Le 34e Régiment d'Infanterie de Ligne

1789-1815

“Dans ce terrible combat, le 34ème de Ligne qui resta maître du champ de bataille, se couvrit de gloire” (Bulletin de la Grande Armée, 1806).

Avertissement et remerciements :

Historique

Créé en 1775 à partir des 2ème et 4ème bataillons du régiment de Touraine, sous le nom de Savoie Carignan, ce régiment devient Angoulême en 1785, puis prend le 34ème rang dans l’infanterie en 1791 ; à cette époque, son colonel est Simon François de Bisson. En 1792, le régiment passe sous le commandement de François Jean Legrand puis le 24 août 1792 sous celui de Hugues Alexandre Joseph Meunier (né le 23 Novembre 1751 ; blessé le 15 septembre 1792 ; général de brigade le 16 juillet 1795 ; commandeur de la Légion d’Honneur le 15 juin 1804 ; chevalier d’Empire le 15 octobre 1809 ; décédé le 9 décembre 1831). Il combat cette année là à Jemmapes.

En 1793, le régiment combat à Nerwinden, Hondschoote et Wattignies. La même année (7 floréal an II) est formée la 34ème demi-brigade de bataille à partir du 2ème bataillon du 17ème régiment d’infanterie (Auvergne), du 4ème bataillon des Volontaires de la Moselle et du 3ème bataillon des Volontaires de la Meuse. En 1794, la 34ème, commandée par le chef de brigade Barrere, participe à la victoire de Jourdan à Fleurus.

En 1796, 2ème amalgame (1er ventôse an V) ; la 34ème demi-brigade d’infanterie de ligne est formée à partir des 1er et 2ème bataillons du 67ème régiment d’infanterie (Languedoc) ; de la 85ème demi-brigade de bataille (elle même formée du 1er bataillon du 43ème régiment d’infanterie, du 1er bataillon de Volontaires de la Haute-Marne et du 5ème bataillon de Volontaires du Haut-Rhin) ; de la 148ème demi-brigade de bataille (formée à partir du 2ème bataillon du 80ème régiment d’infanterie, des 7ème et 11ème bataillons de Volontaires de la Gironde) ; du 2ème bataillon de Volontaires de Paris ; du 3ème bataillon de Volontaires de Seine et Oise ; du 3ème bataillon de Volontaires d’Arras. Son commandant est le chef de brigade Mazas.

Le régiment combat en 1798 à Antibes ; en 1799 à Novi et Mondovi ; en 1800 à Rivière, Gènes, Saint Jacques de Ligurie et Saint Barthélemy de Ligurie.

La 34ème de ligne, réunie à la 80ème, devient 34ème régiment d’infanterie de ligne en 1803. Le 5 octobre, le régiment passe sous le commandement du colonel Jean Antoine Dejean (né le 25 novembre 1765 ; commandant de la 13ème demi-brigade de bataille le 14 août 1793 ; de la 11ème demi-brigade d’infanterie le 19 juillet 1796 ; général de brigade le 19 octobre 1804 ; décédé le 6 novembre 1848).

Le 10 août 1805, le 34ème a ses 1er et 2ème bataillons à l’armée des Côtes ; 1400 hommes sont à la 3ème aile, tandis que 404 hommes sont au corps du centre (dont 78 aux hôpitaux) ; le 3ème bataillon est à Mons, 26ème division militaire, avec un effectif total de 543 hommes, dont 83 détachés, et 33 aux hôpitaux. Le 29 août, le 34ème aligne 1686 hommes, qui font partie de la 4ème division du corps du centre de l’armée des Côtes. En septembre, le 34ème fait partie de la 4ème division du 4ème corps avec un effectif de 3 bataillons et 2250 hommes. Le 34ème est engagé à Ulm. Le 26 octobre, il fait partie de la 3ème division (Suchet) du 5ème corps (Lannes) ; ses deux 1ers bataillons alignent 59 officiers et 1488 hommes (le 3ème bataillon est détaché à Donauwerth). Le 6 novembre, l’effectif est de 59 officiers, 1211 hommes, plus 175 détachés et 196 hommes aux hôpitaux. Le 2 décembre, les deux bataillons du 34ème alignent 1303 hommes, qui combattent à Austerlitz, où un officier est tué, 19 autres blessés dont le chef de bataillon Klein.

