Le 23e Régiment d'Infanterie de Ligne
1789-1815
Avertissement et remerciements :
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- Inspection de la 23e Demi-brigade à Bâle par le Général Schauenburg, le 24 Nivôse an 8
"Revue d’inspection passée à Bâle le 24 Nivôse an 8
23e Demi-brigade de ligne.
Etat-major
Pierre Menne, Chef de Brigade du 28 Thermidor an 3. Je n’ai pas été à même de juger les officiers pour ses connaissances administratives et militaires, et il m’a paru laisser à désirer les qualités nécessaires pour constituer un bon Chef de Brigade.
Jacques Soyer, Chef de Bataillon du 26 juillet 1792. Est noté de la part du chef, comme bien instruit et ayant une bonne conduite. Je n’ai pas été à même de m’en assurer.
Ferdinand Bruyère, Chef de Bataillon du 30 décembre 1792, est noté de la part du chef comme bien instruit et ayant une bonne conduite. Je n’ai pas été à même de m’en assurer.
François Lansavon, Chef de Bataillon du 1er octobre 1792, est noté de la part du chef comme parfaitement instruit et de très bonne conduite ; je n’ai pas été à même de m’en assurer.
Jean Louis Leguy, Adjudant-major du 18 octobre 1792. Noté de la part du chef comme très instruit et d’une conduite très régulière.
Jean-Baptiste Lespes, Adjudant-major du 21 Nivôse an 5, noté de la part du chef comme très instruit et d’une conduite très régulière.
Nicolas Valtersperger, Adjudant-major du 21 Pluviôse an 4, noté de la part du chef, comme très instruit et d’une conduite fort régulière.
Jean-Louis Prestat, Quartier-maitre du 20 Frimaire an 2. Homme de probité et sans reproches.
Guillaume Etienne Petit, Quartier-maitre du 31 octobre 1792, homme de probité et sans reproches.
Pierre Delproux, Adjudant sous-officier du 24 Messidor an 7, homme très instruit, actif, et d’une bonne conduite.
Jean Melchior Ponceau, Adjudant sous-officier du 24 Messidor an 7. Homme très instruit et d’une bonne conduite.
Melchior Meyer, Adjudant sous-officier du 19 Frimaire an 8, hommes très instruit, actif, et d’une bonne conduite.
Officiers hors d’état de faire campagne, par leur âge ou leurs infirmités, rentrants au dépôt et remplacés par les surnuméraires les mieux notés.
Officiers rentrés au dépôt. Surnuméraires les remplaçant.
Jonque Capitaine 45 ans de service Chapau, Capitaine, 39 ans, très bien noté, sous le rapport de l’instruction, de sa moralité.
Dabait, id. 29 ans de service Joissant, Capitaine, 40 ans, id. id.
Lelarge, id., 26 ans de service Brauer, id., 25 ans, id. id.
Bernier, id., 31 ans de service Stark, id., 44 ans, id. id.
Croizan, Lieutenant, 32 ans de service Leclerc, Lieutenant, 31 ans, id. id.
Beaucourt, Sous-lieutenant, 35 ans de service Fioret, Sous-lieutenant, 30 ans, sort du Bataillon auxiliaire de la Côte-d’Or, très bien noté, sur l’instruction et moralité.
Lepert, id., 36 ans de service Vullet, Sous-lieutenant, 36 ans, id. id.
Duverger, id., 34 ans de service Grimberg, 29 ans, id. id.
Brettin, id., 30 ans de service Bonnard, 24 ans, id. id.
Observations sur l’habillement et l’armement
Cette Demi-brigade est généralement mal tenue, l’habillement est dans un mauvais état et l’équipement très délabré.
Les Officiers et Sous-officiers sont mal vêtus, il n’y en a pas un tiers en uniforme.
Les fusils sont dans un état passable, parce qu’il leur a été fourni des fusils en quantités et pas toute sorte d’ordres. Ce corps aurait un besoin extrême d’être réuni pour avoir les moyens nécessaire d’exécuter les ordres que je lui ai laissé pour se mettre au courant de ceux de mon ancienne inspection.
Ce corps a reçu le 2e Bataillon de la Côte-d’Or commandé par le citoyen Bossard, démissionnaire du 1er Messidor an 5 au 5e de la 93e Demi-brigade, ayant été suspendu de ses fonctions par le général Bourcier pour inconduite.
Ce Bataillon était composé ainsi qu’il suit, savoir :
Petit Etat-major 4
Officiers 19
Sous-officiers 33
Caporaux 55
Grenadiers, Chasseurs et Fusiliers, 455
566
Ce Bataillon était dans un très mauvais état, la moitié des présents étaient sans armes, et tout annonçait dans cette troupe le désordre en principe, le Chef de Bataillon Bossard était pris de vin.
La 23e Demi-brigade était alors composée ainsi qu’il suit, savoir :
Petit Etat-major 25
Officiers 84
Sous-officiers 86
Caporaux 168
Grenadiers 215
Fusiliers 1418
23 Officiers compris 1996
Le Bataillon de la Côte-d’Or a fourni 666
2662
La 23e Demi-brigade était après l’incorporation, savoir :
Présents sous les armes 2662
Au Dépôt 295
Aux hôpitaux du lieu 295, externes 585
Absents pour congés 18
Prisonniers de guerre 498
Effectif du corps 4105
L’esprit du corps est bon d’après l’exposé du chef, mais l’on peut y avoir une entière confiance ; ayant remarqué plusieurs inconséquences sur différentes relations avec lui, je n’ai pas été à même de connaitre l’instruction de la 23e, ce que j’en ai vu m’annonce qu’il n’y en a pas beaucoup non plus que d’ordre intérieur, c’est un corps qu’il faudrait que j’eusse à ma disposition pendant 15 jour et pouvoir le réunir.
Officiers supérieurs à la suite du corps.
Labarthe, Chef de Brigade, dans ses foyers.
Jossey, Chef de Bataillon, présent.
Lausavon, Chef de Bataillon, au Dépôt" (Schauenburg (Général baron Alexis-Balthazar-Henri-Antoine de) : Registre particulier des revues. An VIII ; Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg: MS.0.492 ; document numérisé par la BNU à la demande conjointe de F. Berjaud, L. Claudel et D. Davin).
Le 14 Fructidor an 13 [1er septembre 1805], le Général Chabot écrit, depuis Alexandrie, au Ministre de la Guerre : "Conformément à vos ordres, je viens de faire une tournée dans les différentes garnisons occupées par les troupes dont vous m’avez confié le commandement...
Quant aux 23e et 60e qui sont à Alexandrie, je n’ai qu’à me louer de leur police, discipline et administration, mais ils sont écrasés de travaux, ce qui leur ôte tous moyens d’instruction, car on ne leur laisse pas même le dimanche pour s’exercer ; le génie voulant profiter de l’arrière-saison pour pousser les travaux des fortifications les fait travailler jour et nuit" (Papiers du Général Chabot, « Registre de Correspondance, 13 Fructidor an 13 - 31 décembre 1806 », Cote 8 F. 17, Archives des Deux-Sèvres).
Le 15 Fructidor an 13 [2 septembre 1805], le Général Chabot écrit, depuis Alexandrie, au Général Chasseloup :" J’ai l’honneur de vous prévenir, M., que d’après les ordres que je reçois à l’instant du Général Menou, tous les corps composant la garnison d’Alexandrie vont se mettre en marche pour se rendre à Brescia, où ils doivent arriver le 27 au plus tard.
En conséquence, le 4e régiment d’artillerie à cheval et le 4e bataillon du train partiront demain 16.
Le 23e régiment et le bataillon des pionniers noirs le 17 ;
Le 60e le 19 ; et les trois bataillons du 56e le 20. Il ne restera à Alexandrie que les deux bataillons de sapeurs et le 4e bataillon du 56e régiment pour former la garnison de la citadelle.
J’ai cru devoir vous prévenir de ce mouvement afin que vous puissiez prendre les mesures que vous jugerez convenables, pour la continuation des travaux de la place" (Papiers du Général Chabot, « Registre de Correspondance, 13 Fructidor an 13 - 31 décembre 1806 », Cote 8 F. 17, Archives des Deux-Sèvres).
Le même 15 Fructidor an 13 [2 septembre 1805], le Général Chabot écrit, depuis Alexandrie, au Général Despinoy : "J’ai l’honneur de vous prévenir, Général, qu’en vertu des ordres que je viens de recevoir, je fais partir pour Brescia tous les corps composant actuellement la garnison, excepté les deux bataillons de sapeurs.
Le 4e régiment d’artillerie à cheval ainsi que le 4e bataillon du train partiront demain 16.
Le 23e régiment d’infanterie de ligne et le 1er bataillon des pionniers noirs, le 17.
Le 4e régiment de chasseurs qui était annoncé pour le 18 arrivera ici le 17 et en repartira le 18, et le 60e régiment de ligne le 19 ; les 3 bataillons du 56e le 20.
Le 4e bataillon de ce régiment a reçu ordre de se rendre à la citadelle d’Alexandrie pour y tenir garnison" (Papiers du Général Chabot, « Registre de Correspondance, 13 Fructidor an 13 - 31 décembre 1806 », Cote 8 F. 17, Archives des Deux-Sèvres).
Le 3 Vendémiaire an 14 [25 septembre 1805], le Général Chabot écrit, depuis Alexandrie, au Commissaire des Guerres : "Par votre lettre de ce matin M., vous m’assurez que toutes les troupes de la garnison ont des couvertures et que s’il se trouve quelques soldats qui n’en aient pas, je ne dois l’attribuer qu’à l’insouciance de leurs officiers qui ont constamment refusé d’en recevoir.
Cependant, d’après les états que je me suis fait fournir, ce ne sont pas quelques soldats, comme vous me le dites, mais bien la majorité des corps et dépôts de la garnison qui en manquent.
Le 23e n’a reçu les siennes que ce soir ; le 4e bataillon et le dépôt du 56e n’en ont encore aucune ; il en manque au 102e 32.
Ce n’est pas seulement le manque de couvertures dont j’ai à me plaindre, mais bien du mauvais état de toutes les autres fournitures de casernement, malgré l’intention bien prononcée, que j’ai manifesté depuis que je suis ici, qu’il fut fourni à la troupe tout ce qui lui est du dans ce genre, et je suis surpris que connaissant ma volonté à cet égard, vous n’ayez pas fait tout ce qui dépendait de vous, pour qu’elle fut remplie, et qu’au contraire vous paraissez surtout, par votre lettre d’aujourd’hui, le défenseur officieux des fournisseurs.
Fatigué de donner des ordres à cet égard, j’ai pris parti de faire conduire à la citadelle le Sr Contat et y restera jusqu’à ce que la troupe soit pourvue de tout ce qui lui revient, conformément au règlement, et j’ai bien ordonné que pendant son arrestation, il lui serait donné pour son couchage, la plus mauvaise fourniture qui se trouve dans les quartiers de la citadelle.
Je vous préviens de ces dispositions afin qu’il soit pris des mesures convenables pour son service n’éprouve aucun retard" (Papiers du Général Chabot, « Registre de Correspondance, 13 Fructidor an 13 - 31 décembre 1806 », Cote 8 F. 17, Archives des Deux-Sèvres).
Le 10 Vendémiaire an 14 [2 octobre 1805], le Général Chabot écrit, depuis Alexandrie, au Général Charpentier : "Le Commissaire des Guerres vient de me communiquer officiellement une lettre de l’ordonnateur de la 27e Division Militaire, par laquelle il lui prescrit de diriger sur Novare tous les militaires appartenant aux 23e, 56e et 60e régiments, et ce en conformité de l’ordre du jour de l’armée du 27 Fructidor, qui fixe à Novare la résidence des dépôts des régiments d’infanterie venus du Piémont.
Cependant, je vous ai mis dernièrement sous les yeux le tableau des différents dépôts établis à Alexandrie, en vous demandant de me faire connaitre leur destination, et vous m’avez répondu, par votre lettre du 2 Vendémiaire, que M. le Maréchal n’en avait, quant à présent, aucune à leur donner.
Veuillez me dire si je dois les diriger sur Novare. Je vous assure que vous me rendrez un grand service de nous en débarrasser ; ils encombrent ici tous les logements, et nous ne savons où placer les corps qui nous sont annoncés" (Papiers du Général Chabot, « Registre de Correspondance, 13 Fructidor an 13 - 31 décembre 1806 », Cote 8 F. 17, Archives des Deux-Sèvres).
A l'ouverture des hostilités, vers le milieu du mois d'octobre, l'Armée d'Italie a été portée à 65000 hommes, sous le commandement du Maréchal Massena, commandant en chef. Le centre de cette armée comprend la Division d'infanterie Molitor, Brigades Launay, Herbin et Valori, treize Bataillons des 23e, 79e, 5e et 60e de ligne, 7000 combattants et douze bouches à feu (Mémoires du Prince Eugène, t.1, page 277).
Le 3 Nivôse an 14 [24 décembre 1805], le Général Chabot adresse, depuis Alexandrie, une circulaire au Commandant du Dépôt du 20e de Ligne : "En exécution des ordres de M. le Maréchal commandant en chef l’armée d’Italie.
Il est ordonné au dépôt du 20e régiment de ligne actuellement à Alexandrie, d’en partir le 5 Nivôse avec armes et bagages, pour se rendre à Palma-Nova.
