Le 8e Régiment d'Infanterie de Ligne
1789-1815
Avertissement et remerciements :
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- Inspection de la 8e Demi-brigade de Ligne par le Général Schauenburg, le 4 Germinal an 8
"Revue d’inspection passée le 4 Germinal an 8
8e Demi-brigade de l’Infanterie.
Etat-major.
Sarrut, Chef de Brigade, du 19 Prairial an 2. Officier distingué par tous les Généraux sous lesquels il a servi. Il réunit toutes les qualités nécessaires pour conduire et administrer parfaitement un corps.
Niceville, Chef de Bataillon, du 21 janvier 1793. Officier surnuméraire, lequel vient d’être placé par le Général en chef en qualité de titulaire d’après les témoignages avantageux qui ont été rendus sur sa conduite pendant la dernière campagne.
Marcourt, Chef de Bataillon, du 15 octobre 1792. Commande le 3e Bataillon, connaissant les devoirs de sa place, pourrait avoir plus de connaissances des manœuvres et d’administration.
Marthiot, Chef de Bataillon, du 29 Floréal an 2. Cet Officier est supérieurement noté ; mais au Dépôt depuis trois ans, ne pouvant plus reprendre du service.
Le 2e Bataillon était commandé par le Capitaine Lambert. Ce Bataillon est provisoirement sous les ordres du Chef de Bataillon Aubert sortant du Bataillon auxiliaire de l’Eure ; le Chef de Brigade Sarrut demande avec instance la place de Chef de Bataillon qu’occupe le citoyen Pierre Mathiot, Chef de Bataillon absent, au Dépôt depuis 3 ans, pour le citoyen Frappard, Capitaine. Cet Officier réunit des qualités requises pour commander utilement un Bataillon.
Leseur, Adjudant-major, du 10 octobre 1793. Bonne conduite, rempli d’intelligence et de bonnes dispositions, déjà bon Officier, et avec de l’application ; deviendra un des meilleurs de l’armée, remplirait bien un emploi de Chef de Bataillon.
Dauny, Adjudant-major, du 11 Nivôse an 6. Bonne conduite, a plus de zèle que de capacités.
Lageon, Adjudant-major, du 11 Nivôse an 6. Excellente conduite, remplit avec zèle et intelligence les devoirs de sa place.
Bonajoux, Adjudant sous-officier, du - . Très actif.
- , Adjudant sous-officier, du . très actif.
- , Adjudant sous-officier, du . très actif.
Lecoq, Quartier-maitre trésorier du . Bonne conduite, remplit avec distinction les devoirs de sa place.
Dubard, Quartier-maitre du . Bonne conduite, remplit bien les obligations de Quartier-maitre en second, avec de l’application, a tous les moyens de parvenir Quartier-maitre trésorier.
Officiers ne pouvant faire campagne, remplacés par les surnuméraires.
Officiers infirmes. Remplaçants.
Officiers supérieures à la suite du Corps.
Mathiot, Chef de Bataillon, au Dépôt.
Folzer, idem, commandant à l’Isle Saint-Pierre, près Mayence.
Administration.
La 8e Demi-brigade était lors de ma revue de 2780 hommes présents sous les armes, et non compris 96 Officiers. Les Bataillons auxiliaires, 1er de l’Eure fort d’environ 445 hommes, et le 1er de l’Aisne, fort de 300.
L’effectif de ce corps est de 4016.
Les absent de 1236.
2780.
Ce corps a encore 16 Officiers prisonniers de guerre et 550 hommes tant Sous-officiers que soldats.
Le Dépôt de cette Demi-brigade vient d’être envoyé à Mayence ; il est composé d’environ 600 hommes dont 200 blessés, 300 à réformer et les autres 100 à se refaire.
Tous les ordres nécessaires pour la consommation des hommes susceptibles de récompense et de réforme sont donnés et le travail de ce Dépôt est en activité.
L’administration de ce corps est très bien montée par les connaissance qu’a dans cette partie le Chef de Brigade Sarrut et son premier Quartier-maitre Lecoq. Je demande qu’il lui soit accordé une somme de cinq cent livres en gratification, afin qu’il puisse faire imprimer de nouveaux livrets de comptabilité pour chaque Compagnie, conformes à ceux introduits depuis longtemps dans ce corps.
Le Ministre de la Guerre Petiet a approuvé d’après le compte que lui en a rendu le Général Dupont Chaumont et il serait à désirer que ce genre de livres de Compagnie soit introduit à toute l’infanterie et surtout exactement remplis par les soins des commandants des Compagnies.
Il manque à ce corps 1600 gibernes, et celles qui existent encore sont en partie en banderoles noires, et de la plus mauvaise qualité. Dans ce manque de gibernes sont compris les 550 prisonniers de guerre.
Ce corps a encore quelques ressources à son Dépôt, qui ne peuvent cependant être comptées que pour les 600 paires de guêtres d’étoffe, autant de chapeaux, le reste étant à peine suffisant pour les hommes qui le composent.
Ce corps n’a plus de drapeaux, je lui en ai remis trois qui me restaient encore de ceux que j’ai fait faire par ordre du Ministre, pour l’Armée du Rhin, pendant l’an 5 ; ce corps n’aura pas d’autres dépense pour ces drapeaux que le n°8 à y faire mettre.
Résumé.
Le 1er Bataillon est très mal vêtu, il est en partie composé de conscrits ; le Chef de Brigade attend le retour des prisonniers de guerre, attendu qu’il doit rester 400 hommes d’anciens soldats à ce Bataillon, lesquels seront versés de manière à les utiliser.
Le 2e Bataillon l’est un peu mieux, et le 3e passablement, n’ayant pas souffert la dernière campagne.
Il n’y avait que cent cinquante hommes du Bataillon de l’Eure d’habillés. Le Chef de Brigade a envoyé un Officier pour chercher les étoffes de ce Bataillon.
L’arriéré de solde de la 8e est de trois mois ; les deux premières Compagnies de Grenadiers sont en partie composées de nouveaux Grenadiers ; la 3e est belle, et encore composée de bons et beaux Grenadiers.
En général, le 3e Bataillon est le plus en état de la guerre ; il serait bien avantageux aux deux premiers, que leurs prisonniers de guerre rentrassent avant l’ouverture de la campagne.
Les Officiers sont en général assez bien tenus, leur extérieur annonce de la décence et de l’ordre.
L’on remarque un esprit d’ordre et de subordination dans ce corps, que l’on doit attribuer à la solidité du Chef de Brigade Sarrut" (Schauenburg (Général baron Alexis-Balthazar-Henri-Antoine de) : Registre particulier des revues. An VIII ; Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg: MS.0.492 ; document numérisé par la BNU à la demande conjointe de F. Berjaud, L. Claudel et D. Davin).
- Inspection du Dépôt du 8e Régiment à Venloo par le Général Schauenburg, 2 décembre 1807
"Dépôt du 8e Régiment d’Infanterie de Ligne. Revue passée à Venloo le 2 décembre 1807.
Espèce d’hommes. Passable.
Habillement. Très bon.
Equipement. Idem.
Armement. Idem.
Tenue. Bonne.
Discipline. Très bonne.
Maniement d’armes. Médiocre.
Manœuvres. Idem.
Retenue. Aux Officiers d’une journée et demie de solde par mois pour la musique.
Ordinaire. Très bon.
Pain. Bon.
Casernes et fournitures. Les casernes bonnes, les fournitures passables.
Conscrits. - .
Finances. Les registres sont tenus avec ordre et conformément aux règlements.
Résumé.
M. le Major Juliet est un Officier à distinguer par son exactitude, son intelligence et sa volonté à remplir ses devoirs. C’est celui de tous les chefs, d’inspection dont je suis chargé qui m’a présenté le travail le plus en règle et Son Excellence le Ministre peut sans exception compter sur l’exactitude des notes de ce Major, sur ses Officiers.
Son Excellence sera à même de voir par les ordres que j’ai laissé à ce corps le peu de cas qu’on fait de ceux laissés par les Inspecteurs, attendu que les chefs ayant presque la certitude de leur changement chaque année, ils se dispensent impunément de les suivre. J’ai refusé à ce corps 6 hommes.
Ordre.
Le Général de division Schauenburg Inspecteur général d’Infanterie n’a pas arrêté la comptabilité de l’an 13 du 8e Régiment d’Infanterie de Ligne, ne l’ayant pas trouvée arrêtée par l’Inspecteur aux revues.
Les registres sont tenus avec ordre et régularité et conformément aux règlements.
L’Inspecteur général recommande au commandant du Dépôt et aux membres du conseil d’administration de tenir la main sur toutes les parties de l’administration et de mettre la plus grande économie dans l’emploi des fonds.
L’Inspecteur général témoigne aussi sa surprise de ce que M. le Colonel s’est permis, malgré les ordres qu’il avait laissé lors de sa dernière revue, de continuer sur les Officiers une journée et demie de solde pour la musique. C’est avec peine qu’il se voit obliger d’ordonner de nouveau qu’à compter du 1er décembre prochain, il ne sera fait aux Officiers sous aucun prétexte que ce soit, que la retenue seulement d’une journée de solde par mois pour la musique.
Le Général témoigne au commandant du Dépôt et au Quartier-maitre sa satisfaction de l’ordre où il a trouvé le travail pour sa revue" (Schauenburg (Général baron Alexis-Balthazar-Henri-Antoine de) : « Revues particulières d’inspection, ordonnée le 23 octobre 1807 » ; Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg: MS.0.491 ; document numérisé par la BNU à la demande conjointe de F. Berjaud, L. Claudel et D. Davin).
"Ordre donné à tous les corps sur la manière d’exercer les conscrits et pour l’administration.
Nota. Le présent ordre a été adressé à S. E. le Ministre de la guerre, le 20 novembre dernier ; lequel précèdera les autres donnés.
Les commandants des dépôts prescriront aux officiers et sous-officiers de s’appliquer à connaitre autant que les circonstances le permettront les facultés de l’homme qu’ils ont à instruire afin de les traiter en conséquence, ils leur recommanderont la patience, les brusqueries étant contraires aux succès de l’instruction.
Le premier objet auquel ils devront avoir attention, c’est d’inspirer aux recrues le goût de la propreté, pour y parvenir, il faut qu’il lui indique tous les moyens qui sont en usage dans la troupe pour entretenir et nettoyer avec ménagement toutes les parties de l’habillement et équipement, après la propreté du corps, si essentielle à la santé du soldat, vient l’entretien de ses armes dont il doit avoir le plus grand soin, à cet effet, il faut faire connaitre aux recrues toutes les parties de son armement et lui enseigner la manière de nettoyer et remonter son fusil.
