Le 39e Régiment d'Infanterie de Ligne

1789-1815

Accès à la liste des Officiers, cadres d'Etat major, Sous officiers et soldats du 39e Régiment d'infanterie de ligne

Avertissement et remerciements :

"39e Régiment d’Infanterie de Ligne, composé de 3 Bataillons
Le 1er et le 2e Bataillons au camp ; le 3e à Lille.
Revue passée le 6 vendémiaire an 13 à Lille.
L’état n°1. Situation sommaire du corps à l’époque de la présente revue se trouve au tableau placé à la fin de toutes les revues.
Résumé des opérations d’inspecteur général.
Esprit du corps : A été momentanément divisé entre les officiers ; il est maintenant bien rétabli. Quant à leurs opinions, elles sont toutes vouées au gouvernement. Celui des sous-officiers ne laisse rien à désirer sur ce dernier objet.
Instruction théorique des officiers. Est très bien établie par le major. Des Sous-officiers même observation.
Instruction pratique des officiers : L’on remarque dans l’exécution des mouvements que la théorie a été raisonnée. Des sous-officiers, même observation. Des soldats, manient bien l’arme, leur position devra être reprise pour l’aplomb de l’homme dans le rang. Le port d’arme est en général trop retiré. Quant au reste de l’instruction, on remarque qu’elle a été soignée.
Exécution des ordres donnés par l’inspecteur général à la précédente revue : Ont été exécutés.
Manœuvres : Ont été exécutées avec une division. J’ai été satisfait du degré d’instruction des officiers et sous-officiers.
Discipline : Bonne, établie avec la prudence et la douceur nécessaire à de jeunes soldats.
Espèce d’hommes en général : Ce régiment se recrute dans le département de la Somme. L’espèce d’homme est belle et docile, mais cependant inclinée à la désertion. Ces recrues ont beaucoup de facilité pour l’instruction.
Tenue : Belle et décente pour les officiers, passable pour les sous-officiers et soldats.
Finances : Les finances ont été assez bien administrées pendant l’an CI et les dépenses faites avec économie. La comptabilité de l’an XII est au courant en ce qui concerne le 3e bataillon seulement, mais elle ne présente aucun résultat particulier des masses dont il n’a pas été possible de dresser les tableaux, attendu que les deux premiers bataillons qui ont été longtemps sur mer n’ont point encore pu envoyer le résultat de leur comptabilité. C’est pour en faciliter et accélérer le travail que le quartier maitre ira au camp d’Etaples et aussitôt qu’il aura réuni les pièces nécessaires, l’inspecteur aux revues règlera la comptabilité pour l’an 12, qui présentera sans doute un résultat avantageux, malgré quelques défauts de forme dans les détails, qu’il sera cependant facile de rectifier. Le conseil est passablement composé.
Habillement : Sur les 195 hommes que j’ai vu sous les armes, il y avait d’habillés à neuf 114 ; habillés depuis 6 mois 49 ; et depuis 12 à 18 mois 32.
Le drap bleu est d’une qualité passable. Le ministre n’avait point envoyé d’échantillon pour l’an 12.
Il a été mouillé et employé pour l’habillement de l’an 12 la quantité de 49 pièces de drap bleu formant un total de 1037 m 55.
On a perdu par le mouillage en longueur et largeur 116,9.
Il n’a donc été employé réellement que 921,46.
Les serges et les cadis sont d’une qualité passable.
Equipement : Le major l’a désigné très dégradé aux bataillons de guerre, attendu qu’ils servent depuis une année sur la flottille. Celui du 3e bataillon est en bon état.
Il existe en magasin 30 vieux havresacs.
Armement : Est en bon état. Il existe dans les magasins les pièces de 75 fusils, dont les canons ont été rendus à l’arsenal en échange d’un pareil nombre de fusils donnés en remplacement.
Casernes quant aux bâtiments et effets attenants : Dites quartier des Buisses ( ?). Les bâtiments sont bien entretenus, les pavillons très resserrés et pourvus de deux pompes qui fournissent de bonne eau. L’intérieur des chambres est passable ; elles manquent de rayons pour placer les effets. Les portes et fenêtres sont bonnes.
Chambrées quant aux fournitures de casernement : Les fournitures de lits sont d’assez bonne qualité, et les bois de lit en assez bon état.
Chambrées quant à l’ordinaire. Les ordinaires sont de 16 hommes. Le soldat y met 4 sols. Il lui reste un sol pour son blanchissage.
Magasins quant au logement : Sont établis dans le quartier même et dans un bon local.
Magasins quant aux fournitures qui s’y trouvent : Sont bien classés, bien placés et il s’y trouve les effets portés sur l’état n°19.
Hôpitaux : Voyez le 28e régiment.
Prisons. En bon état.
Salle de discipline. Id.
Manutention des vivres. Le pain de munition est de bonne qualité depuis environ deux mois.
Pain de soupe. Voyez 57e régiment.
Fin du résumé des opérations de l’inspecteur.
Ordres donnés par l’Inspecteur général dans le cours de ses opérations et après la revue.
Comptabilité en deniers et effets. Le général de division Schauenburg inspecteur général d’infanterie, après avoir examiné les registres concernant la comptabilité en deniers et effets pendant l’an XI et les ayant trouvé tenus avec ordre, les a arrêtés définitivement jusqu’au 1er vendémiaire XII. Quant aux registres particuliers prescrits par l’art. 53 de l’instruction du ministre pour l’inspection des troupes en l’an XII, le conseil ne m’en ayant présenté que celui des recettes et dépenses de la masse de linge et chaussure etc., il sera établi de suite ceux suivants pour constater etc.
Voyez le 28e régiment.
On recommande au conseil d’administration de surveiller exactement toutes les parties de l’administration, de mettre la plus grande régularité dans ses opérations ainsi que la plus stricte économie dans l’emploi des fonds, et de ne point clore à l’avenir la comptabilité sans avoir réglé et porté dans chaque trimestre toutes les opérations qui y sont relatives.
Tenue : L’inspecteur général a été satisfait de la tenue de MM. les officiers et sous-officiers. Celle du soldat a été trouvée passable. Les chapeaux devront être placés à l’avenir conformément au règlement de police intérieur.
Habillement. L’étoffe des habits a été trouvée de mauvaise qualité, irrégulièrement façonnée. Tous sont étranglés sur la poitrine et étroits dans les manches, le collet mal placé, attendu que le corps de l’habit est absolument manqué pour emboiter la naissance du col. Les basques sont trop longues et trop échancrées.
L’irrégularité de la coupe ayant été trouvée commune à tous les corps inspectés par le général Schauenburg dans les années X et XI, il a proposé au ministre de la guerre les dimensions suivantes, lesquelles ayant été approuvées et prescrites, il en ordonne l’exécution.
Voyez l’ordre du 28e concernant les façons et la confection des habits, vestes, guêtres, culottes et souliers.
Equipement. Voyez l’ordre du 28e régiment.
Instruction. La position de l’homme dans le rang devra être correctement établie avant de donner l’arme au soldat. Le port d’armes a été trouvé généralement trop relevé. L’on suivra strictement celui prescrit par le règlement de 1791. L’exécution des maniements se fait avec nerf et vivacité. L’on exigera plus d’immobilité et d’aplomb pendant les mouvements. Les alignements ne sont pas corrects par le défaut de position, et des têtes trop tournées, et portées en avant hors du rang. MM. les officiers devront observer ce qui leur a été montré à cet égard par l’inspecteur général.
L’inspecteur général a été satisfait du zèle que MM. les officiers ont montré dans l’exécution des mouvements qu’il a fait faire, ainsi que de l’ensemble des sous-officiers et soldats.
M. le major Fririon utilisera encore plus l’instruction qu’il a si bien dirigée jusqu’à présent, en faisant exécuter à chaque fin d’exercice avec les armes, les mouvements de mécanisme des manœuvres, en formant une division avec laquelle, après avoir déposé les armes en faisceaux, il exécutera les mouvements au pas de route et pour soutenir la cadence, il fera battre d’intervalle à intervalles, quelques reprises par les tambours. Les commandements devront être prononcés avec plus d’énergie et mieux partagés entre ceux d’avertissement et d’exécution. La formation des cadres des pelotons ne saurait être trop ponctuellement suivie dans tous les exercices, sans cette attention l’on ne parviendra jamais à manœuvrer.
MM. les officiers devront être continués et complètement instruits sur les principes de leurs alignements et placés dans toutes les évolutions.
La division d’instruction devra être formée, autant qu’il sera possible, de 32 files ; cette proportion est la plus avantageuse à l’exécution de tous les genres de manœuvres.
Fusils. Les armes à feu reconnues absolument dans le cas de la réforme seront versées à l’arsenal de cette place.
Hommes proposés à la récompense nationale. Voyez le 28e régiment.
Effets à délivrer aux hommes congédiés par ancienneté ou pour blessures reçues à l’armée. L’intention de Sa Majesté est que tout militaire qui reçoit son congé définitif soit pour ancienneté de service, soit pour cause de blessures reçues à la guerre, puisse rentrer dans ses foyers avec une tenue descente et qu’il doit en conséquence être pourvu d’un habit uniforme en bon état et de son sabre s’il est sous-officier ou grenadier.
Désertion et congés refusés aux hommes atteints du mal vénérien. Voyez 28e régiment.
Retenues. Id.
Enrôlés volontaires passant d’un corps à l’autre et remplaçants. Id.
Fonds entre les mains du quartier maitre. Id.
Entretien des armes. Id.
Exécution du présent ordre. Id.
Sur la demande du conseil d’administration fondée sur ce que la transcription des plaintes en désertion sur le registre des délibérations occasionne une grande confusion dans sa tenue, par le mélange d’objets étrangers à l’administration, l’inspecteur général ordonne qu’il sera ouvert un registre spécialement destiné à l’inscription des plaintes contre les déserteurs et qu’il sera tenu avec soin.
Fin de l’ordre de l’inspecteur général.
Etat n°2. Note des officiers.
François Joseph Fririon, major, 39 ans. Le colonel. A adressé une note sur cet officier lors de l’inspection qui a été faite au camp.
L’inspecteur général. Cet officier supérieur a reçu une éducation soignée, a fait toute la dernière guerre avec distinction. Depuis passé huit années que je le connais, il a constamment été remarqué par son excellente conduite. Il réunit aux connaissances administratives celles des devoirs de la place qu’il occupe très utilement et il mérite sous tous les rapports la confiance du gouvernement.
Casimir Valhiade, chef de bataillon, 35 ans. Le colonel. A adressé une note sur cet officier lors de l’inspection qui a été faite au camp.
L’inspecteur général. Cet officier a été recommandé par le maréchal Soult d’après la conduite qu’il a tenue pendant la guerre. Il tient une bonne conduite et m’a paru avoir des moyens pour la place qu’il occupe. Son instruction est passable.
Jean Loustannau, quartier maitre chef de bataillon, 39 ans. Le Colonel. A compris cet officier sur la note qu’il a adressée au ministre.
L’inspecteur général. Cet officier est estimé dans le corps, a reçu une bonne éducation et connait supérieurement la partie administrative. Sa conduite est exemplaire.
Pierre Clappier, adjudant-major capitaine, 34 ans. Le colonel. A parfaitement fait la guerre, il a de l’intelligence, de l’exactitude et du zèle ; il connait bien son état et en a rempli les devoirs d’une manière digne d’éloges ; bonne conduite, bonnes mœurs, belle tenue.
L’inspecteur général. Confirmé dans tout son contenu.
François Girard, chirurgien aide major, 45 ans. Le Colonel.
L’inspecteur général. Ses moyens ne sont pas encore connus mais il sert très exactement.
Pierre Verd, capitaine, 37ans. Le colonel. Ce militaire n’a pas de grands moyens, mais il y supplée par beaucoup de zèle et d’exactitude à remplir ses devoirs ; il a gagné depuis la dernière inspection sous les rapports de la conduite.
L’inspecteur général. Est bien à sa place de commandant de compagnie.
Jean Claude Bonnet, capitaine, 47 ans. Le colonel. Brave homme, n’ayant pas de moyens, remplissant ses devoirs avec exactitude et se conduisant très bien.
L’inspecteur général. Remplace son peu de moyens par un zèle exemplaire.
Paul Charles Jean Nouilo ( ?), capitaine, 38 ans. Le colonel. Cet officier remplit assez bien ses devoirs et ne manque pas de moyens.
L’inspecteur général. Est au courant de son instruction et à sa place de capitaine.
Pierre François Bernard, capitaine, 30 ans. Le colonel. Cet officier ne manque pas de moyens ; il sert assez bien et se conduit de même. Il a l’esprit un peu tracassier.
L’inspecteur général. Est au courant de son instruction et à sa place de capitaine.
Hiacinthe Joseph Daries, capitaine, 29 ans. Le colonel. Joli officier ayant des connaissances et des talents, mais ne s’occupant pas assez de son état, aimant à critiquer tout ce qui se fait, regardant sa place comme au-dessous de lui et en connaissant peu les détails.
L’inspecteur général. A exécuté avec intelligence ce que je lui ai fait faire et avec plus d’application et de mesure dans sa conduite ; serait susceptible d’avancement.
Jacques Teule, capitaine de grenadiers, 36 ans. Le colonel. Bon capitaine de grenadiers, très brave, ayant des connaissances militaires et tenant une conduite irréprochable.
L’inspecteur général. Est embarqué.
Pierre François Lozier, capitaine, 34 ans. Le colonel. Cet officier n’as pas de grands moyens, mais il fait ce qu’il peut et se conduit bien.
L’inspecteur général. Exécute ponctuellement les ordres qu’il reçoit, sert avec zèle et conduit bien sa compagnie.
François Nicolas Roger, capitaine, 38 ans. Le colonel. Ce militaire a des talents ; il est chargé du recrutement du corps et on n’a qu’à se louer tant de son service que de sa conduite.
L’inspecteur général. En recrutement.
Joseph André Picart, capitaine, 37 ans. Le colonel. Bon officier ayant les connaissances nécessaires de son état, servant très bien et se conduisant de même.
L’inspecteur général. Est au courant de son instruction et à sa place de capitaine.
Jean Bonnet, lieutenant, 44 ans. Le colonel. Ce militaire ne sait ni lire ni écrire, il sert passablement, mais sa conduite n’est pas toujours à l’abri de reproches.
L’inspecteur général. Cet officier ne sera jamais à même de commander une compagnie ; il est surveillé dans sa conduite privée, laquelle s’est amélioré depuis la dernière inspection.
Joseph Panet, lieutenant, 37 ans. Le colonel. Ce militaire sert avec beaucoup de nonchalance et se conduit mal, en un mot il n’est point fait pour être officier. Au surplus, il a des infirmités pour lesquelles il a demandé sa retraite ; il est bien à désirer, tant pour lui que pour le corps, qu’elle lui soit accordée.
L’inspecteur général. Est proposé à la retraite ainsi qu’il est porté sur le livret de la présente revue, et il serait avantageux pour le corps d’être débarrassé d’un pareil officier qui cependant a reçu une blessure grave au bras.
Jean Baptiste Bouvier, lieutenant, 53 ans. Le colonel. Ancien militaire ayant peu de moyens, mais ne se conduisant pas mal.
L’inspecteur général. En recrutement.
Joseph Guillaume Xavier Philip, lieutenant, 36 ans. Le colonel. Ce militaire, quoique n’ayant pas de grands moyens, sert passablement et ne se conduit pas mal.
L’inspecteur général. En recrutement.
Pierre Mathieu Courcelle, lieutenant, 44 ans. Le colonel. Cet officier sert bien et se conduit de même. Il est employé au recrutement du corps.
L’inspecteur général. En recrutement.
Nicolas Thirion, lieutenant, 51 ans. Le colonel. Bon militaire, ayant quelques moyens et servant avec beaucoup de zèle, il est chargé des détails d’habillement du régiment.
L’inspecteur général. Il est au courant de son instruction, a l’estime et la confiance de ses chefs.
Claude Lapierre, lieutenant, 51 ans. Le colonel. Bon militaire remplissant ses devoirs avec beaucoup d’exactitude ; est d’une conduite irréprochable et chargé des détails du grand équipement et de l’armement du corps.
L’inspecteur général. Est proposé à la retraite sur le livret de la présente revue.
Augustin Simon, lieutenant de grenadiers, 36 ans. Le colonel. Cet officier a quelques moyens ; il sert même passablement mais il est sans conduite.
L’inspecteur général. En recrutement.
Pierre François Philibert, Lieutenant, 54 ans. Le colonel. Ancien militaire ayant de la bonne volonté et se conduisant bien.
L’inspecteur général. En recrutement.
Pierre François Rous, sous-lieutenant, 38 ans. Le Colonel. Bon officier ayant des talents militaires, servant très bien et tenant une bonne conduite.
L’inspecteur général. En recrutement.
Jean François Vautier, sous-lieutenant, 34 ans. Le colonel. Bon militaire ayant des talents, et servant très bien. Il est chargé de suppléer le quartier maitre.
L’inspecteur général. Il n’est pas encore au courant de son instruction, mais a tous les moyens nécessaires pour y parvenir.
Jacques Robin, sous-lieutenant de grenadiers, 39 ans. Le colonel. Brave officier servant avec beaucoup de zèle et se conduisant parfaitement.
L’inspecteur général. En recrutement.
François Leroy, dit Larose, sous-lieutenant, 34 ans. Le colonel. Cet officier demande sa retraite, ses infirmités font vivement désirer que le gouvernement la lui accorde.
L’inspecteur général. La retraite de cet officier est demandée depuis un mois, et cette réclamation est réitérée sur le livret de la présente revue.
André Picard, sous-lieutenant, 44 ans. Le colonel. Brave homme, faisant tout ce qu’il peut et se conduisant bien.
L’inspecteur général. Il n’est pas susceptible d’avancement, mais propre à la place qu’il occupe.
François Bruno Lacroix, sous-lieutenant, 35 ans. Le colonel. Bon militaire ayant des moyens, attaché à ses devoirs et se conduisant bien. Il est employé au recrutement du corps.
L’inspecteur général. En recrutement.
Jean François Audinot, sous-lieutenant, 27 ans. Le colonel. Cet officier a besoin de travailler, il a quelques dispositions mais il manque quelquefois de conduite.
L’inspecteur général. A été désigné au peloton d’instruction. Ses chefs surveillent sa conduite.
Antoine Caille, sous-lieutenant, 32 ans. Le colonel. Bon militaire servant avec beaucoup de zèle et se conduisant très bien.
L’inspecteur général. En recrutement.
Joseph Nicolas, sous-lieutenant, 35 ans. Le colonel. Bon officier, s’occupant beaucoup de son état et d’une conduite irréprochable.
L’inspecteur général. Est au courant de son instruction et propre à la place qu’il occupe.
Fin du n°2
Etat n°3 des emplois vacants dans le corps.
1 de lieutenant (10e compagnie 1er bataillon) par la nomination de M. Leroy à l’emploi de lieutenant dans la garde sédentaire de Paris.
Etat n°4 des militaires admis à la haute paye.
2 sergents majors à dater du 1er vendémiaire 12.
2 sergent dont un du 29 vendémiaire et un de 1er brumaire 12.
4 caporaux dont 2 du 1er, un du 26 et un du 29 vendémiaire 12.
3 fusiliers dont un du 1er, un du 29 vendémiaire et un du 7 brumaire 12.
1 tambour à dater du 1er vendémiaire 12.
12
Etat n°5 des militaires admis dans la légion d’honneur.
1 colonel, 1 major, 3 chefs de bataillon, 1 quartier maitre chef de bataillon, 1 sergent major, 2 caporaux, 1 grenadier.
10
Etat n°6 des militaires désignés pour le recrutement de la garde de l’empereur.
Néant.
Etat n°7 des enfants de troupe admis à la demi-solde.
Voyez le tableau du personnel ci-après.
Etat n°8 des hommes réformés.
Voyez le même tableau.
Etat n°9 des militaires proposés pour une autre arme ou pour être réformés par défaut de taille.
Néant.
Etat n°10 des officiers, sous-officiers et soldats dont la présence au corps peut être inutile ou nuisible.
Néant.
Etat n°11 des hommes proposés à la solde de retraite. Etat n°12 id. aux invalides. Etat n°13 id. aux ½ bataillons de vétérans.
Voyez pour ces trois classes d’hommes le tableau du personnel.
Etats n°14, 15 et 16 regardent la cavalerie seule et ne se trouvent pas dans les livrets de revue pour l’infanterie.
Etat n°17 situation des finances.
Voyez le tableau des finances ci-après.
Etat n°18 de l’habillement et équipement en service. Etat n°19 de l’habillement et équipement en magasin et des mouvements survenus pendant l’année.
Voyez le tableau de l’habillement ci-après.
Etat n°20 de l’habillement et équipement qui reviennent pour les remplacements.
Voyez le tableau ci-après.
Etat n°21 situation de l’armement.
Voyez le tableau ci-après
" (Schauenburg (Général baron Alexis-Balthazar-Henri-Antoine de) : « Revues d'inspection des bataillons de dépôt d'infanterie stationnés dans la 16e division militaire … passées pendant le courant de Fructidor XII et Vendémiaire an XIII » ; Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg: MS.0.495 ; document numérisé par la BNU à la demande conjointe de F. Berjaud, L. Claudel et D. Davin).

