Le 10e Régiment d'Infanterie de Ligne
1789-1815
Avertissement et remerciements :
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Cachet de la 10e Demi-brigade de Ligne |
/ 1805
A l'ouverture des hostilités, vers le milieu du mois d'octobre, l'Armée d'Italie a été portée à 65000 hommes, sous le commandement du Maréchal Massena, commandant eu chef. L'aile droite de cette armée comprend la Division d'infanterie Gardanne, Brigades Compère et Lenchantin, douze Bataillons des 22e d'infanterie légère, 52e, 29e et 101e de ligne, trois Escadrons du 23e de Chasseurs à cheval, 6000 combattants et cinq bouches à feu ; et la Division d'infanterie Verdier, Brigades Brun et Digonet, quinze Bataillons des 23e d'infanterie légère, 10e, 56e, 62e de ligne, Dragons à pied, Dragons réunis, sept Escadrons des 4e et 19e de Chasseurs à cheval,·5000 combattants et onze bouches à feu (Mémoires du Prince Eugène, t.1, page 277).
Le Corps du Général Gouvion-Saint-Cyr, dans le Royaume de Naples, est formé de deux Divisions et d'une de réserve. La 1ère Division, Général de Division Reynier, Généraux de Brigade, Digonet, Herbin, Grigni, compte 7500 hommes et 1200 chevaux, des 23e d'infanterie légère, 10e, 56e, 62e de ligne, 4e Bataillon suisse, 4e et 6e de Chasseurs à cheval. La 2e Division, Général de division Lecchi, Généraux de brigade Ottavi et Severoli, 5000 hommes et 750 chevaux des 2e, 4e et 5e Régiments italiens, 32e Léger (un Bataillon), 1er Régiment des Chasseurs royaux italiens. La Réserve, Généraux de Brigade Peyri et Brou, 5000 hommes et 430 chevaux, des 1er d'infanterie·polonaise, Légion corse, 28e de Dragons, total de 17 à 18000 combattants et 2500 cheveaux, avec un matériel de 37 bouches à feu et 25 voitures (Mémoires du Prince Eugène, t.1, page 277).
Le Général Reynier, à Novale, reçoit l'ordre de marcher, le 24 novembre, à la pointe du jour, sur Castelfranco. L'ennemi, arrivé la veille et sentant la difficulté de sa position, prévient l'attaque ; il se jette tête baissée sur la Division Reynier, qui le reçoit avec la plus grande vigueur et bientot le culbute. Il revient plusieurs fois à la charge, se heurtant toujours contre ce même écueil. Pendant ce temps, le Général Saint-Cyr fait faire au Régiment polonais un mouvement pour tourner l'ennemi ; ce n'est plus alors pour celui-ci qu'une déroute jusqu'à Castelfranco, où nos troupes arrivent aussitôt que les Autrichiens. Tout ce qui n'a pas péri ou n'a pas été pris sur le champ de bataille demande à capituler. Six mille hommes d'infanterie et mille chevaux restent au pouvoir de Saint-Cyr. Le Général Prince de Rohan, commandant ce Corps, plusieurs Colonels et beaucoup d'Officiers sont faits prisonniers ; six drapeaux et un étendard, douze pièces de canon, leurs caissons et d'immenses bagages sont les trophées de ce combat. Le Général Gouvion Saint-Cyr a déployé une grande habileté dans cette opération. Lui-même donne de justes éloges à la bravoure et au talent du Général de Division Reynier. Dans son rapport sur cette brillante affaire, il cite avec honneur le chef du 10e de ligne (Mémoires du Prince Eugène, t.1, page 332).
Le 23 décembre 1805, le Prince Eugène écrit, depuis Padoue, à Napoléon : "… Le maréchal Masséna m'a laissé onze beaux régiments d'infanterie, les 9e, 10e, 56e, 62e de ligne ..." (Mémoires du Prince Eugène, t.1, page 476).