Lorsque l’on sera à l’exercice l’instructeur entretiendra la recrue pendant l’intervalle de chaque repos, de ses devoirs envers les officiers et sous-officiers, et lui fera connaitre les nomes des généraux sous les ordres desquels se trouvera le corps, le nom des officiers de sa compagnie, et de ceux supérieurs en exigeant de lui qu’il les retiennent.
Le commandant de chaque dépôt fera pratiquer le règlement concernant le service intérieur, la police et la discipline de l’infanterie du 24 juin 1792 sur tout ce qui n’est pas contraire aux lois actuelles, aux localités et aux circonstances.
Ils assembleront au moins chaque semaine les officiers et sous-officiers pour les examiner sur les bases de la discipline, de la police, du service intérieur et sur celui de la place duquel il devra être donné connaissance aux conscrits à la fin de chaque exercice en classant les devoirs de chaque grade.
Ils feront aussi suivre par gradation le règlement concernant la manœuvre et l’exercice de l’infanterie du 1er août 1791, sans se permettre sous aucun prétexte quelconque la moindre innovation dans ses principes.
En surveillant la stricte exécution de l’ordre ci-dessus, ils exigeront que les officiers et sous-officiers , par leur conduite et leur application à remplir leur devoir, servent de modèle aux jeunes soldats pour l’éducation militaire de laquelle ils sont chargés.
Tous les officiers et sous-officiers devront se trouver aux exercices journaliers et y être employés en raison de leurs connaissances et moyens d’instruction, et ceux qui n’en auront pas suffisamment devront également s’y trouver pour en acquérir ou pouvoir y être utilisés à la volonté du chef.
L’on n’exercera jamais de grand matin, à moins que les circonstances ne l’exigent, afin de donner le temps au soldat de soigner toutes les parties de son vêtement et la propreté de la chambrée ; l’on préfèrera autant que possible les exercices de l’après midi attendu qu’elles empêchent le soldat de s’écarter trop loin de son quartier.
Conformément à l’article 20 du règlement concernant le service intérieur, tous les officiers devront se trouver à la garde journalière que fournira le corps quand même elle ne défilerait qu’au quartier ; les chefs n’en exempteront personne que pour objet de serves, ils exigeront qu’ils se présentent dans la tenue prescrite pour le journalier, et qu’ils ne se permettent aucun autre costume dans la journée, que celui qu’ils doivent avoir eu à la parade.
Administration.
Les membres du conseil d’administration devront se pénétrer du devoir de la plus exacte surveillance sur toutes les parties de l’administration qui leur est confiée, et les commandants des compagnies porteront toute l’attention nécessaire aux fournitures qui seront faites à leurs soldats, feront les représentations au conseil d’administration si elles étaient défectueuses et rendront compte à l’inspecteur général dans le cas où il ne serait pas fait droit à leurs réclamations.
Le premier dimanche de chaque mois, il sera fait lecture de l’arrêté du 19 Vendémiaire an 12 relatif à la désertion.
Il ne sera fait aux soldats et conscrits, et sous quelque prétexte que ce puisse être, aucune autre retenue que celles prescrites par les règlements.
On ne peut sous quelque prétexte que ce soit, et sans se rendre coupable d’un délit, se permettre de recevoir des hommes en remplacement des militaires qui sont sous les drapeaux sans l’autorisation formelle et préalable transmise par le directeur général de la conscription.
Il ne doit être délivré aucune espèce de congé si ce n’est sur des imprimés envoyés par le ministre. Aucun enrôlé volontaire ne doit être admis qu’après avoir contracté un engagement en présence d’un maire.
On ordonnera que cette formalité soit remplie sur le champ par les enrôlés volontaires qui ne s’y seraient pas conformés.
L’intention de l’Empereur est que tout militaire qui reçoit son congé définitif soit pour ancienneté de service, soit pour cause de blessures reçues à l’armée, puisse rentrer dans ses foyers avec une tenue décente et qu’il doit par conséquent être pourvu d’un habit uniforme en bon état et de son sabre, s’il est sous-officier ou grenadier.
Si le corps a plus de huit musiciens (que les règlement accordent), ceux qui dépassent ce nombre devront être admis comme soldats, et s’ils l’avaient été seulement comme gagistes, ils devront de suite contracter un engagement militaire, s’ils s’y refusent et que le corps veuille les conserver, il est expressément défendu de les porter sur les revues de solde et de fournitures et ils seront mis entièrement à la charge des officiers, mais dans tous les cas, le total de la dépense de la musique ne doit pas excéder une journée de solde des officiers par mois.
Le présent ordre sera transmis de suite sur le registre des délibérations et lu aux officiers rassemblés.
Les commandants des dépôts restent responsables de son entière exécution" (Schauenburg (Général baron Alexis-Balthazar-Henri-Antoine de) : « Revues particulières d’inspection, ordonnée le 23 octobre 1807 » ; Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg: MS.0.491 ; document numérisé par la BNU à la demande conjointe de F. Berjaud, L. Claudel et D. Davin).
L'Ordre de marche du 30 Fructidor du 1er Corps d'Armée, daté de Cassel, le 29 Fructidor an 13 (16 septembre 1805) indique : "L'armée, composée ainsi qu'il est dit ci-devant, est partie le 30 de Münden et environs, pour se diriger sur Wabern, en suivant la grande route, et en traversant la ville de Cassel pour se rendre :
1ère Division
Quartier général et administrations, à Dissen.
8e régiment de ligne : à Wabern, Lohre et Harle.
45e régiment de ligne : à Maden, Ob-Vorschütz et Nid-Vorschütz.
54e régiment de ligne : à Holzhausen, Haldorf et Grifte.
Artillerie de la division, à Dissen ..." (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 2, p. 117).
L'Ordre de marche du 1er jour complémentaire (18 septembre 1805) indique : "La 1re division, aux ordres du général Rivaud, quittera Dissen et les environs pour venir s'établir :
Le quartier général et administrations, à Gilserberg.
8e régiment de ligne : à Gemünden et Schllerbach.
45e régiment de ligne : à Dorheim, Michelsberg et Schllerbach.
54e régiment de ligne : à Moischeid, Sebbeterode et Gilserberg.
L'escadron du 5e régiment de chasseurs, à Lischeid.
Artillerie de la division, à Lischeid" (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 2, p. 118).
L'Ordre de marche du 1er Corps d’Armée, du 2e jour complémentaire, indique : "... La 1re division, commandée par le général Rivaud, quittera Gilserberg et environs, pour aller s'établir :
Le quartier général et administrations, à Kirchhain.
8e régiment de ligne : à Kölbe, Wehrda et Sarnau.
45e régiment de ligne : à Laugenstein et Kirchhain.
54e régiment de ligne : à Ober. et Nied.-Rosphe et Reddehausen.
L'escadron du 5e chasseurs, à Kölbe.
Artillerie, à Kölbe ..." (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 2, p. 120).
L'Ordre de marche et cantonnements du 1er Corps d'Armée, des 3e et 4e jours complémentaires indique : "... La 1re division prendra ses cantonnements :
Le quartier général, à Giessen.
8e régiment de ligne : à Kinzenbach et Atzbach.
45e régiment de ligne, à Giessen.
54e régiment de ligne, à Heuchelheim.
L'escadron du 5e chasseurs et l'artillerie, à Wieseck
La 2e division viendra s'établir :
Le quartier général, à Giessen ..." (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 2, p. 122).
Composition de la Grande Armée au moment où elle a passé le Rhin pour la campagne d'Autriche.
1er corps d'armée venant de Hanovre, arrivé à Würtzbourg le 8 vendémiaire an XIV (30 septembre 1805).
2e division.
8e de Ligne, 3 Bataillons, 1900 hommes (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 2, p. 158).
Un état de situation du 1er Corps d'Armée, intitulé "Composition des divisions de l'armée au 15 vendémiaire an XIV", et daté de Günzenhausen, le 14 Vendémiaire an 14 (6 octobre 1805), indique que le 8e Régiment d'Infanterie de ligne est à la 1ère Division commandée par le Général de Division Rivaud (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 3, 1ère partie, p. 279).
La "Situation des troupes qui composent le premier corps de la Grande Armée (sous Munich), commandé par Son Excellence le maréchal Bernadotte" indique que le 8e Régiment d'infanterie de ligne est à la 1re Division commandée provisoirement par le Général Pacthod, fort de 75 Officiers et 1845 hommes présents sous les armes, et prêts à combattre (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 3, 1ère partie, p. 602).
Selon la "Force des troupes du 1er corps de la Grande Armée en présents sous les armes, prêts à combattre, commandée par S.E. le maréchal Bernadotte. 4 brumaire (26 octobre)", le 8e de Ligne comprend, à la 1re Division, commandée par le Généra1 Pacthod, 75 Officiers et 1847 hommes (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 1, p. 762).
Le 6 Brumaire an XIV (28 octobre 1805), l'Adjudant-commandant Requin écrit, depuis Würzburg, au Maréchal Berthier : "J'ai l'honneur de vous adresser, ci-joint, l'état de situation du détachement d'infanterie et de cavalerie des différents corps que je commande …
État sommaire des détachements d'infanterie et de cavalerie qui sont sous les ordres de l'adjudant-commandant Requin.
8e - de ligne. 48 soldats, total 48 ..." (Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 4, p. 255 - Note : Du 3 brumaire : deux déserteurs).
Grande Armée à l'époque du 6 brumaire an XIV (28 octobre 1805). Alombert P. C., Colin J. : « La campagne de 1805 en Allemagne », Paris, Chapelot, 1902, t. 4, p. 711 |
L’Empereur invite personnellement, avant l’attaque, le 8e de Ligne à battre les Russes pour soutenir sa réputation acquise en Italie : "Allocution aux officiers et sous-officiers de la division Bernadotte. Austerlitz, 2 décembre 1805, 8 heures et demie du matin.
... Vous, 27e régiment d'infanterie légère, 8e et 45e de ligne, soutenez la réputation que vous vous êtes méritée en Italie. Allez, marchez, la gloire vous appelle" (Chuquet A. : « Inédits napoléoniens », Paris, 1913, t.2, lettre 1796); Le Médecin Dumas, est témoin de cette scène (Carnet de la sabretache).
/ 1806
Le 11 avril 1806 (note : la minute (Archives nationales, AF IV 869, avril 1806, n° 67) est datée du 12 avril), l'Empereur écrit, depuis la Malmaison, au Général Dejean, Ministre Directeur de l'Administration de la Guerre : "Monsieur Dejean, les dépôts qui viennent du Hanovre recevront la destination suivante. Le dépôt du 27e d'infanterie légère sera dirigé sur Aix-la-Chapelle ; celui du 8e de ligne sur Venlo ; celui du 45e sur Liège ; celui du 54e sur Montrichet ; celui du 94e sur Juliers ; celui du 95e sur Cologne ; celui du 2e régiment de hussards sur Maastricht ; celui du 5e de hussards sur Namur ; celui du 4e de hussards sur Malines et celui du 5e de chasseurs sur Clèves et Ruremonde ..." (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 1, lettre 381 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 11872).
