Le 11e Régiment d'Infanterie de Ligne

1789-1815

Accès à la liste des Officiers, cadres d'Etat major, Sous officiers et soldats du 1e Régiment d'infanterie de ligne

Avertissement et remerciements :

 

Cachet 11e Demi-brigade de ligne
Cachet 11e Demi-brigade de Ligne

Le 4e jour complémentaire an 13 (21 septembre 1805), le Général Marmont écrit, depuis Mayence, au Maréchal Berthier : "Monsieur le Maréchal,
J'ai reçu les lettres que Votre Excellence m'a fait l'honneur de m'écrire, en date des 23, 25 et 27 fructidor. Celle du 20 (7 septembre) ne m'est pas parvenue. Je vais répondre article par article à tous les objets qu'elles contiennent ...
Les bataillons de guerre des 11e, 18e et 35e régiments, ont pris avec eux tous les hommes disponibles aux troisièmes et quatrièmes bataillons, mais ils n'ont pu être portés au nombre voulu par Sa Majesté. Il ne reste dans ces bataillons que vingt ou trente ouvriers, des hommes proposés pour la retraite ou la réforme, et des conscrits arrivés depuis quinze jours ou un mois, et qui ne sont encore ni habillés ni instruits.
J'ai donné l'ordre de faire rejoindre, par détachements de 50 hommes, ces conscrits, à mesure qu'ils seront habillés et qu'ils sauront un peu le maniement d'armes : ainsi, les intentions de Sa Majesté seront remplies autant que possible. J'ignore le moment précis du départ de ces détachements ; aussitôt que j'en serai prévenu, j'aurai l'honneur de vous en rendre compte ...
Vous apprendrez sans doute avec plaisir que mon corps d'armée arrivera ici deux jours plus tôt que ne le porte le tableau de mouvement que je vous ai adressé, et un jour plus tôt que ne le porte l’itinéraire que vous m'aviez donné primitivement. J'ai fait passer mes troupes par la nouvelle route du Rhin. Elles y gagnent deux marches, et quoiqu'il n'y ait pas d'étapes, j'ai trouvé assez facilement le moyen d'assurer leur subsistance.
J'aurai demain ici quelques canonniers, et dans deux jours j'en aurai 300. J'espère que dans cinq jours, il y aura 100 pièces de canons en batterie sur les remparts de Mayence.
Dans la marche de mes troupes jusqu'à Coblenz, je n'ai eu dans mes 13 bataillons français que 9 déserteurs. J'ignore encore si les Bataves en ont eu ; mais je crois pouvoir espérer au moins que le nombre en sera extrêmement petit.
J'ai envoyé à Würtzbourg et à Nuremberg un officier très intelligent, et qui m'enverra par un courrier les renseignements qu'il aura obtenus. Je vous les adresserai immédiatement par courrier. En attendant, les nouvelles de Francfort sont que les Autrichiens sont maintenant en possession de toute la Bavière, et qu'une armée russe de 80,000 ou 100,000 hommes est en Moravie. Il est parti de Francfort, il y a peu de jours, une colonne de recrues pour la Bohème. Elle emmenait avec elle les agents que l'Autriche entretenait dans cette ville. Je vous envoie, à telle fin que de raison, les gazettes de Francfort d'hier et d'avant-hier ...
" (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 2, p. 126).

Bouton de la 11e Demi-brigade
Bouton de la 11e Demi-brigade

Composition de la Grande Armée au moment où elle a passé le Rhin pour la campagne d'Autriche.
2e corps d'armée au passage du Rhin dans les premiers jours de vendémiaire an XIV.
1re division.
35e de ligne, 2 Bataillons 1,626 hommes.
11e id, 3 Bataillons, 2,199 hommes (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 2, p. 158).

Le 11e de Ligne, fort de 3 Bataillons, fait partie des troupes présentes à la reddition de cette place et à la sortie de la garnison autrichienne, prisonnière de guerre (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 3, 2e partie, p. 977 In : Bugeaud à Mlle de la Piconnerie. Linz, le 16 brumaire. - D'Ideville, Le Maréchal Bugeaud, t. 1, p. 73).

Grande Armée à l'époque du 6 brumaire an XIV (28 octobre 1805).
2e corps d'armée.
Commandant en chef. MARMONT, général de division.
1re division du 2e corps.
Général de division. Boudet.
18e légère (2 bataillons);
11e de ligne (3 bataillons);
35e de ligne (2 bataillons).

Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 4, p. 711

"Rapport des événements depuis le 15 brumaire sur l'artillerie du 2e corps.
… Le passage du bassin de l'Enns dans la vallée de la Mur a été très difficile. Immédiatement après avoir passé Eisenerz; la montagne s'élève presque perpendiculairement, pendant l'espace d'une lieue, et descend à pic sur Vordernberg. Le passage de l'artillerie s'est fait à bras d'hommes. Le 11e et le 92e régiment ont été chargés de cette opération et ils l'ont exécutée avec zèle et adresse. On avait attaché 50 hommes à chaque voiture …
Le Colonel, chef de l'état-major de l'artillerie,
x ...
" (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 4, p. 593).

Le 26 décembre 1805, le 11e de Ligne a 1 Bataillon à 1 Bataillon à Kindberg, 1 à Brück et Kapfenberg et 1 à Thörl (Pajol (Cte de) : « Pajol, Général en chef », Firmin Didot, Paris, 1874, t. 2, p. 243).

/ 1806

Aussitôt après l'échange des ratifications du traité de Presburg, Marmont a ordre d'évacuer la Styrie. Le mouvement commence le 7 janvier 1806. La Division Boudet (18e Léger, 35e et 11e de Ligne) va successivement de Gratz à Ehrenhausen, Marburg, Gonowitz, Cilli, Saint Oswald, Laybach et Senosetch ; le 14, elle s'établit à Trieste (Pajol (Cte de) : « Pajol, Général en chef », Firmin Didot, Paris, 1874, t. 2, p. 247).

Le 8 mars 1806, l'Empereur écrit depuis Paris au Général Dejean, Ministre Directeur de l'Administration de la Guerre : "Monsieur Dejean, donnez ordre aux bataillons des 18e régiment d'infanterie légère, 11e, 35e, 92e de ligne, 8e de chasseurs et 6e d'hussards de rejoindre le corps d'armée du maréchal Marmont. Ils partiront de Hollande le 25 mars et dirigeront leur route de manière à ne pas se croiser avec le retour de la Grande Armée ..." (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 1, lettre 315 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 11621).

Le 12 avril 1806, l'Empereur écrit, depuis La Malmaison, au Prince Eugène : "Mon Fils, il paraît que le 11e de ligne, qui fait partie du corps du général Marmont, n'a point de solde depuis trois mois. Faites-moi connaître ce que je dois penser de cela. Payer mon armée régulièrement est la première de toutes les conditions" (Mémoires du Prince Eugène, t.2, page 226 ; Correspondance de Napoléon, t.12, lettres 10089 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 11886).

Au 24 avril 1806, la Division Boudet a son Quartier général à Strasoldo, près de Palmanova ; le 18e d'Infanterie légère, à Pordenone ; le 35e de ligne (Colonel Breissaud), à Codroipo ; le 11e de Ligne (Colonel Bachelu), à Campo-Longo ; l'artillerie, à Palmanova ; le Train, à Risano (Pajol (Cte de) : « Pajol, Général en chef », Firmin Didot, Paris, 1874, t. 2, p. 250).

Au 1er mai 1806, d'après les états de situation envoyés par le Prince Éugène, celui-ci est commandant en chef de l'Armée dite d'Italie. A cette armée, il faut ajouter les troupes du Corps du Général Marmont (2e de la Grande Armée), alors dans le Frioul et mis sous le commandement du Vice-roi, et dont le Quartier général se trouve à Udine.
Général Marmont, commandant en chef.
1ère Division : Général de Division Boudet (Strasoldo).
11e de ligne, 1er bataillon (Campo-Longo), 2e (Gradisca), 3e (Montfalcone), 4e (en route) ; effectif, 3,242 hommes (Mémoires du Prince Eugène, t.2, page 268).

Le 27 mai 1806, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, à Eugène, Vice-Roi d'Italie : "Mon fils, faites-moi connaître comment vivent les divisions de l'armée d'Italie qui sont dans le royaume de Naples. Est-ce vous qui les payez, ou est-ce le roi de Naples ? Combien coûtent-elles ? Vous ne me parlez pas :
- du 4e bataillon du 11e de ligne, qui a dû y arriver le 23 ...
Faites-moi connaître la situation de ces 3es bataillons et dépôts à leur passage de l'Adda pour se rendre dans le Frioul
" (Mémoires du Prince Eugène, t.2, page 409 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12185).