Cette revue d'inspection est suivie d'un premier tableau intitulé "Situation générale des finances de tous les corps compris dans l’inspection du général Schauenburg pour l’an 12", qui indique pour le 39e Régiment :
Masse générale. En caisse au 1er Vendémiaire an 12 : 10108 ; recette de l’année : 69579 ; total : 79688 ; dépense de l’année : 87336 ; en caisse au 1er Vendémiaire an 13 : -.
Masse de linge et chaussure. En caisse au 1er Vendémiaire an 12 : 34211 ; recette de l’année : 43666 ; total : 77878 ; dépense de l’année : 47561 ; en caisse au 1er Vendémiaire an 13 : 30316.
Masse de chauffage. En caisse au 1er Vendémiaire an 12 : 5167 ; recette de l’année : 22316 ; total : 27484 ; dépense de l’année : 20180 ; en caisse au 1er Vendémiaire an 13 : 7303.
Masse de pain et soupe. En caisse au 1er Vendémiaire an 12 : 12001 ; recette de l’année : - ; dépense de l’année : 12001 ; dépense de l’année : 9747 ; en caisse au 1er Vendémiaire an 13 : 2254.
Masse de médicaments. En caisse au 1er Vendémiaire an 12 : - ; recette de l’année : - ; total : - ; dépense de l’année : 162 ; en caisse au 1er Vendémiaire an 13 : -.
Masse des amendes. En caisse au 1er Vendémiaire an 12 : - ; recette de l’année : - ; total : - ; dépense de l’année : 1741 ; en caisse au 1er Vendémiaire an 13 : -.
Total général des fonds en caisse au 1er Vendémiaire an 13 : 30623.
L'Inspecteur général Schauenburg note au sujet de la masse générale, que : "Le 39e régiment a un déficit à la même masse de 7647" et "Voyez au verso de ce feuillet la notice sur les masses portées au présent tableau.
Masse générale. Elle est établie par l’arrêté du 17 frimaire an 11 et divisée en 2 parties. 1° La 1ère partie de 18 francs par an et par homme reste à la disposition du gouvernement ; elle sert à payer les draps et autres objets que le ministre fait fournir aux corps ; il fait venir dans ses bureaux un compte ouvert avec chaque corps ; les corps qui se trouvent avoir un excédent de recette par le résultat de ce compte sont les maitres de l’employer l’année suivante à tel genre de fournitures que bon leur semble, en les demandant au ministre directeur. Si les corps redevaient, on leur ferait une retenue sur les fournitures de l’année suivante.
2° La 2e partie qui est composée de 17 francs par an et par homme ; cette partie est payée aux corps tous les mois, sur un décompte particulier ; elle est chargée de tous les achats et de tous les genres de dépenses déterminés par l’arrêté susdit du 17 frimaire an 11. Les corps en tiennent un registre conforme au modèle annexé audit arrêté. Tous les achats qu’ils font doivent être approuvés par le directeur ministre ; et les inspecteurs généraux vérifient les dépenses de toutes les espèces, suivant qu’elles sont déterminées par les arrêtés.
Le produit de cette masse se compose encore des morts, désertés, rayés des contrôles et congédiés étant chez eux ; de même que de ce qui pourrait revenir auxdits hommes pour une solde arriérée qui n’aurait été payée qu’après leur départ.
Masse de linge et chaussure. Elle est établie par le règlement de comptabilité du 8 floréal an 8 ; elle se compose d’une retenue d’un sol par jour qu’on fait sur la solde de chaque soldat ; cette retenue est de huit centimes par jour pour les sergents majors, sergents et caporaux fourriers ; le complet de cette masse est de 27 francs pour les sous-officiers et de 18 francs pour les caporaux et soldats.
Elle est chargée de fournir aux uns et aux autres, par le produit ci-dessus déterminé, tous les effets de petit équipement ; la quantité et l’espèce de ces effets sont déterminées par le même règlement.
Cette masse reçoit encore la portion de solde que les semestriers laissent pendant leur absence, et le partage en est fait après la rentrée des semestriers, entre tous ceux qui ont fait le service pendant leur absence.
Si ces produits sont insuffisants pour les soldats, on n’a d’autres ressources que de leur faire faire le service des travailleurs au prix réglé pour tout le régiment ; ce qui forme encore une autre branche de recette qu’on doit également enregistrer au compte des hommes qui ont fait les services.
Indépendamment du registre que le conseil d’administration fait tenir par le quartier maitre, pour tout le régiment, conformément au tableau indiqué par l’arrêté du 8 floréal an 8, et suivant encore ce qui est prescrit par l’autre arrêté du 17 frimaire an 11, chaque sous-officier ou soldat a son compte ouvert sur le grand registre du capitaine. Ce compte doit être signé par le sous-officier ou soldat ; ou sa marque faite en présence de témoins, afin que quand un homme meurt à l’hôpital, on ne puisse pas lui écrire des effets qu’il n’a pas reçu ;cette formalité est d’autant plus nécessaire que c’est par relevé du registre du capitaine qu’on forme le grand tableau dont on vient de parler, lequel sert de base au registre du conseil d’administration.
Indépendamment encore de toutes ces pièces, le compte de chaque homme doit être écrit sur son livret, ainsi que tous les objets de petit équipement qu’on lui délivre, au fur et à mesure des livraisons.
Masse de chauffage. Etablie par arrêté du gouvernement du 23 fructidor an 8 ; voyez encore la circulaire interprétative du 23 vendémiaire an 9.
Une portion de cette masse est mises à la disposition des corps et payée tous les mois sur un décompte particulier ; cette portion est déterminée tous les ans par le ministre, pour chaque division territoriale, en raison de la cherté des combustibles ; elle paye 1° le chauffage de la troupe dans les casernes ; un nombre d’officiers et de sous-officiers doivent en être chargés ; 2° le chauffage et la lumière des corps de garde, suivant la revue desdits corps de garde établie par le commissaire des guerres.
L’autre portion de cette masse qui est à beaucoup près la plus forte , reste à la disposition du ministre pour faire face aux fournitures de campagne ci-après 1° marmites, 2° gamelles, 3° grands et petits bidons, 4° barils à eau, 5° sacs à marmites, 6° outils, 7° sacs à outils, 8° couvertes.
Le ministre n’envoie pas de compte aux régiments pour cette portion.
Masse de pain de soupe. Etablie par arrêté du gouvernement du an 10 ; la troupe a commence à en jouir au 1er germinal an 11 ; le produit est d’un sol par jour et par homme présent ; le gouvernement viendrait au secours des divisions où ce produit ne suffirait pas, attendu qu’il doit être distribué 4 onces de pain de soupe à chaque homme par jour, sans qu’on puisse en donner moins. Le régiment reçoit ce produit tous les mois ; il en tient un registre très exact. On passe un marché avec un boulanger, et su par ce marché, il y a des économies, aucun soldat ne peut réclamer le partage de la masse qui en résulte.
Masse des médicaments. Etablie par arrêté du 9 frimaire an 12 ; elle est déterminée tous les ans par le ministre ; elle ne peut excéder 1000 frs par régiment ; elle sert à l’achat des médicaments et autres objets nécessaires au traitement des maladies indiquées par ledit arrêté. Le régiment en tient un registre particulier.
Masse des amendes. Etablie par arrêté du gouvernement du 19 vendémiaire an 12 concernant la désertion ; tous les condamnés doivent payer une amende de 1500 frs et les corps doivent en faire recette ; elle sert à payer les frais de procédure des conseils de guerre spéciaux, suivant qu’ils sont déterminés par le règlement ; le surplus doit être employé par le corps au remplacement des déserteurs condamnés, par des enrôlements volontaires ; on tient registre de cette masse
" (Schauenburg (Général baron Alexis-Balthazar-Henri-Antoine de) : « Revues d'inspection des bataillons de dépôt d'infanterie stationnés dans la 16e division militaire … passées pendant le courant de Fructidor XII et Vendémiaire an XIII » ; Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg: MS.0.495 ; document numérisé par la BNU à la demande conjointe de F. Berjaud, L. Claudel et D. Davin).

Dans un second tableau, intitulé "Situation générale de l’habillement et du petit équipement de tous les corps dont le général Schauenburg a fait l’inspection en l’an 12", nous lisons, pour le 39e Régiment :
Etoffes.
Existantes en magasin à la dernière revue. Draps - ; tricot 305 mètres ; doublure - ; toile -.
Reçues depuis la dernière revue. Draps 3380 mètres ; tricot 4000 mètres ; doublure 9216 mètres ; toile 4512 mètres.
Emploi des étoffes.
Etoffes en magasin lors de la revue. Draps 4032 mètres ; tricot - ; doublure 2019 mètres ; toile 660 mètres.
Effet en service au moment de la revue. Habits 2090 ; vestes 2090 ; culottes 2090 ; bonnets 2090.
Effet de petit équipement.
En magasin lors de la dernière revue. Chemises 151 ; bas 167 ; souliers 275 ; guêtres 197 ; sacs de peau 111.
Acheté ou reçu depuis la dernière revue. Chemises 1100 ; bas 1548 ; souliers 3036 ; guêtres 1843 ; sacs de peau 617.
Reste en magasin au moment de cette revue. Chemises 235 ; bas 210 ; souliers 157 ; guêtres 4 ; sacs de peau - (Schauenburg (Général baron Alexis-Balthazar-Henri-Antoine de) : « Revues d'inspection des bataillons de dépôt d'infanterie stationnés dans la 16e division militaire … passées pendant le courant de Fructidor XII et Vendémiaire an XIII » ; Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg: MS.0.495 ; document numérisé par la BNU à la demande conjointe de F. Berjaud, L. Claudel et D. Davin).

Le troisième tableau s'intitule "Situation générale de l’armement et de l’équipement au moment de la revue d’inspection du général Schauenburg". Il indique pour le 39e Régiment :
Armement.
Armement.
En magasin à la dernière revue. Fusils 1890 ; baïonnettes 1890 ; sabres 617.
Reçu depuis la dernière revue. Fusils 385 ; baïonnettes 385 ; sabres -.
Pertes depuis la dernière revue. Fusils 75 ; baïonnettes 75 ; sabres -.
Reste au magasin au moment de la revue ou au régiment. Fusils 2200 ; baïonnettes 2200 ; sabres 617.
A fournir pour les remplacements. Fusils - ; baïonnettes - ; sabres -.
Equipement.
Existant en magasin lors de la dernière revue ou au régiment. Gibernes 1722 ; porte giberne 1722 ; bretelle de fusils 1722 ; baudriers 603 ; colliers de tambours 51 ; caisse de tambours 51.
Reçu depuis la dernière revue. Gibernes 300 ; porte giberne 300 ; bretelle de fusils 300 ; baudriers - ; colliers de tambours - ; caisse de tambours -.
Reste en magasin au moment de la revue ou au régiment. Gibernes 2022 ; porte giberne 2022 ; bretelle de fusils 2022 ; baudriers 603 ; colliers de tambours 51 ; caisse de tambours 51 (Schauenburg (Général baron Alexis-Balthazar-Henri-Antoine de) : « Revues d'inspection des bataillons de dépôt d'infanterie stationnés dans la 16e division militaire … passées pendant le courant de Fructidor XII et Vendémiaire an XIII » ; Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg: MS.0.495 ; document numérisé par la BNU à la demande conjointe de F. Berjaud, L. Claudel et D. Davin).

Dans un quatrième tableau, intitulé "Etat des effets d’habillement et d’équipement qui reviennent aux régiments inspectés par le général Schauenburg, pour leur remplacement", le Général Schauenburg note, pour le 39e Régiment :
Habillement. Habits 1045 ; vestes 1045 ; culottes 2090 ; chapeaux 1045.
Equipement. Gibernes 110 ; baudriers 31 ; bretelles de fusils 110 ; caisses de tambours 3 ; colliers de tambour 3 (Schauenburg (Général baron Alexis-Balthazar-Henri-Antoine de) : « Revues d'inspection des bataillons de dépôt d'infanterie stationnés dans la 16e division militaire … passées pendant le courant de Fructidor XII et Vendémiaire an XIII » ; Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg: MS.0.495 ; document numérisé par la BNU à la demande conjointe de F. Berjaud, L. Claudel et D. Davin).

Un cinquième tableau intitulé "Tableau numérique des conscrits des années 11 et 12 reçus par les régiments désignés ci-dessous pendant le courant de l’an 12, et observations sur la désertion et la réforme d’un grand nombre de ces hommes et les résultats pour les corps" indique pour le 39e Régiment :
Noms des départements qui les ont fournis Somme. Nombre de conscrits incorporés 698. Désertion en route avant l’incorporation 59. Désertion après l’incorporation : Au 3e bataillon ou aux bataillons de guerre et allant les joindre 168 ; dépenses du corps pour l’habillement des déserteurs 15301,14 ; frais de jugements et d’habillement pour les condamnés 2548,05 ; dépenses pour les amnistiés des travaux rentrés 2548,05 ; total de la dépense occasionnée par la désertion 18669,21 ; produit des amendes imposées aux condamnés -. Réforme. Nombre de conscrits réformés 52. De remplaçants réformés 5. Dépenses du corps pour leur habillement 5191,56. Du gouvernement pour solde et pain 6486,48. Total des dépenses occasionnées par les réformés 116,78,40. Indication des dépenses. Au compte du corps 23860,77 ; au compte du gouvernement 6486,48. Total général des dépenses faites pour les réformés et les déserteurs 30347,25.
Et le Général Schauenburg ajoute en note : "Observations qui doivent être en marge du tableau d’autre part ...
39e régiment, Somme. L’espèce d’homme est belle, mais il est reconnu depuis longtemps que les picards sont enclins à la désertion ; ils sont néanmoins dociles et subordonnés ; le conseil de recrutement de la Somme ne met pas à beaucoup près l’impartialité voulue par les lois dans l’admission des conscrits ; outre les réformés congédiés par l’inspecteur général, le commandant du régiment a pris sur lui de renvoyer au moins 80 conscrits que le capitaine de recrutement avait été forcé de recevoir ; ils ont été renvoyés par des motifs si justes qu’on a été obligés de les remplacer
" (Schauenburg (Général baron Alexis-Balthazar-Henri-Antoine de) : « Revues d'inspection des bataillons de dépôt d'infanterie stationnés dans la 16e division militaire … passées pendant le courant de Fructidor XII et Vendémiaire an XIII » ; Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg: MS.0.495 ; document numérisé par la BNU à la demande conjointe de F. Berjaud, L. Claudel et D. Davin).

Un sixième tableau, intitulé "Inspection général d’infanterie faite par le Général Schauenburg. Situation général du personnel des Régiments d’infanterie stationnés dans la 16e division militaire, avec les mutations survenues depuis la dernière revue, le détail des hommes présents, des réformés et de ceux congédiés avec récompense" donne la composition de l’effectif du 39e Régiment au 6 Vendémiaire an 13 :
Officiers : 1 Colonel, 1 Major, 3 Chefs de Bataillons, 1 Quartier maitre, 3 Adjudants majors, 27 Capitaines, 26 Lieutenants, 26 Sous-lieutenants, 4 Chirurgiens ; total 93, dont 22 présents, 46 aux Bataillons de guerre, 7 détachés, aucun à l’hôpital du lieu, aucun à l’hôpital extérieur, aucun en congé, 18 embarqués.
Sous-officiers et soldat : 17 petit état-major, 27 Sergents majors, 106 Sergents, 27 Caporaux fourriers ; 211 Caporaux, 164 Grenadiers, 1476 Fusiliers, 51 Tambours, 11 enfants de troupe ; total 2090 dont 195 présents, 1282 aux Bataillons de guerre, 51 détachés, 74 à l’hôpital du lieu, 26 à l’hôpital extérieur, aucun en congé, 3 déserteurs, 459 embarqués.
Mutations :
L’effectif était à la dernière revue de 1649.
Recettes : 834 recrues, 1 venu d’autres Corps, 119 rayés rentrés, total 954. L’effectif devrait donc être de 2603.
Pertes : 44 morts, 274 désertés, 39 réformés avant la revue, aucun partis avec congé absolu, 2 rayés par jugement, 17 rayés par longue absence, 13 passés dans d’autres corps, 4 faits officiers, 120 réformés par l’Inspecteur général ; total 513. L’effectif reste donc à 2090.
Si l’on déduit encore les : 4 proposés pour la réforme ; 8 proposés pour les Vétérans ; aucun proposé pour les Invalides ; total 12. L’effectif ne sera que de 2078.
Or comme le complet de paix étant de 2261, il y aura un manque au complet de 183 (Schauenburg (Général baron Alexis-Balthazar-Henri-Antoine de) : « Revues d'inspection des bataillons de dépôt d'infanterie stationnés dans la 16e division militaire … passées pendant le courant de Fructidor XII et Vendémiaire an XIII » ; Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg: MS.0.495 ; document numérisé par la BNU à la demande conjointe de F. Berjaud, L. Claudel et D. Davin).

Enfin, dans un dernier tableau, nous avons le "Détail des présents au Bataillon de dépôt et de ceux réformés, de ceux congédiés avec récompense, ainsi que de ceux susceptibles d’avoir la haute paye sur tout le régiment; il indique pour le 39e Régiment :
Présents :
Officiers : 1 Major, 1 Chef de Bataillon, 1 Quartier maitre, 1 Adjudant major, 8 Capitaines, 4 Lieutenants, 5 Sous-lieutenants, 1 Chirurgien ; total 22.
Petit Etat-major : 1 Adjudant sous-officier, 1 Tailleur, aucun Guêtrier, 1 Cordonnier, 1 armurier, aucun Tambour-major, 1 Caporal tambour, aucun Musicien, total 5.
Sous-officiers et soldat : 8 Sergents majors, 9 Sergents, 8 Caporaux fourriers ; 26 Caporaux, 2 Grenadiers, 107 Fusiliers, 14 Tambours, 6 enfants de troupe ; total 195.
Total général : 217.
Réformés : aucuns Sergents-majors, 1 Sergent, aucun Caporaux fourriers, 5 Caporaux, 114 grenadier, Fusiliers et Tambours. Total 120. Congédiés. Officiers : Aucun Chef de Bataillon, aucun Capitaines, 2 Lieutenants, 1 Sous-lieutenant ; total 3. Sous-officiers et soldats : Aucun Sergent-major, aucun Sergent, aucun Caporal fourrier, 3
Caporaux, 9 Grenadiers, Fusiliers et Tambours ; total 12. Total général 15.
Haute paye. 10 ans de service, 4 Sergents et Caporaux, 3 soldats ; total 7. 15 ans de service, 2 Sergents et caporaux, aucun soldat ; total 2. 20 ans de service : 3 Sergents et Caporaux, aucun soldat ; total 3. Total général : 12.
Enfants. D’Officiers : 3 ; de Sous-officiers et soldats 8 ; total 11 (Schauenburg (Général baron Alexis-Balthazar-Henri-Antoine de) : « Revues d'inspection des bataillons de dépôt d'infanterie stationnés dans la 16e division militaire … passées pendant le courant de Fructidor XII et Vendémiaire an XIII » ; Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg: MS.0.495 ; document numérisé par la BNU à la demande conjointe de F. Berjaud, L. Claudel et D. Davin).

L'ordre de marche pour la traversée du Rhin sur le pont de bateaux construit près de Lauterbourg, ordre distribué le 26 septembre, est ainsi rédigé : "La troupe marchera, la droite en tête et sur front de section s'il est possible. Dans le cas contraire, elle marchera par le flanc jusqu'à son arrivée sur la rive droite du Rhin, où les sections se formeront aussitôt ...
2e division, sous les ordres du général Loison.
1re brigade (général Villate)
1er bataillon du 6e léger.
2 pièces d'artillerie (1 de 4, 1 obusier).
2e et 3e bataillons du 6e léger.
39e de ligne (2 bataillons).
2e brigade (général Roguet).
69e de ligne (2 bataillons).
6 pièces d'artillerie (1 de 4, 4 de 8, 1 de 12).
76e de ligne (3 bataillons).
Détachement de 12 hussards.
Détachement de 10 gendarmes ...
Les vivres, les subsistances et le personnel de l'administration. Les bagages, en commençant par l'état-major général et suivant l'ordre des divisions et des régiments comme ci-dessus. Les quatre dernières compagnies du 59e fermeront la marche, et serviront d'escorte aux bagages.
Les régiments ne laisseront que 12 hommes et 1 sergent pour escorter les voitures.
L'escadron de gendarmerie fermera la marche.
Un détachement de 20 hommes de la compagnie d'élite du 1er hussards, suivra partout le maréchal commandant en chef. Ce détachement sera relevé tous les cinq jours
" (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 2, p. 464 ; E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 231 ; Bonnal H. : « La vie militaire du Maréchal Ney », Chapelot, Paris, 1910, tome 2, p. 81).

"6e Corps. Emplacements du 4 vendémiaire an 14 (26 septembre 1805).
Quartier général à Lauterbourg ...
2e division (Lauterbourg) aux ordres du général Loison.
6e léger. Büchelherg.
39e de ligne (Général VILLATE). Lauterbourg ...
" (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 2, p. 463).

"Journée du 5 vendémiaire (27 septembre).
Quartier général : Carlsruhe.
L'armée a passé le Rhin près Lauterbourg. Le passage a commencé à 6 heures du matin pour les troupes et a été terminé à midi ...
2e division (Durlach).
39e de ligne (1er bataillon). Wolfartsweier.
39e id. (2e id.). Grotzingen ...
" (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 2, p. 469).

"Journée du 5 vendémiaire (27 septembre).
La division, composée des 6e régiment d'infanterie légère, 39e, 69e, et 76e régiments de ligne, et armée de 8 bouches à feu, est partie à 8 heures du matin pour ses cantonnements, près Lauterbourg, et marchant, la droite en tête, elle s'est dirigée vers le pont établi sur le Rhin, vis-à-vis du village d'Au, territoire de Bade, où elle a passé le fleuve. Elle s'est portée de suite sur Durmersheim, par une chaussée étroite, au milieu d'un bois, a continué sur un terrain cultivé et coupé de plusieurs ruisseaux.
Arrivés à Durmersheim, les 6e et 39e régiments, commandés par M. Le général de brigade Vilatte, et 2 pièces d'artillerie, ont pris la route d'Ettlingen, et se sont rendus dans les villages de Grünwettersbach, Stupferich, Wolfartsweier et Grotzingen, où ils ont été cantonnés. Les 69e et 76e, et le reste de l'artillerie, sous les ordres de M. le général de brigade Boguet, ont suivi la route de Carlsruhe, et ont traversé cette résidence pour se rendre à Durlach, où ces troupes ont été logées.
Le quartier général de la division a été établi dans cette dernière ville
" (Extrait du journal des marches, positions et opérations militaires de la division Loison in Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 2, p. 469).

Fin septembre 1805, les Divisions du 6e Corps commandé par le Maréchal Ney, sont organisées de la façon suivante :
1re Division (Général Dupont), avec les Généraux de Brigade Marchant et Rouyère, ayant sous leurs ordres, le premier, le 9e Léger, le second, les 32e et 96e de ligne; en tout 6 Bataillons à 9 Compagnies. Effectif de l'infanterie de la 1re Division : 5,140 hommes.
2e Division (Général Loison), avec les Généraux de Brigade Roguet et Villatte, ayant sous leurs ordres, le premier, le 6e Léger et le 39e de Ligne, le second, les 69e et 76e de Ligne; en tout, 8 Bataillons à 9 Compagnies. Effectif de l'infanterie de la 2e Division : 6,899 hommes.
3e Division (Général Malher), avec les Généraux de Brigade Marcognet et Labassée, ayant sous leurs ordres, le premier, le 25e Léger et le 27e de Ligne, le second, les 50e et 59e de ligne; en tout, 8 Bataillons à 9 Compagnies. Effectif de l'infanterie de la 3e Division : 7,069 hommes.
Brigade de cavalerie (Général de Division Tilly) composée du 10e Chasseurs, du 1er et du 3e Hussards, chacun à 3 Escadrons. Effectif: 1,071 hommes.
Artillerie composée de 13 Compagnies avec un effectif de 1,065 hommes.
Effectif du 6e Corps : 21,250 hommes (Bonnal H. : « La vie militaire du Maréchal Ney », Chapelot, Paris, 1910, tome 2, p. 56).

Composition de la Grande Armée au moment où elle a passé le Rhin pour la campagne d'Autriche.
6e corps d'armée au passage du Rhin dans les premiers jours de vendémiaire an XIV.
2e division.
39e de Ligne, 2 Bataillons, 1646 hommes (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 2, p. 158).