En 1806, le régiment passe sous le commandement du colonel Pierre Dumoustier (né le 17 mars 1771 ; colonel le 26 octobre 1804 ; général de brigade le 30 décembre 1806 ; baron de l’Empire le 27 novembre 1807 ; général de division le 24 juin 1811 ; comte d’Empire le 28 novembre 1813 ; décédé le 15 juin 1831).

Au 1er octobre, la situation est la suivante :
1er bataillon : 31 officiers, 905 hommes et 12 chevaux.
2ème bataillon : 30 officiers, 896 hommes.
3ème bataillon : 30 officiers, 896 hommes.
4ème bataillon (grenadiers et voltigeurs) : 6 officiers, 198 hommes.

Le 10 octobre 1806, à Saalfeld, sont tués trois officiers ; trois autres sont blessés. A Iéna, le 14 octobre, formé en colonnes serrées, tournant dans le brouillard, le régiment débouche face à l’infanterie prussienne, ce qui conduit à un affreux carnage. La liste des officiers touchés est impressionnante : 1 tué, mais 29 blessés, dont le colonel Dumoustier. Le 11 novembre, l’effectif total est de 71 officiers, 2071 hommes, 21 chevaux ; 24 officiers et 778 hommes sont aux hôpitaux.

Le 34e est ensuite engagé à Pultusk le 26 décembre (4 officiers tués, et 15 blessés dont à nouveau le colonel Dumoustier).

Le 27 décembre 1806, Lannes écrit à l'Empereur : "Le général Victor a reçu l'ordre d'attaquer le pont de gauche avec le 34e et 1 bataillon du 64e soutenus par la division Beker. L'ennemi a fait poster en même temps 8.000 hommes d'infanterie et 3 régiments de cavalerie sur ma droite cherchant à me déborder" (Cazalas E. : « Mémoires du Général Bennigsen », tome 1, page 94).

Le Journal des opérations de 3e corps raconte : "Le 34e régiment (3e corps), ayant eu affaire à des forces très supérieures et l'obscurité de la nuit ne lui permettant pas de bien juger des mouvements de l'ennemi, fut contraint à la retraite" (Cazalas E. : « Mémoires du Général Bennigsen », tome 1, page 96).

Le 31 décembre, le 34ème passe sous le commandement de Charles François Rémond (né le 2 novembre 1761 ; baron de l’Empire le 18 mars 1808 ; commandant de la Légion d’Honneur le 17 décembre 1809 ; général de brigade le 6 août 1811 ; décédé le 24 juin 1843).

Un autre officier est blessé dans un combat aux avant-postes le 7 janvier 1807. Le régiment combat encore le 16 février à Ostrolenka. Le 1er avril 1807, le 5ème corps est sous le commandement de Masséna ; les trois bataillons du 34ème de ligne (1ère division Suchet, brigade Claparède) totalisent 1917 hommes. Il combat le 14 juin à Friedland (2 officiers tués ; 4 blessés, dont le chef de bataillon Chabert).

En 1808, le 34ème passe en Espagne. Sont affectés au corps des Côtes de l’Océan, 1ère division Munier, 1ère brigade Brun, 2ème régiment provisoire, 9 officiers et 481 hommes (plus 4 en arrière et 42 aux hôpitaux). Par ailleurs, le 31 mars, il y a au corps d’Observation des Pyrénées occidentales 17 hommes faisant partie du 1er régiment de marche (major Lesady), brigade Gaulois, division Merle. Le 16 octobre, le 34ème a trois bataillons (soit 86 officiers et 2477 hommes) au 5ème corps de Mortier, 1ère division Suchet, 2ème brigade Dumoustier. Le 1er novembre, les quatre bataillons sont réunis. Entre décembre 1808 et janvier 1809, les 2590 hommes du 34ème sont du siège de Saragosse où deux officiers sont blessés (dont le chef de bataillon Hersant) le 26 décembre, et un autre le 18 janvier.