Le Commissaire des guerres lui délivrera la feuille de route nécessaire, fera fournir les moyens de transports jusqu’à Vérone, où il recevra sa continuation de route, passant par San-Bonifacio, Vicence, Castel-Franco, Trévise, Conegliano, Pordenone, Codroipo et Palma-Nova". Le même ordre est donné pour le 23e de Ligne, pour le 6 (Papiers du Général Chabot, « Registre de Correspondance, 13 Fructidor an 13 - 31 décembre 1806 », Cote 8 F. 17, Archives des Deux-Sèvres).
Le même 3 Nivôse an 14 [24 décembre 1805], le Général Chabot écrit, depuis Alexandrie, au Commissaire des Guerres : "Je vous préviens M. qu’en exécution des ordres de M. le Maréchal Masséna, commandant en chef l’armée d’Italie, je donne ordre aux dépôts des 20e, 23e, 60e, 102e régiments de ligne, et du bataillon de pionniers noirs, de partir successivement d’Alexandrie pour se rendre à Palma, leur destination.
Le 20e partira le 5.
Le 23e partira le 6.
Le 60e partira le 7.
Le 102e et les noirs le 8.
Vous voudrez bien donner des ordres pour faire fournir à ces dépôts les moyens de transports pour leurs bagages et leur délivrer les feuilles de route nécessaires pour se rendre à leur destination.
Vous leur tracerez leur itinéraire jusqu’à Vérone, où ils recevront leur continuation de route" (Papiers du Général Chabot, « Registre de Correspondance, 13 Fructidor an 13 - 31 décembre 1806 », Cote 8 F. 17, Archives des Deux-Sèvres).
Encore le 3 Nivôse an 14 [24 décembre 1805], le Général Chabot écrit, depuis Alexandrie, au Général Despinoy : "J’ai l’honneur de vous prévenir qu’en exécution des ordres de M. le Maréchal Masséna, commandant en chef l’armée d’Italie, je donne ordre aux dépôts des 20e, 23e, 60e et 102e régiments de ligne, et du bataillon des Pionniers noirs, de partir successivement d’Alexandrie, pour se rendre à Palma Nova, leur destination.
Le dépôt du 20e partira le 5 du courant.
Celui du 23e le 6.
Celui du 60e le 7.
Le 102e et les noirs le 8" (Papiers du Général Chabot, « Registre de Correspondance, 13 Fructidor an 13 - 31 décembre 1806 », Cote 8 F. 17, Archives des Deux-Sèvres).
Puis, toujours le 3 Nivôse an 14 [24 décembre 1805], le Général Chabot écrit depuis Alexandrie, au Sous-inspecteur aux Revues : "J’ai l’honneur de vous prévenir, qu’en exécution des ordres de M. le Maréchal Masséna, commandant en chef l’armée d’Italie, je donne ordre aux dépôts des 20e, 23e, 60e et 102e régiment de ligne, et du bataillon des pionniers noirs, de partir successivement d’Alexandrie, etc." (Papiers du Général Chabot, « Registre de Correspondance, 13 Fructidor an 13 - 31 décembre 1806 », Cote 8 F. 17, Archives des Deux-Sèvres).
Le 3 Nivôse an 14 [24 décembre 1805], le Général Chabot écrit au Général Menou : "Mon Général.
... J’ai l’honneur de vous prévenir que je viens de recevoir des ordres de M. le Maréchal de diriger sur Palma-Nova les dépôts des 20e, 23e, 60e, 102e de ligne et pionniers noirs" (Papiers du Général Chabot, « Registre de Correspondance, 13 Fructidor an 13 - 31 décembre 1806 », Cote 8 F. 17, Archives des Deux-Sèvres).
Le 4 Nivôse an 14 [25 décembre 1805], le Général Chabot écrit, depuis Alexandrie, au Général Montchoisy : "... Je n’ai point reçu votre lettre que vous dites m’avoir écrit du 20 Frimaire, par laquelle vous approuviez les propositions que je vous avais faites pour le remplacement des membres du conseil de guerre dont les places étaient vacantes par le départ du 67e régiment.
Je vais de suite prévenir MM. Rottembourg et Roche que vous les avez choisis le 1er comme Président du 1er conseil, et l’autre comme membre du second.
Il va y avoir encore dans la composition de ces conseils des changements, d’après le départ ordonné par M. le Maréchal Masséna, des dépôts des 20e, 23e, 60e, 102e et Pionniers noirs, que j’ai ordre de diriger sur Palma-Nova ; incessamment, je vous proposerai les officiers que je croirai les plus convenables pour remplacer les partants" (Papiers du Général Chabot, « Registre de Correspondance, 13 Fructidor an 13 - 31 décembre 1806 », Cote 8 F. 17, Archives des Deux-Sèvres).
Le 5 Nivôse an 14 [26 décembre 1805], le Général Chabot écrit, depuis Alexandrie, au Général de Division Charpentier : "En exécution des ordres de M. le Maréchal Masséna, que vous m’avez transmis par votre lettre en date du 26 Frimaire, j’ai l’honneur de vous prévenir M. que je viens d’ordonner aux dépôts des 20e, 23e, 60e et 102e régiments de ligne et pionniers noirs de partir successivement d’Alexandrie pour se rendre à Palma Nova, leur destination, passant par Tortone, etc.
Le 20e part d’Alexandrie aujourd’hui 5, et arrivera à Vérone le 12.
Le 23e partira le 6 et arrivera à Vérone le 13.
Le 60e partira le 7 idem le 14.
Et le 102e et pionniers noirs partiront d’Alexandrie le 8 et arriveront à Vérone le 15" (Papiers du Général Chabot, « Registre de Correspondance, 13 Fructidor an 13 - 31 décembre 1806 », Cote 8 F. 17, Archives des Deux-Sèvres).
/ 1806
Le 21 février 1806, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Prince Eugène : "... Les 5e, 23e et 79e, qui sont en Dalmatie, doivent être au grand complet de guerre et portés à 3,000 hommes. Les conscrits qui n'auraient point de destination doivent être spécialement affectés à ce corps ...
le général Molitor aura le 8e d'infanterie légère, les 5e, 23e, 79e et 81e de ligne, quatre compagnies d'artillerie française, deux de sapeurs, une demi-compagnie d'ouvriers, douze pièces d'artillerie, deux compagnies d'artillerie italienne, un régiment de chasseurs ; ce qui, avec les conscrits que vous lui enverrez le plus tôt possible, ayant soin de les habiller et de les armer auparavant, portera son corps à 15,000 hommes …" (Mémoires du Prince Eugène, t.2, page 78 ; Correspondance de Napoléon, t.12, lettres 9865 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 11517).
L’Empereur se préoccupe de ses forces en Dalmatie. Il écrit, depuis Paris, à Eugène le 13 mars 1806 : "Mon Fils, j'ai reçu l'état de situation que vous m'avez envoyé ... Le 23e a 131 prisonniers de guerre ; comment se peut-il que ces prisonniers ne soient pas rentrés ? ..." (Mémoires du Prince Eugène, t.2, page 157 ; Correspondance de Napoléon, t.12, lettres 9966 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 11674).
Le même 13 mars 1806, le Général Chabot écrit, depuis Alexandrie, au Général Charpentier, Chef de l’Etat-major général de l’Armée d’Italie : "A mon arrivée ici, mon cher Général, j’ai trouvé votre lettre en date du 1er de ce mois, par laquelle vous me transmettez les ordres de S. A. S. le Vice-Roi d’Italie, relativement au dépôt du 23e régiment de ligne.
Ce dépôt est parti d’Alexandrie le 6 Nivôse d’après les ordres que vous m’avez adressés le 26 Frimaire ; il n’était resté ici (faute de transports) que les gros équipages du régiment qui en sont partis dernièrement et ont été dirigés sur Palma Nova, par le Pô.
Veuillez bien assurer S. A. I. que je mettrai toujours la plus grande exactitude à exécuter les ordres qu’elle voudra bien me donner" (Papiers du Général Chabot, « Registre de Correspondance, 13 Fructidor an 13 - 31 décembre 1806 », Cote 8 F. 17, Archives des Deux-Sèvres).
A la question du 13 mars 1806, posée par l'Empereur et adressée à Eugène Napoléon : "Le 23e a 131 prisonniers de guerre ; comment se fait-il que ces prisonniers ne soient pas rentrés ?"; le Vice-Roi répond, le 29 mars 1806 : "Parce que, comme on vient de l'expliquer, les remises n'ont pas encore commencé" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 1, lettre 331).
Le 29 avril 1806, le vaisseau russe l'Asie, de soixante-quatorze canons, deux bricks, un chébeck, une corvette, deux tartanes et plusieurs autres légers bâtiments, commandés par l'Amiral Bielly, se présentent dans la rade de Lézina. L'île du même nom est occupée par une petite garnison française. On attend l'apparition d'un convoi annoncé de Venise, et portant des munitions et de l'artillerie. Arrêté par des vents contraires, ce convoi se trouve encore à cinquante milles en mer. La garnison de Lézina vient d'être renforcée ; elle est composée du 1er Bataillon du 23e de Ligne et d'un détachement du 81e ; le Capitaine Guiard, officier de mérite du 23e, la commande ; deux pièces de neuf, et deux de quatorze, tirées d'un bâtiment, forment toute l'artillerie ; le port est sans défense, le château, espèce de grosse tour, avec une simple enceinte de muraille, situé sur le sommet d'une hauteur qui domine la place de Lézina, n'est pas armé. L'ennemi ouvre le feu de tous ses bâtiments le 29 avril, le continue le 30 et essaye un débarquement. Il est repoussé. Du 1er au 2 mai, il établit une batterie sur un écueil situé à l'entrée du port. Le 2, les Russes, après avoir fait jouer toutes leurs bouches à feu, jettent trois cents hommes d'infanterie de marine à terre. Cette colonne marche droit sur l'église grecque ; mais, reçue à la baïonnette par les Compagnies de Grenadiers et de Voltigeurs du Capitaine Guiard, elle est culbutée et laisse sur le champ de bataille trente tués, onze blessés et soixante-seize prisonniers. L'Amiral russe, furieux de cet échec, s'en venge en faisant pleuvoir sur la ville une grêle de projectiles, et en continuant jusqu'au 6 cette canonnade (Mémoires du Prince Eugène, t.2, page 303).
Au 1er mai 1806, d'après les états de situation envoyés par le Prince Éugène, commandant en chef, la composition et la force des divers corps composant l'Armée dite d'Italie, dont le quartier général est à Milan, est la suivante :
Division de Dalmatie. Quartier général à Zara : Général de Division Molitor
Généraux de Brigade Delgorgue, Guillet.
Infanterie de ligne : 5e, colonel Teste, 3175 hommes, 28 chevaux (4 bataillons à Marasca) ; 23e, colonel Deriot, 2896 hommes, 20 chevaux (4 bataillons à Spalatro) ; 79e, colonel Godart, 2789 hommes, 24 chevaux (4 bataillons à Sébénico) ; 81e colonel Bonté, homines, 22 chevaux (4 bataillons Traw) ; 5e escadron du 19e de chasseurs (84 hommes, 88 chevaux à Zara) - Mémoires du Prince Eugène, t.2, page 268.
Le 6 mai 1806, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Prince Eugène : "Mon Fils, mon intention étant de prendre possession de tout le territoire de la république de Raguse, vous voudrez bien ordonner au général Lauriston de partir avec le 5e et le 23e d'infanterie de ligne, une compagnie d'artillerie française et une compagnie d'artillerie italienne, et la quantité d'artillerie qu'on pourra lui fournir, et de prendre possession de la ville et du territoire de Raguse. Il pourra laisser subsister le gouvernement qui existe, en désarmant les habitants et en prenant toutes les mesures de sûreté. J'ai des pièces qui constatent la manière dont s'est conduite à l'égard de nos ennemis cette république, qui, ayant violé la neutralité, ne peut être considérée désormais que comme étant en état de guerre …" (Mémoires du Prince Eugène, t.2, page 375 ; Correspondance de Napoléon, t.12, lettres 10197 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12061).
Le 17 mai 1806, le Prince Eugène écrit, depuis Milan, à Napoléon : "Sire, j'ai l'honneur d'adresser à votre Majesté copie de la lettre du général Molitor, et la copie de celle de mon aide de camp Sorbier, qui s'est trouvé en mission dans les parages de Lésina. Votre Majesté y verra les détails de l'affaire qui a eu lieu dans cette île et qui est tout à fait à l'avantage des aigles de Votre Majesté.
Je prends la 1iberté de lui recommander le capitaine Guiard, du 23e régiment de ligne. Il a commandé le bataillon dans la dernière campagne, et, depuis deux ans, il est sur les rangs pour le grade de chef de bataillon. Le colonel Deriot me l'a annoncé comme un excellent officier. Il paraît aussi que les deux grenadiers Chareau et Morillon se sont particulièrement distingués …" (Mémoires du Prince Eugène, t.2, page 397).
Le Général Lauriston, après avoir tout disposé, part pour se rendre à Macarska, où il arrive le 23 mai 1806 au soir. Il s'y est fait précéder par 500 hommes du 23e Régiment d'infanterie de ligne, et il réunit de suite ce qui se trouve du 5e Régiment de ligne, tant à Almissa qu'à Macarska ; il ordonne en même temps la réunion des détachements de ce même Régiment sur la Narenta (Mémoires du Prince Eugène, t.2, page 297).
Le 24 mai 1806, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Prince Eugène : "Mon Fils …
J'ai fait chef de bataillon le capitaine Guyard, du 23e (note : de Ligne) ; Chazeau et Maurillon, du même régiment, ont été nommés membres de la Légion d'honneur …" (Mémoires du Prince Eugène, t.2, page 404 ; Correspondance de Napoléon, t.12, lettres 10269 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12165).
