Le 32e Régiment d'Infanterie de Ligne

1789-1815

Avertissement et remerciements :
Porte drapeau de la 32e Demi-brigade
Porte drapeau de la 32e Demi-brigade, 1ère République, d'après E. Goichon.

/ 1805

Musicien noir 32e Demi-brigade Egypte
Musicien noir de la 32e Demi-brigade en Egypte

Pendant la marche entre le 16 et le 24 Fructidor an 13 (3 au 11 septembre), il est signalé que "Les militaires du 32e qui s'étaient écartés dans le département de l'Aisne pour aller voir leurs familles sont rentrés" (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 2, p. 71).

"La division est arrivée à Laon le 19 Fructidor continuant de marcher avec ordre et discipline. Les militaires du 32e qui s’étaient écartés pour voir leurs parents sont rentrés ; ceux du département de l’Aisne seront sans doute rentrés à Reims …
Annonce que la division est arrivée à Châlons le 24 fructidor toujours dans le même ordre et avec la même discipline. Les militaires du 32e, domiciliés aux environs de Châlons, ont rejoint leur corps après avoir visité leur famille
" (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 2, p. 77).

Le 2e jour complémentaire an 13 (19 septembre 1805), le Prince Louis Bonaparte, Connétable, écrit, depuis Paris, au Maréchal Berthier : "Monsieur le Maréchal, j'ai reçu l'ordre concernant le départ des détachements des 40e et 32e régiments; il va recevoir son exécution. Mais je crois devoir vous prévenir que cet ordre était déjà connu dans les bureaux de l'état-major et qu'on est venu m'en parler avant la réception de votre lettre. Je présume que cela provient d'indiscrétions des employés aux bureaux. Comme ceci est contraire au bien du service et peut lui nuire, je demande de faire punir ceux qui en auraient été cause ..." (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 1, p. 626).

Un Décret du 2e jour complémentaire an 13 (19 septembre 1805) crée par Bataillon une Compagnie de Voltigeurs en remplacement de la 2e Compagnie de Fusiliers. Mais, au cours d'opérations très actives, les Corps n'ont pas le temps de former leurs Compagnies de Voltigeurs et, en ce qui concerne les Divisions Gazan et Dupont, le 32e Régiment d'infanterie de ligne seul organise ses Compagnies de Voltigeurs le 1er Brumaire (23 octobre), tous les autres Régiments de ces Divisions les constitueront pendant leur séjour à Vienne (Alombert P. C. : « Le Corps d’Armée aux ordres du Maréchal Mortier, combat de Dürrenstein », Paris, Berger-Levrault, 1897, p. 323).

L'ordre de marche pour la traversée du Rhin sur le pont de bateaux construit près de Lauterbourg, ordre distribué le 26 septembre, est ainsi rédigé : "La troupe marchera, la droite en tête et sur front de section s'il est possible. Dans le cas contraire, elle marchera par le flanc jusqu'à son arrivée sur la rive droite du Rhin, où les sections se formeront aussitôt.
1re division, sous les ordres du général Dupont
1re brigade (général Rouyer).
9e léger,
1er hussards.
Le 1er escadron du 1er hussards.
1 compagnie de voltigeurs du 1er bataillon.
1 compagnie de carabiniers.
2 pièces d'artillerie (1 de 4 et 1 obusier).
8 compagnies du 1er bataillon.
Le 2e bataillon du 9e ayant ses voltigeurs à la queue du bataillon
3 escadrons du 1er hussards.
2e brigade (général Marchand).
32e de ligne (2 bataillons).
6 pièces d'artillerie (1 de 4, 4 de 8, 1 de 12).
96e de ligne (2 bataillons).
Détachement de 10 gendarmes ...
Les vivres, les subsistances et le personnel de l'administration. Les bagages, en commençant par l'état-major général et suivant l'ordre des divisions et des régiments comme ci-dessus. Les quatre dernières compagnies du 59e fermeront la marche, et serviront d'escorte aux bagages.
Les régiments ne laisseront que 12 hommes et 1 sergent pour escorter les voitures.
L'escadron de gendarmerie fermera la marche.
Un détachement de 20 hommes de la compagnie d'élite du 1er hussards, suivra partout le maréchal commandant en chef. Ce détachement sera relevé tous les cinq jours
" (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 2, p. 464 ; E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 231 ; Bonnal H. : « La vie militaire du Maréchal Ney », Chapelot, Paris, 1910, tome 2, p. 81).

"6e Corps. Emplacements du 4 vendémiaire an 14 (26 septembre 1805).
Quartier général à Lauterbourg.
1re division (Hagenbach) aux ordres du général Dupont.
9e léger. Hagenbach.
32e de ligne, 96e id, Lagenkandel ...
" (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 2, p. 463 - Note : A Lauterbourg, la Division avait trouvé l'artillerie qui lui était destinée d'après Journal des opérations militaires de la division Dupont).

"Journée du 5 vendémiaire (27 septembre).
Quartier général : Carlsruhe.
L'armée a passé le Rhin près Lauterbourg. Le passage a commencé à 6 heures du matin pour les troupes et a été terminé à midi.
1re division (Ettlingen) ...
32e de ligne (1er bataillon). Oberweier, Ettlingenweier.
32e id. (2e id). Ettlingen ...
" (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 2, p. 469).

"Journée du 6 vendémiaire (28 septembre).
Quartier général : Carlsruhe.
1re division.
9e léger, 1er bataillon du 32e. Neuenburg
2e id. 322. Arnbach ...
" (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 2, p. 474).

Le Général Dupont écrit : "Je suis arrivé à Neuenburg, à 6 heures 1/2, avec la brigade du général Marchand; elle est cantonnée dans ce village, à l'exception du 1er bataillon du 32e, qui est à Arnbach, à une demi-lieue en arrière.
La brigade du général Houyer a ordre d'occuper les cantonnements suivants, savoir : le 9e d'infanterie légère, à Salmbach et Waldrennach ; le 1er régiment de hussards, Langenbrand, Grünbach, Engelsbrand et Bücheubronn. Tous ces villages sont situés en avant et sur la droite de Neuenburg, Un poste de 100 hommes est établi à Birkenfeld, pour assurer la communication avec Pforzheim.
Le village de Neuenburg se trouve situé dans un vallon extrêmement profond et d'une issue très difficile ...
" (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 2, p. 474).

"Journée du 7 vendémiaire (29 septembre).
Quartier général : Vaihingen.
1re division : Heimsheim ...
9e léger (1er bataillon). Heimsheim.
9e id. (2e id.). Malmsheim, Rutesheim.
32e id. Mülhausen ...
" (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 2, p. 478).

Composition de la Grande Armée au moment où elle a passé le Rhin pour la campagne d'Autriche.
6e corps d'armée au passage du Rhin dans les premiers jours de vendémiaire an XIV.
1re division.
32e de Ligne, 2 Bataillons, 1662 hommes (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 2, p. 158).

Fin septembre 1805, les Divisions du 6e Corps commandé par le Maréchal Ney, sont organisées de la façon suivante :
1re Division (Général Dupont), avec les Généraux de Brigade Marchant et Rouyère, ayant sous leurs ordres, le premier, le 9e Léger, le second, les 32e et 96e de ligne; en tout 6 Bataillons à 9 Compagnies. Effectif de l'infanterie de la 1re Division : 5,140 hommes.
2e Division (Général Loison), avec les Généraux de Brigade Roguet et Villatte, ayant sous leurs ordres, le premier, le 6e Léger et le 39e de Ligne, le second, les 69e et 76e de Ligne; en tout, 8 Bataillons à 9 Compagnies. Effectif de l'infanterie de la 2e Division : 6,899 hommes.
3e Division (Général Malher), avec les Généraux de Brigade Marcognet et Labassée, ayant sous leurs ordres, le premier, le 25e Léger et le 27e de Ligne, le second, les 50e et 59e de ligne; en tout, 8 Bataillons à 9 Compagnies. Effectif de l'infanterie de la 3e Division : 7,069 hommes.
Brigade de cavalerie (Général de Division Tilly) composée du 10e Chasseurs, du 1er et du 3e Hussards, chacun à 3 Escadrons. Effectif: 1,071 hommes.
Artillerie composée de 13 Compagnies avec un effectif de 1,065 hommes.
Effectif du 6e Corps : 21,250 hommes (Bonnal H. : « La vie militaire du Maréchal Ney », Chapelot, Paris, 1910, tome 2, p. 56).

Tête de colonne de la 32e Demi-brigade 1796
Tête de colonne de la 32e Demi-brigade, d'après T. Carl et H. Feist (Bibliothèque du Musée de l'Armée) - Infographie de Marc Morillon, D. R.

"6e CORPS D'ARMÉE.
Emplacements du 9 vendémiaire (1er octobre).
Quartier général : Stuttgart.
1re division (Stuttgart).
9e léger. Gaisburg, Gablenberg, Wangen.
32e id. 96e id, Stuttgart ...
" (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 2, p. 492).

Le 3 octobre 1805, le 6e Corps est à Stuttgard; la 1re Division (Oberesslingen) est répartie : Le 9e léger, à Dezisau; le 32e de ligne, à Altbach, Zell et Aichschies; le 96e de ligne, à Oberesslingen (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 2, p. 663).

Le Général Dupont écrit, depuis Oberesslingen, le 11 Vendémiaire an 14 (3 octobre 1805), au Maréchal Ney : "La 1re division est établie dans les cantonnements suivants :
La 1re brigade. à Dezisau.
Le 32e régiment, à Alpach, Zell et Aichschies.
Le 96e id. à Oberesslingen ...
" (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 2, p. 663).

"6e CORPS D’ARMÉE.
Emplacements du 12 vendémiaire (4 octobre).
Quartier général : Göppingen.
1re division (Kleinsüssen).
9e léger. Donzdorf.
32e de ligne. Kleinsüssen.
96e id. Gingen et Salach
" (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 2, p. 734).

- Combat d'Haslach

Le général Dupont met sa division en mouvement à 11 heures du matin ; le 9e Léger ouvre la marche; viennent ensuite le 32e et le 96e de Ligne (E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 246).

Avant d'entrer à Haslach, étape de sa marche sur Ulm, Dupont apprend qu'une troupe autrichienne très nombreuse se montre sur les hauteurs au nord d'Ulm. Il dispose du 9e Léger (1763 présents), du 32e de Ligne (1662 présents) et du 96e de Ligne (1721 présents), soit six Bataillons ou 5146 hommes d'infanterie; les 15e et 17e Dragons (673 chevaux) et le 1er Hussards (373 chevaux), dont la moitié se trouve dispersée en reconnaissances, forment sa cavalerie; il peut y avoir 250 Artilleurs et soldats du Train pour servir les onze pièces de sa Division (deux pièces de 12, six pièces de 8, deux pièces de 4, et un obusier) et les trois obusiers attachés à la cavalerie légère. Au total, patrouilles et détachements compris, il y a là 6400 hommes et quatorze bouches à feu. L'ennemi montre des forces très supérieures, et le Maréchal a prescrit de ne point risquer d'engagement dans ces conditions; mais peut-être le Général Dupont compte-t-il sur le renfort de 4500 Dragons à pied avec 10 bouches à feu, et espère-t-il que l'ennemi n'a pas plus de 10000 à 12000 hommes (ils sont en réalité bien plus nombreux, peut-être 23000 hommes qui veulent effectuer une percée vers le Nord-Ouest). Se retirer, c'est encourager l'ennemi à prendre l'offensive, lui révéler que la route de Noerdlingen est ouverte. Dupont accepte le combat.

La Division est établie à Haslach depuis peu de temps, ses postes viennent d'être placés quand l'ennemi attaque. La fusillade s'engage entre les Tirailleurs des deux partis, et presque aussitôt le canon entre en jeu. Nos treize bouches à feu tiennent tête à une artillerie supérieure, pendant que le 9e Léger (Colonel Meunier) se déploie en avant d'Haslach, sur la route d'Ulm, sous la direction du Général Rouyer. L'ennemi dirige vers notre droite des colonnes de cavalerie et d'infanterie, et en même temps menace notre gauche : il cherche à nous déborder des deux côtés. A ce moment, plusieurs de nos pièces sont démontées et renvoyées au parc. Des Uhlans qui veulent charger sur nos batteries sont repoussés par un Escadron du 17e Dragons.

Le Général Marchand déploie le 32e (Colonel Darricau) à la gauche du 9e Léger, et place le 96e (Colonel Barrois) en réserve, près d'Haslach; le 1er Hussards (Colonel Rouvillois) couvre sa gauche.

Se voyant près d'être tourné sur sa droite, le Général Dupont porte le 96e de ce côté, non loin du 9e, et le fait soutenir par une partie de l'artillerie. Le 96e Régiment appuie sa gauche au 9e Léger et étend sa droite le long du bois existant entre Haslach et Jungingen.

Sentant que s'il laisse aux colonnes autrichiennes le temps de se déployer, il sera rapidement écrasé par leur feu, il décide de les charger à la baïonnette. Il confie au 32e et au 1er de Hussards la garde du hameau de Haslach, position qu'il faut conserver à tout prix, puis courant en avant du 9e, il prévient le Colonel Meunier de son intention de charger la ligne ennemie. Plein de joie, le vaillant Colonel fait immédiatement les dispositions nécessaires. Au moment où les Autrichiens ouvrent le feu, le 9e Léger les aborde au pas de charge, la baïonnette baissée, sans tirer un coup de fusil; l'intrépide Dupont est à sa tête. « Ce régiment s'avance dans la plaine, marchant en bataille, et sans tirer, va droit au corps le plus avancé. Cette intrépidité ébranle l'ennemi, qui fait un mouvement pour s'appuyer au village de Jungingen (Journal de la division Dupont) ».

le Bataillon du 32e et les deux Escadrons du 1er Hussards, qui forment toute notre aile gauche, sont quant à eux accablés par le nombre. "A notre gauche, dans le village et le bois d'Haslach, notre artillerie, nos hussards et le 32e ont été bousculés par six bataillons et quatre escadrons autrichiens. A en croire nos artilleurs, ce seraient ces derniers qui auraient poussé jusqu'à nos convois; mais la relation autrichienne affirme que nos voitures ont été prises par la cavalerie qui avait refoulé nos dragons dans le bois en arrière de Jungingen, à l'aile opposée" (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 3, 1ère partie, p. 179).

"Une colonne de prisonniers d'environ 3 000 hommes était dans Haslach, que le colonel Darricau gardait avec son bataillon et le 1er hussards, écrit le volontaire Ravy. Se voyant entouré de tous côtés par les bataillons et escadrons ennemis, notre vaillant colonel fait mettre cette colonne de prisonniers à la queue de son régiment et place derrière elle une compagnie de grenadiers. Par une vigoureuse offensive, il marche dans cet ordre à l'ennemi, vaillamment secondé par le 1er de hussards qui met en déroute un des escadrons autrichiens. — Nous conservons ainsi notre position et nos 3 000 prisonniers. Nous restâmes sur le champ de bataille jusqu'à dix heures du soir. Le général Dupont avait voulu bien constater notre victoire. Puis nous reprîmes notre position d'Albeck. Le courage extraordinaire déployé dans cette journée était le résultat de la confiance de tous dans les talents de Dupont. Par sa hardiesse, il avait sauvé le plan de Napoléon, fait croire à l'archiduc Ferdinand que nous étions l'avant-garde de l'armée, et rendu possible la capitulation d'Ulm" (Journal d'un engagé volontaire (Ravv). Cité par le Lieutenant Piéron - In E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 248).

"Le colonel Rouvillois, sans consulter son infériorité en nombre, charge avec une telle rapidité un de ces escadrons qu'il le met en pleine déroute; sur-le-champ les autres prirent la fuite. Il a été vaillamment secondé dans ce mouvement par le colonel Darricau. Par cette manœuvre, aussi hardie que savante, les colonels Darricau et Rouvillois obtinrent le double avantage de conserver leur position et d'empêcher l'ennemi de reprendre les 3 000 prisonniers, ce qu'il eût infailliblement fait si l'audace de nos deux régiments ne lui avait donné le change" (Journal des opérations militaires de la division Dupont - Archives Dupont - In E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 250).

Le 96e, conduit par le Général Marchand, vient charger à la droite du 9e Léger. Le choc est terrible; après une courte mêlée, la première ligne de l'ennemi jette ses armes à terre et se rend ; la seconde bat précipitamment en retraite. Nos quatre bataillons ont mis en déroute un ennemi quatre fois plus nombreux, et fait 2 000 prisonniers.

L'Archiduc se hâte de préparer une attaque nouvelle, et bientôt l'ennemi s'avance avec de plus grandes forces, de façon à déborder nos deux ailes en se jetant à la fois sur Jungingen et sur Haslach; il est soutenu par une nombreuse artillerie qui couvre de boulets ces deux villages.

Dans cette nouvelle crise, le général Dupont réitère la manœuvre qui lui a si bien réussi pour le premier choc. Il donne l'ordre de charger à la baïonnette, et ses deux Régiments, s'élançant sur les traces de leur vaillant Général, abordent la ligne ennemie sans tirer et y font de sanglantes trouées. "Nous marchons la baïonnette croisée, écrit le général Dupont. Le son retentissant des tambours qui battent la charge était couvert de temps en temps par les cris : En avant ! en avant ! et tout annonce une mêlée redoutable. Les feux ennemis continuent, mais la vue de nos baïonnettes opère son terrible effet au moment où elles vont agir. Les lignes de l'ennemi sont ouvertes sur plusieurs points, nos rangs y pénètrent, la confusion s'y jette, et tout alors cède et se retire précipitamment. Le terrain du combat est tout entier à nous; il n'y a plus d'ennemis que les prisonniers restés entre nos mains et qui vont rejoindre les premiers. Ils sont tous dirigés sur Haslach, où ils sont confiés à la garde du 32e régiment" (Mémoires inédits du général Dupont).

Mais pendant cette action, l'ennemi s'est établi dans le village de Jungingen, auquel est appuyée notre droite et dont la possession nous est indispensable. Nos bataillons victorieux se tournent de ce côté, et, après un furieux combat dans les rues et les maisons, emportent Jungingen. A peine ce résultat est-il obtenu qu'il leur faut faire face à une nouvelle ligne ennemie qui se présente entre Haslach et Jungingen. Le 9e Léger et le 96e de Ligne se reforment rapidement et se précipitent sur elle à la baïonnette. La mêlée est furieuse. L'ennemi, cinq fois supérieur en nombre, fait des efforts extraordinaires pour avoir raison de la prodigieuse ténacité des deux Régiments français; il est encore culbuté et obligé de battre en retraite. Mais dans leur marche en avant nos troupes sont débordées sur leurs ailes par des bataillons ennemis qui les chargent par derrière. "Ils nous suivaient de si près, dit le général Dupont, que, vainqueurs en front, il nous a fallu, faute de temps, faire une conversion entière et charger par le 3e rang, placé en tête" (Mémoires inédits du général Dupont). C'est en faisant ainsi front de tous côtés, avec un calme et une intrépidité admirables, que nos Bataillons repoussent toutes les attaques. Le village de Jungingen ayant été encore repris par l'ennemi, le 96e s'en empare de nouveau; cinq fois les Autrichiens parviennent à l'occuper, et ils en sont aussitôt délogés, nous abandonnant de nombreux prisonniers.

"Cependant l'ennemi, revenu de la première terreur que lui avait inspirée notre charge brillante, s'avance de nouveau avec de plus grandes forces. Alors il faut que les 9e et 96e régiments redoublent d'efforts et d'activité. C'est avec ces deux régiments seuls que nous avons eu pendant trois heures à disputer le terrain qui sépare Haslach de Jungingen. Ce dernier village a été pris et repris cinq fois; chaque fois nos bataillons y enfermaient l'ennemi qui s'y réfugiait, et y faisaient de nombreux prisonniers.
A peine avions-nous mis en déroute un corps autrichien sur la droite du village, que sur la gauche il s'en présentait un autre pour nous tourner. C'est en prenant sans cesse un nouveau front dans toutes les directions que nos bataillons faisaient face partout avec une rapidité et une bravoure admirables
" (Journal de la division Dupont - In Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 3, 1ère partie, p. 46 à 50).

Dupont a résisté ainsi 3 heures; toutefois, sa gauche est submergée par le nombre; il doit donc se replier, tout encombattant toujours. Le 32e de Ligne a 1 Officier mort et 2 Officiers blessés. Ce combat a retardé les Autrichiens dans leur volonté de s'échapper d'Ulm.

Le rapport du Général Dupont sur l’affaire d'Haslach, expédié de Brenz, le 13 octobre 1805 (21 Vendémiaire an 14), au Maréchal Ney, raconte : "Je vais vous rendre le compte détaillé que je vous ai annoncé de la bataille d'Haslach.
En marchant (d'Albeck sur Ulm) d'après vos ordres, le 19 (11 octobre), à 11 heures du matin (ordres reçus deux heures plus tôt), j'ai appris que l'ennemi occupait Thalfingen, sur ma gauche, et que le poste d'Elchingen, à qui j'avais donné ordre de s'y porter, n'avait pu y pénétrer. Mes reconnaissances de droite m'ont également appris qu'elles avaient rencontré les patrouilles autrichiennes vers Dornstatt.
Ces renseignements me firent juger que l'ennemi s'attendait à une action en arrivant à Haslach Je n'ai eu que le temps (après avoir quitté Albeck) de me préparer au combat … Pendant que son artillerie jouait (tirait) sur le front de notre position, il (l'ennemi) a porté plusieurs colonnes d'infanterie sur notre droite, précédées d'un grand nombre d'escadrons … Le feu des tirailleurs était devenu très vif et nos postes avancés commençaient à se replier. L'ennemi, complètement à découvert, cherchait à nous déborder.
Le général Rouyer avait placé le 9e d'infanterie légère sur la route d'Ulm, en avant d'Haslach. Le général Marchand fait déployer de suite le 32e à gauche, et place le 96e en réserve. Le 1er régiment de hussards couvrait notre gauche …
Les progrès de l'ennemi sur notre flanc droit m'obligent à mettre sur-le-champ le 96e en ligne ; il va appuyer sa gauche au 9e léger et il prolonge sa droite le long du bois qui se trouve à droite (à l'ouest) d'Haslach.
La ligne autrichienne, déployée sur les hauteurs de Jungingen, s'étant avancée dans la plaine sous la protection d'une artillerie nombreuse, j'ai vu que le moment était arrivé de suppléer au nombre par l'audace ; vous savez Monsieur le Maréchal, quelle était notre infériorité, 5,000 Français avaient à combattre 25,000 Autrichiens (chiffre exagéré). Je préviens le colonel Meunier commandant le 9e léger que mon intention est de charger cette ligne qui gagnait du terrain. Aussitôt, il s'avance dans la plaine marchant en bataille, sans tirer, et va droit au corps le plus avancé. La fermeté étonnante de ce régiment arrêta l'ennemi qui fait ensuite un mouvement (en arrière) pour s'appuyer au village de Jungingen : le 9e régiment poursuit le sien, le 96e s'avance également au pas de charge et dans ce premier choc (moral) nous faisons 2,000 prisonniers.
Pendant ce temps, le colonel Darricau avec un bataillon du 32e tenait la position d'Haslach et résistait avec autant de fermeté que de talent aux efforts que faisait l'ennemi pour enfermer (déborder) notre gauche. C'est à la faveur de cette résistance que secondait avec une grande audace le colonel Rouvillois commandant le 1er de hussards, que l'aile droite (9e léger, 96e de ligne) a pu manœuvrer dans la plaine et décider le succès.
Le 2e bataillon du 32e commandé par M. Bouge, avait été porté par le général Marchand à la pointe du bois qui se trouvait sur notre droite (au Nord) pour l'empêcher d'être tourné …
Cependant l'ennemi revenu de sa première terreur … s'avançait de nouveau avec de plus grandes forces à la droite et à la gauche du village de Jungingen. Alors il a fallu que le 9e léger et le 96e de ligne redoublassent d'audace et d'activité. C'est sur ces deux seuls régiments que nous avons, pendant trois heures, disputé le terrain qui sépare Haslach de Jungingen. Ce (dernier) village a été pris et repris cinq fois, et chaque fois nos bataillons, en y enfermant l'ennemi, faisaient de nombreux prisonniers. A peine avions-nous mis en déroute un corps autrichien sur la droite (à l'Ouest) qu'il s'en présentait un autre sur la gauche (à l'Est) pour nous tourner. C'est en prenant sans cesse un nouveau front dans toutes les directions que nos bataillons faisaient face partout avec une rapidité admirable. Plusieurs fois un corps français chargeant un corps ennemi se trouva lui-même chargé et dut précipiter la retraite de l'ennemi qu'il avait devant lui avant de faire front en arrière et de marcher sur l'autre corps (ennemi). C'était une mêlée véritable que la succession rapide et terrible de tous ces chocs dont nous sommes enfin sortis victorieux.
Toutes les tentatives qu'a faites la cavalerie autrichienne ont été infructueuses ... et notre infanterie a acquis, en cette journée, une nouvelle confiance dans son arme opposée aux escadrons ennemis. Notre artillerie, trop inférieure à celle de l'ennemi, a été démontée en partie ; plusieurs pièces ont eu leurs chevaux tués ...
Pendant le combat, la cavalerie ennemie s'est portée sur nos derrières et a enlevé des bagages et des objets de parc. Des partisans se sont môme avancés jusqu'à Albeck, où devait arriver la division de dragons à pied du général Baraguey d'Hilliers, qui ne s'y est pas trouvée ...
Les colonels Barrois, Darricau et Meunier se sont couverts de gloire ainsi que le colonel Rouvillois
" (E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 246; Bonnal H. : « La vie militaire du Maréchal Ney », Chapelot, Paris, 1910, tome 2, p. 129).