Début 1809, le dépôt du régiment est à Givet (3ème arrondissement, 2ème division militaire).

Le 23 janvier 1809, le 34ème franchit l’Ebre, tourne l’armée espagnole qui s’enfuit en laissant 1500 hommes hors de combat, six pièces de canon et deux drapeaux. Il combat encore à Lucena et Jaca.

En juin 1809, le 34ème est à la 1ère division (Girard) du corps de Mortier. Le 8 août 1809 le pont d’Arzobispo est enlevé de vive force malgré le feu des Espagnols qui s’enfuient en abandonnant 30 canons et 800 blessés.

Le 19 novembre, le 34ème aborde les Espagnols qui cèdent le terrain, refluant sur Ocana en abandonnant 46 canons, 32 drapeaux, 15000 prisonniers et 3000 chevaux. Deux officiers ont été tués, trois autres blessés.

Dans son "Rapport général sur la bataille d'Ocana et sur les mouvements de l'armée impériale qui ont précédé, d'après les dispositions de Sa Majesté Catholique", adressé le 19 novembre 1809, depuis Ocana, à Berthier, Soult écrit : "... M. le maréchal duc de Trévise fait l'éloge de M. le général Chauvel, dont les deux aides de camp Toirot et Bourgavin ont été blessés ; du colonel Reymond, du 34e régiment ; des colonels Chassereau, du 40e, et Pescherie, du 64e, tous deux blessés ; du colonel Weylande, du 88e, qui commandait la 2e brigade ; de l'adjudant commandant Dambrouski, son chef d'état-major, officier aussi intelligent que brave, qui a déjà été proposé pour général de brigade ; de l'adjudant commandant Delage, chef d'état-major de la Ire division ; du colonel Boucha, commandant l'artillerie du 5e corps ; des chefs de bataillon Meunier, Pichard et Astruc, du 64e; Millet, du 40e, Cadillon, du 34e, Masquet et Monnot, du 88e ; du chef d'escadron Hudry et du capitaine Masson, adjoints à l'état-major ; du chef de bataillon Canius, et des capitaines Bouvier, du 28e régiment d'infanterie légère, Peniel, du 34e, Moinllard, du 64e, Lambert, de l'artillerie, Girard, du génie : ce dernier a eu la cuisse emportée par un boulet ; du lieutenant Bret, du sous-lieutenant Collet, et du sergent Roblat, du 64e : ce sous-officier a pris un drapeau au milieu des rangs ennemis; du capitaine Mesclop et du lieutenant Maron, aides de camp du général Girard ; enfin, du colonel Gouré, du chef de bataillon Lapointe, et des capitaines Beaumetz, Choisy et Devimeaux, ses aides de camp ..." (Du Casse A. : "Mémoires et correspondance politique et militaire du roi Joseph", 1853-1854, t. 8, p. 404).

Le 16 avril 1810, le 34ème, au sein de la brigade Chauvel, est à Séville ; il compte au 1er bataillon (Cazeneuve) 22 officiers et 660 hommes ; au 2ème (Cadillon) 12 officiers et 620 hommes ; au 3ème (Vecten) 14 officiers et 629 hommes.

Le 11 août, au cours d’un combat à Villa Garcia, sont tués deux officiers ; le colonel Rémond et un autre officiers sont blessés.