Dans le courant de juin, des ordres de l'Empereur modifièrent complètement les dispositions du Prince Eugène, et l'Armée du Prince Vice-roi reçoit une organisation nouvelle, comprenant trois parties presque distinctes :
Deuxième partie. - Corps d'armée du Frioul (Quartier général à Udine) ; Commandant en chef, … ; Chef d'Etat-major, le Général Vignolle ; Général Tirlet, commandant l'Artillerie ; Colonel Somis, commandant le Génie.
1ère Division, Général Boudet (Quartier général à Strasoldo) ; Généraux de Brigade Dessaix et Soyez, huit Bataillons des 35e et 11e de Ligne, une Compagnie d'artillerie à pied, une du Train - 5,500 présents (Mémoires du Prince Eugène, t.2, page 285).

Marmont raconte : "L'Empereur, dans son impatience et son inquiétude, me donna l'ordre de partir du Frioul pour la Dalmatie, dont il organisa les troupes en armée. Il m'autorisa à emmener avec moi trois régiments d'infanterie à mon choix ; je pris le 18e, le 11e et le 35e de ligne, trois corps d'Utrecht.
Les ordres de l'Empereur m'étant parvenus le 14 juillet, j'étais en route le 15 au soir. Une compagnie de voltigeurs, embarquée avec moi à Fiume, forma mon escorte, et j'arrivai à Zara aussi promptement que l'état de la mer le permit ...
" (Mémoires de Marmont, tome 2, pages 381 - Note : 18e Léger).

Le 28 juillet 1806, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Prince Eugène, Vice-Roi d'Italie : "Mon Fils … Le général Marmont fera les dispositions qu'il jugera nécessaires ; mais recommandez-lui bien de laisser les 3es et 4es bataillons des 5e et 23e à Raguse, car il est inutile de traîner loin de la France des corps sans soldats. Aussitôt qu'il le pourra, il renverra en Italie les cadres des 3es et 4es bataillons. Si cela pouvait se faire avant l'arrivée des Anglais, ce serait un grand bien …
Ne réunissez à Cattaro que le moins possible des 5e et 23e ; mais placez-y les 8e et 18e d'infanterie légère et le 11e de ligne, ce qui formera six bataillons qui doivent faire 5,000 hommes ; et, pour compléter 6,000 hommes, ajoutez-y le 60e. Laissez les bataillons des 5e et 23e à Stagno et à Raguse, d'où ils pourront se porter sur Cattaro au premier événement …
Après que les grandes chaleurs seront passées et que le général Marmont aura rassemblé tous ses moyens et organisé ses forces, avec 12,000 hommes il tombera sur les Monténégrins pour leur rendre les barbaries qu'ils ont faites ; il tâchera de prendre l'évêque ; et, en attendant, il dissimulera autant qu'il pourra. Tant que ces brigands n'auront pas reçu une bonne leçon, ils seront toujours prêts à se déclarer contre nous. Le général Marmont peut employer le général Molitor, le général Guillet et les autres généraux à ces opérations. Il peut laisser pour la garde de la Dalmatie le 81e.
Ainsi le général Marmont a sous ses ordres, en troupes italiennes, un bataillon de la Garde, un bataillon brescian et un autre bataillon ; ce qui, avec les canonniers italiens, ne fait pas loin de 2,400 hommes. Il a, en troupes françaises, les 5e, 23e et 79e, qui sont à Raguse et qui forment, à ce qu'il paraît, 4,500 hommes, le 81e, et les hôpitaux et détachements de ces régiments, qui doivent former un bon nombre de troupes. Il a enfin les 8e et 18e d'infanterie légère et les 11e et 60e de ligne ...
Faites-moi connaître où se trouvent les 3es bataillons du 11e et du 60e, les 3e bataillons des 8e et 18e légers, et si les ordres que j'ai donnés pour la formation des réserves en Dalmatie sont déjà exécutés ...
" (Mémoires du Prince Eugène, t.3, page 93 ; Correspondance de Napoléon, t.13, lettres 10557 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12585).

Le 29 juillet 1806, Napoléon écrit, depuis Saint-Cloud, au Prince Eugène : "Mon Fils, je reçois votre lettre du 22 juillet. Mon intention est que le général Marmont garde les deux bataillons du 18e, les deux bataillons du 11e et du 60e, et qu'il vous renvoie les 3es et 4es bataillons des 5e, 23e et 79e …" (Mémoires du Prince Eugène, t.3, page 99 ; Correspondance de Napoléon, t.13, lettres 10563 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12598).