Dans la lettre suivante, écrite à sa jeune femme, le Général Dupont donne la physionomie de la bataille du 11 octobre : "Au Quartier Général à Brenz, le 21 vendémiaire.
… La bataille a commencé à midi et demi et a duré jusqu'à la nuit. Il n'y a jamais eu de victoire gagnée plus gaiement ; la bravoure de nos troupes était si grande, que l'action la plus violente semblait être un jeu. C'était avec des cris de joie et au pas de course, que nous faisions des colonnes entières prisonnières de guerre. Le colonel Meunier et son régiment se sont couverts de gloire ; il est entré le premier dans la plaine et a chargé l'ennemi avec tant d'audace que dans ce premier choc il y a eu deux mille prisonniers de faits. Le colonel Barrois et le 96e régiment ont toujours partagé les succès et les périls du 9e régiment, et le colonel Darricau et son régiment n'ont pas moins fait, dans leur position, que les deux autres. Je ne saurais à qui donner la préférence dans cette journée, parmi ces trois colonels ...
" (E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 252).

Le "Journal des opérations militaires de la division Dupont" raconte : "… Le général Rouyer avait placé le 9e d'infanterie légère sur la route d'Ulm en avant d'Haslach ; le général Marchand fait déployer de suite le 32e à gauche et place le 96e en réserve. Le 1er régiment de hussards couvrait la gauche. C'est en reconnaissant la position de ce régiment que le capitaine du génie Desclos, qui accompagnait le général Dupont, a été tué d'un coup de canon. La perte de cet officier a été très sensible à toute la division.
Les progrès de l'ennemi sur notre flanc droit obligent le général à mettre sur-le-champ en ligne le 96e régiment : il se place à la droite du 9e; mais la ligne autrichienne se déployant sur les hauteurs de Jungingen et s'avançant dans la plaine sous la protection d'une artillerie nombreuse, le moment était arrivé de suppléer au nombre par l'audace; 5,000 Français arrivent à combattre 25,000 Autrichiens, les deux autres divisions n'attaquant pas sur la rive droite.
Le général Dupont prévient le colonel Meunier, commandant le 9e régiment, que son intention est de charger cette ligne qui gagnait du terrain. Aussitôt ce régiment s'avance dans la plaine, marchant en bataille, et sans tirer va droit au corps le plus avancé. Cette intrépidité ébranle l'ennemi, qui fait un mouvement pour s'appuyer au village de Jungingen; le 9e régiment poursuit le sien. Le 96e s'avance également au pas de charge, et dans ce premier choc, nous faisons 2,000 prisonniers de guerre.
La brigade de dragons, commandée par le général Sahuc, composée des 15e et 17e régiments, qui, la veille au soir, s'était réunie à la division, charge en même temps la cavalerie ennemie.
Pendant ce temps, le colonel Darricau avec un bataillon du 32e tenait la position d'Haslach, et résistait avec autant de fermeté que de talent à tous les efforts que faisait l'ennemi pour enfoncer notre gauche. C'est à la faveur de cette résistance, que secondait avec une grande audace le colonel Rouvillois, que l'aile droite a pu manœuvrer dans la plaine et décider le succès. Le second bataillon du 32e, commandé par M. Bouge, avait été porté par le général Marchand à la pointe du bois qui se trouvait sur notre droite, pour l'empêcher d'être tournée. Dans cette position essentielle, il remplissait ce but important en dirigeant son feu et ses mouvements à propos.
Cependant l'ennemi, revenu de la première terreur que lui avait inspirée notre charge brillante, s'avance de nouveau avec de plus grandes forces. Alors i1 faut que les 9e et 96e régiments redoublent d'efforts et d'activité. C'est avec ces deux régiments seuls que nous avons eu, pendant trois heures, à disputer le terrain qui sépare Haslach de Jungingen. Ce dernier village a été pris et repris cinq fois; chaque fois nos bataillons y enfermaient l'ennemi, qui s'y réfugiait, et y faisaient de nombreux prisonniers. A peine avions-nous mis en déroute un corps autrichien sur la droite du village que, sur la gauche, il s'en présentait un autre pour nous tourner. C'est en prenant sans cesse un nouveau front dans toutes les directions que nos bataillons faisaient face partout avec une rapidité et une bravoure admirables. Plusieurs fois, un corps français chargeant un corps ennemi se trouvait lui-même chargé; il fallait précipiter la défaite de l’ennemi que nous avions devant nous pour faire face en arrière et marcher sur l'autre à son tour. C'était une mêlée véritable que la succession rapide et terrible de tous ces chocs, dont la division est enfin sortie victorieuse
" (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 3, 1ère partie, p. 506).

Le 5e Bulletin Bis de la Grande Armée, établi à Elchingen, le 15 octobre 1805 (23 Vendémiaire an 14) relate : "... le 19, l'ennemi fit une sortie du côté d'Ulm, et attaqua la division Dupont, qui occupait la position d'Albeck. Le combat fut des plus opiniâtres. Cernés par 25,000 hommes, ces 6,000 braves firent face à tout, et firent 1,500 prisonniers. Ces corps ne devaient s'étonner de rien ; c'étaient les 9e léger, 32e, 69e et 76e de ligne ..." (Panchoucke : « Oeuvres de Napoléon Bonaparte », 1821-1822, t. 3, p. 437 ; Correspondance de Napoléon, t.11, lettres 9384 ; Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 3, 2e partie, p. 805; E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 281).

Lettre de M. le Lieutenant Général comte Dupont à M. le Comte D. "… En arrivant à Haslach, nous voyons l'exactitude de mes reconnaissances confirmée, et le spectacle le plus imposant se présente à nous. L'armée autrichienne, forte de 60,000 hommes et commandée par l'archiduc en personne, est sous les armes; elle forme ses lignes et se prépare à recevoir la bataille. L'erreur dont j'ai parlé faisait croire à l'ennemi que ma division était l'avant-garde de l'armée française qui la suivait et allait développer ses forces devant lui. La guerre offre peu d'exemples d'une semblable situation. Aussitôt que l'archiduc s'aperçoit que notre mouvement est suspendu à la vue de son ordre de bataille, il détache de sa position un grand corps d'infanterie et de cavalerie pour nous attaquer. Le moment était pressant. Il fallait choisir sans délibérer entre la retraite et le combat : je me détermine pour ce dernier parti. Nos dispositions furent aussi promptement faites que l'exigeait une telle circonstance. Le 32e régiment de ligne, commandé par le colonel Darricau, et le 1er régiment de hussards, sous les ordres du colonel Rouvillois, se forment devant Haslach, qui sert de pivot à tous nos mouvements; le 9e régiment d'infanterie légère, commandé par le colonel Meunier, et le 96e de ligne, par le colonel Barois; se déploient entre ce village et Jungingen; une brigade de dragons, formée des 15e et 17e régiments, sous les ordres du général Sahuc, est placée en seconde ligne. Les brigades d'infanterie étaient commandées par les généraux Rouyer et Marchand. En voyant la supériorité de l'ennemi et la vivacité de son feu, je reconnais que je ne puis soutenir avec avantage un combat de mousqueterie, et j'ordonne une charge à la baïonnette. Les 9e et 96e régiments exécutent cette attaque avec une brillante audace : son effet est décisif. La ligne ennemie est enfoncée et 2,000 prisonniers de guerre tombent dans nos mains.
Le courage de nos troupes, exalté par ce succès, en promettait de nouveaux. Le corps ennemi que nous avons à combattre nous oppose une grande supériorité et il reçoit des renforts qui réparent successivement ses pertes; mais la même manœuvre, employée contre lui dans toutes ses dispositions, est toujours victorieuse : à peine une de ses lignes est reformée qu'elle est attaquée à l'arme blanche, rompue et dispersée. L'infanterie n'a jamais plus agi dans un combat et n'a moins brûlé de cartouches; elle n'employait son feu que pour repousser les charges de la cavalerie ennemie, qui ont toutes échoué contre l'intrépidité de nos bataillons. Nous avons repris cinq fois le village de Jungingen, dont la possession était importante. Dans l'impossibilité de faire face partout avec des forces si inférieures, il fallait souvent l'abandonner pour fondre sur les lignes ennemies, et le reprendre de nouveau lorsqu'elles étaient repoussées. Le général Marchand, les colonels Meunier et Barois et l'adjudant-commandant Duhamel, chef de l'état-major, se sont particulièrement distingués dans ces différentes actions. De son côté, le 32e régiment, secondé par le 1er de hussards, a résisté avec la plus grande fermeté aux attaques dirigées contre Haslach. Après sept heures de combat, nous restons maîtres du champ de bataille : 4,000 prisonniers de guerre, des drapeaux et des canons sont pour nous le prix de la victoire
" (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 3, 1ère partie, p. 511 : Brochure reproduite, avec peu de modifications, dans le Spectateur militaire de mars 1840).

Toujours concernant le combat d'Haslach, le Général Dupont écrit au Général Sanson, depuis Paris, le 8 juin 1806 : "… C'est avec les quatre bataillons du 9e et du 96e que nous avons enfoncé. Successivement toutes les lignes ennemies qui se sont formées et reformées contre nous …
Un bataillon du 32e m'a été très utile pour contenir la cavalerie ennemie entre le bois qui est derrière Jungingen et ce village. L'autre bataillon et les deux escadrons du 1er de hussards ont tenu la position d'Haslach qui formait ma gauche avec la plus noble fermeté
" (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 3, 1ère partie, p. 524).

A la suite de ce combat, les Officiers du 32e Régiment de ligne écrivent, le 4 Brumaire an 14 (26 octobre 1805), au Général de Division Dupont, Grand Officier de la Légion d'Honneur : "Monsieur le Général,
Permettez-nous de vous rendre compte de la conduite distinguée de notre colonel de l'aile gauche de la division. Il a répondu à notre attente, quoique luttant sans cesse contre des forces très supérieures et nous lui devons le peu de succès que le régiment a obtenu dans la journée. Il était partout, retenait l'ardeur des soldats quand il le fallait, les lançait à propos pour mettre en fuite l'ennemi lorsqu'il s'approchait trop de notre position, et déjouait sans cesse par ses dispositions les projets de l'ennemi, qui plusieurs fois a tenté de nous envelopper.
Ses talents militaires sont connus depuis longtemps. Dans cette mémorable journée il s'est surpassé et sa réputation de bravoure mérite les plus grands éloges. Nous avons souvent craint pour ses jours : plusieurs militaires ont perdu la vie à ses côtés : son ordonnance fut même emporté d'un boulet au moment où il lui donnait un ordre. Nous rendons grâce à notre fortune militaire de nous l'avoir conservé ; puissions-nous n'avoir jamais à regretter sa perte que pour son avancement. Avec un tel chef, on ne peut que vaincre. D'une activité étonnante, il ne se donne pas un moment de repos. Son coup d'œil est juste. Il sait affronter les plus grands dangers pour donner l'élan à sa troupe, sait la contenir et la rallier lorsqu'il est nécessaire. Sans lui, nous n'aurions pas conservé un seul prisonnier. Son audace, ses manœuvres sages et promptes ont inspiré la terreur à la cavalerie ennemie, qui n'a rien osé tenter quoiqu'elle fût en force sur nos flancs et sur nos derrières. Souvent il s'est trop exposé au feu de l'ennemi ; c'est le seul reproche que nous ayons à lui faire. Nous ne finirions plus s'il fallait rapporter tous ses traits de bravoure pendant la bataille. Sa retraite surtout lui a fait le plus grand honneur.
Notre admiration et notre dévouement ne connaissent pas de bornes ; il en aura la preuve dans cette démarche qui est un acte de justice ; se taire serait un crime.
Ses officiers désirent trouver l'occasion de lui prouver qu'ils sauront mourir, s'il le faut, pour marcher sur ses traces.
Agréez l'hommage des sentiments les plus respectueux avec lesquels nous avons l'honneur d'être, Monsieur le Général, vos subordonnés
" (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 3, 1ère partie, p. 514 ; E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 285).

De son côté, le Colonel Darricau fait appel à la bienveillance du Général Dupont, en faveur des Officiers et soldats du 32e qui se sont distingués à Haslach ; il lui adresse l'état suivant :
"32e RÉGIMENT D'INFANTERIE DE LIGNE
ETAT nominatif de MM. les officiers, des sous-officiers et soldats qui se sont particulièrement distingués à l'affaire du 19 vendémiaire an XIV.
Charmasson, Delauney, Josse, Bosc, Liotard, Rinezy, Capitaines.
Roussillon, Adjudant-major.
Daumier, Raybaud, Frangin, Gervais, Macé, Soulier (blessé), Castagné, Cailliot, Lieutenants.
Lefevre, Roux, Estrade, Meurisse, Roques, Sous lieutenants.
Tous ces officiers ont justifié par leur courage et leur fermeté qu'ils sont dignes d'obtenir l'admission à la Légion d'honneur dont la demande avait été faite précédemment.
Neurisse : Cet officier n'a que quatre ans de service, mais il n'en est pas de plus brave, de plus instruit, de plus zélé ni de plus susceptible d'avancement. Il est généralement estimé et chéri.
Montduser, Adjudt Ss-officier. A constamment soutenu et réveillé le courage des tirailleurs vigoureusement chargés par l'infanterie et la cavalerie ennemies. Son éducation et l'aménité de son caractère le font désirer parmi les officiers.
Nicolas, Caporal. Ce militaire, n'ayant plus de chien à son fusil, a couru à la baïonnette sur un caporal autrichien, qu'il a fait prisonnier.
Serre, Fusilier. Dont l’intrépidité égale celle du premier soldat de l'armée ; connu au régiment pour avoir fait plusieurs actions d'éclat. A chargé au milieu des tirailleurs ennemis et a fait plusieurs prisonniers.
Basset, Tambour. Un boulet ayant emporté sa caisse, il n'y a pas eu de plus brave tirailleur que lui ; il s'est fait remarquer par ses camarades et par ses chefs.
Le colonel a autant à se louer du courage et du sang-froid de Messieurs Curnier et Bouge (chefs de bataillon), que de leurs talents ; il saisit avec plaisir l'occasion de renouveler la demande d'avancement faite en faveur de monsieur Curnier.
MM. Lefevre, chirurgien-major au régiment, Cazeneuve, aide-major, méritent les plus grands éloges de leur zèle et de leur courage à panser les blessés sous le feu de l'ennemi.
Messieurs Audibert et Renouvier, capitaines de grenadiers, membres de la Légion d'honneur, ont soutenu leur réputation de bravoure.
Monsieur Lonjon, capitaine depuis dix ans, membre de la Légion d'honneur, a fait preuve d'autant de talents que de courage pour se réunir au régiment, dont il avait été détaché, nonobstant un gros corps de cavalerie qui lui barrait le passage.
Le colonel réclame la justice et la bienveillance de ses généraux en faveur de ces braves militaires.
Signé : Darricau
" (E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 286 – Archives Dupont).

"6e CORPS D’ARMÉE.
Journée du 20 vendémiaire an XIV (12 octobre 1805).
Quartier général: Gross-Küssendorf.
1re division : Brenz.
La division marchait sur Günzburg, lorsqu'elle reçut l'ordre de M. le maréchal Ney de rester sur la rive gauche du Danube et d'y prendre position. Elle se porta sur la Brenz et y prit les positions suivantes :
9e léger et 1er hussards : Sontheim.
32e de ligne : Brenz.
96e de ligne : Mödlingen.
Ces différentes positions sont entourées par des postes d'observation.
Les hussards sont particulièrement chargés d'éclairer la position du côté d'Ulm ...
" (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 3, 2e partie, p. 621; E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 258).

- Premier combat d'Albeck, 15 octobre 1805

Le 15 octobre, la Division Dupont reçoit l'ordre de reprendre la position d'Albeck. Elle part de Brens à 6 heures du matin par la route de Langenau.

Le 9e Léger marche en tête, éclairé par un Escadron du 1er Régiment de Hussards ; le 32e de Ligne le suit immédiatement; vient ensuite l'Artillerie, escortée par un Demi-bataillon. Le 96e ferme la marche avec le 1er Régiment de Hussards. Il tombe une pluie incessante ; le temps est affreux et les chemins presque impraticables.

L'ennemi, qui entoure Dupont de tous côtés depuis le 13, est en forces à Herbrechtingen et Giengen. Il fait suivre le mouvement de ce dernier par deux Escadrons dans la matinée du 15, et tombe sur le flanc droit de sa colonne au moment où elle dépasse la bifurcation des chemins d'Albeck à Langenau et à Nerenstetten. Dupont, qui n'a pris aucune précaution pour se couvrir ou se renseigner de ce côté, est entièrement surpris et n'a que que 4 à 4500 hommes environ, dont bon nombre de trainards.

On fait force de marche, et bientôt le 9e et le 32e, dépassant la croisée des chemins de Neenstetten et de Langenau, prennent une position qui couvre Albeck, où le parc de la Division Loison est resté sans escorte ; une Brigade de Dragons vient d'y arriver et met pied à terre sans se douter du voisinage de l'ennemi.

Les éclaireurs de l'ennemi démasquent plusieurs Bataillons et Escadrons formant tête de colonne, et un feu violent d'artillerie et de mousqueterie ne tarde pas à assaillir les Français. Dupont se hâte de tirer de ses Bataillons des essaims de Tirailleurs qu'il pousse vers l'ennemi afin de contenir les premiers pelotons des Autrichiens. le 9e et le 32e se forment en bataille à gauche et à droite de la route, et les équipages continuent à filer sur Albeck. Il n'y a pas une minute à perdre, car l'ennemi s'avance résolument et sa cavalerie menace de couper la colonne des équipages. D'autre part, des pluies battantes ont mouillé les batteries des fusils, et il faut les flamber à poudre pour les mettre en état de tirer. Les soldats réparent leurs armes, sous le feu, avec célérité et sans le moindre émoi, et le combat s'engage aux dernières heures du jour.

L'artillerie a été placée en batterie, une partie sur la route et quelques pièces sur la gauche afin de prendre en écharpe les colonnes ennemies. Pendant que le 32e, commandé par le Colonel Darricau et dirigé par le Général Marchand, fait face aux Autrichiens et leur résiste victorieusement, avec l'appui du 1er Régiment de Hussards, le 9e Léger, placé à sa gauche, fait un changement de front à droite, de manière à se prolonger sur le flanc droit de l'ennemi. Pris à revers par ce mouvement hardi, le Général Werneck se hâte de replier son artillerie et de s'abriter derrière le bois auquel il appuyait sa droite.

A ce moment, le jour commençant à baisser, le 96e, qui sortait à peine de Langenau lorsque l'action s'était engagée, se présente sur le champ de bataille. Assailli par la cavalerie ennemie, il se forme en carré, repousse toutes les attaques, et vient se placer à la droite du 32e. Disposant de toutes ses forces, le Général Dupont ordonne une attaque générale à la baïonnette ; rien ne peut résister à l'impétuosité de ses soldats ; culbutés sur tous les points, sabrés par le 1er de Hussards qui lutte d'audace avec l'infanterie, les Autrichiens battent en retraite, nous laissant maîtres du terrain de la lutte. L'obscurité empêche de les poursuivre (E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 269).

Sur ces entrefaites, l'intervention de la 1re Division de Dragons, à l'approche de la nuit, achève de dégager notre infanterie. Cette Division a passé à Elchingen après la Garde; arrivée près du champ de bataille du Michelsberg, elle a appris qu'il ne reste rien à faire de ce côté, et elle a couru au canon de la Division Dupont (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 3, 1ère partie, p. 90).

"6e CORPS D'ARMEE.
Journée du 23 vendémiaire (15 octobre 1805).
Quartier général : Thalfingen.
1re division : Le soir à Albeck.
La division est partie de ses positions sur la Brenz à 8 heures du matin pour aller à Albeck. Deux escadrons ennemis sortant d'Hermaringen ont suivi le mouvement de la division (l'ennemi occupait aussi Giengen).
La division étant arrivée entre Langenau et Albeck, l'ennemi s'est présenté sur sa droite et l'a attaquée avec 8 à 10 pièces d'artillerie, de l'infanterie et de la cavalerie.
Les 32e et 96e régiments se sont, sur-le-champ, formés en colonne contre la cavalerie qui était la principale force. Le 9e léger a été placé sur les hauteurs à la gauche de la route et, par sa gauche, il a pris en flanc les batteries ennemies que son feu à bientôt mises en fuite.
L'obscurité de la nuit n'a pas permis de poursuivre l'ennemi ...
" (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 3, 2e partie, p. 788).

"Journal des opérations militaires de la division Dupont.
Le 23 vendémiaire an XIV (15 octobre 1805).
Le 23, Sa Majesté ordonne au général Dupont de reprendre le position d'Albeck. ll se met en marche à 6 heur.es du matin; il envoie son commissaire des guerres avec un détachement à Lauingen pour faire des vivres. Le 9e régiment marchait en tête, éclairé par un escadron du 1er de hussards ; le 32e le suivait immédiatement. L'artillerie, escortée par un demi-bataillon, marchait ensuite ; le 96e et le 1er hussards fermaient la marche.
Au sortir du village de Langenau, la division est attaquée par le prince Ferdinand, qui marchait pour s'emparer d'Albeck et rétablir la communication avec le général Mack qui était resté dans Ulm.
Le 9e et le 32e régiment avaient déjà dépassé le point de la route où se trouve l'embranchement des chemins de Langenau et de Nerenstetten, lorsque les éclaireurs de l'ennemi se présentent et démasquent ses premiers bataillons et escadrons s'avançant vers Albeck ; ce poste était sans défense. Le parc de la seconde division s'y trouvait sans garde, et une brigade de dragons qui arrivait, venait de mettre pied à terre, ignorant le voisinage de l'ennemi, dont l'attaque subite semblait devoir causer le plus grand désordre ; il n'y avait pas une minute à perdre. La colonne des équipages était déjà en danger d'être coupée; nombre d'hommes isolés, que la fatigue de la marche et le temps affreux qui avait régné toute la journée avaient séparés de leurs corps, couraient pour se rallier et échapper à la charge de la cavalerie ennemie ; le moment était très pressant et l'infériorité de la division Dupont, forte à peine de 4,000 hommes, rendait le danger plus imminent encore.
On rassemble à la hâte des pelotons de tirailleurs pour contenir les premiers pelotons ennemis. Le 9e et le 32e régiment se forment rapidement face en arrière en bataille, sous le feu de l'artillerie autrichienne, à droite et à gauche de la route. Les équipages continuent de filer vers Albeck ; le soldat, affermi dans ses rangs, répare avec célérité, mais avec calme, son arme qui avait essuyé la pluie d'une journée entière. Le combat s'engage. Notre artillerie se place en batterie, une partie sur la route, le reste à gauche pour prendre l'ennemi à revers. Le 9e régiment, qui se trouvait à la gauche du 32e, fait un changement de front à droite, prolonge sa gauche au delà d'un ravin qui se trouve dans cet endroit et marche dans cette direction sur le flanc droit de l'ennemi; ce mouvement hardi produit un prompt effet; l'ennemi fait replier son artillerie et se retire derrière le bois auquel il appuyait par sa droite.
La nuit qui survient à ce moment suspend la marche en avant de nos troupes et fait cesser le combat.
Le 96e régiment, qui sortait à peine du village de Langenau lorsque l'ennemi s'était présenté sur le flanc de la colonne, s'arrête aussitôt, se forme en carré contre la cavalerie qui vient l'envelopper et se remet en marche pour rejoindre les autres corps de la division, sans éprouver aucune perte.
Le colonel Barrois maintient pendant cette marche audacieuse et habile la plus grande sécurité dans les rangs de son régiment.
C'est particulièrement dans le 32e régiment que le feu de l'ennemi s'est fait sentir, ce régiment se trouvant exposé de front au feu des batteries autrichiennes. Le 1er régiment de hussards appuyait la droite du 32e et le carré du 96e. Les dragons étaient formés en seconde ligne, mais ils n'ont pas eu l'occasion de donner.
La division va reprendre son premier bivouac sur les hauteurs en avant d'Albeck.
La troupe a eu, pendant cette journée, à soutenir toutes les misères et les fatigues de la guerre réunies ; elle se trouvait sans vivres, l'ennemi ayant coupé la route de Gundelfingen et pris les convois que le commissaire des guerres dirigeait sur elle, et la pluie, la grêle et la neige n'ayant pas cessé un moment de tomber avec abondance, surtout au moment du combat, au point qu'aucun fusil ne pouvait faire feu. Le soldat aurait succombé si le signal du combat ne lui avait fait oublier ses fatigues et rendu toute sa gaieté
" (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 3, 2e partie, p. 803).