Le 8 Vendémiaire, "La division est partie à 6 heures du matin; elle a passé l'Enz à Enzweihingen, en laissant à droite la chaussée de Stuttgard; elle s'est dirigée sur Ludwigsburg, en passant par Markgröningen.
Le chemin qui conduit de Enzweihingen à Markgröningen est étroit, mal entretenu, et il pourrait être difficile d'y faire passer de l'artillerie, après de très grandes pluies.
Les troupes ont laissé Ludwigsburg à gauche, et ont été gagner la chaussée d'Heilbronn à Stuttgart. Elles se sont dirigées sur cette dernière ville jusqu'à l'embranchement des routes, dont l'une conduit à Cannstatt.
La division a pris position sur le Neckar, de la manière suivante :
Le 6e régiment et 1 bataillon du 39e, à Esslingen.
Le 2e bataillon du 39e, à Unter-Türkheim.
Le 69e, à Felbach et le 76e, à Cannstatt.
2 pièces d'artillerie, à Esslingen, et le reste, en arrière de Cannstatt.
Le grand quartier de la division, dans cette dernière ville.
Les grand'gardes ont été placées sur les routes de Heilbronn, Vaihingen, Schorndorf, Göppingen et Tübingen
" (Rapport du général Loison, in : Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 2, p. 489).

La Division Loison se rend de Burgberg à Langenau par un chemin étroit et encaissé, et prend position derrière le ruisseau de Langenau. Dans la nuit du 9 au 10, la 1re Brigade (Villate) de cette Division est dirigée sur Über-Elchingen, avec deux pièces de 8 et un Escadron du 3e Hussards. En arrivant à Unter-Elchingen, le Général Loison ordonne au 39e de rester en réserve sur les hauteurs de Saint-Wolfgang (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 3, 1ère partie, p. 33).

L'Adjudant-commandant Destabenrath écrit, de son côté, au Général M. Dumas, depuis Ulm, le 2 Brumaire an 14 (24 octobre 1805) : "Mon Général,
J'ai eu l'honneur de vous remettre moi-même, devant cette place, les détails de l'affaire de Günzburg. Je vous transmets aujourd'hui ceux de la première prise du pont d'Elchingen par la 2e division, qui s'est si vaillamment montrée sous les ordres de M. le maréchal Ney dans la journée où ce pont fut enlevé aux Autrichiens pour la deuxième fois. Vous recevrez incessamment, mon Général, les détails de cette bataille d'Elchingen qui ne peut être confondue avec la petite affaire dont je vous rends compte.
Le 16 vendémiaire, la 2e division avait quitté sa position en arrière de Höchstädt; elle s'était portée sur Burberg et y avait pris position, ayant le Lonthal sur son front.
Le 17, cette division partit de Burberg pour se diriger vers Ulm; elle a pris position sur les hauteurs, en arrière de Langenau. (On doit remarquer ici que le chemin qui conduit de Burberg à Stetten est très étroit et très encaissé; il ne serait pas praticable pour les voitures dans la mauvaise saison).
La 1re brigade, commandée par le général Villatte, s'est portée sur Über-Elchingen pour enlever le pont que l'ennemi gardait sur ce point; elle était précédée de deux pièces de 8 et de l'escadron du 3e de hussards qui éclairait la marche.
La colonne étant arrivée au village d'Unter-Elchingen, le général Loison a pris les dispositions suivantes :
Le 39e régiment a été placé en réserve sur les hauteurs à gauche de Kloster-Elchingen.
Le 6e régiment a marché en colonne sur le village d'Über-Elchingen pour gagner la chaussée qui conduit au pont du Danube. Les deux compagnies de voltigeurs et celles de carabiniers ont flanqué la gauche du régiment et ont côtoyé les bois et les marais qui bordent le fleuve.
L'escadron de hussards s'est dirigé sur un poste avancé qu'il a enlevé sans résistance, et se portant ensuite droit au pont, il a pris de même un officier et quelques hommes qui se trouvaient sur la rive gauche. Le pont était défendu par un bataillon du régiment de Sporck, fort de 600 hommes, et par une pièce de canon.
Cette troupe a été effrayée de l'attaque impétueuse des hussards, conduits par le capitaine Schonier; mais quelques planches du pont ayant été retirées, ce brave officier a été obligé de rétrograder pour attendre l'infanterie et il a essuyé alors un feu très vif de mousqueterie et de mitraille qui, heureusement, n'a blessé personne.
Les voltigeurs et les carabiniers sont arrivés et ont marché au pas de charge sur le pont, dont ils se sont emparés, malgré le feu de l'ennemi qui s'est vu obligé de prendre la fuite et d'abandonner son canon.
Le résultat de cette affaire est la prise du pont d'Elchingen, ordonnée par M. le maréchal Ney, et celle de 57 Autrichiens, dont un officier et d'une pièce de canon.
L'ennemi a eu 10 à 12 hommes tués; notre perte a été de 2 hommes tués et 2 blessés, dont l'un est le sous-lieutenant Chartier ...
" (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 3, 1ère partie, p. 371).

Le "Journal des opérations de l'artillerie depuis le 5 vendémiaire, jour du passage du Rhin, jusqu'au 30 inclus (27 septembre au 22 octobre 1805)" indique : "... Le 17 vendémiaire an XIV … La 2e division vint à Langenau et prit position sur les hauteurs en arrière de ce bourg.
Une pièce de 4 et un obusier de cette division furent détachés avec le 6e d'infanterie légère et 2 pièces de 8 avec le 39e de ligne pour enlever le pont que l'ennemi avait sur le Danube à Über-Elchingen. Le pont fut enlevé le soir même. L'artillerie ne prit point part à cette attaque ...
" (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 3, 1ère partie, p. 383).

"6e CORPS D'ARMEE.
Journée du 18 vendémiaire (10 octobre).
… 2e division : Langenau.
... La nuit du 17 au 18, la 1re brigade, commandée par le général Villate, marcha sur Über-Elchingen pour enlever le pont que l'ennemi gardait sur ce point. La brigade était précédée de deux pièces de 8 et d'un escadron du 3e régiment de hussards qui éclairait sa marche.
La colonne étant arrivée au village d'Unter-Elchingen, le général Loison prit les dispositions suivantes :
Le 39e régiment a été placé en réserve sur les hauteurs de Saint-Wolfgang.
Le 6e léger a marché en colonne sur Über-Elchingen pour gagner la chaussée qui conduit au pont sur le Danube; les deux compagnies de voltigeurs et celles des carabiniers ont flanqué la gauche du régiment et ont côtoyé les bois et les marais qui bordent le fleuve.
L'escadron de hussards s'est dirigé sur un poste avancé qu'il a enlevé sans résistance, et se portant ensuite droit au pont, il a pris de même un officier et quelques hommes qui se trouvaient sur la rive gauche.
Le pont était défendu par un bataillon de Sporck, fort de 600 hommes et par une pièce de canon. Cette troupe a été effrayée de l'attaque impétueuse des hussards, conduits par le capitaine Schasnier, mais quelques planches ayant été retirées du pont, les hussards furent obligés de se retirer pour attendre l'infanterie; alors ils essuyèrent un feu de mousqueterie et de mitraille.
Les voltigeurs et les carabiniers du 6e régiment d'infanterie sont arrivés et ont marché sur le pont au pas de charge. Ils s'en sont emparés malgré le feu très vif de l'ennemi, qui a été obligé de prendre la fuite et d'abandonner son canon.
Le 6e régiment est arrivé pour soutenir ces braves compagnies et il a été témoin de leur triomphe.
Le résultat de cette affaire est la prise du pont d'Elchingen, celle de 57 Autrichiens, dont un officier et d'une pièce de canon, 10 à 12 tués ou blessés ...
" (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 3, 1ère partie, p. 457).

Ney établit les "Cantonnements que le 6e corps d'armée pourra prendre dans le cas seulement où l’ennemi ne serait pas en force sur le front de l'Iller; dans le cas où il serait en force, il occupera la position déterminée dans l'ordre du mouvement du 20.
Au quartier général, à Günzburg, le 20 vendémiaire an XIV (12 octobre 1805) ...
2e division.
6e léger, 39e de ligne à Holzeim
69e id. à Kadeltshofen
76e id à Reinpolzhofen
Rassemblement en arrière de Kadeltshofen ...
Rassemblement général des trois divisions : Falheim ...
" (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 3, 2e partie, p. 625).

Le 14 octobre 1805, la Brigade Villate est composée du 6e Léger (Colonel Laplane), 1740 hommes et du 39e de Ligne (Colonel Maucune), 1640 hommes (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 3, 1ère partie, p. 75).

Le 39e Régiment d'infanterie française débouche le premier, suivi par le reste de la Division Loison (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 3, 1ère partie, p. 199).

Le Maréchal Ney rétablit le pont d'Elchingen sous le feu le plus violent, puis se mettant à la tête du 6e Léger, de la Brigade Villatte, il emporte successivement, avec la plus grande intrépidité, le village et le couvent d'Elchingen qui domine tout le cours du Danube, pendant que le 39e, de la même Brigade, nettoie la plaine qui longe le pied des hauteurs (E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 267).

Devant l'impétuosité de l'élan français, les troupes autrichiennes cèdent le terrain, mais elles le défendent pied à pied, soutenues tour à tour par des tirs à mitraille, par le feu des Bataillons ou par les charges de leur cavalerie.

Le brillant combat d'Elchingen, qui valut au Maréchal Ney, en 1809, le titre de Duc, est conduit par la Division Loison (2e), que soutient la Brigade du Colonel Colbert (3e Hussards et 10e Chasseurs), la Brigade Laplanche (18e et 19e Dragons), et l'autre Brigade (Général Sahuc) de la Division de Dragons Bourcier, enfin la Division Malher (3e).

Voici le récit de la bataille, raconté par Alombert et Colin. "Le 14 octobre 1805, le pont d'Elchingen était gardé, sur la rive gauche, par 300 Autrichiens avec deux pièces de canon. Onze bouches à feu (sept canons de 8, sept de 4, deux obusiers) leur furent opposées tout d'abord par le maréchal Ney et en eurent facilement raison; mais il n'y avait pas de temps à perdre : sans attendre le succès de la canonnade, le maréchal ordonne au capitaine Coisel, aide de camp du général Loison, de donner l'exemple et de replacer le premier madrier avec l'aide d'un sapeur du 6e léger. Celui-ci a aussitôt la jambe. emportée par un boulet ; mais les compagnies d'élite de son régiment et du 39e se précipitent : pendant que les uns ramassent des planches, que le Danube a amenées à la dérive des ponts rompus en amont, les autres passent en courant sur les poutres et vont se déployer en tirailleurs au-delà du fleuve. Il y a là, bientôt, les grenadiers du 39e, les carabiniers et voltigeurs du 6e léger et quatre compagnies de ce régiment. Ils chassent devant eux les 300 tirailleurs ennemis, qui essaient en vain de tenir dans les deux maisons du péage.
Sur ces entrefaites, quelques compagnies autrichiennes se montrent sur notre gauche et nous prennent en flanc avec un canon. Le général Villate détache de ce côté une poignée de tirailleurs et quatre compagnies qui refoulent peu à peu l'ennemi dans la direction de Thalfingen.
Le débouché du pont est entièrement dégagé, sans qu'il ait été fait d'effort sérieux pour en empêcher le passage. Le 1er bataillon du 39e, suivant ses grenadiers, file vers la droite en longeant la lisière du bois, tandis que les deux bataillons du 6e léger se portent en avant vers le village et l'abbaye.
Le tablier du pont est réparé, et la cavalerie légère (3e hussards et 10e chasseurs) s'y précipite pour aller se déployer dans la plaine entre les bois et le village.
Le maréchal Ney ignore encore quelles forces l'ennemi va lui opposer, et les positions qu'elles occuperont. Les trois bataillons s'écartent en éventail, prenant pour points de direction : celui du 39e, la chapelle de Saint-Wolfgang ; le 1er du 6e léger, l'abbaye ; le 2e du 6e, la lisière Sud d'Über-Elchingen.
Les deux bataillons du 6e léger, en colonnes précédées de tirailleurs, progressent assez facilement, et il ne semble pas que l'ennemi leur ait disputé sérieusement l'immense lisière du village. Le 2e bataillon y pénètre et, luttant pied à pied, finit par gagner la lisière opposée; puis il chasse les Autrichiens d'une briqueterie située sur le plateau. Le 1er bataillon entre dans l'abbaye, les quatre compagnies de gauche par la grande porte (au bout de la principale rue du village) et celles de droite, avec les grenadiers, par une petite porte située à l'angle Sud de l'enceinte. Le bataillon de Sporck, qui défendait l'abbaye, est fait prisonnier.
Le 1er bataillon du 39e, en approchant de Saint-Wolfgang, au lieu de trouver par le vallon un plus facile accès vers le plateau, se heurte à des forces supérieurs. Accueilli par le feu de trois bataillons autrichiens, chargé par plusieurs escadrons, et il se hâte de se replier sur le bois; mais poursuivi et chargé encore, il est mis en peine déroute et se reforme à grand'peine sur la lisière.
Il n'y a pas encore d'artillerie pour appuyer l'attaque de notre infanterie; deux pièces seulement (un canon de 4 et un obusier) ont passé avec le 6e Léger, et elles sont opposées à une batterie ennemie qui, postée au Sud d'Elchingen, prend nos lignes en écharpe.
Le 2e bataillon du 39e, puis la brigade Roguet (69e et 76e) traversent le pont à leur tour et se portent en avant. Les 18e, 19e et 23e dragons passeront successivement.
Une nouvelle phase du combat va commencer. Quels renseignements a le maréchal Ney sur les positions de l'ennemi ? Quelles instructions a-t-il reçues de l'Empereur ? On l'ignore ; mais il manœuvre d’abord, semble-t-il, de manière à attaquer la gauche de l'ennemi et à le rejeter sur Ulm. Laissant le 6e Léger occuper seul le village et l'abbaye d'Ober-Elchingen, et en déboucher vers l'Ouest, il porte tout le reste de ses troupes dans l'espace découvert, large de 1100 mètres, qui sépare les deux Elchingen.
Le 2e bataillon du 39e s’est glissé le long du bois, a rallié les débris du 1er bataillon et s'est porté en avant avec lui sur Saint-Wolfgang et l'angle Sud-Ouest d’Unter-Elchingen. Cette fois, ils ne rencontrent plus de forces supérieures, et prennent pied sur le plateau, la cavalerie légère à leur gauche, au centre de la division.
Le 69e et le 76e ont débouché du pont, chacun d'eux formant alors une seule colonne de régiment, et ils se dirigent sur l'intervalle entre l’abbaye et Saint-Wolfgang. Arrivés là, ils se déploient en éventail à portée de fusil de l'ennemi.
Le Maréchal Ney, d'après le rédacteur de ses Mémoires, « feignit de vouloir opérer par sa droite, attira par ses déploiements les réserves de l'ennemi sur ce point, et ne le vit pas plutôt dégarnir son centre que, se jetant à la tête d’une partie de ses forces, il manœuvra pour le couper par la gauche, lui enlever ses communications ». Le rapport du général Loison au Maréchal dit en effet : "Arrivés sur le plateau, vous ordonnâtes de s'emparer du bois qui est à gauche, et de diriger constamment les mouvements sur la droite de l'ennemi". Les Mémoires du maréchal Ney continuent ainsi : "Roguet rompt par pelotons à gauche avec le 69e, longe intrépidement le front de la ligne ennemie, et reçoit son feu à bout portant".
Le 76e seul pousse droit devant lui, soutenu successivement par 1a cavalerie légère et le 18e dragons. Le 39e et la cavalerie légère, qui ont repoussé quelques compagnies ennemies sur Unter-Elchingen, en abandonnent la poursuite au 19e dragons (Note : Le 19e dragons fait 250 prisonniers au débouché d'Unter-Elchingen, attaque et poursuit quatre escadrons de cuirassiers autrichiens jusqu'à Nerenstetten. Là, il se heurte à un détachement des trois armes, que la division Dupont a reconnu dans la matinée, et il est forcé à son tour de reculer. Il échappe à grand-peine à la cavalerie ennemie et revient bivouaquer le soir près de Göttingen, À trois kilomètres à l'Ouest d'Elchingen), qui arrive à ce moment, et vont rejoindre le 6e léger à la gauche de la division.
"Les mouvements furent exécutés avec intrépidité, dit le général Loison au Maréchal Ney, et personne ne peut mieux que vous, Monsieur le Maréchal, rendre justice aux différents chefs qui commandaient ces colonnes, puisque vous fûtes constamment au milieu du feu le plus vif".
Les Autrichiens saisissent le sens de la manœuvre ordonnée par le Maréchal. Ils voient qu'il cherche à leur couper la retraite sur Haslach. Ils serrent, eux aussi, de ce côté, groupent leurs colonnes, les forment en carrés pour les faire appuyer à droite.
"L'ennemi qui, à notre arrivée sur le plateau, était en bataille sur deux lignes, voyant les mouvements qui s'exécutaient sur sa droite par notre infanterie, et ceux que M. le Maréchal avait ordonnés à la cavalerie d'exécuter sur la gauche, forma plusieurs carrés, dont trois forts de 4.,000 hommes chacun (Note : Chiffre exagéré et très éloigné de la vérité), et chercha constamment à gauche la route d'Albeck à Ulm en s'appuyant aux bois, soutenu par sa cavalerie et son artillerie. Ces différents carrés furent attaqués par les 69e et 76e régiments, et forcés d'abandonner à ce dernier 4 officiers supérieurs, 7 officiers et 111 sous-officiers, canonniers et soldats, 4. pièces de canon et plusieurs caissons. Une colonne de 700 hommes (de 1600 à 1800 avec drapeau, selon le colonel Colbert) mise en fuite par le 1er bataillon du 76e, fut entièrement ramassée par le 10e de chasseurs à cheval (Note : Rapport du général Loison) ...".
Un carré autrichien, formé entre l'abbaye et le bois, essuie le feu du 76e, résiste à deux charges du 3e hussards, puis du 10e chasseurs, et cède enfin au 18e dragons, au moment où ce régiment débouche sur le plateau.
Le Maréchal ordonne de poursuivre l'attaque vers l'Ouest.
"Le général Villate, dit le rapport de la division Loison, reçut alors l'ordre d'obliquer fortement à gauche avec les troupes des 6e et 39e régiments qu'il avait pu réunir, de s'emparer des deux bois qui sont en face de Kesselbronn, entre lesquels passe le chemin de traverse qui, d'Elchingen, rejoint la route d'Albeck à Ulm, d'y prendre position, et de jeter des tirailleurs sur sa gauche afin d'observer les mouvements que l'ennemi aurait pu faire par la route de Thalfingen".
Tandis que la brigade Villate se porte directement vers Kesselbronn, la cavalerie et la brigade Roguet poursuivent l'ennemi dans la plaine, au Nord du bois d'Elchingen (Note : Grosser-Forst sur la carte de l'état-major allemand). Le 69e et le 76e se portent vers la grand'route de part et d'autre du petit bois (Note : Entre le Grosser-Forst et le Käfer-Loch) qui borde le chemin de Göttingen à Haslach. (Le 69e et le 2e bataillon du 76e au Sud, le 2e bataillon du 76e au Nord).
Les rapports ne mentionnent aucun incident pendant cette marche de trois kilomètres, qui nous conduit au bord du ravin de Thalfingen, nos troupes formant une ligne un peu concave, et l'ennemi se déployant en arc convexe sur la crête opposée, de Kesselbronn vers Thalfingen. Si tant est que le maréchal Ney eût projeté de couper aux Autrichiens la retraite sur Ulm, cette manœuvre avait échoué, et il ne s'agissait plus que de les repousser le plus près possible de la place. La division Malher, tenue d'abord sur la rive droite en face de Thalfingen, avait débouché à son tour du pont d'Elchingen ; placée en réserve dans la plaine au Sud d'Über-Elchingen, elle avait traversé ensuite ce village et s'était déployée sur le plateau au Nord de Thalfingen, couvrant la communication de la division Loison (Note : Contrairement à ce qu'ont écrit certains historiens, elle ne fut donc pas engagée et surtout ne combattit pas du côté d'Unter-Elchingen. Le 25e léger put seul tirer quelques coups de fusil). Le 25e léger laisse son 1er bataillon sur la route qui borde le Danube, dans la direction de Thalfingen, et les deux autres vont couvrir le déploiement de leur division.
A ce moment, les généraux Villate et Roguet reçurent l'ordre, le premier de passer le ravin de Kesselbronn, de s'emparer des hauteurs et du bois qui sont en face de Unter-Haslach, et le second de se saisir de la route d'Albeck à Ulm et des bois situés vis-à-vis d'Ober-Haslach (Note : ), en délogeant l'ennemi, qui y avait réuni plusieurs colonnes soutenues par un corps de cavalerie (Note : Rapport de la division Loison).
La brigade Villate enlève Kesselbronn et rejette ses adversaires en terrain découvert au Sud d'Haslach. La brigade Roguet soutient un combat des plus acharnés, et à peine a-t-elle débouché en plaine, que la cavalerie tente un dernier effort pour faire gagner du temps à son infanterie. Cuirassiers et uhlans chargent ensemble les 69e et 76e, qui se forment en carrés pour les repousser.
Sur ces entrefaites, les dragons reparaissent, et notre artillerie arrive : deux pièces de 8, une de 4 et un obusier ouvrent le feu. Le général Loison profite de ce renfort pour poursuivre l'ennemi jusqu'en face de Jungingen, et la nuit approchant, le maréchal Ney ordonne de cesser le combat.
Les troupes de la division Loison, harasées par cette lutte de dix heures contre un ennemi supérieur, vont bivouaquer près d'Albeck; la division Malher vient se déployer en première ligne, et fournir les avant-postes derrière le ravin de Thalfingen
" (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 3, 1ère partie, p. 76).