Le 25 mai seulement, à quatre heures du matin, les premières Compagnies du 23e Régiment, commandées par le Général Delgorgue, arrivent à Stagno. Elles ont été contrariées par les vents et par le calme ...
A six heures du soir, le Général Lauriston se met en route avec mille hommes des 23e et 5e de Ligne. Il espère faire en trente-quatre heures les quarante milles qui séparent Stagno de Raguse ; mais il trouve les chemins plus mauvais encore qu'il ne l'avait pensé. A deux heures du matin la tête de sa colonne est à Slano. Il doit y attendre le reste des troupes, dont une partie s'est égarée pendant la nuit. Elles ne peuvent être réunies qu'à midi ; les mêmes précautions ont été prises tant à Slano qu'à Stagno pour empêcher qu'on ne prévienne à Raguse. Cependant, comme la nuit il est difficile de bien connaître tous les débouchés, une lettre de Slano a prévenu le Gouvernement de Raguse, sans aucune mauvaise intention.
Le 26 mai, à une heure, le Général Lauriston part de Slano avec douze cents hommes des deux Régiments, ayant été rejoint par deux cents hommes arrivés à Stagno après son départ. Les chemins de Slano à Raguse sont encore plus détestables que ceux de Stagno à Slano (Mémoires du Prince Eugène, t.2, page 298).
Dans la première quinzaine de juin, l'Empereur nomme le Général Lauriston Gouverneur de l'Albanie ; l'armée du Vice-roi comprend les Troupes du Gouvernement de l'Albanie, Général Lauriston (Quartier général à Raguse) ; Généraux de Brigade Delgorgue et Delzons (en route), 5,700 hommes présents des 5e et 23e de Ligne, Chasseurs brescians, Chasseurs du 24e de Ligne, Chasseurs d'Orient, détachements d'Artillerie française et italienne, Génie et Train (Mémoires du Prince Eugène, t.2, page 285 - Note : 24e de Ligne ou 24e Chasseurs ?).
Le 3 juin, le général Lauriston, qui occupe Raguse depuis le 27 mai, écrit au Vice-Roi : "… Je vois aussi que Votre Altesse compte beaucoup sur les 5e et 23e régiments, à quatre bataillons chacun ; le plus fort n'a que 1,600 hommes, et l'autre 1,500. Nous sommes dans le temps des chaleurs ; il tombe beaucoup de malades. Chacun de ces régiments en a de 7 à 800 en Dalmatie, qui comptent dans l'effectif des régiments. Je crois donc, Monseigneur, qu'il est nécessaire d'avoir encore un régiment.
Je suis arrivé ici avec 1 ,800 hommes seulement. Obligé de laisser des troupes à Stagno, j'ai pris possession .de Raguse avec 1,400 hommes. Attaqué aussitôt des deux côtés, il m'a fallu placer et disséminer quelques troupes pour empêcher qu'on ne brûlât le pont de Santa Croce.
La place n'ayant aucun moyen de défense, j'ai été obligé d'employer les troupes à des travaux extraordinaires, ce qui les a beaucoup fatiguées. J'espérais que le 23e me suivrait de près ; mais je l'attends inutilement jusqu'à ce moment : je ne peux porter mes troupes sur tous les points attaqués.
Les habitants du Canali ont été, depuis mon arrivée, continuellement menacés par les Boccheses et les Monténégrins. Ils m'ont demandé des troupes. Je leur ai envoyé, la première fois, 400 hommes, qui les ont délivrés de leurs ennemis. J'avais laissé à Ragusa-Vecchia 600 hommes, dont 200 étaient en avant, les Russes pouvant débarquer sur toute la côte.
Hier, 2 juin, les Bloccheses et les Monténégrins, au nombre de 3 à 4,000, sont entrés sur le territoire du Canali avec 400 Russes ; ils ont mis tout à feu et à sang. Les malheureux habitants se sont sauvés après les premiers coups de fusil ; nos soldats se sont avancés, ont essayé de manœuvrer pour jeter les ennemis dans la plaine, mais inutilement ; ils ont été obligés de se replier devant cette masse d'ennemis, qu'ils ne pouvaient apercevoir derrière les rochers. Ils se sont retirés dans une position, à Ragusa-Vecchia, où j'avais établi quelques pièces de canon. Nos soldats, harcelés, s'y sont défendus comme des lions ; lassés de cette attaque, ils ont battu la charge, et l'ennemi s'est retiré précipitamment ; mais, la position n'étant pas tenable, parce qu'un vaisseau était en vue pour l'attaquer du côté de la mer, j'ai ordonné de tenir une position dans le golfe de Raguse, ce qui concentre mes forces. Les dispositions que j'avais été obligé de prendre hier ne m'avaient lajssé que 400 hommes dans Raguse pour secourir en même temps l'attaque du côté de Santa Croce.
Le manque de troupes, la non-arrivée du 23e régiment, m'ont donné la douleur de ne pouvoir secourir de malheureux habitants qui nous aiment.
J'apprends que ces troupes du 23e sont parties le 30 mai, et que, contrariées par les vents, elles sont restées en route. Dans l'affaire d'hier, nous avons eu une cinquantaine d'hommes tant tués que blessés, dont un officier. On a déjà rapporté 25 blessés de coups de fusil peu dangereux. Les Russes n'ont fait que soutenir les Monténégrins, ils ne se sont point engagés. Nos troupes cherchaient à les aborder, mais ils se sont tenus toujours derrière ; ils n'ont empêché aucune des barbaries des Monténégrins : ils sont en horreur dans ce pays.
J'ai demandé au général Molitor une compagnie d'artillerie ; je lui demande aussi d'occuper Stagno, ce qui donnera·les moyens au général Launay de pouvoir bien défendre Raguse et de correspondre avec moi.
Je vois que Votre Altesse Impériale compte avoir de la poudre dans Raguse : il n'y en a pas un grain ; j'ai été obligé d'entamer celle des Turcs, et j'apprends que le pacha de Bosnie l'envoie chercher, ce qui m'embarrasse beaucoup. J'en demande au général Molitor.
L'incendie du territoire de Canoli, le seul cultivé dans les États de Raguse, rend ce peuple fort à plaindre. J'en tire tout ce que je peux ; mais, son commerce étant anéanti, rien ne lui arrive et tout est pris par les croisières russes. Il n'y a pas de ressources en marine : tout ce qui entre dans la construction d'un bâtiment est acheté au dehors ; il n'y a que deux bâtiments en construction : nous nous sommes servis d'une partie des bois pour nos affuts.
Les attaques journalières retardent nos travaux. L'arrivée du 23e peut seule me tirer de l'embarras où je me trouve et soulager les soldats, qui n'ont pas une nuit de bonne.
Pour surcroît, depuis mon arrivée je ne peux monter à cheval à cause du mal que je me suis fait à la jambe. Je prie Votre Altesse Impériale de prendre en considération ma demande d'un régiment. Si les deux que j'ai étaient à un compte raisonnable, je n'en demanderais pas d'autre. J'espérais pouvoir gagner l'évêque des Monténégrins, mais sa levée de boucliers dans cette circonstance l'a mis dans la nécessité d'être notre ennemi le plus acharné ; il faudra faire continuellement la petite guerre de son côté. Budna n'est pas, à ce qu'on dit, une place tenable contre une attaque en règle. Je sens tous les jours l'avantage d'être entré très-promptement à Raguse ; mais j'eusse désiré y être rejoint promptement par mes troupes. Je regarde le pays où nous allons entrer comme une nouvelle Vendée, et bien plus difficile, à cause de ses hautes montagnes.
Le consul turc et les Turcs se sont enfuis. Je leur ai fait écrire. Les barbares monténégrins sont redoutés à un point dont on ne se fait pas d'idée ; ils ne sont cependant pas braves ; mais derrière un rocher ils peuvent beaucoup. Je suis attaqué présentement du côté de la mer, c'est-à-dire du côté de Santa Croce ; les ennemis veulent brûler les bâtiments du port ; je n'ai que des canons, mais aucun obusier ni mortier" (Mémoires du Prince Eugène, t.2, page 305).
Le 6 juin 1806, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Prince Eugène : "... Voici un décret pour la formation du camp de Dernis ; vous verrez que mon intention est de réunir les conscrits et les dépôts dans ce camp ; ils y seront en bon air, s'y porteront bien, et se formeront plus vite. Voici comment je conçois que le général Molitor pourrait distribuer ses troupes : il mettrait le 3e bataillon du 79e à Zara, un bataillon à Sebenico, et il concentrerait les autres à Macarsca, pour pouvoir aller au secours du général Lauriston, si cela était nécessaire. Si les dépôts du 5e et du 23e sont restés en Dalmatie, placez-les dans le camp de Dernis ; l'artillerie de réserve de campagne sera également placée dans ce camp, de manière qu'il n'y aura qu'un bataillon brescian ou un autre bataillon italien à Cherso, un bataillon à Zara, un à Sebenico, et tout le reste disponible. Faites bien comprendre au général Molitor que, pour défendre les îles de Lesina et de Curzola avec succès, il faut être maître de la presqu'île de Sabioncello. Indépendamment de cela, ce général peut réunir les compagnies de grenadiers des corps qu'il laisse dans les villes, de manière qu'il ait toujours dans la main 4,000 hommes pour faire marcher au secours du général Lauriston qui, lui-même en ayant plus de 4,000, sera partout supérieur à l'ennemi" (Mémoires du Prince Eugène, t.2, page 425 ; Correspondance de Napoléon, t.12, lettres 10324 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12233).
Le même 6 juin, le Général Lauriston, de plus en plus serré et harcelé par l'ennemi, écrit au Vice-Roi : "Depuis la dernière lettre que j'ai eu l'honneur d'adresser à Votre Altesse Impériale le 5 juin, j'ai été continuellement attaqué tant du côté de la contrée du Canali que du côté de Santa Croce. Je n'ai encore que le 5e régiment : il est sur les dents. Heureusement que la nourriture est bonne. Je ne puis concevoir ce qui retarde le 23e régiment ; depuis trois jours le vent est très-favorable, et je n'en reçois aucune nouvelle.
J'ai eu l'honneur d'informer Votre Altesse Impériale que j'avais évacué Ragusa-Vecchia, qui n'était pas un poste tenable, pour me concentrer le plus possible ; mais cette concentration est encore déterminée par des motifs d'absolue nécessité pour les besoins de la ville, comme les moulins et la source qui fournit l'eau à la ville, ce qui étend encore. Trop notre ligne et forcément.
J'ai fait prendre position au colonel Teste dans un détroit formé par le golfe de Ragusa-Vecchia et la frontière turque. Cette position est très-bonne et couvre les moulins.
Il a été attaqué hier par 2,000 Monténégrins et les Russes, au nombre de 500. L'ennemi a été repoussé vigoureusement ; il avait fait en outre un débarquement dans ce golfe à la faveur de bricks armés de dix canons ; mais nos troupes les ont culbutés, en ont tué une trentaine et blessé une grande quantité, qui a été transportée sur des chaloupes à Ragusa-Vecchia. Nous avons eu 2 soldats tués et 5 blessés. Les Monténégrins coupent la tête aux malheureux soldats qui tombent blessés dans leurs mains. La vue de cette barbarie excite tellement la fureur du soldat, qu'il ne veut pas faire de prisonniers, ni Russes ni Monténégrins.
Les Russes sont déshonorés par leur alliance avec les Monténégrins et par les atrocités qu'ils leur laissent commettre. Ils sont parmi eux et voient brûler de sang-froid les maisons et propriétés des Canalais. Tous les jours nous apercevons des mnisons en feu dans des lieux éloignés qu'ils occupent tranquillement. N'ayant point encore reçu le 23e régiment, je ne puis disséminer ma troupe et punir ces atrocites. Il est arrivé hier à Ragusa-Vecchia 1 vaisseau de 74 avec 1 gros bâtiment de transport et 5 bricks ; ils sont entrés dans le golfe pour canonner nos troupes, mais inutilement, ce vaisseau et ces bricks sont à l'ancre sous RagusaVecchia. Du côté de Santa Croce ils ont 1 vaisseau, 1 brick et 4 chebecs. Tous les jours ils nous canonnent, mais jusqu'à présent sans effet. La position de leurs bâtiments intercepte tout ce qui cherche à entrer dans les ports de Raguse.
J'ai voulu de bonne heure faire placer des pièces de dix-huit sur la pointe de Santa Croce ; les attaques continuelles que nous avons eues ont dispersé les ouvriers civils ; et nos soldats, occupés à se battre, n'ont pu les retenir. Cependant j'espère que deux pièces de dix-huit seront placées cette nuit à Santa-Croce : les affûts sont faits ; le plus difficile est le transport des pièces : j'ai fait faire un gril. Demain nous chaufferons la frégate, et nous tâcherons de l'éloigner du canal de Calamata, qui intercepte toutes nos communications. L'irruption des Russes et Monténégrins dans le Canali prive la ville d'une partie des subsistances ; j'ai cependant jusqu'à présent tiré tout ce qui était nécessaire pour la troupe. L'hôpital est parfaitement tenu ; en général les habitants sont remplis de la meilleure volonté. Il est douloureux que le petit nombre de mes troupes m'ait privé des moyens de préserver du pillage et de l'incendie la seule partie cultivée du territoire de Raguse. Si j'eusse eu toutes les troupes qui me revenaient, j'aurais posté sur-le-champ un corps de troupes sur la frontière des bouches de Cattaro. Lorsque le 23e régiment arrivera, je serai dans un état respectable pour Raguse ; mais je vais démontrer à Votre Altesse Impériale qu'il me sera impossible de bien garder Cattaro et Raguse avec les 5e et 23e seulement. Ces deux régiments forment tout au plus un total de 3,000 hommes, les bataillons ne sont pas de 400 hommes.