Dans le Rapport sur l'affaire de Villagarcia, adressé depuis Séville, par Mortier à Soult, le 19 août 1810, on lit : "... Le 11, à 3 heures du matin, le général Girard quitte Llerena et se porte sur Benvenida par Villagarcia, tandis que l'ennemi marchait par une route parallèle sur Llerena. Un bataillon de voltigeurs qu'il avait détaché sur sa gauche le fait prévenir que les Espagnols débouchaient : il ordonne de suite à la division de faire un changement de direction à gauche par brigade ; il arrive. Les voltigeurs du 34e se déploient, et font le feu le plus vif. Alors deux escadrons s'élancent sur eux ; ils sont reçus à bout portant et détruits dans un instant : l'ennemi tient cependant. Le 34e marche l'arme au bras et enlève la position. Au même moment le général Brayer, qui devait, pendant l'attaque de droite, observer la ligne ennemie, sort de sa position, franchit le ravin, marche aux Espagnols sous un feu violent, et enlève à la baïonnette un plateau défendu par près de 5 mille hommes. Le bataillon de voltigeurs, commandé par le chef de bataillon Marquet, descend l'escarpement, et prend à revers l'ennemi. Les deux brigades couronnent les hauteurs ; la victoire est décidée. Le désordre se met dans les rangs de l'ennemi, la déroute devient complète ; la cavalerie fait des efforts pour protéger la fuite de l'infanterie ; tous les voltigeurs se réunissent, et chargent la cavalerie à la course ; l'élan de ces braves gens était admirable. Notre cavalerie fait quelques charges, et ramène des prisonniers ; l'ennemi est poursuivi l'épée dans les reins jusqu'à Monte-Molino ; il se jette dans les montagnes de Calera, pour se retirer sur Frejenal et Xerès de Los Caballeros ...
Les Espagnols ont perdu des officiers de marque. Un bataillon du 34e qui était placé en arrière pour les soutenir, les rejoint ; ces deux bataillons prennent position ...
La 1re division arrive ; les brigades se forment ; toutes les démonstrations du général Girard se portent d'abord sur le centre ; il le fait canonner par la petite artillerie de montagnes. En même temps le bataillon de voltigeurs marche par sa gauche, et va prendre position de l'autre côté de l'escarpement, en face de la droite de l'ennemi.
Le général espagnol replie alors sa gauche et se concentre. Le général Girard donne sur-le-champ l'ordre au général Chauvel de marcher avec sa brigade entière et la cavalerie, et de manœuvrer à la faveur d'un rideau qui masquait son mouvement, pour déborder la gauche de l'ennemi ; mais celui-ci voit son projet. Au moment où le général Chauvel débouche dans une petite plaine arrosée par le Canta-Gollo, il accourt alors à toutes jambes pour reprendre la position ; nos troupes se forment en marchant ; 2 bataillons du 34e attaquent en colonne par bataillon la hauteur ; un bataillon du 40e soutient le mouvement et l'autre bataillon de ce régiment, le 3e, les régiments d'Insierto Lena, Mérida, et de la Princesse, ont été entièrement dispersés.
L'ennemi avait de 11 à 12 mille hommes d'infanterie et 900 chevaux : Mendizabal commandait l'action, il avait sous ses ordres Ballesteros et la Canera. La Romana était à un quart de lieue du champ de bataille : il fut le premier de son armée à prendre la fuite. Il avait cru marcher à un triomphe certain, il se faisait recevoir dans les communes au son de toutes les cloches ...
MM. le colonel Raymond du 34e, qui a été blessé ; Chasseriaux, du 40e ; Végent, du 64e, et Monnot, chef de bataillon, commandant le 88e (le colonel Veylande étant malade), se sont fait remarquer à la tête de leurs régiments.
M. Marquet, chef de bataillon, commandant les voltigeurs, mérite d'être cité d'une manière particulière.
M. Gritte, capitaine au 34e, commandant le 1er bataillon de ce régiment, a montré autant de sang-froid que de courage ...
" (Du Casse A. : "Mémoires et correspondance politique et militaire du roi Joseph", 1853-1854, t. 8, p. 458).