Le Général Loison fait son rapport au Maréchal Ney le 22 Vendémiaire an 14 (14 octobre 1805); il écrit : "La division, partie de la position de Reinpolzhofen le 21 vendémiaire (13 octobre), à 8 heures du soir, se dirigea sur Nersingen et Leiben, où elle arriva dans la matinée du 22. Là, je reçus de vous l'ordre de me porter au pont d'Elchingen et de m'en emparer ainsi que des hauteurs de l'abbaye du même nom. Les têtes de colonnes et l'artillerie arrivèrent à 8 heures aux débouchés du bois qui conduisent au pont ; quelques grenadiers et sapeurs se portèrent en avant pour le reconnaitre ainsi que ses environs. Deux pièces de 8 et un obusier furent placés sur la gauche afin de protéger le rétablissement du pont et de répondre à l'artillerie placée sur la rive opposée. Ces dispositions prises, vous ordonnâtes à M. Coisel, mon aide de camp, capitaine, de poser la première planche, ce qu'il fit, accompagné d'un sapeur du 6e régiment qui eut la jambe emportée d'un coup de mitraille.
Les grenadiers se saisirent alors des planches que M. le général Villatte avait fait apporter de Leiben et de celles que les ennemis avaient jetées dans le fleuve et qui s'étaient arrêtées aux pilotis, et les portèrent sur le pont, mais une compagnie de carabiniers, les voltigeurs du 6e régiment et les grenadiers du 39e, n'écoutant que leur courage, se précipitèrent sur les poutrelles sans attendre qu'elles fussent revêtues de planches et traversèrent le pont de cette manière. Ensuite tombant sur l'ennemi et ses pièces qui battaient le pont, ils le forcèrent, après en avoir tué un grand nombre, d'abandonner les premières maisons derrière lesquelles ils étaient retranchés.
Le pont devenu plus praticable, j'exécutai l'ordre que vous m'aviez donné de faire appuyer à droite et d'adosser au bois les troupes de ma division; j'ordonnai en conséquence à M. le général Villatte de se porter avec le 6e et le 39e dans cette position, d'y mettre ses troupes en bataille jusqu'il ce que les têtes de colonnes des 69e et 76e régiments eussent débouché et fussent en mesure pour le soutenir, ce qui fut exécuté, à l'exception du retard qu'éprouva le 2e bataillon du 39e régiment,. coupé par la cavalerie qui défila sur le pont.
Quelques troupes de l'ennemi s'étant retirées avec une pièce de canon sur la route de Thalfingen, j'ordonnai au général Villatte de détacher quelques tirailleurs et quatre compagnies sur sa gauche, afin de les repousser pour n'en être plus inquiété dans son mouvement.
Le 1er bataillon du 39e régiment, commandé par M. Clavel, à l'exception des grenadiers et de la 2e compagnie qui avaient été laissés en avant du pont, se forma en colonne serrée et fut dirigé vers la chapelle de Saint-Wolfgang, avec ordre de s'en emparer et de se porter ensuite sur le plateau de l'abbaye, tandis que le 6e régiment, marchant également en colonne et soutenant les tirailleurs, s'emparait d'Elchingen et de l'abbaye.
Le 1er bataillon du 39e trouva l'ennemi en force et repoussa deux charges de cavalerie ainsi que l'attaque de trois bataillons de grenadiers. Enfin, accablé par le nombre et son second bataillon n'étant point en réserve pour le soutenir, il fut forcé de se retirer à la première position du bois et fut vivement chargé pendant sa retraite par la cavalerie et l'infanterie ennemies. Le bataillon a donné des preuves du plus grand courage et son commandant, M. Clavel, s'est particulièrement distingué.
L'attaque du 6e régiment réussit parfaitement : il s'empara du village et de l'abbaye où il fit environ 800 prisonniers.
Pendant ces différentes attaques, la cavalerie aux ordres de M. le colonel Colbert, ayant passé le pont, fut suivie par le 2e bataillon du 39e régiment, qui vint prendre position à la gauche de son 1er bataillon; elle fut mise elle-même en bataille dans la prairie qui est en face du plateau d'Elchingen.
Les 69e et 76e régiments, commandés par M. le général Roguet, reçurent l'ordre de se former en colonne par régiment et de marcher droit au plateau d'Elchingen, où l'ennemi paraissait vouloir faire plus de résistance ; je donnai également à la cavalerie celui de soutenir ces colonnes en obliquant à droite. Le 2e bataillon du 39e et le restant du 1er reçurent de M. le général Villatte l'ordre de se former en colonne et de regagner les hauteurs de Saint-Wolfgang en marchant de front avec la 2e brigade. Les mouvements furent exécutés avec intrépidité et personne ne peut mieux que vous, Monsieur le Maréchal, rendre justice aux différents chefs qui commandaient ces colonnes, puisque vous fûtes constamment au milieu du feu le plus vif.
Arrivés sur le plateau, vous ordonnâtes de s’emparer du bois qui est à gauche et de diriger constamment les mouvements sur la droite de l'ennemi, ce qui fut exécuté par M. le général de brigade Roguet et MM. les colonels Brun et La Jonquière. Le 1er et le 2e eurent leurs chevaux blessés et le 3e eut le sien tué.
Dans le moment où ces deux régiments firent leur attaque sur un carré ennemi, le 18e régiment de dragons fit une charge tellement vigoureuse que l'ennemi mit bas les armes; le colonel Lefebvre s'est particulièrement distingué.
L'ennemi, qui à notre arrivée sur le plateau était en bataille sur deux lignes, voyant le mouvement qui s'exécutait sur sa droite par notre infanterie, et ceux que vous aviez ordonné à la cavalerie d'exécuter sur sa gauche, forma plusieurs carrés dont trois que je jugeai être forts de chacun 4,000 hommes et chercha constamment à gagner la route d'Albeck à Ulm en s'appuyant aux bois, soutenu par la cavalerie et son artillerie.
Ces différents carrés furent attaqués par les 69e et 76e et forcés d'abandonner à ce dernier régiment 4 officiers supérieurs, 7 officiers. 111 sous-officiers, canonniers et soldats, 4 pièces de canon et plusieurs caissons. Une colonne de 700 hommes mise en fuite par le 1er bataillon du 76e fut entièrement ramassée par les tirailleurs du 10e régiment de chasseurs à cheval.
J'ordonnai ensuite à M. le général Villatte d'obliquer fortement à gauche, avec les troupes des 6e et 39e régiments qu'il avait pu réunir et de s'emparer des deux bois qui sont en face de Kesselbronn, entre lesquels passe le chemin de traverse qui d'Elchingen rejoint la route d'Albeck à Ulm, d'y prendre position et de jeter des tirailleurs sur sa gauche afin d'observer les mouvements que l'ennemi aurait pu faire par la route de Thalfingen. M. le général Roguet avait en même temps reçu l'ordre de se porter avec le 69e et le 2e bataillon du 76e à la hauteur de Kesselbronn, en passant à la gauche du bois qui est en face de la route d'Albeck, tandis que le 1er bataillon du 76e également en colonne, devait passer entre la route d'Albeck et ce même bois et venir prendre position en arrière des 69e et 76e. Ce mouvement exécuté, les colonnes furent rejointes par la cavalerie aux ordres de M. le colonel Colbert et après m'être assuré que la division Malher était en position pour me soutenir en cas de retraite et empêcher que l'ennemi ne vînt m'inquiéter sur ma gauche, j'ordonnai aux généraux Villatte et Roguet de passer, le premier le ravin de Kesselbronn et de s'emparer des hauteurs et du bois qui sont en face de Unter-Haslach, et le second, de s'emparer de la route d'Albeck à Ulm et des bois qui sont en face de Ober-Haslach et d'en chasser l'ennemi qui y avait réuni plusieurs colonnes soutenues par un corps de cavalerie. Les deux brigades attaquèrent vigoureusement l'ennemi, qui fut complètement mis en déroute. Leur cavalerie chercha par une charge à arrêter le mouvement de mon infanterie, elle fut reçue par les 69e et 76e qui avaient formé le carré, et chargée et culbutée par la cavalerie aux ordres de M. le colonel Colbert, qui de sa main tua un uhlan; mon aide de camp, chef de bataillon, M. Michaud, qui prit part à cette charge, tua également un uhlan. Arrivèrent dans ces entrefaites les dragons aux ordres de M. le général Bourcier, deux pièces de 8, une de 4 et un obusier. Je profitai de ce renfort pour poursuivre l'ennemi jusqu'en face du village de Jungingen où sa cavalerie fut vigoureusement canonnée. Ensuite, d'après vos ordres, j'ordonnai la retraite sur Albeck, laquelle se fit en échiquier, soutenue par la cavalerie. La division prit position, la droite appuyant à la ville, et la gauche se prolongeant vers Göttingen qu'occupèrent les dragons aux ordres de M. le général Bourcier.
Les résultats de cette journée sont : la colonne ennemie coupée, dont partie fut obligée de se retirer sur Ulm et l'autre sur Langenau et Nerenstetten, environ 4,500 prisonniers, 4 pièces de canon, 12 caissons, plusieurs drapeaux et un grand nombre de tués et blessés. De notre côté, nous avons à regretter 106 hommes tués dont 6 officiers, et 623 blessés dont 31 officiers.
Vous avez été témoin, Monsieur le Maréchal, de la conduite valeureuse de MM. les généraux de brigade Villatte et Roguet, de MM. les colonels Brun, La Plane, Maucune, Colbert et La Jonquière, des talents qu'ils ont déployés, de la précision des manœuvres de leurs régiments, qui se sont faites comme sur un champ d'exercice. Je vous prie de vouloir bien les recommander à la bienveillante protection de Sa Majesté Impériale et Royale, ainsi que ceux des militaires dont les noms sont portés sur l'état ci-joint et pour lesquels MM. les généraux et chefs de corps réclament de l'avancement ou la décoration de la Légion d'honneur
" (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 3, 2e partie, p. 727 - Un rapport semblable a été adressé an prince Murat; la division faisait partie de l'aile droite de l'armée que le prince commandait. Dans ce rapport, en post-scriptum, le général Loison signale la conduite brillante et distinguée de M. Hamelinaye, adjudant-commandant, son chef d'état-major, ct demande pour lui le grade de général de brigade).

Le Rapport du Maréchal Ney sur ce combat est en grande partie inspiré par celui du Général Loison, mais il est plus complet et donne une vue d'ensemble fort nette sur les engagements du 14 octobre 1805 : "2e division. — Dès la pointe du jour, la 2e division étant arrivée dans la position de Leiben, la tête de la colonne et l'artillerie arrivèrent à 8 heures au débouché du bois qui conduit au pont. Quelques grenadiers et sapeurs se portèrent en avant pour le reconnaître, ainsi que ses environs. Deux pièces de 8 et un obusier furent placés sur la gauche, afin de protéger le rétablissement du pont et de répondre à l'artillerie de la rive opposée. On fit placer également, sur la gauche de la tête du pont d'Elchingen, pour débusquer l'ennemi de ses positions au pied du village et favoriser le passage des troupes, 5 pièces de 8, 2 pièces de 4 et 1 obusier de 6 pouces.
Ces dispositions à peine terminées, M. le maréchal Ney ordonna à M. Coisel, aide de camp (capitaine) du général Loison, de placer la première planche (madrier), ce qu'il fit accompagné d'un sapeur du 6e régiment (d'infanterie légère), qui eut la jambe emportée.
Les grenadiers (du 39e de ligne) se saisirent alors des planches (madriers) que le général Villatte avait fait apporter de Leiben et de celles que l'ennemi avait jetées dans le fleuve et qui s'étaient arrêtées aux pilotis, et les portèrent sur le pont. Mais une compagnie de carabiniers du 6e (léger), les voltigeurs du même régiment et les grenadiers du 39e (de ligne), n'écoutant que leur courage, se précipitèrent sur les poutrelles, sans attendre qu'elles fussent revêtues de planches (madriers), et traversèrent le pont de cette manière ; ensuite, tombant sur l'ennemi et les pièces qui battaient le pont, ils le forcèrent, après en avoir tué un grand nombre, d'abandonner les premières maisons derrière lesquelles il s'était retranché.
Le pont devenu plus praticable, le général Loison donna l'ordre d'appuyer à droite, et d'adosser aux bois les troupes de la division. Il ordonna en conséquence, au général Villatte, de se porter avec le 6e (léger) et le 39e (de ligne) dans cette position, d'y mettre les troupes en bataille jusqu'à ce que les têtes des colonnes des 69e et 76e régiments (de ligne) eussent débouché et fussent en mesure pour le soutenir, ce qui fut exécuté, à l'exception du retard qu'éprouva le 2e bataillon du 39e, coupé par la cavalerie qui défilait sur le pont.
Une pièce de 4 et un obusier passèrent le pont avec la 1re batterie, et firent feu sur la gauche contre une batterie ennemie qui prenait les troupes françaises en écharpe.
Quelques troupes de l'ennemi s'étant avancées, avec une pièce de canon, sur la route de Thalfingen, le général Loison ordonna au général Villatte de détacher quelques tirailleurs et 4 compagnies sur la gauche, afin de les repousser et de n'être pins inquiété dans son mouvement.
Le 1er bataillon du 39e, commandé par M. Clavel, à l'exception des grenadiers et de la 2e compagnie laissés en avant du pont, se forma en colonne serrée et fut dirigé sur la chapelle de Saint-Wolfgang, avec ordre de s'en emparer et de se porter ensuite sur le plateau de l'abbaye, tandis que le 6e (léger), marchant également en colonne et soutenant les tirailleurs, s'emparait d' (Ober) Elchingen et de l'abbaye.
Le 1er bataillon du 39e trouva l'ennemi en force et repoussa deux charges de cavalerie, ainsi que l'attaque de trois bataillons de grenadiers. Enfin, accablé par le nombre et le 2e bataillon (du 39e) n'étant point en réserve pour le soutenir, il fut forcé de se retirer à sa première position du bois et fut vivement chargé, pendant sa retraite, par la cavalerie et l'infanterie ennemies.
L'attaque du 6e (léger) réussit parfaitement; il s'empara du village et de l'abbaye, faisant 800 prisonniers.
Pendant ces différentes attaques, la cavalerie (légère) aux ordres de M. le colonel Colbert ayant passé le pont, suivie du 2e bataillon du 39e qui vint prendre position à la gauche de son 1er bataillon, fut mise en bataille dans la prairie en face du plateau d'Elchingen.
Les 69e et 76e, commandés par le général Roguet, reçurent l'ordre de se former en colonne par régiment et de marcher droit au plateau d'Elchingen, où l'ennemi paraissait vouloir faire plus de résistance. La cavalerie (légère) reçut l'ordre de soutenir ces colonnes en obliquant à droite. Le 2e bataillon du 39e et le restant du 1er eurent l'ordre du général Villatte de se former en colonne et de gagner les hauteurs de Saint-Wolfgang, en marchant de front avec la 2e brigade (et sur sa droite).
Ces mouvements furent exécutés avec intrépidité; M. le maréchal Ney fut constamment au milieu du feu le plus vif.
Arrivé sur le plateau, M. le maréchal ordonna de s'emparer du bois qui est à gauche (le 69e y marcha) et de diriger constamment les mouvements sur la droite de l'ennemi, ce qui fut exécuté par le général Roguet, les colonels Brun et La Jonquière; les deux premiers eurent leurs chevaux blessés et le troisième eut le sien tué.
Dans le moment où ces deux régiments firent leur attaque sur un carré ennemi, le 18e dragons fit une charge tellement vigoureuse que l'ennemi mit bas les armes. (Le 3e hussards et le 10e chasseurs avaient déjà chargé le même carré.)
L'ennemi, qui, à notre arrivée sur le plateau, était en bataille sur deux lignes, voyant les mouvements qui s'exécutaient sur sa droite par notre infanterie et ceux que M. le maréchal avait ordonnés à la cavalerie d'exécuter sur la gauche, forma plusieurs carrés, dont trois forts de 4,000 hommes chacun, et chercha constamment, à gauche, la route d'Albeck à Ulm, en s'appuyant aux bois et soutenu par sa cavalerie et son artillerie.
Ces différents carrés furent attaqués par les 69e et 76e (de ligne) et forcés d'abandonner à ce dernier (régiment) 4 officiers supérieurs, 7 officiers et 111 sous-officiers canonniers et soldats, 4 pièces de canon et plusieurs caissons. Une colonne de 700 hommes, mise en fuite par le 1er bataillon du 76e, fut entièrement ramassée par le 10e chasseurs à cheval.
Le général Villatte reçut alors l'ordre d'obliquer fortement à gauche avec les troupes des 6e (léger) et 39e (de ligne) qu'il avait pu réunir, de s'emparer des deux bois qui sont en face de Kesselbronn, entre lesquels passe le chemin de traverse qui d'Elchingen rejoint la route d'Albeck à Ulm, d'y prendre position et de jeter des tirailleurs sur sa gauche, afin d'observer les mouvements que l'ennemi aurait pu faire par la route de Thalfingen.
Le général Roguet reçut en même temps l'ordre de se porter avec le 69e et le 2e bataillon du 76e à hauteur de Kesselbronn, en passant à gauche du bois qui est en face de la route d'Albeck, tandis que le 1er bataillon du 76e, également en colonne, devait passer entre la route d'Albeck et ce même bois et venir prendre position en arrière des 69e et 76e.
Ce mouvement exécuté, les colonnes furent rejointes par la cavalerie (légère) aux ordres du colonel Colbert, et, après s'être assuré que la division aux ordres du général Malher était en position, pour soutenir en cas de retraite et empêcher que l'ennemi n'inquiétât la gauche de la division, les généraux Villatte et Roguet reçurent l'ordre, le premier, de passer le ravin de Kesselbronn, de s'emparer des hauteurs et du bois qui sont en face de Unter-Haslach, et le second, de s'emparer de la route d'Albeck à Ulm et des bois qui sont en face d'Ober-Haslach, d'en chasser l'ennemi qui y avait réuni plusieurs colonnes soutenues par un corps de cavalerie.
Ces deux brigades attaquèrent vigoureusement l'ennemi qui fut complètement mis en déroute. Sa cavalerie (de l'ennemi) chercha par une charge à arrêter le mouvement de notre infanterie. Elle fut reçue par les 69e et 76e qui avaient formé le carré, et chargée par la cavalerie aux ordres du colonel Colbert, qui de sa main tua un uhlan.
Arrivèrent, sur ces entrefaites, les dragons aux ordres du général Bourcier, deux pièces de 8, une de 4 et un obusier. Le général Loison profita de ce renfort pour poursuivre l'ennemi jusqu'en face du village de Jungingen, où sa cavalerie fut vivement canonnée; ensuite, le maréchal Ney ayant ordonné de prendre position à Albeck, ce mouvement se fit en échiquier, soutenu par la cavalerie.
La division prit position, la droite appuyée à Albeck et la gauche se prolongeant vers Göttingen.
Les résultats de cette journée sont : la colonne ennemie coupée, dont partie fut obligée de se retirer sur Ulm, et l'autre sur Langenau et Nerenstetten ; environ 4,500 prisonniers, 4 pièces de canon, 12 caissons, plusieurs drapeaux et un grand nombre de tués et blessés.
De notre côté, nous avons perdu 106 hommes tués, dont 6 officiers, et 623 blessés, dont 31 officiers
" (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 3, 2e partie, p. 735; Bonnal H. : « La vie militaire du Maréchal Ney », Chapelot, Paris, 1910, tome 2, p. 164).

Dans son Rapport daté de Söfflingen, le 26 Vendémiaire an 14 (18 octobre 1805), le Colonel Colbert écrit : "Monsieur le Maréchal,
D'après vos ordres, je suis parti le 22, à 8 heures du matin, du village de Steinheim avec le 3e régiment de hussards et le 10e de chasseurs, l'un et l'autre forts d'environ 140 chevaux, et je me suis porté sur les hauteurs en arrière de Leiben où je devais recevoir des ordres ultérieurs.
Aussitôt que le pont d'Über-Elchingen a été enlevé, j'ai passé le Danube et me suis mis en bataille en face de la position du couvent, prêt à soutenir l'infanterie dans le cas où la cavalerie ennemie aurait voulu la charger, ce qu'elle avait déjà fait sur un bataillon du 39e régiment ...
" (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 3, 2e partie, p. 727).

Un "État des militaires qui se sont distingués à Elchingen le 22 vendémiaire an XIV" mentionne pour le 6e Léger : "39e régiment.
PONS, adjudant sous-officier, a été blessé, mérite la décoration.
MASS, sergent-major, portait l'aigle qui a été emportée par un boulet, il a reçu trois blessures
" (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 3, 2e partie, p. 745).

- Premier combat d'Albeck, 15 octobre 1805

15 octobre. La Division Loison est placée d'abord en réserve de la 3e, mais la Brigade Villatte est portée en avant en même temps que la Division Malher. Elle attaque le Geisberg et s'en empare : le 6e Léger poursuit les Autrichiens jusqu'aux portes d'Ulm, mais, repoussé comme le 50e, il est obligé de se replier précipitamment sur le 39e, posté dans une fabrique de papier (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 3, 1ère partie, p. 88).

"6e CORPS D'ARMEE.
Journée du 23 vendémiaire (15 octobre 1805).
Quartier général : Thalfingen.
... 2e division. - La division est partie à 7 heures du matin de sa position en avant d'Albeck. Elle s'est dirigée sur la chaussée d'Ulm jusqu'à la hauteur de Jungingen; marchant alors sur sa droite, elle s'est portée sur la grande route qui conduit deStuttgard à Ulm.
Arrivée à la hauteur où la 3e division faisait son attaque, la brigade du général Roguet resta en réserve avec toute l'artillerie de la division. La brigade aux ordres du général Villatte marcha sur le Spitzberg et s'en empara.
Le 6e léger poursuivit les Autrichiens jusqu'aux portes d'Ulm, mais il fut obligé de se replier sur la hauteur en arrière de la papeterie où le 39e était en bataille.
Cette brigade y prit position, la droite à la chaussée d'Aibeck à Ulm, la gauche sur le Danube ...
" (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 3, 2e partie, p. 788).

Dans la soirée du 15 octobre, l'attention de l'Empereur se porte spécialement sur les faits signalés du côté d'Albeck, notamment les pertes essuyées par le 39e de Ligne et par le 19e Dragons pendant le combat d'Elchingen (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 3, 1ère partie, p. 93).

Le 27 Vendémiaire an 14 (19 octobre 1805), le Général Ménard, commandant la 6e Division militaire, écrit, depuis son Quartier général, à Besançon, au Ministre de la Guerre : "J'ai l'honneur de rendre compte à Votre Excellence que ...
D'après le décret du 24 floréal an XIII, il est également parti de Bourg 11 conscrits de la réserve de l'an XIII pour joindre le 39e régiment de ligne sous la conduite d'un sergent, et 7 pour le 101e régiment de ligne sous celle d'un caporal ...
" (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 1, p. 737 - Note : Le Décret du 24 Floréal an 13 appelle 15000 conscrits de la réserve de l'an 13).

Le 39e de Ligne, fort de 2 Bataillons, fait partie des troupes présentes à la reddition de cette place et à la sortie de la garnison autrichienne, prisonnière de guerre (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 3, 2e partie, p. 977 In : Bugeaud à Mlle de la Piconnerie. Linz, le 16 brumaire. - D'Ideville, Le Maréchal Bugeaud, t. 1, p. 73).

"6e CORPS D'ARMEE,
Journée du 28 vendémiaire (20 octobre 1805).
Quartier général: Söflingen.
En exécution des nouveaux arrangements pris avec le général Mack, la garnison d'Ulm sortit de la place par la Porte-des-Dames, vers les 2 heures de l'après-midi, défila devant Sa Majesté l'empereur Napoléon et rentra dans la place par la Porte-Neuve.
A 5 heures du soir, la brigade aux ordres du général Villatte (6e léger et 39e de ligne) destinée à conduire les prisonniers en France, entra dans la place.
A 6 heures, toutes les divisions reprirent leurs positions.
Le général Baraguey-d'Hilliers partit avec la 1re brigade de dragons à pied pour Ingolstadt.
La 2e brigade de dragons à pied reçut les chevaux que les prisonniers autrichiens laissèrent à l'armée française.
On trouva dans Ulm : 67 bouches à feu, dont 4 obusiers; 47 caissons; 16,000 fusils, etc., etc.
" (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 3, 2e partie, p. 978).