A Saint-Cloud, le 2 mai 1806, "Le ministre de la guerre rend compte à l'Empereur de la gêne où se trouve le 8e régiment de ligne à qui il est dû 333,876 francs 34 centimes ; il propose de lui donner un à-compte avant sa rentrée en France"; l'Empereur répond : "Le Hanovre a dû payer la solde de l'an XII et de l'an XIII. Quant à la proposition de faire verser des fonds pour le petit équipement, cette mesure doit être générale pour toute l'armée. Je désire que M. Dejean m'apporte dimanche un rapport sur cet objet. En ne faisant point payer la solde à la Grande Armée, je n'ai pas l'intention de porter aucun retard dans la confection de ses habillements ; mon seul but est d'empêcher que le soldat ne dépense son argent en pays étranger" (Correspondance de Napoléon, t.12, lettres 10180).
Le 5 mai 1806, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Dejean : "Monsieur Dejean.
… Je ne vois pas comment le 8e régiment a plus de besoins que les autres ; sa solde a dû lui être payée, au courant, des fonds du Hanovre. Si les dépôts avaient reçu la masse d'habillement pour tous les corps, je ne fais point de doute qu'ils ne leur eussent envoyé ce qui était nécessaire …" (Correspondance de Napoléon, t.12, lettres 10191 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12052).
Le 22 juin 1806, l'Empereur écrit depuis Saint-Cloud au Général Dejean, Ministre directeur de l'Administration de la Guerre : "Monsieur Dejean, je vous envoie un travail sur l'emplacement que doit occuper la Grande Armée au moment de sa rentrée en France. Vous me proposerez une meilleure répartition, à peu près dans les mêmes divisions, si vous y entrevoyez quelque économie pour le service, soit pour les lits, soit pour le fourrage, soit pour le casernement.
... 1er corps du maréchal Bernadotte
25e division militaire
Venloo le 8e de ligne à Wesel ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 11352).
Le 11 juillet 1806, l'Empereur adresse, toujours depuis Saint-Cloud, une deuxième lettre à Berthier, dans laquelle il écrit : "Mon intention étant de compléter les compagnies des bataillons de la Grande Armée à 140 hommes par compagnie, officiers compris, je vous ai ordonné par une lettre de ce jour de dissoudre le corps de réserve de Lefebvre en faisant rejoindre chaque détachement de son corps d'armée.
Mon intention est également que vous donniez l'ordre aux différents dépôts d'envoyer à leur corps le nombre d'hommes porté dans l'état ci-joint. Tous ces détachements qui partiront du camp de Boulogne seront passés en revue par le maréchal Brune qui s'assurera s'ils sont munis de tout le nécessaire. Ils seront commandés par un adjudant commandant nommé par le maréchal ...
ANNEXE
état des hommes que les dépôts des régiments désignés ci-après feront partir pour rejoindre les bataillons de guerre à la Grande Armée
Le dépôt ... du 8e [fera partir un détachement de] 200 [hommes] …" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 1, lettre 519 (ne donne pas l’annexe) ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12462).
Le 5 septembre 1806, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au général Dejean, Ministre Directeur de l'Administration de la Guerre : "Monsieur Dejean, je vous envoie une note des changements que je désire faire dans la répartition des 50000 conscrits de la conscription de 1806. Faites-la imprimer sans délai et envoyez-moi cette seconde édition.
Nap
ANNEXE
En lisant avec attention la répartition des 50 000 conscrits de la conscription de 1806 entre les différents corps, on est porté à désirer quelques changements ; comme la conscription n’a pas encore été mise en mouvement, il est encore temps de le faire sans produire de contre-mouvements ...
Le département de Montenotte ne fournira rien au 37e de ligne. Les 290 hommes qu'il devait lui fournir seront donnés au 8e de ligne, qui se trouvera avoir 595 hommes ..." (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 1, lettre 627 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 12873).
Début octobre, la 2e Division du 1er Corps, sous les ordres du Général Rivaud, a ses deux Brigades commandées par les Généraux Pacthod et Maison. Elle comprend trois Régiments : le 8e de Ligne (Colonel Auttié), le 45e de Ligne (Colonel Barrié), le 54e de Ligne (Colonel Philippon). Ces Régiments, à trois Bataillons, forment un effectif total de 212 Officiers et 5564 hommes présents sous les armes (E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 339).
/ 1807
Le 15 janvier 1807, l'Empereur écrit, depuis Varsovie, au Maréchal Berthier, Ministre de la Guerre, Major général de la Grande Armée : "Donnez ordre que sur les 1500 capotes que j'ai destinées au corps du maréchal Augereau et qui devaient être délivrées aujourd'hui :
... Donnez ordre qu'il soit donné :
126 capotes au détachement du 8e ...
qui seront portées au compte pour le détachement du prince de Pontecorvo.
Donnez ordre qu'il soit délivré des magasins de Varsovie 20 paires de souliers au 7e d'infanterie légère
127 au 8e de ligne ...
Quant aux détachements appartenant au corps du prince de Ponte-Corvo, c'est-à-dire les 126 hommes du 8e de ligne, les 136 hommes du 45e et les 170 hommes du 54e, ils resteront sous les ordres du général Jordy, qui les établira dans une caserne. Le prêt leur sera donné pour qu'ils puissent vivre ici. Tout ce qui arrivera appartenant au corps du prince de Ponte-Corvo sera placé dans cette caserne sous les ordres du général Jordy. Vous me présenterez le 20 l'état de ces détachements pour que je voie l'ordre qu'il convient de leur donner. Donner ordre que, dans la journée de demain, il soit fait à cette caserne les avances nécessaires pour solder dix jours de prêt aux soldats et payer leur ordinaire ..." (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 1, lettre 881 ; Correspondance générale de Napoléon, t.6, lettre 14057).
- Combat de Mohrüngen
L'avant-garde russe, forte d'environ 15000 hommes, sous les ordres du Général Markof, s'empare de Liebstadt, après avoir fort maltraité trois Compagnies du 8e de Ligne et deux Escadrons du 4e de Hussards, qui s'y défendent vigoureusement. Le Maréchal Bernadotte porte cet événement à la connaissance du Maréchal Ney, par la lettre suivante : "À Holland, ce 25 janvier, à deux heures du matin.
A Monsieur le Maréchal Ney.
Je viens d'apprendre, M. le Maréchal, que le poste de Liebstadt a été enlevé après une forte résistance ; 2 escadrons du 4e d'hussards et quelques compagnies du 8e Régt d'infanterie de ligne ont beaucoup souffert d'après tous les rapports.
L'ennemi, me marque-t-on, débouche par Liebstadt en grande force pour se porter sur Holland et Mohrungen ; je réunis ici de très bonne heure la division Dupont et 2 régiments de cavalerie légère et je me porte ensuite sur Mohrungen. La division Drouet, venant de Saalfeld, doit s'y trouver ce matin.
Je combattrai dans cette position qui me paraît assez mauvaise, mais je n'ai pas le choix de faire autrement si l'ennemi s'y présente aujourd'hui.
Il est bien instant, mon cher Maréchal, que vous fassiez un mouvement sur ma droite, ou que vous vous portiez sur Allenstein.
Voyez ce qui vous paraîtra le plus convenable.
Je vous renouvelle, mon cher Maréchal, l'assurance de mon amitié.
J. Bernadotte" (E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 479).
L'ennemi, massé, n'a pas trois lieues à faire pour se trouver devant Mohrungen, qui n'est alors défendue que par le 8e de Ligne ; fort heureusement ses mouvements sont très lents et laissent aux Français le temps de barrer la route de Liebstadt à Osterode. Le Maréchal Bernadotte a bien compris l'urgence d'arriver à Mohrungen avant les Russes, et il a donné à ses troupes l'ordre de se mettre en marche longtemps avant le jour.
Craignant que le 8e de Ligne, ainsi isolé, ne soit écrasé à Mohrungen, le Prince de Ponte-Corvo prescrit au Général Drouet, alors à Saalfeld, de se porter rapidement avec sa Division au secours de ce Régiment. Lui-même se mettant à la tête d'un Bataillon du 9e Léger qui était à Holland, et emmenant la Brigade de Dragons du Général Laplanche, se dirige en toute hâte sur Mohrungen et y arrive vers midi, en même temps que le Général Drouet, au moment où l'ennemi se présente pour attaquer cette ville (E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 482).
Bernadotte écrit à l’Empereur, le 26 janvier 1807 : "J'y suis arrivé (à Mohrungen), à l'instant où l'ennemi venait attaquer le général Pacthod, qui avait été placé là avec le 8e régiment … Il était midi lorsque l'attaque commença sur Mohrungen ; l'ennemi ne nous montra d'abord qu'une ligne de cavalerie ; il manœuvra de manière à nous faire croire qu'il se bornerait à une reconnaissance ... Il s'attacha particulièrement à nous cacher ses forces. Quand je fus bien assuré des véritables projets de l'ennemi, je le prévins ; je marchai à lui avec ma ligne de bataille ..." (Cazalas E. : « Mémoires du Général Bennigsen », tome 1, page 149).
Les Russes établissent leur infanterie en bataille sur une position excellente, hérissée d'artillerie, leur gauche appuyée à une forêt et à des lacs, leur droite flanquée par des marais et des lacs gelés ; en avant de leur front, ils occupent fortement le village de Pfarrersfeldchen, couvert par une nombreuse cavalerie; des nuées de Cosaques ont envahi toutes les plaines environnantes.
Le Maréchal Bernadotte fait immédiatement ses dispositions d'attaque. Il a alors sous la main le Bataillon du 9e Léger du Commandant Bouge, le 8e de Ligne de la Division Rivaud, les 27e Léger et 94e de Ligne de la Division Drouet, les Dragons du Général Laplanche, et le 4e de Hussards, fort maltraité la veille à Liebstadt et commandé par le Chef d'Escadron Boudinhon, en l'absence du Colonel Burthe, blessé. Le 95e Régiment, de la Division Drouet, est resté à la hauteur de Eckersdorf, par ordre du Prince.