Le 21, un autre officier, en colonne mobile, est à nouveau blessé. Le 7 octobre, toujours en colonne mobile, un officier est tué. Le 16 octobre, la situation est la suivante : 1er bataillon (Gritte) 26 officiers et 583 hommes ; 2ème (Cadillon) 12 officiers et 512 hommes ; 3ème (Vecten) 15 officiers et 589 hommes.

Le 4e Bataillon, de son côté, au sein du 8e Corps de Junot, 1ère Division Clauzel, 1ère Brigade Ménard, combat à Astorga en avril ; son effectif est de 711 hommes. Il participe également au siège de Ciudad Rodrigo en juin.

Le 15 juillet, commandé par le Chef de Bataillon Cervet, il totalise 15 officiers et 650 hommes. Le 15 septembre, il pénètre au Portugal avec l’effectif de 590 hommes (536 au 1er octobre ; 508 au 12 octobre). Combats de Villagarcia et Bussaco. le 13 octobre, un officier, en colonne mobile au Portugal, est blessé.

Le 23 janvier 1811, au cours du siège d’Olivença, est blessé le chef de bataillon Cadillon (décédé le 17 février). Au cours du siège de Badajoz (en février), sont tué deux officiers ; 7 autres sont blessés, dont deux décéderont par la suite de leurs blessures. Le 34ème donne encore à Gerboa le 19 février (1 officier blessé).

Au 1er avril, le 4ème bataillon (passé en fait sous le commandement du chef de bataillon Gruet) aligne 11 officiers et 304 hommes ; parmi eux, 49 sont aux hôpitaux, 67 sont en arrière ou manquent à l’appel. Par la suite, le bataillon n’apparaît plus sur les états du 8ème corps.

Le 10 mai, un officier est tué au cours d’une reconnaissance devant Badajoz ; dans la place, un officier est blessé le même jour ; un autre est tué le lendemain. Le 16, à Albuhera, le 34ème a 3 officiers tués, 12 blessés (dont 4 décèdent par la suite). Le 17, un officier, à la poursuite des guérillas, est blessé (décédé par la suite) ; le 25, un autre est blessé (décédé par la suite) au cours d’une colonne mobile.

Du 7 avril au 15 mai, le 5ème corps est commandé par Latour Maubourg ; la situation du 34ème au 1er juin est la suivante : 1er bataillon (capitaine Paille) 6 officiers et 44 hommes plus un détachement de 15 officiers et 497 hommes à Badajoz ; 2ème 9 officiers et 372 hommes plus un détachement à Séville de 6 officiers et 72 hommes ; 3ème 9 officiers et 389 hommes plus un détachement à Séville de 3 officiers et 61 hommes. Le 27 août, le major Berthet est blessé à Ponte Ferrada (décédé le 17 septembre). Le 15 octobre, au sein de la brigade Rémond, la situation est la suivante : 1er bataillon (Gritte) 14 officiers et 406 hommes ; 2ème (Mouillard) 14 officiers et 412 hommes ; 3ème (Vecten) 13 officiers et 389 hommes. Enfin, deux officiers sont blessés le 28 octobre au cours du combat de Rio Molino.

Le 30 décembre 1811 (ou le 14 janvier 1812), l'Empereur écrit, depuis Paris, au Prince de Neuchâtel et de Wagram, Major général de l'armée d'Espagne, à Paris : "Mon Cousin, préparez les instructions suivantes que je désire envoyer au maréchal Suchet, aussitôt que j'aurai approuvé vos dépêches ... Le général Caffarelli prendrait le commandement de l'armée du nord à Burgos, et se trouverait avoir les 130e, 34e et 113e régiments (le 4e de la Vistule, étant polonais, rentrerait en France). Faites-moi connaître en détail quelle serait la force de l'armée du nord : il serait peut-être nécessaire d'y joindre la division italienne Palombini ...
J'ai ordonné que le 40e et le 34e retournassent en France : vous réitérerez les ordres ... Il est bien nécessaire que vous fassiez connaître au duc de Dalmatie qu'aussitôt que le 34e et le 40e ainsi que les 3 régiments polonais seront partis, les 9 bataillons de marche qui sont dans le 5e gouvernement, et qui appartiennent à son corps d'armée, partiront pour le rejoindre
" (Du Casse A. : "Mémoires et correspondance politique et militaire du roi Joseph", 1853-1854, t. 8, p. 280 avec la date du 14 janvier 1812; Correspondance de Napoléon, t.23, lettre 18398; Correspondance générale de Napoléon, t.12, lettre 29740 : cette dernière date également cette lettre du 14 janvier 1811).