Le même 28 Vendémiaire an 14 (20 octobre 1805), le Général Loison écrit, depuis le bivouac devant Ulm, au Maréchal Ney : "Votre ordre de ce jour vient d'être changé par votre chef d'état-major, et au lieu des 6e et 39e régiments, il ordonne qu'un bataillon de chaque brigade devra escorter les prisonniers.
M. le général Villatte me prie de vous engager d'ordonner qu'il soit payé aux officiers et soldats, ainsi qu'à lui-même, ce qui peut leur revenir sur le mois de vendémiaire, afin de leur procurer les moyens d'exister en route
" (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 3, 2e partie, p. 979).

Un "Etat des présents sous les armes au 6e corps d'armée le 4 brumaire" indique que le 39e de Ligne est à la 2e Division, et qu'il est détaché, avec le 6e Régiment d'infanterie légère, pour conduire des prisonniers (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 1, p. 769).

Grande Armée à l'époque du 6 Brumaire an XIV (28 octobre 1805).
5e Corps d'Armée.
Commandant en chef. Maréchal LANNES.
2e Division du 6e Corps.
Général de Division. Loison.
6e Légère;
39e de Ligne;
69e de Ligne;
76e de Ligne.

Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 4, p. 711

/ 1806

Le 22 juin 1806, l'Empereur écrit depuis Saint-Cloud au Général Dejean, Ministre directeur de l'Administration de la Guerre : "Monsieur Dejean, je vous envoie un travail sur l'emplacement que doit occuper la Grande Armée au moment de sa rentrée en France. Vous me proposerez une meilleure répartition, à peu près dans les mêmes divisions, si vous y entrevoyez quelque économie pour le service, soit pour les lits, soit pour le fourrage, soit pour le casernement.
... 6e corps du maréchal Ney
6e et 5e divisions militaires
… Landau 39e légère (note : comprendre de Ligne) Huningue ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 11352).

Le 11 juillet 1806, l'Empereur écrit depuis Saint-Cloud, au Maréchal Berthier, Major général de la Grande Armée : "Mon Cousin … La division du général Broussier est composée de 9,000 hommes qui se composent de détachements des 6e, 9e, 15e et 25e d'infanterie légère (la CGN et l’original parlent des 9e, 15e et 25e de Ligne), 76e, 21e, 27e, 30e, 33e, 39e, 51e, 59e, 61e, 69e, 12e, 85e et 111e de ligne : ordonnez que cette division soit dissoute et que ces détachements se dirigent à l'heure même, du lieu où ils se trouvent, par la route la plus courte, pour se rendre à leurs bataillons de guerre de l'armée. Le 9e d'infanterie légère se dirigera sur Wesel, et le 15e d'infanterie légère sur Paris ..." (Correspondance de Napoléon, t.12, lettres 10478 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12461).

Le même 11 juillet 1806, l'Empereur adresse, toujours depuis Saint-Cloud, une deuxième lettre à Berthier, dans laquelle il écrit : "Mon intention étant de compléter les compagnies des bataillons de la Grande Armée à 140 hommes par compagnie, officiers compris, je vous ai ordonné par une lettre de ce jour de dissoudre le corps de réserve de Lefebvre en faisant rejoindre chaque détachement de son corps d'armée.
Mon intention est également que vous donniez l'ordre aux différents dépôts d'envoyer à leur corps le nombre d'hommes porté dans l'état ci-joint. Tous ces détachements qui partiront du camp de Boulogne seront passés en revue par le maréchal Brune qui s'assurera s'ils sont munis de tout le nécessaire. Ils seront commandés par un adjudant commandant nommé par le maréchal ...
ANNEXE
état des hommes que les dépôts des régiments désignés ci-après feront partir pour rejoindre les bataillons de guerre à la Grande Armée
Le dépôt ... du 39e [fera partir un détachement de] 120 [hommes] …
" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 1, lettre 519 (ne donne pas l’annexe) ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12462).

Le Général Loison fait son rapport au Maréchal Ney le 22 Vendémiaire an 14 (14 octobre 1805); il écrit : "La division, partie de la position de Reinpolzhofen le 21 vendémiaire (13 octobre), à 8 heures du soir, se dirigea sur Nersingen et Leiben, où elle arriva dans la matinée du 22. Là, je reçus de vous l'ordre de me porter au pont d'Elchingen et de m'en emparer ainsi que des hauteurs de l'abbaye du même nom. Les têtes de colonnes et l'artillerie arrivèrent à 8 heures aux débouchés du bois qui conduisent au pont ; quelques grenadiers et sapeurs se portèrent en avant pour le reconnaitre ainsi que ses environs. Deux pièces de 8 et un obusier furent placés sur la gauche afin de protéger le rétablissement du pont et de répondre à l'artillerie placée sur la rive opposée. Ces dispositions prises, vous ordonnâtes à M. Coisel, mon aide de camp, capitaine, de poser la première planche, ce qu'il fit, accompagné d'un sapeur du 6e régiment qui eut la jambe emportée d'un coup de mitraille.
Les grenadiers se saisirent alors des planches que M. le général Villatte avait fait apporter de Leiben et de celles que les ennemis avaient jetées dans le fleuve et qui s'étaient arrêtées aux pilotis, et les portèrent sur le pont, mais une compagnie de carabiniers, les voltigeurs du 6e régiment et les grenadiers du 39e, n'écoutant que leur courage, se précipitèrent sur les poutrelles sans attendre qu'elles fussent revêtues de planches et traversèrent le pont de cette manière. Ensuite tombant sur l'ennemi et ses pièces qui battaient le pont, ils le forcèrent, après en avoir tué un grand nombre, d'abandonner les premières maisons derrière lesquelles ils étaient retranchés.
Le pont devenu plus praticable, j'exécutai l'ordre que vous m'aviez donné de faire appuyer à droite et d'adosser au bois les troupes de ma division; j'ordonnai en conséquence à M. le général Villatte de se porter avec le 6e et le 39e dans cette position, d'y mettre ses troupes en bataille jusqu'il ce que les têtes de colonnes des 69e et 76e régiments eussent débouché et fussent en mesure pour le soutenir, ce qui fut exécuté, à l'exception du retard qu'éprouva le 2e bataillon du 39e régiment, coupé par la cavalerie qui défila sur le pont.
Quelques troupes de l'ennemi s'étant retirées avec une pièce de canon sur la route de Thalfingen, j'ordonnai au général Villatte de détacher quelques tirailleurs et quatre compagnies sur sa gauche, afin de les repousser pour n'en être plus inquiété dans son mouvement.
Le 1er bataillon du 39e régiment, commandé par M. Clavel, à l'exception des grenadiers et de la 2e compagnie qui avaient été laissés en avant du pont, se forma en colonne serrée et fut dirigé vers la chapelle de Saint-Wolfgang, avec ordre de s'en emparer et de se porter ensuite sur le plateau de l'abbaye, tandis que le 6e régiment, marchant également en colonne et soutenant les tirailleurs, s'emparait d'Elchingen et de l'abbaye.
Le 1er bataillon du 39e trouva l'ennemi en force et repoussa deux charges de cavalerie ainsi que l'attaque de trois bataillons de grenadiers. Enfin, accablé par le nombre et son second bataillon n'étant point en réserve pour le soutenir, il fut forcé de se retirer à la première position du bois et fut vivement chargé pendant sa retraite par la cavalerie et l'infanterie ennemies. Le bataillon a donné des preuves du plus grand courage et son commandant, M. Clavel, s'est particulièrement distingué.
L'attaque du 6e régiment réussit parfaitement : il s'empara du village et de l'abbaye où il fit environ 800 prisonniers.
Pendant ces différentes attaques, la cavalerie aux ordres de M. le colonel Colbert, ayant passé le pont, fut suivie par le 2e bataillon du 39e régiment, qui vint prendre position à la gauche de son 1er bataillon; elle fut mise elle-même en bataille dans la prairie qui est en face du plateau d'Elchingen.
Les 69e et 76e régiments, commandés par M. le général Roguet, reçurent l'ordre de se former en colonne par régiment et de marcher droit au plateau d'Elchingen, où l'ennemi paraissait vouloir faire plus de résistance ; je donnai également à la cavalerie celui de soutenir ces colonnes en obliquant à droite. Le 2e bataillon du 39e et le restant du 1er reçurent de M. le général Villatte l'ordre de se former en colonne et de regagner les hauteurs de Saint-Wolfgang en marchant de front avec la 2e brigade. Les mouvements furent exécutés avec intrépidité et personne ne peut mieux que vous, Monsieur le Maréchal, rendre justice aux différents chefs qui commandaient ces colonnes, puisque vous fûtes constamment au milieu du feu le plus vif.
Arrivés sur le plateau, vous ordonnâtes de s’emparer du bois qui est à gauche et de diriger constamment les mouvements sur la droite de l'ennemi, ce qui fut exécuté par M. le général de brigade Roguet et MM. les colonels Brun et La Jonquière. Le 1er et le 2e eurent leurs chevaux blessés et le 3e eut le sien tué.
Dans le moment où ces deux régiments firent leur attaque sur un carré ennemi, le 18e régiment de dragons fit une charge tellement vigoureuse que l'ennemi mit bas les armes; le colonel Lefebvre s'est particulièrement distingué.
L'ennemi, qui à notre arrivée sur le plateau était en bataille sur deux lignes, voyant le mouvement qui s'exécutait sur sa droite par notre infanterie, et ceux que vous aviez ordonné à la cavalerie d'exécuter sur sa gauche, forma plusieurs carrés dont trois que je jugeai être forts de chacun 4,000 hommes et chercha constamment à gagner la route d'Albeck à Ulm en s'appuyant aux bois, soutenu par la cavalerie et son artillerie.
Ces différents carrés furent attaqués par les 69e et 76e et forcés d'abandonner à ce dernier régiment 4 officiers supérieurs, 7 officiers. 111 sous-officiers, canonniers et soldats, 4 pièces de canon et plusieurs caissons. Une colonne de 700 hommes mise en fuite par le 1er bataillon du 76e fut entièrement ramassée par les tirailleurs du 10e régiment de chasseurs à cheval.
J'ordonnai ensuite à M. le général Villatte d'obliquer fortement à gauche, avec les troupes des 6e et 39e régiments qu'il avait pu réunir et de s'emparer des deux bois qui sont en face de Kesselbronn, entre lesquels passe le chemin de traverse qui d'Elchingen rejoint la route d'Albeck à Ulm, d'y prendre position et de jeter des tirailleurs sur sa gauche afin d'observer les mouvements que l'ennemi aurait pu faire par la route de Thalfingen. M. le général Roguet avait en même temps reçu l'ordre de se porter avec le 69e et le 2e bataillon du 76e à la hauteur de Kesselbronn, en passant à la gauche du bois qui est en face de la route d'Albeck, tandis que le 1er bataillon du 76e également en colonne, devait passer entre la route d'Albeck et ce même bois et venir prendre position en arrière des 69e et 76e. Ce mouvement exécuté, les colonnes furent rejointes par la cavalerie aux ordres de M. le colonel Colbert et après m'être assuré que la division Malher était en position pour me soutenir en cas de retraite et empêcher que l'ennemi ne vînt m'inquiéter sur ma gauche, j'ordonnai aux généraux Villatte et Roguet de passer, le premier le ravin de Kesselbronn et de s'emparer des hauteurs et du bois qui sont en face de Unter-Haslach, et le second, de s'emparer de la route d'Albeck à Ulm et des bois qui sont en face de Ober-Haslach et d'en chasser l'ennemi qui y avait réuni plusieurs colonnes soutenues par un corps de cavalerie. Les deux brigades attaquèrent vigoureusement l'ennemi, qui fut complètement mis en déroute. Leur cavalerie chercha par une charge à arrêter le mouvement de mon infanterie, elle fut reçue par les 69e et 76e qui avaient formé le carré, et chargée et culbutée par la cavalerie aux ordres de M. le colonel Colbert, qui de sa main tua un uhlan; mon aide de camp, chef de bataillon, M. Michaud, qui prit part à cette charge, tua également un uhlan. Arrivèrent dans ces entrefaites les dragons aux ordres de M. le général Bourcier, deux pièces de 8, une de 4 et un obusier. Je profitai de ce renfort pour poursuivre l'ennemi jusqu'en face du village de Jungingen où sa cavalerie fut vigoureusement canonnée. Ensuite, d'après vos ordres, j'ordonnai la retraite sur Albeck, laquelle se fit en échiquier, soutenue par la cavalerie. La division prit position, la droite appuyant à la ville, et la gauche se prolongeant vers Göttingen qu'occupèrent les dragons aux ordres de M. le général Bourcier.
Les résultats de cette journée sont : la colonne ennemie coupée, dont partie fut obligée de se retirer sur Ulm et l'autre sur Langenau et Nerenstetten, environ 4,500 prisonniers, 4 pièces de canon, 12 caissons, plusieurs drapeaux et un grand nombre de tués et blessés. De notre côté, nous avons à regretter 106 hommes tués dont 6 officiers, et 623 blessés dont 31 officiers.
Vous avez été témoin, Monsieur le Maréchal, de la conduite valeureuse de MM. les généraux de brigade Villatte et Roguet, de MM. les colonels Brun, La Plane, Maucune, Colbert et La Jonquière, des talents qu'ils ont déployés, de la précision des manœuvres de leurs régiments, qui se sont faites comme sur un champ d'exercice. Je vous prie de vouloir bien les recommander à la bienveillante protection de Sa Majesté Impériale et Royale, ainsi que ceux des militaires dont les noms sont portés sur l'état ci-joint et pour lesquels MM. les généraux et chefs de corps réclament de l'avancement ou la décoration de la Légion d'honneur
" (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 3, 2e partie, p. 727 - Un rapport semblable a été adressé an prince Murat; la division faisait partie de l'aile droite de l'armée que le prince commandait. Dans ce rapport, en post-scriptum, le général Loison signale la conduite brillante et distinguée de M. Hamelinaye, adjudant-commandant, son chef d'état-major, ct demande pour lui le grade de général de brigade).

/ 1807

Vers la mi-janvier 1807, le 6e Corps a la composition suivante :
Avant-garde, sous le Général Colbert, avec le 3e Hussards, le 10e Chasseurs, 6 Bataillons d'élite et 1 Compagnie d'artillerie légère.
2e Division (Général Marchand) : Brigade Bélair (6e Léger, 39e de Ligne) ; Brigade Marcognet (69e et 76e de Ligne).
3e Division (Général Gardanne) : Brigade Roguet (25e Léger et 27e de Ligne) ; Brigade Labassée (50e et 59e de Ligne).
Les six Bataillons d'élite du 6e Corps sont commandés par des chefs choisis et ont pour les diriger le Colonel Lamartinière (Bonnal H. : « La vie militaire du Maréchal Ney », Chapelot, Paris, 1910, tome 2, p. 353).

Le 14 janvier 1807, le Maréchal Ney fait partir de Bartenstein pour Varsovie le Colonel Jomini, son premier Aide de camp, porteur d'un rapport qu'il doit remettre au Major général. Jomini atteint le Grand Quartier-général de Varsovie, le 18 janvier (distance de 250 kilomètres parcourue à raison de 60 kilomètres par jour) : "J'ai reçu hier (le 13), à 4 heures du matin, à Heilsberg, la lettre de Votre Altesse, datée de Varsovie, le 4 de ce mois.
Par mes dispositions du 9, je voulais diriger une forte reconnaissance sur Koenigsberg, pour m'assurer si l'ennemi avait définitivement évacué cette ville; mais de nouveaux renseignements m'y ont fait renoncer; ainsi, les deux premiers bataillons de voltigeurs occupent, depuis hier, la rive gauche de la Zain depuis Langheim et Leunenburg. Le 3e hussards est à Kaltwangen, le 1er bataillon de grenadiers, à Schippenbeil; ces troupes sont aux ordres du colonel Lamartinière établi à Kaltwangen.
Le 10e chasseurs à cheval, à Bartenstein et sur la route de-Preussisch-Eylau.
La 25e légère sera demain à Bischofstein, et le 27e de ligne à Seeburg, commandés par le général Roguet.
Le général Marcognet continuera d'occuper Passenheim et Bischoffsburg avec les 69e et 76e de ligne.
Le 3e bataillon de voltigeurs est placé à Buckgarben jusqu'à Bartenstein, occupant tous les débouchés sur la rive gauche de l'Alle, qui communiquent avec Domnau et Preussisch-Eylau.
Le 1er bataillon de grenadiers est à Bartenstein, le 3e à Heilsberg.
Le 50e régiment est à Guttstadt, et le 59e, en seconde ligne, entre Allenstein, Klingerswald et Nosberg.
Le 6e d'infanterie légère occupe Liebstadt et Mohrungen.
Le 39e de ligne, Liebemühl et Osterode ...
" (Bonnal H. : « La vie militaire du Maréchal Ney », Chapelot, Paris, 1910, tome 2, p. 354).

Le 22 janvier 1807, à 6 heures du soir, le Maréchal Ney expédie depuis Allestein son rapport au Major général : "... Le 69e et le 76e et les quatre régiments de dragons du général Grouchy se repliaient, le 20 et le 21, de Bischoffsburg sur Passenheim; cette colonne arrivera aujourd'hui à Neidenburg, où est aussi le 39e ..." (H. Bonnal : "La vie militaire du Maréchal Ney", t.2; Cazalas E. : « Mémoires du Général Bennigsen », tome 1, page 138).

"Nouvelles dispositions pour l’emplacement du 6e Corps, en conséquence du mouvement prononcé de l'ennemi sur le Corps d'armée du prince de Ponte-Corvo, et dans le but de couvrir la droite du 1er Corps et de lui laisser le temps de reprendre l'offensive.
Hohenstein, le 23 janvier 1807, à onze heures du soir.
L'ennemi paraissant diriger ses forces sur le Corps d'armée du prince de Ponte-Corvo, il est essentiel de couvrir sa droite et de lui laisser le temps de reprendre l'offensive.
En conséquence, les dispositions suivantes seront exécutées les 24 et 25 du courant ...
Le 39e à Soldau ...
" (E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 475).

Le 24 janvier, le Maréchal Ney, qui médite un coup que l'Empereur ne l'a pas autorisé à tenter, envoie au Général Grouchy, par son Chef d'Etat-major du Taillis, de son Quartier général de Hohenstein, les instructions ci-dessous : "Vous avez vu, mon cher général, par les mouvements de l'ennemi, qu'il paraît avoir de grandes forces, et son intention pourrait être d'attaquer le corps du prince de Ponte-Corvo.
Le maréchal, comme vous l'avez vu, par la position de l'armée, conserve des forces à Hohenstein et désire de l'attirer de ce côté. Si, ce qui est présumable, nous étions forcés à une retraite, elle se ferait sur Muhlen et non sur Neidemburg.
Si, ce qui n'est pas encore présumable, le général Marcognet était forcé d'évacuer Neidenbourg, il ferait sa retraite sur Gilgenburg, et dans ce cas vous feriez suivre son mouvement par deux de vos régiments, et avec les deux autres vous vous rendriez à Soldau, où se trouve le 39e régiment, et ce poste devrait être défendu avec toute l'opiniâtreté possible, afin de nous laisser le temps de faire un mouvement de flanc pour menacer l'ennemi de le couper.
Dans ces suppositions, vous feriez sur-le-champ prévenir le maréchal Soult à Prasznitz, ainsi que le général d'Hautpoul qui est à Strasburg sur la Drovensch, avec sa division de cuirassiers. Vous l'engageriez à se rapprocher de nous, à moins qu'il n'ait reçu d'ordres contraires du prince de Ponte-Corvo, ou une autre destination
" (Grouchy (Marquis de) : « Mémoires du Maréchal de Grouchy », Paris, Dentu, 1873, t. 2, p. 284).

Grouchy écrit, le 25 janvier 1807, depuis Neidenburg, au Maréchal Soult : "… Dans le cas imprésumable où le général Marcognet serait forcé d'évacuer Neidenburg, il ferait sa retraite sur Gilgenburg, où je le ferais suivre par deux de mes régiments ; avec les deux autres je me rendrais à Soldau, où se trouve le 39e régiment, et ce poste devrait être défendu avec toute l'opiniâtreté possible, afin de laisser au 6e corps le temps de faire un mouvement de flanc pour menacer l'ennemi de le couper …" (Grouchy (Marquis de) : « Mémoires du Maréchal de Grouchy », Paris, Dentu, 1873, t. 2, p. 287).

A Eylau, "Une colonne de grenadiers russes, qui n'avait pas combattu de la journée, voulut pour dégager leur droite reprendre le village de Schmoditten, où l'avant-garde du 6e corps était déjà établie. Les 6e d'infanterie légère et 39e de ligne la laissèrent approcher à bout touchant ; alors, par une décharge générale et ensuite à la baïonnette, ils la mirent dans la déroute la plus complète et lui firent laisser sur place la plus grande partie de son monde" (J. opér. 4e corps - Cazalas E. : « Mémoires du Général Bennigsen », tome 1, page 223).

Le 8 février 1807, à 6 heures du soir, le Maréchal Ney adresse, depuis Althof, un rapport écrit au crayon, au Major général : "J'ai poussé, cet après-midi, le corps du général prussien Lestocq jusqu'à Schloditten, où il a pris position et paraît avoir fait sa jonction avec la droite des Russes.
La 1re brigade de la division Marchand (6e léger, 39e, général Belair) occupe Schloditten, mais n'y demeurera que jusqu'à 2 heures du matin, si l'ennemi reste en présence;
La 2e brigade de cette division (69e et 76e, général Marcognet) reste en avant d'Althof.
La 2e brigade de la division Gardanne (50e et 59e, général Labassée) est placée en arrière de ce village.
La 1re brigade (25e léger, 27e de ligne, général Roguet) est restée à Pompicken, où l'ennemi avait laissé un corps de flanqueurs assez considérable comprenant de l'infanterie, de la cavalerie et du canon. Cette brigade rejoindra, cette nuit, et s'établira à Drangsitten.
La cavalerie légère du général Lassalle ainsi que la brigade de dragons (20e et 26e régiments), en arrière d'Althof, où je resterai également.
Nous avons pris deux pièces de canon à l'ennemi et fait quelques prisonniers.
J'attends les ordres de Votre Altesse sur la position que je devrai prendre demain, en cas de bataille contre les Russes.
P.-S. La brigade Roguet rentre à l'instant
" (Bonnal H. : « La vie militaire du Maréchal Ney », Chapelot, Paris, 1910, tome 2, p. 398).

