Le 21e Régiment d'Infanterie de Ligne
1789-1815
Avertissement et remerciements :
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"21e Régiment d’Infanterie de Ligne, composé de 4 Bataillons.
1er et 2e Bataillons au camp de Rosendal ; le 3e et le 4e à Bruges.
Revue passée le 14 vendémiaire an XIII.
L’état n°1. Situation sommaire du corps à l’époque de la présente revue se trouve au tableau placé à la fin de toutes les revues.
Résumé des opérations de l’inspecteur général.
Esprit du corps : Celui de la 109e que j’ai eu souvent sous mes ordres a toujours été très bon sous tous les rapports et il m’a paru que celui du régiment était de même.
Instruction théorique des officiers. A été tenue avec le succès par le zèle du major, j’ai été satisfait des questions faites à cet égard. Des Sous-officiers, même observation.
Instruction pratique des officiers : Bonne, exécutée avec nerf, surtout pour les maniements d’armes et les feux. Des sous-officiers, bonne pour ce qu’ils sont à exécuter. Du soldat, manie très bien l’arme, pourrait être mieux placé, exécuter les feux très régulièrement et avec sang-froid.
Exécution des ordres donnés par l’inspecteur à la précédente revue : Ont été exécutés autant que cela a dépendu du corps.
Manœuvres : Ont été exécutées avec un bataillon formé sur les deux. J’ai été satisfait de l’instruction du major. Les deux chefs de bataillon ont encore à gagner pour être au courant. Les officiers en général ont de l’instruction, exécutent passablement les mouvements et avec ensemble.
Discipline : Bonne pour la police intérieure. Les petites irrégularités dans la tenue seront redressées par les ordres laissés.
Espèce d’hommes en général : Ce régiment reçoit des recrues du département de Jemappes, l’espèce en est belle ; ils sont intelligents pour l’instruction, mais très enclins à la désertion. Leur proximité leur est favorable. L’espèce d’hommes de la 109e est belle et bonne ainsi que celle du 21e régiment que j’ai vu à Bruges.
Tenue : Sera plus correcte d’après les ordres que j’ai laissé à cet égard.
Finances : La comptabilité de l’an XI n’a pas été arrêtée par l’inspecteur général vu qu’elle ne l’a pas encore été par l’inspecteur aux revues, ainsi qu’il en est fait mention sur l’ordre.
Les dépenses du corps pendant l’an XII sont assez bien administrées et les registres tenus avec netteté.
Le capitaine chargé de l’habillement, équipement et armement connait sa partie et le conseil d’administration pour l’an 13 est assez bien composé.
Habillement : Sur les 684 hommes présents sous les armes, il y avait 447 habit neufs, 194 habits d’une année et 7 de 18 mois. Ce corps a été autorisé par le ministre Dejean à acheter sur la 1ère portion de la masse général pour le service de l’an XI la quantité de 1706 m 35 ct de drap bleu, à raison de 9 frs le mètre, et 292 de drap écarlate à raison de 12 frs. Le tricot qu’il se procure coûte 4 frs 56 cts. Ces draps sont de bonne qualité. Les 194 habits, ainsi que ceux d’une année dont les bataillons de guerre sont maintenant pourvus sont de plus mauvais drap encore que celui qu’envoie le directoire de l’habillement.
Equipement : Celui des bataillons de campagne est en bon état d’après la déclaration du capitaine d’habillement. Celui des hommes des 3e et 4e bataillons est également assez bon. Toutes les gibernes sont du dernier modèle. Il est placé sur leur couvercle un chiffre n°21 que le corps a payé 6 s 6d. Il est ajouté aux couvercles des grenadiers 4 grenades.
Armement : Le major m’a informé que sur les deux bataillons de guerre d’après la dernière inspection qui en a été faite, 500 fusils avaient été déclarés hors de service. Dans les deux bataillons que j’ai vus ici, il se trouve ainsi que le constate le procès-verbal 94 trop courts mais qui peuvent servir aux petits hommes. Il ne restera à ces deux bataillons que la quantité de 194 armes, lesquelles sont de différents modèles et assez médiocres en général.
Casernes quant aux bâtiments et effets attenants : Désigné sous le nom de bâtiment des oies pouvant renfermer en tout 168 hommes. Le surplus des présents au corps est logé par deux chez l’habitant ; ces derniers sont tenus à faire leur manger sous la voute d’entrée dans la cour. L’eau est aussi médiocre que celle de toute cette ville et souvent épuisée. Le soldat est réduit à la prendre dans les citernes des habitants.
Chambrées quant aux fournitures de casernement : Les fournitures sont en général très mauvaises. Les 160 logés au dit quartier occupent 4 chambrées. Les deux du rez-de-chaussée sont très malsaines ; l’on arrive dans celle de l’étage par de mauvais escaliers et passages étranglés. Les cheminées sont si mauvaises qu’il fume constamment dans les chambres. Les fenêtres et volets demandent des réparations.
Chambrées quant à l’ordinaire. Les ordinaires sont de 18 hommes, le soldat y met toute sa solde et reçoit le blanchissage. La livre de viande coute 10 s. Les légumes sont chers en raison du voisinage du camp.
Magasins quant au logement : Le conseil d’administration a été obligé de se procurer un emplacement à défaut de bâtiments pour lequel il paye 22 l. par mois. Les 2 chambres qui le composent sont bonnes à cet usage.
Magasins quant aux fournitures qui s’y trouvent : Sont proprement classées, consistent en objets non confectionnés, en 440 m 86 c de drap blanc, 1410 m 56 c de drap bleu, 86 m 17 c écarlate, 1190 m 95 c tricot blanc, et 1700 de toile écrue. En objets confectionnés, 535 chemises, 406 cols de crins noir, 1689 paires de bas de fil, 496 sacs de toile et 516 sac de peaux du dernier modèle.
Hôpitaux : Il existe 7 hôpitaux ouverts à cette époque pour le service de l’armée, désignés par numéros et placés dans des maisons particulières. Dans ce nombre est compris l’hôpital civil desservi par des sœurs de la charité. L’on y place de préférence les officiers. Tous ces hôpitaux sont très surveillés d’après les ordres de M. le maréchal Davout. Le grand nombre de fiévreux à cette époque ne permet pas les moyens d’aisance que l’on désirerait donner au soldat.
Prisons. Celle désignée civiles et militaires sont passables.
Salle de discipline. Elle est située dans l’ancien quartier qu’a occupé le 21e régiment désigné le grand quartier devenu hôpital.
Manutention des vivres. Constamment bon et de bonne qualité.
Pain de soupe. Très bon et très beau. La livre de pain blanc coute dans cette ville 4 s. Le sol que l’on accorde à cet égard suffit.
Fin du résumé des opérations de l’inspecteur général.
Ordres donnés par l’Inspecteur général dans le cours de ses opérations et après la revue.
Comptabilité. Le général de division Schauenburg inspecteur général d’infanterie s’est fait présenter les registres relatifs à la comptabilité en deniers des ci-devant 21e et 109e demi-brigades formant aujourd’hui le 21e régiment d’infanterie de ligne pour les arrêter définitivement jusqu’au 1er vendémiaire XII, mais il s’est trouvé dans l’impossibilité de procéder à cette opération, vu que les dits registres n’ont pas été arrêtés par le sous-inspecteur aux revues Porte, faisant fonction d’inspecteur pour l’exercice de l’an XI, ni au 1er brumaire XII, jour de la formation du 21e régiment composé des susdites demi-brigades et que depuis cette dernière époque même ils ne l’on pas encore été, quoique les difficultés qui l’empêchaient alors et qui sont annoncées dans le procès-verbal de l’organisation de ce régiment sont levées depuis environ 6 mois. L’inspecteur général ordonne en conséquence au conseil d’administration de faire les démarches nécessaires pour que dans le plus court délai possible, les dits registres soient arrêtés par l’inspecteur aux revues Porte jusqu’au jour de la nouvelle organisation, et de faire arrêter par l’inspecteur aux revues de la 16e division militaire la comptabilité de l’an XII, aussitôt qu’il sera possesseur de toutes les pièces justificatives des dépenses.
Le conseil d’administration fera aussi établir de suite conformément à l’art. 53 de l’instruction du ministre de la guerre pour l’inspection des troupes en l’an XII les registres suivant pour constater, etc. (voyez l’ordre du 28e régiment).
Tenue : L’inspecteur général a été satisfait de la tenue de MM. les officiers pour la propreté mais non pas pour la régularité. Celle des sous-officiers a été également trouvée passable pour la propreté, mais pas du tout pour la régularité. La plupart des sous-officiers porte des chapeaux trop grands et mal placés. Les galons pour la distinction de leurs grades ne sont pas tous uniformes, ceux des caporaux le sont encore moins. Les sous-officiers, caporaux et soldats devront à s’abstenir de porter des galons d’or en chevron et se conformer à ce qui est prescrit à cet égard. La tenue des soldats a été trouvée médiocre et peu régulière, les bonnets de grenadiers placés selon le gré de chacun, même observation pour les chapeaux. Beaucoup de sous-officiers même des sergents majors, n’avaient pas de souliers uniformes ; même observation pour les caporaux et soldats.
Habillement. A été trouvé en général mesquinement coupé et mal façonné. L’officier chargé de cette partie sera tenu de faire observer les instructions suivantes pour les objets à confectionner, il en sera donné connaissance à chaque commandant de compagnie, attendu que l’inspecteur général leu ordonne de n’admettre d’effets que lorsqu’ils seront assurés qu’ils y sont conformes.
Voyez l’ordre du 28e régiment pour les façons et la confection des habits, vestes, culottes, guêtres et souliers.
Equipement. Gibernes et havresacs. Voyez l’ordre du même régiment.
Instruction. Le port d’armes a été trouvé passable et serait mieux si la position de l’homme avait été plus correctement établie avant de donner des fusils. Les maniements d’armes ont été trouvés exécutés avec vivacité et ensemble et surtout l’intervalle entre les mouvements très bien partagé ; on observera de faire encore mieux conserver l’aplomb de l’homme dans l’exécution des mouvements et plus d’immobilité après.
Les feux ont été très bien commandés et par conséquent bien exécutés par le soldat. L’inspecteur général a été très satisfait à cet égard. Les alignements s’exécuteront promptement pour les cadres en exécutant les principes qu’il a démontré à cet égard.
MM. les officiers devront surtout se pénétrer qu’ils ne parviendront à se prolonger que lorsqu’ils ne parviendront à se prolonger avec leur troupe que lorsqu’ils seront correctement établis sur l’alignement et qu’ils ne sortiront point les têtes hors de l’alignement.
M. le major Fabry a dirigé d’une manière satisfaisante l’instruction. L’inspecteur général en a été très content, ainsi que de celle avec laquelle il a exécuté les manœuvres. L’inspecteur général a également été satisfait du degré d’instruction de MM. les officiers et surtout de la manière de commander les feux. Les sous-officiers et soldats ont été remarqués par leur ensemble . M. le Major Fabri exécutera encore plus l’instruction qu’il a, ainsi qu’il vient d’être dit plus haut, bien conduite, en faisant exécuter à chaque fin d’exercice avec les armes, les mouvements de mécanisme des manœuvres, en formant une division avec laquelle, après avoir fait déposer les armes en faisceaux, il fera faire tous les mouvements déjà connus au pas de route. Ceux à apprendre devront s’exécuter au pas ordinaire, afin de donner à l’instructeur le temps de faire des observations et aux officiers de mieux juger de ce qu’ils ont à faire. L’on fera souvent battre de courtes reprises de la cadence dans laquelle l’on marchera pour la rétablir correctement. D’ailleurs, M. le major suivra l’instruction laissée par l’inspecteur général pour l’exécution des mouvements.
M. les officiers chargés de l’administration intérieure du corps devront se trouver aux exercices comme les autres et ne pourront s’en dispenser que d’après une permission du chef pour des motifs fondés et bien entendu lorsqu’ils seront bien au courant de leur instruction.
Travailleurs. Voyez l’ordre du 51e régiment.
Soins à donner à la nourriture du soldat. Id.
Pain de soupe. Id.
Discipline. Id.
Visites des hommes à réformer. Id.
Hommes proposés à la récompense. Voyez l’ordre du 28e régiment.
Effets à délivrer aux hommes congédiés par ancienneté ou pour blessures reçues à l’armée. Voyez l’ordre du 39e régiment.
Désertion et congés refusés aux hommes atteints du mal vénérien. Voyez l’ordre du 28e régiment.
Retenues. Id.
Réformés, enrôlés volontaires passant d’un corps à l’autre et remplaçants. Id.
Fonds entre les mains du quartier maitre. Id.
Entretien des armes. Id.
Transcription et exécution du présent ordre. Id.
Fin de l’ordre de l’inspecteur général.
Etat n°2. Note des Officiers.
3e bataillon
Etienne Fabry, major, 44 ans. Le colonel. Cet officier connait parfaitement les détails du service et de l’instruction, bon manœuvrier, extrêmement zélé et actif. Il serait à désirer qu’il fut plus versé dans la partie administrative. La bonne volonté dont il est animé fait espérer qu’il sera bientôt au courant à cet égard. On pourrait lui reprocher de juger trop promptement ses subordonnés.
L’inspecteur général. J’ai été très satisfait de l’instruction de cet officier et l’on remarque avec avantage les soins qu’il s’est donnés à cet égard. Il est très actif et son zèle fait espérer qu’il gagnera ce qui lui est nécessaire pour les connaissances administratives.
Nicolas Mairesse, chef de bataillon, 44 ans. Le colonel. Cet officier est extrêmement insouciant, ce qu’on peut attribuer au délabrement de sa santé. Il attend avec impatience l’époque de sa retraite et il serait à désirer pour le bien du service qu’il l’eut plus tôt que plus tard, attendu qu’il n’est en état de conduire son bataillon ni en guerre ni en paix.
L’inspecteur général. Cet officier m’a été désigné avoir fait la guerre avec honneur et il m’a paru remplir ses fonctions aussi passablement que son faible physique le permet. Il a exécuté ce que je lui ai demandé sans commettre d’erreurs.
Joseph Baillé, quartier maitre trésorier, 32 ans. Le Colonel. Cet officier connait parfaitement la partie administrative ; il est susceptible de faire un très bon sous-inspecteur aux revues.
L’inspecteur général. Est à sa place de quartier maitre connaissant bien sa partie et comme le désigne le colonel,, susceptible d’avancement.
René Raby, adjudant-major, 40 ans. Le colonel. Officier plein de zèle et d’activité, ayant très bien fait la guerre, connaissant parfaitement les devoirs de sa place, entièrement occupé de ses fonctions et d’une conduite exemplaire.
L’inspecteur général. Confirmé dans tout son contenu.
Henri Grosse, chirurgien aide major. Le Colonel. Cet officier de santé ne parait pas connaitre grand-chose à son état. Il y a de fortes raisons pour le croire très peu délicat dans ses fonctions.
L’inspecteur général. Les recherches que j’ai faites pour vérifier l’inculpation ci-dessus ont été infructueuses. J’ai fait refuser une assez grand nombre d’hommes qu’il avait proposés à la réforme, les ayant jugés en état de pouvoir servir.
Nicolas Etienne Mornas, chirurgien aide major. Le colonel.
L’inspecteur général. Jeune officier de santé duquel l’on m’a donné de très bons témoignages.
Joseph Marie Duclos, capitaine, 45 ans. Le colonel. Officier recommandable par ses services et blessures, zélé et actif, connaissant ses devoirs et les remplissant avec intelligence, d’une très bonne conduite.
L’inspecteur général. Officier aux bataillons de guerre.
Claude Louis Carpette, capitaine, 44 ans. Le colonel. Officier sans instruction ayant bonne conduite et bonne volonté, mais dénué de moyens.
L’inspecteur général. A gagné pour son instruction par son assiduité à ses devoirs.
Claude François Morisot, capitaine, 37 ans. Le colonel. Cet officier a très bien fait la guerre, connait ses devoirs, quoique il les remplisse avec beaucoup d’insouciance, sa conduite est peu régulière, que qui fait que ses finances sont en très mauvais état.
L’inspecteur général. J’ai vu avec plaisir que ce brave officier que j’ai eu plusieurs fois sous mes ordres ait gagné pour sa conduite qu’il m’a promis vouloir maintenir meilleure.
Jean François Rome, capitaine, 31 ans. Le colonel. Cet officier est plein de moyens, connaissant parfaitement les détails du service et de l’instruction, aimant son état, en remplissant les devoirs avec zèle, réunissant ce qu’il faut pour faire un chef de bataillon distingué.
L’inspecteur général. Confirmé avec un vif intérêt dans tout son contenu, ayant déjà appuyé le mérite de cet officier pendant qu’il a servi sous mes ordres. Je puis garantir qu’il remplirait même les fonctions de major avec distinction.
Cherrier, capitaine. Le colonel. Cet officier sort de l’arme du génie, a beaucoup de connaissances dans cette partie, mai un dégout marqué pour l’arme de l’infanterie à laquelle il ne connaissait rien.
L’inspecteur général. Est attaché au quartier général à Ostende.
Claude Etienne Jaquot, capitaine, 48 ans. Le colonel. Officier recommandable pour ses services, plein de zèle et d’activité, ayant très bien fait la guerre, d’une bonne conduite
L’inspecteur général. Est à sa place comme capitaine.
Antoine Dunant, capitaine, 51 ans. Le colonel. Officier estimable, plein de bonne volonté, mais ayant peu de moyens et d’un âge trop avancé pour faire la guerre.
L’inspecteur général. Cet officier est au courant de ses devoirs et m’a paru pouvoir servir encore quelques années utilement.
Jean Baptiste Nicolot, capitaine, 38 ans. Le colonel. Officier sans conduite comme sans instruction.
L’inspecteur général. Confirmé.
Joseph Lamare, lieutenant, 33 ans. Le colonel. Cet officier a beaucoup de moyens quoique peu au fait de son état, négligeant son instruction militaire pour laquelle il parait avoir beaucoup de dégout, d’une bonne conduite.
L’inspecteur général. En recrutement.
Joffre Menu, lieutenant. Le colonel. Cet officier est au corps depuis peu de temps ; il parait qu’il a été réformé du 12e régiment de ligne pour cause d’immoralité ; il ne connait pas grand-chose à son état.
L’inspecteur général. Je l’ai trouvé et laissé au peloton d’instruction.
Etienne Marie Maugé, lieutenant, 46 ans. Le colonel. Cet officier a peu de moyens mais beaucoup de bonne volonté.
L’inspecteur général. Confirmé.
Jean Baptiste Nollet, lieutenant, 30 ans. Le colonel. Bon officier servant avec zèle et activité, s’occupant de son instruction et d’une très bonne conduite.
L’inspecteur général. Confirmé dans tout son contenu.
Jean Baptiste Palsom, lieutenant, 37 ans. Le colonel. Bon officier ne manquant pas d’instruction, servant avec zèle et activité, d’une très bonne conduite.
L’inspecteur général. Cet officier est employé à l’armement ; la note du chef parait méritée pour son instruction.
Alb. Joseph Goubaut, lieutenant, 34 ans. Le colonel. Officier peu instruit quoique plein de bonne volonté, d’une bonne conduite.
L’inspecteur général. A besoin d’instruction.
Nicolas Rousselle, lieutenant, 40 ans. Le colonel. Bon officier connaissant ses devoirs et les remplissant avec zèle et activité, d’une bonne conduite.
L’inspecteur général. Confirmé pour son instruction.
Barthelemy Cosse, lieutenant, 47 ans. Le colonel. Officier estimable, ayant très bien fait la guerre, mais trop cassé pour un service actif. Il serait à désirer pour le bien du service que cet officier eu sa retraite.
L’inspecteur général. Cet officier m’a paru susceptible de pouvoir encore servir jusqu’à ce qu’il ait les années nécessaires pour la retraite.
Jérôme joseph Denys, lieutenant, 32 ans. Le colonel. Bon officier plein de zèle et d’activité assurant son état et s’occupant sans relâche de son instruction, d’une bonne conduite.
L’inspecteur général. Est très à sa place.
Henri Terrier, sous-lieutenant, 36 ans. Le colonel. Bon officier connaissant son état, remplissant ses devoirs avec zèle et activité, une fort bonne conduite.
L’inspecteur général. Bien au courant de ses devoirs.
Romain Vassal, sous-lieutenant, 32 ans. Le Colonel. Peu au fait du détail du service, ayant besoin d’instruction, d’ailleurs d’assez bonne conduite.
L’inspecteur général. Cet officier a des moyens qu’il vient d’utiliser pour son instruction de laquelle j’ai été satisfait.
Louis Baron, sous-lieutenant, 32 ans. Le colonel. Officier intelligent, plein de zèle et d’activité, entièrement occupé de son instruction et d’une bonne conduite.
L’inspecteur général. En recrutement.
André Renis, sous-lieutenant, 33 ans. Le colonel. Cet officier a peu de moyens, mais il est rempli de bonne volonté, d’une conduite irréprochable.
L’inspecteur général. Est à sa place et fait tout ce que ses moyens lui permettent.
Jean Baptiste Couder, sous-lieutenant, 32 ans. Le colonel. Bon officier plein de zèle, s’occupant de son instruction, très bonne conduite.
L’inspecteur général. En recrutement.
Emmanuel Geoffroy, sous-lieutenant, 30 ans. A besoin d’instruction, ayant d’ailleurs bonne volonté et une bonne conduite.
L’inspecteur général. Cet officier a beaucoup gagné depuis 6 mois pour son instruction. Je l’ai trouvé au courant de ses devoirs.
Jean Pierre Essantier, sous-lieutenant, 33 ans. Le colonel. Cet officier a peu de moyens, mais il est d’ailleurs de bonne volonté et se conduit très bien.
L’inspecteur général. Cet officier a également gagné pour son instruction ; il est même employé pour différents petits services intérieurs qu’il exécute avec beaucoup d’intelligence.
Simon Didier Gombert, sous-lieutenant, 30 ans. Le colonel. Bon officier, plein de zèle et s’occupant de son instruction, d’une bonne conduite.
L’inspecteur général. A sa place.
André Denis Levicq, sous-lieutenant, 33 ans. Le colonel. Officier plein d’intelligence, connaissant parfaitement la partie administrative, ayant une bonne conduite, susceptible de faire un bon quartier maitre.
L’inspecteur général. Confirmé dans tout son contenu.
4e bataillon.
Jacques Ducrest, chef de bataillon, 38 ans. Le colonel. Cet officier ne manque point de zèle ni d’activité, mais il ne connait rien à son métier ; ses mœurs sont un peu relâchées. Adroit à saisir le faible de ses chefs. Il chercha à les gouverner et sa partialité n’est pas moins grande envers eux qu’envers ses subordonnés.
L’inspecteur général. Cet officier a des moyens qu’il vient d’employer pour son instruction, laquelle a été fort retardée par le genre de service qu’il a fait aux états-majors. Quant à sa conduite privée, l’on peut s’en reporter.
Victor Baron, adjudant major, 32 ans. Le colonel. Bon officier, zélé et actif, ne réunissant pas entièrement les connaissances qu’exigent ses fonctions, mais s’occupant de son instruction, d’ailleurs d’une très bonne conduite.
L’inspecteur général. Confirmé dans tout son contenu. Cet officier ayant encore besoin d’instruction pour utiliser le grade qu’il occupe.
Leboudidier, chirurgien aide major. Le colonel. Cet officier de santé n’étant au corps que depuis peu de temps, je ne puis encore dire ce qu’il est.
L’inspecteur général. Le major Fabry désigne cet officier de santé pour avoir une bonne conduite et annoncer des moyens pour son état.
Chaubel, sous aide. Le colonel.
L’inspecteur général. Le major Fabry désigne ce chirurgien tenant bonne conduite et très attaché à ses devoirs.
François Boiton, capitaine, 33 ans. Le colonel. Officier de beaucoup de mérite, connaissant son état, servant bien et de bonne conduite.
L’inspecteur général. Cet officier a encore besoin d’application pour être au courant de son instruction.
Claude François Pothier, capitaine, 36 ans. Le colonel. Officier plein de moyens servant avec zèle et activité, connaissant son état, se conduisant très bien.
L’inspecteur général. Cet officier a également besoin d’instruction, laquelle a été négligée pendant ses longues fonctions de rapporteur à des conseils de guerre.
Dominique Ducassé, capitaine, 41 ans. Le colonel. Officier extrêmement recommandable, non seulement par ses connaissances militaires, mais encore par celles qu’il a dans la partie administrative. Il a fait la guerre avec beaucoup de distinction. Il est susceptible de faire un très bon chef de bataillon.
L’inspecteur général. Confirmé pour son contenu, mais a besoin de mettre en pratique sa théorie pour l’instruction.
Michel Etienne Desgranges, capitaine, 47 ans. Le colonel. Officier recommandable par ses blessures dans le cas de la retraite à laquelle il a droit par ses services et ses infirmités.
L’inspecteur général. Est proposé à la retraite.
Laurent Jacques Deionnaes, capitaine, 39 ans. Le colonel. Officier estimable, connaissant passablement la partie administrative mais peu au fait de la partie militaire, ayant une très bonne conduite.
L’inspecteur général. Est à sa place de capitaine. A besoin de repasser l’instruction qu’il a perdu en remplissant différentes fonctions administratives.
Xavier Jeannin, capitaine. Le colonel. Cet officier ne manque pas de moyens d’instruction.
L’inspecteur général. Cet officier a beaucoup de moyens, il est très intelligent et susceptible d’être proposé au grade de chef de bataillon. Il a fait la guerre avec honneur.
Benoit Martin, capitaine, 46 ans. Le colonel. Bon officier, aimant son état, en ayant les connaissances, en remplissant les devoirs avec beaucoup de zèle, d’une bonne conduite.
L’inspecteur général. A sa place de capitaine.
Gabriel Picot, capitaine, 34 ans. Le colonel. Officier plein de mérite, de zèle et d’activité, servant bien et d’une conduite irréprochable.
L’inspecteur général. Est en convalescence.
Antoine Maximilien Croisy, lieutenant, 51 ans. Le colonel. Officier plein de bonne volonté, ayant peu de moyens, et trop d’âge pour servir utilement.
L’inspecteur général. Sera proposé à la revue prochaine pour la retraite.
Alexis Amy, lieutenant, 42 ans. Le colonel. Officier extrêmement brave, aimant son état, servant avec zèle, s’occupant de son instruction, se conduisant fort bien.
L’inspecteur général. A besoin d’être suivi pour son instruction.
Emmanuel Dalmon, lieutenant, 31 ans. Le colonel. Officier ayant besoin d’instruction, d’ailleurs de bonne volonté, sa conduite est assez régulière.
L’inspecteur général. A également besoin d’être suivi pour son instruction.
André Laurent Joseph Frassin, lieutenant, 31 ans. Le colonel. Officier plein de zèle et d’activité, s’occupant de son instruction et ayant une bonne conduite.
L’inspecteur général. Confirmé dans tout son contenu.
François Roguée, lieutenant, 36 ans. Le colonel. Cet officier a très peu de moyens et la conduite qu’il vient de tenir étant en recrutement en exigeant l’argent des conscrits de l’arrondissement dans lequel il était employé, montre son peu de délicatesse et lui a attiré le mépris de tout le corps et quoiqu’il ait été acquitté par les tribunaux, il est indispensable pour le bien du service que cet officier quitte le régiment.
L’inspecteur général. Cet officier se trouve présentement à Mons. Sa conduite est trop officiellement connue au corps pour qu’il puisse s’y présenter sans secousse et ce que j’en ai appris m’engage à appuyer la demande du colonel.
Léonard Joseph Gosselin, lieutenant, 32 ans. Le colonel. Bon officier servant avec zèle, s’occupant de son instruction et d’une bonne conduite.
L’inspecteur général. En recrutement.
Alexandre Dupont, lieutenant, 54 ans. Le colonel. Cet officier a très peu de moyens quoique d’ailleur plein de bonne volonté, ayant une conduite régulière.
L’inspecteur général. Il m’a paru faire tout ce qui dépend de lui pour son instruction.
Nicolas Mely, lieutenant, 47 ans. Le colonel. Cet officier a peu de moyens quoique d’ailleurs il soit plein de bonne volonté, d’assez bonne conduite.
L’inspecteur général. Il sera proposé à la prochaine revue pour la retraite. Il est membre de la légion d’honneur.
François Jobert, lieutenant, 29 ans. Le colonel. Bon officier au fait des détails du service et de l’instruction, servant bien, et d’une assez bonne conduite.
L’inspecteur général. Confirmé dans tout son contenu.
Jacques Barbot de Sillac Latrezoriere, sous-lieutenant, 33 ans. Le colonel. Officier plein de mauvaise volonté, sans instruction comme sans conduite, méprisé de ses camarades, insensible aux punitions ainsi qu’aux reproches.
L’inspecteur général. Cet officier n’ayant pas donné une meilleure idée de lui au major commandant les deux bataillons, je l’ai prévenu que s’il ne change pas à son avantage d’ici à la prochaine revue, il sera pris alors un parti convenable à son égard.
Nicolas Brosse, sous-lieutenant, 33 ans. Le colonel. Les infirmités de cet officier le mettent hors d’état de faire aucun service. Est dans le cas de la réforme.
L’inspecteur général. Cet officier me parait incapable de faire la guerre.
Denis Farette, sous-lieutenant. Le colonel. Officier plein de zèle et d’activité, s’occupant sans relâche de son instruction, d’une bonne conduite.
L’inspecteur général. Confirmé dans tout son contenu.
Charles François Devillers, sous-lieutenant, 33 ans. Le colonel. Officier plein de bonne volonté, s’occupant de son instruction, bonne conduite.
L’inspecteur général. Confirmé également dans son contenu.
Jean Baptiste Larogue, sous-lieutenant, 35 ans. Le colonel. Bon officier, servant avec zèle et activité, s’occupant de son instruction, et ayant une très bonne conduite.
L’inspecteur général. A besoin de gagner pour son instruction.
Pierre Nadebos, sous-lieutenant, 24 ans. Le colonel. Officier plein de bonne volonté, s’occupant de son instruction, servant avec zèle et de bonne conduite.
L’inspecteur général. Confirmé dans son contenu. Ce jeune officier a cependant besoin d’instruction.
Jacques Charles Lauziers, sous-lieutenant, 37 ans. Le colonel. Cet officier a peu de moyens, d’ailleurs plein de bonne volonté ; assidu à ses devoirs ; ayant une très bonne conduite.
L’inspecteur général. A besoin d’instruction, il s’applique autant que sa faible santé puisse lui permettre.
Bonaventure Vuillemot, sous-lieutenant, 30 ans. Le colonel. Officier plein de moyens, servant avec zèle et activité, au fait des détails du service et de l’instruction, ayant une très bonne conduite.
L’inspecteur général. Confirmé dans tout son contenu. Cet officier est légionnaire.
Fin de l’état n°2
Etat n°3 des emplois d’officiers vacants dans le corps.
1 de capitaine (3e bataillon 3e compagnie) par le départ de M. lesage avec la solde de retraite.
1 de sous-lieutenant (4e bataillon 3e compagnie) par l’avancement de M. Denis à la place de lieutenant.
1 de sous-lieutenant (2e bataillon grenadiers) par l’avancement de M. Ballard au grade de lieutenant.
3 (à la nomination de l’Empereur)
Etat n°4 des militaires admis à la haute paye.
1 sergent major du 1er prairial XII.
2 sergents des 1er vendémiaire XI et 1er messidor XII.
3 caporaux.
1 fusilier.
8
Etat n°5 des militaires admis dans la légion d’honneur.
1 colonel, 1 major, 4 chefs de bataillon, 1 capitaine, 2 lieutenants, 1 sous-lieutenants, 4 sergents, 1 fourrier, 3 caporaux.
19
Etat n°6 des militaires désignés pour le recrutement de la garde de l’Empereur.
5 sergents.
1 caporal.
9 grenadiers.
