E. : « Mémoires du Général Bennigsen », tome 1, page 219).
Le 6 mars 1807, l'Empereur écrit, depuis Osterode, à Daru, Intendant général de la Grande Armée : "Monsieur Daru, faites une circulaire à tous les commissaires des guerres, pour leur faire connaître les points sur lesquels ils doivent diriger les hommes isolés des différents corps d’armée, ainsi que les bagages et effets desdits corps. Vous y joindrez l'état des corps qui composent chaque corps d'armée, conformément au tableau ci-joint ...
3e corps
... 48e de ligne ...
Dépôts à Thorn ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 14497).
Le 18 mars 1807, l'Empereur écrit encore, depuis Osterode, au Général Lacuée, Directeur général des Revues et de la Conscription : "En conséquence des derniers états de situation que vous m'avez remis, il résulte ...
Que le 17e, 19e, 25e, 28e, 35e de ligne, 43e, 46e, 48e, 50e, 55e, 108e et 13e légère auraient un effectif de 15 500 hommes et qu'il manquerait 4 800 hommes pour que ces bataillons fussent au complet effectif de 1 260 hommes par bataillon
Voici comment j'arrive à ce résultat ...
Faites-moi connaître l'état de situation au 15 mars de tous les 3es ou 4es bataillons de l'armée, effectif.
Mettez à côté ce qu'ils devaient recevoir de 1806 et 1807 et réserve ; ce qui était reçu aux corps au 15 mars et faisant partie de leur situation, en ajoutant à la situation au 15 mars ce qui leur reste à recevoir de la conscription, ils auront, dans le courant de l'été, la force qu'il faut que ces bataillons aient. Par la différence de cette situation au complet effectif de 1 260 hommes, on aura ce qu'il est nécessaire de leur donner encore de la conscription de 1806. Il faut cependant faire attention qu’il a des bataillons qui ont leurs compagnies de grenadiers et de voltigeurs à la Grande Armée" (Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 14727).
Le 30 avril 1807, l'Empereur écrit, depuis Finkenstein, au Général Dejean, Ministre directeur de l'Administration de la Guerre : "Monsieur Dejean ... Le 48e de ligne a 989 hommes à Anvers et le 108e 941 dans la même ville. Faites partir de chacun de ces régiments deux compagnies, formées chacune à 200 hommes, et trois officiers. Formez de ces 4 compagnies un bataillon de 800 hommes que vous dirigerez par el plus court chemin sur Berlin. Ayez soin que les gouverneurs, dont ce bataillon doit traverser les arrondissements, soient prévenus de son passage. Informez-en aussi le général Clarke à Berlin et le major général ..." (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 1, lettre 1080 ; Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 15472).
Composition du 3e Corps du Maréchal Davout au 16 mai 1807 :
1ère Division, Général Morand : 13e Léger, 17e, 30e, 51e et 61e et 65e de Ligne, 12 Bataillons, 7185 hommes.
2e Division, Friant : 15e Léger, 33e, 48e, 108e, 111e de Ligne, 10 Bataillons, 7361 hommes.
3e Division Gudin : 7e Léger, 12e, 21e, 25e et 85e de Ligne, 10 Bataillons, 7632 hommes.
Artillerie et Génie
Cavalerie légère, Général Marulaz : 1er, 2e et 12e chasseurs, 9 Escadrons, 692 hommes (Cazalas E. : « Mémoires du Général Bennigsen », tome 2, page 302).
Le 21 mai 1807, l'Empereur écrit, depuis Finkenstein, au Général Lacuée, Directeur général des Revues et de la Conscription : "J’ai reçu les états de situation que je vous avais demandés. Les 20000 hommes de la réserve doivent être distribués de la manière suivante :
12000 hommes à l'infanterie de ligne et légère conformément au tableau ci-joint.
… Répartition de 12 000 hommes de la réserve de 1808 entre les corps ci-après de l'infanterie de ligne et de l'infanterie légère.
INFANTERIE DE LIGNE
CORPS NOMBRE DES CONSCRITS
... 48e 100 ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 15681).
Le 8 août 1807, Davout écrit, depuis Thorn, au Major général de la Grande Armée, Prince de Neuchâtel : "Monseigneur, j'ai l'honneur de rendre compte à Votre Altesse qu'hier 7, vers huit heures du matin, des canonniers et soldats du train étant occupés à charger des munitions de guerre sur un bateau, le feu prit aux munitions qui se trouvaient sur une prolonge et la fit sauter. Cette explosion fut suivie de celle du bateau en chargement auprès duquel se trouvait la prolonge. Il y avait sur le bateau environ 30 milliers de poudre et beaucoup de projectiles. La prolonge n'était éloignée que de 8 à 10 toises du magasin à poudre. Les dégâts occasionnés par les explosions sont considérables : 50 personnes, dont 40 militaires, ont été tuées ou blessées. Plusieurs maisons du voisinage se sont écroulées, tous les toits et les fenêtres du reste de la ville se sont plus ou moins ressentis de la commotion.
Le magasin à poudre, si rapproché du lieu de l'explosion, a été ébranlé jusque dans ses fondements, la toiture a été emportée et le feu s'est manifesté ; les généraux Leval et Jordy ont fait battre la générale et se sont portés sur les lieux avec tous les militaires qui se trouvaient dans la place ; le danger était imminent. Le magasin contenait à peu près 400 milliers de poudre, dont l'explosion eût entraîné la destruction totale de la ville de Thorn et la perte de ceux qui s'y trouvaient. Les habitants se sauvèrent hors la ville, mais le courage et le dévouement des généraux et de toutes les troupes ont été à la hauteur du péril. On est entré dans le magasin, enfin on a dirigé les pompes de la ville avec intelligence, et presque contre toute espérance, l'incendie a été éteint avant qu'il se fût communiqué à la poudre, et la ville a été sauvée.
Sur cent événements semblables, on ne pourrait espérer une seule chance favorable.
Le 3e bataillon du 21e régiment de ligne ;
La 19e compagnie du 5e régiment d'artillerie à pied, un détachement de la 1re compagnie d'ouvriers d'artillerie, la compagnie de pontonniers du capitaine Beckmann, la 3e compagnie du 1er bataillon du 48e régiment, les 2e et 6e compagnies du 2e bataillon de sapeurs, la 7e compagnie du 5e bataillon de sapeurs, méritent les plus grands éloges pour le zèle avec lequel ils ont secondé le dévouement des généraux Leval et Jordy ...
Depuis deux jours j'étais absent de Thorn, pour visiter les dépôts du corps d'armée ; l'événement a eu lieu quelques heures avant mon retour dans la place" (Mazade C. (de) : « Correspondance du Maréchal Davout, prince d'Eckmühl : ses commandements, son ministère, 1801-1815 », t. 2, p. 9, lettre 351).
A Fontainebleau, le 1er octobre 1807, on informe l'Empereur que "Le commissaire général de la marine, à Anvers, demande un détachement de 45 hommes d'infanterie, commandé par un officier, pour former la garnison de la frégate La Caroline, en armement dans le bassin de Flessingue, et qui doit être mise en état de tenir la mer" ; "Prendre ces hommes dans le 3e bataillon du 48e", répond l'Empereur (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 1, lettre 1323).
Le 5 décembre 1808, l'Empereur écrit, depuis Chamartin, au Général Lacuée, Directeur des Revues et de la Conscription militaire, à Paris : "... Le corps d'Oudinot ne serait plus alors composé que des compagnies de grenadiers et voltigeurs des régiments ci-après, savoir : 6e, 9e, 16e, 25e, 27e, 17e, 21e, 24e, 26e, 28e d'infanterie légère ; 8e, 95e, 96e, 4e, 18e, 40e. 64e, 88e, 27e, 39e, 45e, 59e, 69e, 76e, 24e, 54e, 63e, 94e d'infanterie de ligne.
Mon intention serait que les compagnies restant des 4es bataillons de ces corps y fussent réunies ; ce qui compléterait vingt-huit bataillons. J'y joindrais les 4es bataillons des 46e, 28e, 50e, 75e, 100e et 103e ; ce qui porterait ce corps à trente-quatre bataillons, qui, à 840 hommes chacun, feraient près de 30,000 hommes.
Pour compléter le nombre de 30,000 hommes, j'y réunirais les bataillons des tirailleurs du Pô et des tirailleurs corses ; j'en formerais trois divisions de douze bataillons chacune ; ce qui ferait un beau corps qui pourrait, si cela était nécessaire, renforcer l'armée du Rhin et la porter à 140,000 hommes, laissant les 4e, 46e, 18e de ligne, 24e et 26e légers, ce qui fait cinq régiments, pour la défense du port de Boulogne et de la Bretagne, et me laissant ainsi la faculté de diriger sur l'Allemagne les 4es bataillons des 48e, 13e, 108e, etc. ..." (Correspondance de Napoléon, t.18, lettre 14535 ; Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 19446 ; Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, p. 21).
/ 1809
L'"ÉTAT de répartition des dépôts d'infanterie dans les garnisons" indique que le 48e de Ligne fait partie du 2e Arrondissement; 24e Division militaire. Anvers (Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, p. 478).
Situation des troupes composant l'Armée du Rhin à l'époque du 1er janvier 1809.
Maréchal d'Empire Commandant en chef, le Duc d'Auerstaedt, à Erfurt ...
2e Division d'infanterie, Général de Division Friant, à Bayreuth.
2e Brigade : Général Grandeau, à Hof.
48e de Ligne: 1er, 2e et 3e Bataillons; Colonel Barbanègre, à Wiersberg (Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, p. 490).
Le 13 février 1809, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la guerre : "Monsieur le général Clarke, voulant compléter mon armée du Rhin, mon intention est que ... Les 1er, 2e, et 3e bataillons du 15e léger ont besoin de 800 hommes pour les compléter ; ils paraîtront à ma revue le 16, et partiront de Paris le 17 pour Mayence. Le dépôt du 33e de ligne fera partir pour Mayence 200 hommes ; le dépôt du 48e, 200 hommes ; celui du 108e, 300 hommes ; et celui du 111e, 60 hommes. Ces détachements fourniront 1 560 hommes composant ensemble un bataillon de marche sous le titre de 2e bataillon de marche de l’armée du Rhin ...
Ces bataillons de marche se réuniront à Mayence le plus tôt possible. On n’y mettra que le nombre d’officiers et de sous-officiers nécessaires pour conduire les hommes. Vous me ferez connaître le jour de leur arrivée à Mayence, et je donnerai des ordres pour leur direction sur l’armée du Rhin ...
Les 33e, 48e, 108e, et 111e de ligne tiendront prêtes à partir pour la même destination autant de compagnies de fusiliers qu’ils pourront, à 140 hommes chacune ...
Les compagnies destinées aux 4es bataillons doivent être préparées sans aucun retard, pour que j’ordonne leur départ" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 2, lettre 2766 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20015).
- Formation d'une Réserve puis en Mars 1809, mobilisation des Compagnies de Chasseurs et de Fusiliers des 5es Bataillons des Régiments d’infanterie légère et de Ligne ; Corps d'Oudinot
Le 25 février 1809, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la guerre : "Monsieur le général Clarke ... Le 65e régiment de ligne tiendra prêtes à partir ses deux premières compagnies de fusiliers du 4e bataillon ..." (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 2, lettre 2822 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20127).
Le 3 mars 1809, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Comte d'Hunebourg, Ministre de la Guerre, à Paris : "Monsieur le Général Clarke, je vous envoie le projet de formation d’une réserve de régiments provisoires, sur lequel je désire que vous me fassiez un rapport. Faites-moi connaître si je n'ai rien oublié et s'il y a des changements qu'il soit convenable de faire pour épargner des marches aux troupes. Enfin présentez-moi des états qui m'apprennent si les 5es bataillons pourront fournir ces quatre, trois ou deux compagnies pour concourir à ladite formation. Les 10,000 hommes de réserve que forme ma Garde sont destinés à compléter les 5es bataillons et à les mettre à même de fournir les hommes nécessaires. Il faut donc qu'une colonne des états que vous ferez dresser indique le nombre d'hommes qui leur manquera, après avoir épuisé tout leur monde ; cette colonne sera la colonne de distribution des 10,000 hommes de la Garde. Il ne vous échappera pas que, par ce moyen, j'aurai 6,000 hommes à la Rochelle, 3,000 en Bretagne, 9,000 à Paris, 5,000 au camp de Boulogne, 2,500 pour la défense de l'Escaut, 2,500 pour garder Wesel, 5,000 à Strasbourg, 2,500 à Metz et 10,000 Français en Italie; total, 45,500 hommes.
NAPOLÉON
Annexe
PROJET DE FORMATION D'UN CORPS DE RÉSERVE
1
Il sera formé une réserve de seize régiments provisoires composée des compagnies des cinquièmes bataillons qui seront complétés avec les conscrits de 1810;
2
...7e régiment provisoire : Le 7e régiment provisoire sera composé de 3 bataillons formés de 3 compagnies des 5es bataillons des 48e, 108e, 72e, 65e, 13e légère, 27e légère. Ce régiment se réunira à Gand ..." (Correspondance de Napoléon, t.18, lettre 14838 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20195 ; Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, p. 188).
L'"État de situation, d'itinéraire et d'emplacement de l'Armée du Rhin du 5 au 28 mars 1809, feuille n° ?", indique :
Armée du Rhin, M. le Maréchal duc d’Auerstaedt.
2e division d'infanterie : général Friant. Réunie à Bayreuth.
48e Régiment d'infanterie de ligne, 3 Bataillons ; détachement venant du Dépôt, 200 hommes. 2,111 hommes présents (Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, Annexe 8 - l'ordre du 11 mars ordonne d'occuper Cronach, Forchheim et Amberg, de laisser la Division Friant à Bayreuth; de placer la Division Saint-Hilaire entre Nuremberg et Ingolstadt, une autre Division à Bamberg et une à Nuremberg. La Brigade Jacquinot observant les débouchés de la Bohême, la Division Montbrun et la Division Nansouty en seconde ligne sur le Danube).
L'"ÉTAT de situation, d'itinéraire et d'emplacement des renforts pour l’Armée du Rhin" indique :
Bataillons de marche destinés à renforcer les régiments employés dans les 4 divisions d’infanterie.
2e bataillon de marche :
Détachement du 48e de Ligne, 200 demandés, 200 mis en marche. Itinéraire : Neufchâteau le 5. Neufchâteau le 6. Arlon le 7. Luxembourg le 8. Grewemachern le 9. Trèves le 10. Trèves le 11. Hermeskeil le 12. Birkenfeld le 13. Baumholder le 14. Baumholder le 15. Meisenheim le 16. Kreuznach le 17. Mayence le 18. Francfort le 19. Hanau le 20. Aschaffenbourg le 21. Rohrbrunn le 22. Esselbach le 23. Rossbrunn le 24. Wurtzbourg le 25 (Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, Annexe 13).