- Deuxième combat d'Albeck

Le 16 octobre 1805, l'infanterie de Dupont prend position en avant d'Albeck, faisant face à Neenstetten, près de l'embranchement de la route de Langenau ; le 9e Léger occupe une hauteur à gauche près d'Osterstetten, les 96e et 32e à gauche de la route. Un Régiment de Dragons, soutenu par les Chasseurs à cheval de la Garde, éclaire le flanc droit de la Division Dupont et doit au besoin la protéger contre la cavalerie ennemie. Les autres Régiments de Dragons du Général Klein, ayant devant eux, en première ligne, le 1er de Hussards et les 13e et 21e Régiments de Chasseurs de la Brigade Fauconnet (5e Corps) s'étendent dans la plaine de Langenau, à droite du 96e, menaçant la cavalerie autrichienne. La Division de Grenadiers Oudinot, qui a reçu du Prince Murat l'ordre de se porter sur Langenau à l'appui de la Division Dupont, s'est placée en réserve entre Gottingen et Langenau (E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 272).

"6e CORPS D'ARMEE.
Journée du 24 vendémiaire (16 octobre 1805).
… Les 32e et 96e étaient en bataille faisant face à Nerenstetten, près de l'embranchement de la route de Langenau. Le 9e d'infanterie légère était sur la hauteur à gauche, les chasseurs de la Garde couvraient son flanc gauche, deux escadrons de dragons appuyaient son flanc droit. Les autres régiments de dragons s'étendaient dans la plaine à la droite du 96e, et le 1er régiment de hussards était également sur cette droite en première ligne ...
La retraite des Autrichiens s'est bientôt changée en déroute; le 1er régiment de hussards a fait des charges multipliées où des prisonniers ont été faits en foule; il n'a eu que quatre hommes blessés …
Le prince Murat a fait avancer le 9e léger qui s'est emparé d'Herbrechtingen, a poursuivi l'ennemi jusqu'à la hauteur de Bolheim et lui a fait 300 à 400 prisonniers ...
Le 1er hussards et le 9e léger ont occupé Herbrechtingen …
" (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 3, 2e partie, p. 1194).

"Journal de marche de la division Dupont.
Le 24 vedémiaire an 14 (16 octobre 1805).
Le 24, l'Empereur ordonne au général Dupont d'attaquer l'archiduc Ferdinand, et le prince Murat arrive avec sa cavalerie pour décider plus promptement sa défaite. L'attaque était déjà commencée quand le Prince arrive. On lui rend compte que, d'après les ordres du maréchal Ney, il a été envoyé un officier parlementaire au général ennemi pour le prévenir de la capitulation d'Ulm et le sommer de se rendre; le feu avait été suspendu pour que le parlementaire pût remplir sa mission. L'aide de camp Morin revient et rapporte que c'est le général Werneck qui commande les Autrichiens sous les ordres de l'Archiduc; que ce général refuse de croire à la capitulation d'Ulm; qu'il lui a dit d'abord qu'il allait répondre à coups de canon, et ensuite, en le rappelant, que si on lui envoyait un officier autrichien, sortant d'Ulm, pour lui en certifier la reddition, il verrait ce qu'il aurait à faire.
L'ennemi avait profité du moment où l'on parlementait pour commencer son mouvement de retraite ; d'après la réponse du général Werneck, l'infanterie marche en avant, le 1er de hussards charge et fait beaucoup de prisonniers. La cavalerie du prince Murat se met à la poursuite. Un bataillon autrichien, laissé pour défendre le pont d'Anhausen, met bas les armes. L'ennemi laisse sur la route beaucoup d'hommes épuisés de fatigue. Cependant quelques pièces de canon qu'il avait placées sur les hauteurs d'Herbrechtingen, avec plusieurs bataillons d'infanterie de son arrière-garde, arrêtent un moment la cavalerie. Mais à la nuit, un bataillon du 9e arrive; il pénètre dans Herbrechtingen, fait 600 prisonniers et prend 40 caissons de munitions de guerre.
Les Autrichiens ont perdu dans cette journée 2,500 prisonniers et une centaine de morts, dont un général. Nous n'avons eu que quelques hommes blessés ...
" (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 3, 2e partie, p. 1196).

Le 26 Vendémiaire, les troupes se mettent en mouvement à cinq heures du matin, pour continuer la poursuite sur la route de Nôrdlingen. Au moment où il sort de l'abbaye de Neresheim, Murat reçoit un parlementaire qui vient lui proposer la reddition de trois Bataillons égarés pendant la nuit dans les bois, enveloppés de tous côtés et absolument sans vivres. Le Prince envoie un Officier pour leur faire mettre bas les armes ; on prend leurs canons, leurs fusils et on les conduit à l'abbaye. Un poste de 15 soldats du 32e, en prenant la traverse pour rejoindre son Régiment, fait prisonnier un détachement de 300 hommes et prend un drapeau (E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 277).

"Journal des opérations militaires de la division Dupont.
Le 28 Vendémiaire an 14 (18 octobre 1805).
Le 26, un poste de 15 hommes du 32e, en prenant la traverse pour rejoindre son régiment, fait mettre bas les armes à 300 hommes et prend un drapeau.
Les Autrichiens sont poursuivis jusqu'à Nördlingen. C'est dans cette journée que s'est montée notre compagnie d'artillerie légère, qui était à pied. En passant dans un bois, elle prend un détachement de cavalerie ennemie et revient sur ses chevaux.
Le général Werneck capitule avec son corps d'armée, fort de 6,000 bommes d'infanterie, 800 hommes de cavalerie, 25 pièces de canon et 3 généraux. Ce corps tarde à arriver sur le point où il devait mettre bas les armes. Le prince Murat envoie successivement au général Werneck les aides de camp Deconchy et Morin
" (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 3, 2e partie, p. 1224).

La garnison et le général Mack finissent par capituler le 20 Octobre.

Le même jour, 20 octobre 1805 (28 vendémiaire an 14), au Quartier général impérial, à Elchingen, un ordre du jour est promulgué : "L'Empereur témoigne sa satisfaction au corps d'armée du prince Murat, à celui de MM. les maréchaux Ney, Lannes et Soult, ainsi qu'à celui du général Marmont et à la garde impériale, pour les marches qu'ils ont faites, pour la patience avec laquelle ils ont supporté les fatigues et les privations de toute espèce, qui ont valu les succès suivants.
Memmingen a capitulé entre les mains de M, le maréchal Soult, donné 5.000 prisonniers, 9 drapeaux, un grand nombre de canons et beaucoup de magasins.
Ulm a capitulé, ce qui a valu 28.000 prisonniers, 18 généraux, 50 pièces de canon attelées, 8.000 chevaux de cavalerie pour monter nos dragons à pied, et 40 drapeaux.
Le passage audacieux du pont d'Elchingen par le corps, d'armée du maréchal Ney, la prise de cette formidable position, ont valu 3.000 prisonniers, dont un général, et plusieurs pièces de canon.
Le combat de Langenau, de Neresheim et la capitulation de Nordlingen, par M. le prince Murat, ont valu 5 ou 6.000 prisonniers, 2.000 chevaux pour remonter nos dragons à pied, plusieurs drapeaux, un grand parc, quantité considérable de canons attelés, 3 lieutenants généraux et 7 généraux majors.
Au combat d'Elchingen, les 76e et 69e régiments d'infanterie et le 18e de dragons se sont successivement distingués.
Au combat d'Albeck, le 9e d'infanterie légère, le 32e et le 96e se sont couverts de gloire.
Aujourd'hui, à 3 heures après midi, la partie de l'armée autrichienne prisonnière dans Ulm, ayant à sa tête son général et chef, défile sur les glacis d'Ulm, devant l'Empereur.
Enfin, l'avant-garde du corps d'armée de Bavière a pris, entre l’Isar et l'Inn, plusieurs pièces de canon et beaucoup de bagages du corps d'armée du général Kienmayer.
Le résultat de tous ces événements glorieux est que l'armée autrichienne, forte de 100.000 hommes, est détruite 50.000 sont prisonniers, 80 drapeaux sont en notre pouvoir, presque toute l'artillerie ennemie et ses magasins.
L'Empereur fait connaître qu'il est content de son armée
" (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 3, 2e partie, p. 952 ; E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 281; Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 1, lettre 202).

"Journal des marches de la réserve de cavalerie.
Le 30 vendémiaire an XIV (22 octobre 1805).
Le corps d'armée a quitté ses positions de Nuremberg pour marcher sur Ingolstadt.
Il est venu prendre position, savoir : les dragons en avant de Nuremberg dans les villages ; les carabiniers et les chasseurs de la Garde à Feucht où s'est établi le quartier du Prince. L'infanterie a occupé Münberg et les villages en avant …
Le corps d'armée a quitté ses positions pour se porter sur Neumarkt. Les carabiniers ont occupa en avant les villages de Winnberg et Sengenthal ; la division de dragons en arrière, ceux de Postbauer, Pölling, Loderbach. L'infanterie a occupé, savoir : le 96e régiment, Neumarkt ; le 32e, Wappersdorf et Mühlhausen, et le 9e d'infanterie légère, Berching. Le régiment des chasseurs de la Garde s'est établi à Neumarkt avec le quartier du Prince ...
" (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 3, 2e partie, p. 1273).

Un "Etat de situation des différents détachements envoyés par les bataillons de dépôt et qui doivent être arrivés à Spire le 18 brumaire et en partir le 19", signé par l'Adjudant commandant Petiet, indique, pour la 1re Division du 6e Corps d'Armée, que le détachement du 32e Régiment d'Infanterie de Ligne, fort de 97 hommes, Officiers compris, est arrivé le 27 Vendémiaire (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 3, 2e partie, p. 1170).

Le 3 Brumaire au XIV (25 octobre 1805), le Corps d'armée doit se porter sur Ingolstadt, mais, d'après de nouveaux ordres du Prince, on change de direction et le Corps d'armée vient à Neustadt. Une Brigade de la Division Klein prend position à Mingliset. Le 1er Régiment de Hussards à Pföring, le 96e Régiment à Ettling, le 32e à Irnsing, le Régiment des Chasseurs de la Garde à Neustadt, où s'établit le Quartier général. La 1re Brigade de Dragons occupe Münchsmünster et Grielsheim, les Carabiniers Alensberg et le Régiment de Chasseurs à pied Seligstadt. Le Général Milhaud, avec ses deux Régiments de Chasseurs, arrive à Ingolstadt (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 3, 2e partie, p. 1279).

"Journal de la Réserve de cavalerie.
Le 3, le corps d'armée devait se porter sur Ingolstadt; mais, d'après de nouveaux ordres du prince, on a changé de direction et le corps d'armée est venu à Neustadt.
Une brigade de la division Klein a pris position à Mingstetten, le 1er régiment de hussards à Pföring, le 96e régiment à Ettling, le 32e à Irnting, le régiment des chasseurs de la Garde à Neustadt où s'établit le quartier général. La 1re brigade de dragons a occupé Munchmünster et Griesham, les carabiniers Abensberg, et le régiment de chasseurs à pied Seligstadt (1). Le général Milhaud, avec ses deux régiments de chasseurs, arriva à Ingolstadt
" (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 4, p. 178 - Note (1) : Heiligenstadt ?).

Un "Etat des présents sous les armes au 6e corps d'armée le 4 brumaire" indique que le 32e Régiment d'infanterie de Ligne est à la 1ère Division, et que cette dernière est détachée avec le Prince Murat (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 1, p. 769).

Grande Armée à l'époque du 6 Brumaire an XIV (28 octobre 1805).
5e Corps d'Armée.
Commandant en chef. Maréchal LANNES.
1re Division du 6e Corps.
Général de Division. Dupont.
9e Légère;
32e de Ligne;
96e de Ligne.

Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 4, p. 711

La "Situation des éléments entrant dans la composition du corps d'armée aux ordres du maréchal Mortier" indique, à la date du 14 Brumaire an 14 (5 novembre 1805), pour la Division Dupont (1re du 6e Corps d'armée), que le 32e Régiment d’infanterie de ligne a 55 Officiers, 1134 hommes, total 1189 hommes ; 240 hommes prisonniers, 217 aux hôpitaux ou aux ambulances ; 21 hommes manquant à l’appel ; 112 hommes détachés en arrière, au Dépôt ou éclopés ; effectif, Officiers compris, 1779 hommes (Alombert P. C. : « Le Corps d’Armée aux ordres du Maréchal Mortier, combat de Dürrenstein », Paris, Berger-Levrault, 1897, p. 32; E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 295).

Le 19 Brumaire an 14 (10 novembre 1805), le Général Reille, commandant de la place de Linz, écrit, depuis cette place, au Général Dupont : "Le commandant de la flottille est parti et vos barques continueront leur route sur votre division, à moins que quelque autorité supérieure de l'administration n’y touche, ce que je ne crois cependant pas.
Le lendemain du départ de la division, les hommes éclopés de la 32e me furent présentés par un adjoint de votre état-major. Je lui dis que, ne pouvant disposer d'aucun bateau, il fit mettre à l'hôpital ce qui ne pourrait pas marcher et qu'il fit partir le reste. Il l'aura sans doute exécuté.
Si je puis, mon Général, vous être bon à quelque chose dans ce pays, je remplirai vos commissions avec plaisir
" (Alombert P. C. : « Le Corps d’Armée aux ordres du Maréchal Mortier, combat de Dürrenstein », Paris, Berger-Levrault, 1897, p. 91).

- Bataille de Dürenstein (Dürrenstein, Dürnstein), 11 novembre 1805

"A une lieue de Dürnstein, notre avant-garde signala les troupes du général Dupont, qui marchaient à notre secours" (Relation du Colonel Talandier).
Ces troupes avaient eu à combattre, entre Weissenkirchen et Wadstein, la plus grande partie de la colonne de Dokhtourow. Ce Général, en descendant des montagnes sur la rive du Danube, avait appris la présence de la Division Dupont près de Weissenkirchen. Laissant filer son avant-garde avec le Général Schmidt vers Dürrenstein, il avait cru devoir se porter avec le gros de ses forces contre ce nouvel adversaire et le contenir, afin que Miloradwitch et Schmidt pussent mener à bout leur action commune contre la Division Gazan.
Dupont avait établi sa Division au bivouac entre Spitz et Weissenkirchen. Mortier l'avait informé du succès obtenu dans la matinée par la Division Gazan, de sorte qu'il ne paraissait pas nécessaire de continuer la marche, déjà longue, faite dans cette journée. "Le général Dupont ordonne au 1er hussards et au 9e d'infanterie légère de s'établir à 2 lieues en avant de Spitz, à Weissenkirchen; il place le 32e entre Weissenkirchen et Spitz, et le 96e dans ce dernier village; il ordonne en même temps au 1er hussards de pousser des reconnaissances en avant pour se lier avec la division Gazan ...
Il était 4 heures du soir, le 1er régiment de hussards établissait ses postes en avant de Weissenkirchen; l'officier commandant la grand'garde vient avertir le colonel Rouvillois que les Russes descendent des montagnes et se forment dans la gorge. Ce colonel se porte aussitôt sur le terrain, reconnaît que 600 Russes ont déjà débouché des gorges, et que d'autres continuent à descendre; les hussards se mettent à tirailler; les Russes, dont toute l'attention se portait sur la division Gazan, ne répondent pas à leurfeu. Le colonel Rouvillois envoie à toute bride des officiers au général Dupont, au colonel Darricau et au colonel Meunier. Celui-ci marche à l'instant, joint l'ennemi et engage une fusillade très vive; les Russes ne sont pas ébranlés.
Le colonel Meunier détache sur les hauteurs le chef de bataillon Réjeaux avec quelques compagnies pour prendre l'ennemi en flanc ct inquiéter ceux qui continuaient à descendre. Le général Dupont arrive avec le 32e régiment; il le fait avancer pour relever le brave 96e qui avait épuisé ses cartouches et comptait déjà beaucoup de blessés. Le 96e était placé en réserve à Weissenkirchen.
Le 32e bat la charge, marche en avant à toute course; les Russes, de leur côté, s'avancent avec une pareille audace. Il était nuit; on se mêle; les soldats luttent corps à corps. On reste dans cette position aussi extraordinaire qu'effrayante pendant près d'une heure. Chaque parti croyait que l'autre voulait se rendre. Le Russe posait son arme à terre pour indiquer au Français ce qu'il avait à faire. Le Français, le croyant prisonnier, voulait le faire filer sur les derrières. Le Russe ramassait aussitôt son arme et cherchait à en frapper son adversaire. Les officiers, chacun de leur côté, s'efforçaient de faire cesser cette mêlée qui n'occasionnait qu'un massacre inutile. La confusion, l'obscurité, les cris empêchaient qu'on pût s'entendre.
Cependant le général Dupont, voulant en finir, ordonna au colonel du 32e d'arracher homme par homme les soldats du milieu des rangs ennemis, et de les réunir.
Dans ce moment éclate l'incendie du village de Loiben; les Russes y avaient mis le feu pour éclairer le combat. A la faveur de cet incendie, le colonel Darricau reforme son régiment; dans ses rangs se placent les hommes du 9e qui étaient restés dans la mêlée. Il fait faire un roulement et commencer le feu. Ce feu, exécuté à deux pas, est si violent et si meurtrier que les Russes n'ont pas le temps d'y riposter. Tout ce qui n'est pas tué ou pris se jette dans le Danube ou se sauve dans les montagnes à la faveur de l'obscurité. Aussitôt règne le plus grand silence. Le maréchal Mortier est dégagé. Il arrive par Dürnstein avec la division Gazan ...
Le 32e perdit dans cette heure de massacre 2 tués et 27 blessés ...
" (Alombert P. C. : « Le Corps d’Armée aux ordres du Maréchal Mortier, combat de Dürrenstein », Paris, Berger-Levrault, 1897, p. 128 ; E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 311). Nul ne sait rédiger le récit d'un combat comme le général Dupont !

"Enfin, un suprême effort du 32e, un feu d'ensemble exécuté à bout portant, brisent la dernière résistance des Russes qui s'enfuient dans la montagne : le maréchal Mortier est dégagé. Les soldats de Dupont entrent dans Dürnstein au moment où les grenadiers de Gazan y pénètrent du côté opposé ; leur rencontre se fait aux cris de Qui-vive ! et de France ! « Aussitôt, dit le général Dupont, les grenadiers de la division Gazan se précipitent dans les bras de mes glorieux soldats, en s'écriant : « Ah ! mes amis ! vous nous sauvez ! » — « Nous sommes tous vainqueurs ! » répondent ceux-ci, et les plus vifs transports de joie éclatent de toutes parts, pendant que se fait la jonction des deux divisions. — Le maréchal Mortier arrive avec son état-major ; il reconnaît ma voix dans celle obscurité et m'adresse aussitôt avec vivacité les paroles les plus honorables et les plus touchantes sur le service remarquable que moi et ma division venons de lui rendre. Je fus vivement ému de ses paroles flatteuses, trop flatteuses même pour que ce soit à moi à les rappeler. « Vous avez conquis cette position, ajoute-t-il enfin; je nous prie de la garder et de nous garder, car nous avons besoin de repos. » Le maréchal se rend à Weissenkirchen" (Mémoires inédits du général Dupont - In E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 305).

"EXTRAIT DES MÉMOIRES INÉDITS DU GÉNÉRAL DUPONT
… Le 9e léger formait l'avant-garde. Il avait établi son bivac à peu de distance de l'entrée du défilé et ses feux s'allumaient, lorsque le colonel Meunier voit tout à coup l'ennemi descendre précipitamment de la cime des monts et se jeter dans le défilé pour l'envahir. Il fait aussitôt reprendre les armes à son régiment. L'espèce de surprise causée par ce mouvement inopiné frappe et excite plus vivement l'esprit de nos soldats ; sans s'étonner du nombre, ils s'élancent au-devant des Russes qui descendaient a rangs pressés de toutes les hauteurs environnantes, et abordent, en même temps, ceux qui ont pénétré dans le défilé. Les autres régiments de ma division accourent aussitôt sur le terrain du combat, et la division batave, placée en réserve, observe les gorges et tout l'espace par où l'ennemi peut étendre ses attaques et renouveler son stratagème.
Il est peu de combats dont le champ et les circonstances soient aussi frappants et dont l'intérêt soit aussi grand. Il s'agissait de sauver une division dont le courage était près d'être accablé par la supériorité du nombre et l'impossibilité de se mouvoir. Tous nos rangs s'exaltent dans cette situation si redoutable et veulent en triompher. Le feu le plus vif règne de la rive du lieux jusqu'au sommet des montagnes. Les charges à la baïonnette se multiplient en même temps dans les gorges et sur les flancs de ces montagnes ; tantôt nos bataillons gravissent les plus âpres escarpements pour dominer les bataillons ennemis qui se succèdent et fondre sur eux avec l'avantage de la hauteur ; tantôt ils se précipitent dans de profonds ravins où s'engagent des luttes corps à corps et plus ardentes. Une circonstance singulière doit être remarquée. La nuit régnait depuis longtemps et une vaste lueur éclairait de loin les combattants. Le village de Loiben, théâtre du combat entre l'ennemi et la division Gazan, brûlait tout entier et jetait des flammes si hautes qu'elles nous servaient de flambeaux. Le Danube en rayonnait et semblait rouler des ondes de feu. Ce spectacle éblouissant, mêlé aux feux et aux bruits du combat, présentait un tableau neuf et imposant.
Cinq heures de temps s'étaient déjà écoulées depuis le commencement de l'action, et elle se soutenait des deux côtés avec une égale ardeur. Le terrain était disputé avec la même intrépidité dans la sombre noirceur du défilé ; il nous fallait cependant le conquérir à tout prix. Le 9e léger contenait l'ennemi sur les hauteurs, et le 32e le pressait sur la rive du Danube et dans les gorges inférieures des monts. Nous remarquons alors que les Russes montrent moins d'opiniâtreté, que leur feu diminue insensiblement, et qu'ils semblent étonnés eux-mêmes de leur position. Ils cherchaient en effet les moyens d'opérer leur retraite ; la contenance de nos rangs leur ôtait tout espoir de les forcer. Resserrés d'un côté par le Danube, de l'autre par des montagnes à pic, il leur était difficile de se replier, et cet embarras se manifestait déjà pour nous. C'était le moment de donner à nos attaques une nouvelle impétuosité et nous le saisissons …
" (E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 307).

"Relation de la bataille de Diernstein, par le colonel Talandier (il était, à cette époque, Sergent-major de la 16e Compagnie du 4e Régiment d'infanterie légère ; A Dürrenstein, son grade et son extrême jeunesse font qu'il n'a bien vu que ce qui s'est passé sous ses yeux. Il prit, d'ailleurs, une part brillante au combat et fut blessé de deux coups de feu et d'un coup de baïonnette. Dans ses notes, que possède son petit-fils, M. Bittard des Portes, et dont le Colonel Talandier a tiré lui-même la relation parue en 1835, il s’est glissé plus d'une erreur que nous signalerons en passant) :
... A une lieue de Diernstein, notre avant-garde signala les troupes du général Dupont, qui marchaient à notre secours. Cet officier général, prévenu de la jonction des deux divisions, s'empressa de se rendre auprès du maréchal Mortier, assez mécontent de la lenteur dans l'exécution de ses ordres. Le général Dupont rendit compte qu'il n'avait pu, même en forçant sa marche, arriver à Spitz qu'à la nuit, qu'alors comprenant tout ce que sa position avait de critique, d'après les ordres qui lui avaient été adressés, il avait fait marcher en avant sa première brigade, composée du 9e léger et du 32e de ligne. Dans la route qu'elle suivit, cette brigade avait rencontré, au-dessus de Wösendorf, une colonne russe de 1,200 à 1,500 hommes qui, probablement, s'étaient égarés dans la montagne. Attaquée à l'improviste, la colonne russe avait été dispersée, prise ou tuée en partie. Ce combat était la seule cause du retard du général Dupont ...
" (Alombert P. C. : « Le Corps d’Armée aux ordres du Maréchal Mortier, combat de Dürrenstein », Paris, Berger-Levrault, 1897, p. 104).

"LETTRE DU GÉNÉRAL DUPONT A MADAME DUPONT
Spitz, le 21 brumaire an XIV.
... Il n'est plus question maintenant des Autrichiens, mais des Russes. J'ai eu hier une première affaire avec eux et c'est encore un succès bien précieux pour ma division. Je puis t'en parler sans t'alarmer aujourd'hui, puisqu'il n'y a plus qu'à s'en féliciter. Au plaisir de battre l'ennemi, se joint pour moi celui d'avoir été assez utile au maréchal Mortier et au général de division Gazan, qui se trouvaient coupés par une colonne que j'ai dispersée. C'est à huit heures du soir que cette division a été dégagée. Les Russes sont d'autres soldats que les Autrichiens : cependant quoiqu'ils fussent plus nombreux du double que nous, ils nous ont cédé l'avantage. Ma division leur a pris deux drapeaux et fait trois à quatre cents prisonniers. Le combat a été de la plus grande chaleur. C'est le 9e régiment qui a le plus agi. Le 32e a eu de beaux moments. Le colonel Barrois n'a pu arriver à temps. Le colonel Meunier se porte bien. Le maréchal Mortier dit hautement que je l'ai sauvé. C'est à Weissenkirchen que cette affaire s'est passée.
Je t'écris à minuit. Je n'ai pas dormi depuis deux jours...
" (E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 310).