L'armée du Prince Eugène est composée à la fin de décembre de trois Divisions, donnant une force de 17000 combattants. Le Quartier général est à Padoue; elle comprend la Division Partouneaux (Brigade Digonet à Mestre, Brigade Herbin à Padoue) : Gardes d'honneur, Garde impériale et Vélites royaux, Gendarmerie, 9e, 62e, 10e et 56e de ligne, Artillerie, Train et Sapeurs (Mémoires du Prince Eugène, t.2, page 2).
/ 1806
Le 17 février 1806, Napoléon écrit depuis Paris, à Joseph, Lieutenant de l'Empereur, Commandant en chef de l'Armée de Naples : "Mon frère, dans les états que vous m'avez envoyés vous ne parlez pas du 10e, 20e de ligne et 102e, du 14e d'infanterie légère, du 23e légère, des 7e, 23e, 24e, 29e et 30e de dragons, non plus que des dragons Napoléon et de la Reine, italiens.
Ces corps doivent avoir joint et avoir porté votre armée à 40 000 hommes. Faites en faire un état en règle bataillon par bataillon, compagnie par compagnie, escadron par escadron" (Du Casse A. : "Mémoires et correspondance politique et militaire du roi Joseph", 1853-1854, t. 2, p. 71 ; Du Casse : « Supplément à la correspondance de Napoléon 1er » ; Paris, Dentu, 1887, p. 34 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 11489).
L"État des troupes qui ont été employées au siège de Gaète, indiquant le nom, la force et remplacement des corps, ainsi que la date de leur arrivée et de leur départ" indique : "10e régiment de ligne, arrivé le 10 mars. MM. Soulier, colonel ; Consoumy, chef de bataillon ; Thomas. Chef de bataillon, major de la tranchée, 53 officiers et 1,357" (Du Casse A. : "Mémoires et correspondance politique et militaire du roi Joseph", 1853-1854, t. 3, p. 449).
Le 13 mars 1806, l'Empereur, qui vient de recevoir un état de situation envoyé par le Prince Eugène, répond depuis Paris à ce dernier et lui demande de passer en revue tous les dépôts de l'Armée de Naples ; il s'étonne notamment que celui du 10e comprend 600 hommes qui ne sont pas envoyés au Régiment; il ajoute également : "... Faites-moi connaître comment sont organisés ces dépôts. Est-ce le 3e et le 4e bataillon qui s'y trouvent, ou sont-ce des dépôts inorganisés ? Mon intention est que ce soient des bataillons ; car, si éloignés de leurs corps, il serait très-dangereux de n'avoir que des dépôts sans organisation.
Tous ces dépôts ont-ils leur habillement ? Envoyez votre chef d'état-major les inspecter un à un et dans le plus grand détail, et dites au général Charpentier qu'il doit mettre un grand soin dans la rédaction des états qu'il m'enverra ; que le temps n'est plus où les états restaient enfouis dans les cartons de la guerre, que tout me passe sous les yeux ; il faut donc qu'il m'instruise, par les états qu'il m'enverra, comme si je voyais moi-même ces dépôts.
Faites-moi connaître combien chacun de ces corps doit recevoir de conscrits de l'an XIV, si on pousse leur instruction et s'ils sont habillés ...
... Faites partir le 20 mars un nouvel état de situation qui me fasse connaître votre position au 15 mars, et que je trouve dans les notes tout ce qui pourra me mettre à même de connaître la situation des dépôts et les raisons de leur accroissement ou de leur diminution. Faites-moi aussi connaître à cette même époque le nombre des places vacantes dans chaque régiment, le nombre des conscrits arrivés dans votre armée et dans les dépôts de l'armée de Naples depuis le dernier état, et enfin ce qui vous est arrivé du dépôt général de Strasbourg, et dans quels corps vous les avez distribués ..." (Mémoires du Prince Eugène, t.2, page 157 ; Correspondance de Napoléon, t.12, lettres 9966 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 11674).
Le 7 avril 1806, le Général Reynier écrit, depuis Reggio, à Joseph : "… Il aurait été bien nécessaire que le 10e régiment d'infanterie arrivât ; j'avais compté sur sa marche pour assurer la tranquillité, et ramasser les prisonniers que je laissais sur mes derrières : j'espère que Votre Altesse Impériale l'aura fait partir pour me joindre …" (Du Casse A. : "Mémoires et correspondance politique et militaire du roi Joseph", 1853-1854, t. 2, p. 187).