Le 12 mars 1809, l'Empereur écrit, depuis Rambouillet, au Général Clarke, Ministre de la Guerre, à Paris : "Monsieur le Général Clarke ... Quatre régiments, savoir : le 13e régiment d'infanterie légère, le 25e, le 48e et le 108e, ont leur 4e bataillon aux camps de Boulogne et d'Anvers. Ces 4es bataillons ne pourront partir pour l'Allemagne que lorsqu'on aura pourvu, par l'organisation des réserves, à la défense des camps ..." (Correspondance de Napoléon, t.18, lettre 14887 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20337; Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, p. 238).
Le 13 mars 1809, le Ministre de la Guerre adresse un Rapport à l'Empereur : "J'ai l'honneur d'adresser ci-joint à l'Empereur un état dressé d'après celui que S. M. a bien voulu m'envoyer avec son ordre du 9 de ce mois, et rectifié d'après les renseignements qui me sont parvenus depuis peu de jours sur la force des compagnies de fusiliers des 4e bataillons parties des dépôts pour se diriger sur Strasbourg.
S. M. remarquera qu'il manque effectivement 1,177 hommes pour porter chacun de ces bataillons du corps d'armée du général Oudinot à 560 hommes ; et qu'il ne reste pour remplir le plus promptement possible ce vide, que le seul moyen de prendre dans les dépôts des régiments d'infanterie ci-dessous indiqués le restant des conscrits de 4 classes qui s'y trouvent , savoir :
DÉSIGNATION DES CORPS. |
EMPLACEMENT de dépôts. |
PRÉSENTS au 15 février. |
NOMBRE d'hommes que les dépôts viennent de fournir. |
NOMBRE d'hommes restant aux dépôts. |
OBSERVATIONS |
48e infanterie de ligne. |
Anvers |
1044 |
200 |
100 |
NOTA. - Les conscrits de 1810 ne sont point compris dans le nombre d'hommes restant aux dépôts. |
La mesure que j'ai l'honneur de proposer à S. M. est la seule qui soit exécutable, les dépôts des autres corps étant totalement épuisés.
Je supplie donc S. M. de vouloir bien me faire connaître si son intention est d'adopter la proposition que j'ai l'honneur de lui soumettre et de vouloir bien me donner ses ordres pour le mouvement de ces détachements" (Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, p. 216).
Le 21 mars 1809, l'Empereur écrit, depuis La Malmaison, à Alexandre, Prince de Neuchâtel, Major général de l'Armée d'Allemagne, à Paris : "Mon Cousin, donnez ordre au général sénateur Demont de se rendre à Würzburg pour être employé au corps du duc d'Auerstaedt. Faites connaître au duc d'Auerstaedt que je désire qu'il mette sous les ordres de ce général une réserve qui serait composée des 4es bataillons du 30e, du 61e, du 65e, du 33e, du 111e, du 12e et du 85e de ligne ; ce qui fait sept bataillons. Ces sept bataillons ne sont encore qu'à 500 hommes ; ils ne forment donc qu'une force de 3,500 hommes ; mais ils vont bientôt recevoir une compagnie qui leur produira une augmentation de 1,100 hommes. Les 4es bataillons des 48e, 108e, 25e de ligne et 13e léger ne doivent pas tarder à partir de Boulogne ; ce qui portera le nombre des 4es bataillons à onze ; on pourrait y joindre ceux des 7e léger, 17e et 21e de ligne ; ce qui ferait quatorze bataillons. Cette réserve paraît nécessaire ; les divisions restant composées de cinq régiments, et chaque régiment ayant un complet de 2,500 hommes, les divisions seraient de plus de 12,000 hommes ; si l'on y laissait les 4es bataillons, elles seraient de 14 à 15,000 hommes ; ce qui est beaucoup trop fort pour une division. La formation des 4es bataillons n'est pas encore terminée ; il sera bon de les avoir sous la main et en dépôt pour être réunis. Il y a aussi un avantage à cette mesure, c'est qu'un régiment qui a trois bataillons en ligne et un bataillon à la division de réserve, qui peut ne pas se trouver compromis le même jour, peut trouver dans ce bataillon des ressources pour réparer ses pertes. Je désire donc que le corps du duc d'Auerstaedt soit composé de la manière suivante : des divisions Morand, Gudin, Friant et d'une quatrième division formée des kes bataillons de chacune des trois premières divisions. Chacune de ces trois premières divisions doit avoir trois généraux de brigade, un pour l'infanterie légère, et les deux autres commandant deux régiments de ligne ou six bataillons. La division du général Demont devra avoir trois généraux de brigade : un, commandant les 4es bataillons de la 1re division ; un, commandant les 4es bataillons de la 9e division, et un, commandant les 4es bataillons de la 3e division. Deux ou trois bataillons de la même division seront réunis sous le commandement d'un major. Les 4es bataillons des 13e léger, 17e et 30e de ligne seront réunis sous un major de l'un de ces trois régiments. Les 4es bataillons des 61e et 65e seront commandés par un major de l'un de ces deux régiments. Par cette formation, tous les avantages se trouvent réunis ; et le duc d'Auerstaedt aura quatre généraux de division, douze généraux de brigade, quatre adjudants commandants, et soixante pièces de canon, à raison de quinze pièces par division, indépendamment de l'artillerie attachée à la cavalerie, et des généraux et adjudants commandants attachés à son état-major" (Correspondance de Napoléon, t.18, lettre 14934 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20469 ; Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, p. 319). Le 4e Bataillon du 48e ne rejoindra que dans le courant d'avril.
"Décret.
Au palais des Tuileries, le 23 mars 1809.
Art. 1er. - Il sera formé dix-sept demi-brigades provisoires de réserve, composées principalement de deux ou trois compagnies tirées des cinquièmes bataillons de nos régiments d'infanterie.
Art. 2. Chaque demi-brigade sera commandée par un colonel en second ; chaque bataillon par un chef de bataillon. Il y aura un adjudant-major par demi-brigade.
Art. 3. Les dix-sept demi-brigades seront organisées de la manière suivante :
... 8e demi-brigade.
1er bataillon.
3 compagnies du 48e de ligne.
3 compagnies du 108e de ligne.
840 hommes.
2e bataillon.
3 compagnies du 72e de ligne.
3 compagnies du 65e de ligne.
840 hommes.
3e bataillon.
3 compagnies du 13e léger.
3 compagnies du 27e léger.
840 hommes.
4e bataillon.
2 compagnies du 22e de ligne.
2 compagnies du 54e de ligne.
2 compagnies du 45e de ligne.
840 hommes.
Les trois premiers bataillons de cette demi-brigade se réuniront à Gand. Le 4e se réunira à Maëstricht ..." (Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, p 550 - Note : Chaque Compagnie à 150 hommes).
Le 23 mars 1809, l'Empereur écrit, depuis La Malmaison, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, j'ai signé le décret sur la composition des 17 demi-brigades provisoires de réserve ...
vous donnerez ordre que le fonds de la 8e demi-brigade se réunisse à Gand. À cet effet, 2 compagnies du 5e bataillon du 48e, du 108e, 72e, 65e, 13e d'infanterie légère, 27e idem, 22e, 54e et 45e se mettront en marche à la même époque, pour former à Gand les 4 bataillons de la 8e demi-brigade ...
Aussitôt que la 8e demi-brigade sera forte de 1000 hommes, je compte faire partir également les 4es bataillons du 48e, du 108e et du 13e léger. Ces bataillons devront se tenir prêts à partir pour joindre leurs bataillons de guerre ; mais vous prendrez mes ordres pour ce mouvement ..." (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 2, lettre 2992 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20514; Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, p. 199). Le Décret sur la création des 17 Demi-brigades de 2520 hommes chacune a été signé le même jour (voir Saski, Campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche, Paris, Berger-Levrault et cie, 1899, t. 1, p. 550-554).
Le 25 mars 1809, le Duc d’Auerstaedt écrit, depuis Bamberg, au Major général : "J'ai l'honneur de vous rendre compte que, d'après les derniers ordres que j'ai donnés, l'armée du Rhin sera disposée demain, 26, conformément au tableau d'emplacement ci-joint ...
ARMÉE DU RHIN.
Emplacement de l'armée à l'époque du 26 mars ...
2e division d'infanterie.
48e régiment de ligne. Berneck ..." (Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, p. 386).
Le 30 mars 1809, l'Empereur adresse, depuis Paris, à Berthier, Major général, ses instructions, pour la campagne à venir, suivies d'un Etat de la Composition des Divisions et Brigades des différents Corps de la Grande Armée. Le 48e de Ligne doit faire partie du 3e Corps d'Armée commandé par le Maréchal Duc d'Auerstadt; 2e Division Friant, 2e Brigade Grandeau (Correspondance de Napoléon, t.18, lettre 14975 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20619 ; Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, p. 421).
Le 9 avril, dans la soirée, la situation des troupes de l'Armée d'Allemagne est la suivante :
Armée du Rhin (Maréchal Davout).
2e Division (Général Friant).
La droite à Haag, occupé par le 15e Léger; la gauche à Bayreuth, les autres Régiments placés à cheval sur la route de Bayreuth à Amberg; le 33e à Tumbach, le 48e à Emtmansberg, le 108e à Creussen et le 111e à Bayreuth.
Cette Division est reliée au Quartier général, à Nuremberg, par des postes de correspondance composés de 8 hommes et un Brigadier établis à Eschenau, Hilpolstein, Pagnits et Creussen (Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 2, p. 88).
"Le général Friant n'attendit point d'ordre pour commencer son mouvement le 10, jour où la déclaration de guerre lui fut adressée; il ordonna immédiatement au général Gilly, auquel il envoya 2 pièces de 4, de prévenir l'ennemi à Hahnbach et d'aller occuper le même jour Amberg.
Un escadron du 1er chasseurs et deux compagnies du 48e sous les ordres du colonel Méda furent envoyés à Neustadt, par la route de Wundsiedel, pour éclairer la division sur son flanc gauche. Les Autrichiens signalés, le 9, à Waidhausen, étaient plus rapprochés de la position d'Hahnbach que les dernières troupes de la division à Bayreuth.
Le général Gilly avec le 15e occupa Hahnbach jusqu'à l'arrivée du 33e, puis se porta sur Amberg. Le 33e occcupa Hahnbach et détacha son 1er bataillon à Gebenbach pour se mettre en communication avec le colonel Méda dont un des escadrons était sur la route de Pilsen à Hahnbach. Ces mouvements ne purent être effectués que très avant dans la nuit. (La distance qui sépare Bayreuth d'Amberg est de 19 lieues.)
Le 48e prit position à Burggrub, le 108e et le quartier général à Thumbach et le 111e à Emtmannsberg.
Le général Jacquinot qui, avec les 1er et 2e chasseurs à cheval, gardait les avant-postes depuis Neusiedel jusqu'à Hof, recevait l'ordre de réunir ses postes et de se retirer sur Bayreuth (Papiers du général Friant). Le général Friant, dans son rapport du 15 avril, adressé au maréchal Davout, écrit : « La brigade du général Jacquinot qui ne put être réunie que très tard dans la nuit, à Bayreuth, reçut ordre d'y rester; l'attendre c'eût été retarder la marche de la division qui avait besoin de gagner promptement Amberg" (Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 2, p. 101).
"Le 11 au matin, la 2e division était ainsi placée : le 15e à Amberg, le 33e à Hambach ayant un bataillon détaché pour la protection de la route d'Hambach à Hirschau; le 48e occupait Haag, le 108e et le 111e Thumbach. Le général Jaquinot avec le 2e de chasseurs observait les débouchés de Bayreuth. Le 1er chasseurs était à Hirschau. A 5 heures du matin la division était en marche, les Autrichiens tentèrent de couper la chaussée d'Hambach; ils réussirent d'abord à repousser le colonel Méda d'Hirschau, mais il vint se rallier sous le feu du bataillon du 33e. Un bataillon du 111e et deux pièces de 4 arrivèrent pour renforcer le colonel Méda qui maintint l'ennemi et la division continua sa marche. Le quartier général fut le soir à Amberg avec la 1re brigade, les autres régiments restèrent à Hambach et Sulzbach avec ordre d'en partir à minuit pour se rendre à Amberg, le colonel Méda avait ordre de suivre ce mouvement" (Papiers du Général Friant - In : Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 2, p. 111).
"Le 12, à 7 heures du matin, la 2e division quitta Amberg, repassa la Vils, détruisit tous les ponts et vint prendre position à Neumarkt ; sa gauche était appuyée par la brigade de cavalerie légère du général Piré qui se trouvait à Nuremberg, sa droite se liait à la division du général Montbrun occupant Velburg; le 15e d'infanterie légère dût rester à Kastel avec les compagnies de voltigeurs du 111e ainsi qu'un escadron du 1er chasseurs.
La marche de la 2e· division ne fut pas inquiétée ce jour-là" (Papiers du Général Priant - In : Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 2, p. 119).
"RAPPORT HISTORIQUE SUR LA PART PRISE A LA JOURNÉE DU 19 AVRIL 1809, PAR LA 2e DIVISION DU 3e CORPS.
La 2e division, marchant à la suite de la 3e, a débouché vers neuf heures, de la forêt en arrière de Schneidhart : la division Saint-Hilaire était aux prises avec l'ennemi posté sur les hauteurs qui se dessinent au levant du village de Teugen.
Au delà de Schneidhart, descendaient de la forêt des tirailleurs du 7e régiment d'infanterie légère repoussés par l'ennemi embusqué dans les bois.
Les premières dispositions que dut prendre le général de division furent de porter un régiment sur la hauteur au delà de Schneidhart, afin de faire débusquer l'ennemi de ces bois qui appuyaient si fortement et à une distance d'une demi-lieue la droite des siens.
Le 15e régiment d'infanterie légère, sous le commandement du général Gilly, fut chargé de cette opération ; le chef de bataillon Sarraire, du même régiment, s'enfonça dans la forêt à la tête de quatre compagnies, rencontra aussitôt l'ennemi, l'attaqua, le culbuta et le poursuivit pendant plus d'une demi-lieue jusqu'à la crête de ces bois et, par ce mouvement bien exécuté, le chef de bataillon Sarraire ne contribua pas peu à contraindre l'ennemi à abandonner sa position ; d'autant mieux que le général Saint-Hilaire s'était aussi rendu maitre des bois opposés qui flanquaient la gauche ennemie.
Pendant ce temps, le général de division se portait, par échelon, vers le village de Teugen, longeant la lisière des bois opposés au front de l’ennemi.
La brigade de cuirassiers, aux ordres du général Guiton, fut établie en bataille sur un mamelon propice qui se trouve entre la forêt, d'où l'on avait débouché, et le village de Schneidhart.