Le même 29 juillet 1806, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, à Eugène, Vice-Roi d'Italie : "Mon fils, il parait que le 2e corps de la Grande Armée n'est plus composé que des 84e, 92e, 35e et 9e de ligne.
Le 84e ne doit avoir à ce corps d'armée que deux bataillons, chacun fort de 1 000 hommes si cela est possible.
Le 92e aura trois bataillons, forts chacun de 900 hommes si cela est possible ; le 35e aura également trois bataillons de même force.
Le 9e aura ses trois bataillons forts au moins de 800 hommes chacun.
Le cadre du 3e bataillon du 84e, les cadres des 4es bataillons des 35e et 92e et le dépôt du 9e de ligne se rendront dans une de ces quatre places à votre choix, Trévise, Padoue, Bassano ou Vicence.
Vous ordonnerez que le 9e n'ait que huit compagnies par bataillon ; une compagnie par bataillon formera son dépôt.
Donnez ordre à celui des 106e ou 53e régiments qui vous paraîtra le plus en état de former ces deux premiers bataillons à 1 000 hommes chacun, et envoyez-les dans le Frioul rejoindre le second corps d'armée.
Donnez ordre au 13e régiment de ligne de renvoyer le cadre de son 3e bataillon avec son dépôt et ses bagages dans une des quatre places ci-dessus, et de compléter ses deux premiers bataillons à 1 000 hommes si cela est possible.
Ces six régiments formeront deux divisions, chacune de trois régiments, savoir : le 35e, le 106e ou le 53e qui remplacera le 11e qui est en Dalmatie, et le 13e qui remplacera le 18e d’infanterie légère, ce qui complétera la division Boudet.
Le général Broussier, qui doit être arrivé, prendra le commandement de la 2e division composée du 84e, du 92e et du 9e de ligne. Il faut que ce corps ainsi organisé reste toujours en garnison dans le Frioul, et soit en mesure de pouvoir seconder les opérations de la Grande Armée et de se joindre à elle.
Je vous ai déjà envoyé l'ordre de réunir les 3e et 4e bataillons du 11e et du 60e et le 3e bataillon du 8e d’infanterie légère dans des places au-delà de la Piave.
J’imagine que Palmanova est armée et approvisionnée de manière à être mise en quinze jours de temps en situation de se défendre.
Je vous prie de m’écrire en détail sur tous ces objets
" (Mémoires du Prince Eugène, t.3, page 98 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12599).

Le 1er août 1806, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, à Eugène, Vice-Roi d'Italie : "Mon Fils ... Donnez ordre au 3e bataillon du 8e d'infanterie légère, aux 3es et 4es bataillons des 11e, 35e et 60e de ligne de se rendre à Trévise, Padoue et Vicence, comme je l'ai déjà ordonné. Mon intention est qu'il n'y ait aucun dépôt ni embarras entre la Piave et l'Isonzo ..." (Mémoires du Prince Eugène, t.3, page 105 ; Correspondance de Napoléon, t.13, lettres 10580 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12629).