Un 2e rapport, rédigé le 9, mais daté du 8, sans doute écrit par le Chef d'Etat-major de Ney, le Général Dutaillis, raconte : "Le 6e corps, aux ordres du maréchal Ney, se dirigeait sur Kreuzburg lorsqu'il rencontra, en avant de Pompicken, un corps prussien qui parut vouloir faire résistance.
Les dispositions de Monsieur le Maréchal lui firent abandonner ce projet. Il effectua sa retraite, par Leissen, Graventien, cherchant à brûler le pont sur le ruisseau qui passe près de Drangsitten, traversa Althof, y laissant quelques fantassins qui se cachèrent dans les maisons, de sorte que le maréchal, se portant sur ce village avec son état-major et n'étant précédé que de quelques tirailleurs (éclaireurs) de son escorte, fut assailli d'une grêle de balles qui interrompirent quelques instants sa marche. A l'arrivée d'une pièce de canon, l'ennemi évacua de suite (le village) et fit sa retraite sur Schloditten.
Le 6e léger et le 39e de ligne (1re brigade de la 1re division) traversant rapidement le village (d'Althof) purent prendre position en avant de Schloditten, entre ce village et la route de Koenigsberg, le 6e à la droite du 39e, le 1er bataillon du 6e et le 2e du 39e formant des crochets (défensifs), l'un face à Eylau, l'autre, à Schloditten.
Les autres troupes furent disposées de la manière suivante :
La 2e brigade (69e et 76e) de la 1re division, en arrière de Schloditten, en partie couverte par la cavalerie du général Lasalle, placée à la gauche du village et à quelque distance.
Les 50e et 59e (2e brigade de la 2e division) en arrière de la 2e brigade de la 1re division, le premier ayant la gauche appuyée à un bois, et ses deux bataillons étant de part et d'autre du chemin de Hoff à Schloditten. Les 25e léger et 27e de ligne (1re brigade de la 2e division) ainsi que les dragons, en réserve derrière Althof avec quelques piquets de cavalerie en observation à Graventien et Drangsitten.
Cette position fut prise à la tombée de la nuit. On tira plusieurs coups de canon dans la direction d'Eylau, ignorant si l'ennemi l'occupait encore, et dans celle de Anklappen et de Kuschitten.
Trois colonnes russes, profitant de la nuit, vinrent attaquer le 39e et le 6e léger; celle de gauche, principalement, réitéra plusieurs fois ses attaques, sans succès, sur le 6e léger, qui ne répondit à la dernière qu'à bout portant. La contenance ferme de ces régiments fit abandonner à l'ennemi le projet d'une nouvelle attaque. Les Russes se retirèrent en désordre, laissant un grand nombre de tués et de blessés sur le champ de bataille
" (H. Bonnal : "La vie militaire du Maréchal Ney", t.2).

"Relation du maréchal Ney sur les mouvements des 7 et 8 février.
Mes dispositions étaient faites. L'ennemi fut attaqué avec la plus grande vigueur et en force partout. Le 6e et le 39e se distinguant particulièrement ont pris à l'ennemi deux pièces de canon et quelques centaines de prisonniers parmi lesquels il y avait des officiers russes et des grenadiers. Il y avait, d'après le rapport des prisonniers et des déserteurs, 10.000 Prussiens et 10 compagnies de grenadiers russes …
Il était 8 heures du soir … Le corps prussien qui avait pris position à Schmoditten pendant mon attaque sur les Russes se borna à canonner fortement mon flanc gauche sans me tuer beaucoup de monde. La nuit était close et le feu vers Auklappen cessa presque aussitôt après mon attaque. L'ennemi étant près d'être coupé par sa droite, point de sa retraite, rassembla toutes ses forces sur Schloditten pour écraser les troupes que j'y avais postées. Le 6e et le 39e repoussèrent une charge de cavalerie de plus de 1.200 chevaux russes. Enfin, à 10 heures du soir, cette brigade (6e léger et 39e) s'est repliée sur Althof sans d'autre perte que 6 blessés et 4 morts de coups de baïonnette ...
" (Cazalas E. : « Mémoires du Général Bennigsen », tome 1, page 228; Bonnal H. : « La vie militaire du Maréchal Ney », Chapelot, Paris, 1910, tome 2, p. 403).

Le 8 février, tard dans la soirée, mais avant minuit, le Maréchal Ney écrit, au crayon, l'ordre de mouvement du 6e Corps pour la journée du lendemain, ordre ainsi rédigé : "Ordre de mouvement du 9 février :
Le général Colbert, avec le 3e de hussards, le 10e de chasseurs et le 2e bataillon du 6e (léger), en position à Pompicken et Schlautienen, route de Landsberg à Kreuzburg.
Le 1er bataillon du 6e et le 39e, à Schloditten;
Les 69e et 76e, a Althof ;
Le 25e léger, à Lampasch, route de Donmau ; le 27e, à Kuschitten ;
Le 50e et le 59e, à Eylau;
Les dragons (20e et 26e régiments), à Kuschitten, envoyant des reconnaissances sur Donmau et sur Königsberg ;
Quartier général, à Eylau;
P.-S. La troupe se tiendra prête à marcher demain, à 6 heures du matin
" (Bonnal H. : « La vie militaire du Maréchal Ney », Chapelot, Paris, 1910, tome 2, p. 401).

Informé, vers minuit, que le 6e Corps va opérer en liaison avec le 4e Corps, près d'Eylau, le Maréchal Ney fait écrire par son Chef d'état-major (Général Dutaillis) au Maréchal Soult : "A Monsieur le maréchal Soult
Althof, le 9 février 1807, 2 heures du matin.
J'ai l'honneur de vous prévenir que la brigade du général Belair (6e léger, 39e de ligne) a occupé Schloditten ce soir à 7 heures, ainsi que j’ai eu l'honneur de vous le dire.
Vers 10 heures (du soir), elle a été attaquée par les Russes ; l'ennemi a été culbuté et a perdu 500 ou 600 hommes tués; il s'est retiré.
Le maréchal Ney, qui voulait faire évacuer ce village vers 2 heures du matin, a jugé à propos de l'évacuer dès ce soir; l'ennemi n'y est pas entré jusqu'à ce moment.
Respect,
Du Taillis
" (Bonnal H. : « La vie militaire du Maréchal Ney », Chapelot, Paris, 1910, tome 2, p. 402).

Le 27 février 1807, Ney écrit à Berthier : "Après deux heures de marche, l'arrière garde (partie de Guttstadt à midi et demi) a été vivement attaquée par une nuée de cosaques dont la force était au moins de 1.200 hommes ; les voltigeurs et quelques compagnies du 39e les ont reçus à bout portant et ont fait un feu très vif et très meurtrier, qui a jeté le désordre parmi eux. Le 10e de chasseurs a alors chargé ..., sabré une trentaine de cosaques et en a pris 4 ... A la sortie du village de Spiegelberg, les cosaques ont fait une seconde charge générale avec des cris affreux ... ; ils ont essuyé tout le feu d'un bataillon du 39e et ont laissé sur la place beaucoup d'hommes et de chevaux. Le 10e de chasseurs a de nouveau fait une charge fort belle ...
Le général Lasalle était en communication avec le général Colbert (à l'avant-garde), couvrant le flanc gauche et se retirant par Eschenau, Gratken, Tollack et Alt-Wartenburg ; il a été attaqué par la cavalerie prussienne mêlée de cosaques, qui a été repoussée partout.
Dans toute cette retraite nous n'avons eu que 3 chasseurs du 10e régiment blessés de coups de lance ...
" (Cazalas E. : « Mémoires du Général Bennigsen », tome 1, page 280).

Le 1er mars 1807, le Maréchal Ney établit, à Schlitt, un "Ordre du mouvement pour les 1er et 2 mars.
Division du général Marchand ...
La brigade du général Colbert, 39e de ligne et 10e de chasseurs, quittera sa position sur la Wadang pour venir cantonner à Schlitt et Blankenberg, passant par Allenstein, Gettkendorf et Jonkowo ...
Toutes les troupes du 6e corps d'armée, à l'exception de la brigade du général Bélair, qui restera en observation à Allenstein et sur le développement de la rive gauche de l'Alle, prendront les armes demain à trois heures du matin et se dirigeront sur Quetz, lieu de rassemblement général, passant par Deppen ...
Les généraux donneront les ordres nécessaires pour que les troupes soient pourvues pour deux jours de vivres et qu'elles soient complétées à 50 cartouches par homme.
Les généraux Lasalle et Roguet prendront toutes les mesures possibles pour que l'ennemi ne puisse s'apercevoir du rassemblement des troupes qui s'opère sur Quetz ; ils redoubleront de surveillance dans le service et communiqueront avec les troupes du maréchal Soult ...
Les généraux recevront de nouveaux ordres sur les mouvements ultérieurs de demain ...
Le quartier du général en chef sera demain à Deppen
" (Cazalas E. : « Mémoires du Général Bennigsen », tome 1, page 289).

Le 3 mars 1807, le Maréchal Ney adresse, depuis Guttstadt, son Rapport au Ministre de la Guerre : "Conformément aux dispositions que j'avais arrêtées hier pour la marche de mon corps d'armée sur Guttstadt, le général Roguet s’est mis en mouvement à 5 heures précises du matin, parlant d’Heilingenthal et d'Ankenau pour se diriger sur Queetz, qui n'a été que faiblement défendu par les cosaques. Le 25e d'infanterie légère a changé de direction à gauche pour s'emparer de Lingnau et de Neuendorf, tandis que le 27e de ligne continuait rapidement sa marche sur Glottau et Guttstadt au travers d'une nuée de cosaques. Le 25e, après avoir exécuté son mouvement et pris position, a été entièrement cerné par les cosaques. Ce régiment a essayé plusieurs charges sans s'ébranler et sans éprouver aucune perte ; bientôt l'ennemi s'est borné à le tenir bloqué Pendant ce temps-là, les régiments commençaient à se déployer sur la hauteur en arrière de Guttstadt, tandis que le 27e se dirigeait sur Schmolainen qu'aurait dû occuper le 6e légère qui, par un malentendu, n'est arrivé qu'à trois heures de l'après-midi.
Cependant l'ennemi montrait environ 3.000 hommes de cavalerie sur les hauteurs d'Altkirch et indépendamment de cela deux bataillons d'infanterie russe et plusieurs escadrons de cavalerie s'avançaient sur le 27e. Ce régiment, après un assez long feu de 2 rangs et une vive canonnade, a poussé l'ennemi jusqu'à la seconde position de Schmolainen, défendue par 6 pièces de canon, 4 bataillons et 1200 chevaux. Le général Colbert venait de déboucher sur Neuendorf avec le 39e de ligne et le 10e de chasseurs ; il avait ordre de s'emparer d'Altkirch, de dégager le 25e et de le faire serrer sur lui. Son mouvement était appuyé par les dragons du général Grouchy. Cette attaque a eu le succès que j'en attendais, l'ennemi s'est replié.
Certain alors qu'il n'y avait que de la cavalerie sur les hauteurs d'Altkirch, j'ai fait serrer les 50e et 59e sur le 27e, flanqué par la cavalerie légère du général Lasalle, pour forcer l'ennemi dans sa position de Schmolainen. Le 27e a marché avec une grande résolution sans tirer an coup de fusil, sous un leu très vif de mousqueterie et la mitraille de ses pièces de canon ; la hauteur a été franchie avec rapidité. Arrivé sur le plateau, ce régiment a commencé à son tour un feu de rangs bien nourri qui a jeté l'ennemi dans la plus grande déroute ; son infanterie jetait les fusils et les gibernes pour se sauver plus vite dans les bois qui se trouvent dans la direction de Peterswalde où il y avait une réserve. La cavalerie légère du général Lasalle n'a jamais pu charger à cause de la difficulté des chemins et de la vitesse avec laquelle mon infanterie poursuivait l'ennemi. La cavalerie russe faisait l'arrière-garde pour sauver l'artillerie, elle e extrêmement souffert ; la terre est jonchée de cadavres et de chevaux ; elle a été poursuivie jusqu'à Zechern, Peterswalde et Gronau ...
A 4 heures de l'après-midi, l'ennemi a disparu, se jetant dans les forêts de Freymarkt.
… Cc n'est point exagérer que de porter sa perte à 1.200 hommes ; nous avons quelques officiers d'infanterie russe et de cosaques prisonniers avec une centaine d'hommes, sans compter ceux qu'on ramasse de tous les côtés …Notre perte se réduit à 50 ou 60 hommes tués ou blessés des 27e et 25e régiments ...
Nous avons trouvé ici 16000 rations de pain et 200 sacs d'avoine ; cette prise a fait grand plaisir, c'est une première récompense des efforts de la troupe ...
" (Cazalas E. : « Mémoires du Général Bennigsen », tome 2, page 260 ; Bonnal H. : « La vie militaire du Maréchal Ney », Chapelot, Paris, 1910, tome 2, p. 431).

Le 6 mars 1807, l'Empereur écrit, depuis Osterode, à Daru, Intendant général de la Grande Armée : "Monsieur Daru, faites une circulaire à tous les commissaires des guerres, pour leur faire connaître les points sur lesquels ils doivent diriger les hommes isolés des différents corps d’armée, ainsi que les bagages et effets desdits corps. Vous y joindrez l'état des corps qui composent chaque corps d'armée, conformément au tableau ci-joint ...
6e corps
... 39e de ligne ...
Dépôts à Fordon ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 14497).

Le 65e Bulletin de la Grande Armée, daté de Osterode, le 10 mars 1807, raconte : "… Ayant été instruit, le 1er mars, que l'ennemi, encouragé par la position qu'avait prise l'armée, faisait voir des postes tout le long de la rive droite de la Passarge, l'Empereur ordonna aux maréchaux Soult et Ney de faire des reconnaissances en avant pour repousser l'ennemi. Le maréchal Ney marcha sur Guttstadt. Le maréchal Soult passa la Passarge à Wormditt. L'ennemi fit aussitôt un mouvement général et se mit en retraite sur Koenigsberg. Ses postes, qui s'étaient retirés en toute hâte, furent poursuivis à huit lieues. Voyant ensuite que les Français ne faisaient plus de mouvements, et s'apercevant que ce n'étaient que des avant-gardes qui avaient quitté leurs régiments, deux régiments de grenadiers russes se rapprochèrent et se portèrent de nuit sur le cantonnement de Zechern. Le 50e régiment les reçut à bout portant ; le 27e et le 39e se comportèrent de même. Dans ces petits combats, les Russes ont eu un millier d'hommes blessés, tués ou prisonniers …" (Panckoucke : « Œuvres de Napoléon Bonaparte », 1821-1822, t. 4, p. 185 ; Correspondance de Napoléon, t.14, lettre 11985).

Le 22 mars 1807, l'Empereur écrit, depuis Osterode, au Maréchal Kellermann, commandant un Corps de réserve de Gardes nationales : "Mon cousin, mon intention est de compléter les compagnies de grenadiers et de voltigeurs de la division Oudinot à un effectif de 150 hommes. Je désire en conséquence que vous fassiez réunir, conformément au tableau ci-joint, différents détachements d'hommes. De 5 pieds 4 pouces pour les grenadiers et de 4 pieds 11 pouces ou 5 pieds bien constitués pour les voltigeurs. Ces détachements peuvent partir sans sous-officiers, en désignant les meilleurs sujets pour en faire les fonctions pendant la route. Après en avoir passé la revue et avoir pourvu à ce que leur habillement et armement soient parfaitement en état, vous les ferez conduire par des officiers d'état-major, pour Thorn ...
39e de ligne 47 [Pour les grenadiers] 47 [Pour les voltigeurs] ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 14811).

Le 31 mars, depuis Osterode, Napoléon décide d'accorder 18 aigles d'honneur, dont neuf aux Officiers, et neuf aux Sous officiers et soldats, aux Régiments qui se sont distingués à Eylau. Il écrit au Maréchal Berthier : "Vous enverrez à chaque maréchal ce qui, dans les dispositions suivantes, concerne son corps d'armée, et sans que l'un connaisse ce qui regarde l'autre. 1° Il est accordé aux régiments dont l'état suit 18 aigles de la Légion d'honneur, dont 9 aux officiers et 9 aux sous-officiers et soldats qui se sont fait remarquer par leur courage et leur bonne conduite, depuis le commencement de la guerre de la quatrième coalition : … 39e ... d'infanterie de ligne ...
Du moment que les maréchaux auront reçu ma décision, ils ordonneront à chaque général de division de réunir chez lui les colonels et chefs de bataillon de chaque régiment, ainsi que les généraux, de brigade, et de dresser un procès-verbal qui constate les individus qui méritent le mieux la décoration. Ce procès-verbal sera envoyé au maréchal commandant le corps d'armée, qui le transmettra, avec ses observations, au major général. Tous ces procès-verbaux devront être arrivés avant le 6 avril. Le 7, le major général me les soumettra …
" (Correspondance de Napoléon, t.14, lettre 12240 ; Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 145013).

Le 21 avril 1807, l'Empereur écrit, depuis Finkenstein, au Maréchal Kellermann, commandant un Corps de réserve de Gardes nationales : "Mon cousin, dans l'état de situation de votre armée de réserve au 15 avril, je trouve ...
Que le 44e avait 462 hommes ; pourquoi n'en enverriez-vous pas 300 hommes ...
Je suppose que si vous ne les avez pas fait partir, c'est qu'ils n'étaient pas habillés. Mais moyennant l'autorisation que je vous ai donnée de les envoyer non habillés dans les régiments provisoires et de garnison, je pense que vous les avez mis en route ...
Je vois, par le même état, que vous pourriez faire partir également de Strasbourg :
du 3e régiment de ligne 500 hommes.
… du 39e idem 300 ...
Je suppose donc que tout cela sera parti ; si ce ne l'était pas, faites-le parti sans délai ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 15379).

Le 25 avril 1807, Murat écrit, depuis Finkenstein, à Napoléon : "Sire, désirant de contribuer de toutes les manières possibles au succès de vos armes, j'ai mis tout en usage pour organiser un régiment d'infanterie qui doit se trouver en ce moment-ci fort d'environ 3500 hommes. Il ne se trouve encore que deux bataillons d'organisés, faute d'officiers et d'officiers supérieurs, et il m'est impossible de m'en procurer si Votre Majesté ne daigne m'autoriser à en prendre dans son armée. Je prie donc Votre Majesté d'autoriser M. Hoffmeyer, capitaine au 94e de ligne, à passer à mon service D'après les renseignements que j'ai pris, cet officier se trouve susceptible de faire un bon chef de bataillon. Je demande la même autorisation pour M. Geoffroy Daimer, sous-lieutenant au 39e régiment d'infanterie de ligne. Je n'attends plus que d'avoir un bon chef de bataillon pour en ordonner sur-le-champ l'organisation" (Le Brethon Paul : « Lettres et documents pour servir à l'histoire de Joachim Murat, 1761-1815 », Plon, 1908-1914, t. 5, p. 161, lettre 2885).

Le même 25 avril 1807, à Finckenstein, on informe l'Empereur que : "Le grand-duc de Berg remarque que le départ de son régiment avec le colonel et les deux chefs de bataillon laisse le dépôt sans commandant et qu'il faut pourtant quelques officiers supérieurs pour commander ce dépôt et organiser les 3e et 4e bataillons dont la formation est ordonnée. Il demande donc l'autorisation de prendre à son service ... Geoffroy-Daimes, capitaine au 57e, comme chef de bataillon ... Il assure que ces officiers dont il connaît les services, seront utiles à son régiment"; l'Empereur répond : "Accordé si ces officiers le veulent" (Chuquet A. : « Inédits napoléoniens », Paris, 1913, t.1, lettre 216 - Note : est ce le même Geoffroy mentionné pour le 39e ? Faut il lire 39e et non 57e ?).

Selon un "Etat sommaire des Hommes du 6e Corps d’Armée prêts à combattre", daté de Guttstadt, le 25 avril 1807, le 39e de Ligne, à la 1ère Division, compte 1505 hommes (Cazalas E. : « Mémoires du Général Bennigsen », tome 2, page 155).

Selon un "Etat dressé en conséquence des dispositions de la lettre de S. E. le Maréchal Ney en date du 26 avril courant", le 39e Régiment d'infanterie de ligne a, à cette date, 85 hommes rayés des contrôles, absents depuis trois mois sans autorisation; aucun homme absent depuis moins de trois mois et rayés provisoirement; 36 hommes reconnus déserteurs et jugés par contumace; 22 hommes prisonniers de guerre (Cazalas E. : « Mémoires du Général Bennigsen », tome 2, page 57).

Le 8 mai 1807, le Maréchal Ney écrit, depuis Guttstadt, au Ministre de la Guerre : "… Je fais tracer aujourd’hui les positions que les régiments occuperont d’ici à quelques jours.
Les corps baraqueront séparément, mais assez rapprochés pour présenter des masses en cas d'attaque. Cette disposition est plus convenable au terrain que j'ai à défendre. Les divisions forment des échelons entre elles, couvrent les principales communications de Liebstadt et Deppen et peuvent se réunir très promptement dans les positions défensives indiquées pour chacune d'elles.
Voici l'emplacement des campements par régiment :
1ère division ...
2e brigade, le général Marcognet, à Altkirch : 39e infanterie de ligne, a la droite ; 76e de ligne, à la gauche, sur les hauteurs en arrière d'Altkirch.
Cette brigade formera les postes pour couronner la forêt depuis Peterswalde exclusivement jusqu'à Beiswalde ...
" (Cazalas E. : « Mémoires du Général Bennigsen », tome 2, page 69).

Le 21 mai 1807, l'Empereur écrit, depuis Finkenstein, au Général Lacuée, Directeur général des Revues et de la Conscription : "J’ai reçu les états de situation que je vous avais demandés. Les 20000 hommes de la réserve doivent être distribués de la manière suivante :
12000 hommes à l'infanterie de ligne et légère conformément au tableau ci-joint.
… Répartition de 12 000 hommes de la réserve de 1808 entre les corps ci-après de l'infanterie de ligne et de l'infanterie légère.
INFANTERIE DE LIGNE
CORPS NOMBRE DES CONSCRITS
... 39e 200 ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 15681).

Le 27 mai 1807, Ney écrit à Berthier : "Aujourd'hui, à 7 heures du matin, environ 200 cosaques et hussards sont encore venus faire replier nos vedettes jusque sur les postes retranchés de l'infanterie ... J'ai aussitôt ordonné à 3 postes d'infanterie de 25 hommes chacun d’attaquer l’ennemi sur les deux flancs, tandis qu'un escadron du 16e régiment de chasseurs le contenait dans la plaine ... Tout à coup un gros d'ennemis, caché dans la forêt de Regertein, en est sorti, et une nuée de cosaques est venue fondre sur le peloton de 25 hommes du 39e régiment commandé par le sergent Villefranque. Ce brave homme, sans se laisser intimider par les hurlements des cosaques, a encouragé sa troupe et, après avoir formé un petit carré, a exécuté ses feux si à propos que l'ennemi ... qui a chargé huit fois de suite avec fureur, n'a pu l'entamer et a laissé beaucoup d'hommes et de chevaux sur le terrain … Nous n'avons eu ni tués ni blessés" (Cazalas E. : « Mémoires du Général Bennigsen », tome 2, page 122).

Composition du 6e Corps du Maréchal Ney au 31 mai 1807 :
1ère Division, Général Marchand : 6e Léger, 69e, 39e et 76e de Ligne, 10 Bataillons, 6673 hommes.
2e Division Bisson : 25e Léger (3 Bataillons), 27e, 50e et 59e de Ligne, 9 Bataillons, 6448 hommes.
3e Division, Général N. : En formation ; 1510 hommes.
Artillerie, Génie et Gendarmerie, 24 pièces, 1331 hommes.
Cavalerie légère, Général Colbert : 3e Hussards, 10e et 15e Chasseurs : 9 Escadrons, 935 hommes (Cazalas E. : « Mémoires du Général Bennigsen », tome 2, page 302).