Cette brigade soutenait le 15e régiment posté sur la croupe des bois, au delà de ce village ; ce corps de réserve avait à sa gauche, près de Dinzling, la division de cavalerie légère, aux ordres du général Montbrun.
Le 48e régiment, aux ordres du général Barbanègre, eut ordre de traverser le vallon qui se trouve entre Schneidhart et Teugen, et de protéger les compagnies aux ordres du chef de bataillon Sarraire, afin de conserver la possession du champ de bataille qu'avait abandonné l'ennemi dès une heure après midi.
Les compagnies de voltigeurs du 108e furent aussi lancées dans ces bois. La masse des tirailleurs était devenue extrêmement nombreuse ; le général de division vit la nécessité de les soutenir par des masses : le 48e eut encore cette mission, la gauche de son ordre de bataille se tenait aux bois et la droite se prolongeait dans la plaine. Le 1er bataillon du 108e fut établi sur la crête de l'arrière position de l'ennemi. Le 33e fut formé en échelons pour appuyer cette première ligne. Les tirailleurs de tous ces corps faisaient des feux roulants et meurtriers. L'ennemi tentait parfois de regagner sa position perdue, mais sa tentative irrita l'opiniâtreté des tirailleurs.
On assure que, dans une de ces tentatives, le généralissime autrichien se mit à la tête des siens, mais on eût dit que les nôtres avaient le sentiment de l'occasion et leur contrechoc n'en fut que plus atterrant.
Deux bataillons du 108e et un autre du 111e, aux ordres du général Grandeau, furent postés sur un plateau en arrière des échelons : cette mesure garantissait de tout événement fâcheux.
Cependant, le général Gilly, resté à sa première position avec le 15e, est inquiété par des gros de tirailleurs qui débusquent sur son flanc gauche ; il lui reste à peine un bataillon, ce régiment en ayant laissé un entre l'Altmühl et la Nab. L'ennemi débouche de la forêt, alors s'engage un combat très opiniâtre ; tous les moyens de résistance sont employés. Le général sent la nécessité de conserver sa position ; sa petite troupe fait des prodiges de contenance ; mais se trouvait en arrière des cuirassiers, un bataillon du 111e chargé de fermer la gauche de la division et de protéger le parc de réserve. Le général Gilly fait arriver cette troupe fort à propos, car dès que ce bataillon parait, l'ennemi ralentit son attaque. Mais, bientôt, il revient à la charge, ses tirailleurs débordent nos troupes ; en même temps débouche du bois une colonne profonde, serrée en masse par division, se portant au pas de charge contre le général Gilly. Cet officier général n'hésite pas un moment à se mettre à la tête des compagnies de grenadiers de ses deux bataillons et se lance, à la baïonnette, contre cette colonne ennemie. Les Autrichiens redoutent le choc et rentrent dans leurs bois.
Il est utile, pour l'historique de cette journée, de ne pas omettre que le général de division avait placé en tête de ses échelons et à leur droite six bouches à feu qui furent du plus grand effet quand l'archiduc Charles, dans son emportement, se mit à la tète de ses troupes pour regagner le terrain perdu.
Dans cette journée, la 2e division n'eut pas, en masse, un de ces instants d'éclat qui lui rappela les batailles d'Austerlitz et d'Iéna, mais toutes ses heures furent employées à maintenir et à soutenir.
Le combat du général Gilly démontre assez dans quelle disposition heureuse étaient les troupes de cette division.
Les quatre compagnies du 15e, aux ordres du chef de bataillon Sarraire, lancées dans des bois de trois quarts de lieue d'étendue et débouchant en arrière de la droite de l'ennemi, est une action belle et digne d'éloges.
Les tirailleurs des divers corps de la division, repoussant le soir la charge dirigée par le généralissime Charles, est une nouvelle preuve de la supériorité de notre mousqueterie ...
A en juger d'après la supériorité constante que nos tirailleurs ont obtenue sur les Autrichiens, on peut croire que leur perte est considérable, le général soussigné ne croit pas exagérer en portant cette perte de l'ennemi à 2,000 hommes. Le 15e régiment a jonché de morts le terrain de ses assaillants. On ramasse encore des prisonniers et des déserteurs égarés, ainsi que leurs blessés abandonnés sur le champ de bataille.
Au quartier général à Teugen, le 20 avril 1809" (Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 2, p. 260).
"RAPPORT HISTORIQUE DES OPÉRATIONS DU 3e CORPS DE L'ARMÉE D'ALLEMAGNE (Arch. du Prince d'Eckmühl).
Le maréchal Davout, pour seconder le mouvement de l'Empereur sur Landshut, déboucha à la pointe du jour, le 21, de Teugen et de Hausen, qui avait été occupé, le 20, par la 10e d'infanterie légère et par la brigade légère du général Piré. La division du général Saint-Hilaire précédée de la brigade Piré marchait en tête et sur deux colonnes à travers la plaine du village de Hansen et celle du général Friant au travers des bois en avant de Teugen. On s'avançait dans cet ordre sur les villages de la rive gauche de la Laher ; la cavalerie légère et le 10e faisaient l'avant-garde …
Le maréchal, qui était de sa personne avec cette avant-garde, se porte en avant ct reconnait l'avant-garde ennemie qui s'avançait avec une grande résolution. Il n'hésite pas à la faire attaquer. Il ordonne à un bataillon du 10e de s'emparer des bois de gauche, au 3e de ligne de se porter sur les bois de droite jusqu'à la pointe qui regarde Langquaid, tandis qu'il faisait charger les deux autres bataillons appuyés d'une batterie légère.
L'avant-garde ennemie, poussée avec vigueur à son centre et coupée par les manœuvres dans les bois, ne put résister. Son infanterie fut détruite ou faite prisonnière. La vigueur de cette attaque et la décision du mouvement étonna l'ennemi qui arrêta sa marche et déploya ses colonnes sur les hauteurs en arrière des villages d'Ober-Laichling et Unter-Laichling qu'il occupait en forces. Il était rangé sur plusieurs lignes appuyant son aile droite au bois et son aile gauche au mamelon, à la gauche d'Unter-Laichling. Il avait établi sur ce mamelon toute l'artillerie qui pouvait y prendre place ; sa droite et son flanc étaient protégés par des bois épais, montueux, hérissés de roches et farcis de tirailleurs. Le maréchal Davout reconnut alors, entre la position de l'ennemi et ses deux divisions à qui l'attaque suivie du succès contre l'avant-garde ennemie permettait d'arriver sur les hauteurs, une position favorable et susceptible d'être défendue par peu de monde contre des forces supérieures. Il fit toutes ses dispositions pour s'emparer de cette position, et, après quelques combats, se trouva placé ainsi qu'il l'avait voulu ; des ravins sur son front, la Gross-Laber sur sa droite et des bois sur sa gauche. Dès que ses troupes furent placées, il fit attaquer le village d'Unter-Laichling, qui appuyait la gauche de l'armée autrichienne, par une compagnie de voltigeurs du 10e et par un bataillon du 57e ; le village est emporté et les 400 hommes qui le défendaient sont faits prisonniers.
L'artillerie légère, sur le plateau qui commande la droite de l'ennemi, rompait en même temps un gros de cavalerie ennemie qui chargeait les pièces ; son feu soutenu forçait ce corps à la retraite.
Dans le même instant, le maréchal ordonne au général Friant de faire attaquer, par tous les tirailleurs de la division, les tirailleurs ennemis qui étaient répandus en très grand nombre sur le front de l'armée autrichienne. Le capitaine du génie Henrat, chargé de cette opération, s'en acquitta avec habileté et bientôt la bravoure et l'intelligence des voltigeurs qu'il dirigeait nous rendit maîtres du rideau et on put voir toutes les dispositions de l'ennemi.
Alors s'engagea dans les bois le feu de mousqueterie le plus vif et sur les plateaux une canonnade qui dura plusieurs heures. Les six bouches à feu de la division Friant, commandées par le chef de bataillon Dardennes, furent du plus grand effet dans ce moment où l’archiduc Charles se mit à la tête de ses troupes pour regagner le terrain perdu ...
Cependant, on se battait, dans les positions que nous avons détaillées, avec un grand acharnement. Le général Friant eut son cheval tué sous lui à côté du maréchal, et bon nombre de ses soldats étaient mis hors de combat.
Le maréchal se tenait de sa personne en ce moment à la batterie du général Saint-Hilaire, placée sur la hauteur en arrière de Unter-Laichling, ce point étant celui de la bataille, il était avec le général Compans, son chef d'état-major et le colonel Bourke. Voyant que nos troupes pliaient sur …, il ordonne au général Compans de faire un mouvement sur le flanc droit de l'ennemi avec le 111e, commandé par le colonel Husson et soutenu par le 33e qui, dans cette manœuvre, était chargé de tourner le village de Päring.
A peine le général Compans était-il parti que le maréchal voit déboucher à la crête où étaient établies les pièces de 12 une colonne hongroise que la déclivité du terrain n'avait pas permis de voir jusqu'alors. La tête de cette colonne n'était plus qu'à trente pas des pièces, l'attention des artilleurs étant dirigée sur un autre point. Le maréchal, avec un sang-froid admirable, fait pointer l'obusier le plus près de lui sur cette tête de colonne qui, arrivée à la crête, était restée quelques minutes dans un état d'étonnement. Quelques coups à mitraille furent dirigés avec tant de bonheur et tirés avec tant de célérité que la 1re compagnie fut exterminée et le reste de la colonne mis en déroute.
Cependant, le général Compans exécute la manœuvre ordonnée, fait taire l'artillerie ennemie et décide sa retraite en arrière de Päring. Les hauteurs qui environnent ce village sont ainsi couronnées par les troupes françaises, le général Grandeau attaque le village, s'en empare et y fait prisonniers 500 Hongrois.
L'ennemi, chassé de sa position et de la plaine, tâche de se maintenir dans les bois, mais la division Friant, disposée en échelons, manoeuvre de manière à dépasser la droite de l'armée autrichienne, qui bientôt nous ahandonne les hauteurs au nord de Schierling. Un bataillon du 48e emporte ce village à la baïonnette et y fait prisonnier tout ce qui le défendait.
Dans cette nouvelle position, l'ennemi se trouvait avoir fait un changement de front en arrière et les troupes françaises un changement de front en avant. On se trouvait en face, prêtant le flanc aux positions primitives. La canonnade s'engagea de nouveau plus fortement, soutenue de la mousqueterie du 15e léger et des tirailleurs souvent relevés jusqu'au soir. Au moment où s'engageait cette nouvelle attaque dans les positions dont on vient de parler, le maréchal avait ordonné au général Saint-Hilaire de former en colonne les 57e, 72e et 105e et de les placer en échelons en avant du village de …, et de faire appuyer le bataillon du 3e de ligne, qui se battait dans les bois de gauche, par deux bataillons du 57e.
Par ce mouvement, ces troupes se trouvèrent en communication avec la division Demont, composée des 4 bataillons du 3e corps et formée de jeunes soldats. Cette division avait passé le Danube à Ingolstadt le 19, s'était portée le 20 à Abensberg et, le 21, à Langquaid, où elle s'était réunie aux Bavarois du maréchal Lefebvre.
Alors, les échelons de la division Saint-Hilaire obliquèrent à droite et, chassant l'ennemi devant eux, marchèrent sur Päring, qu'ils laissèrent à droite et où fut établi en réserve le 57e régiment et suivirent le mouvement de la division Friant. Ils prirent position vis-à-vis le village de Laichling, où les échelons de droite et l'artillerie eurent à répondre au feu et à la mousqueterie de l'ennemi jusque vers 8 heures du soir. Une heure avant la nuit, le 33e, sous les ordres du général Hervo, fut posté à I'extrtême gauche de la division Friant en arrière d'Ober-Laichling. L'ennemi réunit tous ses moyens pour emporter ce point. Le général, de son côté, fit tous ses efforts pour le conserver ; ils furent couronnés de succès. Ce général, embusqué avec son régiment dans des éclaircies de bois, soutint plusieurs charges vigoureuses et les repoussa toutes en faisant éprouver à l'ennemi de grandes pertes. Enfin, les deux compagnies d'élite du 105e, commandées par le chef de bataillon Schmitz, se portent à l'extrême droite des Autrichiens et deux charges successives de ces valeureux soldats dégoûtent les Autrichiens de leurs attaques continuelles.
La nuit était venue ; le maréchal fait allumer les feux de bivouac sous le feu du canon et de la mousqueterie autrichienne et ordonne de cesser le feu" (Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 2, p. 311).
"RAPPORT DE LA 2e DIVISION DU 3e CORPS SUR LA PART QU'ELLE A PRISE A LA JOURNÉE DU 22 AVRIL 1809.
La mousqueterie et l'artillerie n'ayant cessé leurs feux, le 21, qu'à 9 heures du soir, et l'ennemi ayant établi ses bivouacs et allumé ses feux à portée de canon des nôtres, le général de division devait s'attendre à être attaqué le 22. Il fit ses dispositions, même contre une attaque de nuit, qu'il eut quelques motifs de soupçonner. Des patrouilles roulèrent pendant la nuit, des découvertes furent poussées de côté et d'autre. Le général ne tarda pas à reconnaitre que l'ennemi avait fait des mouvements sur sa droite et pourrait tenter de reprendre les positions dont il avait avec tant d'opiniâtreté et si inutilement essayé de s'emparer la veille. Les 33e et 48e furent établis le long de la lisière des bois qui faisaient face à l’ennemi ; les 111e et 108e furent postés à l'extrême gauche, point d'attaque présumé de la part des Autrichiens.
Le 15e fut établi en réserve dans l'éclaircie des bois. L'artillerie était prête à se porter partout où il serait besoin. Toutes les communications étaient reconnues et bien gardées. Tout présageait un combat de 10.000 hommes embusqués dans des bois contre 30,000 assaillants.