1 fusilier.
16
Etat n°7 des enfants de troupe admis à la demi-solde.
Voyez le tableau du personnel ci-après.
Etat n°8 des hommes réformés.
Voyez le même tableau.
Etat n°9 des militaires proposés pour une autre arme ou pour être réformés pour défaut de taille.
Berleymond fusilier de la 6e compagnie du 4e bataillon arrivé au corps le 12 prairial X ayant servi huit ans dans la marine, demande à y rentrer.
Etat n°10 des officiers, sous-officiers et soldats dont la présence au corps peut être inutile ou dangereuse.
Néant.
Etat n°11 des hommes proposés à la solde de retraite. Etat n°12 id. aux invalides. Etat n°13 id. aux ½ bataillons de vétérans.
Voyez le tableau du personnel ci-après.
Les Etats n°14, 15 et 16 regardent la cavalerie et ne font point partie des livrets pour l’infanterie.
Etat n°17 des finances du corps.
Voyez le tableau ci-après.
Etat n°18 de l’habillement et équipement en service. Etat n°19 de l’habillement et équipement en magasin et des mouvements survenus pendant l’année.
Voyez le tableau de l’habillement ci-après.
Etat n°20 de l’habillement et équipement revenant pour les remplacements.
Voyez le tableau ci-après.
Etat n°21 situation de l’armement.
Voyez le tableau ci-après" (Schauenburg (Général baron Alexis-Balthazar-Henri-Antoine de) : « Revues d'inspection des bataillons de dépôt d'infanterie stationnés dans la 16e division militaire … passées pendant le courant de Fructidor XII et Vendémiaire an XIII » ; Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg: MS.0.495 ; document numérisé par la BNU à la demande conjointe de F. Berjaud, L. Claudel et D. Davin).
Cette revue d'inspection est suivie d'un premier tableau intitulé "Situation générale des finances de tous les corps compris dans l’inspection du général Schauenburg pour l’an 12", qui indique pour le 21e Régiment :
Masse générale. En caisse au 1er Vendémiaire : 6688 ; recette de l’année : 89161 ; total : 95849 ; dépense de l’année : 104447 ; en caisse au 1er Vendémiaire an 13 : -.
Masse de linge et chaussure. En caisse au 1er Vendémiaire an 12 : 15052 ; recette de l’année : 34764 ; total : 150764 ; dépense de l’année : 74120 ; en caisse au 1er Vendémiaire an 13 : 76644.
Masse de chauffage. En caisse au 1er Vendémiaire an 12 : 302 ; recette de l’année : 1209 ; total :1511 ; dépense de l’année : 5046 ; en caisse au 1er Vendémiaire an 13 : 3534.
Masse de pain et soupe. En caisse au 1er Vendémiaire an 12 : 897 ; recette de l’année : 11943 ; dépense de l’année : 9580 ; dépense de l’année : 9580 ; en caisse au 1er Vendémiaire an 13 : 3260.
Masse de médicaments. En caisse au 1er Vendémiaire an 12 : - ; recette de l’année : - ; total : - ; dépense de l’année : - ; en caisse au 1er Vendémiaire an 13 : -.
Masse des amendes. En caisse au 1er Vendémiaire an 12 : - ; recette de l’année : - ; total : - ; dépense de l’année : 941 ; en caisse au 1er Vendémiaire an 13 : -.
Total général des fonds en caisse au 1er Vendémiaire an 13 : 66831.
L'Inspecteur général Schauenburg note : "Le 21e régiment a un déficit à la masse générale de 8598 frs". Et "Voyez au verso de ce feuillet la notice sur les masses portées au présent tableau.
Masse générale. Elle est établie par l’arrêté du 17 frimaire an 11 et divisée en 2 parties. 1° La 1ère partie de 18 francs par an et par homme reste à la disposition du gouvernement ; elle sert à payer les draps et autres objets que le ministre fait fournir aux corps ; il fait venir dans ses bureaux un compte ouvert avec chaque corps ; les corps qui se trouvent avoir un excédent de recette par le résultat de ce compte sont les maitres de l’employer l’année suivante à tel genre de fournitures que bon leur semble, en les demandant au ministre directeur. Si les corps redevaient, on leur ferait une retenue sur les fournitures de l’année suivante.
2° La 2e partie qui est composée de 17 francs par an et par homme ; cette partie est payée aux corps tous les mois, sur un décompte particulier ; elle est chargée de tous les achats et de tous les genres de dépenses déterminés par l’arrêté susdit du 17 frimaire an 11. Les corps en tiennent un registre conforme au modèle annexé audit arrêté. Tous les achats qu’ils font doivent être approuvés par le directeur ministre ; et les inspecteurs généraux vérifient les dépenses de toutes les espèces, suivant qu’elles sont déterminées par les arrêtés.
Le produit de cette masse se compose encore des morts, désertés, rayés des contrôles et congédiés étant chez eux ; de même que de ce qui pourrait revenir auxdits hommes pour une solde arriérée qui n’aurait été payée qu’après leur départ.
Masse de linge et chaussure. Elle est établie par le règlement de comptabilité du 8 floréal an 8 ; elle se compose d’une retenue d’un sol par jour qu’on fait sur la solde de chaque soldat ; cette retenue est de huit centimes par jour pour les sergents majors, sergents et caporaux fourriers ; le complet de cette masse est de 27 francs pour les sous-officiers et de 18 francs pour les caporaux et soldats.
Elle est chargée de fournir aux uns et aux autres, par le produit ci-dessus déterminé, tous les effets de petit équipement ; la quantité et l’espèce de ces effets sont déterminées par le même règlement.
Cette masse reçoit encore la portion de solde que les semestriers laissent pendant leur absence, et le partage en est fait après la rentrée des semestriers, entre tous ceux qui ont fait le service pendant leur absence.
Si ces produits sont insuffisants pour les soldats, on n’a d’autres ressources que de leur faire faire le service des travailleurs au prix réglé pour tout le régiment ; ce qui forme encore une autre branche de recette qu’on doit également enregistrer au compte des hommes qui ont fait les services.
Indépendamment du registre que le conseil d’administration fait tenir par le quartier maitre, pour tout le régiment, conformément au tableau indiqué par l’arrêté du 8 floréal an 8, et suivant encore ce qui est prescrit par l’autre arrêté du 17 frimaire an 11, chaque sous-officier ou soldat a son compte ouvert sur le grand registre du capitaine. Ce compte doit être signé par le sous-officier ou soldat ; ou sa marque faite en présence de témoins, afin que quand un homme meurt à l’hôpital, on ne puisse pas lui écrire des effets qu’il n’a pas reçu ;cette formalité est d’autant plus nécessaire que c’est par relevé du registre du capitaine qu’on forme le grand tableau dont on vient de parler, lequel sert de base au registre du conseil d’administration.
Indépendamment encore de toutes ces pièces, le compte de chaque homme doit être écrit sur son livret, ainsi que tous les objets de petit équipement qu’on lui délivre, au fur et à mesure des livraisons.
Masse de chauffage. Etablie par arrêté du gouvernement du 23 fructidor an 8 ; voyez encore la circulaire interprétative du 23 vendémiaire an 9.
Une portion de cette masse est mises à la disposition des corps et payée tous les mois sur un décompte particulier ; cette portion est déterminée tous les ans par le ministre, pour chaque division territoriale, en raison de la cherté des combustibles ; elle paye 1° le chauffage de la troupe dans les casernes ; un nombre d’officiers et de sous-officiers doivent en être chargés ; 2° le chauffage et la lumière des corps de garde, suivant la revue desdits corps de garde établie par le commissaire des guerres.
L’autre portion de cette masse qui est à beaucoup près la plus forte , reste à la disposition du ministre pour faire face aux fournitures de campagne ci-après 1° marmites, 2° gamelles, 3° grands et petits bidons, 4° barils à eau, 5° sacs à marmites, 6° outils, 7° sacs à outils, 8° couvertes.
Le ministre n’envoie pas de compte aux régiments pour cette portion.
Masse de pain de soupe. Etablie par arrêté du gouvernement du an 10 ; la troupe a commence à en jouir au 1er germinal an 11 ; le produit est d’un sol par jour et par homme présent ; le gouvernement viendrait au secours des divisions où ce produit ne suffirait pas, attendu qu’il doit être distribué 4 onces de pain de soupe à chaque homme par jour, sans qu’on puisse en donner moins. Le régiment reçoit ce produit tous les mois ; il en tient un registre très exact. On passe un marché avec un boulanger, et su par ce marché, il y a des économies, aucun soldat ne peut réclamer le partage de la masse qui en résulte.
Masse des médicaments. Etablie par arrêté du 9 frimaire an 12 ; elle est déterminée tous les ans par le ministre ; elle ne peut excéder 1000 frs par régiment ; elle sert à l’achat des médicaments et autres objets nécessaires au traitement des maladies indiquées par ledit arrêté. Le régiment en tient un registre particulier.
Masse des amendes. Etablie par arrêté du gouvernement du 19 vendémiaire an 12 concernant la désertion ; tous les condamnés doivent payer une amende de 1500 frs et les corps doivent en faire recette ; elle sert à payer les frais de procédure des conseils de guerre spéciaux, suivant qu’ils sont déterminés par le règlement ; le surplus doit être employé par le corps au remplacement des déserteurs condamnés, par des enrôlements volontaires ; on tient registre de cette masse" (Schauenburg (Général baron Alexis-Balthazar-Henri-Antoine de) : « Revues d'inspection des bataillons de dépôt d'infanterie stationnés dans la 16e division militaire … passées pendant le courant de Fructidor XII et Vendémiaire an XIII » ; Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg: MS.0.495 ; document numérisé par la BNU à la demande conjointe de F. Berjaud, L. Claudel et D. Davin).
Dans un second tableau, intitulé "Situation générale de l’habillement et du petit équipement de tous les corps dont le général Schauenburg a fait l’inspection en l’an 12", nous lisons, pour le 21e Régiment :
Etoffes.
Existantes en magasin à la dernière revue. Draps 405 mètres ; tricot 314 mètres ; doublure ; toile 217 mètre.
Reçues depuis la dernière revue. Draps 8715 mètres ; tricot 7100 mètres ; doublure 13312 mètres ; toile 10780 mètres.
Emploi des étoffes.
Etoffes en magasin lors de la revue. Draps 1939 mètres ; tricot 1190 mètres ; doublure ; toile 1701 mètres.
Effet en service au moment de la revue. Habits 1895 ; vestes 1895 ; culottes 1242 ; bonnets 2549.
Effet de petit équipement.
En magasin lors de la dernière revue. Chemises 466 ; bas 1007 ; souliers 103 ; guêtres 4 ; sacs de peau 134.
Acheté ou reçu depuis la dernière revue. Chemises 2016 ; bas 2224 ; souliers 3376 ; guêtres 3677 ; sacs de peau 1452.
Reste en magasin au moment de cette revue. Chemises - ; bas - ; souliers - ; guêtres - ; sacs de peau - (Schauenburg (Général baron Alexis-Balthazar-Henri-Antoine de) : « Revues d'inspection des bataillons de dépôt d'infanterie stationnés dans la 16e division militaire … passées pendant le courant de Fructidor XII et Vendémiaire an XIII » ; Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg: MS.0.495 ; document numérisé par la BNU à la demande conjointe de F. Berjaud, L. Claudel et D. Davin).
Le troisième tableau s'intitule "Situation générale de l’armement et de l’équipement au moment de la revue d’inspection du général Schauenburg". Il indique pour le 21e Régiment :
Armement.
En magasin à la dernière revue. Fusils 1890 ; baïonnettes 1890 ; sabres 594.
Reçu depuis la dernière revue. Fusils 1332 ; baïonnettes 1332 ; sabres 373.
Pertes depuis la dernière revue. Fusils 990 ; baïonnettes 990 ; sabres 93.
Reste au magasin au moment de la revue ou au régiment. Fusils 3222 ; baïonnettes 3222 ; sabres 967.
A fournir pour les remplacements. Fusils 210 ; baïonnettes 210 ; sabres -.
Equipement.
Existant en magasin lors de la dernière revue ou au régiment. Gibernes 2159 ; porte giberne 2159 ; bretelle de fusils 2459 ; baudriers 810 ; colliers de tambours 73 ; caisse de tambours 73.
Reçu depuis la dernière revue. Gibernes 400 ; porte giberne 400 ; bretelle de fusils - ; baudriers - ; colliers de tambours - ; caisse de tambours -.
Reste en magasin au moment de la revue ou au régiment. Gibernes 2549 ; porte giberne 2549 ; bretelle de fusils 2459 ; baudriers 810 ; colliers de tambours 73 ; caisse de tambours 73 (Schauenburg (Général baron Alexis-Balthazar-Henri-Antoine de) : « Revues d'inspection des bataillons de dépôt d'infanterie stationnés dans la 16e division militaire … passées pendant le courant de Fructidor XII et Vendémiaire an XIII » ; Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg: MS.0.495 ; document numérisé par la BNU à la demande conjointe de F. Berjaud, L. Claudel et D. Davin).
Dans un quatrième tableau, intitulé "Etat des effets d’habillement et d’équipement qui reviennent aux régiments inspectés par le général Schauenburg, pour leur remplacement", le Général Schauenburg note, pour le 21e Régiment :
Habillement. Habits 654 ; vestes 654 ; culottes 1307 ; chapeaux 654.
Equipement. Gibernes 64 ; baudriers 9 ; bretelles de fusils 64 ; caisses de tambours - ; colliers de tambour - (Schauenburg (Général baron Alexis-Balthazar-Henri-Antoine de) : « Revues d'inspection des bataillons de dépôt d'infanterie stationnés dans la 16e division militaire … passées pendant le courant de Fructidor XII et Vendémiaire an XIII » ; Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg: MS.0.495 ; document numérisé par la BNU à la demande conjointe de F. Berjaud, L. Claudel et D. Davin).
Un cinquième tableau intitulé "Tableau numérique des conscrits des années 11 et 12 reçus par les régiments désignés ci-dessous pendant le courant de l’an 12, et observations sur la désertion et la réforme d’un grand nombre de ces hommes et les résultats pour les corps" indique pour le 21e Régiment :
Noms des départements qui les ont fournis. Jemmapes.
Nombre de conscrits incorporés 963.
Désertion en route avant l’incorporation 193.
Désertion après l’incorporation : Au 3e bataillon ou aux bataillons de guerre et allant les joindre 488 ; dépenses du corps pour l’habillement des déserteurs 51493,76 ; frais de jugements et d’habillement pour les condamnés 1405,70 ; dépenses pour les amnistiés des travaux rentrés 12767,92 ; total de la dépense occasionnée par la désertion 65567,38 ; produit des amendes imposées aux condamnés -.
Réforme. Nombre de conscrits réformés 33. De remplaçants réformés 1. Dépenses du corps pour leur habillement 3587,68. Du gouvernement pour solde et pain 5888,20. Total des dépenses occasionnées par les réformés 9475,70.
Indication des dépenses. Au compte du corps 69255,60 ; au compte du gouvernement 5888,20.
Total général des dépenses faites pour les réformés et les déserteurs 75143,20.
Et le Général Schauenburg ajoute en note : "Observations qui doivent être en marge du tableau d’autre part.
21e régiment, Jemmapes. Sur les 188 déserteurs, 153 appartiennent aux bataillons de guerre. L’espèce d’hommes de la conscription est fort belle ; cependant peu instruite, parce qu’elle sort de la classe la plus malheureuse. La désertion a été désolante, ce qu’on doit attribuer en partie à l’extension donnée à la faculté de se faire remplacer, et au peu de goût qu’ont pour le service les habitants des départements réunis, le colonel a demandé à S. M. le changement de département ; elle a demandé un rapport. Il serait à désirer que les conseils de recrutement n’eussent point le droit de forcer le capitaine de recrutement à recevoir les hommes qui doivent être refusés" (Schauenburg (Général baron Alexis-Balthazar-Henri-Antoine de) : « Revues d'inspection des bataillons de dépôt d'infanterie stationnés dans la 16e division militaire … passées pendant le courant de Fructidor XII et Vendémiaire an XIII » ; Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg: MS.0.495 ; document numérisé par la BNU à la demande conjointe de F. Berjaud, L. Claudel et D. Davin).
Un sixième tableau, intitulé "Inspection général d’infanterie faite par le Général Schauenburg. Situation général du personnel des Régiments d’infanterie stationnés dans la 16e division militaire, avec les mutations survenues depuis la dernière revue, le détail des hommes présents, des réformés et de ceux congédiés avec récompense" donne la composition de l’effectif du 21e Régiment au 14 Vendémiaire an 13 :
Officiers : 1 Colonel, 1 Major, 4 Chefs de Bataillons, 1 Quartier maitre, 4 Adjudants majors, 35 Capitaines, 36 Lieutenants, 34 Sous-lieutenants, 8 Chirurgiens ; total 124, dont 53 présents, 62 aux Bataillons de guerre, 7 détachés, 1 à l’hôpital du lieu, 1 à l’hôpital extérieur.
Sous-officiers et soldat : 18 petit état-major, 39 Sergents majors, 157 Sergents, 36 Caporaux fourriers; 275 Caporaux, 220 Grenadiers, 1540 Fusiliers, 68 Tambours, 15 enfants de troupe ; total 2368, dont 470 présents, 1616 aux Bataillons de guerre, 43 détachés, 204 à l’hôpital du lieu, 15 à l’hôpital extérieur, 14 en congé, 3 déserteurs.
Mutations :
L’effectif était à la dernière revue de 1180.
Recettes : 996 recrues, 941 venus d’autres Corps, 121 rayés rentrés, total 2058. L’effectif devrait donc être de 3238.
Pertes : 76 morts, 488 désertés, 11 réformés avant la revue, 66 rayés par longue absence, 51 passés dans d’autres corps, 14 faits officiers, 163 réformés par l’Inspecteur général ; total 869. L’effectif reste donc à 2369.
Si l’on déduit encore les : 1 proposé pour la réforme ; 46 proposés pour les Vétérans ; total 47. L’effectif ne sera que de 2322.
Or comme le complet de paix étant de 2610, il y aura un manque au complet de 288 (Schauenburg (Général baron Alexis-Balthazar-Henri-Antoine de) : « Revues d'inspection des bataillons de dépôt d'infanterie stationnés dans la 16e division militaire … passées pendant le courant de Fructidor XII et Vendémiaire an XIII » ; Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg: MS.0.495 ; document numérisé par la BNU à la demande conjointe de F. Berjaud, L. Claudel et D. Davin).
Enfin, dans un dernier tableau, nous avons le "Détail des présents au Bataillon de dépôt et de ceux réformés, de ceux congédiés avec récompense, ainsi que de ceux susceptibles d’avoir la haute paye sur tout le régiment; il indique pour le 21e Régiment :
Présents :
Officiers : 1 Major, 1 Chef de Bataillon, 1 Quartier maitre, 2 Adjudants majors, 15 Capitaines, 15 Lieutenants, 13 Sous-lieutenants, 4 Chirurgiens ; total 53.
Petit Etat-major : 2 Adjudants sous-officiers, 1 Tailleur, 1 Guêtrier, aucun Cordonnier, aucun armurier, aucun Tambour-major, 1 Caporal tambour, aucun Musicien, total 5.
Sous-officiers et soldat : 17 Sergents majors, 60 Sergents, 16 Caporaux fourriers ; 101 Caporaux, 68 Grenadiers, 163 Fusiliers, 25 Tambours, 15 enfants de troupe ; total 465.
Total général : 470.
Réformés : 1 Sergent-major, 12 Sergents, 4 Caporaux fourriers, 30 Caporaux, 116 grenadier, Fusiliers et Tambours. Total 163.
Congédiés. Officiers : Aucun Chef de Bataillon, 2 Capitaines, 2 Lieutenants, 1 Sous-lieutenant ; total 5. Sous-officiers et soldats : Aucun Sergent-major, 5 Sergents, 1 Caporal fourrier, 7 Caporaux, 34
Grenadiers, Fusiliers et Tambours ; total 47. Total général 52.
Haute paye. 10 ans de service, 2 Sergents et Caporaux, 1 soldat ; total 3. 15 ans de service, 1 Sergent et caporaux ; total 1. 20 ans de service : 4 Sergents et Caporaux, aucun soldats ; total 4. Total
général : 8
Enfants. D’Officiers : 8 ; de Sous-officiers et soldats 7 ; total 15 (Schauenburg (Général baron Alexis-Balthazar-Henri-Antoine de) : « Revues d'inspection des bataillons de dépôt d'infanterie stationnés dans la 16e division militaire … passées pendant le courant de Fructidor XII et Vendémiaire an XIII » ; Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg: MS.0.495 ; document numérisé par la BNU à la demande conjointe de F. Berjaud, L. Claudel et D. Davin).
Le 14 Fructidor an 13 [1er septembre 1805), l'Empereur écrit, depuis Pont-de-Briques, au Maréchal Berhier, Ministre de la Guerre, Major général de la Grande Armée : "Mon cousin, vous ferez connaître aux colonels du 21e, 22e et 72e de ligne que mon intention est de les appeler à l'armée ; que je leur donne une marque de confiance en leur laissant la garde d'un dépôt aussi important que la flottille de Boulogne, mais qu’avant le mois prochain, ils seront appelés au Rhin ; qu'ils continuent donc à tenir leurs corps en haleine et à les fortifier" (Correspondance générale de Napoléon, t.5, lettre 10726).
Le 21 Fructidor an XIII [8 septembre 1805), l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Maréchal Berthier, Ministre de la Guerre, Major généal de la Grande Armée : "Mon cousin ...
Le 34e, le 3e et le 21e de ligne … ont chacun quatre bataillons. Mon intention est qu'ils fournissent un 3e bataillon aux bataillons de guerre, si toutefois ils peuvent, avec ce qui leur restera du 4e, compléter ce bataillon au moins à 500 hommes, officiers non compris. Faites-moi un rapport sur cet objet ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.5, lettre 10760).
Un État des cantonnements de la 3e Division, daté du Quartier général à Spire, le 3e jour complémentaire an 13 (20 septembre 1805) et signé du Général, Chef de l'Etat-major général, Daultanne, indique "... Grand quartier général, état-major de la division, 21e de ligne, lieux de distribution, Spire ; 778 maisons à Spire, 63 à Berghausen, 77 à Heiligenstein, 42 à Mechtersheim, 117 à Harthausen, total 1077. A spire, 2 Compagnies de Grenadiers et 1 de Fusiliers ..." (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 2, p. 552).
Dans son "Rapport à M. le général de division Gudin, du 7 au 8 vendémiaire an XIV (29 au 30 septembre 1805)", le Général de Brigade Petit écrit : "La brigade de droite, composée des 12e et 21e régiments, est partie ce matin, 8 du courant, de Neckargemünd. Deux bataillons de ces régiments ont été cantonnés dans ce village et les deux autres ont bivouaqué en avant du même village. Il a été distribué aux troupes bivouaquées 900 bottes de paille de couchage et le bois nécessaire. Il n'a été fait aucune distribution de subsistances, une distribution de sel a été faite à la brigade.
Rien de nouveau sur les mouvements de l'ennemi. Les deux colonels et trois chefs de bataillon sont présents, l'emploi de M. Fischer, chef de bataillon qui a quitté le 12e régiment avec retraite, est vacant.
Ci-joint les états demandés par la lettre du général de division en date du 6 vendémiaire" (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 2, p. 601).
Composition de la Grande Armée au moment où elle a passé le Rhin pour la campagne d'Autriche.
3e corps d'armée au passage du Rhin dans les premiers jours de vendémiaire an XIV.
3e division.
21e id, 2 Bataillons, 1,792 hommes (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 2, p. 158).
Dans son Rapport au Général de Division Gudin, du 11 au 12 Vendémiaire an 14 (3 au 4 octobre 1805), le Général de Brigade Petit écrit : "La brigade est partie ce matin, à 10 heures, des bivouacs qu'elle occupait en avant de Künzelkau pour se rendre à Ober-Steinbach, où est établi le quartier général de la brigade et le 21e régiment.
Le 12e régiment occupe le village de Brüchbach, où est cantonné le 2e bataillon, et le village de Hurlebach, dépendant du premier, où est établi le 1er régiment (bataillon ?) et l'état-major.
La brigade a reçu, ce matin, le pain pour un jour; d'Ingelfingen, 4 sapeurs et le caporal condamnés à 8 jours de prison pour ne s'être pas trouvés à la tête du régiment au moment du départ, étant pris de boisson.
Rien de nouveau sur les mouvements de l'ennemi" (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 2, p. 698).
Le 11 Vendémiaire an 14 (3 octobre 1805), le Général de Brigade Petit écrit, depuis Künzelkau, au Général de Division Gudin : "J'ai l'honneur de vous rendre compte que, conformément à vos ordres de ce jour, je me suis rendu à Künzelkau, à l'effet de cantonner les troupes de la brigade que je commande. Rien de plus étonné qu'en me présentant à la tête de mes troupes pour entrer dans cette ville que de trouver la porte fermée avec un refus formel de la part de M. le bailli disant pour raison que, quoique allié et neutre, il ne pouvait, sans se compromettre, donner le logement aux troupes passantes, que M. le maréchal Davout, commandant en chef le corps d'armée, en avait lui-même fait la défense et que pour preuve, c'est qu'il avait ordonné à ce que deux gendarmes à la suite de l'état-major général fussent mis en sauvegarde à la porte de la ville.
M. le bailli allégua même de plus, que quand même les premières difficultés n'existeraient pas, il lui était impossible de recevoir dans la ville un corps de troupe aussi nombreux, manquant de maisons pour les placer tous. Les observations que j'ai pu faire sur la position de mes troupes ont été vaines et M. le bailli a persisté dans son refus, disant que j'étais le maître de forcer les portes de la ville et que je pouvais me loger militairement, mesure que je n'ai pas cru devoir employer. Mes troupes étaient fatiguées, il faisait nuit, je me suis décidé à les faire bivouaquer : le 12e régiment sur les hauteurs en avant de la ville et le 21e dans une prairie à gauche de la ville sur les bords de la Kocher. Je n'ai pu obtenir de paille; quant au bois, M. le bailli m'en a accordé autant que j'en ai désiré.
J'ai l'honneur de vous saluer respectueusement.
PETIT.
Les deux gendarmes qui ont déclaré avoir été placés en sauvegarde, d'après les ordres de M. le maréchal, sont les nommés Magnier et Garaudey, que je me suis vu forcé de faire remplacer par une garde de 8 grenadiers, dont la surveillance a été confiée à un officier, vu que ces deux gendarmes, pris de boisson, ont tenu des propos indécents à M. Laluge, officier commandant la garde des grenadiers" (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 2, p. 699).
Le 16 Vendémiaire an 14 (8 octobre 1805), le Général de Brigade Gautier écrit, depuis Röhrenhof, au Général de Division Gudin : "Mon Général,
J'ai l'honneur de vous rendre compte de la position occupée ce soir par ma brigade.
... Le 85e régiment de ligne a son 1er bataillon sur la lisière du bois qui se trouve entre moi et le général Petit; ses postes s'étendent sur le front du même bois et dans la plaine; il se lie par des patrouilles au 21e régiment ...
La position est trop étendue pour l'occuper avantageusement avec les troupes que j'ai l'honneur de commander. Je la rectifierai, autant que possible, demain à la pointe du jour si nous devons y rester.
Le général Vialannes ne m'a rien fait dire, j'ai laissé chez lui un ordonnance pour être prévenu des ordres qu'il recevra et vous en faire part de suite.
Je n'ai aucune nouvelle de l'ennemi" (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 3, 1ère partie, p. 345).
Le 18 Vendémiaire an 14 (10 octobre 1805), le Général Gudin écrit au Maréchal Davout : "J'ai l'honneur de vous rendre compte que ma division est dans la même position qui a été indiquée hier; les troupes sont très mal, vu le mauvais temps et l'isolement où se trouve le camp.
Je fais mon possible pour me procurer un peu de pain pour une distribution, mais je ne pourrai pas y réussir; il est dû demain et même, à la rigueur, aujourd'hui. Si je peux réunir 2,000 rations, ce sera l'impossible. Vous voyez, d'après cela, combien je suis en déficit.
La situation de la division est, pour :
Le 12e régiment, de 1523 hommes et 60 officiers ...
21e 1736 [hommes] 56 [officiers]..." (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 3, 1ère partie, p. 487).
Le 22 Vendémiaire an XIV (14 octobre 1805), le Chef de Bataillon Lequas écrit, depuis Inpach, au Colonel commandant le 85e Régiment : "Mon Colonel,
J'ai l'honneur de vous prévenir qu'à mon arrivée dans le village que vous m'aviez désigné, je l'ai trouvé rempli de maraudeurs et pillards du 21e régiment. Plusieurs étaient armés d'un fusil et d'une baïonnette. Ils ont enfoncé les maisons et pris différentes choses aux paysans. Dans les moulins, ils ont enlevé une quantité de farine. Je n'ai pu saisir ceux qui étaient armés qui, échappés à une certaine distance, ont eu l'audace de se moquer de nous. Je leur ai fait tirer dessus et ils se sont retirés précipitamment.
Je vous envoie un tambour du 21e qui était au nombre des maraudeurs et qui pourra donner des renseignements sur ses complices.
Le maire du village m'a promis de me délivrer la quantité de pain que je lui ai demandée et j'en presse le recouvrement.
J'ai l'honneur de vous saluer très respectueusement.
(A. G.) LEQUAS" (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 3, 2e partie, p. 784).
Le même 22 Vendémiaire an XIV (14 octobre 1805), le Chef de Bataillon Chanié, du 85e, écrit, depuis Wiedenzhausen, au Colonel du 21e, à Schwabhausen : "Monsieur le Colonel,
Je vous adresse un grenadier de votre régiment que j'ai fait arrêter avant-hier, à une lieue de la grande route, dans une maison; il était sans fusil. C'est sans doute un de ces pillards qu'on ne saurait trop surveiller. L'insolence avec laquelle il me répondit m'obligea de lui donner quelques coups de cravache; il porta la main à la poignée de son sabre. S’il eût exécuté sa menace, je le tuais. Je lui donnai un coup de sabre qui lui a traversé le bras. Vous en ferez ce que vous jugerez à propos.
J'ai l'honneur de vous saluer avec respect.
(A. G.) CHANIÉ" (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 3, 2e partie, p. 785 - Note : Le 21e était à Ober-Roth, d'où le Colonel Dufour a daté la lettre transmissive de celle-ci, et adressée au Général Petit qui, lui, était à Schwabhausen, ainsi que le Général Gudin).
D'après le "Relevé des rapports de la division Gudin à l'époque du 27 au 28 vendémiaire an XIV (19 et 20 oct. 1805)", le 21e Régiment a 62 Officiers présents, 1 en mission, 2 malade ou en arrière, 1742 hommes présents, 160 aux hôpitaux, 1 en jugement, 1643 combattants au total (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 3, 2e partie, p. 997).
Le 28 Vendémiaire an XIV (20 octobre 1805), le capitaine Honte, du 21e de Ligne, écrit, depuis Weiktrtshoren, au Général de Division Gudin : "Mon Général,
J'ai l'honneur de vous donner connaissance qu'un maréchal des logis de gendarmes, s'étant présenté hier dans cette commune où je commande quatre compagnies, avec une réquisition signée de vous et du commissaire Thomas, de 200 bottes de foin et de 40 metzen d'avoine, je me suis empressé de la faire acquitter de suite. Le chargement du tout s'est fait, en ma présence, sur trois voitures qui ont été expédiées pour votre quartier général, sous l'escorte d'un chasseur à cheval, mais le récépissé annoncé par le maréchal des logis devoir être donné, ne l'a pas été, sous prétexte qu'il ne s'est trouvé que 136 bottes de foin au lieu de 200 portées sur la réquisition.