Au 1er mai 1806, d'après les états de situation envoyés par le Prince Éugène, commandant en chef, la composition et la force des divers corps composant l'Armée dite d'Italie, dont le quartier général est à Milan, est la suivante :
Division DES DÉPÔTS DE L’ARMÉE DE NAPLES, comptant à l'armée d'Italie :
1re division, Général de Brigade Pouchin (Forli) ; 3es Bataillons des 1er, 14e, 23e léger, 1er, 6e, 10e, 42e de ligne ; 3500 présents - Mémoires du Prince Eugène, t.2, page 268.
Le 15 mai 1806, à Gaëte, l'ennemi fait une sortie. Le 10e, dont le camp est sur le revers du coteau des Récollets, descend en toute hâte ; il perd quelques hommes par le feu de la place qui l'aperçoit, et tire vivement sur lui (Du Casse A. : "Mémoires et correspondance politique et militaire du roi Joseph", 1853-1854, t. 3, p. 27 et suivantes).
Le 19 mai 1806, l'Empereur écrit depuis Saint-Cloud, au Roi de Naples : "Mon frère ... Par les états de situation que j'ai, je vois qu'il n'y a que les 10e et 62e, formant moins de 3,000 hommes, devant Gaète. Je ne vois pas qu'en général il y ait là tous les moyens nécessaires pour faire les travaux préparatoires du siège ..." (Du Casse A. : "Mémoires et correspondance politique et militaire du roi Joseph", 1853-1854, t. 2, p. 240 (avec la date du 29 mai 1806) ; Correspondance de Napoléon, t.12, lettres 10250 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12147).
Napoléon pense que la situation est sous contrôle et songe même à poursuivre sur la Sicile. Le 7 juin 1806, il écrit, depuis Saint-Cloud, à son frère Joseph : "... Voici comment je placerais vos troupes au moment de l'expédition de Sicile :
... Le 6e de ligne, le 10e, le 62e, le 101e et le 4e italien avec 800 chevaux, ce qui ferait, y compris l'artillerie et les sapeurs, plus de 9,000 hommes, seraient chargés de Gaète, en mettant une petite garnison à Capoue ..." (Du Casse A. : "Mémoires et correspondance politique et militaire du roi Joseph", 1853-1854, t. 2, p. 285 ; Correspondance de Napoléon, t.12, lettres 10329 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12252).
Dans la première quinzaine de juin, l'armée du Vice-roi comprend la Division des Dépôts, Généraux Pouchin (Forli), Valory (Bologne), Laplanche-Mortièrcs (Modène), 7500 fantassins des 1er, 14e, 22e et 23e Légers, 1er, 6e, 10e, 20e, 29e, 42e, 52e, 62e, 101e et 102e de Ligne, du 4e Régiment suisse et du 32e Léger (1er Bataillon) (Mémoires du Prince Eugène, t.2, page 285).
Le 17 juin 1806, Joseph écrit, depuis Naples, à Napoléon : "Sire, je reçois la lettre de Votre Majesté du 7. Elle porte l'armée à quarante-quatre mille hommes présents. Votre Majesté verra, par le résumé ci-joint, que le total des présents est de trente-huit mille deux cent trente-six. L'erreur vient de ce que la garnison d'Ancône et les régiments qui, d'après les ordres précédents de Votre Majesté, ont dû quitter l'armée, se trouvent compris dans le premier état ..."; voici ce résumé : "... Dans le 1er corps : dix mille vingt-deux hommes et deux mille deux cent trente-huit chevaux répartis dans les 101e, 20e, 62e, 10e de ligne, 14e et 4e de chasseurs, 23e, 29e, 30e de dragons, 1er bataillon du 32e léger, 19e compagnie du 2e d'artillerie à pied, 1re et 3e du 7e bataillon du train, pionniers noirs ..." (Du Casse A. : "Mémoires et correspondance politique et militaire du roi Joseph", 1853-1854, t. 2, p. 302).