Cependant, au lever du soleil, l'ennemi reste tranquille ; il est sans doute instruit de la marche du gros de l'armée. D'attaqués que nous devions être, nous recevons l'ordre de nous porter en avant au premier coup de canon ; il est midi, le signal est donné. Le général de division fait porter sa grosse artillerie sur le plateau en avant du 33e régiment ; les lignes s'ébranlent ; l'artillerie tonne de toute part. Le 33e s'avance, le 15e se présente en réserve, le 108e occupe le centre ; les 48e et 111e menacent l'extrême droite de l'ennemi ; un bataillon du 48e s'élance tête baissée dans le même bois d'où, la veille, l'ennemi dirigeait ses attaques ; la charge se bat et les Autrichiens sont en fuite. Cependant leurs forces sont immenses proportionnellement aux nôtres ; on ne peut lancer tout son monde. Les tirailleurs, protégés par les lignes, paient d'audace, les bois ne se balayent pourtant pas assez vite. Le général Barbanègre se porte au pas de charge à la tête de quelques compagnies, la frayeur le précède et cette droite ennemie si menaçante ne doit son salut qu’à l'épaisseur des bois et à la difficulté du terrain qui nous oblige souvent à resserrer nos mouvements. Les Bavarois à la droite paraissent éprouver quelque résistance. Le général de division, pour les dégager, reçoit l'ordre de se porter à travers la forêt sur le village d’Ober-Sanding : on débouche par la forêt en arrière de ce village ; nous menaçons l'extrême droite de l'ennemi ; tout projet de résistance est illusoire, sa retraite est décidée ; on s'aperçoit qu'il n'a plus d'espoir que dans quelques mouvements de cavalerie. Nos lignes se forment, l'artillerie légère les précède ; on dépasse le village d'Ober-Sanding, le 33e est porté à droite de la division en avant de ce village ; le 15e est disposé pour s'emparer d'une touffe de bois qui recèle deux bataillons de tirailleurs ; le 48e est à sa gauche formant le bataillon carré ; le 108e est en arrière en colonne ; le 111e garantit la gauche ; l'artillerie, en arrière et au-dessous du 15e, foudroie tout et ne craint rien. Cette disposition menaçante attire l'arrière-garde de l'ennemi ; il hasarde quelques escadrons qu'il lance à diverses reprises par sa gauche sur le 33e et par sa droite contre le 111e ; impuissantes tentatives ! Les mêmes soldats qui avaient repoussé ou contenu l'infanterie autrichienne les 19 et 21, reçoivent la cavalerie avec ce calme, ce sang-froid et cette assurance qui présagent le succès. Toutes ces différentes charges faites après le coucher du soleil m'émurent par le courage des plus faibles. Pendant ce temps, le 15e chargeait dans le bois qui était en face de lui et culbutait les deux bataillons de retraite.
Cette journée pour la 2e division ne le cède qu'à celle d'Austerlitz, encore a-t-elle plus d'éclat : 30,000 hommes sont dans une attitude menaçante ; leurs mouvements ne tendent qu'à envelopper cette division. Cependant elle a ordre de sortir des bois, et à peine ses lignes sont-elles formées que l'ennemi prend la fuite.
La perte de la division a été peu considérable le 22. Si l'on considère les charges de notre infanterie dans les bois, le jeu d'une nombreuse artillerie à laquelle l'ennemi n'osait opposer la sienne, crainte de la perdre, six charges de cavalerie à bout portant, l'avantage continuel de nos tirailleurs sans un instant d'interruption, la grande quantité des morts et de blessés que l'ennemi n'a pu emporter, le grand nombre de ses prisonniers qui veulent tous être déserteurs, on peut sans exagération faire monter sa perte dans cette journée à 3,000 hommes, et, si l'on révoquait en doute les divers aperçus donnés dans le rapports des 19, 21 et 22 sur la perte de l'ennemi, qu'on veuille bien faire attention à la déclaration de déserteurs de dix-huit régiments, dont la majeure partie avouent la réduction de leurs compagnies de 140 bommes à 60 et 70. Il est donc plus que probable que, dans ces trois journées, 1a division, vu les grands et longs engagements, a causé à l'ennemi une perte d'au moins 8,000 hommes ; c'est presque un nombre égal à celui de ses baïonnettes, car il est à remarquer que la division avait laissé plus de deux bataillon sur la rive gauche du Danube.
Cette dernière journée a fourni au général Barbanègre un nouveau moyen de justifier sa promotion récente au grade d'officier général.
La manière dont le 33e accueillit les diverses charges de cavalerie fait honneur au colonel Ponchelon.
Le général soussigné, qui regarde l'issue de la journée du 22 comme celle d'une longue bataille, rend cet hommage aux officiers de toute les armes qui se trouvent sous ses ordres et à toutes les troupes en général, qu'ils ont tous fait leur devoir. Le soldat ne s'est jamais montré plus vertueux ; ses fatigues étaient sans relâche, ses privations extrêmes et même désolantes ; il n'est arrivé à aucun d'eux d'élever le moindre murmure ; on a peu vu de trainards, chacun n'osait se soustraire au combat. S. M. peut être assurée du bon esprit de la 2e division de son 3e corps d'armée, comme elle est convaincue de l'amour des chefs qui la commandent, pour sa personne.
Au bivouac sous Ratisbonne, le 23 avril 1809.
L. FRIANT" (Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 2, p. 347).
Le 26, le 3e Corps occupe les positions suivantes : la Cavalerie légère en avant de Nittenau; la 1re division à Regenstaur; la 2e Division à Kürn (le 48e de Ligne occupe les hauteurs de la Trinité en avant de Ratisbonne); la 3e Division à Nittenau (Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 3, p. 30).
Le 28 avril 1809, le Général Barbanègre reçoit, de grand matin, l'ordre de se porter de la Trinité sur Strauhing, avec 2 Bataillons du 48e pour garder la tête de pont; le 3e Bataillon de ce Régiment devant rester à la Trinité (Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 3, p. 58).
Le 29 avril 1809, à 11h00 du matin, le Maréchal Davout écrit, depuis Kürn, à l’Empereur : "... Aussitôt que j'ai été instruit du départ de la division Boudet de Straubing, j'y ai envoyé le 48e régiment et un bataillon de la division Rouyer …" (Mazade C. (de) : « Correspondance du Maréchal Davout, prince d'Eckmühl : ses commandements, son ministère, 1801-1815 », t. 2, p. 496, lettre 689 ; Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 3, p. 66).
Le même 29 avril 1809, à 11 heures et demie du matin, le Duc d'Auerstaedt écrit, depuis Kürn, au Major général : "... J'ai prévenu vos intentions en envoyant un bataillon de la division Rouyer à Straubing; le 48e y est aussi depuis hier ..." (Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 3, p. 68).
/ 1810, Allemagne
La 2e Division (Général Friand) de l'Armée d'Allemagne, composée des 15e Léger, 33e et 48e de Ligne, 108e et 111e de Ligne, de la Légion portugaise (Infanterie et Chasseurs), d'Artillerie et Train, se rend dans l'Innviertel et le pavs de Salzbourg, où elle est cantonnée à partir de février; 2 Régiments à Passau et environs, 1 dans le voisinage de cette place sur la rive gauche du Danube, 1 à Brannau, 1 à Salzbourg et les Portugais à Scharding et environs (Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 1, Lavauzelle, page 299).
Le 15 mars 1810, l'Empereur ordonne, depuis Paris : "Notre ministre de la guerre donnera les ordres ci-après :
ARMÉE D'ALLEMAGNE ...
Le grand quartier général, les grandes administrations, les parcs généraux d'artillerie et du génie, et tout ce qui appartient à l'état-major général de la Grande Armée, sont dissous à dater du 1er avril prochain.
Les états-majors et administrations, et tout ce qui tient à l’organisation des 2e et 4e corps et de la réserve générale de cavalerie, sont dissous conformément aux dispositions prescrites par des décrets des 7 et 18 février dernier.
En conséquence, l'armée qui restera en Allemagne sous le commandement du prince d’Eckmühl sera composée de la manière suivante, savoir :
... 2e division d’infanterie, commandée par le général Friant, composée des 15e régiment d'infanterie légère, 33e, 48e, 108e et 111e régiments d'infanterie de ligne.
Cette division sera cantonnée du côté de Ratisbonne, de Nuremberg et de Straubing ..." (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 3, lettre 4105; Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 1, Lavauzelle, page 93).
En avril 1810, la 2e Division (Général Friand) de l'Armée d'Allemagne est cantonnée aux environs de Nuremberg, Ratisbonne et Straubing (Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 1, Lavauzelle, page 299).
En mai 1810, la 2e Division (Général Friand) de l'Armée d'Allemagne reçoit l'ordre de se rendre à Ulm (Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 1, Lavauzelle, page 299).
Du 1er octobre au 31 décembre 1810, la 2e Division (Général Friand) de l'Armée d'Allemagne est à Francfort et à Magdebourg (Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 1, Lavauzelle, page 299).
Le 6 octobre 1810, l'Empereur adresse, depuis Fontainebleau, au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, à Paris, une Note sur l'organisation des armées; concernant l'Armée d'Allemagne, il écrit : "… 1er corps : le 7e d'infanterie légère formerait quatre bataillons ; le 13e, quatre ; le 15e, quatre (le 4e bataillon de ce régiment, étant en Espagne, serait remplacé par le 3e bataillon du 6e léger) ; le 33e d'infanterie légère, quatre ; le 12e de ligne, quatre ; le 17e, quatre ; le 21e quatre ; le 25e, trois (le 4e bataillon en Espagne) ; le 30e, quatre ; le 33e quatre ; le 48e, quatre ; le 57e, quatre ; le 61e, quatre ; le 85e, quatre ; le 108e, quatre ; le 111e, quatre ; total, 16 régiments formant 63 bataillons.
Ces 63 bataillons composeraient 4 divisions ; chaque division serait formée d'un régiment d'infanterie légère et de 3 régiments de ligne. Ce premier corps serait celui qui est actuellement en Allemagne, sous les ordres du prince d'Eckmühl ..." (Correspondance de Napoléon, t.21, lettre 17000 ; Correspondance générale de Napoléon, t.10, lettre 24816 ; Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 1, Lavauzelle, page 172).
Le 9 octobre 1810, le Ministre de la Guerre adresse son Rapport à l’Empereur : "Sire, j'ai l'honneur de soumettre à Votre Majesté, conformément à votre ordre du 4 de ce mois, un projet d'organisation de l'armée d'Allemagne.
Les trois divisions d'infanterie se trouvent déjà organisées, savoir :
... La 2e division, sous les ordres du général Friant, se compose du 15e régiment d'infanterie légère, des 33e, 48e, 108e et 111e de ligne, des 2e et 6e compagnies du 7e d'artillerie à pied et de quatre compagnies du 3e bataillon bis du train; au total : 15 bataillons, 7 compagnies d'artillerie, 12.387 hommes et 933 chevaux du train ..." (Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 1, Lavauzelle, page 188).
Le 13 octobre 1810, le Prince d’Eckmühl écrit, depuis Fontainebleau, à l’Empereur : "Sire, en conséquence des ordres de Votre Majesté du 2 octobre, j'ai l'honneur de lui faire connaitre que deux régiments de la division Friant, les 15e d'infanterie légère et 33e de ligne, ont reçu l'ordre de se rendre à Francfort avec six pièces d'artillerie; je n'ai pu faire connaitre dans le temps à Votre Majesté l'époque où ces régiments arriveraient, étant obligé d'attendre les itinéraires que le général Friant vient de m'envoyer.
Le 15e régiment d'infanterie légère arrivera à Francfort le 17 octobre et le 33e de ligne le 18. Le général Friant est en ce moment à Mayence, où il attendra de nouveaux ordres; s'il n’en recevait point, il se rendrait à Francfort le 17, en même temps que le 15e régiment, et s'y établirait. Le 108e régiment sera vers le 6 novembre à Magdebourg et le 111e y sera du 8 au 9 avec tout le reste de l'artillerie de la division.
Le 48e régiment restera à Ulm, jusqu'à ce que le pays soit remis aux agents du roi de Wurtemberg, et, à cette époque, il en partira pour aller dans les environs de Magdebourg" (Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 1, Lavauzelle, page 192).
Le 7 novembre 1810, le Ministre de la Guerre répond à une demande de l’Empereur, qui souhaite savoir "combien on pourrait tirer d'hommes des 4es et 5es bataillons des 15 régiments d'infanterie qui forment le corps du prince d'Eckmühl en Allemagne, pour renforcer ces régiments" : "Sire, j'ai l'honneur d'adresser à Votre Majesté, conformément à son ordre du 3 de ce mois, un état de la situation des 4es et 5es bataillons des 15 régiments de l'armée d'Allemagne.
Les 4es bataillons des 15e léger et 25e de ligne, étant employés à l'armée de Catalogne, ces 15 régiments ne se trouvent avoir que 28 bataillons à leurs dépôts, au lieu de 30.
L'effectif actuel de ces 28 bataillons est de 7.122 hommes sur lequel nombre :
2.738 hommes sont en état de partir, pour rejoindre leur régiment en Allemagne.
157 ne sont ni inscrits ni habillés.
75 sont malades ou valétudinaires.
216 attendent la retraite ou la vétérance.
227 sont à réformer.
194 enfants de troupe.
497 ouvriers, employés aux ateliers des dépôts.
1.138 sous-ofliciers, caporaux, tambours des cadres et instructeurs des dépôts.
328 officiers appartenant aux: cadres et dépôts.
5.570 hommes au total présents sous les armes.
381 absents par congé.
854 malades aux hôpitaux.
317 détachés en recrutement.
7.122 hommes à I'effectif.
Les 2738 hommes en état de partir pourraient se former en un régiment de marche, composé de la manière suivante, à raison de un officier, deux sous-officiers, quatre caporaux ct un tambour par détachement de 100 hommes.
La 18e demi-brigade provisoire, qui est dans l'Ile de Walcheren, se trouvera dissoute, du moment où Votre Majesté ordonnera le départ des 4es bataillons des 15e léger, 48e et 108e de ligne, pour la formation du régiment de marche de l'armée d'Allemagne.
J'ai l'honneur de proposer à Votre Majesté de remplacer ces trois bataillons par les 1er et 2e bataillons du 123e de ligne, qui sont actuellement en Hollande et par un détachement de 400 vétérans du 11e bataillon qui est actuellement en Hollande" (Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 1, Lavauzelle, page 201).
Le 8 novembre 1810, l'Empereur écrit, depuis Fontainebleau, au Général Clarke : "Monsieur le due de Feltre, donnez des ordres pour qu'il soit formé un régiment de marche, qui sera composé des hommes disponibles des :
4e et 5e bataillons du 13e léger, jusqu'à concurrence de 500 hommes; Du 17e de ligne. 400; Du 30e – 30; Du 57e – 40; Du 61e – 30; Du 15e léger. 30; Du 48e 600; Du 108e 700; Des détachements du 12e de ligne. 6; Du 21e de ligne. 60; Du 85e – 30.
Ce régiment de marche, fort de 2.500 hommes, se réunira à Wesel, d'où il se rendra à Hambourg, quartier général de l'armée d'Allemagne. Là, il sera dissous, et les cadres des 4es et 5es bataillons rentreront en France, sans qu'il en soit rien retenu ..." (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 3, lettre 4797; Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 1, Lavauzelle, page 202).