Si j'en prends cinq pour les bouches de Cattaro, je n'aurai pas plus de 1,800 hommes, et le général Launay n'en aura que 1,200 pour Raguse et Stagno.
Actuellement que les Boccheses et les Monténégrins ont pris les armes contre nous, il faut compter qu'au moment de mon entrée il faudra faire la guerre avec eux et les Russes ; 1,800 hommes ne me donneront que les moyens d'empêcher les vaisseaux russes d'entrer dans Porto-Rosa du canal de Cattaro, ce qui est très-intéressant, en mettant une garnison au fort Spagnola de Castelnuovo ; je n'y pourrai communiquer que par le territoire de Risano, le plus dévoué aux Russes. Si, d'un autre côté, le général Launay est attaqué comme je le suis actuellement, il lui sera impossible, avec 1,000 hommes, de tenir la position que j'occupe; et, s'il ne la tient pas, les moulins et la source seront au pouvoir de l'ennemi : la garnison et la ville mourront de faim.
L'importance de Raguse, à cause de ses ports, qu'il ne faut pas abandonner à l'ennemi, nécessite une garnison de 2,400 hommes avec Stagno.
L'importance de Cattaro, de ses forteresses, de son canal (pour que l'ennemi ne puisse y séjourner), le voisinage des Monténégrins, la surveillance à exercer sur les Boccheses, partisans des Russes, y nécessitent, en temps de guerre, une garnison de 3,000 hommes.
Si les communications étaient possibles, soit par mer, soit par terre, il ne faudrait pas ce nombre de troupes ; mais la conformation du pays, qui est tout en longueur, la communication par mer, tout à fait interrompue par les bâtiments ennemis, dont le nombre augmente encore le besoin de garder Sabioncello, non-seulement pour le point de Stagno, qui sert de communication avec la Dalmatie, mais encore pour forcer l'ennemi d'évacuer Curzo le seul port qui leur restera, toutes ces raisons décident impérieusement pour ce nombre de troupes. Les routes sont mauvaises en Dalmatie, mais elles ne sont que mauvaises et n'empêchent point les communications ; elles sont d'ailleurs susceptibles d'être arrangées ; ici il ne faut pas même y penser.
Lorsque Votre Altesse Impériale m'a ordonné de partir pour Raguse, ses intentions portaient que, dans le cas où les deux régiments auraient des détachements, je partisse toujours sans délai avec ce que je pourrais réunir. Je n'ai pas hésité un moment ; mais j'ai dit au général Molitor que je serais attaqué le lendemain sans pouvoir être en mesure ; je l'ai été le soir même de mon arrivée, et depuis je n'ai eu qu'un seul jour de relâche. Si, d'après l'avis de Votre Altesse Impériale, les Russes évacuent Cattaro, je me trouverai encore plus embarrassé si je n'ai pas de nouvelles troupes, parce que j'y serai tout à fait bloqué, que je ne pourrai pas avoir de communication avec le général Launay, s'il n'a pas aussi de troupes pour tenir le Canali. Je ne trouverai pas à Cattaro les ressources de première nécessité comme à Raguse ; il me faudra le temps de monter l'artillerie, préparer les munitions, approvisionnements, etc.
Votre Altesse Impériale ne me dit pas dans sa lettre s'il viendra un commissaire autrichien ; cela est essentiel, pour la remise des objets, car, si les Russes se contentent de me signifier l'évacuation de Cattaro, ils ne m'aideront certainement pas à y entrer ; mais, au contraire, ils auront soin de mettre les Boccheses et Monténégrins dans les places ou pour garder les défilés ; et, du moment où je mettrai le pied sur le territoire, ils m'attaqueront pendant que j'attaquerai les places : j'ai des renseignements positifs à cet égard.
Je supplie donc Votre Altesse impériale de prendre ma position en considération. Je ne serai jamais arrêté que pour les obstacles impossibles à prévoir ; mais j'ai dit faire connaître à Votre Altesse Impériale les difficultés sans nombre que présente ce pays, qu'il faudrait défendre dans toutes ses parties, lesquelles n'ont aucune communication de l'une à l'autre, et sans employer beaucoup de temps et de fatigues.
Il arrive dans ce moment un détachement du 23e ; d'après l'annonce, il était de 569 hommes ; il n'arrivera que 400 hommes. Le général Molitor n'a pas fait partir encore la garnison de Lesina de 500 hommes du 23e. Je viens de prendre des informations sur le bataillon de dépôt ; celui du 23e n'aura pas 60 hommes en état de porter les armes, la fatigue et la saison font tomber beaucoup de malades. Le 23e se ressent encore des maladies d'Alexandrie. Je n'aurai pas 1,200 hommes de ce régiment ; 1,400 hommes du 5e, cela fait 2,600 hommes pour Raguse et les bouches du Cattaro. En me donnant un nouveau régiment de quatre bataillons, Votre Altesse Impériale ne me donnerait pas encore le compte des deux premiers ; je vois que peu de troupes tuent les corps. L'on ne peut se former une idée de ce pays. Nous l'avons pris bien heureusement, il ne faut pas le perdre.
Nos rapports avec les Turcs sont très-amicaux ; lorsque j'ai été attaqué hier, ils ont garni leurs frontières ; et empêchent les Monténégrins d'y passer pour tourner notre position ; aujourd'hui les Russes ont fait des instances très-fortes auprès d'eux ; ils ont refusé, en me déclarant qu'ils n'avaient que 300 hommes à leur opposer. Les Russes ont à Ragusa-Vecchia 1 vaisseau de 74, 4 bricks, 2 gros transports. A Calamata, ils ont : 1 frégate, 1 brick, 5 chebecs. Rien n'entre plus dans le port. Je suis obligé de recourir à la Dalmatie pour mes besoins. Que demander en argent à un peuple que nous venons de ruiner, parce que nous ne sommes pas entrés avec assez de forces pour le protéger ? Il paraît qu'il ne faut pas du tout compter sur les secours de notre marine ; elle aurait cependant de grands avantages dans cette mer.
Votre Altesse Impériale connaît assez ma véracité pour être persuadée de tout ce que je viens d'avoir l'honneur de lui écrire. Je savais à peu près ce qu'était ce pays ; mais cependant j'étais bien loin de le connaître. L'on n'y est jamais arrivé que par mer. L'état de blocus commence à faire sentir les besoins même en vin. Je n'ai qu'à me louer des Ragusains et des soins qu'ils donnent à nos soldats. J'ai l'honneur, etc.
P. S. L'ennemi a profité des attaques du côté de Ragusa-Vecchia pour s'établir dans la petite île Dassa, du côté de Santa Croce. Lorsque j'aurai un moment de répit, je verrai à le déloger ; mais encore il me faut des barques. Je n'envoie pas à Votre Altesse Impériale d'états d'artillerie et autres, nous ne pouvons les faire. La place est assez armée ; mais l'éloignement des moulins et de la source nuisent beaucoup à sa défense ; ils sont à sept ou huit milles. Pardon, monseigneur, du désordre de ma lettre, je l'ai écrite à la hâte dans un moment de repos" (Mémoires du Prince Eugène, t.2, page 310).
Le 8 juin 1806, nouvelle lettre du Général Lauriston au Vice-roi : "La position dans laquelle je me trouve devient de plus en plus critique ...
Cette guerre tue le soldat ; j'ai été obligé hier de faire marcher une partie du détachement du 23e, qui était arrivé la veille. La longueur du chemin n'a pas permis d'arriver à temps pour envelopper l'ennemi, comme j'en avais le projet. Ces soldats sont eux-mêmes épuisés par les fatigues de leur marche. Votre Altesse Impériale ne peut se faire une idée des montagnes et chemins affreux pour communiquer d'un point à l'autre …
Le nombre des malades et blessés est aujourd'hui de trois cents. Si les attaques continuent, il augmentera encore. Le nombre des bâtiments ennemis est tel, qu'il balaye les chemins où je pourrais passer. Cependant avec quelques forces je me posterais en avant, et je serais sûr d'être plus tranquille. La garnison du 23e qui est à Lesina n'est pas encore arrivée. Je n'ai pas même entendu parler de son départ. Monseigneur, je dois vous le répéter, je n'ai pas assez de troupes pour un pays où il faut que tous les points soient armés convenablement …" (Mémoires du Prince Eugène, t.2, page 318).
Le 11 juin 1806, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Prince Eugène : "Mon Fils … Il est bien nécessaire qu'on prenne des renseignements à l'état-major pour distinguer le personnel qui est sous les ordres du général Lauriston de ce qui est en Dalmatie. En infanterie, les 5e et 23e de ligne doivent y être tout entiers ; ils doivent être entièrement armés et faire une force de près de 5,000 hommes …
J'ai envoyé le général de division Barbou pour prendre le commandement des bouches de Cattaro. Je vous ai fait connaître qu'il serait sous les ordres du général Lauriston. Le 23e régiment prendra possession des bouches de Cattaro …
RÉSUME. Le général Lauriston est gouverneur de l'Albanie et de Raguse. Il correspondra directement avec vous. Il aura sous lui le général Barbou, qui commandera les bouches de Cattaro, deux généraux de brigade, un adjudant commandant, un chef de bataillon d'artillerie et six capitaines d'artillerie français et italiens, un chef de bataillon et quatre officiers du génie français ou italiens, deux compagnies d'artillerie française qui seront toujours maintenues à 100 hommes chaque, ainsi que deux compagnies d'artillerie italienne, les 5e et 23e de ligne, que vous aurez soin de maintenir toujours avec le nombre de fusils nécessaire, le bataillon brescian, le 3e bataillon du 2e de ligne italien, 100 hommes tirés des régiments de cavalerie qui sont en Dalmatie, un vieux commissaire des guerres de première classe, entendant bien l'administration, trois autres commissaires des guerres et deux adjoints …" (Mémoires du Prince Eugène, t.2, page 437 ; Correspondance de Napoléon, t.12, lettres 10350 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12279).
Le 14 juin, le Général Molitor mande au Prince Eugène : "Le général Lauriston me prie de faire parvenir à Votre Altesse Impériale, par courrier extraordinaire, la dépêche ci-jointe.
J'ai eu J'honneur de rendre compte à Votre Altesse Impériale que j'avais mis à la disposition du général Lauriston tout ce qu'il m'avait demandé. J'ai appris depuis qu'une partie du 23e régiment avait été arrêtée pendant quatre jours par les vents contraires dans le port de San-Pietro ; mais on sait qu'il n'y a rien de plus incertain qu'une marche par nuit. J'ai attendu depuis deux mois le convoi de Venise, et je me trouvais sans poudre, ayant sur les bras toute la flotte de Corfou. Le général Lauriston m'a demandé 60 milliers de poudre, je les lui ai envoyés aussitôt sa lettre reçue. Ce général avait d'abord jugé nécessaire de laisser à Lesina la garnison du 23e régiment. Il me l'a ensuite demandée ; je l'ai fait mettre en marche aussitôt, en chargeant le général Guillet de faire exécuter lui-même ce mouvement. Le général Lauriston me demande aujourd'hui de l'argent et des vivres ; je vais lui envoyer tout ce que je pourrai ; mais Votre Altesse Impériale pensera que je ne puis répondre du retard des transports par mer ..." (Mémoires du Prince Eugène, t.2, page 328).
Dans le courant du mois de juin, l'armée du Vice-roi est réorganisée; concernant l'Armée de Dalmatie, commandée par le Général Marmont (Quartier général à Zara), la 2e Division, Général Lauriston (Quartier général à Raguse) ; Généraux de Brigade Barbou, Delgorgue et Delzons ; 9 Bataillons des 2e de ligne italien, 5e et 23e de ligne, Chasseurs d'Orient, 24e Régiment de·Chasseurs à pied, Chasseurs brescians, détachements de Sapeurs italiens, 2 Compagnies d'Artillerie française, 2 d'Artillerie italienne (6,000 présents) (Mémoires du Prince Eugène, t.2, page 283).
Le 24 juin, Eugène écrit, depuis Monza, à Napoléon : "… Les Autrichiens sont arrivés sans doute à Cattaro. J'avais déjà mandé au général Lauriston de se mettre en mesure de faire mettre les forts en état de défense avant d'y entrer. Comme il n'aura pas, avant trois semaines ou un mois, les deux bataillons italiens, puisque les chasseurs brescians sont aujourd'hui vers Udine ou Trieste, j'ai cru bien faire de lui ordonner de prendre tout le 23e avec un bon bataillon du 5e, l'autre partie du 5e resterait à Raguse ; mais, comme ce point pourrait être attaqué et qu'il est bien essentiel que la communication de la Dalmatie avec Cattaro ne puisse être coupée, j'écris, ainsi que le verra Votre Majesté, au général Molitor d'envoyer un fort bataillon à Stagno et à Raguse. Lorsque les 2es bataillons italiens seront arrivés à Cattaro, tout le 5e restera à, Raguse, et le bataillon prêté par le général Molitor lui rentrera. Je serais bien heureux si Votre Majesté approuvait ces mesures" (Mémoires du Prince Eugène, t.2, page 460).