Le 21 juin 1806, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, à Joseph, Roi de Naples : "Mon frère, on me porte dans mes états une grande quantité de paires de souliers comme vous étant arrivés de Gênes et de Turin par terre. Faites-moi connaître combien vous en avez reçu.
Je vois par vos états de situation que le 10e de ligne, le 20e de ligne ont encore leur troisième bataillon à votre armée. Renvoyez donc les cadres de ces 3es bataillons ..." (Du Casse A. : "Mémoires et correspondance politique et militaire du roi Joseph", 1853-1854, t. 2, p. 309 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12348).
Le 28 juin 1806, le Roi Joseph se rend devant la place de Gaète. Le jour même de son arrivée, le Roi voit sous le feu de la place les troupes de siège. Se trouvant en face des Grenadiers du 6e Régiment de ligne, il leur demande s'ils aiment mieux être à la tranchée que dans leur camp : "Au camp, répondent les Grenadiers, si nous pouvons y voir et combattre l'ennemi en rase campagne ; devant Gaète, si l'assaut est ordonné". Ces braves gens, pendant la visite de Joseph, tremblent pour lui : le feu des assiégés, effectivement, n'a jamais été plus vif. "Nous voyons le roi avec plaisir, disent-ils ; mais ce n'est pas là sa place". Mais le frère aîné de l'Empereur se plait à partager avec eux les périls qu'ils affrontent depuis si longtemps. Le Major Thomas et quatre Officiers du 10e Régiment de ligne sont blessés par des éclats de bombes; Joseph leur témoigne l'intérêt qu'il prend à leur état. Ce ne sont pas leurs blessures qui les inquiètent. "Elles nous paraîtront légères, répondent-ils, si Votre Majesté ne se précipite pas l'assaut, et nous laisse le temps d'y monter" (Du Casse A. : "Mémoires et correspondance politique et militaire du roi Joseph", 1853-1854, t. 2, p. 321).
Le 29 juin 1806, Joseph écrit, depuis le camp devant Gaète, à Napoléon : "… Le 6e de ligne, le 101e, le 62e et le 10e sont absolument nus ; je viens de les voir. Les colonels ne savent plus que faire ; on leur refuse à leur dépôt tout envoi d'hommes, de fonds et de drap. Votre Majesté a ordonné que les troupes qui se trouvent dans le royaume de Naples seraient payées de tout, à compter du 1er mai. Votre Majesté n'a pas entendu qu'on leur retiendrait les habits qu'elles ont économisés, et qui leur sont dus avant le mois de mai ; elle n'a pas voulu qu'on retînt au dépôt les masses de linge et chaussure qui appartiennent aux soldats, ni aucun autre objet dû aux troupes avant le 1er mai. C'est cependant ce que l'on fait, Sire, et il m'est impossible de créer sur-le-champ les habillements de cinquante mille hommes, qui tous sont nus à la fois, parce que la campagne a été très-fatigante par les marches continuelles, par les travaux de terre à Gaète, et parce que les colonels n'ont pas pris aux dépôts ce qui leur revenait, chacun ayant cherché à économiser les effets ; mais le moment du besoin est arrivé, et tous demandent aujourd'hui inutilement ce qu'ils pouvaient prendre hier, et ce qui leur est dû aujourd'hui, si l'on ne rend pas les ordres de Votre Majesté plus sévères qu'ils ne sont effectivement.
Votre Majesté n'aurait pas vu sans peine, ce matin, les braves corps qui ont fait ici des travaux romains, déguenillés d'une manière honteuse ; et il y a impossibilité physique à ce qu'ils soient habillés ici tous à la fois. Ils recevront la masse d'habillement à compter du 1er mai ; mais cette masse d'habillement ne pourra pas les habiller en juin, ni en juillet, puisque ce n'est pas avec un douzième ou un sixième de cette masse que l'habillement entier peut être fait. Si j'avais des draps et des moyens, je n'écrirais pas tout ceci à Votre Majesté, et les troupes seraient habillées ; mais Votre Majesté est trop expérimentée pour ne pas connaître ma position, et trop juste pour vouloir l'impossible ...