Le Prince de Ponte-Corvo dispose ses troupes pour aborder la ligne russe. A droite, le 8e de Ligne prend position entre le village de Pfarrersfeldchen et le bois où était resté le 1er Bataillon du 27e Léger; au centre, se plaça le 27e d'infanterie légère, et, à la gauche, le 9e Régiment ; la Brigade de Dragons du Général Laplanche est mise en bataille à la gauche du village. L'ennemi est attaqué avec impétuosité sur tous les points, et la lutte devient acharnée ; le Général Pacthod, qui conduit le 8e de Ligne, est blessé d'un coup de mitraille à la cuisse, mais il n'en continue pas moins à diriger sa troupe au milieu du feu et à l'encourager de son exemple.
Le Prince de Ponte-Corvo rend compte du combat de Mohrungen par le rapport suivant, daté de Mohrungen, le 26 janvier 1807 : "Sire,
J'ai rendu compte, avant-hier, au Major Général, du mouvement que j'exécutais pour me serrer sur ma droite. Les avis que M. le Mal Ney m'avait donnés et les renseignements que j'avais moi-même sur l'ennemi ne me laissaient plus aucun doute que les Russes ne marchassent avec un Corps assez considérable pour attaquer nos quartiers. Je n'ai point perdu de temps pour faire masser, le plus possible, les Divisions, et quoique j'eusse encore, le 24, des troupes à Elbing, Tolkemit, Frauenburg et Braunsberg, j'ai pu hier les réunir toutes à Mohrungen. J'y suis arrivé à l'instant où l'ennemi venait attaquer le général Pacthod, qui était placé là avec le 8e régiment. La veille, le poste que nous avions à Liebstadt avait été forcé après avoir perdu près de 200 hommes tués, blessés ou prisonniers.
Il était midi lorsque l'attaque commença sur Mohrungen ; l'ennemi ne nous montra d'abord qu'une ligne de cavalerie ; il manœuvra de manière à nous faire croire qu'il se bornerait à une reconnaissance ; il voulait profiler de ce temps pour faire filer des troupes sur notre droite ; il s'attacha particulièrement à nous cacher ses forces. Quand je fus bien assuré des véritables projets de l'ennemi, je le prévins ; je marchai à lui après avoir formé ma ligne de bataille ...
L'ennemi tenait au delà une position très avantageuse ; il appuyait sa gauche à une forêt et à des lacs ; il était à cheval sur la route de Mohrungen à Liebstadt, et sa droite paraissait bien couverte par des marais et des lacs gelés. Je fis avancer une ligne d'infanterie, le 8e régiment à la droite, le 27e d'infanterie légère au centre, et le 94e à la gauche ; l'ennemi nous attendit sur les hauteurs qu'il avait hérissées d'une nombreuse artillerie ; on l'aborda sans hésiter, et pendant plus d'une demi-heure on se fusilla sur toute la ligne, à moins de cent pas de distance ...
Le 8e a montré la plus grande valeur ; il a chargé l'ennemi avec une vigueur admirable, s'est mêlé plusieurs fois avec lui et s'est battu longtemps à la baïonnette ; c'est le régiment qui a le plus souffert ..." (E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 485).
"Il était 8 heures du soir que nous poursuivions encore l'ennemi à 2 lieues de Mohrungen. Pendant ce temps, 3 escadrons de cosaques et 200 hommes d'infanterie, qui étaient égarés, ont pénétré dans la ville et ont pillé les équipages. Dès que j'en ai été instruit, j'ai fait avancer un bataillon du 8e et le 5e chasseurs. Ce bataillon est entré dans la ville sans faire feu et a égorgé tout ce qui s'y trouvait. Les cosaques en fuyant ont rencontré nos chasseurs qui les ont fort maltraités" (Bernadotte à l'Empereur, 26 janvier 1807 - Cazalas E. : « Mémoires du Général Bennigsen », tome 1, page 151 et suivantes).
Les troupes victorieuses prennent position sur le champ de bataille : le 27e Léger bivouaque en avant de Georgenthal, à gauche de la route de Liebsladt, et à droite de cette même route, s'établit le 9e Léger, ayant en avant de lui des postes de cavalerie légère; le 32e et le 96e occupent Georgenthal, avec les 2e et 4e Régiments de Hussards et le 18e de Dragons; un Bataillon du 8e de Ligne et le 94e se placent en arrière de Georgenthal ; un Escadron de cavalerie légère et deux Compagnies d'infanterie s'installent à Wiese pour surveiller la route de Rolland (E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 484).
Le 54e Bulletin de la Grande Armée, daté de Varsovie, le 27 janvier 1807, raconte : "… Le général de division Drouet entrait à Christburg, où il faisait 300 prisonniers du régiment de Courbière, y compris un major et plusieurs officiers.
Le colonel Saint-Geniès, du 19e de dragons, chargeait un autre régiment ennemi et lui faisait 50 prisonniers, parmi lesquels était le colonel commandant.
Une colonne russe s'était portée sur Liebstadt, au delà de la petite rivière de la Passarge, et avait enlevé une demi-compagnie de voltigeurs du 8e régiment de ligne, qui était aux avant-postes du cantonnement. Le prince de Ponte-Corvo, informé de ce mouvement, quitta Elbing, réunit ses troupes, se porta, avec la division Rivaud, au-devant de l'ennemi, et le rencontra auprès de Mohrungen, le 25 de ce mois à midi. La division ennemie paraissait forte de 12,000 hommes. On en vint bientôt aux mains : le 8e régiment de ligne se précipita sur les Russes avec une valeur inexprimable, pour réparer la perte d'un de ses postes. Les ennemis furent battus, mis dans une déroute complète, poursuivis pendant quatre lieues et forcés de repasser la rivière de la Passarge. La division Dupont arriva au moment où le combat finissait et ne put y prendre part …" (Panckoucke : « Oeuvres de Napoléon Bonaparte », 1821-1822, t. 4, p. 157 ; Correspondance de Napoléon, t.14, lettre 11699).
Le 55e Bulletin de la Grande armée, daté de Varsovie, le 29 janvier 1807, est plus complet : "Voici les détails du combat de Mohrungen :
Le maréchal prince de Ponte-Corvo arriva à Mohrungen avec la division Drouet, le 25 de ce mois, à onze heures du matin, au moment où le général de brigade Pacthod était attaqué par l'ennemi.
Le maréchal prince de Ponte-Corvo fit attaquer sur-le-champ le village de Pfarrersfeldchen par un bataillon du 9e d'infanterie légère. Ce village était défendu par trois bataillons russes, que l'ennemi fit soutenir par trois autres bataillons. Le prince de Ponte-Corvo fit aussi marcher deux autres bataillons pour appuyer celui du 9e. La mêlée fut très-vive; l'aigle du 9e régiment d'infanterie légère fut enlevée par l'ennemi ; mais, à l'aspect de cet affront dont ce brave régiment allait être couvert pour toujours, et que ni la victoire ni la gloire acquise dans cent combats n'auraient lavé, les soldats, animés d'une ardeur inconcevable, se précipitent sur l'ennemi, le mettent en déroute et ressaisissent leur aigle.
Cependant la ligne française, composée du 8e de ligne, du 27e d'infanterie légère et du 94e, était formée. Elle aborde la ligne russe, qui avait pris position sur un rideau. La fusillade devient vive et à bout portant.
A l'instant même le général Dupont débouchait de la route de Holland avec les 32e et 96e régiments. Il tourna la droite de l'ennemi. Un bataillon du 32e régiment se précipita sur les Russes avec l'impétuosité ordinaire à ce corps ; il les mit en désordre et leur tua beaucoup de monde. Il ne fit de prisonniers que les hommes qui étaient dans les maisons. L'ennemi a été poursuivi pendant deux lieues. La nuit a empêché de continuer la poursuite. Les comtes Pahlen et Galitzin commandaient les Russes. Ils ont perdu 300 hommes faits prisonniers, 1,200 hommes laissés sur le champ de bataille et plusieurs obusiers. Nous avons eu 100 hommes tués et 400 blessés.
Le général de brigade Laplanche s'est fait distinguer. Le 19e de dragons a fait une belle charge sur l'infanterie russe. Ce qui est à remarquer, ce n'est pas seulement la bonne conduite des soldats et l'habileté des généraux, mais la rapidité avec laquelle les corps ont levé leurs cantonnements et fait une marche de nuit très-forte pour toutes autres troupes, sans qu'il manquât un seul homme sur le champ de bataille. Voilà ce qui distingue éminemment des soldats qui ne sont mus que par l'honneur …" (Panckoucke : « Oeuvres de Napoléon Bonaparte », 1821-1822, t. 4, p. 160 ; Correspondance de Napoléon, t.14, lettre 11737).
Le 27 janvier 1807, Bernadotte écrit, depuis Liebemühl, à l'Empereur : "... Il est de mon devoir de prévenir Votre Majesté que le 1er Corps, qui n'a pas encore eu huit jours de repos depuis son entrée en campagne, est, en outre, extrêmement affaibli par les pertes qu'il a faites dans les diverses affaires où il s'est trouvé. Les Divisions Rivaud cl Drouet n'ont pas ensemble plus de 7000 hommes d'infanterie. Dans la journée d'avant-hier, le 8e régiment d'infanterie et le 27e d'infanterie légère ont encore beaucoup souffert. Il n'existe pas à chacun de ces régiments plus de mille hommes présents sous les armes. Je prie Votre Majesté de vouloir bien ordonner que les détachements qui ont été retenus à Custrin, Stettin et Varsovie rejoignent promptement leurs corps. Je viens d'apprendre qu'il se trouve dans cette ville environ cinq cents hommes des 8e, 45e et 54e régiments.
En rendant compte à Votre Majesté de la belle conduite de ses troupes à l'affaire de Mohrungen, j'ai omis de nommer les officiers qui se sont fait remarquer.
Le général Pacthod a été blessé, après avoir combattu avec la plus grande valeur. Le général Laplanche s'est parfaitement conduit; il a eu un cheval tué sous lui. Les colonels d'infanterie Darricau, Razout et Charnotet ont fait des prodiges de valeur ..." (E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 487).
L'Ordre de mouvement pour le 1er Corps, pour la journée du 26, porte ce qui suit :
Au Quartier Général à Mohrungen, le 26 janvier 1807.
… Le 8e régiment d'infanterie se portera à Osterode par Himmelforlb et Reussen (E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 493).
Le Colonel Aymard, qui sort du 8e de Ligne, succède au Colonel Darricau dans le commandement du 32e de Ligne. Il se présente au Général Dupont avec une lettre du Prince de Ponte-Corvo, ainsi conçue : "Cette lettre vous sera remise, mon cher Général, par M. Aymard, qui vient d'être nommé Colonel du 32e régiment. Il sort du 8e où il s'est toujours distingué. Je suis sûr que dans son nouveau poste, il justifiera la confiance de Sa Majesté et méritera votre estime.
Je le trouve heureux d'être appelé à commander un régiment sous les ordres d'un général dont les talents peuvent lui offrir de si utiles leçons.