Molitor se porte enfin au secours de Lauriston; le 25 juin 1806, il écrit, depuis Marcaska, au Prince Eugène : "Monseigneur, j'ai reçu à Zara, le 20 de ce mois, la nouvelle que le général Lauriston, forcé de céder à des forces supérieures, s'était tout à fait retiré dans Raguse, où il est bloqué par terre et par mer. Je me suis mis en marche à l'instant même pour dégager le général Lauriston, et j'arrive ce matin à Marcaska. Je suis suivi par le 79e régiment, deux compagnies de voltigeurs du 81e et le dépôt du bataillon grec. Je serais arrivé ce soir à Stagno, si un malheureux vent contraire n'avait arrêté la plus grande partie du convoi à un mille de ce port ; mais j'espère que demain je pourrai continuer ma route.
Un officier du 5e régiment est parvenu à sortir de Raguse par mer et me remet ici la lettre ci-jointe pour Votre Altesse Impériale. Le général Lauriston ne me témoigne aucune inquiétude sur sa position présente : il a des vivres pour deux mois, mais il insiste pour qu'il ne soit point pris de demi-mesures et pour que l'on vienne à son secours en force ; le général Lauriston m'annonce la malheureuse nouvelle que le général Delgorgue a été tué.
Le général Launay, qui est à Stagno avec deux cent cinquante hommes du 23e régiment, m'écrit que l'ennemi s'avance sur lui et me demande du secours ; il m'annonce que les Russes et Monténégrins ont violé le territoire des Turcs, que ceux-ci, armés en petit nombre pour garder leur neutralité, ont été repoussés et qu'une caravane a été massacrée. Le général Launay peut tenir quinze jours à Stagno ; il évalue la force de l'ennemi à·douze mille hommes.
Les renforts que je porte dans l'État de Raguse se montent à seize cents hommes en tout ; et, pour les réunir, il m'a fallu dégarnir toute la Dalmatie. J'ai laissé à Zara et Sebenico les recrues du 8e régiment (la partie combattante de ce corps est dans le Quarnero) ; le 81e, qui a fourni quatre cents hommes à Lesina (et qui, par la maladie, se trouvent déjà réduits à deux cent quatre-vingts), cent hommes à Brazza, n'a pas quatre cents hommes en état de marcher, tant à Spalaro qu'à Marcaska ; j'ai trouvé le surplus de ce régiment dans les hôpitaux ou malades à la chambre.
Attaquer l'ennemi sans certitude de succès serait peut-être comprometre le sort de cette province ; cependant, Monseigneur, je ne vois pas d'autre parti à prendre, puisque le 18e régiment ne peut être ici avant le 22 du mois prochain. Ainsi, à moins d'impossibilité absolue, j'attaquerai vigoureusement aussitôt que toutes mes forces seront réunies à Stagno, ce qui arrivera sous peu de jours, si les vents ne me contrarient pas trop.
Je ferai en sorte d'en prévenir le général Lauriston afin qu'il me seconde de son côté, et alors, Monseigneur, j'ai grande espérance que tout ce qui se trouvera entre lui et moi sera maltraité. Votre Altesse Impériale est sans doute informée de la barbarie des ennemis envers nos prisonniers et blessés : les chefs de ces barbares payent un sequin par tête qui leur est apportée ; et voilà les brigands que les Russes prennent pour auxiliaires et qu'ils voudraient vomir parmi nous ! Quelle leçon pour l'Europe civilisée ! …" (Mémoires du Prince Eugène, t.2, page 339).
Le 26 juin 1806, depuis Saint-Cloud, l'Empereur écrit à Eugène, Vice-Roi d'Italie : "Mon Fils, je reçois les lettres du général Lauriston. Il est bien fâcheux que le 23e ne soit pas arrivé en même temps que les autres troupes. J'imagine qu'il sera arrivé à cette heure. Le général Molitor serait bien coupable d'avoir mis le moindre délai dans le départ de ce régiment.
J'ai peine à croire que, si le général Lauriston a réuni tous les détachements de ses régiments, ils restent aussi faibles qu'il le dit, c'est-à-dire que les deux ne forment que 3,000 hommes ...
De l'état de situation que vous m'avez remis, il résulterait que le 5e de ligne aurait 2,400 hommes présents, et que le 23e en aurait 2,100, ce qui ferait 4,500 hommes, et 1,300 aux hôpitaux. Il vous est encore arrivé des recrues de Strasbourg ; c'est sur ces deux régiments qu'il faut les diriger ; mais ayez soin qu'ils soient habillés et bien armés lorsqu'ils partent …" (Mémoires du Prince Eugène, t.2, page 468 ; Correspondance de Napoléon, t.12, lettres 10418 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12378).
Le 28 juin, Napoléon est toujours persuadé que les Bouches de Cattaro pourront être prises. Il écrit, depuis Saint-Cloud, à Eugène : "Mon Fils, voici mes dispositions générales pour Raguse et les bouches de Cattaro. Le général Molitor, ayant sous ses ordres le 8e d'infanterie légère, les 79e et 81e, occupera toute la Dalmatie. Il tiendra à Stagno deux bataillons du 8e, forts de 1,500 hommes, un bataillon du 79e complété à 800 hommes, et une compagnie d'artillerie complétée à 100 hommes. Cette colonne, forte de 2,400 hommes, avec un officier du génie pour faire tous les plans, croquis et reconnaissances, sera sous les ordres du général Guillet. C'est une réserve qui, suivant les événements, pourra ou retourner en Dalmatie ou se porter sur Raguse, et venir ainsi au secours des points attaqués. Une seconde colonne, composée d'un bataillon du 81e et d'un bataillon du 79e, tous deux complétés à 700 hommes chacun, se tiendra du côté de Macarsca, toujours prête à partir et à marcher au secours, soit de Raguse, soit de tout autre point attaqué. Un général de brigade avec deux bataillons du 5e de ligne et deux bataillons du 23e de ligne, trois compagnies d'artillerie et des officiers du génie, occupera Raguse. Les deux premiers bataillons du 23e et deux bataillons du 5e, le bataillon brescian, le 3e bataillon du 4e régiment italien, le bataillon de ma garde italienne, que vous expédierez, trois compagnies d'artillerie, une de sapeurs, commandés par les généraux Delegorgue et Delzons, prendront possession des bouches de Cattaro, sous les ordres du général Lauriston …
Ainsi donc on doit distinguer deux choses, l'état défensif et l'état offensif …
ÉTAT DÉFENSIF.
… Le général Lauriston, avec deux bataillons de chacun des 5e et 23e régiments de ligne formant au moins 2,400 hommes, trois compagnies d'artillerie formant 300 hommes, les chasseurs d'Orient, une compagnie de sapeurs italiens de 100 hommes, le bataillon brescian, le 3e bataillon du 4e régiment italien, et un bataillon de ma garde royale, le tout composant une force de plus de 5,000 hommes, et deux généraux de brigade, occupera les places et se tiendra en force sur les débouchés des Monténégrins, prêt à les attaquer …
ÉTAT OFFENSIF.
… un corps de 7,000 hommes de troupes entrera par plusieurs colonnes sur le territoire des Monténégrins, préviendra le pacha de Scutari, arrivera à Cettigne, et s'emparera du pays. On lèvera parmi les catholiques un bataillon, et on complétera, autant qu'il sera possible, le bataillon des chasseurs d'Orient …
Je vois que la 3e compagnie du 1er bataillon de sapeurs italiens, partie de Venise, n'est que de 68 hommes : faites-la compléter à 100 hommes ; que les 13e et 15e compagnies du 1er régiment d'artillerie italien ne sont que de 121 hommes : faites compléter ces deux compagnies à 200 hommes, en y envoyant 80 hommes …
Donnez ordre au général Molitor d'envoyer la 6e compagnie du 3e bataillon de sapeurs français à Raguse …
Je vous répète ce que je vous ai déjà dit, mettez tous vos soins à tenir au complet les 5e et 23e régiments de ligne et les troupes italiennes qui se trouvent en Albanie …
Si vous jugez à propos de laisser le bataillon dalmate en Albanie, vous en êtes le maître" (Mémoires du Prince Eugène, t.2, page 471).
Le 7 juillet 1806, depuis Saint-Cloud, l'Empereur écrit au Prince Eugène : "Mon Fils, donnez ordre au général Marmont de se rendre en Dalmatie. Il prendra le titre de commandant en chef de mon armée de Dalmatie. Son premier soin sera de dégager le général Lauriston. Il partira vingt-quatre heures au plus tard après en avoir reçu l'ordre, afin d'être rendu à Zara le plus tôt possible. J'ai vu avec peine que le général Molitor n'a fait aucune des choses que j'avais ordonnées. Faites-moi connaître pourquoi, au lieu de réunir 4,000 hommes sur la Narenta pour soutenir le général Lauriston, il a laissé ses troupes disséminées. Quel que soit le nombre des malades dans mes troupes qui sont en Dalmatie, je ne puis concevoir que le 8e d'infanterie légère, les 5e, 23e, 79e et 81e régiments d'infanterie de ligne, ayant ensemble un effectif de plus de 15,000 hommes en Dalmatie, ne puissent pas offrir 8 à 9,000 hommes en ligne ..." (Correspondance de Napoléon, t.12, lettres 10461 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12443).
Le 9 juillet 1806, Napoléon écrit depuis Saint-Cloud, à Eugène, Vice-Roi d'Italie : "Mon Fils, j'ai nommé le général Marmont commandant de mon armée de Dalmatie. Il sera sans doute parti pour Zara. Il est bien nécessaire que les 3e et 4e bataillons du 60e, le 3e du 18e d'infanterie légère, et les 3es et 4es bataillons des régiments que le général Marmont aura emmenés, soient formés en une division de réserve, qui portera le nom de division de réserve de Dalmatie. Vous y réunirez les dépôts du 8e d'infanterie légère, des 5e, 23e, 79e et 81e de ligne. Tous ces détachements seront divisés en trois brigades à Padoue, Vicence et Trévise, sous les ordres des majors et sous l'inspection d'un général de brigade, qui s'occupera sans relâche de former et d'organiser ces dépôts, et de tout préparer pour l'arrivée des conscrits. Par ce moyen, vous pourrez exercer une grande surveillance sur l'administration et l'instruction de ces dépôts. Faites-y diriger tous les malades et tout ce qu'il y aurait en arrière appartenant à ces corps. Lorsque les circonstances le permettront, faites venir les cadres des 3es et 4es bataillons des 5e et 23e de ligne, et ceux du 8e léger et des 79e et 81e de ligne. Je n'ai pas besoin de vous faire sentir l'importance de ces mesures, car il faut tout préparer pour que ces huit ou neuf corps aient des moyens de se refaire des pertes qu'ils éprouveront par les maladies et par l'ennemi" (Mémoires du Prince Eugène, t.3, page 65 ; Correspondance de Napoléon, t.12, lettres 10474 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12458).
Le 28 juillet 1806, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Prince Eugène, Vice-Roi d'Italie : "Mon Fils … Le général Marmont fera les dispositions qu'il jugera nécessaires ; mais recommandez-lui bien de laisser les 3es et 4es bataillons des 5e et 23e à Raguse, car il est inutile de traîner loin de la France des corps sans soldats. Aussitôt qu'il le pourra, il renverra en Italie les cadres des 3es et 4es bataillons. Si cela pouvait se faire avant l'arrivée des Anglais, ce serait un grand bien …
Ne réunissez à Cattaro que le moins possible des 5e et 23e ; mais placez-y les 8e et 18e d'infanterie légère et le 11e de ligne, ce qui formera six bataillons qui doivent faire 5,000 hommes ; et, pour compléter 6,000 hommes, ajoutez-y le 60e. Laissez les bataillons des 5e et 23e à Stagno et à Raguse, d'où ils pourront se porter sur Cattaro au premier événement …
Après que les grandes chaleurs seront passées et que le général Marmont aura rassemblé tous ses moyens et organisé ses forces, avec 12,000 hommes il tombera sur les Monténégrins pour leur rendre les barbaries qu'ils ont faites ; il tâchera de prendre l'évêque ; et, en attendant, il dissimulera autant qu'il pourra. Tant que ces brigands n'auront pas reçu une bonne leçon, ils seront toujours prêts à se déclarer contre nous. Le général Marmont peut employer le général Molitor, le général Guillet et les autres généraux à ces opérations. Il peut laisser pour la garde de la Dalmatie le 81e.
Ainsi le général Marmont a sous ses ordres, en troupes italiennes, un bataillon de la Garde, un bataillon brescian et un autre bataillon ; ce qui, avec les canonniers italiens, ne fait pas loin de 2,400 hommes. Il a, en troupes françaises, les 5e, 23e et 79e, qui sont à Raguse et qui forment, à ce qu'il paraît, 4,500 hommes, le 81e, et les hôpitaux et détachements de ces régiments, qui doivent former un bon nombre de troupes. Il a enfin les 8e et 18e d'infanterie légère et les 11e et 60e de ligne ...
Faites-moi connaître ... si les ordres que j'ai donnés pour la formation des réserves en Dalmatie sont déjà exécutés ..." (Mémoires du Prince Eugène, t.3, page 93 ; Correspondance de Napoléon, t.13, lettres 10557 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12585).
Le 29 juillet 1806, Napoléon écrit, depuis Saint-Cloud, au Prince Eugène : "Mon Fils, je reçois votre lettre du 22 juillet. Mon intention est que le général Marmont garde les deux bataillons du 18e, les deux bataillons du 11e et du 60e, et qu'il vous renvoie les 3es et 4es bataillons des 5e, 23e et 79e …" (Mémoires du Prince Eugène, t.3, page 99 ; Correspondance de Napoléon, t.13, lettres 10563 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12598).