Un seul boulet nous a enlevé, il y a trois jours, dix hommes. Hier, une bombe tombée dans la soupière du chef de bataillon Thomas, du 10e, a blessé cinq officiers qui étaient à table avec lui, et a été casser la jambe à son cuisinier au rez-de-chaussée.
J'ai vu quelques instants après le chef de bataillon Thomas et des officiers, et ils ne m'ont témoigné qu'un seul regret, c'est de n'être pas guéris pour le moment décisif. Je leur ai promis de rendre compte de ceci à Votre Majesté, et je m'acquitte de ma promesse.
Ce Thomas commande le service de la tranchée comme major, depuis le commencement du siège ; tous les chefs ne tarissent pas sur son compte. Je demande à Votre Majesté qu'il soit fait officier de la Légion d'honneur …
Jusqu'ici la santé des soldats est assez bonne. Je fais payer ceux qui travaillent à Gaète, ce qui leur donne le moyen de pourvoir à leur chaussure. Je leur fais aussi donner le vin …" (Du Casse A. : "Mémoires et correspondance politique et militaire du roi Joseph", 1853-1854, t. 2, p. 342).
Le 8 juillet 1806, l'Empereur écrit depuis Saint-Cloud, à Eugène, Vice-Roi d'Italie : "Mon fils, les corps qui sont à l'armée de Naples se plaignent qu'on retient au dépô la masse de linge et chaussures des soldats, pour le temps antérieur au 1er mai. Faites vérifier ce qu'il en est, et, si cela est vrai, faites partir pour Naples tout ce qui appartient aux bataillons de guerre, pour le temps antérieur au 1er mai. Les 10e, 62e et plusieurs autres régiments se plaignent d'avoir à leurs depôts une grande quantité d'effets qu'on leur retient. Mon intention est que vous fassiez faire une revue des depôts par le général Charpentier, et que vous fassiez partir pour Naples les effets confectionnés et inutiles à l'habillement des conscrits qui sont actuellement aux depôts" (Mémoires du Prince Eugène, t.3, page 63 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12451.
Le 8 juillet 1806, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Roi de Naples : "J'ai fait ce que vous désiriez pour le chef de bataillon Thomas ; vous pouvez lui annoncer qu'il est officier de la Légion d'honneur ..." (Du Casse A. : "Mémoires et correspondance politique et militaire du roi Joseph", 1853-1854, t. 2, p. 354 ; Correspondance de Napoléon, t.12, lettres 10467 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12453).
Le 12 juillet 1806, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, à Eugène, Vice-Roi d'Italie : "Mon fils, le 3e bataillon du 22e régiment d'infanterie légère, qui est à Bologne, est de 710 hommes présents. Il a 500 hommes aux hôpitaux, ce qui doit, nécessairement, le porter bientôt à 8 ou 900 hommes ; faites-moi connaître combien il y a de vieux soldats, d'hommes à l'école de bataillon, si le chef de bataillon est un bon offïcier, et quand ce bataillon pourra être employé dans une des divisions du 2e corps de la Grande Armée que commande le général Marmont, où il n'y a point d'infanterie légère. Comment ce bataillon a-t-il 540 malades, et celui du 20e, 453 ? Cela me paraît bien considérable. Pourquoi lui porte-t-on des prisonniers de guerre, qui, à cette heure, doivent être rentrés, ou bien ne rentreront plus ?
Faites-moi connaître si le bataillon du 20e, qui est de 900 hommes, celui du 42e, qui est de 800 hommes, et celui du 10e de ligne, qui est de 700 hommes, sont dans le cas d’entrer dans la ligne. Recommandez encore une fois qu'on travaille à leur instruction, et surtout qu'on évite les maladies. Il est possible qu'à Bologne et dans les lieux où ils se trouvent des emplacements manquent pour les faire manœuvrer ; faites-leur-en donner" (Mémoires du Prince Eugène, t.3, page 69; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12476).
Le 28 juillet 1806, l'Empereur écrit depuis Saint-Cloud, à Eugène, Vice-Roi d'Italie : "Mon fils, je n'ai point de nouvelles de vous depuis longtemps, je n'ai de nouvelles de Dalmatie que par Le Marois.