J'ai l'honneur de vous observer, mon Général, que s'il s'est trouvé du déficit, il n'a pu provenir que de la négligence de ceux qui, chargés de recevoir le montant de la réquisition, ont laissé les voitures dehors toute la nuit, pendant laquelle il se sera fait, sans doute, quelque soustraction, puisque les bottes ont été comptées et chargées devant moi.
Le bourgmestre qui réclame justice par mon organe ose espérer, mon Général, que vous voudrez bien ordonner l'envoi du récépissé, ainsi que celui d'un voiturier et son cheval retenus, s'ils ne l'ont été par votre ordre" (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 3, 2e partie, p. 996).
Le 29 Vendémiaire an 14 (21 octobre 1805), le Général Gudin écrit, depuis Dachau, au Maréchal Davout : "J'ai l'honneur de vous rendre compte que ma division est rendue dans la position que vous m'avez indiquée.
La force en présents sous les armes est : pour le 12e régiment, de 1569; pour le 21e, de 1804; pour le 25e, de 1756; pour le 85e, de 1587.
Les 9,000 rations de pain du convoi de Neuburg se réduisent au plus à 4,000, dont 1000 au moins ne peuvent être données; reste donc à 3,000 qui, réunies à 2,500 en magasin, ne peuvent fournir ce qui m'est nécessaire pour le 2 brumaire. Je vous serais, en conséquence, on ne peut plus reconnaissant de me donner de quoi compléter cette journée. Avec mes propres ressources, je terminerai la distribution du ter brumaire, à bien peu de chose près au moins.
Mon aide de camp m'a transmis l'ordre de votre part de ne plus frapper de réquisitions en pain. Je m'y conformerai; le pays que j'occupe me met forcément dans cette nécessité, puisqu'il a été occupé, pendant huit jours, par les 1re et 2e divisions ..." (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 3, 2e partie, p. 1018).
Le 29 Vendémiaire an 14 (21 octobre 1805), le Général de Brigade Gautier écrit, depuis Unter-Weilbach, au Général de Division Gudin, qu'il a établi sa brigade dans différents village : "... Le village le plus éloigné n'est qu'à une lieue de Dachau.
Conformément à vos intentions, j'ai laissé à la disposition du général Petit les villages de Webling et Steinkirchen près de la grand'route, mais j'ai fait occuper Etzenhausen où le 21e régiment s'est présenté pour cantonner. Le rapport qui vient de me parvenir me fait craindre que les troupes des deux brigades ne soient encombrées sur ce point. Si M. le colonel Dufour s'y est établi, je vous prie, mon Général, de vouloir bien lui donner des ordres pour le replacer à son rang ou faire rentrer les 6 compagnies du 25e dans le village que vous jugerez à propos de lui assigner. Vous verrez le nombre de fermes qui se trouvent dans ceux que j'ai désignés.
Je vous envoie un officier qui sera chargé de me transmettre vos ordres" (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 3, 2e partie, p. 1018).
La "Situation des troupes composant le 3e corps de la Grande Armée à l'époque du 1er brumaire an XIV (23 octobre 1805)" indique que le 21e Régiment d’Infanterie de Ligne, Colonel Dufour, est à la 3e Division Gudin; il compte 62 Officiers et 1742 hommes présents sous les armes. Absents avec solde : 3 Officiers détachés. Absents sans solde : 161 hommes aux hôpitaux. Total 1968 hommes (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 3, 2e partie, p. 1091).
Un "Etat de situation des différents détachements envoyés par les bataillons de dépôt et qui doivent être arrivés à Spire le 18 brumaire et en partir le 19", signé par l'Adjudant commandant Petiet, indique, pour la 3e Division du 3e Corps d'Armée, que le détachement du 21e Régiment d'Infanterie de Ligne n'est pas arrivé; il devait être rendu le 24 Vendémiaire (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 3, 2e partie, p. 1170).
Le 3 Brumaire an 14 (25 octobre 1805), le Général Gautier écrit, depuis Gremertshausen, à Gudin, à Weihen-Stephan : "Mon Général,
Conformément à vos ordres, j'ai pris position à Gremertshausen, occupant le village de Giesenbach sur la même ligne. Je me trouve placé à 2 lieues de Freising, à 1 lieue et demie de Weihen-Stephan et à 1 lieue de Hohenbachern, où se tient le général Petit en première ligne.
Je ne suis point assuré que vos intentions soient remplies; mon établissement me parait trop en arrière; cependant on m'assure qu'il n'existe aucun village dit Gremertshausen, ni qui y ressemble, dans un rayon de 3 lieues.
Mon inquiétude augmente quand je vois que la distribution de la viande annoncée pour demain à 6 heures du matin ne pourra avoir lieu dans ce village, où il n'existe aucun employé de l'administration, mais seulement un parc de bestiaux confié à une garde de 24 hommes et 1 officier du 12e régiment, qui est lui-même fort embarrassé.
Les bestiaux requis par les 25e et 85e régiments seront également conduits ici et je ne vois personne pour les recevoir.
Je vous prie, mon Général, de vouloir bien me transmettre vos ordres par l'officier que j'ai l'honneur de vous envoyer.
P.-S.- Je n'ai depuis hier aucune nouvelle de mes équipages (1)" (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 4, p. 181 - (l) Trois Officiers du 25e de Ligne ont poursuivi des maraudeurs du 21e. Ils en ont arrêté un et ont saisi les objets volés, consistant en quatre pièces de toile, une gamelle avec de la graisse, du pain, de la volaille et des pruneaux. Le soldat arrêté est conduit au Colonel de son Régiment, qui demande au Général de Brigade de le faire juger conformément aux règlements militaires. (A. G.) Le dossier est transmis le lendemain à la Division).
Grande Armée à l'époque du 6 brumaire an XIV (28 octobre 1805). Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 4, p. 711 |
Le 11 Brumaire au 14, Gudin écrit, depuis Neunkirchen, à Davout : "J'ai l'honneur de vous rendre compte que je suis arrivé sur les 2 heures à la position que vous m'aviez prescrite, à un demi-quart de lieue de la 2e division. J'ai établi un bataillon du 12e à droite de la route, sur une éminence, adossé à un bois. Les autres bataillons de la 1re brigade sont à la gauche de la route, se prolongeant sur Lambach. La 2e brigade est en seconde ligne de ces trois bataillons, à 200 toises de distance.
J'ai, depuis deux jours, un officier à votre quartier général, de sorte qu'un de mes aides de camp que j'ai envoyé, aussitôt mon arrivée, en instruire le général Daultanne, est rentré.
Beaucoup des hommes restés en arrière faute de souliers ou par fatigue, sont rentrés; il en manque cependant un assez grand nombre qui, j'espère, rejoindront ce soir (1).
J'ai eu du pain à Haag, pour jusqu'au 13 inclus; une plus grande quantité à la fois serait inutile, car les soldats le jettent souvent ou le vendent quand ils en ont trop, malgré toute la surveillance qu'on peut y mettre. Notre subsistance en viande est assurée pour près de huit jours (2).
J'ai eu aussi 1,000 paires de mauvais souliers ou brodequins, ce qui pare aux besoins les plus pressants" (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 4, p. 418 - (1) Le Général Gudin adresse au Rapporteur du 2e Conseil de Guerre une plainte contre un soldat du 21e, prévenu d'insubordination. Il demande la suite qui a été donnée à une affaire du même genre établie depuis longtemps. Il lui est répondu que la question a été réglée dans les vingt-quatre heures (A. G.) ; (2) Le Général Gudin est invité néanmoins à faire prendre le lendemain à Lambach plusieurs bœufs destinés à sa division et qui lui seront remis par le commissaire des guerres Burget).
"3e CORPS D'ARMÉE.
Ordre de marche du 13 brumaire.
Au quartier général à Kremsmünster, le 12 brumaire an 14.
… La 1re division partira demain à la pointe du jour et se dirigera sur Steyer, en passant par Hall. Arrivée à Sierning, elle détachera un bataillon à Pichlern pour observer et maîtriser le pont de ce nom, autrement dit d'Aschach.
L'artillerie de cette division marchera après le 1er régiment, n'ayant qu'un seul caisson par pièce.
La 2e division partira une heure après et prendra la même direction.
La 3e division partira à la pointe du jour, passera la Krems à Kremsmünster et se dirigera également vers Steyer, passant par Hall. Arrivée à ce point, elle détachera le 21e régiment sur Steinbach pour maîtriser ce débouché, et tâchera de se rendre maitre de ce passage. En cas que le pont soit détruit, le colonel de ce régiment emploiera tous les moyens qui sont en son pouvoir pour le faire rétablir.
Le commandant du 21e aura soin de se faire éclairer par sa droite vers Unter-Grünburg. qu'il fera occuper par une compagnie.
S'il se rendait maître de la Steyer, il se porterait de suite sur l'Enns et tâcherait de se rendre maître du pont de Ternberg et, dans le cas contraire, de prendre une position de manière à maîtriser ce débouché, se faisant pour lors éclairer par sa droite vers Losenstein, où il existe un second pont, en poussant jusqu'à Artzberg. Un détachement de 10 chevaux suivra le 21e régiment, afin de mettre à même le colonel de donner souvent et promptement de ses nouvelles.
M. le Maréchal se trouvera à la tête des colonnes et donnera des ordres ultérieurement, tant sur les points d'attaque que sur les positions à prendre.
Le général chef de l'état-major général, DAULTANNE" (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 4, p. 457).
Le 13 Brumaire an XIV (4 novembre 1805), le Colonel du 21e Régiment écrit, depuis Steinbach, au Général Gudin : "J'ai l'honneur de vous prévenir, mon Général, que je suis arrivé à Steinbach sans la moindre difficulté. L'ennemi y a paru dans la matinée, mais en très petit nombre, qui, d'après les informations que j'ai prises, s'est retiré, partie sur la Steyer et partie par la gorge de Grünburg.
Tous les ponts sur la Steyer sont parfaitement intacts.
Vous savez, mon Général, les difficultés que j'ai éprouvées dans ma marche jusqu'à Hall, ce qui m'a mis beaucoup en retard, et est cause que je ne suis arrivé à Steinbach qu'à la nuit. D'après les différents renseignements que je viens de prendre, il parait que la route de Ternherg est extrêmement mauvaise, au point d'être impraticable pour les chevaux. Quoi qu'il en soit, voulant remplir, autant qu'il est en mon pouvoir, les intentions de M. le Maréchal, je vais profiter du clair de lune pour pousser jusqu'à Ternberg les deux compagnies de grenadiers et les deux de voltigeurs.
Je me permettrai, mon Général, de vous observer que le pont de Steinbach est essentiel à conserver tant que l'ennemi n'aura pas évacué Steyer, y ayant une grande route d'ici à cette ville, passant par la rive droite de la Steyer.
Veuillez, je vous prie, mon Général, me faire connaître vos intentions.
Je ne crois pas devoir faire un rapport à M. le Maréchal.
Dufour.
P.-S. - Je vous préviens, mon Général, que quelques cavaliers français ont déjà paru ici et y ont fait des contributions en vivres et en argent" (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 4, p. 480).
Le même 13 Brumaire an 14 (4 novembre 1805), le colonel Combe, du 25e régiment d'infanterie de ligne, commandant l'arrière-garde de la 2e Brigade de la 3e Division, adresse au Général Gautier (en marche) le Rapport suivant : "J'ai l'honneur de vous prévenir, mon Général, que la route ainsi que les campagnes sont couvertes de militaires qui restent en arrière de leurs corps pour y piller. La majeure partie sont du 111e régiment, qui marchent par pelotons, ainsi que les 21e, 12e, 33e et 17e régiments. Le 25e ainsi que le 85e étaient les moins nombreux.
Mon Général, un tableau bien frappant s'est présenté à la vue d'un officier du 25e régiment, qui avait été envoyé par moi dans des maisons de campagne, pour y chasser les pillards : quatre malheureux vieillards assassinés à coups de sabre, presque moribonds, et une vieille femme assaillie à coups de bâton, qui ne pouvait leur donner du secours, tant elle était meurtrie de coups. Ce crime, mon Général, est arrivé sur la droite de la route, environ moitié chemin de la journée. Rien autre de nouveau" (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 4, p. 481).
"Journal de la division Friant.
De Kirchberg à Sierninghofen, le 13 Brumaire an 14 (4 novembre 1805).
L'avant-garde marche sur Steyer et prend position sur la crête des hauteurs peu élevées et boisées du vallon de la Steyer, faisant face à la ville; elle s'empare d'abord de la partie de cette ville qui est sur la rive gauche de la Steyer et se rend maîtresse, encore dans ce jour, de la portion qui est entre la Steyer et l'Enns, après une faible résistance ...
Nous fîmes 400 à 500 prisonniers, et perdîmes plusieurs officiers. On envoya un parti de 50 chevaux sur la route d'Enns pour communiquer avec les troupes du général Margaron et quelques troupes à Pichlern, pour garder le pont sur la Steyer. elles rejoignirent l'avant-garde à l'arrivée de la 1re division qui passa l'Enns à Steyer·et laissa le 61e dans la ville, quartier général du Maréchal. La 3e division, à son arrivée à Hall, envoya à Schweinzeg (pour se rendre maître du pont qui est le 4e depuis Steyer), le 21e régiment de ligne, qui détacha une compagnie de grenadiers à Grünburg et un bataillon à Ternberg sur l'Enns que l'ennemi avait abandonné. La 2e division établit ses bivouacs des deux côtés du Sierninghofen, sur les hauteurs boisées au pied desquelles passe la route, et fixa son quartier général à Sierninghofen, où cantonna le 111e régiment ..." (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 4, p. 485).
"Ordre d'exécution de la main du général Gudin.
La division partira de son bivouac en arrière de Steyer à 10 h. 30.
La 2e division ne se mettant en marche qu'à 9 heures, on rappellera à 10 heures précises.
Un officier d'état-major sera envoyé à Steinbach pour porter l'ordre au 21e régiment.
Une ordonnance sera envoyée avec un duplicata de cet ordre sur Ternberg, par la rive gauche de l'Enns, pour le même objet. Si cette ordonnance ne trouve point le 21e à Ternberg, elle reviendra de suite sur Saint-Peter où sera établi le quartier général de la division.
Le Général,
Gudin.
P.-S.- Le parc viendra à Saint-Peter et les chasseurs seront placés un peu en avant si les localités le permettent.
La compagnie du 85e partira en tête de la division.
Les deux autres attendront que la division ait passé et feront l'arrière-garde avec ordre de faire suivre tous les traînards" (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 4, p. 558 - Note : Adressé au général de division Gudin, commandant la 3e division, chez M. le curé, n° 77, à Steyer.
"Le général Gudin donnera les ordres nécessaires pour que le 21e régiment rejoigne sa division").
Le Colonel Dufour, du 21e Régiment d'Infanterie de ligne, écrit, depuis Steinbach, le 15 Brumaire an 14, au Général Gudin : "J'ai l'honneur de vous rendre compte, mon Général, que le détachement que j'ai envoyé sur Ternberg a trouvé le pont coupé. Le bruit des équipages et les roulements continuels, qui ont eu lieu sur la rive droite de l'Enns, annoncent évidemment que l'ennemi se retire sur Waidhofen. S'il y a possibilité de rétablir le pont, l'on s'en occupera de suite.
J'ai l'honneur de vous prévenir également qu'il est arrivé, devant Ternberg, un détachement du 17e régiment.
J'ai fait des réquisitions de pain. Je vous en enverrai le plus qu'il sera possible" (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 4, p. 559).
"Rapport au général de division Gudin.
16 brumaire an 14.
Les troupes sont parties ce matin de leurs cantonnements de Seitensstetten pour prendre position en avant d'Ybbsitz. Elles ont reçu l'ordre d'en partir demain 17, au point du jour.
Les grenadiers de la brigade sont établis au village d'Ybbsitz.
La distribution de vin, à raison d'une demi-bouteille par homme, a été faite ce matin à Seitenstetten.
Le pain a été donné au 12e régiment, au nombre de 1,000 rations.
Il a reçu, ainsi que le 21e régiment, à titre de gratification, la viande au passage de Waidhofen.
Le général de brigade,
PETIT" (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 4, p. 587).
"Journal de la division Friant
De Neuhaus à Stenhoff, le 18 brumaire an XIV.
Le corps d'armée continue sa marche pénible à travers les hautes montagnes de la Styrie ... ; il joint à Maria-Zell la grande route de Leoben à Vienne par Türnitz, Saint-Polten, et la 1re division établit ses bivouacs dans le vallon étroit de la Traisen, en arrière et près la petite ville de Türnitz, où le Maréchal et le général Caffarelli avaient leur quartier général, et qui était couverte par l'avant-garde; la partie du vallon où était la 1re division était oblongue et avait un petit diamètre de 200 mètres environ. La 2e division, réduite à trois régiments d'infanterie (le 111e était à la garde du parc depuis Steyer et le 108e était à l’avant-garde), bivouaqua en colonne dans le même vallon, en arrière de la 1re; le Général, son état-major et un bataillon du 48e régiment logèrent au village de Gstettenhof, où se trouve une verrerie considérable, que nos sauvegardes ne purent garantir d'abord du pillage et qui fut réduite en cendres, deux jours après notre départ, par le détachement même du 21e régiment de ligne, que nous avions laissé pour protéger cette propriété, dont le directeur avait fait les plus grands sacrifices pour nous, et avec la meilleure volonté …" (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 4, p. 653).
Le 8 décembre 1805 (17 Frimaire an 14), Davout écrit, depuis Lundenbourg, au Ministre de la Guerre, Major général : "Monsieur le Maréchal, j'ai l'honneur de rendre compte à Votre Excellence que je donne l'ordre au général Gudin de faire porter le 21e régiment d'infanterie de ligne vis-à-vis Neudorf, sur la rive droite de la March ; ce régiment fournira un petit parti à Marchegg.
Je fais cantonner les 25e et 85e régiments à Stazistersdorf et lieux environnants.
Le 12e régiment faisant partie de la même division fournira des postes depuis Hohenau jusqu'à Marchegg exclusivement, vis-à-vis de tous les bacs qui existent sur la March …" (Mazade C. (de) : « Correspondance du Maréchal Davout, prince d'Eckmühl : ses commandements, son ministère, 1801-1815 », t. 1, p. 226, lettre 134).
Le 11 décembre 1805 (20 Frimaire an 14), Davout écrit, depuis Lundenbourg, au Ministre de la Guerre, Major général : "Monsieur le Maréchal, j'ai l'honneur de rendre compte à Votre Excellence des mesures que j'ai prises avant de me rendre à Presbourg, pour continuer l'évacuation du magasin de Lundenbourg …
Le colonel Dufour, du 21e régiment d'infanterie de ligne, que j'ai envoyé à Presbourg pour avoir des nouvelles de la marche des Russes, me marque qu'ils prennent la route directe de la Galicie ; il ajoute que l'empereur de Russie est parti d'Holitsch le 14 frimaire, pour se rendre à Pétersbourg …" (Mazade C. (de) : « Correspondance du Maréchal Davout, prince d'Eckmühl : ses commandements, son ministère, 1801-1815 », t. 1, p. 227, lettre 135).
Le 20 décembre 1805 (29 Frimaire an 14), Davout écrit, depuis Presbourg, au Ministre de la Guerre, Major général : "Monsieur le Maréchal ... La division Gudin a commencé aujourd'hui son mouvement pour aller occuper ses cantonnements sur la rive droite du Danube. Les glaces qui rendent le passage du fleuve impraticable m'ont forcé à faire passer cette division par Vienne.
Les 12e et 21e régiments, qui sont partis aujourd'hui de Presbourg, seront rendus le 2 nivôse à leur destination ; ces régiments occupent, savoir :
Le 12e régiment, Hainbourg, Wolfsthal, Deutsch-Altenburg, Petronell.
Le 21e régiment aura un demi-bataillon à Bruck et occupera en outre Regelsbrunn, Scharndorf, Arbesthal, Götlesbrunn ...
Ces troupes passeront à Vienne sans s'y arrêter ..." (Mazade C. (de) : « Correspondance du Maréchal Davout, prince d'Eckmühl : ses commandements, son ministère, 1801-1815 », t. 1, p. 234, lettre 142).
/ 1806
Le 22 juin 1806, l'Empereur écrit depuis Saint-Cloud au Général Dejean, Ministre directeur de l'Administration de la Guerre : "Monsieur Dejean, je vous envoie un travail sur l'emplacement que doit occuper la Grande Armée au moment de sa rentrée en France. Vous me proposerez une meilleure répartition, à peu près dans les mêmes divisions, si vous y entrevoyez quelque économie pour le service, soit pour les lits, soit pour le fourrage, soit pour le casernement.
... 3e corps du maréchal Davout
16e et 24e division
… … Juliers le 21e de ligne à Saint-Quentin ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 11352).
Le 11 juillet 1806, l'Empereur écrit depuis Saint-Cloud, au Maréchal Berthier, Major général de la Grande Armée : "Mon Cousin … La division du général Broussier est composée de 9,000 hommes qui se composent de détachements des 6e, 9e, 15e et 25e d'infanterie légère (la CGN et l’original parlent des 9e, 15e et 25e de Ligne), 76e, 21e, 27e, 30e, 33e, 39e, 51e, 59e, 61e, 69e, 12e, 85e et 111e de ligne : ordonnez que cette division soit dissoute et que ces détachements se dirigent à l'heure même, du lieu où ils se trouvent, par la route la plus courte, pour se rendre à leurs bataillons de guerre de l'armée. Le 9e d'infanterie légère se dirigera sur Wesel, et le 15e d'infanterie légère sur Paris ..." (Correspondance de Napoléon, t.12, lettres 10478 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12461).
Le 29 juillet 1806, Murat écrit, depuis Benrath. au Général Piston : "A monsieur le général Piston, à Wesel.
Monsieur le général, je donne l'ordre au général Dupont de faire partir de Wesel pour Burich le 9e régiment d'infanterie légère, ainsi que toute l'artillerie qui est attachée à sa division. Les troupes quitteront Wesel le 1er août et seront remplacées par le 22e de ligne et le 3e bataillon du 21e régiment, destinés à faire la garnison de cette place. Ainsi vous rappellerez de ses cantonnements, s'il était déjà parti pour les occuper, le 22e de ligne et le 3e bataillon du 21e. Dans aucun cas le 9e ne pourra quitter Wesel qu'après l'arrivée de ces troupes. Ils devront être commandés par le colonel de ce corps. Vous lui donnerez l'ordre d'exécuter ce mouvement et vous en préviendrez le commissaire ordonnateur afin qu'il prenne ses mesures pour la subsistance de cette troupe pendant sa route ..." (Le Brethon Paul : « Lettres et documents pour servir à l'histoire de Joachim Murat, 1761-1815 », Plon, 1908-1914, t. 4, p. 281, lettre 2426).
Le 5 septembre 1806, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au général Dejean, Ministre Directeur de l'Administration de la Guerre : "Monsieur Dejean, je vous envoie une note des changements que je désire faire dans la répartition des 50000 conscrits de la conscription de 1806. Faites-la imprimer sans délai et envoyez-moi cette seconde édition.
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ANNEXE
En lisant avec attention la répartition des 50 000 conscrits de la conscription de 1806 entre les différents corps, on est porté à désirer quelques changements ; comme la conscription n’a pas encore été mise en mouvement, il est encore temps de le faire sans produire de contre-mouvements.
Le département de la Seine ne fournira rien aux 42e et 52e de ligne ni aux 1er et 5e légers. Les 685 hommes qu'il devait fournir à ces quatre régiments seront répartis entre le 17e et le 21e de ligne, savoir : 358 hommes au 17e, qui par ce moyen aura 852 hommes, et 300 hommes au 21e, qui se trouvera en avoir 791 ..." (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 1, lettre 627 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12873).
Le 11 septembre 1806, Murat écrit à l'Empereur : "… Je fais tous mes efforts pour rassurer les esprits alarmés; je dis que très certainement V. M. ne me laisserait pas moi-même à quelques lieues des avant-postes prussiens, après le départ du 21e régiment, s'il y avait la moindre possibilité de rupture. Je suis moi-même très rassuré puisque je vois V. M. à Paris ainsi que sa Garde" (Lumbroso A. : « Correspondance de Joachim Murat (juillet 1791-juillet 1808) », Roux, Turin, 1899, lettre CLXXII).
Dans son rapport fait le 17 octobre 1806, depuis Naumbourg, au Maréchal Davout le Général Gudin écrit : "J'ai l'honneur de vous rendre compte que, conformément à vos ordres, ma division est partie le 14 octobre à quatre heures du matin de sa position de Neufleming pour passer la Saale au pont de Kosen ; à six heures, la tête de la division a traversé le défilé, et le 25e régiment d'infanterie de ligne, commandé par le colonel Cassagne, s'est formé en colonne à droite de la chaussée d'Erfurt, tandis que le 85e arrivait sur la gauche, le 21e régiment d'infanterie de ligne suivant le mouvement du 85e, et le 12e celui du 25e.
Arrivé à la hauteur du village d'Hassenhausen, la découverte du 1er régiment de chasseurs rencontra l'ennemi et vint se rallier au 25e régiment. Le général Gauthier fit alors former le carré à ce régiment, et à peine cette manœuvre était terminée qu'une batterie de 6 pièces ennemies placées en avant du village commença un feu très-vif, et qui nous aurait infiniment fait souffrir si le général Gauthier ne l'eût fait enlever par deux compagnies de grenadiers et une de voltigeurs, sous la direction de son aide de camp le capitaine Lagoublaye ; cette charge fut en même temps appuyée par un détachement du 1er régiment de chasseurs commandé par le capitaine Hullot, et par le feu de notre artillerie établie aux flancs du 25e.
Nous nous sommes alors portés à la tête du village d'Hassenhausen ; l'ennemi voulant profiter de l'isolement dans lequel se trouvait le 25e, ce corps eut à résister à une charge de cavalerie soutenue par une batterie pareille à celle que nous venions d'enlever, mais il la repoussa avec la plus grande vigueur. Le 25e avançait pendant ce temps sur la gauche.
L'effort que faisait l'ennemi sur ma droite me détermina à y faire passer le 21e régiment de ligne, et à peine ce régiment fut-il arrivé qu'il fut chargé vigoureusement par la cavalerie ; mais le feu de ce régiment obligea l'ennemi à une prompte retraite.
Le 12e régiment arrivait alors en arrière du 21e régiment ; la cavalerie prussienne voulut encore essayer une charge, mais le peu de succès qu'elle avait eu aux précédentes et la contenance du régiment l'en empêchèrent.
Le 85e régiment pendant ces événements était sur la gauche, combattant sous la conduite de son brave colonel Viala.
L'ennemi, voyant que la majorité de nos forces étaient portées sur la droite, où j'avais réuni presque toute mon artillerie, se prolongea sur la sienne et dirigea les attaques contre le 85e, qui eut alors à combattre infanterie, cavalerie et artillerie.
Ce régiment repoussa plusieurs des charges dirigées contre lui, mais il eût infailliblement succombé, si le 12e régiment, commandé par le colonel Vergez, ne se fût porté promptement à son secours. Ce dernier était à peine sur le terrain qu'il fut assailli par toutes les forces que l'ennemi avait sur ce point, et sans l'extrême bravoure qu'il a déployée, la division, tournée complétement sur sa gauche, courait les plus grands dangers. Pendant que le 12e régiment se portait à la gauche et en arrière du village d'Hassenhausen, le 21e régiment, sous les ordres du colonel Dufour, s'y établissait en avant, occupant le village par son centre.
La résistance des régiments de la division contre des forces aussi supérieures ayant donné le temps à la 1re division d'arriver à notre secours, le combat redevint offensif, et les efforts que nous avions faits pour la conservation du village d'Hassenhausen furent couronnés du plus grand succès car l'ennemi fut obligé de nous abandonner toute l'artillerie qu'il nous avait laissée sur ce point.
Le corps d'armée étant de ligne, la division marcha sur le village de Tauchwitz, poursuivant l'ennemi devant elle, et ce village fut enlevé avec la plus grande énergie une compagnie de sapeurs entre autres y entra à la baïonnette, culbuta tout ce qui se trouvait devant elle et fit un bon nombre de prisonniers ; un petit détachement du 2e régiment de chasseurs, conduit par M. le capitaine Decouz, chargea aussi très à propos et avec succès.
Nous nous portâmes ensuite sur ce village de Popel, qui fut enlevé aussi avec la même facilité, et la division vint se former d'après vos ordres sur le rideau qui domine les villages d'Auerstaedt et de Reisdorf.
Pendant que nous exécutions ce mouvement, le général Petit, ayant avec lui 400 hommes des 12e et 21e régiments, contribua puissamment à l’enlèvement du plateau d'Eckartsberg, qui fut le dernier exploit de la journée et où le reste de l'artillerie, que l'ennemi avait mis en batterie contre nous, fut enlevé ...
Je ne saurais, Monsieur le Maréchal, vous faire trop d'éloges de la conduite de MM. les officiers des corps de ma division ; tous ont montré qu'ils étaient dignes de faire partie de la grande armée et du général en chef auquel notre auguste souverain en a confié la direction.
J'ai à vous citer particulièrement le général Petit ..., Le chef de bataillon Husson, qui a pris le commandement du 85e, en remplacement du brave colonel Viala.
Les chefs de bataillon Vaugrigneuse, du 21e ; Saint-Faust, qui a eu un cheval tué, et Lavallée, du 25e ; ce dernier a été blessé trois fois, sans vouloir quitter le champ de bataille ..." (Mazade C. (de) : « Correspondance du Maréchal Davout, prince d'Eckmühl : ses commandements, son ministère, 1801-1815 », t. 1, p. 281, lettre 186).
Le 17 octobre 1806, l'Empereur écrit, depuis Weimar, au Roi de Hollande : "… Il faut aujourd'hui que vous preniez possession du comté de la Marck, de Münster, de Paderborn. Faites enlever partout les aigles prussiennes, et déclarez que ces pays n'appartiennent plus à la Prusse. Laissez à Wesel les 3es bataillons du 21e et du 22e ; faites-y réunir, si cela est nécessaire, deux autres 3es bataillons, de ceux qui sont dans la 25e division militaire, et formez six bataillons composés de deux bataillons du 22e, de deux bataillons du 72e et deux du 65e. Mon projet est que vous envoyiez ces 10,000 hommes à Paderborn. Le maréchal Mortier, avec son corps d'armée plus fort que le vôtre, se rend à Fulde. Mon intention est qu'avec ces deux corps d'armée vous entriez dans Cassel, que vous fassiez prisonnier l'Électeur et que vous désarmiez ses troupes ; mais, avant d'exécuter, ce projet, il faut que vous soyez arrivé à Paderborn, et le maréchal Mortier à Fulde ..." (Correspondance de Napoléon, t.13, lettres 11022 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 13283).
/ 1807
Le 13 janvier 1807, l'Empereur écrit, depuis Varsovie, au Maréchal Berthier, Ministre de la Guerre, Major général de la Grande Armée : "Mon cousin, au 22 janvier, la division Gudin composée des 12e, 25e, 85e et 21e de ligne sera logée à Varsovie dans les casernes dont l'état est ci-joint. Vous enverrez cet état au général Gudin pour qu'il reconnaisse ces casernes et qu'il prenne ses dispositions de manière que les brigades et les régiments soient réunis le plus possible. Vous mettrez 20000 francs à la disposition du directeur du génie pour qu'il fasse fournir les meubles nécessaires sans aucun retard et que ces troupes, au 22, se trouvent convenablement casernées. On peut très bien établir des fourneaux sous les hangars, dans les cours, pour faire la soupe" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 1, lettre 873 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 14036).