Le 2 août 1806, le Prince Eugène écrit, depuis Monza, au Général Marmont : "Je reçois, monsieur le général en chef Marmont, plusieurs lettres de Sa Majesté. Je transcris littéralement tout ce qui vous concerne :
« Mon intention n'est pas qu'on évacue Raguse. Écrivez au général Marmont qu'il en fasse fortifier les hauteurs ; qu'il organise son gouvernement et laisse son commerce libre ; c'est dans ce sens que j'entends reconnaître son indépendance. Qu'il fasse arborer à Stagno un drapeau italien ; c'est un point qui dépend aujourd'hui de la Dalmatie. Donnez-lui l'ordre de faire construire sur les tours de Raguse les batteries nécessaires et de faire construire au fort de Santa-Croce une redoute en maçonnerie fermée. Il faut également construire dans l'ile de Calamata un fort ou redoute. Les Anglais peuvent s'y présenter : il faut être dans le cas de les y recevoir. Le général Marmont fera les dispositions qu'il croira nécessaires ; mais recommandez- lui de laisser les troisième et quatrième bataillons des 5e et 23e à Raguse ; car il est inutile de trainer loin de la France des corps sans soldats. Aussitôt qu'il le pourra, il renverra en Italie les cadres des troisième et quatrième bataillons. Si cela pouvait se faire avant l'arrivée des Anglais, ce serait un grand bien. Écrivez au général Marmont qu'il doit faire occuper les bouches de Cattaro par le général Lauriston, le général Delzons et deux autres généraux de brigade, par les troupes italiennes que j'ai envoyées et par des troupes françaises, de manière qu'il y ait aux bouches de Cattaro six ou sept mille hommes sous les armes. Ne réunissez à Cattaro que le moins possible des 5e et 23e régiments ; mais placez-y les 8e et 18e d'infanterie légère et le 11e de ligne, ce qui formera six bataillons qui doivent faire cinq mille hommes ; et, pour compléter six mille hommes, ajoutez-y le 60e régiment. Laissez les bataillons des 5e et 23e à Stagno et à Raguse, d'où ils pourront se porter sur Cattaro au premier événement. Après que les grandes chaleurs seront passées et que le général Marmont aura rassemblé tous ses moyens et organisé ses forces, avec douze mille hommes, il tombera sur les Monténégrins pour leur rendre les barbaries qu'ils ont faites. Il tâchera de prendre l'évêque, et, en attendant, il dissimulera autant qu'il pourra. Tant que ces brigands n'auront pas reçu une bonne leçon, ils seront toujours prêts à se déclarer contre nous. Le général Marmont peut employer le général Molitor, le général Guillet et ses autres généraux à cette opération. Il peut laisser pour la garde de la Dalmatie le 81e. Ainsi le général Marmont a sous ses ordres, en troupes italiennes, deux bataillons de la garde, un bataillon brescian et un autre bataillon qui y sera envoyé, ce qui, avec les canonniers italiens, ne fait pas loin de deux mille quatre cents hommes. Il a, en troupes françaises, les 5e, 23e et 79e, qui sont à Raguse, et qui forment, à ce qu'il parait, quatre mille cinq cents hommes ; le 81e et les hôpitaux et détachements de ces régiments, qui doivent former un bon nombre de troupes. Il a enfin les 8e et 18e d'infanterie légère, et les 11e et 60e de ligne. Je pense qu'il faut que le général Marmont, après avoir bien vu Zara, doit établir son quartier général à Spalatro, faire occuper la presqu'île de Sabioncello, et se mettre en possession de tous les forts des bouches de Cattaro. Il doit dissimuler avec l'évêque de Monténégro ; et, vers le 15 ou le 20 septembre, lorsque la saison aura fraîchi, qu'il aura bien pris ses précautions et endormi ses ennemis, il réunira douze à quinze mille hommes propres à la guerre des montagnes, avec quelques pièces sur affûts de traineaux, et écrasera les Monténégrins.
L'article du traité relatif à Raguse dit que j'en reconnais l’indépendance, mais non que je dois l'évacuer. Des quatre généraux de division qu'a le général Marmont, il placera Lauriston à Cattaro et Molitor à Raguse, et leur formera à (chacun une belle division. Il tiendra une réserve à Stagno, fera travailler aux retranchements de la presqu'île et au fort qui doit défendre Santa-Croce, ainsi qu'à la fortification du Vieux Raguse et à des redoutes sur les hauteurs de Raguse. Demandez les plans des ports et des pays de Raguse ».
Sa Majesté s'étant expliquée dans le plus grand détail, je me borne à vous recommander l'exécution de tous ses ordres, ci–dessus transcrits
" (Mémoires de Marmont, tome 3, page 73).

Le 5 août 1806, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Prince Eugène : "Mon Fils, je suis fâché que vous ayez fait rétrograder le 11e régiment de ligne. Dans la saison où nous sommes, rien ne dégoûte plus le soldat que ces marches et contre-marches. Le général Marmont ayant donné ordre aux deux bataillons du 11e de retourner dans le Frioul, il eût mieux valu les laisser revenir. Il faut éviter les contre-ordres ; à moins que le soldat n'y voie une grande raison d'utilité, il prend du découragement et perd la confiance. Ce régiment aura donc fait six contre-marches dans un pays ingrat et dans cette horrible chaleur ; cela est bien léger" (Mémoires du Prince Eugène, t.3, page 109 ; Correspondance de Napoléon, t.13, lettres 10599 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12653).

Le 10 août 1806, Eugène écrit, depuis Monza, à Napoléon : "Sire, lorsque le général Marmont, en apprenant le déblocus de Raguse, a ordonné au 11e régiment de ligne de rétrograder sur le Frioul, il ignorait les dispositions que Votre Majesté venait d'ordonner, savoir : la rentrée en Italie des 3e et 4e bataillons, une forte division à placer à Cattaro ; une autre forte division disponible et l'ordre de châtier les Monténégrins. Il m'a semblé que le général Marmont, par la perte des 3e et 4e bataillons, se trouverait un peu faible pour exécuter parfaitement les ordres de Votre Majesté, et j'ai cru bien faire de le renforcer des deux bataillons du 11e qui étaient encore près de la Dalmatie. Votre Majesté doit bien penser combien je suis peiné d'avoir ordonné un mouvement qui n'ait pu avoir son approbation.
J'espère que les motifs qui me dirigeaient me serviront d'excuse et que Votre Majesté me rendra assez de justice pour n'y voir que le zèle qui m'amine pour son service
" (Mémoires du Prince Eugène, t.3, page 114).