Le 22e Bulletin de la Grande Armée, écrit à Saint-Poelten, le 13 novembre 1805 (22 brumaire an 14), raconte : "… Le 20, à la pointe du jour, le maréchal Mortier, à la tête de six bataillons, s'est porté sur Stein. Il croyait y trouver une arrière-garde, mais toute l'armée russe y était encore, ses bagages n'ayant pas filé. Alors s'est engagé le combat de Durrenstein, à jamais mémorable dans les annales militaires. Depuis six heures du matin jusqu'à quatre heures de l'aprèsmidi, ces 4,000 braves firent tête à l'armée russe et mirent en déroute tout ce qui leur fut opposé.
Maîtres du village de Loiben, ils croyaient la journée finie ; mais l'ennemi, irrité d'avoir perdu dix drapeaux, six pièces de canon, 900 hommes faits prisonniers et 2,000 hommes tués, avait dirigé deux colonnes par des gorges difficiles pour tourner les Français. Aussitôt que le maréchal Mortier s'aperçut de cette manoeuvre, il marcha droit aux troupes qui l'avaient tourné et se fit jour au travers des lignes de l'ennemi, dans l'instant même où le 9e régiment d'infanterie légère et le 32e d'infanterie de ligne, ayant chargé un autre corps russe, avaient mis ce corps en déroute, après lui avoir pris deux drapeaux et 400 hommes.
Cette journée a été une journée de massacre ; des monceaux de cadavres couvraient un champ de bataille étroit. Plus de 4,000 Russes ont été tués ou blessés ; 1,300 ont été faits prisonniers. Parmi ces derniers se trouvent deux colonels.
De notre côté, la perte a été considérable. Le 4e et le 9e d'infanterie légère ont le plus souffert. Les colonels du 100e et du 103e ont été légèrement blessés. Le colonel Watier, du 4e régiment de dragons, a été tué. Sa Majesté l'avait choisi pour l'un de ses écuyers : c'était un officier d'une grande valeur ; malgré les difficultés du terrain, il était parvenu à faire contre une colonne russe une charge très-brillante ; mais il fut atteint d'une balle et trouva la mort dans la mêlée …
" (Panchoucke : « Oeuvres de Napoléon Bonaparte », 1821-1822, t. 3, p. 473 ; Correspondance de Napoléon, t.11, lettres 9476; Alombert P. C. : « Le Corps d’Armée aux ordres du Maréchal Mortier, combat de Dürrenstein », Paris, Berger-Levrault, 1897, p. 197 ; E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 318).

Le 23e Bulletin, rédigé le lendemain (14 novembre 1805 - 23 brumaire an 14) au Château de Schoenbrunn relate à nouveau l'affaire : "Au combat de Dürrenstein, où 4,000 Français attaqués, dans la journée du 20, par 25 à 30,000 Russes ont gardé leurs positions, tué à l'ennemi 3 à 4,000 hommes, enlevé des drapeaux et fait 1,300 prisonniers, les 4e et 9e régiments d'infanterie légère et les 100e et 32e régiments d'infanterie de ligne se sont couverts de gloire. Le général Gazan y a montré beaucoup de valeur et de conduite …" (Panchoucke : « Oeuvres de Napoléon Bonaparte », 1821-1822, t. 3, p. 476 ; Correspondance de Napoléon, t.11, lettres 9483 ; Alombert P. C. : « Le Corps d’Armée aux ordres du Maréchal Mortier, combat de Dürrenstein », Paris, Berger-Levrault, 1897, p. 201 ; E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 319).

L'ordre du jour, daté du Quartier impérial de Vienne, le 14 novembre 1805 (23 brumaire an 14) déclare : "L'empereur témoigne sa satisfaction au 4e régiment d'infanterie légère, au 100e de ligne, au 9e d’infanterie légère, au 32e de ligne, pour l'intrépidité qu'ils ont montrée au combat de Diernstein, où leur fermeté à conserver la position qu'ils occupaient a forcé l'ennemi à quitter celle qu'il avait sur le Danube …" (Panckoucke : « Oeuvres de Napoléon Bonaparte », 1821-1822, t. 3, p. 478 ; Alombert P. C. : « Le Corps d’Armée aux ordres du Maréchal Mortier, combat de Dürrenstein », Paris, Berger-Levrault, 1897, p. 201; Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 1, lettre 217 ; E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 319).

En 1826, le Général Dupont fait paraitre, sous forme de lettre adressée à M. le Comte D ... , un petit opuscule dans lequel il rappelle la part prise par les troupes de sa Division aux opérations de la campagne de 1805. Il consacre les lignes suivantes au combat de Dürrenstein : "… Le colonel Meunier marche rapidement à l'ennemi avec son brave régiment, le 9e léger; l'intrépide 32e accourt pour le soutenir ; le 96e se porte dans les gorges des montagnes sur notre gauche, et la division batave est placée en réserve …" (Alombert P. C. : « Le Corps d’Armée aux ordres du Maréchal Mortier, combat de Dürrenstein », Paris, Berger-Levrault, 1897, p. 131).

Après avoir assigné aux Divisions Dupont et Gazan la garnison de Vienne pour s'y reposer, le premier soin de l'Empereur est de faire donner des ordres, afin que des renforts soient mis en route pour reconstituer les effectifs de ces deux Divisions et en réorganiser les Corps. Le 1er Frimaire an 14 (22 novembre 1805), le Major général écrit, depuis Brünn, à Gérard : "... Ordre au dépôt du 32e régiment d'infanterie de ligne, à celui du 96e, à celui du 9e régiment d'infanterie légère de faire partir sur-le-champ 200 hommes du dépôt, indépendamment des hommes qui ont été déjà demandés. Ces 200 hommes, que chacun de ces trois corps doit envoyer, partiront, soit que les conscrits soient habillés, soit qu'ils ne le soient pas, les 600 hommes seront réunis à Strasbourg et partiront de là pour se rendre à Braunau, me prévenir du jour de leur arrivée.
M. Gérard prendra connaissance par la copie ci-jointe de l'ordre que j'ai adressé à M. Denniée
" (Alombert P. C. : « Le Corps d’Armée aux ordres du Maréchal Mortier, combat de Dürrenstein », Paris, Berger-Levrault, 1897, p. 240).

"Chemin que tiendra un détachement composé :
1° De 200 hommes du 9e régiment d'infanterie légère;
2° De 200 hommes du 32e régiment d'infanterie de ligne;
3° De 200 hommes du 96e régiment d'infanterie de ligne;
formant ensemble 600 hommes pour se rendre à Braunau.
Partira de Landau le 15 frimaire an 14 (6 décembre 1805) avec du pain pour 2 jours et ira loger à :
15 frimaire, Wissembourg;
16 Haguenau;
17 Strasbourg;
18 Bischofsheim ;
19-20 Rastadt (séjour) ;
21 Ettlingen;
22 Pforzheim;
23 Enzweihingen ;
23 Kannstadt ;
24 Plöchingen ;
25 frimaire, Geislingen ;
26-27 Ulm (séjour) ;
28 Gunzburg ;
29 Zusmarshausen ;
30 frimaire-1er nivôse, Augsburg (séjour);
2 Schwabhausen ;
3 Freisingen ;
4 Landshut;
5 Vilsbiburg ;
6 Eggenfelden ;
7 Braunau
" (Alombert P. C. : « Le Corps d’Armée aux ordres du Maréchal Mortier, combat de Dürrenstein », Paris, Berger-Levrault, 1897, p. 240).

La "Situation des troupes composant 1er corps d'armée aux ordres de M. le maréchal Mortier", à l'époque du 1er Frimaire an 14 (22 novembre 1805), c'est-à-dire deux jours après l'entrée de ce Corps à Vienne donne les chiffres suivants :
Division du Général Dupont - Situation des troupes.
32e de ligne. Darricau. 51 Officiers et 1066 hommes présents. 7 Officiers et 163 hommes en garnison à Passau et à l’escorte des prisonniers. 2 Officiers et 255 hommes aux hôpitaux ; 1 officier et 216 hommes prisonniers de guerre. Total 1761 hommes (Alombert P. C. : « Le Corps d’Armée aux ordres du Maréchal Mortier, combat de Dürrenstein », Paris, Berger-Levrault, 1897, p. 233).

Le 3 Frimaire an 14 (24 novembre 1805), le Maréchal Mortier écrit, depuis son Quartier général de Vienne, au Major général : "Monsieur le Maréchal,
… Ainsi que j'ai eu l'honneur de vous en prévenir par ma lettre du 27 brumaire, les divisions des généraux Dupont et Gazan sont arrivées le lendemain à Vienne, et, depuis ce moment, elles sont occupées à la garde des ponts, des établissements publics et font le service de la place qui exige journellement un nombre de 1,350 à 1,400 hommes. Voici les noms des casernes qu'occupent les dtfférents corps de ces divisions :
... Le 32e régiment d'infanterie de ligne est logé à Alster-Kasern ...
J'ai voulu voir par moi-même ces divers établissements. J'ai trouvé la fourniture dans un état pitoyable : la paille y était tachée et remplie de vermine, il n'y a que très peu de draps et de couvertes. Je me suis empressé de faire à ce sujet des représentations à M. l'intendant général de l'armée, qui s'occupe de faire fournir à la troupe tout ce dont elle a besoin, mais il ne lui a pas encore été possible de pourvoir à tout ce qui est nécessaire ...
" (Alombert P. C. : « Le Corps d’Armée aux ordres du Maréchal Mortier, combat de Dürrenstein », Paris, Berger-Levrault, 1897, p. 252).

Le Maréchal Berthier rend compte à l'Empereur, depuis le Quartier général de l'Empereur à Brünn, le 4 Frimaire an 14 (25 novembre 1805), des mesures qu'il a prescrites : "... Je donne aussi l'ordre aux dépôts du 9e régiment d'infanterie légère et des 32e et 96e régiments de ligne qui se trouvent à Landau de faire partir le 15 frimaire, chacun 200 hommes, pour se rendre à Braunau, où ces 600 hommes arriveront le 4 nivôse. J'ai fait connaître à M. le maréchal Lefebvre que ces 600 hommes doivent se mettre en marche, soit que les conscrits soient habillés, soit qu'ils ne le soient pas, attendu que rien ne doit retarder leur départ" (Alombert P. C. : « Le Corps d’Armée aux ordres du Maréchal Mortier, combat de Dürrenstein », Paris, Berger-Levrault, 1897, p. 242).

Ainsi les 3es Bataillons des Régiments de la Division Dupont (9e Léger, 32e, 96e), qui jouent le rôle de Dépôts, doivent envoyer chacun 200 hommes à Braunau, d'où ils rejoindront leurs Corps (Alombert P. C. : « Le Corps d’Armée aux ordres du Maréchal Mortier, combat de Dürrenstein », Paris, Berger-Levrault, 1897, p. 244).

Le 9 Frimaire an 14 (30 novembre 1805), le Général Dupont écrit, depuis Vienne, au Général Marchand : "Je vous préviens, Général, que demain à midi, je passerai la revue des 32e et 96e. Ces régiments seront formés devant leurs casernes.
Donnez l'ordre que les armes soient dans le meilleur état et que les régiments se complètent en cartouches, à 50 par homme, dans le jour.
Prévenez MM. les colonels de tenir leurs troupes prêtes à prendre les armes, sans toutefois la consigner
" (Alombert P. C. : « Le Corps d’Armée aux ordres du Maréchal Mortier, combat de Dürrenstein », Paris, Berger-Levrault, 1897, p. 279).

Dans les différents corps de troupe on remplace les effets d'habillement et surtout les chaussures qui sont complètement usées : "Au quartier général à Vienne, le 12 Frimaire an 14 (3 décembre 1805).
L'INTENDANT GÉNÉRAL PETIET AU GÉNÉRAL DUPONT.
Je donne ordre, mon Général, à M. Sabattier de faire délivrer au 32e régiment, indépendamment de ce qu'il a reçu hier :
1° 600 habits-vestes faisant avec les 800 d'hier 1,400;
2° Du drap pour 600 capotes, afin de compléter les 1,400 demandées;
3° 1,400 paires de guêtres;
4° 1,400 pantalons de toile;
5° 1,400 paires de souliers.
Mais j'ai l'honneur de vous observer, qu'à l'égard des souliers, ils ne pourront être délivrés que lorsque les 2,000 destinés pour la Garde auront été fournis, ce qui n'excédera pas 48 heures.
PETIET
" (Alombert P. C. : « Le Corps d’Armée aux ordres du Maréchal Mortier, combat de Dürrenstein », Paris, Berger-Levrault, 1897, p. 258).

Au 15 Frimaire (6 décembre 1805), époque à laquelle les détachements doivent être mis en route, les effectifs des 3es Bataillons et Dépôts sont les suivants :
Division Dupont :
3e Bataillon du 32e Régiment d’infanterie de ligne. 7 Officiers et 561 hommes ; 24 Officiers et 428 hommes détachés (ce Bataillon a envoyé des Officiers et 300 hommes à l’Armée du Nord, Division de Juliers) ; 45 hommes aux hôpitaux ; total 1,665 hommes. Au 15 Brumaire (6 novembre), le 32e n'avait que 250 présents, l’élévation de l’effectif est due à l’arrivée des conscrits (Alombert P. C. : « Le Corps d’Armée aux ordres du Maréchal Mortier, combat de Dürrenstein », Paris, Berger-Levrault, 1897, p. 242).

Le 7 décembre 1805 (16 frimaire an 14), à Austerlitz, "On propose d'accorder grâce à 386 militaires condamnés aux travaux publics, actuellemont à Saint-Ouentin et à Hennebont, et de les incorporer tout de suite dans les quatre régiments les plus voisins de ces deux villes"; l'Empereur répond : "Approuvé. Les 386 hommes seront incorporés dans les 32e, 100e de ligne et 4e d’infanterie légère à la Grande Armée" (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1912, t.3, lettre 3329; Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 1, lettre 226).

Le 17 Frimaire an 14 (8 décembre 1805), le Général Dutaillis écrit, depuis le Quartier général de l'Etat-major général du 6e Corps, à Salzburg, au Général de Division Dupont : "Un mot, mon cher Général, pour nous rappeler à votre souvenir et vous dire que nous arrivons ici.
Nous avons des détachements de vos 3 régiments, sitôt qu'ils seront ici nous les dirigerons sur Vienne.
Ceux des 32e et 96e sont arrivés, mais celui du 9e n'arrivera qu’après-demain et nous voulons vous envoyer le tout. Prévenez-en Meunier et Barrois, qui m'ont écrit, et faites-leur mille amitiés de ma part.
On nous parle d'une grande bataille devant Olmütz. Nous enrageons de n'y avoir pas été. Nous attendons avec impatience le moment où nous serons remis en ligne avec la Grande Armée.
Si l'empereur de Russie est aussi entêté qu'on nous le dit, il faut que nous le suivions en Pologne.
Je vous fais mon compliment de la belle affaire de votre division, lorsqu’elle a débloqué la division Gazan. Avec de pareilles troupes, on est invincible et si nous avions été assez heureux pour être réunis, le 6e corps aurait fait parler de lui bien autrement.
Je n'ai que le temps de vous embrasser vous, Rouyer et Marchand et vous savez que c'est de tout mon cœur.
Nous nous portons tous à merveille.
Donnez-moi de vos nouvelles. Mille amitiés à Hulin. On me dit qu'il commande à Vienne
" (Alombert P. C. : « Le Corps d’Armée aux ordres du Maréchal Mortier, combat de Dürrenstein », Paris, Berger-Levrault, 1897, p. 270).

Le 22 Frimaire an 14 (13 décembre 1805), le Colonel Darricau, du 32e Régiment de ligne, écrit, depuis Vienne, au Général Dupont : "Monsieur le Général,
J'ai l'honneur de vous adresser 9 mémoires de proposition : 3 dévolus à l'ancienneté, 3 autres au choix et 3 de sous-lieutenants à la nomination de S. M. Les uns et les autres ont des droits à l'avancement, tant par leur service que par leur conduite. Je joins à ce mémoire un état supplémentaire des officiers susceptibles d'obtenir une distinction d'honneur, qui tous se sont distingués pendant cette campagne
" (Alombert P. C. : « Le Corps d’Armée aux ordres du Maréchal Mortier, combat de Dürrenstein », Paris, Berger-Levrault, 1897, p. 271).

Suit une lettre datée de Vienne, le 7 Frimaire an 14 (28 novembre 1805), écrite par le Colonel Darricau au Général Dupont : "Monsieur le Général,
Je m'empresse de vous renvoyer les demandes d'admission à la Légion d'honneur et à l'ordre de la Couronne de fer, qui étaient jointes à l'état d'avancement que je vous remis hier au soir
" (Alombert P. C. : « Le Corps d’Armée aux ordres du Maréchal Mortier, combat de Dürrenstein », Paris, Berger-Levrault, 1897, p. 272).

L'Empereur ne craint pas d'entrer dans des détails relatifs à l'habillement ; le 1er Nivôse an 14 (22 décembre 1805), le Major général, sur ses ordres, écrit de Schoenbrunn à l'Intendant général Petiet : "… L'Empereur ordonne que les 3,8oo aunes de toile, qui sont à Vienne et qui peuvent faire environ 900 chemises, soient sur-le-champ distribuées au 4e régiment d'infanterie légère, au 32e de ligne, aux 100e et 103e. Ces corps devront les faire confectionner sur-le-champ, afin que ces chemises soient prêtes à être distribuées aux prisonniers de ces corps qui leur rentreront. La distribution sera faite dans le rapport des prisonniers que l'ennemi aura faits" (Alombert P. C. : « Le Corps d’Armée aux ordres du Maréchal Mortier, combat de Dürrenstein », Paris, Berger-Levrault, 1897, p. 259).

Le «Tableau de la répartition des 12,000 conscrits provenant des 5 dernières années » soumis par le Major général à l'Empereur le 3 nivôse an 14 (24 décembre 1805) propose d'affecter aux Corps des Divisions Dupont et Gazan un certain nombre de ces conscrits. Le Major général écrit, depuis le Quartier de l'Empereur à Schoenbrunn, le 3 Nivôse an 14 (24 décembre 1805) : "J'ai l'honneur de proposer à l'Empereur de répartir, suivant le tableau que je soumets à S. M., les 12,000 conscrits provenant des réserves des 5 dernières années, non appelés par le décret impérial du 2e jour complémentaire dernier.
Cette répartition est établie en faveur des régiments les plus faibles, de ceux enfin qui ont le plus souffert et qui ont le plus besoin de renforts pour être au niveau de l'effectif des autres corps. Je propose à S. M. de faire diriger provisoirement tous ces conscrits sur Strasbourg, à l'exception de 1,300 qui seraient dirigés sur Alexandrie, pour être distribués de là dans les dépôts des corps suivant le nombre déterminé pour chacun des régiments désignés dans le tableau.
Je demande les ordres de S. M.
". L’Extrait du tableau de répartition indique : 32e de ligne. 2 Bataillons, 1,400 hommes. 561 hommes au Bataillon de Dépôt le 15 Frimaire. Total 1961 hommes ; 500 conscrits destinés au Régiment. Ne sont pas compris 225 prisonniers de guerre (Alombert P. C. : « Le Corps d’Armée aux ordres du Maréchal Mortier, combat de Dürrenstein », Paris, Berger-Levrault, 1897, p. 249).

/ 1806

Le 24 janvier 1806, Napoléon écrit depuis Strasbourg au Maréchal Lefebvre : "Mon Cousin, la division Dupont, composée du 9e d'infanterie légère, des 32e et 96e de ligne, va se rendre à Darmstadt. Mon intention est que, du moment qu'elle sera arrivée, elle y reçoive, des 3es bataillons des régiments qui la composent, le nombre de conscrits nécessaire pour la porter au grand complet de guerre, c'est-à-dire à 2,000 hommes par régiment; je suppose qu'il manque au complet de chacun 400 hommes. Donnez donc des ordres en conséquence. écrivez à ce général pour qu'il vous envoie son état de situation, et faites que les conscrits que vous lui enverrez arrivent à Darmstadt en même temps que lui. Cependant tenez secrète le plus possible la marche du général Dupont sur Darmstadt ..." (Correspondance de Napoléon, t.11, lettres 9705 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 11331; E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 326).

Le même jour, l'Empereur écrit, depuis Strasbourg, au Général Dupont, à Augsbourg : "Partez aussitôt que possible avec votre division, et rendez-vous dans le pays de Darmstadt où vous cantonnerez. Marchez en marche de guerre, avec votre artillerie et tout ce qui vous est nécessaire pour faire campagne. Arrivé à Darmstadt, vous tirerez, du dépôt du 1er de hussards et des 3es bataillons des régiments qui composent votre division, de quoi vous mettre au grand complet de guerre, de sorte que votre division soit de 6,000 hommes. Vous ne ferez point partie du corps du maréchal Augereau, mais vous serez sous ses ordres, excepté pour les mouvements militaires, et vous attendrez là un ordre ultérieur. Ne fatiguez point vos troupes par des marches forcées, mais ne vous arrêtez point que vous ne soyez arrivé, et prenez le chemin le plus court" (Correspondance de Napoléon, t.11, lettres 9706 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 11326).

Le 7 mars 1806, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Maréchal Augereau : "… Dirigez la division Dupont, composée des 9e, 32e et 96e régiments, sur Dusseldorf. Le général Dupont recevra là des ordres qui lui seront portés par un de mes aides de camp. Faites-moi connaître par un courrier le jour où ce général arrivera à Dusseldorf avec sa division ; le départ de ces 10,000 hommes débarrassera d'autant vos environs …" (Correspondance de Napoléon, t.12, lettres 9938 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 11614).

A Paris, le 19 mars 1806, est faite une "Proposition de nommer à un emploi de lieutenant vacant dans le 32e régiment d'infanterie de ligne, un sous-lieutenant présenté par le colonel"; l'Empereur répond : "Nommer un sergent-major de ma garde ayant douze ans de service au moins" (Chuquet A. : « Ordres et apostilles de Napoléon, 1799-1815 », Paris, 1912, t.3, lettre 3376 - Note : Zozime Guillot est nommé ; il devint Capitaine au même Réginent le 6 avril 1809 et fut tué à Almonacid).

Les trois Régiments de la Division sont disséminés dans les États du Grand-Duc de Berg ; le 9e Léger occupe le Duché de Clèves, le 32e est à Liège, et le 96e reste à Düsseldorf (E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 332).