Le 15 Janvier 1807, l'Empereur écrit, depuis Varsovie, au Maréchal Berthier, Ministre de la Guerre, Major général de la Grande Armée : "Mon Cousin, donnez l'ordre aux 12e, 21e, 25e et 85e régiments, composant la division Gudin, de se rendre à Varsovie ; ils feront en sorte d'y être arrivés le 21. Réitérez l'ordre au général du génie et au général Gudin de s'arranger pour que la caserne qui est mise à la disposition de cette division soit garnie de paille, de chaises, de fourneaux et de tous les objets nécessaires. Faites connaître au maréchal Davout qu'il doit placer l'artillerie de la division Gudin où il le jugera convenable, parce qu'il n'y a pas de quoi la nourrir ici ; qu'en faisant venir ces quatre régiments à Varsovie, mon intention est qu'il leur soit porté un soin particulier ; que, cependant, il dirigera ce mouvement de manière à faire passer le Bug à ces régiments, soit sur le pont, soit sur les glaces, quand ce sera possible. En général, ils ne doivent mener aucuns chevaux, car le fourrage est rare à Varsovie" (Correspondance de Napoléon, t.14, lettre 11634 ; Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 14056 ; Cité par Mazade C. (de) : « Correspondance du Maréchal Davout, prince d'Eckmühl : ses commandements, son ministère, 1801-1815 », t. 1, p. 389).
Le même 15 janvier 1807, l'Empereur écrit, depuis Varsovie, au Maréchal Berthier, Ministre de la Guerre, Major général de la Grande Armée : "... Donnez ordre qu'il soit délivré des magasins de Varsovie 20 paires de souliers au 7e d'infanterie légère ...
118 au 21e id ...
Donnez ordre que les détachements du 21e de ligne et du 88e qui appartiennent à la division du général Gudin restent à Varsovie. L'un et l'autre seront placés dans les casernes qui ont été mises à la disposition du général Gudin pour caserner sa division ..." (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 1, lettre 881 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 14057).
Le 16 janvier 1807, l'Empereur écrit, depuis Varsovie, au Maréchal Berthier : "… Donnez ordre au commandant de Bromberg de faire partir sans délai tout ce qu'il a appartenant au 17e léger, aux 21e, 34e, 40e, 64e, 88e, 100e et 103e, et de les diriger sur Varsovie …" (Correspondance de Napoléon, t.14, lettre 11650 ; Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 14073).
Le 21 janvier 1807, Napoléon écrit depuis Varsovie, au Maréchal Berthier : "Donner ordre au général Guérin, à Lowicz, d'établir un atelier d'armuriers, pour faire les réparations les plus urgentes aux fusils de son dépôt ; en informer le général Songis, qui accordera quelques sommes pour ces dépenses. Donner ordre au même de faire partir pour Varsovie les détachements des 12e de ligne, 21e de ligne, 25e et 85e, des 100e, 103e, 21e léger, 28e idem, 34e, 40e, 64e, 88e et 17e léger, qu'il a à son dépôt, en les faisant marcher bien en ordre ; de choisir une église ou un lieu couvert afin de faire exercer les conscrits qui passent à son dépôt, et de s'y rendre fréquemment lui-même afin de s'assurer qu'on pousse leur instruction autant que possible ..." (Correspondance de Napoléon, t.14, lettre 11675 ; Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 14137).
Le 26 janvier 1807, l'Empereur écrit, depuis Varsovie, au Maréchal Berthier : "Mon Cousin ... Donnez ordre au général Songis de faire délivrer, également dans la journée de demain, 70 fusils à chacun des 12e, 21e, 25e et 85e de ligne …" (Correspondance de Napoléon, t.14, lettre 11691 ; Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 14168).
Le 20 février 1807, l'Empereur écrit, depuis Liebstadt, au Maréchal Kellermann, commandant d'un Corps de réserve de Gardes Naionales : "Mon cousin, vous aurez reçu les détails de la bataille d'Eylau qui a eu lieu le 8 février. Celle d'Ostrolenka a eu lieu le 16. Faites partir aussitôt qu'il vous sera possible les quatre régiments provisoires. Ayez soin qu'ils soient bien armés et bien équipés ...
Lorsque le 3e bataillon du 17e de ligne, ainsi que celui du 21e, seront à mille hommes, vous dirigerez l'un et l'autre sur Magdeburg" (Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 14345).
Le 24 février 1807, l'Empereur écrit, depuis Osterode, au Maréchal Kellermann : "Mon Cousin … Le 3e régiment de ligne n'est plus à Braunau et est en marche pour rejoindre la Grande Armée. Dirigez donc sur Berlin un bon détachement du 4e bataillon de ce régiment pour renforcer les trois premiers. Aussitôt que les 3es bataillons des 17e et 21e régiments de ligne seront à 1,000 hommes, formez-les à six compagnies, chacune de 150 hommes, et dirigez-les sur Berlin.
Gardez les cadres des autres compagnies, pour pouvoir les renvoyer dans un mois d'ici avec trois ou quatre autres cents hommes" (Correspondance de Napoléon, t.14, lettre 11870 ; Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 14392).
Le 6 mars 1807, l'Empereur écrit, depuis Osterode, à Daru, Intendant général de la Grande Armée : "Monsieur Daru, faites une circulaire à tous les commissaires des guerres, pour leur faire connaître les points sur lesquels ils doivent diriger les hommes isolés des différents corps d’armée, ainsi que les bagages et effets desdits corps. Vous y joindrez l'état des corps qui composent chaque corps d'armée, conformément au tableau ci-joint ...
3e corps
... 21e de ligne ...
Dépôts à Thorn ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 14497).
Le 11 mars 1807, l'Empereur écrit, depuis Osterode, au Général Clarke, Gouverneur de Berlin et de la Prusse : "Monsieur le général Clarke ... Le 3e bataillon du 21e régiment de ligne doit être arrivé à Mayence ; demandez au maréchal Kellermann quand il vous arrivera" (Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 14556).
Le même jour, 11 mars 1807, l'Empereur écrit, depuis Osterode, au Maréchal Kellermann, commandant un Cors de réserve de Gardes nationales : "Mon cousin, je vois avec plaisir que les quatre régiments provisoires sont en marche, ainsi que le 31e d'infanterie légère, le 15e de ligne, et les 3es bataillons du 17e et du 21e de ligne ... " (Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 14566).
Et depuis Osterode, le 11 mars 1807, au Maréchal Davout : "Je reçois votre lettre du 11 mars. Il faut d'abord que vos troupes aient régulièrement ration complète de pain et de viande, et de l'eau-de-vie tous les deux jours ...
Douze régiments provisoires sont en marche; quatre arriveront avant dix jours. Il y a des détachements de tous les corps. Le 17e et le 21e ne tarderont pas à recevoir leurs 3e bataillons forts de 1,000 hommes. Mais il faut rétablir la discipline. Mettez votre gendarmerie sur les derrières, afin que des hommes, sous prétexte d'être malades, ne passent pas la Vistule".
Le 18 mars 1807, l'Empereur écrit, depuis Osterode, au Général Lacuée, Directeur général des Revues et de la Conscription : "... Fixez aussi votre attention sur le 21e de ligne. Les 3e et 4e bataillons sont à Juliers. Je les crois faibles et susceptibles de recevoir un millier d'hommes. Les régiments à quatre bataillons en général, sont ceux qui ont le plus de besoin afin qu'ils puissent fournir trois bataillons à l'armée" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 1, lettre 951 ; Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 14726). Napoléon fait référence dans le 2e paragraphe aux ordres donnés le même jour à Clarke.
Le 21 mars 1807, à 9 heures du soir, l'Empereur écrit, depuis Osterode, au Maréchal Lefebvre, à Praust : "… Je donne l'ordre au 44e, qui est à Thorn, de se rendre en diligence à Danzig. J'envoie le même ordre au 19e de ligne, qui est sur la route de Stettin. Envoyez-le-lui de votre côté. Avec le 2e, cela vous formera un corps de 5,000 Français … Je vous envoie le général de division Michaud, qui a bonne envie de servir, et le général de brigade Dufour, ancien colonel du 21e, qui est un excellent officier, dans le genre de Schramm ..." (Correspondance de Napoléon, t.14, lettre 12110 ; Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 14793).
Le 23 mars 1807, l'Empereur écrit, depuis Osterode, au Maréchal Kellermann, commandant un Corps de réserve de Gardes nationales : "... Il y a à Wesel un détachement du 27e d'infanterie légère.
Un autre du 8e de ligne
Un autre du 21e de ligne
Un autre du 45e de ligne
Faites partir tous ces détachements pour la Grande Armée" (Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 14837).
Le 24 mars 1807, l'Empereur écrit, depuis Osterode, au Maréchal Kellermann, commandant un Corps de réserve de Gardes nationales : "Mon cousin, il y a à Wesel des détachements des 27e d'infanterie légère, du 8e de ligne, du 21e de ligne, du 45e idem. Faites partir tous ces détachements pour la Grande Armée" (Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 14863).
Le 31 mars, depuis Osterode, Napoléon décide d'accorder 18 aigles d'honneur, dont neuf aux Officiers, et neuf aux Sous officiers et soldats, aux Régiments qui se sont distingués à Eylau. Il écrit au Maréchal Berthier : "Vous enverrez à chaque maréchal ce qui, dans les dispositions suivantes, concerne son corps d'armée, et sans que l'un connaisse ce qui regarde l'autre. 1° Il est accordé aux régiments dont l'état suit 18 aigles de la Légion d'honneur, dont 9 aux officiers et 9 aux sous-officiers et soldats qui se sont fait remarquer par leur courage et leur bonne conduite, depuis le commencement de la guerre de la quatrième coalition : … 21e ... d'infanterie de ligne ...
Du moment que les maréchaux auront reçu ma décision, ils ordonneront à chaque général de division de réunir chez lui les colonels et chefs de bataillon de chaque régiment, ainsi que les généraux, de brigade, et de dresser un procès-verbal qui constate les individus qui méritent le mieux la décoration. Ce procès-verbal sera envoyé au maréchal commandant le corps d'armée, qui le transmettra, avec ses observations, au major général. Tous ces procès-verbaux devront être arrivés avant le 6 avril. Le 7, le major général me les soumettra …" (Correspondance de Napoléon, t.14, lettre 12240 ; Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 145013).
Le 6 avril 1807, l'Empereur écrit, depuis Finkenstein, au Maréchal Kellermann, Commandant un Corps de Réserve de Gardes nationales : "Le 3e bataillon du 21e de ligne est-il parti ?
Je suppose que vous aurez organisé 3 compagnies, et que vous en avez envoyé 6, en complétant chaque compagnie à 150 hommes. Par ce moyen, j'aurai de quoi compléter les deux premiers bataillons" (Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 15141).
Le 16 avril 1807, à Finkenstein, "Pour combler, dans la 7e demi-brigade de grenadiers, le vide résultant de l'absence de la compagnie de grenadiers et de la compagnie de voltigeurs du 3e bataillon du 50e régiment, restées à Boulogne, le maréchal Berthier propose de faire venir de Juliers les compagnies de grenadiers et voltigeurs du 3e bataillon du 21e de ligne"; "Approuvé" répond Napoléon (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 1, lettre 1035).
Le 21 avril 1807, l'Empereur écrit, depuis Finkenstein, au Maréchal Kellermann, commandant un Corps de Réserve de Gardes nationales : "Mon cousin, vous aurez probablement reçu les ordres du ministre de la Guerre qui vous auront fait connaître que je renvoyais en France le cadre des 3es bataillons des 16e, 7e et 25e d’infanterie légère et du 24e de ligne. Vous reformerez ces cadres pour former les dépôts de ces régiments et vous ferez partir les 4es bataillons bien armés. S’ils ont des draps, vous les ferez partir tout habillés. S'ils n'ont pas d'habits, vous les ferez partir sans être habillés, et vous les dirigerez sur Berlin où on les habillera. Le principal est qu'ils soient parfaitement armés. Ainsi je compte que le lendemain de la réception de la présente lettre, vous ferez partir les 4es bataillons des 16e, 7e et 25e légère, du 24e de ligne et le 3e bataillon du 21e de ligne. Chaque bataillon, fort de 1200 hommes, habillés ou non, en ayant soin de m'envoyer l'état de ce qui manque à chaque bataillon" (Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 15376).
Le 21 avril 1807, l'Empereur écrit, depuis Finkenstein, au Maréchal Kellermann, commandant un Corps de réserve de Gardes nationales : "Mon cousin, dans l'état de situation de votre armée de réserve au 15 avril, je trouve ...
Que le 44e avait 462 hommes ; pourquoi n'en enverriez-vous pas 300 hommes ...
Je suppose que si vous ne les avez pas fait partir, c'est qu'ils n'étaient pas habillés. Mais moyennant l'autorisation que je vous ai donnée de les envoyer non habillés dans les régiments provisoires et de garnison, je pense que vous les avez mis en route ...
Je vois que de Wesel vous pourriez faire partir :
... Le 3e bataillon du 21e de ligne tout entier formant 1100 ...
Je suppose donc que tout cela sera parti ; si ce ne l'était pas, faites-le parti sans délai ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 15379).
Le 22 avril 1807, l'Empereur écrit, depuis Finkenstein, au Maréchal Kellermann, Commandant un Corps de Réserve de Gardes nationales : "Mon cousin, j'apprends avec plaisir par votre lettre du 14 que le bataillon du 21e de ligne, formé à 6 compagnies, a mille hommes sous les armes, est prêt à partir. Vous avez eu tort de le faire venir à Mayence, cela allonge son chemin. Il aurait dû se rendre par Wesel sur Berlin" (Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 15397).
Le 30 avril, l'Empereur nomme à la 1ère Légion de Réserve, à un emploi de Chef de Bataillon, M. Mairesse, Chef du 4e Bataillon du 21e de ligne (E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 2, p. 16).
Le 16 mai 1807, l'Empereur écrit, depuis Finkenstein, au Maréchal Berthier, Ministre de la Guerre, Major général de la Grande Armée : "Mon cousin, donnez l'ordre que le 8e régiment provisoire soit dissous. Le détachement du 22e de ligne se rendra au corps du maréchal Soult, celui du 65e et celui du 21e de ligne au corps du maréchal Davout. Les détachements des 8e de ligne, 27e légère, 45e, 54e, 94e et 95e de ligne formeront un bataillon qui restera sous les ordres du meilleur chef de bataillon sous le titre de bataillon provisoire du 8e, et partira demain pour se rendre à Elbing où il restera jusqu'à nouvel ordre. Vous ferez connaître au général Moulin que je lui envoie ce bataillon composé de détachements appartenant au 1er corps, et composé de près de 700 hommes pour ne point laisser Elbing sans infanterie" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 1, lettre 1121 ; Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 15634).
Composition du 3e Corps du Maréchal Davout au 16 mai 1807 :
1ère Division, Général Morand : 13e Léger, 17e, 30e, 51e et 61e et 65e de Ligne, 12 Bataillons, 7185 hommes.
2e Division, Friant : 15e Léger, 33e, 48e, 108e, 111e de Ligne, 10 Bataillons, 7361 hommes.
3e Division Gudin : 7e Léger, 12e, 21e, 25e et 85e de Ligne, 10 Bataillons, 7632 hommes.
Artillerie et Génie
Cavalerie légère, Général Marulaz : 1er, 2e et 12e chasseurs, 9 Escadrons, 692 hommes (Cazalas E. : « Mémoires du Général Bennigsen », tome 2, page 302).
Le 5 juin 1807, l'Empereur écrit, depuis Finkenstein, au Maréchal Berthier, Ministre de la GUerre, Major général de la Grande Armée : "Mon cousin, mon intention est que le 3e bataillon du 21e de ligne ne soit pas incorporé et reste à Thorn pour faire la garnison de cette place. Comme il arrive le 9 à Thorn, il n’y a pas un moment à perdre pour donner cet ordre. Recommandez au gouverneur de faire faire à ce bataillon le moins de service possible et de mettre tous ses soins à le faire exercer" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 1, lettre 1190 ; Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 15832).
A Tilsit, le 27 juin 1807, "Le maréchal Berthier prie l'Empereur de faire connaître si son intention est que le gouverneur de Thorn fasse diriger sur Königsberg tout ce qui arrive à Thorn destiné pour l'armée, en ne conservant que le 3e bataillon du 21e régiment de ligne, le régiment de Hesse et les troupes d'artillerie et du génie composant la garnison de cette place"; "Oui" répond Napoléon (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 1, lettre 1205).
Le 8 août 1807, Davout écrit, depuis Thorn, au Major général de la Grande Armée, Prince de Neuchâtel : "Monseigneur, j'ai l'honneur de rendre compte à Votre Altesse qu'hier 7, vers huit heures du matin, des canonniers et soldats du train étant occupés à charger des munitions de guerre sur un bateau, le feu prit aux munitions qui se trouvaient sur une prolonge et la fit sauter. Cette explosion fut suivie de celle du bateau en chargement auprès duquel se trouvait la prolonge. Il y avait sur le bateau environ 30 milliers de poudre et beaucoup de projectiles. La prolonge n'était éloignée que de 8 à 10 toises du magasin à poudre. Les dégâts occasionnés par les explosions sont considérables : 50 personnes, dont 40 militaires, ont été tuées ou blessées. Plusieurs maisons du voisinage se sont écroulées, tous les toits et les fenêtres du reste de la ville se sont plus ou moins ressentis de la commotion.
Le magasin à poudre, si rapproché du lieu de l'explosion, a été ébranlé jusque dans ses fondements, la toiture a été emportée et le feu s'est manifesté ; les généraux Leval et Jordy ont fait battre la générale et se sont portés sur les lieux avec tous les militaires qui se trouvaient dans la place ; le danger était imminent. Le magasin contenait à peu près 400 milliers de poudre, dont l'explosion eût entraîné la destruction totale de la ville de Thorn et la perte de ceux qui s'y trouvaient. Les habitants se sauvèrent hors la ville, mais le courage et le dévouement des généraux et de toutes les troupes ont été à la hauteur du péril. On est entré dans le magasin, enfin on a dirigé les pompes de la ville avec intelligence, et presque contre toute espérance, l'incendie a été éteint avant qu'il se fût communiqué à la poudre, et la ville a été sauvée.
Sur cent événements semblables, on ne pourrait espérer une seule chance favorable.
Le 3e bataillon du 21e régiment de ligne ;
La 19e compagnie du 5e régiment d'artillerie à pied, un détachement de la 1re compagnie d'ouvriers d'artillerie, la compagnie de pontonniers du capitaine Beckmann, la 3e compagnie du 1er bataillon du 48e régiment, les 2e et 6e compagnies du 2e bataillon de sapeurs, la 7e compagnie du 5e bataillon de sapeurs, méritent les plus grands éloges pour le zèle avec lequel ils ont secondé le dévouement des généraux Leval et Jordy ...
Depuis deux jours j'étais absent de Thorn, pour visiter les dépôts du corps d'armée ; l'événement a eu lieu quelques heures avant mon retour dans la place" (Mazade C. (de) : « Correspondance du Maréchal Davout, prince d'Eckmühl : ses commandements, son ministère, 1801-1815 », t. 2, p. 9, lettre 351).
Le 22 août 1807, Davout écrit, depuis Varsovie, au Major général de la Grande Armée, Prince de Neuchâtel : "Monseigneur, j'ai l'honneur de rendre compte à Votre Altesse que tous les régiments d'infanterie du corps d'armée n'ayant à l'armée que deux bataillons de guerre, j'ai cru devoir donner la même organisation au 21e régiment d'infanterie de ligne, avec d'autant plus de raisons que le 3e bataillon de ce régiment, qui se trouvait en garnison à Thorn, quoique présentant un effectif de plus de 800 hommes, n'était formé que de six compagnies, dont une de grenadiers, une de voltigeurs et quatre de fusiliers.
J'ai ordonné, en conséquence, de faire incorporer les soldats des quatre compagnies de fusiliers dans les 1er et 2e bataillons du régiment, et de renvoyer au dépôt du corps en France les cadres de ces compagnies en officiers et sous-officiers.
J'ai prescrit d'attacher provisoirement la compagnie de grenadiers du 3e bataillon au 1er et la compagnie de voltigeurs au 2e. Ces compagnies conserveront leur organisation actuelle jusqu'à ce qu'il en ait été autrement ordonné par Votre Altesse.
J'aurai cependant l'honneur de lui observer que les compagnies des deux premiers bataillons du 21e se trouveront extrêmement fortes par l'effet de cette nouvelle incorporation. Votre Altesse sera d'ailleurs en état de s'en convaincre par l'état de situation du 3e bataillon que j'ai l'honneur de lui adresser, ainsi que l'état sommaire des deux bataillons de guerre" (Mazade C. (de) : « Correspondance du Maréchal Davout, prince d'Eckmühl : ses commandements, son ministère, 1801-1815 », t. 2, p. 30, lettre 363).
Le 16 octobre 1807, l'Empereur écrit, depuis Fontainebleau, au Maréchal Berthier, Major général de la Grande Armée : "Mon cousin ... Donnez également l'ordre que les 110 hommes du 8e de ligne, les 500 hommes du 45e et les 166 hommes du 54e, les 177 hommes du 21e et les 21 hommes du 22e du bataillon de garnison de Münster soient renvoyés à leurs corps pour y être incorporés. Ce bataillon se trouvera ainsi dissous" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 1, lettre 1354 ; Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 16540).
- Inspection du Dépôt du 21e Régiment à Juliers par le Général Schauenburg, le 27 novembre 1807
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| Boutons du 21e de Ligne, grand et petit modules - Collection Achille Verschoren, Historien. |
(Dépôt du 21e Régiment d’Infanterie de Ligne. Revue passée à Juliers le 27 novembre 1807.
Espèce d’hommes. Assez belle.
Habillement. Très beau et très bien façonné.
Equipement. En bon état.
Armement. Idem.
Tenue. Très belle.
Discipline. Bonne.
Maniement d’armes. Très bon.
Manœuvres. Bien au courant par les soins du Major.
Retenue. Celles qui existaient dans quelques Compagnies.
Ordinaire. Bon.
Pain. Bon.
Casernes et fournitures. Passables ainsi que les fournitures.
Conscrits. - .
Finances. La comptabilité de l’an 13 n’a pas été arrêtée par l’Inspecteur général, ne l’ayant pas trouvée arrêtée par l’Inspecteur aux Revues.
Les Registres ne sont pas tenus avec régularités.
Les frais de bureau sont très forts.
Résumé.
M. Fabri Major m’a présenté une classe d’hommes à laquelle j’ai remarque un fond d’instruction satisfaisant, cet Officier m’a paru avoir à cet égard des connaissances nécessaires à son état ; quant aux autres connaissances et à sa conduite privée, je ne puis rien garantir.
Je ne puis garantir non plus la note de M. Fabri sur ses Officiers et notamment sur le Quartier-maitre dont les éloges sont exagérés, il en est de même de celle sur l’Officier de santé avec lequel j’ai eu souvent affaire.
J’ai été dans le cas de refuser 27 hommes à la dernière revue.
Ordre.
Le Général de division Schauenburg Inspecteur général d’Infanterie n’a pas arrêté la comptabilité en deniers et effets de l’an 13 du 21e Régiment de Ligne, ne l’ayant pas trouvée arrêtée par l’Inspecteur aux revues.
D’après l’examen qu’il a fait des registres, il s’est aperçu qu’ils ne sont point tenus avec régularité, les autorisation au Quartier-maitre pour recevoir des fonds du payeur de la guerre ne sont pas exactement inscrites sur le registre des délibérations ; il en est de même pour les sommes sorties de la caisse et remises au Quartier-maitre, plusieurs sont portées en recette sur son journal avant d’être portées en dépense sur le registre de caisse. Cette manière d’opérer prouve le peu d’ordre dans le travail du Quartier-maitre et le peu de surveillance du conseil d’administration.
L’Inspecteur général a trouvé aussi que les dépenses de frais de bureau pour l’an 13 sont très fortes, elles montent à la somme de 3712 frs 05 c. et les ports de lettres pour le même exercice à celle de 489 frs 55 c.
L’Inspecteur général ordonne au commandant du Dépôt et au conseil d’administration de mettre à l’avenir plus d’exactitude et de régularité dans ses opérations et de mettre la plus grande économie dans l’emploi des fonds" (Schauenburg (Général baron Alexis-Balthazar-Henri-Antoine de) : « Revues particulières d’inspection, ordonnée le 23 octobre 1807 » ; Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg: MS.0.491 ; document numérisé par la BNU à la demande conjointe de F. Berjaud, L. Claudel et D. Davin).
"Ordre donné à tous les corps sur la manière d’exercer les conscrits et pour l’administration.
Nota. Le présent ordre a été adressé à S. E. le Ministre de la guerre, le 20 novembre dernier ; lequel précèdera les autres donnés.
Les commandants des dépôts prescriront aux officiers et sous-officiers de s’appliquer à connaitre autant que les circonstances le permettront les facultés de l’homme qu’ils ont à instruire afin de les traiter en conséquence, ils leur recommanderont la patience, les brusqueries étant contraires aux succès de l’instruction.
Le premier objet auquel ils devront avoir attention, c’est d’inspirer aux recrues le goût de la propreté, pour y parvenir, il faut qu’il lui indique tous les moyens qui sont en usage dans la troupe pour entretenir et nettoyer avec ménagement toutes les parties de l’habillement et équipement, après la propreté du corps, si essentielle à la santé du soldat, vient l’entretien de ses armes dont il doit avoir le plus grand soin, à cet effet, il faut faire connaitre aux recrues toutes les parties de son armement et lui enseigner la manière de nettoyer et remonter son fusil.
Lorsque l’on sera à l’exercice l’instructeur entretiendra la recrue pendant l’intervalle de chaque repos, de ses devoirs envers les officiers et sous-officiers, et lui fera connaitre les nomes des généraux sous les ordres desquels se trouvera le corps, le nom des officiers de sa compagnie, et de ceux supérieurs en exigeant de lui qu’il les retiennent.
Le commandant de chaque dépôt fera pratiquer le règlement concernant le service intérieur, la police et la discipline de l’infanterie du 24 juin 1792 sur tout ce qui n’est pas contraire aux lois actuelles, aux localités et aux circonstances.
Ils assembleront au moins chaque semaine les officiers et sous-officiers pour les examiner sur les bases de la discipline, de la police, du service intérieur et sur celui de la place duquel il devra être donné connaissance aux conscrits à la fin de chaque exercice en classant les devoirs de chaque grade.
Ils feront aussi suivre par gradation le règlement concernant la manœuvre et l’exercice de l’infanterie du 1er août 1791, sans se permettre sous aucun prétexte quelconque la moindre innovation dans ses principes.
En surveillant la stricte exécution de l’ordre ci-dessus, ils exigeront que les officiers et sous-officiers , par leur conduite et leur application à remplir leur devoir, servent de modèle aux jeunes soldats pour l’éducation militaire de laquelle ils sont chargés.
Tous les officiers et sous-officiers devront se trouver aux exercices journaliers et y être employés en raison de leurs connaissances et moyens d’instruction, et ceux qui n’en auront pas suffisamment devront également s’y trouver pour en acquérir ou pouvoir y être utilisés à la volonté du chef.
L’on n’exercera jamais de grand matin, à moins que les circonstances ne l’exigent, afin de donner le temps au soldat de soigner toutes les parties de son vêtement et la propreté de la chambrée ; l’on préfèrera autant que possible les exercices de l’après midi attendu qu’elles empêchent le soldat de s’écarter trop loin de son quartier.
Conformément à l’article 20 du règlement concernant le service intérieur, tous les officiers devront se trouver à la garde journalière que fournira le corps quand même elle ne défilerait qu’au quartier ; les chefs n’en exempteront personne que pour objet de serves, ils exigeront qu’ils se présentent dans la tenue prescrite pour le journalier, et qu’ils ne se permettent aucun autre costume dans la journée, que celui qu’ils doivent avoir eu à la parade.
Administration.
Les membres du conseil d’administration devront se pénétrer du devoir de la plus exacte surveillance sur toutes les parties de l’administration qui leur est confiée, et les commandants des compagnies porteront toute l’attention nécessaire aux fournitures qui seront faites à leurs soldats, feront les représentations au conseil d’administration si elles étaient défectueuses et rendront compte à l’inspecteur général dans le cas où il ne serait pas fait droit à leurs réclamations.
Le premier dimanche de chaque mois, il sera fait lecture de l’arrêté du 19 Vendémiaire an 12 relatif à la désertion.
Il ne sera fait aux soldats et conscrits, et sous quelque prétexte que ce puisse être, aucune autre retenue que celles prescrites par les règlements.
On ne peut sous quelque prétexte que ce soit, et sans se rendre coupable d’un délit, se permettre de recevoir des hommes en remplacement des militaires qui sont sous les drapeaux sans l’autorisation formelle et préalable transmise par le directeur général de la conscription.
Il ne doit être délivré aucune espèce de congé si ce n’est sur des imprimés envoyés par le ministre. Aucun enrôlé volontaire ne doit être admis qu’après avoir contracté un engagement en présence d’un maire.
On ordonnera que cette formalité soit remplie sur le champ par les enrôlés volontaires qui ne s’y seraient pas conformés.
L’intention de l’Empereur est que tout militaire qui reçoit son congé définitif soit pour ancienneté de service, soit pour cause de blessures reçues à l’armée, puisse rentrer dans ses foyers avec une tenue décente et qu’il doit par conséquent être pourvu d’un habit uniforme en bon état et de son sabre, s’il est sous-officier ou grenadier.
Si le corps a plus de huit musiciens (que les règlement accordent), ceux qui dépassent ce nombre devront être admis comme soldats, et s’ils l’avaient été seulement comme gagistes, ils devront de suite contracter un engagement militaire, s’ils s’y refusent et que le corps veuille les conserver, il est expressément défendu de les porter sur les revues de solde et de fournitures et ils seront mis entièrement à la charge des officiers, mais dans tous les cas, le total de la dépense de la musique ne doit pas excéder une journée de solde des officiers par mois.
Le présent ordre sera transmis de suite sur le registre des délibérations et lu aux officiers rassemblés.
Les commandants des dépôts restent responsables de son entière exécution" (Schauenburg (Général baron Alexis-Balthazar-Henri-Antoine de) : « Revues particulières d’inspection, ordonnée le 23 octobre 1807 » ; Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg: MS.0.491 ; document numérisé par la BNU à la demande conjointe de F. Berjaud, L. Claudel et D. Davin).
Le Général Schauenburg adresse au Ministre Lacuée le résultat de sa revue le 25 décembre 1807 et au Ministre de la Guerre et au Ministre Dejean le résultat de sa revue le 28 décembre 1807; le résultat de la Revue est également adressé au Corps le 2 janvier 1808 (Schauenburg (Général baron Alexis-Balthazar-Henri-Antoine de) : « Revues particulières d’inspection, ordonnée le 23 octobre 1807 » ; Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg: MS.0.491 ; document numérisé par la BNU à la demande conjointe de F. Berjaud, L. Claudel et D. Davin).
Le 11 janvier 1808, le Général Schauenburg adresse au Ministre de la Guerre les états du prix des fournitures en tout genre pour le 21e de Ligne (Schauenburg (Général baron Alexis-Balthazar-Henri-Antoine de) : « Revues particulières d’inspection, ordonnée le 23 octobre 1807 » ; Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg: MS.0.491 ; document numérisé par la BNU à la demande conjointe de F. Berjaud, L. Claudel et D. Davin).
/ 1809
L'"ÉTAT de répartition des dépôts d'infanterie dans les garnisons" indique que le 21e de Ligne fait partie du 2e Arrondissement; 25e Division militaire. Juliers (Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, p. 478).
Situation des troupes composant l'Armée du Rhin à l'époque du 1er janvier 1809.
Maréchal d'Empire Commandant en chef, le Duc d'Auerstaedt, à Erfurt ...
3e Division d'infanterie, Général de Division Gudin, en congé.
Gilly, Général de Brigade, commandant par interim.
1re Brigade : Général Petit, à Hameln.
21e de Ligne : 1er, 2e, 3e et 4e Bataillons; Colonel Decous, à Hameln (Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, p. 490).