Le 4 septembre 1806, l'Empereur écrit depuis Saint-Cloud, au Général Dejean, Ministre Directeur de l'Administration de la Guerre : "Monsieur Dejean, je vous envoie des revues du général Charpentier qui sont très importantes. Vous verrez qu'un grand nombre d'hommes de l'armée de Dalmatie qui sont aux dépôts à Vicence sont encore habillés en bourgeois. Depuis la revue passée par le général Schauenburg, il y a beaucoup de monde rentré des hôpitaux, hors d'état de service. J’attends avec quelque empressement la revue de ce général, pour savoir les corps qu’il a inspectés, le nombre d'hommes qu'il a proposés pour la retraite ou la réforme, s’ils sont partis, et si l'on a nommé à toutes les places vacantes.
Vous verrez dans le livret de la revue des dépôts de l'armée de Dalmatie que les dépôts du 8e et 18e d’infanterie légère, et les 5e, 11e, 23e, 79e et 81e de ligne n'ont point leurs majors ; que sur huit régiments il manque quatre troisièmes chefs de bataillon, cinq quartiers-maîtres et cinq adjudants-majors aux dépôts. Écrivez au général Marmont pour lui faire sentir l’importance de renvoyer les cadres des 3es et 4es bataillons de ses régiments, les majors et les 3es et 4es chefs de bataillon aux dépôts en Italie puisque c'est là qu'on va confectionner l’habillement et habiller les corps. Si cependant, vu les circonstances où se trouve l’armée de Dalmatie, les officiers et les chefs ouvriers tardaient à arriver, vous vous entendrez avec le vice-roi pour la réception des draps que vous enverrez aux dépôts des régiments pour les confectionner et les distribuer aux conscrits à mesure qu'ils arriveront ...
" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 1, lettre 623; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12863).

Fin septembre 1806 "Deux heures après avoir reçu la nouvelle de la sortie des Russes, je me mis en marche. Je laissai au camp, devant Raguse-Vieux, les hommes malingres ou mal chaussés, et avec eux des officiers et sous-officiers, de manière à en faire une espèce de réserve. Les soldats déposèrent leurs effets, se chargèrent de vivres et de cartouches, et je me mis en route, dans la nuit du 29 au 30, avec cinq mille neuf cents baïonnettes. J'espérais avoir mon avant-garde au jour, en arrière d'un rassemblement de douze à quinze cents montagnards placés en deçà du pont de la Liouta. Une pluie survenue et la difficulté des chemins retardèrent mes colonnes, et le jour nous trouva encore à une lieue de l'ennemi. Lorsque nous fûmes en présence, je le fis attaquer par un bataillon de voltigeurs, commandé par le colonel Plauzonne, et composé des compagnies des troisième et quatrième bataillons, des 5e, 23e et 79e régiments, et soutenu par un bataillon de grenadiers des mêmes régiments, conduit par le général Lauriston. Le 79e resta en réserve. L'ennemi ne tint pas, et se retira sur de plus grandes hauteurs. Nous l'y joignîmes, et nous découvrîmes distinctement la ligne russe, établie sur le col de Débilibrick.
Je réunis les deux bataillons d'élite sous les ordres du général Lauriston, et lui ordonnai de suivre le plateau situé au dehors des grandes crêtes, de chasser deux ou trois mille paysans qui y occupaient une position assez forte, et de tourner ainsi celle des Russes. Je le fis soutenir par le 11e régiment, sous les ordres du général Aubrée. J'ordonnai au 79e d'attaquer de front, et je gardai en réserve le 23e, sous les ordres du général Delzons, et deux bataillons de la garde royale italienne, sous les ordres du général Lecchi. Le 18e régiment d’infanterie légère, lancé d'abord sur les montagnes, fut rappelé pour suivre le mouvement, devenir réserve et prendre part au combat du lendemain.
Les troupes se mettaient en mouvement lorsque les Russes disparurent. Les paysans, forcés dans leur position, laissèrent soixante hommes sur la place, et se retirèrent sur une dernière position, plus forte et plus élevée, que nous ne pûmes attaquer faute de jour. Un de mes aides de camp, le capitaine Gayet, qui servait depuis longtemps avec moi, périt malheureusement ce jour-là, en se rendant à une colonne pour y porter des ordres ; il tomba entre les mains des Monténégrins, qui lui coupèrent la tête. Je le regrettai beaucoup
" (Mémoires de Marmont, tome 3, page 13).