Le 3 avril 1806, Murat écrit, depuis Wesel, à l'Empereur : "Sire, J'ai l'honneur d'adresser à V. M. l'analyse d'une foule d'actes, recueillis dans les archives de Wesel, qui constatent la réunion de tout point et pour toujours des pays d'Essen, Werden et Elten au duché de Clèves. Les originaux étant en allemand et formant un gros volume, j'ai cru qu'il me suffirait vous en envoyer un extrait. La réunion dont cet extrait vous porte la preuve est d'ailleurs, ici, un fait notoire que M. de Rappart lui-même, commissaire du roi de Prusse, ne conteste que pour la forme. Il y a une heure qu'il m'a avoué que l'incorporation des territoires dont il est question avait été consommée dans les premiers jours de février, à la suite d'un ordre expédié de Berlin le 25 janvier. Le cabinet des finances, a-t-il ajouté, en riant aux éclats, faisait opérer ici cette réunion tandis que celui des Affaires étrangères faisait signer à Paris la cession du duché de Berg avec tous ses droits, titres et prérogatives. Ainsi la légitimité de mes prétentions sur les pays que j'ai fait occuper ne peut plus être mise en doute, et j'ose espérer que V. M. les appuiera de son autorité. Les abandonner, ce serait exposer aux plus terribles vengeances des malheureux qui, gémissant sous un joug de fer, ont reçu les troupes de V. M. avec enthousiasme et auraient assommé les hussards prussiens si un détachement du 32e régiment ne les avait protégés contre la fureur populaire.
Le général Blücher, commandant en Westphalie, déclara, en apprenant l'occupation d'Essen et Werden, qu'il allait faire marcher de Münster quatre bataillons de grenadiers et quatre escadrons de hussards pour nous chasser de ces postes. Tout le reste de ses troupes avait ordre, disait-il, de se tenir prêt à marcher. Deux officiers prussiens se présentèrent le 31 à Essen et sommèrent le capitaine français de se retirer. Celui-ci se borna à déclarer qu'il avait eu ordre de venir s'établir dans le poste qu'il occupait et qu'il ne le quitterait que sur un ordre formel de celui qui l'avait envoyé. La proclamation de V. M. fut publiée aux cris mille fois répetés de " Vive l'Empereur Napoléon ". Informé, cependant, que le général Blücher faisait réellement marcher des troupes, je fis remettre par Beaumont à M. de Rappart une note dont je joins à ma lettre une copie, et je donnai à nos détachemens l'ordre de n'évacuer leurs postes qu'autant qu'ils y seraient contraints, de ne pas tirer les premiers, mais de repousser la force par la force s'ils étaient attaqués. Instruit en dernier lieu que les troupes prussiennes étaient sur les frontières du pays d'Essen et Werden, je fis remettre hier à M. de Rappart une seconde note pour lui déclarer qu'il serait personnellement responsable des événemens. J'ai l'honneur de vous envoyer cette note avec la première. Sire, je me croirais coupable si je renonçais à des droits que je tiens de V. M. et si je laissais rétrograder vos aigles devant les aigles de Prusse. Les troupes de M. de Blücher sont restées sur la frontière des territoires en litige, j'ai fait partir des émissaires pour connaître leurs mouvemens ultérieurs, et en attendant que je reçoive les ordres de V. M. elle peut compter que les Prussiens ne m'en imposeront pas.
Sire, les Prussiens sont détestés dans toute la Westphalie, dont les petits princes gémissent d'être à la merci du roi de Prusse.
La haine qu'on leur porte est inexprimable. Leurs troupes dévastent tout, tandis que tous les pays où celles de V. M. ont passé donnent des éloges à leur bonne conduite. J'ai trouvé Wesel dans un état respectable; tous les ouvrages de cette place sont bien entretenus. Il fallait sans doute tout l'ascendant qui appartient à V. M. pour forcer les Prussiens à céder un poste si important pour vous. Quoique la place d'Emmeric n'ait pas paru d'un grand intérêt au colonel du génie Bigot, j'irai la visiter demain et je m'empresserai de rendre compte à V. M. de mes observations.
[Autographe :] Les soldats prussiens font les impertinents, je crains le voisinage avec nos soldats qui ne sont pas trop endurants
" (Lumbroso A. : « Correspondance de Joachim Murat (juillet 1791-juillet 1808) », Roux, Turin, 1899, lettre CXLV; Le Brethon Paul : « Lettres et documents pour servir à l'histoire de Joachim Murat, 1761-1815 », Plon, 1908-1914, t. 4, p. 193, lettre 2296 avec la date du 4 avril).

Le 4 avril 1806, Murat écrit à Napoléon : "… Sire, je vais réunir le 32e et le 9e régiments, en entier, à Düsseldorf, et l'ordre que V. M. me chargea de donner au général Beaumont, de ne pas s'en laisser imposer par les Prussiens, sera exécuté. Commandez de les chasser de la Westphalie et bientôt nous serons délivrés de ces insolents voisins qui ont besoin de quelque bonne leçon, comme V. M. sait en donner aux Puissances trop orgueilleuses …" (Lumbroso A. : « Correspondance de Joachim Murat (juillet 1791-juillet 1808) », Roux, Turin, 1899, lettre CXLVI; Le Brethon Paul : « Lettres et documents pour servir à l'histoire de Joachim Murat, 1761-1815 », Plon, 1908-1914, t. 4, p. 194, lettre 2297).

Le 6 mai 1806, Murat écrit à Agar : "… J'ai lieu d'être étonné de la note du général Künkel ; mon intention formelle est de ne point conserver à mon service le bataillon bavarois, et encore moins de solder ou pensionner les vétérans ou invalides ou pensionnaires civils et militaires, des deux sexes, qui ne sont point originaires de Berg. Je vous adresse en conséquence un arrêté que vous ferez publier et mettre à exécution. Ainsi monsieur le général Künkel doit suivre la destination qui lui a été donnée par son maitre, et du jour de la réception de cette lettre, toute espèce de fournitures cessera d'être faite aux troupes bavaroises.
Dans le cas cependant où le général Künkel se refuserait entièrement, d'après les ordres qu'il en a reçus, à faire partir ce bataillon, le colonel Darricau est autorisé à conserver les cinq capitaines avec tous les officiers, sous-officiers et soldats qui ne sont point mariés, et alors ils seraient casernés à Düsseldorf, l'adjudant-major de ce bataillon en prendrait le commandement …
" (Le Brethon Paul : « Lettres et documents pour servir à l'histoire de Joachim Murat, 1761-1815 », Plon, 1908-1914, t. 4, p. 201, lettre 2309).

Le 20 juin 1806, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Dejean, Ministre directeur de l'Administration de la Guerre : "Monsieur Dejean, donnez ordre au 4e régiment d'infanterie légère qui est à Metz, et au 32e qui est à Düsseldorf de se rendre à Paris.
Donnez également ordre aux 3es bataillons et aux dépôts, ainsi qu'aux détachements de ces corps qui pourraient se trouver dans la réserve du maréchal Lefebvre de se mettre en marche pour Paris
" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 1, lettre 495; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12325).

Le 22 juin 1806, l'Empereur écrit depuis Saint-Cloud au Général Dejean, Ministre directeur de l'Administration de la Guerre : "Monsieur Dejean, je vous envoie un travail sur l'emplacement que doit occuper la Grande Armée au moment de sa rentrée en France. Vous me proposerez une meilleure répartition, à peu près dans les mêmes divisions, si vous y entrevoyez quelque économie pour le service, soit pour les lits, soit pour le fourrage, soit pour le casernement.
... 6e corps du maréchal Ney
6e et 5e divisions militaires
… Ypres 32e de ligne ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 11352).

Le 24 juin 1806, Murat écrit au Comte de Nesselrode : "A monsieur le comte de Nesselrode, ministre de l'Intérieur
Monsieur le ministre, je vous préviens que le 32e régiment de ligne étant appelé à Paris, je donne au colonel du 96e l'ordre de faire remplacer les détachements qui sont à Essen et Werden par des détachements de son corps et d'égale force que les premiers. Je lui ordonne en même temps de retirer les divers cantonnements de son régiment et de le concentrer tout à fait à Düsseldorf
" (Le Brethon Paul : « Lettres et documents pour servir à l'histoire de Joachim Murat, 1761-1815 », Plon, 1908-1914, t. 4, p. 243, lettre 2370).

Le même 24 juin 1806, Murat écrit, depuis Neuilly, au Colonel Barrois : "A monsieur le colonel du 96e régiment de ligne.
Monsieur le colonel, aussitôt après le départ du 32e régiment de ligne, vous retirerez les divers cantonnements de votre régiment et vous le concentrerez à Düsseldorf, à l'exception des détachements que vous enverrez à Essen et Werden. Ces détachements devront être d'égale force que ceux du 32e qui en seront retirés
" (Le Brethon Paul : « Lettres et documents pour servir à l'histoire de Joachim Murat, 1761-1815 », Plon, 1908-1914, t. 4, p. 244, lettre 2372).

Encore le 24 juin 1806, Murat écrit au Colonel Darricau : "A monsieur le colonel du 32e régiment de ligne.
Monsieur le colonel, vous allez incessamment recevoir, ou vous avez déjà reçu, l'ordre de vous rendre à Paris pour y tenir garnison. Vous ferez relever de suite les détachements du 32e de ligne qui sont à Essen et Werden, par des détachements d'égale force du 96e
" (Le Brethon Paul : « Lettres et documents pour servir à l'histoire de Joachim Murat, 1761-1815 », Plon, 1908-1914, t. 4, p. 245, lettre 2373).

Le 6 juillet 1806, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au général Dejean : "Monsieur Dejean, j'apprends que le colonel Darricau a fait sans ordre une convention avec un colonel prussien, dans laquelle il a compromis mes intérêts. Donnez-lui l'ordre de se rendre aux arrêts forcés à Wesel, et envoyez, par un courrier extraordinaire, l'ordre au 32e régiment de retourner à son poste et de replacer les choses à Werden comme elles l'étaient avant ladite convention" (Correspondance de Napoléon, t.12, lettres 10456 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12432).

A Saint-Cloud, le 7 juillet 1806, "Le ministre de l'administration de la guerre rend compte à l'Empereur des mesures qu'il a prises pour faire reprendre au 32e régiment d'infanterie de ligne les postes qu'il occupait avant son départ et de replacer les choses à Werden comme elles étaient avant la convention faite, sans ordre, par le colonel Darricau avec un colonel prussien" ; "Envoyer un second courrier pour faire rester le 32e à Liège jusqu'à nouvel ordre. Le colonel Darricau gardera les arrêts à Liège pendant vingt-quatre heures", répond Napoléon (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 1, lettre 509).

Le 8 juillet 1806, Murat écrit à Agar : "Monsieur Agar, je reçois votre dépêche du 4 juin, il est plus que surprenant que vous vous soyez permis d'empêcher l'exécution des ordres que j'avais donnés, de faire relever les détachements d'Essen et de Werden par des détachements de même force, et que vous ayez pu faire consentir le colonel Darricau à une entière évacuation, quand vous saviez que j'avais refusé formellement, il y a deux mois, l'arrangement qui vient d'être conclu et sur votre avis et par votre influence. De quel droit vous êtes vous immiscé dans une affaire tout à fait étrangère à vos fonctions ? et le soin que j'avais pris de ne vous donner aucun avis à cet égard, ne devait-il pas vous avertir que vous ne deviez pas vous en mêler ? Je suis on ne peut pas plus mécontent de votre conduite dans cette circonstance. L'Empereur en est furieux ; vous me faites perdre un pays que j'étais sur le point d'obtenir, et c'est un affront pour nos armes. Vous saviez que j'avais pu consentir à laisser nos soldats prisonniers plutôt que d'évacuer, et vous de votre autorité, de votre propre influence, vous tranchez la question et vous prenez sur vous de décider une affaire qui occupe depuis quatre mois Sa Majesté. J'espère que ce sera la dernière fois que vous vous mêlerez de ce qui ne vous regarde pas. Que ne vous occupez-vous de préférence à m'envoyer les différents rapports que j'attends depuis longtemps. Je ne conçois pas comment les députés du commerce qui ont été nommés, ne sont pas encore arrivés. Que le commerce cesse donc de se plaindre, si je n'obtiens rien pour lui. Faites-les partir au reçu de ma lettre ainsi que le sieur Dupreuil.
Le général Beaumont va recevoir l'ordre de se rendre à Düsseldorf, je le nommerai commandant de ma Principauté. Il logera aux écuries, en attendant que le logement qu'occupait le général Künckel soit en état de le recevoir. Il est chargé d'écrire à Mr le général Blücher que je n'ai point approuvé l'arrangement qui a été conclu entre le colonel Darricau et le colonel … pour l'évacuation d'Essen et Werden et qu'il a l'ordre d'y renvoyer le même détachement, s'il ne donne pas lui-même l'ordre d'en sortir aux troupes qui pourraient s'y trouver; que l'intention de l'Empereur est que le pays en litige reste sans troupes, jusqu'à la fin des négociations entamées à cet égard. Pourquoi ne m'avez-vous pas envoyé la convention qui a été faite pour l'évacuation ?
La Princesse Caroline ne tardera point à arriver, je désire que vous fassiez donner des ordres pour que Benrath soit en état de la recevoir
" (Le Brethon Paul : « Lettres et documents pour servir à l'histoire de Joachim Murat, 1761-1815 », Plon, 1908-1914, t. 4, p. 251, lettre 2388).

Le 11 juillet 1806, l'Empereur adresse, toujours depuis Saint-Cloud, une deuxième lettre à Berthier, dans laquelle il écrit : "Mon intention étant de compléter les compagnies des bataillons de la Grande Armée à 140 hommes par compagnie, officiers compris, je vous ai ordonné par une lettre de ce jour de dissoudre le corps de réserve de Lefebvre en faisant rejoindre chaque détachement de son corps d'armée.
Mon intention est également que vous donniez l'ordre aux différents dépôts d'envoyer à leur corps le nombre d'hommes porté dans l'état ci-joint. Tous ces détachements qui partiront du camp de Boulogne seront passés en revue par le maréchal Brune qui s'assurera s'ils sont munis de tout le nécessaire. Ils seront commandés par un adjudant commandant nommé par le maréchal ...
ANNEXE
état des hommes que les dépôts des régiments désignés ci-après feront partir pour rejoindre les bataillons de guerre à la Grande Armée
Le dépôt ... du 32e [fera partir un détachement de] 200 [hommes] …
" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 1, lettre 519 (ne donne pas l’annexe) ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12462).

A Saint-Cloud, le 18 juillet 1806, "Le ministre directeur de l'administration de la guerre propose de renvoyer à Liège 204 soldats du 32e régiment de ligne qui sont passés à Rocroy, munis de permissions pour se rendre à Paris. Ces soldats, dont le régiment se recrute dans le département de l'Aisne, avaient pris les devants pour voir leurs familles ; au moment où le corps reçut l'ordre de s'arrêter à Liège, ces militaires étaient déjà à Rocroy" ; l'Empereur répond : "Si ces militaires sont arrivés chez eux dans l'Aisne, le ministre Dejean écrira au général commandant le département et au colonel de la gendarmerie qu'il leur est accordé une prolongation de congé de huit jours pour voir leurs familles ; après quoi ils rejoindront leur corps à Liège" (Correspondance de Napoléon, t.12, lettres 10518).

A Saint-Cloud, le 19 juillet 1806, "Le ministre de l'administration de la guerre rend compte à l'Empereur des observations présentées par le préfet du département de l'Ourthe sur l'impossibilité de loger à Liège le 32e d'infanterie de ligne, en raison des nombreux dépôts déjà en garnison dans cette ville" ; "Donner l'ordre à ce régiment de se rendre à Cologne" répond Napoléon (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 1, lettre 538).

Le 23 juillet 1806, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Dejean, Ministre directeur de l'Administration de la Guerre : "Monsieur Dejean, donnez ordre que le général Dupont réunisse à Cologne le 9e régiment d'infanterie légère, les 32e et 96e, ainsi que le 1er d'hussards et son artillerie. Il pourra s'étendre pour sa commodité depuis Cologne jusqu'à Coblence. Il passera la revue de sa division, se remettra en état de marche et attendra de nouveaux ordres. Ses troupes recevront les vivres de campagne et seront traitées sur le pied de guerre ..." (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 1, lettre 550 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12563).

Le 24 juillet 1806, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Junot, Gouverneur de Paris : "Si le bataillon du 32e n'est pas arrivé, laissez-le à Meaux. S'il est arrivé, réunissez à Meaux le 58e. Laissez le 15e d'infanterie légère à Provins" (Mémoires du Prince Eugène, t.3, page 87 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12571).

Le 27 juillet 1806, Murat écrit, depuis Benrath, à Napoléon : "… Jusqu'à ce que je connaisse le parti que prendra le général Blücher sur la sommation d'évacuer Bentheim et Hortsmar, les troupes qui devaient être cantonnées sur le Rhin depuis Emmerich jusqu'à Duisbourg, resteront concentrées sous Wesel, et le 32e qui devait rester à Cologne sera envoyé : un bataillon à Neuss et l'autre à Crefeld ; j'espère que Votre Majesté approuvera ma détermination ..." (Le Brethon Paul : « Lettres et documents pour servir à l'histoire de Joachim Murat, 1761-1815 », Plon, 1908-1914, t. 4, p. 279, lettre 2422).

"J'ai été hier deux fois au château de Benrath, écrit le Général Dupont le 27 juillet 1806; la première, pour chercher le prince, qui est venu voir la manœuvre du 96e régiment ; la seconde, pour dîner. Je n'ai pas profité de l'offre qu'il m'avait faite de loger chez lui, pour ne pas gêner les personnes de sa Cour. J'ai pris d'aujourd'hui un logement à Dûsseldorf, et j'ai quitté le triste séjour de l'auberge ... On dit que les Prussiens se renforcent dans le comté de la Marck; cela nous touche et s'ils ont réellement 20000 hommes à Munster, nous pourrions bien aller demander compte de leurs intentions secrètes. — Le 32e régiment vient à Cologne. Bien de nouveau encore pour les autres régiments..." (E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 332).

Le 29 juillet, le Général Dupont écrit encore : "... Nous sommes ici dans la même incertitude sur notre destination. Je t'ai dit que le 32e régiment venait de Liège à Cologne. Le prince Murat prend possession de ses nouveaux Etats ; il envoie ses commissaires, d'un côté jusqu'à Dillembourg, et de l'autre jusqu'à Bertheim. Rien de nouveau du côté des Prussiens. Le prince Berthier m'annonce des renforts pour mes régiments..." (E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 332).

Le 4 août 1806, Murat écrit à Dejean, Ministre directeur : "Monsieur le ministre, tous les mouvements que vous avez ordonnés par vos lettres des 25 et 29 juillet ont eu lieu. La division Dupont se trouve réunie à Cologne et aux environs, et l'artillerie et le bataillon du train sont en route de Wesel pour Augsbourg. Dès que son itinéraire me sera parvenu, je l'adresserai à Vôtre Excellence ..." (Le Brethon Paul : « Lettres et documents pour servir à l'histoire de Joachim Murat, 1761-1815 », Plon, 1908-1914, t. 4, p. 286, lettre 2438).

A l'époque du 22 septembre 1806, la Division Dupont a ses deux Brigades commandées par les Généraux Rouyer et Legendre. La situation de ses Régiments présente les effectifs suivants :
9e Léger (Colonel Meunier), 3 Bataillons, 44 Officiers, 2210 hommes présents.
32e de Ligne (Colonel Darricau), 2 Bataillons, 57 Officiers, 2141 hommes présents.
96e de Ligne (Colonel Barrois), 2 Bataillons, 57 Officiers, 2184 hommes présents.
Total : 7 Bataillons, 178 Officiers, 6535 hommes (E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 333).

Au moment où le Général Dupont reçoit l’ordre de quitter Cologne pour se rendre à Würzburg, sa Division occupe les emplacements ci-après : 1er de Hussards, à Coblentz ; 9e d'Infanterie légère, à Bonn; 32e et 96e de Ligne, et Artillerie, à Cologne. Ces corps se mettent en marche le 23 septembre et font la route jusqu'à Würzburg en dix jours, ainsi qu'il suit :
23 septembre 1806. — Départ du 1er Régiment de Hussards, de Coblenz pour Boppard ; du 9e d'Infanterie légère, de Bonn à Andernach ; des 32e et 96e et de l'Artillerie, de Cologne à Bonn.
24 septembre 1806. — Départ du 1er de Hussards, de Boppard à Bacharach ; du 9e d'Infanterie légère, d'Andernach à Coblenz ; du 96e pour Sinzig ; du 32e et de l’Artillerie pour Andernach.
25 septembre 1806. Le 1er Régiment de Hussards se rend de Bacharach à Bingen ; le 9e d'Infanterie légère à Bacharach ; le 96e de Ligne à Coblenz ; le 32e de Ligne, à Kapellen, Rhens, Spay, Ober et Nieder-Spay ; l'Artillerie à Boppard.
26 septembre 1806. Le 1er Régiment de Hussards arrive à Mayence ; le 9e d'Infanterie légère à Bingen et en avant ; le 32e à Bacharach et en avant ; le 96e à Saint-Goar ; l'Artillerie à Bacharach.
27 septembre 1806. Le 1er Régiment de Hussards séjourne à Mayence ; le 9e et le 32e y arrivent avec l'Artillerie ; le 96e reste en arrière dans les villages de Nieder-Ingelheim, Ober-Ingelheim, Wackernheim, etc.
28 septembre 1806. Le 1er Régiment de Hussards se rend à Offenbach ; le 9e, le 32e et l'Artillerie à Francfort ; le 96e à Höchst et villages voisins.
29 septembre 1806. Le 1er de Hussards, le 9e, le 32e et l'Artillerie à Aschaffenburg ; le 96e à Seligenstadt.
30 septembre 1806. Le 1er Régiment de Hussards à Trennfurt et villages voisins ; le 9e à Esselbach et villages voisins ; le 32e à Bischbrunn et Steinmarck ; le 96e à Bessenbach et villages voisins ; l'Artillerie bivouaque à Rohrbrunn.
1er octobre 1806. Le 1er Régiment de Hussards à Hettstadt, etc. ; le 9e à Uttingen et villages voisins ; le 32e à Reimlingen et autres villages ; le 96e à Esselbach et villages voisins ; l'Artillerie à Lengfurt à 2 lieues en arrière.
2 octobre 1806. L'état-major général à Würzburg ; le 1er Régiment de Hussards à Thüngersheim ; le 9e et l'Artillerie à Veitshöchheim ; le 32e à Versbach ; le 96e, un Bataillon à la citadelle de Würzburg et l'autre à Unter-Dürrbach.
3 octobre 1806. Le 1er Régiment de Hussards est détaché de la Division. Séjour à Würzburg (E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 334 - Note : Ces renseignements sur les mouvements de la Division Dupont sont tirés en partie du Journal des Marches et Cantonnements de cette Division pendant les campagnes de 1806 et 1807, se trouvant dans les papiers du Général Dupont, mis à disposition M. le Comte Dupont, son petit-fils, et qui n'existe pas aux Archives de la guerre).

Le 28 septembre 1806, le Général Chabot écrit, depuis Mayence, au Général Dejean, Ministre directeur de l’Administration de la Guerre : "Monsieur Dejean, faites partir sans délai un officier, un sergent-major, deux sergents, quatre caporaux et 200 hommes du 32e pour Mayence où ils recevront des ordres pour rejoindre leurs régiments ..." (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 1, lettre 705 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 13115).

L'Ordre de la Division, du 2 octobre, assigne les cantonnements pour le lendemain, savoir : "La division sera cantonnée demain ainsi qu'il suit :
... Le 32e régiment à Veitshöchheim ...
MM. les colonels enverront demain l'état des objets d'armement qu'ils ont reçus des magasins de Mayence, ainsi que des objets d'ambulance.
Le général de division,
Signé : Dupont.
MM. les colonels rendront compte de leur position dans leurs cantonnements et des ressources qui s'y trouvent
" (E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 338).

La Division part pour Deltelbach, petit bourg de 350 feux. Elle marcha le 5 sur Burgelbrach ; sa marche est retardée au village de Schwarzenau, sur le Main, n'ayant pu traverser cette rivière qu'à l'aide d'un grand bac susceptible de recevoir deux voilures. Le 9e Léger cantonne à Burgelbrach, le 32e à Gehag, et le 96e à Burgenheim. Le 1er Régiment de Hussards est resté à Würzburg, par ordre du Major général, pour servir auprès de l'Empereur jusqu'à l'arrivée de sa Garde à cheval. De Würzburg, le 5 octobre, l'Empereur informe le Maréchal Bernadotte qu'il attache la Division Dupont à son Corps d'armée; la Division Dupont devient ainsi 1re Division du 1er Corps d'armée (E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 339).

Le même 5 octobre 1806, le Colonel Darricau, du 32e, écrit au Général Dupont : "J'ai l'honneur de vous rendre compte que, conformément à votre ordre du jour du 3, j'ai passé la revue du régiment. Chaque homme est pourvu de 50 cartouches, de 3 pierres à feu et de son épinglette. Il fut délivré, à Düsseldorf, un tire-bourre par homme, la plupart l'ont conservé ; chaque soldat a 2 paires de souliers dans le sac.
Les capotes existantes au régiment furent envoyées à Paris au mois de juillet à l'époque où le corps reçut l'ordre de s'y rendre. Il n'existe nulles marmites, gamelles ni bidons, et le conseil d'administration manque de fonds pour se les procurer.
L'armement est en bon état, et pas de baïonnettes manquantes.
Ci-joint l'état nominatif des hommes restés au dépôt de Wurzburg
" (E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 339).

La Division Dupont se rend, le 6 octobre, à Bamberg. Le 9e Régiment cantonne dans le faubourg, le 32e dans les villages en arrière sur la droite, et le 96e sur la gauche (E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 340).

Un Ordre de la Division Dupont, en date du 6 octobre, indique comment doivent marcher les Corps qui la composent, savoir :
"Bamberg.
La division marchera désormais dans l'ordre suivant :
Les différents corps suivront habituellement dans la marche leur ordre de bataille.
La 1re brigade sera suivie immédiatement par son artillerie composée de 2 pièces de 6 et un obusier.
La 2e aura 4 pièces de 6 qui marcheront immédiatement après le 32e avec leurs caissons de munitions et les hommes nécessaires pour les servir.
Le reste de l'artillerie formera la réserve et marchera après le 96e ...
" (E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 343).

/ 1807

Les troupes du 1er Corps d'armée restent pendant douze jours dans leurs cantonnements provisoires : la 1re Division ayant son Quartier général à Szumsk (9e Léger à Krinowloga, 32e de ligne à Dzierzowo, 96e de Ligne à Kilki et environs); la 2e Division détachée à Thorn ; la 3e Division, Quartier général à Szrensk (27e Léger à Mlawa et environs, le 94e de Ligne à Soldau et environs, le 95e de ligne à Szrensk et environs); le Grand Parc (Colonel Navelet) à Podgorz, rive gauche de la Vistule (E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 464).