Donnez l'ordre au général Charpentier de se rendre auprès des divisions de réserve des dépôts de l'armée de Naples, et d'organiser deux compagnies du 1er régiment d'infanterie légère, fortes de 100 hommes chacune, deux compagnies d'égale force du 14e, deux compagnies du 23e ; de former de ces six compagnies un bataillon, dont il donnera le commandement à un des chefs de bataillon du 1er régiment d'infanterie légère ; il prendra l'adjudant-major dans un régiment différent.
Il formera un second bataillon de trois compagnies du 6e ; un troisième bataillon de six compagnies du 10e et un quatrième bataillon de six compagnies du 42e. Il donnera le commandement de ces quatre bataillons à un major, en choisissant un homme habile et ferme, et les réunira à Rimini. Recommandez-lui de ne prendre que des hommes bien portants, bien armés et bien habillés.
Il formera un bataillon de six compagnies, de 100 hommes chacune du 22e d'infanterie légère ; un autre bataillon d'égale force, de six compagnies du 20e de ligne ; un troisième bataillon de quatre compagnies du 29e et de deux compagnies du 52e ; et un quatrième bataillon de trois compagnies du 62e et de trois compagnies du 102e. Ces quatre bataillons seront également mis sous les ordres d'un major intelligent et capable, et seront réunis sans délai à Imola.
Tout ce qu'il y a dans le royaume d'Italie du 32e d'infanterie légère de la légion corse se rendra sur-le-champ à Rimini, pour se joindre à l'un des deux corps de réserve. Ces deux corps sont destinés à se rendre dans le royaume de Naples et à servir de réserve ; si cela est nécessaire, le général Laplanche-Morthières se rendra à Rimini pour en prendre le commandement. Vous aurez soin que les huit pièces d'artillerie que je vous ai ordonné par ma lettre d'hier de tenir prêtes se rendent à Rimini avec un bon officier pour les commander. Vous comprendrez facilement que mon intention et de réunir d'abord ce corps de 4 800 hommes à Ancône, où il sera sous les ordres du général Le Marois, qui y joindra ses deux régiments de cavalerie et les deux bataillons suisses qu'il a ; ce qui formera un corps de plus de 6 000 hommes, avec huit pièces d'artillerie attelées.
Le général Le Marois aura sous ses ordres les généraux Laplanche-Morthières et Tisson, et par là, il aura les moyens de contenir l'état romain et même de se porter sur le royaume de Naples pour renforcer l'armée française. Au reste, mon intention n'est, pour le moment que de réunir ces huit bataillons à Rimini et à Imola. Je désire que vous ne fassiez aucune disposition que par mon ordre que je donnerai selon les événements. Ordonnez au général Charpentier de m'envoyer l'état de situation de ces bataillons, afin que je vous fasse connaître la réponse quand ils devront partir" (Mémoires du Prince Eugène, t.3, page 91; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12586).
Le 20 août 1806, l'Empereur écrit, depuis Rambouillet, au Roi de Naples : "Mon Frère, je reçois votre lettre du 9 août, avec un état par lequel je vois que le 10e de ligne est porté comme ayant 58 hommes hors du gouvernement de Naples ; le 52e, 145 ; le 101e, 15 ; le 1er régiment napolitain, 668. Il faut faire rejoindre ces détachements, et porter le plus grand soin à tenir vos corps réunis. Dans un pays comme Naples, ils se dissémineraient selon la fantaisie des commandants de place, et vous n'auriez plus d'armée. Il y a trop d'infanterie à Naples et pas assez d'un régiment de cavalerie. Que faites-vous donc de toute votre cavalerie ? ..." (Du Casse A. : "Mémoires et correspondance politique et militaire du roi Joseph", 1853-1854, t. 3, p. 143 ; Correspondance de Napoléon, t.13, lettres 10672 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12758).