Le 1er août 1806, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, à Eugène, Vice-Roi d'Italie : "Mon Fils ... Tous les individus sortant des hôpitaux en deçà de l'Isonzo doivent se rendre à leurs dépôts, et, en attendant que vous en ayez un pour les 5e, 23e, 79e et 81e régiments, vous en formerez un provisoire. Je donnerai ensuite des ordres pour que ces individus se rendent en Dalmatie, si cela entre dans nos projets ; mais aucun mouvement d'hommes isolés ne doit avoir lieu d'Italie sur l'Istrie sans un ordre positif. Veillez à ce que cela soit ainsi, car j'apprends avec peine qu'un grand nombre d'hommes isolés traversent tous les jours la Croatie pour se rendre en Dalmatie …
Le général Marmont a emmené trop de troupes. Je n'avais pas compté sur le 35e ; je vous ai déjà mandé de le faire revenir par mer, s'il y avait moyen, et au moins les 3es bataillons des 5e, 23e et 79e ..." (Mémoires du Prince Eugène, t.3, page 105 ; Correspondance de Napoléon, t.13, lettres 10580 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12629).
Le 2 août 1806, le Prince Eugène écrit, depuis Monza, au Général Marmont : "Je reçois, monsieur le général en chef Marmont, plusieurs lettres de Sa Majesté. Je transcris littéralement tout ce qui vous concerne :
« Mon intention n'est pas qu'on évacue Raguse. Écrivez au général Marmont qu'il en fasse fortifier les hauteurs ; qu'il organise son gouvernement et laisse son commerce libre ; c'est dans ce sens que j'entends reconnaître son indépendance. Qu'il fasse arborer à Stagno un drapeau italien ; c'est un point qui dépend aujourd'hui de la Dalmatie. Donnez-lui l'ordre de faire construire sur les tours de Raguse les batteries nécessaires et de faire construire au fort de Santa-Croce une redoute en maçonnerie fermée. Il faut également construire dans l'ile de Calamata un fort ou redoute. Les Anglais peuvent s'y présenter : il faut être dans le cas de les y recevoir. Le général Marmont fera les dispositions qu'il croira nécessaires ; mais recommandez-lui de laisser les troisième et quatrième bataillons des 5e et 23e à Raguse ; car il est inutile de trainer loin de la France des corps sans soldats. Aussitôt qu'il le pourra, il renverra en Italie les cadres des troisième et quatrième bataillons. Si cela pouvait se faire avant l'arrivée des Anglais, ce serait un grand bien. Écrivez au général Marmont qu'il doit faire occuper les bouches de Cattaro par le général Lauriston, le général Delzons et deux autres généraux de brigade, par les troupes italiennes que j'ai envoyées et par des troupes françaises, de manière qu'il y ait aux bouches de Cattaro six ou sept mille hommes sous les armes. Ne réunissez à Cattaro que le moins possible des 5e et 23e régiments ; mais placez-y les 8e et 18e d'infanterie légère et le 11e de ligne, ce qui formera six bataillons qui doivent faire cinq mille hommes ; et, pour compléter six mille hommes, ajoutez-y le 60e régiment. Laissez les bataillons des 5e et 23e à Stagno et à Raguse, d'où ils pourront se porter sur Cattaro au premier événement. Après que les grandes chaleurs seront passées et que le général Marmont aura rassemblé tous ses moyens et organisé ses forces, avec douze mille hommes, il tombera sur les Monténégrins pour leur rendre les barbaries qu'ils ont faites. Il tâchera de prendre l'évêque, et, en attendant, il dissimulera autant qu'il pourra. Tant que ces brigands n'auront pas reçu une bonne leçon, ils seront toujours prêts à se déclarer contre nous. Le général Marmont peut employer le général Molitor, le général Guillet et ses autres généraux à cette opération. Il peut laisser pour la garde de la Dalmatie le 81e. Ainsi le général Marmont a sous ses ordres, en troupes italiennes, deux bataillons de la garde, un bataillon brescian et un autre bataillon qui y sera envoyé, ce qui, avec les canonniers italiens, ne fait pas loin de deux mille quatre cents hommes. Il a, en troupes françaises, les 5e, 23e et 79e, qui sont à Raguse, et qui forment, à ce qu'il parait, quatre mille cinq cents hommes ; le 81e et les hôpitaux et détachements de ces régiments, qui doivent former un bon nombre de troupes. Il a enfin les 8e et 18e d'infanterie légère, et les 11e et 60e de ligne. Je pense qu'il faut que le général Marmont, après avoir bien vu Zara, doit établir son quartier général à Spalatro, faire occuper la presqu'île de Sabioncello, et se mettre en possession de tous les forts des bouches de Cattaro. Il doit dissimuler avec l'évêque de Monténégro ; et, vers le 15 ou le 20 septembre, lorsque la saison aura fraîchi, qu'il aura bien pris ses précautions et endormi ses ennemis, il réunira douze à quinze mille hommes propres à la guerre des montagnes, avec quelques pièces sur affûts de traineaux, et écrasera les Monténégrins.
L'article du traité relatif à Raguse dit que j'en reconnais l’indépendance, mais non que je dois l'évacuer. Des quatre généraux de division qu'a le général Marmont, il placera Lauriston à Cattaro et Molitor à Raguse, et leur formera à (chacun une belle division. Il tiendra une réserve à Stagno, fera travailler aux retranchements de la presqu'île et au fort qui doit défendre Santa-Croce, ainsi qu'à la fortification du Vieux Raguse et à des redoutes sur les hauteurs de Raguse. Demandez les plans des ports et des pays de Raguse ».
Sa Majesté s'étant expliquée dans le plus grand détail, je me borne à vous recommander l'exécution de tous ses ordres, ci–dessus transcrits" (Mémoires de Marmont, tome 3, page 73).
Le 10 août 1806, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, à Eugène, Vice-Roi d'Italie : "Mon fils, vous trouverez ci-joint le décret sur la conscription de l’armée qui rejoindra en octobre. Vous ferez le relevé des conscrits destinés aux corps de l’armée de Naples et vous chargerez le général Charpentier de s'assurer que tout est prêt pour que du moment que les conscrits arriveront ils soient habillés.
Vous ferez faire également le dépouillement de ce que j'envoie pour les corps de Dalmatie et les autres corps de l'armée d'Italie. Vous verrez par les états que ces corps reçoivent beaucoup de monde, que le 23e de ligne reçoit 960 hommes, le 35e, 500, le 53e, 700, le 60e, 1100, le 79e, 1100. Veuillez vous assurer que les major et chefs de bataillons, les cadres des 3es et 4es bataillons de ces régiments sont aux dépôts en Italie et prêts à recevoir ce grand nombre de conscrits" (Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12693).
Le 30 août 1806, Napoléon écrit, depuis Saint-Cloud, à Eugène : "… Il faut faire faire dans les hôpitaux un dépouillement des malades appartenant aux corps qui sont en Dalmatie. Les 5e, 23e, 60e, 79e, 81e, etc. sont portés comme ayant 500 malades ; ils en ont, je crois, dans le pays, plus de 15 ou 1,800, sans compter ce qu'ils ont en Dalmatie.
Je ne vois que les 3es et bataillons des 5e, 23e, 60e et 79e. Ceux des 8e, 18e et 81e ne vont pas tarder d'arriver à Vicence. Mais il est très-nécessaire que vous écriviez au général Marmont que tous les malades appartenant aux 3es et 4es bataillons des 5e et 23e, qui sont en Dalmatie, ne doivent pas rejoindre les dépôts de leurs régiments en Italie (ce que je déteste le plus, c'est cette navette de troupes), mais rejoindre les bataillons de guerre à Raguse, par eau et jamais par terre. A cet effet, le général Marmont doit établir, comme je l'avais fait à l'armée d'Italie, et il doit s'en souvenir, des petits dépôts de convalescence, aérés et sains, où il dirigera tout ce qui sortira des hôpitaux de Dalmatie, pour, de là, les envoyer par détachements d'une centaine d'hommes à Cattaro et à Raguse, par eau. Si je déteste ces mouvements d'hommes isolés dans l'intérieur, à plus forte raison lorsqu'il faut passer sur le territoire autrichien. Ce n'est qu'en s'occupant sans cesse de ces petits soins qu'on empêche la destruction d'une armée …" (Mémoires du Prince Eugène, t.3, page 129 ; Correspondance de Napoléon, t.13, lettres 10709 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12817).
Le 4 septembre 1806, l'Empereur écrit depuis Saint-Cloud, au Général Dejean, Ministre Directeur de l'Administration de la Guerre : "Monsieur Dejean, je vous envoie des revues du général Charpentier qui sont très importantes. Vous verrez qu'un grand nombre d'hommes de l'armée de Dalmatie qui sont aux dépôts à Vicence sont encore habillés en bourgeois. Depuis la revue passée par le général Schauenburg, il y a beaucoup de monde rentré des hôpitaux, hors d'état de service. J’attends avec quelque empressement la revue de ce général, pour savoir les corps qu’il a inspectés, le nombre d'hommes qu'il a proposés pour la retraite ou la réforme, s’ils sont partis, et si l'on a nommé à toutes les places vacantes.
Vous verrez dans le livret de la revue des dépôts de l'armée de Dalmatie que les dépôts du 8e et 18e d’infanterie légère, et les 5e, 11e, 23e, 79e et 81e de ligne n'ont point leurs majors ; que sur huit régiments il manque quatre troisièmes chefs de bataillon, cinq quartiers-maîtres et cinq adjudants-majors aux dépôts. Écrivez au général Marmont pour lui faire sentir l’importance de renvoyer les cadres des 3es et 4es bataillons de ses régiments, les majors et les 3es et 4es chefs de bataillon aux dépôts en Italie puisque c'est là qu'on va confectionner l’habillement et habiller les corps. Si cependant, vu les circonstances où se trouve l’armée de Dalmatie, les officiers et les chefs ouvriers tardaient à arriver, vous vous entendrez avec le vice-roi pour la réception des draps que vous enverrez aux dépôts des régiments pour les confectionner et les distribuer aux conscrits à mesure qu'ils arriveront ..." (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 1, lettre 623; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12863).
Le 5 septembre 1806, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au général Dejean, Ministre Directeur de l'Administration de la Guerre : "Monsieur Dejean, je vous envoie une note des changements que je désire faire dans la répartition des 50000 conscrits de la conscription de 1806. Faites-la imprimer sans délai et envoyez-moi cette seconde édition.
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ANNEXE
En lisant avec attention la répartition des 50 000 conscrits de la conscription de 1806 entre les différents corps, on est porté à désirer quelques changements ; comme la conscription n’a pas encore été mise en mouvement, il est encore temps de le faire sans produire de contre-mouvements ...
Le Haut-Rhin ne fournira rien au 23e de ligne ni au 35e ..." (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 1, lettre 627 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12873).
Le 11 septembre 1806, le Prince Eugène écrit, depuis Monza, à Napoléon : "Sire, j'ai l'honneur d'adresser à Votre Majesté, par mon aide de camp Bataille, la copie des dernières dépêches des généraux Marmont et Lauriston, ainsi qu'une lettre de ce dernier qui recommande aux bontés de Votre Majesté M. Joubert, chirurgien du 23e de ligne, qui s'est distingué et qui se distingue journellement …" (Mémoires du Prince Eugène, t.3, page 141).
Le 24 septembre 1806, le Prince Eugène écrit, depuis Monza, à Marmont : "… L'intention de Sa Majesté est que le général Lauriston reste à Raguse. Vous pouvez y laisser le 79e, le 23e, les chasseurs brescians, les chasseurs d'Orient et deux généraux de brigade, avec le nombre de compagnies d'artillerie nécessaire, de manière à lui faire un corps d'environ trois mille hommes …" (Mémoires de Marmont, tome 3, page 82).
Fin septembre 1806 "Deux heures après avoir reçu la nouvelle de la sortie des Russes, je me mis en marche. Je laissai au camp, devant Raguse-Vieux, les hommes malingres ou mal chaussés, et avec eux des officiers et sous-officiers, de manière à en faire une espèce de réserve. Les soldats déposèrent leurs effets, se chargèrent de vivres et de cartouches, et je me mis en route, dans la nuit du 29 au 30, avec cinq mille neuf cents baïonnettes. J'espérais avoir mon avant-garde au jour, en arrière d'un rassemblement de douze à quinze cents montagnards placés en deçà du pont de la Liouta. Une pluie survenue et la difficulté des chemins retardèrent mes colonnes, et le jour nous trouva encore à une lieue de l'ennemi. Lorsque nous fûmes en présence, je le fis attaquer par un bataillon de voltigeurs, commandé par le colonel Plauzonne, et composé des compagnies des troisième et quatrième bataillons, des 5e, 23e et 79e régiments, et soutenu par un bataillon de grenadiers des mêmes régiments, conduit par le général Lauriston. Le 79e resta en réserve. L'ennemi ne tint pas, et se retira sur de plus grandes hauteurs. Nous l'y joignîmes, et nous découvrîmes distinctement la ligne russe, établie sur le col de Débilibrick.
Je réunis les deux bataillons d'élite sous les ordres du général Lauriston, et lui ordonnai de suivre le plateau situé au dehors des grandes crêtes, de chasser deux ou trois mille paysans qui y occupaient une position assez forte, et de tourner ainsi celle des Russes. Je le fis soutenir par le 11e régiment, sous les ordres du général Aubrée. J'ordonnai au 79e d'attaquer de front, et je gardai en réserve le 23e, sous les ordres du général Delzons, et deux bataillons de la garde royale italienne, sous les ordres du général Lecchi. Le 18e régiment d’infanterie légère, lancé d'abord sur les montagnes, fut rappelé pour suivre le mouvement, devenir réserve et prendre part au combat du lendemain.