Je vous renouvelle, mon cher Général, l'assurance de tout mon attachement.
J. Bernadotte.
A Holland, 28 février" (E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 538).
Le 6 mars 1807, l'Empereur écrit, depuis Osterode, à Daru, Intendant général de la Grande Armée : "Monsieur Daru, faites une circulaire à tous les commissaires des guerres, pour leur faire connaître les points sur lesquels ils doivent diriger les hommes isolés des différents corps d’armée, ainsi que les bagages et effets desdits corps. Vous y joindrez l'état des corps qui composent chaque corps d'armée, conformément au tableau ci-joint ...
1er corps
... 8e de ligne ...
Dépôts à à Schwetz ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 14497).
Le 22 mars 1807, l'Empereur écrit, depuis Osterode, au Maréchal Kellermann, commandant un Corps de réserve de Gardes nationales : "Mon cousin, mon intention est de compléter les compagnies de grenadiers et de voltigeurs de la division Oudinot à un effectif de 150 hommes. Je désire en conséquence que vous fassiez réunir, conformément au tableau ci-joint, différents détachements d'hommes. De 5 pieds 4 pouces pour les grenadiers et de 4 pieds 11 pouces ou 5 pieds bien constitués pour les voltigeurs. Ces détachements peuvent partir sans sous-officiers, en désignant les meilleurs sujets pour en faire les fonctions pendant la route. Après en avoir passé la revue et avoir pourvu à ce que leur habillement et armement soient parfaitement en état, vous les ferez conduire par des officiers d'état-major, pour Thorn ...
8e de ligne 51 [Pour les grenadiers] 48 [Pour les voltigeurs] ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 14811).
Le 23 mars 1807, l'Empereur écrit, depuis Osterode, au Maréchal Kellermann, commandant un Corps de réserve de Gardes nationales : "... Il y a à Wesel un détachement du 27e d'infanterie légère.
Un autre du 8e de ligne
Un autre du 21e de ligne
Un autre du 45e de ligne
Faites partir tous ces détachements pour la Grande Armée" (Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 14837).
Le 24 mars 1807, l'Empereur écrit, depuis Osterode, au Maréchal Kellermann, commandant un Corps de réserve de Gardes nationales : "Mon cousin, il y a à Wesel des détachements des 27e d'infanterie légère, du 8e de ligne, du 21e de ligne, du 45e idem. Faites partir tous ces détachements pour la Grande Armée" (Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 14863).
Le 31 mars, depuis Osterode, Napoléon décide d'accorder 18 aigles d'honneur, dont neuf aux Officiers, et neuf aux Sous officiers et soldats, aux Régiments qui se sont distingués à Eylau. Il écrit au Maréchal Berthier : "Vous enverrez à chaque maréchal ce qui, dans les dispositions suivantes, concerne son corps d'armée, et sans que l'un connaisse ce qui regarde l'autre. 1° Il est accordé aux régiments dont l'état suit 18 aigles de la Légion d'honneur, dont 9 aux officiers et 9 aux sous-officiers et soldats qui se sont fait remarquer par leur courage et leur bonne conduite, depuis le commencement de la guerre de la quatrième coalition : … 8e ... d'infanterie de ligne ...
Du moment que les maréchaux auront reçu ma décision, ils ordonneront à chaque général de division de réunir chez lui les colonels et chefs de bataillon de chaque régiment, ainsi que les généraux, de brigade, et de dresser un procès-verbal qui constate les individus qui méritent le mieux la décoration. Ce procès-verbal sera envoyé au maréchal commandant le corps d'armée, qui le transmettra, avec ses observations, au major général. Tous ces procès-verbaux devront être arrivés avant le 6 avril. Le 7, le major général me les soumettra …" (Correspondance de Napoléon, t.14, lettre 12240 ; Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 145013).
Le 16 avril 1807, l'Empereur écrit, depuis Finkenstein, au Général Rapp, Gouverneur de Thorn : "Je reçois votre lettre du 15. Vous avez eu tort de renvoyer le 3e provisoire de Thorn. Ce n'est pas lui mais le 8e de ligne qui devait aller de Posen à Stettin où il sera demain. Si vous avez fait partir le 3e provisoire, faites courir après. Je présume que ma lettre d'avant-hier vous sera arrivée à temps pour éviter cette fausse direction ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 15296).
Le 21 avril 1807, l'Empereur écrit, depuis Finkenstein, au Maréchal Kellermann, commandant un Corps de réserve de Gardes nationales : "Mon cousin, dans l'état de situation de votre armée de réserve au 15 avril, je trouve ...
Que le 44e avait 462 hommes ; pourquoi n'en enverriez-vous pas 300 hommes ...
Je suppose que si vous ne les avez pas fait partir, c'est qu'ils n'étaient pas habillés. Mais moyennant l'autorisation que je vous ai donnée de les envoyer non habillés dans les régiments provisoires et de garnison, je pense que vous les avez mis en route ...
Je vois que de Wesel vous pourriez faire partir :
du 8e de ligne 300 hommes...
Je suppose donc que tout cela sera parti ; si ce ne l'était pas, faites-le parti sans délai ..." (Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 15379).
Le 7 mai 1807, l'Empereur écrit, depuis Finkenstein, au Général Lacuée, Directeur général des Revues et de la Conscription : "Dans votre projet de distribution, je vois que ... le 8e, ... n'ont pas suffisamment. Il faut porter à chacun de ces 32 régiment l’un portant l’autre 300 hommes, ce qui fera 9 600 hommes. Vous trouverez de l'économie en suivant les bases que je vous indique, c'est-à-dire en mettant quelque chose de moins pour les légions, pour l'artillerie, pour les dragons" (Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 15579).
Aux approches de la belle saison, Napoléon s'occupe de faire sortir ses troupes de leurs cantonnements, pour les camper, système qui, en les installant plus sainement, permet de les tenir rassemblées et de les exercer plus facilement, au grand avantage de l'instruction et de la discipline. Il devient aussi plus aisé de les nourrir. En outre, une armée campée n'a pas besoin de s'éclairer aussi loin que si elle était disséminée dans des cantonnements, et l'on peut ainsi éviter la guerre de postes avec les troupes légères de l'ennemi. Mais ne voulant point placer son armée en cordon, l'Empereur arrête qu'elle campera par Division. Il fait reconnaître le pays et désigne les emplacements des différents camps. Le 10 mai, le Prince de Ponte-Corvo reçoit l'ordre d'établir son Corps d'armée par Division, ainsi qu'il suit :
Division Dupont.
Les 8e, 45e et 54e de Ligne, dans un beau camp entre Neumark et Ebersbach (E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 546).
Le 16 mai 1807, l'Empereur écrit, depuis Finkenstein, au Maréchal Berthier, Ministre de la Guerre, Major général de la Grande Armée : "Mon cousin, donnez l'ordre que le 8e régiment provisoire soit dissous. Le détachement du 22e de ligne se rendra au corps du maréchal Soult, celui du 65e et celui du 21e de ligne au corps du maréchal Davout. Les détachements des 8e de ligne, 27e légère, 45e, 54e, 94e et 95e de ligne formeront un bataillon qui restera sous les ordres du meilleur chef de bataillon sous le titre de bataillon provisoire du 8e, et partira demain pour se rendre à Elbing où il restera jusqu'à nouvel ordre. Vous ferez connaître au général Moulin que je lui envoie ce bataillon composé de détachements appartenant au 1er corps, et composé de près de 700 hommes pour ne point laisser Elbing sans infanterie" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 1, lettre 1121 ; Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 15634).
Le 19 mai 1807, l'Empereur écrit, depuis Finkenstein, au Maréchal Berthier, Ministre de la Guerre, Major général de la Grande Armée : "Mon cousin, donnez ordre à Elbing que le bataillon du 8e régiment provisoire qui est composé de détachements des 8e, 45e, 54e, 94e, 95e de ligne et 27e légère, soit dissous, et que les détachements rejoignent leurs corps respectifs qui font partie du 1er corps"(Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 1, lettre 1132 ; Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 15656).
Composition du 1er Corps du Maréchal Bernadotte (puis Victor) au 30 mai 1807 :
1ère Division Général Dupont, 9e léger, 24e (3 Bataillons), 32e et 96e de ligne, 9 Bataillons, 6845 hommes
2e Division Lapisse : 16e Léger, 45e, 8e et 54e de Ligne, 8 Bataillons, 5971 hommes.
3e division Vilatte : 27e Léger, 63e, 94e et 95e de ligne, 8 Bataillons, 5489 hommes.
Artillerie, Génie et Gendarmerie : 36 pièces, 1678 hommes
Cavalerie légère, Général Beaumont : 2e et 4e Hussards, 5e Chasseurs, 9 Escadrons, 1236 hommes
4e Division de Dragons, Général Lahoussaye (puis Sahuc) : 17e, 27e, 18e, et 19e Régiments, 12 Escadrons, 1840 hommes (Cazalas E. : « Mémoires du Général Bennigsen », tome 2, page 302).
Au 5 juin 1807, la situation du 1er Corps de la Grande Armée est la suivante :
... 2e Division : Général Lapisse. Quartier général à Mühlhausen.
16e Régiment d'infanterie légère. 1702 hommes.
45e Régiment de Ligne 1648 »
8e Régiment de Ligne 1537 »
54e Régiment de Ligne 1728 »
Total 6665 ... (E. Titeux : « Le Général Dupont », Prieur et Dubois, Puteaux-sur-Seine, 1903, t. 1, p. 548).
Le 16 octobre 1807, l'Empereur écrit, depuis Fontainebleau, au Maréchal Berthier, Major général de la Grande Armée : "Mon cousin ... Donnez également l'ordre que les 110 hommes du 8e de ligne, les 500 hommes du 45e et les 166 hommes du 54e, les 177 hommes du 21e et les 21 hommes du 22e du bataillon de garnison de Münster soient renvoyés à leurs corps pour y être incorporés. Ce bataillon se trouvera ainsi dissous" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 1, lettre 1354 ; Correspondance générale de Napoléon, t.7, lettre 16540).
Le 11 janvier 1808, le Général Schauenburg adresse au Ministre de la Guerre les congès pour le 8e de Ligne (Schauenburg (Général baron Alexis-Balthazar-Henri-Antoine de) : « Revues particulières d’inspection, ordonnée le 23 octobre 1807 » ; Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg: MS.0.491 ; document numérisé par la BNU à la demande conjointe de F. Berjaud, L. Claudel et D. Davin).
Le Général Schauenburg adresse au Ministre Dejean et au Ministre Lacuée le 14 janvier 1808, et au Ministre de la Guerre le résultat de sa revue le 17 janvier 1808 (Schauenburg (Général baron Alexis-Balthazar-Henri-Antoine de) : « Revues particulières d’inspection, ordonnée le 23 octobre 1807 » ; Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg: MS.0.491 ; document numérisé par la BNU à la demande conjointe de F. Berjaud, L. Claudel et D. Davin).