Dans le même temps, Napoléon sermonne Joseph sur ses mauvaises dispositions militaires dans son royaume, lui place ses troupes et continue à parler d’une expedition en Sicile. Le même 20 août 1806, il lui écrit : "Mon frère ... Vous trouverez ci-joint la distribution que je voudrais faire de votre armée, afin que vous menaciez la Sicile et que vous soyez en mesure contre tout ... L'armée une fois placée ainsi, pas un homme ne débarquera en Calabre, et on pourra punir sévèrement les brigands; cela est plus nécessaire que tout le reste ... Aujourd'hui la question est tout entière dans la Calabre. Il faut que tout le monde soit dans la conscience qu'on y est assis de manière à ne pouvoir être ébranlé. Cela encouragera l'armée et commencera à influer sur la Sicile, et même sur les négociations ..." (Du Casse A. : "Mémoires et correspondance politique et militaire du roi Joseph", 1853-1854, t. 3, p. 136 ; Correspondance de Napoléon, t.13, lettres 10673; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12759).
Cette lettre est suivie d'un "Projet de placement de l'Armée de Naples" : "Avant-garde de l’armée de Sicile. – 1ère division. – Reynier, général de division. Les 14e et 23e légers, 29e et 52e de ligne, 6e de chasseurs.
2e division Verdier, général de division : Légion Corse, 22e Léger, les 10e et 20e de ligne, le 4e de chasseurs.
3e division. – Réserve. – Gardanne, général de division. ler léger napolitain, les 101e et 102e, le 14e de chasseurs.
Ces trois divisions seraient sous les ordres d’un maréchal.
La 1e serait placée à Reggio et depuis Sainte-Euphémie jusqu’à Marina di Catanzaro.
La 2e , depuis Cotrone, ayant son quartier général à Cosenza.
La 3e, à Cassano jusqu’aux confins de la Calabre" (Du Casse A. : "Mémoires et correspondance politique et militaire du roi Joseph", 1853-1854, t. 3, p. 138 ; Correspondance de Napoléon, t.13, lettres 10674 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12759).
Le 22 septembre 1806, Eugène écrit à Napoléon : "Sire, Votre Majesté, par sa lettre du 17 septembre que j'ai reçue ce matin, m'ordonne de lui faire un projet sur le nouvel emplacement des deux divisions de dépôts d'infanterie de l'armée de Naples. Je m'empresse, après avoir pris connaissance des localités, de lui proposer la répartition suivante. J'attendrai ses ordres avant d'ordonner les mouvements.
Première division, commandée par le général de brigade Pouchin, quartier général à Forli, ayant sous ses ordres le général de brigade Leguai, à Rimini : 1er et 14e d'infanterie légère à Rimini ; 23e d'infanterie légère, à Céséna ; 10e d'infanterie de ligne, à Ravenne ; 6e et 42e d’infanterie de ligne à Forli ; 2e d'infanterie de ligne, à Faënza. Deuxième division, commandée par le général de brigade Valori ; quartier général à Bologne, ayant sous ses ordres un général de brigade qui se tiendra à Ferrare : 29e d'infanterie de ligne, à Imola ; 22e d'infanterie légère, 62e et 102e d'infanterie de ligne, à Bologne ; 20e et 101e d'infanterie de ligne, à Ferrare ; 52e d'infanterie de ligne, à Rovigo.
Votre Majesté remarquera que, d'après son approbation, les mouvements auraient lieu dans le milieu d'octobre, et qu'alors la mauvaise saison est tout à fait passée pour Ferrare" (Mémoires du Prince Eugène, t.3, page 160).
Le 23 septembre 1806, Eugène écrit, depuis Milan, à Napoléon : "Sire … J'ai donné ce matin les ordres pour le mouvement du général Séras et du 1er bataillon du 10e régiment d'infanterie. Quant aux fusils, il ne doit déjà plus en exister en Istrie. Depuis longtemps j'avais donné l'ordre de les faire rentrer ; je m'en assurerai dans quelques jours. Il y restera toutes les pièces de côte à cinquante coups, et deux pièces de campagne qui ne rentreront que dans huit à dix jours avec le 2e bataillon du 13e. Enfin j'apporterai, je le jure à Votre Majesté, la plus scrupuleuse attention aux ordres de Votre Majesté. Je lui rendrai compte successivement de leur exécution" (Mémoires du Prince Eugène, t.3, page 161).