Début février 1812, la 1ère brigade de la 1ère division du 5ème corps est sous le commandement du général Dembowski (qui commande également la division) ; la situation du régiment (commandé par le major Druot) est la suivante : 1er bataillon (Gritte) 20 officiers et 409 hommes ; 2ème (Mouillard) 18 officiers et 366 hommes.

Le 15 mars 1812, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Prince de Neuchâtel et de Wagram, Major général de la Grande Armée, à Paris : "... L'armée du Nord sera composée de la manière suivante, savoir : de la division Caffarelli, de la division Palombini, de la division de la Garde, 2es, 3es de voltigeurs et de tirailleurs, gardes nationales, dix bataillons, et d'une division composée du 40e et du 34e de ligne, de ce qui reste du 34e léger, du 113e et des détachements suisses ..."(Du Casse A. : "Mémoires et correspondance politique et militaire du roi Joseph", 1853-1854, t. 8, p. 328 ; Correspondance de Napoléon, t.23, lettre 18581 ; Correspondance générale de Napoléon, t.12, lettre 30223).

Le même 15 mars 1812, l'Empereur écrit encore, depuis Paris, à Berthier : "Donnez l’ordre au général Dorsenne de retenir à Vitoria le 40e ainsi que le 34e de ligne. Il fera incorporer dans le 40e les 250 hommes du bataillon de marche qui sont destinés pour l'armée du Midi et dans le 34e les 63 hommes du même bataillon destinés pour l'armée de Portugal ...
Par ces mesures son armée sera affaiblie de 7 bataillons de marche. Mais il aura en compensation 6 bataillons de bonnes troupes de ligne, du 40e et 34e, et il ne perdra qu'une cavalerie faible et de peu de ressource.
Il faut donc qu'il fasse partir aussitôt ces troupes par la route d'Aranda, s'il le juge convenable ...
Donnez des ordres pour que tout ce qui se trouve à Bayonne ou dans la vallée de Bastan appartenant au 40e et au 34e se rende à Vitoria pour rejoindre ces régiments.
Annoncez au duc de Dalmatie l'arrivée de ce secours de 6.000 hommes d'infanterie et de 500 hommes de cavalerie et réitérez au roi d'Espagne l'ordre d'envoyer aussitôt dans le Midi tous les détachements d'infanterie et de cavalerie qui appartiennent à l'armée du Midi ...
" (Du Casse A. : "Mémoires et correspondance politique et militaire du roi Joseph", 1853-1854, t. 8, p. 319 (avec la date du 16 mars 1812) ; Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1911, t.2, lettre 1912 ; Correspondance générale de Napoléon, t.12, lettre 30222).