Le 6 décembre 1810, le Prince d’Eckmühl écrit, depuis Paris, à l’Empereur : "Sire, en conformité des ordres que Votre Majesté m'a donnés par sa lettre du 5, j'ai l'honneur de lui transmettre un état de situation de son armée d'Allemagne, à l'époque du 20 octobre dernier. Les observations à la suite de cet état indiquent les troupes de diverses armes, qui, jusqu'à ce jour, ont eu ordre de rejoindre l'armée d'Allemagne, et qui n'y étaient pas arrivées au 20 novembre.
Situation de l'armée d'Allemagne à la date du 20 octobre 1810.
(Extrait.)
... 2e Division Général Friant (en route).
15e léger, 33e de ligne, 48e, 108e, 111e, Artillerie. En route ..." (Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 1, Lavauzelle, page 216).
L’Empereur avait ordonné le 8 novembre 1810 la réunion d’un Régiment de marcher à Wesel, pour fortifier les Corps du Prince d’Eckmühl. Le 7 décembre, depuis Paris, il demande au Duc de Feltre "Quand ce régiment sera-il réuni? Il est probable qu'il ne sera pas en état de partir avant Noël; mon intention n'est pas de faire voyager les hommes par le temps le plus dur de l'année, je désire donc qu'ils restent à Wesel et qu'ils partent après les grands froids". Dès le lendemain, 8, le Ministre de la Guerre rend compte des ordres qu'il a donnés pour la réunion à Wesel du Régiment de marche et de son départ pour Hambourg : "Sire, j'ai eu l'honneur de rendre compte à Votre Majesté, par mon rapport du 20 novembre, que le régiment de marche d'environ 2.500 hommes, qu'elle a ordonné le 8 du même mois d'organiser pour l'armée d'Allemagne et de diriger d'abord sur Wesel, ne pourrait être réuni dans cette place que le 17 décembre, attendu que les 4e bataillons des 13e léger, 48e et 108e de ligne qui devaient en composer la majeure partie, ne seraient mis en marche qu'après avoir été préalablement relevés dans l'ile de Walcheren par les troupes venant de Hollande et destinées à former la garnison du département des Bouches-de-l'Escaut.
J'ai rendu compte en même temps à Votre Majesté que j'avais donné l'ordre de faire filer ce régiment de marche le 19 décembre, surlendemain de la réunion de tous les détachements à Wesel, et de le diriger, conformément au mème ordre du 8 novembre, sur Hambourg, où il arrivera le 4 janvier.
J'ai fait connaitre à M. le maréchal prince d'Eckmühl, en lui donnant avis du mouvement de ce régiment de marche sur Hambourg, que l'intention de Votre Majesté était qu'il fût dissous à son arrivée dans cette place, que les divers détachements qui le composent fussent envoyés de suite à leurs corps respectifs et que les cadres retournassent en France sans qu'il en fût rien retenu à l'armée d'Allemagne.
M. le prince d'Eckmühl m'a répondu qu'il avait donné tous les ordres nécessaires pour l'exécution de ces dispositions.
Quoique tout se trouve disposé pour que ce régiment de marche parte de Wesel le 19 décembre et soit rendu à Hambourg le 4 janvier, probablement avant les grands froids, je supplie Votre Majesté de me faire connaitre si son intention est, néanmoins, que je le fasse retenir à Wesel; j'aurais encore le temps de donner les ordres nécessaires pour suspendre son départ de cette place" (Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 1, Lavauzelle, page 220). L'Empereur décide, de Paris, le 9 décembre 1810 "S'il arrive avant les grands froids, il faut le laisser aller; recommandez au prince d'Eckmühl de faire dissoudre ce régiment à son passage près de Brème, afln qu'il n'y ait pas de compagnies obligées de rétrograder et de faire double chemin". Le Régiment de marcbe, réuni à Wesel, se met en route le 19 décembre et arrive le 4 janvier 1811 à Hambourg où il est dissous; les hommes sont répartis dans les corps de l'armée d'Allemagne.
/ 1810, 18e Demi-brigade provisoire
Le 15 mars 1810, l'Empereur ordonne, depuis Paris : "Notre ministre de la guerre donnera les ordres ci-après :
... ARMÉES DU NORD ET DE BRABANT ...
Les états-majors, les administrations, et tout ce qui tient à l'organisation des armées du Nord et de Brabant sont dissous, à dater du 5 avril prochain, pas avant ...
... La 18e demi-brigade provisoire, composée du 4e bataillon du 13e d'infanterie légère, du 4e bataillon du 48e de ligne, du 5e bataillon du 65e et du 4e bataillon du 108e, sera employée dans l'île de Walcheren. Le 3e bataillon du 3e régiment suisse, qui fait actuellement partie de la 21e demi-brigade provisoire, sera attaché à la 18e demi-brigade ; il sera envoyé, à cet effet, dans l'île de Walcheren ..." (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 3, lettre 4105; Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 1, Lavauzelle, page 93).
/ 1810, Espagne
Concernant l'Espagne, l'Empereur écrit, le 7 janvier 1810, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, les quatre premiers bataillons auxiliaires qui sont à Versailles seront réduits à deux, composés de la manière suivante. Savoir :
1er bataillon (infanterie de ligne) ...
5e compagnie 2 [officiers] 117 [soldats] du 105e
58 [soldats] du 48e
2 [officiers] 175 [soldats] ...
2e batailllon (infanterie légère) ...
Le comte de Lobau dressera procès-verbal de la formation de ces deux bataillons avant le 10 janvier ; les compagnies seront égalisées, leur chef de bataillon sera nommé pour commander chaque bataillon. Il sera également nommé à toutes les places d'officiers et de sous-officiers.
Les sous-officiers et soldats seront effacés des contrôles de leurs corps et, à dater du 1er janvier 1810, l'existence de ces bataillons sera reconnue, et ils seront payés directement par te Trésor.
Il y aura trois tambours par compagnie.
Au fur et à mesure que les bataillons auxiliaires viendront à se former, au lieu de 12, les cadres seront resserrés, de manière que chaque bataillon soit porté au complet de 840 hommes.
Un colonel en second sera nommé inspecteur de tous les bataillons auxiliaires. Il sera chargé de rendre compte au ministre de leur formation et de veiller à ce que les différents détachements partent des lieux où ils se rassemblent, bien organisés et complets en officiers, sous-officiers et soldats.
Le 5e bataillon auxiliaire qui se réunit à Lyon en partira avec la formation provisoire qu’il aura reçue dans cette ville, et se rendra à Bayonne où il sera définitivement formé.
Faites-moi connaître pourquoi les corps ont envoyé aux bataillons auxiliaires des détachements dont la force est si peu proportionnée aux demandes qui leur ont été faites ; je désire savoir quand ils pourront envoyer le reste.
Aussitôt qu’un bataillon auxiliaire sera formé, présentez-moi un projet de décret pour lui donner une éxistence régulière.
Faites mettre à la dispositionn du comte Lobau une trentaine de jeunes gens de Fontainebleau, pour être placés dans ces bataillons.
Surtout ayez soin de mettre à Versailles un colonel en second qui veille à l’instruction
P.S : Vous dirigerez sur le second bataillon deux compagnies d'infanterie légère, faisant 300 hommes, pour compléter ce bataillon" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 3, lettre 3904 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 22808).
/ 1811, Allemagne
Du 1er janvier au 31 mars 1811, la 2e Division (Général Friand) de l'Armée d'Allemagne est à Rostock (Quartier-général), Vismar, Lubeck et dans le Mecklembourg (Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 1, Lavauzelle, page 299).
Le 13 février 1811, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, à Paris : "Monsieur le Duc de Feltre, au 1er avril l'armée d'Allemagne sera composée de la manière suivante :
... 2e division : le général de division Friant, commandant ; les généraux Grandeau et Duppelin, généraux de brigade. 2e d'infanterie légère ; 43e, 48e, 111e de ligne.
... Chaque régiment, dans le courant de l'été, aura 4 bataillons ; ce qui fera 16 bataillons par division ou 12,000 hommes.
Chaque régiment aura également, dans le courant de l'été, 4 pièces de canon ; ce qui fera 16 pièces de canon par division ...
Les mouvements de l'armée d'Allemagne doivent se faire par Wesel, qui est le grand dépôt.
Ces ordres doivent être tenus secrets, et vous devez prescrire les différentes dispositions sans que personne ait connaissance de cette lettre. Vous m'apporterez vous-même la formation de l'armée en ses différentes parties, avec la désignation des officiers, pour que je l'approuve, et vous l'enverrez ensuite au prince d'Eckmühl, comme définitivement arrêtée ..." (Correspondance de Napoléon, t.21, lettre 17328 ; Correspondance générale de Napoléon, t.10, lettre 25918; Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 2, Lavauzelle, page 39).
"DÉCRET DU 11 AVRIL 1811.
Titre 1er.
Création d'un 6e bataillon à quatorze régiments de l'armée d'Allemagne.
ART. 1er. — Il sera formé un 6e bataillon aux 13e et 7e régiments d'infanterie légère et aux douze régiments d'infanterie de ligne qui font partie du corps de l'armée d'Allemagne.
ART. 2. — Ces sixièmes bataillons n'auront pas de compagnies de grenadiers ni de voltigeurs; ils ne seront composés que de six compagnies de fusiliers.
ART. 3. — Au 1er mai prochain, notre ministre de la guerre nous présentera la nomination des chefs de bataillon qui commanderont ces sixièmes bataillons.
Les colonels, qui commandent les bataillons de guerre qui sont en Allemagne, désigneront dans ces trois bataillons deux capitaines et deux lieutenants par bataillon. Il sera pris, en outre, sur tout le régiment, un adjudant-major.
Six sous-lieutenants seront pris, soit dans les vélites de notre Garde, soit dans notre école militaire de Saint-Cyr.
Notre ministre de la guerre fera désigner en outre 6 sergents-majors pris parmi les sergents en activité dans les trois bataillons de guerre; 24 sergents pris moitié dans les sergents en activité des bataillons de guerre et moitié parmi les caporaux et soldats desdits bataillons, et 48 caporaux, desquels 21 seront pris parmi les caporaux en activité et 24 parmi les soldats ayant au moins quatre ans de service dans les bataillons de guerre.
ART. 4. — Les ordres seront donnés pour que les cadres soient rendus aux dépôts au 1er juin, afin qu'ils soient prêts pour recevoir la conscription.
ART. 5. — Lorsque les sixièmes bataillons seront arrivés en ligne, les colonels en feront faire le tiercement avec les autres bataillons, de manière que les compagnies aient un égal nombre de vieux et de nouveaux soldats.
ART. 6. — Les régiments étant ainsi composés à six bataillons, il sera attaché à chaque régiment un major en second qui rejoindra les bataillons de guerre aussitôt que les quatrièmes bataillons y seront arrivés.
Les 1er et 2e bataillons, en bataille, seront commandés par le colonel; les 3e et 4e bataillons, en bataille, seront commandés par le major en second ..." (Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 2, Lavauzelle, page 173 - Ce décret est complété par celui du 23 avril 1811).
Le 19 avril 1811, l'Armée d'Allemagne est composée de trois Corps; le 1er est le Corps d'observation de l'Elbe, commandé par Davout. L'Empereur écrit en effet ce jour à au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, à Paris : "Monsieur le Duc de Feltre, l'armée d'Allemagne sera composée de trois corps :
1° Le corps d'observation de l'Elbe ;
2° Le corps d'observation du Rhin ;
3° Le corps d'observation d'Italie.
CORPS D'OBSERVATIONDE L'ELBE.
Le corps d'observation de l'Elbe sera commandé par le prince d'Eckmühl. Il sera composé de cinq divisions d'infanterie et formé de la manière suivante :
... 2e Division : 15e léger, cinq bataillons ; 33e de ligne, cinq ; 48e, cinq ; 128e, deux ; total, 17 bataillons.
Le général Friant commandera cette 2e division ...
ARTILLERIE. — Chaque régiment aura quatre pièces de régiment, ce qui fera douze pièces par division, à l'exception de la 5e, qui en aura seize ..." (Correspondance de Napoléon, t.22, lettre 17630 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 26753; Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 2, Lavauzelle, page 220).
"Décret du 23 avril 1811.
ART. 1er. — Il sera formé un sixième bataillon à chacun de nos 7e et 13e régiments d'infanterie légère; 12e, 17e, 21e, 30e, 33e, 48e, 57e, 61e, 85e, 108e et 111e de ligne.
Ces sixièmes bataillons seront organisés à notre armée d'Allemagne, où se trouvent les bataillons de guerre de ces régiments. Ils seront complétés avec des hommes tirés des dépôts indiqués à l'état joint au présent décret.
ART. 2. — Le cadre de chacun de ces sixièmes bataillons sera formé de la manière suivante :
Notre ministre de la guerre nous proposera le chef du bataillon.
Les trois bataillons de guerre du régiment fourniront chacun, au choix du colonel, un capitaine et un lieutenant, deux sergents-majors, dont un pris parmi les sergents-majors du bataillon et un parmi les sergents; 8 sergents, dont 4 pris parmi les sergents et 4 parmi les caporaux; 2 caporaux-fourriers, dont un pris parmi les fourriers et un parmi les caporaux, et 16 caporaux, dont 8 pris parmi les caporaux et 8 parmi les soldats susceptibles de le devenir.
Le colonel choisira également, parmi les lieutenants des trois bataillons, l'adjudant-major du 6e et parmi les sous-officiers les deux adjudants sous-officiers de ce bataillon.
Les sous-lieutenants de ce sixième bataillon seront tirés de notre école militaire de Saint-Cyr.
Les trois autres capitaines et les trois autres lieutenants, qui devront compléter le cadre de chaque 6e bataillon, seront tirés, soit de notre Garde, soit des cadres des officiers venant des îles, soit enfin du nombre des officiers en réforme.
Tous les officiers et sous-officiers pris dans les trois premiers bataillons de guerre, pour passer dans le 6e, seront remplacés au bataillon qu'ils quitteront.
ART. 3. — Les sixièmes bataillons n'auront jusqu'à nouvel ordre ni grenadiers ni voltigeurs; ils seront seuls composés de six compagnies de fusiliers portées à la même force que celle des autres bataillons.
ART. 4. — Le tiercement de ces bataillons avec les premiers s'opérera au 1er juillet prochain, de manière à ce que toutes les compagnies de fusiliers aient un nombre égal d'anciens et de nouveaux soldats.
ART. 5. — Notre ministre directeur de l'administration de la guerre prendra les mesures nécessaires pour que les anciens soldats et les conscrits, destinés à compléter ces régiments et qui seront tirés d'autres corps, soient pourvus, avant leur départ pour l'armée, de tous les effets d'habillement et d'équipement qui leur reviennent, et notre ministre de la guerre leur fera fournir ceux de l'armement.
ART. 6. — Notre ministre de la guerre les fera diriger sur l'armée par détachements, dont la conduite sera confiée à des officiers et sous-officiers tirés des corps qui les auront fournis et en nombre proportionné à la force de chaque détachement. Ces officiers et sous-officiers retourneront à leurs corps après avoir fait la remise des détachements.