Dans ses Mémoires, Marmont raconte : "... Le lendemain, 1er octobre, l'ennemi avait disparu de la position où il s'était retiré la veille au soir ; le 11e l'occupa. Le régiment d'élite suivit la dernière crête et arriva au sommet de la montagne, sur la croupe de laquelle Castelnuovo est bâti, tandis que le 79e régiment, soutenu par le 23e, celui-ci par le 18e léger, et ce dernier par la garde italienne, débouchait dans la vallée. Le régiment d'élite avait á combattre une nuée de paysans précédant un bataillon russe. L'attaque des voltigeurs n'ayant pas réussi, le bataillon de grenadiers marcha, ayant à sa tête le général Launay, et enleva la position. Le 11e, marchant dans un étage inférieur, eut à combattre deux bataillons russes et une grosse troupe de paysans. Il les aborda franchement ; un combat à la baïonnette s'engagea, et plus de cent Russes et cent cinquante paysans y périrent. Les Russes se retirèrent avec précipitation sur le gros de leurs troupes, qui se trouvaient dans la plaine.
Pendant les événements de la gauche, la tête du 79e régiment était arrivée à l'entrée du bassin de Castelnuovo. La vallée, d'abord étroite, s'élargit tout à coup. C'est là que plus de quatre mille Russes nous attendaient en bataille. Il était impossible de prendre une formation régulière sans combattre : il fallait gagner un peu d'espace. Le 79e, après s'être réuni, autant que le terrain pouvait le permettre, se précipita sur la ligne russe et la fit rétrograder en partie. Ce régiment entier se trouva en tirailleurs, mais le courage des soldats suppléait à l'empire de la discipline et d'une bonne formation ; il tenait ferme contre un nombre très-supérieur, tandis que le 23e, à la tête duquel marchait le général Delzons, approchait. Quand la tête eut débouché, je chargeai le général Lauriston de rallier le 79e, et de le porter sur les hauteurs à gauche, pour couvrir le flanc du 23e, et empêcher les deux bataillons russes, qui descendaient la montagne et n'avaient pu être suivis à cause de la difficulté du terrain, de les occuper. Un feu très-vif de ce régiment prépara la charge ordonnée au 23e, et exécutée aussitôt qu'il eut été formé en colonnes par sections. Les bataillons prenant leur distance en marchant, cette charge, conduite avec vigueur par le général Delzons, avait pour but de couper la droite de l'ennemi et de tourner son centre. La première position emportée, la droite des Russes se retira, homme par homme, dans les montagnes en arrière. Le centre se replia d'abord sur une hauteur, immédiatement après attaquée et enlevée, et enfin sur une troisième, où il tint ferme. La gauche et une réserve s'y rallièrent. Pendant ce combat, le 18e d'infanterie légère, sous les ordres du général Soyez, avait débouché et s'était formé en colonnes. Je lui ordonnai de passer à la gauche du 23e et de marcher droit sur Castelnuovo pour tourner l'ennemi, tandis que le 23e ferait une nouvelle attaque, et je gardai en réserve le 79e et la garde. Ces mouvements s'exécutèrent aussitôt ; mais, soit que l'ennemi sentit son danger imminent, soit que l'attaque du 23e eût été trop vive, il se replia en toute hâte, et le 18e ne put atteindre que la queue de sa colonne, au lieu de tomber sur son flanc, comme je l'avais espéré, et de le couper en grande partie. Quinze cents hommes seraient tombés en notre pouvoir, si un défilé à passer n'eût retardé la marche du 18e de dix minutes environ. Il arriva cependant encore à temps pour écraser par son feu la colonne russe, mise en fuite et cherchant son refuge, partie dans la mer et sur les canots de l'escadre envoyés pour la recueillir, et partie dans la plaine protégée par le feu du fort espagnol. Un quart d'heure après, il ne restait pas un seul Russe hors de l'enceinte de Castelnuovo, et les paysans armés avaient disparu. Le feu des vaisseaux et du fort soutint l'embarquement des troupes russes, mais sans nous faire souffrir.
Depuis six mois, les Bocquais, excités par les Russes, n'avaient pas cessé de nous insulter. Pendant la suspension des hostilités, ils avaient attaqué nos avant-postes. J'avais fait tous mes efforts pour les rappeler à leur devoir et leur faire sentir leur véritable intérêt. Ils n'en avaient tenu compte ; ils croyaient mes démarches inspirées par la crainte. Les Grecs, sujets turcs du voisinage, s'étaient joints à eux. J'avais porté mes plaintes au pacha de Trebigne ; il m'avait répondu qu'il abandonnait les belles à ma vengeance. Je me décidai à faire un exemple sévère.
Je donnai l'ordre de brûler plusieurs villages et tous les faubourgs de Castelnuovo : c'était punir la rébellion dans son foyer même, et, le lendemain, cet ordre fut exécuté. Je fis épargner la maison d'un habitant qui avait, quelques mois auparavant, sauvé la vie à un Français. On y plaça un écriteau pour faire connaître le motif de cette exception. Le 2 octobre, au moment où je faisais incendier les beaux faubourgs de Castelnuovo, malgré le feu de la flotte ennemie, mille à douze cents paysans et quelques Russes vinrent attaquer les postes de ma gauche, les surprirent et les obligèrent à se replier. Le nombre des ennemis augmentant, je dus y faire marcher des troupes. J'employai dans cette circonstance la garde italienne, désespérée de n'avoir pas combattu la veille. Soutenue par un bataillon du 79e et quelques autres détachements, l’ennemi fut chassé de toutes parts, laissant deux cents morts sur la place, et tout rentra dans le silence. Ainsi l'ennemi, qui comptait mettre à feu et à sang Raguse et la Dalmatie, n'avait pas pu défendre son territoire et ses propres foyers.
On peut évaluer la perte de l'ennemi, dans ces trois affaires, pour les Russes, à trois cent cinquante hommes tués et six à sept cents blessés ; nous leur fîmes, en outre, deux cent onze prisonniers. Les paysans perdirent quatre cents hommes tués et plus de huit cents blessés. Nous eûmes vingt-cinq hommes tués et cent trente blessés. La faiblesse de cette perte fut due à la vigueur de nos attaques et à la célérité de nos mouvements.
J'avais atteint mon but et montré à ces peuples barbares ma supériorité sur les Russes. Je me retirai le 3, en plein jour, à la vue de l'ennemi. Rentré à Raguse-Vieux, mes troupes reprirent le camp qu'elles avaient quitté cinq jours auparavant. La terreur des ennemis était telle, que pas un paysan n'osa me suivre. Les troupes revinrent plus tard à Raguse et à Stagno, afin d'accélérer les travaux de défense. Une brigade resta á Raguse-Vieux pour y protéger la flottille …
" (Mémoires de Marmont, tome 3, page 14).