"Ordre de mouvement.
Le général Dupont partira demain, 21 du courant, à 10 heures précises du matin, avec le 96e régiment, un bataillon du 32e, un bataillon du 9e et la Brigade de dragons pour se rendre à Elbing, passant par Preuss-Marck. Il y arrivera serré et de manière à pouvoir surprendre la ville où, suivant les rapports, il doit se trouver 7 à 800 hommes d'infanterie, et un ou deux escadrons de cavalerie.
Le général Dupont laissera à Holland le colonel Darricau avec un bataillon de son Régiment ; deux compagnies de ce bataillon seront placées l'une à Marienfelde et l'autre à Steegen.
Le général Dupont laissera aux ordres du général Tilly le colonel Meunier, un bataillon du 9e et deux pièces d'artillerie.
Le général Tilly partira de ses cantonnements à 9 heures précises du matin, avec la division de cavalerie légère et les troupes que lui laisse le général Dupont. Il se dirigera sur Mühlhausen et, après avoir fait reconnaître si l'ennemi occupe cette ville, il y fera entrer l'infanterie dans le cas où l'ennemi ne fût pas en état d'y opposer une grande résistance.
La cavalerie légère sera cantonnée à Herrendorf, Schönfeld, Sumpf, et villages environnants.
Le 2e de hussards sera placé en 2e ligne pour pouvoir faire ferrer ses chevaux.
Les généraux Dupont et Tilly communiqueront ensemble par des détachements afin de pouvoir se secourir mutuellement.
Le Prince suivra l'un ou l'autre mouvement ; mais il ordonne aux deux généraux de correspondre entre eux toutes les heures et de se prévenir mutuellement de ce qu'ils apprendront de l'ennemi.
Les compagnies du 9e restées en arrière rentreront à leur régiment.
Le général Tilly arrivé à Mühlhausen enverra de fortes reconnaissances sur la route de Braunsberg, Mehlsack et Wormditt.
Tous les soldats malades et les chevaux éclopés seront envoyés à Holland.
Le général Dupont donnera les ordres au colonel Meunier pour la rentrée des compagnies.
J. Bernadotte
" (E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 468).

Le lendemain, ayant appris que l'ennemi s'était porté sur Mühlhausen, le Maréchal Bernadotte prescrit au Général Dupont de laisser le 9e Léger en entier, à Holland, à la disposition du Général Tilly. "Vous marcherez, écrit le Prince, avec le 96e régiment et un bataillon du 32e, et votre brigade de dragons. Vous donnerez l'ordre au colonel Darricau d'établir un service de surveillance ; il se servira, au besoin, des hommes qui restent icy avec les chevaux éclopés" (E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 468).

Le 21 janvier 1807, Napoléon écrit depuis Varsovie, au Maréchal Berthier : "... Je ne conçois pas comment le détachement du 32e de ligne vient à Varsovie. C'est la faute des généraux qui commandent à Küstrin et à Posen … Les bagages du 32e de ligne viennent également d'arriver à Varsovie" (Correspondance de Napoléon, t.14, lettre 11675 ; Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 14137).

"GRANDE ARMÉE
1er Corps
Au Quartier Général à Elbing, le 23 janvier 1807.
Etat-Major Général.
Ordre de Mouvement pour le 24 janvier 1807.
Le Général Dupont fera partir demain 24 janvier le bataillon du 9e régiment qui est à Braunsberg, et se dirigera sur Mühlhausen.
Le bataillon qui est à Mühlhausen sera dirigé sur Neuendorf et environs près de Holland.
Le bataillon du 32e et celui du 96e, qui sont entre Elbing et Holland, seront cantonnés près de Holland sur la route de Mohrungen ...
Le Général Tilly fera suivre par le 5e de chasseurs le mouvement du bataillon qui part de Braunsberg. Ce régiment se repliera sur Mühlhausen avec ce bataillon ...
Mouvements du 25.
Le Général Dupont concentrera sa Division entre Holland et Mohrungen exclusivement. Il mettra le plus de monde qu'il sera possible dans les villages près de Mohrungen ...
Les généraux Tilly et Dupont donneront des ordres pour éclairer les débouchés de la Passarge ...
Le quartier général du Maréchal Prince de Ponte-Corvo sera demain à Holland, et le 25 à Mohrungen ; c'est là qu'on lui adressera les Rapports.
MM. les Généraux donneront toutes les instructions de détail ; ils sont prévenus que tous ces mouvements sont commandés par ceux de l'ennemi qui a levé ses quartiers d'hiver et a inquiété la marche du Maréchal Ney ...
Le Maréchal Prince de Ponte-Corvo,
Bernadotte
" (E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 473).

Dans la matinée du 24, le Colonel Darricau, du 32e Régiment, à Holland, rend compte au Général Dupont, qu'il n'y a rien de nouveau à Mohrungen, et que Liebstadt est occupée par 3 Compagnies et de la cavalerie (E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 478).

"Pendant ce temps, le général Dupont, qui débouchait de la route de Preussich-Holland avec les 32e et 96e régiments, reçu l’ordre de se diriger de Wiese sur Georgenthal, afin de tourner la droite de l’ennemi" (Bernadotte à l'Empereur, 26 janvier 1807 - Cazalas E. : « Mémoires du Général Bennigsen », tome 1, page 151 et suivantes).

Au moment d'engager le combat, le Maréchal Bernadotte envoie son premier Aide de camp à la rencontre du Général Dupont, pour lui dire de se hâter et de déboucher par Wiese sur Georgenthal, de manière à tomber sur le flanc droit de l'ennemi en menaçant de le tourner. — La 1re Division a pris les armes à Elbing, à deux heures du matin, et, sans se reposer, sans manger, ces admirables soldats ont fourni une marche de douze lieues, par de très mauvais chemins, où l'artillerie a peine à avancer. Il est trois heures du soir, lorsque le Général Dupont se présente à Neuhof, à trois quarts de lieue de Mohrungen, avec un Bataillon du 9e Léger (Commandant Rameau), le 32e de Ligne, le 96e, et la cavalerie légère (2e de Hussards et 5e de Chasseurs).

Dans la marche de la 1re Division d'Elbing sur Mohrungen, le 32e Régiment court un terrible danger, dont il n'est sauvé que par le sang-froid et l'énergie du Général Dupont. Au moment où l'on découvre les lignes russes et où la 1re Division fait force de marche pour prendre part au combat, le 32e Régiment, fatigué de gravir les petits monticules qui se succédent presque sans interruption sur sa route, s'engage, pour arriver plus vite à l'ennemi, sur une pente couverte de neige. Tout à coup, des craquements significatifs se produisent sous les pieds des hommes ; on est sur un lac !... les soldats se regardent avec inquiétude. Si la panique se produit, le Régiment peut être englouti. Le Général Dupont rassure son monde : "Nous sommes, dit-il à haute voix, sur une prairie où il y a seulement quelques pouces d'eau". La traversée se fait sans encombre. La plaine était bien un lac qui avait trente pieds de profondeur (E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 484).

Dans ses Mémoires, le Général Dupont raconte : "… Le terrain, couvert d'une neige peu profonde, offrait des mamelons sans nombre et très rapprochés ; une petite plaine cependant s'ouvre devant nous, et le 32e, fatigué de monter et de descendre ces petites collines, marche plus prompt sur cet espace aplani. Il marchait serré en masse et j'étais à sa tête. Bientôt des craquements redoublés nous annoncent que la glace, que nous a dérobée ce voile de neige, est prête à céder sous nos pieds, et l'inquiétude commence à se manifester dans nos rangs.
Nous sommes, dis-je alors à haute voix, sur une prairie où il y a seulement quelques pouces d'eau. A ces mots, le soldat rassuré ne fait plus que rire des craquements de la glace qu'il foule audacieusement, et nous franchissons enfin ce que nous avions pris pour une prairie, qui eût pu devenir un gouffre sous nos pas, car nous apprîmes bientôt que c'était un petit lac de trente pieds de profondeur. Ce danger a beaucoup égayé la troupe lorsqu'elle l'a connu ...
" (Mémoires inédits du général Dupont, Arch. Dupont - E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 485).

Après une heure de combat, l'ennemi, se voyant tourné sur sa droite, par Georgenthal, abandonne sa position et se retire dans le plus grand désordre sur la route de Liebstadt. Il est vivement poursuivi par le 32e de Ligne et sabré par les Dragons et la cavalerie légère du Général Tilly ; le Général Laplanche a son cheval tué sous lui. La nuit, qui survient, empêche de pousser plus avant la poursuite.

Le Journal de la Division mentionne ainsi cet engagement : "Dans la nuit du 24 au 25, les 9e léger, 32e et 96e de ligne prirent les armes et se mirent immédiatement en route. A trois heures du soir, ils avaient fait 12 lieues et se mettaient en bataille sur le plateau en avant du village de Neuhof, distant d'environ trois quarts de lieue de Mohrungen. Les deux autres divisions, qui avaient précédé celle du général Dupont, étaient en position à droite de cette ville. Dans ce même moment, l'avant-garde de l'armée russe, forte d'environ 10000 hommes, débouchait et se formait en avant du village de Georgenthal. Des tirailleurs furent envoyés de part et d'autre et bientôt l'affaire devint générale et sur toute la ligne. Ce village, vivement défendu par l'ennemi, fut enlevé à la baïonnette par un bataillon du 9e d'infanterie légère. Ce premier choc ébranla l'ennemi et le força à la retraite, après une heure de combat dans lequel il perdit quelques centaines d'hommes tués ou faits prisonniers. Notre perte fut légère. Pendant que l'on se battait, les Cosaques parvinrent à tourner la ville de Mohrungen, y pénétrèrent et s'emparèrent d'une partie des équipages. Le général Pacthod avait fait la faute de ne pas y laisser une garde suffisante. — Malgré ce succès, le prince de Ponte-Corvo, qui savait que l'armée russe et le corps prussien étaient en mouvement, prit la sage résolution de battre en retraite sur Thorn, pour donner le temps à l'Empereur, qui était à Varsovie, de savoir ce qui se passait et de secourir le 1er corps d'armée" (Journal des marches et cantonnements de la division Dupont, Archives Dupont - In E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 484).

Les troupes victorieuses prennent position sur le champ de bataille : le 27e Léger bivouaque en avant de Georgenthal, à gauche de la route de Liebstadt, et à droite de cette même route, s'établit le 9e Léger, ayant en avant de lui des postes de cavalerie légère; le 32e et le 96e occupent Georgenthal, avec les 2e et 4e Régiments de Hussards et le 18e de Dragons; un Bataillon du 8e de Ligne et le 94e se placent en arrière de Georgenthal ; un Escadron de cavalerie légère et deux Compagnies d'infanterie s'installent à Wiese pour surveiller la route de Rolland (E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 484).

Le Prince de Ponte-Corvo rend compte du combat de Mohrungen par le rapport suivant, daté de Mohrungen, le 26 janvier 1807 : "Pendant ce temps, le Général Dupont, qui débouchait de la route de Rolland avec les 32e et 96e régiments, eut l'ordre de se diriger de Wiese sur Georgenthal, afin de tourner la droite de l'ennemi. Il arriva à ce village en même temps que les troupes de l'attaque de front. Un bataillon du 32e s'y précipita le premier (1) ; l'ennemi fut horriblement maltraité. Tout ce qui se trouvait dans le village fut tué ; on ne fit de prisonniers que ceux qui se cachèrent dans les maisons. L'ennemi fut encore poursuivi jusqu'à une demi-lieue au delà de Georgenthal. La nuit nous empêcha d'aller plus loin ; toutes les troupes bivouaquèrent en avant du village ..." (Note : Il y a là une erreur ; le village de Georgenthal fut enlevé par le bataillon du 9e léger du commandant Rameau, qui fut blessé. Comme le marque le Précis historique des campagnes du 1er corps, c'est à l'attaque qui suivit la prise du village et à la poursuite des Russes, que le 32e se distingua (Voir aussi le Journal des marches de la division Dupont). Pourtant le Ggénéral Girod (De l'Ain), alors Sous-lieutenant au 9e Léger, dit que ce Bataillon fut peu engagé - E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 485).

Il est à remarquer que le 54e Bulletin de la Grande Armée dit, à propos de l'affaire de Mohrungen, que "la division Dupont arriva au moment où le combat finissait et ne put y prendre part" ; ce qui est absolument contraire aux faits, puisque, dans son rapport, le Maréchal Bernadotte cite comme s'étant distingués dans ce combat, le Général Dupont, le Colonel Darricau du 32e, les Chefs de bataillon Rameau et Bouge du 9e Léger (E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 487).

Le 55e Bulletin de la Grande armée, daté de Varsovie, le 29 janvier 1807, est plus complet : "Voici les détails du combat de Mohrungen :
Le maréchal prince de Ponte-Corvo arriva à Mohrungen avec la division Drouet, le 25 de ce mois, à onze heures du matin, au moment où le général de brigade Pacthod était attaqué par l'ennemi.
Le maréchal prince de Ponte-Corvo fit attaquer sur-le-champ le village de Pfarrersfeldchen par un bataillon du 9e d'infanterie légère. Ce village était défendu par trois bataillons russes, que l'ennemi fit soutenir par trois autres bataillons. Le prince de Ponte-Corvo fit aussi marcher deux autres bataillons pour appuyer celui du 9e. La mêlée fut très-vive; l'aigle du 9e régiment d'infanterie légère fut enlevée par l'ennemi ; mais, à l'aspect de cet affront dont ce brave régiment allait être couvert pour toujours, et que ni la victoire ni la gloire acquise dans cent combats n'auraient lavé, les soldats, animés d'une ardeur inconcevable, se précipitent sur l'ennemi, le mettent en déroute et ressaisissent leur aigle.
Cependant la ligne française, composée du 8e de ligne, du 27e d'infanterie légère et du 94e, était formée. Elle aborde la ligne russe, qui avait pris position sur un rideau. La fusillade devient vive et à bout portant.
A l'instant même le général Dupont débouchait de la route de Holland avec les 32e et 96e régiments. Il tourna la droite de l'ennemi. Un bataillon du 32e régiment se précipita sur les Russes avec l'impétuosité ordinaire à ce corps ; il les mit en désordre et leur tua beaucoup de monde. Il ne fit de prisonniers que les hommes qui étaient dans les maisons. L'ennemi a été poursuivi pendant deux lieues. La nuit a empêché de continuer la poursuite. Les comtes Pahlen et Galitzin commandaient les Russes. Ils ont perdu 300 hommes faits prisonniers, 1,200 hommes laissés sur le champ de bataille et plusieurs obusiers. Nous avons eu 100 hommes tués et 400 blessés.
Le général de brigade Laplanche s'est fait distinguer. Le 19e de dragons a fait une belle charge sur l'infanterie russe. Ce qui est à remarquer, ce n'est pas seulement la bonne conduite des soldats et l'habileté des généraux, mais la rapidité avec laquelle les corps ont levé leurs cantonnements et fait une marche de nuit très-forte pour toutes autres troupes, sans qu'il manquât un seul homme sur le champ de bataille. Voilà ce qui distingue éminemment des soldats qui ne sont mus que par l'honneur …
" (Panckoucke : « Oeuvres de Napoléon Bonaparte », 1821-1822, t. 4, p. 160 ; Correspondance de Napoléon, t.14, lettre 11737).

Le 27 janvier 1807, Bernadotte écrit, depuis Liebemühl, à l'Empereur : "... Il est de mon devoir de prévenir Votre Majesté que le 1er Corps, qui n'a pas encore eu huit jours de repos depuis son entrée en campagne, est, en outre, extrêmement affaibli par les pertes qu'il a faites dans les diverses affaires où il s'est trouvé. Les Divisions Rivaud et Drouet n'ont pas ensemble plus de 7000 hommes d'infanterie. Dans la journée d'avant-hier, le 8e régiment d'infanterie et le 27e d'infanterie légère ont encore beaucoup souffert. Il n'existe pas à chacun de ces régiments plus de mille hommes présents sous les armes. Je prie Votre Majesté de vouloir bien ordonner que les détachements qui ont été retenus à Custrin, Stettin et Varsovie rejoignent promptement leurs corps. Je viens d'apprendre qu'il se trouve dans cette ville environ cinq cents hommes des 8e, 45e et 54e régiments.
En rendant compte à Votre Majesté de la belle conduite de ses troupes à l'affaire de Mohrungen, j'ai omis de nommer les officiers qui se sont fait remarquer.
Le général Pacthod a été blessé, après avoir combattu avec la plus grande valeur. Le général Laplanche s'est parfaitement conduit; il a eu un cheval tué sous lui. Les colonels d'infanterie Darricau, Razout et Charnotet ont fait des prodiges de valeur ...
" (E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 487).

Le 29 janvier 1807, le Général Dupont écrit, depuis Lobau, à son épouse :
"Le 32e s'est aussi bien distingué dans l'affaire de Mohrungen dont je t'ai parlé. Le 96e et son colonel méritent toujours les mêmes éloges ..." (E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 495).

"29 janvier 1807 . — Le 29, les troupes (1re Division) se dirigèrent sur Löbau. Le 9e léger occupa Rosenthal, le 32e Kazanitz, et le 96e avec l'état-major de la Division s'établirent à Bischwald. A peine arrivé, on entendit une fusillade au village de Grabau, qui était gardé par un escadron du 4e régiment de hussards, et 2 compagnies du 9e d'infanterie légère, commandés par le général de brigade Cambacérès. Le général Dupont fit aussitôt prendre les armes à sa Division et marcha rapidement sur Grabau. Chemin faisant, il apprit que deux régiments de hussards noirs et une centaine de Cosaques avaient tenté d'enlever les troupes qui se trouvaient dans ce village ; mais à l'approche de cette cavalerie, les deux compagnies du 9e léger et l'escadron du 4e de hussards avaient eu le temps de prendre une bonne position et de former le carré. Le feu de l'infanterie, fait à propos, déconcerta l'ennemi et l'obligea à se retirer sur-le-champ, en laissant sur le terrain plusieurs morts, dont un colonel et un capitaine, et quelques blessés. Les Français eurent à regretter un capitaine de hussards tué, et quelques hommes faits prisonniers. On admira le courage, le sang-froid et la bravoure que ce détachement montra dans cette circonstance difficile : il en reçut des éloges du Prince" (Journal des marches et cantonnements de la division Dupont, Archives Dupont - In E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 496).

"30 janvier (1/2 lieue). — Le lendemain, à sept heures du matin, la Division (1re) se rendit sur le plateau de la petite ville de Löbau, à une demi-lieue de Bischwald. Le 9e Régiment prit position en arrière de la ville et fut chargé de la défendre; le 32e et le 96e se mirent en bataille en avant, à la droite de la Division Drouet. La 3e Division fut placée en réserve. Toute la journée se passa dans cette position à attendre l'ennemi, mais il ne parut pas, et à la nuit tombante les régiments établirent leurs bivouacs. Le quartier général de la Division et le 9e léger occupèrent Bischwald.
Les renseignements parvenus au prince de Ponte-Corvo lui ayant fait connaître que plusieurs colonnes d'infanterie ennemie se dirigeaient par notre droite et notre gauche sur Thorn, S. A. fit lever le camp le 31, à 5 heures du matin, et continuer le mouvement de retraite
" (Journal des marches et cantonnements de la division Dupont, Archives Dupont - In E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 497).

"31 janvier (9 lieues). — Nos régiments (1re Division) formèrent de nouveau l'arrière-garde. A une petite distance de Löbau, on aperçut sur les hauteurs à droite de la route environ quatre escadrons de hussards ennemis qui observaient nos mouvements. Quelques instants après ils inquiétèrent l'arrière-garde par des tirailleurs et ralentirent la marche, qui fut également retardée par les Divisions Drouet et Rivaud et les équipages qui nous précédaient. Il était sept heures du soir lorsque la division put prendre position. L'état-major et le 9e léger s'établirent à Scramawo ; le 32e et le 96e bivouaquèrent dans deux villages voisins (Journal des marches et cantonnements de la division Dupont, Archives Dupont - In E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 499).

"5 février (6 lieues). — Le 5, la division (1re) se rendit à Löbau. L'état-major et le 9e léger s'établirent de nouveau à Bischwald, le 32e à knzanitz et le 96e à Ratzone. Les habitants assurèrent que 1200 hussards noirs et quelques centaines de Cosaques avaient occupé ces villages pendant plusieurs jours, et qu'ils en étaient partis peu de temps avant l'arrivée de nos troupes ; ils ajoutèrent que l'ennemi était en pleine retraite" (Journal des marches et cantonnements de la division Dupont, Archives Dupont - In E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 507).

"7 février (7 lieues). — On sut par les habitants, les officiers prisonniers, et les rapports des reconnaissances, que l'ennemi se retirait sur Mohrungen. Dès le lendemain matin, on se dirigea sur cette ville ; mais pendant la route on fut informé que le maréchal Ney avait battu l'ennemi le 5 à Mohrungen, lui avait pris 3000 hommes et 20 pièces de canon, et qu'il était à sa poursuite. La division arriva à 2 heures du soir ; l'état-major et le 96e régiment cantonnèrent au village de Wiese, le 9e léger et le 32e de ligne s'établirent dans celui de Georgenthal. Les habitants rapportèrent que le général en chef Benningsen et le prince Bagration avaient logé à Wiese pendant 7 jours avec beaucoup d'infanterie et de cavalerie russes (Journal des marches et cantonnements de la division Dupont, Archives Dupont - In E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 510).

Le 8 février, la marche du 1er Corps continue vers le Nord; le Quartier général est à Reichertswalde. Les troupes de la 1ère Division occupent les emplacements suivants : le 9e Léger à Krückehnen ; le 32e et le 96e à Reichwalde et Pfeifferswalde (E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 513).

"11 février (4 lieues). — Les Régiments (1re Divon) bivouaquèrent au village de Palauen, et se dirigèrent le lendemain 11 sur Eylau. A une petite distance de cette ville, le chef d'état-major du 1er corps fit connaître au général Dupont les cantonnements qui étaient assignés à la Division. Ils furent répartis ainsi qu'il suit :
L'état-major de la Division à Althof.
Le 96e de ligne à Althof et à Strobehnen.
Le 9e d'infanterie légère à Possmahlen, Wogau et Waldkeim.
Le 32e d'infanterie légère à Leissen, Jöhken, et Grawentien.
Le quartier général du Prince de Ponte-Corvo, à Goercken.
Arrivés à Eylau, nous sûmes que l'ennemi, qui en avait été chassé le 7 au soir par l'avant-garde commandée par le prince Murat, avait attaqué l'armée française le 8 à 6 heures du matin, au moment où elle allait se mettre de nouveau à sa poursuite. Le choc fut terrible. On se battit pendant 12 heures avec une égale opiniâtreté, et la nuit seule mit fin au combat. La victoire ne resta aux Français que parce que l'ennemi se relira pendant la nuit. La perte de celui-ci fut portée à 20000 hommes, celle de l'armée française à 15000. Le champ de bataille était jonché de cadavres. Plusieurs régiments furent défaits en entier, d'autres réduits à moitié. L'Empereur passa la revue des corps d'armée, les réorganisa et fit de nombreuses promotions dans tous les grades.
12 février. — Dans la nuit du 12 au 13, un incendie éclata à Althof où se trouvait le quartier général de la Division. La violence du vent fut telle qu'en quelques instants la moitié du village fut entièrement brûlée ; plusieurs hommes et chevaux périrent dans cet incendie. La Division y perdit ses ambulances.
La Division conserva les mêmes cantonnements le 12 et le 13 février
" (Journal des marches et cantonnements de la division Dupont, Archives Dupont - In E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 518).

"14 février (4 lieues). — Le 14, à 4 heures du matin, elle (1r e Division) alla prendre position au village de Soeben, d'où elle partit à 3 heures du soir pour se rendre à Kreutzburg. L'état-major, le 9e léger et le 32e logèrent dans la ville; le 96e s'établit en arrière du village de Porschkam. Nous apprîmes alors que l'armée se retirait sur la rive gauche de la Passarge, pour y attendre des renforts et se reposer. Les troupes aux ordres du général Dupont se dirigèrent dès le lendemain sur Mühlhausen, où elles arrivèrent le 23" (Journal des marches et cantonnements de la division Dupont, Archives Dupont - In E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 522).

Le 15 février, le Maréchal Bernadotte fait savoir au Général Dupont que le Colonel Darricau, du 32e, est nommé Général de Brigade (E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 520).

Le 21 février 1807, le Général Dupont fait entrer dans Wormditt le 32e et le 96e de ligne; le 9e Léger occupe Bornitt et Kleefeldt avec un Bataillon, Heinrickau et Komainen avec l'autre Bataillon (E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 526).