ART. 7. — Les dispositions du décret du 11 de ce mois auxquelles il n'est pas dérogé par le présent recevront leur exécution" (Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 2, Lavauzelle, page 238 - Note : Ce Décret complète et modifie celui du 11 avril 1811).
Le 23 avril 1811, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, vous recevrez le décret par lequel j'ai réglé la formation des 6es bataillons de l'armée d'Allemagne. J'ai changé les éléments de cette formation. Vous verrez par l'état joint au décret que ces bataillons sont composés de trois manières :
1° Avec des conscrits fournis par les dépôts de leurs régiments.
2° Avec ce qu'on peut tirer d'anciens soldats des dépôts de l'armée d'Espagne.
3° Avec des conscrits tirés des dépôts de l'armée d'Espagne.
J'y ai ajouté, pour chaque 6e bataillon, un détachement de 150 conscrits tirés du régiment de Walcheren.
Donnez ordre que les détachements d'anciens soldats qui se trouvent dans les dépôts des régiments se mettent en marche du 1er au 10 mai. Les cadres doivent être formés en Allemagne dans le même délai, de sorte que dès leur arrivée, ces hommes formeront de petits bataillons de 3 à 400 hommes. Ces bataillons seront ensuite complétés par la conscription, tant pour les conscrits arrivant du dépôt du régiment, que pour ceux venant des autres dépôts qui fournissent à cette incorporation.
Quant aux détachements à prendre dans l'île de Walcheren, vous donnerez les ordres suivants : la 2e compagnie de chaque 5e bataillon composée d'un capitaine, de 2 lieutenants, 2 sous-lieutenants, 1 sergent-major, 4 sergents, 1 caporal fourrier, 8 caporaux et 2 tambours, doit se mettre en marche du 1er au 10 mai pour l'île de Walcheren. À son arrivée, le général commandant dans l'île y incorporera 150 hommes choisis parmi les conscrits les plus sûrs et de la meilleure volonté. Vous aurez soin de faire envoyer d'avance au régiment de Walcheren des boutons de ces 2 régiments, afin que le changement d'uniforme des conscrits puisse être préparé sans frais.
Aussitôt que ces détachements bien habillés, bien équipés et bien armés se trouveront formés, le général commandant l'île de Walcheren les passera lui-même en revue avant leur départ. Un inspecteur aux revues en dressera les contrôles et aura soin d'y inscrire les noms, prénom et signalement, afin que si ces hommes désertent, on puisse les faire poursuivre dans leurs familles par des garnisaires. Il ne partira de l'île de Walcheren que deux détachements par semaine. Ces détachements remonteront par eau jusqu'à Willemstad et Berg-op-Zoom, d'où ils rejoindront les bataillons de guerre en traversant la Hollande. Il y aura quelques brigades de gendarmerie pour observer leur passage ...
ANNEXE
Etat indiquant les éléments de la formation des 6es bataillons des régiments de l’Armée d’Allemagne
Régiments qui forment les 6e bataillons |
Conscrits du régiment |
Supplément de 150 conscrits à tirer du régiment de Walcheren (ce supplément ne compte que pour 50 |
Suppléments à tirer d'autres régiments |
Total de ce que 6e bataillons aura |
||||||
Conscrits que le régiment reçoit et hommes disponibles |
Conscrits pour compléter les bataillons suisses |
Conscrits du 4e bataillon A |
Reste pour le 6e bat. B |
Numéros du régiment d'où on les tire |
Anciens soldats C |
Conscrits D |
Total |
|||
48e de ligne |
1600 |
100 |
800 |
676 |
50 |
|
|
|
|
726
|
A : Ces conscrits partiront le 1er juillet 1811 de leur dépôt pour les 6es bataillons en Allemagne.
B : Ces 1500 conscrits partiront de Walcheren par compagnie, dirigés sur le dépôt en France pour le 5e bataillon. Elles commenceront à partir le 15 mai.
C : Ces conscrits partiront dès le 10 mai pour l'Allemagne.
D : Ces conscrits partiront le 1er juin de leur dépôt" (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 26814; ce tableau est donné par Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 2, Lavauzelle, page 239).
Le 24 mai 1811, l'Empereur écrit, en effet, depuis Caen, au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, à Paris : "Je vous envoie cinq états pour vous servir de direction dans un rapport que vous me ferez au 15 juin, pour donner une nouvelle organisation, au 1er juillet, aux différents corps d'observation.
CORPS D'OBSERVATION DE L'ELBE. — Ce corps restera à quatre divisions jusqu'au 1er juillet. A cette époque, il sera formé à cinq divisions. Les 4es et 6es bataillons s'y réuniront dans les lieux indiqués, de sorte qu'au commencement d'août l'organisation soit complète, et que ce corps ait acquis toute la consistance qu'on peut en attendre ...
Je n'ai pas besoin de vous dire que vous ne devez donner aucun ordre, faire aucun mouvement en conséquence de ces états, mais que vous devez vous borner à me faire un rapport général au 15 juin, époque à laquelle vous me demanderez en même temps mes ordres.
En attendant, toutes les dispositions nécessaires pour porter au complet le corps d'observation de l'Elbe, tel qu'il a été arrêté, doivent avoir lieu.
N°1
Le ministre de la Guerre trouvera dans ces notes ce qui est relatif à l’organisation et mouvement du corps d’observation de l’Elbe au mois de juillet. Elles serviront de matière à un rapport qu’il devra me faire pour le 20 juin.
NOTE.
CORPS D'OBSERVATIONDE L'ELBE.
Le corps d'observation de l'Elbe doit être composé de cinq divisions. Il restera à quatre divisions jusqu'au 1er août et ne sera composé de cinq divisions qu'à cette époque, à laquelle les 6es et 4es bataillons auront rejoint.
Je vous ai déjà fait connaître que la composition de ces divisions doit être faite de la manière suivante ... :
Division Friant. — 15e léger, cinq bataillons ; 33e de ligne, cinq ; 48e, cinq ; total, 15 bataillons ...
Chaque division aurait quatre brigades, et chaque brigade se composerait de cinq bataillons ; quatre généraux de brigade seraient-attachés à chaque division ; les cinq divisions formeraient en tout vingt brigades et quatre-vingt-dix-huit bataillons ...
On procédera de la manière suivante : au 1er juillet, les 4es bataillons, complétés de tous les conscrits destinés aux 6es bataillons, se mettront en marche pour se diriger sur les quatre points suivants : ... ceux de la 2e, sur Cologne ... Les cadres des 6es bataillons, qui sont actuellement à Wesel et à Munster, se rendront dans ces différentes places, et par ce moyen il y aura ... à Cologne, le 6e bataillon du 15e léger, les 4e et 6e bataillons des 33e, 48e et 11e de ligne; total, sept bataillons ...
Un général de brigade, de ceux qui sont destinés pour l'armée d'Allemagne, sera attaché à chacun de ces quatre camps, et chargé de surveiller la formation et l'instruction des bataillons qui doivent les composer. Vous nommerez ces quatre généraux. Ils devront se rendre, aussitôt, chacun dans les dépôts qui fournissent au camp dont il est chargé ; ils feront la revue des 4es bataillons, vérifieront l'état de l'habillement, feront la revue des officiers à réformer et dresseront l'état des places vacantes pour les 4es et 6es bataillons.
Ces généraux correspondront à cet effet avec le général Compans, que vous chargerez de suivre cette organisation ..." (Correspondance de Napoléon, t.22, lettre 17247 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27150; Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 2, Lavauzelle, page 333).
Le 12 juin 1811, le Ministre directeur de l'Administration de la Guerre écrit, depuis Paris, au Duc de Feltre, Ministre de la Guerre : "Monsieur le Duc, toutes les mesures que j'avais à prendre pour l'exécution du décret du 22 avril sont prises depuis longtemps. Les conseils d'administration des régiments ont dû organiser leurs équipages respectifs avec célérité, et je vois en effet par des correspondances qu'ils ont maintenant ou qu'ils sont près de recevoir, par les marchés qu'ils ont passés, tout ce qu'ils doivent se procurer.
Pour vous mettre à même, Monsieur le Duc, de voir d'un coup d'oeil le résultat des dispositions que j'ai faites à cet égard, j'ai l'honneur d'adresser ci-joint à Votre Excellence un état, par corps d'armée, des régiments qu'elle m'a désignés elle-même comme devant être pourvus d'équipages. Cet état indique la composition de ces équipages en raison du nombre des bataillons de guerre de chaque corps, sauf quelques exceptions ordonnées par l'Empereur lui-même.
État nominatif des régiments d'infanterie qui ont reçu ordre de se pourvoir d'équipages en exécution du décret du 22 avril 1811.
Corps d'observation de l'Elbe"
RÉGIMENTS |
Bataillons de guerre |
OBSERVATIONS. |
48e de ligne * |
5 |
D'après un décret du 11 février 1811, les seize régiments désignés par l'astérisque ont été pourvus de chevaux, selles et harnais, pour les pièces et voitures ci-après : 1° 4 pièces d'artillerie; 6 caissons de munitions à canon; 4 - à cartouches; 1 forge de campagne; --- 15 voitures d'artillerie (75 chevaux). 2° 1 caisson d'ambulance; 1 - de comptabilité; 4 - des vivres ; --- 6 caissons d'administration (24 chevaux). Il leur a été donné en outre les moyens de se pourvoir des chevaux, selles et harnais, pour un caisson de munitions à cartouches et d'un caisson des vivres pour un 5e bataillon de guerre. Les 127e, 128e et 129e, ainsi que le corps de Portugais, ont été exceptés, jusqu'à nouvel ordre, de ceux qui de vaient avoir des équipages à leur suite, par une lettre de Sa Majesté en date du 2 mai dernier. L'Empereur a décidé aussi que le 33e de légère n'aurait que les équipages déterminés par le décret du 11 février. |
(Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 2, Lavauzelle, page 362).
Le 14 juin 1811, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, donnez ordre de faire réunir à Walcheren en 4 détachements les 11 compagnies des 5es bataillons des régiments de l'armée d'Allemagne qui sont dans l'île de Walcheren, savoir :
... 2e détachement les compagnies du 33e, du 48e et du 111e
... Le général Gilly passera la revue de ces détachements et complétera les compagnies qui les composent à 150 hommes en prenant les meilleurs sujets des 1er et 2e bataillons du régiment de Walcheren. Tous les malades seront effacés du contrôle des compagnies et rentreront dans les cadres du régiment de Walcheren. Ces détachements s'embarqueront à Veere pour se rendre à Willemstadt ou à Gertruydenberg.
... Le 2e détachement partira le 22 ou le 23.
... Vous aurez soin d'ordonner que les contrôles de ces compagnies soient faits en ordre avec le lieu de naissance et le signalement bien spécifiés. Ces détachements ne débarqueront qu'à Gertruydenberg. De là, ils passeront le Rhin à Gorcum et seront dirigés par la gauche du Rhin sur le quartier général de la division du corps d'observation de l'Elbe dont font partie les régiments auxquels ils appartiennent. À leur arrivée, ces bataillons seront dissous ; les cadres rentreront en France ; les hommes seront incorporés par égale partie dans les 3 bataillons de guerre du régiment.
Vous donnerez l'ordre aux cadres des 6es compagnies du 6e bataillon du 13e léger, 17e de ligne, 30e de Ligne, 61e, 33e de ligne, 48e, 111e, 7e d'infanterie légère, 12e, 21e, 57e, 85e et 108e de se rendre dans l'île de Walcheren pour recevoir chacun 150 hommes, ce qui fera l'emploi de 1 950 hommes, tous ces hommes seront habillés par le dépôt du régiment de Walcheren. On aura soin de placer dans ces compagnies les hommes qui sont déjà depuis longtemps dans le régiment de Walcheren et dont on peut être le plus sûr. On ne mettra de nouveaux conscrits que dans les cadres d'infanterie légère pour ne pas défaire les habits. Ces 13 compagnies devront être prêtes à partir du 20 au 30 juillet pour se rendre en Allemagne.
... Donnez ordre aux commandants de la gendarmerie dans les 25e, 17e et 24e divisions militaires d'envoyer des officiers pour suivre ces détachements, de prendre toutes les dispositions convenables et de redoubler de surveillance pour prévenir la désertion. Si ces mesures réussissent, mon intention est de compléter de cette manière les bataillons de guerre du corps d'observation de l'Elbe, de sorte qu'au 1er· août, tous ces bataillons de guerre soient portés au-delà du complet de 840 hommes, les malades non compris" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 4, lettre 5608 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27312 ; Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 2, Lavauzelle, page 364).
Le 4 juillet 1811, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, donnez ordre que les 4e et 6e bataillons du 13e léger reçoivent tout ce qui est disponible dans le 5e bataillon et se complètent chacun à 700 hommes. Donnez le même ordre pour les 17e léger, 7e léger et les 30e, 33e, 48e, 12e, 21e, 85e, 108e, 61e, 111e et 57e de ligne. Les 6es bataillons du 15e léger et du 25e de ligne seront complétés à 840 hommes. Ces 28 quatrièmes et 6es bataillons se mettront en marche du 15 au 25 juillet, parfaitement habillés et équipés et se dirigeront sur Wesel et de là sur leurs régiments respectifs dans la 32e division militaire. Les 2 bataillons de chaque régiment marcheront sur une seule colonne. Vous enverrez un officier général à Wesel afin qu'à leur passage par cette ville, chacun de ces bataillons soit passé en revue et que l'on constate leur bon état, l'état de leur habillement, équipement, leur nombre, les places vacantes, etc. Les 2 bataillons du 7e léger s'embarqueront sur le Rhin à Huningue ; les bataillons qui sont à Strasbourg, Mayence, Spire s'embarqueront sur le Rhin jusqu'à Wesel. Le général Compans pourrait être chargé de passer cette revue : il devra être rendu le 25 juillet à Wesel ..." (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 4, lettre 5731 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27526; Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 3, Lavauzelle, page 24).
Le 7 juillet 1811, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, donnez ordre que les compagnies des 17e, 108e, 12e, 48e, 21e, 30e, 33e et 61e de ligne, complétées par des conscrits réfractaires de l'île de Walcheren formant 8 compagnies ou 1200 hommes, partent de l'île de Walcheren du 15 au 20 juillet pour se rendre à Hambourg. Ces 1200 hommes seront incorporés à Hambourg dans les différents régiments. Les compagnies des 85e, 57e et 111e partiront du 25 au 30 juillet et les 4 compagnies des 7e et 13e légers au plus tard le 10 août. Ainsi ces 2250 hommes seront arrivés en Allemagne dans le courant du mois d'août, ce qui avec les 1600 hommes des 11 premières compagnies et les 1800 hommes des deux bataillons des îles de Gorée et Schouwen fera un renfort de 5600 hommes. Il ne manquera donc plus pour les régiments de l'armée d'Allemagne que 3 000 hommes pour être portés au grand complet" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 4, lettre 5750 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27568 ; Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 3, Lavauzelle, page 34).