Le 13 février 1809, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la guerre : "Monsieur le général Clarke, voulant compléter mon armée du Rhin, mon intention est ... Le 12e de ligne a besoin de 200 hommes, le dépôt de ce régiment les enverra à Mayence ; le dépôt du 21e de ligne y enverra 100 hommes ; le dépôt du 25e de ligne y enverra 300 hommes ; le dépôt du 85e y enverra 200 hommes. Ces détachements faisant 800 hommes formeront le 3e bataillon de marche de l’armée du Rhin ...
Ces bataillons de marche se réuniront à Mayence le plus tôt possible. On n’y mettra que le nombre d’officiers et de sous-officiers nécessaires pour conduire les hommes. Vous me ferez connaître le jour de leur arrivée à Mayence, et je donnerai des ordres pour leur direction sur l’armée du Rhin ...
Les 12e, 25e, et 85e de ligne tiendront prêtes à partir pour le 4e bataillon deux ou un plus grand nombre de compagnies de fusiliers ...
Les compagnies destinées aux 4es bataillons doivent être préparées sans aucun retard, pour que j’ordonne leur départ" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 2, lettre 2766 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20015; Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, p. 53).
Le 3 mars 1809, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Comte d'Hunebourg, Ministre de la Guerre, à Paris : "Monsieur le Général Clarke, je vous envoie le projet de formation d’une réserve de régiments provisoires, sur lequel je désire que vous me fassiez un rapport. Faites-moi connaître si je n'ai rien oublié et s'il y a des changements qu'il soit convenable de faire pour épargner des marches aux troupes. Enfin présentez-moi des états qui m'apprennent si les 5es bataillons pourront fournir ces quatre, trois ou deux compagnies pour concourir à ladite formation. Les 10,000 hommes de réserve que forme ma Garde sont destinés à compléter les 5es bataillons et à les mettre à même de fournir les hommes nécessaires. Il faut donc qu'une colonne des états que vous ferez dresser indique le nombre d'hommes qui leur manquera, après avoir épuisé tout leur monde ; cette colonne sera la colonne de distribution des 10,000 hommes de la Garde. Il ne vous échappera pas que, par ce moyen, j'aurai 6,000 hommes à la Rochelle, 3,000 en Bretagne, 9,000 à Paris, 5,000 au camp de Boulogne, 2,500 pour la défense de l'Escaut, 2,500 pour garder Wesel, 5,000 à Strasbourg, 2,500 à Metz et 10,000 Français en Italie; total, 45,500 hommes.
NAPOLÉON
Annexe
PROJET DE FORMATION D'UN CORPS DE RÉSERVE
1
Il sera formé une réserve de seize régiments provisoires composée des compagnies des cinquièmes bataillons qui seront complétés avec les conscrits de 1810;
2
... 8e régiment provisoire :
Le 8e régiment provisoire sera composé de 3 bataillons formés de 3 compagnies des 5es bataillons des 8e de ligne, 21e, 94e, 95e, 39e, 85e. Il se réunira à Wesel ..." (Correspondance de Napoléon, t.18, lettre 14838 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20195 ; Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, p. 188).
L'"État de situation, d'itinéraire et d'emplacement de l'Armée du Rhin du 5 au 28 mars 1809, feuille n° I", indique :
Armée du Rhin, M. le Maréchal duc d’Auerstaedt.
3e division d'infanterie : général Gudin. Doit être réunie au 20 mars à Bamberg.
21e Régiment d'infanterie de ligne, 4 Bataillons. Détachement venant du Dépôt, 100 hommes. 2,935 hommes présents. Doit être le 24 à Bamberg (Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, Annexe 8 - l'ordre du 11 mars ordonne d'occuper Cronach, Forchheim et Amberg, de laisser la Division Friant à Bayreuth; de placer la Division Saint-Hilaire entre Nuremberg et Ingolstadt, une autre Division à Bamberg et une à Nuremberg. La Brigade Jacquinot observant les débouchés de la Bohême, la Division Montbrun et la Division Nansouty en seconde ligne sur le Danube).
L'"ÉTAT de situation, d'itinéraire et d'emplacement des renforts pour l’Armée du Rhin" indique :
Bataillons de marche destinés à renforcer les régiments employés dans les 4 divisions d’infanterie.
3e bataillon de marche.
Détachement du 21e de Ligne, 100 demandés, 100 mis en route. Itinéraire : Neufchâteau le 5. Neufchâteau le 6. Arlon le 7. Luxembourg le 8. Grewemachern le 9. Trèves le 10. Trèves le 11. Hermeskeil le 12. Birkenfeld le 13. Baumholder le 14. Baumholder le 15. Meisenheim le 16. Kreuznach le 17. Mayence le 18. Francfort le 20. Hanau le 21. Aschaffenbourg le 22. Rohrbrunn le 23. Esselbach le 24. Rossbrunn le 25. Wurtzbourg le 26 (Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, Annexe 13).
Le 12 mars 1809, l'Empereur écrit, depuis Rambouillet, au Général Clarke, Comte d'Hunebourg, Ministre de la Guerre, à Paris : "Monsieur le Général Clarke, il y a à l'armée du Rhin vingt et un régiments d'infanterie ; treize ont les grenadiers et voltigeurs de leur 4e bataillon avec les bataillons de guerre et viennent de recevoir l'ordre d'envoyer les 1re et 2e compagnies de fusiliers, pour porter ces 4es bataillons à quatre compagnies ...
Le 17e de ligne et le 21e ont déjà leur 4e bataillon à l'armée du Rhin ..." (Correspondance de Napoléon, t.18, lettre 14887 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20337; Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, p. 238).
Le même 12 mars 1809, le Duc d’Auerstaedt écrit, depuis Erfurt, au Major général : "... Voici, d'après le compte que je me suis fait rendre par le chef de l'état-major de l'armée, l'ordre dans lequel toutes les troupes arriveront à la destination qui leur est assignée par votre lettre du 4 de ce mois :
... Le 21e de ligne y arrivera le 24 ..." (Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, p. 248).
Le 15 mars 1809, le Duc d’Auerstaedt écrit, depuis Erfurt, au Major général : "… Conformément à vos intentions, j'ai aussi l'honneur de vous adresser les itinéraires des corps de l'armée qui sont en marche pour se rendre à Bamberg ou à d'autres destinations. Les officiers qui ont été envoyés dans le Hanovre pour porter les ordres de mouvement aux généraux Gilly et Saint-Sulpice n'étant point encore rentrés, il m'est impossible de faire connaître positivement à V. A. les dates d'arrivée aux divers gites, pour ce qui concerne les 21e, 25e et 85e de ligne et les quatre régiments de la seconde division de grosse cavalerie. Je vous ai fait connaître plus particulièrement les motifs de cette impossibilité dans ma lettre du 12 de ce mois Les ordres et contre-ordres qu'avaient reçus les troupes cantonnées dans le Hanovre ne permettraient pas de leur adresser sans grand inconvénient des ordres de départ à jour fixe …
D'après les calculs les plus probables sur les jours où les 21e, 25e et 85e de ligne se sont mis en marche, j'ai lieu de croire que le premier arrivera à Bamberg le 22, le second le 24 et le troisième le 25 ..." (Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, p. 273). Suit l'itinéraire du 21e de Ligne : "21e régiment de ligne.
Le à Hameln. Le à Pyrmont. Le à Höxter. Le à Karlshaven. Le à Cassel. Le à Rothenburg. Le à Hunefeld. Le à Brückenau. Le à Hamelburg. Le à Hassfurth. Le à Bamberg".
Le 21 mars 1809, l'Empereur écrit, depuis La Malmaison, à Alexandre, Prince de Neuchâtel, Major général de l'Armée d'Allemagne, à Paris : "Mon Cousin, donnez ordre au général sénateur Demont de se rendre à Würzburg pour être employé au corps du duc d'Auerstaedt. Faites connaître au duc d'Auerstaedt que je désire qu'il mette sous les ordres de ce général une réserve qui serait composée des 4es bataillons du 30e, du 61e, du 65e, du 33e, du 111e, du 12e et du 85e de ligne ; ce qui fait sept bataillons. Ces sept bataillons ne sont encore qu'à 500 hommes ; ils ne forment donc qu'une force de 3,500 hommes ; mais ils vont bientôt recevoir une compagnie qui leur produira une augmentation de 1,100 hommes. Les 4es bataillons des 48e, 108e, 25e de ligne et 13e léger ne doivent pas tarder à partir de Boulogne ; ce qui portera le nombre des 4es bataillons à onze ; on pourrait y joindre ceux des 7e léger, 17e et 21e de ligne ; ce qui ferait quatorze bataillons. Cette réserve paraît nécessaire ; les divisions restant composées de cinq régiments, et chaque régiment ayant un complet de 2,500 hommes, les divisions seraient de plus de 12,000 hommes ; si l'on y laissait les 4es bataillons, elles seraient de 14 à 15,000 hommes ; ce qui est beaucoup trop fort pour une division. La formation des 4es bataillons n'est pas encore terminée ; il sera bon de les avoir sous la main et en dépôt pour être réunis. Il y a aussi un avantage à cette mesure, c'est qu'un régiment qui a trois bataillons en ligne et un bataillon à la division de réserve, qui peut ne pas se trouver compromis le même jour, peut trouver dans ce bataillon des ressources pour réparer ses pertes. Je désire donc que le corps du duc d'Auerstaedt soit composé de la manière suivante : des divisions Morand, Gudin, Friant et d'une quatrième division formée des 4es bataillons de chacune des trois premières divisions. Chacune de ces trois premières divisions doit avoir trois généraux de brigade, un pour l'infanterie légère, et les deux autres commandant deux régiments de ligne ou six bataillons. La division du général Demont devra avoir trois généraux de brigade : un, commandant les 4es bataillons de la 1re division ; un, commandant les 4es bataillons de la 9e division, et un, commandant les 4es bataillons de la 3e division. Deux ou trois bataillons de la même division seront réunis sous le commandement d'un major. Les 4es bataillons des 13e léger, 17e et 30e de ligne seront réunis sous un major de l'un de ces trois régiments. Les 4es bataillons des 61e et 65e seront commandés par un major de l'un de ces deux régiments. Par cette formation, tous les avantages se trouvent réunis ; et le duc d'Auerstaedt aura quatre généraux de division, douze généraux de brigade, quatre adjudants commandants, et soixante pièces de canon, à raison de quinze pièces par division, indépendamment de l'artillerie attachée à la cavalerie, et des généraux et adjudants commandants attachés à son état-major" (Correspondance de Napoléon, t.18, lettre 14934 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20469 ; Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, p. 319).
"Décret.
Au palais des Tuileries, le 23 mars 1809.
Art. 1er. - Il sera formé dix-sept demi-brigades provisoires de réserve, composées principalement de deux ou trois compagnies tirées des cinquièmes bataillons de nos régiments d'infanterie.
Art. 2. Chaque demi-brigade sera commandée par un colonel en second ; chaque bataillon par un chef de bataillon. Il y aura un adjudant-major par demi-brigade.
Art. 3. Les dix-sept demi-brigades seront organisées de la manière suivante :
... 9e demi-brigade.
1er bataillon.
3 compagnies du 8e de ligne.
3 compagnies du 21e de ligne
840 hommes.
2e bataillon.
3 compagnies du 94e de ligne.
3 compagnies du 95e de ligne.
840 hommes.
3e bataillon.
3 compagnies du 39e de ligne.
3 compagnies du 85e de ligne.
840 hommes.
Cette demi -brigade se réunira à Wesel ..." (Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, p 550).
Le Général Compans, Chef d'Etat-major de l'Armée du Rhin, transmet, depuis Bamberg, le 24 mars 1809, les instructions suivantes au Général Gudin : "Je vous transmets, mon cher Général, des dispositions que S. E. M. le maréchal duc d'Auerstaedt vient d'ordonner et dont l'exécution doit commencer dès demain.
Le 7e régiment d'infanterie légère doit se rendre à Kratshof entre Erlangen et Nuremberg ;
Le 12e régiment de ligne à Erlangen ;
Le 21e régiment de ligne à Forchheim ;
Le 25e régiment de ligne à Hirscheim ;
Le 85e régiment de ligne à Bamberg, où il sera cantonné en avant de la ville sur la route de Cronach ;
L'artillerie à Forchheim.
L'intention de S. E. étant que les régiments puissent se réunir promptement en cas de mouvement, elle désire que les cantonnements les plus éloignés de chaque régiment ne soient pas à plus de deux lieues de son centre.
Les régiments qui sont actuellement en position et qui ne pourront pas terminer leur mouvement dans la journée de demain devront l'achever dans la journée d'après-demain, le plus de bonne heure possible ; mais vous devez faire vos dispositions de manière que demain aucun de vos régiments n'arrive à Erlangen, où sera toute l'artillerie de la 1re division.
Ceux qui sont encore en arrière et l'artillerie prendront leurs cantonnements au fur et à mesure de leur arrivée, et le plus promptement possible.
La gauche de la première division (général Morand) sera à Nuremberg.
L'intention de S. E. est que les régiments se complètent à soixante cartouches, en prenant dans celles qui sont arrivées aujourd'hui à Bamberg et que vous ordonniez aux régiments de prendre en même temps la poudre et les balles qui vous ont été annoncées pour l'exercice à feu et le tir à la cible ; et qu'aussitôt que cette poudre, ces balles et ces cartouches seront arrivées aux régiments, les exercices à feu commencent sans perdre de temps. Il faudra cependant en réserver pour les jeunes soldats qui arrivent" (Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, p. 380).
Le 25 mars 1809, le Duc d’Auerstaedt écrit, depuis Bamberg, au Major général : "J'ai l'honneur de vous rendre compte que, d'après les derniers ordres que j'ai donnés, l'armée du Rhin sera disposée demain, 26, conformément au tableau d'emplacement ci-joint ...
V. A. trouvera ci-joint les itinéraires qu'ont suivis les 21e, 25e et 85e régiments de ligne pour se rendre à Bamberg ...
ARMÉE DU RHIN.
Emplacement de l'armée à l'époque du 26 mars ...
3e division d'infanterie.
12e régiment de ligne. Erlangen ..." (Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, p. 386). Le 21e, partant de Hameln, devait arriver le 23 mars à Bamberg.
Le 30 mars 1809, l'Empereur adresse, depuis Paris, à Berthier, Major général, ses instructions, pour la campagne à venir, suivies d'un Etat de la Composition des Divisions et Brigades des différents Corps de la Grande Armée. Le 21e de Ligne doit faire partie du 3e Corps d'Armée commandé par le Maréchal Duc d'Auerstadt; 3e Division Gudin, 2e Brigade Lorencez. Le 4e Bataillon du 21e doit quant à lui appartenir à la 3e Brigade de la 4e Division Demont du 3e Corps (Correspondance de Napoléon, t.18, lettre 14975 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20619 ; Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, p. 421).
Le 3 avril 1809, le Duc d’Auerstaedt écrit, depuis Bamberg, au Major général : "Monseigneur,
J'ai l'honneur de rendre compte à V. A. que j'ai donné des ordres pour la réunion à Anspach des bataillons et compagnies qui doivent former la division de réserve aux ordres de M. le général de division sénateur Demont.
Les compagnies de grenadiers et voltigeurs des 4es bataillons des 30e, 61e, 65e régiments de ligne, le 4e bataillon du 17e de ligne et trois bouches à feu, réunis en une colonne, sont partis des cantonnements de la 1re division, pour se rendre le 4 avril à Anspach.
Les compagnies de grenadiers et de voltigeurs des 4es bataillons des 12e et 85e régiments de ligne, le 4e bataillon du 21e de ligne et une bouche à feu avec ses caissons et son personnel formant une seconde colonne arriveront aussi à Anspach le 6 avril.
Les compagnies de grenadiers et de voltigeurs des 4es bataillons des 33e et 111e de ligne et une bouche à feu avec son personnel et ses caissons réunis en une troisième colonne arriveront à Anspach le 6 avril.
Trois bouches à feu, prises sur dix-huit qu'en avait le général Saint-Hilaire, ont aussi l'ordre de se rendre à la division de réserve.
Pour compléter cette division à quinze, j'ai ordonné qu'au fur et à mesure de l'arrivée des bataillons et compagnies qui viennent de France, M. le général Hanicque fournirait du parc de l'armée les sept qui manquent encore à ce complet.
Les compagnies et bataillons attendus de France et qui doivent faire partie de la division de réserve seront de suite dirigés sur son quartier général …
M. le général Demont a déjà établi son quartier général à Anspach, où il attend l'arrivée des troupes" (Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 2, p. 12).
Le 9 avril, dans la soirée, la situation des troupes de l'Armée d'Allemagne est la suivante :
Armée du Rhin (Maréchal Davout).
3e Division (Général Gudin).
Le 7e Léger à Feucht, le 12e Régiment d'infanterie sur Amberg, le 21e sur Nuremberg, le 25e sur Schweinau et le 85e sur Furth (Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 2, p. 88).
Le 17 avril 1809, la Division Gudin vient à Ratisbonne; elle occupe Weiting (route de Ratisbonne à Landshut), le 21e Régiment d'infanterie placé à hauteur de Pentling (Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 2, p. 215).
Dans la soirée du 21 mai, les troupes du 3e Corps sont ainsi réparties :
3e Division : 12e Régiment d'infanterie, 21e, 25e à Nussdorf.
7e Régiment d'infanterie légère ; marche de Mautern sur Nussdorf.
85e Régiment d'infanterie, une demi-lieue en arrière de Saint-Pölten, route de Wilhelmsburg (Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 3, p. 347).
Situation sommaire des troupes de la Division de Réserve aux ordres du Général Demont, à l'époque du 25 mai 1809
21e de Ligne, à Klosterneuburg. 17 Officiers, 675 hommes et Sous-officiers ; 1 Officier et 17 hommes détachés dans l’arrondissement de l’Armée, 1 Officier et 147 hommes aux hôpitaux ; total 858 (Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 3, p. 401).
/ 1810, Allemagne
La 3e Division (Général Gudin) de l'Armée d'Allemagne, quitte Marckt dans les premiers jours de février, pour se rendre par Straubing, Bayreuth, Hoff, Neustadt et Hall : le 21e de ligne à Halberstadt, le 2 mars (Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 1, Lavauzelle, page 299).
Le 15 mars 1810, l'Empereur ordonne, depuis Paris : "Notre ministre de la guerre donnera les ordres ci-après :
I
ARMÉE D'ALLEMAGNE ...
Le grand quartier général, les grandes administrations, les parcs généraux d'artillerie et du génie, et tout ce qui appartient à l'état-major général de la Grande Armée, sont dissous à dater du 1er avril prochain.
Les états-majors et administrations, et tout ce qui tient à l’organisation des 2e et 4e corps et de la réserve générale de cavalerie, sont dissous conformément aux dispositions prescrites par des décrets des 7 et 18 février dernier.
En conséquence, l'armée qui restera en Allemagne sous le commandement du prince d’Eckmühl sera composée de la manière suivante, savoir :
... 3e division d'infanterie, commandée par le général Gudin, composée des 7e régiment d'infanterie légère, 12e, 21e, 25e et 85e régiments d'infanterie de ligne.
Cette division restera cantonnée dans le royaume de Westphalie, et sera entretenue (solde et administration) par le roi de Westphalie ..." (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 3, lettre 4105; Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 1, Lavauzelle, page 93).
Du 1er avril au 30 juin 1810, la 3e Division (Général Gudin) de l'Armée d'Allemagneà Magdebourg, Halbestadt, Brunswick et environs (Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 1, Lavauzelle, page 299).
Du 1er juillet au 30 septembre 1810, la 3e Division (Général Gudin) de l'Armée d'Allemagne est à Magdebourg et environs (Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 1, Lavauzelle, page 299).
Du 1er octobre au 31 décembre 1810, la 3e Division (Général Gudin) de l'Armée d'Allemagne a son Quartier général à Hanovre; les troupes sont réparties sur la ligne des douanes entre Brême et Rees (Rhin) et sur les côtes (Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 1, Lavauzelle, page 299).
Le 6 octobre 1810, l'Empereur adresse, depuis Fontainebleau, au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, à Paris, une Note sur l'organisation des armées; concernant l'Armée d'Allemagne, il écrit : "… 1er corps : le 7e d'infanterie légère formerait quatre bataillons ; le 13e, quatre ; le 15e, quatre (le 4e bataillon de ce régiment, étant en Espagne, serait remplacé par le 3e bataillon du 6e léger) ; le 33e d'infanterie légère, quatre ; le 12e de ligne, quatre ; le 17e, quatre ; le 21e, quatre ; le 25e, trois (le 4e bataillon en Espagne) ; le 30e, quatre ; le 33e quatre ; le 48e, quatre ; le 57e, quatre ; le 61e, quatre ; le 85e, quatre ; le 108e, quatre ; le 111e, quatre ; total, 16 régiments formant 63 bataillons.
Ces 63 bataillons composeraient 4 divisions ; chaque division serait formée d'un régiment d'infanterie légère et de 3 régiments de ligne. Ce premier corps serait celui qui est actuellement en Allemagne, sous les ordres du prince d'Eckmühl ..." (Correspondance de Napoléon, t.21, lettre 17000 ; Correspondance générale de Napoléon, t.10, lettre 24816 ; Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 1, Lavauzelle, page 172).
Le 9 octobre 1810, le Ministre de la Guerre adresse son Rapport à l’Empereur : "Sire, j'ai l'honneur de soumettre à Votre Majesté, conformément à votre ordre du 4 de ce mois, un projet d'organisation de l'armée d'Allemagne.
Les trois divisions d'infanterie se trouvent déjà organisées, savoir :
... La 3e division, sous les ordres du général Gudin, se compose du 7e régiment d'infanterie légère, des 12e, 21e, 25e et 85e de ligne; des 3e et 9e compagnies du 7e d'artillerie à pied et des trois dernières compagnies du 1er bataillon principal du train; au total: 15 bataillons, 5 compagnies d'artillerie, 13.266 bommes et 850 chevaux du train ..." (Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 1, Lavauzelle, page 188).
Le 8 novembre 1810, l'Empereur écrit, depuis Fontainebleau, au Général Clarke : "Monsieur le due de Feltre, donnez des ordres pour qu'il soit formé un régiment de marche, qui sera composé des hommes disponibles des :
4e et 5e bataillons du 13e léger, jusqu'à concurrence de 500 hommes; Du 17e de ligne. 400; Du 30e – 30; Du 57e – 40; Du 61e – 30; Du 15e léger. 30; Du 48e 600; Du 108e 700; Des détachements du 12e de ligne. 6; Du 21e de ligne. 60; Du 85e – 30.
Ce régiment de marche, fort de 2.500 hommes, se réunira à Wesel, d'où il se rendra à Hambourg, quartier général de l'armée d'Allemagne. Là, il sera dissous, et les cadres des 4es et 5es bataillons rentreront en France, sans qu'il en soit rien retenu ..." (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 3, lettre 4797; Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 1, Lavauzelle, page 202).
Le 6 décembre 1810, le Prince d’Eckmühl écrit, depuis Paris, à l’Empereur : "Sire, en conformité des ordres que Votre Majesté m'a donnés par sa lettre du 5, j'ai l'honneur de lui transmettre un état de situation de son armée d'Allemagne, à l'époque du 20 octobre dernier. Les observations à la suite de cet état indiquent les troupes de diverses armes, qui, jusqu'à ce jour, ont eu ordre de rejoindre l'armée d'Allemagne, et qui n'y étaient pas arrivées au 20 novembre.
Situation de l'armée d'Allemagne à la date du 20 octobre 1810.
(Extrait.)
... 3e Division Général Gudin. Quartier général à Hanovre.
12e de ligne, 21e. A Magdebourg jusqu'à nouvel ordre ..." (Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 1, Lavauzelle, page 216).
/ 1810, Espagne
Concernant l'Espagne, l'Empereur écrit, le 7 janvier 1810, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, les quatre premiers bataillons auxiliaires qui sont à Versailles seront réduits à deux, composés de la manière suivante. Savoir :
1er bataillon (infanterie de ligne) ...
6e compagnie 2 [officiers] 147 [soldats] du 111e
18 [soldats] du 21e
2 [officiers] 165 [soldats]
2e batailllon (infanterie légère) ...
Le comte de Lobau dressera procès-verbal de la formation de ces deux bataillons avant le 10 janvier ; les compagnies seront égalisées, leur chef de bataillon sera nommé pour commander chaque bataillon. Il sera également nommé à toutes les places d'officiers et de sous-officiers.
Les sous-officiers et soldats seront effacés des contrôles de leurs corps et, à dater du 1er janvier 1810, l'existence de ces bataillons sera reconnue, et ils seront payés directement par te Trésor. Il y aura trois tambours par compagnie.
Au fur et à mesure que les bataillons auxiliaires viendront à se former, au lieu de 12, les cadres seront resserrés, de manière que chaque bataillon soit porté au complet de 840 hommes.
Un colonel en second sera nommé inspecteur de tous les bataillons auxiliaires. Il sera chargé de rendre compte au ministre de leur formation et de veiller à ce que les différents détachements partent des lieux où ils se rassemblent, bien organisés et complets en officiers, sous-officiers et soldats.
Le 5e bataillon auxiliaire qui se réunit à Lyon en partira avec la formation provisoire qu’il aura reçue dans cette ville, et se rendra à Bayonne où il sera définitivement formé.
Faites-moi connaître pourquoi les corps ont envoyé aux bataillons auxiliaires des détachements dont la force est si peu proportionnée aux demandes qui leur ont été faites ; je désire savoir quand ils pourront envoyer le reste.
Aussitôt qu’un bataillon auxiliaire sera formé, présentez-moi un projet de décret pour lui donner une éxistence régulière.
Faites mettre à la dispositionn du comte Lobau une trentaine de jeunes gens de Fontainebleau, pour être placés dans ces bataillons.
Surtout ayez soin de mettre à Versailles un colonel en second qui veille à l’instruction
P.S : Vous dirigerez sur le second bataillon deux compagnies d'infanterie légère, faisant 300 hommes, pour compléter ce bataillon" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 3, lettre 3904 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 22808).
/ 1811, Allemagne
Du 1er janvier au 31 mars 1811, la 3e Division (Général Gudin) de l'Armée d'Allemagne a son Quartier général à Hanovre; les troupes entre Oldenbourg et Cuxhaven (Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 1, Lavauzelle, page 299).
Le 13 février 1811, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, à Paris : "Monsieur le Duc de Feltre, au 1er avril l'armée d'Allemagne sera composée de la manière suivante :
... 3e division : le général de division Gudin, commandant ; les généraux Desailly, Boyer et Leclerc, généraux de brigade. 7e d'infanterie légère ; 12e, 21e, 25e de ligne.
... Chaque régiment, dans le courant de l'été, aura 4 bataillons ; ce qui fera 16 bataillons par division ou 12,000 hommes.
Chaque régiment aura également, dans le courant de l'été, 4 pièces de canon ; ce qui fera 16 pièces de canon par division ...
Les mouvements de l'armée d'Allemagne doivent se faire par Wesel, qui est le grand dépôt.
Ces ordres doivent être tenus secrets, et vous devez prescrire les différentes dispositions sans que personne ait connaissance de cette lettre. Vous m'apporterez vous-même la formation de l'armée en ses différentes parties, avec la désignation des officiers, pour que je l'approuve, et vous l'enverrez ensuite au prince d'Eckmühl, comme définitivement arrêtée ..." (Correspondance de Napoléon, t.21, lettre 17355 ; Correspondance générale de Napoléon, t.10, lettre 25918; Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 2, Lavauzelle, page 39).
"DÉCRET DU 11 AVRIL 1811.
Titre 1er.
Création d'un 6e bataillon à quatorze régiments de l'armée d'Allemagne.
ART. 1er. — Il sera formé un 6e bataillon aux 13e et 7e régiments d'infanterie légère et aux douze régiments d'infanterie de ligne qui font partie du corps de l'armée d'Allemagne.
ART. 2. — Ces sixièmes bataillons n'auront pas de compagnies de grenadiers ni de voltigeurs; ils ne seront composés que de six compagnies de fusiliers.
ART. 3. — Au 1er mai prochain, notre ministre de la guerre nous présentera la nomination des chefs de bataillon qui commanderont ces sixièmes bataillons.
Les colonels, qui commandent les bataillons de guerre qui sont en Allemagne, désigneront dans ces trois bataillons deux capitaines et deux lieutenants par bataillon. Il sera pris, en outre, sur tout le régiment, un adjudant-major.
Six sous-lieutenants seront pris, soit dans les vélites de notre Garde, soit dans notre école militaire de Saint-Cyr.
Notre ministre de la guerre fera désigner en outre 6 sergents-majors pris parmi les sergents en activité dans les trois bataillons de guerre; 24 sergents pris moitié dans les sergents en activité des bataillons de guerre et moitié parmi les caporaux et soldats desdits bataillons, et 48 caporaux, desquels 21 seront pris parmi les caporaux en activité et 24 parmi les soldats ayant au moins quatre ans de service dans les bataillons de guerre.
ART. 4. — Les ordres seront donnés pour que les cadres soient rendus aux dépôts au 1er juin, afin qu'ils soient prêts pour recevoir la conscription.
ART. 5. — Lorsque les sixièmes bataillons seront arrivés en ligne, les colonels en feront faire le tiercement avec les autres bataillons, de manière que les compagnies aient un égal nombre de vieux et de nouveaux soldats.
ART. 6. — Les régiments étant ainsi composés à six bataillons, il sera attaché à chaque régiment un major en second qui rejoindra les bataillons de guerre aussitôt que les quatrièmes bataillons y seront arrivés.
Les 1er et 2e bataillons, en bataille, seront commandés par le colonel; les 3e et 4e bataillons, en bataille, seront commandés par le major en second ..." (Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 2, Lavauzelle, page 173 - Ce décret est complété par celui du 23 avril 1811).
Le 19 avril 1811, Napoléon décide que l'Armée d'Allemagne sera composée de trois Corps; le 1er est le Corps d'observation de l'Elbe, commandé par Davout. L'Empereur écrit en effet ce jour à au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, à Paris : "Monsieur le Duc de Feltre, l'armée d'Allemagne sera composée de trois corps :
1° Le corps d'observation de l'Elbe ;
2° Le corps d'observation du Rhin ;
3° Le corps d'observation d'Italie.
CORPS D'OBSERVATIONDE L'ELBE.
Le corps d'observation de l'Elbe sera commandé par le prince d'Eckmühl. Il sera composé de cinq divisions d'infanterie et formé de la manière suivante :
... 3e Division : 7e léger, cinq bataillons ; 12e de ligne, cinq ; 21e, cinq ; 121e, deux ; total, 17 bataillons.
Le général Gudin commandera la 3e division ...
ARTILLERIE. — Chaque régiment aura quatre pièces de régiment, ce qui fera douze pièces par division, à l'exception de la 5e, qui en aura seize ..." (Correspondance de Napoléon, t.22, lettre 17630 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 26753; Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 2, Lavauzelle, page 220).
"Décret du 23 avril 1811.
ART. 1er. — Il sera formé un sixième bataillon à chacun de nos 7e et 13e régiments d'infanterie légère; 12e, 17e, 21e, 30e, 33e, 48e, 57e, 61e, 85e, 108e et 111e de ligne.
Ces sixièmes bataillons seront organisés à notre armée d'Allemagne, où se trouvent les bataillons de guerre de ces régiments. Ils seront complétés avec des hommes tirés des dépôts indiqués à l'état joint au présent décret.
ART. 2. — Le cadre de chacun de ces sixièmes bataillons sera formé de la manière suivante :
Notre ministre de la guerre nous proposera le chef du bataillon.
Les trois bataillons de guerre du régiment fourniront chacun, au choix du colonel, un capitaine et un lieutenant, deux sergents-majors, dont un pris parmi les sergents-majors du bataillon et un parmi les sergents; 8 sergents, dont 4 pris parmi les sergents et 4 parmi les caporaux; 2 caporaux-fourriers, dont un pris parmi les fourriers et un parmi les caporaux, et 16 caporaux, dont 8 pris parmi les caporaux et 8 parmi les soldats susceptibles de le devenir.