Le 5 décembre 1808, l'Empereur écrit, depuis Chamartin, au Général Lacuée, Directeur des Revues et de la Conscription militaire, à Paris : "... Le corps d'Oudinot ne serait plus alors composé que des compagnies de grenadiers et voltigeurs des régiments ci-après, savoir : 6e, 9e, 16e, 25e, 27e, 17e, 21e, 24e, 26e, 28e d'infanterie légère ; 8e, 95e, 96e, 4e, 18e, 40e. 64e, 88e, 27e, 39e, 45e, 59e, 69e, 76e, 24e, 54e, 63e, 94e d'infanterie de ligne.
Mon intention serait que les compagnies restant des 4es bataillons de ces corps y fussent réunies ; ce qui compléterait vingt-huit bataillons. J'y joindrais les 4es bataillons des 46e, 28e, 50e, 75e, 100e et 103e ; ce qui porterait ce corps à trente-quatre bataillons, qui, à 840 hommes chacun, feraient près de 30,000 hommes.
Pour compléter le nombre de 30,000 hommes, j'y réunirais les bataillons des tirailleurs du Pô et des tirailleurs corses ; j'en formerais trois divisions de douze bataillons chacune ; ce qui ferait un beau corps qui pourrait, si cela était nécessaire, renforcer l'armée du Rhin et la porter à 140,000 hommes ..." (Correspondance de Napoléon, t.18, lettre 14535 ; Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 19446 ; Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, p. 21).
Le 21 décembre 1808, l'Empereur écrit, depuis Madrid, au Maréchal Berthier, Major général de l'Armée d’Espagne : "Ordre qu'avant midi on distribue au 16e légère 300 culottes et vestes bleues ; 45e (300) blanches, 54e 200, 8e 200. Total pour la division Lapisse : 1 000.
Qu'on distribue à cette division 1 000 capotes, on prendra d'abord les capotes faites, même en ayant des manteaux bons pour l'infanterie.
... Ordre (de distribuer à la) division Lapisse 500 bonnets de police ...
Vous ordonnerez que dans la journée on me rende compte de l'exécution de ces ordres et de ce qui reste en magasin" (Correspondance générale de Napoléon, t.8, lettre 19581).
/ 1809
L'"ÉTAT de répartition des dépôts d'infanterie dans les garnisons" indique que le 8e de Ligne fait partie du 2e Arrondissement; 25e Division militaire. Venloo (Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, p. 478).
Le 13 février 1809, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la guerre : "Monsieur le général Clarke, le corps du général Oudinot, au lieu d’être partagé en trois divisions, ne le sera qu’en deux. À cet effet, la 3e demi-brigade légère et la 4e demi-brigade de ligne feront partie de la 1re division ; la 5e et la 6e demi-brigade de ligne feront partie de la 2e division. Le général Claparède commandera une de ces deux divisions. Comme il paraît que chaque corps ne pourra fournir que deux compagnies de fusiliers au grand complet, jusqu’à ce que la conscription de 1810 ait complété les cadres, chaque bataillon ne sera que de 560 hommes, chaque demi-brigade de 1 680 hommes, chaque division de 10 000 hommes, et le corps entier de 20 000 hommes. Lorsque les 5e et 6e compagnies de fusiliers pourront être envoyées, je verrai si je dois former une 3e division, ou laisser seulement le corps à deux divisions.
... Le 2e bataillon de marche du corps du général Oudinot sera composé des 1re et 2e compagnies de fusiliers du 8e d’infanterie de ligne qui est à Venlo, des 1re et 2e compagnies du 24e de ligne qui est à Lyon, et des 1re et 2e compagnies du 45e qui est à Liège ...
Ces douze bataillons de marche seront réunis du 1er au 15 mars à Strasbourg.
Vous donnerez ordre que chacune de ces compagnies soient complétées à 140 hommes.
Donnez ordre que les dépôts fournissent à chaque homme une capote et 3 paires de souliers, dont deux dans le sac et une aux pieds.
Si les dépôts ne pouvaient compléter ces compagnies, ils en enverront toujours les cadres, avec tout ce qu’ils ont de disponible, et vous ferez connaître ce qui manquerait, afin que je le fasse tirer des conscrits de ma Garde.
Vous donnerez ordre que tous les détachements de ma Garde qui doivent partir de Paris, pour porter les compagnies de grenadiers et de voltigeurs au grand complet, soient prêts à partir le 15 pour se rendre à Strasbourg. Ils seront formés en bataillons de marche. Vous prescrirez aux différents commandants de ma Garde d’en passer la revue, de n’envoyer que des hommes qui sachent faire l’exercice à feu, et de les faire habiller de l’uniforme d’infanterie légère, avec les boutons des régiments où ils doivent entrer ; on me les présentera à la parade du 16, et ils partiront le 17.
J’ai donné ordre au corps du général Oudinot de se réunir à Augsbourg.
Si le général Claparède est encore à Paris, donnez-lui l’ordre de se rendre à Strasbourg186 pour y attendre ces détachements, et exécuter les ordres qui lui seront donnés. Il sera chargé de mener cette colonne.
Par ce moyen, il y aura entre Strasbourg et Augsbourg de quoi compléter les 12 brigades du corps du général Oudinot, à 12 compagnies chacune, c’est-à-dire à 20 000 hommes. Comme il y aura 12 demi-brigades, il faudra 36 chefs de bataillon et adjudants-majors. Présentez-moi la nomination de ceux qui manquent, et vous les dirigerez sur Strasbourg, pour de là rejoindre le corps. Il faudra 12 majors, le corps en a huit ; c’est quatre à envoyer. Il faut 6 généraux de brigade ; faites-moi connaître ceux qu’il faudrait envoyer.
Il faut à chaque division 18 pièces de canon, c’est-à-dire 36 pour les 2 divisions. Le corps en a 18 ; faites-moi connaître la situation du parc de l’armée du Rhin, et s’il peut fournir les 18 autres pièces.
Ainsi, à la fin de mars, j’aurai au corps du général Oudinot 20 000 hommes, 36 pièces de canon avec caissons et double approvisionnement, un général de brigade d’artillerie, deux compagnies de sapeurs, une compagnie de pontonniers, un colonel du génie, trois officiers du génie, 6 000 outils attelés, 40 caissons d’infanterie, 20 par division, la division de cuirassiers Espagne, et la brigade de cavalerie légère composée de 3 régiments que j’ai attachés à ce corps. Ce qui fera un corps de près de 30 000 hommes.
Il faut qu’il y ait un commissaire des guerres par division, et deux adjoints, et les chefs de service nécessaires. L’armée du Rhin a en personnel de quoi organiser tout cela ..." (E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 2, lettre 2767 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20016 ; Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, p. 61).
Le 15 février 1809, le Ministre de la Guerre adresse son rapport à l'Empereur : "J'ai l'honneur de rendre compte à l'Empereur qu'en exécution des dispositions prescrites par sa lettre du 13 de ce mois, je viens de donner l'ordre à M. le général Oudinot de ne former provisoirement qu'à deux divisions, au lieu de trois, le corps d'armée qu'il commande. Ces deux divisions seront composées, ainsi que Sa Majesté l'a ordonné, de la manière suivante, savoir :
1re division.
1re 1/2 brigade d'infanterie légère ; 3e id. ; 1?e de ligne ; 2e id. ; 3e id. ; 4e id.
2e division.
2e 1/2 brigade d'infanterie légère ; 4e id. ; 5e id de ligne ; 6e id. ; 7e id. ; 8e id.
Le général de division Claparède commandera l'une de ces divisions.
J'ai prévenu le général Oudinot que les 4es bataillons qui doivent composer son corps ne pouvant fournir en ce moment que deux compagnies de fusiliers au grand complet, chacun de ces bataillons sous ses ordres ne sera provisoirement composé que de la compagnie de grenadiers , de la compagnie de voltigeurs et des deux premières compagnies de fusiliers formant 560 hommes par bataillon, 1,680 hommes par demi-brigade, 10,000 hommes par division et 20,000 pour le corps entier.
J'ai expédié les ordres pour faire diriger sur Strasbourg les 1re et 2e compagnies de fusiliers de tous ces 4es bataillons complétées à 140 hommes chacune et munies d'une capote et de trois paires de souliers par homme. Huit de ces 4es bataillons avaient encore leurs compagnies de grenadiers et de voltigeurs dans l'intérieur et je leur ai pareillement donné l'ordre de se rendre à Strasbourg, ce sont celles des 24e de ligne qui est à Lyon, 16e légère qui est à Mâcon, 28e, 46e, 50e, 75e qui sont à Boulogne, 100e et 103e qui sont à Metz.
Toutes ces compagnies, à leur arrivée à Strasbourg, y seront réunies formées en 12 bataillons de marche de la manière prescrite par Sa Majesté et mises sous le commandement du général de division Claparède qui se trouvait à Paris et qui a l'ordre de se rendre à Strasbourg où il attendra de nouveaux ordres.
Je joins ici l'état de ces compagnies indiquant les époques de leur arrivée à Strasbourg et leur formation en bataillons de marche.
Dans le cas où les dépôts ne pourraient en ce moment compléter à 140 hommes chacune de ces compagnies, j'ai ordonné qu'on en fit néanmoins partir les cadres avec tous les soldats disponibles au dépôt et qu'on me fit connaître sans aucun délai ce qui pourrait leur manquer, j'aurai l'honneur d'en rendre compte à Sa Majesté à mesure que les rapports me parviendront.
Les détachements de la garde impériale destinés à porter les compagnies de grenadiers et de voltigeurs au grand complet partiront de Paris le 17 février formés en 2 bataillons de marche, l'un d'infanterie légère fort de 643 hommes, l'autre d'infanterie de ligne fort de 814 hommes, en tout 1,457 hommes, ils arriveront le 9 mars à Strasbourg. Ces deux bataillons seront présentés à Sa Majesté demain, 16 , à la parade.
Je donne des ordres pour compléter à 6 le nombre des généraux de brigade du corps du général Oudinot, celui des majors à 12 , celui des chefs de bataillon et adjudants-majors à 36. J'ordonne en même temps des dispositions pour compléter à 36 pièces le nombre des bouches à feu du corps du général Oudinot, savoir 18 par division, et pour organiser son administration à raison d'un commissaire des guerres par division et deux adjoints avec les chefs de service nécessaires pris dans l'administration de l'armée du Rhin ...