Le 8 juillet 1811, le Prince d'Eckhmül écrit, depuis Hambourg, à l'Empereur : "Votre Majesté m'ayant fait connaître, par sa lettre du 7 mai, qu'Elle désirait savoir combien avaient d'années de service les capitaines, lieutenants et sous-lieutenants de l'armée d'Allemagne, ainsi que les sergents et caporaux, j'ai l'honneur de lui adresser le travail que j'ai fait faire pour remplir ses intentions. Il est fait par régiment. Elle verra que tous les cadres sont composés de vieux militaires ayant plus ou moins d'années de service" (Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 3, Lavauzelle, page 37). Le tableau qui accompagne cette lettre, intitulé « Armée d’Allemagne, Etat sommaire des Officiers et Sous-officiers, indiquant le nombre de leurs années de service en juillet 1811 », donne pour le 48e de Ligne : 1 Colonel, 22 ans ; 1 Chefs de Bataillon 29 ans, 1 Chef de Bataillon 20 ans, 1 Chef de Bataillon 19 ans ; 1 Adjudant-major 20 ans, 1 Adjudant-majors 20 ans, 1 Adjudant-major 17 ans ; 1 Officiers payeur 18 ans ; 1 Officier porte-aigle 18 ans ; 1 Capitaine 28 ans, 1 Capitaine 25 ans, 5 Capitaines 20 ans, 2 Capitaines 19 ans, 1 Capitaine 18 ans, 1 Capitaine 12 ans, 2 Capitaines 7 ans ; 1 Lieutenant 20 ans, 2 Lieutenants 19 ans, 1 Lieutenant 18 ans, 4 Lieutenants 7 ans, 1 Lieutenant 6 ans, 2 Lieutenant 4 ans, 1 Lieutenant 2 ans ; 1 Sous-lieutenant 21 ans, 1 Sous-lieutenant 19 ans, 3 Sous-lieutenants 18 ans, 2 Sous-lieutenants 17 ans, 1 Sous-lieutenant 11 ans, 1 Sous-lieutenant 10 ans, 1 Sous-lieutenant 8 ans, 1 Sous-lieutenant 6 ans, 1 Sous-lieutenant 5 ans ; 1 Adjudant sous-officier 19 ans, 1 Adjudant sous-officier 17 ans, 2 Adjudants sous-officiers 12 ans, 2 Adjudants sous-officier 15 ans ; 1 Tambour-major 20 ans ; 1 Sergent-major 19 ans, 2 Sergents-majors 18 ans, 1 Sergent-major 17 ans, 1 Sergent-major 16 ans, 1 Sergent-major 15 ans, 3 Sergent-major 12 ans, 2 Sergents-majors 8 ans, 1 Sergent-major 7 ans, 1 Sergent-major 6 ans, 1 Sergent-major 5 ans, 1 Sergent-major 3 ans, 4 Sergents-majors 2 ans ; 1 Sous-officier porte-aigle 18 ans, 1 Sous-officier porte-aigle 17 ans ; 1 Sergent 20 ans, 3 Sergent 19 ans, 11 Sergents 18 ans, 7 Sergents 17 ans, 3 Sergents 16 ans, 5 Sergents 15 ans, 2 Sergents 13 ans, 16 Sergents 12 ans, 3 Sergents 11 ans, 4 Sergents 10 ans, 1 Sergent 9 ans, 1 Sergent 8 ans, 4 Sergents 7 ans, 8 Sergent 6 ans, 4 Sergents 4 ans, 1 Sergent 3 ans, 2 Sergents 2 ans ; 1 Fourrier 7 ans, 2 Fourriers 6 ans, 3 Fourriers 5 ans, 5 Fourriers 4 ans, 3 Fourriers 3 ans, 5 Fourriers 2 ans ; 1 Caporal 20 ans, 1 Caporal 19 ans, 4 Caporaux 18 ans, 10 Caporaux 17 ans, 2 Caporaux 15 ans, 7 Caporaux 12 ans, 4 Caporaux 11 ans, 5 Caporaux 10 ans, 6 Caporaux 9 ans, 11 Caporaux 8 ans, 7 Caporaux 7 ans, 10 Caporaux 6 ans, 24 Caporaux 5 ans, 17 Caporaux 4 ans, 27 Caporaux 3 ans, 11 Caporaux 2 ans, 1 Caporal 6 mois, 1 Tambour 12 ans.
Le 26 juillet 1811, le Ministre de la Guerre adresse un rapport à l'Empereur : "Sire, j'ai eu l'honneur de rendre compte à Votre Majesté, par un rapport du 11 de ce mois, des ordres que j'avais donnés pour le mouvement des 4es et 6es bataillons destinés à rejoindre leurs régiments, employés au corps d'observation de l'Elbe.
J'ai en même temps informé Votre Majesté que j'avais ordonné à M. le maréchal prince d'Eckmuhl de former la 5e division de son corps d'armée, conformément aux ordres que Votre Majesté m'avait précédemment donnés à ce sujet.
M. le maréchal prince d'Eckmühl vient de me faire connaître que, d'après les intentions de Votre Majesté, il a donné les ordres nécessaires pour que les 4es et 6es bataillons fussent dirigés, à leur arrivée à Osnabrück, par la route la plus courte, sur leurs corps respectifs.
Il a joint à sa lettre le tableau de l'emplacement actuel des régiments d'infanterie du corps d'observation de l'Elbe, formés en cinq divisions ainsi qu'il suit, savoir :
... A Rostock. 2e divison gal Friant.
Dufour. 15e léger, à Rostock;
Grandeau. 33e de ligne, à Wismar;
Van Dedem. 48e – à Strelitz; 128e — à Bremen ...
M. le maréchal prince d'Eckmuhl me fait remarquer que, par la disposition actuelle des troupes, il lui sera facile de réunir chaque division quand il le jugera nécessaire.
J'ai cru devoir mettre ces détails sous les yeux de Votre Majesté" (Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 3, Lavauzelle, page 86).
Le 8 août 1811, le Prince d'Eckmühl écrit, depuis Hambourg, à l'Empereur : "Sire, j'ai l'honneur de rendre compte à Votre Majesté que les 4es et 6es bataillons des dix régiments de l'armée ont déjà été passés en revue par le général Compans, à leur passage à Wesel.
J'ai l'honneur de mettre sous les yeux de Votre Majesté le résultat de ces revues.
Elle pourra remarquer qu'en général l'instruction est aussi avancée qu'on peut le désirer, et qu'à l'exception des bataillons du 111e régiment, du 7e d'infanterie légère, les officiers des autres corps méritent des éloges.
Les chefs des bataillons des 7e légère et 111e régiment prétendent n'avoir reçu leurs conscrits que depuis un mois ou six semaines.
L'habillement est généralement bien confectionné, mais les draps sont d'une qualité très médiocre ; beaucoup de vestes et de culottes sont trop courtes et d'une mauvaise étoffe.
Les capotes sont d'un bon drap, mais en général trop courtes.
L'équipement est au complet et bien tenu, et la majeure partie des gibernes est d'un cuir trop mince. Il manque au 85e régiment 277 gibernes et 297 bretelles de fusil. Au 48e régiment il manque 162 sabres et 83 au 7e d'infanterie légère.
J'ai déjà écrit au ministre de la guerre pour demander des sabres pour compléter l'armement des trois premiers bataillons de guerre, et je vais lui adresser une nouvelle demande pour les 4es et 6es bataillons.
Il n'y a aucune observation à faire sur les fusils, qui sont au complet et très bien entretenus.
Les effets de linge et chaussure sont complets et de bonne qualité, seulement quelques sacs à peau sont mal coupés ; chaque soldat a une paire de souliers aux pieds et deux paires dans le sac.
Tous les hommes ont leur livret tenu en règle, leurs comptes sont arrêtés au 1er juillet.
D'après cette analyse, Votre Majesté remarquera que ces 4es et 6es bataillons sont dans une situation satisfaisante ; et au moyen des ordres que je vais donner pour leur instruction, j'espère qu'au 1er octobre on ne s'apercevra pas qu'il y ait des recrues dans les corps de l'armée.
Il ne manque donc à peu près que les effets de campement, et j'ai donné des ordres pour que les cinq bataillons de chaque régiment en soient pourvus sous un mois" (Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 3, Lavauzelle, page 105).
TABLEAU A de répartition dans les régiments d'infanterie du corps d'observation de l'Elbe des conscrits réfractaires et condamnés graciés, qui se rassemblent à Wesel et à Strasbourg (22 août 1811).
| Désignation des Corps | Force après l’arrivée des détachements de Walcheren, Gorée et Schouwen, et des 4es et 6es Bataillons | Manquant au complet de 4200, c’est-à-dire 140 hommes par Compagnie | Conscrits. Wesel : 2250 | Conscrits. Strasbourg : 4500 | Conscrits. Graciés : 626 | Effectif après l’incorporation | Observations |
| 48e de Ligne | 3934 | 266 | 300 | 300 | 40 | 4574 |
Le 30 août 1811, le Prince d'Eckmühl écrit, depuis Hambourg, à l'Empereur : "Sire, je m'empresse de satisfaire à la demande que Votre Majesté me fait par sa lettre du 25 de ce mois, pour connaître l'emplacement des cinq divisions du corps d'observation de l'Elbe et les lieux où sont les brigades et les bataillons ...
2e division, commandée par le général de division comte Friant :
1re brigade, général Grandeau, 48e de ligne (il faut sans doute lire 15e Léger), 4 bataillons, 2 Rostock, 1 à Ribnitz, 1 à Dobberan.
2e brigade, général Dufour, 33e de ligne, 5 bataillons. 2 à Wismar. 1 à Grevismühlen. 1 à Neu Buckow. 1 à Klütz.
3e brigade, général Wandeden, 48e de ligne, 5 bataillons. 2 à Neu-Brandebourg. 1 à Friedland. 2 à Strelitz.
Les ordres ont été donnés pour faire baraquer cette division, et elle sera établie pour le 15 septembre et peut-être avant. Le camp est tracé dans le village de Bardorf (sans doute Bartelsdorf) et la Warnow, à trois quarts de lieue de Rostock ..." (Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 3, Lavauzelle, page 149).
Corps d'observation de l'Elbe, 1er septembre 1811.
2e Division, Général Friant, à Rostock : 15e Léger, 3 Bataillons; 33e de Ligne, 3 Bataillons; 48e de Ligne, 3 Bataillons; 111e de Ligne, 3 Bataillons (Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 1, Lavauzelle, page 306).
Corps d'observation de l'Elbe, 15 septembre 1811.
2e Division, Général Friant, à Rostock : 15e Léger, 4 Bataillons; 33e de Ligne, 5 Bataillons; 48e de Ligne, 5 Bataillons (Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 1, Lavauzelle, page 306).
Le "TABLEAU DE L'EMPLACEMENT DES TROUPES FRANÇAISES, WESTPHALIENNES, SAXONNES, POLONAISES, PRUSSIENNES ET RUSSES A L'ÉPOQUE DU 25 NOVEMBRE 1811" indique pour la 2e Division du Corps d'Observation de l'Elbe, que le 48e de Ligne a ses 5 Bataillons au camp de Rostock (Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 3, Lavauzelle, page 329).
Le 1er janvier 1812, le 48e Régiment d'Infanterie de ligne a son Dépôt à Anvers (Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 1, Lavauzelle, page 14).
Le 2 janvier 1812, l'Empereur écrit au Général Lacuée, Comte de Cessac, Ministre directeur de l’Administration de la Guerre, à Paris : "Monsieur le Comte de Cessac, je vous envoie pour votre gouverne l’organisation de la Grande Armée. Le corps de l’Elbe formera deux corps. Il est nécessaire d’envoyer un ordonnateur à chaque corps et tout le personnel d’administration qui est indispensable. Présentez-moi un projet d’organisation. Comme je n’ai pas encore organisé en deux corps le corps d’observation de l’Elbe, envoyez-y tout double.
NOTE SUR L’ORGANISATION DE LA GRANDE ARMÉE.
La Grande Armée sera partagée en quatre corps : le corps d’observation de l’Elbe en fera deux; le corps d’observation de l’Océan en fera un ; le corps d’observation d’Italie en fera un autre.
La Grande Armée sera organisée en 15 divisions d’infanterie.
... 2e division : 15e léger, 5 bataillons; 33e de ligne, 5 bataillons; 48e de ligne, 5 bataillons; régiment espagnol, 2 bataillons; total, 17 bataillons ..." (Correspondance de Napoléon, t.23, lettre 18410 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 29642; Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 3, Lavauzelle, page 475).
Le 21 janvier 1812, le Prince d'Eckmuhl écrit, depuis Hambourg, au Général Friant, commandant la 2e Division du 1er Corps d'Observation de l'Elbe, à Rostock : "... Vous dirigerez le 48e sur Wolgast où il cantonnera. Il pourra mettre trois bataillons à Wolgast, et deux à Lassahn.
Vous enverrez le 33e à Greifswald où il cantonnera. Il aura un bataillon à Grimmen avec l'artillerie du régiment.
Les compagnies du 48e les plus proches de la Poméranie n'attendront pas la réunion de leur régiment. Vous les ferez partir dès le 25 pour se rendre à grandes marches sur Wolgast, afin d'y mettre l'embargo et exécuter vos instructions.
Les compagnies du 33e les plus proches de la Poméranie se rendraient de même à grandes marches, sans attendre leur régiment, à Greifswald, pour y mettre l'embargo et exécuter vos instructions.
Les autres compagnies des 33e et 48e feront des marches ordinaires, ainsi que votre artillerie ..." (Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 3, Lavauzelle, page 580).
Le 24 janvier 1812, le Général Friant écrit au Général Bordessoulle pour lui transmettre les instructions du Prince d'Eckmühl : "... Comme il doit y avoir beaucoup d'ensemble dans les mouvements de cavalerie et dans mon infanterie, je vous fais connaître que toute ma division se mettra en mouvement le 26, et deux régiments arriveront le même jour à Ribnitz. Le lendemain, 27, j'arriverai avec eux à Stralsund.
Les compagnies du 48e régiment les plus proches de la Poméranie partiront dès le 25, pour se rendre à grande marche sur Wolgast.
Les compagnies du 33e régiment les plus proches de la Poméranie se rendront de même à Greifswald.
Le reste des compagnies suivra à marches ordinaires avec mon artillerie ..." (Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 3, Lavauzelle, page 589).