/ Combats de Guttstadt et de Deppen

Bennigsen, dans ses Mémoires, raconte : "… Le prince Bagration marcha avec rapidité sur Altkirch. Quand il l'eut atteint, il y trouva le général Marcognet avec la 2e brigade de la division, composée des 39e et 76e en position, qui fut bientôt renforcée par la brigade, composée des 6e et 69e de ligne, qui accoururent le premier d'Amt-Guttstadt et le second de Kossen. Le prince Bagration, pour ne pas donner le temps à l'ennemi de faire arriver encore plus de troupes, l'attaqua sur deux points dans cette position avantageuse …" (Cazalas E. : « Mémoires du Général Bennigsen », tome 2, page 141).

Ney écrit à Berthier, le 5 juin 1807 : "La première colonne ennemie, forte d'environ 10000 homme, ne s'est emparée d'Altkirch qu'après les plus grands efforts. Le 39e, commandé par le colonel Soyer arrivé la veille, s'est couvert de gloire en repoussant cinq charges de cavalerie et toutes les attaquas de l’infanterie russe. La bravoure de ce régiment m’a permis de faire mes dispositions défensives.
L'ennemi avait formé 4 attaques principales : la 1re sur Altkirch, la 2e sur Guttstadt, la 3e sur Wolfsdorf et Lingnau et la 4e sur Bergfried, point sur lequel il a passé sur la rive gauche de l’Alle. Les troupes placées sur ces divers points l'ont contenu en lui faisant un mal affreux en tués et blessés ; enfin ce n'est que vers 11 heures du matin qu'il a déployé sur le front de Lingnau et Altkirch environ 15000 hommes d'infanterie, une artillerie nombreuse et au moins autant de cavalerie que j'ai d'Infanterie à mon corps d’armée
" (Cazalas E. : « Mémoires du Général Bennigsen », tome 2, page 141).

Le 5 juin 1807 au soir, Ney adresse à Berthier, depuis Ankendorf, son Rapport : "Dès 5 heures du matin, j'ai été prévenu, par mes avant-postes, que l'ennemi marchait sur Altkirch avec des forces considérables en infanterie, cavalerie et artillerie ; je me suis aussitôt rendu sur le terrain, après avoir donné ordre aux troupes de se tenir prêtes à marcher.
La première colonne ennemie, forte d'environ 10,000 hommes, ne s'est emparée d'Altkirch qu'après les plus grands efforts. Le 39e, commandé par le colonel Soyer arrivé la veille, s'est couvert de gloire en repoussant cinq charges de cavalerie et toutes les attaques de l'infanterie russe. La bravoure de ce régiment m'a permis (donné le temps) de faire mes dispositions défensives.
L'ennemi avait formé quatre attaques principales : la première sur Altkirch , la seconde sur Amt-Guttstadt, la troisième sur Wolffsdorf et Lingnau, et la quatrième sur Bergfried, point où il a passé sur la rive gauche de l'Alle.
Les (mes) troupes placées sur ces divers points l'ont contenu (l'ennemi) en lui faisant un mal affreux en tués et blessés; enfin ce n'est que vers 11 heures du matin qu'il (l'ennemi) a déployé sur le front de Lingnau et d'Altkirch, environ 15,000 hommes d'infanterie, une artillerie nombreuse et au moins autant de cavalerie que j'ai d'infanterie à mon corps d'armée.
Je ne puis détailler aujourd'hui toutes les manœuvres que j'ai fait exécuter aux (à mes) troupes ; j'attendrai (pour cela) les rapports particuliers des corps ; mais je puis assurer à Votre Altesse qu'il est impossible de se battre avec plus de valeur que ne l'ont fait toutes mes troupes, indistinctement, contre des forces infiniment supérieures.
Les 6e, 25e et 31e d'infanterie légère ont repoussé des charges de cavalerie considérables ; enfin, vers les 1 heure, l'affaire est devenue tellement vive que toutes les brigades de l'armée (du corps d'armée), l'une après l'autre, et les divisions souvent réunies n'ont cessé de faire un feu continuel de deux rangs et de bataillon.
L'ennemi a manœuvré lentement. Dès 8 heures du matin, j'étais enveloppé partout et mes communications avec les maréchaux Davout et Soult étaient coupées. Malgré cette situation critique, l'ennemi n'a pu parvenir à rompre un seul peloton de mon infanterie, et la retraite s'est faite, à 2 heures de l'après-midi, dans le plus grand ordre et avec un ensemble qu'on obtient rarement dans une affaire aussi chaude.
J'ai eu beaucoup de tués et de blessés par la mitraille et la mousqueterie ; mais, certes, la perte de l'ennemi est quadruple ; la raison de cette différence est qu'il voulait tout culbuter avec sa nombreuse cavalerie et que, malgré l'opiniâtreté qu'il a mise dans les charges qu'il n'a cessé de faire jusqu'à 4 heures du soir, il n'a obtenu aucun succès.
A 4 heures, j'ai pris position à Ankendorf et l'ennemi s'est établi devant moi, en avant (au sud) de Queetz.
Je n'ai perdu ni canons, ni drapeaux. Je regrette le brave général Roguet que je crois tué (blessé et fait prisonnier) ; il a été renversé à côté de moi par un coup de mitraille.
Le 3e de hussards, les 10e et 15e de chasseurs ont fait des prodiges de valeur malgré leur infériorité ; ils ont profité de toutes les charges que l'ennemi faisait sur l'infanterie pour tomber ensuite sur lui.
Le colonel Mouriez, du 15e chasseurs et le chef d'escadron Valmabelle, du même corps, ont été tués ; il y a aussi plusieurs officiers du 3e de hussards et du 10e de chasseurs blessés.
Je n'ai point perdu d'officiers supérieurs d'infanterie. J'estime ma perte en tués et blessés à 1,800 hommes ; nous avons fait, je le répète, beaucoup plus de mal à l'ennemi ; nous avons fait aussi quelques prisonniers.
Je ne dois point vous laisser ignorer que le colonel Laplane (du 6e léger) s'est conduit avec la plus rare distinction à la tête de son régiment.
J'attends les ordres de Votre Altesse ; je lui ai fait écrire plusieurs fois ce matin, mais la communication a été longtemps interceptée avec Deppen, où cependant l'ennemi n'a point pénétré.
P. S.— Je viens de reconnaître la position de l'ennemi; il est établi en avant (au sud) de Queetz ; il montre deux grandes lignes d'infanterie et une de cavalerie; j'ai estimé, de même que les généraux qui m'accompagnaient, les deux lignes d'infanterie à 35,000 ou 40,000 hommes
" (Cazalas E. : « Mémoires du Général Bennigsen », tome 2, page 142; Bonnal H. : « La vie militaire du Maréchal Ney », Chapelot, Paris, 1910, tome 2, p. 453).

- Inspection du Dépôt du 39e Régiment d'Infanterie de Ligne à Landau par le Général Schauenburg, le 9 décembre 1807

"Dépôt du 39e Régiment d’Infanterie de Ligne. Revue passée à Landau le 9 décembre 1807.
Espèce d’hommes. Bonne.
Habillement. Bon.
Equipement. Idem.
Armement. Idem.
Tenue. Passable.
Discipline. Idem.
Maniement d’armes. Mauvais.
Manœuvres. Médiocres.
Retenue. Point.
Ordinaire. Bon.
Pain. Bon.
Casernes et fournitures. Bonnes.
Conscrits. - .
Finances. Les registres de comptabilité en deniers et effets sont tenus avec ordre et régularité.
Résumé.
M. Clouard Major de ce Régiment m’a donné une très bonne idée du désir qu’il a de faire le bien, je ne puis garantir si les notes qu’il a donné sur les Officiers présents à son Dépôt sont méritées. J’ai remarqué une grande influence au Quartier-maitre Lamtaunau auquel cependant je rends justice pour l’ordre qu’il tient dans la comptabilité. Je n’ai pas été satisfait du travail pour les récompenses et réformes, ayant eu 37 hommes à refuser.
J’ai à faire l’éloge de l’économie qui règne pour l’équipement de première mise ayant trouvé les effets au-dessus de ceux des autres corps pour la qualité et bien au-dessous pour le prix.
Ordre.
Le Général de division Schauenburg, Inspecteur général d’Infanterie après avoir examiné les registres de comptabilité en deniers et effets du 39e Régiment d’Infanterie de Ligne, et les ayant trouvés tenus conformément aux règlements les a arrêtés définitivement pour l’an 13.
Les frais de bureau montant pour l’année, à 2616 frs 35 c. sont très considérables. L’Inspecteur général recommande au conseil d’administration de mettre à l’avenir plus d’économie dans cette dépense
" Schauenburg (Général baron Alexis-Balthazar-Henri-Antoine de) : « Revues particulières d’inspection, ordonnée le 23 octobre 1807 » ; Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg: MS.0.491 ; document numérisé par la BNU à la demande conjointe de F. Berjaud, L. Claudel et D. Davin).

"Ordre donné à tous les corps sur la manière d’exercer les conscrits et pour l’administration.
Nota. Le présent ordre a été adressé à S. E. le Ministre de la guerre, le 20 novembre dernier ; lequel précèdera les autres donnés.
Les commandants des dépôts prescriront aux officiers et sous-officiers de s’appliquer à connaitre autant que les circonstances le permettront les facultés de l’homme qu’ils ont à instruire afin de les traiter en conséquence, ils leur recommanderont la patience, les brusqueries étant contraires aux succès de l’instruction.
Le premier objet auquel ils devront avoir attention, c’est d’inspirer aux recrues le goût de la propreté, pour y parvenir, il faut qu’il lui indique tous les moyens qui sont en usage dans la troupe pour entretenir et nettoyer avec ménagement toutes les parties de l’habillement et équipement, après la propreté du corps, si essentielle à la santé du soldat, vient l’entretien de ses armes dont il doit avoir le plus grand soin, à cet effet, il faut faire connaitre aux recrues toutes les parties de son armement et lui enseigner la manière de nettoyer et remonter son fusil.
Lorsque l’on sera à l’exercice l’instructeur entretiendra la recrue pendant l’intervalle de chaque repos, de ses devoirs envers les officiers et sous-officiers, et lui fera connaitre les nomes des généraux sous les ordres desquels se trouvera le corps, le nom des officiers de sa compagnie, et de ceux supérieurs en exigeant de lui qu’il les retiennent.
Le commandant de chaque dépôt fera pratiquer le règlement concernant le service intérieur, la police et la discipline de l’infanterie du 24 juin 1792 sur tout ce qui n’est pas contraire aux lois actuelles, aux localités et aux circonstances.
Ils assembleront au moins chaque semaine les officiers et sous-officiers pour les examiner sur les bases de la discipline, de la police, du service intérieur et sur celui de la place duquel il devra être donné connaissance aux conscrits à la fin de chaque exercice en classant les devoirs de chaque grade.
Ils feront aussi suivre par gradation le règlement concernant la manœuvre et l’exercice de l’infanterie du 1er août 1791, sans se permettre sous aucun prétexte quelconque la moindre innovation dans ses principes.
En surveillant la stricte exécution de l’ordre ci-dessus, ils exigeront que les officiers et sous-officiers , par leur conduite et leur application à remplir leur devoir, servent de modèle aux jeunes soldats pour l’éducation militaire de laquelle ils sont chargés.
Tous les officiers et sous-officiers devront se trouver aux exercices journaliers et y être employés en raison de leurs connaissances et moyens d’instruction, et ceux qui n’en auront pas suffisamment devront également s’y trouver pour en acquérir ou pouvoir y être utilisés à la volonté du chef.
L’on n’exercera jamais de grand matin, à moins que les circonstances ne l’exigent, afin de donner le temps au soldat de soigner toutes les parties de son vêtement et la propreté de la chambrée ; l’on préfèrera autant que possible les exercices de l’après midi attendu qu’elles empêchent le soldat de s’écarter trop loin de son quartier.
Conformément à l’article 20 du règlement concernant le service intérieur, tous les officiers devront se trouver à la garde journalière que fournira le corps quand même elle ne défilerait qu’au quartier ; les chefs n’en exempteront personne que pour objet de serves, ils exigeront qu’ils se présentent dans la tenue prescrite pour le journalier, et qu’ils ne se permettent aucun autre costume dans la journée, que celui qu’ils doivent avoir eu à la parade.
Administration.
Les membres du conseil d’administration devront se pénétrer du devoir de la plus exacte surveillance sur toutes les parties de l’administration qui leur est confiée, et les commandants des compagnies porteront toute l’attention nécessaire aux fournitures qui seront faites à leurs soldats, feront les représentations au conseil d’administration si elles étaient défectueuses et rendront compte à l’inspecteur général dans le cas où il ne serait pas fait droit à leurs réclamations.
Le premier dimanche de chaque mois, il sera fait lecture de l’arrêté du 19 Vendémiaire an 12 relatif à la désertion.
Il ne sera fait aux soldats et conscrits, et sous quelque prétexte que ce puisse être, aucune autre retenue que celles prescrites par les règlements.
On ne peut sous quelque prétexte que ce soit, et sans se rendre coupable d’un délit, se permettre de recevoir des hommes en remplacement des militaires qui sont sous les drapeaux sans l’autorisation formelle et préalable transmise par le directeur général de la conscription.
Il ne doit être délivré aucune espèce de congé si ce n’est sur des imprimés envoyés par le ministre. Aucun enrôlé volontaire ne doit être admis qu’après avoir contracté un engagement en présence d’un maire.
On ordonnera que cette formalité soit remplie sur le champ par les enrôlés volontaires qui ne s’y seraient pas conformés.
L’intention de l’Empereur est que tout militaire qui reçoit son congé définitif soit pour ancienneté de service, soit pour cause de blessures reçues à l’armée, puisse rentrer dans ses foyers avec une tenue décente et qu’il doit par conséquent être pourvu d’un habit uniforme en bon état et de son sabre, s’il est sous-officier ou grenadier.
Si le corps a plus de huit musiciens (que les règlement accordent), ceux qui dépassent ce nombre devront être admis comme soldats, et s’ils l’avaient été seulement comme gagistes, ils devront de suite contracter un engagement militaire, s’ils s’y refusent et que le corps veuille les conserver, il est expressément défendu de les porter sur les revues de solde et de fournitures et ils seront mis entièrement à la charge des officiers, mais dans tous les cas, le total de la dépense de la musique ne doit pas excéder une journée de solde des officiers par mois.
Le présent ordre sera transmis de suite sur le registre des délibérations et lu aux officiers rassemblés.
Les commandants des dépôts restent responsables de son entière exécution
" (Schauenburg (Général baron Alexis-Balthazar-Henri-Antoine de) : « Revues particulières d’inspection, ordonnée le 23 octobre 1807 » ; Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg: MS.0.491 ; document numérisé par la BNU à la demande conjointe de F. Berjaud, L. Claudel et D. Davin).

Le Général Schauenburg adresse au Ministre Lacuée le résultat de sa revue le 14 janvier 1808, et au Ministre de la Guerre et au Ministre Dejean le résultat de sa revue le 16 janvier 1808; le résultat de la Revue est également adressé au Corps le 16 janvier 1808 (Schauenburg (Général baron Alexis-Balthazar-Henri-Antoine de) : « Revues particulières d’inspection, ordonnée le 23 octobre 1807 » ; Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg: MS.0.491 ; document numérisé par la BNU à la demande conjointe de F. Berjaud, L. Claudel et D. Davin).

Le 5 décembre 1808, l'Empereur écrit, depuis Chamartin, au Général Lacuée, Directeur des Revues et de la Conscription militaire, à Paris : "... Le corps d'Oudinot ne serait plus alors composé que des compagnies de grenadiers et voltigeurs des régiments ci-après, savoir : 6e, 9e, 16e, 25e, 27e, 17e, 21e, 24e, 26e, 28e d'infanterie légère ; 8e, 95e, 96e, 4e, 18e, 40e. 64e, 88e, 27e, 39e, 45e, 59e, 69e, 76e, 24e, 54e, 63e, 94e d'infanterie de ligne.
Mon intention serait que les compagnies restant des 4es bataillons de ces corps y fussent réunies ; ce qui compléterait vingt-huit bataillons. J'y joindrais les 4es bataillons des 46e, 28e, 50e, 75e, 100e et 103e ; ce qui porterait ce corps à trente-quatre bataillons, qui, à 840 hommes chacun, feraient près de 30,000 hommes.
Pour compléter le nombre de 30,000 hommes, j'y réunirais les bataillons des tirailleurs du Pô et des tirailleurs corses ; j'en formerais trois divisions de douze bataillons chacune ; ce qui ferait un beau corps qui pourrait, si cela était nécessaire, renforcer l'armée du Rhin et la porter à 140,000 hommes ...
" (Correspondance de Napoléon, t.18, lettre 14535 ; Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 19446 ; Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, p. 21).

/ 1809

L'"ÉTAT de répartition des dépôts d'infanterie dans les garnisons" indique que le 40e de Ligne fait partie du 3e Arrondissement; 5e Division militaire. Landau (Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, p. 478).

Le 13 février 1809, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la guerre : "Monsieur le général Clarke, le corps du général Oudinot, au lieu d’être partagé en trois divisions, ne le sera qu’en deux. À cet effet, la 3e demi-brigade légère et la 4e demi-brigade de ligne feront partie de la 1re division ; la 5e et la 6e demi-brigade de ligne feront partie de la 2e division. Le général Claparède commandera une de ces deux divisions. Comme il paraît que chaque corps ne pourra fournir que deux compagnies de fusiliers au grand complet, jusqu’à ce que la conscription de 1810 ait complété les cadres, chaque bataillon ne sera que de 560 hommes, chaque demi-brigade de 1 680 hommes, chaque division de 10 000 hommes, et le corps entier de 20 000 hommes. Lorsque les 5e et 6e compagnies de fusiliers pourront être envoyées, je verrai si je dois former une 3e division, ou laisser seulement le corps à deux divisions.
... Le 7e bataillon sera composé de deux compagnies du 27e, de deux du 39e et de deux du 50e ...
Ces douze bataillons de marche seront réunis du 1er au 15 mars à Strasbourg.
Vous donnerez ordre que chacune de ces compagnies soient complétées à 140 hommes.
Donnez ordre que les dépôts fournissent à chaque homme une capote et 3 paires de souliers, dont deux dans le sac et une aux pieds.
Si les dépôts ne pouvaient compléter ces compagnies, ils en enverront toujours les cadres, avec tout ce qu’ils ont de disponible, et vous ferez connaître ce qui manquerait, afin que je le fasse tirer des conscrits de ma Garde.
Vous donnerez ordre que tous les détachements de ma Garde qui doivent partir de Paris, pour porter les compagnies de grenadiers et de voltigeurs au grand complet, soient prêts à partir le 15 pour se rendre à Strasbourg. Ils seront formés en bataillons de marche. Vous prescrirez aux différents commandants de ma Garde d’en passer la revue, de n’envoyer que des hommes qui sachent faire l’exercice à feu, et de les faire habiller de l’uniforme d’infanterie légère, avec les boutons des régiments où ils doivent entrer ; on me les présentera à la parade du 16, et ils partiront le 17.
J’ai donné ordre au corps du général Oudinot de se réunir à Augsbourg.
Si le général Claparède est encore à Paris, donnez-lui l’ordre de se rendre à Strasbourg pour y attendre ces détachements, et exécuter les ordres qui lui seront donnés. Il sera chargé de mener cette colonne.
Par ce moyen, il y aura entre Strasbourg et Augsbourg de quoi compléter les 12 brigades du corps du général Oudinot, à 12 compagnies chacune, c’est-à-dire à 20 000 hommes. Comme il y aura 12 demi-brigades, il faudra 36 chefs de bataillon et adjudants-majors. Présentez-moi la nomination de ceux qui manquent, et vous les dirigerez sur Strasbourg, pour de là rejoindre le corps. Il faudra 12 majors, le corps en a huit ; c’est quatre à envoyer. Il faut 6 généraux de brigade ; faites-moi connaître ceux qu’il faudrait envoyer.
Il faut à chaque division 18 pièces de canon, c’est-à-dire 36 pour les 2 divisions. Le corps en a 18 ; faites-moi connaître la situation du parc de l’armée du Rhin, et s’il peut fournir les 18 autres pièces.
Ainsi, à la fin de mars, j’aurai au corps du général Oudinot 20 000 hommes, 36 pièces de canon avec caissons et double approvisionnement, un général de brigade d’artillerie, deux compagnies de sapeurs, une compagnie de pontonniers, un colonel du génie, trois officiers du génie, 6 000 outils attelés, 40 caissons d’infanterie, 20 par division, la division de cuirassiers Espagne, et la brigade de cavalerie légère composée de 3 régiments que j’ai attachés à ce corps. Ce qui fera un corps de près de 30 000 hommes.
Il faut qu’il y ait un commissaire des guerres par division, et deux adjoints, et les chefs de service nécessaires. L’armée du Rhin a en personnel de quoi organiser tout cela ...
" (E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 2, lettre 2767 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20016 ; Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, p. 61).