Le 29 mars 1812, l'Empereur écrit, depuis Paris, à Berthier : "Je vous prie de me remettre l'état de ce que les 34e et 40e régiments ont dans les 7 bataillons de marche de l'armée du Midi ou dans la réserve de Bayonne, et de ce qu'il y a d'appartenant au 20e de dragons et au 10e de hussards dans les différents escadrons de marche.
Réitérez l'ordre au général Dorsenne de compléter les 34e et 40e en faisant rejoindre ces régiments par tous les détachements qui sont dans les différents régiments de marche et de compléter de la même manière le 10e hussards et le 20e de dragons, d'accélérer l'arrivée de la division Palombini en Navarre et de profiter de cette réunion de forces pour marcher contre Mendizabal, nettoyer la montagne et enlever Potes.
Ecrivez au général Dorsenne que la présence du général Caffarelli est suffisante pour contenir la Navarre et qu'il doit se porter de sa personne sur Vitoria pour réprimer le mouvement de Santander ...
Demandez de nouveau la situation du 113e et du 34e.
Expédiez un officier au général Dorsenne pour porter ces différents ordres
" (Du Casse A. : "Mémoires et correspondance politique et militaire du roi Joseph", 1853-1854, t. 8, p. 336 (donne la date du 30 mars 1812) ; Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1911, t.2, lettre 1932 ; Correspondance générale de Napoléon, t.12, lettre 30336).

Le 2 juin 1812, un officier est blessé à Villa Réal. Le 25, à l’armée du Nord, 2ème division Vandermaessen, le 34ème de ligne (soit les 1er, 2ème et 4ème bataillons) totalise 46 officiers et 1038 hommes, plus 4 officiers et 21 hommes détachés ; par ailleurs, 107 hommes sont aux hôpitaux.

Au 1er août, le reste du régiment (1er et 2ème bataillons) totalise 1195 hommes, à Burgos. Un officier est blessé le 4 août à Villadrigo. Le 15 août, au sein de la brigade Rouget, la situation est la suivante : état major, 15 officiers et 15 hommes ; 1er bataillon (Thomas) 12 officiers et 421 hommes ; 2ème (Hersan) 10 officiers et 396 hommes ; 3ème (Gruet) 10 officiers et 339 hommes. Le 34ème participe à la défense du château de Burgos (entre août et novembre).

On avait construit sur la hauteur de Saint-Michel un ouvrage à corne, dans lequel on laissa un bataillon du 34e régiment, quoiqu'il ne fût pas terminé. L'ennemi, qui, dans la nuit du 19 au 20 septembre 1812, tenta d'escalader cet ouvrage, fut repoussé : mais une colonne qui fit un circuit et déroba sa marche à la faveur des plis du terrain, y pénétra par la gorge, dont le palissadement n'était pas achevé. Le bataillon français se réunit alors, renversa à coups de baïonnette tout ce qui voulait s'opposer à son passage, et se retira en bon ordre dans le fort. Les alliés perdirent 420 hommes tués ou blessés, parmi lesquels 21 officiers ; et les Français, 152 hommes, dont 5 officiers (Du Casse A. : "Mémoires et correspondance politique et militaire du roi Joseph", 1853-1854, t. 8, p. 217). Au total, au cours de cette période, le 34e aura perdu 6 officiers tués et 4 autres blessés.

Par ailleurs, dans le courant de l’année, le 34e passe sous le commandement de Joseph Marie Dore de la Ricochais puis de François Fondousse.

Le 1er mai 1813, le 34e est à l’Armée du Nord, 2e Division Vandermaessen, Brigade Rouget ; la situation est la suivante : Etat-major 6 Officiers et 1 homme ; 1er Bataillon (Grivet) 3 Officiers et 123 hommes ; 2e (Thomas) 10 Officiers et 134 hommes ; 3e (Lemaire) 11 Officiers et 56 hommes.

Le 21 juin 1813, réduit à deux Bataillons le 34e est engagé à Vittoria.

Dans son "Rapport sur les opérations du 21 au 28 juin 1813", le Général Foy raconte : "... Nous avons rallié à Tolosa le 64e régiment, un bataillon du 22e, et de forts détachements du 1er et du 34e. Le général Conchy, qui se trouvait à Tolosa porteur d'un congé pour aller en France, n'a pas voulu en profiter ; il a demandé des troupes. Je lui ai donné le commandement de celles qui arrivaient de Tolosa ...
Le 28, j'ai visité Saint-Sébastien, que j'ai trouvé en état de défense. La place n'avait presque pas de garnison; j'y ai mis le 22e et le 62e, les détachements du 1er et du 34e et tous les canonniers et officiers d'artillerie qui étaient avec moi. J'ai laissé au général Rey, gouverneur, une garnison de 2,600 bons soldats; c'est ce qu'il faut pour défendre une place contre laquelle une seule attaque est possible ...
" (Du Casse A. : "Mémoires et correspondance politique et militaire du roi Joseph", 1853-1854, t. 9, p. 440).