Le colonel choisira également, parmi les lieutenants des trois bataillons, l'adjudant-major du 6e et parmi les sous-officiers les deux adjudants sous-officiers de ce bataillon.
Les sous-lieutenants de ce sixième bataillon seront tirés de notre école militaire de Saint-Cyr.
Les trois autres capitaines et les trois autres lieutenants, qui devront compléter le cadre de chaque 6e bataillon, seront tirés, soit de notre Garde, soit des cadres des officiers venant des îles, soit enfin du nombre des officiers en réforme.
Tous les officiers et sous-officiers pris dans les trois premiers bataillons de guerre, pour passer dans le 6e, seront remplacés au bataillon qu'ils quitteront.
ART. 3. — Les sixièmes bataillons n'auront jusqu'à nouvel ordre ni grenadiers ni voltigeurs; ils seront seuls composés de six compagnies de fusiliers portées à la même force que celle des autres bataillons.
ART. 4. — Le tiercement de ces bataillons avec les premiers s'opérera au 1er juillet prochain, de manière à ce que toutes les compagnies de fusiliers aient un nombre égal d'anciens et de nouveaux soldats.
ART. 5. — Notre ministre directeur de l'administration de la guerre prendra les mesures nécessaires pour que les anciens soldats et les conscrits, destinés à compléter ces régiments et qui seront tirés d'autres corps, soient pourvus, avant leur départ pour l'armée, de tous les effets d'habillement et d'équipement qui leur reviennent, et notre ministre de la guerre leur fera fournir ceux de l'armement.
ART. 6. — Notre ministre de la guerre les fera diriger sur l'armée par détachements, dont la conduite sera confiée à des officiers et sous-officiers tirés des corps qui les auront fournis et en nombre proportionné à la force de chaque détachement. Ces officiers et sous-officiers retourneront à leurs corps après avoir fait la remise des détachements.
ART. 7. — Les dispositions du décret du 11 de ce mois auxquelles il n'est pas dérogé par le présent recevront leur exécution" (Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 2, Lavauzelle, page 238 - Note : Ce Décret complète et modifie celui du 11 avril 1811).
Le 23 avril 1811, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, vous recevrez le décret par lequel j'ai réglé la formation des 6es bataillons de l'armée d'Allemagne. J'ai changé les éléments de cette formation. Vous verrez par l'état joint au décret que ces bataillons sont composés de trois manières :
1° Avec des conscrits fournis par les dépôts de leurs régiments.
2° Avec ce qu'on peut tirer d'anciens soldats des dépôts de l'armée d'Espagne.
3° Avec des conscrits tirés des dépôts de l'armée d'Espagne.
J'y ai ajouté, pour chaque 6e bataillon, un détachement de 150 conscrits tirés du régiment de Walcheren.
Donnez ordre que les détachements d'anciens soldats qui se trouvent dans les dépôts des régiments se mettent en marche du 1er au 10 mai. Les cadres doivent être formés en Allemagne dans le même délai, de sorte que dès leur arrivée, ces hommes formeront de petits bataillons de 3 à 400 hommes. Ces bataillons seront ensuite complétés par la conscription, tant pour les conscrits arrivant du dépôt du régiment, que pour ceux venant des autres dépôts qui fournissent à cette incorporation.
Quant aux détachements à prendre dans l'île de Walcheren, vous donnerez les ordres suivants : la 2e compagnie de chaque 5e bataillon composée d'un capitaine, de 2 lieutenants, 2 sous-lieutenants, 1 sergent-major, 4 sergents, 1 caporal fourrier, 8 caporaux et 2 tambours, doit se mettre en marche du 1er au 10 mai pour l'île de Walcheren. À son arrivée, le général commandant dans l'île y incorporera 150 hommes choisis parmi les conscrits les plus sûrs et de la meilleure volonté. Vous aurez soin de faire envoyer d'avance au régiment de Walcheren des boutons de ces 2 régiments, afin que le changement d'uniforme des conscrits puisse être préparé sans frais.
Aussitôt que ces détachements bien habillés, bien équipés et bien armés se trouveront formés, le général commandant l'île de Walcheren les passera lui-même en revue avant leur départ. Un inspecteur aux revues en dressera les contrôles et aura soin d'y inscrire les noms, prénom et signalement, afin que si ces hommes désertent, on puisse les faire poursuivre dans leurs familles par des garnisaires. Il ne partira de l'île de Walcheren que deux détachements par semaine. Ces détachements remonteront par eau jusqu'à Willemstad et Berg-op-Zoom, d'où ils rejoindront les bataillons de guerre en traversant la Hollande. Il y aura quelques brigades de gendarmerie pour observer leur passage ...
ANNEXE
Etat indiquant les éléments de la formation des 6es bataillons des régiments de l’Armée d’Allemagne
Régiments qui forment les 6e bataillons |
Conscrits du régiment |
Supplément de 150 conscrits à tirer du régiment de Walcheren (ce supplément ne compte que pour 50 |
Suppléments à tirer d'autres régiments |
Total de ce que 6e bataillons aura |
||||||
Conscrits que le régiment reçoit et hommes disponibles |
Conscrits pour compléter les bataillons suisses |
Conscrits du 4e bataillon A |
Reste pour le 6e bat. B |
Numéros du régiment d'où on les tire |
Anciens soldats C |
Conscrits D |
Total |
|||
21e de ligne |
1200 |
800 |
400 |
50 |
Le 43e |
73 |
73 |
146 |
726 |
|
Le 45e |
65 |
65 |
130 |
|||||||
A : Ces conscrits partiront le 1er juillet 1811 de leur dépôt pour les 6es bataillons en Allemagne.
B : Ces 1500 conscrits partiront de Walcheren par compagnie, dirigés sur le dépôt en France pour le 5e bataillon. Elles commenceront à partir le 15 mai.
C : Ces conscrits partiront dès le 10 mai pour l'Allemagne.
D : Ces conscrits partiront le 1er juin de leur dépôt" (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 26814; ce tableau est donné par Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 2, Lavauzelle, page 239).
Le 24 mai 1811, l'Empereur écrit, depuis Caen, au Général Clarke, Duc de Feltre, Ministre de la Guerre, à Paris : "Je vous envoie cinq états pour vous servir de direction dans un rapport que vous me ferez au 15 juin, pour donner une nouvelle organisation, au 1er juillet, aux différents corps d'observation.
CORPS D'OBSERVATION DE L'ELBE. — Ce corps restera à quatre divisions jusqu'au 1er juillet. A cette époque, il sera formé à cinq divisions. Les 4es et 6es bataillons s'y réuniront dans les lieux indiqués, de sorte qu'au commencement d'août l'organisation soit complète, et que ce corps ait acquis toute la consistance qu'on peut en attendre ...
Je n'ai pas besoin de vous dire que vous ne devez donner aucun ordre, faire aucun mouvement en conséquence de ces états, mais que vous devez vous borner à me faire un rapport général au 15 juin, époque à laquelle vous me demanderez en même temps mes ordres.
En attendant, toutes les dispositions nécessaires pour porter au complet le corps d'observation de l'Elbe, tel qu'il a été arrêté, doivent avoir lieu.
N°1
Le ministre de la Guerre trouvera dans ces notes ce qui est relatif à l’organisation et mouvement du corps d’observation de l’Elbe au mois de juillet. Elles serviront de matière à un rapport qu’il devra me faire pour le 20 juin.
NOTE.
CORPS D'OBSERVATIONDE L'ELBE.
Le corps d'observation de l'Elbe doit être composé de cinq divisions. Il restera à quatre divisions jusqu'au 1er août et ne sera composé de cinq divisions qu'à cette époque, à laquelle les 6es et 4es bataillons auront rejoint.
Je vous ai déjà fait connaître que la composition de ces divisions doit être faite de la manière suivante ... :
Division Gudin. — 7e léger, cinq ; 12e de ligne, cinq ; 21e, cinq ; total. 15 bataillons. ...
Chaque division aurait quatre brigades, et chaque brigade se composerait de cinq bataillons ; quatre généraux de brigade seraient-attachés à chaque division ; les cinq divisions formeraient en tout vingt brigades et quatre-vingt-dix-huit bataillons ...
On procédera de la manière suivante : au 1er juillet, les 4es bataillons, complétés de tous les conscrits destinés aux 6es bataillons, se mettront en marche pour se diriger sur les quatre points suivants : ... ceux de la 3e, sur Düsseldorf ... Les cadres des 6es bataillons, qui sont actuellement à Wesel et à Munster, se rendront dans ces différentes places, et par ce moyen il y aura ... à Düsseldorf, les 4e et 6e bataillons du 7e léger, des 12e et 21e de ligne, et le 6e du 25e de ligne ; total, sept bataillons ...
Un général de brigade, de ceux qui sont destinés pour l'armée d'Allemagne, sera attaché à chacun de ces quatre camps, et chargé de surveiller la formation et l'instruction des bataillons qui doivent les composer. Vous nommerez ces quatre généraux. Ils devront se rendre, aussitôt, chacun dans les dépôts qui fournissent au camp dont il est chargé ; ils feront la revue des 4es bataillons, vérifieront l'état de l'habillement, feront la revue des officiers à réformer et dresseront l'état des places vacantes pour les 4es et 6es bataillons.
Ces généraux correspondront à cet effet avec le général Compans, que vous chargerez de suivre cette organisation ..." (Correspondance de Napoléon, t.22, lettre 17247 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27150; Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 2, Lavauzelle, page 333).
Le 12 juin 1811, le Ministre directeur de l'Administration de la Guerre écrit, depuis Paris, au Duc de Feltre, Ministre de la Guerre : "Monsieur le Duc, toutes les mesures que j'avais à prendre pour l'exécution du décret du 22 avril sont prises depuis longtemps. Les conseils d'administration des régiments ont dû organiser leurs équipages respectifs avec célérité, et je vois en effet par des correspondances qu'ils ont maintenant ou qu'ils sont près de recevoir, par les marchés qu'ils ont passés, tout ce qu'ils doivent se procurer.
Pour vous mettre à même, Monsieur le Duc, de voir d'un coup d'oeil le résultat des dispositions que j'ai faites à cet égard, j'ai l'honneur d'adresser ci-joint à Votre Excellence un état, par corps d'armée, des régiments qu'elle m'a désignés elle-même comme devant être pourvus d'équipages. Cet état indique la composition de ces équipages en raison du nombre des bataillons de guerre de chaque corps, sauf quelques exceptions ordonnées par l'Empereur lui-même.
État nominatif des régiments d'infanterie qui ont reçu ordre de se pourvoir d'équipages en exécution du décret du 22 avril 1811.
Corps d'observation de l'Elbe"
RÉGIMENTS |
Bataillons de guerre |
OBSERVATIONS. |
21e de ligne * |
5 |
D'après un décret du 11 février 1811, les seize régiments désignés par l'astérisque ont été pourvus de chevaux, selles et harnais, pour les pièces et voitures ci-après : 1° 4 pièces d'artillerie; 6 caissons de munitions à canon; 4 - à cartouches; 1 forge de campagne; --- 15 voitures d'artillerie (75 chevaux). 2° 1 caisson d'ambulance; 1 - de comptabilité; 4 - des vivres ; --- 6 caissons d'administration (24 chevaux). Il leur a été donné en outre les moyens de se pourvoir des chevaux, selles et harnais, pour un caisson de munitions à cartouches et d'un caisson des vivres pour un 5e bataillon de guerre. Les 127e, 128e et 129e, ainsi que le corps de Portugais, ont été exceptés, jusqu'à nouvel ordre, de ceux qui de vaient avoir des équipages à leur suite, par une lettre de Sa Majesté en date du 2 mai dernier. L'Empereur a décidé aussi que le 33e de légère n'aurait que les équipages déterminés par le décret du 11 février. |
(Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 2, Lavauzelle, page 362).
Le 14 juin 1811, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, donnez ordre de faire réunir à Walcheren en 4 détachements les 11 compagnies des 5es bataillons des régiments de l'armée d'Allemagne qui sont dans l'île de Walcheren, savoir :
... 3e détachement les compagnies du 12e et du 21e
... Le général Gilly passera la revue de ces détachements et complétera les compagnies qui les composent à 150 hommes en prenant les meilleurs sujets des 1er et 2e bataillons du régiment de Walcheren. Tous les malades seront effacés du contrôle des compagnies et rentreront dans les cadres du régiment de Walcheren. Ces détachements s'embarqueront à Veere pour se rendre à Willemstadt ou à Gertruydenberg.
... Le 3e détachement partira le 24 ou le 25.
Vous aurez soin d'ordonner que les contrôles de ces compagnies soient faits en ordre avec le lieu de naissance et le signalement bien spécifiés. Ces détachements ne débarqueront qu'à Gertruydenberg. De là, ils passeront le Rhin à Gorcum et seront dirigés par la gauche du Rhin sur le quartier général de la division du corps d'observation de l'Elbe dont font partie les régiments auxquels ils appartiennent. À leur arrivée, ces bataillons seront dissous ; les cadres rentreront en France ; les hommes seront incorporés par égale partie dans les 3 bataillons de guerre du régiment.
Vous donnerez l'ordre aux cadres des 6es compagnies du 6e bataillon du 13e léger, 17e de ligne, 30e de Ligne, 61e, 33e de ligne, 48e, 111e, 7e d'infanterie légère, 12e, 21e, 57e, 85e et 108e de se rendre dans l'île de Walcheren pour recevoir chacun 150 hommes, ce qui fera l'emploi de 1 950 hommes, tous ces hommes seront habillés par le dépôt du régiment de Walcheren. On aura soin de placer dans ces compagnies les hommes qui sont déjà depuis longtemps dans le régiment de Walcheren et dont on peut être le plus sûr. On ne mettra de nouveaux conscrits que dans les cadres d'infanterie légère pour ne pas défaire les habits. Ces 13 compagnies devront être prêtes à partir du 20 au 30 juillet pour se rendre en Allemagne.
... Donnez ordre aux commandants de la gendarmerie dans les 25e, 17e et 24e divisions militaires d'envoyer des officiers pour suivre ces détachements, de prendre toutes les dispositions convenables et de redoubler de surveillance pour prévenir la désertion. Si ces mesures réussissent, mon intention est de compléter de cette manière les bataillons de guerre du corps d'observation de l'Elbe, de sorte qu'au 1er août, tous ces bataillons de guerre soient portés au-delà du complet de 840 hommes, les malades non compris" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 4, lettre 5608 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27312; Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 2, Lavauzelle, page 364).
Le 4 juillet 1811, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, donnez ordre que les 4e et 6e bataillons du 13e léger reçoivent tout ce qui est disponible dans le 5e bataillon et se complètent chacun à 700 hommes. Donnez le même ordre pour les 17e léger, 7e léger et les 30e, 33e, 48e, 12e, 21e, 85e, 108e, 61e, 111e et 57e de ligne. Les 6es bataillons du 15e léger et du 25e de ligne seront complétés à 840 hommes. Ces 28 quatrièmes et 6es bataillons se mettront en marche du 15 au 25 juillet, parfaitement habillés et équipés et se dirigeront sur Wesel et de là sur leurs régiments respectifs dans la 32e division militaire. Les 2 bataillons de chaque régiment marcheront sur une seule colonne. Vous enverrez un officier général à Wesel afin qu'à leur passage par cette ville, chacun de ces bataillons soit passé en revue et que l'on constate leur bon état, l'état de leur habillement, équipement, leur nombre, les places vacantes, etc. Les 2 bataillons du 7e léger s'embarqueront sur le Rhin à Huningue ; les bataillons qui sont à Strasbourg, Mayence, Spire s'embarqueront sur le Rhin jusqu'à Wesel. Le général Compans pourrait être chargé de passer cette revue : il devra être rendu le 25 juillet à Wesel ..." (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 4, lettre 5731 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27526; Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 3, Lavauzelle, page 24).
Le 7 juillet 1811, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, donnez ordre que les compagnies des 17e, 108e, 12e, 48e, 21e, 30e, 33e et 61e de ligne, complétées par des conscrits réfractaires de l'île de Walcheren formant 8 compagnies ou 1200 hommes, partent de l'île de Walcheren du 15 au 20 juillet pour se rendre à Hambourg. Ces 1200 hommes seront incorporés à Hambourg dans les différents régiments. Les compagnies des 85e, 57e et 111e partiront du 25 au 30 juillet et les 4 compagnies des 7e et 13e légers au plus tard le 10 août. Ainsi ces 2250 hommes seront arrivés en Allemagne dans le courant du mois d'août, ce qui avec les 1600 hommes des 11 premières compagnies et les 1800 hommes des deux bataillons des îles de Gorée et Schouwen fera un renfort de 5600 hommes. Il ne manquera donc plus pour les régiments de l'armée d'Allemagne que 3 000 hommes pour être portés au grand complet" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 4, lettre 5750 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 27568 ; Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 3, Lavauzelle, page 34).
Le 8 juillet 1811, le Prince d'Eckhmül écrit, depuis Hambourg, à l'Empereur : "Votre Majesté m'ayant fait connaître, par sa lettre du 7 mai, qu'Elle désirait savoir combien avaient d'années de service les capitaines, lieutenants et sous-lieutenants de l'armée d'Allemagne, ainsi que les sergents et caporaux, j'ai l'honneur de lui adresser le travail que j'ai fait faire pour remplir ses intentions. Il est fait par régiment. Elle verra que tous les cadres sont composés de vieux militaires ayant plus ou moins d'années de service" (Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 3, Lavauzelle, page 37). Le tableau qui accompagne cette lettre, intitulé « Armée d’Allemagne, Etat sommaire des Officiers et Sous-officiers, indiquant le nombre de leurs années de service en juillet 1811 », donne pour le 21e de Ligne : 1 Colonel, 20 ans ; 1 Chef de Bataillon 29 ans, 2 Chefs de Bataillon 19 ans ; 1 Adjudant-major 19 ans, 1 Adjudant-major, 17 ans, 1 Adjudant-major 12 ans ; 1 Officiers payeur 19 ans ; 1 Officier porte-aigle 17 ans ; 1 Capitaine 24 ans, 5 Capitaines 20 ans, 7 Capitaines 19 ans, 1 Capitaine 18 ans ; 1 Lieutenant 20 ans, 1 Lieutenant 19 ans, 1 Lieutenant 18 ans, 1 Lieutenant 17 ans, 1 Lieutenant 13 ans, 2 Lieutenants 12 ans, 1 Lieutenant 10 ans, 1 Lieutenant 8 ans, 1 Lieutenant 6 ans, 1 Lieutenant 5, 3 Lieutenants 4 ans ; 1 Sous-lieutenant 20 ans, 3 Sous-lieutenants 19 ans, 1 Sous-lieutenant 18 ans, 1 Sous-lieutenant 17 ans, 4 Sous-lieutenants 13 ans, 2 Sous-lieutenants 12 ans, 1 Sous-lieutenant 11 ans, 2 Sous-lieutenants 9 ans, 1 Sous-lieutenant 6 ans, 1 Sous-lieutenant 4 ans, 1 Sous-lieutenant 3 ans, 1 Sous-lieutenant 2 ans ; 1 Adjudant sous-officier 17 ans, 1 Adjudant sous-officier 13 ans, 2 Adjudants sous-officier 12 ans, 2 Adjudants sous-officiers 8 ans ; 2 Sergents-majors 18 ans, 2 Sergents-majors 13 ans, 2 Sergents-majors 12 ans, 1 Sergent-major 10 ans, 1 Sergent-major 9 ans, 2 Sergents-majors 8 ans, 3 Sergents-majors 7 ans, 2 Sergents-majors 6 ans, 3 Sergents-majors 5 ans, 1 Sergent-major 3 ans, 1 Sergent-major 2 ans ; 1 Sous-officier porte-aigle 18 ans, 1 Sous-officier porte-aigle 17 ans ; 2 Sergents 20 ans, 1 Sergent 19 ans, 8 Sergents 18 ans, 12 Sergents 17 ans, 2 Sergents 13 ans, 10 Sergents 12 ans, 3 Sergents 10 ans, 3 Sergents 9 ans, 6 Sergents 8 ans, 8 Sergents 7 ans, 6 Sergents 6 ans, 8 Sergents 5 ans, 5 Sergents 4 ans, 1 Sergent 3 ans, 1 Sergent 1 an ; 1 Fourrier 8 ans, 14 Fourriers 5 ans, 2 Fourriers 4 ans, 2 Fourriers 3 ans ; 2 Caporaux 19 ans, 4 Caporaux 18 ans, 3 Caporaux 17 ans, 1 Caporal 16 ans, 3 Caporaux 13 ans, 4 Caporaux 12 ans, 1 Caporal 11 ans, 4 Caporaux 10 ans, 10 Caporaux 8 ans, 4 Caporaux 7 ans, 16 Caporaux 6 ans, 34 Caporaux 5 ans, 27 Caporaux 4 ans, 8 Caporaux 3 ans, 18 Caporaux 2 ans, 1 Caporal 1 an, 4 Caporaux 4 ans ( ?).
Le 26 juillet 1811, le Ministre de la Guerre adresse un rapport à l'Empereur : "Sire, j'ai eu l'honneur de rendre compte à Votre Majesté, par un rapport du 11 de ce mois, des ordres que j'avais donnés pour le mouvement des 4es et 6es bataillons destinés à rejoindre leurs régiments, employés au corps d'observation de l'Elbe.
J'ai en même temps informé Votre Majesté que j'avais ordonné à M. le maréchal prince d'Eckmuhl de former la 5e division de son corps d'armée, conformément aux ordres que Votre Majesté m'avait précédemment donnés à ce sujet.
M. le maréchal prince d'Eckmühl vient de me faire connaître que, d'après les intentions de Votre Majesté, il a donné les ordres nécessaires pour que les 4es et 6es bataillons fussent dirigés, à leur arrivée à Osnabrück, par la route la plus courte, sur leurs corps respectifs.
Il a joint à sa lettre le tableau de l'emplacement actuel des régiments d'infanterie du corps d'observation de l'Elbe, formés en cinq divisions ainsi qu'il suit, savoir :
... A Hanovre; il sera transféré à Magdebourg. 3e division, gal Gudin.
Le Clerc. 7e léger, à Hanovre; il ira à Magdebourg lorsque le 33e léger ira à Stettin;
Boyer. 12e de ligne, à Magdebourg;
Desailly. 21e - à Magdebourg; 129e - à Osnabrück.
A Stettin. 4e division, gal Dessaix.
A Stettin. 4e division, gal Dessaix.
Barbanègre. 33e léger, à Magdebourg; ira à Stettin lorsqu'on aura réponse du gouvernement prussien;
Friederichs. 85e de ligne, àStettin;
Le Guay 108e — à Stettin ...
M. le maréchal prince d'Eckmühl annonce que pour faire faire le moins de mouvements possible, il laisse provisoirement le 111e dans le Mecklembourg, jusqu'à l'arrivée du général Compans; que le 33e régiment d'infanterie légère doit aller à Stettin; mais comme il s'y trouve déjà trois régiments alliés, avec les 85e et 108e de ligne français, il croit devoir attendre que ces régiments alliés aient une destination, alors il enverra le 33e léger à Stettin et le 7e léger le remplacera à Magdebourg ...
M. le maréchal prince d'Eckmuhl me fait remarquer que, par la disposition actuelle des troupes, il lui sera facile de réunir chaque division quand il le jugera nécessaire.
J'ai cru devoir mettre ces détails sous les yeux de Votre Majesté" (Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 3, Lavauzelle, page 86).
Au commencement du mois d'août 1811, le Colonel du 21e de Ligne (Division Gudin) rend compte d'un fait qui prouve l'hostilité des Westphaliens à l'égard des troupes françaises : lors de son passage à Brunswick, des militaires de son Corps ont été attaqués sans aucun motif par des soldats du 4e Régiment d'infanterie westphalien. Il en est résulté une rixe dans laquelle cinq soldats français du 21e ont été blessés, dont trois grièvement. L'enquête fait ressortir que tous les torts proviennent des soldats westphaliens, sourdement poussés par les habitants. Ces militaires sont, du reste, punis sévèrement par le Général gouverneur, commandant à Brunswick (Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 3, Lavauzelle, page 376).
TABLEAU A de répartition dans les régiments d'infanterie du corps d'observation de l'Elbe des conscrits réfractaires et condamnés graciés, qui se rassemblent à Wesel et à Strasbourg (22 août 1811).
| Désignation des Corps | Force après l’arrivée des détachements de Walcheren, Gorée et Schouwen, et des 4es et 6es Bataillons | Manquant au complet de 4200, c’est-à-dire 140 hommes par Compagnie | Conscrits. Wesel : 2250 | Conscrits. Strasbourg : 4500 | Conscrits. Graciés : 626 | Effectif après l’incorporation | Observations |
| 21e de Ligne | 4097 | 103 | 300 | 300 | 40 | 4737 |
Le 30 août 1811, le Prince d'Eckmühl écrit, depuis Hambourg, à l'Empereur : "Sire, je m'empresse de satisfaire à la demande que Votre Majesté me fait par sa lettre du 25 de ce mois, pour connaître l'emplacement des cinq divisions du corps d'observation de l'Elbe et les lieux où sont les brigades et les bataillons ...
3e division, commandée par M. le général de division comte Gudin :
1re brigade, général Leclerc, 7e légère, 5 bataillons : à Hanovre.
2e brigade, général Boyer, 12e de ligne, 5 bataillons ; 3e brigade, général Desailly, 21e de ligne, 5 bataillons. A Magdebourg.
Cette division doit être toute réunie à Magdebourg.
Le départ du 7e léger a été retardé, parce que le 33e léger, qui appartient à la 4e division, est encore à Magdebourg, n'ayant pas eu d'ordre de l'envoyer à Stettin, où sont les deux autres régiments de cette division, et où il se trouve déjà trois régiments de la Confédération : Bade, Darmstadt et Berg ..." (Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 3, Lavauzelle, page 149).
Corps d'observation de l'Elbe, 1er septembre 1811.
3e Division, Général Gudin, à Hanovre : 7e Léger, 3 Bataillons; 12e de Ligne, 3 Bataillons; 21e de Ligne, 3 Bataillons; 25e de Ligne, 3 Bataillons (Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 1, Lavauzelle, page 306).
Corps d'observation de l'Elbe, 15 septembre 1811.
3e Division, Général Gudin, à Hanovre : 7e Léger, 5 Bataillons; 12e de Ligne, 5 Bataillons; 21e de Ligne, 5 Bataillons (Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 1, Lavauzelle, page 306).
Le 20 septembre 1811, le Prince d'Eckmühl écrit, depuis Hambourg, à l'Empereur : "Sire, Votre Majesté peut voir, par tous les rapports que j'ai l'honneur de lui adresser par ce courrier, que les préparatifs militaires des Prussiens prennent de jour en jour plus de couleur. Ce gouvernement me parait employer tous les moyens pour faire prendre le change; Votre Majesté en jugera par un article qui a été envoyé de Berlin, pour être mis dans le Correspondant.
Il est à désirer que M. le comte de Saint-Marsan ne se laisse pas abuser; car il me parait démontré que ce gouvernement se précipite dans l'abîme. Il me semble qu'il est très important, dans les commencements, de débuter avec vigueur pour désorganiser l'armée prussienne; en conséquence, il faut être le plus tôt possible sur l'Oder. Voici comment je compte remplir vos intentions.
Au premier avis, la division Friant, qui est à Rostock, se met en marche pour Stettin. J'y arriverai avec elle et la brigade Bordessoulle. Je mettrai en mouvement le 30e, qui est à Lubeck, le 111e, qui est dans le Lauenbourg, le 13e d'infanterie légère, le 17e et le 57e de ligne, qui se trouvent à Hambourg. Le 25e et le 61e, qui sont sur la rive gauche de l'Elbe, à une ou deux journées de marche de Hambourg, suivraient le mouvement. Je dirigerai toutes ces troupes sur Templin, par le Mecklembourg, et, suivant les circonstances, je les rejoindrai à Templin pour les diriger sur Berlin ou ailleurs.
Avec ces troupes, marcheraient le 8e de hussards et le 16e de chasseurs, que j'ai fait rapprocher de l'Elbe.
Ainsi, je me trouverai avoir sous la main douze régiments d'infanterie français et cinq régiments de cavalerie légère.
Dans le même moment, je ferai diriger sur Berlin le général Gudin, avec les 7e et 33e d'infanterie légère, 12e et 21e de ligne, qui, au premier avis de départ de M. de Saint-Marsan,ont l'ordre de se réunir à Magdebourg, ainsi que la division de cuirassiers du général Saint-Germain.
Étant de ma personne à Stettin, je saurai tout ce qui se passe et pourrai donner des ordres en conséquence, parce qu'il importe de ne pas perdre de temps et de mettre toute la vigueur nécessaire, afin que la plus grande partie de l'armée prussienne soit désarmée avant qu'elle ait pu passer la Vistule.
Ma crainte est, je le répète à Votre Majesté, que M. le comte de Saint-Marsan ne se laisse abuser. Cette crainte est fondée sur ce que M. de Saint-Marsan m'a exactement informé de tous les mouvements que les Prussiens ont faits sur la côte pendant le mois d'avril, et que depuis tous ces derniers mouvements, qui sont authentiques, il ne m'a donné aucun avertissement.
Je désirerais que Votre Majesté me donnât des instructions dans l'hypothèse où M. de Saint-Marsan prolongerait son séjour à Berlin et où les Prussiens continueraient leurs mouvements et armements.
J'ai écrit à Dresde, afin qu'aussitôt que la nouvelle du départ de M. de Saint-Marsan de Berlin sera arrivée, l'armée saxonne se porte et se masse sur Glogau,
Arrivé à Stettin, je prendrai des mesures pour qu'aucun des Prussiens qui sont entre l'Elbe et l'Oder ne puisse repasser ce dernier fleuve" (Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 3, Lavauzelle, page 196).
Le 31 octobre 1811, le Prince d'Eckmühl écrit, depuis Brunswick, à l'Empereur : "Sire ... Je partirai cette nuit pour Magdebourg, pour y passer l'inspection des 12e et 21e de ligne" (Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 3, Lavauzelle, page 253).
Le "TABLEAU DE L'EMPLACEMENT DES TROUPES FRANÇAISES, WESTPHALIENNES, SAXONNES, POLONAISES, PRUSSIENNES ET RUSSES A L'ÉPOQUE DU 25 NOVEMBRE 1811" indique pour la 3e Division du Corps d'Observation de l'Elbe, que le 21e de Ligne a ses 5 Bataillons à Magdebourg (Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 3, Lavauzelle, page 329).
Le 29 novembre 1811, le Prince d'Eckmühl écrit, depuis Hambourg, à l'Empereur : "Sire, j'ai reçu la lettre de Votre Majesté du 24 novembre. Les explications qu'elle renferme ont été un grand soulagement pour moi.
La campagne de 1805 m'a démontré la nécessité, lorsqu'on a des troupes sur le pied de guerre, d'avoir des grands approvisionnements de souliers et effets de campement. Beaucoup d'hommes de ce corps d'armée et des autres sont restés en arrière faute de chaussure.
L'expérience a prouvé que tous les souliers qu'on faisait faire par entreprise étaient toujours d'une mauvaise qualité et d'un mauvais usage.
Aussi, depuis cette époque, j'ai pris les plus grandes précautions pour que les colonels eussent une réserve de trois paires de souliers pour l'effectif de leurs corps, indépendamment des trois paires que doit avoir chaque homme. Cela n'entraîne Votre Majesté à aucune dépense, puisque ce sont eux qui font confectionner ces souliers sur la masse de linge et chaussure.
Ces souliers sont faits avec soin et sont d'un bon service; plus ils sont conservés, meilleurs ils sont.
Dans la campagne de 1809, on avait eu cette précaution, qui a eu un plein succès. Pas un régiment n'a éprouvé un manque de chaussures.
Pour donner une idée à Votre Majesté de notre situation sous ce rapport, je lui adresse un état présentant la situation générale des quantités de souliers et effets de campement existant au 1er novembre.