/ 1807

/ 1808

 

 

Plaque de shako 11e de Ligne
Plaque de shako du 11e de Ligne

/ 1809

L'"ÉTAT de répartition des dépôts d'infanterie dans les garnisons" indique que le 11e de Ligne fait partie du 1er Arrondissement; 28e Division militaire, Grenoble (Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, p. 478).

"Décret.
Au palais des Tuileries, le 23 mars 1809.
Art. 1er. - Il sera formé dix-sept demi-brigades provisoires de réserve, composées principalement de deux ou trois compagnies tirées des cinquièmes bataillons de nos régiments d'infanterie.
Art. 2. Chaque demi-brigade sera commandée par un colonel en second ; chaque bataillon par un chef de bataillon. Il y aura un adjudant-major par demi-brigade.
Art. 3. Les dix-sept demi-brigades seront organisées de la manière suivante :
... 17e demi-brigade.
1er bataillon.
2 compagnies du 8e léger.
2 compagnies du 18e léger.
2 compagnies du 5e de ligne.
840 hommes.
2e bataillon.
2 compagnies du 7e de ligne.
2 compagnies du 11e de ligne.
2 compagnies du 23e de ligne.
840 hommes.
3e bataillon.
2 compagnies du 60e de ligne.
2 compagnies du 79e de ligne.
2 compagnies du 81e de ligne.
840 hommes.
Cette demi-brigade se réunira à Alexandrie ...
Art. 4.- Ces demi-brigades provisoires n'auront aucune comptabilité ni administration particulière. Les compagnies qui les composent seront considérées seulement comme détachées de leur corps. Chaque bataillon aura, sous la surveillance du colonel en second, l'administration de la masse de linge et de chaussure
" (Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, p 550).

Cachet 11e de Ligne
Cachet à sec du 11e de Ligne

/ Uniformes

 

/ Drapeaux

 

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