Les Régiments de Dupont, prévenus dans la nuit, se trouvent réunis le 26, au point du jour. Les effectifs, très réduits, ne dépassent pas, au total, 6000 hommes, y compris la cavalerie légère.
Pour diviser l'attention de l'ennemi, le Général forme ses troupes en deux colonnes : celle de droite, composée du 9e Léger et du 5e de Chasseurs, est placée sous les ordres du Général Labruyère ; elle doit longer la Passarge et déboucher par Pettelkau. La colonne de gauche, la plus importante, conduite par le Général Dupont en personne, et par le Général Barrois, est formée des 24e, 32e et 96e Régiments de ligne, et des 2e et 4e de Hussards ; elle s'avance par la route de Mühlhausen et débouche par Rautenberg.
En sortant de Braunsberg dans la direction du Sud, on rencontre un ravin profond, au delà duquel sont les villages de Zagern, à gauche, et de Slangendorf, à droite. L'ennemi a mis dans Zagern un détachement important, mais le gros de ses forces est en arrière de Stangendorf, barrant la route.
Le Général Labruyère arrive devant Zagern à deux heures ; il attaque le village et l'enlève sous une fusillade très vive ; le 9e Léger, conduit par le vaillant Colonel Meunier, y montre sa bravoure accoutumée et prend deux pièces de canon. L'ennemi est rejeté vers Braunsberg, au delà du ravin.
De son côté, le Général Dupont, ayant chassé les avant postes ennemis de Wittenberg, fait ses dispositifs pour aborder la position de Stangendorf. Le 32e de ligne se déploie à droite de la route, pendant que le 96e se porte rapidement sur le village ; le 24e, formé en colonne, reste en seconde ligne et suit le mouvement. Le 2e et le 4e de hussards manœuvrent de façon à se trouver tantôt sur les ailes, tantôt dans l'intervalle des Régiments, suivant la disposition du terrain. Quoique l'ennemi occupe, sur les hauteurs en arrière de Stangendorf, une position très avantageuse, il ne peut résister à l'impétuosité de l'attaque du Général Dupont. Le 24e s'illustre dans cette rude affaire; à la vue des progrès des Russes, l'intrépide Colonel Sémélé lance son Régiment à la baïonnette; celui-ci charge avec une rare vigueur, et compromet la retraite de l'adversaire en le tournant sur sa droite. A la faveur de ce précieux concours, la position nous reste. L'ennemi, culbuté et vigoureusement mené, se replie précipitamment au delà du ravin et prend une nouvelle position adossée aux portes et aux murailles mêmes de la ville. Il se reforme aussitôt sur ces nouvelles positions en arrière et dans la ville même, où il tient avec une ténacité et un courage remarquables.
Le temps est affreux; des tourbillons d'une neige épaisse fouettent les soldats au visage et leur cachent l'ennemi qui, abrité derrière les murs et clôtures des jardins, dirige un feu très vif sur les assaillants ; on ne distingue pas au delà de vingt pas. Mais rien ne peut arrêter les soldats de Dupont ; profitant de quelques éclaircies, ils s'élancent à la baïonnette, enfoncent Russes et Prussiens et pénètrent dans Braunsberg, en même temps que le colonel Meunier et le 9e Léger y arrivent sur la droite. Fantassins et cavaliers, rivalisant de courage et d'entrain, se jettent dans les rues pêle-mêle avec les fuyards dont ils massacrent un grand nombre. L'ennemi se précipite vers le pont et franchit la Passarge dans un désordre inexprimable. On le poursuit jusqu'à Rasiedelburg. Entrainé par sa bouillante ardeur, le 24e s'attache aux pas du vaincu et ne s'arrête que quand l'ordre formel lui en est donné. Il laisse entre nos mains 1500 prisonniers, 9 pièces de canon et un drapeau (E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 529).

Le Journal de la 1re Division décrit ainsi le combat de Braunsberg : "26 février (8 lieues). — Mühlhausen et quelques villages voisins avaient été désignés à la Division pour ses cantonnements définitifs, mais la ville de Braunsberg, qui se trouvait à l'extrême gauche de l'armée, était occupée par 5000 Prussiens et 6000 Russes, et il devenait important de s'en emparer. Le général Dupont fut chargé de cette glorieuse mission.
En conséquence, il réunit sa Division le 26 février à 5 heures du matin et marcha sur Braunsberg. Pendant la route, on aperçut plusieurs patrouilles qui se replièrent successivement. A une demi-lieue de la ville, le général fit arrêter la colonne, examina le plus loin possible le terrain qui le séparait de la ville, et prescrivit toutes les dispositions d'attaque. Une grande partie de la Division se déploya ; le reste continua à inarcher en colonne. Peu après, les tirailleurs rencontrèrent les avant-postes ennemis ; la fusillade se fit entendre et ne tarda pas à devenir générale. Après un combat très vif de plusieurs heures, le général ordonna une charge à la baïonnette. L'aide de camp Barbarin fut chargé par le général Dupont de donner cet ordre et d'en suivre l'exécution ; il entra un des premiers dans la ville. Les régiments marchèrent à l'ennemi avec une brillante audace, prirent ou tournèrent les ouvrages qui défendaient les approches de la ville, et y pénétrèrent pêle-mêle avec les Russes et les Prussiens, qui fuirent dans le plus grand désordre, en laissant au pouvoir des Français 1500 prisonniers, 9 pièces de canon et un drapeau. La nouvelle de ce succès, obtenu peu de temps après la bataille d'Eylau, fut accueillie avec enthousiasme par toute l'armée, et produisit un effet sublime sur son moral.
On s'établit à Braunsberg. Le 9e léger logea dans le faubourg sur la rive droite de la Passarge, le 32e et le 96e dans la ville sur la rive gauche, et le 24e de ligne, qui était venu renforcer la Division quelques jours auparavant, fut envoyé à Frauenburg, à 2 lieues de Braunsberg
" (Journal des marches et cantonnements de la division Dupont, Archives Dupont - In E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 535).

Le Général Dupont rend compte du combat de Braunsberg au Prince de Ponte-Corvo, par le rapport suivant :
"Monseigneur,
Je me suis, d'après vos ordres, porté hier sur Braunsberg pour m'emparer de cette ville. Elle était défendue par un corps de 8 à 10 mille hommes dont 3 mille Russes.
Nous avons marché sur deux colonnes. Le 9e d'infanterie légère et le 5e de chasseurs à cheval se sont dirigés par Pettelkau ; les autres troupes par Rautenberg. A deux heures après-midi, le général Labruyère qui commandait la colonne de droite, a trouvé l'ennemi à Zagern et l'a fait replier jusqu'au delà du ravin qui se trouve en avant de ce village. Le feu de la mousqueterie a été très vif, et le 9e régiment y a montré sa bravoure ordinaire et brillante. Pendant ce temps l'avant-garde de la colonne de gauche chassait les avant-postes ennemis de Wittenberg. Les troupes ont débouché hors du bois, et nous avons marché à l'ennemi, qui avait sa droite près du village de Stangendorf, et sa gauche au bois ; son artillerie avait une position favorable sur la hauteur.
Le 32e régiment s'est déployé à droite de la route. Le 96e s'est porté rapidement sur le village de Stangendorf où l'ennemi allait entrer. Le général Barrois a manœuvré avec habileté sur ce point. Le 24e suivit au centre et en colonne le mouvement des deux autres régiments. Le 2e et le 4e de hussards manœuvraient tantôt sur les ailes, tantôt dans l'intervalle des régiments.
C'est dans cet ordre que nous nous sommes emparés de la position de l'ennemi et que nous l'avons replié jusqu'au ravin profond qui couvre la ville, et où il a pris une nouvelle position. Nous avons alors formé des colonnes d'attaque et marché au pas de charge Le succès a été prompt, et ce mouvement a fait taire l'artillerie et la mousqueterie ennemies. Le ravin a été passé rapidement et nous nous sommes trouvés aux portes de la ville où le combat a recommencé contre les troupes qui arrivaient de la rive droite de la Passarge au secours de la ville. La vivacité du feu n'a pas suspendu longtemps l'impétuosité de l'attaque. Les bataillons se sont précipités sur l'ennemi et se sont emparés des portes de Braunsberg. Les rues de la ville ont été jonchées de morts, particulièrement des Russes, et dans la poursuite on a fait beaucoup de prisonniers. Leur nombre est de 1500 à 2000, y compris les blessés. Neuf pièces de canon, dont 3 russes, et un drapeau, sont aussi restés en notre pouvoir.
Le 24e régiment a rivalisé avec les autres corps de la Division, et mérité la même réputation d'audace et de fermeté. Le colonel Sémélé s'est beaucoup distingué.
Le chef de bataillon Bouge a parfaitement conduit le 32e et acquis de nouveaux droits au grade que j'ai demandé pour lui.
Le colonel Meunier a mérité des éloges ; et le général Barrois a justifié la confiance de l'Empereur, dans son nouveau grade.
Beaucoup d'officiers et de soldats ont mérité d'être cités, et je vous adresserai pour eux des demandes particulières.
Je suis bien flatté, Monseigneur, de la persuasion où je suis que Votre Altesse, instruira l'Empereur des nouvelles preuves de dévouement et de courage qu'a données ma division dans cette glorieuse affaire
" (E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 530).

Le Maréchal Bernadotte adresse au Major général le rapport suivant : "À Holland, ce 27 février 1807.
A S. A. S. le Prince de Neuchâtel, Major Gal de l'Armée,
Prince, j'ai l'honneur de vous transmettre les détails de la prise de Braunsberg.
Le Gal Dupont, que j'avais chargé de s'emparer de cette ville, s'y est porté avec sa Division et la cavalerie légère ; il a marché sur deux colonnes. Le 9e d'infanterie légère et le 5e de chasseurs à cheval se sont dirigés par Pettelkau ; les autres troupes par Rautenberg. A deux heures après midi, le Gal Labruyère, qui commandait la colonne de droite, a trouvé l'ennemi à Zagern et l'a fait replier jusqu'au delà du ravin qui se trouve en avant de ce village. Le 9e régiment a déployé dans cette circonstance, sa bravoure ordinaire.
Au même instant, l'avant-garde de la colonne de gauche chassait les avant-postes ennemis de Wittenberg.
Bientôt, toute la division a débouché hors du bois, et a marché à l'ennemi qui avait sa droite appuyée au village de Stangendorf, et son artillerie favorablement placée sur les hauteurs.
Le 32e s'est déployé à la droite de la route, et le 96e s'est porté rapidement sur le village de Stangendorf. Le 24e suivait au centre et en colonne. Les 2e et 4e régiments de hussards manœuvraient pour seconder les mouvements de toute la ligne.
L'ennemi a été, de suite, chassé de sa première position et a été contraint de se replier jusqu'au ravin profond qui couvre la ville de Braunsberg où il a pris une nouvelle position.
Alors le Gal Dupont a formé ses colonnes d'attaque, et l'on a marché au pas de charge. Le succès a été prompt et le mouvement rapide de nos troupes a fait taire l'artillerie et la mousqueterie ennemies. Le ravin a été passé et l'on est arrivé aux portes de la ville où le combat a recommencé contre les troupes ennemies renforcées de quelques bataillons arrivant de la rive droite. L'ennemi a fait ici un feu très vif et très nourri; mais rien n'a ralenti l'impétuosité de l'attaque. Nos bataillons se sont précipités dans la ville, et ont tout culbuté, à la baïonnette. Un grand nombre de morts, et surtout de Russes, est resté sur la place. En poursuivant le reste, on a fait beaucoup de prisonniers : leur nombre est d'environ 2000, y compris les blessés. Un drapeau et 9 pièces de canon, dont 3 russes, sont aussi restés en notre pouvoir. Le 9e régt d'infanterie légère a pris deux de ses pièces ; un escadron du 2e de hussards en a ramené trois, en chassant l'ennemi jusqu'à Einsiedelkrug. Le 24e régiment d'infanterie a pris un drapeau. Le 32e a aussi pris deux pièces. Le Gal Dupont se loue particulièrement de la conduite du 24e de ligne. Ce corps, nouvellement arrivé au corps d'armée, a rivalisé avec tous les autres régiments de la Division.
Le Gal Dupont cite parmi ceux qui se sont le plus distingués, le Gal Barrois, le Gal Lahoussaye commandant la division de cavalerie légère, M. Meunier, commandant le 9e léger; M. Sémélé, colonel du 24e ; M. Bouge, chef de bataillon au 32e et M. Hubinet, chef d'escadron au 2e de hussards.
Je ne vous reparlerai point, M. le Duc, du Gal Dupont ; il a confirmé dans cette nouvelle occasion l'opinion que tous les militaires ont déjà de ses talents et de son intrépidité.
Je renouvelle à Votre Altesse ...
J. Bernadotte.
P. S. — Les prisonniers et les canons seront demain ici ; je les dirigerai de suite sur le quartier impérial
" (E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 532).

Dans ses Mémoires, le Général Dupont donne, sur le combat de Braunsberg, des détails pleins d'intérêt : "A peine la division est-elle établie dans ses cantonnements sur la Passarge, qu'elle reçoit l'ordre de reprendre les armes et de marcher sur Braunsberg.
L'ennemi, devançant notre marche, s'était emparé de cette ville, située sur la Passarge ; elle formait la gauche de notre ligne, et sa possession nous devenait indispensable ; il fallait l'enlever avec d'autant plus de promptitude à l'ennemi, qu'elle lui donnait une position offensive et qu'il semblait tirer avantage de notre mouvement rétrograde.
Le 25, dans la nuit, je donne à mes quatre régiments l'ordre de se trouver le lendemain matin sur un point indiqué pour la réunion de tous les corps. Ils y arrivent tous avec une précision admirable, malgré l'éloignement et le peu de temps qui leur avait été donné.
Le corps ennemi qui occupait Braunsberg était fort d'environ 10 000 hommes, et composé de Russes et de Prussiens. Ses postes avancés se replient à notre approche. L'ennemi a pris une position favorable en avant de la ville avec ses forces principales. Il a garni de troupes les clôtures des jardins sur sa droite, pour se prémunir contre toute attaque de flanc, et son front est couvert par un large ravin. Une artillerie nombreuse appuie sa ligne. Ma division formait deux corps. La droite, sous les ordres du général Labruyère, se porte sur Braunsberg par la route qui longe la Passarge. Le corps principal, composé de mes trois régiments d'infanterie de ligne (32e, 24e et 96e) et du 4e de hussards, s'avance directement sur la ville. Le combat s'engage par le corps de droite. Le 9e léger, qui le compose en grande partie, gagne du terrain, fait une charge heureuse et enlève à l'ennemi deux pièces de canon.
Depuis quelque temps, le feu de l'artillerie et des rangs régnait sur le point principal, lorsque nos escadrons exécutant plusieurs charges avec succès, menacent les lignes de l'ennemi.
J'ordonne en ce moment au 32e et au 96e d'aborder sa première ligne ; ce mouvement l'oblige à se replier en franchissant le ravin qu'il défend encore avec opiniâtreté mais en vain.
Les ennemis forment aussitôt une nouvelle disposition plus rapprochée de la ville ; le combat recommence ; presque adossés aux murailles de Braunsberg, les Russes et les Prussiens nous opposent, avec la supériorité du nombre, l'appui du terrain. Nos deux corps, quoique séparés, marchaient de concert, et cette séparation même les secondait mutuellement ; leurs progrès inquiétaient davantage l'ennemi sur ses derrières et lui donnaient des craintes sur sa retraite. La saison était rigoureuse, la terre couverte de neige, et, dans le moment où l'action se ranime avec plus de vivacité, les flocons d'une neige épaisse nous enveloppent de son nuage. A vingt pas de distance les corps ne pouvaient plus s'apercevoir. Nous profitons cependant de quelques éclaircies, et notre première ligne marchant, la baïonnette en avant, refoule successivement l'ennemi qui se reforme, et elle est secondée par des attaques dirigées sur les barrières et murs de clôture, d'où partait contre nous un feu des plus vifs ; mais la neige obscurcissait quelquefois tellement nos mouvements, qu'ils devenaient tout à fait incertains. Je fus moi-même obligé de tenir de ma propre main le guide qui me conduisait vers la porte de la ville, dans la peur que s'échappant sous les balles qu'il entendait, il ne nous fît perdre notre direction.
Nos efforts sont enfin couronnés de succès ; nous arrivons sous les murs de Braunsberg ; l'ennemi, repoussé de toutes parts, s'y jette précipitamment et opère sa retraite sur la rive droite de la Passarge. Le brave colonel Meunier, à la tête de sa 9e légère, le poursuit de près et lui fait essuyer de nouvelles pertes. Je le fais en même temps presser dans la ville avec rapidité par la colonne principale ; elle enlève le pont, nos escadrons pénètrent pêle-mêle dans la ville avec les Russes et les Prussiens qui fuient dans le plus grand désordre en laissant au pouvoir des Français 1500 prisonniers, 9 bouches à feu et plusieurs drapeaux.
La prise de Braunsberg n'a pas seulement été un fait remarquable par le triomphe du petit nombre sur un corps beaucoup plus considérable ; il faut la considérer dans ses résultats. Cette action a fait une impression d'autant plus vive que la bataille d'Eylau en avait fait une plus terrible. La nouvelle en fut accueillie avec enthousiasme par toute l'armée et produisit un effet remarquable sur son moral. La confiance et la joie avaient passé dans tous les rangs. Napoléon donna alors de hautes marques de l'importance qu'il attachait à ce succès rendu plus éclatant par les circonstances présentes.
La possession de Braunsberg assurait nos quartiers d'hiver et nous conservait un vaste territoire au delà de la Vistule, avantage que nous aurions perdu si la Passarge nous avait été enlevée ; nous n'eussions pu alors faire le siège de Danzig, place si importante pour le succès de la nouvelle campagne. Le combat de Braunsberg maintenait ainsi notre position sur la rive droite de la Vistule, nous donnait des moyens de subsistance plus abondants, et la faculté d'assiéger et de prendre Danzig
" (Mémoires inédits du général Dupont, Archives Dupont - In E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 533).

Le 64e Bulletin de la Grande Armée daté de Osterode, le 2 mars 1807, raconte : "… Voici quelques détails sur le combat de Braunsberg.
Le général Dupont marcha à l'ennemi sur deux colonnes. Le général Bruyère, qui commandait la colonne de droite, rencontra l'ennemi à Zagern, et le poussa sur le ravin qui se trouve en avant de ce village. La colonne de gauche poussa l'ennemi sur Wittenberg, et toute la division ne tarda pas à déboucherhors du bois. L'ennemi, chassé de sa première position, fut obligé de se replier sur le ravin qui couvre la ville de Braunsberg ; il a d'abord tenu ferme, mais le général Dupont a marché à lui, l'a culbuté au pas de charge, et est entré avec lui dans la ville, qui a été jonchée de cadavres russes.
Le 9e d'infanterie légère, le 32e, le 96e de ligne, qui composent cette division, se sont distingués. Les généraux Barrois, Lahoussaye, le colonel Sémélé, du 24e de ligne, le colonel Meunier, du 9e d'infanterie légère, le chef de bataillon Bouge, du 32e de ligne, et le chef d'escadron Hubinet, du 9e de hussards, ont mérité des éloges particuliers …
" (Panchoucke : « Oeuvres de Napoléon Bonaparte », 1821-1822, t. 4, p. 183 ; Correspondance de Napoléon, t.14, lettre 11917).

Le Colonel Aymard, qui sort du 8e de Ligne, succède au Colonel Darricau dans le commandement du 32e de Ligne. Il se présente au Général Dupont avec une lettre du Prince de Ponte-Corvo, ainsi conçue : "Cette lettre vous sera remise, mon cher Général, par M. Aymard, qui vient d'être nommé Colonel du 32e régiment. Il sort du 8e où il s'est toujours distingué. Je suis sûr que dans son nouveau poste, il justifiera la confiance de Sa Majesté et méritera votre estime.
Je le trouve heureux d'être appelé à commander un régiment sous les ordres d'un général dont les talents peuvent lui offrir de si utiles leçons.
Je vous renouvelle, mon cher Général, l'assurance de tout mon attachement.
J. Bernadotte.
A Holland, 28 février
" (E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 538).

Le 6 mars 1807, l'Empereur écrit, depuis Osterode, à Daru, Intendant général de la Grande Armée : "Monsieur Daru, faites une circulaire à tous les commissaires des guerres, pour leur faire connaître les points sur lesquels ils doivent diriger les hommes isolés des différents corps d’armée, ainsi que les bagages et effets desdits corps. Vous y joindrez l'état des corps qui composent chaque corps d'armée, conformément au tableau ci-joint ...
1er corps
... 32e de ligne ...
Dépôts à à Schwetz ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 14497).

Le même 18 mars 1807, l'Empereur écrit, depuis Osterode, au Général Junot, Gouverneur de Paris et commandant la 1ère Division Militaire : "À l'heure qu'il est, le 3e bataillon du 2e d'infanterie légère doit être à l'effectif de 400 hommes. Celui du 4e à 1200 hommes ; du 12e à 1300 ; 15e à 1300 ; 58e à 1200, du 32e à 1350 hommes ; du 14e à 900 hommes et du 12e à 1100 hommes.
Il résulte des états qui me sont envoyés que, le 15 février, la situation du 3e bataillon du 21e léger était de 936 hommes ; le nombre de conscrits qu'il avait à recevoir de 1806, de 1807 et de la réserve était de 547 hommes, total 1483. Je suppose ces conscrits arrivés à l'heure qu'il est ; ce qui devrait vous faire un effectif de 10 000 hommes des 8 bataillons, et, en présence sous les armes, de 8 à 9 000 hommes. Faites-moi connaîtres ce qu’il en est
" (Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 14723).

Le même 18 mars 1807, l'Empereur écrit, depuis Osterode, au Général Lacuée, Directeur général des Revues et de la Conscription : "En conséquence des derniers états de situation que vous m'avez remis, il résulte que le 2e, 4e, 12e et 15e d'infanterie légère, 12e, 14e, 32e et 58e de ligne seraient à un effectif de plus de 10000 ; ce qui supposerait 8 à 9 000 hommes sous les armes ...
Voici comment j'arrive à ce résultat ...
Faites-moi connaître l'état de situation au 15 mars de tous les 3es ou 4es bataillons de l'armée, effectif.
Mettez à côté ce qu'ils devaient recevoir de 1806 et 1807 et réserve ; ce qui était reçu aux corps au 15 mars et faisant partie de leur situation, en ajoutant à la situation au 15 mars ce qui leur reste à recevoir de la conscription, ils auront, dans le courant de l'été, la force qu'il faut que ces bataillons aient. Par la différence de cette situation au complet effectif de 1 260 hommes, on aura ce qu'il est nécessaire de leur donner encore de la conscription de 1806. Il faut cependant faire attention qu’il a des bataillons qui ont leurs compagnies de grenadiers et de voltigeurs à la Grande Armée
" (Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 14727).

Le 22 mars 1807, l'Empereur écrit, depuis Osterode, au Général Junot : "Je ne puis que vous témoigner mon mécontentement de la manière dont vous avez fait partir les compagnies de grenadiers et de voltigeurs du 32e. Au lieu de les faire partir à 140 hommes, comme je l'ai ordonné, vous les avez laissées partir à 40 et à 60 hommes ; au lieu de les faire partir bien habillées, bien armées et bien équipées, vous les avez fait partir sans habits. Passez vous-même en revue les détachements que vous allez m'envoyer, et qu'il ne leur manque rien. C'est un grand mal de m'envoyer des cadres non complets ; ce n'est pas ici sans doute qu'on peut les compléter" (Correspondance de Napoléon, t.14, lettre 12114 ; Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 14810).

Le même 22 mars 1807, l'Empereur écrit, depuis Osterode, au Maréchal Kellermann, commandant un Corps de réserve de Gardes nationales : "Mon cousin, mon intention est de compléter les compagnies de grenadiers et de voltigeurs de la division Oudinot à un effectif de 150 hommes. Je désire en conséquence que vous fassiez réunir, conformément au tableau ci-joint, différents détachements d'hommes. De 5 pieds 4 pouces pour les grenadiers et de 4 pieds 11 pouces ou 5 pieds bien constitués pour les voltigeurs. Ces détachements peuvent partir sans sous-officiers, en désignant les meilleurs sujets pour en faire les fonctions pendant la route. Après en avoir passé la revue et avoir pourvu à ce que leur habillement et armement soient parfaitement en état, vous les ferez conduire par des officiers d'état-major, pour Thorn ...
32e de ligne 63 [Pour les grenadiers] 74 [Pour les voltigeurs] ...
" (Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 14811).

Le 31 mars, depuis Osterode, Napoléon décide d'accorder 18 aigles d'honneur, dont neuf aux Officiers, et neuf aux Sous officiers et soldats, aux Régiments qui se sont distingués à Eylau. Il écrit au Maréchal Berthier : "Vous enverrez à chaque maréchal ce qui, dans les dispositions suivantes, concerne son corps d'armée, et sans que l'un connaisse ce qui regarde l'autre. 1° Il est accordé aux régiments dont l'état suit 18 aigles de la Légion d'honneur, dont 9 aux officiers et 9 aux sous-officiers et soldats qui se sont fait remarquer par leur courage et leur bonne conduite, depuis le commencement de la guerre de la quatrième coalition : … 32e ... d'infanterie de ligne ...
Du moment que les maréchaux auront reçu ma décision, ils ordonneront à chaque général de division de réunir chez lui les colonels et chefs de bataillon de chaque régiment, ainsi que les généraux, de brigade, et de dresser un procès-verbal qui constate les individus qui méritent le mieux la décoration. Ce procès-verbal sera envoyé au maréchal commandant le corps d'armée, qui le transmettra, avec ses observations, au major général. Tous ces procès-verbaux devront être arrivés avant le 6 avril. Le 7, le major général me les soumettra …
" (Correspondance de Napoléon, t.14, lettre 12240 ; Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 145013).