Assiégé à San-Sébastien entre juillet et septembre, exténué, manquant de vivres, d’eau, de matériel et de munitions, il doit capituler ainsi que la garnison. Cinq officiers et 219 hommes ont été tués tandis que cinq officiers (12 selon Martinien dont le chef de bataillon Thomas) et 127 hommes sont blessés. Le général anglais déclara au colonel Saugeon : “Vous avez le droit de dicter vos conditions, écrivez-les vous-même”. Les effectifs rescapés seront pourtant embarqués pour l’Angleterre. D’autres éléments combattent également au passage de la Bidassoa le 1er septembre (un officier blessé). Le 7 octobre, un officier est blessé au cours d’un combat d’avant poste sur les Pyrénées. Enfin, le 10 novembre, au cours du combat de Sarre, un officier et le colonel Fondousse (décédé le 18) sont blessés. Le régiment passe alors sous le commandement de Joseph Antoine Faure Labarbere. L’année se termine enfin par un combat le 13 décembre devant Bayonne (1 officier blessé).

Début 1814, le 34e a son 1er Bataillon (Jacob), fort de 14 Officiers et 571 hommes, à la 5e Division (Rouget), 1ère Brigade (Barbot), de l’aile droite de l’Armée d’Espagne et des Pyrénées. En avril, la situation de ce Bataillon est de 393 hommes, au sein de la Lieutenance du Général Reille, 5e division Maransin, Brigade Barbot. Il combat à Bayonne, Orthez et Toulouse (10 avril ; à cette date, l’effectif est de 19 Officiers, 665 hommes, et 190 hommes aux hôpitaux).

De leur côté, d’autres éléments du 34e combattent le 2 mai 1813 à Lutzen (6 Officiers blessés) ; le 21 mai à Würschen (8 Officiers blessés dont le Chef de Bataillon Hersant), et en octobre, à Leipzig, et à Dresde (où 5 Officiers sont blessés).

Au début de l’année 1814, les 2e et 6e Bataillons, qui doivent faire partie de la 1ère Division du 1er Corps (Maison), sont en formation à Givet. Le 20 mars 1814, c’est Arcis sur Aube (le Chef de Bataillon Hurtaud et deux autres Officiers sont tués, 3 sont blessés).

En 1815, le 34e est commandé par le colonel Jean Antoine Augustin Mouton. Le 16 juin, avec l’Armée du Nord, le 34e se bat à Ligny : trois Officiers sont tués, 14 blessés, dont les Chefs de Bataillon Bouis et Auxousteaux. Le 18 juin, marchant au canon, il se dirige vers Waterloo, culbutant les Prussiens à Wavre. Il ne peut toutefois rejoindre l’Empereur et perd encore 4 Officiers (deux tués, deux blessés dont le Colonel Mouton) et 100 hommes. Les derniers combats ont lieu le 21 juin sur la route de Namur (1 Officier blessé), puis c’est la défense de Rocroy le 19 juillet (1 Officier blessé) et enfin la défense de Givet en août et septembre (2 Officiers blessés).

Ensuite, le 34e devient Légion du Bas-Rhin.

Entre 1804 et 1815, le 34e a eu 38 Officiers tués, 19 décédés des suites de leurs blessures, et 157 autres blessés.

? Sources : - Martinien A. : “Tableaux par corps et par batailles des officiers tués et blessés pendant les guerres de l’Empire (1805-1815)”. - Notes de l’auteur.

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