Le 25 septembre 1806, Joseph écrit, depuis Capo di Monte, à Napoléon : "Sire, Fra Daviolo s'était fortifié dans Sora, qui est très-forte par sa situation ; il y avait réuni 2 à 3 mille hommes ; il a déterré cinq pièces de canon qui étaient cachées depuis 1799. Il avait beaucoup d'argent, et payait en piastres d'Espagne toutes ses recrues. Je ne l'ai pas fait inquiéter les premiers jours, je me suis contenté de faire donner l'ordre aux généraux Dombrowski, Duhesme et Goulus de faire occuper tous les débouchés par où il aurait pu se retirer dans les Abruzzes pour se réunir aux révoltés de ces montagnes. Dans les États du pape, le général Tisson, sur la ligne d'Isernia à Capoue, a rempli le même but ; le général Valentin a fait occuper les débouchés d'Itri, Fondi, et a eu l'ordre de ne souffrir aucune barque le long de la mer. Ces dispositions faites, le chef de bataillon Forestier a eu l'ordre de se porter à Arpino avec 600 hommes ; le colonel Cavaignac, aujourd'hui général, s'est porté par Castel del Sangro sur Peschio-Asserolo avec 600 hommes.
Le général Espagne, commandant la division de la Terre de Labour, s'est porté de sa personne à San-Germano avec 600 hommes du 10e, commandés par le chef de bataillon Thomas, et le 4e de chasseurs et quatre pièces d'artillerie. Le 24, il a fait attaquer Sora par trois côtés à la fois : elle a été emportée après une assez longue défense. Nous avons perdu peu de monde ; l'ennemi a été taillé en pièces : on croit Fra Diavolo au nombre des morts. Le général Goulus, entré à Celano et de là à Avezzano, a ramassé tout ce qui s'échappait de Sora : déjà il avait pris ou tué près de 200 hommes. Le général Cavaignac revient à Naples par Tagliacozzo et la vallée de Sulmona ; le chef de bataillon Forestier, par Frosinone ; et le chef de bataillon Thomas, par Capoue.
Une frégate et quelques bâtiments sont, depuis quelques jours, sur la côte de Terracine à Gaète ; ils ont débarqué avant-hier un officier et 30 Anglais, qui ont été faits prisonniers ; ils cherchaient des nouvelles de Fra Diavolo, et n'ont trouvé que nos troupes.
Le général Espagne se loue de tout son monde, et surtout des jeunes conscrits, qui voyaient pour la première fois le feu à Sora, et qu'il avait peine à distinguer des braves du 10e.
Les noirs et les militaires du 2e italien se sont aussi très-bien conduits. Naples était déjà dans l'épouvante" (Du Casse A. : "Mémoires et correspondance politique et militaire du roi Joseph", 1853-1854, t. 3, p. 215).
/ 1807
/ 1808
/ 1809
L'"ÉTAT de répartition des dépôts d'infanterie dans les garnisons" indique que le 10e de Ligne fait partie du 1er Arrondissement; 28e Division militaire, Plaisance (Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, p. 478).
"Décret.
Au palais des Tuileries, le 23 mars 1809.
Art. 1er. - Il sera formé dix-sept demi-brigades provisoires de réserve, composées principalement de deux ou trois compagnies tirées des cinquièmes bataillons de nos régiments d'infanterie.
Art. 2. Chaque demi-brigade sera commandée par un colonel en second ; chaque bataillon par un chef de bataillon. Il y aura un adjudant-major par demi-brigade.
Art. 3. Les dix-sept demi-brigades seront organisées de la manière suivante :
... 15e demi-brigade.
1er bataillon.
2 compagnies du 52e de ligne.
2 compagnies du 101e de ligne.
2 compagnies du 102e de ligne.
840 hommes.
2e bataillon.
2 compagnies du 22e léger.
2 compagnies du 3e léger.
2 compagnies du 22e léger.
2 compagnies du 14e léger.
840 hommes.
3e bataillon.
2 compagnies du 6e de ligne.
2 compagnies du 10e de ligne.
2 compagnies du 20e de ligne.
840 hommes.
Cette demi-brigade se réunira à Alexandrie ..." (Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, p 550).
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