1er Corps d’Observation de l’Elbe, 31 janvier 1812
2e Divison, Général Friant.
15e Léger, 5 Bataillons ; 33e de Ligne, 5 Bataillons ; 48e de Ligne, 5 Bataillons ; Régiment espagnol, 2 Bataillons ; Artillerie, Génie et Train (Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 1, Lavauzelle, page 310).
Commandement du Maréchal Davout, Prince d'Eckmühl; 1er CORPS d’ARMÉE (encore dénommé : 1er CORPS D'OBSERVATION DE L'ELBE); 2e Division : Général Friant :
15e Léger, 5 Bataillons, à Stralsund et Ile de Rugen; 33e de Ligne, 5 Bataillons, à Grime et Greifswalde; 48e -, 5 Bataillons, à Wolgast et environs; Régiment espagnol Joseph Napoléon, 2 Bataillons, à Danzig; Artillerie, génie, équipages à Lubeck (Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 4, Lavauzelle, page 575).
Le 28 février 1812, le Prince d'Eckmühl écrit, depuis Hambourg, au Général Friant, commandant la 2e Division d'infanterie, à Stralsund : "… Demain ou après, je vous enverrai des ordres de mouvement pour vous, le 33e, le 48e et le régiment espagnol, et votre artillerie. Il sera nécessaire que, pendant le mouvement et jusqu'à nouvel ordre, toutes les issues soient bien fermées. Il faut en charger le 24e de chasseurs, faites-lui occuper les débouchés que gardent les troupes du général Bordessoulle et les autres troupes qui vont partir; que tout cela ait lieu de manière à ce qu'il n'y ait pas de lacune, et à ce que les détachements du 24e soient arrivés avant le départ des troupes du 57e, du général Bordessoulle, etc. Point de communications en dehors, sous aucun prétexte. Il parait qu'il manque des fusils à votre détachement de marine. Faites-lui en donner ce qui lui est nécessaire en prenant des fusils suédois qui existent dans les magasins, et que l'on choisisse les meilleurs ..." (Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 4, Lavauzelle, page 247).
Commandement du Maréchal Davout, Prince d'Eckmühl au 1er mars 1812; 1er CORPS d’ARMÉE (encore dénommé : 1er CORPS D'OBSERVATION DE L'ELBE); 2e Division : Général Friant :
15e Léger, 5 Bataillons, à Stralsund et Ile de Rugen; 33e de Ligne, 5 Bataillons, à Preissewalde; 48e -, 5 Bataillons, à Wolgast; Régiment espagnol Joseph Napoléon, 2 Bataillons, à Stralsund (Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 4, Lavauzelle, page 596).
Le 6 mars 1812, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke : "Monsieur le duc de Feltre ... Le détachement du 17e de ligne, ainsi que ceux des 25e de ligne, 13e léger, 21e, 85e, 111e, 30e, 48e, etc., etc., et en général de tous les régiments qui appartiennent au 1er corps, formeront un ou deux bataillons de marche, chaque bataillon fort de 1.000 hommes. Ces bataillons recevront une organisation provisoire, afin d'être en état de se ployer ou de se déployer dans leur marche ..." (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 5, lettre 6890 ; Correspondance générale de Napoléon, t.12, lettre 30138; Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 4, Lavauzelle, page 391).
La 2e Division est en Poméranie, à Anclam, près de Stettin le 9 mars 1812 (Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 4, Lavauzelle, page 596).
Le 11 mars 1812, le Major général adresse, depuis Paris, un rapport à l'Empereur : "Sire, le ministre de la guerre vient de m'annoncer qu'il a donné des ordres pour faire former les bataillons de marche ci-après désignés, qui sont destinés à rejoindre la Grande Armée, savoir :
... Bataillon de marche à Wesel :
(Pour le 1er corps) 1. comp. formée des détachements des 21e et 48e de ligne, 110 hommes, à Mayence les 14 et 18 mars.
(Pour le 1er corps) 1 comp. formée du détachement du 108e de ligne, 180, id. le 18 mars.
(Pour le 2e corps) 1 comp. formée du détachement du 56e, 100, id. le 12 mars.
(Pour le 3e corps) 1 détach. du 72e de ligne, 15, id. le 18 mars.
Total du bataillon de marche 405 hommes environ.
Ce bataillon doit être réuni le 18 mars à Wesel; il pourrait s'y reposer le 19, en partir le 20 et se diriger sur Magdebourg; la compagnie du 56e régiment y rejoindrait son corps; les compagnies des 21e, 48e et 108e seraient envoyées de là à Stettin pour y rejoindre le 1er corps, et le détachement du 72e serait envoyé à Leipzig pour rejoindre le 3e corps ...
Je prie Votre Majesté de me faire connaitre si Elle m'autorise à expédier ces ordres de mouvement. Le ministre de la guerre m'annonce qu'en ordonnant la formation de ces bataillons de marche, il a donné les ordres les plus précis pour que les divers détachements fussent bien armés, équipés et habillés, afin qu'ils puissent partir de Mayence, Wesel et Strasbourg en très bon état.
ALEXANDRE.
Décision de l'Empereur : Diriger tous ces bataillons sur Magdebourg. Vous les porterez dans les différents états, de manière que je connaisse le jour où ils arrivent.
Paris, le 13 mars 1812.
NAPOLEON" (Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 4, Lavauzelle, page 393).
La 2e Division quitte ses cantonnements fin mars 1812 pour se diriger sur Danzig (Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 4, Lavauzelle, page 596).
La "Situation du 1er Corps au 25 juin 1812", 2e Division, indique : 48e de Ligne, Colonel Groisne, 1er, 2e, 3e, 4e, 6e bataillons, Artillerie ; 98 Officiers, 3.270 hommes, 34 chevaux d’Officiers, 98 chevaux de trait (Fabry G. : « Campagne de Russie (1812) – (11 août – 19 août), Paris, Gougy, 1903, Annexes p. 262).
Clarke écrit à Kellermann, depuis Paris, le 1er juillet (AG) : "J'ai eu l'honneur de faire connaître à votre excellence, par ma lettre du 30 mai dernier, les ordres que j'avais donnés pour l'envoi des détachements destinés à compléter soit à Wesel, soit à Mayence, divers cadres de régiments de l'île de Ré, de Belle-Ile, de Walcheren et 2e de la Méditerranée.
Il résulte des rapports qui me sont parvenus sur l'exécution de ces mouvements :
... Que le 2e bataillon de Walcheren a maintenant dans la même place : 164 fusiliers du 48e de ligne ; 190 du 108e ; 133 du 21e ; 165 du 44e (compris 36 qui arriveront le 5 juillet), et 172 du 72e de même arme, ce qui fera avec les 120 hommes du cadre, environ 940 hommes ...
Ces six bataillons se trouvant dès lors en état de se mettre en marche sur Spandau et Berlin conformément aux dispositions de ma lettre du 30 mai, je prie votre excellence :
1° de faire partir de Wesel le deuxième bataillon de Walcheren le 8 juillet et le troisième bataillon de Belle-Ile, le surlendemain 10, en Prescrivant au dépôt du 11e léger de donner tous ses hommes disponibles à ce dernier bataillon ; ces deux bataillons devront être dirigés sur Spandau suivant l'itinéraire ci-joint ...
Je prie, en même temps, votre excellence de me faire connaître le départ de ces troupes pour leur destination respective, de m'adresser leur situation détaillée sur les imprimés ci-joints, de faire donner sur les routes les avis nécessaires à qui de droit, et de donner avis de la marche de ces bataillons à son altesse sérénissime le prince de Neufchâtel ainsi qu'au général Durutte, chargé à Berlin du commandement de la 4e division de réserve dont ils doivent faire partie ..." (Fabry G. : « Campagne de Russie (1812) – (11 août – 19 août), Paris, Gougy, 1903, Annexes p. 97).
1re Division de réserve (Livret de l’Empereur, 1er juillet), Général de Division La grange.
2e Demi-brigade de marche, M. Dambrujac, Major en 2e.
1er Bataillon : 2 Compagnies du 5e Bataillon du 48e de Ligne, 3 Officiers, 326 hommes ; 2 Compagnies du 5e Bataillon du 108e de Ligne, 5 Officiers, 327 hommes ; 2 Compagnies du 5e Bataillon du 85e de Ligne, 1 Officier, 332 hommes.
2e Bataillon : 2 Compagnies du 5e Bataillon du 30e de Ligne, 6 Officiers, 332 hommes ; 2 Compagnies du 5e Bataillon du 33e de Ligne, 6 Officiers, 330 hommes ; 2 Compagnies du 5e Bataillon du 21e de Ligne, 5 Officiers, 321 hommes.
3e Bataillon : 2 Compagnies du 5e Bataillon du 57e de Ligne, 4 Officiers, 327 hommes ; 2 Compagnies du 5e Bataillon du 61e de Ligne, 6 Officiers, 329 hommes ; 2 Compagnies du 5e Bataillon du 111e de ligne, 6 Officiers, 320 hommes (Fabry G. : « Campagne de Russie (1812) – (11 août – 19 août), Paris, Gougy, 1903, Annexes p. 354).
Le 12 juillet 1812, le Général Mouton écrit, depuis Vilna, à l'Empereur (A N) : "En vertu des ordres de Votre Majesté, j'ai vu ce matin, à 6 heures, les hommes isolés des IIe et IIIe corps d'armée, ainsi que ceux des divisions Friant, Morand et Gudin, Dessaix, Compans et Claparède.
J'ai l'honneur de joindre ici le tableau qui est le résultat de cette opération, à laquelle on avait déjà travaillé antérieurement par suite des ordres du major général. Il y a de plus un détachement destiné à la division Grandjean,. dont le tableau mentionné indique également la force.
J'ai fait connaître que l'intention de Votre Majesté était que ces hommes fussent armés avant, leur départ, bon nombre ne l'étant pas nonobstant la grande quantité d'armes en mauvais état. J'ai aussi informé de la direction que Votre Majesté voulait qu'on leur donnât. On sait également qu'ils ne doivent pas partir avant le 14 et qu'il est nécessaire qu'ils emportent pour quatre jours de pain et cinquante cartouches par homme.
La santé de ces soldats paraît avoir souffert; on fait recevoir dans les hôpitaux ceux qui ne peuvent pas continuer leur marche. L'habillement, sans être mauvais, paraît tel par suite du défaut de surveillance et de la mauvaise tenue.
Le colonel, qui dirige ce dépôt, semble avoir des moyens, notamment dans les détails de comptabilité, mais pour opérer avec succès, il faudrait qu'il connût de quel corps d'armée font partie les hommes sous ses ordres, ou qu'un officier supérieur de l'état-major, qu'on lui adjoindrait; pût le lui dire.
Ces soldats ne reçoivent que la demi-ration de pain, et il est avantageux, je crois, de les réunir à leur corps le plus promptement possible. Le défaut d'officiers de troupes exigerait peut-être que l'on affectât quelques officiers d'état-major à la conduite de ces bataillons, rien ne nécessitant une surveillance plus active qu'une semblable réunion de soldats.
Il restera à ce dépôt quelques hommes disponibles qu'on pourra faire partir sous peu en les réunissant à ceux qui arrivent chaque jour" (Fabry G. : « Campagne de Russie (1812) – Supplément (24 juin – 10 août), Paris, Gougy, 1903, p. 73). La "Composition des bataillons de marche organisés aujourd'hui 13 juillet, d'après les ordres de l'Empereur" indique pour le 48e de Ligne (Division Friant) : 2 Sous-officiers et 54 Caporaux, tambours et soldats.
L'Appel du 3 août à midi de la Division Friant (3e Division du 1er Corps) donne pour le 48e de ligne : 90 Officiers, 2.536 hommes ; 226 hommes présents employés dans la Division ; 5 Officiers et 135 hommes détachés par la Division ; 4 Officiers et 588 hommes aux hôpitaux par billet ; 572 restés en arrière pour cause de maladie ou sans motif ; effectif : 99 Officiers, 4.057 hommes (Fabry G. : « Campagne de Russie (1812) – (11 août – 19 août), Paris, Gougy, 1903, Annexes p. 374).
Le Relevé des feuilles d’appel du 23 août du Ier Corps, 2e Division, indique pour le 48e de Ligne : 100 Officiers et 2.549 hommes (Fabry G. : « Campagne de Russie (1812) – (11 août – 19 août), Paris, Gougy, 1903, Annexes p. 387).
Le 14 octobre 1812, Victor écrit, depuis Smolensk, à Albitte [Reg. Victor] : "Vous trouverez ci-joint le décret du 6 de ce mois par lequel Sa Majesté prescrit de donner de nouvelles dénominations aux compagnies des 5e bataillons qui composent les quatre demi-brigades de marche dont trois, les 1re, 2e et 4e, arrivent à Smolensk. Cette opération devant être faite régulièrement et constatée par procès-verbal, je vous charge, M. le commissaire, de vous en occuper à fur et à mesure que ces troupes arriveront dans cette place, au moyen des dispositions que prescrit le décret précité. Les compagnies formant les 1re, 2e et 4e demi-brigades prendront les dénominations suivantes, savoir :
... 2e demi-brigade de marche :
Les deux compagnies du 5e bataillon du 48e de ligne, la dénomination de 5e et 6e compagnies du 6e bataillon
...
Lorsque ce travail sera terminé vous voudrez bien, M. l'inspecteur, m'en donner avis" (Fabry G. : Campagne de 1812 : documents relatifs à l'aile gauche, 20 août - 4 décembre, IIe, VIe, IXe corps, Paris, Chapelot, 1912, p. 78).
/ Uniformes
Dans sa Revue d’inspection passée le 28 Pluviôse an 8, le Général Schauenburg note que "L’habillement est encore en général fort bon ; il y avait passé 1800 hommes en très bonnes capotes bleues, les autres en sarrau blancs et le reste composé du Bataillon de la Charente en bon habit-veste, culottes et guêtres. Les chapeaux sont encore très passables.
La buffleterie est encore très bien, il y avait environ 1800 hommes en banderoles blanches ..." (Schauenburg (Général baron Alexis-Balthazar-Henri-Antoine de) : Registre particulier des revues. An VIII ; Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg: MS.0.492 ; document numérisé par la BNU à la demande conjointe de F. Berjaud, L. Claudel et D. Davin).
Dans sa revue d'inspection en date du 16 Ventôse an 10, le Général Schauenburd note que "La plupart des banderoles sont de mauvais cuir noir" (Schauenburg (Général baron Alexis-Balthazar-Henri-Antoine de) : « Revues d'inspection des corps d'infanterie stationnés dans le 10e arrondissement, passées dans le courant du deuxième trimestre de l'an dix » ; Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg: MS.0.493 ; document numérisé par la BNU à la demande conjointe de F. Berjaud, L. Claudel et D. Davin).