Elle verra, par cet état, qu'il ne manque rien pour que chaque régiment ait six paires de souliers par homme, à raison de 140 hommes par compagnie, ou environ 22.000 paires de souliers.
Des ordres ont été donnés pour les faire confectionner et même pour porter le complet à 150 hommes par compagnie.
Les ordres ont été donnés aussi pour qu'on se procure le manquant au complet des autres objets.
Ce qui me fait entrer dans ces détails, Sire, c'est que dans l'hypothèse où le corps d'observation du Rhin, d'Italie, les autres corps et votre Garde seraient dans le cas de se porter sur l'Elbe, il serait essentiel que les commandants de ces corps eussent pris les mêmes précautions; sans cela, la chaussure manquera bien vite.
Bien entendu qu'en cas de marche du corps d'armée, les corps ne seraient pas embarrassés par ces grandes quantités de souliers qui seraient déposées dans les places de l'Oder, portées en avant suivant les circonstances et tirées suivant les besoins.
Je donne des ordres pour que le général Gudin envoie à Stettin le 12e ou le 21e de ligne qui est à Magdebourg. A son arrivée à Stettin, le général Liebert fera partir le 108e pour Custrin, d'où le 85e partira pour Glogau le jour de l'arrivée du 108e à Custrin
Je donne aussi les ordres pour que les bataillons des 19e et 46e soient envoyés à Magdebourg et casernés dans la citadelle autant que faire se pourra.
Ils feront peu de service. Un général sera chargé d'en prendre un soin particulier" (Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 3, Lavauzelle, page 354).
/ 1812, Russie
Le 1er janvier 1812, le 21e Régiment d'Infanterie de ligne a son Dépôt à Juliers (Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 1, Lavauzelle, page 14).
Le 2 janvier 1812, l'Empereur écrit au Général Lacuée, Comte de Cessac, Ministre directeur de l’Administration de la Guerre, à Paris : "Monsieur le Comte de Cessac, je vous envoie pour votre gouverne l’organisation de la Grande Armée. Le corps de l’Elbe formera deux corps. Il est nécessaire d’envoyer un ordonnateur à chaque corps et tout le personnel d’administration qui est indispensable. Présentez-moi un projet d’organisation. Comme je n’ai pas encore organisé en deux corps le corps d’observation de l’Elbe, envoyez-y tout double.
NOTE SUR L’ORGANISATION DE LA GRANDE ARMÉE.
La Grande Armée sera partagée en quatre corps : le corps d’observation de l’Elbe en fera deux; le corps d’observation de l’Océan en fera un ; le corps d’observation d’Italie en fera un autre.
La Grande Armée sera organisée en 15 divisions d’infanterie.
... 3e division : 17e léger, 5 bataillons; 12e de ligne, 5 bataillons; 21e de ligne, 5 bataillons; 127e de ligne, 2 bataillons; total, 17 bataillons ..." (Correspondance de Napoléon, t.23, lettre 18410 ; Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 29642; Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 3, Lavauzelle, page 475).
Le 23 janvier 1812, le Prince d’Eckmühl écrit, depuis Hambourg, à l’Empereur : "Sire, je reçois les deux lettres de Votre Majesté, du 19 janvier, où elle m'informe qu'aussitôt que je serai assuré de trouver une grande quantité de denrées coloniales dans la Poméranie, d'y entrer pour soutenir le système continental.
Par ma dépêche du 20, j'ai informé Votre Majesté que j'avais donné des ordres pour l'entrée de la division Friant et de la brigade Bordessoulle dans la Poméranie; ainsi tout est déjà en mouvement pour cela.
Voici les dispositions prises :
Le général Friant, avec toute sa division, et la brigade Bordessoulle entrent dans la Poméranie le 26, et le même jour, il sera fait partout simultanément les saisies de toutes les denrées coloniales qui se trouveront dans le pays.
La division Compans se met en mouvement; je ne serais plus à temps d'envoyer des contre-ordres, elle sera, du 26 au 30, entièrement rendue dans le Mecklembourg, ayant un régiment dans la Poméranie.
La brigade du général Castex est également en mouvement, elle aura un régiment dans le Mecklembourg et l'autre dans la Poméranie. Le général Bruyère sera de sa personne à Stralsund.
La 4e division, commandée par le général Dessaix, qui a son quartier général à Stettin, occupe Custrin et Glogau.
La 3e division, commandée par le général Gudin, a deux régiments, les 7e d'infanterie légère et 21e de ligne à Magdebourg; le troisième, le 12e de ligne, est déjà depuis longtemps à Stettin.
Le 127e va être mis en route pour la rejoindre, après avoir toutefois fait partir les cadres de son 3e bataillon.
La 1re division, commandée par le général Morand, a deux régiments à Hambourg et l'autre à Lubeck.
La 7e division est à Danzig ...
Les choses resteront dans cet état jusqu'à des ordres contraires de Votre Majesté" (Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 3, Lavauzelle, page 578).
Le 27 janvier 1812, le Général Romeuf écrit, depuis Hambourg, au Général Gudin : "M. le maréchal vient d'être informé que plusieurs cuirassiers et une vingtaine de soldats du train attachés à la 1re division ont été grièvement blessés par des habitants de Brunswick dans une émeute qui a eu lieu il y a quelques jours.
Comme de pareilles scènes se sont déjà plusieurs fois renouvelées et que les auteurs en sont restés impunis, Son Excellence est déterminée à faire un grand exemple : elle veut venger le sang français qui a coulé dans la dernière sédition et faire passer par les armes ceux qui y ont pris part.
Le général Saint-Germain a déjà reçu des instructions à cet égard; mais, pour éviter de nouvelles scènes, M. le maréchal veut mettre à sa disposition des forces importantes qui puissent effrayer et contenir les habitants de Brunswick. Vous voudrez bien, en conséquence, au reçu de ma lettre, faire partir, avec armes et bagages, le 21e régiment de ligne, qui devra être rendu à Brunswick dans trois marches. Les soldats recevront, avant leur départ, pour deux jours de vivres; ils auront à leur suite pour un jour de pain dans les caissons, et ils seront munis de 40 cartouches par homme.
Les gros bagages resteront à Magdebourg. Le général qui commande ce régiment aura tout simplement l'ordre d'être à la disposition du général Saint-Germain, qui connaît les intentions de Son Excellence.
On doit ignorer à Magdebourg la destination de ce régiment. Le général et le colonel seront les seuls qui en seront instruits.
Son Excellence suppose que ma lettre arrivera à Magdebourgle 30, que le régiment partira le 31 et qu'il sera rendu le 2 février à sa destination.
La marche du 21e doit être calculée d'après ces dispositions: rien ne peut la retarder. Le général Saint-Germain a reçu des ordres qui doivent être mis en exécution le 2 février et à l'accomplissement desquels le 21e doit concourir.
M. le maréchal ne saurait trop vous recommander d'exiger le plus grand secret, afin que ce mouvement ne donne aucun soupçon aux habitants de Brunswick. Il sera même nécessaire qu'on laisse croire aux officiers du 21e régiment qu'ils vont prendre des cantonnements dans les environs du gite qui précède Brunswick. De cette manière, ils ne sauront qu'au dernier moment le but de l'expédition.
Son Excellence vous prie d'indiquer au général Saint-Germain quelques officiers capables par leur instruction et leur fermeté d'être juges et rapporteurs.
M. le maréchal désire que, pendant l'absence du 21e de ligne, le 7e d'infanterie légère soit seul chargé du service de la place, sans qu'on ait besoin de recourir aux 4es bataillons, dont l'instruction réclame tous vos soins. Son Excellence est persuadée que, si le service est bien entendu, on peut avec 500 hommes fournir à tous les postes, ce qui laissera sept à huit nuits de repos aux soldats du 7e d'infanterie légère. On peut d'ailleurs suppléer au grand nombre de postes par des rondes. Il resterait donc encore une milice d'honneur pour ce qu'on appelle le piquet.
Je vous prie de vouloir bien m'accuser réception de cette lettre.
ROMEUF.
Le régiment prenant ses vivres avec lui, vous pourrez facilement, mon Général, régler ses marches ainsi qu'il vous conviendra.
L. R." (Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 3, Lavauzelle, page 620).
1er Corps d’Observation de l’Elbe, 31 janvier 1812
3e Division, Gudin.
7e Léger, 5 Bataillons; 12e de Ligne, 5 Bataillons; 21e de Ligne, 5 Bataillons ; 127e de Ligne, 2 Bataillons ; Artillerie, Génie et Train (Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 1, Lavauzelle, page 310).
Commandement du Maréchal Davout, Prince d'Eckmühl; 1er CORPS d’ARMÉE (encore dénommé : 1er CORPS D'OBSERVATION DE L'ELBE); 3e Division : Général Gudin :
7e Léger, 5 Bataillons, à Magdebourg; 21e de Ligne, 5 Bataillons, à Magdebourg; 127e de Ligne, 5 Bataillons, à Magdebourg; 12e de Ligne, 5 Bataillons, à Stettin; Artillerie, génie, équipages à Brunswick et Gross-Ottersiebren (Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 4, Lavauzelle, page 575).
Le 13 février 1812, Berthier écrit, depuis Paris, à l'Empereur : "Sire, conformément aux dispositions dont Votre Majesté m'a donné connaissance, j'ai l'honneur de lui proposer de donner les ordres ci-après savoir :
1° à M. le maréchal prince d'Eckmühl, de porter son quartier général de Hambourg à Stettin, de manière à ce qu'il y soit rendu le 1er mars;
- La distance étant de treize journées, il doit partir le 18 février pour arriver le 1er mars à Stettin -
de faire réunir sur-le-champ à Magdebourg, toute la portion de la division Gudin qui n'est pas à Stettin; cette portion consiste dans les 7e léger, 21e et 117e régiments de ligne, qui sont déjà à Magdebourg ou aux environs ; de faire réunir également à Magdebourg la 1re division de cuirassiers (général Saint-Germain) qui est à Halberstadt, Brunswick et Hildesheim ....
Ainsi, le 22 février, cette division serait réunie à Magdebourg et le général Gudin pourrait dès lors commencer son mouvement sur Stettin ..." (Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 4, Lavauzelle, page 190).
Le Général Romeuf, Chef d'Etat-major du 1er Corps d'observation de l'Elbe écrit, depuis Hambourg, le 26 février 1812, au Général Gudin, commandant la 3e Division d'Infanterie, à Magdebourg : "J'ai eu l'honneur de vous écrire hier pour vous annoncer que la 3e division devait se tenir prête à marcher et que la division de cuirassiers, sous les ordres du général Saint-Germain, et la brigade de cavalerie légère du général Piré devaient être rendues à Magdebourg le 1er mars et être à votre disposition jusqu'à nouvel ordre.
J'ai l'honneur de vous faire connaitre aujourd'hui que l'intention de M. le Maréchal est que vous partiez de Magdebourg le 2 mars avec vos trois régiments d'infanterie, la division Saint-Germain, la brigade Piré, l'artillerie de votre division et tout ce qui en dépend pour vous rendre à Stettin, où vous arriverez le 11 mars en suivant la route et les gites d'étapes.
La brigade Piré, le 7e d'infanterie légère et une batterie d'artillerie à cheval ouvriront la marche. Le reste de l'infanterie, les 21e et 127e de ligne marcheront ensuite avec la division Saint-Germain, laissant entre ces corps l'intervalle nécessaire pour la facilité de la marche.
M. le Maréchal désire que vous preniez en partant du pain pour quatre jours, dont pour trois jours dans les sacs ct pour un jour dans les caissons : cela n'empêchera pas qu'à partir de la seconde station les vivres ne soient distribués tous les jours, de manière que la troupe ait toujours trois jours de pain d'avance.
La cavalerie prendra pour deux jours d'avance et pour un jour de fourrages.
Toute l'infanterie sera complétée à 50 cartouches par homme et à 4 pierres à feu, la cavalerie à 30 cartouches.
Le bataillon des ouvriers de la marine, dont j'ai eu l'honneur de vous parler il y a quelque temps, sera vraisemblablement arrivé avant votre départ à Magdebourg; l'intention du prince est qu'il suive votre mouvement.
Vous voudrez bien laisser vos malades à Magdebourg avec un officier pour chaque régiment, qui sera chargé de surveiller leur traitement et de régler leur départ.
Les malades ne rejoindront jamais que par détachement de 15 ou 20 individus, à mesure qu'ils seront rétablis. M. le Maréchal entend qu'il leur soit fourni des moyens de transport pour rejoindre leurs bataillons, et l'officier de chaque corps qui sera laissé s'occupera de la réunion et de l'organisation de ces détachements, et de leur assurer les voitures nécessaires suivant leur force. Il vous rendra compte de la manière dont les malades sont traités et du départ des détachements qu'il expédiera après s'être assuré du rétablissement des hommes et après avoir pris les ordres de M. le Gouverneur.
Le département du Weser devant diriger sur Magdebourg le nombre de conscrits nécessaires pour porter les deux bataillons du 127e au complet de 137 hommes par compagnie, ainsi que j'ai déjà eu l'honneur de vous en instruire, il sera nécessaire que le colonel de ce régiment laisse un officier pour recevoir ces conscrits, ainsi que les effets de première mise qu'il a dû conserver pour eux lors de la formation de son dépôt et même, si vous le jugez utile, quelques sous-officiers pour les conduire aux bataillons de guerre.
M. le Maréchal a ordonné qu'à compter d'aujourd'hui une estafette partirait tous les jours de Hambourg pour Magdebourg. J'aurai l'honneur de vous adresser plus tard des instructions sur la conduite que vous devez tenir avec la Prusse, quand M. le Maréchal me les aura fait connaitre.
Son Excellence vous recommande de faire observer la plus exacte discipline et de faire justice dans les 24 heures de tous les excès commis par des individus de l'armée, de même que de ceux qui seraient commis par les habitants qui se rendraient coupables de délits envers l'armée, tel que l'embauchage, etc.
Il est inutile d'ajouter que vous devez vous garder militairement et vous faire précéder par des officiers envoyés en avant pour assurer les vivres, les logements, les fourrages et les moyens de transport.
M. le Maréchal désire qu'il soit donné des bons pour les fournitures qui seront laites à vos troupes pendant la marche.
ROMEUF.
P. S. - Je dois vous prévenir que le grand bureau des postes établi à Brunswick reçoit l'ordre de se porter sur Magdebourg, où il arrivera le 1er mars. Il suivra votre mouvement. M. le Maréchal vous invite à lui en donner l'ordre" (Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 4, Lavauzelle, page 295).
Le 27 février 1812, le Maréchal Davout écrit, depuis Hambourg, au Prince de Neuchâtel, Major général de la Grande Armée : "Monseigneur, la dépêche de Votre Altesse, datée du 21 février, par laquelle elle m'a transmis les ordres de l'Empereur pour la marche du 1er corps et de la réserve du général Nansouty sur Stettin, m'est parvenue le 25, à neuf heures du soir.
Des ordres ont été expédiés dans la nuit aux corps les plus éloignés, dont le mouvement est combiné avec celui des autres troupes ; mais quelque promptitude qui ait été mise dans l'exécution, il est impossible que la réunion aux environs de Stettin soit opérée le 10.
La division Saint-Germain n'a pu recevoir, à Brunswick, les ordres qui la concernent avant le 27 à midi. Elle partira le 28 pour se rendre en trois marches à Magdebourg, où elle arrivera le 1er mars.
Il était également impossible que la brigade Pire dont un régiment occupait Salwedel, fût réunie à Magdebourg avant la même époque. La division Gudin, dont le mouvement doit se faire de concert avec celui de cette cavalerie, ne peut, en conséquence, le commencer avant le 2. Cette colonne, composée de deux régiments du général Piré, de trois régiments du général Saint-Germain, des 7e d'infanterie légère, 21e et 127e de ligne, ne sera rendue à Stettin que le 11 ; elle sera le 10 à Locknitz ..." (Mazade C. (de) : « Correspondance du Maréchal Davout, prince d'Eckmühl : ses commandements, son ministère, 1801-1815 », t. 3, p. 320, lettre 1021; Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 4, Lavauzelle, page 308).
Le 29 févier 1812, Davout écrit, depuis Hambourg, au Général Gudin : "Je vous ai fait connaitre hier, mon cher Général, que j 'attendais des instructions sur la conduite à tenir envers la Prusse; je ne les ai pas encore reçues, mais je sais que l'Empereur regarde ses relations comme assez amicales. Dans la supposition où vous ne recevriez rien avant votre départ, voici les instructions que je crois devoir vous donner.
Vous suivrez l'itinéraire qui vous a été adressé par le chef d'état-major. C'est la route militaire établie par les conventions entre Stettin et Magdebourg; ainsi nous sommes parfaitement en règle à cet égard-là.
Il faut que toutes les troupes qui marchent sous vos ordres, qui sont celles du général Saint-Germain, du général Piré, votre infanterie et le bataillon d'équipages de marine qui doit être à Magdebourg, marchent ensemble, d'après les dispositions suivantes :
Le général Piré, avec votre artillerie légère, formera votre avant-garde; elle sera toujours à une heure de marche en avant.
Trois bataillons du 21e de ligne, le 127e, le bataillon d'ouvriers de la marine, un régiment de cavalerie du général Saint-Germain et votre artillerie formeront votre 2e colonne, qui sera à une heure de marche de l'avant-garde ; vous vous tiendrez de votre personne à cette seconde colonne.
Le général Saint-Germain, avec ses deux autres régiments et les deux derniers bataillons du 21e avec tous les bagages, formerait votre 3e colonne ou arrière-garde. Mettez le plus grand ordre dans la marche des bagages. Il devra y avoir en avant d'eux un régiment de cavalerie et un bataillon du 21e, et en arrière de ces bagages l'autre bataillon du 21e et l'autre régiment de cavalerie avec l'artillerie légère du général Saint-Germain.
On marchera très militairement et on cantonnements très resserrés.
Ainsi, par exemple, votre avant-garde peut cantonner à une lieue ou deux en avant de Bourg, la colonne où vous serez à Bourg et la colonne du général Saint-Germain a une lieue ou deux en arrière de Bourg.
On établira des gardes et toutes les troupes communiqueront par des patrouilles, etc.; on aura des points de ravitaillement.
Le 2e gîte vous marcherez de la même manière et ainsi de suite en prenant votre quartier général dans le gîte même, afin que je sache bien où vous trouver pour vous adresser des ordres.
Vous vous ferez fournir par les autorités les moyens de transport de gîte en gîte pour relever ceux que vous auriez eus à Magdebourg. Vous feriez des exécutions militaires s'il y avait de la mauvaise volonté. Vous aurez dû partir de Magdebourg avec quatre jours de pain et deux jours de viande; il faut que dès le second gîte les vivres soient fournis par les autorités locales. Par ce moyen, vous aurez toujours trois jours de pain d'avance et un jour de viande.
Vous ferez observer, dans les troupes de toute arme, la plus forte et la meilleure discipline. Vous ferez juger prévôtalement tout militaire qui commettrait un délit envers les habitants, mais aussi vous ferez punir de même tout excès des habitants envers la troupe.
Vous déclarerez que, nos gouvernements étant mutuellement dans des dispositions amicales, vous traversez amicalement le pays; mais que si l'on vous opposait la moindre résistance, vous deviendriez ennemi.
Le nombre de troupes sous vos ordres, notre position et le peu de forces des Prussiens entre l'Oder ct l'Elbe ne pourraient non seulement vous arrêter, mais même vous inquiéter.
Dans cette hypothèse, vous n'auriez qu'à couvrir vos flancs du côté de Spandau el de Berlin; vous feriez marcher vos équipages sur votre gauche avec quelques escortes et vous marcheriez entre ces places et vos équipages.
Dans le cas où il se commettrait des hostilités, vous en avertiriez le général Michaud, qui ferait prévenir le duc de Reggio qui arrive le 5 mars à Magdebourg avec son corps. II en préviendrait aussi le général Doumerc qui arrive avec sa division sous les ordres du duc de Reggio. Vous m'en informeriez aussi. J'aurai mon quartier général : le 4 mars à Schwerin, le 5 à Gustrow, le 6 à Neu-Brandenbourg, le 7 à Woldeck ou Passewalck, le 8 ou le 9 à Stettin.
La division Morand suit cette même marche.
Le général Compans, avec sa division, sera à Anclam le 3 mars et à Stettin le 7. Il marche avec trois régiments de cavalerie légère.
Le général Friant, avec sa division, sera à Stettin le 9.
Trois régiments de cuirassiers se trouveront le 5 à Sternberg, le 6 à Gustrow, le 7 à Malchin, le 8 à Neu-Brandenbourg, le 9 à Woldeck et le 10 à Passewalck.
Vous voyez que j'aurai sous la main une grande quantité de troupes et que votre gauche est bien assurée.
Je ne suppose pas que vous soyez dans l'obligation de m'écrire en chiffres, bien convaincu que vous ne trouverez que des amis; mais vous ferez bien de laisser au général Michaud une copie de celui ci-joint.
Vous m'enverriez vos dépêches par un parti. Vous pourriez aussi en charger un propriétaire, en lui luisant connaitre que si votre dépêche ne me parvenait pas avec sûreté, vous feriez brûler ses propriétés.
Vous aurez soin de donner tous les jours de vos nouvelles au général Michaud. Vous pourriez lui faire connaitre que vous êtes arrivé tel jour à tel endroit et qu'il n'y a rien de nouveau. S'il y avait quelque chose de nouveau, vous chargeriez le maitre de poste de faire passer les dépêches sous sa responsabilité. Vous feriez aussi, en cas d'événement, donner des nouvelles au général Liébert, en vous servant du chiffre qu'il a déjà.
Je vous donne communication de la route de poste que je suis, afin que les officiers que vous m'enverriez puissent prendre des renseignements. Tout ceci est pour vous seul, puisque vous avez dû faire courir le bruit de mon arrivée à Magdebourg.
Je vous envoie une série de mots d'ordre jusqu'au 10 mars. Vous ne donnerez le mot d'ordre que le jour même à chaque marche et jamais d'avance.
La ration quo reçoit le soldat en Prusse est déterminée par les conventions. Demandez-en communication au général Michaud. Les officiers vivront chez leurs hôtes, excepté les officiers supérieurs qui vivront à leurs dépens. Recommandez qu'on ne soit pas exigeant.
Réunissez chez vous les généraux Saint-Germain et Piré pour leur donner des instructions détaillées, afin de mettre beaucoup d'ensemble dans votre marche.
Le général Michaud ne laissera jusqu'à nouvel ordre passer personne de la rive gauche à la rive droite et interceptera toute communication pour empêcher qu'on sache les mouvements qui se font sur nos derrières" (Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 4, Lavauzelle, page 298).
Le même jour, le Général Romeuf, Chef d'Etat-major, informe le Général Gudin qu'une modification est apportée à la destination de la 3e Division qui devra s'arrêter à Prenzlow, au lieu de se rendre à Stettin (Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 4, Lavauzelle, page 300).
Commandement du Maréchal Davout, Prince d'Eckmühl au 1er mars 1812; 1er CORPS d’ARMÉE (encore dénommé : 1er CORPS D'OBSERVATION DE L'ELBE); 3e Division : Général Gudin :
7e Léger, 5 Bataillons, à Magdebourg; 21e de Ligne, 5 Bataillons, à Magdebourg; 127e de Ligne, 5 Bataillons, à Magdebourg; 12e de Ligne, 5 Bataillons, à Stettin (Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 4, Lavauzelle, page 596).
La 3e Division part le 2 mars 1812 (Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 4, Lavauzelle, page 596).
Le 6 mars 1812, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke : "Monsieur le duc de Feltre ... Le détachement du 17e de ligne, ainsi que ceux des 25e de ligne, 13e léger, 21e, 85e, 111e, 30e, 48e, etc., etc., et en général de tous les régiments qui appartiennent au 1er corps, formeront un ou deux bataillons de marche, chaque bataillon fort de 1.000 hommes. Ces bataillons recevront une organisation provisoire, afin d'être en état de se ployer ou de se déployer dans leur marche ..." (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 5, lettre 6890 ; Correspondance générale de Napoléon, t.12, lettre 30138; Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 4, Lavauzelle, page 391).
La 3e Division est à Partz, Pyrlitz et Stettin le 10 mars 1812 (Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 4, Lavauzelle, page 596).
Le 11 mars 1812, le Major général adresse, depuis Paris, un rapport à l'Empereur : "Sire, le ministre de la guerre vient de m'annoncer qu'il a donné des ordres pour faire former les bataillons de marche ci-après désignés, qui sont destinés à rejoindre la Grande Armée, savoir :
... Bataillon de marche à Wesel :
(Pour le 1er corps) 1. comp. formée des détachements des 21e et 48e de ligne, 110 hommes, à Mayence les 14 et 18 mars.
(Pour le 1er corps) 1 comp. formée du détachement du 108e de ligne, 180, id. le 18 mars.
(Pour le 2e corps) 1 comp. formée du détachement du 56e, 100, id. le 12 mars.
(Pour le 3e corps) 1 détach. du 72e de ligne, 15, id. le 18 mars.
Total du bataillon de marche 405 hommes environ.
Ce bataillon doit être réuni le 18 mars à Wesel; il pourrait s'y reposer le 19, en partir le 20 et se diriger sur Magdebourg; la compagnie du 56e régiment y rejoindrait son corps; les compagnies des 21e, 48e et 108e seraient envoyées de là à Stettin pour y rejoindre le 1er corps, et le détachement du 72e serait envoyé à Leipzig pour rejoindre le 3e corps ...
Je prie Votre Majesté de me faire connaitre si Elle m'autorise à expédier ces ordres de mouvement. Le ministre de la guerre m'annonce qu'en ordonnant la formation de ces bataillons de marche, il a donné les ordres les plus précis pour que les divers détachements fussent bien armés, équipés et habillés, afin qu'ils puissent partir de Mayence, Wesel et Strasbourg en très bon état.
ALEXANDRE.
Décision de l'Empereur : Diriger tous ces bataillons sur Magdebourg. Vous les porterez dans les différents états, de manière que je connaisse le jour où ils arrivent.
Paris, le 13 mars 1812.
NAPOLEON" (Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 4, Lavauzelle, page 393).
Le Général Romeuf, Chef d'Etat-major général, écrit, le 25 mars 1812, depuis Stettin, au Général Gudin, commandant la 3e Division du 1er Corps d'armée : "Mon Général, j'ai l'honneur de vous prévenir que l'intention de M. le maréchal est que les troupes de votre division partent de leurs cantonnements actuels avec armes et bagages pour se diriger sur Thorn, Culm et environs, en se conformant à l'itinéraire et au projet de cantonnements ci-joints.
Les quatre régiments de votre division marcheront à un jour de distance l'un de l’autre; le bataillon de Strélitz avec celui des régiments que vous désignerez, autre que le 127e.
La réserve d'artillerie, composée de 12 pièces de 12 et 4 obusiers, sera attachée à votre division jusqu'à nouvel ordre; elle marchera avec le 21e régiment. M. le général Pernetty est invité à vous en faire connaitre la composition, soit pour le personnel, soit pour le matériel, afin que vous puissiez comprendre cette réserve suivant sa force dans les ordres que vous aurez à donner pour les vivres et fourrages de votre division. Vous pourrez faire marcher votre artillerie légère avec le 7e régiment léger et l'artillerie de ligne avec le 12e de ligne.
Vous marcherez avec telle colonne qu'il vous conviendra, mais je vous prie de me faire connaitre votre décision à cet égard dans les 24 heures.
Des ordres ont été donnés pour qu'il se trouve des approvisionnements en vivres, fourrages et viande sur pied, dans chaque gîte d'où il en sera versé sur les cantonnements qui seront désignés autour du chef-lieu.
L'intention de M. le maréchal est que vous envoyiez à l'avance un commissaire des guerres, un officier d'état-major, six officiers et six sous-officiers par régiment, pour faire à l'avance préparer les subsistances et les fourrages, suivant les instructions que vous donnerez, dans les lieux qui seront désignés pour le logement des régiments. M. le maréchal entend que, dans chaque gîte, on arrête avec les autorités locales le placement ou les cantonnements de chaque colonne et qu'on prenne des mesures pour faire préparer dans les différents cantonnements la quantité de subsistance et de fourrages pour les troupes de la division qui doivent y arriver.
Ces dispositions arrêtées, l'officier d'état-major les enverra de suite au commandant de la 1re colonne, qui donnera, en conséquence, des ordres pour que les régiments et les bataillons soient dirigés directement sur leurs cantonnements sans faire de marches inutiles, et vous les transmettra afin que vous preniez les mêmes mesures pour la deuxième colonne.
Ce travail terminé au premier gîte, l'officier d'état-major désignera un officier et un sous-officier pour rester à ce gîte, y suivre l'exécution des mesures convenues, tant pour le lieu de gîte que pour les cantonnements désignés pour le logement des deux colonnes et continuera sa marche avec le commissaire dos guerres et les autres officiers et sous-officiers pour aller faire le même travail au gîte suivant. De chaque gîte l'officier d'état-major fera connaitre la répartition des cantonnements et les dispositions prises à l'officier qu'il aura laissé dans le gîte précédent, pour que celui-ci en informe chaque commandant de colonne et les chefs de corps à leur passage. Il laissera aussi un officier et un sous-officier à chaque gîte chargés de suivre l'exécution des mesures convenues, de recevoir son rapport au gîte suivant et de le transmettre ainsi qu'aux commandants des colonnes et des corps.
L'officier et le sous-officier laissés dans chaque gîte y resteront jusqu'à l'arrivée de la 2e colonne, en partiront avec elle et rejoindront leurs régiments. Les officiers et fourriers de logement de chaque troupe la précéderont toujours de 24 heures pour faire préparer les logements et les billets de logement et pour que les hommes n'attendent pas.
En arrivant au chef-lieu des différents arrondissements, des cantonnements à prendre sur la Vistule, l'officier d'état-major et le commissaire s'occuperont de prendre des mesures avec les autorités locales pour assurer les subsistances et pour la répartition des troupes dans leurs cantonnements.
Vous pouvez, mon Général, remettre à l'officier d'état-major envoyé en avant des projets de cantonnements rédigés d'après les cartes que vous avez. pour faciliter son travail.
Par ces mesures, les généraux de brigade connaissant d'avance les cantonnements de leurs brigades donneront leurs ordres de manière à éviter tout chemin inutile pour s'y rendre et à ce que les points de rassemblement pour le départ soient donnés aux différents bataillons dans le même sens pour éviter toute marche superflue.
M. le maréchal a fait disposer un hôpital à Deutsch-Crone où devront être envoyés les hommes qui tomberaient malades entre l'Oder et Schneidemülh.
Les troupes emporteront pour quatre jours de pain, dont trois jours dans le sac et un jour dans les caissons de bataillons; il est à désirer qu'elles puissent toujours conserver cette avance.
M. le maréchal vous recommande très particulièrement de tenir la main à ce que la meilleure discipline soit observée dans les marches et dans les gîtes. Il vous autorise à nommer une commission militaire pour juger dans les 24 heures tout soldat prévenu d'un délit envers les habitants ou tout habitant prévenu d'un délit envers l'armée, tel qu'embauchage, etc.
Je joins ici un ordre du jour dont vous voudrez bien donner connaissance aux troupes sous vos ordres.
Respect,
ROMEUF" (Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 4, Lavauzelle, page 526 - Note : L'itinéraire imposé à la 3e division passe par Pyritz, Bernstein, Friedberg, Driesen, Filhene, Schoenlanke, Schneidmühl, Grabionne, Wirsitz, Nackel et Bromberg. De Bromberg, l'itinéraire se modifie suivant les cantonnements assignés aux divers corps, qui doivent se diriger, les uns sur Thorn, les autres sur Culm et Culmsée, au delà du coude de la Vistule. Les colonnes, formées au nombre de quatre, doivent se succéder à un jour d'intervalle, dans l'ordre suivant : 1re colonne : quartier général de la division, administration, équipages militaires et sapeurs à destination de Thorn; 7e d'infanterie légère, qui doit se rendre à Culmsée et environs; 2e colonne : 12e de ligne, avec le bataillon de Strelitz et l'artillerie légère à destination de Thorn ; 3e colonne : 21e de ligne et destination de Culm, et artillerie divisionnaire qui doit se rendre à Thom ; 4e colonne : 127e de ligne et artillerie de réserve du corps d'armée qui doivent être cantonnés au delà de Bromberg, dans les villages sur la rive droite de la Vistule, en face de Fordon).