Les troupes se mettaient en mouvement lorsque les Russes disparurent. Les paysans, forcés dans leur position, laissèrent soixante hommes sur la place, et se retirèrent sur une dernière position, plus forte et plus élevée, que nous ne pûmes attaquer faute de jour. Un de mes aides de camp, le capitaine Gayet, qui servait depuis longtemps avec moi, périt malheureusement ce jour-là, en se rendant à une colonne pour y porter des ordres ; il tomba entre les mains des Monténégrins, qui lui coupèrent la tête. Je le regrettai beaucoup" (Mémoires de Marmont, tome 3, page 13).
Dans ses Mémoires, Marmont raconte : "... Le lendemain, 1er octobre, l'ennemi avait disparu de la position où il s'était retiré la veille au soir ; le 11e l'occupa. Le régiment d'élite suivit la dernière crête et arriva au sommet de la montagne, sur la croupe de laquelle Castelnuovo est bâti, tandis que le 79e régiment, soutenu par le 23e, celui-ci par le 18e léger, et ce dernier par la garde italienne, débouchait dans la vallée. Le régiment d'élite avait á combattre une nuée de paysans précédant un bataillon russe. L'attaque des voltigeurs n'ayant pas réussi, le bataillon de grenadiers marcha, ayant à sa tête le général Launay, et enleva la position. Le 11e, marchant dans un étage inférieur, eut à combattre deux bataillons russes et une grosse troupe de paysans. Il les aborda franchement ; un combat à la baïonnette s'engagea, et plus de cent Russes et cent cinquante paysans y périrent. Les Russes se retirèrent avec précipitation sur le gros de leurs troupes, qui se trouvaient dans la plaine.
Pendant les événements de la gauche, la tête du 79e régiment était arrivée à l'entrée du bassin de Castelnuovo. La vallée, d'abord étroite, s'élargit tout à coup. C'est là que plus de quatre mille Russes nous attendaient en bataille. Il était impossible de prendre une formation régulière sans combattre : il fallait gagner un peu d'espace. Le 79e, après s'être réuni, autant que le terrain pouvait le permettre, se précipita sur la ligne russe et la fit rétrograder en partie. Ce régiment entier se trouva en tirailleurs, mais le courage des soldats suppléait à l'empire de la discipline et d'une bonne formation ; il tenait ferme contre un nombre très-supérieur, tandis que le 23e, à la tête duquel marchait le général Delzons, approchait. Quand la tête eut débouché, je chargeai le général Lauriston de rallier le 79e, et de le porter sur les hauteurs à gauche, pour couvrir le flanc du 23e, et empêcher les deux bataillons russes, qui descendaient la montagne et n'avaient pu être suivis à cause de la difficulté du terrain, de les occuper. Un feu très-vif de ce régiment prépara la charge ordonnée au 23e, et exécutée aussitôt qu'il eut été formé en colonnes par sections. Les bataillons prenant leur distance en marchant, cette charge, conduite avec vigueur par le général Delzons, avait pour but de couper la droite de l'ennemi et de tourner son centre. La première position emportée, la droite des Russes se retira, homme par homme, dans les montagnes en arrière. Le centre se replia d'abord sur une hauteur, immédiatement après attaquée et enlevée, et enfin sur une troisième, où il tint ferme. La gauche et une réserve s'y rallièrent. Pendant ce combat, le 18e d'infanterie légère, sous les ordres du général Soyez, avait débouché et s'était formé en colonnes. Je lui ordonnai de passer à la gauche du 23e et de marcher droit sur Castelnuovo pour tourner l'ennemi, tandis que le 23e ferait une nouvelle attaque, et je gardai en réserve le 79e et la garde. Ces mouvements s'exécutèrent aussitôt ; mais, soit que l'ennemi sentit son danger imminent, soit que l'attaque du 23e eût été trop vive, il se replia en toute hâte, et le 18e ne put atteindre que la queue de sa colonne, au lieu de tomber sur son flanc, comme je l'avais espéré, et de le couper en grande partie. Quinze cents hommes seraient tombés en notre pouvoir, si un défilé à passer n'eût retardé la marche du 18e de dix minutes environ. Il arriva cependant encore à temps pour écraser par son feu la colonne russe, mise en fuite et cherchant son refuge, partie dans la mer et sur les canots de l'escadre envoyés pour la recueillir, et partie dans la plaine protégée par le feu du fort espagnol. Un quart d'heure après, il ne restait pas un seul Russe hors de l'enceinte de Castelnuovo, et les paysans armés avaient disparu. Le feu des vaisseaux et du fort soutint l'embarquement des troupes russes, mais sans nous faire souffrir.
Depuis six mois, les Bocquais, excités par les Russes, n'avaient pas cessé de nous insulter. Pendant la suspension des hostilités, ils avaient attaqué nos avant-postes. J'avais fait tous mes efforts pour les rappeler à leur devoir et leur faire sentir leur véritable intérêt. Ils n'en avaient tenu compte ; ils croyaient mes démarches inspirées par la crainte. Les Grecs, sujets turcs du voisinage, s'étaient joints à eux. J'avais porté mes plaintes au pacha de Trebigne ; il m'avait répondu qu'il abandonnait les belles à ma vengeance. Je me décidai à faire un exemple sévère.
Je donnai l'ordre de brûler plusieurs villages et tous les faubourgs de Castelnuovo : c'était punir la rébellion dans son foyer même, et, le lendemain, cet ordre fut exécuté. Je fis épargner la maison d'un habitant qui avait, quelques mois auparavant, sauvé la vie à un Français. On y plaça un écriteau pour faire connaître le motif de cette exception. Le 2 octobre, au moment où je faisais incendier les beaux faubourgs de Castelnuovo, malgré le feu de la flotte ennemie, mille à douze cents paysans et quelques Russes vinrent attaquer les postes de ma gauche, les surprirent et les obligèrent à se replier. Le nombre des ennemis augmentant, je dus y faire marcher des troupes. J'employai dans cette circonstance la garde italienne, désespérée de n'avoir pas combattu la veille. Soutenue par un bataillon du 79e et quelques autres détachements, l’ennemi fut chassé de toutes parts, laissant deux cents morts sur la place, et tout rentra dans le silence. Ainsi l'ennemi, qui comptait mettre à feu et à sang Raguse et la Dalmatie, n'avait pas pu défendre son territoire et ses propres foyers.
On peut évaluer la perte de l'ennemi, dans ces trois affaires, pour les Russes, à trois cent cinquante hommes tués et six à sept cents blessés ; nous leur fîmes, en outre, deux cent onze prisonniers. Les paysans perdirent quatre cents hommes tués et plus de huit cents blessés. Nous eûmes vingt-cinq hommes tués et cent trente blessés. La faiblesse de cette perte fut due à la vigueur de nos attaques et à la célérité de nos mouvements.
J'avais atteint mon but et montré à ces peuples barbares ma supériorité sur les Russes. Je me retirai le 3, en plein jour, à la vue de l'ennemi. Rentré à Raguse-Vieux, mes troupes reprirent le camp qu'elles avaient quitté cinq jours auparavant. La terreur des ennemis était telle, que pas un paysan n'osa me suivre. Les troupes revinrent plus tard à Raguse et à Stagno, afin d'accélérer les travaux de défense. Une brigade resta á Raguse-Vieux pour y protéger la flottille …" (Mémoires de Marmont, tome 3, page 14).
/ 1807
Le 12 mars 1807, l'Empereur écrit depuis Osterode, au Prince Eugène : "Mon Fils ... L’armée de Dalmatie ne paraît avoir besoin d'aucun renfort ; il y a aujourd'hui suffisamment de monde ; il faut donc s'étudier à donner à ses dépôts la plus grande consistance ; il faut que les 3es et 4es bataillons du 5e de ligne, du 79e, du 23e et du 60e puissent, moyennant la conscription de 1807, entrer, tous les huit bataillons, en ligne et former une division ..." (Mémoires du Prince Eugène, t.3, page 273 ; Correspondance de Napoléon, t.14, lettre 12013 ; Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 14581).
Le 20 mars 1807, Napoléon écrit, depuis Osterode, au Maréchal Kellermann, commandant un Corps de réserve de Gardes nationales : "Pourquoi la 25e légère et le 14e de ligne n'ont-ils rien fourni au 7e régiment provisoire ? ... Il est convenable de réparer cette omission, le 23e ne fournit que 100 hommes, cela est trop peu de chose ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 14774).
Le 25 mars 1807, l'Empereur écrit, depuis Osterode, au Général Lacuée, Directeur général des Revues et de la Conscription : "J'écris fort en détail au vice-roi pour lui faire connaître mes intentions sur mon armée d'Italie. Correspondez avec lui et occupez-vous de compléter les corps à quatre bataillons. J'ai là le 11e, le 35e, le 92e, le 79e, le 23e, le 56e, le 93e, le 5e, le 62e, le 20e, qui sont à quatre batailIons, et qui sont susceptibles de recevoir encore un grand nombre de conscrits. Depuis six mois j'augmente progressivement mon armée d'Italie, et je veux l'augmenter encore, afin d'avoir en campagne autant de troupes que les cadres peuvent en contenir. Vous sentez que c'est là ma plus grande sauvegarde contre l'Autriche, qui aurait besoin d'une grande armée contre mon armée d'Italie et Dalmatie, et qui s'attirerait sur les bras une guerre sérieuse que la pénurie de ses finances et le vide de ses arsenaux ne lui permettent pas d'entreprendre. Mes armées d'Italie et de Dalmatie réunies forment déjà une très-belle armée, mais je continue à y porter une attention suivie. Quoique j'aie sous la main les éléments de ce travail, pour ne point me fatiguer d'un travail inutile, j'attendrai les états que je vous ai demandés pour savoir si nous devons encore envoyer des conscrits à cette armée. Le complet, tel que je l'entends, est à 140 hommes par compagnie ; c'est là le maximum de ce qui peut entrer raisonnablement dans un cadre, ce qui forme 1,260 hommes pour l'effectif et ne fait guère que 1,050 hommes présents sous les armes, qui, en quelques mois de campagne, se réduisent à 900, ce qui est encore une force raisonnable" (Correspondance de Napoléon, t.14, lettre 12165 ; Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 14899).
Le même 25 mars 1807, l'Empereur écrit, depuis Osterode, au Prince Eugène : "Mon Fils ... La division Clauzel doit être augmentée de 300 hommes du 5e de ligne, de 300 hommes du 23e, autant du 11e, autant du 79e. Je pense que vous devez appeler le 4e bataillon du 60e, qui, ayant 900 hommes, peut figurer en ligne ; mais vous laisserez au dépôt une 3e ou une 4e compagnie ; cela augmentera cette division de 1,500 hommes. Vous pourrez aussi augmenter la division Clauzel du 3e bataillon du 62e et du 3e bataillon du 20e, ce qui porterait cette division à dix bataillons. Avec les conscrits qui vous arrivent, cela devrait être possible ..." (Mémoires du Prince Eugène, t.3, page 285 ; Correspondance de Napoléon, t.14, lettre 12174 ; Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 14892).
Le 27 mars 1807, Eugène écrit à Napoléon : "Sire, j’ai reçu ce matin les dépêches de Votre Majesté, du·12 mars, j'ai de suite donné les ordres pour le départ de ces·1,700 hommes pour l'armée de Naples. Comme, dans dix à douze jours, je compte passer en revue la division Clausel et celle des grenadiers, je verrai en même temps les dépôts de la Dalmatie, afin de pouvoir rendre compte à Votre Majesté de l'époque à laquelle les 4es bataillons des 5e, 23e, 60e et 79e régiments pourraient rejoindre leur 3e bataillon. Quand cela se pourra, je prendrai les ordres de Votre Majesté, mais je lui demanderai l'autorisation de laisser en dépôt les cadres de 2 compagnies sur chacun des 3e et 4e bataillons ..." (Mémoires du Prince Eugène, t.3, page 290).
Le 30 mars 1807, l'Empereur écrit depuis Osterode, au Maréchal Berthier : "… En faisant part de ces dispositions au conseiller d'état Lacuée, pour lui seul, vous lui ferez connaître qu'il faut qu'il envoie assez de conscrits en Italie pour que les régiments qui y restent, savoir : les 13e, 35e, 53e, 106e, 9e, 84e et 92e de ligne, soient à leur effectif du grand complet de 140 hommes par compagnie, de sorte que ces régiments fassent 23 bataillons et aient à l'effectif 27 à 28,000 hommes et plus de 25,000 présents sous les armes ; pour que le 18e léger et les 5e, 11e, 23e, 60e, 79e, et 81e de ligne, formant 13 bataillons, aient leur grand complet de 140 hommes par compagnie, de sorte que, indépendamment de ce qui est en Dalmatie et en Allemagne, ces 13 bataillons puissent former une division à l'effectif de 20,000 hommes; qu'enfin les quatorze dépôts de l'armée de Naples qui sont en Italie puissent former une division à l'effectif de 17 à 18,000 hommes, c'est-à-dire 140 hommes par compagnie ..." (Correspondance de Napoléon, t.14, lettre 12232 ; Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 14992).
Le 6 mai 1807, l'Empereur écrit, depuis Finkenstein, au Prince Eugène, Vice-Roi d'Italie : "Mon fils … Je remarque dans votre état de situation au 1er avril que la division Clauzel n'a que cinq bataillons. Je pense que vous devez y mettre le 4e bataillon du 60e, le 4e du 23e, le 4e du 79e, le 4e du 11e, le 4e du 5e ; ce qui ferait dix bataillons. Vous pourriez les composer de sept compagnies chacun, et alors il resterait quatre compagnies aux dépôts. Avec ce qui existe aux dépôts et avec la conscription qui va vous arriver, ces dix bataillons vous formeront bientôt une division de 7 à 8,000 hommes …" (Mémoires du Prince Eugène, t.3, page 307 ; Correspondance de Napoléon, t.15, lettre 12543 ; Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 15550).