Le 15 février 1809, le Ministre de la Guerre adresse son rapport à l'Empereur : "J'ai l'honneur de rendre compte à l'Empereur qu'en exécution des dispositions prescrites par sa lettre du 13 de ce mois, je viens de donner l'ordre à M. le général Oudinot de ne former provisoirement qu'à deux divisions, au lieu de trois, le corps d'armée qu'il commande. Ces deux divisions seront composées, ainsi que Sa Majesté l'a ordonné, de la manière suivante, savoir :
1re division.
1re 1/2 brigade d'infanterie légère ; 3e id. ; 1?e de ligne ; 2e id. ; 3e id. ; 4e id.
2e division.
2e 1/2 brigade d'infanterie légère ; 4e id. ; 5e id de ligne ; 6e id. ; 7e id. ; 8e id.
Le général de division Claparède commandera l'une de ces divisions.
J'ai prévenu le général Oudinot que les 4es bataillons qui doivent composer son corps ne pouvant fournir en ce moment que deux compagnies de fusiliers au grand complet, chacun de ces bataillons sous ses ordres ne sera provisoirement composé que de la compagnie de grenadiers , de la compagnie de voltigeurs et des deux premières compagnies de fusiliers formant 560 hommes par bataillon, 1,680 hommes par demi-brigade, 10,000 hommes par division et 20,000 pour le corps entier.
J'ai expédié les ordres pour faire diriger sur Strasbourg les 1re et 2e compagnies de fusiliers de tous ces 4es bataillons complétées à 140 hommes chacune et munies d'une capote et de trois paires de souliers par homme. Huit de ces 4es bataillons avaient encore leurs compagnies de grenadiers et de voltigeurs dans l'intérieur et je leur ai pareillement donné l'ordre de se rendre à Strasbourg, ce sont celles des 24e de ligne qui est à Lyon, 16e légère qui est à Mâcon, 28e, 46e, 50e, 75e qui sont à Boulogne, 100e et 103e qui sont à Metz.
Toutes ces compagnies, à leur arrivée à Strasbourg, y seront réunies formées en 12 bataillons de marche de la manière prescrite par Sa Majesté et mises sous le commandement du général de division Claparède qui se trouvait à Paris et qui a l'ordre de se rendre à Strasbourg où il attendra de nouveaux ordres.
Je joins ici l'état de ces compagnies indiquant les époques de leur arrivée à Strasbourg et leur formation en bataillons de marche.
Dans le cas où les dépôts ne pourraient en ce moment compléter à 140 hommes chacune de ces compagnies, j'ai ordonné qu'on en fit néanmoins partir les cadres avec tous les soldats disponibles au dépôt et qu'on me fit connaître sans aucun délai ce qui pourrait leur manquer, j'aurai l'honneur d'en rendre compte à Sa Majesté à mesure que les rapports me parviendront.
Les détachements de la garde impériale destinés à porter les compagnies de grenadiers et de voltigeurs au grand complet partiront de Paris le 17 février formés en 2 bataillons de marche, l'un d'infanterie légère fort de 643 hommes, l'autre d'infanterie de ligne fort de 814 hommes, en tout 1,457 hommes, ils arriveront le 9 mars à Strasbourg. Ces deux bataillons seront présentés à Sa Majesté demain, 16 , à la parade.
Je donne des ordres pour compléter à 6 le nombre des généraux de brigade du corps du général Oudinot, celui des majors à 12 , celui des chefs de bataillon et adjudants-majors à 36. J'ordonne en même temps des dispositions pour compléter à 36 pièces le nombre des bouches à feu du corps du général Oudinot, savoir 18 par division, et pour organiser son administration à raison d'un commissaire des guerres par division et deux adjoints avec les chefs de service nécessaires pris dans l'administration de l'armée du Rhin ...
Au moyen de ces dispositions, il y aura entre Augsbourg et Strasbourg de quoi compléter les 12 1/2 brigades de ce corps d'armée à 12 compagnies chacune et ce corps aura ainsi, vers la fin de mars, 20,000 hommes d'infanterie, 36 pièces de canon avec caissons et double approvisionnement, un général de brigade d'artillerie , une compagnie de pontonniers, un colonel et trois officiers du génie, deux compagnies de sapeurs, 6,000 outils sur des voitures attelées, 40 caissons d'infanterie dont 20 par division, la division de cuirassiers du général Espagne, la brigade de cavalerie légère, ce qui fera un corps de près de 30,000 hommes
" (Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, p. 65). Cette lettre est suivie d'un "État des bataillons de marche destinés à rejoindre le corps du général Oudinot et qui sont dirigés sur Strasbourg" qui indique : 7e Bataillon de marche du Corps du Général Oudinot, 1ère et 2e Compagnies de Fusiliers des 27e et 39e de Ligne; Grenadiers, Voltigeurs, 1re et 2e Compagnies de Fusiliers du 50e de Ligne; chacune à 280 hommes; celles du 39e doivent partir de Boulogne le 6 mars, pour arriver le 8 mars à Strasbourg.

Le 3 mars 1809, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Comte d'Hunebourg, Ministre de la Guerre, à Paris : "Monsieur le Général Clarke, je vous envoie le projet de formation d’une réserve de régiments provisoires, sur lequel je désire que vous me fassiez un rapport. Faites-moi connaître si je n'ai rien oublié et s'il y a des changements qu'il soit convenable de faire pour épargner des marches aux troupes. Enfin présentez-moi des états qui m'apprennent si les 5es bataillons pourront fournir ces quatre, trois ou deux compagnies pour concourir à ladite formation. Les 10,000 hommes de réserve que forme ma Garde sont destinés à compléter les 5es bataillons et à les mettre à même de fournir les hommes nécessaires. Il faut donc qu'une colonne des états que vous ferez dresser indique le nombre d'hommes qui leur manquera, après avoir épuisé tout leur monde ; cette colonne sera la colonne de distribution des 10,000 hommes de la Garde. Il ne vous échappera pas que, par ce moyen, j'aurai 6,000 hommes à la Rochelle, 3,000 en Bretagne, 9,000 à Paris, 5,000 au camp de Boulogne, 2,500 pour la défense de l'Escaut, 2,500 pour garder Wesel, 5,000 à Strasbourg, 2,500 à Metz et 10,000 Français en Italie; total, 45,500 hommes.
NAPOLÉON
Annexe
PROJET DE FORMATION D'UN CORPS DE RÉSERVE
1
Il sera formé une réserve de seize régiments provisoires composée des compagnies des cinquièmes bataillons qui seront complétés avec les conscrits de 1810;
2
... 8e régiment provisoire :
Le 8e régiment provisoire sera composé de 3 bataillons formés de 3 compagnies des 5es bataillons des 8e de ligne, 21e, 94e, 95e, 39e, 85e. Il se réunira à Wesel ...
" (Correspondance de Napoléon, t.18, lettre 14838 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20195 ; Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, p. 188).

L'"ÉTAT de situation, d'itinéraire et d'emplacement du corps de réserve de l'armée du Rhin. Feuille nº 2" indique :
Corps de Réserve de l’Armée du Rhin, Général Oudinot.
Quartier général du Corps du Général Oudinot : Augsbourg (du 5 au 16 mars).
2e DIVISION : Général Tharreau.
5e 1/2 brigade de ligne. Augsbourg et les environs (du 5 au 16 mars 1809).
27e de Ligne, 4e Bataillon : Grenadiers et Voltigeurs, 244 hommes ; Conscrits de la Garde, 39 hommes ; 1re et 2e Compagnies de Fusiliers, 280 homems.
39e de Ligne, 4e Bataillon : Grenadiers et Voltigeurs, 222 hommes ; Conscrits de la Garde, 64 hommes ; 1re et 2e Compagnies de Fusiliers, 280 hommes.
50e de ligne. Pour mémoire (Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, Annexe 9).

L'"ÉTAT de situation, d'itinéraire et d'emplacement des renforts pour l’Armée du Rhin" indique :
Corps de Réserve, Général Oudinot.
7e bataillon de marche.
39e de Ligne, 1re et 2e Compagnies de Fusiliers du 4e Bataillon, 280. Itinéraire : Wissembourg le 6. Haguenau le 7. Strasbourg le 8. Biberach le 14. Hornberg le 15. Rottweil le 16. Bahlingen le 17. Riedlingen le 18. Ehingen le 19. Ulm le 20. Günzbourg le 21. Zusmarshausen le 22. Augsbourg le 23 (Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, Annexe 13).

Le 8 mars 1809, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, je reçois votre lettre du 6 avec l'état qui y est joint. Je vois que la force des 12 bataillons de marche du corps du général Oudinot est de 6 300 hommes et qu'il manque 3 000 hommes pour les compléter. Ces 3 000 hommes seront fournis par ma Garde ...
Vous donnerez des ordres pour la formation d'un bataillon provisoire qui sera composé :
de 250 hommes du 32e
150 hommes du 58e
300 hommes du 121e
300 hommes du 122e
Total 1 000 hommes et qui portera le nom de bataillon de marche d'Oudinot n°1
Ces 1 000 hommes seront distribués entre les régiments suivants
... 100 hommes au 39e ...
Les détachements de ma Garde partiront habillés. Vous enverrez à cet effet au conseil d'administration les numéros de régiments où ils doivent être incorporés, afin qu'on fasse faire leur uniforme, et qu'on y mette les boutons de ces régiments. Par ce moyen, le corps du général Oudinot recevra un renfort de 8 300 hommes, et il manquera peu de choses à son complet, en présents sous les armes. Quand le corps du général d'Oudinot aura reçu ces 8 000 hommes, vous me ferez connaître ce qui pourrait manquer au complet des compagnies, et s'il y a moyen de le tirer de quelques dépôts, où se trouveraient des conscrits des 4 années antérieures à 1810
" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 2, lettre 2899 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20291 ; Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, p. 210).

Le 9 mars 1809, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, je vous envoie un état que j'ai fait dresser du corps du général Oudinot. Faites-le rectifier, s'il y a des erreurs ... " (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 2, lettre 2907 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20307; Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, p. 213).

Situation de la Division Oudinot au 9 mars 1809 (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20309; Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, p. 214) :

Divisions

Brigades

1/2 Brigades

Bataillons

Présents
Situation des grenadiers et voltigeurs réunis

Détachements tirés des conscrits de la Garde

Compagnies de fusiliers formant les 12 premières compagnies de marche

Détachement formant le 13e bataillon de marche

Totaux

Manque au complet de 560 par brigade

Excédent sur le complet

Par bataillon

Par 1/2 brigade

2e division général Tharreau

2e brigade le général

5e 1/2 brigade d'inf. de ligne Major Clouard

27e de ligne

39e de ligne

50e de ligne

244

222

39

64

143

169

100

100

526

551



1077

34

9





Le 11 mars 1809, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, j'ai vu hier les détachements des 32e, 58e et 121e formant un bataillon n°13 destiné pour les 63e, 27e, 39e, 59e, 69e, 76e, 100e et 103e. Faites partir ces 600 hommes pour Strasbourg ..." (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 2, lettre 2916 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20330 ; Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, p. 226). Rappelons que ces renforts sont destinés au Corps de réserve du Général Oudinot, à Augsbourg.

"Décret.
Au palais des Tuileries, le 23 mars 1809.
Art. 1er. - Il sera formé dix-sept demi-brigades provisoires de réserve, composées principalement de deux ou trois compagnies tirées des cinquièmes bataillons de nos régiments d'infanterie.
Art. 2. Chaque demi-brigade sera commandée par un colonel en second ; chaque bataillon par un chef de bataillon. Il y aura un adjudant-major par demi-brigade.
Art. 3. Les dix-sept demi-brigades seront organisées de la manière suivante :
... 9e demi-brigade.
1er bataillon.
3 compagnies du 8e de ligne.
3 compagnies du 21e de ligne
840 hommes.
2e bataillon.
3 compagnies du 94e de ligne.
3 compagnies du 95e de ligne.
840 hommes.
3e bataillon.
3 compagnies du 39e de ligne.
3 compagnies du 85e de ligne.
840 hommes.
Cette demi -brigade se réunira à Wesel ...
" (Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, p 550).

Le 10 avril, les 5e et 6e Compagnies du 4e Bataillon (280 hommes) quittent le Dépôt de Landau ; elles doivent être rendues le 10 avril à Strasbourg pour faire partie du 7e Bataillon de marche (d'après le "MOUVEMENT des 5e et 6e compagnies des 4es bataillons appartenant à l'armée du Rhin et au corps de réserve de l'armée du Rhin, pour se rendre à Strasbourg, où elles seront formées en bataillons de marche et envoyées de là en Allemagne pour y rejoindre leurs corps" - In Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, p. 419).

Le 23 avril 1811, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, vous recevrez le décret par lequel j'ai réglé la formation des 6es bataillons de l'armée d'Allemagne. J'ai changé les éléments de cette formation. Vous verrez par l'état joint au décret que ces bataillons sont composés de trois manières :
1° Avec des conscrits fournis par les dépôts de leurs régiments.
2° Avec ce qu'on peut tirer d'anciens soldats des dépôts de l'armée d'Espagne.
3° Avec des conscrits tirés des dépôts de l'armée d'Espagne.
J'y ai ajouté, pour chaque 6e bataillon, un détachement de 150 conscrits tirés du régiment de Walcheren.
Donnez ordre que les détachements d'anciens soldats qui se trouvent dans les dépôts des régiments se mettent en marche du 1er au 10 mai. Les cadres doivent être formés en Allemagne dans le même délai, de sorte que dès leur arrivée, ces hommes formeront de petits bataillons de 3 à 400 hommes. Ces bataillons seront ensuite complétés par la conscription, tant pour les conscrits arrivant du dépôt du régiment, que pour ceux venant des autres dépôts qui fournissent à cette incorporation.
Quant aux détachements à prendre dans l'île de Walcheren, vous donnerez les ordres suivants : la 2e compagnie de chaque 5e bataillon composée d'un capitaine, de 2 lieutenants, 2 sous-lieutenants, 1 sergent-major, 4 sergents, 1 caporal fourrier, 8 caporaux et 2 tambours, doit se mettre en marche du 1er au 10 mai pour l'île de Walcheren. À son arrivée, le général commandant dans l'île y incorporera 150 hommes choisis parmi les conscrits les plus sûrs et de la meilleure volonté. Vous aurez soin de faire envoyer d'avance au régiment de Walcheren des boutons de ces 2 régiments, afin que le changement d'uniforme des conscrits puisse être préparé sans frais.
Aussitôt que ces détachements bien habillés, bien équipés et bien armés se trouveront formés, le général commandant l'île de Walcheren les passera lui-même en revue avant leur départ. Un inspecteur aux revues en dressera les contrôles et aura soin d'y inscrire les noms, prénom et signalement, afin que si ces hommes désertent, on puisse les faire poursuivre dans leurs familles par des garnisaires. Il ne partira de l'île de Walcheren que deux détachements par semaine. Ces détachements remonteront par eau jusqu'à Willemstad et Berg-op-Zoom, d'où ils rejoindront les bataillons de guerre en traversant la Hollande. Il y aura quelques brigades de gendarmerie pour observer leur passage ...
ANNEXE
Etat indiquant les éléments de la formation des 6es bataillons des régiments de l’Armée d’Allemagne

Régiments qui forment les 6e bataillons

Conscrits du régiment

Supplément de 150 conscrits à tirer du régiment de Walcheren (ce supplément ne compte que pour 50

Suppléments à tirer d'autres régiments

Total de ce que 6e bataillons aura

Conscrits que le régiment reçoit et hommes disponibles
Conscrits pour compléter les bataillons suisses
Conscrits du 4e bataillon A
Reste pour le 6e bat. B
Numéros du régiment d'où on les tire
Anciens soldats C
Conscrits D
Total
17e de ligne
1240
340
700
200
50
Le 28e
75
75
150
726

Le 34e

55

55

110

Le 39e

55

55

110

Le 40e

53

553

106

A : Ces conscrits partiront le 1er juillet 1811 de leur dépôt pour les 6es bataillons en Allemagne.
B : Ces 1500 conscrits partiront de Walcheren par compagnie, dirigés sur le dépôt en France pour le 5e bataillon. Elles commenceront à partir le 15 mai.
C : Ces conscrits partiront dès le 10 mai pour l'Allemagne.
D : Ces conscrits partiront le 1er juin de leur dépôt
" (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 26814; ce tableau est donné par Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 2, Lavauzelle, page 239).

Le 1er janvier 1812, le 39e Régiment d'Infanterie de ligne a son Dépôt à Landau (Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 1, Lavauzelle, page 14).

Le 8 mars 1812, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke : "Monsieur le duc de Feltre ... Donnez ordre que 30 hommes du 39e, 80 hommes du 40e, 100 hommes du 103e, 120 hommes du 88e, 80 hommes du 76e, 40 hommes du 96e, 30 hommes du 100e, formant un total de près de 500 hommes, se rendent à Wesel et soient formés en bataillon de marche du 3e corps, 2e bataillon ; ce bataillon est destiné à être incorporé dans le 72e ; il se rendra à Magdeburg ..." (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 5, lettre 6899 ; Correspondance générale de Napoléon, t.12, lettre 30153 ; Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 4, Lavauzelle, page 392).

Le 13 mars 1812, le Major général écrit, depuis Paris, à l'Empereur : "Sire, le ministre de la guerre vient de m'annoncer qu'il a donné des ordres pour faire former à Wesel les bataillons de marche ci-après, qui seront tous composés seulement d'anciens soldats ou conscrits de 1811, tirés des dépôts dont les bataillons de guerre sont en Espagne ...
2e bataillon de marche du 3e corps :
Détachement du 76e de ligne, 80, à. Wesel le 25 mars.
du 88e - , 120, id. le 25 mars.
du 39e - , 30, id. le 26 mars.
du 40e - , 80, id. le 26 mars.
du 96e - , 40, id. le 27 mars.
du 100e - , 30, id. le 27 mars.
du 103e - , 100, id. le 27 mars.
Total, 480 hommes.
Ce bataillon doit être réuni, le 27 mars, à Wesel; il pourrait s'y reposer le 28 et en partir le 29 pour se diriger sur Magdebourg·, d'où le duc d'Elchingen le ferait pareillement arriver au 3e corps pour être incorporé dans le 72e régiment de ligne.
Je prie Votre Majesté de me faire connaitre si Elle m'autorise à expédier les ordres de mouvement à ces bataillons de marche. Le ministre de la guerre m'annonce qu'en ordonnant leur formation, il a donné les ordres les plus précis pour que les divers détachements fussent complètement habillés, armés et équipés, et munis de leurs livrets entièrement à jour, afin qu'ils puissent partir de Wesel en bon état.
ALEXANDRE.
Décision de l'Empereur : Les faire séjourner trois jours sur le Rhin; ne les faire partir que quand ils seront bien réunis.
Paris, le 14 mars 1812.
NAPOLEON
" (Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 4, Lavauzelle, page 395).

Le 23 juin 1812, la 17e Demi-brigade provisoire (4es bataillons des 6e léger, 25e léger, 39e de ligne) est attendue à Magdebourg où elle doit entrer le 5 juillet; le 8 juillet, il manque à ces 4es Bataillons trois ou quatre cents hommes (Fabry G. : « Campagne de Russie (1812) – (11 août – 19 août), Paris, Gougy, 1903, p. 166).

La 1re Division de Réserve se concentre à Magdebourg du 24 au 28 juin ; dès l'arrivée de la 17e Demi-brigade provisoire dans cette ville, elle doit se diriger sur Berlin (Fabry G. : « Campagne de Russie (1812) – (11 août – 19 août), Paris, Gougy, 1903, p. 166).

Le 8 juillet 1812, l'Empereur écrit, depuis Vilna, au Général Clarke : "Monsieur le duc de Feltre ... Le 39e a son 4e bataillon à Landau ; le 40e a le cadre de son bataillon disponible ; le 6e léger a son 4e bataillon à Phalsbourg ; les 69e et 76e ont le cadre de leur 4e bataillon disponible ; le 70e a le cadre de son 3e bataillon également disponible ; le 86e a le cadre de son 4e bataillon ; le 22e a le cadre de son 4e bataillon à Maastricht. Ce qui fait donc huit bataillons qu'il faut compléter. Peut-être y en a-t-il encore d'autres. Les bataillons des 70e, 86e, 40e et 6e léger formeraient une demi-brigade qui serait destinée pour l'Espagne. Les bataillons des 39e, 69e, 22e et 76e formeraient une autre demi-brigade destinée pour la réserve d'Allemagne. L'une se réunirait à Pontivy et l'autre à Wesel ou à Mayence ; faites-moi un projet là-dessus.
Ainsi il faudrait des conscrits pour recruter tant ces huit bataillons, et peut-être d'autres cadres, qui existent déjà en France, que les demi-brigades qui ne sont pas encore complètes. Je crois qu'aussitôt que vous aurez tiré des cohortes les 3.000 hommes de la garde, ce qui se fera facilement, vous pourrez continuer de recourir à la même ressource pour la ligne ...
" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 5, lettre 7419 ; Correspondance générale de Napoléon, t.12, lettre 31155; Fabry G. : « Campagne de Russie (1812) – (11 août – 19 août), Paris, Gougy, 1903, p. 172) ; Fabry G. : « Campagne de Russie (1812) – (11 août – 19 août), Paris, Gougy, 1903, Annexes p. 111. Le Bureau de la Guerre a noté en marge de cette lettre, concernant le 39e de Ligne : "A Magdeburg, incomplet, 17e demi-brigade").

Le 8 juillet 1812, Heudelet écrit, depuis Munster, à Clarke (A G) : "J'ai l'honneur d'adresser à Votre Excellence l'état de situation de la 2e division de réserve au 1er de ce mois.
Le bataillon du 59e de ligne de la 9e demi-brigade, ceux du 6e léger, 25e léger, 39e de ligne de la 17e demi-brigade sont très faibles, il leur manque 3 à 400 hommes par bataillon pour les mettre au complet, et il paraît qu'il n'y a plus d'hommes dans leurs dépôts. Je prie Votre Excellence d'y pourvoir ...
Je prie votre excellence de ne point perdre de vue les demandes que j'ai eu l'honneur de lui faire pour les chevaux nécessaires à ma deuxième batterie d'artillerie et au complément de la première, ainsi que pour le train de munitions d'infanterie qui m'est d'absolue nécessité et qui paraît oublié dans l'organisation de ma division.
Je renouvelle aussi mes instances pour les caissons d'ambulance, les caisses d'amputation, pharmacie, trépans si nécessaires à cette partie du service.
Enfin, monseigneur, il serait également utile que chaque bataillon ait à sa suite un caisson pour ses papiers, et dans la dernière campagne d'Autriche votre excellence en avait accordé un à chaque 4e bataillon. L'utilité est aujourd'hui la même ...
" (Fabry G. : « Campagne de Russie (1812) – (11 août – 19 août), Paris, Gougy, 1903, Annexes p. 113).

Le 15 juillet 1812, Clarke écrit, depuis Paris, à Cessac (AG) : "Monsieur le comte, j'ai l'honneur d'informer votre excellence que M. le maréchal duc de Bellune me mande de Berlin que les divisions d'infanterie de la réserve de la Grande Armée n'ont point de caissons d'ambulance, ni de caissons pour le transport des vivres ; en sorte que si elles étaient obligées de marcher à l'ennemi, comme cela est probable, elles éprouveraient de graves inconvénients qui compromettraient le service de l'Empereur.
M. le duc de Bellune réclame en conséquence que ces divisions soient promptement pourvues de tous les objets dont elles ont besoin pour faire la guerre.
Afin de mettre votre excellence à portée de prendre sur cet objet que je recommande à son attention particulière les mesures qu'elle jugera convenables, et dont je l'invite à me donner connaissance ainsi qu'à M. le duc de Bellune, je joins ici un état de composition de ces divisions de réserve et de la brigade d'Erfurt qui fait partie de la deuxième.
Il est à remarquer toutefois, en ce qui concerne la lre division, que les mesures à prendre ne paraissent devoir s'appliquer qu'aux sixièmes bataillons des 19e, 39e, 46e, 56e et 93e de ligne, attendu que les compagnies qui composent les quatre demi-brigades de marche de cette division doivent successivement rejoindre leurs bataillons de guerre à la Grande Armée
" (Fabry G. : « Campagne de Russie (1812) – (11 août – 19 août), Paris, Gougy, 1903, Annexes p. 126 - Note : 39e ou 37e ?).

Situation du 11e Corps, 30e Division (15 août), 2e Brigade : 17e Demi-brigade, Major Schneider : Etat-major (1 Officier, 3 chevaux) ; 4e Bataillon du 6e Léger (17 Officiers, 549 hommes, 8 chevaux d’Officiers) ; 4e Bataillon du 25e Léger (17 Officiers, 531 hommes, 4 chevaux d’Officiers) ; 4e Bataillon du 39e Léger (20 Officiers, 421 hommes, 5 chevaux d’Officiers) (Fabry G. : « Campagne de Russie (1812) – (11 août – 19 août), Paris, Gougy, 1903, Annexes p. 334 - Lire 39e de Ligne).

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