La 3e Division se remet en marche fin mars 1812 pour se rendre à Thorn (Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 4, Lavauzelle, page 596).
La "Situation du 1er Corps au 25 juin 1812", 3e Division, indique : 21e de Ligne, Colonel Teullé, 1er, 2e, 3e, 4e, 6e Bataillons, Artillerie ; 113 Officiers, 3.629 hommes, 36 chevaux d’Officiers, 106 chevaux de trait (Fabry G. : « Campagne de Russie (1812) – (11 août – 19 août), Paris, Gougy, 1903, Annexes p. 262).
Clarke écrit à Kellermann, depuis Paris, le 1er juillet (AG) : "J'ai eu l'honneur de faire connaître à votre excellence, par ma lettre du 30 mai dernier, les ordres que j'avais donnés pour l'envoi des détachements destinés à compléter soit à Wesel, soit à Mayence, divers cadres de régiments de l'île de Ré, de Belle-Ile, de Walcheren et 2e de la Méditerranée.
Il résulte des rapports qui me sont parvenus sur l'exécution de ces mouvements :
... Que le 2e bataillon de Walcheren a maintenant dans la même place : 164 fusiliers du 48e de ligne ; 190 du 108e ; 133 du 21e ; 165 du 44e (compris 36 qui arriveront le 5 juillet), et 172 du 72e de même arme, ce qui fera avec les 120 hommes du cadre, environ 940 hommes ...
Ces six bataillons se trouvant dès lors en état de se mettre en marche sur Spandau et Berlin conformément aux dispositions de ma lettre du 30 mai, je prie votre excellence :
1° de faire partir de Wesel le deuxième bataillon de Walcheren le 8 juillet et le troisième bataillon de Belle-Ile, le surlendemain 10, en Prescrivant au dépôt du 11e léger de donner tous ses hommes disponibles à ce dernier bataillon ; ces deux bataillons devront être dirigés sur Spandau suivant l'itinéraire ci-joint ...
Je prie, en même temps, votre excellence de me faire connaître le départ de ces troupes pour leur destination respective, de m'adresser leur situation détaillée sur les imprimés ci-joints, de faire donner sur les routes les avis nécessaires à qui de droit, et de donner avis de la marche de ces bataillons à son altesse sérénissime le prince de Neufchâtel ainsi qu'au général Durutte, chargé à Berlin du commandement de la 4e division de réserve dont ils doivent faire partie ..." (Fabry G. : « Campagne de Russie (1812) – (11 août – 19 août), Paris, Gougy, 1903, Annexes p. 97).
1re Division de réserve (Livret de l’Empereur, 1er juillet), Général de Division La grange.
2e Demi-brigade de marche, M. Dambrujac, Major en 2e.
1er Bataillon : 2 Compagnies du 5e Bataillon du 48e de Ligne, 3 Officiers, 326 hommes ; 2 Compagnies du 5e Bataillon du 108e de Ligne, 5 Officiers, 327 hommes ; 2 Compagnies du 5e Bataillon du 85e de Ligne, 1 Officier, 332 hommes.
2e Bataillon : 2 Compagnies du 5e Bataillon du 30e de Ligne, 6 Officiers, 332 hommes ; 2 Compagnies du 5e Bataillon du 33e de Ligne, 6 Officiers, 330 hommes ; 2 Compagnies du 5e Bataillon du 21e de Ligne, 5 Officiers, 321 hommes.
3e Bataillon : 2 Compagnies du 5e Bataillon du 57e de Ligne, 4 Officiers, 327 hommes ; 2 Compagnies du 5e Bataillon du 61e de Ligne, 6 Officiers, 329 hommes ; 2 Compagnies du 5e Bataillon du 111e de ligne, 6 Officiers, 320 hommes (Fabry G. : « Campagne de Russie (1812) – (11 août – 19 août), Paris, Gougy, 1903, Annexes p. 354).
Le 12 juillet 1812, le Général Mouton écrit, depuis Vilna, à l'Empereur (A N) : "En vertu des ordres de Votre Majesté, j'ai vu ce matin, à 6 heures, les hommes isolés des IIe et IIIe corps d'armée, ainsi que ceux des divisions Friant, Morand et Gudin, Dessaix, Compans et Claparède.
J'ai l'honneur de joindre ici le tableau qui est le résultat de cette opération, à laquelle on avait déjà travaillé antérieurement par suite des ordres du major général. Il y a de plus un détachement destiné à la division Grandjean,. dont le tableau mentionné indique également la force.
J'ai fait connaître que l'intention de Votre Majesté était que ces hommes fussent armés avant, leur départ, bon nombre ne l'étant pas nonobstant la grande quantité d'armes en mauvais état. J'ai aussi informé de la direction que Votre Majesté voulait qu'on leur donnât. On sait également qu'ils ne doivent pas partir avant le 14 et qu'il est nécessaire qu'ils emportent pour quatre jours de pain et cinquante cartouches par homme.
La santé de ces soldats paraît avoir souffert; on fait recevoir dans les hôpitaux ceux qui ne peuvent pas continuer leur marche. L'habillement, sans être mauvais, paraît tel par suite du défaut de surveillance et de la mauvaise tenue.
Le colonel, qui dirige ce dépôt, semble avoir des moyens, notamment dans les détails de comptabilité, mais pour opérer avec succès, il faudrait qu'il connût de quel corps d'armée font partie les hommes sous ses ordres, ou qu'un officier supérieur de l'état-major, qu'on lui adjoindrait; pût le lui dire.
Ces soldats ne reçoivent que la demi-ration de pain, et il est avantageux, je crois, de les réunir à leur corps le plus promptement possible. Le défaut d'officiers de troupes exigerait peut-être que l'on affectât quelques officiers d'état-major à la conduite de ces bataillons, rien ne nécessitant une surveillance plus active qu'une semblable réunion de soldats.
Il restera à ce dépôt quelques hommes disponibles qu'on pourra faire partir sous peu en les réunissant à ceux qui arrivent chaque jour" (Fabry G. : « Campagne de Russie (1812) – Supplément (24 juin – 10 août), Paris, Gougy, 1903, p. 73). La "Composition des bataillons de marche organisés aujourd'hui 13 juillet, d'après les ordres de l'Empereur" indique pour le 21e de Ligne (Division Gudin) : 42 Caporaux, tambours et soldats.
Le 9 août 1812, Davout écrit à Gudin (P G) : "... Le major général me prévient qu'il vient de vous envoyer l'ordre de faire construire six fours d'ici à trois jours. Informé que vous aviez ici quelques constructeurs du 21e régiment de ligne, je vous les renvoie. J'ai chargé l'ordonnateur de mettre à votre disposition une somme de cent éeus pour payer les ouvriers. Il ne faut pas hésiter, s'il manque des matériaux, de faire démolir quelques maisons en briques ..." (Fabry G. : « Campagne de Russie (1812) – Opérations militaires (1er – 10 août) Smolensk», Paris, Gougy, 1902, p. 507).
Le même 9 août 1812, Romeuf écrit, depuis Doubrovna, à Gudin (A G) : "Deux détachements de constructeurs appartenant au Ier corps et revenant de Vilna ont fait fausse route et sont arrivés à Doubrovna.
L'un est composé d'un caporal et de 13 hommes du 21e régiment et d'un sergent, un caporal et 24 hommes du 15e léger. M. le maréchal leur donne l'ordre de rentrer à leurs divisions respectives. Ils arriveront aujourd'hui à Babinovitschi où vous voudrez bien retenir le détachement du 21e régiment et diriger sur la 2e division le détachement du 15e léger. Si vous avez connaissance de quelques détachements égarés des 4e et 5e divisions, veuillez bien leur faire donner l'ordre de se rendre à Doubrovna.
M. le maréchal pense que l'arrivée de ces constructeurs vous sera fort utile pour presser l'établissement de vos fours" (Fabry G. : « Campagne de Russie (1812) – Opérations militaires (1er – 10 août) Smolensk», Paris, Gougy, 1902, p. 509).
Un rapport adressé au général Gudin nous indique la quantité de vivres que la Division touche. Le Commissaire des Guerres adjoint H. Blanchon écrit, le 9 août 1812, depuis Smolïanouï, au Général Gudin (A G) : "J'ai l'honneur de vous prévenir que, conformément à vos ordres je me suis rendu à Smolïanouï. Je me suis adressé à M. l'adjudant Briatte et M. le commissaire des guerres Guitter, je me suis informé des ressources qu'offraient le magasin du château, il en résulte qu'il existe les denrées suivantes mises à la disposttion de votre division.
Savoir :
... — 21e — 45 [Froment quint.] 240 [Seigle quint.] 95 [Orge boisseaux] 1.050 [Sel livres] 2.000 [Légumes livres] ...
Il n'existe plus d'avoine; la garde impériale et la maison de l'Empereur en ont disposé ; j'espère cependant, comme l'on découvre tous les jours de nouveaux magasins, pouvoir en obtenir que je ferai conduire à votre quartier général sur les voitures du parc auxiliaire.
J'eusse désiré, mon général, pouvoir vous donner des renseignements plus promptement, mais la distance est si forte et les chevaux, par conséquent, si fatigués que je n'ai pu faire partir l'ordonnance qu'après avoir fait prendre du repos à sa monture.
P.-S. — Les voitures des régiments sont arrivées aujourd'hui à 10 heures du matin" (Fabry G. : « Campagne de Russie (1812) – Opérations militaires (1er – 10 août) Smolensk», Paris, Gougy, 1902, p. 508).
A Smolensk, le 17 août 1812, au centre (Division Gudin), à 8 heures, les 6e et 4e bataillons du 21e et 1er du 127e relèvent les avant-postes du 12e ; le combat est assez violent pour forcer le Général Leclerc à engager une partie de sa brigade (Fabry G. : « Campagne de Russie (1812) – (11 août – 19 août), Paris, Gougy, 1903, p. 493).
A 1 heure de l'après-midi, à la gauche de la Division Morand, marche la Division Gudin conduite par le Maréchal Davout lui-même. Dans la matinée, la 3e Brigade (Gérard) a relevé aux avant-postes la 2e, avec les 4e et 6e bataillons du 21e et 1er du 127e. Pour l'attaque, la Division adopte la formation suivante : le 12e Régiment en bataille, ayant un Bataillon en avant de lui, en tirailleurs (très vraisemblablement le 6e du 21e) ; à hauteur des Tirailleurs de droite le 4e du 21e ; à gauche, le 1er Bataillon du 127e ayant en arrière le 2e bataillon du 127e en bataille avec ses deux pièces d'artillerie, ce Bataillon appuie la gauche du 12e ; les autres Bataillons du 21e de Ligne et du 7e Léger en échelons par Bataillon ; ceux du 21e en colonne par Division (très vraisemblablement le 21e devait être à gauche, puisqu'il s'intercalait entre le 12e et le 127e. Le 7e léger aurait donc été à droite). On marche dans cet ordre jusqu'aux premières maisons du faubourg ; remarquant que la Division n'occupe pas tout le front de la ligne ennemie et qu'il est possible aux Russes de la déborder sur la gauche, le Général Gérard fait appuyer le 127e dans cette direction : les deux Bataillons du 21e viennent remplir l'espace laissé libre par ce mouvement (d'après Gudin ; 1er du 21e, d'après Gérard). L'artillerie légère de la Division appuie le mouvement. La Division Dessaix prend position sur la route de Roslovl, la Division Compans remplace en réserve, la Division Dessaix au moulin à vent. Cette attaque combinée réussit à enlever tous les faubourgs, mais tous nos efforts se brisent net contre les murailles. Si l'on tient compte de ce que le Ve corps a également agi contre la porte Malakovka, il semblerait que les trois Divisions du 1er corps ont agi entre le bastion du roi et cette porte; c'est-à-dire contre le faubourg de Mstislavl (Fabry G. : « Campagne de Russie (1812) – (11 août – 19 août), Paris, Gougy, 1903, p. 495).
Le Rapport de Gudin sur la bataille de Smolensk indique (A G) : "... Le lendemain 17, dès la pointe du jour, le 7e d'infanterie légère, les 12e et 21e et 127e de ligne fournirent successivement des bataillons de service qui tiraillèrent toute la matinée avec l'ennemi.
Cette fusillade fut très vive, et à notre gauche où se trouvait le 7e léger, le général comte Leclerc fut obligé de faire engager une partie de sa brigade ; il repoussa avec succès les tentatives renouvelées de l'ennemi. A midi, l'attaque des faubourgs fut résolue ; la division reçut l'ordre de seconder le mouvement offensif du général comte Morand ; toutes les dispositions furent prises à l'instant. Le général Dessailly avec le 12e de ligne marcha en bataille droit au faubourg, ayant un bataillon détaché en tirailleurs devant lui ; un bataillon du 127e de ligne appuya la gauche du 12e ; le 21e de ligne et le 7e léger suivirent en échelons par bataillon. On marcha dans cet ordre jusqu'aux premières maisons qui étaient défendues à toute outrance et qui furent enlevées sans aucune hésitation ; une fois à cette hauteur, les deux bataillons du 127e régiment s'étendirent par leur gauche et laissèrent du terrain pour faire entrer en ligne deux bataillons du 21e. L'attaque sur l'ennemi continua avec toute la décision possible aidée par l'artillerie légère de la division qui faisait un feu des plus vifs. Les troupes culbutèrent tout ce qui s'opposait à leur passage, et elles arrivèrent au grand faubourg qui est parallèle à la ville et contigu au chemin couvert qui entoure la place ; elles se logèrent dans les premières maisons de ce faubourg ; une grande partie fut crénelée. L'ennemi rejeté dans Smolensk, les batteries de réserve canonnèrent la ville et mirent le feu dans plusieurs endroits ; la fusillade dura jusqu'à la nuit close.
Le 18, à 2 heures 1/2 du matin, les patrouilles du 21e annoncèrent que l'ennemi avait abandonné la ville. Je fis entrer de suite une compagnie de grenadiers pour garder la porte principale ; quelques instants après le 17e de ligne entra en ville ...
Dans l'engagement du 16 et dans le combat du 17, toutes les troupes de la division ont soutenu leur brillante réputation ..." (Fabry G. : « Campagne de Russie (1812) – (11 août – 19 août), Paris, Gougy, 1903, p. 527).
Le Rapport du Général Gérard raconte (A G) : "J'ai l'honneur de mettre sous vos yeux le rapport des opérations et mouvements de la 3e brigade dans la journée d'hier 17. Vers 8 heures du matin, d'après vos ordres, je fis relever aux avant-postes les troupes du 12e régiment ; les 6e et 4e bataillons du 21e, le 1er du 127e furent simultanément employés à ce service jusqu'au moment où, vers midi, l'attaque sur la ligne ennemie fut résolue. Aussitôt, je me mis en mesure d'exécuter vos instructions en faisant appuyer le mouvement de la 2e brigade; pour cet effet, je fis avancer en bataille le 2e bataillon du 127e et ses deux pièces d'artillerie en prenant la même direction que le chemin qui conduisait du camp à la ville ; le 4e bataillon dont la plupart était déjà aux prises avec les tirailleurs ennemis reçut l'ordre d'être toujours à la hauteur des tirailleurs, de droite en conservant une réserve de quelques compagnies. Je disposai les autres bataillons en colonne par division et par échelons; je marchai ainsi ensuite jusqu'aux premières maisons du faubourg qui étaient défendues à outrance; elles furent enlevées par le 127e avec la plus grande intrépidité. Arrivé à ces maisons, je m'aperçus que nous n'occupions pas tout le front de la ligne ennemie et qu'il était possible que nous fussions débordés par notre gauche ; je fis appuyer le 127e dans cette direction et je le fis remplacer par le 1er bataillon du 21e. Je continuai à marcher dans cet ordre sur l'ennemi qui, malgré sa résistance opiniâtre, fut culbuté partout ; je m'emparai de cet immense faubourg parallèle aux remparts de la ville ; convaincu alors de l'impossibilité de pousser plus loin sans avoir une brèche, je fis établir dans la première ligne des maisons un bon nombre de tirailleurs ; je fis aussi occuper et créneler un très grand magasin à sel et toute la partie des maisons à droite et le long de la grande route ; placées dans ces espèces de retranchements, nos troupes firent avec soin un feu bien vif et bien nourri jusqu'à la nuit close sur tout ce qui paraissait de la ville et particulièrement sur un ouvrage en terre qui couvrait la porte d'entrée. Cette fusillade a souvent fait taire les batteries ennemies, et, d'après toutes les apparences, elles ont été fort maltraitées. Je suis resté dans ma position jusqu'à 3 heures du matin, époque à laquelle je suis entré le premier en ville avec une compagnie de grenadiers qui avait l'ordre de ne laisser entrer personne ; cette consigne a été levée un instant après par M. de Castres, se disant autorisé par son excellence le prince d'Eckmühl.
Je ne vous parlerai pas, mon général, de la bravoure que les troupes de ma brigade ont montrée dans cette journée; vous avez été témoin de tout ce qu'elles ont fait ; il est impossible de se présenter à l'ennemi d'une manière plus brillante et plus distinguée. Le 21e a soutenu sa réputation, et le 127e s'est montré digne rival des plus braves régiments de l'armée. Je prends la liberté de vous recommander les officiers de ce régiment dont l'état m'a été remis par M. le colonel, et qui se sont particulièrement fait remarquer parleur sang-froid et leur courage.
Les colonels vous ont adressé directement l'état des pertes de la journée, celle de l'ennemi est considérable ; tout le terrain que nous avons parcouru est couvert de leurs morts. Vous avez dû remarquer, mon général, que la proportion est dans des rapports fort avantageux en notre faveur. Dans le nombre des tués ennemis, il y a plusieurs officiers de marque ; il s'y trouvait un général dont on n'a pu découvrir le nom" (Fabry G. : « Campagne de Russie (1812) – (11 août – 19 août), Paris, Gougy, 1903, p. 530).
L'Etat des pertes de la 3e Division le 16 et 17 indique (A G) : 21e Régiment de ligne : 1 Officiers et 44 hommes tués ; 9 Officiers et 244 hommes blessés ; 3 chevaux d’Officiers et 2 de trait tués (Fabry G. : « Campagne de Russie (1812) – (11 août – 19 août), Paris, Gougy, 1903, p. 528).
Le rapport du Général Gudin porte que dès 2 heures 1/2 du matin les patrouilles du 21e rapportent que la ville est évacuée ; de suite une Compagnie de Grenadiers occupe la porte principale ; peu après le 12e de Ligne la suit (Fabry G. : « Campagne de Russie (1812) – (11 août – 19 août), Paris, Gougy, 1903, p. 626).
Le 19 août 1812, à Valoutina, de 4 heures à 5 heures tout se borne à un échange de coups de canon. Vers 5 heures, le reste du IIIe corps étant arrivé, le Maréchal Ney porte à l'attaque les deux Divisions Razout et Ledru, seule l'artillerie wurtembergeoise est engagée au centre ; la Division Gudin débouche à droite du IIIe corps ; le 7e Léger passe le premier le ruisseau soutenu par deux Bataillons du 21e, il réussit à prendre pied sur la pente, mais sans enlever le plateau; peu après le 12e de Ligne vient le soutenir ; après avoir franchi le ruisseau, il s'établit sur la route. Toutes les attaques françaises sont rejetées jusqu'à 7 heures du soir (Fabry G. : « Campagne de Russie (1812) – (11 août – 19 août), Paris, Gougy, 1903, p. 767).
Sur la route, le Général Gérard ayant été averti par le Maréchal de la reprise de l'attaque, renforce sa ligne par trois Bataillons du 21e et le 127e ; on réussit à gagner un peu de terrain, mais la nuit oblige à s'arrêter (Fabry G. : « Campagne de Russie (1812) – (11 août – 19 août), Paris, Gougy, 1903, p. 772).
Le Rapport du Général Gérard raconte (A G) : "La 3e division quitta sa position sur les glacis de Smolensk vers midi pour passer le Dnieper et suivre la route de Moscou.
Elle arriva vers 6 heures du soir au pont où les troupes de son excellence M. le maréchal duc d'Elchingen étaient aux prises avec l'ennemi. Les régiments se formèrent de suite en colonnes serrées par peloton et reçurent l'ordre de commencer l'attaque.
M. le général comte Leclerc, à la tête du 7e régiment d'infanterie légère, passa la petite rivière à gué sous un feu épouvantable de mitraille et de mousqueterie ; il se dirigea avec la plus grande rapidité sur la gauche pour attaquer l'ennemi par sa droite et le déborder. Ce mouvement, ordonné par M. le général de division comte Gudin, fut appuyé par deux bataillons du 21e régiment qui prirent la droite de la route et marchèrent à la même hauteur que la 1re brigade. L'ennemi fut abordé avec la plus grande impétuosité et aux cris mille fois répétés de Vive l'Empereur ; il fut culbuté du premier plan de sa position et revint ensuite avec des troupes fraîches ; mais, quoique soutenu par une nombreuse artillerie qui tirait à mitraille sur nos colonnes, il tenta vainement de reprendre l'avantage. Ce fut alors que j'appris la malheureuse nouvelle de la blessure de notre digne et respectable chef ; par ce fatal événement, je me trouvais chargé du commandement de la division. Je crus devoir faire soutenir les troupes qui combattaient par le 12e régiment de ligne. Je lui fis passer la rivière sur le pont que j'avais eu le temps de faire réparer et je le disposai sur la route, lorsque je reçus de M. le duc d'Elchingen l'ordre de le faire avancer en colonne, et de lui faire prendre part à l'action. Je lui donnai la direction entre le 7e et la grande route. Bientôt après, les trois bataillons du 21e et le 127e furent successivement engagés, d'après l'assurance que me donna M. le maréchal que cette attaque serait soutenue par les troupes de son corps d'armée. Le feu devint général et des plus vifs sur toute la ligne ; nous gagnions peu à peu du terrain, lorsque l'obscurité de la nuit vint nous empêcher de recueillir les fruits de la manœuvre de M. le général Leclerc. La crainte et la certitude même de tirer les uns sur les autres l'obligèrent à s'arrêter. Alors le champ de bataille se rétrécit beaucoup et se borna à la grande route et à une étendue de deux cents toises à droite et à gauche. Le combat en devint plus animé et les Russes firent des. efforts inouïs pour défendre le haut du plateau, le courage et la constance des troupes surmontèrent tous les obstacles, nous en fûmes maîtres sur les dix heures du soir.
La division coucha à l'endroit même où cessa le combat en poussant des bataillons de garde à deux cents pas en avant de la ligne. La position de l'ennemi était un espèce d'amphithéâtre qui offrait à chaque distance de nouvelles difficultés ; elle était défendue par des troupes d'élite, mais tout céda à l'intrépidité des nôtres" (Fabry G. : « Campagne de Russie (1812) – (11 août – 19 août), Paris, Gougy, 1903, p. 788).
Le 14e Bulletin de la Grande Armée, daté de Smolensk, le 23 août 1812, raconte : "A six heures du soir, la division Gudin qui avait été envoyée pour soutenir le troisième corps, dès l'instant qu'on s'était aperçu du grand secours que l'ennemi avait envoyé à son arrière-garde, déboucha en colonne sur le centre de la position ennemie, fut soutenue par la division du général Ledru, et, après une heure de combat, enleva la position. Le général comte Gudin, arrivant avec sa division, a été, dès le commencement de l'action, atteint par un boulet qui lui a emporté la cuisse ; il est mort glorieusement. Cette perte est sensible. Le général Gudin était un des officiers les plus distingués de l'armée ; il était recommandable par ses qualités morales, autant que par sa bravoure et son intrépidité. Le général Gérard a pris le commandement de sa division. On compte que les ennemis ont eu huit généraux tués ou blessés ; un général a été fait prisonnier.
Le lendemain, à trois heures du matin, l'empereur distribua sur le champ de bataille des récompenses à tous les régiments qui s'étaient distingués ; et comme le 127e, qui est un nouveau régiment, s'était bien comporté, S. M. lui a accordé le droit d'avoir un aigle, droit que ce régiment n'avait pas encore, ne s'étant trouvé jusqu'à présent à aucune bataille. Ces récompenses données sur le champ de bataille, au milieu des morts, des mourans, des débris et des trophées de la victoire, offraient un spectacle vraiment militaire et imposant …
La division Gudin a attaqué avec une telle intrépidité, que l'ennemi s'était persuadé que c'était la garde impériale. C'est d'un mot faire le plus bel éloge du 7e régiment d'infanterie légère, 12e, 21e et 127e de ligne qui composent cette division …" (Panckoucke : « Œuvres de Napoléon Bonaparte », 1821-1822, t. 5, p. 45; Kermoysan « Napoléon, Recueil par ordre chronologique de ses lettres, proclamations, bulletins », Paris, 1853, t.2, p. 542; Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 5, lettre 7534; Fabry G. : « Campagne de Russie (1812) – (11 août – 19 août), Paris, Gougy, 1903, p. 773).
Note sur l'affaire de Valoutina (A G) : "Il avait rencontré l'ennemi en force sur les hauteurs en arrière de Valoutina et n'ayant pas réussi à l'en débusquer, l'Empereur donna ordre à la division Friant de soutenir le IIIe corps, mais cette division ne se trouvait pas à portée ; dans l'origine elle avait pris sur la gauche de la route, autant pour en éclairer le flanc que pour marcher elle-même plus librement; retardée par les obstacles qu'elle avait rencontrés et par les mauvais chemins, elle avait été devancée sur la grande route par la 3e division, qui, se trouvant ainsi plus rapprochée, reçut ordre d'attaquer la position de l'ennemi.
L'infanterie légère russe était embusquée derrière les arbres qui bordent le ruisseau de Kolodnja qui couvrait le front de la position. Le général Gudin la fit-replier et s'occupa sur-le-champ de faire rétablir le pont de la grande route que l'ennemi avait détruit. Ce fut pendant cette opération que, s'étant avancé de sa personne et à pied jusque sur le bord du ruisseau, il fut atteint d'un boulet qui lui fracassa la jambe.
Le commandement de la division passa au général Gérard. Le pont étant rétabli, le 7e régiment d'infanterie légère conduit par le général Leclerc se porta sur la droite de la position de l'ennemi. Le 21e l'attaqua de front, suivi du 12e et des deux bataillons du 127e, tandis que le duc d'Elchingen se portait par les hauteurs à la droite de la route sur la gauche des Russes (note : ceci est certainement une erreur).
L'armée ennemie était disposée sur plusieurs lignes et en amphithéâtre sur le penchant de la hauteur. Le général Gérard essaya en vain de lés faire tourner-immédiatement par leur gauche en envoyant des voltigeurs à travers les buissons qui s'étendaient dans cette direction au bas de la pente, les marais rendirent les dispositions impraticables, et il fallut emporter successivement de front les différentes positions de l'ennemi. Le 12e, le 21e et le 127e donnèrent successivement toujours secondés par le mouvement du 7e et par la marche du duc d'Elchingen. Le combat dura jusqu'à dix heures du soir, on se battit corps à corps, et enfin après des efforts inouïs la 3e division resta maîtresse du champ de bataille. Les deux bataillons du 127e composés de conscrits de l'année levés dans le département des Bouches-de-1'Elbe rivalisa d'ardeur et de courage avec les vieilles troupes du corps d'armée.. Conduits par leur colonel Schaeffer, ils se précipitèrent sur la dernière ligne ennemie et la culbutèrent.
La perte fut considérable de part et d'autre, celle de la 3e division se monta à (en blanc dans le texte) hommes, mais celle du général Gudin qui mourut dans la journée des suites de sa blessure répandit le deuil dans l'armée ; peu de généraux ont réuni à un degré plus éminent les qualités qui distinguent l'honnête homme, l'homme aimable et l'homme de guerre; redouté de l'ennemi, adoré des troupes, il avait eu la part la plus active à toutes les affaires du 1er corps, et surtout à celle de Wagram où l'on sait qu'il ne quitta le champ de bataille qu'après l'action, quoiqu'il y eût reçu trois blessures" (Fabry G. : « Campagne de Russie (1812) – (11 août – 19 août), Paris, Gougy, 1903, p. 789 - Cette note se trouve au milieu des cahiers composant les mémoires du maréchal Davout; elle n'est pas signée).
L'Etat des pertes de la 3e Division du 1er Corps pour la journée du 19, donne pour le 21e de Ligne : 9 Officiers et 71 hommes tués ; 35 Officiers et 852 hommes blessés ; 55 soldats prisonniers ; 8 chevaux d’ Officiers et 3 chevaux tués (Fabry G. : « Campagne de Russie (1812) – (11 août – 19 août), Paris, Gougy, 1903, p. 789).
Le Relevé des feuilles d’appel du 23 août du Ier Corps, 3e Division, indique pour le 21e de Ligne : 1.788 hommes au total (Fabry G. : « Campagne de Russie (1812) – (11 août – 19 août), Paris, Gougy, 1903, Annexes p. 387).
Le 14 octobre 1812, Victor écrit, depuis Smolensk, à Albitte [Reg. Victor] : "Vous trouverez ci-joint le décret du 6 de ce mois par lequel Sa Majesté prescrit de donner de nouvelles dénominations aux compagnies des 5e bataillons qui composent les quatre demi-brigades de marche dont trois, les 1re, 2e et 4e, arrivent à Smolensk. Cette opération devant être faite régulièrement et constatée par procès-verbal, je vous charge, M. le commissaire, de vous en occuper à fur et à mesure que ces troupes arriveront dans cette place, au moyen des dispositions que prescrit le décret précité. Les compagnies formant les 1re, 2e et 4e demi-brigades prendront les dénominations suivantes, savoir :
... 2e demi-brigade de marche :
... Les deux compagnies du 5e bataillon du 21e de ligne, la dénomination de 5e et 6e compagnies du 6e bataillon ...
Lorsque ce travail sera terminé vous voudrez bien, M. l'inspecteur, m'en donner avis" (Fabry G. : Campagne de 1812 : documents relatifs à l'aile gauche, 20 août - 4 décembre, IIe, VIe, IXe corps, Paris, Chapelot, 1912, p. 78).
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| Plaque de shako du 21e de ligne, 1814-1815 (Job, "Tenue des Troupes de France". |
/ Uniformes
Dans sa revue du 14 Vendémiaire an 13, l'Inspecteur général Schauenburg note que "Toutes les gibernes sont du dernier modèle. Il est placé sur leur couvercle un chiffre n°21 que le corps a payé 6 s 6d. Il est ajouté aux couvercles des grenadiers 4 grenades"; concernant les Sous-officiers, "Les galons pour la distinction de leurs grades ne sont pas tous uniformes, ceux des caporaux le sont encore moins. Les sous-officiers, caporaux et soldats devront à s’abstenir de porter des galons d’or en chevron et se conformer à ce qui est prescrit à cet égard"; enfin que les Grenadiers portent des "bonnets de grenadiers placés selon le gré de chacun", et que "Beaucoup de sous-officiers même des sergents majors, n’avaient pas de souliers uniformes ; même observation pour les caporaux et soldats".
Le Général Schauenburg adresse au Ministre de la Guerre le résultat de sa revue le 25 janvier 1808 (Schauenburg (Général baron Alexis-Balthazar-Henri-Antoine de) : « Revues particulières d’inspection, ordonnée le 23 octobre 1807 » ; Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg: MS.0.491 ; document numérisé par la BNU à la demande conjointe de F. Berjaud, L. Claudel et D. Davin).