Le 1er avril 1807, le Général Dupont écrit, depuis Braunsberg, à son épouse : "… Tu ne savais pas que M. Barrois était nommé Gal de Brigade. Je te l'ai écrit plusieurs fois. Que de lettres perdues ! Il reste avec moi dans son nouveau grade. Le colonel Darricau a été nommé aussi Gal de Brigade, et il a quitté la Division. J'avais demandé Le même grade pour le colonel Meunier, mais il n'a pas été nommé …" (E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 544).

A la date du 3 avril 1807, la 1re Division du 1er Corps de la Grande Armée a, en présents sous les armes, les effectifs suivants :
Le Général de Division Dupont, commandant :
... Le Général Barrois.
32e d'Infanterie de ligne, 1543 hommes dont 51 Officiers.
96e d’Infanterie de ligne, 1627 hommes, dont 57 Officiers ... (Archives Dupont - In E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 543).

Le 19 avril 1807, l'Empereur écrit, depuis Finkenstein, au Général Junot : "… J'ai vu hier le bataillon où se trouve le détachement du 32e. Cela fait honte à voir. On ne peut parer à un tel mal qu'en voyant et en voyant sans cesse les troupes. Le moyen est de vous trouver tous les jours vous-même à la garde montante.
Vous avez à Paris six dépôts, indépendamment de la garde de Paris. Vous ne pouvez organiser leur habillement et sortir de la routine ordinaire qu'en vous en occupant beaucoup
" (Correspondance de Napoléon, t.15, lettre 12413 ; Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 15340).

Aux approches de la belle saison, Napoléon s'occupe de faire sortir ses troupes de leurs cantonnements, pour les camper, système qui, en les installant plus sainement, permet de les tenir rassemblées et de les exercer plus facilement, au grand avantage de l'instruction et de la discipline. Il devient aussi plus aisé de les nourrir. En outre, une armée campée n'a pas besoin de s'éclairer aussi loin que si elle était disséminée dans des cantonnements, et l'on peut ainsi éviter la guerre de postes avec les troupes légères de l'ennemi. Mais ne voulant point placer son armée en cordon, l'Empereur arrête qu'elle campera par Division. Il fait reconnaître le pays et désigne les emplacements des différents camps. Le 10 mai, le Prince de Ponte-Corvo reçoit l'ordre d'établir son Corps d'armée par Division, ainsi qu'il suit :
Division Dupont.
Le 32e — campé à Zagern (E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 546).

Composition du 1er Corps du Maréchal Bernadotte (puis Victor) au 30 mai 1807 :
1ère Division Général Dupont, 9e léger, 24e (3 Bataillons), 32e et 96e de ligne, 9 Bataillons, 6845 hommes
2e Division Lapisse : 16e Léger, 45e, 8e et 54e de Ligne, 8 Bataillons, 5971 hommes.
3e division Vilatte : 27e Léger, 63e, 94e et 95e de ligne, 8 Bataillons, 5489 hommes.
Artillerie, Génie et Gendarmerie : 36 pièces, 1678 hommes
Cavalerie légère, Général Beaumont : 2e et 4e Hussards, 5e Chasseurs, 9 Escadrons, 1236 hommes
4e Division de Dragons, Général Lahoussaye (puis Sahuc) : 17e, 27e, 18e, et 19e Régiments, 12 Escadrons, 1840 hommes (Cazalas E. : « Mémoires du Général Bennigsen », tome 2, page 302).

Au 5 juin 1807, la situation du 1er Corps de la Grande Armée est la suivante :
1re Division : Général Dupont. Quartier général à Braunsberg.
9e Régiment d'infanterie légère. 1947 hommes.
24e Régiment de Ligne. 1910 »
32e Régiment de Ligne 1755 »
96e Régiment de Ligne 1997 »
Total 7609 ... (E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 548).

Le 10 juin 1807, Victor ordonne une reconnaissance générale dans le but de se rendre compte si l'ennemi est encore en forces sur le front du 1er Corps. Dans la soirée du 10 juin, il fait écrire par le Chef de l'État-Major Général, le Général Maison, depuis son Quartier Général à Schlobitten, au Général Dupont, Commandant la 1re Division : "L'intention du Général en chef, mon cher Général, est que vous exécutiez, demain 11, à 2 heures du matin, le mouvement ci-après indiqué :
Vous placerez à Braunsberg le 24e Régiment de ligne, 120 chevaux des trois régiments de cavalerie légère, et deux pièces de canon : cette cavalerie sera commandée par le colonel Boudinhon.
Le général Labruyère restera à Braunsberg.
Le 32e Régiment viendra s'établir au camp de Petlelkau avec le bataillon du 96e Régiment, et le 9e d'infanterie légère remplacera au camp de Zagern le 24e de ligne ...
Dans le cas où il serait nécessaire de laisser Braunsberg isolé, vous laisseriez des instructions pour la défense de cette ville à l'Officier général que vous en chargeriez avec le petit corps qui y est formé pour y rester au besoin ...
" (E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 562).

L'Armée française se retrouve devant Friedland, le 14 Juin 1807, jour anniversaire de Marengo. Les Russes vont se trouver pris dans une nasse, l'Alle dans leur dos. Ils vont y perdre 18.000 hommes. Le 1er Corps, gardé longtemps en réserve, donne partiellement. Un Bataillon du 9e Léger, jeté en tirailleurs dans le ravin, le franchit, et, s'élevant sur le plateau, prend à revers une batterie qui dirige son feu sur le 6e corps. Le Général Dupont fait soutenir le Colonel Meunier par des Bataillons du 32e et du 96e, qui refoulent les Russes, pendant que le 24e Régiment, se glissant le long de l'étang, débouche bientôt sur la route de Königsberg, à la porte même de Friedland. Ainsi coupé de l'aile droite de l'armée par la Division Dupont, et voyant le Maréchal Ney et le Général Marchand s'avancer rapidement par la route d'Eylau, le Prince Bagration se préoccupe de sauver les débris de ses Divisions et de faire repasser son artillerie sur la rive droite de l'Alle; les ponts sont incendiés par les obus de Sénarmont et aussi par les Russes eux-mêmes, qui, pour arrêter les vainqueurs, ont mis le feu à des matières combustibles disposées à l'avance sur les ponts (E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 575).

Un "ETAT de MM. les officiers, sous-officiers et soldats des Corps de la 1re Division du 1er Corps d'Armée, tués et blessés à l'affaire de Friedland, le 14 juin 1807" donne pour le 32e Régiment d'infanterie de Ligne en tués le Lieutenant Jovin ; 10 Sous-officiers et soldats. En Blessés, le Capitaine Vallat ; Lieutenants Sarrant et Bériés ; Sous-lieutenants Darbel, Bertrand, Margerit ; 94 Sous-officiers et soldats ; 373 Sous-officiers et soldats. Total : 11 tués, 100 blessés. Total 104 (E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 577).

Par Décret impérial du 13 juillet 1807, 400 aigles d'argent sont accordées au 1er Corps de la Grande Armée. Elles sont ainsi réparties pour la 1re Division :
32e Régiment d'infanterie de Ligne 15 Officiers, 15 soldats ... (E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 588).

/ 1807, dissolution des camps de Saint-Lô, Pontivy et Napoléon, et formation du Corps d'Observation de la Gironde

"DÉCRET.
Saint-Cloud, 2 août 1807.
TITRE Ier.
DISSOLUTION DES CAMPS DE SAINT-LÔ, PONTIVY ET NAPOLÉON.
ARTICLE 1er. Les trois camps volants de Saint-Lô, de Pontivy et de Napoléon seront dissous dans le courant du mois d'août.
ART. 2. Chacun de ces trois camps formera une division d'un corps qui portera le titre de Corps d'observation de la Gironde.
ART. 3. Le général Junot, gouverneur de Paris, est nommé général en chef commandant le corps d'observation de la Gironde, lequel se réunira à Bayonne.
Le général Junot recevra des ordres pour être rendu le 20 août à Bayonne avec son état-major.
TITRE II.
COMPOSITION DU CORPS D'OBSERVATIONDE LA GIRONDE.
... ART. 5. La 2e division sera composée
Du 3e bataillon du 12e d'infanterie légère, du 3e bataillon du 15e idem, du 3e bataillon du 2e idem, du 3e bataillon du 4e idem, du 3e bataillon du 32e de ligne, du 3e bataillon du 58e idem et du 2e bataillon du 2e régiment suisse, porté au grand complet de 1,260 hommes, qui partira le 6 août de Toulon et d'Avignon.
Chacun de ces sept bataillons sera complété à l'effectif de 1,260 hommes.
Le général de division Laroche commandera cette division ; il aura sous ses ordres les généraux de brigade Charlot et Petitot.
Cette division aura douze pièces de canon, avec le personnel, matériel et attelages, prises au camp de Saint-Lô.
Au 5 août, le camp de Saint-Lô sera dissous, et le général Laroche, avec ses officiers, les généraux et les troupes, se mettra en marche pour Bayonne.
... TITRE IV.
DES DEPOTS.
ART. 10. Les dépôts de tous ces régiments continueront à rester où ils se trouvent. En conséquence, les majors, quartiers-maîtres, officiers d'habillement, ouvriers, etc. continueront à rester dans les 12e, 13e et 14e divisions militaires.
TITRE V.
DISPOSITIONS GÉNÉRALES.
ART. 11. Pour compléter les cadres des bataillons, il ne sera pris aucun des conscrits de 1808, qui continueront à rester aux 3es ou 4es bataillons ou aux dépôts des régiments.
ART. 12. Nos ministres de la guerre et de l'administration de la guerre sont chargés de l'exécution du présent décret
" (Correspondance de Napoléon, t.15, lettre 12973; E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 2, p. 4).

Le 12 octobre 1807, l'Empereur écrit, depuis Fontainebleau, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, donnez ordre qu'il soit formé demain par le général Hulin un bataillon provisoire composé d'une compagnie du 2e régiment d'infanterie légère, une du 4e idem, une du 12e, une du 15e, une du 32e, une du 58e. Vous nommerez un chef de bataillon de ces corps pour commander ce bataillon provisoire. Chaque compagnie sera composée d'un capitaine, un lieutenant, deux sous-lieutenants, un sergent-major, deux sergents, quatre caporaux, deux tambours et 200 hommes. On pourra prendre s'il est nécessaire des conscrits de 1808. Ces hommes seront bien habillés et bien armés ; vous en passerez vous-même la revue ; ils se mettront en marche le 15 pour se rendre à Bayonne, où ils renforceront leurs troisièmes bataillons de guerre ..." (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 1, lettre 1343 ; Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 16512).

Le 30 octobre 1807, l'Empereur écrit, depuis Fontainebleau, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, je vous avais donné des ordres pour la formation d'un bataillon provisoire tiré des dépôts de Paris, destiné à recruter le corps de la Gironde. Cela n'a pu avoir lieu. L'arrivée à Paris de deux régiments de guerre de la garde de Paris ayant augmenté la garnison, je désire que vous fassiez procéder sans délai à la formation de ce bataillon provisoire qui sera composé d'un lieutenant, d'un sergent, de deux caporaux et de 60 hommes du 32e, de 100 hommes du 58e, de 60 hommes du 2e, de 160 hommes du 4e, de 150 hommes du 12e et de 60 hommes du 15e ; ce bataillon provisoire, commandé par un capitaine, se mettra en marche le 4 novembre. Vous chargerez le général de division Mouton de former ce bataillon et d'en passer une revue de rigueur ..." (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 1, lettre 1402 ; Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 16651).

/ 1809

L'"ÉTAT de répartition des dépôts d'infanterie dans les garnisons" indique que le 32e de Ligne fait partie du 3e Arrondissement; 1re Division militaire. Paris (Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, p. 478).

/ Formation d'une Réserve puis en Mars 1809, mobilisation des Compagnies de Chasseurs des 5es Bataillons des Régiments d’infanterie légère; Corps d'Oudinot

Le 3 mars 1809, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Comte d'Hunebourg, Ministre de la Guerre, à Paris : "Monsieur le Général Clarke, je vous envoie le projet de formation d’une réserve de régiments provisoires, sur lequel je désire que vous me fassiez un rapport. Faites-moi connaître si je n'ai rien oublié et s'il y a des changements qu'il soit convenable de faire pour épargner des marches aux troupes. Enfin présentez-moi des états qui m'apprennent si les 5es bataillons pourront fournir ces quatre, trois ou deux compagnies pour concourir à ladite formation. Les 10,000 hommes de réserve que forme ma Garde sont destinés à compléter les 5es bataillons et à les mettre à même de fournir les hommes nécessaires. Il faut donc qu'une colonne des états que vous ferez dresser indique le nombre d'hommes qui leur manquera, après avoir épuisé tout leur monde ; cette colonne sera la colonne de distribution des 10,000 hommes de la Garde. Il ne vous échappera pas que, par ce moyen, j'aurai 6,000 hommes à la Rochelle, 3,000 en Bretagne, 9,000 à Paris, 5,000 au camp de Boulogne, 2,500 pour la défense de l'Escaut, 2,500 pour garder Wesel, 5,000 à Strasbourg, 2,500 à Metz et 10,000 Français en Italie; total, 45,500 hommes.
NAPOLÉON
Annexe
PROJET DE FORMATION D'UN CORPS DE RÉSERVE
1
Il sera formé une réserve de seize régiments provisoires composée des compagnies des cinquièmes bataillons qui seront complétés avec les conscrits de 1810;
2
Le 1er régiment provisoire sera composé de 4 bataillons : un bataillon du 15e de ligne, un bataillon du 47e, un bataillon du 86e, un bataillon du 70e. Chaque bataillon sera fort de 800 hommes présents sous les armes, ce qui formera pour le régiment un présent sous les armes de 3 200 hommes ; ce régiment se réunira à Pontivy.
2e régiment provisoire :
Le 2e régiment provisoire sera composé de 4 bataillons des 32e de ligne, 58e, 121e, 122e, chaque bataillon de 4 compagnies, chaque compagnie de 200 hommes, formant un présent sous les armes de 3 200 hommes.
3° régiment provisoire :
Le 3e régiment provisoire sera composé de 4 bataillons des 2e, 4e, 12e et 15e légère, formés de même.
4e régiment provisoire :
Le 4e régiment provisoire sera composé de 4 bataillons des 12e, 14e, 34e, 88e, formés de même. Ces trois régiments formant plus de 9 000 hommes se réuniront et seront formés à Paris dans le courant d'avril ...
" (Correspondance de Napoléon, t.18, lettre 14838 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20195; Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, p. 188).

L'"ÉTAT de situation, d'itinéraire et d'emplacement des renforts pour l’Armée du Rhin" indique :
Corps de Réserve, Général Oudinot.
13e Bataillon de marche.
32e de Ligne, 208 hommes ; 58e Régiment, 108 hommes ; 121e régiment, 315 hommes. 651 mis en marche. Itinéraire : Claye le 11. La Ferté le 12. Château-Thierry le 13. Dormans le 14. Épernay le 15. Épernay le 16. Châlons le 17. Vitry le 18. Saint-Dizier le 19. Ligny le 20. Ligny le 21. Void le 22. Toul le 23. Nancy le 24. Lunéville le 25. Lunéville le 26. Blamont le 27. Sarrebourg le 28. Saverne le 29. Strasbourg le 30 (Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, Annexe 13).

Le 8 mars 1809, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, je reçois votre lettre du 6 avec l'état qui y est joint. Je vois que la force des 12 bataillons de marche du corps du général Oudinot est de 6 300 hommes et qu'il manque 3 000 hommes pour les compléter. Ces 3 000 hommes seront fournis par ma Garde ...
Vous donnerez des ordres pour la formation d'un bataillon provisoire qui sera composé :
de 250 hommes du 32e
150 hommes du 58e
300 hommes du 121e
300 hommes du 122e
Total 1000 hommes et qui portera le nom de bataillon de marche d'Oudinot n°1
Ces 1000 hommes seront distribués entre les régiments suivants : 50 hommes au 63e ; 100 hommes au 27e ; 100 hommes au 39e ; 50 hommes au 59e ; 80 hommes au 69e ; 80 hommes au 76e ; 250 hommes au 100e ; 250 hommes au 103e ...
" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 2, lettre 2899 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20291 ; Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, p. 210).

Le 11 mars 1809, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, j'ai vu hier les détachements des 32e, 58e et 121e formant un bataillon n°13 destiné pour les 63e, 27e, 39e, 59e, 69e, 76e, 100e et 103e. Faites partir ces 600 hommes pour Strasbourg ..." (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 2, lettre 2916 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20330 ; Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, p. 226). Rappelons que ces renforts sont destinés au Corps de réserve du Général Oudinot, à Augsbourg.

Le 13 mars 1809 (le 12 selon la CGN), l'Empereur écrit, depuis Rambouillet, au Général Clarke, Comte d'Hunebourg, Ministre de la Guerre, à Paris : "Monsieur le Général Clarke, je désire que dimanche on me présente, à la parade, une compagnie de chacun des 5es bataillons des 32e et 58e de ligne, 2e, 4e, 12e et 15e d'infanterie légère, complétée à 140 hommes ; ce qui ferait un beau bataillon provisoire de six compagnies. Il faut que tous les hommes soient bien équipés et bien habillés ..." (Correspondance de Napoléon, t.18, lettre 14890; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20340 ; Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, p. 251).

Le même 13 mars 1809, le Ministre de la Guerre adresse un Rapport à l'Empereur : "J'ai l'honneur d'adresser ci-joint à l'Empereur un état dressé d'après celui que S. M. a bien voulu m'envoyer avec son ordre du 9 de ce mois, et rectifié d'après les renseignements qui me sont parvenus depuis peu de jours sur la force des compagnies de fusiliers des 4e bataillons parties des dépôts pour se diriger sur Strasbourg.
S. M. remarquera qu'il manque effectivement 1,177 hommes pour porter chacun de ces bataillons du corps d'armée du général Oudinot à 560 hommes ; et qu'il ne reste pour remplir le plus promptement possible ce vide, que le seul moyen de prendre dans les dépôts des régiments d'infanterie ci-dessous indiqués le restant des conscrits de 4 classes qui s'y trouvent , savoir :

DÉSIGNATION DES CORPS.
EMPLACEMENT de dépôts.
PRÉSENTS au 15 février.
NOMBRE d'hommes que les dépôts viennent de fournir.
NOMBRE d'hommes restant aux dépôts.
OBSERVATIONS
32e infanterie de ligne.
Paris
504
200
100
NOTA. - Les conscrits de 1810 ne sont point compris dans le nombre d'hommes restant aux dépôts.

La mesure que j'ai l'honneur de proposer à S. M. est la seule qui soit exécutable, les dépôts des autres corps étant totalement épuisés.
Je supplie donc S. M. de vouloir bien me faire connaître si son intention est d'adopter la proposition que j'ai l'honneur de lui soumettre et de vouloir bien me donner ses ordres pour le mouvement de ces détachements
" (Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, p. 216).

"Décret.
Au palais des Tuileries, le 23 mars 1809.
Art. 1er. - Il sera formé dix-sept demi-brigades provisoires de réserve, composées principalement de deux ou trois compagnies tirées des cinquièmes bataillons de nos régiments d'infanterie.
Art. 2. Chaque demi-brigade sera commandée par un colonel en second ; chaque bataillon par un chef de bataillon. Il y aura un adjudant-major par demi-brigade.
Art. 3. Les dix- sept demi-brigades seront organisées de la manière suivante :
1re demi- brigade provisoire ...
3e demi-brigade provisoire.
1er bataill. composé de 4 compag. du 5e bataill. du 32e 600 h.
2e bataill. composé de 4 compag. du 5e bataill. du 58e 600.
3e bataill. composé de 4 compag. du 5e bataill. du 121e 600
4. bataill. composé de 4 compag. du 5e bataill. du 122e 600
Total : 4 bataill. composés de 16 compagnies. 2,400 h. ...
Les 3e et 4e demi-brigades se réuniront à Paris ...
" (Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, p 550 - Note : Chaque Compagnie du 32e à 150 hommes).

Le 23 mars 1809, l'Empereur écrit, depuis La Malmaison, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, j'ai signé le décret sur la composition des 17 demi-brigades provisoires de réserve ...
On pourrait aussi commencer la formation des demi-brigades provisoires de la réserve.
Je désire qu'au 1er mai, la 1re et la 2e demi-brigade puissent se réunir à Pontivy, et que les 3e, 4e et 5e puissent se réunir à Paris.
Je remarque que, dans la formation de la 3e demi-brigade, il manquera 500 hommes au 121e et 400 au 122e. Il faudra encore que la Garde y pourvoie ; mais auparavant, il faudra nommer les deux majors, organiser définitivement ces dépôts et connaître leur comptabilité.
Pour commencer la formation de cette 3e demi-brigade, il faudrait ordonner qu'au 1er avril, 2 compagnies du 32e, 2 du 58e, 2 du 121e et 2 du 122e, chacune portée à 150 hommes, et formant ensemble 4 petits bataillons, fussent réunies à Paris pour former le fonds de la 3e demi-brigade. Dans le courant d'avril, cette demi-brigade recevrait le complément de ses compagnies ...
" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 2, lettre 2992 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20514; Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, p. 199). Le Décret sur la création des 17 Demi-brigades de 2520 hommes chacune a été signé le même jour (voir Saski, Campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche, Paris, Berger-Levrault et cie, 1899, t. 1, p. 550-554).

Le 1er juillet 1811, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, le 6e bataillon du 15e léger m'a paru beau, mais il a des sous-officiers ayant moins d'un an de service qui doivent rentrer dans les rangs comme soldats. On ne doit considérer comme sous-officiers que ceux envoyés dans les cadres de l'armée d'Allemagne ; les autres doivent rentrer comme soldats aux compagnies. On prendra pour les remplacer des hommes du dépôt de Fontainebleau ayant 2 ans de service au moins et 3 mois d'école de Fontainebleau. La même observation s'applique aux 32e et 58e dont les 6es bataillons viennent d'être formés et qui ont des conscrits sous-officiers ; remplacez-les par des hommes tirés de Fontainebleau. La même disposition doit s'appliquer à tous les 6es bataillons qui viennent de l'armée d'Allemagne ; il n'a été envoyé que la moitié des cadres. Les sous-officiers manquants doivent être envoyés de Fontainebleau. Donnez sur-le-champ des ordres en conséquence, car ce serait une chose funeste que d'avoir dans les cadres des sous-officiers n'ayant point fait la guerre, sans service et sans expérience." (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 4, lettre 5714 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27502; Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 3, Lavauzelle, page 19).

Le 8 juillet 1812, l'Empereur écrit, depuis Vilna, au Général Clarke : "Monsieur le duc de Feltre, la 16e demi-brigade provisoire a deux compagnies du 5e bataillon du 16e de ligne. Mon intention est que ces deux compagnies versent tout ce qu'elles ont de disponible dans le 3e bataillon de leur régiment, que le 5e bataillon verse également dans le 3e bataillon tout ce qu'il a de disponible, et, par ce moyen, ce 3e bataillon du 16e de ligne se trouvera au complet de 700 hommes. Le 62e a deux compagnies du 5e bataillon à la 16e demi-brigade. Mon intention est que ces deux compagnies donnent tout ce qu'elles ont de disponible au 4e bataillon ; que le 5e bataillon fournisse également au 4e bataillon ce qu’il a de disponible, et, par ce moyen, le 4e bataillon du 62e sera composé de 700 ou 800 hommes. La 16e demi-brigade provisoire se trouvera composée de la manière suivante :
1er bataillon : le 3e du 16e de ligne ;
2e bataillon : le 4e du 62e de ligne ;
3e bataillon : deux compagnies du 60e de ligne, deux compagnies du 81e de ligne, deux compagnies du 1er de ligne.
Vous ordonnerez que cette demi-brigade se forme sans délai à Marseille. A cet effet, les deux compagnies du 16e et du 62e, qui font partie du 2e bataillon actuel de la 16e demi-brigade, seront incorporées dans leur 3e et 4e bataillon avec tout ce qui est disponible au dépôt. Les 2es compagnies du 32e de ligne se rendront en Illyrie pour recruter les deux bataillons de ce régiment qui s'y trouvent ; elles seront remplacées dans la nouvelle formation de la 16e demi-brigade par deux compagnies du 1er de ligne, ce qui complète cette demi-brigade à trois bataillons, comme il a été dit ci-dessus. Quand ces trois bataillons seront bien formés en septembre, le ministre de la guerre pourra les diriger sur Bayonne pour de là aller renforcer la réserve de Bayonne ...
" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 5, lettre 7416 ; Correspondance générale de Napoléon, t.12, lettre 31158).

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