Le 21 mai 1807, l'Empereur écrit, depuis Finkenstein, au Général Lacuée, Directeur général des Revues et de la Conscription : "J’ai reçu les états de situation que je vous avais demandés. Les 20000 hommes de la réserve doivent être distribués de la manière suivante :
12000 hommes à l'infanterie de ligne et légère conformément au tableau ci-joint.
… Répartition de 12 000 hommes de la réserve de 1808 entre les corps ci-après de l'infanterie de ligne et de l'infanterie légère.
INFANTERIE DE LIGNE
CORPS NOMBRE DES CONSCRITS
... 23e 150 ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 15681).
Début août ou courant août. Avant de quitter Castelnuovo, le Général Lauriston prend soin de faire armer la place, de façon qu'elle puisse résister à une attaque de mer et de terre, dans le cas où les Anglais accourraient pour s'en emparer. Il y laisse 600 hommes du 79e de ligne. Il en met 200 du même régiment à Budua ; enfin 1,400 hommes du 23e de Ligne forment la garnison de Cattaro. Une Compagnie d'artillerie est répartie dans les trois positions (Mémoires du Prince Eugène, t.3, page 328).
Des renforts sont envoyés en Dalmatie : la Division Clausel. Napoléon écrit donc au prince Eugène, depuis Saint-Cloud, le 5 septembre 1807 : "A Eugène Napoléon, vice-roi d'Italie
Mon fils, je reçois la lettre par laquelle vous m’instruisez que vous allez passer la revue de la division Clausel, afin de la porter à 5,000 hommes.
Mon intention serait que cette division fût portée à 9 ou 10,000 hommes. En effet, les huit régiments français qui sont en Dalmatie ont un présent sous les armes de l0,000 hommes et forment seize bataillons.
La division Clausel a, selon le dernier état du 15 août, 4,540 hommes, et le dépôt des huit régiments se compose de 5,000 hommes. La division Duhesme (division d’Ancône) à 1,000 hommes, appartenant à cinq de ces régiments.
Je pense donc qu'il faut ainsi organiser la division Clausel, savoir : 8e léger, six compagnies de 200 hommes chacune, 1,200 hommes. Il ne restera plus, au dépôt que les 6e, 7e et 8e compagnies. Les grenadiers et voltigeurs feront partie des six compagnies qui marchent ; 18e léger (même composition) 1,200; 5e de ligne (faire marcher sept compagnies de 200 hommes), 3,400; 23e, sept compagnies de 200 hommes, 4,400; 11e, sept compagnies de 200 hommes, 1,400; 79e, 1,400; 60e, 1,400; 81e, trois compagnies de 200 hommes, 600. Total, 10,000 hommes.
La division serait donc composée de deux bataillons de six compagnies chacune, formant 2,400 hommes de cinq bataillons de sept compagnies chacune, 7,000; et d’un bataillon de trois compagnies, 600 hommes. Total, 10,000 hommes.
Vous enverrez aussi 300 Brescians et 500 hommes de la garde royale, pour marcher avec la division Clausel, de manière que cette division marcherait forte de 10 à 11,000 hommes, ce qui, joint à l’armée française de Dalmatie, formerait plus de 25,000 hommes ; mais il faut que ces hommes soient bien armés, bien équipés, et qu'ils aient déjà la meilleure instruction. Si donc les 6,000 hommes qui sont aux dépôts ne vous paraissent pas suffisamment instruits et ne sont pas habillés au 1er octobre, selon l'ordre que j'en donnerai, pour aller renforcer le corps du général Marmont, vous ferez partir la division Clausel dans la situation où elle se trouve actuellement, c'est-à-dire formant 5,000 hommes, mais organisée de manière qu'il n'y ait que trois compagnies par régiment : 1,200 hommes chaque compagnie. Vous en sentez l’importance ; il faut que ces compagnies, arrivant à leurs corps en Dalmatie, puissent verser dans ces corps ce qu'ils ont au-dessus de 100 hommes. Dans ce cas, vous préparerez sur-le-champ trois autres compagnies que vous ferez partir un mois ou six semaines après, de sorte qu'au 1er janvier vous ayez envoyé en Dalmatie les 10,000 hommes qui m’y paraissent nécessaires" (Mémoires du Prince Eugène, t.3, page 398 ; Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 16293).
Le 16 septembre 1807, l'Empereur écrit, depuis Rambouillet, à Eugène Napoléon, Vice-roi d'Italie : "Mon Fils, je reçois votre lettre du 11 à minuit. Je vois que la division Clauzel est composée de 5,482 hommes ; mais je ne vois pas de combien de compagnies chaque bataillon est composé. C'est à cela que vous devez porter votre principal soin. Je consens qu'il ne parte du 8e léger que 517 hommes ; mais je ne voudrais pas que ces 517 hommes formassent six compagnies, je voudrais qu'ils n'en formassent que trois. Même observation pour ... le 23e ... Au total, mon intention est que la division Clauzel soit toute composée de compagnies de 200 hommes, afin qu'elle puisse les incorporer en Dalmatie" (Mémoires du Prince Eugène, t.3, page 409 ; Correspondance de Napoléon, t.16, lettre 13165 ; Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 16389).
Le 1er octobre 1807, l'Empereur écrit, depuis Fontainebleau, à Eugène Napoléon, Vice-Roi d'Italie : "Mon fils, je reçois votre lettre du 22, par laquelle vous me faites connaître que la division Clausel est de plus de 5,500 hommes.
... Vous ferez partir quatre compagnies pour le 11e; trois pour le 23e; quatre pour le 60e; trois pour le 79e; et deux pour le 81e; de manière que chaque compagnie sera de 200 à 450 hommes. Mon intention est que ces compagnies, arrivées à Zara, soient incorporées dans les deux premiers bataillons, et que les cadres reviennent à l’armée. Le général de division, les deux généraux de brigade, marcheront avec cette division, pour inspecter son passage ; mais, quand elle sera arrivée en Dalmatie et incorporée, tout cela rentrera en Italie. Cette division doit être considérée comme une division de renfort" (Mémoires du Prince Eugène, t.3, page 420 ; Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 16450).
Le 23 octobre 1807, l'Empereur écrit, depuis Fontainebleau, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, l'état que vous m'avez remis des effectifs de l’armée de Naples n'est pas exact. Recommandez dans vos bureaux qu'on porte plus d'attention aux résultats que l'on me met sous les yeux. Le 14e léger n'est porté que comme ayant 324 hommes au dépôt, tandis qu'il a au dépôt et dans les basses compagnies du 3e bataillon qui sont en Italie qui peuvent servir à compléter les bataillons de guerre plus de 500 hommes. Le 23e est porté pour 436 hommes, tandis qu'il en a plus de 600, tout cela présent sous les armes ...
Cela vient de ce qu'on n'a pas eu l'attention de porter tout ce qui était en Italie appartenant aux troisièmes bataillons, autres que les grenadiers et voltigeurs ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 16606).
/ 1809
L'"ÉTAT de répartition des dépôts d'infanterie dans les garnisons" indique que le 23e de Ligne fait partie du 1er Arrondissement; 7e Division militaire, Genève (Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, p. 478).
"Décret.
Au palais des Tuileries, le 23 mars 1809.
Art. 1er. - Il sera formé dix-sept demi-brigades provisoires de réserve, composées principalement de deux ou trois compagnies tirées des cinquièmes bataillons de nos régiments d'infanterie.
Art. 2. Chaque demi-brigade sera commandée par un colonel en second ; chaque bataillon par un chef de bataillon. Il y aura un adjudant-major par demi-brigade.
Art. 3. Les dix-sept demi-brigades seront organisées de la manière suivante :
... 17e demi-brigade.
1er bataillon.
2 compagnies du 8e léger.
2 compagnies du 18e léger.
2 compagnies du 5e de ligne.
840 hommes.
2e bataillon. 2 compagnies du 7e de ligne.
2 compagnies du 11e de ligne.
2 compagnies du 23e de ligne.
840 hommes.
3e bataillon.
2 compagnies du 60e de ligne.
2 compagnies du 79e de ligne.
2 compagnies du 81e de ligne.
840 hommes.
Cette demi-brigade se réunira à Alexandrie ...
Art. 4.- Ces demi-brigades provisoires n'auront aucune comptabilité ni administration particulière. Les compagnies qui les composent seront considérées seulement comme détachées de leur corps. Chaque bataillon aura, sous la surveillance du colonel en second, l'administration de la masse de linge et de chaussure" (Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, p 550).
Le 6 octobre 1810, l'Empereur adresse, depuis Fontainebleau, au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, à Paris, une Note sur l'organisation des armées; concernant l'Armée d'Italie, il écrit : "… Cette armée se composerait de 10 divisions, dont 7 françaises et 3 italiennes, et composées, savoir :
1re division française, 8e d'infanterie légère ayant quatre bataillons ; 5e de ligne, quatre ; 11e, quatre ; 23e, quatre : 16 bataillons ..." (Correspondance de Napoléon, t.21, lettre 17000 ; Correspondance générale de Napoléon, t.10, lettre 24816; Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 1, Lavauzelle, page 172).
Le 24 juin 1811, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Dumas, Directeur des Revues et de la Conscription : "Monsieur le comte Dumas, j'ai lu avec intérêt le compte que vous m'avez rendu des déserteurs réfractaires au 1er juin ... Je relève ici par aperçu le nombre d'hommes dont j'ai disposé :
... 2e régiment de la Méditerranée (à Toulon)
... 1500 conscrits doivent être versés dans les cadres des 3es bataillons du 8e et 18e léger et 23e de ligne. 1500
... Vérifiez cet aperçu et remettez-moi un travail complet à cet égard" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 4, lettre 5677 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27431; Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 1, Lavauzelle, page 249).
Le 16 décembre 1811, l'Empereur écrit, depuis Paris, à Eugène Napoléon, Vice-Roi d'Italie, à Milan : "Mon Fils, voici l'organisation que je désirerais donner au corps d'observation d'Italie ...
On laisserait en Italie les régiments suivants :
RÉGIMENTS FRANÇAIS. — 22e d'infanterie légère, six bataillons ; 6e de ligne, trois ; 14e léger, trois ; 112e de ligne, cinq ; 13e, cinq ; 23e, deux ; les 5es bataillons des six régiments français composant les 13e et 14e divisions, six bataillons ; 10e de ligne, deux bataillons ; 20e, deux ; 7e, un ; 12e, un ; 1er léger, deux ; 3e, un ; 67e de ligne, un ; régiment illyrien, un ; 52e de ligne, cinq ; 102e, deux ; ce qui ferait en deçà des Alpes quarante-huit bataillons français, formant 30,000 hommes d'infanterie, lesquels seront complétés par la levée de la conscription qui va être faite, celle de 1812 ..." (Correspondance de Napoléon, t.23, lettre 18340; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 29370; Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 3, Lavauzelle, page 400).
Le 24 décembre 1811, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Duc de Feltre : "Monsieur le duc de Feltre, donnez ordre aux bataillons de guerre des 8e et 18e légers et du 23e de ligne, qui sont en Illyrie, d'envoyer chacun 50 hommes au dépôt de Fontainebleau, en prenant des hommes sachant lire et écrire, ayant plus de trois ans de service, de la capacité, et propres à faire de bons caporaux et de bons sergents.
Donnez ordre au vice-roi d'envoyer 25 hommes ayant les mêmes qualités, pris dans chacun des sept régiments de ligne qui sont en Italie, lesquels seront destinés pour le dépôt de Fontainebleau.
Donnez ordre à la grande duchesse de Toscane d'envoyer 50 hommes du 112e.
Donnez ordre au général Miollis d'envoyer 25 hommes du 6e de ligne et 25 hommes du 14e léger.
Donnez ordre au général Grenier d'envoyer 50 hommes du 22e léger qui est dans le royaume de Naples.
Enfin donnez ordre que le 29e qui est à Toulon envoie 25 hommes.
Ce qui fera un total de 600 hommes qui, joints aux 2.000 que la jeune garde envoie à Fontainebleau, remontera ce dépôt, et mettra à même d'y trouver des moyens pour recruter les régiments.
P.-S. Le cinquième de ces hommes, c'est-à-dire 120, devront être propres à faire des sergents ; les autres quatre cinquièmes propres à faire des caporaux. Tous devront avoir trois ans de service" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 4, lettre 6521 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 29445; Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 3, Lavauzelle, page 412).
Le 1er janvier 1812, le 23e Régiment d'Infanterie de ligne a son Dépôt à Genève (Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 1, Lavauzelle, page 14).
Le 29 février 1812, l'Empereur écrit, depuis Paris, à Eugène Napoléon, Vice-Roi d'Italie, à Milan : "Mon Fils, j'ai reçu vos deux états de situation au 15 février.
Je vois avec peine dans l'état de situation du 4e corps de la Grande Armée que les régiments sont partis très-faibles ... Neuf compagnies des 5es bataillons des 8e et 18e légers et du 23e de ligne sont, il y a bien du temps, parties des îles Sainte-Marguerite pour se rendre à Laybach : ces compagnies ont-elles passé ? ..." (Mémoires du Prince Eugène, t. 7, p. 308 ; Correspondance de Napoléon, t.23, lettre 18534 ; Correspondance générale de Napoléon, t.12, lettre 30090; Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 4, Lavauzelle, page 309).
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