Au moyen de ces dispositions, il y aura entre Augsbourg et Strasbourg de quoi compléter les 12 1/2 brigades de ce corps d'armée à 12 compagnies chacune et ce corps aura ainsi, vers la fin de mars, 20,000 hommes d'infanterie, 36 pièces de canon avec caissons et double approvisionnement, un général de brigade d'artillerie , une compagnie de pontonniers, un colonel et trois officiers du génie, deux compagnies de sapeurs, 6,000 outils sur des voitures attelées, 40 caissons d'infanterie dont 20 par division, la division de cuirassiers du général Espagne, la brigade de cavalerie légère, ce qui fera un corps de près de 30,000 hommes" (Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, p. 65). Cette lettre est suivie d'un "État des bataillons de marche destinés à rejoindre le corps du général Oudinot et qui sont dirigés sur Strasbourg" qui indique : 2e Bataillon de marche, Grenadiers et Voltigeurs, 1ère et 2e Compagnies de Fusiliers du 8e de Ligne, 1re et 2e Compagnies de Fusiliers des 24e et 45e de Ligne, chacune à 280 hommes; celles du 8e doivent partir de Venloo le 24 février, pour arriver le 17 mars à Strasbourg.
Le 3 mars 1809, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Comte d'Hunebourg, Ministre de la Guerre, à Paris : "Monsieur le Général Clarke, je vous envoie le projet de formation d’une réserve de régiments provisoires, sur lequel je désire que vous me fassiez un rapport. Faites-moi connaître si je n'ai rien oublié et s'il y a des changements qu'il soit convenable de faire pour épargner des marches aux troupes. Enfin présentez-moi des états qui m'apprennent si les 5es bataillons pourront fournir ces quatre, trois ou deux compagnies pour concourir à ladite formation. Les 10,000 hommes de réserve que forme ma Garde sont destinés à compléter les 5es bataillons et à les mettre à même de fournir les hommes nécessaires. Il faut donc qu'une colonne des états que vous ferez dresser indique le nombre d'hommes qui leur manquera, après avoir épuisé tout leur monde ; cette colonne sera la colonne de distribution des 10,000 hommes de la Garde. Il ne vous échappera pas que, par ce moyen, j'aurai 6,000 hommes à la Rochelle, 3,000 en Bretagne, 9,000 à Paris, 5,000 au camp de Boulogne, 2,500 pour la défense de l'Escaut, 2,500 pour garder Wesel, 5,000 à Strasbourg, 2,500 à Metz et 10,000 Français en Italie; total, 45,500 hommes.
NAPOLÉON
Annexe
PROJET DE FORMATION D'UN CORPS DE RÉSERVE
1
Il sera formé une réserve de seize régiments provisoires composée des compagnies des cinquièmes bataillons qui seront complétés avec les conscrits de 1810;
2
... 8e régiment provisoire :
Le 8e régiment provisoire sera composé de 3 bataillons formés de 3 compagnies des 5es bataillons des 8e de ligne, 21e, 94e, 95e, 39e, 85e. Il se réunira à Wesel ..." (Correspondance de Napoléon, t.18, lettre 14838 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20195 ; Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, p. 188).
L'"ÉTAT de situation, d'itinéraire et d'emplacement du corps de réserve de l'armée du Rhin. Feuille nº 2" indique :
Corps de Réserve de l’Armée du Rhin, Général Oudinot.
Quartier général du Corps du Général Oudinot : Augsbourg (du 5 au 16 mars).
1re DIVISION : Général Claparède.
1re ½ brigade de ligne. Augsbourg et les environs (du 5 au 16 mars 1809).
8e de Ligne, 4e Bataillon : Grenadiers et Voltigeurs, 306 hommes ; Conscrits de la Garde, 17 hommes ; 1re et 2e Compagnies de Fusiliers, 280 hommes.
24e de Ligne, 4e Bataillon : Grenadiers et Voltigeurs, 48 hommes ; Grenadiers et Voltigeurs, 1re et 2e Compagnies de Fusiliers, 560 hommes.
45e de Ligne, 4e Bataillon : Grenadiers et Voltigeurs, 253 hommes ; Conscrits de la Garde, 32 hommes ; 1re et 2e Compagnies de Fusiliers, 280 hommes (Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, Annexe 9).
L'"ÉTAT de situation, d'itinéraire et d'emplacement des renforts pour l’Armée du Rhin" indique :
Corps de Réserve, Général Oudinot.
2e bataillon de marche :
8e de Ligne, 1re et 2e Compagnies de Fusiliers du 4e Bataillon, 280 demandés. Itinéraire : Neufchâteau le 5. Arlon le 6. Longwy le 7. Metz le 9. Metz le 10. Solgne le 11. Vic le 12. Maizières le 13. Sarrebourg le 14. Sarrebourg le 15. Saverne le 16. Strasbourg le 17. Biberach le 18. Hornberg le 19. Rottweil le 20. Bahlingen le 21. Riedlingen le 22. Ehingen le 23. Ulm le 24. Günzbourg le 25. Zusmarshausen le 26. Augsbourg le 27 (Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, Annexe 13).
Le 8 mars 1809, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, je reçois votre lettre du 6 avec l'état qui y est joint. Je vois que la force des 12 bataillons de marche du corps du général Oudinot est de 6 300 hommes et qu'il manque 3 000 hommes pour les compléter. Ces 3 000 hommes seront fournis par ma Garde. J'ai déjà donné une destination aux premiers 600 hommes qui se sont trouvés prêts. Donnez ordre que les 1600 hommes qui vont être disponibles après ceux-là soient habillés de l'uniforme des régiments ci-après, dans lesquels ils seront incorporés, savoir :
... pour les 2 compagnies de fusiliers du 8e de ligne 100 hommes ...
Les détachements de ma Garde partiront habillés. Vous enverrez à cet effet au conseil d'administration les numéros de régiments où ils doivent être incorporés, afin qu'on fasse faire leur uniforme, et qu'on y mette les boutons de ces régiments. Par ce moyen, le corps du général Oudinot recevra un renfort de 8300 hommes, et il manquera peu de choses à son complet, en présents sous les armes. Quand le corps du général d'Oudinot aura reçu ces 8000 hommes, vous me ferez connaître ce qui pourrait manquer au complet des compagnies, et s'il y a moyen de le tirer de quelques dépôts, où se trouveraient des conscrits des 4 années antérieures à 1810" (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 2, lettre 2899; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20291 ; Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, p. 210).
Le 9 mars 1809, l'Empereur écrit, depuis Paris, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le général Clarke, je vous envoie un état que j'ai fait dresser du corps du général Oudinot. Faites-le rectifier, s'il y a des erreurs ... " (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 2, lettre 2907 ; Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20307; Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, p. 213).
Situation de la Division Oudinot au 9 mars 1809 (Correspondance générale de Napoléon, t.9, lettre 20309; Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, p. 214) :
Divisions |
Brigades |
1/2 Brigades |
Bataillons |
Présents |
Détachements tirés des conscrits de la Garde |
Compagnies de fusiliers formant les 12 premières compagnies de marche |
Détachement formant le 13e bataillon de marche |
Totaux
|
Manque au complet de 560 par brigade |
Excédent sur le complet |
||
| Par bataillon
|
Par 1/2 brigade
|
|||||||||||
1ère division général Claparède |
2e brigade le général |
1re 1/2 brigade d'inf. de ligne Major Chabert | 8e de ligne |
306 |
17 |
117 |
104 358 163 |
527 606 508 |
1641 |
33 |
|
|
"Décret.
Au palais des Tuileries, le 23 mars 1809.
Art. 1er. - Il sera formé dix-sept demi-brigades provisoires de réserve, composées principalement de deux ou trois compagnies tirées des cinquièmes bataillons de nos régiments d'infanterie.
Art. 2. Chaque demi-brigade sera commandée par un colonel en second ; chaque bataillon par un chef de bataillon. Il y aura un adjudant-major par demi-brigade.
Art. 3. Les dix-sept demi-brigades seront organisées de la manière suivante :
... 9e demi-brigade.
1er bataillon.
3 compagnies du 8e de ligne.
3 compagnies du 21e de ligne
840 hommes.
2e bataillon.
3 compagnies du 94e de ligne.
3 compagnies du 95e de ligne.
840 hommes.
3e bataillon.
3 compagnies du 39e de ligne.
3 compagnies du 85e de ligne.
840 hommes.
Cette demi -brigade se réunira à Wesel ..." (Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, p 550).
Le 12 avril, les 5e et 6e Compagnies du 4e Bataillon (280 hommes) quittent le Dépôt de Venloo; elles doivent être rendues le 1er mai à Strasbourg pour faire partie du 2e Bataillon de marche (d'après le "MOUVEMENT des 5e et 6e compagnies des 4es bataillons appartenant à l'armée du Rhin et au corps de réserve de l'armée du Rhin, pour se rendre à Strasbourg, où elles seront formées en bataillons de marche et envoyées de là en Allemagne pour y rejoindre leurs corps" - In Saski (Cdt) : « la campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche », Berger-Levrault, 1899, t. 1, p. 419).
Le 23 avril 1811, l'Empereur écrit, depuis Saint-Cloud, au Général Clarke, Ministre de la Guerre : "Monsieur le duc de Feltre, vous recevrez le décret par lequel j'ai réglé la formation des 6es bataillons de l'armée d'Allemagne. J'ai changé les éléments de cette formation. Vous verrez par l'état joint au décret que ces bataillons sont composés de trois manières :
1° Avec des conscrits fournis par les dépôts de leurs régiments.
2° Avec ce qu'on peut tirer d'anciens soldats des dépôts de l'armée d'Espagne.
3° Avec des conscrits tirés des dépôts de l'armée d'Espagne.
J'y ai ajouté, pour chaque 6e bataillon, un détachement de 150 conscrits tirés du régiment de Walcheren.
Donnez ordre que les détachements d'anciens soldats qui se trouvent dans les dépôts des régiments se mettent en marche du 1er au 10 mai. Les cadres doivent être formés en Allemagne dans le même délai, de sorte que dès leur arrivée, ces hommes formeront de petits bataillons de 3 à 400 hommes. Ces bataillons seront ensuite complétés par la conscription, tant pour les conscrits arrivant du dépôt du régiment, que pour ceux venant des autres dépôts qui fournissent à cette incorporation.
Quant aux détachements à prendre dans l'île de Walcheren, vous donnerez les ordres suivants : la 2e compagnie de chaque 5e bataillon composée d'un capitaine, de 2 lieutenants, 2 sous-lieutenants, 1 sergent-major, 4 sergents, 1 caporal fourrier, 8 caporaux et 2 tambours, doit se mettre en marche du 1er au 10 mai pour l'île de Walcheren. À son arrivée, le général commandant dans l'île y incorporera 150 hommes choisis parmi les conscrits les plus sûrs et de la meilleure volonté. Vous aurez soin de faire envoyer d'avance au régiment de Walcheren des boutons de ces 2 régiments, afin que le changement d'uniforme des conscrits puisse être préparé sans frais.
Aussitôt que ces détachements bien habillés, bien équipés et bien armés se trouveront formés, le général commandant l'île de Walcheren les passera lui-même en revue avant leur départ. Un inspecteur aux revues en dressera les contrôles et aura soin d'y inscrire les noms, prénom et signalement, afin que si ces hommes désertent, on puisse les faire poursuivre dans leurs familles par des garnisaires. Il ne partira de l'île de Walcheren que deux détachements par semaine. Ces détachements remonteront par eau jusqu'à Willemstad et Berg-op-Zoom, d'où ils rejoindront les bataillons de guerre en traversant la Hollande. Il y aura quelques brigades de gendarmerie pour observer leur passage ...
ANNEXE
Etat indiquant les éléments de la formation des 6es bataillons des régiments de l’Armée d’Allemagne
Régiments qui forment les 6e bataillons |
Conscrits du régiment |
Supplément de 150 conscrits à tirer du régiment de Walcheren (ce supplément ne compte que pour 50 |
Suppléments à tirer d'autres régiments |
Total de ce que 6e bataillons aura |
||||||
Conscrits que le régiment reçoit et hommes disponibles |
Conscrits pour compléter les bataillons suisses |
Conscrits du 4e bataillon A |
Reste pour le 6e bat. B |
Numéros du régiment d'où on les tire |
Anciens soldats C |
Conscrits D |
Total |
|||
12e de ligne |
1200 |
300 |
700 |
200 |
50 |
Le 8e |
60 |
60 |
120 |
726 |
Le 14e |
60 |
60 |
120 |
|||||||
Le 22e |
60 |
60 |
120 |
|||||||
Le 27e |
58 |
58 |
116 |
|||||||
A : Ces conscrits partiront le 1er juillet 1811 de leur dépôt pour les 6es bataillons en Allemagne.
B : Ces 1500 conscrits partiront de Walcheren par compagnie, dirigés sur le dépôt en France pour le 5e bataillon. Elles commenceront à partir le 15 mai.
C : Ces conscrits partiront dès le 10 mai pour l'Allemagne.
D : Ces conscrits partiront le 1er juin de leur dépôt" (Correspondance générale de Napoléon, t.11, lettre 26814 ; ce tableau est donné par Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 2, Lavauzelle, page 239).
Le 1er janvier 1812, le 8e Régiment d'Infanterie de ligne a son Dépôt à Venloo (Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 1, Lavauzelle, page 14).
Le 8 mars 1812, à Paris, l'Empereur ordonne : "Monsieur le duc de Feltre, donnez ordre que 30 hommes du 27e de ligne s'embarquent à Mayence pour Wesel, ainsi qu'aux 150 hommes du 8e de ligne, à 70 hommes du 22e id., à 40 hommes du 45e, à 50 hommes du 54e, à 70 hommes du 94e, à 40 hommes du 95e, à 20 hommes du 21e léger et à 40 hommes du 28e léger. Le général Loison formera de ces détachements un bataillon de marche de 500 hommes, qui portera le nom de 1er bataillon de marche du 2e corps. Il n'y mettra que les officiers nécessaires pour la conduite de ces hommes et il les dirigera sur Magdeburg, où les 60 hommes d'infanterie légère seront incorporés dans le 26e léger, et les 440 hommes d'infanterie de ligne seront incorporés dans le 37e de ligne ..." (Picard E. et Tuetey L. : « Correspondance inédite de Napoléon 1er conservée aux Archives de la Guerre », Paris, 1913, t. 5, lettre 6899 ; Correspondance générale de Napoléon, t.12, lettre 30153 ; Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 4, Lavauzelle, page 392).
Le 13 mars 1812, le Major général écrit, depuis Paris, à l'Empereur : "Sire, le ministre de la guerre vient de m'annoncer qu'il a donné des ordres pour faire former à Wesel les bataillons de marche ci-après, qui seront tous composés seulement d'anciens soldats ou conscrits de 1811, tirés des dépôts dont les bataillons de guerre sont en Espagne.
1er bataillon de marche du 2e corps :
Détachement du 21e d'infanterie légère, 20 hommes, se trouve à Wesel.
du 94e de ligne, 70, se trouve à Wesel.
du 8e id., 150, arrive à Wesel le 10 mars.
du 27e id., 30, id. 20 mars.
du 28e d'infanterie légère, 40, id. 20 mars.
du 95e de ligne, 40, id. 20 mars.
du 22e id., 70, id. 22 mars.
du 54e id., 50, id. 22 mars.
du 45e id., 40, id. 24 mars.
Total, 510 hommes.
Ce bataillon doit, par conséquent, être réuni le 24 mars à Wesel; il pourrait s'y reposer le 25 et en partir le 26 pour se rendre à Magdebourg, d'où il rejoindra le 2e corps pour y être incorporé, savoir : les 60 hommes d'infanterie légère dans le 26e léger et les 450 hommes d'infanterie de ligne dans le 37e régiment de ligne ...
Je prie Votre Majesté de me faire connaitre si Elle m'autorise à expédier les ordres de mouvement à ces bataillons de marche. Le ministre de la guerre m'annonce qu'en ordonnant leur formation, il a donné les ordres les plus précis pour que les divers détachements fussent complètement habillés, armés et équipés, et munis de leurs livrets entièrement à jour, afin qu'ils puissent partir de Wesel en bon état.
ALEXANDRE.
Décision de l'Empereur : Les faire séjourner trois jours sur le Rhin; ne les faire partir que quand ils seront bien réunis.
Paris, le 14 mars 1812.
NAPOLEON" (Margueron (Cdt) : « Campagne de Russie, première partie », tome 4, Lavauzelle, page 395).
Le 29 juin 1812, Victor écrit, depuis Berlin, à Berthier (AG) : "... La garnison d'Erfurt sera composée dans la première quinzaine de juillet de la 13e demi-brigade appartenant à la 3e division de réserve, du 4e bataillon du 3e régiment d'infanterie légère [il faut lire : 3e de Ligne], des 4e bataillons des 8e et 105e de ligne, de deux bataillons du 29e de ligne et de la 2e compagnie du 8e régiment d'artillerie à pied.
Les bataillons des 3e et 105e régiments sont à Erfurt depuis un mois ainsi que la 2e compagnie du 8e régiment d'artillerie, les bataillons du 29e ayant dû partir de Strasbourg le 20 juin arriveront vraisemblablement à Erfurt aujourd'hui. La 13e demi-brigade devant partir de Strasbourg le 2 juillet pour la même destination y arrivera le 12. Je ne connais pas la marche du 4e bataillon du 8e régiment" (Fabry G. : « Campagne de Russie (1812) – Supplément (24 juin – 10 août), Paris, Gougy, 1903, p. 496).
Le 2 juillet 1812, Victor écrit, depuis Berlin, à Berthier (AG) : "... On attend à Erfurt deux bataillons du 29e régiment de ligne, le 4e bataillon du 8e et la 13e demi-brigade. Je n'ai pas une connaissance certaine du jour où ils arriveront dans cette place, mais selon les avis que j'en ai reçus, les bataillons du 29e régiment qui ont dû partir de Strasbourg le 20 juin et la 13e demi-brigade le 2 juillet pour cette destination ne peuvent pas en être éloignés. Je ne sais rien de la marche du bataillon du 8e régiment ..." (Fabry G. : « Campagne de Russie (1812) – Supplément (24 juin – 10 août), Paris, Gougy, 1903, p. 499).
Le 11 juillet 1812, Victor écrit, depuis Berlin, à Berthier (A G) : "... Celle d'Erfurt [la garnison], [sera composée] des 4e bataillons du 3e léger, 8e et 105e de ligne et de deux bataillons du 29e. ..." (Fabry G. : « Campagne de Russie (1812) – Supplément (24 juin – 10 août), Paris, Gougy, 1903, p. 505 - Note : Il faut lire 3e de Ligne).
Le 19 juillet 1812, Victor écrit, depuis Berlin, à Berthier (A G) : "... Les 3e et 4e bataillons du 29e régiment d'infanterie de ligne forts ensemble de 1.012 hommes officiers compris sont arrivés à Erfurt le 12 ; il ne manque plus à la garnison de cette place que le 4e bataillon du 8e régiment ..." (Fabry G. : « Campagne de Russie (1812) – Supplément (24 juin – 10 août), Paris, Gougy, 1903, p. 511).
Situation du 11e Corps, 30e Division (15 août), 1re Brigade : 7e Demi-brigade, Major Dauger : Etat-major (1 Officier, 3 chevaux) ; 4e Bataillon du 8e de Ligne (17 Officiers, 698 hommes, 4 chevaux d’Officiers) ; 4e Bataillon du 14e de Ligne (11 Officiers, 743 hommes, 4 chevaux d’Officiers) ; 4e Bataillon du 94e de Ligne (18 Officiers, 680 hommes, 4 chevaux d’Officiers) (Fabry G. : « Campagne de Russie (1812) – (11 août – 19 août), Paris, Gougy, 1903, Annexes p. 334).
/ Uniformes
Dans sa Revue d’inspection passée le 4 Germinal an 8, le Général Schauenburg note que "... Il manque à ce corps 1600 gibernes, et celles qui existent encore sont en partie en banderoles noires, et de la plus mauvaise qualité ..." (Schauenburg (Général baron Alexis-Balthazar-Henri-Antoine de) : Registre particulier des revues. An VIII ; Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg: MS.0.492 ; document numérisé par la BNU à la demande conjointe de F. Berjaud, L. Claudel et D. Davin).
/ Drapeaux
Dans sa Revue d’inspection passée le 4 Germinal an 8, le Général Schauenburg note que "... Ce corps n’a plus de drapeaux, je lui en ai remis trois qui me restaient encore de ceux que j’ai fait faire par ordre du Ministre, pour l’Armée du Rhin, pendant l’an 5 ; ce corps n’aura pas d’autres dépense pour ces drapeaux que le n°8 à y faire mettre ..." (Schauenburg (Général baron Alexis-Balthazar-Henri-Antoine de) : Registre particulier des revues. An VIII ; Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg: MS.0.492 ; document numérisé par la BNU à la demande conjointe de F. Berjaud, L. Claudel et D. Davin). Il est bien dommage que nous n'ayont pas le descriptif de ces drapeaux de l'Armée du Rhin; en son temps, notre ami Didier Davin, qui avait commencé de travailler sur le sujet, pensait qu'ils portaient les trois bandes tricolores horizontales, avec le numéro de la Demi-brigade au centre, comme on peut le voir sur certains documents d'époque.